La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- IIIATE DES SCIENCES
- ET UK I.EL'RS APPLICATIONS AUX ARTS ET A I,’INIIUSTR1E
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Paris, Un an . . — Six mois
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- REVUE DES SCIENCES
- RT DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- TRENTE ET UNIÈME ANNEE
- 1903
- Il EUX! È M Fl SEMESTRE
- PARIS
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- 51e ANNÉE . — N° 1 5(j7 .
- ti JUIN 1905.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
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- ET UE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- MESUREUR ÉLECTRIQUE DU COUPLE, DE LA PUISSANCE ET DU TRAVAIL MÉCANIQUES
- L'appareil cpie viennent de construire MM. Gaiffe et Gunther donne une solution très heureuse du problème de la mesure d’un couple ou de la puis-
- sance mécanique transmis par un moteur à une machine quelconque d’utilisation. On ne connaissait jusqu'à ce jour, pour effectuer ces mesures, que les
- Fig. 1. — Mesureur électrique du couple, de la puissance cl du travail mécaniques.
- A droite, moteur électrique commandant les deux autres dynamos placées à gauche. Au-dessus, à droite, voltmètre-mesureur, et taehymètre;
- à gauche, compteur O'K électrique gradué.
- dynamomètres de transmission consistant principalement en des ressorts à boudin que Ton intercalait entre le moteur et la machine commandée. L’angle de torsion du ressort permettait d’évaluer, dans certaines conditions, le couple transmis. Dans ce cas, il s’agissait bien, en effet, de deux forces égales parallèles et de sens contraires, qui étaient appliquées à Taxe de rotation et formaient un couple; mais on éprouvait les plus grandes difficultés pour mesurer 3te ;tuiicc. — 2e sciHcslrc.
- cet angle de torsion, et l'on peut dire qu’aucun des dispositifs fort nombreux déjà imaginés n’avait donné satisfaction.Dans le nouvel appareil de MM. Gailfe et Gunther, les indications sont transmises à un appareil gradué et il suffit de lire directement leurs valeurs sur un cadran.
- Les dispositions qui ont été adoptées dans ce nouvel appareil sont les suivantes. La figure 1 donne une vue d’ensemble des divers ajrpareils utili-
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- ses dans l’essai. L'arbre d'un moteur électrique, situé à droite, est relié à l’arbre d'une dynamo, placée au milieu, dans le prolongement, à l'aide d'un ressort à boudin, dont la ligure 2 montre le détail. L’arbre du moteur entraîne l’arbre de la dynamo, et il en résulte sur le ressort à boudin un angle de torsion proportionnel au couple exercé.
- A chaque extrémité du ressort à boudin est fixé un disque isolant dont presque la moitié de la circonférence est occupée par un secteur métallique. Sur ce disque frottent deux balais, l'un fixe, l'autre réglable. Les balais des disques sont reliés à un circuit extérieur formé d'une force électro-motrice constante et d’un voltmètre. L'ensemble est réglé pour (pie si le ressort ne subit aucune déviation, c’est-à-dire s’il n’y a aucun ellbrt transmis, un balai quitte son secteur métallique juste au moment où l’autre balai arrive sur le secteur qui lui est destiné sur le deuxième disque. Le circuit est donc ouvert, et il ne passe aucun courant ; le voltmètre ne donne aucune indication.
- Si nous faisons fonctionner le moteur électrique, il s'exerce aussitôt un couple résistant, les deux
- Fig. 2.— Ressort à boudin reliant le moteur à la dynamo éleelriijue.
- disques se décalent d’un angle proportionnel an couple; les deux balais viennent en contact simultané avec les deux secteurs pendant un temps proportionnel au couple. Il en résulte que le circuit est fermé pendant ce temps et le voltmètre, recevant à chaque tour une impulsion proportionnelle an couple, dévie proportionnellement à ce couple. Le voltmètre peut donc, être gradué en dynes-centimètres, unité centimètre-gramme-seconde de mesure des couples, ou en mètres-kilogrammes.
- Il est à remarquer que dans les considérations précédentes, nous n’avons pas tenu compte de la vitesse angulaire. Les indications de l’appareil sont entièrement indépendantes de la vitesse angulaire; si le moteur tourne plus ou moins vite, la durée de chaque fermeture du circuit est moins ou plus courte, mais la fréquence des fermetures varie également dans le même rapport et il y a compensation.
- Nous avons parlé plus haut d’une force électromotrice qui se trouvait dans le circuit se fermant par les disques et par le voltmètre. Supposons que cette force électro-motrice soit fournie par une petite dynamo actionnée par le même arbre que le moteur
- et la génératrice dont nous avons déjà fait usage jusqu’ici, et que ce soit la dynamo que nous voyons à gauche sur notre figure 1. Cette dynamo nous donnera une force électro-motrice proportionnelle à chaque instant à la vitesse angulaire. Les déviations du voltmètre seront donc proportionnelles au produit du couple par la vitesse angulaire, c’est-à-dire à la puissance transmise. Le voltmètre pourra donc être gradué en ergs par seconde, unité centimètre-gramme-seconde de puissance mécanique, ou en kilogram-mètres par seconde.
- L’appareil de MM. Caille et (iuntber peut encore être complété. A l’aide d’appareils enregistreurs, on peut enregistrer facilement les couples et les puissances électriques. MM. Caillé et Cunther ont également fait l’étude d'un compteur électrique qui devient un compteur d'énergie mécanique. Nous avons en l’occasion de voir fonctionner ces divers appareils dans les ateliers de M. Caillé et d’en apprécier toute la facilité du maniement.
- L’appareil de MM. Caille et Cunther réalise un véritable progrès dans l’art de l’ingénieur ; il fournit un moyen pratique d’évaluer directement sur des cadrans gradués soit le couple, soit la puissance d'un appareil mécanique, soit encore à l’aide d'un enregistreur le travail fourni dans un espace de temps donné. Ces moyens mis en œuvre pour l’étude des machines-outils, des machines de toutes sortes actionnées par des moteurs électriques peuvent fournir des résultats très intéressants et que l’on n’a pu déterminer jusqu’ici faute de procédés suflisants d’appréciation. . __ J. Laffargue.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- SUR LU, CHEMIN DE FER DE L’ARLBEKG
- Le chemin de fer de l’État Autrichien qui relie la Suisse avec Vienne, par Innsbrück, traverse l’Arlberg au moyen d’un tunnel de 10 kilomètres de longueur dont les rampes d’accès sont très longues et atteignent une inclinaison de 27 millimètres par mètre. Aussi la traction des trains sur cette section exige-t-elle des locomotives très puissantes qui, dans la traversée du tunnel, lui-mème en rampe, dégagent, par la cheminée, des gaz qui vicient ^atmosphère et la rendent, dans certaines circonstances, irrespirable pour le personnel des mécaniciens et des agents de la voie. De nombreux accidents se sont produits. Pour remédiera ce grave inconvénient, on avait, il v a quelques aimées, remplacé le charbon qui servait de combustible par les huiles lourdes dont la combustion dans les foyers des locomotives est plus parfaite. Une grande amélioration s’est produite, sans, toutefois, donner un résultat aussi complet que celui sur lequel on avait compté. Étant donnés l’augmentation du trafic et le poids toujours croissant des trains, surtout en été, l'administration du chemin de fer de l’État Autrichien se propose de remplacer la traction à vapeur par la traction électrique. Elle vient de dresser un programme qui sera envoyé aux établissements s’occupant spécialement, en Autriche, d’installations électriques et ces établissements devront soumettre des projets complets d’installation de traction électrique entre Landeck et Bludenz, section sur laquelle se trouve le tunnel de l’Arlberg. R. B..
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- LA NATURE.
- DÉPLACEMENT DU SOLEIL DANS L’ESPACE
- Le tait est hors de doute, notre Soleil if occupe pas dans l’espace un point absolument déterminé et fixe. 11 voyage, emportant avec lui sou cortège de planètes, notre Terre aussi bien que les autres. Où va-t-il, d’où vient-il? (l’est là un mystère qui sera bien diflieilement éclairci s’il l’est jamais. Nous ne croyons pas, en effet, que ce mouvement se l'ait autour d’un centre qui serait pour le Soleil ce. que lui-même est pour les planètes tic son entourage. Ce centre serait au moins aussi dissemblable par rapport à notre Soleil que celui-ci l’est par rapport à la plus grosse de nos planètes, Jupiter par exemple. Ce centre agirait sans doute sur d’autres Soleils que le nôtre, c’est-à-dire sur un certain nombre d’étoiles, et il est difficile d’admettre qu’il ne soit pas plus visible que le Soleil lui-inème. 11 est aussi bien probable que des mouvements coordonnés, concordants, de plusieurs étoiles obéissant au même centre, ne seraient pas restés jusqu’ici inaperçus depuis qu’on étudie les mouvements propres de presque toutes, alors que beaucoup de ces mouvements dépassent certainement en vitesse celui de l’étoile que nous appelons notre Soleil.
- Dans le déplacement qui nous occupe, c’est la vitesse qui est le mieux connue. Les mesures spectroscopiques de cette vitesse accusent actuellement 20 .kilomètres environ par seconde. Nous disons actuellement, parce (pie nous devons penser que cette vitesse est bien variable : l’ensemble des étoiles dont la nôtre fait partie constitue un immense tourbillon dans lequel le repos n’existe pas; chacune d’elles a une action plus ou moins forte sur toutes les autres et subit réciproquement leurs influences en raison de leurs masses et des distances auxquelles elle s’en trouve placée. Ces conditions changent avec les siècles, notre Terre et la pauvre humanité qu’elle porte subissent le sort que leur font ces déplacements vertigineux. Les périodes glaciaires que notre globe a vues régner à sa surface et qui ne demandent qu’un abaissement de 2 degrés dans la température moyenne de l’année pour se produire dans notre zone tempérée aujourd’hui, n’ont peut-être pas eu d’autre cause que le passage de notre Soleil avec nous à sa suite au milieu d’une région de l’espace plus paüvre en rayons calorifiques ; nous sommes complètement à la merci d’événements de ce genre. On arrivera peut-être à les prévoir, mais jamais à les empêcher. Espérons qu’il y en aura plus d’heureux que de malheureux.
- Avec cette vitesse de 20 kilomètres par seconde, nous nous déplaçons, le Soleil et nous, de 1200 kilomètres par minute, 72 000 par heure 1 728 000 par journée de 24 heures, 631 152 000 kilomètres par année de 365,25 - jours. La distance moyenne du Soleil à la Terre étant 140 500 000 kilomètres, c’est 4 Ibis et 25 centièmes de fois cette distance que notre système solaire parcourt en un an. Arrivé à ce point de cette note, il nous semble que nous pouvons indiquer à tous les amateurs un moyen de faire préciser la question. En se munissant d’une chambre noire rudimentaire que l’on peut très bien confectionner soi-mème en y plaçant un objectif quelconque, un simple verre de presbyte si l’on veut, on pourra se mettre au travail. Une ligne de visée, une mire, sera établie sur un côté de la chambre noire, une feuille de papier sensible mise au foyer de l’objectif, et chaque année, à la même date environ, on viendra prendre une petite photographie d’une même étoile bien déterminée et de son voisinage. En maintenant, avec la mire, pendant dix
- minutes environ, l’étoile-guide au même point de visée, puis fixant la photographie par l’un des procédés habituels, on obtiendra, sur les bouts de papier, les images de cette étoile-guide et de quelques-unes de ses voisines moins brillantes, de septième grandeur et même au-dessous, dans leurs positions respectives.
- Or ces étoiles ne sont pas à la même distance de nous, et le chemin qu’aura fait notre Terre avec le Soleil dans un certain nombre d’années, influera sur les distances des images d’étoiles les unes par rapport aux autres. Les étoiles les plus voisines seront déplacées sur le fond du ciel deux fois, trois fois plus que celles qui sont deux, trois fois plus éloignées, et au bout d’un certain temps, en comparant ces photographies, on aura des documents précieux sur le sujet qui nous occupe. Les mouvements propres de certaines de ces étoiles viendront compliquer la question, mais en définitive le mouvement d’ensemble causé par le déplacement de la Terre et du Soleil finira par acquérir une évidence indiscutable comme grandeur et comme direction. Joseph Vlnot.
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- BANANIERS DANS LA GUINÉE FRANÇAISE
- On peut voir, actuellement, dans une serre du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne, deux superbes Bananiers de Chine (Musa sinensis) portant chacun un énorme régime de bananes de table, dont la ligure 1 donne une idée. Ces bananes arriveront à complète maturité dans les premiers jours du mois d’aoùt. Cette fructification nous incite à signaler l’avantage qu’il y aurait à produire les bananes dans quelques-unes de nos colonies, ce que nous pouvons faire grâce aux renseignements que M. Dybowski, inspecteur général de l’agriculture coloniale, a bien voulu nous fournir.
- Il y a, pour plusieurs raisons, grand intérêt à créer la culture des Bananiers et à l’étendre dans certaines de nos colonies. En effet, la consommation et le commerce de ce fruit vont toujours croissants. Il y a une dizaine d’années il arrivait à peine 5000 régimes de bananes à Paris. Aujourd’hui on en vend de 50 à 60000 régimes et il n’est plus rare d’en voir sur les petites voitures des marchandes des quatre saisons. Cette consommation est loin d’égaler celle de Londres qui dépasse annuellement 500000 régimes. Il est vrai (pie l’on n’a pas, dans cette ville, l’abondance de fruits de notre pays : poires, pommes, raisins, etc.
- 11 en est de même à New-York qui reçoit des bateaux entiers de bananes provenant de la Colombie, de Java, du Brésil et de la Réunion. Il existe précisément en Colombie des types de bananes, dont les régimes atteignent chacun 50 kilogrammes et dont la production à l’hectare se trouve ainsi doublée. Ces types sont maintenant au Jardin colonial et ne tarderont pas à être envoyés dans les colonies françaises.
- Une des principales conditions de succès pour une exploitation de ce genre est qu’elle soit créée dans une colonie la plus rapprochée possible, dont le climat puisse convenir pour une bonne végétation et une fruclilicalion abondante. Il faut, en effet, que les
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- bananes puissent être transportées sans emballage dispendieux et sans qu’il soit nécessaire d’installer pour cela des chambres frigorifiques à bord des navires, ({ni en augmenteraient le prix de revient. C’est à cette principale raison que les Canaries doivent d’avoir été le presque exclusif producteur des bananes consommées en Europe, alors que les terrains convenant à cette culture ne sont pas si nombreux.
- C/est aussi pourquoi on a choisi la Cuinée française pour installer des cultures de bananiers lesquelles sont en voie de développement et promettent de répondre aux espérances que l’on a formées. En effet, la fertilité du sol, le climat plus propice, de la cote occidentale d’Afrique et principalement de la Cuinée, font de cette colonie un coin privilégié pour la culture du Bananier.
- ( )n a déjà exporté quelques centaines de régimes, (pii arriveront bientôt en France par milliers. Ces cultures s’étendront lorsque les colons se rendront compte du rapport qu’elles réservent, car la production et le rendement ne se font pas attendre longtemps cl ne nécessitent pas de grandes immobilisations de capitaux,improductifs pendant un certain nombre d’années. En effet, les Bananiers fructifient l’année qui suit leur plantation. La production de ce premier oeilleton n’est évidemment pas abondante, mais se trouve augmentée-, la troisième année, par les régimes qu’émettent les deux ou trois œilletons conservés à cet effet sur chaque souche. Etant donné que l’on peut planter largement 1000 Bananiers à l’hectare (aux Canaries chaque hectare en contient 1500 à 2000), la production est à partir de celle troisième année de 2 à 5000 régimes. Chaque régime portant ioO à 200 bananes, ces régimes peuvent être payés, sur place, de 2 francs à 2fl,50 net le régime ce (fui
- fait ressortir le produit brut de l’hectare de 1000 à 0000 francs et [dus. Pour leur placement à ce prix le producteur n’a pas à s'occuper de l’emballage du transport des risques, ni de la vente au détail, les régimes lui étant achetés sur place. Jusqu’à présent le type auquel on est habitué est le Bananier de Chine [Musa sinensis), variété des Canaries, que montre assez fidèlement la figure 1. Cette variété présente l’avantage d’ètre peu élevée, puisque le tronc dépasse rarement deux mètres de hauteur et les régimes
- volumineux* 'portent souvent plus de 200 bananes.
- C’est d’ailleurs cette variété, connue aussi sous le nom de Johnston, (fui parait la plus favorable pour l’i m p o r t a t i o n, parce qu’elle correspond à certaines exigences du marché.
- Mais il y a lieu de ne pas se tenir à celle-ci, car il en existe de meilleures au point de vue rendement et qualité. C’est ainsi que l’on possède aux Antilles et à la Réunion des variétés présentant certains avantages, que l’on conservait jalousement et que le Jardin colonial aidera à répandre à la Guinée. Mais on ne saurait cependant les introduire brusquement en grande quantité sur le marché, car n’étant pas suffisamment connues on risquerait de ne [tas les voir accepter d’emblée.
- Il ne faudrait pas toutefois confondre les bananes de table avec les bananes sèches et farineuses, et encore moins avec les fruits du Bananier d’Abyssinie (Musa ensete) qui décore merveilleusement nos jardins pendant la saison estivale. Tandis que les premières ne renferment que de la pulpe, celles de celte dernière espèce ne contiennent que des graines.
- Etant données la rapidité de sa croissance, sa production continue, le Bananier demande un sol profond et fertile, dont on conserve la richesse par des apports d’engrais azotés et phosphatés. Pour celte
- Fi”. 1. — Fructification d’un Bananier au jardin colonial.
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- Fig. 5.
- Plantation de Bananiers à la Guinée française.
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- LA NATURE.
- meme raison, il est préférable de ne pas planter les sujets aussi serrés qu’on le fait aux Canaries (fig. 2) et surtout de laisser autant de pieds sur chaque souche, car on aurait trop vite épuisé le sol et on n'obtiendrait pas des produits aussi beaux.
- On constitue les plantations avec des drageons déjà enracinés. Les régimes qu’ils donnent la première année n’ont que peu de valeur. Dès que les troncs ont fructifié on les supprime au ras de la souche et on ne conserve que deux drageons pour les premières années et trois un peu plus tard. La production ne compte guère qu'à partir de la fructification de ces drageons, c’est-à-dire dès la seconde et la troisième année. Les régimes doivent être récoltés avant leur complète maturité et emballés dans de grandes caisses, avec soin, en les entourant d’ouate et de papier. Ils doivent être placés dans les endroits les [dus frais aussi bien pendant le voyage qu’à l’arrivée et c’est là une des conditions de succès. La ligure 5 montre les débuts d’une plantation à la Guinée française, laquelle promet beaucoup. On peut juger combien les sujets sont plus espacés que ceux des exploitations des Canaries, dont la figure 2 donne une idée exacte, et aussi combien le feuillage se trouve déchiqueté par le vent dans cette dernière contrée. Albert Malmené,
- Professeur (l'Horticulture.
- COULEUR DES FLEURS DE FRANCE
- Notre collaborateur, M. Henri Coupin, vient de faire paraître un travail de statistique sur la couleur des fleurs croissant spontanément sur le sol français. Nous citerons les résultats généraux auxquels il est arrivé.
- Couleurs des Nombre Heurs. d’espèces.
- Bleu......................HH
- Bleuâtre................. 29
- Bleu pâle ............... 12
- Blanc....................485
- Blanchâtre............... 70
- Blanc rosé............... 29
- Blanc rougeâtre .... 4
- Blanc jaunâtre........... 45
- Blanc verdâtre........... 50
- Bouge.................... 09
- Rose ou rosé.............289
- Purpurine................. 0
- Bouge vineux.............. 4
- Bouge clair............... 2
- Piougeâtre............... 29
- Pourpre.................. 40
- Bouge brun............... 10
- Couleurs des Nombre fleurs. d'espèces.
- Bose pourpré............... 25
- Bose violet ou lilaré. . 27
- Vert....................... 10
- Verdâtre...................297
- Jaune......................000
- Jaune clair................ 59
- Jaunâtre ou brun jaunâtre .............’. . 100
- Jaune soufre................ 2
- Jaune orangé ou rosé. . 21
- Jaune verdâtre............. 40
- Violet..................... 59
- Violacé.................... 29
- Lilas...................... 29
- Violet pourpre.............. 5
- Variable...................150
- Multicolore................ 08
- En réunissant sous un même nom les teintes les plus voisines, la couleur des fleurs de la flore française est, par ordre de fréquence :
- 1* Les jaunes 2" Les blanches 5° Les rouges 4“ Les vertes 5“ Les bleues 0° Les variables 7° Les violettes 8" Les multicolores
- avec 808 représentants.
- — 087 —
- — 505 —
- — 515 —
- — 157 —
- — 150 —
- — 122 —
- — 08 —
- En étudiant la répartition des Heurs colorées dans ses rapports avec la localité, on constate qu’elle n’est pas la même que celle qui se rapporte à la statistique générale. C’est ainsi que les fleurs jaunes ne gardent leur suprématie que dans les rochers et les montagnes ainsi que dans les prés et les champs et surtout les endroits incultes, tandis que dans les bois et les forêts, les fleurs les plus nombreuses sont les blanches. Dans les endroits humides
- et le bord de la mer, la suprématie appartient aux fleurs vertes. Quoi qu’il en soit de cette répartition inégale, si la France voulait choisir une fleur svmbolique, c’est parmi
- Jaune
- Blanc
- Graphique exprimant la fréquence de la couleur des fleurs sauvages en France.
- les jaunes qu’il faudrait la prendre : ni la fleur de lis, ni la violette, ni l’œillet rouge ne pourraient faire l’affaire et c’est peut-être pour cela qu’ils ont disparu. Mais l’existence devient si difficile, que le souci est tout indiqué.
- _________ VtCTOR DF, Clèves,
- LA TOILETTE CHEZ LES BÊTES
- Il suffit de voir une mouche se nettoyer consciencieusement sur une vitre, un chat se « faire la lessive » avec sa patte imprégnée de salive, un éléphant se donner des douches hygiéniques, un singe se chercher ses puces ou celles de son petit, pour se rendre compte que le sentiment de la propreté est très répandu chez les animaux. Cependant il faut bien dire que ce sentiment n’est pas d’une généralité absolue ; quelques bêtes présentent des traces de malpropreté et ne cherchent nullement, — au contraire même, — à éloigner la crasse qui souille leur tégument. Mais, pour certaines d’entre elles, on peut se rendre compte qu’elles ont un but pour violer ainsi les lois de la propreté la plus élémentaire.
- La larve de la Réduve masquée s’enveloppe de poussière pour pouvoir non seulement échapper à ses ennemis, mais encore s’approcher sans être vue des insectes dont elle fait sa proie. La poussière est pour elle un vêtement « couleur de muraille » comme en portaient les coupe-jarrets de l’ancien temps.
- La Baudroie s’enveloppe de limon et d’algues pour passer inaperçue au fond de la mer. Grâce aux appendices rubanés dont son nez est pourvu, elle attire ,les petits poissons du voisinage qui, ne la voyant pas, s’approchent d’elle sans crainte et se laissent gober.
- Beaucoup de ruminants et de pachydermes se roulent dans la fange et semblent très satisfaits de la croûte de terre qui recouvre leurs téguments. Ce manteau protecteur leur est en effet très utile pour se protéger des attaques des parasites. L’Élan, le Buffle, le Bison, le Rhinocéros prennent ainsi des bains de boue et, à vrai dire, ceux-ci ne sont pas plus répugnants ni moins utiles que ceux que nous prenons à Dax et à Barbotan. Un grand
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- LÀ NATURE.
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- nombre d’oiseaux se vautrent dans la poussière et s’en couvrent avec un plaisir évident ; plusieurs mammifères agissent de même. Voici comment le Dr Ballion explique l’instinct de ces amateurs de poudre de riz, de ces animaux « pulvérateurs ».
- Il est digne de remarquer que les espèces auxquelles le contact de l’eau répugne ont généralement, à quelque classe qu’elles appartiennent, l’habitude de se rouler par terre : d’où il est permis d’inférer que ces deux agents, si opposés en apparence, l’eau et la poussière, ont, dans ce cas, au point de vue de l’hygiène, des effets pareils. Quant aux motifs qui poussent les animaux à agir de la soi'te, ils diffèrent suivant les cas.
- Parmi ces motifs, il faut admettre pour quelques animaux le besoin de se gratter. C’est ainsi qu’on peut-expliquer la manie qu’ont les chevaux, les ânes, les chameaux de se rouler sur le sol. Pour le cou et les parties latérales du corps, ils ont la ressource de se frotter contre un arhre ou un pan de muraille ; mais, pour l’échine, ils n’ont pas un meilleur moyen de se gratter.
- Un autre effet de ces manœuvres doit être de débarrasser la superficie cutanée de l’excès de sueur et de matière sébacée, qui encrasse les téguments et agglutine les poils. C’est le cas notamment des rongeurs, qui sont, eux aussi, des pulvérateurs déterminés, se livrant quotidiennement à cet exercice, ceux même qui n’ont pas de vermine. D’après M. Lataste, il en est ainsi des Gerboises et des Gerbilles, qui pourtant se poudrent avec délices. En captivité, si ces animaux ont du sable à leur disposition, leur poil est superbe; il est, au contraire, toujours collé par touffes, et offre un mauvais aspect, lorsque les matériaux leur manquent pour se poudrer.
- Quand nos bêtes de somme se roulent, il se pourrait que ce fût dans le même dessein. A-t-on remarqué comme les ânes, eouchéssurlecôté, sont habiles à ramasser la poussière avec leur queue, et à se la projeter sous le ventre, entre les cuisses? C’est là que la sueur vient et s’amasse, chez les bêtes de somme, lorsqu’elles travaillent.
- ISos taureaux et nos vaches obtiennent le même résultat par des procédés différents. Pendant les chaleurs de l’été, tantôt avec leurs cornes ils lancent en l’air leurs tas d’herbes sèches ou de broussailles, tantôt avec leurs membres antérieurs, ils prennent de la terre, qu’ils projettent en arrière sur les parties inférieures et postérieures de leur corps. Et telle est alors la violence avec laquelle il se démènent, qu’ils disparaissent presque au milieu de l’épais nuage qu’ils soulèvent autour d’eux.
- Enfin un motif plus puissant peut-être est la nécessité de se délivrer des parasites. Lorsque les animaux sont fatigués par ceux-ci et que les moyens ordinaires sont insuffisants, ils se roulent dans le sable, afin de déplacer violemment ces insaisissables ennemis. C’est dans ce but évidemment que les éléphants, après le bain, se roulent dans la poussière, et, prenant de la terre dans leur trompe, se poudrent soigneusement le corps.
- Pour ce qui est des oiseaux, leur intention, en pareil cas, n’est, pas douteuse. On connaît des oiseaux pulvérateurs; ces animaux ont généralement peur de l’eau, qu’ils remplacent par le sable, comme cosmétique. C’est pendant qu’ils couvent, c’est-à-dire pendant qu’ils sont condamnés à une longue immobilité, favorable à la multiplication des parasites, c’est alors surtout que ces oiseaux éprouvent le besoin de se débarrasser de la vermine. Mais au lieu de se baigner dans un étang voisin, comme font d’autres espèces, ils prennent un bain de sable.
- Parmi les oiseaux pulvérateurs, citons les gallinacés.
- Qui n’a vu les poules se livrer à cet exercice? Qui ne les a vues pratiquer un trou dans le terreau poudreux de nos hangars à bois, et, couchées sur le côté, les plumes hérissées, lancer avec leurs pattes et avec leur bec des nuages de poussière, qui pénètrent jusqu’à leur peau, et puis courir, les ailes ouvertes, en se secouant et s'éventant? La perdrix des Alpes gratte la neige, se couche dans le trou qu’elle a pratiqué, et s’y couvre de poudre étincelante. La niverolle agit de même sur les hauts sommets. Quel est le chasseur qui ne reconnaît pas les trous creusés à la surface du sol par nos perdrix? Les gallinacés acquièrent cette habitude dès le jeune âge. On voit souvent des faisandeaux, par exemple, s’époudriller dans le sable. Citons encore les coureurs, tels que l’Autruche; et plusieurs espèces de passereaux, notamment les Alouettes. Autour des habitations, le moineau franc, à l’instar des poules, creuse dans le sol de nos basses-cours des trous hémisphériques, d’une forme plus régulière sans contredit que son propre nid. Si l’on en croit Audubon, le Dindon sauvage est encore plus avisé. Cet oiseau, dit il, aime à se rouler dans les fourmilières abandonnées, pour se préserver de l’attaque des Tiques et des autres insectes, qui ne peuvent souffrir l’odeur de la terre où ont logé ces fourmis.
- Les insectes utilisent quelquefois leurs déjections. Ainsi, la larve du Criocère du lis s’en revêt pour passer inaperçu et brouter notre plante virginale en toute sécurité. Les larves des bousiers se servent du même mastic pour boucher les fentes de leur amas de nourriture. Plusieurs chenilles sociales enchâssent leurs menues déjections dans les fils de leur tente pour lui donner de la solidité.
- Avant d’accuser les animaux de malpropreté, il faut donc les observer et voir, si en la pratiquant, ils n’ont pas
- un but bien déterminé. Henri Cocpin.
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- LE PROCÉDÉ DU PATIO
- AU MEXIQUE
- Il est des procédés métallurgiques, qui semblent, comme certains animaux bizarres, cuirassés de plaques ou hérissés de cornes et d’épines, des restes oubliés d’une époque disparue. On est tout étonné de les voir survivre. L’usine vraiment moderne, nous nous la figurons volontiers comme une sorte de pharmacie homéopathique bien tenue, bien traiv-quille, où la force, apportée par quelques fils presque invisibles, opère, sans bruit, sans mouvement d’hommes, sans fumée, sans secousse, ses réactions et ses décompositions. Mais des mouflles à zinc, qui semblent construits par un vieil alchimiste contemporain du I)r Faust, mais une métallurgie de l’argent, où l’on fait piétiner à coups de fouet de pauvres mules dans la boue mercurielle, voilà qui vous a des airs tout à fait archéologiques. Et, cependant, l’antique procédé du patio persiste au Mexique ; sans doute, il perd du terrain chaque année, il en perd même très vite; car au lieu de 78 pour 100 de l’argent total qu’il avait produit en 1895, il n’en a plus produit que Af> pour 100 en 1895 et TA pour 100 en 1890 ; ses derniers jours sont près de sonner, il faut le reconnaître; mais, auparavant, il aura assez vécu pour avoir été le contemporain de la photographie instantanée, et, grâce à celle-ci, nous pouvons en voir les phases pittoresques, surprises dans
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- leur réalité, sur les vues ci-jointes, qui m’ont été obligeamment communiquées par M. de Fontainieu.
- On sait quelle est l'histoire de cette méthode et quel en est le principe. Lorsque les Espagnols eurent conquis le Mexique, ils y développèrent aussitôt l’exploitation des mines d’argent, commencée par les Aztèques. Les minerais qu’ils rencontraient, superficiels et altérés, contenaient, avec un peu d’argent métallique, directement séparable par le mercure, de l’argent retenu dans des combinaisons et associé au soufre et au chlore; il s'agissait de l’en retirer. En 1557, un simple ouvrier sans connaissances chimiques, nommé Rartolomé Médina, eut une idée de génie, une idée presque inexplicable, étant donné
- qu'il ne pouvait absolument rien comprendre aux réactions obtenues : celle de mélanger le minerai d’argent avec des sels de cuivre et du sel marin, dans des conditions qui rendent en fait l’argent amalgamable. L’idée, aussitôt appliquée à Fusille de Purisima-Grande (Pachuca), eut un succès complet et la méthode du patio fut vite appliquée non seulement au Mexique, mais dans toute l'Amérique du Sud (Pérou, Chili, etc...). Elle a suffi, pendant deux siècles, au traitement de la plupart des minerais d’argent du Nouveau Monde et, il y a peu de temps encore, on estimait qu’elle avait fourni les 90 centièmes des sommes d’argent colossales extraites du Mexique. Si Rartolomé Médina avait pu prendre un
- Fig. 1. — Le procédé du patio à Guanajualo (Mexique).
- brevet et s'il n’avait pas subi le sort habituel des inventeurs en pareil cas, la fortune de ses descendants eût atteint des chiffres extraordinaires.
- Le système du patio, remarquable par sa simplicité, peut s’exposer en deux mots : on commence par broyer le minerai plus ou moins fin sous des bocards (molinos) et des meules (arrastras) ; puis on l’additionne d’eau et on l’étend sur de grandes aires soigneusement dallées, ou « patios », qui lui ont valu son nom; on ajoute de l’eau jusqu’à consistance d’une boue épaisse; on incorpore un peu de sel marin, puis, au bout de quelques jours, du sulfate de cuivre et du mercure. Après quoi, commence l’opération pittoresque du piétinement par les mules, photographie que représentent nos trois vues.
- La première montre l’ensemble des installations
- de Guanajuato, un des plus anciens centres miniers du Mexique, celui où se trouvait le fameux filon de la Yeta Madré, avec cette mine de la Yalenciana, qui fut un moment la plus profonde du monde et produisit, jusqu’à son abandon en 1820, de 2 à 5 milliards d’argent.
- La seconde, prise à Zacatecas dans un autre district fameux, représente le détail du travail avec les chevaux enfoncés dans la vase liquide jusqu’au milieu du jarret et le Mexicain à chapeau pointu, qui, du centre, les maintient par des laisses.
- Enfin une troisième fait voir, galopant et s'ébrouant dans l’eau, les chevaux qui, après leur travail, doivent, on le conçoit, passer par un lavage soigneux pour ne pas s’intoxiquer rapidement par le mercure.
- Tandis (pie les pauvres bêtes se reposent, le mine-
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- Détails de l’opération du patio, à Zacatecas
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- Fig. 3.
- Le lavage des pieds des chevaux après l’opération du patio
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- rai, lui aussi, est abandonné à lui-même; pendant six ou huit semaines, on laisse se produire l'action naturelle de l'air et du soleil. Au bout de ce temps, l’argent est entièrement incorporé au mercure sous forme d’un amalgame presque liquide ; on comprime celui-ci à travers des peaux de chamois ou de brebis pour en extraire l’excès de mercure et, finalement, on distille l’amalgame dans des récipients en fer, où l’on obtient un bouton d’argent.
- Ce curieux procédé du patio, j’ai dit en commençant qu'il [lasserait sans doute assez vite à l’état de curiosité historique; dès la tin du xvme siècle, on a commencé à lui associer les systèmes de Saxe, de Hongrie ou de Norvège, [dus appropriés pour les minerais à sulfures conqdexes qu’on commençait à rencontrer en s’approfondissant ; puis, à la fin du xix° siècle, les Américains du Nord sont arrivés avec leurs méthodes de fonte plombeuse ou de lixiviation; aujourd’hui, c’est la cyanuration qui commence; mais le patio ne se rend pas sans combattre; il essaye de lutter en prenant des airs modernes, qui le dépouillent bien entendu de son pittoresque. C’est ainsi que l’usine de Guadalupe, à Pachuca (Hidalgo), utilise l’électricité comme force motrice. L’usine de Loreto (Pachuca) essaye le traitement mécanique des « tortas » afin d’éviter l’emploi coûteux des mules pour la trituration. Un ingénieur, nommé Yalerio Ortega, a également imaginé récemment un procédé d’amalgamation sans chlorure, mais avec acide sulfurique, qui serait plus économique et plus rapide, mais qui n’a pas encore reçu la consécration de l’expérience, etc., etc.
- Grâce à ces perfectionnements, grâce à la multiplication des prises d’essais, des analyses chimiques, des observations thermométriques, que l’on substitue à l’empirisme ancien pour opérer les réactions avec le minimum de pertes et à la température la plus convenable, le patio, si archaïque d’allure qu’il puisse nous sembler, joue encore un grand rôle dans la métallurgie de l’argent, puisqu’il produit environ un tiers de l’argent mexicain, qui représente lui-même à peu près un tiers de l’argent du monde : quelque chose comme 1700 à 1 800 000 kilogrammes d’argent par an sur 5 440 000, chiffre mondial en 1001. L. de Launay.
- LE TRIAGE MÉCANIQUE DES COLIS POSTAUX
- A LA GARF, «'ORLÉANS
- Quand nous disons colis postaux, nous entendons tous les petits colis de messageries qui, quotidiennement, s’expédient par monceaux des divers bureaux et des diverses gares de Paris, parce qu’ils répondent aux besoins les plus courants du commerce : le fait est que, rien que pour le chemin de fer d’Orléans, la gare de Paris, qui est restée en la matière la gare d’Austerlitz, envoie chaque jour sur les différents points de son réseau, 18000 à 26000 colis de cette espèce. Disons tout de suite (car nous
- verrons tout à l’heure que cette distinction a une importance) que pour faciliter les déchargements comme pour éviter les pertes et avaries, ces petits colis sont groupés soit dans des paniers, soit dans des wagons plombés, ceux-ci étant destinés à une station importante, et ceux-là aux diverses petites stations d’une même section. 11 y a pourtant des colis voyageant à découvert, ce sont les colis fragiles, encombrants, les fruits, mais ce n’est là qu’une exception. Toujours est-il que les deux tiers de cette masse énorme de colis arrivent entre six heures et huit heures du soir, peu de temps avant le départ des trains qui doivent les emporter, et qu'il a été nécessaire de recourir à des moyens mécaniques pour en effectuer le triage, ou plus exactement les déplacements et classements, un petit nombre d’agents immobiles assurant le triage proprement dit suivant la destination inscrite sur les paquets et caisses. Tous les mouvements des mécanismes que nous allons décrire sont du reste commandés électriquement, ce qui est particulièrement simple.
- Quand les colis arrivent à la gare livrés par les particuliers, ou quand ils sont remis aux agents spéciaux dans les bureaux de ville de la compagnie, ils sont non seulement étiquetés, mais encore munis d'une marque à la craie qui indique s’ils sont destinés à être chargés directement en wagon, à voyager dans un wagon complet, comme on dit, ou s’ils doivent aller provisoirement prendre place dans un magasin desservant le train où ils seront définitivement arrimés une fois enfermés dans un panier : les agents doivent donc connaître les trains et les magasins qui correspondent à telle ou telle direction, mais la chose est facile. (Les colis voyageant à découvert sont portés directement dans les fourgons sans triage mécanique). Après marquage, tous les colis sont jetés par l’agent dans un entonnoir qui se trouve tout près de lui : en réalité, il y a neuf de ces entonnoirs répartis le long du quai d’arrivée des voitures apportant les paquets, si bien que l’agent trieur et receveur a toujours à portée de sa main une ouverture, un entonnoir dont on a relevé la trappe mobile, et les colis glissent par le plan incliné.
- Ils viennent tous tomber sur une toile porteuse, dont le type est maintenant très connu, et dont nous avons expliqué le fonctionnement en donnant une description du dispositif adopté pour le transport des bagages à la nouvelle gare du quai d’Orsay. Il y a deux de ces toiles, animées d’un mouvement inverse, et qui desservent chacune une partie des entonnoirs, en aboutissant en un point commun, une première table de triage : en effet, ces courroies se terminent, ou plus exactement se retournent, puisqu’elles sont continues, en arrivant au bord d’une table installée dans une chambre souterraine, et devant laquelle se tiennent les agents chargés d’opérer le triage. Cette chambre souterraine fait partie de l’ensemble des magasins où vont être entreposés les colis destinés aux paniers, magasins
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- qui sont au nombre de quatre. Les agents, se guidant uniquement sur le numéro ou la marque que porte le colis, l'attirent à eux, une fois qu'il a été déversé sur leur table, puis le posent sur une des courtes toiles mobiles qui aboutissent à cette table, dans un sens perpendiculaire aux deux transporteurs dont nous venons de parler; ces toiles sont, elles, animées d'un mouvement qui tend à emporter les colis loin de la table. Elles sont au nombre de six, quoique ne desservant que quatre magasins, parce que deux d’entre elles sont en double pour permettre au besoin h quatre agents de travailler simultanément; mais deux agents suffisent toujours, même pendant les moments de presse. Notons immédiatement que, quand les trieurs voient arriver devant eux un colis marqué d’un 7, marque des paquets allant aux wagons complets, ils le posent sur une toile courant au-dessus de leur tète, et nous verrons tout à l’heure où cette toile l’emporte. Mais suivons pour l’instant les colis qui ont été déposés sur les toiles transversales. Ils sont amenés respectivement sur l’un ou l’autre des deux transporteurs superposés qui courent et s’étendent de chaque coté et sur toute la longueur des magasins souterrains : des dispositions ingénieuses sont prises pour que les colis déposés et entraînés sur la toile inférieure située du coté droit, par exemple, de la rangée des magasins, soient déversés dans le magasin numéro 1, quand ils arrivent en face de ce magasin. Cela est réalisé grâce à une écharpe, à une sorte de planche transversale et oblique à la courroie, qui rase la surface de celle-ci en se déplaçant suivant toute la longueur du magasin, dans un mouvement continu de va-et-vient et à une allure beaucoup plus lente que celle de la courroie : on comprend que, de la sorte, les colis sont poussés latéralement dans le magasin, mais en s’espaçant siir toute sa longueur. Le sol du magasin se présente en plan incliné, coupé par deux paliers qui forment comme deux passages : dans le passage supérieur, un peu en dessous des transporteurs, se tient un agent qui dégage la partie supérieure du plan incliné pour faciliter le déversement des colis suivants, et qui pousse au contraire les premiers arrivés vers le bas du magasin et du plan, où ils viennent s’accumuler sur des panneaux mobiles, dont nous verrons le rôle, et qui sont relevés pour l’instant. Nous omettons naturellement des détails d’installation, qui ont pourtant leur intérêt, mais nous entraîneraient trop loin. Ce premier triage peut se faire continuellement si l’aftluence des livraisons l’exige.
- Pour la mise en paniers et le classement définitif, on ne s’y livre que peu de temps avant le départ des trains, afin de ne pas encombrer les voies : naturellement on attaque seulement un magasin, qui correspond à un train ou à un groupe de trains, et l’on descend dans ce magasin ouvrir un panneau extrême, devant lequel aucun colis ne se trouve, grâce à la combinaison adoptée pour le mouvement de l’écharpe déchargeuse. L’agent descendu dans le
- magasin pousse par cette ouverture tous les colis qui se présentent, et débarrasse ainsi peu h peu le magasin en s’avançant de panneau en panneau, qu’il ouvre au fur et à mesure pour chasser hors du magasin tous les colis. Ceux-ci tombent sur une toile sans fin qui va les emporter aux employés trieurs; mais l’agent du magasin les met plus ou moins denses sur la toile suivant le nombre de ces employés et il a pour cela, comme points de repère, des traits peints sur la toile. En fait, celle-ci marche à 1 mètre à la seconde et peut débiter !ô()00 colis à l’heure. Cette toile remonte et arrive à une table de triage qui est à r)m,oà au-dessus du quai de chargement des wagons où attendent les paniers. De la table où les colis sont déposés par la toile, les trieurs peuvent les envoyer dans sept directions, soit par six couloirs à glissières, soit par le prolongement de la toile transporteuse, qu’une écharpe vient barrer pour forcer les paquets h tomber dans une autre glissière : tout cela est remarquablement combiné. De la sorte, tous les colis viennent se grouper sur des tables autour desquelles attendent les paniers où des agents vont les arrimer, chaque panier étant ensuite fermé quand il est plein. Rien entendu, les tables sont affectées soit à tel train, si l’on trie les expéditions de plusieurs trains simultanément, soit à tel tronçon d’un seul et unique train, et tout se fait avec une rapidité surprenante. On a même la possibilité, grâce h la combinaison des divers couloirs, d’interrompre ce triage au second degré pour recevoir, dans le magasin du premier degré, d’autres colis destinés au même train, et l’on reprendra ultérieurement son triage au second degré.
- Voyons maintenant ce qui se passe pour les colis destinés aux wagons complets : au moment où les agents trieurs du premier degré reçoivent, des toiles d'arrivée, ces colis marqués d’un zéro, ils les déposent, ainsi que nous l’avons dit, sur un transporteur disposé au-dessus de leur tête. Ces colis, eux aussi, vont être emmagasinés, mais dans des trémies aériennes en charpentes, qui se trouvent en arrière des couloirs de distribution des colis pour paniers, et à une hauteur de 5 mètres environ, le long d’un quai où viennent s’arrêter les fourgons qui recevront tous ces paquets dans leurs flancs. Du transporteur dont nous venons de parler, et qui est au-dessus de la première table de triage, les colis sont déversés sur un autre qui les entraîne hors de la chambre souterraine, puis ils sont pris par une courroie transversale qui les amène à la table de triage spéciale des wagons complets, d’où on va les diriger sur la trémie (c’est en effet un magasin en forme de trémie) correspondant au fourgon auquel ils sont destinés. Ces trémies sont au nombre de 6 : la première, celle qui est tout près de la table de triage, reçoit directement les colis par une glissière, les autres par des courroies. Mais on s’est arrangé de manière à ne pas être obligé d’installer autant de courroies que de trémies, et cela de la façon la plus ingénieuse. Il n’y a, en effet, que deux courroies, dont
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- LA NAILLE
- l'une, d'une largeur triple de la largeur ordinaire, est faite pour recevoir des colis sur son premier, son deuxième eu son troisième tiers, suivant qu'ils
- sont destinés à la deuxième, à la troisième ou la quatrième trémie; l’autre courroie est seulement de largeur double, et comporte par conséquent deux
- Fig. I. - Détails de l’installation. — 1. Schéma de 1a mise en magasin. — 2. Vidange d’un magasin pour la formation d’un train. 5. Vue en plan du premier étage. — -i. Descente des magasins en wagon complet.
- Fig. 2. — Fonctionnement de la première table de triage en sous-sol.
- emplacements distincts pour la cinquième ou la sixième trémie. Si nous suivons un colis destiné à la deuxième trémie, nous le verrons déversé direc-
- tement dans le couloir de celle trémie par une écharpe mobile ; pour un colis de troisième trémie une écharpe fixe le repoussera, à point nommé, sur
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- LA NATURE.
- le premier tiers de la courroie d'où ensuite une écharpe mobile le déversera dans sa trémie, et les choses se passeront de façon analogue pour un
- colis de quatrième trémie. Pour ceux qui sont posés sur la seconde toile, qui court naturellement à une certaine hauteur au-dessus de l'autre, les uns se
- Fig. ô. — Mise eu panier des colis.
- Fig. X. — Magasins aériens pour chargement en wagon complet.
- trouvent sur la première moitié de cette toile, et, en arrivant au bout de son parcours, ils tombent par un couloir sur le deuxième tiers de la grande cour-
- roie, puis sont déviés sur le premier tiers par une écharpe, et enfin déversés dans leur trémie ; les autres passent d’abord par le troisième tiers
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- LA SATIRE.
- de la grande toile et arrivent linalement à leur magasin. Tout cela semble un peu compliqué dans une description, mais fonctionne parfaitement. Quant à la descente des colis des trémies dans le fourgon, elle se fait de la façon la plus simple, par un couloir mobile aérien.
- Pour donner, en un mot, idée des avantages assurés par ce système remarquable, nous dirons qu’avec un personnel réduit de moitié on est parvenu à expédier deux fois plus de colis qu’aupara-vant. Quant à la dépense quotidienne et supplémentaire d’électricité résultant de l’adoption de ce système, elle n'atteint pas 121 francs. Un conviendra que cette installation fait le plus grand honneur à M. l’ingénieur en chef Sabouret, qui a inspiré toute celle création, à M. Duportail, le chef des études, et à M. Pons qui a dirigé tous les travaux et auprès duquel nous avons trouvé l’accueil le plus obligeant. ________ Dam el Bellet.
- LES CONSTRUCTIONS
- DE LA MARINE FRANÇAISE
- Voici la liste des constructions neuves et à continuer (pie la Marine française a dù entreprendre pendant l’année 1902, avec les sommes affectées à chacune d’elles.
- Cuirassés d’escadre : République, Brest, 4 G27 744 l"r. ; Henri I\, Cherbourg, 509 500 fr.; Suffren, Brest,
- 1 551 011 fr.
- Croiseurs cuirassés : Jules - Ferry, Cherbourg, 5 555 272 fr.; Léon-Gambetta, Brest, 12 555 117 fr.; Victor-Hugo, Toulon, 0 501 017 fr.; C. 14, Cherbourg,
- 2 097 405 fr.; Dupetit-Thouars, Toulon, 2 141 294 fr.; Gueydon, Lorient-Brest, 1 890 505 fr.; Coudé, Lorient-Cherbourg, 4 550 004 fr.; Gloire, Lorient-Cherbourg, 4 050 852 fr.; Marseillaise, Brest, 5 441492 fr.; Du-pleix, Rochefort-Cherbourg, 2 101 915 fr.
- Croiseur de lre classe : Jurien de la Gravière, Lorient-Brest, 101 000 fr.
- Contre-torpilleurs d’escadre : Carabine, Rochelort, 517 000 fr.; Sarbacane, Rochefort, 517 000 fr.; Francisque, Rochefort, 059 000 fr.; Sabre, Rochefort, 559 000 fr.; M. 52, Rochefort, 275 500 fr.; M. 55, Rochefort, 275 500 fr. ; Perluisane, Rochefort, 129 812 l'r.; Escopette, Rochefort, 128 019 fr.; Flamberge, Rochefort, 750 047 fr.; Rapière, Rochefort, 495 278 fr.
- Torpilleurs de lre classe : 277, Saigon, 255 025 fr.; R. 112, Saigon, 90 558 fr.; 224, Cherbourg, 52 000 fr.; 244, Saigon, 82 500 fr.
- Sous-marins : Silure, Cherbourg, 77 100; Espadon, Cherbourg, 87 J00 fr.; Naiade, Cherbourg, 505 400 fr.; Protée, Cherbourg, 505 400 fr.; Perle, Toulon, 210 290 fr.; Esturgeon, Toulon, 195290frBonite, Toulon, 195 290 fr.; Thon, Toulon, 195 290 fr.; Souffleur, Toulon, 200 290 l'r.; Dorade, Toulon, 200 290 fr.; Lynx, Cherbourg, 144900 fr.; Ludion, Cherbourg, 141 900 fr.; Loutre, Rochefort, 217 900 fr.; Castor, Rochefort, 217 900 fr.; Phoque, Rochefort, 114 000 l'r.; Otarie, Rochefort, 114 000 fr.; Méduse, Rochefort, 115 000 fr.; Oursin, Rochefort, 113000 fr.; Grondin, Toulon, 119 400 fr.; Anguille, Toulon, 119 400 fr.; Aloset Toulon, 119 400 fr.; Truite, Toulon, 119 400 fr.; Q. 55, Cherbourg, 510 925 fr.; Q. 50, Rochefort, 580 925 fr.; O 57, Toulon, 513 9251V.; Sirène, Cherbourg, 45 000 fr. ; Triton, Cherbourg, 45 500 fr.; Lutin, Rochefort, 131 252 fr.
- En outre, seront construits à l’industrie les cuirassés d’escadre Patrie, A. Il; les croiseurs cuirassés C 15, Montcalm, Sully, Amiral Aube, Desaix, Kléber; les contre-torpilleurs d’escadre Arquebuse, Arbalète, Mousquet, Javeline, Sagaie, Epieu, Harpon, Fronde, Dard, Raliste, Mousqueton, Arc, Pistolet, Délier, Catapulte, Bombarde; les torpilleurs de haute-mer Bourrasque, Rafale, Tramontane ; les torpilleurs de lre classe de 250 à 270 et les torpilleurs de 97 à 111.
- Soit : 5 cuirassés d’escadre; 10 croiseurs cuirassés: 1 croiseur de lre classe; 20 contre-torpilleurs d’escadre; 42 torpilleurs divers et 28 sous-marins et au total : 118 bâtiments de toutes espèces.
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- L’Okapi en Égypte. — On se rappelle l’étonnement suscité dans le monde savant par la découverte en 1901 d’un grand mammifère appelé Okapi par les indigènes du Congo, et qui ne serait autre que le descendant d’une espèce fossile, l’Helladothérium1. Vivant au milieu de forêts épaisses, sur la lisière desquelles habitent des tribus de pygmées peu nombreuses, son existence était entièrement ignorée, même des voyageurs qui avaient passé dans ces régions. Son aspect extérieur, autanPque
- ses particularités anatomiques le classent dans le voisinage de la girafe, qui ainsi ne se trouve plus isolée parmi les mammifères. Or un savant anglais vient de découvrir que parmi les divinités que les Egyptiens aimaient à représenter ornés de tètes d’animaux, il s’en trouve précisément un, le dieu Set, frère et meurtrier d’Osiris, qui a une tète d’Okapi bien caractérisée, comme on peut s’en convaincre par l’examen de nos figures. 11 en résulterait que les Egyptiens ont connu l’Okapi, qui depuis a disparu de la vallée du Nil pour se réfugier dans les solitudes du Haut-Congo. Le musée zoologique de Rome vient de recevoir tout récemment la dépouille d’un Okapi, don du roi Victor Emmanuel 111. Le nombre d’Okapis connus est donc porté à trois.
- La chasse à la baleine en Norvège. — La
- disette de poisson qui a régné cet hiver en Norvège, grâce à une affluence extraordinaire des phoques, a obligé le gouvernement à faire observer avec plus île rigueur les prescriptions d’une loi datant de 1890, qui réglemente la pèche à la haleine. On tient surtout à empêcher les baleiniers de chasser ou tuer les haleines dans le voisinage des côtes, car les poissons tels que la morue, le hareng, le capelan, sont mis en fuite par ces opérations. Rappelons que l’antique procédé du harponnage est complètement tombé en désuétude, depuis qu’en 1805 Swend Foyn inventa un canon qui lançait un projectile explosif muni d’un harpon ; la baleine était ainsi tuée et immobilisée. Avec ce procédé, dans l’année 1901,
- 1 Yoy. n"5 1400, du 18 mai 1901, p. 588, et 1480 du 10 novembre 1901, p. 588.
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- 498 baleines ont été capturées. La destruction de la baleine était donc imminente, et le gouvernement norvégien, tant pour défendre les intérêts des pêcheries de poisson que pour empêcher la disparition des cétacés, s’est vu obligé de défendre la chasse de la baleine depuis le 1cr janvier jusqu’à tin mai, avec exception pour le rorqual (Balænoptera musculus) qu’on peut poursuivre toute l’année, sauf bien entendu dans le voisinage des pêcheries. Le rorqual se nourrit de poissons, ce qui explique les mesures sévères dont il est l’objet à juste titre.
- L’objectif le plus rapide. — Nous avons publié sous ce titre1 2 une note relative à l’objectif à liquide du Dr Grün de Brighton. A ce moment nous n’avions pu encore être mis à même de juger de visu de la perfection de l’appai ' 1 et lorsqu’il nous fut donné d’examiner non seulement les images obtenues, mais aussi l’appareil lui-même, nous avons pensé qu’il était préférable d’attendre que les résultats fussent meilleurs pour les présenter à nos lecteurs. Nous attendons encore, mais nous pouvons cependant donner quelques détails complétant la note de l’an dernier. L’idée d’employer un liquide entre les lentilles n’est pas précisément nouvelle puisqu’elle fut émise par Euler dès 1762 et qu’un siècle plus tard Sutton la mettait en pratique, sans succès du reste. Le Dr Grün a été plus heureux dans le choix des substances employées : l’association des verres, leur courbure, le liquide interposé ont permis d’obtenir des images qui a première vue avaient semblé excellentes. 11 faut cependant reconnaître qu’elles manquent de netteté et que l’objectif est loin, si l’on veut obtenir une bonne image, d’avoir l’ouverture relative qu’on lui attribuait. 11 faut le diaphragme et on se retrouve alors dans les mêmes conditions qu’avec les objectifs sans liquide au point de vue de la rapidité ; c’est donc une complication inutile. On nous dit que l’inventeur a beaucoup modilié sa méthode de construction depuis peu, mais cependant les images qui nous ont été montrées ne sont pas encore bien probantes et du reste nous attendrons pour pouvoir juger ce nouvel instrument que nous l’ayons eu entre les mains, comme l’ancien ; nous en reparlerons alors, s’il y a lieu.
- L’éclairage par les bactéries. — On connaissait depuis longtemps le pouvoir qu’ont certaines bactéries d’émettre des rayons lumineux; toutefois l’utilisation de cette phosphorescence n’avait pas dépassé les expériences de laboratoire. Le professeur Hanosh Molisch vient de faire passer cette invention dans le domaine pratique, en inventant une lampe qui utilise directement la lueur fournie par les bactéries. La structure en est assez simple : un récipient de verre est rempli d’une mixture de salpêtre et de gélatine, préalablement ensemencée de Micrococcus phosphoreus. D.eux jours après l’inoculation la lampe répand une lumière bleu verdâtre du plus bel effet, produite par la présence d’innombrables bactéries. Pendant deux ou trois semaines elle est en plein éclat, après quoi, elle diminue progressivement jusqu’à extinction. H est indispensable de rappeler que les propriétés éclairantes des bacilles ont été mises en relief pour la première fois par M. Raphaël Dubois4, qui, pendant l'Exposition universelle de 1900, avait installé au palais de l’Optique un appareil d’éclairage par les bactéries.
- La maladie du sommeil. — Cette maladie étrange, caractérisée, comme son nom l’indique, par une somnolence invincible et croissante, frappe spécialement
- 1 Yov. n° 1504, du 22 mars 1902, p. 254.
- 2 Yoy. n° 1454, du 6 avril 1901, p. 293.
- les populations noires de la côte occidentale de l’Afrique chez lesquelles elle cause un grand nombre de décès. Jusqu’ici elle avait épargné les blancs, mais les dernières informations reçues du Congo Belge nous apprennent que cette curieuse maladie atteint maintenant les enfants blancs et qu’elle a déjà entraîné la mort de plusieurs d’entre eux. Les médecins emploient tous les remèdes possibles, mais en vain. Décrite pour la première fois en 1849, cette maladie a été souvent étudiée par les médecins de la marine française, lue commission médicale envoyée dans l’Afrique Australe par le gouvernement portugais, croit pouvoir établir l’origine infectieuse de cette affection dite « maladie du sommeil ». 11 semblerait, d’après la commission, résulter que cette maladie est duc à une inflammation diffuse des enveloppes du cerveau, à une méningo-encéphalile, produite par l’action spéciale d’un microbe appelé diplostreptocoque. Au fond on n’est pas d’accord sur l’origine de la maladie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 juin 1903. — Présidence de M. A. Gau dry.
- Monument élevé à Pasteur. — L’Académie reçoit l’invitation de la municipalité de Chartres à se faire représenter le 7 juin à l’inauguration du monument élevé à Pasteur. La cérémonie sera présidée par M. Roujon.
- Monument élevé à Bunsen. — L’Académie est invitée à prendre part à l’érection d’un monument au physicien Bunsen dans la ville d’Heidelberg.
- La mer au Soudan. — M. de Lapparent rappelle que dans une récente séance il a fait savoir que M. le capitaine Gaden avait rapporté du Soudan des fossiles appartenant à l’étage lutétien. Aujourd’hui il annonce que cet officier a rapporté une ammonite de la région du Dainer-ghon, entre Zinder et -l’Aïr. Cette ammonite qui est la première provenant de l’Afrique centrale, indique la présence du crétacé supérieur et spécialement de l’étage turrouien. Or, l’oursin provenant de Bilrna révélait la partie supérieure du crétacé, c’est-à-dire le maestrichtien.
- La Montagne Pelée. — M. Michel Lévy expose que M. A. Giraud relate que le volcan est entré dans une phase d’activité nouvelle. Le cône se présente maintenant sous l’aspect d’un cylindre cannelé.
- La marche des tempêtes. — M. Garrigou-Lagrange a construit un grand nombre de cartes sur lesquelles étaient reportées l’aire de pression minima figurée par une teinte claire, et l’aire de pression maxima par une teinte coloz'ée. 11 a eu l’idée de monter ces cartes à la manière des feuillets du cinématographe de poche. On voit ainsi apparaître non point les phénomènes eux-mêmes, mais un mouvement pouvant aider puissamment à leur interprétation. L’auteur constate ainsi une sorte de balancement dans le déplacement des centres. En Europe le mouvement des aires de haute pression a pour effet d’amener alternativement sur un territoire donné, tel que la France, un régime de haute et de basse pression qui influence naturellement la température et les autres éléments météorologiques. L’hiver 1902-1903 en est un exemple. Remarquable par sa douceur, cet hiver a présenté 6 périodes peu importantes et peu durables de refroidissement qui se sont toutes produites à l’époque du passage d’un maximum barométrique et qui ont été en relation très sensible avec l’importance de ce passage et surtout avec le sens du déplacement du maximum.
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- LA NAT LUE.
- Epuration de l'hydrogène. M. d’Arsonval résume une Note de M. le colonel Renard du parc aérostaticpie de Chalais et de M. Claude relative à l’épuration du gaz hydrogène préparé pour le gonflement des ballons. Ce gaz renferme ordinairement de l’hydrogène arsénié et, par suite de cette particularité, est très dangereux pour les gens qui ont à manœuvrer l’appareil. En refroidissant le mélange jusqu’à — 100° on sépare déjà la plus grande partie de l’hydrogène arsénié; à — 110° la condensation de ce gaz est complète. Cu. dk Yhxeuecil.
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- IA FORCE DES INSECTES
- Tout le monde connaît la surprenante puissance musculaire que déploient les insectes et les véritables
- tours de force qu'ils exécutent soit pour rechercher leur proie, soit pour se défendre contre leurs ennemis. Mais, en général, on ne se fait pas de leur énergie une idée bien précise, faute de points de comparaison. Rien n’est plus simple cependant que d’exécuter quelques expériences qui permettent d'évaluer en chiffres suffisamment exacts la puissance musculaire des insectes1.
- La force de l’aile des insectes est connue par les travaux de Félix Plateau et de M. de Lucy, qui ont démontré péremptoirement que ces animaux ne peuvent enlever un poids beaucoup plus lourd qu’eux-mèmes, quelle que soit d’ailleurs la surface de leur aile. Une constatation très intéressant, a été faite au cours de ces recherches: c’est que la superficie de l’aile décroît à mesure qu’augmentent les dimensions
- La force de certains animaux.
- I, 2. Puissance musculaire de la mouche. — 3. Celle du perce-oreille. — i. Celle de la puce. — o. Celle de l’huître.
- et le poids de l’animal. Voilà qui explique le vol lent et pesant du scarabée comme l’envolée rapide el légère du cousin ou de la volueelle. Mais il en est tout autrement lorsque l’insecte se meut sur une surface solide où scs six pattes peuvent prendre des points d'appui. 11 arrive alors à exercer des tractions dont la puissance peut être évaluée approximativement. Prenons par exemple une mouche par les ailes, en lui laissant la libre disposition de ses pattes, de manière qu’elle puisse saisir et soulever une allumette, comme le montre notre figure 2. Si un homme voulait, toutes proportions gardées, fournir un pareil travail, il devrait soulever une poutre de 8ra,5Û de long et de U“,40 de côté (fig. 1).
- Le perce-oreilles de la figure 3, attelé à un petit chariot, traîné sans difficulté huit allumettes, ce qui, pour un robuste percheron, équivaudrait à déplacer 530 poutres aussi longues et aussi grosses que lui-
- même. Quant au sauteur de la ligure 4 qui sans effort franchit les 500 mètres de la Tour Eiffel, il ne fait que répéter le tour de force de la puce qui saute 200 fois sa hauteur. Enfin l'hercule de la fig. 5 est obligé d’enlever 80 grosses locomotives pour égaler un animal occupant une situation bien modeste dans l’échelle animale, l’huître, qui en fermant ses valves, déploie un effort de 15 kilogrammes. Comme on le voit, il est plus facile d évaluer la force des animaux que de P égaler, et nos modernes athlètes ont encore bien des progrès à faire avant de pouvoir exécuter les efforts qu’accomplissent si simplement des êtres placés au bas de l’échelle animale.
- Fr. de Zelt.ver. -1 Yoy. u“ 436, du 8 octobre 1881, p. 299.
- Le Gerant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie L.viiuue, rue de Fleuras, 9.
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- .V 1508.
- 15 JII.X 1905.
- LA A AT LUE.
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- LE « SANT0S-DUM0NT N° 9 »
- Après une assez longue que justifient amplement
- période de recueillement les àpretés de l'hiver et
- d'un printemps d’humeur capricieuse, M. Santos-Dumont a repris les airs le 8 mai, le jour même
- Fiji. 1. — Ensemble de la nacelle, du moteur et de l'hélice montés sur la poutre armée.
- où le ballon Lebaudy effectuait son sensationnel La première promenade de l'aéronaute brésilien parcours de 57 kilomètres, de Moisson à Mantes. n’est d’ailleurs que le début d'une série d’ascensions
- Fi^. :1. — Détail de la nacelle et du moteur.
- qui ne peuvent manquer d être intéressantes par la diversité même des appareils qui en feront l’objet. On nous promet, en effet, de montrer au public parisien, toujours friand de nouveautés et de « pre-‘
- 31* année. — 2" semestre.
- mières », au moins trois ou quatre ballons inédits, déjà plus qu’à moitié prêts; ce sont, sans parler du n° 9 actuellement gonllé : le « Sanlos n° 7 », véritable ballon de course, de 1257 mètres cubes,
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- LA NATURE.
- pourvu d'un moteur de UO chevaux, et destiné à affronter les concours à l'Exposition de Saint-Louis ; le « Santos n° 10 », ballon omnibus de 2010 mètres cubes, capable de transporter une douzaine de voyageurs; et enfin, une simple copie du « Santos n°6 », de 022 mètres cubes, qui lut désemparé l’automne dernier, comme l’on sait, par un accident dans la baie de Monte-Carlo où l’aéronaute faillit perdre la vie.
- Une flottille aussi nombreuse méritait bien d’ètre dans ses meubles. Le nouvel aérodrome qui lui est spécialement affecté se trouve à Neuilly, à côté des établissements Chéri et en lace de l'ile de Puteaux. Le hangar qui abrite les ballons est lui-même une construction fort originale; c'est une immense tente rayée de rouge et de blanc, dont la bâche énorme ne pèse pas moins de 2000 kg. Cette toile repose sur cinq rangées de mâts verticaux reliés par des cordages métalliques, et ménageant entre eux quatre travées de 70 mètres de longueur; la largeur est de 0 mètres pour les deux travées centrales et de 7 mètres pour les nefs latérales. L'ensemble du hangar offre ainsi, en place, 70 mètres sur 45 mètres, et 13^,50 en hauteur. Cinq à six dirigeables tout gonflés pourront y tenir à l’aise. Une vaste )torte à deux vantaux roulant sur des glissières en ferme l'entrée.
- Pour le moment, M. Santos-Ihunont s'entraîne et se promène à bord d'un ballon minuscule, portant le n° 9, — si minuscule même que cette pétrolette aérienne serait incapable de porter un aéronautc moins léger que le vainqueur du prix Reutsch.
- Le « Santos-Dumont n° 9 », construit par M. La-chambre en soie du Japon, a la forme d'un gros œuf, camard sur l’avant, légèrement allongé sur l’arrière. Aujourd’hui — car il a été agrandi par l’adjonction d’une zone transversale supplémentaire — il mesure 15m,12 de longueur pour un diamètre de 5m,50 au plus fort. Son volume ne dépasse pas 261 mètres cubes. L’enveloppe renferme d’ailleurs un ballonnet compensateur à air de 45 mètres cubes. Les clapets de sûreté inférieurs, qui s’ouvrent automatiquement lorsque la dilatation provoque un excès de pression intérieure, sont placés à l'arrière de manière que, dans le mouvement, l'hydrogène en s'échappant soit emporté loin du moteur. La soupape de manœuvre, habituellement disposée sur le dôme du ballon, est ici remplacée par un simple panneau de déchirure.
- La poutre armée à section triangulaire en sapin est du système adopté précédemment par M. Santos-Ihunont. Elle a 7m,80 de longueur et se trouve à 2 mètres en dessous de l'enveloppe. Elle est fixée par 46 suspentes en corde à piano de 8/10 de millimètre, accrochées par l'intermédiaire de cosses et de cabillots à de courtes cordelettes directement attachées par des bâtonnets aux ralingues qui suivent le flanc du ballon. La poutre armée supporte, à peu près à l'aplomb du maître-couple, la nacelle en osier de 0m,90 de hauteur, fort étroite à l’entrée, élargie à la base, et qui ne pèse guère que 5k«,5. En
- arrière de cette nacelle, est disposé le moteur (dément de 5 chevaux, à deux cylindres et à refroidis-tement par ailettes, dont le classique volant de fonte a été remplacé par une simple roue de bicyclette débarrassée de son pneu. Ce moteur pèse 12 kg seulement, soit 4 kg par cheval.
- Le maître-couple avant a 24 mètres carrés environ, la force motrice dont on dispose par mètre carré de maître-couple est de 0ch-vap, 125 ; elle était de (jch. vap.j(p2 pour le ballon de Meudon; celui-ci développant 6,u,5(f de vitesse à la seconde, il faut donc prévoir que la vitesse du « Santos il0 9 » est notablement inférieure,à ce chiffre, ce que l'expérience vérifie, sans qu’il ait été fait, toutefois, de détermination précise à cet égard.
- L’hélice à deux branches, placée à l'arrière au bout d’un arbre de 0m,025 en acier, d'une longueur de 4 mètres et tournant à 200 tours, est formée de deux parois de soie tendues sur une carcasse en acier. Elle a 5 mètres de diamètre, et pèse 11 kilogrammes. Le gouvernail également en soie mesure 8niî,50.
- En définitive, les principaux éléments du poids sont les suivants :
- Enveloppe, environ 50 kg.
- Nacelle' 6 —
- Moteur et hélice 25 —
- l'outre armée avec le reste du mécanisme 60 —
- Une provision d’hydrogène comprimé dans des tubes d’acier permet de gonfler ou de renflouer rapidement ce petit navire aérien qui est plutôt un objet de curiosité qu’un instrument capable d’épreuves sensationnelles comme ses homonymes.
- Le 8 mai, le « Santos n° 9 » a effectué sa première sortie; porté à bras jusqu’à la porte du Bois-dc-Boulogne, il évolua librement sur son guide-rope de 50 mètres, et put manœuvrer à l’aise au-dessus de la pelouse du champ de course de Bagatelle. Sorti du hangar à 5h50 de l’après-midi, il était de retour à 4h 45. Depuis lors le jeune aéronautc a renouvelé celte promenade; mais en raison de la faible vitesse qu'il peut fournir, les jours sont rares où l'état de l'atmosphère se prête aux sorties.
- L'-Colonel G. Espitallier.
- L’HÉMËMLOPIE
- ET L'OPOTHÉRAPIE HÉPATIQUE
- (l’est bien le cas de dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et que la médecine moderne ne fait souvent (pie rééditer, avec des moyens perfectionnés, des pratiques anciennes plus ou moins oubliées. En voici encore une nouvelle preuve.
- Les troupes d’Algérie, surtout celles qui campent ou font expédition dans, les régions avancées du Sahara, sont srès sujettes à des troubles de la vue qui affectent un véritable caractère épidémique. L’héméralopie est fréquente chez elles et chez nombre de voyageurs qui peuvent se troüver dans des conditions identiques. C’est une
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- LA .NATURE.
- Ht
- maladie caractérisée par une cécité plus ou moins absolue I dès que disparait la lumière du jour : la dysopia tene-brorum, comme on l’a appelée. La vision, normale ou à peu près pendant le jour, baisse brusquement au moment du crépuscule et se perd totalement quand survient la nuit. Le malade est incapable de se conduire et ne voit rien ou peu s’en faut. 11 s’agit, dans la plupart des cas, d’une fatigue passagère de la rétine trop violemment impressionnée, pendant le jour, par une lumière éclatante sur des plaines de sable, sans arbres, sans verdure. Le qu’il y a de curieux, c’est que ce trouble rétinien est fréquemment associé à de l’ictère et il semble bien que la lumière ne soit que la cause occasionnelle d’une affection locale liée à un état de congestion ou de mauvais fonctionnement de la glande hépatique.
- Dans maintes épidémies, on a observé la coexistence d’ictèrè. Mais ce qu’il y a de sur c’est que depuis des siècles cette corrélation a frappé les observateurs, car dans les écrits des thérapeutes les plus anciens on conseille l’usage du foie d’animaux contre cette singulière maladie. L’opothérapie hépatique remonte à la médecine arabe. Le l)r Raynaud donne la traduction d’un manuscrit où est indiquée en grands détails la façon de procéder.
- « Prendre le foie d’un bouc, que l’on fait un peu griller, y inscrire le verset ci-dessous, le couper ensuite en sept morceaux que le malade doit emporter dans un endroit désert ; il fera face à la Kibla, mangera un des morceaux, jettera le second à sa droite, mangera le troisième, jettera le quatrième à sa gauche, mangera encore le cinquième et jettera le sixième derrière lui. Quant au septième, il l’enterrera sous son lit. Le patient ne devra ni dormir, ni parler à personne jusqu’à son lever.... » Le verset à inscrire dit : « Nous avons ôté le voile qui te couvrait les yeux; aujourd’hui ta vue est perçante ».
- Celse notait, lui aussi, les bons effets du foie : « Les personnes qui distinguent passablement les objets dans le jour mais ne peuvent rien voir pendant la nuit doivent faire griller un foie de chèvre et se faire des onctions sur les yeux avec le jus »
- Le traitement a été mis en pratique de nos jours et les soldats de la légion étrangère en ont recueilli la tradition. D’où? bornaient? il serait difficile de le savoir. Toujours est-il que lorsqu’ils sont frappés d’héméralopie ils ont recours à l’opothérapie en mangeant régulièrement du foie de mouton. Et le 1)' Romary, médecin-major qui a été témoin de cette pratique, a constaté que les malades étaient rapidement améliorés et guéris.
- Au bagne, d’après lioudet, les forçats se servaient jadis de foie de bœuf pour combattre les accidents de la cécité nocturne, mais au lieu de l’ingérer, ils en faisaient des fumigations.
- Dans les campagnes le lie! de bœuf, délayé dans l’eau bouillante, est un topique contre certaines formes d’amaurose.
- Des médecins ont prescrit, et avec succès, l’usage de l'huile de foie de morue contre l’héméralopie. Baizeau, un de nos grands médecins militaires, l’ordonnait aux soldats atteints de cette maladie.
- Le qui prouve qu’il y a souvent dans les remèdes populaires une base sérieuse, un fonds d’observation judicieuse. L’opothérapie hépatique a, on le voit, une histoire bien ancienne ; rajeunie par la pratique moderne, elle s’appuie sur des données scientifiques plus précises. Nos aïeux n’en demandaient pas tant : ils s’en rapportaient à la tradition et 11e s’en trouvaient pas mal.
- D1 A. Lxiuaz.
- LE PONEY D’ISLANDE
- Dans tuus les déserts existe une espèce animale particulière que les rares habitants de ces solitudes ont domestiquée pour l’employer au transport et qui symbolise en quelque sorte chacun de ces pays. Jel le chameau au Sahara, le renne en Laponie et dans une partie de la Sibérie, le chien dans une autre région de l’Asie boréale et dans l’Amérique du Nord, entin le poney en Islande. Si Ton connaît les services que rendent le renne et le chien aux Lapons, aux Samoyèdes, aux Tchouktches et aux Eskimos, le rôle si important du poney dans l’économie de l’Islande est demeuré jusqu'ici plus ignoré; 011 ne saurait donc trop louer le capitaine Daniel Bruun, de l'armée danoise, d'avoir consacré une étude historique et ethnographique à ce très intéressant animal imparfaitement connu chez nous.
- Les poneys d’Islande descendent de chevaux de la Norvège occidentale amenés par les colons qui vinrent s’établir dans l'ile au neuvième siècle. Sous l’inlluence du climat extrêmement âpre auquel ils demeurent exposés, sans le moindre abri, la plus grande partie de l’année, ces animaux se sont en quelque sorte rabougris, comme les rares arbres de l’ile battus par la tempête, si bien que leur taille qui, à l’origine, devait être d'environ lm,50 comme celle de leurs congénères actuels de la Norvège, n’est plus aujourd'hui que de l,n,2Ü au maximum et même moins. Ces petites bêtes ne paient point de mine ; avec leur cou très court, leurs formes ramassées, leurs longs poils hérissés, elles ont souvent beaucoup plus l’air d’un ours que d’un équidé. Mais combien résistantes, adroites et sobres elles sont! Pour apprécier les services qu’elles rendent, il est nécessaire de rappeler que l’Islande est, dans sa plus grande étendue (8000 kilomètres), un désert de pierres. Près du tiers de la superficie de l’ile est recouvert de laves rugueuses, et le reste du pays par des amoncellements de blocs et de pierrailles, des marais, des neiges et des glaciers. Et partout des torrents, larges comme des lleuves, aux eaux glacées et au lit sans cesse changeant.
- Au milieu de cette solitude véritablement effrayante les Islandais vivent disséminés en habitations isolées. Entre ces petites communautés point de chemin, souvent même point de sentier. Depuis le début de la colonisation de l’ile onze siècles se sont écoulés
- sans qu’il ait été apporté de grandes modifications aux voies et aux moyens de communication. Dans
- ces dernières années on a ouvert de
- l’église de Thingvallir, une route carrossable longue d’une vingtaine de kilomètres, construit quelques, ponts, installé quelques bacs, mais ce sont lit des travaux absolument exceptionnels, limités aux régions les plus fréquentées. Partout ailleurs les transports se font par monts et par vaux au moyen des poneys comme au neuvième et au dixième siècle.
- Dans ces conditions chaque Islandais possède une nombreuse cavalerie; d’après la dernière statistique,
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- LA NATO K.
- nie renferme une populalionchevalinede 45535 individus, soit 400 poneys par millier d’habitants, proportion double de celle existant en Danemark. Chez tout propriétaire rural il y a au moins autant de bêtes de selle que la famille compte de membres, bonnnes, femmes et enfants, et de plus un certain nombre d'animaux de bàt. Sans ces poneys les Islandais ne pourraient faire un pas hors de chez eux, aussi bien sont-ils le peuple européen qui pratique le plus l’équitation. Ces insulaires passent la plus grande partie de leur vie en selle. C’est à cheval qu’ils font leur premier voyage, pour recevoir à l’église le baptême, et leur dernier au cimetière qui doit contenir leur dépouille. Dès l’àge de 4 ou 5 ans, garçons et filles savent manier une monture.
- Aon seulement les poneys transportent leurs maîtres à travers les déserts de l’intérieur de l’île, mais encore tout ce qui est nécessaire à leur vie dans ces solitudes : les denrées alimentaires, la morue séchée, la farine, les meubles, les bois de construction qui font défaut dans toute l’île et qui sont apportés grands frais de Norvège. Dans les presbytères et chez les riches propriétaires, quel n’est pas l'étonnement du voyageur de trouver de lourds canapés, d’encombrantes chaises longues qui ont été apportés sur le dos de ces vaillants petits chevaux jusqu’au tin fond de ces déserts. Une des gravures reproduites ci-contre, d’après une photographie du capitaine Bruim, représente des poneys chargés de planches. Sur un terrain plat la marche avec ces longs madriers
- Fig. 1. — Poneys islandais rapportant le loin à la ferme sous la conduite d’une jeune fille. (D'après une photographie du capitaine Daniel Braun.)
- est lente et fatigante, mais qu'est-ee en comparaison des difficultés que présente, pour un pauvre animal, l'ascension d'une montagne avec une pareille charge ! Une autre gravure représente le retour à la ferme de la provision de loin. Sur ce sol infertile les prairies sont rares et maigres; afin d'alimenter leur cavalerie pendant l'hiver, les paysans n’ont garde de négliger la récolte du moindre pacage ; iis s’en vont donc faner des pâturages perdus dans la montagne, souvent à 15 ou lb heures de route de leur habitation, et, naturellement, ce sont les poneys qui rapportent le foin. Ces petites bêtes sont chargées de deux énormes balles sous lesquelles ils disparaissent pour ainsi dire; 155 kilogrammes est la charge normale •pie portent ces chevaux lilliputiens, et cela, sur des terrains qui rebuteraient nos piétons les [dus endurcis. Si la récolte de foin est.insuffisante pour nour-
- rir les poneys pendant l'hiver, rapporte le IV Labonne dans son excellent livre sur l’Islande, on leur donne de la morue pilée mélangée à quelques brins d’herbes séchées, parfois même la chair cuite de leurs semblables sacrifiés pour assurer l’alimentation des animaux les meilleurs. Un été, et l’hiver, tant que la neige ne recouvre pas le sol, jamais l’Islandais ne se préoccupe de la nourriture de sa cavalerie. Il la lâche dans la montagne, et elle s'en va souvent à plusieurs heures de l’habitation, à la recherche de maigres [laçages dont elle connaît l’existence. Ajoutons que le poney d’Islande n’a jamais goûté ni avoine, ni son, par l'excellente raison que l’île ne produit aucune céréale. Si le poney Islandais est remarquable par sa sobriété, il n’est pas moins étonnant par son agilité, et par son intelligence. Partout il sait trouver sa route et aucun terrain ne le rebute. Des journées
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- LA NATURE.
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- entières il chemine sur des nappes de cailloux mobiles, avançant pas à pas, la tète penchée en avant vers le sol pour mieux reconnaître les obstacles, et
- jamais un faux pas. Sur les coulées de laves crevassées, son adresse est également merveilleuse. Même les glaciers ne l'arrêtent pas; avec 1 e calme et la sù-
- EîfeFifï. 2. — Halle d'une caravane de transport. (D’après"une photographie du capitaine Daniel Bruun.)
- reté d’un alpiniste habitué aux grandes ascensions il sait franchir^ les crevasses et ne parait nullement dépaysé sur ce sol singulière-ment, glissant.
- Mais c’est surtout dans la traversée à gué lleuves torrentueux issus des »
- glaciers que le poney fait preuve d’une intelligence extraordinaire. Il sait que les nappes d'argile qui bordent ces cours d'eau cachent souvent des fondrières, et à petits pas il avance sur ce terrain tremblant, flairant bruyamment le sol pour s’assurer de sa solidité. Une fois à l'eau, il sait prendre la direction la plus favorable du courant, et résister à l’entrainement de l'eau et des cailloux mobiles
- qui recouvrent le lit de la rivière; meme dans le torrent le plus rapide jamais il ne trébuche. Lorsque
- la profondeur l’oblige à nager, il contourne les tourbillons, et choisit les endroits les plus calmes. 11 va sans dire qu'en pareil cas le cavalieF doit s’abandonner complètement à sa monture. Vouloir la diriger serait commettre la plus grande imprudence. La bète prend, d’ailleurs, soin de son mai-Ire. A ce sujet un auteur rapporte1 qu’un poney traversa un des plus grands lleuves de l'Islande monté par un homme ivre mort. Lorsque le cheval sentait son cavalier incliner d’un coté, il lui faisait reprendre l’équilibre d'un léger coup de reiu.
- Fig. 5. — Poneys transportant îles bois de construction. (D’après une photographie du capitaine Daniel Druun.)
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- LA N A TL LE.
- Le capitaine Rruim a été témoin d'un fait à peu près semblable, sur la terre ferme il est vrai.
- Dans un pays ou le cheval est un auxiliaire absolument indispensable de l'homme il atteint naturellement un prix relativement élevé. I n bon poney de selle peut valoir jusqu’à 420 francs, tandis qu'un animal de liât ne dépasse guère 70 à 85 francs.
- Le poney est l'animal national de l’Islande et aux siècles passés le grand divertissement des indigènes était non point les courses, mais les combats des étalons. Pour ces luttes on choisissait des animaux dont la mâchoire était armée sur le devant de dents longues et pointues. Les chevaux, lancés l’un contre l’autre, se prenaient corps à corps, en se dressant sur les jambes de derrière ; le combat, était dirigé de chaque coté par un homme, le plus souvent le propriétaire, qui guidait son champion dans l’attaque et le soutenait dans la défense avec un bâton. Ces mœurs sauvages ont aujourd’hui complètement disparu ; le dernier combat de chevaux eut lieu en 1625.
- Charles Rabot.
- |.\ CÉRAMIQUE SANS CUISSON
- La poterie émaillée fut commune en tout temps. Née en Chine à une époque qu’il est difficile de déterminer, la fabrication de la faïence fut introduite au Japon et en Perse, puis en Assyrie, en Babylonie, en Arabie et en Égypte. Les habitants de cette dernière contrée aimaient cette vaisselle fraîche au toucher, agréable à l’œil, et d’un entretien facile. La pâte de verre paraît d’ailleurs d’invention égyptienne et on la trouve même employée comme revêtement de certains édifices, telle la porte sépulcrale de la pyramide à degrés de Saqqarah. Plus tard on l’appliqua comme glaçure sur des scarabées, des figurines funéraires, des amulettes, etc., taillées dans le schiste, le calcaire ou le lignite.
- En Chaldée et en Assyrie, on dut procéder comme en Égvpte, c’est-à-dire commencer par employer la substance vitreuse à l’état de vernis sur les briques, statuettes, vases; puis l’on est arrivé graduellement, peut-être sous l’influence de l’Égypte, au verre opaque et enfin au verre transparent.
- En Italie, la fabrication des faïences fut connue de Iwnne heure : les villes de Gubbio, dTrbino, de Pesaro et de Faenza avaient, en effet, des fabriques en pleine activité dès 1100; on n’y employait que la glaçure plombifère jusqu’en 1415; à cette époque, le sculpteur florentin, Luca délia Robbia, qui cherchait un vernis capable de garantir ses terres cuites contre les injures du temps, découvrit ou importa de Majorque l’émail stannifère qui permet l’emploi de diverses couleurs, appliquées sur le fond d’émail uniformément blanc. Ce furent les premières ma-joliques. Ce vernis se composait d’oxyde d’étain, d’oxyde de plomb, de sable, et de carbonate de potasse finement broyés séparément et délayés ensemble. Les pièces ayant subi un commencement de cuisson ou dégourdi, on les immergeait dans ce liquide. Après séchage, on les couvrait de peintures et on remettait au four pour achever la cuisson. La grande difficulté était le choix des couleurs (pie la chaleur du feu dénaturait souvent complètement .
- En France, ce fut la faïence fine qui fut fabriquée la première.^
- Bernard Palissv vit, après IG ans de luttes et de mi-
- sère, sa dernière fournée de poteries recouverte du brillant émail si longtemps cherché. Les rustiques figulinesne tardèrent pas à voir le jour. Malheureusement son secret mourut avec lui ; il fut retrouvé en Angleterre pour être perdu de nouveau et enfin dévoilé à tous pour plus de sécurité. Six ans après la mort de Dalissy, un gentilhomme de Savone ayant trouvé dans les environs de Nevers une terre semblable à celle qu’on employait dans son pavs pour la fabrication de la faïence, l’essaya avec succès. Dès lors de nombreuses villes de France eurent leur faïencerie : Rouen, Epernay (IG50), Apt (IG70), Saint-Cloud (1675), Meudon (1700), Bordeaux (1740).
- One la glaçure s’opère par un émail à base de plomb ou d’étain ou bien par la projection de chlorure de sodium sur la pièce fortement chauffée, ou encore par immersion dans une mixture composée de feldspath, do sable, d’oxyde de plomb, de borax et de cristal, la cuisson est toujours d’une conduite difficile.
- Jusqu’en 1807, il n’existait aucun procédé pratique (tour la reproduction à froid des chefs-d’œuvre de la céramique ancienne et moderne. Il existait bien des peintures dites émail aptes sans doute à peindre un banc ou une chaise, mais impropres à être employés sur plâtre ou terre cuite pour obtenir une imitation parfaite des émaux et de la faïence. A cette époque eut lieu cette grande manifestation des arts du feu, au Palais du Champs-de-Mars, présidée par M. Georges Berger.
- Comme dans toutes les Expositions libérales accueillant les nouveautés hardies, une place fut laissée libre pour les imitations présentant un caractère intéressant, utile et pratique digne de figurer à coté des chefs-d’œuvre de nos céramistes modernes.
- Le procédé « La Chrysalide » fut le seul à remplir ces conditions et les nombreux spécimens de reproductions de céramiques brillantes, assyriennes, égyptiennes, grecques, étrusques et romaines, furent d’une réalité saisissante. L’application de cette peinture est d’ailleurs très facile. Cet émail est constitué par une pâte homogène d’une couverture immédiate, vitrifiable par oxydation à l’air libre. Les émaux de couleur, la préparation dite cristal et celte dite l’incolore concourent à son emploi. L’incolore joue le Tôle de l’essence comme dans la peinture et sert à fluidifier l’émail en lui donnant plus d’éclat. Le cristal sert à recouvrir la couche d’émail encore fraîche et à unifier le travail qui, au moment de l’application, paraît tout bossueux. La vitrification est presque instantanée et les résultats surprenants. La coloration des faïences s’obtient par la superposition d’émaux de couleur fortement dilués dans de l’incolore et appliqués très fluides un quart d’heure après la première couche fondamentale et générale, d’émail blanc.
- Dans les céramiques anciennes, le procédé diffère un peu pour l’application des couleurs. Dans les faïences égyptiennes, phéniciennes et cypriotes, l’enduit et l’émail blanc sont supprimés ; les couleurs appropriées au sujet sont appliquées directement, fortement diluées. La coloration terminée, on donne une ou deux couches épaisses de cristal pour obtenir une glaçure vitreuse. Le lendemain on lui communique la patine du temps au moyen d’une légère couche de bitume liquide essuyée quelques instants après avec un linge imprégné d’essence de térébenthine. L’imitation (le la faïence « Grand feu » s’obtient comme la faïence polychrome, avec cette différence que plusieurs couleurs sont appliquées irrégulièrement par taches à différents endroits. La couche de cristal, appliquée sur les couleurs encore fraîches, amène tout
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- naturellement la fusion de tous ces bariolages polychromes.
- Dans un autre ordre d’idées, l’émail Chrysalide s’emploie à revêtir certaines parties d’édifices. C’est ainsi (pie la façade de Herrod’s Stores, Grands magasins de nouveautés de Londres, le groupe « Àmphitrite », du sculpteur Gauguié à l’Exposition universelle de 1900, le portique du Salon de Lyon de 1905, etc., ont été décorés de la sorte ; il semble que les résultats aient été satisfaisants.
- Le bois, la pierre pouvant être rapidement couverts d’une brillante faïence, l’architecture moderne pourra tirer un grand parti de cet intéressant procédé de céramique. Carou's Kaki..
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- L’ALUMINOTHERMIE
- Nous avons déjh signalé brièvement1 l’invention connue sous le nom d’« Aluminothermie », et due au l)r Hans Goldsehmidt, d’Esscn-Ruhr ; mais il est aujourd'hui nécessaire d'y revenir pour donner des détails plus complets au sujet de ce procédé curieux, et surtout pour signaler les nombreuses applications parfaitement pratiques dont il est susceptible.
- L’aluminothermie est en somme (et nous n’avons point pour cela l’intention de diminuer la valeur de la découverte) l’application spéciale d’un phénomène d’ordre plus général. Si, avec un composé métallique pulvérulent, oxyde, sulfure, par exemple, on mélange intimement un métal en poudre, dont l’affinité pour l’oxygène, le soufre, est plus grande que celle du métal qu’on trouve dans le composé, et qu’on chauffe ce mélange, une réaction se produit à une certaine température, avec dégagement de chaleur : le corps oxygéné ou sulfuré est décomposé, le métal qui entrait dans la combinaison est mis en liberté, l’oxygène ou le soufre se combinant avec le métal libre. Malheureusement, en pareil cas, la réaction est assez violente pour entraîner des projections des corps en présence, et la destruction très rapide des récipients où se fait la réaction. Or le Dr Goldsehmidt a eu l’idée de ne plus chauffer tout le mélange, mais seulement de porter un point de sa masse à la température convenable : la chaleur se propage progressivement dans toute la masse, et la réduction se fait sans demander aucun calorique extérieur. On comprend combien est précieux ce phénomène, qui, comme nous allons le voir, peut être utilisé simplement comme source de chaleur, ou au contraire est à même de fournir du métal à température de fusion, qu’on emploiera directement et avec la plus grande facilité à une coulée quelconque.
- On saisit, sans que nous y insistions longuement, l'application du principe quand on se sert d’aluminium comme métal réducteur et producteur de chaleur, quand on fait, ainsi que le dit bien le mot, de Y « aluminothermie ». On provoque l’ignition d’un mélange d’oxyde métallique et d’aluminium pulvérisé, et la réaction, en développant une température de 5000 degrés environ, donne à l’état pur, sans carbone, le métal de l’oxyde, et, d’autre part, une
- 1 Yoy. n° 1545, du 20 décembre 1902, p. 59. *
- scorie d’oxyde d’aluminium, ou corindon artificiel. Nous allons voir que cette température et cette réaction peuvent s’obtenir presque instantanément et sans l’emploi d’aucun appareil encombrant.
- En fait, l’oxyde qu’on emploie le plus souvent en aluminothermie, c’est l’oxyde de fer, l’oxyde du métal le plus usité dans la métallurgie moderne, et les usines Goldsehmidt, ou plus exactement 1’ « Allgemeine Thermit Gesellschaft » d’Essen-Ruhr, vendent sous le nom de « Thermit » le mélange en question, tout prêt ù être allumé et à produire la réaction, et le fer en fusion, dont la composition est identique à celle d’un fer doux homogène; nous avons eu entre les mains des analyses de barrettes de ce métal, de ce fer aluminogénétique, comme on l’appelle, ayant une résistance à la rupture de 58,7 kg par millimètre carré et un coefficient d’allongement de 19 pour 100. La composition normale, au point de vue chimique,
- mmÊm?
- — Dispositif pour le soudage au Thermit d’une éclisse en fer autour de deux barres carrées.
- est à peu près toujours identique. On y trouve: C. 0,10 pour 100, S. 0,09, Ph. 0,04, Mn. 0,08,
- S. 0,05, Cu. 0,09 et AL 0,07 pour 100.
- On peut obtenir (quand il s’agit d’utiliser le fer en fusion lui-même, et non point seulement la haute température dont il se fait le véhicule) une fonte plus serrée, moins poreuse, en additionnant de 1/2 pour 100 environ de titane-thermit; on a aussi la possibilité d’augmenter la proportion de silicium ou de manganèse, toutes additions qui se font au fer liquide, au moment de la coulée.
- Mais voyons d’une façon générale comment s effectue cette coulée. La réaction ne peut s’opérer que dans des creusets spéciaux, faits d’une enveloppe en tôle, doublée intérieurement de magnésie; s il y avait un silicate dans cette garniture, 1 alumine en fusion percerait la paroi. L’allumage se fait, suivant deux procédés un peu différents que nous allons expliquer, au moyen d’une poudre spéciale qui est
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- composer d’un mélange de peroxyde de baryum et d’aluminium; le fer, comme conséquence de la réaction, s'amasse dans le fond du creuset, tandis que surnage l’oxyde d’aluminium, qui est beaucoup plus léger; d’ailleurs, au point de vue des poids, on trouve, pour chaque kg de thermit, 1/2 kg de fer et autant à peu près de laitier. On petit pratiquer l'opération suivant deux méthodes, ainsi que nous le disions tout à l'heure. Quand ou n'emploie pas un creuset « automatique », on verse dans le récipient quelques hectogrammes de thermit, ou quelques kg si Ton opère sur une grande masse, et, au milieu, on dépose une petite quantité de la poudre d’allumage, qu'on allume avec une allumette tison ou par le contact d'une barre de fer chautfée au rouge1 : l’ouvrier qui opère doit se munir de lunettes à verres fumés
- pour éviter l’éclat de la masse incandescente. On achève la charge du creuset en y versant du thermit à la pelle, et ce chargement doit être terminé en moins d’une minute. Dès que le dernier vestige de thermit a brûlé, et que par conséquent il ne demeure plus de particules noires sur la masse incandescente, on fait basculer rapidement le creuset pour décanter le laitier, qui surnage ainsi que nous l’avons dit, et le verser dans un récipient approprié ; et on s’arrête quand on aperçoit la surface miroitante et bien caractéristique du fer liquide. On peut alors relever le creuset et couler la fonte, comme nous allons le voir, au point où Ton a besoin de calorique ou de métal en fusion. Mais il est plus commode de recourir au creuset automatique, dont le fond présente une ouverture d'écoulement percée
- J*'ig. 2. — A gauche, tube horizontal prêt pour la coulée, avec plaque de garde; à droite, partie d’une roue dentée, une dent cassée, une dent réparée par l'aluminothermie, une dent réparée et parachevée.
- dans une brique de magnésie, ouverture de 10 à 15 millimètres de diamètre, et qu’on ferme avec une rondelle en tôle, recouverte de deux rondelles d’amiante, en lutant du reste quelque peu le joint. On introduit ensuite une tige de fer dans le trou de coulée, et, quand on voudra assurer l’écoulement du fer en fusion, qui occupe naturellement le fond du creuset, au moyen d’un levier on enfoncera la tige, qui viendra soulever la rondelle de tôle.
- Cette méthode, dont nous avons dit les principes essentiels, a les applications les plus multiples. Rien n’est plus facile, par exemple, que de réaliser une soudure autogène, de souder le fer au fer, de relier entre eux des rails, des poutrelles, des barres, des tôles, les profilés les plus divers : ce mode de jonction est moins coûteux qu'un éclissage, et il est aisé de comprendre qu’il est autrement plus solide.
- 1 Parfois l’amorce est faite d’une boulette de poudre d’allumage avec un bout de ruban de magnésium.
- Le soudage des métaux par l’aluminothermie nous semble un de ses champs d’application les plus vastes. Si la pièce à souder est petite, en la plongeant dans le fer en fusion, on la porte rapidement à la température voulue, du blanc soudant, ce qui permet ensuite de la traiter au martelage ou à la compression ; on peut opérer de façon analogue un excellent brasage, la fonte faisant fondre la soudure et déposer au point voulu le borax. La soudure autogène se pratique de même admirablement : on fait arriver, à l'endroit du joint, la fonte liquide sortie du creuset, en la maintenant dans un moule convenable, et les bouts des pièces, par suite de l’élévation de température, se soudent parfaitement. Cela donne des joints absolument étanches, et réussit fort bien pour des tuyaux métalliques; mais il faut prendre garde que la fonte n’arrive trop rapidement, car on pourrait perforer les tuyaux. On doit avoir soin également d’enlever la fonte qui se colle autour des pièces
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- que l’on soude, avant qu’elle soit complètement refroidie, car autrement elle formerait comme une bague, une éelisse. Parfois, dans un but de renforcement, on a intérêt à laisser adhérent cet anneau de 1er au thermit : les choses se passent en somme d’une manière analogue à celle que nous avons indiquée plus haut, mais ou laisse se refroidir la coulée dans le moule, et si l’on veut que la bague n’entoure pas complètement les pièces à solidariser, il suffit de modifier en conséquence la disposition du moule. (An a aussi la ressource d’opérer une soudure en interposant du thermit entre les bouts, pins ou moins écartés, des deux pièces métalliques à réunir : c’est ce qu'on fait souvent, sur les voies de tramways,
- pour les rails qu’on veut transformer en un rail continu (présentant tous les avantages dont nous avons eu occasion de parler). Le plus souvent alors, au moment où le refroidissement commence, il faut rapprocher, serrer fun contre l’autre les deux rails, pour éviter toute rupture du joint sous l’influence de la contraction. C’est ainsi que ces jours derniers, à Paris, on a réuni les rails des tramways du boulevard Saint-Germain actuellement en réfection.
- Ces procédés de soudure sont particulièrement précieux, puisqu’ils permettent de souder les plus grosses pièces sans qu’on ait à les déplacer; ces pièces sont, de plus, chauffées également tout autour de leur profil, et la méthode s'applique aux
- Fig. 3. — Soudage de rails. Outils et matériaux nécessaires. En haut, coupe d’un creuset automatique.
- surfaces les plus compliquées. Et au point de jonction on trouve un métal absolument homogène, présentant les meilleures qualités de résistance.
- , Avec cette méthode on peut réparer une fissure, une crique, un défaut de coulée, une dent d’engrenage cassée, toujours en coulant du fer au thermit là où le métal manque; on peut également chauffer les métaux dans les buts les plus variés, porter au rouge des pièces métalliques comme, par exemple, des rivets à mettre en place qu’on plonge dans le fer en fusion; on a la possibilité de localiser le chauffage avec la plus grande précision, grâce à de simples petites digues de sable à mouler. Pour percer un trou dans une tôle, il suffit d’y laisser couler le jet de fer à haute température, et le trou se fait avec une netteté surprenante. S'agit-il de rapporter
- des morceaux destinés à une réparation? en employant la fonte au thermit pour chauffer les surfaces de contact des morceaux rapportés et des pièces principales, on en assurera la soudure : la fonte peut même former à elle seule tout le morceau à rapporter si l’on dispose d'un moule de forme convenable. Enfin, on peut parfaitement recourir à l'aluminothermie pour préparer certains métaux comme le manganèse, le chrome, et certains alliages dont on commence à savoir tirer parti industriellement.
- Si nous ajoutons qne la scorie d’aluminium résultant de la réaction trouve son emploi comme matière rodante des plus dures, on comprendra tout l'intérêt que présente cette nouvelle et curieuse méthode métallurgique. Daniel Bellet.
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- ACROBATIE CYCLISTE
- La crise d’acrobatie cycliste continue à sévir dans les cirques et le> music-halls, entretenue et encouragée par l’engouement que semble avoir le public pour ce genre de spectacles. L’est par légion que l’on peut compter maintenant, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Monde, les « boudeurs de boucle », les « cercleurs de la mort » et autres acrobates du même genre; les nouveaux venus se sont même efforcés de modifier et de compliquer les exercices de leurs devanciers, que nous avons déjà décrits tout dernièrement1.
- Au théâtre du Moulin-Rouge, l’aîné des Noisett et sa sœur ont modernisé le cercle de la mort : depuis quelques jours ils se livrent, dans la piste à claire-voie, à leurs exercices ordinaires non seulement à bicyclette, mais encore à motocyclette. Le spectacle y gagne encore, bien entendu, en difficulté pour les cyclistes et en émotion pour le public.
- Au cirque Liège àTroyes, puis à Orléans, deux acrobates, les Ancilotti, exécutent simultanément le « looping the loop ». La piste sur laquelle est exécuté ce périlleux exercice mesure 8 mètres de diamètre. La partie descendante sur laquelle les cyclistes acquièrent l’élan qui leur est nécessaire pour franchir la boucle, se compose de deux planchers parallèles dont chacun a 80 centimètres de largeur. Les deux hommes partent ensemble du point culminant situé à 10 mètres de hauteur, entrent dans la boucle en même temps, chacun de son côté, décrivent côte à côte le terrible cercle et sortent de la piste, de front, à une vitesse vertigineuse, en passant par une ouverture pratiquée au milieu de la partie inférieure de la boucle. La figure ci-dessous donne une idée
- l.c passage <!onMe de la boticle.
- assez exacte de ce tour de force que le moindre accrochage entre les deux acrobates rendrait fatal. A la première représentation, comme les deux audacieux cyclistes franchissaient l’étroite ouverture qui leur permet de sortir de la boucle, l’un d’eux a heurté légèrement l’un des panneaux et a été précipité violemment sur le sol ; il a été heureusement relevé sans blessures.
- On annonce comme prochains les débuts dans un music-hall parisien de M"a Hélène Dutrieu, une ancienne championne cycliste, qui doit exécuter un exercice absolument extraordinaire qui s’appellera le « Saut de l’Abîme ». Voici en quoi il consiste : la cycliste descendra sur une piste très inclinée semblable à celle servant au départ du « looping the loop )) et, grâce à un léger relève-
- 1 Vov. n° 1560, du 18 avril 1005, p. 515.
- ment, elle franchira un vide de 12 mètres pur retomber sur un plancher à ressort. Le bond se fera par-dessus le public.
- Yoilà quelle est actuellement la dernière trouvaille de l’acrobatie cycliste. Il est probable que ce ne sera pas la dernière, tant est grande l’ingéniosité des acrobates et aussi leur hardiesse téméraire et imprudente. Le métier de loopeur n'est d’ailleurs pas sans danger. Les pistes dans lesquelles se font ces exercices doivent être construites d’après des données mathématiques rigoureusement exactes. Faute de les avoir observées, plusieurs loopeurs ont déjà fait des chutes fort graves. A Bruxelles, un nommé Monclt déviait au moment de sortir de la boucle ; projeté contre la partie ascendante du loop il se cassait la clavicule et se brisait deux dents. Quelques mois après, dans un terrain attenant au vélodrome Buffalo, le cycliste Boller expérimentait un nouveau système de loop dans lequel il entrait et sortait par deux trappes qui devaient s’ouvrir automatiquement devant lui et se refermer de même après son passage. Par suite de l’insuffisance de hauteur du point de départ, le cycliste, arrivé au sommet de la boucle, ne pouvait franchir le point mort ; il tombait, crevant la piste de son poids, se faisait de nombreuses contusions et se luxait la mâchoire. Plus récemment, à Alfortville où avait été créée une école de « looping the loop », un jeune cycliste se fracturait le crâne et se tuait sur le coup. Les malheureux qui exposent ainsi leur vie pour gagner quelque argent sont plus à plaindre qu’à blâmer. Il faut cependant s’élever contre l’abus de ce genre de spectacles. En tout cas on ne saurait trop recommander à ceux qui accomplissent ces périlleuses expériences de prendre toutes les précautions nécessaires et de ne pas se lancer à la légère sur des pistes peu solides ou mal construites. Une part de responsabilité n’incombe-t-elle pas aussi au public qui assiste en foule à ces dangereux exploits, pour éprouver pendant quelques secondes un frisson malsain de terreur? Les spectateurs peuvent, d’ailleurs, éprouver, à leur tour, les sensations du loopeur lui-méme. On a monté, à la Fête de Neuillv, une boucle immense dans laquelle tournent de solides chariots montés sur rails; et chacun peut, pour quelques sous et sans danger, « boucler la boucle » !
- W. Drancourt.
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- TRANSPORT AÉRIEN DES BAGAGES
- DAXS LES GARES
- Le transport des bagages sur les quais des gares constitue une gène considérable pour la circulation des voyageurs, et il nécessite de plus, dans les moments d’affluence, un personnel nombreux qui, au milieu de la foule, ne peut guère manœuvrer rapidement les chariots, et qui reste inoccupé durant les périodes d’accalmie.
- Aussi poursuit-on l’étude de moyens divers pour la manutention mécanique des bagages. Nous rappellerons d’un mot les toiles sans fin de la gare du quai d’Orsay, à Paris, dont nous avons longuement parlé; et aujourd’hui nous voudrions signaler deux installations bien différentes qui fonctionnent dans des gares anglaises.
- L’une se trouve à la gare de Victoria, à Manchester : c’est un transport aérien formé d’une sorte de petit pont-roulant minuscule, qui roule par ses galets sur une voie métallique suspendue au-dessous des fermes de la station ; le pont comporte un siège dans lequel demeure assis un jeune agent, qui est chargé de la manœuvre. Let agent
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- LA NATURE
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- peut mettre on marche ou arrêter le pont, et faire descendre ou monter la charge suspendue à son crochet de levage, et qui est constituée par un chariot à bagages du type anglais, vaste panier monté sur petites roues. On comprend que, dans ces conditions, ledit chariot peut être transporté dans toute l’étendue de la gare, pour descendre avec son chargement sur le quai convenable, en face même du fourgon où les bagages doivent être placés.
- A la gare de Woking, nous trouvons un svstème différent pour répondre au même but, et transporter bagages
- Fig. 1. — Installation de la gare Victoria, à Manchester.
- et colis de messagerie d’un quai à un autre. La distance que peuvent parcourir les paniers-chariots recevant bagages, pots au lait, etc., est de plus de 45 mètres; on a construit, sur les deux quais les plus éloignés, deux tours métalliques de flm,60 de haut entre lesquelles est tendu un câble porteur complété par des brins de retour et de
- Fig. 2. — Transporteur de la gare de Woking.
- traction ordinaires! Cette véritable voie aérienne se trouve à une hauteur de 7 mètres environ au-dessus des rails, et elle peut supporter une charge de 20 tonnes; sur elle roule un chariot à deux roues situées dans un même plan, et auquel on suspend un chariot à bagages, ou nue caisse, en tôle pouvant recevoir les objets qu’il s’agit de transporter d’un quai sur un autre. La commande de ce transporteur se fait par l’eau sous pression, et cette installation rend d’excellents services, car en trois minutes et demie des bagages sont chargés, enlevés par une poulie de soulèvement, puis expédiés aériennement, et déchargés sur le quai où ils doivent être déposés. P. de M.
- LABORATOIRE NATIONAL DES ÉTATS-UNIS
- On installe en ce moment aux Etats-Unis, et avec foute la munificence que permet uu Trésor public bien garni, un admirable laboratoire de physique. L’emplacement qu’on va consacrer aux bâtiments a été acheté pour 80 000 francs dans Bush y Park, à Washington : il couvre une superficie de près de o hectares, et encore se réserve-t-on avant peu d’aceroitre cette superficie. On va d’abord y élever un laboratoire mécanique, puis un laboratoire physique; le premier aura trois étages sur une longueur de plus de 50 mètres, il sera doté d’une installation complète de vapeur, d’électricité, de chauffage, de réfrigération, etc. Le laboratoire physique, encore plus long, comptera quatre étages dont les pièces seront munies de doubles fenêtres et de thermostats assurant une température constante ; des dispositions seront même prises pour (pie l’on puisse régler la tension de l’air en vapeur d’eau.
- L’exemple mériterait certes d’être suivi. Mais où trouver chez nous l’argent nécessaire? Le budget de la science est sans pareil aux États-Unis. Les Américains savent bien que pour « récolter il faut semer ».
- UN INSECTE AÉR0NAUTE
- ' MM. .1. ;M. Aldrich et L. [A. Turley ont découvert en Amérique un curieux insecte qui, d’après eux, aurait la propriété de fabriquer de petits ballons et de s’en servir pour ses déplacements aériens. Un jour (pie ces deux naturalistes se promenaient dans la campagne, leur attention fut attirée par de petits objets brillants qui flottaient dans l’air et, assurent-ils, ne semblaient pas se déplacer seulement au gré du vent, mais paraissaient être plus ou moins dirigés (?). Ils en capturèrent quelques-uns et ne furent pas peu surpris de voir que c’étaient des petits ballons visqueux, longs de 7 millimètres, de forme elliptique, et presque entièrement composés de petites bulles juxtaposées en couche unique et de dimensions uniformes, présentant des reflets irisés. A ce ballon était suspendu par les pattes un insecte du genre Empis. Fait plus étrange, chaque ballon renfermait une mouche morte, servant peut-être de réserve de nourriture à l’Empis. Les ballons ne peuvent se conserver; mis dans l’eau ou dans l’alcool, ils s’affaissent et se dissolvent. Tout cela paraît bien étrange, mais les faits semblent moins singuliers si l’on remarque que chez nous, quelques insectes, l’Aphro-phore écuineux, par exemple, s’entourent de sortes de petites bulles remplies d’air. Supposons que le gaz de ces bulles devienne moins dense sous l’action des rayons du soleil, supposons que le vent soit assez violent pour l’entraîner, supposons... que nous soyons en Amérique, et nous aurons le ballon de l’Empis ; sans la mouche morte toutefois, dont la présence n’est pas très claire. Le dit ballon d’ailleurs sert non seulement à la locomotion, mais aussi à d’autres amusements. Quand le mâle fait sa cour à la femelle, il tient son ballon entre ses pattes et semble jouer avec lui. Ce manège, intéresse probablement la femelle : le fait est qu’elle arrive immédiatement et semble apprécier cet hommage rendu à sa beauté. Voilà une série de faits bien inattendus méritant d’être observés à nouveau. Remarquons en terminant que l’on connaissait déjà des araignées fabriquant des sortes d’aérostats avec des fils de soie et s’en servant pour se faire entraîner dans l’air; le ballon de l’Empis semble plus «[confortable ». Henri Coitin.
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- LA NATURE.
- RÉGULATEUR DE VITESSE
- SYSTÈME RIBOCRT
- Go régulateur agit sur le vannage distributeur des turbines au moyeu d’un relais à presse hydraulique, asservi à un dispositif nouveau dit Hydro-tachy-mètre dont la sensibilité est beaucoup plus grande ([ue celle des taehymètres centrifuges usités presque universellement dans la construction de cette sorte d’appareils.
- L’hydro-tacbvmètre Ribourt comporte simplement
- Fig. 1.
- Vue intérieure du régulateur à gauche, et schéma à droite.
- un circuit liquide fermé, mis en mouvement continu par un petit compteur rotatif ZZ (tig. 1) relié à l’arbre de la turbine dont il enregistre la vitesse ; ce liquide ainsi mis en charge passe dans un ajutage de dispositions spéciales et revient continuellement au compteur. Un [liston flotteur lesté immergé dans
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- Fig. -2. .
- Diagramme des conditions d’équilibre de l’hydro-tachymetre.
- le liquide, du coté du refoulement du compteur, agit par les mouvements que lui impriment les fluctuations de la pression du circuit et commande le tiroir de distribution N du relais G de la presse hydraulique qui actionne le vannage de la turbine. Pour le rappel à zéro on emploie un dispositif d’asservissement à l’aide de deux crémaillères G et J engrenant avec le pignon I attelé au tiroir N.
- La partie essentielle de l’appareil est un train mobile qui comprend un ajutage cylindrique G (fig. 1) terminant la partie inférieure de la tubulure d’évacuation R du liquide refoulé par le compteur. Des rayures triangulaires divergentes sont disposées symétriquement dans l’ajutage et croissant en section
- transversale depuis zéro jusqu’à un maximum donné vis-à-vis la tranche inférieure de l’ajutage. Un disque
- ou obturateur partiel mobile F présentant une arête vive circulaire est placé dans l’ajutage et suspendu à la tige I d'nn [liston E d’équilibre sur lequel appuie un ressort antago -niste T dont la tension peut être réglée par un écrou U.
- Le piston E joue dans une partie ajustée du corps de la tubulure R de sortie du liquide en circuit et reçoit l’action de sa pression sur sa face inférieure qui tend à le remonter en entraînant l’obturateur F dans l'ajutage à rayures divergentes; le ressort T fait descendre ce train. Le compteur, actionné par la turbine, refoule le liquide en circuit qui s’écoule par
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- [lourde chute
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- Fig. 3. — Diagramme de marche d’une turbine munie du régulateur.
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- LA N ATI HE.
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- Ta jutage, en franchissant la section laissée libre autour de l’obturateur. Le train de Thydro-tachymètre prend une position d'équilibre qui dépend du volume du liquide débité, de la section de débit, de la pression intérieure, de la tension du ressort antagoniste. Chaque modification dans le débit du compteur se traduit par un changement de la position du train mobile.
- Le graphique ci-contre [tig. 2) représente les conditions d’équilibre de cet hydro-tachymètre pour des vitesses de rotation de la turbine voisines de celle de régime; les abscisses figurent les nombres de tours par minute, et les ordonnées les efforts dont le système est capable pour actionner le servo-moteur agissant sur le vannage. Un voit que pour des varia-
- Fig. i. — Régulateur à hydro-tachymètre ltibourt pour turbines hydrauliques à basses chutes.
- monts d’observation pendant la marche d'une turbine munie d’un régulateur de ce système; on y voit les oscillations importantes de la puissance consommée par les machines électriques réceptrices dont la turbine actionnait la génératrice, enregistrées par le tracé même des mouvements incessants du vannage. En même temps, on peut constater la fixité de l’allure, enregistrée par un cinémographe Richard, pendant toute la durée de l’expérience.
- 11 convient de remarquer que cette expérience porte sur les conditions les plus difficiles du problème de la régulation des turbines, avec une très basse- chute, une faible puissance et un vannage lourd à grand déplacement . Ce régulateur s’applique aussi, et d’autant mieux aux turbines à hautes chutes pour lesquelles les vannages distributeurs ont des déplacements relativement minimes qui, par
- tions presque inappréciables de la vitesse, l'activité du servo-moteur est très importante.
- On a figuré par comparaison sur le même graphique les fonctions analogues pour un tachvmètre centrifuge et pour un hydro-tachymètre qui serait construit avec un orifice de section invariable.
- La très grande sensibilité de cet appareil réside, en effet, dans la disposition qui rend automatiquement variable et en sens inverse des fluctuations de la pression intérieure, l’orifice de débit du liquide mis en circuit par le petit compteur rotatif.
- On peut même déterminer à volonté dans cet appareil le degré de la sensibilité, corrélative de l’inflexion de la courbe qui figure les conditions d'équilibre.
- La figure o est un graphique relevé par des instru-
- Fig. 5. — Régulateur à hyilro-tachymèlre Ribourt pour turbines hydrauliques à hautes chutes.
- suite, peuvent être rendus très rapides; l’importance des efforts à faire pour les actionner [touvont d’ailleurs être quelconque, puisque c’est le relais hydraulique à haute pression qui les produit. Les figures h et 5 donnent les vues de régulateurs à hydro-tachymètre Ribourt pour basses et hautes chutes.
- Le régulateur à hydro-tachymètre fonctionne depuis quelque temps déjà dans l’industrie, où Ton obtient aisément des variations de vitesse ne dépassant [tas 1 ou 2 [tour 100 au plus. J. Lkbois.
- TURBINE A VAPEUR DE 10000 CHEVAUX
- fie développement rapide des stations centrales d’électricité a amené à augmenter progressivement la puissance des machines employées, afin d’améliorer le rendement et d'éviter le trop grand nombre de machines en ser-
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- vice. U y a quelques années les groupes de 1000 kilowatts (1500 chevaux) étaient l’exception, tandis qu’on rencontre aujourd’hui fréquemment des unités de plusieurs milliers de chevaux. Il y a, par exemple, des machines de 5000 chevaux à courants triphasés installées à Berlin, ainsi que des turbines à vapeur de même puissance dans les stations centrales de Franclort-sur-Meiu et de Milan.
- En Amérique, on est allé encore [dus loin et on a mis en service ces derniers temps des groupes de 5000 kilowatts (8000 chevaux). L’usine d’électricité Rhéno-West-phalienne, à Essen, a commandé récemment à la Société Brown Boveri and C° de Baden (Suisse) une turbine à vapeur qui doit actionner par accouplement direct un
- alternateur de 5000 kilowatts et une dynamo à courant continu de 1500 kilowatts, ce qui représente une puissance d’environ 10 000 chevaux effectifs pour la turbine, dépassant ainsi les [dus grosses unités américaines et l’usine dont nous venons de parler possédera le groupe électrogène à vapeur le plus puissant du monde. Les constructeurs ont garanti pour cette machine une consommation de vapeur inférieure à 7 kilogrammes par kilowatt-heure utile, ce qui correspond à i kilogrammes par cheval-heure indiqué. Le résultat a été constaté par les récents essais effectues sur la turbine de Francfort, de puissance plus faible ; il est permis de compter que la consommation réelle sera encore sensiblement inférieure à la garantie donnée, ('.emparée aux machines américaines, cette turbine représente un progrès sensible, car celles-ci consomment, d’après les publications américaines, 6 kilogrammes par cheval-heure indiqué. Les dimensions du groupe complet seront d’environ 18 mètres de long sur moins de 5 mètres de longueur et de hauteur. La turbine seule, de 10 000 chevaux, ne mesurera qu’en-viron 7 mètres de longueur.
- Le groupe est disposé de telle sorte qu’il [tout être entièrement desservi depuis le sol même de la salle des machines sans nécessiter les plates-formes de service et les escaliers qui sont inévitables avec les machines à vapeur verticales ou même les turbines à axe vertical. .1. L.
- LE MONUMENT PASTEUR
- A CHARTRES
- Ôn a inauguré, le 7 juin, le monument élevé à Ùiartres à la mémoire de Rastour en souvenir *de scs travaux sur
- les maladies charbonneuses. Ce monument est dû à M. Raid Richer, membre de l’Académie de médecine. Il se compose d'un buste du grand savant qui surmonte un bas-relief en hémicycle représentant R.asteur faisant l’inoculation d’un mouton; c’est en effet aux environs de Chartres, dans la Beauce, contrée infestée par les mouches charbonneuses, qu’eurent lieu les premières expériences décisives d’inoculation. M. Henri Roujon, directeur îles beaux-arts, représentait le gouvernement à cette cérémonie, M. Nocart était délégué du ministre de l’agriculture, MM. Ruclaux, Roux et Chamberlain! représentaient l’Institut Rasteur. M. Chauveau, au nom de l’Académie des sciences et de la Société de biologie, a fait l’historique des découvertes successives qui ont amené la méthode des’j inoculations préventives ; il a montré que la lutte contre les maladies charbonneuses est au nombre des applications appartenant à Rasteur lui-même. M. Chamberlain! a pris la parole au nom de l’Institut Rasteur. 11 a rappelé les ravages causés autrefois par le charbon, notamment dans le pays chartrain, le premier voyage de Rasteur en Beauce, en 1878, ses expériences dans les fermes, etc., etc. A la suite de ces essais, les vaccinations charbonneuses sont entrées dans la pratique, (iliaque année, depuis cette époque, c’est-à-dire depuis plus de vingt ans, en France seulement, 550 000 moutons et 50 000 bœufs ou vaches sont vaccinés, et, dans ce chiffre, la Beauce entre pour près de moitié. Eniin, en terminant, M. Roujon, directeur des Beaux-Arts, a salué Mmc Pasteur ainsi que ses fils qui étaient présents à la cérémonie, et a prononcé un nouvel éloge du savant qui a jeté un si grand éclat sur notre pays. L. B.
- Peinture et Botanique. — Quelques remarques très justes de M. le Br Martha. On trouve dans les salons de la Société nationale des beaux-arts, de beaux panneaux décoratifs destinés à la grande galerie de la grande cour d’honneur de la nouvelle Sorbonne. Les panneaux, signés du nom de M. AVeerts, représentent la fête du Lendit, ou foire aux parchemins, à Saint-Denis, au xv'1 siècle. L’ensemble est très décoratif, mais sur les côtés, l’auteur a mis des « grands soleils )) tout en fleurs pour animer le paysage : le sol est jonché de verdure, qui donne une note gaie de printemps à toute cette scène. M. Weerts a placé des soleils en fleurs. Malheureusement, au xve siècle le grand soleil, « heliantlms annuus », était inconnu en France et en Europe. Cette plante est originaire du Pérou, qui n’a été découvert qu’en 1515 par Rerez de la Rua et conquis par d’autres Espagnols conduits par Rizarro onze ans plus tard. De [dus, le (( grand soleil » n’est pas une plante qui soit en Heur vers le milieu de juin, époque de la saint Barnabe. Elle lleuril en août et septembre. Quant aux feuilles de marronnier qui jonchent le sol d’une façon très gracieuse,. elles sont, elles aussi, très critiquables au point de vue botanique. Le marronnier d’Inde, (( æsculus hippo-castanum », est originaire d’Asie et n’a passé en Europe que dans la seconde moitié du xvi" siècle par l’intermédiaire de Constantinople. En 1568, l’Eseluse, le jffus
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- LA NATURE.
- ol
- célèbre botaniste du xvie siècle, l’introduisit dans le jardin botanique de Vienne. Ce ne fut qu’en lfiio que Bachelier en transporta un pied dans le jardin de l’hôtel de Soubisc, au Marais. Ces erreurs sont à corriger pour un édifice tel (pie la Sorbonne.
- Carbure de calcium. — Le professeur Vivian Lewes, au cours d’une conférence faite récemment à Londres, a estimé la consommation annuelle de carbure de calcium en Europe à 50 000 tonnes, tandis que les États-Unis et le Canada n’emploient ensemble que 20 000 tonnes du même produit. Pourtant, dans ces derniers pays, l’usage des signaux à acétylène pour voies ferrées s’est beaucoup généralisé, tandis qu’en Europe la Russie seule a commencé à étudier l’adoption de ce système .
- Les noix Pacanes à Paris. — La Pacane est le fruit du Pacanier, (( Carya olivœformis », arbre de la famille des Juglandées, qui habite le sud des États-Unis. Ce fruit peut être décrit comme une petite noix de forme allongée ayant une enveloppe lisse et unie. Il a un goût excellent et fait l’objet d’un commerce considérable aux États-Unis depuis une trentaine d’années. En 1805, le produit de la culture du Pacanier dans ce pays était évalué à une dizaine de millions de francs; aujourd’hui, on estime qu’il représente une trentaine de millions. Le ministre de l’agriculture des États-Unis a fait récemment à M. Buisson, mandataire aux Halles de Paris, nous dit la Revue horlicole, un envoi de ces fruits pour être vendus aux Halles au public parisien. Les Pacanes ont atteint le prix de 5 à 4 francs le kilogramme. Les acheteurs ont été surtout des Américains, le public français ne connaissant pas encore ce fruit. Le Pacanier réussit assez bien en Algérie ; il pousse mais produit fort peu dans le midi de la France. A Paris il résiste aux hivers, mais ne donne pas de fruits.
- Camphre artificiel. — On annonce qu’un Allemand, M. E. Callenberg, a réalisé la fabrication du camphre artificiel pur, le produit étant désigné scientifiquement sous le nom de chlorhydrate de térébinthe. 11 serait soluble dans la nitro-glycérine et abaisserait considérablement la température de l’explosion de cette redoutable substance, en même temps que son point de congélation.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du X juin 1903. — Présidence de M. A. Gacdhy.
- M. Faminkin, membre de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, assiste à la séance.
- Électvolyse. — M. Berthelot, auteur de récents travaux sur les forces éleclromotriecs des dissolutions salines, communique les résultats de* nouvelles recherches sur les îorces électromotrices dans un système de trois électrolytes.
- L'Association internationale des Académies. — En vue de préparer le travail de l’Assemblée générale de l'Association internationale des Académies qui doit avoir lieu à Londres en 1904, sir Michael Foster a réuni le 4 juin dernier le Comité de l’Association. L’Académie de Berlin a rnis à l’étude, indépendamment de la publication des œuvres de Leibniz, un projet d’édition des manuscrits grecs et latins traitant de médecine. On estime que cette édition ne comporterait pas moins de trente-sept volumes in-octavo de mille pages chacun. Enfin on a examiné un projet de détermination des éléments magnétiques tout el
- long d’un même parallèle terrestre de manière à vérifier l’hypothèse sur laquelle repose la théorie de Gauss.
- Cristallisation des corps insolubles. — M. Bitte présente une Note de M. de Sehulten d’Helsingfors indiquant un procédé de cristallisation des corps très peu solubles ou insolubles. Au lieu de mélanger les liquides qui donneraient le précipité insoluble, on opère le mélange très lentement en faisant écouler l’un deux à raison de doux gouttes par minute. De plus les solutions doivent être très diluées. En opérant sur le chlorure de baryum et l’acide sulfurique, il convient d’ajouter à la première solution un peu d’acide chlorhydrique. Au bout de 24 heures on voit apparaître des centres de cristallisations et les cristaux deviennent assez volumineux pour permettre d’étudier toutes leurs propriétés. L’expérience réussit très bien également avec l’alun et l’acide sulfurique; il faut dans ce cas ajouter de l’ammoniaque diluée.
- Vérification de la fermentation des moûts. — M. A. Gautier annonce qu’il a cherché avec M. Georges Halphen à mettre en évidence les caractères distinctifs des moûts additionnés d’alcool et des moûts à demi fermentés très riches en alcool. Les premiers sont introduits en douane sous le nom de mistelles et payent des droits très élevés alors que les seconds sont admis sous le nom de vins de liqueur et payent des droits peu élevés. Un conçoit donc qu’au point de vue fiscal le problème abordé par MM. A. Gauthier et Halphen présente un grand intérêt. Ils ont porté leurs investigations sur l’azote qu’ils ont dosé à l’état albuminoïde, à l’état basique et à l’état ammoniacal. Or ils ont observé que d’une manière constante l’azote ammoniacal disparait dès que la fermentation est commencée. De plus, ils ont remarqué que l’acidité volatile augmente au fur et à mesure que la fermentation se prolonge. Ce double critérium permet sûrement de reconnaître si l’on se trouve en présence d’un moût non fermenté ou d’un moût fermenté, c’est-à-dire d’un mistelle ou d’un vin de liqueur.
- Les fusées paragrêles. — M. le Dr Yidal d’Hjères donne lecture d’une Note faisant connaître que l’expérience a consacré le succès de ses fusées paragrêles soit dans des tirs individuels, soit dans des tirs collectifs et expose que ses fusées sont à la fois efficaces contre la grele et contre le tonnerre. La fusée convient particulièrement aux isolés ; mais dans les exploitations pratiquées dans des régions où la population est dense il convient d’employer des pétards de son invention, (les pétards, lancés par des mortiers spéciaux, éclatent à 430 mètres et retombent en éclats inoffensifs. I ne, démonstration publique sera opérée par ses soins le 14 courant aux environs de Paris, à Chàtillon.
- Election. — M. Lorentz de Leyde est élu correspondant de la section de physique par 58 suffrages.
- Eli. I»K YlLLKÜKKlL.
- MÉTRONOME SILENC1EIX
- Il existe une foule de métronomes, mais ils ont tous le défaut d’être bruyants quand ils doivent être employés, non pas par des commençants qui ont besoin du tic-tac caractéristique pour les maintenir constamment dans le rythme, mais par des artistes, chanteurs, musiciens ou compositeurs, qui demandent à cet instrument simplement une première indication rapide de la mesure qu’ils veulent suivre. Il faut alors un indicateur de mesure qui se mani-
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- LA NATURE.
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- leste uniquement par le déplacement silencieux d’un bras quelconque : et c’est à ce but que répond parfaitement, et dans d’excellentes conditions, le Mé-Ironome Endrès et Décastiaux.
- Cet ajquireil, qui ressemble assez bien au premier abord à un baromètre surmonté d’un thermomètre, donne tous les temps de mesure usités en musique, depuis 40 unités de temps à la seconde, ce qui correspond au largo, jusqu’à240 unités ou prestissimo. L'appareil est basé sur les oscillations du pendule, mais il a été imaginé une disposition ingénieuse pour permettre d’obtenir tous ces battements multiples sans employer un fil d’une longueur démesurée et nullement pratique, et pour donner également le moyen de régler instantanément le métronome pour toutes les mesures, sans qu’on ait à l’arrêter. Pour réaliser ce dernier désideratum, on se contente de compter les temps de mesure par battement simple, ou par battement double, ou encore par quadruple battement, ce qui est fort aisé. Dans ce but, le cadran du métronome est divisé en trois cercles, comme on le voit dans la ligure, marqués des numéros 1, 2 et 4 : les mesures indiquées sur le cercle 1 (de 126 à 240 unités à la seconde) se comptent par battement simple ; les mesures du cercle 2 (61 à 120) se comptent par battement double, et enlin celles de 40 à 60, qui se trouvent sur le cercle 4, se comptent par battement quadruple. Nous rappelons que
- le battement est le temps qu’il faut pour que le pendule fasse une fois le mouvement de droite à gauche ou inversement. Pour régler l’appareil à la mesure voulue, à l’aide du bouton M placé par-derrière, on amène sur le chiffre convenable l’aiguille qui se voit sur le cadran divisé L, et ce mouvement a pour résultat, ainsi que nous allons le faire comprendre en examinant la constitution de l’instrument, de raccourcir ou d'allonger la longueur du (il d’oscillation. On imprime alors avec la main, à la boule J qui termine ce (il, une première oscillation, en la déplaçant de la verticale, et cela suflit pour (pie l’oscillation se reproduise silencieusement durant plusieurs minutes.
- Si l’on veut modifier le temps de mesure pendant que continue de marcher l’appareil, il n’y a qu’à faire tourner le boulon et l'aiguille qui est soli-
- Métrouomc 1. Vue île l’appareil.
- dairepar la tige G, ce qui allonge ou raccourcit le fil.
- En fait, si nous examinons l’intérieur de l’instrument, nous constatons que ce (il part d’une poulie à gorge dans l’axe de laquelle est centrée la tige qui porte l’aiguille, cet axe coïncidant avec celui du tableau indicateur. Le fil remonte ensuite verticalement, (tasse dans un tube 1 qui se recourbe à sa partie supérieure, et il en sort en face de ce qui constitue l’axe d'oscillation du système. En haut du métronome, en effet, on a disposé une fourchette K munie à sa partie supérieure de deux points d’articulation, et qui sert à régler le fil (et aussi le poids dont il est chargé inférieurement) dans son cheminement dans un sens parallèle au cadran. On comprend que, grâce à cette combinaison, la rotation
- du bouton dont nous avons parlé, entraînant la poulie à gorge D, raccourcit ou allonge le fil en déplaçant de façon correspondante l’aiguille indicatrice des temps démesure. Pour chaque longueur, le nombre des oscillations isochrones est proportionnel à cette longueur. Le fil est assez long pour donner le nombre minimum de 126 battements simples. Le diamètre de la poulie est exactement calibré pour les diverses mesures, c’est-à-dire pour réduire d’une quantité exacte la longueur du fil pour tel angle de déplacement du bouton, de la poulie et de l’aiguille.
- Le poids qui est au bout du fil est formé d’une petite sphère J de cuivre : il ne présente rien de particulier, sauf cependant qu'il comporte à sa partie inférieure une petite vis qui le traverse, et sur laquelle le bout du fil vient se tourner : on peut ainsi régler le métronome par vissage ou dévissage partiel de cette vis, au cas où le fil s’allongerait ou se raccourcirait et où le nombre des battements ne serait (dus exact, le métronome étant déréglé.
- Au-dessus de la partie circulaire de l’appareil est une sorte de tableau vertical qui masque et protège le tube où monte le fil, et qui donne quelques indications sur les mouvements musicaux des diverses mesures. Certainement ce métronome est fort ingénieux et de la construction la plus simple. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laucke, rue de Fleurus, 9.
- silencieux.
- 2. Coupe du mécanisme.
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- .V 15 OU.
- ‘20 JUIN 1005.
- LA NATURE.
- TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE DES IMAGES
- L'Électricité nous permet d’envoyer nos pensées avec la rapidité de l’éclair, d’un bout du monde à l’autre. Ce n’est pas assez ; nous avons voulu entendre la voix de ceux qui nous sont chers, malgré les distances, malgré les mers à traverser, et nous avons réalisé ce rêve audacieux, grâce au Téléphone, la plus troublante et-la plus mystérieuse des inventions humaines.
- Nous voulons plus encore. Notre volonté d’aller toujours plus loin nous fait désirer d’assister à des spectacles qui se déroulent loin de nous, et que nos yeux, à cause de l’éloignement, sont impuissants à contempler : nous voulons voir à distance.
- C’est le problème que de nombreux chercheurs se sont posé, que leur science a longuement et patiemment étudié. Puisque nos yeux, armés des instruments d’optique les plus puissants, sont insuffisants pour voir dans de telles conditions, il a fallu chercher d'autres moyens.
- Le problème serait singulièrement simplifié si nous nous contentions d’envoyer, à de grandes distances, une image, photographiée d’avance, des personnages et des objets qui nous entourent.
- C’est dans cet esprit qu’en 1856 l’abbé Caselli, reprenant les expériences de Blak-well, créait un ingénieux appareil, le Pantélégraphe, au moyen duquel il transmettait, comme une simple dépêche télégraphique, des dessins et des autographes. Le public a pu même se servir de ce mode de correspondance.
- Dans l’appareil Caselli, une pointe métallique, traversée par un courant électrique, oscille en touchant successivement tous les points d’une T’euille d’étain sur laquelle on a tracé à l’encre isolante des images à transmettre.
- Quand la pointe touche l’étain, le courant passe par la ligne télégraphique, lorsqu’au contraire elle rencontre une partie encrée, l’élec- *
- trieité s’arrête. Le courant , en Fl
- arrivant à l’extrémité de la ligne, traverse une pointe en fer qui oscille synchroniquement avec celle du poste de départ. Une 31e annte. — 2° semestre.
- Fis. 1.
- feuille de papier, humectée d’une dissolution de cyanure de potassium, est en contact avec la pointe en fer, qui se déplace à charpie instant. Dès que le courant passe, le cyanure se décompose au contact du 1er, en laissant une ligne bleue sur le papier. L’ensemble de ces lignes reproduit exactement l’image transmise.
- L’appareil que le professeur Korn, de Munich, vient de présenter à l’Académie des sciences permet aussi d’envoyer au loin des images photographiées d’avance.
- Cet ingénieux appareil est basé sur les propriétés singulières dont jouit le sélénium. Ce corps simple, assez semblable au soufre, possède une conductibilité électrique très faible, mais
- qui peut
- augmenter dans
- de grandes proportions
- FiK. 2.
- lorsqu’on l’éclaire plus ou moins fortement
- Cette remarquable propriété, découverte en 1875 par Willoughby Smith, a permis déjà de nombreuses applications. C’est sur les changements apportés par la lumière à la conductibilité du sélénium que sont basés les Photophones et les Radio phones.
- L’appareil du professeur Korn se compose, au poste de départ (lig. 4) : d’un cylindre creux en verre A A, qui tourne sur son axe en se déplaçant parallèlement à la direction de cet axe. C’est sur ce cylindre transparent qu’est fixée la pellicule négative. Les rayons lumineux, émis par le foyer S, sont condensés par une lentille BB, en un] point]kde l’épreuve négative qu’ils traversent, et vont frapper la pile au sélénium DD, placée à l’intérieur du cylindre (vov. p. 54).
- Un courant électrique P, passant par la pile au sélénium, dont la conductibilité se modifie à chaque instant sous l’action des rayons lumineux plus ou moins intenses qu’il reçoit, suit le fil de la ligne F jusqu’au poste d’arrivée.
- A ce point le courant traverse un galvanomètre d’Ar-sonvalG, portant une aiguille légère en aluminium/. En b est un tube à vide analogue à un tubeGeissler,
- 3
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- LA NATURE.
- entièrement noirci, sauf à l'extrémité inférieure qui présente une petite fenêtre C, disposée au-dessus d’un cylindre tournant a, recouvert d'une pellicule photographique sensible.
- Lorsque le galvanomètre se déplace sous l’action du très faible courant, transmis par la ligne, les extrémités courbées de l’aiguille ml, mt s’approchent ou s’éloignent d’une pièce métallique /j, ce qui permet à des courants de haute fréquence (courants de Tesla) d’éclairer l’intérieur du tube à vide b. Les radiations lumineuses s’échappent par l’oriiice c, et l'épreuve ainsi transmise se trouve reproduite, point par point, en une image positive.
- S* Source de .-------
- t lumière | F
- gLentiliej
- Capacité
- Capacité Fig. i.
- Schéma du dispositif Korn.
- La netteté de cette image pourrait être égale à celle du négatif, si la concentration du foyer S en C était un point sans dimension; mais comme c’est nécessairement une petite tache circulaire, son diamètre limite la netteté de l’image, ainsi qu’on le verra sur les épreuves (lig. 1,2 et 5, p. 55) obtenues par M. Korn, que nous donnons comme spécimen.
- L’ingénieux appareil, que nous venons de décrire, ne résout, ainsi qu’on le voit, qu’une partie du pro* blême, puisqu’il permet seulement de transmettre une épreuve préparée d’avance.
- Il est permis d’espérer qu’un progrès sérieux sera prochainement réalisé, et que l’image de la chambre noire viendra impressionner la pellicule sensible, sans être préalablement photographiée; mais cette image, qui se reproduira toujours par traits successifs, ne sera qu’une interprétation incomplète de la nature, et nous ne recevrons que des images noires et blanches que l’appareil nous transmettra successivement.
- C’est beaucoup déjà, mais ce n’est pas assez ; car nous voudrions, malgré la distance, voir se dérouler devant nos yeux une scène animée et rehaussée de tout leclat de ses couleurs naturelles, telle que nous la voyons sur le verre dépoli de la chambre noire.
- Pour résoudre un tel problème, possédons-nous actuellement les ressources nécessaires?
- La science nous en fournit-elle les moyens?
- Ou bien sera-t-il nécessaire d’avoir recours à uné nouvelle forme de l’énergie encore inconnue, dont la
- découverte nous permettrait d’arriver au but si ardemment poursuivi ?
- Il est vraiment difficile de se prononcer, et c’est l’avenir qui nous fixera.
- L. Caim.ktet,
- île l'Institut.
- LE RHUME DES FOINS
- Le rhume ou asthme des foins est une de ces maladies qui ne troublent pas gravement la santé générale et ne font pas courir au malheureux qui en est atteint de gros dangers; mais c’est une infirmité pénible par la violence de ses accès, par ses récidives annuelles, pénible par l’insuccès souvent fréquent de toute thérapeutique. Rhume des foins, asthme des foins en France, (( hay lever » chez nos voisins d’Angleterre, cette affection porte encore une série de noms, d’après la variété apparente des causes ou la prédominance de certains symptômes. Telles sont les dénominations de catarrhe printanier, catarrhe d’automne, rhume d’été, bronchite spasmodique, coryza des roses. Inutile de décrire les symptômes, ils sont, hélas ! trop connus. Au premier rayon printanier pour quelques-uns, au moment de la belle saison pour d’autres, à l’époque où les prairies sont en plein épanouissement de floraison,les crises arrivent; éternuements paroxystiques, sécrétion nasale abondante, conjonctivite, larmoiement, tous les signes du rhume de cerveau le plus intense. Joignez-y chez nombre de malades des crises d’asthme véritable, avec sécrétions bronchiques et vous comprendrez si les victimes sont à l’affût des moyens de se délivrer de cette maladie.
- Le traitement du rhume des foins ne fait pas honneur aux médecins. Des esprits méchants jugeront que cela ne fait pas exception à la thérapeutique en général. Cela est malheureusement vrai pour cette affection, en ce sens qu’on ne connaît pas de remède spécifique. Telle substance qui réussit dans un cas n’a aucun effet dans un autre : telle poudre à priser, loin de calmer les crises, comme vous l’avait indiqué un compagnon d’infortune, ne fait que les exacerber, il v a quelque vingt ans, il s’était fondé aux Etats-Unis une société de malades atteints de rhume des foins « l’hay fever Association » ; chacun apportait à ses collègues le résultat de ses essais médicamenteux. Récemment une société analogue s’est fondée en Allemagne, ce qui prouve, soit dit en passant, que l’affection n’est pas spéciale ou à peu près aux habitants des États-Unis. Jusqu’à présent, et c’était la conclusion d’un de nos collègues, le Dr Garel, la cautérisation de la muqueuse nasale au galvano-cautère est le procédé qui compte le plus de succès, mais il est loin d’être infaillible et dans quelques cas il tendrait à exaspérer le mal plutôt qu’à le soulager. En somme, c’est le moyen le plus sûr et qui donne les résultats les plus certains.
- La question du traitement du rhume des foins va changer de face. Le professeur Dunbar, directeur de l’Institut hygiénique de Hambourg, a cherché quel pouvait être l’agent nocif du pollen des plantes et il a, après de laborieuses recherches, isolé de diverses graminées, telles que le seigle, le blé,Te maïs et d’autres plantes, anthoxatum odoratum, agropvrum repens, cynoscurus cristatus, etc., un principe actif, un véritable agent toxique. En traitant ces plantes, on isole trois produits différents : une matière grasse, des huiles éthérées ou essences, et une matière spéciale qui donne toutes les réactions des substances pro-
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- LA NATUHE.
- oo
- téiques et qui paraît rire le véritable agent toxique, l’élément causal du rhume des foins. Chose curieuse, les roses et d’autres fleur» odorantes n’ont pas donné ce produit et il semble bien cependant qu’elles aient une action étiologique dans les crises de rhume des foins.
- Le l)p Dunbar est allé plus loin et agissant avec sa toxine des graminées, comme avec les produits bacillaires, il a essayé d’en tirer une antitoxine. 11 injecte à de jeunes chevaux l’extrait alcoolique de sa toxine et le sérum, après une série d’injections, jouit de propriétés antitoxiques pour cette toxine de l’« hay lever ». Et la preuve en est facile à faire : mettez une goutte d’une solution de toxine au millième (solution saline) dans l’œil ou le nez d’une personne sujette au rhume des foins; en quelques secondes vous provoquez de la rougeur et de la congestion des muqueuses, des éternuements et une rhi-norrée plus ou moins abondante. Prenez un sujet indemne de rhume des foins, la toxine irritera un peu l’œil ou le nez, mais ce sera très passager.
- Les expériences du professeur Dunbar ont été contrôlées par un spécialiste bien connu de Londres, sir Félix Semon, en présence de divers médecins et du l)r Praunitz, l’assistant du l)r Dunbar. Elles ont confirmé de tous points les conclusions du savant hambourgeois. Le I)1' Semon a eu l’idée d’instiller chez un sujet un mélange delà toxine et de l’antitoxine et le mélange, comme on devait s’y attendre, n’a provoqué aucune réaction, bien qu’il s’agit de personnes prédisposées par des attaques antérieures.
- 11 y a là, on le voit, des éléments nouveaux dans la question du traitement du rhume des foins. Les faits sont précis, les expériences décisives. Il ne faudrait pas pourtant conclure à un remède infaillible. Le rhume des foins semble bien provoqué par le pollen des fleurs; mais d’autres facteurs interviennent dans son étiologie. On a voulu en faire une maladie d’origine purement arthritique, ce qui est un tort. Mais la sensibilité un peu exagérée de tel ou tel sujet doit entrer en ligne de compte dans 1 explosion des crises; et l’on en a pour preuve le cas de cette malade qui fut prise d’un accès à la vue d un tableau représentant une scène de fenaison ou cette autre chez laquelle on détermina une crise en lui présentant à respirer un bouquet de roses... artificielles.
- Quoi qu’il en soit, la découverte du professeur Dunbar permet d entrevoir une solution pratique. Aurons-nous dans ce sérum floral un moyen préventif pour combattre le rhume des foins? je l’ignore, il faut attendre des expériences plus nombreuses et plus complètes. Mais c’est un moyen d enrayer les crises et pour bien des malades ce sera déjà suffisant. Dr A. Cartaz.
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- LES BŒUFS MUSQUÉS EN CAPTIVITÉ
- Parmi les ruminants le bœuf musqué (Ovibos moschatus) est sans doute un des plus intéressants. Non seulement il représente un type intermédiaire entre le bœuf et la brebis, mais encore mieux que le renne il sait résister au Iroid excessif des parages de I extrême nord. Le bœuf musqué se nourrit principalement du saule polaire (salix arctica) rampant sur le sol, et en été des herbes qui poussent dans le sol fertile des vallées abritées. Durant l’hiver il mange sous la neige les rameaux de saules rampants, dont le feuillage reste vert et bien conservé.
- Le bœui musqué a été circumpolaire et Ton trouve ses ossements jusqu’en Allemagne et en Sibérie. A présent il est restreint aux régions septentrionales de 1 Amérique et des des voisines, mais pendant la période glaciaire il a habité des contrées beaucoup plus méridionales du continent.
- Depuis la londation du « lludson-llay-Gompany » on a connu en Europe les dépouilles de cet animal, dont la chair était recherchée par les chasseurs indiens, et esquimaux ; Donnant en donne, dans son « Actic Zoology » (1784-87), une curieuse image. Mais ni explorateurs ni savants n’avaient eu l'occasion de l’observer sur le terrain, avant que les expéditions polaires aient pénétré jusqu’au « Smitbs Sund ». Plus tard Peary l’a rencontré à la côte septentrionale de Groenland, et, en 1809-70, une expédition allemande l'a trouvé sur la côte .orientale, au delà du 75° de latitude. Plus tard, en 1892, 1 expédition du Danois llyder a trouvé de nombreux troupeaux au « Seoresby-Sund » vers 71°. Le savant professeur suédois Nalhorst fait remarquer, tpie ni les deux Seoresby qui visitaient cet endroit en 1822, ni Clavering ni Sabine, bientôt après, n avaient observé cet animal dans ces parages. M. Nathorst démontre, avec beaucoup de vraisemblance, que les bœufs musqués ont suivi lentement la côte septentrionale du Groenland pour s’arrêter au (( Seoresby Sund », qu’ils ne paraissent pas avoir dépassé. Il pense aussi que les loups blancs ont suivi leur piste, et qu’il est très vraisemblable que ces carnassiers voraces et audacieux réussissent souvent à s’emparer des petits veaux. De la sorte on peut s'expliquer qu’on a toujours rencontré très peu de veaux. L expédition danoise de M. Amdrup observait en août de 1900, près du « Seoresby Sund », à peu près 400 bœufs musqués, parmi lesquels seulement 15 veaux. Les loups y sont-ils pour quelque chose, ou est-ce stérilité? Toujours est-il que l’existence de cet intéressant ruminant est sérieusement compromise. 11 faut compter aussi avec les massacres des chasseurs norvégiens qui descendent à la côte de Groenland pour s’approvisionner de chair fraîche et tuent des centaines de bœufs musqués pour en remporter seulement les peaux et les crânes.
- Jusqu’en 1899 nul n’avait réussi à ramener vivant aucun de ces animaux. Sur le continent de l’Amérique cela aurait présenté des difficultés presque insurmontables, parce qu’il aurait fallu les transporter en traîneau et à de grandes distances. Les embarquer à la côte paraissait bien plus facile, la difficulté était seulement de les nourrir pendant le trajet en Europe. Pour les animaux adultes cela était impossible vu leurs forces et leur nature sauvage. L êssai devait se faire avec des veaux.
- En effet, en automne 1899, un capitaine norvégien, de Iromsô, capturait deux veaux, après avoir tué leurs meres. Il les embarquait et les nourrissait avec du fourrage, ramassé à la côte, et avec des morceaux de biscuit. Pour la première fois depuis la période glaciaire le bœuf musqué faisait sa
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- rentrée sur le sol de notre hémisphère. Le chasseur heureux vendit les deux jeunes bêtes pour 500 livres sterling au duc de Bedford, qui possède un beau parc d'acclimatation à Wohurn en Angleterre. La Nature a donné le portrait de ces deux veaux dans son numéro du 15 janvier 1900, p. 105. Ils avaient environ s’x mois, puisque les vaches
- Fig. 1. — Bœuf musqué, dessin de 1899.
- mettent bas au mois de mai. L’un d'eux était très faible et succomba bientôt, mais l’autre, un taureau, vit encore en bonne condition dans un enclos du parc de Wohurn. Il est très sauvage et d'humeur difiicile (lig. 1). Le succès du capitaine de Tromsô émut les petites villes de Norvège, beaucoup de chasseurs
- Fig. — Bœuf musqué de Copenhague âgé de six mois.
- résolurent, en 1000, de négliger les haleines et les phoques pour aller faire de pareilles prises dans les vallées du Groenland oriental. Aussi l’expédition suédoise de Kopthol, organisée pour chercher les traces du malheureux André, se proposait pour but de ramener des bœufs musqués pour des essais d’accli-
- Fig. 5. — Bœuf musqué âgé de douze» mois.1
- imitation dans les régions septentrionales de la Suède. Eniin, en ma qualité de directeur du Jardin zoologique de Copenhague, j’obtins la permission d’envoyer, avec l’expédition du lieutenant Amdrup, un jeune homme ayant la mission spéciale de capturer des boeufs musqués.
- L’été'était bien propice, le mur de glace, qui défend si souvent la cote de Groenland, s'ouvrit pour laisser passer les vaisseaux, et le résultat de tous ces elforts fut en tout 15 veaux. Les Danois eurent 1 mâle, qui fut capturé le 12 août. Il arriva à Copenhague le 8 octobre et y vit encore. Les six photographies montrent bien le développement de ce curieux animal (lig. 2 à 8).
- 11 est installé dans un enclos, jonché de cailloux comme les parages de Groenland. Pour le distraire on lui a donné deux compagnons : un chamois mâle et une vieille chèvre, de laquelle tous les deux se sont fortement épris. Le bœuf et le chamois se livrent des combats journaliers qui ont beaucoup contribué à maintenir leur santé et à développer celle du jeune taureau. La nourriture de celui-ci consiste en avoine cassée, son de froment, foin, et quantité de rameaux de saule dont il sait peler adroitement l'écorce. Le tanin de celle-ci est nécessaire à sa digestion et son organisme ne pourrait plus se passer de cette substance à laquelle il est habitué.
- Les Suédois se sont emparés depuis de 2 veaux, un mâle et une femelle, qui furent logés dans un grand enclos au Norrland, où ils prospèrent encore.
- Fig. 1. — Bœuf musqué âge de treize mois.
- Les Norvégiens, maintenant leur renommée de bons chasseurs, ont ramené 9 veaux et un jeune taureau de 1899. Celui-ci fut débarqué à « llammerfest » ; malheureusement il avait perdu la corne gauche. Le fameux Cari Ilagenbeck dellamburg achetait l’animal pour 2500 francs environ et réalisait un beau bénéfice en le cédant au Jardin zoologique de Berlin pour 5000 francs. 11 y vit encore et c’est un très bel exemplaire, dont la corne gauche est seulement un peu dilforme. Deux marins ramenaient 5 petits veaux à Aalenund; ils les vendirent tous au Jardin d’Anvers. Mais bien faibles et mal nourris, ils succombaient bientôt tous.
- Les 4 animaux restants furent débarqués à Tromsô et vendus pour— à ce que je crois — 10000 kroner (14000 fr.) à un riche Suédois qui les lit transporter dans une ferme de « Jamtland » en Suède pour les acclimater. L’un d’eux succombait bientôt par suite de l’infection d’une blessure. Les trois restants, un mâle et deux femelles, prospérèrent bien jusqu’au mois de septembre 1902. Alors le taureau et une vache moururent d'une épidémie qui enlevait beaucoup de ruminants de cette région.
- La vache restante fut transportée en Norrland
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- pour augmenter le couple de M. Kopthol. De la sorte la population bovine de l'Europe en boeufs musqués consiste actuellement en six exemplaires, 5 en Suède, 1 en Angleterre, 1 à Berlin et I à Copenhague, dont malheureusement quatre sont mâles.
- Dans les Etats-Unis de l’autre coté de l’Océan le fameux explorateur G réel y avait déjà on 1885-87, à Lady Franklin Ray, réussi à s’emparer de A veaux. .Mais il fut impossible de les emmener et de les nourrir. Au mois de mars 1898 M. L. J. Jones orga-nisait une expédition dans les « Rorren Lands »,Ia partie septentrionale du continent, dans le seul but de capturer des bœufs nmsipiés. 11 eut la chance de prendre cinq veaux, qu’il emmena vers le Sud pendant deux jours. Durant ce temps, M. Jones et son compagnon curent à lutter contre des bandes de loups blancs qui s’acharnaient à arracher aux deux chasseurs leurs précieuses proies. A la fin, après avoir distancé les loups, les deux hommes cherchèrent du repos et s’endormirent. Mais en s’éveillant, ils trouvèrent les cinq bêtes tuées par des Indiens. Ceux-ci avaient l'idée superstitieuse, que tous les bœufs musqués de leur réserve iraient suivre volontairement leurs camarades emmenés en captivité.
- Fig. a. — I'itiii musqué Agé de vingt mois.
- Voilà deux échecs essuyés par les Yankees intrépides. Il fallait que la nouvelle des succès des Norvégiens réveillât de nouveau leur énergie. En mars 1901 le capitaine H. N. Redfis, commandant un baleinier, hivernait dans la Mer polaire, au nord du « Créât, Rear Lake », et envoyait des chasseurs et des Esquimaux pour prendre des veaux musqués. A 50 milles de la cote l'expédition rencontra un troupeau avec quatre grands veaux, Agés de 9 mois. Ils réussirent à les prendre tous les quatre. Malheureusement deux furent bientôt déchirés par les chiens du traîneau, les deux survivants furent solidement liés et placés sur deux traîneaux, et ainsi transportés jusqu’au navire en partance.
- Mais les chiens réussirent bientôt à dévorer le troisième veau. On sauva la génisse qui survécut, à ses camarades.
- Elle fut nourrie de biscuit, d'herbe et de rameaux de saule ramassés à la côte, et finalement elle fut débarquée à San Francisco. L’heureux propriétaire offrit de la vendre pour 5000 dollars ( 15 000 francs). C’était un prix trop élevé, et, après avoir échangé nombre de télégrammes, on tomba enfin d’accord, et la vache passa dans les mains du nouveau
- Jardin zoologique de New-York moyennant une somme de 1600 dollars (7500 francs) (fig. 8).
- Elle arriva h New-York le 12 mars 1902; alors elle avait 22 mois, et ses cornes mesuraient—vcompris la courbure — 10 pouces anglais (0m,25). Sur le front l’espace entre les cornes mesurait 6 pouces (0m, 12 )
- Fig. ti. — HümiI musqué Agé do vingt-quatre mois.
- et était recouvert de laine blanchâtre. Selon M. Lv-dekkcr cette particularité caractérise la prétendue espèce Ovibos wardi et constituerait la différence entre les bœufs du Groenland et ceux du continent, ces derniers devant avoir le front tout brun ou noir.
- Or il paraît constaté qu'on peut trouver cette tache
- Fig. 7. — Roeut musqué Agé do Irenlro-qualre mois (avril 100").
- frontale blanche sur les bœufs musqués du continent , même de la région occidentale. Du reste on savait depuis longtemps que la grandeur et le caractère des taches frontale et dorsale varient beaucoup chez les individus de la meme région, et aussi du même Age. Malheureusement le Jardin zoologique de New-
- Fig. 8. — Fomolle de bœuf musqué (New-York),
- Agé de vingt-quatre mois.
- York n’eut pas longtemps la joie de posséder ce rare animal. Au mois d’aoùl 1902 il lut atteint par une pneumonie à laquelle il succombait après une semaine, malgré tous les efforts des vétérinaires.
- Un mois après le célèbre explorateur Peary, à son retour du « Grinnell Land », offrait au jardin un très
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- petit veau, âgé de quatre mois. Celui-ci n’a vécu dans le jardin que durant trois semaines. Il a succombé par suite d’un abcès dans l’épine dorsale dù sans doute à une blessure difficile à découvrir et à soigner sous l’épaisse fourrure.
- Ainsi, le Nouveau Monde doit jusqu’ici se contenter de .scs bœufs musqués vivant en liberté dans les régions très pauvres et inhospitalières où, malgré les difficultés, ces anciens habitants de nos pays cherchent encore à se maintenir et à perpétuer leur race. Mais pour combien de temps? Leurs ennemis insatiables, le loup et l’homme, surtout le loup, les suivent et les déciment. Espérons que les essais d’acclimatation si bien commencés en Suède, sous les auspices de M.Nathorst, aboutiront à un bon résultat. L'idée du professeur suédois est de les domestiquer pour en utiliser la laine qui est d’une qualité excellente. Mais, vu le caractère sauvage deces bêtes, cette tâche sera peut-être trop difficile; elle sera du moins bien longue. _________ J. Schiott.
- LA TRUFFE
- La nature véritable de la Truffe est restée longtemps obscure. Les anciens ont vu dans le précieux tubercule une sorte d’agrégat des éléments du sol, le résultat d’une exsudation spontanée ou provoquée par la piqûre d’un insecte. La racine blessée donnait naissance à une truffe. C’est de cette dernière opinion qu’est née la théorie de la mouche truffière, qui n’a pas encore dit son dernier mot et à laquelle croient encore bien des gens. On voit fréquemment au-dessus des truffières voltiger des insectes appartenant à différents ordres, dont le but est de pénétrer dans le sol j>our aller déposer leurs œufs dans une truffe. C’est à cela que se borne leur mission; ils n’ont absolument rien à faire avec la production des Tubéracées. Aujourd’hui on admet à peu près partout que la Truffe est une plante du groupe des Champignons, mais constituée d’une façon assez spéciale que l’on retrouve dans les formes souterraines auxquelles on a donné le nom d’Hypogés.
- Extérieurement c’est une masse globuleuse, habituellement noire, violette, crevassée, anfractueuse, marquée de verrues polygonales. Au-dessous, en faisant une coupe, on voit un tissu plus ou moins brun parcouru par des marbrures blanches, ne présentant ni vacuoles, ni lacunes. A ces marbrures ou veines correspond la partie stérile, tandis que le tissu coloré est formé essentiellement par une « pulpe fertile ». Si nous examinons cette pulpe au microscope, nous y trouvons une quantité de petits sacs, appelés asques ou thèques dans lesquels sont renfermées les « spores ». En même temps la veine blanche paraît sombre et opaque au lieu que la pulpe est transparente. M. de Ferry de la Bellonne, dans son excellent petit traité de là Truffe, a dit avec juste raison : « C’est maintenant la veine blanche qui parait noire, et la pulpe noire qui est devenue blanche. » La veine blanche contient une multitude de bulles d air, d où le nom de « veine aérifère » qui lui a clé donné. En regardant de plus près encore, on s aperçoit facilement que les veines blanches ne sont pas seules, mais qu il existe encore des « lignes obscures » ; l’ensemble forme des sinuosités qui marchent parallèlement les unes aux autres et comprennent dans leurs intervalles le tissu fertile.
- Les spores dont nous avons parlé plus haut sont les
- véritables organes de la reproduction; tantôt elles sont recouvertes d’aiguillons, tantôt au contraire leur surface est parcourue par un réseau à mailles plus ou moins larges. Aux espèces à spores épineuses correspondent les bonnes truffes, les Trulles noires du Périgord; aux autres une série d’espèces de moindre valeur, dont le tvpe est la Truffe de Champagne ou de Bourgogne. I)e [dus, dans ces dernières, le tissu interstitiel reste toujours plus ou moins grisâtre, il est en général peu foncé.
- Une chose qui a frappé tous ceux qui s’intéressent à l’étude ou à la récolte des truffes, c’est la présence constante de ces champignons au voisinage ou sous l’ombrage des arbres. Il y a donc des relations entre l’arbre et la Truffe. Quelle est la nature de ces relations? Y a-t-il parasitisme? Dans l’état actuel de la science, on peut admettre, sans trop de témérité, qu’il en est ainsi. En examinant certaines espèces de truffes, telles que le Tuber panniferum, on voit que son écorce n’est pas rugueuse, mais feutrée, rappelant assez exactement une trame d’amadou. Cette trame n’est que le Mycélium, correspondant au « blanc » du Champignon de couche, formé de filaments roussàtres qui s’entrelacent en tous sens et forment ce remarquable revêtement. C’est au-dessous seulement qu’apparaît la véritable écorce. Si le mycélium n’est plus aussi net dans les autres truffes, on peut cependant avec quelques précautions en retrouver les traces et les débris ; mais ce qu’on peut constater, c’est qu’il se trouve en une sorte de connexion intime avec le chevelu des racines des arhres.
- Les observations montrent qu’il en est toujours ainsi et que la doctrine de l’indépendance des truffes est bien peu probable. Admettons donc le parasitisme. Ce mode de livre est certain pour d’autres Champignons très voisins des truffes, les Elaphomyces, et rien ne s’oppose à ce qu’il le soit pour les Tubéracées vraies. M. Mattirolo, dans un excellent mémoire sur le parasitisme des truffes, donne les conclusions suivantes ; « La connaissance du parasitisme exclut définitivement la possibilité d’une culture indépendante, mais servira pour établir rationnellement les plantations de truffes, desquelles le pays retirera un double avantage : la récolte du précieux ascomvcète et le reboisement de bien des plages improductives. »
- Ces dernières paroles nous amènent à dire quelques mots de la culture. Il y a près d’un siècle qu’un petit propriétaire de Vaucluse ensemença avec des glands une faible parcelle de terrain sans valeur. Au bout d’une dizaine d’années, il fut très étonné d’y recueillir des truffes. Cet homme se souvint alors que les glands qui avaient servi au semis, provenaient d’arbres au pied desquels poussaient des truffes. De nouveaux essais furent faits qui tous donnèrent d’excellents résultats. La trul’fi-culture était trouvée et la théorie du « chêne truffier » pouvait se donner libre cours. On a dit : « Voulez-vous des truffes? semez des glands! » ; tout en admettant qu’il y ait eu certainement exagération et que la réclame ait joué un grand rôle, il faut savoir reconnaître que le proverbe a eu beaucoup de bon, en conciliant le reboisement avec la production de la Truffe.
- Actuellement il existe de nombreuses truffières artificielles en plein rapport. Leur création, les soins qu’on doit y apporter nous entraîneraient trop loin. Rappelons seulement -que les arbres qui favorisent la venue de la Truffe sont nombreux; M. Chatin en comptait 59, mais les espèces utiles sont nettement limitées. À proprement parler on ne se sert guère que des chênes, dont toutes les espèces sont favorables. Le noisetier donne aussi de bons
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- résultats ; quant aux Conifères, il faut les éliminer, car les truffes qui poussent autour d’elles ont une saveur un peu résineuse qui les fait rejeter. On sème en pépinière et on ne replante que des pieds de 2 ou 5 ans, dont on aura eu soin d’enlever la racine pivotante. Ce n’est guère qu’au bout de six ans que la production commence, et encore est-elle faible. A dix ans commence l’exploitation sérieuse. Certains signes montrent que la plantation ne restera pas improductive : disparition progressive des herbes sur les places truffières, apparition de certaines espèces de champignons hypogés.
- Après vingt-cinq ou trente années, une décroissance se montre dans le rendement et la production arrive à diminuer jusqu’à ce qu’elle soit nulle : il y a « épuisement ». C’est alors qu’on doit procéder à la reconstitution.
- Quand on place dans des conditions favorables les spores d’un champignon, on les voit généralement donner naissance à un filament mycélien qui produit un individu nouveau. 11 doit en être de même dans la Truffe, mais nous ne savons encore rien de positif à ce sujet. Le comte de Borch en 1780 avait vu, paraît-il, germer des spores de truffes grises; mais le fait n’a pu être contrôlé. M. de Grammont de Lesparre, dans de récentes recherches, a cru se trouver en présence de phénomènes de reproduction sexuée, mais il est permis d’élever de nombreux doutes à ce sujet. D’après lui les spores germeraient sur les feuilles dont la présence serait toujours nécessaire.
- « S’il était permis, dit-il, de risquer une théorie à propos de la germination sur feuille, je dirais que la spore trouve sur le limbe un double principe : l’un, à la surface, une sorte d’exsudation, de dépôt qui percerait l’épiderme; l’autre, intérieur, qui entretient la germination. »
- L’ensemencement, d’après M. de Grammont, devrait se faire de novembre à fin janvier et dans la première quinzaine de mai. On écrase un peu de pulpe de truffe; on en fait une pâte homogène avec de l’eau et on étale au pinceau sur la nervure médiane de la feuille. On ensemence les feuilles encore sur l’arbre ; au bout de deux mois, on donne un coup de bêche dans la direction des racines et on enfouit une ou deux feuilles.
- M. Condamy, d’Angoulème, avait, dès 1896, émis une théorie de la formation de la Truffe qui procéderait de la rencontre de deux mycéliums : le male, brun, fixé aux racines des arbres; le femelle, blanc, venant des feuilles : il n’y a là qu’une vue de l’esprit.
- Quand on se trouve possesseur d’une truffière naturelle ou artificielle, il s’agit de l’exploiter. La récolte des truffes se fait de plusieurs façons et à des époques différentes. En Provence et dans le Périgord pour la truffe noire, c’est d’octobre à fin avril qu’on opère, tandis qu’on le fait d’octobre à fin décembre en Champagne et en Bourgogne pour la truffe grise. La présence des mouches au-dessus du sol est un indice précieux de truffière, de même que les fentes, les gerçures, les « marques ». Mais on ne saurait s’en tenir là, le résultat ne serait pas assez avantageux et on s’adresse à l’instinct du porc ou du chien.
- La fouille par le porc se fait le matin, d’octobre à avril, ou dans l’après-midi, vers 2 heures. Le porc marche le groin appliqué au sol qu’il flaire et soulève. Un trou est rapidement creusé au fond duquel est une truffe. Le porc s’arrête et son maître, le « rabassier », soulève le tubercule avec un pieu et le recueille. L’animal reçoit alors pour récompense quelques glands, des fèves, une poignée de pois chiches. Il faut, avant de l’employer, se livrer à son éducation, car il cherche la Truffe par gourmandise. Le chien, au contraire, est plutôt poussé par son instinct
- de chasseur. « Le chien est aussi de sa nature, dit M. de Ferry de la Bellonne, plus réservé que le porc, et il est, à certains moments, pris d’une paresse inexplicable : on le mène à la truffière, et il ne travaille pas. Je ne sais ce qu’a mon chien, me disait un jour un truffier, mais depuis ce matin, il ne fait que « calculer ». Ce « dilettantisme » ne fait jamais l’affaire du paysan qui ne demande pas au chien de la rêverie, mais des truffes. »
- Ce sont les départements de Vaucluse, des Basses-Alpes, du Lot, de la Drôme et de la Dordogne qui sont les plus forts producteurs de truffes. Les trois premiers départements peuvent être considérés comme d’immenses truffières. La récolte totale, en 1889, se chiffrait par 20 185 000 francs, augmentée de A 835 000 francs en vingt années. En 1868,1e rendement n’était que de 1 500000kg, il était de plus de 2 millions en 1892. La truffe de Bourgogne ne se chiffre guère que par 784 200 francs.
- Les truffes n’ont de valeur marchande qu’autant qu’elles sont de belles dimensions. Le prix en est donc très variable allant de 20 francs à 45 francs suivant qu’elles pèsent de 10 à 200 grammes et plus. On a récolté une truffe de 850 grammes en 1868, et Chatin a vu dans une récolte un de ces champignons qui pesait 380 grammes. Chevet racontait qu’il avait reçu des environs de Turin vingt truffes noires pesant 13 kilogrammes.
- En Italie, on récolte une truffe spéciale, de couleur blanche, à odeur d’ail, le Tuber magnatmn. En Algérie et en Tunisie, les truffes de France sont remplacées par des champignons appartenant aux deux genres voisins Terfezia et Tir mania. Mais ils sont peu comestibles et n’ont guère de la Truffe que la forme et l’organisation.
- La Truffe est de plus en plus en honneur; qu’elle soit fraîche ou conservée, l’art culinaire en tire un merveilleux parti. Depuis les temps les plus reculés on l’a recherchée.
- « En résumé, dit Chatin, l’histoire de la Truffe se confond avec celle de la civilisation elle-même. Commencée aux grands jours de la Grèce et de Rome, elle se perd dans les ténèbres qui suivent. La Renaissance en marque le réveil, lequel s’accentue sous la Régence, d’où elle passe de la cour à la table du riche pour se répandre ensuite dans toutes les classes de la société. Les Grecs et les Romains ne connurent que la truffe d’Afrique et d’Asie (Terfezia). « Garde tes blés, débite tes bœufs, ô Libyen, disait Juvénal, mais envoie-nous tes truffes. » A la fin du quatorzième siècle, les truffes de Bourgogne consommées à Paris se récoltaient aux environs de Paris et dans la Côte-d’Or. La truffe du Périgord n’a fait son apparition qu’à la fin du quinzième siècle. A cette époque les bonnes truffes provenaient de l’Angoumois, de la Saintonge et de la Drôme. La Truffe, dite de Périgord, de toutes la meilleure, a été la dernière à faire les délices des gastronomes, la gamme des qualités ayant suivi la gamme historique. _ P. Hariot,
- Attaché au Muséum.
- I/IMPRESSION DU MOUVEMENT
- EX PHOTOGRAPHIE
- Dès que les produits et les appareils photographiques ont permis l’instantané, on a pensé que la représentation du mouvement ne serait plus qu’un jeu à la portée de tout le monde. Après les premiers clichés obtenus on a pu constater que les sculpteurs,
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- les peintres et les dessinateurs n’avaient pas toujours vu bien juste et que la façon dont ils représentaient le mouvement était fort souvent inexacte. Pour un tableau célèbre « le Derby d’Epsom », par
- Géricault, l’attitude des chevaux qui courent est abso lnment fausse; jamais les quatre pieds d’un cheval ne se trouvent en l’air à la fois pendant le galop. 11 y a de nombreux antres exemples chez des artistes
- Louis Renault sur voiture légère.
- non moins célèbres. Mais si la photographie lions donne de façon indiscutable la position des membres ou des organes en mouvement, il ne s’en suit pas
- nécessairement qu’en considérant ces images nous aurons l'impression du mouvement; le peintre la donne mieux, quoique son sujet ait une ^position
- Rolls sur voiture Panhnrd et Laufranchi sur motocyclette Peugeot.
- fausse. Cela tient sans doute à ce que l'éducation de notre œil a été mal faite, peu. à peu elle se fera mieux grâce à la photographie. Si on considère la plupart des instantanés on y trouve des personnages, des animaux, des organes de machines dans des posi-
- tions plus ou moins baroques, où notre œil les voit comme iigés et où rien ne nous donne l'impression du mouvement dont ils sont animés.
- Dans certains cas, au contraire, on éprouve parfaitement cette impression ; mais c’est qu’alors il y
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- a un ensemble qui concourt h la donner : ce sera un vêtement flottant, la poussière soulevée, la position du cavalier, etc. C’est le cas des véhicules que nous reproduisons ci-contre; nos gravures sont des repro-
- ductions directes, sans agrandissement ni réduction, de photographies exécutées pendant la course tristement fameuse de Paris-Madrid. M. Sigriste, dont nos lecteurs connaissent l'appareil h obturateur de plaque,
- M”* du Gast sur voilure Diétricli.
- avait été se poster avec deux aides, MM. Ducom et Sainte-Maure, à un endroit où la route présentant Tabarry, au delà de Tours, entre Montbazon et une très grande ligne droite permettait aux chauf-
- feurs de prendre le maximum de leur vitesse, soit 120 à 140 km à l’heure.
- Les premiers clichés ont été exécutés ù 7h50 du matin et les derniers à 2h50 après-midi. La
- rapidité de l’appareil, avec une fente de 0m,002 est de 1 /2500e de seconde. La distance du sujet h l’appareil était de 8 à 9 mètres. M. Sigriste avait un appareil du format 13x18, ses aides deux
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- appareils 9 X 12 ; munis de magasins de reehange, et d'un sac pour recharger, ils sont parvenus à exécuter environ ooO clichés. Deux jours après, les épreuves tirées étaient mises sous les yeux du public. C’est un véritable tour de force photographique.
- G. Mareschai..
- L’ADOPTION ET LES OISEAUX
- Au moment où les femelles ont des petits, il est très facile de leur en faire adopter d’autres, surtout lorsqu’on leur enlève une partie ou la totalité des leurs. Elles ont un surplus de sentiments affectifs à dépenser et je ne vois pas qu’il y ait d’autre explication à cette adoption, bien que chez les mammifères la nécessité de se débarrasser du lait y prédispose singulièrement et que chez les oiseaux la couvaison rafraîchisse leur ventre en feu au moment de l’incubation. Mais il est bien évident que ces deux derniers phénomènes sont insuffisants à expliquer les cas pour ainsi dire indéfinis et dont M. Dybowskv rapportait dernièrement ici même1 deux exemples d’oiseaux donnant à manger à des jeunes déjà à demi développés et n’appartenant même pas à leur propre espèce : l’instinct de la maternité est inné en eux et ils l’exercent un peu au hasard.
- Ouoi qu’il en soit de ces explications, je voudrais citer iri, au sujet des oiseaux, quelques exemples d’adoption vraiment curieux et peu connus, adoption qui aboutit à une véritable perversion maternelle.
- Il est en effet des plus curieux de voir des chattes adopter des poussins, petits êtres cependant incapables de les soulager de leur lait. En voici un cas rapporté par Buchner. Au moulin d’Ebenretter, près de Hildburghausen, vivait une chatte appelée Lies qui contentait son instinct maternel non seulement avec de jeunes poussins, mais même avec des canetons et avec d’autres oiseaux encore jeunes, et cela de façon fort remarquable. Un jour, comme elle se trouvait au dernier stade de la gestation, elle apporta six poussins qui venaient d’éclore dans le panier qu’on lui avait préparé. Elle eut beaucoup de peine à garder réunie la petite tribu turbulente, surtout lorsque trois jours plus tard la société se fut augmentée de quatre petits chats. Elle ne cessa pour cela de s’occuper de ses enfants adoptifs ; bien plus, elle apporta encore dans le panier trois petits canetons et un tout petit rouge-queue qu’elle avait été chercher dans un nid non loin de là. Elle répartissait également ses marques d’affection parmi la troupe disparate de ses protégés et permettait de bonne grâce aux poussins de lui picoter le nez et les yeux. Lorsque les poussins devenus grands se sauvaient, la bonne belle-mère se donnait une peine infinie pour les ramener chaque fois et les mettre en sûreté ; à force de les porter et transporter, elle leur dénuda complètement le cou sans que, heureusement, leur santé parût en souffrir sensiblement. M1U Johanna Balz a vu aussi un chat qui s’était fait le protecteur de cinq poussins dont la mère avait péri par accident. Les petits se cachaient sous lui et il les réchauffait, avec une grande sollicitude.
- Voici l’exemple inverse rapporté par Mechans Monthly. Une poule avait échoué dans sa tentative d’incubation et avait dû abandonner son nid. Près de celui-ci une chatte avait mis bas et la poule se prit d’affection pour les petits
- 1 Voy. n°1525, du 16 août 1902, p. 176.
- quadrupèdes. Un jour que la mère était allée aux provisions, laissant là sa progéniture, la poule arriva et s’installa sur les chats, les abritant sous ses ailes. Pendant quelques jours, ce fut une lutte entre la poule et la chatte : celle-ci n’arrivait qu’avec peine, et après une bataille assez vive, à gagner son nid pour allaiter les jeunes. Mais elle se dégoûta bientôt de ce combat et elle abandonna la partie, laissant la poule maîtresse du champ de bataille. Le résultat fut désastreux, car la poule ne put nourrir les jeunes chats. Elle les promena, essayant de leur apprendre à picorer les grains et à s’en nourrir, mais ses leçons furent inutiles, et les chats moururent de faim. On a vu aussi, quoique plus rarement, des chiens adopter des poulets. Un jour, rapporte M. E. Duncker, de Berlin, un chien de garde pour les bestiaux rapporta un œuf et, au lieu de le mettre dans la cuisine, il le plaça sur le sofa dans la chambre, cependant que le petit poussin enfermé dans l’œuf s’efforçait d’en casser la coquille. On mit l’œuf dans un petit panier rempli d’ouate et le chien aida de sa langue le petit poussin à sortir et s’érigea en père adoptif. Il lui donna à boire de sa langue plongée dans l’eau, porta le panier au soleil, le lécha et garda le petit poussin avec beaucoup de soin. Le poussin grandit et fut mal vu des autres volatiles de la basse-cour; le chien se fit son protecteur et le poussin devenu poulet lui volait sur le dos et semblait le caresser.
- Voir un aigle élever des poussins n’est pas non plus ordinaire. On en a cependant signalé un cas. Il s’agit d’un aigle doré femelle, en captivité depuis trente ans et aux œufs (deux ou trois par an), naturellement clairs, de laquelle on avait substitué quatre œufs de poules fécondés. Ces quatre œufs furent couvés par l’aigle et il en sortit autant de poussins : deux mâles et deux femelles, qui devinrent naturellement deux coqs et deux poules. L’aigle prit tous les soins nécessaires de ses enfants d’adoption et, tandis que le propriétaire donnait aux poussins les aliments végétaux dont ils avaient besoin, sous forme de graines et de pâtées, l’aigle, à son tour, leur apportait scrupuleusement les aliments animaux nécessaires à la progéniture des oiseaux de proie, et leur offrait, de la chair de rat, qui était du reste fort bien accueillie. La famille a vécu en excellente entente, et les oiseaux occupent toujours la même cage. Un des coqs étant mort, l’autre s’est arrogé les fonctions de chef de tribu, et il lui arrive, à l’occasion, de bousculer quelque peu sa mère d’adoption, qui est du reste bonne personne, et n’abuse point de ses ressources naturelles.
- Voici un cas où l’adoption a.réuni deux espèces naturellement ennemies en temps ordinaire. « Une femelle de furet, raconte Romanes, s’étrangla en s’efforçant de passer par une ouverture trop étroite, en laissant une très jeune famille de trois orphelins. Je donnai ceux-ci, dans le milieu de la journée, à une poule de brahme, qui venait de couver de faux œufs pendant un mois environ. Elle les adopta presque immédiatement et demeura avec eux pendant plus d’une quinzaine; je dus les séparer au bout de ce temps, car elle avait étranglé un des furets en se tenant sur son cou. Durant tout le temps que les furets demeurèrent avec la poule, cette dernière dut rester sur son nid, car les jeunes furets n’étaient, pas, naturellement, en état de suivre la poule, comme l’eussent fait des poussins, en vertu du puissant instinct que M. Spal-ding a montré exister chez eux, instinct qui les pousse à suivre. Comme on peut bien s’y attendre, la poule fut intriguée par l’apathie de sa famille. Deux ou trois fois, chaque jour, elle quittait le nid, invitait sa couvée à la suivre ; mais, en les entendant crier à cause du froid,
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- LA NATURE.
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- elle retournait auprès immédiatement et restait sur eux six ou sept heures encore. La poule n’eut besoin que d’une journée pour apprendre la signification des cris de détresse; car, dès le second jour, elle courait toujours avec grande agitation vers l’endroit où je cachais les furets, pourvu, toutefois, que cet endroit ne fût pas trop éloigné pour laisser entendre les cris. Cependant je ne crois pas que l’on puisse concevoir de contraste plus grand qu’entre la note aiguë du poussin et le grognement rauque du jeune furet. D’autre part, je ne puis pas dire (pie les jeunes furets aient jamais pu comprendre la signification des gloussements de la poule. Durant tout le temps que la poule demeura avec les furets, elle avait coutume de peigner leurs poils avec son bec, comme les poules lissent les plumes de leurs poussins. Tandis qu’elle s’occupait ainsi, il lui arrivait souvent de s’arrêter et de regarder d’un œil étonné et interrogateur cette nichée remuante. D’autres fois, sa famille lui donnait, à bon droit, lieu d’être étonnée, car il lui arrivait souvent de s’envoler tout à coup en poussant un grand cri; sans doute, elle avait dû éprouver une sensation inaccoutumée de morsure, provenant de ce que les furets cherchaient des tétines. Je ferai remarquer, en outre, que la poule manifestait une inquiétude telle, lorsqu’on venait prendre les furets pour les faire nourrir, que je crus, à un moment, qu’elle allait les abandonner entièrement. Aussi, à partir de ce jour, les furets furent-ils nourris dans le nid même, et cet arrangement parut parfaitement convenir à la poule, peut-être parce qu’elle croyait être pour quelque chose dans l’opération. En tout cas, elle se mettait à glousser, dès qu’elle voyait arriver le lait et surveillait le repas avec une satisfaction évidente. En somme, je regarde ce cas comme un exemple tout à fait remarquable de la plasticité de l’instinct. Il convient de le dire, la poule était jeune et n’avait jamais élevé de couvée de poussins. Avant d’élever la nichée de furets, elle avait été attaquée et presque tuée par un vieux 'furet qui s’était, échappé de sa cage. Les jeunes furets lui furent enlevés plusieurs jours avant que leurs yeux fussent ouverts. »
- L’adoption a généralement lieu de la part des femelles, cela aussi bien chez les mammifères que chez les oiseaux. « I n ami à moi, raconte Wood, possédait un perroquet gris qui était le père nourricier le plus charmant et le plus aimable de toutes les petites 'créatures abandonnées. Dans le jardin de son maître, il y avait un certain nombre de rosiers entourés d’une haie de fil de fer et de plantes grimpantes. 11 y avait là un nid de pinsons que les habitants de la maison, grands amis de tous les animaux, nourrissaient. Polly, un perroquet femelle, fut frappé des nombreuses visites que les gens faisaient aux rosiers. Il voyait qu’on y déposait des graines et se décida à suivre cet exemple. Comme il était libre, il quitta sa cage, irpita le cri d’appel des vieux pinsons et apporta aux petits, becquetée par becquetée, de sa propre nourriture. Les vieux pinsons jugeaient cependant que ces preuves d’affection étaient quelque peu énergiques; ne connaissant pas ce grand oiseau, ils s’envolèrent, effrayés, et l’olly, qui voyait que maintenant les petits étaient orphelins, eut toute latitude pour manifester ses instincts maternels. A partir de ce moment, il refusa de rentrer dans sa cage, resta nuit et jour auprès de ses enfants adoptifs, les nourrit avec soin et eut la joie de les voir grandir. Lorsque les petits surent voler, ils prirent l'habitude de se poser sur le dos et la nuque de leur seconde mère, qui se promenait quelquefois très gravement avec ce fardeau. » Henri Coupin.
- NOUVEAU SYSTÈME D’AVIRONS
- Bien que le canotage ait perdu beaucoup de ses adeptes au profit de la bicyclette, il n’en dèitreure pas moins intéressant et curieux de connaître les dispositifs que l’on peut imaginer pour permettre de tirer meilleur parti du moteur humain dans la propulsion des bateaux.
- C’est précisément le but que poursuit un inventeur de Mâcon, M. Mutin, chef de section au service de la Compagnie P.-L.-M. En se reportant à la photographie que nous donnons, on constatera que le rameur, avec cet appareil, a la figure tournée vers l’avant du bateau ; cette position a de nombreux avantages au point de vue de la direction de l’embarcation, et, sauf dans des cas exceptionnels ou sur certaines cotes de la Méditerranée, avec la rame ordinaire, on « nage » en tournant le dos à la direction du déplacement. Les palettes des avirons, qui sont en tôle galvanisée, légères, et de forme bien appropriée, sont équilibrées par des contrepoids, qui suffisent à assurer leur enfoncement au moment voulu, tout en réduisant leur poids au minimum. Les deux avirons sont du reste conjugués par un balancier sur lequel agit le rameur, et qui transmet par suite l’action de ce rameur.
- Nouveau système d’avirons.
- Le système dont dépend le balancier est monté sur des roulettes qui se déplacent sur deux bancs latéraux parallèles à l’axe du bateau, et cela forme chemin de roulement pour le balancier et plus de poids à soutenir.
- La liaison entre le balancier et les rames vient attaquer ces rames par leur grand bras de levier ; le rameur, la figure tournée vers l’avant du canot, peut ainsi attirer à lui les avirons quand ils sont plongés dans l’eau, et par conséquent il nage en avant. Les rames présentent à leur partie supérieure un pivot vertical et un pivot horizontal, leur permettant un double mouvement ; un dispositif donne du reste le moyen de régler l’enfoncement. Outre la barre de manœuvre que le rameur a entre les mains, nous voyons deux bras qui relient cette barre à une autre traverse {dus longue, qu’on nomme la barre d’oscillation, et dont les extrémités portent chacune une bielle articulée sur elles, cette bielle se reliant de plus à la rame par un cardan. Le rameur, en appuyant sur sa barre, fait tourner partiellement la grande traverse autour de l’axe des roulettes et sortir brusquement les rames de l’eau ; il cesse d’appuyer, en repoussant la barre, les rames retombent à l’eau. Il tire alors la barre et amène par suite à lui les rames immergées, en assurant la propulsion du bateau. I). H.
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- LA N AT LUE.
- LES ENGRAIS CHIMIQUES DANS LA CULTURE MARAICHERE
- [/emploi des entrais chimiques tend à se généraliser de plus en plus. Aujourd'hui, beaucoup de petits cultivateurs en connaissent les propriétés et en font un usage journalier. Ce sont des matières complémentaires qui, certes, ne peuvent remplacer le hunier de ferme, mais permettent de donner aux plantes un élément utile à l’exclusion de tous les autres. Cràee à eux, les cultures se sont améliorées, les rendements se sont accrus, et l’agriculture a pu lutter plus avantageusement contre la concurrence étrangère. Malgré les progrès réalisés, il reste encore beaucoup à faire. Toutes ces matières minérales, qui rendent maintenant de si grands services, sont en quelque sorte restées l’apanage de la culture proprement dite.
- Quels que soient les efforts faits par beaucoup de vulgarisateurs, elles n'ont pu pénétrer, d’une façon courante, dans le domaine de l'horticulture et de la ilorieul-ture. Leur emploi serait cependant avantageux, à en juger par les résultats obtenus en France et en Allemagne, et déjà signalés à plusieurs reprises dans le courant de cette Revue.
- Personnellement, nous nous sommes livré à quelques expériences de ce genre, (pii ont fait l’objet d’un mémoire assez complet, couronné en 1900 par la Société des Agriculteurs de France, et dont nous nous permettrons de donner ici un rapide aperçu.
- Nos recherches ont porté sur la plupart des légumes usuels cultivés pour leurs feuilles, leurs
- racines ou leurs fruits, et, afin de mieux discuter les résultats obtenus, nous avons prélevé quelques clichés photographiques de la moyenne des produits
- récoltés sur les témoins et les parcelles les plus favorisées. Les reproductions suivantes feront beaucoup plus clairement ressortir l’heureuse influence des engrais chimiques.
- La figure 1 représente deux laitues romaines . len° 2, provenant du témoin, et le n° 1, de cultures entreprises avec un peu de nitrate de soude, de superphosphate et de chlorure de potassium. Les deux échantillons, représentant à peu près la moyenne des produits récoltés sur leurs parcelles respectives, accusèrent au poids un écart assez
- sensible; le n° 1 [lésait 410 grammes, tandis que le n° 2 ne déliassait pas 195 grammes.
- L’examen des deux spécimens permet, d’ailleurs, de se convaincre assez facilement de la différence. Les produits récoltés sur les parcelles à engrais minéraux ont leurs pommes complètement formées et même assez volumineuses; il n'en est pas de même des autres, dont la végétation a été moins rapide, la preuve à cet égard est absolument concluante.
- La figure 2, comprenant deux hottes de 10 carottes alimentaires, appartenant à la variété « demi-longue nantaise », établit les différences obtenues dans les cultures comparatives. La différence de volume des deux échantillons est un gage de l’écart de poids (jui doit exister entre eux. En effet, le n° 1 pèse
- Fijr. 2.
- Expériences sur les carottes. A «anche, sans engrais, n* 1 à droite avec engrais, ir 2.
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- LA NAÎTRE.
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- 590 grammes, et le n° 2, lk^,0l0, soit un écart de 0,720 en laveur des dix dernières racines.
- Les ligures 5 et 4 permettront de se convaincre de l’efficacité des engrais chimiques sur des cultures de radis. Le n° 2, de la figure 5, donnera une idée de l'impulsion fournie à la végétation par une matière complémentaire minérale, et les nos 1 et 2, de la figure 4, qui représentent deux hottes de dix radis, émanant de cultures différentes, indiquent le volume des racines : la hotte 2, recueillie sur le témoin, pesait 17 grammes, alors (pie la hotte 1, provenant de la parcelle à engrais azoté et phosphaté, accusait un poids de 40 grammes.
- Fig. ô. — Expériences sur les radis.
- A gauche, sans engrais, n* 1 ; à droite, avec engrais, n” 2.
- Fig. 1. — Expériences sur les radis.
- A gauche, avec engrais, n° 1; à droite, sans engrais,
- L’emploi des engrais a considérablement accéléré la végétation de la plante. En effet, détail très important à noter, les échantillons des ligures 5 et 4 ont été prélevés 17 jours après les semis.
- La ligure 5 concerne deux pieds de haricot du type nain blanc hâtif, len° I, donnant la moyenne du témoin, et le n° 2, provenant de cultures entreprises avec acide phosphorique et potasse.
- 11 y eut également un assez grand écart dans la récolte. Le n° 1 produisit 25 gousses renfermant 95 graines, et le n° 2, 62 gousses donnant un total de 254 graines. L’examen des deux figures attribue d’ailleurs un léger avantage au n° 2 sous le rapport de la formation de ses gousses.
- En somme, toutes nos cultures aboutissent aux plus heureuses consé-
- quences en faveur des engrais chimiques. Nos expériences comprennent des végétaux dont les dominantes sont différentes; elles n’englobent pas toutes les plantes horticoles, mais nos connaissances actuelles nous permettent de rattacher les autres légumes à l’un des groupes précédents et d’uniformiser les formules.
- Les conclusions auxquelles nous avons abouti, jointes aux travaux connus jusqu’à ce jour sur l'application des engrais chimiques en horticulture, nous permettent de poser quelques principes d’une grande utilité pratique qui se résument ainsi :
- 1° Les végétaux cultivés pour leurs feuilles demandent, en général, plus d’azote que les autres.
- 2° Si l’on cherche à produire des.
- Fig. 5. — Expériences sur les haricots, gauche, sans engrais, n” 1 ; à droite, avec engrais, n" 2.
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- LA NATU RE.
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- racines il faut ajouter, à l'azote, l'acide pbosphorique et la potasse.
- 3° Le développement des fruits est lié à la présence, dans le sol, de l'élément potassique.
- 1° En ce qui concerne l’azote, ces lois soutirent une exception en faveur des légumineuses dont les racines possèdent des nodosités peuplées de bactéries tixatriees.
- Selon nous, les formules d’engrais horticoles [leurraient être simplifiées et se réduire aux qnelqnes-
- unes suivantes se rapportant à l'arc :
- Catégories de plantes. .Nitrate de Superphosphate. Chlorure de
- _ Soude. _ Potassium.
- kg kg kg
- Plantes de la famille des
- Légumineuses .... )) 8 3
- Plantes de la lanulle des
- Solanées 1 7 3
- Plantes bulbeuses, telles que : oignons, ails,éelia-
- lotes 4 4 t
- Plantes feuillues : sala-
- des, choux 3 2 i
- Itacincs alimentaires : ea-
- rottes, radis, navels . 3 7 t
- Fraisiers t 8 2
- Quelquefois le nitrate de soude serait remplacé avantageusement par le sulfate d'ammoniaque, et le superphosphate jiar le phosphate naturel, le phosphate précipité ou les scories de déphosphoration, en modifiant légèrement les doses indiquées plus haut.
- Nous espérons que ces données pratiques pourront intéresser un certain nombre de spécialistes. Albert Yilcoq,
- Professeur d’agriculture.
- NOUVEL HYGROMÈTRE
- A vrai dire, il ne s’agit que d’un nouveau dispositif combiné par M. \V. Lambrecht, l’habile constructeur de Gœttingue. Nous avons déjà décrit ici les diverses formes que M. Lambrecht a données aux hvgromètres à cheveu1. Ces hygromètres sont comparables et restent tels pendant des années. L’instrument est donc pratique et convient aux usages industriels comme aux observations qui relèvent de l’hygiène et de la thérapeutique. Si ces instruments présentent une marche parallèle, c’est entre autres raisons que le constructeur de Gœttingue, au lieu d’employer un seul cheveu comme l’avait fait de Saussure, a recours à un faisceau de cheveux, si bien que les incorrections individuelles disparaissent dans l’ensemble et que la moyenne reste très sensi-nlement invariable.
- Le nouveau dispositif a sur ses devanciers l’avantage d’être plus simple de construction et d’être plus sensible encore aux variations d'humidité. On retrouve, comme dans le polymètre Lambrecht que nous avons déjà fait connaître, un long faisceau de cheveux et le même mécanisme intérieur. Les cheveux ne peuvent se tordre, ni se rompre et ne sont
- * Voy. ii° 1450, du 9 mars 190J, p. ‘251.
- pas soumis à un effort permanent de traction qui pourrait à la longue modifier leurs propriétés hygro-scopiques. Seulement, dans le polymètre, les cheveux sont protégés par deux plaques parallèles en bronze phosphoreux, et cette protection même rend le faisceau un peu moins accessible aux variations hygrométriques et surtout rend son nettoyage plus difficile ou son contrôle moins commode. Comme on
- Hygromètre Lambrecht. Ensemble et détail.
- le voit sur la figure ci-dessus qui est une photographie de l’instrument, le faisceau est monté librement et isolément au milieu d’un cadre métallique et commande l’aiguille du cadran. .Derrière ce cadran se trouve le petit levier équilibreur du faisceau. Une vis à la partie supérieure permet de régler l’instrument. Le dispositif est tel que l’on peut placer l’hygromètre verticalement sur un pied ou horizontalement à volonté, pour le disposer sur un meuble ou le fixer à une fenêtre, etc.
- Dans ces conditions de construction la vérification de l’hygromètre s’effectue aisément. Le faisceau étant à portée de la main, on peut l’humecter d’eau avec un petit pinceau ordinaire à lavis. On attend environ dix minutes ou un quart d'heure. Si l’instrument va bien, l’aiguille devra s’arrêter sur la division 95 0/0. L’eau de mouillage devra, bien entendu, être de l’eau distillée ou de l’eau de pluie. Si l'aiguille s’arrêtait en deçà ou au delà, on ramènerait à la division 95 0 0 au moyen de la vis de réglage. En somme ce nouveau dispositif mérite l’attention par sa simplicité, sa facilité de contrôle et par sa sensibilité. J.-F. Gall.
- CHRONIQUE
- Débit probable des sources en 1903. —
- M. F. Launay, ingénieur en chef du service hydromé-trique du bassin de la Seine et M. E. Maillet, ingénieur des Ponts et Chaussées, ont donné, en 1902, quelques
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- LA NATURE.
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- renseignements sur le débit probable des sources pendant la saison chaude dans le bassin de la Seine. Ils viennent de communiquer à la Société de Météorologie quelques pronostics pour la saison chaude de 1905, du lor mai au 1er novembre, dans le bassin de la Seine. On peut prévoir que, pendant le deuxième semestre de 1905, la situation sera à peu près la même, au point de vue de l’alimentation des sources, (pie l’an dernier, avec une tendance à la diminution, tendance-qui sera particulièrement marquée du côté de Sommesous (Marne) et de la Vanne : une saison chaude sensiblement pluvieuse pourrait toutefois rendre cette prévision moins exacte sur certains points. Sous la même réserve, on peut évaluer le débit minimum (moyen mensuel) de la source de Cérilly à 020 litres, et celui de la source d’Armentières à 550 litres (sources de la Vanne).
- L’Institut royal technique supérieur d'Italie.
- — Cet Institut, auquel est annexée une École d’ingénieurs, n’est pas connu autant qu’il le devrait être en France. Il a été créé en 1859, avec autorisation de collation des grades en matière de génie civil, de mécanique, de mathématiques et de sciences naturelles ; il est remarquablement bien installé dans un magnifique monument, et ses laboratoires sont dotés des instruments les plus perfectionnés, notamment celui d’électricité, qui a bénéficié d’un don de 400 000 francs fait par M. Carlo Erba. Actuellement, l’Institut compte 500 élèves de 18 à 25 ans, qui suivent trois années de cours préparatoires avant de se spécialiser dans la science à laquelle ils entendent se livrer, et qu’ils étudient deux ans.
- Le chauffage des locomotives au pétrole. — Four compléter les renseignements que nous avons déjà donnés sur le chauffage des locomotives au pétrole, nous pouvons signaler les expériences qui se sont faites tout dernièrement sur deux réseaux américains, le Florida East Coast Railroad et le Boston and Maine RR. Sur le premier, on a constaté que, pour obtenir le même résultat qu’avec une tonne de charbon (tonne de 907 kg), il suffisait de 500 litres de pétrole, pesant 5405 grammes au gallon de 5,78 litres. Sur l’autre réseau, l’équivalence a été de 530 litres de pétrole pour 1 tonne, le poids du gallon d’hydrocarbure étant ici de 5,520 grammes.
- La conservation des càhles sons-marins. —
- On vient de relever une section du câble sous-marin posé à Cuba entre Cienfuegos et Santiago; il avait été construit en 1873, mais posé seulement en 1881. C’était un câble isolé au caoutchouc, et, comme on voulait savoir ce que vaut cet isolement, on l’a relevé d’une profondeur de 1350 brasses. On a pu constater que, au bout de plus de 20 ans d’immersion, la partie centrale du câble était encore en parfait état de conservation au point de vue électrique ; le cuivre du conducteur n’avait subi aucune action délétère du soufre contenu dans le caoutchouc.
- La rapidité des sensations et des mouvements chez un pianiste. — A une récente (( Conférence de musiciens » tenue à Dublin, on a donné des chiffres assez intéressants sur la rapidité des perceptions et des mouvements chez un pianiste. Si l’on veut arriver à être un bon exécutant, il faut habituer son œil à voir 1500 signes à la minute, ses mains à faire 2000 mouvements dans le même temps, et par conséquent son cerveau à percevoir et comprendre ces 1500 signes et à ordonner pour ainsi dire simultanément les 2000 mouvements. Dans le fameux <( Mouvement perpétuel » de Weber, il s’agit de lire 4541 notes en un peu moins de 4 minutes : et cela suppose forcément, et physiologi-
- quement, que l’exécutant lit, voit plusieurs notes simultanément. Dans une partie d’une étude de Chopin, on doit même arriver à lire 5950 signes en 2 minutes 1/2.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juin 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- L'aryenl colloïdal. — M. A. Gautier présente une Note de M. llanriot relative à la constitution de l’argent dit colloïdal. 11 résulte des recherches de l’auteur que suivant que l’argent colloïdal est obtenu par le procédé de Carey Lea ou par d’autres procédés sa constitution est différente. Chaque fois, en effet, qu’un sel d’argent en dissolution est mis en présence d’une matière organique et d’un corps réducteur, l’argent se combine à la matière colloïdale en restant soluble en formant une combinaison complexe dans laquelle entre en même temps de l’hulrogène. On obtient ainsi des substances qui renferment 87 à 93 pour 100 d’argent et qui dans le vide laissent dégager de l’hydrogène. M. Berthelet fait remarquer que l’argent colloïdal n’existe pas, mais qu’on se trouve en présence d’argent engagé dans une combinaison complexe. Les composés condensés dans lesquels entrent des métaux ne sont pas rares bien qu’encorc pou étudiés. Ils offrent une analogie avec les composés animaux et végétaux et, suivant l’expression de M. Berthelot, constituent le « sous-sol de la chimie minérale ».
- La destruction de la pyrale. — M. Guignard dépose une Note de M. Rerraud, professeur de viticulture à Ville-franche (Rhône), relative à un mode de destruction de la pyrale par la combustion du soufre.
- Traitement du mildiou et de Voïdium. — M. Prillieux résume une Note de M. Guyon sur le traitement simultané du mildiou et de l’oïdium. L’auteur avait antérieurement conseillé pour atteindre ce but d’ajouter du soufre à la bouillie bordelaise. Il a depuis observé que lorsqu’on n’employait pas de suite la bouillie ainsi modifiée elle noircissait. Il a recherché la cause de ce noircissement et a constaté qu’il était dû à la formation de polysulfures. Mais ces polysulfures sont peu stables et ne diminuent pas l’efficacité de la bouillie ; toutefois celle-ci est moins adhérente.
- Rapidité des perceptions visuelles. — M. d’Arsonval présente un travail de AIM. Broea et Sulzer relatif à l’inertie du cerveau dans la perception de la forme des lettres placées devant les yeux. Ils ont comparé les différentes lettres avec le V qui présente la forme typique de l’angle. Ils ont en outre reconnu que l’évocation d’une image mémorielle met en jeu une certaine quantité d’énergie susceptible d’être mesurée par un procédé qu’ils décrivent. Gu. I>E VlUEDEüIL.
- ——
- LE VILLAGE LE PLUS ÉLEVÉ DE FRANCE
- Le Queyras est une de ces vallées alpines peu connues, perdue, loin de tout trajet direct, où ne pénètre guère le bruit du inonde. 11 faut pour la parcourir plus de six heures de voiture de Briançon jusqu’à Abriès. En remontant, jusqu’à sa source, le Guil qui l’arrose, on est arrêté par le massif imposant du Yiso, qui marque la frontière : en passant le col de la Traversette on pénètre en Italie, à Crissolo, point où le Pô prend sa source.
- Quoique fort anciennement habitée on rencontre,
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- LA NATURE.
- dans cette sauvage vallée du Queyras, peu de villages; mais si leur nombre est limité, leur pittoresque, en revanche, ne laisse rien à désirer. Chà-tcau-Queyras entre autres, dominé par son vieux fort, datant du quatorzième siècle, offre un admirable ensemble ; Ville-Vieille, dont la fondation remonte beaucoup plus loin encore (huitième siècle), est une des plus antiques villes des Alpes. C’est de là que part une belle route qui monte lentement pour ne s’arrêter qu’à Saint-Véran. Si Ville-Vieille est fière de son origine reculée, les habitants de Saint-Véran vous diront, avec un légitime orgueil, que leur commune est la plus élevée de France (2040m). 11 est cependant un endroit situé à une altitude supérieure, c’est la batterie de Viraysse (2780m) dans l’Ubayette, vallée voisine de Saint-Véran. Mais si nos Alpins
- ont le périlleux honneur de vivre au point le plus élevé de l’Europe, il est vrai d’ajouter que ce n’est qu’un simple poste. A Saint-Véran reste donc la suprématie ; seulement ses 2040 mètres ne sont pas sans provoquer une température qui, même en été, dépasse la mesure permise. Le soleil y est à peine suffisant pour mûrir quelques champs de céréales; les pâturages se comportent mieux dans ce rude climat, et l’élevage amène une grande richesse dans le pays dont il est à peu près l’unique ressource.
- Les cols qui entourent le village donnent accès, les uns, dans la vallée de l’Ubayette, sur le versant français, d’autres, en Italie.
- Rien que Saint-Véran soit peu étendu, et compte à peine 000 habitants, le village possède non seulement une église, mais aussi un temple protestant,
- Saiut-Véran (2040“), le village le plus élevé de France. (D’après une photographie.)
- les familles appartenant au culte réformé y étant nombreuses. Ici, l’esprit très conciliant des habitants n'entraine aucune idée de dissidence; on s’y aime et on s’y entr’aide, quelle que soit la religion à laquelle on appartient. La vie est dure, tà une telle hauteur; aussi, rendus pratiques par la force des choses, les montagnards ont su s’organiser une existence supportable; et, même en hiver, ils jouissent chez eux d’une atmosphère tiède et saine. Comme, du reste, dans plus d’un village alpin, ils s’installent dans les étables, qui prennent alors l’aspect d’un confortable appartement, où règne, quoique l’on en puisse penser, la plus scrupuleuse propreté, même un peu d’élégance. A gauche deux petites fenêtres bien suffisantes pour éclairer et par où le froid, le grand ennemi du montagnard, n’aura que difficilement accès; deux vastes lits, artistement sculptés, que des rideaux, formant alcôve, isolent entièrement du reste du logis; au milieu une table faite du même
- bois sombre vernissé, quelques chaises, puis un poêle pour la préparation des aliments. A droite, c’est le domaine des bêtes : devant un long râtelier, les vaches se partagent la place avec les chèvres; dans un petit enclos réservé, un jeune porc témoigne à sa façon la joie de vivre. Au plafond, des gaules servent de perchoirs aux volatiles.
- Telle quelle, cette demeure plaît à celui qui l’habite. Le montagnard aime sa solitude. Quelques-uns ont essayé de quitter ces hauteurs pour la ville où le gain est plus assuré, le travail moins ingrat, mais ils ne peuvent s’y accoutumer et délaissent le bien-être relatif qu’ils goûtent pour retourner à cette austère et pénible existence ; fuyant le tumulte d’en bas, ils reviennent, lassés, à ce village perdu dans les nuages. J. Daigret.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahübe, rue de Fleurus, 9.
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- .V 15 70. — 27 J CI A 1905.
- LA NATUItE.
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- UN OBLSIER DE CÔTE ALLEMAND
- Ce qui a frappé la plupart des visiteurs de la récente Exposition de Düsseldorf, c’est l'importance de la partie guerrière dont le pavillon Krupp semblait le centre et le temple en quelque sorte. Les besoins militaires sont un facteur du progrès dans les arts de la paix eux-mêmes — c’est là une pensée consolante — et c’est parce «pie le métal à canon ou à blindage doit posséder des qualités exceptionnelles (pie les maîtres de forge ont été conduits aux perfectionnements merveilleux qui constituent la métallurgie moderne.
- Le grand industriel d'Essen1 n’a pas été seulement le fournisseur de l'artillerie et de la marine dans un
- grand nombre de pays, il s’est eiforeé de maintenir ses établissements parmi les meilleurs champions de la science métallurgique, et son Exposition révélait cette préoccupation de montrer qu’il n’était pas seulement le fabricant de canons et de blindages dont la marque est connue, mais aussi un maître de forges renommé par la qualité et l’universalité de ses produits. On y voyait donc les échantillons les plus divers: arhres de couche gigantesques, énormes étambots d’acier, chaudières et machines marines, matériel de mines et de chemin de fer, etc. Mais, quoi que l’on fasse, quand on entre chez Ivrupp, c'est pour voir des canons, et les canons n’y manquaient pas, depuis les petites pièces de campagne et de montagne jusqu’aux diverses formidables bouches à feu destinées à la défense des cotes.
- Un obusier de côte allemand.
- Il y a longtemps déjà que les visiteurs d’expositions sont blasés sur les monstres de I OU tonnes et l'on semble un peu revenu, dans les milieux compétents, de leur exagération coûteuse. Il est possible, notamment en augmentant la vitesse, de donner aux projectiles de poids relativement réduit, quoique eijcorc fort respectable, une force de destruction tout aussi formidable, et c’est dans cet ordre d’idées que sont combinés aujourd’hui la plupart des matériels de cote et de bord.
- Le calibre ne dépasse guère 28 à 5(1 centimètres, mais en revanche la longueur de l'Ame atteint 40 calibres, c’est-à-dire 12 mètres et davantage en y joignant le massif de culasse.
- Les pièces de cote ayant à lutter contre les navires cuirassés se peuvent classer en deux catégories. Les unes, placées dans des batteries basses, au ras de
- 1 M. Krupp, comme on le sait, est mort l’année dernière, le 22 novembre 1902.
- 31e anr.Û — 2e semestre.
- l’eau, s'attaquent de plein fouet au blindage même de la muraille verticale. Les projectiles qu’elles emploient sont combinés pôur la rupture des plaques d’acier épaisses et résistantes qui garnissent les lianes du navire ; et l’on cherche encore le projectile torpille qui devra traverser d’abord la muraille pour éclater et tout briser dans l’intérieur.
- D’autres bouches à feu, au contraire, sont destinées à crever le pont cuirassé dont l’épaisseur est toujours modérée et facile à percer, pour peu que le projectile tombe sous un grand angle. C’est le rôle du tir courbe auquel on employait jadis des mortiers et qui échoit aujourd'hui aux obusiers rayés.
- Le pavillon Krupp, à Düsseldorf, en oll’rait un spécimen dont le calibre atteignait 28 centimètres. La caractéristique des obusiers est de tirer à charges réduites, ce qui permet de réduire la longueur de la pièce. Celle-ci présente une longueur de 12 calibres, en tout 5m,44. Son poids, avec la fermeture de
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- LA N ATI HL.
- culasse, est de 10 780 kg; Fallût pose à lui seul 128 800 kg, à quoi il convient d'ajouter encore 18000 kg pour le pivot, kit comme tout le mécanisme est protégé par un masque en acier pesant 15 720 kg, le poids total de l'affût et de ses divers accessoires atteint le chiffre formidable de 75500 kg.
- Cette pièce peut tirer des projectiles de rupture lourds de 545 kg sous une charge de 15 kg de poudre sans fumée annulaire, qui percent des plaques de 24 centimètres à la bouche, ou des projectiles légers de 215 kg avec 11,5 kg de poudre. Ces projectiles légers sont des obus ou des sbrapnels.
- La pièce repose par ses tourillons sur un affût supérieur qui lui-même peut se mouvoir sur les glissières inclinées d’un châssis inférieur reposant sur une plaque tournante (pii, en se déplaçant sur des roulements à billes, permet le pointage en direction. Le recul est absorbé par des cylindres de frein hydrauliques dont les tiges de piston sont accrochées à l’avant du châssis. Car suite de l’inclinaison des glissières, l’olmsier revient en batterie par son propre poids. Un appareil magnéto-électrique assure la mise de feu.
- Le pointage se fait au moyen d’une lunette de visée du système Zeiss à prismes, et un appareil d’éclairage électrique permet le pointage de nuit.
- La manœuvre peut se faire à bras ou électriquement. Le projectile est apporté par un chariot tricycle qui, en basculant, le dépose dans un auget placé à l’arrière de l’affût; l’auget lui-même est supporté à l’extrémité d’un levier dont la manœuvre suffit à amener le projectile en face de l’ouverture de culasse. Le masque dont nous avons parlé ressemble à un segment de coupole; c’est une plaque courbe en acier de 60 millimètres d’épaisseur suffisante pour protéger le mécanisme et les servants contre les éclats de projectiles. Elle présente une embrasure allongée par où passe la volée de la pièce, et, pour achever l’obturation, celle-ci porte elle-même un petit bouclier intérieur, fixé sur le petit affût et qui le suit dans ses déplacements.
- ÎA-Colonel G. Espitalliek.
- L\ CONSTITUTION CHIMIQUE DES COMÈTES
- L’est Donati qui le premier, en 1864, reconnut dans le spectre de la comète de cette année-là l’existence de trois raies brillantes. Les comètes de 1866 I, 1867 II, 1868 I, de Hrorsen et de Winnccke furent étudiées et on reconnut l'existence dans leur spectre des raies brillantes caractéristiques signalées par Donati. On sait que les vapeurs et les gaz incandescents donnent un spectre formé d’un grand nombre de raies brillantes séparées par des intervalles obscurs, que chaque corps simple gazeux incandescent a un spectre qui lui est propre et qui est caractérisé par le nombre et la position de raies lumineuses dans le spectre. Huggins, en 1868, en comparant donc le spectre des comètes de Hrorsen et de \N innecke avec le spectre de certains corps gazeux, reconnut l’identité du spectre examiné avec celui du gaz oléliant.
- Au mois d’avril 1874 le Père Seccbi, examinant la
- comète Tempel-Winneeke de cette année-là, reconnut l’existence dans le spectre de trois bandes bien séparées : l’une très intense dans le vert bleu; et deux autres plus faibles, la première dans le vert, la seconde dans le jaune vert. En cette même année, au mois de mai, Wolf et Ravel étudiant la comète de Loggia virent un spectre continu traversé par trois bandes brillantes.
- La grande comète de 1881 permit la première photographie d’un spectre cométaire qui ait jamais été faite. A l’aide de plaques exposées pendant 180, 106 et 228 minutes on put constater que le spectre chimique du noyau était formé d’un spectre continu et de trois bandes brillantes ; la première près de 11, la seconde entre G et b et la troisième entre h et IL La chose n’était point aisée si l’on considère que la valeur photogénique de cette comète était 500000 fois inférieure à celle de la pleine lune.
- Dans un travail publié dans 1’ « Astronomie » de 1882, M. L. Flammarion a émis l’hypothèse que la lumière cométaire a une origine électrique probable. Ces vues ont été confirmées par Rerlhelot. D’après ce savant, les résultats obtenus par l’analyse spectrale rendent vraisemblable l’origine électrique de cette lumière. L’état de combinaison du carbone, de l’hydrogène et de l’azote et la présence de l’acide cyanhydrique constatés par le spectroscope constitueraient plus que des présomptions en faveur de cette hypothèse. L’acétylène se produit toutes les fois que ces éléments, carbone et hydrogène, se trouvent en présence de l’are électrique. Si l’on ajoute de l’azote il se forme de l’acide cyanhydrique dont la formation électrique constitue peut-être le caractère chimique de l’azote le plus prompt à se manifester.
- En cette même année 1882, deux comètes furent étudiées par les astronomes. Le fut tout d’abord la comète Wells. En avril et au début de mai, M. Maunder, de Greenwich, l’avait observée et avait trouvé un spectre continu dépourvu de bandes brillantes. Or, le 29 mai, MM. Ralph Lopeland et J.-G. Lohse constatèrent l’existence de la raie D du sodium. Le 51 mai, Huggins prit une photographie du spectre. On voyait sur le cliché un spectre continu de F à 11 dépourvu des raies noires de Fraunhofer. Les raies du sodium étaient bien apparentes. Le spectre de la comète s’est donc modifié pendant les deux dernières semaines de mai, à mesure (pie la comète (( s’est rapprochée du soleil ».
- Le second astre étudié est la belle comète découverte le 11 septembre à Rio de Janeiro par Lruls. 11 a permis de faire en quelque sorte la contre-partie de l’expérience précédente.-Le 18 septembre, Thollon et Gouv, à l’observatoire de Ai'cé, analysèrent la lumière de cette comète et constatèrent un spectre continu très brillant et très étendu vers le violet avec les raies du sodium extrêmement brillantes, très nettement dédoublées et caractérisées, paraissant déplacées vers le rouge. Le même jour, M. Lohse, en Angleterre, obtenait les mêmes résultats. Puis la comète (( s’éloignant du soleil » les vapeurs de sodium diminuèrent d’intensité et la constitution chimique normale des comètes, combinaison du carbone avec l’hydrogène, apparut avec les trois bandes caractéristiques des hydrocarbures. Le 26 septembre, Lruls au Brésil, et Ilicco à Latane constatèrent la présence simultanée des deux spectres (sodium et carbone).
- Des résultats identiques furent obtenus par W. T. Sampson à l’observatoire naval de Washington. La présence des raies du sodium dans les deux comètes de 1882, lorsque ces comètes étaient voisines du soleil, est un fait très caractéristique. M. Lallandreau faisait fort judicieusement
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- LA NATURE.
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- remarquer dernièrement qu’on a reconnu l’existence du sodium aussi dans le spectre des étoiles filantes et que cette coïncidence devait élre notée, car elle pouvait jeter un peu de lumière sur la question si délicate de l’origine des comètes et des étoiles filantes.
- En 1895, M. Schackleton a constaté le 17 juillet, dans le spectre de la comète Rordame-Quenisset, la présence des trois bandes brillantes habituelles de carbone visibles sur un faible spectre continu. En étudiant un grand nombre de spectres de la comète 181)5 b observés par M. Campbell, .M. Kayser a déclaré que :
- « Ee spectre des comètes renferme les bandes du carbone et du cyanogène apparaissant quand la vapeur du carbone est illuminée par l’électricité en présence de l’azote et, de plus, d’autres bandes d’origine inconnue que l’on trouve dans la flamme des hvdrocarhures. ))
- La comète 181)4 />, ([(‘couverte le 25 avril 1894 par Walter Cale, de Sydney, a été examinée le 7 mai par M. Eovvler. Elle présentait les trois cannelures caractéristiques du sodium. Ces cannelures correspondaient à celles du spectre, de la base bleue d’une lampe de bougie aux longueurs d’onde approximative .475»), 51 (in et 5655. Ee noyau présentait un spectre continu assez brillant.
- Ea comète Swift (181)11 ci), qui s’est élevée à la quatrième grandeur et qui avait l’aspect d’une nébulosité de 10' de diamètre avec un noyau de 1' et une faible queue, a présenté dans son spectre six bandes entre les lignes 1) et II. C’est cette comète qui a permis à M. Terrine de fort intéressantes études sur la réfraction.
- A la date du 18 mai, la tête de la comète mesurait 280 000 kilomètres de diamètre. Ea lumière de deux étoiles voisines traversait pour chaque étoile 270 000 et 254 000 kilomètres de matière cométaire ; leur distance angulaire n’a pas varié. 11 n’y avait donc pas trace de réfraction et il ne s’agissait donc pas d’une atmosphère gazeuse. Une conclusion semblable a été faite le 1) juin.
- Enfin la comète 1902 b, découverte le I septembre passé, par M. Terrine, a permis à un observateur qui à maintes reprises a donné des preuves de sa science et de son talent, M. le comte de la Baume-Pluvinel, de faire sur la spectroscopie des comètes d’intéressantes constatations. Il a employé pour ses études un instrument composé d’un prisme de 20° 18' et d’un objectif dont le foyer était égal à 4 fois seulement, l’ouverture. Un bon cliché a été obtenu le 24 octobre.
- On remarque sur ce cliché la bande bleue X 472 du spectre des hydrocarbures et la bande X 589 du spectre du cyanogène. Ee sont là les deux bandes principales.
- On a aperçu, en outre, quelques condensations secondaires. Ee 15 octobre on a observé une condensation s’étendant de X 409,2 à X 400,0 et ne répondant à aucun groupe de raies du carbone; ainsi (prune condensation s’éteinlant de X 451 à X 420 et indiquant la présence d’hydrocarbures en ignition.
- Enlin un point qui a son intérêt c’est que le spectre n’est pas continu. Uela semble indiquer (pie la lumière propre de la comète est beaucoup plus considérable que la lumière solaire réfléchie qui doit être très faible.
- Il résulte de tous les travaux que nous venons d’exposer — et c’est la conclusion de M. de la Raume-Pluvinel — (pie les comètes sont constituées essentiellement par du carbone, mais du carbone existant dans des conditions bien dilférentes de celles de nos laboratoires et variables avec la distance au soleil et que dans le voisinage de l’astre du jour le spectre du carbone s'efface pour faire place à celui du sodium. Llcien Eiiseut.
- LE LENGHAWÂIÎ DJÀ1IM
- Ce joli nom malais s’applique à un produit végétal dont les propriétés sont assez curieuses. On trouve sur certaines fougères arborescentes de la liante Asie, du Tonkin, de la Uochinchine et surtout de .lava, Bornéo, Sumatra, des houppes soyeuses et brillantes, longs filaments chevelus, d’une couleur jaune dorée qui vire au brun avec le temps. U,es lilaments, tout à fait comparables à la barbe du maïs, se rencontrent surtout sur l’espèce Cibolium ou Aspidium. Ee nom de l'engbawar lui fut donné par les Malais, et comme l’espèce la [dus estimée provenait du royaume de Djamhi, à l'ouest, de Sumatra, on adopta le nom de l'engbawar Djamhi.
- Ues houppes soyeuses constituent un agent hémostatique de premier ordre. Déposez sur une plaie «pii saigne quelques fibres de l'engbawar, aussitôt le suintement sanguin cesse, lue hémorragie du nez, une épistaxis, qu’elle soit spontanée ou succède à un traumatisme, à une opération, est facilement arretée par un léger tampon de ces libres. Quand je dis tampon, j’exagère ; il n’est pas nécessaire de boucher la fosse nasale comme avec de l’ouate pour former un obstacle à la perte de sang. Vous prenez simplement quelques filaments, vous les étalez sur la partie qui saigne; vous en ajoutez une seconde couche, et tout est fini, avec cet avantage que le nez n’étant pas obstrué, le patient respire librement.
- Ees propriétés hémostatiques du l'engbawar soid connues depuis des temps fort éloignés; on l’importa d’Asie en Europe au moyen âge, mais on l’employa rarement et cependant les indigènes l’utilisaient contre les écoulements de sang accidentels ou suite de blessures. C’est depuis une trentaine d’années que la pharmacologie s’occupe de ce produit curieux et c’est à cette époque qu’on l’étudia sérieusement au poiid de vue botanique et chimique. Un est peu fixé sur son mode d’action : on constate qu’il a une propriété hémostatique de premier ordre, et c’est tout. Est-ce simplement en vertu de son élasticité? Est-ce par le feutrage de ses filaments qui favorise la production des caillots? Un ne peut qu’émettre des hypothèses. Peut-être possède-t-il des propriétés astringentes qui ne sont pas dues à l’acide faunique, mais à d’autres corps mal définis. Prenons pour ce qu’elles valent ces explications et contentons-nous de savoir (pie c’est un agent hémostatique puissant et commode à essayer quand les autres échouent. Dr A. Cautaz.
- LES POISONS DES MILLE-PATTES
- Ees mille-pattes inspirent à tout le monde une vive répulsion et il est de fait que, lorsqu’on les examine de près, celle-ci est assez justifiée par les poisons que la plupart sécrètent, en petite quantité, il est vrai. M. U. F. Cook, qui s’occupe de cette question depuis plusieurs années, n’a pas été peu surpris de rencontrer chez eux une substance des plus toxiques, l’acide prussique. Ce poison se forme dans de petites glandes de la peau, mais les myriapodes ne le mettent en liberté qu’en cas de nécessité absolue, lorsque, par exemple, ils sont attaqués par un ennemi sérieux. E’acide est d’ailleurs nuisible aux myriapodes eux-mêmes. Si l’on en enferme plusieurs ensemble dans un flacon, à force de se remuer et de se chamailler, ils finissent par en laisser suinter quelques gouttes, ce qui les asphyxie rapidement. Certains animaux semblent en quelque sorte immunisés contre ce poison : ainsi un singe de Libéria est très friand de ces mille-pattes à
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- LA NATEKE.
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- ;icide formique et les grignote sans en être incommodé ; mais sa chair, parait-il, devient amère et toxique.
- On a trouvé aussi chez les mille-pattes une substance qui paraissait essentiellement végétale : le camphre. Quand on les tracasse, on voit sortir de leurs pores dorsaux un liquide blanc, laiteux, filant qui se concrète à l’air: c’est du camphre, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par l’analyse chimique et « de ollactu ». 11 s’évapore petit à petit et, finalement, il n’en reste plus trace.
- Certaines espèces de Porlo-Rico, lorsqu’on veut s’en emparer, projettent un jet de vapeurs très acres. II. C. -------------------------«-y-s-
- UNE PLANTE \MPAKE
- Sur les berges un peu vaseuses des rivières, sur les laïus argileux, le long des haies, dans les jardins, parmi les interstices des dalles humides, croit la ficaire fausso-renoncule, ficaria ra-nuncu laides, jolie petite plante qui serait peut-être plus remarquée si elle était plus rare. Sa lleur, aux pétales étroits d'un beau jaune doré, s’épanouit dès le premier printemps, et brille comme une étoile sur le vert encore tendre du gazon naissant.
- Cette plante appartient à la famille des lleuonculacées, et la classification la range auprès des vraies renoncules, bien connues de tout le monde sous les noms vulgaires de « bassinets » et de « boutons d'or ». Au point de vue botanique, on l’en distingue surtout par son calice formé de trois sépales seulement, et par ses pétales au nombre de sept au moins. Elle a d’ailleurs sa physionomie propre, et on ne saurait la confondre avec aucune autre espèce: ses feuilles, en forme de cœur, sont d’une teinte claire, luisantes et lisses comme celles de son parent le « populage » qui habite les marais.
- La ficaire offre un phénomène de végétation assez curieux pour que, malgré son humilité, on la signale grâce à lui à l’allenlion. (lu sait (pie les plantes si' multiplient d'ordinaire par des graines, qui se répandent sur le sol lorsqu’elles sont mures, germent après un temps de repos variable, et reproduisent chacune un individu semblable à celui dont elles proviennent. Or, chez la ficaire, les graines n'arrivent qu’exceptionnellemenl à maturité ; c’est presque une rareté que de rencontrer des pieds de cette plante en bon état de fructification; elle n’a chance de déve-
- lopper son fruit d’une manière [parfaite que si elle croit dans un lieu ombragé où règne une humidité constante; privée de ces deux circonstances à la fois, elle demeure le plus souvent stérile.
- Et cependant, une promenade faite un jour d’avril au bord d’une rivière coulant sur un sol argileux vous montrera, par la quantité des étoiles d’or dont vous pourrez voir les rives constellées, que la ficaire est très prolifique. Ses tapis couvrent en certains endroits des espaces fort étendus; et l’on se demande comment une plante presque privée de graines peut se multiplier à ce point.
- Si le problème semble difficile à notre esprit, la solution qu’il a reçue dans la réalité est d’une sim-plicilé admirable. La ficaire, privée du mode de
- reproduction ordinaire chez ses semblables, en a obtenu un autre; et ainsi se trouve établie la compensation. Ne pouvant, pour s’assurer une postérité, compter suffisamment sur ses Heurs, qui n’accomplissent que rarement leurs fonctions normales, elle a la faculté de produire, soit au collet de sa racine, soit aux aisselles des feuilles de sa tige, de petits bulbes aptes à germer, absolument comme s’ils étaient des graines. Ces bulbes, tombant en terre, développent au printemps de jeunes ficaires auxquelles ils fournissent un premier aliment grâce aux réserves de fécule qu’ils contiennent, et qui tirent ensuite directement leur nourriture du sol par leurs racines. Aucun èlre n’esf réellement démuni dans la lutte pour la vie. A. Acloque.
- LOCOMOTIVES COMMUN!)
- DF l \ COMPAGNIE 1)F. I.'kST
- Au début de l’année lt)l)!2 la Compagnie de l’Est a mis en service un certain nombre de locomotives eompound à quatre cylindres, trois essieux couplés avec bogie à l’avant. Ces machines puissantes et destinées à la traction des trains lourds, à marche accélérée, sur les grandes lignes du réseau, sont représentées, dans leur ensemble, par la figure ci-jointe. Les petits cylindres extérieurs actionnent l’essieu couplé du milieu, et les grands cylin-
- 1. I,;i iicaire iausse-mioncule.
- 2. Jeunes ficaires liées île bulbes au pnnleiiips.
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- LA NATURE
- dres intérieurs l’essieu couplé avant. Les cylindres haute pression ont un diamètre de 0m,55 et les cylindres liasse pression un diamètre de 0m,55; la course commune des pistons est de 0"*,64; le rapport des volumes des cylindres haute et liasse pressions est donc de 2,50. Quant au diamètre des roues il est de lm,75. La chaudière dont l’axe surélevé se trouve à une hauteur de 2m,55 au-dessus des rails est timbrée à 15 kg, Sa surface de chauffe totale est de 207 mètres carrés et la surface de grille de 2,56 mètres carrés. Le poids de la machine en charge est de 68 tonnes et le poids adhérent de 49 tonnes. La puissance normale de cette locomotive est de 12 à 1500 chevaux et la charge qu’elle peut remorquer, avec les trains lancés à la vitesse de 70 kilomètres à l'heure, est d’environ 260 tonnes et peut, dans certains cas, atteindre 520 tonnes.
- Mai s ce qui caractérise ces locomotives qui, dans leur ensemble, ne présentent que des différences peu sensibles avec les machines du même type employées sur les autres réseaux français, c’est le remplacement, pour la distribution de la vapeur, des tiroirs ordinaires à coquilles par des tiroirs cylindriques dont l'emploi presque général, depuis de longues années, dans les machines marines, commence à devenir assez fréquent pour les locomotives.
- On avait remarqué qu’avec les tiroirs plans la marche en compound perdait de ses avantages aux grandes vitesses et (pie la machine courait moins bien; il fallait alors augmenter l’admission aux grands cylindres en détruisant ainsi l’égalité de travail dans les cylindres haute et basse pressions. De plus, l'échappement de la vapeur des grands cylindres produisait une action moindre sur la combustion du
- Locomotive compound à quatre cylindres et h (rois essieux couplés de la Compagnie de l’Est.
- charbon sur la grille qu'avec les locomotives à simple expansion. Des expériences suivies, faites à la Compagnie de l’Est, ont montré que ces inconvénients résultaient de l’insuffisance des sections de passage de la vapeur au moment de l’échappement. Cette insuffisance des ouvertures des lumières des tiroirs plans, qui arrêtait la vapeur dans sa marche, avait pour conséquence de produire, à l’arrière du piston, des- contrepressions nuisibles diminuant la puissance de la machine et, surtout, sa liberté d’allure aux grandes vitesses. 11 fallait donc, pour obtenir une amélioration, augmenter ces sections de passage trop faibles des tiroirs [dans en les remplaçant par des tiroirs cylindriques (pii augmentent les sections de 74 pour 100 pour les pet its cylindres et de 52 pour 100 pour les grands. Les prévisions se sont complètement réalisées. L’emploi des tiroirs cylindriques a complètement supprimé la compression qui se produisait derrière le piston : la locomotive a retrouvé sa liberté d’allure aux grandes vitesses et il est devenu
- possible de répartir également le travail entre les deux cylindres haute et basse [tressions.
- Une autre amélioration apportée au système de distribution de vapeur de ces machines est la séparation complète des conduits amenant la vapeur fraîche aux cylindres de ceux qui reçoivent la vapeur sortant de ces cylindres. Les températures différentes de la vapeur circulant dans ces tuyaux amènent, lorsqu’ils sont en contact l’un avec l’autre, comme c’est le cas le plus ordinaire, des condensations de vapeur très préjudiciables au rendement thermique de la locomotive. Il a suffi, pour obtenir ce résultat, d’introduire la vapeur dans les cylindres par les bords intérieurs des tiroirs cylindriques et de la faire échapper par les bords extérieurs dans des tuyaux isolés de ceux d’amenée de la vapeur.
- Une comparaison faite en service régulier, entre un certain nombre de locomotives du type «pie nous venons de décrire, les unes munies de tiroirs [dans, les autres de tiroirs cylindriques, est venue confirmer
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- LA NATURE.
- les prévisions dos ingénieurs do la Compagnie do l'Est et a montré «pie l’emploi dos tiroirs cylindriques* joint à la séparation dos conduits do vapeur, avait pour conséquence une diminution do Ht pour 100 dans la consommation do charbon.
- Cos résultats sont d’une grande importance pratique. Cràce aux tiroirs cylindriques il devient possible d’augmenter sans inconvénient le nombre de coups de piston par minute et, par suite, d’obtenir de grandes vitesses avec des roues de diamètre modéré. On peut alors admettre pour le service des trains rapides, dont le poids va chaque jour en croissant, des locomotives à trois essieux couplés n’ayant qu'un faible empattement rigide et pouvant développer, sur les rampes et aux démarrages, des efforts de traction considérables. R. Ronnin.
- LYVAGE DES DOUES DE MISER U DE FED
- En Espagne, aux environs de Bilbao, les exploitations do minerai de fer ne rencontrent pas toutes des produits à haute teneur, ce qu’on appelle le « rubio », le « campanil », la « vena », c’est-à-dire des minerais à 58 ou 60 pour 100 de ter, et même plus. Il faut alors laver la matière pour la débarrasser de ses impuretés.
- Ee lavage d’un minerai de fer donne une grande quantité de boues. Bar suite, des espaces de terrain considérables sont nécessaires pour permettre aux boues d’élre décantées, et les petits exploitants, qui sont assez nombreux autour des grandes Compagnies, n’ont pas toujours les ressources suffisantes pour acheter les emplacements. convenables pour le dépôt de leurs boues de lavage. Ils emploient alors avec avantage le dispositif suivant qui est des plus simples comme conception et comme réalisation. Le mécanisme de l’appareil peut d’ailleurs être aisément conçu sans qu’il soit nécessaire d’en donner un croquis.
- L’appareil se compose en premier lieu de deux couloirs en bois par lesquels arrivent les eaux boueuses. On a avantage à donner la plus grande longueur possible à ces couloirs et une inclinaison exactement nécessaire pour l’écoulement des eaux afin de bien réaliser le dépôt par densité des matières ferrugineuses. Le minerai qui s’est déposé au milieu du courant d’eau vient ensuite et peu à peu s’accumuler dans des trémies qui existent sous les couloirs. Enfin ees trémies déversent les matières dans le trommel bien connu qui sert au débourbage des minerais de fer et que l’on nomme « patouillet ».
- L’opération du lavage se réalise doue de la manière suivante :
- Le minerai de fer qui est lourd se dépose en raison de sa densité, ainsi qu’il vient d’être dit, soit dans la partie des couloirs qui précède la trémie, soit à l’extrémité des mêmes couloirs sitôt après la trémie. En ouvrier, armé d’un râteau en bois, amène dans la trémie les matières lourdes qui se sont arrêtées en avant ou en arrière. En déplaçant ainsi les surfaces avec son râteau, il achève et complète le classement par lavage des matières. 11 y a deux couloirs, ainsi qu’il a été dit.
- Pendant que le déjwt des matières est en train de s’opérer dans le premier couloir, l’ouvrier traite au patouillet les boues ferrugineuses qui s’étaient accumulées dans la trémie du second couloir.
- La force motrice nécessaire à la rotation du patouillet est obtenue au moyen d’un dispositif fort simple.
- Les eaux bourbeuses qui s’échappent île l’un ou de l'autre des couloirs viennent tomber sur une roue hydraulique du système «en dessus» et le mettent en mouvement. Le mouvement a lieu par à-coups, suivant que les eaux sont limpides ou chargées au contraire de boues, mais persiste tant qu’il passe de l’eau dans le couloir, c’est-à-dire tant qu’il y a des substances à laver.
- Le mouvement de la roue hydraulique est transmis par une chaîne (un câble ou une courroie vaudraient mieux) à une poulie montée sur l’axe du trommel dit patouillet.
- Le patouillet tourne ainsi lentement comme la roue hydraulique et classe les grains de minerai de fer qui se trouvent dans les boues. Les grains, qui forment le refus de la tôle du patouillet, viennent se réunir à l’extrémité du patouillet en quantités souvent assez grandes.
- Ainsi s’effectue d’une manière simple le lavage et l’enrichissement des boues île minerai de fer de quelques petites exploitations des environs de Bilbao. L’appareil employé est en somme la combinaison du trommel et de la caisse pointue allemande, dite « spitzkasten ».
- Le même mode de lavage pourrait s’appliquer à d’autres minerais de nature plus complexe que les minerais de fer.
- Si le minerai contenait diverses substances, on aurait avantage à placer sur la longueur des couloirs de classification deux ou trois trémies à des intervalles bien déterminés. Le plomb, c’est-à-dire le métal le plus dense, se déposerait dans la première trémie. Le cuivre tomberait dans la seconde. Le zinc enfin serait recueilli dans la troisième. Des trommels, mus par la même roue hydraulique, effectueraient au-dessous de chaque trémie la séparation des métaux d’avec les gangues qui leur sont mélangées.
- Si l’appareil ne réalisait pas une séparation mécanique parfaite, il serait au moins peu coûteux et pourrait rendre des services pour un dégrossissage initial des minerais. Félix Colomer,
- Ingénieur civil «os Mines.
- QARFUMS CHIMIQUES
- Les parfums chimiques sont des matières odorantes provenant de produits naturels ou de produits fabriqués. Comme finesse, ils ne peuvent rivaliser avec les parfums ordinaires qui garderont leur emploi et leur valeur; ces derniers sont indispensables. Les parfums industriels tirent, en effet, la plupart des matières premières des produits naturels. On s’occupe activement., depuis quelques années, à faire des parfums artificiels dits synthétiques. Les principaux parfums artificiels sont :
- 1° Vanilline. Constitue, comme tout le monde sait, le givre des gousses mûres de vanille. Elle a d’abord été obtenue par l'oxydation de l’eugénol (principe oxygéné de l’essence de clou de girofles) ; depuis on la prépare par oxydation d’autres corps. En solution alcoolique, elle m’a donné avec le diamidopliénol une couleur rouge orange intense, à froid. Chauffée dans un tube avec une solution de persulfate, d’ammoniaque, j’ai obtenu une coloration marron. La préparation de la vanilline a fait l’objet de plusieurs brevets en France et en Allemagne. Elle est utilisée par les parfumeurs et les pâtissiers; elle coûte actuellement 120 francs le kilogramme en droguerie.
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- LA NATURE.
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- 2° Héliot rapine ou Piperonal s'obtient par oxydation «lu Safrol (retiré «le l’essence de sassafras et d’essence brute de camphre) ; son odeur se rapproche de celle de la vanilline, mais plus faible. Un échantillon m’a donné les mêmes caractères chimiques que la vanilline, ce qui ferait supposer que J’héliotropine du commerce n'est souvent que de la vanilline.
- 5° Coumarine. Elle est produite à l’état naturel, par la fève de Tonka. Le mélilot lui doit son odeur, «pii est celle du foin coupé (new mown hay des Anglais). Le sont d«\s cristaux blancs à aspect saccharoïde, fusibles à f)7°, solubles dans l’alcool. Industriellement, on prépare la coumarine en traitant l’aldéhvde salicylique sodée par l’acide acétupie anhydri*; on chautfe le mélange, et «piand la combinaison s’est effectuée, on ajoute de l’eau; il se ]>réci])ite un composé huileux qui par refroidissement cristallise en blanc, c’est la coumarine. En chauffant de la coumarine dans un tube à essai avec une solution aeéto-ehromique, il y a réduction avec formation d’une couleur vert pré.
- 4° Néroline. L’est l’éther méthylique du naphtol II, «pii se présente en paillettes blanches nacrées, fusibles à 70°; son odeur se rapproche de celle de l’essence de fleur d’oranger (néroli). Elle est loin de l’égaler, elle est en outre peu prononcée ; elle entre dans les parfums à lias prix. Soluble dans l’alcool, moins cependant «pie le naph-tol II, dont elle conserve quehpies-unes des réactions.
- 5° Terpinéol. Ce composé a l’odeur de lilas, on l’obtient par l’hydratation de terpènes. On sait que les terpènes sont des composés non oxygénés qui se trouvent dans les essences (aûisi le térébenthène est le terpène de l’essence de térébenthine). Le terpinéol pur est solide, fondant à 55°. Le produit du commerce est liquide, car il contient encore des terpènes. Insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool.
- t»° dirai. Le citral est contenu dans un certain nombre d’essences, dans celles de citron, citronnelle, emon-grass, etc. 11 a un pouvoir odorant plus énergique et une solubilité dans l’eau plus grande que l’essence de citron. L’est un liquide d’un jaune d’or; soluble dans l’alcool, l’éther et le chloroforme; sa densité à 15° égale 0,897. Se combine avec une solution concentrée de bisulfite de soude en un corps pâteux avec dégagement de chaleur. J’ai trouvé sa tension superficielle égale à 3,15.
- 7° lonone. Le nom a été donné au parfum de la violette artificielle. On l’obtient par condensation du citral avec l’acétone en présence de l’eau de baryte. C’est un liquide distillant à 125° sous 10 millimètres de pression. Employée pour renforcer l’odeur de la violette naturelle que l’on fabrique dans le département des Alpes-Maritimes. 11 faut avoir soin d’en mettre très peu, sans quoi l’odeur est trop forte et moins suave.
- 8° Salie plate (le méthyle. Parfum à la mode dans P Amérique du Nord où il est utilisé surtout dans les poudres et élixirs dentifrices. Très dilué, ce parfum n’est pas désagréable. On l’obtient en éthérifîant l’acide sali-cyliqvie par l’acide sulfurique en présence de l’alcool méthylique. L’est le principe odorant de l’essence de wintergreen. Coûte meilleur marché «pie cette dernière tout en ayant les mêmes propriétés. Il est surtout employé dans les affections rhumatismales. Je différencie le sali-cylate de méthyle de l’essence de Wintergreen au moyen de l’acide trichloracétique concentré qui donne à chaud une couleur rosée avec l’essence de wintergreen. Nous utilisons ce produit en pharmacie.
- 9° Géraniol. Se retire de plusieurs variétés de géra-
- nium et sert à falsifier l’essence de rose, quohpie son odeur ne soit pas aussi suave. C’est un liquide «le densité égale à 0,889 à l’état de pureté. L’examen de plusieurs échantillons du commerce m’a permis de constater qu’ils étaient de qualités différentes, ayant rarement un point d'ébullition et une densité constantes; ils contiennent presque tous des chlorures; ce sont d’ailleurs généralement des produits synthétiques.
- Ehxkst Liotard.
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- NOUVEAUX HOTES DES FOURMIS
- On sait que dans h>s fourmilièms, il «est très fréquent de rencontrer divers myrméeophiles, c’est-à-dire des espèces étrangères «pie les fourmis tolèrent chez elles, soif qu’elles leur soient utiles, soit qu’elles leur paraissent indilférenles, soit enfin «pie, pour une raison ou p«>ur une autre, elles ne puissent les chasser. Les cas des elavigères et des lomécliuses sont bien connus, mais ils ne sont pas les seuls. Loin de là, on en découvre même tons les jours de nouveaux.
- M. W. II. Wheeler vient, par exemple, d’en décrire une espèce inconnue jusqu’ici, 1’ « Attaphila fungicola », sorte de petit cancrelas qui cohabite avec les fourmis champignonnistes. Celles-ci laissent vaguer ces attaphiles sans faire attention à eux, les laissant même passer pardessus elles sans rien dire. Triés petits, leurs yeux sont rudimentaires et les ailes n’existent que chez les mâles. Ils semblent se nourrir exclusivement des champignons qui poussent sur le terreau rassemblés par les fourmis. Fait assez curieux, aucun d’eux n’a les antennes complètes, et l’on suppose que ce sont ces dernières qui les rongent, soit pour s’en nourrir, soit, involontairement, en les broutant en même temps que le mycélium.
- Le même naturaliste a décrit un autre myrméco-phile non moins curieux. On le rencontre dans les nids des grosses fourmis noires, les (( Pachycondila harpax ». Ce sont de petites larves de diptères «pii vivent enroulées comme un boa autour du cou des larves. Chaque parasite est fixé à son hôte par une sorte de ventouse. Lorsque les ouvrières donnent à manger à leurs larves, ces collerettes se déroulent en partie, gardant toujours solidement prise par la ventouse et se mettent à manger. Fraternellement, l’hôte et le parasite grignotent le même morceau et le font disparaître jusqu’à la dernière parcelle.
- Parfois il arrive, lorsque deux larves de fourmis sont côte à côte, que l’un des parasites prélève un tribut sur les deux festins, mais jamais il ne lâche prise. Quand la larve de la fourmi file son cocon, celle du diptère se trouve incluse à l’intérieur de celui-ci et s’v transforme en nymphe. On ne sait pas, malheureusement, à quel espèce elle donne naissance. Mais « «;a se saura »....
- M. IL Thomann a aussi trouvé clans les nids de la fourmi cendrée des chrysalides de papillons, « Lycœna argus », qu’elles laissent en rtqios. Elles font d’ailleurs leur ménage avec les chenilles de la même espèce : elles leur courent sur le dos et. lèchent le liquide sucré qui suinte «le leur corps. Les chenilles ne protestent pas, estimant sans doute que les fourmis leur sont utiles en les protégeant de l’attaque de divers ennemis, les Tachinaires et les lehneumons notamment.
- Il est rare de voir une 'amitié désintéressée chez les bêtes. IIk.niu Corm.
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- PHOTOGRAPHIE CARDINALE ÉQUIDISTANTE
- DES MEGALITHES
- Eh 11)01, nous avons essayé d’établir des règles scientifiques pour la photographie des mégalithes, jusqu’à présent toujours faite au hasard ou d’après les seules données artistiques, et laissée à la merci des amateurs, des professionnels, et des touristes.
- Et, à cette occasion, nous avons pour la première fois mentionné nos essais, d’abord sur la « photographie cardinale équidistante» de ces monuments1,.puis sur leur « photographie stéréoscopique*» ; mais, aujourd’hui, nous ne parlerons pas de cette dernière.
- Ces recherches, qui permet-
- Conime repères pour la pose, nous avons choisi les « points cardinaux » : d’où la dénomination de « photographie cardinale ». Rien n’était plus logique, en effet, puisque les mégalithes sont de véritables œuvres d’architecture, et qu’il est d’usage, dans l'art de la construction, de mettre en place de cette façon les vues perspectives et les élévations dessinées. Nous n’avons donc, en ces matières, rien innové, si ce n’est de transporter, dans une science en formation, une méthode connue depuis longtemps, et classique dans l’art de l’ingénieur et de l’architecte.
- D’ailleurs, les mégalithes étant toujours « orientés », et la détermination de cette donnée ayant un réel intérêt archéologique, ce moyen a pu donner de suite des résultats intéressants en anthropologie préhistorique.
- tront désormais de comparer entre eux, pour le plus grand prolit de la science préhistorique, les dolmens et les menhirs de France et de les étudier comparativement avec ceux des autres contrées d’Europe, ont donné des résultats, prévus évidemment, mais curieux, comme le prouvent les photographies que nous reproduisons ici, et qui sont relatives à des mégalithes presque inconnus et étudiés récemment par nous dans la Vendée maritime. Et nous voudrions, à l’aide de ces quelques exemples, montrer, dans cette note, quels précieux renseignements ce mode de documentation scientifique est susceptible de fournir. Il est vraiment étonnant qu’on n’y ait pas songé plus tôt !
- 1 Baudouin (M.J. — La photographie scientifique des Mégalithes. « Bull, de la Soc. d’Anthrop. de Paris », 1901, p. 344.
- a Baudouin (M.). — La photographie stéréoscopique des Mégalithes. « Bull, de la Soc. d’Anthrop. de Paris », 1901.— Tiré à part, in-8°.
- Fig. 1. — Photographies cardinales équidistantes du dolmen de Pierrc-Lcvée-de-Soubise, à Bretignolles (Vendée, fouilles de 1901). — En haut : vue nord (silhouette artistique) ; à droite : vue est (entrée : photographie habituelle) ; à gauche : vue ouest (la moins intéressante; fond); en bas : vue sud.
- Four rendre les photographies cardinales encore plus comparables entre elles, nous recommandons de les prendre « à égale distance » du centre du « même » monument, quand c’est possible. On a ainsi des épreuves de dimensions à peu près égales, dont l’examen comparatif est des plus faciles. Si l’on disposait toujours du même appareil photographique, il y aurait intérêt à opérer « à la même distance » pour « tous les mégalithes » : ce qui permettrait d’exécuter sur les « positifs » des mensurations à peu près exactes. Mais, même dans cette supposition, il faudrait faire cependant des distinctions, en rapport avec l’importance des monuments, et se placer à des distances variables suivant leurs dimensions en longueur et hauteur, pour pouvoir les faire entrer dans le cadre du verre dépoli.
- Aussi, dans la pratique, sera-t-il bien difficile de respecter cette formule, trop absolue, de « distance
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- toujours la même » pour les dolmens et menhirs ; et vaudra-t-il mieux opérer, comme nous le faisons, avec nos 9 X 12 et 15x18, tantôt à 2'",50dedis-tance, tantôt h 5 mètres, tantôt à 10 mètres, suivant les besoins et les possibilités du lieu considéré.
- Comme on le
- voit, dans cette manière de faire, on photographie à des distances, sinon toujours les mêmes, mais du moins toujours comparables, en raison des chiffres choisis, (pii sont, multiples les uns des autres.
- 11 est facile d’utiliser d’autre part ces photographies pour les « mensurations », à tête reposée, dans le cabinet de travail. Il suffit de placer, à côté du mégalil lie, un « mètre » de bois, rigide ou non, disposé bien parallèlement aux piliers du dolmen ou de l’allée couverte, ou à l’une des faces du menhir. Ce mètre, verticalement placé, est reproduit sur le positif, réduit dans la même proportion cpie le monument ; il permet de calculer la hauteur des menhirs à sommet inaccessible, leur largeur aux points (|ue la main ne peut atteindre, et les dimensions de tous les blocs de pierrç.
- Certes, cette photographie cardinale, vraiment scientifique, enlève aux épreuves leur caractère artistique dans un bon nombre de cas; et tel menhir, qui, photographié au nord, ne don ne pas une vue agréable, fournira, pris à l’est-sud-est par exemple, un véritable petit tableau, très élégant, et un bloc immense de pierre se détachant bien sur un bosquet d’arbres ou au milieu d’un carrefour. Mais il ne faudrait pas croire qu’il en est toujours ainsi, oonune le démontrent d’ailleurs les quatre figures ci-contre, en particulier celles qui ont trait au dolmcn’de Pierre Levée de Soubise à Bre-tignolles (Vendée) (fig. 1). 11 suffit de considérer, en
- Fig. 2. — Photographies cardinales équidistantes de l’allée couverte de Piorre-Folle-du-Plessis, au Homard (Vendée), après les travaux de restauration partielle de 1902. — A sanclie : vue nord : à droite : vue sud : en lias : vue ouest.
- Fig. 3. — Photographies cardinales équidistantes du Grand menhir du Plessis, au Bernard (1902).— Eu haut : vue Nord ; en has : vue Sud.
- effet, les vues nord et ouest de ce mégalithe, pour constater que la silhouette du nord, quoique cardinale, est bien supérieure, a u point de vue de l’art, à celle de l’ouest, et même à celle de l’est, qui correspond à l’entrée du dolmen et qui est la photographie habituellement faite sinon par les artistes amateurs (ceux-ci ont toujours, dans ce cas, choisi le côté sud), du moins par les archéologues1.
- Cela lient à un fait d'observation, d’ailleurs ; car si les vues nord et sud ont souvent sinon des allures absolument artistiques, du moins un certain cachet, pour lesalléescouvertes surtout, il ne faut pas voir là un simple effet du hasard. Cette constatation est la résultante d'une donnée scientifique, à savoir (pie la plus grande partie de ces mégalithes sont « orientés », et cela de telle sorte que leur entrée est toujours {dus ou moins voisine de l’est, c’est-à-dire du soleil levant. Les trois épreuves, que nous reproduisons ici (fig. 2) de l’allée couverte de Pierre-Folle-du-Plessis, au Bernard (Vendée ), restaurée par nous en 1902, et qui correspon-dent aux vues sud, nord et ouest, le prouvent nettement.
- En terminant, qu’on nous permette d’insister sur les effets obtenus dans la photographie cardinale des menhirs, en prenant par exemple le grand menhir du Plessis au Bernard, le second de la Vendée comme importance, et hier encore presque inconnu.
- A considérer sa face est (fig. 5), on a l’impression d’une masse très irrégulière, penchée vers le nord, très large au sommet, en un mot, d’un menhir qui n’a pour lui que sa puissance et son ancienneté ;
- 1 Elle se trouve être ici tout à fait cardinale, un peu par hasard.
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- de ce côté, on n’a véritablement pas d'impression artistique1. Vu du côté nord, au contraire, ce bloc est élancé et "rôle; il est agréable à l’œil. On a devant soi une sorte de lame de couteau de pierre, immense, verticalement dressée sur le sol, et se détachant admirablement, surtout au soleil de midi, sur le lirmament bleu et l'horizon sans lin des plaines vendéennes ! Marcel Raijdouin.
- L’ESPION DU WATTWAN
- Nous nous excusons immédiatement d’employer cette désignation quelque peu mystérieuse, mais nous allons constater qu’elle n’a rien d’énigmatique, et qu'elle est parfaitement justifiée.
- Tous ceux qui connaissent la Belgique et le nord de la France, ou encore certaines parties de l’Angleterre, ont
- Fig. 1. — Wnttman surveillant ta montée d’un voyageur.
- du remarquer qu’on accroche souvent à l’extérieur des habitations, près d’une fenêtre, un miroir qui est mis à l'abri des intempéries par un revêtement de métal garnissant sa partie postérieure et ses cotés. On lui donne
- Fig. 2. — Image du voyageur dans le miroir.
- le nom caractéristique « d’espioti » : et le fait est qu’il est disposé et incliné de telle manière que, sans être vues, les personnes qui se trouvent à l’intérieur de la
- 1 11 n’avait jamais été photographie avant nos travaux et notre mission de 1902; mais il est certain que, désormais connu, il ne sera pas pris du côté nord par les photographes amateurs. Ceux-ci préféreront toujours sa vue est, plus imposante.
- maison peuvent voir celles qui passent dans la rue ou plus particulièrement, si on le désire, celles qui viennent sonner à la porte, qui entrent dans la maison, etc.
- L’est là un jeu de glaces fort simple; mais on s’est dit, avec raison, qu’il pourrait rendre des services aux mécaniciens, aux vvattmans ou « watt mon » des tramways, qui ont besoin, pour éviter tout départ précipité ou toute perte de temps, de savoir exactement quami ont fini de descendre les voyageurs qu’il s’agit de laisser en cours de route, ou quand sont montés ceux qu’il faut au contraire prendre. Un espion placé à l’avant du tramway, comme l’indique la gravure ci-jointe, donne la solution : il suffit qu’il dépasse de quelque 8 à 11 centimètres la paroi latérale du véhicule, et qu’il fasse un angle de 45° avec l’axe de la voiture. L’image de tous ceux qui montent ou descendent s’y projette nettement, et même aux yeux du conducteur occupé à la recette à l’intérieur du tramway.
- Cet espion est du reste monté à charnières, pour prendre exactement la position voulue; les charnières ( sont à ressorts, pour qu’elles cèdent sans entraîner le bris de l’appareil, au cas où une voiture quelconque viendrait à heurter le miroir. Ce dernier est de plus protégé par un matelas de liège, et un composé pâteux placé sous le liège maintiendrait les morceaux de verre et empêcherait les projections d’éclats. Enfin le châssis est (ni bronze, pour qu’il se plie sous un choc, mais ne se rompe pas net.
- Cet ingénieux appareil a été imaginé par un ingénieur de New-York, M. Harold P. Brown, pour le compte de la North Jersey Street Railwav company. I). B.
- LE BRANDON DE LA SAINT-JEAN
- Les progrès de la science pas plus que les révolutions politiques ne peuvent rien ou presque rien, dans la plupart des cas, contre les préjugés populaires ou les antiques coutumes légués par les peuples primitifs. Les illuminations, les feux d’artifice, les décharges d’artillerie, les feux de joie en donnent la preuve irréfutable. Ces réjouissances populaires, souvent naïves et touchantes, sont empreintes parfois d’un caractère fort original. Tout le monde connaît les feux de joie de la Saint-Jean autour desquels les populations se rassemblent en poussant des cris sauvages et dansant en rond. Les anciens prétendent (pie l’origine de ces feux, allumés au solstice d’été, remonte au paganisme, et que ces réjouissances ne sont que la transformation du culte de Belen, dieu solaire des Gaulois.1
- Anciennement les feux de la Saint-Jean, allumés sur la place de Grève par les échevins de Paris, donnaient lieu à des fêtes coûteuses et trop souvent aussi à des pratiques barbares. En Bretagne les vieilles bonnes femmes ne manquent jamais, ce jour-là, de cueillir et de passer au feu un millepertuis perforé (Hypericum perforation), appelé vulgairement « herbe de la Saint-Jean », qui acquiert par ce moyen, affirment-elles, la vertu précieuse de guérir les maux d’yeux.
- Dans les Pyrénées, les vulgaires fagots de branchages ou les brassées d’ajoncs sont remplacés par un sapin ou par,un peuplier tout entier, auquel, pour la circonstance, on donne le nom de « Brandon ». De temps immémorial les montagnards pyrénéens ont pris l’habitude de brûler chaque année ce brandon, le 25 juin, en l’honneur de saint Jean, « afin que le feu magique, disent-ils, éloigne le mauvais esprit et que le saint vénéré préserve du mal
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- leurs moissons et leurs troupeaux. » Dans ee luit, les indigènes choisissent dans la forêt communale le plus beau sapin qu’ils y puissent trouver. Dès que l’arbre vert a été marqué par le brigadier forestier spécialement délégué à cet effet, il est immédiatement coupé au pied, ébranché, et dépouillé de son écorce.
- Réglementairement le fût devrait avoir de Li à 15 mètres île longueur; mais le métier est rude et le bûcheron parfois altéré ; du reste 2 ou 5 mètres de plus ou de moins ne sont pas grand’cliose à ses yeux, c’est pourquoi sans doute il les supprime souvent et les garde pour lui, à titre de « pourboire ». A l’endroit même où l’arbre doit être consumé, on l’écartèle en commençant par le bas destiné à devenir l'extrémité supérieure du brandon. Deux cercles de fer solidement tixés limitent ensuite la portion réservée pour être écartelée. A l’aide de gros coins en fer, enfoncés jusqu’au cœur du sapin, les fentes ébauchées par la hache sont d’abord multipliées et prolongées longitudinalement. Des coins en bois, implantés à demeure, disposés en couronnes, les remplacent et maintiennent les ouvertures régulièrement espacées. La perfection du travail consiste à donner à la tige ligneuse une forme cylindro-conique aussi régulière que possible, et à l’ajourer de telle manière que les parties les [dus intimes du bois soient mises en contact permanent avec l’air extérieur qui activera la dessiccation. Le fût ainsi préparé est alors dressé verticalement et son extrémité inférieure enterrée d’environ 0m,80 dans le sol, où l’arbre doit rester fiché durant toute l’année.
- Le jour même de la cérémonie le brandon est bourré de copeaux de bois de pin mêlés à des matières résineuses et le tout arrosé de pétrole. Puis on le surmonte d’une large couronne et d’une croix ornées des [dus belles (leurs du printemps. Le soir la population accourt. Fillettes et garçons tenant dans chaque main une couronne et une croix fleuries; hommes et femmes portant de gros bouquets au centre desquels figure toujours la branche de fenouil qui doit infailliblement « préserver des sorcières», se rendent processionnellement, clergé en tète, à l’endroit choisi [jour la cérémonie. Les montagnards entourent le brandon, le curé y inet « le feu qu’il bénit », et tout le monde entonne le Veni Creator.
- Alors commencent d’interminables farandoles. Des bandes d’enfants sillonnant la foule en tous sens, faisant tourner au-dessus de leur tète des petits brandons incandescents, tracent en lignes de feu dans l’espace les zigzags les plus imprévus. Enfin, lorsque l’arbre chancelle et s’effondre, chacun se précipite [tour en recueillir des parcelles qu’il placera au chevet de son lit entre l’épi de blé et le rameau béni destinés à porter bonheur au logis familial.
- C’est ainsi que les choses se [tassaient naguère, mais les temps sont changés. L’usage exige que la dernière __ fille mariée dans le village offre gracieusement la couronne et la croix destinées à surmonter le brandon, et que son mari aille les enlever au sommet de l’arbre pendant que l’on y met le feu. .Mais cette amusante et naïve coutume est souvent négligée, et, quand par hasard le jeune époux n’est pas trop absorbé par les douceurs de l’hyménée pour y songer, il préfère, la plupart du temps, envoyer, moyennant finance, quelque agile garçon affronter à sa place l’ardeur du brasier. On a même pu voir récemment, un jour que l’averse orageuse menaçait d’empêcher le brandon de brûler, remplacer, sans vergogne, le symbole sacré par... un vulgaire parapluie.
- Malheureusement les facéties de la foule joyeuse ne
- sont pas toujours anodines, et l’on pousse parfois la cruauté jusqu’à livrer aux flammes des animaux vivants. En ancien compte, d’après l’abbé Lebeuf, nous apprend qu’il fut payé à un nommé Lucas l’ommereux « cent sols parisis, [mur avoir fourni durant trois années finies à la Saint-Jean 1575, tous les chats (à cette époque les chats représentaient le démon) qu’il fallait audit feu, comme de coutume, même pour avoir fourni, il y a un an, où le roi y assista, un renard, pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient les-dits chats. »
- Actuellement encore, il n’est [tas rare de voir emprisonner dans le brandon toutes les couleuvres et les vipères qui peuvent être capturées. Au moment où la flambée commence, les pauvres victimes, cherchant leur salut dans la fuite, montent éperdues jusqu'au faite de l’arbre embrasé. Rendant quelques instants trop courts, la
- la* liramloii de la Sainl-Jean, ans allées d’Elifiny, à Ludion, en 190:2.
- cime du brandon, semblable à la tète de Méduse, l’une des trois Gorgones dont Minerve métamorphosa les cheveux en serpents, devient leur unique asile. On voit alors ces misérables reptiles, convulsés par la douleur, retomber au sein de la fournaise ardente, tandis que quelques-uns, dans un effort suprême et d’un bond prodigieux, s’élancent au milieu des spectateurs affolés de terreur.
- La figure ci-jointe représente un brandon brûlé l’an dernier à Ludion en l’honneur du roi des Jielges. Familièrement mêlé à ia foule, accompagné simplement par son aide de camp, le sympathique lieutenant Ringer, Sa Majesté Léopold 11, après avoir reçu le flambeau des mains de M. Bonnemaison, maire de Ludion, alluma lui-même l’incendie. D’immenses lames de feu s’élevèrent bientôt jusqu’aux nues, éclairant de sinistres lueurs la foule rassemblée et la sombre feuillée d’alentour. Duis, lorsque le brandon aux trois quarts consumé s’écroula en projetant au loin des myriades d’étincelles, le spectacle fut vraiment saisissant. Emile Belloc.
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- LA NATURE.
- MACHINE A REPASSER
- Cotte machine est intéressante. Elle permet de repasser, de glacer ou non, d’apprêter suivant, tous les goûts les devants de chemises les plus élégants, et de répondre aux besoins non pas seulement du blanchisseur ordinaire, mais encore du blanchisseur de luxe qui doit satisfaire aux exigences d'une clientèle mondaine. Cet appareil, qui se nomme « I'ara-gon », tout en étant construit en France par MM. Piet et Cie, est d’invention américaine et porte le titre de « Paragon automatic Rosom Ironing Machine ». L’apparence générale de son bâti révèle bien cette origine yankee.
- Si l’on se reporte aux figures que nous en donnons (et nous avons été, obligé de figurer la machine sous plusieurs faces pour en faire saisir au moins une partie des détails), on voit immédiatement que le fer à repasser se présente ici, comme c’est le cas le plus général en la mat ière, sous l’aspect d’un cylindre d’acier poli, tournant sur son axe, et chauffé intérieurement . La chemise, ou plus exactement le plastron, se place sur une planche à repasser métallique qui peut être animée d’un mouvement d arrière eu avant «pie nous expliquerons dans un instant, et qui promène le plastron sous le cylindre repasseur. Mais signalons immédiatement une disposition bien intéressante à propos du chaullage de ce cylindre : il est en effet chauffé au gaz par un brûleur intérieur, ce qui permet l’installation de la machine partout, même là où l’on ne dispose pas de canalisations de vapeur (moyen ordinaire de repassage mécanique). 11 fallait, presque sans ouvertures extérieures autres que quelques trous qu’on aperçoit au bout du cylindre, parvenir à assurer une bonne combustion du i>az; dans ce but, le brûleur interne est de forme très particulière et fort pratique. Il comporte un premier tube, qui amène un mélange de gaz et d’air, mélange arrivant par deux tuyaux en caoutchouc ([ue l’on voit se rencontrer sur le coté de la machine,
- et près des courroies, au moyen d’un raccord à deux tubulures à angle droit. De plus, un troisième tuyau qui descend près des deux autres, débouche dans un tube métallique concentrique et extérieur à celui du brûleur, et amène un courant d’air qui sert uniquement à alimenter la combustion dans le cylindre.
- Revenons maintenant à la planche à repasser dont nous donnons une vue spéciale en bout, prise de derrière la machine. Le bas de la chemise ne peut toucher aucun organe mécanique, grâce à des boucliers courbes en cuivre, disposés sur les cùtés du parcours que fait cette planche dans son mouvement oscillatoire, et à un autre bouclier placé en avant de l’appareil ; signalons un bouclier spécial en avant du
- evlindre repasseur, et qui a simplement pour but d’empêcher le rayonnement de chaleur sur l’ouvrière et aussi les brûlures toujours possibles. Rien de [dus simple et de [dus efficace que les dispositions prises pour tendre le plastron et le fixer sur la planche : en avant, l’ouvrière le tire et le maintient pendant <[ue la machine marche au-lomatiquemen t ; en arrière, l'encolure pénètre dans un évidement ad hoc, et ici intervient l'appareil de fixation que montre la gravure. Deux lames courbes en cuivre, sous l'influence de bielletles montées excentriquement, sont brusquement bloquées dans la courbe de l’échancrure, et par-dessus le col de chemise, quand on lait décrire un faible mouvement de rotation à un écrou à oreilles relié à une pièce métallique qui agit sur les deux biellett.es : un mouvement du pouce et de l’index et tout est dit. De [dus, on peut aussi rabattre instantanément deux pinces garnies de feutre, qu'on aperçoit dans la même figure et qui viennent appuyer sur la partie tout à fait supérieure du plastron. L'est encore une biellette agissant contre un ressort à boudin (les deux pièces sont nettement visibles) qui, d'un mouvement net, abaisse ou, au contraire, soulève les deux pinces, de même que b* ressort assure une pression solide.
- Le mouvement oscillatoire d’avant en arrière, ou inversement, de la table de repassage, est simple-
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- LA AAI U HE.
- Cl
- mont réalisé par une crémaillère courbe, engrenant avec un pignon claveté sur un arbre qui est entraîné par une grande roue à dents, actionnée elle-même par un pignon solidaire du mouvement de rotation des poulies motrices. Ces poulies sont au nombre de trois, dont l’une, la centrale, est active, tandis que les deux autres sont toiles, tiràce au croisement d'une des courroies, on pourra l'aire tourner la poulie centrale dans un sens ou dans l’autre. Chaque courroie est munie à poste fixe d’un jtasse-courroie qui peut, dans son déplacement latéral, la l'aire [tasser de sa poulie folle sur la poulie motrice, ou la ramener en sens inverse. Or, une fois que la machine est lancée, cette opération se l’ait automatiquement et alternativement : disons, sans pouvoir insister sur Car tilîce employé, que, quand la crémaillère arrive à peu [très au bout de sa course, non seulement elle comprime un ressort par les articulations montées sur la tige double portant la planche (ce qui amortit l’arrêt), mais encore elle fait agir le passe-courroie, et la courroie convenable l'entrante alors dans une course inverse. C’est là ce qui fait l’automatisme vraiment remarquable de la machine. De plus, l’ouvrière possède à sa disposition une -lige qui lui permet d’arrêter inopinément le mouvement, en mettant simultanément les deux courroies sur les poulies lolles. Quand elle veut immobiliser complètement la table en lin de course avant, [tour remplacer par exemple une chemise terminée par une autre, elle agit sur une pédale qui lait écarter le dispositif [tasse-courroie de la marche arrière, et la crémaillère est poussée au delà du tond de course (l’arbre tournant toujours dans le même sens), en un point où elle ne porte plus de dents engrenant avec le pignon d’entrainement. C’est simple, mais il fallait prévoir un dispositif assurant \a(
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- remise en prise quand on voulait reprendre le travail.
- Ici nous retrouvons une autre jolie disposition mécanique : au bout de la crémaillère, et latéralement, est une lame formant cliquet qui est maintenue abaissée par la rotation continue de l’arbre portant le pignon d’entrainement. Mais, aussitôt que l’on fait agir le passe-courroie et que l’on met l’arbre en rotation inverse, le cliquet est [toussé brusquement par la seconde denture latérale que porte ce
- pignon, il forme comme un levier qui ramène la crémaillère en prise et le mouvement recommence de façon alternée. Nous devons ajouter, tout en nous bornant au [tins essentiel, que l’ouvrière peut régler la pression du fer sur la table, ou, [dus exactement, de la table sous le fer : au moyen d’un levier elle déplace cette table [dus ou moins et suivant une amplitude totale de 25 millimètres. C’est qu’en effet la jambe oscillante qui supporte la table et qui est entraînée par la crémaillère, oscille par en bas sur un arbre relié par des bielles à un arbre parallèle, et il va de soi, comme on peut s’en convaincre en examinant les ligures, qu’on remontera ou abaissera cet axe d’oscillation en lui faisant décrire un arc de cercle autour du second arbre. Enfin, disons un mot du procédé qui permet à cette machine de glacer de la façon la [tins brillante, tout aussi bien que de donner le mat le plus absolu, suivant la mode du jour. Les différents effets du repassage tiennent tout simplement aux diverses manières dont le fer est appliqué sur le linge, le mat étant obtenu par pression sans glissement aucun. La machine Paragon permet aussi d’animer table et cylindre d’un mouvement absolument identique ou, au contraire, de réaliser un glissement relatif considérable en donnant à la table et au cylindre des vitesses très différentes. Ou recourt
- Fig. 2. — 1. Ouvrière repassant mi plastron avec la machine l'aragon.
- 2. Eu cartouche, dispositif d’eiiehaiiiement de la crémaillère et de serrage du col
- de la chemise.
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- LA NATEISE.
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- dans ce Lut à ce qu'on nonmie une tète de cheval, telle <|uon la voit dégarnie de son carter dans une des figures ci-jointes. Au bout de l'arbre d'entrainement de la crémaillère on peut monter un pignon d'un diamètre et d'un nombre de dents extrêmement variables, qui engrènera avec la roue actionnant à son tour le cylindre, et l'entraînera à une allure variable elle-même. Et pour faciliter la mise en place des pignons divers qui engrèneront toujours avec la roue à dent, celle-ci peut se déplacer suivant un arc de cercle avec le châssis qui la supporte, tout en restant en prise avec la roue dentée du cylindre. Nous donnons une ligure oii la tète de cheval est relevée au maximum pour permettre de remplacer le petit pignon par un grand.
- On le voit, rarement il s'est rencontré dans une seule machine autant de dispositifs mécaniques ingénieux dans leur simplicité. Dxxua. Iîi;i,li:t.
- UN FOUDROYÉ
- On connaît un certain nombre de cas curieux de coups de foudre. On a cité des hommes qui furent débarrassés de leurs vêtements des pieds à la tète, et qui cependant, après un léger évanouissement, revinrent à la vie. D’autres furent simplement déchaussés, et leurs chaussures furent retrouvées à plus de 50 mètres de distance. Dans d’autres exemples, ce fut leur porte-monnaie qui fut fondu dans
- la poche de leur pantalon, sans que le sujet éprouvât d’autre mal qu’une commotion. On pourrait multiplier ces exemples dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Aujourd’hui nous reproduisons, d’après le Scien-lific American, la photographie d’un homme qui vient d’être assez maltraité par un coup de foudre.
- l'n habitant de Kand (L(ats-Lnis) était à la chasse avec son tils, quand l’un et l’autre furent frappés par la foudre. Le père vit tous ses vêtements la-
- Itésultai d’uu coup de foudre. eérés et ses chaussures
- même lui furent arrachées : il resta sans connaissance, et il fallut deux heures de soins assidus pour le rappeler à la vie. Toute la surface du corps était brûlée, et île plus les deux tympans des oreilles étaient crevés. Son fils s’en tira avec une paralysie passagère d’une moitié du corps. Les armes portées par les victimes n’ont peut-être pas été étrangères à cet étrange accident. Le cas bien authentique est à ajouter à ceux qui ont déjà été mentionnés. Il est particulièrement intéressant précisément parce qu’il est saisi sur le vif par la photographie.
- I.n fièvre (le la. fonte. — Les ouvriers employés a la fonte du laiton sont sujets à une maladie bizarre appelée la lièvre de la fonte, qui se traduit, lorsque la fusion est terminée, par une lassitude générale, des douleurs dans le dos, et surtout des frissons d’une extrême violence, qui durent quinze à vingt minutes. Le plus singulier, c’est qu’au bout de quelques heures, cet état morbide disparaît au milieu de sueurs profuses, sans laisser dans l’organisme de traces appréciables. Bien que diverses hypothèses aient été proposées au sujet de l’origine et de la nature de ce mal, on en est encore réduit aux hypothèses. Il semble probable que c’est à des vapeurs nocives qu’est due cette intoxication, car dans une usine allemande, on a supprimé la lièvre de la fonte en élevant le plafond des chambres de fusion, et en aérant celles-ci énergiquement.
- Lst marine allemande et les pigeons voyageurs. — L’amirauté allemande a exécuté, il y a quelque temps déjà, une série d’expériences pour étudier l’utilisation des pigeons-voyageurs en temps de guerre. Ces essais ont été couronnés d’un tel succès, qu’un grand nombre de pigeonniers militaires ont été créés : on s’est «'gaiement assuré le concours de soixante et une sociétés colombophiles, réparties sur une vaste étendue de côtes. Le centre des stations de la mer du Nord est llelgoland, celui de la Baltique, Friedrichsort. Pour faciliter l’entrainement des oiseaux, l’amirauté prend à sa charge les frais de transport des paniers. Bien qu’elle estime qu’un pigeon puisse couvrir 500 kilomètres, elle a adopté un système d’expédition des dépêches, qui donne des garanties de bonne arrivée : pour les distances inférieures à 80 kilomètres, deux pigeons portent la même dépêche : de 80 à 500 kilomètres, trois à cinq pigeons sont employés au même but. La vitesse de 00 à l’heure est considérée comme un minimum, l’n système de relais permet de faire transporter le même message par plusieurs pigeons successifs, de manière à obtenir leur maximum de rapidité, chacun ne fournissant qu’un effort assez court.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du '2Ü juin 1903. — Présidence de M. A. Gaudky.
- Étude de la lune par la photographie. — M. Maurice Lœwy présente à l’Académie un fascicule nouveau de l’atlas de la lune. II signale la réalisation dans la méthode photographique de, quelques perfectionnements qui permettent d’obtenir avec une égale exactitude la photographie de l’ensemble du disque. Lue photographie prise le I l novembre 1899, alors que la lune était tout à fait dans son plein, permet de vérifier l’excellence des résultats. L’examen de cette épreuve donne, en outre, lieu de constater que sur la lune les bouches volcaniques, au lieu d’être localisées le long des bords des mers, comme sur la terre, s’ouvrent dans toutes les parties des continents. On est donc en droit d’affirmer que l’activité volcanique sur la lune a été plus considérable que sur la terre. M. 1 ,u*ivy affirme de nouveau que les traînées blanches qui, par exemple, rayonnent jusqu’à iOO km autour du cratère de Tyeho sont des traînées de cendre volcanique. Elles attestent l’existence dans le passé d’une atmosphère lunaire; leur interruption sur les mers s’explique par l’action de l’eau. Les relèvements du sol, au contraire, accusent des maximums de chutes de matériaux. De même
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- LA A AT U HE.
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- les cratères solidifiés avant l’éruption sont recouverts par la traînée. On peut donc, de l’examen des traînées blanches, tirer des indications sur l’àge relatif des éruptions, des mers et des cratères.
- Congrès scientifique de Saint-Louis. — M. S. New-comb annonce à l’Académie qu’un Congrès international des sciences sera tenu à Saint-Louis (États-Unis), en 1904, pendant l’exposition organisée pour célébrer le centenaire de la cession par la France de ses possessions continentales de l’Amérique du Aord. Les [dus grands préparatifs sont faits pour accueillir les savants venus pour représenter au Congrès toutes les grandes branches de la science. La Direction de l’exposition a chargé un comité de préparer un programme des travaux. Le Congrès sera ouvert le 19 septembre, c’est-à-dire après la période des chaleurs et encore assez tôt pour que les professeurs puissent, après en avoir suivi les séances, reprendre leurs cours à l’époque accoutumée. Le Congrès sera divisé en sept branches — dont trois consacrées aux applications de la science — subdivisées elles-mêmes en 105 sections. La Direction de l’exposition a l’ambition d’élever, au moyen des volumes élaborés par les sections, un monument représentant l’état de la science au vingtième siècle. M. Nevvcomb forme des vœux [tour que la France prenne une part importante au Congrès et il lui en apporte l’invitation. 11 espère que le gouvernement et les savants français feront un accueil favorable à cette invitation.
- Préparation des carbures alcalins. — M. Moissan expose une nouvelle méthode de préparation des carbures alcalins et alcalino-terreux. Il établit d’abord qu’à la température de 100° les hydrures alcalins et alcalino-terreux perdent de l’hydrogène et fournissent une combinaison du carbure avec l’acétylène. Ces combinaisons auxquelles M. Moissan donne le nom d’acétylures acétyléniques, et dont l’existence avait déjà été indiquée par M. Berthelot, possèdent des propriétés réductrices très énergiques. Lorsqu’on les chauffe dans le vide, ils se dissocient, abandonnent de l’acétylène, et fournissent le carbure correspondant. Cette réaction inattendue est intéressante parce qu’elle permet de passer, à basse température, des hydrures aux carbures.
- Le traitement du lupus. — M. Lannelongue présente une Note de M. Finsen, de Copenhague, faisant connaître les résultats obtenus par ce dernier à l’aide de la photothérapie dans le traitement du lupus. Cette forme de tuberculose, dont on ne mourait pas mais qui causait des ravages épouvantables, peut être traitée avec succès. Sur 804 cas, 412 guérisons ont été obtenues; 124 de ces guérisons remontent de 2 à 0 ans et n’ont pas été suivies de rechutes; 288 ont une ancienneté moindre. Les 592 cas restants correspondent à des malades disparus pour une cause quelconque.
- Dessins préhistoriques. — M. Cartailhac, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, résume les observations que lui a suggérées l’examen des dessins préhistoriques qu’il a relevés avec, le concours de l’abbé Dreuil sur les [tamis d’une grotte sise à Altamira près Santander (Espagne). lTn certain nombre de ces dessins ou [teintures reproduits en couleur à l’échelle de 1/5 sont exposés dans la salle des séances et permettent de contrôler l’exactitude des appréciations de l’auteur sur leur valeur artistique. Les dessins couvrent plusieurs galeries de la grotte, jusqu’à 250 mètres de l’ouverture ; chaque galerie a son cachet ; la première a un plafond de 4 mètres de long décoré, donnant en raison des saillies l'aspect d’une sculpture. Il y a en plusieurs décors :
- 1° des gravures au trait semblables à celles relevées dans les grottes de France; 2° des peintures noires effacées par un lavage ; 5° des peintures polychromes. Les figures ont 1m,50 à lm,80; quelques-unes représentent des hommes dans diverses attitudes; les autres reproduisent des animaux. Mais on ne relève ni mammouth ni renne. En revanche on trouve des signes dont quelques-uns peuvent représenter des boucliers ou des barques mais dont la plupart défient toute hypothèse. Bien que l’on n’observe ni le mammouth ni le renne, il est certain (pie l’on se trouve en présence de monuments du bel âge du renne, c’est-à-dire du milieu du paléolithique, dans le quaternaire ancien. M. Salomon Beinach, autorisé à prendre, la parole, fait remarquer que l’on est en présence d’images analogues à celles recueillies sur des bois de renne. La décoration emprunte exclusivement ses motifs aux animaux qui se restreignent à un petit nombre de types, bien que beaucoup d’autres animaux fussent connus des artistes. On ne trouve la reproduction d’aucun animal dangereux tel que le lion ; on ne relève que des figures d’animaux comestibles. Or aujourd’hui encore les peuplades sauvages du centre de l’Australie célèbrent des cérémonies en l'honneur de la multiplication du gibier en présence de l’image d’animaux comestibles. Il semble donc que l’on soit en présence de. vestiges d’un culte préhistorique.
- Décès. — M. Darboux annonce la mort de M. Cremona, correspondant de la section de géométrie.
- Cil. l)K VlLLEDIXIL.
- NOUVEAU FILTRE STÉRILISATEUR
- Le filtrage des liquides, lorsqu’il doit être fait industriellement, est une opération délicate pour laquelle on ne saurait prendre trop de précautions. Les appareils qui servent à cette opération sont déjà nombreux, leur entretien et leur nettoyage sont souvent longs et coûteux; c’est pour remédier à ces inconvénients queM. David Hojat a imaginé un système de filtre qui donne un bon rendement et une grande sécurité par suite de la judicieuse disposition de la matière filtrante, et qui offre en même temps de la commodité pour le nettoyage et la stérilisation.
- En mettant à profit ses constatations expérimentales et les observations indiquées par la science, AL Hojat a disposé ses appareils de façon que la filtration s’opère radialement, c’est-à-dire en partant du centre du filtre pour se diriger vers la périphérie et cela en traversant plusieurs épaisseurs de masse filtrante dont la porosité va en décroissant.
- Ce dispositif a [tour but de diminuer dans de grandes proportions la vitesse du liquide à filtrer, condition nécessaire à une bonne opération, car les impuretés sont moins facilement entraînées que si on emploie une forte pression «pii anime le liquide d'une grande vitesse d’écoulement. Un remarquera aussi que si la porosité diminue en allant vers la périphérie, la surface filtrante se trouve par suite augmentée à mesure qu’elle devient moins facile à traverser, ce «pii tend à donner un rendement plus uniforme, si l’on lient compte surtout qu’en arrivant sur ces surfaces moins poreuses le liquide est déjà débarrassé en partie de ses impuretés.
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- LA NATURE.
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- La matière choisie comme filtre est la cellulose, qui a des propriétés absorbantes bien connues, est imputrescible et se prête facilement à des combinaisons avec d’autres corps, tels (pie l'amiante, qui peuvent suivant les besoins en réduire la porosité.
- Le système de stérilisation est la chaleur produite par un courant de vapeur à 120''. Comme on peut produire cette vapeur facilement et à tout instant, sans complications de démontage, on n’hésite pas à stériliser le liltre aussi souvent(pie cela semble nécessaire, plusieurs fois par jour ou même par heure au (jours d’une opération. C’est là une des particularités les plus intéressantes de l'appareil en question.
- 11 se compose d’une chaudière verticale divisée en deux parties par un faux fond C au-dessous duquel se trouve la chaudière proprement dite B, où l’on met de l’eau. Celle-ci sera chauilée en temps voulu par une lampe à gaz A, à pétrole où à alcool pour produire la vapeur nécessaire stérilisation du filtre E placé immédiatement au-dessus.
- Un manomètre placé entre deux soupapes de sûreté permet d’atteindre, et de ne pas dépasser, la pression de 2 kg, nécessaire pour obtenir 120°.
- Le centre du faux fond porte une double cloche Ironconique, percée de fenêtres disposées à contresens, de telle sorte qu’il peut être traversé par la vapeur mais non par les matières filtrantes placées au-dessus. Celles-ci sont renfermées dans des paniers cvlindriques E en tôle perforée.
- La partie supérieure de ces paniers est complètement fermée par un plateau circulaire, ouvert à son centre, taisant joint hermétique avec le couvercle
- de la chaudière L ; l’étanchéité est assurée par des écrous qui compriment, un joint en caoutchouc.
- Le liquide à filtrer arrive par la conduite raccordée en II ; il s’écoule dans la cheminée centrale qu’il remplit bientôt.
- Il ne peut passer par le cône C dans la partie inférieure qui n'offre aucun échappement à l’air; il traverse donc radialement les différentes couches de matière poreuse de plus en [dus serrées et feutrées
- dans les couches les plus voisines de la périphérie. Un vide a été ménagé entre la dernière couche et les parois de la chaudière de façon à permettre l’écoulement du liquide filtré, qui s'échappe par M.
- Quand on veut procéder à la stérilisation des matières filtrantes on arrête l’arrivée du liquide et on donne accès à l’air par le robinet situé près du manomètre ; puis on fait écouler le liquide contenu dans le filtre par le robinet P, placé au-dessus du faux fond. On allume alors la source de chaleur et quand la vapeur, (pii s’est répandue dans tout le filtre, se dégage par les robinets restés ouverts, on ferme ceux-ci et on pousse la pression jusqu’à ce qu'on obtienne la température voulue. Après un quart d’heure on peut considérer que toute la masse est complètement stérilisée et on reprend le travail de tiltration.
- Celte facilité de pouvoir à tout instant procéder au nettoyage aseptique du filtre donne une grande sécurité dans les résultats obtenus ainsi que l’ont démontré les analyses bactériologiques.
- G. Chauiarès.
- Le Gérant : P. Masson. î'aris. — Imprimerie I.aiicue, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1571.
- i .11 IL LE T 1905.
- LA NAITRE.
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- LE ROC DE TAYAC (DORDOGNE)
- Depuis quarante ans les alentours du village des Eyzies (Dordogne, sur la ligne de chemin de 1er de Rérigueux au Buisson et à Agen) font la joie des archéologues pré-historiens et l'étonnement des curieux : aux premières trouvailles d’Édouard Lartet (18(12) à la grotte de Richard, succédèrent celles de Mas-sénat (commencées en 1865), de Yihraye, Louis Lartet, Ph. Lalande, P. Girod, etc. Et les noms des cavernes ou ahris sous roche des Eyzies, de Tayac, de Gorge d'Énfer, de Lau-gerie, de la Madeleine, du Moustier sont maintenant familiers à tous ceux qu'intéresse le passé mystérieux de nos ancêtres paléolithiques : deux de ces noms même (la Madeleine et le Moustier) ont eu l’honneur de devenir classiques, ayant servi à la classification tentée par deMor-tillet pour la division des âges préhistoriques et qui reste à peu près universellement adoptée.
- Les grands ouvrages de Lartet et Ghristy1 et de Girod et Massénat ont donné le tableau complet des fouilles exécutées autour des Eyzies, avec la reproduction détaillée des objets industriels ou artistiques (silex taillés, outils et gravures sur os, etc.) qu'elles ont fournis par dizaine de mille.
- La plus sensationnelle trouvaille fut peut-être
- 1 Iicliquiæ aquitanicæ. 2 vol. m-4° et 90 pl. Londres t 1895-1875), en anglais ; Girod et Massénat, Les stations de l’âge du renne dans les vallées de la Vczèrc et de la Corrcze, t. I, in-i°, 110 pi. Paris, J.-B. Baillière, 1900.
- 31e année. — 2e semestre.
- celle de « l'homme écrasé » de Laugerie-Basse, recueilli le 15 avril 1872 par M. Elie Massénat en présence de MM. Carlailhac et Lalande, dans des loyers quaternaires de l'àge du renne; car la disposition des lieux donnait à croire que « cet homme
- fossile » avait dù être victime d’un subit éboulement de rochers.
- Bien [dus récemment, un autre genre de découvertes a mis, on peut le dire, le comble à la célébrité des Eyzies; au mois de juin 1895, M. Émile Rivière, l’éminent palethnolo-guc auquel on devait déjà depuis 1875 l’homme fossile des Baous-sé-Roussé de Menton, constatait l’existence, sur les parois de la grotte de la Mouthe, à 1500 mètres sud des Eyzies, de dessins gravés et légèrement colorés, sortes de « graffites » relativement très soignés, qui représentaient des animaux éteints ou émigrés de l’époque quaternaire (mammouth, bison, renne): de la sorte se trouvaient définitivement continuées les trouvailles analogues, jusqu’alors controversées, d’Altami-ra près Santander (Espagne, 1879) de la grotte Cha-bot à Aiguèze (Gard, 1889), etc., ainsi <|ue les remarquables tendances artistiques des hommes de l’époque magdalénienne; sans insister ici sur l’intérêt et la portée de ces faits et sans rappeler les discussions qn’ils ont provoquées1,
- 1 Yoy. E. Rivière, Comptes rendus Acad, sciences, depuis 1896, Congrès de I A. F. A. S. et Bull. Soc. anthropologie depuis 1897; L’homme préhistorique, t. I, mars 1905, etc. G. Chauvet, Note sur l’art primitif, Bull. Soc. arclièol. et hist. de la Charente, 1905.
- Fig. 1. — Le hoc de Tayac. La chambre à coucher. (D’après une photographie.)
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- LA NATURE.
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- j’ajouterai seuleineiil que, en 1901 et 1902, MM. Pey-rony, instituteur aux Eyzies, le 1)' Capitan et l’abbé Breuil ont trouvé trois autres grottes à graffiles et peintures semblables, aux Combarelles, — à Font-dc-Gaume, — à Bernifal; — <[ue ees découvertes ne teront certainement que se multiplier (Pair-non-Pair, Marsoulas, etc.) puisque l'attention v est si bien appelée; et que, comme j'ai pu m’en convaincre moi-même, sur place, à Fonl-de-Gaume, il est absolument impossible de contester l’authenticité et l’antiquité de ces gravures, pas plus que la contemporanéité des animaux qu’elles représentent et de l’honnne qui les a exécutées.
- Mais si tout cela est chose maintenant bien connue et définitivement acquise au domaine scientifique, il semble que les simples promeneurs, de plus (Mi plus en quête de beaux paysages et d’excursions agréables, ignorent encore presque totalement la valeur pittoresque des Eyzies : au dehors des anciennes grottes (en grande partie dépouillées de leurs précieuses reliques préhistoriques) et des deux cavernes à dessins de Font-de Gaume et des Combarelles (que M. Capitan a réussi à rendre publiques en parvenant à les faire acquérir par l’État), en lace du rocher tout perforé des Eyzies, de son château ruiné, de l’église romane fortifiée de Tayac, se dresse sur la rive droite de la romantique Yézère1 une ialaise à pic de 00 à 75 mètres de hauteur qu’on nomme le « roc de Tayac » ; cet escarpement de calcaire crétacé, à moitié enseveli sous de fraîches et gaies frondaisons, abrité du vent par de centenaires peupliers, ferait excellente ligure parmi les grandeurs des canons des causses lozériens : dans le cadre plus agreste de la Yézère, il compose un exquis tableau, aux recoins pleins de régals pour les artistes et de motifs pour les peintres. Le roc de Tayac forme éperon entre la rive abrupte de la poissonneuse et majestueuse Yézère d’une part et le vallon, ombreux et sauvage, de Gorge d’Enfcr, si riche en souvenirs préhistoriques d’autre part. Or la disposition de toutes ees falaises avec leurs cavernes profondes, leurs surplombs de murailles, leurs corniches-terrasses aplanies par les cours d'eau des vieilles périodes géologiques, et toutes leurs anfractuosités corrodées par les intempéries, offrait à l'homme tant d’abris naturels que, depuis l'àge du renne jusqu’à nos jours, le troglodytisme s’v est perpétué sans discontinuité.
- Actuellement encore plusieurs maisons des Eyzies sont appuyées à la roche dont elles utilisent diversement les creux ; au moyen âge de vraies forteresses avaient été construites parmi les courtines et les murailles naturelles des falaises. La plus redoutable devait être justement celle du roc de Tayac, accrochée, à grands renforts de mortaises dans la pierre et d’adaptations artificielles complexes, à 20-50 mètres au-dessus de la rivière, dans la posture
- 1 Yoy. pour plus de détails l'excellente petite liroiliure illustrée que vient de publier M. I’eyuoxy, les Eyzies cl les Environs, mai 1905, aux Eyzies. ln-12. 50 p. avec i grav. et plans des grottes.
- la plus favorable pour en barrer le cours et piller les bateaux qui s’y risquaient ; l’aménagement d’une corniche naturelle et des moindres accidents de la falaise avait permis de suspendre là un nid d’aigle et de brigands, qu'occupèrent longtemps les Anglais pendant la guerre de Cent ans ; et les chroniques nous apprennent positivement que ce « fort de Tayac » dut être assiégé par les Français pendant plus d’un mois, du 4 décembre 1-409 au 10 janvier 1410, avant d’être réduit à merci et en cendres, pour ne plus être rétabli. Pacifiquement du moins, il vient de l’être, avec une très louable initiative par un habitant de Tayac, M. Galou, qui a eu l'ingénieuse idée de rendre de nouveau visi tables les arrachements de la vieille forteresse: eu reconstituant, à l’aide d’escaliers et de passerelles en bois, les anciens accès et les circulations intérieures, il a permis de comprendre ce que pouvaient être ces châteaux de « clitf-dwellers » d’il y a cinq siècles, dont toutes les vallées de l’Aquitaine (Dordogne, Lot, Célé, Yézère, etc.) montrent tant de traces presque toujours inabordables; de loin, de Tayac ou de la station des Eyzies, on est tout d’abord tenté de malmener quelque peu le particulier qui a balafré la belle falaise de triviales balustrades ou échelles, tachant l'harmonie du paysage: mais quand on pénètre, grâce à elles, sous l’écorce, pour ainsi dire, du rocher, quand on s’élève successivement dans les excavations, mi-naturelles, mi-artificielles qui furent jadis, ici une écurie (avec les tenons ménagés dans la pierre pour les attaches des chevaux), là un puits profond pour quérir l’eau au niveau de la Yézère, ailleurs un escalier en hélice taillé en casemate, plus haut un chemin de ronde où il ne manque que les hourds de bois pour arroser de plomb fondu ou d'huile bouillante de trop présomptueux assaillants, enfin toute une suite de chambres où se logeaient le châtelain et sa garnison, il faut bien confesser que la remise en état de ces vieux ouvrages fut presque un petit trait de génie et a, en tout cas, doté les Eyzies d’une singulière et originale attraction de plus. Par une belle journée de mai dernier, j’ai passé chez M. Galou, en son « auberge du Paradis » uni* nuit que je n’oublierai guère, dans la rudimentaire mais peu banale chambre à coucher, rétablie à l’orifice même d’une source tarie; à travers les baies rocheuses, ouvertes à coups de pic par les routiers du moyen âge, et de nouveau pourvues de porte et fenêtre, j’ai cette nuit-là pu voir la courbure harmonieuse de la Yézère, à cent pieds à pic, dans le calme recueillement de la nature introublée, se transformer insensiblement de Meuve d’argent en torrent d'or, de la pleine lune au soleil levant. Parmi ce prestigieux décor et dans cette ambiance de vieux souvenirs, remontant au plus lointain de l’épopée humaine, quelques heures de rêverie au fort de Tayac demeurent une ineffaçable sensation. On ne saurait trop désirer (pie M. Galou soit, à brève échéance, mis à même de réaliser son double projet de rendre tout à fait habitable son Iroglodytiquc hôtel et de désobstruer
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- les lissures naturelles qui le zèbrent, anciens aqueducs de sources desséchées, lesquels assureraient la plus directe communication avec le vallon de Gorge d'Euler, et le sommet du plateau, d'où la vue plane merveilleusement sur toute la contrée. Ce dernier travail, œuvre de patience et de temps, qui consiste à déblayer des centaines, peut-être des milliers de mi*'res cubes d'argile, est aussi appelé à révéler quelque cavité intéressante soit pour l'hvdro-logie, soit pour la préhistoire; il en est une petite, non loin de là, où M. (ialou a déjà trouvé d'assez jolies stalactites. 11 faut lui souhaiter plein succès dans ses futures recherches et recommander la visite de son archaïque installation aux amateurs de réelles curiosités! ___ E.-A. Mahtkl.
- L’XPICULTURE EN INDO-CHINE
- Dans presque toutes nos colonies on rencontre des abeilles dont les indigènes exploitent le miel d’une manière très rudimentaire, mais qui, domestiquées d’après les procédés modernes de l’apiculture, pourraient donner de beaux bénéfices. C’est ce que vient de montrer >1. L. Dufour dans un rapport présenté à la Société centrale d’apiculture, rapport dont nous ne dirons que ce qui concerne l’Indo-Cbine.
- 11 \ a en lndo-Cbine deux espèces d’abeilles; l’une plus grosse est très redoutée et l’on n’a rien fait jusqu’ici pour récolter ses produits ni essayer de la faire vivre dans des ruchesqtrès des habitations. D’autre espèce,' plus petite, a été étudiée au Tonkin par M. le Dr llialan. L’ouvrière a environ un centimètre de longueur; la reine, le « chef)) comme on le dit dans le pays, présente une longueur de 1*2 à 15 millimètres. Cette abeille est moins velue que celle de France ; elle possède cependant une certaine quantité de poils roux sur fond noir. Quand l’abdomen est distendu, on aperçoit sur la membrane qui relie les anneaux, une strie jaune occupant environ le tiers de largeur de l’arc dorsal. L’aiguillon est court ; les glandes à venin sont plus développées que chez l’abeille française ; cependant la piqûre est moins douloureuse et ne provoque qu’une simple démangeaison.
- Les indigènes peuvent posséder îles ruelles, mais ils récoltent surtout le produit des abeilles sauvages. Pour recueillir le miel, on procède souvent en Cocbincbine de la façon suivante : deux chasseurs partent ensemble; quand une nichée est découverte, l’un d’eux monte à l’arbrq, muni d’une torche en écorce; il fait fuir les abeilles à l’aide de la fumée, décolle alors le nid avec un couteau et le fait passer à son compagnon dans un panier tenu à l’aide d’une corde. Mais une telle chasse est souvent peu fructueuse, et les marches dans les forêts ne sont pas toujours aisées; aussi les Annamites ont-ils trouvé le moyen de faire venir les abeilles à eux, au moins dans une certaine limite. Ils choisissent à cet effet des endroits un peu bas, à l’abri du vent, et ils établissent ce que l’on peut appeler des pièges à abeilles. Le sont des perches constituées par des troncs fendus suivant leur longueur et mesurant environ 2 centimètres de diamètre. Ces perches sont suspendues aux arbres horizontalement ; la partie plane est dirigée vers le ciel; creusée en rigole, elle reçoit l’eau de pluie et la laisse s’écouler, mettant ainsi à l’abri les abeilles qui viennent s’installer le long de la face cylindrique tournée vers le sol. I n arbre que les abeilles paraissent affectionner particulièrement et auquel,
- pour cette raison, on suspend de préférence les perches est le Tram (Melaleuca leucodendron), de la famille des Myrtaeées. Ce procédé ingénieux réussit souvent, car, sur cent perches, on en trouve de vingt à quarante occupées par des abeilles. La cueillette du miel a lieu au mois d’août. Un nid fournit de 5 à 10 bols de miel, et de 500 à 750 grammes de cire. Cette exploitation des abeilles sauvages n’est pas libre, les forêts sont divisées en lots affermés pour la récolte du miel, de divers produits forestiers, tels que huiles, résines, etc.
- Au Cambodge, on emploie pour monter aux arbres et cueillir les nids d’abeilles, un procédé original. Le chasseur ou « Màt » part avec un maillet et un panier rempli de liches de bambou. A l’aide du maillet, il enfonce ses fiches dans le tronc de l’arbre, de plus en plus liant, pour lui servir d’échelons. Ces fiches, enfoncées d’environ deux centimètres, sont très résistantes et fortement lixées à l’arbre. Quant aux ruches, ce sont des troncs d’arbres creusés, de 50 à -40 centimètres de diamètre et d’environ 50 de hauteur; elles présentent, pour la porte, un trou de la largeur du doigt, et sont fermées en liant au moyen d’une planchette scellée avec de la vase ou de la bouse de buffle. A l’intérieur, il y a des bâtons à diverses hauteurs pour soutenir les gâteaux. Dans le but de retenir les abeilles d’une colonie capturée, on attache, pendant quelque temps, la reine â un bâtonnet. Les ruches sont placées près du pignon des habitations et fixées à un mètre environ au-dessus du sol sur une bille de bois, et ont généralement leur porte tournée vers le .Nord-Est pour être moins exposées à la chaleur. Elles sont abritées contre la pluie ou le soleil par un petit paillasson grossier ou des branchages. Pour faire la récolte, les indigènes apportent la ruche dans leur habitation; ils approchent une torche qui brûle sans flamme et en soufflent la fumée sur le premier rayon qu’ils enlèvent quand les abeilles l’ont abandonné ; puis ils passent au second et ainsi de suite. On presse simplement les rayons à la main pour en extraire le miel. Une ruche peut donner une récolte tous les deux mois, sauf pendant les mois d’hiver, et chaque fois de deux ou trois bols d’un miel brun.
- Quant à la cire, elle est débarrassée de ses plus grosses impuretés par fusion dans l’eau chaude; puis, refroidie, elle est vendue telle quelle, quoique très impure. Chaque ruche fournil annuellement de 500 à 700 grammes de cire.
- Le miel de l’Indo-Chine n’est pas de très bonne qualité, et il ne saurait venir sur les marchés européens, même si des procédés d’exploitation plus perfectionnés permettaient d’obtenir un meilleur produit.
- Dans son ensemble, l’Indo-Cbine produit moins de miel et de ciré qu’elle n’en consomme; cependant, la Cochin-chine, prise isolément, exporte plus de miel qu'elle n’en importe; c’est le contraire pour la cire.
- Saigon est le principal port d’exportation. En 1898, il en est sorti 1500 kilogrammes de miel pour Hong-Kong, 4572 pour Singapour, 7805 [tour le royaume de Siarn, I 155 pour les Philippines, et, ni fait de cire, 1700 kilogrammes pour Singapour et 1 100 pour le Siam. Au marché de Cholon. le miel, toujours liquide, vaut I franc le litre s’il est de première qualité, mais il n’est guère employé que pour les enfants, dans diverses maladies. Le miel inférieur sert à fabriquer certains mets indigènes, divers petits gâteaux, ou est destiné à l’exportation. Le prix de la cire est de 55 à 00 piastres le picul, mesure indigène qui équivaut à 00kg,400; cela fait donc à peu près I piastre le kilogramme, soit 2fr,50 environ. ! II.Mil CoiTIN.
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- LES « EXPERIMENTÀL-DOCkS »
- La liste des travaux neufs à continuer ou à entreprendre pendant l’année 1903 par le service des travaux hydrauliques de la marine comporte l'affectation d'un crédit de 223 000 francs à la construction d'un bassin d’essai pour les carènes de nos bâtiments de combat. Les marins en général et toutes les personnes qu'intéresse la science si complexe de l'architecture navale doivent se féliciter de ce qu’enfin le Parlement ait fait droit à une demande de capitaux qui, depuis plus de cinq ans, lui était adressée par les successifs ministres de la marine et dont l'utilité est incontestable.
- Où sera installé Y « experimental-dock » qu'à l'exemple de l’Angleterre, des États-Unis, de l’Alle-
- magne et de l’Italie, la France se décide à construire? Nos renseignements particuliers nous permettent d’annoncer qu’il est fort probable que ce sera dans les fossés des fortifications de Paris. Fin 1898, en effet, M. Édouard Lockroy, alors ministre de la marine, s'est heurté à un refus formel de la part de la Ville, dont il sollicitait un emplacement dans le bois de Yineemies. El, comme l’achat de terrains à des particuliers serait fort onéreux, on a dù chercher une solution économique; le choix des fortifications résout fort heureusement le problème et nous permettra de ne pas rester plus longtemps dans une situation défavorable par rapport aux marines étrangères très en avance sur nous.
- Qu’est-ce, en réalité, qu'un « experimental-dock » ? Quelques mots suffiront pour donner de la clarté
- Fig. 1. — Modèle de navire prètji être immergé.
- aux figures ci-contre, extraites de l’intéressant ouvrage de M. Eugène Ballafi de Saint-Pierre, intitulé « Navi da guerra ».
- L’ « experimental-dock » est établi pour éviter les erreurs dans la construction des navires, vérifier l'exactitude des calculs des ingénieurs qui en ont établi les plans, savoir exactement le rendement d'un bâtiment avant sa mise en construction, savoir quelle puissance ses machines devront exactement développer pour assurer une marche déterminée, choisir le modèle d’hélices le plus favorable à assurer cette marche dans les meilleures conditions possibles.
- Pour arriver à obtenir ces résultats, on a construit de petits modèles : carcasses en bois recouvertes de toile. En dehors de la toile, on applique une couche de stéarine ou de paraffine qui sera taillée de façon à affecter la forme exacte du navire que Ion veut étudier. Le modèle a de 4m,o0 à 3 mètres de longueur. 11 est lesté de façon à repré-
- senter la même ligne de flottaison que le navire en charge complète, et son centre de gravité est déterminé de façon à se trouver absolument au même point que celui du navire étudié (fig. 1 et 2).
- Le canal d'expériences a de 13 à 200 mètres de longueur, 0 de large, i de profondeur.. On attache le modèle à la remorque d'un pont roulant qui circule d’un bout à l’autre de ce canal. Ce bâti de bois a 8 mètres de longueur, 6 de large; sur son avant, se trouvent les machines électriques qui déterminent sa marche et lui communiquent un mouvement uniforme. Au centre sont placés les instruments de mesure pour la résistance des carènes; enfin, des deux cotés, sous le chariot, fonctionnent les objectifs de la photographie instantanée où viennent se reproduire, au furet à mesure, les incidents de la route (fig. 3).
- Le chariot entraînant le modèle est immédiatement suivi par un autre qui porte les hélices du
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- modèle dans leur axe exact ; selon que le modèle va plus ou moins vite, les hélices qui sont « folles » sur leurs arbres donnent un nombre de tours plus ou moins grand. Le nombre de tours est enregistré sur un rouleau au moyen d'un dynamomètre spécial, de façon que non seulement le nombre de tours est
- marqué, mais encore la résistance de l'eau sur ces hélices : l'hélice la plus parfaite est celle qui demande le moins de tours à la minute en éprouvant le moins de recul.
- Le chariot est mis en marche; sa vitesse correspond exactement aux vitesses qu’on exigera du
- Fig. 2. — Le modèle flottant.
- navire. Pour la contrôler, tle 5 en o mètres sur les bords du canal, des contacts électriques sont ménagés. Le modèle est en outre pourvu, à l'avant et, à l'arrière, de petites tiges en aluminium destinées à
- mesurer les « variations de plongement » qui, aux grandes allures, surtout quand il s’agit de petits types, amèneraient des changements dangereux dans l’assiette du bâtiment.
- Fig. 3. •— Le ponl roulant pendant les essais.
- La tige de remorque qui joint le centre de gravité du modèle au chariot moteur est fixée sur un dynamomètre qui enregistre sur un rouleau les résistances du modèle et les distances parcourues. Le rapport entre ces deux éléments permet de déterminer exactement la puissance nécessaire pour entraîner le modèle à chaque vitesse, et, par suite, la puissance que devra fournir le navire pour marcher à
- la vitesse correspondante ; et. ce, au moyen d’une formule fort simple et d’une application très facile.
- En effet, pour faire les essais du modèle, on est parti du principe suivant : « La puissance du modèle est à la puissance du navire comme le cube des échelles », qui a été vérifié de nombreuses lois sur dos modèles d’un même navire h différentes échelles.
- Quant aux vitesses correspondantes à ces puis-
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- LA NATURE.
- sauces (‘lies se déduisent d'une formule également simple : « La vitesse du modèle est à la vitesse du navire comme la racine carrée des échelles », vérifiée, elle, aussi, un grand nombre de fois.
- Les éléments qui précèdent permettent à l'ingénieur de se rendre, un compte exact des qualités et des délauls de la forme qu’il a donnée au navire. Cette leçon de choses lui permet soit de réaliser des progrès réels, soit d'éviter d’irréparables erreurs.
- La construction d'un « oxperimenlal-doek » français sera des plus profitables à notre industrie navale. Espérons qu'elle sera bientôt réalisée pour le plus grand avantage- des intérêts du trésor, sur lesquels les erreurs commises ont une si sensible répercussion, et pour le développement de notre puissance maritime. (i. Rroo’iiomme,
- Attcion liuulunant tlt* vaisseau.
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- LA CULTURE RATIONNELLE RE LA TRUFFE
- Tout le monde connaît la Truffe. (Test une sorte de tubercule rugueux et de couleur foncée que l’on trouve dans les bois au pied des Chênes. Il v en a de complètement noirs avec de grosses verrues pointues, d’autres sont seulement chagrinés et quelquefois crevassés, d’autres enfin sont parsemés de taches couleur de rouille comme la fameuse Truffe du Périgord. On peut dire cpie ce tubercule est répandu partout : il ne demande pour croître qu’un sol léger, sablonneux, un peu calcaire et le voisinage des Chênes ou des Châtaigniers. Les Cerfs, les Chevreuils, les Sangliers savent très bien le trouver et en sont très friands : c’est évidemment à leur exemple que, dès la plus haute antiquité, ITlonune a appris à le chercher1.
- Mais toutes les Truffes n’ont pas la même valeur. Les unes sont trop petites et sans parfum, les autres ont une chair trop terme ou une saveur désagréable qui rappelle celle de l’ail. Souvent elles sont trop peu nombreuses pour être récoltées avec profit. Aussi n’utilise-t-on réellement que deux sortes de Truffes, parmi les quatre ou cinq espèces que nous possédons en France. Ce sont la Truffe du Périgord (Tuber melanosporum) et la Truffe de Bourgogne (T vber uncinatum) .Elles se trouvent en abondance l’une dans le midi et l’autre dans l’est de la France, dans les bois peu touffus.
- Leur récolte est toute une industrie : certaines personnes savent reconnaître leur présence à l’aspect crevassé du sol ou au son qu’il rend lorsqu’on le frappe. Plus souvent on les fait chercher par des Porcs qui les devinent à leur odeur pénétrante, mais il faut prendre mille précautions pour les soustraire à temps à leur gloutonnerie. 11 paraît qu’ils en sont si friands que, si on ne les retenait, le sol serait bouleversé en quelques instants. Certains Chiens ont un flair étonnant pour les déceler et, lorsqu’ils sont bien dressés, ils s’acquittent de leur tâche avec une remarquable intelligence. Ln bon Chien truffier est certainement le meilleur indicateur-: on n’a pas à craindre sa voracité et il suffit de creuser à l’endroit indiqué par sa mimique expressive.
- Il était fout naturel de chercher à cultiver un produit si recherché et dont le prix peut atteindre un taux très élevé, lorsque la récolte a été peu abondante. Régulariser cette recolle, rendre la production sûre et constante, obtenir enfin de belles Truffes à bas prix, tel est le but
- 1 Vov. n° 1509, du 20 juin 1903, p. 38.
- poursuivi depuis bien longtemps, et sans succès. Déjà, en 182,), Brillal-Savarin, dans la Physiologie du goût, jugeait sans pitié les expériences d’alors : « L’origine de la Truffe est inconnue; on la trouve, mais on ne sait ni comment elle naît, ni comment elle végète. Les hommes tes plus habiles s en sont occupés ; on a cru en reconnaître les graines, on a promis qu’on en sèmerait à volonté. Efforts inutiles! promesses mensongères ! jamais la plantation n’a etc suivie de la récolte....» (Sixième méditation, § Vil.) Bon gre, mal gre il fallut se contenter de cette boutade qui s’est trouvée justifiée jusqu’en celte année 1903. La question vient seulement d’être enfin résolue, si l’on en croit les communications qui viennent d’être faites à l’Académie des sciences et à la Société mvcologique de France.
- Mais d’abord, qu’est-ce que la Truffe? Les botanistes nous disent que c’est un champignon souterrain du groupe des Ascomycètes, c’est-à-dire dont les organes reproducteurs ou spores se forment dans de petits sacs nommés asqnesou thèques. Le groupe des Ascomvcètes est un des plus nombreux du règne végétal : il renferme des champignons de toute taille vivant sur le bois, la terres les feuilles mortes. Ses représentants les plus faciles à connaître sont les Pezi'zes, les Rebelles, les Morilles et enfin les Truffes.
- Tout le monde sait que l’intérieur de la Truffe est formé par une chair délicate et parfumée, de éouleur généralement foncée, parcourue de veines plus claires entrelacées de mille façons. Si l’on en regarde au microscope une tranche très mince, on aperçoit une quantité de petits sacs allongés, renfermant de quatre à six Yor-puscules ovoïdes, hérissés de piquants. Ce sont les asques et leurs spores. Tout autour des asques sont des filaments très nombreux et serrés les uns contre les autres, divisés par de petites cloisons et qui forment la chair de la Truffe.
- Si l’on étudie ce qui se passe dans le sol, on voit que le tubercule naît de filaments bruns qui rampent en cordons dans la terre tout autour des racines de Chênes. Les choses sont donc bien claires : les cordons bruns sont l’analogue du blanc de champignon des jardiniers et la Truffe, c’est le champignon qui reste dans le sol, au lieu de pousser à la surface comme les chapeaux du champignon de couche.
- Pour cultiver le précieux cryptogame, il faut multiplier à volonté les cordons de filament brunâtres ou mycélium. 11 faut aussi connaître leurs rapports avec les racines des Chênes et pouvoir les amener à produire leurs appareils de fructification. Le premier point est désormais acquis. M. Matruchot, maître de conférences à l’École normale, vient d’annoncer qu’il peut obtenir à volonté le mycélium truffier.
- Il sème des spores de Truffes sur des tranches de pommes de terre imbibées d’un liquide nutritif et préalablement stérilisées à l’autoclave. Après quelques semaines, il voit naître un réseau de filaments d’abord blancs, puis roses, roux clair, roux verdâtre et enfin roux brunâtre comme ceux que l’on récolte dans les truffières.
- Ces filaments, régulièrement cloisonnés, s’agrègent rapidement en cordons assez volumineux. Dans ces cultures artificielles, on n’a pas encore vu de conidies, ou spores accessoires, se développer directement à l’extrémité des filaments. Mais il se produit facilement des sclérotes, c’est-à-dire des masses plus ou moins volumineuses formées de filaments très serrés. Ces sclérotes peuvent atteindre jusqu’à 10 millimètres de diamètre ; leur couleur passe du blanc au roux verdâtre, puis au noir; leur chair est semblable à celle des tubercules naturels.
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- Ce sont évidemment de jeunes Truffes qui iront pu se développer complètement, à cause de l’étroitesse des tubes. Dans des ballons plus larges et avec nne nourriture plus abondante, ces scié rotes grossiraient, formeraient des asques, seraient enfin de véritables Truffes.
- Ces curieux résultats ont été obtenus avec des spores de Truffes du Périgord et de Truffes de bourgogne, le développement a été à peu près identique dans les deux cas. Des cultures pures ont aussi été obtenues avec dumvcélium truffier, recueilli dans des truffières naturelles du Périgord; elles n’ont présenté aucune différence avec celles qui provenaient de l’ensemencement des spores. Aussi M. Matruchot estime-t-il avoir obtenu le véritable mvcé-lium truffier.
- Cette découverte va certainement permettre d’établir des truffières d’une façon rationnelle. Jusqu’ici, c’était une opération aussi empirique qu’aléatoire. En semant les Truffes sous les Cliènes, on obtenait parfois quelques récoltes ; mais, en général, le champignon disparaissait au bout de peu de temps. I n procédé plus sur consistait à planter des Chênes, dits Iruffiers; mais, là encore, la récolte était incertaine. Après une longue incubation de 8, 10 ou même 20 ans, certains arbres n’arrivaient jamais à donner de Truffes; sous les autres, la répartition en était irrégulière et capricieuse.
- Maintenant que l’on connaît la manière d’obtenir le mycélium en quantité illimitée, on peut rendre la production plus assurée, plus précoce et plus régulière. On peut aussi semer de préférence la Truffe du Périgord, qui s’accommode des mêmes terrains que la Truffe de bourgogne. Les expériences en cours élucideront tous ces points, ainsi que les rapports du mycélium avec les racines des arbres truffiers.
- Une autre découverte, toute récente aussi, permettra peut-être de faciliter la multiplication des précieux appareils fructifères. En cultivant un autre Champignon ascomycète, YAscobolus furfuracens, M. Molliard n’a observé d’organes de fructification normaux, ou péri-thèces, que dans des cultures qui avaient été souillées par une bactérie. Lne série d’expériences lui permit d’établir la nécessité de cette association pour le développement complet du champignon. Peut-être en est-il de même pour la Truffe. Enfin MM. boulanger et Raphaël Dubois ont, eux aussi, réussi à avoir des germinations de spores et d’abondants mycéliums.
- Nous sommes donc bien près d’arriver au résultat définitif et de pouvoir obtenir, à volonté et en quantité illimitée, le précieux champignon. Il y a là toute une industrie à créer, aussi rémunératrice que celle du champignon de couche. 11 ne faut pas craindre que l’ahondance de la Truffe en diminue trop la valeur, car son parfum inimitable et exquis la fera toujours rechercher. Son prix baissera seulement dans des proportions suffisantes pour la rendre accessible à toutes les bourses. La découverte de M. Matruchot intéresse donc au plus haut point non seulement le monde savant, mais encore les industriels spécialistes. Elle contribuera largement à l’augmentation du bien-être, en mettant à la portée de tous le vrai régal des gourmets. Dr M. Langeros.
- LES ÀCHANTIS
- De récentes expéditions militaires ont. ramené l’attention snr le pays dos Aehantis, situé sur la cote occidentale d'Afrique et sous la dépendance de l’Angleterre. La race qui l'habite, composée d’hommes de
- liante taille et de complexion vigoureuse, a opposé aux troupes britanniques une résistance dont les armes perfectionnées ont seules pu venir bout. La valeur économique du pays justifiait d’ailleurs les sacrifices accomplis pour le conquérir. Située entre la Cote de l’Ivoire et celle des Esclaves, la Cote de l’Or avait de quoi tenter les conquérants : un sol d’une prodigieuse richesse produit une variété de végétaux considérable, comme le café, le riz, le millet, le maïs, le palmier tornbo, etc. Dans les forêts poussent les essences les plus réputées et les plus rares. Le sol, accidenté et coupé par des vallées profondes, renferme des mines d’or, et de nombreuses concessions ont été accordées à des prospecteurs, parmi lesquels il ne faut pas s’étonner de trouver des indigènes. L’ivoire enfin est commun, malgré la récente interdiction de la chasse à l’éléphant, et forme une des richesses de cette région à laquelle rien ne semble avoir été refusé. On conçoit donc que l'Angleterre n’ait rien négligé pour s’assurer une colonie qui sera l’une de ses plus belles.
- La race énergique et puissante des Aehantis présente des particularités intéressantes qui la distinguent de ses voisines. L'islamisme n’a pu encore pénétrer jusqu’à eux, et ils professent un fétichisme bizarre, où flotte l’idée vague d’un dieu si bienveillant, qu’il en devient négligeable, et d’un esprit malfaisant à qui on ne saurait trop multiplier les offrandes. On représente exclusivement ce dernier, qui a pour personnification le vautour, le singe et le crocodile; il paraît être très redouté.
- Déjà en 1887, le Jardin d'Acelimatation de Paris avait donné l’hospitalité à une caravane composée d'une vingtaine d’Achantis qui obtinrent le plus vif succès de curiosité.
- Tout récemment le même établissement en exhibait une nouvelle troupe qui mérite mieux qu’une simple mention. Il y a plus d’une comparaison à faire entre nos hôtes d’il y a quelques jours et ceux d’il y a dix-sept ans L
- On serait en droit d’attendre que les bienfaits de la civilisation auraient transformé d’une façon quelconque ces noirs enfants des forêts vierges. Eh bien ! malgré ce qu’une pareille constatation a de peu flatteur pour notre vanité de race supérieure, nous sommes forcés de reconnaître que les modifications dues au contact des blancs sont minimes et d’ailleurs toutes superficielles. L’originalité de la race est restée entière et l’on n’assiste pas au spectacle répugnant de nègres singeant les usages des blancs. Il n’en ont pris que ce qui peut avoir pour eux une utilité directe ou un agrément particulier. C’est ainsi que l’instruction se répand rapidement et que tous les bambins vont à une école où on leur apprend les deux dialectes aehantis et de plus l’anglais. Ceux qui étaient à Paris semblaient écouter avec beaucoup d'intérêt les leçons de l'instituteur Aduque; leurs progrès étaient assez rapides.
- * Vov. n" 74f>, du 17 septembre 1887. p. 240.
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- J.A NATURE
- Sur le terrain de l'industrie les Aehantis sont tiennent les caractères particuliers de leur art natio-
- fidèles à leurs vieux procédés techniques et main- nal. Les deux fabricants dont nous pouvions appré-
- Fig. 1. — Groupe de femmes aehantis.
- Fig. 2. — Pendant l'épluchage des pommes de terre.
- dessin était très original et oit le rouge, le bleu, le jaune se donnaient un tumultueux rendez-vous. L’orfèvre était en même temps sous-ehef de la tribu :
- cier l'habileté étaient un tisserand et un orfèvre. Le premier, à l’aide d'un métier primitif,construit par lui-meme, produisait des tissus polychromes, dont le
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- LA A ATI HE.
- il exécutait en filigrane d’or et d’argent des bijoux, lignes et une élégance remarquables. Ici encore on qui joignaient à une forme très ancienne une pureté de ne pouvait découvrir aucune trace d'influence euro-
- péenne, sauf quelques oui ils de toute première nécessité portant la mention « made in England ».
- La cuisine de la caravane était, comme de juste,
- confiée aux femmes (tig. I et 2) qui, tout eu jouant, s’en acquittaient à la satisfaction des consommateurs, et à la grande joie du public, très intéressé par les
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- LA NATURE.
- étranges combinaisons culinaires des noirs cordons-biens. Peut-être les gourmets feraient-ils la grimace s'ils goûtaient les sauces incendiaires qui accompagnent tous les plats, et dont le piment forme la base.
- La plus grande attraction du village acbanti consistait dans les danses exécutées par toute la tribu qui s’y rendait processionnellement (fig. 4) : il faut avouer qu’elles méritaient la faveur des spectateurs par leur caractère symbolique et hiératique autant • pie par leur variété d’attitude et d’impression rehaussée par la beauté plastique des danseurs. Tantôt c’étaient deux filles qui, tenant à la main des mouchoirs, tournoyaient lentement les yeux fixés h terre : tantôt, rangés sur deux lignes, hommes et femmes exécutaient tour h tour des cavaliers seuls expressifs: tantôt enfin, le prêtre et la prêtresse, le visage barbouillé de blanc, attifés d’oripeaux bizarres, tournoyaient sur eux-mêmes avec une folle rapidité, au son d'une musique endiablée.
- Toute la troupe était sous la paternelle direction d’un chef, Nathan Nothey, qui exerçait sur elle un pouvoir incontesté : il n’a du reste jamais eu à faire acte d’autorité, car ses sujets étaient d’allure très pacifique, préféraient vider leurs querelles devant la justice plutôt que d’en venir aux mains. La figure o le représente environné de sa cour. Les jeunes filles vivent ensemble dans une case séparée, sous la garde et la responsabilité du chef. La moralité est d’ailleurs des plus élevées chez les Achantis, et c’est la meilleure preuve que notre civilisation est bien lente à s'infiltrer parmi eux. Fr. df. Zei.tner.
- UN CALORIMÈTRE POUR LE CHARRON
- ET L’HUILE
- Il est intéressant pour l’industrie de toujours bien connaître la capacité calorifique d’une espèce déterminée de charbon, ou d’huile, employée comme combustible; il existe un certain nombre de calorimètres destinés à cet usage, mais leur emploi exige des précautions et des manipulations souvent fort délicates. Dans beaucoup d’usines, se trouvent des laboratoires où se font toutes les expériences qui demandent un peu de soin et d’étude, mais il n’en est pas de même dans la petite industrie pour laquelle des appareils simples et d’un maniement pratique sont indispensables. L’absence de tels instruments est fréquemment la cause, de dépenses qui pourraient être évitées par les manufacturiers, s’ils en étaient pourvus. Il est évident que l’intérêt, est considérable de connaître parfaitement les qualités du charbon que l’on emploie, et tel charbon qui convient mieux qu’un autre dans un cas lui sera inférieur dans un cas différent.
- Le calorimètre invaginé par M. Campbell Houston, du collège technique de Glasgow, et que nous décrit Engineering est un progrès au point de vue où nous nous plaçons; il n’exige que peu de manipulations et l’expérience se poursuit sous les yeux de l’opérateur. L’appareil se compose essentiellement d’une grande éprouvette en verre qu’on remplit d’eau, et dans laquelle plonge un thermomètre. L’échantillon de charbon que l’on veut expérimenter est réduit en poudre dans un mortier, puis on prend deux grammes de cette poudre que l’on verse dans
- un creuset. Le creuset, avec la poudre de charbon qu’il contient, est placé dans un vase en verre que l’on peut clore hermétiquement; une ouverture y est pratiquée de façon à laisser pénétrer à l’intérieur un tube par lequel on amène de l’oxygène pris dans un réservoir approprié. 11 est toujours commode de se procurer de l’oxygène vendu dans l’industrie dans des récipients spéciaux; on peut aussi le fabriquer soi-même, mais c’est une complication.
- Lorsque la poudre a été versée dans le vase clos on plonge celui-ci dans l’éprouvette où l’on a mis, au préalable, deux litres d’eau, c’est-à-dire un poids de 12000 grammes d’eau. La température indiquée par le thermomètre est notée, puis on laisse arriver le courant d’oxygène ; le charbon entre en combustion ; l’arrivée de l’oxygène est réglée par une valve placée à la sortie du cylindre qui contient le gaz. Au début de l’expérience l’extrémité du tube doit être à la partie supérieure du vase ; peu à peu, et doucement, on la fait pénétrer à l’intérieur de telle façon que cette extrémité se trouve à la partie inférieure vers la fin de l’expérience dont la durée est d’environ dix minutes. Quand la combustion est terminée, le courant d’oxygène est maintenu pendant quelques secondes, puis interrompu. On lit alors, après avoir bien remué l’eau pour qu’elle soit, dans toutes ses parties, à la même température, la graduation du thermomètre.
- L’expérimentateur a Calorimètre pour l’huile et te charbon, tout ce qu’il faut
- pour déterminer le pouvoir calorifique de l’échantillon soumis à l’expérience ; il suffit de le calculer suivant la formule :
- Pouvoir
- calorifique
- Poids d’eau-t- poids de l’appareil réduit en eau poids du combustible brûlé
- X
- élévation de temp.
- L’opération se fait sans qu’il se dégage de fumée du charbon utilisé; c’est ce qui fait l’avantage de la méthode, car cela permet de noter exactement la fin de l’expérience.
- En ce qui concerne l’huile, on procède d’une façon absolument identique à celle employée pour le charbon. Comme on le voit, l’usage du calorimètre est très simple; deux pesées et deux lectures d’un thermomètre fournissent tous les éléments du calcul.
- Dans certains cas, il est possible qu’on ne soit pas en mesure de se servir d’oxygène ; rien n’est plus facile que de remédier à cet inconvénient. Pour cela on mélange ensemble du chlorate de potasse et du nitrate de potasse, r> parties de la première substance pour 1 de la seconde ; ce mélange est mis dans le creuset avec la poudre de charbon et le tout est enflammé, par un moyen quelconque, lorsque le récipient est plongé dans l’eau du calorimètre. La combustion s’opère encore d’une façon visible sous les yeux de l’opérateur.
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- Dans la pratique, on peut négliger les effets de la radi ation, car on prend comme température de la pièce, la température moyenne entre le début et la fin de l’expérience. (1. Hamf.un,
- Licencié es sciences.
- PLISSANTES LOCOMOTIVES
- POUR FAIBLE VITESSE
- Si, dans ces dernières années, la puissance des locomotives pour trains rapides s’est considérablement accrue et si l’emploi du fonctionnement coinpound tend, de plus en plus, à se généraliser pour ci* type de machine, la même constatation peut s’appliquer à un grand nombre de locomotives destinées à la remorque des trains lourds marchant à des vitesses modérées. A l’Exposition do 1900. on a pu remarquer, dans la section russe, la puissante locomotive destinée à la remorque des trains de marchandises sur la ligne Moscou-Kazan. dette locomotive coin-pound articulée, du système Mallet, était à six essieux divisés en deux groupes de trois essieux couplés. En certain nombre de locomotives du même type, construits par les ateliers de Poutilotf, mais dont certaines dimensions ont dû être réduites par suite du faible échantillon des rails, sont en service sur le chemin de fer Transsibérien. Elles doivent remorquer 500 tonnes sur des rampes de 17 millimètres par mètre.
- •. Le chemin de fer Central Aragon, à voie de Tm,(>74, dont une partie du réseau, avec profil très accidenté, sert au transport des minerais, vient également de faire construire dans les ateliers Borsig, iisBerlin, des locomotives compound articulées, système Mallet, qui certainement sont les plus puissantes de celles qui circulent actuellement sur les réseaux européens. Mais, contrairement aux deux premières, ces dernières sont des locomotives tender. Elles sont également à six essieux divisés en deux groupes de trois essieux couplés. Ces machines ont une surface de grille de 4m*,30 et une surface de chauffe totale de 219mi,50. Les diamètres des cylindres sont de 470 et 710 millimètres et la course des pistons de <500 millimètres. Le diamètre des roues est de lm,10. Leur poids, qui sert entièrement à l’adhérence, est de 76 tonnes à vide et varie, en charge, entre 88 et 108 tonnes, suivant les approvisionnements. Timbrées à 12 kilogrammes par centimètre carré, elles peuvent produire un effort de traction de 1 4500 kilogrammes.
- Ces trois types de machines, quoique différents par certains détails, peuvent être, toutefois, considérés comme ayant pratiquement la même puissance.
- Si, sur les réseaux à voie large, nous constatons une augmentation marquée de la puissance des locomotives à faible vitesse, les lignes à voie étroite, celles de 1 mètre, par exemple, ont vu également, dans ces dernières années, circuler sur leurs rails des locomotives puissantes et comparables à celles, qui, il y a quelques années, circulaient sur les réseaux à voie large. Nous pouvons citer, dans cet ordre d’idées, les nouvelles locomotives tender des chemins de fer départementaux destinées au service du réseau très accidenté, à voie de 1 mètre, du Yivarais. Ces locomotives compound articulées, système Mallet, construites par les ateliers de Winterthur, sont, comme les précédentes, à 6 essieux. Elles ont une surface de grille de lm4,5, une surface totale de chauffe de 83ma,50 et des cylindres de 310-480 millimètres de diamètre et de 550 millimètres de course. Le diamètre des roues est de 1m,01. Timbrées à 14 kilogrammes, elles
- produisent un effort de traction maximum de 7300 kilogrammes.
- Leur poids est de 40 tonnes. Elles remorquent, en service, un poids de 110 tonnes, sur une rampe de 3‘2,5 millimètres par mètre de 12 kilomètres de longueur, à la vitesse de 15 kilomètres à l’heure. Cela représente une puissance de 520 chevaux et une production de vapeur de 01 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe avec une consommation de charbon de 550 kilogrammes par mètre carré de grille. R. Boxxix.
- LES PLANTES NOUVELLES
- AEX FLORALIES GANTOISES BE 1905
- En I 801), quelques horticulteurs et amateurs ouvraient à Garni, dans un estaminet, la première exposition de Heurs, ('/était aussi la première des expositions quinquennales d'horticulture de Garni. Depuis celle date ces iloralies ont pris une importance toujours croissante et elles sont, à juste titre, renommées dans le monde entier.
- Elles n’ont rien de commun avec les expositions annuelles d'horticullure parisiennes qui charment par leur fraîcheur, leur aspect printanier, et montrent aux visiteurs des plantes qui, avec quelques soins poussent dans tous les jardins, des rutilantes corbeilles de Géraniums, des parterres prestigieux de Rhododendrons et des plates-bandes entières de Roses aux couleurs aussi vives que variées.
- Ce qui caractérise les expositions gantoises, ce sont ces collections uniques de végétaux des contrées intertropicales, à grand développement, à feuillage décoratif ou à Heurs, remarquables par leur haute stature et par la perfection de leur culture. Ce sont encore ces collections merveilleuses d’Orchidées, riches par le choix des variétés et de ces hybrides d’obtention française, dont quelques-uns ont une valeur de plusieurs milliers de francs. C’était autrefois l'apport des plantes nouvellement introduites qui étaient produites là pour la première fois, et dont pour se disputer la palme les grands établissements horticoles lançaient dans les régions inexplorées les plus habiles de leurs collecteurs. C’est aujourd'hui le triomphe des plantes nouvelles, résultats de croisements étudiés, dues aux incessants efforts des hybridateurs.
- La section des plantes nouvelles tenait encore une large place celte année, sans avoir l’importance et l’intérêt d’rutrefois, car elle ne contenait pas ces nouveautés sensationnelles, qui constituaient un événement et assuraient le renom des grandes firmes horticoles. Cela tient à ci* que l’ère des grandes explorations s’achève; les régions tropicales parcourues en tous sens et dépouillées des joyaux de leur richesse végétale ne réservent plus de surprises. Par contre, les merveilleux hybrides, résultats de croisements mûrement étudiés, sont en plus grand nombre, surtout dans les riches familles des Orchidées et des Âroïdées. Elles rivalisent d’éclat, de beauté, d’originalité ou d’étrangeté, « filles plus belles
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- que leurs mères », comme l’a fort bien dit le comte de Kerchovc, avec celles « arrachées aux forets du Congo, aux savanes du Mexique ou aux jungles de l'Inde ». Elles indiquent surtout les étapes, témoignent de l'évolution de l’horticulture scientifique et raisonnée, en jalonnant la voie dans laquelle les chercheurs doivent s’engager.
- (le sont précisément ces plantes enlevées à leur sol par des botanistes et des explorateurs émérites d’il y a un demi-siècle1 qui permettent, aux horticulteurs d’aujourd’hui de faire naître ces variétés surpassant ce que la nature a créé de plus beau.
- A coté d’un lot d’< trebidées exposées par M. Peleers,
- dont on estimait la valeur à plus de cent mille francs, contenant de superbes hybrides de M. Maron, dont une perle, le « Lœlio-Cattleva Kerchoveana », il nous faut citer les Orchidées hybrides nouvelles nées dans les serres du château royal de Laeken. Cela n’étonnera pas ceux qui savent combien le roi Léopold s’intéresse à l’hybridation. N’obtint-il pas, alors qu’il n’était (pie le Duc de Brabant, le « Phlox Drummondi Leopoldiana », liguré en janvier I8AK dans le « Magazine of Botany » de Paxton’? Le « Lœ-lio-Caltleya Prince Léopold », récemment créé dans les serres royales, est en tout cas une excellente nouveauté, qui remporta un prix spécial. A citer
- Fiji. 1. — Exposition ilo Garni. — l n {troupe do Miscnllanées.
- aussi le superbe « Lœlio-Cattleva Impératrice de Russie », dont « La Nature » a donné le portrait1, parmi les belles plantes de la collection de M. Oscar Eanvau, grand amateur français d’Orcbidées.
- Nous avons revu avec plaisir, parmi les plantes encore peu répandues, quelques-unes de celles que nous avons signalées, à leur apparition, dans cette revue, « Asparagus Duehesnei, Alsophila Louhetiana, Eicus Lueiani et E. panderiformis ».
- C’est l'établissement Sander de Saint-Albans (Angleterre) qui remporta la palme dans le concours des plantes nouvellement introduites et non encore au commerce. 11 en était d’ailleurs de très intéressantes. La « Selaginella Walsoniana » des Indes orientales,
- 1 Yoy. n» 108. 2ô février 1001, p. 109.
- introduite en 11)02, charmante Lycopodiacée au port compact et aux frondes panachées de vert argenté. Le « Polypodium Knightiæ » (Océanie, 1902), superbe Fougère aux longues frondes retombantes, que l’on pourra sans doute utiliser sur les rochers et dans les grandes suspensions à la façon des « Ne-phrolepis », autres Fougères à port pleureur. Le « Phrynium Micholifzi », rapporté en 1902 de la Nouvelle-Guinée, par le collecteur Micholitz, est une fort jolie plante voisine des Maranta, au large feuillage panaché de blanc. L’« Hcleconia Edwardus Rex », également originaire de la Nouvelle-Guinée nous paraît une forme de l’« II. illustris », dont nous avons admiré de beaux sujets dans l’exposition. C’est une plante de serre chaude, aux feuilles lavées de rouge cramoisi sur la face inférieure, tachées de rouge sur
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- la lace supérieure et à la nervure médiane également rouge.
- Un ne peut pas nier l’intérêt que présentera 1\< Alpinia tricolor » introduit en 19U2 des lies Salomon, au feuillage bien panaché de blanc, et l’« A. Sanderæ » (Nouvelle-Guinée, 1902) aux larges stries blanc ivoire sur un I'euillage d'un vert intense. Un attend aussi beaucoup de U « Alsophila Sanderi » ( Gougo, 1902), superbe Fougère arborescente, aux larges et robustes frondes étalées et plumeuses.
- Parmi les « Dracæna » nouveaux nous avons surtout remarqué le « 1). Rroomlieldi superba » du Queensland (1902), aux larges feuilles vertes large-
- ment bordées de blanc ivoire et le « 1). Kewensis » de la Nouvelle-Calédonie, au pétiole pourpre, plante robuste qui s'accommodera de la culture en appartement et ne tardera pas à s’acclimater.
- Eniin le « Linospadix Leopoldi » ( lies du Pacifique, 1901), rappelant le « Geonoma » par son port, est un joli Palmier sur les mérites duquel on sera tixé un peu [dus tard. A signaler aussi le curieux « Cyrtostachys Renda var. Duvivieriana », ce Palmier malaisien remarquable par la coloration rouge intense de ses pétioles et de son tronc, exposé par M. l)esmet-l)uvivier.
- La famille des Aroïdées et principalement les
- Fig. 2. — l;ii coin du grand hall. Les jdanles de serre cluiude
- espèces d’« Anthurium Andreanum » et d’« A. Scherzerianum », dont on admire avec raison les spathes fulgurantes, avaient fourni de belles variétés inédites ou encore peu répandues. Les « A. 8. impériale », spathe blanche maculée de rouge et spa-diee orangé et « A. A. Souvenir d’Edouard Pynaert », aux larges spathes blanc pur. Signalons aussi l’« A. A. rhodochlorum », aux spathes bicolores : vert et rouge, exposé par l’amateur français bien connu, M. Magne. Cette particularité des spathes bicolores se retrouve maintenant dans la série des « Anthurium Scherzerianum », ce qui ne manque pas d’originalité.
- A côté des nouveautés, les grandes collections de [liantes de serre chaude (lig. 2), les Palmiers à la végétation luxuriante, les Cycadées et les Fougères arborescentes, aux frondaisons majestueuses, ces
- groupes de Miscellanées dont les superbes feuillages aux couleurs vives, délicates et chatoyantes (lig. 1), s’allient délicieusement aux Heurs de nuances diverses et si séduisantes, étaient largement représentés.
- Nous avons tout spécialement noté, parmi les exemplaires de Palmiers colossaux qui se font de [dus en plus rares en France, les « Sabal species, Licuala grandis, Kentia Lindeni », aux longues frondes bien dégagées, « Caryota urens, Lalania ru-bra, Chamœrops stauracantha », pour les espèces les [dus rares, « Caryota elegantissima, Linospadix Pœtrickiana, Kentia Kirsteniana, Ravenea llilde-brandti, Phœnicophorium seyehellarum » et surtout un sujet unique d'un « Phoenix Rœbelini ». C’est ainsi que l’on peut se rendre compte de la splendeur que peuvent acquérir ces rois du monde végétal dans nos
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- LA A AT LUE.
- serres européennes malgré le changement de milieu.
- Il faudrait eu dire autant des Cyeadées, aux frondaisons orgueilleuses, dont quelques-unes avaient plusieurs mètres de hauteur de tronc, desPandanées majestueuses que l’on croirait transplantées de leurs pays d'origine. Et ces étranges Fougères arborescentes, dont les orbes élégants avec leur inimitable dentelle, estompent d’une ombre légère les Crotons aux couleurs vibrantes et chaudes, impeccablement dressés en pyramides de plusieurs mètres de hauteur. Les variétés « Lord Rendell », et « Queen Victoria », étaient précisément parmi les [dus forts sujets présentés. Quelle différence avec ceux que nous avons coutume de voir. Mais il faut dire que ces spécimens ont bien une dizaine d’années de culture.
- Parmi les Fougères géantes et plus que centenaires dont une avait près de six mètres de tronc, nous signalerons celle du comte de Kerehove :
- « Cyathea medullaris, C. dealbata », au tronc et aux pétioles entièrement noirs, « Dicksonia Barometz, 1). squarrosa, Cibotium princeps, E. régale ».
- Mais ce qui charmait le plus, c’étaient ces groupes étonnants de Miscellanées aux exemplaires merveilleux de coloration, formés d’éléments exigeant des soins différents et témoignant ainsi des connaissances variées et étendues de ceux qui les présentaient. Où trouver ailleurs de pareils sujets de : « Spathiphyl-lum, Maranta, Phyllotænium, Aglaonema, Caladium, Dieffenbachia, Philodendron », etc.
- 11 suffit d’ailleurs de visiter une de ces expositions gantoises pour se faire une idée des aptitudes toutes particulières que possèdent nos voisins pour cultiver les plantes de serre, qu'ils exportent ensuite partout et qui soutiennent le renom des jardiniers belges.
- On comprend, par conséquent, que dans un pays où le rôle économique de l’horticulture est prépondérant, les pouvoirs publics attachent à ses manifestations l’importance qu’elles méritent. C’est pourquoi le roi Léopold, le Mécène de l’horticulture belge, vint inaugurer cette exposition en grand apparat et la visiter pendant de longues heures en amateur et en connaisseur. Cela malgré un temps affreux : les rafales de neige luisaient rage à son arrivée, contraste le [tins frappant avec cette végétation tropicale et cette féerique floraison, ce qui lui lit dire en entrant, à sa suite, ce mot charmant : « Un coup de théâtre messieurs ! Nous passons du pôle aux tropiques ». Ai,et-ht Malmené,
- Professeur (l'Horticulture.
- MURE AYEC TURBINE A. VAPEUR
- POUR I.A TRAVERSÉE DL PAS PE CALAIS
- La Compagnie Anglaise du South Kastern and Chathain Railway vient de mettre en service entre Douvres et Calais, et en correspondance avec la Compagnie du Nord, un nouveau navire à grande vitesse mû par des turbines à vapeur. Ce navire de 94m,50 de longueur, de 12“,20 de largeur et de 7m,02 de creux, est aménagé avec tout le luxe moderne. Il est muni de trois hélices actionnées
- chacune par une turbine à vapeur Parsons, celle centrale étant à haute pression et les deux latérales à basse pression. En marche normale, la vapeur agit d'abord dans la turbine à haute pression, [mis, après s’y être détendue, traverse les turbines à basse pression pour arriver, ensuite, au condenseur. La vapeur se trouve ainsi détendue d’environ 125 fois son volume primitif, au lieu de 8 à 10 fois, comme cela se produit avec les machines à triple expansion à mouvement alternatif. En marche normale le nombre de tours de l’hélice centrale est de 700 et celui des hélices latérales de 500. En pleine marche les trois hélices fonctionnent, mais au moment de l’accostage ou pendant les manœuvres d’entrée ou de sortie du port, les deux hélices latérales seules sont en marche, ce qui aide beaucoup à ces manœuvres. La vapeur est fournie par quatre chaudières timbrées à 10,5 kg. Aux essais faits, ces jours derniers, dans la Glvde, la vitesse a été de 21,70 nœuds. Un essai intéressant et qui, au point de vue des collisions, est d’une importance considérable, a été le suivant : on a transmis au navire une vitesse de 20 nœuds, puis, instantanément, ou a renversé le sens de la marche de la turbine, en donnant à celle-ci sa vitesse maxima. Dans ces conditions on a pu stopper le navire dans un laps de temps de I minute 7 secondes, après un parcours de 250 mètres correspondant à environ deux fois et demie sa longueur. Nous croyons savoir qu’un navire semblable a été commandé par la Compagnie Anglaise du London Brighton pour son service entre Newhaven et Dieppe, en correspondance avec la Compagnie de l'Ouest. Hè
- Le système métrique décimal en Angleterre.
- — Depuis un certain temps il s’est formé en Angleterre un courant d’opinion favorable à l’adoption du système décimal dans toutes les mesures. Les avantages évidents qu’il présente et la simplification qui en résulterait dans les études et les affaires ont décidé les consuls, les corporations, les comités commerciaux et industriels à en demander l’application obligatoire à bref délai, avec une période de transition très courte. Plus de 500 membres du Parlement sont favorables à cette mesure. On peut donc espérer de plus en plus que l’Angleterre se joindra aux A85 millions d’hommes utilisant le système décimal.
- Fruits de prix extraordinaires. — Au mois de mai, certains fruits forcés ont atteint au pavillon n° 0 des Halles centrales des prix qui semblent extraordinaires. 11 faut dire aussi que ces fruits étaient d’une grosseur et d’une beauté exceptionnelles pour l’époque à laquelle ils ont été obtenus. Une pèche a été vendue 50 francs le 20 mai dernier; elle pesait 572 grammes, d’après la « Revue horticole ». Des fraises, variété Général Chanzy, ont été vendues de 1 fr,75 à 2 francs la pièce. Elles pesaient de 05 à 75 grammes chacune.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 juin 1005. — Présidence de M. A. G.vtimv.
- Publication de manuscrit ancien. — M. Berthelot annonce que M. Carrat de Vaux ayant découvert une version arabe d’un traité des appareils pneumatiques et hydrauliques attribué à Philon de Byzance, a publié une traduction française de cet ouvrage considéré comme
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- perdu el si intéressant au point de vue de l’iiisloire de la seienee.
- Pluie de poussières. — M. Stanislas Meunier adresse une Note relative à une pluie de poussières tombée ré-eennnent en Islande.
- Physique mathématique. — M. Boussinesq offre à l’Académie un exemplaire du 2e volume d’une théorie analytique de la chaleur mise en harmonie avec la thermodynamique et avec la théorie mécanique de la chaleur. La deuxième partie de ce volume introduit dans l’enseignement la théorie de la propagation de la chaleur à partir d’un centre dans les milieux cristallins à une, deux ou trois dimensions, propagation qui dans les deux derniers cas est rectiligne ou tourbillonnaire suivant (pie le corps est de contexture symétrique ou dissymétrique. La troisième partie relative aux « courants de convection » est en grande partie nouvelle. Elle comprend l’explication des lois de Dulong et Petit sur le refroidissement des corps dans les gaz en repos et en outre la théorie du refroidissement d’un corps par un courant tluide de vitesse donnée qui l’enveloppe. Un tel courant a un pouvoir refroidissant proportionnel à la racine carrée de la vitesse et à l’excès de la température du corps. Enfin la dernière partie comprend un exposé complet de la théorie mécanique de la lumière dans laquelle toutes les questions d’optique se trouvent traitées par les principes usuels de la dynamique des corps élastiques et des fluides. La conclusion générale résultant de cet exposé, c’est que l’éther soit libre, soit semé de molécules pondérables, a les lois de mouvement les plus simples qu’on puisse trouver.
- Distribution géographique des tremblements de terre. — M. de Lapparent expose les résultats auxquels est arrivé M. de Montessus relativement à la distribution géographique des tremblements de terre. L’auteur a pu réunir la mention de 156 000 mouvements sismiques. 11 constate que si l’on considère une zone de 15° autour du grand cercle qui s’appuie d’une part sur les cotes américaines du Pacifique et de l’autre sur la côte du continent asiatique, les épicentres de 64 000 séismes y sont localisés; enfin, en considérant une zone de même largeur s’appuyant sur un grand cercle comprenant la côte méditerranéenne, le Caucase, l’Jlimalaya, les Indes, la Nouvelle-Zélande et les Antilles et coupant le premier, on obtient le lien des épicentres de 84 000 séismes. Il ne reste donc qu’un nombre relativement très restreint de séismes ne paraissant pas se rattacher à l’un des deux groupes, c’est-à-dire au phénomène général.
- Respirateur d'oxygène. — M. d’Arsonval rappelle que les respirateurs d’oxygène des postes de secours aux asphyxiés fonctionnent souvent très mal à cause du durcissement des ballons en caoutchouc. 11 décrit un appareil très pratique imaginé par M. le l)r Guglielmetti à Monte-Carlo. Cet appareil, installé dans une boite portative, est toujours prêt à fonctionner instantanément. 11 se compose d’un détendeur manométrique s’appliquant directement sur un tube d’acier à oxygène comprimé et pouvant à volonté débiter 2, 5, 4 litres d’oxygène à la minute. L’oxygène est conduit par un tube à un masque métallique s’appliquant sur la figure ; pendant l’expiration une soupape très légère, formée par une lame de mica, interrompt l’arrivée de l’oxygène qui s’écoule dans un ballon de soie apprêtée complétant le détendeur. Ce détendeur peut également servir au transport du poisson vivant dans de l’eau qu’on ne renouvelle pas.
- U électro-typographe et le télëtypographe. — M. d’Arsonval décrit sous le nom d’électro-typographe une machine à composer imaginée par M. Rozâr, ingénieur. Le composteur a l’aspect des machines à écrire et se manipule de la même manière; il donne une bande perforée qui est transportée sur une machine à fondre où elle est déchiffrée par un lecteur électrique dont les indications se transmettent à un traducteur mécanique. Celui-ci amène dans un chariot mobile une matrice qui doit se porter contre un moule dans lequel sera injecté du métal fondu qui formera le caractère. La machine produit de 4606 à 5200 caractères à l’heure. Le télétypographe a pour objet de répéter à distance les indications de la bande perforée de telle sorte que le même texte peut être composé en même temps dans plusieurs villes.
- Election. — Il est procédé à la désignation d’un candidat à la chaire de zoologie du Muséum. M. Joubin est élu en première ligne par 52 voix; M. Fischer est élu en deuxième ligne. _________ Cn. or Yilledkcil.
- LES OMNIBUS AUTOMOBILES A LONDRES
- Un sait que parmi les voitures automobiles électriques il en existe dans lesquelles un moteur à pétrole actionne une dynamo qui transmet l'énergie électrique à des moteurs électriques lixés aux roues de la voiture. M. Fischer a ajouté une batterie d’accumulateurs à ce dispositif déjà bien connu.
- A Londres, les deux grandes compagnies d’omnibus la « London General Omnibus Company Limited » et la « London Road Car Company Limited », qui possèdent près de 5000 omnibus, ayant, après de nombreux essais, décidé d’adopter ce dernier système pour plusieurs de leurs voitures, il nous parait bon de le décrire.
- Les omnibus « mixtes » Fischer comportent 50 places dont J 2 à l’intérieur et sont assez semblables, comme aspect général, aux omnibus ordinaires qui circulent si nombreux dans Londres (lig. 1 ).
- Le moteur à pétrole est fixé sous le siège du conducteur et est accouplé directement à une dynamo multipolaire placée sur l’avant du châssis de la voiture. Ce moteur est du type à 4 cylindres verticaux et peut développer environ 10 chevaux à la vitesse normale de 475 tours par minute; un volant fixé sur l’arbre du moteur régularise la marche.
- Les pistons ont un diamètre de 120 millimètres et une course de 140 millimètres. Quant aux trembleurs ils sont fixés dans une enveloppe pouvant pivoter autour d’un axe horizontal afin de permettre l’avance ou le retard à l’allumage. Le carburateur employé est du type à vaporisation et est placé au-dessus de la dynamo. Une pompe, actionnée par le moteur, lait circuler l’eau de refroidissement autour des cylindres et dans un radiateur horizontal fixé sous le châssis. Cette eau est fournie par un réservoir placé à l’arrière de la voiture. Le conducteur peut, au moyen de leviers, modifier le mélange explosif et provoquer l’avance ou le retard à l’allumage.
- Le courant produit par la dynamo est envoyé par l’intermédiaire d un contrôleur à 2 moteurs action-
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- LA NA TU H K.
- liant les roues arrière. Ces moteurs qui sont suspendus au moyen de ressorts au châssis de la voiture, agissent sur les roues arrière par l’intermédiaire d'un engrenage à double réduction de vitesse. Ils sont bipolaires, shunt, de 8 chevaux à 000 tours par minute. Sur chacun des arbres de ces moteurs est tixé un frein et ces deux freins peuvent être actionnés au moyen d’une pédale qui est fixée près du siège.
- La dynamo à la vitesse normale du moteur à pétrole, soit 475 tours par minute, produit U kilowatts à 125 volts.
- La vitesse maxi-ma pour la marche avant est de 18 kilomètres à l'heureet, pour la marche arrière, de 8 kilomètres.
- Sous les banquettes de l’intérieur sont distribués 48 accumulateurs qui ont une capacité de 1 25* .ampères-heure. Le diagramme ci-dessous fera comprendre quel est le rôle de ces accumulateurs dans ce mécanisme compliqué et permettra de se rendre compte de leur position dans le circuit de la dvnamo et des moteurs élee-
- du siège et actionnant une crémaillère; quant aux diamètres des roues ils sont de I mètre pour les roues avant et de 1111,25 [tour les roues arrière, elles sont garnies de pneumatiques spéciaux « Hartford » très résistants et de 0m,l() d’épaisseur. Les moyens d'arrêts se composent, en dehors du freinage électrique, de 2 freins à larges sabots agissant sur les pneumatiques des roues arrière et des 2 freins à
- tambour agissant sur les moteurs électriques et dont nous avons déjà parlé.
- Le courant produit par la dynamo a une intensité de 50 ampères, dont 50 sont absorbés par les moteurs en marche normale ; 20 ampères sont donc employés à la charge des accumulateurs. Mais, dans une côte d’environ 10 pour 100, c'est-à-dire assez forte, les accumulateurs fournissent aux moteurs électriques un supplément d’environ 15 ampères.
- Les omnibus Fischer, qui sont construits aux Etats-Unis, ont été essayés pour la première fois en An-
- -cS=*-
- 3ET
- i-
- triques (lîg. 2).
- Si la dynamo qui tourne à vitesse constante, produit plus de courant que n’en exigent les moteurs électriques pour accomplir leur travail, le surplus est emmagasiné par les accumulateurs ; si au contraire, dans une montée par exemple, les
- moteurs exigent un courant [dus fort que. celui qu’ils reçoivent de la dynamo, les accumulateurs fournissent la différence. Ces accumulateurs servent donc en réalité de compensateurs et, au moyen d’un voltmètre et d'un ampère-mètre placés sous les yeux du conducteur, ce dernier peut suivre exactement les variations du courant. La mise eu marche du moleur à pétrole s'opère en fermant le circuit des accumulateurs sur la dynamo. La direction de la voiture s’effectue au moyen d’un volant placé à côté
- ileterre il va en vi-1 rondeuxans,mais
- T
- A
- O O O
- Fip. 2. — Schéma du dispositif. — C, batterie d’accumul; K, moteurs électriques; F, mise
- -------1 les essais qui ont
- attiré l’attention des Compagnies d’omnibus de Londres datent seulement du mois de juin de l’année dernière.
- L’omnibus de dénions tr a t ion était [tins petit et n’avait en réalité qu’un moteur de 10 chevaux.
- Munis des perfectionnements successifs qui ont été exigés parla « London General Omnibus Company Limited » et parla « London Iload Car Company Limited », ces omnibus automobiles semblent maintenant fort pratiques malgré leur mécanisme compliqué et l’on ne tardera pas, parait-il, à en voir de nombreux circuler dans les rues de Londres. IIe.mïi de Thikks.wt.
- A, moleur à pétrole; B, dynamo; itcurs; II, contrôleur; en marche du moleur à pétrole.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lauüue, rue de Fleurus, 9.
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- N® 1572.
- 11 JUILLET 1905.
- LA NATURE.
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- FREIN ÉLECTROMAGNÉTIQUE WESTINGHOUSE
- Les tramways électriques ont pris, comme on sait, dans ces dernières années, une très grande extension. Par suite de l’augmentation de trafic qui en a été la conséquence, la capacité et, par suite, le poids des automotrices a du être augmenté. I)e plus, l’accroissement de la vitesse moyenne de marche, due à l’accélération plus grande des moteurs électriques, a eu pour corollaire la nécessité de ralentissements aussi rapides que possible aux arrêts. De là l’obligation d'appareils de freinage puissants permettant l’arrêt des voitures après un parcours d’autant plus court que l’encombrement de certaines voies à profil accidenté rend ces arrêts difficiles, fréquents et le plus souvent imprévus.
- Avec des automotrices à traction électrique il paraissait tout indiqué de faire usage du même |
- agent pour obtenir ce freinage. Deux méthodes distinctes peuvent être employées.
- Un peut, comme cela se fait par la marche à contre-vapeur avec les locomotives, inverser le sens de la marche du moteur électrique. Outre que ce mode d’arrêt tend à produire dans les conducteurs des intensités de courant exagérées, il est excessivement violent, destructeur des moteurs et, de plus, très dangereux pour les voyageurs, l’automotrice repartant immédiatement en arrière aussitôt l’arrêt. De plus, il devient inefficace lorsqu’il y a rupture de communication entre le trolley et la ligne. Ce mode d’arrêt ne doit être employé qu’en cas de danger imminent et lorsque tout autre moyen de freinage est impuissant.
- Lin second moyen consiste à supprimer, au mo-
- Freiu électro-magnétique Westinghouse.
- ment de l’arrêt, toute communication entre les moteurs et le courant de ligne et à fermer ensuite en court-circuit l’armature et les inducteurs de ceux-ci sur des résistances. Le moteur continuant à tourner, sous l’influence de la vitesse acquise, devient génératrice et débite du courant dans les résistances. Il se produit alors un travail résistant qui a pour effet de ralentir la marche du moteur et, par suite, de la voiture et cela proportionnellement à l’intensité du courant débité dans les résistances, intensité que le wattman peut régler à sa volonté au moyen d’un rhéostat. Le même mode de freinage peut être appliqué lorsque l’automotrice est actionnée par deux moteurs au lieu d’un, en fermant ceux-ci en court-circuit sur eux-mêmes avec interposition des résistances. L’un des moteurs fonctionne comme génératrice et envoie le courant produit dans le second qui alors agit comme moteur et tend à tourner en sens inverse. Ce mode de freinage de beaucoup pré-31e auute. — 2e semestre.
- férable au précédent a, cependant, encore l’inconvénient grave detre trop violent, d’amener des secousses très nuisibles aux induits des moteurs et très souvent la rupture des dents d’engrenage.
- Ces graves inconvénients ont fait abandonner le freinage électrique pour les arrêts de service. On n’y a recours qu’en cas de danger et ce sont, le plus généralement, les freins pneumatiques qui sont adoptés pour tous les autres arrêts.
- Il existe, cependant, un troisième mode de freinage électrique qui évite ces inconvénients et qui consiste à employer des électro-aimants circulaires attachés d’une manière fixe au châssis de la voiture, placés latéralement aux bandages des roues et qui, lorsqu’on y fait passer un courant, sont attirés par ceux-ci et produisent un frottement qui tend à ralentir la vitesse de rotation de la roue. Le courant d’aimantation est produit par le moteur qu’on isole de la ligne et qu’on ferme en court-circuit sur les électro-
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- LA NAjTURE.
- aimants des roues avec interposition de résistances. Ce frein, qui porte le nom de frein électro-magnétique, est assez répandu depuis quelques années sous diverses formes mais toutes basées sur le même principe. Ce frein est simple, très énergique et son action est douce et silencieuse.
- Quel que soit, cependant, de tous ces systèmes, le mode de freinage employé, la puissance d’arrêt est limitée par l’adhérence des roues de l’automotrice, adhérence très variable suivant l'état du rail sec ou humide et qui est l’effort retardateur produisant l’arrêt. Cette adhérence, dans le premier cas, peut atteindre le 1 /5 ou le 1/4 du poids de l’automotrice et, dans le second cas, peut s’abaisser jusqu’au 1/10 de ce poids et même au-dessous lorsque les rails sont recouverts de cette houe liquide qu’on trouve si souvent, en hiver, dans les rues de Paris. En admettant une automotrice pesant 10 tonnes l’adhérence pourra donc varier entre 5000 et 1000 kg. Or, comme c’est cette adhérence produisant l’effort retardateur maximum qui fixe la longueur de l’arrêt, on voit combien cette longueur sera variable suivant l’état du rail. Tout système permettant d'augmenter cet effort retardateur aura donc pour résultat de produire des arrêts rapides. C’est ce qu’a cherché la Compagnie Westinghouse en étudiant le frein électromagnétique que nous allons décrire.
- Ce frein, représenté page 81, se compose: 1° de deux sabots AA qui s’appliquent sur le rail par attraction magnétique au moment du freinage, chaque sabot formant l’un des pôles d’un électro-aimant puissant B excité par le courant produit par les moteurs de l’automotrice, quand ceux-ci mis en court-circuit et isolés de la conduite générale fonctionnent en génératrices ; 2° des sabots de frein C,C du type ordinaire agissant sur les roues; 5° d’un jeu de bielles I), 1) et de leviers EE transformant en poussées latérales sur les roues l'effort résultant de l’application sur les rails des sabots de l’électro-aimant. Un équipement semblable est appliqué à la paire de roues placée symétriquement de l’autre côté de la voiture.
- Lorsque le frein est au repos les ressorts de suspension F maintiennent les électro-aimants et leurs sabots à une légère distance du rail. Quand, au contraire, on applique le frein, les électro-aimants sont excités par le courant fourni par les moteurs fonctionnant alors en génératrices et les sabots sont fortement attirés par les rails. 11 se produit alors quatre effets différents : le ralentissement de l’automotrice, par suite du frottement des sabots de l’électro-aimant sur les rails ; le freinage sur les roues, par suite de la pression transmise par les sabots de l’électro-aimant sur ceux des roues au moyen des bielles et leviers 1)D et EE ; le freinage des essieux de la voiture résultant de ce que les moteurs ont pour fonction de fournir du courant lorsqu’ils fonctionnent en génératrices sous l’impulsion de la force vive du véhicule; enfin, une augmentation de la pression des roues sur les rails due à l’action des
- aimants sur le châssis de la voiture auquel ils sont suspendus comme on vient de le voir.
- 11 résulte d’expériences faites sur une automotrice de 9 tonnes, à deux essieux, qu’avec un courant de 50 ampères circulant dans les fils de l’électro-aimant, l’effort retardateur produit par le frottement des sabots sur les rails peut être évalué à 1200 kg. Il est utile d’ajouter qu’à cette action attractive de l’électro-aimant vient se joindre l'effet des courants parasites, dits courants de Foucault , qui augmentent considérablement l’action retardatrice de l’aimant sur les rails. De plus, en tenant compte des bras de levier des bielles DD et EEqui reportent cet effort sur les sabots des roues et, en admettant un coefficient de frottement des sabots sur les bandages de 0,50, cet effort retardateur de 1200 kg produit sur les quatre roues un nouvel effort retardateur de 1704 kg. Enfin, le courant de 50 ampères, dans chaque moteur, vient ajouter un dernier effort retardateur de 400 kg. Il en résulte que l’effort retardateur total est de 5504 kg; c’est celui qui servira à produire l’arrêt de la voiture. Si, d’un autre côté, en admettant un coefficient d’adhérence de 1/4, nous calculons l'effort retardateur maximum disponible, dans le cas où cette adhérence serait seule en jeu, nous trouvons le chiffre de 2250 kg. Nous avons donc augmenté de 50 pour 100 l’effort retardateur et, par suite, réduit dans la même proportion la longueur" de l’arrêt. Le patinage des roues sur les rails ne sera, cependant, pas à craindre, car l’effort ralentisseur agissant sur ces rails, et qui se compose de l’effort de 400 kg produit par les moteurs et de l’effort de 1764 kg produit par les sabots, donne un total de 2164 kg, inférieur à la valeur de 2250 kg trouvée plus haut. Nous admettons dans ce qui précède l’état de siecilé des rails. Lorsque ceux-ci deviennent humides et que le coefficient d’adhérence diminue, il se produit également de ce fait un abaissement proportionnel de la force résistante de l’électro-aimant, résultant de la diminution du frottement de cet électro-aimant sur le rail. Les pressions sur les sabots des roues-sont ainsi, de leur côté, diminuées dans la mêiD^ «proportion et les constructeurs admettent qUe,~ de ce fait, et quelle que soit la modification de l'adhérence, aucun calage des roues ne se produira. Ce fait a une importance capitale, car on sait combien Te calage des roues est désastreux, tant au point-de vue de la longueur de l’arrêt qu’à-celui de la détérioration des bandages. L’expérience seule pourra dire si cette hypothèse est conforme à la réalité des faits et si, en second lieu, l’habileté du -wattman n’est pas un facteur important du problème. On peut ajouter toutefois que lorsque un patinage vient à se produire, le moteur se trouve arrêté par ce fait, l’excitation de l’électro-aimant est supprimée et aucun effort n’est transmis aux sabots. Il est également à remarquer que ce frein jouit d’une certaine modérabilité, puisque l'effort retardateur total dépend de la force portante de l’électro-aimant, force qui est fonction du voltage
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- produit par les moteurs et, par conséquent, de leur vitesse; du reste, ce voltage peut être aisément réglé en insérant des résistances dans le circuit.
- Un peut facilement appliquer ce frein aux voitures remorquées; il suffit, pour cela, de les équiper avec le frein électro-magnétique et de relier les électro-aimants de ces voitures aux cables de.l’automotrice.
- Dans un essai fait au Havre avec une voilure de tramway pesant 9 tonnes, on a obtenu, en palier, l’arrêt de cette voiture, marchant à la vitesse de 50 km à l’heure, après un parcours de 10 mètres; les rails étaient secs. H. Boxxix.
- LE NOUVEAU LABORATOIRE D’ESSAIS
- AU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS
- Le 1er juillet dernier, le Président de la République inaugura le « Laboratoire d’essais » du Conservatoire des Arts et Métiers. A 10 heures exactement, le cortège officiel entrait dans la cour d’honneur puis, une fois les Ilots d’éloquence taris et les présentations d’usage effectuées, M. Trouillot, Ministre du commerce et M. Millerand, président du Conseil d’administration, conduisirent rapidement M. Loubet et sa suite à travers les galeries affectées aux cinq sections du nouveau service.
- Passons en revue, à notre tour, les rouages de cette intéressante création, placée sous l’autorité administrative de M. Pérot, ancien professeur à la Faculté des sciences de Marseille, et due, en partie, aux libéralités de la Chambre de commerce de Paris, aux subventions annuelles de la Société des ingénieurs civils et de la Compagnie parisienne du gaz. Le but du laboratoire est de permettre aux industriels de soumettre des produits bruts ou manufacturés de toute nature, des machines ou des instruments aux études nécessaires pour les qualifier.
- La première section, dirigée par M. Ilaveau, embrasse le domaine général de la « physique » moins l’électricité. On y exécute notamment toutes les mesures de longueur ; on vérifie les poids au moyen de balances de haute précision à fléau court et à lecture optique; on étudie les baromètres aussi bien que les objectifs photographiques ; on compare et on gradue les thermomètres comme les alcoomètres ou les densiinètres. Un manomètre tronqué fonctionne jusqu’à 20 atmosphères avec une précision comparable à celle du manomètre à air libre.
- La section dite des « métaux », à la tète de laquelle se trouve M. l’ingénieur Breuil, s’occupe de tout ce qui touche à la métallurgie. On apprécie, au moyen d’appareils puissants et perfectionnés, la valeur des tiges, chaînes, câbles, tuyaux et récipients ou les propriétés d’échantillons. On distingue en particulier, dans le grand hall, une machine universelle de 500 tonnes ayant coûté 100 000 francs. Elle permet d’essayer à la traction et à la compression des pièces de 25 mètres de long et de 1 mètre d’équarissage, d’expérimenter à la torsion de grosses barres, de cisailler d’épaisses plaques métalliques et de poinçonner des trous jusqu’à 00 millimètres de diamètre. Les épreuves technologiques comprennent également l’examen micrographique des métaux, le martelage, le fendage, le pliage, l’emboutissage, la détermination des points de transformation des aciers et de leurs propriétés de toute nature.
- La section des « matériaux de construction » a pour directeur M. Leduc, ingénieur-chimiste. Elle présente en
- réduction une usine complète rendant aisé l’examen scientifique des corps bruts ou des produits manufacturés à n’importe quelle phase de la fabrication. Elle est pourvue de fours de cuisson pour les expériences céramiques, de divers appareils d’essai pour les ciments, les chaux et les mortiers. En outre, des éprouvettes permettent de conserver ces dernières substances pendant des années dans l’air, l’acide carbonique, l’eau de mer afin d’observer les modifications résultantes.
- De son côté, M. Boyer-Guillon préside aux destinées de la section des « machines » dont la compétence s’étend aux mécanismes de tous genres (appareils à vapeur et leurs accessoires, moteurs à gaz, à pétrole, pompes, turbines, ascenseurs, freins, etc.). On y a procédé, en présence de M. Loubet, à l’essai simultané d’automobiles de trois types différents.
- Enfin, dans la section des «matières végétales» se poursuivent, sous la savante direction de M. le Dr lleim, d’importantes recherches sur les caoutchoucs, guttas, résines, graisses, bois et textiles. A notre époque d’expansion coloniale, les travaux de ce genre sont appelés à rendre d’éminents services à notre commerce extérieur. Si nous en jugeons par les objets exposés, la vie de cette branche du Laboratoire d’essais semble déjà des plus actives. Nous y avons remarqué, entre autres choses, une série d’appareils nouveaux pour l’étude des produits végétaux, des machines en modèles réduits pour l’extraction et la transformation des caoutchoucs, et une remarquable collection de champignons destructeurs des bois de construction.
- Quant aux rapports du public avec le nouveau service, un arrêté du Ministre du commerce les règle. L’industriel qui demande un essai paye d’abord une taxe déterminée suivant un tarif officiel, puis, une fois l’opération terminée, il reçoit un procès-verbal relatant les résultats obtenus qui, demeurant sa propriété, ne peuvent être communiqués à des tiers ou publiés qu’avec son autorisation. Lorsque l’examen désiré ne figure pas dans les feuilles de taxes, le directeur du Laboratoire et le client en fixent le prix d’un commun accord.
- Puisse l’industrie française apprécier comme elle le mérite, une aussi utile création! Jacques Boyer.
- LE TÉLÉGRAPHE R0WLAND
- Le système télégraphique du professeur H. A. Row-land, de l’Université de Baltimore, expérimenté publiquement pour la première fois à. l’Exposition de 1900, est en même temps multiple et duplex, et permet la transmission simultanée de huit télégrammes (quatre dans chaque sens) par une ligne unique. U est basé sur l’emploi, pour la transmission des signaux, des courants alternatifs produits par des machines dynamo-électriques.
- Le principe de l’appareil est le suivant : au poste transmetteur, une petite machine à courants alternatifs, dont un des pôles est relié à la ligne et l’autre à la terre, et qui est commandée par un moteur quelconque, envoie continuellement du courant dans la ligne. Ce courant passe à la terre, au poste récepteur, en traversant les enroulements d’un relais polarisé muni de deux languettes indépendantes l’une de l’autre. Le passage du courant fait osciller continuellement ces deux languettes, dont l'une sert au
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- LA NATUKE.
- maintien du synchronisme entre les postes transmet- local. La transmission des signaux se lait en inlerrom-leur et récepteur, et l’autre à contrôler un récepteur pant, pendant un temps très court, le courant alter-
- natif parcourant la ligne, de manière à supprimer certaines ondes ou demi-périodes, positives ou négatives, les ondes supprimées différant suivant le signe ou la lettre <pi’il faut transmettre.
- Le courant alternatif remplit donc, dans l’appareil lkwlandjim double rôle; il assure le synchronisme des appareils situés aux deux extrémités de la ligne, et il assure en outre la transmission des signaux.
- Quand les ondes modifiées agissent sur le relais récepteur, le moment où se produit le con-lact établi par ce relais, et la durée de ce contact, déterminent la mise en action de relais locaux, qui choisissent la lettre à reproduire. Toutes les combinaisons nécessaires pour transmettre les lettres de
- l'alphabet et les signes usuels peuvent être obtenues avec un groupe de onze ondes. L’appareil utilise
- quatre de ees groupes, ayant chacun son manipulateur spécial.
- Chacun des quatre manipulateurs peut transmettre à son tour un signal ; ces signaux se suivent sur la ligne et, étant donné le synchronisme du système, ils agissent, au poste récepteur, sur leurs appareils imprimeurs respectifs. L’intervalle entre deux signaux transmis par le même manipulateur est si court ( un quart de seconde) qu'il est imperceptible, et (pie la transmission est pratiquement simultanée. Chaque poste comprend deux sortes d’appareils. Le travail de la ligne est exécuté par une « unité de ligne », qui comporte les dyna-
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- mos, moteurs, relais, commutateurs, etc., nécessaires pour fournir le courant des signaux, pour envoyer les signaux sur la ligne, et pour maintenir le synchronisme. La transmission et la réception des dépêches sont
- assurées par une « unité de correspondance » (fig. 1), qui se compose d'un manipulateur, d’un récepteur et d’un enregistreur local. Le manipulateur (lig. 2) est un clavier de machine à écrire, le récepteur
- Fige. 3, — Récepteur imprimeur en pages.
- (fig. o) est une machine automatique à imprimer sant devant les yeux du télégraphiste et donnant un en page, et l’enregistreur local est un ruhan pas- duplicata de la dépêche transmise. Une autre unité
- Fig. t. — Poste ocloplex compte!.
- de correspondance, située à l’extrémité opposée de la ligne, correspond avec la première, et ces deux unités se transmettent mutuellement des dépêches. L’enregistreur local, placé sous les yeux du télégraphiste, lui indique la position des mots qu'il trans-
- met, et il a à sa disposition des louches lui permettant de faire la ponctuation, l’espacement, les alinéas, etc., de la page qui se trouve au poste récepteur, absolument comme s’il travaillait sur une machine à écrire ordinaire.
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- IAinitê de correspondance est reliée par câble à Limité de ligne.
- On peut mettre plusieurs unités de correspondance en série avec Limité de ligne pour augmenter le rendement, et on peut aussi, dans un poste d’où partent plusieurs lignes, dont les heures de trafic maximum ne coïncident pas, faire travailler les imités de correspondance tantôt sur une ligne, tantôt sur une autre.
- La figure 4 représente un poste octoplex complet, avec ses quatre unités de correspondance.
- Au poste récepteur, le papier se déroule à mesure qu’il est imprimé. Quand une dépêche est complètement transmise, un dispositif spécial lire, rapidement le papier, de manière à laisser un blanc entre le message terminé et le suivant.
- La disposition du manipulateur permet donc d’employer, comme télégraphiste, n'importe quel dactylographe et les dépêches, étant imprimées directement sur une feuille, peuvent être transmises directement sous cette forme au destinataire, sans avoir à être coRées au préalable sur des formules télégraphiques, comme dans les autres télégraphes imprimants.
- Quant au rendement du système Rowland, voici ce que disait, dans son rapport sur le budget de l’année 1901, M. le sous-secrétaire d’État des postes et télégraphes :
- « Le rendement du système est le plus élevé qu’on ait obtenu jusqu’à ee jour avec un système multiple. Alors que le système Baudot, le plus parfait des multiples en service, permet d’obtenir seulement 2, 5, 5 ou 6 transmissions simultanées, huit opérateurs peuvent, avec l’appareil Rowland, transmettre à la fois par un même lil. Ite plus, le rendement pratique moyen par opérateur qui est, au Baudot, de 50 télégrammes, atteindrait au Rowland 60 à 70, soit 500 télégrammes à l’heure pour les huit opérateurs. C’est donc un appareil à très grand rendement, permettant de réaliser de grandes économies tant sur les lignes que sur le personnel. »
- Le système Rowland a été adopté officiellement par le gouvernement allemand, et fonctionne actuellement sur la ligne Berlin-Hambourg; d’autres installations sont en préparation. R. Witteboi.ee.
- LE CYCLE SOLAIRE ET MÉTÉOROLOGIQUE
- DE TRENTE-CINQ ANS1
- M. W. Lockyer vient, sous ce titre, de publier une note rpie nous croyons utile de reproduire dans ses traits essentiels : « Le fait, dit-il, que, pendant les dix dernières années au moins, la quantité d’eau tombée dans les diverses régions de la surface du globe a été en diminuant d’une manière régulière a conduit à émettre diverses hypothèses relatives à la périodicité possible de ce phénomène météorologique et, pendant ces derniers temps, une attention toute particulière s’est portée sur cette question intéressante. Son importance non seulement au point de vue agricole,
- 1 D’après Nature du 7 mai 1905.
- mais également à beaucoup d’autres points de vue, rend désirable la discussion de tous les faits dont la réunion peut permettre la solution de cette question.
- Le but de cet article est de réunir, sans, toutefois, entrer dans les détails, quelques résultats statistiques se rapportant à la quantité d’eau tombée dans différentes stations du globe et de voir s’il est possible d’en tirer quelque loi permettant de dire si la persistance des années sèches sera encore de longue durée ou si des années humides sont à prévoir à bref délai, principalement en ce qui concerne les Iles Britanniques.
- Mais, tout d’abord, nous croyons utile de rappeler quelques faits. Edouard Briickner a déjà établi que les périodes d’années humides, d’années sèches, etc., avaient une durée d’environ trente-cinq ans et ce résultat important a été publié par lui dans un ouvrage qui a fait et fait encore loi dans la science météorologique. Pour prendre un seul exemple, la quantité d’eau tombée, Brückner a montré que, pendant le dernier siècle, les années humides avaient été celles de I8I5, 1846-50, et 1876-80 et les années sèches celles de 1851-55 et de 1861-65.
- Depuis la publication de cet ouvrage beaucoup d’observateurs ont étudié la quantité d’eau tombée et leurs observations se rapportent à une assez longue période de temps. On peut citer parmi ceux-ci MM. Ilofrath, Julius Hann, l’ancien directeur de l’Institut météorologique de Vienne qui a fait une étude très consciencieuse de la quantité d’eau tombée à Milan, à Padoue et à Klagenfurth. Il a constaté le retour bien caractérisé des années sèches et humides tous les trente-cinq ans, les premières correspondant aux années 1825, 1850 et 1805 et les secondes aux années 1808, 1845 et 1878.
- Pour déterminer les variations des quantités d’eau tombées pour une période aussi longue que trente-cinq ans, il est nécessaire, autant que possible, de combiner d’abord ensemble les courbes représentant les variations annuelles, car ces courbes, en général, subissent de grandes fluctuations pendant une courte période d’années et il est préférable de réunir les valeurs moyennes des chutes d’eau pendant un certain nombre d’années et de former ensuite avec ces données une moyenne générale plus visible à l’œil. Ainsi la moyenne pour .une année, 1870, par exemple, peut être calculée en prenant la moyenne de cinq années de 1868 à 1872; de même pour 1871 on peut faire la moyenne des années de 1865 à 1879; au lieu de cinq années on peut prendre un intervalle de dix ou de quinze années.
- On a adopté une moyenne de cinq années. Les stations pour lesquelles les quantités d’eau tombées sont indiquées d’observation n’ont pas été spécialement choisies ; on les a prises simplement parce qu’il était facile d’obtenir pour ces stations les renseignements nécessaires et que les observations avaient été faites pendant une période d’assez longue durée. On a également étudié la courbe à courte période ( 1869-1900) relative aux lies Britanniques, de manière à permettre non seulement la comparaison entre les observations faites par le Bureau météorologique avec celles faites par feu M. Symons, mais aussi pour que les résultats des observations faites sur file entière puissent être comparés avec ceux des deux stations très éloignées l’une de l’autre, celle de Greenwich et celle de Rothesav, en Ecosse.
- Pour le continent européen nous avons pris la station de Bruxelles dont il est intéressant de comparer les époques de maxima et de minima de la courbe avec les résultats obtenus par Hann et dont nous avons parlé dans
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- un article précédent. Pour compléter les renseignements nous avons pris les courbes de deux stations aux Indes, Bombay et Madras, d’une station dans l’Afrique du Sud, l’observatoire du Cap et, enfin, de trois stations des États-Unis d’Amérique se rapportant à la quantité d’eau tombée dans la partie supérieure de la vallée de l’Ohio.
- Un examen rapide de ces courbes montre la variation périodique des quantités d’eau tombées pour chacune des stations. 11 montre, de plus, que les années humides ont été le plus «généralement » les années : 1815, 1845 et 1878-1885, tandis que les années sèches ont été les années 1825-1850, 1860 et 1895-1895. En se reportant à cette périodicité bien définie, on peut en conclure que, pour les Iles Britanniques, le dernier minimum de la courbe qui représente l’année la plus sèche de la période est déjà passé depuis quelques années et qu’on se trouve actuellement dans la période croissante de la courbe. En admettant l’exactitude de la loi pour les années à venir et en poursuivant la courbe en pointillé, on peut en induire que l’accroissement de la quantité d’eau tombée ira constamment en croissant jusque vers l’année 1915 qui représentera l’année d’humidité maximum de la période.
- 11 faut bien remarquer, toutefois, que, par suite de la grande'variation des quantités d’eau tombée, d’une année sur l’autre, cet accroissement ne représente que l’accroissement moyen d’un certain nombre d’années, et que, par suite, il peut se rencontrer une année sèche même lorsque la courbe des variations indique un maximum, quoique, cependant, if y ait plus de probabilité pour qu’elle soit humide.
- On n’est pas encore exactement fixé sur les causes de ces variations périodiques des quantités d’eau tombée. Ouoi qu’il en soit, il est de la plus grande importance pour la science météorologique que cette question soit élucidée le plus rapidement possible, non seulement relativement à la quantité d’eau tombée, mais aussi en ce qui concerne les autres phénomènes météorologiques qui paraissent soumis à des périodicités analogues.
- Briickner a essayé d’expliquer ces cycles à longue période en attribuant leur origine aux variations d’activité du soleil. Il a, pour cela, réuni les divers renseignements relatifs aux taches du soleil, recueillis à l’époque, et recherché s’il était possible de trouver dans leur apparition une périodicité de trente-cinq années. Ses recherches ne furent pas couronnées de succès; toutefois, il concluait en disant que, quoique ces périodicités aient pour cause réelle l’action du soleil, elles ne paraissaient pas, cependant, résulter nécessairement des taches.
- Plus récemment, un examen attentif des diverses observations faites sur les taches du soleil depuis l’année 1852, époque à partir de laquelle ont commencé des observations méthodiques, a permis de trouver cette périodicité de trente-cinq années. Nous avons, du reste, traité cette question plus longuement dans un précédent article. (Nature, vol. LXLV, p. 196). Nous avons montré que chaque période de tache (en comptant d’un maximum à un minimum) différait, sous beaucoup de rapports, de celle précédant ou suivant immédiatement et que ces changements semblaient soumis à une variation périodique dont le cycle semblait être d’environ 55 ans.
- Nous avons ainsi établi la relation entre le cycle de Brückner et celui des variations périodiques de trente-cinq ans des taches solaires et nous avons montré qu’aux deux époques minima des taches, c’est-à-dire les années 1845 et 1878, correspondaient les maximums du cycle de Brückner des quantités d’eau tombée.
- La concordance de ces deux cycles conduit naturellement de l’effet à la cause, cause que Brückner lui-même avait indiquée, mais dont il n’avait malheureusement pas pu donner la preuve.
- M. Lockyer donne la courbe des taches du soleil depuis l’année 1852 et la courbe des minima sont indiqués. Les époques de plus grandes taches précèdent précisément ces minima. Pour indiquer la date probable du retour de ces époques dans les années à venir, on a fait passer deux lignes verticales, l’une par l’année 1905 qui parait devoir être l’année du prochain maximum des taches, et l’autre par l’année 1915 qui semble devoir être l’année où ces taches sont minimum. Ces lignes ont permis, en les prolongeant, d’indiquer la date probable du retour de l’année la plus humide. On a indiqué les variations probables d’eau tombée en prolongeant par des lignes ponctuées les lignes pleines des différentes stations.
- En résumé, conclut M. Lockyer, on peut dire que, pendant ces derniers temps, on a pu parvenir à établir entre les phénomènes solaires et météorologiques une relation plus exacte qu’il n’avait été possible de le faire dans les années antérieures et, puisque les cycles à longue période des quantités d’eau tombée sont en synchronisme parfait avec les variations des taches solaires, on peut admettre que ces derniers phénomènes pourront servir de base pour la prévision des époques des années sèches et humides ».
- Malgré toute l’autorité qui s’attache au nom de M. AV. Lockyer, nous ne saurions sans grandes réserves accepter ses conclusions. Pour l’éminent membre de la Société rovale de Londres il y aurait positivement accord parfait entre la période des taches solaires et le cycle des années sèches et humides défini par Brückner. Mais certaines statistiques employées dans le calcul apparaissent bien comme sujettes à caution. En les établissant, en triturant les nombres, en faisant des moyennes, il est à craindre que l’on ne masque les faits réels. Puis la période des taches de 11 ans environ est elle-même un peu variable pour l’arrivée des maxima et des minima ; c’est une période inégale à deux cycles distincts. Enfin le cycle de 55 ans est, d’après Brückner lui-même, un peu élastique ; tantôt, il s’agit de 55 ans, tantôt de 56 ans, etc. On se trouve donc en présence d’une équation à trois variables à laquelle on peut toujours satisfaire, en opérant avec la conviction qu’elle doit précisément représenter les faits.
- Il nous serait tout aussi facile d’établir les mêmes concordances de périodicité entre les années sèches et humides, par exemple, avec la grande période lunaire de 18 ans environ. Deux fois 18 donnent 56 et nous voici dans le voisinage du cycle de Brückner. La moitié de la période lunaire : c’est environ 9. Et nous voilà encore bien près du cycle des années sèches et humides. Cette seconde hypothèse semble aussi rationnelle que la première, car jusqu’ici on ne voit pas bien en quoi les taches solaires, qui ne peuvent exercer qu’une action générale sur la terre, détermineraient localement un excès ou une disette de pluie. L’abondance des pluies n’est pas générale pour une année donnée. On comprend mieux une influence lunaire, parce que les déplacements de notre satellite en déclinaison peuvent faire prévaloir successivement à chaque latitude les vents secs ou les vents pluvieux. Sans insister plus longuement sur ces détails, ces quelques remarques paraîtront sans doute suffisantes pour justifier nos réserves sur des coïncidences qui ont besoin d’un contrôle sévère avant d’être admises comme l’expression véritable des faits. H. df. P.
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- IA DESTRUCTION DES TERMITES DANS LES PAYS TROPICAUX
- Le O septembre 1902, l'Institut Pasteur recevait une dépêche, venant de Londres, de la Chartercd Company de l’Afrique du Sud, demandant le départ immédiat d’un expert pour la Rhodésie. 11 s’agissait
- de traiter les cas d’hydrophobie et de prendre les mesures nécessaires pour arrêter l’épidémie de rage qui venait de faire son apparition chez les hommes et les animaux entre le Zambèse et le Transvaal.
- Fig. 1. — Nids et galeries de termites au Transvaal.
- Mes maîtres voulurent bien me proposer de me charger de cette mission et, dès le 22 octobre, après avoir installé un Institut Pasteur à Bulawayo, je
- commençais à traiter les personnes mordues par des chiens enragés. A mon arrivée, le Gouvernement de la Rhodésie voulut bien me charger de l'étude de
- Fig. 2. — lîois détériores et nids de termites.
- plusieurs questions et en particulier de celle de la destruction des Termites particulièrement redoutables.
- On trouve en Afrique du Sud un nombre considérable d’insectes de la famille des termidées : les naturalistes ont compté jusqu’à deux cents variétés
- 1 Voy. n° 93, du 13 mars 1875, p. 239; n° 342, du 20 décembre 1879, p. 39 et n° 344, du 3 janvier 1880, p. 67.
- de cette espèce. Les plus remarquables parmi celles-ci sont les termites, appelées fourmis blanches, tpii, malgré leur nom, n’ont aucun rapport de parenté avec les fourmis proprement dites. Par les ravages qu’ils occasionnent, ces insectes constituent un véritable fléau dans ces pays. Us vivent par myriades dans des nids souterrains et sont
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- un des plus grands obstacles h toutes les cultures.
- C’est pendant la nuit que ces insectes accomplissent leur œuvre destructrice; la plupart du temps ils sont invisibles et font leurs pérégrinations abrités sous de petits tunnels qu'ils construisent sur leur route à mesure qu’ils avancent. Ils s’attaquent non seule-
- ment aux arbres et aux végétaux de toute nature, mais aussi aux maisons. Même quand l’extérieur de celles-ci paraît intact, elles sont souvent envahies par ces petits êtres qui creusent les boiseries et sapent les murailles dans lesquelles ils percent des galeries; la construction parait intacte, mais un beau jour
- Fig. 3. — Femelle ailée, mâle ailé, soldats, ouvriers, femelle pondeuse.
- l'immeuble s’effrite et on constate qu’il est près de tomber en poussière. Un avocat de üulawayo trouva à son retour, après une semaine d’absence, une invasion de ces fourmis qui avaient fait d’irréparables dégâts dans sa maison. Il dut abandonner son étude pour s’installer ailleurs. Huit jours avaient suffi à ces dévastatrices pour élever contre la cheminée une fourmilière de la hauteur d’un homme.
- J’ai vu des caisses conservées dans un magasin et contenant des bouteilles de vin venant d’Europe ; les bouchons avaient été mangés par les termites, et lorsque ces caisses furent ouvertes pour livrer ces bouteilles à la consommation, on les trouva vides.
- On rencontre fréquemment de ces nids de fourmis. Des monticules s’élèvent à peu de distance les uns des autres; aux alentours, il n’y a bientôt plus trace
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- dans la campagne. Au-dessus d’un soulèvement de terre de 5 mètres de haut en forme de cône se voit une ouverture béante, creusée presque horizontalement : c’est l’entrée.
- Organisation sociale des colonies de termites. — Comme chez les fourmis ordinaires de nos climats, chaque fourmilière forme une petite république. Chacun de ces minuscules états comprend une femelle ou reine, un mâle et des neutres. Ces derniers se subdivisent en ouvrières qui constituent le peuple le plus nombreux delà demeure et en d’autres sujets d’une taille plus développée, armés de mandibules très fortes; ce sont les sentinelles chargées de veiller sur la cité et de la défendre.
- La fourmilière se compose de galeries creusées irrégulièrement, aboutissant toutes à une galerie plus large qui peut être considérée comme l’avenue principale de la ville souterraine. Elle conduit tout au fond de celle-ci, là où est située l’habitation de la reine. Quand la souveraineté a été dévolue à une femelle, les ouvrières lui arrachent les ailes et l’encastrent dans une cellule en rapport avec les proportions de sa taille qui n’a au début que les dimensions de celle d’un très petit cloporte. Il faut un époux à la reine : celui-ci, choisi parmi les mâles, est muré dans une cellule voisine munie d’une ouverture la mettant en communication avec celle de Réponse à laquelle il vient rendre visite.
- La femelle subit bientôt un notable changement; jusqu’au thorax, sa taille n’est, guère plus volumineuse (pie celle d’un autre termite; mais, bientôt, son abdomen commence à grossir et présente l’aspect d’une longue masse blanchâtre, molle et flasque, striée de bandes brunes qui la font différer totalement des autres habitants de la fourmilière. Cet accroissement est dû à l'énorme quantité d’œufs contenus dans l’abdomen. Une femelle suffit pour peupler une fourmilière en peu de temps, puisque la ponte atteint un chiffre de plusieurs milliers d’œufs par jour. Des ouvrières s’emparent des œufs dès qu’ils sont pondus, pour les transporter dans leurs cellules respectives, selon qu’ils contiennent des larves de neutres, de mâles ou de femelles.
- En général, il n’y a qu’une reine dans chaque nid, mais dans les grandes fourmilières que nous avons fait mettre à découvert nous en avons trouvé quelquefois deux ou trois.
- Nous avons pris une fois dans une fourmilière dont nous avions détruit la reine, des mottes de terre remplies de fourmis. Huit jours après nous ouvrîmes le récipient dans lequel nous avions mis ce débris pour l’examiner : nous trouvâmes, dans une cellule, une femelle dont le volume commençait à augmenter, et autour d’elle des sentinelles montant la garde. J’ai eu devant moi tout l’agencement intérieur d’une grande fourmilière que ce petit monde avait organisé en une semaine. Il s’était meme donné une reine ! Le corps des mâles a une certaine ressemblance avec celui des guêpes; le thorax est séparé par un étroit corselet de l’abdomen qui a la dimen-
- sion d’un gros pois. Les sentinelles, qui sont spécialement destinées à la défense du domaine, ont des têtes très développées et leurs mandibules sont d’énormes crocs, susceptibles de causer une véritable blessure à la main qui s’y expose. Les ouvrières ont à peu près un centimètre de longueur.
- Tout ce petit monde gravite autour du ménage royal, qui est le centre de l’organisation intérieure du domaine. Ces petits mais redoutables ennemis de l’homme ont aussi d’implacables adversaires dans des fourmis ayant le même habitat. Deux fourmilières voisines ne vivent pas en paix, même si elles sont peuplées par des individus que réunit un proche cousinage de race. Les ennemis les plus redoutés des fourmis blanches sont de grandes fourmis noires, appelées Matabélés, à cause sans doute de leur couleur, analogue à celle des habitants du pays, les nègres du Matabéléland. Leur taille dépasse considérablement celle de leurs congénères; il suffit d’une légion de Matabélés pour semer l’épouvante dans tonte une cité de fourmis blanches. Beaucoup plus vigoureuses que ces dernières, armées de formidables mandibules, les noires envahisseuses se précipitent sur les pauvres affolées, en saisissent jusqu’à treize à la fois, et les emportent rapidement dans leur fourmilière. Pourquoi ces farouches guerrières tombent-elles à l’improviste sur les fourmis blanches? Pourquoi arrachent-elles à leur ville et à leurs travaux ces malheureux insectes qui ne leur causent aucun préjudice? La Matabélé, en faisant une irruption violente chez sa cousine germaine, n’est pourtant point guidée par un instinct sanguinaire. Au contraire, elle ne fera aucun mal à sa captive; se contentant de la retenir prisonnière, elle la ménagera, parce qu’elle lui est nécessaire. Moins active, moins diligente, moins adroite que la petite fourmi blanche, elle a besoin de cette ouvrière industrieuse pour serve. Celle-ci travaillera dans le domaine de ses maîtres, elle construira pour eux de confortables alvéoles, soignera leurs larves en bonne mère nourricière, creusera pour eux ces jolis petits tunnels qui leur permettront d’aller d’un endroit à l’autre, à l’abri des pluies et du vent, si redouté des fourmis. Voilà pourquoi on trouve des tribus entières de fourmis blanches vivant en communauté avec les Matabélés. 11 y a souvent dans la fourmilière des parasites peu gênants que les fourmis tolèrent. Nous avons vu une fois, en mettant à découvert un nid de fourmis, une couleuvre longue de près de deux mètres, dont les spirales s’enroulaient autour des racines d’un arbre, au-dessus de la demeure de la reine.
- Mais, grandes et petites fourmis ont un ennemi général dans l’ours des fourmis qui pullule dans ces régions où il trouve une proie aussi facile que nombreuse. Elles n’ont point de salut quand un de ces animaux pénètre dans un de leurs nids. Cela n’empêche cependant pas la quantité effrayante de termites de croître et de se multiplier. Par endroits, les nids de ces insectes occupent une telle étendue de terre qu’ils forment de véritables petits villages.
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- de végétation. Elles s’attaquent à tout, dévorent tout; les racines sont coupées, les Touilles, dont elles sont très friandes, dévorées; elles creusent et vidant l’intérieur des branches, ne laissant que l’écorce et bientôt l'arbre tombe en poussière. A Bulawavo, dans le parc municipal, sur cinquante arbres plantés, on arrive à en avoir un seul, et on estime (pie les dégâts causés dans la ville par cette véritable plaie de l’Afrique du Sud atteignent un chiffre de 250000 lr.
- On lutte pour essayer d’arriver à se débarrasser autant que possible de ces insectes nuisibles, mais jusqu'à présent on n’avait aucun moyen pratique de les exterminer. Le sulfure de carbone et la dvnamite ont été essayés. A un moment donné, on avait même offert une prime de trois francs à tous ceux qui détruiraient une reine de termites, ce qui retarde la pullulation de ces insectes.
- Ki<r. 1. — Appareil Clayton pour la destruction des termites.
- Dans une conférence faite à Bulawayo, devant l’Association scientifique de la Rhodésie, le 17 décembre 1902, je disais que plus j’étudiais les fourmis blanches, plus j’étais convaincu que l’extermination de ees insectes était possible à l'aide d’un appareil, l’appareil Clayton, dont j’étudie l'action depuis près de deux ans, pour la destruction des rats à bord des bateaux. Les tunnels et les galeries que bâtissent ces insectes forment comme un ensemble de tuyaux, grâce auxquels le gaz sulfureux Clayton, qui a une grande force de diffusion, peut facilement se répandre dans toutes les parties de la fourmilière pour y porter la mort. La question était intéressante à étudier, non seulement pour la Rhodésie, mais encore pour toutes les autres régions tropicales où existent ces termites. Je proposai donc au gouvernement de la Rhodésie de faire venir un de ces appareils pour en étudier l’action. Dès son arrivée en Rhodésie l’appareil fut installé et immédiatement utilisé.
- On place un des tuyaux dans l’ouverture de la
- termitière. Ce tuyau, grâce au ventilateur dont est muni l’appareil, lance le gaz sulfureux; on pratique un trou à quelques mètres plus loin, afin de placer le second tuyau d’aspiration dans les prolongements de la termitière. L’air des galeries est aspiré, il passe dans le four où brûle le soufre, se cbarge des vapeurs asphyxiantes et est lancé dans la termitière (pii, en moins de 1 heure, est inondée de gaz. Les expériences sont, en ce moment, continuées par mon préparateur M. A. Pease; elles donnent de très bons résultats. Une des premières a été faite dans la maison où, dès mon arrivée, j’ai installé l’Institut Pasteur. L’un des tuyaux a été mis sous le plancher de la véranda, l’autre dans une des pièces de. la maison. Après l’opération, en soulevant le plancher, on trouva un large tunnel en terre, où les termites emportaient leur butin; lâ se trouvait la colonie, tout y était mort.
- D’autres expériences ont été faites, dans d’autres maisons et dans le parc., en plein air. Les fourmilières se remplissent facilement de gaz, qui tue tous les insectes, les œufs et les larves. C’est un procédé peu coûteux, qui pourra rendre des services dans nos colonies françaises où les termites font plusieurs millions de dégâts tous les ans. Dans la séance du 22 mai dernier, de la Société de Géographie, M. Le Myre deYilers disait qu’à Saigon, en quelques années, les ravages causés par les termites ont coûté plus de dix millions.
- Les termites sont heureusement fort rares en France, où ils ne se trouvent que dans la Saintonge.
- ! A Rochefort on découvrit la première fois des termites en 1797. La Rochelle a subi le même sort que ‘ Rochefort, la préfecture et quelques maisons voisines sont les principaux centres de déprédation.
- 1 « Un beau jour, raconte de Quatrcfages, les archives du département s’étaient trouvées détruites presque en totalité et cela sans que la moindre trace de dégât parût au dehors. Les termites étaient arrivés au carton en minant les boiseries, puis, ils avaient tout à leur aise mangé les papiers administratifs, respectant avec le plus grand soin la feuille supérieure et le bord des feuillets, si bien qu'un carton rempli seulement de détritus informes semblait renfermer des liasses en parfait état. » l)r Adrien Loir,
- En mission de l’Institut Pasteur.
- LES DEUX UNIVERSITÉS JAPONAISES
- Le Lapon possède actuellement deux universités, dont l’iine, celle de Kyoto, est de fondation toute récente. La plus ancienne, celle de Tokio, comprend six collèges, comme on les appelle, nous dirons six facultés: droit, médecine, génie civil, littérature, science et agriculture. La Faculté de génie civil comprend des enseignements divers, génie civil proprement dit, mécanique, architecture navale, technologie des armes, électricité, architecture, chimie appliquée, technologie des explosifs et enfin mines et métallurgie. En dehors des Facultés, il y a un centre d’enseignement commun. Pour l’université de Kyoto, elle comporte un centre d’enseignement commun, puis des
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- collèges de droit, de médecine, de science et de génie civil; ce dernier est le plus important, ce qui tient certainement à la tournure d’esprit des Japonais, et il possède huit cours d’enseignement, mathématique, physique, chimie pure, chimie technologique, génie civil proprement dit, mécanique pratique, électricité, puis mines et métallurgie. .
- LA NEIGE SELON L’ALTITUDE
- Dans la France centrale, les chutes de neige se produisent surtout au cours de l’hiver, mais il arrive souvent qu'elles commencent de bonne heure en automne, et qu’elles se prolongent, copieuses, jusqu’au milieu du printemps. Relativement rares dans le département du Puy-de-Dôme, au niveau des plaines inférieures, elles augmentent d’une manière extraordinaire en fréquence et en intensité à mesure que l’on considère des localités de plus grande altitude.
- Cette dilférence de régime, qui tient à des causes multiples, se constate meme pour des endroits très voisins dans le sens horizontal, pourvu que leur distance verticale soit assez considérable.
- Les deux stations de l’Observatoire du Puy-de-Dôme, celle de Clermont-Ferrand (588 m.) et celle du sommet de la montagne (1465m.), montrent cela d’une façon d’autant plus remarquable que l’isolement du Puy de Dôme, par rapport aux autres puys et à tout le pays qui l’environne, élimine pour ainsi dire complètement la part d’influence qu’il faudrait concéder à un gros massif montagneux.
- La figure 1 donne, pour les deux stations et pour 25 saisons hivernales commençant en 1877 et finissant en 1902, les dates de la première neige et celles de. la dernière. On y remarque tout de suite des écarts très grands, tant pour l’époque du début, que pour l’époque de la fin des chutes de neige. Au sommet du Puy de Dôme, la première neige apparaît quelquefois en septembre, ordinairement en octobre, et il est tout à fait exceptionnel quelle ne se montre qu’en novembre. Quant à la dernière
- chute de neige, elle survient au plus tôt vers la fin d’avril, le plus souvent dans le courant de mai, et quelquefois seulement vers le milieu du mois de juin. Les dates extrêmes, pour la série d’années considérées, sont : du 4 septembre au 12 novembre pour le commencement de la période neigeuse, et du 22 avril au 18 juin pour sa terminaison. En moyenne, cette période neigeuse a une durée de 225 jours compris entre le 8 octobre et le 19 mai. Dans cette détermination, nous avons laissé de côté les chutes de neige accidentelles qui accompagnent parfois certains orages d’été.
- A Clermont-Ferrand, on a vu la neige se montrer, en 1890, dès le 24 octobre, tandis que pour l’hiver 1877-78, son apparition s’est fait attendre jusqu’au 8 janvier. En 1881, il en est tombé très tardivement, le 25 avril; mais, par contre, au cours de l’hiver 1879-80 qui a cependant amené des froids absolument exceptionnels, on n’en a plus vu après le 29 décembre. Entre la première et la dernière chute de neige, on peut compter en moyenne un intervalle de 109 jours compris entre le 29 novembre et le 18 mars.
- Ces .premiers faits sont loin de suffire pour bien différencier les régimes, et nous allons voir que ceux-ci sont principalement caractérisés par la fréquence et par l’intensité des chutes de neige. Au sommet du Puy de Dôme, les nombres de journées qui donnent de la neige ont varié, suivant les hivers, entre 55 en 1879-80 et 125 en 1887-88, avec une moyenne de 84. A Clermont, cette moyenne n’est que de 22 jours, et les valeurs extrêmes ont été 8 jours de neige en 1881 -82, o.t 44 jours en 1894-95.
- Les chiffres qui concernent l’intensité achèvent de mettre en relief la grande influence de l’altitude sur l’importance des chutes de neige. La couche de neige qui tombe à Clermont dans un hiver donne, en moyenne, par sa fusion, une hauteur d’eau de 56 millimètres, avec des hauteurs extrêmes de 8 millimètres en 1881-82, et de 89 millimètres en
- EjfoJtiTU-, 6%,
- Fig. 1. — Première et dernière neige de chaque année à Clermont-Ferrand et nu sommet du Puy de Dôme.
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- LA AATUHE.
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- 1894-95. Au sommet du l'uv de Home, la fusion de la neige d’un hiver produit en moyenne une couche d’eau de 805 millimètres, avec un minimum de 517 millimètres en 1881-82, et un maximum de 2212 millimètres en 1878-79.
- Si la totalité de la neige qui tombe dans une année restait sur le sol sans se fondre, elle formerait une couche d’environ 40 centimètres en moyenne à Clermont, et d’au moins 8 mètres au sommet du Puy de Home. Aussi, en général, au Puy de Dôme, la neige donne chaque année «à peu près la moitié de l’eau météorique totale qu’on y recueille, tandis qu’à Clermont, elle n’en constitue guère que la vingtième partie. C’est surtout en janvier pour Clermont, en mars [tour le Puy de Dôme, que se manifeste le
- maximum d’abondance. La ligure 2 représente, [tour chacun des 25 hivers compris entre 1877 et 1902, les hauteurs d’eau qui correspondent aux quantités de neige tombées dans les deux stations, ainsi que les nombres de jours qui ont fourni cette neige.
- Dans la Limagne et jusqu’à Clermont, la neige reste rarement sur le sol pendant huit jours consécutifs, tandis qu’elle séjourne beaucoup plus longtemps dans les massifs montagneux. Depuis novembre jusqu'en avril, elle blanchit ordinairement tout le haut relief des monts Dore, où l'on en voit quelquefois des traces jusqu’en août. Mais au sommet du Puy de Dôme elle est loin de présenter ce caractère relatif de permanence, et il lui arrive même souvent de disparaître complètement en plein hiver, pour reparaître et
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- Fig. 2. — Quantité et fréquence de la neige.
- fondre de nouveau à plusieurs reprises, d’après les alternatives de chaleur et de froid.
- J.-II. Plumai*don,
- Météorologiste à l’observatoire du Puy de Dôme.
- LA FORCE MUSCULAIRE DE L’HOMME
- ET DES INSECTES
- A propos de l’article qui a été publié ici sur la force des insectes1, il est intéressant de considérer au seul point de vue mécanique les comparaisons entre la force musculaire de l’homme et celle des insectes. A ce strict point de vue, elles n’ont rien d’extraordinaire et ne sont qu’une des formes de ce qu’on a appelé la « lutte des carrés et des cubes ». On connaît la loi : les volumes décroissent beaucoup [dus vite que les surfaces.
- La force que peut exercer un muscle dépend de sa
- 1 Voy. n° 1567, du (5 juin 1003, p. 1(J.
- section, c’est-à-dire d’une surface, tandis que sa capacité de produire du travail dépend, ce qui est logique, de son volume. Là est l’explication de la force si étonnante des insectes. Prenons un exemple : comparons deux muscles, celui d’un homme et celui d’un insecte, celui-ci 100 fois plus court que le premier. 11 est évident que le muscle de l’insecte sera un million de fois moins lourd que celui de l’homme tandis que sa section, et par suite aussi la force qu’il peut exercer, dix mille fois seulement plus faible. Conclusion, puisque l’homme peut soulever 100 kilogrammes, l’insecte soulèvera dix mille fois moins, soit 10 grammes, et nous aurons ce spectacle impressionnant et cependant logique d’un insecte soulevant 135 fois son poids. En résumé, plus l’insecte sera petit, plus il nous étonnera par une apparence de force extraordinaire.
- Mais il n’en est plus de même si nous envisageons le travail mécanique effectué. Le muscle de l’insecte supposé plus haut être le ^ de l’homme en dimensions linéaires fournit, quand il se contracte, une force 10 000 fois plus faible que celle du muscle humain, et qui s’exerce sur un parcours 100 fois plus petit; le travail produit
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- sera donc un million de fois plus petit, ce qui rétablit la proportion entre le poids et la puissance.
- Bien plus, il semble que, comme cela se produit pour nos machines, où les plus petites sont proportionnellement les plus faibles, au lieu de surpasser infiniment le muscle humain, le muscle de l’insecte lui est notablement inférieur en qualité, \oyez l’exemple du saut de la puce. D’une détente de ses muscles, elle donne à sa masse une puissance vive capable de l’élever à SU centimètres ; l’homme peut élever la sienne à lra,50 d’un bond. A poids égal, le muscle humain fournit donc 5 fois plus de travail que celui de la puce dans une seule contraction, puisque le travail est le produit du poids par la hauteur
- de soulèvement. Léo Kobioa.
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- PLAQUES INDICATRICES
- I‘Ol!R AUTOMOBILES
- four faciliter la circulation des automobiles sur les routes, l’Association générale automobile a étudié plusieurs projets de plaques indicatrices. Sou choix s’est fixé sur des signaux visibles de loin se lisant facilement, sans aucune hésitation, et indiquant par leur forme la nature
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- m
- x U
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- Signaux adoptés pour les plaques indicatrices.
- de l’obstacle à prévoir. Le dessin se détache nettement en blanc sur le fond bleu foncé de la plaque. Les signaux adoptés pour les quinze plaques indicatrices qui composent le nouveau code de route du chauffeur ont les formes que représente la figure ci-jointe. Le n° 1 indique une descente rapide, le n° 2 une montée, le n° 5 un virage à droite, le n° 4 un virage à gauche, le n° 5 un virage avec montée, le n° U un virage avec descente. Le n° 7 annonce un dos d’àne à franchir, le n° 8 un caniveau, le n° 9 un passage à niveau, le n° 10 un passage en dessous. Le n° 11 prévient l’automobiliste qu’il y a des rails en saillie sur la route, le n° 12 qu’il y a un mauvais pavé, le n° 15 qu’il y a un croisement dangereux, et le n° 14 qu’il se trouve une descente sinueuse avec mauvais virages. Enfin le n° 15 indique un village; les points blancs signifient qu’il est prudent de corner. Placés a 5 ou 400 mètres en avant de l’obstacle, les poteaux préviendront en temps suffisant l’automobiliste qui pourra tout aussi bien accélérer son allure pour franchir un raidillon que la ralentir progressivement pour éviter la brutale secousse d’un caniveau. Les descentes sinueuses ou dangereuses, à virages brusques, seront annoncées comme
- aussi les croisements de routes, les passages à niveau, les montées, etc. Le nouveau code de route se distingue par sa clarté et sa simplicité. A. B
- CHRONIQUE
- Les fusées et la grêle. — On connaît les résultats douteux qu’a donnés le tir des canons contre la grêle. Les insuccès proviennent sans doute le plus souvent de ce que l’ébranlement des couches d’air par les projectiles gazeux ne déliasse pas 150 mètres de hauteur, tandis que les nuages à gréions passent au moins à 400 mètres. Au contraire, en se servant de fusées de dimensions convenables, on atteint une hauteur de 500 mètres et la détonation paraît déterminer la résolution des nuages en pluie. Des expériences qui semblent concluantes viennent d’être exécutées à lfyères et dans d’autres vignobles du Midi avec les fusées du l)r Vidal. Seulement quand le tir a lieu dans des régions fréquentées, on peut redouter la chute des fusées. Dans ce cas, quand le tir doit être un peu dense, M. Vidal recommande de substituer aux fusees des pétards qu’on lance à 450 mètres de hauteur avec des petits mortiers spéciaux.
- L’emploi des cerfs-volants dans la marine.
- — In des grands défauts des bâtiments de guerre chargés de surveiller l’appi’oche des navires ennemis est de manquer de vue, c’est-à-dire de ne pouvoir en reconnaître la présence que lorsqu’ils sont eux-mêmes en danger d’être pris. La marine russe a cherché à suppléer à cette grave lacune en munissant chaque destroyer d’une série de cerfs-volants, qui, convenablement accouplés, peuvent enlever un homme. On se trouve donc avoir une vigie à 1000 mètres en l’air ou davantage, et, si on la met à même de correspondre avec le bâtiment par la télégraphie sans fil, on peut avoir des indications très précises et très rapides sur la position de l’ennemi. Le plus curieux est que, par un dispositif spécial, ces cerfs-volants peuvent se diriger dans presque toutes les directions, sauf celle du vent. Une vitesse de 8 kilomètres environ à l’heure suffit pour maintenir en l’air tout l’attelage, et, si on utilise les vents qui régnent aux diverses hauteurs, l’observateur peut embrasser un horizon très étendu. La marine russe n’a pas fait connaître encore la structure de ces cerfs-volants.
- Aiguilles et tubes de quartz. — On connaît depuis longtemps la propriété qu’a le quartz de résister à des changements de température subite. Déjà, à l’Exposition universelle de 1878, M. A. Gautier avait exposé des fils de quartz, obtenus par un procédé spécial. La principale application de ces fils est dans la suspension des miroirs de galvanomètres : comme ils n’ont aucune torsion, le miroir, après avoir été déplacé, revient exactement à sa position primitive, ce que les fils de soie et les crins de cheval ne réalisent qu’incomplètement. In professeur américain vient de faire connaître un procédé pour obtenir ces fils d’une façon courante. A l’aide d’un chalumeau à gaz oxhydrique, on chauffe un cristal de quartz choisi sans imperfections et on l’immerge dans l’eau froide. La structure cristalline disparait et l’on n’a plus qu’un bloc de silice amorphe, d’oii l’on extrait les aiguilles par clivage. On peut aussi, par un autre procédé, obtenir des tubes *en quartz, qui, chauffés à des températures très élevées et brusquement refroidis, ne se brisent pas. Dette précieuse propriété permettra sans doute toute une série d’applications inattendues dans le domaine de la physique et de la chimie.
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- L A N ATT HE.
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- Les Indiens du Canada. — La race rouge, qui est eu voie de disparition aux États-Unis, semble au contraire augmenter d’une façon assez sensible au Canada : les Indiens y sont au nombre de 108 11 2 âmes contre 99 5*27 en 1901. Cet excédent de 8500 est significatif, car il prouve le succès des efforts faits par le gouvernement canadien pour le relèvement moral des Peaux-Rouges. Des écoles ont été instituées par lui afin de faire connaître aux enfants la langue et la civilisation de leurs vainqueurs. On s’est efforcé de développer chez les hommes le goût de l’agriculture et de l’épargne. Enfin, des mesures très sévères ont été prises pour lutter contre les progrès de l’alcoolisme.
- Allumettes sans phosphore. — Dans une note publiée dans un des derniers numéros du « Journal de la Société des Industries chimiques de Londres », le professeur Walson Smith donne quelques renseignements sur des allumettes sans phosphore pouvant s’allumer par frottement sur n’importe quelle matière. La composition de ces allumettes, qui est due aux études de feu M. Rosenthal, est la suivante : sulfate de cuivre, 5 parties; cyanure de cuivre, 10 parties; chlorate de potasse, 40 parties; verre pulvérisé, 9 parties; sulfure d’antimoine, 3 parties; sulfate de chaux, 5 parties; soufre, 4 parties; solution de gomme à 10 pour 100, 26 parties.
- Nouvelle lampe électrique. — Un nouveau modèle de lampe électrique a été récemment mis en exploitation par la « Linolite Company » suivant les renseignements que nous fournit Nature. Les filaments, au lieu d’être contenus dans des ampoules ordinaires, sont contenus dans des tubes droits de 20 centimètres de longueur environ ; le filament est légèrement courbé en son milieu pour lui permettre de se dilater. Ces tubes sont fixés bout à bout dans une monture métallique qui sert de réflecteur, et aussi de support aux douilles dans lesquelles s’adaptent ces lampes. On obtient ainsi une ligne de lumière continue, très favorable à certaines formes d’éclairage : éclairage des devantures de magasins, éclairage par réflexion venant du plafond, illuminations, etc. Les lampes sont faites pour toutes les différences de potentiel ordinaires, 100, 110, 120, 200 volts, et ont la même intensité lumineuse que les lampes ordinaires; mais pour les tensions supérieures à 200 volts, les lampes sont couplées entre elles.
- La ponte chez le homard. — Une série d’observations très intéressantes ont été faites par MM. Fabre Domergue et Biétrix, sur la façon dont le homard femelle assure l’éclosion de ses œufs. Chacun connaît cette masse de grains rouges que l’animal porte sous son abdomen, et l’on serait en droit de croire que la mère n’intervient aucunement pour assurer leur dissémination. C’est pourtant le contraire qui se produit, et voici, d’après les biologistes cités plus haut, le procédé qu'elle emploie. Quand les œufs sont arrivés à maturité, elle se promène avec agitation pendant quelque temps, au fond de l’eau, l’abdomen horizontal et entièrement déployé. Puis, en agitant ses appendices abdominaux avec une grande rapidité, elle envoie dans toutes les directions un nuage de jeunes larves. 11 est certain que ces mouvements brusques ont pour effet de déchirer les enveloppes de l’œuf et de mettre le jeune animal en liberté. C’est vers 7 ou 8 heures du soir que s’effectue cette opération, qui se répète plusieurs jours de suite, tant qu’il y a encore des larves à éclore, et qui dure environ vingt secondes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 juillet 1903. — Présidence de M. JIasc.uu.
- M. Mourelo, de l’Académie des sciences de Madrid, assiste à la séance.
- Action immunisatricc du sérum du sang humain. — M. Lavera» expose que le sérum de sang humain injecté à des animaux atteints de certaines maladies occasionnées par des tripanosoines amène la disparition au moins momentanée des tripanosomes et quelquefois la guérison. Le sérum du sang humain possède donc une propriété immunisatricc contre ces maladies; toutefois il est bien certain que jamais on ne pourra traiter des animaux de forte taille au moyen d’injections de sérum de sang humain. Mais on connaît des maladies atteignant l’homme qui sont dues à la pullulation de tripanosomes dans le sang humain. Telle est notamment la maladie dite du sommeil qui atteint les nègres de l’Afrique équatoriale. On peut donc espérer trouver un animal dont le sérum puisse être utilisé pour l’immunisation humaine.
- La glycérine dans le sang. — M. Armand Gautier rappelle que la question du mode de formation des corps gras dans l’organisme et de leur disparition est tout à fait obscure. M. Nicloux a pensé que s’il arrivait à déterminer ce que devient la glycérine introduite dans la circulation, il contribuerait beaucoup à éclaircir la question. Il a utilisé dans ce but un récent procédé de dosage de la glycérine dont il est l’auteur. Ayant injecté 6 grammes de glycérine à un chien et ayant calculé, d’après le poids du chien et le rapport connu du poids d’un chien au poids du sang, que le sang de l’animal devait après l’opération contenir 3 pour 100 de glycérine, il a constaté par des dosages que le sang de l’animal ne contenait que 0,5 pour 100 de glycérine. Celle-ci avait-elle été transformée dans l’organisme ou éliminée? M. Nicloux a constaté que l’urine contenait beaucoup plus de glycérine que chez l’animal normal. Il n’a pu cependant retrouver toute la glycérine injectée; une très faible partie est transformée et arrêtée dans l’organisme.
- La résistance de l’air. — M. Mascart présente une Note de M. Eiffel relative à des expériences sur la résistance de l’air faites au moyen d’un système du poids de 120 kilogrammes tombant de la seconde plate-forme de la Tour du Champ de Mars. Des expériences analogues ont déjà été faites au même endroit par MM. Cailletet et Collardeau ; les résultats qu’ils ont obtenus sont donnés dans tous les livres. Les nombres trouvés par M. Eiffel sont plus faibles que ceux admis. La résistance de l’unité de surface varie avec la forme de la surface.
- Cil. DE YlELEDElilL.
- LES ENGINS CHIMIQUES D’INCENDIE
- AUX ÉTATS-UNIS
- Cette désignation bizarre s'applique à des appareils faisant assez normalement partie, aux États-Unis, du matériel d’incendie, et qui, peu usités eu Europe, sont tout à fait inconnus en France. Un emploie bien chez nous les petits extincteurs, qui sont généralement de faibles dimensions, et faits pour permettre de lutter contre un feu à ses débuts, en attendant la venue des pompiers : c’est, comme on dit, un appareil de premier secours. Les engins
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- LA NATURE.
- chimiques dont nous voulons parler affectent des proportions bien autrement considérables; montés sur chariot comme une pompe, ils sont manœuvrés par les pompiers, et peuvent remplacer une vraie pompe à incendie, grâce aux propriétés extinctrices que possède le liquide qu’ils lancent sur le loyer de l’incendie en quantités très considérables.
- Nous prendrons comme type de ces engins un des [dus perfectionnés qui existent, et qui vient d’être construit par la « International Lire Engine Company », d’Elmira (État de New-York); il présente même cette particularité d’ètre automoteur. Si nous examinons l’engin en lui-même, sans nous occuper de son mécanisme moteur, dont nous pourrons cependant dire quelques mots tout à l’heure, nous verrons que, comme tous ses pareils, il contient dans ses ré-
- servoirs une solution saturée de cristaux de carbonate de soude ordinaire. Lorsqu’il s’agit de faire fonctionner l’appareil pour lutter contre un feu, on verse de l'acide sulfurique dans cette solution de carbonate de soude : immédiatement est engendrée une quantité énorme de gaz acide carbonique, qui va fournir la pression voulue pour assurer la sortie, sous forme de jet puissant, du liquide contenu dans les réservoirs; ce liquide est naturellement devenu une solution de sulfate de soude, de soude et aussi d’une certaine quantité de gaz acide carbonique encore en dissolution. Au fur et à mesure que le liquide tombe sur les ilammes, il laisse échapper une masse considérable de cet acide carbonique sous forme gazeuse, et nous n’avons guère besoin de dire qu’il se forme de la sorte une atmosphère particulièrement défavorable
- Appareil automobile d’extinction chimique des incendies.
- à toute combustion. Les constructeurs américains affirment que, à volume liquide égal, un engin chimique de cette nature a une efficacité près de 20 fois supérieure à celle d’une pompe à incendie classique* on voit que la différence est d’importance.
- Dans l’engin que nous représentons ici, de chaque coté du chariot, se trouve un réservoir cylindrique de cuivre contenant un peu plus de 300 litres de la solution de soude. Sur chaque réservoir est monté un récipient qui contient de l’acide sulfurique, et dont on peut faire écouler le contenu dans la solution de soude par le simple mouvement d’un levier. On voit que les cylindres sont pourvus d’un manomètre renseignant sur la pression qui s’y produit à chaque instant; le chariot emporte des tuyaux de longueur convenable pour envoyer le liquide extincteur sur le foyer de l’incendie.
- Comme perfectionnement aux engins analogues déjà existants, et ainsi que nous l’avons fait remar-
- quer, celui-ci est automoteur; son déplacement est assuré par deux moteurs à vapeur à deux cylindres verticaux, commandant chacun une des roues arrière par une transmission à chaîne; ces moteurs sont d’ailleurs disposés fort en arrière, en dessous de la partie antérieure des réservoirs à soude. La vapeur est engendrée par des brûleurs à pétrole, le combustible se trouvant enfermé dans un cylindre horizontal placé au centre du véhicule, plus bas que les réservoirs. Chaque moteur commande deux pompes alimentaires qui jouent également le rôle de pompes à vapeur ; la chaudière est du type à tubes d’eau et verticale, elle est disposée sous le siège du conducteur du véhicule.
- Cet engin peut, étant automobile, se rendre à grande vitesse sur le lieu d’un incendie. P. de M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauube, rue de Fleuras, 9.
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- X» 1373. — 18 JUILLET 1903.
- LA NATURE.
- LES TRAVAUX ACTUELS DANS L’ESTUAIRE DE LA SEINE
- La Seine qui, sur son parcours, dessert les deux ports importants de Paris et de Rouen se divise, au
- point de vue navigable, en deux parties parfaitement distinctes. La première, qui s'étend jusque près d’El-
- Fig. 1. — Drague porteuse à succion.
- beuf, est canalisée au moyen de barrages éclusés et le plan d’eau est régularisé de manière à donner, à
- partir de Paris, un tirant d'eau normal de 5 mètres jusqu’au barrage de Martot, le dernier à l’aval. La
- Montivilliers,
- I N F
- E R I EURE
- Câudebec
- Harfleur
- Confi'eoilhi -l’Orcher
- LE HAVRE
- K. 335
- Quillebeuf
- fonds stables
- /jtervlUe-j, ^ •Phare. \Kicqupfleu r-
- Fieux Port ‘
- Honfleur
- è Trouville
- PO N T-AUD EM
- Kilomètres.
- C A Li
- ADOS
- Fig. 2. — Carte de l'Estuaire de la Seine.
- seconde est la partie maritime du lleuve. Elle commence à ce barrage pour se terminer, après avoir traversé Rouen, près de Tancarville dans un estuaire large et long dont l’extrémité ouest se trouve dans le voisinage du méridien du Havre. Cet estuaire 31e année. — 2e semestre.
- est formé de sables et d’alluvions d’une épaisseur moyenne de 10 mètres reposant sur la craie qui forme le sous-sol de cel te partie de la Normandie, li origine de cette masse énorme de sable et d’alluvions est marine, car la Seine, à Rouen, ne charrie aucune
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- LA NATURE.
- matière solide; elle provient exclusivement, comme le banc de Seine (pii se trouve à l’ouvert de l’estuaire, des érosions des cotes du Calvados. Son niveau se trouvant au-dessus de celui des basses mers elle l'orme une véritable barre entre la liante mer et la partie du tleuve qui se trouve en amont de Quille-bout’et dont la profondeur est plus grande. Elle s’oppose ainsi à la libre entrée de la marée dans le tleuve, produit le mascaret et arrête également l'écoulement des eaux pendant le jusant, deux conditions primordiales pour le bon entretien d’un tleuve à marée. Cette barre formée par l’estuaire est d’autant plus désastreuse que, d’un autre coté, la Seine se trouve dans des conditions avantageuses toutes spéciales pour permettre l’introduction dans le tleuve d’une niasse d’eau considérable à chaque marée. Dans les marées de vive eau l’amplitude delà marée à l’entrée de l’estuaire est de 7m,20, amplitude plus considérable que celle observée à l’entrée de l’Escaut qui dessert le port d’Anvers et à l’entrée de l’Elbe qui arrose le port de Hambourg. Elle n’est dépassée qu’à l’embouchure de la Mersey qui dessert Liverpool où l’amplitude de la marée atteint un peu plus de 9 mètres. Un autre avantage tout particulier à la Seine est la durée très grande de l’étale de Ilot à l’entrée de l’estuaire, durée qui peut atteindre quatre ou cinq heures et pendant laquelle le niveau de la mer ne varie pas de pins de Ü“‘,50, ce qui permet l’introduction d’un plus grand volume d’eau par marée. Cette longue durée de l’étale de Ilot provient de la rencontre successive, au large de la baie de Seine, de deux ondulations de marées, l’une venant de l’ouest le long des côtes du Calvados, l’autre du nord, à partir d’Antifer.
- On voit donc que, pour la Seine, toute la difficulté provient des résistances à l’écoulement de l’eau à la marée montante et, surtout, à la marée descendante, résistance causée non seulement par la masse de sable de l’estuaire dont nous venons de parler, mais aussi par ceux qui encombrent le lit de la Seine en amont. En un mot il n’entre pas, à chaque marée, dans la Seine un volume d’eau suffisant et, surtout, ce volume d’eau ne s’écoule que difficilement pendant le jusant.
- Des travaux de régularisation du fleuve s’imposaient donc pour améliorer cet état de choses et pour permettre l’accès du port de Rouen à des navires de grand tonnage. Ces travaux, commencés en 1848, ont consisté en dragages et endiguements du lit du fleuve, d’abord jusqu’à Tancarville, puis ensuite jusqu'à l’embouchure de la Risle, travaux dont l’achèvement a eu lieu vers 1870. Les premiers travaux ont permis de conquérir sur le fleuve une surface de plus de 10 000 hectares, et de produire un abaissement déjà sensible des seuils les plus saillants. Malheureusement, par suite de la guerre de 1870 et de difficultés budgétaires, ces travaux furent abandonnés; et ce n’est qu’en 1888 qu’ils furent repris.
- Ces nouveaux travaux (fig. 2), qui se poursuivent encore à l'heure actuelle, consistent à prolonger dans
- l’estuaire la digue du nord jusqu'au méridien de Saint-Sauveur et la digue du sud jusqu’à celui de Eiquetleur, [mis à modifier dans certaines courbes l’emplacement des digues actuelles, dans le but d’y augmenter la largeur du fleuve et de faciliter aussi le jeu de la marée dans ces courbes. Car, il faut bien le dire, au moment où ces travaux d'endiguement ont été commencés la loi qui régit l'augmentation progressive de la largeur d’un fleuve à mesure qu’il s’avance vers l’aval n’était pas encore bien déterminée, non plus que celle déterminée plus tard par M. E argue et qui montre la nécessité d'augmenter dans les courbes la largeur du lit. Il en est résulté une insuffisance de largeur du fleuve eu amont de Tancarville et la nécessité, pour faciliter le jeu des marées, d’augmenter dans les courbes l’écartement trop faible des digues; de là la reconstruction partielle de celles-ci en différents endroits.
- Ces travaux ont eu une influence très sensible sur la navigabilité du fleuve; non seulement les seuils se sont abaissés, mais la vitesse de propagation de l’onde marée s’est accrue de telle sorte qu’aujourd’bui le Ilot arrive à Rouen une heure plus tôt qu’avant les travaux. Un volume d’eau plus considérable est donc introduit à chaque marée dans le tleuve, ce qui a pour résultat sinon d’augmenter, tout au moins de conserver les profondeurs acquises. Cette augmentation du volume d’eau, depuis 1856, peut être estimée, pour chaque marée, à environ 70 pour 100 à l’embouchure de la Risle.
- Uar suite de ces travaux le lit du tleuve est actuellement fixé jusqu’à l’extrémité des digues et, même, jusqu’à quelques kilomètres à l'aval. Mais, à partir de ce point, jusque par le travers du Havre où l’embouchure de l’estuaire est divisée en trois fosses par les bancs d'Amford et du Ratier, les sables ont conservé toute leur mobilité et le chenal, par suite de l'augmentation brusque de largeur, divague constamment, se portant tantôt dans la passe nord, tantôt dans la passe du milieu, tantôt dans celle du sud. Iles masses alluvionnaires y sont constamment en mouvement, mais sans, toutefois, modifier le niveau général de l'estuaire qui aujourd’hui semble bien fixé. Toute crainte d’ensablement de la baie de Seine qui serait si préjudiciable au port du Havre et qu’on avait tant redouté pendant les premiers travaux d’en-diguement parait conjurée. Du rvste l’entrée du nouveau port du Havre, disposée de manière à se trouver par des fonds parfaitement stables, semble devoir mettre ce port complètement à l’abri des ensablements futurs.
- Le problème à résoudre actuellement consiste donc à éviter les divagations du chenal et à le fixer d’une manière definitive entre l’extrémité des digues où il est actuellement stable et les fonds également stables de 10 mètres qui se trouvent au milieu de la passe centrale entre les bancs d’Amford et du Ratier. C’est pour obtenir ce résultat qu'on poursuit actuellement d’une manière méthodique les dragages dans celte partie de l’estuaire, dragages commencés il y a
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- LA NATURE.
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- déjà quelques années et dont les résultats ont été très encourageants.
- Ces dragages s’opèrent an moyen de deux dragues suceuses construites par les anciens établissements Satre. Représentée sur la ligure 1, chacune de ces dragues a une longueur entre perpendiculaires de 57‘n,12, une largeur de I0m,5ü et un creux sur quille de 4m,20. Leur déplacement en charge est de 1800 tonneaux avec 050 mètres cubes de sable dans les puits. Le tirant d’eau en charge à l’arrière est de 5,n,02. Elles sont munies chacune de deux machines compound à pilon développant, à 150 tours, 540 chevaux et pouvant actionner alternativement soit deux hélices indépendantes, soit les deux pompes centrifuges reliées à une élinde unique placée latéralement d’une longueur de 18"',75 et permettant de draguer jusqu'à 15 mètres de profondeur.
- Le rendement moyen de ces dragues est de 720 mètres cubes de sable à l’heure et le prix de revient du mètre cube dragué varie entre 0tv, 15 et 0fl, 18, sans tenir compte de l’amortissement ni des frais d’assurance. L’équipage se compose de huit hommes, d’un capitaine, d'un second et de deux mécaniciens. On estime que ces dragues pourront enlever un million de mètres cubes de sable par an. U. Boxm.n.
- LES FIGURES ÀÉRÜSTÀTIQIES
- irs baudruche
- Les ballons, ligures grotesques, etc., fabriqués en baudruche ou en papier, font partie depuis plus de cent ans d’une industrie qui semble être restée toujours très parisienne. Lors de la découverte des frères Montgoltier en 1785, le public parisien s’est amusé à voir lancer dans les airs des ballons de baudruche de toutes formes ainsi que des figures aérostatiques, peut-être plus encore qu’on ne le fait aujourd’hui. La province se plaisait aussi à ce genre de spectacle. Nous lisons dans le n° 56 du Journal général de France une lettre de Boulogne-sur-Mer datée du 10 mars 1784 : « Un globe aérostatique fait de peaux de baudruche rempli de gaz inflammable qui portait une couronne de laurier autour de laquelle était écrit « vive Montgoltier » et au revers les renseignements nécessaires pour en avoir des nouvelles, est parti de cette ville, le 5 de ce mois à 5 h. 1/2 après midi, de l’Esplanade, à la satisfaction de tous les habitants et a été tomber 50 minutes après, suivant des avis certains, à Gravelines, dont la distance est de 12 lieues et d’où il a été envoyé sans être fort endommagé, étant encore en état de servir. » C’est le sieur Duriez, habile chimiste, dit le journal, à qui on était redevable de cette expérience intéressante.
- MM. Lhomond et Roger étaient aussi des constructeurs expérimentés dans le genre des figures aérostatiques. Ils en exécutèrent une, « le grand vendangeur )> qui a été reproduit souvent en gravure. Cette figure tout en baudruche, avait 5"',95 de hauteur.
- Un l’exécuta dans l’ancienne salle de concert du jardin des Tuileries. L’ascension eut lieu le 15 mars 1785 avec l’approbation du gouvernement. Mais le « grand vendangeur », trop gonflé sans doute creva en l’air ; il s’éleva cependant à 550 mètres environ et alla tomber vers la plaine de Grenelle.
- Le Journal de Paris, dans ses nos du 24 et du 27 septembre 1786, parle des frères Enslen qui avaient fabriqué deux figures aérostatiques, une Nymphe aérienne et le cheval Pégase monté par Bellérophon. (lig. 2). La Nymphe aérienne fut enlevée le dimanche 24 septembre 1786, du jardin du sieur Ruggieri un peu avant le départ du cheval Pégase. Voici le récit donné par le Journal de Paris, et qui concerne seulement le cheval. « Le Pégase lancé dimanche dernier à I h. 1/2 est tombé dans la plaine entre Thiais et Ghoisy-le-Roi, derrière les potagers de Roi à 2 b. 1/2 du soir. Les habitants de ces lieux font aperçu dans les airs à une très grande hauteur, se soutenant parfaitement bien. A l’endroit où il s’est abaissé, un paysan s’en est emparé avec beaucoup de difficultés. Le cheval rasait la terre et allait avec beaucoup de vitesse. Le paysan parvint néanmoins à saisir le contre-poids, mais la légèreté d’une si grande figure l’effraya. 11 retira sa main; cependant Pégase ne put se dégager. Les lilets de soie qui portaient son lest étaient mêlés dans les boutons d'habit du paysan. Rassuré et encouragé par la foule du monde qui arriva, il porta Pégase en triomphe à Ghoisy, rempli d'air inflammable. M. Berrier, notaire du lieu, ayant lu la lettre que tenait Bellérophon, lit avertir M. Enslen que sa figure était en sûreté et qu’il ne lui était arrivé aucun mal. »
- Les frères Enslen, célèbres à cette époque, furent priés de faire partir leur « Nymphe aérienne », dont nous reproduisons l'aspect (tig. 1), d'après une gravure ancienne, à Lille. Son ascension eut lieu le Ie1 janvier 1787 sur la place du quartier des Buisses au milieu d’une grande affluence de monde. Elle eut comme à Paris beaucoup de succès.
- Aujourd’hui, les ballons de baudruche ou figures aérostatiques servent souvent comme moyen de réclame soit à l’état libre, soit à l’état captif. L’Angleterre semble en être très amateur, aussi les commandes affluent chez M. Lachambrc bien connu par ses importantes constructions : les ballons de MM. Tissandier, de M. Andrée qui a disparu dans les glaces du pôle, de M. Santos-Dumont, du malheureux Severo, etc., etc.
- M. Lachambre est aujourd’hui l’un des principaux successeurs des Duriez, des Lhomond et Roger, des frères Enslen, des temps passés, pour la fabrication des figures aréostatiques. Nous avons autretois parlé de ses ateliers dans ce journal1. Nous ne saurions revenir sur le procédé de fabrication des ballons de baudruche et ligures aérostatiques. Il est facile de comprendre combien la fabrication des grands sujets en baudruche est difficile et compliquée. Elle
- 1 Yov. n° 559, du 29 septembre 1883, p. 280.
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- loo
- LA NAT UH E.
- demande pins de précautions que celle des grotesques et autres petits sujets dont nous remarquons de
- nombreux spécimens dans les ateliers du constructeur (lig. Ü), et qui les remplissent d’une façon
- curieuse, si pittoresque et si amusante. Dans la à l'opération du surmoulage de deux grotesques, ligure h nous représentons deux ouvrières occupées Elles posent successivement, sur la forme, trois
- Fig. 5. — Grotesques et Figures aérostaliques diverses. (D'après une photographie.)
- épaisseurs de peaux de baudruche. Pour l’éléphant de grandeur naturelle que nous voyons figure t), l’ou-
- vrière a dû employer un millier de ces peaux, et pour le lion colossal (fig. 7) qui a 7 mètres de Ion-
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- LA NAITRE.
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- gueur plus de deux mille. Les deux pièces ont été commandées par un commerçant anglais.
- On procède en dernier lieu au décollement de la ligure en baudruche en insufflant de l’air entre la lorme et les trois épaisseurs de peaux étalées. Celle
- l'orme, absolument dégonllée, doit sortir par une petite ouverture circulaire qu’on bouche ensuite par une tubulure. Le surmoulé, délivré de sa forme, est réparé soigneusement et gonflé pour recevoir la peinture au vernis qui devra le décorer. Nous
- voyons figure b un peintre, exéculanl sur la baudruche gonllée, selon son gohl et sa fantaisie, les
- ornements désirés de couleurs éclalanles et gaies. La Figure aérostatique est enfin terminée et prête
- Fig. I>.— Éléphant «le grandeur naturelh' <‘n peau de baudruche. Fi'g. 7. — Fiou de 7 métros do longueur on peau de baudruche.
- (D’après des photographies.)
- à s’élever dans les airs lorsqu’elle aura reçu sa provision de gaz.
- C'est surtout le goût du fabricant de ces ligures aérostatiques qui décide de leur succès auprès du public. On voit, d’après les ligures anciennes re-
- produites ci-dessus, que, s’il y a cent ans, elles étaient jolies, elles ne le sont pas moins aujourd'hui. L’art des ligures aérostaliques est plulôl en voie de progrès. Ai.df.rt I issandikr.
- ——<*- —
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- LA NATURE.
- LE LYCTO-YISCOSDIÈTRE
- La question du lait préoccupe tous les hygiénistes. Que nous vend-on sous le nom de lait? Dans des recherches récentes, nous n'avons rencontré en général que des laits mouillés et écrémés. Or, c’est surtout la crème qui donne au lait sa valeur nutritive. On la lui retire tout simplement en écrémant fortement. On mouille à 15, à 25, à 40 pour 100. On rencontre même des laits qui ne sont plus guère comparables qu’à de l’eau sucrée à 4 pour 100. Et l’on arrose le lait avec quelle eau? L’est là le grand danger. On prend la première eau qui se trouve sous la main ; tout est hou pour la fraude. Et cette eau peut contenir des microbes pathogènes, et elle en contient souvent. En outre, souvent aussi, on mouille avec de l’eau de puits, ou de l’eau légèrement sulfatée. Or les sulfates ont une tendance marquée à faire tourner le lait, à précipiter en petits flocons très lins la caséine du lait. Le liquide devient difficile à digérer et les nourrissons auxquels on donne le lait sont souvent en proie à la gastroentérite. Le lait que l’on nous vend, sauf rares exceptions, assassine lès jeunes enfants, et l’on nous parle tous les jours de la dépopulation. Il meurt chaque année en France près de 150 000 nouveau-nés, le plus souvent par défaut d’une alimentation convenable. Supprimez la mortalité infantile et vous gagnerez des milliers d’enfants qui feront des soldats. En province même, un quart environ des enfants qui naissent meurent avant d’avoir atteint l’àge d’un an. Evidemment, les causes de cette mortalité sont complexes, mais on peut dire que l’origine première du mal se trouve dans la mauvaise alimentation, dans l’usage d’un lait insuflisant ou contaminé. La dépopulation est due au laitier dans une large proportion. Les pays à mauvais lait se dépeuplent à vue d’œil. Par exemple la mortalité infantile est de 60 pour 100 {dus forte à Hanovre qu’à Washington, et pourtant les deux villes se trouvent dans des conditions hygiéniques également satisfaisantes. Seulement, à Washington, on prend des mesures préventives sévères dans la vente du lait; à Hanovre, il n’existe ni règlement, ni inspecteur des vacheries. Le I)’ Berliner, après une longue enquête, ne peut expliquer le fait que par la différence relative à la vente et à l’inspection du lait dans la ville allemande et dans la ville américaine.
- A Paris, quoi qu’on fasse, la fraude a lieu sur grande échelle, et l’on semble plus ou moins impuissant à la combattre. Il faudrait que le consommateur, beaucoup trop insouciant en pareille matière, fît sa police lui-même. Le jour où il refuserait le mélange d’eau et de lait qu’on lui vend à 0fr,50, à 0fr,50, dépourvu de ses substances nutritives, il faudrait bien que le producteur changeât ses habitudes. Du lait ou rien ! Mais il faudrait de l’ensemble 'dans l’initiative, et c’est parce que nous nous plaignons au lieu d’agir que le producteur, qui connaît bien son public, continue tranquillement ses petites opérations lucratives. Quand l’acheteur fera sérieusement grève, tout
- changera.
- Mais le consommateur ne sait plus ce que c’est que du bon lait ; il en a perdu la saveur. Et comment savoir si un lait est bon ou mauvais? Le problème est, en effet, difficile, très difficile à résoudre. Le producteur, qui redoute les sévérités administratives, s’arrange de façon à choisir ses vaches et à leur faire donner une très grande quantité de lait au détriment de sa richesse en beurre et en caséine. Ce lait est naturellement mouillé et renferme peu de crème. H n’a pas été falsifié pourtant. Pour tourner la difficulté, il suffirait de payer le lait en raison de sa ri-
- chesse. Il est clair que le producteur n’aurait plus aucun avantage à le mouiller naturellement ou artificiellement. D’ailleurs, il est possible de reconnaître le lait écrémé du lait pauvre. Nous possédons un procédé, de différenciation très simple. Mais le public, encore une fois, aurait avantage à se défendre en abandonnant tout laitier lui fournissant du lait mouillé et écrémé. Peut-on savoir quand le lait a été falsifié? C’est là évidemment ce qui intéresse avant tout le consommateur.
- Les procédés en usage jusqu’ici, en dehors de l’analyse chimique longue et difficile, sont très insuffisants. Sans les passer en revue dans ces lignes rapides, on peut dire que l’instrument de contrôle le [dus répandu, le pèse-lait ou lacto-densimètre, est un instrument trompeur qui induit le public en erreur et sert avant tout au laitier pour le diriger dans ses opérations de mouillage et d’écrémage. Le laitier retire de la crème, et l’instrument indique un lait de densité trop forte; alors il le mouille, ce qui diminue la densité, jusqu’à ce que le liquide reprenne la densité caractéristique du lait riche. Et le tour est joué au détriment du bon public.
- On a fait certain bruit, ces temps derniers, autour d’une méthode originale, la « cryoscopie du lait ». M. Winter en avait fait connaître le principe dès 1805. Le lait pur se congèle à une température voisine de zéro et fixe. En lait mouillé, écrémé, à une autre tempéra-
- ture. Donc avec un thermomètre plongé dans du lait entouré de glace, on peut déduire le degré de congélation et par suite la qualité du lait. Cette méthode délicate, qui ne repose que sur des variations thermométriques très peu accentuées, n’est pas accessible au grand public.
- Voici heureusement qui semble résoudre le problème. En 1002, un journal, « L’Echo de Paris », eut l’idée excellente d’instituer un concours dans l’intérêt de la santé publique pour la découverte d’un procédé permettant de reconnaître rapidement, sans connaissances techniques spéciales, les falsifications subies par le lait. Le Jury était bien composé : M. Brouardel, M. Haller, de l’Académie des sciences, MM. Blondel, Bordas, Étard, Hanriot, Kaiser, Lindet, etc., tous noms autorisés. Or, à la suite de ce concours et d’un autre encore, un appareil fut remarqué entre tous et deux fois récompensé. 11 est fondé sur la viscosité des liquides. Son inventeur, physicien ingénieux, a préféré garder l’anonymat. Toujours est-il que son Lacto-viscosimètre,|que nous avons essayé, semble répondre aux besoins du public et mérite, certes, une mention de notre part.
- Les molécules d’un liquide se déplacent par rapport les unes aux autres selon la nature de ce liquide. Si elles glissent aisément, il va de soi qu’un liquide coulera par une pointe capillaire en raison même de sa plus ou moins grande viscosité. Or, chaque liquide ayant sa caractéristique de viscosité pourra être défini par cela même. Le principe est fécond. Il est clair que si on modifie le liquide par un mélange avec un autre ou par soustraction de ses éléments constitutifs, la viscosité changera et aussi l’écoulement d’un volume constant exigera un temps également caractéristique du liquide modifié. L’auteur du lacto-viscosimètre a reconnu que l’on pouvait très nettement, par cette durée variable d’écoulement, savoir si un lait était pur ou falsifié. L’introduction d’un peu d’eau dans le lait notamment produit une différence très sensible dans la viscosité et par suite dans la durée de l’écoulement.
- L’appareil qui utilise ce principe se compose tout bonnement d’un réservoir minuscule de cuivre étamé à Tinté-
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- rieur, monté sur trois pieds. C’est dons ce réservoir que l’on aura à verser quelques centimètres cubes de lait. Un ferme le réservoir avec un bouchon métallique. Du réservoir descend un petit tube fin en verre protégé par une gaine de métal. C’est tout. Ce lait une Ibis versé, on ouvre le robinet que l’on voit sur la figure. Le liquide traverse le tube et s’échappe à la partie inférieure dans son godet où plonge un thermomètre. Il est indispensable de noter la température du lait, car la viscosité varie beaucoup avec la température. Un compte avec une montre à secondes la durée exacte de l’écoulement depuis l’ouverture du robinet.. 11 ne reste plus qu’à recourir à des tables livrées avec l’instrument qui donnent immédiatement, pour toutes les durées d’écoulement et à toutes les températures, le degré de pureté du lait et sa composition. C’est joli comme idée et comme dispositif.
- Le Lacto-viscosimètre.
- Ainsi, je prends le lait à examiner. Je constate que le volume introduit dans le réservoir s’est, écoulé, montre en main en 2m45s; que le thermomètre marque 18°,5. Je trouve aussitôt dans la table : beurre 5,39 en poids dans 100 parties de lait à la densité de 1052 avec la notation : assez bon. L’essai est facile et exige peu de temps. Un peut d’ailleurs, par un calcul très simple, obtenir de même la richesse du lait en matières extractives (lactose, caséine, sels, etc.) et la quantité d’eau de mouillage probable. Nous voilà, en somme, armés d’un instrument révélateur de la qualité du lait, que tout le monde peut manier sans apprentissage préalable. 11 répond immédiatement et nettement : lait mauvais, lait bon, lait passable, etc.... Ce résultat n’avait pas encore été obtenu. Le lacto-viscosimètre offre donc une solution pratique d’essai. Son usage, quand on en aura pris l’habitude, pourra exercer une influence salutaire sur les fraudes déplorables qui ont cours en ce moment dans le commerce de la laiterie. Henri de Parviî le.
- CES
- Mll\E\l\ APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- Les chambres à main sont déjà si nombreuses et si variées qu'il parait bien difficile d’en créer de nouveaux modèles. Cependant les constructeurs, s'ingéniant chaque année à satisfaire les désirs exprimés par les amateurs, trouvent encore moyen, soit d'apporter des modifications importantes aux types anciens, soit même d’en établir d'autres qui comportent des dispositions vraiment nouvelles.
- L’appareil de poche est depuis longtemps réclamé et il existe déjà pour les très petits formats. M. Bel-lieni a pensé que, sans aller jusqu'à la dimension HXl-, on pouvait, en s’en rapprochant autant (pie possible, obtenir un appareil d’un volume assez réduit pour être mis dans la poche. 11 s’est arrêté au format Hxbf (pii est celui adopté pour les projections et pour lequel on trouve facilement des plaques de marques les plus courantes. Il y a plus de dix ans que pour notre usage personnel nous avons fait construire un appareil de poche pour ce format et nous avons toujours trouvé des plaques. Le châssis métallique de cette dimension est fort léger et peu encombrant, il pèse 05 grammes et a 5 millimètres d’épaisseur. La chambre pèse DUO grammes, elle a 5 centimètres d’épaisseur quand elle est fermée, sa largeur est de 11 et sa hauteur de 15 centimètres. Elle est formée (fig. 1 et 2) par un sou fil et en peau monté sur ressorts et réunissant la planchette d’objectif au cadre d'arrière où se glissent les châssis. On l’ouvre par une simple traction sur ces deux parties, elle est tout de suite prête à fonctionner; les ressorts lui assurent une rigidité parfaite sans autre manœuvre de la part de l’opérateur.
- Une innovation pour les appareils de cette catégorie, c’est l’emploi de l’obturateur de plaque; le, modèle adopté est celui de Gœrtz-Anschutz qui est déjà très répandu. On sait que son rendement est supérieur à celui des obturateurs d’objectifs et, en employant les nouvelles plaques rapides, on peut obtenir de bons clichés dans des conditions de lumière qui eussent été, il y a peu de temps encore, considérées comme tout à fait insuffisantes pour faire de l’instantané. L’objectif est un Gœrtz avec monture hélicoïdale pour la mise au point jusqu’à faible distance. Le décentrement est de 5 centimètres en hauteur et 5 centimètres en largeur.
- Le viseur est constitué par un œilleton fixé vers le cadre arrière et par un cadre métallique, ayant exactement les dimensions de la plaque, monté sur la planchette d’objectif qu’il accompagne dans tous ses mouvements de décentrement. On est toujours assuré d’avoir sur la plaque la reproduction exacte de ce que l’on voit dans l’encadrement du viseur.
- Dans la catégorie des jumelles, M. Schrambach, pour sa « Pochette-jumelle », a trouvé une disposition tout à fait nouvelle qui permet de replier le magasin et de fermer l’appareil de façon à obtenir un volume réduit ne présentant que 0m,045 d’épaisseur,
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- sur 0ra,100 de large et 0m,l55 de haut, pour le format 0 1/2 X 0.
- La jumelle ouverte (fig. 4) a l’aspect des appareils ordinaires en forme de tronc de pyramide, mais les entés sont constitués par deux planchettes montées à charnière sur l'avant qui porte l’objectif; le magasin est monté aussi à charnière (fig. 5) de façon à pouvoir se rabattre sur l’une de ces deux planchettes, son épaisseur est telle que, lorsqu’il est rabattu et (pie la seconde planchette vient reposer sur lui on a un bloc à faces parallèles (fig. b) très facile à mettre en poche. La chambre noire est constituée par un soufflet sans plis en peau très souple. Le magasin est entièrement métallique, il peut se retirer facilement du tiroir où il coulisse pour être remplacé par un autre, ce qui permet d’en avoir toujours un en réserve; pour le voyage celle disposition est très pratique. Le mode d’escamotage est particulier, on doit laisser le magasin tiré pour opérer; la plaque de dessus est retenue en place en face de l’objectif, les autres sont entraînées; si l’on ne déclenche pas l'obturateur et qu’on renonce à prendre le sujet qu’on avait en vue, on n’a qu’à le repousser; si on a pris le cliché, on appuie sur un bouton spécial, la plaque tombe au fond de l’appareil et se trouve logée sous les autres quand on repousse le tiroir ; un petit disque en verre rouge permet de voir toujours le numéro du châssis qui se trouve en dessous.
- L’objectif est au choix de l’acheteur et l’obturateur, placé entre les lentilles, donne différentes vitesses et la pose à volonté; le viseur est constitué par une lentille qui donne l’image réduite et redressée en portant l’appareil à hauteur de l’œil.
- Un autre inventeur, M. Rancoule, a disposé son appareil, qu’il nomme la « Stado-jumelle », de façon à permettre des usages multiples. Il est stéréoscopique pour format (> X 45 et peut servir de longue-vue et de stéréoscope pour voir les positifs sur verre. Sa forme est carrée, ses dimensions sont 8x40 X 15 centimètres. La planchette d’avant porte les deux objectifs et l’obturateur qui donne à volonté l’instantané ou la pose. Si l’on rabat cette planchette (fig. 8) elle entraîne dans son mouvement une autre planchette, montée à angle droit avec elle, et portant deux objectifs simples qui sont ceux de la longue-vue ; les oculaires se trouvent montés àl’arrière et la mise au point se fait en manœuvrant un bouton placé sur le coté. IiOrsqu’on veut photographier on relève la planchette d’arrière et les oculaires servent alors de viseurs (fig. 7). On a soin naturellement dans ce cas de relever la planchette d’avant pour remettre en place les objectifs photographiques; dans ce mouvement les objectifs de la longue-vue viennent reposer dans le fond de l'appareil et deux volets noirs se placent automatiquement par-dessus pour éviter les réflexions dangereuses pour la plaque sensible. La mise au point peut se faire, si cela est nécessaire, au moyen d’un verre dépoli en manœuvrant la crémaillère (pie nous avons signalée tout à l’heure à propos de la longue-vue. Les [flaques sensibles sont logées dans de petits
- châssis métalliques indépendants les uns des autres qui se glissent dans la rainure placée à l’arrière de l’appareil.
- Enfin, lorsqu’on veut examiner les positifs sur verre, on remet en place les objectifs de la longue-vue, mais on laisse les oculaires relevés (fig. 6) et à l’arrière de la chambre on coulisse un porte-cliché dont la longueur est calculée en raison du foyer des objectifs ; on achève la mise au point avec la crémaillère. On a donc, sous un petit volume, une longue-vue, un appareil photographique et un stéréoscope : c’est un véritable appareil de voyage.
- Parmi les appareils stéréoscopiques nous devons indiquer celui que vient de créer tout récemment M. Leroy, le constructeur du « stéréo-cycle ». Pans ce modèle bien connu, que nous avons décrit ici en son temps, l'emploi de deux plaques séparées flxfi s’oppose à la prise d'une vue panoramique qui est de mode aujourd’hui (h tort ou à raison, plutôt à tort, pensons-nous) pour tous les appareils stéréoscopiques.
- On obtient ordinairement cette faculté en amenant, au moyen du glissement de la planchette, l’un des objectifs vis-à-vis le centre de la plaque. Dans son nouvel appareil (qui n’exclue pas l’ancien) M. Leroy emploie des châssis séparés 6x45 et il obtient le déplacement en montant l’un des objectifs sur un disque qu’on peut faire tourner de 480 degrés; ce mouvement amène l’objectif au centre de la planchette et en même temps fait disparaître la séparation qui existe à l’intérieur de la chambre pour la prise des vues stéréoscopiques. En créant cet appareil M. Leroy a eu surtout pour but de mettre à la disposition des amateurs un modèle d’un prix relativement modique.
- Nous avons eu l’occasion au début de cet article de parler de l’obturateur de plaque qui se répand de plus en plus, etc’estle plussouventà l’étranger qu’on le prend. Un constructeur français, M. Rarby, a imaginé un modèle, « le Klopcic », qui a l’avantage de permettre de régler la largeur de la fente au moyen d’un bouton placé à l’extérieur.
- Bien que l’inventeur construise un appareil à main, du format 0x12, monté sur ce châssis, il ne le limite pas à cette seule espèce et on peut l’adapter aux appareils sur pied, ou à d’autres chambres à main, c’est pourquoi nous avons voulu le signaler particulièrement (fig. 0 et 10). 4œ rideau est formé, comme dans les obturateurs similaires, par une étoffe qui s’enroule en haut et en bas sur des cylindres; la fente, à bords parallèles, est commandée par un fil qui correspond à un bouton placé sur le côté de l’appareil ; une manette, placée du côté opposé, sert à armer l’appareil. Le déclenchement se fait au doigt ou à la poire et, quand la fente est ouverte à sa [dus grande largeur, c’est-à-dire de façon à démasquer toute la plaque, et à permettre la mise au point sur un verre dépoli, on peut : soit faire passer le rideau lentement de façon à poser plus ou moins longtemps; soit, au moyen d’un premier coup, laisser la plaque découverte tout le temps qu’on le juge né-
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- cessaire, puis refermer le rideau au moyen d’un déroulement du rideau se règlent au moyen d’un second coup sur le déclenchement. Les vitesses de index placé près du remontoir. Quant à la largeur
- Appareils nouveaux. — 1, 2, Appareil de poche 8x10 Bellieni; 5, -l, o, Pochette-jumelle 0 1/2x0 Schrambach;
- 0, 7, 8, Stadojurnelle stéréoscopique 0 X 13 Rancoule ;
- 0, 10, Obturateur Ilarhv à rideau avec fente réglable de l’extérieur; 11,12, Châssis à escamoter Plocq et Salonne à magasin indépendant.
- de la fente on l'augmente ou on la diminue à volonté tout à l’heure; il est muni d’un index qui indique en tournant le bouton (fig. 10) dont nous avons parlé en centimètres la largeur obtenue. On peut combi-
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- ncr la largeur de la fente et la vitesse du déroulement du rideau de façon à obtenir des instantanés plus ou moins rapides. L’inventeur nous donne les indications suivantes : le l 1000 de seconde est obtenu par une fente de 0m,01 avec l’indication 1 au régulateur de vitesse: le 1/500 sera obtenu avec la même fente et le n° 12 du régulateur. On diminuera environ de moitié la rapidité de l'instantané pour chaque numéro du régulateur.
- Les châssis à magasin ont donné lieu à de nombreux brevets, mais la série n’est pas encore épuisée. MM. Plocq et Salon ne ont eu pour but de rendre le magasin indépendant du tiroir de façon à permettre d’en emporter plusieurs tout chargés pour le voyage (tig. 11 et 12). A cet effet il l’ont muni d’un rideau souple en bois qui vient en fermer l’extrémité avant qu'on ne le retire de l’appareil. Ce rideau se pousse avec le doigt quand le magasin est ouvert ; on soulève alors deux crochets qui permettent de le sortir complètement pour le remplacer par un autre.
- Les plaques s’escamotent dans toutes les positions et lorsqu’elles sont toutes passées, il est impossible qu’elles viennent à nouveau se présenter devant l’objectif, une plaque de tôle ferme automatiquement le magasin après le passage de la dernière plaque; on peut alors l’ouvrir et le fermer impunément sans risque d’impressionner à nouveau les plaques qui ont déjà posé.
- Le bilan des nouveautés n'est peut-être pas tout à fait complet, mais nous croyons avoir indiqué les plus intéressantes. Nous indiquerons s’il y a lieu, ultérieurement celles que nous aurions omises et qui mériteraient d’être signalées. G. Maresoual.
- LE VILLAGE LE PLUS ÉLEVÉ DE FRANCE '
- I n récent numéro du journal renferme un article intitulé: « Le village le plus élevé de France ». On y indique comme tel Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes, en lui attribuant la cote de 2040 mètres.
- Saint-Véran est bien l’agglomération urbaine la plus importante située en France au-dessus de l’altitude de 2000 mètres, mais ce n’est point le groupe d’établissè-ments humains le plus élevé de France ; cet honneur appartient au village d’Àvérole, et au hameau de l’Ecot, sis tous deux dans la haute Maurienne.
- La cote de 2040 mètres indiquée pour Saint-Véran est sujette à caution.
- Sur la carte de l’État-major français au 50000e (type 1889) (Feuille de Larché revisée en 1896), Saint-Véran même ne porte point d’altitude; le village est compris entre la cote de 2009 qui s’applique aux Forannes, maisons de la région nord du village, et celle de 1982, qui concerne le Villard, écart situé plus bas que l’agglomération principale. Saint-Véran est donc situé entre 2009 et 1982 mètres. J’ajouterai toutefois que la cote de 2009 mètres a été adoptée pour l’altitude de Saint-Véran. Il est permis de contester ce chiffre, mais pour cela on doit fournir les preuves scientifiques de l’exactitude de la nouvelle altitude que l’on propose.
- 1 Voy. n“ 1569, du 20 juin 1905, p. 47.
- Le village d’Avérole et le hameau de l’Ecot sont à des altitudes notablement supérieures à celle de Saint-Véran, toujours d’après la carte de l’État-major français. Le premier se trouve à 2055 mètres, le second à 2046 mètres
- Avérole fait partie de la commune de Bessans (Savoie); il est situé dans la vallée du même nom, le premier vallon tributaire de gauche qui débouche dans la vallée de l’Arc (Maurienne) à partir de la source de cette rivière. Le hameau de l’Ecot se trouve dans la commune de Bonneval-sur-Arc, la plus haute commune de la vallée de l’Arc (Maurienne), dans la vallée même de l’Arc.
- Les prétentions de ces différentes localités au titre de village le plus élevé de France ont été examinées et élucidées par M. AV. A. B. Coolidge, l’alpiniste qui connaît le mieux toutes les Alpes françaises du Mont-Blanc, à Nice et par le docteur Fodère, de Saint-Jean-do-Maurienne. (Voir la Revue Alpine publiée par la Section lyonnaise du Club Alpin français, année 1896, p. 265 et 519.)
- J’ai passé plusieurs fois devant l’Ecot, mais c’était la nuit, pour gagner, avant le jour, les glaciers. Sur l’importance de cette localité, je ne puis donc fournir aucune observation personnelle. Le docteur Fodère donne à l’Écot le nom de « hameau » ; il avait, il y a quelques années, une population de 45 habitants, mais leur nombre a certainement diminué depuis.
- Avérole,. où j’ai passé une nuit, il y a bien des années, est un groupe de cinq à six maisons, si mes souvenirs sont exacts. D’autre part, la vallée voisine d’Avérole, la Combe de Ribon, qui, comme la précédente, débouche à Bessans dans la vallée de l’Arc, l'enferme dans sa partie supérieure, un groupe d’établissements humains, l’Arselle, sis à la cote 2265 mètres (État-major français), mais ce sont des chalets d’été occupés seulement pendant la belle saison, tandis qu’Avérole et l’Écot sont des hameaux ou villages habités d’une manière permanente.
- Saint-Véran forme une agglomération beaucoup plus considérable qu’Avérole et que l’Ecot. En 1889, lors de mon séjour dans ce village, la population agglomérée s’élevait à 450 âmes; ce chiffre m’a été donné par les indigènes; par conséquent, il n’est point revêtu de la garantie gouvernementale comme la carte de l’État-major. La population de Saint-Véran tire ses principales ressources de l’industrie pastorale. En 1889, le village possédait, m’a-t-on dit, 600 vaches, ce qui indique des gens fort à leur aise. Au-dessus du village vers la crête séparant la vallée de l’Italie et de celle de l’Ubaye s’étendent de superbes pâturages. Charles Rabot.
- NOS ANIMAUX DOMESTIQUES
- DANS LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
- LE CHEVAL 1
- Rien ne peut nous apprendre à quelle époque remonte la conquête du cheval ; on croit que les peuples de l’Asie centrale furent les premiers à domestiquer ce précieux quadrupède et que c’est des steppes de la Mongolie, des montagnes du nord de l’Inde et des régions avoisinantes, où il vit encore à l’état sauvage, qu’on l’aurait exporté, d’une part, en extrême Orient, de l’autre dans le midi et en Occident.
- Au témoignage des Chinois, ceux-ci l’employaient
- 1 Voy. n° 1555, du 28 février 1905, p. 205.
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- LÀ NATURE.
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- déjà, dans leurs expéditions militaires, plus de deux mille ans avant J.-C. D'après les monuments égyptiens, nous n’avons pas lieu de croire qu’il ait pénétré plus tôt dans la vallée du Nil ; aucun texte, aucune inscription, de l’ancien ou du inoven empire, n'en fournil le moindre indice ; il n’y est fait allusion, pour la première fois, que dans une stèle remontant à la tin de la XVIIe dynastie ; c'est dans la Genèse seulement que l’on trouve la plus ancienne mention de son existence en Égypte; le récit biblique raconte qu'en échange de blé, les Égyptiens amenèrent à Joseph leurs « chevaux», leurs dues et leurs troupeaux de bœufs et de brebis1. Autant qu’il est possible de lixer une date à un fait pour lequel nous n’avons aucune chronologie certaine, celui-ci aurait eu lieu de dix-lmit à dix-neuf cents ans, environ, avant notre ère; c’est-à-dire vers la tin de la domination des Pasteurs.
- Mélange de Mongols et de Sémites, ces Pasteurs ou Hyksos, familiarisés, depuis longtemps, avec un animal fort répandu dans leur pavs, devaient, comme les Tartares de nos jours, l'employer à tous les usages, et à l’époque de l’invasion, environ 500 ans avant Joseph, ils l'introduisirent, avec eux en Égypte où il se multiplia rapidement. Le cheval aurait donc été amené d’Asie vers le xive siècle avant J.-G. L’origine sémitique du mot « ses-mut », servant à désigner une cavale, ne peut laisser le moindre doute sur cette provenance. A Gournah-Mouray, dans un tombeau de la XVIIIe dynastie, nous voyons des Asiatiques, conduisant deux chevaux, l'un blanc, l’autre jaune pale, fortement charpentés, le cou un peu court, la tète épaisse, la queue longue et bien fournie; ils représentent, sans doute, le type primitif du cheval asiatique amené en Égypte par les Pasteurs (l’E. caballus asiaticus); leur, aspect général rappelle les chevaux sculptés sur les parois du palais de Nimroud2, chevaux qui, à leur tour, ressemblent au cheval syrien employé encore de nos jours, dans la cavalerie khédiviale. (tig. 1 )
- Dès la XVIIIe dynastie, les monuments où figure le cheval sont extrêmement nombreux et nous apprennent quels différents partis les Égyptiens surent tirer de ce quadrupède, dont l’introduction, dans la vallée du Nil, amena un changement considérable dans leur tactique militaire. N’ayant point de cavalerie proprement dite, ils l’employèrent surtout comme animal de trait et les chars de guerre traînés par deux chevaux constituaient la principale force de leur armée, (fig. 2)
- C’est avec un attelage, aux grands chevaux empanachés et au char orné, en guise de trophées, des tètes sanglantes de trois princes rebelles, que Séti Ier entre triomphalement dans Thèbes, au retour d’une campagne contre les Ruten et autres nations lointaines « qui ne connurent point l’Égypte ».
- Il y avait certaines panégyries sacrées où les atte-
- 1 Genèse, chap. xi.vii, 17.
- 2 Voir Ninive et l’Assyrie, par Victor Place, t. III, pl. 59, fig. 4.
- lages jouaient un rôle considérable, ainsi que le montre la chevauchée de Tel-el-Amarna, dans laquelle, accompagné de la reine, des princesses et des princes royaux, nous voyons le roi Khou-en-Aten évoluant, à toute bride devant le disque du soleil.
- Le cheval trouvait encore sa place dans les travaux de l’agriculture; les Egyptiens l’utilisaient pour traîner les chars desservant leurs domaines (tig. 5) et, à défaut de bœufs, ils l'attelaient quelquefois aussi à ia charrue (fig. i). Il était donc assez naturel (pie, sous le nouvel empire, ce quadrupède lut très recherché et constituât fini des principaux éléments du tribut imposé par les pharaons aux nations vaincues. Parmi les prises que lit Tliotlimés III, après la victoire de Mageddo, figurent I9l poulains, 8 abi-riou1, etc. On ne manquait, aucune occasion d’en tirer le plus possible en Égypte; déjà Tliot limés II en avait amqné du midi, et plus tard, Amenlouankh, alors qu’il faisait venir du Ruten de magnifiques chevaux blancs, en recevait d’entièrement rouges du pays de Kousch2.
- L’utilité du cheval était si bien reconnue, que dans toute l’Égypte on établit des haras royaux du nom de « allait » où l’élève de cet animal prit une importance considérable. Selon Diodore de Sicile, depuis Memphis jusqu'à Thèbes, il y avait, dans la contrée riveraine, cent écuries pouvant contenir chacune environ deux cents chevaux3. Les rois d’Égypte attachaient un si grand prix à la possession de ces étalons, nommés « Laoua », élevés sur leurs domaines, que la fonction de « merit ses-mut en suten » (préposé aux chevaux du roi), fort élevée dans l’ordre hiérarchique, était souvent attribuée à des princes royaux. Le scribe et le supérieur des chevaux du roi étaient aussi d’éminents personnages. On affectait à la nourriture de ces animaux des terres spéciales qu’on ne labourait jamais; ces prairies étaient, ainsi que les étalons, placées sous la haute surveillance d’un « chef d’atelier », dépendant de la grande intendance royale4. Les pharaons donnaient parfois à leurs chevaux un nom particulier. A la suite d’un brillant fait d’armes qu’il remporta en Asie, Ramsès II fit élever ses chevaux avec un soin tout spécial. « Victoire à Thèbes et Noura satisfaite » étaient mes grandes cavales, dit-il, c’est elles que j’ai trouvées sous ma main, quand j’étais seul au milieu des ennemis frémissants; aussi je veux qu’on leur serve le grain, devant le dieu Phré, chaque jour, quand je serai dans ma maison royale3 ». L’un des attelages de guerre de Ramsès III portait le nom d’ « Ammon vainqueur dans sa puissance » et de 1’ « Aimé d’Ammon ».
- A toutes les époques, les peuples possédant un même degré de civilisation ont, à peu de chose près,
- 1 Abiriou, pluriel d’Abiri, coursier fort et rapide.
- 3 Kousch, Ethiopie.
- 3 Diodore de Sicile, tiv. II, chap. xi.v.
- 4 Chahres, Études sur l'Antiquité historique, ctiap. vu, p. 439.
- 5 Poème de Pcntaour.
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- LA NATURE.
- fait la guerre d’une façon semblable. Dans la liante antiquité, nous les voyons tous. Egyptiens, Hittites, Grecs,Troyens, etc.,combattre sur des chars attelés de deux chevaux ; mais, sauf de loin en loin quelques cavaliers
- temps pharaoniques. Le cheval qui, au xxe siècle avant notre ère, était si répandu en Syrie et dans toute la vallée de l'Oronte, devint de plus en plus rare dans ces contrées, au fur et à mesure que disparaissaient les
- isoles, on ne trouve rien ressemblant à un corps de cavalerie. A Karnak, voici le chef d’As-calon «pii, assis sur un cheval à la manière des femmes, cherche son salut dans la fuite (fi". (>); d’autres guerriers, percés de flèches (fi". 5), se sauvent aussi sur une semblable m o n t u r e. A u temple d’ibsam-
- Fip. 1.
- boni, disséminés, cà et là, quelques cavaliers égyptiens ont l’air de poursuivre des fuyards ou déporter
- grands empires asiatiques, ruinés par les armes des pharaons. En Égypte, au contraire, son importance s’accrut si prodigieusement, qu’au xesiècle l’élève de ce quadrupède constituait l’une des principales productions de ce pays. Les chevaux égyptiens jouissaient alors d’une telle célébrité, que le roi Salomon en faisait acheter des quantités considérables, qu'il incorporait dans ses armées ou vendait aux
- Bas-relief du palais de Ximroud.
- Pharaon sur son char de guerre.
- des ordres; enfin un bas-relief, publié par Cham-pollion, nous montre un homme à cheval précédé d’un sais. Si l’on considère avec quel soin les Égyptiens ont représenté les moindres actes de leur vie matérielle, il est difficile d’admettre, par ces rares exemples, qu’ils aient pratiqué l'équitation dans les
- autres rois ses voisins. « C’était d’Egypte que sortaient les chevaux de Salomon; un convoi de marchands du roi les allait chercher par troupes, contre paiement. Un char montait et sortait d’Égypte pour six cents sicles d’argent, et un cheval pour cent cinquante; et de même on en tirait, par leur moyen
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- LA A AT U HE.
- IOt>
- jioiir tous les rois des llethéens et pour les rois de Syrie1. »
- Quand, vers 745 av. J.-C., le roi éthiopien Pianki-
- « Par ma vie, par l'amour du dieu Ha, qui me donne de nouveaux souffles de vie ! Avoir affamé mes chevaux, c’est un crime plus grand que toutes les ofïen-
- Meriamen s'empara de l’Egypte, divisée alors entre plusieurs princes rivaux, au fur et à mesure de sa marche en avant, son premier soin était de s’enquérir de l’état des écuries : « A Her-mopolis, Sa Majesté se rendit au palais du roi Ni-mroud, elle se lit a m e n e r 1 e s
- épouses et les tilles de ce roi..., mais Sa Majesté ne tourna pas le visage de leur coté. Sa Majesté se dirigea ensuite vers l’écurie des chevaux et le dépôt des poulaines et vit qu'on les
- avait laissés manquer de nourriture. Elle dit alors :
- Fig. (i. — Le cher tl'Ascalon, bas-relief du teuiple de Karn.ik.
- 1 I. Rois, cliap. iv, verset lü; eliap. îx, versets 20, 28,20. — 11. Chroniques, chap. ix, verset 28. Le sicle d’argent valait environ 5 francs, chaque cheval revenait donc à 450 francs.
- ses ipte lu as commises1 ». En 1565, lors de la prise de Thèhes par Assourhauipal, il est fait mention dans
- la liste du butin de « grands chevaux », épithète pouvant faire croire qu’il s’était formé, en Egypte, une race de cheval particulière, plus haute et plus forte que celles de Syrie et de l'Arabie. Si l’on en juge par les peintures et les bas-reliefs, les chevaux égyptiens avaient des formes sveltes, la taille élevée, les jambes fines, les pieds minuscules, la queue longue et abondante. Celte race, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, se rencontre quelquefois encore dans la province de 1 Stèle de Djehel-Rarkal.
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- MO
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- Dongola en Nubie. Suivant une légende hellénique, après la londation (l’Athènes, Neptune offrit le cheval à la cité naissante et Minerve l’olivier. Cette table, qui lait du dieu des eaux le donateur du cheval, n aurait-elle pas été inventée pour rappeler l’origine étrangère de ce quadrupède, amené en Grèce d’au delà des mers, peut-être de l’Egypte? Ces chevaux, pleins de feu, qui caracolent le long des frises, autour duParthénon, évoquent si bien le souvenir des vieux coursiers pharaoniques, qu’on peut, sans trop d’invraisemblance, les croire issus de ces glorieux ancêtres.
- En dehors des grandes scènes historiques, les artistes égyptiens ont fait, du cheval, les plus heureuses applications dans l’art industriel. Les vases d’or et d’émail, conservés dans les trésors des temples, sont parfois enrichis, au col ou à la hase, de tètes de chevaux surmontées d'élégantes plumes d’autruche. Mêlés aux rosaces, canelures, lotus épanouis et autres ornements, ces chefs empanachés concourent à iormer des compositions originales, pittoresques et très décoratives. P. lliM>oi.vri: Poussai:. ------------------------—
- ncmiISIE
- Parmi les nombreuses prescriptions hygiéniques imposées dans ces derniers temps, il en est une qui enjoint aux propriétaires de magasins de fournir à leurs employés des sièges ou tabourets pour éviter les trop longues stations debout. Cette prescription n’eùt guère été du goût du malheureux dont le Rr Raymond a fait connaître récemment l’histoire.
- La station assise est pour lui un supplice; on ne peut te maintenir quelques instants assis sur une chaise sans provoquer une véritable crise nerveuse. Le pauvre homme est atteint d’une affection singulière, heureusement rare, à laquelle llascowec, de Prague, a donné le nom d’aca-thisie. Si l’on fait asseoir ce malade, on le voit, au bout de deux à trois minutes, se tourner sur sa chaise, grimacer, manifester une gène et comme une souffrance. Ine minute de plus et le voilà qui écarte les jambes, se raidit des deux mains aux barreaux comme pour se crain-|>omier. En réalité, il fait un effort pour se soulever et empêcher le siège d’appuyer sur la chaise. Et cette mimique de désespoir est réellement une manifestation de souffrance, car on voit la sueur perler sur le visage, la respiration devenir haletante ; enfin n’en pouvant plus, le malade se dresse debout comme mû par un ressort et tout aussitôt tout s’apaise, le calme revient sur le visage ; l’expression d’angoisse disparait, le malade ne sent plus rien.
- Affection nerveuse, direz-vous? c’est évident, mais des plus singulières, n’est-il pas vrai? Dans quelle catégorie doit-on la ranger? dans les névroses que l’on qualifie de phobies et elles sont nombreuses, car chaque malade a quelquefois une psychopathie spéciale à son genre de travail ou de préoccupation. Lue des plus connues est l’agoraphobie, la peur de traverser les espaces découverts. L’hydrophobie, dont on a fait le synonyme de rage, car l’eau produit chez les malheureux rabiques des convulsions spasmodiques du pharynx, est encore assez fréquente. Mais il en est de toutes sortes; tel le coiffeur qui a peur de toucher un rasoir, la couturière qui ne peut voir une paire de ciseaux, l’employé du télégraphe auquel le contact de l’appareil provoque (et sans participation de se-
- cousse électrique) une crise nerveuse; tel un jeune docteur qui ne pouvait s’asseoir sur des sièges rembourrés et ne trouvait le calme et la plénitude de ses facultés que sur une chaise cannée.
- Le sujet aeathisique dont je parle est atteint d’un trouble psychique analogue et cela est si vrai que dans la marche, on retrouve un peu de ce trouble intellectuel, si on lui prescrit de se rendre à un point déterminé, four être absolument tranquille, il faut qu’il soit libre d’aller et de venir, sans but, sans travail imposé. Il exerçait la profession d’ouvrier bijoutier qui réclame la station assise; on ne put le garder nulle part. One faire d’un ouvrier qui se contorsionnait désespérément dès qu’on mettait un travail devant lui? Cette situation d’être assis est devenue pour lui l’emblème du métier et lui est devenue pénible ; quand il veut se maintenir sur sa chaise, c’est comme s’il voulait travailler. Il est impuissant à vouloir et à accomplir cet effort qui tourne aussitôt à la terreur psychique, à l’angoisse et provoque la crise.
- C’est une forme assez curieuse de ces tares psychiques, hélas! de plus en plus fréquentes de nos jours et qui méritait, je crois, d’ètre signalée à nos lecteurs.
- Dr A. C.WIT.VZ.
- CHRONIQUE
- Un bois plus léger que le liège, (( le maréa ».
- — Dans une récente étude de M. le capitaine Truffert sur la région du Tchad et le Bahr-el-Ghazal, nous trouvons la mention d’un arbrisseau assez curieux que les indigènes kouris appellent « Maréa », et qui est de la famille du mimosa.
- Atteignant i à 5 mètres de hauteur, avec un tronc dont le diamètre s’élève jusqu’à 0m,50 et qui affecte la forme conique allongée, le maréa porte une fleur jaune assez grande ; ses branches, qui ont un port rappelant un peu celui des branches du peuplier, sont garnies de quelques épines. Cette plante ne croit du reste que sur les rivages inondés en temps de crue, et son bois a une densité spécifique notablement inférieure à celle du liège, en même temps qu’il a une contexture fibreuse qui le rend précieux pour la confection des boucliers destinés à arrêter les coups de lances ou de sagaies. Sa légèreté fait qu’il constitue de merveilleux flotteurs, et les indigènes de la région du lac Tchad en tirent parti à ce point de vue. Tout piéton comme tout cavalier a soin d’emporter avec lui un tronc de maréa qui a bien 2 mètres de long, mais qui ne représente qu’un poids infime, et quand il a besoin de traverser une rivière, une nappe d’eau même d’étendue considérable, cette sorte de bouée de sauvetage lui permet de le faire sans peine.
- Une annélide amie «lu froitl. — Au mont Saint-Élie, l’une des plus hautes montagnes de l’Amérique du Nord, on rencontre une annélide oligochète (c’est-à-dire du même groupe que le vulgaire ver de terre), le « Mela-nenchytræus solifugus », dont les mœurs sont fort curieuses. Sur le glacier Malaspina, par exemple, on la voit grouiller en hordes innombrables à la surface de la neige. Ce qu’il y a de singulier c’est qu’elle ne se montre ainsi que la nuit. Au matin, dès que les rayons du soleil se font sentir, les annélides s’enfoncent dans la neige jusqu’à une profondeur de plus de 50 centimètres, far temps brumeux, elles se cachent aussi dans la journée, mais elles se lèvent plus tôt et se couchent plus tard. Ces intéressants individus ont été pour la première fois observés par M. J. C. Russell, et M. Filippo de Filippi en a donné une savante étude anatomique. Mais quelle singulière habitude
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- île fuir les rayons du soleil qui pourraient un peu les réchauffer !
- Les gisements «le mica. — Le mica est répandu sur presque toute la surface du globe1, et principalement aux Indes anglaises, en Norwège, en Chine. Toutefois c’est au Canada qu’on en trouve les plus beaux gisements, situés dans les montagnes qui longent les lacs et le fleuve Saint-Laurent. L’exploitation y est difficile, à raison de la dureté des roches dans lesquelles le mica est enserré. Un est obligé de détacher à la dynamite les blocs de pierre qui le contiennent et ensuite de les concasser à coups de maillet. Les morceaux de mica sont ainsi séparés, et envoyés dans un atelier où ils sont nettoyés et triés. La préparation des feuilles se fait à l’aide d’un couteau immobile, contre lequel un ouvrier pousse à la main les morceaux de mica. Le centre de cette industrie est Ottawa. 11 est intéressant de voir le marché européen, qui jadis s’approvisionnait de mica d’Asie, rechercher maintenant celui du Canada, dont la flexibilité et la facilité de clivage sont bien supérieures.
- Production de la soude par électrolyse. — Nous avons signalé ou décrit à plusieurs reprises des procédés employés pour obtenir des produits chimiques et des métaux par la méthode électrolytique. Nous apprenons qu’une usine vient de se fonder à Sault-Sainte-Marie, au Canada, pour produire par l’électrolyse de la soude complètement exempte de chlorure de sodium. Le système employé présente une cathode de mercure et une série de piles à écoulement dans lesquelles la solution de soude parvient à une certaine densité déterminée. On obtient ainsi par jour 9 tonnes de chlorure de chaux et 4 tonnes de soude caustique. Cette quantité est suffisante pour répondre à toutes les demandes au Canada. Le prix de revient est peu élevé "parce que toute'la force motrice nécessaire à l’usine est fournie par les chutes de la rivière Sainte-Marie.
- Le goiulroiiiicinenl «les routes. — Les expériences exécutées pour apprécier l’utilité du goudronnage des routes ont donné des résultats assez différents, suivant les endroits où elles oïd été faites, et probablement aussi suivant les techniques employées. Voici, d’après des recherches récentes, un procédé employé à Alger et qui a donné toute satisfaction. Après avoir bien balayé une certaine étendue de chemin, on répand à la surface du coaltar porté à une température élevée, pour qu’il soit plus fluide et pénètre bien. Des ouvriers, armés de balais, l’étendent en le ramenant vers la partie bombée de la route. Au bout de quelques heures, la chaussée peut être livrée à la circulation. Il est bon d’observer certaines précautions, comme de ne pas enduire une chaussée trop neuve ; choisir pour l’opération la saison chaude et le milieu de la journée ; ne pas traiter les fortes déclivités et les courbes prononcées, ce qui occasionne des accidents par dérayage o.u glissade. On obtient ainsi une agrégation durable des matériaux, un bon écoulement des pluies et une grande atténuation du frottement.
- Pilules «le famine. — Les Chinois sont, pour des causes diverses, fréquemment exposés à des famines d’autant plus dangereuses que la population est plus dense, et les moyens de transport plus rares. Mais leur ingéniosité, stimulée par le besoin, leur a fait inventer plusieurs préparations destinées à tromper l’appétit et à suppléer à la vraie nourriture. Nous empruntons à la Revue Indo-Chinoise une recette dont nos lecteurs pourront expérimenter aisément l’efficacité : Faire cuire dans l’eau, en pâte très
- 1 Yoy. n° 1004, du ‘27 août 1892, p. ‘207.
- épaisse, une livre de fleur de farine et autant de belle colle-forte, aromatisée légèrement. Quand la pâte est cuite et refroidie, en former de petites houlettes grosses comme des pois, et ces pilules, une fois séchées, les jeter dans de la cire‘jaune fondue, puis remuer jusqu’à ce qu’elles soient toutes gonflées; les laisser sécher de nouveau à l’ombre. Cela fait, on les conserve en un vase de terre pour s’en servir au besoin. Il suffit de prendre 40 à 50 de ces pilules pour pouvoir rester plusieurs jours sans nourriture. Il est nécessaire de boire chaud après les avoir absorbées. Cette mixture paraît tout indiquée pour les spoi'tsmen, explorateurs, etc. : ils agiront prudemment en ne l’utilisant que d’une façon progressive.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 juillet 1903.
- En raison des congés du 14 juillet, nous sommes obligés de renvoyer le compte rendu de cette séance au prochain numéro.
- APPAREIL CÜAFORMATEUR DU CORPS
- U v a environ une douzaine d’années une série d’articles sur l’analyse des exercices du corps par la photographie a été publiée dans ce journal.
- L'auteur de ces travaux M. G. Demeny qui a dirigé pendant longtemps le laboratoire de M. le professeur Marey, s’est fait une spécialité de ces recherches. Un lui doit la réforme des méthodes d’éducation physique dans l’université et dans l’armée et un grand nombre d’ouvrages fort estimés sur la matière.
- La préoccupation de M. Demeny est de saisir sur l’homme les modifications de structure qui sont le résultat de la pratique des exercices du corps et constituent le perfectionnement physique. Il a pris à l’école de l’éminent physiologiste Marey l’habitude d’éviter les discussions oiseuses et de rechercher, dans la mesure précise, les données positives pour asseoir les principes de ses doctrines. 11 communiquait déjà en 1888, à l’Académie des sciences, une série d’appareils de mesure destinés à obtenir la forme du corps par un tracé graphique.
- Le thoracomètre, l’inscripteur des profils, le rachi-graphe étaient utilisés dans les hôpitaux ou les grands établissements gymnastiques ; nous en avons vu en Amérique dans les clubs athlétiques où ce genre d’observations est très à la mode.
- Les appareils donnaient par des tracés continus la forme du corps, mais ils avaient peut-être le défaut d etre assez difficiles à construire et par suite d'être assez coûteux. M. Demeny vient de réaliser un nouvel appareil de mesure qui se plie à tous les cas et mérite pour cette raison le nom de « Conformateur universel ». Le but de cet appareil est de prendre un moulage d’une partie du corps, spécialement de la colonne vertébrale et du thorax dont les dimensions et la forme sont en rapport si direct avec la santé et la force de résistance.
- Les difficultés que présentent les mensurations de la colonne vertébrale pour les médecins orthopé-
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- (.listes, tiennent souvent à la longueur de temps qu'elles exigent. Un est quelquefois obligé, quand on n’a aucun appareil, de procéder par points en relevant successivement les différentes saillies du rachis au moyen d'un met re et d’un iil à plomb; le sujet peut s’ètre déplacé pendant la mesure qui devient ainsi illusoire.
- Avec le « Coni'ormateur universel » la mesure est prise en bloc et c'est par une sorte de moulage qu’on obtient la conformation d’une partie du corps.
- Une série de fiches en bois M et N ( tig. I ), sont mobiles autour d’un axe qui peut se fixer sur un bâti quelconque ou mémo sur le dos du sujet. On amène l'extrémité des fiches en contact avec le corps et on les immobilise ensuite par un serrage suivant l’axe. On détache celui-ci de son support pour prendre sur le papier le contour sinueux des extrémités des liclies représentant la forme du corps. Les fiches peuvent tourner autour de leur axe et se mouler ainsi sur les sinuosités de la colonne vertébrale déviée des scolio-tiques. Deux dessins sur deux plans rectangulaires suffiront pour en conserver la trace dans le cas d'une courbe gauche.
- L’instrument permet aussi de conserver de la forme du rachis un document aussi précis qu’un véritable moulage. Pour cela M. Detneny se sert de fiches en bois recouvertes d’une légère couche de colle séchée, il prend la mensuration et, en mouillant à l’eau chaude, les fiches se collent et conservent leur position respective constituant après séchage
- mm
- mm
- Mi*:,
- Fig. 1. — Confornialeur Demeuy disposé pour prendre la section ou le profil vertical du corps.
- Fig. — (.onlorinateur disposé pour prendre lu sectiou horizontale de la poitrine.
- un bloc représentant exactement le contour désiré.
- Avec deux appareils maintenus parallèles, on obtient la forint1 de la section verticale du tronc
- ou les profils antérieurs, postérieurs et latéraux du corps. Pour obtenir la section horizontale du thorax, on emploie quatre tiges garnies de fiches A, R, C, D (fig. 2), et on les dispose de façon à former un cadre dans lequel s'introduit le sujet à mesurer.
- Le Conformateur ver-t ical et le Conforma-teur horizontal peuvent être réunis sur un même support et permettent de prendre les sections du corps à toute hauteur. M. Demeny peut ainsi construire facilement, avec les gabarits donnés par l’appareil, de véritables reliefs du tronc en carton, et les utiliser pour la confection des corsets normaux ou orthopédiques et à la coupe des vêtements. Notons encore une application intéressante de l'instrument au
- point de vue médical. Il permet de trouver, immédiatement et sans calcul, un défaut de symétrie du corps, la différence de hauteur entre les deux épaules, les hanches et la llèehe des courbures de la colonne vertébrale.
- L’appareil se replie sur lui-même et, ne présentant aucune saillie embarrassante, peut se ranger le Ion d’un mur
- ©
- sans
- prendre plus de place qu'un chevalet de peintre, ce qui le rend simple et pratique. G. Makesciial.
- Le Ijéranl : P. Masson.
- Paris. — liiijintiiei'ie Lauuul, rue de Fleurus, 9.
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- .V 157-4.
- 25 JUILLET 1905.
- LA NATURE.
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- LE PHARE DE BEACHY HEAD
- Les travaux à la mer sont toujours compliqués, lents et dangereux, par suite de la violence et des colères imprévues de la terrible voisine auprès de laquelle on travaille : aussi les solutions plus ou moins originales et habiles auxquelles on recourt dans ces travaux pour triompher des difficultés qui s’oilrent à l’ingénieur, sont-elles des plus intéressantes. A ce titre, nous ne pouvons laisser passer sans la signaler à nos lecteurs la construction achevée actuellement du phare anglais de Reachy llead.
- Rour installer ce nouveau l’eu, on s'est trouvé dans des conditions particulièrement difficiles : il existe bien déjà un phare sur le bord des falaises de ce fameux cap, mais tout d'abord ces falaises s'effondrent constamment et de plus en plus sous l’elfort des lames, si bien que le phare actuel est menacé, et que celui qu'on aurait établi plus dans l’intérieur des terres aurait eu fatalement le même sort quelque jour; enfin, ce feu est à 120 mètres au-dessus du niveau de la mer, et par suite il est d’autant plus fréquemment enveloppé et masqué parle brouillard. Pour remédier à ces deux inconvénients, on a donc choisi comme emplacement du nouveau feu que
- I'i£. t. — Le eliautiei' de conslruetum du nouveau phare de Iieachy Head.
- voulait faire construire la Corporation de Trinily llouse, les rochers memes qui sont les seuls restes des falaises jadis détruites, sorte de plateau situé à environ 170 mètres du pied des falaises actuellement existantes : à marée haute, ce plateau est couvert d'une épaisseur considérable d’eau, qui venait naturellement interrompre les travaux pendant plusieurs heures, lors même que la mer était calme, ce qui ne se présentait point toujours. On voulait profiter du voisinage de la côte pour assurer l'approvisionnement des chantiers, mais les falaises étant à peu près complètement verticales, on résolut de recourir à un transporteur aérien (que l’on fit double comme nous allons le voir), pour envoyer à pied d’œuvre tous les matériaux, ainsi que les appareils et outils nécessaires aux travaux.
- •i lc a unie. — 2“ semestre.
- Il fallait d’abord trouver moyen de créer près de remplacement du phare, un point où installer le renvoi du transporteur à l’abri des incursions de la marée; et, dans ce but, on enfonça dans la roche, tout près de l’emplacement même de la base du phare, des pilotis métalliques entretoisés convenablement, comme le montre la figure, et supportant la plate-forme où l’on devait entreposer les matériaux, et sur laquelle les hommes prenaient pied pour venir au travail. Cette plate-forme n’était point fort large, on réussit néanmoins à y faire tenir non seulement les poulies de renvoi du transporteur, mais encore un treuil, une grue qui enlevait les matériaux de déblaiement arrachés à la roche pour la fondation de l’ouvrage, et qui servait aussi à mettre exactement en place les blocs de granit taillés qu’apportait le
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- LA NATURE.
- transporteur du haut do la l'alaise. Nous devons dire à ce propos que le Service des phares de Grande-Bretagne ne suit pas du tout la même méthode que celui de notre pays, et que, au lieu de constituer les fûts des tours au moyen de petits matériaux, d'une façon de hétou, il ne recourt qu’aux énormes hlocs de maçonnerie taillés, qui ont le tort de coûter fort cher et de ne pas oll'rir eu pratique plus de résistance que de lions matériaux de petit échantillon. C’est ainsi que le transporteur a eu à descendre du haut de la lalaise un grand nombre de hlocs de -4 tonnes tout prêts à être mis en place.
- Ce e:\hle transporteur est du système Cultivant, et la charge descendante y entraîne partiellement la charge montante, ce qui est toujours une heureuse
- Fig. i. — Vue d'ensemble du phare construit.
- combinaison quand la pente est suffisamment accentuée; il fallait ici une sécurité absolue de fonctionnement, parce que ce transporteur servait aussi à la descente et à la montée des hommes travaillant au phare. Comme de juste, étant donné qu’il s’agit d’un transporteur équilibré, il est nécessaire que l’on dispose de deux voies de roulement, sur lesquelles circulent respectivement la charge descendante et la charge montante, et ces deux voies sont constituées par deux cables à peu près parallèles qui ont une portée de 255 mètres environ, et qui ont des diamètres respectifs de 1 40 et de 152 millimètres, avec des résistances en conséquence. Chacun était alternativement animé d’un mouvement de descente et de montée, mais pour les plus lourdes--charges, qui étaient précisément ces blocs dont nous parlions à l’instant, c’était toujours le gros câble auquel on
- les confiait : il aurait pu supporter avant de se rompre une charge de 120 tonnes. Connue sur la plate-forme d'en lias, les câbles passaient sur des poulies convenables au sommet de la falaise, où l'on avait ménagé une tranchée pour leur donner passage, et l'on avait installé des appareils de tension sur lesquels nous n’avons guère besoin d’insister. Si l’on regarde les gravures que nous reproduisons, on verra que, suivant l’usage le plus courant, on avait prévu des cables de traction des charges, pour laisser aux autres leur seul rùle de voie de roulement. L’ancrage avait été facile à réaliser eu haut de la falaise, mais en lias du transporteur, et pour ne pas soumettre inutilement l’échafaudage à un effort d’arrachement, cet ancrage était fait dans la craie dure formant la roche sous-marine. Un disposait de deux appareils de freinage sur poulies à gorge pour parer aux emballements possibles de la descente des charges; l’homme qui était chargé de la manœuvre avait les deux roues de frein devant lui et pouvait surveiller sur toute la longueur les deux voies aériennes.
- Nous pourrions ajouter que des voies ferrées amenaient les blocs de granit, en haut de la falaise, à une plate-forme mobile qui venait se placer en dessous même du chariot du câble, et que cette plateforme s’enfoncait ensuite dans un puits pour laisser le passage libre à ce chariot. Toute celte installation était des mieux comprises : elle a été fournie par la maison Bullivant sous la direction (comme tout le reste des travaux) de M. Matthews, ingénieur en chef de la corporation de Trinity Bouse.
- Tout cela a fonctionné admirablement pendant deux années environ, car les travaux ne pouvaient être conduits rapidement, surtout tant que la maçonnerie se trouvait au-dessous du niveau de la haute mer. Un a eu d’abord de grandes difficultés pour établir les fondations, d’autant qu’il avait été expressément spécifié qu’on n’emploierait point d’explosifs, pour ne pas ébranler les falaises voisines, toujours prêtes à s’effriter. Un avait du reste eu soin d’établir tout d’abord une petite digue autour de l’emplacement, futur de ces fondations, afin de retarder l’envahissement, de la marée montante et par conséquent de prolonger considérablement les heures de travail; à marée baissante on s’empressait de mettre les pompes en action pour enlever l’eau de l’enceinte et l’on pouvait travailler à sec alors qui* l’eau entourait encore de toutes parts l’excavation. Celle-ci fut descendue jusqu’à 5 mètres au-dessous du niveau des plus basses eaux, dans la craie dure dont nous avons parlé, qui fournit d’excellentes fondations.
- Nous compléterons ci* que nous venons de dire en ajoutant quelques détails sur le phare même, qui est aujourd’hui terminé. Sa hauteur est de 46m,70 jusqu’au sommet de la lanterne, et sa maçonnerie représente un volume total de 1415 mètres cubes, sans compter le remplissage intérieur de la hase, qui est fait, lui, en béton et en a employé quelque 4)00 mètres cubes. A la hase du fût le diamètre est
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- de I 4'",.i(l, et ee lut est massif jusqu’à une hauteur de 1 saut l’espace réservé pour tonner citerne
- à eau. Toute la portion de la tour noyée dans la roche est cylindrique, mais au-dessus elle affecte la forme d’une ellipse concave. Au pied du phare est une sorte de plate-lorme de débarquement laite, elle aussi, en blocs massifs de granit. Les aménagements intérieurs comportent huit chambres, dont une réserve a huile, puis une chambre renfermant la grue desunee à monter les approvisionnements jusqu a la porto d entrée, qui est à uni1 belle hauteur dans la paroi de la tour, un magasin, une salle commune pour lus gardiens, les chambres à coucher, et enfin une chambre de service. La lanterne contiendra un appareil dioplrique donnant deux éclats blancs toutes les quinze secondes et portant à 17 milles au large. C’est une puissance double de celle de 1 ancien phare de Beachy Ilead, et comme les roches sous-marines en ce point ne sont pour ainsi dire aucunement rongées par la mer, on se trouve maintenant à l’abri du danger dont était menacé constamment le feu de la falaise, par suite d’éboule-ments qui engloutissaient souvent dans la mer 80000 et 00 000 tonnes du sol sur lequel est bâtie la tour primitive. Semblable solution pourrait être adoptée dans bien des circonstances analogues. Les informations que nous avons données à maintes reprises montrent qu’il n'est pas rare de voir un littoral rongé rapidement par la violence continue de la mer, ce qui oblige a reculer les phares constamment dans l’interieur; et cela entraîne nécessairement des dépenses considérables. Pierre de Mkriel.
- DANS L’OUGANDA
- 11 ne s’agit encore que d’un projet, qui a été soumis au gouvernement britannique par un de ses agents du service vétérinaire dans les protectorats de l’Ouganda et de l’Afrique orientale britannique; mais l’idée semble susceptible de. réussir, étant donnée l’abondance des zèbres dans ces régions. Et la tentative serait d’autant plus intéressante que cet animal est réfractaire aux piqûres de la mouche tsétsé, et aussi des maladies diverses et assez redoutables qui déciment les chevaux dans celte portion de l'Afrique.
- On aurait la pensée de créer d'abord un kraal, comme on dit, une enceinte de palissades dans laquelle on pourrait amener un ou plusieurs troupeaux de zèbres, en s’aidant par cela de rabatteurs indigènes et de cow-boys du Cap montés sur leurs rapides chevaux; au reste, il semble que les zèbres s’habituent fort aisément au voisinage des chevaux et des mulets, et qu’on pourrait les amener assez facilement à suivre d’eux-mèmes ces animaux. On les laisserait se propager dans le kraal, et, quand les jeunes auraient quelques mois, on les accoutumerait à la présence de l’homme et on les dresserait. Rappelons à ce propos que l’on a eu des exemples de dressage de zèbres, et que M. Ilagenbeck, de Hambourg, réussit parfaitement dans ses essais sur des zébroïdes, métis de zèbres et des juments. ^ I>. de M.
- BAKOU ET LES SOURCES DE PÉTROLE
- Bakou, capitale du gouvernement de ce nom, est en même temps le port principal de la Caspienne. La presqu’île d'Apehéron, formant en quelque sorte le prolongement dans la mer des derniers contreforts du Caucase, lui fournit un excellent abri contre les vents du nord. La côte, presque rectiligne depuis 1 embouchure de l’Araxe, quitte brusquement la direction nord-sud, laisse Bakou au lond d’une anse et s infléchit vers l’est pendant environ 40 versles jusqu’à l’extrémité de la presqu’île.
- Le gouvernement de Bakou1, situé au sud de la chaîne du Caucase, appartient géographiquement et administrativement a la Russie d’Asie. Annexé une première lois par Pierre le Crand, puis rendu à la Perse, il est définitivement cédé à la Russie en 1815 par le traité de Gulistan.
- La partie méridionale du gouvernement, situé sur la rive gauche de la Koura, est une contrée délicieuse et fertile; on y cultive avec succès les céréales et le coton. La vigne produit en abondance des raisins merveilleux, dorés et sucrés, si tentant que l’on excuse sans peine en les cueillant la faiblesse de Noé à leur égard. Les environs immédiats de Bakou soûl au contraire stériles et désolés, aucune végétation ne peut arriver a croître sur un sol sablonneux et aride que la rareté des pluies et la fréquence de vents desséchants rendent impropre à tonte culture.
- Comme dans toute la Caucasie, les habitants de Bakou présentent les types les plus divers et professent des religions bien différentes. Les plus nombreux, persans reconnaissables à leur ligure fine surmontée d'un énorme bonnet de mouton noir, ta-tars aux yeux brides et turkmènes, sont musulmans sebiites. A côté d eux nous rencontrons l’Arménien dissident et le juif, accourus pour se disputer les affaires et le monopole du commerce de l’argent. Le russe orthodoxe, dernier arrivé dans la région, coudoie sur les quais du port quelque pécheur kahnouk, disciple de Bouddha, venu par le bateau d’Astrakan, laissant pour quelques jours ses filets et sa tente dans les steppes et sur les bords de la basse Volga.
- Ious cependant sont des novateurs, presque venus d hier, aux yeux des Guèbres ou Barsis dont en rencontre encore non loin de Bakou le temple et l’autel, visités par les derniers survivants de ces Persans qui, après la complète arabe du vme siècle, refusèrent de se convertir à la religion du vainqueur. Repoussant l’Islam, ils [(référèrent demeurer fidèles aux croyances de leurs pères malgré d’borribles persécutions. Traqués et décimés par les musulmans, ils se dispersèrent dans les montagnes, dans les lieux déserts et inhabités, quelques-uns, fuyant l’envahisseur, vinrent s’établir en Transcaucasie. Leur religion, née au berceau de l’humanité, est peut-être antérieure au brahmanisme même; leur prophète,
- 1 Cf. sur Bakou les très intéressantes pages de M. E. Bou-langier, Les Russes dans l'Asie centrale, 1888, p. 551 et suiv.
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- Zoroastre ou Zarathuslra, en a formulé les préceptes dans l’Avesta, livre saeré écrit dans la langue zende, le plus ancien des idiomes connus.
- Lu autre motif que la fuite de l'Islam attirait ici les adorateurs du l'eu éternel, de l'Atech gah. Ce feu divin que les fidèles d'Ormuzd et d’Ahriman ne doivent point laisser éteindre, brûlait spontanément sur ees rives de la Caspienne. Sources brûlantes, volcans de boues, lueurs phosphorescentes voltigeant sur la presqu'île et l’illuminant durant les nuits obscures, transformaient’ Hakou pour les Cuèbres en un sol redoutable et saeré.
- Aujourd’hui le parsisme s'éteint au pied du Caucase et le sol divin devient une source de pétrole et de richesses aux mains profanes de la civilisation contemporaine. La terre mystérieuse cède sinon son secret à la science, puisque la formation du napble reste un problème, du moins au commerce le précieux liquide qui va porter au loin dans le monde entier, la 1u-mière, l’énergie et la chaleur.
- Quelles sont donc les sources de ce napble renfermé dans les entrailles tle la presqu'île d’Ap-cbéron'/ S’échappant tantôt spon-lanérneut avec une impétuosité telle que les charpentes édifiées pour le forage et l’exploitation du puits sont renversées, parfois même incendiées s'il vient à s’enflammer en jaillissant1, tantôt se laissant docilement puiser, le naphte inonde le sous-sol, surtout à Halakalmé, principal centre des sources, situé deux lieues environ de Hakou. Toute la région de la Caspienne renferme des gisements bitumineux, Mendéléef estime qu’ils sont les [dus importants du globe. Très probablement ils se prolongent à l’est sous la mer puisqu'on retrouve [très de la rive orientale, dans l’îlc de Tschakelen, plus de 0400 sources. Fait bizarre et surprenant, les gisements ne sont pas répartis à Ba-lakalmé dans une couche uniforme, à un niveau constant. Bien qu’exelusivement dans le tertiaire, le naphte se rencontre à une profondeur variant entre 00 et 500 mètres. Ici un puits de cent mètres donne d'heureux résultats, à peu de distance on devra forer cinquante mètres [dus bas avant de rencontrer une source. I)e là de grands aléas dans l'exploitation des gisements. Après avoir payé parfois cher un ter-
- 1 Yoy. la photographie, lîg. ô. p. 117.
- rain, le concessionnaire se trouve exposé à engloutir un capital considérable dans le forage d’un puits et court encore la chance de ne [tas rencontrer de gîte j té I roi itère.
- Cette particularité a fait émettre l’hypothèse des poches L ( )n conçoit, en effet, que les gisements se trouvent enfermés dans des poches closes, imperméables, réparties dans le sol à des niveaux divers, celles-ci deviennent tout à fait indépendantes les unes des autres. Par là s'expliquent les différences constatées dans la profondeur de puits voisins. Un peut admettre aussi que les substances bitumineuses se sont trouvées enfermées dans les poches à une pression considérable. Files s'y sont tout naturellement réparties d’après leur densité respective. Les parties gazeuses, plus légères, sont venues au sommet, tandis ([lie les parties liquides, plus denses, sont demeurées dans le fond. Suivant le point atteint par la sonde,
- au-dessus, au -dessous ou au niveau de la ligne de démarcation des liquides et des gaz contenus dans la poche, des gaz, des liquides ou un mélange des uns et des autres s’échappent du puits avec plus ou moins de violence, suivant la pression [dus ou moius considérable sous laquelle ils se trouvent enfermés. Peu à peu cette pression tend à diminuer, à un moment donné elle se trouve insuffisante pour expulser le naphte, celui-ci reste dans la poche, il faut alors le [miser. Cette théorie des poches rend ainsi un compte exact des phénomènes qui se produisent, et conserve au moins le mérite de la vraisemblance et celui de venir à l’appui des faits constatés. Les poches, par quelques fissures du sol, peuvent se trouver spontanément en communication avec Ja surface; par là se trouvent justifiées les fontaines de gaz et les volcans de boues dont nous avons fait mention. Les mêmes circonstances sont susceptibles de se produire dans le sous-sol marin; on constate, en effet, à la surface de la Caspienne, l'émergence de fontaines gazeuses, celles-ci sont à Bakou un but d’excursion obligatoire pour le touriste aux yeux duquel elles sont enflammées, transformant ainsi la surface de la mer en un vaste bol de punch.
- Bien autrement énigmatique demeure la question
- 1 Yoy. ],-i coupe sehéinalhjiie, [). 118.
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- de l’origine des substances bitumineuses. Aous ne pouvons exposer ni discuter ici les très nombreuses théories émises, disons cependant que les partisans des unes et des autres se divisent en deux camps. Les uns assignent aux gisements de naphte une origine plutonienne, les autres une origine neptu-nienne et sédi-mentaire. Ilum-boldt, Mendéléef et Iferthelot com-]>lent parmi les défenseurs du système plulo-nien. Pour Mendéléef, la formation du bitume r é s u 11 e rail il e l'action de l’eau sur les métaux carbures au sein delaterre.M. Her-thelot pense que le naphte est le produit de réactions complexes et successives. L’acide carbonique, existant naturellement dans le sol, viendrait réagir sur les métaux alcalins et de cette réaction naîtraient des acétvlures.
- Ceux-ci, sous l’action de la vapeur d’eau, donneraient de l’acétylènequi, dans des conditions convenables de température et de pression, aboutirait au naphte.
- Les partisans du système nept union attribuent au naphte, avec M. Jaccard, une origine séd i m en t aire, an alogu e à celle de la bouille. Des agglomérations de plantes marines, de fucoïdes principalement, aux -quelles se seraient trouvés mêlés les cadavres des animaux vivant sur les bords ces mers primitives, toutes substances riches en carbone et en hydrogène, auraient, par leur décomposition et leur fermentation, donné naissance au bitume, sous l'influence combinée et formidable de la température, de la pression et de la durée des périodes géologiques. Cette théorie trouve un argument dans la présence
- Fig. 2. — Fort dp IVlrowsk (DngtiPstniO Pt train pétrolier.
- Fig. T). — Puits do najdilp (‘nflniiinu*.
- constatée d’eau de mer, ou tout au moins d'eau salée, dans les gîtes. D’un autre côté, ceux-ci n’ont jamais jusqu’ici paru contenir ni débris végétaux, ni débris animaux quelconques, et il est bien difficile
- d’admettre une transformat ion tellement radicale des substances primitives qu’il n’en subsiste pas le moindre vestige.
- Pour les nep-lunions, le pétrole s'est ainsi formé non loin de la surface, pour les pluloniens, au contraire, il est remonté à une époque quelconque au travers du sol dans les gîtes où nous le rencontrons aujourd'hui, mais il a pris naissance à une profondeur telle qu'il ne peut plus être question d'organismes.
- Même en admettant la vraisemblance de la théorie neplunienne, l’accumulation de la matière première nécessaire <à la formation des énormes gisements du Caucase et de Pen-sylvanie tiendrait encore du prodige, enfin la situation de ceux-ci non loin des chaînes de montagnes apporterait un argument à la théorie plutonienne. Les chaînes de mont agîies en se soulevant ont en effet dû créer des fissures profondes dans le sol, ce serait par ces fissures que le pétrole serait remonté dans les gîtes actuels. Toutefois la présence sur un même point d’une grande masse de débris organiques n'est pas absolument impossible et on cite comme exemple actuel d’un lieu présentant une particularité de ce genre le gouffre de Kara Hogas ou gouffre noir. Kara Dogas est, comme on le sait, une vaste lagune située sur la rive orientale de la Caspienne avec laquelle elle communique par un chenal étroit et peu
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- profond. Or, il se produit là un phénomène bizarre, constaté de tout temps. U existe un courant invariablement dirigé de l'ouest à l'est, plus ou moins rapide suivant la direction du vent, qui porte d'une façon constante les (‘aux de la Caspienne dans la lagune. Celle-ci n’ayant pas d'écoulement, les riverains croyaient à l'existence d un gouffre sans fond a gouffre noir », où allaient se perdre les eaux. Le phénomène trouve son explication dans l'évaporation très active* de l’eau à la surface de la lagune, semée de bas-fonds; celle évaporation entraîne comme conséquence une salure extrême des eaux dans lesquelles les poissons ne peuvent vivre. Tous ceux qui arrivent par le chenal périssent de telle sorte
- Fig. 1. — Coupe explicative de la théorie des poches bitumineuses. — Le puits P donne des gaz parce que le trou de sonde a rencontré la poche au-dessus de la ligne AB, niveau du naphte dans la poche. — Le puits 1” donne du naphte parce que le trou de sonde a rencontré la poche au-dessous de la ligne .VB', niveau du naphte dans la poche. — Enlîn ces deux puits, voisins l’un de l’autre, ont rencontré des poches à des niveaux différents.
- que Kara Rogas est destiné à se transformer en un immense dépôt de débris animaux marins.
- Quoi qu’il en soit de son origine, le naphte, au sortir du puits, est impropre tel quel aux usages industriels multiples auxquels il est destiné. Il se présente sous l’apparence d’un liquide épais, nauséabond et verdâtre, et doit être soumis dans d’immenses alambics à une série de distillations successives, après avoir été préalablement épuré dans d’immenses réservoirs. La distillation permet ainsi de recueillir les pétroles pesant entre (‘>80 et 700° ou essences, les pétroles lampant et enfin les huiles lourdes qui sont économiquement employées en Russie au chauffage des chaudières non seulement dans les usines, mais encore dans les locomotives et
- les bateaux à vapeur. Dans ce but, les huiles lourdes, difficilement inflammables, sont pulvérisées et injectées à une température élevée dans les foyers des chaudières où elles brûlent sous la forme d’un énorme jet de flamme avec un bruit assourdissant. Les distilleries se trouvent aux portes de Rakou, à la ville noire, Tscherniy (iorod, et le naphte leur est annulé des puits situés à quelques kilomètres par d'énormes conduites métalliques. Parfois une fuite se déclare, mais le liquide qui s'en échappe est bien vile recueilli par quelque indigène miséreux, toujours à l’affût d'une aubaine, et souvent prêt à la provoquer.
- I)e Rakou, le pétrole est exporté par mer en Perse et (‘ii Russie, dans tout le bassin du Volga. Celte grande voie de navigation fluviale lui permet de pénétrer à peu de frais jusqu’au delà et en amont de Nijni. A Pélrowsk, point terminus du réseau des chemins de fer russes sur la Caspienne, le pétrole est transbordé du bateau dans de longs trains de wagons citernes sur lesquels se détache le mot ké-rassine, pétrole, et ces trains l’emmènent dans toute la Russie occidentale. Par Ouzoun Ada le chemin de fer transeaspien le transporte aujourd’hui à Merv et à Samarcande, demain peut-être à Rom-bay. Toutefois, la principale exportation a lieu par la ligne transcaucasienne de Rakou à Ratoum par Tillis. A Ratoum il arrive à la mer Noire, à la mer libre. Des bateaux pétroliers enferment dans leurs flancs d'énormes quantités du précieux liquide et le conduisent enfin par les Dardanelles aux ports du monde entier. Henri Jourdan,
- Docteur en droit.
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- UNE ASCENSION A GRANDE ALTITUDE
- On sait qu’un certain nombre de savants allemands se consacrent avec ardeur à l'exploration et à l’étude de l’atmosphère, au moyen d’ascensions en ballon. Parmi eux, M. Berson s’est acquis une juste notoriété et s’est créé une véritable spécialité dans la pratique délicate et difficile des ascensions à très grande altitude où il a d’ailleurs battu tous les records passés.
- Ce savant vient d’accomplir, le 24 juin dernier, une nouvelle prouesse, de ce genre, en compagnie du Dr von Schrôtter, physiologue de Vienne. Les deux aréonautes montaient le ballon « Prusse » de 8400 mètres cubes, gonflé au gaz d’éclairage. L’ascension s’est, faite à 0 h. 1 /4 du matin, par calme plat, de l’usine à gaz de Jungfernheide (bois des demoiselles), et le ballon atterrissait doucement à la nuit tombante, après un voyage de onze heures, à Uthaüsen, près de Crafenhainiehen du cercle de Wittenberg. Le point culminant de l’ascension se trouvait à 8750 mètres d’altitude, et la température était de — 57° à — 58° au-dessous de zéro, dans cette région de l’atmosphère. Ce voyage se place ainsi au troisième rang parmi les ascensions à grande hauteur en ballons montés. Les deux premiers ont d’ailleurs été accomplis également par M. Berson, qui a atteint une altitude de 10 800 mètres, le 31 juillet 1901, avec le même ballon <( Prusse » gonflé à l’hydrogène, et en compagnie du docteur Süring. Dans ce voyage, les deux
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- LA NATURE.
- MO
- aéronautes s’évanouirent par suite de la raréfaction de l’air et ?ous l’action du froid.
- Ouelques années auparavant, le 4 décembre 1894, le ballon (( Phénix », monté par M. Berson, avait atteint 9155 mètres. Il n’est pas inutile de rappeler les plus grandes hauteurs où des ballons sont parvenus dans des ascensions antérieures. Ce sont celles de :
- Glaisher, en 1802 (dernière observation!. 8858 m.
- Tissandier, en 1875 (altitude mesurée). . 8900 —
- Balsau, en 1900 — . . 8558 —
- Cette dernière ascension a eu lieu à l’occasion des concours de l’Exposition de 1900, et a valu à son pilote le prix du concours d’altitude. On voit (pie les ascensions de M. Berson les dépassent de beaucoup.
- Ce sont là de beaux exploits, toujours dangereux, il ne faut pas se le dissimuler, malgré les perfectionnements apportés à la pratique des inhalations d’oxygène, sans lesquelles il serait impossible de braver impunément des régions où l’air est tellement raréfié que l’homme n’y saurait vivre. G. K.
- LE BÉTAIL
- DANS LES DIVERS PAYS D’EUROPE
- Nous voudrions, par quelques données proportionnelles, indiquer quels sont les différents pays européens les plus riches en tètes de bétail, et nous renseigner ainsi sur l’état de leur agriculture ou de leur industrie pastorale. Bien entendu, nous distinguons dans le bétail les chevaux, les bêtes à cornes, les moutons (qui ne sont plus guère élevés de façon intense que dans les pays dont l’agriculture n’est pas trop développée) et enfin les porcs.
- Pour 100 habitants, on compte fin peu plus de 17 chevaux en Russie, et plus de 18 en Danemark : pour des raisons absolument diverses, ces deux pays sont particulièrement riches k ce point de vue. En Hongrie, ce pourcentage atteint presque 15, plus de 11 en Roumanie ; nous relevons ensuite environ 8 chevaux par 100 habitants en Allemagne et à peu près autant en France ; un peu moins de 5 en Angleterre, pas même 4,5 en Belgique (où l’on n’a guère de place pour se livrer à l’élevage) ; moins de. 4 en Suisse; 2,5 environ en Italie.
- La Bulgarie, extrêmement pauvre en chevaux, compte au contraire plus de 55 bêtes à cornes par 100 habitants, et seul le Danemark se présente dans une situation plus favorable avec une proportion de 71,4 (c’est essentiellement, en effet, un pays d’élevage et de laiterie). La part de la Suisse est de 40,6; celle de l’Allemagne de 55,4, ne dépassant que faiblement celle de la France. En Russie, où l’industrie manufacturière est si peu développée, la proportion correspondante ne dépasse point 26,5.
- Pour les moutons, la première place (et de beaucoup) appartient à la Bulgarie, avec la proportion de 208 tètes d’ovidés par 100 habitants; vient ensuite la Serbie avec 154 ; les données analogues sont de 116 pour la Roumanie, de 75 pour la Grande-Bretagne, de 71 pour le Danemark, de 55 seulement pour la France et de 26 pour la Russie. Pour les bêtes porcines, le Danemark s’est fait une spécialité, il est le fournisseur de lard de presque toute la Grande-Bretagne notamment, et la proportion qu’on y note est de 81 pour 100,alors qu’on trouve seulement 50 pour la Serbie, 27 pour l’Allemagne, 18 pour la Belgique ou la Roumanie, 16 pour la France, et 8 enfin pour le Royaume-Uni. II. B.
- LES MOUSTIQUES
- PROPAGATEURS I)E MALADIES
- I
- Les Moustiques ont toujours joui d'une mauvaise réputation; chacun commit par expérience leurs cuisantes piqûres, et les voyageurs sont d’accord pour déclarer que certaines régions du globe, aussi bien dans les pays froids que sous les tropiques, sont rendues libéralement inhabitables, tant ils y abondent en cohortes innombrables. Leurs piqûres constituent sans doute un supplice intolérable, mais on ignorait jusqu'à ces derniers temps que ces fâcheux Insectes fussent, par surcroît, la cause d’un certain nombre de maladies des plus meurtrières. J'aurai fait comprendre d'un mot toute l'importance qu’ils ont à cet égard, quand j’aurai dit (pie la fièvre palustre, la plus terrible des maladies actuelles, est exclusivement propagée par eux. l'as de moustiques, pas de paludisme, telle est la formule très simple qui découle des découvertes récentes; et une formule toute semblable peut être énoncée pour d’autres maladies également redoutables, telles (pie la fièvre jaune, la filariose et quelques autres encore.
- Il est donc d’un haut intérêt de répandre dans le public éclairé les notions que l’on possède actuellement, sur la cause et la dissémination de ces maladies, ainsi que sur les moyens les plus propres à en arrêter l’essor. C’est ce (pie nous allons essayer de faire, en exposant tout d’abord l’histoire naturelle des Moustiques et en précisant dans quelles circonstances ils se propagent.
- Histoire naturelle dés Moustiques. — Les Cousins ou Moustiques sont des Diptères Nématocères, c’est-à-dire pourvus de longues antennes filiformes. Un autre caractère beaucoup plus important, qui ne permet de les confondre avec aucun autre animal, tient à ce qu’ils possèdent une longue trompe rigide, grâce à laquelle ils peuvent percer la peau des animaux pour se nourrir de leur sang. L’Homme est trop souvent leur victime; chacun sait par expérience la douleur, la cuisson et le prurit qui résultent de leur piqûre; chacun connaît l’obsession angoissante que cause pendant la nuit leur bourdonnement strident. Notons aussi que ces Insectes se distinguent des autres Diptères en ce que leur corps est recouvert d'écailles parfois très colorées, qui ressemblent, sauf la teinte, à celles de l’aile des Papillons, et qui sont surtout apparentes sur les ailes. Ces caractères très simples permettront de reconnaître à coup sûr un Moustique.
- Comment s'opère cette piqûre redoutable? Pour s’en rendre compte, il nous faut examiner la tête de plus près. La figure 1 représente une femelle en train de piquer la peau de l’Homme : on constate qu’au-dessous des antennes, légèrement velues et dirigées en avant, se trouvent deux autres appendices un peu plus longs et tournés dans le même sens; ce sont les palpes maxillaires, qui atteignent ici un dévelop-
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- peinent considérable; nous allons voir tout à l’heure qu’il est très utile de les connaître. De la tète partent deux autres appendices, qui se portent directement en bas, l’un d’eux est rectiligne et s’enfonce dans la peau, l'autre est coudé sur lui-mème et reste en dehors du tégument. Ces deux pièces représentent la trompe proprement dite. Elles sont en réalité bien plus compliquées que je ne viens de le dire, car la pièce rectiligne et perforante est formée de plusieurs stylets juxtaposés : ceux-ci déchirent les capillaires sanguins et provoquent la petite hémorragie qui va permettre au Moustique de se gorger de sang.
- Quant à la pièce coudée, ce n’est pas autre chose qu’une sorte de gouttière ouverte en avant et dans laquelle viennent normalement se loger les stylets ; c’est, à proprement parler, la gaine protectrice de ces organes si précieux pour l’Insecte. 11 est facile de distinguer les deux sexes.
- Le mâle (fig. 2, a) est reconnaissable à ses antennes très plumeuses, ressemblant à deux panaches ; ses palpes sont fréquemment en massue et velus à l’extrémité. La femelle (fig. 2, b) a les antennes beaucoup moins velues et n’a jamais les palpes elaviformes La longueur de ceux-ci par rapport à la trompe présente des variations importantes, sur lesquelles on a basé les principales divisions naturelles de ces animaux malfaisants. Les Moustiques chez lesquels lesdeux sexesont les palpes aussi longs que la trompe appartiennent au genre Anopheles, actuellement subdivisé en un certain nombre d’autres. Ceux dont les palpes sont aussi longs que la trompe chez le mâle, mais beaucoup plus courts que celle-ci chez la femelle, représentent le genre « Culex », également démembré en plusieurs autres : en effet, chacun de ces deux genres primitifs est devenu le type d’une sous-famille dans laquelle viennent prendre place plusieurs genres secondaires, établis pour la plupart dans ces temps derniers. 11 est utile, disions-nous,
- de savoir distinguer les deux sexes : le mâle ne pique jamais l'Homme ni les animaux et c’est la femelle seule qui se gorge de sang. 11 est non moins important de savoir discerner les deux types que nous venons de caractériser, car ils ne sont pas également redoutables, en tant que propagateurs des maladies parasitaires. Dans les pays tempérés, par exemple, le . « Anopheles » transmettent le paludisme, tandis que les « Culex» sont, jusqu'à plus ample informé, parfaitement inoffensifs. Dans les pays chauds, au contraire, ces derniers prennent une éclatante revanche, et c’est à leurs piqûres que l’Homme doit la filariose, la fièvre jaune et sans doute nombre d’autres maladies. Les Moustiques ont des métamorphoses complètes. La femelle pond dans l'eau ses œufs, qui présentent à la surface une disposition caractéristique. Ceux des « Anopheles » (fig. 3, a)
- sont isolés ; ceux des « Culex » sont agglutinés les uns aux autres, de manière à former une sorte de nacelle. Il sort de là une forme allongée, annelée, qui porte des soies et des poils de longueur souvent assez considérable. La larve de « Culex » (fig. o, b) est connue de chacun : elle se fait remarquer par les contorsions et les gambades amusantes qu'elle accomplit à travers le liquide, se repliant sur elle-même, puis se distendant brusquement,comme par l’effet d’un ressort qui la projetterait au loin. En zigzaguant delà sorte, elle se rapproche de la surface, puis s’y arrête brusquement, comme suspendue par un appendice conique qui se voit à son extrémité postérieure. Cet appendice est le siphon respiratoire : c’est à son sommet que viennent aboutir les trachées de tout le corps; c’est donc par les deux petits orifices qui s'y trouvent percés, que l’animal va pouvoir se mettre en rapport avec l’air atmosphérique. En effet, bien que vivant dans l’eau, il est incapable d'utiliser l'oxygène qui s’y trouve en dissolution et
- Fig. 1. — Moustique femelle {Anopheles mncvlipennis) en train de piquer la peau.
- a b
- Fig. 2. -- Ti'fe d’un Moustique mâle (Caler, a) et d’un Moustique femelle {Anopheles, b). Chez le mâle, les stylets sont sortis de la gaine de la trompe.
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- c’est seulement au moyen de l’air qu'il pourra respirer. De cette notion en apparence [l'utile, on a tiré, comme nous
- le verrons pins L
- tard, les déductions les plus importantes, au point de vue de la lutte contre les maladies redoutables qui nous sont inoculées par la piqûre des Moustiques. Tant il est vrai que la connaissance exacte des fait s, en appareneelesplus insignifiants,peut être la source d’applications de la plus haute importance.
- La larve des Anophèles (fîg. o, e, d) ne présente pas de siphoifres-piratoire : ses trachées aboutissent encore à l'avant-dernier anneau, mais elles s’ouvrent directement à la surface du corps. Il en résulte (pie
- Clément .
- Fig. 5. — Métamorphoses des Moustiques : a, œuf i\’Anopheles maculipennh vu de face et de profil; b, larve de Ciile,r;c, d, larves A’Anopheles ; e, nymphe.
- cette larve a dans l’eau une toute autre attitude que la précédente : elle flotte à la surface comme un
- fétu de paille et n’exécute que très exceptionnellement des gambades cà travers la masse liquide. Vient-on à la taquiner, elle se dérobe en nageant à reculons et ce n’est que lorsque le danger devient plus pressant qu’elle se décide à plonger.
- A p r è s avoir grandi, la larve se transforme en une nymphe d'un aspect tout dillé-rent (fig. o, e). On dirait un tout petit têtard ou un point d'interrogation, lecorps étant formé d’une partie globuleuse h
- laquelle fait suite une sorte de queue annelée. A quelque genre qu’elle appartienne, la nymphe est
- Fig. i.
- Un coin de marécage oii se développent les Moustiques,
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- toujours du même type, sauf des différences de détail que nous ne pouvons signaler ici. Sa portion renflée, qui correspond à la tête et au thorax, est toujours en haut, quand l'animal vient respirer à la surface ; elle porte d'ailleurs «leux siphons respiratoires ayant l’aspect d’oreilles d’àne.
- Au bout de deux ou trois jours, la nymphe finit par rester immobile à la surface de l'eau ; une partie de sa région dorsale sort même du lupiide et se dessèche au contact de l'air. Il se produit bientôt une déchirure de la peau, par laquelle on peut voir sortir progressivement l’Insecte parfait. Dès que ses pat tes sont dégagées, il prend un point d’appui sur la surlace liquide ou sur sa dépouille nymphale : peu à peu les ailes se dégagent à leur tour, s'étirent, s’étalent et se dessèchent, en sorte «pie l'animal ailé ne va pas tarder à s’envoler dans les airs.
- On comprend maintenant que les Moustiques abondent surtout dans les contrées où l’eau stagnante n’est point rare. Ils se développent, en effet, dans l’eau dormante, dans les étangs, les mares, mais souvent aussi dans des collections d’eau de bien moindre importance : un simple tonneau d'arrosage, une citerne, un tesson de plat sont souvent des récipients où naissent des centaines et des milliers de Moustiques. Il était nécessaire de mettre ces faits en relief, car nous allons reconnaître, dans les articles suivants, de quelle grande utilité pratupie sont de semblables notions. H. Blanchard,
- <te l'Academie de Médecine.
- LA « ROUE DU DIABLE »
- Sous ce titre satanique, le théâtre du Moulin-Rouge a présenté dernièrement au public parisien un exercice acrobatifjue nouveau en Europe, mais qui a fait sensation en Amérique. Cet exercice est encore un dérivé «lu« looping the loop » et est basé, comme lui, sur le principe «le la force centrifuge ; néanmoins il s’accomplit dans des conditions qui, au premier abord, paraissent absolument paradoxales et qui produisent sur les spectateurs une émotion encore plus forte que le passage de la boucle.
- Voici en quoi consiste cette performance : deux hardis cyclistes, Tom Butler et Cadwel, exécutent tous les soirs plusieurs tours de boucle consécutifs dans deux grandes roues mobiles. Ces deux roues sont absolument indépendantes l’une de l’autre, mais cependant juxtaposées sur un même axe d’acier reposant lui-même sur un énorme support placé sur la scène. La jante de chacune de ces roues forme une véritable piste qui mesure environ 14 mètres de circonférence sur 1 mètre de largeur. Lorsque le rideau se lève, la « Roue du Diable » apparaît, se détachant sur un fond noir, et brillamment éclairée par une rangée de lampes électriques placée sur le support de l’appareil. Les deux cyclistes entrent dans les roues et, chacun sur sa piste, enfourchent une bicyclette munie d’une très forte multiplication ; ils se mettent à pédaler vigoureusement. Les deux roues étant mobiles et montées sur un roulement à billes extrêmement doux, se déplacent en sens inverse et la piste se met à fuir sous les «•oùreurs, ceux-ci restant, naturellement dans le bas de l’appareil. Lorsque les roues ont atteint une vitesse de rotation suffisante, le starter tire un coup de pistolet et
- les deux cyclistes s’élancent à l’assaut du cercle tournant. Pour prendre l’élan nécessaire, chacun serre son frein de manière à bloquer complètement les roues de sa bicyclette «pii est alors entraînée en arrière par le mouvement de rotation des pistes. Les coureurs fout ainsi, à rebours, un demi-tour du cercle, jusqu’au moment où ils se trouvent presque la tète en bas, maintenus au haut de la roue par la force centrifuge. A ce moment précis, ils lâchent leur frein et se remettent à actionner avec force leurs pédales. Quoique les pistes mouvantes continuent toujours à fuir sous eux, les cyclistes, entraînés par la pente, redescendent à toute allure le chemin «pi’ils viennent de parcourir en arrière. Au bout «le trois ou quatre oscillations, l’impulsion acfpiise est tellement forte qu’arrivés en bas de la roue ils ont un élan suffisant pour remonter «lu côté opposé et, comme ils continuent à pédaler, ils peuvent accomplir non pas un seul tour de la roue, mais jusqu’à
- [.a « Roue flu Diable ».
- «piinze ou vingt, consécutivement et sans arrêt (Yoy. la ligure). La vitesse avec laquelle tournent les deux loopeurs est telle que les spectateurs peuvent «lifficileinent les distinguer; ils ne voient guère, à l’intérieur des roues mouvantes, que deux raies de la couleur des maillots. Cette vitesse des cyclistes peut difficilement être évaluée ; l’annonce la prétend équivalente à 180 kilomètres à l’heure. Ce chiffre nous semble très exagéré et nous nous demandons sur quelle base et par «piel moyen on a pu la chronométrer.
- Les deux roues étant indépendantes, les deux coureurs tournent forcément à des allures différentes, suivant leur force. Au bout d’un laps de temps d’environ une demi-minute, le manager proclame le gagnant de ce match d’un nouveau genre : Tom Butler est vainqueur, ayant accompli trois quarts de tour de plus que Cadwell, à moins «pie ce ne soit le contraire.
- Le résultat de la course une fois annoncé, cyclistes et aides se préparent à mettre fin à cette ronde folle. L’arrêt est en effet la phase la plus périlleuse de cet exercice. Pour l’obtenir, les coureurs serrent vigoureusement le
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- frein de leur bicyclette; en même temps les aides font agir sur les deux grandes roues des freins puissants qui arrêtent progressivement leur mouvement de rotation. Après quelques oscillations et quelques embardées les cyclistes peuvent sauter sur le sol et venir saluer le public qui ne leur ménage pas ses applaudissements.
- La Préfecture de Police avait primitivement interdit la représentation de ce numéro; elle a fini par l’autoriser après avoir imposé aux directeurs du théâtre quelques précautions destinées à écarter toute possibilité d’accidents. I lie a exigé, entre autres, que l’appareil soit placé tout à lait au fond de la scène; il est évident que si, dans une embardée, un des cyclistes était venu à tomber dans l’enceinte des spectateurs, il eût pu se produire des accidents graves qui, maintenant, sont impossibles.
- Est-ce fini? On parle maintenant d’une autre prouesse, le (( Saut de l'abîme ». En cycliste descend sur sa machine une pente de 25 mètres, franchit un espace de 14 mètres, parcourant en l’air une parabole impressionnante et retombe sur la piste. A décrire encore, si le « Saut de l’abîme » est agréé à Paris.
- AV. Draxcourt.
- FOUNTAIN PEN
- I.ES PLOIES n’OR A RÉSERVOIR
- Tout le monde sait jusqu’à quel point la plume exerce d’intluenee sur celui qui s’en sert. Les idées viennent mal avec une mauvaise plume, et beaucoup de personnes ne peuvent écrire qu’avec une plume de leur choix. Et ce choix réclame souvent de longs et nombreux essais. C’est, Ilumboldt qui, dit-on, substitua, en 1810, la plume métallique à la plume d’oie. On trouve pourtant encore aujourd'hui des amateurs de la plume d’oie. La plume métallique se répandit rapidement et fui vite adoptée. Comme conséquence de son emploi, il fallut combiner de bons porte-plume et les fabricants ont imaginé foules les formes possibles. La sujétion incommode d’aller charger sa plume d’encre à chaque instant finit par susciter l'idée de faire du porte-plume un véritable encrier. On essaya même de garnir, d’ailleurs sans succès, le porte-plume de petits bâtons solides d’encre. On en revint à l’encre liquide. Les porte-plume à réservoir s’alimentent d’eux-mêmes, ce qui est un grand avantage. Il faut bien dire que les premiers essais ne furent pas satisfaisants, parce que l’encre descendait trop vite ou se faisait trop attendre. 11 fallait, pour arriver à la pratique, trouver le moyen de régulariser le débit et de le régler automatiquement, en raison du besoin. Le problème n’est pas si aisé qu’il semble tout d’abord, car, en réalité, ce n’est guère que dans ces dernières années qu’il a reçu une première solution, et tout dernièrement que l’on a combiné un dispositif, le « spoon feed », que l’on peut considérer comme bon. En général, les porte-plume à réservoir sont munis de plumes d’or avec bout d’iridium pour que la durée en soit très longue. Elles nous viennent à peu près foutes d’Amérique qui en a conservé en quelque sorte le monopole.
- La « Fountain Pen » n’est pas un objet de luxe, comme on le croit trop généralement : malgré son prix qui paraît élevé, elle fait faire des économies et surtout elle présente des avantages très caractéristiques. Quand on s’en est servi, on a quelque peine à revenir aux plumes ordinaires avec porte-plume indépendant. Il est extrêmement commode de n’avoir plus à tremper sans cesse sa plume dans l'encrier; on gagne avec elle beaucoup de temps. La main s’habitue à la même plume et se trouve bien de n’en pas changer. La plume d’or est à l’abri de l'oxydation; elle dure naturellement tant qu'on ne la brise pas par accident et s’améliore même par l'usage. Elle court facilement sur le papier et fatigue moins la main que les autres. Enfin, comme un crayon, on peut porter toujours sur soi la plume à réservoir.
- Cependant, elle a des détracteurs. 11 arrive encore que l’on tombe sur un mauvais porte-plume. L’encre arrive mal au bec ou en trop grande quantité; alors la plume trace les caractères imparfaitement ou capricieusement. Ce n’est pas souvent la plume qui est en cause, mais bien l’encre, ou encore le système de distribution imparfait du porte-plume. Il est indispensable de choisir minutieusement sa plume. La première plume à réservoir dont je me suis servi remonte à 1872; elle était du système Caws. Elle va toujours, mais depuis la plume à réservoir a été très perfectionnée, de façon à éviter l’excès d’encre au bec. Cependant, longtemps en France, on a hésité à adopter la « Fountain Pen ». L’encre introduite dans le réservoir faisait quelquefois boue et il fallait procéder à chaque instant à un nettoyage fastidieux; il faut choisir de bonne encre, la plus fluide possible. Alors en général le porte-plume fonctionne bien.
- 11 existe un certain nombre de bons systèmes de plumes à réservoir tous fondés simplement sur l’action capillaire. On a abandonné les valves et d’autres complications qui retenaient l’encre pour n’opérer le réglage de l’alimentation que par l’influence de la capillarité. Dans les unes, une petite tige qui pénètre dans le réservoir vient guider l’encre jusqu’au bec ; dans les autres, la tige affecte des formes complexes, etc. Il serait superflu d’insister sur ces détails. En tout cas, c’est sur ce principe que se sont fondés les systèmes bien connus aujourd’hui aux Etats-Unis et en Europe des plumes Swan, Parker, Delarue, etc.
- Le dernier perfectionnement appartient à la grande manufacture de MM. Waterman and C°, de New-York, que nous venons de visiter. On s’étonnerait volontiers en Europe de constater qu’un objet aussi secondaire en apparence qu’un porte-plume puisse donner lieu à une industrie aussi considérable. La Compagnie Waterman n’emploie pas moins cependant de 600 personnes réparties dans ses usines et ses dépôts. Pendant 1902, la fabrication de cette Compagnie a atteint le chiffre énorme de 450000 porte-plume au prix moyen de 15 francs la pièce. La
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- LA NAITRE.
- fabrication est plus complexe qu’on ne le supposerait tout d’abord. Jetons sur elle un regard rapide.
- La fabrication se compose de deux parties distinctes, le porte-plume en caoutchouc vulcanisé ou vulcanite, et la plume proprement dite.
- Le porte-plume comporte quatre pièces : 1° le réservoir; 2° la jonction; 5° le conduit; 4° le capuchon. Le caoutchouc employé est celui de Para (Brésil) (pii, à l’état brut, ressemble au n° 2 de la ligure ci-dessous, qui représente une coupe transversale. La première opération consiste en broyage et lavage. Tout cela est naturellement fait à la machine et est d'une grande simplicité (fig. I ). On laisse le caoutchouc sécher pendant plusieurs mois, et il
- prend l'aspect du n° T>. 11 est ensuite passé entre deux grands rouleaux et en sort sous la forme de plaques laminées (n° 4). Après ce cylindrage préliminaire, on y projette du soufre en poudre et on le fait encore passer à plusieurs reprises entre les rouleaux jusqu'à ce que le soufre ail [iris rorps avee le caoutchouc. Quelques-uns de ces porte-plume sont de couleur rouge marbrée, ceci est obtenu en ajoutant au soufre un peu de vermillon.
- La matière est dès maintenant prête à être mise en l’orme. Le caoutchouc est chauffé légèrement pour le rendre malléable, il est roulé autour d'un mandrin de forme variable suivant que l’on veut faire un capuchon ou un réservoir. Pour obtenir la fermeture
- Fig. 1. — 1. Porle-pltinm démoulé. A droite, irxmoir; à franche, capuchon ; eu haut, a gaiidie, pièce a wsde tenneture : à droite, conduit « spoou iced » pour l'encre. — “1, 5, i. Travail du caoutchouc, o. Premier résultat du travail, — t‘>. 7. S. 0, 1(1. Travail de la plume. — 11. Détail du « spoon feed ».
- d’une extrémité, on y adapte une petite plaque en caoutchouc de la grosseur du mandrin, et on l'applique avec des feuilles de caoutchouc qui sont alors chauffées jusqu’à cohésion parfaite, et cimentée au point d'être complètement étanche. Le mandrin ainsi couvert est ensuite mis au vulcanisateur et exposé pendant plusieurs heures à la vapeur à une certaine température, où le caoutchouc prend l'apparence du n° ù. On relire alors le mandrin et on fait passer l’objet au tour. L’extérieur du capuchon ou du réservoir est un peu [dus gros que l’objet terminé, afin de pouvoir enlever toutes les bavures et donner à la surface un fini parfait. Après cette opération, les différentes parties sont trempées dans un liquide spécial pour leur donner un noir brillant et sont finalement polies au tour. La fabrication de la jonc-
- tion est identiquement la même. Quant au conduit, il est fait d’une baguette solide de caoutchouc, coupée à la longueur voulue. Le canal et les entailles capillaires sont découpées à la scie.
- La seconde partie importante du porte-plume c’est la plume en or. Sa fabrication est d’apparence simple, mais elle exige une grande adresse et beaucoup de travail manuel. L’or et l'alliage pour les plumes sont fournis par le bureau d'essai et de garantie à New-York, en forme de lingots. L’or est laminé en feuilles rectangulaires et la forme primitive de la plume est ensuite découpée (n° 0). Ces formes sont plus épaisses que la plume terminée. La pointe est alors amincie pour recevoir l’iridium qui y est soudé au chalumeau et sert à donner à la plume une plus grande résistance et à la préserver de l’usure fn°7).
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- L'iridium est un mutai [dus dur qui1 le platine et plus cher (pie l'or. L'iridium employé est de la grosseur d une petite tète d’épingle et ne peut être
- appliqué que par des hommes très habiles, à Laide d'une loupe; un travail qui augmente sensiblement le prix de la plume et qui nt‘ peut être continué que
- Fig. 2. — Atelier de fabrication des porte-plume.
- pour un temps très limité à cause de la grande l'aligne qu'il occasionne. L’ouvrier qui place l’iri-
- dium doit avoir une expérience de longues années. La l'orme primitive avec la pointe en iridium
- Fig. o. — Atelier de fabrication des plumes.
- (tasse alors à nouveau au laminoir (n° 8), est ensuite martelée près de la pointe afin de lui donner de la trempe et de l’élasticité. Elle est découpée ensuite à la l'orme voulue comme le montre le n° D, reçoit la marque de lubrique en même temps que le cœur
- découpé. Elle est ensuite amenée à sa forme définitive et fendue du cœur à la pointe (n° 10). Il ne reste plus qu’à terminer la pointe, et à la repasser afin de la rendre bien douce.
- Le porte-plume complet a» ainsi passé (buts plus
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- de 00 mains pour être achevé. Chaque ouvrier a un travail spécifié et arrive, de cette façon, aune grande habileté dans sa spécialité.
- 11 ne nous reste plus qu'à expliquer le fonctionnement de la partie la plus caractéristique du porte-plume L. Waterman and C°, celle même qui constitue le perfectionnement, l ue invention très ingénieuse et toute récente, c’est, en effet, le conduit « Spoon léed » (n° 11). Sur le dessus du conduit se trouve un canal assez large avec trois petites entailles au fond. L’encre, en vertu de l'attraction capillaire, descend par ces entailles jusqu’à la fente de la plume, l'action d’écrire en régularise le déhit ; l'air, qui entre dans le réservoir au fur et à mesure que l'encre y diminue, passe par l’ouverture située au-dessus du bec de la plume dans le canal, et de là remonte dans le réservoir ; il devient donc inutile de secouer la plume pour qu’elle écrive. Les entailles une fois mouillées ne se sèchent plus tant qu’il y a de l’encre dans le réservoir; la plume écrit dès qu’elle touche le papier. Tout échappement précipité d’encre, quelle qu’en soit la cause, est recueilli dans les cellules qui se trouvent de chaque coté et qui sont construites avec une telle perfection qu'elles retiennent l’encre et ne la rendent que par l’action d’écrire.
- Le dispositif donne au nouveau système toute sa valeur. Le réglage automatique de la sortie de l’encre est parfait; les quelques inconvénients reprochés à la plume réservoir semblent avoir été ainsi complètement évités. La pratique confirmera, nous l’espérons. ces conclusions favorables. L. IIaki iît.
- CHRONIQUE
- Un cyclone nu Tonkin. — Le Tonkin vient de subir un grand désastre. Le 7 juin dernier, dans les centres de Nam-Dinh et de Hanoï, un véritable cyclone s’est abattu, ravageant tout sur son passage, causant des ruines irréparables. Hanoï, Nam-JJinh, Ninh-Binh ont extrêmement souffert. En quelques heures, la tempête a accompli son œuvre de ruine. Les pertes sont énormes. Elles ne peuvent encore être approximativement évaluées. A l’heure du départ du courrier, toutes les communications postales et télégraphiques étaient interrompues. La tempête a soufflé sur Hanoï et sur les environs de six heures du soir à minuit ; les poteaux, le long de la voie ferrée, ont été renversés. Le train, parti de Hanoï à cinq heures du soir, dut revenir en arrière. A un kilomètre avant le pont de Hanoï, une rafale s’abattit sur des wagons qui furent culbutés en dehors de la voie. Les deux voyageurs qui, seuls, étaient restés dans le train furent indemnes. Hans les rues de Hanoï, l’aspect est lamentable. Les arbres sont couchés, pliés et brisés, les pylônes des tramways ont été tordus. Les immeubles ont été très éprouvés. Hans le port, on a signalé des quantités de jonques coulées. On parle de cent cinquante indigènes tués. A llaï-phong, où la queue du typhon s’est fait sentir, il n’y a eu que des dégâts peu importants, bans la ville d’Hanoi, les toitures des maisons ont été enlevées, les rues jonchées de tuiles et de gravats. Certains villages dos environs ne sont plus que des amas de décombres. On dit que les dé-
- gâts dépassent 21) millions. Le quartier de l’Exposition a été très éprouvé. Les collections de l’école française sont en partie détruites. La ville de Thai-Binh n’est qu’un amas de décombres. Toutes les maisons sont détruites, y compris la Résidence.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juillet 1903. — Présidence de M. Masc.uu .
- Les mouvements du globe de l'œil. — JL Delage résume des expériences qu’il a faites sur lui-même relativement aux mouvements de torsion du globe de l’œil corrélatifs de la rotation de la tète. La difficulté des expériences de ce genre consiste à trouver des points de repère sur le globe de l’œil afin d’en mesurer la rotation autour d’un axe. M. Delage a mis à profit, en la circonstance, l’astigmatisme dont il est atteint.
- La distribution géographique des Bostnjcbides. — M. Bouvier résume un travail de M. Lesne, assistant au Muséum, relatif à la distribution géographique des bostry-chides. Ces insectes sont des coléoptères xylophages s’accommodant des parties ligneuses de tous les végétaux. Aussi ont-ils pu se répandre au delà de l’Afrique qui est leur pays d’origine. En Amérique on constate que les centres de leur habitat — Antilles et Brésil oriental — coïncident avec les centres d’importation des .Noirs. On a donc été amené à conclure qu’ils ont été introduits par les vaisseaux négriers, avec les objets en bois, en écorce, en fibres débarqués en même temps (pie les Noirs. A Madagascar où l’on observe plusieurs espèces, on retrouve celles du confinent africain, ce qui donne à penser que, ces dernières ont été importées par les migrations humaines.
- Reconstitution du squelette de l'épiornis. — M. Terrier présente une Note de M. Guillaume Grandidier, relative à la reconstitution de la partie inférieure du squelette de l’épiornis ingens d’après des ossements provenant de la partie occidentale de Madagascar. Get animal devait avoir 5 mètres de haut, il avait le cou plus court que celui de l’autruche et ressemblait à un gigantesque dindon. Il se rapprochait des casoars et des émeus, oiseaux coureurs. C’est à lui qu’il faut attribuer les énormes œufs d’une capacité de 10 litres décrits par Geoffroy Saint-Hilaire en 1851.
- Séance du 21) juillet 1903.— Présidence de M. A. Gacdhy.
- L’arsenic infinitésimal. -- M. A. Gautier rappelle que ses recherches sur le dosage de l’arsenic dans les matières organiques ont doté la science il y a 25 ans d’une méthode qui ne laisse pas échapper 1 1000e de milligramme d’arsenic dans 100 grammes de matières; un 1/2000" de milligramme d’arsenic ajouté à la matière organique peut être décelé. Toutefois, il semblait nécessaire d’apporter un perfectionnement à cette méthode qui n’était pas applicable aux solutions contenant des chlorures alcalins. En outre, pour indiquer la présence de traces d’arsenic de l’ordre du millième de milligramme, il fallait être sur que l’arsenic décelé n’avait pas été introduit par les réactifs. Tels sont les points de départ des admirables recherches nouvelles de M. A. Gautier. Il a utilisé cette propriété bien connue des eaux minérales contenant du fer et de l’arsenic, que les dépôts sont toujours riches en arsenic : le fer entraîne l’arsenic. La nouvelle méthode de JL A. Gautier repose sur l’èmploi du sulfate ferrique;
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- il peut arriver à doser 1 101100e de milligramme d’arsenic. 11 constate ainsi que l’eau distillée dans une cornue de verre contient 0n,,r,0015 d’arsenic par litre et l’eau distillée dans un alambic élamé 0“6r,001. M. A. Gautier démontre expérimentalement qu’il peut doser 0ra£r,001 d’arsenic introduit dans un litre d’eau. La proportion atteinte est donc celle du 1 1 000 000 000°. La méthode appliquée à l’eau de mer, puisée dans la Manche à 50 kilomètres des cotes et à 5 mètres de profondeur, a donné les résultats suivants : arsenic minéral 0ragr,009, arsenic soluble ()“*',0008 par litre. Des essais d’eau de mer, puisée à différentes profondeurs dans le voisinage des Açores, ont donné à 10 mètres : 0mgr,0005 d’arsenic ; à 1550 mètres : l)mgr,(ll(); à 5945 mètres : 0mgr,()80. L’eau de mer contenant de l’arsenic, il était probable que le sel marin en contenait. En eff et, dans le sel blanc de Paris, M. Gautier trouve pour 100 grammes ü'"gr,005. Dans le sel blanc des Sables-d’Olonne, ()'“Er,0Ûl et dans le sel gris de même provenance, 0"'g' ,045. Le sel gemme de Saint-Nicolas de Meurthe-et-Moselle renferme 0rae',014 et celui de la Montagne de sel de la route de Laghouat de 0,,lgr,005. Or, la consommation journalière de sel de l’homme peut être évaluée à 8 gr. ; il est donc certain que de ce fait une quantité d’arsenic est introduite dans l’organisme. Toutefois, M. A. Gautier n’a trouvé d’arsenic ni dans le sang, ni dans le foie, ni dans la rate, ni dans le rein, ni dans les muscles; si l’arsenic y existe, il est certain qu’il y est en quantité inférieure ;i0,us‘,001 pour 100gr. L’auteur a étudié également les eaux de Yicliy; la proportion d’arsenic est de O"'81',28 pour l’eau de la Grande Grille, 0'"'r, 14 pour la source de l’Hôpital, O"’81', 112 pour la source des Célestins et 0"’ei,51 pour celle d’Ilauterivc. 11 a également déterminé la teneur en arsenic des réactifs usuels et calcule qu’en dosant l’arsenic contenu dans 100 grammes de matière organique on en introduit environ 0n,*r,001. Dans ces conditions lorsque l’on trouve par une voie différente 1 milligramme d’arsenic, on est fondé à penser qu’il provient des réactifs.
- Les gaz de la respiration dans le diabète sucré. — M. A. Gautier présente ensuite une Note de M. Le Goff sur une question non encore étudiée : les gaz de la respiration des diabétiques. M. Le Goff, qui a spécialement étudié le diabète, a constaté que les poumons des diabétiques exhalaient de l’alcool et de l’acétone. La quantité d’acétone varie de 2 à 5 grammes en 24 heures.
- La formation du cal. — M. le professeur Lannelongue communique un travail de M. le professeur Corail et de M. Coudray. Les auteurs ont repris les travaux anciens relatifs à la cicatrisation des os fracturés. Ils ont trouvé que la cicatrice ou cal, d’abord molle, est envahie dès le troisième jour par des éléments osseux contrairement à l’opi-nion générale que l’ossification ne commence que vers le dixième ou le douzième jour. Le cartilage fait son apparition dans le cal au bout de cinq jours.
- Election. — M. liaccelli est élu membre correspondant de la section de médecine et de chirurgie en remplacement de M. Ollier. Ch. nu Viu.KOKru,.
- L’INDUSTRIE FRIGORIFIQUE EN FRANGE
- La France, grâce aux travaux de Leslie, Carré, Lilfard, Tellier, etc., a contribué a la naissance de 1 industrie du froid artificiel ; mais, jusqu’ici, elle n a pas pris une grande part à ses applications.
- Afin de donner une idée exacte des applications frigorifiques de notre pays, nous avons dressé, avec le concours de M. Vautier, la carte que nous reproduisons ci-après.
- Eue vaste empiète nous a permis de réunir l'ensemble des machines frigorifiques existant sur tout le territoire. Les chiffres que nous donnons, sans être mathématiquement exacts, sont d'une approximation statistique très suffisante. Pour dresser notre carte, nous avons classé, par départements, les différents appareils, et nous avons pris comme unité le « compresseur ». Nous avons trouvé que les compresseurs installés, en comptant bien entendu les plus récents (fm 1902) comme les plus anciens, ceux de construction française connue ceux de construction étrangère : belge, suisse, allemande, anglaise, américaine, etc., atteignent un total de 1077, dont le quart environ de provenance étrangère.
- Les plus anciens compresseurs, pour des applications industrielles, ont été installés par Rouart vers 1804 : c'étaient des machines à absorption système Carré. Les machines à compression ne commencent à donner des résultats que vers 1877 avec les machines .à acide sulfureux (installation Peltier à Toul). Les machines à compression d'ammoniaque (système Eixary) ne font leur apparition que vers 1882, et les machines à acide carbonique vers 1800. La grande majorité des installations existant a été faite après 1880. Un peut réduire, tout au plus, à 1000 le nombre de compresseurs fonctionnant actuellement. Dans notre carte, nous avons considéré l'ensemble des compresseurs, que nous avons répartis par départements.
- Nous avons figuré le total des appareils existant dans chaque département par un cercle dont la surface est proportionnelle au nombre de ces machines. L'unité est représentée par un cercle de 15 millimètres de diamètre.
- Le maximum de 1000 compresseurs, que nous avons donné comme représentant approximativement les machines actuellement en marche, ne correspond pas à 1000 installations ; un grand nombre de celles-ci possèdent deux, trois et jusqu’à quatre machines frigorifiques (brasserie Karcher, à Paris), mais on peut évaluer en moyenne à 750 les différents établissements français profitant du froid mécanique.
- Sur un total de 1077 appareils, on compte 575 machines à ammoniaque, soit 55 pour 100; 290 à acide sulfureux, soit 27,8 pour 100; 125 à acide carbonique, soit 1 I pour 100; 80 à chlorure de méthyle, soit 7,0 (four 100. Nous entendons ici des appareils dont la production correspond au moins à 10 kg de glace à l’heure.
- Ainsi qu'on peut s’en rendre compte par les rectangles échelonnés au-dessous de la carte, la plus grande consommation du froid artificiel se fait pour la brasserie : 422 appareils installés dans 500 brasseries, sur 2500 brasseries existant en France, et la fabrication de la glace : 284 appareils. Toutefois ces derniers produisent à peine 150000 tonnes de glace
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- par an, alors qu'aux Etats-Unis, la production de la glace artificielle est de 4 millions et demi de tonnes, s a il s c o m p t e r que la glace na-t urelle consommée dans ce dernier pays dépasse 30 millions de tonnes par an. On peut dire que les Etats-Unis consomment cent lois plus de glace (pie la Erance.
- L'industrie alimentaire, c'est-à-dire les laiteries (75 appareils), la marg a r i ne r i e ( 10), la chocolaterie (55), la fabrication des vins de champagne ( 15), la sucrerie, etc., utilisent un total de 157 appareils lrigorili-ques. Les fabriques de produits
- chimiques sont relativement bien dotés, car ces établissements vraiment industriels sont dans l’obligation de tirer parti de tous les progrès modernes.
- Les industries chimiques proprement dites utilisent 15 compresseurs, les produits pharmaceutiques, les paraflineries, sav on n e r i e s, teintureries, plaques photographiques , fabriques de caoutchouc, de la soie artificielle, etc., 06 appareils.
- Quant aux applications au commerce des substances alimentaires qui intéressent, au plus haut point, la production agricole, elles sont très restreintes. En retranchant, du total de 68 appareils, les établissements des côtes fabriquant exclusivement de la glace pour le transport de la marée, il ne reste en réalité que 5 appareils dans les trois abattoirs frigorifiques existant en Erance (Paris, Chambéry, Dijon) contre 270 existant en Allemagne. Il faut espérer que ces établissements se multiplieront lorsque les municipalités françaises reconnaîtront que les chambres froides des abattoirs ne sont pas seu-
- Amrrioniciqua_ _ ___
- Acide, sulfureuse,__
- Acide, carbonique,__
- Chlorure de methyle.
- Brasseries_
- Fabrication de ylace
- Industries aliment rF_
- Fabriques de produits chimiques et antres--
- Conservation, des substances alimentaires--
- Divers---------------
- 0 100 200 300 400 500 6
- Nombre de compresseurs employés dans les diverses industries utilisant le froid.
- Fi". 2. — Renseignements divers sur les appareils à froid
- lement inspirées par l'hygiène même, mais qu'elles pourraient constituer en même temps une ressource
- pour leur budget ;
- 6 appareils sont utilisés par la maison Potin, à Paris, et 5 par les négociants en beurre. On compte T installations pour la conservation des fruits dans le midi. Un grand entrepôt existe dans le sous-sol de la bourse de Commerce, à Paris1 et un autre à Lyon, fonctionnant sous notre direction.
- Sous la rubrique « Divers », nous avons groupé les installations pour la con-s e r v a t i o n des fourrures (2 appareils), pour les laboratoires, les morgues (4 appareils), les salles de patinage, les poudreries, etc.
- Un coup d'œil sur la carte frigorifique ci-dessus suffit pour donner une idée de la répartition des appareils frigorifiques dans notre pays. Paris en possède 500 ; viennent tout de suite après les Bouches-du-Rhône ( 49), Meurthe-et-Moselle ( 44 ), Marne (42), Nord (58), Rhône (54), Seinc-et-Oise (50), Hérault (27). Les départements des Deux-Sèvres, Maine-et-Loire et Vendée, possèdent 25 à 10 installations chacun pour les laiteries coopératives. La Haute-Loire, la Haute-Savoie, la Lozère, etc., ne possèdent encore qu'un seul établissement frigorifique, et les départements des Basses-Alpes et des Hautes-Alpes, au contraire, en sont totalement dépourvus jusqu'à ce jour. J. de Loverdo.
- 0 100 200 300 400 500 600
- Nombre de compresseurs des différents' systèmes.
- • B ëü R m r B
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- i
- 1 Yoy. n° 1501, du 1er mars 1902, p. 203.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- 1575. — 1" AGIT 1905.
- LA NAÎTRE.
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- ÜN PHASME NOUVEAU
- I'AUECTATOSOMA MOCQlKUYSI, FINOT
- Ce n’est pas la première lois que l’atleiilion de nos lecteurs est appelée sur des insectes de cette Lien curieuse famille qu'on appelle les « l*hasiniens ». M. Kunckel d’Herculais entre autres, le savant, assistant d’entomologie au Muséum d’histoire naturelle, a publié dans ces colonnes, en 1879, un article sur les Furyeanthes de la Nouvelle-Guinée, et a fait représenter rEurycanllie éperonné (Eury-eantlia calcarata, Lucas)1.
- Dans cet article l’auteur donne, d’après le Père
- Montrouzier, d’intéressants détails sur les mœurs de ces singuliers insectes, comestibles en Papouasie, et dont les muscles sont si puissants que le sang jaillit des blessures que fait le mâle avec les sortes de crochets robustes et acérés dont sont armées ses pattes postérieures en redressant brusquement celles-ci lorsqu'on le saisit avec les doigts.
- M. Pordage, directeur du Muséum de Elle de la Réunion (Rourbon), nous a d’autre part fait connaître ses belles observations d’autotomie1 chez deux phas-mides de celte lie: le « Monandroptcra inuncans » et le « Raphiderus scabrosus », espèces herbivores comme tous les insectes de ce groupe et qui se nourrissent des feuilles des Goyaviers, des Filaos, et
- Parectatosoma Mocquerysi (grandeur naturelle). — En haut, le mâle ; sur le sol, la femelle.
- d'une Éricacée, l’Agauria pyrifolia, plante qui est pourtant vénéneuse pour les bestiaux.
- Les phasmes sont nocturnes, le jour ils se dissimulent sur les rameaux des plantes et dans les broussailles, où leurs formes et leurs couleurs essentiellement mimétiques les rendent très difficiles à apercevoir. Au repos les pattes antérieures sont tendues en avant cachant la tète et les antennes, les
- médianes et les postérieures étant repliées en arrièn La marche de ces orthoptères semble aussi pénih qu’elle est lente, ils' restent quelquefois accrochi dans les postures les plus invraisemblables. Certaii d'entre eux rejettent par des pores latéraux ui matière colorée à odeur variable parfois putride. I parthénogenèse est un fait ordinaire chez tous & 1 Yoy. n° 513, du 51 mai 1879, p. 408.
- 31e aniH'o. — 2e seinvstre.
- animaux qui se croisent en outre avec la plus grande facilité. Le dimorphisme sexuel y est tellement accentué qu’il est dans certains cas difficile d'identifier le male et la femelle d’une même espèce chez lesquels il n’y a souvent d’analogue que la tète et les pattes. Les différences sont parfois telles entre les deux sexes, qu’ils portent dans les collections des noms de genre et d’espèce distincts.
- C’est notre excellent collègue M. Finot qui a fait connaître le pliasme que nous figurons aujourd’hui. Il l’avait reçu de M. Albert Mocquerys, l’habile chasseur qui l'a découvert en décembre près de Maroa^ centra dans une région boisée, voisine de la baie d’Antongil au nord-est de Madagascar.
- M. Finot a dédié cette espèce 5 M. Mocquerys et l’a 1 Yoy. nu 1304, du *28 mai 1898, p. 407.
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- LA NATURE.
- décrite dans les annales de la Société entomologique de France. Nous ne reproduirons pas sa minutieuse description, les figures ci-jointes, dessinées d’après nature, nous paraissant suffisantes pour la remplacer auprès de nos lecteurs auxquels elles donneront une idée bien exacte de ce rare et beau phasmien dont la couleur est brune avec quelques parties plus claires que les autres. Nous appellerons seulement l’attention sur la longueur des fines antennes, les fortes carènes que portent les membres antérieurs, les expansions lamellaires des cuisses, et les épines acérées qui arment les diverses parties du corps, surtout la tète et le corselet où elles sont le plus développées.
- Ses mœurs particulières ne sont pas encore connues, le genre Parectatosoma auquel elle appartient est propre à Madagascar.
- Nous remercions M. Finot, le bien sympathique entomologiste, de nous avoir communiqué cette espèce, ce qui nous a permis de la figurer pour La Nature, où nous avons toujours reçu le meilleur accueil. A.-L. Clément,
- Professeur d’Eiitoinologie appliquée.
- PHOTOGRAPHIE
- DÉFORMATIONS DE LOBTURATEUR DE PLAQUE
- À propos des photographies instantanées, obtenues par M. Sigriste à la course Paris-Madrid, quelques lecteurs nous ont fait remarquer qu’il y avait déformation des roues, d’autres ont même pris la peine de nous en expliquer la cause. Qu’il y ait déformation, et qu’elle soit due au mode d’obturation adopté, nous nous en doutions bien un peu ! Mais nous avions pensé que dans un article où nous voulions, en présentant des résultats exceptionnels, dire seulement quelques mots sur la sensation de vitesse donnée incontestablement par ces images, il n’était pas utile d’entrer dans les détails techniques du procédé que nous avions déjà exposé ici, lors de l’apparition des premiers obturateurs de ce genre'. A cette époque nous avions même, par le choix de notre exemple, été un peu loin puisque nous supposions qu’un bateau, ainsi photographié, pourrait avoir, sur le cliché, la base de son mât dans un angle de la plaque et le sommet dans l’angle diamétralement opposé ; il aurait fallu pour cela à notre bateau une vitesse par trop fantastique. Mais nous n’avions pas d’autre but que de faire bien saisir à quel genre de déformation on a affaire. Puisqu’il paraît utile de revenir sur la question nous allons reprendre à nouveau l’explication, en l’empruntant cette fois à l’étude que M. Wallon, le savant professeur de physique du lycée Janson, a faite à propos de l’obturateur Sigriste :
- Nous avons vu, dit-il, que l’obturateur de plaque, à condition d’être employé logiquement, résoudrait pratiquement le problème de l’obturation idéale, si nous n’avions à reproduire que des sujets au repos, ou tout au moins en mouvement lent. C’est dans le cas contraire, en effet, qu’il prête à la critique ; les cônes élémentaires, qui viennent des différents points de l’image, s’imprimant ainsi à des époques différentes, alors que l’objet lui-même est en mouvement, l’image ne sera plus rigoureu-
- * Yoy. h" 1515, du 12 novembre 1002. p. 577, col. 2.
- sement semblable à l’objet ; il y aura déformation. 11 n’est possible ni de nier cette déformation, ni de l’éviter; mais il faut se rendre compte de son importance et rechercher les moyens d’en atténuer l’influence.
- Il est clair tout d’abord qu’elle est absolument négligeable quand la vitesse de déplacement de l’image, dans le plan focal, est petite par rapport à la vitesse de translation de la fente; et il en est presque toujours ainsi.
- Il est facile aussi de voir qu’elle changera de nature quand changera le sens du déplacement de la fente par rapport à celui de l’objet : si les deux directions sont confondues, et les deux mouvements de même sens, l’image sera allongée; avec les deux mouvements de sens contraire elle sera rétrécie ; quand les deux mouvements seront rectangulaires, elle sera simplement déviée. Si, par exemple, l’objet en mouvement est un carré se déplaçant dans la direction d’un de ses côtés, l’image sera, dans le premier cas, un rectangle allongé dans le sens du mouvement; dans le second, un rectangle allongé perpendiculairement au mouvement; clansle troisième cas, enfin, les quatre côtés de la figure resteront sensiblement égaux, mais ils ne seront plus rectangulaires. 11 semble bien que, pratiquement, ce dernier genre de déformation soit le plus acceptable: il n’aura guère d’autre effet que d’exagérer un peu l’allure du mouvement, et, de fait, même avec des corps à déplacement très rapide, la modification n’est pas visible. Il est d’ailleurs facile d’en savoir l’importance exacte : Si l’on suppose une ligne verticale, se déplaçant horizontalement avec la vitesse de 20 mètres par seconde (c’est celle d’un train express), à une distance de 100 foyers, l’obturateur fonctionnant avec une fente de 2 millimètres et une vitesse de déplacement de 2 mètres par seconde, l’image sera une ligne droite inclinée sur la verticale de 5 degrés environ. Le temps de pose correspondant, qui est de 1 /2000e de seconde, est précisément nécessaire pour avoir l’image nette, en prenant le dixième de millimètre comme limite de netteté. Nous avons choisi, en somme, un cas exceptionnellement défavorable, dans lequel un obturateur d’objectif serait absolument incapable de donner une image nette. On peut dire que nous n’avons pas, tout au moins au point de vue artistique, à nous préoccuper de cette déformation. Nous devons cependant nous placer toujours dans les conditions les plus propres à l’atténuer, et c’est pour cela que nous aurons nettement avantage, pour réduire le temps de pose, dans le cas d’un objet à mouvement très rapide, à augmenter la vitesse de passage de la feule plutôt qu’à diminuer sa largeur.
- bans le cas particulier qui nous occupe la déviation est certes de plus de 5 degrés ; mais l’opérateur se trouvait dans des conditions plus défavorables que celle supposée par l’auteur des lignes ci-dessus : le sujet à photographier était animé d’une vitesse de translation de plus de trente mètres à la seconde et se trouvait à une distance de l’objectif bien inférieure à 100 fois son foyer. Il faut en outre remarquer que la voiture étant prise de trois quarts, les roues doivent forcément présenter une forme ovale ; il faut ajouter que le plus souvent l’appareil a dù être un peu incliné vers le sol; enfin disons encore que les roues des automobiles ne sont généralement pas montées dans un plan vertical, mais dans une position inclinée. Toutes ces causes réunies ont contribué dans une assez large mesure à exagérer encore la déformation inhérente à l’obturateur de plaque. Mais on n’a pas le choix, et il faut renoncer à faire des photographies de ce genre si on n’accepte pas la déformation, car
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- aucun obturateur d’objectif ne permettrait d’avoir une image passable dans de telles conditions.
- G. Maresciial.
- (MI'AIUISON ENTRE LES LOCOMOTIVES
- ANGLAISES ET AMÉRICAINES
- La Railroad Gazette de New-York vient de publier un article intéressant, où l’auteur compare les locomotives anglaises aux locomotives américaines au point de vue de la durée de leur service. Nous croyons intéressant de résumer cet article, d’autant plus que cette comparaison peut s’appliquer à la généralité des locomotives européennes.
- D’après l’auteur de cet article, la durée d’une chaudière de locomotive anglaise correspond à un parcours de 565500 kilomètres. Pour une chaudière de locomotive à voyageurs cette durée est de 9 ans, pour une locomotive à marchandises de 14 ans, pour une locomotive de manœuvre de 17 ans, et pour une locomotive faisant le service des lignes d’embranchement, de 1(1 ans, La durée moyenne d’une locomotive, sur les grands réseaux anglais, est la suivante : pour les locomotives express 25 ans, poulies locomotives à marchandises 2(1 ans, pour les locomotives de banlieue 25 ans, et pour les locomotives de manœuvre 27 ans. Le nombre total de kilomètres pouvant être parcourus par une locomotive express varie entre 1 110000 et 1610 000 kilomètres, par une locomotive à marchandises entre 800000 et 1400000 kilomètres, et par une locomotive de manœuvre entre 800000 et 1 200000 kilomètres.
- Les ingénieurs anglais admettent que les locomotives doivent revenir aux ateliers tous les deux ans, pour y subir une grande réparation. Les ingénieurs américains ont une opinion toute différente. Ces derniers ne cherchent pas à prolonger l’existence de leurs locomotives au delà d’une durée de 15 ans. Pendant ce laps de temps ils tirent de la locomotive tout ce qu’elle peut produire pour l’envoyer ensuite à la ferraille, à moins qu’elle ne puisse, être vendue à un réseau secondaire.
- Tandis que, en Angleterre, il existe des locomotives ayant plus de trente années d’existence et dont le fonctionnement est encore bon, on peut estimer qu’en Amérique, sur six des réseaux les plus importants, la durée des locomotives est la suivante : locomotives express 18 ans, locomotives à marchandises 16 ans, locomotives de banlieue 19 ans, locomotives de manœuvre 22 ans. Les locomotives américaines, de quelque type qu’elles soient, parcourent un nombre total de kilomètres beaucoup plus grand que les locomotives anglaises. Ce nombre varie entre 1 610000 et 5200000 kilomètres.
- La durée moyenne des chaudières est à peu près la même que celle des chaudières des locomotives anglaises ; mais si, en Angleterre, le nombre de kilomètres parcourus entre les passages aux ateliers est, en moyenne, de 80 000 kilomètres, aux États-Unis ce parcours varie entre 110000 et 190000 kilomètres. R. B.
- METR0PH0T0GRAPHIE ET STÉRË0SC0PIE
- La Nature1 a déjà appelé l'attention de ses lecteurs sur l'une des applications les plus simples et cependant, nous n’hésitons pas à le dire, les (dus importantes de la photographie, celle qui a été désignée à l’étranger sous le nom de « photogrammélrie » et en France sous celui de « métrophotographie ».
- Dernièrement, en mars, dans une conférence faite au Conservatoire des arts et métiers, Al. le colonel Lausse-dat, qui a ahordé le sujet depuis plus d’un demi-siècle, l’a traité encore une fois devant un nombreux auditoire dans lequel se trouvaient d’éminents professeurs de nos grandes écoles, de savants ingénieurs civils et militaires, des architectes, des photographes, des constructeurs d’instruments de précision, tous
- intéressés à des titres divers à se tenir au courant des progrès d’un art destiné à économiser considérablement le temps des opérations sur le terrain4.
- Un sait, en eilet, que la métrophotographie a pour principal objet la restitution (les dimensions des monuments ou la construction des plans topographiques d’après les vues de ces monuments ou des paysages prises cle stations convenablement choisies et en nombre suffisant. Même avant de pouvoir employer la photographie, on avait eu recours, pour résoudre le problème, à des vues dessinées soit à main levée, soit à l’aide de la chambre claire.
- Nous reproduisons (fig. Ij deux vues du Monl-Ya-lèrien dessinées ainsi en 1850 et le plan d’une partie de la forteresse qui en a été déduit, présenté par l’au-
- 1 Yov. n° 1555, du 14 mars 1905, p. 255.
- 2 Dans deux autres conférences faites en juin, à la Société astronomique de t’rance et à la Société française de photographie, le colonel Laussedat a exposé le même sujet devant des auditoires également sympathiques.
- de l’original.
- Fig. 1. — Plan d’une partie de la forteresse du Mont-Yalérien déduit de deux vues dessinées à la chambre claire, en 1850.
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- teur à son auditoire comme l'ancêtre authentique de toutes les œuvres accomplies depuis cette époque dans un grand nombre de pays, après que l'on eut pu substituer aux vues dessinées des images photographiées bien plus délicates et plus complètes.
- Un examen attentiï de cette ligure suffit pour donner une idée du principe de la méthode qui, grâce aux propriétés delà perspective, a reçu d’importants
- Fig. 2. — Lever photographique de lu vallée et du col d'Urbeis (Vosges).
- développements sur lesquels il serait difficile de s'arrêter dans ce recueil1.
- four appuyer ses démonstrations, en écartant incidemment de vieilles objections épousées par des myopes, le conférencier a montré par projection une
- sérié de plans répondant aux circonstances les plus varices (dont plusieurs eussent rendu impraticables les méthodes ordinaires) accompagnés de vues ayant servi a les construire. Cela lui a fourni l’occasion de citer les recherches scientifiques et les travaux pratiques des Allemands, des Italiens, des Autrichiens,
- 1 Le lecteur tes trouverait au besoin dans l’ouvrage qui a pour titre : « lieclierches sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques », par le colonel I.aussedat. Paris. (iauthier-Villars, 18118, 1001 et 1005.
- puis ceux de l’arpenteur général du Canada, M. E. Deville, qui, avec un personnel d’élite instruit par lui-même, est parvenu à tirer un parti merveilleux de la méthode, dans les Montagnes Rocheuses, à la délimitation de l’Alaska, au Klondike, à la prospection des mines, etc., etc. Il a également mentionné les services rendus par la photogrammétrie aux expéditions scientifiques des académiciens russes à la Nouvelle-Zemble, d’autres savants russes au Spitz-berg, les études topographiques « effectuées dans une seule campagne », entre le lac Raïkal et la frontière chinoise, qui ont servi au tracé du chemin de fer transsibérien et celle que poursuit le même ingénieur, M. Thilé, en Transcaucasie et en Perse, de Titlis au golfe Persique. Enfin sans omettre les autres pays
- North Forki
- (C)Hector
- Fig. i. — Plan (les environs de Wapta Luke, en Colombie britannique.
- civilisés qui, pour la plupart, emploient et étudient sérieusement la photogrammétrie (la bibliographie de cette science comprend dès à présent des centaines de volumes dans toutes les langues de l'Europe), il a signalé l’œuvre de la commission de délimitation du Chili et de la République Argentine qui a sans doute contribué à éviter la guerre entre les deux pays.
- Nous donnons simplement à titre de spécimens :
- 1° Un plan réduit de la vallée et du col d’Urbeis, dans les Vosges, levé en 18(>S à l’aide de la photographie, par M. le capitaine du génie Javary (lig.2).
- 2° Le plan des environs de Wapta Lake, dans la Colombie britannique, et l’une des vues qui ont servi à sa construction, par M. J. J. Mac Arthur (lig. i).
- Nous regrettons de ne pouvoir pas entrer dans d’autres détails sur cette première partie de la cou-
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- férence du colonel Laussedat et nous sommes de même obligé d’indiquer, aussi succinctement que possible, le sujet de la seconde.
- Si la méthode mélrophotographique ordinaire dérivée de celle qui est connue en topographie sous le nom de « méthode des intersections » a rendu de si grands services (sans compter ceux qu’elle rend déjà et rendra de plus en plus en utilisant les vues prises
- au ballon ou à l’aide de cerfs-volants) l’idée de faire concourir les vues stéréoscopiques au même but est venue accroître singulièrement les ressources dont on disposait.
- Au premier abord, il semble difficile sinon impossible de combiner « géométriquement » deux images prises de points très rapprochés; mais, premièrement, on peut espacer ces deux points de vue plus qu’à
- Fig. 5. — Vues stéréoscopiques de Nancy. Intervalle des stations, 10 mètres. Distance des stations à la cathédrale, 2km,5.
- l’ordinaire où leur intervalle est celui des deux yeux, c’est-à-dire’de 0in,06 à 0m,07 ; on a, en effet, écarté les deux stations de plusieurs mètres et dans certains cas même on est allé 'jusqu’à plus de cent mètres. En plaçant les vues ainsi obtenues dans le stéréoscope, on est surpris du relief qui en résulte et qui peut se faire sentir jusqu’ à plusieurs kilomètres, alors qu’habituellement ce relief au-devant du payçage, qui forme « le fond du tableau », ne dépasse guère de i à 500 mètres avec une bonne vue ordinaire.
- Ensuite, au lieu de chercher à construire les points du plan par la méthode des intersections, on a imaginé divers instruments dont les uns servent à mesurer avec la plus grande rigueur les « parallaxes »*, c’est-à-dire les faibles déplacements relatifs de chaque point sur les deux images, d’où par le calcul on conclut les « coordonnées » des différents points, et
- 1 Notamment le « stéréocomparalcur » du l)r Pulfrich dléna.
- d'autres en projet, quelques-uns même en voie de construction1 permettront, il y a tout lieu de l’espérer, de tracer mécaniquement les détails du plan et le relief du terrain exprimé par des courbes de niveau.
- Ajoutons qu’en mettant à profit la « téléphotographie », le champ des reconnaissances stéréoscopiques peut encore s’étendre en profondeur avec des images amplifiées, comme on le constaterait sur les deux vues de Nancy (fig. 5) prises parM. Rellieni de stations écartées seulement de 10 mètres, à une distance de 2 kilomètres 1/2 de la cathédrale.
- Mais on ne s’est pas contenté d’appliquer la stéréo-scopie aux objets terrestres (et aux phénomènes atmosphériques), et les astronomes y ont eu également recours. C’est ce qu’a expliqué le conférencier
- 1 Le « stéréoscope de Wheatstone » arrangé par M. E. Deville et complété sous le nom de « stéréoplanigraphe » par le Ur Pulfrich, et le « stéréoscope de Brcwster » arrangé par iq colonel Laussedat.
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- en donnant plusieurs exemples des effets obtenus dont nous citerons seulement celui de deux vues de la planète Saturne (fig. G), prises à l'observatoire de Heidelberg, les b et 10 juin 1890, par le professeur Wolf, vers minuit, c’est-à-dire à 24 heures d'intervalle. Or, par suite du déplacement de la Terre dans sou orbite trois fois plus considérable que celle de la planète dans la sienne et dans le meme temps, les deux stations se trouvaient aux extrémités d’une base de 1 700 000 kilomètres, très sensible par rapport à la distance qui séparait la Terre de Saturne, si bien (pie, dans le stéréoscope, cette planète parait en avant des éloiles «pii forment le fond du tableau.
- . Léonce Manier.
- —«-$>«—
- TRAITEMENT I)U CXNCER
- PAR l.ES RAYONS X
- Le cancer, cette maladie affreuse par la multiplicité de ses localisations, par ses formes hideuses et repoussantes, par ses paroxysmes douloureux, affreuse surtout, par sa marche trop souvent inexorable, le cancer est en progression constante depuis une trentaine d’années. Les statistiques de tous les pays s’accordent pour signaler cette augmentation de fréquence. Plus accentuée dans les grands centres populeux, la coufbe d’accroissement est encore très marquée pour les campagnes. En vingt ans en Angleterre la progression va de 50 pour 100 000 habitants à 82; en Autriche de 00 à 04; en France de 85 à 00 à 120, et partout dans des proportions à peu près similaires.
- La mortalité passe en Allemagne de 1,43 pour 100 à 2,50; en Angleterre de 2,80 à près de 8 pour 100 en un espace de 50 ans, si bien qu’un médecin a pu dire qu’avec cet accroissement le cancer ferait bientôt autant de victimes que la tuberculose.
- Ce ne sont pas là des chiffres en l’air ou donnant une augmentation apparente, du fait de statistiques mieux établies dans les dernières périodes. Les médecins de tous pays s’accordent, eux aussi, pour noter cette marche ascendante.
- Quelle en est la cause? elle est bien difficile à établir. La contagion paraît, bien peu évidente pour nombre de faits où on pourrait la soupçonner; il en existe des exemples probants, mais ils sont rares. L’hérédité était regardée autrefois comme un facteur important ; or des recherches bien faites ne donnent à cette cause qu’une part de 14 à 15 pour 100, encore pourrait-on souvent dans ces cas incriminer la contagion. Le surmenage, la vie plus large et aussi plus intensive, l’alimentation plus recherchée favorisent évidemment les troubles de la nutrition qui sont une des premières étapes de cette maladie. On a accusé aussi l’excès d’alimentation azotée, mais on sait que le cancer se rencontre chez les animaux herbivores et je connais pour ma part un cas de mort par cancer de l’estomac chez un végétarien.
- Le Dr Ross prétend que la consommation exagérée du sucre et la diminution de l’ingestion du sel marin dans l’alimentation, seraient une des causes principales de la production du cancer et de l’accroissement du nombre de ses victimes. 11 admet que le cancer est d’origine parasitaire et dû à l’invasion dans l’économie d’un saccharo-mycète. Or le développement du saccharomycète est favorisé par la présence du glucose et ralenti ou arrêté par le chlorure de sodium.
- Quelle que soit la cause de cet accroissement, sommes-
- nous armés contre cette invasion grandissante? Jusqu’à ce jour on pouvait répondre d’une façon négative. Sans doute l’intervention chirurgicale, décidée en temps opportun, peut amener la destruction d’un foyer menaçant; mais encore faut-il que la localisation et que la délimitation en soient faciles, que le mal puisse être extirpé jusque, peut-on dire, dans ses racines. Et combien de Ibis, après des opérations des mieux conduites, voit-on survenir des récidives à la place même qu’on croyait libérée, ou à distance par suite d’infection générale.
- Les tentatives nouvelles, qui se font depuis quelques mois dans tous les pays du monde, permettent d’espérer une atténuation dans le pronostic si sombre de cette maladie : le problème de la guérison du cancer ne paraît plus insoluble. 11 ne faudrait pas croire cependant qu’on ait eu mains des armes invincibles pour triompher de cette horrible maladie, mais les résultats favorables obtenus sont déjà assez nombreux pour justifier l’espoir des pauvres malades et encourager les tentatives des médecins pour une certaine catégorie de cas. Il s’agit du traitement par les rayons Rôntgen. Quel a été le premier à utiliser ces forces rayonnantes invisibles? Je serais embarrassé de mettre un nom à coup sûr. Lorsque Duclaux, Arloing, Geissler et d’autres eurent démontré l’influence bactéricide de la lumière solaire ou artificielle, le premier jalon était posé. Finsen, avec ses belles recherches1 sur la photothérapie, ouvrit la voie. Les rayons X furent, dès la publication des études de Rôntgen, appliqués à la médecine et l’on sait tout ce que la chirurgie doit à la radiographie.
- A ce moment on utilisa les rayons X contre beaucoup d’affections; je me souviens avoir vu des tuberculeux avancés soumis à l’effluve de l’ampoule pour la guérison de vastes cavernes. La dermatologie prit sa part de cette découverte en traitant les lupus. Aujourd’hui les rayons X sont appliqués dans tous les pays au traitement du cancer.
- Les médecins anglais et américains, surtout ces derniers, ont publié des statistiques déjà considérables où, à coté de résultats merveilleux, on signale aussi des insuccès et parfois des aggravations. Mais il y a des faits qui sont décisifs, appuyés sur des diagnostics positifs, sur l’examen, avant tout traitement, d’examens histologiques de la tumeur. Tel le cas de Gillmann, d’un homme de 70 ans opéré à six reprises différentes pour un sarcome du cou, traité par les injections de sérum streptococcique et voyant à chaque fois le mal grandir et récidiver; en six semaines il est guéri par les rayons X. Telle aussi l’histoire de cette tumeur du sein opérée deux fois, et ayant pris une telle extension que le chirurgien ne pouvait plus tenter de nouvelle intervention : la guérison survint aussi après un certain nombre de séances de radiothérapie.
- Morton relate une vingtaine de cas de tumeurs du sein plus ou moins étendues, même avec envahissement ganglionnaire qui ont, guéri complètement par ce procédé. Allen a traité 45 cas de cancer de siège et de nature variables et il aurait obtenu 25 guérisons complètes, presque 50 pour 100, ce qui constitue une assez jolie proportion. Gillmann a depuis trois ans traité plus de 200 cas et la proportion de guérison serait, dit-il, plus grande que celle de la lièvre typhoïde, ce qui semble un tant soit peu exagéré.
- Au Massachusetts hospital, la Commission du cancer a institué le traitement pour les cas les plus divers. Pour les cancers internes, il y a eu quelques améliorations,
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- LA NATURE.
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- mais pas rie guérison. Une centaine d’épithéliomas ont été guéris ou sont en voie de guérison : dans les cas de récidives à distance sur le tégument, les nodules récurrents ont été facilement détruits par les ravons X.
- De l’examen de tous les faits, il ressort que ce sont surtout les formes de cancer cutané, d’épitliélioma, ce qu’on appelle communément le cancroïde ou l’ulcus rodens qui bénéficient le plus de l’action radiothérapique. Les cancers des cavités ouvertes, bouche, nez, ont donné aussi des succès nombreux, de même les cancers de la glande mammaire. Le traitement des cancers profonds, ceux des viscères notamment, n’a pas donné de résultats bien nets jusqu’ici et l’on n’a pas, je crois, enregistré de cas bien démonstratifs, en dehors de ceux que MM. Dou-iner et Lemoine, de Lille, viennent de communiquer à l’Académie de médecine.
- Voici le résumé sommaire de cette observation intéressante. Une malade, âgée de fif ans, présentait tous les signes rationnels du cancer de l’estomac, tumeur perceptible au toucher, bien facile à limiter, siégeant à la grande courbure, amaigrissement, teint jaunâtre, vomissements de matières noires et sanglantes. Rien ne manquait au tableau classique du cancer de l’estomac. Sept séances de radiothérapie amenèrent l’atténuation graduelle des symptômes et la disparition de la tumeur. Depuis quatre mois que le traitement est cessé, la guérison se maintient sans encombre. Dans deux autres cas, à peu près similaires, les deux médecins lillois ont obtenu la guérison au moins, ajoutent-ils, apparente.
- Il faut noter que la radiothérapie ne donne pas toujours des résultats aussi merveilleux. Des cas en apparence semblables, copiés, pourrait-on dire, l’un sur l’autre, n’ont obtenu aucun bénéfice du traitement qui réussissait admirablement à l’autre. Pourquoi? est-ce la variabilité d’action des appareils, un défaut de technique? C’est possible, mais il faut savoir aussi que les organismes ne réagissent pas tous de la même façon et c’est un point qui doit être mis en lumière pour ne pas faire luire à tous les yeux le mirage d’une guérison certaine.
- Le mode d’action thérapeutique, la pathogénie curative de ces rayons n’est pas facile à interpréter. Perthes, de Leipzig, qui a étudié avec soin l’action des rayons sur les tissus, inclinerait à penser qu’il s’agit moins d’une action bactéricide sur le microbe ou le parasite du cancer, que d’un effet direct sur la nutrition des cellules. Le point de départ de ses études avait été la constatation faite sur lui et sur des malades de la disparition de verrues sous l’action des rayons X. Protégeait-on par une lame de plomb une partie de la verrue, seul le fragment exposé aux rayons se desquamait et était détruit ; l’autre partie restait intacte et formait une demi-verrue. Les cellules épithéliales sont donc directement influencées par les rayons X. Les épithéliomas cutanés subirent la même régression que les verrues et le Dr Perthes put constater par un examen histologique qu’il y avait bien destruction du tissu cancéreux.
- (dette action si directe sur l’élément cellule ferait comprendre pourquoi dans les cas de cancers internes la radiation a si peu d’action. Et cependant pourquoi certains guérissent-ils?
- Peut-être s’agit-il bien là d’une variation d’intensité des radiations. Lemoine et Doumer se sont servis d’une ampoule à osmo-régulateur molle, donnant des radiations 5 au radiochronomètre Benoit et placée à 8 centimètres de la peau. La qualité des ampoules mérite d’être notée; certaines donnent des rayons très pénétrants, d’autres
- au contraire émettent des rayons qui semblent résorbés dans l’épaisseur des couches cutanées sans aller au delà. Enfin le tégument de.certains sujets doit être beaucoup plus impressionnable que d’autres à ces radiations. Des dermatites assez intenses, amenant une vésication profonde, sont parfois observées avec les mêmes appareils, le même courant, les mêmes protections, en un mot un dispositif instrumental de tous points identique. Kümmel a même cité le cas d’un ouvrier chargé de contrôler le vide d’ampoules électriques et qui avait voulu s’affranchir des précautions usitées; il survint des ulcérations du bras qui devinrent cancéreuses et nécessitèrent l’amputation. On pourrait dire de la radiothérapie, d’après ces faits, qu’elle est comme la langue pour Ésope, la meilleure ou la pire des méthodes thérapeutiques. Il ne faut pas oublier que la technique, dans ce traitement, doit être suivie avec une rigoureuse exactitude. Une faute peut provoquer des accidents de dermatite grave. Ce sont là des points faciles à régler par des électrothérapeutes.
- On le voit, la question, sans être au point, mérite toute l’attention des médecins et il est sur que, sans attendre les interprétations scientifiques, les malades solliciteront l’application de cette méthode. Et pourquoi la refuser si l’on a pu guérir des cas devant lesquels la chirurgie était désarmée. Les formes incurables ou paraissant telles ne seront certes pas toutes guéries, mais elles peuvent être modifiées, on peut apporter du soulagement et ces radiations de lumière éthérée peuvent faire renaître la vie et opérer les miracles d’une restauration des tissus.
- A côté des rayons X, peut-être pourrait-on essayer les radiations du radium. Leur puissance est au moins égale, sinon supérieure à celle des rayons Rôntgen. Un tube contenant du radium provoque à la longue sur la peau des plaies profondes et M. Becquerel en a fait, je crois, la douloureuse expérience. Les solutions de chlorure de baryum et de radium ont une puissance bien supérieure à celle du radium, attaquent en vingt-quatre heures la peau, épiderme et derme compris, arrêtent ou tuent les éléments microbiens. Il y a là certainement une action catalytique analogue à celle des rayons X et qui pourra peut-être être utilisée en médecine dans des conditions d’installation plus pratiques. Dr A. Cartaz.
- UN HYGROMÈTRE RESPIRATOIRE
- ET SES APPLICATIONS
- Nous savons que, dans la respiration, nous inhalons couramment de la poussière et, avec celle-ci, les spores de moisissures qu’elle contient très souvent. En discutant la possibilité de quelques mycoses des voies respiratoires attribuables à ces moisissures, j’ai été amené, par des expériences antérieures, à étudier l’action de quelques facteurs sur la germination des spores introduites* dans la trachée et, en particulier, celle de l’hygrométrie delà cavité respiratoire. En effet, comme j’avais déjà montré que la germination des spores de « Pénicillium glaucum », semées sur gélose, dépend plus de l’état hygrométrique que de la quantité absolue de vapeur d’eau dans l’unité de volume de l’air qui baigne cette gélose, j étais naturellement porté à chercher la valeur de 1 état hygrométrique sur une goutte de gélose ensemencée, fixée sur la paroi de la cavité
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- Fis. 1.
- respiratoire et prenant la température de cette paroi, pour savoir si cette valeur peut influencer la germination.
- Dans la valeur £ de cet état hygrométrique, je connaissais E, tension maxima correspondant à la température du corps humain, il me restait donc seulement à connaître la tension /'. Je pouvais supposer que, dans l’air inspiré, cette tension varie de la valeur qu’elle possède dans l’air extérieur jusqu’à la valeur la plus élevée qu’elle puisse atteindre F et que, dans l’air expiré, elle conserve cette dernière valeur.
- Je me suis demandé s’il en est v ér i t a h 1 e m e n t ainsi en ce qui concerne l’air expiré. Les auteurs sont loin d’ètre précis à ce sujet et leurs données ne concordent pas toujours exactement; par exemple, certains disent que l’air expiré sort presque saturé à sa température qui est comprise entre 55° et 56°, d’autres, qu’il est saturé à 54°. Dans ces conditions, je me suis proposé de mesurer cet I e tension et j’ai construit un appareil spécial [tour faire cette mesure.
- C’est un hygromètre à condensation (hg. 2) qui comprend deux parties ; 1° Un tube de cuivre A plein d’eau, argenté extérieurement ; ce tube représente la paroi brillante sur laquelle l’apparition d’un nuage révèle la condensation de la vapeur d’eau de l’air qui l’entoure; le bout supérieur est fermé, l’inférieur ne laisse passer qu’un thermomètre r et deux tubes b et c par lesquels on peut amener de l’eau et faire varier la température; 2° un ensemble continuant la cavité des narines et destiné à maintenir autour de A une température voisine de celle du corps humain afin d’éviter une condensation quel-
- L'autcur observa, à l aide d’mi miroir, l'apparition et la disparition du nuafte dans sa respiration complète.
- conque de la vapeur d’eau dans le parcours de l’air expiré depuis le ne/ jusqu’à la paroi brillante. 11 comprend deux manchons de verre d’inégal diamètre et [tins larges que A ; ces deux manchons sont assemblés l’un dans l’autre par deux bouchons taillés en anneaux, m et n, qui limitent une cavité
- annulaire R; cette cavité contient de l’eau dont la température est mesurée par un thermomètre t et que l’on peut renouveler à l’aide des deux tubes a et (/. A la partie supérieure, le verre du manchon interne a été relevé en capuchon e et destiné à recevoir le nez. (lig. 2).
- On a introduit A dans le manchon interne et, pour maintenir ces parties en position convenable, on a attaché les tubes a, b, c, d à une baguette de verre recourbée en U, ce qui les a rendus solidaires. J’ajoute que de petites. perles de verre fixées sur A, le tiennent éloigné du manchon interne. Tout cet
- appareil est adapté sur un bâti qui donne de la stabilité. Les tubes c et d sont reliés à une cuve à eau chaude, les tubes a et b, à une cuve à eau froide et tous sont munis de robinets. Si A et. Il ont été bien remplis d’eau ainsi que les tubes, il suffit d’établir une légère différence de niveau des cuves et de manœuvrer les robinets pour amener de l’eau chaude ou de l’eau froide en A ou en R, quelle que soit la position du bâti.
- Pour mesurer la tension de la yapeur d’eau dans l’air expiré, on donne à R la température o8° ou 40°, on introduit le ne/ en e, on respire dans l’appareil et on regarde l’image du tube A dans un miroir placé devant. Supposons la température de A suffisamment basse, on voit un nuage se former dans l’expiration et disparaître dans l’inspiration. En maniant convenablement les robinets, on élève la tem-
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- if) 7
- pératurc de A jusqu’au moment où le nuage ne se forme plus dans l’expiration; on note cette température. En faisant la manœuvre inverse, on revient à une température où le nuage réapparaît dans l'expiration; on note cette autre température. En prenant la moyenne, on obtient la température pour laquelle la tension actuelle /' de l’air expiré est maxima et, en se reportant aux tables des forces élastiques maxima, on a la tension cbercbée.
- Celte description suppose qu’une seule personne fait fonction d’opérateur et de sujet. Dans le cas de deux personnes, le miroir devient inutile ; le sujet prend la position de la tig. I et respire continuellement dans l'appareil ; l’opérateur observe directement les thermomètres, manœuvre les robinets ou change le niveau des cuves, comme le montre la fiu- f>-
- Voici, à titre d’indications, quelques exemples de mesures.
- expiration ont i-
- mm (
- I. — Tension île. la vapeur d’eau dans naire = 56,nm,9 ; dans l’expiration forcée = 40mm,4; 1 air expiré avait une, température moyenne de 55°,6 pour laquelle la tension maxima est égale à 4üra,n,l.
- II. — Tension de la vapeur d’eau de l’air expiré par une personne respirant dans l'air lnuuide (Et. liyg. =0,7ô) et ensuite dans l'air sec (lit. liyg. = 0,50)
- \ expiration ordinaire. . 50ll,m,7
- ( expiration forcée................40o,m,2,
- expiration ordinaire. . 58""n,8
- expiration forcée...............Tl"1"”,4
- lit. — Tension de la vapeur d’eau dans l'expiration ordinaire chez une même personne au repos : ôt)n"",9; après un exercice violent : 58m"',4.
- Ces mesures et d’autres que j’ai publiées ailleurs1 montrent : 1° que l’air expiré u’est pas saturé à sa
- dans l’air sec dans l'air humide
- Fig. o. — Maiiiruvre des robinets à gauche, jpour amener de l’eau chaude en B; à droite, pour amener de l’eau chaude en A
- dont l’élévation de température est suivie sur le miroir.
- température; 2° que la tension de la vapeur d’eau / varie de l’entrée vers la profondeur des voies respiratoires; il en résulte que, par le mode d’emploi indiqué, l’bygromètre ne donne que la plus haute tension dans la partie explorée de l’air expiré; o° que cette tension est sous la dépendance de l'humidité de l’air extérieur; 4° qu’elle varie encore avec l’état du sujet, etc.
- Avec ces indications, j’avais donc la certitude (pie, même dans l’air expiré, /‘varie et j’obtenais la marche de ses variations ; comme dans l’état hygrométrique y.) considéré plus haut, F est constant,
- j'obtenais, en même temps, la marche des variations de y,- C’est ainsi que j'ai été amené à expérimenter
- sur quelques oiseaux vivants en fixant dans leur trachée des cultures sur gélose de « Sterigmatocystis nigra », cultures dont j'ai suivi le développement et
- qui m’ont fourni les résultats suivants2 : 1° La germination s’y fait moins vite que dans des cultures placées à la même température et dans l’air saturé; 2° la germination, chez un canard placé dans l’air très humide, se lait plus rapidement que chez un autre canard comparable placé dans l’air sec; 5° dans la trachée d’une même oie, les spores fixées en bas, au niveau du bréchet., germent plus rapidement que les spores placées au voisinage de la glotte.
- Ce sont là des données nouvelles qui doivent intéresser les physiologistes et les médecins ; elles mettent en relief un facteur négligé jusqu’à ce jour,
- 1 Pierre Lesage. De la possibilité de quelques mycoses dans la cavité respiratoire basée sur 1 hygrométrie de celte cavité (Thèse de la Faculté de médecine de Paris, 20 octobre 1899).
- i Pierre Lesage. Germination des spores de Sterigmatocystis nigra dans la trachée de quelques oiseaux (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 20 octobre 1902).
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- l’hygrométrie des voies respiratoires, et montrent l’intluence que ce facteur peut avoir dans l'établissement des mycoses de ces voies.
- Dr Pierre Lesage,
- Maître de conférences à la Faculté des sciences de Rennes.
- FABRICATION DES FLEURS NATURELLES
- Si quelque jardinier fameux, vivant au temps du Roi-Soleil, revenait par hasard visiter nos pépinières et nos serres modernes, il serait vraisemblablement étonné des progrès accomplis depuis deux siècles en horticulture.
- Le titre de cet article peut sembler étrange, il n’en est pas moins très exact. A tous les points de vue. le public de nos jours est devenu de plus en plus difficile ; il lui faut du nouveau, toujours du nouveau, et de l’original. Et les progrès de la science aidant, rien ou presque rien n’est impossible. Ne faut-il pas satisfaire les exigences des riches amateurs? On a voulu des fruits en toute saison, d’ingénieux pépiniéristes ont créé des « forceries » qui vous donnent à n’importe quel mois de l’année des fruits succulents et naturels. Les serres n’ont pas suffi pour les fleurs, il a fallu que, par un travail assidu et des soins incessants, on obtint des fleurs aux couleurs nouvelles, aux pétales extraordinaires; sur commande, aujourd’hui, on vous fournit des fleurs de la taille, de la couleur, et presque de la forme que vous désirez. N’est-ce pas une merveille ?
- Dans nos expositions horticoles, on a déjà pu admirer nombre de ces variétés curieuses, mais c’est surtout en Angleterre que la « fabrication des fleurs naturelles » existe et l’on pourrait croire que les horticulteurs anglais sont de véritables magiciens.
- Toutes ces fleurs curieuses par leur forme, leur taille, et leur contexture, sont absolument fabriquées, et jamais la nature — abandonnée à ses propres ressources, — n’aurait pu les produire. Les amateurs de fleurs simples sont certainement nombreux, mais cependant on ne peut s’empêcher de s’extasier devant la Gloxinia « tasse et soucoupe )) créée par M. Sutton, de Reading (Angleterre) ; son nom indique suffisamment quelle est cette fleur bizarre. Comment ce résultat a-t-il été obtenu? Par des sélections et des croisements continuels; il ne faudrait pas croire que la chimie entre pour une très grande part dans ce travail ; ces fleurs sont obtenues par des moyens naturels. Connaissant les conditions les plus favorables pour le développement de la fleur, comme sol, et comme nourriture, et comme température, c’est dans ce sol quelle naîtra, c’est une nourriture spéciale qu’on lui fera absorber tout comme à un malade, et c’est dans une serre à température constante qu’elle éclora. Pour la coloration, c’est également par une sélection des tons qui se rapprochent le plus de la couleur désirée qu’on l’obtiendra; ainsi deux plantes qui montreront une plus grande tendance vers le blanc seront croisées entre elles ; le résultat peut, au premier croisement, ne pas montrer un grand progrès; mais la tendance vers le blanc sera plus marquée, et on recommencera jusqu’à ce que le résultat désiré s’ensuive, et finalement, la plus petite trace de couleur' éliminée, on finira par obtenir un blanc pur. Au bout de combien de temps? Nul ne saurait le dire, pas même le « fabricant » ; mais avec de la patience, de la persévérance et une grande connaissance des mélanges des couleurs on v arrive.
- Si l’on prend, par exemple, la primevère de Chine telle qu’elle existait et qu’on la compare à la primevère géante de Chine que l’on obtient actuellement, les caractères primitifs se distinguent parfaitement, mais le développement en est extraordinaire. L’artiste qui a obtenu cette fleur avait remarqué que seules les fleurs colorées pouvaient être produites sur des plantes de tige et de feuillage foncés; grâce à des soins spéciaux, des arrosages particuliers, il a fini par faire produire des fleurs du blanc le plus pur sur des tiges et avec un feuillage d’une teinte presque noire. 11 a même pu obtenir l’inverse, c’est-à-dire une fleur bleu foncé sur une tige claire. Avec le « Régonia », on a obtenu des effets tout à fait curieux, aussi bien dans les bégonias simples que dans les bégonias doubles. Reconnaîtrait-on, dans ces fleurs aux pétales géantes, le bégonia si simple et si commun qu’on rencontrait il y a quelque cinquante ans dans les jardins? On peut voir également dans ces établissements horticoles, qui semblent de véritables laboratoires, des bégonias doubles imposants et majestueux, ils laissent loin derrière eux le bégonia double autrefois connu.
- Parmi les développements les plus intéressants, il nous faut noter en première ligne celui de la « Gloxinia ». Si l’on regarde le type primitif, pauvre fleur qui n’offre que peu de promesse à des perfectionnements, on se demande quelle habileté et quelle patience il a fallu à un horticulteur pour arriver à ce type final de forme parfaite, dont la feuille riche et foncée fait encore plus ressortir le blanc pur de la fleur largement ouverte, vrai bouquet sur une seule tige. Et ce n’est point encore terminé comme perfectionnement, car on vient d’obtenir il v a quelque temps, par simple sélection de la fleur primitive, une Gloxinia géante dont la fleur seule a la taille de la plante qui a servi à la créer.
- Ces trois exemples suffisent ; nous aurions pu les multiplier à l’infini presque, et montrer comment avec le simple chrysanthème on a obtenu ces massifs de fleurs géantes et variées; avec la modeste marguerite des champs, la marguerite géante arborescente ; avec la tulipe sauvage, les innombrables variétés que cultivent les Hollandais, etc., etc.
- On a même fait mieux encore, et, depuis quelques années, on obtient des fleurs sans terre, et c’est pour les amateurs d’horticulture en chambre un passe-temps fort agréable. Des fleurs sans terre peuvent être placées partout, dans les appartements, sur du bois, dans des corbeilles, dans des vases; simplement entourées de mousse, elles continuent à vivre et à fleurir avec la vigueur et l’éclat qu’elles auraient eues en pleine terre. Un des avantages de ce système comme ornementation, c’est que des plantes différentes avec leur feuillage, leurs fleurs et leurs racines cachées dans la mousse peuvent être réunies dans un même vase et former d’élégants bouquets vivants, tandis que la nature présente au dehors son aspect morne et désolé, le contraste est d’un effet toujours saisissant.
- Le procédé consiste à placer les plantes dans un « substratum » poreux et léger, comme la mousse, par exemple, et maintenu constamment humide, par une dissolution de sels de potasse, de carbonate de chaux, etc., indispensables à la vie des plantes. Un des « substratum » par excellence est l’éponge; car l’éponge retient longtemps l’humidité et renferme elle-même quelques-unes des substances dont se nourrissent les végétaux.
- Rien n’est plus curieux que cette masse de verdure et de fleurs multicolores, sans support apparent, et semblant pousser sans nourriture et vivre de l’air du temps.
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- Même on peut voir une cressonnière sur éponges établie dans un jardin d’hiver, en plein quartier Monceau; et pourtant au cresson, une eau sans cesse renouvelée est, dit-on, nécessaire. Pour bien réussir dans ce genre de culture, il faut entretenir une humidité constante et ne pas mettre de l’engrais en excès, ce qui ferait Hier les plantes et les empêcherait de croître normalement. Si les différentes industries ont progressé depuis un demi-siècle, il ne faut pas croire que certaines sont restées en arrière ; cette digression horticole le prouve suffisamment, et si, dans nos expositions d’horticulture, le public admire sans se lasser les merveilles que l’on fait naître, il songe trop peu aux difficultés énormes que rencontrent les horticulteurs et à la patience qu’il leur faut pour obtenir des résultats satisfaisants et qui plaisent à l’œil difficile de nos modernes amateurs. Pur Mkgnin.
- —><>-*—
- ANGLAIS EN FRANCE
- ET FRANÇAIS EN ANGLETERRE
- La visite du Président de la République en Angleterre, qui a suivi de peu de temps celle du roi Édouard en France, a certainement resserré les liens d’amitié qui existent entre les deux pays voisins, et surtout entre les habitants de ces deux pays. On ignore ordinairement quelles sont les relations qui de tous temps ont existé, en dépit des événements politiques, entre les différentes parties de la France et les Anglais, d’une part, et entre les Français et les différentes parties du Royaume-Uni.
- 11 n’est pas sans intérêt de connaître le nombre d’Anglais qui habitent en France, et celui de nos compatriotes qui sont établis en Angleterre, et plus particulièrement à Londres. Indiquons tout d’abord le nombre total des Anglais en France : en 1851, au moment du premier dénombrement qui ait distingué la nationalité des habitants, on avait compté 20 000 Anglais, dix ans après on en comptait plus de 25 000, et en 1876 plus de 50 000. Depuis, le nombre des Anglais a augmenté, mais lentement, on en a recensé, lors du dernier dénombrement, 57 000.
- line grande partie de ces Anglais (Anglais, Écossais, Irlandais) habite le département de la Seine, au nombre de 14 à 15 000 (exactement 14250, dont 8549 personnes du sexe féminin) dont 12 000 à Paris. A ce propos, constatons que le nombre de personnes du sexe féminin, par exception à la règle générale de l’immigration étrangère en France, est plus grande que celui des hommes de nationalité anglaise. Cela tient à ce que, parmi les sujets anglais recensés en France, il y a beaucoup de rentières anglaises et d’institutrices de la même nationalité, fixées dans notre pays, alors que les hommes de nationalité anglaise, fixés en France, se trouvent relativement en petit nombre, la plupart des Anglais n’habitant la France que temporairement et pour leurs affaires, principalement dans le commerce et dans l’industrie.
- Les départements qui renferment le plus d’Anglais sont le Pas-de-Calais, le Nord, ce qui est naturel ; viennent ensuite la Seine, la Somme, la Seine-Inférieure, les Alpes-Maritimes, ce dernier département surtout, dans lequel se trouvent la plus grande partie des Anglais.
- Examinons sommairement le nombre d’Anglais qui se trouvent dans les départements où ils sont le plus nombreux : tout d’abord en face Douvres et à proximité de leur pays, il est naturel d’en compter beaucoup à Boulogne, à Calais. (Est-ce le moment de rappeler qu’ils ont occupé leCalaisis pendant un siècle?)
- On compte 1500 Anglais à Boulogne-sur-Mer, soit 28
- pour 1000 habitants, tandis que la moyenne générale des Anglais, par rapport à la population, est de 1 pour 1000 à peine, et 1800 à Calais, soit près de 50 pour 1000 habitants. A Dieppe, on n’en compte plus que 200, soit 7 pour 1000; au Havre 800, soit 6 pour 1000 habitants; aux environs de Paris, on en compte beaucoup à Saint-Germain (400 Anglais, soit 10 pour 1000 habitants), et à Versailles; à Nice, il n’y a pas moins de 2100 Anglais, soit 20 pour 1000 habitants. Mais l’endroit où l’on en compte le plus est sans contredit Cannes, où est le pavs d’élection de 5500 Anglais, soit près de 50 pour 1000, c’est donc aux deux extrémités opposées de la France, Calais et Cannes, qu’il y a le plus d’Anglais, les premiers y sont établis pour leurs affaires, principalement pour l’industrie du tulle qui occupe un grand nombre de personnes, les autres pour leur santé et pour leur plaisir.
- Enfin deux mots sur l’immigration des Anglais à Paris. C’est aux Champs-Élysées (Chaillot) que l’on en compte le plus ; riches rentiers, institutrices, et aussi domestiques d’écurie, palefreniers et cochers; il n’y en a pas moins de 1500, puis viennent*les Ternes (1000 Anglais et Anglaises), la Porte Dauphine (650 Anglais), la Plaine Monceau (600 Anglais), le Faubourg du Roule (600), puis viennent la Madeleine (550 Anglais) ; le quartier de l’Europe, la Chaussée d’Antin, chacun de 400 à 500 Anglais. On voit que c’est surtout dans les quartiers riches que les Anglais abondent à Paris.
- Cela est tellement vrai que l’on n’en compte que 5 ou 4 dans les quartiers pauvres ou ouvriers, comme dans celui de la Gare, celui de Javel, celui du Pont de Flandre et celui de Saint-Fargeau.
- Et maintenant, combien de Français en Angleterre? D’après les rapports des Consuls, lors du dernier dénombrement des Français à l’étranger, on en compte 26 600 dont plus des trois quarts à Londres : il y a 20 000 Français dans la grande Cité, un peu noyés peut-être ; car cette ville compte, comme on le sait, environ 5 millions d’habitants, mais la plupart d’entre eux se trouvent dans le centre de la cité et se sentent un peu les coudes; aussi voyons-nous avec satisfaction des écoles françaises, un hôpital français, une Chambre de Commerce française, une Société amicale et de secours de Français, choses qui n’existaient pas à Londres il y a une trentaine d’années et dont le développement est des plus satisfaisants.
- A part les diverses professions libérales et les commerces et industries exercées par les Français en Angleterre, sait-on quelle est la profession qui compte le plus de Français en Angleterre, ce qui n’est pas sans donner une idée flatteuse pour l’estomac des Anglais et pour la manière de faire des Français? c’est la profession de cuisinier.... En France, il est de bon goût de prendre des blanchisseurs à Londres pour avoir un linge irréprochable. En Angleterre, il est de bon goût, c’est le cas de le dire, de manger de la cuisine faite par des cuisiniers français. V. T.
- CE QUE COÛTE LA. NITESSE DES NAVIRES
- Nous n’avons pas la pensée de donner ces chiffres pour détourner la navigation maritime des grandes vitesses : la rapidité des moyens de transport est une nécessité qui s’impose de plus en plus. Mais il est intéressant de savoir à quelles dépenses on s’expose quand on réclame des accélérations nouvelles.
- Voici d’abord le résultat (au point de vue pécuniaire) des expériences comparatives faites avec le croiseur
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- LA NATURE.
- anglais « Monraouth », iules allures variant depuis 10 nœuds jusqu’à 22,80 nœuds; les prix que nous allons indiquer sont calculés sur la puissance développée pour les diverses allures, en supposant qu’on brûle 1 kg de charbon par cheval et par heure, et que ce combustible coûte 2b francs la tonne. A 10 nœuds, la dépense ressort à 45fr,70; pour faire 15 nœuds, toujours en une heure, le croiseur, qui a servi à ces expériences, dépense 89fr,t>0; puis 190r'',48 pour faire 10,05 nœuds; à 18,98 nœuds, cette dépense s’élève à 270fr,05, à 407tr,07 pour 21,40 nœuds, et enfin à 554rr,02 pour une allure de 22,80 nœuds, maximum que puisse atteindre ce bateau; le kilomètre, qui ne coûte que 2fr,50 à la vitesse réduite de 10 nœuds, coûte I5fr,lb quand on veut marcher à l’allure la plus accélérée. Des calculs analogues ont été faits, d’autre part, par une commission anglaise, à propos des nouveaux steamers (binard dont nous avons annoncé la construction. Cette commission a évalué les dimensions, la puissance des machines, les dépenses diverses, suivant qu’on voudrait des services dont la vitesse de marche serait de 20 à 20 nœuds.-Un transatlantique de 20 nœuds, long de 182 à 185 mètres, demanderait une machine de 19 000 chevaux, consom-
- merait 2250 tonnes de charbon dans une traversée d’Europe en Amérique, et coûterait 8 750 000 francs à peu près, four arriver à une marche moyenne de 25 nœuds, il faudrait dépenser 14 575 000 francs avec un vapeur long de 210 mètres et employer 50 000 chevaux. Une allure de 25 nœuds exigerait un bateau long de 228 mètres, avec une machinerie de 52 000 chevaux, coûtant 25 millions de francs. Enfin, si l’on veut réaliser une allure de 20 nœuds, il est nécessaire de consacrer un énorme capital de 51 250 000 francs, pour un steamer de 258 mètres, disposant d’une puissance de 08 000 chevaux-vapeur. Simplement pour passer d’une vitesse de 25 nœuds à une de 20, il faut augmenter de 10 000 chevaux la puissance des machines, et l’on consommerait dans la traversée un supplément de 1255 à 1500 tonnes de combustible. 1). B.
- L\ COMÈTE R0RRELLY
- Un sait qu’une comète assez brillante a été découverte le 21 juin dernier par M. Rorrelly, astronome
- Fig. 1. — La comète Borrelly. 14 juillet 1903. De 2111 45” à 22h 15™.
- à l’observatoire de Marseille. Elle se trouvait par 21h 55m d’ascension droite et 98° 10' de distance polaire, c’est-à-dire au nord-est de la constellation du Capricorne, à peu près entre les étoiles 6 du Verseau et 46 C1 du Capricorne.
- Elle avait alors un éclat égal à celui d’une étoile de 8,8 grandeur. Quelques observations faites les jours suivants prouvèrent immédiatement que cet astre s’approchait assez vite de la terre et que son éclat allait augmenter considérablement en peu de temps.
- Dans le courant du mois de juillet, cette comète est passée vers le zénith de Paris au milieu de la nuit. Cette position a été très avantageuse pour faire de bonnes observations tout en étant, par contre, fort incommode pour... la position de l’observateur à l’équatorial.
- La lune qui illuminait très brillamment l’atmosphère a gêné beaucoup dans les premiers jours du mois et rendait surtout presque impossible la photographie. Enfin le 14 juillet, par un ciel d’une admirable pureté, nous avons pu commencer à la photographier et nous avons continué depuis à en
- Fig. 2. — 14 juillet 1903. 22" 30” à 22“ 52”.
- prendre de nombreux phototypes chaque fois que l’état de l’atmosphère l’a permis.
- Pour photographier les comètes moyennement lumineuses on ne peut employer les grands instruments ordinaires des observatoires. L’image qu’ils donnent à leur foyer n’est pas assez lumineuse. Un a recours aux objectifs photographiques à grande ouverture et à courte distance focale. Les objectifs à portraits sont donc tout indiqués pour ces travaux et ils rendent maintenant de grands services dans les observatoires d’astronomie physique. On les place, munis d’une chambre noire, sur un équatorial entraîné par un mouvement d’horlogerie. On a soin de mettre la comète à l’intersection des fils du réticule de l’oculaire de la lunette et, comme la comète a un mouvement propre différent du mouvement diurne des étoiles, pour en avoir une image nette, on règle le mouvement d'horlogerie sur le déplacement de la comète ou bien on maintient continuellement celle-ci au centre du réticule en agissant sur les manettes de rappel de l’équatorial. On s’explique donc maintenant facilement pourquoi les étoiles laissent dos traînées sur la plaque sensible. Le sens et la Ion-
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- LA NATURE.
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- gueur de ces traînées donnent exactement le sens et la valeur du déplacement de la comète pendant toute la durée de la pose.
- L’objectif à portraits qui nous a servi à obtenir les photographies suivantes a un diamètre de 0m,075 et une distance focale de 0,n,o0ft. 11 a été monté sur un équatorial astro-photographique dù à l'habile constructeur bien connu R. Mailhat.
- Les phototypes pris le 14 juillet (de 21ll45'n à
- 22h la” et de 22ho0m à 22,'52m) (lig. 1 et 2) ont été combinés de façon à fournir une image stéréoscopique. Si l'on examinait ces deux épreuves dans un stéréoscope on verrait la comète bien détachée des étoiles environnantes et paraissant comme suspendue librement dans l’espace. Ce serait là assurément une vision des plus frappantes, mais qui est appelée surtout, selon nous, à donner des renseignements intéressants dans le cas de comètes à queues
- Fig. 5. — 15 juillet 1903. Do 2'2h 17” à 22" 17”.
- irrégulières et qui peut fournir des indications utiles sur le mouvement de rotation de ces astres. De semblables photographies ont déjà été obtenues par M. Max Wolf, le savant directeur de l’observatoire de Heidelberg, pour la comète Perrine (1902 b) et par nous-même pour la comète Swift (1899 a).
- Les phototypes (du 14 juillet montrent une chevelure de 11' de diamètre1 et une queue de 5° 40' au moins de longueur (car elle atteint le bord de la plaque). À l’œil nu, la comète était parfaitement bien visible comme une étoile de 5e grandeur. Une jumelle faisait voir une queue .de 4° de longueur environ.
- Un sait que les queues de comètes sont très photogéniques et que la photographie y révèle des détails inappréciables le plus souvent à la vision oculaire.
- Le 15 juillet une photographie prise de 22h 17m à 22h 47m accuse une queue plus fine, moins longue et en courbure sensible vers le sud (lig. o).
- Le phototype des 18-19 juillet (lig. 4) a reçu une exposition de lh6l" (de 25h 44m à 0h 5011). 11 correspond à peu près au maximum d’éclat calculé de la comète. La chevelure a un diamètre de 17' et la queue s’étend sur une longueur d’au moins l)°. Celle-ci, très
- 1 C’cst-à-dirc mi peu moins que la moitié du diamètre apparent de la lune qui est de 51' en moyenne.
- Fig. 4. — 18-19 juillet. De “25h4i" à 0" 50”.
- lumineuse dans le voisinage de la chevelure, donne à cette dernière un aspect nettement piriforme. Du reste, il est à remarquer que dans toutes les photographies de comètes la chevelure parait s’étendre davantage du côté de la queue, c’est-à-dire à l’opposé du soleil. A la date du 18 juillet, la comète observée
- à l’œil nu était aussi lumineuse que l’étoile r, Dragon, soit de 2,8 grandeur. Une queue de 1° environ de longueur se distinguait même à l’œil nu. A l’équatorial, on observait au centre de la chevelure un noyau vaguement défini.
- Une photographie jtrise le 21 juillet de 21h56"‘ à 22h51in montre une queue plus faible et irrégulière et il est dommage ipie la pose ait été interrompue par l’arrivée des nuages, car une plus grande exposition aurait montré certainement des détails intéressants (lig. 5).
- La comète Rorrelly s’éloigne maintenant de la Terre et diminue d’éclat, mais elle continuera encore pendant quelque temps à retenir l’attention des astronomes. _________ E. Qcémsset.
- LES OISEAUX QUI CHANTENT MAL
- A côté des petits virtuoses qui égayent les jardins et les bois, il est bon nombre d’oiseaux dont la voix n’a rien de mélodieux; certains même émettent des sons très singu-
- Fig. 5. — 21 juillet De “21bo(3“ à 22" 31“
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- liers ainsi qu’on va le voir. Le chant du Martin-rose est un mélange de sons rauques, criards et grinçants. D’après Nordmann, on peut comparer ce chant au brait que feraient plusieurs rats enfermés dans un petit espace et se battant, se mordant mutuellement : celui qui entend des Martin-roses pour la première fois est persuadé qu’ils sont en train de se livrer un combat acharné.
- Le chant du Proyer d’Europe n’est ni fort, ni agréable; il ressemble tout à fait au bruit d’un métier à tisser les bas; c’est de cette particularité que vient le nom de « bonnetier » qu’il porte dans diverses localités. Les cris du Mésangeai de malheur ressemblent à ceux d’un homme appelant au secours. Ceux du Taxostome roux, au miaulement du chat, ce qui a fait donner à l’oiseau le nom anglais de « cat-bird ».
- Le Touraco à joues blanches a un cri particulier qui semble venir de très loin alors que l’oiseau qui le pousse est tout près : c’est un ventriloque. 11 parle, d’ailleurs, comme le font les ventriloques, sans ouvrir le bec.
- La voix des Schizorhis à bandes ressemble à celle des singes : réunis à plusieurs, comme cela leur arrive souvent, ils font un tapage assourdissant. Le Batara ondulé a un cri qui ressemble au bruit d’une bille tombant de haut sur une pierre et y rebondissant plusieurs fois.
- Le chant du Jaseur d’Europe ressemble au grincement d’une roue de voiture mal graissée; celui du Manakin-moine, au murmure d’un rouet; celui du Gymnocéphale au bêlement d’un veau; celui du Sonneur, au son de plusieurs cloches, et les voyageurs ne tarissent pas sur sa bizarrerie. « Sa voix, dit le Prince de Wied, ressemble au tintement argentin d’une cloche ; il pousse un cri qu’il soutient longtemps, et qu’il répète souvent plusieurs fois de suite. On croirait entendre un forgeron frapper à plusieurs reprises à coups de marteau sur une enclume. On entend ces cris à toutes les heures de la journée, et de très loin. »
- Le chant de « l’Hylactes tarnii » est un véritable aboiement ; aussi les indigènes le désignent-ils, et avec juste raison, sous le nom d’oiseau aboyeur.
- Le chant du Mélichère mellivore n’est pas plus distingué : on l’a comparé au bruit que fait un homme au moment où le mal de mer se fait sentir. La voix du Paralcyon géant est un ricanement rauque, d’où son nom populaire de « Jean le Rieur ». Le cri de l’Ani des Savanes est nasillard, ce qui lui a fait donner par les colons le nom de « vieille sorcière ».
- Le cri du Dichochère peut être comparé au braiement de l’àne ; à noter qu’il peut être lancé aussi bien pendant l’inspiration que pendant l’expiration. Celui du Tragopan mélanocéphale est digne du bêlement d’une chèvre égarée. La voix du Lariama huppé ressemble au jappement d’un jeune chien. Le sifflement du Râle d’eau a quelque ressemblance avec le bruit que l’on produit en fouettant l’air avec une baguette.
- Parmi les oiseaux au chant désagréable, il faut encore placer le Gros-bec commun que Namnatin range parmi les plus déplaisants. Mais ceci n’est que relatif à notre oreille et à notre esthétique particulière. Les chants des mâles, <pii nous font faire la grimace, charment manifestement les femelles, et les mâles eux-mêmes ont une haute idée de leurs voix: quand ils chantent, ils prennent des allures de vainqueurs pour exprimer leur propre satisfaction. Les Hespériphones crépusculaires non plus ne chantent pas bien, mais on dirait qu’ils en ont conscience ; ilsse taisent souvent et paraissent très mécontents ü’eux-mémes. Hemu Cocm.
- CHRONIQUE
- La question «lu gui. — Le gui se nourrit-il de la sève de la branche qui le supporte, l’épuise-t-il, lui nuit-il ou non? La question semble encore très controversée. L’n arbre que tout le monde peut facilement voir près de Paris apportera peut-être une contribution à cette étude. C’est un saule argenté qui se trouve dans la succursale de l’Institut Pasteur, à Garches. 11 est tout près de la voie, à 500 mètres après la station, à droite. De nombreux bouquets de gui s’v trouvent, et l’un d’eux se découpe sur le ciel, à la base d’une branche morte. Il semble que toutes les branches qui portent du gui s’affaiblissent au delà de son point d’enracinement, et bon nombre d’entre elles sont en train de mourir. Pour plusieurs, qui portent deux ou trois bouquets, l’affaiblissement est progressif. Un deuxième arbre, de même espèce, qui présente les mêmes particularités, se trouve à 50 mètres plus loin. Voilà ce qui se voit du chemin de fer, et il semble que, pour cette espèce d’arbre au moins, la question de la nocuité du gui se trouve établie,
- Les dépenses des marines de guerre. — Depuis cinq années, la France a augmenté de 22,5 pour 100 les crédits qu’elle consacre à sa flotte de guerre ; en Angleterre la progression correspondante a été de 30 pour 100, de 25,1 en Italie, de 62 pour 100 en Autriche-Hongrie, de 70 en Russie, de 126 aux Etats-Unis, de 154 en Allemagne. Et cela pour construire des navires qui sont démodés en quelques années, et alors que chacun fait des protestations pacifiques !
- Les augmentations de la flotte allemande.
- — L’année 1905 va voir lancer un nombre particulièrement élevé de navires de guerre pour le compte de la marine allemande. Ce sont d’abord 5 cuirassés, qui n’ont pas encore leur nom arrêté, puis un grand croiseur cuirassé, le « Ersatz Kaiser ». Citons ensuite trois petits croiseurs qui sont sur chantiers à Stettin, à Brème et à Dantzig; enfin 2 canonnières. Cela donne un total de 9 unités, dont 2 seulement sont construites dans les arsenaux de l’Etat. Ajoutons que cinq navires de guerre sont mis en armement cette année même.
- Le flbro-clment. — 11 s’agit d’une nouvelle substance à employer dans la construction, et que signalait récemment la « Revue du Génie (Militaire » comme réellement intéressante. Ce fibro-ciment est fait d’un mélange de ciment et de fibres d’amiante, soumis à for le pression de manière à se présenter sous l’apparence de plaques minces, qui rappellent en somme un peu l’ardoise et ne pèsent que 6 kilogrammes au mètre carré. On en fait des panneaux de 2 mètres sur 1 pour revêtements de murs, notamment contre l’humidité, mais surtout des plaques pour la couverture des maisons de 0m,40 de côté et de 5 millimètres d’épaisseur.
- Métaux compounds. — Si nous en croyons le vice-consul anglais à Nuremberg, un habitant de cette ville, M. lleinrich Wachvvitz, viendrait d’imaginer un procédé pour fabriquer des métaux compounds, comportant un substratum de zinc ou de fer qui prend l’apparence du cuivre ou de l’aluminium. On soude intimement deux lingots, l’un d’un métal destiné à former le revêtement apparent, l’autre du métal chargé de supporter le premier; on peut ensuite laminer comme on veut le lingot combiné, et compound. L’usine fondée pour cette fabrication à Ilersbruck, près de Nuremberg, s’occupe surtout en ce moment de tôles d’acier-cuivre et de zinc-
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- cuivre, mais on annonce que la méthode réussirait aussi jKtur les tubes ou les fils.
- Moteur solaire pour irrigations. — Ce moteur a été installé à Pasadena, dans la Californie méridionale, par M. YV.-1I. Jaques, qui l’a signalé au dernier Congrès national des Irrigations du Colorado. 11 est formé d’un miroir affectant- la disposition en cène tronqué, dont le plus grand diamètre a 10'“,00 et le plus petit 5m,2ü; sa surface totale réfléchissante est d’un peu moins de 100 mètres carrés, elle est composée de petites plaques de verre argentées au dos. Dans l’axe du cène, est montée une chaudière en cuivre de 2"',74 sur 0"',50, qui reçoit les rayons réfléchis et fournit de la vapeur, sous une pression de 0k®,250, en quantité suffisante pour alimenter un moteur de 10 chevaux-. On peut périodiquement faire varier l’inclinaison du miroir suivant la position du soleil, et, de plus, le système est entraîné par un mouvement d’horlogerie tout comme un télescope. La machine à vapeur alimentée par la chaudière sert à une élévation d’eau.
- L’inconvénient des scellements au soufre. —
- Ou and on ne peut pas sceller les barres de fer au plomb, on recourt parfois au soufre, et c’est ce qu’on a fait dans certaines parties de la Banque d’Italie, à Rome. Or, on constate maintenant, au bout de peu d’années pourtant, qu’il s’est formé du sulfure de fer qui a fait gonfler les scellements et éclater la pierre.
- Moteurs à gaz dans les stations centrales à courants alternatifs. — Les moteurs à gaz prennent dans les stations centrales une importance de plus en plus grande, mais il est rare qu’on les ait appliqués aux stations centrales à courants alternatifs, surtout pour l’éclairage. La Franklin Traction C° (Pensylvania) vient de faire une première application importante des moteurs à gaz aux services publics d’éclairage électrique par alternateurs. La marche en parallèle des alternateurs commandés par moteurs à gaz présente, en effet, des difficultés, mais elles sont entièrement résolues par le mode de commande et de régulation des moteurs à gaz installés à Franklin et fournis par la Compagnie Westinghouse. L’usine comporte actuellement 5 moteurs à gaz verticaux, à 5 cylindres, de 125 chevaux, commandant par courroies des alternateurs de 75 K\v.
- L’caii du grand Lae Salé. — On est en train d’établir un remblai complété par une estacade en charpente à travers une partie du Lac Salé de lTîtah, ]>our créer un raccourci de la ligne ferrée d’Ogden à Lucin ; par suite, nombre d’ouvriers travaillent les pieds dans l’eau. On avait commencé par les munir de hottes en caoutchouc, mais la composition de l’eau du Lac est telle que les hottes étaient rapidement mises hors de service, et qu’il fallait les renouveler pour ainsi dire constamment. On y a renoncé, et les ouvriers travaillent maintenant jambes nues ; ce dont leur peau doit fort mal se trouver.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 juillet 1903. — Présidence de M. Mascaiit.
- Lord Kelvin assiste à la séance; M. Mascart annonce sa présence et ajoute qu’il est particulièrement heureux de lui offrir les souhaits de bienvenue de l’Académie.
- Préparation de corps nouveaux. — M. Moissan poursuivant ses études sur les composés binaires du silicium a
- été amené à préparer le siliciure de ruthénium. Si l’on chauffe ensemble au four électrique un mélange de silicium et de ruthénium, il se produit, dès que les substances sont en fusion, une réaction violente accompagnée d’un dégagement de chaleur si intense qu’une partie du ruthénium est volatilisée. Après épuration du résidu on obtient des cristaux prismatiques surmontés d’une pyramide de siliciure de ruthénium. Mais en opérant ainsi, le siliciure contient du carhorundum. Pour obtenir le siliciure pur, il convient de mettre dans le four un mélange de silicium de ruthénium et de cuivre. On obtient ainsi un culot d’aspect métallique qui, traité par le mélange d’acide azotique et d’acide chlorhydrique, donne le siliciure de ruthénium. Ce corps est très dur; il raye le rubis, mais non le diamant. 11 est très stable. Le fluor l’attaque à froid très énergiquement ; le chlore ne l’attaque que faiblement.
- Action du venin de vipère sur elle-même. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Phisalix relative à l’action du venin de vipère sur la vipère. Depuis la fin du siècle dernier le problème suivant était posé : la vipère peut-elle s’empoisonner en se mordant? M. Phisalix fournit la solution du problème. Le venin introduit dans la circulation est très peu toxique pour la vipère ; au contraire, introduit dans la cavité crânienne, sa toxicité est comparable à celle qu’elle atteint sur les autres animaux.
- Effondrements du sous-sol de la région parisienne. — M. de Lapparent résume un travail de M. Dollfus sur la cause de l’effondrement observé entre Sevran et Aulnav à l’altitude de 56 mètres. Cet effondrement, de forme elliptique, a 12 mètres sur 15 mètres, il est à pic et mesure environ 15 mètres de profondeur ; le fond est recouvert d’une eau séléniteuse. Or, on rencontre dans le tré-fond une couche de sable. Celui-ci se charge d’eau dans le bassin supérieur de la Beuveronne. l’n courant d’eau souterrain vers la Seine a donc entraîné ces sables. Aujourd’hui la Beuvronne se jette dans la Marne par un fait de capture très postérieur à l’époque de sa formation, mais l’ancienne Beuvronne a déblayé la plaine de Saint-Denis et n’a été prise latéralement par un petit affluent de la Marne qu’à l’époque du quaternaire moyen. L’explication donnée par M. Dollfus est corroborée par l’examen des pentes des couches du sous-sol. 11 observe que la rivière souterraine, dernier vestige de l’ancienne Beuvronne, est jalonnée par quelques effondrements et pourrait être recherchée pour l’alimentation en eau des communes du nord de Paris qui sont très dépourvues d’eau potable.
- Production de la gomme. — M. Prillieux présente une Note de M. Delacroix, relative aux conditions de production de la gomme chez quelques espèces coloniales, notamment sur la canne à sucre. Le liber est le siège de la formation de la gomme ; les cellules de son parenchyme gonflent et se transforment en gomme qui vient s’accumuler dans les faisceaux ligneux.
- Cn. üe Yileehecil.
- LES CHIENS DE BERGER
- Le chien de berger a été longtemps délaissé des amateurs. On l’admirait bien dans les champs à cause de son intelligence dont il donne sans cesse de nombreuses preuves. Chien solide, bien musclé, supportant toutes les intempéries, mangeant peu, il possède des qualités exceptionnelles. Et cependant il
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- LA NATURE
- n'avait guère les laveurs de ceux qui aiment le chien. Aujourd’hui la réputation des colleys d‘Ecosse a attiré l’attention. Un en a importé d’Angleterre un certain nombre et la vogue est acquise à ce chien de berger d’outre-Manche. C’est évidemment un beau chien qui llatle le regard, mais nous ne voyons pas en quoi il serait supérieur à nos deux belles races de chiens de la Brie et de la Beauce, à cela près qu’il vient de loin; et qu’il coûte cher.
- On commence du reste à se deman-dcr pourquoi nous ne mettons pas mieux en évidence nos beaux chiens de berger français.
- A la dernière Exposition des Tuileries, et au grand Concours annuel d’Évreux, on a pu admirer de magnifiques chiens de la Bric et de la Beauce.
- A Paris, tous les amateurs s’arrêtaient devant les types noirs de la Brie : « Cyrano et Sergent », à M. Eugène Thome; « Moustache », à M. Adenis; « Cléo », à Müe E. Raoul-Duval; « Musette et Charmante », à M. Thome; « Bergère », à M. Thierry;
- Fia. 1.
- « Cyrano », chien de (Photographie
- élevage national des sommes importantes envoyées tous les ans à l’étranger pour l’achat de reproducteurs.
- Les chiens de berger commencent à être mieux connus. Mais c’est leur élevage spécial en vue de l'amateur qui fait encore le plus généralement défaut. Nos chiens de berger se payaient, il y a dix ans, de 20 à 80 francs; aujourd’hui, on les achète de 00 à 500 francs, selon leur beauté. M. Boulet en a
- fait vendre, depuis la fondation du Club, au prix de 500 .et même de 700 francs. A la dernière exposition canine, le fameux « Moustache »' a été vendu 1000 fr. Un amateur a offert 5000 francs de « Cyrano » , 1er prix et prix du ministère de l'agriculture, le plus beau chien de Brie connu jusqu’à ce jour.
- Les intéressés ne perdront pas leur temps à se consacrer à l’élevage de nos deux races de chiens de berger. Trois mille francs, c’est un prix pour l’Europe ! Et ces chiens méritent vraiment autant, sinon plus, que leurs congénères d’Angleterre, d’attirer
- berger, race île la Brie, 1" prix, de M. Bodmer.)
- Fig. g. — Chiens et chiennes de berger, race noire de la Brie, appartenant à M. Eugène Thome. (Photographie de M. Bodmer.)
- puis, devant les types noirs mari (liés de feu de la race de la Beauce : « Brissac », à M. Yillain; « Rouget », à M. Adenis; « Major », à M. Mallard, etc. M. Emmanuel Boulet, président du Club français des chiens de berger, par son initiative et par sa persévérance, a fini par démontrer à nos compatriotes que le chien français a tout autant d'intelligence et de valeur marchande que ses congénères de l’étranger» M. Boulet dit fort bien : il serait bien mieux de choisir des chiens français pour faire profiter notre
- la faveur des amateurs par leur beauté, leur extrême fidélité et leur incomparable intelligence. Mais il faut les bien élever, car autrement, quand ce n’est pas le maître qui (tarie, ils ont une tendance à se montrer trop indépendants. Bien élevé, l’animal est parfait.
- Cn. Direil.
- Le Gérant : P. Masson.
- , Paris. — Imprimerie Lauciie, rue de Pleuras, B.
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- N° 157(î.
- H AO LT 190:
- LA NATURE.
- iBlsUor)ji
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- LES CASCADES DE (JIMEL
- Il faut qualifier de véritable et bienfaisant sauvetage l’aete d’intelligente initiative récemment accompli par l’éminent et aimé artiste, le prestigieux dessinateur doublé d’un érudit voyageur, auquel on doit à la fois le texte et l'illustration de ces at travail! s volumes sur les « lies oubliées», la « Sicile », 1 a « Tunisie », « Miramar de Majorque », etc. M. (iaston Yuillier, l’auteur de toutes ces remarquables œuvres, a matériellement soustrait aux ravages et à l’avidité de l’industrie moderne un des [dus beaux sites de la France, les cascades de Gimel dans la Corrèze à 15 kilomètres de Tulle ; par deux fois, des projets de construction d’usine électrique avec captage de la rivière la Montané, qui forme les chutes, ont menacé de suppression totale cet admirable phénomène hydrologique.
- Une première fois M. Yuillier sut conjurer le péril (bien avant la création, trop tardive, de l’utile société pour la protection des beautés naturelles de la France) par ses appels auprès des sociétés géographiques et scientitiqucs de France, et grâce aux protestations indignées qu’il parvint à réunir ; lors du second assaut, son parti fut [dus héroïque et son désin-téressement plus louable encore : en fervent disciple de l’esthétique pure et par passion convaincue de tout ce qui est beau, Yuillier a sauvé les cascades de Gimel en les achetant; et depuis deux ans il les a pourvues, avec le goût discret qui ne gâte en rien les paysages, du lacis de chemins d’accès et du système de passerelles qui leur manquaient jusqu’à présent [tour se laisser admirer dans toute leur grandeur.
- Il n’est pas indifférent de signaler cet hommage efficacement rendu à l’une des décorations naturelles de notre France, si nombreuses encore, mais si mal et si rarement protégées contre les exploitations insatiables ou les curiosités indélicates, à une époque surtout, où, sous prétexte de développer les 3ie aimée. — 2e semestre.
- Cascades de Gimel iCorrèze). — Dessin de Vuillier, d'après nature.
- facilités du tourisme, tant de travaux de viabilité, d’aménagement, de soi-disant mise en valeur, défi-gurent pour jamais, par faute de soin ou de sens artistique, les recoins les plus dignes d’intangibilité et les [dus faciles à respecter. Gimel du moins a eu le bonheur d’échapper à ces vandalismes. Le décrire est bien inutile après Yuillier1; et l’on trouvera dans le dictionnaire de Joanne que, sur une hauteur de 125 mètres, dans le creux sillon d’une ravine boisée, cinq chutes s’y superposent : le « Saut » (45 m.), la
- Redole (27 m.)', la Queue de Cheval (25 m., tombant dans le gouffre de l’Enfer) et les deux inférieures [tins petites; sur un promontoire qui les domine, la chapelle ruinée de Saint-Etienne de Rraguse (xne s.) a longtemps abrité deux trésors d’art, aujourd’hui réfugiés dans l’église meme de Gimel, la châsse de Saint-Étienne, un des [dns beaux émaux limousins connus (xmu s.) et le buste reliquaire en argent de Saint-Rumine (xve s.).
- Par leurs dimensions et le volume de leurs eaux (au printemps surtout) les cascades de Gimel, les plus grandes de la France centrale, feraient bonne figure parmi les Alpes et les Pyrénées : et si, dans leurs plateaux de granit, à moins de 500 mètres d’altitude, il leur manque le grandiose cadre des vraies montagnes, ce n’est peut-être pas leur moindre curiosité que leur imprévue situation dans une brusque fente du sol que rien n’annonce de loin. Leur apparition est subite, et, par conséquent, d’autant [dus saisissante que le sol y manque soudain aux pieds du spectateur connue aux flots du torrent.
- Et [mis Gimel présente cet autre avantage de former avec Padirac — la grande attraction souterraine du Lot, maintenant si à la mode depuis les beaux aménagements (nullement délériorateurs ceux-là) effectués par les soins de la Société des "Voyages 1 Tour du Monde, el Club alpin français. Paris, 1002.
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- LA N ATI HE.
- I il»
- Universels —- une transition des plus heureuses entre deux parties d'un voyage circulaire en France «pie, depuis des aimées, je rêve de voir organiser au profil de nos promeneurs nationaux; combien il serait facile aux sociétés lourislnpies et aux agences de voyages de s'entendre avec les trois puissantes compagnies de chemins de fer du P.-L.-M., de l'Orléans et du Midi, toujours si disposées à augmenter l'attrait « du voyage en France », pour combiner, avec une durée, d’un mois, l'admirable « circulaire » de l'Auvergne, des Cévennes et des-Fausses, par exemple en adoptant les deux itinéraires suivants : Paris, Clermont-Ferrand et les Monts Dômes, vallée de l'Ailier et ses gorges basaltiques, la bastide-Mende (nouvelle ligne ouverte en 19112), gorges du Tarn et de la Jouit1, Aigoual, le Yigau, Aimes, Montpellier, Cette, Méziers, Narbonne et Minerve, Carcassonne, Toulouse, AI!>i. viaduc de Tamis sur le Yiaur (nouvelle ligne de 1902), Rodez, Hocamadour, Pa-dirac, Saint-Denis ou Figeac et Aurillac, Yie-sur-Cère, Cantal, Salers, Mauriac, le Mont-Dore, (iimel, Drive, Limoges et Paris.
- Un encore Paris, Rourges, Montluçon, Mont-Dore, Gimel, Drive, Hocamadour, Padirac, Figeac, Aurillac, Yic-sur-Cère, Cantal, Neussargues, Garabit, Mende, Tarn et Joute, le Yigan, Nîmes, Alais, l’Ardèche et le Rois de Paiolive, le Teil, Givors, Saint-Étienne, le Puv, Arvant, Clermont et les Dèmes, Paris.
- De ces deux variantes (qu’on peut multiplier en combinaisons diverses) la première montre les trésors d'architecture de notre Languedoc et la seconde les merveilles naturelles du Yivarais et du Yelay, avec les joyaux archéologiques du Puv.
- Le voyage de la France centrale est bien un des plus admirables et faciles qui se puissent réaliser : instructif, sans monotonie, et sans une seule demi-journée d’insignifiances, il ferait défiler des monuments et sites dont la variété et les contrastes rendraient le charme et la valeur plus intenses encore. Et c'est par un fervent appel, en faveur de son organisation et auprès des Compagnies de chemins de fer et des clubs et agences de touristes, que je termine ces quehpies lignes, destinées surtout à montrer, à l'aide du dessin ci-contre, comment les cascades de Gimel ne seraient pas le moins ornemental anneau des Indles cbaiues qu’elles permettraient de souder.
- F.-A. Ma R t ix.
- - —
- L’ÂLIUNISME
- I,'albinisme n’est pas précisément une découverte récente, puis<jue Ctésias, «le Guide, «pii vivait il G» ans avant J.-G., en fait mention dans sa description de l’Inde et «pi’il en «‘st «pieslion dans un ouvrage de Pline sur la Dalinalie.
- Mais c’est à la lin du dix-septième siècle seulement «pic-l’on a étudié sérieusement les caractères de celte affection congénitale, considérée jusque-là, bien à tort il est vrai, comme une maladie de la peau.
- Sachs, un albinos, doublé d’un savant, a démontré «pie les cheveux d'albinos renferment moins de fer «pie ceux des individus de constitution normale.
- liaudrimont a prouvé, d’autre part, «pie le fer trouvé dans l«‘s cendres de cheveux provenait exclusivement des granulations pigmentaires, qui ont leur siège dans les cellules profondes «le la couche muipieuse de Malpighi. Ainsi, l'affection dont il s’agit résulte uniquement de l’absence complète ou partielle, dans la couche inférieure de l’épiderme, de dérivés ferrugineux de l’hémoglobine.
- L’albinisme est complet quand il n’y a pas de granulations pigmentaires. Il est partiel iorsipie ees granulations existent en trop petite «piantité.
- Localisée aux cheveux, l'affection prend le nom de « ca-nitie ». On lui donne celui de (( politise » quand elle s’étend à tout le système pileux et celui de « vitiligo » lorsqu’elle commence par une simple tache de décoloration, pour s’étendre et se développer à mesure que le sujet vieillit.
- L’espèce humaine offre des exemples assez fréipienls d’individus atteints d’albinisme. L’est parmi les hommes de race noire qu’il s’en trouve le plus.
- L’albinos blanc a la peau d’une pâleur particulière, les •cheveux blond chanvre, les poils blancs ou incolores, l’iris rosé et la pupille rouge.
- Le nègre atteint «l’albinisme a la peau d’aspect assez variable. Dans certains cas elle est blanche comme du lait; dans d’autres, elle ressemble à la cire, ou bien elle se rapproche du teint cadavérique.
- Certains nègres albinos ont les cheveux blond pâle, d’autres les ont jaunes, orange ou même roux.
- Le nègre blanc existe : .c’est un être atteint d’albinisme complet. Le nègre pie existe aussi; mais ce n’est jamais qu’un sujet atteint d’albinisme partiel. Assez souvent l’albinos est un dégénéré au physique et au moral. Il faut cependant se garder de généraliser. Il y a des albinos fort bien constitués physiquement et dont l’intelligence ne le cède en rien à celle des individus normaux.
- La peau des albinos est probablement plus fine et plus délicate que celle des individus de même espèce. Livingstone en a vu quelques-uns dont la peau se couvrait d’ampoules partout où s’exercait l’action directe des rayons du soleil. D’autre part, il parait acquis qu’un albinos atteint rarement un âge avancé. Il est inexact de prétendre «pie les albinos voient bien clair la nuit et que leurs yeux prennent dans l’obscurité un éclat extraordinaire. Si les félins présentent cette particularité de la vue, ils le doivent à une disposition spéciale du fond «le l’œil, disposition qui ne se rencontre jamais chez l’hoinnie. L’albinos est incommodé par la lumière vive, sa choroïde étant impuissante à absorber les rayons lumineux surabondants. Il distingue mieux les objets éclairés par la lune, dont la lumière est faible, que ceux qui soid baignés de soleil. C«da s’explhpie de soi.
- Au Retchuanaland, au Gabon et dans «piehpies autres contrées de l’Afrique, les albinos sont voués à la mort. A Ceylan, où ils portent le nom de llédos, on les force à se réfugier dans les bois. Les pays d’Afriqiu* où les albinos soid l’objet d’une vénération particulière sont assez rares. Les rois nègres en font bien [dus souvent des bouffons «pie des favoris puissants. Des parents noirs peuvent donner naissance à des enfants atteints d’albinisme et des parents albinos peuvent engendrer des noirs. C’est dire «pie l’albinisme est un effet du hasard et une simple anomalie. A part l'exemple curieux, cité par \ incent, où, dans une famille de dix enfants, le 1er, le -4e, le 7e et le 10e étaient albinos, aucune règle fixe n’a pu être posée à ce sujet.
- Dans la série animale, diverses espèces comptent des individus anormaux de la catégorie «pii nous occupe.
- Cadeau de Kerville en cite 79 de mammifères chez
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- lesquels on observe l’albinisme complet ; 4i2 chez lesquels on trouve des exemples (l'albinisme partiel ; et 40 n’offrant que des albinos incomplets.
- Le cbeval blanc sans poil a existé, la souris blanche aussi. Le lapin, dit russe, an poil blanc et aux yeux rouges, est connu de tout le monde. Le lièvre, le cobaye, le rat ont quelquefois le poil blanc et les yeux rouges.
- Parmi les oiseaux, les exemples sont assez nombreux, sans être très communs. Le merle blanc n’est pas inventé, pas plus que le sansonnet blanc. Les reptiles et les batraciens présentent quelques spécimens d’albinisme. J’ai observé, dans un vivier, de très nombreux cas d’albinisme complet et de vitiligo sur des poissons, carpes, cyprins ou mulets provenant des deux espèces.
- L’albinisme n’est point particulier à la série animale. 11 allée te aussi un grand nombre de végétaux et prend une forme différente suivant qu’il a liée te les feuilles ou la corolle. L’est ce qui a permis d'obtenir nombre de monstruosités utilisées pour l’ornementation de nos jardins. Je veux parler des plantes à feuilles panachées, dans lesquelles la chlorophylle a disparu par plaques, et où la couleur verte fait place à une coloration tantôt blanche et nacrée, tantôt jaune ou rougeâtre.
- Les végétaux de cette catégorie se multiplient facilement par boutures et par greffes ; mais ne donnent pas de sujets semblables à eux-mêmes par le semis.
- Le contraire se produit pour les plantes dont la corolle est atteinte d’albinisme.
- Les fleurs jaunes paraissent rebelles à l’affection ; les corolles bleues et les rouges semblent y être assez sujettes.
- M. Raphaël Blanchard cite entre autres le polvgala, la bruyère, la balsamine, le bleuet et la campanule. La pulmonaire, l’orobe, les vesces doivent être rangées dans cette catégorie.
- Certains fruits, comme la cerise, la framboise, la fraise et la groseille offrent aussi des cas d’albinisme.
- Un pourrait supposer quelque analogie entre l’anémie ou la chlorose des animaux et les phénomènes d’albinisme ; entre l’anémie ou la chlorose des végétaux et les manifestations d’albinisme chez ces mêmes êtres. 11 n’y en a aucune. On guérit bien les animaux et les végétaux anémiques ou chlorotiques en leur faisant absorber du fer sous des formes appropriées ; mais les composés à base de fer sont sans effet lorsqu’on essaie de rendre à la peau, aux feuilles ou aux pétales des Heurs la coloration que l’albinisme leur a fait perdre. E. IIemuot.
- UN NOUVEAU CABESTAN ÉLECTRIQUE
- En principe les cabestans électriques valent certainement mieux que les cabestans hydrauliques, parce que ceux-ci exigent des canalisations coûteuses à établir et souvent exposées il la congélation. Cependant l’emploi de ces derniers demeure fort généralisé, par exemple pour la manœuvre des wagons dans les gares, parce que, dans les appareils électriques, les grands courants peuvent briser les câbles de traction, que les réceptrices provoquent de vrais courts-circuits quand on les immobilise complètement. Normalement il faudrait recourir constamment à l'enclenchement d’un disjoncteur, et cela quand les manœuvres sont confiées à de simples hommes de peine. (Juant aux limiteurs d’effort, ce sont des organes très délicats. Il faut de [dus ([ue l’allure du moteur varie dans de très grandes limites avec la charge.
- Pour remédier à ces inconvénients et répondre à ces desiderata, la Compagnie Fives-Lille a créé un cabestan
- électrique démarrant à l’aide d’un seul interrupteur, sans aucun appareil de sécurité ; la poupée peut être immobilisée aussi longtemps que l'on veut lors du passage du courant. Ce cabestan comporte une poupée calée sur un arbre vertical tournant sur une crapaudine et dans un guide; puis un engrenage à vis sans lin réducteur de vitesse, transmettant le mouvement du moteur électrique à l’arbre de poupée; le moteur, dont la vis forme prolongement de l’axe de l’induit, enlin un interrupteur bipo-
- Pédale de manœuvré /de !’interrupteur.
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- laire coupant le courant sur des charbons simultanément sur 4 points et actionné à pédale; et une résistance électrique toujours intercalée dans le circuit principal et limitant l’intensité du courant. Toute la cuve supportant et enveloppant ces pièces est absolument étanche. Le moteur est à courant continu, entièrement fermé et à frotteurs de balais en charbon ; tout y est facile à visiter. La. vis sans fin s’appuie sur une butée à billes, le tout est graissé abondamment; le rendement du réducteur de vitesse est de UO pour 100.
- Le fonctionnement est simple : pour mettre en mouvement la poupée, on appuie à fond sur la pédale; quand on lève le pied, un ressort la ramène et tout s’arrête. Dans le premier mouvement, l’interrupteur étant actionné, le circuit a été fermé sur le moteur; dans le second, le courant a été coupé ; la manœuvre est toujours identique sous charge ou à vide, cela grâce à la combinaison de la résistance intercalée dans le circuit et de l’excitation série, les choses étant calculées de façon que les efforts sur le câble et la vitesse de la poupée ne [missent dépasser des valeurs déterminées. La résistance limite l’intensité du courant à un maximum en cas d’accroissement de la charge, et l’on ne risque pas de brûler l’induit. De [dus le mouvement du câble, sous l’action du moteur, s’accélère sitôt que diminue la charge, et le câble demeure constamment tendu. L. Y.
- Au printemps dernier un véritable fléau semble s’ètre abattu sur la région d’Argenteuil. Une mouche, d’assez petite taille, a causé aux cultivateurs d’asperges des inquiétudes aussi vives (pie justifiées en se multipliant d’une façon tout à fait insolite.
- L’insecte n’est pas nouveau, ses dégâts ont été signalés depuis longtemps. Il appartient à l’ordre des diptères et à la famille des « Trypétides ». Les naturalistes lui donnent le nom de « Platyparca pæci-
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- lojilera (Schrank) ou Urtalis fulminans (Meigen) ». M. Kiïnckel d'Ilerculais, dans son deuxième volume des Insectes (Rrelim « Los merveilles de la Nature »), en donne la description et en décrit les mœurs; nous lui empruntons les détails (pii suivent :
- Taille atteignant à peine celle de notre mouche domestique. Dessus de la tète, cotés du thorax et pattes rouge brun; l'ace, pièces buccales et antennes jaune rouge. Dessus du thorax saupoudré de gris et traversé par trois raies longitudinales noires ; écusson noir luisant ; abdomen brun noir et gris sur les bords postérieurs des anneaux ; plusnoirehez la femelle oit il porte, une tarière jaune rouille ; ailes noires avec des taches claires.
- Dès l’apparition des pousses d’asperges, la femelle pond ses omis entre les écailles du sommet. Au bout de quatorze à vingt jours, la petite larve éclot et s'enfonce la tète en bas dans la tige qu'elle rouge toujours en descendant ; elle atteint toute sa taille au bout d’une quinzaine de jours, mesure alors environ i centimètre, est blanche avec à l’extrémité anale un disque noir surmonté de deux crochets; à ce moment la tige d’une asperge fendue longitudinalement montre des galeries qui la parcourent du sommet jusqu'à la racine.
- En juin la larve se transforme dans l’intérieur même de l’asperge, au bout de sa galerie, en une pupe fauve, en forme de tonnelet, dont la mouche au printemps suivant soulèvera comme un couvercle la région antérieure pour faire son apparition, et, prenant sa volée, partir à la recherche des tarions émergeant à peine du sol et assurer par sa ponte la perpétuation de son espèce et des ravages qu'elle occasionne.
- (/évolution de ce diptère, on le voit, suit le développement de l'asperge et il n'a, par conséquent, qu’une seule génération annuelle. La plante attaquée soutire dans son évolution, se racornit, s'infléchit souvent au sommet, jaunit et pourrit même
- quand elle héberge à son intérieur un certain nombre de larves, ce qui est un cas des plus fréquents.
- M. Diegner, habile apiculteur et observateur judicieux, (pii habite Argenteuil, où il a pu observer les choses par lui-même, a remarqué que la mouche néglige de jiondre sur les asperges, dès que la partie sortie de terre atteint environ 5 centimètres. Lorsqu'elle pond sur des plants en plein rapport, elle ne cause guère de préjudice, la cueillette et la consommation ayant lieu avant que l’évolution de l'œuf et de la larve ait pu se produire.
- Mais il n’en est pas de même pour les jeunes plantations. Les asperges n’étant récoltées qu'après la quatrième année, l’insecte peut s’v développer jusqu'à ce moment tout à l’aise, compromettant par sa multiplicité les récoltes avenir. M. Diegner, d’ailleurs, semble avoir remarqué (pie ce sont surtout ces jeunes plants qui sont le plus fréquemment attaqués. Le remède aux ravages de cet insecte est tout indiqué, puisque c'est dans les tiges qu’a lieu son développement et qu’il y passe à l’état de nymphe une partie de l’été, l’automne et l’hiver; il faut brûler au plus tôt toute tige devenue inutile et renoncer à la coutume trop répandue de laisser en place jusqu’après l’hiver les « turions ou cotons », afin qu’ils servent de marque pour retrouver les tou liés- au printemps quand on vient faire le buttage. C’est avec raison que M. Diegner demande que cette destruction soit laite dès l’automne, les tiges restées accidentellement, brisées pendant l’hiver, pouvant favoriser la dispersion sur le sol des pupes qu’elles pourraient contenir.
- Là comme ailleurs, l’union fait la force ; que les cultivateurs agissent de concert, ils auront vite raison de ce minuscule ennemi qui saurait sans cela leur faire payer chèrement leur négligence et leur inertie. A.-L. Clémeat.
- La mouche de 1 asperge.
- 1. l'ialyparée picciloptèrc pondant (grossie). — 2. La même, grandeur naturelle. — 5. La larve grossie. — 1. La larve grandeur naturelle. — 5. La nymphe grossie. — (>. La nymphe, grandeur naturelle. — 7. Coupe longitudinale d’une asperge montrant les galeries contenant des larves et des pupes. — 8. Coupe transversale d’une asperge attaquée (près du sommet). — 9. Coupe transversale d’une asperge attaquée (près de la base).
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- NOUVEAU PROCEDE DE MONTAGE A SEC DES PHOTOGRAPHIES, GRAVURES, ESTAMPES
- l'adhésif KT LA PRESSE DE MM. DEREPAS FRÈRES
- Rans le langage courant le mol photographie est en quelque sorte synonyme de copie exacte et rigoureuse. Cependant on ne saurait admettre cette assertion d’une façon absolue : en effet, si dans certaines applications ce mode de reproduction donne des résultats pour ainsi dire mathématiques, il en est beaucoup d'autres où des déformations systématiques viennent altérer la vérité: suivant les cas, rien n’est plus vrai que la photographie ou rien n’est plus faux.
- Aujourd’hui nous parlerons d’une question qui intéresse tous ceux qui font de la photographie et qui leur expliquera la raison de certains résultats qui troublaient leur confiance dans la sincérité de la photographie que l’on se plaît d'ordinaire à proclamer.
- Repuis les débuts aucun perfectionnement n’a été apporté dans le mode de montage classique des épreuves photographiques. Celles-ci, après avoir été calibrées, sont mouillées abondamment, mises à égoutter, puis enduites au pinceau de colle de farine ou d'amidon. On applique à l’enduit voulu sur le carton, puis on provoque l'adhérence au moyen de la main ou d'un rouleau de caoutchouc avec interposition d'un léger matelas de papier filtre ou buvard. Ou se demande « a priori » quelles critiques on pourrait faire à une manière do procéder aussi simple, et pourtant la simple réilexion va nous l'aire voir de suite (pie l'opération ainsi effectuée entraîne de graves inconvénients qu'on ne saurait passer sous silence.
- Fijr. t. — Machine Dorepus à mouler les épreuves.
- 1° Distension de Ve preuve. — L’épreuve mouillée se distend dans l’eau et une fois appliquée sur le carton ne peut reprendre ses dimensions premières. L’agrandissement n’est nullement négligeable ainsi qu’on peut le constater sur la ligure 2 qui représente une épreuve coupée en deux, l’un des cotés étant collé par la méthode par voit1 humide et l’autre par la méthode à sec que nous allons décrire.
- La distension du papier est variable d’après la nature de celui-ci et sa force, elle l'est également d’après le sens du papier. Rans ce dernier cas elle sera prédominante soit dans la longueur, soit dans la largeur ; de toute manière (die est très appréciable.
- La conclusion de cette simple observation est qu’une épreuve collée par voie humide ne sera jamais la copie rigoureuse du négatif original : dans tous les cas elle présente des déformations systématiques qui lui enlèveront toute précision. Inutile d'insister davantage sur un pareil défaut que tout
- le monde accepte les veux fermés à une époque où certains ne cessent d’exalter la précision soi-disant indiscutable de la photographie.
- 2° Altérations de l'épreuve. — La plupart des altérations des photographies sont dues à l’emploi d'une colle défectueuse ou aux impuretés du carton qui sert dé support. Tout le monde est d'accord sur ce point aujourd'hui.
- Comme autres conséquences du collage par voie humide il faut noter la nécessité d’employer des cartons épais, sans cela ceux-ci, courbés par le retrait de l’épreuve au séchage, se gondolent : on est d’ailleurs toujours obligé de terminer par un salinage qui ramène la planité du support. Les collections de photographies collées isolément ou réunies en albums constituent par suite un encombrement notable.
- Les progrès que l’on pourrait désirer se déduisent facilement de ce que nous venons d’exposer. Le
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- LA N AT LUE.
- procédé de l'avenir sera celui tjni permettra de conserver d’une façon intégrale les dimensions de l’image, évitera l'emploi de toute colle, isolera l'épreuve du support et enfin permettra son application sur tout substratum même le [dus mince. Le problème assez complexe vient d’ètre résolu d’une façon complète par MM. Derepas qui sont les créateurs d une méthode de montage à sec qui va faire renoncer aux anciens errements.
- Le principe en est des plus simples. L’épreuve est fixée au support au moyen d'un adhésif sous l’action combinée de la chaleur et de la pression.
- Certains auteurs avaient [imposé de coller les éprouves à l’aide d’adhésifs à hase de caoutchouc ou
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- Fig. 2. — Spécimen de distension d une épreuve ; une moitié de l'épreuve est collée par les procédés ordinaires, la seconde par la méthode de MM. Derepas.
- de gutta-percha. Le principe était trouvé, mais le choix de l’adhésif déplorable, car il était lui-même une cause d’altération fatale pour l’épreuve. L’invention de MM. Derepas consiste dans la composition de l’adhésif qui est sans action sur l'épreuve. C'était là le point capital.
- Le mode opératoire est des plus simples. Des feuilles de papier mince et transparent, sont enduites mécaniquement de l’adhésif Derepas des deux côtés. Elles sont livrées à cet, état par paquet, de 100 pour chaque format. Elles ne sont ni collantes ni poisseuses et leurs propriétés adhérentes ne se développent que sous l’action combinée de la chaleur et de la pression.
- Sur une plaque de métal chauffée à 100° on place l’épreuve face en dessous, on superpose une
- feuille d’adhésif et au moyen d’une petite molette en liège on provoque un point d'adhérence au centre. Les deux feuilles ne peuvent [dus se déplacer l'une par rapport à l’autre et en cet état on les calibre simultanément.
- On dispose alors sur le carton à la place voulue et par une opération semblable on fixe l'adhésif au carton par 2 ou h points suivant le format. Il ne reste [dus qu'à porter le Ionisons la presse Derepas; un cou)) de presse maintenu pendant quelques secondes et tout est terminé.
- Il existe plusieurs modèles de presses, les uns pour les amateurs, les autres pour les professionnels. Nous avons fait représenter le modèle d'amateur (fig. I). Il comporte un plateau fixe, puis un plateau supérieur [vivotant. Le dernier est ajouré et peut être chauffé intérieurement par une rampe à gaz. Si l'on no possède pas ce dernier mode de chauffage on peut utiliser le chauffage à l’alcool. La ligure montre sur la gauche le dispositif omplové à cet. effet.
- Lorsque la température voulue est atteinte, on place le carton et l’épreuve munie de l’adhésif sur le plateau inférieur, on rabat le plateau supérieur. (In ramène alors le liras latéral qui donne la pression voulue. On laisse en contact quelques secondes et tout est terminé.
- Dans les modèles pour professionnels, le plateau supérieur se relève verticalement et est commandé par une vis et un large volant.
- Les résultats obtenus par la méthode Derepas sont donc les suivants : 1° absence de toute distension de l’épreuve; 2° conservation assurée de celle-ci par la nature même de l’adhésif1 et son isolement complet du support ; 5° possibilité d’employer les supports les plus variés cl les plus minces, la planité absolue étant toujours conservée.
- Ajoutons à cela que la presse Derepas permet de faire des estampages, des teintes de fond ; elle présente des ressources nouvelles [tour le montage artistique, non seulement, des photographies mais encore des gravures et des estampes. En résumé, le procédé Derepas constitue une véritable révolution dans les méthodes dé montage et avant peu il aura détrôné les anciens procédés. Ai.bkrt Londe.
- ——
- i:\TK\l ROULANT POUR EXERCICE
- On a inventé des appareils permettant d’apprendre à nager à sec, en dehors de l’eau, soit qu’il s’agisse d’une préparation à des leçons de natation, soit qu’on se trouve dans des circonstances où l’on n’a point une nappe d’eau à sa disposition. On vient de même de mettre en service dans la salle d’exercices du 2° bataillon de la Milice navale, à New-York, un lia te au permettant aux hommes
- 1 Le succès obtenu par MM. Derepas frères a fait naître immédiatement do nombreuses imitations de leur adhésif. Le praticien doit se métier de ces contrefaçons qui n’ont aucunement les qualités essentielles desquelles dépend toute la valeur (tu procédé.
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- LA NAÎTRE.
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- d'apprendre, durant l'hiver, et sans sortir à la mer, la manœuvre des avirons, la « nage », comme on dit en langage maritime.
- A la vérité, originairement, cette embarcation assez originale avait été combinée et construite pour une sorte de carrousel naval donné par le 15e régiment de Milice navale ; mais l’on s’est aperçu ensuite qu’elle peut répondre parfaitement à un usage pratique. Le bateau est fait en apparence suivant le type réglementaire : long de 9 mètres, il porte des bancs pour 10 rameurs en couple, avec canon de débarquement à l'avant, et place pour un maître d’équipage et un officier à l’arrière. 11 est coupé toutefois à la hauteur de la ligne de flottaison, précisément pour former comme un chariot roulant. Sous le premier banc avant est une, paire de roues en fer A, clavetées aux deux extrémités d’un arbre, mettons d’un essieu de 0 à 7 centimètres de diamètre. Au milieu de l’essieu, est clavelé de même un tambour C avec un dispositif à rochet. sur sa circonférence. Le lin-guet qui s'engage dans les dents est fixé par son extrémité à l’intérieur d’un manchon qui dépend du tambour.
- Bateau roulant pour exercice.
- Si nous considérons la figure schématique donnant une coupe longitudinale de l’embarcation, nous vovons qu’un câble de manille passe sur le tambour, continue jusqu’à l’arrière pour se doubler sur une poulie disposée sur le panneau de l’embarcation, puis se dirige vers l’avant en se dédoublant. Chacun de ses brins porte une série d’œillets dans lesquels peut, en un instant, s’engager un crochet rattaché à un aviron. Si donc les 10 hommes se mettent à nager d’ensemble, ils tirent sur le câble, font tourner le tambour, le manchon et, par suite, l’essieu des deux roues avant, solidaire du dispositif à rochet. Le bateau avance ; il est du reste supporté à l’arrière par une roue unique qui forme comme un tricycle avec les deux autres, et qui, actionnée par une vraie barre de gouvernail, assure la direction de l’embarcation.
- Bien entendu, le câble que nous avons vu passer sur le tambour forme, avec ses deux brins, corde sans fin, c’est-à-dire que son extrémité, en quittant les avirons d’avant, vient se relier au brin I). De cette manière, quand les rameurs portent le corps en avant, ils tirent sur le brin I), le dispositif à rochet demeurant immobile grâce aux 1 inguets, et les choses sont remises en état pour une nouvelle impulsion d’avancement à donner à la roue A. En somme, la nage se fait exactement comme à bord d’une véritable embarcation, et les rameurs, solidarisés par les brins du câble, sont forcés de nager d'ensemble. I). B.
- Les journaux ont annoncé il y a quelque temps rétablissement de communications lélégraphiques sans til entre la Martinique et la (iuaileloupe.
- M. le capitaine du génie Terrié, attaché à l’élal-major français, délégué autrefois aux expériences Marconi en France, qui dirigea la plupart des travaux de télégraphie sans fil en France, est déjà rentré de la Martinique où il a dirigé l'établissement des postes de télégraphie sans fil. Il a bien voulu nous communiquer quelques renseignements inédits et quelques photographies se rapportant à ces installations. domine on le verra, celle installai ion est intéressante sous beaucoup de rapports el en particulier parce qu’elle montre avec quelle rapidité il est possible d’établir et de mettre en état de fonctionner régulièrement des postes de télégraphie sans fil, à grande distance.
- Du jour où la demande de faire l’installation a été adressée au ministère de la guerre, en France, il a fallu 71 jours pour que la station de la Martinique lût prête à fonctionner et 85 jours pour celle de la Guadeloupe. Le premier télégramme a été transmis et reçu le 85K jour. Dans ce temps sont compris les délais nécessaires pour la commande, l’achat, l’emballage des machines, la confection des récepteurs aux ateliers militaires, le transport aux Antilles de tout le matériel, la confection d’un mal de 55 mètres à la Guadeloupe avec les ressources locales, etc.
- Le mât de la Martinique, venu de France, a 55 mètres. La transmission était faite à étincelle directe avec une bobine Roehefort avec énergie de 180 à 200 watts environ et étincelle de 2 à 5 centimètres. Les antennes étaient formées de 4 fils en quantité, distants de 2 mètres. L’énergie était fournie par un groupe électrogène de 500 watts chargeant des accumulateurs de 50 ampères-heures (10 5 20).
- Voici, sommairement décrits, les détails de l’organisation d’une des stations du système Ferrié (fig. 1). Tous les organes récepteurs et transmetteurs sont actionnés par la meme batterie d’accumulateurs.
- Le montage de transmission est celui dit à étincelle directe. La bobine employée est une bobine Roehefort du type de 25 centimètres d’étincelle avec interrupteur à mercure, qui exige 0 à 8 ampères sous 52 volts. L’emploi de cette bobine permet de diminuer la hauteur d’antenne.
- L’oscillateur est monté sur la bobine même, les sphères ont 2 centimètres de diamètre; l’un des pôles, le positif, est mis en permanence à la terre, tandis que le négatif est relié à l’antenne quand on veut transmettre. Dans le primaire de la bobine sont intercalés les accumulaleurs, un commutateur destiné à couper le circuit, un manipulateur et un ampèremètre. Le manipulateur est à contact cuivre sur cuivre dans le pétrole. Un voltmètre peut être mis en dérivation quand on veut s’assurer de l’état des accumulateurs.
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- LA NATURE.
- Los organes de la réception sont divisés en deux parties; les uns placés à l'intérieur d'une boite métallique munie d’un couvercle, les autres à l’extérieur. La fermeture du couvercle coupe automati-
- quement les fds de connexion qui relient les appareils placés à l’intérieur à ceux placés à l’extérieur; de plus, les extrémités de ces îils, situées du côté des appareils intérieurs, sont, par cette fermeture, reliées
- 500ui
- IOOOüJ
- ^/iq/ cofgl<3\
- Oco 1000
- Fifî. 1. Schéma général. — 1. Accumulateurs. — 2. Sonnerie à un roui). — 5. Appareil Morse. — A. Commutateur. — 5. Boîte métallique. — 0. Potentiomètre. — 7. Relais. — S. Bobine de self-induction. — Tapeur. — 10. Coliéreur. — 11. Prise de terre. — 1 2. Milliampéremétre.— 15. .(reggor. — 11. Bouton de différence de potentiel. — 15. Manipulateur. — 10. Bobine de llulunkorlf.— 17. Antenne. — 18. Oscillateur. — 10. Interrupteur. — 20. Condensateur. — 21. Prise de terre. —22. Voltmètre. — 25. Ampèremètre. — 21. Interrupteur.
- à la boîte métallique qui est elle-même eu communication avec le sol. On voit qu'il suffit de fermer le couvercle pendant la transmission (tour soustraire
- entièrement, h l’action de celle transmission les appareils placés à l’intérieur de la boîte et en particulier
- le coliéreur et le relais. Le coliéreur employé est du Ivpe Rlondel modifié par berné. La ligure 2 représente ce coliéreur. La réserve de limaille est contenue dans un évidement II pratiqué dans l’une des électrodes, et une encoche r, ménagée suivant une génératrice, permet de faire passer la limaille pour l’introduire dans l’espace utile /. Tube, électrodes et limaille sont parfaitement séchés et le tube fermé à la cire. Les deux extrémités sont protégées par des douilles métalliques munies de petites bornes Y auxquelles viennent s'attacher les tils
- des électrodes qui permettent d’intercaler facilement l'instrument dans un circuit. M.Ferrié emploie, suivant la sensibilité à atteindre, des limailles d'or ou d’argent alliées de cuivre en proportions variables, d'or ou d’argent vierge, comprises entre électrodes de maillechort. L’or vierge donne les cohéreurs les
- Fig. f. — Mise « ta terre d’une dos parties du mât à la Guadeloupe.
- plus sensibles. Ces instruments sont employés sous le volt âge de 0,2 volt à 1 volt suivant leur construction. Un potentiomètre permet de faire varier de 1 volt à 0,2 volt la différence de potentiel mise aux bornes du coliéreur lorsque le voltage des accumulateurs employés au Morse et au tapeur est de
- Fig. 5. — Pile formée par dos plaques do '/.inc ot de cuivre.
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- 10 volts. M. Ferrie remplace fréquemment la pile du eoliéreur par des plaques de zinc et de cuivre
- Fig. 5. — Mal drossé au poste de la Guadeloupe.
- enterrées dans le sol et qui constituent un élément d’une pile suffisante, comme le montre la figure 5.
- Fi". G. — Vue détaillée du poste de la Guadeloupe.
- En résumé le récepteur est à potentiomètre pour régler la sensibilité du eoliéreur, avec pile unique
- Fig. 7. — Installation du groupe électrogène.
- pour tous les appareils; avec eoliéreur à limailles d'or ou d’argent en quantité réglable; avec relais,
- Morse, tapeur, etc. En outre, un joegger spécial est employé pour obtenir une syntonie approximative.
- Fig. 8. — Mât élevé à la Martinique.
- La figure 4 représente la mise à terre d’une des parties du niât de la Guadeloupe. La ligure b montre
- Fig. 9. — Le poste de la Martinique.
- le mat dressé et le poste de la Guadeloupe. La ligure 6 donne une vue plus détaillée du poste de la
- Fig. 10. — Vue extérieure de la salle des machines à la Martinique
- Guadeloupe. Dans la figure 7 se voit l’installation du groupe éleclrogène à la Guadeloupe. La figure 8
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- LA NATURE.
- donne l'aspect du niât élevé à la Martinique. La ligure 9 fournit une vue de la baraque qui sert de poste ;'i la Martinique. La ligure II) montre l’extérieur de la salle des machines à la Martinique. La figure I I en montre l’aspect intérieur.
- M. Ferrie n’a éprouvé aucune difficulté technique dans l’exécution de sa mission. Il a seulement constaté que les fortes pluies entravaient les communications. R’après certaines constatations que nous avons faites nous-mème, nous croyons que ce phénomène s’explique en ce sens que les lilets d’eaux de la pluie constituent autant de petits conducteurs qui dérivent l’énergie électrique à la terre. De là l’affaiblissement plus ou moins sensible de la transmission. Pour le reste, la communication était très facile, même avec 1 centimètre d’étincelle. La dis-
- Fig. 11. — Vue intérieure de la salle des machines à la Martinique.
- tance entre les postes est de 185 kilomètres environ. La nuit les perturbations électriques naturelles sont très nombreuses. Ces orages violents empêchent parfois la communication pendant 1 ou 2 jours successifs. Le fait est heureusement assez rare. Il ne s’est produit que 5 fois en 4 mois. Le climat convient très peu aux accumulateurs qui se détériorent très vite. On peut heureusement travailler directement avec les dynamos. Pour le moment, la communication est réservée aux dépêches officielles ou d’intérêt général. Les dépêches privées ne seront transmises que lorsqu’on sera sûr qu'en toutes saisons, le service n'aura pas de longues interruptions du fait des perturbations naturelles. Jusqu’à présent, à part quelques journées d’orages, on a toujours pu transmettre les télégrammes officiels ou semi-officiels. Le moment le plus mauvais pour la transmission serait, croit M. Ferrié, les mois de juillet et d’août. Le service est pour l’instant et à titre provisoire assuré uniquement par des militaires. ___^_____ E. Giarini.
- LES PRODUITS INDUSTRIELS
- I)F. JA SOLFATARA
- Ceux qui commissent Naples ont certainement aperçu le volcan appelé Solfatara, qui se trouve à une dizaine de kilomètres de la ville, dans le sud-ouest, et au-dessus du port de Pouzzoles; son cratère, qui a quelque 800 mètres
- de diamètre, est parfait de forme, et, après avoir été en éruption durant les temps historiques, il émet encore des jets de vapeur chargés de gaz sulfureux, qui sortent des fumerolles tapissant ses parois. Le passage de ces fumées acides et chaudes a altéré profondément les roches environnantes, et donné lieu, avec les phénomènes volcaniques anciens, à la formation de produits divers qui sont utilisés industriellement.
- Il y a d’abord des produits solides. C’est la lave trachv-tique, dont des carrières ont été ouvertes dans une coulée qui s’était produite en 1198 : on l'emploie surtout pour les constructions à la mer, digues, brises-laines, etc.; une petite voie ferrée dessert cette exploitation et emporte les blocs à un quai de chargement. Les travaux sont exécutés par des condamnés. C’est ensuite la terre blanchi' appelée « bianchetto » et résultant de l’action des émanations gazeuses sur des tufs trachyliques : c’est en somme de la terre à potier imprégnée de soufre, qu’une manufacture de stuc est venue utiliser en s’installant à l’intérieur de la Solfatara. Comme cette « bianchetto » est formée de particules de densités diverses, on la soumet à la lixiviation, qui permet de précipiter les particules lourdes dans un premier bassin, puis d’envoyer le liquide laiteux restant dans un autre bassin où il décante lentement. On fait sécher le produit de décantation, qui donne la vraie « bianchetto » ; on emploie celle-ci soit en mélange avec des couleurs pulvérulentes dont on veut éclaircir la teinte, soit à la fabrication du stuc. Les particules grossières peuvent servir à composer un mortier.
- Nous citerons ensuite la terre grise appelée « piombina » qu’on recueille à plusieurs mètres au-dessous du fond du cratère : elle est imprégnée de sels de fer et aussi d’eaux minérales. Si on la laisse quelques jours exposée aux agents atmosphériques, elle s’oxyde et devient blanche : cette terre sert assez communément à la fabrication de l’alun par calcination, puis par traitement à l’acide sulfurique et enfin au sulfate d’ammonium ou de potasse. — On trouve encore dans la Solfatara du soufre terreux, autrement dit de la terre contenant de petits cristaux de soufre ; jadis on extrayait celui-ci par distillation, mais maintenant on utilise cette terre telle quelle au traitement des vignes : des expériences que nous ne pouvons suivre ont prouvé que cette terre donne de bien meilleurs résultats que le soufre pur; elle combattrait même utilement le phylloxéra. Enfin la Solfatara renferme du kaolin, de la silice pure et de l’alumine.
- Comme produits liquides, on pouvait citer, il n’y a pas encore longtemps, les sources minérales dites « S. Piscia-relli », qui étaient fort appréciées au temps de Pline, et donnaient des eaux contenant des sulfates d’aluminium, de calcium, de fer, de l’acide sulfureux et de l’hydrogène sulfuré : on les recommandait pour les yeux et pour la peau. Elles sont taries, mais on les retrouve dans le sous-sol en forant des puits de quelques mètres seulement, et des malades en ont retiré de bons effets.
- La Solfatara émet des produits gazeux qu’on donne comme ayant une réelle influence médicale : dans deux grottes du volcan se dégagent des vapeurs chaudes composées principalement d’eau et d’acide carbonique, mais contenant aussi de petites quantités d’hydrogène sulfuré, d’acide sulfureux et même des traces d’arsenic. On avait capté ces vapeurs, à une certaine époque, pour permettre des bains turcs et des inhalations.
- On le voit, ce volcan devenu pacifique ne commet plus de ravages et fournit une série de produits utilisables par l’industrie humaine. Hkniiy Boit,fois.
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- IA NATURE.
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- LES VÉLODROMES PARISIENS
- i
- YFXODROME IIE PARC I)F.S PRINCES
- Si les courses de bicyclettes ont eu, dès l’apparition de la bicyclette elle-même, des partisans fervents, elles ont eu aussi des détracteurs acharnés; il semble que ceux-ci soient assagis depuis quelques années. Le public connaissant mieux ce mode de locomotion, le pratiquant de plus en plus, en est venu à s'intéresser davantage au sport cycliste et. la preuve en est dans le succès qu’obtiennent, maintenant les grandes épreuves de courses de bicyclettes. Ces courses ont, lieu sur route ou sur juste; les courses sur route, très fréquentes il y a quelques années, le sont de moins en moins et, à ]>art quelques épreuves devenues classiques telles que Bordeaux-Paris, Paris-Roubaix, Paris-Brest, le Tour de France, elles ont été jiresque abandonnées, tant elles sont d'un contrôle difficile et d'une régularité discutable.
- On a donc été amené à construire des terrains de courses pour cycles que l’on a appelés « vélodromes ». La juste idéale pour courses serait évidemment une ligne droite de longueur suffisante, mais comme elle est irréalisable, on lui donne la forme d'une courbe fermée. Les pistes, d’une largeur de 8 à 10 mètres et d’une longueur variable, peuvent être construites on ciment, en bois ou en terre battue. La jiarlie de terrain entourée jiar la juste est ce qu'on ajijielle la pelouse. La juste elle-même a deux bords : le bord extérieur que 1 on apjielle la barrière, et autour de laquelle se tient le jiublic, et le bord intérieur, nommé la corde. Gomme la juste n'est pas en ligne droite, il a été décidé, d’après des règlements anglais qui ont été jiresque universellement adoptés, que la longueur d'une jiiste serait mesurée d’après une ligne apjielée ligne de foi, ligne distante de Om,oO de la corde; car il est admis, en principe, que les coureurs ne roulent jamais au ras du bord. La ligne de foi est une courbe fermée voisine de l'horizontale.
- D’ajirès M. Carlo Bourlet1, dont le nom fait autorité en la matière, « la forme d’une bonne piste devra remjdir les conditions suivantes : 1° on devra pouvoir la jiarcourir à n’importe quelle allure; 2° le plan de la juste devra comporter deux parties, des lignes droites et des virages. Les lignes droites devront être les jilus longues jvossibles, car c'est dans la ligne droite que la course est la plus facile ; les virages, c’est-à-dire les tournants qui raccordent les deux lignes droites entre elles, devront être relevés en jiente jilusou moins rapide selon l’étendue de leur rayon, afin de jiermettre au coureur de ne pas ralentir son allure en changeant de direction, c’est-à-dire en virant)). Munis de ces jirincipes, nous allons jiouvoir passer en revue les vélodromes jiarisiens et examiner s'ilsremjilissent bien lesconditions requises.
- Le Vélodrome qui, pendant de longues années, a été le seul à convoquer à ses réunions le public pari-
- 1 Nouveau Traité des bicycles et des bicyclettes. 2 vol. petit in-8, Masson et CK
- sien est le vélodrome du Parc des Princes (ftg. 2). Il est situé à Boulogne-sur-Seine, le long des fortifications de Paris, sur la zone militaire qui s’étend entre la jiorte de Saint-Cloud et la jiorte d’Auteuil. Ce vélodrome est le plus vaste qui existe en France; les diverses enceintes ouvertes au public peuvent recevoir jusqu'à 20 000 spectateurs, et ne sont jias assez larges, certains jours, jiottr contenir tous les fervents du sjiort cycliste. La (liste mesure (>66tn,6(>, de façon que le kilomètre se fait exactement en un tour et demi. Les deux lignes droites qui la composent ne sont jias jiarallèles, de sorte que les virages qui raccordent ces deux lignes droites sont de rayons inégaux, le grand virage, situé avant la ligne d’arrivée, ayant un rayon double de celui du jielit virage (fig. I). Cette disjio-
- But,666r
- ti ; Secondes ;
- des cou'
- 'Entrée
- Fifï. 1. — I*lmi du vélodrome du Parc dos Princes.
- sition est certainement avantageuse jiour les courses devitesse, puisqu’elle n’exige des coureurs qu’un effort relativement minime dans le grand virage, au moment où ils vont aborder la ligne d'arrivée dans laquelle ils donneront leur maximum de vitesse. La ligne d’arrivée, elle-même, mesure 200 mètres, de la sortie du virage au jioteau qui marque le but. Cette longueur de ligne droite assure la parfaite régularité des arrivées, puisque les différents coureurs peuvent lutter de front, sans se gêner les uns les autres et sans que quelques-uns d’entre eux soient désavantagés par l’obligation de « voyager » dans le haut d’un virage et, par conséquent, aient à effectuer une distance plus grande que celle couverte par le coureur placé à la corde.
- Le vélodrome du Parc des Princes fut construit en 1897. A cette époque, le record du monde de l’heure dépassait à peine 50 km et l’architecte, en relevant les virages pour des vitesses allant de 70 à 75 km à l’heure, semblait avoir prévu presque l’impossible. Mais, comme nous l’avons vu dans un précédent article1, les moyens d’entrainement dont disposent les coureurs ont considérablement changé depuis quelques années et la substitution aux machines multiples des tandems à pétrole, puis des motocyclettes munies de coujie-vent, a permis aux coureurs d’élever le record de l’heure à (dus de 78 km. Les virages du vélodrome devenaient insuffisamment relevés et il aurait été périlleux jiour les coureurs de les aborder à des vitesses semblables ;
- 1 Voy. n° 1540, du 29 novembre 1902, p. 412.
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- LA N AT U HE.
- le petit virage, relevé à O"1,-!5 [tour 100, était particulièrement dangereux en raison même de son faible ravon. La Direction du vélodrome décida alors
- de procéder h la réfection des virages. Les travaux commencèrent au mois de février 1905 : il iallut d'abord démolir à coups de pioche la couche de
- Fig. 2. — Départ d'une courir au vélodrome du Parc dos Princes.
- Fig. 5. — Le petit virage, après sou relèvement.
- ciment de la piste et le béton sous-jacent afin d’obtenir une surface uniforme. Un apporta ensuite des terres supplémentaires qui furent tassées et nivelées
- de iacon à obtenir la ponte exigée par les calculs de l’architecte; cette terre fut recouverte d’un quadrillage de tringles en fer sur lequel on répandit à la
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- LA NATURE.
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- [telle une épaisse couche de béton qui lut à son tour recouverte d'une seconde couche composée de ciment tin et de sable. Ce dernier étendago effectué à la main, afin d’éviter la moindre bosse, on passa sur le ciment un rouleau présentant de nombreuses aspérités et destiné à laisser sur la piste encore molle
- une série d’alvéoles qui empêche les dérapages. La surface fut en dernier lieu saupoudrée de noir de fumée afin d'atténuer sa blancheur dont l'éclat aurait [tu être fatigant [tour les yeux. Ces travaux furent rapidement exécutés et terminés à la fin de mars; ils ne coûtèrent [tas moins de HO000 francs.
- Fig. i. — Le grand virage du vélodrome du l’arc des Princes, avant sa réfection.
- Fig. 5. — Le grand virage acluel, après son relèvement.
- Les gravures que 'nous reproduisons permettront ti nos lecteurs de se rendre compte des différences qui existent entre l’ancienne et la nouvelle piste. La coupe du petit virage (tig. 0) montre clairement le relèvement acluel qui de 0‘",450 pour 100 a été porté à Om,7!2l [tour 100 (lig. 5). Le grand virage,
- en raison de son rayon double, a subi un relèvement moitié moindre (fig. 4 et 5). D’après les calculs, on pourra atteindre sur celte [liste la vitesse de 120 km à l'heure. Dès les premières expériences, on a pu bien augurer de ce nouveau vélodrome. En effet, dans la réunion du 13 avril, le coureur cycliste
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- i; A NAT [JUKI
- Conlenet, entraîné par une motocyclette munie de coupe-vent, a battu le record des 40 km en 5lm8s 2/5 (ancien record : 51®25s2/5) et celui des 50 km en Ô8"‘40s (ancien record : 59® 118). Le 5 juillet, le même coureur a battu les records du monde à partir de celui des 60 km et a élevé notamment le record du monde de l'heure à 78km,560 (ancien record : 77km,597). Enlin, dans la réunion du 10 juillet, (tendant la course du Championnat de France de demi-bond, les records des 50, 60 et 70 km ont été battus par le coureur Dangla, ceux des 80, 90 et 100 km par Contenet, les 100 km étant couverts en lh16m21s 5/5 (ancien record : lh22m7os 1/5).
- D'autre part, à la réunion du 15 avril, Sigon-naud, pilotant une motocyclette actionnée par un moteur de Dion-Douton de 16 chevaux, a battu de loin le record des 10 km pour motocyclettes en
- Loges
- b 6 Met.
- Fig. O. — Coupe du petit virage montrant l'ancien et le nouveau relèvement.
- 6m85 2/5, ce qui donne une vitesse moyenne de 97km,286 à l’heure. Certains tours de piste (666®,66) ont été couverts en 25s 4/5, soit à 100kl,l,279 à l'heure. C'est bien la première lois que la vitesse de 100 km à l’heure est dépassée sur une (liste avec virages.
- Tel qu’il est actuellement, le vélodrome du Parc des Princes permet donc les (dus grandes vitesses dans les courses de fond et de demi-fond ; ses longues lignes droites sont propices aux luttes des courses de vitesse. Il remplit toutes les conditions requises pour assurer la sécurité et la régularité des courses de bicyclettes. W. Drancourt.
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- NÉCROLOGIE
- Prosper Henry. — Samedi dernier ont été célébrées à Nancy les obsèques de M. l’rosper Henry, astronome à l’Observatoire de Paris, collaborateur de La Nature. M. Henry a été victime de l’accident de montagnes dont les journaux quotidiens ont parlé.
- L’Observatoire était représenté par MM. Callandreau, membre de l’Académie des sciences; Bossaert, astronome, et Frayssinet, chef des services administratifs. Etait aussi présent M. Trépied, directeur de l’observatoire d’Alger.
- M. Prosper Henry et son frère aîné Paul, venus à Paris en 1855, ^étaient adonnés à la taille des objectifs. M. Le Verrier remarqua leurs aptitudes pour l’astronomie d’observation et se les attacha tous les deux. Plus tard ils furent
- nommés astronomes titulaires et l’on eontia à leur observation l’équatorial du jardin. De 1872 à 1882, ils découvrirent quatorze petites planètes dont une à tour de, rôle était attribuée à chacun d’eux. A partir de 1882, MM. Paul et Prosper Henry furent attachés à la photographie de la carte du ciel.
- Depuis bien longtemps, les frères Henry voulaient bien préparer (tour nous le résumé trimestriel des phénomènes célestes, si apprécié des amateurs d’astronomie. La mort de M. Prosper Henry sera vivement regrettée, c’est une perle pour l’astronomie. Nous envoyons l’expression de nos douloureuses sympathies à M. Paul Henry.
- La comète Ilorrelly. — A la lin du mois dernier, M. (Juénisset, de l’observatoire de Nanterre, a pris de nouvelles photographies de la comète. On voit sur la plus curieuse la comète avec quatre queues dont l’une très longue et nettement visible à la jumelle. Celle-là fait un ressaut, c’est-à-dire que l’une de ses parties, la plus éloignée de l’astre, n’est pas dans le prolongement exact de l’autre; au point de dislocation on remarque comme une petite condensation de matière lumineuse, une sorte de petit noyau. Les astronomes de l’Université de Yale, en Amérique, ont pris aussi des photographies et sur ces épreuves on distingue trois queues et une quatrième beaucoup (dus faible. La comète Borrelly s’éloigne de nous. On la voit encore avec une jumelle; le 17 août, elle sera très voisine de Vénus. Le 17 juillet, sa distance était de 20 0 0 seulement de celle qui nous sépare du soleil. Elle arrivera à son périhélie le 28 août. La longueur de la queue principale pouvait être estimée à bien près de 4 à 5 millions de kilomètres au commencement d’août.
- /influence physiologique «lu ra«liuin pris à l'intérieur. — Nous laissons l’entière responsabilité de ce qui suit à (( Scientific American », auquel un de ses correspondants aurait fait part des symptômes constatés sur lui-même pour avoir absorbé une fraction très minime d’une particule de radium. Cela agit comme un puissant stimulant à la fois sur le cœur et les reins, et il fallut plusieurs heures pour que le pouls de l’expérimentateur redevint normal. 11 se produisit en même temps une action sur le système cérébral, puisque cette absorption un peu téméraire causa des hallucinations.
- La circulation sur les chemins «le 1er métropolitains «le Londres. — Maintenant que Paris possède, lui aussi, son chemin de fer Métropolitain, qui a transporté 02 millions de voyageurs en 1902, il est intéressant de relever le chiffre de la circulation sur les Métropolitains londonniens. 11 y a d’abord ce qu’on nomme le « Metropolitan » proprement dit, puis le « District Railway », deux lignes déjà anciennes, et qui commencent seulement à recourir à la traction électrique : elles ont transporté respectivement 90 et 45 millions de voyageurs. Le « City and South London », premier chemin électrique tubulaire (qui a été décrit ici) a vu passer 19 millions de personnes; enfin le « Central London »,plus récent (décrit également) et qu’on appelle familièrement le « Tube à deux sous », a transporté 45 millions de voyageurs.
- Le siloxicon. — Il s’agit d’une nouvelle matière réfractaire, assez parente du carborundum, et autour
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- LA A ATI'HE.
- ' 1 «VJ
- de laquelle on fait grand bruit en ce moment. D’après « Scientific American », sa composition, un peu variable, peut être représentée par la formule Si 2 G- 0. On avait affirmé que ce siloxicon était inoxydable, mais il faut revenir sur celte affirmation; et quand, au contraire, il est chauffé au-dessus d’une température de 1,470° C., dans une atmosphère contenant une forte proportion d’oxygène libre, une décomposition se produit, probablement suivant la formule Sa 200 J- 70 = 2 SiO2 -f 2 CO2. Quand le siloxicon se présente sous la forme d’une brique ou d’un bloc, c’est à sa surface que la réaction se produit, et l’on voit apparaître un glaçage vitreux qui prend souvent une légère teinte verdâtre par suite de la présence du fer. Si l’atmosphère ne contient pas d’oxygène libre, on peut alors élever la température jusqu’à 2,700° C. environ, et alors on arrive simplement à recueillir du carborundum, tandis que s’en vont dans l’air des vapeurs de silicium et d’oxyde de carbone.
- I.» force motrice aux États-Unis. — Même si l’on déduit les stations génératrices des chemins de fer et tramways électriques, et les stations d’éclairage, les Etats-l nis disposent d’une puissance énorme de 11 500 000 chevaux-vapeur de force motrice dans leurs divers établissements industriels. C’est le double de la puissance relevée en 1890 et 5 fois Je chiffre de 1870. La vapeur fournit à elle seule 8 1 /2 millions de chevaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 août 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Phénomènes atmosphériques. — M. Forel, de Genève, adresse une dépêche télégraphique annonçant l’envoi d’une Auto sur des phénomènes lumineux atmosphériques analogues à ceux qui ont été observés après l’émption du Krakatoa.
- Commande des machines a distance. — M. Appell présente un appareil imaginé par M. Torrès, ingénieur du corps des ponts et chaussées d’Espagne, permettant de commander à distance un moteur au moyen de la télégraphie sans fil. Cet appareil, auquel il donne le nom de « Télékine », peut même être combiné de manière à agir sur plusieurs machines. 11 convient très bien au cas d’un bateau, car il donne le moyen de commander la machine et de diriger le gouvernail.
- Préparation de corps nouveau. — M. Henri Moissan observe que grâce à ses travaux on connaît aujourd’hui beaucoup de carbures, mais jusqu’ici on n’a réussi à préparer qu’un très petit nombre de carbures doubles. De concert avec M. Kouznetzoxv, il a obtenu le carbure double de chrome et de tungstène en chauffant au four électrique un mélange de tungstène, de chrome et de charbon en présence d’un excès de cuivre. Ce corps prend naissance à la température d’ébullition du cuivre ; il est défini, cristallisé et très stable. Il est, en effet, inat-taqué par les principaux réactifs. Sa dureté est très grande; il raye les rubis les plus durs. Cette propriété donne lieu de penser que l’addition du tungstène à l’acier chromé pourrait donner naissance à ce carbure double et déterminer en même temps dans ces aciers des propriétés nouvelles et spéciales.
- L’arsenic dans l’organisme. — M. Armand Gautier l’appelle qu’il y a trois ans il annonçait que, normalement, 1 arsenic existait dans certains organes et qu’il n’existait
- pas dans d’autres. Ses recherches, reprises en Allemagne, ont donné des résultats contradictoires ; depuis, en France.
- M. G. Bertrand a retrouvé l’arsenic non seulement dans les organes indiqués, mais même dans d’autres organes où M. Gautier ne l’avait pas signalé. M. Gautier s’étend sur les causes de ces résultats. Il annonce qu’il a effectué une nouvelle série d’expériences et qu’il a dosé dans le muscle de bœuf 0mer,000(> à 0me‘ ,0007 d’arsenic pour 100 gr, dans le muscle de veau 0ragr,0007, dans la chair du grondin 0m«r,0060 et dans le lait 0"‘e',0007. Un a émis l’hypothèse que cet arsenic pouvait avoir été introduit dans l’organisme par les poussières respirées par les animaux; mais cette hypothèse doit être rejetée, car le sang ne contient pas d’arsenic.
- L’âge des terrains de Patagonie. — M. A. Gaudrv annonce que M. Tournouër a relevé des coupes de terrains patagoniens. Autrefois l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud ont été séparées complètement à l’époque de la mésogée. 11 suit de là que les fossiles de la Patagonie sont indéterminables et que dans les collections ils ne peuvent être placés par ordre chronologique. Or, au milieu des terrains qui contiennent les fossiles rapportés, il s’est trouvé un terrain marin. L’étude des fossiles de ce terrain a permis de le classer dans le tertiaire moyen. En conséquence l’étage du Aotostylops et celui du Pyrothe-riutn appartiennent au tertiaire inférieur et celui du Mésodon au supérieur. Dès lors on peut affirmer que les types de l’époque du miocène sont différents en Patagonie et dans l’hémisphère Nord. D’où l’on peut tirer cette induction si importante au point de vue de la philosophie naturelle que l’évolution des espèces ne s’est pas accomplie sur la terre d’une façon uniforme. Ch. de Villedeuil.
- ——
- UNE TOUR D’EAU AMÉRICAINE
- Nous n’avons pas, de parti pris, l’admiralion de tout ce qui est américain, et certains incendies retentissants, comme celui qui détruisit l’Exposition de Chicago, sont venus montrer que les services de pompiers yankees laissent parfois à désirer autant que les nôtres. Mais il est un appareil qu’ils emploient couramment, qui rend de réels services et qui cependant est à peu près inconnu en Europe. C’est la tour à eau. Constituée par une plate-forme montée sur roues, cette tour, (pii est abaissée complètement quand on la déplace, peut s’élever à une hauteur considérable une lois qu’elle est arrivée sur le lieu d’un sinistre; elle comporte souvent un réservoir à son sommet, mais ce qui en fait l’avantage, c’est qu’elle donne une excellente plate-forme d'opération pour les pompiers chargés de la manœuvre des lances. Ceux-ci n’ont plus à se tenir péniblement accrochés à une échelle, ils sont installés solidement, on peut dire confortablement, en liant de la tour, et de là voient parfaitement le foyer de l’incendie, savent réellement où ils dirigent leur jet d’eau. L’eau arrive naturellement par un tube métallique extensible, et non par ces tuyaux de toile et cuir si lourds à élever jusqu’au sommet d’une échelle à développement.
- Mais un des ingénieurs du service d’incendie de San Francisco, Henry 11. Gorter, vient d’imaginer
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- LA NATURE.
- I <10
- une tour à eau d'un système absolument neuf, qui simplifie encore le travail matériel des pompiers et donne le moyen de diriger un jet d’eau plongeant au centre même du loyer le plus intense, et un peu sous tous les angles, sans qu’aucun homme soit exposé à la chaleur qui se dégage d’un incendie et dont les etl’ets sont si redoutables.
- Tout l’appareil est porté par un chariot à chevaux, dont le châssis est fait de protilés d'acier, et la tour ne se compose en - ^5^====^=-^ réalité que d’une sorte de charpente pyramidale au centre de laquelle s’allonge un tuyau pouvant, donner passage à l’eau; cette charpente est munie, à sa, partie arrière, qui se trouve être inférieure quand la tour est dressée, de deux secteurs dentés et de deux pivots permettant de relever rapidement la tour, faite de tubes d’acier entretoisés.
- Les pivots de rotation sont fixés sur un trépied monté lui-même à l’arrière du chariot. A l'intérieur du tuyau, disposé au centre de la tour, coulisse un autre tuyau métallique renforcé, et dont le sommet peut' atteindre une hauteur de 24'"-,40 au-dessus du niveau du sol. Son extrémité se termine par une sphère formant joint et d’où part une sorte de lance, longue de 75 centimètres, qui sert à diriger sur le feu l’eau qui montera par le tuyau télescopique, et qui lui arrive par une conduite de cuivre à joint universel.
- Nous remarquerons immédiatement que la tour est relevée ou abaissée au moyen de vis sans lin engrenant avec des secteurs, et que cela permet de la fixer dans la position plus ou moins inclinée que l’on désire. Tous les mouvements de la tour sont commandés par une roue Pelton, installée sur le chariot, à laquelle la force motrice est fournie par l’eau des conduites d’incendie posées dans les rues, eau dont la plus grande partie s’en va dans le tuyau de la tour; cette roue Pelton fonctionne dans les deux sens, grâce ù deux jets différents et cà un robinet <à trois
- voies. La tour peut se déplacer par rapport a la perpendiculaire, tandis que l'eau continue de sortir par la lance, et par suite de ce fait que cette eau arrive par les pivots sur lesquels elle tourne; de plus, grâce à des joints universels, la tour, et naturellement le tuyau d'ascension de l’eau, ont la possibilité de s’incliner à droite ou à gauche de 55 degrés par rapport à la perpendiculaire, ce qui permet à la lance de projeter un jet d’eau et de balayer toute une façade de bâtiment, et à toutes les hauteurs pour ainsi dire, aussi bien que si elle était entre les mains du pompier le plus expert. Au reste, la lance proprement dite, soit l'ajutage du sommet, peut lui aussi prendre un mouvement de rotation par rapport, à l'axe vertical du système. L’élévation ou l’abaissement de la partie supérieure et télescopante du tuyau d'eau est commandée par le petit moteur hydraulique dont nous parlions, et ces déplacements s’exécutent sans (pie s'arrête la projection de l’eau. Nous 11’a-vons pas besoin de dire que les mouvements de développement du double tuyau s'obtiennent au moyen de chaînes passant sur des poulies en haut de la partie fixe du tuyau, et frappées au bas du tuyau supérieur. Pour les parties inférieures des bâtiments, un appareil supplémentaire de projection d’eau est disposé sur le chariot.
- En travaillant an maximum, et en se trouvant alimentée par quatre bouches d’incendie, la tour à eau Gorter peut lancer à la minute près de 18 000 litres d’eau. Ajoutons finalement, que des précautions sont prises, sous la forme de jambes d’étai, pour empêcher le renversement de la tour sous l'effet de la réaction due au puissant jet qui sort de la lance à une hauteur énorme. Tout l’appareil ne pèse pas cependant une tonne et demie. Pierre de Mériel.
- I.c Gérant : P. Masson.
- Palis. — Imprimerie rue de KJeurus, 9.
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- N° .1 57 7.
- 15 AOUT 1905.
- LA NATURE.
- 161
- NOUVEAU CANON DE CAMPAGNE ITALIEN DE 73 MILLIMÈTRES
- L’artillerie italienne, après Lien des essais, des polémiques et des hésitations, s’est décidée à renouveler son matériel d’artillerie légère de campagne, suivant en cela l’exemple donné par les principales armées européennes. 11 y avait à choisir entre les deux systèmes d'Allemagne et de France, le premier à tir dit « accéléré », le second dénommé à « tir rapide ». Subissant l’intluence de sa puissante alliée, l'Italie s’est ralliée au premier système et son nouveau canon offre de grandes analogies avec la pièce allemande comme on pourra en juger par la description sommaire que nous allons en donner.
- Le canon est en acier-nickel; il comporte un tube, une jaquette à tourillons et une l’rette antérieure
- vissée à cette dernière. Le tonnerre s’élargit à l’arrière et sa forme est cylindro-prismatique. La volée est tronconique et présente un renforcement à la bouche. Les rayures sont hélicoïdales, au nombre de o!2 et tournent de droite à gauche pour un observateur placé à l’arrière.
- La fermeture est à vis à deux mouvements. Cette vis est tronconique avec embase cylindrique; elle présente quatre secteurs dont deux lisses et deux liletés. Un la manœuvre à l’aide d’une manivelle faisant corps avec un noyau central. Tout le système est traversé en son axe par un canal 'servant de logement au percuteur. L’extracteur est disposé dans l’un des secteurs lisses de la vis. Celle-ci, lors de
- Fig. 1. — Le nouveau canon italien de campagne de 75 millimètres.
- l’ouverture, vient reposer sur un volet mobile autour d’un boulon de charnière. Pour ouvrir la culasse, la douille étant dans le canon et le percuteur ayant fonctionné, il suffit de tourner la manivelle à gauche et vers le bas jusqu’à l’arrêt du mouvement ; on la tire alors horizontalement à droite et, la douille éjectée, l’ouverture se trouve complète.
- L'affût, en acier au nickel, est du système rigide et offre les plus grandes analogies avec celui du canon allemand de modèle 1896; comme lui, il est en possession d’un porte-canon, d’une bêche de crosse à rabattement, d’un frein à cordes pour le tir et d’un autre à vis pour la route. Le porte-canon est un chandelier en acier avec flasques, sous-bandes et sus-bandes sur lequel le canon repose par scs tourillons; il peut tourner autour d’un pivot tronconique engagé dans l’entretoise antérieure. Cette disposition permet de donner à la pièce un changement d’orientation de 5 degrés à gauche et autant à
- 31e année. — 2e semestre.
- droite sans avoir besoin de déplacer l'affût. La bouche à feu n’a pas de bouclier, mais elle a des sièges d’essieu pour le transport des servants. Les appareils de pointage, analogues à ceux de l’artillerie allemande, sont au nombre de deux, l’un pour le pointage vertical, l’autre pour le pointage horizontal ; ils sont mis en action par des manivelles situées à gauche et à la portée des mains du pointeur.
- Pour la route, on fait usage d’un frein à patins qu’on met en action à l’aide d’une manivelle placée en avant de l’affût. Lors du tir, on se sert d’un frein à cordes ainsi que d’une bêche articulée ayant un fort ressort à boudin qui permet à la pièce un certain recul et la ramène ensuite à sa position primitive. L’amplitude du recul ne dépasse guère quelques centimètres lorsque le tir est exécuté dans ces conditions : on voit quels avantages en résultent.
- La charge est contenue dans une douille en laiton, légèrement tronconique, dont le culot plus épais pré-
- 11
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- sente en son centre le logement de l'amorce. L’explosif est de la «lilitc», sous forme de plaques rectangulaires roulées par deux en un paquet. La charge, après avoir été tieelée, est coiffée d’un sac s en toile de coton à l'une de ses extrémités et munie d’une bande h de coton hydrophile en son milieu. Après l’avoir placée dans la douille, on ferme cette dernière à l’aide d'une bourre H en carton goudronné, introduite à forcement et qu'on enduit ensuite d’un vernis de gomme-laque.
- Les projectiles sont de deux sortes: le shrapnel et
- Fiy. ± — Canon de campagne italien. — 1. Slirapnel -• lioîte à mitraille. — 5. Douille et charge.
- la boite à mitraille. Le shrapnel a le corps en acier tréfilé et présente deux ceintures en cuivre. Il reçoit à l’avant une fusée à double effet, vissée à la partie ogivale. Les halles sont en plomb anlimonié et soudées les unes aux autres par de la colophane coulée. Elles sont au nombre de 520, dont 180 du poids de 10 gr. et 140 de 11 gr. La charge d'éclatement est à l’arrière et communique avec la fusée à l aide d’un tube en laiton. La boîte à mitraille est cvlin-drique et formée d’un corps en zinc avec culot en acier. Elle porte deux ceintures en zinc et une anse en fil de fer à l'arrière pour le maniement. L’intérieur est composé de huit couches de prismes hexagonaux en plomb maintenus par de la colophane ;
- le nombre total de ces prismes est de 206. .Nous terminerons cette notice en donnant les éléments balistiques principaux de la nouvelle bouche à feu.
- Le poids du canon avec sa fermeture de culasse est de 551 kg et de 1040 kg avec l'affût. Celui de la charge de filile de 218 gr. Le poids du shrapnel est de 6k«,700. La vitesse initiale du projectile à la bouche s'élève à 480 mètres, ce qui correspond à 78,68 tonne-mètres et à un poids de pièce en batterie de 12 kg par tonne-mètre d'énergie initiale. Ces chiffres n'offrent rien de particulièrement digne d’attention.
- La nouvelle bouche à feu de campagne italienne n’est, en somme, qu’une copie à peine remaniée, du canon allemand de 1806. Comme ce dernier, elle offre donc une infériorité marquée, à certains points de vue, par rapport au canon à tir rapide dont l’armée française est déjà pourvue. Cette infériorité réside non seulement dans la rapidité du tir, mais surtout dans sa justesse. Ou reste, les Allemands en conviennent eux-mêmes, puisque, à l'heure actuelle, ils ont adopté en principe le canon à tir rapide; l’expédition de Chine, dans laquelle le canon français a montré ce qu’il valait, leur ayant complètement dé-sillé les yeux. L-colonel Delaü.xey.
- On ignore ordinairement que le tabac est cultivé en même temps (pie consommé sur une grande échelle au Japon. La plante y est du reste d’importation étrangère ; elle a été, en effet, introduite au commencement du dix-septième siècle par les Portugais : l’habitude de fumer se répandit rapidement, en dépit des efforts et des édits comminatoires d’un souverain qui vivait en 1012. Ce qu’on fume surtout, c’est une pipe à fourneau minuscule, qu’il faut secouer et rebourrer à chaque instant.
- Imitant maint pays européen, le Japon s’est réservé un monopole en la matière, ayant seul le droit d’introduire des tabacs étrangers, achetant toute la récolte des planteurs indigènes, et revendant le tabac en feuilles aux fabricants et marchands spéciaux. La culture du tabac, très inégalement répartie dans l’archipel, donne une première récolte en août et une seconde en septembre ; la meilleure qualité, qui vient du Kiou-siou, est jaune clair et légère, et convient à la fabrication des cigarettes, dont l’usage commence à se répandre parmi les Japonais.
- D’après les derniers chiffres que nous avons pu nous procurer, la superficie consacrée à la culture du tabac était de 57 000 hectares, donnant 56 à 58 millions de kilogrammes de feuilles : des variations se produisent aisément dans ces chiffres, parce que le gouvernement a le droit d’imposer la diminution des surfaces cultivées en tabac, quand ses approvisionnements sont importants. Le qu’il y a de curieux à noter, c’est que, comme pour les allumettes, les Japonais ont fondé d’importantes usines pour la fabrication des cigarettes, qu’ils exportent déjà en grande quantité : la fabrique Murai, par exemple, a installé dans ses usines les machines américaines les plus perfectionnées, et elle a des succursales, dans toutes les villes importantes de l’Empire, et aux Philippines, aux Indes, en Australie, etc. Jean Leisos.
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- LA N A TL7 H K.
- LES MOUSTIQUES1
- PHOPAGATEEKS DE MALADIES
- II
- Maintenant que nous connaissons l’histoire naturelle des Moustiques, il nous huit examiner de quelle manière ils peuvent intervenir dans la propagation des maladies. Pour bien comprendre ce rôle singulier, il est indispensable de préciser les notions que nous avons acquises sur l’anatomie de ces Insectes.
- La ligure 1 représente un « Anopheles maculipen-nis » coupé suivant son axe longitudinal; ce n’est d’ailleurs qu’une ligure théorique, dans laquelle la trompe et les pattes ont été sectionnées non loin de leur origine. L’appareil digestif s'y trouve tout entier, car il joue un rôle important, dans les phénomènes que nous avons à exposer; on remarquera notamment la glande salivaire (c), l’estomac (/), les tubes de Malpighi (g) et les muscles du thorax (ï). Cette anatomie sommaire étant connue, c’est tout ce qu'il faut pour comprendre la suite.
- Paludisme. — Voilà vingt-trois ans, M. le l)r La-veran, alors médecin à l’hôpital militaire de Constan-tine, a découvert que les lièvres intermittentes ou paludéennes étaient causées par un très petit parasite vivant dans le sang. On a constaté depuis que les différents types de lièvre ne reconnaissaient pas pour cause un seul et même parasite, mais pouvaient se ramener à trois types parasitaires principaux ffîg. 2): le (( Plasmodium præcox », qui cause la lièvre quotidienne, le « Pl. vivax », qui cause la lièvre tierce, et le « PL malariæ », qui cause la lièvre quarte. Il serait hors de propos d’indiquer ici comment, de ces trois formes, peuvent dériver d’autres types fébriles dont la périodicité est dilférenteet que
- les médecins connaissent bien.
- Le sang d’un malade atteint de paludisme contient donc l’un ou l’autre des'parasites que nous venons d’énumérer. Ceux-ci sont normalement logés à l’intérieur des globules rouges (fig. 2, A); ils y grandissent en se nourrissant de la substance du globule, puis s’y multiplient par division. Le globule parasité renferme alors une sorte de rosace (fig". 2, B), qui devient libre par rupture du globule, puis se désagrège dans le plasma sanguin, en laissant comme résidu une petite masse de pigment noir. Chacune des particules ainsi formées n’est autre chose qu’une jeune Plasmodie, qui va pénétrer à son tour dans un globule rouge, s’y accroître et s’y comporter comme il vient d’èlre dit. On conçoit donc que le sang soit le siège d’une rapide et incessante multiplication des parasites. Tant qu’ils sont assez peu nombreux, ceux-ci ne trahissent en rien leur présence; quand ils ont atteint un nombre considérable, la lièvre apparaît, puis se reproduit avec une très grande régularité.
- A quoi est-elle due? Les opinions sont peu nettes à cet égard, mais il me semble que pourtant il est aisé d’en donner l’explication. L’évolution des parasites d’un même type fébrile se fait en un même
- 1 Yoy. n° 1574, du 25 juillet 1003, p. IIP.
- 105
- laps de temps, en supposant qu'on n’ait pas affaire à un cas d’infection mixte. Tous les parasites de jeune génération éclosent en même temps dans le sang, ou du moins dans un très court espace de temps; cela revient à dire que les globules parasités éclatent en même temps. Or, ceux-ci abritaient des Plasmodies vivantes, qui se nourrissaient de leur substance et rejetaient autour d'elles leurs produits de désassimilation. Tant que les globules sont intacts, ces substances toxiques restent à leur intérieur; dès qu'ils se déchirent, elles se dissolvent dans le plasma sanguin, et alors la lièvre se déclare. Celle-ci apparaît comme une intoxication de l’organisme par les excrétions des parasites : elle dure tant que ces dernières n ont pas été éliminées par l'appareil urinaire.
- La « schizogonie », c’est-à-dire la multiplication par scissiparité, telle que nous venons de la décrire, se reproduit un grand nombre de fois. Quand l'organisme est profondément envahi par les parasites, on voit alors apparaître dans le sang des formations d’un autre ordre, qui sont surtout apparentes dans les cas de lièvre quotidienne. On trouve alors dans le plasma des corps arrondis ou en croissant (lig. 2, C), dont la signification a été longtemps douteuse. Si on examine au microscope une goutte fraîche de sang renfermant ces formes parasitaires, on voit que certains corps sphériques émettent par leur surface jusqu’à quatre filaments irréguliers, ayant l’apparence de fouets (lig. 2, II) ; ce sont les flagelles. Ceux-ci se détachent, nagent à la façon de petits vers, puis disparaissent. On vient d’assister au prélude de la seconde phase du développement, des Hématozoaires du paludisme.
- Les faits curieux dont nous allons parler maintenant ne sont connus que depuis peu; ils constituent, sans contredit, l’une des découvertes les plus intéressantes des temps modernes. C’est à MM. Ronald Ross, alors médecin de l’armée des Indes, et R. Grassi, professeur à l’Université de Rome, que nous en sommes redevables.
- C’est ici qu’interviennent les Moustiques, et spécialement ceux du genre « Anopheles ». En Europe, 1’ « Anopheles maculipennis » est particulièrement dangereux, mais les autres espèces du même genre ne sont pas moins redoutables.
- Quand l’Anophèle a piqué un malade dont le sang contient les corpuscules que nous venons d’indiquer, ceux-ci arrivent dans l'estomac de l’insecte et continuent d’y vivre, alors que les globules sont digérés. Certains corpuscules sphériques, appelés « microgamétocytes » et reconnaissables à la disposition de leur pigment, émet huit les « microgamètes » ou flagelles, qui nous sont déjà connus. Ceux-ci nagent à la rencontre des « macrogamètes », corpuscules sphériques de l’autre catégorie. Il se produit ainsi une véritable fécondation du « macrogamète » (fig. 2,1)j, qui est doué désormais d’une activité spéciale. Il s’enfonce dans l’épaisseur de la paroi stomacale, grossit, s’entoure d’une membrane d’enveloppe, continue encore de croître, puis finalement subit à
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- LA NATURE.
- IR 4
- l'intérieur de son kyste une série de divisions successives (lijjf. T>, l(î-2r»). Les particules qui résultent de sa fragmentation sont d’abord arrondies, mais ne tardent pas à s’étirer en fuseau. Cependant les kystes grossissent de plus en plus et l'ont saillie à la face externe de l’estomac sous forme de nodules brunâtres (iig. 1, e). Ils. finissent par se rompre et
- mettent en liberté, dans la cavité générale, des corpuscules mobiles ou « sporozoïles » qui cbeminent vers les glandes salivaires et pénètrent par effraction jusque dans leur canal excréteur.
- Ainsi s’achève la deuxième phase du développement ou « sporogonie », qui s'accomplit tout entière dans le corps du Moustique. Que celui-ci pique maili-
- ng. 1. — Anatomie d’un Moustique, a, trompe ; />, bouche ; c, glande salivaire ; d, jabot ; e, kystes parasitaires à la lace externe de l'estomac; estomac ; <j, tubes de Malpighi; /i, intestin; i, muscles thoraciques.
- tenant une personne bien portante, il lui déversera dans le sang, en même temps que sa salive irritante, une certaine quantité de « sporozoïles » qui s’attaquent aussitôt aux globules rouges, pénètrent à leur intérieur et y grandissent pour s’y multiplier [tarie procédé sehizogonique crit. Le Moustique est donc indubitablement l’un des deux êtres chez lesquels doit s’accomplir l’ensemble des métamorphoses de la Plasmodie paludique. Puisque les Moustiques naissent dans les eaux stagnantes, on voit bien maintenant les relations de ces dernières avec les lièvres.
- La lig. o résume d’une façon synoptique, mais néanmoins très exacte, les deux phases que doit parcourir l’Hématozoaire du paludisme.
- Filariose. — On connaît plusieurs types de filariose, mais on ne sait encore que pour un seul le mode de transmission.
- 11 existe, dans les vaisseaux lymphatiques de la peau de certains individus, des Vers filiformes ayant jusqu’à dix centimètres de longueur. Ces parasites donnent naissance à de petits vermisseaux qui suivent le cours de la lymphe et viennent tomber dans les vaisseaux sanguins. On pourra les trouver en examinant du sang au microscope (lig. 4); mais, chose curieuse, ils ne se montrent que pendant le
- sommeil du malade, c'est-à-dire pendant la nuit, C’est précisément l’heure où les Moustiques sont le plus actifs : ils piquent le malade, se gorgent de son
- sang et avalent en même temps les embryons de la Pilaire.
- Parvenus dans l’estomac, ceux-ci perdent leur gaine transparente, puis ne tardent pas à traverser la paroi pour s’en aller dans la grosse niasse des muscles thoraciques. Désormais, la phase embryonnaire est achevée et l’on a véritablement affaire à des larves. Celles-ci se logent dans les interstices des libres musculaires et grandissent peu à peu, à mesure que les muscles subissent une sorte de régression. En dix-huit à vingt jours, les larves ont achevé leur croissance : elles s’acheminent alors vers la tète, [tassent au-dessous de la bouche et pénètrent dans la gaine de la trompe : elles y restent, en attendant que le Moustique vienne à piquer de nouveau un être humain.
- Nous avons indiqué déjà, dans notre premier article, que la gaine de la trompe se pliait sur elle-même, au moment où l’Insecte pratiquait sa piqûre. C’est grâce à ce mécanisme que les larves de pilaire sont mises en liberté : la gaine, qu’elles rendent turgide par leur accumulation, se déchire suivant sa
- déjà dé-
- Fig. 2. — Sang de malade atteint de paludisme. — A, aspect ordinaire du sang ; deux globules rouges sont parasités. — B, Plasmodium malariæ. — C, forme libre de Plasmodium præcox. — I), production des flagelles du même.
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- LA NATURE.
- i r>r>
- longueur et par sa face interne; les larves sortent par la fissure et rampent le long des stylets, dont les mouvements de va-et-vient contribuent à les faire
- Fi*r. 3. — Représentation schématique des métamorphoses du Plasmodium præcox. — 1 à 10, schizogonie; 11 à 21, sporogonie ;
- 12 à 10, corps en croissant évoluant vers le microgamétocyte ;
- 13 à 17, corps en croissant évoluant vers le macrogamcte ; 18, fécondation du macrogamèle par un microgamèle ; 10, zvgoto'ou mnerngamète fécondé ; 20 à 23, zygote enkysté dans la paroi de l’estomac et se multipliant par division pour donner naissance aux sporozoïtes ; 21, sporozoïtes libres dans la cavité générale ou la glande salivaire de l’Insecte, et prêts à être déversés dans le sang de l’Homme.
- pénétrer dans la peau. Parvenues en cet endroit, elles sont au point même où doit s’achever leur évolution : elles passent à l’état adulte et ainsi se trouve fermé le cycle de leurs mélamorphoses.
- La filariose est très répandue dans la zone tropicale. Cette affection a pour symptôme essentiel l’hématurie : les embryons décrits plus haut se retrouvent alors aussi bien dans l’urine que dans le sang. Est-ce une maladie très redoutable? on l’a cru longtemps, et on a pensé (pie l’éléphantiasis des Arabes, qui cause de si affreuses difformités, n’était qu’une de ses manifestations. Je crois plutôt que filariose et éléphantiasis sont deux affections très distinctes, l’étiologie de cette dernière restant encore indéterminée. Ainsi restreinte, la filariose n’est pas une maladie grave ; elle dure très longtemps et ne prend fin que par la mort des parasites.
- Le Chien peut être atteint, lui aussi, d'une filariose particulière, causée par la « Eilaria immitis », qui siège dans les cavités du cœur. C'est encore par les Moustiques que se fait la transmission du parasite, mais celui-ci subit son évolution dans les tubes de
- Malpighi (fig 1, g), et non plus dans les muscles du thorax comme son congénère la « Eilaria Bancrofti ».
- Les Moustiques qui jouent un rôle dans la transmission des Filaires appartiennent au groupe des « Culex » ; les « Anophèles » n’interviennent point ou ne le font que d’une façon tout à fait secondaire.
- Fièvre jaune. — Il est peu de fléaux plus redoutables que la fièvre jaune, qui décime les Européens établis sur le littoral, dans les pays chauds d’Amérique et d’Afrique. Longtemps l’ile de Cuba a été pour ainsi dire la terre classique de cette terrible maladie; actuellement, elle en est débarrassée et la perle des Antilles va devenir un véritable paradis terrestre. Qu’a-t-il fallu pour qu’une transformation si radicale put s'opérer depuis trois ou quatre années? Tout simplement détruire les Moustiques, ou du moins une certaine espèce de Moustiques.
- La maladie est incontestablement parasitaire, mais il est encore impossible de dire quelle est la nature du parasite en question. On a cru longtemps qu’il s’agissait d’un microbe; on tend plutôt à admettre maintenant que c’est un animal inférieur, plus ou moins voisin de la Plasmodie paludique. On ne sait donc rien ni de sa nature, ni de son évolution et pourtant des expériences nombreuses et décisives, poursuivies avec persévérance à Cuba par des médecins des Etats-Unis, ont mis hors de doute que le « Stegomyia calopus », ordinairement appelé, mais à tort, « Stegomyia fasc.iata », est l’agent ordinaire, sinon exclusif, de la propagation de ce parasite mystérieux. Le Moustique puise dans le sang d’un malade l’agent parasitaire, puis le déverse dans le sang d’un individu sain : pas de « Stegomyia », pas de fièvre
- Fig. I. — Sang d’uri malade atteint de lîlariose.
- Les embryons de la Filaria Bancrofti, entourés d’une gaine, sont très agiles dans le plasma.
- jaune; la conclusion est ici la même que pour l’Anophèle à l'égard du paludisme. La comparaison est d’autant plus exacte que, ici encore, le parasite
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- LA NATURE.
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- inconnu doit évidemment subir des métamorphoses dans Je corps de l’insecte, puisque celui-ci, après avoir piqué un malade, n’inocule pas la maladie dans les premiers jours qui suivent la piqûre, mais l’inocule à coup sûr au bout d'un certain temps.
- Si nous connaissons d'une façon complète l’évolution des parasites du paludisme et de la fdariose, l'histoire de celui de la fièvre jaune présente donc encore une regrettable lacune. Il n’en est pas moins vrai que le rôle capital joué par les Moustiques est démontré par des observations et des expériences très précises. Ces mêmes insectes jouent sûrement un rôle analogue dans bien d’autres circonstances : j ai exposé ailleurs les raisons qui me permettent de penser (pie c’est à leur piqûre qu’est due la lèpre, et, si ce n’était entrer ici dans des détails trop techniques, je pourrais citer d’autres maladies dans lesquelles leur intervention est tout aussi mall'ai-sîtnte. b. Rianchaiu),
- Membre de l'Académie de Médecine.
- LA LOI DES ERREURS
- La dispersion, sur une cible, des points d’impact, obtenus en tirant un grand nombre de coups avec la même arme, en employant la même hausse et en visant le même point, se fait d’après des lois bien connues.
- Ces points d’impact se groupent d’une façon symétrique autour d'un point central appelé point moyen. La densité des coups va en diminuant au fur et à mesure qu’on s’éloigne de ce point moyen.
- Le point moyen d’un groupement s’obtient par l’intersection de deux perpendiculaires Hlf, 4 V qui partagent
- t.8°/c
- 6.7%
- 16.1%
- 25 %
- 16.1%
- 6.7%
- Fig. 1. — Détermination de l’écart probable.
- chacune le nombre des points d’impact entre deux par-* tics égales (fig. 1).
- Si l’on divise en deux parties égales, par une parallèle xx' à Hlf, le nombre des coups qui se trouvent au-dessus de IIIU, on détermine une bande X qui renferme le quart des coups et dont la largeur PA est ce que l’on appelle l’écart probable.
- Si à partir du point moyen, et de chaque côté de ce point, on trace quatre bandes dont la largeur est égale à PA, c’est-à-dire à l’écart probable, l'expérience et le calcul montrent que les contenances de ces bandes sont respectivement les
- 25 16,1 6,7 U8
- T 00* 100 ’ I00’ 100
- des coups tirés.
- On donne aussi comme contenances de ces bandes les nombres suivants, plus faciles à retenir, mais un peu moins exacts :
- 10 fi _3 J_
- ¥)’ ¥)’ ¥)’ iû‘
- Une bande dont la largeur serait de quatre écarts probables, de pari et d’autre du point moven, contien-
- , • 90,2 . . .
- (Irait j des coups tirés, c’est-à-dire la plupart des
- coups, seuls les coups anormaux ne seraient pas compris dans cette bande.
- Ces lois de la dispersion ne sont pas spéciales au tir seulement, elles se retrouvent dans la mesure de toute grandeur. Kn etfel tirer une balle et ne pas atteindre le point visé, c’est commettre une erreur au même titre que mesurer une distance au pas et ne pas trouver la distance exacte, au même titre que mesurer une grandeur quelconque avec nos organes et nos instruments imparfaits et ne pas trouver la mesure vraie. L’expérience suivante, très facile à répéter, permet bien de se rendre compte de l’exactitude des lois de la dispersion appliquées à la mesure des grandeurs.
- Diviser en deux parties égales, à l’œil, avec la lame d’un canif, l’épaisseur d’un gros livre, prendre note de la page trouvée, répéter l’opération 40 fois et comparer les résultats.
- Les 40 numéros de page trouvés, en faisant cette expérience, ont été classés par ordre de grandeurs croissantes, comme il est indiqué au tableau ci-contre (fig. 2).
- Les nombres 479, 490,
- 499 divisent ces 40 numéros en quatre tranches de 10 numéros chacune ; 490 correspond à ce que nous avons appelé point moyen dans le tir, la différence 490 — 479= 11 correspond à l’écart probable supérieur, et la différence 499 — 490 = 9 correspond à l’écart probable inférieur.
- Mais ces deux écarts doivent être égaux, s’ils ne le sont pas, cela tient à ce que l’expérience n’a pas été faite un assez grand nombre de fois.
- Donnons à cet écart probable la valeur intermédiaire 10.
- Formons un tableau en portant de part et d’autre de 490 une suite de nombres contenant chacun 10 unités en moins que le précédent d’une part, et 10 unités en plus d’autre part.
- Il est facile de se rendre compte d’abord que tous les numéros de page trouvés sont compris dans un intervalle de quatre écarts probables comptés de part et d’autre du point moyen. L’intervalle de 450 à 550 comprend tous les numéros de 464 à 514.
- Fig. 2.
- Résultats d'expérience.
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- LA NATURE.
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- En outre si on compte le nombre des numéros compris ilnns chaque écart, on trouve les nombres
- 0, 5, 7, 9, 11, H, 2, 0
- qui se rapprochent beaucoup des suivants :
- 1, 5, 6, 10, 10, 0, 5, 1
- qui indiquent la contenance théorique des différentes bandes d’un écart probable dans le tir.
- Le livre qui a servi à cette expérience a 988 pages dont la moitié est 494.
- La moyenne des mesures ne coïncide pas avec la mesure vraie, de même que dans le tir le point moyen du groupement ne coïncide pas avec le point visé.
- Lorsque dans la mesure d’une grandeur quelconque on répète plusieurs fois l’opération pour avoir une moyenne, c’est une erreur de croire qu’on s’est approché sûrement de la mesure vraie.
- Une première balle peut être bien plus près du point visé que ne le sera le point moyen. I ne première mesure de la grandeur peut être bien plus près de la vérité que ne le sera la moyenne de plusieurs mesures.
- Cependant c’est avec raison que l’on cherchera une movenne, c’est la seule façon d’éviter sûrement les grands écarts, les écarts anormaux. L‘ Navel.
- L’AÉRATION DES RACINES DES ARBRES
- DANS LES VILLES
- Nous parlons des arbres plantés le long des trottoirs, au milieu des places publiques, et dont les racines ne peuvent que bien difficilement « respirer », par suite des revêtements en asphalte, en bitume ou en toute autre matière qui couvrent le sol de ces trottoirs et de ces places. On laisse bien un certain espace libre sans revêtement autour du tronc des arbres; mais cela est insuffisant pour assurer l’aération du sol.
- C’est ce à quoi l’on a voulu remédier récemment à Messine: sur lagrand’place de l’Hôtel-de-Ville, on a planté un certain nombre de palmiers phœnix de belle venue, dans des trous qu’on avait remplis de 80 mètres cubes de terre végétale ; la terre est exposée à l’air sur une surface de 5 mètres carrés autour de l’arbre, mais tout le reste du sol est recouvert d’une mosaïque en petites pierres qui était particulièrement imperméable à l’oxygène de l’atmosphère. Pour laisser arriver l’air jusqu’aux racines des phœnix, on a eu recours à une ramification de tuvaux de drainage. A lm,50 de distance de chaque arbre, on a mis en terre un tuyau de poterie du genre classique, qui est entouré de pierres concassées d’autant plus grosses qu’elles sont plus près du tuyau, et destinées à préserver les perforations des drains de tout engorgement. Des drains secondaires partant du drain principal viennent entourer l’arbre sur quatre côtés, et les grosses conduites aboutissent à des puits d’aération dont l’ouverture est ménagée au bord du trottoir. Des dispositions très simples empêchent que les eaux pluviales ne puissent pénétrer dans ces véritables canalisations d’air: celles-ci débouchent, en effet, bien au-dessus du fond des puits d’aération, et ce fond communique avec l’égout, si bien que les eaux ne peuvent s’y amasser. Le système est peut-être un peu coûteux; mais, comme le faisait remarquer la « Revue Municipale », ces précautions peuvent économiser de grosses dépenses du fait du remplacement des arbres qui viendraient à dépérir faute d’aération souterraine.
- LE PIC-LONG
- Du sommet du Pic-du-Midi-de-Bigorre, eu considérant les crêtes qui bornent le royaume d’Espagne, on aperçoit, au delà de la vallée d'Escoubous, un massif dont l’importance et la beauté surprennent immédiatement, et qui n’est rien moins que le Néou-vieille, reconnaissable au vaste glacier d’où lui vient son nom « Nèou-Bielho », que la prononciation et l'orthographe française ont défiguré, et qui signifie « neige vieille1 ». Ce massif comporte plusieurs cimes qu’il ne faut pas confondre avec une pointe voisine, beaucoup plus élancée, située à droite et assez en arrière, que les premiers observateurs de la chaîne, vers l’époque où Vidal et Reboul résolurent leur nivellement, affublèrent de l’appellation caractéristique de Pic-Long, faute de rien savoir à son sujet.... L’altitude du Pic-Long, estimée alors à 1668 toises ou 5251 mèlres, réduite depuis à 5194 mètres, paraissait dépasser la hauteur du Pic-du-Midi, mais non celle du Mont-Perdu. Signalé de cette façon à l’attention publique, le Pic-Long fut pendant longtemps regardé à dislance, des abords du Néouvieille principalement, que l’on visitait de préférence, lorsqu’il s’agissait d’étudier le granit en place à Barèges, excursion « plus pénible que dangereuse ». On s’élevait par le vallôn de Lienz jusqu’aux lacs de la Glaire « qu’on se lassait à compter », et on laissait finalement à l’ouest le Campanal de Larrens pour al teindre, au-dessus de la vallée de Barada, près du col de Coume-Estrète, un mamelon qui permettait d’admirer la crête calcaire de niveau, car « ce mamelon était au moins aussi haut que les murailles du Marboré ». S’agissait-il du Turon de Néouvieille ou d’une des pointes de la Serre de la Coume ou Combe de l’Ours? Vidal et Reboul y furent suivis de près par Ramond qui nous a donné dans une des planches de son célèbre volume un croquis du fronton gavarnien visible « sans obstacle intermédiaire, depuis le Mont-Perdu jusqu’au port de Gavarnie, le port de Pinède se trouvant toutefois caché par le Pic-Long ». Cette curieuse région, quelque peu confuse sur la carie d’État-Major, est d’autant plus actuellement à l’ordre du jour, quelle vient d’être relevée avec soin par le comte de Saint-Saud : le lecteur, avide de puiser aux sources, pourra en étudier la carte-esquisse, dressée par le colonel Prudent, dans 1’ «Annuaire du Club Alpin » de 1901.
- L’intérêt présenté par la nature granitique du Pic-Long sombra devant l’étrangeté splendide du Mont-Perdu édifié après coup avec des dépôts marins. Ramond détourna vers les Trois-Sœurs les yeux de la
- 1 Néouvielle est une faute, de même que bieilhe, du reste, car Ih équivaut à ill mouillé. Néon est du féminin et il n’y a pas d’e muet en barégeois. Néoubieille serait même préférable à Néouvieille, car on accolerait ainsi deux mots patois ensemble au lieu de souder bizarrement un mot patois et un mot français. L’État-Major qui a admis Néouvielle eût été mieux inspiré d’adopter le « Neige Vieille » de la carte publiée par Roussel au début du dix-huitième siècle.
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- science et les muscles du tourisme. On se contenta un moment de noter entre le Pic-du-Midi-de-Rigorre et le Marboré une protubérance qui marquait l’axe primitif de la chaîne. Le Pic-Long et le Néouvieille turent les aiguilles par excellence à opposer aux tours du massif calcaire. En 1820, J. de Charpentier, directeur des mines du canton de Yaud, constata, dans son « Essai sur la constitution gvogno-slique des Pyrénées », (pie les habitants do Cèdre connaissaient le Pic-Long sous le nom d’« Et souni d’Estibère-Male », le Pic-Long dominant le ravin en question. Puis, par Charles Packe, on sut ensuite ipie cette cime s’appelait le Pic-Vierge, les chasseurs d’isards ayant été fort longtemps à trouver le moyen
- d’y grimper. L’instituteur actuel de Cèdre, Pierre Roudou, arrière-petit-fils du guide (pii mena Ra-mond à l'assaut du Mont-Perdu et entomologiste distingué, a eu entre les mains un antique parchemin réglant les droits d'arrosage des habitants de Cèdre-Dessus et où il était question d'un Soum de Crotosquiou, dénomination perdue, ignorée des indigènes, mais ipii semblait être celle du pic dominant l’Est ibère-Male, c’est-à-dire du Pic-Long, sur lequel le vainqueur du Néouvieille nous avait fourni à son heure quelques renseignements précieux.
- V. de Chausenque raconte, en effet, qu’en I8 4(i le duc de Nemours qui « se jouait avec les plus grandes difficultés des montagnes », exécuta l'ascension de
- doux cimes vierges des Hautes-Pyrénées, le Pic-Long et le Cylindre de Marboré. Personne n'a mis en doute cotte défaite du Pic-Long, bien qu’aucun document ne l'appuie et qu'il ait été prouvé clairement <pie le duc de Nemours n’avait jamais mis le pied sur le Cylindre, grâce à son affirmation d’avoir contemplé de ce sommet la source de la grande chute de Cavarnie qui en est absolument invisible. Le comte Russell prétend qu’il ne s’est agi que du plateau du Marboré, mais je pense qu’il faudrait plutôt entendre soit le Casque, soit la Tour qui couronne le Cirque. Henri-Marc Sesqué, et non Sesquet, de Cèdre, et d’autres guides-porteurs avaient conduit le fils de Louis-Philippe au Pic-Long qui aurait été également gravi en 1847 par M. de Kranqueville. Les officiers topographes de l’Etal-Major durent y mon-
- ter à leur tour en 1848, et il y aurait grand intérêt à rechercher si Peytier et llossard qui firent du Pic-Long un point de second ordre, comme on peut s’en rendre compte dans le tracé trigonométrique de Co-rabœuf, ne se seraient pas hasardés sur cette cime en 182b ou en 1827, années où ils opérèrent. Le comte Russell fit le Pic-Long en 186.0, avec Sesqué, âgé de f>8 ans, et son fils, puis maintes ascensions suivirent, plus fréquentes aujourd’hui quoique rares cependant, à cause des dangers que présente sur sa fin l’escalade de cette fière montagne.
- En parcourant l’arête qui, détachée de la ligne de partage des eaux au pic de Troumouse, remonte tortueusement jusqu’au col du Tourmalet entre les vallées qu’arrosent les gaves et celles où coulent les nestes, on passera par le Pic-Long, nodosité formée
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- par la réunion des arêtes de Radet, de Cap-de-Long et de Crabounouse. Cette dernière arête se projette occidenlaleinent, limite commune au Rarada et au Campbieil, et se termine au-dessus de Cèdre et de Pragnères par les rocs d’Abeilla et de Memmé (pii embrassent le ravin de Mousea. Dans le Campbieil, un chaînon part du Pie-Long séparant les ravins d’Estibère-Ronne et d’Estibère-Male. A l’opposite, on a affaire à un vaste plan incliné, plus ou moins bossue, sauvage, inhospitalier aux pasteurs; aucun alpiniste ne s’est encore vanté d’avoir été boire au lac glacial et surélevé de Tourrat, source du gave de Rarada. La région septentrionale du Pic-Long se découvre à merveille du col de Rabiet où a été construit
- le refuge Paeke. Des hardes d’isards errent et vivent au milieu de ces solitudes, d’où sans doute le nom de Crahounouse, les neiges-aux-chèvres(erabè, chèvre et nèous, neiges), (pie l’on a écrit parfois à tort Car-bounouse.
- Le Pic-Long atteint son maximum d’intensité dans sa face nord. Il s’élève de plusieurs centaines de mètres, perpendiculairement, de son glacier à sa cime; l’arête de Cap-de-Long semble ne pas oser monter jusqu’à lui. Au sud, il tombe également très raide, mais beaucoup moins profondément, créant l’échancrure dite hounpiette du Pic-Long, qui lut cause de sa défaite. Ses escarpements sont du coté de l’Est aussi invincibles que ceux du Nord, mais vers
- Fig. 2. -— I.o Pic-Long, vu du glacier du Badet. Au milieu, la hourquette du Pic-Long. (D’après une photographie de M. Lucien Briet.)
- l’Ouest, il s’humanise, étayé par un contrefort qui s’ahaisse régulièrement et sans trop de hâte vers Crahounouse où l’État-Major place un pic de Rugar-ret, chemin tellement déchiqueté qu’on ne songea pas d’abord à le prendre.
- J)u Turon de Néouvieille, comme du sommet du pie de Campbieil ou du pic Radet, le Pic-Long apparaît superbe, dominateur, semblable à un dieu alpestre, debout sur son autel, avec le ciel pour sanctuaire. Aussi bien, de tous les points de la frontière, on le distingue au nord, barrant l'horizon, occultant souvent le Néouvieille, parfois juxtaposé au pic Radet, mais il faut surtout le voir des pâtures de Saugué, plutôt, que du Coumély, où il devient le point culminant d’un énorme crescendo de montagnes empilées sous lui en guise de piédestal. Sa cime est étroite,
- vertigineuse ; les restes d'un cairn s’y délabrent ; on marche avec précaution sur des blocs brisés que les géologues ont reconnus pour de la diorite. A cause des abîmes qui s’effondrent de toutes parts, l’esprit se sent mal à l’aise; quant à la vue, elle n’a rien d’extraordinaire. Le Néouvieille s’écrase avec lourdeur, perd sa majesté que le Radet, plus fin, plus élégant, conserve. Point, de ftilguriles, qui ne se rencontrent que sur les cimes dont la pierre est aisément fusible. Quelques fragments seuls présentent de rares globules opaques couleur de verre à bouteilles. La foudre le frappe cependant sans relâche, et des marques polies, luisant çà et là dans la cheminée d’accès, en témoignent, rappellent son passage, dont les chocs enflammés n’ont point l’air d’effrayer, dans leur habitat aérien, des fleurettes (Leucanfhe-
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- muni alpinum Lam.) accrochées en assez grand nombre parmi les fentes du roc, presque jusqu’en haut, mettant une note gaie dans les rochers.
- Les trois arêtes qui aboutissent au Pic-Long ont dû, tant qu’il demeura le Pic-Vierge, être considérées comme autant de voies capables de mener à sa conquête. Les chasseurs d'Aragnouet ont de tout temps traqué l’isard dans la partie supérieure du Cap-de-Long, passant au besoin dans le Barada par la hourquette de Campassen ou de Bugarrct, tandis que ceux de (icdre grimpaient volontiers par l’Esti-bèrc-Bonnc sur la crête de Crabounouse pour battre le versant septentrional. 11 est probable qu’au cours de ces parties cynégétiques, où les chiens faisaient défaut, la nécessité de découvrir, de tourner, de rabattre le gibier, d’aller à sa rencontre avec le vent favorable, a forcé bon gré mal gré quelque aventureux et hardi montagnard à couronner le pic, premier assaut dont les péripéties seraient assurément curieuses à connaître en détail. La hourquette du Pic-Long, à cheval sur le glacier du Radet et le ravin d’Estibère-Malc, s’offrait comme un excellent marchepied; on finit par attaquer à pic la cime de ce point. Le comte Russell a très exactement décrit l’escalade du Pic-Long par la hourquette du Pic-Long dans ses « Grandes ascensions des Pyrénées ». Le général de Nansouty l’effectua en partant du lac d’Orrédon, au lieu de Gèdre. Le 15 août 1890, une route nouvelle lut inaugurée par l’ouest. Brulle et de Monts atteignirent ce jour-là la crête de Crabounouse par l’Esti-bère-Ronne, la suivirent jusqu’au sommet du Pic-Long, après en avoir foulé aux pieds les cinq pointes, puis au lieu de redescendre selon l’habitude par le glacier du Radet, prirent comme Russell par l’Es-tibère-Male, qui se trouve barré à son débouché par un escarpement dont la passe n’est pas du tout aisée à trouver pour qui l’ignore. La troisième arête, celle du Cap-de-Long, est encore à essayer.
- Il fallait être la nature pour imaginer dans le poème des Pyrénées l’antithèse géologique du Pic-Long et de la Munia. Lucien Briet.
- OMNGES DE JAFFA
- C’est dans la plaine de Jaffa qu’on se livre à la culture des oranges sur une superficie de 450 à 440 hectares; le nombre des arbres qu’on y trouve dépasse certainement le million, si l’on compte les arbres en rapport et aussi les greffons et les jeunes plants de citronniers à fruits doux qui servent de porte-greffe. C’est depuis une dizaine d’années surtout que les cultures d’orangers sont, devenues particulièrement fructueuses en Palestine, grâce à des lignes de navigation directes qui permettent d’expédier rapidement les fruits sur les marchés de grande consommation : tant et si bien que, à un certain moment, on a vu des plantations de moins d’un hectare donner un bénéfice net annuel de 10 000 francs. Ce sont là, du reste, des circonstances exceptionnelles, car si l’orange de Jaffa est réellement supérieure à l’orange d’Espagne, elle se vend toujours plus cher et n’est point à la portée de toutes les bourses. Les vergers de Jaffa ont
- besoin d’être fort soigneusement irrigués : on emploie pour cela l’appareil classique bien connu sous le nom de noria, que fait tourner une mule ; et, connue la noria tourne sans interruption, il faut une équipe de 5 à 5 animaux qui se relayent; dans les plus petites plantations on doit compter sur des frais qui se montent au moins à ‘2(100 francs, y compris le payement du jardinier ordinaire et des aides qu’il est nécessaire de prendre parfois. Aujourd’hui on a créé des vergers qui contiennent couramment 10 000 arbres, et qui réclament par conséquent un volume d’eau énorme. Aussi, un représentant d’une maison allemande eut-il, il y a quelques années, l’idée de proposer des moteurs à pétrole qui commanderaient des pompes pour monter l’eau des puits bien plus vite et plus économiquement qu’avec les mules; les moteurs fonctionnaient parfaitement, mais les sables ou les boues (pie renferment souvent les eaux des puits engorgeaient les tuyaux d’aspiration. On est donc revenu aux norias classiques ; toutefois, et c’est là un progrès intéressant à signaler, une bonne partie de ces norias sont commandées par moteur à pétrole et par courroie.
- En année normale, Jaffa exporte 250 000 à 500 000 caisses d’oranges, ce qui représente une valeur de plus de 2 millions de francs sur le marché d’expédition. II. H.
- CONSERVATION DU POLLEN DES FLEURS
- POUR LES CROISEMENTS ULTÉRIEURS
- Dans son travail sur les conseils relatifs aux croisements, présenté à la conférence internationale pour l’étude de l’hybridation, M. Max Leicbtlin rappelle que le pollen des fleurs peut se garder plus ou moins longtemps dans une fiole de verre, et (pie, chez certaines espèces, il possède une vitalité véritablement surprenante, pour une matière organisée si délicate et si fragile.
- Ainsi, d’après cet auteur, le pollen de la Tomate se garde six mois pleins ; celui de la Vigne, deux mois, celui du Dattier, plus d’un an, celui de l’Œillet, plusieurs semaines. Mais la conservation, pour être bonne, doit se faire dans une fiole bien close, propre et préalablement séchée d’une façon parfaite.
- En 1804, Belhomme, dans un compte rendu à l’Académie des sciences, avait déjà attiré l’attention des botanistes sur la vitalité du pollen. D’après lui, cette vitalité serait de cinq à six ans pour les Lis et les Amaryllis, do huit à neuf ans pour le Dattier. Chez les Dicotylédones, les limites de la conservation se restreignent ; cependant, on a pu obtenir des fécondations chez les Solanées les Crucifères, les Malvacées avec du pollen de deux ans. Mais, après un an de conservation, le pouvoir fécondant du pollen de certaines Omhellifères et Mvrtacées a complètement disparu.
- De son côté, E. Faivre a fait, sur le même sujet, d’intéressantes expériences; ayant recueilli du pollen sur des pieds de « Gloxinia speciosa », de « Gesneria cinnabn-rina », de « Columnea Lindleyana », il l’a conservé pendant deux années, puis le portant, après ce délai, sur les stigmates de Heurs de même espèce, il a constaté leur fécondation.
- En janvier 1802, le même savant, observant, à Lvon, la fécondation d un pied de « Gesneria cinnaharina » par son propre pollen, constate que 1’ « ovaire se développe avec lenteur » ; le 2 avril de l’année suivante une portion du même pollen, mis en réserve en 1862, lui est expediee a Paris, par la poste; il l’examine au micro-
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- scop»*, i‘l féconde. dans les serres du Muséum, avec les grains réservés, un pied de « (iesneria einnaliarina ».
- L’es} le jardinier en chef des serres qui pratique cette fécondation, en prenant, toutes les précautions, tous les soins désirables ; « elle donne des résultats immédiats, dit Faivre; en quelques heures les enveloppes florales tombent et se flétrissent ; l’ovaire acquiert régulièrement son développement ».
- Le fait curieux, dans cette expérience, c’est que le pollen conservé, vieux d’un an, a agi plus énergiquement et plus vite sur la plante d’une autre lignée qu’il n’agissait, jeune encore, sur sa plante génératrice. On ne peut pas attribuer à l’àge de la poussière fécondante cette supériorité dans le mode d’action ; il faut en chercher la cause dans la constitution différente du second « Lesneria cinnabarina », plus apte, par cela même, à être fécondé par le pollen d’un autre « Lesneria cinnabarina » que par le sien propre.
- Faivre n’a pas borné là ses expériences; il lui a paru utile de rechercher si le pollen des plantes annuelles conserverait aussi sa vitalité au delà du temps normal pendant lequel il a le pouvoir de féconder sa propre plante. <( Une pareille démonstration, dit-il, me semblait une preuve sans réplique de la nécessité des croisements chez les espèces annuelles et j’ai demandé cette preuve à l’expérience. »
- Fin effet, pendant l’année 1804, ayant récolté du pollen sur une plante annuelle, le « Tropæolum majus » (capucine élevée), Faivre, l’été suivant, déposa cette poussière sur un autre pied préalablement privé de ses étamines; la fécondation eut lieu.
- Après avoir constaté ce résultat, l’expérimentateur est visiblement étonné et il écrit : « dominent comprendre ce phénomène, si le pollen est destiné à la seule fécondation de la fleur sur laquelle il s’est formé? Pourquoi la permanence de ses propriétés après la disparition du pied mère? »
- A cette dernière question, on peut répondre que la permanence des propriétés du pollen n’existe pas en fait, puisqu’il faut user d’un stratagème pour l’obtenir ; et que l’enlèvement des poussières fécondantes à leur milieu naturel d’éléments destructeurs suffit pour expliquer leur longue vitalité.
- Dehors, des masses de pollen sont détruites par la chaleur qui les dessèche, par le froid qui les désorganise; il en est que le vent, la pluie, emportent au loin, font tomber à teri'e, couler sur les feuilles, les écorces des plantes, où leur germination est stérile. Dans la fiole propre et sèche où on l’enferme, le pollen se conserve à la façon d’une graine qui attend d’ètre mise en présence d’un milieu suffisamment chaud, aéré et humide, pour germer. Du reste, l’important n’est pas d’expliquer un phénomène de conservation, mais d’en tirer parti; or, qui ne voit pas la simplification que cette survivance artificielle du pollen peut apporter dans le métissage et l’hybridation entre plantes croissant à de grandes distances l’une de l’autre, entre espèces dont les floraisons ne sont pas simultanées.
- On pourra désormais abriter un peu de la poussière pollinique d’une espèce dans un flacon bien bouché, pour l’utiliser, deux, quatre ou six mois plus tard, à l’hybridation d’une espèce de floraison plus tardive.
- Il suffira de se faire expédier du pollen d’un « Bégonia », d’un « Pélargonium », ayant fleuri à Bordeaux ou à Lille pour croiser un autre « Bégonia », un autre « Pélargonium » cultivés à Paris, et pour faire naître à
- coup sur, par le fait même de la diversité des parents ainsi unis, des variétés, des races nouvelles, les unes plus précoces ou plus fécondes, les autres plus florifères, plus rustiques ou plus vigoureuses. Les croisements sont d’autant plus faciles, leur effet s’annonce d’autant plus certain, que l’entrefécondation des plantes de même espèce est assurée par la supériorité fécondante du pollen étranger sur le pollen de la plante croisée, même quand ce dernier a imprégné le stigmate en même temps que l’autre ou quelque temps avant lui.
- (tuant à la production de variétés nouvelles par les graines issues de ces croisements, elle ne fait aucun doute, car elle est l’expression de la loi d’hérédité qui veut (pie les descendants de deux parents à caractères différents reflètent ces caractères, plus ou moins associés ou confondus, et les transmettent, même pendant plusieurs générations, en attendant «pie l'homme, par la sélection, les fixe tout à fait.
- Si l’on en juge par le diamètre microscopique des grains polliniques, ne dépassant pas en moyenne 1/200° de millimètre, et si l’on considère la quantité énorme de ces grains (plusieurs millions) que renferme une. seide fleur1, on conviendra que le volume de pollen à conserver, mémo pour opérer un grand nombre de fécondations ultérieures, n’a pas besoin d’être important.
- D’ailleurs, lorsqu’on pratique la fécondation artificielle, il est facile, pour éviter d’en faire une fâcheuse déperdition, de ne saisir qu’une petite quantité de pollen à la fois, soit qu’on se serve, pour cela, d’un brin de bois taillé en pointe, soit qu’on utilise, à ce dessein, un bâton pointu de cire à cacheter ou de caoutchouc durci préalablement électrisé par un frottement rapide sur un morceau de drap. Georc.es Biui. wi:.
- LES GLACIÈRES DES ALPES
- Depuis quelques années la consommation de la glace va sans cesse croissant dans tous les pays et même dans certains, en Amérique et en Angleterre notamment, l’industrie du froid a pris rapidement une importance considérable. En France, bien que les procédés de conservation des fruits et des denrées alimentaires n’aient reçu que des applications peu nombreuses, les quantités de glace employées chaque année dépassent un million de tonnes. Paris à lui seul en absorbe annuellement plus de 100000 tonnes.
- La fabrication de la glace artificielle a pris un grand développement et certaines usines en produisent journellement, pendant l’été, plus de o00 000 kilogrammes2. Cependant la majeure partie de la glace consommée en France est de la glace naturelle. En dehors de celle qui peut être récoltée sur les rivières et les lacs qui avoisinent les villes, la glace naturelle provient d’une part des lacs norvégiens (pii en fournissent chaque année aux régions du Nord et de l’Ouest environ 00000 tonnes, représentant une valeur de plus d’un million et demi ; d’autre part des lacs du Jura suisse. Enfin un industriel ingénieux, E. IL Gignoux, avant pu se rendre compte des
- 1 Ilarssall a compté 5 654 000 grains do pollen dans mm fleur de pivoine.
- 2 Voy. n° 1524, du 9 août 1902, p. 147.
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- difficultés qu’avaient nos départements du sud et du sud-ouest à se procurer de la glace, et ayant compris l'importance que ce produit présentait pour
- cette région étant donné son climat particulièrement chaud, eut l'heureuse idée de créer dans les Hautes-Alpes un certain nombre de lacs artificiels à des alti-
- Fiiï. 1. — Glacières <le La lloclie clos Arnauds.
- tndes assez élevées. Ayant acquis dans la montagne fit élever des digues et des barrages qui créèrent do‘vastes terrains situés à proximité do torrents, il d’immenses cuvettes que les eaux, dérivées dos lor-
- Kisr. 2. — Traçage cl découpage de la glace, sur un des lacs.
- rents, venaient remplir après s’elro purifiées à travers des sables lins. Les eaux, captées «à des altitudes de plus de 1000 mètres, peuvent être considérées comme étant à l’abri de toute souillure, de toute contamination. D’antre part, elles ne font que passer
- dans les lacs artificiels et n'y séjournent pas longtemps, eo qui évite le dépôt d'impuretés, (les eaux sont donc dans d'excellentes conditions au point de vue hygiéniqueet la glace qu'elles fourniront pendant l'hiver pourra être consommée sans aucun danger.
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- En outre ce courant, Lien que peu rapide, contribue à retarder la formation de la glace qui n'a lieu que très lentement, ce qui donne à celle-ci une
- résistance plus grande en même temps qu'une moindre fusibilité. Par les grands froids, 10 à là0 au-dessous de zéro, la eouebe de glace (pii se forme
- Fig. 3. — Amorçage des glaçons au pied d’un couloir ou monte-charge.
- Fig. 1. — Un monte-charge pour la glace ((>00 mètres cultes par jour).
- c'est là un minimum et le [tins généralement cette épaisseur varie de 50 à 40 centimètres; on pourrait même dépasser assez souvent ces chiffres, mais cela serait au détriment de la qualité de la glace. Pour que celle-ci soit pure il importe, en effet, que Peau du
- lac ne se prenne pas complètement, sans quoi les impuretés qui peuvent se trouver dans le fond seraient incorporées dans les glaçons. En se limitant à une épaisseur convenable on est au contraire certain d'avoir une glace dépouillée de toute souillure, car,
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- LA NAT LUE.
- au fur et à mesure que le gel se produit, les impuretés descendent vers le fond, dans la partie des eaux non congelée, et la glace obtenue est limpide et cristalline, ce qui, comme on sait, est une preuve de sa pureté eu même temps qu'un attrait de plus.
- Les immenses champs de glace (pie constituent pendant l’hiver les lacs artificiels des Alpes sont découpés, le moment venu, au moyen d’une charrue traînée par un cheval, (les charrues spéciales sont composées d'un soc muni de dents qui tracent sur la glace des sillons parallèles espacés de 70 centimètres les uns des autres. Puis des ouvriers, armés de haches et de scies, découpent les longs rectangles ainsi formés en fragments de 80 centimètres de longueur. Ou obtient ainsi des blocs d’un poids moyen de 100 kilogrammes.
- Ces blocs sont ensuite dirigés vers un coté du lac où on les amène à l’entrée d'un couloir spécialement aménagé. Puis on les sort de Peau à l’aide de harpons et on les tire sur un plan incliné muni de rails, jusqu’aux magasins, aux glacières où ils sont entassés, formant environ quarante couches de glace.
- Ces glacières sont des bâtiments en maçonnerie construits au-dessus du sol et non dans la terre, comme cela a lieu souvent. Les chambres sont isolées de Pair extérieur au moyen de doubles parois en bois entre lesquelles on a entassé de la sciure de bois. Cette disposition permet de conserver la glace pendant les étés les plus chauds sans avoir à redouter de pertes importantes.
- Les lacs artificiels des Alpes établis à La Hoehe-des-Arnauds, Aspres-sur-lhieeh, La Pressinouse dans le département des Hautes-Alpes et à Lus-la-Croix-llaute, dans la Drôme, représentent une superlicie totale de plus de 20 hectares et produisent chaque année plus de 55 000 mètres cubes de glace que le chemin de fer distribue dans toutes les villes du midi de la France: Lyon, Valence, Avignon, Marseille, Montpellier, Nîmes, Cette, Nice et toutes les stations de la Côte d’Azur qui même pendant l’hiver en font une consommation importante.
- __ _ Ile.mu Gourdin.
- LES FOIES GMS EN ALSACE
- Le (( Bulletin du Ministère de l’Agriculture » a publié récemment quelques renseignements intéressants sur la production des foies gras en Alsace. Il nous parait bon de les résumer sommairement. Les foies gras d’Alsace sont des foies d’oies. Il n’existe pas en Alsace de races d’oies spéciales que l’on engraisse pour la production des foies gras. Toutes les races sont bonnes, mais les grandes oies, dites « oies cygnes », sont plus avantageuses à tous les points de vue. Le canard y est fort peu utilisé. Les oies écloses au printemps, en avril, sont propres à être engraissées dès la fin de juillet et commencement d’août. Celles-là sont les meilleures. L’éleveur ne conserve les oies d’une année à l’autre que pour la reproduction.
- Avant d’être mises à l’engraissement et jusqu’à ce moment, les oies sont élevées dans les cours des fermes et conduites de temps en temps dans les champs et aux
- ruisseaux, four l’engraissage, elles sont placées dans des caisses ayant la longueur et la largeur de leur corps et fermées devant, derrière et dessus par des lattes entre lesquelles elles peuvent passer la tête pour atteindre l’eau qu’on laisse à leur portée. J1 est essentiel que le local dans lequel on dispose les caisses soit très aéré, bien éclairé et d’une propreté minutieuse.
- Les oies sont gavées deux ou trois fois par jour, à raison d’une livre et demie, avec des maïs et quelques fèves cuites à l’eau. La ration est proportionnée du reste à l’appétit de la béte et augmentée quand l’oie se développe. L’eau doit être renouvelée au moins une fois par jour. Quelques éleveurs y introduisent un peu de charbon de bois. L’engraissage dure de quatre à cinq semaines et on le pousse souvent jusqu’à six. C’est au poids et en palpant l’animal que l’on reconnaît si l’engraissement est convenable. L’oie doit à ce moment avoir quelque peine à respirer et porter des boules de graisse sous les aisselles.
- On ne produit en Alsace et on ne livre de foie gras que pendant cinq mois environ, et comme les foies gras frais ne se conservent guère plus de trois à quatre jours dans de la glace, et que d’ailleurs le peu d’importance des expéditions ne justifie pas l’emploi d’appareils frigorifiques, il en résulte que les foies gras qui seraient livrés en dehors des époques de production comme produits d’Alsace ne peuvent provenir que d’autres pays, d’Autriche-Hongrie notamment, ou encore de régions où l’engraissement se fait pendant toute l’année. Mais les foies sont loin de valoir comme quantité et comme linesse les foies gras d’Alsace.
- On évalue de 100 000 à 125 000 kg la quantité de foie gras mis en œuvre dans les fabriques de Strasbourg.
- J.-F. G.
- IM. IVocard. — l n des représentants les plus éminents de la science vétérinaire, M. Nocard, membre de l’Académie de médecine, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, vient de mourir. M. Nocard, qui était né le 20 janvier 1850, à Provins, entra en 1868 à l’École d’Alfort, et en sortit premier en 1875. Disciple assidu de Pasteur, le professeur de l’École d’Alfort s’adonna avec une véritable ferveur de savant à la recherche des sérums. Plus tard, il occupa, à la retraite de M. Goubaux, la chaire des maladies contagieuses. Puis, de 1887 à 1890, on lui confia la direction de l’École. Mais le savant qui était en lui s’accommodait mal des exigences de sa situation directoriale, et, de son plein gré, sur sa demande, il abandonna ce poste trop absorbant pour retourner à son laboratoire et à ses travaux. De 1898 à 1901, de concert avec le Dr Roux, M. Nocard, après des expériences nombreuses, parvint à isoler le microbe d’une maladie particulièrement redoutable pour l’espèce bovine : la péripneumonie contagieuse. Dès lors, le traitement préventif fut trouvé qui permit aux agriculteurs et aux éleveurs d’enrayer le redoutable fléau. 11 combattit au Con-grès britannique de 1901 les assertions du Dr Koch. El, s’appuyant sur les expériences faites par ses maîtres et prédécesseurs, entre autres M. Chauveau, M. Nocard établit « qu’il existait des faits indiscutables, prouvant qu’il est possible d’infecter des bovidés en leur inoculant des produits tuberculeux empruntés à l’homme ». M. Nocard avait été nommé membre de l’Académie de médecine en 1886, en remplacement de M. Henry Bouley, et officier de la Légion d’honneur en 1892.11 était, en outre, membre
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- du comité des épizooties, au ministère île l’Agriculture et du comité d’hygiène et de salubrité de la Seine, à la Préfecture de police.
- La réputation de M. Nocard était bien établie non seulement en France, mais encore à l’Étranger. On l’a bien vu aux obsèques du regretté savant. Le petit cimetière de Saint-Maurice était rempli de fleurs et de couronnes envoyées de toutes les capitales de l'Europe. Les corps savants étrangers avaient tenu à se faire représenter. M. Lépine était venu en personne rendre un dernier hommage au savant qui s’était montré si dévoué au Conseil d’hygiène. Des lettres ou des télégrammes de condoléances furent envoyés par les Instituts de Berlin, de Lille, de Buenos-Àyres, par les Facultés savantes de Roumanie, de Grèce, de Londres, de Saint-Pétersbourg, par le professeur Krlich de l’Institut sérothérapiqun de Francfort, etc.
- C’est assez dire quelle place considérable occupait M. Nocard dans le monde scientifique et quel vide sa disparition inattendue laissera dans le cœur de ses confrères et de ses amis. J{. de P.
- CHRONIQUE
- Un dispensaire dans le désert. — 11 ne sera point installé de façon fixe dans le désert, mais il est destiné à parcourir toute l’Égypte, et, par conséquent, à aller porter ses soins dans les régions les plus isolées du pays. Le Département Sanitaire du gouvernement Égyptien vient de recevoir un don de 500 000 francs de sir Ernest Cassel pour en faire tous les frais, et le donateur a voulu ainsi essayer de contribuer à diminuer les maladies d’yeux qui frappent si cruellement la population pauvre de l’Égypte. Ce dispensaire sera, en effet, uniquement consacré à l’ophtlialmologie, et tout en étant doté des appareils et des installations les plus modernes, il sera monté sous une tente, ce qui lui permettra de se transporter constamment et avec la plus grande facilité d’un bout à l’autre de l’Égypte.
- Torpilleur à turbines. — 11 s’agit de F « Eden », qui est exactement un contre-torpilleur, et qui a été lancé dernièrement pour le compte de la marine anglaise. Long de 07 mètres, pour une largeur de 7™, 16, il a donné aux essais une allure de 25,5 nœuds avec un chargement de 125 tonnes, comprenant 0 canons à tir rapide. 11 est muni d’une turbine Parsons haute pression, formant compoundage avec deux turbines latérales et basse pression.
- Ta visibilité des bateaux de guerre. —
- L’Amirauté britannique a poursuivi des expériences sur la visibilité comparative des diverses peintures dont on peut enduire la coque d’un bateau de guerre (à l’instar de. ce qui avait été fait pour les uniformes). Elle, est arrivée à cette conclusion ferme que la meilleure nuance est le gris qu’on emploie dans notre flotte. La teinte dont on se sert maintenant est faite de 11 parties de noir pour G de blanc ; une ligne rouge est tracée à la flottaison, et la partie immergée de la coque est peinte en noir. Notons en passant que la peinture de la coque d’un bateau de guerre coûte quelque 25 000 francs.
- Ue que coûte l'eau que consomment les locomotives. — On a par trop l’habitude de considérer que 1 eau est une matière sans valeur : chaque fois qu’il a fallu exécuter des travaux pour la capter et l’amener au point où on doit la consommer, elle a une valeur propre îésultant des dépenses ainsi faites. Aussi les compagnies
- de chemins de fer ont-elles un gros budget pour l’eau (jue consomment leurs machines. Rien que pour une vingtaine des principales compagnies de chemins de fer anglaises, il faut compter pic la consommation en eau des locomotives, dans le courant d’une année, représente une dépense de plus de 11 millions et demi de francs. 11 est juste de dire que l’eau des réservoirs des gares a besoin d’étre élevée mécaniquement à une certaine hauteur, et que cela augmente les frais.
- Ta végétation d'un bog irlandais. — Le (( Bog »
- d’Irlande est une sorte de tourbière en formation, de marais dont l’eau est recouverte d’une couche de débris végétaux, dont le sol est aussi mal aéré que possible, par ce fait que sa croûte spongieuse est toute l’année saturée d’eau, qui n’y circule que fort lentement. Aussi peut-on constater ce fait paradoxal que les plantes qui y vivent ne peuvent que difficilement absorber par leurs racines une eau chargée de composés humiques; et, comme le faisait remarquer M. B. Lloyd Præger dans « Knowledge », physiologiquement le bog est très sec, bien qu’il soit physiquement fort humide. De là, par conséquent, la ressemblance des plantes du bog avec la végétation désertique. Le sol ne contient pas du reste de ces bactéries si nécessaires à l’assimilation des substances azotées, et c’est sans doute pour cela que le bog possède dans sa flore la « Drosera rotundifolia », qui se procure une alimentation azotée en capturant de petits animaux.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 août 1903. — Présidence de M. A. Gaudiiï.
- Communications diverses. — M. Berthelot procède à l’énumération des pièces de la correspondance et des Notes déposées sur le bureau par les membres présents. Parmi ces dernières figurent deux communications d’élèves de M. Delage, deux communications présentées par M. Bitte, l’une au nom de M. Labbé relative à la réaction alcaline du sang, l’autre au nom de M. Colani sur les combinaisons de l’uranium, un travail personnel de M. le général Sebert sur l’aérodynamique et une Note présentée par lui au nom de M. Cherbonnier sur la théorie du champ acoustique, enfin un travail de M. Moissan sur sur un nouveau mode de préparation des gaz purs par leur liquéfaction.
- Décès. — M. le président prend la parole en ces termes: « J’ai la douleur d’annoncer à l’Académie la perte bien inattendue de M. Munier-Chalmas. M. Bergeron, sous-dit ecteur de son laboratoire de recherches à la Sorbonne, a appris par une dépêche la mort subite de notre cher et éminent confrère survenue à Aix-les-Bains hier matin 9 août. M. Munier-Chalmas avait été nommé dans la section de minéralogie le 25 mai de cette année ; il n’y a donc pas trois mois qu’il était avec nous. Vraiment, c’est nous quitter trop tôt. C’était un chercheur. Egalement habile en géologie et en paléontologie, il découvrait sans cesse quelque chose de nouveau dans la grande histoire des temps passés. Comme il avait la passion de la science, il la communiquait à ses élèves. Aussi, a-t-il eu un grand rôle dans sa chaire de géologie. Sa mort va faire un vide profond. L’Académie voit avec tristesse disparaître cet homme encore jeune, d’une étonnante vivacité d’esprit qui semblait appelé à lui faire longtemps honneur. Je lève la séance en signe de deuil. »
- Cu. dk Yilledelu..
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- LÀ. CIBLE ÉLECTRIQUE
- Dans tous les tirs à la cible on est obligé de prendre de grandes précautions {tour éviter les accidents, qui ont souvent pour cause l’obligation où l'on se trouve d’aller près du but pour constater le coup.
- Même lorsqu'une hutte est spécialement aménagée
- Fig. 1. — .Nouvelle cible électrique. Silhouette humaine.
- pour loger un servant chargé d'annoncer le point et de reboucher le trou, on a encore assez fréquemment des déboires. C’est pour rendre tout accident impossible que M. le capitaine Chevallier a imaginé une cible donnant sur un tableau indicateur, placé près du tireur, l’indication désirée; cette cible fonctionne depuis plusieurs mois dans le tir de l’armurier bien connu Gastine-Henette, aux Champs-Elysées. Elle représente une silhouette humaine composée de 7 plaques de fonte (fig. 1 ) réparties sur les différentes sections du corps : une pour la tète, trois pour la poitrine, une pour le bassin, et deux autres pour les jambes. Ainsi que le montre le dessin de protil, on voit que ces plaques sont supportées par des tiges montées à angle droit sur elles et traversant de forts ressorts à boudin. Chaque plaque comporte ainsi 4 ou 5 tiges, suivant sa surface ou sa longueur. L’extrémité libre de chacune de ces tiges débouche dans une boîte placée derrière la silhouette et faisant corps avec elle (fig. 2); on y remarque une série de cylindres C surmontés de 5 boules en métal A; celles-ci, comme le montre le détail représenté à droite de la gravure, sont supportées par une tige B portant un pas de vis * assez allongé. L’ajustage de ce pas de vis dans le
- cylindre Cest tel qu’il va un jeu suffisant pour que, le poids seul des boules A suffise à faire redescendre la vis. En somme ce système constitue un volant qui peut tourner tout en se déplaçant dans le sens de la hauteur. C’est ce déplacement qui est utilisé pour établir ou pour rompre un circuit électrique.
- Au repos tous les volants sont en bas de leur course et l’une des petites boules de l’extrémité vient reposer sur l’une des tiges qui supportent les plaques. Si une halle vient à frapper dans le voisinage de cette tige, sa force vive est transmise instantanément au volant A qui se met à tourner, et à s'élever, établissant ainsi le contact électrique nécessaire; [mis, par son propre poids, il retombe à la position d’attente. Le courant d'une pile placée dans le socle de la cible est ainsi transmis, point par point, à un tableau indicateur analogue celui qu’on met dans les offices des appartements et qui reproduit en petit la silhouette de la cible, avec des voyants pour les principales sections où l'on a pu toucher; il y en a 28, correspondant à un nombre égal de tiges de contact et de volants. Le tableau indicateur est placé près du tireur et il est fort intéressant de suivre une série, exécutée par un adroit praticien, qui lait apparaître successivement tous les voyants l’un après l’autre dans la partie qu’on lui indique. Comme dans tout tableau indicateur une simple pression sur un bouton, placé à portée de la main,
- Fig. 2. — Détail de lu tète de la silhouette.
- permet de faire disparaître les voyants soit après chaque coup, soit en bloc pour recommencer le tir.
- Ce système très ingénieux, robuste et pratique, permet de tirer très rapidement puisqu’on n’a jamais à s’occuper de la cible et il a, en outre, le grand avantage d’assurer une sécurité absolue.
- H. Leblond.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- bit ou le pont du Yiaur. Et encore, ces véritables tours de force, les exécute-t-on sans (jue le métal réclame les fondations inébranlables qui sont caractéristiques des ponts de maçonnerie. Toutefois, ce (pie nous avons dit jadis des ravages de la rouille suffit à faire comprendre que la pierre présente une supériorité incontestable, au moins tant qu’on n’aura pas trouvé un procédé pour mettre effectivement le métal à l’abri de l'action des agents atmosphériques. Cela explique qu’il y ait encore des ingénieurs qui se montrent partisans déterminés de la maçonnerie, lors même qu’il ne s’agit pas d’ouvrages tout à fait courants, ne présentant pas des dimensions et des difficultés d’exécution exceptionnelles. La plus sérieuse de ces difficultés, c’est la grande largeur d’ouverture, et, en dépit de l'opinion de Perronnet,
- LE PONT DE LUXEMBOURG
- On vient d'ouvrir à la circulation, le 5 août dernier, le pont de Luxembourg, tout en maçonnerie, ouvrage d’art qui mérite l’attention à tous égards.
- Comme l’a si bien dit un ingénieur des plus éminents, M. J. Lésai, le fer (entendu au sens le plus large de ce mot) est une matière souple, maniable et docile, qui se prête h toutes les exigences des constructeurs et à tous les besoins, quand on sait l’employer. Grâce à lui, on a pu mener à bien ces ponts à travée centrale de 500 mètres et plus, comme celui du Fortli, dont les travées atteignent 578 mètres; c’est lui qui a donné la possibilité de réaliser ces immenses arches qu’on appelle le pont de Gara-
- Lc pont (le Luxembourg.
- qui ne voyait pas pourquoi l'on n'aborderait point des arches de maçonnerie de « 500 pieds », on n’avait jamais, en la matière, dépassé une portée de 75 mètres. Ce chiffre avait été atteint, et à peine, par un ouvrage construit en 1577 sur l’Adda, et qui avait été d’ailleurs détruit dès 1416. En fait, le plus grand pont de pierre existant est celui de Cabin-John, dans la Virginie orientale, qui a seulement 67m, 10; nous citerons ensuite le pont sur la Gutacli, dans la Forêt-Noire (64 mètres), ceux du Gour-Noir, sur la ligne de Limoges à Grives, et du Prince-Ilégent, à Munich (62 mètres), puis ceux de Lavaur et de Chestcr, qui ont une ouverture un peu moindre. C’est précisément l’auteur du pont de Lavaur qui vient de construire l’ouvrage dont nous voulons parler aujourd’hui, et qui est autrement hardi. Cet ingénieur est M. Séjourné, professeur à l'École des ponts et chaussées, et c’est à Luxem-
- 31e anai'H. — 2e semestre.
- bourg qu'il a fait édifier ce magnifique ouvrage, (pii a un peu plus de 84 mètres de largeur d’arche.
- La ville de Luxembourg, qui est située sur un plateau rocheux entouré de trois côtés par des vallées profondes de 40 à 50 mètres, où coulent l’Al-zette et son affluent la Pétrusse, se trouve précisément séparée par une de ces vallées de sa gare dite centrale, qu’on a établie à 1500 mètres environ du cœur de la ville ; pour l’atteindre, on ne disposait jusqu’ici que d’un [tout de pierre ou plutôt d’un viaduc à arches multiples de 550 mètres de long. Ce viaduc manquait de largeur, notamment pour répondre à l’intensité de la circulation, et on résolut de le suppléer par un autre ouvrage franchissant la vallée de la Pétrusse au moyen d’une seule travée, et suivant le plus court chemin pour gagner la gare. Pour arriver à cette solution, M. Séjourné a combiné
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- LA NATURE.
- une arche centrale de 84“*,65, complétée par deux arches de rive, de 2lm,60 chacune, et, bien entendu, par des approches. L’intrados de la clef de voûte de la grande arche est à 42 mètres au-dessus du niveau de la rivière ; l’épaisseur de celte voûte à la clef est seulement de l'",44et lallèche totale, comptée à partir du niveau des fondations, est de 51 mètres. Un doit savoir qu’un des principaux reproches cpie l’on fait aux arches en maçonnerie, c’est d'être fort lourdes, ce qui charge considérablement, le sol des fondations : pour alléger l'arche du pont de Luxembourg, et pour économiser aussi sur les maçonneries, M. Séjourné a établi quatre voûtes d’élégissement sur les reins de la grande arche, et de chaque coté. De plus, et c’est là une particularité très curieuse de cette construction (qui n’est, du reste pas actuellement tout à fait terminée), le pont n’est pas fait en réalité d’une seule masse de maçonnerie : il est formé de deux ponts de pierre parallèles, ayant chacun seulement 5 mètres de largeur et séparés par un espace libre de 6 mètres. Cet espace sera ensuite recouvert par un plancher en béton armé, qui portera de part et d’autre sur chaque demi-pont, et qui supportera le centre de la chaussée de l'ouvrage. Cette disposition réduit d’un tiers le cube des maçonneries : bien entendu, il faut des précautions spéciales pour solidariser les deux ponts parallèles et pour les empêcher d’avoir tendance à se séparer, mais c’est là surtout une affaire de solidité de fondations.
- Une autre conséquence de cette disposition jumelée (si l’on veut nous passer le mot), c’est que l'on peut employer le même cintre pour la construction des deux grandes arches parallèles, et cela en le ripant quand il a permis de terminer la première arche. Ce cintre repose dans ce but sur deux autres murs spécialement construits et faisant chemin de glissement. 11 est du reste par lui-même très intéressant, pour sa légèreté, sa hardiesse et sa forme : c'est un cintre retroussé, armé par des câbles, qu'il n’a pas fallu déplacer de moins de 11"1,25, et qui pèse encore 500 000 kilog ranimes. Quant à la construction proprement dite de l’ouvrage, qui a été confiée à la maison française Fougerolles, elle est fort intéressante également, surtout à cause du pont de service qu'on a établi pour la faciliter. Ce pont est fait d’une [loutre américaine de 5 mètres de haut, reposant sur sept pylônes, dont trois grands de 41 et de 55 mètres ; cette passerelle a 7 mètres de large, elle porte inférieurement une voie Decauville pour la circulation des wagonnets amenant les matériaux, et, en haut, une autre voie pour les ponts roulants qui manutentionnent les matériaux. Elle sert pour les deux ponts parallèles, son pylône central a été établi de manière à pouvoir être déplacé par glissement, en même temps que le cintre.
- Comme de juste, les maçonneries sont faites avec tout le soin voulu : ou a employé des pierres luxembourgeoises susceptibles d’une résistance à l’écrasement de 1200 à 1500 kilogrammes, et des
- mortiers faits mécaniquement, sous de lourdes meules.
- Nous u’en sommes pas encore évidemment a voir les arches en maçonnerie remplacer les ponts de métal ; mais ce nouveau pont de Luxembourg constitue un grand pas de fait dans la voie des larges ouvertures pour les ouvrages de pierre, en même temps qu’une transformation très caractéristique dans ce genre de construction. Daniel Rellet.
- ANIMAUX NAINS
- Le chien a longtemps passé pour fournir un sujet d’expérience particulièrement apte à se prêter aux fantaisies de l’éleveur. Il se laisse modifier, pétrir comme une pâte malléable sous le pouce d’un sculpteur ; aujourd’hui, fournissant aux caprices de celui-ci un géant ou un monstre de 100 kg, demain réduisant son format pour satisfaire les exigences de celui-là jusqu’à ne plus peser que quelques centaines de grammes. C’était sa spécialité, une pâte à tout faire, dieu ou cuvette, — pardon, saint-bernard ou levrette. — Mais voici que cette supériorité, si légitimement établie, est aujourd’hui fortement attaquée par les races gallines, qui se sont mis en tête de prouver qu’elles aussi pouvaient se prêter aux caprices des fantaisistes et produire à volonté des géants ou des nains.
- Les dernières expositions d’aviculture viennent de mettre en évidence quelques nouvelles variétés de volailles qui semblent montrer qu’un petit nombre de générations suffit pour transformer les races gallines les plus anciennes et les mieux fixées. Les géants et les nains apparaissent au commandement et semblent sortir de la basse-cour de quelques éleveurs entreprenants, comme d’une boite magique.
- S’il y a des races naines remontant à une haute antiquité, comme celles dont parle Columelle — le premier chroniqueur agricole — et qu’il ne désigne pas assez clairement pour qu’on sache à quelle race les rapporter, par contre, nous savons (pie la plupart de celles que nous avons sous les yeux sont de fabrication ou d’importation relativement récentes et nous viennent de la Chine, du Japon, de Java ou d'Angleterre.
- La fabrication des petites races de poules est restée un secret, mais il est [dus que probable que les éléments sont : une grande dose de patience et la distribution d’une nourriture alcoolisée à un degré bien calculé. Des expériences récentes, exécutées par deux professeurs de Montpellier, ont en effet démontré «pie, chez les jeunes animaux, — ils opéraient surtout sur des cochons, — soumis à un traitement alcoolique, la formation du squelette est promptement arrêtée et les sutures du crâne se font de très bonne heure, d’où rapetissement de la taille et des formes et, le plus souvent aussi, rachitisme.
- Les Chinois et les Japonais, (pii jusqu’ici avaient spécialisé l’art de « microscopiser » leurs animaux domestiques, auront désormais à compter avec leurs confrères européens qui semblent, du premier coup, avoir dérobé leurs secrets. Parmi les nouvelles races naines sur lesquelles l’attention du monde de l’élevage est particulièrement attirée, il convient de citer, en première ligne, les Pa-doue. Ces très originales volailles ont consenti, avec la meilleure grâce du monde, à se prêter aux caprices d’éleveurs distingués et à perdre leur taille, tout en conservant leurs caractères.
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- Aujourd’hui ou expose couramment des poules Padoue naines ou Padoue-Banlams, grosses à peine comme le poing, qui ont gardé le plumage maillé, les belles couleurs, la belle coiffure et l’absence de barbillons qui caractérisent la race primitive. Ces petites poules sont ravissantes; leur race est déjà très suffisamment fixée, leur élevage ne présente aucune difficulté : c’est dire qu’un avenir assez riant s’ouvre devant ce charmant volatile.
- On n’avait jusqu’ici produit que les variétés dorées et argentées. La variété noire à huppe blanche hollandaise était sur le métier, et elle est sortie armée de pied en cap, avec sa huppe immaculée et son petit corps d’un beau noir de jais.
- Avant de quitter ces charmantes petites poules, je me permettrai de contredire une assertion émise par bien des écrivains qui ont décrit les races de volailles et relative à l’origine ou plutôt à l’étymologie du nom de Pa-doue qui sert communément en France à désigner la race. Ce nom ne viendrait nullement de la ville de Pa-doue, où la race est à peu près inconnue; il aurait une origine moins géographique. La race primitive, qui semble originaire de Pologne ou de l’Allemagne du Nord, aurait été, sinon introduite, du moins patronnée, dès son introduction en France, par la marquise de Pompadour, qui 11e dédaignait pas d’entretenir de ses jolies mains tout un troupeau de ces volailles dans une de ces fermes d’opéra-comique si à la mode au siècle dernier. La race fut d’abord appelée Padour du nom de sa protectrice. Padour se transforma rapidement en l'adoue. Cette étymologie, que je ne garantis d’ailleurs pas, a au moins le mérite de la vraisemblance.
- Les énormes volailles asiatiques ont également été appelées à fournir un contingent dans le bataillon des pig-mées emplumés.
- Les Cochinchinois nains sont connus depuis très longtemps; ils ont été fabriqués par les Chinois à une date très reculée; mais, je ne sais pas pourquoi ils ont toujours été importés en très petit nombre; on les dit très délicats et difficiles à élever; leurs formes, qui reproduisent en miniature le type et la couleur des Cochinchinois fauves, sont extrêmement gracieuses.
- Toutes ces petites volailles, à quelque famille qu’elles appartiennent, prospèrent dans de minuscules basses-cours appropriées à leur taille, el sont tout indiquées pour les amateurs qui 11e peuvent disposer de larges espaces. Elles sont généralement très prolifiques, et très bonnes couveuses, mais il est entendu qu’un quarteron de leurs œufs constituerait à peine une omelette suffisante à un robuste appétit. Pâli. Mkum.w
- NOUVEAUX BASSINS DU PORT D’ANVERS
- Pour répondre à l’augmentation continue et formidable du trafic qui se fait dans l’admirable port d’Anvers, la Province et la Municipalité d’Anvers, avec le concours pécuniaire de l’Etat, viennent d’entamer de gigantesques travaux : il s’agit de creuser deux nouveaux bassins, qui se raccorderont avec le bassin Lefebvre par une trouée de 400 mètres de large qu’on pratiquera dans les remparts actuellement existants. C’est là une des entreprises de notre époque les plus considérables et il n’est pas superflu de s’y arrêter un peu, alors même qu’il ne s’agit que d’un projet d’ailleurs sur le point d’être exécuté.
- On se rendra compte immédiatement de l’importance de ces travaux, quand on saura qu’ils nécessiteront l’enlè-
- vement d’un cube de terre de 3 millions de mètres cubes; les maçonneries exigeront l’emploi de 100 millions de briques (la brique étant fort employée en Belgique, et pour cause), de 58 000 m3 de moellons, 18 000 tonnes de strass, "2900 m3 de petit granit, 3300 de pierre bleue de la Meuse, 25 000 de pierrailles pour béton, 25 000 de chaux, 80 000 de sable. Les consolidations des excavations demanderont 11 000 m3 de bois, sans compter les 5000 m3 au moins qu’absorberont les travaux définitifs, qui réclameront d’autre part 2 millions de kilogrammes de fonte et d’acier.
- Les deux bassins dont il s’agit auront des longueurs respectives de 050 et de 525 mètres pour des largeurs de 250 et de 180; ils auront leurs quais en partie per-reyés, des jetées et appontements en bois seront perpendiculaires à ces quais. Le tout coûtera plus de 7 millions et demi de francs.
- La méthode que l’on va suivre dans ces travaux sera assez intéressante, en ce sens notamment que la construction des quais se fera à sec, avant tout creusement des bassins mêmes : pour les établir, on creusera des tranchées, et l’on y enfouira à 7 m. de profondeur un lit de moellons qui formeront fondation.
- Comme on se trouve dans le voisinage du fleuve et des autres bassins, et que, de plus, 011 est exposé à rencontrer des sables assez fluides, on enfoncera des tuyaux dans le sol, sous l’emplacement que devra occuper chaque tranchée, et, ce système de tuyaux se reliant à une pompe centrifuge d’aspiration, 011 effectuera un véritable drainage des terres qui aura pour conséquence d’attirer l’eau hors de la tranchée. Quand la fondation sera solidement établie, on y maçonnera les quais de briques, et c’est seulement ensuite qu’on attaquera le creusement du bassin même, à l’aide d’un excavateur. ün remplira ces bassins d'eau avant que la profondeur totale soit acquise ; des dragues pourront alors y travailler, et la mise en eau permettra de constater si des fuites se produisent. La jonction avec les anciens bassins sera exécutée, et l’on construira au moyen de caissons les murs du chenal de raccordement.
- Le travail entier sera, comme on le voit, considérable, mettant en œuvre un nombreux personnel et une grande quantité de matériaux ; il ne sera sans doute complètement terminé qu’au bout de quatre années.
- LES MOUSTIQUES1
- PROPAGATEURS DE MALADIES
- III
- Puisque les Moustiques sont au nombre des êtres les plus malfaisants de la création, puisque ce sont eux qui nous inoculent quelques-unes des maladies les plus graves dont puisse être atteinte l’espèce humaine, il devient très important : 1° de les détruire, 12° de se mettre à l’abri de leurs attaques, o° de détruire les parasites qu’ils se chargent de nous transmettre. Telles sont les différentes faces de la question que nous devons examiner à présent.
- 1° Destruction des Moustiques. — On a essayé beaucoup de procédés; je n’en signalerai qu’un seul.
- 1 Voy. ii° 1574, du 25 juillet 1005. p. 119, et 11° 1577, du 15 août 1903, p. 103.
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- parce que seul il est pratique et peu coûteux. Sur les mares, ilaques d’eau, réservoirs, baquets, etc., où se développent ces Insectes nuisibles, il suffit de verser une petite quantité de pétrole pour condamner à une mort certaine et presque immédiate toutes les larves et nymphes qui habitent le liquide. (In se rappelle que celles-ci, bien que de mœurs aquatiques, ne respirent en réalité (pie l’air atmosphérique : quand elles montent à la surlace pour rejeter l’acide carbonique et l'aire une nouvelle provision d’oxygène, leurs orifices stigmatiques viennent s’engluer de pétrole, qui l'use aussitôt par capillarité le long des trachées; l'animal meurt donc à la lois par asphyxie et par intoxication. 11 suffit d’une très petite quantité de pétrole, environ 10 centimètres cubes par mètre carré de surface pour détruire les myriades de jeunes Moustiques qui peuvent vivre dans l’eau; en renouvelant deux ou trois fois cette aspersion dans le cours de la saison, on assainit la masse liquide primitivement si dangereuse. Les autres animaux aquatiques, pourvu qu’ils respirent l’air dissous dans l’eau, ne sont aucunement incommodés par le pétrole.
- S’agit-il d'un abreuvoir, les animaux domestiques font d'abord la grimace, mais ne tardent pas à s’accommoder tant bien tpie mal de ces conditions nouvelles.
- L’efficacité de cette mesure destructrice est démontrée par une foule de faits ipienous ne pouvons, faute de place, rappeler ici. Qu’il nous suffise de dire (pie l’ile d’Asinara, proche de la Sardaigne, naguère encore infestée de Moustiques et grave foyer de paludisme, a vu, grâce à cette simple mesure, les Moustiques disparaître d’une façon absolue et le paludisme s’éteindre faute d’insectes pour le transmettre. Il y a mieux encore : l’ile de Cuba, depuis si longtemps célèbre par les terribles épidémies de fièvre jaune qui la ravageaient périodiquement, ne connaît plus que de réputation cette maladie naguère si redoutée. Qu’a-t-il fallu pour obtenir en moins de quatre années un si extraordinaire changement? Tout simplement faire une guerre acharnée aux «Sfegomvia » qui propageaient l’épidémie et ne cesser la lutte «pie lorsque le dernier d’entre eux aurait été détruit. Une telle lutte est possible partout où il y a des Moustiques, partout elle aura le même résultat.
- 12° Protection contre les Moustiques. — Ici encore, nous pourrions entrer dans d’assez longs détails, car on a fait de nombreuses tentatives pour
- se protéger des Moustiques. Les Égyptiens déjà, au dire d’Hérodote, couchaient sous des filets ou xcovio-TCctov pour se mettre à l’abri des cousins : qui ne voit que le xomoTtetov est l’ancétre de notre moustiquaire? Il me paraît surprenant (pie les ethnographes n’aient pas encore songé que le voile des femmes d’Orient, qui est devenu dans les civilisations actuelles un attribut de la pudeur ou de la coquetterie, n’était à l’origine rien autre chose qu’une moustiquaire portative, au moyen de laquelle les femmes se protégeaient contre les piqûres d’insectes. Nous ne dirons donc rien de la moustiquaire actuelle ; son utilité est évidente et son usage doit être constant dans les régions à paludisme, à fièvre jaune, à filariose, etc. ; des nombreux objets que l’explorateur emporte avec lui, aucun n’est plus utile.
- Mais la moustiquaire ne peut donner la sécurité
- ([lie pendant le sommeil ; or, il faut pouvoir aller et venir dans la maison et vaquer aux occupations courantes, sans être sans cesse exposé aux piqûres des Insectes. On obtient ce résultat essentiel en appliquant sur toutes les ouvertures de la maison une toile métallique dont les mailles n’ont pas [dus d’un millimètre et demi de largeur, c’est-à-dire sont assez étroites pour s’opposer à l’introduction des Moustiques. La porte est elle-même doublée d’un tambour ou d’une sorte de véranda, fermée encore par de la toile métallique. Les portes se ferment automatiquement : elles ne peuvent donc rester ouvertes ou enlrc-bâillées, ce qui aurait pour conséquence inévitable la pénétration des Insectes à l’intérieur de la maison.
- On pensera sans doute qu’une habitation organisée de la sorte n’a plus ni air ni lumière et qu’elle est devenue un véritable tombeau. C’est une erreur profonde : les fils métalliques sont trop fins pour arrêter le regard et, par conséquent, trop fins aussi pour arrêter les rayons lumineux ef la circulation de l’air. Lien loin d’être une prison, une telle habitation est un endroit charmant, où l’on ne connaît plus ces siqqdices incessants, le bourdonnement et la piqûre des Insectes. C’est en outre une maison salubre par excellence, puisque, l’Insecte faisant défaut, on se trouve également à l’abri des maladies qu’il transmet.
- MM. Sam bon et Low, de l’Ecole de médecine tropicale de Londres, ont fait construire aux environs d'Oslic, en plein marécage, dans l'endroit réputé le plus insalubre de toute la campagne romaine, une
- Fig. 1. — Maison de cantonnier protégée contre les Moustiques, aux environs de Naples.
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- maison de bois dans laquelle, avec un dessinateur, M. Terzi, et un domestique, ils ont passé quatre mois de la saison des fièvres. Leur maisonnette était agencée comme je viens de dire, mais eux-mèmes n’avaient pris ni quinine ni aucun autre médicament capable d’arrêter l’évolution de l'Hématozoaire. Ils n’avaient dans le sang, au début, de l’expérience, aucun parasite; ils n'en eurent pas davantage au bout de quatre mois, alors que la population voisine était tout entière attaquée par le lléau. Ils vaquaient à diverses occupations pendant la journée, alors que les Anophèles ne volent pas ; ils avaient soin de rentrer dans leur habitation au coucher du soleil, pour n’en plus sortir que le lendemain. Grâce à ces précautions rigoureusement observées, ils ont pu triompher du paludisme et montrer ainsi, de la façon la plus convaincante, que ni l’air méphitique, ni l’eau stagnante des marécages, ne jouent le moindre rôle dans son étiologie.
- Ce qu'ils ont fait en Italie, on peut, sans grande dépense, le répéter partout ; et partout on obtiendra sûrement le même résultat.
- Est-ce donc à dire que, dans les pays où vivent les Anophèles, on soit condamné à ne jamais sortir après le coucher du soleil, sous peine de contracter la maladie? Iln’en est rien, car il suffit de protéger les parties du corps qui sont normalement découvertes, les mains au moyen de gants et la tête au moyen d’un large voile en tulle qui l’entoure tout entière.
- Il ne s’agit pas ici de simples déductions théoriques, mais bien de faits dont l’application pratique est facile et d’un résultat certain. Dans la campagne romaine, au sud de Naples, et dans d’autres régions de l’Italie, on peut compter nombre de gares, de maisons de cantonnier ou d’habitations particulières qui sont protégées comme il vient d’être dit (fig. 1). La nuit venue, on constate avec un certain étonnement que les hommes d'équipe et autres employés qui ont à faire le long de la voie, revêtent les gants et le voile (fig. 2). Depuis que ces mesures fort simples ont été appliquées à certaines parties du réseau des chemins de fer italiens, celles-ci, qui étaient désertées à la nuit tombante par leur population, sont devenues habitables : les trains de nuit circulent, la population est sédentaire, le commerce est plus actif et le bien-être tend à se généraliser. Il n’est <pie juste de rappeler que cette bienfaisante
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- révolution est l’œuvre de savants, au premier rang desquels il convient de citer les professeurs B. Grassi et A. Celli de Rome.
- Ces méthodes si simples deviendront d’un emploi général dans tous les pays où s’observent les maladies inoculées par les Moustiques. Le Japon a déjà pris l’initiative de faire porter à ses soldats les gants et le voile, tout au moins dans les pays à paludisme. Nous autres Européens, nous n'allons pas manquer de trouver que c’est, là une tenue peu militaire, mais ce n’est, pas plus ridicule que la voilette de nos élégantes et cela dérive tout au moins du même principe. Un doit d'ailleurs approuver sans réserve l’esprit pratique d’un peuple tard venu à la civilisation, qui n’est pas encombré comme nous de routine surannée, lourd boulet qui ralentit notre marche vers le progrès, et qui, parmi les conquêtes récentes
- de la science, sait choisir et appliquer celles qui doivent profiter à l'humanité.
- 5° Destruction des parasites. — Dans les pays à paludisme, mais où sont inconnues les autres maladies transmises par les Moustiques, on peut encore lutter efficacement contre ceux-ci d’une tout autre façon. Le procédé dont il s’agit a été appliqué avec un succès complet par le professeur Grassi dans la région d’Ostie. Il est basé, sur ce principe que l'Anophèle ne peut pas inoculer le paludisme là où les habitants sont indemnes de tout Hématozoaire : il pique sans doute, mais les gens à l’épiderme peu sensible finissent par s'accommoder tant bien que mal de ce tourment,; les autres ont la ressource de la moustiquaire ou de brûler des cônes de pyrèthre qui répandent, dans les chambres une fumée endormant les Insectes.
- Grassi a expérimenté sur un groupe d’habitants qui, l’année précédente, avaient tous été atteints du paludisme. À la fin de l’hiver, il leur administre d’une façon méthodique et régulière un mélange de bichlorhydrate de quinine et d’acide arsénieux, en pilules pour les adultes, en solution pour les enfants; cette préparation porte les noms d’ « ésanophèle » quand elle est en pilules, et d’« ésanophéline » quand elle est en solution. Par son usage prolongé, les parasites du sang sont tués successivement, si bien qu’au retour de la saison des Moustiques, ceux-ci ne peuvent plus s'infecter en suçant le sang humain.
- Dès lors, le paludisme doit forcément disparaître, à supposer que des individus contaminés ne viennent
- Fiff. 2. — Garde-barrière en tenue de service nocturne, aux environs de Naples.
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- pas se mélanger à la population ainsi traitée et apporter avec eux une source d'infection nouvelle. Le résultat de cette expérience a été tout à fait remarquable; meme au plus fort de la saison des lièvres, aucun des individus soumis à ce traitement ne présenta le moindre accès et la recherche des parasites dans le sang fut constamment négative.
- Voilà donc encore une méthode qui permet de rendre saluhre une région jusqu'alors désolée par le paludisme. Malheureusement, nous n’avons aucun moyen semblable pour lutter contre les autres fléaux propagés par les Moustiques, si bien que ce dernier procédé de prophylaxie ne peut guère sortir du domaine de la théorie.
- Quoi qu’il en soit, il est désormais acquis que les plus redoutables maladies des pays chauds et que certaines maladies très meurtrières des pays tempérés sont, en relation directe avec les Moustiques, qui sont les agents les plus actifs, sinon exclusifs de leur propagation. Détruire les Moustiques, et cela est facile, c’est faire disparaître le paludisme, la filariose, la fièvre jaune et d’autres maladies non moins redoutables ; c’est ouvrir à l’activité de la race blanche d’immenses territoires où jusqu’alors il lui était pour ainsi dire interdit de s'établir; c’est préparer des civilisations et des races dont il nous est impossible de prévoir les destinées; c’est déplacer l’axe du monde; c’est, en un mot, créer une humanité nouvelle qui saura subjuguer et mettre en exploitation une nature encore vierge et inexplorée. Telle est l’œuvre accomplie ou plutôt préparée depuis quatre ans : c’est à la médecine et à l’histoire naturelle, unies dans un effort commun, que nos descendants seront redevables de ces bienfaits.
- R. Blanchard,
- Professeur à la Faculté de médecine do Paris.
- Membre de l’Académie de médecine.
- LE KAPOCK
- On fait grand bruit en ce moment autour des engins de sauvetage en kapock, et le fait est que des expériences effectuées ces temps derniers, sous l’égide de personnes s’intéressant aux questions de navigation, sont venues montrer que cette fibre, cette ouate, pouvons-nous dire, possède une flottabilité curieuse, fille porte facilement dans l’eau 50 à 55 fois son poids, et on voit qu’elle laisse par conséquent bien loin derrière elle et le liège, et même ce bois de maréa dont nous parlions récemment.
- Quelques détails sur cette matière seront donc sans doute jugés intéressants, d’autant que l’on en ignore généralement l’origine, les industriels qui en préconisent l’emploi pour les engins de sauvetage n’ayant pas intérêt à la faire connaître complètement. Vous pouvons nous reporter pour cela à une excellente étude parue dans le bulletin économique publié par la Direction de l’Agriculture de l’indo-f.hine, et par conséquent sous les auspices de notre savant collègue M. Capus.
- Le kapock est une fibre végétale ; il est donné par une série d’arbres qu’on nomme souvent Ouatiers d’Indo-Chine, ou encore Ouatiers du Cambodge, et principale-
- ment par cinq essences de la famille des Malvacées, l’a Eriodendron anfractuosum » ou fromager, le « Bombax malabaricum », le « H. cambodiense », le « B. anceps », et le « Bombax species ». .Nous nous contenterons d’insister sur le premier, qui est réellement celui dont on tire parti et que l’on appelle kapock en javanais, d’où le nom sous lequel se vend sa fibre. De dimensions variables suivant la nature du sol, il aime les terres franches, tout en poussant un peu partout ; il a un tronc vert et droit qui devient grisâtre et se garnit d’épines quand il est de mauvaise venin*. 11 se propage surtout par semis, pousse rapidement et peut atteindre 2 mètres au bout d’une année, i ou 5 mètres dès la deuxième année, où il commencera de porter quelques fruits. En réalité le début normal de la production ne doit être escompté que pour la quatrième année. Comme le cotonnier, le kapock est susceptible de donner un double produit : d’abord la ouate spéciale extraite des gousses, ce qu’on nomme kapock sur les marchés hollandais, puis l’huile tirée des graines par pression, et qui laisse du reste un tourteau. Le kapock, tout en ayant à première vue l’aspect du coton, ne saurait être confondu avec lui : les fils en sont jaune clair, un peu soyeux, de 1 à 2 centimètres de long, à section circulaire, non rubanés, souvent repliés sur eux-mêmes, mais jamais enroulés en tire-bouchon; le lumen du poil est unicellulaire, large et rempli d’air, ce poil est en pointe brusque à son extrémité, et sa paroi est très mince. En raison de la raideur de ses fibres, trop peu résistantes et trop lisses, le kapock se prête aussi mal que possible à la filature et au tissage; mais, par contre, en raison de son élasticité et de sa légèreté, il donne un excellent rembourrage pour les matelas, les oreillers, rembourrage qui devient particulièrement moelleux si l’on expose les matelas au soleil avant de s’y coucher; et de plus, chose précieuse dans certaines circonstances, ces objets de couchage forment des radeaux absolument insubmersibles.
- L’égrenage de la graine pour en isoler la ouate se fait le plus ordinairement avec des petits moulins en fer mus à bras, et pouvant produire par jour 120 kilogrammes à peu près de fibre nettoyée ; chaque moulin est desservi par quatre femmes qui l’alimentent et portent la fibre à la presse.
- Le pressage ne doit pas se faire trop fortement. Le rendement des fruits en ouate est d’environ 50 pour 100 en poids. Nous n’insisterons pas sur l'huile, qui est employée surtout sur le marché chinois. Mais la culture du kapock a pris dans les Indes Néerlandaises, nous entendons surtout à Java, un développement prodigieux : il v a dix ans il n’existait que cinq exploitations de kapock, alors qu’on en compte au moins une cinquantaine à l’heure actuelle. En 1001 la Hollande, qui est le grand marché de ouate kapock, a reçu 1 158 000 kilogrammes de cette fibre, représentant une valeur approximative de 2 millions de francs. D’une manière générale, la meilleure libre kapock préparée se vend à Amsterdam lfl',70 le kilogramme.
- Il est très intéressant de connaître l’origine de cette ouate, étant données les applications curieuses et utiles qu’ou lui trouve, et il est bon aussi de signaler la possibilité qu’il y aurait de développer considérablement cette culture dans nos possessions d’Indo-Chine. Dès maintenant, le Cambodge en produit annuellement quelque 00 000 kilogrammes, mais toute cette production est absorbée par la consommation locale.
- Pierre de Mériei,.
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- LES GALW DE L’AURÈS
- GRENIERS ET MAGASINS DES COMMENAETÉS INDIGÈNES
- L'Algérie réserve toujours quelque nouvelle surprise à ceux même qui, comme nous, l’ont parcourue dans Ions les sens et se flattent de la bien connaître. C’est ainsi qu’il nous a été donné, au cours d’une nouvelle et récente excursion à travers cette chaîne si mouvementée, aux sommets parfois si élevés, aux dédieras (villages) d’un accès encore si difficile, .aux habitants demeurés jusqu’à présent si étrangers à tout semblant même de civilisation européenne, c’est ainsi —disons-nous — qu’il nous a été donné, en traversant l’Aurès pour nous rendre des Hauts-Plateaux telliens dans la région saharienne, de faire connaissance avec les « galaa » des cliaouïa, que nous ne connaissions encore que de nom.
- Les populations montagnardes de l’Aurès, occupant un pavs très pauvre, ont coutume d’abandonner leurs villages quand vient l’époque des moissons afin d’aller louer ailleurs
- Fig. t. — Inlt'iMpur de la Galaa.
- le service de leurs bras. Ils n’ont cure de leurs maisons, dont les voleurs ne sauraient que faire, et emportent avec eux, dans leur migration annuelle, le peu de mobilier dont ils fassent usage. Mais il peut arriver que certains — et c’est le cas pour la plupart — aient en leur possession une quantité de grains plus ou moins considérable qui deviendrait, si on l’abandonnait sans autre précaution, la proie des malfaiteurs de profession ou des chapardeurs d’occasion.
- Les « chaouïa » (c’est le nom de ces populations encore toutes primitives) ont imaginé en conséquence, par la force même des choses, de construire par corvées — dans une partie élevée, et quelquefois même inaccessible, de leurs rochers1 — des batiments qui leur servent de garde-meubles et de magasins de grains et dans lesquels chaque membre de la communauté (dans l’espèce : du village ou de la fraction de village) a droit à une chambre par famille. Dans cette chambre le chaouïi apportera au moment de son départ tout ce qu’il veut mettre en sûreté; puis, en présence du gardien, il en fermera la porte au cadenas et scellera ce cadenas d’un sceau ad hoc appelé « taba », littéralement: cachet. Cette formalité accomplie, c’est désormais le gardien
- 1 II est de ces greniers auxquels on ne peut accéder que par le moyen d’échelles ou même au moyen de cordes que le gardien retire à l’intérieur pendant la nuit ou en cas de danger.
- (assès) qui devient responsable du dépôt confié à sa vigilance et à sa probité.
- Nous avons dessiné quelques types de « galaa » : qu’on imagine, dans un bâtiment quelconque en cailloux mal cimentés avec du mortier composé de terre sans chaux, une série d’étages superposés et, à chaque étage, un certain nombre de petites pièces percées chacune d’une
- Fig. 2. — Galaa de Tajinouf sur son rocher.
- unique ouverture, qui est la porte, ('.es ouvertures ne donnent que du côlé de la cour intérieure, laquelle n’a elle-même d’autre communication avec l’extérieur qu’une porte basse, juste assez large pour livrer passage à un mulet chargé et qui est soigneusement pourvue de bons verroux indigènes.
- Les différents étages communiquent les uns avec les autres par des rampes en bois formées de billons et de clayonnages recouverts d’un épais torchis. Dans les réduits établis à flanc de rocher il n’y a ni rampes ni étages, mais seulement une série de cases superposées occupant chacune tout l’intervalle d’une couche géologique à l’autre. Dans la galaa chaouïi les rampes s’entrecroisent de telle façon qu’elles forment comme un vérita-
- Plan do la Galaa de Tokkoul.
- ble labyrinthe dont les détours déconcertent l’étranger, et la position dominante de la construction elle-même permet de l’utiliser, au besoin, comme de citadelle ou de bordj qui deviendra, le cas échéant, la suprême ressource des indigènes obligés d’abandonner leurs maisons au vainqueur. L. Jacquot.
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- ÉTUDE
- DE LÀ DURÉE DE COMBUSTION
- I)E L’ÉCLAIR MAGNÉSIQLE
- Personne n'ignore les progrès considérables qui ont été réalisés dans la photographie à la lumière artificielle, grâce à l'emploi de l’éclair magnésique : on peut travailler avec succès dans les grottes, les cavernes, les intérieurs, exécuter des groupes, des portraits. Déjà nombre de professionnels n’opèrent plus qu'à la lumière artificielle : c’est là une véritable révolution qui s’est produite depuis quelques années.
- L’étude de l'éclair magnésique qui vient en quelque sorte faire concurrence au soleil, nous attirait particulièrement, car elle peut avoir de nombreuses applications dans le domaine scientifique.
- Si comme son nom parait l'indiquer, si comme l’ont affirmé nombre d'auteurs et d’inventeurs, la durée de l’éclair magnésique est de très courte durée, il sera possible d’obtenir des épreuves instantanées sans le secours do l’obturateur. En opérant dans un local sombre et en allumant au moment voulu la poudre-éclair, on saisira tel ou tel mouvement. En faisant partir à intervalles égaux une succession d’éclairs, on pourra réaliser la chrono-photographie en Fi; tous temps, alors que la belle découverte du professeur Marey ne peut être mise en œuvre que dans des conditions particulières de lumière. H était intéressant de vérifier ces hypothèses et de contrôler avec précision la durée de combustion de l'éclair magnésique. C’est dans ce but que nous avons fait construire un appareil spécial par M. Jules Richard. En voici la description (fig. 1). Une boite hermétiquement close renferme un moteur électrique qui entraîne une plaque photographique dans un plan vertical. À l’avant de la boite et devant la plaque se trouve un diapason électrique donnant 1000 V. S. Une des branches de ce diapason porte un petit disque percé d’une étroite ouverture : derrière celle-ci et sur la partie antérieure de la boite se trouve une petite fente qui est à hauteur de l’ouverture du disque. La poudre à essayer est placée à hauteur du disque et à une certaine distance. Lorsqu’on l’allumera, un rayon lumineux passera par l’ouverture du disque et ira atteindre la plaque sensible.
- Si alors on fait vibrer le diapason et que l’on mette la plaque en mouvement, on obtiendra sur celle-ci une sinusoïde qui donnera en millièmes de secondes la durée de combustion de l’éclair (fig. 2 et 5).
- L’avantage de la plaque animée d’un mouvement de rotation est que l’on pourra étudier toutes les poudres, quel que soit le retard d’inflammation dù à leur plus ou moins grande combustibilité ou au mode d’allumage, — quelle que soit leur durée de combustion, car suivant les cas il suffira de faire tourner la plaque [dus ou moins vite. Dans un premier modèle où nous employions une plaque tombant en chute libre, il était très difficile de faire coïncider la chute de la plaque et le départ de l'éclair, et il était impossible d'étudier les éclairs
- d’une durée un peu prolongée.
- Nos expériences ont été faites sur les principales préparations que l’on trouve dans le commerce et qui sont d’un usage courant dans la pratique. L’inflammation était produite électriquement dans la gouttière de M. Rouillaud (de Mâcon). Un fil mince de platine traverse la charge et fond lors du passage du courant. Le tableau p. 185 indique les résultats obtenus.
- La première conclusion de ce travail, c'est que la durée de combustion de l’éclair est loin d’étre aussi rapide qu’on le pensait. Alors que certains fabricants annoncent des vitesses de combustion de 1 /50, 1/80 et même 1/125 de seconde, des enregistrements précis montrent (pie peu de poudres brûlent en moins de 1/20 de seconde, la plupart brûlent entre 1/10 et 1/15 de seconde, d’autres en plus de 1/10 de seconde. Il est vrai que les chiffres trouvés par notre méthode sont trop forts, car dans la pratique la durée d’action utile sur la plaque sensible est évidemment inférieure à la durée totale de combustion de la poudre. Il est assez difficile de déterminer la valeur de la correction à apporter, et même en admettant l'hypothèse de M. le commandant Houdaille, qui pense que la durée d’action utile est d’environ de moitié de la durée de combustion, nous sommes encore loin des chiffres annoncés.
- La réalisation de la photographie instantanée par la production de l’éclair lui-mème n’est, donc pas possible actuellement.
- L’examen des sinusoïdes obtenues, en dehors de l’in-
- g. 1. — Appareil pour la mesure île la combustion de l’éclair magnésique. — 1‘. Claque sensible. — E. Disque monté sur le diapason. — G. Gouttière renfermant la charge de photo-poudre. — G. Interrupteur commandant la marche du moteur.— 11. Rhéostat permettant de faire varier la vitesse de rotation de la plaque. — R. llouton de la mise à feu de la charge.
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- dication delà durée de combustion donne certaines indications précieuses sur la marche dù phénomène.
- TABLEAU DES RÉSULTATS OBTENUS
- DÉSIGNATION DE I.A PlIOTO-POtDBE DUlîÉE DE COMBUSTION
- Poids de la charge EN
- dans chaque expérience, 1 gr. MILLIÈMES DE SECONDE
- Dida (Maison Ruggieri) . . . 200 l soit - de seconde. 5
- Rouillaud (Zirconia n° lr . . 1W) 1 _ _ —
- — ! — n° 2'. . . 50 1
- 20
- Rouillaud Silencieuse) . . . 00 1 — TI ~ t
- Duc 80 — 12 ~ 1 — ¥ ~
- Mairet 200
- Argenlorat.....................100
- Klary.......................... 52
- Lievin.......................... 10
- Flioto-Eelair.................. 61
- Poudre allemande1............... 70
- 1° Variations de l'actinisme. — La trace obtenue montre des variations d’intensité qui correspondent aux variations de, l’actinisme aux divers moments du phénomène. Celui-ci croit en général assez rapidement, atteint un maximum qui est plus ou moins prolongé suivant la composition de la poudre, puis il décroît progressivement. Ces trois périodes varient dans diverses proportions avec
- -----do seconde.
- 10
- _ 1_ _
- ~ 5Ô ~~
- _ 1 _
- ~ Î4 —
- _
- ~ Ï5 ~
- _ I _
- _ Î4 _
- Fig. 2. — Poudre rapide (32/1000 de seconde).
- Fig. 5. — Poudre lente (140/1000 de seconde).
- Fac-similés des enregistrements obtenus avec l’appareil de M. Londe.
- chaque poudre et avec le mode d'inflammation.
- (2° Variations du volume lumineux. — Avec toutes les poudres le foyer lumineux, qui est d’abord un point, s’élargit rapidement pour former une masse lumineuse dont l’importance varie d’après la composition du produit employé.
- 5° Irrégularités de combustion. — Les nombreuses expériences que nous avons faites nous ont prouvé que, dans les préparations du commerce, le mélange des constituants était rarement fait d’une façon assez homogène. De là des différences sensibles dans la durée de combustion et dans la quantité de lumière obtenue.
- 4° Mauvaise conservation des photopoudres. — Les préparations de ce genre s’altèrent assez facilement et il faudra prendre des précautions spéciales pour les conserver, boîtes de fer blanc ou llacons bouchés en liège. Les altérations des photo-poudres se traduisent toujours par une augmentation de la
- durée de combustion et la diminution du pouvoir éclairant.
- 5° Influence de l'augmentation du poids de la charge sur la durée de combustion. — L’augmentation de la quantité de photo-poudre brûlée correspond toujours à une augmentation de la durée de combustion.
- 6° Influence du mode d'inflammation. — Nous avons étudié l’inflitence des divers modes d’inflammation sur une même poudre. Avec l’allumage électrique on obtient la plus grande rapidité de combustion. Avec un détonateur agissant sur une amorce les résultats sont à peu près les mêmes. Par contre, 1 Depuis que nous avons fait ces recherches, une nouvelle poudre préparée par M. d’Osmond et dénommée « Idéal » nous
- 1 ,
- a etc soumise. Sa vitesse de combustion atteint — de se-
- oO
- conde. Elle ne détone pas, tandis que l'échantillon Klary, qui est à peu près aussi rapide, produit un bruit qui en rendrait l'usage assez problématique dans la pratique.
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- LA NATURE.
- il y a un ralentissement très sensible lorsque l'on emploie une simple allumette pour entlammcr la charge (procédé Weiss). Avec la cartouche de papier Bengale et le fil de lulmicoton que nous avons indiqué il y a pas mal d'années, on obtient un résultat qui parait anormal au premier abord, la durée de combustion est en eH'el doublée. Le résultat tient à ce que la charge au lieu cl 'cl re eu las ramassé est sous l'orme de boudin allongé; en ellel, si celle-ci est simplement posée sur le papier Bengale, nous retrouvons la durée de combustion normale de la poudre essayée. Cette dernièreexpérienee prouve d’une façon très nette que la disposition de la charge fait varier également la durée de combustion.
- La charge (mi tas ramassé brûle dans les meilleures conditions de rapidité; si elle est plus ou moins étalée la durée de combustion augmentera. De toutes ces expériences il ressort : 1° (pie la durée de l’éclair maguésique est très appréciable contrairement à ce que l’on admettait généralement ; 2° que cette durée de combustion est soumise à de nombreuses causes de variation.
- Les efforts des chercheurs devront tendre tout d'abord à constituer des mélanges éclairants présentant plus de régularité dans la pratique ; puis à diminuer la durée de combustion de certaines préparations qui, à cause de leur lenteur, ne sauraient convenir pour l’obtention du portrait à la lumière artificielle. Albert Loxde.
- LE BOOMARANG
- Tout le monde a entendu parler du boomarang, cette arme australienne qui revient d’elle-même tomber aux pieds de celui qui l’a lancée. On se figure généralement (pie ce fait provient de l’adresse extraordinaire des sauvages, et d’une sorte de tour de main mystérieux dont aucun Européen n’a pu surprendre le secret. En réalité il n’en est rien, et les évolutions du boomarang dans les airs dépendent bien plus de sa construction que de l’adresse du lanceur ; celui-ci ne fait que donner à l’instrument une direction déterminée sans lui imprimer au départ de mouvement particulier.
- C’est du moins à ce résultat que m’ont conduit des expériences que j’ai faites autrefois sur la construction et le lancement de ces curieux engins. J’ai trouvé ainsi que la face inférieure du boomarang doit être absolument plane et j’ai déterminé empiriquement la meilleure forme de la convexité de l’autre face; j’ai reconnu que le boomarang ne doit pas peser plus de 150 grammes pour une longueur de 00 centimètres environ, et que ses tranchants ne doivent pas être trop aigus. En pareil instrument lancé horizontalement et de telle sorte (pie son plan de rotation soit presque vertical, décrit un cercle dont la grandeur étonne, revient passer à plusieurs mètres au-dessus du lanceur pour décrire en arrière de celui-ci et en sens inverse un ou plusieurs autres cercles plus petits.
- La nature des courbes parcourues dépend de la direction et de l’inclinaison du boomarang; la plus simple qu’on puisse exécuter s’obtient en donnant à l’arme une impulsion assez faible, mais un mouvement giratoire très rapide, de telle sorte que, par suite de la persistance de
- l’axe de rotation, le plan du boomarang garde pendant tout le trajet la même direction. Dans ce cas, si on suppose que la force due à la résistance de l’air et normale à ce plan est proportionnelle à la projection de la vitesse sur la normale au plan de rotation, on peut intégrer complètement les équations du mouvement. La projection de la trajectoire sur le plan de rotation est une parabole.
- En général, le plan de rotation ne reste pas parallèle à lui-même, le boomarang se comporte comme un giro-scope et les forces dues à la résistance de l’air font varier la direction de ce plan et par suite l’allure de la courbe; mais il est sans intérêt de chercher à intégrer dans le cas général les équations du mouvement, car on ne peut envisager (pie le cas d’un disque sans épaisseur, tandis qu’on réalité le mouvement peut être modifié du tout au tout par l’inlluence des tranchants, l’épaisseur, et même le degré (liftèrent de rugosité des deux faces.
- Je crois avoir suffisamment montré qu’il faut renoncer à voir dans le lancement du boomarang la manifestation d’une puissance mystérieuse et d’une adresse inexplicable. Le n’est qu’un exercice de force et d’adresse à la portée de tous et qui devrait prendre sa place à coté du lancement du disque parmi nos sports athlétiques.
- Pierre Salet
- LA DÉSODORISATION ET LA PURIFICATION
- UES PÉTROLES SERVAXT A l'ÉC.LATRA(ïE
- Le pétrole est certainement un des corps les plus utiles à notre époque, il est même devenu depuis vingt ans un article de première nécessité, car l’immense majorité des hommes civilisés ne jouit ni de l’éclairage à l’électricité, ni même de l’éclairage au gaz et ne veut plus des fumeuses et ennuyeuses lampes à huile de colza. Nous ferons remarquer que le pétrole brut qui constitue une véritable mer souterraine en Pensylvanie ne contient pas seulement des huiles minérales lampantes (pétroles raffinés), mais aussi l’éther et l’essence, qui sont plus légers que ces huiles, et de nombreux produits de densités plus élevées tels que les oléonaphtes, les valvolines, les pétrocènes, les paraffines, les vaselines et les cires qui servent au graissage des machines, à la fabrication des bougies, des pommades parfumées, des onguents pharmaceutiques et des biscuits, et d’une façon générale se substituent avantageusement aux huiles végétales et aux graisses minérales.
- Malheureusement le pétrole sent très mauvais, quelle (pie soit sa provenance; le pétrole russe, dont nous usons beaucoup en France, sent plus mauvais encore que le pétrole américain. La rectification par distillation influe peu sur l’odeur et diminue souvent le pouvoir éclairant ; nous devrons donc, dans le cas particulier des huiles lampantes, négliger l’influence de la couleur et de la limpidité pour chercher uniquement à supprimer les exhalaisons puantes et les hases pyriques qui émettent des vapeurs dangereuses. l)u reste la plupart des procédés que nous indiquons sont basés sur des réactions qui détruisent aussi les matières colorantes et on obtient à la fois une décoloration partielle et la désodorisation.
- Le simple particulier qui veut éviter l’odeur du pétrole dans son appartement peut chercher à la remplacer par un parfum agréable émanant d’une substance volatile. Il obtiendra facilement ce résultat en ajoutant à l’huile minérale contenue dans sa lampe 15 grammes environ d’acétate d’amyle; mais les substances très aromatiques sont, très souvent, d’un prix élevé et leur adjonction au
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- pétrole ne saurait constituer une solution industrielle.
- On indique dans les manuels pratiques deux méthodes de désodorisation que je trouve soit trop onéreuses, soit d’une application difficile. La première consiste dans de nombreux traitements de la matière par du chlorure de zinc anhvdre : on emploie environ ô kg de chlorure de zinc pour 100 kg de pétrole et on agite le mélange pendant une heure (il faut souvent recommencer trois ou quatre fois cette opération) ; lorsque le pétrole est parfaitement inodore, on ajoute 00 à 80 litres d’eau, on agite à nouveau et on décante.
- On obtient {dus vite des résultats plus concluants par la deuxième méthode, basée sur les actions de l’acide sulfurique et du permanganate, mais il faut alors prendre de multiples précautions pour éviter un bouillonnement de la masse et une trop grande élévation de sa température. L’acide sulfurique décompose le permanganate de potassium en mettant en liberté 4 atomes d’oxygène et un peu d’ozone, le mélange de ces deux corps constitue donc un oxydant très énergique ; ayant constaté qu’il donnait de bons résultats dans la question qui nous occupe, on a cherché à le remplacer par un courant d’air ozonisé, par de l’eau oxygénée et par du peroxyde de sodium, mais ces essais ont été infructeux.
- Villon a publié un procédé assez compliqué pour obtenir le blanchiment et la désodorisation des huiles minérales de densité 0,850 à 0,800, intermédiaires entre les huiles lampantes et les oléonaphtes ou huiles lubrifiantes; il est certain que son système s’applique aussi aux pétroles d’éclairage et aux essences, il consiste essentiellement dans des traitements simultanés :
- 1° Par l’acide sulfurique, 10 pour 100 en poids.
- 2° Par la soude caustique jusqu’à neutralisation.
- 5° Parle chlorure de zinc anhydre, 4 à 5 pour 100.
- 4° Par l'hypochlorite de sodium, 2 pour 100 environ.
- On agite et on lave après chaque traitement, on fait jtasser enfin au travers de la masse un courant de vapeur d’eau à 100°. L’huile incolore obtenue ainsi est destinée le jilus souvent à la fabrication de la vaseline artificielle; il suffit alors de la chauffer jusqu’à 88° environ et de la mélanger à son poids de paraffine fondue, en ayant soin d’agiter pendant le refroidissement de manière à éviter que le mélange ne se dissocie.
- M. Charles Henry a indiqué une méthode de désodorisation des pétroles qui est rapide et bon marché, par conséquent très pratique ; elle m’a donné entière satisfaction toutes les fois que je l’ai appliquée. Si on opère sur 100 kg de pétrole on ajoutera 20 kg d’eau, 1ks,5fi0 de massicot ou oxyde de plomb et 0 kg de potasse caustique, on agitera {tendant une heure environ et on décantera ; l’huile minérale ainsi traitée sera rigoureusement inodore. On peut réaliser une économie en remplaçant la potasse caustique par un poids un peu plus élevé de potasse d’Amérique ou même de carbonate de sodium anhydre.
- Je dirai enfin qu’on peut obtenir des essences incolores et inodores, très riches en produits combustibles, par des méthodes de filtration inconnues ou peu connues que j’indiquerai ultérieurement. Il semble indispensable de résoudre cette question importante de l’industrie du pétrole, la suppression de l’odeur. On supporte encore assez facilement les faibles émanations qui proviennent d’une lampe, mais on souffre réellement de l’aspiration des vapeurs odorantes et irritantes qui s'échappent des voitures à pétrole et constituent un éternel sujet de réclamations pour les ennemis acharnés de l’automobilisme.
- Joseph Girard.
- —><>«—
- AUTOMOBILE ANGLAISE
- DE CHEMINS DE FER
- En même temps que les Compagnies françaises, les Compagnies anglaises de chemins de fer se préoccupent de recourir à des wagons automobiles, à des automobiles sur voie de fer, {mur créer des convois do faible capacité, suffisants à assurer le trafic des voyageurs soit sur les petites lignes, soit sur les sections des grandes lignes où la circulation est peu intense.
- Nous pouvons dès maintenant mettre sous les yeux du lecteur la première automobile du genre, achevée pour le compte de la South Western Haihvay C", et qui va circuler entre Fralton et Soulhsea, sur la ligne appelée « South Western and South coast Joint line ». La caisse de celte voilure, qui est fort longue, est portée sur un châssis en fers en U, dont la longueur totale est de 17”,fit); elle repose sur deux bogies à quatre roues. On aperçoit à l’avant la chaudière verticale assurant la commande de la machine, elle renferme des tubes verticaux et transversaux. La machine de propulsion même a ses cvlindres inclinés, et les tiges des pistons agissent directement sur des manivelles calées sur les roues avant. On
- L’autoniohilc du « South Western R y ».
- a évité les accouplements élastiques pour passage de vapeur en montant chaudière et cylindres sur un même châssis. Ces derniers ont 177 millimètres de diamètre pour 254 de course. L’empattement des roues du bogie est de 2m,4(). On voit que le mécanicien est parfaitement à l’abri dans sa cabine.
- Quant à la partie de l’automobile formant le train proprement dit, elle comprend un compartiment de 1" classe pour 10 personnes, })uis un compartiment de 5e classe pour 22 (la seconde classe tend à disparaître en Angleterre). Le premier petit compartiment qu’on aperçoit immédiatement après la cabine du mécanicien, et à l’avant par conséquent du véhicule, est réservé aux bagages et au conducteur. On peut monter dans le xvagon par les deux extrémités, et de chaque côté naturellement.
- P- DE M*
- L’ART DE LA SERRURERIE
- Depuis quelques années l’art de la serrurerie, ou plutôt de la charpente en fer, a pris un développement extraordinaire ; les travaux que l’on est arrivé à effectuer à l’aide de pièces métalliques, atteignent une proportion gigantesque et il semble même que l’on ne puisse attribuer une limite au développement de cette industrie. Toutefois, si nous faisons grand, pouvons-nous nous vanter également de faire bien et surtout de créer des objets artistiques capables de lutter avec les productions que nous ont laissées les siècles passés?
- Certes, il faut établir une distinction entre les œuvres de nos ferronniers modernes qui sont passés
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- LA NATURE.
- maîtres dans l'art de ciseler le fer et de le repousser au marteau. Un est arrivé, en effet, à une perfection qui se rapproche plus des délicates pièces d’orfèvrerie ({ue du travail du fer proprement dit.
- Il y a quelques années tout le monde a pu admirer,
- au Musée des Arts Décoratifs, ce départ de rampe orné d'une tète de bélier qui avait été exécuté pour le Château de Chantilly. Cette œuvre d’art merveilleuse revenait, parait-il, à cinq mille francs le mètre courant. Outre la difficulté de trouver des artistes
- capables d’exécuter de pareils chefs-d'œuvre, il est peu de fortunes qui puissent se permettre d’encourager les arts du métal d’une-manière aussi onéreuse
- pour leur bourse. Bon pour Chantilly! mais ailleurs, on ne le pourra pas souvent.
- Ce qui est perdu maintenant, c’est l’initiative per-
- Fig. 3.
- Serrure de coffre avec son moraillon figurant saint Sébastien.
- Fig. 1.
- Tète eu fer repoussé au marteau.
- sonnelle à chaque artisan, qui le rendait susceptible de donner un « cachet artistique » à chacune des pièces sortant de ses mains. Les anciens ouvriers trouvaient le moyen, à l’aide d’un habile agencement, de produire un effet décoratif charmant avec un travail d’une exécution facile. Nous donnons ici (fig. 1 et 2), comme
- exemple, ces curieuses couronnes servant autrefois à suspendre les quartiers de viande ; elles sont d’un profil intéressant, et toute leur ornementation peut être exécutée à la forge et au ciseau. Nos artistes modernes pourraient y voir de bons modèles pour la composition des lustres et. autres appareils servant pour l’éclairage.
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- Pendant le dernier siècle on se préoccupait de donner aux objets usuels une forme et une décoration qui se rapportassent le plus exactement possible
- à l’usage auquel ils étaient destinés. Qu’y avait-il, en effet, de plus charmant que ces coffrets gothiques destinés à contenir le trésor de leurs propriétaires,
- Fig. b. — Couronnement d'une grille du xvii« siècle, disposé en grille de cheminée.
- ils ressemblaient à de véritables forteresses toutes hérissées de contreforts et munies de fenestrages analogues à des meurtrières garnies de défenseurs prêts à repousser les attaques de ceux qui chercheraient à venir s'emparer de leur précieux contenu (lig. 6).
- C’est dans le même esprit qu’a été comprise cette serrure de coffre (fig. o), dont le moraillon est formé d’une figure de saint Sébastien. Debout sous son dais, il protège l’entrée de la serrure masquée par une petite porte surmontée d’ une couronne lleurdelisée.
- Ce genre de serrure était très en vogue au Moyen Age, et il a été longtemps proposé comme épreuve aux jeunes compagnons qui aspiraient à acquérir la maîtrise pour pouvoir tenir boutique et ouvroir en la bonne ville de Paris.
- La plupart des travaux des serruriers ont un but
- d’utilité où la partie ornée n’est que l’accessoire; quelques artistes, on pourrait dire quelques virtuoses du marteau, ont voulu prouver que si ingrate que
- fut la matière, elle n’avait cependant rien à refuser à ceux qui savaient la travailler : telle est cette magnifique tête en fer repoussé au marteau, qui est un véritable haut-relief ayant autant de caractère que l’une des plus belles œuvres exécutées en marbre par les sculpteurs italiens (fig. 4). Ce travail est un véritable tour de force exécuté par un habile ouvrier ; mais il faudrait bien se garder de voir là un chef-d’œuvre de maîtrise, car on ne saurait trop répéter que ces travaux, exécutés par des jeunes gens de 20 à 25 ans, rentraient toujours dans la même catégorie d’ouvrages et représentaient, toutes proportions gardées, ce que pourrait être, si l’on veut, le discours
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- LA NATURE.
- français d'un jeune homme aspirant au titre toujours tant désiré de bachelier.
- Depuis quelques années le goût des collections a pris un essor considérable et maintenant tout le monde recherche, souvent même un peu à tort et à travers, les vestiges du passé. Pour rendre plus précieux les objets que nous ont légués nos ancêtres, il est intéressant de les utiliser sans les déformer ni en changer le caractère. Nous signalerons volontiers l’intéressante adaptation que l'on a fait d'un couronnement de grille du xvne siècle pour en faire une grille de cheminée (lig. b). Quelques esprits chagrins trouveront peut-être qu'il y a là un sacrilège; mais nous [(référons voir dans l'utilisation de ce fragment de serrurerie un véritable sauvetage qui a été opéré, car sa transformation lui a peut-être évité d’être honteusement jeté dans le tombereau des vieilles ferrailles destinées à alimenter les modernes hauts fourneaux, pour revenir ensuite dans notre capitale sous forme de poutre destinée à l’édification de quelque gigantesque construction métallique.
- llcMiv-Ui .xé ié Aliæmac.xk.
- CHRONIQUE
- La catastrophe du Métropolitain. — Dans une installation électrique quelconque, l’accident le plus grave à éviter principalement est le court-circuit, c’est-à-dire la mise eu contact direct ou par une très faible résistance des deux câbles venant d’une source d’énergie électrique et présentant entre eux une différence de potentiel [dus ou moins élevée. Dans l’industrie, ou a [iris de grandes précautions pour éviter les courts-circuits, et l’on emploie des « coupe-circuits » ou appareils qui ont pour but de couper un circuit dès qu’une intensité de courant supérieure à l’intensité normale vient à traverser ce circuit ; ces coupe-circuits agissent soit par la fusion de plombs disposés à cet effet (coupe-circuits fusibles), soit par la manœuvre magnétique d’un électro-aimant. Ils sont automatiques ; mais il est bien recommandé à tout électricien de supprimer immédiatement tout circuit dans lequel se trouve un court-circuit pour quelque cause que ce soit. Toutes ces précautions semblaient avoir été [irises dans les voitures du chemin de fer métropolitain, et en donnant la description de la ligne n° 2 du Métropolitain1 nous trouvions dans les voitures motrices, en dehors des deux moteurs de lit) chevaux, et des quatre frotteurs de prise de courant, un contrôleur à soufflage magnétique, un disjoncteur automatique, un plomb fusible à soufflage magnétique, etc. Malgré toutes ces dispositions, il arrivait souvent des courts-circuits, pour des causes diverses el peut-être aussi en raison de la tension de 550 volts. Mais des instructions formelles avaient été données à cet égard au personnel, et une voiture dans laquelle arrivait un accident de ce genre pouvait être immédiatement garée, mise hors service, et il n’en résultait aucune grave conséquence. Ces instructions n'étaient pas toujours suivies à la lettre, et nous avons pu voir, en plusieurs circonstances, fonctionner pendant quelque temps des voitures dans lesquelles un court-circuit s’était produit. C’est malheureusement ce qui est arrivé le lundi 9 août. Dans une voiture motrice a eu lieu un court-circuit; les précautions essentielles
- 1 Voy. n° 1545 du 20 décembre 1002, p. 55.
- n’ayant pas été prises immédiatement, le feu s’est communiqué à la voiture qui a brûlé. Le foyer, formé de bois combustible par excellence, s’est développé, a fourni de la fumée en quantité, de l’oxyde de carbone, etc., et a asphyxié les voyageurs qui se précipitaient vers les portes de sortie. A ce moment, il eût été nécessaire d’assurer partout l’éclairage: au contraire tout était éteint. D’après les premiers renseignements, il semble que la catastrophe puisse être attribuée surtout à des négligences dans l’exploitation.
- Radium et hélium. — A la Société royale de Londres, lady et sir William Hugyins ont annoncé un fait bien important s’il se confirme. Et sir William Ramsay est d’avis qu’il est parfaitement exact. Le radium par désagrégation atomique engendrerait l’hélium, ce métal abondant dans le soleil et si peu répandu sur terre qu’on ne le rencontre guère que mêlé à l’argon dans certaines sources minérales. Le spectre du radium donne huit raies caractéristiques et sur les huit, il en est cinq qui appartiennent aussi à l’hélium. Le radium est décidément un métal bien singulier.
- Le spinthariscope. — 11 s’agit d’une sorte de jietite lunette combinée par sir William Crookes pour montrer les émanations du radium. Lue loupe, une lamelle métallique supportant un sel de radium et au bout une mince lame de sulfure de zinc. En mettant l’œil à la lunette dans l’obscurité, on voit apparaître sur le sulfure de zinc une multitude de points brillants; on dirait d’un pétillement d’étincelles. Sir William Crookes pense que ces petites apparitions lumineuses sont dues à des atomes de radium qui viennent bombarder le sulfure de zinc phosphorescent. Pour la première fois, s’il n’y a pas illusion, l’œil pourrait saisir les émanations du radium. MM. Crookes et Dewar ont observé qui1 même au delà de 200° de froid, dans l’hydrogène liquéfié, on distingue très bien le bombardement lumineux du radium.
- LTn usage industriel du Catalpa. — Le renouvellement des poteaux télégraphiques et aussi la pose des poteaux supportant les lignes aériennes des tramways à trolley, entraînent aux États-Unis une consommation particulièrement intense de pins et de cèdres, car on ne recourt guère dans la Confédération américaine aux poteaux métalliques, tout au moins pour la suspension des fils de trolley. Aussi est-on en droit de craindre avant peu l’épuisement de ces deux essences d’arbres dans les forets de l'Amérique du Nord. C’est pourquoi l’on songe à se servir du catalpa, qui se trouve en abondance dans une grande partie des Etats-Unis, qui pousse très droit, et atteint la hauteur voulue pour cette application en 16 à 18 ans, tandis que le pin et le cèdre demandent deux fois [dus de temps.
- Les cerfs-volants d'observation dans la marine anglaise. — Le colonel S. F. Cody poursuit en ce moment des essais avec son cerf-volant aéroplane, [tour le compte de la marine de guerre anglaise, afin de voir s’il ne peut pas rendre d’utiles services à la mer, en remplaçant les ballons captifs, et en permettant d’observer au loin la marche de l’ennemi. Il faut se rappeler que l’expérimentateur est parvenu à s’élever à une hauteur de près de 200 mètres avec cet aéroplane, et sans que la machine montrât aucune de ces oscillations si fréquentes avec les ballons captifs, et si gênantes pour les observations. On estime que la stabilité de l’instrument sera encore bien plus grande, par suite de la résistance de l’air, quand il sera remorqué par un navire.
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- Lue nouvelle usine éleetrique an Niagara. —
- Elle va être installée par la Compagnie dite Toronto and Niagara Power G0, et un peu au-dessus de l’emplacement de la Canadian Niagara Power C°. Elle nécessitera le creusement d un tunnel de plus de (350 mètres de long et qui, avec une hauteur de 7m,62 et une largeur déplus de 0 mètres, assurera une puissance disponible de quelque 125 000 chevaux.
- I,a lutte contre les incendies de forêts aux Âitats-L'nis. Nous avons eu l’occasion de dire combien sont fréquents aux États-Unis les incendies des forêts ; ils causent des pertes qu’on évalue entre 125 et 250 millions de francs suivant les années. Pour essayer de lutter contre cette véritable calamite périodique, le Bureau des Forêts du Ministère de l’Agriculture vient d’envoyer toute une série d inspecteurs sur les lieux où se produisent le plus souvent ces ravages, afin de constater sur place, et au début du sinistre, comment il naît, comment il se propage, etc., et aussi comment on pourrait l’éviter, le prévenir ou lutter contre son extension. Actuellement il il y a que les États de New-York, de Pensvlvanie et de Minnesota qui possèdent une législation sur la matière, et a la suite de cette enquête, on prendra sans doute des mesures législatives dans tous les États de la Confédération.
- L avenir «le la machine à vapeur. — Le professeur Ihurstou, qui est une autorité en matière de machine à vapeur, estime que cet engin a trouvé aujour-d hui un rival bien redoutable dans le moteur à gaz ; il semble que les progrès du moteur à vapeur vont se ralentir considérablement a l’heure actuelle, à moins qu’on ne fasse porter les perfectionnements sur l’élévation de la pression combinée avec la surchauffe. On a déjà eu îecours, dans le laboratoire du Sibley College à une pression de 70 kilogrammes, mais le savant américain est convaincu que l’on pourra arriver pratiquement, et avec des précautions spéciales, à un chiffre deux fois plus élevé. Cela accroîtrait le rendement de 50 pour 100, avec une consommation de charbon qui ne dépasserait point 540 grammes par cheval-heure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 août 1903. — Présidence de M. A. Gacdry.
- Les particularités des tirs contre la grele. — M. Yiollt adresse une Note sur les phénomènes aérodynamiques qu se produisent lors du tir des canons paragréles. On enteiu nettement un siltlement qui, dans la croyance populaire annonce la dissociation des nuoes à grele. Celte particu lai'ité présente de I analogie avec certains faits qui ont éh signalés dans les dernières séances et qui concernent b mouvement des projectiles. M. De rf lie lot observe que d après les expériences de M. Cornu, il y a, dans les tir contre la grele, deux phénomènes à considérer : 1° 1; projection de la couronne; 2" la projection d’une mass< gazeuse qui dépassé beaucoup la couronne et dont l’exi stence se manifeste par des effets mécaniques. Il v a dom glissement d une masse de gaz au travers d’une autn masse gazeuse. Le cas est assez fréquent; il s’est produi dans l éruption de la .Martinique, lors du parcours aériei des nuées ardentes; on l’a plus récemment observé lor: de la propagation de la fumée dans les galeries du Métro politain.
- La conférence de VAssociation géodésie]ne en 1905. M. Darboux fait connaître à l’Académie l’objet des travaux de la conférence de l’Association géodésique inter-
- nationale tenue à Copenhague, du 4 au 15 août courant. Les délégués français étaient MM. Bouquet de la Grye, Darboux, Poincaré, le général Bassot, ex-directeur du Service géographique de l’armée, membres de l’Institut, le commandant Bourgeois, chef de la Section de géodésie du Service géographique de l’armée ; l’ingénieur en chef des mines Lallemand, directeur du Nivellement général de la France. M. le général Bassot a été élu président de l’Association, occupant ainsi la place qui avait été dévolue à M. Paye. Le délégué suédois a fait connaître l’état des opérations de mesure d’un arc méridien au Spitzberg. Ces opérations, poursuivies au milieu des plus grandes difficultés par les savants russes et suédois, fourniront l’are méridien situé le plus près du pôle. Le délégué anglais a pu annoncer que le projet de mesure d’un arc de méridien se terminant au Cap de Bonne-Espérance et s’étendant jusqu’au parallèle du Caire est entré dans la phase de. réalisation. Cette grande œuvre, conçue par M. Gill, directeur de l’observatoire du Cap, fournira un arc de 64° partagé à jieu près en deux parties égales par l'équateur. La conférence a entendu ensuite la lecture du rapport deM. Poincaré sur les opérations de la mesure de l’arc de Quito; elle s’est associée aux conclusions de ce rapport et a volé des remerciements à l’Académie au sujet de la tâche qu’elle a assumée en se chargeant de faire exécuter une telle opération. I n appareil dù à M. Drieu-court et dénommé astrolabe à prisme a été en outre présenté par les délégués français. Cet appareil a excité le plus haut intérêt; il permet de déterminer en une seule soirée la latitude avec une précision de 15 de seconde d’arc, sans qu’il soit nécessaire de placer l’instrument sur un pilier monolithe solidement fondé dans le sol.
- La comète de juillet 1905. — M. Deslandres présente une Note sur les particularités que l’analyse spectrale a révélées au sujet de la dernière comète découverte en 1905. Cette comète a été visible à l’œil nu, mais le mauvais temps en a gêné l’observation. Néanmoins on a réussi à photographier son spectre à l’Observatoire de Meudon. Ce spectre est identique à celui des 9 10 des comètes; il présente les bandes des hydrocarbures et de l’acide cyanhydrique. Eu examinant certains détails du spectre qui ne se produisent que lorsque les hydrocarbures et l’acide cyanhydrique sont illuminés par l’électricité, M. Deslandres conclut que la comète est éclairée par l’électricité, mais faiblement. D’autres particularités lui fournissent une vérification expérimentale de l’hypothèse faite relativement à l’existence d’une force répulsive du soleil sur les comètes. Enfin, le spectroseope a pu être utilisé pour déceler l’existence d’un mouvement de rotation de la comète autour de la droite qui la joint au soleil.
- ________ Gu. DU VlLLUDEl IL.
- m F0IU1E RAKE ME IA MANDE PRÈLE
- Les Ialuns des environs de Bordeaux sont exploités pour fournir ce calcaire Immidc et poreux donl la ville est conslruile. Lorsque la carrière a élé abandonnée, il reste une longue fosse comprise entre l’ancien front de Iaille et la masse des débris rejetés en arrière. Généralement ces fosses renferment de l’eau, au moins au printemps, et toute la llore des marais y prospère. C’est dans l’une d’elles que j’ai trouvé, au milieu de centaines de pieds normaux d'Eejiiiselum maximum Lam., un certain nombre de-pieds présentant des anomalies. Il s’agit
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- LA NATURE.
- de la tige fertile, qui apparaît vers le mois d’avril, longtemps avant les tiges stériles. Comme on sait, elle n’est pas ramifiée et porte un épi simple formé de verticilles de sporanges (n° 1 de la figure). Sur de très rares échantillons du gisement en question (n° 2), la tige est courbée deux fois à angle droit, comme si, en sortant du sol, elle avait rencontré un obstacle, qui l’aurait déviée dans sa croissance. Mais ce n’est pas là l'anomalie principale sur laquelle je veux attirer l’attention.
- Sur un nombre relativement considérable de pieds (j’ai pu en compter une trentaine), l’épi est digité, c’est-à-dire que, simple à la base il se divise au sommet en épis plus petits. Il v eu a le plus souvent b ou 6, mais leur nombre peut s’élever jusqu’à 8 ou se réduire à 4. Ils partent en général à peu près du même niveau. Mais dans quelques cas le mode de ramification est plus complexe : il naît de l’épi un rameau d’abord simple (pii se bifurque bientôt en deux épil-lets; tandis que d’autres épillets s’insèrent directement sur l’épi à côté du ou des rameaux bifur-qués. Tous portent, comme l’épi principal, des sporanges disposés en verticilles.
- (Juand les épillets sont serrés les uns contre les autres (u° 9 de la figure), l’anomalie est peu apparente, mais la plupart du temps au lieu de continuer la direction de la tige, ils divergent plus ou moins ou même se recourbent en bas (n° 10). Enfin, il est important de noter que la forme paraît fixée : j’ai visité le gisement en 1902 et 1905 et chaque fois j’ai trouvé les mêmes anomalies. En revanche, je n’ai rien constaté de spécial sur les tiges stériles.
- La première idée qui vient à l’esprit est qu’il s’agit d’une malformation d’origine parasitaire : le sommet de l’épi détruit par un parasite repousserait à l’état multiple à peu près de la même façon que les membres des Batraciens se dédoublent parfois après amputation. Mais M. Giard, préparateur à la Faculté des sciences de Bordeaux, qui a bien voulu se charger de l’examen microscopique de quelques Equisetum n’a rien trouvé qui puisse faire penser à l’intervention d'un parasite. L’excellent « Catalogue des Zoocécidies », de Darboux et Houard, ne renferme rien pour les Prêles, et les cécidies indiquées pour les Fougères n’ont aucun rapport avec la mal-
- formation en question. Enfin, la persistance de la variété d’une année à l’autre paraît bien indiquer qu’il s'agit d'une forme nouvelle. Je propose pour elle la dénomination de Equisetum maximum, forme digitatum.
- Cette anomalie parait être extrêmement rare. Cependant M. Giard m'écrit qu'il l’a trouvée autrefois aux environs de Paris, à Beauehamp. Elle était accompagnée d’autres cas tératologiques : tiges stériles terminées par des épis. Il serait intéressant de savoir si ces formes anormales ont persisté à l’endroit où elles ont été observées.
- Les Fougères ont parfois leurs frondes ramifiées et on a aussi cru devoir attribuer cette anomalie à des parasites. Mais M. Olivier fait observer que dans les localités où les Fougères sont communes, ce parasite, purement hypothétique d'ailleurs, devrait l’être aussi. L’anomalie devrait être
- fréquente et se rencontrer aussi souvent que les autres déformations végétales produites incontestablement par des Insectes, les diverses galles par exemple. Mais tel n’est pas le cas, ce n’est que très rarement qu’on peut observer ces frondaisons irrégulières : certaines localités où les Fougères sont très communes en sont entièrement dépour-vues. M. de Ber-gevin pense au contraire qu’il y a un besoin inné de division résultant d’une force interne et purement physiologique. C’est à cette hypothèse que nous nous arrêterons. Dans le cas des Fougères, comme dans celui qui nous occupe, il s’agit de variations dont la cause nous échappe, mais qui sont susceptibles de donner naissance à des espèces nouvelles ou tout au moins à des variétés locales.
- Il n'en est pas de même dans le cas décrit par Meigen : chez un Equisetum limosum, le sommet ayant été brisé, les rameaux latéraux s’étaient hypertrophiés; chacun se terminait par un épi, dont il y avait en tout 46, disposés en corymbe. Cette malformation d'origine traumatique était intéressante à rapprocher du cas décrit plus haut où il s’agit très certainement d'une variété nouvelle en train de se fixer. I)1 L. Laloy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Formes rares de la grande prêle.
- Caris. — Imprimerie L-uiriir., rue de Fleurus, 3-
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- N« 1579. — 29 AOÛT 1905.
- LA NATURE.
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- LE TROIS-MATS AUXILIAIRE « LE FRANÇAIS »
- À la suite de la campagne de la Bel g ica, en Allemagne, en Angleterre et en Suède, des expéditions ont été organisées pour étudier les régions antarctiques. Depuis les célèbres voyages de Dumont d’Urville,
- aucune mission française ne s’est aventurée dans les mers polaires du Sud, alors qu'il y a de longues années les navires français s’y étaient fréquemment montrés. Frappé de cette émulation des savants
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du « Fiançais ».
- étrangers et de l’abstention de la France, M. Charcot pensa, il y a peu de mois, à organiser une expédition française qui contribuerait aux études de
- F Antarctique et rechercherait, de concert avec les missions suédoise et argentine, Nordjenskiold et ses compagnons actuellement perdus dans le Sud.
- Cabine
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- Table
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- Armoire
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- Fjn. 2. — Aménagements intérieurs.
- Payant largement de sa fortune personnelle et secondé par la presse, M. Charcot a fait construire un trois-mâts goélette à vapeur, le Français.
- La coque, en bois, a été édifiée en cinq mois à Saint-Malo, sur les plans de M. Gauthier; l’aspect général extérieur rappelle d’une manière presque complète la silhouette des navires armés pour la pèche à la morue par les ports de Saint-Malo et de Fécamp.
- 31e arnit'c. — 2e semestre.
- Un doublage en bois à la llottaison, une étrave en bronze à l’avant défendent l’extérieur du navire contre les glaces.
- La charpente intérieure est extrêmement puissante; à l’avant l’épaisseur des bois atteint 70 centimètres, tandis qu’elle est encore de 50 cenlimètrès dans les autres parties du bateau. D’autre part, un système de liaisons transversales très robustes a été
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- étudié pour permettre à la coque de résister aux formidables pressions des glaces.
- Les dimensions générales du Français sont relativement faibles quand on songe aux longues traversées qu'il est appelé à accomplir, mais ces petites dimensions sont imposées par la nécessité de manœuvrer facilement le navire dans des chenaux étroits et encombrés d’obstacles.
- La longueur à la flottaison est de 52 mètres, la largeur extrême atteint 7m,ri0, et le tirant d’eau en charge est de 4'”, 10 à l’arrière.
- Le plan général que nous reproduisons permet de voir combien un espace aussi restreint a été bien utilisé. A l’extrême avant sont logés les hommes d’équipage, le patron, le chef mécanicien et le cuisinier, puis une large tranche du navire est divisée en deux soutes pour les provisions et le charbon.
- Vers l’arrière se trouve immédiatement la chambre des machines et chaudières entourée latéralement de deux soutes à charbon. Dans l’ensemble des machines tout a été étudié avec h* plus grand soin pour donner aux appareils le moins d’encombrement possible ; aussi trouve-t-on à l'arrière des logements relativement vastes pour l’état-major et des soutes pour les provisions. Ces logements sont groupés sous une vaste dunette; sur un carré central s’ouvrent cinq cabines, une salle de bains et l’office. La descente est à l’arrière, et, de chat pie côté de celle-ci, se trouvent deux chambres, dont l'une communique avec un petit salon.
- Enfin, à l’extrême arrière, on a placé les water-closets, un grand cabinet de photographie et la soute à voiles. Comme complément à ces aménagements, un grand roof a été élevé sur le pont pour abriter le laboratoire et la cuisine.
- Pour éviter les variations de température, les parois des chambres et du laboratoire ont été garnies de revêtements en feutre épais et des poêles ont été cà et là disposés [tour assurer un chauffage convenable. La nécessité de consommer le moins de charbon possible, le pou de place dont on disposait, n’a pas permis l’installation d’une chaudière auxiliaire qui aurait fourni l’énergie nécessaire an chauffage1 à vapeur et à l’éclairage électrique.
- Le Français est gréé en trois-màls goélette, la mâture est peu élevée, et les voiles sont disposées pour être facilement manœuvrées par un équipage réduit. Uncanot à vapeur, un grand canot de sauvetage, une baleinière et un youyou forment un ensemble d’embarcations qui seront d'un grand secours en cas de danger. La machine principale, d'une puissance de !200 chevaux, est eoinpouud, et donne au Français une vitesse de 7 nœuds de moyenne sans forcer la marche. Cette allure est largement suffisante pour un navire auxiliaire ; elle semblait même difficile à atteindre avec les formes très grosses de la coque et le fardage de la mâture. Les cylindres mesurent respectivement 520ni,n, 520inm de diamètre et 580mn* de course; le nombre de tours ne doit pas dépasser 200 et la pression est réglée en route ordinaire
- à 10 kg, bien que les chaudières soient timbrées à 15 kg, eu prévision d’un effort momentané considérable à donner dans les glaces.
- Cette machine est alimentée par 2 chaudières Turgan déjà décrites ici1, chaque chaudière mesure 55 mètres carrés de surface de chauffe et peut donner de 1200 à 1000 kg de vapeur suivant le tirage, fies chaudières ont été choisies potir leur faible poids et leur faible encombrement, en même temps que pour leur rapidité de mise en pression. Une demi-heure suffît pour appareiller après l’allumage, et cette faculté était très importante à obtenir pour les manœuvres dans les mers polaires. D’ailleurs, il a été prévu 2 chaudières pour pouvoir ne pas arrêter même en cas d’avaries à l’une d’elles.
- Un condenseur indépendant avec turbine, un petit cheval alimentaire, un houilleur pour distiller l'eau de mer complètent l'ensemble des machines qui ont été fournies par MM. Turgan-Eoy.
- Un dispositif spécial permet de désemparer l'hélice de la ligne d’arbre et de la remonter sur le pont, soit pour éviter de la briser dans la glace, soit pour procéder à son remplacement en cas d’avaries.
- En dehors de ces appareils de propulsion, diverses machines de recherches scientifiques ont été installées ; entre autres une machine à sonder et une bobine d’enroulement automotrice permettant les pèches à grandes profondeurs.
- Comme un peut le voir par cette rapide description, le Français a été tout spécialement prévu pour les explorations polaires, et c’est d’ailleurs le premier navire de ce genre construit en France.
- il ne nous appartient pas ici de parler du programme de l’expédition; nous voulons seulement, en terminant, rappeler les noms des compagnons de M. Charcot qui lui-même, profitant de la liberté laissée aux propriétaires de yachts, commande personnellement son bateau. Pour la navigation courante, l'hydrographie et les relevés géographiques, il est assisté du lieutenant de vaisseau Malha, de l'enseigne Roy; M. de Cerlaehe apporte à la mission ses connaissances toutes spéciales des mers polaires ; enfin MM. Ronnier, Pcrez et Pleneau étudieront la zoologie et l’océanographie.
- Nous souhaitons bonne chance à ce petit bateau qui va porter enfin les couleurs françaises dans les mers antarctiques. Chen'Kvayk.
- nu fouets
- Dans certaines parties de l'Amérique du Sud, les [«lires, gardiens de troupeaux, profitent de la saison sèche pour amender leurs pâturages. A cette époque de l’année, l’herbe est morte et ils y mettent le feu, la flamme s’étend en nappes, en vagues, qui courent le long des collines ; en quelques heures, on ne voit plus qu’une terre noircie et fumeuse. Aux premières pluies la cendre forme un engrais puissant pour les racines que le rapide incendie n’a pu 1 Vov. n° 1348, du 23 mars 1890, p. 257.
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- endommager, et l’on voit, au bout de quelques jours, commencer un renouveau de toutes les prairies.
- M. le Dr Sa lira y, lors de son voyage en Nouvelle-(irenade, a été témoin d’un de ces incendies et il raconte le spectacle saisissant auquel il a assisté1.
- « Comme je regardais la flamme se propager en crépitant sur une pente (pii descendait jusqu’à la route, un cri perçant poussé par mon domestique me lit regarder de son coté. Le pauvre dialde courait à toutes jambes, en levant les mains au ciel. Au même instant, je vis déboucher sur le chemin une armée de serpents de toutes tailles et de toutes couleurs, sifflant, la tête liante. D’un brusque écart de mon cheval, je me trouvai dominer de quelques mètres le plus singulier défilé que j’aie vu de ma vie. Chassés par le feu de leurs demeures, les reptiles fuyaient en désordre, pleins de colère; le chemin leur olirait un espace libre, ils s’y étaient engagés pêle-mêle; et le déroulement au soleil de leurs cuirasses diamantées produisait un elfet vertigineux. La tête de la colonne dévia vers un bois. Quand je crus les traînards déjà loin, je me mis en (piété de mon domestique, non sans quelque rébellion de ma monture qui hésitait fort à suivre la piste odorante laissée dans la poussière.
- (( Faustin était tombé de frayeur au bord du chemin, comme cela lui arrivait presque toutes les fois qu’il voyait un serpent. Encore à demi-mort de peur, il me, raconta que ses jambes ayant faibli tout à coup, il avait cru sa dernière heure venue et s’était recommandé à tous les saints du paradis. Aucun des serpents ne l’avait touché. Ils étaient trop effrayés peut-être eux-mêmes, ou plutôt — et c’est mou opinion bien fondée — il n’y a pas le moindre danger à rencontrer ces reptiles, si l’on reste dans une immobilité complète. » V 110,11,1: Bhanuicouht,
- Secret. île la Soc. Liiiiiéeune du Nord de la France.
- LES VOIES F
- DU RHONE A MARSEILLE
- En combinant le tracé d'une voie ferrée à grande circulation, doit-on s’arranger de manière à rattacher par un itinéraire aussi court que possible, les points extrêmes, ou convient-il de s'appliquer à desservir, au prix de détours rationnels, les régions intermédiaires extérieures au tracé direct?
- Telle est la question, d'un intérêt 1res vif qui divisait et ingénieurs ej économistes, lors de la constitution, sous Louis-Philippe, de noire réseau national. Mais la plupart de ceux qui en discutaient alors la structure cherchaient, avant tout, à drainer le plus de trafic possible et mis en présence des alternatives posées ci-dessus, ils auraient repoussé la première.
- C’est qu’alors les campagnes étaient non seulement plus peuplées qu’au jourd’lmi, mais peuplées d'une manière plus uniforme, la supériorilé des grands centres, moins écrasante, celle des cités moyennes bien différente de ce qu’elle est à présent, vu le développement de quelques-unes et la stagnation de beaucoup d’autres.
- Divers esprits craintifs redoutaient les tunnels qui devaient nuire à la rapidité du trajet, car on pré-
- 1 Tour du Monde, 1873. — 1er semeslre.
- voyait un sensible ralentissement des trains durant leur traversée. D’autres tremblaient à la seule pensée de lignes circulant le long de plages désertes; ils invoquaient la menace de terrible canot ennemi, monté par quatre hommes, lesquels débarquant sur la grève, coupaient traîtreusement la voie.
- Au point de vue de ces conllits d’opinion et de ces préjugés bizarres, rien d'instructif comme la discussion des différents tracés [imposés pour réunir Avignon à Marseille. Dans son ensemble (voir la carte ci-jointe) le département des BoUches-du-llbéine comporte trois zones : l’une, à l’est, qui enveloppe Marseille et Aix, singulièrement tourmentée, mais assez peuplée et comportant des mines delignite ; l'autre, celle du sud-ouest, Cran et Camargue, [date mais déserte ; puis en dernier lieu les vallées confluentes du Hhùne et de la Durance; dans la première, Tarascon et Arles, dans la seconde de riches bourgades agricoles. Au milieu de l’ensemble, la petite ville commerçante de Salon. Enfin la voie proposée devait se raccorder facilement avec la ligne du Languedoc sur Nîmes, Montpellier, Celle.
- Dans le premier projet, combiné par M. de Ville-neuve, on s’inquiétait surtout de favoriser le trafic local et les intérêts de la ville d’Aix, dont l’importance relative balançait, il y a 70 ans, celle d’une cité peuplée aujourd'hui de 40 à 45000 âmes. Partant d’une gare terminus sise près de l'anse des Catalans, au sud de Marseille, la ligne adoptait la direction de la voie actuelle de Nice, tournait au nord près d’Aubagne, desservait les mines de lignite de Fuveau, situées déjà à une altitude bien supérieure à celle de Lyon. Alors s’engouffrant dans un tunnel de 5 kilomètres, la voie ferrée se lançait dans la vallée de l'Arc. Par une bizarrerie qui étonnerait aujourd'hui, la gare projetée à Aix devait dominer de beaucoup la ville afin que les rails [tussent monter encore pour rejoindre bientôt après la route royale Paris-Antibes et ne plus la quitter grâce à une descente savamment combinée sur Avignon.
- Un avant-projet qui, rien qu’entre Marseille et Aix, doublait largement le parcours compté sur la grande route et multipliait les tunnels et rampes, parut avec raison peu pratique au Conseil des Ponts (‘I Chaussées. Le gouvernement insiste; de nouvelles éludes sont entreprises, mais par malheur pour Aix, les ingénieurs dans le cours des années 1857 et 1858 ont beau scruter les gorges les plus ignorées des environs de la ville, aucune solution pratique 11e se dégage de leurs nivellements.
- Alors un inspecteur des Ponts et Chaussées, M. de Kermainganl, propose, un itinéraire tout différent. De Marseille, la voie ferrée, coupant la chaîne de 1" Es -laque parmi tunnel de5kilomètres cl demi,gagnera Martigues en longeant la rive sud de l’étang, de Berre, enjambera par un long viaduc l’étang de Caronle, remontera enfin le canal d’Arles à Bouc jusqu'au Rhône [tour ne plus quitter ce 11 cuve jusqu'à Lyon. Mais le tracé a beau être direct (541 kilomètres; la grande ligue actuelle en compte 552)
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- il ne dessert entre Arles et Martigues que de misérables hameaux jouissant déjà des avantages de la navigation et on l'ait intervenir l’argument dit « du canot ». En somme, si le projet échoue, c’est un peu sur les réclamations d’Aix, et beaucoup à cause de la terreur qu’inspirent les débordements éventuels du Ilhùne et l'établissement de la voie sur un sol marécageux. La Chambre dans sa session de 1858, repoussant l’ensemble du projet de loi sur la construction des grandes artères de chemin de 1er, rejette aussi le tracé Kermaingant.
- Ouatre ans après, la discussion se précise, car les députés ont à choisir cette lois entre deux projets contradictoires qui divisent le Conseil des Ponts et Chaussées et la Commission parlementaire. La minorité de celui-là et la majorité de celle-ci soutiennent le tracé Tala-bot-l)idioTi parTa-rascon, Arles, la Crau, le nord de l’étang de lierre.
- Mais ces ingénieurs se trouvent en présence d’un adversaire redoutable : M. deMon-tricher, le constructeur de l'aqueduc de Roque-la vour, qui propose de souder Avignon à Marseille au moyen d’une voie presque rectiligne par la vallée de la Durance, la trouée de Lama-non et la petite ville de Salon. Les rails, grâce à une combinaison intelligente de tunnels et de viaducs, se maintiennent presque en palier.
- Comme ainsi le parcours Avignon-Marseille se réduit à une centaine de kilomètres ( 121 par l’itinéraire actuel) les villes terminus de la ligne, Lyon et Marseille, et le département de Vaucluse avec elles soutiennent chaudement le plan Montricher. Mais la ville d’Arles, malgré la promesse d’un embranchement, se déclare sacrifiée et proteste, secondée par le Languedoc peu satisfait de voir le rameau sur Nîmes et Cette se détacher de la grande ligne non plus à Tarascon, mais au sud-est d’Avignon, à Château-Renard, ce ipii implique un allongement sensible de parcours de Marseille à Cette.
- Le grand orateur et financier Borner plaide en laveur des intérêts de Marseille. 11 a beau jeu [tour faire ressortir la question brutale d’économie de trajet pour l’ensemble du tralîc si on adopte la ligne par la Durance. Le Rhône, ajoute-t-il avec moins d a-
- propos, vous détruira votre chemin de fer de la plaine d’Arles à la première inondation. Pourquoi faire jtasser une artère à travers les solitudes de la Crau? Ne vaut-il pas mieux favoriser les nombreux villages qui se succèdent d’Avignon à Salon? Vous objecte/ quelques souterrains à percer, outre celui de la Nerthe commun aux deux projets, mais ils ne présentent aucune difficulté d’exécution! — Soit répliquent les contradicteurs, mais s’il faut ralentir à quatre reprises différentes sur 4000 mètres de parcours, M. de Montricher perd le bénéfice du trajet direct !
- Lamartine intervient alors. « Effacez le nom d’Arles de la carte de France et mettez à la place ruines et débrisl » Entraînée par l'éloquence du poète-tribun ou peut-être acquise d’avance au projet Talabot-Di-
- dion, la Chambre consacre ce dernier dans la séance du 50 avril 1842.
- Erreur économique ! L’itinéraire choisi comporte trois défauts combinés : il est trop long — il exclut toute communication rapide entre Marseille et le Languedoc — enfin il néglige tout bonnement la ville d’Aix. Le projet Ville-neuve était une pure utopie. Le plan K. or main-gant, outre qu’il abrégeait un peu les distances, fournissait l'amorce d'une voie littorale sur Cette. Mais la vraie et bonne solution, conforme aux idées acceptées de nos jours, était celle de Montricher, parce qu'elle coupait au plus court. Comme elle satisfaisait imparfaitement Arles et le Languedoc, elle aurait provoqué l’exécution ultérieure d’une seconde ligne de Marseille vers l’ouest qui n’aurait pas manqué de desservir Arles transformé en nœud de jonction de deux réseaux. De (dus Montricher raccordai! Aix à la grande ligne par un rameau assez court, mais surtout à pentes douces.
- Somme toute, Aix en luttant contre le projet Kermaingant, Arles en repoussant l'itinéraire Montricher se trompèrent au détriment de leurs vrais intérêts. C’est qu’on ne comprit alors-qu'il vaut mieux attendre un peu l'accomplissement inévitable d’une satisfaction parfaite que de postuler une solution bâtarde quoique immédiate. Aatoixe de Saporta.
- AVIGNONftWf V. Lgon
- [hâieau-Renard
- BeaucàfrexT/Tarascon
- L t Turin
- Ligne actuelle (TaJabot Jéuiiorv) . » W » Variante, Kerrnampatit .
- mmmmmm Tracé Æontricher. a... --w- Trac» Villeneuve,- Flayosc
- - — - -- Itinéraire, des malles-postes vers 18^,0.
- Les chiffres de population, endigués pour les' différentes utiles sont, ceusc du, recensement de j83j .
- Carte du département des liouches-du-Htiône eu 1812.
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- CIRCULATION DES POISSONS MIGRATEURS
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- La diminution dos poissons mitral ours dans los lieu vos et dans les rivières, en particulier celle des Salmonidés, s’accentue chaque jour davantage. A une époque encore peu lointaine, la (iaronne, l'Adour, la Nive, la Seine, la Loire et leurs affluents supérieurs, fournissaient à la consommation rurale et à nos marchés urbains de très grandes quantités de Saumons, de Truites de mer, d’A-loses, de Lamproies.
- Les archives de la Haute-Garonne, pour ne citer qu’un seul exemple, renferment des coin])tes du XVIe siècle, donnant la preuve qu’à Toulouse le Saumon était meilleur marché, en ce temps-là, que la Truite d’eau douce, malgré la proximité des Gaves pyrénéens. Celle abondance n'est plus, et nous sommes forcés, pour suffire aujourd'hui à la consommation publique, de recourir largement aux produits étrangers.
- Anciennement, dans certaines con trées, les domestiques mettaient pour condition à leur engagement, qu’on « ne leur donnerait pas à manger du saumon plus de trois fois par semaine ». De • nos jours les riverains fluviaux n’ont plus à redouter de telles exigences. En effet, tant au Nord qu’au Midi, les Salmonidés voyageurs ont à peu près déserté nos rivières ; et l’on peut même afiirmer, sans crainte d’être taxé d’exagération, que la plupart, des pêcheurs habitant les régions quelque peu éloignées de l’embouchure des lleuves n’ont jamais vu des poissons migrateurs dans les cours.d’eau de leur pays.
- Les causes de ces dépeuplements sont multiples, sans parler des obstacles naturels tels que les seuils rocheux, les cascades, qui opposent aux espèces voyageuses des barrières infranchissables; sans faire entrer en ligne de compte la pèche intensive prati-
- quée sans mesure et souvent sans contrôle sérieux, jusqu'à l’extrême limite de la zone lluviale où la salure se fait encore sentir ; sans récriminer une fois de plus contre le braconnage éhonté exercé publiquement, même en temps prohibé, par les pires malfaiteurs, sous l’œil extraordinairement indulgent des agents administratifs officiellement, chargés de réprimer ces sortes de délits; disons que le curage des canaux, le faucardement des herbes protectrices, la canalisation des cours d’eau, l’extension de la
- navigation et surtout les déversements des produits résiduaires industriels, contribuent pour une très large part à éloigner de nos parages les espèces migrât rices les plus précieuses.
- En effet, par suite du bouleversement des frayères, comme l’ont observé justement M. le professeur Louis Roule et M. G. Del Déré de Cardaillac1, les jeunes alevins ne trouvent [dus, dans leurs abris naturels, les refuges protecteurs qui les garantissent habituellement contre la voracité de leurs congénères, pas plus que le « plan-kton », c’est-à-dire les proies microscopiques vivantes, nécessaire à leur nourriture.
- A ces causes multiples de dépeuplement, si on ajoute encore les nombreux barrages d’usines ou de navigation, placés en travers des rivières, barrages qui, la plupart du temps, opposent un obstacle insurmontable à la libre circulation des espèces comestibles les plus précieuses venant chaque année de la mer pour frayer dans les affluents fluviaux, on comprendra sans peine que la faune ichtyologique des eaux libres soit très fortement, compromise dans notre pays.
- Préoccupée à juste titre de ce fâcheux état de chose, qui prive la consommation publique d’un des produits alimentaires les [dus sains et les moins coûteux, l’Administration préfectorale du départe-
- 1 Biologie et 'pisciculture. Bull, de la Société centrale d’aquiculture, t. X1Y. Paris, 1902.
- Échelle Mac-Donald.
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- LA NA TUI! K.
- nient do la Seine prescrivit, il y a peu de temps, une « Empiète sur les mesures à prendre pour assurer le passade des poissons migrateurs dans les cours d’eau de ce département » 1. Après avoir examiné les déclarations consignées au registre d'empiète, et entendu la lecture du rapport de M. l’Ingénieur en chel' Lavollée, sous la haute direction duquel l’empiète a été faite, la Commission, réunie à cet effet, fut d’avis que les entraves apportées à la libre circulation des espèces migratrices par les barrages industriels ou de navigation, pouvaient, être atténuées dans une très large mesure en établissant dans ces barrages des passages spéciaux appelés « échelles à poissons ».
- Ces so ies d'échelles, (pii du reste ne sont pas de création récente, ont pour but de faciliter les migrations périodiques des Saunions, des Aloses, des Truites de mer et des Lamproies effectuées chaque ann’‘e de la mer dans les eaux douces et vice versa. Tout le monde sait (pie ces aquatiques voyageurs remontent le cours des fleuves pour rejoindre à époques fixes leurs affluents supérieurs, afin d'aller établir leurs frayères en eaux vives sur des graviers plus ou moins herbeux et plus ou moins ensoleillés, c’est-à-dire dans des conditions particulières et indispensables au dépôt normal ut à la maturation de leurs œufs.
- On admet: généralement «pie les échelles à saumon furent inventées en 1828 par un Ecossais nommé James Smith. Depuis cette époque un grand nombre de systèmes analogues, imaginés par J. I). Brewer, Steck, Richard Cad, B. Pike, E. A. Brackett, Eorster, Rogers, M. Mac Donald, de Pietsch, etc., ont été créés. Ces échelles, que le cadre restreint du présent article ne permet pas de décrire, sont d’un usage courant dans la plupart des pays civilisés où les fleuves et les rivières donnent asile aux espèces voyageuses (pii fréquentent alternativement les eaux douces et les eaux salées. Les différents types d’échelles, auxquels M. Raveret-Wattel a consacré une étude remarquable et très documentée2, sont dits à sillons ou à cloisons obliques, à sillons simples ou composés, à alignement droit, à auges, à gradins, à escaliers, à plans inclinés, en spirale, etc.
- 1 La Commission officielle, chargée (te donner son avis sur les résultats de l’enquête ouverte du lundi 29 décembre 1902 au mercredi 29 janvier 1903, s’est réunie à l’Hôtel de Ville, le 31 janvier 1903. Cette Commission était composée de M. De-france, directeur des affaires départementales, président; de MM. Émile Bel toc, Etiret, Fabre-Domergue, Juillerat, Albert Petit, Raveret-Wattel et de M. G. Lavollée, ingénieur en chef des ponts et chaussées, spécialement chargé par les ministres des travaux publics et de l’agriculture de suivre les enquêtes et les opérations de classement dans tout le bassin de la Seine. L’ampliation de l’arrêté préfectoral, daté du 27 décembre 1902, nommant ladite Commission, fut en outre a tressée à MM. les ingénieurs en chef de la navigation de la Seine et de la Marne, à M. l’ingénieur en chef du service hydraulique, et à M. le conservateur des forêts. Pour les membres de toutes les Commissions d’enquête des bassins de la Seine et, de la Loire, consulter les listes reproduites dans le journal le Pêcheur (février 1903) dirigé par M. Plauze d’Ivoye de la Poype.
- * Les poissons migrateurs et les échelles à saumon. Ifull. de la Sac. d’acclimatation, IV” série, t. I, Paris. 1884.
- L'échelle Mac Donald, créée en 1878, diffère des autres modèles. Elle a acquis rapidement une grande faveur aux États-Unis, son pays d’origine, et on l'emploie de préférence au Canada et dans la Grande-Bretagne. Cette échelle se compose d’un canal rectangulaire, dont l’extrémité supérieure s’appuie sur la crête du barrage tandis que l’extrémité inférieure est noyée sous le bief d'aval. Trois compartiments longitudinaux divisent ce canal dont la largeur et la profondeur intérieure mesurent 0m,60 : celui du milieu comporte une certaine quantité de cloisons transversales, inclinées et en forme d’augets. Les deux compartiments latéraux possèdent également des cloisons transverses mais penchées en sens contraires de celles qui divisent la benne médiane. L’ean entrant dans l’échelle par le pertuis d'amont, dont la section transversale est de 0m,oll X Dm,lo, s’introduit dans les augets de la partie centrale et ressort par ceux de la partie latérale, mais à un niveau inférieur. Il résulte de cette disposition particulière des remous qui uniformisent, parait-il, la vitesse du courant et l’épaisseur delà nappe d’eau.
- En France si le nombre d’échelles établies dans nos rivières pour faciliter le libre parcours des poissons migrateurs est encore extrêmement restreint, il n'en est pas de même des barrages créés pour les besoins de la navigation ou de l'industrie.
- Les trop rares échelles installées sur ces barrages sont presque toutes entrecoupées de cloisons contrariées. Ce système dit « à pertuis ou à chicane », exigeant du reste une assez grosse dépense d’installation, n’a donné jusqu’ici, au point de vue pratique, (pie de fort médiocres résultats. Non seulement le poisson hésite à s’aventurer dans ces passages dangereux hérissés d’obstacles contre lesquels il est constamment exposé à se blesser, mais encore il facilite à certains usiniers peu scrupuleux, selon M. le baron Del Péré de Cardaillac de Saint-Paul qui donne à l’appui des exemples circonstanciés1, les moyens d’obstruer le pertuis à l'aide de ronces, de branchages ou d’autres matières encombrantes qui annihilent complètement la circulation du poisson.
- D’après M. A. Violette2, le passage sous forme d’un rapide unique non cloisonné serait infiniment préférable malgré la rapidité du courant. M. Joly de Sailly préconise, au contraire, « une succession de chutes étagées, aussi semblables que possible à un défilé naturel5 ».
- De son côté l’Administration des Ponts et Chaussées ne voulut pas rester inactive. 11 y a quelques années, elle confia à M. l’inspecteur général Caméré, chargé jusqu’en 1897 du service de la navigation de la Seine à l’aval de Paris, la mission d’étudier, au double point de vue technique et administratif, les
- 1 Barrages et échelles. Bull, de la Soc. centr. d’aquiculture, t. XIV. Paris, 1902.
- 2 La Disparition du saumon. Bull, de la Soc. cent, d’aquiculture, t. XIV. Paris, 1902.
- 3 La Disparition du saumon et la question des Barrages. Revue des eaux et forêts et Bull, de la Soc. cent, d’aquiculture. Paris, 1902.
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- mesures à prendre pour assurer convenablement le passage des poissons migrateurs à l’aide d'échelles pratiques, sans nuire pour cela en quoi que ce soit à la manœuvre des ouvrages de navigation ou aux intérêts des industriels et des riverains.
- Une élude spéciale fera connaître prochainement, le résultat de ces recherches. Émhæ Bem-oc.
- IVésidont honoraire de la Société (l'aquiculture.
- LES PROCÉDÉS DE DÉFENSE DES PLANTES
- CONTRE I.El’RS ENNEMIS
- Tous ceux qui possèdent le moindre jardin savent les ravages qu’y commettent les escargots et les limaces, surtout sur les plantes qui ont des tissus naturellement tendres ou jeunes. M. W. C. Worsdell vient de rendre compte, dans l’excellente publication Gardeners Ghroniclc, des expériences qu’il a faites sur les moyens qu’on pourrait employer pour protéger les plantes contre ces ravages si préjudiciables à l'horticulture et si difficiles à empêcher.
- Il semble que le tanin soit une des substances qui leur sont le plus désagréables. Comme l’a prouvé une expérience faite par Stalil, la carotte, que les limaces apprécient particulièrement pour sa saveur sucrée et son absence naturelle de tanin, quand elle est traitée avec une solution à 1 pour 100 de cette matière, demeure à l’abri des ravages de la Umax agrestis; et pour chasser une limace que l’on verrait s’aventurer près d’un plant de carotte, il suffirait de lancer sur elle par pulvérisation une solution tanique à l’eau même à 1 pour 1000. On a reconnu avec certitude que les feuilles des plantes qui contiennent du tanin, comme celles de la Valisneria par exemple, ne sont point attaquées par les limnées, les planorbes; mais si on enlève à ces feuilles leur tanin naturel, elles sont bien vite rongées.
- Il paraîtrait également que les sèves acides ont le même effet répulsif sur ces voraces animaux : ce serait le cas pour le Bégonia, le Rnmex acetosella, qui ne seraient nullement appréciés, parce qu’il s’y rencontre une proportion assez notable de bioxalate de potassium. On a pu prouver ce dégoût des limaces pour ce sel, en plaçant devant une Umax agrestis et un Avion hortensis des morceaux de carotte qui avaient été trempés dans le sel en question ; ils refusaient d’y toucher, même après plusieurs jours de jeûne, tout comme le petit escargot Hélix hortensis. Une solution à I pour 1000 de ce sel dans de l’eau exerce une action nettement irritante sur ces animaux. Ceux-ci évitent de même les plantes possédant des poils qui sécrètent des acides, comme c’est le cas pour TŒnothera ; les huiles éthérées ont également une action protectrice en faveur des plantes, et les escargots évitent bien de toucher les feuilles de Rue, de Menthe poivrée, etc. ; si l’on extrait ces huiles de ces feuilles, les escargots n’hésitent plus alors à les consommer avec satisfaction. Quant aux feuilles qui contiennent des substances amères, comme la Gentiana lutea, ou le Menyanthes tri foliota, elles ne sont point touchées au printemps, quand elles sont jeunes encore ; mais l’efficacité des matières amères disparait complètement à l’automne.
- Toutes ces recherches sont intéressantes, puisqu’elles montrent que les plantes possèdent tout un système de moyens de défenses de leur organisme; elles peuvent fournir aussi quelques procédés pour lutter contre les ravages que déplorent tant les jardiniers. 11. 15.
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- LE SPHINX A TÈTE DE MORT
- Si le sphinx à tète de mort n’est pas le plus grand de nos lépidoptères, on ne peut du moins lui contester l’avantage d’en être le [dus gros. Un seul peut-être en Europe pourrait rivaliser avec lui sous le rapport du volume, c’est le Lasiocampe otus, de Turquie et de Dalmalie. Quelques femelles sont énormes, et la chenille, qui vit principalement sur les cyprès, file un cocon d’une soie aussi blanche que line employée dans l’antiquité pour les usages domestiques, car ce papillon semble bien être le « bombyx » de l’île de Cos, qui fournissait aux Grecs et aux Romains du temps de IMine la matière soyeuse dont ils faisaient des tissus très légers.
- Notre grand paon de nuit et le papillon du ver à soie de l’ailante, cette espèce chinoise naturalisée chez nous depuis [dus de trente ans, offrent une surface d’ailes beaucoup [dus grande que le sphinx à tète de mort, mais leur corps est beaucoup moins volumineux.
- Toutefois ce n’est pas seulement ce gros corps qui le rend remarquable; il l'est surtout par d’autres particularités qui ont attiré depuis longtemps sur lui l’attention et lui ont acquis une très ancienne célébrité ; son dos est marqué d’une tache étrange qui figure très exactement une tête de mort ; il possède un cri plaintif, et enfin son goût effréné pour le miel le fait redouter des abeilles et aussi des apiculteurs. Il mérite donc à tous égards une étude quelque peu attentive.
- Les naturalistes le rangent dans la tribu des Sphingiens, famille des Achérontidés, c’est l'espèce type du genre Achérontia, il a reçu de Linné le nom d’ « Achérontia atropos ». Certaines femelles atteignent jusqu’à 14 centimètres d’envergure. La tête est noirâtre, la trompe courte, les antennes ont la pointe blanche. Les ailes supérieures sont en dessus d’un brun noir, saupoudré de points bleuâtres très fins, avec une tache blanche, des bandes claires et des lignes noirâtres ondulées; les nervures sont ferrugineuses.
- Les ailes inférieures sont en dessus d'un jaune d’ocre vif avec deux bandes dentelées noires. Le dessous des quatre ailes est jaune d’ocre avec deux bandes noires. Les pattes sont noires avec des poils jaunes aux cuisses et des anneaux blancs aux tarses. L’abdomen est également jaune avec des anneaux noirs et une bande dorsale bleu cendré. Enfin le thorax ou corselet est d’un brun noir sur lequel se détache la laineuse tache qui rappelle si bien la forme et la couleur d’un crâne humain avec ses deux orbites auxquels leur couleur noire semble donner la profondeur. La vue de cette tache, jointe au bruit que produit le cri aigu de l’insecte, ne laisse pas que d’effrayer quelquefois les gens timides et impressionnables toujours émus par son aspect étrange.
- Les opinions les plus variées ont été émises sur la cause de ce cri du sphinx atropos.
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- on l'accuse d'en être la cause, et J. Franklin nous apprend que dans les campagnes d'Angleterre on l’accuse aussi d’ètrc en rapport avec les sorcières et d’aller murmurer à leur oreille le nom de la personne (pie la mort va frapper.
- A File Bourbon où le sphinx à tète de mort porte le nom d'aille, il est considéré comme fort dangereux, répandant, dit-on, en volant dans les chambres où il pénètre, une poussière ipii peut faire perdre la vue. Quant à son goût pour le miel, Hubert nous a laissé à ce sujet des observations du plus haut intérêt.
- Consulté en 1804 au sujet d'une véritable invasion de chauves-souris qui dévastaient les ruches, il constata tout d’abord que ce qu'on avait pris
- Réaumur et Rossi l'attribuèrent au frottement des palpes contre la trompe. Ernst et Engramelle, d'après M. de Johet, à de l'air renfermé sous les épaulettes et chassé Italie mouvement des ailes; Wagner, à de l’air contenu dans une vésicule placée en avant de l’estomac et qui en sortirait, violemment chassé, à travers l’œsophage et la trompe.
- Mais il est évident que cette vésicule ne peut être autre chose que le jabot, ou premier estomac et (pie ce n’est qu’aceidentellement (pie cet organe peut contenir de l’air. Roisduval et Duponchel admettaient le frottement de l’écusson contre le thorax, et (ioureau une vibration du thorax lui-même sous l'action de ses .propres muscles. Berce admet avec d'autres auteurs la sortie, à travers la trompe, d’air contenu dans une cavité particulière de la tète. Enfin le I)r Lorev, ayant constaté que l’ablation de la trompe, des palpes, des ailes ne supprime pas le cri, pense qu’il est dû à la sortie de l’air s’échappant d’une trachée située de chaque coté de l’abdomen, et la plupart des auteurs,
- Maurice Girard, par exemple, enseignent aujourd'hui qu’il existe un appareil sonore situé de chaque coté du corps à la hase de l’abdomen, formé d’une membrane entourée d’une touffe de poils étoilés qui entrent dans un mouvement de rotation autour de leur point d’insertion quand l'insecte « chante ».
- Ce chant on cri, joint à l’aspect lugubre de la tache dorsale, ont valu de longue date à notre Atropos une triste réputation.
- En 1750, nous dit Maurice Girard, un curé de Bretagne le décrit comme un animal de la plus funèbre apparence. En 17ôo, il parait en grand nombre au moment d’une épidémie meurtrière,
- ’ig. 2. — Chenille du sphinx à tête de mort et papillon au repos.
- pour tel n’était autre que des sphinx atropos. Les ruches bien garnies de miel auparavant en
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- étaient complètement vidées et réduites au poids de la cire. On imagina alors de réduire l’entrée de ces ruches au moyen de sortes de grillages en fer-blanc ne laissant de place «pie pour le passage desjibeilles.
- Mais on vit avec étonnement que là où l’on n'avait pas pris cette précaution, les abeilles barricadèrent elles-mêmes l’entrée de leurs rucbes en y construisant des sortes de murs avec un mélange de cire
- et de propolis ne présentant que des passages étroits et sinueux.
- Ajoutons que lorsqu'un spbinx s'introduit dans une rucbe, les abeilles, dont l’aiguillon semble sans action sur les téguments durs et recouverts d’une sorte de feutrage du papillon, cherchent, à s’en dé-
- barrasser en le couvrant de propolis qui, lui engluant les ailes et les pattes, le réduit bientôt, à l’impuissance ; alors elles l’enduisent complètement de cette sorte de vernis imperméable qui le maintient dans un état de conservation parfaite et sous lequel il se momifie sans donner aucune mauvaise odeur dans
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- la ruche, s'évitant ainsi les tlifüeultés qu elles eussent rencontrées pour rejeter an dehors un corps aussi volumineux.
- Quoique ce papillon se trouve dans toute l’Europe méridionale et centrale, remontant jusqu’en Angleterre, il est originaire de l’Asie indienne et de l'Afrique et nous est apporté par les vents du Sud et du Sud-Est.
- Au printemps, la femelle pond des œufs isolés, quelquefois deux ou trois sur la même plante. La chenille se trouve de juin à septembre. Elle est jaune citron avec des bandes obliques bleues et vertes, elle présente quelquefois, mais rarement, une variété grise. Sa nourriture préférée, sous le climat parisien, est la pomme de terre. L'est sans doute ce qui a fait dire à Michelet qu’elle- nous a été importée d’Amérique avec ce tubercule, opinion fantaisiste, pensons-nous, car les cultivateurs et apiculteurs devaient connaître ses dégâts longtemps avant la pomme de terre, qui n’est pas d'ailleurs sa seule nourriture.
- On la rencontre aussi sur un grand nombre de plantes parmi lesquelles nous citerons le Ivciet, la tomate, le tabac, le Raulovnia, la fève, la carotte, le frêne, le troène, le jasmin, le fusain, la spirée, etc.
- Vers la lin d’août elle a acquis toute sa taille et se chrysalide dans une coque terreuse, puis le papillon éclôt ordinairement, en septembre et octobre.
- Les chrysalides non écloses à l’automne semblent périr toutes en hiver sous notre climat. Mais il n'en est pas de même dans le Midi où, d'après les observations du J)1' Siépi, le papillon vole de mai à septembre, la chenille se rencontre de juin à octobre, une partie donnant ses papillons en septembre et octobre et l’autre partie en mai et juin de l’année suivante.
- 11 est d’ailleurs à noter que dans les contrées chaudes les générations se succèdent pendant toute l’année à peu près sans interruption.
- Des observations récentes du comte du Bori sembleraient montrer que le papillon hiverne quelquefois chez nous. Notre si justement célèbre Réaumur avait émis déjà l’hypothèse de cet hivernage comme le rappelait récemment M. Giard qui, lui, émet en même temps l’idée qu’il se pourrait bien que les individus d’automne émigrassent dans le Midi alors que certainement ceux du printemps émigrent vers le Nord. A.-L. Ci.ément,
- Vice-President de ta Soc. Cent, d'apiculture i et de Zoologie agricole.
- LES TRAMWAYS AMÉRICAINS
- LEUR RÔLE DANS LA VIE AMÉRICAINE
- Le tramway, qui n’est pour nous qu’un simple moyen de transport, est au contraire un des plus importants parmi les divers facteurs qui donnent à la vie américaine son caractère si opposé à notre conception d’Européen.
- On connaît la juste réputation de salubrité des villes
- américaines, où la densité de la population est si inférieure aux valeurs qu’elle atteint en Europe.
- La disposition habituelle de ces villes: quartier des a (l’a ires, « business section », au centre et habitations à la périphérie, disposition si favorable aussi à leur salubrité, n’aurait pu subsister dans les plus grandes cités si le tramway n’y venait réduire les distances et permettre une dissémination dos habitants véritablement extraordinaire.
- Prenons en exemple Boston, une des principales villes, mais non la plus importante des Etats-Unis. Ce n’est pas une de ces villes champignons nées au hasard des courants commerciaux : vieille ville américaine, elle est par cela même plus semblable aux nôtres.
- Pendant (leux siècles, la petite ville née de l’exode des Puritains grandit peu à peu, serrant ses rues étroites autour de sa « Connnon llouse ».
- En 1850, les premiers tramways, à traction animale, permettent l’exode vers les faubourgs et portent un coup fatal au développement de la vieille ville, « Boston pro-per », dont la population n’a cessé de diminuer depuis 18B0, époque où fut créé le réseau des tramways électriques.
- Aujourd’hui, Boston occupe un cercle de 50 kilomètres de diamètre et possède 1 100 000 habitants; mais la densité de la population, qui descend jusqu’à 500 âmes par km2, à la périphérie, ne dépasse pas 25 000 dans le quartier le plus « congestionné », suivant l’expression américaine, chiffre bien faible à côté des 100 000 habitants par km2 de notre Paris. Une si grande dispersion des habitants a naturellement pour corollaire une moyenne de voyages par tète et par an exceptionnellement élevée : elle atteint 200 à Boston et dépasse souvent ce chiffre dans de plus grandes villes.
- Un si fréquent usage du tramway devait fatalement lui assurer un rôle important dans la vie américaine.
- Le « business man » lui demande de le transporter rapidement à son usine, à son atelier, à son bureau. Toujours pressé, il lui demande aussi de le mener rondement... à sa dernière demeure.
- Ceci n’est pas une plaisanterie : A Mexico, la Compagnie de tramways possède un « car » funéraire, avec trolley, dais, plumes et draps noirs semés de larmes d’argent pour les grands enterrements. L’Américain ne fait pas toujours appel au tramway électrique dans un but si macabre. Qu’un candidat veuille faire une tournée électorale, il s’assure le concours de la Compagnie de traction de la ville, et se rend de meeting en meeting sur un tramway que l’adjonction de larges bandes de calicot à son nom a transformé en une tribune du haut de laquelle il prononce ses harangues. Ce qu’un candidat fait en période d’élections peut en tout temps être fait par les particuliers.
- Les Américains sont si friands de garden-parties et de pique-niques que certaines compagnies louent pour cet usage des cars spéciaux plus luxueux et souvent baptisés d’un nom propre : Margaret, Florida, Daisv, Annie, etc.1. Là ne se borne pas l’intervention du tramway dans les distractions du public.
- Celui qui toute la semaine a eu recours au tramway pour ses affaires s’adresse encore à celui-ci pour passer un agréable dimanche.
- Les compagnies n’ont pas failli à ce devoir. Elles orga-
- 1 Celte coutume de baptiser les cars est assez fréquente. Reçoivent aussi des noms propres les a parlour cars » destinés aux voyageurs démarqué et aux directeurs de compagnie.
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- nisent dos exhibitions, des défilés, des excursions, si faciles de ville à ville par les réseaux interurbains, l/une de ces cavalcades carnavalesques est restée célèbre, qui, à l’occasion du Mardi gras de l’an 1 X!H), promena dans les rues de la Nouvelle-Orléans, une vingtaine de chars allégoriques formés de trucks de fraimvay habilement dissimulés sous des cartonnages.
- Mais le moyen qu’emploient toutes les compagnies pour assurer des distractions dominicales à leurs clients de la semaine, c’est l’organisation des « l’arks », vastes jardins où sont rassemblées de nombreuses attractions. L’installation de ces parcs a pris une telle importance pour les compagnies, que les journaux spéciaux ont dù lui consacrer une rubrique particulière, et qu’entre les articles concernant la construction des voies, ou l’appareillage électrique, s’en trouvent d’autres généralement intitulés: « Street Railways l‘arks and Pleasure Resorts », Parcs de tramways et attractions.
- Les quelques détails qui suivent viennent de cette rubrique. Ces parcs, tantôt gratuits, tantôt payants, sont toujours situés à quelques milles de la ville, et c’est naturellement le tramway qui y transporte ses clients. Restaurants, terrains de sport, salle de danse et kiosque à musique, figurent dans tous, mais ceux des grandes villes y ajoutent des quantités d’attractions dues à l’esprit inventif des Yankees: courses de tramways sur pistes spéciales, montagnes russes, chevaux de bois (un gros succès), jardin zoologique, balançoires géantes, fontaines lumineuses (à Chicago l’une d’elles jaillit à 50 mètres et absorbe 100 chevaux de, force), chemins de fer en miniature, exhibitions d’animaux curieux, bains, canotage, labyrinthes, etc..., enfin tout ce qui peut distraire ce grand enfant badaud qu’est souvent l’Américain, malgré le terrible « struggle for life ». 11 se rencontre aussi en quelques villes des « parcs de tempérance » où l’on ne débite que des liqueurs non alcooliques.
- Dans les Etats du Sud, en Floride, Louisiane, etc., il existe des parcs pour gens de couleur, de même que certains cars leur sont spécialement affectés.
- C’est la Ringhampton Railroad C°, qui, il y a 15 ans, a établi la première un parc dans le but de stimuler son trafic. Aujourd’hui toutes les compagnies en possèdent un ou plusieurs, qu’elles exploitent d’une nmiière originale.
- Plusieurs compagnies se syndiquent et choisissent parmi leurs administrateurs ou ingénieurs un homme débrouillard, chargé, nouveau Barnum, de réunir à frais communs une troupe d’acteurs et d’acrobates qui, pendant la saison d’été, fera une tournée dans tous les parcs des compagnies associées.
- Le succès qu’ont rencontré ces spectacles est extraordinaire. Jugez plutôt : à Eurêka Springs (Arkhansas), ville de 5000 habitants seulement, le théâtre du parc, malgré les 5500 places dont il dispose, se trouve trop petit et va être agrandi.
- Aussi comprend-on que certaines compagnies aient pu trouver là le moyen de remettre d’aplomb leur budget en péril.
- 11 n’est pas rare, en effet, de voir certains réseaux dans une bien mauvaise situation financière, étant donnée la hardiesse avec laquelle on les construit en Amérique dans les régions tes moins peuplées, hardiesse dont nous verrons quelques exemples dans un prochain article, à l’occasion des tramways interurbains.
- Léo Robida,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- L\ VALLÉE DE HÉAS
- A partir de Lourdes, en remontant le gave de Pau, on s’enfonce dans une vallée orientée du nord au sud, qui aboutit à la ligne de partage des eaux dont la France et l’Espagne n’ont pas toujours accepté la délimitation logique. Les étranglements successifs qu’il subit transforment cet, interminable thalweg en un chapelet de gorges et de cuvettes. Nombre de vallées secondaires se greffent çà et là, parmi lesquelles il convient de citer celle d’Azun •pii s’ouvre à Argelès; celle de Cauterets, à Pierre-tille; celle du Baslan, à Luz; et celle de lléas, à Gèdre. Celle dernière vallée court frapper obliquement la frontière et olfre un intérêt tout spécial, tant à cause des ramifications qui la compliquent qu’on raison du cirque qu'elle recèle, le plus vaste et le plus caractéristique de ceux dont s’enorgueillit la région.
- Le confinent, des vallées de lléas et de Gavarnie forme un petit bassin triangulaire. Ce bassin, aussitôt après avoir traversé Gèdre-Debat, on l’a sous les yeux, dans toute sa fraîcheur, dans toute sa grâce, comme déversé par les pentes du Coumély, avec ses arbres, ses chaumières, son église, son cimetière, ses deux torrents, ses herbages et ses quelques cultures, chaque chose rangée avec adresse et pittoresquement, en dépit du manque de place. C’est en outre un point de vue célèbre, que les guides ne manquent jamais de désigner, car la Brèche de Roland y apparaît, crénelant le mur du Marboré, au fond de la gorge de Gavarnie, béante. A gauche, Y « Hôtel de la Grotte » se perd au milieu d’une compacte verdure, et, les yeux retenus par la Eausse-Brèche et le Taillon qui se montrent à leur tour, on ne songerait guère à la vallée de Héas, si son gave, échappé à l’arche d’un pont, n’écumait et ne grondait en contre-bas de la route qui joue un rôle de terrasse des plus heureux.
- Imaginons un angle droit dont les côtés seraient de Gèdre tirés vers l’orient et le midi : la vallée de lléas se développe selon la bissectrice, projetant dans les deux sens les deux vallées de Campbieil et d’Es-taubé, celle-ci 4 kilomètres plus loin que la première et parallèlement à la vallée de Gavarnie. Le Maillet comble le vide déterminé par la vallée d’Estaubé et le cirque de Troumouse, tandis que, du côté du Campbieil, se distribuent l’Aguila et le val intermédiaire des Aiguillons. Toutes les eaux épanchées entre Tuquerouye, la Munia, le Pic-Long et Gèdre passent par la grotte Palasset. Détail géologique à considérer : le pâté granitique du Néouvieille et le massif calcaire du Mont-Perdu sont séparés par ce vaste quadrilatère qui-représente environ la moitié du terroir de la commune de Gèdre. De Tuquerouye au Pic-Long, on compte à vol d’oiseau une douzaine de kilomètres, exactement la distance qu’il y a entre Gèdre et la Munia. Grâce à son rayonnement, la vallée* de Héas fait communiquer la vallée de Barèges
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- avec la vallée française d'Aure et la vallée espagnole de Pielsa, la première par le col de Campbieil, et la seconde par le port de Pinède, le Port-Vieux d’Estaubé et le port de la Canaou, sans préjudice naturellement des hourquettes et des brèches où ni1 peuvent s’aventurer que de hardis piétons.
- La vallée de lléas proprement dite s’étend de fièdre à lléas dont elle a pris le nom, et ses parois, creusées dans le granit comme une vaste lente, étayent de part et d’autre les pâturages de Camplong, de Coumély et de Pouey-lloucou. Ses bornes sont : la crête de Camplong qui se poursuit jusqu’au pic des Aiguillons ou Soum des Salettes, la hourquette de lléas, le pic de la (iéla, le pic Gerbats, la Munia et
- l'hémicycle de Troumouse à l’extrémité duquel le tracé délimitatif revient au nord par la crête d’Es-tauhé et le Mont-llerran, celui-ci dressé vis-à-vis du pic de Larme qui est le point culminant du Coumély.
- Un gave parcourt cette vallée, créé en amont du hameau de lléas par la réunion des deux torrents de Touyères et de Maillet. Le premier est regardé comme bras principal, car il émane du glacier même de la Munia. Après avoir ruisselé sur le soubassement du pic, ce ruisseau traverse le lac de Las Aires, et, par la chute de Matacas, se précipite dans le ravin de Touyères où s’effondrent également les ruissellements de Lieusaoube. Quant au second torrent, il rassemble les eaux de la partie occidentale du cirque
- de Troumouse où gît le laquet isolé et peu connu de Serre-Longue, et s’appelle le riou de Cot, tant qu’il n’est point parvenu dans le Maillet. Là, les égouts du port de la Canaou et de la terrasse contiguë le grossissent. Il tombe ensuite dans la combe du Four où sa jonction avec l’eau de Touyères s’effectue. Le gave de lléas s’élargit d’abord à l’aise sur un plan ravagé des crues, reçoit l’Aguila qui descend de la montagne des Aiguillons, et coule au milieu de prairies jusqu’à l’emplacement de l’ancien lac de lléas. Plus loin, et à gauche, le gave d’Estaubé lui apporte son tribut en cascadant sur le seuil de la vallée qu’il arrose. Puis, du pont de Souarrou à la passerelle de Peyregnet, il écume parmi des débris accumulés. Un peu avant d’accaparer le gave de Campbieil, il s’engorge pour rouler enfin à plat dans le bassin de
- Gèdrc, cote à cote avec le gave de Pau auquel il s'unit derrière le village, à l’abri des regards indiscrets, comme s’il avait honte, après tant de bruit, de succomber aussi vite.... Ses fureurs sont très violentes, et quand elles le prennent, on croirait qu’il ne désespère pas d’emporter un jour Gèdre-Debat.
- La pénétration de la vallée de lléas date évidemment de l’époque où plusieurs familles de Lu/ osèrent défricher et occuper les hautes régions de Gèdre et de Gavarnie. Une vaste forêt la recouvrait, disparue depuis, et à laquelle se substituent actuellement des pâtures soit cultivées par leurs propriétaires, soit utilisées par les fermiers habituels des montagnes barégeoises. Immédiatement sous les pics, sur de vastes terrasses, cinq coueylas se dispersent, entretenus avec soin et habités chaque été,
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- le premier du coté des Aiguillons, le second vers la lisière du Maillet et les trois autres à Troumouse, dont l'amphithéâtre, comme du reste le hameau et la chapelle de Notre-Dame, mérite d’èlre l'objet d'un chapitre à part. La vallée doit sa notoriété primitive à la station thermale qui lut cause de l’exploration de tout le pays. Déjà, Lien antérieurement à la Révolution, la plupart des personnes envoyées aux eaux de Barèges visitaient Gavarnie, -- lire la lettre que le chevalier Berlin écrivait de Saint-Sauveur à Évariste Rarny, — et en passant ne manquaient pas de noter l'orée d'un vallon où les montagnards se rendaient annuellement en procession. Toutefois, les premiers étrangers qui s’y aventurèrent furent Vies savants attirés par la présence de gîtes de minerai, l'abbé Palassou et le baron de Dietrich qui signalent avec complaisance dans leurs ouvrages, le dernier surtout, les moindres mines existant de Gèdre-Dessus à Touyères. UnM.Tho-rin était à la tète de ces exploitations aujourd’hui abandonnées. Le futur maire de Strasbourg constata entre temps (pie les cantonnements où se trouvaient les filons qu’il étudia tiraient généralement leur nom de quelque cabane, grange ou habitation proche, et ceci est d'autant plus important que la raison de l'appellation de certains ponts, bois, cascades, pics, lieux dits locaux, etc., n’a pas d’autre origine. En revanche, le coté pittoresque de la vallée laissa noire minéralogiste absolument froid. « De retour à Gèdre, je m’empressai de me rendre à Héas, village situé à 2X00 toises au sud-est de Gèdre, je n’y parvins que par des chemins affreux ». Il est vrai que nous sommes prévenus en note que pour exécuter cette course il faut se munir de pain et de vin. Noguès reste muet; Dicqué semble plagier Bertin. Arrivons à Boudon de Saint-Amans, cité par Dusaulx et Pasu-mot, et qui nous a conservé la physionomie d’antan d’un pèlerinage que Lourdes tend à faire dévier
- de [dus en plus à son profit depuis quelques années.
- Au mois d'août 1788, Saint-Amans, de séjour à Barèges, ravi d’avoir escaladé le Pic du Midi et contemplé le Marboré, conçut le projet de pousser jusqu’à lléas où justement on accourait de toutes parts pour l’Assomption. La société d'un compagnon, avide de voir du nouveau, lui eût été fort agréable, mais ce voyage « pénible, dangereux même à certains égards », ne se trouva du goût de personne. « On nous en détourna », dit Dusaulx. 11 lui fallut partir seul, muni d'un mot de recommandation pour le
- vicaire de Gèdre. Nous devons' à cette fugue d'excellents aperçus touchant l’ancien chemin, la Peyrade et le lac qu’une catastrophe allait anéantir; nous assistons dans une maison de lléas à d’amusantes scènes, dont une quelque peu bachique. Le lendemain, après s’être l'ait raconter la légende de Notre-Dame, Saint-Amans, derrière son vicaire, se rendit à Gavarnie par le Passet des Glouriettes et la montagne de Coumély, inaugurant une promenade facile qu’exé-eutent aujourd’hui nombre de touristes.
- Ce « piquant » récit attira à Héas le père du pyrénéisme, et dix ans plus tard, avec Saint-Amans alors professeur à l’école centrale d’Agen, Ramond gravit le port de la Ca-naou. Description revue et augmentée de la vallée de Héas et tableau magistral du cirque de Troumouse. V. de Chausenque atteignit également le [tort de la Canaou auquel il sut nous intéresser à sa façon, et nous ne rencontrons [dus rien d’original ensuite, si ce n’est des dessins et des lithographies, car tout se fit, selon une heureuse expression, à grands coups de citations des prédécesseurs.
- L’ancien chemin de Héas, que suivaient nos pères, débutait au [tout de Saint-Mathieu, c’est-à-dire à l’angle de la maison où se trouve le bureau des douanes, pour desservir Gèdre-Dessus et se poursuivre d'un bout à l’autre sur le versant droit de la vallée. Les arrivants de Luz pouvaient éviter la traversée de
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- Gèdre-Delmt à condition do prendre en avant du luron le sentier de Cantagaïs (ehante-goais) qui au Sarraf rejoignait le chemin de Gèdre-Dessus. Jusqu’à la Gardelte, tout marchait à merveille ; par contre, sur les hases du Camplong, composées de lugubres pentes de graviers mobiles, c’était, quelque peu mauvais. La piste s'ellaçait, ou bien avait à peine la largeur voulue pour le passage d’une personne; au moindre laux pas, on risquait de mettre en mouvement les débris que l’on loulait et de glisser avec eux dans le torrent en furie. On longeait finalement le Mail de la Vierge en contournant le lac de Uéas dont la disparition a permis au nouveau chemin de [tasser au-dessous de la Pevrade....
- Gette voie récente, muletière, établie de IMS a 18/0, débuté sous le Biroulet, mais l'on peut couper au court les lacets de la grande route où elle s amorce par le chemin du Coumély. Une sente abrège encore davantage : elle s’élève rapidement à travers les [très, et reste à peu [très parallèle au chemin creux de Ghichaulié qui s'embranche sur celui du Coumély, à deux [tas de la grotte Palassel, exactement devant la grange Pareilles. Les pierres moussues d un mur de soutènement d’un coté, la haie épaisse et vivace dont les ronces vous accrochent de 1 autre, avec les arbres qui s’élancent, les fougères qui s’épanouissent, les racines qui traînent, parmi les profondes défectuosités du sol, forment un ensemble auquel nul promeneur ne reste insensible. Dans ces deux cas, il y a lieu de traverser les méandres du bon chemin que Ton rejoint à la maison Couy, par une étroite allée pavée de galets et ombragée de jeunes saules. Lucik.n Bhikt. ——
- CHRONIQUE
- Une nouvelle étoile. — 11 y a deux ans, en 1901, apparut tout à coup dans la constellation de Persée un astre nouveau. On eût dit de l’incendie d’un inonde. L’éclat était considérable. La JYorn de Persée a fait noircir beaucoup de papier. On a émis plusieurs hypothèses sur cette apparition soudaine. Llait-ce un monde qui se formait, un monde qui s’éteignait en jetant une dernière et éclatante clarté? Aujourd'hui, cette étoile nouvelle est devenue bien pâlotte : elle s’évanouit peu à peu dans l’immensité de l’espace. Maintenant, autre étoile nouvelle. Elle fut découverte par M. Turner à l’observatoire de lTniversité d’Oxford, le 10 mars dernier, dans la constellation des Gémeaux. Mais sa nouveauté était-elle indiscutable? N’était-ce pas plutôt une, simple étoile à éclat variable comme on en connaît tant. On observa beaucoup la nouvelle venue, et l’on ne s’entendit pas sur son compte. Elle était d’un rouge de sang, et les étoiles nouvelles sont toujours rouges. Cependant, l’analvse spectrale semblait, par la constatation de lignes brillantes caractéristiques, la rapprocher de l’étoile variable du type Mira Ceti. Postérieurement, elle devint de, plus en plus rouge. M. Barnard, notamment, la décrit comme très rouge. Le protesseur Hartmann a définitivement conclu de ses observations que l’on se trouvait bien en présence d’une étoile nouvelle dont le spectre ressemblait à celui de la Nova de Persée pendant la dernière partie de mars
- 1901. Les photographies antérieures de cette partie du ciel n’avaient d’ailleurs, bien entendu, révélé aucun astre au point où l’on découvrait l’étoile.
- L’orme <le l'Institution des Sourds-Muets ù
- Paris. — Paris a perdu récemment le plus âgé et le [•lus haut de ses arbres, l’orme qui s’élevait dans la cour de l’Institution des Sourds-Muets, non loin du Panthéon. Planté, dit-on, par Sully, il serait âgé de quelque trois cents ans et les portait gaillardement jusqu’à ces dernières années, où les coups de vent endommagèrent fort ses grosses branches. La tour de Saint-Jacques du Haut-Pas pouvait servir de point de comparaison pour sa hauteur qui atteignait 45 mètres : jusqu’à 50 mètres, son tronc était dépourvu de branches et parfaitement droit. Malgré des éinondages successifs et des soins assidus, il fut atteint d’une maladie qui détermina l’Administration à le faire abattre avant qu’il ne tombât de lui-méme. 11 fallut le débiter en plusieurs tronçons, pour ne pas endommager les édifices voisins. C’est encore un souvenir du vieux Paris qui disparaît, mais il n’aura pas été sacrifié aux pseudo-nécessités d’embellissements problématiques.
- Réfrigération par l’air liquide. — Quand on a su que l’on pouvait obtenir de l’air liquide à —190°, chacun de se promettre d’abandonner la glace. 1 kg de glace à zéro, qu’est-ce qu’un pareil réfrigérant à côté de 1 kg d’air liquide à 190° au-dessous de zéro? Et tout le monde, par les grandes chaleurs, de réclamer de l’air liquéfié. Lue goutte d’air liquide suffirait pour congeler un verre tout entier. Adieu la glace ! Versons dans un verre rempli d’eau une toute petite quantité d’air liquide. Résultats : ébullition violente accompagnée de fumées épaisses d’un bel effet. Et de congélation, point! L’eau du verre reste parfaitement liquide. A la vérité, l’eau est fortement rafraîchie, mais c’est tout. Pourquoi? C’est que la quantité de froid emmagasinée par l’air liquide n’a rien d’extraordinaire, malgré les — 190° de température. Sa chaleur de vaporisation est de 95 calories par kilogramme environ, de sorte que, chose inattendue, 1 kg d’air liquide produit en s’évaporant un peu moins de froid que 1 kg de glace en fondant, laquelle absorbe, comme on sait, 79 calories. Il est vrai qu’à la chaleur de vaporisation on pourrait ajouter la chaleur due au réchauffement du gaz produit, 90 calories environ, ce qui porterait le total de l’effet réfrigérant de 1 kg d’air liquide à celui de lke,5 de glace. Mais c’est bien peu, eu égard au prix de revient d’un kilogramme d’air liquide1. Le froid produit par l’air liquide pourra cependant être utilisé dans des cas spéciaux où il sera bon d’éviter l'humidité et corriger une atmosphère impure, par exemple dans les industries viticoles, dans l’industrie des conserves, dans les salles de conférences, etc. L’air sera régénéré et rafraîchi. On constatera que l’air liquide versé dans l’atmosphère produit d’abondantes fumées blanches très froides, en dépit de leur apparence de vapeur d’eau bouillante. Les fumées proviennent simplement de la congélation brusque des impuretés de l’atmosphère, vapeur d’eau et acide carbonique. Il faut savoir aussi que si un mince filet d’air liquide vient à loucher un tapis, son évaporation violente produit le bruit d’un fer rouge plongé dans l’eau. L’est bruyant, mais non dangereux.
- Travail «lu cœur humain. — Le cœur humain est pratiquement une pompe de 0"',15 environ de haut sur 0”,10 île large. Lette pompe fonctionne 70 fois par minute, -4200 fois par heure, 100 800 fois par jour.
- 1 Consulter à ce propos un petit livre très complet, L'air liquide, par M. G. Claude, chez Dunod.
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- 50 792 000 fois par année et 2 575 440 000 fois en soixante-dix ans. A chacun de ses battements, il lance en moyenne une centaine de grammes de sang dans la circulation, 7 litres |>ar minute, 420 litres par heure, ou 10 tonnes par jour. Tout le sang du corps, qui est d’environ 28 litres, passe, toutes les 2 ou 5 minutes, à travers le cœur. Le petit organe déploie chaque jour une force capable d’élever 40 tonnes à 1 mètre de hauteur. Pendant les soixante-dix ans de la vie d’un homme, cette merveilleuse petite pompe, sans un seul moment de répit, ni jour, ni nuit, débite l’énorme masse de plus de 250 000 mètres cubes de sang.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 août 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Monument élevé à Charcot. — Le maire de Lamalou invite l’Académie à déléguer un de ses membres pour participer à la cérémonie d’inauguration du monument élevé à Chan ot dans cette ville. La cérémonie aura lieu le 20 septembre.
- Lu loi de représentation de la fatigue. — M. Ch. Henry adresse une Note indiquant une formule à quatre variables au moyen de laquelle il représente par une courbe la loi de variation de la fatigue dans l’eflort. M. Berthelot observe qu’au moyen d’une fonction de quatre variables on peut représenter n’importe quelle série de phénomènes; de telle sorte que la formule donnée ne peut être considérée que comme un moyen d’obtenir un graphique satisfaisant à peu près aux conditions imposées et non comme une formule basée sur la dépendance réciproque des seuls éléments constituant le phénomène étudié. Néanmoins, il s’agit d'un travail inspiré par une néthode récemment introduite dans la science ; aussi le résultat obtenu présente-t-il un intérêt véritable. La courbe montre qu’au bout d’un certain temps la fatigue croit comme le cube du temps.
- Composé organique phosphore. — M. A. Gautier a signalé, dans deux séances récentes, la découverte par M. Posternak, son élève, d’une substance phosphoréc dans les feuilles et les rhizomes des plantes. H présente aujourd’hui une Note sur l’assimilation de l’acide phospho-rique et des corps sucrés dans la feuille. Dès que celle-ci travaille on y voit apparaître l’acide C2H8P209 que l’auteur a dédoublé intégralement par l’hydrolyse en inositu et acide phosphoriquc. Ce corps, Câll8I,:!09, contient le tiers de son poids environ de phosphore. C’est le premier terme de la synthèse phosphorée et organique de la plante.
- Varia. M. Berthelot dépose une Note sur les piles à plusieurs liquides avec électrodes métalliques différentes. — M. Violle adresse une Note de M. Eginilis sur le rôle des noyaux métalliques dans les bobines. — M. Guillaume communique le relevé des observations solaires faites à l’équatorial de l’observatoire de Lyon pendant le 2° semestre 1902. Cu. de Yiu.edeiu..
- MIAYËÜSE-ARR0SEUSE-MM4SSEUSE
- lWHtY-SOIIV
- Dans les belles matinées d'été, chaudes, sèches, et ensoleillées, lorsque les grandes villes lont leur toilette, c’est merveille de voir les grosses brosses mécaniques des services de voirie faire tourbillon-
- ner les Ilots de poussière. Abondamment garnie de microbes et de germes, comme on peut le penser, cette poussière s’insinue dans les maisons, salit les devantures des magasins, et chose plus grave s'introduit dans les voies respiratoires des passants. 11 faudrait faire en grand, pour les rues et les boulevards, ce que 31. Henri de Parville a toujours conseillé aux bonnes ménagères pour le soin de leurs appariements, c’est-à-dire, dépoussiérer en humectant : le plumeau, sous ses diverses formes, est plus dangereux qu’utile. Tous les récents Congrès d’hygiène préconisent, d’ailleurs, l’arrosage préalable des voies à balayer alin d’agglomérer les poussières et d'empêcher leur soulèvement. Mais, l’arrosage préalable produit de la boue, et l’on tombe alors dans un autre inconvénient. La véritable formule c’est l'arrosage pendant le balayage, avec, comme corollaire, le ramassage des matières mouillées. La machine doit être balayeuse-arroseuse-ramasseuse.
- Un en a combiné divers types qui ont été décrits ici, notamment aux Etats-Unis, et, plus récemment, à l’Exposition de Düsseldorf. La plupart d’entre eux demandent des efforts mécaniques trop considérables, ou bien, exagèrent le mouillage de la chaussée. Sans entrer dans leur historique, nous nous bornerons à décrire aujourd’hui la dernière forme qui a été donnée à ce genre de machines par M. Durey-Sohy, le constructeur parisien, et essayée tout récemment à Paris, dans des conditions qui ont été satisfaisantes, par les soins de M. Poreux, inspecteur général des ponts et chaussées. La machine Durey-Sohy résout le problème d’humeeter, au lieu de mouiller, c’est-à-dire de pratiquer l’arrosage au moyen de l’eau amenée à l’état de très fine division, de pulvérisation. L’atmosphère s’imprègne, autour des balais tournants, d’une sorte de brouillard qui englobe et entraîne, dans la chute de ses vésicules sur le sol, les corpuscules, germes et microbes, qui auraient tendance à s'élever: alourdis, ils ne peuvent se disperser dans le courant d’air, et cependant on emploie une quantité d’eau relativement faible.
- L'organe essentiel de la machine, au point de vue du nettoyage, est un balai-rouleau composé d'uni' monture en bois avec tourillons d’extrémités en 1er et garni de libres qui lui donnent la forme d’une brosse cylindrique. Pendant l’opération du balayage, cette brosse est appuyée sur le sol et animée, autour de son axe, d'un mouvement de rotation inverse de celui des roues porteuses de la machine: elle esi, de plus, inclinée par rapport à l’axe longitudinal de la machine alin de rejeter les boues sur le coté. Un mécanisme de débrayage permet de donner ou de retirer instantanément au balai son mouvement de rotation: un autre mécanisme produit le relevage du balai de façon à l'empêcher de s'user lorsqu'il ne doit pas travailler. Le conducteur commande ces deux manœuvres à l’aide de deux leviers placés sous sa main et peut aussi régler la pression du balai sur le sol au moyen d'un contrepoids mobile.
- La balayeuse-arroseuse actuellement est traînée
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- par un cheval. Le mouvement de rotation du halai est emprunté à l’essieu, lequel tourne dans des paliers ti.vés à un châssis en fer forgé formant bâti pour recevoir tous les organes mécaniques. Deux roehets, placés près des roues, embrayent la rotation de l’essieu, mais seulement pour la marche en avant, de telle sorte que la machine peut virer sans efforts, dans les tournants, chaque roue pouvant décrire ainsi le chemin qui lui est spécial et l'en-trainement de l’essieu, pendant le virage, étant réalisé par la roue de virage extrême. Au moyen d’une paire d'engrenages coniques placés vers la droite, le mouvement est transmis à un arbre intermédiaire parallèle au halai, puis transmis de cet arbre au halai lui-même par une chaîne sans tin passant sur deux roues dentées. Le dispositif d’arrosage, ou plutôt, d’humectation, est partieulièreme nt bien étudié. Voici en quoi il consiste. Une rampe, portant des ori-lices pulvérisateurs est fixée en avant du halai et parallèlement à lui : c’est de cette rampe que l’eau est projetée sm le sol comme une sorte de brouillard : elle provient d’un tonnelet placé à la gauche du conducteur. Une petite pompe à piston plongeur prend le liquide et le refoule dans la rampe d’arrosage sous la pression nécessaire à la pulvérisation. Cette pompe, elle aussi, prend son mouvement, au moyen d’une paire d'engrenages, sur l’arbre intermédiaire de la machine,
- c'est-à-dire, de même que le halai, sur l’essieu. 1 ne petite pluie survient-elle à point nommé, rendant l’arrosage inutile, le conducteur débraye la pompe, et tout est dit. D’ailleurs, grâce à un robinet à trois
- voies placé à portée de sa main, le conducteur peut aussi, en envoyant au tonnelet le refoulement de la pompe au lieu de l'envoyer sur la ram-pe, sup[trimer l'arrosage tout en laissant la pompe en mouvement.
- Dour terminer cette brève description, signalons ce fait intéressant et nouveau que M. Du-a pu
- rendre solidaires et manœuvrables avec un effort très minime, au moyen d’un seul levier, les mouvements d’embrayage et de relevage du halai, de telle sorte
- que celui-ci est toujours débrayé lorsqu’il est relevé et toujours embrayé lorsqu’il est abaissé. On évite ainsi l'usure de cet organe un peu coûteux.
- Entin, les balayeuses de l’ancien modèle Sohy peuvent être très aisément et sans grands frais transformées en balayeuses-arro-s e u s e s. Voilà donc une excellente machine d e guerre pacifique acquise au progrès pour la lutte contre la poussière urbaine. Elle ne constitue pas seulement un véhicule mécanique bien étudié : c'est et ce sera un utile auxiliaire de l'hygiène publique. Max de Naasoity.
- Le Gérant : P. Massox.
- I-aris. — Imprimerie Laiiijue, rue de Fleurus. B.
- Fig. “2. — I.a balayeusc-tu’roseuse-ramasseuse. Vue latérale montrant, le fonctionnement.
- A. Tonne. — F. Robinet à trois voies. — B. Pompe. — M. Manchon d'embrayage à griffes. -N. Fourchette d’embrayage. — I’. Ressort de rappel de l’embrayage. — b. Hampe d’arrosage munie des orilices pulvérisateurs Y.
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- INFLUENCE 1)E L’ÉNERGIE MUSCULAIRE
- slr l’kumination dk l'alcool lntroih it dans lk sang
- 11 y a longtemps que je m'occupe de l’alcool éthylique, au point de vue de la physiologie et de l’hygiène, et j’ai démontré par l’expérience qu’un volume mesuré de ce liquide, introduit dans l’estomac d’un animal à l’aide d’une sonde œsophagienne, passe dans le sang où je le dose pendant les heures successives, à l'aide du procédé si exact et si ingénieux au bichromate de potasse, que mon élève et préparateur, M. le l)r Nieloux, a établi en 189G.
- lin très grand nombre de dosages m’ont permis de construire des courbes que représente la tigure 2. Prenons comme exemple, la ligne qui l’ait connaître les proportions d'alcool trouvées dans le sang après l’injection dans l’estomac de 5 cm3 d’alcool absolu par kilogramme, ou en réalité de 50 cm3 à 10 pour 100. Nous voyons que dans les heures qui suivent l’introduction dans l’estomac, la proportion d’alcool reste absolument tixe dans le sang : il se forme un plateau (Gré-hant ) ; tous les accidents aigus ou chroniques, produits par l’alcool éthylique dans l’organisme humain ou dans l’organisme animal, tiennent à l’existence de ce plateau représentant une proportion constante d’alcool dans le sang qui va ensuite en diminuant au bout de G heures, de 7 heures, ou d’un temps plus long, la courbe n’atteignant la ligne des abscisses qu’après 21 ou 25 heures. Si l’alcool brûle dans l’organisme, sa combustion est lente, elle exige beaucoup de temps.
- Je ne puis pas, dans cet article, résumer mes nombreuses recherches, mais je tiens à signaler, aux lecteurs de La Nature, un fait dont la démonstration a été commencée par moi et qui donnera lieu, je l’espère, dans l’avenir, à un grand nombre de recherches comparatives présentant un vif intérêt ; il s’agit de savoir dans quelles limites l’exercice musculaire favorise la disparition de l’alcool dans le sang où il a pénétré, soit par absorption stomacale, 31e auiK'c. — 2e semestre.
- soit par inhalation pulmonaire, soit par injection directe faite dans les vaisseaux.
- J’ai tout récemment, publié à la Société de Biologie, les résultats que j’ai obtenus par l’emploi d’une roue motrice à chien semblable à celle qui a été employée avant moi par le professeur Chauveau et par les professeurs Laveran et Regnard, mes savants collègues de la Société de Biologie.
- La tigure 1 représente cette roue motrice qui a 5 mètres de diamètre et que j'ai fait installer contre un mur en dehors de mon laboratoire et sous un toit ; un chien quelconque, introduit dans la roue, se met h tourner sans hésitation dès le premier essai et peut continuer à faire de 10 à 20 tours à la minute, suivant la vitesse de l’allure; 10 tours correspondent,
- en une heure, à un chemin parcouru égal à 5k"\G55.
- Je fais injecter dans l’estomac d’un chien, le matin à 8 heures, 20 cm3 d'alcool à 10 pour 100 par( kilogramme de| son poids ; 5 heures après, j'introduis dans la veine jugulaire du coté du cœur une sonde fine et j’aspire 15 cm3 de sang qui sont injectés dans mon appareil à distillation dans le vide : en quelques minutes, j’obtiens la totalité de l'alcool et de l’eau que renfermait le liquide nourricier.
- Le dosage de l’alcool se lait avec la solution de bichromate de potasse à 19 grammes par litre qui est telle que si l’on chauffe dans un tube à essai 5 cm3 de liquide renfermant un millième d’alcool avec 9 dixièmes de centimètre cube de bichromate, après avoir ajouté de l’acide sulfurique, on obtient une coloration vert bleu, tandis que 5 cm3 de liquide alcoolique, chauffés avec 1 cm3 de bichromate* donnent une solution légèrement jaune, qui indique dans la réaction la limite découverte par Nieloux.
- Un prend chez le chien trois échantillons de sang d’heure en heure, 5 heures, G heures, 7 heures après l’injection stomacale : on voit sur la ligure 5 que l’on obtient une ligne droite descendante ; puis on introduit l’animal dans la roue et on le fait tourner une heure sans interruption; de nouveaux dosages d’alcool montrent que la ligne se brise comme l’in-
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- Fig. 1. — Roue inoli'ice à chien employée par le professeur Gréhunt.
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- dique la ligure et qu’elle fait un angle de 1 4° avec la direction primitive; dans l’heure suivante de repos, le tracé de i h 5 indique une élimination plus faible d’alcool.
- 11 est donc certain que l'exercice musculaire favorise l’élimination de l'alcool du sang et on doit le
- Heures
- Fig. 2. — (tourbes indiquant les quantités d'alcool absolu pour 100 centimètres cubes de sang après l'injection dans l’estomac de volumes d'alcool absolu compris entre 1 et 10 centimètres cubes par kilogramme du poids de l’animal (alcool introduit dans l'estomac sous forme d’alcool à 10 pour 100).
- conseiller aux hommes qui ont introduit dans leur organisme une quantité d’alcool inférieure à celle qui produit une ivresse complète, rendant la marche
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- lig. 5. — Ligne brisée 1,2, 3, 1, 5 indiquant les quantités d’alcool contenues dans le sang; 5 b. (a), 0 b. (b), 7 b. (e), 8 b. (d), 0 b. (e), après l’injection d’alcool laite dans l'estoinae ; de e en d une heure de travail dans la roue.
- et 1 exercice complètement impossibles; dans ce dernier cas, je pense que le mouvement communiqué au grand air, en voiture, par exemple, pourrait être utile, mais il huulrait le démontrer expérimenlale-n^nt. N. (iiuauxT,
- Professeur au Muséum d'histoire naturelle.
- LES CUISSES EN BOHÊME
- Les chasses de Iîohème ont une réputation, et elle est méritée, car le gibier abonde dans ce pays, Nous pouvons relever quelques chiffres qui vont bien le prouver.
- Si, en effet, nous nous reportons aux statistiques qui sont dressées depuis vingt-cinq années à ce sujet, nous verrons qu’il ne se tue pas annuellement moins de 570 000 perdrix, un demi-million de lièvres, au moins 40 000 faisans, 15 000 poules d’eau, 12 000 cailles, plus de 11 000 chevreuils, 5500 cerfs, 2500 lapins (chiffre très faible qui s’explique par ce fait qu’on a supprimé autant que possible ce rongeur, à cause des ravages qu’il cause dans les bois). Si nous continuons la liste, nous porterons encore dans ce tableau formidable plus de 4000 coqs de bruyère, au moins 800 sangliers, etc.
- Et ce ne sont là que des moyennes, par conséquent en dessous des chiffres de quelques années où les chasseurs ont été particulièrement favorisés; l’année 1880, par exemple, a vu le massacre de 60 000 faisans ; ces oiseaux ont sensiblement diminué, du reste, car, il y a une vingtaine d’années, on en tirait jusqu’à 90 000 ! La Bohème exporte une bonne partie de ces pièces de gibier, près de 2000 tonnes, représentant une valeur d’au moins 4 millions de francs. P. i»e M.
- NOUVEAU TYPE DE BATEAU A PÉTROLE
- L’usage des moteurs à pétrole pour des embarcations de toutes sortes, petites ou grandes, se vulgarise de plus en plus, et il n’est pas impossible que ce moyen de propulsion fasse fortune sur l’eau comme sur terre. Sans insister sur les constructions de ce genre, dont on voyait de nombreux exemples au dernier Salon de l’Automobile, nous ferons remarquer que, à l’occasion de la grande course de la coupe Gordon Bennett qui s’est courue dernièrement en Irlande, on a organisé également, en rade de Oueenstown, une course entre bateaux à moteur.
- Précisément, pour prendre part à cette, épreuve internationale, MM. Edge and C°, dont le nom est bien connu
- \ - ' ____:__--- ____ -'7. ; : :: [
- Lanot automobile de 7b chevaux.
- en automobilisme, sont en train d’achever une embarcation qui présente des dispositions assez spéciales pour •pie nous en donnions une description rapide. Gomme on le remarquera immédiatement, elle est à fond plat, affectant l’apparence d’un type bien connu d’embarcation à l’aviron ; on a voulu évidemment essayer d’en faire un
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- de ces bateaux glissants, dont il a été parlé ici à plusieurs reprises, et qui constituent peut-être l’idéal en matière de navigation. La longueur totale de l'embarcation est de 12'“,20 pour une largeur au fort de lm,52 et nu creux de Om,t»l. La coque est entièrement en acier, faite de tôles et d’angles; elle ne doit pas peser plus d’une demi-tonne, afin (pie le déplacement total ne dépasse pas la limite de une demi-tonne imposée par le règlement de la course.
- Le moteur est du type Napier à quatre cylindres, et il développera une puissance de 75 chevaux mesurée au lrein, en tournant à raison de 800 révolutions. On compte qu’il assurera une vitesse de 25 nœuds, ce qui est énorme pour une aussi petite embarcation. On remarquera l’hélice double, disposée sur un arbre de couche oblique, comme dans les torpilleurs à turbine. P. ne M.
- LA PÊCHE DANS L’ATLANTIQUE
- Les opérations de pèche offrent pour le public d'autant plus d’intérêt qu’elles sont moins connues de ceux qui habitent loin de la nier.
- Nous avons pu nous procurer quelques détails auprès de la maison Pellier frères, du Mans, et nous nous empressons de les publier.
- Le chalutier qui sert à la pêche porte le nom de « René André ».
- Il a une longueur de 29 mètres’, une largeur de 5m,40; sa puissance est de 500 chevaux et son tirant d’eau est de 2m,60.
- Cette dernière dimension a été choisie à dessein pour lui permettre de rentrer dans les petits ports (fig. 2).
- Les chalutiers pêchent principalement des merlus, dorades, grondins rouges et gris, quelques raies, congres, maraches et peu de soles.
- Dans l’Atlantique, la pêche se fait l’été par le travers de Penmarch, des Glénans et de Croix; l’hiver, dans le golfe de Gascogne : on opère nuit et jour.
- La pèche se fait sur les parties appelées par les marins « le Plateau », et qui sont situées entre 5 et 100 milles de la cote, à une profondeur à peu près régulière de 120 mètres.
- Le chalut a la forme d’une énorme nasse sans montant, et, en mer, il doit se comporter comme une nasse que l’on tramerait sur le fond. L’écartement et la conformation du filet se trouvent maintenus à l’aide de plateaux A et R de la corde de liège G I) E et de la corde de plomb F G IL Les plateaux ont la forme de rectangles, comme le montre la ligure, mesurant 2m,8o sur lm,80; ils sont en bois blanc, et
- sur la partie inférieure mesurant 2m,85, ils sont munis d’une garniture en fer; ceci les fait tenir perpendiculairement dans l’eau, le fer tendant à aller au fond et le bois à remonter. A chaque plateau sont attachés par les coins quatre chaînes se reliant en un point P, les parties E P et P II étant plus longues <{ue les parties T P et U P: de sorte qu’en tiran les plateaux dans la direction droite ils n’ont pas tendance à venir dans cette direction, mais bien dans une oblique P R ou pour l’autre plateau dans une oblique P' IP. La corde de liège est attachée au point E, la partiel 11 étant, connue nous l’avons dit, ferrée. Du point E au point F, la distance est de o0 mètres ; celle corde est donc destinée à rester en marche à lm,80 au-dessus du sol, mais parla vitesse du bateau et la quantité d’eau rentrant dans le filet fait 2m,o0 à 5 mètres. La corde de plomb est un câble acier entouré d’une grosse corde qui est attaché aux points II et G et qui mesure environ 40 mètres de
- longueur ; elle est donc plus longue (pie la corde de liège, et en marche, au lieu d’être tendue ên ligne droite, comme la corde de liège des points E D G, elle se trouve tendue, mais en cintre des points H G F. Elle passe donc sous la partie de filet soutenue par la corde de liège, et elle est destinée à frotter sur le sol. Le filet se trouve ainsi soutenu par ces trois éléments ; il se continue comme l’indique la figure. La partie extrême s’appelle poche, les autres bourses.
- Arrivé sur les lieux de pèche, le-filet se mettant à l’eau en travers du bateau, on est obligé de faire marcher le vapeur dans une direction tournante, afin que le filet s’écarte du bateau et ne se prenne pas dans l’hélice. Dès que les plateaux touchent l’eau, ils s’écartent l’un de l’autre par leur inclinaison et la vitesse du bateau, puis l’on file doucement les 400 mètres de câble acier enroulés sur le treuil à vapeur. Ensuite, par une manœuvre, on fait passer les câbles à l’arrière du bateau. Pour remonter le filet, on opère de la même façon, le bateau étant cette fois arrêté. Sitôt les plateaux en place, on hisse tout ce que l’on peut du lilet à la main, naturellement dessous et dessus ensemble ; on fait en même temps glisser le poisson des bourses dans la poche, et finalement on élingue, on hisse le laissant suspendu en l’air et on défait la poche qui est fermée
- Fig. 1. — Dispositions du lilet.
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- par une corde avec un nœud spécial et tout le poisson tombe sur le pont.
- En pèche le tilet se trouve situé à l'arrière du bateau, à environ 550 mètres; les câbles en acier qui le tirent ont chacun une longueur de 400 mètres en-
- viron et la profondeur est de 120 mètres. Chaque coup de blet dure 5, 4 ou 5 heures selon les fonds. Une fois sur le pont, le poisson est aussitôt lavé et glacé. En pèche, la vitesse du bateau est de 5 à 4 nœuds, soit 5,500 à 7,500 kilomètres à l'heure.
- Fig. 2. •— Vue d'eiisetublc du bateau le « lieiié André ».
- Les figures 5, 4, 5 et 0 nous montrent ces diverses opérations de pèche à bord du « René-André » :
- Fig. ô. — Ajijiaritiou du iilet.
- du filet ffig. 5), après l’ouverture du filet (fig. 0).
- Le chalutage peut s’effectuer avec barque pontée. Ces barques pontées sont généralement gréées en chaloupe ou en dundee. Ce sont des bateaux qui, l’été, font la pèche du thon. Le vent ne soufflant pas régulièrement, par conséquent le filet n’étant pas tiré
- nous voyons successivement l’apparilion du filet (fig. 5), le hissage du filet (fig. 4), avant l’ouverture
- Fig. i. — Hissage du lilet.
- d’une façon régulière, il s’ensuit que le filet a besoin d’ètre soutenu d’une façon autre que dans les chalutiers à vapeur. La partie appelée corde de liège est formée par une forte barre en bois (presque un màt) de 12 à 15 mètres de long; elle repose sur deux armatures en fer, appelées « patins », d’une
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- hauteur de 80 centimètres. La corde de plomb est formée par une chaîne; par suite de cette disposition le voilier étant même arrêté, le filet reste ouvert.
- Le chalutage avec barque non pontée est celui qui est pratiqué par les bateaux qui l’été font la sardine; une barre de bois, perche longue de a à 6 mètres, est supportée par des pierres (galets) qui tiennent lieu de patin ; elle est située à environ û() centimètres au-dessus du sol. Une chaîne fait également office de corde de plomb.
- Pour la pêche de la sardine, la senne ayant été interdite, elle se fait exclusivement au blet.
- Ce dernier mesure environ DO à aa mètres de longueur, sur 12 mètres de largeur (de chute). U est, en fil de coton ou de chanvre et est désigné par
- s o n
- moule; c’est-à-dire
- d’après la longueur en millimètres de cinq nœuds (ou le côté formé par quatre mailles se suivant).
- Un certain moule de filet ne prend que de la sardine de même grosseur, attendu que celle-ci s’introduit la tête dans les mailles et se trouve prise par les ouïes ; si elle est trop grosse, elle ne peut entrer dans les mailles, si elle est trop petite, elle passe au travers. D’un côté de la longueur du filet se trouvent des lièges, et de l’autre côté de la longueur existent
- des plombs; de sorte qu’une fois dans l’eau, le filet se maintient dans une position verticale. La pêche se fait dans des barques non pontées; celles-ci, arrivées sur le lieu où se trouve la sardine, carguent leur voile, et se mettent à ramer contre le vent. Le filet est mis à
- Fig. ti. — Avant l’ouverture du filet.
- Fig. 6. — Après l’ouverture du filet.
- l’eau, à l’arrière, et est tenu par un pêcheur; deux autres hommes rament à l’avant ; le pêcheur qui est à l’arrière tient l’extrémité du filet par une corde de
- la main gauche, et, de la droite, il jette de chaque côté des lièges un appât formé d’un mélange d’œufs de morue (rogue) et de farine d’arachide.
- La sardine de chaque côté du filet se précipite pour manger l’appàt, et s'introduit la tête dans les mailles; naturellement elle se trouve prise par les ouïes. Le .pêcheur voit, par le blanc des ventres des sardines qu’il aperçoit au travers de l’eau, s’il y en a beaucoup de prises. Il relève son filet en prenant simultanément plomb et liège; une fois dans la barque, en le secouant, il fait sauter une à une toutes les sardines sur le pont.
- Tels sont les différents modes de pêches ; le premier ne peut se pratiquer que dans les eaux internationales, c’est-à-dire à o milles de terre et pas
- dans les baies. Les autres modes de pêche peuvent se pratiquer partout. Le chalutage avec barques non pontées nous paraît le plus préjudiciable, car ces bateaux draguent dans les baies, très près de terre et arrachent le goémon et les plantes marines où se tiennent le plus souvent les petits poissons et où les sardines viennent se nourrir. 11 est bien
- certain, en effet, que [dus les haies sont draguées et moins souvent y viennent les poissons; ils disparaissent peu à peu, et bientôt il n’en reste plus trace. J. Lebois.
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- UTILISATION INDUSTRIELLE
- DE L’AIR ATMOSPHÉRIQUE
- Nous possédons dans l’atmosphère qui nous entoure une source inépuisable de richesses pour l’industrie et pour l’agriculture : l’oxygène et l’azote. L’emploi économique de l’oxvgène peut révolutionner nos procédés industriels. L’azote, c’est l’aliment par excellence des végétaux. Si nous savions retirer isolément et à bon compte ces deux gaz de l’atmosphère nous aurions résolu par cela même un problème capital, dont les conséquences économiques seraient incalculables.
- Tout le monde sait comment les combustibles se comportent dans l’oxygène pur; ils développent des températures énormes, voisines de celles de l’arc électrique, les sources lumineuses décuplent leur éclat. Sous le dard bleuâtre du chalumeau à oxygène et à acétylène, le fer, l’acier ruissellent instantanément comme de l’eau; le rubis et d’autres pierres précieuses se forment comme par enchantement. L’air usé de nos appartements mélangé à l’oxygène, devient actif comme l’air de la campagne. Les malades épuisés reviennent à la vie avec des inspirations d’oxygène. L’industrie chimique se transforme. On gagne en temps et en puissance. C’est pourquoi on a cherché depuis de nombreuses années à produire directement l’oxygène à bas prix. On a réalisé de grands progrès. Mais pour bien faire, il faudrait obtenir cet oxygène à un prix extrêmement bas.
- Il semble que nous touchions au moment psychologique où tous les désirs de l’industrie seront comblés. On avait déjà pu, par des moyens chimiques, aller prendre l’oxvgène dans l’atmosphère et nous le livrer à peu près pur. Mais dans ces derniers temps est survenue une méthode nouvelle, et c’est celle-là qui appelle en ce moment l’attention.
- N’est-on pas parvenu à liquéfier l’air, c’est-'a-dire successivement à des températures de plus en plus basses, et l’azote et l’oxvgène. On fabrique assez couramment l’air liquide. Le litre coûte encore cher, environ 5 francs. Mais les prix baisseront considérablement quand l’air liquide aura trouvé une utilisation importante. L’air liquide est bleu, d’un beau bleu qui rappelle la couleur du ciel; il pèse environ 1 kg le litre, comme l’eau. 11 bout environ à 190° au-dessous de zéro, tantôt plus, tantôt moins, selon sa composition. Nous avons déjà insisté, du reste, en son temps, sur les singulières propriétés de l’air liquide et nous n’avons pas à y revenir. Ce qu’il s’agit de mettre en évidence, c’est que cet air liquide est un magasin d’oxygène et qu’il est facile, théoriquement au moins, de séparer du liquide ses constituants, c’est-à-dire l’oxygène et l’azote.
- L’oxygène bout à — 190° ; mais l’azote, qui s’est liquéfié le premier, bout à une température moins élevée. En sorte que si on laisse le liquide distiller, comme on le ferait, par exemple, pour un mélange d’alcool et d’éther, c’est l’azote qui s’en ira d’abord, et l’oxygène en dernier lieu. Le travail de séparation se fera tout seul, progressivement, par réchauffement, et peu à peu le liquide s’enrichira en oxygène.
- Voilà donc un moyen d’extraire l’oxygène de l’air qui nous entoure. Liquéfier l’air, soit l’oxygène et l’azote, et du liquide obtenu laisser distiller l’azote et recueillir l’oxygène. Mais l’air liquide coûte si cher! Oui, encore une fois pour le moment, mais l’on estime que dans un avenir très proche la tonne d’oxygène ne reviendra qu’aux environs de 12 à 15 francs, soit 1,5 à 2 centimes le
- mètre cube. A ce prix, nous aboutirons à une véritable révolution industrielle. Il faut ajouter, pour justifier ces espérances, qu’il sera superflu de pousser la liquéfaction de l’air jusqu’à ses extrêmes limites. M. Claude a montré un fait important. Il a trouvé que la condensation du mélange gazeux constituant l’air s’effectue inversement à la vaporisation. Si de l’air est obligé dose liquéfier progressivement, les premières parties qui se liquéfient sont les plus riches en oxygène. Ainsi s’expliquerait l’économie que l’on pourra réaliser dans l’extraction pratique de l’oxygène, si vraiment les choses se passent bien comme l’a dit M. Claude.
- Cette extraction de l’oxygène par la liquéfaction anticipée paraît même constituer l’application la plus importante que l’on puisse prévoir aujourd’hui de l’air liquide : l’oxygène à très bon marché.
- Et l’azote?
- L’oxygène est le pain de l’industrie. L’azote est celui de l’agriculture. Or, en recueillant l’oxygène, il sera facile de ne pas laisser s’échapper l’azote. Avec l’azote, on fera les engrais ammoniacaux, le sulfate d’ammoniaque, les nitrates dont les gisements vont chaque jour s’épuisant. C’est encore là un des plus gros problèmes du temps. On se préoccupe partout d’extraire l’azote de l’air et de le faire entrer dans des combinaisons chimiques susceptibles d’être utilisées en agriculture.
- 11 y a peu de temps, on signalait des essais faits à Berlin avec le concours de MM. Siemens et llalskc. Jusqu’ici, on n’a pas encore tiré parti de l’azote provenant de la distillation de l’air liquide. On a pris directement l’air ambiant en combinant par des étincelles électriques l’oxvgène à l’azote ; on obtient ainsi de l’acide azoteux, de l’acide azotique et des azotates. L’idée est bonne, mais il reste à connaître le prix de revient.
- On fait grand bruit, en ce moment, autour d’une autre méthode due à deux chimistes allemands, M. Ger-lach et M. le professeur Wagner. Ils fabriquent un engrais azoté qui semble devoir rendre des services aux cultivateurs. Les nitrates de soude du Chili, du Pérou, de la Bolivie s’épuisent. On dit que ce qui en reste n’existera plus dans une trentaine d’années. Il n’est que temps de se préoccuper de l’avenir. Depuis que MM. Willfurth et Hellrigel ont découvert que certaines bactéries logées dans les nodosités des légumineuses prennent directement l’azote de l’air afin de l’engager dans des combinaisons alimentaires pour les végétaux, on ,a cherché à cultiver des espèces qui travailleraient de même pour les autres plantes. Jusqu’ici la solution ne vient pas. Aussi MM. Gerlach et Wagner ont abordé la question chimiquement. Ont-ils réussi? Ce n’est pas bien sûr encore; mais, chemin faisant, ils ont tout de même mis la main sur un engrais azoté qui a sa valeur. On fabrique déjà à Berlin le nouveau composé fertilisant.
- MM. Gerlach et Wagner se débarrassent de l’oxygène de l’air en faisant passer de l’air comprimé sur du cuivre métallique convenablement chauffé ; et ils projettent l’azote résultant sur du carbure de calcium fondu au four électrique ; il se forme une combinaison chimique connue sous le nom de « cvanamide de calcium », plus simplement dénommée « azote-chaux ». Ce composé pur renferme 55 pour 100 d’azote. Traité par les acides, il se transforme en « dicyanamide » à 07 pour 100 d’azote. Mais le simple cvanamide industriel renferme seulement de 15 à 20 pour 100 d’azote, avec une certaine proportion de chaux et de charbon. Enfin, traité par la vapeur d’eau surchauffée, le cyanamide de calcium se transforme
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- on ammoniaque qu’il suffit de combiner à l’acide sulfurique pour avoir du sulfate d’ammoniaque. Et nous voilà avec des engrais azotés à volonté.
- Tout cela est très bien, mais, toujours, et le prix de revient? On n’en parle pas clairement pour le moment, et la valeur de la méthode tient là tout entière. Évidemment ce sera beaucoup plus cher que la fabrication du carbure de calcium, déjà employé pour l’obtention de l’acétylène. Et, bien que l’on emploie, pour le produire, des fours électriques alimentés d’électricité à bon compte, par l’intermédiaire de chutes d’eau, le carbure coûte encore, la tonne, de 180 à 200 francs environ.
- En tout cas, ces recherches ont conduit à un fait intéressant. Le cyanamide, seul, constitue un excellent engrais. Le dicyanamide, plus riche, n’a pas fourni de bons résultats.
- On a examiné l’action fertilisante de l’azote-chaux sur des plantes en pot et en pleine terre. Dans les essais en pots, l’action a été presque aussi satisfaisante qu’avec les nitrates pour l’avoine, l’orge, la moutarde, les carottes, etc. L’excès d'engrais n’a pas nui à la végétation, bien qu’on ait employé cinq fois au moins la dose d’azote usitée dans la pratique. Mais les essais en pleine terre n’ont pas été aussi favorables au nouvel engrais: 100 kg d’azote, sous forme de cyanamide, ont à peine donné ce que fournissent 90 kg de nitrate, et encore dans les circonstances les meilleures.
- Quoi qu’il en soit, le nouvel engrais, même dans ces conditions, aurait son importance, si son prix le rendait abordable aux agriculteurs. Mais, sur ce point essentiel, nous manquons toujours de renseignements.
- Attendonc donc que la pratique, le seul bon juge en pareille matière, nous fasse connaître l’avenir du nouveau composé fertilisant. Ce qui est certain, c’est que les tentatives qui sont faites pour utiliser l’azote de l’atmosphère seront un jour ou l’autre suivies de succès. Nous prendrons largement dans cette mine inépuisable, que l’on nomme atmosphère, restée jusqu’ici non exploitée, de nouveaux éléments de richesses pour l’industrie et de ressources pour l’agriculture. Henri de Parville.
- L’HUILE D’ARGANIER
- L’Arganicr, de son nom savant « Argania sideroxvlon », est une sapotacée qui constitue, ainsi que le disait récemment M. Augustin Beniard, une précieuse essence forestière du Maroc, curieuse surtout pour l’usage qu’on fait de ses fruits et de leurs noyaux.
- Bien qu’il ne se rencontre pas sur une vaste zone au Maroc, et qu’on ne l’ait guère observé que sur la côte occidentale entre l’Oued-Moun et l’Oum-er-Rebia, sans s’avancer à plus de 50 kilomètres dans l’intérieur des terres, l’Arganier est connu dans tout le pays marocain comme aliment pour le bétail et comme producteur d’huile. Les moutons, les bœufs, les chèvres en aiment beaucoup les baies, et, quand celles-ci sont mûres, les agriculteurs vont gauler les branches pour en faire tomber les fruits, qu’avalent bien vite les animaux amenés dans ce but sous les arbres. Rentrés à l’étable le soir, les animaux, qui ont ruminé le repas, rejettent les noyaux des baies : ces noyaux sont ramassés et exposés au soleil, ce qui les nettoie parfaitement, puis les femmes les cassent entre deux pierres et en extraient les amandes. Celles-ci sont passées sous un pressoir très simple, et cette opération donne l’huile d’argan, qui sert à l’alimentation tout aussi bien qu’à l’éclairage. Ce qui est assez curieux
- également à noter, c’est que l’Arganier, avec son tronc noueux et son feuillage vert sombre, rappelle beaucoup l’aspect de certaines variétés d’oliviers. Quant à l’huile qu’il donne ainsi, elle est certainement fort inférieure à l’huile d’olive. 1). B.
- LE PLUS GRAND OISEAU CONNU
- ],’ (( ÆI'YOItMS INC.F,NS » DF, MADAGASCAR
- Les naturalistes ont à résoudre dans l’étude des animaux qui habitent Madagascar un des problèmes les plus complexes de la vie des êtres, car les types zoologiques qui en caractérisent la faune appartiennent pour la plupart à des familles particulières, quelquefois même à des ordres spéciaux, sans liens apparents avec ceux qui peuplent les contrées voisines, faisant ainsi de la grande île un petit continent zoologique isolé du reste du monde.
- Les données du problème se compliquent encore si on cherche à pénétrer le mystère de la paléontologie malgache. En effet, à côté delà faune actuelle, il a existé à Madagascar tout un groupe d’animaux qui ont disparu à une époque relativement récente puisqu’ils ont été contemporains de l’homme, et dont on retrouve les restes dans les bas-fonds où se sont déposées des alluvions récentes. Jusqu’à présent les vestiges de cette faune sub-fossile ont été recueillis soit dans les marécages qui bordent les côtes occidentale et méridionale de l’ile, à Ambolisalra et à Hclo en particulier, soit en Imerina, dans les tourbières d’Antsirabé, soit enfin dans la grotte d’An-drahomana, située non loin de Fort-Dauphin. Sauf dans ce dernier gisement, ils sont en général à une profondeur de 1 mètre à 1m,50 au maximum, dans des marais où l’eau s’accumule dès qu’on pratique des fouilles, ce qui rend les recherches suivies et méthodiques extrêmement difficiles.
- Quoique l’existence de ces débris paléontologiques soit connue depuis longtemps, puisque dès 1851, Geoffroy Saint-Hilaire avait montré à l’Académie des sciences des œufs gigantesques et des ossements d’un oiseau qu’il dénomma « Æpvornis maximus », l’étude de la faune sub-fossile de Madagascar n’en est encore qu’à son début et, dans l’état actuel de nos connaissances, il est impossible d’en tirer des conclusions certaines, soit au point de vue géologique, soit au point de vue de la biologie générale, car malgré les explorations de ces dernières années et quelque fructueuses qu’elles aient été, les documents ne sont pas encore décisifs. Quoi qu’il en soit, les découvertes faites jusqu’à ce jour ont déjà une grande importance scientifique, car une partie des animaux qu’on a exhumés sont voisins de ceux qu’on trouve dans les terrains éocènes supérieurs de France, dans le gypse en particulier ; ce qui tendrait à prouver que les grands cataclysmes qui ont bouleversé tout le continent austral ou Lémurie, qui, au début de l’époque tertiaire, occupait la place de l’océan Indien, ont épargné Madagascar et l’ont laissé l’unique témoin vivant de cet âge géologique.
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- Les principaux types des animaux sub-tossilcs trouvés à Madagascar appartiennent à quatre familles : celle des Lémuriens, celle des Hippopotames, celle des Oiseaux coureurs de grande (aille comme l’Æpy-ornis et enfin celle des Tortues.
- Il ne parait, pas utile de parler, dans cet article, des deux premières ni de la dernière de ces familles, car les lecteurs de La Nature ont été mis au courant des découvertes laites dans ces groupes par les intéressantes études de M. le IV Trouessart sur le « Me-galadapis » et le « Nesopitliecus » et quoique de nouveaux documents aient beaucoup augmenté le nombre des espèces et quelque peu modifié l’opinion que l’on avait de ces animaux, en particulier du
- Nesopithecus que l’on rapprochait des singes, aucun fait très remarquable ne mérite d’ètre signalé. C’est donc aux Æpyornis seuls que sont consacrées ces quelques lignes qui viennent, pour ainsi dire, par la description des découvertes récentes, confirmer et préciser les opinions que M. le professeur (Justalet a déjà exposées en 1894, avec sa grande autorité, dans celte Revue meme.
- Depuis le moment où Geoffroy Saint-Hilaire a attiré l’attention sur cet oiseau gigantesque dont l’existence lui a été révélée par des œufs de dimension colossale et par quelques fragments d’os brisés, les hypothèses les plus variées ont été émises à son sujet. On a, par exemple, identifié l’Æpyornis avec le « Gryphon »
- Fi". 1.— Fouilles pnléontolo'dques ît Amhnto, près Belo (Côte occidentale de Madagascar).
- que Marco Rolo décrit comme un « aigle colossal dont les ailes couvrent un espace de trente pas et tpii enlève dans ses serres puissantes des éléphants, les laissant ensuite tomber de haut pour se nourrir de leurs chairs écrasées » ou au Rokh dont parle Sinbàd le marin dans les « Mille et une nuits ». Celui-ci raconte qu’allant aux îles de la Sonde, il atterrit avec quelques autres marins à une ile déserte où se trouvait un œuf de Rokh dont la coquille entr’ouverte laissait passer la tète du jeune oiseau. « Mes compagnons, ajoute-t-il, après avoir, malgré mes avertissements, brisé l’œuf à coups de hache, mangèrent l’oiseau. Sur ces entrefaites parurent au loin comme deux grands nuages blancs; le capitaine reconnut de suite (pie c’étaient des Rokhs et, faisant embarquer précipitamment tout son monde, il mit à la voile.
- Les cris de ces monstres retentissaient dans les airs comme autant de coups de tonnerre. Dès qu’ils eurent vu l’œuf cassé et leur petit mort, ils prirent chacun dans leurs serres un rocher gros comme une montagne, et, se dirigeant en toute hâte de notre côté, ils planèrent quelques instants au-dessus de nos tètes, puis laissèrent tomber ces rochers; l’un entr’ouvrit, tout à coté de nous, la mer dont nous aperçûmes le fond, et l’autre brisa en mille pièces notre pauvre navire dont l’équipage périt au milieu des flots. »
- En réalité, le Rokh, — et Ibn Raton ta nous confirme dans cette opinion, —cet oiseau spécial aux mers de Chine et à la partie méridionale de l’océan Indien, qui n’apparaissait qu’à certaines saisons de l’année, qui obscurcissait le ciel et faisait sombrer les navires,
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- et dont les œufs ressemblaient à d'immenses dômes, est la personnification des trombes, des cyclones et des typhons, en un mot de tous ces terribles météores que l’imagination féconde des marins orientaux a ainsi dénaturés.
- Quant à l’Æpyornis de Madagascar, il était incapable de voler et se mouvait à terre lourdement ; ses ailes étaient extrêmement petites et, comme le montrent ses phalanges, il n’avait pas de serres ; ses pattes étaient dépourvues de pouce et n'avaient que trois doigts, comme celles des casoars et des nandous.
- Grâce aux innombrables débris qui ont été rapportés dans ces dernières années, nous avons aujourd'hui une idée assez exacte de ce qu’était l’Æpyornis, quoique le squelette absolument complet d’un même animal n’ait pas encore pu être reconstitué. Cependant, on a pu en remonter deux à l’aide d’ossements de plusieurs individus, l’un est au Musée britannique, à Londres, et l’autre au Musée Rothschild, à Tring, en Angleterre; ils appartiennent à une espèce de taille moyenne, l’Æpyornis llildebranti.
- Les Æpyornis forment une famille comprenant des
- Fig. 2. — Æpyornis ingens (réiluclion au douzième environ).
- animaux très différents" qui se répartissent en douze espècesfau moins : les uns, de grande taille, qui avaient plus de o mètres de haut et pondaient des œufs d’une contenance de 8 à 10 litres, la valeur d’un seau d’eau ; les autres, de dimensions moyennes, dont un atteignait à peine les dimensions d’une Outarde. Leurs caractères ostéologiques permettent de les diviser en deux groupes : celui des « Æpyornis », à pattes larges et massives, et celui des « Müllerornis », à pattes plus lines, qui ressemblaient par leurs [importions aux casoars de la Nouvelle-Guinée ou aux Aptéryx de la Nouvelle-Zélande.
- L’ « Æpyornis ingens », dont la partie inférieure
- du squelette vient d’être reconstituée et est figurée ci-dessus, est le plus grand de tous les Æpyornis et en même temps le plus grand de tous les oiseaux connus, car il semble dépasser le Rinornis maximus.
- On n’en connaît encore que les os des pattes et du bassin que j’ai rapportés en 1899 de mon premier voyage sur la côte ouest de Madagascar, et cependant, par analogie, on peut avec quelque certitude en déduire sa hauteur qui devait être supérieure à 5 mètres. 11 était donc beaucoup plus grand que f « Æpyornis maximus » de Geoffroy Saint-Hilaire, et, à ce point de vue, ne peut être comparé qu’à 1’ « Æpyornis Titan » d’Andrews.
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- Parmi les particularités que présente cet oiseau gigantesque, il faut signaler la brièveté de ses doigts; ils sont au nombre de trois et comprennent : le doigt externe 5 phalanges, le médian 4 et l’interne 5. Cette configuration anatomique permet donc d’écarter immédiatement non seulement l’hypothèse qui avait 1 ait de l’Æpyornis le Uokh, mais aussi celles qui avaient été émises au moment de la découverte des premiers ossements, hypothèses grâce auxquelles on a successivement placé notre oiseau parmi les rapaces, les éehassierset les palmipèdes, alors qu’en réalité c’est un brévipenne.
- Le fémur de l’Æp. ingens est remarquablement court et massif, ses extrémités, comme d’ailleurs celles du tibia et du métatarsien, sont très développées, ce qui indique une puissance musculaire énorme. Autant que certaines analogies peuvent le faire supposer, l’Æp. ingens devait avoir le corps assez bas, le ventre touchant presque à terre et les jambes profondément entrées dans le corps. C’était donc un animal lourd et massif; son aspect devait' être celui d’un Aptéryx de dimensions colossales.
- Le tibia, dans toute sa partie moyenne, est très aplati, ce qui le distingue de la plupart des autres oiseaux chez lesquels il est arrondi.
- Enfin le métatarsien présente chez l’Æp. ingens cette particularité d’être plus large à son extrémité supérieure qu’à son extrémité inférieure; l’épanouissement des poulies digitales est plus étroit que l’articulation tibiale. Cette disposition est l’inverse de celle qui se présente chez la plupart des oiseaux et en particulier chez toutes les autres espèces d’Æpyornis, sauf chez l’Æp. Titan.
- 11 est intéressant aussi de chercher à comparer l’Æp. ingens à d’autres groupes d’animaux et de voir ceux avec lesquels il a le plus d’analogies. 11 en est trois dont les membres inférieurs présentent des ressemblances avec ceux de l’oiseau géant de Madagascar, ce sont les Aptéryx et les Dinornis de la Nouvelle-Zélande, et les Emeus de la Nouvelle-Hollande, oiseaux qui appartiennent tous à la faune océanienne avec laquelle la faune malgache a des liens si étroits. Ne serait-ce pas là une nouvelle preuve de l’existence de la Lémurie, dont nous parlions au commencement de cet article? G. Gran didier.
- L’APPAREIL PROTECTEUR
- 1)1' nr WALTER HIRT
- Comme, l’idéal ne peut guère s’atteindre, le mieux c’est de faire effort pour s’en rapprocher le plus possible. La traction électrique, pas plus que les autres du reste, n’est exempte de dangers dus à des effets mécaniques ou à des effets électriques. Les compagnies d’exploitation ont pourtant le devoir de les faire aussi rares et aussi anodins que possible en adoptant un des nombreux appareils protecteurs que les inventeurs imaginent chaque année dans l’Ancien et le Nouveau Monde.
- A la catégorie des appareils protecteurs se rattache celui du Dr Walter Ilirt expérimenté à Breslau, de mars
- à décembre 1902, par la Société dos tramways de cette ville'; Au cours des essais, l’appareil a subi un grand nombre de modifications et neuf modèles différents en ont été exécutés avant celui auquel on semble s’être définitivement arrêté. Les dernières expériences ont eu lieu en décembre dernier en présence de M. le vétérinaire Koschel, de M. Kolle, directeur des tramways électriques de Breslau, de M. Kober, ingénieur de la Société [tour la construction des wagons de chemin de fer de Breslau, de M. le l)r flirt.
- Les expériences se firent en terrain plat au Dépôt des tramways électriques de Breslau, à Grâbschen. Elles eurent lieu sur un cerf mort du poids de 50 kilogrammes, puis sur un chien vivant de forte taille du poids de 02 kilogrammes. L’appareil protecteur se composait de
- Appareil protecteur du DrW. Ilirt.
- 12 rangées de baguettes de jonc. d’Espagne disposées sous la plate-forme antérieure delà voiture motrice et agissant indépendamment du conducteur. 11 est destiné à exercer sur les corps accidentellement jetés sur la voie une poussée élastique qui produit un pelotonnement inofïènsif des membres. Sa résistance est, d’autre part, suffisante pour ne pas laisser les corps s’engager sous la voiture.
- On procéda d’abord à deux expériences avec le cadavre du cerf. Dans la première, on le plaça sur la voie de façon que ses jambes fussent d’abord en contact avec la voiture. Dans la seconde on lui fit occuper la position inverse, c’est-à-dire qu’il devait être heurté de dos. La voiture fut alors lancée à toute vitesse et le frein serré au moment de la rencontre. La première fois, le corps fut traîné sur un espace de 8 mètres, la seconde sur 9 mètres. Les membres furent parfaitement fléchis contre le corps et vers l’intérieur.
- Pour les deux expériences suivantes, on musela le chien, on lui banda les yeux et on lui lia les pattes; puis on procéda à deux essais identiques aux précédents. La première fois, l’animal fut entraîné à 45 mètres. Il fut curieux de voir les jambes de derrière se pelotonner contre le corps au premier contact avec l’appareil protecteur.
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- La hôte, n ayant pas souffert île eet'e première épreuve, on procéda a la seconde. Cette fois, le choc très violent atteignit le sujet en pleine poitrine. Le corps pivota ô fois sur lui-même, et fut traîné sur un espace de 7°,70. Vérification faite, on constata que la collision n avait pas eu le moindre effet fâcheux sur la bête qui mangea et gambada comme si de rien n’était. Ces essais sont intéressants et semblent montrer l’efficacité du protecteur. Mais évidemment le mieux est d’éviter le choc d un tramway. __^ ^___ Emile Guakixi.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE DÉSINFECTION
- DES BATEAUX #
- I.’APPAREIL CIAYTON
- Los Chancelleries européennes discutent en ce moment la date de réunion de la Conférence sanitaire internationale maritime qui doit avoir lieu à Paris au mois de septembre prochain.
- La dernière conférence de Venise, en 1890, s'est occupée de la peste ; mais les délégués, ne se considérant pas assez bien informés à cette époque, préférèrent la réunion prochaine d’une conférence à Paris pour appliquer, au règlement sanitaire, les nouvelles méthodes de désinfection. Ces méthodes permettent, à l'heure actuelle, de lutter facilement (‘outre l’introduction de la peste en Europe.
- Depuis 189f> il a été démontré, sans contestation possible, (pie le microbe découvert par Yersin est transmis à l'homme par le rat et les puces. Il faut donc tuer ces rongeurs et ces insectes pour les empêcher de nous apporter le fléau.
- 11 existe aujourd’hui un appareil : l’appareil Clayton, qui permet facilement de faire cette destruction. En moins de 12 heures les plus grands bateaux peuvent être ainsi désinfectés. Il est certain (pie la Conférence de Paris rendra obligatoire la destruction des rats et supprimera en même temps les périodes d’observation inutiles et vexatoires. Douze heures après son arrivée, un bateau venant d’un port infecté, ayant subi une désinfection scientifique et eflicace, obtiendra la libre entrée dans nos ports. De nombreux navires anglais sont déjà munis de cet appareil et les autorités sanitaires des ports du Levant. acceptent, sans autre précaution, les bateaux qui peuvent eux-mêmes se désinfecter, sous leur contrôle, au moyen de cet appareil.
- Le vapeur anglais <i Aberlour », muni d’un appareil Clayton à bord, est arrivé à Buenos-Aires venant de Durban, où sévissait la peste ; il y avait une quarantaine de quatre jours pour les bateaux de cette provenance. Sur la déclaration du commandant, du second et du chef mécanicien, certifiant qu’on venait de faire, en cours de route, une désinfection à l’aide de l’appareil Clayton, le navire a profité de suite de la libre pratique.
- Le « Manchester Merchant », arrivant d’un port contaminé de peste, a bénéficié des mêmes avantages à la Nouvelle-Orléans, le commandant pouvant établir que la désinfection avait été faite au moyen de l’appareil Clayton.
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- D'aulre part, le navire « Abergeldie »,cn arrivant à Constantinople, fut prévenu, par le consul de Russie, que, venant d'un port infecté, il ne serait pas reçu en libre pratique à Odessa, et qu'il devrait aller à Tbeodosie pour faire désinfecter sa cargaison. Néanmoins, le navire s'étant dirigé sur Odessa, les autorités sanitaires, après avoir vu fonctionner l’appareil Clayton, dont 1’ « Abergeldie » était muni, ont considéré la désinfection comme assurée et le navire a été admis en libre pratique.
- 11 y a là un fait nouveau dans la police sanitaire, qui mérite d’attirer l'attention des compagnies de navigation et de notre administration sanitaire, mise actuellement sur la sellette, à la suite des incidents de Marseille qui ont fait l’objet de plusieurs communications à l’Académie de médecine.
- On voit l’économie qui en résulte pour les navires ainsi favorisés, car l’entretien dans un port d’un steamer de dimensions ordinaires en cours de roule, coûte environ 1000 francs par jour, même lorsqu’il ne navigue pas et se trouve seulement retenu à la quarantaine. — Les Compagnies ont donc le plus grand intérêt à ce que les bateaux terminent rapidement leur voyage; moins de temps les navires resteront armés, moins les dépenses seront fortes pour le commerce.
- Quel est donc cet appareil Clayton dont on parle beaucoup à l'heure actuelle, dont le Gouvernement français possède, à Dunkerque, un spécimen avec lequel plus de quarante navires en plein (Largement ont été désinfectés, pendant ces derniers mois, sans que les marchandises en aient subi aucune détérioration ?
- Disons d’abord comment se fait l’opération lorsqu’on veut procéder à la désinfection d’un bateau. Un chaland sur lequel se trouve l’appareil Clayton vient accoster le long du bord ; l’appareil se compose d’un demi-cylindre de lm,50 de long et d’environ 1 mètre de diamètre à l’intérieur duquel on brûle du soufre. Un ventilateur, mis en mouvement par une petite machine à vapeur, permet, à l’aide d’un tuyau, d’aller dans les cales y puiser de l'air ; un autre tuyau est destiné à ramener dans le bateau l’air qui vient de passer dans l’appareil, de sorte qu’un courant s’établit et (pie l’air de la cale se trouve brassé à mesure qu’il se charge de gaz. Ce gaz, obtenu simplement en laissant brûlerie soufre par lui-même, mais en activant la combustion au moyen d’un courant d’air, contient du gaz sulfureux et aussi, grâce à la haute température à laquelle se produit cette combustion, d’autres produits d’oxydation du soufre. Le procédé Clayton qui, croyait-on au début, produit la désinfection par suite de la présence de gaz sulfureux seulement, contient donc d’autres corps chimiques qui ne sont pas encore bien définis, mais dont l’action s’ajoute à celle du gaz sulfureux et la rend plus rapide et plus efficace. Voilà pourquoi on a dû lui donner un nouveau nom, celui de « gaz Clayton ». Les tuyaux dont nous parlons plus haut ont 17 centimètres de diamètre. Ces
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- dimensions permettent d'inonder rapidement de gaz les bateaux. La désinfection une fois faite, on aère les cales, et, en résumé, on peut y pénétrer de nouveau 7 à 8 heures après le début de l’expérience. Avant d’être envoyé dans le local à désinfecter le gaz passe dans un relroidisseur, si bien qu’il arrive froid dans la cale; aussi ne se produit-il pas de condensation comme la chose se voit lorsque l’on brûle du soufre dans un espace confiné et voilà pourquoi avec ce procédé ni les marchandises ni les parties métalliques ne sont abîmées (fig. 1 et 2).
- On vient de désinfecter, à Dunkerque, avec le « gaz Clayton », un bateau de guerre, le « Cocyte ». Il s'agissait de faire une expérience à bord d'un navire de l’Etat pour se rendre compte si ce nouveau procédé ne détériorait pas les parties délicates que
- l'on trouve à bord de ces bateaux; les expériences ont été concluantes et le procédé sera vraisemblablement bientôt appliqué dans notre marine.
- L’opération peut même se pratiquer en cours de route connue cela se fait couramment aujourd’hui. A bord du navire français le « Cocyte », que l’on vient do désinfecter à Dunkerque, les matelots ont pris leur repas de midi sur le pont et n’ont pas quitté le navire pendant toute l’opération (fig. o).
- Ce « gaz Clayton » est en usage depuis plusieurs années en Angleterre et des centaines de bateaux ont été désinfectés par ce moyen. Depuis que l’on se sert de cet appareil à la Nouvelle-Orléans, c’est-à-dire depuis plus de dix ans, la fièvre jaune n'a pas été introduite par voie de mer (dit le IL Souohon, président du Conseil de santé de ce pays) alors
- qu’autrel’ois elle était souvent importée par les bateaux venant de la Havane. Ce gaz détruit les rats et, en Angleterre, en Australie, au Cap, en Amérique, il sert à l’extermination de ces rongeurs à bord des bateaux.
- M. le IL Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, vient de démontrer que les microbes de la peste, du choléra, de la fièvre typhoïde sont tués par ce gaz. Par conséquent, ce n’est pas seulement la destruction des rats qu’on opère, mais encore la destruction des germes de ces maladies qui se trouvent sur les bateaux infectés.
- Mais cela n’est pas tout : le « gaz Clayton » éteint les incendies. En effet, tout le monde connaît le vieux procédé pour arrêter les feux de cheminée; il consiste à brûler du soufre dans le bas de la cheminée, les vapeurs d’acide sulfureux montent et empêchent la combustion de se produire. Il n'est donc pas étonnant que le gaz Clayton éteigne les
- incendies, et que les bateaux qui transportent du charbon, dans lequel les incendies spontanés se déclarent si souvent, obtiennent une énorme diminution de prime d’assurance lorsqu’ils sont munis de l’appareil Clayton. En effet, lorsqu’on s’aperçoit d’un commencement de combustion ou d'une élévation de température dans le chargement, il suffît d’envoyer le gaz dans la cale pour prévenir tout incendie.
- Le « gaz Clayton » aura encore un autre avantage. Ceux qui ont fait de longs voyages en mer savent combien il est désagréable de se trouver dans une cabine de bateau infectée par les punaises avec lesquelles on est obligé de faire bon ménage pendant toute la durée de la traversée. Lorsqu’on quitte l’Europe pour aller dans les pays chauds, on assiste souvent à une véritable invasion de cafards. Les adultes sont tués dans nos climats, surtout pendant l'hiver,, mais les œufs résistent et, dès que la température est favorable, on en voit de tout
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- petits courir sur les lits. Ils grossissent rapidement et leur nombre augmente en même temps que la chaleur; ils envahissent toutes les parties du
- navire, 11e respectent rien et l'infortuné passager est obligé de subir leur désagréable présence; 011 les trouve partout. Il y a aussi quelquefois, à bord des
- Fig. i. — Désinfection du « City of Pertli ».
- bateaux, de ces petites fourmis rouges qui se répandent dans le navire à la recherche de ce qui peut les nourrir. Je me souviens d’avoir été obligé de jeter à la mer une boite de pastilles de Vichy qui était remplie de ces petits insectes. Ils vont derrière les cloisons et affectionnent les endroits où l’on a déposé les matières rejetées. En songeant que bien souvent les médecins recommandent des voyages en mer aux tuberculeux, on est effrayé des périls de contagion auxquels on est exposé. Le « gaz Clayton » tue tous ces animaux et les œufs des punaisés en particulier. Il tue aussi les moustiques et possède même
- une particularité intéressante. Sur trois bateaux, qui avaient subi la désinfection dans différentes parties
- du monde, 011 vient de se rendre compte (pie ces navires pouvaient, après ces opérations, rester pendant des jours sans être incommodés par ces insectes. On dirait qu’ils fuient les endroits où a été lancé ce gaz et cela pendant un temps assez long. Nous avions déjà remarqué cette particularité dans une des pièces d’une maison que l’on avait fumigée. Non seulement les moustiques avaient été détruits, mais pendant plusieurs jours après l’opération aucun nouvel insecte n’avait reparu alors (pie les chambres
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- LA NATURE.
- voisines en étaient infectées. Il y a là une question intéressante et qui peut avoir des avantages dans la lutte contre les fièvres intermittentes.
- La Compagnie de navigation allemande, le Nord-deutscher Lloyd, à laquelle appartiennent les plus grands bateaux du monde, comme le « Kaiser Wilhelm der Crosse », qui font le service entre brème et l’Amérique du Nord, est en train de mettre un appareil sur chacun de ses bateaux; elle compte s'en servir pour faire de la réclame en déclarant (pie dans ses navires les punaises, les cancrelats et tous les insectes sont détruits et qu’il n’y a [dus aucun danger d'incendie. Un sait que le feu est toujours la grande préoccupation des passagers dans les grandes traversées. 11 faut espérer que bientôt nos bateaux français seront désinfectés systématiquement par le « gaz Claytou » au moins une fois par an, et que nos hygiénistes imposeront celte désinfection contre la peste, le choléra, la fièvre typhoïde, puisque ce gaz n’abime aucune marchandise, aucun effet d’a-meublemcnt et aucune partie métallique.
- 11 existe un appareil de petit modèle qui est transportable, si bien que l'on pourra se servir du « gaz Claytou » pour la désinfection et la destruction des insectes dans les maisons et les appartements. Dans un article précédent1, nous avons démontré l'utilité de l’appareil Clayton pour la destruction des termites.
- L'emploi de l’acide sulfureux est un bien ancien procédé de désinfection, mais la grande difficulté était d’avoir une production de ce gaz sur une grande échelle. C’est cette lacune que vient de combler l’appareil Claytou, et le gaz qu’il produit est encore plus toxique et [dus efficace que l'acide sulfureux ordinaire. l)r Adrien Loir,
- Ancien préparateur de M. Fastcur.
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- NÉCROLOGIE
- Victor Meunier. — Nous apprenons avec un vif regret la mort de M. Victor Meunier qui occupa si longtemps le premier rang dans la presse scientifique. 11 était le père de notre collaborateur M. Stanislas Meunier, professeur de géologie au Muséum (l’Histoire Naturelle de Paris et de M. Lucien-Victor Meunier, publiciste bien connu dans la presse politique. Il était né à Paris, le 2 mai 1817. Il a joué un rôle considérable dans le mouvement Scientifique qui s’accusa vers 1860. Les journaux quotidiens furent longtemps rebelles au feuilleton Scientifique périodique. Par la forme élégante et le style précis qu’il adopta, Victor Meunier sut se faire lire du grand public et ses feuilletons servirent longtemps de modèles. 11 fut un des premiers vulgarisateurs de son temps, dans le sens élevé que comporte le mot. 11 fonda par la suite des journaux de science qui eurent du succès, ainsi l’« Ami des Sciences » vers 1855; ainsi la « Presse des Enfants ». Mais il fut encore un naturaliste de valeur. 11 publia aveo Gerbe 1’ « Embryogénie comparée », l’« Histoire philosophique du progrès de la zoologie générale », etc. Déjà vieux, il fit paraître encore quelques livres excellents : « Grandes Chasses », les « Grandes Pèches », les « Animaux d’autrefois », les (( Singes domestiques », etc. Il a
- 1 Yoy. n° 1572, du 11 juillet 1905, p. 88.
- tenu la plume avec succès jusqu’à 80 ans. Bienveillant, affable, autant que savant, il a été très aimé et très estimé pendant sa longue et brillante carrière. J.-F. G.
- L'air liquid e réservoir d’énergie. — Au début, on a cru que l’air liquide constituerait un réservoir d’énergie mécanique excellent et que l’on pourrait, avec une provision de quelques douzaines de litres, faire fonctionner des automobiles, des canots, des moteurs, des ballons, etc. Quelles pressions doit donner cet air si condensé en se détendant! Eh bien! non. Si l’on fait le compte en se servant de la formule appropriée de la thermo-dynamique, on trouve, pour l’énergie mécanique mise en jeu parla détente accomplie tout entière, tout bonnement un cinquième de cheval-vapeur, c’est la dixième partie de ce que le pétiole peut fournir, kilogramme par kilogramme. Pourtant, il a circulé en Amérique et même à Londres, et il a même fonctionné à l’Exposition de 1900, à Paris, un fiacre à moteur à air liquide. Certainement; mais à quel prix? Tout est là. Et, depuis 1900, on n’a plus vu de fiacre à l’air liquide. Toutefois, il y a des cas où, comme pour la, réfrigération, il ne faudrait pas dédaigner cette force motrice. Son emploi est tout indiqué, par exemple, dans certains locaux confinés, dans les mines, dans les sous-marins. Il n’y a pas de règle sans exception.
- Nouveau cas <Ic mimétisme. — En récoltant des feuilles vertes pour nourrir des chenilles de papillons, un collectionneur de Sarawak remarqua que certaines d’entre elles étaient animées d’un mouvement insolite. A l’examen, il constata que ce phénomène était dù à la présence d’une petite chenille de Géométrine, d’une longueur de 9 millimètres, qui était entièrement recouverte de bourgeons. La manière dont cette enveloppe protectrice était constituée vaut la peine d’étre décrite. Après avoir, à l’aide de ses mandibules, dépouillé de ses bourgeons une plante de la famille des Spirées, la petite larve les avait réunis en chapelets, au moyen de fils de soie sécrétés par sa bouche; puis elle avait piqué le dernier de chaque série sur une des épines dont son dos et ses flancs étaient ornés. L’aspect de c.ette décoration originale rappelait fort bien la position des bourgeons sur la plante. L’insecte poussait même la précaution jusqu’à remplacer ceux des bourgeons qui se fanaient; quand il était inquiété il prenait une pose recourbée et gardait une parfaite immobilité, en sorte qu’il était difficile de le découvrir. Enfin le cocon lui-même était recouvert de bourgeons; il fut malheureusement anéanti, ce qui empêcha de déterminer à quelle espèce il appartenait.
- L’orme de Sully1. — Le célèbre orme de Sully, qui, depuis trois siècles, ombrageait les abords de Saint-Jacques-du-Ilaut-Pas, vient d’étre vendu ! Pour la somme de 105 francs, sans compter les droits d’octroi s’élevant à 57fr, 10, 17 mètres cubes ont été adjugés à un M. Dubois, un nom que le crieur a déclaré prédestiné. C’est après un lot de ferraille appartenant à l’Ecole polytechnique que l’arbre a donné lieu à une enchère passionnée. Certains ont estimé qu’on avait payé un peu cher le droit de se chauffer avec du bois historique. Le fameux orme n’a pas été absolument détruit. Le directeur des Sourds-Muets a tenu à conserver un dernier vestige de l’arbre séculaire et on a laissé debout son tronc jusqu'à une hauteur de 10 mètres. M. Camus, architecte des bâtiments civils, va
- 1 Yoy. n° 1579, du 29 août 1903, p. 2C6.
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- le recouvrir d’une rondelle de ciment mesurant 6 mètres de circonférence, afin de le préserver des intempéries. Le Lois abattu a été débité en bûches de Noël dont l’amas forme 19 stères de bois de chauffage. Il avait été déjà question de met Ire aux enchères l’orme de Sullv. Mais un grave litige avait surgi. La propriété de l’arbre et de 1 emplacement provoqua des revendications diverses. L’htat, l’Institution nationale des Sourds-Muets et la Ville de Paris faillirent s’envoyer réciproquement du papier timbré.
- Le grand pont camikever de Québec. — On
- travaille activement à la superstructure du grand pont métallique qu on veut établir sur le Saint-Laurent, à Ouebec, et dont les deux piles principales seront à la distance enorme de <>48 mètres l’une de l’autre. Au point choisi pour l’ouvrage, et où le fleuve est pourtant îelathement très resserré, le puissant cours d’eau n’a pas moins de 570 mètres de largeur à marée basse, et 750 mètres a mer haute; la marée cause une dénivellation de 0 mètres et le courant de flot peut atteindre une vitesse de 7 nœuds. La longueur totale de l’ouvrage est de 900 mètres, les travées de rive ayant 150 mètres d’ouverture et les piles d ancrage étant reliées aux culées par des travées simples d’un peu plus de 00 mètres. La hauteur libre sous les poutres sera au minimum de 45 mètres ; le couronnement des piles se trouvera à 9 mètres au-dessus des hautes eaux, et la superstructure présentera 99 mètres déliant au-dessus de ce couronnement. Ce magnifique pont offrira une largeur libre entre poutres de 18m,90, et poitera au centre 2 voies ferrées, puis, sur les côtés, une voie de tramway et un chemin carrossable.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 51 août 1903.
- Présidence de M. IforycEr de la Grye.
- Bibliographie universelle des sciences. — M.lfarboux annonce que plusieurs volumes de la Bibliographie universelle des sciences sont déposés sur le bureau. 11 représente qu’il a déjà exposé les conditions d’exécution de cette œuvre « gigantesque » qui présente non seulement 1 énumération des ouvrages, mais l’analyse sommaire de chacun d’eux. La Société royale de Londres n’aurait pu l’entreprendre avec ses seuls moyens d’action ; aussi a-t-elle dû recourir à l’assistance des gouvernements étrangers. Les représentants de la France, par leurs vues larges et conciliantes ainsi que par le concours financier qu’ils ont apporté, ont efficacement aidé au succès de l’œuvre. I n bureau a été fondé à Paris pour rassembler des matériaux qui sont ensuite communiqués à la Société royale. La « Smilhsonian Institution » des Etats-Unis a également prêté un concours très utile. Le Comité de publication qui est placé sous la dépendance de la Société royale songe à étendre l’entreprise. Il profitera de la réunion à Londres, vers le milieu de l’année prochaine, de l’Association internationale des académies, pour tenir une séance, beaucoup de personnes faisant partie à la fois de l’Association et du Comité de publication de la Bibliographie. Bans cette séance, on proposera d’ajouter aux sciences qui fout l’objet de l’ouvrage les sciences médicales. M. Darboux, sur l’observation que la bibliographie en question ne commence qu’à l’année 1900, fait connaître que la Société royale de Londres a déjà publié avec ses seules ressources un catalogue des ouvrages parus de 1800
- à 1860 et qu’elle a assuré la continuation de ce catalogue jusqu’à l’année 1900. Bien que cette dernière publication ne soit qu’une énumération de titres elle peut, en ce qui concerne le passé, suffire jusqu’à un certain point aux besoins. M. Darboux remarque enfin que l’accroissement de la production scientifique est tel que si, suivant une mode en honneur, on voulait le représenter par une courbe, il faudrait faire choix d’une fonction exponentielle. Cil. DE VlLLEDEl'IL.
- LA CASCADE ET LES GROTTES DE SEYTHE.NEX
- (HAUTE-SAVOIE)
- A proximité de T admirable parcours qui conduit d’Annecy à Chamonix par Faverges, Ugincs, les gorges de l’Arlv et Mégève, la Haute-Savoie possède depuis 1899 une attraction nouvelle qui mérite mieux que la sommaire indication déjà donnée par le « Bulletin de la Société de spéléologie » 1 et que la brève mention du « Guide de Haute-Savoie » de M. Le Roux2. C’est la cascade de Seylhenex, que le torrent de Saint-Ruph forme, à 2km,600 au sud de Faverges, au fond d’une ravine assez retirée pour être demeurée ignorée jusqu’à ces derniers temps, et qui s’encadre entre deux grottes remarquables par leur disposition générale sinon par leurs accidents intérieurs. Les passerelles, escaliers et sentiers dont la gorge a été pourvue, l’électricité installée dans la plus longue des deux cavernes, la possibilité d’accès pour les voitures mêmes, permettent de classer l’excursion à Seythenex comme l’une des plus faciles et intéressantes de la Savoie, ne demandant que trois heures environ pour être exécutée de Faverges entre deux trains.
- Le site présente une certaine complication, qui lui donne d’ailleurs toute sa beauté, et aussi des particularités d’hydrologie tout à fait curieuses que je vais tenter de faire comprendre. La gravure, ci-après montre comment, au fond de la gorge de Saint-Ruph, un petit torrent tombe de 45 m. de haut (altit. 615-570 m., Faverges était à 510 m.) pardessus une muraille de calcaire crétacé toute hachée de diaclases et de joints de stratification avec un fort pendage vers la gauche. 11 est possible d’établir quatre phases dans le mode d’écoulement du torrent par-dessus la muraille ;
- 1° A l’origine l’eau descendait entièrement à l’air libre le long du rocher que, par érosion régressive, elle aura peu à peu façonné en gorge profonde, avec terminaison à pic analogue à ces cirques du Jura que l’on nomme si heureusement des « reculées ».
- 2° Puis, en amont sur le plateau, une fuite se sera produite, selon le phénomène de capture des cours d’eau par les fissures du calcaire, dans le lit du torrent dont une partie, engouffrée sous terre, aura peu à peu formé et agrandi la grande grotte ouverte à droite de la photographie (rive gauche de la cascade); cette grotte (qu’on [appelle la Forge de Vul-
- 1 t semestre 1900. p. 48.
- 2 l‘aris, Masson, 1902.
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- LA NATURE.
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- cain) a constitué pondant longtemps une terrible caseade souterraine, à une époque de plus grande abondance des eaux; aujourd'hui elle est à sec et sur son sol, incliné à plus de 50 ou 00°, on peut s’élever jusqu'à 057 m. (tant par des passerelles que par un mauvais sentier sur une pente argileuse), c’est-à-dire à 22 m. plus haut que le sommet de la cascade actuelle; cela indique la provenance éloignée de la perte alimentaire arrivant jadis par la voûte, aujourd’hui bouchée, de la Forge de Yulcain.
- 5° Elus tard, le lit amont du torrent se creusant par érosion, la première perte lut mise à sec et une seconde dut s’ouvrir, qui tarauda sous terre la deuxième grotte; celle-ci, invisible sur notre photographie, est à gauche du spectateur, sur la rive droite de la cascade ; son entrée est à 585 m. seulement et à l’intérieur s’y élève d’abord de 20 m.
- (005 m.) pour redescendre de 15 m.
- (500 m.) sur un parcours de 500 à 400 m.
- (et non pas de 1000 à 1500 m. comme l’indiquaient les pre-
- nients) ; la galerie de cette caverne (éclairée maintenant par cent lampes à incandescence) a tous les caractères d’un ancien aqueduc naturel, de forme siphonnante; les concrétions qui la revè-
- -4Ü Continuant à s’écouler par le dehors, simultanément avec la première caverne d’abord, puis avec la deuxième ensuite, le torrent de Saint-Ruph a lini par agrandir en profond <réneau la diaclase (très visible sur la photographie) par où il tombait dans la ravine; et rabaissement de son lit est arrivé à être tel que la seconde perte à son tour s’est trouvée hors de la portée des eaux et que la deuxième grotte a perdu son aliment. Maintenant toutes deux sont à sec.
- Ainsi la cascade et les grottes de Seythcnex nous
- renseignent d’une précieuse manière sur le double eifet de l'approfondissem e nt d’un torrent et de la déchéance de son volume. On voit d’ailleurs très nettement que le créneau de la cascade est beaucoup plus étroit dans sa partie inférieure, suffisante pour les eaux actuelles, que dans la partie supérieure par où passait jadis un bien plus Fort débit. On remarque aussi que le rejet de la deuxième grotte vers la gauche est la conséquence toute naturelle du pendage des strates dans ce sens, et de la direction que les joints de stratification imposaient à la descente des eaux souterraines.
- En résumé, le torrent de Saint-Ruph s’est successivement
- lent n'ont rien de particulièrement notable; mais la voûte est percée de plusieurs canaux ascendants, qui jadis contribuaient sans doute au drainage des eaux extérieures ; bref, c’est une ancienne dérivation du torrent externe, et des recherches ultérieures feront sans doute trouver d’autres prolongements. Il faut noter que, s’élevant 50 m. moins haut (pie l’autre caverne, cette deuxième grotte est aussi beaucoup plus CAiguë en diamètre; évidemment elle date d’une époque où déjà l'abondance et la puissance des eaux étaient singulièrement affaiblies. 11 serait intéressant de rechercher (le temps m’a fait défaut pour cela) sur le plateau l’emplacement des pertes qui ont été l'origine des deux cavernes.
- écoulé par plusieurs directions nettement déterminées et que l’on peut fixer de la façon suivante :
- l°Au dehors seulement;
- 2° Au dehors et par une grande caverne haute;
- 5° Au dehors et par une petite caverne basse;
- 4° Au dehors seulement à l'époque actuelle.
- Cette intervention temporaire, et sur deux échelles différentes, des cavernes dans l’évolution d’un torrent est un fait curieux à signaler, conforme d’ailleurs aux lois hydrologiques du calcaire et qui doit ici s.» bizarrerie aux particularités topographiques et géologiques de la localité. E.-A. Martel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Pâtis. — Iiiijiiiinerio I.aiiuu:, rue de Fleurus. 0.
- Cascade de Seythcnex (Haute-Savoie).
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- .V 1581. — 12 SEPTEMBRE 1005.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX D’ÉGOUT
- Le mot biologique est bien le terme exact, car cette méthode, dont il a été parlé à plusieurs reprises de façon plus ou moins sommaire, et dont nous voulons donner une description complète, fait appel à des êtres vivants, à des bactéries, pour traiter les eaux résiduaires en général, et pour rendre assimilables par le sol les substances diverses qu’elles contiennent.
- On sait que la ville de Paris a généralisé simultanément le tout à l’égout et l’épandage des eaux d’égouts pour sa vaste agglomération; mais on constate maintenant, un peu tard, que ce traitement a de nombreux inconvénients, et qu’il arrive du reste
- à saturer les terrains d’épandage d’eaux tenant en suspension une foule de germes nocifs. Ce qui a fait croire à l’efficacité absolue de l’épandage et de- ce qu’on pourrait appeler l’épuration par la végétation, ce sont des expériences qui étaient en réalité la première manifestation de l'épuration bactérienne. Et l’on comprend qu’à tous les points de vue nous devons en dire quelques mots ici. Ces curieuses expériences ont été faites à la station agricole de Lawrence, aux États-Unis, et par les soins de M. Hi-ram Mills : on avait constaté que la disparition des matières organiques contenues dans les eaux d’égouts
- 1. Coupe longitudinale. — 2. Disposition et tuyauterie des bassins successifs. 3. Plan général.
- Installation de traitement biologique des eaux d’égouts. —
- ne se faisait point par tiltration continue à travers le sol, et l’on avait d’abord pensé qu’on devait cette disparition aux plantes poussant sur le sol, et qui auraient assimilé cette matière organique. En réalité, le repos qu’on devait laisser aux plantes entre les périodes d'épuration ne leur était point nécessaire à elles-mêmes, car elles sont incapables d’effectuer l’assimilation en question à moins d’une décomposition préalable de ces eaux, mais bien au sol, qui a besoin de s’aérer pour que les êtres vivants qu’il renferme se livrent à l’oxydation de la matière organique. Les plantes ne font même que gêner le phénomène et le ralentir, car, sur les meilleurs terrains d’épandage en culture, ou ne peut arriver à détruire que 80 tonnes de cette matière 31' auuée. — 2e semestre.
- par hectare, alors que, sur un sol préparé de façon à présenter une perméabilité parfaite, la quantité correspondante dépasse 910 tonnes. Ce sont là les résultats obtenus dès 1887 à la station de Lawrence, et le sol artificiel ne pouvait pas y être considéré comme un véritable sol, au sens où nous entendons ordinairement ce mot, puisqu’il était formé de sable et d’argile cuite, qu’on aurait pu tout aussi bien le composer de scories ou de mâchefer, l’important étant ici qu’il soit perméable et absorbant. Il doit en effet ne pas laisser passer trop facilement l’eau, afin que les microbes aient le temps de jouer leur rôle. Et cependant il est nécessaire qu’il laisse échapper ensuite rapidement l’eau pour que l’air pénètre dans sa masse, en apportant l’oxygène à la
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- « U
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- LA NATURE.
- seconde série de microbes dont nous allons parler plus loin et dont le rôle est des plus importants.
- 11 s’agit, en somme, dans l'épuration des eaux résiduaires, de ramener à l’état de matière minérale la matière organique que contiennent ces eaux, par désintégration. Or, comme le rappelait M. Calmctte, le savant directeur de l’Institut Pasteur de Lille, et comme le disait aussi M. Léonard P. Kinnicutt devant l’Association américaine pour l’avancement des sciences, les eaux d’égouts (entendues au sens le plus large du mot) renferment deux groupes principaux de substances qui doivent être décomposées : les substances ternaires, cellulose, sucre, amidon, qu’on trouve dans les résidus de légumes, le papier, le linge, etc. ; puis les substances quaternaires, comprenant toutes les matières azotées, débris de viandes, albumines, déjections, etc. Les unes sont transformées en éléments minéraux par des microbes anaérobies, les autres se liquéfient, puis se transforment en ammoniaque, et les nitrates apparaissent enfin : ici il faut faire appel au concours des microbes aérobies. Cela revient à dire qu’il faut mettre successivement les eaux d’égouts dans les conditions où les deux armées de minuscules travailleurs peuvent vivre au mieux et, par suite, exécuter leur besogne de la façon la plus complète et la plus rapide.
- On sait bien parmi les spécialistes qu’on doit beaucoup à Scbloesing, à Miintz, à Muller, à Marié-Davy, pour la connaissance de l’action de ces bactéries, et qu’en somme, Mourras s'était inspiré des vrais principes en combinant sa fosse à vidange automatique. Aujourd’hui, c’est surtout en Angleterre, et aussi un peu en Allemagne et aux Etats-Unis, qu’on applique couramment et de façon satisfaisante la méthode biologique dont nous venons d’indiquer les bases. On a d’abord commencé par recourir aux lits bactériens de Ribdin, composés d’une couche de coke recouverte de cailloux ; mais il n’y avait qu’une seule nature de lit, lit qui s’encrassait rapidement, et alors on se voyait obligé de le laisser au repos, précisément pour permettre aux microbes aérobies d’agir. Ce fonctionnement inlermilient est impraticable dans une agglomération où il faut épurer les eaux d’égouts d'une manière continuelle, et Cameron a imaginé de traiter les eaux dans ce qu’il appelle des fosses septiques, avant que de les faire passer sur les lits dont nous venons de parler, et qui seront dorénavant consacrés à l’action des bactéries aéro-
- bies. Ces fosses septiques sont un peu comme des fosses Mourras; les matières s’y accumulent durant un temps assez long pour qu’il s’y développe à l’abri de l’air un nombre respectable de microbes anaérobies, qui solubilisent les matières insolubles : du reste, le temps voulu pour cela n’est pas considérable, puisqu’il ne dépasse pas vingt-quatre heures, et l’on comprend que cette période s’accorde parfaitement avec les besoins sanitaires. Quand ensuite les eaux traitées de cette première façon s’en vont sur les lits aérobies, constitués de coke, d’argile cuite, de mâchefer, il sulfil de quelques heures pour qu’elles
- soient débarrassées de toutes matières organiques par les bactéries aérobies. C’est ce système mixte que l’on a adopté et qui se vulgarise maintenant sous le nom de procédé bactérien anaérobie avec double contact aérobie, les lits de contact de cette dernière espèce étant en réalité doubles, comme le montre la ligure que nous donnons de l’ensemble d’une installation de ce genre : on y voit une chambre à sable qui reçoit d’abord les eaux et qui n’a qu’un rôle mécanique à jouer. Cette chambre est normalement munie de grilles pour arrêter les matières lourdes et imputrescibles, pierres, objets métalliques, etc., qui se trouvent dans les eaux d’égout.
- bien entendu, les grandes installations peuvent comprendre une série des dispositifs élémentaires dont nous n’avons fait ligurer qu’un seul type, mais les aménagements généraux sont toujours les mêmes. A la suite de la chambre à sable, les eaux gagnent la fosse septique. A ce propos, nous ferons remarquer qu’on a songé à couvrir ces fosses septiques pour maintenir les conditions thermiques constantes, empêcher l’arrivée de l’air, assurer une meilleure fermentation anaérobique, et aussi utiliser à l’éclairage ou au chauffage les gaz qui se dégagent; mais un fait, dès que cette fermentation a été bien amorcée, il se forme sur le bassin un chapeau, analogue à un chapeau de vinification, qui met suffisamment le phénomène et les bactéries à l’abri du contact de l’air, en même temps qu'un certain dépôt se fait dans le fond du bassin. D’ailleurs, chose curieuse, au bout de quelques mois chapeau et dépôt cessent d’augmenter. La désintégration des substances ternaires donne des bulles de gaz qui vont crever en partie au travers du chapeau, et il ne faut pas croire (pie les odeurs émises soient insupportables : elles rappellent tout à fait celles (pie répandent les usines à gaz.
- Les eaux sortant du bassin septique, noires et nauséabondes, contenant des substances organiques solubles, sont envoyées au bout de vingt-quatre heures sur les lits aérobies, établis le plus généralement sur de l’argile tassée, profonds de 1m, 10, et dont le fond est garni de tuyaux en terre cuite ; les extrémités de ces tuyaux ne sont pas jointes et ils peuvent évacuer sur un collecteur commun les eaux qui pénètrent dans leur réseau. Le lit est fait de scories d’usines, de plus en plus fines au fur et à mesure qu’on monte à la surface, et des caniveaux en éventail assurent la distribution de l’eau en couche mince à la surface de ce lit. Des dispositifs automatiques assurent le remplissage en une heure ; le contact dure ensuite deux heures, la vidange se fait cri une heure également (les opérations devant être lentes pour favoriser l’action des bactéries) ; on laisse le lit se reposer quatre heures pour l’aération nécessaire dont nous avons parlé. Au sortir du premier lit, les eaux vont sur le second ; et les choses sont généralement organisées de manière que l’on puisse traiter constamment des eaux, en faisant alterner les périodes de repos ou de travail de divers lits. Ce qui est assez curieux à remarquer, c’est
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- que les lits ue fonctionnent vraiment bien qu'au bout de quelques mois après leur mise en service, quand leur peuplement en bactéries est bien effectué.
- Nous ne pouvons prolonger davantage ces explications sur l’épuration bactérienne, mais nous devons du moins noter que le nombre des germes cultivables dans les eflluents sortant des lits, n’est plus que de 5 à 10 pour 100 de ce qu’on trouvait avant le traitement; l’eau est réellement épurée et n’est plus altérable, on peut sans inconvénient la rejeter dans les rivières ou l’employer à des usages industriels, et l'ammoniaque que contiennent ces eaux est dans un état à se transformer aisément en nitrate dès qu’il dispose d’une quantité suffisante d’air pour s'oxyder. Ce système parait donc des plus pratiques et des plus effectifs, il fonctionne rapidement et sûrement, il permet d’épurer trente-six fois plus d’eaux (pie l’épandage, il n’a pas ses inconvénients caractéristiques et les dépenses même d’installation ne sont pas fort élevées. Pierre de Mériel.
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- DANS LES ATELIERS
- A plusieurs repi'ises déjà, dans ce journal, nous avons examiné le rôle de la distribution de l’énergie électrique dans les ateliers ; nous avons montré tous scs avantages et nous avons insisté sur les nombreuses applications qui pouvaient en résulter. M. Gustave Richard, à l’une des dernières séances de la Société française de Physique, a fait ressortir tout particulièrement l’avantage de l’application de la commande par moteurs électriques aux machines-outils, qui est de rendre ces machines complètement indépendantes les unes des autres et de toute transmission. Elles sont donc à tout instant mobilisables suivant les besoins des travaux actuels de l’atelier ; ce dernier peut à son tour se développer avec une grande souplesse, sans avoir à tenir compte des installations existantes. Les machines-outils sont ainsi débarrassées de toutes les transmissions, et ne dépensent qu’une quantité d’énergie proportionnelle au travail utile qu’elles fournissent. L’atelier lui-même a beaucoup gagné à tous ces changements ; il est plus clair, plus confortable et moins dangereux. Le mécanisme même des machines-outils commandées électriquement peut souvent être notablement simplifié par l’emploi de dynamos à changement de sens de rotations et à vitesses graduées ou par l’installation, sur une même grande machine, de plusieurs dynamos commandant divers mécanismes qu’il fallait autrefois relier à l’arbre de commande principal par des renvois compliqués et délicats.
- En terminant sa communication, M. G. Richard cite un exemple qui se présente de plus en plus fréquemment dans l’industrie. Il prend le cas d’un atelier de construction ayant à traiter de grosses pièces sur lesquelles il faut exécuter divers travaux de, faible durée, fraisage, mortaisage, perçage ; c’est ce qui arrive avec les pièces fixes (stators) des grandes dynamos qui atteignent 12 mètres de diamètre Avec les ateliers à transmissions et à machines-outils fixes, il fallait ou transporter successivement aux différentes machines-outils les grosses pièces à traiter, ou faire établir des machines-outils spéciales
- permettant d’accomplir les travaux sans déplacer ces pièces. Aujourd’hui dans un atelier constitué par un sol formé d’une plaque de fonte indéfinie et pourvue de rainures d’attache sur lesquelles on peut fixer les diverses machines, il est possible d’établir un réseau de ponts roulants permettant d’amener les grosses pièces à travailler et les machines-outils également. On peut ainsi grouper, autour et à l’intérieur des pièces à travailler, les machines-outils nécessaires. Il est ainsi permis d’entreprendre très avantageusement, avec rapidité, sécurité, économie et précision, les travaux les plus variables sur des pièces difficiles.
- La commande électrique s’adapte aujourd’hui aux machines-outils les plus diverses et elle rend de très utiles services dans les ateliers, où elle est presque universellement employée. J. Laffakgce.
- LES PHARES DU SUD DE L\ MER ROULE
- La mer Rouge, grâce au canal de Suez, est aujourd’hui une des plus grandes routes maritimes du monde et sert de passage aux nombreux navires qui mettent en relation l’Europe avec les pays de l’Extrême-Orient. Elle a la forme d'une immense baie d’environ 2500 kilomètres de longueur entre Suez, au Nord, point de débouché du canal, et Reriin, au Sud, à l’entrée du détroit de Rab-el-Mandeb, qui lui sert d’exutoire dans le golfe d’Aden. Sa largeur varie entre 200 et 500 kilomètres. Les profondeurs de la mer Rouge sont grandes, mais elle est parsemée de rochers d’origine corallique, dans la partie nord, et d’origine volcanique dans la partie sud. Les premiers, le plus souvent à lleur d’êau, ont leur paroi à pic et ne peuvent être reconnus à distance par les sondages. Les seconds atteignent, au contraire, une grande élévation au-dessus de la mer; mais si leur reconnaissance est facile de jour, il n'en est pas de même de nuit et, lorsque les navires sont déportés de leur route par les courants, il est toujours à craindre qu’ils viennent se briser sur ces rochers.
- 11 était donc urgent d’assurer la navigation sur la mer Rouge et d’installer des phares, non seulement sur ces rochers isolés, mais aussi en différents points de la cote dont les parages sont dangereux.
- Dès 1865, le Gouvernement égyptien lit établir dans la partie septentrionale de la mer Rouge les phares de Zafarana, de Rez-Garib, d’Ashafti et de Shadwan, ces deux derniers sur les rochers de corail qui ferment l’entrée du golfe de Suez ; puis, ceux des Trois-Frères et deDœdalus, deux îlots placés au milieu de la mer Rouge, sur la direction même que suivent les navires. Le dernier phare construit par le gouvernement égyptien est celui de Shadwan, dont l’éclairage a commencé en 181H).
- Restait à éclairer les trois roches volcaniques de Djebel-Their, Zehayer et Abu-Ail qui, placées dans la partie sud de la mer Rouge, sont situées également sur la direction suivie par les navires à leur débouquement vers le détroit de Rab-el-Mandeb (lig. 1). Cet éclairage était d’autant plus urgent que la distance qui sépare le dernier phare (Dœdalus), dans la partie nord, du rocher de Djebel-Their est
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- de 1100 kilomètres et que, sur ce parcours, aucun point de repère ne permet au marin de rectitier sa route et de reconnaître exactement Rjebel-Their.
- Diverses propositions furent faites pour l’établissement de ces phares, d’abord par le gouvernement anglais, puis par le gouvernement égyptien; mais ces propositions ne purent aboutir, par suite de fini possibilité d’obtenir des puissances intéressées la perception d’un droit de phare sur les navires qui en profitent, ce qui, cependant, était de toute justice.
- Ce n’est qu’en 1899 que, poussé par les puissances, le Sultan chargea définitivement l’Administration des phares de l’Empire ottoman, représentée par MM. Michel et de Yauréal, de construire ces phares. Après un examen fait sur les lieux sous
- la direction de ___________________________________
- M. Garnier, ingé- !
- nieur en chef de |
- l’Administration des Phares de l’Empire ottoman, en janvier 1900, on décida de construire quatre phares.
- Le premier, sur l’ile de Djebel-Their, au sommet du pic qui couronne cette île, à une hauteur de 130 m. au-dessus de la mer. Ce phare (fig. 4), d’une hauteur de 20 mètres, a une portée de 30 milles. Le second, sur l’ile du Pic Central du groupe de Ze-bayer. Ce phare, d’une hauteur de 20rn. et d'une portée de 30 milles, est placé au sommet du pic, à 175 m. au-dessus delà mer (fig. 3). Le troisième, au sommet de l’ile Coin du groupe d’Abu-Ail, à une hauteur de 105 mètres au-dessus de la mer. Ce phare, dont la hauteur est également de 20 m., a une portée de 25 milles. La photographie ci-jointe montre
- l’ensemble de l’ile Coin avec le phare, presque terminé, construit sur son sommet (fig. 2). On a choisi, comme emplacement du quatrième phare, l'ilot de sable, presque à fleur d’eau, qui se trouve en face de Moka et dont les parages sont très dangereux,
- déraison des faibles profondeurs d’eau qu’on rencontre jusqu’à une assez grande distance de la cote. Ce phare de 55 m. de haut a une portée de 22 milles (fig. 5). Le 25 juin 1900, MM. Barbier, Bénard et Tu renne, les éminents constructeurs d’appareils de phares, dont la réputation, aujourd’hui universelle, n’est plus à faire, étaient chargés de la construction de ces quatre phares. L’un des associés de la maison, M. Bénard, dirigea lui-même les travaux.
- Les trois tours de Djebel-Tbeir, du Pic Central et
- d’Abu-Ail sont semblables et d’une hauteur de 20 m. Elles se composent (fig.3) d’un cylindre en fo n t e, reposant sur un massif en maçonnerie, ayant dans son axe un tube central supportant les planchers et servant en même temps à la descente du poids moteur de la machine de rotation de l’appareil optique. La tour est couronnée par une galerie supportée par des corbeaux en fonte et, au-dessus, est placée la lanterne qui renferme l’appareil optique. Pour conserver la fraîcheur dans ces tours, ou a revêtu intérieurement la colonne de fonte d’un lambrissage en bois avec interposition de ciment. Un escalier avec limon en tôle permet l’accès de la lanterne. Au pied de cette tour se trouve le logement des gardiens. Ces logements, entourés d’une véranda, sont en ma-
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- Fig. 1. — Mer Uouge, de Djebel-Their à Periin.
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- connerie avec murs très épais, afin de maintenir la fraîcheur dans les logements et, en même temps, pour mettre les gardiens à l’abri d’un coup de main des pirates, très nombreux dans ces parages. C’est, également en prévision de ces attaques que les fe-
- nêtres ont été munies de grilles de fer. L’eau douce faisant défaut sur ces rochers et les pluies’ étant rares, mais, cependant, abondantes chaque fois quelles se produisent, on a disposé de larges citernes où peuvent s'emmagasiner, après filtrage, les
- eaux de pluie recueillies sur la toiture au moyen de larges chenaux.
- Le phare de Moka (fîg. 5), fondé sur pieux à vis,
- sont éclairés au moyen de becs à pétrole avec mèches multiples. Les deux feux de Rjebel-Their et de Moka sont à éclats, se répétant toutes les cinq se-
- se compose d’un cylindre central, en tôle, contenant l’escalier, contre-bonté par six contreforts tubulaires en fonte, réunis entre eux et avec le cylindre central au moyen de tirants donnant toute stabilité à l’ouvrage, sous l’influence de la poussée du vent.
- Le tube central de lm,60 de diamètre est couronné par une chambre de service de r> mètres de diamètre. Au-dessus se trouve la galerie extérieure et la lanterne. Le logement des gardiens est aménagé comme celui des autres phares, mais, étant donné l’espace dont on pouvait disposer à Moka, séparé du phare.
- Les appareils optiques sont du type des feux-éclairs étudiés et employés pour la première fois par l'Inspecteur général des ponts et chaussées Bourdelles et aujourd’hui répandus dans le monde entier. Us
- condes, le premier avec une distance focale de 0m,92 et le second de O"1,70. LefeudeZebayer, de premier ordre, avec distance focale deOm,92, est à groupes de trois éclats toutes les dix secondes et celui d’Abu-Ail de 0m,70 de distance focale, à groupes de deux éclats toutes les dix secondes. Aucun de ces feux ne peut donc se confondre.
- La construction de ces phares n’a pas été sans présenter des difficultés énormes. D’abord, il y avait à tenir compte de la température très élevée qui règne dans la mer Rouge et qui, pendant l’hiver, ne descend pas au-dessous de 25° et, en été, atteint jusqu’à 49°. Pendant la saison d’hiver les vents de S.-E., qui soufflent d’une manière persistante, soulèvent une mer très dure, rendant le débarque-
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- ment difficile et dangereux. D’autre part, tous les matériaux destinés à la construction des phares, saufla pierre et le sable pour les mortiers, devaient être amenés, pour la plus grande partie, de France. 11 fallait donc un navire de grand tonnage et d'une puissance suffisante pour lutter contre les courants violents de celte partie de la mer Rouge. Ce navire devait, de plus, servir au logement d’une partie du personnel et au transport des ouvriers des chantiers et des vivres destinés à chacun d eux. Il devait, en outre, être muni des appareils de distillation destinés à fournir l’eau douce nécessaire à tout le personnel du bord et des chantiers, et d’étuves à désin-fecter, appareils d’autant plus nécessaires (pie les ouvriers indigènes employés sur les chantiers venaient en grande partie de la cote d'Arabie où, au moment des pèlerinages, éclate presque toujours le choléra ou la peste. Ce navire devait également pouvoir transporter les chalands et la chaloupe à vapeur devant servir au transport des matériaux et des approvisionnements du navire à l’ilc, l’accostage du navire étant impossible et celui-ci devant rester amarré à un coffre, à plusieurs centaines de mètres en mer, condition très défavorable.
- La disposition des chantiers des trois phares de Rjcbel-ïheir, de Zebayer et d'Alm-Ail a été la même, saut quelques dispositions de détail. Voici comment on a opère : on a d'abord installé sur chacune des îles des logements pour les ouvriers. Ces habitations, appelées « ariches » et représentées sur la ligure 4, sont en bois de palétuvier ou de palmier avec toiture eu feuille de palmier, l'nis, on a construit de petits appontements aux endroits des îles les [dus convenables pour l’accostage des chalands.
- Le navire étant amarré sur le eoffr^ on amenait avec les chalands les matériaux aux appontements, d où, au moyen d une petite voie Recauville, on les conduisait au pied d un chemin de fer aérien qui les amenait à pied d’œuvre au sommet de File. Un chemin, taillé dans le rocher, permettait l’accès du phare aux ouvriers.
- Les chemins de fer aériens n’ont pas été sans amener de graves ennuis, par suite de Fentremêle-ment des câbles causé par le vent et qui amenait la chute des bennes. Aussi à I)jebel-Their a-t-on remplacé le chemin aérien par un plan incliné. Quant à 1 accostage des appontements, il présentait souvent de grandes ditlicultés soit par suite de l’état de la mer, soit a cause de ruptures d’amarres à la suite desquelles les chalands partaient à la dérive.
- En dehors de ces difficultés matérielles, il s’en est rencontré une autre qui n’a pas été la moindre; celle du recrutement du personnel ouvrier. Les Européens se lassaient vite et demandaient leur rapatriement. Les ouvriers indigènes n’avaient qu’un seul désir, retourner à terre et dans leur famille. Aussi était-ce un souci constant et une préoccupation de tous les instants de se procurer la niain-d œuvre. Quant a 1 état sanitaire des chantiers, il a toujours été parfait, grâce â la surveillance et aux
- précautions prises, et grâce aussi à ce que le personnel ne consommait que de l’eau distillée ; un médecin était attaché à chaque chantier. Il a fallu pour l’alimentation de tout le personnel pendant la durée des travaux : 2(>50 moutons, 42 bœufs, 5875 poulets, 100 tonnes de légumes, 100 tonnes de farine, 20000 litres de vin et plus de 2 millions de litres d'eau distillée.
- Malgré ces difficultés sans nombre, les travaux ont été menés très rapidement et la durée de la construction de chacun des phares a varié entre 0 et 12 mois. Le personnel ouvrier était, en moyenne, de 150 hommes. Le phare de Moka a été construit en moins de 8 mois avec un personnel de 270 ouvriers.
- Les feux ont été allumés le 2 novembre 1902,
- c’est-â-dire deux ans avant le délai prescrit qui était l’année 1905. Mais, depuis, ils sont malheureusement restés éteints, en attendant que le gouvernement ottoman soit autorisé par les puissances intéressées à prélever des droits de phare sur les navires qui fréquentent la mer Rouge et se procurer ainsi les crédits nécessaires à leur éclairage et à leur entretien. Ces dépenses seront forcément élevées, par suite du manque de ressources locales et de l’éloignement des points de ravitaillement, Férim ou Aden. R. Roxxix.
- LA. FÊTE DE L’ARBRE
- Fn joli et nouveau titre [tour une fête. Cette fête de l’arbre vient d’être célébrée, pour la première fois en France, dans la jolie et gracieuse cité d’Annecy, dans celle région des Alpes où les bois protègent champs et maisons. Elle a été organisée par la section locale de la Société forestière française des Amis des arbres.
- Le but ([lie se propose cette Société est un des plus nobles qu’il soit donné d’atteindre : elle essave de propager autour d’elle l’amour des arbres. Elle dit à ceux qui veulent les détruire : la forêt exerce sur l'homme civilisé un charme irrésistible, l’attire comme le pavs enchanté, le séduit par son silence, ses retraites mystérieuses, ses vivifiantes senteurs : elle est le salut des Alpes; partout où elle n’existe pas, l’avalanche et le torrent exercent leurs effroyables ravages. Le montagnard en la ruinant ruine sa propre race, il se suicide.
- La Société forestière ne borne pas sa tâche à la prédication par conférence : elle organise des concours : à Annecy le sujet à traiter était : mise en valeur des terrains incultes par le reboisement. Ses membres actifs s’engagent à planter au moins un arbre par an ; elle facilite aux propriétaires le peuplement des vallées, en distribuant des graines d’espèces de choix, des arbustes, des instructions pour la plantation d’après le terrain et l’exposition, en envoyant des prix et des encouragements pécuniaires aux instituteurs qui la secondent dans sa tâche. Enfin une pépinière sert de champ de démonstration, un bulletin rend compte des progrès accomplis.
- La fête de l’arbre a été donnée sur les terrains et les rochers qui dominent Annecy dans la forêt du Crét du Maure. Ceux qui y ont assisté ont pu prendre là une admirable leçon de choses. La forêt est jeune, elle n’existait pas en 1860 : à sa place on ne voyait que des rochers nus, des trous béants de carrières, des champs de
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- bruyères roses. Les buissons, qui poussaient avec peine, étaient dévorés parles chèvres; 150 hectares étaient loués 600 francs. Le reboisement dirigé par l’inspecteur Delafosse fut commencé en 1861. En 1872 des sujets vigoureux garnissaient la solitude d’hier. Les pins, par leurs émanations balsamiques, augmentèrent la salubrité de l’air.
- Mais ce qui vaut mieux encore, c’est que la forêt du Crêt du Maure est une véritable œuvre d’art. Ses futaies sont gracieuses, d’un parcours facile. Comme on l’a très bien remarqué, on n’a point voulu lui faire rapporter le produit en argent le plus élevé possible, on a cherché à l’aménager dans un but esthétique pour l’agrément des promeneurs. En dehors des sentiers et chemins qui facilitent la cii’culation, de larges tranchées traversent la forêt et ouvrent sur les montagnes des perspectives merveilleuses. Après avoir parcouru des clairières fleuries, des bois égayés par le soleil, on arrive sur une terrasse à pic : à vos pieds, le gracieux lac d’Annecy étend ses eaux d’un bleu si doux, au loin se dressent les cimes aiguës de Lanfont et la vieille citadelle crénelée de la Tournette. En sortant de l’ombre, pour arriver devant ce tableau prestigieux, on éprouve une émotion esthétique très vive. Cette petite forêt où l’on ne peut point se perdre est une des plus jolies choses que nous connaissions, et une des plus louables créations de nos forestiers. M. Gui-nier, qui a contribué à ces aménagements artistiques, a droit à notre reconnaissance.
- C’est dans ce cadre délicat que l’originale fête de l’arbre a été donnée : le banquet a été servi à l’ombre des grands sapins. Jean Lahor, fondateur-président de la Société de protection du paysage français, a fait une conférence sur la conservation des sites, charmants, grandioses ou sévères, qui sont la parure et l’orgueil de la terre française, M. Theuriet a célébré en vers les beautés de la Savoie, un chanteur a détaillé les sapins de Dupont, on a joué les « Forestiers )) de Dumas père. Tout cela nous apprenait à aimer la nature et à respecter ses créations.
- Cette forêt du Cret du Maure dont les frais de plantation se sont élevés à 20 000 francs, dont le revenu annuel s’élève déjà à 1000 francs, est située sur la pente septentrionale du Semnoz; sur la pente orientale se trouvait la forêt vierge de Doussard, au fond de la combe où bouillonne le ruisseau torrentiel de l’Ire. Les arbres, ayant 8 mètres de circonférence et 45 mètres de hauteur, n’y étaient point rares. On peut voir au musée d’Annecy des spécimens qui permettent de juger de la majesté de ces fûts gigantesques. La forêt fut vendue, l’administration chercha à conserver les plus gros sapins : tentative vaine. Les géants, isolés, privés de leurs anciens compagnons, périrent très vite, il ne reste d’eux que des troncs secs et brisés. Grâce à la richesse du sol, la forêt se reconstitue : mais rien n’y rappelle encore la beauté de ces arbres dont les anciens de la région parlent avec un infini respect et une vénération touchante.
- Les Sociétés des Amis des arbres, avec leurs fêtes et leur propagande arrêteront ces massacres. Ceux qui les composent veillent sur nos forêts. Une circulaire du 20 juin 1899 leur permet même de soustraire au vandalisme des hommes les arbres remarquables, « ceux, dit-elle, qui sont renommés dans la contrée, soit par les souvenirs historiques ou légendaires qui s’y rattachent, soit par l’admiration qu’inspire la majesté de leur port et leurs dimensions exceptionnelles )). Leur œuvre mérite d’être signalée et encouragée : elle ne doit laisser indifférent aucun ami de la montagne. J. Corcelle,
- Agrégé de l’Université.
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- DE l’ÉCI.AIR MAGNÉSIQÜE
- Dans un article précédent1 nous avons démontré que contrairement à l’opinion généralement admise, la durée de l'éclair magnésique était plus prolongée que l’on ne le croyait et que l’espoir de réaliser des photographies instantanées par l’allumage d'un éclair était encore prématuré.
- La durée parfaitement appréciable de ce phénomène nous a engagé à en faire l’analyse plus complète par la méthode de la chronophotographie. Ce problème ne laissait pas que d’être assez complexe, car bien que l’éclair dure plus qu’on ne le pense, il n’en reste pas moins acquis qu’il présente une rapidité plus grande que les divers mouvements que l’on
- Fig. 1. — Appareil expéditeur à grande vitesse.
- étudie par le cinématographe ou le chronophoto-graphe. — Dans cette catégorie d’appareils le nombre d’images obtenues à la seconde varie de 15 en général cà 20 ou 25 au maximum. Et encore on ne peut augmenter le nombre d’images obtenues qu’en réduisant leur format. Supposons que nous voulions analyser un éclair dont la durée de combustion soit de 1/10 de seconde, nous n’aurons avec les méthodes précédentes que 1 à 2 épreuves au maximum dans ce laps de temps, nombre qui est évidemment insuffisant pour fixer les diverses phases du phénomène.
- Nous n’avons pu résoudre le problème qu’en utilisant l’appareil chronophotographique à 12 objectifs que nous avons créé, il y a un certain nombre d’années2, et qui nous a permis de nombreuses études
- 1 Yoy. n° 1578, du 22 août 1903, p. 184.
- 2 Voy. n° 1067, du 11 novembre 1893, p. 370.
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- LÀ NATURE.
- sur les allures du cheval1, les mouvements normaux chez l'homme2 * *, les démarches pathologiques5.
- Dans cet appareil, qui appartient à la catégorie des appareils à objectifs multiples, le format des images est fixé par construction et ne varie pas d’après la cadence adoptée. Le déclenchement des divers obturateurs s’opère électriquement, et l’intervalle entre les images pourra être réduit autant qu’il sera nécessaire par la production d’une succession de courants électriques actionnant chaque appareil dans un ordre déterminé et à des intervalles égaux.
- Ce principe permet d’augmenter à volonté le nombre des images dans l’unité de temps. Acet effet, nous avons combiné un appareil dénommé Expéditeur à grande vitesse qui peut donner 12 images successives et ceci dans un laps de temps aussi réduit que l’exige le phénomène à étudier. Cet appareil, construit par M. Gaumont, se compose d’un chariot métallique coulissant dans un cadre à inclinaison variable. 11 est muni de 12 rainures parallèles dans lesquelles se placent des ergots métalliques destinés à transmettre le courant électrique à chacun des obturateurs. A cet effet le chariot dans sa chute passe sous un pont isolé qui porte 12 lames de contact en relation avec les 12 obturateurs.
- Le chariot étant relié à l’un des pôles d’une batterie d’accumulateurs on comprend ce qui se passera.
- 1 « Atlas de photographies instantanées », suite à 1’ « Équitation rationnelle » de M. G. Le Bon. Paris, Firmin-Didot et Cie.
- 2 « Atlas de physiologie artistique » en préparation.
- 5 « Les démarches pathologiques étudiées par la Chrono-
- photographie » en [(réparation.
- Chaque fois que l’un des ergots rencontrera la lame de contact correspondante un des obturateurs sera déclenché et ainsi de suite. Un fil commun de retour pour les 12 obturateurs est relié à l’autre pôle de la batterie.
- Pour obtenir des intervalles égaux entre les diverses épreuves et réaliser la chronophotographie du phénomène observé, il suffira d'enregistrer la vitesse du
- chariot et de disposer les divers ergots aux emplacements qui correspondent à l’intervalle de temps que l’on veut réaliser.
- Dans ce but, le chariot porte un logement dans lequel on dispose une lame de verre enfumé. Un diapason trace sur celle-ci ses vibrations et l’étalonnage de l’appareil se fait avec la plus grande précision.
- On obtient des vitesses de chute fort variables par l’inclinaison plus ou moins grande de l’appareil et par l’addition de ressorts plus ou moins puissants. Dans l’étude présente nous avons disposé les ergots de façon à obtenir un intervalle de jfô de seconde entre chaque épreuve. La série chronophotogra -phique était donc obtenue en
- de seconde, ce qui correspond à une cadence de 100 épreuves à la seconde.
- Notre appareil était placé en face de la gouttière renfermant la photopoudre à essayer et l’inflammation était produite en même temps que le déclenchement du premier obturateur. Nous avons analysé par cette méthode les principales préparations employées dans la pratique et les résultats obtenus nous ont donné des renseignements du plus haut intérêt sur les phénomènes de l’éclair magnésique.
- Nous reproduisons deux des séries ohtenues. On
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- suit très nettement les diverses phases de la combustion : le loyer lumineux, très étroit au début, s’élargit rapidement pour atteindre son maximum; puis on distingue nettement les volutes du nuage de magnésie dont l’illumination va en décroissant.
- On voit bien qu’il s’agit d’une véritable explosion, car les parcelles de magnésium incandescent sont projetées en tous sens. L’intensité de ces projections et leur aspect sont variables suivant la composition des poudres. Certaines en sont exemptes, mais c’est l’exception.
- Dans la seconde, l’inflammation ne s’est produite qu’après Tf0 de seconde, le maximum est atteint de suite, dure peu et la période décroissante commence presque aussitôt. Ces deux exemples montrent les différences considérables qui peuvent exister entre deux préparations au point de vue delà durée de combustion, de l’inflammabilité du mélange et de l’actinisme produit. En effet la durée de combustion de la première dépasse notablement de seconde, celle de la seconde est inférieure à -j-—•. La première est une poudre très inflammable et qui néanmoins brûle lentement, la seconde est difficilement inflammable, mais d’une rapidité de combustion bien supérieure. Dans cette dernière, on constate la production d’un nuage opaque dû aux produits de combustion et qui occupe une grande partie du foyer lumineux. Ceci explique les résultats quelquefois fort différents que l’on observe dans la pratique en opérant dans les memes conditions et sur un même poids de matière. En résumé l’analyse chronophotographique des divers éclairs nous a donné les résultats suivants qui confirment
- pleinement les déduel ions que nous avons tirées de l’examen des sinusoïdes donnés par notre appareil de mesure.
- 1° Différentes phases du phénomène. — 11 se compose de trois périodes, la première croissante, la seconde qui correspond au maximum d’actinisme de la troisième décroissante. Suivant la composition des poudres les rapports de durée de ces trois périodes
- sont des plus variables.
- 5° Volume de la gerbe lumineuse. — Ce volume varie suivant les diverses phases du phénomène. Il est différent suivant la nature de la préparation. Avec une même préparation il augmente avec le poids brûlé.
- 5° Forme et intensité des projections. — La plupart des poudres projettent de toutes parts des particules incandescentes. La disposition de ces projections est des plus caractéristiques dans certaines compositions. Par suite de la nature explosive du phénomène, une certaine partie de la charge peut être projetée en dehors avant d’être enflammée, ce qui explique encore les résultats quelquefois assez différents de la pratique. Ceci peut tenir également à une mauvaise composition chimique ou à un mélange des constituants insuffisamment homogène. On ne saurait trop attirer l'attention des fabricants sur ce point qui est capital en chronophotographie.
- 4° Inflammabilité et rapidité de combustion. — 11 ne faut pas confondre ces deux propriétés des poudres. Une poudre peut s’enfiammer difficilement, le retard pouvant être de 1, 2 et même t4ô de seconde et brûler, suivant les cas, très rapidement ou avec une lenteur qui en rend l’utilisation très difficile.
- Fig. 3. •— Analyse chronophotographique d'un éclair magnésique. Poudre Bouillaud (Zirconia n* 1). Iîapide. Intervalle entre chaque épreuve 1/100 de seconde. Helard d’inflammation 2/100 de seconde. Durée, totale de combustion 9/100^de. seconde.
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- Inversement nous avons rencontré des poudres s’enllammant instantanément et brûlant également soit très rapidement, soit beaucoup moins vite.
- Dans toutes ces expériences on nous reproduisons directement l’éclair lui-même, nous avons trouvé grand avantage, pour éviter le halo considérable qui était à craindre, à employer des plaques Anti-Halo. Celles qui nous ont servi, et qui nous ont donné d'excellents résultats, sont celles de MM. Lumière.
- Dans un prochain article nous publierons le résultat de nos dernières recherches qui nous ont permis de réaliser la Photographie instantanée et même de Chronophotographier pendant la durée
- de l’éclair. Albert Lonbe.
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- ARCHÉOLOGIE ET CHIMIE
- Le Dr Chassaigne vient de présenter à l’université de Bordeaux une thèse qui mérite d’attirer l’attention ; elle sort un peu des sujets habituels choisis pour ces sortes de travaux1 et répond, semble-t-il, aune idée juste : «nécessité de secours mutuels entre les sciences ».
- Le domaine des connaissances humaines est tellement vaste que pour l’étudier sérieusement il a bien fallu se diviser le travail et se spécialiser. Mais il est bon de ne pas rester enfermé dans un milieu trop étroit. Toutes les sciences sont solidaires et c’est par leurs recherches communes que se découvrent, peu à peu, les lois du monde. Cette solidarité est particulièrement vraie pour l’archéologie qui trouve parfois dans la chimie l’explication de questions paraissant insolubles à première vue.
- Les chercheurs des siècles passés, avec les méthodes historique et linguistique, sont arrivés à dégager quelques idées vraies sur la métallurgie primitive2. Ces études préliminaires d’érudition ont permis d’établir des hypothèses servant de cadre aux nouvelles recherches entreprises par les sciences d’observations et aujourd’hui l’archéologue qui veut voir clair dans le passé est obligé de faire appel à des modes plus précis d’investigation.
- C’est sous l’impression de ces idées que le I)r Chassaigne a étudié les bronzes anciens du département de la Charente dont les résultats très intéressants sont les suivants.
- Son mémoire comprend l’étude d’objets, dont les provenances sont très nettement déterminées. Les analyses sont faites avec grand soin, par la méthode électrolytique ; un tableau résume les diverses opérations successives nécessaires pour extraire et doser les divers éléments constitutifs d’un fragment de bronze (argent, cuivre, plomb, fer, zinc, nickel, soufre, arsenic, antimoine, étain).
- Voici quelques conclusions résultant de ces recherches : 1° L’évolution métallurgique est parallèle à l’évolution industrielle ; la composition chimique des bronzes préhistoriques devient plus complexe à mesure que la forme se perfectionne. 2° Au début de l’âge du bronze apparaissent les haches plates, sans rebords, en cuivre, à peu près
- 1 Louis Antoine Chassaigne. Analyse de bronzes anciens du département de la Charente. Thèse pour le doctorat en pharmacie soutenue le 3 juin 1903.
- 2 Adolphe Pictet. Les origines indo-européennes ou les Aryas primitifs, 2e édition, t. I, p. 171 à 218; t. II, p. 183 à 197. — J.-P. Rossignol. Les métaux dans l'antiquité, 1863. — Salomon Reinach. L'étain celtique. Acad, des sciences, 20 mai 1892.
- pur1, — puis les haches à rebords, relevés au marteau dans lesquelles l’étain commence à paraître ; — plus tard les haches à talon contenant beaucoup plus d’étain (10 à 10 pour 100) ; — viennent ensuite les haches à ailerons et les haches à douille dans lesquelles le plomb est communément employé. 3° A l’époque gauloise le zinc fait son apparition, etc. 4° Les bronzes primitifs de la Charente et ceux de même forme recueillis dans l’Europe centrale n’ont pas la même composition, constatation importante indiquant des centres régionaux de fabrication.
- Un vœu terminant la seconde édition de ce Mémoire2 mériterait d’être réalisé : « Étudier la composition chimique et la structure moléculaire des bronzes antiques classés dans nos musées et dans nos collections publiques. »
- C’est le meilleur moyen d’éclairer un peu les origines obscures de la métallurgie primitive. Nos magnifiques collections nationales, notamment celles du Musée de Saint-Germain, prendraient une nouvelle et plus grande valeur scientifique, si, à coté des principaux objets dont nous ne connaissons que la forme et la provenance, on notait ces nouveaux éléments de connaissance : composition chimique, structure moléculaire. Gustave Chauvet.
- UN ANCRAGE ORIGINAL
- Nous ne parlons pas d’un ancrage mobile, de l’ancre classique que le navire laisse tomber à l’eau pour un arrêt tout temporaire, et qu’il relève ensuite; mais de ce qu’on peut appeler un ancrage fixe, qui sert à maintenir les corps-morts dans les rades, dans les ports où les navires ne viennent point bord à quai. En pareil cas, le bateau s’attache par un câble ou une chaîne sur l’an-
- L’appareil d’ancrage Brown Lrnox.
- neau d’une bouée, et celle-ci prend appui sur le sol immergé par une chaîne et une ancre. Malheureusement les ancres sont sujettes à déraper, au moment même où le navire a besoin de compter le plus sur leur solidité.
- Parfois, comme on l’a fait à Alger dans les parages fréquentés par les bateaux de guerre, on tend tout un système de chaînes au fond de l’eau, dont les principales peuvent venir se relier à des massifs de maçonnerie immergés et en petit nombre ; mais alors les bateaux qui
- 1 G. Chauvet. Haches plates. La cachette de Mondouzil [Charente). Congrès de VAssociation française pour l'avancement des sciences. Montauban, 1902, t. II, p. 757.
- 2 Analyses de bronzes anciens du département de la Charente, 2e édition, par le Dr Louis Chassaigne (partie chimique) et Gustave Chauvet (partie archéologique).
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- laissent tomber leurs ancres ordinaires sur ce fond risquent de les voir s’engager dans le réseau des chaînes. 11 ne faut guère songer alors a les dégager, et ils se voient forcés de les abandonner. On a aussi la ressource de visser des pieux métalliques dans le fond de la mer, mais l’opération est hasardeuse, difficile et coûteuse. Pour remédiera cette situation, des constructeurs anglais, MM. Brown Lonox, de Pontypridd, ont imaginé, nous ne dirons pas une ancre mais un bloc d’ancrage bien curieux. Son centre de gravité est placé de telle sorte (pie le bloc ne peut pas se retourner sous la traction de la chaîne, puisque ce qui tient lieu de tige d’ancre ne peut guère se relever; l’inclinaison que conserve constamment cette tige fait que, si le navire tire beaucoup sur sa chaîne, l’angle aigu du bloc pénétrera dans le sol un peu comme un soc de charrue, et aura bientôt arrêté tout mouvement. Souvent aussi, pour les ancrages très mauvais, on munit la tige d’ancre d’un « jas » qui contribue encore à empêcher fout renversement de ce curieux dispositif.
- Eelui-ci a été mis en service sur plusieurs points des côtes de l’Angleterre, et il a maintenu des voiliers pendant les plus violentes tempêtes. P. iïe M.
- CULTURE ET INDUSTRIE DE LA MENTHE
- Bien qu’on parle toujours de la menthe anglaise, cette plante est cultivée dans beaucoup d’autres pays, et il faut qu’elle suffise à une production d’huile essentielle de plus de 40 000 kilogrammes, qui ne comprend point l’huile obtenue en Chine ni au Japon. En Angleterre, cette plante est cultivée près de Mitcham, dans le comté de Surrey, à Yisheach (dans le Cambridge), à Market Deeping (Lincolnshire), à Ifitchin (llertfordshire) ; on y fait pousser deux espèces: la menthe blanche et la menthe noire. En France des plantations existent, mais assez peu nombreuses : nous pouvons citer cependant celles de la région de Sens. En Allemagne, cette culture est localisée aux environs de Leipzig, et surtout de la petite ville de Cœllada. Aux États-Unis on la pratique dans les États de New-York et de Michigan.
- Nous devons noter que la valeur commerciale de l’huile essentielle de menthe varie beaucoup suivant sa provenance, parce qu’elle diffère sensiblement de saveur et de finesse d’après le sol où a poussé la plante et d’après ses diverses variétés. Celle de Mitcham est considérée comme la plus fine, et se vend près de trois fois plus cher que la meilleure essence américaine. Ajoutons que l’huile de menthe pure est presque incolore, et que la couleur verte qu’elle offre souvent ne provient que d’un excès d’eau dans la distillation ; elle brunit, d’autre part, si la menthe séjourne trop longtemps dans l’appareil avant d’être distillée. D’ailleurs on la fraude assez fréquemment avec de l’huile de romarin ou de l’huile rectifiée de térébenthine.
- La culture de la menthe (et c’est là un point intéressant) permet d’utiliser des terrains qui pourraient être difficilement consacrés à d’autres cultures, talus de fossés, terre-pleins, digues, etc. ; pour la produire commercialement, il faut toujours des sols humides, mais drainés soigneusement et pouvant bien se travailler. Pour former une plantation, on jette des racines de menthe dans des sillons disposés à 45 centimètres les uns des autres, et on les recouvre légèrement de terre. On se trouve bien de transplanter et de sarcler minutieusement. Un même champ n’est que rarement conservé après qu’il a donné
- quatre récoltes. La menthe fauchée ou récoltée à la faucille est laissée 12 heures sur le terrain, à se faner; elle se distille ensuite dans des appareils de cuivre à feu direct, dont le double fond est rempli d’eau ; l’opération se fait à une température aussi basse que possible, pendant 4 heures et demie ; une charge de 225 à 250 kilogrammes donne de 800 à 2150 grammes. La menthe épuisée est reportée comme engrais sur le terrain d’où elle provient; cette culture n’épuise point du reste le sol.
- Henry Boioeois.
- ROUE D’ARTILLERIE
- A DOUBLES BAYONS
- Nos lecteurs savent sans doute ce qu’on entend par roue d’artillerie, roue qui a été effectivement inventée pour les affûts de canons et les caissons, qui offre une grande résistance, et dont les rayons de bois sont montés dans un moyeu élastique. Mais les rayons, si la jante de la roue vient heurter latéralement un obstacle, par suite du glissement du véhicule suivant l’axe de l’essieu (comme dans un tournant brusque), subissent un effort violent et brusque dans une direction normale à leur axe propre, et il peut en résulter une rupture. On remédie partiel-
- Nouvcllp roue d’artillerie.
- lement à cet inconvénient en donnant de l’écuanteur à la roue, en inclinant les rayons plus ou moins sur l’axe du moyeu ; toutefois cette roue, qui affecte la disposition générale d’un cône très aplati, est alors exposée à se voiler si le poids qu’elle supporte est fort élevé.
- On a cherché une solution meilleure en combinant une roue d’artillerie à deux séries de rayons, dont chacune présente un écuanteur propre : chaque série est disposée suivant une surface conique, les rayons qui la composent se trouvant montés à un des bouts du moyeu, qui a, ici, une longueur assez considérable. De la sorte, de quelque côté que vienne le choc subi par la jante, il y a toujours une série de rais pour le transformer en des
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- composantes qui s’exercent normalement au moyeu, et aussi suivant l’axe de ces rais. D’autre part un poids même énorme ne pourra voiler la roue, puisque chaque série de rais est soutenue par l’autre, l’ensemble formant un tout pour ainsi dire indéformable. Ce système curieux de roue a été imaginé par la Mulliner Motor Body C°, d’Acerington. I). B.
- LE PAPAYER
- Lorsque l’on visite des serres d’amateurs et que l’on fait l'inventaire des plantes qui y sont cultivées on y constate des végétaux de tout ordre, dont un bon nombre n’a d’autre mérite que de présenter quelque particularité culturale, quelque bizarrerie sans beauté ou qui même n’ont d’autre vertu que d’être très rares. Les amateurs de plantes sont encore quelque peu les « curieux » d’autrefois, c’est-à-dire des collectionneurs de raretés.
- Il est très singulier de voir que leur curiosité ne se soit pas encore modernisée et qu’elle n’ait pas cherché à se donner un sens pratique.
- Elle trouverait à le faire des satisfactions bien plus grandes et plus élevées.
- On peut leur conseiller dans ce sens l’essai de culture des plantes tropicales fruitières. Si celui-ci est bien dirigé et s’il est fait dans un sens suffisamment pratique, il peut aisément donner les plus réelles satisfactions. Certes, il faut proportionner l’effort aux conditions dans lesquelles on opère et ne pas trop demander, sous peine de n’obtenir rien. Mais pour peu que ces essais soient dirigés par une connaissance suffisante des choses, il y a une quantité de plantes qui peuvent, dans nos serres, fleurir, fructifier et fournir des fruits excellents. Et ce n’est pas une mince satisfaction que de voir se développer sous ses yeux des fruits inconnus et d’avoir le plaisir de faire déguster des produits qui peuvent être tout aussi savoureux que s’ils étaient venus sous le ciel des tropiques favorisés par leur climat merveilleux.
- Au nombre des plantes qui peuvent donner dans ce sens la plus complète satisfaction est le Papayer (Carica papaya). Il pousse, fleurit et fructifie avec la plus grande facilité dans nos serres ainsi qu’en témoigne la reproduction photographique que nous donnons ici. C’est un bel arbuste pouvant atteindre 5 à 6 mètres, mais restant souvent dans des dimensions moindres et fructifiant dès qu’il a atteint lm,50, c’est-à-dire la deuxième année après le semis.
- Le Papayer a une façon toute particulière de végéter. Sa tige reste simple, normalement, couronnée d’un bouquet de belles feuilles au limbe profondément découpé porté sur un robuste pétiole. Plus rarement , la tige se ramilie, elle est dans tous les cas vigoureuse, épaisse et charnue. Le développement de la plante est très rapide; les graines germent aisément même lorsqu’elles sont expédiées à l’état sec et les jeunes plantes issues de semis, pour peu qu'on leur donne, de la nourriture, par des rempotages, poussent rapidement et au bout d’un an donnent déjà d’élégants petits arbustes. Si l’on continue à les cultiver en pots, leur végétation se ralentit et devient chétive. Les feuilles sont peu abondantes et à mesure qu’il s’en forme celles de la base jaunissent et tombent.
- Pour que la plante devienne vigoureuse et pousse normalement, il faut nécessairement la mettre en pleine terre dans une bâche de serre. Immédiatement de belles feuilles se forment et on voit les Heurs apparaître. Celle-ci sont de deux sortes. Il y a des pieds mâles et des pieds femelles, d’où l’obligation de cultiver nécessairement un certain nombre de plantes pour avoir au moins une plante, femelle et une plante mâle pour assurer la fécondation.
- Les Heurs mâles, portées sur de longues grappes composées, sont d’un jaune pâle et très odorantes. Elles servent dans les Antilles à préparer des parfums et des liqueurs. Elles se montrent abondantes dans nos serres. Les fleurs femelles naissent à l’aisselle même des feuilles, elles sont courtes; réunies par
- Fiji. 1. — Papayer fructifiant dans les serres du Jardin Colonial. (D’après une photographie.)
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- deux ou trois elles forment des bouquets d’aspect gracieux. Si on a le soin de féconder ces Heurs femelles avec les fleurs mâles dont la floraison est continue, on voit bien vite les fruits se former et grossir peu à peu pendant plusieurs mois. Ils restent accolés sur la tige qu’ils enveloppent même complètement lorsqu’ils sont abondants, ce qui est la règle. A partir de ce moment la fructification est continue, parce que de nouvelles floraisons ont lieu avant que les fruits ne soient encore mûrs et l’on peut voir un jeune arbuste porter, en même temps, des fruits de tous âges et de toute grosseur, au nombre de 40 à 50.
- La plante dont nous donnons la figure a été obtenue d'un semis fait en novembre 1899. La fructification a commencé en 1891 et depuis elle ne s’est jamais arrêtée. En ce moment l’arbre porte, pour la quatrième fois, une série de beaux fruits mûrs.
- Le fruit du Papayer ou papaye se présente sous des aspects très divers.
- Il en est de gros et allongés, d’autres au contraire sont sphériques, globuleux, de la grosseur des deux poings réunis. Ils pèsent dans ce cas environ un kilogramme. Mais il existe des variétés à gros fruits pesant jusqu’à six et même huit kilogrammes.
- Ce fruit, d’abord vert, se colore peu à peu pour devenir d’un beau jaune orangé et même d’un orange foncé. C’est ce que l’on observe dans nos serres où ce fruit est plus coloré qu’il ne l’est au Congo d’où est originaire la variété cultivée au Jardin Colonial (fig. 1).
- Lorsque le fruit est mûr on le détache de l’arbre, car il ne tombe pas seul. Si on vient à l’ouvrir on le trouve presque plein, dans les variétés à petits fruits, et creux dans celles à gros fruits. La paroi est épaisse, charnue, et a l’aspect du melon. Après elle sont adhérentes de nombreuses graines sphériques noires à saveur piquante. Il existe, dans la Sangha (Congo français), une variété presque sans graines, de même que l’on trouve dans cette région une forme où les fleurs mâles et les fleurs femelles
- sont réunies constamment sur le même pied.
- La partie comestible est la chair orangée; elle est douce, sucrée, d’une saveur agréable. Un la mange à la cuiller comme celle du melon, mais elle diffère sensiblement de celle-ci par ce fait qu'au lieu d’être indigeste elle aide au contraire à la digestion en raison d’un principe qu’elle renferme et qui, désigné sous le nom de papaïne, a des propriétés analogues à celles de la pepsine.
- Dans les colonies, quand on se sent la digestion lente et pénible, on mange après le repas un bon fruit de papayer et l’on se trouve, assure-t-on, immédiatement soulagé.
- Cette plante précieuse s’est répandue partout. Elle a été importée en Afrique où les indigènes la cultivent près des villages comme le montre la ligure ci-jointe. Au Congo elle est tellement abondante que tout le long de la route du Loango à Brazzaville et plus tard dans l’Oubangui mes hommes en consommaient des quantités prodigieuses.
- Les indigènes estiment beaucoup ce fruit et en font une consommation régulière, car la maturation a lieu toute l’année.Nous ne saurions trop engager tous ceux qui possèdent une serre tempérée ayant 2 à 5 mètres de haut au moins à essayer cette intéressante culture qui leur donnera toute satisfaction. Ils en trouveront des graines ou des plants dans le commerce et, au besoin, le Jardin Colonial sera toujours heureux de leur venir en aide. J. Dïbowski,
- Directeur du Jardin Colonial.
- LA CALXIA
- LaCalxia estime substance nouvelle destinée à remplacer la terre cuite et le plâtre, dans la plupart de leurs applications, principalement en ce qui concerne la fabrication de menus objets et le revêtement de surfaces peu étendues.
- Les divers ingrédients qqi entrent dans sa confee-
- Fig. v2. — Papayer dans un village .africain.
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- LA AATUHK.
- tion lui assurent une dureté et une cohésion remarquables, en même temps qu’une grande plasticité.
- Les proportions sont les suivantes :
- Eau................................. 30 parties
- Albumine........................... Il) —
- Sulfate de magnésie................. 4 —
- Alun................................ il —
- Sulfate de calcium cuit........... 45 —
- Borax................................ 2 —
- 100 parties
- La préparation du mélange doit être opérée avec exactitude sous peine de lui voir perdre de ses qualités. On fait d’abord dissoudre 10 parties d’albumine et 9 d’alun de plume dans 30 parties d’eau, et on se sert de ce liquide pour gâcher, jusqu’à consistance convenable, 45 parties de suliate de calcium cuit, 4 de sulfate de magnésie et 2 de borax. Le produit obtenu est une pâte qu’on moule suivant les procédés ordinaires ; une fois qu’elle est bien (( prise », on la passe à l’étuve à 60°. 11 est très important de ne pas dépasser cette température, sinon la composition s’effriterait. Afin d’augmenter sa dureté et de la rendre inaltérable à l’air, il est bon de la plonger pendant une minute dans un récipient chauffé au bain-marie contenant de l’huile lithargyrée additionnée de cire de carnauba. Derechef on la porte à l’étuve pour la sécher à une température de 35° seulement. La chaleur et l’humidité n’ont désormais [dus de prise sur elle.
- Il est facile de donner à la pièce ainsi obtenue les tons des grès flammés, en l’enduisant d’une solution d’alcool et de sandaraque, et en la saupoudrant de grès pulvérisé pendant qu’elle est fraîche encore. Les rehauts de couleurs se font avec des émaux liquides appliqués à froid, et passés à l’étuve à 00°. Les teintes sont inaltérables et adhèrent très fortement. On peut atteindre tous les effets possibles et créer de véritables objets d’art portant l’empreinte du goût particulier de leur auteur, et s’adaptant à la décoration de toutes les formes imaginables. Ces manipulations sont justifiées par des avantages appréciables. Tout d’abord, nous devons constater sa grande solidité qui lui permet de recevoir impunément des chocs qui seraient funestes au plâtre et à la terre cuite ; néanmoins elle est bien jilus légère, et ce détail a son intérêt quand il s’agit de l’ornementation des intérieurs à l’aide de statues, de bas-reliefs, de frises, de corniches et de revêtements divers, dont le poids est forcément limité.
- Sa grande résistance à la flexion et à la traction est utilisée pour la fabrication de consoles, de socles et de tablettes destinées à supporter des poids considérables.
- Enfin, il faut noter un avantage très important que possède la nouvelle substance : c’est son inaltérabilité aux solutions chaudes et caustiques. A une époque où l’antisepsie est de plus en plus à l’ordre du jour, et où l’on pourchasse les poussières par tous les moyens, il est indispensable de pouvoir décorer les intérieurs avec des objets ou des revêtements qu’on puisse aseptiser fréquemment et d’une façon complète. Disons, pour terminer, que le bas prix des matières premières et la simplicité des manipulations, que chacun peut effectuer, abaissent le prix de la Ealxia à la moitié de celui de la terre cuite.
- L. Qukkamy.
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- CHRONIQUE
- Le dirigeable Lebaudy. — Le dirigeable Lebaudy vient de terminer sa campagne d’été après 70 jours de gonflement. L’enveloppe a été confectionnée il va un an
- et est restée sous pression 190 jours, en trois périodes de 50, 70 et 70 jours. Le sont là des durées absolument inusitées jusqu’ici et le colonel Bénard a pu dire à ce propos que le tissu du ballon avait ainsi subi une épreuve unique en son genre. Il n’est pas étonnant que l’enveloppe donne quelques signes de fatigue après un pareil travail et, par prudence, on a jugé nécessaire d’interrompre les essais pour visiter l’enveloppe, la réparer et la remplacer peut-être. Voici récapitulés les résultats obtenus qui sont d’ailleurs les meilleurs réalisés jusqu’à ce jour avec un dirigeable : Les [dus longues durées d’ascension : lh50m et 2h 40m. Les plus grands parcours: 30 km. et 98 km. La [dus grande vitesse en air calme : 40 km. à l’heure. La plus grande durée de gonflement : 190 jours.
- Le « Jaune » a fait 29 ascensions : c’est le plus grand nombre qu’ait fait un dirigeable. Ces ascensions ont eu lieu à toutes les heures du jour et par les temps les plus divers; avec ou sans pluie, avec ou sans vent, avec ou sans soleil, par le brouillard ou la gelée. On a seulement évité de sortir par temps d’orage et par vent de plus de 56 km. à l’heure; encore peut-on dire que l’on a rencontré des vents d’une intensité au moins aussi grande dans les ascensions relativement élevées de 500 à 440 mètres. Sur les 29 ascensions libres, le ballon n’a subi qu’une seule panne le 15 mai, et a été forcé d’atterrir à San-draneourt, par suite d’une légère avarie du ventilateur. Dans tous les autres cas, il est revenu à son point de départ, sans aucun accident, ni de personnes, ni de matériel.
- L;t paille dans l’alimentation du bétail. —
- La [taille joue un certain rôle dans l’alimentation du bétail; mais elle a le défaut de se digérer fort mal, et l’on est forcé de ne la donner que de façon accessoire. Or, si nous en crevons la publication allemande « Deutsche Landwirtschaft Presse », un spécialiste, M. Lehmann, aurait fait des essais qui prouveraient que la paille, traitée d’une certaine manière, peut être donnée normalement comme aliment aux animaux des espèces ovine et bovine. On fait chauffer la paille plusieurs heures sous une pression de vapeur de 5 atmosphères, et l’on y ajoute 2 à 5 [tour 100 de ce carbonate de soude naturel qu’on appelle du (( natron ». La paille ainsi traitée prend une couleur foncée, en même temps que les nœuds en deviennent blancs; les sels alcalins y sont à peine plus abondants qu’avant traitement, et la digestion de cette paille se fait bien.
- La traction électrique en Allemagne. — La
- statistique des tramways électriques établis en Allemagne, à la date du 1er octobre 1902, vient d’être publiée par l’ « Elektrotechnuche Zeitschrift » du 9 juillet. A celte époque, on comptait en Allemagne 125 centres principaux de traction électrique, 12 552 voitures motrices, 7967 voitures de remorque. La puissance totale des machines électriques utilisées était de 122 076 kilowatts; la puissance. des accumulateurs encore employés pour la traction était de 50 052 kilowatts. En 1902, on a remarqué, par rapport à 1901, un accroissement de 10,6 pour 100 en ce qui concerne les centres de traction électrique, de 69,4 pour 100 de voitures motrices, de 60,5 pour 100 de voitures de remorque, et de 15 pour 100 sur la puissance électrique utilisée.
- Le nouveau fusil américain. — Il s’agit du nouveau fusil de guerre dont vont être uniformément dotées les troupes, qui avaient jusqu’à présent un armement peu homogène. On le désigne sous le nom de Nouveau Spriug-field, et il serait supérieur au Krag-Jorgensen, au Mauser sôu au fusil actuel de l’Allemagne, par sa légèreté, la plus
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- grande vitesse qu’il imprime au projectile, l’énergie que possède celui-ci soit à la bouche de l’arme, soit aux grandes distances. Ce fusil est du reste assez court, car son canon n’a que O"1,CI de long. On en dote pour l’instant l’armée régulière, et l’on en armera ensuite les volontaires, ce qu’on peut appeler la Garde nationale.
- I^a fin de la guerre. — S’il faut en croire M. Gua-rini, nous ne serions pas loin de voir disparaître à jamais la guerre et toutes ses horreurs. On sait que M. Guarini a réalisé diverses expériences intéressantes en recherchant les elfets des ondes électriques sur le corps humain. 11 a d’abord obtenu des communications télégraphiques sans fd à des distances appréciables en faisant servir le corps humain comme antenne réceptrice et transmettrice. En faisant usage d’antennes plus longues (2 mètres) et d’ondes produites par des décharges continues, M. Guarini serait parvenu à transmettre à ses aides, placés à une certaine distance, des secousses analogues à celles que donne le circuit secondaire d’une bobine d’induction. Ces secousses varieraient avec la longueur de l’étincelle. M. Guarini, dans ces expériences, n’a utilisé qu’une faible puissance et qu’une différence de potentiel peu élevée. 11 assure qu’avec une puissance de 756 kilowatts et une tension de 100 000 volts on pourrait tuer sans un fil une armée entière à plus de 20 kilomètres. Pour éviter de tels désastres, ainsi que le massacre des deux armées combattantes, M. Guarini aurait résolu le problème de la dirigeabilité des ondes pour de petites distances. Sommes-nous bien vraiment dans le domaine de la réalité?
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 septembre 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- M. Masters de Londres, correspondant de la Section de Botanique, assiste à la séance.
- Transformation du sucre en (jhjcoyène. — M. E. Laurent, correspondant de la Section d’économie rurale, adresse une Note relative à la transformation du sucre en glycogène chez les champignons cultivés dans des solutions faiblement sucrées. Il s’agit donc d’une propriété analogue à celle que possède le foie.
- Développement des larves d'astéries. — M. Delage expose qu’il a déjà entretenu l’Académie des résultats qu’il avait obtenus en ce qui concerne le développement parthénogénétique des œufs d’astérie sous l’action de l’eau chargée d’acide carbonique. 11 a pu conduire vivantes, jusqu’au 42s jour de l’éclosion, des larves. Il a repris ses expériences parce que si elles pouvaient aboutir à la métamorphose complète, elles fourniraient des résultats précieux au point de vue du sexe des produits et de leur aptitude à la reproduction. Tout d’abord, M. Delage a pu constater, au moyen d’expériences portant sur des œufs normalement fécondés, que les larves élevées dans les bacs meurent de faim. Pour les conserver, en effet, il faut les mouvoir et pour leur fournir les aliments infiniment petits qui leur sont nécessaires, il faut renouveler l’eau. Mais en renouvelant l’eau ou perd des larves et on s’expose à introduire des animalcules qui dévorent les larves. M. Delage a obvié à ces difficultés en introduisant comme nourriture du vitellus d’œuf ainsi que certaines algues. De plus il aère l’eau et prend soin de l’agiter d’une façon continue de manière à éviter aux larves de s’épuiser par un mouvement continu de leurs cils vibra-tiles ayant pour objet de les soutenir. L’effet de l’acide
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- carbonique a été très rapide ; dès le lendemain la blastule apparaissait et dès le 5e jour la larve entièrement constituée mesurait 0mra,002. M. Delage a suivi et noté toutes les phases du développement de ses sujets d’expériences et en a conduit un certain nombre jusqu’au moment de la métamorphose, après trois mois de survie. 11 pense que cette métamorphose pourra s’opérer; mais en l’état actuel la question du développement parthénogénétique de l’œuf d’astérie doit être considérée comme ayant été avancée.
- Uhe maladie du tabac. — Les cultivateurs de tabac et les fonctionnaires préposés à l’inspection de cette culture, connaissent, dit M. Prillieux, une maladie des pieds de tabac désignée suivant les lieux sous les noms d’an-thracnose, de noir, de charbon, de pourriture, qui néanmoins n’a pas été décrite scientifiquement. M. Delacroix, qui a reçu de diverses contrées des échantillons de tabac atteints de cette maladie, en décrit les caractères anatomiques. La lésion produite par la maladie en question ressemble aux pustules chancreuses, à l’anthracnose de la vigne. Les taches apparaissent le long des nervures et pénètrent dans les tissus. Les cellules deviennent brunes et au milieu de la cellule des bactéries tourbillonnent dans un liquide brun. L’anthracnose de la vigne et la maladie du tabac sont dues à des parasites différents. M. Delacroix a pu cultiver la bactérie de cette dernière maladie et faire la contre-épreuve en infectant des pieds absolument sains.
- Cu. de Yilledeuil.
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- LES ENGINS DE SAUVETAGE
- La déplorable catastrophe du « Liban » a montré avec une évidence, qui malheureusement a coûté quelque cent vies humaines, que dans les sinistres subits qui se produisent à la mer par suite d’abordage, les embarcations de sauvetage sont presque toujours paralysées, soit par les conditions de l’abordage lui-même, soit par suite de l’alTolement des
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- Fig. 1. — Schéma du radeau de sauvetage.
- passagers qui s’y précipitent et empêchent trop souvent leur mise à l’eau.
- Un système de flotteurs très légers, très facilement manœuvrables, inchavirables et insubmersibles, est dans ce cas le meilleur moyen à employer pour faire flotter le plus grand nombre possible de personnes.
- Tel est le cas d’unengin que nous avons vu fonctionner sous nos yeux, par une mer agitée et dont l’invention est due à M. le capitaine au long cours Constant , qui l’expérimenta à bord du paquebot la
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- « Ville de Tunis », de la C. G. T., en 1898, et à M. Ayot, constructeur à Marseille.
- L’ensemble de l’appareil (fig. 1) se compose de deux llolteurs, en forme de cigares coupés par le milieu, formés par une armature en bois très solide et très légère, comprenant chacun 12 compartiments étanches dont les joints sont faits à la céruse et recouverts d'une enveloppe en toile à voile peinte.
- Ces flotteurs sont réunis entre eux par deux .traverses en bois, dont l'une est munie d’une godille qui sert de gouvernail. Un pont à claire-voies est lixé sur le milieu au moyen d’écrous et de boulons qui permettent un démontage aisé.
- Deux avirons peuvent être adaptés aux llotteurs ;
- une filière court le long de chacun d’eux, avec une garniture de boules en bois léger permettant aux naufragés de saisir l’appareil et de s’y maintenir.
- L’appareil est fixé au bâtiment au moyen de sangles amarrées à la hauteur du pont supérieur et faciles à larguer. 11 peut être amené, comme nous l’avons constaté par nous-même, en moins d’une minute le long du bord et recueillir aussitôt passagers et équipage (fig. 2, n° 1).
- Très léger, peu encombrant, un llotteur de G mètres de long et de 0m,25 de profondeur, peut soutenir sur l’eau 50 personnes, y compris 8 à 10 naufragés sur la plate-forme. Cinq flotteurs, placés de chaque côté d’un grand paquebot, sauveraient
- Fig. 2. — 1. Le radeau à son poste. — 2. En pleine charge. — 3. A la mer. — 4. Dans la lame.
- donc aisément 500 personnes. Le but de cet engin de sauvetage est surtout de permettre aux sinistrés d’attendre des secours. Son prix est relativement minime : 550 francs.
- Nous ne sachions pas qu’il existe en service courant d’engins de ce type ou de types pouvant s’en rapprocher. La mode en est encore aux bouées, lourdes, encombrantes et si solidement amarrées le long des bastingages qu’il faut des efforts surhumains pour les mettre à la mer, et à ces canots, trop souvent hors d'usage, d’une manœuvre difficile avec des appareils immobilisés par la rouille ou par la peinture, rarement visités, jamais essayés. En matière de sauvetage, comme, hélas ! en bien d’autres matières, la routine semble avoir été ici la règle de la marine et cependant quels sacrifices
- pécuniaires n’eùt-on pas dù consentir pour sauvegarder des centaines d’existences humaines (fig. 2,n° 5).
- La catastrophe du « Liban », venant après celle delà « Bourgogne », a fait enfin voirie jour au règlement d’administration publique sur la sécurité à bord des navires de commerce. Pour incomplet qu’il soit, il donne cependant satisfaction à nombre de desiderata depuis trop longtemps exprimés en vain. Souhaitons que le ministre de la marine propose bientôt au Parlement les mesures supplémentaires propres à calmer les angoisses de ceux qui sont appelés à naviguer sur mer. G. Prod'homjie,
- Ancien Lieutenant de Vaisseau.
- Le Gérant : P. Masso\. Paris. — Imprimerie Laiicbe, rue de Fleurus, 9.
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- y 1582. — 19 SEPTEMBRE 1905.
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- UN LÉZARD VENIMEUX1
- Il Tant rendre cette justice aux lézards, que ce sont, de petites bêtes non seulement, Lien gentilles, mais encore utiles par les bestioles qu'elles dévorent ou tout au moins inoffensives. Toutefois dans toutes les familles ou à peu près, on sait qu'il est fréquent de rencontrer un des membres corrompu et faisant tacbe avec ses parents. Liiez les sauriens ce dévové existe : c’est Tlléloderme qui, à l'aspect le plus déplaisant — ainsi que l’indique son nom spécifique d'« horridum », —joint les [dus noirs desseins et des propriétés venimeuses dignes de celles des serpents.
- Sumichrast, qui a eu l’occasion d’observer cette vilaine bète, a noté que sa taille dépasse un mètre chez quelques individus; elle habite exclusivement la zone chaude qui s'étend du revers de la Cordillère jusqu'aux rivages de l’océan Pacifique; elle n'a jamais été rencontrée sur la cote du golfe du Mexique. Ses conditions d'existence la continent dans les localités sèches et chaudes, telles que les contours de Jamiltepec, Jucbitan, Telmantepee, etc. Il est d'autant plus difficile d’observer les mœurs de l’liélo— derme que cet animal, grâce à la vie sédentaire que lui imposent ses habitudes semi-noclurnes, échappe à une investigation suivie. D'autre part, la frayeur
- Héloilennc. — A gauche, animal en colère.
- extrême qu'il inspire aux indigènes n’a pas peu contribué à laisser son histoire dans l'obscurité. La démarche de ce reptile est excessivement lente, ce qu’expliquent, du reste, le peu de longueur et l'épaisseur relative des membres, aussi bien que le manque de flexibilité des articulations. Chez les individus très vieux ou chez les femelles avant la ponte, le ventre acquiert un grand développement et traîne sur le sol, difformité qui ne laisse pas d’ajouter encore à l'aspect- repoussant de cet être bizarre. Un le rencontre dans les endroits secs, à la lisière des bois ou dans les anciens défrichements dont le sol est couvert de débris végétaux, de troncs pourris et de graminées. Pendant la saison sèche, de novembre à mai, on rencontre très rarement ce reptile, qui ne 1 Yoy. n° 1001, du 50 septembre 1805. p. 275.
- «fP aaui'f. — î‘ semestre.
- se laisse voir avec quelque fréquence que dans les temps de pluie. Le corps de l’Hélodermc exhale une odeur forte et nauséabonde. Quand l’animal est irrité, il s’échappe de sa gueule une bave gluante et blanchâtre, sécrétée par des glandes salivaires très développées. Si on le frappe dans ce moment de colère, il finit par se renverser sur le dos, ce qui fait dire aux Indiens, comme un précepte à suivre en pareille circonstance : qu’il faut toujours attaquer i’Escor-pion (c’est son nom vulgaire) en face, parce qu’il pique en arrière. Cette manœuvre singulière, que Tlléloderme répète chaque fois qu’il est menacé, est accompagnée de sifflements profonds, aspirés avec force du gosier, et qui provoquent une sécrétion salivaire abondante. Il mange différents petits animaux ' et aussi de la viande corrompue.
- lfl
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- L’opinion populaire attribue à sa morsure une grande nocivité ; mais, en général, la blessure d’abord douloureuse guérit avec assez de rapidité. Sumi-chrast fit mordre une poule sous l’aile par un individu encore jeune et qui, depuis longtemps, n’avait pris aucune nourriture. Au bout de quelques minutes, les parties voisines de la blessure avaient pris une teinte violette ; les plumes de l’oiseau étaient hérissées; tout son corps éprouvait un tremblement convulsif; il ne tarda pas à s'affaisser sur lui-méme ; au bout d’une demi-heure environ, il était étendu comme mort, et de son bec entr’ouvert s’échappait une bave sanguinolente. Aucun mouvement ne semblait indiquer la vie, si ce n’est une légère secousse qui agitait de temps en temps l'arrière de son corps. Au bout de deux heures, la vie sembla renaître peu à peu, l’oiseau se releva sur le ventre, sans toutefois se tenir debout et ayant toujours les yeux fermés. 11 demeura ainsi près de douze heures, au bout desquelles il finit par s’affaisser de nouveau sur lui-même et expira.
- Un gros chat, que Sumichrast lit mordre à l’une des pattes de derrière, ne mourut point ; mais immédiatement après avoir été mordu, la patte enlla considérablement, et, pendant plusieurs heures, le chat ne cessa de pousser des miaulements qui indiquaient une vive douleur; il ne pouvait se tenir debout et resta pendant toute une journée étendu à la même place sans pouvoir se relever et complètement hébété.
- MM. J. van Denburgh et 0. R. Wight viennent de laire au même point de vue d’intéressantes observations. La salive de l’Héloderme s’est montrée à certains moments très toxique, à d’autres très inoffensive. Injectée sous la peau, elle donne naissance «à des manifestations variées : il y a miction, défécation et salivation abondante, la respiration s’accélère, puis apparaissent des vomissements. L’animal boit avec avidité et reste couché, très abattu. Finalement, la mort survient par arrêt de la respiration et aussi du cœur. Le poison agit également sur la tension artérielle, qui tombe très vite et très fortement. Les nerfs sensitifs sont aussi-atteints ; il v a d’abord augmentation d’irritabilité, puis diminution et enfin pyrte totale. Ces changements se font d’arrière en avant et de la périphérie au centre. La coa-gulabilité du sang est d’abord accrue, puis diminuée. Quant aux globules rouges, ils deviennent souvent sphériques.
- On voit que l’Héloderme est véritablement venimeux : c’est le seul dans la gent lézard. Mais, quand on le laisse en repos, il ne mord pas.
- Ilcmu Coupi>.
- LES ACIERS AU NICKEL
- L’addition du nickel à l’acier, dans la proportion de ô à 5 pour 100 a, comme on sait, pour résultat, tout en augmentant la limite élastique et la résistance des aciers ordinaires au carbone, de faire disparaître la fragilité de ces aciers, lorsque la dose de carbone est élevée, et
- d’en permettre l’emploi dans les constructions métalliques et pour toutes les pièces mécaniques soumises à des efforts considérables dont il est important de diminuer le poids, tant au point de vue technique qu’au point de vue économique. 11 n’est donc pas étonnant de voir, depuis quelque temps, une tendance à substituer ces aciers au nickel aux aciers ordinaires. Nous en citions un exemple dans un des dernier numéros du journal où nous indiquions la commande importante, faite aux États-Unis par la Compagnie du Pensylvania R. R., de rails au nickel pour être mis en service sur les sections les plus fatiguées de son réseau et où les rails en acier ordinaire n’avaient qu’une courte durée. Cependant, dans l’état actuel des choses et, malgré les avantages indiscutables de l’acier au nickel, la généralisation de son emploi sera, il faut bien le dire, limitée et ne pourra s’étendre qu’à des cas spéciaux et, cela, pour deux raisons.
- La première résulte du prix élevé des alliages d’acier. Avec du nickel au prix de 1fr, 10 à lfr,50 le kg, une tonne d’acier au nickel à 5 pour 100 coûte de 150 à 175 francs de plus que la tonne d’acier au carbone. Dans le cas même où, comme cela s’est produit aux Etats-Unis, le prix du kg de nickel serait abaissé à 0(r,75, le prix de la tonne d’acier au nickel dépasserait encore de 100 fr. celui de la tonne d’acier au carbone.
- La seconde raison provient de ce que, à l’heure actuelle, la production du nickel est très limitée et plus limitée qu’on ne le pense généralement. Cette production, pour 1001, a été de 10400 tonnes et, avec un alliage de 5 pour 100 de nickel, ce chiffre représente une production totale annuelle de 550 000 tonnes d’acier au nickel. Telle est la production maximum théorique (( possible » ; mais, en réalité, pour des causes diverses, elle est inférieure à ce chiffre. Elle ne représente donc qu’une très faible proportion totale de la consommation annuelle de l’acier. Cette faible production provient de ce que les seules mines de nickel exploitées sont celles du Canada et de la Nouvelle-Calédonie et que, malgré les recherches faites dans ces dernières années, aucune nouvelle mine importante n’a été découverte.
- Il ne faut donc pas perdre de vue ces deux considérations importantes qui, comme nous le disions tout à l’heure, tant que le prix de revient ne sera pas diminué et que la production annuelle ne sera pas augmentée, feront que l’emploi de l’acier au nickel sera forcément limité et ne pourra s’appliquer qu’à des pièces spéciales pour lesquelles l’augmentation de prix est largement compensée par les avantages que présente l’acier au nickel. R, R.
- Je veux parler du laboratoire de Yillefranche (Alpes-Maritimes) près Nice. Ce laboratoire, qui appartient au Gouvernement russe, a été créé en 1887. Il a actuellement comme directeur M. Korotneff, le distingué professeur de l’Université de Kielf, comme sous-directeur M. Davidoff, deux savants.
- Yillefranche a été choisie à cause de la richesse de sa baie en faune marine. Cette station scientifique est sous la haute protection du Grand-Duc héritier de Russie et est subventionnée par le Gouvernement russe. Le but principal que poursuit la station, outre l’étude proprement dite, est de fournir aux Universités européennes les matériaux pour les études pratiques.
- Malgré sa réinstallation de date récente, elle possède
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- plusieurs aquariums libres ou vitrés, alimentés d’eau de mer fraîche par une pompe à vapeur. Pour les sondages, le laboratoire possède un petit yacht qui permet de récolter loin de la côte. Les collections zoologiques ont figuré à l’Exposition de Paris où elles ont obtenu la grande médaille d’or : on peut les voir actuellement dans le musée du laboratoire.
- Dans les aquariums vitrés, on remarque des œufs de squale (sous forme de poches) pendus et dont les embryons se mettent en mouvement dès que le cœur rudimentaire commence à battre : ces œufs sont ceux du chat de mer « Scyllium catulus ». On pourra ainsi observer l’« hippocampe » ou cheval de mer; 1’ « aiguille», petit poisson, allongé et osseux ; la moule, genre « pma», enfoncée dans le sol comme un véritable coin ; des ascidies rougeâtres, espèces d'outres, « Ascidia mentula » ; des colonies de bryozoaires, sous forme de dentelle ; les gorgones qui affectent la forme de plantes marines ; du corail avec les tentacules des petits polypes ; l’anémone (( Seynthia » avec un pied et un chapeau lui donnant l’aspect d’un champignon.
- Dans un autre aquarium, le sar « Sargus », poisson plat, des rascasses, chapons, langoustes, homards avec leurs fortes pinces, crabes. De gros poulpes se précipitent sur leur proie en l’enroulant de leurs tentacules à ventouses. La murène jaunâtre avec ses deux appendices nasaux ; le congre noir, véritable serpent de mer. Puis des oursins « Echinus brevispinosus » ; des étoiles de mer rouges « Echinaster », des « Astérias », autres étoiles plus grosses ; de nombreuses crevettes rouges « Pandulus >', etc., etc.
- Le public est accueilli avec empressement à Yillefranche, et, chaque année, cette station reçoit la visite de nombreux savants des différentes nations qui y viennent pour faire des recherches et se perfectionner dans l’étude des sciences naturelles. Erxest Liotakd.
- l’épaisseur, soit Ora,fit), et dans laquelle peut jouer un mat (naôra) de 10 mètres de long, dont le mouvement de bascule se fait d’avant en arrière et réciproquement, (le mât, formé de deux parties, se termine à l’extrémité
- Fig. 1. — Kuttara. Puits du Zab (Sahara Algérien).
- LES K’ATTAM
- PLUS 1.ND1UÈAES DU ZAB (ALGÉRIE)
- Les puits du Zab, c’est-à-dire de la région désertique qui s’étend depuis le pied méridional de l’Aurès jusqu’au Sahara, ne sont pas aussi profonds que ceux du M’zab1 : la nappe d’eau se rencontrant à une faible profondeur, les (( Ksouriens » (habitants des Ksour, pi. de Ksar, qui dénomme le village fortifié qu’entoure une oasis) n’avai'ent pas besoin d’un système aussi compliqué que les Mozabites pour amener à la surface du sol le précieux liquide qui dans ces régions se cache si jalousement dans ses entrailles.
- Le dessin schématique dont nous avons accompagné ces lignes, complété qu’il est par un croquis, nous dispenserait presque d’une description : il nous parait cependant préférable de reprendre la légende de notre plan et de décrire en quelques mots l’appareil tout entier. Nous prendrons comme type le puits de Zeribet el-Oued que nous avons dessiné.
- Tout K’attara (puits) se compose de 5 parties : l’appareil élévatoire A, le puits proprement dit B, et le système d’irrigation C, D.
- L’appareil A comporte tout d’abord un massif de maçonnerie composé d’un large pilier (5) construit en toubes, c’est-à-dire en briques de terre séchées au soleil; ce pilier porte à son sommet une gorge qui en coupe toute
- inférieure par un contrepoids-— dans l’espèce : une masse d’argile — et porte à la pointe une corde en alfa (babel : A) terminée par un seau en cuir (liif). Quand le propriétaire du jardin veut puiser de l’eau, il amène le seau à lui en halant sur la corde et le ^ descend ensuite dans le puits, profond de 7m,oü; le contrepoids suffit à faire remonter le seau rempli d’eau.
- Le seau, une fois remonté à quelques coudées au-dessus de la surface du sol, est basculé au-dessus du bassin C,
- Fig. 2. — A, Massit de maçonnerie ; 1, balancier élévatoire avec son contrepoids ; 2, axe; 5, pilier en toubes ; A, seau à puiser l’eau.
- Iî, Puits ; 5, axe servant de poulie pour laisser glisser la corde ;
- 6, levée de terre ; 7, puits non maçonné. C, bassin garni d’une natte. D, canal d’irrigation.
- dont le fond est garni d’une natte très serrée afin que les fissures de la terre ne laissent pas perdre de liquide ; du bassin C l’eau descend dans le canal d’irrigation (seguia) D d’où elle est répartie ensuite dans tout le jardin.
- L. Jacquot.
- * Voy. n09 1482, du 19 octobre 1901, p. 331; 1300, du 3 avril 1902, p. 288 et 1538 du 4 avril 1905. p. 275.
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- LA. CAPRIFICATION EN ALGÉRIE
- Contrairement à ce ({lie l'on pense, la ligue n’est pas un fruit proprement dit, mais un réceptacle charnu, contenant les Heurs, auxquelles succèdent les graines qui se trouvent attachées à la paroi intérieure. C’est à cette particularité qu’on lui attribue la l'acuité de rester sur le liguier, même lorsque la végétation est complètement arretée et cette autre, contraire à ce qui se passe pour les autres fruits : (j ne la suppréssion d’un certain nombre de ligues n'est d’aucun effet sur la grosseur de celles conservées. Particularité également fort curieuse : plus le liguier porte de figues, sans qu’il y ait excès, plus elles sont grosses et plus leur développement est assuré.
- Sous le climat de Paris et plus au nord le liguier est sensible au froid, et les figues venues sur les bourgeons de l’année mûrissent très rarement. On en serait donc privé dans la majorité des années, sans une seconde fructification qui a lieu à des rameaux. Ce sont ces figues, ayant à l’automne l’aspect de boutons accolés à l’œil, qui se conservent à l’état latent sur le rameau qui les porte pour se développer au printemps et mûrir en juillet. On leur a donné à Argenteuil et sur le territoire de la Frette, où le figuier est cultivé en grand, le nom de figue lleur et de figue d'été.
- Dans le Midi de la France ces figues Heurs sont moins nombreuses et moins estimées, la récolte principale étant obtenue par les figues de printemps qui arrivent à maturité à l’automne.
- Bien que la culture du figuier soit pratiquée sur une assez grande échelle aux environs de Paris et dans le Midi de la France, pour la production des figues fraîches, elle est loin d’égaler celle faite dans les pays plus chauds, en Algérie,-en Tunisie, en Grèce, en Égypte, au Portugal, etc., où elles entrent pour une assez large part dans l’alimentation et où elles sont l’objet d’un trafic et d’une industrie importants, après avoir été soumises à la dessiccation. Parmi les procédés culturaux mis en œuvre pour assurer nue fructification normale il en est un, la caprification, à l’aide d’un insecte hyménoptère, qui est controversé et sur lequel la plupart des personnes qui ont écrit sur cette question ne semblent pas d’accord.
- Dans un autre ordre d’idées, la caprification est
- pratiquée aux environs de Paris, et en Provence, en déposant une goutte d’huile, à l’aide d’un brin de paille, sur l’œil de la figue, lorsqu'elle est arrivée à sa grosseur ou bien encore en piquant cet œil à l’aide d’une aiguille enduite d’huile. On en avance ainsi la maturité de 8 à 10 jours. Le phénomène qui se produit semble être analogue à celui qui a lieu avec les poires ou les pommes véreuses, lesquelles arrivent prématurément à maturation.
- Le rôle de l'insecte serait quelque peu distinct ; celui-ci ne piquerait pas la figue, mais pénétrerait à l’intérieur dans le but d’y déposer ses œufs et féconderait ainsi les Heurs femelles avec le pollen dont il est enduit, provenant des Heurs mâles dans lesquelles il est éclos.
- M. le P1- Trabut a fait sur ce sujet une étude approfondie qui met la question au point et permet
- de se bien pénétrer de l’utilité de la caprification telle qu’elle est pratiquée dans le courant de juin en Kabylie et à laquelle les indigènes attribuent une grande importance, sans en connaître cependant les détails intimes.
- Comme il est considéré en Algérie, le figuier est dioïque, c’est-à-dire que certains sujets ne portent principalement que des fleurs mâles, les fleurs femelles restant stériles et d’autres des fleurs femelles productives. L’individu portant des figues mâles, ou traité comme tel, est le figuier sauvage ou capriliguier, dont les figues sont nommées : celles d’été dokkar (fig. 2), d’automne djeha, d'hiver ouaha. 11 est à considérer que ces eaprifigues, sans chair, dures et laiteuses, ne sont nullement comestibles. Par contre le figuier domestique est celui portant principalement les figues femelles et comestibles nommées : celles d’été bakor et celles d’automne kermous, en Algérie;et en France celles d’été figue Heur et d’automne figue (fig. 5).
- Notons que la figue Heur n’a pas besoin d’être fécondée, car elle est stérile ; la figue qui se développe est excellente, mais ne donne pas de graines. C’est le cas des figuiers cultivés sous le climat parisien. Les caprifiguiers donnent normalement trois générations de figues qui se succèdent : la première est mâle, elle féconde la seconde qui est femelle, et parfois mangeable dans certains types, la troisième abrite l’insecte pendant l’hiver. Cette troisième génération est constituée par de petites figues dures qui persistent sur les rameaux. Bien que présentant à l’inté-
- l’extrémité
- Fiji. i. _ Le Blustojiliüga Pseues (cuusidénibloiuenUgrossi;.
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- rieur des Heurs d'apparence femelles on constate, en coupant les ovaires, qu’elles sont constituées non par une graine ou un ovule, mais par un insecte en voie de développement. Au printemps l’insecte femelle sort, pénètre dans les figues de printemps qui se sont, développées plus haut et, au moyen d'une tarrière, inocule un œuf dans chaque ovaire. Les ligues sont nommées « dokkar » et les Heurs donnant asile aux œufs de l’insecte (Blastophaga Usenes) (fig. 1 ) « Heurs galles ». Deux mois après la ponte, ces œufs éclosent, ce qui correspond avec l'épanouissement des Heurs mâles; les femelles de cette seconde génération, après avoir été fécondées, sortent et, en cherchant l’orifice pour s’échapper, se couvrent du pollen abondant qui s’échappe des étamines. Dans le but d’assurer leur reproduction, ces insectes pénètrent dans les figues femelles dont elles assurent ainsi la pollinisation des Heurs.
- Fig. 2. — Coupes d’un dokknr: G, (leurs galles, M, fleurs mâles.
- Cela est d’autant plus nécessaire que le figuier cultivé a donné naissance par la culture à un nombre considérable d’individus portant exclusivement des Heurs femelles dans lesquelles la fécondation est absolument nécessaire pour la production des figues.
- Dans les régions où le figuier est cultivé en grand, la caprification naturelle ne suffit pas pour assurer la récolte. Les Kabyles la pratiquent en cueillant sur les caprifiguiers les figues laiteuses et dures. Puis ils percent celles-ci d’une grande aiguille pour les réunir en chapelet (fig. 4) à raison de fi à 8 à l’aide d’un lien, lequel sert à les suspendre dans les figuiers femelles qui sont à féconder. De ces fruits sortiront, un jour ou deux après, les mouches qui opéreront précisément cette fécondation.
- Rien que l’on s'attache à avoir des races précoces et tardives, il arrive toujours que dans la région montagneuse, les figues femelles sont aptes h être fécondées avant que les dokkars puissent fournir les mouches ; le Kabyle montagnard est donc dans la nécessité d’acheter des dokkars dans la plaine. Ces dokkars
- doivent être suspendus la journée qui suit la récolte, car c’est à ce moment que les mouches sortent. 11 reconnaît qu’il est à point lorsque l’œil s’entr’ouvre. Ces premiers dokkars sont très recherchés et sont pavés jusqu'il Ofr,r>ü la douzaine. Les premières
- Fig. 3. — Hameau fructifère de figuier: A. futurs dokkars, Ii, ligue oualia avant passé l'Iiiver et contenant des Iilastophaga.
- figues sont, en effet, les meilleures et, faute de fécondation, elles seraient perdues.
- « Dans la plaine, nous dit le D1' Trabut, les der-
- Fig, i. — Dokkars'préparésipour ta caprification.
- nières figues sont fécondées avec les dokkars venant de la montagne. A l’époque de la caprification tous les marchés kabyles sont approvisionnés de dokkars, certaines tribus ont la renommée d’avoir de bons caprifiguiers, et autrefois, quand chaque tribu s’administrait à sa manière, il était parfois interdit
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- LA NATURE.
- d'exporter les dokkars hors du territoire sous peine de.fortes amendes. »
- On pourrait encore assurer la caprification à l'aide de dokkars suspendus aux figuiers, ce qui est une opération assez longue ; ou mieux en plantant parmi ceux-ci des caprifiguiers capables de fournir des mouches en quantité suffisante pour que sa fécondation ait lieu sans l’aide directe de l’homme.
- Ajoutons (pie l’on reconnaît facilement les figues fécondées des autres. Alors (pie les figues non fécondées restent petites, se rident et tombent, les premières grossissent rapidement, et, en les coupant, elles présentent des graines bien conformées, signe de croissance parfaite. Annan Mai mené,
- I’rofcssi'ui' il'liorticullii]'*'.
- LE RÔLE DE L’ARGILE
- ET DES
- TERRES RINFESOIRES DANS 1,’aNAl.YSF. Ï1KS PKTUOI.KS
- Depuis de nombreuses années les chimistes étudient la composition des pétroles bruts et pourtant ils ignorent encore leurs constitutions exactes, ils savent seulement que ces liquides précieux sont des mélanges d’hydrocar-lmres, c’est-à-dire contiennent presque exclusivement du carbone et de l’hydrogène combinés. Les pétroles renferment parfois aussi de l’oxygène, de l’azote et du soufre, mais ces éléments ne se trouvent qu’en très faibles quantités dans les produits qui ont terminé leur évolution géologico-chimique ; les bitumes et les pétroles asphaltiques calédoniens, composés intermédiaires entre les corps gras et les hydrocarbures, sont seuls très riches en matières azotées.
- Les méthodes analytiques étant toutes basées sur la distillation fractionnée, leur emploi ne saurait nous donner des résultats absolus, indiscutables. Rien ne prouve, en effet, qu’il n’y ait point polymérisation des hydrocarbures ou carbures d’hydrogène sous l’influence de la chaleur, rien ne prouve que les corps isolés préexistent dans l’huile brute soumise à la distillation.
- Nous pouvons admettre à la rigueur que la méthode de distillation est sensiblement exacte dans la recherche des carbures d’hydrogène à points d’ébullition peu élevés, des composants volatils, tels que ceux de l’éther de pétrole, très inflammable, très dangereux, de la benzine, de l’essence et des huiles lampantes; mais nous ignorons absolument la composition première des distillais qui passent au-dessus de 200° et forment les huiles lubrifiantes et les graisses minérales. Nous devons donc résoudre un problème assez ardu qui se posera ainsi :
- Déterminer si les produits hydrocarbures d’atomicité très élevée, tels que les huiles minérales, les vaselines et les paraffines, les pétrocènes et les crakènes, proviennent de la polvmérisation de corps plus simples sous l’influence de la chaleur et de la pression ou préexistent dans le liquide naturel avant la distillation?
- Le doute est fort possible. Nous savons tous que l’acétylène se transforme en benzène sous l’influence de conditions extérieures déterminées. Pourquoi n’admettrions-nous pas que les autres hydrocarbures subissent de même, pendant les différentes opérations du raffinage, des actions du même genre?
- 11 serait il souhaiter que cette question fût bientôt, élucidée. Le problème paraît aride et purement scienti-
- fique, il présente pourtant un grand intérêt industriel. Si nous connaissions au juste la nature des hydrocarbures solides dissous dans le pétrole brut nous pourrions aisément les retirer de leurs solvants par des procédés purement chimiques et indépendamment de l’influence de la chaleur; il en résulterait de très importantes simplifications dans la préparation des huiles lubrifiantes, des graisses et des vaselines industrielles. 11 serait utile aussi de décider que les analyses de pétrole doivent se faire sur des produits incolores ou tout au moins préalablement débarrassés de la matière colorante minérale ou sulfureuse qui empêche l’observation exacte de certaines réactions.
- Lne méthode très curieuse permettra peut-être d’arriver à ce double but, détermination exacte des divers composants des huiles brutes de pétrole et décoloration de tous les sous-produits; elle est basée sur les filtrations au travers de milieux poreux, tels que l’argile, les mélanges alumino-magnésiens, les terres d’infusoires, la terre à foulon, etc.
- Les substances très poreuses agissent sur les éléments chimiques qu’elles absorbent d’après des lois encore mal connues, elles provoquent soit la condensation des matières gazeuses, soit l’oxydation (ou le blanchiment qui souvent dérive de l’oxydation).
- Le charbon de bois dissout à la façon des liquides de grandes quantités des gaz très solubles dans l’eau, comme l’ammoniac, l’acide sulfureux, etc. Le volume du gaz dissous augmente avec la pression et diminue avec la température. Le noir animal décolore les vins rouges, les jus sucrés et même les vaselines chaudes; il joue un rôle industriel considérable dans les raffineries. Le bioxyde de manganèse décompose instantanément l’eau oxygénée, il sert aussi à transformer les vins rouges en vins blancs, lorsqu’il faut suppléer par ce subterfuge à l’insuffisance de la production.
- Le charbon étant un produit réducteur et le bioxvde de manganèse un composé très oxygéné, très oxydant, on pouvait se demander si les phénomènes chimiques observés ne dépendaient que des propriétés physiques du milieu dans lequel ils se produisaient. La porosité était-elle seule à déterminer l’action, n’y avait-il aucune combinaison entre les matières absorbées par la substance poreuse et les éléments de cette substance?
- Le doute ne saurait plus exister après l’étude des condensations provoquées par le platine, métal inattaquable partons les agents chimiques, hormis le chlore sous forme d’eau régale. Le noir et la mousse de platine, l’amiante platinée transforment, au contact de l’oxygène (même lorsqu’il est mêlé à l’azote), l’anhydride sulfureux à l’état d’anhydride sulfurique et l’ammoniac en composés ni très.
- Les argiles et les marnes, substances chimiquement inertes, sont douées de propriétés décolorantes fort curieuses ; depuis une dizaine d’années elles ont remplacé le noir animal dans un certain nombre de ces applications et particulièrement dans la préparation des huiles à cylindrer et des vaselines pharmaceutiques.
- Il semble à peu près prouvé que les argiles n’oxydent pas les matières qui les traversent, mais je serai fenté de croire, d’après des expériences particulières, qu’elles favorisent la polymérisation des hydrocarbures peu volatils.
- Le passage des huiles brutes de pétrole au travers d’une couche argileuse de 10 centimètres d’épaisseur s’effectue très lentement à la température de 15° et à la pression ordinaire, si l’on fait intervenir la trompe à eau la filtration est assez rapide, mais les résultats ne sont plus les mêmes. Les produits recueillis possèdent sensiblement la con-
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- sistance et la viscosité du pétrole brut. Si l’on opère à 70-80° on obtient, au bout de trois opérations, un liquide jaune clair. En fractionnant les filtrats on peut séparer les éthers et benzines, les huiles lampantes et enfin les huiles lourdes lubrifiantes.
- La provenance et la finesse des argiles influent beaucoup sur leurs propriétés. 11 est presque impossible d’obtenir deux résultats sensiblement identiques avec deux terres recueillies à quelques kilomètres de distance ; les argiles fines employées dans la fabrication des poteries de prix élevés ne possèdent aucun pouvoir décolorant.
- Un mélange qui donne d’excellents résultats est composé de l partie d’argile pour 2 parties de dolomie pulvérisée ou 1 partie de magnésie anhydre (en poids). Après trois filtrations au travers de ces matières on recueille un produit qui ne conserve que quelques traces de coloration. Les composes magnésiens n’agissent pas uniquement par leur porosité, ils se combinent au soufre qui est contenu dans certaines huiles soit à l’état de combinaisons, soit à l’état de dissolution et leur communique un reflet verdâtre et une couleur foncée. L’emploi des carbonates et silicates naturels de magnésie a été breveté il y a trois ou quatre ans par une compagnie américaine, mais je ne crois pas que les brevets aient été soutenus, car les propriétés décolorantes et surtout désulfurantes des composés magnésiens sont connues depuis longtemps.
- Le Dr David Day, chef du service minéralogique aux États-Unis, préfère l’emploi des terres à foulon à celui de toutes les autres argiles. Ces corps blancs ou rosés sont analogues au point de vue chimique aux terres d’infusoires, ils sont effectivement très riches en silice et en eau de combinaison.
- [.es terres à foulon comme les argiles ordinaires diffèrent notablement suivant leurs provenances, celles qui sont originaires de la Floride, par exemple, n’ont pas le même pouvoir décolorant que celles qui proviennent d’Angleterre ou d’Allemagne; leur action générale est néanmoins plus régulière que celle des marnes.
- Les expériences de filtration du Dr David Day ont été exécutées d’abord sur des huiles lourdes, non susceptibles d’épuration par redistillation, puis sur des pétroles bruts; les premières présentent un grand intérêt pratique dans la fabrication rationnelle des graisses minérales incolores, les secondes ont une importance théorique considérable, car elles permettront peut-être de renoncer aux méthodes de distillation dans l’analyse des huiles minérales naturelles.
- Lorsqu’on filtre lentement une huile brute au travers d’une terre à foulon légère, mais un peu comprimée, les portions recueillies au début correspondent aux distillats très volatils, les secondes sont de densité moyenne, les dernières enfin constituent une véritable vaseline semi-solide.
- Peut-on affirmer que la méthode de filtration permettra une séparation complète, absolue, des divers hydrocarbures qui constituent les pétroles? Le Dr David Day espère obtenir le succès. Il s’est appuyé, au début de ces nouvelles études, sur les comparaisons avec les distillats ; il a fractionné à nouveau les filtrats lorsqu’ils ne possédaient pas un point d’ébullition fixe et en général des constantes physiques bien déterminées; il a défini ainsi un grand nombre de composants de l’huile de Pensylvanie et n’a pas trouvé trace de certains corps qui pourraient être, par conséquent, des polymères provenant de la distillation.
- J’ai repris pour mon compte l’examen scientifique des procédés de filtration et je ferai connaître prochainement les résultats que j’ai obtenus. Industriellement le système est excellent, il serait précieux de préciser la nature
- d’une huile lampante ou lubrifiante par une analyse qualitative et quantitative, par un dosage précis des hydrocarbures constituants au lieu de le faire par la densité, le degré d’inflammabilité et la viscosité. Théoriquement la méthode des filtrations fractionnées est un peu plus exacte que celle des distillations fractionnées; mais, suivant moi, elle n’évite pas entièrement la formation des polymères ou la transformation des propriétés physiques. J'ai toujours observé une augmentation de densité après un passage à froid ou à 70-80° au travers d’argile ou de terre d’infusoires. Joseph (tikaiuï.
- LE DÉPLACEMENT
- DE LA. PASSERELLE DE PASSY
- La ligne circulaire du chemin de fer Métropolitain de Paris qui suit les boulevards extérieurs se divise en deux sections. La première, qui, partant de la Nation, suit les boulevards extérieurs Nord pour se terminer à l’Etoile, est actuellement ouverte à la circulation et a été décrite dans un numéro antérieur1. La seconde, qui part de l’Étoile et va rejoindre la Nation par les boulevards extérieurs Sud, est actuellement en construction entre le Troca-déro et la place d'Italie, la section entre l’Etoile et le Trocadéro étant ouverte à la circulation depuis 1900. Les travaux sont activement poussés et on espère la livrer à la circulation, jusqu’à la place d’Italie, vers la fin de 190-4. Cette seconde section, après avoir quitté la station du Trocadéro, passe en tunnel au-dessous des rues Franklin et Alboni, pour sortir à l’air libre en haut des escaliers de cette dernière rue et franchir ensuite la Seine à l’emplacement même de la passerelle de Passy.
- Cette passerelle, construite en 1878 pour livrer seulement passage aux piétons, n’était suffisante, ni comme résistance, ni comme largeur, afin d’être utilisée pour le passage de la voie du Métropolitain et, en même temps, de servir de voie charretière dont l'utilité était d’autant plus grande qu’aucun pont à voie charretière n’existe entre celui d’Iéna et celui de Grenelle pour relier les deux quartiers populeux de Passy et de Grenelle. Il était donc indispensable de remplacer la passerelle de Passy par un viaduc occupant son emplacement et formé de deux étages, le premier servant de voie charretière et le second, supérieur, destiné à la circulation des trains du Métropolitain Mais, comme d’un autre côté on ne pouvait, pendant les travaux, intercepter la circulation entre les deux rives, on s’est décidé à conserver temporairement cette passerelle en la déplaçant parallèlement à elle-même vers l’aval d’environ 50 mètres, afin de laisser la place suffisante pour la construction du nouveau viaduc. Ce sont les méthodes employées pour opérer ce déplacement que nous allons décrire succinctement. Elles sont d’autant plus intéressantes que deux systèmes différents de ripage ont été mis en œuvre pour chacun des bras de la Seine et qu’il a été ainsi possible de comparer les deux systèmes utilisés au point de vue technique et économique.
- 1 Voy. n° 1552, du 21 février 1905, p. 182.
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- LA NATURE.
- La passerelle de Passy se compose de deux ponls, l’un traversant le grand bras de la Seine, celui du coté de Passy, et l’autre, le petit bras, celui du côté de Grenelle; ces denx ponts sont séparés par Pile des Cygnes. Chacun des ponts formant la passerelle est du type des ponts grues mixtes et se compose de trois ouvertures : une centrale de 48 mètres d'ouverture pour le grand bras et de 54 mètres pour le petit liras et deux de rive de 57 mètres d'ouverture pour le grand bras et de 28 mètres pour le petit bras. La partie métallique «pii supporte le tablier est formée de I rois cours de poutres dont les membrures inférieures sont courbes et lui donnent l’apparence d’un pont en arc. Au milieu de chaque travée cen-
- trale les trois cours de poutre sont réunies par un boulon d'articulation, caractéristique des ponts-grues. La longueur totale du pont est de 120 mètres pour le grand bras, et de 90 mètres pour le petit et la largeur totale entre les garde-corps est de (im,r>0. Cette partie métallique s'appuie aux extrémités sur les culées en maçonnerie et, en rivière, sur deux piles formées chacune de deux colones métalliques remplies de béton reposant sur un caisson foncé dans le lit de la Seine. Par suite de la disposition du pont, les pressions sur les appuis sont entièrement verticales et il n’existe aucune poussée.
- Comme nous l’avons dit, deux méthodes ont été employées pour le déplacement delà passerelle. Pour
- Fig. 1. — Déplacement de la passerelle de Passy sur le grand liras de la Seine.
- le grand bras, la partie métallique a été ripée tout entière, en la faisant rouler sur des estacades établies parallèlement au courant du fleuve entre son emplacement actuel et celui qu’elle devait occuper. Pour le petit bras, le déplacement s’est opéré au moyen de chalands sur lesquels on a fait reposer chacune des moitiés du pont et qu’on a ensuite amenés, au moyen de treuils, à l’emplacement que devait occuper la passerelle.
- Nous allons décrire succinctement ces deux-méthodes en commençant par le grand bras (fig. 1).
- On a d’abord commencé par établir de chaque côté des piles, ainsi que près du point d’appui du pont sur chacune dçs culées, des chemins de roulement. Ces chemins de roulement se composaient, en rivière, d’estacades en bois formées de files de pieux
- espacés de 2m,40, enfoncés dans le lit du fleuve et reliés dans le sens transversal et longitudinal par des moises qui empêchent tout déplacement. Les estacades se prolongeaient, à l’aval, parallèlement au courant du fleuve, sur une longueur d’environ 40 mètres, c’est-à-dire au delà de Remplacement que doit occuper la passerelle après son déplacement. Sur chaque estac-ade s’appuyaient trois chevalets en bois destinés à supporter les trois cours de poutre delà partie métallique du pont dont ils épousaient la forme. Ces chevalets reposaient sur l'estacade par l’intermédiaire de rouleaux qui, eux, s’appuyaient sur une plaque de tôle formant chemin de roulement et fixée à la partie supérieure de l’estacade. Ce travail préliminaire étant terminé et, après avoir enlevé le couronnement métallique de la pile, on a soulevé, au
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- moyen de quatre vérins hydrauliques de 100 tonnes (deux par eolonne), s’appuyant sur le béton des piles, toute la partie métallique du pont et sans enlever l’artieulation. Ce soulèvement opéré on a passé, entre la partie supérieure des chevalets et le dessous des poutres métalliques, des coins en bois fixés, au moyen de boulons, aux chevalets et aux semelles des poutres, qu’on a serrés fortement afin de faire reposer complètement tout le poids de la partie métallique sur les chevalets. Puis, au moyen de treuils installés sur chaque estacade, manœuvrés par des hommes, et de câbles fixés aux chevalets, on a amené progressivement la passerelle dans l’axe de sa position définitive. Afin de la faire reposer sur
- les palées en bois préparées d’avance pour la recevoir, on a soulevé légèrement, au moyen de vérins, la partie métallique, enlevé les rouleaux, puis on l’a fait descendre sur ses appuis définitifs. Pour s’assurer (pie le déplacement de la passerelle se faisait bien parallèlement à lui-mème et qu’aucun effet de torsion ne se produisait, on avait eu soin de fixer, sur chacune des estacades, des repères de mèlrc en mètre qui permettaient de suivre la progression du déplacement et de régler en conséquence la marche des treuils.
- L’opération qui a été faite le 22 juillet dernier a été commencée à 9 h. 1/2 du matin et terminée à 2 h. 1/2 ; elle a donc duré en tout 5 heures.
- Fig. — Déplacement de la passerelle de Passy sur le petit bras de la Seine.
- Nous ajouterons que le poids total de la partie métallique est de 520 tonnes.
- Pour le petit bras, le déplacement, comme nous l’avons dit, s’est opéré au moyen de chalands et par déplacement successif de chacune des moitiés du pont. Voici comment on a opéré ( lig. 2). Sur deux chalands, on a disposé trois chevalets semblables aux précédents et destinés à supporter les trois cours de poutres du pont. On a amené ces chalands sous le pont, de chaque côté d’une pile, après les avoir lestés de manière à laisser un espace d’environ 0m, 15 entre le dessus des chevalets et le dessous des poutres du pont. Ces chalands ont été amarrés au moyen d’ancres et de cordages fixés aux piles. Dans cet espace laissé libre, on a interposé des coins reliés, au moyen de boulons, avec les chevalet > et les semelles des poutres.
- Puis, après avoir enlevé l’articulation de la travée centrale, on a délesté les deux chalands. Ceux-ci se sont alors soulevés en enlevant également la partie métallique du pont et le délestage a été continué jusqu’après un soulèvement d’environ 0m,20 de toute la partie métallique. Cette opération terminée, on a amené les chalands dans l’axe du nouvel-emplacement de la passerelle en virant sur les cables d’ancrage. Une fois amenée dans cette dernière position, il a suffi pour la faire reposer sur les palées, construites à l’avance, de lester à nouveau les chalands, de manière à faire reposer la passerelle sur ses appuis et à permettre l’enlèvement des coins reliant les chevalets aux poutres, Les chalands une fois libres ont été amenés sous la seconde moitié de la passerelle où la même opération a été répétée. Afin
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- d’opérer la jonction des deuxmoitiés dn pont et rétablir l’articulation, il a suffi de faire mouvoir transversalement les deux chalands au moyen des cables qui les reliaient aux palées supportant la passerelle.
- Le poids de chaque moitié du pont est de 110 tonnes, soit un poids total du pont de 220 tonnes.
- Cette opération a été faite le 20 août dernier pour la première moitié. Commencée à 7 b. 1/2 du matin, elle était terminée à 2 heures de l’après-midi, avec une interruption d’une heure pour le repas des ouvriers ; elle a donc duré 5 h. 1/2. Pour la seconde moitié, l’opération a eu lieu le lendemain21 août; elle a été commencée à 7 h. 1/2 du matin et terminée à l heure sans interraption : elle a donc duré 5 h. 1/2 comme la première.
- Ces deux opérations, (pii ont été faites telles qu’on les avait prévues et sans le moindre accroc, font grand honneur aux ingénieurs du Métropolitain, MM. Bienvenu, ingénieur en chef, Thomas et Loche-rer, ingénieurs delà division et Thierry, chef de section, qui les ont conçues et aux entrepréneurs Ronchon et Just qui les ont exécutées sous leur direction. R. Bonnin.
- TRAMWAYS INTERURBAINS
- EN AMÉRIQUE
- Malgré l’énorme extension qu’ont prise aux Etats-Unis les chemins de fer, dont le réseau représente plus de 250000 kilomètres (Europe 210000 kilomètres), ils ne suffisent pas à v assurer partout les communications. Le prix de revient élevé d’une voie de chemin de fer, avec les grands rayons de courbure et les faibles rampes exigées par la traction à vapeur, a fait reculer les compagnies devant la construction de lignes desservant des régions dont la population clairsemée ne leur semble pas promettre un trafic rémunérateur.
- Lorsque le cas s’est présenté en Europe, la difficulté a été tournée généralement par l’emploi de lignes à voies étroites. Comme sur les lignes à voie normale, on assure alors les communications à de grands intervalles par de rares trains remorqués par une locomotive à vapeur. Les Américains, au contraire, partisans de l’exploitation semi-continue, par de légers véhicules circulant isolément à de courts intervalles de temps, ont résolu la question par l’extension du réseau de tramways électriques déjà existant dans les villes et créé ainsi le tramway interurbain, dont nous avons à peine quelques exemples tout récents autour de Paris. Aujourd’hui, toute ville de 50 à 50 000 habitants possède un réseau de lignes électriques qui la relie aux villes voisines, économiquement, car les pentes les plus rudes peuvent être gravies sans travaux d’art par des véhicules dont le faible poids n’exige qu’une voie peu coûteuse. En gens pratiques, ces « husiness-men » ont tiré de ces lignes un parti curieux : puisque toutes ces villes possèdent des tramways urbains dont les réseaux sont reliés par les lignes interurbaines, un même « car » peut accomplir de très longs voyages, en portant ses voyageurs de ville à ville par une sorte de cabotage.
- Pitons un exemple pris dans l’Ohio. Une ville d’existence assez récente, Dayton, centre d’une région surtout agricole, possédait depuis quelques années, entre autres lignes suburbaines, les lignes Dayton-llamilton-Cincinnati, et
- Dayton-Piqua, qui constituaient de Cincinnati à Piqua un ruban ininterrompu de 200 kilomètres, du sud au nord. Au nord de l’Ohio se trouve Toledo, grand port du lac Erié, surtout accaparé par le transit des minerais de fer, qui possédait une ligne Toledo-Findlay-Lima déjà longue de 100 kilomètres. Ces jours-ci, par la création du trait d’union Piqua-Lima, les deux réseaux se sont soudés, ce qui a permis à La Nature d’annoncer le 1 4 février dernier ', l’ouverture de communications directes de Toledo, la ville du fer, à Cincinnati, la ville du blé, grâce à l’existence d’un fil de trolley ininterrompu pendant 525 kilomètres. Chacun des maillons de cette chaîne appartient à une compagnie particulière, qui l’exploite pour son compte, avec ses véhicules propres, ne sortant pas de son réseau. Cela permettait déjà, au prix de multiples transbordements, d’accomplir le voyage Cin-cinnati-Toledo; aujourd’hui, grâce à une entente survenue entre les compagnies, il est facilité par la circulation de cars faisant le trajet de bout en bout.
- On s’imagine difficilement l’ampleur que peut atteindre le réseau d’une ville d’importance moyenne. C’est ainsi qu’il existe à Dayton (100000 habitants) trois compagnies exploitant en tout plus de 470 kilomètres (en 1898) de lignes électriques, irradiant jusqu’à 70 kilomètres (Dayton-Urbana), Paris même ou Londres ne possèdent, guère plus de lignes de banlieue. Un seul état de la Confédération, et l’un des plus petits, le Massachusetts, possède un réseau de plus de 2400 kilomètres.
- Ce qui est particulièrement remarquable, c’est l’audace heureuse avec laquelle s’entreprennent certaines lignes dans les régions les moins peuplées. Ce sont celles qu’on appelle quelquefois « Cross-Country Railways », chemin de fer à travers la campagne. Un tramway, destiné à desservir une contrée dont la population clairsemée ne peut fournir que 850 habitants par kilomètre de ligne, semblerait chez nous voué à une rapide déconfiture financière. C’est pourtant dans une telle région que s’est construite aux environs de Boston la ligne Dedham-Medfield dont les 15 kilomètres traversent quatre communes d’une population totale, en 1895, de 12551 habitants (Dedham, 7211 habitants; Dover, 008; Westwood, 1800; et Med-field, 2872).
- Cette ligne ayant prospéré sans aucune subvention, chose quasi-inconnue en Amérique, s’est prolongée depuis jusqu’à Medway, petite ville déjà centre d’un réseau, tandis qu’elle se raccordait dans Dedham avec celui de Boston, ce qui lui permet de concurrencer le chemin de fer à vapeur, car celui-ci demande 50 cents pour le trajet Medfield-Boston au lieu des 20 cents qu’il coûte en tramway. On trouve parmi ces tramways interurbains tous les types intermédiaires entre le tramway ordinaire desservant une ligne avec arrêts fréquents et souvent facultatifs, à une vitesse commerciale de 20 ou 25 kilomètres à l’heure, et le chemin de fer électrique proprement dit. Ce sont les tramways à grande vitesse.
- Il est à remarquer que pour leur réalisation, les ingénieurs américains n’ont pas cru nécessaire de modifier le dispositif ordinaire de prise de courant et se sont contentés du simple trolley, se bornant à rendre dans certains cas, plus souple, la suspension du fil aérien aux consoles de support pour éviter des chocs et le déraillement de la roulette de contact qui en pourrait résulter.
- Sur ces lignes, les vitesses de 50 ou 00 kilomètres à l’heure sont très ordinaires, et sont souvent dépassées. Entre Omaha et Council Bluffs, par exemple, sur un par-
- 1 Yoy. les « Informations » du n° 1551, du 14 février 1903.
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- cours de 22 kilomètres seulement, des cars de 22 tonnes réussissent à soutenir la vitesse commerciale véritablement remarquable de 55 milles (88 kilomètres) à l’heure.
- Sur des lignes plus sérieusement établies, on a pu atteindre 100 kilomètres (exemple aux environs de Détroit), et dans certains cas, comme entre Ru Halo et Lock-port, elles sont devenues de véritables chemins de fer, avec signaux et horaires fixes, et sur lesquels les cars isolés circulent conjointement avec des trains de marchandises remorqués par des locomotives électriques.
- Les cars employés sur ces lignes à grande vitesse sont de grands véhicules à boggies, pesant de 20 à 50 tonnes et équipés avec quatre moteurs de 50 à 100 chevaux chacun, domine pour les locomotives à vapeur, les Américains préfèrent aux châssis de tôlerie rivée européens, des châssis en barres forgées et assemblées qu’ils prétendent beaucoup plus durables, grâce à la suppression des rivures.
- Pour terminer, signalons un détail curieux, bien qu’il ne soit pas sans exemple en Europe : sur beaucoup de lignes, le personnel se réduit à un simple wattman, et il n’y a pas de conducteur. 11 est vrai que cette simplification tend à disparaître. L’un après l’autre, les États de l’IInion promulguent des règlements de police qui, pour mieux assurer la sécurité du public, obligent les compagnies à placer au moins deux hommes sur les voitures. Cette mesure tend à devenir générale, malgré l’opposition du public lui-même, qui voit dans cette obligation une précaution vexante pour son amour-propre et attentatoire à sa liberté. Lf.o Robida,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES AÉRODROMES PARISIENS
- ii
- VÉLODROME BUFFALO — VÉLODROME MUNICIPAL
- Nous avons vu, dans un précédent article1, que le vélodrome du Pare-des-Princes avait été longtemps le seul à donner à Paris des réunions de courses. Au cours de l’année 1902, quelques sportsmen décidèrent de faire construire un nouveau vélodrome d’après les données les plus modernes et créèrent le vélodrome Buffalo. Ce fut à la suite de cette concurrence que le vélodrome du Parc-des-Princes se résolut, comme nous l’avons vu, à relever ses virages, et c’est grâce à elle que les Parisiens doivent d’avoir à leur disposition deux vélodromes parfaits, qui rivalisent de réunions intéressantes.
- Le vélodrome Buffalo est situé rue Parmentier, à Neuilly-sur-Seine, entre les portes Maillot et de Yil-liers, tout près du quartier général de l’automobile et du cycle, l’avenue de la Grande-Armée. Il tire son nom de ce fait qu’il est construit sur l’emplacement où se trouvait, pendant l’Exposition Universelle de 1889, l’exhibition indo-américaine du colonel Cody, dit Buffalo Bill. C’est un vélodrome construit à l’américaine, c’est-à-dire que sa piste est formée de lattes de bois, disposées dans le sens de la longueur pour rendre la surface plus unie et par conséquent plus vite. La piste est de petites dimensions : elle mesure exactement 500 mètres de longueur se décomposant ainsi : deux lignes droites de 50 mètres cha-
- 1 Yoy. n° 1576, du 8 août 1905, p. 155.
- cune, réunies par deux virages égaux de chacun 100 mètres; sa largeur est d’environ fi mètres (tîg. I ). — 11 est regrettable que l’on ait cru devoir choisir cette longueur de 500 mètres qui fait accomplir le kilomètre en trois tours un Gers et oblige le chronométreur à se déplacer tous les kilomètres, alors qu’en donnant à la piste la longueur de 555 mètres, le kilomètre se fût effectué exactement en trois tours. — L’enceinte réservée au public se répartit tout autour de la piste et peut contenir environ 8000 spectateurs (fig. 2). Le quartier des coureurs est situé derrière le virage d’arrivée; il communique avec le vélodrome par un tunnel qui passe sous le virage et vient aboutir au milieu de la pelouse.
- On a beaucoup reproché au vélodrome Buffalo l’exiguïté de sa piste et l’absence de longues lignes droites. Il est évident que, dans les courses de vitesse, le coureur qui se trouve à la corde dans le dernier virage est très avantagé par rapport à ceux qui sont obligés de « voyager » dans le haut du vi-
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- Fig. i. — Plan du Vélodrome Buffalo.
- rage (lig. 5) et que ces derniers ont difficilement le temps d’améliorer leur position dans les 40 mètres de ligne droite qui s’étendent de la sortie du virage au but; mais, d’autre part, la fréquence même des virages a ce bon côté qu’elle force les coureurs de vitesse à conserver constamment une allure assez vive, empêche absolument les séances de « surplace » et par cela même détruit une cause fréquente d’irrégularité des courses de vitesses sur les grands vélodromes. Grâce au grand relèvement, à l’escarpement même des virages de ce vélodrome (on a pu les appeler les « Falaises de Neuilly »), les coureurs de demi-fond peuvent, derrière les motocyclettes munies de coupe-vent, se permettre sans danger les plus grandes vitesses (fig. 4). Il est bon de rappeler que c’est l’ouverture de cette piste qui a permis d’élever d’un seul coup le record du monde de l’heure de plus de 2 kilomètres (de 75km,275 à 77km,597) et que le vélodrome Buffalo conserva pendant près de huit mois ce glorieux trophée. Il convient aussi de signaler les tentatives faites par ce vélodrome pour acclimater en France le « handicap » qui obtient tant de succès auprès des Américains. La course avec handicap est une course où l’on donne une avance plus
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- ou moins grande aux coureurs les plus faibles pour une piste de petites dimensions se prête à merveille à égaliser leur chance de lutte contre les plus forts; ce genre de course qui a paru être bien accueilli par
- Fig. 2. — Départ d’une course au Vélodrome Buffalo.
- Fig. 3. — Un virage du Vélodrome Buffalo.
- le public parisien. Le vélodrome Ru Halo a également nocturnes; ces réunions sont très suivies et ont pris l’initiative, à Paris, d’organiser des réunions beaucoup de succès par les soirées chaudes des mois
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- d’été. L’éclairage de la piste est 1res brillant ; il est [ à arc et par des lampes à alcool à incandescence, obtenu par un grand nombre de lampes électriques | Grâce à cet éclairage ce vélodrome a pu donner une
- Fig. 1. — Une course de demi fond avec entraînement mécanique au Vélodrome Buffalo.
- Fig. 5. — Une motocyclette de course.
- course de 24 heures et fera courir, du 20 au 27 sep- Mais ce qui a fait surtout le succès du vélodrome tcmbrc, une course de 8 jours, innovation en France. Buffalo, ce sont les courses de motocyclettes. Nous
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- avons décrit ici les différentes acrobaties cyclistes que l’on a pu voir dernièrement dans les music-halls parisiens, mais nous ne croyons pas exagérer en déclarant qu’il n’y a pas de looping tlic loop, de cercle de la mort ou de saut de l'abîme qui puissent produire sur les spectateurs une émotion aussi forte qu’une course de motocyclettes à Buffalo. C’est un spectacle véritablement angoissant que de voir, surtout aux réunions nocturnes, ces petites locomotives à deux roues, actionnées par des moteurs de 12,10 et même 20 chevaux (fig. 5), tourner à une vitesse de 90 km à l’heure, dans cette cuvette de 500 mètres, et l’on se demande ce que Ton doit le plus admirer chez ceux qui conduisent ces formidables engins, ou de la folle témérité avec laquelle ils prennent les virages au ras même de la pelouse, ou de la surprenante adresse avec laquelle ils se coudoient et se dépassent sans jamais s’accrocher. Un frémit lorsque Ton pense que la moindre embardée, le moindre accident de machine pourrait amener une chute mortelle. Par ce temps d’exercices périlleux, celui-là est vraiment capable de satisfaire les amateurs des plus fortes émotions.
- Paris possède un troisième vélodrome : le Vélodrome municipal. Comme son nom l’indique, ce vélodrome appartient à la Ville de Paris. Il fut construit pour l’Exposition universelle de 1900, à l’annexe du bois de Vincennes. On y courut le Grand Prix de l’Exposition, et Ton y dispute chaque année le prix du Conseil municipal qui dure trois jours et est doté d’allocations très élevées. En dehors de ces réunions extraordinaires, le Vélodrome municipal est prêté par la Ville aux clubs et sociétés cyclistes de Paris. La piste municipale est une piste en ciment qui mesure 500 mètres de tour.Elle possède de longues lignes droites qui se prêtent admirablement aux luttes de vitesse. Malheureusement, quoique de construction récente, les virages ne sont déjà plus assez relevés pour les vitesses actuelles des courses avec entrainement par motocyclettes, et Ton peut difficilement y dépasser, sans danger, la vitesse de 65 km à l’heure. Aussi est-on obligé, lors du meeting municipal, de faire disputer le prix du Conseil général (course d’une heure avec entraînement mécanique) avec des motocyclettes non munies de coupe-vent. A part cette restriction, cette piste remplit bien le but que s’était fixé, en la construisant, le Conseil municipal : fournir un lieu de réunion aux sociétés d’amateurs qui doivent se contenter de vitesses relativement modérées.
- Nous avons essayé de donner dans ces quelques lignes un aperçu général des vélodromes parisiens. Tels qu’ils sont, avec leurs qualités différentes, et grâce à l’habileté d’organisation de leurs directeurs, ils savent attirer, pendant la belle saison, un grand nombre de spectateurs. Ces vélodromes ont cependant tous les trois un grand et même défaut : celui d’être découverts, et par conséquent à la merci des intempéries de l’atmosphère. Combien de fois de fort intéressantes réunions de courses n’ont-elles pu avoir lieu par suite du mauvais temps, ou ont-elles
- été interrompues par la malencontreuse averse qui mouille la piste et rend les virages glissants, impraticables? Nous nous permettons d’espérer que, soit parla construction d’une nouvelle piste, soit en abritant une de celles déjà existantes, Paris possédera bientôt un vélodrome couvert, comme en possèdent déjà plusieurs villes d’Europe. Celui-là est sur de voir se presser dans son enceinte, [tendant la mauvaise saison, tous les fervents du sport, tous ceux, de jour en jour plus nombreux, que passionnent les belles luttes cyclistes. W. Dhancoirt.
- CHRONIQUE
- Un canal maritime à travers l’Écosse. — 11
- s’agit d’un projet considérable qui est actuellement soumis au Gouvernement anglais, et qui aurait pour but d’établir un canal pour navires de mer depuis le Firth of Fortli jusqu’à la Clyde : ce travail entraînerait une dépense qu’on évalue dès maintenant à plus de 250 millions. 11 faut dire que l’idée d’un canal traversant l’Écosse en ce point avait déjà été émise à plusieurs reprises, parce que la topographie locale se prête bien à cette entreprise. On estime que celle-ci donnerait d’excellents résultats pour faciliter le commerce avec le Canada et la Nouvelle-Angleterre; de [dus, l’Amirauté est précisément en train d’établir une base navale sur le fameux Firth of Forth, et cette coupure une fois faite permettrait aux bateaux de guerre stationnés dans le Firth de gagner l’Atlantique avec toute facilité.
- Le lait au goût de fraise. — Quelquefois le lait a le goût de fraise. D’après le Répertoire de pharmacie, M. Eichholtz a reconnu que cette particularité tenait au développement d’un bacille d’un deux-millième de millimètre de diamètre, qu’il a dénommé « Bacillum Fragi ». Ce bacille vit surtout entre l i et 18°, il meurt à 75°. Le lait où pullule ce bacille acquiert un arôme accentué de fraise.
- Une mission d’études scientifiques aux Bahamas. — Il vient de partir des États-Unis une mission scientifique pour étudier le groupe des Bahamas, qui est assez peu connu au point de vue de la zoologie, de la botanique, de la géologie, etc. On se propose notamment de faire des recherches et d’établir des repères, pour essayer de trancher la question de savoir si, comme bien des gens l’affirment, les Bahamas disparaissent peu à peu.
- Le gaspillage dans les distributions d'eau. —
- Comme il faut toujours exécuter des travaux extrêmement coûteux pour capter les eaux qui servent à l’alimentation des villes et pour les amener sur les lieux de consommation, chaque litre d’eau a une véritable valeur marchande, et gaspiller ce liquide, c’est se livrer à une véritable dilapidation. Or, on ne se figure pas ce (pie peut être ce gaspillage, rien que du fait que les robinets et prises diverses présentent des fuites. On vient de faire, à New-York, des relevés fort intéressants sur ce sujet, en installant des compteurs qui ont permis de constater la diminution de la consommation après la réparation de toutes les fuites dans les appareils divers d’un quartier déterminé. Dans un de ces quartiers, la seule réparation dont il s’agit a fait subitement baisser de 672 à 455 litres par tête la consommation constatée de l’eau. Dans un
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- quartier pauvre, ou a vu de même, à la suite de mesures identiques, la consommation tomber de 113 à 85 litres. Rappelons d’autre part que, d’après M. Trautwine, une fuite qui ne se traduit que par la chute d’une goutte toutes les secondes, représente à la tin d’une journée une dilapidation de 20 litres.
- Berceau saharien. — La nécessité est mère de l’industrie. Ce proverbe est surtout vrai dans le Sahara, où les indigènes ignorent les raffinements de la vie du lell et ne disposent que de minces ressources pour parer à tous les besoins de l’existence. Nous avons dessiné à
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- Berceau saharien de Kuuga.
- Kanga Sidi Nadji — la dernière dechera de l’Aurès et la première oasis du Sahara — un berceau primitif qui est le type de ceux qui sont en usage dans cette partie de l’Algérie : il se compose d’un filet rond de 0m,60 à peu près de diamètre, tressé en cordes d’alfa et tendu sur un cercle en laurier-rose. Trois montants en côte de palmier ou en laurier complètent la carcasse de ce meuble, peut-être encombrant et certainement rudimentaire, mais dont les mamans de là-bas savent se contenter.
- L’effet de la traction électrique sur les « ele-vated ». — On ne s’avance guère en disant que la traction électrique doit révolutionner les moyens de transport : l’emploi de l’électricité sur les « elevated railways » de New-York a donné les meilleurs résultats. La vitesse moyenne des trains, tout d’abord, a été augmentée de 25 pour 100, ce qui correspond à un accroissement équivalent de la capacité du réseau ; cette augmentation est due eu bonne partie à la rapide accélération de l’allure des convois après démarrage, et aussi à l’augmentation de la vitesse en cours de route ; ajoutons qu’on a pu majorer le nombre des véhicules composant un convoi . Les locomotives à vapeur, qui assuraient auparavant la traction, ne pouvaient exercer qu’un effort de 5175 kilogrammes sur la barre d’attelage, alors que les moteurs disposés dans les diverses automotrices d’un train électrique donnent une force correspondante de plus de 9000 kilogrammes.
- La destruction des jacinthes d'eau. — Nos lecteurs se rappellent peut-être que nous avons signalé les obstructions fort gênantes qu’une certaine plante causait dans un grand nombre de cours d’eau et de voies navigables des États-Unis. Cette plante, qui est la jacinthe d eau, se multiplie tellement que les bateaux ne peuvent plus se frayer un chemin au milieu de la masse de végétation. On a naturellement essayé des moyens les plus divers pour lutter contre cette exubérance de la vie des plantes aquatiques, mais tous les moyens mécaniques ont
- échoué, en ce sens qu’ils ne suffisent pas à lutter contre la rapidité de croissance de la plante. On a donc cherché une solution chimique, et l’on a effectivement trouvé un composé qui commence par flétrir les fleurs de la plante, puis ses feuilles, et descend dans l’eau pour en tuer finalement les racines : on ne sait du reste pas la composition exacte de ce produit, mais il y entre une certaine proportion d’acides. Cette solution tue également les graines dont les cours d’eau sont naturellement ensemencés; au bout de quelques heures elle a accompli son action, et dès lors les racines sont tellement décomposées qu’on peut mettre aisément en marche un bateau dans un cours d’eau envahi ; ces racines n’offriront plus aucune résistance, et les plantes, arrachées du fond, laisseront passer le bateau. L’application de ce produit chimique est faite a forfait par l’inventeur du procédé, qui emploie pour cela une embarcation à fond plat comportant un réservoir où est contenu le produit chimique, puis une pompe de compression d’où partent des tuyaux destinés à répandre le liquide à la surface de l’eau. Les Américains ne semblent pas se préoccuper de l’influence que ce composé chimique peut avoir sur la vie animale des cours d’eau traités, parce qu’ils veulent avant tout se débarrasser de cette (( peste », comme ils disent, qu’est la jacinthe d’eau.
- Le microbe du pavage en bois. — Il paraîtrait que les autorités municipales de Londres et de plusieurs autres grandes villes anglaises seraient fort embarrassées par une véritable épidémie qui sévirait sur les pavés de bois. Leux-ci se trouveraient rapidement attaqués par un fungus qui se répandrait tout autour de lui, et il suffirait d’un seul pavé malade dans une rue pour contaminer bien vite d’immenses surfaces.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 septembre 1903.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Action de la lumière cathodique sur les gaz. — M. Deslandres rappelle le rayonnement qui se produit dans le tube, autour de la cathode, lorsque la pression s abaisse. On voit d’abord une sorte de gaine lumineuse qui s’étend à mesure que la pression diminue. Lorsque les rayons cathodiques rencontrent un gaz à basse pression, ils le décomposent en ses éléments. M. Deslandres indique qu’il a pu, grâce à cette propriété, faire apparaître les bandes du carbone dans le spectre du gaz carbonique ; il ajoute que les caractères de la lumière cathodique se sont rencontrés dans les nébulosités cométaires, notamment dans la dernière comète. Enfin il a observé que dans la région lumineuse, voisine de la cathode, le spectre était plus simple; il attribue ce fait à une résolution des molécules de la substance.
- Action déterminante de la vapeur d’eau dans certaines réactions. — M. Moissan rappelle ses recherches relatives à Reflet d’une trace de vapeur d’eau sur la décomposition des hydrures alcalins par l’acétylène. En expérimentant spécialement sur l’hydrure de potassium et l’acétylène parfaitement desséché, il a reconnu que la combinaison ne se produit qu’à la température de -42°. Entre—100° et-f- 42° le gaz acétylène bien desséché est inerte sur l’hydrure de potassium. Mais si l’on introduit la faible trace de vapeur d’eau correspondant à la tension de la vapeur d’eau à — 10°, la combinaison se produit avec mise en liberté d’hydrogène et formation d’acétylure aeétylénique de potassium. Le!te combinaison
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- a eu lieu sous l'influence de l’élévation de température que produit la vapeur d’eau en un point donné; aussi eommence-t-elle par l’apparition d’une tache qui s’étend progressivement jusqu’à envahir toute la masse.
- C)1ARLES DE YlELEREl'IL.
- DES ARDUES
- Tout le monde sait qu’un tissu végétal en contact avec un corps inerte est capable de l’englober peu à peu ; il en est ainsi fréquemment lorsqu’une palissade, une rampe ou des fils de 1er ont été disposés contre un arbre. On voit alors l’objet en question disparaître à l’endroit où il est en contact avec le végétal, surtout si celui-ci est un arbre à croissance rapide.
- L’irritation produite par le corps étranger a pour effet d'activer la prolifération des tissus et de provoquer la formation d’un bourrelet inflammatoire qui hâte l’incarcération du corps. 11 est rare de voir ces phénomènes aussi bien développés que dans l’exemple que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs.
- 11 y a à Talence, près de Bordeaux, une rangée de chênes ( (Juercus peduncu-lata) contre laquelle on a construit une barrière en lattes. L'état de conservation de ces dernières prouve que cette construction ne remonte pas bien loin, à une vingtaine d’années tout au plus.
- Malgré ce délai si court, tous les arbres en contact avec la palissade présentent des déformations extrêmement développées. Le tronc a subi un aplatissement dans le sens de l’axe de la palissade ; il en naît de part et d’autre des bourrelets qui s’étendent au loin et qui ont entièrement englobé un certain nombre de lattes.
- Dans l’arbre que nous avons figuré, et qui a 0'1I,72 de circonférence immédiatement au-dessus de la tumeur, celle-ci est située à environ lm,50 au-dessus du sol. Elle dépasse l’axe de l’arbre de
- près de ft,n,50 de chaque côté ; sa hauteur verticale est de 0m,o8. Un voit que deux lattes sont entièrement entourées par la tumeur de droite et que des bourrelets descendent le long de ces lattes, tandis que d’autres vont à la rencontre des lattes les plus voisines en suivant la traverse horizontale qui les relie. On remarque également tout à côté une autre tumeur un peu moins développée, qui se trouve au niveau de la traverse inférieure, tout [très du pied de l’arbre comme l'indique notre dessin.
- Sur des arbres voisins de celui-ci et faisant partie de la même rangée, on observe également des prolongements tubulaires (pii englobent les lattes en contact avec le végétal.
- Ce genre de phénomènes est beaucoup plus fréquent chez les arbres à croissance rapide, le platane par exemple. En peu d’années on voit ceux-ci englober les objets inertes avec lesquels ils sont en contact. J’ai vu des clous plantés dans un platane s’entourer d’une sorte de tube formé par l’écorce hypertrophiée et qui s'insérait sur le tronc par une hase élargie, alors que son autre extrémité atteignait presque la tête du clou. Cet effet est curieux. Tout se passe comme si les tissus végétaux étaient attirés par les corps étrangers voisins.
- Eu réalité l’inflammation seule est en jeu : sur les chênes de Talence, les tissus, irrités par le contact d'une première latte, se sont hypertrophiés et ont pu gagner de proche en proche les suivantes.
- Le phénomène est d’autant plus remarquable qu’il a été très rapide et qu’il s’agit d'un arbre à croissance lente.
- Ce curieux cas de pathologie végétale méritait d’être signalé à ce titre ; on peut le comparer aux phénomènes analogues qui se produisent dans les tissus animaux, et qui ont été fréquemment étudiés par les anatomistes. Dr L. Laloy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — luiRrinieric Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
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- N0 1 o85. — 20 SEPTEMBRE 1903. LA NATURE.
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- PUISSANTES LOCOMOTIVES DE BANLIEUE
- Par suite de l’augmentation toujours croissante du trafic sur les lignes de banlieue et, pour lutter avec avantage contre la concurrence des tramways électriques, les Compagnies de chemin de fer ont été amenées, dans ces derniers temps, à accélérer la vitesse moyenne de marche de leurs trains de banlieue, tout en conservant, cependant, le poids normal de ces trains. Cette augmentation de vitesse moyenne ne peut s’obtenir, avec des trains à arrêts fréquents, comme les trains de banlieue, que par un accroissement de l’accélération au démarrage. Des
- locomotives puissantes et à grande adhérence s'imposent donc. C’est dans cet ordre d’idées que la Compagnie du Nord a étudié sa nouvelle locomotive de banlieue décrite dans ce journal *. La Compagnie anglaise du « Créât Easlern », de son coté, dont le trafic de banlieue est excessivement intense et presque irréalisable, avec les moyens actuels, à certaines heures de la journée, a dû entrer dans la même voie. M. lloldcn, son ingénieur en chef de la traction, vient de faire construire un nouveau type de locomotive de banlieue dont le premier exemplaire a été mis dernièrement en service. Ces locomotives ont été étudiées dans le but tout spécial de remorquer des trains pe-
- Locomotive de banlieue du «Great Easlern».
- sant 515 tonnes et contenant 1200 voyageurs, en produisant au démarrage une accélération moyenne de 0m,45 par seconde, de manière à obtenir une vitesse de 48 km à l’heure au bout de trente secondes. Elles doivent circuler plus spécialement sur la ligne suburbaine de « Liverpool Street, à Enfield » d’une longueur de 17 km et desservie par 17 stations dont l’espacement moyen est de 950 mètres. Ces machines à cinq essieux couplés pèsent en service 79,5 tonnes et tout le poids sert à l’adhérence. Elles sont actionnées par trois cylindres ayant même diamètre et même course, c'est-à-dire 0m,47 de diamètre et 0m,61 de course. Le piston du cylindre intérieur actionne le deuxième essieu couplé et les pistons des deux cylindres extérieurs le troisième essieu couplé. Les manivelles sont à 120° et le diamètre des roues est de lm,572.
- La chaudière dont le diamètre est ae 1m,00 contient 395 tubes de 4m,85 de longueur. Par suite de la grande surélévation de son axe, la cheminée extérieure est presque entièrement supprimée. La surface de chauffe toi ale est de 280m2, la surface de grille de 5m2,90 et le timbre de 14 kg. Cette locomotive peut produire au départ un effort de traction d’environ 17 500 kg correspondant à une adhérence de 1/4,5, en supposant la machine avec tous ses approvisionnements. En cas d’insuffisance d’adhérence une sablière à air comprimé permet de projeter du sable sur les rails.
- Il résulte des différents essais faits avec cette locomotive et que M. llolden a bien voulu nous eommuni-
- 1 Voy. n° 1519. du 51 janvier 1905, p. 129.
- 31' auucp. — 2e scmeslro.
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- LA NATURE.
- quer que l’accélération moyenne prévue de 0m,45 par seconde, c’est-à-dire une vitesse de 48 km au bout de 50 secondes, a bien été obtenue dans tous ces essais, la charge ayant varié entre 515et 555 tonnes.
- ____^___ R.-R. Phadelle.
- IA TEMPÉRATURE DU SOUEIL
- ET DES ÉTOILES
- Les plus anciennes recherches sur la puissance calorifique du soleil datent de 1742. À cette date, de Saint-Hilaire écrivit dans Y Histoire de la Société des sciences établie à Montpellier un mémoire intitulé : « Sur la chaleur des rayons directs du soleil comparée à celle que l’on éprouve à l'ombre ». Mais il nous faut attendre l’année 1853 pour avoir des résultats plus scientifiques, année où John Ilerschel a construit et décrit un appareil nommé actinoniètre au moyen duquel il se propose de mesurer le rayonnement calorifique du soleil. Quelques années plus tard, Douillet inventa un instrument différent ayant le même objet, instrument qu’il appela pyrhéliomètre.
- Plus les années ont marché et plus l’on s’est occupé de cette question. Mais il faut bien dire qu’il y a entre les chiffres obtenus par les auteurs des divergences particulièrement décourageantes. G. Dallet, dans un article paru en 1881 dans la Revue scientifique de la France et de l'étranger, donnait le tableau ci-dessous des températures en degrés centigrades que les différents physiciens ont cru pouvoir attribuer au soleil :
- Newton.............. 1 669 500° Spoerer................ 27 000°
- Pouillet .... 1461° II. S,e-Cl. Deville . 2500°
- Zôllner........... 102 000° Sorcl.................. 5 801 846°
- Secelii............. 5 544 840° Vicaire................. 1 598°
- Ericsson .... 2 726 700° Yiolle.................. 1 500°
- Fizeau............ 7 500° Rossetti . , . . 20 000°
- Toutes ces évaluations de température du soleil ont été faites cependant par des physiciens de valeur. Elles sont appuyées sur des expériences dignes de créance, sur des lois qui semblent contenir une part de vérité.
- Notre collaborateur M. Ch.-Ed. Guillaume1, a, en ces dernières années, bien limité le problème. Il déclare fort nettement que prendre comme température du soleil le chiffre de ô millions de degrés équivaut à dire que la température du soleil est tellement supérieure à celle des sources terrestres que nous ne pouvons pas pour le moment nous en faire une idée.
- Pour ce qui est de la limite inférieure, l’étalon lumineux de M. Yiolle, donné par un centimètre carré de platine à la température de sa solidification, est équivalent à 20 bougies. Cette surface vue à 1 mètre de distance est à peu près égale à une fois et demie la surface apparente du soleil. Or, l’intensité lumineuse du soleil est de l’ordre de 60 000 bougies à 1 mètre de distance. Elle est donc plus de 4000 fois supérieure à l’intensité d’une surface de platine de même dimension apparente, à sa température de solidification, c’est-à-dire à 1775°. M. Guillaume pense que l’on peut affirmer que la température du soleil est très supérieure à 2000°. La détermination de l’énergie absolue de la radiation n’est guère possible que pour la radiation calorifique. Les appareils actinométriques ont permis de la mesurer.
- Les mesures actinométriques nous font connaître la température du soleil, si nous admettons comme vraie l’une ou l’autre des lois empiriques qui ont été proposées
- 1 7tulle tin de la Société astronomique de France. Janvier 1901, page 57, auquel Remprunte plusieurs détails.
- pour exprimer la quantité de chaleur émise en fonction de la température du-corps rayonnant.
- Les lois de Newton, de Dulong et Petit, de H.-K. Weber ne sont plus aujourd’hui que de simples approximations.
- Stefan, physicien autrichien, est arrivé à une loi très simple : l’énergie de la radiation est proportionnelle à la quatrième puissance de la température absolue de la source. Cette loi a éjté vérifiée expérimentalement avec la plus grande précision, par Ferrel, Lummer, Pringsheim. M. Boltzmann démontra que cette loi était une conséquence de la théorie magnétique de la lumière.
- Quelques années plus tard M. Willy Wien donna une formule plus conforme à la réalité.
- P représentant la puissance de la radiation, X la longueur d’onde, 0 la température absolue, C et c deux constantes.
- Cette loi a deux conséquences : la première obtenue par intégration par rapport à X donne la radiation totale en fonction de la température; la seconde obtenue par différenciation et qui donne Xm, c’est-à-dire la valeur de X correspondant au maximum de la courbe. Cette conséquence, nommée « loi du déplacement », est exprimée par la relation.
- Xm 0 = constante.
- J’expliquerai ce que l’on appelle maximum de la courbe.
- Langley avait en effet montré que l’énergie de la radiation d’un corps visiblement noir captée par un récepteur convenable, est représentée en fonction de la longueur d’onde par une courbe qui partant de zéro monte rapidement vers un maximum pour redescendre, mais très lentement cette fois, vers le zéro.
- De plus, si la température de la source s’élève, toutes les ordonnances de la courbe deviennent plus grandes et le maximum se déplace vers les courtes longueurs d’onde.
- En appliquant la loi de Stefan on trouve comme limite supérieure de la température du soleil 6700° centigrades.
- En prenant la loi du déplacement on obtient pour la température du soleil 5800°.
- MM. Wilson et Gray ont depuis 1894 mesuré la température du soleil. Ils employaient pour cela un radioinètre différentiel de Boys. Dans l’une des ouvertures de ce ra-diomètre ils faisaient tomber un faisceau de rayons solaires réfléchis par un héliostat; dans la seconde ouverture, le rayonnement d’une lame de platine portée à l’incandescence et de température connue.
- Ils ont obtenu comme température 6200° centigrades. Depuis cette époque les observateurs ont perfectionné leurs méthodes et les résultats qu’ils ont obtenus ne sont guère différents de ceux recueillis précédemment . La température du soleil semble comprise entre 5760 et 6000° C. MM. Wien, Lummer et Pringhstreim ont obtenu des résultats à peu près analogues en ces dernières années en appliquant une méthode reposant sur l’équation de Wien, citée plus liant.
- M. llarkangi a appliqué la méthode aux étoiles, et il est arrivé à des résultats fort intéressants.
- Il a montré que les étoiles les plus chaudes sont les étoiles blanches ou bleues comme Sirius et Yéga; leur température est d’environ 6000°, tandis que pour les étoiles jaunes ou rouges les températures sont plus faibles et voisines de 5000°.
- Cela confirme cette opinion en général admise, que les étoiles rouges sont de vieilles étoiles qui s’éteignent
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- tandis que les étoiles blanches représentent des univers relativement nouveaux.
- Puisque je parle ici de la température du soleil, je dois déclarer que les théories modernes admettent que la température du soleil n’est pas la même sur tous les points du disque. Les parties équatoriales semblent plus chaudes; des mesures faites au holomètre montrent de notables différences entre le rayonnement des régions équatoriales et celui des latitudes plus élevées. Seccbi admettait que l’hémisphère nord était plus chaud que l’hémisphère sud. 11 admettait aussi que la chaleur du bord était deux fois moins intense que la chaleur du centre.
- Et il y a une conséquence très simple résultant de ce fait que les zones équatoriales sont plus chaudes. C’est que la condensation de la photosphère solaire n’a plus lieu à une même hauteur.
- On s’accorde assez généralement à croire que le niveau moven de la photosphère se relève vers les époques de minimum des taches et que le diamètre équatorial grandit aux périodes de maxima. Toutefois il convient prudemment de rester sur la réserve à ce sujet. Les observations sont difficiles et encore peu nombreuses; ce qui parait probable — et ce qui se comprend du reste — c’est que, d’après la discussion des valeurs du diamètre solaire, les dimensions du soleil varient avec l’activité de ses enveloppes.
- J’ajouterai entin que les chiffres que j’ai cités ne concernent, bien entendu, que la température des couches superficielles du soleil.
- 11 ne peut s’agir, en effet, de la question de la température des couches profondes dont l’étude semble tout à fait inabordable quant à présent et qui doit être naturellement bien supérieure à celle des couches superficielles. Lucien Libekt.
- En E’rance, la sériciculture périclite. C’est un l'ait acquis que nos filatures sont obligées de s'alimenter à l’étranger; elles tirent la matière première, qui leur fait défaut, principalement d’Italie et de Turquie. La quantité de cocons et de soie grège que fournissent ces' nations augmenteusans cesse, au fur et à mesure que diminue noire production.
- Par contre, l’industrie du tissage de Lyon n’a pas encore de concurrence sérieuse. Il faut dire, .à sa louange, qu’elle s’est tenue constamment au niveau des perfectionnements apportés dans l’outillage par la mécanique et qu’elle a confié à un laboratoire spécial l’étude des divers produits similaires nouveaux qui apparaissent. Aussi, fabrique-t-elle toujours les étoiles si remarquables qui l'ont l’objet d’un important commerce d’exportation.
- Sans rechercher toutes les causes ayant amené la décadence de l’élevage dans la métropole, nous allons signaler les tentatives faites, dans notre colonie de Madagascar, pour disputer à la production étrangère le marché de la soie. Cependant, nous croyons utile de dire (pie la sériciculture française n’a pas su modifier ses anciennes méthodes, ni les approprier aux nouvelles conditions économiques qui sont la conséquence de l’abaissement du prix des cocons.
- La faible production en général, le rendement
- insuffisant chez le particulier, et "aussi la maladie la plus'redoutable qui atteint les vers, la « llaeherie », sont les principales causes du découragement qui s’est emparé des éducateurs.
- Ceux-ci n’ont fait aucun effort appréciable pour lutter et malgré les secours importants qui leur sont alloués chaque année, environ dix millions de francs, peut-être même à cause de ces secours qui ont entretenu l’apathie que nous leur reprochons, ils se sont laissé vaincre.
- C’est pourquoi il faut s’intéresser aux essais dus à l’initiative de la Circonscription agricole du centre de Madagascar. Le service de sériciculture de la Station de Nanisana, organisé depuis déjà plusieurs années, s’est perfectionné sous l'habile direction de MM. Prudhommc, directeur de l’agriculture et l'iret, inspecteur. Il a été envoyé, au Concours agricole de Paris de 1905, de nombreux matériaux (pii permettent de mesurer l’importance qu’a prise la question de la soie dans notre colonie. Sa belle exposition a mérité le diplôme d’bonneur. Tous les documents <pii la formaient sont rangés dans les collections du Jardin Colonial, à Nogent-sur-Marne, où tout le monde peut les visiter.
- Les expériences ont porté sur les espèces indigènes et sur le ver du mûrier. La soie malgache, connue sous le nom de « soie de tapia », est produite par le « Borocera madagascariensis » ou « landibé ». Plusieurs autres espèces de papillons en fournissent également; M. le I)1' J. de Cordemoy les énumère toutes dans son livre « Les soies dans l’Extrême-Orient et dans les colonies françaises, Paris, 1902 ». Il pense que le nom de « landibé » ne s’applique pas au « Borocera », mais à un autre papillon séricigènc sauvage; nous croyons que c’est une erreur de sa part, car tous les documents que nous avons eus sous les yeux donnent précisément ce nom au producteur de la soie de tapia.
- Le landibé est polyphage, mais les plantes qui semblent avoir donné les meilleurs résultats, sont : le tapia (Chrysopia), l’ambrevade (Cajanus indiens) et le tsitoavina (Dodonea madagascariensis).
- Le tissu fabriqué sur place par les indigènes avec des cocons filés à la main à la façon malgache, est grossier mais très solide. Nous avons vu un échantillon d’étoffe lissée en France, cette étoffe est d’un grain régulier et constitue un beau tissu de couleur havane foncée. Nous pensons que ce produit est appelé à un certain avenir, c’est aussi l'opinion des industriels et nous avons la certitude qu’il donnera la plus grande satisfaction à ceux qui s’attacheront à le perfectionner par des procédés méthodiques d'élevage.
- Le ver à soie du mûrier « Scriearia mori » a été importé à Madagascar vers le milieu du siècle dernier, mais son éducation fut bientôt délaissée par suite des difficultés de colonisation. Aujourd’hui, les mêmes inconvénients n’existent, plus et la question est reprise avec une ardeur qui ne se ralentira pas, les débouchés étant désormais assurés.
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- Les expériences conduites scientifiquement avec une connaissance approfondie, par M. Piret, ont déjà donné d’excellents résultats; on a pu en juger par les nombreux renseignements qui accompagnaient les échantillons soigneusement classés et étiquetés, ayant figuré au Champ-de-Mars.
- Nous relevons, notamment sur le tableau d’une éducation de race jaune mat faite à la magnanerie de Nanisana, les détails suivants : Cette éducation a été faite avec 10 grammes de graines provenant de la quatrième sélection ; elle a duré du 12 novembre au lo décembre 1902. La première avait été de 58 jours, du 19 janvier au 26 février; la deuxième, du 24 mars au 27 avril; la troisième, du 1er juin au 16 juillet; la quatrième, du 2 septembre au 10 octobre.
- Fig. 1. — Rameau d'ambrevade.
- La température moyenne de la cinquième s’est élevée à 22°,95 et les différentes mues se sont ainsi échelonnées : premier âge, 6 jours; deuxième, 4 jours; troisième, 5 jours; quatrième, 7 jours et cinquième, 10, soit au total 52 jours. Leurs poids successifs ont été de lk&,887, 5ks,550, 17ks,750, 44ks,600 et 188k8,750. Le coconnage s’est effectué du 9 au 14 décembre et a fourni 11778 cocons pesant ensemble 22ks,660. La quantité totale de feuilles consommées a atteint 258k®,287, soit 8k®,872 de cocons frais pour 100k® de feuilles. Le nombre des cocons de bonne qualité a été de 11289 pour 21k«,500, (550 par kilogramme). Les mauvais cocons se décomposent ainsi : fondus, 70 pour 120 grammes ; doubles, 555 pour lks,120 et faibles, 84 pour 120 grammes.
- Fig. 2. — Rameau de tapia avec fruil.
- Le nombre des cocons au kg s’est abaissé de 665 pour la première éducation, à 550 pour la cinquième.
- La race blanche a aussi donné de bons résultats, ainsi que la race jaune ; mais la race jaune doré et la verdâtre viennent après. Les deux premières doivent donc être préférées, avec la race jaune mat.
- Le résultat pris comme exemple est de beaucoup supérieur à celui cité par M. de Cordemov, qui est de 1 ,42, pour la deuxième éducation. D’après le tableau que nous avons analysé, la deuxième éducation a donné 650 cocons au kilogramme, soit l«r,58. L’amélioration prévue par le professeur de l’Institut colonial de Marseille s’est réalisée, puisqu’à la cinquième génération, le poids moyen du cocon s’est élevé à l«r,88.
- En Turquie, où la sériciculture, régie par des règlements sévères, a fait des progrès étonnants, on est arrivé à adopter la plantation du mûrier en pe.lits
- arbustes séparés de deux mètres et l’on commence à couper à la quatrième année de semis. Quelquefois, on laisse un arbre sur deux pour garantir les petits de la gelée. En France, on plante à grands intervalles des arbres qui ne peuvent fournir de la nourriture qu’à la septième année ; cette longue attente est certainement pour beaucoup dans le découragement des éleveurs.
- L’alimentation en rameaux, pratiquée en Turquie, est aussi préférable à celle en feuilles, en usage dans nos magnaneries. L’éducation a lieu dans de vastes salles bien aérées, où la partie liquide absorbée par les vers peut facilement s’évaporer; la llacherie est ainsi évitée. En France, après avoir été effeuillées, les branches sont laissées sur l'arbre un certain temps et prennent inutilement une partie de sève qui se perd dans de nouveaux bourgeons ; ces bourgeons ne servent à rien, .car ils arrivent trop tard, et nui-
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- sent au développement des autres ieuilles. Le sys- cernent nécessaire à la croissance rationnelle et tème turc a, en outre, l’avantageTde procurer l’espa- rapide des vers. On retire les branches dépouil-
- Fig. 3. — Mûriers en haie, âgés de 6 mois.
- lées à chaque mue, en transportant les derniers rameaux d’une place h une autre ménagée à cet effet.
- Les feuilles mouillées donnent la llacheric en provoquant une fermentation des aliments dans le tube digestif. Par les temps de pluie, cet inconvénient ne peut être conjuré, tandis que la cueillette en rameaux permet de les laisser se ressuyer sans qu’elles se fanent.
- Le degré de chaleur, utile sans doute, mais pas davantage (pie l’aération, ne doit pas être obtenu au détriment de celle-ci ; il ne faut pas sacrifier l’une à l’autre. Il vaut mieux ([ue l’éducation traîne quelques jours de plus, que de voir apparaître la flacherie ou les autres maladies que ne manquerait pas d’amener l’humidité concentrée.
- S’il fait trop chaud dans les magnaneries, les vers profitent plus vite et l’on court le risque de manquer de feuilles au début de la saison. S’il fait trop froid, l’éducation languit et les feuilles deviennent alors trop dures. En un
- mot, il faut régler la température des salles suivant la végétation. Il faut que les œufs hivernent; un ou
- deux mois de froid sont indispensables à la bonne évolution de l’embryon. On prétend même que dans les pays ou le thermomètre ne descend pas plus bas que 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, on doit placer la graine dans des glacières. Sur les plateaux à Madagascar, la température est quelquefois assez basse pourquoi ne soit pas utile d’avoir recours à cette précaution.
- Les polyvoltins sont h rejeter, d’abord parce qu’ils rendent beaucoup moins et ensuite parce qu’il faut avoir constamment sous la main de la nourriture. Or, il arrive un moment où les feuilles deviennent trop dures et nourrissent mal. On pourra cependant, faute de mieux, élcyer ces races dégénérées, lorsqu’on ne disposera pas de la place nécessaire à une grande éducation.
- La question du grainage est peut-être la plus
- Fig. i. — Chenilles <le Landibé (Borocora cajani) sur un rameau d’amhrevade.
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- importante de toutes. Elle est le point de départ et il importe de l'entourer des plus grands soins. Une sélection sévère doit présider à la mise en circulation des œufs, la plus petite négligence dans leur examen pourrait avoir les conséquences les [dus fâcheuses.
- L’élevage du ver à soie du mûrier peut très bien être fait en petit par les indigènes ; ils trouveront toujours à vendre leurs cocons, si restreinte que soit leur production. Pour les cocons de landihé, les femmes et les enfants les récolteront facilement dans les bois de tapias où les vers vivent en liberté à l’état sauvage. Mais les résultats de ces récoltes, si elles n’occasionnent aucun frais, ne seront jamais à comparer à ceux que donnerait un élevage en règle.
- Nous terminerons cette étude sommaire en signalant un mémoire détaillé, rédigé par M. Piret et déposé au Jardin colonial, contenant tous les conseils utiles; ce mémoire a été adressé à tous les chefs de provinces et aux colons. II les informe, en outre, que la station de Nanisana met à leur disposition des œufs de vers à soie du mûrier des meilleures races.
- Le Gouverneur général a senti tout le parti que la colonie pouvait tirer de la production de la soie, il faut espérer que ses justes prévisions seront comprises des intéressés et qu’ils s’efforceront de contribuer à la prospérité d’une de nos plus grandes industries nationales. Ils y trouveront du reste eux-mêmes, une source d’importants bénéfices.
- , Et*. FLEl'TIAl'X.
- ENLÈVEMENT DES PILES
- DE LA PASSERELLE DE PASSY
- Nous avons, dans notre précédent numéro, décrit brièvement les deux méthodes employées pour le déplacement de la passerelle de Passy. Cette opération avait pour but de laisser libre l’emplacement où doit être construit le viaduc qui doit servir au passage de la Seine de la ligne circulaire sud du Métropolitain.
- Ce viaduc à deux étages (celui inférieur destiné à servir de voie charretière, et celui supérieur au passage des trains du Métropolitain) sè compose, comme la passerelle de Passy, de deux parties, séparées par Pile des Cygnes, l’une sur le grand bras de la Seine, l’autre sur le petit bras. Chacun des viaducs repose sur deux piles en rivière espacées d’axe en axe, pour le grand bras, de 54 mètres, et, pour le petit bras, de 42 mètres, et il se trouve que deux de ces nouvelles piles occupent exactement l’emplacement de celles actuelles qui servaient à supporter la passerelle. Comme, dans ces conditions, le fonçage à l’air comprimé des caissons de beaucoup plus grande dimension du nouveau viaduc qui coiffent complètement ceux de la passerelle et qui, de plus, doivent être descendus à une plus grande profondeur, afin d’atteindre le sol résistant, eût présenté de grandes difficultés et des aléas qu’on avait tout intérêt à éviter, le service technique du Métropolitain décida, préalablement à toute nouvelle opération, de faire disparaître les colonnes et les caissons qui servaient de point d’appui- à la passerelle. On eût pu, comme cela se fait le plus généralement, se servir de la dynamite, mais lorsqu’il s’agit de blocs constitués en grande partie de pièces métalliques, comme c’était le cas, celles-
- ci, sous l’action de la dynamite, se tordent plutôt que de se briser et on n’obtient pas toujours le résultat qu’on attendait. On a préféré avoir recours à un procédé fort ingénieux et, en même temps, fort simple et qui, à notre connaissance, n’a pas encore été appliqué, tout au moins dans des conditions analogues. On a pris le parti d’enlever tout d’un bloc, en l’arrachant du sol, le caisson et les colonnes de l’ancienne pile, en les soulevant au moyen de vérins hydrauliques. Nous dirons, tout d’abord, que la masse à soulever qui, comme l’indique la figure schématique ci-jointe, se commise des deux colonnes et du caisson, foncé sur la couche d’argile à une profondeur de 5“,50 au-dessous du fond du fleuve, pèse environ 260 tonnes. Mais, outre ce poids, il y avait lieu de prévoir le frottement, sur une hauteur de 5m,50, des parois en tôle du caisson contre la couche de gravier argileux qui forme le fond du lit de la Seine, tout en tenant compte
- Enlèvement des piles de la passerelle de Passy.
- des sous-pressions agissant à la partie inférieure du caisson. On avait à redouter, au moment du démarrage, un frottement considérable contre les parois du caisson et, par suite, la nécessité de produire un effort de soulèvement énorme. Ces craintes heureusement ne se sont pas réalisées; les effets de la sous-pression et du frottement semblent s’être it peu près équilibrés et, en somme, les vérins n’ont guère eu à produire qu’un effort très peu supérieur à celui du poids de la masse à soulever, c’est-à-dire un maximum de 500 tonnes.
- Voici comment on a opéré. On a, yl’abord, posé sur chacun des chemins de roulement, qui avaient servi au déplacement de la passerelle, des chapeaux a, a sur lesquels reposaient les poutres longitudinales en bois b. Sur ces dernières venaient s’appuyer des poutres métalliques c, c prenant également appui sur le second chemin de roulement placé de l’autre côté de la pile. Puis, sur ces poutres métalliques viennent s’appuyer les poutres en bois de fort équarissage /' sur lesquelles reposent les vérins hydrauliques II, H, destinés au soulèvement. Ces vérins, avant chacun une puissance de 100 tonnes et au nombre de 8 (dont 4 sont indiqués sur la figure, les 4 autres étant placés symétriquement en arrière), agissent, en la soulevant, sur la poutre M de très fort équarissage à laquelle sont fixées, au moyen de boulons, les tiges en fer X, X qui, à leur partie inférieure, sont attachées, au
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- moyen d’étriers, aux parois des colonnes de la pile qu’ils doivent soulever. La course des vérins n’étant que de 0,15, on plaçait, à la suite de chaque soulèvement correspondant à cette course, des cales en bois entre le dessous des vérins et la poutre f, afin de compenser la hauteur de soulèvement de la poutre 11. De plus, au fur et à mesure du soulèvement de la pile, on avait soin de remplir le vide laissé au-dessous du caisson, à la suite du soulèvement, au moyen de pierres qu’on faisait pénétrer le long des parois de celui-ci.
- Lorsque le caisson fut soulevé de 5m,50, c’est-à-dire de la hauteur de son fonçage, et que sa partie inférieure qui, alors, reposant sur les matériaux de remplissage ayant servi à combler le vide qu’il laisse au-dessous de lui, est parvenue au niveau du fond du lit de la Seine, on a démonté toute l’installation faite en vue du soulèvement de la pile. Puis, au moyen de chalands lestés, placés de chaque côté du caisson, on la souleva pour la conduire ensuite sur la rive oii elle pourra être démolie et mise ensuite à la ferraille.
- Cette opération qui n’a pas été sans présenter certaines difficultés d’exécution et sur la réussite de laquelle il pouvait y avoir quelques doutes, surtout en ce qui concerne le frottement du caisson et pour laquelle, d’ailleurs, aucun exemple antérieur ne permettait d’établir de point de comparaison, méritait d’être signalée. Elle a été habilement et heureusement conduite, sous la direction de MM. Bienvenu, ingénieur en chef, et Thomas, ingénieur de la division, par M. Thierry, chef de section qui en a suivi pas à pas les progrès, avec l’aide de MM. Gonchon et Just, entrepreneur des travaux d’infrastructure du viaduc.
- Malgré sa réussite, il ne serait peut-être pas prudent d’admettre la généralisation de cette méthode. 11 pourrait se faire que, dans certains cas, soit par suite du gondolement ou des surfaces rugueuses des parois du caisson, soit par suite de l’état du sol dans lequel celui-ci est foncé, les conditions fussent tout autres qu’à Passy et que les résistances dues au frottement rendent le travail sinon impossible, tout au moins très coûteux et qu’une autre méthode fût préférable. R. Bonkik.
- YACHTS DE SOUVERAINS
- En présence des visites internationales qui se multiplient de jour en jour pour le chef de l’Etat français, et qui l’obligent parfois à prendre passage sur un cuirassé de notre Hotte, qu'on aménage assez coûteusement sans qu’il puisse jamais offrir un confortable bien grand, on s’est demandé s’il ne serait pas opportun de construire un yacht réservé spécialement aux déplacements du Président de la République française. A ce propos, il est assez curieux de jeter un coup d’œil sur quelques-uns des yachts appartenant à des souverains européens.
- Un des plus intéressants, et aussi l’un des plus importants, est celui de l’Empereur de Russie, le « Standart », qui sort des chantiers de MM. Bur-meister et Wain, de Copenhague; c’est un vapeur à hélices jumelles de 112“,77 entre perpendiculaires, large de 15“,28, et creux de 10“,97 ; son tirant d’eau en charge dépasse quelque peu G mètres. Son déplacement est de 5255 tonneaux. Ce bateau est gréé en trois-mâts, il a trois ponts et deux chemi-
- nées; il est naturellement tout en acier doux avec double fond cellulaire, la coque est partagée en un nombre considérable de compartiments étanches, et toute la construction est des plus soignées. La machinerie comprend d’abord 24 chaudières Belleville disposées en deux rangées dos à dos, et séparées par une cloison ; elles fournissent de la vapeur à 17 kilogrammes environ, mais cette pression est réduite à llke,5 dans les machines. Celles-ci sont à triple expansion avec des cylindres de 1“,03, de 1“,67 et de 2“,66 de diamètre. Le « Standart » marche à une allure d’au moins 21 nœuds, et ses longues quilles latérales suppriment en grande partie pour lui le roulis. Mais ce qui est le plus intéressant, ce sont ses luxueux aménagements intérieurs. Les appartements impériaux sont situés sur le pont principal, à l’arrière de l’espace réservé à la machinerie, et ils comprennent l’appartement de l’Empereur, celui de l’Impératrice, un aussi pour la reine mère, chacun composé d’un salon, d’une chambre à coucher et d’une salle de bains. Il y a de plus le grand salon de réception impérial et la grande salle à manger, l'ius à l’arrière, on rencontre les cabines des Grands Ducs et des Grandes Duchesses. Nous aurions encore à citer la cabine du Ministre de la marine, qui est appelé à accompagner souvent l’Empereur, puis la cabine que l’Empereur s’est réservée sur le pont supérieur. Sur le pont inférieur sont disposés les appartements pour les enfants. L'éclairage électrique est répandu à profusion au moyen de plus de 1000 lampes, et le développement des circuits électriques d’éclairage dépasse 13 kilomètres. Tout Uameuble-ment est aussi luxueux qu’on peut l’imaginer, les boiseries des appartements impériaux sont faites de cerisier massif, de bouleau, de frêne, ou encore d’érable; les tentures sont de cuir repoussé ou de soie; mais pas la moindre dorure, d’après le désir express de l’Empereur.
- Le souverain d’Angleterre a à sa disposition un yacht qui se nomme le « Victoria and Albert » ; mais c’est le troisième du nom, car il en avait été construit un premier en 1843, dont la longueur n’atteignait que 60 mètres, puis un deuxième fut mis à l’eau qui avait 90 mètres environ et qui a subsisté jusqu’à ces derniers temps. Le plus récent date de 1899, et sa longueur est de 115“,82 pour une largeur del5“,24. Son déplacement est dè 4700 tonneaux, son tirant d’eau de 5“,49, et sa puissance de 11000 chevaux est faite pour lui donner une allure assez modérée de 20 nœuds. Sa coque est naturellement à double fond, complétée par deux cloisons étanches longitudinales, qui s’étendent sur les côtés; on l’a munie de ces quilles latérales à roulis dont l’inlluence bienfaisante est parfaitement reconnue aujourd’hui. Ce bateau se fait remarquer par une tonture très accentuée, c’est-à-dire que son pont se relève fortement vers les extrémités, principalement à l’avant, et cet avant est en poulaine très inclinée, non point droit comme dans la plupart des navires à vapeur; cela fait que sa longueur totale est de beaucoup supé-
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- rieure h sa longueur entre perpendiculaires. On a installé dans la coque huit cloisons étanches, sans compter une autre longitudinale et séparant les deux chambres des machines ; il y a du reste des cloisonnements subsidiaires qui assurent une grande flottabilité au navire.
- Si nous parcourons le pont supérieur, nous y trouvons ce qu’on nomme le Pavillon Royal, contenant tout d’abord une salle à manger de cérémonie, longue de 20 mètres, puis un fumoir et une salle deréception. Non seulement il y a un escalier descendant au pont d’en dessous et réservé uniquement aux souverains,mais encore on a installé, ce qui est assez rare à bord d’un bateau, un ascenseur électrique pour desservir les appartements de la Reine. Ceux-ci comprennent principalement une immense chambre à coucher, un magnifique cabinet de toilette, une salle de bains, etc.
- Nous ferons remarquer que ce yacht avait été construit alors que vivait encore la reine Victoria, et que par conséquent tous les aménagements avaient été prévus pour elle.
- Mais la place n’est pas ménagée dans cette partie du navire, et l’on y trouve notamment deux appartements de princesses qui peuvent maintenant être autrement affectés, puisque c’est surtout le Roi qui a occasion de monter à bord du « Victoria and Albert ». Nous signalerons, tout à coté des appartements royaux, un salon particulier et une salle h manger intime. C’est ensuite toute une série de cabines luxueuses pour les princes ou princesses, pour les écuyers delà cour, les dames d’honneur, etc.
- Notons que des dispositions ingénieuses ont été étudiées pour empêcher la chaleur des chaudières et machines de se répandre dans l’intérieur des appartements royaux, cela au moyen d’enveloppes et de revêtements en silicate de coton entourant les espaces
- réservés aux machines ; et que, de plus, on a évité de faire déboucher sur le pont la série classique autant que disgracieuse des manches à vent assurant l’aération des chambres de chauffe ou de machines. Des ventilateurs ont été disposés partout qui renouvellent néanmoins parfaitement l’air.
- Comme les autres souverains, l’empereur d’Allemagne possède son yacht à vapeur, qui se donne du reste des allures de navire de guerre : c’est le « Hohen-zollern », qui a un peu plus de 116 mètres de long
- entre perpendiculaires, pour une largeur de 14 mètres et un déplacement de 4180 tonneaux. Sa puissance de machines est de 9500 chevaux, et cela lui assure une vitesse maxi-ma de 22 nœuds. Mais le souverain allemand possède également un autre yacht, intéressant pour tout le bruit qui s’est fait autour de lui : c’est le fameux « Meteor III », qui a été construit en Amérique, et dont les parrains ont été le Prince impérial et la fille du Président de la Confédération américaine. Le « Meteor III » est un voilier, mais il n’y en a pas moins à bord une machine à vapeur assurant notamment l’éclairage électrique. La longueur totale de ce yacht est de 49,n, 10 ; à la flottaison, il a seulement o6ni,6 par suite de la saillie énorme que l’on donne maintenant aux yachts à
- Fig. 1. — Vue intérieure de la cabine impériale du « Standart ».
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- voiles destinés â marcher h grande vitesse. Sa largeur
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- maxima est de 8in,25, son creux de 5m,65 et son tirant d’eau de 4m,57, pour un déplacement de
- 520 tonneaux. Toute la coque et ses membrures sont faites de plaques et de cornières d’acier, et la quille forme une sorte de boite dans laquelle on a coulé un
- Fig. 4. — Lo nouveau yaclit du roi d'Angleterre.
- massif de plomb pesant 145 tonnes ; nous avons dit jadis combien ces quilles extrêmement lourdes sont nécessaires pour ces bateaux que l’on charge de toile,
- et le fait est que la voilure du « Meteor » représente une surface de près 4100 mètres carrés. La hauteur du grand mât est, tout compris, de 40m,20 au-
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- dessus du pont. Nous ne pouvons manquer de donner quelques indications sur les aménagements intérieurs de ce bateau. Sur le pont est un rouf d’où on descend dans un vestibule qui conduit, vers l'arrière, à un salon des dames, puis vers l'avant, et sur la gauche, à l’appartement de l’Empereur : cet appartement contient notamment une chambre luxueuse et une salle de bains. I)e l’autre bord sont les cabines et aménagements des officiers de l’État-Major de l’Empereur, et enfin, vers l’avant, s’ouvre un vaste salon de 5ra,50 sur 8'",20, qui peut servir également de salle à manger, et réunir 24 personnes.
- Ce yacht est bien différent de ceux que nous avons examinés tout à l’heure; mais nous voudrions en signaler un antre qui se singularise encore davantage ; c’est celui que vient de se faire construire le roi d’Angleterre, et qui n’a point du reste l’ambition de remplir le meme rôle que le « Victoria and Albert ». 11 s’agit, en effet, d’un bateau qui a en tout 9in,75 de long pour une largeur de l"\8o, et dont le tirant d’eau ne dépasse pas 0m,85. Ce yacht est tout simplement une embarcation à moteur à pétrole; nous serions incomplets si nous ne le citions pas dans la série des yachts de souverains, et il est particulièrement curieux de voir l’automobilisme en navigation s’introduire ainsi dans les usages des Cours. Cette embarcation, construite par la maison Tagg and Sons, est munie d’un moteur fourni par M. Thornycroft, moteur à quatre cylindres (ce qui est encore rare en navigation), tournant à une allure de 900 tours; les cylindres en ont 101 millimètres de diamètre sur 111 de course, et l’engin développe une puissance de 20 chevaux. La plaque de fondation de ce moteur est laite d’aluminium, et l’on retrouve ce même métal formant l’enveloppe du changement de vitesse. Nous n’entrerons pas dans le détail du mécanisme, mais nous ferons remarquer que la vitesse de marche, qui est normalement de 10 milles, peut être portée à 13 milles si le nombre des révolutions atteint 1500. Presque toute la moitié avant de l’embarcation forme une sorte de salon en plein air, avec des banquettes tout autour et deux fauteuils centraux pour le roi et une seconde personne ; à l’arrière se trouve ce qu’on peut appeler la chambre de la machine, et toutes les dispositions ont été prises pour qu’on entende aussi peu que possible le bruit du moteur et qu’on ne sente pas l’odeur de l’échappement.
- Avec ce minuscule yacht à pétrole, nous sommes loin des magnifiques et grands yachts à vapeur que nous citions tout à l’heure, mais nous sommes bien loin également des baleinières impériales ou royales, tramées par une équipe de marins d’élite ramant en cadence parfaite. Henry Bougeois.
- LES DAUPHINS
- La présence des Dauphins dans la baie de Douarnenez préoccupe actuellement la marine parce que ces animaux détruisent et éloignent les sardines. Ces animaux sont
- des « Grampes )) gris ou Dauphins de Risso, et non pas des « Bélugas » ou Dauphins blancs comme on l’a dit.
- En effet, les Bélugas, dont les vieux individus seuls sont d’un blanc brillant, n’ont pas de nageoire dorsale, ce qui leur a valu le nom de Delphinaptères. En outre leur coloration est uniforme et ne porte ni marbrures, ni taches sur le corps. Ils atteignent 5 à 6 mètres. Ils ne vivent que dans l’Extrème-INord, du Groenland à la Nouvelle-Zemble et à la Sibérie. Leurs troupes peuvent compter plusieurs milliers d’individus se suivant tous en tile indienne.
- Cette espèce essentiellement polaire, comme le Narval et la Baleine franche, émigre en hiver et descend vers le sud jusqu’au 62e degré de latitude. Elle n’atteint donc jamais nos régions, à part quelques rares individus isolés qui se sont échoués sur les cotes de l’Ecosse et du Massachusetts. Il faudrait donc admettre que contrairement à leurs habitudes séculaires, les Bélugas sont venus en été chercher des eaux plus chaudes que celles où ils ont coutume de se tenir.
- J’ajouterai un fait qui n’a pas été signalé à propos des animaux de Douarnenez, c’est que les Bélugas ont de la voix, et que les baleiniers qui connaissent bien cette particularité les désignent sous le nom de Canaris marins (Sea-canareis).
- Le Grampe gris, assez effdé en arrière et de taille moindre (3 à 4 mètres) porte, au contraire, une dorsale élevée et des pectorales en faucille, sa bouche est oblique, car la mâchoire inférieure, qui seule possède des dents, est en retrait par rapport à la supérieure. Sa coloration est plus ou moins ardoisée, plus claire en dessous que sur le dos. En outre le corps porte des marbrures irrégulières et la tète des taches autour des yeux.
- J’ai pu facilement vérifier ces caractères sur la photographie d’un animal provenant des côtes de la Bretagne et sur un individu envoyé de Douarnenez et dont le moulage a été effectué au Muséum pour être exposé aux Galeries d’Anatomie comparée.
- Contrairement au Béluga, le Grampe gris n’a jamais été signalé dans les régions polaires; c’est un habitant de toutes le autres mers. On le rencontre surtout dans le nord de l’Atlantique et du Pacifique ; il est même abondant près des côtes de l’Amérique. Des formes légèrement differentes du type de l’espèce vivent dans la Méditerranée, dans les mers avoisinant le Cap de Bonne-Espérance et le Japon.
- De nombreux échouements ont été signalés sur les côtes atlantiques de la France, depuis la Somme jusqu’à Areachon, ainsi que sur celles de l’Angleterre. Les dernières apparitions dataient, je crois, de 1877, près de Pléneuf (Côtes-du-Nord), de septembre 1879, près de St-Brieuc, et de 1892, dans le Cumberland, en Angleterre.
- Cet animal vit en troupes nombreuses une partie de l’année, puis par couples seulement. Le D‘ Fischer croit que ce Célacé vient prendre ses quartiers d’été dans le golfe de Gascogne, où il poursuit certains poissons vivant en bandes. Ainsi ceux qui échouèrent dans la baie de l’Aiguillon en 1822 poursuivaient des Muges. Pourtant l’estomac d’un spécimen que Fischer eut l’occasion de disséquer ne contenait que des Sèches et des Calmars. Il est probable que ces dauphins ne s’attaquent aux poissons que lorsque les Céphalopodes, qu’ils vont chasser dans les profondeurs, leur font défaut. Cette année ils ont donc remonté plus au nord que d’habitude.
- Pourtant il n’y a pas trop lieu de s’effrayer de cet état de choses et cette invasion tout accidentelle cessera bien-
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- tôt avec la cause qui l’a déterminée. L’instinct migrateur de ces animaux servira plus efficacement les marins que les torpilleurs et la dynamite.
- A. Alésée, aux,
- Assistant do Mammologie et d’Ornilliologic, un Muséum (l'Histoire naturelle <le Paris.
- LA MALADIE DES PÊCHEURS D’ÉPONGES
- Voilà une affection que les médecins de France,et l’on peut dire d’une grande partie du monde, n’auront pas souvent à soigner. Elle n’en est pas moins intéressante à connaître. Nos colonies ont des pêcheries nombreuses et sur les cotes de Tunisie, du côté de Sfax, la pêche d’éponges fait l’objet d’un commerce important.
- Les pêcheurs n’utilisent que très rarement le scaphandre ; ils plongent tout nus à des profondeurs considérables, 15 à 20 mètres, cueillent l’éponge, la mettent dans un sac et remontent après un séjour sous l’eau de quelques secondes à une minute, une minute et demie. C’est dans la cueillette de l’éponge qu’ils contractent l’affection assez singulière qu’a bien décrite le Dr Skevos Zervos de la Faculté dAthènes. A la racine des éponges, quelquefois, mais plus rarement à la surface, vit un actinium, petit cœlentéré de la famille des actinides, très abondant quand l’éponge est sur un fond d’algues ou de vase. Mesurant de un à quatre centimètres sur deux de large, il sécrète une matière visqueuse dont le contact sur la peau nue produit des accidents assez graves. Suivant les saisons, comme un peu pour tous les animaux venimeux, l’actinium est plus redoutable, son poison est plus violent.
- En pêcheur qui a été touché par l’actinide voit survenir une sorte de vésication prurigineuse, avec démangeaisons intolérables, puis apparition d’une plaie gangreneuse, noirâtre, sorte de phlegmon suraigu, dont on arrête difficilement les progrès. La plaie, traitée par les antiseptiques les plus énergiques, suppure longtemps et a de la tendance au phagédénisme.
- Pour, sç. rendre compte de l’action de ce venin, M. Zervos a frotté l’abdomen rasé d’un chien avec un de ces petits animaux. En quelques minutes, la région est devenue rouge, couverte de phlyctènes et, trois jours plus tard, on trouvait des abcès suivis d’une gangrène sur deux centimètres de diamètre.
- L’action toxique de ce venin est si connue des pécheurs qu’ils s’en servent pour empoisonner les animaux. L’actinie desséchée est coupée par morceaux et mélangée à la nourriture. Les animaux qui avalent ce mélange meurent avec des accidents convulsifs rappelant le tétanos.
- Quel est ce venin si redoutable ? Le professeur Richet a eu l’occasion d’en faire une étude des plus complètes. 11 a pu isoler des tentacules des actinies, le seul point où se trouve le venin, un principe complexe formé de deux poisons distincts. L’un détermine une congestion intense avec épanchements sanguins, hémorragies intestinales: c’est ce que M. Richet appelle la « congestine » ; l’autre est le principe irritant, celui qui amène le prurit et les démangeaisons et se nomme « thalasine». Détail curieux, ce produit a pu être isolé à l’état cristallisé.
- L’action bien nette de ces produits permettra peut-être de préparer une antitoxine efficace. En attendant, un enduit gras un peu épais, étendu sur la peau du pêcheur, au moment de l’immersion dans l’eau, préviendrait peut-être, dans une certaine mesure, les effets graves du contact de l’actinie. Ilr A. Cartaz.
- LA NOUVELLE MONNAIE DE NICKEL
- C’est un véritable événement que l’apparition en France des pièces de nickel, alors que depuis si longtemps on en parle, et qu’on avait presque perdu l’espoir de voir enfin frapper ces petites pièces qui remplaceront avantageusement le billon, les pelits et les gros sous, comme dit le langage populaire.
- D’innombrables projets avaient été présentés pour nous doter d’une monnaie qui est frappée depuis des années dans nombre de pays : nous pourrions rappeler qu’une commission avait étudié la question en 1880, et que ses conclusions essentiellement favorables n'avaient eu aucune conséquence pratique. En 1885, en 1886, l’idée avait été de nouveau mise en avant, et l’on avait même songé alors à faire des pièces de nickel de 25, 10, 5 et même 2 centimes et demi. On était d’avis, à cette époque, qu’il était parfaitement inutile de conserver des coupures de 20 centimes, et que la pièce de 25 centimes répondrait beaucoup mieux aux besoins du public; d’ailleurs, on avait bien l’intention de démonétiser les petites pièces d’argent de 20 centimes, qui se perdent avec une très grande facilité et n’ont jamais été fort appréciées du public. Nous passerons vite sur d’autres projets qui tendaient à faire une simple expérience sur une échelle plus ou moins importante, et où l’on réclamait du reste des pièces différant très nettement des pièces d’argent non seulement par leur poids, leur diamètre, mais encore et surtout par leur forme, le relief de leurs empreintes et aussi les dimensions des chiffres indiquant la valeur. L’est à la suite de toutes ces propositions que l’Administration des Monnaies étudia des types divers, dont nous avons pu reproduire ici quelques-uns grâce à l’extrême obligeance du Directeur actuel des Monnaies, notre savant collègue M. Ar-nauné. A ce moment on tenait beaucoup, dans une certaine partie du monde des spécialistes, à ce que la nouvelle monnaie présentât des pans coupés ou même une perforation centrale (à l’imitation des sapèques chinoises) afin qu’on fût dans l’impossibb lité de confondre une pièce de nickel avec une pièce d’argent. Aujourd’hui encore, bien des gens n’ont pas désarmé sur ce point et. sont aux regrets que, comme le montrent les gravures ci-jointes, la nouvelle monnaie de nickel française ne présente pas les angles ou le trou caractéristique. Mais il est évident qu’avec son apparence toute particulière, les deux gros chiffres qui indiquent sa valeur de 25 centimes, elle ne peut prêter à aucune confusion; et il est certain aussi qu’au point de vue artistique l’aspect en est plus heureux que si elle était percée d'un trou central.
- Aussi bien, les diverses reproductions de pièces étrangères de nickel que nous avons fait prendre au Musée de l’Hôtel des Monnaies, avec l’aimable concours du conservateur, M. Martin, prouvent immédiatement que le plus souvent on n’a pas eu recours à
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- cette perforation pour permettre l’identification rapide des pièces de nickel, et les pays que nous avons fréquentés et où nous avons pu faire usage de ces pièces, ne se plaignent nullement de cette sorte de monnaie, si propre, si légère.
- Ce nous est une occasion de noter que l’on compte maintenant un nombre fort élevé de contrées où l’on a frappé des pièees de nickel : nous pouvons les passer rapidement en revue, en renvoyant le lecteur aux photographies que nous donnons s’il veut juger de l’aspect de ces pièces diverses. La Suisse a été, croyons-nous, la première à employer le nickel dans l’alliage de ses monnaies ; tous ceux qui ont voyagé en Suisse connaissent ces jolies petites pièces si commodes à mettre en poche, et que personne n’a jamais confondues avec les monnaies d’argent. Les petites coupures sont en bronze de nickel, tandis que celles de 20 centimes sont en nickel pur. Voilà également un temps considérable (pie nos voisins les Belges possèdent des pièces de meme nature, dont la composition est toutefois d’un quart seulement de nickel et de trois quarts de cuivre. Nous noterons que tout dernièrement la Belgique a voulu essayer des monnaies de nickel percées d’un trou, alors que l’on n’avait pas à se plaindre des anciennes, et cette innovation est assez mal accueillie du public.
- La Russie a tenté une expérience, mais ne l’a point poursuivie, on ne sait pourquoi. L’Allemagne possède des pièces de 5, de 10 et de 20 pfennigs, en alliage au quart comme en Belgique.
- C’est cette même composition qui a été adopéepar la Serbie, la Bulgarie. En Autriche-Hongrie il a été frappé pour une valeur considérable de monnaies en nickel pur, de deux types, dont un pour tout l’Empire et l'autre seulement pour la Hongrie. La petite Grèce n’a pas manqué elle non plus de recourir à cette monnaie si supérieure au cuivre, et elle en a pour 5 millions. L’Italie a commencé par employer le bronze de nickel, mais elle en est ensuite venue au nickel pur, et elle a adopté, après des essais probants, la coupure de 25 centimes comme répondant réellement aux besoins du public. Nous citerons encore le Portugal, la Roumanie, la Crète, qui ont des monnaies en bronze de nickel : pour la Crète en particulier cette création a suivi immédiatement la déclaration de l’indépendance relative de l’île.
- Comme de juste, le Japon a tenu à ne pas rester
- en arrière de la civilisation européenne : la coupure de nickel qu’il a fait frapper, et en assez grand nombre, était destinée à remplacer une pièce en argent de 5 sen, ce qui correspond à peu près, au moins au taux nominal, à 25 centimes de notre monnaie. La Perse, elle aussi, possède des pièces de nickel, au nombre de 20 millions, qu’elle a fait frapper à Bruxelles, où l’on a montré depuis longtemps qu’on sait ce que c’est que cette monnaie. Nous ne devons pas oublier non plus la Corée, qui n’a pas été mentionnée dans les rapports aux Chambres françaises faits à l’occasion de la réforme : empressons-nous de dire que le Trésor Coréen a tenu à lancer des pièces de nickel surtout pour en tirer un profit pécuniaire, parce qu’il va de soi que ces pièces ne coûtent pas à frapper le prix qu’elles représentent par leur valeur conventionnelle. Le Gouvernement coréen se laissa tenter par ce gain facile, qui était de 400 pour 100, et il émit des quantités formidables de pièces de 12 1 /2 centimes environ ; la fraude particulière se mit aussi de la partie, en ce sens que des gens importèrent des monnaies qu’ils faisaient frapper pour leur compte à l’étranger, tant et si bien que les pièces de nickel sont maintenant fort peu appréciées des indigènes.
- En Afrique nous ne trouvons guère que l’Egypte qui en possède. En Amérique, nous citerons d’abord
- les États-Unis, qui en firent frapper à titre d’essai dès 1857, et en ont un type courant de 5 centimes depuis une vingtaine d’années. Le Pérou n’a utilisé cette monnaie qu’à titre provisoire ; la tentative faite par le Honduras avec des pièces de maillechort a été mal accueillie du public. La Jamaïque en a fait frapper où la proportion de nickel est de 20 pour 80 de cuivre. Le Brésil, surtout depuis qu’il est en république, en a lancé des millions dans la circulation. Le Chili a essayé du maillechort, puis en est venu aux pièces en bronze de nickel, mais à 5 pour 100; la Colombie en possède elle aussi; le Véné-zuéla a essayé du maillechort, et la République Dominicaine a utilisé quelque temps le nickel. La Bolivie, l’Équateur, le Costa Rica doivent être également cités dans cette énumération ; quant au Mexique, il n’a fait qu’une tentative malheureuse dans cette voie. Depuis 1896 il existe des monnaies de nickel dans la République Argentine ; enfin nos colonies de la Réunion et de la Martinique ont émis ce qu’on
- Fig. 1. — La nouvelle pièce de nickel de 25 centimes. (Grandeur naturelle.)
- [Fig. 2. — Projets successifs de pièces de nickel françaises.
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- appelle des bons de caisse de 1 franc et de 50 centimes, qui ne sont pas antre chose en somme que des jetons, des pièces de monnaie véritables.
- Enfin, voici que la France possède, elle aussi, sa monnaie de nickel, et elle a voulu, comme certains pays, employer le métal exempt de tout alliage,
- parce qu’il présente des qualités toutes particulières de dureté, d’inaltérabilité, et aussi de coloration. Nous n’insisterons pas sur l’apparence de la pièce nouvelle, puisque la photographie que nous en reproduisons parle par elle-même, et que d’ailleurs, avant peu, chacun aura entre les mains une de ces nou-
- velles pièces. Nous signalerons d’un mot les réclamations auxquelles a donné lieu la coupure adoptée de 25 centimes : on a prétendu que cela ne répondait point aux exigences du système métrique dans toute sa rigueur ; on avait du reste jadis légalement prévu cette coupure, et il est certain que celle de 20 centimes ne répond à aucun besoin, puisqu’elle a fait ce qu'on peut appeler une vraie faillite. Avant la frappe même certaines personnes se sont plaintes
- que la pièce ne soit pas trouée, qu’elle ne soit pas au moins polygonale, afin que toute confusion soit évitée avec les pièces d’argent; mais nous avons répondu par avance à ces objections, et nos lecteurs vont pouvoir se rendre compte qu’aucune confusion n’est possible. La nouvelle pièce sera commode, propre, peu encombrante, et nous sommes assuré qu’elle sera particulièrement appréciée du public.
- Daniel Belle’]'.
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- LE MONUMENT DE CHARCOT1
- A I.AMAI.OC-T.KS-JUINS
- Le 20 septembre a eu lieu à Lamalou-les-Bains, dans l’Hérault, sous la présidence de M. Trouillot, ministre du Commerce et de l’Industrie, l’inauguration d’un buste élevé à la mémoire du professeur Charcot. Le buste est l’œuvre de M”" Charcot, sculpteur distingué, qui en a fait hommage à la ville de Lamalou. Le maire, le l)r Bé-lugou, a célébré le savant que fut Charcot et a dit combien il était heureux que le souvenir du grand médecin fût perpétué par ce monument. Le professeur Raymond, successeur de Charcot à la Salpétrière, a dit ensuite combien furent importants les travaux du célèbre médecin et a rappelé ses découvertes. Le l)1' Huissier, doyen des médecins de la station, a prononcé enfin une courte allocution, une poésie de circonstance a été récitée, et un chœur exécuté par les enfants des écoles communales.
- Monument de Charcot, à Lamalou-les-Bains.
- La musique du 2e génie a fait entendre plusieurs morceaux.
- Le monument, dû à Mmo Charcot et à l’architecte Tassin, a été très admiré. Comme on le voit, d’après la figure ci-jointe, c’est une fontaine, surmontée du buste de Charcot; sur les cotés inférieurs du monument, deux hauts-reliefs dus au ciseau de M. Louis Paul : l’un représente un malade qu’on va descendre dans la piscine chaude, il est soutenu par deux baigneurs; l’autre représente Charcot à sa clinique de la Salpétrière, entouré de ses élèves; le maître fait une démonstration pratique, ayant, assise devant lui, une jeune malade qu’il examine. Br R- M.
- CHRONIQUE
- Les phases de la lune et les orages. —
- D’après le professeur Pickering les phases de la lune auraient une influence météorologique considérable. Cet observateur a déduit d’un certain nombre de statistiques que, pendant les deux premières phases de la lune, les
- 1 Voy. n° 1050, du 2G août 1895, p. 193.
- orages sont beaucoup plus fréquents que pendant les deux secondes et cela pour toute la surface de la terre. 11 fait remarquer, d’ailleurs, que la différence entre la première et la seconde moitié du mois lunaire n’est pas très considérable. Schiaparelli, en 1808, en comparant les observations faites à Vigevano (Italie du Nord) pendant 58 ans (1827-1801) par le 1)' Siro Scrafini, est arrivé à la conclusion suivante : « Quoique les chiffres indiquent des anomalies sensibles, il ne parait cependant pas douteux, d’après leur comparaison, que les orages sont généralement moins fréquents dans la première moitié de la lunaison que dans la seconde. On remarque que le (( minimum » de fréquence a lieu vers le 5e jour de la lunaison et le « maximum » vers le 24e jour. Le minimum et le maximum de fréquence sont dans le rapport de 101 ; 155 ou, à peu près, dans le rapport de 2 : 5. (Climat de Vigevano : Milano, Yallardi, 1808, p. *81) ». Ces dernières conclusions sont, comme on le voit, entièrement le contraire de celles du professeur Pickering.
- Les végétaux ennemis des moustiques. —
- C’est une question qui préoccupe beaucoup de parasitologues que celle de savoir s’il existe dans la nature des plantes dont l’effet normal serait d'éloigner les moustiques propagateurs du paludisme. A eu croire les voyageurs et les indigènes, chaque pays serait pourvu d’une ou plusieurs espèces végétales qui auraient ce pouvoir. Toutefois, des indications précises et bien contrôlées manquent jusqu’à présent. Manquaient, pourrait-on dire, car le D1' Prout, de Freetown (Sierra-Leone), vient de se livrer à une série d’expériences sur l’influence que le basilic (Ocymum viride) possède de chasser ou de tuer les moustiques. Il conclut que son action est très réelle, mais il fait les réserves suivantes, qui sont importantes. A l’état vert, les plants de basilic ne paraissent avoir aucun effet, non plus que les feuilles, lorsqu’on place ces dernières dans un espace clos où sont les Diptères. Si l’on brûle des feuilles de basilic, leur fumée peut stupéfier, voire même tuer les moustiques, à la condition toutefois d’en saturer l’air au point qu’il est impossible de demeurer dans la pièce. 11 reste toutefois une fiche de consolation, c’est que cette fumée, même peu épaisse, est assez désagréable aux moustiques pour qu’ils s’éloignent aussitôt. La question est donc loin d’etre épuisée, et nous ne tenons pas encore la plante qui nous débaras-sera des terribles Anophèles.
- Installation liy«lro-électriqnc du Zambéso. —
- Il s’est formé dernièrement en Angleterre un syndicat (African Concessions Syndicale) dont le but est d’exploiter les fameuses chutes Victoria, sur le Zambèsc. Ces chutes, d’environ 120 mètres de hauteur, peuvent fournir, pendant la saison humide, 55 millions de chevaux, tandis que celles du Niagara n’ont qu’une puissance maximum de 7 millions de chevaux. Le chemin de fer qui part du Cap et qui actuellement est livré à la circulation jusqu’à une distance de 115 km. de ces chutes, sera terminé jusqu’à celles-ci au mois de mars prochain. On espère pouvoir transporter l’énergie électrique, produite par ces chutes, jusqu’au Rand (environs de Johanisbourg), s’en servir pour la traction sur une certaine longueur du chemin de fer et, en même temps, fournir l’énergie nécessaire aux exploitations des mines d’or. D’après les prévisions, on compte pouvoir transporter l’énergie électrique à une distance de 550 km., au prix annuel de 110 francs par kilowatt, avec un travail continu de 24 heures par jour. Dans ce rayon d’exploitation se trouvent comprises les mines de charbon de AVankie, les
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- mines d’or de Bulawayo, Gwelo, Ilartley et autres, les mines de cuivre du Nord, ainsi que l’exploitation d’environ 1100 km. de chemin de fer. Avec un second transport d’énergie à 000 km. de distance, on atteindrait toutes les mines d’or de l’Afrique du Sud. On achève actuellement les études préliminaires et ou espère commencer prochainement la construction de l’usine hydroélectrique qui doit être établie suivant des dispositions analogues à celles de l’usine du Niagara.
- Traverses» de chemins de fer triangulaires. —
- L’idée peut sembler bizarre au premier abord, et ne point répondre à un besoin de l’exploitation : mais elle a été imaginée simplement pour réduire le volume énorme de bois que les traverses consomment chaque année. La Compagnie américaine Great Northern Railroad a donc songé à combiner des traverses de section triangulaire, cette section ayant une base longue de 504 millimètres pour une hauteur de 177 millimètres. Ordinairement elle employait des traverses de 205 sur 152 millimètres, traverses à section rectangulaire, dont le volume était autrement considérable; on remarquera aussi que la surface d’appui est bien plus large avec la nouvelle combinaison, si bien qu’on pourra diminuer le nombre des traverses par mètre courant de rail, ce qui sera encore une source d’économie sur le bois employé pour l’établissement des voies. On affirme de plus que ces traverses auront une tendance naturelle à s’enfoncer dans le ballast par leur angle, au lieu de tendre à se déchausser.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 septembre 1903. — Présidence de 11. A. Gaudkv.
- Résistance des poissons ü ïaclioji des substances satines. — M. Giard adresse une Note de M. Siedlecki de Cracovie relative à la résistance de l’épinoche à l’action des substances salines. Il a expérimenté sur les carbonates et les phosphates de potassium et de sodium, sur les chlorures de baryum, de strontium. Les sels de potasse ne sont pas supportés, mais ils deviennent inoffensifs s’ils coexistent dans la solution avec des sels de chaux.
- Radiographie des calculs biliaires. — M. Lanne-longue présente une Note de MM. Mauclaire et Infroit accompagnée d’une épreuve radiographique relative à l’application des rayons X à la radiographie des calculs biliaires. Celle-ci n’a pas encore été réalisée, en France au moins. L’insuccès des tentatives tient un peu à la respiration qui met en mouvement toute la région du foie et principalement à la composition chimique des calculs. Ceux-ci le plus souvent sont formés de cholestérine, composé organique laissant passer les rayons; quelquefois cependant ils contiennent des substances minérales. Le procédé radiographique a aussi ses difficultés propres, car on hésite à soumettre pendant trop longtemps les malades à l’action des rayons. Les auteurs couchent le malade sur une table radiographique. Celui-ci est étendu sur le dos; une planche de fi™,50 sur 0m,40 comprime fortement le ventre à l’aide de bandes liées à la table. Un tube osmo-régulateur petit modèle est monté sur une machine électrique statique à 8 plateaux. 11 est placé à 0m,75 de la plaque sensible; la durée de l’exposition est limitée à dix minutes. Grâce à ce dispositif le résultat est excellent. Les auteurs ont vu que le degré de transparence des calculs biliaires est en raison inverse de la
- quantité de sels minéraux qu’ils contiennent et (pie le volume est sans influence sur l’intensité de l’image.
- Développement parthénogénétigue des œufs d’oursins. — M. Delage fait connaître qu’il a étendu aux œufs d’oursins ses recherches sur le développement parthéno-génétique des œufs d’astéries. Mais ici la difficulté a été plus grande, car l’eau de mer chargée d’acide carbonique est sans effet dans les conditions ordinaires. 11 faut cette fois combiner plusieurs moyens dont l’action a été reconnue favorable à la parthénogenèse : le secouage, la chaleur et l’acide carbonique. M. Delage secoue les œufs pendant 5 à fi minutes dans l’eau de mer portée à la température de 50°. Encore le secouage demande-t-il un tour de main particulier. Au bout de quatorze heures on constate que 60 pour 100 des œufs se sont développés. Mais l’élevage des larves paraît présenter des difficultés très grandes qui n’ont encore été surmontées qu’en partie.
- Symbiose d'un champignon et d'une plante. — M. G. Bonnier résume une Note de M. Noël Bernard de l’université de Caen concernant la symbiose d’un champignon miscroscopique et d’une orchidée cultivée en serre. Il a cultivé séparément le champignon et l’orchidée. C’est seulement le mélange des deux cultures qui permet la germination de l’orchidée. I)e là l’explication de la cause de certains échecs de culture de l’orchidée.
- Inconvénients du greffage des vignes. — M. G. Bonnier dépose ensuite un travail de M. Junie qui, par plusieurs séries d’expériences entreprises depuis 1900, a constaté d’une manière certaine l’influence du sujet sur le greffon dans la greffe des vignes. Il en résulte que les vignes françaises greffées sur vignes américaines perdent peu à peu leurs propriétés et leur caractère propre.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- LES CICINDÈLES
- Le genre Cieindèle constitue la forme typique de la famille des Cicindélides, qu’il représente seul en Europe. 11 renferme des insectes très gracieux et très agiles, organisés pour la chasse comme leurs proches parents les Carahiques et les Dytiscides, ceux-là brigands terrestres, ceux-ci meurtriers aquatiques. Ces trois familles se distinguent, anatomiquement, de tous les autres coléoptères par la présence de six palpes à la bouche; les Cicindélides s’isolent, en outre, de leurs alliés par celte particularité (pie leurs mâchoires sont munies à l'extrémité d’un petit crochet ; de plus, leurs antennes sont insérées sur la face, et non sur les cotés de la tète.
- Les divers traits de la physionomie générale des Cieindèles, non moins ([lie l’examen de leur armature buccale, révèlent à première vue leur régime carnivore : il est facile, en effet, de concevoir que des insectes ainsi munis de pattes longues et déliées, d’yeux bien développés, ainsi sveltes et élancés dans leur forme générale, sont très aptes à poursuivre à la course le menu gibier vivant. On peut en outre supposer que ces chasseurs savent s’attaquer à des proies assez robustes et capables de se défendre, car leurs mandibules sont fortes, très mobiles, susceptibles d’un large écartement, acérées, tranchantes, commandées par des muscles énergiques.
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- La réalité donne raison à cette supposition théorique : et il est fréquent de voir une cicindèle aux prises avec un ver de terre, une grosse limace ou encore avec une mouche volumineuse qui, pour s’échapper, hour- _____________________________________
- donne et s’agite violemment. Les mandibules de cet insecte sont assez puissantes pour enta m e r
- l’épiderme humain dans une région tendre, par exemple sur le dos de la main ; c’est là une particularité (pie la cicindèle ne partage qu'avec un très petit nombre de coléoptères de nos pays. Parmi ceux que nous avons expérimentés à ce point de vue, en dehors d’elle, nous n’avons guère trouvé, pour être capables de mordre jusqu’au sang, que ce staphylin noir connu sous le nom de « diable »; les gros carabes, et le « Procruste chagriné » lui- m ê m e, malgré sa taille, n’y parviennent pas.
- Sur les diverses parties du corps des cicindèles se jouent les reflets d’une teinte cuivreuse, rougeâtre ou verte, changeante et (pii est parfois très brillante. Leurs élytres, plus généralement, sont d’une teinte mate, dont le vert fait le fond, avec des points, des lunules, des gouttes d’un blanc pur ou jaunâtre, que relève quelquefois une bordure noirâtre. Comme les carabi-ques, et bon nombre d’autres insectes carnassiers, les cicindèles répandent une odeur; mais tandis (pie ceux-là exhalent un parfum très acre et repoussant, celles-ci imprègnent les doigts qui les touchent d’une substance volatile suave, dont l’agréable senteur rappelle celle des pommes de reinette ou de la rose.
- Ces insectes se plaisent aux endroits ensoleillés ; ils fréquentent les dunes du bord de la mer, les
- grand'routes, les chemins courant à travers les plaines sablonneuses. C’est là, posés à découvert sur le sol ou parmi l’herbe rase d’un talus rocailleux et aride, qu’ils inspectent les alentours, guettant une
- proie ou surveillant un ennemi. Car s’ils chassent , ils sont chassés aussi : nul être n’est épargné dans la lutte pour la vie. Leur tactique habituelle pour fuir le danger ((pii parfois se présente à eux sous la ligure d ’ u il entomologiste) est de s’envoler dès que l’agresseur est à proximité, pour se poser à quelque distance, et recommencer ce manège indéfiniment tant que dore la poursuite. Ajoutons que leur vol n’est ni soutenu ni très rapide, et qu’on arrive assez aisément à les fatiguer et à les capturer.
- La larve de la cicindèle vit dans la terre ; mal douée an point de vue des moyens de locomotion, elle a recours à la ruse pour se procurer le gibier dont elle vit. Dans les endroits sablonneux où elle se plaît, elle creuse, jusqu’à une profondeur qui parfois atteint 50 centimètres, une galerie large comme un tuyau de plume, et le long de laquelle elle chemine à la façon d’un ramoneur dans une cheminée. Pour chasser, elle vient se placer à l’orifice de son trou, qu’elle ferme avec sa large tête. Ce pont trompeur s'effondre soudain sous le pas, pourtant léger, des petits insectes qui s’y engagent ; précipités dans la galerie, ils sont bientôt dévorés par le carnassier qui s'y cache.
- A. Aci.oqce.
- Le Gérant : P. JIassox-,
- Fig. 1. — La cicindèle champêtre.
- A gauche, sa larve à Fallut; à droite, sa nymphe dans sa loge.
- Fig. 2. —1 Details : a, larve de cicindèle vue do dos; b, une moitié de sa tète grossie montrant les yeux et la base d’une antenne ; c, le huitième anneau de profil montrant les crochets dorsaux (grossi) ; d, tèle de l'insecte parfait vue en dessus et grossie ; e, une mâchoire, très grossie.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Flcurus, 9.
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- N° 1584. — 5 OCTOBRE 1005.
- LA NATURE.
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- ÉCLAIRAGE DES TOITURES DE CHEMINS DE FER
- l'énergie
- L’éclairage des voilures de chemins de 1er esl une question qui préoccupe vivement les Compagnies de chemins de 1er, tant en France qu’à l’étranger. Le public, habitué à un confortable qui ne fait que s’accentuer chaque jour, ne se contente plus du vieil éclairage avec lampes à l’huile; il veut un éclairage abondant, sans fluctuations et lui permettant de lire sans difticulté quelle que soit la place qu’il occupe dans le compartiment. D’un autre côté, les Compagnies de chemins de 1er, tout en cherchant à satisfaire les désirs du public, cherchent aussi à ne pas trop augmenter les dépenses que nécessitent ces améliorations coûteuses. C’est en un mot la question dépense qui prime toutes les autres.
- L’éclairage des voitures peut se faire par deux procédés complètement différents : au moyen de l’électricité, ou bien parle gaz d’huile ou l’acétylène pur ou mélangé avec le gaz d'huile.
- Dans le premier cas, ique à
- fournir aux lampes peut être obtenue, soit par des accumulateurs seuls placés sous chacune des voitures qu’ils doivent éclairer, soit par des dynamos installées sous chaque voiture, actionnées par les essieux et alimentant des batteries indépendantes pour chacune des voitures à éclairer dans un train.
- Lorsqu’on emploie pour l’éclairage les accumulateurs seuls, ceux-ci peuvent être rechargés, après emploi, soit dans des usines fixes spéciales, soit sur le train même. La première disposition a été adoptée, dès 1894, par la Compagnie du Jura-Simplon pour tout son matériel
- fait à Bienne et à Fri-On a
- adopté la même disposition pour les bureaux-postes allemands et pour les nouveaux bureaux-postes français. Quelques installations semblables ont été également faites sur les voitures de types récents des réseaux autrichiens et italiens. Ce mode d’éclairage qui nécessite une réserve considérable d’accumulateurs et entraîne des dépenses élevées, par suite des manutentions nécessitées par l’échange des batteries, est très coûteux.
- La seconde disposition, celle où le 31' aoaée. — 2e semestre.
- Fig. 1. — Éclairage des wagons de la Compagnie de l'Est.
- 1. Vue intérieure de la lanterne. — 2. Détails de l’appareil de gazéification.
- et l’échange des batteries se
- bourg où sont
- installées les usines de charge.
- rechargement
- des batteries s’opère sur le train même, évite les manutentions précédentes, tout en immobilisant, cependant, le train pendant la durée du rechargement de cette batterie (5 ou 4 heures). Quant aux frais d’entretien, toujours élevés pour les accumulateurs, ils sont les mêmes quel que soit le mode de rechargement et si les dépenses d’éclairage sont un peu moins élevées avec cette seconde disposition, elles sont encore très coûteuses.
- C’est ce mode de rechargement qui a été employé par la Compagnie du Nord pour un certain nombre de voitures, par la Compagnie d’Orléans, pour les voitures de la ligne de Sceaux et pour l’éclairage des
- voilures du chemin de fer de Ceinture.
- Lorsque l'énergie électrique à fournir aux lampes s’obtient au moyen de petites dynamos placées sous les voitures, actionnées par les essieux et alimentant des batteries indépendantes placées dans chaque véhicule, certains organes spéciaux deviennent nécessaires. Outre une ou deux batteries légères par voiture, la dynamo qui alimente ces batteries doit être munie d’un système de régulation qui doit maintenir la constance de la force t>lec-tromotrice et, par suite, celle de l’éclairage, malgré les variations de vitesse de la voiture; fin appareil, dit inverseur, doit conserver dans les accumulateurs le sens du courant quel que soit celui de la marche du train, soit en avant, soit e.i arrière; enfin un appareil doit permettre d’ouvrir ou de fermer la communication de la dynamo avec l’accumulateur.
- C’est à cette catégorie qu’appartient le système Stonc, (pii ne comportant que des organes mécaniques de construction robuste, a pris en Angleterre une très grande extension. 11 est également employé par l’Etat Belge, par la Compagnie des wagons-lits sur un certain nombre de véhicules et est à l’essai sur quelques voitures des réseaux français.
- Le système Vicarino, analogue au précédent, mais dont le mode de régulation de la force électromotrice de la dynamo est différent, est actuellement à l’essai sur un certain nombre de voitures des réseaux français et sur quelques bureaux-postes..
- Nous citerons encore, dans le même ordre d’idées,
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- le système Au vert à l’essai sur le réseau P.-L.-M.
- Ce mode d’éclairage qui, avec deux batteries par voiture, donne une lumière très stable, nécessite une grande surveillance, d’abord à cause des accumulateurs qui exigent toujours des soins particuliers, ensuite à cause du grand nombre de dynamos, se répétant sur chaque véhicule et nécessitant un grand entretien. S’il donne toute indépendance aux voitures et s'applique facilement aux trains dé-grande ligne où des coupures en cours de route sont souvent nécessaires, et s’il n’immobilise aucun matériel pour l’échange et le rechargement des batteries, comme dans le cas précédent, son prix d’installation par voiture est, d’un autre côté, beaucoup plus élevé que celui des autres modes d’éclairage dont nous avons parlé. Quant au prix de revient il semble devoir être inférieur, même en tenant compte de l’amortissement et des frais d’entretien des appareils, au système par accumulateurs seuls.
- En résumé, quel que soit le mode de production de l’énergie électrique, l’éclairage des voitures de chemins de fer par l’électricité est coûteux et c’est ce qui explique son peu d’extension relative, malgré ses avantages indiscutables : allumage instantané pour une voiture, propreté des lampes, facilité de donner l’intensité de lumière qu’on veut, pas d’échauffe-ment comme avec les autres modes d’éclairage dont nous allons maintenant parler.
- Nous avons dit en commençant que l’éclairage des voitures se faisait également par le gaz d’huile ou par l’acétylène pur ou mélangé avec le gaz d’huile. Le gaz d’huile est produit par la distillation du boghead dans une usine spéciale, puis, après épuration, envoyé dans un gazomètre d’où il est repris pour être comprimé, au moyen de pompes, à la pression de 10 kilogrammes et envoyé finalement, sous cette pression, dans des réservoirs cylindriques placés" sur chaque véhicule. Entre ce réservoir et les lampes se trouve un détendeur «pii abaisse la pression kdu gaz d’une quantité déterminée avant son introduction dans le brûleur des lampes.
- Rans les lampes ordinaires des voitures, on obtient avec le gaz d’huile, auquel on donne le nom de gaz riche, un pouvoir éclairant d’environ 0 dixièmes de carcel par lampe, en consommant 25 litres de gaz par heure. Cette intensité lumineuse est insuffisante, quoique de beaucoup supérieure à celle qu’on obtenait avec la lampe à l’huile de colza et qui n’était que d’environ I/o de carcel pour une consommation horaire de 17 grammes d’huile.
- Pour accroître cette intensité lumineuse on eut tout d’abord recours à la récupération, procédé qui consiste à réchauffer le gaz ou l’air par les produits de la combustion. Cette récupération permet, avec une même consommation de gaz, de doubler à peu près l’intensité lumineuse des lampes. Un obtient ainsi mi éclairage d’environ un carcel. C’est encore insuffisant et inférieur à ce qu'on obtient, par l’électricité où l’intensité lumineuse des lampes varie généralement entre 1,25 et I ,(>(> earcels.
- 11 existe un premier procédé pour augmenter cette intensité lumineuse, c’est celui qui consiste à enrichir le gaz d’huile en L'additionnant de 1/5 environ d’acétylène, ce qui, avec une consommation de 25 litres de gaz mixte par heure, donne une intensité lumineuse par lampe de 1,4 carcel. C’est le système employé à l’heure actuelle par la Compagnie du P.-L.-M. et. sur la presque, totalité des véhicules des chemins <le fer allemands.
- Il existe un second procédé, c’est celui de l’incandescence par le gaz riche et qui consiste à utiliser la très grande puissance calorifique de ce gaz pour porter à l’incandescence les manchons Auer. avec lesquels on entoure la flamme. Mais ce mode d’éclaiy rage, aujourd’hui si répandu dans les installations privées et (pii a donné de si brillants résultats pour l’éclairage des phares de second attérage ot. pour-lefc feux flottants, n’était pas sans présenter certaines difficultés pour son application aux voitures de chemins de fer. Il y avait à craindre que les chocs et les trépidations auxquels sont soumis les véhicules ne fussent une cause rapide de détérioration des manchons. Les améliorations apportées, dans ces derniers temps, à leur fabrication et à leur mode d’attache sur le brûleur ont permis de constater que cette crainte était de beaucoup exagérée et ({lie l’emploi des manchons était possible pour les véhicules de chemins de fer.
- C’est ce mode intensif d’éclairage que la Compagnie de l’Est applique aujourd’hui d’une manière presque générale à son matériel roulant. Après de soigneuses études de laboratoire et de nombreux essais en service courant, le Service du matériel et de la traction s’est arrêté au modèle de lampes que nous reproduisons sur la ligure ci-jointe et extraite du mémoire publié dans la « Revue des chemins de fer ». Avec une consommation horaire de gaz de 15 litres on obtient un pouvoir éclairant par bec de 2 carccls. C’est donc une intensité double de celle obtenue avec le gaz riche avec récupération (I carcel) et une économie de gaz de 10 litres par heure, c’est-à-dire 40 pour 100. Cette intensité lumineuse est supérieure à celle des lampes électriques. Quant à la durée des manchons, une expérience de
- 10 mois consécutifs a permis de constater que cette durée pouvait être estimée à 50 jours, pour un éclairage de 440 heures et un parcours de 28 500 kilomètres. La pression du gaz .à la sortie du brûleur doit être plus élevée qu'avec le gaz riche sans manchons et doit atteindre environ l'“,50 d’eau.
- Comme comparaison, la Compagnie de l’Est a fait des essais d’éclairage par incandescence avec le gaz de houille ordinaire comprimé à 10 kilogrammes. Avec une consommation horaire de 55 litres de gaz, c’est-à-dire 2,55 fois plus grande qu’avec le gaz riche, le pouvoir éclairant de la lampe n’atteignait que 1,8 carcel, c’est-à-dire moins que par l’incandescence avec le gaz riche. De plus, avec le gaz de houille,
- 11 se dépose sur les parties froides du manchon un dépôt rouge d’oxyde de fer qui, au bout de très peu
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- LA NATURE.
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- de temps, est une cause rapide d’altération des manchons, et naturellement une cause de dépenses avec laquelle il faut compter. Cette altération ne se produit pas avec le gaz riche.
- En présence de ces résultats, la Compagnie de l'Est n’a pas cru devoir, poursuivre les essais d’incandescence avec le gaz.de houille et s’est arretée définitivement,, comme nous le disions plus haut, à l’éclairage par incandescence avec le gaz d’huile.
- R.-B. Pradeli.e.
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- LES PLUMES MÉTALLIQUES .. _ 1
- Les anciens qutils de /’écrivain. — Aucune invention n’a rencontré, croyons-nous, un succès plus universel que. celle de la plume métallique, et, cela n’a rien d’étonnant si nous comparons cette plume aux outil? de l’écrivain d’autrefois. Aussi, avant d’étudier ^ la fabrication des plumes métalliques, devons-nous 'jeter un coup d’œil sur les anciens ustensiles employés pour l’écriture.
- Nous rencontrons, au début, deux systèmes: le « style )>; et le « roseau y. Le « style » ou « poinçon » servait h tracer le? caractères en creux sur des tablettes enduites d’une mince couche de cire ; fabriqué en os du en métal, grossièrement taillé ou sculpté avec art, ce petit instrument portait d’un coté une pointe effilée et de l’autre une tète aplatie servant à effacer l'écriture. Quand le poète Horace conseille à l’écrivain de « tourner son style », c’est dans le sens du précepte rappelé par Boileau :
- « Ajoutez quelquefois, niais souvent effacez ».
- C'est le style des anciens que nous voyons employé encore aujourd'hui par l’aveugle ; la pointe arrondie imprime en creux dans le papier fort les fi points de l’alphabet Braille, destinés à être lus en relief de l’autre coté, tandis que la tète aplatie permet d’effacer, en les écrasant, les points inexacts. Nous avons déjà reproduit sept modèles de styles employés par les aveugles de divers pays1.
- Quant à l’inscription, à l’aide d’une pointe, sur une surfaee enduite de cire, il est piquant de la retrouver, à quarante siècles de distance, sur le cylindre de notre moderne grannnophone.
- Si le style était commode et portatif, il n'en était pas de meme des tablettes; qu’elles fussent de bois, de pierre ou de plomb, leur poids ne permettait de les employer que sous des dimensions réduites, et seulement pour prendre des notes. Pour les écrits de quelque importance, on les confiait au papyrus ou au parchemin, sur lequel on écrivait avec un roseau taillé en biseau, et dont la pointe, appelée par Ausone « tissipes » (pied fendu) rappelait en effet, avec ses deux,becs jumeaux, le pied fendu des ruminants. Comme on le voit (iig. -4, n°7>), la pointe du roseau comportait deux becs, ainsi (pie notre plume actuelle. Notre dessin, d’après un modèle de l’ancienne Égypte, représente un roseau de 0m,15
- 1 Voy. n» 732, du 11 ;uin 1887, p. 18.
- de long et de 7 millimètres de diamètre. Ce sont exactement les dimensions de longueur et de grosseur que l'on retrouve dans les porte-plume distribués aux enfants dans nos écoles. La pointe du roseau était trempée dans un récipient contenant de l’encre rouge ou noire ; on se servait de deux roseaux, un pour chaque encre, et le scribe plaçait derrière son oreille celui qui ne lui servait pas. C’est ainsi qu’est représenté un scribe d'autrefois, sur un des plus anciens monuments de la ville de Thèbes, et nous pouvons lui comparer notre commis ou employé moderne mettant son porte-plume derrière l’oreille, à défaut d’un autre support.
- Le roseau (calame) était d'abord taillé avec un canif, puis la pointe en était aiguisée soigneusement sur une pierre, ainsi que nous le rappellent ces vers d’un poème grec, traduit par l’helléniste Egger:
- « Ce calame, assoupli par maints détours adroits ;
- Ce canif, qui le fend et l’amincit ; la pierre
- Où le roseau s’aiguise; enfin ma trousse entière,
- Avec le polissoir, l’éponge et l’encrier.... »
- La plume d'oie. — Tout cela était encore bien compliqué, et la fragilité du roseau en restreignit l’usage aussitôt que les ealligraphes eurent à leur disposition une autre matière. Cette matière, souple et élastique, était la plume arrachée de l’aile d’un oiseau. Ce lurent les plumes du corbeau (pie l’on essaya d’abord pour les manuscrits du moyen Age ; vinrent ensuite diverses plumes, telles que celles du cygne, de T outarde, du vautour, de l’aigle, du pélican, enfin et surtout celle qui eut le plus long succès et n’est pas encore complètement abandonnée, la plume d’oie, qui marque la période de transition entre l'Age du style et du calame et l’Age de la plume d’acier moderne. Ici encore, on se trouve en face de la nécessité de tailler les becs de la plume, mais ils sont moins délicats que ceux du roseau, et une bonne plume d’oie, bien taillée, faisait presque-un aussi long usage que nos plumes métalliques ordinaires. Longtemps après avoir été délaissée pour l’écriture ordinaire, la plume d’oie a été employée encore pour l’écriture en ronde, et l’on se rappelle la tâche ardue du professeur d’écriture d’il y a quelques années, l'orcé de prendre sur ses heures de repos pour préparer sa provision de plumes; on ne pouvait en effet confier ce travail aux mains d’un enfant, vu l’emploi du canif. De plus, il fallait un long apprentissage pour devenir habile dans cette opération. Rappelons-la en quelques mots. Le choix de la plume, d’abord : ce choix n’était pas indifférent, et un vieil auteur anglais en a posé les principes: « Prenez une plume d’oie, la troisième ou quatrième de l’aile. A la rigueur, vous pourriez la remplacer par une [thune de corbeau, mais ce qu’il y aurait encore de mieux ce serait une plume de jars.... »
- La plume d’oie devait présenter une portion bien cylindrique sur une certaine longueur, afin de ne pas tourner dans les doigts. Sa teinte jaune devait indiquer qu’elle était bien sèche, et arrachée à l’ani-
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- la nature.
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- mal depuis au moins une année; il est vrai (|ue certains fournisseurs, experts en chimie, obtenaient celte coloration artificiellement à l'aide d'acide chlorhydrique, ce qui rendait les [dûmes cassaules. Les premières [tînmes d'oie avaient le grave inconvénient d’être Irop grasses, par suite de la substance huileuse qui les imprégnait. Les Hollandais imaginèrent de faire sécher les [dûmes dans des él u ves rem-plies de cendre chaude; de là le nom de « hollandaises » donné aux premières plumes ainsi traitées. La plume une fois choisie et bien dégraissée, nous arrivons à l’opération principale, consistant à former la pointe. On commence par faire une entaille transversale destinée à enlever la partie conique du bout. On enfonce dans celte plume, en forçant légèrement, une autre [tlume de même grosseur, ce qui fait éclater la première et produit deux fentes longitudinales parallèles aux filtres de la plume. On a ainsi un cylindre de 5 à ft centimètres de longueur, fendu sur deux de ses génératrices opposées ; le canif in-tervient alors [tour supprimer une de ces moitiés de cylindre; sur la moitié restante, on taille la pointe par deux coups de canif obliques et convergents; on appuie cette pointe sur l’ongle du pouce gauche et ou fait la fente par une légère pression du canif. Enfin, la pointe devant être un peu émoussée, [tour éviter de faire crier la [thune sur le papier, on fait en travers de cette pointe une petite entaille
- oblique. Voilà la [tlume prêle pour l’écriture. Ce qui précède rappellera à ceux qui ont connu l’usage des [tînmes d'oie quel temps l'on perdait à les préparer
- soi-même, à moins de les acheter toutes taillées. Rramah , inventeur anglais, le même [tout-être qui inventa l’anneau fameux de la [tresse hydraulique, eut. l’idée de fabriquer des morceaux de tuyaux de [thunes d'oie tout taillés d’avance, et ayant la forme de nos plumes métalliques actuelles. Mais cette fabrication mécanique ne donnait pas les becs irréprochables exigés [tar les amateurs, et l’invention n’eut aucun succès. En 1881, il ne restait plus en France que 8 apprê-teurs de plume d’oie; celles-ci coûtaient à cette époqueo centimes pièce, ce qui n’était pas trop cher. Créer une [tlume qui ne se taille pas, et assez bon marché pour qu'on put la jeter une fois usée, tel était le problème que se posèrent depuis cent ans un certain nombre
- d’inventeurs. Il serait difficile de dire quel fut le véritable créateur de la [tlume métallique, car bien des essais furent faits avant la [irise des premiers brevets.
- Invention de la plume métallique.— En 1750 le français Ar-noux, à Rouen, essaya de fabriquer des [tînmes d’acier, mais il dut y renoncer devant le prix de revient. La première exploitation sérieuse fut faite en Amérique par un ouvrier joaillier de Rallimore, Peregrine Williamson qui, suivant les cours du soir, trouvait trop long de tailler ses plumes d’oie. Il se fabriqua
- r~
- Fijr. 2. — Plume aux diverses phases de sa fabrication.
- 1. Flan déccfupé. — 2. Foutes latérales. — 3. Évidement central, i. Courbure cl l'ente. — 5. Déchets après découpage des Hans.
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- une plume d’acier, y lit doux fentes latérales, une de chaque coté, pour lui donner de l’élasticité, et fendit la pointe en deux becs jumeaux. Son invention, ipii lui rapporta de beaux bénéfices, attira l’attention des Anglais, qui importèrent chez eux cette fabrication. La première fabrique de plumes d’acier à Londres fut fondée par Wise en 180b.
- Ses successeurs, (iillott et Perry, perfectionnèrent les procédés primitifs. Les premières plumes fabriquées avaient la forme d’un long cylindre, dont l'une des extrémités était taillée en forme de pointe fendue; on enfilait ce cylindre au bout d’un manche en bois. Aujourd’hui encore, nous retrouvons cette disposition adoptée pour nos petites plumes à dessin.
- Ces premières plumes coûtaient fort cher, b shillings la pièce, soit 6fV,25, aussi ne faut-il pas s’étonner du soin que l’on en prenait, en employant, pour les transporter dans la
- poche, des étuis en os ou en ivoire dont quelques-uns tout à fait artistiques. C’est à (iillott et à Perry (pie nous devons la création des plumes ayant la forme actuelle. En leur donnant des dimensions ré-
- duites au minimum utile, on pouvait ainsi emplover h leur fabrication des aciers de qualité supérieure; ([liant au dispositif destiné à les assembler avec le porte-plume, il consistait en une monture en métal commun. Le premier brevet d’invention pour une
- plume métallique a été [iris par Perry en 18b0. Ce Perry, de Manchester, fut Pim des [dus grands vulgarisateurs de la nouvelle plume d’acier ; c’est lui qui eut l'idée de faire la fente de la plume dans la masse du métal ; j usque-là, cette lente était produite par la juxtaposition des deux génératrices du cylindre. Comme ce cylindre s’ouvrait rapidement, les plumes ne pouvaient faire un long service. Perry découpait dans une feuille d'acier mince, avec un emporte-pièce, le flan destiné à devenir la plume future ; arrondi en forme de gouttière, puis fendu avec un ciseau aigu, ce flan se transformait ainsi en plume, (iillott substitua au découpage à la main, employé par Perry, l’emploi du balancier ou presse à estamper. 11 perfectionna aussi la trempe, le nettoyage, le polissage, et donna à la plume la flexibilité voulue, ce qui lui permit de
- Fig. 5. — Estampage de la marque.
- Fip. 4 — l'iurne américaine en or, vissée sur le porte-plume. — 2. l’iume eu verre. — 3. Roseau égyptien. 4 el 3. Plumes « Audascripl » pour écrire sur les paquets.
- lutter de plus en plus contre la [ilmue d’oie. C’est en 1846 que l’industrie des [dûmes métalliques fut importée en France, et par deiix hommes étrangers à l’industrie: l’un, Blanzy, directeur de messageries; l’autre, Poure, professeur de mathématiques. Us s’associèrent pour fonder à Boulogne la fabrique
- connue aujourd’hui dans le monde entier, et qui, modeste à ses débuts, occupe actuellement plus de 1 (flK) ouvriers et ouvrières. SurbOOOOOkg déplumés d’acier fabriquées aujourd’hui en France, la maison Blanzy-Poure en produit à elle seule 200000.
- Quant à la production totale du inonde entier, elle
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- est de 5 milliards de plumes, soit deux par habitant de noire planète, déduction laite des sauvages ne connaissant aucune écriture, et des Chinois qui restent lidèles à leur pinceau.
- Il n’y a que 16 fabriques de plumes sur tout le globe, et elles sont cantonnées dans les quatre villes suivantes : Rirmingham, Berlin, New-York et Boulogne-sur-Mer.
- Fabrication. — Nous allons maintenant passer en revue sommairement les principales opérations par lesquelles passe la feuille d’acier pour devenir une bonne plume.
- La première de ces opérations est le « laminage » à froid des bandes, préalablement trempées dans l’huile, pour éviter l’écrouissage; ces bandes passent alors par les mains d’habiles ouvrières, qui font le « découpage » des Hans à la machine ; cette machine est une presse à découper à balancier. Il faut obtenir une parfaite régularité des contours et perdre le moins de métal possible. La figure 1 de nos dessins représente cette opération du découpage faite par une ouvrière boulonnaise, coiffée de son bonnet caractéristique. La figure 2 montre au n° 1 le flan découpé et plat ; le n° 5 montre une portion du déchet de la plaque. Après le découpage, viennent le « marquage » à l’aide d’un petit mouton (fig. 5), le « perçage », qui donne les fentes latérales destinées à assurer l’élasticité de la future plume; le « formage », qui lui donne la forme de gouttière cylindrique; la « trempe »,,qui assure sa dureté plus ou moins grande. On dégraisse les plumes par le « doucissage » ; cette opération consiste à les faire bouillir dans une forte solution de soude, puis on les sèche dans un cylindre tournant analogue à nos brûloirs à café. Vient ensuite le « nettoyage », consistant à faire tourner les plumes pendant 48 heures dans des barils remplis de grès et d’émeri mouillé et très fin; elles en sortent ébarbées et polies, puis, après un second nettoyage à sec, elles sont « aiguisées » une à une sur une meule verticale en bois, à émeri; l'ouvrière saisit le talon avec une pince et présente le dos de la pointe en long à la meule; ensuite, pendant 2 ou 5 secondes, elle présente cette pointe en travers; on obtient ainsi l’aiguisage en travers, visible sur la plupart des plumes, et qui complète l’élasticité des becs. On peut traiter ainsi 15 000 plumes par jour. Ce n’est qu’après toutes ces opérations (jue la plume est soumise au « fendage » ; cette opération, la plus délicate de toutes, puisqu’elle a lieu sur un produit presque terminé, se fait avec une presse à main; ce n’est que pour les plumes communes qu’on la fait à la machine. La presse à main se compose de deux blocs d’acier fin, trempé très dur, à bords extrêmement tranchants, agissant «onnne une paire de cisailles. La plume est dirigée vers le point de rencontre des deux blocs, au moyen de guides tixés à la presse, et maintenue au point exact où les ciseaux se referment ; la fente se dessinera nettement depuis la pointe jusqu’au trou central; une fois la lame d’acier relevée, la fente se
- referme, et il est difficile de la voir à l’œil nu. four donner une idée de l’adresse à laquelle parviennent les tendeurs de {dûmes, je citerai le fait qu’ils peuvent faire dans la même plume jusqu’à 6 fentes convergeant à la pointe, ce qui donne, une plume possédant 7 becs fonctionnant tous d’aceord. Les {dûmes à 5 becs se trouvent dans le commerce. La lente doit donner des becs ayant rigoureusement la même largeur à la base. La dernière opération est le « vernissage » ; les {dûmes peuvent être recouvertes d’un enduit tel ({lie vernis, dorure, bronzage, bleuissage, etc. Ces diverses colorations, obtenues par oxydation ou par la galvanoplastie, sont destinées non seulement à les préserver de la rouille due à l’humidité, mais encore de l’oxydation causée par les encres acides. Avant d’être achevée, la petite plume est {lassée par 20 mains différentes, donnant ainsi un exemple frappant de division du travail; sa fabrication n’exige que des doigts très souples. Je n’insisterai pas sur le « triage », qui fait rejeter toutes les plumes défectueuses, ni sur 1’ « empaquetage », pour lequel les fabricants rivalisent de goût et d’ingéniosité pour présenter leurs produits sous la forme la plus séduisante à l’œil, surtout pour les échantillons. Les tableaux composés avec des plumes aux devantures de certaines grandes maisons sont de véritables œuvres d’art. >
- Les prix varient avec les diverses qualités ; on arrive à livrer des plumes communes à O1' ,22 la'grosse;, ce chiffre peut être mis en regard du prix de 5 shillings pièce payé pour les premières plumes Perry, et la même grosse de plumes qui se vendait 165 francs il y a 50 ans se trouve aujourd’hui couramment pour 0fr,60. Le prix de vente moyen est de 0fl ,70 la grosse. 100 kg de plumes finies donnent environ 1741 grosses, ce qui fournit un poids moyen de 57gr,4 pour une grosse finie. Le déchet de fabrication est d’environ 54 pour 100; soit à peu près le tiers.
- La fabrication des plumes du monde entier exigeant 5000 tonnes d’acier, on voit que les 5000 tonnes de la tour Eiffel seraient absorbées en moins de deux ans si on voulait la convertir en plumes métalliques.
- Plumes en or. — Avant de parler des diverses formes et dimensions des plumes d’acier, je dois dire un mot des plumes en or, employées en Amérique, et dont la fabrication s’est beaucoup développée dans ces derniers temps1.
- Malgré leur prix élevé, les plumes en or sont très estimées de l’autre côté de l’Atlantique, parce qu’elles sont inusables; en cas d’accident, on fait réparer sa plume chez le premier bijoutier venu. Elles se composent d’or fortement allié d’argent ou de cuivre que l’on fond en lingot de 0m,50 de long sur 0m,65 de large et 0m,05 d’épaisseur. Chauffé au rouge cerise, ce lingot est plongé dans de l’eau acidulée d’acide sulfurique, puis laminé à l’épaisseur plus forte que celle de la plume. Comme pour les plumes d’acier, la plaque est découpée en flans. Le point intéressant est le soudage de la pointe en iridium, fabriqué en
- 1 Voy. n° 1574, du 25 juillet 1903, p. 123.
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- petits grains; l’iridium ne s’émousse pas et fournit des pointes meilleures que le platine. Au bout de la plume, on fait une petite encoche à la meule ; on y met le grain d’iridium, on mouille avec une dissolution de borax et l’on soude au chalumeau. Puis on lamine à diverses reprises (passes); la pointe échappe à l’écrasement; la fente est faite avec un disque en cuivre très mince garni d’émeri, qui ne fait qu’amorcer cette fente ; on la termine avec une lame d’acier. Une scie d’une finesse extraordinaire fait une incision à angle droit; on polit à l’émeri, puis on enlève à la fraise les bavures de la fente. On diminue légèrement le poli sur une meule, pour que la plume puisse mieux retenir l’encre. Les déchets (10 pour 100) se retrouvent dans les balayures et les eaux de lavage de l’atelier. Notre dessin (fig. 4, n° 1), montre une plume d’or vissée au bout de son porte-plume.
- Outre la concurrence faite par les plumes en or aux plumes d’acier (et ces dernières seront-tou jours employées de préférence à cause de leur bon marché), il faut citer celle des « machines à écrire », des « stylographes » et « plumes stylographiques », des « crayons » sous toutes leurs formes ; malgré tout, la production de la plume d’acier augmente d’année en année, et son exportation se développe surtout dans les pays d’Orient. Chose curieuse, en effet, les musulmans ont accepté avec empressement la plume métallique, sans jamais avoir voulu se servir de la plume d’oie, laquelle ayant appartenu à une créature, leur est interdite par le Coran.
- Arthur Good.
- ÉCHELLES À POISSONS ET BARRAGES1
- ii
- Le besoin impérieux d’assurer le passage des poissons migrateurs dans les fleuves et les cours d’eau encombrés de seuils naturels ou de barrages artificiels, a suggéré l’idée de pourvoir ces obstacles, qui entravent la libre circulation des habitants des eaux, d’ouvertures ou de conduits, plus ou moins compliqués, auxquels on a donné le nom « d’échelles à poissons ».
- Quelques-unes de ces échelles, dont les plus connues ont été citées dans l’article précédent, fonctionnent avec succès, dit-on, à l’étranger. En France, cette intéressante question fut mise à l’étude par les soins de l’administration des Ponts et Chaussées. Avec une remarquable conception du travail à accomplir, après s’être préalablement entouré de tous les renseignements propres à faciliter le succès des expériences entreprises, feu M. l’inspecteur général Caméré imagina une échelle à poissons d’un système nouveau, rappelant peut-être par certains côtés celui de Mac Donald, quoique le principe fût différent, mais ne ressemblant à aucun des autres systèmes préconisés jusqu’à ce jour.
- 1 Voy. n° 1579, du 29 août 1903, p. 197.
- Les premiers essais entrepris d’abord sur la basse Seine, aux barrages de Martot, Saint-Aubin et la Blancheterre, sous la direction de M. Caméré furent ensuite continués par un éminent technicien, M. l'ingénieur en chef G. Lavollée, qui recherche activement, depuis plusieurs années, le moyen de rétablir à peu de frais les courants de migration des poissons dans les bassins fluviaux. En ce qui concerne particulièrement la Seine et l’Yonne, le problème est des plus ardus, car la circulation des espèces anadromes se trouve singulièrement entravée par les 5o barrages de navigation qui opposent aux Salmonidés venant de la mer des obstacles insurmontables. Néanmoins, à l’aide des échelles Caméré, auxquelles M. Lavollée a fait subir des modifications et des améliorations importantes, on espère résoudre pratiquement et économiquement ce problème.
- Le principe de ce système « réside dans la substitution de cloisons liquides jaillissantes aux cloisons fixes des échelles à chicane ». Ces cloisons liquides sont destinées à produire unralentissement de la nappe d’eau qui descend du bief d’amont dans le bief d’aval « sans interposition d’aucun obstacle transversal ».
- Sans entrer dans des détails d’ordre technique, que ne comporte pas du reste le présent article, je vais tâcher néanmoins de donner très succinctement un aperçu de cette nouvelle échelle en indiquant sommairement les principales conditions dans lesquelles elle semble pouvoir être utilisée.
- Des observations nombreuses et récentes ont dé-montréquelesmigrateurs, notamment les Salmonidés, ne passent pas subitement de l’eau salée dans l’eau douce. Ils séjournent d’abord un certain temps dans les eaux saumâtres; puis, ils cherchent l’endroit le plus profond de la rivière pour tracer leur chemin. Dans les excavations ou les affouillo-ments qui se trouvent en aval des barrages, ils stationnent encore quelque temps cherchant l’endroit le plus bas, et, par conséquent, le point où la nappe d’eau atteint son maximum d’épaisseur, pour essayer de franchir l’obstacle dressé en travers de leur route. L’emplacement que doit occuper une échelle à poissons, destinée à faciliter leur passage, parait donc nettement indiqué. Mais il ne suffit pas de placer, d’une manière quelconque, une machine de ce genre sur un barrage pour assurer la libre circulation des habitants des eaux. L’expérience a prouvé que la vitesse d’un courant traversant une échelle doit être suffisante, c’est-à-dire atteindre au minimum lm,25 par seconde, de manière que le bouillonnement produit dans le bief d’aval, au sortir du canal, attire l’attention du poisson. Néanmoins, celte vitesse ne saurait excéder, sans inconvénient sérieux, 3m,50 par seconde; chiffre maximum de la rapidité d’un courant que des saunions pesant de 5 à 6 kilogrammes peuvent être capables de remonter avec succès.
- Il s’agit donc de proportionner non seulement la longueur et l’inclinaison de l’échelle à la hauteur du barrage, mais encore de fournir au poisson une veine
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- liquide d'épaisseur assez grande pour qu’il puisse se mouvoir aisément. Des intéressantes observations de M. l'ingénieur en chef La voilée1, il ressort qu’une tranche d’eau de ()tn,5() de profondeur est indispen-
- sable au saumon de taille moyenne pour assurer sa tranquillité et le libre usage de ses mouvements. En outre, et afin d’éviter que le poisson ne se blesse contre les bords de la beine, le canal doit avoir,
- Fig. 1. — Le barrage du Moulin-Rouge ou de la rive droite. Au centre, écoulement de l’eau par l’échelle à poissons, tous orifices ouverts.
- au moins, 0m,50 de largeur et plutôt davantage. voilée a installé, en 1901, sur le Loing, au barrage A la suite de ces constatations pratiques, M. La- du Moulin-Rouge, près Nemours (Seine-et-Marne),
- (58,38)
- t’ig- 2. Fig. 3.
- Coupe du barrage du Moulin-Üouge. Graphique de la nappe liquide à l’échelle du barrage du Moulin-Rouge.
- Ligne ------ A-. Aucun orifice n’est ouvert; Ligne------------ B. Les orifices de fonds sont seuls ouverts;
- Ligne-----------C. Les orifices latéraux sont seuls ouverts; Ligne..............R. Tous les orifices sont ouverts.
- une échelle du genre représentée en coupe figure 2 et en perspective figure 1.
- Cette échelle à cloisons d’arrêt liquides, établie tout
- 1 Expériences faites au barrage mobile du Moulin-Rouge (noies et rapport de l'ingénieur en chef, 50 novembre 1901).
- entière dans le bief d'amont, se compose d'un couloir à section complètement libre, dont les faces latérales et la paroi du fond sont pourvues d’orifices pouvant être partiellement ou totalement ouverts ou fermés h l’aide d’obturateurs spéciaux, actionnés par des
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- leviers de manœuvre. Ces orifices sont entaillés en du fond et des bajoyers, 0, 0, 0 (iig. 2). Leurs forme de rainure dans l’épaisseur de la plate-forme faces, inclinées vers l’amont, sous un angle de 45°,
- F‘g. 4.
- Vanne de tète ouverte. Ajutages de fonds ouverts, les autres fermés.
- Fig. 5.
- Vanne do tite ouverte. Ajutages ouverts d’un côté.
- Fig. 6.
- Vanne de tête ouverte. Ajutages de côté ouverts.
- permet au liquide de jaillir obliquement au milieu du courant principal. L'espacement de ces rainures,
- Fig. 7.
- Vanne de tète ouverte. Tous les ajutages ouverts
- réparties sur toute la longueur de l’échelle, est calculé de façon que leur distance respective aille en
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- croissant de l'amont à l'aval. Les veines jaillissantes, auxquelles ces ouvertures livrent passage, provoquent des arrêts partiels au sein de la nappe descendante qu’elles heurtent sur nn très grand nombre de points à la lois. Les refoulements successifs et les frottements qui en résultent, ralentissant considérablement la vitesse d’écoulement de la masse liquide, occasionnent en même temps une augmentation de hauteur très sensible de la colonne d’eau.
- Ce dispositif, très simple et fort ingénieux, a permis h M. Lavollée de réaliser toute une série d’expériences offrant le plus grand intérêt. Le graphique récapitulatif ci-joint (fig. 3), dressé par ce savant ingénieur pour résumer le résultat de ses observations, montre clairement la marche et la hauteur des tranches liquides obtenues à l’aide des diverses combinaisons adoptées. Ces combinaisons, dont les résultats sont visibles sur les figures 4, 5, b et 7, peuvent être très sommairement résumées ainsi :
- A (ligne la plus basse). Tous les orifices sont fermés; l’eau descend librement dans le couloir sans aucun ralentissement. Une dépression très apparente se manifeste à gauche en tête de la bâche, où la hauteur de la nappe liquide s’abaisse brusquement de 0,n,50 à O111,25. Plus loin elle tombe à 0m,19, puis h 0m, 14 et, finalement, elle se relève jusqu’au niveau du bief inférieur.
- On remarquera que la vitesse superficielle de l’eau (3tn,40 par seconde) étant relativement considérable, comparée à la faible épaisseur du liquide, rendrait, en pareil cas, la remonte dn poisson presque impossible.
- H (fig. 4). Les orifices du fond sont ouverts. L’eau du bief d’amont, violemment précipitée dans le couloir par les rainures 0, 0, O, gonfle la veine liquide principale et ralentit sa vitesse. Ici la chute n’est plus que de 0m,12 à l’entrée. L’épaisseur de la nappe acquiert successivement 0™,53, 0m,55, et la vitesse superficielle est réduite à 2m,50 par seconde.
- C (fig. 5 et 6). Si, au lieu d’ouvrir les orifices de fond, on démasque les fentes latérales, la situation sc modifie légèrement. Dans le premier cas (ligne B), la nappe était unie, dans le second cas, au contraire, un bouillonnement intense se produit et les ondes agitées qu’il occasionne sont plutôt favorables puisqu’elles attirent l’attention du poisson.
- D (fig. 7) (ligne supérieure). Tous les orifices sont ouverts; la veine liquide, fortement gonflée, atteint son maximum de hauteur. La vitesse théorique n’est plus que de lm,70 et le débit s’est abaissé jusqu’à 1 mètre cube par seconde.
- Tels sont, trop succinctement exposés, les résultats fournis par les expériences poursuivies depuis plusieurs années sur le Loing, au barrage du Moulin-Rouge. L’échelle qui a servi pour ces études est construite en bois. Elle est d’une grande simplicité et son prix de revient est minime. M. l’ingénieur en chef Lavollée estime que la dépense, pour établir une échelle en pitchpin de 11,1,10 de largeur, destinée à une hauteur de chute de 1 mètre, ne doit pas
- dépasser 500 francs. Le prix de construction et d’installation serait doublé par une chute de 2 mètres, et il atteindrait environ 2000 francs pour une chute de o mètres. Le coût d’échelles de moindre largeur serait sensiblement abaissé.
- En résumé futilité des échelles à poissons ne saurait être contestable. Leur établissement, lorsqu’il s’agit de barrages de navigation ou de seuils rocheux naturels, n’offre pas de sérieuses difficultés pour nos ingénieurs. Mais il n’en est pas tout à fait de même en ce qui concerne certains barrages industriels, et il arrive trop souvent que les agents de l’administration se trouvent en présence de résistances invincibles de la part de certains propriétaires d’usines ou des fermiers de pêche. Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une usine fondée en titre ou d’un établissement de création récente, aucun industriel n’a le droit de s’opposer à l’installation d’une échelle à poissons sur un barrage : libre à lui de demander une indemnité s’il y a lieu. Et, si les dispositions de l’article premier, § 2, de la loi du 31 mai 1865, sur les formalités de classement, et celles de la loi du 8 avril 1898, sur le régime des eaux, sont jugées insuffisantes pour sauvegarder les intérêts généraux des consommateurs, il n’y a qu’à les modifier.
- La réalisation de l’œuvre commencée par M. Caméré et poursuivie avec une très haute compétence par M. Lavollée, exigerait une dépense de 250 000 francs environ. Cette dépense est minime, comparée aux avantages considérables qu’elle procurerait, tant au point de vue du repeuplement et de l’assainissement des cours d’eau, qu’à celui de l’alimentation publique. La commission d’enquête du département de la Seine l’a si bien compris, qu’elle a entièrement adopté les conclusions du rapport très documenté dont M. l'ingénieur en chef Lavollée avait été chargé.
- Les études pratiques entreprises sur le Loing, au barrage mobile du Moulin-Rouge, permettent d’affirmer que le fonctionnement de l’échelle à poissons, mise en expérience depuis plusieurs années, a été normal, régulier, et que cette échelle a rempli les conditions requises. Dans ces conditions-là, il est urgent de se hâter pendant qu’il en est temps encore, car le dépeuplement de nos cours d’eau s’accentue chaque jour davantage. Différer plus longtemps la réalisation de ce projet utile et peu coûteux, ce serait s’exposer à rendre le mal peut-être irréparable. Émile Beuloc,
- Président honoraire de la Société d’aquiculture
- LE GLACIER DU MONT-PERDU
- Un reproche auquel nous sommes particulièrement sensibles, nous autres pyrénéistes fervents et convaincus, c’est d’entendre sans cesse, quand nous entamons l’éloge de la chaîne qui nous tient au cœur, certains habitués des Alpes prétendre ou affirmer qu’il n’existe point de glaciers dans les Pyrénées. Assurément, nos montagnes, plus au midi et moins altières, n’offrent pas au dilettante des masses
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- hyperborées comparables à celles de la Suisse et de la Savoie, où la prodigieuse coulée d’Aletsch, la symphonie en blanc majeur du Mont-Rose, la Mer de Glace de Chamonix, l’emportent haut la main. On ne peut guère opposer à cette débauche de frimas les voiles de la Maladetta, la parure immaculée du Pic-Long, voire l’écharpe du Yignemale. Toute concurrence reste impossible. Mais cette supériorité des Alpes n’empêche pas les neiges des Pyrénées de compter, de briller au soleil, et nous aimons à croire notamment que le glacier du Mont-Perdu, par son ampleur et sa beauté, par ses étages, ses crevasses et ses avalanches, par ses écroulements de" séracs, confondrait le parti pris le plus invétéré, serait en son genre l’heureux rival de ceux d’outre-Rhône, si les enthousiastes de Grindelwald, de Zermatt et autres lieux se donnaient la peine d’aller le contempler, ne fùt-ce que de Tuquerouye.
- La façon de se présenter du Mont-Perdu forme une de ces grandes scènes de la nature dont le globe terrestre se glorifie et qui sont considérées et classées comme uniques au monde. On le découvre subitement d’une des embrasures du cirque d’Estaubé, et depuis Ramond, qui mit l'admiration en branle, son apparition a été célébrée à l’envi et sur tous les tons. La façade qu’il fallait à ce monument géologique ne lui a point été refusée par le Créateur. Pas d’écran plus monstrueux. On aperçoit d’abord une calotte neigeuse; le fronton qu’elle coiffe, vaste et très surbaissé, descend à l’ouest, dans la direction du Cylindre, et à l’est, du côté de la vallée de Pinède où il s’abat. Un majestueux contrefort semi-conique fait retour en avant. Le seuil du col du Mont-Perdu se prolonge, devient une paroi rocheuse, légèrement oblique, sous le milieu du fronton et crée le deuxième étage; un autre gradin existe au-dessous, interrompu par des couloirs, lancé par le soubassement du Cylindre, et aboutissant à un vide énorme, par où tout un Niagara paléocrystique se déverse, car c’est sur cet entassement de falaises calcaires et principalement dans un vallonnement qu’elles embrassent, (pie trône le glacier du Mont-Perdu.
- Afin de mieux frapper l’esprit, en un mot d’y faire image, ajoutons que le Mont-Perdu porte son glacier devant lui, embossé au creux de son aisselle droite, la masse entière contenue et dirigée le long de la poitrine par le bras ou plutôt le contrefort qui épaule la partie orientale de la montagne. Cette inondation * figée retlue. vers le Cylindre, s’y heurte, déborde comme par des vomitoires, puis, s’accumule en une banquise colossale de près de 1 kilomètre de long sur 100 à 150 mètres de hauteur. Un liséré neigeux chaperonne le frontispice, l’étage au-dessous fléchit sous un poids énorme, et comme des avalanches en tombent continuellement sur les séracs inférieurs, et que ceux-ci, ébranlés à leur tour, s’abîment, couvrant de leurs débris une prade semblable à un ice-field, on peut dire que le glacier du Mont-Perdu se répand en cascades, à l’image d’un château d’eau.
- Ce spectacle extraordinaire ne fut longtemps
- connu que des contrebandiers qui, bien avant la Révolution, franchissaient la brèche de Tuquerouye pour aller cacher leurs ballots dans la vallée de Niscle. En 1797, Ramond, instruit de la praticabilité de l’Échelle de Glace, s’élança sur leurs brisées et fut, une fois en présence du Titan de marbre, quoique arrivant de Suisse, littéralement abasourdi.
- « Du Mont-Rlanc même il faut venir au Mont-Perdu ! » Il douta aussitôt de s’ouvrir un passage dans ce chaos de glaciers et de murailles « où la main des géants semble avoir appliqué l'aplomb et le cordeau». Et pourtant, les chasseurs d’isards s'y aventuraient, car vingt ans plus tard, un simple paysan de Cèdre mena directement de Tuquerouye au col du Mont-Perdu Frédéric Parrot (pii, sans le savoir, inaugura le chemin par lequel de nos jours s’est popularisée l’ascension du pie. 11 n’en fallut pas moins patienter jusqu’en 1888 pour entendre parler du glacier du Mont-Perdu comme il le méritait. Cette année-là, avec les guides Célestin Passet et Rernat-Sallcs, de Gavarnie, le comte Roger de Moûts conquit la maîtresse cime du Marboré en escaladant, par le milieu, la terrible banquise (pii en défendait l’accès nord, course célèbre dans les annales du pyrénéisme et renouvelée depuis par quelques personnes. On longe des obélisques transparents, on parcourt des ruelles ouvertes dans la glace vive, on passe sous des arcades de cristal ; des cavernes bleuâtres s’ouvrent ; mille pendentifs menacent ; cette pâleur de mort (pii se propage sans relâche vous serre le cœur. Sous les coups répétés du piolet des blocs invisibles se détachent dans des cavités intérieures où sourdement ils résonnent.
- Qui tient à voir de près le glacier du Mont-Perdu doit contourner le Lac Glacé et franchir successivement tous les dos d’âne (pii en échancrent les rives; une corniche, large et plane comme une route, permet alors de descendre dans le bassin où naît la Cinca, affluent du Sègre qui grossit l’Ebre près de Mequinenza. Une fois en bas, on saute un torrent, on entend des canonnades qui promettent, on atteint une éminence encombrée de débris crayeux, du haut de laquelle le mur des séracs fait grand effet au milieu des remparts qui l’étreignent ou (pii le surmontent; la calotte sommitale manque à l’appel. Vers le col d’Astazou, la Mer de Glace du Mont-Perdu se découvre également, névés, banquettes, moraines, ruines et circulation des eaux. Là, s’étend un épais manteau de neige sous lequel s’embusquent des torrents dont parfois de vastes fondrières mettent à nu la perfidie. Certaines années, cette froide carapace fond complètement, tous scs dessous s’étalent au grand jour, on a affaire à une cuvette de lac préhistorique. Moment à saisir par un cartographe qui désirerait noter les méandres et les confluents des gaves qui s’y écoulent ainsi que l’emplacement des mares qui s’y immobilisent. De leur ensemble résultent deux forts ruissellements qui, chacun dans son ravin, causent le dédoublement de la cascade de Pinède. Le glacier du Mont-Perdu ne peut donc pas,
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- grâce à ce phénomène des plus bizarres, être considéré comme se continuant dans ce bassin arctique.
- Une butte morainique apparaît bizarrement sillonnée comme par une charrue gigantesque. Au delà, on traverse le second torrent, à l’aide de pierres émergentes quand les ponts de neige se sont évanouis; il est quelque peu rapide. On embarque enfin, après une courte descente dans des gravais, sur le glacier proprement dit dont la tranche fangeuse se détache du sol eu manière de bec. la* 22 août HMH, la délimitation était précise, (à* rebord est tellement jonché de pierraille qu’on ne se croirait pas sur de la glace; la marche s’en trouve facilitée. La montée s’accentue. Les pierres devien-
- nent plus rares, mais les rides de la surface font compensation. De profondes rigoles clapotent. (In remarque que les éhoulements se produisent seulement aux deux extrémités de la banquise, la partie médiane restant indemne quoique d’altitude fort peu bénévole et d’accès très difficile.
- Entre l’Épaule du Mont-Pwrdu et le glacier se creuse un véritable barranco. La pente raidit à mesure qu'on en approche. De la neige, puis de la glace, fortement craquelée. On pénètre dans l’impasse, on taille des pas, on appuie à gauche, on se bisse sur une banquette qui ruisselle avec abondance, on avance dans l’eau, des couloirs neigeux s'accrochent à la muraille, le danger est permanent.
- Fig. 1. — I,o ghciiT du Mont-IVrdu (Pyrénées).
- ’npios une pliolngrapliic de M. Lucien Briet.
- Encore du rocher, aux anfractuosités de peu de prise, mais très franches. Ou s’élève toujours ;Hes éclats jaillis sous le piolet frappent au visage; l'eau suinte derechef. D’un coté, une paroi pour ainsi dire inaccessible; de l’autre et au fond, des châteaux, des cathédrales de glace, merveilleuses, incroyables, s’élancent, surplombantes, prêtes à choir. On se sent fourmi; l’effroi vous prend. Dans bien des mauvais pas, votre* vie dépend de votre sang-froid ou de votre adresse; ici, elle ne vous appartient plus, elle est à la merci et au hasard d'une catastrophe qui, si elle se produit, fera place nette. Pas un relief, pas un coin pour s’abriter. Henri Rrulle, qui imagina cette promenade avec de Monts le a août 1890, le matin même de la fête d’inauguration de l’abri de Tuquerouye, vit balayer l’endroit quelques minutes
- après son [tassage par une formidable avalanche.
- On continue ainsi jusqu’à l’origine de deux cheminées neigeuses accolées, presque verticales, qui grimpent entre deux lames de calcaire : la première est celle dont il convient d’user. Elle a Oa à 70°, mais comme dans les trous que l’on fait, les souliers s'insèrent jusqu’au cou-de-pied, on tient très bien. Une strate saillant à gauche sert par moments d’escalier et de variante. Au plus 2 mètres de large; impossible de s’échapper; il semble que cela n'en finira jamais. Tout à coup, la main saisit un rebord, la seule porte de sortie, à moins de continuer jusqu'en haut, et un rétablissement sur les coudes vous met debout sur une plate-forme, sorte de belvédère où le profil du glacier du Mont-Perdu a quelque chose de souverain, d’inexprimable, de satanique et de délirant.
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- Une niasse énorme de glace dévale en arc de cercle sur une pente de roche polie par son glissement insensible. On suit, on embrasse toute celte cataracte, à la lois dominé par elle et la dominant, lies aiguilles, géantes, fantastiques, se dressent et penchent, arrondies, pointues, fourchues, quelconques; dans leur désordre architectural, il y a comme des mâchoires qui s’entr’ouvrent ; l'esprit se forge on ne sait quelles ressemblances. Maints contours ont le galbe luisant des statues de marbre. Des solutions de continuité tranchent, des bâillements s'effectuent, des déchirements s’enchevêtrent, et ces grottes, ces sanctuaires, ces palais d'hiver offrent des stalactites, des draperies, des colonnes comme les autres. Cer-
- taines fentes paraissent avoir été faites par des coins chargés de tout faire éclater. Au loin, la projection du Cylindre est magnifique, le glacier s’étend plus qu’on no pensait, les étages perdent leur verticalité et la glace, avec ses stratifications, fait concurrence à la pierre. L’oreille perçoit des plaintes distinctes, dont elle ne s’explique pas la cause. Pour celte eau enchaînée par la congélation, tout mouvement semble être une souffrance. Entre les aiguilles, des ponts se jettent, des communications s’interrompent, péripéties auxquelles elles demeurent insensibles, ayant des prétentions à l'éternité. Elles font étinceler une rivière de diamants sur le décolleté de la montagne, et dans leur chute elles
- Fig. 2. — Les séracs du glacier du Mont-Perdu. — D'après une photographie de M. Lucien Briet.
- retentissent comme une église qui s’écroulerait....
- Mais il n’y a pas de glaciers dans les Pyrénées : c’est entendu. Iacien Briet.
- CHRONIQUE
- Emploi de l'acier au nickel dans la construction «les ponts. — On construit actuellement à New-York, à l’ilc Blackwell, sur l’East River, un pont en encorbellement composé de trois ouvertures ayant respectivement 500 mètres, 298 mètres et 192 mètres de portée avec une travée d’accès, à chaque extrémité, dont les ouvertures respectives sont de 145 mètres et de 157 mètres. Les poutres principales de ce pont sont articulées suivant le système américain. Toutes les pièces métalliques soumises à la tension, ainsi que les chevilles d’articulation,
- doivent être en acier au nickel. Cet acier doit contenir 5,5 pour 100 de nickel; sa résistance à la rupture, avant circuit, doit varier entre 65 et 75ks,5 par millimètre carré avec une limite élastique minimum de 5GkE,i et un allongement de 18 pour 100 sur 205 millimètres. Lorsque des barres à œil « entières » seront soumises à des essais après recuit, celles-ci ne devront pas donner à la rupture une résistance inférieure à 59kg,5, avec une limite élastique minimum de 53ke,0 et un allongement minimum de 9 pour 100 sur une longueur de 5m,49. Comme comparaison, nous ajouterons que, dans le cas où on fait usage d’acier ordinaire pour ces mêmes barres à œil, les conditions exigées pour ces mêmes essais, après recuit, sont les suivantes : résistance à la rupture : 59k*,2 avec une limite élastique de 19ks,0 et un allongement de 10 pour 100. On a admis, pour les aciers au nickel, un coefficient de travail à la traction de 21 kilogrammes par millimètre carré dans le cas de la charge permanente et
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- LA NATURE.
- de la charge roulante, ainsi que dans le cas de la charge permanente et de l’action du vent. Le chiffre correspondant pour l’acier ordinaire est de 14 kilogrammes, soit une augmentation de 50 pour 100. C’est, croyons-nous, la première application de l’acier au nickel à la construction des ponts
- Résistance au démarrage des omnibus. —
- Dans une discussion récente à propos d’un mémoire sur les automobiles électriques lu à la Société des Ingénieurs civils de Londres, M. Rugg a donné quelques renseignements intéressants sur la résistance au démarrage des omnibus de Londres. On a trouvé que l’effort à produire, par tonne, pour obtenir ce démarrage était de : 17kg,7 sur l’asphalte sec, de 22kg,5 sur le pavage en bois et de 47 kilogrammes sur le macadam sec.
- r ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 septembre 1903.— Présidence de M. A. Gaudry.
- Le tome V du rapport sur l'Exposition. — M. Picard fait hommage à l’Académie d’un exemplaire du tome V du Rapport sur l’Exposition de 1900. Ce volume est consacré aux sections étrangères. On y voit le tableau des efforts réalisés par les diverses nations pour répondre à l’appel de la France. On constate que même pour les industries fondées sur les récentes découvertes de la science qui ont pris un si grand développement à l’étranger, la France s’est tirée de la comparaison avec honneur. Mais nos rivaux ont fait de vastes conquêtes et pour garder nos positions il faut un travail opiniâtre. M. Picard ajoute que les expositions rétrospectives ont été brillantes et fécondes. Elles ont fourni une représentation de l’activité nationale au cours des siècles passés et montré la chaîne ininterrompue des progrès accomplis par les générations successives. Les plus intéressantes ont été celles des instruments de précision, de géographie, de topographie, de physique, de mécanique et de chimie; elles ont été des monuments élevés à la gloire des savants français des siècles passés. Quelques-unes ont offert au public le spectacle de véritables reliques, d’appareils avant servi à Lavoisier et aux savants qui l’ont suivi jusqu’à M. Berthelot.
- La structure du nerf olfactif des carnivores. — M. Joannes Chatin a résolu par l’histologie le problème que soulevait la nature du renflement ovalaire que l’on observe sur le nerf olfactif des carnivores èt des rongeurs, et qui est connu sous le nom de bulbe. Loin .de constituer un simple renflement du nerf olfactif le bulbe constitue un vrai ganglion dans lequel ou trouve non seulement des cellules nerveuses, mais des myélocytes sur lesquels M. J. Ehatin insiste tout particulièrement. La présence de ces éléments permet, en effet, d’assimiler le bulbe olfactif aux couches profondes de la rétine, rapprochement très important pour la physiologie des organes sensoriels.
- Action de l'acide sulfurique sur la bauxite. — M. Moissan dépose une Note de M. Baud relative à Faction de l’acide sulfurique sur la bauxite. Ces deux corps fournissent une matière épaisse qui est une combinaison d’acide sulfurique et de sulfate d’alumine.
- Action de l'acide phosphorique sur la mannite. — M. Moissan dépose une Note de M. Carré relative à l’action de l’acide phosphoreux sur la mannite. L’acide est détruit par cette substance avec formation d’éthers définis.
- Les grains d’aleurone. — M. Guignard présente une Note de M. Nicloux signalant le pouvoir saponifiant des grains d’aleurone, grains que l'on trouve dans certaines graines oléagineuses, notamment dans les graines de ricin. Ch. de Yij.ledeüjl.
- LE CONCOURS DE JOUETS DE 1903
- C’est dans les sous-sols du Petit Palais, aux Champs-Elysées, qu’a eu lieu cette année l’exposition des jouets. Bien que dénommé sous-sol, le local en question constitue plutôt un rez-de-chaussée, puisqu’il est de plain-pied avec la rue ; il est assez haut de plafond et bien éclairé; c’est, à notre avis,.ce qu’on a eu de mieux jusqu’ici comme emplacement pour ce concours ; l’exposition et les salles de vente y sont à l’aise et le public circule facilement.
- L’exposition proprement dite occupe la salle du milieu et les objets présentés par les fabricants sont un peu trop abandonnés à la sagacité du public ; il est à regretter qu’on n’ait pas mis auprès de chaque objet une notice un peu détaillée indiquant, outre le nom donné au jouet, son but, sa construction, son mode de fonctionnement ; on ne trouve là personne qui soit à même de donner un renseignement et on passe souvent auprès d’un sujet intéressant sans le remarquer.
- Les constructeurs ont, cette année, employé Pair comprimé peur beaucoup de leurs créations, un assez grand nombre de mouvements sont obtenus par la pression sur une poire en caoutchouc.
- L’une des plus ingénieuses de ces applications est le tramway de M. C. SchineUz (n° 1).
- La voie est constituée par un tube de gomme communiquant à une poire en caoutchouc ; les roues d’arrière de la voiture sont remplacées par un cylindre qui occupe toute la largeur. Le poids du véhicule suffit pour écraser le tube de gomme, mais, quand on presse sur la poire, celui-ci, sous l’influence de Pair comprimé, tend à s’ouvrir et soulève légèrement le cylindre qui se trouve ainsi poussé en avant ; la voiture progresse avec rapidité quand elle est installée sur une surface bien -plane, comme une table par exemple. Une seconde voie constituée par un autre tube, relié au premier par un robinet, permet d’elfectuer Palier et le retour de la voiture. Le même inventeur a imaginé, toujours avec le secours de Pair, un petit canon qui lance des plombs, soit séparément, soit en mitraille. Un tube, placé perpendiculairement à l’axe de l’arme, sert de magasin et un quart de tour imprimé à la culasse amène chaque fois un plomb en face de l’arrivée d’air ; une pression sur la poire le chasse avec force ; si on laisse la culasse dans la position de charge tous les plombs partent à la fois (n° o).
- M. Passeman, qui construit de très jolis petits moteurs électriques et les applique aux ballons, a voulu aussi utiliser Pair comprimé dans un dirigeable où le moteur est constitué par une petite turbine actionnée par Pair qu’on lui envoie au moyen d’un
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- tube de caoutchouc et d’une poire ; même avant que la turbine n’agisse sur l’hélice, la réaction de l’air suffit pour mettre le système en mouvement (n° 2). Une application d’un autre genre est faite, par M. Uasselin, dans son lanceur de boule (n° 4); des billes sont introduites dans le bras du sujet et on le dispose en face d’une cible à trou, d’un jeu de quilles, ou de tout autre but qu’on voudra choisir; une pression sur la poire en caoutchouc amène le bras en avant et, par suite de la vitesse acquise, une des billes se détache de la main et continue son chemin ; si on a bien visé, et si on a bien calculé la pression à donner sur la poire, elle atteint le but.
- Il y a là un exercice d’adresse qui peut intéresser même les grandes personnes.
- Le même inventeur présente un modèle de marteau pilon, réduction de celui des grandes usines, qui manœuvre aussi à l’air comprimé et dont la force est suffisante pour casser des noisettes.
- Nombre de danseurs de cake-walk et autres sujets animés, ceux de M. Top notamment, fonctionnent sur le même principe, on en trouve un peu partout. M. Foucault, bien qu’ayant aussi utilisé l’air comprimé, n’a pas voulu délaisser le moteur mécanique avec ressort se remontant comme une pendule. Il a eu quelques créations heureuses telles que (n° 7) le petit marin, qui danse une gigue sur les pieds et une valse sur la tête; l’empereur du Sahara, sujet d’une actualité incontestable qui, coiffé d’un pain de sucre, se livre aux douceurs de la danse à la mode; les duellistes, bébé récalcitrant, et autres sujets comiques.
- L’électricité a trouvé aussi son emploi dans les jouets d’un prix un peu plus élevé. MM. Henry, Lenud et Ciu, qui ont la spécialité de ces petites lampes de poche à pile sèche qu’on trouve maintenant partout, ont fait une application très élégante de leur pile sur une petite voiturette (n° 6) qui fonctionne dans la perfection. Elle a 55 centimètres de long et 15 de haut. Une batterie de 6 éléments reliés par deux en quantité, qui se loge très facilement sur le capot, suffit pour la faire marcher pendant plus d’une heure de suite. En laissant reposer la pile elle peut ensuite repartir. Une seconde petite batterie logée sous la banquette sert à allumer les lampes. Ce jouet nous a démontré que la durée de ces petites piles sèches est beaucoup plus considérable (jue nous ne le pensions et nous reviendrons dans un article spécial sur leur fabrication et leurs nombreuses applications.
- Une cible et des projectiles sans danger sont présentés par M. Laillier, c’est la tranquillité des parents. Les projectiles sont de petits cônes en papier léger qu’on lance au moyen d’un tube en métal; pour qu’ils puissent se fixer à la cible, celle-ci (n°5), constituée par une boîte en carton, est recouverte d'un filet à mailles assez étroites pour que les petits cônes ne puissent les traverser qu’à moitié en y restant fixés.
- L’ancien cheval mécanique de notre jeune âge a
- été remplacé par les bicyclettes et célerettes en bois, mais M. Daunay a pensé qu’il y avait encore quelque chose à faire pour les jeunes écuyers. Son cheval coureur (il0 9) est articulé de façon à prendre un mouvement de va-et-vient ; le cavalier en se portant sur l’arrière de l’animal, le fait basçuler et tend ainsi un fort ressort à boudin qui le ramène ensuite en avant ; dans ce mouvement il tire sur une chaîne qui, au moyen d’une roue à rochet, fait tourner les roues du chariot qui porte le tout ; les rênes sur lesquelles on tire facilitent le mouvement de retour et servent aussi à donner la direction. Il y a là un exercice gymnastique qui fait travailler tous les muscles et qui est à recommander après la douche froide du matin; c’est l’hygiène jointe à l’amusement.
- M. H. Chasles, qui a remporté le 1er prix dans les concours précédents, s’est fait une spécialité de l’application de l’électricité statique aux jouets. Cette année il a créé les perles savantes ; elles savent tout en effet. Sur un tableau circulaire (n° 8) portant 24 cases on met des perles légères, une sur chaque case. Autour du tableau se meut un index qui peut se présenter en face de l’une des 24 questions inscrites sur la circonférence.
- Ce sont les perles qui doivent donner la réponse à cette question. Pour cela on passe au-dessus d’elles une baguette en ébonite, qu’on a bien électrisée par frottement, et la perle qui se trouve sur la case contenant la réponse, et celle-là seulement, vient se coller à la baguette. On se demande pourquoi les autres perles ne bougent pas : c’est qu’elles sont dans des conditions d’isolement électrique autres que celle qui est enlevée par la baguette. M. Chasles a remarqué, en effet, que l’attraction des corps légers n’a pas heu si ceux-ci reposent sur un corps parfaitement isolant. Partant de là il a constitué le fond de son tableau au moyen de deux disques en ébonite; celui de la partie supérieure est fixe et percé de 24 trous correspondant aux 24 réponses ; celui de la partie inférieure est mobile et c’est lui en réalité qui supporte les perles.
- Il est entraîné par l’index qu’on amène vis-à-vis la question ; les perles sont maintenues en place par les bords des trous pratiqués dans le disque supérieur. Tout le secret consiste à amener à un moment donné sous l’une des perles une substance moins bonne isolante que l’ébonitc, du papier par exemple. A cet effet on a collé de petits disques de papier noir sur le disque mobile en calculant leur place de telle sorte que l’un d’eux seulement se trouve toujours en face de l’un des trous et serve par suite de support à une perle, et c’est celle-là qui est attirée.
- La même combinaison a permis de varier le jeu eu le simplifiant ; un premier disque en papier mince porte les 24 réponses disposées suivant la même figure géométrique que dans le jeu précédent, il repose sur un carton percé de 24 trous correspondant aux réponses ; les 24 questions sont inscrites sur la
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- circonférence, l'ar-dcssous un disque mobile en carton, qui porte l'index à placer vis-à-vis les questions, est percé de i trous disposés de façon que l’un d’eux, et un seulement, se trouve toujours en face d’une réponse. 11 suffit donc de regarder par transparence le tableau et on voit le jour au travers du papier à
- l’endroit seulement où il y a coïncidence entre les deux trous, celui du carton tixe et celui du carton mobile.
- Dans un jeu comme dans l’autre la partie qui porte les questions et les réponses est en papier et peut s’enlever ou se mettre en place facilement, de sorte que la nature des questions et des réponses peut varier ;
- ~S>
- 1. Tramway avec voie à air comprime <le M. SchmelU. — 2. Ballon moteur à air de M. Passcniau. — 3. Canon à air comprimé de M. Scliincltz. — -i. Lanceur de halles de M. Casselin. — 3. Cible lilct de M. I.aillier. — (i. Voiture automobile électrique de MM. Henry et Leiiud. — 7. Automates de M. Foucault. — S. Les perles savantes de M. Chasles. — 9. Cheval mécanique coureur de, M. Itauuay.
- il suffit d’avoir un certain nombre de ces tableaux.
- Mentionnons encore en terminant la montre à if,,95 de M. Roux, qui marche pendant environ 2 heures. Elle est à remontoir avec remise à l'heure; sa minuterie est semblable à celle d’une véritable montre, mais le moteur est un ressort à boudin qui travaille à la torsion et son échappement est simplement constitué par une petite masse qui pivote sur un axe. C’ésl un jouet instructif
- L'exposition et les salles de vente renferment évidemment un grand nombre d’autres jouets, il y a notamment des « boudeur de boucle » plus ou moins compliqués et de dimensions diverses; mais nous pensons avoir signalé ici les inventions qui ont le plus d'originalité. G. Chalmahès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- y 1585. — 10 OCTOItHE 1905.
- LA N ATI] R K.
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- LA MALADIE DES CHÂTAIGNIERS EN FRANCE
- Fig. 1. •— Une châtaigneraie sur les coteaux île Jurançon. (D'après nature, par Albert Tissandier.)
- Une statistique récente faite par U Administration des Forêts et
- truites comprennent plus
- par M. Mangin, relative à la maladie des châtaigniers est alarmante au plus haut degré. « Sur 64 départements soumis à l’enquête, la maladie du châtaignier est inconnue dans la plus grande moitié (37) ; parmi les départements où elle sévit, 10 présentent des dégâts insignifiants ; dans 8 autres la région dévastée ne dépasse pas 50 hectares. La maladie a un caractère plus grave dans 9 départements : la Dordogne, le Gard, l'Ille-et-Vilaine, le Morbihan, le Lot, où les étendues détruites oscillent entre 200 et 500 hectares ; les Hautes-Pyrénées où la destruction n’atteint pas 1000 . ,
- , 1 , Fig. 2. — Antique châtaignier sur les coteaux île Jurançon,
- hectaies, et enfin les (D’après nature, par Albert Tissandier.)
- liasses-Pyrénées, la Corrèze et la Haute-Vienne, où les châtaigneraies dé- j qui sévit cependant avec 31e aniKT. — 2e semestre.
- de 1000 hectares. » Voilà où en sont les choses à l’heure actuelle.
- L’avenir du châtaignier semble donc compromis non seulement chez nous, mais encore dans la plupart des pays où il est l’objet de culture, en Italie particulièrement. Un certain nombre de botanistes se sont occupés de cette question, entre autres MM. de Seyne, Plan-chou, Crié, M. Cornu, Delacroix, Mangin, en France; M. Cihelli en Italie. Quel a été partout le résultat de leurs observations?
- Le châtaignier est un arbre qui exige un terrain siliceux ; de faibles doses de calcaire en compromettent sérieusement la culture. Partout où on l’exploite, on rencontre la maladie plus de violence et évolue 19
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- plus rapidement dans les sols humides que dans roux qui sont secs. Los châtaigniers greffes sont plus facilement atteints. Quant à la contagiosité, niée par les uns, elle est admise par d'autres. Ce dernier point, sujet à discussion, tient vraisemblablement à ce qu’on a confondu deux affections différentes, l'une qui est due à Vépuisement ou à la décrépitude cl qui peut être enrayée par quelques soins culturaux en maintenant la couverture, l’autre que M. Mangin considère comme la vraie maladie. D’après ce dernier observateur « elle sévit dans tous les sols, cultivés ou non, épuisés par le ramassage des feuilles ou nourris par la couverture; dans les pentes rocheuses peu fertiles aussi bien que dans les plaines à sol riche et profond. Frappant sans distinction tous les arbres, vieux et décrépits, jeunes et vigoureux, cette maladie forme des taches parfois étendues cpii s’irradient plus ou moins rapidement du point d’attaque; ces taches sont si semblables aux taches phylloxériques (pie les cultivateurs de certains cantons de l’Ardèche ont désigné la maladie sous le nom de Phylloxéra ». Quand la maladie a atteint sa dernière’ période, les arbres se décortiquent facilement et prennent l’aspect caractéristique de perchoirs.
- Quelle est la cause de cette maladie? Pour bien la comprendre il faut nous reporter à l’étude de la constitution des radicelles. L’extrémité de ces jeunes organes est enveloppée dans ses ramifications ultimes, disposées en grappes régulières, par un mycélium de champignon. L’ensemble a reçu le nom de Mycorhizes. La présence de ces mycorhizes, qui sont caractéristiques de la famille des Cupulifères, est constante dans le châtaignier et parait être nécessaire à la végétation. Il y a là une certaine association entre les radicelles et le mycélium, une symbiose. En examinant au microscope ces mycorhizes, on voit les radicelles recouvertes d’une sorte de manchon formé de fibrilles très fines, anastomosées entre elles et d’un jaune pâle. La place de ce champignon des mycorhizes n’a pas été encore fixée, car on ne l’a pas encore trouvé à l’état de fructilication. La discussion des opinions qui ont été émises à ce sujet, d’un ordre purement scientifique, nous entraînerait trop loin et nous écarterait du but que nous nous sommes proposé. Bornons-nous à dire (pie, selon toute probabilité, d’après Frank, qui s’en est occupé le premier, les filaments des mycorhizes sont chargés d’assurer l’absorption, remplaçant les poils absorbants qui font la plupart du temps défaut, par le fait, que leur présence est en relation avec celle de l’humus dans le sol. Les mycorhizes seraient des humicoles obligatoires.
- D’après le D1 Delacroix, les châtaigniers, qu’ils soient parfaitement sains ou qu’ils offrent déjà des traces de dépérissement, présentent toujours des mycorhizes. Il y aurait seulement une différence relative dans les rapports que les filaments du mycélium affectent avec les tissus des radicelles. Dans un arbre sain, le tissu cortical des radicelles ne présente
- [dus la moindre trace de mycélium dès qu’on a déliassé la région des mycorhizes. Chez les arbres malades, il n’en est plus de même; on voit le mycélium gagner la région libérienne, remonter en gagnant de proche en proche jusque dans des racines ayant de 5 à ti millimètres de diamètre, quelquefois plus.
- On comprend que dans ces conditions, la croissance des racines se trouve entravée, qu’il ne s’y forme plus de nouvelles mycorhizes et (pie, par suite, il en résulte, un état de dépérissement facile à constater. Le système mycorhizien tendrait à s'amoindrir, sous l'influence d’une « évolution insensible de la symbiose vers le parasitisme ».
- Tout récemment, M. Mangin a affirmé que dans les châtaigniers malades les mycorhizes sont détruites au fur et à mesure qu’elles apparaissent. 11 en résulte une nécrose qui gagne peu à peu les racines les plus grosses et s’étend jusqu'à la hase du tronc. La cause de cette destruction, il faudrait la chercher dans la présence d'un parasite, à mycélium très délicat, puisque ses filaments ne dépassent pas de 1 à 2 millièmes de millimètre. Ce parasite est immergé dans les Mycorhizes; ses filaments se promènent dans le système mvcélien de ces organes d’absorption ou même dans le tissu de la radicelle qui se décompose. 11 se propage au moyen de rameaux qui lui permettent de passer d’une Mycorhize à une autre; quelquefois même il peut s’étendre à une grande distance et emprunter pour cela un support ou un canal constitué par des cordons rhizomorphiques appartenant à d’autres espèces de champignons. La place de ce parasite, auquel M. Mangin a donné le nom de Mycelophagus Castaneæ, serait à côté des Peronosporct.
- Les racines des châtaigniers malades deviennent souvent l’habitat de champignons saprophytes qui ont été regardés autrefois comme étant la véritable cause de cette affection pathologique redoutable. C’est ainsi qu’on y rencontre fréquemment le Dema-tophora necatrix, dont la présence sur les racines d'un grand nombre de végétaux constitue le Blanc des racines, des mycéliums d’agaricinées, surtout de 1 ’Armillaria mellea que Planchon considérait comme la véritable cause du mal. Maxime Cornu avait incriminé les froids rigoureux, mais il a été reconnu que leur influence n’avait jamais eu (pie des résultats immédiats et qu'ils devaient être mis hors de cause dans la très grande majorité des cas.
- Quelle serait l’origine du mal, que l’on accepte le passage de la symbiose au parasitisme ou la présence du Mycelophagus] Un a dit qu’il fallait la chercher pour une large part dans la privation de couverture du sol. Eu ramassant chaque année les feuilles tombées sous les arbres, on empêchera la formation d'humus dont la présence dans le sol est pour le châtaignier, comme pour toutes les Cupulifères, une condition d’existence absolument nécessaire. Les filaments mycéliens des mycorhizes paraissent adaptés à l’assimilation des substances nutritives provenant de l hunms; si cet humus vient à faire défaut, ils em-
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- prunteraient à leur hôte l’alimentation qu’ils ne pourraient plus puiser dans le sol. La symbiose devient alors du parasitisme.
- L’enlèvement des feuilles est d'ailleurs très préjudiciable à la prospérité des forets. On sait que pour les forets d’Alsace, où le ramassage des feuilles avait lieu tous les ans, l’expérience a montré qu’au bout de plusieurs années, on avait perdu en bois, par suite de l'affaiblissement de la croissance, au moins huit fois la somme d'argent gagnée en ramassant les feuilles.
- Le maintien de la couverture semble donc s’imposer. On pourra avoir recours à l’élagage, aux amendements raisonnés du sol, à l’emploi du sulfure de carbone, dans les terrains suffisamment meubles, ce qui n’est pas le cas dans le plus grand nombre des châtaigneraies. Trop souvent, on en sera réduit à arracher les arbres malades pour essayer de sauver ceux qui ne sont pas encore atteints. P. U.uuot.
- LES PLUMES MÉTALLIQUES1
- ii
- Formes et dimensions. — Vingt modèles, tout au plus, devraient suffire pour tracer les diverses variétés d'écriture existantes; d’où vient donc que les modèles se comptent par milliers? 11 me serait difficile de répondre à cette question ; dans cette branche d’industrie, la mode et la fantaisie se donnent libre cours, comme dans beaucoup d'autres, et l’écolier auquel vous offrez une plume neuve se préoccupe beaucoup plus de regarder si la forme en est nouvelle ou originale que si elle est bonne et s'adapte bien à son écriture.
- Voici d’abord l’un des premiers modèles fabriqués, celui en forme de « cylindre », de Perry (n° 1 du dessin). Les dimensions en étaient assez fortes. Celui-ci mesure O"1,08 de longueur sur 8 millimètres de diamètre. On enfonçait, comme nous Pavons vu plus haut, un manche en bois dans la portion cylindrique. Sans être une plume géante, la « Mastodonte » mesure O111,06 de longueur ; c’est un modèle de forme bien connue (n° 2). Voici maintenant des formes spécialement appropriées à la destination de la plume: la « vaceinostyle » (n° 5) ne sert pas à l’écriture, mais à la vaccine; c’est une véritable lancette permettant, grâce à son bon marché, de la jeter après usage, afin d’éviter la transmission de maladies de per sonne à personne. Elle a été créée pour les vaccinations dans les grandes agglomérations, usines, casernes, etc. Ce même instrument est employé par les amateurs photographes, sous le nom de « stedick », pour le découpage des épreuves sur papier, qui se fait parfaitement avec l’un ou l’autre des bords tranchants. Au lieu d’écrire, la « plume-grattoir » eiïace (n° 4); la « météore » (n° 5) porte une pointe arrondie destinée à écrire la bâtarde; les (( plumes de ronde » (nos 6 et 7) ont leurs pointes
- 1 Yoy. n° 1584, du 3 octobre 1905, p. 275.
- largement coupées et leurs becs, terminés par une partie droite plus ou moins large, servent à écrire la ronde exactement comme la plume d’oie. Le débutant ayant beaucoup de peine à faire porter sur lé papier les deux becs de la plume d’une façon égale, on a imaginé des plumes dont le canon était désaxé, c’est-à-dire que la gouttière entrant dans la monture du porte-plume fait un angle avec la fente des becs. Dans ce genre, il existe des quantités de modèles, par exemple les plumes « zigzag » (n° 8) et « Eclipse » (n° 9); on voit que la pointe suit la pente de l’écriture. Ce système a eu un certain succès, et est employé dans les bureaux. Certaines plumes ont leurs becs tordus; la fente est une ligne courbe, et l'aspect en est bizarre (nos 10 et 11). Dans la plume « diabolique » (n° 12), le canon ou gouttière est inversé, c’est-à-dire que le porte-plume devra être tenu à l’envers; il est difficile de deviner pourquoi. Le n° la, dont la pointe est coupée obliquement, est destiné à 1’ « écriture arabe ». L’écrivain la place contre un morceau de bois rond, et tient ensemble ce manche et la plume. Le modèle n° 14 est celui d’une plume à 2 fentes et à « a pointes », recherché comme plus élastique par quelques amateurs. Voici une forme originale:
- « la siamoise » (n° 15), portant deux pointes tête-bêche; on emploie la seconde quand la première est usée; ce modèle est peu pratique. La plume n° 16 peut être dure ou molle à volonté, grâce à un « curseur » glissant qui règle la longueur de-la'fente. Le n° 17 est la plume en « bronze d'aluminium » que nous voyons aux mains des petits marchands des rues; ils tordent les becs, les enfoncent dans du bois, puis les redressant d’un coup de pouce, ils exécutent, aux yeux des badauds ébahis, les plus beaux spécimens de calligraphie. Dans la plume « Cenlric » (n° 18), le canon n’est plus cylindrique mais complètement plat ; la plume s’enfonce dans la fente rectiligne d’un porte-plume spécial; l’inventeur a voulu la placer dans l’axe même de ce porte-plume; ce modèle est assez peu répandu, ne pouvant aller à tous les porte-plume. On a souvent reproché aux becs de la plume métallique de cracher si l'on écrit vite, de ne pas glisser assez rapidement sur le papier et de fatiguer la main. Aussi a-t-on cherché à supprimer ces inconvénients au moyen de plumes portant, à l’extrémité de la pointe, une demi-sphère concave, de très petit diamètre; ces plumes, dites « pointe à balle », ont eu un assez grand succès; le n° 19 est le modèle « Eurêka ». Voici maintenant la plume « lire-lignes » (n° 20) à deux pointes, l’une fine, l’autre grosse; elle sert aux topographes poulie tracé des chemins et ruisseaux sur les cartes; on l’emploie aussi pour les titres en écriture ornée. La plume à pointe quadruple sert aux « comptables » pour tracer les colonnes de leurs livres (n° 21) ; on a fait, dans ce genre, des plumes à 5 pointes équidistantes pour le tracé des portées de la « musique ». 1/ « appareil oblique », imaginé en Allemagne, a pour but d’incliner les becs d’une plume ordinaire
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- K A AATlilU'.
- selon la poule de lecrituro; c’est, comme un le voif, porte-plume ordinaire. Hulin, terminons celte no-une pièce intermédiaire que l'on place au bout d'un menclalure des plumes-types par les deux « plumes
- Fig. 1. — Plumes spéciales pour usages divers. — I. Première plume tubulaire de Perry i lSÛO/. — 2. Plume mastodonte. — 5. Plume vaccinoslyle ou Stedick. — 4. Plume grattoir. — o. Plume météore pour bâtarde. — t> et 7. Plumes de rotule. — 8 et 9. Plumes zigzag et éclipse pour écriture penchée. — 10 et 11. Plumes à becs tordus. — 1:2. Plume diabolique. — 13. Plume arabe. — 14. Plume à 3 becs. — 13. Plume siamoise à 2 pointes. — 10. Plume à curseur, molli* ou dure à volonté. — 17. Plume du camelot (bronze d’aluminium). — 18. Plume « Centric » à talon aplati. — 19. Plume Eurêka (boule à la pointe). — 20. Plume tire-ligne. — 21. Plume à quadruple pointe pour comptables. — 22. Plume à appareil oblique. — 23 et 21. Plumes à dessin.
- à dessin » (nos 2a et 24), Hune à canon cylindrique, dernières, en acier extra-lin, sont d'un prix assez l’autre de la forme des plumes ordinaires ; ces élevé. Leur fabrication exige des soins tout spéciaux.
- Àiin d'éviter d'avoir à reprendre de l’encre à chaque instant, certains inventeurs ont augmenté la capillarité de la plume, en y adjoignant des surfaces
- courbes extérieures ou intérieures, ou tout simplement des fils métalliques destinés à retenir une plus grande quantité d'encre. Le tableau ci-joint repré-
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- LA N AT U R K.
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- Fig. 5. — Plumes artistiques et curieuses. — 1 et 2. Plumes Tour Eiffel. — 5 et 4. Plumes au cochon et au cygne. — 5. Plume Sommervillo. — fi et 7. Plumes au ballon. — 8. Le pape Pie IX en creux les clés de saint Pierre. — 9 et 10. Napoléon 1" (plumes anglaises). — 11. Plume Carnot (en découpure, les initiales S. C.). — 12. Plume Vendetta (Corse). — 13. Plume cigogne, le bec de l’oiseau sert’de bec de plume.— 11'et 15. Plumes à emblèmes religieux.)}— lfi. Plume Luther (Allemagne). — 17. Plume à la) main.
- sente 9 modèles de plumes-réservoirs; aujourd'hui, c'est surtout le porte-plume que Ton aménage de manière à lui l'aire contenir la plus grande provision d'encre possible.
- On a aussi i maginé la (( plume du voyageur », garnie de poudre d’aniline noire ou rouge; il suffit de la tremper dans l’eau pour pouvoir écrire.
- Viennent maintenant les modèles se distinguant soit par leurs formes curieuses ou artistiques, soit par les portraits de souverains ou personnages
- qui les transforment en médailles, soit par des allusions à une invention telle que celle des ballons; les plumes « au ballon » ont fait fureur, de même que les plumes « Tour Eiffel ». Je ne puis insister sur toutes les
- variétés de formes, dont nous voyons tous les jours surgir de nouvelles; quant aux dimensions, elles
- varient également dans des limites presque invraisemblables; j’ai pu réunir les deux modèles que je crois les extrêmes, la plus grande et la plus petite plume du monde; la première, la plume « Porthos », mesure 82 millimètres de longueur sur 15 millimètres de large; la minuscule « ba-by » qui a exactement 15 millimètres de longueur et la réduction à 10 millimètres du modèle de plume-lance. (nos 8 et 9) constituent de véritables curiosités de cette intéressante industrie. Enfin, on a pu voir, à une exposition anglaise, un porte-plume et 12 plumes contenus dans une noisette. Arthur Good.
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- LA NATURE.
- !Æ POINT CHAINANT
- DE L’AMÉRIQUE DU NORD
- L’Alaska, qui renferme les plus hautes sommités de 1 Amérique du Nord, est encore fort peu connue, et jusqu’à ces derniers temps on ignorait quel était le point le plus élevé de celte région, par suite de cette partie du monde. Longtemps le, Saint-Élie, situé sur le bord de la mer, passa pour la cime culminante de l’Amérique septentrionale, de par ses 5550 mètres. I n peu plus lard on reconnut que cet honneur appartenait au Logan (5900 m.)
- Fort Gibbon:
- , Ta.
- Tyooriok
- L. Vlark
- ----Ltmércàre suivi, par la mission/ du/ Oeological Suroâÿ
- des Etats- Unis.
- -+- + Itinéraire suivi par le lieutenant JTerron/ de L’armée des Etats-Unis. *
- Kilomètres.
- y------, 4______ l. ______l_______3
- O So 200 z5o 200
- Parte du massif du mont Mac Kinley (Alaska).
- qui se dresse au nord-est du Saint-Élie. À son tour cette cime parait menacée dans sa souveraineté.
- Kn 1897, un prospecteur aperçut dans le nord du Cook Inlet, vers le 05° de lat. N., une crête très élevée, dont l’existence, du reste, était connue des indigènes et qui fut baptisée du nom de Mont Mac Kinley, en l’honneur du ' Président des Etats-l nis à cette date. L’année suivante, une expédition organisée par le Geological Survey, ce grand institut d'explorations scientifiques qui est l’honneur de la république américaine dans le domaine des sciences géographiques et géologiques, mesura l’altitude du pic et crut reconnaître sa suprématie sur toutes les autres cimes de l’Alaska. D’après ces observations, la hauteur du pic Mac Kinley fut fixée provisoirement à 6159 mè-
- tres, soit à plus de 200 mètres au-dessus du Logan. Cette mission explora simplement les abords du massif.
- En 1899 une seconde expédition, commandée par le lieutenant Joseph llerron, de l’armée des États-Unis1, poursuivit la reconnaissance de cette région montagneuse. Le lieutenant llerron dressa une très belle carte des versants ouest et nord-ouest du géant Alaskien, et étudia le pays en vue de l’établissement d’une route entre le Cook Inlet et le Yukon. En 1902, l’exploration de la région fut complétée par une nouvelle mission du Geological Survey, conduit*' par MM. Alfred Brooks et T). L. Reaburn. Ces deux derniers explorateurs ont fixé l’altitude du mont Mac Kinley, à 6000 mètres avec une erreur qui ne doit pas dépasser 30 mètres. La différence avec le Logan se trouve donc réduite à quelques mètres, et, comme la hauteur de cette dernière cime n’a été déterminée qu’avec une très grande approximation, la suprématie du Mac Kinlev rfest pas encore très bien établie.
- L’Alaska, comme toute la partie occidentale de l’Amérique du Nord, peut être divisée en quatre zones topographiques : 1° la chaîne littorale ; 2° le plateau central; 5° le système des Montagnes Rocheuses; 4° la grande {daine arctique. Le massif qui renferme le mont Mac Kinley appartient à la première de ces zones; il est situé entre le bassin de drainage aboutissant au Cook Inlet et ceux de la Kuskowim et du Yukon. C’est une longue crête orientée nord-est sud-ouest, dominée par deux pics (pii s’élèvent à une distance de 5 kilomètres environ fini de l’autre ; le plus méridional est le Mac Kinley.
- D’après une communication faite par M. Brooks à la Société de Géologie de Washington 2, la région, qui s’étend entre le Cook inlet et le bassin de la Tanana et qui comprend le mont Mac Kinley, est constituée par des terrains appartenant à des systèmes très différents. Les plus anciens consistent en conglomérats métamorphiques présentant un faciès gneissique. Ils sont surmontés par des phyllades et par des dépôts argileux et des schistes appartenant à l’étage ordovicien. Le Dévonien est, d’autre part, largement représenté. Toutes ces formations paléozoïques sont fortement plissées et disloquées. Le Jurassique, très puissant dans la partie sud de la région envisagée, diminue progressivement vers le nord pour disparaître finalement. Ce système est recouvert par d’épais dépôts tertiaires ligni-tifères renfermant des plantes fossiles, lesquels appartiennent au Miocène ou à l’Eocène. À travers ces formations sédimentaires se sont fait jour des roches éruptives en de nombreuses localités. Deux lignes de dislocation, par lesquelles se sont épanchés des granités, sont particulièrement apparentes; l’une se trouve dans l’axe de la vallée de la Suchitna, l’autre dans celui de la chaîne Mac Kinley; les points culminants de ce dernier relief sont vraisemblablement constitués par cette roche.
- Les formations glaciaires sont très développées, représentées, notamment, autour de la crête Mac Kinley par d’épais dépôts de graviers qui enveloppent complètement la base du relief. La crête Mac Kinley est recouverte de glaciers qui s’écoulent vers l’aval par les vallées découpées dans l’épaisseur du massif. D’après M. Brooks, ces glaciers seraient les restes de la glaciation pleistocène. Sur le versant nord-ouest du pic culminant se développe un cou-
- 1 War Department, Adjutant General’s Office, n° XXXI. Explorations in Alaska, 1899, for an all-american over-land route frotn Cook Inlet, Pacific Océan, to the Yukon, by first lieut. Joseph S. llerron, 8tb Cavalcry, Commanding- expédition, 1901.
- 2 Science, vol. XYI, n* 416, p. 985.
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- LA NATURE.
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- rant de glace qui serait la route d’ascension à ce colosse ; l’escalade du géant alaskien serait relativement aisée.
- Les conifères s’élèvent de ce côté jusqu’à 750 mètres et les broussailles arborescentes jusqu’à 1200 mètres, enfin la limite inférieure des neiges se trouve vers 2100 mètres, alors qu’au Saint-Élie les glaciers recouvrent toutes les régions basses, jusqu’au niveau de l’Océan. Pour gravir ce dernier pic et traverser la mer de glace à la base, le duc des Abruzzes employa trente et un jours.
- L’ascension du Mac Kinley paraît se présenter dans des conditions beaucoup moins difficiles, d’autant que les bagages et les vivres nécessaires à l’expédition pourront, suivant tontes probabilités, être montés jusqu’à 2000 mètres à dos de cheval. Il ne restera donc plus à gravir que 4000 mètres, entreprise qui n’est guère redoutable pour des alpinistes entraînés. En revanche, l’accès du massif lui-même paraît singulièrement pénible. Quoique, en ligne droite, le pic ne soit distant de la mer que de 240 kilomètres, on doit en parcourir au moins 640 pour arriver à sa base nord-ouest. La mission du Geological Surreij conduite par M. llrooks n’employa pas moins de deux mois à effectuer ce trajet. Et sur quel terrain ! tantôt d’épaisses forêts à travers lesquelles on devait s’ouvrir un passage, tantôt d'effroyables fondrières dans lesquelles les bêtes de somme demeuraient enlizées; avec cela, des passages à gué de torrents larges et impétueux. L’accès du pic Mac Kinley est défendu] non seulement par la nature du terrain qui l’entoure, mais encore par des difficultés d’un autre ordre. M. Brooks, qui a acquis une très grande expérience de cette région par plusieurs explorations scientifiques, évalue à 60 ou 75 000 francs les frais de cette ascension ; ce qui limite singulièrement le nombre des alpinistes disposés à tenter l’assaut. Seuls des ducs des Abruzzes ou des citoyens des États-Unis peuvent consacrer de pareilles sommes pour conquérir l’honneur de la première ascension au pic cul-minant de l’Amérique du Nord. Charles Rabot.
- L’ARC ÉLECTRIQUE
- L’arc électrique est un phénomène des plus intéressants qui a donné naissance à des travaux nombreux pour en étudier la production et déterminer les conditions pratiques de fonctionnement. On a d’abord fait des recherches sur l’arc à courant continu et à courants alternatifs entre charbons ; ces recherches ont facilité la construction des lampes à arc employées pour l’éclairage.
- Depuis quelques années des essais tout particuliers ont été faits sur l’arc alternatif de faible intensité jaillissant entre électrodes métalliques. Nous citerons à ce sujet les résultats des expériences faites par MM. Ch. E. Guye et B. Monarch1. Dans le fonctionnement des arcs, ils ont distingué 5 zones : la zone instable (arcs longs), la zone de fonctionnement normal, et la zone critique (arcs très courts). La zone instable existe lorsque la distance des électrodes en cuivre est assez grande, et atteint environ 15 millimètres. Comme le montre le dessin 1 de la figure ci-jointe, une des extrémités commence à s’élever et à monter sur la partie conique des électrodes dans la direction de la base. Après quelques instants de fonctionnement, l’arc atteint la partie cylindrique des électrodes (n° 2) et l’extrémité semble se subdiviser en plusieurs branches sur l’une des électrodes. Dans ces conditions, l’arc est toujours en mouvement et change presque à cha-
- 1 Yov. \’Éclairage Electrique, tome XXXIV, 1905, p. 500.
- que instant de position et de longueur. Lorsque l’arc se trouve dans la zone de fonctionnement normal, il affecte les formes que montrent les figures 5 et 4. On remarque d’abord qu’à intensité de courant égale, la grandeur de l’auréole formant l’arc augmente avec la distance entre électrodes. Les cônes des extrémités sont portés à l’incandescence ; dans l’arc même on distingue des filaments violets a et b qui semblent partir des pointes. Les filaments a sont entourés d’une atmosphère d’une couleur violet clair, et les filaments b d’une atmosphère d’une couleur brun jaunâtre. Les couleurs sont les mêmes pour le cuivre, l’argent, le platine, l’or, le fer, le nickel et le zinc.
- Nous mentionnerons également les nouvelles recherches effectuées sur l’arc à flamme, et sur l’arc à vapeur de mercure; les principaux résultats en étaient présentés par M. E. Hospitalier à la Société des Électriciens, au mois de juillet 1905. Dans l’arc, à flamme, on cherche à rendre l’arc lumineux, incandescent au moyen des ma-
- ires électriques alternatifs.
- tières incorporées dans les électrodes. Cette idée avait déjà été mise à l’essai dès 1878 par Archereau, Carré et Gauduin; en 1900, M. Bremer avait exposé une lampe à quatre charbons placés à la partie supérieure et inclinés dans laquelle la flamme lumineuse de l’arc était projetée à la partie inférieure par un soufflage électromagnétique ; les charbons renfermaient les matières colorantes. La Maison Siemens et Halske a fabriqué également des lampes à lumière colorée ; M. Ch. Heller, à Paris, a fait fonctionner des lampes de ce genre à la Société des Electriciens. On constate dans ces lampes que l’arc fournit lui-même une grande partie de la lumière, et que la flamme surtout projette la coloration. M. P. Janet, au Laboratoire central d’Électricité, a trouvé que le flux lumineux d’une lampe à arc ordinaire était de 16,8 lumens par watt, et que celui d’une lampe à arc Bremer était de 52,6 lumens par watt. 11 en résulte que l’emploi de substances minérales dans l’arc double le flux lumineux pour une puissance électrique donnée.
- Enfin il nous faut signaler également l’arc à vapeur de mercure, dû aux recherches récentes de M. Cooper Ilewitt. La lampe qui fournit cet arc est formée par un tube de verre fermé, aux extrémités duquel sont placées les électrodes, du mercure pour l’électrode négative, une coupelle en fer pour l’électrode positive ; le courant est amené par des fils de platine soudés dans le verre.
- Les faits sur l’arc électrique que nous venons d’énumérer sommairement montrent que des voies nouvelles sont ouvertes pour l’utilisation de phénomènes intéressants ; il pourra en résulter de notables améliorations pour l’éclairage industriel. J. Laffarcue.
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- LA NATURE.
- LE TÉLÉPHOT RAPIDE
- Pour obtenir directement à la chambre noire une image agrandie d'objets situés à une grande distance de l’appareil, on fait usage de combinaisons optiques dites « Téléobjectifs ». Nous avons déjà parlé ici de ces appareils1 et notamment de l’adaptation qu’en a l aite dernièrement M. Bellieni aux jumelles photographiques. Bien que les perfectionnements réalisés dans la construction des téléobjectifs permettent aujourd'hui de leur donner une luminosité assez grande pour aborder l’instantané, on ne peut cependant considérer ces instruments comme des objectifs rapides et la vitesse d’obturation doit toujours être assez lente pour qu’il soit difficile d’obtenir, avec une netteté suffisante, des objets en mouvement. Il
- est cependant intéressant de pouvoir arriver à ce résultat et, dans beaucoup de cas, une épreuve nette d’animaux ou de personnages éloignés peut rendre des services.
- Pour arriver à ce résultat M. Yauthier-Dufour avait résolu de renoncer à la combinaison optique donnant l’amplification de l'image obtenue d'abord par l’objectif, et il prit tout simplement un objectif à très long foyer et à grande ouverture relative.
- L’instantané rapide au 1/100 et même au 1/200 de seconde devenait ainsi réalisable, mais l’appareil était fort encombrant, d’un transport difficile et, de plus, le très long tirage de la chambre noire rendait la stabilité presque impossible en campagne.
- Fi<î. 1. - Le télépliol rapide. — 1. Appareil fermé. — 2. Appareil ouvert, vu de faee. — 5. Appareil ouvert, vu de derrière.
- Pour remédier à ces ineonvénienls l’inventeur eut alors recours au procédé employé par M. Scbaer, de l’observaloire de Genève, qui avait imaginé pour rendre les lunettes astronomiques plus pratiques de briser la longueur focale au moyen de deux miroirs. C'est le même principe que celui de la jumelle à prismes si répandue aujourd’hui. Dans ces conditions le téléphot est devenu un appareil très maniable puisque pour la dimension 9x12 il mesure, fermé, 0"',25 sur 0m, 17 pour les deux autres dimensions (fig. I, n° 1). L’appareil se compose d’une chambre noire de forme carrée E portant à sa partie supérieure deux volets A et P> qui se rabattent, formant pour ainsi dire le couvercle de cette boite. Lorsque ces volets sont ouverts (n° 2) ils se trouvent réunis par un soufflet étanche et on les assujettit dans des positions déterminées au moyen de glissières à vis.
- Yov. n° 1470 (tu 7 septembre 1901, p. 236.
- L’un des volets A porte l’objectif, l’autre D porte un miroir. Sur une des parois de la caisse E est monté un autre miroir C de dimension un peu plus grande. Enfin sur une autre paroi, située en face de ce miroir, on a monté un obturateur de plaque et un porte-chàssis, qu’un soufflet relie à la caisse E; une crémaillère permet le déplacement nécessaire à la mise au point. La position de l’objectif et, des miroirs est déterminée une fois pour toutes de façon que l'image arrive en I) sans déformation. Mais il faut naturellement que les miroirs soient irréprochables comme planité et comme netteté ; c’est là que réside la difficulté de construction d’un tel appareil et c’est naturellement ce qui en augmente le prix de façon très notable.
- Ils sont en glace épaisse travaillée optiquement comme pour les lunettes astronomiques et ils sont ensuite argentés à la surface et polis avec le plus grand soin ; on doit éviter de les essuyer pour ne pas alté-
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- rcr leur brillant; aussi des couvercles métalliques les protègent quand on ne se sert pas de l’appareil. Nous avons eu h notre disposition un modèle
- 9x12 que M. Boissonnas de Genève, concessionnaire de l’inventeur, avait bien voulu nous confier et nous avons pu nous‘rendre compte de la facilité de trans-
- Fig. 2. — Remise des décorations à la revue du 14 juillet, à Nancy. Épreuve obtenue à 500 mètres.
- port et de la luminosité du téléphot. L’objectif dont de 5 fois. Nous reproduisons deux épreuves obtenues il est muni a 0m,70 de foyer; le grossissement est à500 mètres avec ce même modèle par M. Bellieni;
- Fig. 5. — Compagnie cycliste de la 11""' division. F.preuve obtenue à 300 mètres.
- la pose, avec plaques violettes de Lumière, a été environ du 1 /100 de seconde. Nous avons eu en communication de très remarquables épreuves de cimes inacessibles obtenues avec un objectif de 5 mètres de foyer, permettant un grossissement de 12 fois.
- Mais ce qu’il faut retenir surtout de cet appareil c’est qu'il permet l’instantané rapide, la photographie du mouvement à grande distance.
- G. Ma.resc.hxl.
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- LA NATURE.
- L’ADOPTION CHEZ LES MAMMIFÈRES I
- Dans un précédent article1 j’ai donné quelques faits curieux relatifs à l’adoption considérée au point de vue des oiseaux. Les mammifères ne sont pas moins fertiles en bizarreries.
- L’adoption d’une nichée de rats par une chatte est, on l’avouera, peu banale et l’on serait tenté de la mettre en doute si elle n’avait été observée à plusieurs reprises et par des observateurs dignes de foi. « 11 y a quelques années, raconte M. P. Dudgeon, feu l’honorable Marma-duke Maxwell, de Terregles, me mena à son écurie pour me montrer une chatte occupée à élever une famille de jeunes rats. La chatte avait mis bas, quelques semaines auparavant, une portée de cinq petits chats; trois furent enlevés et tués peu après leur naissance ; le lendemain on s’aperçut que la chatte avait remplacé ses petits perdus par trois jeunes rats, qu’elle soignait avec les deux chats restants. Quelques jours après, on enleva les deux derniers chats restants, que la chatte remplaça à très bref délai par deux autres jeunes rats, et, à l’époque où je les vis, les jeunes rats, enfermés dans une stalle vide, couraient agilement de tous côtés, ayant atteint environ le tiers de leur croissance. La chatte était absente au moment ou nous entrâmes dans l’écurie, mais elle revint avant notre départ; elle sauta par-dessus l’enclos et se coucha dans la stalle; son étrange famille d’adoption courut aussitôt vers elle et se mit à téter. Ce qui rend ce fait plus extraordinaire encore, c’est que la chatte était gardée à l’écurie à cause de ses qualités particulièrement développées comme ratier. »
- Voici un autre exemple du même fait. (( Dans une ferme d’Angleterre, raconte Brehm, une chatte avait mis bas pendant la nuit, et, dès le matin, elle avait perdu ses petits : on avait profité de sa première absence pour les aller noyer au loin. La pauvre mère s’était fatiguée à courir la maison, cherchant, appelant et donnant tous les signes d’une douleur bien naturelle en pareil cas, mais qui, chez les animaux abâtardis par la domesticité, est souvent beaucoup moins vive. Elle était encore en quête, lorsqu’un enfant qui la voulait régaler, déposa dans le panier d’où l’on avait enlevé les chatons, une nichée de jeunes rats qu’il venait de découvrir. La chatte, revenant au bout de quelques instants, trouva ces petits êtres demi-nus et gémissant, auxquels d’abord elle prit à peine garde. Elle se coucha dans son panier sans prendre aucune précaution, mais aussi sans faire aucun mal aux nouveaux occupants. Ceux-ci, dans le premier moment, furent-ils effrayés en sentant si près d’eux l’ennemi constant de leur race ? Je serais très porté à le croire. Quoi qu’il en soit, ils se remirent promptement et, le besoin leur aidant à surmonter une antipathie naturelle, ils saisirent les mamelons de la chatte et commencèrent à téter de bon appétit. La nourrice les laissa faire d’abord sans colère ; puis, éprouvant peut-être quelque soulagement par suite de la succion, elle commença à y prendre plaisir ; bientôt elle s’intéressa aux petits rats et avant la fin de la journée, elle s’était déjà occupée de faire leur toilette. De ce moment elle les avait adoptés. ))
- Du même auteur, cette adoption d’un écureuil par un chat. « J’ai donné une fois à une chatte que j’avais élevée un petit écureuil encore aveugle, resté seul de toute une nichée, les autres étant morts malgré mes soins. Pour sauver celui-ci, j’essayai donc de le confier à notre chatte, qui venait de mettre bas pour la première fois. Elle
- 1 Voy. h° 1569, du 20 juin 1905, p. 42.
- répondit complètement à mon attente ; elle reçut avec tendresse le pauvre orphelin au milieu de ses petits, l’échauffa de son mieux et le soigna, dès les premiers jours, avec une tendresse toute maternelle. Le petit écureuil prospéra avec ses nouveaux frères et resta auprès de sa mère d’adoption lorsque déjà ceux-ci en avaient été séparés. La chatte sembla alors concentrer toute son affection sur l’écureuil. Il s’établit entre eux des liens aussi intimes que possible. La mère et l’enfant adoptif s’entendaient admirablement; la chatte miaulait, l’écureuil répondait à sa façon. Bientôt il suivit sa mère nourricière à travers toute la maison et dans le jardin. Obéissant à son instinct naturel, l’écureuil grimpait avec la plus grande facilité sur un arbre, la chatte le regardait tout ébahie et tout étonnée de l’adresse du petit étourdi et le suivait tant bien que mal. Les deux animaux jouaient ensemble, l’écureuil s’y prenait bien un peu gauchement, mais leur amitié n’en souffrait pas; la mère était si patiente qu’elle recommençait toujours le jeu. »
- L’adoption de petits chiens par des chattes est, pour ainsi dire, l’enfance de l’art, malgré l’animosité que l’on se plaît — à tort — à reconnaître comme existant entre ces deux espèces d’animaux. L’exemple suivant qui présente des particularités spéciales en donnera une idée.
- « Une chienne épagneule à longues soies, dit le capitaine Marryat, avait eu d’une seule portée cinq petits, très bien conformés et qui semblaient ne demander qu’à vivre. Cependant, comme on les laissait tous à la mère, on craignait qu’elle ne s’épuisât sans parvenir à les élever. Il paraissait indispensable d’en sacrifier une partie pour sauver le reste. La maîtresse de la chienne, ne pouvant se résoudre à ce sacrifice, eut l’idée qu’on pourrait nourrir au biberon deux des petits en les tenant d’ailleurs dans un endroit suffisamment chaud; mais une autre personne, consultée sur les moyens d’exécution, émit l’avis de faire allaiter les deux chiens par une chatte qui, justement, venait de mettre bas. On résolut d’essayer et, en conséquence, on enleva un des chatons qu’on remplaça par un petit chien. La chatte ayant bien accueilli l’étran- • ger, reçut peu de jours après un second nourrisson qu’elle traita comme le premier, et, bientôt, elle n’en eut plus d’autre, §ar on eut le soin, afin qu’ils ne souffrissent pas, faute de nourriture, de faire disparaître, l’un après l’autre, tous leurs frères de lait. Voilà mes petits chiens qui profitent à merveille et, seulement au bout d’une quinzaine, ils étaient très bien portants; mais, chose remarquable, ils semblaient beaucoup plus avancés que ceux qui étaient élevés par la vraie mère. Tandis que ceux-ci étaient encore de gros patauds, roulant plutôt qu’ils ne marchaient, les autres étaient lestes, agiles et gais comme de jeunes chats. La chatte semblait, prendre plaisir à les exercer et les faisait jouer avec sa queue. Bientôt, ils purent manger de la viande, et, à une époque où leurs trois frères étaient tout à fait incapables de se suffire à eux-mêmes, eux pouvaient sans inconvénient se passer de nourrice, de sorte qu’on ne tarda pas à les donner. La pauvre chatte en fut inconsolable ; pendant deux jours elle n’eut pas un moment de repos et courut la maison de la cave au grenier. Enfin ayant trouvé moyen de pénétrer dans la chambre où la chienne nourrissait les petits qui lui avaient été laissés, elle crut que c’était la chienne qui lui avait volé ses enfants et leva la patte sur elle ; mais la vraie mère répondit par un coup de dent. La bataille, une fois engagée, fut soutenue vigoureusement de part et d’autre ; l’avantage resta pourtant à la chatte, qui prit un des petits et l’emporta en triomphe
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- Apeine reut-ello déposé en lieu sûr, qu'elle revint pour en chercher un autre, qu’elle parvint également à emporter, après avoir soutenu un nouveau combat. Le curieux de l'affaire, c’est que. ce double succès ne lui tourna pas la tète et qu’elle ne chercha pas à le pousser trop loin. On lui avait pris deux nourrissons, elle en avait pris deux; elle savait fort bien son compte. »
- Pour terminer, je citerai l’adoption d’un chien par un babouin, adoption qui se complique d’un rapt d’enfant.
- « Lorsque nous entrâmes à Alexandrie, rapporte L. Brehm, nous attachâmes notre babouin, appelé Perro, à la voiture qui portait nos caisses. Sa corde était cependant assez longue pour lui laisser la liberté nécessaire. En entrant dans la ville, Perro vit dans la rue la couche d’une chienne qui venait de mettre bas et nourrissait quatre charmants petits. Descendre de la voiture et en arracher un à la chienne fut l’affaire de quelques instants. Mais il ne réussit pas aussi vite à regagner son siège ; la chienne, furieuse, se i'ua sur Perro, qui dut rassembler toutes ses forces pour résister à l’attaque. La lutte n’était pas facile, car la voiture continuait son chemin et Perro n’avait pas le temps d’y grimper parce que la chienne l’aurait saisi. 11 tint le petit chien serré contre sa poitrine, attira du même bras la corde à laquelle il était attaché et qui l’étranglait, marcha sur ses pattes de derrière et de la main qui lui restait se défendit contre la chienne. Sa lutte courageuse lui valut si bien l’admiration des Arabes qu’ils ne voulurent pas lui enlever le petit chien volé; ils préférèrent chasser la chienne. Perro emporta donc son enfant adoptif, le soigna, le caressa, sauta avec le pauvre animal, à qui cela ne plaisait pas du tout, sur des murs et des poutres, l’v lâcha dans les positions les plus dangereuses et se permit d’autres libertés qui auraient été à leur place avec un petit singe, mais non pas avec un chien. Son amitié fut grande, ce qui ne l’empêcha pas de manger toute nourriture que nous apportions au petit chien. Il l’éloignait même avec le bras pendant que lui-même, plutôt brigand que tuteur, se remplissait le ventre. Je lui lis retirer le soir même le petit et le fis rendre à sa mère légitime. »
- Ce babouin était un mauvais père adoptif.
- Il emu Coüpix.
- NOUVEL ÉCLAIRAGE
- DES VOITURES 1)E L’OUEST
- Dans le précédent numéro1 nous avons résumé les divers systèmes les plus généralement employés, à l’heure actuelle, pour l’éclairage des voitures de chemins de fer. Nous avons décrit la nouvelle lampe adoptée par la Compagnie de l’Est pour l’éclairage par incandescence avec le gaz d’huile.
- De son côté, la Compagnie de l’Ouest a, ces temps derniers, étudié une lampe à incandescence par le gaz, qu’elle vient d’appliquer à des voitures de banlieue.
- Cette lampe est représentée par la figure ci-jointe. A l’inverse de la disposition adoptée à l’Est, l’éclairage est obtenu par le renversement de la flamme qui, dirigée de haut en bas, en sortant du brûleur, porte à l’incandescence le petit manchon sphérique, indiqué sur la figure et qui est fixé au brûleur en porcelaine par une monture à baïonnette.
- Par suite de cette disposition la plus grande partie des rayons lumineux émis par le manchon sont dirigés vers
- 1 Voy. n“ 1584, du 3 octobre 1903, p. 275.
- le bas et l’utilisation de la lumière se trouve sensiblement augmentée.
- Les produits de la combustion s’échappent par la cheminée C en traversant l’espace annulaire ménagé a la hase entre cette cheminée et la chambre d’air A. Cette chambre d’air communique avec l’extérieur par trois tubulures B au travers desquelles passe l’air aspiré par le Bunsen
- Lampe pour éclairage par incandescence des voitures de la Compagnie de l’Ouest.
- cet air, par suite de cette disposition, se trouve ainsi réchauffé par les gaz de la combustion avant son introduction dans le Bunsen et la chambre d’air sert de récupérateur de chaleur, au bénéfice de l’intensité lumineuse.
- Cette lampe, avec une consommation de 15 litres de gaz riche à l’heure, produit, d’après les renseignements fournis par la Compagnie de l’Ouest, une intensité lumineuse de 5 carcels. Le bec droit à incandescence adopté par la Compagnie de l’Est, avec la même consommation de gaz riche, ne produit qu’une intensité lumineuse de 2 carcels. R.-B. Pradelle.
- L’ÉTHÉRMTION DES PUNIES1
- EN CULTURE FORCÉE
- Nous avons entretenu nos lecteurs de la découverte du professeur Johannsen, de l’éthérisation des plantes destinées à épanouir leur Heurs à contro-saison, alors que ce procédé sortait à peine de la phase expérimentale dans les forceries allemandes et n’avait encore suscité aucun essai en France où cette opération paraît lente à se propager.
- Depuis cette époque, nos prévisions se sont largement trouvées confirmées et les espérances fondées à ce sujet n’ont pas été vaines. Cette méthode de
- 1 Voy. n° 1484, du 2 novembr# 1901, p, 353.
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- LA NATURE.
- culture forcée est largement mise en pratique avec le plus grand succès dans les importants établissements producteurs de Heurs allemands. On s’en occupe d’une façon très large en Angleterre, en Amérique et dans d’autres pays.
- 11 semblerait logique, que l'horticulture française, qui occupe une si large place pour la production des fleurs forcées, en eût tiré profit. Mais il n’en est pas tout à fait ainsi. Si notre article de « La Nature » a provoqué quelques expériences de la part des amateurs, les professionnels et principalement les grands forceurs ne paraissent pas avoir été intéressés par ce procédé et semblent à peine s’en préoccuper aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, si on a été long à se décider, nous croyons, toutefois, que beaucoup d’essais seront tentés cet automne.
- Un seul horticulteur français, à notre connaissance, a expérimenté sur une large base pendant l’hiver 1901-1902 le forçage par l’éther, qu’il a mis définitivement en pratique l’automne et l’hiver dernier, c'est M. Aymard, horticulteur-fleuriste et producteur de Heurs pour l'exportation, à Montpellier.
- Les résultats qu’ obtenus corroborent non seulement notre opinion, mais encore celle des forceurs allemands, dont nous avons suivi les travaux avec le plus grand intérêt. Il est maintenant indiscutable que cette méthode, ainsi que la culture retardée par le froid sont appelées à révolutionner et à transformer de fond en comble l’industrie presque séculaire du forçage des Heurs.
- Néanmoins, quelques forceurs sceptiques restent sur l’expectative sans se décider à entrer dans la voie des expériences, nullement coûteuses et qui sont pour eux un jeu d’enfant.
- Sans doute, les photographies de plantes témoins que l’on met sous les yeux des gens informés suffisent largement, car l’expérimentateur n’a, dans les cas analogues à celui-ci, aucun intérêt à faire voir des choses contraires à la réalité. Les incrédules et les sceptiques diront cependant que cela ne prouve rien, et que l’on peut, dans le cas qui nous occupe, comparer des sujets mis dans la serre h des époques différentes de celles indiquées afin de justifier l’écart dans la floraison, en faveur du procédé
- qui emploie l’éthérisation et la chloroformisation.
- C’est autant pour répondre à ces objections que pour vérifier l’action principale de ces substances anesthésiques sur les rameaux et principalement sur les boutons des arbustes traités que le professeur Johannsen a fait une série d'expériences concluantes. On ne saurait plus contester la valeur des plantes témoins permettant la comparaison, puisque pour mettre en évidence, d’une manière frappante, l’efficacité étonnante de l’ivresse par l’éther il a, en effet, éthérisé un certain nombre de Lilas en isolant quelques branches qui, parla suite, sont restées dénudées. Leurs boutons sont demeurés à l’état latent, tandis que le reste de la ramure était couverte de feuilles et que les thyrses floraux étaient aussi largement épanouis.
- Voici d’ailleurs comment il convient d'opérer pour isoler les branches de l’influence de l’éther. On se munit soit d’éprouvettes en verre, soit de tubes également en verre, comme ceux qui contiennent les longs cigares de choix. L’arbuste est alors retourné de façon qu'il se trouve la tête en bas ; puis on fait pénétrer les rameaux témoins dans ces tubes de verre dans lesquels on verse quelques centimètres cubes d’eau ; ou bouche ensuite hermétiquement le vide entre le rameau et les parois du tube, soit avec un bouchon de liège ou de caoutchouc de préférence, soit avec du mastic. L’arbuste a été placé dans cette position, pour verser l’eau commodément, après quoi on le remet dans la position normale, de façon que l’eau séjourne vers la base du tube de verre (fig. 1). Cette eau est destinée à assurer la fermeture hermétique et à absorber les vapeurs d’éther qui pourraient passer jusque dans le récipient en verre par les vaisseaux de la plante, et à ménager ainsi une obturation parfaite.
- L’arbuste est alors traité comme d’habitude dans la caisse ou le local à anesthésier, pendant quarante-huit heures et avec les doses communes de 55 à 40 grammes d’éther ou S à 10 grammes de chloroforme par hectolitre d’air de capacité, puis rentré dans la serre de forçage.
- La figure 5 montre une touffe de Lilas qui a été éthérisée avant le forçage, sauf le rameau de gauche A, et la figure 2 une autre touffe traitée de la
- Fig. 1. — Rameau isolé du contact des vapeurs d’éther.
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- même laçon après avoir séjourné huit jours en serre I isolée, le bouchon étant à la partie marquée d’un chaude en novembre. La branche de gauche A a été | petit cercle blanc; cette branche ne donne aucune
- Fig. 2. — Lilas (leuri après dix jours de forçage.
- Le rameau I! non éthérisé ne s’est pas développé.
- Fig. 3. — Lilas après l'éthérisation.
- Les boutons floraux du rameau A, non éthérisé, restent à l’état latent
- apparence de végétation, saut un bouton endommagé au-dessous de l’obturation qui est en train de pousser. La figure 2 montre un autre sujet plus avancé, puisque les Heurs sont épanouies; tous les rameaux sont couverts de feuilles et de thyrses floraux sauf celui isolé B. Le résultat est aussi frappant que concluant. L’expérience est à la portée de tous et au lieu de préserver une seule branche de l'influence de la substance anesthésique, on peut en isoler un certain nombre, ce qui est encore plus évident.
- A titre d’expérimentation ou de récréation scient iliqueonpentélhé-riser chez soi, à cette époque de l'année, des branches de Saule, et principalement du Saule Marsault et du
- Fig. i. — Hameaux de A. Éthérisés, les chatons sortent B. .Non éthérisés,
- Saule acutifolia. Il suffit de couper des extrémités de branches ou de petits rameaux qui se couvriront tous de chatons soyeux au printemps, et d’en éthé-riser une partie. A cet effet, on met sous une cloche ou on suspend dans une petite caisse qui recouvre les rameaux une éponge ou tout autre tissu spongieux imbibé d’une dose d’éther, de 5 à 4 déci-grammes par litre d’air de capacité du récipient choisi. On clôt bien celui-ci en bouchant les fissures pour éviter toute déperdition des vapeurs et on laisse dans cet état pendant vingt-quatre à quarante-huit heures.
- Si on trouve ce procédé trop compliqué on peut éthériser ces rameaux d'une façon très simple en plongeant purement et
- « Saiix acid (folia ».
- au bout de deux jours de forçage.
- ils uc poussent pas.
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- simplement leur base dans un vase contenant de l’eau éthérisée, mais dans ce cas la dose d'éther doit être beaucoup plus forte. En effet, l’eau absorbe beaucoup plus d’éther : en équilibre, l’air et l’eau étant également saturés d’éther, l’eau en contient environ 22 fois plus, ce qui indique que la dose convenable pour l'éthérisation doit être 22 fois plus forte.
- On mettra donc 8 à 9 grammes d’éther par litre d’eau. Un demi-litre est largement suffisant pour cet essai. A cet effet, l’éther est versé dans une bouteille pour assurer sa dissolution et son mélange intime avec l’eau. Ceci fait, on verse cette solution dans un vase et on met la base des rameaux tremper pendant vingt-quatre à quarantc-lmit heures. Au bout de ce temps ceux-ci sont étés et {.longés quelques heures dans un autre vase et dans de l’eau pure afin d’arrêter l’action de l’éther.
- Les rameaux témoins coupés en même temps ont été mis dans l’eau ordinaire et à la même température, à moins qu’on ait préféré les laisser sur l’arbuste.
- La préparation des premiers terminée, ils sont mis ensemble, dans le même vase, portés dans une serre si l’on en possède une et à défaut dans la pièce la plus chaude de l’appartement. 11 faut peu de temps pour que les enveloppes éclatent sur les rameaux éthérisés, et au bout de deux jours les chatons argentés sortent joyeusement de leurs gaines. L’éclosion se précipite avec une invraisemblable rapidité, comme si on exerçait dessus le pouvoir d’un mystérieux sortilège. Les boutons des rameaux non éthérisés n’ont aucunement bougé, ils ne s’ouvrent que quinze à vingt jours après s'ils ne sont pas desséchés auparavant.
- La figure 4 montre le résultat d'un essai de ce genre, qui est absolument curieux.
- Ainsi que nous l’avons déclaré au début, «pie les horticulteurs allemands l’avaient constaté et que cela s’est confirmé dans les cultures de M. Aymard, l’éthérisation et la chloroformisation n’ont pas seulement la faculté d’avancer la floraison, mais encore de régulariser celle-ci. En effet, tandis que dans les premières saisons de forçage et {dus encore si l’automne a été humide et chaud, le bois n’est pas complètement aoûté, la majorité des boutons floraux avortent, tombent ou se dessèchent et la floraison est inégale. Ce sera le cas cet automne. Sur les sujets traités par l’anesthésie, tous les boutons se développent amplement, les fleurs s’épanouissant normalement et s'encadrent d’un robuste feuillage.
- A l’économie de main-d’œuvre, de combustible, de matériel, puisque la floraison s’effectue dans un délai beaucoup {tins court, s’ajoute la certitude d’avoir celle-ci plus régulière, des inflorescences plus fournies et des fleurs de tout premier choix, dont la valeur marchande est beaucoup plus considérable. D’ailleurs aussi, en raison de la quantité des fleurs obtenues le placement est assuré.
- Aussi, est-il à souhaiter que les producteurs de fleurs français ne négligent pas celte méthode, dont l’application s’étend de {dus en plus en
- Allemagne, s’ils ne veulent pas voir, jusque sur notre propre marché, les Lilas allemands préférés aux leurs. Albert Maumexé.
- CHRONIQUE
- lu bateau «le sauvetage insubmersible. —
- Par des catastrophes récentes l’attention du grand public a été attirée sur le manque de sécurité à bord des grands vapeurs en cas de naufrage. Les canots de bossoir sont en nombre insuffisant, d’ailleurs d’une mise à l’eau difficile : de plus ils chavirent et coulent facilement. Un architecte naval, M. Besson, a imaginé un modèle de bateau de sauvetage qui présente ce double avantage d’ètre insubmersible et inchavirable, grâce à la présence d’une quille en plomb amovible et de nombreux compartiments étanebes. 11 peut ainsi emporter des vivres pour plusieurs mois et les naufragés n’ont pas à craindre de mourir de faim. Un bateau de ce type ayant 12 mètres de longueur peut porter 150 personnes et, tout équipé, ne pèsera que 7 tonnes. La mise à l’eau ne saurait donc présenter de difficulté à raison du poids, d’autant plus que des appareils simples et robustes permettent cette opération par une manœuvre peu compliquée. Par un dispositif spécial on peut pratiquer le filage de l’huile dont une provision existe dans la cale du bateau. Enfin une voilure suffisante permet de naviguer à petite allure de manière à gagner le port le plus voisin. Grâce au grand nombre de personnes qui peuvent prendre place dans chaque bateau, on peut assurer le sauvetage total des passagers et de l’équipage, même dans des conditions très défavorables. Les armateurs et les Compagnies de transport finiront peut-être par comprendre que leur devoir et leur intérêt leur commandent l’adoption de mesures de sauvetage sérieuses.
- Fabrication «les briques à la machine. — Il s’agit d’un procédé qui est maintenant couramment employé dans les usines Eastvvood, à Conyers, près de Sitting-bourne, en Angleterre. Après avoir été préparées à la machine, les briques crues sont empilées au nombre de 192 sur des chariots métalliques qui laissent l’air circuler entre elles, et qui les entraînent dans un tunnel de dessiccation chauffé en partie par un foyer spécial et en partie par la vapeur d’échappement des machines de l’usine : ni cette vapeur ni les gaz chauds ne viennent en contact direct avec les briques, mais ils passent dans des tuyaux logés à l’intérieur du tunnel. Le chariot de briques est lentement poussé d’un bout à l’autre du tunnel, où il trouve une température de plus en plus élevée. Quand cette dessiccation a duré 24 heures, les briques sont empilées sur un autre chariot au nombre de 5000, et elles pénètrent ainsi dans le four : elles vont y passer trois jours en s’y enfonçant de plus en plus pour le traverser dans toute sa longueur. Le plancher du chariot est recouvert de terre réfractaire, ce qui assure un joint suffisamment étanche avec les parois latérales du four. Le toit de ee dernier présente des ouvertures qui permettent de jeter du sable sur les tas de briques, {tour luter tous les joints possibles, puis, quand les briques arrivent à avoir déjà une température très élevée, on jette du charbon incandescent sur elles, ce qui achève de les cuire. En continuant sa marche en avant, poussé qu’il est par les chariots qu’on a fait pénétrer à sa suite dans le four, le premier chariot arrive à des parties du four dont la température s’abaisse de plus en plus, et quand les briques sortent, elles peuvent être manipulées pour être mises en
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- LA NATURE.
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- tas : elles sont cuites et aussi Lien cuites qu’avec les méthodes ordinaires.
- Une nouvelle gemme, la Kuntzite. — Une
- nouvelle pierre précieuse est à ajouter à la liste déjà longue que nous possédons. C’est près de la petite ville de l'ala, en Californie, que le Dr G. Kunz a découvert cette gemme à qui son nom a été donné. C’est un silicate alumineux lithinifère, assez analogue au feldspath, et il constitua une variété du Spodumène ou Triphane. Sa couleur est lilas, son poids spécifique de 5,185, et sa densité de 7. Taillé et monté parallèlement à sa hase, ce minéral est d’un aspect magnifique. Après avoir été soumis à l’action des rayons Rôntgen, il peut impressionner la plaque sensible par une exposition de dix minutes.
- Ligne «’-iectrique de Varèse À Luino (Italie). — La traction électrique triphasée vient d’ètre inaugurée sur la ligne Yarèse-Luino, qui relie au lac Majeur la région de Varèse, Corne et Milan. La longueur du parcours est d’environ 30 kilomètres, sa durée de 45 minutes, et le service entre Luino et Varèse comporte déjà 80 trains par jour. Les trains se composent de trois voitures, dont une motrice munie de deux moteurs triphasés commandés par un contrôleur qui les réunit en cascade ou en parallèle avec le réseau. La tension du réseau est d’environ 650 volts, et, comme la production du courant est assurée par une usine hydraulique située à assez grande distance, le courant triphasé est distribué à des sous-stations transformatrices qui en réduisent la tension de 15000 volts à 650 volts. La ligne de distribution à 400 volts est composée de trois conducteurs, dont un constitué par les rails de roulement de la voie convenablement éclissés, et dont deux sont suspendus au-dessus de la voie par des fils transversaux attachés à des poteaux fixés latéralement. Sur ces fils frottent deux prises de courant distinctes montées sur le toit de la voiture. Ce sont des trolleys ordinaires, qui ne diffèrent des trolleys à courant continu ni par la base ni par la perche de trolley elle-même, ni par la roulette, et qui sont simplement montés l’un près de l’autre sur le toit, dans un même plan parallèle au petit axe de la voiture ; cette disposition rappelle celle des tramways à courants triphasés de la ville de Lugano, à cette différence près qu’on a, dans cette dernière installation, décalé d’une certaine longueur les deux trolleys pour éviter avec plus de certitude les contacts éventuels entre un trolley et le fil conducteur correspondant à l’autre. L’une et l’autre ligne donnent d’ailleurs entière satisfaction.
- lies locomotives aux États-Unis. — Le dernier rapport annuel du bureau de la statistique de U « Interstate Commerce Commission » contient des renseignements intéressants sur le nombre et les différents types de locomotives en service aux Etats-Unis, à la date du 50 juin 1902. Il résulte de ces renseignements qu’il y avait à cette date, sur tous les réseaux des chemins de fer des Etats-Unis, 57 516 locomotives en service, dont 2288 compound, soit à quatre, soit à 2 cylindres, soit 6,1 pour 100 du total. Les locomotives compound à 4 cylindres étaient au nombre de 1175 et celles à 2 cylindres au nombre de 1115.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 octobre 1903. — Présidence de M. À. Gaudkï.
- Electrisation des corps par contact. — M. Mascart dépose une Note de M. Jean Perrin, chargé de cours à la Sorbonne, relative au signe et à la grandeur de l’électri-
- sation de contact d’un corps plongé dans l’eau. M. Perrin démontre que cette électrisation est produite par des traces d’acides ou d’alcalis et peut être modifiée considérablement par des traces de sels polyvalents. D’après la remarque de l’auteur ces observations permettent d’expliquer la coagulation des colloïdes qui jouent un rôle si important dans la matière vivante.
- Roches de Madagascar. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Lacroix relative à certaines roches de la côte nord-ouest de Madagascar. Ces roches sont des granits à ægirine contenant peu d’alumine de chaux et de magnésie, mais très riches en oxyde de fer et renfermant jusqu’à 7 pour 100 de zircone. Elles présentent cet intérêt particulier qu’elles ont transformé sur leur passage les couches du lias qu’elles ont traversées.
- Gonflement des racines aériennes d'orchidées. — Les racines aériennes des orchidées de serre présentent fréquemment des gonflements que M. Bonnier a étudiés. Ce sont des formations anormales qui ne sont dues'ni à des insectes, ni à des champignons; elles ont tout simplement pour cause l’eau qui se condense dans la gouttière constituée par la racine et son support. M. Bonnier a réalisé la preuve expérimentale en enfermant les racines dans des tubes de verre faisant obstacle à l’existence d’une gouttière.
- Transpiration des feuilles. — M. Bonnier présente une Note de M. Griffon relative à la transpiration des feuilles. L’auteur a mesuré les quantités d’eau perdues par la plante dans sa position normale, c’est-à-dire lorsque la face supérieure des feuilles est exposée à l’action de la lumière ; puis il a opéré la même mesure après avoir retourné la plante, de manière que la lumière tombe sur la face inférieure des feuilles. Dans la première position la transpiration est plus active.
- Action de l'oxygène sur le soufre. — M. Moissan rappelle qu’il a déjà montré que le charbon brûle dans l’oxygène à une température inférieure à celle que l’on supposait nécessaire. Dès la température de 80° le noir de fumée et le charbon de bois donnent lieu à combustion lente avec production d’acide carbonique. Par suite il a commencé par rechercher quelle était réellement la température d’inflammation du soufre dans l’oxygène et dans l’air à la pression atmosphérique. Par des expériences très précises * a trouvé 282° dans l’oxygène et 550° dans l’air. Il a reconnu également que la combustion lente du soufre se produit bien avant la température d’inflammation. Ainsi à 100°, cette combustion est manifeste ; après 12 heures elle donne une quantité d’acide sulfureux que l’on peut, par refroidissement à — 186°, amener à l’état solide et caractériser. Ce procédé très précis a permis.de reconnaître que ce phénomène de combustion lente, se produisait avec les.différentes espèces de soufre, même a la température ordinaire; d’une façon constante le soufre exposé à l’air y brûle très lentement en donnant des traces d’acide sulfureux. ________ Cii. de Villedeuil.
- U FLÈCHE HUMAINE
- UN SAUT DE 15 MÈTRES A BICYCLETTE
- Le succès remporté l’an dernier par les « boudeurs de boucle » semble un peu épuisé maintenant, et il fallait autre chose pour satisfaire les gens avides d’émotion. On a bien essayé de varier la boucle de différentes manières, mais sans grand succès et quelques accidents graves se sont produits
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- LÀ NA T U RL.
- r.oi
- ([ui prouvèrent que, pour les exercices de ce genre, il faut être non seulement acrobate, mais surtout ingénieur. Un est rarement l’un et l’autre, mais l’un peut se compléter par l'autre. C'est ce qu’a pensé très judicieusement Mllc II. Dutrieu, lorsqu’elle eut l’idée, elle aussi, en sa qualité de championne bien connue de la bicyclette, de boucler une boucle ou de faire un saut dans l’espace. L’ingénieur auquel elle s'adressa la dissuada, pour des raisons diverses de se risquer dans l’exercice usé et dangereux de la boucle et approuva l’idée de rouler dans l’espace, sans aucun point d’appui : c’est ce qu’on a appelé la « llèche humaine ». L’exercice consiste à se lancer sur un plan incliné pour arriver sur une piste relevée qui est interrompue brusquement. La cycliste continue son chemin, en vertu de la vitesse acquise, roule dans
- l’espace pendant une quinzaine de mètres au bout desquels elle retrouve la piste inclinée sous un angle convenable pour la recevoir sans choc.
- En principe, c’est assez simple, mais en pratique il fallait prévoir bien des choses : la pente du plan incliné, le profil le plus favorable de la piste au point de son interruption, la position du centre de gravité du mobile et enfin son arrêt presque brusque sans danger, car ces sortes d’exercices se faisant généralement dans un théâtre, on n’y dispose que d’un espace restreint. C’est pour tous ces motifs que l’intervention de l’ingénieur est indispensable. Lorsque tous les calculs furent établis, Mile IL Dutrieu commença à s’exercer dans un terrain qu’elle avait loué aux environs de Paris. Par un entraînement bien conduit, mais qui fut assez long, elle
- La flèche humaine au théâtre de l’Olympia à Paris.
- arriva peu à peu à acquérir l’expérience nécessaire pour s’abandonner dans l’espace en conservant au centre de gravité la position nécessaire pour retomber bien d’aplomb sur la seconde partie de la piste.
- Ainsi qu’on le voit dans notre gravure, le plan incliné, qui a 15 mètres de long, a une pente d’environ 50 degrés; il se continue par un relèvement en courbe terminé par un plan incliné au point de son interruption, pour permettre au mobile, étant données sa masse et sa vitesse, de décrire une trajectoire qui le ramène, 15 mètres plus loin, au même niveau qu’à son point de départ. Là, il rencontre la seconde partie de la piste où il continue à rouler pendant quelques mètres jusqu’à la rencontre du système d’arrêt. Celui-ci est constitué par une série de lanières en caoutchouc tendues horizontalement par quatre hommes qui tiennent leurs extrémités, un peu au-dessous du niveau du guidon; et par une corde, tendue à la même hauteur, mais
- dont les extrémités, au lieu d’être fixes, passent dans des anneaux et viennent se replier parallèlement à la piste ; elles sont terminées chacune par un poids de 30 kilogrammes que la cycliste entraîne sur un espace de 4 ou 5 mètres avant de s’arrêter complètement. Pour plus de sécurité, on a tendu une seconde corde pareille à la première à 5 mètres plus loin, et enfin derrière elle est encore une toile tendue horizontalement par deux hommes. Mais le premier système a toujours suffi pour produire un arrêt progressif et sans aucun danger. La durée du trajet est d’environ quatre secondes, dont une seconde dans l’espace. C’est un spectacle très impressionnant, et Mlle H. Dutrieu accomplit ce saut prodigieux avec autant de grâce que d’adresse et de courage.
- G. Chalmarks.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiit.e, rue de Fleurus, 9.
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- LA NAT U HE.
- .V 1580. — 17 OCTOBRE 1905.
- LE GUEPIER COMMUN
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- « Le guêpier joint à la puissance d’un vol rapide la faculté de se jouer dans les airs avec grâce et légèreté. Son manteau d’un roux marron passant au
- roux jaunâtre, sa gorge et le devant de son cou couleur d’or; ses ailes et sa queue d’un vert olive, en font un des plus beaux oiseaux de notre pays. 11
- Le Guêpier commun.
- semble parti des contrées équatoriales pour visiter notre Midi. » Ainsi s'exprimait Mulsant dans ses « Lettres à Julie sur l’ornithologie », et ce simple portrait n’a rien d'exagéré, le guêpier est sans contredit un des plus beaux oiseaux qu’il nous soit 31e auucc. — 2e seiiicslrc.
- donné de rencontrer dans le Midi de la France, qu’il ne dépasse que rarement quoique Bullon l’ait observé en Bourgogne, se tenant de préférence sur les arbres fruitiers qui, alors en Heurs, étaient fréquentés par les guêpes et les abeilles, et que d’autre part
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- LA NATURE.
- Maurice Girard mentionne qu'en 1840, une troupe s’était avancée jusqu’à Abbeville, (ierbe place cet oiseau dans l’ordre des « Léviroslres », l’amille des (! Méropidés ». C’est le type du genre « Mérops », il a reçu le nom spécifique d’« apiaster ».
- Le « Merops apiaster » ou guêpier commun est à peu près de la taille d'un merle. Sa longueur atteint 28 centimètres, son envergure 47. L'aile a 15 centimètres de long, la queue II à 12. Le Iront est blanc, la partie antérieure de la tète verte, l’occiput, la nuque, le milieu des ailes brun cannelle, le dos jaune à rellels verdâtres plus foncé vers la tète. Une bande noire part du bec en passant par l'œil, la gorge est jaune d’or clair avec une bordure noire. Le dessous du corps est vert bleuâtre plus clair à la partie postérieure. Les rémiges sont vertes, frangées de bleu extérieurement et ont la pointe noirâtre. Les reclrices sont vert bleu, rayées de jaune, les deux médianes plus longues. L’œil est carmin foncé, le bec noir, les pattes très petites et rougeâtres.
- Cet oiseau est commun dans le Sud-Est de l’Allemagne, on La vu en Danemark, en Suède et jusqu’en Finlande. 11 niche dans tout le Midi de l’Europe : en Italie, en Grèce, en Palestine, dans les îles de la Méditerranée, en Turquie, en Perse, en Cachemire, en Chine. En hiver il est commun aux Indes. Dès le commencement de septembre il passe en Afrique. Il fut si abondant au Cap, (pie Vaillant rapporte qu’il en tua plus de trois cents en deux jours.
- En mai, époque où commencent les amours, il arrive en bande dans les contrées où il niche, pour repartir en automne. Recherchant alors la rive escarpée argileuse ou sablonneuse d’un cours d’eau où le liane abrupt d’un coteau, il y creuse à la manière de l’hirondelle de rivage ou du martin-pêcheur un long canal horizontal ou légèrement ascendant, de 6 à 7 centimètres de diamètre, mesurant jusqu’à 2 mètres de longueur terminé par une chambre d’environ 25 centimètres, sur une quinzaine de largeur et une dizaine de hauteur dans laquelle la femelle dépose de 4 à 7 œufs blancs, assez globuleux.
- Certains auteurs disent que cette chambre est tapissée de mousse, mais Rrehm n’y a trouvé qu’une couche formée par les ailes, les pattes des insectes et autres résidus des proies avalées, le tout vomi par les jeunes et par les parents. Le père et la mère nourrissent les petits qui commencent à voler vers la lin de juin, mais vivent en famille jusqu’au moment de se réunir par paires.
- Par le beau temps les guêpiers passent de longues heures à voler dans le haut des airs, s’appelant sans cesse, ce qu’ils font d’ailleurs continuellement et en tous lieux; leur vol est soutenu et rapide et, en descendant du haut des airs, ils décrivent de grands cercles. Le soir ils reviennent à la colonie et se séparant par paires font jusqu’au crépuscule une chasse active aux insectes. Les bruyères sont très fréquentées par eux, car ils y trouvent une abondante nourriture surtout en hyménoptères à aiguillons qu’ils préfèrent, ce qui ne les empêche pas de manger d’autres
- insectes, des sauterelles par exemple. Us dégurgitent toujours les ailes et toutes les parties cornées de leurs proies. Lorsqu’ils ne trouvent plus de nourriture dans un endroit, ils émigrent ailleurs.
- C’est surtout quand le temps est couvert ou qu’il pleut que ces oiseaux s'approchent des maisons, se posant [très des ruches et happant les abeilles au passage, devenant d’autant plus nuisibles qu’ils vivent en grandes troupes. Dans certaines régions c’est un véritable tléau pour les apiculteurs qui les désignent sous le nom d’« Abcillerolle ». Us sont d’ailleurs peu craintifs, les coups de feu même ne les effraient pas. Découvrent-ils un nid de guêpes, ils s'installent près de l’entrée et ont vite fait d’en happer tous les habitants, lis se posent aussi près des nids de « bembex » dont ils sont, également friands.
- On trouve dans les vieux ouvrages un certain nombre de légendes relatives au guêpier. 11 est tellement rusé, dit Gessner (un ancien naturaliste suisse), qu’il transporte ses petits d’un endroit dans un autre pour qu’on ne les lui prenne pas, puis il s’envole d’un autre côté pour notre pas pris lui-même et aussi pour ne pas faire découvrir l’endroit où il les a cachés. On dit ipie comme la cigogne, ajoute cet auteur, il nourrit ses parents devenus vieux et les transporte sur son dos d’un endroit à un autre.
- En Grèce on en détruit beaucoup pour la consommation; on y trouve, parait-il, leur chair excellente, quoique Gessner assure qu’elle est dure et indigeste. Mais il affirme qu’elle est utile dans les cas d’ulcères, et que son fiel, mêlé à de l’huile et à des olives non mûres, rend les cheveux du plus beau noir.
- Inutile de dire que nous n’avons nullement l’intention de recommander cette recette dont l’efficacité nous laisse plein de doute, mais il n’est pas sans intérêt de rapporter en terminant ce que dit le vieux naturaliste de Zurich au sujet du mode de capture employé autrefois à File de Candie pour s’emparer des guêpiers. « Leur beauté excite les jeunes garçons de File de Crête, à les prendre avec des sauterelles (d’autres disent des cigales) comme ils le font des hirondelles ; à cet effet ils piquent la sauterelle, à l’extrémité d’un fer recourbé en hameçon et attachent celui-ci à un fit, qu’ils tiennent en main; ils laissent la sauterelle voler et lorsque l’oiseau la voit, il l’avale et se trouve pris. » A.-L. Clément,
- Professeur d’Ëntoiuologie agricole.
- ACCROISSEMENT DE LA TEMPÉRATURE
- AVEC LA PROFOXDELH1
- 11 vient d’être lu à l’(( lnstilute of Mining Engineers » du South Stafïordshire and East Worcestershire un mémoire de M. G. Meachem sur les températures souterraines. L’accroissement moyen de température déduit des observations publiées par le Comité de l’Association Britannique, en 1882, était de 1° C. par 55™, 17 de profondeur. Depuis 1882, de nouvelles observations ont été faites, d’où il résulte que la température maximum de la roche à une profondeur de 15D7 mètres (mines de cuivre de
- 1 Voy. Nature, 1709, du 24 septembre 1903, p. 317.
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- LA NATURE.
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- Calumet et llecla : lac Supérieur) a été de 2l>", la température à une profondeur de 52 mètres étant de 15° <1. Pour une profondeur de 15t‘>5 mètres, il y aurait donc eu un accroissement de température de 11°, soit de 1° C. par 12-4 mètres. La température moyenne annuelle de l’air extérieur était de 8°,8 C. et celle de l’air au fond du puits de 22°,2 C.
- L’accroissement moyen de température obtenu, en 1886, par M. H. Wheeler, dans d’autres mines voisines du lac Supérieur, a été de 1° C. par 51» mètres de profondeur.
- M. Meachem a fait, pendant plusieurs années, de nombreuses observations aux mines de llamstead et toutes ses recherches ont donné comme résultat un accroissement de température de 1° C. pour (il mètres, à partir d’une profondeur de 20 mètres comptée de la surface du sol. La température de la roche, au fond du puits, c’est-à-dire à une profondeur de 595 mètres, était de 18°,88 (1. Ces observations ont été faites au moyen d’un thermomètre à maxima et à miniina placé dans un trou de 3m de profondeur perforé dans la couche de houille, au moment de l’abatage. Ce trou était bouché au moyen d’argile et l’instrument restait en observation pendant des périodes variant de un à quatorze jours. Ce sont ces nombreuses observations qui ont permis de déduire les résultats indiqués. L’auteur conclut qu’en fonçant des puits de plus grande dimension et en augmentant la puissance des ventilateurs, les mineurs peuvent travailler à la profondeur de 915 mètres dans des conditions aussi favorables qu’à la profondeur de 505 mètres et que, par suite, il est possible d’exploiter, en Angleterre, toutes les couches de houille que l’on pourra rencontrer.
- UNE UNIVERSITÉ FLOTTANTE
- Tout le monde sait qu’il y a des écoles flottantes; mais ce sont des écoles spéciales, destinées à former les officiers de la marine de guerre, ou tout au moins des pilotins et des futurs capitaines au long cours. Cette fois, il s’agit d’une véritable université d’enseignement général, et qui va être itinérante au sens le plus large du mot, installée qu’elle sera sur un navire, et se rendant d’une rive à l’autre de l’Océan, ou d’un pays européen dans un autre, tandis que les étudiants logés à bord suivront les divers cours qui leur seront faits par de savants professeurs.
- L’idée est américaine, et les fonds sont fournis, comme le projet dressé, par un groupe de financiers lankees, parmi lesquels on compte le Président lui-même, M. Roosevelt. On a déjà fait l’acquisition d’un navire en acier de 2000 tonneaux, où les aménagements sont particulièrement soignés afin de rendre la vie aussi agréable que possible aux jeunes étudiants embarqués. Les élèves de cette Université flottante, qui est plus exactement une Ecole supérieure préparatoire aux Universités ordinaires, partiront de New-York et accompliront un trajet total de 12 000 milles ; ils suivront des cours complets d’enseignement classique, mais on leur fera étudier surtout les langues étrangères, l’histoire et l’économie politique. Ils acquerront certainement des notions très précises et vivantes sur les phénomènes économiquesvet commerciaux, l’étude des langues leur sera considérablement facilitée par ce fait qu’ils l’étudieront dans les pays dont ils veulent connaître l’idiome; et l’étude de l’histoire sera pour eux d’autant plus intéressante qu’ils parcourront une partie des lieux où se sont déroulés les faits historiques, ün compte d’ailleurs que la santé de ces jeunes gens se trouvera bien de cette vie au grand air. IL B.
- LES NAVIRES TRANSPORTEURS RE TRAINS
- EN DANEMAKK
- Le Danemark, séparé du royaume de Suède par le détroit, du Suiul, est composé de groupes d’îles dont les deux principales sont : I'ile de Zeeland sur laquelle est bâtie, en bordure du Sund, la ville de Copenhague et celle de Fionie séparée de la première par le Crand lîelt. En lace de celle dernière ile, à l'ouest et séparée d'elle par le Relit lîelt, se trouve la province danoise du Jutland reliée à la terre ferme par la province allemande du Scbleswig.
- Les diverses lignes de chemins de 1er conslruiles dans ces différentes îles se trouvent isolées et les communications d’ilo à de, qui ne peuvent se faire qu'au moyen de navires, obligent à des transbordements, qui, peu commodes pour le service des voyageurs, deviennent fort préjudiciables pour le transport des marchandises. D’un autre coté, étant donnée la faible densité de la population et le trafic relativement peu intense des lignes de chemins de fer, la traversée de ces détroits, soit au moyen de ponts, soit par des tunnels sous-marins, eut entraîné à des dépenses hors de proportion avec les besoins du trafic.
- Les ingénieurs danois ont donc eu recours aux « ferry-boats », c'esl-à-dirc à des navires à vapeur disposés d’une façon spéciale et qui transportent les trains d’une rive à l’autre sans rompre charge.
- Le premier ferry-boat établi en Danemark est celui qui sert à relier I’ile de Fionie avec le Jutland, à travers le Petit Bell, dont la largeur entre Fredc-ricia et File de Fionie est seulement de 2km,8; il date de 1872 (fig. 1).
- Depuis cette époque un certain nombre d’autres installations de transporteurs de trains ont été faites et actuellement elles sont au nombre de sept. Ces lerry-boals ont non seulement rendu plus confortable .le transport des voyageurs, mais ils ont aussi-eu [tour conséquence inévitable, comme toujours en pareil cas, le développement sensible du trafic.
- Les différentes installations de ferry-boats. sont indiquées sur la carte ci-jointe. Parmi les ptus importantes nous citerons : celle du Crand Bell entre Nyborg et Korsor où la longueur du parcours est de 26 kilomètres ; celle, d’unelongucur de 50 kilomètres, qui, en traversant le Sund, relie Copenhague avec Malnid, en Suède; enfin celle beaucoup [dus importante, mise en service depuis le Ie* octobre dernier, entre Gjeder et Warnemimde sur la cote allemande, qui sert à établir, à travers la Baltique, un service direct de trains entre Copenhague et Berlin; le parcours entre Warnemünde et Gjeder est de 48 kilomètres.
- L’administration des chemins de fer de l’Etat, Danois possède actuellement pour ce service six grands navires et douze autres plus petits. Tous, a l’exception de, deux petits ferrys, sont à roues et la vitesse moyenne de marche varie entre 10 1/2 et
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- 15 nœuds. Les ferry-boats de grande dimension sont eonstruils suivant les memes principes que ceux de plus faible dimension et 11e diffèrent, que par le nombre de voies établies sur le pont ; deux dans le premier cas et une seule; dans le second. Les premiers peuvent transporter 18 wagons à marchandises et les seconds six seulement. Dans Lun et l'autre type de navire, Rembarquement des wagons peut se faire soit par l’avant, soit par barrière, ce qui supprime les manœuvres d’accostage.
- La grande difficulté de ce mode de transport est le transbordement des wagons du terre-plein du quai sur le pont du navire ou réciproquement. Il faut, pour cela, des dispositions spéciales qui ne sont guère praticables que lorsque la différence de niveau entre les hautes et les basses mers n’est pas trop considérable. C’est ce
- qui jusqu’ici a été , , -------
- un obstacle au développement des ferry-boats dans certaines mers, comme la Manche, où les dénivellations de la marée sont importantes. A ce point de vue le Danemark se trouve dans des conditions toutes spéciales. Les marées y sont pour ainsi dire milles et les dénivellations 11e proviennent que de l’influence d 11 vent et ne dépassent jamais 0,60 en dessus ou en dessous du niveau normal ; ce sont là de bonnes conditions pour accoster.
- pour faciliter l’accostage du navire et le transbordement des wagons, on dispose perpendiculairement au quai une darse de forme spéciale dont les cotés
- Fig. “2. — Train franchissant le pont métallique d’accès.
- épousent exactement la forme du navire. Celui-ci, en pénétrant dans cette darse, se place alors exactement dans la position qu’il doit occuper pour
- mettre dans le prolongement l'un de l’autre les rails fixes du quai avec ceux qui sur le navire reçoivent les wagons. Des tampons amortissent le choc au moment de l'accostage du navire.
- Entre la voie fixe du quai et celle du navire on installe un pont métallique de 20 mètres de longueur portant la voie qui doit permettre le transbordement des wagons. Ce pont est fixé, d’un côté, au quai par une articulation et, de l’autre, à l’arrière du navire au moyen d’une tige verticale articulée qui permet au pont de suivre les oscillations du navire pendant le transbordement. Des contrepoids équilibrent une partie du poids de ce pont, le poids restant étant reporté sur le navire afin d’éviter / le soulèvement au passage des wagons. La manœuvre pour le soulèvement ou l’abaissement du pont, au moment de l'accostage, s'opère au moyen d'un treuil actionné soit à la main, soit par l'électricité. L’inclinaison de la voie entre le quai et le pont du navire est au maximum de 5 centimètres par mètre. La figure 2 montre un train
- au moment où il va quitter le navire et pénétrer sur le pont métallique indiqué au premier plan.
- Tous les ferry-boats sont, comme nous l’avons dit plus haut, construits sur le même principe. La ligure 5 représente le « Copenhague », récemment
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- construit et qui l'ait le service entre Copenhague et Malmo en Suède depuis un certain nombre d'années.
- Ce navire, muni de deux voies, peut transporter 18 wagons de marchandises chargés chacun de 10 tonnes. Les deux voies se réunissent en une seule à chaque extrémité du navire au moyen de courbes de faible rayon. Cette disposition, qui a l'inconvénient de ne permettre que le transport de wagons à faible écartement d'essieux ou de wagons à bogies, a dû être adoptée pour éviter la forme carrée qu’il eût fallu donner à l’avant et à l’arrière du navire, forme très défectueuse au point de vue du tangage pendant les fortes mers. A chaque extrémité des voies se trouvent des heurtoirs mobiles dont la hauteur correspond à celle des tampons des wagons et qui, pendant la traversée, sont appuyés contre ces tampons et s’opposent à tout mouvement des véhicules. En plus de ces heurtoirs, les wagons
- sont amarrés au pont et aux rails par des chaînes et des tendeurs à mâchoires. La stabilité de ce navire, muni, d’ailleurs, de quilles de roulis, est très grande; il se comporte très bien par mauvais temps, meme avec son chargement de wagons maximum.
- Par suite du peu de profondeur d’eau dans les ports d'accostage on a dù faire usage de roues au lieu d’hélices. La longueur du navire entre perpendiculaires est de 85m,57 et sa largeur au maître couple de 10m,57. La largeur totale hors tambours est de 17'",(>9. Avec un tirant d’eau de 2m,90 le déplacement est de 1450 tonnes. Les machines motrices compound, alimentées par quatre chaudières timbrées à ()k®,5, développent une puissance de 2200 chevaux. La vitesse de marche est de 12,5 nœuds. A une des extrémités du navire se trouve le salon des lres et 2es classes ainsi que celui des dames avec cabinet de toilette. Le salon des
- Fig. 3. — Bateau transporte.)
- 5, s classes occupe l’autre extrémité du navire. Au centre se trouve la chambre des machines et celle des chaudières. Le navire est éclairé à l’électricité et chauffé à la vapeur, le confortable y est très suffisant.
- En général, les ferry-boats ne servent pas au transport des trains de voyageurs, ces derniers préférant quitter les voitures pendant la traversée. Au contraire le transbordement se fait toujours pour les fourgons à bagages, les wagons postes et les voitures internationales.
- Par suite des glaces qui, pendant l’hiver, empêchent toute navigation, l’administration des chemins de fer de l’État Danois met, en service, pendant cette saison, un certain nombre de navires brise-glace destinés à ouvrir la voie. Dans le but d’éviter cette dépense supplémentaire, elle étudie, en ce moment, des ferry-boats pouvant servir eux-mêmes de brise-glace; mais la faible profondeur des eaux dans les darses d’accostage rend le problème difficile. Quoi qu’il en soit elle vient de faire construire,
- r reliant Copenhague à Malmo.
- pour le service d’Elseneur à Helsingborg, un nouveau navire qui, par suite d'une faible augmentation de la profondeur d’eau dans les darses, permettra, on l’espère, de rendre inutile l’emploi de navires brise-glace spéciaux. Ce navire transporteur de faible tonnage, de 55 mètres de longueur, de 15 mètres de largeur et de 5m,05 de tirant d’eau, est muni d’une hélice à chaque extrémité. Une seule voie sur le pont peut contenir sept wagons. Les hélices sont actionnées par deux machines à triple expansion et la vitesse de marche doit être de 12 nœuds.
- Les quatre navires qui, depuis le l"1' octobre, font le service entre Gjeder et Warnemünde sont établis sur le même principe, mais de plus grande dimension. Deux de ces navires sont construits pour le compte de l’État Danois et deux pour le compte de l’État de Mecklenbourg. Deux sont munis de roues aubes et les deux autres de double hélice. Les premiers n’ont qu’une seule voie et sont spécialement destinés au service des trains de voyageurs ;
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- les seconds oui deux voies et doivent transporter les trains de marchandises. Cependant, pendant la saison des glaces, alin d’éviter la rupture des aubes, les deux transporteurs à hélice doivent être affectés aux deux services. Les dimensions de ees deux types de navires sont les memes. Leur longueur est de 87m,5, la largeur de 1S1,1,7T» et le tirant d'eau de 5"\G(> pour les navires à roues et de 4m,10 pour ceux à hélice. Les machines de 5000 chevaux de puissance sont alimentées par quatre chaudières et la vitesse moyenne de marche doit at teindre 15 nœuds. Ces navires sont installés avec tout le luxe des navires modernes et, quoique disposés pour le transport des trains de voyageurs, sans que ceux-ci aient à quitter les voilures, on a, cependant, réservé au-dessous du pont une salle à manger, un salon pour les dames et un certain nombre de cabines particulières. Un spardeek spacieux est installé au-dessus du pont et sur ce spardeek se trouve un salon réservé pour les daines, ainsi qu’un fumoir. R.-R. Praoelle.
- IA BAGUE HENRI
- POl'R LAMPES A PÉTROLE
- Suivant qu’il s’agit d’un arc électrique ou d’une lampe à pétrole, la relation qui lie le rendement lumineux à l’intensité de la source varie de façon différente. Dans le premier cas, le rendement grandit lentement avec l’intensité alors que dans le second, il atteint rapidement un maximum. A quoi tient cette dissemblance, anormale a priori ?
- Dans les lampes à pétrole, ou plus généralement dans les fovers lumineux à flamme, existe une importante cause de déperdition: la perte de chaleur par « convection ». Ce phénomène se produit quand un corps chaud se trouve plongé dans un gaz. Les particules venant au contact du corps s’échauffent, se dilatent, alors les molécules froides du fluide gazeux, ayant une densité différente, prennent bientôt leur place et ainsi de suite. Il se forme donc, autour de la source calorifique, ce qu’on nomme des « courants de convection ».
- M. Charles Henry est parvenu tout récemment à corriger très simplement ce défaut en coiffant l’extrémité du bec rond d’un anneau de cuivre émergeant de quelques millimètres et creusé extérieurement d’un filet hélicoïdal. De la sorte, la base de la flamme se trouve protégée contre le refroidissement et en léchant la surface chaude de la bague, l’air s’échauffe. L’élévation de température de la flamme se constate par une incandescence plus vive, sensible même à l’œil tandis que les vapeurs de pétrole se trouvant mieux brûlées, l’odeur earburée disparait. Lue expérience de cours permet d’ailleurs de démontrer de façon tangible pour un auditoire l’économie résultante. On allume deux lampes, de même calibre dont l’une n’est pourvue d’aucun accessoire et dont l’autre porte la bague Henry, puis on les dispose sur les plateaux d’une balance Roberval. Au bout de peu de temps, l’équilibre qu’on a eu soin d’établir rigoureusement au préalable, est rompu en faveur de la seconde.
- Le tableau suivant résume les recherches exécutées par M. Henry au laboratoire de photométrie de l’inspection du gaz de la ville de Paris avec la collaboration de M. Croizat :
- CONSOMMATION
- l.NTI •iNSITÉ (par carci el-lienre) ÉCONOMIE
- Avec Avec Due à l'emploi
- Sans la ba^ue Sans la Dague de la bague
- accessoire Henry accessoire Henry Henry
- carcel carcel gr gr pour 100
- 0,4 0,094 41,6 25,9 58
- 0,505 0,757 57,4 28,5 24
- 0,72 1,19 58,2 27,5 28
- 0,77 0,91 59,0 29,5 25
- Comme on le voit par la lecture de ces chiffres, la perte par convection augmente avec les petites intensités, car les surfaces des flammes peu intenses étant relativement plus grandes que celles des grosses lampes, l’économie réalisée doit être plus forte dans la première alternative.
- En définitive, vu son faible prix de revient, sa facilité d’adaptation à tous le becs à pétrole et ses précieux avantages : lumière plus vive, économie sensible, disparition de l’odeur earburée, la bague Henry constitue un progrès dans l’éclairage domestique. Jacques Boyer.
- LES RAISINS ET LES ODEURS
- Tout le monde sait, et le plus souvent par expérience, que le lait a une déplorable tendance à absorber les odeurs des substances près desquelles il se trouve ; certains autres liquides ont une propension analogue, et le vin est certainement de ce nombre. Mais ce qu’on ne savait guère, c’est que les raisins prennent assez facilement, à travers leur peau, l’odeur dégagée par les objets avoisinants, et surtout qu’il en serait de même de la vigne, qui transmettrait au raisin des parfums souvent aussi désagréables que prononcés.
- Le Journal de la Société d'horticulture de la Basse-Alsace vient de publier à ce sujet des observations qu’il donne comme absolument sûres. A Geisenheim, par exemple, des vignobles qu’on avait soutenus au moyen d’échalas créosotés, donnèrent des raisins qui avaient un goût prononcé de créosote, et le goût aurait persisté dans le vin. D’autre part, l’odeur de créosote (qui est, il est vrai, des plus intenses) se serait communiquée à des raisins d’un vignoble situé dans le voisinage d’une usine où l’on procédait au traitement de traverses de chemins de fer. Ailleurs, la proximité d’une décharge de résidus d’abattoirs aurait communiqué aux raisins l’odeur épouvantable de la viande en décomposition. On cite aussi, comme exemple de cette absorption des odeurs, le parfum des plantes marines pourries qui se, retrouve dans les raisins et dans le vin de certaines parties de la France ; mais il ne faut pas oublier que, dans ce cas, les vignes sont fumées avec ces varechs, et que c’est certainement par les racines que le fumet caractéristique arrive au fruit. Toutefois plusieurs observateurs affirment avoir constaté qu’il y a bien absorption des odeurs par l’intermédiaire de l’air ambiant. P. de M.
- ÉCLAIRAGE DES PHARES1
- a l’incandescence par l’acétylène
- La puissance d’un phare et, par suite, sa portée lumineuse dépend de deux choses : de la source éclairante et de l’appareil optique qui doit concentrer les rayons lumineux émis par la source et les envoyer en un faisceau vers le point de l’horizon à éclairer.
- 1 Voy. n° 1560, du 18 avril 1903, p. 308.
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- L’inlensité de ce faisceau est d’autant plus grande, pour une source lumineuse donnée, qu’on concentrera une [dus grande proportion des rayons émanant de la source. 11 faudra donc que l’optique se compose d'un nombre de panneaux aussi faible «pie possible et qu’en meme temps on donne h ces panneaux la [tins grande surface possible.
- L’idéal serait donc de composer l’optique d’un seul panneau recevant directement la moitié des rayons émanant de la source et la seconde moitié par réflexion sur un miroir placé en arrière de la source. Le panneau de l’optique recevrait ainsi les 2/5 des rayons émanant de la source, et, pour cette dernière, l’intensité du faisceau serait maximum. Mais, en pratique, pour les pbares de U1 et de 2e atterrage, on réduit seulement à quatre le nombre des panneaux de l’optique, [tour les raisons que nous indiquerons tout à l’beure.
- De plus, pour que l’intensité du faisceau envoyé à l’borizon soit aussi grande que possible, il faut (pie les rayons lumineux de la source, après réfraction dans les panneaux de l’optique, restent aussi concentrés que possible. Il faut, pour cela, que la divergence, résultant des dimensions de la source lumineuse, soit aussi faible que possible et suffisante seulement pour produire à l’horizon un éclat dont la durée soit telle qu’elle donne le rendement lumineux maximum.
- Un a reconnu (pic cette durée d’éclat doit varier entre 5/10 et 5/10 de seconde, tout en pouvant atteindre un minimum de 1/10 de seconde. Mais, comme cette durée excessivement courte ne permettrait pas de faire les relèvements nécessaires pour connaître la position du navire, il faut que ces éclats se renouvellent assez rapidement pour faciliter ces opérations. L’expérience a fait admettre que cette répétition doit se faire de cinq secondes en cinq secondes et alors le .caractère du feu ne laisse rien à désirer et répond à tous les besoins de la vavigation.
- En résumé, pour obtenir d’une source éclairante donnée le maximum d’effet utile d’un phare, il faut réduire les panneaux de l’optique au minimum (quatre en général) et faire tourner ceux-ci avec une vitesse telle que les éclats se reproduisent de cinq secondes en cinq secondes, et (pie la durée de ces éclats reste dans les limites que nous venons d’indiquer. On obtient ainsi des éclats très puissants et très brefs ayant l’apparence des éclairs. Tel est le principe des feux-éclairs, dus à M. l’inspecteur général des ponts et chaussées bourdelles, appliqués actuellement d’une manière générale à l’éclairage des cotes de France, et qui ont reçu, dans ces derniers temps, des applications nombreuses dans le monde entier. Grâce à eux, on a pu augmenter la puissance des phares et leur portée lumineuse dans des proportions auxquelles on n’eût pu songer avec les dispositions antérieures des appareils optiques.
- I)’un autre coté, pour une durée d'éclat donnée, les dimensions de l’optique, le nombre des panneaux de celui-ci et les dimensions de la source lumineuse
- sont, pour chaque appareil, dans un rapport déterminé. C’est pour cette raison qu’avec les sources lumineuses actuelles dont les dimensions sont très faibles, comme nous le verrons tout à l’beure, on est amené à employer pour les phares électriques de grand atterrage des optiques à quatre panneaux de 0,50 de rayon local et, pour les phares de 2e atterrage, à incandescence au gaz d’huile ou avec vapeur de pétrole, des optiques à quatre panneaux de 0,70 de distance focale. Des optiques avec un seul panneau exigeraient, pour la même source lumineuse, des rayons focaux de trop laihle dimension.
- La nécessité d’employer ces faibles rayons locaux a, d’un autre coté, pour conséquence Davantage indiscutable de n’exiger que des optiques de faible dimension, légers et faciles à mouvoir, tout en donnant des intensités lumineuses d’une grande puissance, au lieu des anciens appareils de puissance moindre, coûteux et exigeant des appareils puissants pour leur mise en marche. Avec une dépense moindre on obtient une puissance lumineuse plus grande.
- Malgré la plus grande légèreté des nouveaux appareils, ceux-ci, étant donnée la grande vitesse de rotation qu’on est amené à leur donner, eussent encore exigé des machines puissantes pour obtenir leur ro-lation. M. Bourdelles a eu l’idée, pour parer à cet inconvénient, de faire reposer tout l’appareil optique sur un llotteur annulaire plongeant dans une cuve à mercure de même forme et dont la poussée équilibre le poids de l’appareil et réduit l’effort à produire au frottement du flotteur sur le mercure. Un mouvement d’horlogerie, actionné par un faible poids, suffit pour obtenir une vitesse uniforme quel que soit le poids de l’appareil.
- Tous les éléments des panneaux de l’optique, anneaux dioptriques et catadioptriques, doivent être calculés de telle sorte que tous les rayons lumineux émis par la source éclairante soient réfractés suivant des rayons aussi peu divergents que possible. Le foyer des divers éléments de l'optique doit donc se trouver non seulement sur l’axe optique de la lentille, mais aussi rester compris dans la source lumineuse. Cette source lumineuse étant de faible dimension, surtout lorsqu’il s’agit d’un arc électrique, une grande précision dans le montage de l’optique est de toute nécessité, si l’on ne veut pas perdre une partie importante des rayons lumineux émis et diminuer le rendement et la puissance de l’éclairage. L’Administration des Phares vérifie, d’abord avant la pose, chacun des anneaux des panneaux, puis, ensuite, une fois monté, l’ensemble de l’optique, afin de s’assurer que les foyers réels sont bien ceux qui ont été prévus. Elle a, pour cela, fait établir des appareils très ingénieux et en même temps très simples, et la perfection apportée aujourd’hui par les constructeurs français est telle que les différences entre la position réelle et théorique des foyers ne dépasse plus 1 h 1,5 millimètre pour les feux électriques et 2 à 2,5 millimètres pour ceux éclairés par incandescence. C’est grâce à ces nouvelles dispositions que la
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- LA N A TU HE.
- puissance lumineuse des phares électriques de grand atterrage a pu être portée à 5 millions de becs car-cels avec des optiques jumelles et que celle des phares à incandescence par le gaz d’huile ou par les vapeurs de pétrole atteint 50 à 60 000 becs carcels, également avec deux optiques jumelles.
- Le second l'acteur dont dépend la puissance lumineuse d’un phare est la source éclairante.
- Si l’on prend comme source éclairante celle usuelle, c'est-à-dire les brûleurs à huile minérale à mèches multiples, et qu'on mesure l’intensité lumineuse d'un panneau d’optique en faisant varier le nombre des mèches, on reconnaît que 1’ « accroissement » de l'intensité lumineuse du faisceau
- plus importants. L’Administration des Phares songea alors à remplacer le gaz d’huile par l’incandescence du manchon au moyen des vapeurs de pétrole qui n’exige aucune installation coûteuse. Elle a étudié, dans ce but, un brûleur qui adonné toute satisfaction et qui donne un éclat intrinsèque égal à celui des brûleurs à incandescence par le gaz d’huile avec une consommation de pétrole de 5 grammes par bec carcel. C’est ce système d’éclairage qui vient d’ètre appliqué au phare de l’ile Vierge récemment construit près de l’Abervrach, sur les côtes de Bretagne et dont l’intensité lumineuse, avec deux optiques jumelles, atteint 60 000 becs carcels.
- Les optiques de ces phares,
- 6 mèches, le plus puissant qui jusqu’à ce jour ait encore été employé en France.
- La flamme nue d’un brûleur ne permet donc pas l’augmentation de puissance de la source. C’est alors que l’Administration des Phares songea à employer les brûleurs à incandescence par le gaz du système Auer qui, avec une surface méridienne de la source faible (le diamètre du manchon est de 0,045), donne des éclats intrinsèques de 2,5 à 5 carcels avec une consommation de gaz de 4 litres par carcel.
- On a pu ainsi tripler la puissance lumineuse d’un phare de premier ordre éclairé à l’huile minérale tout en diminuant les dépenses d’entretien. Mais l’emploi du gaz d’huile exige l’installation d’une usine à gaz et, par suite, des dépenses obligeant à n’employer ce mode d’éclairage que pour les feux les
- des phares. Il fallait donc avoir recours au manchon Auer qu’il était alors facile de porter à l’incandescence en raison des hautes températures de la flamme d’acétylène. Mais une autre difficulté se présentait. La combustion complète de l’acétylène ne se produit que lorsqu’il est mélangé avec un volume d’air égal à douze fois le sien; la propagation de la 11 anime devient alors extrêmement rapide et celle-ci tend à rentrer dans le brûleur en produisant des détonations.
- Pour parer à cet inconvénient grave, l’Administration des Phares a mis en service un brûleur construit par la Compagnie française de l’acétylène dissous. Ce brûleur est formé d’un faisceau de 57 tubes fins effilés à leur partie supérieure pour la combustion du gaz et, au-dessous de ce faisceau, d’une toile mé-
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- LA N À T IJIt K.
- o I o
- tallique pour s'opposer à la rentrée de la ilamme. Ce brûleur porte h l’ineandeseencc un manchon de 0,055 de diamètre et donne, sous une pression de lm,25 d’eau, un éclat intrinsèque de 5 h 6 ear-ecls par centimètre carré, avec une consommation de 2,5 litres d’acétylène par carcel. C’est donc une intensité double de celle produite par le gaz d'huile ou la vapeur de pét role.
- En présence de résultats aussi concluants, M.'Qui-nette de Roche-mont, directeur du Service des Phares, décida d'en faire l’application sur un phare du littoral.
- On a choisi celui de Chassiron, à la pointe nord de l’ile d'Oléron, où avait déjà été faite la première application de l’incandescence par le gaz d’huile.
- L’acétylène est produit dans un appareil représenté figure 1.
- Cet appareil, construit par M. Luchaire, se compose d’un gazogène cylindrique de lm,50 de hauteur et de 0m,70 de diamètre surmonté d’une haute manche d’alimentation également en tôle. Ce gazogène est du type à chute non automatique du carbure dans l’eau, ce qui évite les échauffements nuisibles et les excès de pression. Au-dessous du gazogène se trouve un réservoir destiné à recevoir le résidu du lait de chaux provenant de la fabrication du gaz. Ce réservoir est porté par un wagonnet circulant sur des rails.. L’introduction du carbure se fait au moven
- d’entonnoirs placés latéralement sur la haute manche d’alimentation, sur laquelle se trouvent également les raccords servant à l'arrivée de l’eau dans le gazogène et h son déversement en cas
- de trop-plein. Le gaz acétylène produit s'échappe à la partie supérieure de la manche et se rend à un premier épurateur composé d’un laveur et d’un réservoir cylindrique dans lequel se trouvent superposés des paniers, les uns recouverts de coke qui retient les impuretés physiques du gaz et les autres de carbure de calcium qui dessèche le gaz. Après cette première épuration, le gaz acétylène se rend dans un gazomètre où il reçoit, au moyen d’un poids d'eau, la pression convenable de 1m,25 d’eau, avant son admission dans le brûleur de l’optique placée au sommet du phare. Mais, avant de se rendre à ce brûleur, le gaz traverse un second épurateur qui a pour but de débarrassercelui-ci de ses impuretés chimiques, notamment des hydrogènes phos-phorés qui, arrivés dans le manchon, se transforment par la combustion en acide phosphorique et les détériorent avec une rapidité extrême. Cette seconde épuration est donc indispensable, mais, malheureusement, elle ne peut s’obtenir qu’au moyen de réactifs à hase d’acide chromique qu’on dispose dans des paniers et qui sont d’un prix élevé.
- Fig. i. — Optiques jumelles pour feu éclair à éclats groupés par trois du Phare de l’Ailly, près de Dieppe.
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- LA NATURE.
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- Le phare de Uhassiron est éclairé à l’incandescence par l’acétylène depuis le 15 novembre 1902 et, jusqu’ici, les résultats techniques ont été satisfaisants. Son appareil optique qui est un ancien appareil de premier ordre de 0,92 de distance focale, à huit panneaux, faisant sa révolution en 80 secondes, avec des éclats toutes les dix secondes, a une puissance lumineuse de 50000 becs cartels, c’est-à-dire double de celle qu’il avait depuis 1895, avec un brûleur à incandescence par le gaz d'huile. En 1891, ce même optique, avec un brûleur à l’huile minérale à 0 mèches, ne donnait que 8500 earcels. Os trois chiffres montrent les progrès énormes laits par l’application des brûleurs à incandescence et, en dernier lieu, par le remplacement du gaz d’huile par l’acétylène. Reste à savoir et c’est l'expérience de Chassiron qui le dira - si les dangers inhérents à l’emploi de l’acétylène ne sont pas à redouter et quel est le prix de revient pratique de ce nouvel éclairage et si enfin ce prix sera compensé par les avantages indiscutables qu’il donne, notamment au point de vue de sa {tins grande puissance lumineuse. R. Boxniv.
- LES MIGRATIONS DES PLANTES
- L’origine de la plupart de nos fleurs sauvages et de nos arbres forestiers est pleine de mystères. De tout temps on a vu ces plantes; elles sont autochtones. Le peu que nous savons de leur lointaine histoire est exhumé des profondeurs du sol, des couches géologiques. On y rencontre quelquefois leurs empreintes, mais ces découvertes ne font que reculer leur âge, sans nous apprendre d’où elles viennent. Mettons encore à part les plantes cultivées ou importées volontairement. Elles ne peuvent vivre et se perpétuer que par nos soins et ne font pas partie de notre flore. Aux antiques possesseurs du sol est venue se mêler toute une population flottante, formée d’émigrants et de voyageurs. On connaît à peu près leur origine et on a pu établir la date précise de leur arrivée. Un beau jour de printemps ces plantes surgissent comme par surprise, puis elles s’installent et se multiplient.
- Ce sont ces hôtes étrangers, gracieux ou incommodes, qui nous révèlent le mouvement mystérieux et caché du monde végétal, mouvement immense qui unifie les flores en brassant les semences au gré des vents et des flots. Les vagues de la mer portent chaque jour des graines sur les rivages des îles désertes, mais il est d’autres vagues, celles des grandes migrations humaines, qui entraînent toujours avec elles un contingent végétal. Les plantes qui émigrent sont très nombreuses, leur étude occupe une place importante dans les flores régionales et locales. Elles nous renseignent sur la part que l’influence de l’homme et les progrès de la civilisation peuvent prendre dans la constitution du tapis végétal.
- Ces émigrants forment une population très mélangée, il y en a de toutes les familles, presque de toutes les dimensions. Le meilleur moyen de mettre quelque ordre dans leur foule bigarrée est de les répartir suivant les causes qui favorisent leur introduction.
- Un premier groupe, très nombreux, comprend toutes les espèces, dites sporadiques ou pérégrines. Ces plantes se propagent le long des routes, des chemins de fer, des
- canaux ; ce sont surtout des Crucifères, des Graminées, des Légumineuses, des Composées. Quelques-unes sont très connues, telle l’Onagre (Œnothera biennis), venue de l’Amérique du Nord vers 1614. Ses hautes tiges, surmontées de grappes de belles fleurs jaunes, abondent sur les voies ferrées, dans les gares, les magasins généraux, sur les terrains rapportés, etc. La Vergerette du Canada (Eri-geron canadensis) est naturalisée dans les bois sablonneux ; chacun connaît ses amples panieules de fleurs blanches.
- Les plantes aquatiques se trouvent dans des conditions éminemment favorables à l’émigration. En 1860, la Yal-lisnérie spirale n’était connue qu’en Portugal, en Italie, en Croatie et à l’embouchure du Volga. Depuis, elle s’est répandue dans toute l’Europe et infeste notamment les embouchures du Dniéper et du Dniester. Les pérégrinations de l’Elodée du Canada (Elodea canadensis) ont été suivies de plus près encore. Elle est arrivée d’Amérique en Irlande, en 1850, attachée à la coque de quelque navire. En 1840, on la trouve en Écosse; en 1800, en Silésie et en Belgique. En 1801, elle remonte en Hollande En 1807, elle commence à encombrer les eaux courantes de toute la France. En 1870, elle atteint Cracovie dans sa marche envahissante vers l’est.
- L’Amérique septentrionale nous fournit encore quelques plantes amies des eaux et souvent très élégantes. Ce sont divers Aster, dont les fleurs abondantes sont de petites marguerites roses ou violacées ; la Verge d’or glabre (Solidago glabra), avec ses larges touffes surmontées de grands panieules jaunes ; le « Mimulus luteus », sorte de petit Muflier à belles fleurs jaunes, grandes et ponctuées de rouge, très abondant en Alsace et répandu jusqu’en Danemark et même dans le Finmark méridional.
- Les réseaux de plus en plus multipliés des canaux et des chemins de fer, les transports de ballasts, la construction de digues ou de remblais à l’aide de matériaux rapportés, la facilité du transport des marchandises, introduisent chaque jour de nouvelles plantes pérégrines qui finiront par acquérir droit de cité. Ce sont les facteurs les plus puissants de modification des flores régionales.
- Autour des campements, des champs de manœuvres et sur les anciens emplacements de dépôts de fourrages on rencontre aussi de riches et nombreuses colonies étrangères. Ainsi naissent les flores dites « obsidionales », telles qu’en a créé la guerre franco-allemande et que nous voyons persister encore après plus de 50 ans. On peut en rapprocher les curieux groupements adventices qui s’établissent autour des grandes usines, sur les dépôts de minerai. Dans ces conditions, on observe au Creusot des végétaux d’Espagne, d’Algérie et de File d’Elbe.
- Un autre groupe, encore plus vaste, possède une origine et des affinités culturales. Certaines plantes accompagnent les Céréales depuis les temps les plus reculés. Ce sont le Binet, les Coquelicots, la Nielle des Blés, le Miroir de Vénus, le Chrysanthème des moissons, diverses Légumineuses et Ombellifères. Elles sont presque toutes originaires des péninsules méditerranéennes ; les berceaux de la civilisation gréco-romaine se trouvent être encore la patrie de nos plus belles fleurs sauvages.
- D’autres plantes se resèment d’elles-mêmes après avoir été cultivées. Tantôt ce sont des espèces médicinales ou ornementales échappées des jardins: Pavots, Sauges, Amarantes multicolores, Bourrache, Julienne, Solanées à l’odeur vireuse telles que les Daturas ou Pommes-épi-neuses, les Tabacs, etc. Tantôt des végétaux de grande culture industrielle: Lin, Pastel, Carthame, Garance,
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- Garnie, Sarrasin, Moutarde blanche, etc. Ailleurs on ren- | contre nos condiments fondamentaux : Fenouil, Coriandre, Persil, Cerfeuil. Partout enfin on peut récolter des espèces oflicinales : Guimauve, Absinthe, Tanaisie, Mélisse, llvsope, toutes d’origine, méridionale.
- Aon seulement des végétaux étrangers s’acclimatent, mais ils transportent encore avec eux des parasites, leurs inséparables ennemis. Les plantations de Pins introduisent une curieuse plante brunâtre, le «Monotropahypopitvs» et une Orchidée rare, le « Goodyera repens ». Le Trèfle, la Luzerne, le Lin sont dévastés par diverses espèces de Cuscutes et d’Orobanches. Le Chanvre lui-même a amené d’Asie son Orobanche parasite, la Phélipée rameuse.
- (lui nous dira d’où viennent les plantes « rudérales »? filles suivent l’homme à toutes les altitudes et s'installent sur les décombres et les détritus qu’il rejette. Elles ont des fleurs petites ou verdâtres, un feuillage glauque : elles exhalent souvent une odeur désagréable ou repoussante.
- A ce signalement on reconnaît la Moutarde noire, la Ciguë tachetée, le Chénopode bon-Henri, l’Herbe aux chats, etc.
- Tous ces émigrants n’ont pas la même destinée. Beaucoup succombent sans laisser de postérité. Tous ceux qui ne peuvent supporter les hivers trop rudes, les étés trop secs, les sols impropres, n’apparaissent qu’une fois. Ce sont des plantes adventices passagères. La liste en est très longue et leur étude montre par quels moyens curieux et jusqu’à quelles distances prodigieuses s’effectuent les migrations végétales. D’autres sont dites subspontanées : elles se resèment d’elles-mèmes dans les localités qui leur sont favorables. Ainsi vivent sur les vieux murs la Giroflée jaune et la Gueule-de-Loup ou Muflier.
- D’autres enfin sont définitivement naturalisées et se propagent, parfois avec une fécondité excessive, comme la Cvmbalaire ruine-de-Rome (Linaria cymbalaria) sur les murailles ou l’Elodée du Canada dans les eaux.
- Le nombre de ces nouveaux citoyens augmente sans cesse dans chaque contrée. L’influence de l’homme et les progrès de la civilisation abaissent progressivement les barrières naturelles qui sont l’étendue de la mer, l’élévation,des montagnes, les grandes distances. Il en résulte que toutes les plantes qui jouissent de moyens de dissémination puissants, c’est-à-dire de graines nombreuses, légères, ailées ou plumeuses, se répandent partout où elles trouvent un sol favorable. Les moins exigeantes et les plus résistantes possèdent l’aire de dispersion la plus vaste. Ce sont précisément les plantes annuelles qui présentent ces conditions; elles peuvent même accélérer leur végétation pour lutter contre un climat rigoureux et utiliser un été trop court. Ce sont elles qui contribuent le plus à l’unification des flores. Ce sont les émigrants par excellence du monde végétal. Dr M. Langeuon.
- LA DISPARITION DE LA POMPE A FEU
- DE CHAILLOT
- Encore un souvenir du Vieux Paris qui s’en va avec la disparition de la « Pompe à feu » de Chaillot, e’est-à-dire de l’usine élévatoire des Eaux de la Ville qui s’élevait au coin du quai, sur la place de l’Alma. Tout le monde connaissait de vue ce grand batiment, et bien des gens, bien des enfants surtout, s’étaient arrêtés jadis pour voir tourner les énormes volants de ses pompes, à une époque où les machineries gigantesques n’avaient pas fait leur appari-
- tion dans les galeries des Expositions universelles.
- A la vérité, les bâtiments et lès installations de la place de l’Alma ne dataient guère «pie de la moitié du siècle dernier, et ce ne serait pas là une antiquité suffisante pour motiver les lignes que nous voulons leur consacrer; mais cette station de pompes portait le nom même d’une station analogue, établie beaucoup plus tôt, et dont les aménagements avaient fait l’admiration de nos grands-pères : la Pompe à feu de Chaillot.
- Au commencement du dix-neuvième siècle, l’alimentation.en eau de Paris était encore assurée dans les pires conditions : il existait bien «juelques fontaines alimentées par les sources dites du Midi ou du Nord, mais la plus grande partie de l’eau était fournie par des pompes puisant en Seine un litpiide pollué naturellement par les lavoirs, les bains, etc.
- Il y avait d’abord les fameuses pompes de la Samaritaine, installées sous la deuxième arche du Pont-Neuf, et réputées principalement pour leur carillon : établie au temps d’Henri IV par un ingénieur flamand, cette station comportait une roue pendante qui commandait des pompes refoulant 710 mètres cubes à l’heure dans un réservoir du Cloître Saint-Germain l’Auxerrois. Nous trouvons ensuite, en nous aidant d’une excellente étude publiée sous la direction de M. lfechmann, les pompes Notre-Dame, montées sur pilotis en 1671, et tombées du reste dans un complet état de délabrement ; puis e’él aient les pompes à feu de Chaillot et du Gros-Caillou, et cette seule mention de pompes à feu montre bien qu’elles étaient de création beaucoup plus récente.
- Elles avaient, en effet, été construites par une société privée vers la fin du dix-huitième siècle. Cette société s’était fondée en 1777 sur l’initiative des frères Périer, et l’on aurait été en droit d’escompter son succès, puisque les deux nouvelles installations venaient doubler les ressources en eau de la -capitale : ces ressources n’étaient alors que de 4000 mètres cubes par jour, chiffre qui nous semblera fantastique aujourd’hui. Et effectivement, bien que la population de Paris fut alors relativement très faible, cela ne représentait, y compris ce qu’allaient fournir les deux pompes nouvelles, que 15 litres par habitant. Il est vrai qu’il existait un nombre considérable de puits dans les maisons, mais l’usage des puits n’est pas toujours commode, et, dans toute la région de Paris, ils ne donnent que des eaux très séléniteuses.
- Néanmoins, la Compagnie Périer fit piteusement faillite, et les deux usines, les conduites et tout le matériel, qui avaient bien coûté une dizaine de millions, furent repris d’office par l’État, qui avait le droit de s’en emparer pour assurer la continuation du service. La première usine, ou pompe de Chaillot, avait été installée au pied du coteau qui portait le village du même nom, sur le bord du fleuve, et dans l’enceinte de Paris : elle renfermait deux de ces machines à vapeur de Newcomen qui firent événement à leur apparition ; dans ce dispositif, et comme le montre une vieille gravure dont s’est inspiré
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- U)
- LA N'ATHl K.
- notre dessinateur, les pistons moteurs étaient reliés aux pistons de pompes par des balanciers en bois et des chaînes. Chacune des deux machines de Chaillot avait une puissance de 69 chevaux. Cet établissement refoulait l'eau qu’il puisait en Seine dans quatre réservoirs construits dans le voisinage sur la pente du coteau. Nous ne dirons qu’un mot de la Pompe à feu du Gros-Caillou, qui fut établie peu de temps après, de l’autre coté du tleuve et presque en face de la première, et qui ne renfermait que deux machines dont la puissance nous semble aujourd’hui tout à l'ait ridicule, 1 4 à 16 chevaux!
- A la vérité, et comme nous le faisait remarquer M. Bechmann en nous renseignant sur les destinées successives de la pompe à feu de Chaillot, depuis lors ces machines subirent des transformations complètes, les appareils originaires du type New-comen disparurent complètement, et il ne doit en être rien resté. Quand, en 1852, on eut amené à Paris les eaux de ’Ourcq, qui n'avaient pas une pression suffisante pour atteindre les quartiers hauts, on continua de distribuer à ces derniers l’eau de la Seine, que la Pompe de Chaillot était toujours chargée d’élever. Mais alors on transforma complètement les machines de cette usine, et on construisit au-dessus de l’ancien village de Chaillot une cuve de distribution en tôle, de 1700 mètres cubes de capacité, qui fut très remarquée à cette époque h cause de son volume.
- Depuis lors l’usine de Chaillot est demeurée à peu près en état jusqu'à ces derniers temps, puisant toujours en Seine de l’eau qui, il y a quelques
- Yup des machines île la
- aimées encore, servait normalement, aux époques de grande consommation, à suppléer les eaux de source dans le service privé, en polluant naturellement les conduites alimentaires où elle circulait de la sorte. On nous affirme <pi’aujourd’hui ces errements ont complètement disparu. La pompe à feu de Chaillot était devenue une usine possédant 2 machines à simple effet et à condensation, du type
- Cornouailles; construites dans les ateliers du Creusot, ces machines étaient d’une force de 120 chevaux chacune et pouvaient élever ensemble 45 000 mètres cubes par jour dans le réservoir de Passy, à une hauteur de 75 mètres. L’établissement occupait du reste une vaste surface qui pouvait sembler fort exagérée pour une usine éléva-toire peu importante : il est vrai qu’il contenait aussi l’atelier central et les bureaux du Service des machines élé-vatoires de la Ville. Maintenant la pompe à feu de Chaillot est passée à l’état de simple souvenir, et elle est remplacée par une installation créée à Auteuil, dans un batiment neuf, avec des machines
- pompe ii ion de Cnmllot. . ,
- egalement neu-ves, pour relever
- les eaux de l’Avre. Quant aux machines de 1852, qui avaient un intérêt historique (moindre, il est vrai, (pie celles de la pompe à feu primitive), M. Beeh-mann a pris des mesures pour en conserver trace : en effet, le système de distribution de vapeur avec cataracte d’une des deux machines, a été monté au Conservatoire des Arts et Métiers où il figurera désormais comme un document historique.
- Dvmf.i. Bfi.i.et.
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- LA N ATI HL.
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- de Behring; il existe là des îles, d’où les insectes ont réussi à chasser les hommes, comme le moucheron de la faille s’attaquant, au lion. Les chercheurs d’or du Yukon, ce district aujourd’hui fameux de l'Alaska, ont eu à en faire l’épreuve et notre photographie, empruntée à la Keystone C°, montre le costume original dont il faut s’affubler pour opérer le lavage de l’or dans ces cuvettes de fer creuses qu’on nomme des « pans ». Sur le cliché original, il est même aisé d’apercevoir les milliers de petits points blancs, semblables à des grains de poussière, qui saupoudrent le vêtement des deux travailleurs et représentent autant d’ennemis ailés. On retrouve le même ennemi dans toute la région de la Laponie suédoise, désormais si importante pour l’industrie du fer par la mise en
- exploita lion des grands gisements de fer de Kiru-nuvara et l’ouverture toute récente de la ligne de chemin de 1er réunissant Lulea à üfotenljord, c'est-à-dire le nord de la Baltique à l’Atlantique . J’ai pu éprouver là que, si l’on voulait être à peu près tranquille, il fallait, sans un instant de répit, vivre les mains gantées et la tête rigoureusement enveloppée d’un voile de gaze her-
- Miiieurs se défendant contre les moustiques au Yukon. metiquement
- clos, recouvert à
- son lour, sur les cheveux et la nuque, d’une sorte de bonnet de toile. C’est là, sans doute, un petit détail bien insignifiant, que les géographies dédaignent de mentionner ; mais, maintenant que cette nouvelle ligne va attirer à elle une partie des voyageurs allant au Cap Nord, beaucoup d’entre eux, malgré la rapidité relative avec laquelle le train les emportera, seront peut-être amenés à considérer que ces milliers, ces millions d’adversaires toujours renaissants valent la peine d’être au moins attendus et combattus par une judicieuse, par une patiente et intelligente stratégie. L. df. Launay.
- MINEURS ET MOUSTIQUES
- Le sort des mineurs excite aisément la compassion, et l’imagination populaire se représente avec quelque vivacité les dangers qu’ils courent, les souffrances qu’ils endurent. Dès qu’il s'agit d’eux, on songe aux coups de grisou, aux brusques envahissements d’eau, aux incendies des couches souterraines, aux ruptures de câbles, aux éboulements. Mais il n’est sans doute jamais venu à l’idée d’aucun lecteur que, dans certains districts miniers, le moustique, le bourdonnant et lancinant moustique, fut, pour le travailleur qui cherche l’or ou extrait le fer, un ennemi redoutable. Lt plus d’un sera encore surpris davantage en apprenant que ce fléau des moustiques — car il s’agit d’un véritable fléau — sévit, non dans les pays chauds, dans les zones des marais tropicaux auxquelles le mot de moustique fait penser d’abord, mais, au contraire, dans les pays tout à fait septentrionaux, qui forment une ceinture au Pôle Nord : en Laponie, en Sibérie, dans les îles de la mer de Behring, en Alaska, dans les territoires de la Baie d’Hudson. Il est vrai que, dans ces régions du Nord, il n’apporte pas avec lui la fièvre paludéenne, son redoutable corollaire des zones plus ensoleillées; il est certain aussi que, plus lourd, plus endormi, il y est plus facilement saisissable; mais le pullulement de ces petites bêtes n’en constitue pas moins une difficulté sérieuse, parfois un péril, atec lequel l’industrie humaine est appelée à compter.
- On le comprend sans peine, quand on se représente ces pays septentrionaux tels qu’ils sont en effet pendant les chaleurs brèves mais soudain accablantes de l’été ; un vaste marais de tourbe et de mousse imprégnées d’eau, croupissant dans les dépressions d’un sol surchargé d’humus, sous les forêts de pins, de bouleaux, de saules, d’arbres rabougris et nains, qui meurent sur place, ou ajoutent leur pourriture à toute la pourriture déjà accumulée pendant de longs siècles et que jamais personne n’est venu remuer.
- L’un des pays, où le moustique boréal sévit avec le plus d’intensité est celui de l’Alaska et de la mer
- SÉCHERESSE ET CANICULE
- DANS LES ENVIRONS DU MONT-BLANC
- Nous avons subi dans la vallée de l’Arve, du 26 août au 10 septembre dernier, une température fort élevée. Le phénomène est assez curieux, attendu que le calen-
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- LA NATURE.
- drier astronomique indique la « fin des canicules » à la date du 27 août! Ce fut d’ailleurs un état météorologique général en France et dans les pays voisins; mais, tandis que des orages violents furent observés en Angleterre, dans le Nord et le Nord-Ouest de notre pavs, et en Tunisie, la situation atmosphérique fut calme, le ciel fut très pur et la sécheresse très grande dans les régions alpestres qui avoisinent le Géant des Alpes.
- C’est un phénomène très rare en cette saison, dans les vallées du Giffre et de l’Arve. Parfois, en etlèt, au début de septembre, nous avons jadis observé de la neige sur les hauts sommets et même sur les coteaux de vignobles voisins. Mais cette annee-ci la fraîcheur a été bien loin de régner autour du massif du Mont-Blanc. La saison a été excessivement favorable aux ascensions et aux promenades les plus diverses : routes et chemins excellents, bien entretenus, ciel d’une clarté et d’une pureté rares permettant la visibilité à de grandes distances, comme le montre le tableau donné ci-après; tout cela, joint à l’absence de pluie, de nuages et de brouillards, constitue le « nec plus ultra » des agréments pour les nombreux touristes qui visitent nos belles Alpes de France.
- Il est bon de rappeler que la superbe vallée de l’Arve, dont nous avons décrit le climat aux lecteurs de ce journal ', — l’une des plus belles vallées du monde entier, — s étend sur le territoire français, à travers la Haute-Savoie, de Genève à Chamonix. Le torrent, issu des glaciers du Mont-Blanc, après un parcours de plus de 100 kilomètres, va se jeter dans le Rhône, en aval de Genève. Or, pendant plusieurs années, ces régions un peu délaissées alors furent remarquables uniquement au point de vue du pittoresque, des aspects les plus variés et les plus grandioses; mais, peu à peu, la science leur apporte son tribut des curiosités hydro-électriques parmi lesquelles il convient de rappeler la curieuse voie ferrée du Fayet à Chamonix 2 3. Aussi le nombre des touristes y augmente-t-il d’une façon continue et atteindra bientôt 100 000. Ceux d’entre eux qui liront ces quelques lignes reverront — en pensée — défiler devant leurs yeux les splendides panoramas des Alpes françaises; aussi pensons-nous être utile aux futurs voyageurs en leur fournissant quelques renseignements météorologiques sur la vallée de l’Arve. Après plus de douze ans d’observations régulières et continues, nous pouvons affirmer que la situation météorologique de la vallée de l’Arve est assez calme, avec température élevée et orages fort rares5, du mois de juin à la fin d’octobre. Novembre est parfois relativement beau et chaud dans ces parages. A l’heure actuelle, tous nos hauts sommets, bien connus des alpinistes : le Môle (1869 m.), Andey (1879 m.), le Buet (5040m.), etc..., sont complètement dépourvus de neige. Nous avons même observé de fortes crues de l’Arve, au milieu du mois d’août, un commencement « d’inondation » dans la vaste plaine de Bonneville; phénomènes remarquables résultant d’une élévation anormale de température et, par suite, de la fonte des» glaciers du Mont-Blanc4. La diminution de ces glaciers provient de ce que — depuis l’an 1895 — nous n’avons subi ici aucun hiver « rigoureux ».
- Voici, entre autres, un fait bien caractéristique : depuis 5 ans, à la Noël, durant celte nuit d’hiver que les
- 1 Yov. n° 1465, du 8 juin 1901, p. 26.
- 2 Yov. n° 1566, du 29 juillet 1899, p. 154.
- 3 Ainsi, durant la période orageuse récente lin de septembre—début d’octobre), le temps a été calme et assez sec à Bonneville.
- 4 Voy. n° 1349, du hr avril 1899, p. 282.
- peintres et les [mêles nous représentent glaciale et neigeuse, il a fait doux dans la vallée de l’Arve et « il a plu!»... Pendant cette même période, le 1er janvier fut caractérisé par un temps fort beau et par une douce température. Nous sommes loin de la « période glaciaire d’antan !))... Enfin, du 26 août jusqu'au 10 septembre, la température a été très élevée dans le voisinage du Mont-Blanc. On pourra en juger par le tableau ci-après, tableau qui donne les températures « à l’ombre ». Un thermomètre, isolé des murs, suspendu par nous à 10 mètres au-dessus du sol, marquait « au soleil », entre 2 et 5 heures, 45 et 40 degrés.
- Une courte averse, dans la nuit, du 9 au 10 septembre, a amené un léger refroidissement et quelques coups de vent. Mais il est un fait remarquable, et que nous ne saurions trop recommander aux touristes, aux amateurs « cl’air pur » : c’est le peu de fréquence des orages à Bonneville même, alors qu’ils éclatent dans les environs.
- Extrait nu registre de i.'Obskhvatouu: nu i.’Ecoi.e Noumai.e (.u/r. 450 M.)
- 26 AOUT MIS. + 81 MAX. + 18°,6
- 27 — 6° 21°
- 28 — 9’ 25°,2 Brouillard jusq. à 6 h. du mal.
- 29 -- 8» 27°
- 50 — 151 27>°
- 31 — 11°,5 24»
- 1" SEPTEMBRE 9° 28° Brouillard au lever du soleil.
- 2 — 9» 26°
- 5 — 9’,2 28° Va
- 4 — 9°,5 27°
- 5 — 8°,5 27°,o
- 6 — 9° 25°
- 7 — 11° 26°,2
- 8 — 11°,5 25°
- 9 — 10°,5 23°, 6 Ilalo lunaire, pluie nocturne.
- A titre de comparaison intéressante, nous rappelons que la « température normale » du lieu, calculée après dix années d’observations (1890-1900) est de + 9°,04. — La canicule a cessé le 10 septembre et la journée du I I fut caractérisée par un temps frais, couvert et à averses1.
- Durant cette période sèche et chaude le « maximum absolu » de température à Chamonix fut de + 26°, le minimum absolu -f- 2°,2. A la station bien connue du (( Brévent », on a noté : max. -f 17°, min. — 7°.
- En outre, le 11 septembre, au moment de la violente tempête qui s’est abattue sur Paris, Dieppe, le Havre et Boulogne-sur-Mer, nous avons observé à Bonneville une brusque et profonde «dépression barométrique » (721ram à 710mra). La normale du lieu est de 719mm. Nous n’avons eu que de courtes averses et de faibles coups de vent. 11 est vrai que le « centre de dépression » se trouvait en Hollande et que la baisse barométrique fut de 24mm en Belgique, de 15mm en Bretagne et de 10mm sur la France centrale. La période de temps fixe était terminée.
- 0. Jlij.iex.
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- CHRONIQUE
- Coup de foudre. — Pendant l’orage du 1er octobre dernier, l’église de Boulogne-sur-Seine a été foudroyée. On a vu la foudre tomber en zigzag sur le paratonnerre du clocher. Mais, au lieu de. suivre le conducteur, elle a brusquement changé de route, pénétré latéralement dans
- 1 La température s’est relevée le 23 et la hausse continue, le mois d’octobre étant généralement beau dans la vallée de Bonneville'. r 1
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- l’église, suivi un luyau de plomb qu’elle a percé et mis le feu au gaz. Ou affirme avoir vu une nappe de feu descendre du tuyau, un commencement d’incendie s’est déclaré, rapidement éteint d’ailleurs par la fermeture du compteur à gaz et par des extincteurs. En même temps, sur la place de l’église, on remarqua une boule de feu qui se promena quelques instants et s’évanouit sans faire d’explosion sensible. Nous citons ce cas, parce qu’il montre une fois de plus combien on a tort de ne pas faire contrôler la conductibilité des paratonnerres au moins à chaque nouvelle saison. On s’imagine beaucoup trop qu’une fois un paratonnerre établi sur un édifice, on est à l’abri des coups de foudre. On oublie que l’installation, convenable au début, peut se modifier avec le temps: qu’un défaut peut survenir, que la communication avec la terre peut devenir imparfaite. Et le paratonnerre, loin d’étre une sauvegarde, devient un appareil dangereux. Tous les paratonnerres devraient être soumis à un contrôle. 11 suffit de vérifier la conductibilité de l’appareil, ce (pie le premier ouvrier électricien peut faire en quelques minutes. Ce qui vient de survenir à l’église de Boulogne devra servir de leçon.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 octobre 1905. — Présidence de 31. A. Gaudry.
- Minéral nouveau. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Lacroix sur un nouveau minéral trouvé à Madagascar par MM. Alluaud et Illondlat et auquel il propose de donner le nom de grandidiérite. C’est un silico-aluminate très basique de magnésie et de soude voisin de la staurotide et extrêmement polychroïque dans les teintes bleu-vert.
- La rouille du blé. — M. G. Bonnier analyse un travail de M. Eriksson relatif à la rouille du blé. ^11 avait déjà démontré que la rouille ne se propage pas seulement par des spores venant de l’épine-vinette, mais encore qu’elle peut se conserver dans le grain de blé en hiver et propager la maladie au printemps. Ce dernier cas serait le plus fréquent ; il n’exige aucune intervention de germes provenant de l’extérieur. Mais M. Eriksson n’avait pu montrer une modification des cellules du blé permettant de déceler la présence du champignon de la rouille à l’intérieur des céréales pendant l’hiver. Avec M. Fischler, de Heidelberg, il vient de découvrir la modification de certaines cellules renfermant le mycoplasma de la rouille. Ce mycoplasma produit ensuite un protomycélium qui s’insinue entre les cellules de la feuille du blé et commence à la détruire à l’aide de suçoirs. Ce protomycélium s’organise ensuite en filaments cloisonnés et les cellules du blé sont digérées. Les taches de rouille apparaissent alors en abondance sur les feuilles. Les arrêtés administratifs ordonnant l’arra-cbage de l’épine-vinette ne constituent donc point une mesure de sauvegarde efficace et c’est dans le choix de races de blé non attaquable par la rouille qu’il faut chercher un remède.
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- Le sens de l’heure chez un 'animal inférieur. — M. Edmond Perrier résume une Note de M. Bohn relative à une manifestation d’instinct du temps écoulé qu’il a observée sur un ver qui vit dans le sable des plages de la Manche et de l'Océan. Ce ver, connu sous le nom de eonvolnta, produit sur le sable des taches vertes à marée basse; il disparaît lorsque la marée monte. Or en aquarium il accomplit les mêmes mouvements inversement synchrones de ceux de la marée. L’observation a été sui-
- vie pendant quatorze jours. On peut doue dire que cet animal inférieur possède le sens du temps écoulé.
- Le turronien d’Eqyple. — M. le Président dépose ensuite une Note de M. Fourtau sur l’existence du turronien à Abou Roacli en Égypte. Le fait avait été contesté en Allemagne et en Angleterre. M. Fourtau a rapporté des fossiles de l’étage en question; la détermination de ces fossiles ne laisse aucun doute sur la nature du gîte.
- Société normande d’Eludes préhistoriques. — M. le Président remet ensuite le dixième volume publié par la Société normande d’études préhistoriques.
- Le dosaqe de l'urée. — M. Gréhant lit un travail sur le dosage de l’urée dans les tissus et dans le sang. 11 rappelle que la ligature des uretères et la néphrotomie déterminent l’accumulation de l’urée dans le sang. M. Gréhant a perfectionné, en vue de ses recherches, la méthode de dosage de l’urée connue sous le nom de procédé de Millon. 11 a trouvé que la chair et le sang du lapin contenaient à très peu près la même quantité d’urée, soit 0er,042 pour 100 grammes. La chair du cobaye et de la grenouille présente sensiblement la même contenance, soit ()*r,045 et 0®r,044 ; la chair de la carpe 0*r,021, celle de la raie lgr,57. Les tissus du canard ne contiennent pas d’urée. Ces résultats montrent les différences énormes que révèle l’organisme des animaux en ce qui concerne la teneur en urée. Cu. de Yilledeiil.
- PONT DES FALAISES DE GOBANS
- (irlande)
- Il n’est pas nécessaire de retracer l’hisloire des ponts métalliques, pour rappeler combien les ponts tubulaires ont rendu de services, au temps où l’on commençait seulement de recourir au métal pour établir ces ouvrages, qu’on avait jusqu’alors construits uniquement en maçonnerie. Le prototype du genre fut le fameux Dont Dritannia, lancé sur le détroit de Menai, qui était caractérisé par ce fait qu’il rappelait assez bien une chaudière comme mode de construction, et qui comportait essentiellement un tube métallique à parois pleines formées de tôles et de cornières. Depuis lors les poutres armées ont fait fortune, et l’on peut dire que la forme générale en tube n’est plus guère pratiquée.
- Cependant cette forme est très intéressante par la très grande résistance qu’elle assure : on sait quels efforts des tubes même minces peuvent supporter sans fléchir. Et c’est évidemment pour cela qu’on a eu l’idée d'élablir en Irlande, dans les conditions que nous allons indiquer, un pont, ou, si l’on veut, une passerelle dont la disposition esssentielle.est absolument tubulaire, par suite de celle de ses éléments, que notre dessin fait aisément saisir. Il s’agissait de créer le long des falaises dites falaises de Gobans, dans le comté d’Antrim, au nord de l’Irlande, un sentier pour touristes, que l’on a accroché connue on a pu aux flancs extrêmement abrupts de ces falaises, qui s’élèvent parfois à peu près verticalement à une hauteur d’une centaine de mètres au-dessus de la mer. Le plus souvent on a creusé tout simplement le sentier, large seulement de GO à 90 centimètres, dans la paroi de rocher, ce qui était déjà
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- assez difiicile, parce qu on se trouvait dans le basalte : le promeneur, suspendu ainsi au-dessus des vagues qui se brisent à une certaine profondeur au-dessous de ses pieds, n’est défendu du vertige que par un garde-fou métallique, qu’on aperçoit du reste dans la photographie que nous donnons. Ce travail curieux a été mené à bien par les soins de la Compagnie de chemins de fer Belfast and Northern Counties Railroad,et les méandres du sentier le long de la falaise représentent un développement de près de 5 kilomètres (on compte du reste prolonger bientôt ce sentier, qui est une des attractions de la région déjà pourtant riche en curiosités naturelles).
- Mais la falaise offre de temps à autre des failles, des coupures, qu’il faut franchir au moyen de passerelles; et, en un point où l’on a voulu permettre
- aux promeneurs d'atteindre un roc isolé, il a été nécessaire d’établir une de ces passerelles d’une longueur relativement grande, et à laquelle, exposée fréquemment aux coups de mer, on a dù donner une solidité toute particulière. Ce pont est long en tout de 2lm,54, la coupure à franchir ayant elle-même une largeur de 19m,80. La section tubulaire de ce curieux ouvrage est elliptique, et cette forme lui est assurée par une douzaine d'ellipses faites de prolilés en acier, et placées à égale distance les unes des autres sur la longueur du pont. Le grand axe de chacune de ces ellipses est de 2m,15 intérieurement, et le petit axe en est de lm,42. Naturellement chaque ellipse est faite de deux moitiés solidarisées par des plaques et des rivets, que l’on aperçoit très bien dans le dessin. Ces ellipses sont maintenues en
- La passerelle tubulaire de Gobans (Irlande).
- haut et en bas par une paire de cornières longitudinales, lixées aux ellipses transversales par des sortes de goussets; de plus on voit latéralement d’autres cornières qui s'allongent dans la moitié inférieure de cette espèce de tube à jour, pour former garde-corps, et aussi pour éviter qu’un promeneur faisant un faux pas ne puisse tomber dans le vide. Un renforcement général de la construction est assuré par des bandes {dates obliques qui réunissent de chaque côté le milieu d’une ellipse au bas de la suivante. Le plancher est constitué tout simplement par deux planches de pin qu’on enlève durant la saison hivernale.
- Comme détail curieux, nous ajouterons que le pont n’a point été monté sur place, parce que la violence de la mer en ce point aurait rendu bien dif-ticile l’établissement d’un solide échafaudage de montage. Il a été assemblé dans les ateliers de
- Belfast, [mis apporté sur un chaland en une seule pièce; le chaland a été remorqué presque exactement en dessous du point où la passerelle devait prendre place, et celte dernière a été hissée au moyen de palans à l’aplomb même des appuis sur la roche qui devaient former comme ses culées. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que, pour renforcer la construction vers ces appuis, les ellipses métalliques sont beaucoup plus rapprochées aux deux extrémités, que dans le cours de la passerelle.
- Cet ouvrage original valait d’être signalé, d’autant qu’il peut être imité en bien des circonstances ; cl il mériterait encore davantage d’être vu, puisqu’il se trouve dans une des parties les plus intéressantes de la sauvage côte d’Antrim. Pierre de Mériel.
- Le Gerant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie L.uiit.e, rue de Eleurus, 9.
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- 24 0 CTO B R K 1905.
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- UN GROS CANON AMERICAIN
- Un se montre particulièrement satisfait, en Amérique, dans les milieux compétents, des essais heureux pratiqués, à Sandy llook, avec un nou-
- veau canon d'une très grande puissance, destiné à la défense des cotes. C’est une œuvre longuement méditée, car, si sa construction n’a été coin-
- ÿ-'
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du nouveau canon de cèles américain.
- mencée qu’en 1897, les études datent de 1892. Ce canon pèse 150 tonnes, et, pour un poids aussi
- Fig. 2. — La culasse ouverte.
- mais il convient d’ajouter que la bouche à feu qui nous occupe mesure 15™, 11 de longueur, et que, devant lancer un projectile de 1087 kilogrammes à la vitesse initiale de 701 mètres, elle comporte une robustesse qui se traduit par un poids énorme de métal. Ce n’est pas la première fois qu’on construit 31' année. — 2' semestre.
- considérable, on peut trouver que son calibre de 16 pouces (406 millimètres) n’a rien d’excessif;
- Fig. 3. — Transport de la charge.
- des canons dépassant 100 tonnes de poids. Armstrong et Krupp en ont donné de mémorables exemples ; mais, depuis l’époque déjà lointaine où Armstrong, en particulier, présentait une bouche à feu de 414 millimètres, pesant 110,5 tonnes, il semblait qu’on en fut revenu sur le compte de ces masto-
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- dontes d’acier et qu’on ne leur attribuât pas des avantages capables de compenser leurs inconvénients. Toutes les marines se sont arrêtées à des bouches à feu de 60 tonnes environ, qui jouissent déjà d'une très respectable puissance et atteignent la limite de ce qui est maniable.
- Aussi, lorsqu’on songea, en Amérique, à établir un canon de 130 tonnes, bien des officiers ne laissaient lias d’envisager cette nouvelle tentative avec quelque pessimisme. Ces craintes furent vaines, si l’on en croit les comptes rendus des expériences. Les épreuves décisives auxquelles la bouche à l'eu a été soumise ont effacé toutes les préventions et permettent de mesurer le chemin parcouru dans la con-v struction et la puissance du matériel d’artillerie, depuis 1887, époque où le canon Armstrong de 10,25 pouces faisait son apparition.
- Une simple comparaison des éléments caractéristiques des deux bouches à feu est à cet égard tout à fait suggestive. Elle peut se résumer dans le tableau suivant :
- ARMSTRONG U. S. A RM Y
- Calibre.................414 millimètres 406 millimètres
- Longueur de la pièce. . . 13,22 mètres 13,11 mètres
- Poids de la pièce .... 110,5 tonnes 130 tonnes
- — du projectile. . . . 813 kg 1087 kg
- — de la charge. . . . 434 kg 290 kg
- Vitesse du projectile par sec. 634 mètres. 701 mètres.
- Ainsi, avec un calibre légèrement plus faible, avec une charge de poudre fortement réduite (290 kg au lieu de 434 kg), le nouveau canon lance un projectile beaucoup plus pesant (1087 kg au lieu de 815 kg) et à une vitesse sensiblement plus grande. Ces résultats sont dus aux grands progrès réalisés depuis vingt ans dans la métallurgie de l’acier et dans la fabrication de la poudre. Les premiers ont permis de faire supporter au métal, dans l’àme du canon, des pressions inconnues jusqu’ici ; les seconds, par l’obtention de poudres lentes et régulièrement progressives, permettent une utilisation plus complète de la force expansive, sur une longueur d’àme plus grande et avec moins de fatigue pour le métal. Un pareil canon constitue une masse énorme dont le maniement et la manœuvre exigent des engins puissants et le déploiement d’une force considérable. Pour supporter une aussi lourde pièce, il a fallu établir un massif de fondation en béton, de 9 mètres de long, 3™,60 de large, sur une épaisseur de 3 mètres. Une longue plate-forme en charpente s’étend à l’arrière et permet aux servants d’évoluer à l’aise. Lorsque le projectile est amené sur un truck à hauteur de la culasse, il faut les efforts réunis de trente hommes agissant sur le refouloir, pour pousser l’obus au fond de la chambre.
- La charge de poudre est elle-même répartie dans six sacs de toile, pesant chacun environ 50 kilogrammes, qu’un homme porte sur l’épaule. Tandis que dans le canon Armstrong on employait la poudre chocolat, le nouveau canon utilise de la nitro-cellulose sans fumée. Pour assurer sa déflagration,
- le dernier sachet de la charge est amorcé au moyen d’une certaine quantité de poudre à grain fin, plus prompte à s’enllammer.
- Dans les expériences du 17 janvier, qui avaient pour principal but de vérifier la résistance de la pièce, trois coups ont été tirés sans incident, le premier à charge réduite de 550 livres (249 kilogrammes), les deux autres avec la charge maximum de 640 livres (290 kilogrammes).
- La décharge est loin de produire l’effet terrifiant que l’on pourrait croire. Le vent de l’explosion projette en avant, il est vrai, un jet de flamme qui peut atteindre une trentaine de mètres de longueur ; mais le tonnerre de la détonation n’est pas ce que l’on pourrait prévoir et ne fait pas éprouver la sensation du strident éclatement de quelques pièces beaucoup plus petites et dont le tympan a beaucoup à souffrir.
- L’affût provisoire ne permettait de donner à la pièce qu’une inclinaison de 4° et l’obus est tombé à la mer h 912 mètres, en soulevant une énorme colonne d’embruns et en ricochant deux fois. Pour obtenir sa portée extrême, il faudrait pointer le canon à 40°. D’après les calculs du major Ingall, cette portée serait de 20,9 milles, soit 33,6 kilomètres, ce qui n’a d’ailleurs qu’une importance et une utilité toutes relatives, car il serait bien difficile de tirer parti de la pièce à ces portées extrêmes.
- Les mesures de vitesse des deux premiers coups ont complètement justifié les prévisions et les calculs du major Ingall. Le troisième coup, à cause de l’inclinaison plus grande, a passé au-dessus de l’écran, ne permettant pas ainsi la mmure de la vitesse.
- Et combien coûte un pareil monstre? Voilà ce qu’il importe de se demander. Or la carte à payer a été de 200 000 dollars, environ un million de francs. Il est vrai que, pour l’avenir, on a la consolation de se dire que les frais seraient diminués de tout ce qu’a coûté l’outillage spécial créé en vue du premier échantillon. Ses successeurs ne coûteraient guère que moitié prix, c’est-à-dire un demi-million. C’est encore un joli denier. Ll-colonel G. Espitallièr.
- LE SEXE DE L’ÉCRITURE
- Il y a longtemps que l’on se demande qu’est-ce qu’il y a de vrai dans la graphologie. La graphologie est-elle vraiment susceptible de révéler le caractère d’une personne? Les uns disent oui, les autres disent non. En fait, on pourrait discuter longtemps sur ce sujet sans l’éclairer beaucoup. M. Alfred Binet, directeur du laboratoire psycho-physiologique de la Sorbonne, tout en avouant que le problème est difficile, croit cependant qu’il est possible de le résoudre, et il vient d’en commencer l’étude par l’examen d’une question beaucoup plus simple, le sexe de l’écriture1. Peut-on reconnaître à son écriture le sexe d’une personne?
- M. A. Binet a entrepris des expériences intéressantes sur ce point spécial déjà malaisé à éclaircir. Il s’est fait livrer de simples adresses de lettres écrites par des femmes
- 1 Élude publiée dans La Revue : 1 <‘r octobre 1903.
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- et des hommes, et non des lettres entières dont le contenu aurait pu faire préjuger du sexe de ceux qui avaient écrit. 11 a pris des précautions de toutes sortes pour éviter de guider l’expert. Il a dosé en quelque sorte les adresses de femme à femme, de femme à homme, d’homme à femme et d’homme à homme, dans la crainte que le sexe du destinataire n’influàt sur la réponse par voie de suggestion. Enfin, il a livré les 180 enveloppes qu’il a réunies à des graphologues de profession et aussi à‘ des personnes quelconques; 89 enveloppes féminines, 90 enveloppes masculines.
- Les experts choisis ont été M. Crépieu-Jainin, graphologue très estimé et M. Eloi bien connu aussi. Les autres personnes chargées de l’examen étaient étrangères à la graphologie, tantôt des hommes ou des femmes de tout âge et de toute profession. Ces experts bénévoles ont consigné par écrit leurs appréciations.
- Les graphologues ont naturellement appliqué leurs connaissances spéciales; les autres ont jugé sans méthode et un peu par sentiment, sans expliquer autrement leurs jugements. M. Crépieu-Jamin s’est fondé surtout pour émettre son opinion sur des remarques que l’on peut résumer ainsi : Chez la femme, le geste écrit est gauche, souvent disgracieux et lâché; il a souvent des formes penchées et grêles ou encore prétentieuses et compliquées. La surélévation des diverses minuscules, principalement des s et des r et de la hampe des p, se rencontre assez habituellement dans les écritures de femmes et très rarement dans celles des hommes. 11 en est de même des finales longues. Chez l’homme, la netteté, la fermeté, la sûreté, la simplicité, la sobriété du tracé sont caractéristiques. La simplification qui est un signe graphologique de culture d’esprit est bien plus fréquente que chez la femme. On trouve aussi beaucoup moins d’écritures lâchées d’hommes que de femmes. De là sans doute, pour les graphologues, une hase pour l’étude de^’écriture.
- Cela dit, arrivons vite aux résultats. 11 convient de noter d’abord que le choix à faire ne comportant que deux solutions, écriture d’homme ou écriture de femme, le hasard à lui tout seul pourrait conduire à 50 pour 100 d’attributions exactes. Il faut donc, pour arriver à une conclusion quelconque, que les réponses justes dépassent sensiblement cette proportion. Or M. Crépieu-Jamin a réussi à donner une réponse exacte 141 fois sur 180 adresses, soit un pourcentage de 78,8 pour 100. Il a fourni la raison de ses jugements et souvent indiqué le degré de probabilité de la détermination du sexe. La forme de certaines lettres majuscules finales a été invoquée 66 fois avec raison et 12 fois à tort. La surélévation de certaines lettres a été invoquée 25 fois avec raison et 6 fois seulement à tort. La netteté, la sobriété, la simplification de l’écriture ont été invoquées 48 fois avec raison et 8 fois à tort.
- Les jugements analogues aux précédents de M. Éloi ont donné un pourcentage de 75 pour 100. Ce qui est curieux en ce qui concerne M. Crépieu-Jamin, c’est que l’une de ses attestations ayant été déclarée erronée par M. Binet, le graphologue cette fois sur de lui maintint énergiquement son dire. Vérification faite, il avait raison et c’est M. Binet qui s’était trompé.
- Après ces résultats, M. Binet conclut que les graphologues ont le droit d’affirmer que l’écriture renferme bien des caractères sexuels et que ces caractères sont suffisants pour déterminer le sexe du scripteur dans un certain nombre de cas. 11 est de fait qu’ainsi formulée la conclusion est bien dans les prémisses. Nous nous y attendions bien d’ailleurs. La graphologie, si sujette à erreur qu’elle puisse
- être, ne résulte pas moins de l’observation et doit souvent conduire à des déductions exactes.
- Et les ignorants en graphologie? Eux aussi ont fourni des appréciations assez souvent bonnes. Le pourcentage de réponses justes a varié depuis 65 pour 100 jusqu’à 75 pour 100. Cette dernière proportion a été atteinte trois fois chez des institutrices. Strictement il faut donc bien déduire de l’ensemble de ces expériences que les plus habiles des ignorants sont restés au-dessous des graphologues professionnels, mais de si peu! Il va de soi que l’exercice, l’entrainement, l’habitude de comparer donnent aux graphologues un certain avantage. En revanche cette généralité de l’appréciation exacte de l’écriture semble bien militer en faveur des caractères sexuels.
- Quelques personnes avaient avec intention falsifié leur écriture. Il y a eu généralement dans ce cas erreur dans l’appréciation. M. Crépieu-Jamin s’v est trompé lui-même. M. Binet reproduit une écriture que quinze personnes ont prise pour celle d’une femme, et qu’une seule personne a attribuée à un homme. Cet homme était un ancien cocher de maison bourgeoise de 70 ans. L’écriture des vieillards est, paraît-il, pleine de pièges. L’écriture falsifiée conduit, comme celle des vieillards, à des interprétations souvent inexactes. Enfin, fait à noter dans ce résumé extrêmement sommaire, c’est que M. Crépieu-Jamin a souvent dans ses réponses indiqué l’âge avec le sexe et presque toujours l’indication a été bonne.
- Ces premiers essais de M. Binet sont intéressants. Mais à notre sens, pour qu’ils conduisent à une conclusion vraiment scientifique, ils ont besoin d’être repris sur plus vaste échelle et dans des conditions variées. Qu’obtiendrait-on avec l’écriture de femmes très instruites habituées aux langues mortes ou étrangères, avec des femmes astronomes, docteurs es sciences, etc. Il faudrait comparer aussi l’écriture des personnes étrangères, femmes et hommes. M. Binet compte bien du reste poursuivre cette première étude et notamment examiner prochainement l’âge de l’écriture.
- Nous verrons ce qui en sortira. Pour le moment, nous restons perplexe devant les chiffres : réussite avec des professionnels 78 pour 100; réussite avec des ignorants 73 pour 100 sur 180 expériences. Toutefois dans cette première tentative et dans les conditions les plus favorables, l’erreur n’a pas dépassé 10 pour 100. 11 y aurait donc vraiment une écriture féminine et une écriture masculine dont les caractères seraient assez tranchés pour qu’en général une personne même inexpérimentée parvint à distinguer l’urte de l’autre. Henri de Parville.
- LES TURBINES A VAPEUR PARSONS
- Sans remonter jusqu’au célèbre éolipyle d’Héron d’Alexandrie, beaucoup d’esprits inventifs se sont ingéniés pour obtenir des turbines fonctionnant au moyen de la vapeur, comme force motrice, les mêmes excellents résultats de souplesse et de rendement élevé qu’on obtenait déjà avec les turbines hydrauliques, grâce aux travaux des ingénieurs français, Burdin, Fourneyron et Poncelet.
- Parmi ces précurseurs, il nous faut mentionner, tout spécialement, Tournaire, ingénieur des mines qui, dès 1853, indiquait d’une manière magistrale les dispositions à adopter pour le bon fonctionnement
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- des turbines à vapeur, dispositions que nous retrouvons dans le système de turbines à vapeur Parsons que nous décrivons plus loin et dont nous nous occupons plus spécialement.
- Mais, à cette époque, les progrès de la métallurgie ne permettaient pas encore d’obtenir un métal de résistance suftisante pour supporter les vitesses considérables qu’on est amené à donner aux turbines, par suite de la grande vitesse d’écoulement de la vapeur. De plus, les progrès de la construction mécanique étaient insuffisants pour atteindre la grande précision de montage nécessaire aux turbines
- à vapeur. Enfin, les lois de l’écoulement de la vapeur étaient encore imparfaitement connues. L’idée magistrale de Tournaire n'était pas encore mûre.
- Depuis, la métallurgie, l’outillage mécanique et les recherches scientifiques ont fait de grands progrès et, grâce à eux, la turbine à vapeur a pu prendre droit de cité, à tel point qu’aujourd’hui la puissance totale des turbines à vapeur dépasse 200 000 chevaux. Cet énorme développement est dû, tout spécialement, aux travaux du constructeur anglais Parsons, de l’ingénieur suédois de Laval et, en dernier lieu, à M. l’ingénieur des mines Hateau qui,
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- depuis plusieurs années, s’occupe tout particulièrement de l’étude scientifique et pratique des « turbo-machines ».
- Comme les turbines hydrauliques, la turbine à vapeur se compose de « distributeurs fixes » et de « roues mobiles » munies d’ailettes fixées sur un arbre qui sert à transmettre le travail produit. Prenons le cas le plus simple (fig. 5), celui où la turbine se compose de distributeurs fixes À, formés de
- Fig. 2. — Aubage d’une turbine à réaction, genre Parsons.
- ensuite dans la roue mobile en produisant sur les ailettes une force de propulsion dans la direction de la flèche m, forçant la roue mobile à tourner en entraînant son axe. Par suite de la forme divergente donnée à l’ajutage de la tuyère et de la courbure de P aubage de la roue mobile, la vapeur, en sortant de cette tuyère, sera entièrement détendue, aura la même pression que la chambre D et agira sur les ailettes de la roue mobile par sa « vitesse seule ». On remarquera la forme de l’aubage de la roue mobile qui est formé d’arcs de cercle symétriques par rapport à l’entrée et à la sortie de la roue. Nous avons ainsi la disposition de la turbine à vapeur à impulsion, genre hélicoidal, à injection par-
- tuyères avec ajutages divergents, en communication avec la chaudière, et d’une seule roue mobile B munie d’ailettes placée dans une chambre soit à la pression atmosphérique, soit à celle d’un condenseur. Par suite de la différence entre la pression de la vapeur de la chaudière et celle qui se trouve autour de la roue mobile B, cette vapeur s’échappera de la tuyère suivant la ligne a b avec une vitesse dépendant de cette différence de pression pour pénétrer
- Fig. o. — Aubage d’une turbine à impulsion, genre de Laval.
- tielle. C’est le type des turbines h vapeur de Laval1.
- Au lieu de détendre complètement la vapeur au moment de sa sortie des ajutages, comme nous venons de l’indiquer, on peut, au contraire, opérer partiellement cette détente dans le distributeur A et l’achever dans les aubages B de la roue mobile. Dans ce cas, la vapeur sortira des distributeurs à une vitesse inférieure à celle due à la différence de pression entre la chaudière et la chambre B et elle agira sur l’aubage, à la fois par sa vitesse de sortie et par sa détente dans l’aubage. La disposition du distributeur et des ailettes de la roue mobile sera alors différente de celle indiquée plus haut. Elle sera celle
- 1 Yov. n° 1271, du 9 octobre 1897, p. 289.
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- représentée figure 2. Le distributeur A sera formé d’aubes courbes convergentes et la roue mobile sera munie d’ailettes de forme parabolique se terminant presque perpendiculairement à l’oritice d’entrée. Avec ce dispositif, par suite de la détente qui achève de se produire dans les aubages de la roue mobile, la pression ne sera plus la meme sur les deux faces d’entrée et de sortie de cette roue; il y aura donc tendance à des fuites par les joints. De plus, une poussée longitudinale sur l’arbre moteur de la roue se produira dans la direction MN, poussée qu’il faudra contre-balancer et qui n’existe pas, non plus que les fuites, dans le cas de la turbine à impulsion. Nous avons ainsi la turbine à réaction, à injection totale adoptée pour les turbines Parsons dont nous nous occuperons plus spécialement.
- Avec ce dispositif de turbine à une seule roue
- mobile, la vapeur, surtout dans les turbines genre de Laval, où la détente se fait d’un seul coup à sa sortie de la tuyère, s’échappe de celle-ci avec des vitesses énormes atteignant le plus souvent, avec les pressions de chaudière généralement admises, 1000 à 1200 mètres par seconde. D’un autre coté, il doit exister un certain rapport déterminé entre la vitesse de la vapeur et celle de la roue mobile et l’expérience, ainsi que la théorie, montrent (pie le rendement maximum a lieu lorsque la vitesse périphérique de la roue mobile est la moitié de celle de la vapeur. Ce sont donc des vitesses périphériques de 5 à 600 mètres par seconde qu’il faudrait donner à la roue mobile. On se trouve alors en présence d’une difficulté qui force à rester bien au-dessous de la vitesse de rendement maximum. Car, à ces vitesses, on dépasse celles auxquelles peuvent résister
- Fig. i. — Turbo-alternateur à courants triphasés de la station centrale de Francfort.
- les meilleurs aciers; sous l'influence delà force centrifuge résultant de ces énormes vitesses les roues se briseraient. Dans les turbines de Laval on n’at-leint guère que la moitié de la vitesse de rendement maximum. Enfin ces vitesses considérables nécessitent des dispositifs d’engrenages de réalisation délicate, pour réduire la vitesse de rotation et transmettre l’effort au récepteur.
- L’emploi des turbines à vapeur à une seule roue mobile ne semble donc pas d’une application facile lorsqu’il s’agit de produire des puissances considérables à des vitesses de rotation modérées.
- 11 fallait donc, pour réaliser ce desiderata, trouver le moyen de réduire ces énormes vitesses périphériques des roues mobiles, tout en conservant, cependant, un rendement, élevé. 11 suffisait, pour cela, d’échelonner la différence de pression totale entre la chaudière et le condenseur, en répartissant cette chute de pression entre un plus ou moins grand nombre de roues munies chacune de distributeurs.
- La différence de pression d’entrée et de sortie de la vapeur, pour chacune des roues, peut alors être considérablement diminuée et, par suite, la vitesse périphérique de ces roues mobiles peut elle-même être fortement réduite. En fait, le nombre des roues mobiles, en les supposant toutes de même diamètre, est égal au rapport des carrés des vitesses initiales et réduites de la vapeur. Ainsi, si l’on veut réduire à 100m par seconde la vitesse initiale de 1000ITI de la vapeur, c’est-à-dire réduire cette vitesse au 10°, le nombre des roues mobiles devra être de 100. Tel est le principe de la turbine à vapeur à « roues multiples » dont les turbines Parsons et Rateau sont des exemples remarquables et où se retrouvent, sauf, bien entendu, des dispositions de détail qui en ont rendu l’application possible, l’ensemble des idées émises par Tournaire.
- La turbine Parsons est, comme nous l’avons dit, une turbine hélicoïdale à réaction, à roues multiples. Elle se compose (fig. 1 ) d’un cylindre en fonte à l’in-
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- térieur duquel se motivent une série de disques a a calés sur le tambour A, faisant partie de l’arbre RB' qui transmet la puissance au récepteur. Entre chacun de ces disques se trouve une couronne d’ailettes fixes b b... formant distributeurs et assujetties à demeure sur la paroi intérieure de la partie cylindrique qui entoure les roues mobiles. La forme de l'au-bage des distributeurs et de la roue mobile est celle représentée figure 2. La vapeur sortant de la chaudière traverse d’abord un régulateur pour pénétrer par C dans la chambre de la turbine, en arrière de la première série de distributeurs. Elle traverse ensuite le premier distributeur a qui la dirige sur bailliage du premier disque à ailettes en lui imprimant, par sa vitesse et sa détente, un mouvement de rotation autour de l’arbre BIV. Puis, elle ressort de ce premier aubage à une pression inférieure h celle d’admission dans le premier distributeur, mais encore très élevée et qui dépendra du nombre de roues employées. Elle pénètre ensuite dans le second distributeur b' pour être dirigée sur le second disque mobile, en le faisant tourner, comme le premier, par sa vitesse et sa détente. Le même effet se reproduira jusqu’au dernier disque mobile R, où la vapeur alors complètement détendue sortira à la pression du condenseur dans lequel elle pénétrera par le conduit E. En passant de la pression de la chaudière à celle du condenseur, la vapeur en se détendant successivement, dans chacun des aubages, augmente nécessairement de volume, tout en diminuant de pression. 11 faut donc faire croître successivement la hauteur des ailettes des distributeurs et des roues mobiles depuis l’entrée de la vapeur en G jusqu'à sa sortie dans le condenseur pour tenir compte de cette expansion graduelle. Afin d’éviter des hauteurs trop grandes d’ailettes, on donne des diamètres croissants au tambour AA.
- Nous avons vu plus haut que la turbine à vapeur à réaction produisait sur les arbres moteurs des poussées dans le sens de la marche de la vapeur BR'. Pour contre-balancer cette poussée, on établit des pistons compensateurs x, y, 2, en nombre égal à celui des tambours de diamètre différent, recevant la pression delà vapeur par les tuyaux m, n, en sens inverse de celle qui produit la marche et équilibrant ainsi presque complètement cette poussée.
- Pour éviter les fuites de vapeur, cause d’augmentation de dépense, entre les roues mobiles et les couronnes des distributeurs fixes, ainsi qu’autour des pistons compensateurs, fuites qui, comme nous l’avons dit, proviennent de la détente de la vapeur dans les aubages des roues mobiles, on est amené à ne laisser entre ces pièces qu’un jeu imperceptible ; une grande précision de montage est donc indispensable. C’est une difficulté qu’on redoutait tout d’abord mais qui, cependant, ne semble pas avoir amené de difficultés dans la pratique. I)u reste, les paliers de butée et les coussinets supports de l’arbre moteur sont disposés : le premier pour empêcher tout déplacement longitudinal des disques, en évitant leur
- frottement contre les couronnes fixes et, par suite, leur usure et leur détérioration; le second, pour empêcher tout décentrage de l’arbre moteur pouvant amener, par le frottement des ailettes contre le cylindre en fonte qui les enveloppe, soit leur usure, soit leur rupture.
- Comparée à la machine à vapeur à mouvement alternatif, la turbine à vapeur présente des avantages de divers ordres. Au point de vue thermique, elle permet l’emploi de détentes plus grandes de la vapeur et, par suite, possède un rendement meilleur. Cette détente qui, pour les machines à multiple expansion, ne dépasse pas 15 à 20 fois le volume primitif, peut atteindre avec les turbines à vapeur de 100 à 150 fois le volume initial. Bar suite de la marche de la vapeur, qui, dans la turbine, est toujours dans le même sens et maintient, par conséquent, à une température constante les aubages et le cylindre métallique les enveloppant, les condensations de vapeur sur les parois qui, avec les machines monocylindriques, sont une cause d’accroissement de consommation de vapeur considérable et que l’emploi de la multiple expansion a pour but de diminuer, disparaissent entièrement. Ces deux avantages thermiques doivent avoir pour corollaire une dépense de vapeur inférieure à celle des meilleures machines à mouvement alternatif. En fait, les expériences récentes montrent que les turbines à vapeur bien construites ont, pour la marche à « pleine charge », une consommation de vapeur, par cheval, entièrement comparable à celles des meilleures machines à mouvement alternatif. La surchauffe de vapeur dont on reconnaît aujourd’hui l’avantage peut s’appliquer sans difficulté aux turbines, aucune surface frottante ne venant compliquer son emploi comme dans les machines alternatives. Les organes intérieurs n’ayant, comme nous l’avons vu, aucun frottement à subir, tout graissage intérieur est inutile. Il en résulte que la vapeur qui se rend au condenseur, et qui ensuite sert à l’alimentation de la chaudière, n’entraîne plus avec elle de matières grasses qui sont, souvent, la cause de difficultés nombreuses.
- Au point de vue mécanique les variations des efforts actionnant l’arbre moteur qui, avec les machines alternatives, nécessitent des volants lourds, coûteux et encombrants, sont entièrement supprimées. La turbine à vapeur, comme les dynamos, a un mouvement de rotation régulier et parfaitement uniforme; le volant est inutile, ainsi que les manivelles ou les arbres coudés et les liaisons de la turbine avec le sol peuvent être réduites à la plus simple expression. On supprime ainsi les fondations souvent très coûteuses des machines alternatives. La conséquence de ces faits est une facilité de conduite des moteurs très grande et une réduction importante des frais d’entretien et de réparation. A ce dernier avantage s’en joint un autre qui n’est pas moins important. L’encombrement, c’est-à-dire la place occupée par les moteurs, est bien moins grand qu’avec les machines à mouvement alternatif; ils peuvent
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- donc être installés plus facilement que ces derniers. Enfin, pour une même puissance, le poids de la turbine à vapeur est d’environ 50 pour 100 inférieur à celui des moteurs alternatifs.
- 11 n’est donc pas étonnant, en présence de ces avantages, de constater les applications nombreuses de la turbine à vapeur Parsons dans ces dernières années. Outre les installations faites en Angleterre pour les stations électriques de Cambridge, Newcastle, Norwich, Scarborough, Hartlepool, de la Metropolitan C°, nous citerons, en France, la turbine à vapeur de -420 chevaux actionnant une dynamo à courant continu sous 250 volts des ateliers d'Indret, une autre de 1350 chevaux actionnant un alternateur triphasé sous 150 volts de la filature de Schappe, à Troyes.
- Mais c’est à l’étranger que se trouvent les imités les plus puissantes. Parmi celles-ci nous citerons : le turbo-alternateur de 600 chevaux, tournant à la vitesse de 2500 tours à la minute, des usines Anto-nien, en Silésie; le turbo-alternateur triphasé sous 3000 volts de la station centrale de Francfort d’une puissance de 4500 chevaux représenté par la figure 4 ; les deux turbo-alternateurs triphasés sous 5700 volts de l’usine centrale de Milan, l’un d’une puissance de 4500 chevaux, l’autre de 5000 chevaux, dont les dispositions sont semblables aux précédents; le turbo-alternateur triphasé sous 400 volts des établissements Sawa-Morosow en Russie, d’une puissance de 1500 chevaux.
- Aux Etats-Unis, la Compagnie Westinghouse a installé des turbines à vapeur de 7 à 8000 chevaux. Mais cette dernière puissance vient d’être dépassée pour les turbines à vapeur de 10 000 chevaux que construit la maison Brown-Boveri, de Raden, concessionnaire du brevet Parsons dans une grande partie de l’Europe, pour la station centrale électrique d’Essen, en Westphalie, qui distribue l’énergie aux usines avoisinantes. Cette turbine, dont la vitesse de rotation est de 1000 tours par minute, actionne directement deux génératrices électriques montées sur le même arbre, l’une de 5000 kilowatts produisant des courants triphasés à 5000 volts et 50 périodes, l’autre, de 1500 kilowatts, un courant continu à 600 volts. Une troisième dynamo à courant continu et servant d’excitatrice est montée sur le même arbre. Avec un vide au condenseur de 0m,68, les constructeurs garantissent une consommation, à pleine charge, de 4 kilogrammes de vapeur par « cheval indiqué ». La longueur totale du groupe, y compris les dynamos, est de 18 mètres; la largeur et la hauteur maxima est inférieure à 5 mètres.
- En résumé, la turbine Parsons présente des avantages incontestables lorsqu’il s’agit de mettre en mouvement des machines ayant elles-mêmes de grandes vitesses, comme les pompes centrifuges, les ventilateurs, les dynamos et, surtout, lorsque le travail à produire est sinon constant, certainement peu variable. Mais il ne semble pas qu’il faille en conclure qu’elle est appelée, tout au moins pour le
- moment, à remplacer d’une manière générale la machine à vapeur à mouvement alternatif qui jouit de la qualité maitresse d’une grande souplesse, tant au point de vue de la vitesse que des variations d’effort à produire. R. Bonnlx.
- LA MAIN-D'ŒUVRE
- DANS LES MINES D’OR DU Süü DE L’AFRIQUE
- LA BIÈRE DES CAFRES
- L’alimentation des indigènes des colonies, employés au service des Européens ou des industries européennes, est une des importantes questions de l’heure présente pour leur mise en valeur.
- L’évidence de la nécessité de leur main-d’œuvre, dans les pays où nous colonisons, est trop prouvée pour que nous ayons encore à la démontrer. Naturellement ceux qui sont nés dans ces climats et qui y ont toujours vécu, se prêtent plus facilement que nos compatriotes à une besogne pénible.
- Le salaire modique dont se contentent les indigènes, leur façon de vivre moins compliquée que celle de l’ouvrier de nos contrées, leur alimentation basée sur les produits du pays, contribuent à nous faire trouver de gros avantages dans leur emploi.
- Mais, néanmoins, nous devons tenir compte des habitudes de ces hommes, et, dans notre intérêt même, nous efforcer de leur assurer une alimentation appropriée à leur genre de vie et à leurs goûts, sans viser à exagérer l’économie que nous pouvons réaliser en nous servant de leurs bras. Je fus, il y a un an, chargé d’une mission en Afrique du Sud, par l’Institut Pasteur de Paris, afin de créer un Institut antirabique à Rulawayo, en Rhodésie du Sud. Durant mon séjour dans ce pays, le gouvernement de la Chartered Compagnie de l’Afrique du Sud me demanda, à la requête de la Chambre des Mines, de m’occuper d’une maladie des indigènes qui causait dans les centres d’industrie minière une inquiétante pénurie d’ouvriers. Ceux-ci, des noirs appartenant à la race cafre ou bantoue, la meilleure et la plus fine du Sud-Africain, ne tardaient pas à être atteints, peu de temps après être restés dans une mine, par une affection présentant les symptômes du scorbut ou du beri-beri et qui jusqu’à présent n’est pas encore bien définie. Trente-cinq pour cent des indigènes qui travaillent dans les mines sont souvent malades et ne peuvent travailler.
- Je pris le parti de commencer mon étude en recherchant la cause du mal et voulus me rendre compte du genre de vie de ces indigènes chez eux. Je crois pouvoir affirmer que l’épidémie qui sévissait sur les ouvriers indigènes, en laissant indemnes les noirs qui continuaient à vivre dans leurs kraals ou villages, ainsi que la population blanche, provenait en grande partie du mode d’alimentation auquel sont soumis les Cafres dans les exploitations européennes.
- J’avais examiné la façon dont se nourrissaient les nègres : dans leurs repas il entrait de la viande
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- fraîche, des bouillies faites avec de la farine de millet, de maïs ou de sorgho, du laitage, des patates, des légumes qu'ils cultivent dans leurs champs.
- J’ai comparé cet ordinaire avec le régime alimentaire qu’ils trouvent dans les mines oîi on leur donne le plus souvent, avec une bouillie de mais journalière, des Imites de conserves plus ou moins fraîches et point de viandes ni de légumes. De plus, ils ne trouvent pas, dans ces établissements, la bière rafraîchissante et saine faite avec des
- grains du pays et dont les kraals sont toujours pourvus en abondance. La privation de celle boisson qu'ils affectionnent, fait qu’ils se jettent avec avidité sur les liqueurs fermentées en usage chez les Anglais où l’on sait que le wisky et le gin sont surtout en faveur. L’abus de ces produits, dans lequel tombent ces hommes accoutumés à un régime très sobre, peut être une des principales causes de l’état morbide de la population noire des mines.
- En se rendant dans les kraals, où l’on peut voir les coutumes des indigènes restés à l’état primitif, il serait aisé de modifier le régime auquel ils sont astreints chez les Européens, de façon à. l’améliorer et à le rendre plus approprié .à leurs habitudes.
- 11 m’a été aisé de me renseigner d’une façon précise sur leur manière de vivre, pendant les quelques semaines où j’ai eu à mon laboratoire de Bulawayo trente-cinq femmes indigènes, venues avec le chef de leur kraal par ordre du gouvernement. Il m’avait paru intéressant, au point de vue de l’alimentation des Cafres, de voir les procédés de fabrication de cette bière qu’ils demandent sans cesse dans les établissements européens, et dont la privation les fait souffrir beaucoup. Le gouvernement de la Chartered me chargea de faire une étude de cette boisson, et, pour m’en faci-
- Fig. 1. — Mallage du grain dans l’Alriiiue australe.
- Fig. 2. — Femme eafre portant la provision de bière.
- liter les moyens, envoya à l’Institut Pasteur des négresses d’un kraal voisin, qui devaient confectionner leur bière sous mes yeux. L’est aux femmes qu’est dévolu le soin de faire la bière. Le sont ellgs qui labourent les champs de maïs, de sorgho et de millet dont les grains entrent dans la composition de cette boisson. Les récoltes sont faites par leurs soins et enfermées ensuite dans des silos ou dans des huttes construites sur pilotis à cinquante centimètres du sol pour mettre
- le grain à l’abri des dévastations des fourmis blanches. L’instant de faire la bière une fois venu, femmes et jeunes tilles vont en file indienne chercher le grain nécessaire dans des paniers ou de grands pots de terre qu’avec une adresse remarquable elles portent en équilibre sur leur tète. En même temps que ce fardeau, les mères ont, suspendus sur leur dos, dans une peau de bêle, leurs plus jeunes enfants dont elles ne se séparent pas tant qu'ils sont en bas fige.
- Pour faire la bière, le grain est brisé et réduit en poudre entre deux pierres, une plate et une ronde, cette dernière servant de pilon. Les farines des différents grains sont ensuite mé-langées entre elles par parties égales.
- Environ le tiers de ce grain a été préalablement trempé dans l’eau et a germé, c’est-à-dire malté, avant d’être moulu et mélangé à l’autre grain. On met ensuite de l’eau dans de très grands vases d’argile dans lesquels est ajoutée la farine. On fait bouillir le tout pendant cinq ou six heures et au bout de ce temps on laisse refroidir le liquide. Bientôt la fermentation s’établit dans les cuves : les germes de levure et d’amylomices sont apportés par les insectes qui viennent se noyer dans le liquide que rien ne recouvre.
- La bière est ensuite filtrée dans des manches en
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- jonc tressé très fin; on la verse dans des pots d’ar- I être emportée dans les kraals et livrée à la consoin-gile d’une capaeilé de quinze litres à peu [très, pour | mation. dette bière ne se conserve pas à cause des
- Fig. J. — Moulin à farine c-afre.
- ferments lactiques qu’elle renferme et qui la rendent acide au bout de peu de temps. On ne peut la boire que trois ou quatre jours après quelle a été faite, aussi les
- indigènes la renouvellent-ils très fréquemment, s’ils ont du grain en abondance. Ils en boivent de grande quantité au moment des fêtes, de la danse de la
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- guerre en particulier. La bière des Cafres n’est pas seulement la boisson de prédilection des nègres. Les fermes boers en sont toujours approvisionnées et les colons européens eux-mèmes apprécient cette boisson rafraîchissante, saine et très peu alcoolique, qui, dans ces contrées, peut être considérée comme un aliment utile et agréable. Il serait facile d’améliorer sa fabrication et d’en faire dans chaque mine. En variant le régime alimentaire des nègres, en leur donnant de cette bière peu alcoolique, on retiendrait plus facilement ces indigènes dans les mines et il serait inutile de songer, comme on le fait en ce moment, à importer des Chinois pour extraire l’or du sous-sol. Rr Adrien Loir,
- Ancien préparateur de Pasleur.
- EFFETS DE CONTRASTE OPTIQUE
- Il y a quelques années, feu Mme Henry Gréville, qui lisait attentivement et avec fruit les revues et les feuilletons scientifiques, bien qu’elle ne fît pas étalage de sa science dans ses romans, fut l’objet d’une illusion qu’elle me fit partager un moment et dont elle découvrit en même temps que moi la véritable nature.
- C’était à l’occasion d’une éclipse partielle de soleil. En mon absence, elle fit noircir à la fumée d’une bougie un petit carreau de vitre et elle y regarda par réflexion du côté non fumé. Elle aperçut deux soleils à moitié rentrés l’un dans l’autre. Le vrai soleil éblouissait trop les yeux pour qu’on pùt vérifier s’il apparaissait réellement double. Fallait-il attribuer ce phénomène à une sorte de halo solaire causé par des cirrus? Elle avait souvent observé avec moi, dans un verre noir, ces fragments de halos, si communs, trop faibles seulement pour être observés à l’œil nu. Mais ici l’aspect était tout autre.
- Ce n’était pas tout : le double soleil formait des taches d’un jaune assez vif, un peu orangé, sur les objets qui l’entouraient. Comment expliquer ces taches nombreuses, répandues partout? Quel singulier nuage invisible, quelle couche de cirrus pouvait les produire?
- Elle fut mise sur la voie de la vérité lorsque, après avoir un instant laissé reposer ses yeux éblouis, elle vit dans son miroir fumeux non plus deux, mais trois soleils : c’étaient évidemment les irrégularités de la vitre.
- Regardant ensuite successivement deux points d’une étoffe blanche voisins l’un de l’autre, elle s’aperçut que les taches jaunes « se déplaçaient » avec la direction de son regard. Elle conclut donc à un effet subjectif que j’avais soupçonné du premier coup d’après son récit et dont j’allais lui proposer de vérifier l’existence précisément de la même façon.
- Ceci nous amène à un autre effet subjectif considéré comme réel par celui qui l’a raconté dans une chronique scientifique. A certains moments de sécheresse de l’été les eaux stagnantes sont couvertes d’un léger voile grisâtre. L’observateur en question remarqua que l’ombre portée par les feuilles des plantes voisines sur cette surface était bordée, à l’Ouest, d’un mince filet jaune doré. De plus, si du rivage, on écartait la feuille qui portait ombre, cette ombre était remplacée par une tache jaune doré de la même forme et occupant la même position.
- L’auteur en conclut qu’il s’agit d’un phénomène de photographie naturelle. L’ombre teindrait en jaune la partie de la surface grise qu’elle recouvre, et le jaune persisterait encore un moment à son ancienne place, pro-
- gressivement découverte par la marche de l’ombre vers l’Est, à l’inverse du mouvement du soleil.
- 11 s’agit évidemment d’une illusion d’optique. L’ombre est bleue, à cause de la couleur du ciel. Si on la fait disparaître brusquement, l’œil verra à la même place une image pareille de forme et de gi’andeur, mais complémentaire par la couleur. Or, c’est le jaune-orangé qui est la complémentaire du bleu.
- Mais le liséré? Il s’explique par le déplacement lent et continu de l’ombre vers l’Est. L’œil, soit par inertie, soit parce qu’il a pris pour point de repère quelque brin flottant, ne suit pas constamment la marche de l’ombre et reste en arrière d’elle. Ce faible retard a précisément pour résultat le liséré jaune et pour mesure la largeur de ce liséré. Comme il n’est pas très difficile de saupoudrer d’une poussière très fine la surface d’un bassin bordé d’arbrisseaux à feuilles un peu rares et plutôt larges, nos lecteurs pourront facilement faire la vérification. Si, après avoir écarté l’objet qui fait ombre et avoir constaté l’existence de la (( photographie » jaune doré, ils déplacent un peu la direction de leur regard, ils verront la prétendue photographie se déplacer en même temps. Par contre, une personne qui serait restée les yeux fermés et qui les rouvrirait au moment où on écarte l’ombre, ne verrait aucune tache jaune doré à la place qu’occupait l’ombre disparue.
- Ces deux expériences, qui se corroborent l’une par l’autre, prouveront définitivement que l’image était subjective, qu’elle n’avait pas d’existence réelle.
- E. Durasd-Gréville.
- GRANDE TÂCHE SOLAIRE
- On sait que le soleil est le siège d’une activité qui varie d’une façon assez régulière. La période « normale moyenne », déduite des statistiques de M. Rudolf Wolf et des mesures faites à l’Observatoire de Greenwich, de 1610 à 1893, est de « 11ans,J3 ». Mais, chose remarquable, l’élévation du minimum au maximum dure 4ans,62, tandis que la descente du maximum au minimum va plus lentement et dure (j‘“’,51. L’avant-dernier minimum a eu lieu en 1889, puis le maximum en 1893. La date du dernier minimum n’a pu encore être fixée avec précision, car, pendant les années 1900-1901 et 1902, il y a eu plusieurs longues périodes sans taches et le dernier minimum s’est particulièrement distingué par sa durée inusitée. La plus longue période s’est écoulée, d’après les excellentes observations de M. Guillaume à l’Observatoire de Lyon, du 15 mars au 4 mai 1902, soit « 51 jours » pendant lesquels on n’a pas observé la plus petite tache sur l’astre du jour.
- Mais le réveil de l’activité solaire paraît maintenant s’accentuer et on vient de voir se former un groupe très considérable de taches. Apparu sur le limbe oriental le 5 octobre dernier, entraîné par le mouvement de rotation du soleil, il est passé au méridien central le 11 octobre, puis a disparu sur le limbe occidental le 18-19.
- Nous en avons pris, chaque jour, plusieurs photographies à notre observatoire astro-photographique de Nanterre. Celle que nous présentons ici a été faite le 9 octobre, à 9 heures du matin. Le groupe de taches occupe un diamètre apparent un peu plus grand que le dixième du diamètre du soleil. Mesuré sur le cliché, ce diamètre atteint 3',5, c’est-à-dire plus de 150 000 kilomètres, plus de 12 fois le diamètre de la terre ! Et la région d’activité s’étend plus loin, puisque ce groupe a paru, près du bord, entouré d’immenses et brillantes facules.
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- Colle belle tache est restée continuellement visible à l’œil nu. On remarque encore sur la photographie deux autres groupes, mais bien moins importants.
- Un peu après son passage au méridien central du soleil, ce groupe de taches a déterminé à la surface de la terre une perturbation magnétique assez importante. M. Moureaux, directeur de l’Observatoire du l'arc-Saint-Maur, qui a pris également d’excellentes photographies de la tache, a bien voulu m’écrire que les instruments magnétiques avaient enregistré d’abord une perturbation de faible durée le 11 octobre de 22 heures à 24 heures, puis une plus forte et plus importante dans la nuit du 12 au 15 de 19 heures à 4 heures.
- Ce retard entre le moment où la tache passe au méridien central et celui où les instruments magnétiques ac-
- Photoffraphie «les tachos du soleil, le 9 octobre 1905 à 9 h. du matin.
- cusent une perturbation est très curieux et on l’avait déjà constaté en 1898. Cette année-là, au mois de septembre, une grande tache a été visible sur le soleil. Elle est passée au méridien central « le 8 à 24 heures ». Or, les instruments magnétiques du Parc-Saint-Maur ont enregistré une perturbation « le 9 entre 12 heures et 24 heures ». De plus, une magnifique aurore boréale a été observée le 9 de 20k 50m à 21'“ 50™, au moment du maximum de la perturbation magnétique.
- Observatoire de Nanterre.) F. QüÉXISSET.
- LE NOUVEAU
- PONT MÉTALLIQUE D’AYIGNON
- Quiconque examine une carte des chemins de fer dans le bassin du Rhône, est frappé immédiatement de voir les deux lignes ferrées qui descendent parallèlement sur l’une et l’autre rive du grand fleuve, et qui n’ont presque pas de communications entre elles. Il y a la ligne de Paris à Marseille, sur la rive gauche, et celle de Lyon à Nîmes, sur la rive droite. A Avignon en particulier, les trains ne pouvaient point jusqu’ici passer d’une rive à l’autre, et les deux gares que possède la ville étaient sans communications : il
- fallait faire accomplir aux wagons un trajet énorme pour les échanger entre la gare d’Avignon proprement dite et celle du faubourg appelé Yilleneuve-lès-Avi-gnon. La distance était naturellement fort courte entre les deux gares, et la seule partie de la jonction difficile à établir était la traversée du Rhône.
- Cette traversée est réalisée aujourd’hui, et au moyen d’un pont intéressant tout à la fois par son développement considérable, et par quelques-unes des conditions dans lesquelles a été montée sa charpente métallique. Ce pont a été entièrement construit par la Société Fives-Lille, mais à la suite d’études minutieuses faites par M. Rerton, l’ingénieur adjoint de voie de la Compagnie P.-L.-M., et sous la haute direction de M. Geoll'roy, le savant ingénieur en chef et sous-directeur de la Compagnie.
- L’ouvrage se compose de 8 travées métalliques solidaires, reposant sur les deux culées extrêmes et sur des piles en maçonnerie fondées à l’air comprimé dans le lit du lleuve; les deux travées de rive ont chacune 58m,40 de portée, tandis que les travées intermédiaires ont 75 mètres. En somme, l’ouverture totale entre culées est de 553 mètres, ce qui justifie ce que nous disions des proportions de ce pont. Nous n’insisterons pas sur la partie en maçonnerie, qui ne présente aucun intérêt spécial. Les piles, terminées par deux demi-cercles, appuyées sur des fondations descendues généralement à une profondeur de 15 mètres au-dessous de l’étiage, ont une longueur de 14m,40 pour une épaisseur de 3m,30 au-dessous du couronnement ; elles sont surmontées d’un massif en pierre de taille destiné à recevoir les appareils d’appui des poutres métalliques. Le tablier est établi pour deux voies placées à sa partie inférieure, et il se compose de quatre poutres principales à treillis, de 8 mètres de hauteur et de 555m,52 de long; elles sont assemblées deux à deux, de manière à former des poutres jumelées sur lesquelles nous aurons à revenir tout à l’heure ; les deux poutres principales laissent entre leurs axes une largeur de 9m,25, tandis que l’écartement de deux poutres simples jumelées est seulement de 0m,70. A la partie inférieure des poutres est disposé un contre-ventement horizontal ; il y a de même à la partie supérieure un contreventement analogue; de plus, des sommiers transversaux, placés au droit de chaque montant, et espacés par conséquent de 5 mètres d’axe en axe, entretoisent les poutres principales à leur partie supérieure. Le tablier proprement dit, qui se trouve au bas des poutres, comme nous l’avons indiqué, est formé de poutrelles s’attachant sur les montants des poutres, et de quatre files de longerons s’assemblant sur les poutrelles et supportant directement la voie. Tout ce tablier est recouvert d’un platelage en tôle striée. Notons, comme détail intéressant, que toute la partie métallique de cet ouvrage est en acier doux laminé, sauf les boulons et les rivets, qui sont en fer. Des trappes pratiquées dans le platelage métallique permettront d’accéder à l’aide d’échelles fixes aux^culées et aux piles,
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- et d’aller surveiller et entretenir les appareils d’appui ou de dilatation; en outre, un chemin deroulement, formé de deux rails parallèles, est établi à la partie supérieure des poutres, et il donnera le moyen de faire circuler, sans gêner la circulation même des trains, un grand chariot facilitant la visite et l’entretien de l’ouvrage.
- Le poids total de la partie métallique de ce pont est de 4500 tonnes, ce qui correspond à 8100 kilogrammes par mètre courant. La dilatation s’opère de chaque coté de la pile centrale, sur laquelle se trouvent les appareils d’ancrage articulés, tandis que, sur les autres piles et sur les culées, on a prévu des appareils de dilatation du type courant. A chacune des extrémités du pont, on a établi un dispositif permettant le jeu de la voie sous l’in-tluence de la dilatation, et, dans ce but, le bout de chaque rail de pont vient se terminer en une espèce de biseau coulissant le long d’un biseau appartenant à la voie c mrante des remblais : des contre-r.iils sont disposés pour éviter toute chance de sortie des véhicules de la voie de roulement.
- Le montage et le lançage de ce pont ont présenté des particularités sur lesquelles nous devons insister. Tout d’abord, et au contraire de la pratique qui est encore malheureusement presque exclusivement suivie en France, la Compagnie P.-L.-M. avait spécifié que tout le rivetage de ce pont se ferait mécaniquement; ce procédé n’a pas seulement l’avantage considérable d'aller beaucoup plus vite que le rivetage à la main, il est aujourd’hui démontré qu’il assure des résultats bien plus sûrs et plus réguliers. Il peut se faire du reste par choc ou par compression, et on s’accorde assez généralement à préférer le rivetage par compression, c’est-à-dire celui où le piston de la riveuse est poussé par pression hydraulique. C’est à cette méthode que l’on s’est arrêté pour le nouveau pont d’Avignon. Toutefois une difficulté se présentait pour le rivetage dans
- l’espace intermédiaire entre les deux poutres simples formant la poutre jumelée; cet espace était trop étroit pour y faire pénétrer les riveuses de type courant. Et, au lieu d’étudier et de construire des machines d’un type spécial et forcément compliqué, on monta d’abord le tablier au moyen de deux poutres simples, les poutres intérieures, et l’on disposa ensuite les deux poutres extérieures à 2m,70 de distance des premières ; des montants provisoires maintenaient l’écartement voulu des membrures et s'opposaient aux déformations dans le plan vertical. Quand les riveuses eurent accompli leur œuvre dans les parties où elles n’auraient pu pénétrer si l’on avait
- monté tout de suite, et définitivement, l’ensemble, on lit glisser les poutres extérieures sur des bouts de rails disposés en dessous d’elles, en agissant sur des tirants à vis et à agrafes qui attiraient simultanément les membrures supérieures et les membrures inférieures. Cette opération réussit au mieux.
- Le montage n’avait pas pu se faire pour toute la longueur de l’ouvrage, parce qu’on ne disposait du côté d’Avignon, sur la rive gauche du fleuve, (pie d'une plateforme de 150 à 140 mètres de long, sur laquelle on avait du reste installé la petite station électrique assurant l’éclairage, la distribution de force motrice sur le chantier, et la compression électrique de l’eau des riveuses hydrauliques. Aussi, le montage se fit-il par sections successives, et l’on procédait à un lancement partiel quand une section était ainsi montée. Cela se faisait par fractions de 75 mètres, correspondant à la portée des travées intermédiaires. Bien entendu le pont était armé d’un avant-bec de 14 mètres environ. Sur les deux premières piles et la culée de rive gauche, on avait placé des appareils de lançage à deux galets et à balanciers ; sur les autres piles on trouvait, pour chaque poutre, un appareil à quatre galets. Chaque appareil comportait un levier de bois à rochet et cliquet,
- Fig. 1. — Plan général du raccordement de la traversée du Rhône avec la gare d’Avignon.
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- tous les leviers d’une même pile se reliaient, et l'on uniquement à bras d’homme; mais, quand la masse pouvait les actionner d’ensemble. On procéda d’abord devint trop considérable, on s’aida de deux treuils
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du nouveau pont d’Avignon.
- montés sur le haut des poutres memes, et commandés électriquement au moyen d’une petite station génératrice installée sur le pont. On arriva ainsi à
- disposer d'une puissance totale de traction de 257 tonnes, qui n était guère nécessaire qu’au moment des démarrages; quand on pouvait marcher
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- d’une façon continue, on atteignait une vitesse de llra,40 à l’heure, qui est très satisfaisante dans un semblable genre d’opération.
- La construction de ce pont a été menée dans les meilleures conditions, et elle est venue transformer heureusement les relations des deux rives du Rhône dans la région d’Avignon. Daxiei. Remet.
- CHRONIQUE
- Le radium et la chaleur solaire. — M. E. Wilson vient d’émettre une théorie singulière. On a tout imaginé pour expliquer l’énergie calorifique du soleil. Selon Langley, le soleil fournit 828 millions de calories par mètre cube et par heure. Or, M. Curie n’a-t-il pas trouvé dernièrement que 1 gr. de radium donne 100 calories par heure. Il suffirait que le soleil contînt 5sr,G de radium par mètre cube pour produire cette énergie calorifique. Cette hvpothèse n’est pas invraisemblable puisque l’hélium se trouve en abondance dans le soleil, ainsi que d’autres matières radio-actives telles que l’uranium, le thorium. Mais l’hélium lui-même semble n’ètre que la désintégration atomique du radium. Les atomes du radium et du thorium se brisent continuellement en particules plus petites. L’analyse spectrale paraît confirmer ces faits. Sir WT. Huggins et lady Iluggins, dans une communication à la Société royale de Londres, ont établi qu’un sel de radium donne dans le spectre huit raies dont quatre au moins se confondent avec celles du spectre de l’hélium. Ces observations ont été contrôlées par sir \Y. Ramsay. L’hélium serait donc un produit du radium et son existence dans le soleil y indiquerait la présence du radium. Et dès lors M. Wilson en conclurait qu’il n’v aurait rien d’impossible à ce que les propriétés radio-actives du radium fussent la source de la chaleur solaire. La théorie est originale, mais jusqu’à preuve du contraire, nous ne la croyons que telle.
- La période glaciaire. — Autre théorie originale. MM. Paul et Fritz Sarasin, dans un mémoire inséré dans les Verhandlungen der Naturforschenden Gesellschaft de Râle, développent une hypothèse tout à fait neuve. Ils ont discuté les phénomènes qui ont suivi l’éruption duKraka-toa en 1885 et conclu que le grand froid de l’époque glaciaire devait résulter de l’interposition devant le soleil d’épais nuages dé poussière formés par de nombreuses éruptions volcaniques qui se seraient produites à la fin de l’époque pliocène. Il est de fait que l’état de l’atmosphère modifie la radiation solaire. M. Dufour a trouvé qu’en Suisse, elle était diminuée depuis un an, ce qu’il attribue aux poussières atmosphériques rejetées dans l’air par les nombreuses éruptions qui se sont produites pendant l’année 1902. Mais prétendre que c’est par ce mécanisme que la Terre s’est refroidie au point d’amener les périodes glaciaires, c’est peut-être aller un peu loin. Enregistrons cependant cette explication sans doute plus ingénieuse que réelle.
- Les saumons sibériens en Europe. — Nous ne parlons point des saumons secs ou fumés, qui sont susceptibles de subir de longs voyages, mais qui ne sont pas fort appréciés sur la plupart des marchés européens : il s’agit "de saumons frais, qui arriveront en excellent état, en dépit d’un trajet de 00 à 70 jours. Une maison de Hambourg vient en effet de faire installer un steamer frigori-
- fique spécial, suivant le système Hall, qui fera le transport des saumons pêchés dans la Sibérie Orientale, dans le fleuve Amour notamment. 11 partira chaque année en mars avec les marchandises diverses pour la Sibérie, et reviendra en décembre avec son plein chargement de poisson congelé. Nous croyons que c’est la première fois que l’on importe du poisson frais de si loin.
- Les plantes et l’oxyde de carbone. — L’oxyde de carbone tue les animaux. Au contraire, il résulte des expériences de MM. Bottomley et Jackson que les végétaux se développent très bien dans une atmosphère renfermant 80 pour 100 d’oxyde de carbone. Ce gaz remplace ici tout simplement l’acide carbonique nécessaire au développement des plantes. La croissance a lieu pourvu que la proportion d’oxygène soit au moins celle qui se trouve dans l’air normal, la proportion d’oxyde de carbone variant entre 1 et 70 pour 100. Les graines aussi germent dans de l’air privé d’acide carbonique et remplacé par l’oxyde de carbone. Ainsi des graines de cresson alénois (Lepidum sativum) germent très bien dans une atmosphère composée de 05 pour 100 d’oxyde de carbone et de 55 pour 100 d’oxygène sur sable stérilisé. Ces résultats sont intéressants et ont été publiés dans le « Proceeding » de la Société royale de Londres. Il ne faudrait donc pas prendre des plantes pour révéler dans une atmosphère la présence de ce gaz si toxique pour les animaux.
- Le tunnel le plus long du Japon. — Il s’agit du tunnel de Sasago, dont la galerie d’avancement vient enfin d’être achevée de percer, après 5 ans et demi de travail, et qui se trouve sur la ligne en construction de Hachiaji à Kofu. Sa longueur ne dépasse pas 4040 mètres, mais les infiltrations d’eau ont pu y atteindre jusqu’à 450 litres à la minute.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 octobre 1903. —Présidence de M. A. Gaudky .
- L’argon dans l'atmosphère. — M. Moissan communique le résultat de recherches très étendues et très précises qu’il vient d’opérer en vue de déterminer la teneur de l’atmosphère en argon, en différents lieux. Déjà M. Schlœsing fils, en éliminant par absorption l’azote et l’oxygène de l'air, avait pu doser l’argon dans un certain nombre d’échantillons d’air. M. Moissan a repris la question en utilisant la propriété du calcium d’absorber à la fois, l’oxygène, l’azote et toutes les impuretés que peut présenter l’air atmosphérique. Le calcium absorbe même l’hydrogène qui peut se produire dans les réactions en donnant un hydrure stable jusqu’au delà de 500°. La seule difficulté de l’expérience consistait à conduire le travail à l’abri de traces de vapeur d’eau, car M. Moissan prépare aujourd’hui le calcium avec la plus grande facilité. 11 a ainsi dosé, dans 100 cm3 d’air de Paris, 0cm3,9519, de Chamonix (altitude 1800m) 0cn|3,9554, du sommet du Mont-Blanc 0C11’3,9552, de Saint-Pétersbourg O01"3,9529, de Moscou 0e"'3,9525, de Berlin 0CIIl3,9525, d’Odessa 0CII|3,954G, d'Athènes O0111*,9540, de Venise 0cm3,9557, de la mer Ionienne O01*'3,9550. L’air de l’océan Atlantique a donné 0em3,9492. En résumé, la teneur de l’atmosphère en argon sur le continent européen présente une constance remarquable; au-dessus de l’océan Atlantique la quantité d’argon augmente.
- Les maladies du nagana et du sucra. — M. Laver,an fait savoir que MM. Vallée et Carré ont continué les expé-
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- riences commencées par M. Nocard au sujet de la distinction des maladies du nagana et du surra. La première de ces maladies a sévi sur le bétail dans l’Afrique australe ; la seconde a exercé ses ravages surtout dans l’ile Maurice; l’opinion s’était accréditée qu’il s’agissait, en réalité, d’une même maladie portant des noms différents. M. Nocard ayant immunisé une vache contre la maladie du nagana — fait incontestablement prouvé par cette particularité que le sang de cette vache inoculé à des bœufs ne provoquait plus l’apparition du nagana — a inoculé le virus du surra à cet animal et à un bœuf non immunisé servant de témoin. Le surra dans les deux cas est apparu et a suivi le même processus. Ainsi l’animal immunisé contre le nagana n’était pas immunisé contre le surra; par suite les deux maladies sont distinctes. M. Laveran rappelle qu’en juin 1905, il était en collaboration avec M. Mesnil arrivé à la même conclusion en opérant sur des chèvres.
- Pathogénie et traitement du rhumatisme. — M. Labbé résume une Note de M. Penières, professeur à la Faculté de médecine de Toulouse, sur les causes et le traitement du rhumatisme. Pour l’auteur, le rhumatisme est une auto-intoxication. Il observe que, d’après les travaux du professeur Bouchard, l’urine emporte au dehors des toxines. Tant que l’épithélium des voies urinaires est en bon état le charriage des toxines se fait sans aucun inconvénient pour l’organisme; mais si l’épithélium est entamé en un point, les poisons, au lieu d’ètre éliminés, passent dans la circulation. Une lésion au niveau des urétères est, à ce point de vue, particulièrement dangereuse ; telle est la cause du rhumatisme. Celui-ci serait précédé d’une urétérite desquamative causée par la congestion viscérale sous l’action du froid, de l’humidité, de l’effort ou de diverses autres causes. Aussi, au début du rhumatisme, les urines présentent-elles une coloration particulière. Le traitement doit donc avoir pour effet de réparer l’épithélium ; l’auteur s’est arrêté pour cela à une association de résines parmi lesquelles une résine extraite du « Piper cubebi )). Le résultat thérapeutique a démontré l’exactitude de la conception étiologique basée d’ailleurs sur l’effet obtenu par la destruction de l’épithélium des urétères chez des animaux. ^
- ha production forcée des perles naturelles. — M. Raphaël Dubois expose les résultats auxquels il est parvenu dans la production forcée des perles naturelles. Ayant décidé d’appliquer la méthode qui lui avait déjà donné de bons résultats aux huîtres perlières dites « pintadines », il s’est rendu en Tunisie où dans le golfe de Gabès il a étudié les conditions favorables à la multiplication et au développement de ces huîtres. Puis, possesseur des connaissances voulues, il a rapporté en France des pintadines et a réussi à les acclimater ; leur croissance y est même rapide. Pour forcer les pintadines à donner des perles vraies, il les place dans des eaux renfermant des moules perlières. Alors que les pintadines ne donnent qu’une huître perlière pour 1200 sujets, il arrive par la contamination à obtenir une huître perlière sur trois sujets. M. Edmond Perrier fait observer qu’il ne s’agit pas en l’espèce de perles de nacre obtenues par l’introduction d’un corps étranger, mais de véritables perles. On savait que la maladie des perles est contagieuse et qu’il y a dans la perle un parasite. D’après les recherches de M. Dubois ce parasite est un distome; d’après des recherches que vient d’exécuter M. Seurat, du Muséum, ce serait un <( amphistome >). En réalité, il s’agit de trématodes tout à fait voisins. Ch. de Yilledeuil.
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- UN SAUVETAGE MARITIME
- Il y a quelques mois, le transport de l’État « Japon », après d'honorables services, était mis en vente au port de Marseille pour être démoli. C’est la destinée des vieux navires, et cela ne va pas sans évoquer d’émouvants souvenirs chez ceux qui les ont connus. Donc, le « Japon », après tant d'autres, fut livré aux démolisseurs. Pendant que l’on procédait à la démolition par les moyens usuels, le gros navire, trop chargé à l’avant et à l’arrière par de vieilles ferrailles accumulées, se coupa en deux, et coula au fond du bassin : étonnant naufrage!
- Dès lors, une double nécessité s’imposa de repêcher les débris. D’une part, ils constituaient une épave dangereuse pour la navigation. D'antre pari, il y avait contrat pour la démolition. Un scaphandrier de Marseille, M. Castaldi, expert en sauvetages, et dont on n’a pas oublié la conduite héroïque lors du repêchage des cadavres du « Liban », se chargea de cette périlleuse entreprise, sur laquelle notre confrère M. Pierre Vierge, qui l’a suivie d’un bout à l’autre, nous a donné les plus intéressants détails. On commença par séparer radicalement l’une de l’autre les deux parties immergées. Ensuite, l’avant, en débris, fut condamné à être détruit par la dynamite, puis repêché par fragments. Mais l’arrière, de la chambre de chauffe à l’étambot, formait un bloc qu’il était intéressant de démolir à sec. Pour cela, on décida de le renflouer, puis de le remorquer, du quai de Rive-Neuve dans le Vieux-Port de Marseille où il avait sombré, jusque dans une des formes du bassin de radoub où il serait disséqué. M. Castaldi procéda au repêchage du demi-navire ; les photographies que M. Ouvièrc, photographe distingué de Marseille a bien voulu nous communiquer, donneront une idée de l’opération.
- Tout d’abord, M. Castaldi, par sept mètres de fond, obtura, par une solide cloison, la section verticale béante de la partie à renflouer. A cet effet, sur la coque du bâtiment, il disposa quatorze solides poutres qu’il maintint à l’aide d’une forte maçonnerie haute de un mètre cinquante et large de plus d’un mètre. Sur cette maçonnerie il édifia une paroi en planches très résistante. Quelques tôles étaient déchirées : on les ficela à l’aide de fortes chaînes de façon à en rapprocher les bords. Le gros tronçon d’arrière du « Japon » redevint ainsi flottable. Dès lors, on mit en action, dans son intérieur, la grosse pompe à vapeur d’épuisement de la Joliette. En quarante-huit heures, l’épave rebouchée était vidée, étanchée. Mais, la cloison temporaire résisterait-elle à la pression? Elle résista, en effet, et tout à coup, allégé, l’arrière du « Japon » revint au jour, llottant.
- Une équipe audacieuse, dans laquelle figuraient M. Pierre Vierge et M. Ouvière, s’y embarqua : trois remorqueurs de la Compagnie provençale s’y attelèrent, et le curieux voyage commença.
- Dire que ces navigateurs étaient parfaitement cer-
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- tains de ne pas sombrer de nouveau, — et d'une façon définitive cette fois, — dans l'avant-port, ou, dans la rade, serait peut-être exagéré. Mais, rien n'en apparut dans leur attitude. Ils avaient assurément le « rolnir et æs triplex eirca peetus » dont le poète Horace complimenta le premier navigateur.
- Fig. 1. — L’épave avant l’opération du remorquage.
- son étape dernière. Cette opération bardie fait assurément honneur à ceux qui l'ont si bien combinée, entreprise, et menée à bien. Nous ne croyons pas qu’il
- Fig. 3. — Le remorquage à l'avant-port.
- et lancés en deux morceaux, de façon à pouvoir passer [taries écluses : unies remorque à destination, et là les deux parties sont reliées et rassemblées pour former un navire complet.
- Aux Etats-Unis encore, et en Allemagne, des navires de commerce et de guerre ont été coupés en deux en cale sèche et allongés d'une partie intermédiaire, pour augmenter leur tonnage et recevoir de nouveaux
- Le tronçon du « Japon » évolua entre la dangereuse épave t[ue constituait son ancien avant et [tassa entre les voiliers accostés : il franchit la passe, traversa la rade, rentra dans les bassins de la passe Nord de la jetée et finalement fut introduit et mis à sec dans la forme n° 1 du bassin de radoub : c’était
- Fig. i. - Lit démarrage.
- en ait été, jusqu'à présent, fait de semblable. Aux Etats-Unis, à la vérité, dans la région des grands Lacs, des navires de charge sont souvent construits
- Fig. i. — L'épave à quai.
- aménagements. Mais le sauvetage en bloc d’un demi-navire coulé est une véritable innovation fort originale et, dans le cas particulier que nous venons de relater, rationnelle par surplus. Ce sont là de vrais mérites.
- M.vx i)K Naxsolty.
- Le Gérant : ?. ÎIassox. ..
- Taris. — Imprimerie Lmiüke, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1588. — 31 OCTOBRE 1«J03.
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- AU PAYS DU CAOUTCHOUC
- Fis. 1. — Indien Araona. Ilio Tahuamanu.
- Fig. 2. — Indien ïacana. Rio Madré de Dios.
- Le différend qui s’est élevé dernièrement entre la Bolivie et le Brésil, au sujet du territoire dit de l’Acre, dont la possession est en litige entre ces deux pays, a attiré l’attention sur cette partie, encore bien peu connue, de l'Amérique du Sud, mais une des plus riches en arbres à caoutchouc (Si-phonia elastica).
- Par sa position, le Brésil est en contact, à sa frontière, avec tous les Etats de l’Amérique du Sud, exception faite du Chili, et il en résulte que toutes les fois que l’on veut aborder sur le terrain la question des délimitations territoriales, on se heurte à des difficultés matérielles de toute nature pour harmoniser 31e aimée. — 2e surnlre.
- des textes souvent nombreux, contradictoires et peu précis, avec des points géographiques presque inaccessibles, perdus dans l’immensité de cet hinterland, couvert d’une exubérante et inextricable végétation.
- Actuellement la Bolivie considère comme lui appartenant, tout le territoire circonscrit à l’Est par le cours du Guapore-Mamore jusqu’à Villa Relia ; au Nord, par la ligne tracée de ce point, coupant le huitième parallèle Sud, à l’intersection du soixante-méri-
- dien Ouest de Paris ; à l’Ouest par la ligne tirée de ce point sur le rio Madré de Bios, dirigée ensuite vers le Sud. De
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- quinzième
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- son colé, le Brésil prétend avoir des droits sur le triangle formant enclave, dont le sommet est par 8° latitude Sud environ et la base représentée par une ligne tirée du rio Madré de Bios au rio « Uaieo-manu » ou « Abuna ».
- Or, par décret du 21 décembre 1901, le gouvernement de Bolivie a concédé à un Syndicat anglo-américain, dont l'ait partie un des plus puissants « trustcrs » des États-Unis de l’Amérique du Nord, tout ce territoire contesté en plus de la partie teintée sur le croquis attenante au Sud.
- Ce Syndicat, qui en est bénéficiaire, a l'ait une première mise de fonds de 12500 000 francs pour construire des chemins de fer, tracer des canaux et des routes afin de faciliter l’exploitation de cet immense et riche territoire. Les droits et pouvoirs du Syndicat peuvent être comparés à ceux de la Char-tercd C° dans l’Afrique du Sud !
- Mais il y a plus, le même gouvernement de Bolivie a, par décrets en date du 15 décembre 1901 et 8 décembre 1902, concédé à la banque « l’Africaine », établie à Bruxelles, le droit de construction et d’ex-ploitation : 1° d’un port et d’un canal à BahiaNegra; 2° d’un chemin de fer avec ligne télégraphique de Bahia Negra à Santa Ouz de la Sierra, Sucre-Uotosi ; 5° de la zone des terrains à caoutchouc située sur la rive gauche du Guapore. Or, les intérêts du Syndicat et de la Banque belge sont communs et intimement liés surplus d’un point; on conçoit par suite l’importance de la contestation soulevée par le Brésil, en face de ces concessions qui touchent, pour la partie de l’Acre seulement, à une région contestée, et menacent de porter la plus grave atteinte à son trafic, en détournant, au profit de la ligne ferrée projetée dans le Sud, tout le mouvement commercial qui a emprunté jusqu’à ce jour les voies fluviales du Ma-deira, Purus et Jurua.
- On sait que des rapides dangereux, espacés sur le cours du Madeira à de très courts intervalles, entre Villa Bella et San Antonio, rendent, sur près de 107 km, la navigation impossible, et par suite empêchent d’être utilisés comme moyens de transport tous les affluents navigables qui se déversent dans le canal principal de cette grande artère, en amont de Villa Bella.
- Pour vaincre cette difficulté, on avait conçu le projet d’ouvrir un canal latéral sur la rive droite du Madeira; d’autres préconisèrent la construction d’un chemin de fer. Ce fut cette dernière opinion qui prévalut. Une compagnie nord-américaine se mit à l’œuvre et entassa à San Antonio tout un matériel d’exploitation, que les premières crues immobilisèrent : un affaissement de terrain entraîna la chute du pont ; il fallut tout abandonner.
- C’est alors que les « Syringaeiros » se portèrent vers le Nord-Ouest, dans l’enclave bolivien, trouvant le caoutchouc en plus grande abondance encore et d’un transport plus facile, aux rives de l’Amazone, par les cours de l’Acre, du Purus, du Jurua et de leurs affluents. Pendant que les géographes éprouvent ici de l'embarras à tracer sur les cartes le cours de
- ces rivières, par suite de l’absence ou de l’insuffisance des données, les trafiquants, voire même les compagnies de navigation à vapeur qui ont Manaos pour tète de ligne, pénètrent jusqu’aux plus extrêmes limites, au pied même des Andes Boliviennes et Péruviennes ! Cela tient à ce que tout le monde là-bas fait de l’exploitation et non pas de l’exploration, xlu prix de quels labeurs !
- Il y a vingt ans, une population de 5000 hommes environ exploitait les rios Béni, Madré de Bios et Tahuamanu ou Orton ; aujourd’hui, plus de 50000 Boliviens et Brésiliens ont envahi ces parages, pour se livrer à l’exploitation des « gomales ».
- Par « gomales » on désigne les endroits oii sont groupés les « Siphonia elastica » en massifs ou en bandes plus ou moins larges dans l’épaisseur de la forêt, et par « Syringaeiros », les gens qui se sont donné la tâche de les exploiter : Ce mot « syringa » vient-il ici comme une conséquence de la confusion créée entre Tournefort et Linné à propos des Syrin-gas genre Lilas et des Philadelphus genre Syringa? Quoi qu’il en soit, cette confusion ne s’arrête pas là; à Villa Bella, douane bolivienne, il fut un temps où le préposé ne savait pas toujours écrire ; il faisait viser les manifestes en triple exemplaire par les premiers venus qui, tantôt, mentionnaient « syringa, caoutchouc ou gomme fine » : il en résultait invariablement que les expéditions étaient mises en séquestre à Manaos, sous prétexte de fraude ou de contrebande! L’ensemble de 150 arbres à caoutchouc que l’on relie entre eux par une série de petits sentiers, constitue la « estrada ». C’est là que viennent se grouper le propriétaire, le « picador » et le « des-fumador » ; l’un chargé de recueillir le suc laiteux et l’autre de le fumer pour le coaguler.
- Tout travail est suspendu à partir des premiers jours d'août jusqu’en octobre et repris jusqu’en janvier ou février; car il faut compter avec la fièvre, les pluies et les crues; tout compte l'ait, c’est à peine, si dans le courant d’une année, un homme robuste, acclimaté, fournit 100 jours de travail utile. De mai 1885 à janvier 1880, sur le rio Tahuamanu ou Orton, on retira des « gomales » plus de 500 tonnes de caoutchouc ; si l’on tient compte que le produit d'un de ces « gomales », qui généralement ne dépasse guère 250 kg de caoutchouc par « estrada » se réduit ensuite d’un tiers, après la première année d’exploitation; on peut se faire une idée du nombre incommensurable des arbres à caoutchouc en exploitation, par la somme des balles entreposéesen transit à Manaos. A côté des exploitants sont venus s’installer les trafiquants qui achètent le caoutchouc pour leur compte ou pour celui de maisons d’Europe : il en résulte de ce double mouvement d’exportation et d'importation, que la valeur des marchandises importées est de beaucoup supérieure à celle des produits exportés et cela s’explique par le fait, que les « pueblos » ou centres de population de Tumu-pasa, San José, lsiamas, et tout le département du Béni, c’est-à-dire les provinces de Mojos et de Uhi-
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- ijiiitos sont tributaires du commerce du Madeira, centralisé à Villa Relia.
- I oute la partie mâle active de cette population a abandonné ses anciennes résidences pour s’interner dans la forêt, éparpillée en tous sens dans les « ^omales » ; là brésiliens et Boliviens vivent mélangés dans un célibat forcé, en butte aux pires excès, inspirés par l’intérêt et la passion, hors de toute action de la justice et de la loi. Souvent les crues qui se font sentir de novembre à mai, sous l'effet de l’énorme quantité des eaux qui descendent delà cordillère, des averses en saison pluvieuse, du peu d élévation des terrains au-dessus du niveau de la mer et du faible plan d’inclinaison des rivières, couvrent pendant des mois les « gomales », réduisant exploitants et trafiquants aux situations les plus angoissantes. Quand les eaux se retirent, elles laissent aux abords des rivières des amas de branches, de troncs d’arbres et de bourbiers qui en rendent l’approche dilficile; des nuées de moustiques envahissent la région, et, sous l’action du soleil, des miasmes délétères se répandent dans l'atmosphère surchargée de vapeurs lourdes, énervantes et chaudes. C’est 1 époque où la fièvre, bien qu'endémique, redouble d intensité, terrassant les tempéraments les plus robustes, brisant les plus farouches énergies !
- C est encore des sauvages, que l’homme civilisé qui s’aventure dans ces régions a le moins à souffrir! Deux grandes tribus, les Âraonas et les Tacanas, au milieu de toutes celles de moindre importance qui peuplent les bords des rivières, régnent en maîtres.
- Ces Indiens sont quelquefois anthropophages, mais seulement à 1 egard des ennemis vaincus ; leur naturel est doux et pacifique et si quelque chose doit les étonner, c’est, assurément l’invasion de tant de gens qui leur sont étrangers, venant troubler leur quiétude, se condamnant à des privations, à des souffrances sans nombre, pour arracher aux arbres de la forêt ce mince filet de suc laiteux, objet de tant de convoitises, et dont rien ne peut inculquer à ces sauvages la notion de sa valeur et de son importance !
- A. Tuouak.
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- LES EAUX MAGNÉTIQUES
- M. Leighton, ingénieur hydrographe à Chicago, vient d appeler 1 attention sur des eaux qui ont la propriété d’aimanter l’acier. Selon Y Engineering Neivs, l’auteur cite trois sources qui sont dans ce cas, dans l’État d’fndiana : l’une à Cartersburg Springs; l’autre provient d un puits foré à Lebanon ; la troisième d’un puits foré au fort-Wavne. Ces eaux contiennent une forte proportion d acide carbonique et souvent un dépôt très dense de fer magnétique. Ce qui est curieux, c’est que lorsque le dégagement du gaz est terminé, l’eau perd sa propriété magnétique. Il est donc probable que le fer en solution existe à 1 état de carbonate. Quoiqu’il en soit, il suffit de plonger dans ces eaux, pendant cinq minutes, des aiguilles, des lames de couteau pour qu’aiguilles et lames acquièrent 1 aimantation. Au reste une boussole placée au-dessus du liquide dévie immédiatement.
- Il n’y a aucune différence d’action entre les eaux de Lebanon, qui proviennent aussi d’un puits appartenant à la Compagnie du liig Four ftailroad, et celles des deux autres puits. Cependant celles du puits de Fort-Wayne possèdent un plus grand pouvoir d’aimantation. Ces faits bien démontrés font voir que l’on avait tort de mettre en doute l’existence d’eaux capables de communiquer des propriétés magnétiques aux objets en fer ou en acier.
- _ J.-F. G.
- UNE PASSERELLE POUR LA CAVALERIE '
- Les manœuvres de cavalerie ont, encore cette année, offert l’occasion d’expérimenter différents moyens de passer rapidement les rivières. Il y a un tel intérêt, pour une troupe de cavalerie lancée en avant, à ne se trouver arrêtée par aucun obstacle, qu on se résoudrait volontiers à la doter, au risque de l’alourdir un peu, d’un matériel de pont léger. Le programme posé exige seulement que le matériel. pour un régiment , puisse permettre de franchir
- Fig- 1. — Passerelle pour chevaux, de 20” de longueur.
- un cours d’eau de 20 mètres de large, tout en pesant assez peu pour être traîné par deux chevaux. Une commission d’officiers, émanée des sections techniques de la cavalerie et du génie, s’est efforcée de réaliser ce programme, et l'an dernier, des essais ont eu lieu à Souppcs, qui ont fort bien réussi. Afin de réduire le poids au minimum, la passerelle n’avait que 0“*,50 de large, permettant aux hommes de passer à la file indienne, tandis que les chevaux passaient à la nage. Les chevaux sautent facilement à l’eau ; encore faut-il qu’ils puissent en sortir, ce qui ne laisse pas d’ètre difficile, pour peu que la rive opposée soit abrupte. 11 devient nécessaire alors de tailler une rampe dans la berge, d’où résulte une perte de temps, uu de disposer une rampe mobile en bois, ce qui complique le matériel.
- On a donc cherché à dispriser le matériel de telle sorte qu’on puisse au besoin doubler la largeur du tablier et faire passer les chevaux sur la passerelle, à la suite de leurs cavaliers. Enfin, rien n’empêche de constituer avec les mêmes éléments un bac ou, pour employer le langage technique, une « portière », susceptible de recevoir les voitures les plus lourdes, y compris celles de l’artillerie, bien entendu, pour les transporter d’une rive à l’autre. Ce dispositif servira également pour les hommes et pour les
- 1 Yoy m 1535, du 25 octobre 1902, p. 323.
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- chevaux, lorsque le cours d'eau est trop large [tour êlre franchi au moyen d’une passerelle. Tels sont les termes du problème que résout le matériel expérimenté cette année, près de Retliel, sur le canal des Ardennes, en présence du Ministre de la guerre.
- Les deux régiments de la lie brigade de hussards étaient pourvus, chacun, du matériel permettant de constituer une passerelle simple de 20 mètres et comprenant : 4 petits bateaux en tôle d'acier et ù plales-lbrmes en bois, le tout arrimé facilement sur une voiture à deux chevaux conduits en guides.
- Les bateaux ont 2m,r>0 à û mètres de long sur 1 mètre de large. Us pèsent environ 00 kg et peuvent être, par conséquent, maniés par deux ou trois hommes. Ces bateaux sont disposés les uns au-dessus des autres, entre les ranchcts de la voiture,
- le dernier couronnant ia pile qu'il emboîte légèrement. Des rouleaux en bronze facilitent leur déplacement longitudinal. Quant aux plates-formes, elles sont dressées de champ sur des consoles extérieures, de part et d’autre du véhicule. Ces plates-formes à claire-voie ont 4 mètres de long sur 0m,7ù de large. Quatre d'entre elles sont complètement préparées à l’avance ; la cinquième est formée d’éléments permettant d’en faire varier la longueur suivant les besoins.
- Le matériel d'un régiment suffit pour la construction d’une passerelle simple de 20 mètres, les chevaux passant alors à la nage, ou d’une passerelle double (1™,50 de large) sur laquelle hommes et chevaux passent ensemble.
- En réunissant le matériel de deux régiments, on
- pourra donc franchir 20 mètres en passerelle double, et si les quatre régiments d'une division de cavalerie mettent leurs ressources en commun, ils pourront assurer le franchissement d’un cours d’eau de 40 mètres, ce qui constitue déjà une rivière fort large.
- La construction d’une passerelle simple, destinée au passage des hommes seulement, est des plus faciles. Un premier bateau est amené près de la berge et saisi sur son bord par les deux grilles qui terminent les poutrelles d’une des plates-formes. On le pousse au large jusqu’à ce que l’autre extrémité de la plate-forme puisse s'accrocher sur la pièce de bois qui constitue la culée et qu’on a solidement fixée au sol par des piquets. On opère de même successivement pour les travées suivantes et, pour empêcher le courant d’entraîner les bateaux formant corps de support, on maintient chacun de ces bateaux au moyen d'une amarre attachée par un porte-mousqueton à une « cinquenclle », c'est-à-dire à un
- câble tendu d’une façon très solide, en amont dupont.
- La construction de la passerelle double, pour chevaux, n’est pas beaucoup plus compliquée. En raison du poids un peu plus considérable, on double le nombre des supports, soit 8 bateaux pour 20 mètres, et, pour faciliter la mise en place, on les répartit d’une façon particulière.
- La travée de 4 mètres qui s’accroche à la rive de départ repose sur deux bateaux. 11 en est de même pour la travée de rive à l’arrivée. Le milieu du pont est formé de deux portières de 4 mètres mises bout à bout et solidement brèlées ensemble; enfin, pour combler les intervalles restant entre ces portières médianes et celles servant de culées, on dispose, sur chacun de ces intervalles, une travée de longueur variable, suivant la largeur exacte du cours d'eau, composée de quatre poutrelles longitudinales, appuyées sur le bord des bateaux, et d’un tablier de planches posées en travers.
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- L A N A T U P» E
- La passerelle construite à Rethel et qui franchissait ainsi près de 20 mètres, a été établie en 1 o minutes, cà partir de l’amenée des deux voitures ; ce temps comprend donc le déchargement du matériel.
- Il faut compter que la pose des corps morts, ou culées, sur la rive, le terrassement des petites rampes d'accès qui s’imposeront le plus souvent, porteront la durée nécessaire à 15 ou 18 minutes. On ne peut pas con-
- Fig. 5. — I.e passago dos chevnus. (D’après une photographie de M. Misset.)
- sidérer un aussi court laps de temps comme un re- obstacle comme une rivière de 20 mètres de large, tard appréciable lorsqu'il s’agit de franchir un Aussitôt la passerelle construite, les cavaliers ont
- Fig. i. — Le général commandant la manœuvre passe à cheval. (D'après une photographie de il. Misset.)
- mis pied à terre et s'y sont engagés, à la file, en conduisant leurs chevaux. Afin d’obtenir un défilé régulier et de forcer les chevaux à se tenir exactement dans les traces de leurs cavaliers, chaque
- homme tenait les rênes de sa monture avec les deux mains, en étendant les bras en croix en arrière du corps; la tête du cheval était donc immobilisée.
- On avait soin de maintenir une distance de 2m,50
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- LA NATURE.
- :» u?
- entre cha(|ue homme et le cheval précédent, pour éviter les à-coups et les ruades. Cet intervalle n’est pas du tout nécessité par la force portante de la passerelle qui pourrait supporter une surcharge beaucoup plus considérable. Sa stabilité même n’aurait qu’à y gagner, car elle est d’autant plus grande que les pontons sont plus enfoncés dans l’eau. C'est ce que l’on a constaté, en plaçant des hommes dans les avant-becs, pendant le défilé des hommes et des chevaux sur le tablier.
- ;\près cette première expérience, le général de Mas-Latrie, commandant la lre brigade de hussards, a tenté le passage en restant à cheval. Malgré la faible largeur du tablier, l’animal a [tassé très tranquillement et sans la moindre hésitation. Il était intéressant de répéter cette épreuve avec des chevaux de troupe : toute l’escorte à cheval a donc été engagée sur la passerelle qui a été franchie avec le même succès. Il semble même que les chevaux montés, bien en main, et mieux dirigés que lorsqu’on les conduit par la figure, suivent plus franchement et tiennent mieux le milieu du tablier. Il faut seulement avoir soin de laisser entre eux un assez grand intervalle.
- 11 restait à expérimenter l’utilisation du matériel pour la confection de portières servant de bac et destinées au transport des voitures. Une telle portière doit avoir des dimensions appropriées et présenter une grande solidité sous des charges massives et considérables. Son tablier est constitué au moyeu de trois plates-formes disposées cote à cote, occupant ainsi une superficie de i mètres sur 2n\25 environ. Ce tablier repose par ses extrémités sur deux bateaux placés parallèlement. Deux autres bateaux, attachés l’un à l’autre, bout à bout, forment un support intermédiaire unique, de 5 à 6 mètres de long, que l’on intercale entre les deux premiers en le faisant glisser sous le tablier. La force portante totale est donc égale à celle de quatre bateaux.
- On s’est servi de cette portière pour faire passer, en se halant le long d’une cinquenelle, 55 hommes, dont 26 sapeurs cyclistes du génie, armés et équipés. Ces essais intéressants avaient attiré de nombreux curieux sur le bord du canal des Ardennes. Il semble bien qu’on ne puisse imaginer un matériel plus simple pour satisfaire au programme tracé.
- On peut se demander pourquoi l’on a adopté des pontons en acier, plutôt que des bateaux pliants en toile qui offrent moins d’encombrement et sont sans doute plus légers. La question d’encombrement est résolue, puisque les quatre bateaux d’acier tiennent sans difficulté sur une seule voiture de dimensions normales. Quant à la légèreté des bateaux pliants, elle est plus apparente que réelle, en raison des solides cadres en bois qui en forment l’ossature.
- En outre, un bateau pliant exige toujours un certain temps pour être déplié, disposé et mis en œuvre, tandis que le ponton d’acier est toujours prêt. Enfin, la paroi de toile est sujette aux accrocs et il suffit d’une branche d’arbre entraînée par le courant pour
- y faire une avarie qui met le bateau momentanément hors de service. Tout cela justilie amplement les dispositions adoptées par les sections techniques et qui, dans leur ensemble, font honneur aux officiers qui ont [dus spécialement collaboré à l’organisation de ce matériel. L'-Colonel G. Espitau.irh.
- —<><y«—
- L’INTELLIGENCE CHEZ LES ANIMAUX1
- A propos des faits relatifs à « l’intelligence des animaux !) [taras dans « fa Nature » et reproduits par plusieurs grands quotidiens, nous citerons encore les exemples suivants :
- « Mon père avait, à Vincennes, des chevaux de sang aussi ardents une fois montés que doux à l’écurie. Un jour que l’un d’eux rentrait de la promenade, suivant un passage étroitement encaissé entre deux hauts murs et portant sur son dos ma petite sœur, cramponnée aux crins, l’enfant vint à tomber et roula par terre, sous le ventre de la hôte. Celle-ci ne pouvait avancer sans risquer de poser son sabot sur le corps de la fillette et, d’autre part, le sentier était trop étroit pour permettre à la jument un déplacement latéral ou à un homme de passer entre le mur et le cheval. « Prunelle » (je crois me rappeler que tel était le nom de la bête) s’arrêta court, un pied en l’air [tour ne pas risquer de fouler de son sabot ferré le corps de l’enfant, et attendit dans cette position incommode que le commandant ait eu le temps de se glisser à genoux entre les pieds de devant, de saisir la petite fille et de la tirer à lui. )) N’est-ce pas là un bel exemple de douceur et d’intelligence?
- Mais voici qui est plus remarquable. C’est M. Ponet, avoué à Thonon, qui parle cette fois : « J’ai un chien que j’appelle Pornic. Les dimanches et jours de fête je ferme l’étude dès le matin et, à 10 heures, je vais à la messe. Pornic ne manque jamais d’aller m’attendre à la sortie de l’église, devant l’escalier : jusque-là, n’est-ce pas, rien de bien extraordinaire. Mais, l’autre jour, matin du 14 juillet, ayant fermé l’étude et ne m’étant pas préoccupé de Pornic, j’ai été fort surpris de rencontrer — à H heures — mon chien qui guettait ma sortie devant la porte de l’église, assis sur son arrière-train, et qui paraissait tout désorienté de ne voir autour du monument aucun de ces attroupements d’hommes qui s’y forment chaque dimanche aux heures des offices. Pornic, en voyant mes clercs mettre les volets de l’étude, en avait conclu que c’était jour férié ce qui était vrai — et que je devais aller entendre la messe — ce qui était inexact. — Il n’avait donc pas suivi quelque bipède de sa connaissance, mais bien tenu un raisonnement qui, faux dans Tespèce, était en tout cas très logique et parfaitement déduit. » J’ajoute que Pornic paraît avoir, comme Kiki, la notion de l’heure, puisqu’il attend Me Ponet à l’heure de la sortie de la messe.
- Permettez-moi encore un dernier exemple, non moins typique, rapporté par un des mes voisins de campagne, le sieur Randon, un cultivateur dont je ne saurais mettre, en doute la véracité dans la circonstance (ne serait-ce que parce que cet homme me paraît incapable, étant donné son peu de culture intellectuelle, d’inventer pareil récit) :
- « J’habitais — m’a conté ce brave paysan — une ferme au bord du Pamphiot, non loin du château de votre papa. Une mère-poule, qui avait des poussins, avait coutume de les emmener sur un fumier séparé de la maison de ferme
- 1 Voy. n° 1467, du 6 juillet 1901, p. 82.
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- par une cour, sorte de terrain vague découvert. Une après-midi j’entendis la poule glousser comme si elle était en colère et la vis rassembler ses petits. Je regardai tout autour et aperçus en l’air, pas très haut, un aigle qui planait et qui allait évidemment fondre sur les poussins s’il les apercevait. La mère-poule, comprenant qu’elle n’avait pas le temps de traverser la large cour avec toute sa nichée pour se mettre à l’abri dans la ferme et qu’elle exposerait ses petits à être enlevés dans l’intervalle, appela les poussins auprès du fumier, les cacha sous la paille, un à un, et les recouvrit de crottin; puis, lentement, pour attirer sur elle seule les regards de l’oiseau de proie, elle traversa la cour en feignant de picorer et gagna le poulailler, certaine que l’aigle, qui ne pouvait plus distinguer les poussins sous leur couverture improvisée, ne tarderait pas à s’éloigner. Ce que la poule avait prévu arriva. Mais j’ai été surpris de l’intelligence de cette mère, autant du reste (pie de l’instinct des petits qui avaient semblé comprendre le danger et n’avaient plus poussé le moindre piaulement dès que leur mère les avait rassemblés. » L. Jacquot.
- LA CULTURE DU RAIFORT EN ALSACE
- Les personnes qui ont voyagé en Allemagne savent quelle consommation de Raifort (Cochlearia officinalis) il est fait dans ce pays ainsi qu’en Alsace. On le considère, en effet, à la fois comme légume, condiment, plante médicinale et apéritive. 11 figure sur la table presqu’à chaque repas, tantôt comme hors-d’œuvre, d’autres fois comme légume cru et râpé ou cuit. Pour répondre à ces besoins, il est cultivé sur une grande échelle et ses racines tiennent, dès l’automne, une large place aux étalages des marchands de comestibles.
- Comme cette Crucifère n’est guère cultivée en France, les Alsaciens et les Allemands qui y résident, en reçoivent chaque année un grand nombre de racines qui leur sont expédiées de leur pays. C’est ce que nous apprend, dans une communication fort intéressante, notre distingué confrère de Strasbourg, M. Émile Wagner.
- Le meilleur Raifort d’Alsace est produit dans les plaines de la Robertsau, qui alimentent aussi Strasbourg des plus beaux légumes. 11 est d'ailleurs cultivé d’une façon plus parfaite dans cette région que dans les autres contrées de l’Allemagne. C’est pourquoi le Raifort d’Alsace, de Strasbourg, plus tendre et moins filandreux, est beaucoup plus renommé que celui de la Bavière et du grand duché de Rade. I ne bonne terre franche, un sol d’alluvion suffisamment frais sans être humide ni marécageux, sont particulièrement favorables pour cette culture.
- En avril, les planches convenablement additionnées d’engrais sont labourées pour effectuer la mise en place du plant. Ce plant est constitué par les racines latérales qui rayonnent autour de la racine mère principale et par l’extrémité de celle-ci. Elles sont élaguées des radicelles, coupées sur une longueur de 30 centimètres et frottées sur toute leur longueur avec un chiffon. Leur plantation s’effectue obliquement tous les 50 centimètres, la partie supérieure étant recouverte de 2 centimètres. Tandis que cette racine principale en émet d’autres, des feuilles naissent du collet, se développent vigoureusement jusqu’à 0m,60 de hauteur et recouvrent ainsi complètement le sol qu’elles maintiennent frais en diminuant ainsi les arrosages.
- C’est dans le courant d’octobre que l’on procède à la récolte du Raifort. Les feuilles sont alors coupées au ras du sol; mélangées à d’autres elles constituent une excellente nourriture pour les animaux. Les racines princi-
- pales destinées à être livrées à la consommation ont de 2 à 5 centimètres de diamètre et sont vendues en tenant compte de leurs qualit és de 10 à 50 centimespièce. Celles dirigées immédiatement sur les marchés sont enterrées dans du sable frais, ce qui assure leur conservation provisoire.
- Pour son utilisation, il importe que le Raifort soit râpé après que les racines ont été pelées et lavées. Ajoutons que l’on fait un apéritif de Raifort très apprécié, en faisant macérer pendant quarante-huit heures une racine râpée dans du bon vin blanc qui est ensuite décanté et filtré. Albert Maimf.nk,
- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- ET CHRONOP1IOTOGRAPUIE
- PENDANT I.’ÉCLAIR MAGNÉSIQIE
- Nous avons démontré précédemment que la durée de l’Eclair magnésique était trop prolongée pour permettre de réaliser la photographie instantanée par l’allumage de ce dernier1; d’autre part, l’analyse de l’éclair nous a donné des renseignements précis sur la nature du phénomène2. Nous nous sommes demandé alors si l’actinisme produit serait assez considérable pour obtenir une épreuve instantanée à l’aide d’un obturateur et ceci pendant la
- Fig. 1. — Dispositif pour produire, électriquement l’éclair rnagné-sique à un intervalle déterminé avant le départ de l’obturateur.
- durée de l’éclair lui-même. Nous savions, en effet, que certaines préparations choisies parmi les plus lentes présentaient un maximum d’actinisme assez prolongé pour permettre de déclencher l’obturateur au moment le plus favorable. Restait à déterminer si la lumière produite par l’éclair serait suffisante pour obtenir une image satisfaisante en la faible fraction de seconde réalisée par l’obturateur. Pour résoudre cette question nous avons disposé notre appareil chronophotographique devant un modèle vivant et avons employé une poudre dont la durée de combustion dépassait 12/100 de seconde. L’in-
- 1 Yoy. n° 1578, du 22 août 1905, p. 184.
- 2 Yoy. n° 1581, du 12 septembre 1905, p. 251.
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- tervallc outre la prise des différentes images était de 1/100 de seconde, la vitesse propre des obturateurs de 1/200 de seconde. Dans ces conditions nous avons obtenu d'emblée 12 images. Cette expérience capitale tranche immédiatement la question. Elle prouve que la lumière produite par l'Eclair magné-sique est si intense que l’on peut réaliser non seulement une, mais plusieurs épreuves instantanées pendant sa durée.
- L’examen de la série obtenue présente d’autres enseignements, (In voit parfaitement sur celle-ci les variations de l’actinisme qui correspondent aux diverses phases du phénomène. Avec la poudre Rug-gieri le maximum d'actinisme est obtenu au bout de 5/100 de seconde, il demeure stationnaire pendant 8/10(1 de seconde et décroît ensuite.
- Avec une poudre de ce genre il sera désormais possible de réaliser avec la plus grande facilité l’instantané à l’Eclair magnési-que ; il suffira de provoquer l'allumage de l'Éclair 5/100 de seconde avant le départ de l’obturateur. De cette manière on sera sûr d’opérer pendant la période la plus lumineuse du phénomène. Nous avons fait établir par M. Mackenstein un dispositif d'allumage sur un obturateur Saturne (fig. 1). Deux lames élastiques destinées à permettre le passage du courant sont disposées sur le trajet de la tige d’armement de l'obturateur. Celle-ci, entraînée par les volets de l'obturateur, viendra provoquer le contact des lames et par suite l’allumage de l'éclair. Une glissière spéciale permet de déplacer tout le système de façon h réaliser l'avance h l’allumage voulue. Il est à remarquer, d’ailleurs, que pour exécuter ces expériences il faudra connaître le degré d'inllammabilité des différentes poudres ou, à défaut, procéder par tâton-
- nements. Voici, du reste, un tableau qui indiquera l’avance à l’allumage nécessaire avec un certain nombre de poudres :
- Avance à l'allumage.
- 5 à 4/T00 de seconde, id.
- 2 à 5/100 id. Inflammabilité immédiate.
- id.
- Photo-poudre. Ruggieri. . .
- Fig. w2. — Série ehronophotographique obtenue pondant la durée d’un éclair magnésique.
- Zirconia n° 1 . .
- Zirconia n° 2. .
- Reeb............
- Idéal (d’Üsmond)
- Avec ces dernières poudres on peut déterminer presque simultanément l’allumage et le départ de
- l'obturateur ; en tout cas l’avance à l’allumage peut être réduite sans inconvénients réels.
- Chrono-photogvaphie pendant la durée de l'éclair. — L'expérience que nous avons relatée plus haut, et dans laquelle nous avons obtenu 12 images successives avec la poudre Ruggieri, montre que la chro-noph otographie est désormais possible lorsqu'il s'agira d'analyser un phénomène plus court que la durée de l'éclair, et 5 condition d’employer des poudres lentes. Cette méthode trouvera certainement son application dans le domaine scientifique. Pour les phénomènes de plus longue durée, celle-ci excédant la durée de l’éclair, la méthode précédente ne serait pas applicable, mais il existe une solution que nous avons imaginée et qui découle naturellement de ce que nous avons exposé.
- Nous avons établi qu’il est possible d’exécuter une épreuve instantanée en provoquant une avance h l’allumage de l’éclair; en adoptant ce principe et en multipliant le nombre des éclairs il sera possible de chronopholographier un mouvement quelconque à la lumière artificielle quel que soit l’intervalle entre chaque épreuve. A cet effet, il suffit de construire un appa-
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- LA NATURE.
- 5-45
- rcil expéditeur analogue à celui que nous avons décrit mais portant 24 ergots au lieu de 12. Douze seront chargés de faire partir les 12 éclairs et douze les 12 obturateurs. L’appareil sera étalonné par la méthode du diapason de façon que chaque ergot, chargé de rallumage, ait l’avance nécessaire sur l’obturateur correspondant.
- Cette solution peut paraître compliquée, mais l'appareil établi, rien ne sera plus simple. L’avantage de pouvoir exécuter la chronophotographie en local clos et couvert à la lumière artificielle n’est pas à dédaigner quand on sait que cette belle application ne peut être réalisée que pendant quelques rares journées dans l’année et quand le temps est favorable. Une autre solution plus simple consisterait à réaliser des compositions é c 1 a i r a n t e s durant plus que les éclairs les plus lents.
- Celte durée pourrait atteindre quelques secondes. Avec cette lumière continue on pourrait faire toutes les études chronophoto-g raphiques qui s’appliquent le plus souvent à des mouvements compris dans une faible fraction de la seconde ou durant au maximum quelques secondes dans certains cas exceplion-n;ls, mais sur lesquels on ne saurait trop compter.
- De tout ceci, il ressort que nous possédons dans l'éclair magnésique une source de lumière incomparable qui permet non seulement d'opérer dans les locaux où la lumière du jour ne pénètre pas, mais d’obtenir des résultats que le soleil nous permettait seul de réaliser. A titre d’exemple nous donnons la reproduction d’une série chronophotographique obtenue pendant la durée d’un éclair et qui représente un homme sautant (fig. 2 et o). La vitesse d’obturateur est la même que celle que nous avons employée dans nos études sur les allures du cheval
- et l’homme en mouvement, soit 1/200 de seconde1, Durant le cours de ces expériences nous avons pu étudier un autre phénomène d’ordre physiologique, c’est celui de l’occlusion des yeux sous l'influence d'une lumière vive, comme celle produite par l’éclair. Le temps de la réaction nerveuse est d’environ 1/8 de seconde ; l’abaissement, complet de la paupière a lieu environ en 5 100 de seconde. Comme conséquence pratique on devra diviser les pbotopoudres en deux catégories : celles qui brûlent en moins de 1/8 de seconde et celles (pii brûlent en un temps plus long. Ces dernières ne seront pas utilisables pour 1’obteut ion des portraits h la lumière artificielle.
- Comme conclusion de ccs divers travaux il ressort : 1° que l’instantanéité à l’obturateur pendant la durée de l'éclair magnésique est chose acquise.
- 2° Que l'on peut réaliser la chronopho-lographie à la lumière artificielle pour des phénomènes de lr è s courte durée.
- Par contre, les efforts dis chercheurs devront tendre actuellement à deux-résultats diamétralement opposés : 1° augmenter la vitesse de combustion des poudres de façon que leur désignation habituelle soit, justifiée et que l’on puisse réaliser le véritable instantané par l’éclair lui-même, ce qui n'existe pas actuellement. Ce jour-là on pourra
- 1 Dans celte série faite à la lumière arlifieieltc les images présentent des différences d’intensité correspondant aux variations de l’actinisme aux divers moments du phénomène. Nous les avons respectées intégralement pour bien montrer aux lecteurs les diverses phases du phénomène. En pratique, par un tirage approprié, on pourrait corriger celle inégalité des diverses images. En employant une photo-poudre de grande inflammabilité et très lente nous avons pu obtenir tout récemment des séries dans lesquelles toutes les images ont pratiquement ta même intensité.
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- 7,i(j LA NATURE.
- appliquer la méthode du Fond noir de .41. Marey, et exécuter la chronophotographie à l’aide de l'allumage d’une série d'éclairs à des intervalles égaux.
- 2° Chercher des compositions très lentes hrùlant en plusieurs secondes. On pourra alors effectuer la chronophotographie ordinaire et meme la cinématographie à la lumière artificielle, résultats qui seront certainement importants, quand on sait que l’on ne peut actuellement appliquer ces méthodes si intéressantes qu'en plein air et dans les meilleures conditions de lumière. Ai.kkrt Lundi..
- EX AMÉRIQCE
- [In bureau de statistique a publié dernièrement des renseignements intéressants sur le développement des tramways électriques dans le nord de l’Amérique pour l'espace de temps qui s’étend de 1890 à 1902. Notre confrère 1’Eleklrotechnische Zeitschrift a fait un résumé des chiffres statistiques publiés, et nous empruntons à ce travail les renseignements que nous donnons.
- En 1890, il existait 701 Sociétés de traction, exploitant une longueur totale de voie de 12 990 km. On comptait 120 Sociétés de tramways électriques desservant 2019 km, 500 Sociétés de tramways à chevaux ayant une longueur de voie de 9058 km, 55 Sociétés de tramways à câbles installés sur une voie de 781 km, et 74 Sociétés de tramways à vapeur effectuant le service sur une longueur de 1158 km. En 1902, on comptait 849 Sociétés de traction assurant le service sur 50 145 km; 747 Sociétés de tramwavs électriques desservaient 55 072 km, 07 Sociétés de tramwavs à chevaux effectuaient la traction sur 415 km, 20 Sociétés de tramwavs à câbles sur 585 km et 9 Sociétés de tramways à vapeur sur 271 km. Les tramways électriques se sont développés dans une proportion qui atteint 492,9 pour 100, les autres modes de traction ont diminué, au contraire, de 80,8 pour 100 pour la ttaction par chevaux, de 52,7 pour 100 pour les tramways à câbles, et de 87,8 pour 100 pour les tramways à vapeur.
- Le tableau ci-joint donne le nombre des Sociétés de traction d’après la longueur de leurs lignes en 1890 et en 1902 :
- 1S90 1902
- I. ongueur .Nombre I. ong. totale Nombre Long, totale
- lie la voie de des voies de des voies
- en km. Sociétés. en km. Sociétés. en km.
- au- dessous de 16 557 5687,1 594 5151,4
- de 16 à 52 99 2165,4 219 5058,5
- de 52 à 48 16 640,6 76 5005,6
- de 48 à 64 7 402,7 54 1910,5
- de 64 à 80 4 284,8 25 1787,2
- de 80 à 96 2 162,5 16 1428,5
- de 96 à 112 2 208,5 12 1256,5
- de 112 à 128 1 122,5 7 851,9
- de 128 à 144 1 155,0 6 824,4
- de 144 à 160 — — 5 445,4
- au delà de 160 2 581,8 25 6958,5
- On remarque que dans 12 ans, ce sont surtout les
- sociétés desservant des longueurs de 10 à 52 km qui se sont développées dans de grandes proportions. Au lieu de 557 sociétés en 1890 n’ayant pas une longueur totale de
- 10 km, et de 99 sociétés ayant seulement une longueur de voie de 10 à 52 km, nous ne trouvons en 1902 que 591 sociétés n’ayant pas 10 km, et, au contraire, il existe 219 sociétés ayant des trajets de 10 à 52 km. Pour les lignes de 04 à 80 km, et au delà de 100 km, nous trouvons aussi d’importants accroissements.
- Les dépenses et les résultats d’exploitation peuvent se résumer de la façon suivante : en 1890, pour 700 sociétés de traction, les dépenses d’installation s’élevaient à 20l9 078007fr., le capital-actions était de 1 498 758 014 fr. et les obligations étaient de 980 808 098 fr. Les recettes atteignaient 409841 177 fr.,et lesdépenses52l 501 795fr.; ces dernières étaient donc égales à 08,4 pour 100 des recettes. Le nombre de wagons pour personnes était de 52 505, le nombre de voyageurs de 2 025 010 202; le nombre des employés était de 70 704. En 1902, pour 987 sociétés de traction, les dépenses d’installation étaient do 11258 905 925 fr., le capital-actions s’élevait à 0 821 414 210 fr. et les obligations avaient une valeur de 5 147 097 715 fr.
- Les recettes atteignaient 1 285 545 729 fr., et les dépenses 757 870 585 fr.; ces dernières étaient donc égales à 57,5 pour 100 des recettes. Le nombre de wagons pour personnes était de 00290, le nombre de voyageurs de 4 809 554 458 ; le nombre des employés était de 155 041.
- Dans le nombre des employés, il faut compter 00 pour 100 de conducteurs de tramways et 8,0 pour 100 de travailleurs à la voie. Pour 41,8 pour 100 des employés, le salaire atteignait par jour de 10,5 fr. à 11,00 fr.
- Sur la longueur totale de 55 072 km pour les tramways électriques, il faut en compter 97,2 pour 100, soit 54 084 km en canalisation aérienne.
- Le nombre des voitures a atteint en 1902 un total de 00 784; chaque voiture recevait par an en moyenne 97 595 voyageurs et effectuait un trajet de 28 804,8 km. lin total de 04,8 pour 100 des voitures fut pourvu des appareils de protection.
- Le tableau des accidents pour 1902 comprend 1218 morts, dont 122 employés, et 47 429 blessés dont 5099 employés. La vitesse maxima a atteint 04 km par heure à l’intérieur des villes et 90 km par heure à l’extérieur des villes.
- L’énergie électrique utilisée a été produite par 2550 machines à vapeur d’une puissance totale de 1 298 155 chevaux, soit 550 chevaux par machine, 159 turbines d'une puissance totale de 49 155 chevaux, soit 509 chevaux par turbine, et 15 moteurs à gaz d’une puissance totale de 1925 chevaux, soit 128 chevaux par machines.
- Los diverses stations pour tramways ont utilisé comme générateurs à courants continus 2524 machines de 500 chevaux et au-dessous, soit 422 924 chevaux, 528 machines de 500 à 1000 chevaux, soit 218954 chevaux, 209 machines de 1000 chevaux et au-dessus, soit 550 456 chevaux ; ce qui fait un total de 2861 générateurs à courants continus de 972 514 chevaux. Les mêmes usines ont ut ilisé comme générateurs de courant alternatif simple 529 générateurs de 500 chevaux et au-dessous, soit 01 955 chevaux, 54 générateurs de 500 à 1000 chevaux, soit 56 418 chevaux, et 58 générateurs de 1000 chevaux et au-dessus, soit 155 571 chevaux; les générateurs à courants alternatifs étaient donc au nombre de 441 et avaient une puissance totale de 251 924 chevaux.
- Ces chiffres statistiques nous montrent tout le développement de la traction électrique dans l’Amérique du Nord, et nous fournissent quelques indications importantes sur les résultats d’exploitation. J. Laffargue.
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- L’HYGIÈNE DES LOGEMENTS
- Le gouvernement, wurtembergeois vient d’adopter récemment un ensemble de mesures ayant pour but le contrôle régulier des logements au point de vue de leur salubrité : par une ordonnance ministérielle, les municipalités ont été invitées à créer les services, et à prendre les mesures administratives nécessaires. C’est la ville de Stuttgard qui a commencé à appliquer les termes de l’ordonnance, et ses dispositions, très bien comprises dans leur ensemble, méritent d’être étudiées. La première obligation imposée aux personnes donnant des logements en location consiste en une double déclaration, lors delà vacance du local, et lors de sa location. Une liste en est dressée, qui sert en même temps d’indication a ceux qui cherchent à louer. A cette liste sont ajoutés les ateliers et locaux analogues, même non accompagnés de logements. C’est sur les appartements contenant trois pièces et au-dessous que se concentre l’attention municipale, représentée en l’espèce par des inspecteurs bénévoles offrant toutes garanties comme moralité. Chacun d’eux a un district qui lui est dévolu, et dans lequel il doit visiter tous les logements de 5 pièces et au-dessous au moins une fois par an. 11 reçoit des instructions qui définissent ses devoirs et en facilitent l’exécution1. Tout d’abord chaque adulte doit avoir au moins 10 m5 d’espace à sa disposition : chaque enfant au-dessous de 14 ans, 5 m3. Les pièces où on prépare les aliments ne peuvent servir de chambre à coucher. Toutes les chambres, cuisines, water-closets, etc., doivent être pourvus d’une fenêtre au moins, de manière à être aérés et éclairés suffisamment ; la propreté la plus grande régner dans tous ces locaux : l’humidité et les risques d’incendie être écartés d’une façon absolue : il est expressément interdit de constituer des réserves de combustibles près des chambres à coucher, bette disposition doit même, dans la pratique, soulever de grosses difficultés, car elle est en contradiction avec les usages locaux : c’est contre ces derniers qu’on a voulu réagir, et l’on verra plus loin, par la forte pénalité dont est frappée l’infraction à cette règle, quelle importance y attache le gouvernement. Le côté moralité, comme bien on pense, est l’ohjet d’un ensemble de prescriptions très minutieuses, et dont l’exposé serait ici sans intérêt.
- Chaque inspecteur a le droit de visiter toutes les pièces du logement qu'il désire inspecter, entre 9 heures du matin et 8 heures du soir. Le propriétaire ou son représentant sont tenus de lui donner tous les renseignements sur le nombre de personnes qui habitent le logement. Il signale, s’il y a lieu, les modifications qui lui paraissent désirables ou nécessaires, pour assurer l’hygiène et la sécurité des locataires. Sur son rapport, le Bureau municipal après avoir consulté, si cela paraît nécessaire, le service médical ou le service architectural, indique les modifications à faire au logement. Le propriétaire en est avisé, d’abord par voie amiable, puis par sommations. S’il refuse d’obtempérer, il est poursuivi devant les tribunaux, et voici les pénalités auxquelles il s’expose : pour non-exécution de changements ayant un but d’hygiène et de moralité, J87fr,50 d’amende : même peine s’il a fait coucher ses employés dans des pièces présentant un grand danger d’incendie. Le manquement aux autres prescriptions concernant les chambres à coucher ne coûte que 57fr,50. Tel est donc, considéré dans son ensemble, le règlement sanitaire que la ville de Stuttgart applique aux petits logements : malgré ses 140 000 habitants, il ne lui en
- 1 Yov. Revue Municipale, 8 août 1903.
- coûte que 9000 francs par an, grâce au concours des inspecteurs bénévoles. Les services qu’il rend sont dès maintenant considérables et il est permis de croire qu’ils augmenteront. Il serait à désirer que les municipalités françaises s’inspirassent de cette réglementation, dans la mesure du possible, principalement en ce qui concerne les conditions hygiéniques. L. Qucrasy.
- UNE LOUPE PHÉNOMÉNALE
- A différentes reprises, on a signalé ici les curieux cas d'hypertrophie de tissus ligneux qui, en se développant sur le tronc des arhres ou sur les branches, y produisent des excroissances de volume variable, des sortes de tumeurs généralement désignées sous le nom de « loupes » ou de « broussins ». Nous ferons connaître aujourd’hui une loupe de noyer dont le poids atteint le chiffre respectable de trois mille huit cent soixante-quinze kg (5875 kg). C’est un spécimen intéressant non seulement par sa masse, mais aussi par sa valeur marchande. Les ébénistes attachent, en effet, un grand prix à ces sortes de productions qui leur permettent d’obtenir des effets aussi variés qu’originaux dans la confection des meubles de luxe.
- Celle-ci vient du département de l’Ardèche. Elle s’est développée dans un coin retiré, au fond d’une grande propriété privée où pendant de longues années elle échappa aux recherches des amateurs. Les fibres bizarrement contournées dessinent de antastiques enchevêtrements de nuances variées, aux tons tantôt violemment heurtés, tantôt délicatement estompés et fondus sur leurs bords, toujours fort recherchés pour les travaux d’art de l’ébéniste-rie. L’heureux chercheur qui l’a découverte pourrait d’ailleurs raconter au prix de quels efforts il a pu l’extraire de sa retraite. Huit paires de bœufs, secondés par un cheval de limon, n’ont pas mis moins de huit jours pour lui faire franchir non sans peine l’espace de quinze cents mètres qui la séparait d'une route praticable.
- Une pareille masse, par son seul poids, fait courir des risques sérieux non seulement à l’attelage, mais encore au véhicule chargé de son transport, surtout par les voies mal aplanies qu’elle a dù suivre pour venir jusqu’à la route. Le jour où j’en ai fait prendre une photographie à l'intention de ce journal, le camion, sur lequel le Directeur de l’usine où elle se trouve actuellement avait bien voulu la faire charger pour l’amener à la lumière, n’a pu en supporter la masse et a tléchi sous ce poids formidable de près de « quatre tonnes ».
- Ainsi qu’on peut en juger par la figure ci-jointe, cette loupe affecte la forme d’un énorme bourrelet entourant complètement la base du tronc. Elle mesure 7m,80 de tour avec un diamètre moyen de 2'n,40 et une hauteur de lm,40; le grand axe atteint 2m,75 et le petit 2m,2o.
- Les contours sont relevés par quatre volumineuses protubérances arrondies, de dimensions inégales, séiparées par autant de dépressions dont deux sur-
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- tout sont très accusées, la plus importante correspondant à une saillie de roche cpii a gêné l’arbre dans son développement. L’ensemble donne l’impression d'un gigantesque bourrelet de greffage, analogue, comme aspect, à ceux qu’on remarque fréquemment à la soudure du greffon avec le sujet sur les vieux arbres greffés en fente ou en couronne.
- Cette configuration extérieure, avec deux groupements symétriques de protubérances, parait due au mode de développement de l’arbre qui, au lieu d’émettre une tige unique, s’est bifurqué en deux maîtresses branches, ou mieux en deux troncs volumineux, immédiatement au-dessus de la loupe, épanouie elle-même à Heur de sol. Faut-il voir dans cette disposition un effet du hasard ou bien résulte-t-elle du greffage de deux bourgeons au niveau du collet ? Les deux hypothèses sont admissibles, mais leur vérification n’irait pas sans présenter de sérieuses difficultés. J’ai essayé, par l’examen des couches ligneuses annuelles, de déterminer approximativement l'âge de cet arbre phénomène, j e dis approximativement, car «à certains endroits les accroissements annuels sont tellement minces qu’ils paraissent se confondre, ce qui rend extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, leur dénombrement exact. C’est ainsi que sur plusieurs points voisins de la périphérie, l’épaisseur du bois formé pendant les vingt dernières années ne dépasse pas vingt-sept millim. (0m,027). Il est juste d’ajouter que sur d’autres elle atteint et dépasse même six centimètres.
- La lenteur de cet accroissement sénile n’a d’ailleurs rien qui doive surprendre, c’est un fait général dans le monde des arbres, et si l’on veut avoir une idée de la puissance de développement d’un sujet, c’est à la première période de sa vie qu'il faut l’étudier. Pour l’arbre qui nous occupe, certains accroissements annuels formés pendant sa jeunesse dépassent un centimètre d’épaisseur, et l’ensemble des vingt premières couches forme un cylindre de vingt centimètres de diamètre.
- Loupe de noyer du département de l’Ardèche. Sections aux deux maîtresses branches.
- On voit par la différence de ces chiffres qu’il est difficile d’évaluer l’âge d’un arbre sur pied et que les évaluations faites dans ces conditions peuvent donner lieu des écarts considérables entre l’hypothèse émise et la réalité. Le fait s’est d’ailleurs produit à l’occasion de notre noyer: j’ai entendu plusieurs personnes lui attribuer généreusement cinq cents années d’existence, et, fait plus grave, dans le pays, les vieillards affirment avoir toujours vu cet arbre aussi gros depuis qu’ils le connaissent.
- Cette dernière affirmation semblerait militer en faveur d’une antiquité aussi reculée, et cependant il est facile, sans suspecter la foi des témoignages, de démontrer qu’elle ne mérite qu’une créance relative. Chacun sait que la vue continuelle d’une personne
- ou d’un objet quelconque empêche la perception nette des modifications que le temps imprime à ces êtres, et ici le lent accroissement de l'arbre pendant ses dernières années excuse parfaitement les témoins de ne 1’ « avoir pas vu grossir ». Qu’est une augmentation de deux centimètres et demi en vingt ans pour une pa-reille masse? Mais, comme je l’ai dit, les accroissements antérieurs étaient bien {dus importants, puisque certains ont déliassé un centimètre par an. En admettant un accroissement annuel moyen de deux millimètres, il suffira de diviser le rayon du tronc principal par ce chiffre pour avoir son âge approximatif. Or le tronc, au niveau de la loupe, a un diamètre moyen de 75 centimètres, soit 575 millimètres de rayon et, ainsi, son âge approximatif
- 575
- serait de = 187 ans. L’examen détaillé des
- couches annuelles et leur dénombrement aussi exact que possible me permettent de conclure que ce chiffre n’est pas éloigné de la vérité et que si notre arbre atteint deux cents ans, c’est l’âge maximum qu’on puisse raisonnablement lui attribuer.
- C’est, déjà une belle carrière, qu’il termine dans la plénitude de sa force. Raymond Roger.
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- • LES VIEILLES LOCOMOTIVES FRANÇAISES
- RÉSEAU I)E F.’OUEST
- A la suite d’un article que nous avions consacré complètes de plusieurs de ces fidèles serviteurs,
- à de curieuses locomotives construites à l’étranger dont la plupart ont disparu, ou tout au moins ont
- Fig. 1. — « La Victorieuse », construite par Stephenson. Fig. "2. — La vieille « Oisscl » Je Buddicom.
- il y a un demi-siècle1, plusieurs de nos lecteurs nous avaient demandé de signaler également quelques-unes des plus anciennes et des plus respectables machines mises jadis en service sur nos réseaux français. Nous avons essayé de nous exécuter, et nous devons dire qu’il est le plus souvent malaisé de se procurer des documents précis sur ces ancêtres de la locomotive moderne, parce qu’elles ont totalement disparu du matériel des Compagnies, et qu’elles existaient à une époque où l’on n’avait pas le précieux secours de la photographie, et où surtout l’on ne pensait
- Fig. 1. — Vieille maehine-tender de l’Ouest.
- pas que jamais ces engins exciteraient notre curiosité. Néanmoins, comme nous avons trouvé le plus aimable accueil auprès de toutes les compagnies, nous pourrons donner des figures plus ou moins 1 Voy. n° 1558, du 15 uov. 1902, p. 309.
- pris leurs invalides, en servant parfois aux manœuvres de gares, seul rôle qu'elles puissent encore jouer.
- Nous commencerons aujourd'hui par un coup d’œil sur les plus respectables des vieilles locomotives de la Compagnie de l’Ouest; nous sommes à même de le faire grâce à l’obligeance de M. Sabou-rct, l’Ingénieur en chef du Matériel et de la Traction, et aussi de son collaborateur M. Huillier. Voici d’abord la « Victorieuse » : à tout seigneur tout honneur. C’est une forte machine, qui avait été construite par Stephenson, et qui possédait, comme on le voit, six roues, dont
- Fig. o. — Disposition schématique d’une vieille machine.
- quatre accouplées. Nous n’insisterons pas sur son type de construction, qui répond bien aux caractéristiques ordinaires des machines de Stephenson ; nous dirons seulement que ses cylindres avaient 14 pouces, ce qui fait 555,6 millimètres. Celte
- Fig. 3. — Autre machine de Buddicom.
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- locomotive avait été mise en service en octobre 1840 sur la ligne de Paris à Versailles rive gauche.
- Si nous examinons la machine suivante, qui porte le numéro 151, nous constatons immédiatement une différence considérable avec la précédente, et cependant. il ne s'est passé que quatre années entre la construction de ces deux machines. Le 151 portait primitivement, le nom d’Oissel, et elle avait été construite par Buddieom, en 1844, dans l'atelier de Rouen qu’on appelait « les Chartreux » ; elle était laite pour la traction des trains express entre Paris et Rouen. Cette seule mention de trains express en l'ace de celte locomotive fera certainement sourire les lecteurs; mais ces ancêtres méritent tout notre respect, car ils ont amené peu à peu aux monstres à énorme vitesse qui sont maintenant à notre disposition. Cette machine existe toujours, et les visiteurs de l’Exposition de 1900 ont pu la voir à peu près telle quelle avait été construite à l’origine. Le diamètre de ses cylindres est de 0m,517 pour une course de 0m,554; la longueur extérieure de la hoite à feu est de 1"',025, pour une largeur de lm,260; les tubes, qui sont au nombre de 147, ont une longueur entre plaques de 2U1,575; la surface de chauffe totale est de 57m,87, dont 4m,95 pour le foyer, et la surface de grille ne dépasse point 0m,87. Le timbre de la chaudière est de 7 kilogrammes, le poids de la machine en état de service de 25950 kg. La longueur hors tampons est de 7m,527, et l’écartement des essieux extrêmes de 5"“,959. Quelque intérêt que cet examen puisse avoir, nous ne le prolongerons point, et nous conseillerons au lecteur d’examiner de près la photographie que nous donnons de cette locomotive, et où l’on apercevra maint détail bien typique et absolument différent des pratiques actuellement suivies.
- 11 ne sera pas moins curieux de jeter un coup d’œil sur une autre machine qui est contemporaine de la précédente, et qui sort également des ateliers que nous mentionnions tout à l’heure. Rien que construite, elle aussi, en 1844, et par lluddicom, cette locomotive est assez différente de l’autre, et d’ailleurs, au début, elle avait été affectée à la traction des trains de marchandises, entre Paris et Rouen. On remarquera immédiatement qu’ici deux paires de roues sont accouplées au lieu d’une seule. Le poids sur ces deux paires de roues est de 10 700 kg. ; mais il ne s’agit pas d’une machine tender, c’est une locomotive à tender séparé, tender dont le poids (Mi ordre de marche était de 12 800 kg. La longueur totale du tender et delà machine réunis était de II"1,029, et P écartement des essieux extrêmes de cet ensemble atteignait 8"‘,990, tandis que, pour la machine seule, la distance en question ne dépasse point 5"',242. Le diamètre des cylindres est de 0"',550 pour une course de 0m,508; la boite à feu est longue de lm,100 et large de lm,240. Nous trouvons le même nombre de tubes que dans l’antre engin, mais ils sont longs de 5m,550. La surface de grille est de 0m2,9G, la surface de chauffe de
- 75'",94, dont 5"\I0 pour le foyer. Ajoutons enfin, connue caractéristique de cette locomotive, qu’elle pèse 22 9G0ks, en ordre de marche.
- C’est surtout en examinant ces vieux « coucous », comme on les appelle fort irrespectueusement,qu’on se rend compte des progrès admirables accomplis dans un temps en somme fort court.
- Ramel Peu,et.
- CHRONIQUE
- Alcool et lon£<l*'lté. — L’étude des polices d’assurances de la « Limited Kingdom and General provident Institution » a été faite, au point de vue de l’hygiène, par M. Laurence lrwell. Elle montre que les tempérants meurent moins que les buveurs. En trente-sept ans, pour la section des buveurs modérés, en calculant d’après les tables de mortalité, la Compagnie aurait eu à payer 2 815 518 livres; elle en a payé 2 674 197, soit une différence de 158 521 livres. Pour la section des « total abs-tainers », pendant le même laps de temps, le même calcul montre que les paiements à effectuer, au lieu de 2 217 606 livres, chiffre présumable, n’ont été que de 1524 769, soit une différence de 692 857 livres. Le nombre de morts probables, en trente-sept ans, étant de 12 166, parmi les buveurs modérés, le nombre des morts réelles a été de 11 654; différence, 512. Pour les tempérants, les chiffres ont été respectivement : morts probables, 9256 morts; morts réelles, 6625; différence, 2611. Mêmes résultats obtenus avec les polices d’une autre Compagnie anglaise, la « Spectre Life Association », de Londres. Pour une durée de dix-huit ans, finissant au 51 décembre 1901, on trouve les chiffres suivants : Section des buveurs modérés: morts probables, 2081; morts réelles, 1652. Section des « total abstainers » : morts probables, 1221 ; morts réelles, 675, ce qui donne une mortalité proportionnelle de 80 pour 100 chez les buveurs modérés, et de 55 pour 100 chez les tempérants.
- Précoché remarqual»lc. — M. le l)r Piéron a publié dernièrement une observation curieuse de précocité commerciale. On a l’habitude de relever les exemples de précocité artistique ou littéraire ; on a trop laissé de coté les cas de précocité industrielle ou commerciale. Voici le cas mentionné par M. Piéron. Il y a à Saint-Germain-en-Layc un boucher, M. 11..., dont le fils, âgé de cinq ans et demi (né le 25 février 1898), remplit dans sa boutique les fonctions d’un commis ordinaire. Petit pour son âge, pâle, chétif, avec des instruments appropriés faits pour lui, il coupe et pèse la viande, dans la boutique de son père. 11 sert les clients directement, il connaît les divers morceaux et ne se trompe pas dans leur choix. Son coup d’œil est assez juste pour que, dans l’appréciation du poids du morceau coupé, il ne se trompe que de quelques grammes. Aon seulement il coupe, mais encore il prépare les divers morceaux très convenablement, et selon le goût de ses clients avec une complaisance remarquable pour cet âge capricieux. Enfin, sans jamais avoir été à l’école, sans avoir fait d’arithmétique par conséquent, sans savoir ni lire, ni écrire une lettre ou un chiffre, connaissant le prix de la viande, il sait sans se tromper déterminer la valeur d’un morceau en faisant le produit du poids par le prix. Cette précocité remarquable vaut à l’enfant des petits bénéfices de la part des clients amusés, bénéfices qu’il économise sagement. L’hérédité doit être certainement pour beaucoup dâns
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- ce cas singulier, mais il faut sans doute ajouter à son action la petite vanité de faire déjà comine les personnes de la boutique et le besoin d’utiliser une intelligence précoce.
- Traction éle<*tri<(iic à grandv viti sse. — D'après VËleklrotechnischer Anzeiger, on aurait atteint des vitesses de 207 km à l’heure dans les derniers essais qui ont été effectués sur la ligne de Berlin-Zossen-Marienfeld avec les deux voitures automotrices. De nombreuses précautions avaient été prises en ce qui concerne la voie. La superstructure de la ligne a été renouvelée ; on a installé partout des rails pesant 12 kg par mètre linéaire, et des traverses ont été placées au nombre de 18 par 12 mètres de rails. Au-dessus des rails de roulement on a fixé des coussinets spéciaux sur lesquels reposent des contre-rails. On a pris de sérieuses dispositions pour obtenir aux voitures automobiles un roulement plus doux. Des appareils de mesure nouveaux ont été installés pour permettre de contrôler exactement la vitesse de marche, ainsi que la résistance de l’air. La vitesse de 207 km à l’heure est certainement la plus grande qui ait été obtenue jusqu’ici. Mais le trajet ne dépasse guère 12 km. Puis il faudra voir comment se comporteront et les voitures et la ligne après quelque temps de mise en service.
- Lit nouveau remède végétal contre la fièvre paludéenne. — Nous en laissons toute la responsabilité à son auteur, M. A. Gauthier, commissaire de police à Duperré, en Algérie, qui en a reçu sans doute la formule de quelque médecin indigène. On obtiendrait les plus heureux résultats en mâchant, puis en avalant les feuilles du chardon que l’on rencontre partout eu Algérie : on commencerait à petite dose pour augmenter continuellement jusqu’au neuvième jour. M. Gauthier affirme s’étre guéri lui-même en neuf jours.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 octobre 1903. — Présidence de il. A. Gacduy.
- La phosphorescence de la blende. — M. Becquerel fait connaître qu’il s’est occupé de rechercher l’explication du phénomène de phosphorescence spéciale que l’on observe dans le spinthariscope de sir W. Crookes. Dans cet appareil un grain de sel de radium, placé au-dessus d’un écran découvert de blende hexagonale, donne lieu à l’apparition d’une multitude de points lumineux qui disparaissent instantanément. M. Becquerel a recherché s’il fallait attribuer le phénomène aux rayons du radium ou à l’écran. Il a reconnu que le phénomène se produit également avec le diamant pulvérisé. Ayant placé dans une rainure d’une cuve du sel de radium, puis au-dessus de celle-ci une fente de manière à avoir un faisceau bien défini, puis au-dessus de la fente un écran recouvert de blende et enfin ayant introduit tout l’appareil dans un champ électrique, de manière à séparer les rayons déviables et les rayons non déviables, il a reconnu que les rayons non déviables excitent seuls la phosphorescence de la blende. Bar d’autres expériences M. Becquerel établit que le phénomène est en rapport avec l’état de la surface. L’état, pulvérulent est le plus favorable, une surface polie est simplement lumineuse.
- Perforateur osseux. — M. le professeur Lannelongue, après avoir rappelé les difficultés que présentent les perforateurs osseux employés par les chirurgiens et les chirurgiens-dentistes, signale un perforateur d’un usage sur et commode imaginé par MM. Bercut et Donat. Cet instrument se compose d’un mouvement d’horlogerie mù par
- un ressort qui détermine la rotation très rapide d’une tige à laquelle on peut adapter divers outils, tels que fraises, porte-fraises, porte-scies, brosses, etc. Le moteur est enfermé dans une boite cylindrique que l’opérateur peut tenir à la main de manière à diriger la tige sans avoir à s’occuper du mouvement de celle-ci. Cet appareil est donc essentiellement portatif; il fournit au chirurgien le moyen de percer un os en une dizaine de secondes et d’ouvrir un sinus en deux secondes.
- Géologie de file d'Eubée. — M. Fouqué expose que M. Deprat a déjà présenté un travail sur la géologie de l’ile d’Eubée, travail dont il résultait que cette île offrait tous les terrains depuis les plus anciens jusqu’au quaternaire. Dans une seconde .Note, l’auteur décrit la tectonique de ce sol bouleversé de plissements et montre comment les roches ont été affectées par les mouvements généraux méditerranéens.
- Le pain de l'ancienne Egypte. — M. Schlœsing père résume une Note de M. Lindet relative au pain de l’ancienne Egypte et de Poinpéi. Les pains placés dans les tombeaux d’Egypliens nous sont arrivés remarquablement conservés; les uns étaient des galettes, les autres des pains levés. L’auteur y a trouvé les principes qui caractérisent le pain de l’époque actuelle dans l’état où ils ont été employés : le son, les éléments de l’orge. 11 a noté 11 pour 100 de gluten et 05 à 68 d’amidon avec ses transformations; il a relevé également des traces de nitre provenant du sel. Au contraire dans le pain tiré de Poinpéi toute trace de la panification a disparu de la masse qui a l’aspect du charbon. Mais l’auteur a dosé dans les échantillons de ce pain 2,5 pour 100 d’azote. Or, par des expériences directes, il a pu établir que pour retrouver cette teneur, il était nécessaire de chauffer le pain à 350° ou 400°. On a donc une approximation de la température qui régnait dans la ville au moment de la catastrophe.
- Observations de Mars. — M. Deslandres dépose une Note de M. Millochau, de l’Observatoire de Meudon, relative à des observations de la planète Mars faites à la grande lunette de cet Observatoire. Ces observations, qui sont exécutées à l’aide d’un instrument de très grande dimension offrant toutes les qualités optiques désirables, ont un réel intérêt. M. Deslandres remarque à ce sujet combien serait grand l’intérêt d’observations de la lune et de son atmosphère qui seraient réalisées sur cette planète. M. Millochau a constaté que les lignes qu’on a appelées les canaux de Mars, ne sont pas des traits continus mais des traits ponctués. Cu. de Yilledeeil.
- UN PHONOGRAPHE ORIGINAL
- Oui maintenant n’aura pas chez lui son petit phonographe! On met dans le commerce aujourd’hui même un nouveau phonographe, un vrai phonographe haut parleur qui coulera (rois francs quatre-vingt-dix, c’est exact : 5r,',90! Ce sont les enfants qui vont être heureux !
- Les phonographes, les gramophones de précision ont toujours excité l’admiration, mais ils coûtent cher et il faut s’en servir avec certaines précautions. On vient de créer le véritable phonographe populaire qui fera désormais les délices des petits et des grands enfants.
- Et ce n’est pas un joujou, c’est un appareil de
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- physique rivalisant fort bien avec les phonographes de prix. Il parle liant, il chante bien et reproduit tous les airs avec netteté.
- Et comme il est simple et de robuste construction, le premier venu, les enfants même pourront s’en servir sans difficulté et sans instruction préalable. Et puis, il offre une autre particularité qui fera son succès. Mais ne disons pas tout à la fois.
- Dans la figure ci-jointe, nous donnons (n° 2) une vue d’ensemble de ce phonographe (genre gra-mophone) avec ses diverses pièces constitutives. D’abord un pied (n° 5), dans lequel est logé un mouvement d'horlogerie à remontoir (n° -4) avec accélérateur, et levier de mise en marche qui permettent
- de faire varier à volonté la vitesse d’exécution de la musique. Sur le pied on place un petit cylindre creux (n° 5) qui s’adapte sur l'axe vertical du mouvement d’horlogerie et qui sert en meme temps de caisse de résonance; on a ménagé à la partie supérieure du cylindre une couronne dans laquelle se posent les disques gravés destinés à reproduire paroles et chants. Remarquons que le pied de l’appareil (n° 5) porte sur le coté un support incliné. C’est sur ce support que vient se placer le cornet, aux extrémités duquel se trouve le diaphragme répétiteur tout en mica (n° 6) ; au centre du diaphragme se trouve une pointe également en mica, qui suit toutes les impressions de l’cnregis-
- Uu phonographe original.
- 1. Audition du phonographe. — 2. Vue d’cnscnihic du phonographe. — 5. Socle renfermant le mouvement d’horlogerie. 4. Mouvement d’horlogeric. — 5. Boîte de résonance. — 0. Diaphragme. — 7. Disques en chocolat.
- trement de la voix sur les disques. Le cornet pivote librement autour de son support, et peut être approché ou éloigné à volonté des disques.
- Les disques sont fabriqués avec une matière plastique, une sorte de cire composée spécialement pour cet usage. Mais ces disques en cire, c’est vraiment vieux jeu! On a imaginé beaucoup mieux.... On les fait en chocolat ! O enfants gâtés ! (n° 7).
- L’idée est bonne. Pourquoi pas, en effet, en chocolat? Le chocolat est résistant et se prête aussi bien «pie la cire aux inscriptions du stylet du diaphragme vibrant. Et nous voilà en présence du phonographe au chocolat ! Nous avons fait fonctionner ce phonographe doublement attrayant. Mais c’est qu’il chante avec entrain et sans se faire prier toute une série de
- chansonnettes : II pleut! Il pleut ! Bergère! — Il était un petit navire, etc. Et il emplit de sa voix sonore tout un appartement. Le chocolat pour ses débuts réussit à merveille.
- Oui, parfaitement disques en chocolat ! En sorte que lorsqu’un air aura fini dé plaire, eh bien! on savourera le disque comme on le ferait d’une simple croquette, on le mangera. Ce phonographe à double fin va avoir son succès, chez les chocolatiers, qui désormais, vendront du chocolat pour musique. Six disques en chocolat avec airs tout inscrits lfl ,90, phonographe 5fl',90. C’est pour rien. O progrès ! J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lajilue, rue de Fleurus, 9.
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- N’° 1589. — 7 NOVEMBRE 1905. LA NATURE.
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- LA VOITURE AUTOMOBILE DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Nous avons signalé en Unir temps les projets de deux de nos grandes compagnies de chemins de 1er, tendant à l’essai de véhicules automobiles sur certaines lignes de leur réseau. Nous , v
- avions du reste l'ait justice du bruit qui courait que l’on remplacerait certains trains rapides par des automotrices Serpollet à très grande vitesse, qui feraient gagner un temps relativement considérable sur le parcours de Paris à Dijon ou à Marseille.
- La Compagnie d'Orléans est la première à mettre en service une de ces automotrices,
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- Fis. 1.
- sième classe qu’elle remorque, à former des trains comportant seulement deux classes, première et troisième, les laril'sjvppliqués à la première classe étant
- du reste ceux de la deuxième classe ordinaire. La caisse en est supportée par trois essieux à roues de 1“‘,05 de diamètre, et par un châssis dont la longueur totale est de 1 il, 7H5 mètres; l’écartement entre l'extrémité des tampons est de 15,777 mètres. Les deux essieux extrêmes sont écartés entre eux de 8m,20, connue ceux des grandes voitures
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- qui circule régulièrement sur une ligne secondaire de son réseau, la ligne de La Flèche à Sablé. Cette automotrice est destinée cà des essais qui renseigneront effectivement sur le parti que l’on peut tirer de véhicules de ce genre pour l’établissement de convois omnibus sur des lignes à faible fréquentation, ou pour leur intercalation entre des trains directs ou express.
- Cette voiture est à vapeur et sort des ateliers Pur-rey, de Bordeaux; c’est donc dire (pie, dans sa partie mécanique, générateur et moteur, elle présente la plupart des caractéristiques que l’on trouve sur les tramways parisiens qui sont actionnés par des machines du système Purrey : aussi insisterons-nous peu sur cette partie mécanique, en renvoyant le lecteur à l’article qui a été consacré ici même à ces tramways1.
- Cette automobile sert, avec une voiture de troi-1 Yov. n° 1551, du 14 février 1903, p. 107.
- 31e aimée. — 2e semestre.
- — Vue générale extérieure de l’automobile de la Compagnie d’Orléans.
- normales de la
- Compagnie; ils sont, de même que leurs boîtes, du type classique. Pour ces mêmes essieux extrêmes, en vue de faciliter l’inscription en courbe, le jeu
- ménagé entre les
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- Poste
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- boîtes et les plaques de garde est de 15 millimètres de chaque côté de la position médiane, et dans le sens longitudinal comme dans le sens transversal. L’essieu milieu, qui est moteur, a des boîtes systèmes Purrey, montées sans jeu dans les plaques de garde ; mais les boudins des roues de cet essieu sont amincis à 12 millimètres.
- Les ressorts de
- suspension du châssis, dont la photographie ci-jointe montre parfaitement la disposition, ont une flexibilité de 49 millimètres pour l’avant et le milieu, et de 62 pour l’arrière. Les ressorts des roues avant et milieu sont reliés par un balancier. Cette grande flexibilité des ressorts est rendue possible par le mode de commande de l’essieu, dont nous parlerons tout à l’heure.
- igage
- Élévation et plan du véhicule.
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- LA NATURE.
- Le plan que nous reproduisons de ee véhicule, et qui nous a été communiqué obligeamment par M. I eurent, ingénieur en chef adjoint du matériel et de la traction de la Compagnie, renseigne sur les dispositions internes de la caisse, qui a 5'", 10 de largeur extérieure pour une largeur intérieure de 2"‘,97 et une hauteur intérieure au milieu de 2m,25. On y trouve un compartiment de première classe, avec 21 places assises; puis une plate-forme d’accès à l'arrière comporte une banquette où 5 personnes pourront s’asseoir, quelques voyageurs ayant la possibilité de demeurer debout au besoin. On a prévu naturellement un compartiment à bagages, pu'sque le train formé doit répondre à tous les besoins de l’exploitation normale, et aussi un compartiment pour le service des Postes; la Compagnie est en effet tenue d’offrir aux agents un compartiment dans les trains chargés du transport des correspondances, trains qui actuellement coûtent fort cher, parce qu’ils ne transportent souvent qu’un nombre minime de voyageurs. A l’avant de la voiture est le compartiment du mécanicien, qui renferme la chaudière et divers approvisionnements. On remarquera que cet avant présente une forme en coupe-vent que nous voudrions voir adopter dans tous les automoteurs, car cette forme réduit dans des proportions considérables la résistance de l’air.
- Le générateur est du type ordinaire auquel nous faisions allusion tout à l'heure, mais il est beaucoup plus puissant que ceux des tramways de Paris. Nous retrouvons le collecteur inférieur avec ses trois chambres, celle du bas recevant l'eau d’alimentation, qui passe, par une série de tubes en U, dans celle du milieu ; et de cette dernière partent les tubes serpentins aboutissant au collecteur supérieur. (La troisième chambre contient de la vapeur surchauffée, qu’elle reçoit par une autre série de tubes serpentins.) La capacité totale du générateur est de 202 litres, le timbre de 20 kilogrammes, la surface de chauffe de 20 mètres carrés, la surface de grille de 0in,84; la longueur du collecteur supérieur est de lm,25, pour un diamètre intérieur de 0ni,40. La longueur du collecteur inférieur est de ln',25, sa section de 0m,ll sur 0‘",20. On compte 24 tubes en II, de lm,60 de long pour un diamètre de 0,n,018; il y a 49 tubes serpentins, dont 24 sur-chauffeurs, longs de G'11,70 et ayant même diamètre que les autres. On a prévu 4 soupapes de sûreté de 0"1,024 de diamètre. Le combustible est naturellement du coke, comme pour les tramways; il en tient 150 kilogrammes dans la trémie placée à la gauche du générateur; et, sur le fond de cette trémie, inclinée à 50° comme la grille, et formant prolongement de cette grille, le coke glisse sous l'influence de la gravité aidée par les secousses. L’alimentation en eau se fait par deux petits chevaux aspirant dans une bâche de 1280 litres, placée sous le châssis à l’arrière du véhicule : le remplissage de cette bâche s’opère aux prises d’eau ordinaires, par un entonnoir et un tuyau vertical continué par un
- tuyau de remplissage qui court le long de la voiture.
- Le moteur est du système compound à quatre cylindres : ceux-ci sont montés en tandem, avec des diamètres respectifs de 140 et de 200 millimètres, et une course commune de 200 millimètres. Les cvlindres de détente, leurs boîtes à vapeur, les glissières et la traverse portant les paliers de l’arbre moteur, forment une seule et même pièce de fonte qui constitue un bâti rigide. Ce bâti porte à l’avant les cylindres d’admission, venus ensemble de fonte avec leurs boites à vapeur, [mis, à l’arrière, l’arbre moteur avec ses manivelles, ses secteurs formant contrepoids d’équilibrage, et ses pignons clavetés en porte-à-faux aux deux extrémités. Tout cet ensemble, dont l’encombrement n’est que de lin,80 sur lm,20 et sur 0m,40, est fixé par huit boulons à quatre goussets rivés sur le châssis. Le diamètre des pignons clavetés sur l’arbre, ainsi que celui des roues dentées montées sur l’essieu milieu, est, de 490 millimètres, et le diamètre au roulement des roues est de lm,05, comme nous l’avons indiqué. Par suite, pour marcher à 80 kilomètres, l’arbre moteur doit tourner à 404 tours. Nous avons dit que c’est l’essieu milieu qui est moteur ; sa commande se fait au moyen de chaînes « Yarietur », delà maison Sebin, plus fortes que celles qu’on emploie pour les tramways; elles ont en effet 190 millimètres de large.
- Nous n'insisterons ni sur la distribution, ni sur le changement de marche : nous dirons seulement (pie l’admission varie en moyenne de 80 à 90 pour 100 pour la marche avant, et de 82 à 80 pour la marche arrière; la période de détente est par suite fort réduite. Le poids à vide de cette automobile est de 25 250 kilogrammes, et il atteint à peu près 28 500 en charge, avec les approvisionnements et les voyageurs. On y dispose d’un frein à main commandé à la fois de la plate-forme du mécanicien et de la plate-forme arrière, et aussi d’un frein continu Westinghouse, dont la pompe est commandée par l’essieu. Le premier frein agit sur les roues avant et milieu, tandis que l’autre attaque les roues milieu et arrière.
- Cette automobile est destinée à remorquer un wagon de troisième classe ; ce dernier est à 50 places et pèse 14 tonnes en charge; on entendait que le convoi pût se déplacer à une allure du 00 kilomètres en palier et de 40 en rampe de 14 millimètres. Et les expériences préalables qui ont été laites aux environs de Bordeaux, sur la ligne de Bordeaux à Eymet, sont venues prouver que cette automobile est en mesure de répondre à tous les besoins du service qu’on lui confie. Avec un wagon dynamométrique en remorque (wagon qui pèse effectivement 17 tonnes), la voiture automobile a pu atteindre et déjiasser 75 kilomètres à l’heure, sans aucune difficulté et sans que la stabilité du véhicule .ait été troublée. L’effort au crochet de traction s’est élevé à 400 kilogrammes pour certains démarrages; la résistance par tonne de ce véhicule diffère peu de celle d’un wagon ordinaire. Et nous espérons bien
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- voir avant peu se multiplier ces automobiles, qui permettront de réduire les dépenses d’exploitation de nos chemins de 1er, tout en donnant de plus grandes facilités de circulation au public.
- Daniel Bellkt.
- LÀ CORÜITOMAiMË
- Je ne croyais pas que les engins explosifs, connue la dynamite, la panclastile et autres produits similaires dussent servir à un autre usage que celui de faire sauter les obstacles, remparts de forteresse, blindages de navires, ou à démolir d’un coup, comme dans les industries minières, des rochers énormes, des morceaux de montagne. Eh bien ! les explosifs servent à tout autre chose, tout au moins le produit connu en Angleterre sous le nom de cordite. Le major Jennings a constaté, et a consigné dans un rapport publié dans le journal de médecine militaire anglais, que nombre de soldats se servaient de la cordite comme excitant, narcotique au même titre que les maniaques de tous pays usent de l’opium, du haschisch, de l’éther ou de la morphine.
- La cordite, similaire dans les parties essentielles de sa composition à tous les explosifs violents modernes, est formée de 58 parties de nitro-glycérine, 57 parties de fulmicoton et 5 parties de liant minéral; l’acétone est employé comme produit dissolvant, mais il en entre peu dans sa composition. La cordite sert à la charge des cartouches Lee Metford, chaque cartouche étant formée d’une soixantaine de spires du cordon dangereux. C’est ce produit que les soldats anglais prenaient en guise de jus de réglisse et qu’ils suçaient avec avidité, la saveur étant douce et agréable.
- D’après l’étude faite par Jennings sur les hommes surpris à cette bizarre narcomanie, les effets de la cordite sont tout différents suivant qu’on la suce, qu’on la mange, (encore ne faut-il pas la croquer, je pense, tout choc ayant souvent pour résultat un effet explosif) ou qu’on l’ingurgite en solution dans du thé, de la bière. Dans le premier cas le dégustateur ressent une lassitude après une courte excitation, puis du mal de tète avec bourdonnements dans les oreilles, une sensation d’ivresse un peu lourde. Prise en boisson, la cordite produit un sommeil lourd, de la stupeur, une sorte d’hébétude et d’inconscience qui dure même après un sommeil de plusieurs heures.
- Dissoute dans la bière, la cordite semble avoir des effets tout différents : au lieu de torpeur et d’abattement, c’est une excitation violente, furieuse. Chez des sujets qui supportaient, sans être enivrés et sans avoir la moindre apparence d'excitation alcoolique, cinq ou six pintes de bière, une demi-pinte additionnée d’un peu de cordite produisait des effets presque immédiats d’intoxication et d’ébriélç.
- Si la dose n’est pas assez forte pour amener le sommeil, le sujet devient d’une irritabilité excessive. Quelques soldats s’en servaient à défaut d’allumettes, pour allumer leurs pipes; ils trouvaient au tabac un parfum plus agréable, mais ils avaient en revanche la gorge sèche ;et souvent du mal de tète. ! . . / [
- On se demande par quelle aberration «les sens on peut arriver à l’emploi de tels produits; le besoin d’un excitant à défaut du whisky, de l’alcool, du tabac qui peut-être faisaient défaut; esprit d’imitation chez les compagnons d’un maniaque bizarre, qui le premier eut l’idée singulière de prendre les cartouches pour un bonbon fondant. Et l’on se moquera des sauvages 1 On en voit de drôles chez les gens civilisés. Dr A. Cartaz.
- LÀ PERTE DU SOUTÀRRÀ
- Le lac de Cestrède engendre un gave qui descend aussitôt un seuil granitique démantelé dont les assises soutiennent , en outre, la cuvette du lac d’An-tarrouyes. Le trop-plein de cette dernière pièce d’eau, contrainte d’alimenter le « guero » ou canal d’irrigation desservant les prés de Sia, s’épanche au même endroit, et ne tarde pas à se confondre avec le gave naissant, qui s’est pris à couler, après sa dégringolade, sur un modeste plateau de nature calcaire, car les couches géologiques ne se présentent
- /Arrivée du 7 Gave
- Cascade de 10 m.
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- \À4r°he de la Perte
- NORD
- 'Poinb on Von entend gronder l&r ecuuc/ souterraines.
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- Étranglement
- sinueux
- Mètres
- KQ. 1. — Plan du Soularra, dressé par MM. Briet et Bondou.
- pas ici dans l'ordre voulu, une masse de granit ayant postérieurement redressé, percé et dominé les terrains qui la recouvraient ; le pic de Cestrède est le produit de ce mouvement géologique.
- Ce plateau, dit du Soutarra, bien que sans ampleur et fort encombré de débris,, se transforme, chaque été, en station pastorale où le bétail de Trim--bareilles et d’Ayrues trouve un instant sa nourriture. Du reste, en dessus comme en dessous, les gazons, très inclinés, mais accessibles aux vaches, ne manquent pas. Trois cabanes y existent ; celle du coté d’Antarrouyes, en bon état, sert toujours, au contraire de la plus importante qui, placée au centre d une dépression, et voisine de la piste de Cestrède,
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- LA NATURE.
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- a son toit démoli. Quant à la troisième, elle se dissimule dans le lit à see du torrent dont nous parlerons ci-après ; une enceinte l’accompagne, et comme un grand pan de roc surplombe le tout, on s’empresse d’y abriter les animaux par le mauvais temps. Cette cabane, ainsi que la deuxième, est parfaitement indiquée, au delà du eoueyla de Salent, sur les cartes de l’État-Major et du Ministère de l’Intérieur qui accordent à l’ensemble du plateau de Sou-larra une altitude de 1800 mètres.
- Mais à peine a-t-il un peu roulé à plat sur les gravats de ce bassin sauvage, où quelques rhododendrons se dispersent, que le gave de Ceslrède voit brusquement le sol s'affaisser devant lui. Ses eaux tombent à dix mètres de profondeur dans une rainure de marbre gris clair, noirci par le temps et très carié. Une humble cépée de sorbier se penche et frissonne au-dessus du vide où le vent fait parfois tourbillonner l’embrun de la cascade qui s’élève comme une fumée et dont on sent les gouttes de pluie.
- Là, en avançant avec précaution sur la lèvre de la coupure, on remarque avec surprise que le gave de Cestrède, au lieu de suivre le ravin où il vient de choir, tourne immédiatement et se perd dans la paroi de sa rive gauche qu’une arche sombre excave.
- Les dimensions de cette voûte atteignent 8 mètres de largeur à la base sur 7 mètres de hauteur. Une fois dans le lit desséché, qui se trouve accessible à peu de distance, on peut s’y aventurer sans peine, en sautant de pierre en pierre, surtout lorsque les eaux ne sont pas abondantes. A 14 mètres de l’orifice, grâce au jour qui éclaire encore, on voit le plafond rejoindre le sol qui a décliné de son coté; le gave s’évanouit en bouillonnant parmi un amas de blocs. Défense de photographier sur place par suite du défaut de recul et du souftle humide de la cataracte ; il m’a fallu bon gré mal gré opérer au laite, et encore en braquant mon objectif de telle façon que l’onde paraît émaner du trou au lieu de s’y introduire.
- Vis-à-vis l’arcade, dans le rendement insensible qui fait retenue, s’ouvre un étroit entonnoir dont le boyau va déboucher 10 mètres plus loin en terrier
- Fig. '1. — Le Soutarra (Arche de la Perle). (I) après une photographie de M. Lucien Briet.)
- de renard. Tout ce calcaire est excessivement disloqué. Il existe une autre cavité opposite en forme de poche devant laquelle les bergers ont entassé des moellons pour empêcher les moutons de s’y blottir, dette poche n’offre aucune communication avec la perte ; par contre, en approchant l'oreille du rocher qui succède, on entend parfaitement gronder les eaux souterraines dont le cours est peu éloigné.
- La ravine abandonnée par le gave de Cestrède a été indiscutablement érodée et parcourue autrefois par lui. Sa largeur varie de 4 à (3 et 8 mètres ; des pentes l’agrandissent au fur et à mesure de leur élévation. Elle se courbe en arc de cercle, herbeuse et caillouteuse tour à tour, et dévale avec entrain, interrompue çà et là par des marches, des degrés de 1, L2 et o mètres. Au bout de 00 mètres comptés à partir de la perte, elle aboutit à un nouvel
- effondrement de 10 mètres dans lequel le courant opère sa réapparition en sens inverse de son engloutissement, le gave de Cestrède ayant durant son trajet mystérieux passé sous son propre lit.
- Dans la région de Gavarnie que je parcours depuis quinze ans, je ne connais pas de recoin plus curieux et [dus séduisant que la résurgence vau-clusienne du Soutarra. On y parvient des deux cotés, plus rapidement par la rive gauche, et [dus dilfi cul tue u sement aussi. Figurez-vous un cirque en miniature, n’ayant peut-être pas 10 mètres de diamètre, creusé dans un mur de marbre abrupt qui, à se fragmenter en petits polyèdres irréguliers, reste hérissé à l’envi de cassures variées et anguleuses. Des églantiers, des fougères, la doradille et la cystoptère fragile, des bouquets d’un muflier blanc et rose, des potentillcs fausse alchemille, des rosettes de saxifrages, décorent, parent, tapissent la nudité rébarbative, mais non maussade, de la [lierre. Et, à l’encoignure du promontoire gazonné sur lequel on échoue en prenant la voie facile, une superbe niche est taillée comme à coups de pic dans la lissuration régnante. Le calme et la transparence du torrent qui émerge sourdement permet de distinguer le puits d’arrivée des eaux que cet antre recèle ; les rayons du soleil produisent une irisation : la fée du
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- lieu se montre sous l’aspect d’une grosse truite majestueuse qui plonge dans le bleu noir de la masse liquide. Res pierres moussues baignent sur le seuil de l'étrange ouverture ; on traverse, et, en faisant le tour complet du bassin noyé d’eau mouvante, on constate que des sources, dont une très forte, y jaillissent, provenant d’un véritable delta occulte : le gave de Cestrède, à l’image de bien des ruisseaux engloutis, semble s’insinuer partout où il peut, dans sa bâte de revoir le jour. De grandes tiges d’herbe se balancent ; une algue Hotte ; le torrent s’échappe par un étroit canal sinueux pour se précipiter sur les pâtures de Bué en une belle et bruyante chute, appelée cascade du Soutarra, en raison du lieu dit
- d’où elle arrive. Plus on observe autour de soi, plus la variété des [liantes, notamment, s’accentue. Voici une épervière (Hieracium cerinthoides L.), une hépatique, le géranium des Pyrénées, le millepertuis nummulaire, un daphné aux feuilles luisantes et redressées (Daphné cneorum L.) et enfin une tige d'arbousier raisin d'ours aux baies encore vertes.
- Selon mon guide Henri Soulé qui en but, l'eau du gave de Cestrède, à sa résurgence, n’a pas bon goût. Il la trouva « lourde, mauvaise ». Les débris végétaux et animaux, entraînés dans les dédales de la perte, doivent embarrasser certains étranglements et y pourrir à la longue, contaminant au passage les ondes disparues. Refait, le jour où je revins avec
- Fig. 3. — Porto du Soutarra. Résurgence vauclusienuc. (D’après une photographie de >1. Lucien liriet.;
- Rondou lever le plan du site, le cadavre d’un agneau tué pnr accident gisait au coin de l’arche d’orifice, dans l’attente d’une crue capable de l’emporter au fond pour y empoisonner l’eau.
- A mesure que s’évanouirent les restes du glacier réfugié, vers la fin des temps quaternaires, au fond de la vallée de Cestrède, les eaux du gave, fort puissantes, s’ingénièrent à ronger le marbre sur lequel elles s’écoulaient et dont le délabrement favorisait leurs efforts à merveille. Une trituration incessante se produisit ; il y eut des débâcles qui créèrent des seuils abrupts que le glissement useur des cascades faisait reculer. L’arche de la perle fut primitivement une simple poche éventrée où l’onde aflluait et re-lluait sans relâche. Ce va-et-vient modela, ébranla le roc; l’infiltration commença; les flots entrèrent de
- [dus en plus et de mieux en mieux, découvrirent des passages et les aidèrent à communiquer. Les coups de bélier qu’ils donnèrent dans le mur contre lequel il leur fallut rejaillir au dehors creusèrent une niche au-dessus du puits de résurgence. 11 est probable que pendant un moment le torrent passa à la fois sous terre et à ciel ouvert ; puis, le débit baissant par suite de la fonte définitive du glacier, la perte seule fonctionna. Le Soutarra est une admirable leçon de choses au point de vue spéléologique. N’oublions pas d’ajouter qu’il existe au moins une trentaine de mètres de différence de niveau entre les deux extrémités de cette perle qui n’a qu’un défaut, celui de n’èlre pénétrable sur aucun point.
- En patois « Soutarra » équivaut au français « souterrain ». Les indigènes, frappés de la façon
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- LA NATURE.
- d’agir du gave de Cestrède, baptisèrent, dans leur naïveté, cette disparition comme elle leur sembla mériter de l’ètre. Très peu actuellement la connaissent. Personne h Gèdre n'avait songé à m’aiguiller de son côté. Le cadastre cependant la mentionne, tandis que les cartes au 80e* et au 100 000e n’en soufflent mot. Pas un écrit traitant des Pyrénées ne la signale. Qui a jamais franchi le col de Culaous? De Cauterets on -se rend dé préférence à Gavarnie par le col des (Fillettes, surtout depuis la création du refuge Raysscllance. D’ailleurs, de la piste de Cestrède, on n’aperçoit pas la perte du Soutarra, et si faute d’avoir été prévenu le touriste ne sait pas se détourner au bon endroit, on la frôlera pour ainsi dire sans se douter de son existence. En m’occupant cet été (1905) de la vallée de Cestrède, je ne m’attendais guère à glaner dans le champ tant moissonné du pays de Rarèges une semblable curiosité qui deviendrait vite un point d’arrêt célèbre, comme le Chaos ou la grotte Palasset, pour les pèlerins du grand Cirque, si elle ne se trouvait pas aussi à l’écart du chemin battu. Lucien Rrif.t.
- UN CARBURATEUR AUTOMATIQUE
- La question de la carburation est loin d’ètro résolue en automobile. Et l’on peut dire qu’aucun des appareils réalisés jusqu’à ce jour n’en donne la solution. Que le mélange soit préparé d’avance dans les proportions convenables, et admis seulement dans la quantité voulue, ou bien que l’un des deux éléments, essence ou air, ait son débit réglé une fois pour toutes, l’autre n’étant admis que suivant les besoins de la combustion, il n’en faut pas moins des appareils compliqués et délicats pour assurer la régularité du fonctionnement. Soupapes, pistons, ressorts, manettes, organes plus ou moins dociles doivent être multipliés pour permettre au chauffeur de maintenir son allure et en particulier d’éviter l’influence perturbatrice des variations de vitesse du piston de sa machine. 11 y a également les conditions atmosphériques et Tétât hygrométrique qui, essentiellement variables, mettent souvent en défaut les meilleurs systèmes de régulation.
- L’automatisme absolu paraît donc fort difficile à obtenir. C’est pour-Carlmrateur automatique, tant lui que s’est attaché à réaliser M. François Chateau, dans le carburateur dont nous allons parler et qui présente certainement le maximum de la simplicité.
- M. Chateau est parti du principe suivant : Si l’on fait passer de 0 à 100 pour 100 la teneur en essence — ou en alcool — d’un mélange détonant, sa puissance augmente d’abord, passe par un « optimum », puis diminue ensuite jusqu’à zéro. Et dans son carburateur, c’est le moteur lui-même qui se charge de maintenir le mélange, constamment au voisinage de !’« optimum ». Et cela quelles que soient
- les conditions extérieures. En effet, le tube d’admission de l’air est de section plus forte que celui d’amenée au moteur du mélange détonant. Par conséquent, quelle que soit l’activité du moteur et le nombre de cylindrées qu’il fournit, jamais il ne manquera d’air.
- Ceci posé, voyons comment se comportera cet air. Passant à travers les spires de la toile métallique le long de laquelle fuit en sens inverse et se divise l’essence, il se chargera de cette essence d’autant moins qu’il sera attiré plus rapidement vers le moteur, de sorte que celui-ci arrivera rapidement à son maximum de rendement correspondant à ce que nous appelons l’optimum du mélange. Eue fois qu’il y sera, il y restera ou du moins ne s’en écartera jamais que de quantités extrêmement faibles. Supposons que pour une cause quelconque il le dépasse et augmente de vitesse. L’air arrivant plus vite se trouvera moins chargé d’essence et la puissance détonante du mélange diminuera, d'où modération de l’allure du piston du cylindre. Le moteur et le carburateur se règlent ainsi l’un l’autre naturellement et sans qu’il soit besoin pour les aider d’aucun instrument, d’aucune manipulation. Pour une vitesse déterminée, la quantité d’essence à admettre étant constante, il est évident qu’en augmentant ou en diminuant cette quantité, on réalisera des vitesses plus ou moins grandes, puisque le carburateur admettra toujours une quantité d’air suffisante pour former avec l’essence admise le meilleur mélange détonant. Notre dessin représente d’une façon schématique ce carburateur. L’essence arrive en quantité constante par l’ouverture A et se répand sur la toile métallique en spirale B qu’elle imprègne. Elle marche dans le sens de la flèche e. L’air entre librement par l’ouverture D et se rend au moteur en léchant les spires métalliques baignées d’essence. Il marche en sens inverse de l’essence et suivant la direction de la flèche e. Par F il est aspiré à l’état de mélange détonant par le moteur. On comprend que, fonctionnant de la sorte, ce carburateur ne soit influencé que d’une façon à peu près nulle par les conditions atmosphériques, sa souplesse même lui permettant de se plier à leurs exigences. On comprend également qu'on n’ait avec lui à redouter qu’un encrassement minimum, cet encrassement étant fonction du plus ou moins de perfection de la combustion, et la combustion du mélange détonant se faisant toujours dans les meilleures conditions. Il est facile d’apprécier la simplicité de cet appareil quand on connaît les complications nécessaires au réglage actuel dont l’automatisme n’est d’ailleurs jamais que relatif. L. Revkuchox.
- LE CIEL DANS 5000 ANS
- Les constellations nous apparaissent encore aujourd’hui comme les voyaient jadis les Égyptiens et les Chaldéens. La voûte céleste semble à peu près immuable, et cependant avec le temps, les déplacements des étoiles finiront bien par devenir sensibles; mais dans combien d’années?
- M. II.-N. Russela cherché à le savoir. Il vient de publier dans le « Scientific American » quelques détails à ce sujet, qui permettent de tracer la carte du ciel dans 4000 ou 5000 ans. Il résulte de ce travail que deux ou trois modifications devront seulement être apportées'’* l’aspect actuel. Sirius sera reporté à deux degrés plus au sud. Arcturus se sera déplacé de près de 5 1/2 degrés vers l’Épi de la Vierge. L’a et le P du Centaure, séparés en ce moment de 5 degrés, se déplaceront de telle sorte que dans 4500 ans environ, a sera exactement entre la Terre et (3
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- et que la distance apparente ne sera plus qu’une très petite fraction de ce qu’elle est maintenant. La droite qui les joint actuellement sera à angle droit avec celle qui les joindra alors. On le voit, les changements seront très peu appréciables, même après 5000 ans!
- MONNAIE DE NICKEL TROUÉE'
- Dans notre récent article sur les monnaies de nickel, nous avons fait allusion aux nouvelles pièces belges trouées; mais nous n’avions pu en mettre sous les yeux du lecteur. Nous publions une gravure qui vient compléter ce que nous avons dit. D’un côté cette pièce, qui vaut 10 centimes, porte la mention de sa valeur et une
- Pièce de nickel belge. Avers et revers (grandeur naturelle).
- jolie branche d’olivier, de l’autre, l’initiale du roi en double entourant assez heureusement la perforation centrale; la couronne domine les deux L. En dessous est la date, et en exergue les mots « Koninkrijk Belgie ». Nous maintenons ce que nous avons dit, c’est que la perforation centrale est fort étrange sur une monnaie européenne; mais nous reconnaissons que le graveur a su tirer un parti excellent de l’obligation qui lui était imposée.
- LA FLORE DU GRAND CHACO
- Sous le nom de Grand Cliaco, on désigne tin vaste territoire situé dans la partie centrale de l’Amérique du Sud, entre la Bolivie et le Brésil à l’ouest et au nord, le Paraguay à l’est et la République Argentine au sud. La partie comprise entre la province de Chi-quitos et le rio Pilcomayo porte le nom de plaines du Guelgorigota ou Chaeo boréal ; celle située entre les rios Pilcomayo et Bermejo est connue sous le nom de plaines du A apislaga ou llanos de Manso ou Chaeo central et celle enfin au sud du Bermejo constitue le Chaeo austral. Toutes ces plaines peu ondulées, sablonneuses, doucement inclinées du nord-ouest au sud-est, du pied des Andes aux rives du rio Paraguay, situées à grande distance de la Cordillère qui accapare l’humidité, jouissent d’un climat généralement sec; le degré hygrométrique de Pair y est peu élevé, et les formes exhubérantes de la flore tropicale disparaissent, faisant place à des arbres de moindre dimension et d’espèces différentes.
- Cette formation du Grand Chaeo est caractéristique et absolument distincte de celle qui, sous les mêmes latitudes, se développe à partir de la rive gauche du rio Paraguay vers l’intérieur.
- Lorsque j’explorai cette région en mission du Gouvernement bolivien en vue de l’ouverture d’une route commerciale entre Santa-Cruz de la Sierra et 1 \’ov. n° 1585, duj_26 septembre 1903, p.'_267.
- Puerto Pacheco, nous eûmes à souffrir beaucoup du manque d’eau et de l’absence presque complète des averses; de 70 hommes dont se composait la colonne je dus .réduire ce nombre à 22 et finalement à 5. Pendant une année nous luttâmes pour nous faire jour à travers la masse d’une végétation généralement basse, rachitique, épineuse.
- Constamment à la recherche de l’eau nous procédions à notre orientation de chaque jour, tout en faisant le plus possible de l’est, en grimpant sur les arbres les plus élevés pour observer par l’aspect du feuillage les lignes d’un vert foncé, tracées en sillon par des essences (pie nous opprimes ainsi à bien connaître, caractérisant les parages où l’eau devait exister. Nous avions alors une chance d’étancher notre soif en parvenant à ces marigots si l’eau n’avait été ni résorbée par le sol, ni évaporée par les rayons du soleil. Toutes les fois que nous relevions la masse sombre des massifs d’algarrobos, nous savions par avance que là il n’y avait pas d’eau ; en effet, ce bel arbre, très commun dans tout le Chaeo, affectionne les terrains argilo-sablonneux ; le sol est presque toujours dénudé entre les troncs; l’absence de buissons y attire les Indiens qui recherchent son voisinage pour y installer leurs « ranchos ».
- Il y en a de trois espèces : « l’algarrobo » blanc (Prosopis dulcis), noir (Prosopis nigra), jaune (Pro-sopis alba). Ce sont des Légumineuses.
- Les Guaranis les désignent indistinctement sous le nom de « Ibope, Iguope ou Iguira », de « Igu », arbre à fruit, de « o » ou « ho », à pulpe, et de « pe », mince, allongé, d’où arbre à fruit allongé.
- Le bois très dur est employé dans la République Argentine, dans les constructions; les chevaux s’alimentent très facilement du fruit, ils en sont même friands. Les Indiens en tirent une boisson fermentée dont ils sont très amateurs, la chicha ou aloja connue sous le nom de « Patay » à Santiago de l’Estero, et aux propriétés de laquelle on attribue la notable fécondité des femmes de ce pays. Cette boisson fermentée atténue, affirment les indigènes, les effets de l’hydropisie ; elle dissout les calculs de la vessie; elle est diurétique et antiseptique. Les feuilles en infusion sont utilement employées dans les infirmités de la vue ; mêlées au suif de mouton et appliquées comme emplâtres, elles passent pour guérir les hernies récentes. La liqueur riche en acide tannique qui suinte des vieux troncs, est employée en teinture donnant des nuances variant du gris clair au noir s’appliquant sans mordant sur la soie, laine, le coton, le lin, et même sur les fibres du « chaguar » ou de la caraguata.
- La floraison a lieu de juillet à août et le fruit est mûr en novembre-décembre.
- Le « sauce » ou « Bobo » (Salix nigra, Salix Hum-boldtiana, famille des Salicacées) nous indiquait les plages sablonneuses, fangeuses du Pilcomayo et des « banados ; » il est très commun et forme des massifs épais et touffus d’un vert sombre. Son bois blanc, très léger, est employé dans les constructions
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- agricoles; l’écorce est fébrifuge; par infusion en eau bouillante on en retire une couleur café clair, très appréciée pour la teinture des « ponchos » parce qu'elle imite parfaitement la couleur de la laine de vigogne; mais elle ne peut être appliquée sans mordant, ce qui en restreint l’usage.
- L’Eriodendron samuliu, famille des Rombacées, connu par les indigènes sous le nom de « Yuclian » ou « Palo borracbo », attirait notre attention par les dilatations bizarres du tronc et des grosses branches ; son bois, très léger, riche en potasse, est sans emploi industriel ; — les feuilles calment la migraine ; les fruits contiennent une sorte de duvet
- blanc aux libres peu adhérentes que l’on emploie pour la fabrication des mèches.
- Le « Mistol » (Zizyphus mistol, famille des Ram-nées), très commun dans le Chaco, tout en nous indiquant des lieux secs, arides, excitait nos convoitises, car à l’égal des Indiens nous recherchions ses fruits pour nous en alimenter. Ces derniers en font une boisson fermentée assez agréable.
- L’écorce sert à nettoyer les vêtements de laine ; le bois est un excellent combustible; on obtient par décoction dans l’eau bouillante une couleur café. Les fruits sont considérés comme des antidotes au venin des reptiles ; l'infusion est efficace contre les
- ; 3. Fouille; i. Bobo; 3. Rameau; G. Fouille; 7. Fleur.
- coliques bilieuses. Le fruit écrasé et pilé avec de la i'arine de blé ou de maïs l'orme une pâte qui se vend au marché de Tucuman sous le nom de « l'atay » ; elle est très agréable au goût et se recommande par ses propriétés stomacales.
- La floraison a lieu en août-septembre et la maturité en janvier-février.
- Le « Iluraznillo » (Cestrum pseudoquina), famille des Solanées, est un arbuste à bois très dur, commun dans les parages d’Aguairanda et de Caiza. Son bois est employé dans les constructions; l’écorce est purgative; en décoction elle est souveraine contre les coliques bilieuses.
- Le « Tusca » (Acacia arovna, .famille des Mimosées), est très commun dans le Chaco, son fruit est très recherché par les Indiens ; l’écorce est riche en
- tanin ; traitée par l'eau bouillante elle donne un bain qui, sous l’action de la couperose, fournit des couleurs variant du gris clair au noir ; le bois est un excellent combustible et les feuilles sont utilisées comme sédatives dans le pansement des blessures.
- Un arbuste, de la famille des Mimosées, dont nous avons conservé un souvenir inoubliable est le « Ya-guatasi » de « yagua » en guarani, fourmi, et de « tasi », tigre. C’est-à-dire « fourmi tigre », ainsi nommé par les Indiens à cause d’une fourmi petite, longue, mince, très basse de corps, qui affectionne ses branehes et ses feuilles et qui mord cruellement le voyageur inexpérimenté, troublant sa quiétude.
- Parmi les plantes, une broméliacée, connue sous le nom de Caraguata ou Chaguar, de « Ca » en guarani, plante ; de « ragua », épineuse, et de « ta »,
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- forte, résistante, d’où plante épineuse résistante, à cause des épines redoutables, opposées en grilles de chat, dont ses feuilles sont armées ; il y en a de plusieurs espèces, dont une a la propriété de retenir l’eau dans ses longues feuilles engainantes ; extrêmement a bond a n t e dans tout le Chaco, les Indiens, plus spécialement les Tobas, utilisent, par le martelage et la dessiccation, les fibres dans la fabrication des cordes, des filets de pêche, des cottes de combat, des sacs, etc.
- Dans les moments de disette ils se nourrissent des racines bulbeuses et du fruit. L’exploitation des fibres de cette broméliacée pourrait être l’objet d’une productive industrie.
- Une des plantes à laquelle nous avons eu bien souvent recours est le « caane ou paiko » (chi-lense rubiera multitlora, adiatum cuneifolium-chenopodium antihelminticum, famille des Chénopodiacées), très commune dans toutes les régions sablonneuses du Chaco, voisines
- des cours d’eau; ses feuilles prises en infusion, très agréables au goût, ont des propriétés stomacales et
- antispasmodiques extrêmement efficaces. Tels sont les types essentiels, principaux de la flore du Chaco, extrêmement variée, riche en bois de construction et d’ébénisterie, en produits industriels oléagineux, résineux, tinctoriaux, balsamiques et en plantes médicinales, dont on peut espérer tirer le plus grand profit, le jour où le chemin de fer projeté entre Rallia Negra et Santa Cruz, sera ouvert (précisément par le tracé (pie j’ai indiqué dans mes conclusions adoptées par le Gouvernement Bolivien) ; alors des voies secondaires de pénétration pourront être dirigées vers l’intérieur du Chaco boréal.
- 11 y alù une telle quantité d’abeilles que la production du miel et de la cire peut être considérée comme presque suffisante à alimenter la consommation du monde entier. * A. Thouar.
- Fig. 3. — 1. Caraguata; 2. Fruil ; 3. Ensemble de la fructilicalion ; 4. Feuille (fragment); 3. Crochets qui la bordent.
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- TONNAGE ET TONNEAU
- On soit bien d’une manière générale que la capacité d’un navire s’évalue en tonneaux, le tonneau étant une mesure de volume adoptée à la suite d’une entente internationale. Autrefois les diverses nations avaient des unités très variables, ce qui compliquait considérablement le payement des droits de navigation et autres que les navires ont à payer dans les ports qu’ils fréquentent : aujourd’hui, toutes les nations ont adopté ce qu’on nomme le tonneau Moorson, c’est le tonneau de jauge courant, unité qui est basée sur le système des mesures anglaises, qui vaut 100 pieds cubes, ce qui correspond à 2,8ô mètres cubes dans le système métrique. Nous pourrions ajouter que, en dépit de l’uniformisation apparente que donne l’adoption d'une mesure de volume commune, l’évaluation du jaugeage d’un bateau dans plusieurs pays fournit des résultats différents, parce qu’on ne suit pas les mêmes méthodes géométriques pour le cubage ; de [dus, tantôt on déduit, tantôt on ne déduit point certains espaces que l’on considère ou non comme n’étant pas utilisés pour le chargement du navire.
- Mais ce qui est plus intéressant à signaler que ces différences dans les procédés de jaugeage, c’est l’emploi que l’on fait du mot tonneau ou tonneau de mer, comme on dit plus souvent, dans des sens variés et qui ne se rapportent plus au jaugeage et à la capacité du bateau calculée pour les droits de ports. 11 est donc bon de spécifier la nature de ces dénominations diverses pour éviter toute confusion dans l’esprit de nos lecteurs.
- Il y a tout d’abord le tonneau de déplacement, mais on a tort de dire tonneau, et il faudrait employer le mot tonne, qui exprime bien un poids, et ne peut créer aucune méprise. En effet, le déplacement d’un navire, ce n’est pas autre chose que son poids, le poids par conséquent de l’eau qu’il déplace, et ce déplacement s’évalue, en France, en tonnes de 1000 kg, de même que dans tous les pays ayant adopté le système métrique, et en tonnes de 1016 kg dans les pays de langue et de mesures anglaises.
- C’est ensuite le tonneau d’encombrement, qui est une unité de volume, l’ancienne unité employée en France d’après l’ordonnance de la Marine en 1681. 11 s’agit d’un volume de 42 pieds cubes, ce qui correspond à 1,44 mètre cube de nas mesures actuelles. On avait choisi ce volume parce qu’il représente l’encombrement de quatre barriques bordelaises dont le poids (lorsqu’elles sont remplies de vin) est précisément l’ancienne tonne de 2000 livres, ce qui est sensiblement l’équivalent d’une tonne de 1000 kg. Ce tonneau d’encombrement est particulièrement précieux en ce sens qu’il correspond à un poids donné, et qu’il permet, dans l’établissement des frets, de tenir compte à la fois du volume et du poids de la marchandise. Par conséquent, il y a des marchandises légères qui pèsent moins de 1000 kg par tonneau d’encombrement, et, au contraire, des marchandises lourdes qui pèsent plus de 1000 kg sous ce volume de 1,44 mètre.
- C’est pour permettre d’évaluer ces degrés de lourdeur ou de légèreté qu’on a imaginé un autre tonneau, le tonneau d’affrètement. C’est un certain poids qui varie avec chaque marchandise, et qui représente fictivement, au point de vue de diverses perceptions, le tonneau d’encombrement de cette marchandise. Quand donc, suivant ce que nous disions à l’instant, la marchandise est légère, le tonneau d’affrètement, en ce qui la concerne, est le poids de la quantité de cette marchandise qui peut tenir
- dans un volume de 1,44 mètre cube. Si, par contre, il s’agit d’une marchandise lourde, le tonneau d’affrètement devient la masse de cette marchandise qui forme un poids de 1000 kg. Celte manière de calculer et de faire est parfaitement logique, puisque, avec les marchandises lourdes, le navire sera à sa pleine charge bien avant que les cales soient totalement occupées, et qu’il lui sera impossible d’occuper le vide demeurant dans ces cales : autrement il s’enfoncerait par trop en dépassant son chargement maximum. Avec les marchandises légères, au contraire, la cale sera pleine avant que le navire porte en poids, en lourd comme on dit souvent, le maximum de ce qu’il peut supporter : c’est le volume qu’il faut considérer ici, car le navire ne peut plus rien prendre à son bord, bien qu’il ne soit pas lourdement chargé. Pour établir les frets on tient donc compte des tables qui sont dressées et qui répartissent les marchandises en lourdes ou en légères, et déterminent le tonneau d’affrètement pour ces dernières.
- Nous ajouterons enfin que bien souvent les documents les plus officiels font des confusions de termes, qui peuvent entraîner parfaitement des confusions effectives, en employant un peu à tort et à travers les mots tonnes et tonneaux, disant, par exemple, que le tonnage de jauge total des navires ayant fréquenté un port a été de tant de milliers ou de millions de tonnes, alors que la jauge ne peut s’exprimer qu’en tonneaux. Mais quand on veut indiquer en poids le mouvement d’un établissement maritime, il vaut beaucoup mieux employer le mot tonnes que le mot tonneaux, puisqu’on pourrait confondre avec le volume total de jauge des navires ayant fréquenté le port. 1). B.
- LA FABRICATION DES ARMES A BRESCIA
- Le gouvernement italien possède une manufacture royale d’armes à Brescia, mais toute la province compte d’importantes usines privées analogues.
- Pour la manufacture royale, elle comporte d’assez vastes ateliers, on y procède même aux essais de tir, et elle est complétée par une succursale à Gardone Val Trompia, qui fabrique plus spécialement les canons de fusils et les appareils de fermeture et de répétition. Toutes les installations y sont perfectionnées, et l’électricité y est largement mise à contribution. La direction de cette manufacture royale est confiée à un colonel d’artillerie ayant pour adjoints 2 chefs d’escadron et 2 capitaines; le personnel comprend en tout 680 ouvriers, et la productivité pourrait atteindre 50 000 fusils par an, quoiqu’elle ne soit effectivement que de 35 000.
- L’industrie privée est représentée à Brescia même par 5 manufactures, dont la principale est la Société Tempini, qui possède plus de 430 ouvriers, et fabrique à la fois des douilles et percuteurs, des projectiles, des pièces d’armes détachées pour le Ministère de la marine ou de la Guerre. Une autre maison s’est spécialisée dans les fusils de chasse et les revolvers. Mais Gardone Val Trompia abrite une manufacture privée qui a valu sa réputation à la province de Brescia : on n’y trouve à poste fixe qu’une centaine d’emplovés, mais elle donne du travail à façon à une quantité d’ouvriers à domicile répartis dans les communes des environs, dette usine pourrait produire annuellement 15 000 fusils, à baguette, à percussion centrale, etc. Ajoutons que, dans d’autres centres de la province, on fabrique aussi des épées, des sabres, des baïonnettes, etc. P. de M.
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- LE SOLA DE L’INDE
- l’XE I.KGI'MINKUSE A TOIT FAIRE
- Dans les pays chauds, les indigènes excellent, en général, a tirer un grand parti des plantes qui poussent dans leur voisinage. Ignorants de la plupart de nos cultures et de nos industries, ils demandent aux végétaux sauvages les éléments de leur bien-être si relatif ou de leur commerce. On cite souvent, à ce point de vue, le cocotier, si utilisé depuis les racines jusqu’aux fruits et aux bourgeons. On pourrait en citer bien d’autres espèces dans le même cas. Kn voici un qui est peu connu : c’est le Sola de l’Inde (.Eschynomene aspera), petit arbre de 2 à o mètres de liant, et dont la tige droite s’amincit graduellement en s devant et ne se ramifie que vers le sommet. Commun sur tous les points de la Péninsule indienne, le long des ruisseaux, le bord des lacs, des étangs, dans les mares, il atteint ses plus grandes dimensions sur la côte du Malabar où il est aussi extrêmement répandu.
- Les habitants de la côte de Coromandel rangent ses feuilles parmi leurs légumes et les mangent, soit assaisonnées, soit tout simplement cuites à l’eau.
- Les tiges, formées d’un tissu spongieux, à grain très fin, se laissent tailler et sculpter avec la plus grande facilité. Grâce à leur extrême légèreté, on s’en sert pour remplacer le liège dans les engins de pèche et de chasse. Elles sont également employées par les « camelots » indiens à confectionner de petits ouvrages de fantaisies semblant faits en albâtre, des éventails, des bouchons et surtout des jouets d’enfants, tels que fleurs, statuettes, petites maisons, etc., qui se vendent sur les marchés et les places publiques, principalement les jours de fête. À Trichinopoli, dans le Tanjaour, on excelle à en faire de petites pagodes remarquables par la finesse des détails.
- D’après M. Van den llerghe, aujourd’hui cette sorte de matière subéreuse a créé une industrie nouvelle et une branche de commerce qui a pris une certaine extension; cette industrie consiste dans la fabrication de chapeaux et de casquettes d’une extrême légèreté, d’une forme plus ou moins élégante et d’un prix peu élevé. Ces casquettes étant couvertes d’une toile blanche très fine et très serrée, sont d’un effet salutaire dans les pays chauds, pour ceux qui en portent habituellement, parce quelles laissent circuler l’air et garantissent bien de la chaleur. Dans l’Inde, ce couvre-chef a détrôné les chapeaux de paille et de Panama, et fait partie nécessaire du costume de tous ceux qui ont à braver les ardeurs du soleil. Les chapeaux Topis-sola se fabriquent en découpant les tiges de la plante en bandes minces que l’on colle ensemble et, avec un moule, on lui donne toutes les formes possibles suivant les divers types de casques adoptés.
- On sait que dans l’Inde, aussi bien que dans tous les autres pays chauds l’une des plus grandes jouissances consiste à boire frais. Aussi ne pouvait-on manquer d’utiliser la non-conductibilité de la chaleur dont jouit le Sola, pour conserver aux boissons glacées et aux entremets frappés leur basse température. Le l)r Colas dit qu’on y arrive en fabriquant, avec les tiges de cette plante, des étuis pour les carafes, les bouteilles, les verres, des cloches pour couvrir les crèmes, les fromages glacés, etc. C’est réellement merveille de voir comment, alors que l’atmosphère est embrasée, les boissons et les préparations glacées se maintiennent à une basse température sous ces enveloppes que les dames savent revêtir d’un travail de tapisserie ou de crochet, qui leur fait contri-
- buer à l’ornementation de la table. Ce mode de conservation de fraîcheur pour les boissons et les aliments a été adopté par plusieurs compagnies pour le service des navires. Henri Coipix.
- TRAMWAYS A COLLISION
- Après les divers Looping-the-loop, Cercle de la mort, Saut de l’abîme, etc., tous destinés à faire passer un frisson d’horreur sur l’épiderme des assistants, voici une invention plus bizarre encore, aménagée de façon à donner non seulement aux spectateurs, mais même aux acteurs, l’angoissante sensation d’une collision de tramways lancés à toute vitesse. Sur un pont métallique bâti pour la circonstance, deux tramways remplis de voyageurs payants, sont lancés l’un contre l’autre: comme il n’v a
- Tramways à collision.
- qu’une voie et que la voiture adverse est toujours visible, les personnes qui ont pris place dans les cars ont jusqu’au dernier moment l’affreuse appréhension d’un tamponnement avec écrasement complet. Heureusement, à l’instant précis où la catastrophe va se produire, l’une des voitures passe par-dessus l’autre, exactement comme un cheval qui franchit un obstacle. Le mécanisme est des plus simples et la figure le fait fort bien comprendre. Chaque voiture est munie d’une solide armature de fer qui forme cintre au-dessus de son toit et se prolonge en avant et en arrière de manière à servir de guide en D's rails. La voiture qui doit passer sous l’autre, et qui est toujours la même, a une armature de même forme que le rail, sur laquelle l’autre voiture s’engage facilement pour sauter cette espèce de dos-d’âne. Chaque tramway est animé d’une vitesse de 25 kilomètres à l’heure en moyenne, due à une pente de 25 pour 100, et à un moteur électrique. C’est en somme une montagne russe, où, au lieu de franchir une ondulation de la ligne, on saute une voiture. L'effet est, paraît-il, des plus saisissants, et les voyageurs ne sont que médiocrement secoués : l’inventeur de cet ingénieux appareil est M. P.-K. Stern, de New-York. F. de Z.
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- LES INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES
- DF, I,'ABATTOIR DE DIJON ET I)F FA BOFCHERIE LYONNAISE
- Dijon vient d’étre doté d’un frigorifique municipal. C’est la première ville importante de France qui bénéficie, actuellement, d'un tel établissement, alors que l’Allemagne en possède 266 et que tous les abattoirs des grandes villes européennes en sont largement pourvus.
- Le véritable promoteur de l’installai ion frigorifique de Dijon est, sans contredit, le distingué Directeur de l’Abattoir de cette ville, M. A. Carreau, dont la clairvoyante obstination a fini par sortir victorieuse de tous les écueils qu’on a accumulés à plaisir pour entraver la réalisation de ce projet..
- M. Carreau a du soutenir une lutte longue et ingrate pour réfuter, au sein de nombreuses commissions préparatoires, tous les arguments que les conseillers municipaux y apportaient au nom des principaux intéressés : bouchers et charcutiers !
- Ces arguments étaient la conséquence d'un préjugé invétéré.
- Leur absurdité, cependant, ne résista pas à la réalité des faits, et, aujourd’hui, les adversaires 1 e s plus déterminés sont devenus des adeptes fervents du nouvel établissement. Ils ne sont plus à compter les bienfaits que celui-ci a rendus à leur corporation à laquelle il est spécialement destiné.
- De fait, pour un abattoir, les conséquences avantageuses de la partie frigorifique sont multiples.
- La première a trait à l’amélioration de la qualité de la viande, surtout en été. Pendant cette saison, le boucher se trouve dans l’obligation de débiter des viandes trop fraîchement abattues, par conséquent dures et coriaces. L’intervention du froid permet de conserver ces viandes pendant 8 à 1 b jours, par les chaleurs les plus torrides. Au bout de ce temps, elles sont aussi belles qu’au moment de l’abatage. De plus, elles sont « rassises » : la rigidité cadavérique a disparu et les liquides organiques ayant imprégné par osmose toute la masse musculaire la rendent plus tendre, plus juteuse, plus savoureuse1. Cette
- 1 Yoy. J. de Lovent», Le froid artificiel, p. ‘266 et suiv., Paris, 1903.
- amélioration du goût correspond à une plus-value de 0fl ,50 à 0fl ,80 par kilogramme.
- L’intervention du froid n’aura pas seulement pour cllel d’améliorer la qualité de la viande, de supprimer totalement toutes les pertes résultant des fortes chaleurs, des orages, des temps humides, mais aussi d'éviter le dépérissement considérable des animaux conserves sur pied. D’après l’évaluation de M. A. Carreau, le dépérissement des veaux qu’on était obligé de garder à l’écurie de Dijon, correspondait à une perte sèche de 5 francs par animal et par jour! A côté de cela, chaque boucher dijonnais perdait annuellement, par suite de mauvaises conditions atmosphériques, une moyenne d’au moins 200 francs. Ces préjudices ne se limitaient pas là. Les bouchers avaient encore à subir d’autres perles provenant du défaut de vente, par suite d’une insuffisance d’approvisionnement, durant la saison chaude.
- L’intervention du froid remédie à ces inconvénients, en même temps qu’elle permet aux bouchers de livrer à la consommation des viandes « rassises », beaucoup plus savoureuses et plus tendres, à qualité égale, que celles qu'on consommait jusqu'alors.
- L’installation frigorifique de Dijon a coûté 150 000 francs. Cette somme a fait l’objet d’un emprunt municipal amorti en trente annuités. Pour assurer le montant correspondant à chacune de ses annuités, on a augmenté le droit d’abat de 0fr, 10 par 100 kilogrammes.
- L’ensemble de cette installation occupe une superficie de 475 mètres carrés. La surface des chambres froides est de 455 mètres carrés. Ces pièces sont subdivisées en un certain nombre de loges ou cases; ces compartiments, qui sont séparés à l’aide de grillages, sont fermés à clef.
- Ces loges sont au nombre de 65, dont 56 grandes et 7 petites. Chacune des grandes mesure 5m,20 de profondeur, sur 1"',70 de largeur et 2m,50 de hauteur. L’ensemble des loges est réparti dans 4 pièces, dont une grande et une petite sont au rez-de-chaussée, et deux autres identiques au 1er étage. Celui-ci est desservi par un monte-charge électrique.
- La salle de machines possède une superficie de 40 mètres carrés. Là se trouvent deux machines fri-
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- LA N ATI1 UE.
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- goriliques à ammoniaque (système Eixary) mues également par lelectricilé. Un seul de ces appareils suflit pour assurer le service de rétablissement, en été ; le second est toujours de réserve. A coté de cette salle des machines, très proprement tenue, sont placés les deux frigori-lères où se fabrique pour ainsi dire l’air froid.
- Un ventilateur refoule d'un coté, dans les chambres froides, l’air refroidi par son contact avec le liquide inconge-lablc, en même temps qu’il aspire de l’autre côté l’air réchauffé par son séjour dans les chambres. En passant à travers le frigori-lère cet air est refroidi, purifié et refoulé de nouveau.
- L'administration de l’abattoir, n’ayant pas à se préoccuper des frais d’amortissement, cherche à couvrir, par la location des loges, seulement les dépenses résultant de la force motrice, de l’entretien des machines et les appointements du mécanicien, soit en tout, une quinzaine de mille francs.
- Dans ces conditions elle loue chacune des loges de 12 mètres cultes et demi, pour le prix modique de 260 francs par an, soit à peine 21 fr. par mètre euhe, prix qu’aucune entreprise privée ne peut faire, pour le moment, en Erance, le prix de revient par mètre cube utilisable étant d’environ 40 francs pour les établissements possédant plus de 1000 mètres cubes de capacité refroidie, et de 50 à 100 francs pour les autres.
- La ville de Dijon peut être fière de son initiative.
- Le prolit que bouchers et consommateurs en retirent, poussera beaucoup d’autres municipalités, surtout dans les villes qui sont privées d'établissements frigorifiques, de suivre son exemple. Déjà les bouchers de Lyon, ayant senti la nécessité de cette eonserva-tion, ont commencé à louer des cases à l’immense Établissement frigorifique de cette ville, qui constitue, sans conteste, l’installation la plus vaste et la plus parfaite existant actuellement en Erance.
- Dans cet établissement la boucherie lyonnaise disposera bientôt d’un grand local spécialement aménagé, ayant une entrée à part. La dimension des loges varie suivant l'importance du locataire. Toutefois, leur aménagement plus rationnel, permettant de placer beaucoup plus de viande dans le même espace, fait qu’une loge louée à 280 francs par an suffit aux besoins d’un boucher moyen. Le prix est donc en définitive sensiblement analogue à celui des abattoirs municipaux.
- Sur toutes les installations similaires, celle de Lyon présente une supériorité incontestable, c’est d’offrir une sécurité absolue aux locataires. Pour refroidir les chambres, on dispose de trois énormes chaudières et de trois machines à froid (système Esclier Wyss). Chacune de celles-ci peut produire 150 000 fri-gories (correspondant à 1200 kilogrammes de glace) à l'heure. Or, une seule /chaudière et une seule machine à froid suffisent pour assurer, par tous
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- les temps, le fonctionnement de l'ensemble, et les deux autres restent toujours disponibles pour toute éventualité. Même dans le cas où une catastrophe imprévue entraînerait la destruction de tonte cette partie mécanique, une quatrième machine à froid, placée dans une pièce séparée et mise en mouvement par le courant électrique de la ville, est capable d'entretenir le froid dans toutes les chambres.
- Pour toutes ces raisons, l'établissement de Lyon est bien le seul, en Europe, qui garantisse absolument une température déterminée et constante aux locataires des loges. J. de Loverdo.
- CHRONIQUE
- I,e mouvement de la population. — La mortalité, en 1902, fut en baisse. C’est le Journal officiel qui le dit : et comme cette constatation s’appuie sur des statistiques officielles, on ne court, à le croire, aucun risque sérieux. Sans cloute, tout serait pour le mieux si, le chiffre des décès diminuant, celui des naissances se décidait à augmenter. Les statistiques de 1903 sont un peu meilleures. Veut-on des chiffres?On a enregistré, en 1902, 11 890 naissances et 25 442 décès de moins qu’en 1901. Et l’excédent des naissances sur les décès a été de 85 944. Cet excédent, en 1901, n’avait été que de 72 598. Seize départements, seulement, ont vu s’accroître le nombre des naissances, ce sont : notamment les Alpes-Maritimes (+ 344), les Bouches-du-Rhône (+ 433), le Pas-de-Calais (+ 452), la Vendée (+ 590), la Charente-Inférieure — patrie du président du Conseil (4- 544), les Deux-Sèvres (-f 203), le Yar (+ 251). On est mort, abondamment, par contre, surtout dans le Nord, le Yar, les Ardennes, le Cantal et la Côte-d’Or. On s’est moins marié en 1902 qu’en 1901 : 294 780 unions contre 505 409. La crise est générale, ou à peu près. Vingt départements, il faut le reconnaître, ont donné le bon exemple. 11 faut citer les Pyrénées-Orientales (-f 245), la Charente-Inférieure (-{- 101), la llaute-Loire (+ 105), le Finistère (4- 80). Dans les 10 autres, l’augmentation du nombre des mariages est faillie. Mais elle existe, et c’est l’essentiel. Les divorces ont été plus nombreux en 1902 qu’en 1901 : 8451 au lieu de 7741.
- Gisement de pierres précieuses. — Il est une
- pierre précieuse nommée « Spodumène )) qui se rencontre particulièrement au Brésil ; elle se présente sous la forme de cristaux d’un blanc opaque ou de cristaux très richement colorés. Ainsi, par exemple, les petites émeraudes de la Caroline du Nord, les gemmes jaune clair, les spécimens violets de Branchville. Malheureusement cette pierre précieuse est très altérable et perd souvent sa transparence et même ses teintes. Or, d’après « Science », M. Kunz a découvert à San Diego (Californie) un gros cristal de spodumène n’ayant suivi aucune atteinte du temps et d’une splendide couleur lilas. San Diego est à 5 kilomètres au nord de Pala, tout près aussi des fameuses mines de rubellite et de lépidolite de cette ville. Ces mines sont très riches; on y trouve l’amblygonite par tonnes et la lépidolite par centaines de tonnes. A‘San Diego, les cristaux de spodumène atteignent la taille d’une main d’honnne; ils sont d’une teinte lilas rosé. Ces cristaux n’offrent aucune trace d’altération. La découverte de M. Kunz offre un véritable intérêt.
- Ia*s remblayages par embouage. — Dans bien des circonstances les galeries de mines ont besoin d’être remblayées, comme lorsque, par exemple, on a extrait tout le charbon du massif qu’elles parcourent, et qu’il faut éviter des effondrements qui se produiraient inévitablement dans des boisages abandonnés à eux-mêmes. Le remblayage proprement dit par la méthode ordinaire des terrassements est extrêmement lent et coûteux, et voici que maintenant, dans des charbonnages de Silésie, de Moravie, on recourt à la méthode fort rapide de l’embouage. On fait en somme descendre dans les galeries des terres diluées dans de l’eau, qu’amènentdes conduites « ad hoc ». Les tuyaux et les caniveaux qui portent ces boues sont fixés à la partie supérieure des boisages. Des cloisons doubles formant barrage arrêtent les boues et laissent filtrer l’eau. La méthode est d’autant meilleure qu’elle permet d’extraire presque tout le charbon des espaces qu’on remblayera ensuite, et aussi d’en enlever la plus grande partie des boisages.
- Nouvelle drague combinée. — Elle est à deux tins, et son action est particulièrement variable et puissante, en ce sens qu’elle possède à la fois une chaîne à godets et des pompes à déblais : on emploie l’une ou les autres suivant le terrain à attaquer. Elle peut travailler à une profondeur de 7m,50, et envoyer les produits du dragage dans son propre puits ou dans des chalands amenés bord à bord avec elle, ou encore refouler à distance, jusqu’à 500 mètres et 2 mètres de haut. La chaîne à godets donne de 50 à 120 mètres cubes à l’heure, la pompe à succion 120 mètres également. 11 y a bien deux pompes à déblais, mais la seconde sert au refoulement, quand il y a lieu d’y recourir, et reçoit les déblais de la première, si l’on drague par succion. Pour refouler les déblais dragués par godets, ces déblais sont d’abord versés dans un puisard, sur une grille ou un couteau rotatif les divise, puis aspirés par la pompe de refoulement après avoir été dilués.
- Une nouvelle échelle de sauvetage automobile. — Le matériel de la brigade des pompiers de Londres s’est enrichi d’une échelle automobile d’un fonctionnement assez original. Elle se compose de six plates-formes supportées par le châssis; ces plates-formes se replient les unes sur les autres, en se superposant, quand l’automobile est en inarche. Dès que la voiture est devant ta maison en feu, le moteur est embrayé sur un engrenage qui élève rapidement les [dates-formes au niveau des différents étages. Les pompiers peuvent alors monter sur ces plates-formes et, à l’aide de. petits ponts volants, soit effectuer le sauvetage des habitants, soit noyer le foyer de l’incendie. C’est à la suite d’un sinistre ayant causé la mort de plus de 20 personnes, que l’état-major des pompiers de Londres, se rendant compte que les échelles de sauvetage actuelles sont insuffisantes pour sauver beaucoup de monde à la fois, a inventé ce nouvel appareil.
- Flottage des planches. — Pour transporter à distance les planches débitées dans la montagne certains industriels ont établi en Roumanie un système de flottage très simple et très pratique. I n canal en planches ayant 70 centimètres de largeur et 50 de profondeur reçoit un courant d’eau continu emprunté à un ruisseau. Son inclinaison varie entre 5 millimètres et 50 millimètres par mètre. Tantôt posé à terre, tantôt élevé sur des chevalets, il présente des courbes, mais toutes à grand rayon. Les planches sont simplement jetées dans cette gouttière qui les transporte sans difficulté jusqu’à
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- LA NATURE.
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- plusieurs kilomètres du point initial : il suffit de laisser quelques mètres entre elles pour éviter tout accrochage. L’économie qui résulte de l’emploi de ce dispositif est considérable, si l’on songe qu’il prend les bois dans des endroits où l’accès des charrettes est généralement impossible. Dans certaines contrées montagneuses delà f ranco, il pourrait rendre de réels services.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 novembre 1903. — Présidence de M. A. Gacduy.
- L'olfacüon chez l'escargot. —M. ltelage rappelle que, suivant une opinion accréditée, les tentacules seraient chez l’escargot l’organe de l’olfaction. Il présente une Note de M. Yung, professeur à la faculté de Genève, qui réduit à néant cette hypothèse. En effet, en touchant le corps avec une baguette odorante non caustique, l’animal réagit comme si l’on avait touché les tentacules. Il suffit même d’approcher à 4 centimètres de distance la baguette d’un point quelconque du corps non abrité par la coquille. L’observation histologique est d’ailleurs d’accord avec l’expérience, car l’on n’observe point de cellules différenciées à la base du tentacule.
- Bourgeonnement des ascidies. — M. ltelage résume un important travail de M. Pizon sur le développement des diplosomidés (ascidies composées). On avait observé depuis longtemps que sur chacun des deux individus éclos du même œuf, des bourgeonnements apparaissaient en trois points et l’on admettait que ces bourgeonnements se réunissaient pour former un nouvel individu. Cette hypothèse est fausse. Chacun des deux individus également développés, qui proviennent de l’œuf, suit pour bourgeonner une autre voie tout à fait particulière et inconnue dans la série animale. Chacun dédouble d’abord sa bran-chie, son estomac, son intestin et son cœur; on a dans ce stade un être bithoracique et biventrique qui subsiste pendant ‘24 heures. Puis les différents organes se séparent pour former deux individus distincts, avec cette particularité que le premier change de viscères avec le second : il prend l’estomac, l’intestin et le cœur nouveaux et lègue les siens à l’individu nouvellement formé. Puis ensuite l’individu qui a ainsi régénéré sa masse viscérale prend une nouvelle branchic tandis que la sienne entre en régression et disparaît. M. l'iron condense ces faits dans la loi suivante : Les colonies se multiplient par dédoublement de chacun des individus avec interversion des masses viscérales, lesquelles semblent se perpétuer indéfiniment en passant d’un individu à l’autre; tandis que les branchies s’atrophient et se régénèrent successivement.
- Variations de marche des chronomètres. — A l’occasion d’une détermination de la différence de longitude Paris-Neuchàtel effectuée par le transport de chronomètres, dans le but de rechercher la précision à laquelle on peut atteindre par celte méthode, M. Ditisheim à la Ghaux-de-Fonds a étudié l’action de l’atmosphère sur la marche «les chronomètres. Dans une Note que présente M. Lœvvy il montre que la marche des montres varie proportionnellement à la pression, retardant quand celle-ci augmente. La valeur du retard dépend aussi de l’isochronisme, c’est-à-dire de la différence dans les marches que l’on observe aux grands et petits arcs de l’oscillation du balancier. Ce dernier effet est d’autant plus sensible que la marche est plus petite. D’autre part M. Guillaume démontre que le facteur le plus important du phénomène
- est la masse d’air entraînée par le balancier et non pas la résistance proprement dite du milieu. La résistance produirait, en effet, une avance et non un retard, ainsi qu’on l’a observé. La quantité d’air qu’il faut supposer entraînée par adhérence ne dépasse pas d’ailleurs 1/2 milligramme pour les plus gros chronomètres de poche.
- Orage magnétique. — M. Mascart dépose une Note de M. Moureaux relative à l’orage magnétique du 51 octobre. L’auteur indique que l’inclinaison a varié de 1° 5' et la déclinaison a varié de 1°40', au Val-Joyeux près Saint-Cyr en une demi-heure, que la composante horizontale a subi une perturbation de 1 /56 de sa valeur et la composante verticale une perturbation de 1/120. Il ajoute que depuis 1882 on n’avait pas observé de perturbation aussi intense. En 1882 un orage a été ressenti à Paris et au cap llorn, celui du 51 octobre à Paris, Lyon, Nice, h Perpignan, au Pic du Midi. Depuis le 2(5 octobre M. Moureaux suivait un groupe important de taches solaires; le 51 une tache de dimension exceptionnelle couvrant 1/U du diamètre du soleil a passé au méridien du soleil et c’est à ce moment que les phénomènes magnétiques se sont produits. La relation de cause à effet semble donc établie. Ch. ni: Yillcdeuil.
- L’HORLOGE DE IA 1ASTILLE
- Un écho de journal, écho d’ailleurs erroné, m’amena récemment en pèlerinage à Saint-Denis, à la Compagnie française des métaux, conservatrice d’une relique de la Révolution, l’horloge de la Bastille, échappée à la vigilance intéressée du « patriote Pallov » on ne sait au juste pour quelle cause.
- Elle est bien déchue, la pauvre vieille mécanique et semble touLe honteuse, dans le fond du magasin qui lui sert d’asile, de n’avoir pu trouver l’hospitalité à Carnavalet, alors (pie tant de souvenirs moins historiques, soigneusement étiquetés et bienveillamment époussetés, jouissent d’un paisible repos derrière les vitrines de l’État. Je serais heureux que ces lignes contribuassent pour quelque chose à mettre fin à son triste sort.
- Ce n’est certes point que cette épave de temps troublés soit un chef-d'œuvre de cette horlogerie qui, chez nous plus qu’ailleurs, compte tant de noms illustres. Le sieur Quillet, auquel il fut payé 5767 livres 5 sols pour cette fourniture ainsi qu’il appert d’une lettre de M. de Sartine, du 28 avril 1764, ne parait pas jeter un grand lustre sur sa corporation par le résultat de son travail. Ce qu’il y a de mieux, en effet, dans son horloge, ce sont les cloches, et elles ne sont pas de lui, mais d’un fondeur nommé Chéron, lequel d’ailleurs eut beaucoup de mal à se faire solder son bronze1 et dut pour cela en référer au lieutenant de police lui-même.
- Ces cloches sont au nombre de trois. Elles ont un beau son, du moins la plus grosse qui pèse 125 kg et mesure 52 cm à la base sur 48 de hauteur. Les deux autres ayant respectivement comme poids 72 et 50 kg, comme diamètre de hase 47 et 45 cm et
- 1 M. Maxime Guillaume a, dans une jolie plaquette, éditée en 1896, à Tours, suivi, d’après les manuscrits des archives, les pérégrinations de f « horloge cl des cloches de la Bastille »•
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- LA N AT LUE.
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- comme hauteur 40 et ni cm. Les deux premières portent l'inscription :
- Jean Chaules Chéron Mafait 1702.
- La plus petite porte une inscription bizarre et en grande partie écrite à l'envers, inscription ipii ne donne pas d'ailleurs une haute idée de l’instruction du i'ondeur :
- SES TROIS CLOCHE SON FAIT l'AU SI VOL iNOUEUC KVEONOF UVOC. El) AL LITSAli H AAI*
- LAN 1761.
- A partir du nom du I'ondeur les mots sont à retourner et la notice devient :
- Ces trois cloches sont laites par Louis Chéron, i'ondeur de la cour (pour la royale) lîaslille,
- 1 "au 1701. Elles
- sont décorées avec assez d’élégance.
- Revenons au mécanisme. Son enco m h r e ment est de 1m ,45 en longueur, lni,15 en largeur (com-
- pris les queues de tirage perpendiculaires à la direction longitudinale) et l,n,60 en hauteur (compris le pied en hois).
- Les poids sont en plomb. Les cordes s’enroulent sur trois cylindres de 25i m environ de longueur, placés bout à bout dans le sens de la direction loilgitudi- L’horloge de
- nale. Elles sont
- renvoyées par des poulies en bois logées entre les montants du pied et maintenues par des arcs-boutants de 1er. L’échappement à chevilles actionne un balancier de 1m,ôO environ de longueur, du point d’oscillation au centre de la lentille. Ce balancier est logé sur un des cotés du mécanisme, et la modération des sonneries est obtenue au moyen d'un volant actionné par une roue de champ tournant dans un plan parallèle à celui d’oscillation du pendule.
- La suspension métallique du balancier est fort longue et mesure plus de 10 cm. Elle est moins ancienne que le mécanisme.
- Les engrenages sont fort usés et beaucoup de dents
- sont couchées.Il est vrai que l'horloge passa, pour arriver au vingtième siècle, par de sérieux avatars.
- Après avoir disparu, dès le lendemain de la prise de la bastille, elle vint échouer au district de Saint-Louis de la Culture, d’où elle émigra à la fonderie de Romilly-sur-Andelle, dont le propriétaire avait un marché avec l’administration pour la transformation des cloches en monnaies de billon. Installée dans les bâtiments de cette fonderie, elle y demeura, jusque vers 1890. A cette époque, la Fonderie ayant liquidé, mécanisme et cloches devinrent la propriété de M. Ru-pré -Aeuvy, de Tours, lequel les exposa en 1900 au Calais de la Métallurgie.
- Et, depuis lors, ils vieillissent ignorés et poussiéreux dans un coin d’atelier, tandis que l’administration a dépensé quelques dizaines de mille francs pour établir un square — plutôt ridicule — autour d’unedou-zaine de pierres qui passent difficilement auxyeux des passants ébahis [tour les derniers vestiges de la célèbre prison d’État.
- Cet abandon tient peut-être à ce que le cadran qui ornait le fronton du bâtiment de l'état-major et qui recevait le mouvement du mécanisme, ayant
- été criblé de balles le jour de l’assaut, a été complètement détruit et que, pour beaucoup de personnes, qui font sans s’en douter une mauvaise ligure de rhétorique en prenant une petite partie pour le tout, une horloge n’est pas autre chose qu’un cadran, emportant après soi tous ses accessoires comme une pendule de cheminée ou un cartel de salle à manger.
- Il serait vivement à souhaiter que ce monument, intéressant malgré tout, sortit enfin de son grenier et reçût une place digne de lui. L. Reverciion.
- * Le Gérant : P. Massox.
- Palis. — Imprime1,rie Laiiuiie, rue de Flcurus, 9.
- la Bastille.
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- X» j 590. — l i NOVEMBRE 1003.
- LA NATURE.
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- EXPLOITATION DE GAZ NATUREL
- EN ANGLETERRE
- On sait quelle source de richesse sont pour les États-Unis le pétrole et le gaz naturel ; la valeur de ce gaz consommé en 1901 a été de 27 millions de dollars et dans la seule ville de l'ittsburg 7000 habitations et 400 usines sont ainsi éclairées et chaulîécs.
- Voici que le sol de l’Angleterre déjà si riche en charbon et en fer semble devoir fournir ce même gaz naturel en abondance et dans des conditions d’exploitation, sans doute comme on le prétend, encore plus avantageuses qu’en Amérique.
- 11 y a six ans la présence du gaz naturel en Angleterre n’était pas soupçonnée et ce n’est que par hasard que l’existence en a été révélée.
- En 1897, la petite station de Ueatbfield sur le London Brighton et South Coast Railway, manquant d’eau pour l’alimentation des locomotives, lit creuser un puits dans le terrain même du chemin de fer. Lorsque la sonde eut atteint 120 mètres, comme aucune trace d’eau n’avait été trouvée, on renonça à l’opération et les travaux furent arrêtés. Toutefois les ouvriers avaient été frappés de l’odeur très forte de gaz et de pétrole qui se dégageait du puits et l’un d’eux eut l’idée d’approcher une allumette de l’orifice supérieur. Une explosion se produisit et l’on
- Exploitation de gaz naturel à la station d’IIeathlield (Angleterre). (D’après une photographie.)
- ne put que Irès difficilement éteindre l’énorme tlammc qui résulta de celle imprudence.
- La Compagnie du chemin de fer fit immédiatement procéder à des expertises du terrain et il fut reconnu, par des puits creusés dans la région, que les ressources de gaz naturel contenues dans le sol étaient très considérables. La station et les maisons avoisinantes furent d’abord éclairées, puis une Compagnie se forma, « The Natural gas ficlds of England Limited », qui entreprit l'exploitation pratique de cette richesse naturelle et qui se propose maintenant de poser des canalisations importantes pour fournir aux villes avoisinantes : lumière, chaleur et force motrice à des conditions très avantageuses.
- Actuellement, le puits principal de la Compagnie a une profondeur de 150 mètres et la pression du 31e anuce. — 2e semestre.
- gaz à l’orifice est de 15 atmosphères. Cette pression, très considérable, est d’un grand avantage pour le transport du gaz à distance et permettrait son utilisation dans des endroits fort éloignés.
- Ce puits peut fournir 500000 m3 de gaz par jour, soit environ la huitième partie de la consommation quotidienne de Londres et tout porte à croire, d’après les sondages, que d’autres puits, creusés dans la même région, pourraient chacun fournir une pareille quantité de gaz.
- Tandis que le gaz naturel des Etats-Unis ne donne qu'une très faible lumière lorsqu'il est brûlé dans des becs « papillons » ordinaires, celui de lleathücld est, dans les mêmes conditions, presque aussi éclairant que le gaz consommé à Londres. Brûlé dans un même bec Argand, ce dernier donne 16 bougies
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- LA NATURE.
- tandis que le gaz naturel n’en donne que 14; mais, i pour les becs à incandescence, l’avantage est pour le gaz naturel dans la proportion de 20 pour 100.
- L’analyse a montré que sa composition est la suivante :
- Méthane . . 95,T
- Éthane . . 5,0
- Azote . . 2,7
- Acide carbonique. . . . . 0,9
- 100,0
- « The Natural gas tields of Kngland Limited » alimente déjà les moteurs à gaz de plusieurs usines à lleathfîeld et les résultats sont excellents si l’on considère que 120 litres de gaz seulement sont consommés par cheval-heure. Étant donné le prix réduit auquel ce gaz peut être livré à l’industrie, il semble devoir êl re une ressource importante pour le sud de l’Angleterre.
- En France, il existe plusieurs « fontaines ardentes », sorte de puits naturels d’oii un gaz inflammable s'échappe par intervalle. Une d’entre elles, située entre le Monestier de Clermont et Grenoble, est bien connue des touristes.
- Ces « fontaines ardentes » ne seraient-elles pas l’indice d’un gaz naturel qui pourrait être exploité à l’avantage de la région? IL ue Thiersant.
- LE SOLEIL
- ET LES PERTURBATIONS .MAGNÉTIQUES
- On sait que la tache qui est passée au méridien central du soleil, le 51 octobre dernier, a occasionné une intense perturbation magnétique, qui a eu une grave répercussion sur les communications télégraphiques.
- Cependant il est à remarquer que cette tache n’était pas, en somme, très considérable. Les photographies que nous avons prises à notre observatoire, nous la montrent égale, le 31 octobre, à 120 000 kilomètres. Or, la tache du 11 octobre dernier, qui a déterminé une perturbation magnétique moitié moindre, était cependant d’une étendue deux fois plus grande.
- Peut-être, dans le cas de la dernière tache du 51, faut-il tenir compte des immenses facules qui l’entouraient et surtout la suivaient sur plus de 200 000 kilomètres de longueur. On a rarement observé et photographié des facules aussi considérables. Peut-être aussi, existait-il au-dessus de ces taches, dans la chromosphère, des protubérances remarquables. Des photographies spectrales, faites par la belle méthode de MM. Haie et Des-landres, nous apporteraient probablement, dans ce cas, des indications utiles.
- Ce réveil violent de l’activité solaire1, après une si longue période d’accalmie, est tout à fait digne d’intérêt.
- (Observatoire de Nanterre.) F. QuÉSISSET.
- LÀ SYNTHÈSE ÉLECTROLYTIQUE
- DES SUCRES
- Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on a franchi la limite qui séparait jadis, et en apparence si complètement, la chimie organique de la chimie inorganique : les labora-
- 1 A la date du 5 novembre il y avait encore à la surface du soleil d'importants groupes de taches en plein développement.
- toiresde nos chimistes tentent et réussissent souvent aujourd’hui des synthèses assez compliquées pour nous faire accueillir sans trop de surprise la nouvelle qui est arrivée récemment de Russie et que commentait notre confrère « Engineering » : diverses sortes de sucres susceptibles de fermentation et pouvant subir l’épreuve caractéristique du saccharimètre, auraient été obtenues par simple élec-trolyse d’eau saturée de gaz acide carbonique.
- Les expériences en question ont été effectuées par Julius Walther, de Saint-Pétersbourg, et elles ont été décrites dans la publication allemande « Chemiker Zeitung » : leur intérêt réside en grande partie dans la simplicité de la méthode employée. En effet, la matière première, si l’on peut dire, est fournie par de l’acide carbonique produit par la réaction d’acide chlorhydrique sur du marbre, acide que l’on fait passer dans de l’eau. D’autre part, au point de vue électrolytique,comme l’inventeur a constaté que la densité est de grande importance, il emploie comme anodes des brosses de fd de platine d’un diamètre de 0,2 millimètre; les cathodes ont une large surface et sont faites soit de platine, de mercure, d’argent, de fer, soit, de préférence, d’argile, de silicates d’aluminium. Il a combiné une cathode de forte résistance en étendant sur une toile en fer de l’argile rouge contenant quelques oxydes ferreux et mélangée avec de l’oxyde Fe304. Un récipient en argile joue le rôle de diaphragme, et le compartiment de l’anode est souvent chauffé avec une lampe électrique, de manière que la température de la solution anodique soit de 5° environ plus élevée que celle de la solution cathodique. De plus, on s’est livré à deux séries parallèles d’expériences, suivant qu’on employait uniquement une solution de gaz acide carbonique dans l’eau, ou bien qu’on y ajoutait certains sels, comme du phosphate ou du sulfate d’ammonium, et aussi des albuminoïdes végétaux. Les résultats ne différaient pas en principe, mais ils dépendaient des circonstances.
- Si nous considérons plutôt ce qui se passe dans le cas où l’on traite uniquement de l’eau et du GO2, nous voyons que l’électrolyse commence quand l’eau est saturée de cet acide carbonique, et que le courant que l’on fait agir a une tension de 2 volts ; on élève ensuite peu à peu la tension et la puissance de ce courant, par exemple en augmentant la surface de cathode, ou en chauffant le compartiment de l’anode, ou autrement. Quand le courant atteint une intensité de 0,75 ampère, l’acide oxalique fait sa première apparition ; puis c’est de l’acide tartrique qui se forme et bientôt de l’acide citrique, ce dernier quand les appareils accusent L volts et 2,25 ampères. On maintient les conditions favorables à la formation de l’acide citrique, mais on élève peu à peu le courant : et à 5 volts et 5 ampères, l’expérimentateur a pu noter l’apparition d’hydrates de carbone, tout d’abord sous la forme de sucre de fruit, puis finalement de sucre de raisin. Nous n’entrerons pas dans la discussion chimique de ces expériences, et nous ferons simplement remarquer que 31. Walther estime que les produits obtenus deviennent de plus en plus riches en carbone au fur et à mesure que le courant et le potentiel s’élèvent : l’acide oxalique a, en effet, la formule C- II2 O4, celle de l’acide tartrique est C4I160°; nous avons pour l’acide citrique CfiHs07, et enfin C601206 pour les hydrates de carbone. Le pouvoir rotatoire de ce que nous appellerons les sucres Walther n’est pas aussi élevé qu’il le devrait être théoriquement, mais il est bien évident que ce procédé ne doit pas donner encore des produits purs.
- Avant de terminer, rappelons que Le Royer a obtenu
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- de l’acide formique par électrolyse d'une solution aqueuse d’acide carbonique, que de même Kékulé a produit par un procédé électrolytique du sucre à pouvoir optique actif, et ce en partantde l’acide tartrique : ce que nous en disons n’est point pour diminuer l’importance de la découverte de M. Walther, mais au contraire pour en appuyer la vraisemblance sur des précédents. II. Iîkixet.
- LV MALADIE DU SOMMEIL
- Des travaux tout récents viennent d’attirer de nouveau l’attention sur la maladie du sommeil : des études ont été faites dans son pays d’origine pour déterminer sa nature, son mode de propagation et l'étendue de ses ravages. Il n’est pas exagéré de dire <[ue les nations civilisées se trouvent en présence d’un iléau qui opposera une puissante barrière à l’œuvre colonisatrice en Afrique.
- Quelle est donc cette maladie dont les effets sont si terribles’? C’est une méningite cérébro-spinale, qui au lieu d’étre produite par le bacille de la tuberculose ou le méningocoque, qui sont des microbes, c’est-à-dire des algues, a pour cause uu animal, un protozoaire, le « Trypanosoma Ugandense*» (fig. 2). Des parasites très voisins occasionnent de redoutables maladies, telles que le « Surra » et le « Nagana », qui déciment les troupeaux dans une grande partie de l’Inde et de l’Afrique.
- Connue depuis longtemps sur la côte occidentale d’Afrique, la maladie du sommeil y portait, suivant les régions, des noms divers signifiant tous : dormir; en loango et en bangala « Koulala » : en pahouin « Aüyo » ; en yolof « Nelawan » ; en bambara « Sonorbodimi ».
- La maladie du sommeil, quelle que soit son appellation locale, présente toujours les mêmes symptômes : le malade perd peu à peu son entrain, devient triste, aime à s’isoler, cesse de parler spontanément, ses paupières se ferment toutes seules, et il faut pour les tenir ouvertes un eifort qui lui plisse le front ; la somnolence est presque constante, mais très légère, et il suffit d’appeler le malade pour qu’il s’éveille. Mais peu à peu l’état général s’aggrave, les fonctions s’accomplissent mal, le sommeil devient profond, et le malade [tasse de vie à trépas sans s’en apercevoir.
- Le danger le plus grand que présente cette terrible maladie est la facilité de.sa propagation, on pourrait ajouter, et sa rapidité. Nous allons voir par quelle curieuse association les phénomènes biologiques se trouvent influencés par les phénomènes sociologiques, et la répercussion qui en résulte pour la colonisation. La maladie du sommeil est originaire de la côte occidentale d’Afrique, où elle est connue depuis très longtemps. De là elle s’est répandue dans l'Amérique du Sud et les Antilles. Avec les
- 1 On avait généralement attribué jusqu’à ces derniers temps la maladie du sommeil à un microbe. Telles avaient été les conclusions de diverses missions portugaises et belges. Ce n’est pas une maladie microbienne.
- convois d’esclaves, nous verrous plus loin pour quelle raison elle ne s’est pas implantée dans ces pays. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’avant l’époque des grandes conquêtes européennes en Afrique, l’intérieur du pays, divisé en une infinité de petits royaumes, vivait dans la [dus complète anarchie, et dans un état da guerre continuel.
- Les relations normales et régulières de tribu à Iribu étaient donc des [dus rares. Cette situation a empêché que les gens contaminés par la maladie du sommeil allassent au loin porter les germes de ce Iléau. Lue fois que les Européens eurent pénétré en Afrique, ils mirent d’accord les roitelets indigènes en les asservissant, et empêchèrent les guerres locales qui contrariaient leurs projets économiques, en rendant le commerce et l’agriculture à peu près impossibles. Quand donc la paix régna — ou à peu près — sur de vastes régions, quand il fut possible aux noirs d’y circuler sans danger soit pour trafiquer, soit pour offrir leurs cervices comme bateliers, porteurs, soldats, travailleurs, etc., la maladie du sommeil put s’étendre à son aise. Les migrations, dont les primitifs sont si fervents, la portèrent au cœur de l'Afrique et eurent pour résultat l’envahissement progressif de tous les pays habités par des noirs. La région de Loango, les rives droite et gauche du Congo jusqu'au poste belge de Nouvcl-Anvers, celles de l’Oubanghi jusqu'à la hauteur de Banghi, peuvent être considérées comme des foyers d’infection, car la maladie y est à l’état endémique. Elle a aussi remonté le Kassaï, a atteint le Manyéma et l’Ouganda. La Haute-Egypte est menacée, ainsi que l’Afrique orientale anglaise, et rien ne permet de prévoir où s’arrêtera le redoutable Trypanosome, car il s’attaque aux Arabes, et ne méprise pas l’Européen ; il n’y a pas d'immunité de race.
- Si la maladie du sommeil est suffisamment connue dans ses caractéristiques les plus générales et son habitat, il n’en est pas de même de son mode de propagation, sur lequel diverses hypothèses ont été émises. Voici, en tout cas, les résultats d’une mission tout récemment envoyée en Afrique par le ministère de l’Instruction publique et l’Institut de médecine coloniale. Le l)r Brumpt, chef de cette mission, [(réparateur de M. le professeur II. Blanchard, avait recueilli un grand nombre de documents sur la question, au cours d’une précédente mission, dirigée par le vicomte du Bourg de Bozas, qui avait traversé l’Afrique, de Djibouti au Congo. Il résulte de ses observations que le seul agent de transmission que l’on puisse réellement incriminer est la mouche « Tsétsé », la « Glossina morsitans », si commune du Nil à l’embouchure du Congo. En Amérique, aux Antilles, où la maladie du sommeil a été transportée, elle n’a jamais pu s’acclimater, malgré le grand nombre d’insectes piqueurs, car il manque à la collection précisément la Tsétsé ; au contraire, en Afrique, elle pullule le long des fleuves et les pêcheurs, les bateliers, les voyageurs, sont continuellement exposés à ses piqûres. D’un caractère volage
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- et instable, elle pique dix personnes avant de sucer le sang d’une seule : excellente condition pour transmettre de l'un à l'autre le fâcheux Trypanosome.
- La mouche Tsélsé (Glonina montions]
- elles ne se nourrissent d’ailleurs pas; l’insecte parlait éclôt six semaines plus tard. Chez tous les malades
- la pèche. Ils s’y infectent de Trypanosomes et la maladie évolue dans un temps très variable, mais qui peut atteindre cinq ans. Dans certaines régions on
- Le Dr Brumpt a découvert le mode d’évolutions de ses larves : celles-ci sont vivipares et sont déposées dans un milieu humide, terre, fumier, etc., dont
- Fig. 2. — 1. Tnjptinosoma Ugandensc.
- 2 el 5. Cellules du liquide céphalo-rachidien.
- on a pu constater qu’ils avaient fait un séjour plus ou moins prolongé au bord de l’eau, pour se livrer à
- soigne les malades en leur enlevant certains ganglions qui s’hypertrophient, mais ce traitement n’a pas encore été vérifié expérimentalement. La plupart
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- LA NATURE
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- (lu temps le malade continue son genre de vie jusqu'au moment où il ne sort plus de sa somnolence, et s’éteint, lentement au milieu de sa famille. Plus heureux sont ceux qui sont soignés dans des hôpitaux appartenant à l’administration ou aux mis -sionnaircs. Nos figures o et h représentent deux séries de ces malades; dans la première, le Dr Brumpt et le J)1 Trautmann, chef du service de Santé à Brazzaville, ponctionnent un malade pour constater la présence du Trypanosome ; on remarquera dans la ligure un jeune malade qui s’est endormi pendant qu’on le photographiait.
- Enfin la figure 5 nous montre une femme arrivée au dernier degré de misère physiologique. L’expression héhélée de la physionomie, la lassitude générale, l’indifférence à tout ce qui l’entoure montrent que l’infortunée Sapata n’a plus que peu de temps à veiller. Et voilà comment le rôle civilisa-
- teur des nations européennes s’est traduit d’une façon bien inattendue par l’extension formidable
- d’une maladie qui pourra,
- /
- o*.
- ,-ip.si un remède n’y est pas
- Fig. 5. — F arrivée au toniio do l
- V/
- , ^trouvé, mettre simple-. épient en question l’avenir /^économique de l’Afrique. Il est toutefois permis d’espérer que les recherches de la science moderne, et plus particulièrement celles que poursuivent le I)r Brumpt et le Wurtz de l’Institut de médecine coloniale, indiqueront une technique analogue à celles qui permettent d’avoir raison de la fièvre paludéenne et de la fièvre jaune. Les trois nègres que le I)1' Brumpt a ramenés en France et qui sont atteints de la maladie du sommeil, serviront de sujets d'expérimentation ; du reste, des inoculations ontdéjàété tentées surdes rats, des cobayes, et des singes ; il y aura sans doute lieu de revenir en temps utile sur les résultats de ces intéressantes expériences. Fr. ff Zfî.txer.
- cinine
- u malatlie <lu sommeil.
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- LA NATURE.
- LA SOIE DES LAPINS ANGORA
- On sait que les eaux thermales d’Aix-les-Bains, en Savoie, possèdent une réputation universelle et méritée, sinon pour la guérison complète, du moins pour le très grand soulagement des affections rhumatismales, si fréquentes et si douloureuses. U n’est donc pas étonnant qu’il se soit créé dans cette région une petite industrie, destinée à soulager les rhumatisants et à favoriser les effets des eaux thermales; je veux parler de la fabrique des tricots en soie de lapins angora, ayant son siège dans le village de Brison-Saint-lnnoeent, à quelques kilomètres d’Aix, sur les bords du charmant lac du Bourget.
- Pour se rendre à Saint-Innocent, on suit l’admirable avenue, bordée de platanes, qui conduit au Grand-Port où les touristes s’embarquent pour faire le tour du lac. Un peu avant d’atteindre le lac, on tourne à droite et l’on s’engage sur une route qui s’élève sur la base du mont Gigot et d’où l’on découvre une belle vue sur le lac cl sur les montagnes escarpées qui le bordent si étroitement. On atteint bientôt le village de Saint-Innocent, fort insignifiant d’ailleurs par lui-même.
- Pénétrons donc dans la fabrique, aussi rudimentaire que possible, composée d’une chambre et d’une écurie où l’on élève les lapins. Nous commençons notre visite par la matière première, c’est-à-dire par les lapins. Les lapins angora de Saint-Innocent constituent une race spéciale, aux longs poils, doux au toucher comme de la soie. Il en existe deux variétés : les lapins aux poils très blancs, remarquables par leurs yeux rouges, et la variété aux poils gris, primitivement noirs, mais changeant de teinte et qu’on n’utilise qu’après ce changement effectué sur l’animal, en laissant la nature agir elle-même. On leur arrache les poils tous les trois mois environ, opération qui n’entraîne d’ailleurs aucune douleur pour le lapin. La grande majorité de ces animaux vit en liberté dans l’écurie, où on les nourrit de légumes; ils sont tellement apprivoisés qu’ils ne cherchent pas à s’échapper par la porte largement ouverte à deux battants sur la rue. Geux qui présentent des caractères particuliers, et qu’on juge capables d’améliorer la race par voie de sélection, sont enfermés dans des cages. Un lapin vit en moyenne de douze à quinze ans. Ils sont sujets à une maladie spéciale du nez et des oreilles qui cause une grande mortalité. Passons maintenant dans la chambre où vont se fabriquer des gilets, des caleçons, des plastrons, des ceintures, des bas, des chaussettes, des gants, des mitaines, des bracelets, des genouillères, des cravates, des pèlerines, des châles, tous articles destinés à préserver les rhumatisants ou les personnes atteintes de bronchite des effets pernicieux du froid et de l’humidité de l’air.
- Ici, pas de grandes machines, plus ou moins compliquées, mues par la vapeur. Tout se fait à la main ou avec des machines aussi rudimentaires que possible. On commence par feutrer les poils, n'ayant subi aucune préparation particulière, au moyen de deux cardes mues avec les mains; il suffit de placer les poils entre deux planchettes en bois, armées de pointes, auxquelles on communique un mouvement de va-et-vient. Les poils se feutrent, c’est-à-dire deviennent capables de se comporter comme des filaments de chanvre et de lin et de pouvoir être transformés en fil au moyen d’un rouet en bois, ce rouet primitif dont se servaient nos arrière-grand’mères. Ge fil est trop fin et n’offre pas assez de résistance. Il faut, toujours avec une machine mue à la main, tordre
- ensemble quatre de ces fils afin d’obtenir un fil unique, beaucoup plus résistant. II ne reste plus enfin qu’à tricoter à la main les divers objets mentionnés plus haut. Le tissu ainsi obtenu présente cette particularité, que certains poils se détachent des fils, donnant aux tricots l’aspect d’une surface hérissée de poils. 11 est impossible d’exécuter les tricots à la machine, parce que la nécessité d’utiliser un corps gras empêche les poils de se détacher des fils et le tissu n’a plus la même apparence si agréable à l’œil. A. Blecxard,
- Processeur nu Lycée d’Angers.
- EXCÈS SPORTIFS
- On vient d’annoncer qu’à la suite d’une lutte sportive d’une durée de plusieurs jours un marcheur de New-York s’était tout à coup abattu et ne s’était pas relevé. Le fait est très vraisemblable, car on peut se demander comment il n’arrive pas plus d’accidents dans la plupart des luttes modernes. On laisse courir des gens dont on ne sait rien sur l’état de santé. On ne connaît pas l’état de leur cœur. Qui s’inscrit est admis'sans autre précaution. Et pourquoi faire? four améliorer la race? C’est le but avoué, si ce n’est le but réel. On n’améliore ainsi rien du tout; bien au contraire. Ces prouesses ne devraient pas intéresser le sport proprement dit et au fond elles n’ont d’attrait que pour les masses et que pour ceux surtout qui espèrent décrocher la timbale d’argent.
- Paris-Bordeaux pédestre, par exemple, quelle performance 1 600 kilomètres en cinq jours ! Quel effort et comme cela relève notre race ! Sait-on bien à quel prix ? Certes dans cette course, I’éguet, Gallot, Laffitte ont fait preuve d’une énergie rare! Et puis après? Est-ce un sport louable que celui qui fait perdre aux marcheurs en quelques jours 8 kilogrammes de leur poids? Dans quel état sont les champions à l’arrivée? En 1891, à la fin de la course Paris-Brest et retour, Charles Tcrront, malgré l’énergie qu’il ne cessa de montrer durant le trajet, parvenu à 100 kilomètres de Paris était dans un tel état qu’il dut s’arrêter. Il ne repartit que sous l’influence des excitants, du champagne en particulier. Il n’en était pas moins devenu un véritable automate. ïerront ressentit pendant près d’un mois des troubles violents dans les jambes. Jiel Laval resta après la course longtemps malade.
- Dans une des courses américaines de 6 jours qui eurent lieu en 1896 sur la piste d’un vélodrome, des coureurs, épuisés par l’effort, furent atteints d’accès de folie.
- En général l’excès de fatigue conduit à un épuisement nerveux et l’homme finit souvent par perdre conscience de lui-même. Il passe à l’état d’automate. Dans la course cyclique du Parc des Princes de 1898 qui dura 72 heures, le coureur suisse Frederick qui luttait contre l’Américain Miller resta en selle 44 heures consécutives. Au bout de ce temps, il tomba sur la piste comme une masse. Et l’on pourrait mentionner un certain nombre de faits analogues qui démontrent les dangers de ces excès sportifs. Il faut recommander tout entrainement méthodique qui conduit au développement de la puissance musculaire. Mais il convient de ne pas confondre l’entraînement utile avec des prouesses qui mettent la vie en danger.
- Ni sommeil ni alimentation et un travail continu ! La machine humaine s’intoxique et refuse le service. Ce n’est pas cela qui conduira jamais au développement et à la régénération de la race. On fera des malades, on tuera de braves gens. Il serait vraiment temps de réagir contre des courses dangereuses et sans but utile. IL de P.
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- LA NATURE.
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- U FAUCONNERIE ET L’AUTOURSERIE
- MODERNES
- Il y a deux sortes de chasses à l’aide des oiseaux : la « Fauconnerie » qui est la chasse de haut vol, et F « Autourserie » qui est la chasse de has vol ; cela vient de ce que les faucons ont les ailes longues et pointues et volent plus haut, tandis que les autours et les éperviers ont le vol moins élevé, les ailes plus courtes et rondes. Les non initiés confondent assez volontiers ces deux sortes de chasses et se servent uniquement du terme : Fauconnerie.
- La fauconnerie a toujours été considérée comme un des plus nobles exercices cynégétiques, probablement en raison de ce que le profit n’y entre pour aucune part. Elle a été de tout temps l’apanage des rois et des grands seigneurs ; et il semble qu’elle ait eu besoin pour se tenir en honneur de tout le luxe et de tout l’éclat dont elle était entourée jadis puisque, au lieu de se maintenir, comme la chasse à courre ou la chasse à tir, depuis (pie le droit de chasse est devenu accessible à tous, elle n’a fait ([ue décroître, au point qu’il n’existe plus en France que cinq ou six équipages, parmi lesquels nous citerons ceux de MM. Alfred Belvalette, Barachin, I)1' Arbel, Cerfon, Pierre Amédée Pichot. En Allemagne, dans la Russie orientale, en Algérie, en Perse et en général dans tout l’Orient, on chasse encore passablement à l’autour ou au faucon. En Angleterre, où tous les sports, quels qu’ils soient, sont très activement pratiqués, il existe plusieurs Sociétés de chasse de haut ou de lias vol et de grands équipages appartenant à des particuliers, entre autres au duc de Bedford, qui chasse à Bedford, et à lord Barnos, qui chasse dans le comté de Norfolk. C’est même de l’autre coté de la Manche que nos amateurs français sont obligés d’aller chercher les fauconniers qui leur sont nécessaires pour leurs équipages.
- L’autourserie était connue du tgmps des Romains, mais c’est au moyen âge qu'elle eut le plus de succès.
- Les autoursiers au moyen âge étaient réputés pour leur patience, il est même une locution encore très employée aujourd’hui qui était leur devise •
- Hâte-loi lentement
- Car ce qui se fait bien se fait prou vistement.
- (tuant à la Fauconnerie, elle était également connue des anciens; Pline et Aristote en font mention; les Francs employaient également ce mode de chasse. Charlemagne fut le premier de nos rois qui eut des officiers et un équipage de fauconniers; jusqu’à Louis XIII, 1’ art de chasser avec des oiseaux se maintient avec la vénerie ; et parmi les plus illustres chasseurs au vol on4cite Jean le Bon, puis l’empereur Frédéric II qui a même écrit un livre fort curieux et très bien fait : Y Art de chasser aux oiseaux de proie. Henri IV, roi aventureux, devait être bon fauconnier, c’est, lui qui fit graver un faucon sur le sceau royal. Ce fut sous Charles VI que le maître de fauconnerie du Roy prit le titre de Grand Fauconnier,
- et parmi les plus célèbres de ceux qui remplirent cette délicate fonction, on cite Jean de Beaune, René de Cossé-Brissac, le maréchal de Brissac, de la Yieu-ville, le duc de Luynes.
- La vente des faucons a, du reste, été de tout temps en France, une industrie très lucrative; c’était chez nous que les fauconniers anglais venaient s'approvisionner. Le dressage aussi bien de l’autour ou de l’é-pervier que du faucon et de l’aigle — car on chasse également avec des aigles — exige beaucoup, beaucoup de patience ; c’est un art très spécial et auquel il faut pour ainsi dire se consacrer entièrement.
- L’attirail nécessaire pour la chasse n’est point trop compliqué : un « capuchon » ou « chaperon » de cuir, assez évasé latéralement pour que les veux ne soient pas comprimés; deux courroies de cuir, ou « jets », l’une courte, l’autre longue d’environ cinq pieds dont on arme les pattes de l’oiseau au moyen d’un nœud spécial fait avec les vergettes, une filière ou ficelle longue d’une vingtaine de mètres; un « leurre », sorte de mannequin recouvert de [dûmes qui sert à dresser, puis à rappeler le faucon; des gants épais à l’usage des fauconniers pour que les serres de l’oiseau ne le blessent pas.
- De nombreux auteurs, depuis l’antiquité, en [tassant par le roi Modus, Albert le Grand, Frédéric II, Gaston Phœbus de Foix, Auguste de Thou, et, plus récemment, MM. A. Belvalette, C. Cerfon, Pierre-Amé-dée Pichot, Magaud d’Auhusson, etc., etc., ont écrit sur ce sujet de gros volumes, fort bien faits et très complets, auxquels nous renvoyons ceux de nos lecteurs que cette question intéresse plus particulièrement ; je donnerai simplement un aperçu de ce qu’est la chasse au vol et le dressage des oiseaux qui y sont emplovés.
- Pour dresser un faucon, on commence parle « chaperonner », l’attacher au moyen des entraves ou jets; on le place sur une perche ou sur un billot et on le laisse jeûner pendant vingt-quatre heures, puis après l’avoir pris sur le poing et lui avoir enlevé le chaperon, on lui présente un oiseau. Ne le mange-t-il pas, on lui remet le chaperon pour vingt-quatre heures et ainsi de suite en le laissant jeûner jusqu’à cinq jours entiers. Plus les tentatives sont répétées, plus tôt aussi il s’apprivoisera et mangera sur le poing, ce qui est essentiel. Ceci obtenu, commence le véritable dressage, consistant en une série d’exercices, avant lesquels on décapuchonne l’oiseau et on le porte longtemps sur le poing, après lesquels on le coiffe de nouveau et ou l’attache, afin qu’il puisse méditer sur ce qu’on exige de lui.
- Dans ce premier exercice, l'oiseau, déchaperonné et posé sur le dossier d’une chaise, doit apprendre à sauter de là sur le poing du fauconnier pour y prendre sa nourriture. Chaque fois que cette leçon se renouvelle, il faut s’éloigner de plus en plus de l’élève et, lorsque celui-ci est bien fait à cette manœuvre, on la répète en plein air en tenant l’oiseau par la filière préalablement attachée à la longue courroie de cuir et en ayant soin de le placer de façon qu’il vole contre le vent.
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- Ce premier résultat acquis, on place l’oiseau, que l’on a soin de chaperonner, dans une sorte de cerceau oscillant et tonte la nuit on le balance de manière à lui interdire le sommeil. Le lendemain matin, on répète les mêmes exercices en lui donnant toujours à manger sur le poing ; puis on lui l'ait de nouveau
- Fig. 1. — Un fauconnier moderne avec son oiseau au poing..
- passer la nuit dans le cerceau; on agit de même le troisième jour et la troisième nuit ; le quatrième jour on répète encore la leçon, mais on laisse dormir le patient. Le lendemain, on le lâché sans filière et en ne lui laissant que la courroie. Il doit toujours, pour manger, voler sur.le poing. Cherche-t-il à s’échapper, on va à lui et on l’appelle jusqu’à ce qu’il arrive. On répète cet exercice en liberté et on lui apprend à voler sur le poing du chasseur à cheval et à ne s'effrayer ni des hommes ni des chiens. Enfin, on le dresse à la chasse; pour ce faire : le faucon étant retenu par une longue filière, on jette en l’air un pigeon mort qu’on lui fait prendre et qu’on lui laisse entamer pour cette fois. Lorsqu’il est acharné sur sa proie, on la lui enlève pour la lui donner à manger sur le poing. L’exercice est ensuite répété avec des oiseaux vivants auxquels on a coupé les ailes. Quand il est mieux appris, on va dans la campagne, avec un chien d’arrêt, à la recherche d’une perdrix; aussitôt que le chien arrête, on déchaperonne ce faucon qui fond sur la perdrix au moment où elle
- prend son vol. L’a-l-il manquée, on l’attire avec un pigeon auquel on a coupé les ailes ou avec le leurre.
- Le faucon est employé à la chasse de haut-vol ; pour dresser le faucon à attaquer de grands oiseaux, comme les grues, les hérons, on le lance d’abord sur des jeunes ou sur des vieux auxquels on a coupé les ailes et dont on a garni le bec d’un fourreau ; lorsque cela est possible, il faut le faire chasser en compagnie d'un vieux faucon bien dressé. Pour que les hérons ne soient pas trop vite égorgés, on leur garnit le cou d’un collier de cuir mou. Dans cette chasse, le faucon cherche à s'élever rapidement au-dessus du héron et à l'attaquer par en haut : celui-ci, de son côté, s’élève de plus en plus, présente toujours à son ennemi la pointe du bec et s'efforce de le transpercer. Mais enfin, le faucon l’atteint, le saisit, et ils tombent à terre. Le chasseur accourl, enlève le rapace à sa victime, lui donne à manger un morceau de viande et garde le héron, auquel, pour le dressage, il rend la liberté.
- L’autour est employé pour la basse-volerie ; si on veut le dresser à la chasse du lapin ou du lièvre, on a une peau de cet animal que l’on bourre de foin ou de filasse et sur le dos de laquelle on fixe un morceau de viande destiné à la nourriture du faucon ; le simulacre de lièvre, mis sur des roulettes, est traîné par un homme, lentement d’abord, puis très rapidement , et on le fait prendre à l’oiseau. Ensuite on renouvelle cet exercice en attelant le lièvre à un cheval.
- Fig. 2. — Épervier chasseur.
- On peut mettre l’autour à la plume et au poil presque indifféremment, et un autour bien entraîné, avec bon appétit, se jettera sur tout ce qui se présente ; il est cependant facile de l’habituer à respecter les chiens et les furets, ses auxiliaires à la chasse.
- Lorsque faucons ou autours sont bien dressés, rien n’est plus attrayant que de les voir attaquer un
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- gibier. Dès qu'ils aperçoivent leur proie, ils descendent, remontent deux ou trois fois, puis, les ailes à demi fermées, fondent sur elle avec une rapidité ini-
- maginable. Nous ne pouvons mieux terminer cet article sur la chasse au vol que par une appréciation d’un de nos meilleurs chasseurs de France, qui
- Fig. 3. — Une fauconnerie moderne. (Fauconnerie de Béduchamp à M. Barrachin).
- possède un équipage très complet, très bien dressé, et qui est, avec le I)1 Arbel, un des rares amateurs pratiquant encore régulièrement ce sport, M. Ed. Ra-
- rachin : Voici ce que m’écrivait tout récemment ce sympathique sportsman :
- « Je vous dirai tout d’abord que pour la laucon-
- Fig. 4. — Un aigle Bonelli chasseur.
- nerie qui est une chasse extraordinairement intéressante, le grand obstacle dans ces pays-ci est de voir les faucons tués par les chasseurs, soit par inadver-
- Fig. 5. — Un autour.
- lance, soit autrement, les faucons suivant le gibier à une grande distance du point de départ.
- « Il n’en est pas de même pour les autours qui
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- LA NATURE.
- abandonnent leur proie s’ils ne la prennent de premier jet, et contrairement aux faucons, ils sont très propres à chasser sous bois.
- « L’introduction (l'apprivoisement) des autours est très facile si on les prend tout jeunes; il suffit de les porter beaucoup’sur le poing pendant quelques jours, c’est une affaire de patience : pour le dressage, c’est leur instinct qui fait tout. Pour les personnes qui aiment les animaux, ce maniement a déjà un certain charme; c’est, ensuite, une manière très agréable de prendre les lapins, perdreaux, faisans, et meme lièvres.
- « Le grand avantage de l’autourseric sur la fauconnerie c’est qu’il suffit de disposer d’une centaine d'hectares et même moins. Il y a quelques années, plusieurs personnes se sont occupées d'autourserie, et même ont écrit sur ce sujet : mais je ne crois pas (pie cela se soit répandu, en France du moins, il n’y a véritablement qu’en Angleterre où cette chasse soit très en honneur. Et, pourtant, quel joli sport, quel sport plein d’imprévu, amusant et intéressant. »
- Pah. Mégmn.
- NOS ANIMAUX DOMESTIQUES
- DANS LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
- LE P.ŒIF 1
- Aux temps lointains des dynasties premières, les Égyptiens avaient déjà pour le bœuf la plus grande sollicitude et ils en élevaient sur leurs domaines des troupeaux considérables. La dénomination ka servait à désigner le taureau ; aotta était le nom du bœuf proprement dit.
- Les monuments nous montrent trois types, parfaitement caractérisés, de ce quadrupède : le bœuf aux longues cornes, le bœuf aux cornes courtes et le taureau à bosse soudanais. La première espèce, dont les cornes offrent surtout l’aspect d’une lyre (fig. 1), se distingue par un dos élevé produisant une nuque renflée, comme chez le bison, par un mulle moyen et un pli de la peau à l’abdomen. C’est avec des cornes en forme de lyre, que sont généralement représentées les déesses ïsis, Nephthys et llathor si communes sur les monuments.
- La race aux cornes courtes, en tout point semblable à la première, n’en diffère que par la dimension des cornes qui sont moins longues et arrondies en demi-lune (fig. 2). Apis était de préférence choisi parmi les bœufs de cette race.
- Le taureau à bosse soudanais figure sur les monuments parmi les tribus qui viennent du sud de l’Égypte; il se distingue des précédents par des cornes très courtes, dirigées en dehors et la présence, au garrot, d’une forte bosse charnue. On n’a trouvé aucun vestige embaumé de cet individu, alors que les nécropoles de Sakkara et d’Abousir ont fourni un grand nombre de bœufs momifiés, appartenant aux deux premières races.
- 1 Voy. n" 1573, du 18 juillet 1903, p. 106.
- Dans les reproductions de ces divers bovidés, la tète olfre tous les caractères de celle du zébu de Madagascar; chignon horizontal, orbitas peu saillants, profil plat et rigide. Ce quadrupède, encore fort répandu dans l’Afrique tropicale et le Soudan oriental, est considéré comme la souche du bœuf domestique des anciens Égyptiens; la vieille race aux cornes en forme de lyre, aujourd’hui éteinte, ressemblait entièrement au zébu des Abyssins. A la suite de déchéances provoquées dans l’élève du bétail, par les pestes bovines ou le manque de soins, on dut, à plusieurs reprises, importer du Sennaar des troupeaux de zébus pour les croiser avec les bœufs domestiques; au cours des siècles, ces croisements multipliés produisirent une race à cornes courtes dont on voit quelques individus, eà et là, en Egypte, mais leurs cornes n’atteignent jamais les dimensions qu’on remarque dans les races de l'antiquité1 on n’en rencontre qu’un nombre restreint.
- Indispensable à l’agriculture par sa patience et sa douceur, le bœuf était, pour les Égyptiens, le plus précieux des animaux; il en était aussi le plus vénéré.
- Suivant une tradition, après la mort d’Osiris, son âme passa dans le corps d’un taureau nommé Apis (en égyptien Hapi) et depuis cette époque, ce dieu ne cessa de se manifester aux hommes sous la même forme2.
- « Cet Apis, appelé aussi Epaphus, écrit Hérodote, est un jeune bœuf dont la mère ne peut en porter d’autre. Les Egyptiens disent qu’un éclair descend sur elle et que, de cet éclair, elle conçoit le dieu Apis7’. »
- Certains caractères le faisaient reconnaître ; il devait être noir, porter sur la langue l’image d’un scarabée, sur le front un triangle blanc et sur le liane droit, une tache de même couleur offrant l’aspect du croissant lunaire4; il devait, en outre, posséder divers signes mystiques révélés aux prêtres seulement. Sur quelques statuettes, il a le dos recouvert d’une housse placée entre un vautour aux ailes éployées et un scarabée ailé, symbole de perpétuel devenir. On lui rendait les honneurs divins.
- 11 ne faudrait cependant pas croire, qu’en lui rendant un culte, les Égyptiens adoraient un taureau; Apis étant l’incarnation d’Osiris par l’opération de Phtah qui, sous l’apparence d’un feu céleste, fécondait la vache divine, c’est à l’Ame d’Osiris que s’adressaient les adorations. Son sanctuaire s’élevait dans le pcribole du temple de Phtah, à Memphis.
- Un dromos où se livraient des combats de taureaux, précédait cette résidence5. Ornée de statues, de sphinx, d’obélisques, de larges pylônes contre
- 1 Hartmann, dans la Zeitschrift fur Ægyptische, etc., 1864. — Lortet et Gaillard. La faune momifiée de l'ancienne Égypte, p. 51, 55.
- 2 Diodore de Sicile. Liv. I, 85.
- 3 Hérodote. II, 28.
- 4 Strabon. XVII, 31. —Pline. Mil, 71. Ammien Marcellin. XXXII, 14.
- 5 Strabon. XVII, 31.
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- LA NATURE
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- lesquels des mâts dorés déployaient leurs étendards multicolores, cette avenue monumentale conduisait h une cour spacieuse englobant, avec le sécos de la mère d’Apis, la cella du bœuf sacré, tabernacle aux splendeurs inoubliables. Toutes les richesses de l'Orient : or, argent, lapis-lazuli, ivoire du Naharaïn et du pays de Kouseh1 concouraient à l'embellir. C'est là que les populations de l'Égypte entière lui apportaient leurs prémices et, de l’aurore au couchant, toujours sur ses autels brûlait le feu des holocaustes.
- Mis en liberté chaque jour, le dieu rendait ses oracles en prenant les aliments qu’on lui tendait ; il se détourna, dit-on, de la main de Germanicus quand ce prince lui présenta son offrande. Lorsqu’il parcourait la ville, entouré d'enfants qui prédisaient l'avenir et chantaient en son honneur, des hiérophantes écartaient la foule sur le passage du cortège.
- On célébrait fastueusement l’anniversaire de sa naissance. Pour préluder aux solennités, on jetait deux coupes dans le Nil, lune d'argent et l’autre d’or fin. Les fêtes duraient sept jours entiers, pendant lesquels le crocodile n’attaquait personne, ne reprenant sa férocité qu’après la sixième heure du huitième jour2.
- Afin que le bœuf sacré n’approchât point du fleuve, dont les eaux, croyait-on, donnaient un embonpoint extraordinaire, on le désaltérait à un puits spécial affecté à son usage. Par ce moyen, conservant à son corps toute sa légèreté, l’élément mortel ne pouvait, en aucune manière, étouffer le principe divin3.
- Tous les ans Apis s’unissait à une belle génisse marquée de signes particuliers; mais après l’accouplement, on la mettait à mort4, l’autorité des livres mystiques ne permettant pas au taureau sacré de se perpétuer lui-même. En vertu de lois analogues, la vie d’un Apis ne devait pas excéder vingt-cinq ans ; s'il prolongeait son existence au delà du terme prescrit, des prêtres s’emparaient de lui et le novaient dans une fontaine consacrée au soleil. Cette règle, en vigueur aux basses époques, n’était point rigoureusement appliquée dans les temps pharaoniques, car sous la XXIIe dynastie, nous voyons deux Apis vivre plus de vingt-six ans5.
- Apis mort, tous les Égyptiens se rasaient la tête et prenaient le deuil jusqu’à ce que fût trouvé son successeur. On lui faisait des funérailles d’une magnificence incroyable et sous le nom d’Osar-Apis6, on inhumait son corps dans une partie réservée de la nécropole memphite. A l’origine, chaque bœuf sacré avait son tombeau spécial composé d’une salle souterraine, à voûte horizontale au-dessus de laquelle s’élevait un édicule agrémenté de sculptures et
- 1 Naharaïn, pays situe au delà de l’Oronte. Pays de Kousdi, l’Éthiopie.
- 2 C’est-à-dire à midi. Pline. Liv. VIII, 71.
- 5 Plutarque. Traité d'his et Osiris.
- 4 Pline. Liv. VIII, 71.
- 5 Mariette. Renseignements, t. I, p. 94-100.
- 0 D’où les Grecs ont fait Sérapis.
- d’inscriptions, mais sous la XIXe dynastie on abandonna ce système pour lui substituer le cimetière commun creusé dans le roc, que nous voyons encore aujourd’hui et connu des Grecs sous le nom de Sérapéum. Il se compose de galeries d’environ 100 mètres de longueur chacune, sur le côté desquelles sont percées des chambres destinées à recevoir les momies des animaux sacrés; au fur et à mesure que celles-ci prenaient place dans leurs salles respectives, des ouvriers en muraient aussitôt l’entrée; les profanateurs les ont retrouvées1.
- Des émissaires parcouraient ensuite toutes les provinces de l’Égypte, à la recherche d’un autre taureau, marqué des signes mystiques. Si l’on en croit divers témoignages, cette mission ne laissait point d’être parfois très laborieuse. Voici une stèle du Sérapéum rendant compte des difficultés qu’on avait à rencontrer le nouveau dieu : « L’IIapi, qui vient de passer en paix vers l’Amenti2 excellent, était né la vingt-huitième année du roi Scheschang. On chercha ses grâces en tout lieu du pays du nord ; il fut trouvé dans Iletschedebot, après que trois mois on eut circulé dans les vallées de la haute et de la basse Égypte et dans toutes les îles ». Sous Adrien, les recherches durèrent si longtemps, que ce retard occasionna une véritable révolte dans Alexandrie3. Selon les croyances égyptiennes, cette invention étant le présage d’une grande abondance des biens de la terre, la manifestation du nouvel Apis provoquait un enthousiasme comme si Osiris lui-même revenait sur terre. C’était une joie, une ivresse qui tenait du délire ; quittant ses vêtements de deuil, le peuple se livrait à tous les divertissements, aux plus grandes réjouissances.
- Sa consécration donnait lieu à un cérémonial extraordinaire. Les hiérophantes attachés au nouveau dieu l’amenaient d’abord à Nieopolis où, quarante jours durant, il n’était visible que pour les femmes. Là elles lui présentaient des offrandes et le conjuraient de leur accorder une nombreuse famille. En toute autre circonstance, on leur interdisait de paraître devant lui4. Cette période écoulée, Apis montait sur un vaisseau thalamége renfermant, pour sa personne, une cabine dorée. Deux nefs, écrasantes de richesses, accompagnaient cette bari divine : l’une, placée à l’avant, portait les offrandes, celle de l’arrière contenait un orchestre qui, pendant l’itinéraire, exécutait de joyeux concerts, mille fois entrecoupés par les acclamations du rivage.
- C’est ainsi qu’on le transportait à Memphis où cent prêtres allaient, proeessionnellement, le recevoir sur le Nil pour le conduire au temple de Phtah. A son arrivée, après qu’une hécatombe avait achevé sa consécration, Rentrait dans son habitacle et, alors, chacun de ses actes avait un sens prophétique3.
- 1 Mariette. Le Sérapéum de Memphis.
- 2 Amenti : l’autre monde.
- 3 Spartiex. L'empereur Adrien, XI.
- 4 Diodore de Sicile. Liv. I, 85.
- Ammien Marcellin. Liv. XVII, ch. XIV.
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- LA NATURE.
- Le culte d’Apis, institué par Kakaou, second roi de la IIe dynastie, se perpétua jusqu’à la fin de la religion pharaonique.
- A Héliopolis, le taureau Mnévis représentait l’incarnation de Ra; on le nourrissait, non loin du temple du soleil, dans un sanctuaire spécial où les populations de tout le nome lui rendaient les mêmes honneurs que le bœuf Apis recevait à Memphis1. Les monuments nous montrent Mnévis tout noir, la tête surmontée du disque solaire accoté d'uræus ou des plumes d’Am-
- mon. On raconte2 qu’un jour Rocchoris lança contre Mnévis un taureau sauvage; celui-ci non seulement bondit sur son adversaire, sans lui causer aucun
- mal, mais il se fixa lui-même, par les cornes, dans le tronc d’un perséa. Là, le taureau sacré l’attaqua avec une telle fureur, qu’il lui ouvrit les flancs d’où jaillirent, mêlés à un sang noir, ses lourds hoyaux fumants au milieu desquels il expira. Malgré la victoire de Mnévis, le roi, sévèrement jugé pour cette action sacrilège, s’attira la haine de son peuple. Dans la ville d’Hermonlhis, on adorait le taureau Rakh, « l’oriental » (le Racis des tirées) consacré au soleil dans le temple d’Apollon 1 ; enfin à Thè-bes, le taureau blanc de Min
- assistait au couronnement des rois d’Égypte. Un grand nombre d’autres cités entretenaient aussi, dans leurs sanctuaires, des bœufs et des
- Fif. 2. — Bœuf aux cornes confies en forme de deini-luue.
- vaches ; ces divers animaux n’étaient point considérés comme des divinités, mais avaient néanmoins un caractère sacré3.
- 1 Stiubon. XYIt, 27.
- - Ei.iex.
- 3 Strabox. XYIt, 22.
- Nous trouvons l'image du bœuf sur un grand nombre de monnaies. Celles de Memphis portent un Apis passant à droite. Il a le cou entouré d’un collier, le disque solaire entre les cornes et un autel
- 1 Macrobe. Les Saturnales. I, 21.
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- LA NATURE.
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- placé devant lui. Les médailles d’Hermonthis nous montrent un taureau, emblème du dieu Mont, fonçant sur l’ennemi tète baissée et fouettant l’air de sa queue1. Indépendamment du culte qu’on lui rendait sur terre, le bœuf occupait, dans le ciel, une
- place parmi les constellations et siégeait aux enfers, avec les dieux justiciers du Tiaou. 11 évoquait., en outre, l’idée de force, de courage, de puissance virile. Les Égyptiens mangeaient très peu de bœuf, ne pouvant, de par la loi, user de la vache ; ils faisaient
- 3. — Naissance du jeune veau.
- — Garçon de ferme occupé à traire une vache.
- du veau leur principale nourriture, on le servait journellement sur la table des rois2. Quand des bœufs ou des génisses venaient à mourir, on jetait celles-ci dans le lleuve et on enterrait ceux-là dans le faubourg une corne hors du sol pour servir d’indice. Lorsqu'ils étaient pourris, un bateau, passant de ville en ville, enlevait les os et les déposait tous dans un même lieu5.
- Des fouilles récentes ont amené la découverte de la plupart de ces débris momifiés. Mais au lieu d’étre enfouis pèle-mèle, ces ossements, habilement groupés au moyen de cordelettes et de chiffons enduits de bitume, formaient des momies factices représentant
- 1 J. ue ItouGÉ. Monnaies des nomes.
- 2 Diodore ue Sicile. I, 40.
- 3 Hérodote, tl, 4t.
- des bœufs au repos couchés dans une prairie, la tète haute, les genoux en avant, les jambes repliées sous le'thorax. On ignore quelles idées religieuses
- ont entraîné les Égyptiens à pratiquer une semblable coutume1. De tous les animaux, le bœuf est celui qui a fourni aux artistes pharaoniques les plus heureuses inspirations. En des compositions d’une simplicité charmante, ils nous montrent les moindres épisodes de son existence, depuis le jour heureux où il fait sou apparition dans le monde jusqu’à l’heure de sa mort. Enfant, iltctte sa mère que nous voyons, plus loin, allégée de son lait par un garçon de ferme (fig. 4) ; il saute, gambade, prend ses ébats dans la plaine verdoyante.
- 1 Lortet et Gaillard. La faune momifiée de l'ancienne Égypte, p. 58.
- Fig. 6. — Taureau blanc Je Min, un prêtre brûle Tcnceiis (levant sa lace.
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- LA NATURE.
- observations laites le 51 octobre entre 10 et 11 heures
- Hans l’Age mûr, « il laboure le champ que labourait son père » (fig. 5), dépique le blé, entouré de tous les soins de son maîlre; mais s’il a plu au sort de le soustraire à cette condition obscure et de lu départir une brillante destinée; attelé au char des princesses, il ligure superbement paré dans les solennités royales; couvert de Heurs et entouré d une légion de prêtres, il rehausse par sa présence l’éclat des lé te s religieuses; si, enfin, lui conférant la dignité suprême, quelque grande ville en a fait un bœuf sacré, on brûle l’encens devant sa face (fig. (>), [tour lui rendre les honneurs divins.
- I*. lllI'I'OIATi: ÜOISSAC.
- CHRONIQUE
- Exposition des chrysanthèmes. — Cotte année l’exposition a été [tins belle encore et surtout plus colorée que jamais jtar les admirables Heurs qui ornaient ses parterres. Les chrysanthèmes exposés par le marquis de Pins ont obtenu la grande médaille d’or. Ils étaient vraiment surprenants par leur grosseur et leurs teintes. D’autres horticulteurs, qui n’ont obtenu que des médailles d’or, ont montré des fleurs de dimensions énormes presque aussi belles et ont eu le plus grand succès. Ils peuvent se vanter aujourd hui d avoir su dépasser ce que j’ai pu admirer il y quelques années dans les expositions si renommées du Japon. On remarquait aussi les chrysanthèmes en arbuste formant de magnifiques bouquets, les clématites, les œillets et les bégonias multicolores aux couleurs éblouissantes. L exposition des fruits et légumes a été également fort remarquée. 11 semble que les progrès accomplis ne sauront s’arrêter, les horticulteurs offrant chaque année, aux yeux du public charmé et surpris, des Heurs de plus en plus extraordinaires. A. T.
- Perturbations magnétiques observées & Hcw.
- — Nous résumons, d’après (( Nature » les phénomènes observés à Kew pendant l’orage magnétique du 51 octobre dernier. La première apparition de l’orage a eu lieu à ti\5m du matin et, à (>h 45m, l’aiguille de déclinaison se porta à 1 ouest d’environ 5i minutes, avec une diminution sensible de 1 intensité magnétique. Le maximum de l’orage s’est produit entre 10 heures du matin et 7 heures du soir, mais les perturbations continuèrent jusqu’à 5 ou A heures du matin du lor novembre. La déviation totale de l’aiguille de déclinaison parait avoir été de 2° 12'. Luire 1 et 7 heures du soir, il s’est produit une vingtaine, au moins, d’oscillations de l’aiguille dont l’amplitude dépassait ‘20 minutes; d’autres moins importantes s’intercalaient entre celles-ci. A certains moments elles se suivaient si rapidement qu’il était complètement impossible de les observer sur la feuille photographique. L’intensité magnétique a subi également de nombreuses oscillations. Entre 7 et I0h50m du matin, la tendance générale a été une réduction de celte intensité. De 10h 50D ù I heure les oscillations se rapprochèrent de la normale. Vers I heure il se produisit une augmentation subite et rapide et, au bout de ‘20 minutes, cette intensité atteignit la valeur de 000 y, la courbe sortant de la bande de papier. De 5h 50ra à ôMO11 il se produisit des variations d’environ 750 y, c’est-à-dire un peu plus du ‘25me de la valeur totale de l’intensité magnétique. Cet orage magnétique est le plus violent qui ait été observé à Kew depuis le 15-14 février 1892. 11 est intéressant d’ajouter que, d’après les
- du matin par le professeur Cattendar et)]. A. Fowler, on a pu remarquer une violente distorsion et un renversement de la ligne C de l’hydrogène dans le voisinage du groupe des grandes taches solaires qui, à ce moment, avaient un peu dépassé le méridien central. Malheureusement ces observations n’ont pu être continuées, par suite de 1 interposition des nuages. Lu renversement de la ligne C avait déjà été observé sur la même tache les deux jours précédents.
- Le chronographe .Schmidt. — Cet appareil que nous avons déjà signalé ici1 est destiné à mesurer la vitesse initiale des projectiles. U a été perfectionné d après les indications données par l’expérience et aujour-d hui il peut être considéré comme l’un des meilleurs instruments de ce genre. Il est basé, comme on sait, sur ce principe que la régularité et la rapidité du mouvement du balancier d’échappement peuvent permettre d assurer des mesures d’intervalles de temps ayant une durée bien inférieure au temps d’une oscillation. En fait M. Schmidt arrive à faire lire sur un cadran le dix-millième de seconde. C’est le projectile lui-mème qui ouvre et ferme les circuits électriques chargés de marquer le commencement et la fin de l’expérience. Les derniers perfectionnements ajoutés #à l’appareil le rendent très portatif. 11 est simple et robuste, n’a pas besoin d’une installation fixe spéciale, car sa position peut ne pas être tout à fait horizontale sans que les indications soient laussees; de plus il n’est pas sensible aux vibrations. D une grande lacilité de lecture il peut être mis entre les mains de surveillants non spécialement entraînés à ce genre d’expériences. Toutes ces qualités l’ont fait adopter par plusieurs nations dans les polygones d’essais et il y a rendu d’excellents services.
- La vitesse sur certains métropolitains électriques. — Ces chiUres nous sont donnés par une communication de sir William Forwood, Président de la Société du Métropolitain électrique aérien de Liverpool. Sur les deux métropolitains analogues de Chicago, les vitesses sont respectivement de 20 et de 25km,5 à l’heure, y compris les temps d’arrêts. A New-York, sur le nouveau Métropolitain et sur les anciens « elevated », modifiés par application de la traction électrique, l’allure de marche tout compris oscille de même entre 21km,6 et 2‘2km,6. A Londres, le « City and South London », le plus ancien des chemins de fer électriques souterrains, donne une moyenne de 20k"‘,9 ; d’autre part le nouveau « Central London » assure une vitesse moyenne de 2‘2km,5. Enfin, à Liverpool, on est arrive a ce résultat tout à fait surprenant ([lie la vitesse ressort à 50 kilomètres par heure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 novembre 1903. — Présidence de M. A. Gvuimv.
- Comparaison des lumières colorées. — M. Mascart présente une Note relative à la comparaison des lumières de teintes différentes. On sait que Fou est très embarrassé lorsque l’on veut comparer les intensités de deux sources lumineuses diversement colorées. L’auteur a recours à deux dissolutions, l’une de sulfate de cuivre ammoniacal et l’autre d’iodure de potassium et d’iode. Il compare ensuite, pour chaque source, la lumière qui tra-
- « Vov. n° 987, du 30 avril 1892, p. 337.
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- verse chacune des deux dissolutions avec la lumière provenant d’un étalon. Il obtient ainsi pour chaque lumière deux coefficients qui la définissent.
- Les ballons à ballonnets. — M. Michel Lévy dépose une .Note de M. de la Vaulx sur les avantages à tirer de l’emploi des ballons à ballonnets régulateurs et l’application qui a été faite du système au cours d’un voyage aérien par-dessus la mer du Nord. M. Michel Lévy observe tout d’abord que dès le début de l’invention des ballons, il y a eu deux écoles d’aérostation, celle des poids « plus légers » que l’air et celle des poids « plus lourds » que l’air. A la vérité la deuxième école n’a pas abouti à des résultats pratiques, mais ayant cependant conduit à quelques découvertes utiles; elle ne doit pas être découragée. M. Lévy retrace ensuite l’historique des progrès de la théorie et de la construction des ballons. Il résume d’abord des travaux du général Meunier, ignorés pendant cent ans, qui en 1792 exposa complètement la théorie des ballonnets compensateurs, puis il rappelle la construction d’un ballon pourvu d’un moteur en 1853, puis l’appareil de Dupuy-de-Lome, en 1872, celui des frères Tissandier, en 1881, déjà effectivement dirigeable, puis en 1884 l’appareil de Renard et Krcbs. La question du moteur est aujourd’hui résolue par suite de la légèreté qu’on est arrivé à donner à ces machines; les entreprises des explorateurs plus modestes qui comme M. de la Yaulx se bornent à chercher la meilleure utilisation des moyens à leur disposition sont précieuses. Le dernier voyage de celui-ci a démontré la possibilité au moyen du ballonnet de se maintenir pendant un temps très long à une altitude donnée et de choisir en descendant une nappe d’air animée d’un mouvement dans le sens désiré.
- Les phénomènes de la surface solaire et les perturbations magnétiques. — M. Mascart analyse une Note de M. Quénisset accompagnée de deux photographies du soleil correspondant aux dates des 12 et 31 octobre derniers, caractérisées par des perturbations magnétiques. On constate que sur la photographie du 12 la surface couverte par la tache est plus grande que la surface couverte le 31 octobre. Mais en revanche la deuxième tache est entourée d’une vaste zone de facules. Or les perturbations magnétiques ayant été beaucoup plus fortes le 51 octobre qu’elles ne l’ont été le 12, il y a lieu de conclure, d’après l’auteur, que les perturbations magnétiques seraient sous la dépendance des facules et non sous celle des taches.
- Régénération d’organes. — M. Edmond Perrier décrit une expérience faite par M. Wintrebert au sujet des conditions de la régénération des organes chez certains animaux. On sait que cette régénération, qui est une propriété des animaux inférieurs, s’atténue singulièrement en remontant la série animale, mais qu’on la rencontre chez les batraciens anoures. L’auteur a expérimenté sur des « axolotls » et a entrepris de rechercher si le système nerveux était le régulateur de la régénération. 31. Wintrebert ayant reconnu que la section des nerfs aboutissant au membre retranché n’empêchait pas la régénération, a essayé de couper la moelle au niveau où aboutissent les nerfs qui actionnent le membre amputé. Il a reconnu que dans ce cas le membre se régénère plus vite, mais qu’il est plus grêle que si l’amputation a été faite sur un animal normal. M. Perrier observe que dans la première condition l’hérédité agit seule tandis que dans le cas de l’animal normal, l’hérédité se superpose à l’activité du membre. Cn. de Yiu.edkuil.
- L’EXPOSITION DE L’HABITATION
- LT I.LS CONSTIU ETIONS HYGIÉNIQUES LT ÉCONOMIQUES
- L’Exposition de l'habitation a joui jusqu’à son dernier jour d’un grand succès. Depuis plus de vingt années, la ville de Paris subit les conséquences d’un changement qui s’affirme de plus en plus parmi les habitants des quartiers populeux. C’est une véritable émigration, elle s’opère lentement, mais elle s'accentue surtout depuis la création des tramways, et du Métropolitain qui facilitent l’accès des quartiers voisins des fortifications et plus loin encore, de toute la banlieue parisienne.
- Les personnes de la classe moyenne, les employés qui jouissent d’appointements modestes, les ouvriers parisiens, renoncent à vivre dans le centre de la capitale. Ils se sont aperçus que bien qu’en payant cher, leur logis manquait souvent d’air et de confortable. Tous commencent à préférer d’aller, au loin, chercher avec leur famille une installation plus saine et [tins agréable, moyennant un prix raisonnable. C’est le principe américain qui prend pied chez nous. Chacun, aux États-Unis, partira le matin pour New-York, par exemple, la grande ville de « business », comme on dit là-bas, afin de s'occuper de ses alfaires et de gagner sa vie. Puis le soir venu, on rentre chez soi, par « l’elevated railway », les tramways ou « les ferry boats », pour vivre tranquille dans sa famille. Nous voulons faire de même actuellement. De là le succès des habitations agréables qui nous sont offertes de tous cotés en dehors de l’enceinte de la grande ville.
- L’Exposition de l'habitation nous en a montré de nombreux spécimens, dont le bon marché paraissait étonnant. Partout dans les environs de Paris des Sociétés de toutes sortes se sont créées ainsi que des associations ouvrières. Ces Sociétés sont nombreuses, nous avons pu, en visitant le rez-de-chaussée de l’Exposition et les galeries du premier étage cn relever quelques-unes : la Société de la plaine de Yanves, et celle de la propriété populaire, la Société des habitations ouvrières de Passy fondée en 1882, la Société des associations ouvrières de production et celle d’épargne des retraites, etc., etc. ; il serait impossible de les citer toutes. Ces Sociétés ont su mettre à leur tète des architectes de goût et des entrepreneurs expérimentés qui sont arrivés par leur effort commun à des résultats inattendus.
- Ce ne sont plus les cités ouvrières d’autrefois dont l’aspect monotone et la promiscuité gênante devaient effrayer leurs habitants, mais bien des maisonnettes isolées, embellies par des Heurs et des arbustes, ayant l’aspect de petites villas coquettes que chacun aurait plaisir à habiter.
- Les quelques habitations dont nous avons pu reproduire l’aspect donneront une idée de ces gracieuses compositions. En voici une (fig. 1). C’est un pavillon ouvrier dû aux plans de M. Lavirotte, architecte. Son prix serait de5500 fr., et conviendrait à un jeunemé-
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- nage. Une autre (fig. 2), exécutée par les associations ouvrières de production, conviendrait à une famille. Elle a un sous-sol. Au rez-de-chaussée se trouvent la cuisine et la salle à manger, au-dessus o chambres à coucher, enfin un grenier. Le prix serait de 12 000 francs.
- Les figures, o et 4 nous montrent deux petites maisons. La première de 5000 francs se com-
- Fig. 1. — Pavillon ouvrier.
- des types qu'on peut voir exécutés à Boulognc-sur-Seine. Son groupe de maisons à 4500 francs l'une, est d’un aspect fort réussi, ainsi que les petites villas qu’il exécute à Issy-les-Moulineaux et à Vanves. Elles sont groupées ou isolées et varient comme prix entre 7000, 8000 cl 10 000 francs.
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- Fig. 3. — Maison de 5000 francs.
- pose au rez-de-chaussée d’une cuisine, d’une salle à manger et d'un vvater-closet avec fosse ; au premier deux chambres à coucher avec cheminée. La deuxième de 7000 francs se compose d’un vestibule, cuisine, salle à manger, et vvater-closet avec fosse. Au premier deux chambres à coucher avec leu et grenier.
- Ces deux dernières villas peuvent s’acquérir en versant leur prix de location pendant vingt années
- Fig. 2. — Maison de famille.
- Les maisons de M. Monod à Clamart, ainsi que celles de M. Jardel à Suresnes, sont aussi confortables et bien agencées.
- En sortant de l’Exposition de l’habitation, la ten-
- Fig. i. — Maison de 7000 lianes.
- successives «à la Société d’Épargne des retraites.
- 11 ne serait pas juste de ne citer que des maisons à bon marché construites par des sociétés. De nombreux architectes habiles se sont occupés également d’en créer aux environs de Paris. Dans la galerie du premier étage de cette exposition, on remarquait les plans et les dessins de M. Guillemin. Il a su créer
- talion était grande de posséder dans un terrain de son choix, aux portes de Paris, une de ces gentilles villas encadrée de quelques parterres de Heurs.
- Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — lininiinerie Lahlue, rue de Fleurus, 9.
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- N° 159 1.
- 2 I NOVEMBRE 1905.
- LA NATURE.
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- ESTOMAC ET CORPS ÉTRANGERS
- Los organes de l’homme sont habituellement d'une grande susceptibilité, et le moindre corps étranger devient un hôte incommode dont l’économie a hâte de se débarrasser. Si elle ne le peut, elle s’irrite : il en résulte des troubles profonds dans les fonctions de l’organe atteint et des douleurs plus ou moins vives. C’est ainsi que la moindre parcelle d’un corps solide engagée dans la cornée détermine des souffrances intolérables, que souvent une simple épingle, introduite dans l’estomac, oblige
- à l’ouverture de ce viscère pour l’en retirer, tant les douleurs sont vives et les désordres redoutables.
- Par contre, il existe des cas de tolérance remarquables : tel cet enfant de 5 ans, présenté par nous à l’Académie de médecine1, parfaitement guéri de l’ablation, par une incision à la base du cou, d’une pièce de monnaie enclavée depuis 11 mois dans le milieu de l’œsophage : l’opération était phi-, tôt indiquée par l’éventualité de complications redoutables que par la gène, très modérée, éprouvée par cet intéressant petit malade. Mais cet exemple de tolérance est considérablement dépassé par le
- Vingt-cinq corps étrangers enlevés, avec succès, par la gastrotomie, de l’estomac d’un jeune homme où ils étuieut depuis plusieurs mois (1 fi grandeur naturelle).
- cas suivant que nous avons également présenté à l’Académie, dans la séance du 15 juillet dernier.
- 11 s’agit d’un jeune garçon de 22 ans, chétif, d’une intelligence très obtnsc, épileptique, entré dans le service de médecine du D' Leroux, à l’hôpital Saint-Joseph, pour des troubles nerveux et intestinaux. Au bout de quelques jours on constata la présence, dans l’hypocondrc gauche, de corps étrangers : il passa dans notre service de chirurgie, et subit, le 25 mai, l’opération de la gastrotomie (ouverture de l’estomac) : grand fut notre étonnement de sentir, avec le doigt introduit par cette incision de 2 centimètres 1/2, un grand nombre de morceaux métalliques. En effet, successivement, à l’aide 31' année. — 2' semestre.
- d’une longue pince, nous retirâmes les corps étrangers que représente la ligure ci-joint c-
- D’abord, d’un seul coup,2 cuillères à café; puis, également en une seule fois, 5 autres cuillères à café ; puis une à une encore 5 cuillères à café : total 8 cuillères, sur lesquelles, les 2 premières ont 13 et 14 centimètres, les 3 autres 14 à 15. Ces dernières sont plus petites et particulièrement rongées par les acides de l’estomac, notamment l’acide chlorhydrique. Ce n’était pas tout : la main droite armée d’une pince encore plus longue— car l’estomac était très vaste — nous pûmes extraire :1e dos d’une
- 1 Yoy. n° 1271, du 9 octobre 1897, Iuformaùoiis.
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- LA N AT ü 11E.
- l'ourchette ordinaire avec 5 doigts, le manche de la meme fourchette hrisée, un autre manche de fourchette, le 4e doigt de la fourchette susmentionnée,
- 1 patte-fiche de 12 centimètres, 1 pointe de 14 centimètres sur 5 millimètres, ayant une extrémité très aiguë, 1 clou de 7 centimètres, l aiguille de 6 centimètres sur 2 millimètres, I manche de couteau de 0 centimètres, 1 lame de couteau de mêmes dimensions, I manche de fourchette, l lame de couteau de 5 centimètres, 1 clou de 0 centimètres sur 5 millimètres, 1 clef de 4 centimètres, la moitié d’une épingle à cheveux, en écaille, très pointue, de 8 centimètres, quelques petits débris de métal oxydés : en tout 25 pièces du poids de 250 grammes.
- Tous ces corps étaient placés assez uniformément perpendiculaires au grand axe de l'estomac, dans sa «rosse tubérosité: néanmoins nous dûmes, avec d’infinies précautions, en faire basculer plusieurs, afin de les amener dans l’axe de l’incision.
- Une des particularités les plus intéressantes de cette observation, est l’intégrité de l’intérieur de
- l’estomac, vérifiée à l’aide du doigt promené méthodiquement dans cette cavité. L’opération se termina par les sutures compliquées, habituelles, de l’estomac et de la paroi abdominale.
- On pourrait croire qu’après une si importante intervention, l’état du malade devint inquiétant? 11 n’en fut rien ; à peine y eut-il un peu d’élévation de température trois soirs de suite : au 15e jour ce jeune homme mangeait de la viande et se levait le 25e jour. C’est alors (pie, remis des émotions de l’opération, il nous confia qu’il avait commencé, (> mois avant, à avaler ces corps étrangers pour mettre fin à ses jours. Le suicide est en effet une des principales causes de l’ingestion de ces corps étrangers : c’est le même motif qui poussa une femme de 52 ans, dont le l)r Fricker, d’Odessa, raconte l’histoire, à déglutir 55 corps étrangers : cuillère à soupe, cuillère à thé, épingle à cheveux, etc.
- D’autres fois c’est par bravade ; tel le jeune homme opéré par le Dr llalsted, de Baltimore, et auquel nous avons fait allusion dans ce journal1. Ce chirurgien lui retira de l’estomac, où ils étaient depuis 4 jours : 208 objets métalliques et 74 grammes de morceaux de verre : c’est par erreur qu’on a parlé de 500 grammes.
- Dans l’énumération de tous ces corps étrangers, ainsi que dans les gravures très détaillées qui l’accompagnent, il n’est fait mention que de 7 lames de couteau, u plus exactement de 7 fragments de lames de couteau, et non 41, comme cela a été raconté. Bar contre, il y a un nombre colossal de chaînes : 20 petites chaines à chien et 2 grandes ; 4 chaînes démontré, 12 épingles (et non 40), 150 clous plus ou moins longs, etc. !
- Ces opérés, et 5 autres dont nous avons relevé l’histoire, dans la littérature médicale étrangère (car les observations françaises, bien qu’assez nombreuses, n’ont trait qu’à des corps uniques), avaient
- 1 Yn\. u" 157 i, du 25 juilli'l 1905, Informations.
- un chiffre de corps supérieur au notre : mais aucun, ce nous semble, n’en possédait d’aussi dangereux, depuis un temps si long, avec une intégrité si complète de la muqueuse de l’estomac, et une tolérance si parfaite de cet organe. C’est cet ensemble de caractères curieux qui nous a incité à communiquer ce fait aux lecteurs de notre journal. Dr L. Mo.xxnai,
- Chirurgien dr l'Uopital St-,[osr| h
- --><^x-
- LE « LEBAUDY » A PARIS
- Le ballon « Lebaudv » que nous avons déjà décrit longuement1 et dont on se rappelle les prouesses au cours de l’été dernier, a réussi à accomplir l’épreuve définitive : il est venu demander à Paris la consécration de ses premiers succès.
- Ce voyage était prévu dans son programme. On le savait, et pourtant l’annonce de son atterrissage inopiné a été une surprise — une surprise agréable, bien entendu.
- Le dirigeable que les Parisiens viennent de contempler pour la première fois ne diffère guère de ce qu’il était à ses débuts, malgré la remise en état et les remaniements pour lesquels son pilote, M. Juchmès, a mis à profit les loisirs bien mérités d’une période de repos.
- L’enveloppe était certes fatiguée d’avoir été en pression pendant trois séries d’épreuves formant au total cent quatre-vingt-treize jours de gonflement; mais il a suffi de la revoir avec soin et, dans cette réfection, on a employé 6Ü0 mètres carrés d’étoffes nouvelles de douze types différents, ce qui donnera l’occasion d’étudier leur résistance à l’usage. On a également renforcé la partie centrale du ballon qui soutient toute la charge, au moyen de galons qui la cerclent transversalement. Sauf ces adjonctions infiniment légères, le « Jaune )) n’a point changé d’aspect. Il a conservé sa forme aisément reconnaissable à son contour sinueux, à ses pointes un peu retombantes, à son plan inférieur qui semble fait pour glisser tout naturellement sur les couches d’air, à sa fausse quille doublée d’étoffe, à la pyramide enfin placée sous la nacelle et qui lui sert d’unique point d’appui lorsqu’il se pose sur le sol.
- Le ballon a été regonflé le 51 octobre dernier et l’on n’attendait plus qu’un temps favorable qui permit de réaliser un dessein dès longtemps caressé de venir atterrir au Champ-de-Mars.
- Le 12 novembre, au matin, malgré un peu de brouillard, les circonstances semblant propices, le dirigeable s’éleva, sous la conduite de M. Juchmès et du mécanicien Rey, à 9h 20, de l’aérodrome de Moisson, situé, comme l’on sait, dans la presqu’île de Bonnières (Seine-et-Oise).
- Un vent de fi mètres à la seconde soufflait du S.-S.-ü, poussant l’aéronef vers Lhérence, mais le mouvement de ses hélices la mit rapidement en roule par Véthcuil sur les Mureaux, qui se trouvent en droite ligne sur l’itinéraire de la Tour Eiffel, en évitant les bois qui sont, on le sait, une cause de condensation et, par suite, de perte de gaz. l)e là, en passant plusieurs fois la Seine, le ballon laissait à sa droite Roissy et la forêt de Saint-Germain, traversait file de Chatou, passait au-dessus des glacis du Mont-Valérien, franchissait le Bois de Boulogne entre Longchamps et Bagatelle, passait au-dessus des tribunes d’Auteuil, et entrait dans Paris par-dessus la porte de Passy.
- 1 Voy. ne 1562, du 2 mai 1905, p. 537.
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- LA A A ITT. L.
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- Piquant alors droit sur la Tour Eiffel, il descendait enfin au Champ-de-Mars, en cherchant une place convenable au milieu des ruines et des gravats, et non sans qu’un fonctionnaire ait menacé de verbaliser contre cette intrusion insolite.
- 11 était exactement ÎIM au moment de l’atterrissage et le voyage avait duré lh4lm. Pourvu de 290 kg de lest au départ, M. Juchmès en avait dépensé 130 kg (moins de la moitié) et s’était maintenu entre 100 et 300 mètres d’altitude.
- Les hommes d’équipe étaient partis de Moisson, en même temps que le ballon; mais ils n’arrivèrent au Champ-de-Mars que longtemps après lui; toutefois les aéronautes ue manquaient pas de volontaires pour les aider à amarrer provisoirement le ballon parallèlement à la longue face de la Galerie des Machines, près des débris de l’ancien Palais de l’Électricité.
- MM. Pierre Lebaudy et Julliot, prévenus dès le départ, étaient accourus et l’on prit, sous leur direction, des mesures pour faire entrer tout l’appareil dans la Galerie des Machines, ce qui ne laissait pas d’offrir quelque difficulté, car si ce vaste vaisseau semble avoir été construit tout exprès pour servir de remise à ballons, on ne lui a pas ménagé de porte assez grande pour cette opération imprévue. 11 a fallu détacher la nacelle, en coupant les câbles d’acier qui la suspendent, et faire une manœuvre assez longue et compliquée, pour faire pénétrer nacelle et ballon, l’un après l’autre, par la baie trop peu élevée.
- Dans ce voyage sensationnel, le (( Lebaudy » n’a pas parcouru moins de 50 à 55 km à bonne vitesse et avec une grande sûreté de direction.
- La durée du voyage ayant été de la vitesse
- moyenne ressort à 8 ou 9 mètres par seconde; en raison
- Pontoise
- lOHnièn
- Meulan
- Mantes
- fbsS* Denis
- Fig. i. — Itinéraire suivi de Moisson au Champ-de-Mars.
- du vent assez fort qui prenait le ballon en écharpe, on peut donc estimer que celui-ci marchait avec une vitesse propre de 10 à 11 mètres par seconde, et il n’est pas dit que le moteur de 40 chevaux ne puisse pas donner davantage, en dépensant toute sa puissance : on parle même d’agrandir les hélices dans ce but. Quoi qu’il en soit, c’est d’ores et déjà un très beau résultat, du reste escompté par tous ceux qui avaient suivi ses précédentes ascensions.
- Dans l'une d’elles, le parcours avait même atteint 08 kilomètres et cela peut cire, jusqu’à un certain point,
- considéré comme mieux encore ; le ballon était alors resté 2h 40™ en l’air, la vitesse moyenne était donc sensiblement la même que dans l’ascension du 12 novembre; mais en aucun cas les aéronautes n’avaient autant étendu leur rayon d'action et ne s’étaient autant éloignés de leur port d’attache. En outre, cette route suivie eu ligne dioite, vers un but déterminé, a pour le public une indiscutable valeur démonstrative. La quantité de lest restant aurait
- permis d’ailleurs de tenter le retour à Moisson sans ravitaillement de gaz, si les constructeurs et les aéronautes du « Lebaudy » n’avaient éprouvé le légitime désir de montrer leur œuvre à la foule des curieux : ceux-ci se pressaient si nombreux qu’il a fallu organiser un service d’ordre.
- La Galerie des Machines parait si bien indiquée pour abriter des ballons, et surtout des dirigeables, qu’on voudrait la voir tout à fait aménagée à cet effet. 11 suffirait d’agrandir d’une manière permanente la baie par où l’on a eu tant de peine à faire entrer le ballon. Le voyage de Moisson au Champ-de-Mars nous .vaudra ce résultat, car MM. Lebaudy ont offert d’effectuer à leurs frais les travaux nécessaires, en supprimant, sur 17 mètres de longueur, la galerie intérieure qui coupe la baie à la moitié de sa hauteur. Et M. Alfred Picard, sous la juridiction duquel se trouve encore la Galerie des Machines, a accordé avec empressement l’autorisation nécessaire. Ce sera fait quand ces lignes paraîtront.
- Celte démolition donnera le moyen de faire sortir l’aéronef tout arrimée et prête à prendre son essor, sans qu’il soit nécessaire de procéder en plein air à l’opération fort longue qui consiste à rattacher à l’enveloppe les câbles de suspension de la nacelle.
- Les Parisiens y auront gagné de garder une longue semaine dans leurs murs et de pouvoir admirer pendant tout ce temps un des rares spécimens de Part naval aérien. Leur empressement, après les félicitations des personnalités les plus autorisées de l’aéronautique, est la meilleure récompense des heureux triomphateurs du jour : M. Julliot, l’ingénieur à qui l’on doit les plans du dirigeable, et M. Juchmès, son habile pilote.
- L-colonel G. Espitalliep.
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- LA NATURE
- ESS4IS À GMNDE MTESSE DE BERLIN-ZOSSEN
- Nous avons appelé l’attention antérieurement1 sur la nature des essais entrepris par la Société d’études pour la Traction des Chemins de fer sur la ligne de Rerlin-Zossen, et nous avons déjà dit que la vitesse de 160 km à l’heure, atteinte dès le début, avait dù être considérée comme une limite infranchissable avec la voie existante, voie d’une trop grande légèreté pour permettre la réalisation de vitesses de 200 km et plus qu’on avait d’abord en vue.
- Disons tout de suite que ces vitesses ont été atteintes et dépassées il y a quelques jours, au moins par la voiture récemment remise en expérience par la Maison Siemens et Halskc.
- Les résultats d’essais, qui ont eu en Allemagne un grand retentissement, ont éveillé chez tous un très vif intérêt, et on en augure déjà une prompte application des résultats acquis à la traction des chemins de fer ; on va même jusqu’à dire que l’État aurait entrepris des négociations en vue d’appliquer la traction électrique à la ligne de Rerlin-Hambourg.
- Sans vouloir examiner aujourd’hui la portée des résultats acquis, on peut dire au moins que l’on avait très sainement jugé les modifications à faire pour atteindre le but primitif*, et qu’on a su les mener à bien : ce sont les principales de ces modifications que nous allons faire connaître en quelques mots. Signalons aussi que la Société Siemens et Halske a mis en service entre temps une locomotive triphasée, dont l’équipement, en général analogue à celui de la voiture de Zossen, présente cependant une différence essentielle, ayant ses moteurs directement enroulés pour 10000 volts: c’est encore un progrès qui dénote bien l'excellence de la construction; mais, malgré l’économie de poids qui en résulte, il ne semble pas qu’on doive
- 1 Yuy. ii° 1513, du 24 mai 1902, p. 39J.
- attendre de cette dérogation à la pratique courante des résultats certains et bien pratiques.
- La plus importante modification apportée aux dispositions primitives est la construction d’une nouvelle voie, dont nous donnons une vue (fig. I). Les rails primitifs ne pesaient que 55 kg le mètre courant, et les traverses étaient assez distantes, tantôt en bois, tantôt en métal. Leur nombre était de 15
- pour chaque longueur de rails de 12 mètres, et de 12 pour les rails de 9 mètres, Les rails nouveaux sont du poids de 42 kg le mètre courant, et sont employés en longueur de 12 mètres, les traverses sont toutes en bois dur, et sont au nombre de 18 pour chaque longueur de rail de 12 mètres. Le long des rails de roulement sont montés sur ces traverses, à 50 mm environ vers l’intérieur, et à 50 mm au-dessus de leur niveau, des contre-rails, qui ont pour objet de mieux guider la voiture, et d’empêcher des déraillements. Ces rails ont, ainsi qu’on le voit (fig. 1), leur base tournée vers les rails de roulement, et les dépassent, ainsi que nous l’avons déjà dit, d’une hauteur de 50 mm.
- La voie nouvelle pèse 500 kg le mètre courant, et la quantité de ballast et de gravier apportés à la nouvelle construction s’élève au chiffre considérable de 15 000 mètres cubes reconnue nécessaire pour en assurer la solidité.
- Les transformations faites à la voiture avaient pour objet de la mieux guider sur la voie, et de lui donner une plus grande douceur de roulement. Les trucks primitifs, qui avaient un empattement de5m,8, ont été remplacés par des trucks à 5 essieux, à empattement de 5 mètres. Deux essieux sur 5 sont munis de moteurs de 250 chevaux, à couplage direct. Les pivots des trucks étaient autrefois fixçs rigidement, et, ne permettant aucun jeu latéral, ils
- La voie.
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- LA NATURE.
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- transmettaient directement les chocs sans olïrir certain jeu latéral, et monté les pivots élastique-aucun amortissement. On a aujourd’hui donné un ment. Ajoutons, comme modification accessoire,
- Fig, 2. — Vue d'ensemble de la voiture.
- qu'on a déplacé et monté à l’extérieur les ressorts de suspension de la voiture, pour en rendre la visite et la surveillance plus faciles. f/aspect de la voiture est parfaitement représenté par la figure 2, qui est la reproduction d’une photographie prise au cours des essais du fi octobre.
- Pour la réalisation de vitesses aussi élevées, il importait d’ohte-nir des moteurs une accélération très considér ahle, et un effort de freinage proportionnellement grand. Le matériel électrique a, dès le début, réalisé les conditions voulues d’accélération, et on l’a conservé tel quel, mais on a dû modifier les freins, et on a changéles dimensions des
- cylindres et les rapports de la- timonerie, de telle manière qu’on peut aujourd’hui freiner le double
- du poids de la voiture aux plus grandes vitesses atteintes et réalisées en service, et le ralentissement reste supérieur à 1 mètre par seconde en moyenne, la pression de l’air employé étant de0 kilogrammes par centimètre carré.
- Pour éviter qu’avec la réduction graduelle du coefficient de frottement des sabots les roues ne viennent à patiner avant la fin du freinage, on permet au mécanicien de modérer à volonté la pression à l’aide d’un robinet mis à sa portée dans la cabine contenant tous les appareils. La vue d’ensemble de celte ca-
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- LA NATURE.
- bine est représentée par noire ligure 5. On y voit réunis tons les appareils nécessaires à la marche de la voiture automotrice.
- Celle-ci comporte, ainsi qu'on le sait, une pareille cabine à chaque extrémité; la partie centrale peut donner place à nue cinquantaine de voyageurs, mais bien entendu, elle est réservée, au cours des essais, aux nombreuses observations, et aux nombreux relevés qu’on a jugé nécessaire de prendre : ceux-ci visent principalement les vitesses, l’accélération, les eiïbrts de traction et la réaction des moteurs sur leur suspension, les pressions en ditlé-rents points de la voiture, etc.
- Ces lectures viennent s'ajouter à celles qu’on peut l'aire dans la cabine du mécanicien, et fournissent de précieuses indications sur les essais, indications qui pourront être utilisées dans la construction du matériel destiné à réaliser de grandes vitesses. En efl'et, les ingénieurs allemands qui ont conduit ces essais, et à leur tête l’ingénieur en chef de la Maison Siemens et Ilalske, M. W. Reirhel, paraissent bien décidés à ne pas s’en tenir aux expériences, mais à passer de l’étude à l’application de leur système, en utilisant les nombreux résultats qu’ils en ont tirés. Les vitesses atteintes sont déjà des résultats connus. Elles ont été de 201 kilomètres à l’heure le 6 octobre, et de 207 kilomètres à l’heure quelques jours après. Les consommations d’énergie considérables nécessitées par ces grandes vitesses sont aussi connues. La consommation de puissance au démarrage a été de 2200 à 2500 kilowatts mesurés à la voiture ; la consommation en pleine marche étant de 1700 à 1800 kilowatts. La pression de l’air en pleine marche a été de 225 à 215kg par mètre carré de surface ; l’accélération alteignait0,22 mètre par seconde par seconde A. Dcranp.
- LA PH0T0MËTRIE
- La photométrie est line partie de la physique appliquée qui laisse encore un certain nombre de problèmes sans solution, et dont il est intéressant de suivre continuellement les divers progrès. En 1900, le Congrès du gaz tenu à Paris a nommé une Commission internationale de photométrie qui est destinée à étudier diverses questions à l’ordre du jour et à faire connaître les résultats obtenus. Cette Commission s’est réunie pour la première fois à Zurich, il y a quelques mois; nos confrères « Le Moniteur de l’industrie du gaz » et 1’ « Electricien » ont publié le compte rendu des séances, nous croyons intéressant d’examiner à notre tour les diverses questions traitées' dans cette réunion, qui a été présidée par M. Vauthier, de Lyon.
- M, Sainte-Claire Deville, ingénieur à l’usine de la Compagnie parisienne du gaz, a fait une communication sur les variations du pouvoir éclairant par incandescence des gaz combustibles en fonction de leur pouvoir calorifique. Il a montré qu’il y a lieu, dans l’étude de la pho-tométric de l’éclairage incandescent, d’établir une distinction entre la photométrie du gaz et la photométrie du manchon. Le pouvoir éclairant des flammes de gaz ordinaire n’est pas une fonction régulière du poids spéci-
- fique du gaz ni de son pouvoir calorifique. Pour déterminer le pouvoir éclairant développé par les particules de charbon en suspension dans la flamme, on a adopté différentes méthodes basées sur certaines conventions. Les conditions sont complètement modifiées quand le manchon incandescent est employé; tout gaz qui fournit de la chaleur peut également fournir de la lumière. Mais l’éclat d’un manchon dépend de la température de la flamme qui le chauffe. Certains gaz produisent une flamme plus chaude que d’autres, môme si la quantité de chaleur dépensée reste la même. M. Sainte-Claire Deville, à la suite de nombreux travaux, est arrivé à la conclusion que la température théorique pouvant être obtenue par la combustion d’un gaz constitue un facteur négligeable dans tous les cas ordinaires, et que c’est la chaleur de combustion qui reste le principal critérium de la valeur d’un gaz quelconque quand il s’agit de son emploi pour l’éclairage incandescent.
- M. Sainte-Claire Deville n’a donc pas été d’avis qu’il y eût lieu d’établir des règles internationales pour la photométrie du gaz brûlé pour l’éclairage incandescent. M. le professeur Bunte a exprimé l’avis que la chaleur de combustion d’un gaz ne pourrait jamais remplacer entièrement la détermination photométrique. M. le professeur Lewes a également fait connaître qu’il ne pensait pas que l’intensité lumineuse d’un gaz brûlé sous un manchon put être mesurée d’après son pouvoir calorifique.
- M. le Dr Bunte a présenté ensuite une communication sur le groupement comparatif des valeurs actuellement employées pour les différentes unités photométriques. Il a examiné la bougie Hefner, la bougie anglaise.de sperma-ceti, la lampe au pentane, à mèche, de 1 bougie, la bougie allemande ou candie de paraffine de l’Union, la lampe au pentane gazéifié de 10 bougies de Vernon-Harcourt et la lampe Carcel. Il a établi un tableau qui donne la valeur de chacune de ces unités en fonction des autres unités. C’est ainsi que nous trouvons que la bougie llefner vaut 0,855 bougie allemande de lTnion, 0,877 bougie anglaise ou candie, 0,855 bougie au pentane (lampe Vernon-Harcourt de 1 bougie), 0,088 lampe Yer-non-llarcourt au pentane de 10 bougies, et 0,092 lampe Carcel. Nous trouvons également que la lampe Carcel vaut 10,87 bougies Hefner, 9,05 bougies allemandes de lTnion, 9,55 bougies anglaises de spermaceti ou candies, 9,29 lampes Vernon-Harcourt de 1 bougie, et 0,95 lampe Vernon-Harcourt au pentane de 10 bougies.
- MM. Carpentier et Helpsont ensuite fait une communication sur un photomètre pour déterminer les pouvoirs éclairants des becs Auer ordinaires et intensifs. La lampe étalon n’est pas comparée directement avec la source à essayer, mais elle sert à fixer une valeur, déterminée à l’avance, par nn étalon secondaire de la même qualité et de la même coiffeur que la lumière à examiner, et avec laquelle, à son tour, il peut être comparé.
- L’étalon secondaire est produit par un brûleur à incandescence avec un écran opaque dans lequel est pratiquée une étroite fente verticale. La fente est munie d’un volet glissant, mù par une vis à petit pas, au moyen de laquelle on fait varier la longueur à volonté. Deux échelles divisées sont employées dont la terminaison est commune sur l’étalon secondaire ; on peut les disposer sur une ligne droite ou bien leurs extrémités terminales peuvent se rapprocher l’une de l’autre de façon à former un angle quelconque convenable. L’échelle primaire est pourvue d’un écran mobile dans une boîte contenant un disque étoilé de Leeson ou bien quelque autre dispositif convenable, l’échelle étant
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- LA NATURE.
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- divisée également depuis le centre vers les étalons primaire et secondaire; l’étalon secondaire pivote sur le point de rencontre des deux échelles et est pourvu d’un index pour pointer. Grâce à cet index on peut amener cet étalon à occuper la même position relative pour l’un et pour l’autre. Sur la barre secondaire est montée une boîte à disque liunsen à retournement et, à l’autre bout, la lumière à essayer. Le brûleur à incandescence employé est le type « Kern », alimenté par un tube flexible, la pression du gaz étant maintenue constante par un régulateur convenable. Après que la lampe et le brûleur ont été allumés depuis assez longtemps pour être normaux, l’opérateur procède à la régulation delà lumière émise par la fente de l’étalon secondaire. 11 l’obtient en faisant une série de comparaisons avec la lampe étalon, en variant l’ouverture de la fente jusqu’à ce que les lecteurs sur l'échelle du pointeur de la boîte à disque ne s’éloignent pas sensiblement de zéro. L’étalon secondaire sera ainsi en état de donner un pouvoir éclairant soit d’un carcel, soit de 10 bougies, quelle que soit la lampe employée. On le fait alors tourner de façon que l’index pointeur coïncide avec l’échelle secondaire et on fait avec lui des observations directes du bec à examiner. On a trouvé que l’étalon, une fois établi, reste constant pendant plusieurs heures; mais il est, naturellement, très facile de contrôler son fonctionnement par comparaison avec l’étalon de lumière primaire pendant toute l’expérience. On trouve que ce contrôle peut se faire avec une grande exactitude, grâce aux lumières qui sont d’égale intensité, bien que différentes de couleur. Les auteurs ont essayé des brûleurs à incandescence variant de 50 à environ 1 ‘200 bougies et avec des résultats satisfaisants et concordants.
- M. Vautier a présenté un mémoire sur la mesure de la résistance des manchons à incandescence par le gaz. On ne connaissait pas encore de mesure ou d’appareil permettant de mesurer la résistance d’un manchon aux efforts mécaniques. Le dispositif imaginé dans ce but par M. Yau-tier comprend deux appareils; l’un, le compresseur, sert à exercer la pression nécessaire pour provoquer la rupture d’un manchon par compression: l’autre, l’extenseur, s’emploie pour produire la pression correspondante à la rupture par extension ; ces pressions sont mesurées par un manomètre à eau. Les conclusions des essais effectués par M. Vautier ont été les suivantes : Pour une marque donnée de manchons, la résistance à l’extension est beaucoup plus grande qu’à la compression. La résistance à la compression n’atteint sa valeur maximum qu’après quelques heures de combustion, entre 1 et 10 heures, puis elle tend en général à décroître faiblement quand le manchon a brûlé plus longtemps. La résistance il l’extension parait, au contraire, le palus souvent, paosséder sa palus grande valeur après le flambage du manchon, sans qu’elle décroisse beaucoup pendant la durée de la combustion, du moins jusqu’aux environs de la centième heure.
- En terminant, la Commission a résolu que les valeurs calorimétriques du gaz continueraient à être exprimées en calories par mètre cube, mesurées à 0° C. et 0m,7G0 de pression barométrique, que l’on continuerait à étudier principalement les méthodes susceptibles de supprimer les difficultés dues aux couleurs dans la photométrie et que la prochaine réunion aurait lieu en 1905 au plus tard.
- Des travaux intéressants, comme nous venons de le voir, ont été présentés à la Commission internationale de pdiotométrie; des réunions semblables permettront enfin de résoudre des questions importantes et depmis longtemps en suspiens. .1. Laffargüe.
- IA RUSSIE DU SUD
- Ma profession d’ingénieur-exploraleur m’a amené à juger de la réalité el de la valeur des espérances fondées sur l’avenir industriel des territoires dont le pays des cosaques est à peu près le centre; on était au prélude de ce grand mouvement auquel nous avons assisté dans ees dernières années, où Français et Belges luttèrent d’énergie pour élever sur ces territoires, si lointains et si calmes, une quantité de grandes usines sidérurgiques d’une forte capacité de production; mais bien des déboires, des ruines meme devaient suivre, le pmys n’avant pias encore l’enqdoi d’une pareille surproduction, n’v étant nullement préparé et, d’ailleurs trop) piauvre punir la piayer; on ne piouvait compiler que sur l’État, et celui-ci avait encore à soutenir les usines similaires qu'on élevait à profusion sur tous les pioints de l’immense empire où la fabrication des fers était p»os-sible. Mes rapports de 1881, dont l'un a été pmblié1, étaient pdus restrictifs, car j’y tenais compte, entre autres, des difficultés d’aprovisionnement de la main-d’œuvre, de la pauvreté de l’habitant qui ne panivait être acheteur, puisqu'il considérait souvent, p>ar exemple, comme un luxe d’acheter des clous de 1er et se contentait de chevilles de bois ; mais ce n’est pias la première fois (pue l’on constate de pareils entraînements qui, s’emparant des meilleurs esprits, leur font dépasser toute mesure.
- Tout en étudiant les richesses minières j’examinai de près le sol, son climat, ses habitants, toutes choses qui sont des facteurs de première importance piour le succès des entreprises sidérurgiques, qui, si elles mènent parfois aux plus grands succès financiers, conduisent non moins souvent à la ruine.
- Je résumerai donc ici les nombreuses observations que je fis alors dans le sud de la ptelite Russie. Tout d’abord, en ce qui concerne la houille, je fus surpris de son abondance extrême et de ses qualités; les couches de houille affleurent, en effet, sur une plaine qui s’étend du fleuve (Jurai à l’embouchure du Danube, côtoyant au sud la mer Noire et le piied du Caucase et de la Crimée et dont la surface est d’environ 2 millions d’hectares; les reliefs les plus élevés ont 150 mètres au-dessus de la mer, mais l’ensemble s’élève en ptente douce vers le nord, où, pirès de Moscou, les monts Yaldaï de 340 mètres d’altitude culminent et séparent les eaux de la mer du Nord de ceux des mers du sud : une si faible barrière de 540 mètres d’altitude permet la circulation facile des vents du nord et du sud égalisant partout les climats, supprimant les printemps ot les automnes ptour ne laisser qu’un hiver glacé et un été torride. J’avais 20° au-dessous de zéro dans le Ronetz au 15 septembre : le sol se chargeait de neige, les lleuves, la mer Noire, au Nord, et celle d’Azolf n’allaient pas tarder à se glacer pour des mois, toute végétation s’éteignait : mais, inversement, au
- 1 Société rie géographie, 1882 : Le pays du Dan.
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- LA NATURE.
- 592
- iïi- 1.
- Le moissonneur au repos,
- mois de mai, le soleil est devenu Ires chaud et l'ail éclore en peu de jours, dans le sol humide et riche, une brillante végétation, qui s’éteint non moins vite si des pluies ne viennent la soutenir ; dans ee cas le pays prend un aspect désertique, l’homme, les animaux souffrent et s’étiolent : d'ailleurs la chute d’eau moyenne n’est que de 524 millimètres, ce qui est bien près de la limite inférieure réclamée par l’homme, son bétail et son agriculture et, pour comble, les grands fleuves coulent dans ces plaines à 40 mètres au-dessous de leur niveau, ce qui rend les irrigations difliciles. Les grains, qui craignent moins la sécheresse, sont la
- Fig. 2. — Vieux paysan.
- seule cullure, quoiqu'une année sur trois soit abondante, e’esl-à-dire l’année où il pleut ; aulrement le
- vent du sud a séché le blé ; les sauterelles l’ont dévoré en herbe, ou bien des petits hannetons (Ani-sophia austriaca) ont mangé la fleur ; ils s’accrochent aux épis par grappes épaisses et, parait-il,ceux en arrière, faute de mieux, se contentent, des excréments de ceux qui couvrent l’épi. Ces faits expliquent le nombre restreint des habitants, qui périraient de misère dans les années ordinaires, tandis une les bras et les
- transports manquent lorsque les pluies ont favorisé les blés ; il en pourrit dans les champs. Dans ces conditions l’agri-
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- culture s’en tient aux procédés les plus simples : après la fonte des neiges on sème, sur la terre ramollie, les grains de blé, puis on herse par-dessus et si les pluies surviennent la récolte est énorme ; mais pour la récolte suivante il faudra retourner la terre avec la charrue ;
- souvent après ces deux cultures c’est un long repos pendant lequel la prairie se reforme et revient à la steppe aux herbes dures, peu nutritives : heureusement le cosaque est un travailleur incomparable pour faucher ces vastes plaines dans les longs jours
- Fig. 3. — Famille paysanne de Podolie.
- de l'été, quoique les herbes rudes, mêlées de solides chardons, opposent une grande résistance : nous donnons ici trois figures des habitants, qui nous sont obligeamment communiquées par M. Elisée Reclus. Au nord, près de Karkow, le sol devient calcaire et <
- d'immenses lorêts succèdent aux prairies où l’on ne trouve même pas de bois de chauffage que l’on remplace par le fumier desséché ; les bois de charpente sont amenés de loin. On a mis plusieurs idées en avant pour expliquer cette absence de forêts, mais
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- il semble probable que les vents brûlants ou placés qui balayent tour à tour ces plaines s'opposent à la croissance des arbres dans un sol formé d'une couche d’argile compacte, bien qu’elle soit recouverte par la fertile ferre noire, mais sur un pied seulement d’épaisseur.
- L’homme vivait donc sur la steppe monotone et ne se doutait point que le sous-sol enfermait d’importantes richesses minérales; en effet, l’abondance de la bouille y était signalée déjà sous Pierre le Grand, mais la constatation sérieuse n’en fut faite qu’au siècle dernier par le géologue Illyne, puis à partir do 1850, par les Français Le Play, Malinvaud et llom-maire deUell, enfin, par l’ingénieur llolmersonqui, sur l’ordre du gouvernement russe, mit la dernière main à la carte géologique de la contrée indiquant les limites des terrains cristallins, carbonifère, permien, jurassique, crétacé, tertiaire et alluvionnaire. Mais c’est vers 1870 seulement qu’on commença l'exécution d'un véritable réseau de voies ferrées, desservant les plus riches houillères et les reliant au Volga et au Dnieper, c'est-à-dire à la Caspienne et à la mer Noire et, enfin, à la mer d’Azoff. De riches mines de for, à Krivoï-Rog, sur la rive droite du Dnieper nouvellement découvertes, encourageaient encore les industriels futurs et on les relia par rails à ce grand bassin Rouiller. Pourtant, je dus constater bien des défauts à cette splendide esquisse, sans parler de celles inhérentes au pays lui-même : j’y voyais qu’une grande forge montée par des Anglais capables, n’avait qu’une existence chancelante; il en était de même pour une exploitation de houille aux mains d’une maison française de premier ordre; comment, dans ces conditions, a-t-on pu un seul instant croire (pie l’on trouverait un débouché rémunérateur à l’immense production des vastes usines qu’on a établies simultanément en ces dernières années : n’a-t-on pas tenu compte de l’absence de consommation locale et de la distance énorme qui sépare des lieux réels de livraison; nous sommes loin ici de nos petits territoires, surpeuplés, couverts de rails, d’ouvriers habiles, spécialisés ; d’autre part, si l’abondance de la houille est incontestable, où étaient les minerais de fer tout aussi indispensables ! Les mines de Krivoï-Rog, quoique riches et suffisantes pour une industrie légère, ne sauraient pourtant servir de base à l’ensemble des industries rêvées : en dehors d’elles, qu’a-t-on encore? Des hématites (peroxyde de fer hydraté) assez pauvres, et phosphoreuses, généralement sans manganèse.
- C’est donc en me demandant, étonné, si c’est moi (pii avais mal jugé en 1881, que je vis nos millions s’entasser en Russie, se transformer en usines sidérurgiques énormes, sous la direction des industriels les plus compétents.... Hélas! Les événements (pii suivirent ne me donnèrent que trop raison et toutes ces usines sommeillent en grande partie, attendant un réveil qui ne viendra qu’à la longue; on avait trop peu compté avec le temps, ce facteur presque toujours indispensable au succès. Jules Garnier.
- BELLADONE ET SOLANÉES
- La belladone qui appartient à la famille des Solanées, est commune dans le Sud et le centre de l’Europe; elle croit dans les lieux ombragés, le long des murs, sur les décombres; on la cultive dans les jardins. L’Angleterre se livre à une culture en grand pour les besoins de la pharmacie qui utilise la racine et les feuilles.
- Tout le monde a vu dans les jardins ou dans les champs celle plante liante de I mètre environ à racine épaisse, rameuse, à tige ronde et velue ; ses feuilles sont d’un vert foncé, ovale à pétiole court, longues de 12 à 15 centimètres environ ; les tïeurs d’un rouge vineux sont solitaires, pendantes, puis marquées d’un léger sillon. Le fruit est une baie, un peu plus grosse qu’un pois, d’abord verte, et devenant presque noire à la maturité.
- Les feuilles de la belladone portent des poils glandulaires qui renferment un principe particulier qui lui donne, lorsqu’on les froisse, une odeur vireuse qui disparaît le plus souvent par la dessiccation. Toute la plante est toxique; on retire surtout de ses feuilles un alcaloïde, l’atropine, qui est un violent poison. Les baies ont souvent donner lieu à des méprises et le I)r Gauthier de Claubry signale 150 personnes qui ont été empoisonnées pour en avoir mangé croyant que c’était un aliment inolïensif.
- Van Swieten signale un empoisonnement mortel causé par les baies de belladone, Houlduc rapporte aussi un cas de mort dû à l’ingestion de ces baies et Pinel l’empoisonnement de quelques enfants.
- C’est vers la fin du dix-septième siècle que la belladone est employée comme médicament ; aujourd’hui elle occupe une place importante en thérapeutique où elle est employée dans le traitement de la coqueluche, de l’asthme, pour combattre les toux nerveuses, l’incontinence d’urine. Le plus important de ces alcaloïdes, l’atropine, est employé en thérapeutique oculaire et aussi pour modérer les sueurs nocturnes. Nous ne saurions trop le répéter, le médecin seul a qualité pour prescrire l’emploi de la belladone et ce serait s’exposer à un réel danger que de vouloir s’en servir soi-mème.
- D’après le Dr Thierry de Maugras elle tirerait son nom « de l’usage que les femmes d’Italie faisaient de son eau distillée pour se laver le visage et se garantir de la scarlatine et d’autres maladies de la peau. » A côté de la belladone la famille des Solanées renferme encore le tabac, que tout le monde connaît et dont la culture est réglementée en France, puis d’autres plantes très toxiques qui croissent dans tous les lieux incultes de l’Europe. Les plus importantes sont: l°La stramoine qui possède une tige ronde, verte, des feuilles grandes, ovales, à lobes dentés, des fleurs blanches, solitaires, grandes, un fruit épineux, des semences réniforaies, aplaties sur l’une de leurs faces, petites, à tégument noir chagriné. 2° La jusquiame noire qui a une tige velue, des feuilles longues, molles, sinueuses, ovales, dentées, d’un vert glauque, couvertes de poils blancs et noirs; des fleurs en épi jaunes striées de rouge foncé, des graines très petites, réniformes et grises. Les feuilles renferment de l’hyosciamine, alcaloïde isomérique de l’atropine.
- D’après ce que nous venons de dire, il ne faudrait pas conclure que la famille des Solanées ne renferme que des plantes toxiques, c’est à elle qu’appartiennent en effet : la douce amère, le piment des jardins et enfin une plante, très connue, éminemment importante pour l’alimentation de l’homme, le « Solanum tuberosum », originaire de l’Amérique du Nord, dont on mange les tubercules sous le nom de pomme de terre. Léon Devyreu,
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- LOCOMOTIVES ÉLECTRIQUES
- DU CHEMIN DE FER B A LT IM O R E-01110
- Ou sait que, depuis quelques années déjà, la Compagnie américaine du chemin de fer Baltimore-Ohio fait la traction de ses lourds trains de voyageurs et de marchandises, pour la traversée de Bell Tunnel, à Baltimore, au moyen de locomotives électriques.
- Ce mode de traction a donné toute satisfaction et la Compagnie vient de commander à la (iencral Electric C° deux nouvelles locomotives électriques pouvant remorquer un train pesant 1500 tonnes, sur la rampe de 15 pour 1000, à la vitesse de 10 km à l’heure. Ces nouvelles locomotives — et c’est la chose intéressante — se composent de deux parties symétriques, pesant chacune 80 tonnes et pouvant fonctionner soit réunies ensemble, soit indépendamment l’une de l’autre.
- Accouplées ensemble, le fonctionnement a lieu suivant le système des unités multiples. La différence de potentiel est de ;>50 volts. Chacune des parties de la locomotive est actionnée par quatre moteurs d’une puissance de 225 chevaux chacun, de sorte que la puissance totale de la locomotive, lorsque les deux parties sont accouplées, est de 1800 chevaux. Dans ces conditions, le courant à fournir par le troisième rail qui sert de prise de courant est de 2200 ampères. Ces locomotives ont à l'aire un parcours de 5,0 km dont 2,4 km en tunnel en rampe de 8 millimètres par mètre. Elles reviennent ensuite haut le pied à leur point de départ. La rampe maximum de 15 millimètres par mètre se trouve en dehors du tunnel. B.
- LES ITALIENS EN FRANCE
- La visite des souverains italiens en France, l'explosion des signes d’amitié et d’enthousiasme qui s'est produite sur tout leur passage dans notre pays, donnent un certain intérêt d’actualité à l’examen des documents relatifs à l’immigration des Italiens dans notre pays. D’autant plus, que ces documents sont fort peu connus du public. Quelques chiffres indiqueront combien augmentent d’année en année les relations intimes entre les deux nations voisines.
- Tout d’abord, combien d’Italiens en France? On n’a pu en connaître le nombre que depuis 1851, et à chacun des dénombrements qui se succèdent tous les cinq ans. En 1851 on en comptait 05 000; en 1861, 76 000, puis en 1866, 99 600. Aujourd’hui, à peu près trente ans après, les Italiens atteignent un nombre triple. C’est en 1876 et 1881 que l’augmentation a été plus considérable. Et aujourd’hui, les Italiens doivent certainement dépasser 500 000, malgré les nombreuses naturalisations qui les enlèvent à leur pays et viennent compenser, dans une certaine mesure, la laiblesse de l’augmentation de notre population tant de fois signalée.
- Et maintenant, comment cette population italienne, qui représente l’importance d’un département, mais simplement au point de vue du nombre, se répartit-elle sur le territoire de la France?
- D’une manière générale, les départements qui comptent le plus d’Italiens sont les Bouches-du-
- Rhène (principalement Marseille) : une centaine de mille; les Alpes-Maritimes en comptent la moitié, soit 50000; quant aux départements «pii se partagent le reste, ce sont la Seine (Paris et environs, 28 à 50 000), le Yar autant, la Corse une vingtaine de mille, le llhone une. dizaine de mille.
- Mais ce qui était le plus inténvssanl à étudier dans la répartition locale des Italiens dans les différentes parties de notre pays, c’était de rechercher combien il y a d’Italiens par canton, de rechercher comment ces cantons, ainsi que les villes petites ou grandes, se répartissent dans les vallées, le long de tels ou tels cours d’eau, et pourquoi ces villes sont préférées par les immigrés italiens qui sont venus nous offrir leurs travaux. Nous verrons tout à l’heure quels travaux ils viennent de préférence exécuter chez nous, à un prix plus faible «pie nos nationaux, ce dont il ne faut peut-être pas se plaindre au point de vue économique.
- La France possède 2899 cantons, parmi lesquels 1016 ne possèdent aucun Italien, ce sont là des cantons purement ruraux, et «pii se trouvent soit éparpillés, soit en groupes dans les Pyrénées, là on ne trouve guère comme étrangers que des Espagnols, les Montagnes Noires, les Cévonnes, dans les montagnes du Limousin, la plus grande partie de la Loire, la presque totalité de l’Ouest de la France, sauf quelques ports entre la Rochelle et Rrest et quelques ports du Nord de la Bretagne et du Cotentin. À part le Havre et les villes industrielles environnantes, on ne compte plus que quelques Italiens dans les ports de la Normandie et de la Manche, en général. Mais par contre, il y a d’assez importantes colonies italiennes, le long de la Garonne, deSaint-Gau-dens et Toulouse jusqu’à Bordeaux, le long de la Loire, depuis Saint-Étienne, par groupes ou étapes jusqu'à Nantes, le long de l’Aube, de la Marne et de la Seine.
- En mettant de côté Lyon et sa banlieue, Paris et tous ses environs, environs comprenant depuis Étampes, Mantes, jusqu'à Pontoise, Nogent-sur-Seine et Nemours, les plus grosses agglomérations Italiennes se trouvent depuis Narbonne jusqu’à Monaco, qui est d’ailleurs tout près de notre frontière sur la Méditerranée, et dans une région très large entre Narbonne, la région vineuse de l'Hérault, les régions industrielles du Gard, de l’Ardèche jusqu’aux Alpes du Nord, la Savoie et le lac de Genève. A remarquer peu d’Italiens dans certaines régions de Vaucluse, près de Carpentras, dans les régions du Dévoluy, dans les cantons et environs, de Chàtillon, de Saint-Étienne et d’Orcières, et aussi entre la Tour-du-Pin et Saint-Marcellin.
- Les Italiens semblent donc se diriger vers le Midi, venant les uns de la Savoie, les autres par quelques cols des Alpes, Hautes et Maritimes et en lin par eau, pour venir s’établir en nombre toujours croissant dans certains cantons maritimes et d’ailleurs assez montagneux, comme Yillars, Nice, Antibes, Cannes, Menton, Yillefranche, la Ciotat, la Seyne :
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- de 200 à 500 Italiens pour 1000 habitants. La région lyonnaise qui contient également, mais en proportion dix et vingt fois plus faible, beaucoup d'Italiens, qui viennent par la Savoie et la vallée du Rhône, est rattachée d’une part à des colonies italiennes dans le Jura, où elles font concurrence aux Suisses installés près de leur patrie, et d’autre part aux colonies qui s’échelonnent le long de la Saône, et viennent rejoindre le groupe parisien, en formant une importante colonie italienne sur la ligne du P.-L.-M. entre Montbard et Tonnerre. De Dijon,
- d’autres branches de colonisation Italiennes s'étendent vers le Nord jusqu’aux frontières de la Belgique, et vers l’Est, par les vallées de la Saône, par celles de la Meuse et de la Moselle. Une carte, dressée par zones de densité de la population italienne, par canton, et indiquant cette densité d’après leur importance de 1 Italien pour 1000 habitants, de 2 Italiens pour 1000 habitants, de 5, de 5, de 8 Italiens jusqu’à 16 pour 1000 habitants, de 16 à 50, de 50 Italiens et au-dessus, pour 1000 habitants, indique mieux encore que ne saurait le faire la plus habile description géographique. Nous avions dit plus haut <pie sur 2899 cantons, en France, il y en avait 1010 qui ne comptaient pas d’étrangers de nationalité italienne, dans les autres, soit 1889,
- on compte des Italiens et de la manière suivante :
- 578 cantons comptent Italiens, dans la propr. de 1 à 5 p. 10000 liai) 31 i — — - — 5 à 10 — —
- 284 — — — — 1 à 2 p. 1000 hal).
- 143 - - - - 2 à 3 - —
- 165 — — — — 3 à 5 — —
- 110 - — - - 5 à 8 - -
- 94 — — — 8 à 16 — —
- 86 — — — — 16 à 50 — —
- 67 — — — — 30 à 50 - —
- 48 — — — — 50 et au delà.
- Nous avons donné quelques noms de localités sur la côte méditerranéenne dans lesquelles la proportion des Italiens dépasse 200 pour 1000. Je ne voudrais pas oublier de signaler qu’à Marseille la proportion est de 172 pour 1000; à Bastia, 187 pour 1000, 176 à Hyères, à Fréjus, à Bogliano, à Grasse; de 145 pour 1000 à Modane, à Toulon-Est. Cette proportion tombe à Digne à 55 pour 1000, ainsi qu’à Grenoble. Pour dire un mot des professions exercées par les Italiens, ajoutons sommairement que la profession la plus fréquemment exercée par nos hôtes les Italiens est (148 pour 1000 bah.) d’être fumistes, ramoneurs, poèliers, puis les ouvriers en bitumes et asphaltes, ouvriers dans les usines de sucre, dans les fabriques de gaz, les matelots sur les bords de la Méditerranée, les artistes chanteurs, musiciens, les marbriers, ornemanistes, dont la proportion tombe à 55 pour 1000 habitants.
- D’une manière générale, à part les professions artistiques et de l’enseignement, celles qui attirent les Italiens, ou pour mieux dire, celles dans lesquelles leur travail fait concurrence à celui de l’ouvrier français sont les professions et métiers les plus pénibles ; ouvriers de carrière, de tunnel, terrassiers, etc. Nous ne voulons pas terminer cette courte monographie des Italiens en France sans faire remarquer qu’ils sont deux millions hors de leur pays, alors que nous comptons à peine un demi-million d’émigrés hors de France, et que nous ne sommes que 10000 Français en Italie. V. Toquas.
- Répartition îles Italiens en France par cantons.
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- LA PHOTOGRAPHIE AVEC LES LENTILLES NATURELLES
- Ge que nous appelons, ou plus exactement ce que le professeur W. F. Watson appelle des lentilles naturelles, ce sont des cristallins d’êtres vivants ou des yeux d’insectes, et il a l’ait à ce sujet des expériences tort intéressantes qui ne pouvaient manquer d’être signalées, et dont nous tenons à donner quelques-uns des résultats les plus nets.
- Nous devons dire tout d'abord (pièces expériences
- Fig. 1. —Dispositif à adopter pour photographier avec lentille naturelle, et mode opératoire pour monter un cristallin.
- ne sont pas les premières qui aient été poursuivies dans cette voie. Nous nous souvenons que, vers la fin de 1895, le professeur viennois Exmer avait pris certaines photographies en employant, au lieu d’oh-jeetif ordinaire, un œil de scarabée, afin de constater si cet œil à facettes projetait une ou plusieurs images sur la rétine. L’œil avait été monté sur une petite chambre noire construite pour la circonstance, et l’appareil avait été dirigé sur une fenêtre où l’on avait collé une grande lettre de l’alphabet découpée dans du papier : d’après le « Photographie Times », qui avait rendu compte de l’expérience à celte époque, une seule image de TH se trouvait sur le cliché. Un peu plus tard, ce même journal a reproduit les résultats d’expériences exécutées également avec des yeux d'insectes par M. Geo. F. Allen, un Américain. Celui-ci avait fait des essais sur une multitude d’yeux d’insectes divers, et il n’avait obtenu quelque chose de net qu’avec V « Hydrophilus' piceus. » Il n’employait du reste qu’une partie seulement, de l’œil, y découpant à l’emporte-pièce un
- cercle minuscule contenant environ 400 facettes. Le disque était monté sur verre et mis sous pression, pour être rendu aussi plat que possible : on avait pris comme sujet à photographier une silhouette noire aux contours accentués, et peinte sur verre dépoli, parce qu’il avait été reconnu qu’il fallait de forts contrastes, mais pas d’excès de détails. Sans entrer dans la description du dispositif opératoire, nous dirons seulement qu’on interposait un microscope entre la portion d’œil d’insecte et la plaque photographique, pour (pie les images fussent suffisamment grandes. M. Allen avait du reste obtenu des images multiples, mais il importe de remarquer qu’il avait aplati l’œil, et que par conséquent il avait sans aucun doute supprimé la convergence vers une rétine centrale où viendraient coïncider tontes les images d’un m.'ine objet.
- Examinons maintenant plus en détail les expériences de NI, Watson, son mode opératoire et les épreuves photographiques qu’il a obtenues, toutes
- Fig. 2. — Photographie d'une guêpe obtenue au moyeu d’un cristallin de bœuf.
- choses qui ont été publiées dans un récent numéro de « Scientilic American ».
- J/une des lentilles naturelles employées dans ces essais était un cristallin de bœuf, et M. Watson insiste avec raison sur ce lait que cette magnifique lentille biconvexe, de quelque 18 millimètres de diamètre, est susceptible de se détériorer aisément et doit être manipulée avec beaucoup de soin ; après l’avoir déposée sur une feuille de carton au centre de laquelle on a découpé une ouverture de grandeur
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- convenable, jouant le rôle de porte-objet, il est bon de mettre le tout à l’abri sous une cloche de verre, tant qu'on ne s’en sert point. Malgré tout, d’ailleurs, ou peut s'attendre à ee que eette lentille présente assez rapidement de petites irrégularités, «pii nuisent bien un pou aux reproductions photographiques, et qui résultent de ce que le cristallin commence à se dessécher partiellement dès qu'il est exposé à l'air. Il faudrait donc pouvoir le maintenir dans son étal d’humidité naturelle, ou plutôt, dit M. Watson, parvenir à le durcir sans détruire ni sa forme ni sa transparence. Il a fait, des recherches dans celte voie, mais tout ce qu’il a tenté a eu pour résultat de rendre opaque ou opalescente cette curieuse lentille. Quand on veut se servir de la lentille, on peut suivre deux modes opératoires différents. Le premier a été employé pour la photographie d’une puce; l’œil doit être disséqué avec le plus grand soin et le cristallin manipulé au moyen d’une brosse en poil de chameau trempée dans de l’humeur aqueuse. On enferme ce cristallin dans une boite en carton, comme le montre le schéma très clair de la ligure 1 : cette boite est tout simplement une de ces boites à pilules en carton comme on en trouve si aisément. Dans son fond on fait un petit trou avec un emporte-pièce, et l'on perce de même un trou, mais de diamètre double, dans le couvercle, couvercle qui se trouvera en bas, parce (pie la boite est retournée sens dessus dessous. 11 faut alors disposer la feuille de carton formant porte-lentille suivant le schéma, en cimentant de façon étanche à la lumière les deux portions de la boite contiguës à celte feuille de carton, et sans faire tomber la lentille de son support ; les mêmes précautions doivent être prises quand on place cet objectif d'un nouveau genre dans l’ouverture de la chambre photographique, (pion a privée de son objectif ordinaire, et qu’on a disposée naturellement dans une position verticale. On a obtenu de la sorte une photographie de puce qui est assez imparfaite, par suite des petites irrégularités qui s'étaient produites dans la surface du cristallin employé. On peut monter plus simplement ce dernier entre deux verres de courbure convenable, deux verres de montre par exemple, tels qu’on en emploie dans les laboratoires, à forte courbure, et dont les bords sont cimentés; ils protègent le cristallin contre l’évaporation qui le déforme, d’autant que leur surface intérieure a été au préalable enduite d’humeur aqueuse. Les surfaces extérieures de ces deux verres sont entièrement recouvertes de papier noir, sauf au droit du centre de ligure de celle surface cou-vexe, deux petits trous se faisant alors vis-à-vis en ce point dans le papier, et servant d’ouvertures de diaphragme. Nous n’insisterons pas sur la nécessité où l’on est de ne prendre que des verres exempts de défauts. C’est avec une lentille ainsi combinée et montée sur une chambre, que la photographie de guêpe (Ug.ü) a été prise à la lumière directe, celte lentille à court foyer augmentant les difficultés d’éclairage. M. Watson a repris à son tour ces expériences de
- [(holographie avec des yeux d’insectes, et il a obtenu les images multiples que nous donnons au moyen d'une portion d’œil de scarabée : il a du pour cela recourir à la méthode opératoire que l'ait comprendre notre figure I. Il s’agissait de photographier, dans ce cas particulier, le portrait d'une personne, dont la tète se répète un nombre considérable de fois dans l’épreuve fournie par l'œil de l’insecte, et il avait fallu l'aire un négatif de ce portrait, négatif tiré avec de fortes oppositions, et dont ensuite un positif avait été tiré par contact et monté dans un châssis, comme les vues de lanterne magique, Puis on avait disposé ce positif, retourné carrément, en face du miroir inférieur d'un microscope, lui-même incliné à 45°. On place enfin sur le porte-objet du microscope un œil d’insecte, mais aplati autant qu’il est possible sous le verre qu’on emploie d’ordinaire pour maintenir l’objet en place. Le reste de l’opération se comprend bien par le seul examen de la gravure : il va de soi qu’on commence par mettre au point l’appareil sur les petites facettes de l’œil, puis on retire l’objectif jusqu’à ce qu’on voie les petites images multiples apparaître, on ouvre le diaphragme iris un peu largement, et on ajuste le miroir inférieur de manière à bien centrer la petite image dans chaque facette. Il ne reste plus qu’à réunir le microscope à la chambre noire et à orienter le tout devant une fenêtre recevant le soleil de lace, et oii ne se projette aucune ombre ; si le soleil tombe sur le positif, on atténue au moyen d’un verre dépoli. On doit écarter tous les rayons lumineux non utiles à l’obtention de la photographie, et il faut finalement mettre au point les petites images sur le verre dépoli de la chambre noire. L’exposition se fait comme dans les [(holographies ordinaires, et M. Watson conseille une pose d'une minute et demie. Les expériences n’ont [tas encore tranché la question de la formation des images dans les yeux composés des insectes, mais elles ont donné des résultats fort curieux, qu'il est facile de reproduire avec un peu de soin. Pu, mu; de Mkkiej..
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 novembre 1905. — Présidence de M. A. Gal'kkv.
- Remise d'une médaille à M. Chauveau. — M. A. Gau-dry annonce à l’Académie qu’une médaille a été offerte à M. Chauveau par ses élèves, ses amis et ses admirateurs. Cette médaille, qui porte l'effigie du donataire, lui a été, sur son désir formel, remise dans la plus stricte intimité. Mais les lettres et les télégrammes ont afflué de toutes parts. M. le Président lui a écrit en cette circonstance : (( Vous avez étendu votre action bienfaisante à ces créatures bonnes et quelquefois charmantes qui sont pour l’humanité d’un tel secours que nous avons de la peine à concevoir comment sans elles, il lui serait possible de se maintenir et de progresser. Merci pour toutes les choses grandes et utiles que vous avez faites. » I ne brochure a groupé tous les témoignages d’admiration ainsi qu’une artistique reproduction de la médaille.
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- LA A A T l'RE.
- Préparation de l'argon. — M. Moiss-an présente avec M. Rigaut une Note sur la préparation de l’argon. 11 rappelle que cet élément nouvellement trouvé dans l’atmosphère a été découvert par lord Rayleigh et sir William Ratnsav en faisant passer une série d’étincelles d’induction dans l’air additionné d’oxygène. Puis M. Maquenne a indiqué le procédé consistant à faire passer de l’air sur un mélange de magnésium en poudre et de chaux vive chaude à la température du rouge somhrc. MM. Moissan et Rigaut préparent d’abord de l’azote par le procédé bien connu du courant d’air passant dans un tube porté au rouge et contenant de la tournure de cuivre. Le gaz qui passe est un mélange d’azote et d’argon. Ils séparent la plus grande partie de l’azote à l’aide du mélange de magnésium et de chaux indiqué par M. Maquenne et en retiennent linalement les dernières traces à l’aide de calcium chaude au rouge. Ils obtiennent facilement par ce procédé 1 litre d’argon en une journée, de telle sorte que l’argon a cessé d’être un corps rare.
- La préparation industrielle de l'oxygène. — M. d’Ar-sonval analyse un nouveau travail de M. Claude sur l’extraction de l’oxygène atmosphérique. L’application d’une méthode dont M. Claude a déjà fait connaître le principe permet de tirer de l’air 50 à 40 mètres cubes d’oxygène par heure. Le gaz ainsi préparé contient 91 pour 100 d’oxygène. MM. Linde et Pictet croyaient que pour puiser l’oxygène dans l’atmosphère, il fallait liquéfier l’air, puis opérer une distillation fractionnée et que dans la liquéfaction par la pression par le froid les deux éléments se liquéfiaient en même temps. M. Claude a démontré que l’oxygène se liquéfie d’abord et qu’il suffit de liquéfier environ le tiers du volume du gaz traité. Encore faut-il noter qu’il suffit de comprimer l’air à une pression de 7/10 d’atmosphère; d’où une économie notable.
- Le traitement du cancer. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Riraud, médecin à Poitiers, relative au traitement d’un cas de cancer par les rayons X. L’expérience présente ce très haut intérêt que la malade avait déjà été opérée en 1900 et que l’examen histologique des .tissus enlevés avait été fait à cette époque dans des conditions qui ne permettent pas d’élever un doute sur la nature du mal. En 1905, la malade a été atteinte d'une rechute. M. le l)r Riraud a fait alors emploi des rayons X. Au bout de 20 séances, la tumeur a été ramenée au quart de son volume.
- Orage magnétique au pic du Midi. — M. Mascart analyse une Note dcM. Marchand, directeur de l’Observatoire du pic du Midi, relative aux manifestations de l’orage magnétique du 51 octobre. Lue déviation de l’aiguille de déclinaison de 1° 27’y a été observée, alors qu’à Bagnères la déviation n’était que de 1° 12'. Des écarts de ce genre ont d’ailleurs été déjà observés. M. Marchand émet l’hypothèse que ces déviations étaient dues à des courants électriques traversant l’atmosphère à une hauteur de 18 à 19 km. L’auteur ajoute que ce ne seraient pas les taches qui détermineraient un tel phénomène, mais les facules qui subsistent beaucoup plus longtemps à la surface du soleil, qui même quelquefois accomplissent une révolution complète et reparaissent.
- Les phénomènes solaires et les phénomènes magnétiques terrestres. — M. Deslandres résume des recherches qu’il vient d’opérer en vue de vérifier la connexion exacte susceptible d’exister entre certains accidents de la surface solaire et les phénomènes magnétiques terrestres. La connexion pour les phénomènes généraux est bien établie;
- mais l’incertitude existe pour les orages magnétiques isolés. Les auteurs diffèrent d’ailleurs d’avis sur la nature de l’accident générateur. M. Marchand le place dans le passage des facules au méridien central du soleil, un auteur américain voit la cause cherchée dans la présence d’un groupe de taches au bord est du soleil. M. Taehini croit qu’une perturbation en un point quelconque du disque solaire est suffisante, enfin M. Lockyer met en cause certaines protubérances du soleil. M. Deslandres a étudié une série d’observations du soleil faites à des dates voisines du 51 octobre et cette étude n’a eu pour résultat que de maintenir l’incertitude. Il y avait à cette époque des taches dont deux au bord est. L’une de ces dernières plus importantes que les autres, avait passé le 12 au méridien central et ce passage n’avait coïncidé qu’avec une perturbation magnétique faible. Enfin, à une autre date, on a observé une perturbation intense alors qu’il n’v avait sur le disque aucune tache et que des facules y étaient à peu près invisibles. M. Deslandres conclut qu’il est nécessaire de réformer l’observation physique du soleil et qu'il faut, par des enregistreurs adaptés, noter d’une façon continue tous les phénomènes de sa surface de même que les enregistreurs magnétiques inscrivent sans interruption les changements du magnétisme.
- Élection. — 11 a été procédé à l’élection d’un correspondant de la section d’astronomie en remplacement de M. Schiaparelli, élu associé étranger. M. llill de Washington est élu par 48 voix contre 2 données à M. Darwin de Cambridge. Cu. de Yilledeuil.
- LES TERRASSEMENTS MÉCANIQUES
- ET LA CHARRUE
- A bien des reprises nous avons eu l’occasion de signaler ici des appareils plus ou moins compliqués, mais tous ingénieux, qui sont venus complètement transformer les méthodes classiques de terrassements, et qui, du reste, ne sont pas employés en Europe autant qu'ils le devraient. Aous pourrions citer tout d’abord la drague et l’excavateur, qui, l’une . dans l’eau et sous l’eau, l’autre plus généralement à sec, donnent le moyen d’extraire en un instant des volumes énormes de terre qu’on aurait mis des jours à déblayer avec la pioche, la pelle et la brouette. Drague et excavateur sc sont bien perfectionnés par l’adjonction qu’on leur fait des couloirs et des tuyaux déverseurs de déblais, qui, par le déplacement continu d’une courroie porteuse, ou par un mouvement de refoulement, une fois les terres additionnées d’eau, permettent de transporter immédiatement les déblais sur les points où l’on a besoin de les accumuler, soit simplement comme décharge, soit poi r créer des remblais, des massifs de terre quelconques.
- Les solutions les plus curieuses ont été imaginées par l’esprit inventif des Yankees, qui poursuivent : constamment la diminution de la part de la main-d'œuvre dans tous les travaux : c’est ainsi qu’ils ont combiné les trains composés de wagons plates-formes chargés de terre, d’où la terre est déversée latéralement sur l’emplacement du remblai à créer, par un râteau tiré d’un bout à l’autre du convoi. De même, pour les terres meubles, ils ont adopté des sortes de
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- LA NATUHE.
- râteaux également tirés par un treuil, que l’on l'ait pénétrer d’abord dans le sol, et qui enlèvent ensuite la terre et l’accumulent sous l’action du câble de remorque. C’est en somme un peu le principe de la charrue, à cela près que la charrue creuse un sillon en rejetant la terre latéralement , et qu’elle est généralement tirée par des chevaux.
- Mais les Américains ont également recours à la charrue ordinaire tirée par des chevaux, pour faire des tranchées, ou même des remblais en déversant et accumulant sur le coté les terres enlevées du sillon. Tantôt ils emploient la charrue proprement dite, au moins pour les petites tranchées, les fossés, etc. ; tantôt ils se servent de charrues excava-trices, d’excavateurs à chevaux, comme on les appelle, et où des organismes secondaires reçoivent la terre soulevée par le soc de charrue, et la déversent latéralement à la distance et à la hauteur voulue. Nous n’insisterons pas sur ces mécanismes, mais nous dirons cependant que l'organe indispensable ici pour effectuer ce déplacement latéral des terres, c’est une courroie ou plusieurs courroies porteuses, dont le déplacement est assuré par des renvois recevant leur mouvement des roues mêmes de la charrue excavatrice. Comme de juste, il faut un nombre respectable de chevaux (ou de mules) pour tirer un appareil qui non seulement creuse profondément le sol, mais qui est rendu particulièrement conqdexe par les renvois, les poulies, les courroies, et qui absorbe par conséquent beaucoup de force. Le prototype de ces excavateurs à chevaux est l’excavateur New Era, dû à un ingénieur de Chicago, M. Austin : il demande un double attelage de huit bêtes, mais il donne le moyen de creuser, à raison de DO francs du kilomètre, un fossé de 5 mètres de largeur à la gueule et de 0m,60 de profondeur.
- Mais encore une fois, en elle-même et par elle seule, la charrue bien employée peut rendre de grands services, dont on ne se rend pas du tout compte en France, que l’on apprécie pleinement en Amérique,
- et que l'on commence à comprendre dans les milieux anglais. Lors même qu’on ne lui demanderait pas autre chose, elle a, grâce à certaines combinaisons bien simples, l’avantage d’ameublir la terre avec une extrême rapidité, et par conséquent de permettre de supprimer totalement le travail de la pioche.
- C’est vraiment un admirable instrument, d'un débit considérable, et il va de soi que, en matière de terrassements surtout, où le travail peut être continu pendant de longs jours, on obtient encore de bien meilleurs résultats en l’actionnant mécaniquement. D’une manière générale, le labourage mécanique est
- ____________________________aujourd’hui d’une
- pratique assez courante; et comme le moteur à vapeur ou électrique qui exercé la traction voulue sur la charrue peut être de très grande puissance, on a la possibilité d’employer des charrues munies de plusieurs socs agissant simultanément.
- Toutefois, quand il faut exécuter une opération de terrassement, comme il importe plutôt d’ouvrir une tranchée profonde que d’égratigner le sol sur une surface plus ou moins grande, une maison anglaise a eu l’idée de combiner l’énorme charrue îi un seul soc dont nous donnons une photographie, et dont les proportions monstrueuses sont indiquées par la comparaison avec les personnes qui se tiennent auprès d’elle; c’est assurément la pins grande du globe.
- Elle est employée dans l’Afrique du Sud, oii elle rend de précieux services.
- Il n’y a rien là qui puisse surprendre, étant données ses proportions, et après ce que nous avons dit de la modeste charrue, ou même des charrues exca-vatrices du type américain, qui ont sans doute des organes subsidiaires effectuant la manutention des terres, mais qui sont bien loin de posséder les socs gigantesques de la charrue que nous mettons sous les yeux du lecteur. D. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LE CHARGEUR DE RROUWER
- Le chargement du charbon dans les cornues où il doit être distillé pour produire le gaz d’éclairage est une opération longue, coûteuse et pénible pour les ouvriers quand elle est effectuée à la main. Dans les usines importantes, le poids total de matières premières traitées atteint des valeurs qu’on ne soupçonne généralement pas ; un chiffre en témoignera : en 1900, par exemple, la Compagnie Parisienne du gaz a distillé plus de 1 milliard 153 millions de kilogrammes de matières premières ! On comprend sans peine tout l’intérêt que présente la manœuvre mécanique de telles masses et les économies qui peuvent
- en résulter dans les dépenses de fabrication. Pour les usines de moindre importance, l’avantage, quoique moins frappant à première vue, n’est pas moins considérable, car il est proportionnel. Aussi, depuis longtemps a-t-on cherché à réaliser des chargeurs mécaniques ; mais les appareils proposés exigeaient des dépenses de première installation très élevées, ne pouvaient s’adapter à toutes les usines, demandaient des frais d’entretien énormes ; ils furent généralement abandonnés.
- Les circonstances défavorables traversées par l'industrie depuis quelques années : hausse des charbons, exigences de plus en plus grandes des municipalités, revendications ouvrières incessantes sur la
- Fig. 1. — Le chargeur de Brouwer.
- durée du travail, les salaires, etc., ont surexcité l’imagination des inventeurs.
- M. IL Laurain a présenté au dernier congrès de la Société technique de l’industrie du gaz en France, tenu à Toulon au mois de mai dernier, un chargeur mécanique, imaginé par M. de Brouwer, directeur de l'usine à gaz de Bruges, qui apporte une solution pratique et élégante de la question, car il n'exige pas d’installation coûteuse, est d’un entretien économique et peut être manœuvré par un personnel peu expérimenté ; il s’applique aussi bien aux usines de minime importance qu’aux grandes exploitations. Son fonctionnement sera facilement compris en se reportant au schéma de la figure 2.
- Trois poulies B, 0 et A, folles sur leurs axes, sont rendues solidaires les unes des autres par une large 34 e année. — 2e semestre.
- courroie C en cuir renforcé. L’une, B, actionnée par un moteur électrique P, sert à entraîner la courroie, laquelle est simplement renvoyée en 0. Quant à la troisième poulie, A, elle constitue l’organe principal du chargeur ; elle comporte sur son pourtour une gorge profonde et large, à section rectangulaire (fig. 2, n° 2) ; la courroie C vient fermer cette gorge sur un quart de tour et former ainsi une sorte de « tube » ou « canal » circulaire dans lequel vient tomber le charbon contenu dans une trémie T. Ce charbon est entraîné dans le mouvement de rotation et, par l’action de la force centrifuge, est fortement appliqué sur la courroie dont il acquiert la vitesse. Au point où il quitte le « tube » il tend, en vertu des lois mécaniques connues, à s’échapper suivant la tangente à la circonférence de la poulie en ce point. Si
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- la vitesse est assez grande, il est projeté dans la cornue W. Le chargeur de Brouwer constitue donc une sorte de fronde mécanique puissante et précise.
- La ligure 1 représente l’appareil sous sa forme industrielle, tel que le construit la Compagnie continentale pour la fabrication des compteurs. Il est, comme on voit, monté sur un petit chariot qui roule sur des rails placés au-dessus des fours à gaz, parallèlement à leur façade; l’ensemble des poulies et du moteur électrique peut être élevé ou abaissé le long des montants verticaux du bâti ; on peut ainsi amener rapidement le chargeur en face de chacune des cornues placées en batterie sur plusieurs étages et sur plusieurs rangées. Le charbon est chargé dans les trémies par les moyens mécaniques ordinaires. Les arbres des poulies sont creux et goupillés sur le bâti ; le graissage se fait par l’intérieur de ces tubes
- au moyen de graisseurs à graisse consistante, ce qui empêche efficacement l’introduction entre les surfaces frottantes des poussières de charbon très destructives aux vitesses atteintes. L’usure est ainsi évitée. La grande simplicité des organes a permis une construction robuste avec des pièces facilement démontables, ce qui est un avantage précieux surtout dans les usines de minime importance, car un personnel réduit et sans grande expérience peut, en quelques instants, remplacer une pièce usée ou avariée par accident.
- Le moteur électrique, d'une puissance de quatre chevaux, communique son mouvement à la roue B au moyen d’un galet de friction ; il est monté sur le châssis général par une liaison articulée et un fort ressort à boudin assure la pression nécessaire et suffisante du galet sur la poulie à entraîner. De
- Charbon
- Jante I
- Section IV) N
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- Fig. 2. — Détails du chargeur.
- cette façon, si, pour un motif quelconque, il venait à se présenter une résistance anormale, un glissement aurait lieu et l’induit du moteur ne serait pas endommagé. Le diamètre de la roue à gorge est de 1 m; sa vitesse angulaire est de 1G0 à 220 tours par, minute; la vitesse périphérique peut donc atteindre 8 m à lln,,50 par seconde ; elle est facilement réglable au moyen du rhéostat du moteur électrique; mais, pour une installation donnée, une fois les essais préliminaires effectués, il suffit d’amener la manette du rhéostat dans une position déterminée à l’avance pour obtenir les résultats voulus. Le meme appareil peut servir, en faisant simplement varier la vitesse, à charger des cornues de grandeurs différentes.
- Pour les lours à cornues ordinaires de o m de ongueur, la durée d’introduction de la charge, pouvant atteindre 180 kg de charbon, est de 9 secondes. On a pu faire, à Bruges, le chargement de 4 cornues en 5i secondes, manœuvre comprise pour la
- translation du chargeur dans le sens latéral. Avec le chargement à la main, il aurait fallu au moins de 8 à 10 minutes pour effectuer la même opération. L’économie de main-d’œuvre est donc considérable.
- En outre, le charbon est lancé directement dans l’intérieur de la cornue où, en vertu de sa vitesse acquise, il s’étale et se place en couches comme l'indiquent les lignes i, j, de la fig. 2, n°l, en sorte que, une fois le chargement effectué, le talus affecte la même forme I, J et que l’espace JJ' est absolument nettoyé de toute particule de charbon. Le coup de « raclette » ou de « poussoir » traditionnel est donc aussi donné mécaniquement et, pour terminer la charge, il ne reste plus qu’à fermer le tampon. Un autre avantage du chargement mécanique est la diminution de l’accumulation de graphite dans les cornues ; depuis six mois que la machine alimente les fours à l’usine de Bruges, aucun dégraphitage n’a été nécessaire. Ce résultat assez inattendu semble provenir de ce qu’une certaine quantité d’air se
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- trouve, à chaque operation, enlrainée avec le charbon et sert à brûler le résidu graphitique produit pendant l'opération précédente.
- ('et appareil a, dès son apparition, été mis en service dans un certain nombre d’usines, notamment à Bruges, Toulon, Barcelonne, Paris-la-Yillette ; son application est prévue pour le chargement du combustible à bord des navires de guerre, pour les l'ours à coke. Son emploi ne tardera pas à se généraliser.
- (i. Peelissier.
- LE CHEMIN DE FER DU CAP AU CAIRE
- Au sud de l'Afrique, dans l’espace compris entre le Zambèse et le Transvaal, au nord de la colonie du Cap s'étend une immense contrée, qui, il y a encore peu d’années, était pour ainsi dire inconnue des Européens et où l’on ne voyait que de noires peuplades sauvages. Aujourd’hui dans ce vaste pays s’épanouissent des villes, et des colons exploitent les richesses de ce sol qui recèle des trésors de toute sorte, des mines d’or, de diamants, de charbon, de cuivre.
- Ce territoire, naguère désigné sous le nom de Ca-frerie, appartient maintenant à des Anglais et est destiné à accroître l’immense empire colonial de nos voisins.
- Cecil Rhodes, que ses compatriotes appelèrent le Napoléon du Cap, comprenant l’importance qu’aurait dans l’avenir pour l’intérêt de son pays la possession de ces terres de l’Empire africain, obligea le roi nègre Lo-Bengula à lui donner la' concession de son territoire en 1889 et obtint de la reine Victoria l'autorisation d’organiser la fameuse .Compagnie à Charte, connue sous le nom de Chartered Compagnie de l’Afrique du Sud qui, à l’heure actuelle, gouverne le pays auquel Rhodes a donné son nom et qui s'appelle Rhodésie.
- Le duc de Life, gendre du roi Édouard VU, fut mis à la tète du conseil d’administration de celte société et à côté de lui se trouvent les plus grands noms d’Angleterre.
- Autrefois on se rendait dans cette région au moyen de wagons, grands chariots traînés par des ânes ou des bœufs. On se sert encore de ces véhicules primitifs pour transporter les marchandises dans les régions où le chemin de fer ne pénètre pas. Us sont attelés de seize ânes ou de dix-huit bœufs, de ces bœufs à grandes cornes que l’on voit prendre le trot de temps en temps, un trot lourd comme celui de nos gros chevaux de ferme. Malgré cela ils ne font pas plus de dix à quinze kilomètres par jour.
- Depuis 1896 une voie ferrée a été construite et de Cape Town à Bulawayo, il y a trois jours de chemin de fer. Le train de luxe part tous les mercredis, il est organisé avec tout le confort moderne, contient un wagon-reslaurant, une bibliothèque, un salon et plusieurs salles de bain.
- Cette route du Cap en Rhodésia qui est l’amorce du chemin de fer du Cap au Caire a été le théâtre de la récente guerre; et le nom de chaque station
- est connu en Europe, on l’a vu dans les dépêches qui pendant trois ans nous arrivaient chaque matin du pays des Boers. A partir de kimberley apparaissent les premiers blockhaus; on en voit encore tout le long de la ligne pendant plus de 56 heures, bien après avoir dépassé Mafeking. Il y en a un ou deux par kilomètre et ils sont désignés par le numéro du kilomètre devant lequel ils se trouvent. Les uns sont carrés, les autres ronds; ils affectent quelquefois . la forme d’une pagode chinoise; certains peuvent contenir une petite troupe de cinquante hommes, tandis qu’il y a de petits blockhaus pour quatre ou cinq soldats et même pour un seul. Leur situation varie : l’édifice est tantôt sur une colline, dans la plaine et souvent aussi dans une sorte d’entonnoir creusé dans la terre, toujours protégés par cinq rangées de fils de fer à cinquante centimètres les unes des autres.
- Maintenant tout est calme sur ce vaste champ de bataille. De distance en distance, le paysage est animé par une large tache claire aux couleurs riantes des verts jardins de France. C’est une ferme boer avec sa jolie maison toute blanche et sa véranda ileurie. On rencontre, à des intervalles rapprochés, des villages et des campements de nègres; les femmes et les enfants viennent autour du train. Cecil Rhodes avait eu, bien avant qu’elle ne commençât à se réaliser, l’idée du chemin de fer du Cap au Caire.
- En 1885, lorsque Parnell voulait l’évacuation de l’Egypte, Cecil Rhodes, qui était impérialiste, alla le trouver et donna à ce candidat de l’opposition 250000 francs pour ses propres élections contre les impériaux aiin que F Angleterre maintînt l’occupa-tion de l’Egypte, et que Parnell, pour qui c’était une question secondaire, ne fût pas un adversaire de cette solution. 11 allait par cela même contre ses opinions, mais peu lui importait, l’occupation de l’Égypte entrait dans scs vues, c’était, pensait-il, l’intérêt de l’Angleterre de s’y maintenir. 11 s’était donc dit, avec l’esprit de ralliement qu’ont les Anglais en présence du bien de leur pays : « Périsse le parti pour la gloire de l’Angleterre ».
- Aujourd’hui le train roule sur une voie rapidement construite où l’on ne voit pas l’artde l’ingénieur. Ce sont des rails simplement posés sur le sol sans qu’il y ait trace de travaux d’art. Quand une rivière est guéable les rails sont posés de la même façon et le train traverse l’eau sans passer sur un pont tandis que sur la Tugela et l’Orange River on voit des ponts magnifiques. Très peu de tunnels ont été creusés. De même que s’il y a une rivière on la franchit, si l’on rencontre un obstacle on le contourne ; ce qui faisait dire à un de mes compagnons de voyage, un Boer de 40 ans qui n’était jamais venu en Europe avec qui je faisais à mon retour le trajet de Southamplon à Londres : « Vous voilà bien vous autres Européens ! Vous vous étonnez d’aller plus vite que nous en civilisation et en affaires? Cela ne me surprend pas si tout en vos pays est
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- LA N AT LUE.
- hàli sur le modèle de vos voies ferrées, le premier sujet qui se présente à ma vue dans vos contrées.
- Kli quoi! si vous rencontre/ une montagne vous la percez pour passer en dessous ! tandis que nous,
- Fig. 1. — Lus transports autrefois dans l'Afrique du Sud.
- nous la contournons. Si vous trouvez un ruisseau il ne vous arrêtera pas ; nous, nous chercherions l’en-
- droit guéable pour le traverser, au lieu de cela vous bâtissez des ponts d'une largeur immense. Et toute
- Fig. 2. — Transports avec bœufs à grandes cornes.
- cette terre disposée en talus de chaque coté de la notre se ressemblent peu! Vous vous hâtez toujours voie! A quoi sert-elle'! Ah! que votre esprit et le pour hrùler l’existence, nous aimons au contraire le
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- repos et le calme, la monotonie de la vie paisible et uniforme. » A la place du campement du roi nègre
- Institut Pasteur. Celle ville vieille de neuf années a 7000 habitants ; les rues tracées à l'américaine sont
- Lo-Bengula se trouve maintenant la ville de Bula-wayo. C’est là que j’avais été chargé d’installer un
- de larges avenues où se croisent les fils de l’éclairage électrique, et elle est dessinée pour avoir plus de
- Fip. i. — Cilié do Ruhiwnvo.
- .">00 000 habitants; d'immenses parcs sont réservés I 1500 milles; Rhodes voulait faire de celle ville un au centre. Le chemin de fer qui la relie au Cap a ] nouveau Chicago; le Cap serait le port de Rulawayo,
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- comme New-York est le port de Chicago. De Hu-lawayo, part déjà l’amorce du chemin de 1er qui doit conduire au Caire. Les trains vont maintenant jusqu’au Zambèze, il ne reste plus (pie 17)00 milles de voie ferrée à construire pour arriver en Lgyplc ; le reste de la route se fera par voie d'eau en traversant les lacs et en suivant le cours du Nil par le Cap, Hulawayo, le Zambèze, le lac Tanganvika, le Congo lielge, Lachoda, le Caire. En voyant l’activité développée par les Anglais dans ce pays, la façon dont ils parlent de ce chemin de 1er qui doit en neuf jours permettre d’aller du Cap au Caire on se laisse aisément persuader que dans moins de dix ans cette ligne sera achevée.
- Le Congrès de l’Association Anglaise pour l’avancement des sciences se tiendra sur les bords du Zambèze en 1905, le prince de Galles présidera cette session et la Chartercd, de concert avec l’agence Cook, construit en ce moment, un hôtel de 500 chambres en face des chutes de Victoria sur le Zambèze, ces chutes qui sont trois fois plus élevées que celles du Niagara. Dr Adrien Loir,
- Ancien préparateur de Pasteur.
- LA TOUR EIFFEL
- La tour Eiffel est menacée, paraît-il, dans son existence. Nous approchons, en effet, de la fin de la concession donnée par la Aille de Paris. Pins de tour en 1910 : ainsi le veut la convention de 1878... au grand plaisir de ceux qui ne peuvent voir en face cette construction hardie que le monde entier est venu visiter comme une des plus grandes curiosités du temps. 11 s’agirait de la jeter par terre sans façon; ses destinées seraient accomplies.
- Je veux bien qu’au point de vue esthétique la grande Tour n’ait pas satisfait beaucoup de personnes. Elle a eu et elle a encore ses détracteurs. Des goûts et des couleurs... que dire? On ne s’accorde pas toujours sur l’esthétique. 11 est exact que certains critiques sont loin d’admirer ces lignes rigides et froides du pylône gigantesque qui heurte le regard dans le bleu du ciel. Ce n’est qu’une impression; à côté, d’autres personnes trouvent certaine grâce dans cette flèche à fines dentelles qui se dresse superbement dans l’espace. En fait, la Tour de 1889 n’en est pas moins, quoi qu’on puisse dire, une œuvre grandiose, originale, synthétisant dans son ensemble les progrès de l’industrie moderne ; on n’avait jamais construit nulle part d’œuvre aussi colossale. Tous les étrangers ont voulu la voir. Encore maintenant la grande Tour est une attraction : il n’est pas de visiteur, même princier, qui ne vienne à Paris sans se faire conduire au Champ-de-Mars. Que de voyageurs venus des quatre coins du monde tiennent à dire en rentrant chez eux : « J’ai vu la Tour Eiffel. » Elle est restée populaire.la Tour!
- Et l’on parle de la supprimer, è ingratitude! On l’a construite, il faut la garder. Qui gêne-t-elle en définitive? Ceux dont elle contrariait les regards en passant se sont habitués à son existence. Cause-t-elle quelque préjudice aux Parisiens?
- Évidemment non. Elle rendrait plutôt service puisqu’elle amène du monde et est devenue une curiosité de la grande ville. Alors? Si on l’abat, on sera tout étonné de trouver des gens qui la réclameront tous les jours.
- Non seulement cette construction colossale ne fait de mal à personne, il me semble, mais elle a été et peut être très utile aux savants. Une station aérienne d’une altitude de 500 mètres! Mais c’était le rêve des physiciens, des météorologistes et des hygiénistes. Nous l’avons, et déjà il est question de la renverser sans rimes ni raisons. Le Bureau central météorologique a établi une annexe importante au sommet de la Tour, on y fait journellement de bonne besogne. Les physiciens ont poursuivi des recherches intéressantes. MM. Cailletetet Colardeauont réalisé des expériences sur la compression des gaz, et le regretté docteur Ilénocque des travaux sur les variations de la composition du sang. M. Eiffel lui-même continue ses essais sur la résistance de l’air, sur la résistance des surfaces au vent, etc. Les géodésiens ont profité de la Tour pour leurs opérations. Les astronomes de Meudon pour des recherches spectroscopiques. Que d’expériences sur la télégraphie militaire, sur la télégraphie sans fil! Et que d’autres en vue! Et sur les observations d’étoiles filantes, et sur l’électricité atmosphérique! Et puis la Tour n’est-elle pas un grand paratonnerre qui garantit des coups de foudre tout un quartier.
- C’est ce magnifique laboratoire situé à 500 mètres de haut, isolé dans l’espace, qui n’a pas d’analogue, que l’on projette de renverser? Ah! encore s’il faisait tort à quelqu’un; mais non; il rend des services.
- Ce serait folie que d’abréger les jours de la Tour Eiffel. Tous les gens qui réfléchissent, même les ennemis de la grande Tour eu jugeront ainsi. M. Pascal de l’Institut a défendu énergiquement la Tour. AL Trélat, directeur de l’Ecole d’architecture, qui n’aimait pas la Tour est, maintenant qu’elle existe, devenu aussi son défenseur. D’autres critiques de la première heure ont pris parti [tour sa conservation. Le mouvement en sa faveur est général. Les 5000 ingénieurs de la Société des ingénieurs civils se sont prononcés à l’unanimité pour le maintien de la Tour. Si l’on posait aujourd’hui la question aux Parisiens, le vote serait certainement aussi pour le maintien. Ne touchons pas à la Tour. IL de P.
- LA TÉRATOLOGIE A LA FOIRE
- Lorsque la belle saison des vacances, des voyages et des excursions est passée, le naturaliste se trouve en général assez désemparé. Pourtant, même dans la grande ville, il est encore possible de faire de l’histoire naturelle, et les foires notamment offrent maint sujet d’études attrapant. Dans certaines collections zoologiques ambulantes, il arrive de rencontrer des animaux qu’on chercherait en vain dans les etablissements publics. Les animaux savants prêtent à maintes considérations sur l’instinct et l’intelligence de nos frères inférieurs. Enfin dans des baraques souvent de tort peu d'apparence on trouve des cas tératologiques toujours intéressants. Sans nous laisser détourner par le bagout mensonger du bateleur qui nous annonce un cheval-dromadaire ou une vache pourvue d’un bras humain, entions dans ces modestes établissements. L’entrée est d’un prix tout à fait abordable :pour 10 centimes nous verrons cinq ou six monstres véritables, présentés seulement d’une façon un peu fantaisiste par leur barnum.
- A la dernière foire de Bordeaux les exhibitions de ce genre étaient particulièrement nombreuses. Nous pouvons les classer de la façon suivante. Il y a d’abord des cas pathologiques : le cheval-dromadaire de tout à l’heure est
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- tout simplement bossu. Les déviations de la colonne vertébrales sont assez rares dans le règne animal; cependant je me rappelle avoir vu une carpe dont le rachis, et par suite le corps, présentait une sinuosité très marquée dans le sens latéral.
- Une seconde catégorie comprend les monstres par défaut d’organes. O sont les ectromèles de la classification d’Etienne Geoffroy-Saint-Uilaire. Il y avait à cette foire un chien et un bouc pourvus seulement de membres postérieurs; les antérieurs n’étaient représentés que par des tubercules cachés sous les poils. Ces malheureuses bêtes marchaient debout sur leurs pattes de derrière. Il est très probable qu’il s’agit ici d’amputation congénitale des membres par des boucles du cordon ombilical. Ces cas sont à rapprocher des hommes sans bras ou des hommes-troncs qui nous étonnent par l’habileté avec laquelle ils se servent des membres ou des fragments de membres qui leur restent.
- Les monstres par augmentation numérique des membres ne nous arrêteront pas. Les moutons à (1 pattes, les chèvres à 4 cornes sont bien connus. La vache à bras humain citée tout à l’heure portait en réalité sur l’épaule gauche une patte supplémentaire, double dans sa partie inférieure, qui était pourvue de 4 sabots. Ceux-ci ne touchant jamais la terre avaient grandi d’une façon démesurée et simulaient assez bien des pinces de crustacés.
- Les monstres doubles sont plus intéressants. Le plus remarquable était une vache âgée de 5 ans et pourvue de deux tètes bien développées mais fusionnées dans leur partie médiane. Elle portait sur le front une coine courte et épaisse résultant de la fusion des deux cornes internes; en dessous se trouvait un œil médian peu développé. Les cornes, les oreilles et les yeux latéraux sont normaux. A la partie inférieure, les tètes sont mieux séparées : il y a deux museaux et en ouvrant la bouche de l’animal on voit très bien la ligne de suture sur le milieu du palais. En revanche il n’v a qu’une mandibule inférieure très large et aplatie, qui fait face à la double mâchoire des deux tètes et présente un aspect des plus bizarres.
- Un taureau fait pendant à cette vache; âgé de 5 ans, et normal en avant, il est incomplètement double en arrière. Son bassin est très large, il ne porte qu’une seule queue, mais quatre pattes, deux externes normales et deux internes courtes et ne touchant pas la terre. De plus les organes génitaux sont doubles. On conçoit l'intérêt qu’il y aurait à photographier et surtout à radiographier des cas de ce genre, de façon à avoir quelques notions sur leur anatomie. Malheureusement les circonstances ne s’y sont pas prêtées.
- Dans une autre baraque, celle d’une femme à barbe, se trouvait un pigeon bien curieux. Il était, comme le taureau de tout à l’heure, double en arrière : un arrière-train supplémentaire portait une seconde paire de pattes bien développées, mais ne louchant pas la terre. 11 y avait deux croupions superposés et deux cloaques, l’un à droite, l’autre à gauche, remplissant tous deux leurs fonctions.
- Les anomalies organiques étaient aussi bien représentées ; mais nous laisserons de côté ce sujet un peu spécial. Ce que nous avons dit suffit pour montrer qu’on peut trouver, dans les endroits les plus inattendus, des sujets d’études scientifiques. Peut-être une autre fois serons-nous plus heureux et pourrons-nous présenter a nos lecteurs une étude plus détaillée et surtout quelques photographies de ces êtres anormaux qu’il est regrettable de voir, entièrement perdus pour la science, ne servir que de jouets à
- des badauds ignorants. Dr L. Laloy.
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- LES (1\DR\NS DE MONTRES
- Le cadran de la montre est presque la montre tout entière. Le mouvement qui semble devoir être l’objet le plus intéressant, puisqu’il actionne les aiguilles, ne l'est pas cependant. Pour le porteur d'une montre le cadran est tout. Un pourrait presque dire que si le mouvement est l’âme de la montre le cadran en est le visage. 11 lui donne son caraclère, sa physionomie. Par son cadran, telle montre a Pair vulgaire, d’aspect lourd, pataud; tandis que telle autre semble distinguée, fine, élégante. La marche constante des aiguilles imprime au cadran un semblant de vie. On ne se trouve évidemment plus en présence d’un objet inerte : du reste l’origine du nom de « montre » vient surtout du cadran.
- En effet, vers la fin du xv° siècle, on nomma les petites horloges (pii devinrent portatives, grâce à l’invention du ressort-moteur, « Monstres d’horloges )). On pouvait dès lors les mettre sur des tables ou sur des meubles, grâce à la suppression des poids : elles étaient ainsi mieux à portée de la vue, et la lecture de leur cadran devenait plus facile. Elles « monstraient » donc l’heure plus que jamais. Celles réellement portées devinrent par abréviation des montres. Tandis que dans une montre le cadran joue un rôle prépondérant il n’est souvent dans une pendule que très secondaire ; dans certaines meme, e’est à peine si l’on s’apercevrait de sa suppression tant son rôle décoratif est nul.
- Les fonds de boîtiers de montres ont eu fréquemment une grande richesse décorative; rien ne fut négligé pour faire de cet objet une des plus belles parures des hommes et des dames. Mais il faut toujours en arriver au cadran pour constituer une montre, autrement ce n’est plus qu’un médaillon. Si les fonds de boîtiers sont souvent plus somptueux que les cadrans, c’est que de tout temps les artistes qui les ont conçus ne furent point gênés dans leurs combinaisons artistiques par la place des heures qui exige une inexorable disposition. On a bien fait des cadrans avec des heures posées soit en carré, soit en ovale, soit en demi-cercle,etc.... On a même presque supprimé le cadran avec division en faisant apparaître l’heure dans des guichets ou petites ouvertures ; mais tout cela n’a constitué que des fantaisies sans lendemain.
- Les évolutions décoratives du cadran sont d’autant plus intéressantes à étudier qu’il y a une double question d’art et de mode, à laquelle vient s’ajouter une question industrielle qui est celle de l’émail-leur.Nous allons pour cette étude nous servir de dessins originaux des anciens maîtres dessinateurs-graveurs soit français, soit étrangers ; puis de reproductions de cadrans véritables, datant des xvine et xixe siècles et présentant un vif intérêt artistique.
- Parmi les maîtres français, nous trouvons Jacques Hurtu, orfèvre-graveur (1614 et 1619), dont les niels (fig. 2, n° l) aux fines arabesques sont savamment étudiés. Jacquart de Blois, son contemporain, a com-
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- posé dos cadrans qui sont do véritables petits tableaux. Ils ne le cèdent en rien aux délicieux fonds de boîtiers de montre qui devaient les accompagner (tig. n° 2). La richesse décorative de ses cadrans ne sera pas dépassée.
- Les dessins de Yauquer, aussi de Blois, exécutés dans la deuxième moitié du xv»c siècle, sont d’une délicieuse finesse. Les (leurs, les enroulements qui en constituent la décoration sont charmants ((ig. 2, n" ô).
- Tous les dessins de cadrans dont nous venons de parler étaient destinés à être gravés en taille douce. Souvent aussi ils étaient en émaux de couleur translucides. Ceux de Yauquer ont pu servir de modèles
- et aux graveurs et aussi aux peintrcs-émailleurs dont nous allons parler plus loin.
- Avec les écoles allemande et hollandaise nous allons trouver d'autres types non moins intéressants. Théodore de Bry, orlèvre-dessinateur et graveur, né à Liège, en 1528, travaillait à Francfort-sur-le Mein où il mourut en 1598; c’est, dit-on, un des [dus jolis maîtres de la Renaissance allemande. Le cadran avec personnage (pie nous reproduisons (fig. I, n° 1 ), dont il nous a laissé le dessin, peut rivaliser avec les meilleurs des maîtres d’alors. Mathias Beitler, graveur, qui travaillait à Onoltzbaeh, de 1582 à 1616, a dessiné des cadrans avec personnages, mais d’aspect lourd; leur peu de netteté ne
- — Cnlraus de montres étrangers des xvi* et xvn" siècles.
- Fig. -
- nous en permet [tas la reproduction. Yon llulsen, de Middelhurg, dont les ouvrages exécutés à Stutt-gard, de 1000 à 1017, ressemblent un peu aux niels de Hurtu son contemporain (tig. 1, n° 2).
- Ln des maîtres qui a le plus dessiné [tour l’horlogerie, «à celte époque, est Michel Blondus (Michel le Blond), orfèvre graveur, né à Francfort-sur-le-Mein en 1590, mort en 1050. Quoiqu'il fut Allemand de naissance, son nom fait supposer qu’il était d’origine française. Ayant toujours travaillé à Amsterdam, il est rangé parmi les maîtres hollandais. Ses compositions d’arabesques (fig. 1, n° 5) sont remarquables, ses cadrans ne comportent pas de personnages, comme en ont certains fonds de montre qu’il a dessinés.
- YVeigel, graveur-éditeur à Nuremberg, mort en
- 1740, a dessiné des cadrans d’un genre nouveau et différents des précédents par leur exécution, qui au lieu d’êlre de la gravure en taille douce était de la ciselure en bas-relief : l’ensemble en est un peu lourd et les détails moins fins et moins étudiés que dans ceux gravés (fig. 1, n° 4 ). Les dessins de Decker, né aussi à Nuremberg en 1077, mort en 1715, et qui fut un célèbre architecte, offrent le même esprit d’ornementation (fig. !, nos 5 et 5 bis). Daniel Ma rot, d’origine française, mais qui travaillait à Amsterdam en 1712, en a dessiné (tig. 2, n° 4) dans le même genre.
- A partir de cette époque les étrangers ne créent [dus rien de nouveau. En France, les cadrans à centres ciselés avaient ordinairement les heures peintes en noir sur autant de cartouches d’émail blanc
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- Fig. 2. — Cadrans de montres français du xvi' au xix* siècle.
- (fig. 2, n° 5) ; concuremment à ces derniers apparaissent enfin, en France, ceux en émail plein d’un seul morceau. Les heures y sont peintes sur autant de
- petites bosses d email, qui remplacent les cartouches (lig. 2, n° 6). Ce fut alors aussi que les cadrans d’émail d’un seul morceau ont été ornés de peintures
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- d'émail. Leur décor était une réminiscence des ca- [ drans du xvi° siècle par leur centre garni de paysages, de (leurs, de fruits, de scènes diverses. Le tout peint au lieu d’être gravé. Hans la suite, le cadran sera surtout l'œuvre de Témailleur, et il faudra arriver au commencement du xix1' siècle pour retrouver des cadrans ou d'or, ou d’argent.
- Sous Louis AM on ne faisait plus guère que des cadrans d'émail blanc plein avec les heures noires ou rouges (tig. 2, n° 7), certains étaient enrichis de pierres fines serties dans l’émail entre les heures. Leur forme convexe avec le nom de l’horloger franchement dessiné leur donnait un aspect cossu, bien en rapport avec l’opulente décoration du fonds.
- La tradition du cadran d’émail avec peinture, datant de Louis XIV, se retrouve sous la Révolution, mais avec une décadence complète. La figure 2, n° 8, en représente un de cette époque, appartenant à la collection de M. Ch. Roblot. Le cadran reproduit fîg. 2, n° 9, est du premier Empire; la peinture du disque émail est fine, et le centre en cuivre doré ajouré et gravé est des plus soignés. On voyait les roues des aiguilles au travers les ornements du centre. C'est à cette époque que l’on fit les cadrans de métal dont nous avons parlé, mais alors ils étaient simplement guillochés; ce genre s'est continué jusqu’au milieu du xixe siècle (fig 2, n° 10). Sous la Restauration, on revient aussi à la mode des cadrans métal avec cartouches émail (fig. 2, il0 1 1), mais ils sont loin de valoir leurs devanciers et n'ont aucun intérêt. La déchéance du cadran au point de vue de la décoration est irrévocable. Nous avons dit que le cadran donnait à la montre sa physionomie. Nous constaterons que pour ceux de nos jours la chose est plus frappante que pour ceux du passé, i Le cadran actuel avec sa face blême et ses aiguilles étriquées donne à l’ensemble de l’objet un aspect anémique ; c’est pratique, il est vrai, l’heure y est bien indiquée, et c'est le principal, dira-t-on; mais ce principal ne serait pas gêné par un peu de décoration. 11 est fâcheux que le mot pratique veuille si souvent dire banal. Mathieu Hlaxchox.
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- RALENTISSEMENT EXTRÊME
- DE LA RESPIRATION
- Il est admis universellement, et avec raison, que la respiration est une fonction vitale essentielle, que la vie est intimement liée par conséquent à son processus normal ; et cette fonction peut considérablement se ralentir, au moins dans certaines conditions particulières, sans que pour cela la vie en soit à bref délai compromise.
- Normalement, le nombre des inspirations par minute est de 12 à 15 au moins; peu de personnes savent respirer, car pour que l'hématose soit complète, pour que les échanges gazeux se fassent dans de bonnes conditions à l’intérieur des poumons, chaque inspiration doit être d’environ un demi-litre d’air. Étant donné ce chiffre de 12 à 15 inspirations par minute et même 16 pour beaucoup de médecins, on peut s’étonner qu’il existe parfois des sujets qui ne respirent que quatre ou
- cinq fois par minute, qui continuent néanmoins àr vivre durant des années, en ne respirant pour ainsi dire plus que « rarement ». Le cas que nous voulons citer comme exemple caractéristique de cette anomalie est celui d’une femme atteinte de cette maladie affreuse qu’on nomme le tabès, et qui a été signalé par MM. Déjerine et Egger. Son mal avait commencé par des crises plus ou moins rapprochées, qui l’avaient conduite à demeurer au lit, et à avoir normalement un nombre extrêmement élevé de pulsations, 190 à la minute. D’année en année, le chiffre de ses inspirations par minute s’est abaissé, elle est arrivée à 6 mouvements respiratoires, puis à 5 et même 4; le matin à jeun, elle n’en présente que 5 seulement! En même temps son pouls est redescendu à 90 pulsations. D’ailleurs, quand elle a une émotion quelconque, son rythme respiratoire peut se relever jusqu’à 7, de même qu’après un repas ou quand la chaleur la fatigue. Et cela n’empêche point l’état des poumons d’être normal, la situation de la malade de demeurer identique. Cette absence relative de respiration rappelle tout à fait ce qui se passe chez des chiens auxquels on a réséqué les deux pneumogastriques; mais les chiens meurent généralement de l’opération, tandis qu’ici probablement l’atrophie s’est faite lentement et progressivement.
- Nous ferons remarquer que les gens qui se sont accoutumés à respirer par le nez (seule bonne méthode de respiration), et à faire de profondes inspirations, peuvent arriver assez facilement à se contenter pendant un certain temps de 4 ou 5 mouvements respiratoires, en faisant très lentement ces mouvements et en les poussant à fond. IL B.
- UN TREUIL PARADOXAL
- Cet appareil mérite bien ce nom, car on peut et l’on doit même le désigner, pour le distinguer dos appareils du genre, par ces mots : « treuil de 5000 kilogrammes pouvant résister à un effort de 10 000 kilogrammes ». Expliquons comment on arrive à réaliser ce résultat, et pourquoi on a dù chercher à l’atteindre.
- Nos lecteurs se rappellent peut-être l’article que nous avons consacré aux ardoisières de la région d’Angers1 : dans ces exploitations on a des blocs fort pesants à manutentionner, et il faut le plus souvent les faire tomber soit des parois, soit des plafonds, sur le sol des chambres, pour les reprendre ensuite, les soulever de terre et les charger sur un wagonnet qui les emportera au puits d’extraction. Il serait évidemment plus simple de déposer le bloc directement sur le wagonnet, au moment où il se détache ; mais, si l’on veut arrêter le bloc dans sa chute, il se produira sur la chaîne de treuil un effort brusque qui pourrait la faire rompre paé suite de l’inertie, et qui en tout cas obligerait à donner au treuil une puissance étrangement supérieure à celle qui lui est nécessaire pour arracher le bloc ou pour en soutenir et en soulever ce qu’on peut appeler le poids statique. On a donc pris des dispositions pour amortir le choc dù à la chute du bloc, de façon qu’il ne se produise point sur la chaîne un effort supérieur à 10 000 kilogrammes, ce chiffre correspondant à la résistance maxima de cette chaîne : dans ce but, le crochet de levage est pourvu d’un ressort à boudin qui est spécialement représenté dans la figure que nous donnons de l’appareil. De plus le treuil comporte un limiteur de force réglé de telle manière que, si un effort supérieur à 10 000 kilogrammes
- 1 Yoy. n° 1533, du 11 octobre 1902, p. 291.
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- il 1
- est imposé à la chaîne, le train d’engrenages se trouve automatiquement bloqué par le mécanisme de freins : le tambour du treuil exécute alors un mouvement à vide, il est mis dans l’impossibilité d’exercer sur la chaîne une traction supérieure à celle qui est prévue comme limite.
- Lit treuil paradoxal.
- On voit toute l’ingéniosité de cette combinaison, qui est due aux ateliers Postel-Vinay, par conséquent à la Compagnie Thomson-Houston. L’équipement électrique de ce treuil comprend un moteur de 25 chevaux tournant à 500 tours par minute, et permettant, de lever 5000 kg à 10 mètres, avec une vitesse de 15 mètres à la minute; l’allure du dévidage varie de 25 à 50 mètres. La commande se fait par un controleur rhéostatique. 11. B.
- STATION HYDROÉLECTRIQUE
- A AVIGNONiNET (iSÈREj
- I ne station centrale électrique hydraulique a été récemment installée à Avignonnet sur la rivière le Drac dans l’Isère. L’installation comprend un barrage avec canal d’écoulement et une chambre de prise d’eau, une galerie d’amenée et une chambre de mise en charge, l’usine proprement dite, un canal de fuite, et les lignes de transmission d’énergie. Le Drac prend sa source dans les montagnes de Champsaur, dans les Hautes-Alpes ; son débit, à l’étiage, est à peu près de 25 mètres cubes par heure; en eaux moyennes il peut atteindre 100 mètres cubes, dans les fortes crues il dépasse 1000 mètres cubes. L’usine renferme sept groupes de 1750 chevaux; deux restent encore à installer. Quatre groupes sont formés d’une turbine de la maison Picard, Pictet et C‘% de Genève, à axe horizontal, avec régulateur à déclic, et d’un alternateur Schneider du Creusot à courants triphasés à 15 000 volts; chaque groupe porte son excitatrice à l’extrémité de l’arbre. La différence de potentiel de distribution est portée à 50 000 volts à l’aide de transformateurs. Le cinquième groupe est formé d’une turbine semblable aux précédentes actionnant deux dynamos Thury à courant continu, montées sur le même arbre et couplées en tension; ce dernier groupe fournit l’énergie pour la traction électrique sur la ligne de Saint-Georges de Gommiers à la Mure. J. L.
- ACTION DE CERTAINS PARFUMS
- Certains parfums dus aux fleurs influencent désagréablement l’appareil digestif, d’autres déterminent de névropathiques réflexes respiratoires; certaines fleurs occasionnent du vertige. Les bouquetières, malgré leur habitude, sont incommodées par les parfums des fleurs; j’ai constaté meme un cas d’évanouissement. Les parfums qui influencent le plus sont complexes, à odeur pénétrante ; leurs constituants ne sont pas bien connus.
- On a pu constater que la vanille a une odeur fatigante, que certaines personnes sont facilement incommodées pour avoir mangé tant soit peu de crème à la vanille; d’autres ont de véritables indigestions. Ces personnes ne pourront certainement pas supporter l’odeur de la fleur du « Yanda suavis » qui est celle de la vanilline.
- I ne fleur qui incommode beaucoup de personnes est le a troène du Japon » (Ligustrum japonicum), plante de la famille de l’olivier, arbre à inflorescence blanche s’épanouissant en juillet. 11 en est de même du « Pit-losporum » qui répand au printemps une odeur suave. Tous les jardins de la côte d’Azur contiennent ces végétaux ; ils en sont même plantés, à mon avis, avec trop de profusion, le Ligustrum surtout. Ce dernier possède une odeur tellement forte que beaucoup de gens la sentent à une grande distance. 11 occasionne des troubles gastriques. Une plante qui agit beaucoup sur le cerveau, est la« tubéreuse », dont chacun connaît l’odeur pénétrante. Vient ensuite la « belle-de-nuit » (Mari-bilis Jalapa). I/odeur de ces deux fleurs est surtout vive’ le soir. La belle-de-nuit, en effet, n’est odorante qu’à partir du coucher du soleil ; on peut voir de nombreux papillons de nuit, attirés par l’odeur pénétrante, venir butiner sur ces fleurs à la tombée du jour.
- D’autres personnes ne peuvent supporter l’odeur du jasmin ou celle du lilas.
- Le « Datura arborescens » à grandes fleurs blanches, que l’on trouve dans beaucoup de jardins à Nice, Cannes et Menton, répand le soir une odeur capable d’alourdir la tète jusqu’au sommeil, chez certaines gens.
- Je ne veux parler que de l’action des effluves parfumés et non des cas d’éternuements spasmodiques dus à l’action du pollen des fleurs, qui produit ce que l’on appelle la fièvre des foins. Ernest Liotard.
- POUSSIÈRES ET LAVAGE DE L’AIR
- Il ne manque pas de circonstances où les poussières qui sont en suspension dans l’air présentent de réels inconvénients, et il en est particulièrement ainsi, comme le faisait remarquer notre savant confrère « Cassier’s Magazine », dans les bureaux téléphoniques. 11 a été démontré à maintes reprises qu’une bonne partie des dérangements qui se produisent dans les tableaux, par suite de contacts imparfaits, peuvent être prévenus par une bonne ventilation des salles où sont les installations, ventilation accompagnée d’un nettoyage complet de l’air qu’on envoie ainsi dans ces salles. Pour ce nettoyage qu’on peut appeler à sec on a recours à une série de filtres divers faits de toile métallique et d’étoffe analogue à la mousseline à tamis; mais tous ces dispositifs nécessitent un renouvellement fréquent et par conséquent coûteux des tissus filtrants : autrement les filtres se chargent de matières solides et ne fonctionnent plus ou fonctionnent mal.
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- Or, à ce que nous dit également «-Cassier’s Magazine », une grande compagnie de téléphones a obtenu d’excellents résultats en faisant passer l’air admis dans ses bureaux à travers une pluie d’eau très line, puis en précipitant cette eau, ou au moins cette humidité, qui est alors envoyée à l’égout où elle entraîne toutes les impuretés qu’elle a recueillies dans l’air. L’eau, qui est introduite à une grande vitesse et mise en suspension, est ensuite séparée par la force centrifuge : on recourt, en effet, à un appareil dans lequel l’air traverse une série de tubes où des dispositifs en spirale lui donnent un mouvement tourbillonnaire. Les particules en suspension sont lancées suivant la tangente, et viennent frapper les tubes, d’où elles s’échappent à travers des perforations qui les amènent finalement à un plateau métallique qui les reçoit. Le procédé de lavage entraîne une teneur en humidité de 70 pour 100 environ dans les salles où l’on envoie l’air lavé, pour une température de 21 degrés centigrades. Celte teneur ne peut pas avoir d’inconvénients, il
- Fiçr. 1. — Le départ des balais de la fabrique.
- dame elle-même ne se demandent pas assurément en maniant un balai quel temps et quel travail ont accompagné la confection de cet accessoire qu’on appelle : le Balai. Cet humble serviteur que l’on met à toutes les besognes vient de la terre. Et il faut des terrains de premier ordre pour produire des balais. Ils exigent des sols féconds et généreux comme les terrains d’alluvion. Le sud-ouest et notamment le département de Lot-et-Garonne ont utilisé les terres riveraines de la Garonne pour se livrer à cette culture. L’aspect de ces balais vivants qui ressemblent à des sorghos et à des maïs — en dépassant de beaucoup leurs tailles — est des plus pittoresques.
- Le balai, surtout lorsqu’il est planté dans des terrains autres que des terrains d’alluvion, exige des fumures énergiques. Le fumier de ferme peut suffire à condition d’être bien fait et de ne pas être exposé à l’air et à la pluie qui l’altaiblissent. Mais il est bien inférieur au fumier de mouton pour les plan-
- semble, et à coup sur elle est meilleure que la sécheresse excessive qui se manifeste souvent avec les systèmes ordinaires de ventilation et de filtrage de l’air. Il va de soi du reste qu’en été, et quand la température des bureaux a tendance à s’élever de façon fatigante et malsaine, cette arrivée d’air refroidi abaisse sensiblement la température. Et c’est pour cela que sans recourir à des méthodes de refroidissement particulières, et en se servant de l’eau des canalisations de ville à la température à laquelle elle se présente durant les périodes estivales les plus chaudes, on aurait certainement avantage à recourir à ce mode de filtration de l’air pour la ventilation des pièces habitées. I). B.
- LE RALAI
- Le balayeur des rues, l'homme de peine, la petite femme de chambre, l’ouvrier etTparfois la grande
- Fi<,r. 2. — Première préparation des plumets des balais.
- leurs difficiles qui veulent toutes les qualités réunies dans leurs plantations. Le balai, en effet, donne de meilleurs revenus que le blé, le seigle et le maïs. La vente de la graine de balai constitue également un rapport appréciable pour l’agriculture. Triée, dépiquée exactement comme le blé, ensachée dans des sacs, elle se vend de 6 à 7 fr.
- La graine du halai sert aussi à alimenter les basses-cours ; poulets, pigeons, pintades, dindons, oies se disputent les graines. On sème la graine en mai. On fait la récolte en septembre ou en août. 11 est bon de tierccr les terres destinées à la culture épuisante du balai. Si la semence est faite dans de bonnes conditions, si la saison est propice, s’il n’y a ni gelée ni grêle, l’hectare peut rapporter jusqu’à 000 fr. Plus le plumet du balai, qu’on appelle en Gascogne « le poil », est fourni, plus il est apprécié par l’acquéreur.
- En général les acheteurs demandent que la taille de l’arbuste soit assez élevée, environ (>"',50 de
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- LA NATURE.
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- hauteur. Le prix du quinLal varie suivant les années, il atteint de 15 à 18 i'r. les 50 kilogrammes. Chaque fabrique a des courtiers qui traitent avec le cultivateur l’achat de la récolte en partie ou en totalité. Les fabriques du sud-ouest, principalement celles du Tarn-et-Garonnc, occupent de nombreux ouvriers et surtout de nombreuses ouvrières.
- Dans une petite localité de ce département, appelée Grisoles, la population est entièrement composée d’ouvriers du balai. Au Passage d’Agen, commune de 1200 habitants, située sur la rive gauche de la Garonne, on compte deux fabriques. Une fabrique bien achalandée peut travailler 4000 quintaux de balais en une année. Le travail est partagé entre les hommes, les femmes et les enfants. Chacun a sa tâche assignée : à l’enfant on donne naturellement la besogne la plus facile, celle de la première préparation (fig. 2), les hommes sont chargés de la partie la plus pénible (fig. 5), et ce sont les femmes qui donnent le dernier coup de main à la confection du balai (tig. 4). Tous, ouvriers et ouvrières, sont aux pièces. Le paiement à la journée est rare.
- Le chargement a eu lieu (tig. 1), voici les balais sortis des ateliers. Ils en sortent pour aller dans les bazars, chez les épiciers, quelquefois chez les
- le bois de pin employé à cet usage la place tout naturellement dans les Landes des cantons de Casteljaloux, de Mézin, de Lavardac situés en Lot-et-Garonne et dans les grandes pignadas du département des Landes. La matière première prise
- Fig. t. — Confection des luttais.
- vaniers. Un y voit le balai ordinaire fabriqué avec le produit des plaines garonnaises ; un balai plus soigné, fait de pailles plus fines, enfin un balai de qualité supérieure recouvert avec de la paille d’Italie.
- Les manches à balai constituent une industrie spéciale. La proximité des Landes qui fournissent
- Fig. 3. — Travail des plumets. Assemblage et montage sur manches.
- dans ces pays est expédiée à bordeaux et à Péri-gueux où elle est transformée en manches à balais.
- Le bois de pin étant devenu plus rare et plus cher il s’ensuit que les manches à balai ont subi une assez forte augmentation de prix. Au lieu de 50 à 55 fr.
- le mille que se payaient autrefois les manches de balais ils atteignent aujourd’hui 90 fr. La France entière, voire même l’étranger s’approvisionnent de balais dans la région du sud-ouest.
- La Martinique, avant l’éruption de la Montagne-Pelée, faisait aux patrons riverains de la Garonne d'importantes commandes. Quand la malheureuse ile sera rentrée dans la situation de tranquillité et de travail dont elle jouissait avant la catastrophe il est permis de croire que sa consommation de manches à balais reprendra son cours normal. Les producteurs néanmoins doivent se préoccuper de trouver à leurs bois des débouchés assez importants pour n’avoir pas à souffrir delà fermeture d’un marché, même considérable.
- Donc, modeste, soit l’industrie du balai! mais encore assez importante; c’est la spécialité de toute une région où les moyens d’existence n’abondent pas et peut-être, en dehors du département du Lot-et-Garonne, ne le savait-on pas assez? , II. Mac ex.
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- LES LÉONIDES
- La pluie des Léonides a été assez riche cette année. Nous sommes loin, toutefois, des magnifiques pluies de 1760, 1790 et 1855 où il neigeait des étoiles et même de la chute de 1901 pendant laquelle, aux États-Unis, on a compté près de 1000 météores, en une heure, dans la nuit du 14 au 15 novembre. Cette année, dans les nuits des 15-14, 14-15 et 15-10 novembre, favorisées par un beau temps à Paris, on en a compté en moyenne une dizaine par heure. Les observations semblent mettre en évidence un caractère déjà signalé pour les l'erséides : c’est que les météores apparaissent souvent par groupes de deux ou trois, à quelques secondes d’intervalle avec d’assez longues accalmies. La plupart des Léonides étaient longues, brillantes et laissaient des traînées. Leur vitesse était en général assez faible. Ces caractères permettent la réalisation d’observations simultanées en plusieurs stations en vue de la détermination de la hauteur de ces messagères de l’espace. L. T.
- CHRONIQUE
- Le ballon Lcbaudy. — Nous avions laissé l’aéronat atterrissant au Champ-de-Mars et remisé dans la Galerie des machines. Vendredi 20 novembre, avant de regagner le garage de Moisson, il s’éleva pour aller rendre visite à l’Établissement aérostatique de Chalais-Meudon, d’où partit en 1884 le premier ballon dirigeable. A 11h 14m, mise en marche des hélices; atterrissage à Chalais à llh50m. Durée du voyage 50 minutes. Altitude moyenne 150 mètres. Vitesse moyenne des hélices, 975 tours. La vitesse du vent S.-S.-O. était de 10 mètres à la Tour Eiffel, elle était de près de 15 mètres à Chalais-Meudon. Du reste le vent soufflait par vagues et par petites rafales. L’aéronat prit le large, suivit la Seine, la traversa un peu avant Billancourt et se dirigea en louvoyant au-dessus d’issv sur le Parc de Chalais. Quelquefois le vent devint supérieur à la vitesse propre du ballon et celui-ci reculait, puis il avançait de nouveau. En tirant d’habiles bordées M. Juchmès parvint à gagner le plateau de Meudon et à atterrir dans le Parc sur la pelouse qui avoisine le hangar. Mais la manœuvre n’est pas commode avec un vent assez violent. Le ballon toucha le sol une première fois, rebondit à 7 ou 8 mètres et dans ce mouvement alla heurter un arbre avant qu’on n’ait pu l’immobiliser. L’étoffe se déchira brusquement et la chute en fut la conséquence. La nacelle tomba de quelques mètres. L’aé-ronaute et le mécanicien tombèrent avec elle et furent recouverts par les débris de l’étoffe. On les releva heureusement sans la moindre blessure. Ainsi finit le voyage à Chalais-Meudon. L’aéronat sera raccommodé et transporté à son hangar de Moisson. Et l’on recommencera l’année prochaine. Quelle a été la vitesse propre du ballon? Peut-être 10 à 11 mètres. Mais en somme cette question capitale de la vitesse propre du « Lebaudv » reste à élucider.
- Les Orchidées. —On a prétendu dernièrement qu’un seul pied d’orchidée avait été vendu à Londres 47 000 fr. Est-ce exact? M. Opoix, jardinier en chef du Luxembourg et vice-président de la Société d’horticulture, consulté à cet égard, ne croit pas le fait invraisemblable. 11 connaît un amateur français qui a vendu dernièrement une de ces fleurs 12 500 francs à un horticulteur qui l’a revendue à son tour 20 000 francs. 11 existe, en effet, des col-
- lectionneurs passionnés d’orchidées. A la dernière Exposition au Cours-la-Reine on voyait des centaines de personnes faire queue pour pénétrer dans les petites serres réservées aux orchidées. 11 y avait quelques créations nouvelles : (( Cypripedium, Lelio, Cattleya, Vanda ». Les amateurs restaient des minutes à les admirer. Ces fleurs ont toujours la vogue. Et les prix sont en hausse. Pour obtenir une variété nouvelle d’orchidée il faut d’abord un délai d’un an à quinze mois entre la fécondation et la maturation. Quand la graine est mûre, au bout des quinze mois, on la sème, et elle lève en trois mois ou... en deux ans. Du jour où la plante sort de terre jusqu’au moment de la floraison il faut compter au moins quatre ans. Ce n’est donc qu’après sept ou lïuit ans de soins assidus, pour ainsi dire maternels, qu’on arrive à obtenir deux ou trois belles plantes sur cent ! Un ne s’étonnera point, après cela, des prix qu’atteignent les plus belles variétés d’orchidées rares. M. Opoix possède pour sa part, dans ses serres surchauffées du Luxembourg, 400 genres d’orchidées, et dans certains de ces genres jusqu’à 2000 variétés.
- La puissance calorifique «lu bois d'eucalyptus. — Des renseignements très surprenants (mais dont nous laissons la responsabilité à leur auteur) ont été donnés à ce sujet, dans notre confrère « Nature », par M. D. E. Ilutchins, de la colonie du Cap. 11 estime que, dans des régions tropicales, une plantation d’eucalyptus peut, dans des circonstances favorables, emmagasiner pour ainsi dire dans son bois environ 1 pour 100 de l’énergie solaire reçue sur l’unité de surface. Cet arbre, précieux à tant d’autres égards, donnerait du combustible à raison de 20 tonnes de bois sec par acre et par an (l’acre vaut à peu près 40 ares) ; ce bois, plus lourd que le charbon, dégagerait au moins autant de calorique que la houille, à volume égal. Et encore M. Ilutchins estime qu’on pourrait doubler ce rendement en poids des plantations, à condition de sélectionner les arbres, de se trouver sous un climat où le soleil resplendit normalement et où les pluies sont abondantes. A ce compte il n’y aurait plus à craindre l’épuisement des gisements de combustible.
- La fabrication des machines à coudre aux Ltals-Lnis. — La Confédération américaine est demeurée une grande productrice de machines à coudre : on y compte 05 usines qui emploient près de 14 000 ouvriers et produisent annuellement pour une valeur de 115 millions de francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 novembre 1903. — Présidence de M. A. Gaudiiy.
- Cristallisation du gypse- — M. Stanislas Meunier adresse une Note de géologie expérimentale relative à un cas de cristallisation spontanée du gypse. L’auteur, après avoir soumis des boules de plâtre a la dessiccation, les a immergées dans l’eau salée. Au bout de quelque temps il a constaté que chacune d’elles était transformée en un agrégat de cristaux.
- Les anomalies de la pesanteur. — M. de Lapparenl présente un travail sur les conséquences des anomalies de la pesanteur. Ce travail lui a été suggéré par les résultats des opérations entreprises par M. Riceo, directeur de l’observatoire de Catane, en vue d’étudier les variations de l’intensité de la pesanteur dans le sud de 1 Italie et en Sicile. M. Bicco a mesuré dans ce but, au moyen des procédés perfectionnés de la géodésie moderne, l’intensite de la pesanteur en 45 stations. 11 a constaté des anoma-
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- LA NATURE.
- lies atteignant 183 unités du cinquième ordre décimal. En joignant sur une carte par des lignes continues les localités dans lesquelles le nombre g présente des anomalies égales, il a obtenu des lignes isobares spéciales, dont les unes épousent le contour de la mer Tyrrhé-nienne, d'autres le contour de la mer Ionienne, et enfin d’autres les côtes de l’Adriatique. Or, il convient de remarquer que dans les iners Tyrrhénienne et Ionienne, bien qu’elles soient peu étendues, le fond tombe à 5700 dans la première et à 5008 dans la seconde. Ainsi les anomalies sont coordonnées avec trois grandes déformations de l’écorce terrestre. En outre, on constate que dans les régions à tremblement de terre les courbes sont particulièrement serrées. 11 y a donc une corrélation étroite entre les anomalies de la pesanteur et Jes lignes de moindre résistance. M. de Lapparent examine ensuite la conclusion générale tirée de la considération de l’ensemble des déterminations a la surface de la terre, savoir que g présente un excédent au bord des océans et un déficit au sommet des montagnes. 11 expose que cette conclusion est exacte dans son ensemble, mais que certains écarts observés peuvent s’expliquer rationnellement. C’est ainsi que le déficit de 500 unités du 5e ordre noté au sommet de l’IIimalaya vérifie la proposition, le déficit de 267 unités observé à l’ile Bonin en plein océan Pacifique ne doit pas être considéré comme constituant une anomalie infirmant la loi d’une façon absolue. Il faut en ctl'et considérer que l’ile Bonin, située entre l’Asie et les îles Marquises à 25° au sud des îles Aléoutiennes, se trouve comprise entre deux énormes fosses aux pentes très raides. 11 ne s’agit donc point d’un relèvement général du sol tel qu’en présentent en général les côtes d’un continent. M. de L ipparent ajoute qu’il y a des océans sur lesquels on a mesuré directement l’intensité de la pesanteur. L’expérience hardie a été faite par M. Ilecker, au cours de la traversée d’un bateau allemand allant à Rio-Janeiro. Le baromètre corrigé de la variation de la pesanteur due à la latitude a été contrôlé au moyen de l’hvpsomèlre pendant toute la traversée. Bien que ces observations très délicates exigent la lecture du millième de degré, le résultat a été des plus satisfaisant» ^ Ilecker a constaté dans la Manche un déficit de 15 unités du 5e ordre, dans le golfe de Biscaye un déficit de 17 unités. A l’embouchure du Tage où les fonds se relèvent lentement, il a trouvé un excédent de 152 imités. Entre Lisbonne et Rallia des anomalies ont été observées au moment où le navire a franchi le talus qui porte les Canaries, puis au moment de la chute des fonds, enfin au moment où les fonds remontent brusquement pour former le continent américain. La Méditerranée, qui groupe des cavités profondes, correspond à un excédent de + 29 tandis que la mer du Nord, qui est une mer d’érosion peu profonde, présente.le phénomène contraire. Ainsi l’élude des variations de q est susceptible de fournir des données précieuses à la géologie, d’indiquer les brusques dislocations non soupçonnées de l’écorce terrestre; il conclut qu’il est désirable, à tous points de vue, que le nombre des déterminations de g soit multiplié.
- Appareil d’application thérapeutique des rayons X. — M. d’Arsonval signale les difficultés que l’on éprouve lorsque l’on veut diriger les rayons X sur des lésions sises à l’intérieur des cavités profondes du corps. On ne peut en effet forcer l’intensité des rayons dans le but d’atteindre ces parties sans déterminer des brûlures de la peau douloureuses et longues à guérir. M. Oudin a imaginé un appareil qui obvie à ces difficultés. 11 permet par sa
- forme tubulaire d’agir à l’intérieur des cavités profondes.
- La mer jurassique de l’Afrique centrale. — M. E. Per-rier rappelle que les mollusques et les méduses péchés dans le lac Tanganyika et rapportés en Europe y ont causé une véritable surprise. Les mollusques présentaient tant de ressemblance avec des types de l’étage jurassique qu’on en a conclu que le lac Tanganyika était le « reste )) d’une mer jurassique. Mais dans des recherches faites dans les lacs voisins les explorateurs anglais n’avaient point retrouvé de méduses ni d’animaux semblables aux précédents. C’est alors que le Muséum d’histoire naturelle envoya un voyageur au lac Victoria Nyanza. Ce voyageur y a péché des méduses qui ont été examinées au Muséum par M. Gravier. Ces méduses sont identiques à celles du lac Tanganyika. Il restait à expliquer comment les explorateurs anglais avaient échoué dans leurs recherches. La raison paraît très simple. Les méduses d’eau douce présentent deux périodes de reproduction, l’une par bourgeonnement, l’autre par sexuation. Pendant l’une de ces périodes elles émigrent au fond de l’eau. Il a donc suffi que les explorateurs anglais aient opéré pendant cette migration, alors que dans un autre moment ils auraient trouvé des amoncellements de méduses. Ainsi, conclut M. Perrier, la grande mer de l’Afrique centrale s’étendait bien au delà du Tanganyika.
- La jaunisse des betteraves. — M. Prillieux présente une Note de M. Delacroix relative à une maladie des betteraves vulgairement désignée sous le nom de jaunisse | arce qu’elle est caractérisée par l’apparition de taches jaunes sur les feuilles. Ces taches renferment une grande quantité de bactéries. M. Delacroix a réussi à cultiver ces bactéries et à infecter des plantes saines. Les porte-graines sont attaqués par la bactérie qui se loge autour de la gaine de la graine. En semant les graines, 20 pour 100 des plants de betteraves sont atteints. Mais si l’on attend un an, deux, trois ans avant de semer les graines, le nombre de sujets contaminés diminue; au bout de quatre ans toute atteinte de la maladie disparaît. Comment celle-ci se propage-t-elle dans les cultures, on ne le sait point, mais il est certain que les porte-graines sont dos foyers d’irradiation. 11 convient donc, au point de vue pratique, de ne pas remettre de betteraves dans un champ contaminé avant la quatrième année et d’employer des graines anciennes. On pourra ainsi arrêter entièrement les progrès de la maladie.
- Élection. — M. Bertin, chef du service des constructions navales, est élu membre de la Section de géographie et navigation, en remplacement de M. de Bussy, par 49 voix contre 2 données à M. Caspari et 1 à M. Charles Lallemand. Ch. de Villedeul.
- ’——O
- LE CHIMPANZÉ « CONSUL »
- Les Folies-Bergère exhibent actuellement « Consul », anthropoïde célèbre, qui a l'ait courir tous les Etats-Unis et n’a pas moins de succès auprès des Parisiens. Faisons une connaissance rapide du personnage. Sa biographie est vague. Il est né quelque part au Congo, a été capturé vers l’âge de deux ans et en a presque cinq maintenant. Son éducation a été couronnée de succès, et l’on est frappé de ses aptitudes et de son adaptation à notre genre de vie.
- Les attitudes de Consul sont presque humaines et l’on s’en rend compte de suite dès son entrée en
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- LA AA T LH K.
- \ I (»
- scène où il «irrive vêtu en parfait gentleman et marehant sur ses pieds en balançant les bras connue nous. En ceci il diffère franchement de ses semblables qui marchent penchés en avant et en s’appuyant sur leurs longs bras.
- SiLôt son entrée M. Consul salue avec son haut-de-forme, retire son macfarlane et se met en devoir, sous l’œil de son barnum,... de nous singer! Nos dessins pris sur le vif le représentent dans ses actes principaux, avec sa démarche et son aspect trapu ; car il est petit comme d’ailleurs tous ses congénères.
- A table il mange proprement avec une fourchette, se verse «à boire dans son verre, il rebouche soigneusement la bouteille à laquelle d'ailleurs il revient volontiers, entre deux.... Puis noire « homme » saute à bicyclette et vraiment on ne peut s’empêcher d’être frappé et de sa sûreté de main pour conduire et de l’apparente intelligence qu’il lui faut pour raisonner cet acte, car il évolue parfaitement au milieu des tables et des chaises. Il tapote sur un piano, frotte une allumette pour allumer sa cigarette, mais la rejette aussitôt, car la flamme l'inquiète; il préfère que la
- Le chimpanzé « Consul » dans ses exercices sur la scène des Folies-Bergère.
- cigarette lui soit présentée allumée, et il en tire alors deux à trois boudées en se renversant dans un fauteuil d’un air comique.
- Retenons encore le déshabillage avant d’aller au lit : après avoir retiré habit, gilet et bretelles il s’agit d’enlever le pantalon. Volontiers Consul se livre à cette opération par une manœuvre imprévue : sc mettant sur la tête il élève les jambes comme pour faire une culbute, et, au moment où celles-ci sont en l’air, il repousse prestement le vêtement !...
- Pour terminer la séance Consul regarde l’assistance et ne manque pas de faire signe de l’applaudir, et il mérite bien qu’on lui donne cette satisfaction.
- La vie privée de noire chimpanzé, que nous avons
- pu apprécier, est peut-être plus intéressante encore, car il y a plus d’imprévu. Consul habite à l’hôtel avec son « manager », il couche dans un lit, mange comme vous et moi (surtout des œufs), joue mille tours au négrillon qui l’accompagne, et 11e peut entendre la sonnerie d’un téléphone sans se précipiter à l’appareil dont il détache le récepteur pour le coller à son oreille ! Il ne comprend que l’anglais.
- Nous l’avons quitté sur un « shake hand » qu'il nous a distribué avec la meilleure grâce du monde, sur l’invitation de son maître. L. R.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Laiicrf, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE
- TRENTE ET UNIEME ANNÉE
- DEUXIÈME SEMESTRE
- 19 0 3
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de ]’), 15, 51, 47, 62, 78, 95, 111, 120, 145, 159, 175, 191, 207, 225, 259, 255, 271, 286, 305, 519, 554, 551, 567, 582, 598, 414.
- Acalhisie (L’), 110.
- Achantis (Les), 71.
- Acier au nickel dans la construction des pouls (Emploi de 1’), 2t5.
- Aciers au nickel (Les), 242.
- Acrobatie cycliste, 26.
- Adhésif et la presse de MM. Derepas frères (1/), 149.
- Adoption chez les mammifères (L'), 298.
- Adoption et les oiseaux (L ), 42.
- Æpyornis (Reconstitution du squelette de 1’), 126.
- Æpyornis ing'cns (Le plus grand oiseau connu, 1’), 215.
- Air (Poussières et lavages de P), 411.
- Air (La résistance de E), 95.
- Air atmosphérique (Utilisation industrielle de E), 214.
- Air liquide (Réfrigération par E), 206.
- Air liquide réservoir d’énergie (L’),222.
- Albinisme (L’), 146.
- Alcool (Influence de l’énergie musculaire sur l’élimination de E), 209.
- Alcool et longévité, 550.
- Aleurone (Les grains d’), 286.
- Allumettes sans phosphore, 95.
- Aluminothermie (L’), 25.
- Ancrage original (Un), 254.
- Anglais en France et Erançais en Angleterre, 159.
- Animaux domestiques dans la civilisation égyptienne (Nos), 106, 578.
- Animaux nains, 178.
- Annélide amie du froid (Une), 110.
- Apiculture en Indo-Chine, 67.
- Appareil conformateur du corps, 111.
- Appareil protecteur du Dr Walter llirl (L’),218.
- Appareils photographiques (Les* nouveaux), 103.
- Arbre (La fête de E), 250.
- Arc électrique (L’), 295.
- Archéologie et chimie, 234.
- Arganier (L’huile d’), 215.
- Argent colloïdal (L’), 47.
- Argon (Préparation def E), 599.
- Argon dans l'atmosphère (L’), 534.
- Armes à Brescia J.es), 362.
- Arsenic dans l’organisme (L’), 159.
- Arsenic infinitésimal (E’), 126.
- Ascension à grande altitude (Une), 118.
- Ascidies (Bourgeonnement des), 567.
- Asperge (La mouche de E). 147.
- Association géodésique en 1905 (La conférence de E), 191.
- Association internationale dos Académies, Æ), 51.
- Automobile anglaise de chemins de fer, 187.
- Automobile de la Compagnie d Orléans (La voilure), 555.
- Autourserie modernes (La fauconnerie et E), 575.
- Avirons (Nouveau système d’), 45.
- B
- Bagages dans les gares (Transport aérien des), 26.
- Bague Henrv pour lampes à pétrole (La), 510. "
- Bakou et les sources de pétrole, 115.
- Balai (Le), 412.
- Balayeuse-arroseuse-ramasseusc Purey-Soîiy, 207.
- Baleine en Norvège (Chasse à la), 14.
- Ballons à ballonnets (Les), 585.
- Bananiers dans la Guinée française (Les),
- 5.
- Bassins du Port d’Anvers (Nouveaux), 179.
- Bateau à pétrole (Nouveau type de), 210.
- Bateau de sauvetage insubmersible, liai) 302.
- Bateau roulant pour exercice, 150.
- Bateaux (Nouveau procédé de désinfection des), 219.
- Bateaux de guerre (La visibilité des), 175.
- Bauxite (Action de l’acide sulfurique sur la), 286.
- Berceau saharien, 255.
- Belladone et solanées, 594.
- Bétail dans les divers pays d’Europe (Le),
- 119.
- liâtes (La toilette chez les), 6.
- Betteraves (La jaunisse des), 415.
- Bibliographie universelle des sciences, 223.
- Bière dos Calées (la), 527.
- Blende (Phosphorescence de la), 351.
- Bœuf (I.c), 378,
- Bœufs musqués en captivité (Les), 55.
- Bog irlandais (La végétation d’un), 175.
- Bois plus léger que le liège, le « ma-réa « (Un), 110.
- Boomarang (Le), 186.
- Bostrychides (La distribution géographique des), 126.
- Boues des minerais de fer (Lavage des), 54.
- Bourrcletsintlammatoiresdcs arbres, 256,
- Brandon de la Saint Jean (Le), 58.
- Briques à la machine (Fabrication des), 502.
- Bunsen (Monument élevé à), 15.
- c
- Cabestan électrique (Un nouveau), 147.
- Câbles sous-marins (La conservation des), 47.
- Cadrans des montres (Les), 407.
- Cal (La formation du), 127.
- Calculs biliaires (Radiographie des), 271.
- Calorimètre pour le charbon et l’huile, 74.
- Calxia (La), 237.
- Camphre artificiel, 51.
- Canal maritime à travers l’Ecosse (Un), 254.
- Cancer (Le traitement du), 399.
- Cancer par les rayons X (Traitement du), 154.
- Canon américain (En gros), 521.
- Canon de campagne italien de 75 millimètres (Nouveau), 161.
- Caoutchouc (Au pays du), 537.
- Caprification en Algérie (La), 244.
- Carburateur automatique (Un), 358.
- Carbure de calcium, 31.
- Carbures alcalins (Préparation des), 63.
- Cascades de Gimcl (Les), 145.
- Cascade et les grottes de Scylhenex (La), 223.
- Catalpa (En usage industriel du), 190.
- Céramique sans cuisson (La), 22.
- Cerfs-volants dans la marine (L’emploi des), 94.
- Cerfs-volants d’observation dans la marine anglaise (Les), 190.
- Chaleur solaire (Le radium et la), 534.
- Chargeur de Brouwer (Le), 401.
- Chasse à la baleine en N’orvvègc (La), 14.
- Chasses en Bohème (Les), 210.
- Châtaigniers en France (La maladie des), 289.
- Chauffage des locomotives au pétrole, 47.
- Chemin de fer de l’Arlbcrg (La traction électrique sur le), 2.
- Chemin de fer du Cap au Caire (Le), 403.
- Chemins de fer (Eclairage des voitures de), 273.
- Chemins de fer métropolitains de Londres (La circulation sur les), 158.
- Cheval (Le), 106).
- Chiens de berger (Les), 143.
- Chimpanzé « Consul » (Le), 415.
- Chronographc Schmidt (Le), 582.
- Chronomètres (Variations de marche des), 567.
- Chronophotographie de l’éclair magnè-sique, 251.
- Chrysanthèmes (Exposition des), 582.
- Cible électrique (La), 176.
- 27
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Cicindèles (Les), 271.
- Ciel clans 5000 ans (Le), 558.
- Clayton (Nouveau procédé de désinfection des bateaux; l’appareil), 210.
- Cœur humain (Travail du), 206.
- Comète Borclly (La), 140, 158.
- Comète de juillet 1005 (La), 101.
- Comètes (La constitution chimique des), 50.
- Composé organique phosphore', 207.
- Congrès scientifique de Saint-Louis, 65.
- Constructions de la marine française (Les), 14.
- Constructions hygiéniques et économiques (L’exposition de l'habitation et les), 585.
- Contraste optique (Effets de), 550.
- Corditomanie (La), 555.
- Corps nouveaux (Préparation de), 143, 159.
- Cristallisation des corps insolubles, 51.
- Cycle solaire et météorologique de trente-cinq ans (Le), 86.
- Cyclone au Tonkin (Un), 126.
- 1)
- Dauphins (Les), 266.
- Débit probable des sources en 1903, 46.
- Décès, 64, 175.
- Défense des plantes (Procédés de), 199.
- Démarrage des omnibus (Résistance au). 286.
- Désinfection des bateaux ; l’appareil Clayton (Nouveau procédé de), 219.
- Dessins préhistoriques, 63.
- Diabète sucré (Les gaz de la respiration dans le), 127.
- Dirigeable Lebaudy (Le), 238.
- Dispensaire dans le désert (Un), 175.
- Distributions d’eau (Le gaspillage dans les), 254.
- Drague combinée (Nouvelle), 366.
- Durée de combustion de l’éclair magné-sique, 184.
- E
- Eau du Grand Lac Salé (Lj, 143.
- Eaux d’égout (Epuration biologique des), 225.
- Eaux magnétiques (Les), 559.
- Échelle de sauvetage automobile (l’nc nouvelle), 566.
- Échelles à poissons et barrages, 279.
- Eclairage des voilures de chemins de fer, 275.
- Eclairage des voilures de l’Ouest (Nouvel), 299.
- Éclairage par les bactéries (1/), 15.
- Éclair magnésique (Chrono-phologra-phic de 1’), 251.
- Éclair magnésique (Étude de la durée de combustion de 1’), 184.
- Éclair magnésique (Photographie instantanée et chronophotographie pendant 1’), 545.
- Écriture (Le sexe de 1’), 522.
- Effondrements du sous-sol de la région parisienne, 143.
- Élections à l’Académie des sciences, 31, 127, 599, 415.
- Électrisation des corps par contact, 303.
- Électrolyse, 31.
- Élcctrolyse (Production de la soude par),
- 111.
- Electro-typographe et lélétypographe, 79.
- Embouage (Les remblayages par), 366.
- Énergie électrique dans les ateliers (Distribution de P), 227.
- Energie musculaire sur l'élimination de l’alcool (Influence de U), 209.
- Engins chimiques d'incendie aux Etats-Unis (Les), 95.
- Engrais chimiques dans la culture maraîchère (Los). 44.
- Erreurs (La loi des), 166.
- Epuration biologique des eaux d’égout, 225.
- Escargot (L'olfaction chez E), 567.
- Espion du watlmann (L’), 58.
- Estampes (Nouveau procédé de montage à sec des), 149.
- Estomac et corps étrangers, 585.
- Estuaire de la Seine (Les travaux actuels dans l’), 97.
- Ethérisation des plantes en culture for-
- _ céc (L’), 299.
- Etoile (Une nouvelle), 206.
- Etoiles (La température du soleil et des), 258.
- Eucalyptus (La puissance calorifique du bois d’), 414.
- Excès sportifs, 574.
- Experimental-docks (Les), 68.
- Exposition (Le tome Y du rapport sur U), 286.
- F
- l'aligne (La loi de représentation de la), 207.
- Fauconnerie et l’autourscric modernes (La). 575.
- Feuilles (Transpiration des), 503.
- Fibro-eimcnt (Le), 142.
- Fièvre de la fonte, 62.
- Fièvre paludéenne (Un nouveau remède végétal contre la), 351.
- Figures aérostatiques en baudruche (Les), 99.
- Filtre stérilisateur (Nouveau), 63.
- Flèche humaine : un saut de 15 mètres à bicyclette (La), 503.
- Fleurs do France (Couleur des), 6.
- Fleurs naturelles (La fabrication des), 138.
- Floralies gantoises de 1903 (Plantes nouvelles aux), 75.
- Flore du Grand Cliaco (La), 559.
- Flottage des planches, 366.
- Flotte allemande (Les augmentations de la), 142.
- Foies gras en Alsace (Les), 174.
- Force motrice aux États-Unis (La), 159.
- Force musculaire de l’homme et des insectes (La), 93.
- Foudre (Coup de), 518.
- Foudroyé (Un), 62.
- Fountain Pen, 125.
- Fourmis (Nouveaux hôtes des), 55.
- Français » (Le trois-mâts auxiliaire « le), 193.
- Français en Angleterre et Anglais en France, 159.
- Frein électro-magnétique Westinghouse, 81.
- Frigorifique en France (L’industrie), 127.
- Frigorifiques de l’Abattoir de Dijon et de la boucherie lyonnaise (Les installations), 364.
- Fruits de prix extraordinaires, 78.
- Fusées paragrêle (Les), 51.
- Fusil américain (Le nouveau), 258.
- G
- Galaa de l’Aurès (Les). 185.
- Gaz naturel en Angleterre (Exploitation de), 569.
- Géodésique en 1905 (Conférence de l'Association), 191.
- Géologie de File d’Eubée, 351.
- Gimel 'Les cascades de), 145.
- Glacier du Mont-Perdu (Le), 282. Glacières des Alpes (Les), 171.
- Glycérine dans le sang (La), 95. Glycogène (Transformation du sucre en), 239.
- Gomme (Production de la), 143. Goudronnage des roules (Le), 111. Gravures (Nouveau procédé de montage à sec des), 149.
- Grêles (Les fusées et la), 94.
- Grêle (Les particularités des tirs contre la), 191.
- Guêpier commun (Le), 505.
- Guerre (La fin de la), 239.
- Gni (La question du), 142.
- Gypse (Cristallisation du), 414.
- II
- Habitation et les constructions hygiéniques et économiques (L’exposition de U), 583.
- Hélium et Dadium, 190.
- Héméralopie et l'opothérapie hépatique ([/), 18.
- Henry (Prosper), 158.
- Homard (La ponte chez le), 95.
- Horloge de la Bastille (I/), 367.
- Huile d’arganier (L’), 215. Hydro-électrique du Zambèsc (Installation), 270.
- Hydrogène (Épuration de U), 16. Hygiène des logements (L’), 347. Hygromètre (Nouvel), 46.
- Hygromètre respiratoire et ses applications (Un), 155.
- I
- Incendies de forêts aux Etats-Unis (La lutte contre les), 191.
- Indiens du Canada (Les), 95.
- Insecte aéronaute (Un), 27.
- Insectes (La force des), 16.
- Institut royal technique supérieur d'Italie (L’), 47.
- Intelligence chez les animaux (I/), 542. Italiens en France (Les), 595.
- J
- Jacinthes d’eau (Ladestruction des), 255. Jouets de 1903 (Le concours de), 286.
- K
- Kapoek (Le), 182.
- K’attara, puits indigènes du Zab (Algérie) (Les), 243.
- Jvuntzîte (Une nouvelle gemme, la), 303.
- L
- Laboratoire d'essais au Conservatoire des arts et métiers (Nouveau), 83. Laboratoire de zoologie marine, 242.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Laboratoire national des Elals-1'nis, *27.
- Lacto-vieosimètre (Le), 10:?.
- Lait a» goût de IVaise (Le), 254.
- Lampe électrique (Nouvelle), Où.
- Lapins angora (La soie des). 574.
- Larves d’astéries (Développement des;, 239.
- « Lcbaudy » (Le dirigeable.), 238, 414.
- « Lelmudy » à Paris (Le), 580.
- Lentilles naturelles (La photographie avec les), 507.
- Léonides (Les), 414.
- Lézard venimeux (Un), 241.
- Ligne électrique de Yarèse à Luino Italie), 305.
- Locomotives (Ce que coûte l'eau que consomment, les), 175.
- Locomotives anglaises et françaises (Comparaison entre les), 151.
- Locomotives aux États-Unis (Les), 505.
- Locomotives compound de la Compagnie de l’Est, 52.
- Locomotives de banlieue s Puissantes’’, 237.
- Locomotives électriques du chemin de fer Baltimore-Ohio, 595.
- Locomotives françaises, réseau de l'Ouest (Les vieilles), 349.
- Locomotives pour faible vitesse (Puissantes), 75.
- Loupe phénoménale (Une), 347.
- Lumière cathodique sur les gaz (Action de la), 255.
- Lumières colorées (Comparaison des , 582).
- Lune et les orages (Les phases de la;. 270.
- Lune par la photographie 'Etude de la),
- 02.
- Lupus (Traitement du), 03.
- M
- Machine à repasser, 00.
- Machine à vapeur (L’avenir de la), 491.
- Machines à coudre aux Etats-Unis, 414.
- Machines à distance (Commande des),
- 159.
- Main-d’œuvre dans les mines d’or du Sud de l’Afrique (La), 527.
- Maladie des pêcheurs d’éponges (La , 207.
- Maladie du sommeil, 15.
- Marmite (Action de l’acide phosphorique sur la), 280.
- Manuscrit ancien (Publication de), 78.
- Maréa (Un bois plus léger que le liège),
- Marine allemande et les pigeons vova-geurs (La), 02.
- Marines de guerre (Les dépenses des), 142. •
- Mars (Observations de), 351.
- Médaille à M. Chauveau (llemise d’une), 398.
- Mégalithes (Photographie cardinale équidistante des), 56.
- Menthe (Culture et industrie de la), 235.
- 31er au Soudan (La), 15.
- Mer Jurassique de l’Afrique centrale (La), 415.
- Mesureur électrique du couple, de la puissance et du travail mécaniques, 1.
- Métaux compounds, 142.
- Métronome silencieux, 51.
- Métrophotographie et stéréoscopie, 131.
- Métropolitain (La catastrophe du), 190.
- Meunier (Victor), 222.
- Al ica (Les gisements de', 111.
- Mildiou et de U oïdium Traitement du), 47.
- Mille-pattes (les poisons des), 51.
- Mimétisme (Nouveau cas de), 222.
- Minéral nouveau, 519.
- Mineurs et moustiques, 517.
- Mission d’études scientifiques aux lialia-ma (Une), 254.
- Monnaie* de nickel (La nouvelle), 207.
- Monnaie de nickel trouée, 539.
- Montagne Pelée (La), 15.
- Montres (Les cadrans de), 407.
- Monument élevé à Charcot (Le). 207. 270.
- Monument élevé à Bunsen, 15.
- Monument Pasteur à Chartres (Le , 15, 50.
- Moteur solaire pour irrigations, 145.
- Moteurs à gaz dans les stations centrales à courants alternatifs, 145.
- Mouche de l'Asperge (La), 147.
- Moustiques Les végétaux ennemis des , 270.
- Moustiques propagateurs des maladies (Les), 119, 105, 179.
- Moûts -(Vérification de la fermentation des), 51.
- Mouvement en photographie (L’impression du), 59.
- Mouvements chez un pianiste (La rapidité des sensations et des), 47.
- N
- Nagana et du surra (Les maladies du), 554.
- Navire avec turbine à vapeur pour la traversée du Pas de Calais, 78.
- Navires transporteurs de trains en Danemark (Les), 507.
- Nécrologie, 158, 174, 222.
- Neige selon l’altitude (La), 92.
- Nerf olfactif des carnivores (La structure du), 286.
- Niagara I Nouvelle usine électrique au), 191.
- Nickel (Aciers au), 242.
- Nickel dans la construction des ponts (Emploi des aciers au), 285.
- Noeard (M.), 174.
- Noix Pacanes à Paris (Les), 50.
- 0
- Objectif le plus rapide )L’), 15.
- Ohusier de côte allemand (Un), 49.
- (Mil (Les mouvements du globe de T), 126.
- Œufs d’oursins (Développement partlié-nogétique des), 271.
- Oïdium (Traitement du mildiou et de T), 47.
- Oiseau connu, l’Æpyornis ingens de Madagascar (Le plus grand), 215.
- Oiseaux qui chantent mal, 141.
- Okapi en Égypte (L’), 14.
- Omnibus automobiles à Londres, 79.
- Opothérapie hépatique (L’héméralopie et T), 18.
- Orage magnétique, 567.
- Orage magnétique au Pic du Midi, 599.
- Oranges de .laHa, 170.
- Orchidées (Les), 414.
- Organes (Régénération d’). 585.
- Orme de riuslilulimi des sourds-muets à Paris (L’). 206. 222.
- Oxyde de carbone (Les plantes et U), 554.
- Oxvgène (La préparation industrielle de Ùj, 599.
- Oxygène (Respirateur d’(, 79.
- Oxvgène sur le soufre (Action de T), 505.
- P
- Paille dans l'alimentation du bétail (La), 258.
- Pain de l'ancienne Egypte (Le), 351.
- Papayer (Le), 250.
- Parfums (Action de certains), 411.
- Parfums chimiques, 54.
- Passerelle de Passy (Enlèvement des piles de la), 262.
- Passerelle de Passv (Le déplacement de la), 247.
- Passerelle pour la cavalerie (Une), 539.
- Pasteur (Monument élevé à), 15, 50.
- Patagonie (b’àge des terrains de), 159.
- Patio au Mexique (Le procédé du), 7.
- Pavage en bois (Le microbe du), 255.
- Pèche dans l’Atlantique (La), 211.
- Peinture et Botanique, 50.
- Penghawar Djanibi (Le), 51.
- Perceptions visuelles (Rapidité des), 47.
- Perforateur osseux, 351.
- Période glaciaire (La), 534.
- Perles naturelles (La production forcée des), 555.
- Perturbations magnétiques observées à Kew, 582.
- Pesanteur (Les anomalies de la), 414.
- Pétroles (Le rôle de l’argile et des terres d'infusoires dans l’analyse des), 246.
- Pétroles servant à l’éclairage (La désodorisation it la purification des), 186.
- Phare de Bcachv llead (Le), 115.
- Phares à l'incandescence par l'acétylène (Éclairage des), 510.
- Phares du Sud de la mer Rouge (Les), 227.
- Pliasme nouveau (Un), 129.
- Phénomènes atmosphériques, 159.
- Phénomènes de la surface solaire et les perturbations magnétiques (Les), 585.
- Phénomènes solaires et les phénomènes magnétiques (Les), 599.
- Phonographe original (Un), 551.
- Phosphore (Composé organique), 207.
- Photographie avec les lentilles naturelles (La), 397.
- Photographie cardinale équidistante des mégalithes (La), 56.
- Photographie instantanée et chronopho-lographie pendant l’éclair magnésique, 343.
- Photographie, déformations de l’obturateur de plaque, 150.
- Photographies (Nouveau procédé de montage à sec des), 149.
- Photomélrie (La), 590.
- Physique mathématique, 79.
- Pic Long (Le), 167.
- Pierres précieuses (Gisement de), 366.
- Pigeons voyageurs et la marine allemande (Les), 62.
- Pilules de famine, 111.
- Plante vivipare Une), 51.
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-
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- Plantes (Les migrations des), 314.
- Plantes et l'oxyde de carbone (Les), 334.
- Plantes nouvelles aux floralies gauloises de 1905, 55.
- Plantes contre leurs ennemis (Les procédés de défense des), 199.
- Plaques indicatrices pour automobiles,
- 94.
- Pluie de poussières, 79.
- Plumes d'or à réservoir J,es), 12.i.
- Plumes méialliques (Les), 275, 291.
- Poitd culminant de l'Amérique du Nord (Le), 294.
- Poissons à l’action des substances salines (Résistance des), 271.
- Poissons migrateurs (Circulation des;, 197.
- Pollen des fleurs pour les croisements ultérieurs (Conservation du), 170.
- Pompe à feu de Cliaillot (La disparition de la), 515.
- Poney d’Islande (Le), 19.
- Pont cantilcvcr de Québec (Le grand), 225.
- Pont de Luxembourg (Le), 177.
- Pont des falaises de Gobans (Irlande), 519.
- Pont métallique d’Avignon (Le nouveau), 551.
- Ponte chez le homard (La), 95.
- Population (Mouvement de la), 500.
- Poussières et lavage de Pair, 411.
- Précocité remarquable, 550.
- Prèle. (Luc forme rare de la grande), 191.
- Presse de MM. Perepas frères (L’adliésif et la), 149.
- Pvrale (La destruction de la), 47.
- Q
- Quartz (Aiguilles et tubes de), 94.
- R
- Racines aériennes d'orchidées (Gonflement des), 505.
- Racines des arbres dans les villes (L’aération des), 167.
- Radium et la chaleur solaire (Le), 554.
- Radium et hélium, 190.
- Radium pris à l’intérieur (L’influence physiologique du), 158.
- Raifort en Alsace (La culture du), 345.
- Raisins et les odeurs (Les), 510.
- Rayons X (Appareil d'application thérapeutique des), 415.
- Réfrigération par Pair liquide, 206.
- Régulateur de vitesse svstèmc Ribourt, 28.
- Résistance de Pair La), 95.
- Respirateur d’oxygène, 79.
- Respiration (Ralentissement extrême de la), 410,
- Respiration dans le diabète sucré (Les gaz de la), 127.
- Rhumatisme (Pathogénie et traitement du), 355.
- Rhume des foins (Le), 54.
- Roc de Tayac (Dordogne) (Le), 65.
- Roches de Madagascar, 505.
- Roue du Diable (La), 122.
- Roues d’artillerie à doubles rayons, 235.
- Rouille du blé (La), 319.
- Russie du Sud La). 591.
- 1 îNDEX ALPHABÉTIQUE.
- S
- Sang (La glycérine dans le), 95.
- Santos-Dumont n° 9 (Le), 17.
- Saumons sibériens en Europe (Les), 551.
- Sauvetage (Les engins de), 259.
- Sauvetage marilime En,, 555. j
- Scellements au soufre Inconvénients | des), 145.
- Sécheresse et canicule dans les environs du Mont-Iîlanc, 517.
- Sens rie l’heure chez un animal inférieur (Le), 519.
- Sensations et des mouvements chez un pianiste (La rapidité îles), 47.
- Sériciculture, à Madagascar (La), 259.
- Serpents chassés par un incendie de forêts, 194.
- Serrurerie (L’art de la), 187.
- Sérum du sang humain (Action immunisai rice du), 95.
- Siloxicon (Le), 158.
- Soie des lapins angora (La), 574.
- Sola de l’Inde : une légumincuse à tout faire (Le), 563.
- Solanécs (Belladone et), 594.
- Soleil dans l’espaec (Déplacement du), 5.
- Soleil et des étoiles (La température du). 258.
- Soleil et les perturbations magnétiques (Le), 570.
- Solfatara 'Les produits industriels de la), loi.
- Sommeil (La maladie du), 571.
- Soude par électrolvse (Production de la),
- 111.
- Soufre (Action do l’oxygène sur le), 503.
- Sources de pétrole (Bakou et les), 115.
- Sources en 1905 (Débitprobable des), 46.
- Soutarra (La perte du), 355.
- Sphinx à tête de mort (Le), 199.
- Spinthariscope (Le), 190.
- Station hydro-électrique à Avignomiet (Isère), 411.
- Stéréoscopie (Métrophotograpliie cL), 131.
- Sucre eu glycogène (Transformation du), 239.
- Sucres (Synthèse électrolvtique des), 370.
- Surra (Les maladies du Sagan a et du), 334.
- Symbiose d’un champignon et d’une plante, 271.
- Système métrique décimal en Angleterre, 78.
- T
- Tabac japonais, 162.
- Tabac (Une maladie du), 239.
- Tache solaire (Grande), 550.
- Télégraphe Rowland (Le), 83.
- Télégraphie sans fil aux Antilles (La), 151.
- Téléphot rapide (Le), 296.
- Télélypographe et électrotypographe. 79.
- Température avec la profondeur (Accroissement de la), 506.
- Température du soleil et des étoiles (La), 258.
- Tempêtes (La marche des), 15.
- Tératologie à la foire (La), 406.
- Termites dans les pays tropicaux (La destruction des), 88.
- Terrains de Patagonie (L’âge des), 159.
- Terrassements mécaniques et la charrue (Les), 599.
- Tirs contre la grêle (Les particularités des), 191.
- Toilette chez les bêtes (La), 6.
- Tonnage et tonneau, 562.
- Torpilleur à turbines, 175.
- Tour d'eau américaine (rue), 159.
- Tour Eiffel (La), 406.
- Traction électrique à grande vitesse, 551.
- Traction électrique en Allemagne (La). 238.
- Traction électrique sur le chemin de fer de l’Arlberg (La), 2.
- Trac'ion électrique sur les « elevaled » (l/effet de la), 255.
- Tramways à collision, 563.
- Tramways américains (Les), 202.
- Tramways électriques eu Amérique (Les), 546.
- Tramways interurbains en Amérique, 250.
- Transmission télégraphique des images,
- 55.
- Travaux actuels dans l'estuaire de la Seine (Les), 97.
- Traverses de chemins de fer triangulaires, 271.
- Tremblements de terre ( Distribution géographique des), 79.
- Treuil paradoxal (Un), 410.
- Triage mécanique des colis postaux à la gare d’Orléans (Le), 10.
- Trois-mâts auxiliaire « Le Français » (Le), 193.
- Truffe (La), 38, 70.
- Tunnel le plus long du Japon (Le), 534.
- Turbines à vapeur Parsons (Les), 525.
- Turbine à vapeur de 10000 chevaux, 29.
- Turrotiien d’Egypte (Le), 519.
- ü
- Université flottante (Une), 507.
- Universités japonaises (Les deux), 91.
- Urée (Dosage de L), 519.
- Y
- Vallée de lléas (La), 203.
- Vapeur d’eau dans certaines réactions (Action déterminante de la), 255.
- Végétation d’un bog irlandais, 175.
- Vélodrome Buffalo, 251.
- Vélodrome du Parc des Princes, 155.
- Vélodrome municipal, 251.
- Venin de vipère sur elle-même (Action du,, 143.
- Vignes (Inconvénients du greffage des), 271.
- Village le plus élevé de France (Le), 47, 106.
- Vitesse de Berlin-Zossen (Essais à grande), 388.
- Vitesse des navires (Ce que coûte la], 159.
- Vitesse sur certains métropolitains électriques, 582.
- Voies ferrées du Rhône à Marseille (Les,, 195.
- Y
- Yachts de souverains, 263.
- Z
- Zèbres dans l'Ouganda (La domestication des), 115.
- Zoologie marine (Laboratoire de), 242.
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-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Aclocqci: (A.). — Ua piaille ovipare, 51. — Les Cicindèlcs, j 271. j
- Allemagne Heniu-René n”. — L’art île la serrurerie, 187.
- II. — Locomotives électriques du eliemin de fer Bnllimore-Oliio, 506.
- R. (A.). — DIaipies indicatrices pour automobiles, 94.
- B. (IL). — Métronome silencieux, 51. — Nouveau système d’avirons, 45. — L’espion du watlman, 58. — Ce que coûte la vitesse des navires, 159. — Bateau roulant pour exercice, 151. — Nouveaux bassins du port d’Anvers, 179. — L’Huile d'arganier, 215. — Roues d’artillerie à doubles rayons, 255. — Tonnage et tonneau, 562. — Un treuil paradoxal, 410. — Poussières et lavage de l'air, 411.
- B. (IL). — Le bétail dans les divers pays d’Europe, 119. — L’aération des racines des arbres dans les villes, 167. — Oranges de Jaffa, 170. — Procédés de défense des plantes, 199. — Une université flottante, 307.
- B. (L.). — Le monument Pasteur à Chartres, 50.
- B. (R.). — Traction électrique sur le chemin de fer de l’Arl-berg, 2. — Comparaison entre les locomotives anglaises et françaises, 131. — Les Aciers au nickel, 242.
- Baudouin (Marcel). — La Photographie cardinale équidistante des mégalithes, 56.
- Bei.lair (Georges). — Conservation du pollen des fleurs, 170.
- Belloc (Émile.)* — Le brandon de la Saint-Jean, 58. — Circulation des poissons migrateurs, 197. — Echelles à poissons et barrages, 279.
- Bellet (Daniel). — Le triage mécanique des colis postaux à la gare d’Orléans, 10. — L’aluminothermie, 23. — Machine à repasser, 60. — Le pont de Luxembourg, 177. — La nouvelle monnaie de nickel, 267. — La disparition de la pompe à feu de Chaillot, 315. — Le nouveau pont métallique d’Avignon, 531. — Les vieilles locomotives françaises; réseau de l’Ouest, 349. — La voiture automobile de la Compagnie d’Orléans, 353. — La synthèse électrolytique des sucres, 370.
- Blanchard (IL). — Les moustiques propagateurs des maladies, 119, 163, 179.
- Bleunard (A.). — La soie des lapins angora, 374.
- Bonn in (R.). — Locomotives compound de la Compagnie de l'Est, 52. — Puissantes locomotives pour faibles vitesses, 75. — Erein électro-magnétique Westinghouse, 81. —Travaux actuels dans l’estuaire de la Seine, 97. — Phares du sud de la mer Bouge, 227. — Le déplacement de la passerelle de I’assy, 247. — Enlèvement des piles de la passerelle de Passy, 262. — Éclairage des phares à l'incandescence par l’acétylène, 310. — Les turbines à vapeur Parsons, 323.
- Bougeois (Henri'. — Les produits industriels de la Solfatara, 154. — Culture et industrie de la menthe, 235. — Yachts de souverains, 263.
- Boussac (P.-IIippolyte). — Nos animaux domestiques dans la civilisation égyptienne. Le cheval. 106. — Le bœuf, 378.
- Boyer (I.). — Nouveau laboratoire d’essais au Comsrvatnire des Arts et Métiers, 83. — La bague Henry pour lampes à pétrole, 510.
- Brandicourt (Virgile). — Serpents, chassés par un incendie de forêts, 194.
- Biuet (Lucien). — Le Pic-Long, 167. — La vallée de Iléns, 203. — Le glacier du Mont-Perdu, 282. — La perle du Soutarra, 555.
- C. (IL). — Les poisons des mille-pattes, 51.
- Caii.letet (L.). — Transmission télégraphique des images, 53.
- Cari. (Ivarolus). — La céramique sans cuisson, 22.
- Cartaz (Dr A.). — L’hcméralopic et l’opothérapie hépatique, 18. — Rhume des foins, 54. — Le Penghawar Djambi, 51.
- — L’acathisie, 110. —Traitement du cancer parles rayons X, 154. — La maladie1 des pécheurs d’éponges, 267. — La eorditomanie, 355.
- Cnalmarès (G.). — Nouveau (litre stérilisateur, 63. — Le concours de jouets de 1903, 286. — La llèehc humaine : un saut de 15 mètres à bicyclette, 505.
- Chauvet (Gustave . — Archéologie et chimie, 254.
- Chenevaye. — Le trois-mâts auxiliaire « le Français » 195.
- Clément (A.-L.). — Un pliasmi1 nouveau, 129. —La mouche de l’asperge, 147. — Le sphinx à tète de1 mort, 199. — Le guêpier commun, 505.
- C lèves (V. de). — Couleur des Heurs de France, 6.
- Colomer (Félix). — Lavage des boues de minerai de fer, 54.
- Corcelle (J.). — La fête de l’arbre, 230.
- Coupin (H.). — La toilette chez les bêtes, 6. — Un insecte aéronaute, 27. — I/adoption et les oiseaux, 42. — Nouveaux bûtes des fourmis, 55. — Apiculture en Indo-Chine, 67. — Les oiseaux qui chantent mal, 141. — Un lézard venimeux, 241. — L’adoption chez les mammifères, 298.
- — Le sola de l’Inde; une légumineuse à tout faire, 565.
- Daigret (.L). — Le village le plus élevé de France, 47.
- Delauney (Ll-colonel). — Nouveau canon de campagne italien
- de 75 millimètres, 161.
- Devyreu (Léon ). — Belladone et solanées, 394.
- Drancourt (W.). — Acrobatie cycliste, 26. — La Roue du diable, 122. — Les vélodromes parisiens, 155, 251.
- Durand (A.). —Essais à grande vitesse de Berlin-Zossen, 588.
- Durand-Gréville (E.). — Effets de contraste optique, 330.
- Dureil (Ch.). — Les chiens de berger, 143.
- Dybowski (J.). — Le papayer, 236.
- E. (G.). — Ascension à grande altitude, 118.
- Espitaluf.r (L‘colonel G.). — Le « Santos-Dumont » n° 9, 17.
- — Un obusier de côte allemand, 49. — Un gros canon américain, 321. — Une passerelle pour la cavalerie, 539. — Le « Lebaudy » à Paris, 587.
- Fleutiaux (Ed.). — La sériciculture à Madagascar, 259.
- G. (J.-F.). — Prosper Henry, 158. — Les foies gras en Alsace, 174. — Victor Meunier, 222. — Les eaux magnétiques, 559.
- Gall (J.-F.). — Nouvel hygromètre, 46.
- Garnier (Jules). — La Russie du Sud, 391.
- Girard (Joseph). — La désodorisation et la purification des pétroles, 186. — Le rôle de l’argile et des terres d’infusoires dans l’analyse des pétroles, 246.
- Good (Arthur). — Les plumes métalliques, 275, 291.
- Gourdin (Henri). — Les glacières des Alpes, 171.
- Grandidier (Guillaume). — Le plus grand oiseau connu, l’Æpyornis ingens de Madagascar, 215.
- Gréiiant (N.). — Influence de lcnergio musculaire sur l’élimination de l’alcool, 209.
- Guarini (É.). — La télégraphie sans fil aux Antilles, 151. ___
- L’appareil protecteur du Dr Walter Hirt, 218.
- Habert (L.). — Fountain Peu, plumes d’or à réservoir, 123.
- Hamelin (G.). — Calorimètre pour le charbon et l’Imile, 74.
- Hariot (P.). — La truffe, 38. — La malad des châtaigniers en France, 289.
- Henriot (E.). — L’albinisme, 146.
- Jacquot (L.). — Les Galaa de l’Aurès, 183. — Les K’altara, puits indigènes du Zab (Algérie), 243. — L’intelligence chez les animaux, 342.
- Jourdan (Henri). — Bakou et les sources de pétrole, 115.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Jillien ().). — Sécheresse et canicule dans les environs du Mont-Blanc, 517.
- I,. (I).j. — Les terrassements mécaniques et la charrue, 599.
- L. (J.). —Turbine à vapeur de 10000 chevaux, 20. — Station hydro-électrique à Avignomict (Isère), 411.
- Laffargue (J.'. — Mesureur électrique du couple, de la puissance et du travail mécaniques, 1. — Distribution de l'énergie électrique dans les ateliers, 227. — L are électrique, 295. — Tramways électriques en Amérique, 540.— La photométrie, 590.
- Laloy (I)r L.). — Une, forme rare de la grande prêle, 191. — Bourrelets inllammatoires des arbres, 240. — La tératologie it la foire, 400.
- Langerox (Dr M.). — La culture rationnelle de la truffe, 70.
- 7- Les migrations des plantes, 514.
- Launay (L. i»e). — Le procédé du patio au Mexique, 7. — .Mineurs et moustiques, 517.
- Lkbois (J.). — liégulaleur de vitesse système Bihourt, 28. — La pèche dans l’Atlantique, 211.
- Leçon (Jean). — Tabac japonais. 102.
- Leblond (B.;. — La cible électrique, 170.
- Leroy (J.). —Un phonographe original, 551.
- Lesage (I)r Pierre). — Un hygromètre respiratoire et ses applications, 154.
- Libert (Lucien). — La constitution chimique des comètes. 50.
- — La température du soleil et des étoiles, 258.
- Liotard (Ernest). — Parfums chimiques, 54. — Laboratoire de, zoologie marine, 242. — Actions de certains parfums. 411.
- Loir (LU Adrien). — La destruction des termites dans les pays tropicaux, 88. — Nouveau procédé de désinfection des bateaux : l’appareil Clayton, 219. — La main-d’œuvre dans les mines d’or du sud de l’Afrique, la bière des Cafres, 527.
- — Le chemin de fer du Cap au Caire, 405.
- Londe (Albert). — Nouveau procédé de montage'' à..sec des photographies, 149. — Chronophotographie de l’éclair ~ïn&-gnésique, 251. — Photographie instantanée et chronopho-’ tographic pendant l’éclair magnésique, 545. _
- Loverdo (J. de). — L’industrie frigorifique en France,"fÜ?.-
- — Les installations frigorifiques de l’Abattoir de Dijon ct_
- de la Boucherie lyonnaise, 564. .
- M. (l)r IU). — Le monument de Charcot, 270.
- M. (P. de). — Transport aérien des bagages dans les gares, 26.
- — Les engins chimiques d’incendie aux États-Unis, 05. — Domestication des zèbres dans l’Ouganda, 115. — Automobile anglaise de chemins de fer, 187. — Les chasses en Bohême, 210. — Nouveau type de bateau à pétrole, 210.
- — Un ancrage original, 254. — Los raisins et les odeurs, 510. — La fabrication des armes à Brescia, 562.
- Mages (IL). — Le balai, 412.
- Manuel Léonce).— Métrophotographic et stércoscopie, 151. Mareschal (G.). — L’impression du mouvement en photographie, 59. — Les nouveaux appareils photographiques, 102.
- — Appareil conformateur du corps, 111. — Photographie, déformations de l’obturateur «le plaque, 150. — Le lelc-pliot rapide, 296.
- Martel (E.-A.). — Ee roc de Tayac Dordogne), 65. — Les cascades de Gimel, 145. — La Cascade et les grottes de Sey-tlienex, 225.
- Maumenf; (Albert). — Les bananiers dans la Guinée française, 5.
- — Plantes nouvelles aux floralies gantoises de 1905, 75. — La caprification en Algérie. 244. — L’Éthérisation des plantes en culture forcée, 299. — La culture du raifort en Ahace, 545.
- Mégnin (Paulj. — La fabrication des fleurs naturelles, 158. — Animaux nains, 178. — La fauconnerie et fautourseric modernes, 575.
- Ménêgaux (A.) - — Les dauphins, 266
- Mériel (Pierre de). —Le phare de Beachy Head, 115. — Une tour d’eau américaine, 159. — Le lvapock, 182. — Epuration biologique des eaux d'égout, 225. — Pont «les falaises de Gohans, 519. — I.a photographie, avec les lentilles uaturclh's. 597.
- Mon.mfr (Dr L. . — Estomac et corps étrangers, 585.
- Nansoutv (Max de). — Balaycuse-arroseuse-ramasseuse Burey-Soliv, 207. — Un sauvetage maritime, 335.
- Navel (L*). — La loi «les erreurs, 166.
- P. (H. de). — Le cycle solaire et météorologique de trente-cinq ans, 86. — M. Nocard, 174. — Excès sportifs. 574. — Ea Tour Eiffel, 406.
- Par ville (H. de). — Le lacto-viscosimètrc, 102. — Utilisation industrielle de l’air atmosphérique, 214. — Ee sexe de l’écriture, 522.
- Pei.i.issier (G.). — Le chargeur «le Brouwer, 401.
- Pi.ancdon (M.). — Les cadrans de montre, 407.
- Plumandon (J.-1U). — La neige selon l’altitude, 92.
- Pu\belle (H.-ll.). — Puissantes locomotives «le banlieue. 257. — Eclairage des voitures de chemins de fer, 275. — Nouvel éclairage «les voitures de l’Ouest, 299. — L«‘s 11 ivires transporteurs de trains en Danemark, 507.
- Prud'homme (G.). — Les cxpérhncnlal-ilocks. 68. — Les engins de sauvetage, 259.
- Qufmsset'(I .). — La comète Borrelly, 140. — Grande tache solaire, 550. — l.«‘ soleil et les perturbations magnétiques. 570.
- Ouérany L. . — La Calxia, 237. — L’hvgiène «les logements, 5 47.
- P>. — Navire avec turbine à vapeur pour la traversée du Pas-de-Calais, 78.
- B. L.). — Le Chimpanzé « Consul », 415.
- Rabot (Ch.). — Le Poney d’Islande, 19. — Le village le plus élevé de France, 106. — Le poiut culminant de l’Amérique du Nord, 294.
- Reverciion (L.). — Un carburateur automatique, 558. — L’hor-. loge de la Bastille, 567.
- IIoeida (Léo). — La force musculaire de l’homme et «les insectes, 93. — Les tramways américains, 202. —Tramwa\s
- . interurbains en Amérique, 250.
- ^Roger (Raymond). — Une loupe phénoménale, 347.
- Salet (Pierre).— Le boomarang, 186.
- Sapoiita jAntoine de). — Les voies ferrées du Rhône à Marseille, 195.
- Sciiiott (J.). — Les bœufs musqués en captivité, 55.
- T. (V.). — Anglais en France et Français en Angleterre, 159.
- Tiiiersant (Henri de). — Omnibus automobiles à Londres, 79. — Exploitation «le gaz naturel en Angleterre, 339.
- Tiiouar (A.). — Au pays «lu caoutchouc, 357. — La flore «lu Grand-Chaco, 359.
- Tissandier (Albert). —Les figures aérostatiques en baudruche, 99. — L’exposition «le l'habitation et les constructions hygiéniques et économiques, 385.
- Tfiiquan (Victor). — Les Italiens en France, 595.
- Y. (L.). — l u nouveau cabestan électrique, 147.
- Yii.coq (Albert). — Les engrais chimiques dans la culture maraîchère, 44.
- Villedeuil (Charles de). — Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences : 15, 51, 47, 62, 78, 95, 111, 126, 145, 159, 175. 191, 207, 223, 239, 255, 271, 286. 303, 519, 534, 351, 567, 382, 598, 415.
- Yixot (Joseph). — Déplacement, du soleil dans l’espace, 5.
- WrriEBOLLE )(U). — Le télégraphe Rowland, 85.
- Z. (F. de). — Tramways à collision, 363.
- Zeltxer (F. de). — La force des insectes, 16. — Les Aehan-1i?; 71. — Ua maladie d.i sommciU 571.
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- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqué:
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Déplacement du soleil dans l’espace (Joskpii Vinot). . . 5
- La constitution chimique des comètes (Lucien Libert). . 50
- La comète Borrelly (F. Quéxisset).....................1-40
- La température du soleil et des étoiles (Lucien Libert) . 248
- Grande taclie solaire (F. Quéxisset)...................530
- Le ciel dans 5000 ans..................................358
- Le soleil et les perturbations magnétiques (F. Quéxisset)..............................................570
- Les Léonides (II. T.)..............................4H
- La comète Borrelly.................................... 158
- La comète de juillet 1903............................. 191
- La conférence de VAssociation géodesique en 1903. 191
- Une nouvelle étoile....................................200
- Le radium et la chaleur solaire........................334
- Observations de mars...................................551
- Les phénomènes de la surface solaire et les perturbations magnétiques..................................582
- Les phénomènes solaires et les phénomènes magnétiques terrestres....................................399
- V Physique générale.
- Calorimètre pour le charbon et l’huile G. IIamelin) . . 74
- La bague Henry pour lampes à pétrole (Jacques Boyer).. 510 Eclairage des phares à l’incandescence par l’acétylène
- (B. Bonnix)........................................310
- Un carburateur automatique (L. Beverciiox)............558
- Les eaux magnétiques (J.-F. G.).......................339
- Pliotométrie (J. Laffargue)...........................590
- La loi des erreurs ;Ll Navel).........................100
- Effets de contraste optique (E. Duraxd-Ghévillk’ . . . 550
- Physique mathématique................................ 79
- La résistance de l’air................................ 95
- Réfrigération par l’air liquide.......................200
- L’air liquide réservoir d'énergie.............. . 222
- A'tion de la lumière cathodique sur les g a i. . . . 255
- Phosphorescence de la blende..........................551
- Variations de marche des chronomètres.................507
- Perturbations magnétiques observées à Heir. . . . 582
- Comparaison des lumières colorées.....................382
- La préparation industrielle de Loxygène...............599
- y Électricité théorique et appliquée.
- La traction électrique sur le chemin de fer de l’Arlberg
- B. Iî.)................................................... 2
- Transmission télégraphique des images (L. Caii.letet). . 55
- Frein électro-magnétique Westinghouse (B. Bonnin). . 81
- Le télégraphe Ilowland (B. WittebolleI...................... 83
- Un nouveau cabestan électrique (L. V.)......................147
- La télégraphie sans fil aux Antilles (E. Guarini). . . . 151
- La cible électrique (B. Leblond)............................170
- Distribution de l'énergie électrique dans les ateliers (J.
- Laffargue)...............................................227
- L’arc électrique (J. Laffargue).............................295
- Les tramways électriques en Amérique (J. Laffargue). 540 La synthèse électrolytique des sucres (D. Bellet). . . 570
- Essais à grande vitesse de Berlin-Zossen (A. Durand). . 588
- Station hydro-électrique à Avignonnet (Isère) (J. L.). . 411
- Ëlectrolyse............................................ 31
- Nouvelle lampe électrique.............................. 95
- Électrotypographe et télétypographe.................... 79
- Production de la soude par électrolyse.................111
- Moteurs à gaz dans les stations centrales à courants
- alternatifs.........................................143
- Commande des machines à distance.......................159
- Nouvelle usine électrique au Niagara...................191
- Traction électrique en Allemagne.......................258
- L effet de la traction électrique sur les « elevatcd ». 255
- Installation hydro-électrique du Zambèse...............270
- Ligne électrique de Varèse à Luino (Italie)............503
- Électrisation des corps par contact.................. 503
- Coup de foudre.........................................518
- Traction électrique à grande vitesse...................551
- La vitesse sur certains métropolitains électriques- . 382
- Photographie.
- L’impression du mouvement en photographie (G. Mares-
- ciial). ............................................... 39
- La photographie cardinale équidistante des mégalithes
- (Marcel Baudouin)...................................... 50
- Les nouveaux appareils photographiques (G. Maresciial). 103 Photographie, déformations de l’obturateur de plaque
- (G. Maresciial).........................................130
- Métrophotographie et stéréoscopie (Léonce Manuel) . . . 151
- Nouveau procédé de montage à sec des photographies, gravures, estampes. L’adhésif et la presse de MM. De-
- repas frères (Albert Londe).............................149
- Elude de la durée de combustion de l’éclair magné-
- sique (Albert Londe)................................... 184
- Chronophotographie de l’éclair magnésique (A. Londe). 251 Le téléphot rapide (G. Maresciial)...................... 296
- *• *
- é
- Mesureur électrique du couple, de la puissance et du travail mécaniques (J. Laffargue)........................
- 1
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- 42't
- TABLE DES MATIERES.
- Photographie instantanée et chronophotographic pendant
- l’éclair magnésique (A. I.ovos;)...................343
- La photographie avec les lentilles naturelles (Pierre dk
- Mériei.).......................................... 397
- L’objectif le plus rapide............................. 13
- Etude de la lune pur la photographie.................. 62
- Les anomalies de la pesanteur.........................Ali
- y Chimie générale.
- Le procédé du palio au Mexique (L. de Launay1. ... 7
- La céramique sans cuisson (Caroi.cs K\ri.)................. 22
- L'aluminothermie (D. Bellet)............................... 23
- Lavage des boues de minerai de fer (F:'ux Colomer) . . 54
- Parfums chimiques (Ernest Liotard)......................... 54
- Les engins chimiques d’incendie aux Etats-Unis (P. de M.). 95
- Le lacto-viscosimétrc (Henri de Parville)..................102
- La désodorisation et la purification des pétroles servant
- à l’éclairage (Joseph Girard)........................18G
- La synthèse électrolytique des sucres (1). Heu.et). . . 570
- Archéologie et chimie (Gustave CiiAuvrT)...................234
- La Calxia (L. Quéhany).....................................257
- Le rôle de l’argile et des terres d’infusoires dans l’analyse des pétroles (Joseph Girard).......................246
- Les aciers au nickel (H- B)................................242
- Epuration de l'hydrogène................................ 16
- Camphre artificiel......................................... 31
- Carbure de calcium......................................... 31
- L'argent colloïdal......................................... 47
- Préparation des carbures alcalins.......................... 63
- Allumettes sans phosphore............................... 95
- Le Siloxicon.............................................. 158
- Le Eibro-ciment............................................142
- Métaux compounds...........................................142
- Préparation de corps nouveaux................. 143, 159
- L’eau du grand Lac Salé....................................143
- Dadium et hélium...........................................190
- Le spinthariscope......................................... 190
- Composé organique phosphoré................................207
- Action déterminante de la vapeur d’eau dans certaines réactions........................................255
- Action de l’acide phosphorique sur la mannite. . . 286
- Action de l’acide sulfurique sur la bauxite................286
- Action de l’oxygène sur le soufre..........................503
- L’argon dans l’atmosphère..................................334
- Préparation de l'argon.....................................399
- y Météorologie. — Physique du globe. > Géologie. —' Minéralogie.
- Nouvel hygromètre (J.-F. Gale).............................. 46
- Un foudroyé................................................. 62
- Le cycle solaire et météorologique de trente-cinq ans
- (11. de P.)............................................ 86
- La neige selon l’altitude (J-.B Pi.umandon)................92
- Bakou et les sources de pétrole (Henri Jourdan). ... 115
- Les produits industriels de la Sollatara (H. Bougeois). . 154
- Accroissement de la température avee la profondeur. . 506
- Sécheresse et canicule dans les environs du Mont-Blanc
- (O. Jui.uen)............................................317
- La main-d'œuvre dans les mines d’or du sud de l’Afrique ;
- la bière des Cafres D‘ Adrien Loir).....................527
- La perte du Soutarra (Lucien Briet).......................555
- Exploitation de gaz naturel en Angleterre (II. de Tiiikr-
- sant)...................................................569
- Marche des tempêtes....................................... 15
- La montagne Pelée......................................... 15
- Les fusées paragréle...................................... 51
- Cristallisation des corps insolubles...................... 51
- Pluie de poussières....................................... 79
- Distribution géographique des tremblements de (erre. 79
- Aiguilles et tubes de quartz......................... 94
- Les fusées et la grêle............................... 94
- Les gisements de mica............................... 111
- Un cyclone au Tonkin.................................126
- Effondrements du sous-sol de la région parisienne. 143
- Phénomènes atmosphériques............................159
- L'âge des terrains de Patagonie......................159
- Les particularités des tirs contre la grêle..........191
- Les phases de la lune et les orages..................270
- Hoches de Madagascar.................................503
- Une nouvelle gemme, la kunlzite......................503
- Minéral nouveau......................................319
- Le turronien d'Egypte................................519
- La période glaciaire............................... 334
- Géologie de l’ile d’Eubée............................551
- Gisement de pierres précieuses.......................366
- Orage magnétique.....................................567
- Orage magnétique au pie du Midi......................399
- Cristallisation du gypse.............................414
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- L’héméralopie et l'opothérapie hépatique (Dr A. Cartaz1. 18
- Le rhume des foins (IP A. Cwitaz)...................... 54
- Nouveau filtre stérilisateur (G. Chalmarès).............. 63
- La force musculaire de l’homme et des insectes Léo
- Robida)................................................ 93
- L’acalhisic (IP A. Cartaz)...............................110
- Appareil conforma tour du corps (G. Mareschal). ... 111
- Traitement du cancer par les rayons X (Dr A. Cartaz). 154 Un hygromètre respiratoire et ses applications (Dr Pierre
- Lesage)............................................... 155
- Inlluence de l’énergie musculaire sur l’élimination de
- l’alcool (N. Gréhant)..................................209
- Nouveau procédé de désinfection des bateaux : l’appareil
- Clayton (Dr Adrien Loir)...............................219
- Epuration biologique des eaux d’égout (Pierre de Mk-
- rikl)................................................225
- La maladie des pêcheurs d’éponges (Dr A. Cartaz). . . 267
- Elfets de contraste optique (E. Durand-Gréville). . . . 530
- L’hygiène des logements (L. Quérany).....................547
- La corditomanie (Dr A. Cartaz)...........................555
- La maladie du sommeil (Fr. de Zei.txeii).................371
- Excès sportifs (H. de P.)................................574
- Estomac et corps étrangers (IP L. Monnier)...............385
- Ralentissement extrême de la respiration (11. B.) . . . 410
- Action de certains parfums (E. Liotard)................. 411
- Poussières et lavage de l’air (1). B.)...................411
- La maladie du sommeil.................................... 15
- Dapidité des perceptions visuelles...................... 47
- La rapidité des sensations et des mouvements chez
- un pianiste,.......................................... 47
- La fièvre de la fonte.................................... 62
- Traitement du lupus..................................... 63
- Despirateur d'oxygène................................... 79
- La glycérine dans le sang............................... 95
- Action immunisatrice du sérum du sang humain. . 95
- La formation du cal.....................................127
- Les gaz de la respiration dans le diabète sucré. . 127
- Les mouvements du globe de l’œil........................120
- L'arsenic infinitésimal.................................126
- Action du venin de vipère sur elle-même...............145
- Un dispensaire dans le désert.......................... 175
- Travail du cœur humai a.................................206
- Jja loi de représentation de la fatigue.................207
- Transformation du sucre en glycogène....................259
- Hadiographic des calculs biliaires......................271
- Structure du nerf olfactif des carnivores .... 286
- Les grains d’aleurone...................................286
- Dosage de Turcc.........................................519
- Les maladies du nagana et du surra......................354
- Palhogénie et traitement du rhumatisme..................335
- Alcool et longévité.....................................350
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Perforaient osseux...................................551
- Un nouveau remède végétal contre la fièvre paludéenne.............................................551
- Le traitement du cancer..............................599
- Appareil d'application thérapeutique des rayons A. 415
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. Construction.
- Le triage mécanique des colis postaux à la gare d’Orléans (Daniel Heu.et)................................
- Transport aérien des bagages dans les gares (I*. de M.).
- Laboratoire national des Etats-Unis..................
- Eégulateur de vitesse système Ribourt (.1. Lebois). . .
- Turbine à vapeur de 10000 chevaux (J. L.)............
- Locomotives compound de la Compagnie de l’Est (R. Ron-
- L’espion du watlman (D. IL).............................
- Machine à repasser (Daniel Bellet)......................
- Puissantes locomotives pour faible vitesse (R. Bunnin). Navire avec turbine à vapeur pour la traversée du l'as
- de Calais (R.'.......................................
- Les omnibus automobiles à Londres (Heniu de Thieksant). Nouveau laboratoire d’essais au Conservatoire des Arts
- et Métiers (Jacques Royer)...........................
- Les travaux actuels dans l’estuaire de la Seine (R. Donne') ...................................................
- L’industrie frigoritique en France (J. de Loverdo). . .
- Le pbare de Reachy llead (Pierre de Mériel).............
- Comparaison entre les locomotives anglaises et françaises
- (h- b.).........:. ...........................
- Ilateau roulant pour exercice (D. R.)...................
- Une Lour d’eau américaine (Pierre de Mériel)............
- Le pont de Luxembourg (Daniel Rellet)...................
- Noiiveaux bassins du port d’Anvers (I). R)..............
- Automobile anglaise de chemin de fer (P. de M.). . . . Les voies ferrées du Rhône à Marseille (A. de Saporta).
- Tramways américains (Léo Rorida)........................
- Dalaycuse-arroseuse-ramasseuse Durey-Sohy (Max de Nan-
- souty)...............................................
- Utilisation industrielle de l’air atmosphérique (Henri de
- Parville)............................................
- Le déplacement de la passerelle de I’assy (R. Ronnin). Tramways interurbains en Amérique (Léo Rorida). . . Puissantes locomotives de banlieue (R.-R. Pradei.le) . . Enlèvement des piles de la passerelle de Passv (R. Ronnin) ...................................................
- Eclairage des voilures de chemins de fer (U.-R. Pra-
- delle)...............................................
- Nouvel éclairage des voitures de l’Ouest (R.-R. Pradei.le). Les navires transporteurs de trains en Danemark (R.-R.
- Piiadelle)...........................................
- La disparition de la pompe à feu de Chaillot (Daniel
- Rellet)..............................................
- Pont des falaises de Gobans (Irlande) (Pierre de Mériel).
- Les turbines à vapeur Parsons (R. Ronnin)...............
- Le nouveau pont métallique d’Avignon (Daniel Rellet). Les vieilles locomotives françaises : réseau de l’Ouest
- (Daniel Bellet)......................................
- La voiture automobile de la Compagnie d’Orléans (Daniel Bellet)............................................
- Les installations frigorifiques de l’abattoir de Dijon et
- de la boucherie lyonnaise (J. de Loverdo)............
- Le chargeur de Brouwer (G. Pellissier)..................
- Le chemin de ter du Cap au Caire (Dr Adrien Loir) . .
- La Tour Eiffel (H. de P.)...............................
- Un treuil paradoxal (D. R.).............................
- L'Institut royal technique supérieur d’Italie ....
- Chauffage des locomotives au pétrole....................
- Moteur solaire pour irrigations.........................
- Inconvénients du scellement au soufre...................
- Circulation sur les chemins de fer métropolitains de Londres.................................................
- 10
- 20
- 27
- 28 29
- 52
- 58
- 00
- 75
- 78
- 79
- 83
- 97
- 127
- 113
- 151
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- 159
- 177
- 179
- 187
- 195
- 202
- 207
- 214
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- 250
- 257
- 262
- 275
- 299
- 307
- 315
- 319
- 325
- 331
- 549
- 555
- 304
- 401
- 403
- 405
- 410
- 47
- 47
- 143
- 145
- La force motrice aux Etats-Unis..............
- Ce que route l'eau que consomment les locomotives.
- La catastrophe du Métropolitain.....................
- L’avenir de la machine à vapeur.....................
- Le grand pont cantilever de Québec..................
- Le gaspillage dans les distributions d'eau..........
- Traverses de chemins de fer triangulaires...........
- Emploi de l'acier au nickel dans la construction des
- ponts.............................................
- liésislance au démarrage des omnibus................
- Fabrication des briques à la machine................
- Les locomotives aux Etats-Unis......................
- Le tunnel le plus long du lapon.....................
- Les remblayages par embouage........................
- Nouvelle drague combinée............................
- Nouvelle échelle de sauvetage automobile............
- 159
- 175
- 190
- 190
- 223
- 254
- 271
- 285
- 280
- 502
- 503 33 4 500 300 300
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique.'— Paléontologie.*
- Les 1 auaniers dans la Guinée française (Albert Malmené' .
- Couleurs des Heurs de France (Y. de Clèves).............
- La force des insectes (Fr. de Zelner)...................
- Le poney d'Islande (Cn. Rabot)..........................
- Un insecte aéronautc (11. Coceix).......................
- Les bœufs musqués en captivité (J. Sciiiott)............
- L’adoplion et les oiseaux (11. Coudin)..................
- Les poisons des mille-pattes (H. C.)....................
- Le Penghawar Djambi (Rr A. Cartaz)......................
- Une plante vivipare (A. Acloque)........................
- Nouveaux hôtes des fourmis (H. Coudin)..................
- L’apiculture en Indo-Chine (11. Couimn).................
- La culture rationnelle de la truffe (l)r M. Langeron . . Les plantes nouvelles aux lloralics gantoises de 1903
- (A. Maumené).........................................
- La destruction des termites dans les pays tropicaux (Dr
- Adrien Loir).........................................
- Nos animaux domestiques dans la civilisation égyptienne.
- Le cheval. — Le bœuf (P.-Hippolyte Boussac). 106, Domestication des zèbres dans l’Ouganda (P. de M.). . . Les moustiques propagateurs des maladies (R. Blanchard)
- 119, 165 ............................................
- Un phasmo nouveau (A.-L. Clément).......................
- La fabrication des Heurs naturelles (Paul Mégnin). . . .
- Les oiseaux qui chantent mal (H. Coupin)................
- Les chiens de berger (Gu. Dureii.)......................
- L’albinisme (F. Henriot)................................
- La mouche de l’asperge (A.-L. Clément)..................
- Tabac japonais (Jean Lebon) . ..........................
- L’aération des racines des arbres dans les villes (H. R.).
- Oranges de Jaffa (II. R.)...............................
- Conservation du pollen des Heurs pour les croisements
- ultérieurs (Georges Bellair).........................
- Animaux nains (P. Mégnin)...............................
- Le lvapock (Pierre de Mériel)...........................
- Une forme rare de la grande prèle (D1 L. Laloy) . . . Serpents chassés par un incendie de forêts (V. Brandi-
- court)...............................................
- Les procédés de défense des plantes contre leurs ennemis (II. R.).............................................
- Le sphinx à tête de mort (A.-L. Clément)................
- Le plus grand oiseau connu, l’Æpyornis ingens de Madagascar \G. Grandidier)...................................
- L’huile d’arganier (D. R.)..............................
- Culture et industrie de la menthe (Henry Bougeois) . .
- Le papayer (J. Dybowski)................................
- Un lézard venimeux (H. Coupin)..........................
- Laboratoire de zoologie marine (Ernest Liotard) . . . .
- La caprification en Algérie (A. Maumené)................
- Bourrelets iiitlammaloires des arbres (Dr L. Laloy) . , .
- La sériciculture à Madagascar (Ed. Flkutiaux)...........
- Les dauphins (A. Ménégaux)..............................
- Les cieindèles (A. Aci.oque)............................
- 6
- 16
- 19
- 27
- 55
- 42
- 51
- 51
- 52 55 67 70
- 75
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- 115
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- 147 162 167 170
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- 158
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 426
- La maladie* di*s châtaigniers en France (P. IIau'ot). . .
- L’adoption eliez les mammifères II. Coupin)........
- Ethérisation des plantes en culture forcée (A. Malmené).
- Le guêpier commun (A.-L. Clément)..................
- Les migrations des plantes (I)r M. Langkron).......
- Mineurs et mousliijucs (L. m: Launay)..............
- L’intelligence chez les animaux 'L. Jacquot).......
- J.,a culture du raifort en Alsace (Albert Mu mené). . .
- I ne loupe phénoménale ' J!aymond Roger)...........
- Au pays du caoutchouc A. Tiiou.ut).................
- La llore du grand Chaco (I)r Troua 11).............
- Le sola de l'Inde : une légumincusc à tout faire (Henri
- Coupin).........................................
- La soie des lapins angora (A. Blei.narr)...........
- Belladone et solanécs (Léon Devykeu)...............
- « Consul » le chimpanzé-homme (L. H.)..............
- La tératologie à la foire (l)r E. I.aloy'..........
- La chasse à la baleine en Norwège..................
- L'éclairage par les bactéries......................
- La mer au Soudan...................................
- Peinture et botanique............ .................
- Noix Pac.anes à Paris..............................
- La ponte chez le homard...............................
- Un bois plus léger que le liège, te Maréa..........
- Une annéhde amie du froid..........................
- Reconstitution du squelette de iÆpgornis...........
- Distribution géographique des llostrychidrs ....
- La question du gui.................................
- Production de la gomme.............................
- Influence physiologique du radium pris à l'intérieur.
- L'arsenic dans l'organisme.........................
- Végétation d'un bog irlandais......................
- La lutte contre les incendies de forêts aux Utals-
- Ums.............................................
- Nouveau cas de mimétisme...........................
- IVorme de Sully....................................
- La paille dans l'alimentation du bétail............
- Une maladie du tabac...............................
- Développement des larves d’astéries................
- La destruction des jacinthes d'eau.................
- Les végétaux ennemis des moustiques................
- Résistance des poissons à l’action des subs ta ne. s salines .............................................
- Développement parthénogénélique des œufs d'oursins...............................................
- Transpiration des feuilles.........................
- Gonflement des racines aériennes d’orchidées . . .
- Le sens de l'heure chez un animal..................
- Les migrations des plantes Dr M. Langkron) . . . .
- La rouille du blé. . . ............................
- Les plantes et l'oxyde de carbone..................
- La production forcée des perles naturelles.........
- Bourgeonnement des ascidies........................
- L’olfaction chez l’escargot........................
- Exposition des chrysanthèmes.............• . . . .
- Régénération d’organes.............................
- Les Orchidées......................................
- La puissance calorifique du bois d'eucalyptus . .
- ‘28!» 2! >8 2!H) 305 51 i 317 542 343 547 357 55!»
- 503 37 4 394 415 406
- 14
- 15 15
- 50
- 51 95
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- 222
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- 239 255
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- 355
- 567
- 367
- 582
- 585
- 414
- 414
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Le village le plus élevé de France J- Daigkkt). . . Le roc de Tayac (Dordogne) (E.-A. Martel). .... Le village le plus élevé de France (Ciiaki.es R arot) .
- Les cascades de Gimel (E.-À. Martel).................
- Le Pic-Long (Lucien Briet)...........................
- La vallée de lléas v Lucien Briet; ..................
- La cascade et les grottes de Scylhenex (E.-A. Maiitei,;
- Le glacier du Mont-Perdu (Lucien Briet;..............
- Le point culminant de l'Amérii|ue du Nord (Ch. RaboT)
- La perle du Soutarra (Lucien Briet)..................
- La Russie du Sud (Jules Garnier).....................
- Le chemin de fer du Cap au Caire (I)r A. Loir;. . .
- 47
- 65
- 106
- 145
- 167
- 203
- 223
- 282
- 294
- 555
- 591
- 405
- Un canal maritime à travers l'Ecosse...............254
- Une mission d'études scientifiques aux Raha ma. . . 254
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Le brandon de la Saint-Jean 'Emile Rei.loc................ 58
- Les Achantis Eu. de Zki.tnkr).......................... 71
- Les Galaa de l’Aurés (L. Jacquot).........................185
- Archéologie et. chimie (Gustave Crauvf.t)..............25 4
- Les K’attara, puits indigènes du Zah (Algérie, (L. Jacquot) ....................................................245
- Dessins préhistoriques.................................... 62
- Les Indiens du Canada..................................... 95
- Berceau saharien..........................................255
- Art militaire. — .Marine. — Guerre.
- Les constructions de la marine française.............. 14
- Nouveau système d’avirons (D. B.)..................... 45
- En obusier de côte allemand (L'-colonel G. Esi it.u.lier) . 49
- Les cxpérimental-docks (G. Prud'homme)................ 68
- Ce que coûte la vitesse des navires (1). B.)..........159
- Nouveau canon de campagne italien de 75 millimétrés
- (L'-colonel Dei.auxav)................................161
- Le trois-mâts auxiliaire « Le Français » (Ciiexev.we) . . 195
- Nouveau type de bateau à pétrole (P. de M.)...........210
- Les phares du sud de la mer Rouge (R. Roxxix). . . . 227
- En ancrage original (P. m; M.)........................234
- Revue d'artillerie à doubles rayons (I). B.)..........255
- Les engins de sauvetage (G. Phod’iiomme).................230
- Yachts de souverains (II. Bougeois).................... . .203
- En gros canon américain (1,'-colonel G. Espitai.lier) . . 521
- Une passerelle pour la cavalerie (L'-colonel G. Espitai.lier) . 559
- Tonnage et tonneau (1). B.)..............................302
- Lu marine allemande et les pigeons voyageurs , . 62
- Emploi des cerfs-volants dans la marine (L’) ... 94
- Les dépenses de la marine de guerre......................152
- Les augmentations de la flotte allemande.................142
- Torpilleur à turbines................................... 175
- La Visibilité des bateaux de guerre......................175
- Les cerfs-volants d’observation dans la marine anglaise.................................................. 190
- Le nouveau fusil américain...............................258
- La fin de la guerre......................................230
- Un bateau de sauvetage insubmersible.....................502
- Le chronographc Schmidt..................................382
- Aéronautique.
- Le Santos-Dumont n° 9 (L'-colonel Espitai.lier) .... 17
- Les ligures aérostatiques en baudruche (A. Tissanihkr) . 90
- Une Ascension à grande altitude (G. E.)............ 118
- Le « Lebaudv » à Paris (L'-colonel G. Espitai.lier). . . 386
- Le dirigeable Lebaudy.......................... 258, 414
- Les ballons à ballonnets...........................583
- Notices nécrologiques. Histoire de la Science.
- Le monument Pasteur à Chartres L. lî.;........... 50
- Prospcr Henry (J.-E. G.).........................158
- M. Nocard (H. de P.).............................1”4
- Victor Meunier (J.-E. G.)........................222
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- Le monument de Clmreot (I)r R. M.).......207, 270
- Monument élevé à Bunsen........................ 15
- Monument élevé à Pasteur....................... là
- Publication de manuscrit ancien................ 78
- Remise d'une médaille à M. Chauveau............ 598
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Séances de l’Académie des sciences (Cu. de Vn.i.EDEun.) 15, 31, 47, 62, 78, 05, 111, 126, 143, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 280, 303, 319, 331, 351,
- 367, 382 ....................................... 398,
- L’Exposition de l’habitation et les constructions hygiéniques et économiques (A. Tissandier) ..................
- Association internationale des Académies................
- Congrès scientifique de Saint-Louis.....................
- La Conférence de P Association géodésique en 1903 . Le tome V du rapport sur /’Exposition...................
- 414
- 383
- 51
- 03
- 191
- 286
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- La truffe (P. Hariot)...................................... 58
- Les engrais chimiques dans la culture maraîchère (Albert
- Vilcoq)................................................. 44
- La culture rationnelle de la trutl'e (Dr M. Langeron), . 70
- La domestication de? zèbres dans'l’Ouganda (I*. de M.). 115
- Le bétail dans les divers pays d'Europe (If. Il) ... . 119
- Circulation des poissons migrateurs (Emile Belloc). . . 197
- Echelles à poissons et barrages (Émile Belloc).........279
- Le sola de l’Inde : une léguininetise à tout faire (Henri
- Coupin).................................................363
- Les terrassements mécaniques et la charrue )lt. L.). . 599
- Vérification de la fermentation des moûts.................. 51
- La destruction de la pxgralc.............................. 47
- Traitement du mildiou et de l'oïdium...................... 47
- Inconvénients du greffage des vignes.......................271
- La Jaunisse des betteraves.................................415
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- La toilette chez les hèles (11. Coupes).................. 6
- Acrobatie cycliste (W. Drancourt)........................ 26
- Métronome silencieux (I). B.). ..............................>1
- Le village le plus élevé de France (J. Daigret) .... 47
- Le brandon de la Saint-Jean (Emile Belloc)............... 58
- Les deux Universités japonaises.......................... 91
- Plaques indicatrices pour automobiles (A. B)............. 94
- Nos animaux domestiques dans la civilisation égyptienne.
- Le cheval. — Le boeuf (P. Hippolyte Boüssac). 106, 578
- La roue du Diable (W. Drancourt)...................... 122
- Fountain Peu, les plumes d’or à réservoir (L. Habert). 123 Anglais en France, et Français en Augleterre (V. T.). . 139
- Les vélodromes parisiens (W. Drancourt)...............155
- Les glacières des Alpes (11. Gourdin).................171
- Les foies gras en Alsace J.-F. G.)....................174
- Les galaa de FAurès, greniers et magasins des communautés indigènes (L. Jacquot) . . . •....................183
- Le Boomarang (Pierre Sai.et).......................... 186
- L’art de la serrurerie (II. R. d'Allemagne)............. 187
- Les chasses en Bohème (P. de M.)......................210
- La pèche dans l’Atlantique (J. Leboi»)................211
- L’appareil protecteur du Dr Waller llirt (Emile Guuuni). . 218
- La fête de l’arbre (J. Corcelle)......................250
- Les K’attara, puits indigènes du /ah (Algérie) (L. Jac-
- \ o t e
- QUOT,..............................................**<>
- Les vélodromes parisiens (W. Drancourt)...............251
- La nouvelle monnaie de nickel (Daniel Bellet). . . . 267
- Les plumes métalliques (Arthur Good)............ 275, 291
- Le concours de jouets de 1905 (G. Chalmuiès)..........286
- La flèche humaine : un saut de 15 mètres à bicyclette
- (G. Chalmarès).....................................503
- Une Université flottante (IL B )......................507
- Les raisins et les odeurs (P. de M.)..................510
- Le sexe de l’écriture (H. de IIarville)...............522
- Un sauvetage maritime (Max de Nansoutv)...............535
- Un phonographe original (J. Leroy)....................551
- Monnaie de nickel trouée..............................559
- La fabrication des armes à Brescia (P. de M.).........562
- Tramways à collision (F. de Z.).......................563
- L’horloge de la Bastille (L. Reverchon)...............367
- La fauconnerie et l’autour.-erie modernes (Paul Mégnin). 575 L'Exposition de l’habitation et les constructions hygiéniques et économiques (A. Tissandier)....................583
- Les Italiens en France (V. Turqban)......................595
- L°s cadrans de montres (M. Plaxciion). ....... 407
- Le balai (II. Magex).....................................412
- L'okapi en Égypte...................................... 14
- Débit probable des sources en 1903 ................... 40
- La conservation des câbles sous-marins................... 47
- Fruits de prix extraordinaires........................... 78
- Le système métrique décimal en Angleterre .... 78
- Le goudronnage des routes................................111
- Pilules de famine (Les)................................. 111
- Un usage industriel du catalpa......................... 190
- L’orme de iinstitution des Sourds-Muets à Paris. . 206
- Bibliographie universelle des sciences...................225
- Le lait au goût de fraise................................254
- Berceau saharien.........................................255
- Le microbe du pavage en bois.............................255
- Les saumons sibériens en Europe..........................334
- Précocité remarquable.................................. 350
- Le pain de l'ancienne Egypte.............................551
- Le mouvement de la population.......................... 560
- Flottage des planches....................................560
- 1 DES T Al! LES
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-
-
-
- EH HATA
- Page A, cal. 2, lignes 3 et 1. Au lieu de : de l'emballage du transport des risques.
- Jl [nul : de l’emballage, du transport, des risques.
- Page 28, Echelle des ordonnées .1m lieu de : 100mm = 0ks,5. de la iig. 2. Il faut : 55u"n = 0kK,3.
- Page 33, légende de la Iig. 1. Au lieu de : dessin de 1899.
- Il faut : dessin de 1778.
- Page il, au bas de la seconde ligure. Il faut lire : Louvet sur
- une voiture Kenaull.
- Page 120, col. 2, ligne 33. .-1m lieu de : Epiornis.
- Il faut : .Epiornis.
- Page1 130, col. I, au renvoi au bas /1m lieu de : n° 1513 du de la page. 12 novembre 1902.
- Il faut : n° 1015 du 12 novembre 1892.
- Pages 204 et 205, légendes des II faut ajouter : D'après Iig. 1 et 2. des photographies de
- M. Lucien Briet.
- Page 271, col. 2, ligne 19 : Il y a lieu d'ajouter : \)';\-
- pres « 3’ature », n°" des 8 et 50juillet 1903.
- Page 18desNouvellesscientiliques, Au lieu de : le chimiste col. 1, ligne 28. Grachc.
- Il faut : le chimiste Groebc.
- l’ai ;/. — Imprime] ie Laiiui'.k, rue de Fleurus, 9.
- p.428 - vue 432/536
-
-
-
- €>
- “-----"" " M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— L’Université de Rennes vient de fonder à la Faculté des sciences une chaire de botanique appliquée à l’agriculture. M. Daniel, docteur és sciences, maître de conférences à la Faculté, en a été nommé professeur.
- —Ht— Les appareils de télégraphie sans fil installés à la Spezzia ont reçu le 26 mai des communications en langue française. On n'a pas tardé à se rendre compte que ces communications avaient une autre destination et que les appareils les avaient cueillies au passage. Il s’agissait d'un échange de dépêches entre la station de <lalvi, en Corse, et une station du littoral méditerranéen français. Les puissances qui adopteront la télégraphie sans fil devront donc établir un langage conventionnel.
- —Ht— A la date alu 28 mai, le volcan de la. Montagne Pelée a ou une recrudescence, et le Conseil général a demandé l’évacuation immédiate de tout le nord de File.
- —Ht— L’effectif de la flotte allemande est fixé, d’après la derrière loi, à 58 cuirassés, 14 grands .croiseurs, 38 petits croiseurs. 31 cuirassés (22 à 14 000 tonnes), Il grands croiseurs, 32 petits croiseurs sont déjà en service ou sur le point d’être achevés.
- —Ht— Le cuirassé Dévastation a subi une refonte complète ; ses machines ont été modifiées et ses anciennes chaudières cylindriques ont été remplacées par des chaudières Bellcville. Il a effectué dernièrement à Brest son essai officiel à 6500 chevaux d’une durée de 6 heures, à la puissance de 6534 chevaux ; il a marché à la vitesse de 14,704 nœuds et la consommation de charbon a été de 866 grammes par cheval-heure. Dans les derniers essais, d'une durée de quatre heures, la puissance a atteint 8850 chevaux ; la consommation par cheval-heure n’a été que de 842 grammes.
- —Ht— Les millionnaires semblent jouir d’une certaine longévité, contrairement à l’opinion généralement admise. Un observateur anglais a fait un relevé -de ceux qui sont morts pendant les trois dernières années en Angleterre. En 1900, neuf ont disparu laissant 475 millions de francs : la durée moyenne de leur existence a été de 74 ans. En 1901, il en est mort huit, disposant de 260 millions de francs, la moyenne d’àge étant de 72 ans. L’année 1902, enfin, n’a vu que cinq décès, représentant une moyenne d’àge de 68 ans.
- —Ht - Le vélo tri-porteur, qui est déjà d'un usage courant dans le’commerce, paraît devoir pénétrer aussi dans les milieux militaires. Il permet, en effet, d’apporter, aux hommes de garde dans les différents postes une nourriture chaude et, par conséquent, plus agréable et plus hygiénique.
- —Ht— Un journal anglais rapporte que la fabrique d’automobile ' de Mungersdorp vient de recevoir de la Compagnie américaine de transports, le Manhattan Transit Co, une commande de 200 omnibus automobiles pouvant transporter chacun 35 personnes à une vitesse de 17 à 18 kilomètres à 1 heure.
- —Ht— Les travaux pour l’amélioration du canal de Suez se poursuivent activement afin de porter sa largeur de 65 à 75 mètres et sa profondeur à 10 mètres, de façon à en permettre l’accès aux navires à grand tirant d’eau. L’ensemble de ces modifications représente un déblaiement de 154 millions de mètres cubes, dont 409 millions sont déjà enlevés. La terre molle est enlevée à l’aide de dragues, le rocher moyennement dur à l’aide d’engins de forage, et la roche dure à l’aide de mines chargées de poudre.
- —Ht— Le bureau postal international de Berne a publié récemment sa statistique annuelle. Ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui ont le plus grand nombre de bureaux de poste : 78 000. Viennent
- ensuite l’Allemagne qui en possède 45 623, la Grande-Bretagne 22 400; les Indes anglaises, 13 600, la France, 41 000; l’Italie. 8000; l’Autriche, 7600; la Russie 6200; le Japon 4500; la Suisse. 3700; la Suède et la Norvège, 5300. L’administration des postes allemande compte 255176 cmplovés, celle des Etats-Unis 226825, celle de la Grande-Bretagne 179 0()0, et celle de la France 77 000 inspecteurs, buralistes, agents, surnuméraires, convoyeurs, facteurs, etc.
- —Ht— M. Georges Trouillot, ministre du commerce, vient de déposer sur le bureau de la Chambre un projet de loi tendant à établir, comme étalons prototypes du système métrique, le mètre international et le kilogramme international qui ont été sanctionnés par la Conférence générale des poids et mesures tenue à Paris en 1889. Aux termes de la loi du 19 frimaire an VIII, confirmée par celle du 4 juillet 1837, qui a rendu le système métrique obligatoire en France, nos mesures ont pour bases les étalons, mètre et kilogramme en platine, construits à la fin du dix-huitième siècle et déposés aux archives de la République. L’acceptation, plus ou moins complète, hors de France, du système métrique s’est finalement traduite par l’organisation du service international des poids et mesures. Les progrès réalisés par la science ont ensuite rendu possible la mesure exacte des grandeurs inférieures au millième de millimètre. Le gouvernement français a alors réuni à Paris, en 4872, une commission internationale pour étudier et arrêter les bases de, la création de nouveaux prototypes métriques. Ces prototypes ont été construits en vue de fixer désormais les valeurs des unités fondamentales du système métrique dans les rapports internationaux; ils ont été sanctionnés en 4889 par la commission internationale et enfin déposés dans des conditions de garantie d’invariabilité et de sécurité toutes particulières au pavillon de Breteuil, à Sèvres. La France, par suite de son adhésion à la convention internationale, a reçu deux copies de ces étalons qui sont conservées aux archives. Elle se trouvait ainsi soumise à deux régimes différents : à l’intérieur, son svstème de mesure a pour bases les anciens étalons des archix'es ; elfe a admis comme étalons fondamentaux les nouveaux prototypes déposés au pavillon de Breteuil pour ses rapports internationaux. Le projet de loi déposé par M. le ministre du commerce a pour but de mettre fin aux inconvénients pratiques résultant de cette dualité de systèmes.
- —Ht— Production et consommation du papier. On compte actuellement 5986 fabriques de papiers qui donnent une production annuelle de 1450 millions de kg; sur ce chiffre, l’imprimerie absorbe 725 millions de kg, dont 335 millions de kg de papier de journal. La consommation annuelle du papier a augmenté, depuis dix ans, de 110 millions de kg. La consommation annuelle de papier par habitant est de 6k-\5 en Angleterre, de 5ke,7 en Amérique, de 4^,4 en Allemagne, de 4**,2 en France, d’environ 2 kg en Autriche et en Italie, de 0ks,85 en Espagne.
- —Ht— C’est l’Australie qui possède les arbres les plus hauts du monde, deux eucalyptus dont l’un, « l’Oncle Samuel », a 422 mètres d’élévation et 12m,50 de tour, et l’autre, « le Big Ben », 428 mètres, et 17 mètres. La forêt de Fernshaw qui renferme ces géants est située entre Melbourne et Sidney.
- —Hfy Le platine commence à devenir rare, ce qui inquiète les industriels et tes savants. En 4883 il valait 500 francs le kilogramme : en 4901, 2600 francs. Sa production atteint à peine 6000 kg aujourd’hui, et sa consommation dépasse 7500 kg: on est donc obligé de refondre les objets hors d’usage pour satisfaire aux demandes
- —H(— Il résulte d’expériences faites par M. Walther-Meunier à Mulhouse que les tôles provenant de vieilles chaudières ayant servi pendant une trentaine, d’années, sont absolument inutilisables, les qualités mécaniques du métal ayant disparu. Des expériences, au nombre de 731. et des analyses chimiques, ont prouvé combien était dangereux l'emploi de ces matériaux de rebut.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre^de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres^et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — La Société zoologique de Philadelphie nous a fait remettre le 51e rapport annuel de ses directeurs, qui donne la liste des acquisitions de son jardin zoologique, ainsi que des animaux nés dans sa ménagerie.
- M. F. A. Soldano, ingénieur, s’est préoccupé des questions d’irrigation dans les environs de Cordôue. Dans une brochure accompagnée d’un plan, il a étudié quelles modifications il conviendrait d’apporter an lac Saint-Roque et à la digue qui le ferme, pour arriver à fournir de l’eau en quantité suffisante à . la ville de Cordoue et à ses environs.
- M. Marcel Jordan, de Paris, nous écrit au sujet du laquage des dents : « Permettez-moi de vous indiquer comment les Annamites se laquent les dents ainsi que M. Kapferer le dit. Vers l’âge de 10 ans, l’enfant est placé sur une chaise où il est attaché avec des cordes. Au moyen d’un dispositif en fer, serré par des écrous, la bouche du patient est ouverte, et les dents se montrent à nu. L’opérateur les nettoie avec un cure-dent et les lave au moyen d’une composition acidifiée. Puis avec de la laque bouillante il enduit les dents du patient intérieurement et extérieurement. Les dents deviennent rouges. On les laisse sécher et on remet une seconde couche. Les dents deviennent d’un beau noir. L’opération dure 15 heures en hiver et 10 heures en été. Rien ne peut altérer cette composition et on ne la renouvelle plus. »
- M. Francesco Porro, professeur de ITniversité de Genève, nous a fait parvenir sa brochure intitulée « l’Astronomie et la religion des anciens Egyptiens ».
- Renseignements. — M. Canie, à Anvers. — Constructeurs de moteurs à air comprimé : Compagnie parisienne de l’Air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, à Paris; M. Dondey,
- 149, rue Amelot ; M. Salmson, 55, rue Grange-aux-Belles, à Paris.
- M. J. F., à Armentières. — Adressez-vous à la maison Mackenstein, 15, rue des Carmes, à Paris.
- M. P. de L., à Paris. — 1° La librairie horticole, 84 bis, me de Grenelle, a publié divers ouvrages sur les cultures potagères, dont vous pourriez vous inspirer. — 2° Ne confondez-vous pas avec la conservation des fruits par le froid? M. Mau-mené a traité ce sujet dans le n° 1564 du 16 mai 1905, p. 369.
- Monsieur l’Intendant général Courtot, à Paris. — Les appareils Culmen sont en vente chez M. Guimard, 28, boulevard du Temple, à Paris.
- M. Fontanella Paolo, à Strona. — Le n° 1565, du 23 mai 1903, contient un article sur l’acétylène et l’éclairage des wagons qui vous intéressera certainement.
- M. Paul Carié, à Paris. — L’adresse de MM. Taupenot, Soulié, Cottineau, Jouvet et Cio est 80, rue Taitbout, à Paris.
- M. H. B. Z. R., à Paris. — Veuillez consulter la 58 série des Recettes et procédés utiles : page 255 est donnée la formule d’un liquide extincteur d’incendie.
- M. Paul Kullmann, à Paris. — La 28 et la 5e série des Recettes et procédés utiles vous donneront plusieurs moyens pour vous débarrasser des fourmis.
- M. Vasselin, à Paris. — Vous trouverez des régulateurs pour couveuses artificielles dans les maisons suivantes : M. Ar-noult, 7, galerie Vivienne, à Paris; Deschamps, 205, rue de Vanves, à Paris ; Gombault, 63, me du Bac, à Paris.
- M. Aurière, à Saint-Sylvestre. — L’indicateur du degré alcoolique se trouve chez tous les verriers.
- Me Lauth-Scheurer, à Thann. — Nous n’avons pas d’autre indication sur cette recette : mais vous pouvez essayer de l’appliquer comme les préparations ordinaires.
- M. C. Jacquin, à Paris. — Ce plan présenterait peut-être l’intérêt dont vous parlez ; mais répété sans cesse il absorberait trop de place.
- M. B. Portier, à Mustapha. — Nous ne pouvons revenir de nouveau sur cette question que nous avons étudiée autrefois. Remerciements.
- M. Dunoyer, à Grombalia. — La résistance du verre à l’action de l’eau dépend de la présence des silicates doubles de soude, de potasse et de chaux. De tous les verres, celui contenant du plomb est le moins attaquable par l’eau bouillante.
- M. Argyriadès, à Sofia. — Le vaccin anti-venimeux du Dr Phisalix se trouve chez MM. Bézine et Cie, 20, rue Lebrun, à Paris.
- M. Delauney, à Nogent-sur-Marne. — 1° Pour détruire les courtilières, on peut enterrer, sur le passage de leurs galeries, des pots à fleur vides, au fond desquels elles tombent, et d’où elles ne peuvent plus sortir. On peut aussi arroser la terre où elles circulent avec du purin de fumier qui les fait fuir.
- 2° Nous ne connaissons pas de moyen pour détruire les chauves-souris. — 3° Veuillez, à vos demandes, joindre toujours la bande de votre journal, comme le demande l’avis inséré en tête de la Boîte-aux-Lettres.
- M. F. J, Nunez, à San-José. — Consultez les ouvrages suivants, publiés à la librairie Masson et Cie : « Chimie organique », t. III, par M. Girardin; « Chimie organique », t. II, par A. Gautier; « La bière », par L. Lindet.
- M. Clément, à Jarnac. — 11 n’existe jusqu’à présent aucun travail d’ensemble sur l’alcool synthétique.
- M. L. 0., à Versailles. — Veuillez vous mettre en relations directes avec M. Hubert, qui a publié son étude dans la « Feuille vinicole de la Gironde », du 15 novembre 1902.
- M. Christian Plommet, à- Songeons. — 1° Société française de l’accumulateur Tudor, 81, rue Saint-Lazare, à Paris. •— 2° Chaque élément d’accumulateur exige un vase séparé; pour 110 volts, il faut 55 vases.
- M. C. \eyre, à Lyon. — 1° Dans ces piles, le liquide, qui est généralement du chlorhydrate d’ammoniaque, est immobilisé dans du cofl'erdam. — 2° Ces renseignements sont peu connus.
- M. J. H. C., h Neauphle. — Nous avons donné une recette pour coller le celluloïd dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1514 du 10 mai 1902.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Bories, à Villefranche-sur-Rhône. Très prochainement, nous publierons sur ce sujet, un travail, qui résoudra votre problème. — M. B. H. C., à Valence. La boussole Peigné rend beaucoup de services pour les levés expéditifs. — M. Niels, à Malmoë. Plusieurs compositions pour papiers imperméables ont été données dans la 5e série des Recettes et procédés utiles à la librairie Masson et Cu, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Insolubilité de la gomme-laque blanchie. — Il est bon de rappeler que la gomme-laque en écailles est beaucoup plus difficile à faire dissoudre que la même laque non blanchie. Cette difficulté augmente avec l’ancienneté du produit; et finalement, après des années d’exposition à l’air et à la lumière, la laque devient absolument insoluble, on ne peut même plus la faire fondre. Nous ne connaissons du reste aucun procédé pour rendre sa solubilité première à cette substance.
- Noir liquide pour fourneaux. — Excellente préparation, qui a toutefois le tort de laisser échapper une odeur assez prononcée, la première fois qu’on chautle le fourneau sur lequel il a été passé de ce noir. Dans un litre de térébenthine, on fait dissoudre une trentaine de grammes de résine, puis^on ajoute 7 à 8 grammes de noir de fumée et enfin 100 à 110 grammes de graphite finement pulvérisé. Naturellement, il ne faut appliquer ce noir que sur un fourneau froid.
- Pour souder le verre au métal. — Dans ce but la publication Druggist circulai' recommande de procéder comme suit. Chauffer la partie de l’objet de verre où doit se faire la soudure, puis y passer légèrement, au moyen d’un pinceau en poil de chameau, une solution de chlorure neutre de platine mélangé d’huile de camomille. On laisse évaporer lentement celle-ci sous l’influence de la température que possédait le verre, et quand il ne se manifeste plus de vapeurs blanchâtres, on chauffe le verre au rouge. Cela réduit le chlorure de platine à une couche métallique brillante. On place l’objet dans un bain électrique de manière à obtenir un dépôt cuivreux sur le platine, et alors on peut procéder à la soudure.
- Dans la « Boite aux lettres » la déduction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Canne photographique (( Ben-Akiba ))• — On a déjà imaginé la cravate, le chapeau, le bouton et probablement aussi la canne... photographiques et nous avons signalé ici ces différentes inventions en leur temps; mais voici un nouveau modèle qui nous parait mériter attention. La poignée (le la canne porte dans sa partie horizontale 4 bobines de pellicule sensible, mais une seule est utilisée ; les autres ne sont là que comme réserve. On peut en placer également une dizaine clans la canne elle-même et comme chaque bobine peut servir à 25 poses, cela fait qu’on est à même de faire 350 clichés! Le changement de bobine peut se faire en plein jour ; les pellicules sensibles étant terminées par une bande de papier noir à chaque bout. La manipulation est très simple : il suffit d’accrocher l’extrémité du papier noir de la première bobine sur
- plier le papier. Une simple pression des doigts suffit pour percer le papier. Construit en acier très dur et fortement nickelé, le West Pocket Bank Check Punch présente les avantages d’une simplicité et d’une solidité très grandes. — Le perce-chèques est en vente chez M. A. Connor, 409, Thirty-third street, Pittsburgh Pa. (Etats-Unis).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le glycomètre Dupont.
- Le glycomètre est un petit appareil à la fois simple et ingénieux cpii sert à découvrir et à doser la glucose dans les liquides et les matières alimentaires. Il se compose d’un tube en verre gradué, allant sur le feu, d’un flacon de réactif spécial, d’un compte-gouttes calibré et d’une notice contenant le mode d’emploi et une table d’évaluation de la glucose. Le réactif bleu perd sa coloration, lorsqu’il se trouve en présence de la glucose ; sa décoloration est toujours complète, mais plus ou moins rapide, selon l’abondance cle la matière à doser. La glucose seule peut produire cette décoloration du réactif; le sucre ordinaire employé dans l’alimentation n’a aucune action sur ce liquide. Le glycomètre permet à tout le monde, mêmé aux personnes les moins instruites, de découvrir dans l’urine la présence de la glucose et de la doser. On conçoit tout le parti que les personnes atteintes de diabète peuvent tirer d’un appa-*-reil de ce genre. Au point de vue industriel et hygiénique, lé glycomètre a une application encore plus importante : il permet de” reconnaître sans hésitation la substitution de la glucose au sucre dans une foule de produits alimentaires, tels que : sirops, confitures, liqueurs, etc., falsification qui contribue grandement à la production du diabète, dont la fréquence, en ces dernières années, ne saurait laisser l’hygiène indifférente. Cette insidieuse maladie, pouvant passer inaperçue pendant plusieurs années, serait dépistée à son origine si l’on avait soin de faire de temps à autre l’analyse de son urine avec le glycomètre. — Le glycomètre Dupont se trouve chez M. Dupont, pharmacien spécialiste, 154, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Canne photographique Beu-Akiba.
- la bobine vide qui est placée à la partie inférieure en faisant passer le papier sur le support qui se trouve en face de l’objectif. On referme alors la poignée et on trouve sur le côté une clé qui permet d’enrouler la bobine magasin. Un point de repère est marqué sur cette clé et une division est tracée sur la poignée, de façon qu’on enroule toujours la même quantité de pellicule ; on comprend, en effet, que la bobine magasin augmentant constamment de diamètre, on ne peut faire chaque fois un tour de clé complet si on veut dérouler des longueurs égales. En plaçant le point de repère, après chaque tour, en face de la division suivante, on est certain d’obtenir toujours des clichés d’égale longueur. Cette disposition sert en même temps de compteur, chacune des divisions indiquant le nombre des poses déjà faites. L’obturateur est très simple et se manœuvre en tirant un bouton placé sous l’objectif ; suivant qu’on le tire lentement ou rapidement, on fait la pose ou l’instantané. Les clichés sont assez fins pour pouvoir supporter l’agrandissement. — La canne photographique se trouve chez MM. Schmand et Grell, rue Commines, 14, à Paris.
- Un perce-chèques. — Cet instrument a été inventé pour découper rapidement dans les feuilles de papier des
- Perce-chèques.
- chiffres allant de 1 à 10. Les poinçons sont détachés de façon très nette, de manière à ne pas faire de bavures et à ne pas
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Trousse contre la morsure des vipères et les piqûres venimeuses.
- Depuis quelques années, le nombre des vipères augmente notablement, et les accidents causés par leurs morsures se renouvellent malheureusement trop souvent. Préoccupé de mettre à la portée de nos populations agricoles, particulièrement exposées à ce danger, un traitement réellement efficace contre les effets redoutables du venin de la vipère, M. G. Tardieu, pharmacien à Sisteron, s’est livré sur cette question à une étude approfondie. S’inspirant des travaux de savants autorisés, et plus spécialement des expériences de M. le professeur Kaufmann (de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort), il a composé une trousse, d’un prix modique, d’un maniement fort simple et dont la substance active a fait victorieusement ses preuves. La base du traitement est le permanganate de potasse chimiquement pur, rigoureusement pesé pour chaque dose; cette poudre est contenue dans le petit tube de la trousse. Un petit flacon renferme de l’eau distillée exactement mesurée, de manière à obtenir la solution normale seule efficace.
- Les moyens de se servir de la trousse sont les suivants : 4° Tout d’abord, sucer énergiquement la morsure, en ayant soin de cracher chaque fois, et de se rincer la bouche si possible; puis lier modérément le membre au-dessus du point mordu, soit avec un mouchoir, soit avec un lien quelconque. 2° Faire tomber dans l’eau distillée du flacon la dose de poudre contenue dans une des moitiés du petit tube. Agiter pour dissoudre. La solution, est aussitôt prête. 5° Au moyen de la lancette, inciser rapidement chaque piqûre sur une assez grande profondeur (avec quelques précautions cependant, pour éviter d’atteindre un vaisseau), bien exprimer le sang des tissus, et verser dans la plaie deux ou trois gouttes de la solution. 4° Pour terminer, appliquer un petit pansement avec un peu de coton imbibé de la solution; et enlever le lien. 11 faut administrer, à doses modérées, des boissons alcooliques chaudes. Pour utiliser la seconde dose de poudre, on pourra employer de l’eau bouillie, et, en cas de nécessité, simplement de l’eau. Ce traitement s’applique non seulement à l’homme, mais encore aux chiens, aux moutons et aux autres animaux. — La trousse se trouve chez M. G. Tardieu, pharmacien à Sisteron (Basses-Alpes), au prix de lfr,50.
- La tunique de Nessus.
- L’histoire ne nous a pas légué la composition toxique qui fit de la fameuse tunique un supplice pour Hercule ! Les ana-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- lyses chimiques étaient probablement rares à l’époque olympique. Et voici qu’aujourd’hui, à des milliers de siècles en arrière, des soldats, désireux de satisfaire aux lois de la propreté en changeant de linge, viennent de retrouver la chemise fatale. Jls étaient huit cuirassiers qui se livraient à cette opération de toilette ; un quart d’heure après tous les huit étaient pris de démangeaisons intolérables et le major, appelé à combattre cette épidémie d’un nouveau genre, constatait chez les huit malheureux l’apparition bien marquée d’une urticaire intense généralisée.
- Après enquête, on fut convaincu que les chemises propres étaient la cause du prurit et la preuve en fut donnée illico en passant une des chemises à un homme de bonne volonté qui lut, lui aussi, pris d’urticaire et de démangeaisons terribles.
- Les chemises étaient bien la cause de l’éruption; elles avaient été cependant blanchies comme d’ordinaire ; mais, en poursuivant les recherches, le Dr Masure constata que la blanchisseuse avait fait sécher les chemisés sur une haie d’aubépine. Et cette haie d’aubépine était couverte de nids de chenilles, la Liparis auriflua, dont les urines sont, comme celles des chenilles processionnaires, fort irritantes et se mêlant aux poils sèment partout les propriétés vésicantes, prurigineuses.
- Les magnarelles — je l’ai signalé ici même — d’après les jolies et curieuses recherches de Fabre, subissent du fait des vers à soie des irritations de la peau du même ordre. Mais vrai, ces pauvres cuirassiers n’ont pas de chance : la blanchisseuse fera bien, la prochaine fois, de leur emprunter leurs cuirasses pour étendre et faire sécher leurs chemises. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50™,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 mai. . . . 15°,4 N. N. E. 2. Beau. » Rosée; peu nuageux.
- Mardi 26 15”.0 N. E. 5. Beau. » Rosée ; halo ; peu nuageux.
- Mercredi 27. . . , 15°,5 N. E. 3. Beau. » Peu nuageux.
- Jeudi 28 15°,8 .N. E. 2. Couvert. » Halo ; nuag. ; pluie dans la soirée.
- Vendredi 29 18°,5 S. E. 2. Beau. 0,8 Peu nuag. le matin ; nuag. le soir ; éclairs à 21 h. 50.
- Samedi 30 19°,0 S. S. E. 1. Très nuageux. )) Nuag.; coups de tonnerre de 12 h. 30 à 15 h. ; éclairs au S.-E. de 21 à 22 h.
- Dimanche 51 . . . 18°,8 W. S. W. 2. Très nuageux. )> Rosée; nuag.; orage de 11 h. 30 à midi 50; quelques gouttes à 11 h. 15; orage de 17 h. 10 à 18 h. 15.
- MAI IS03 -- SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 MAI.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 29 mai, à 10k28" du matin, on a ressenti une légère secousse de tremblement de terre à Tarente (Italie). Dans la nuit du 30 au 31 mai, vers 3 heures du matin, à Saint-Pé, près de Lourdes, en France, des secousses ont eu lieu allant du sud au nord, et d’une durée d’environ 1 secondes. Les secousses de tremblement de terre se multiplient depuis quelque temps dans la région de Tarbes.
- Le temps. — Le beau temps en France a persisté pendant la semaine du 21 au 31 mai. Le 25 mai, la température moyenne à Paris a été de 17°,9 supérieure de 3°,5 à la normale ; dans la journée, elle a atteint un maximum de 24°,5. Le 20 mai, des pluies sont tombées dans le sud et le centre du continent; en France, on a recueilli seulement 1 mm d’eau à Bordeaux. La température moyenne à Paris a été de 18°,2 avec un maximum de 2i°,5. Le 27 mai, des pluies et (les orages ont été signalés dans le sud, dans l’est de la France ainsi qu’à Dunkerque; la température moyenne à Paris a été de 17°, 1, supérieure de 2°,8 à la normale. Le 28 inai, des pluies sont tombées
- vers la mer du Nord ; en France, il y a eu de nombreux orales dans l’ouest. Le 29 mai, le temps est pluvieux. Le 30 mai. il a éclatq sur Paris un violent orage avec grêle à 1 heure de l’après-midi. C’est à Montmartre que cet orage a été surtout violent ; grêle et pluie sont tombées pendant 20 minutes, transformant les ruisseaux en véritables torrents. Ou a également recueilli 14 mm d’eau à Clermont, 13 mm à Nantes, 11 min au Havre.
- Bourrasques aux États-Unis. — Une forte bourrasque a sévi le 23 inai aux Etats-Unis, sur l’Etat de Nebraska, et a causé les plus grands dégâts ; vingt et une personnes ont été tuées et un grand nombre blessées. On dit aussi que les villes de Norman et de Fairlield ont été complètement détruites. Des pluies torrentielles out causé des inondations dans le territoire indien, l'Alabama, le Kansas, le Missouri et lTovva.
- Pluie de boue. — Une pluie de boue est tombée le 26 mai à Giardini, en Italie, et a desséché les plantes et les récoltes naissantes. Cette averse proviendrait d’Afrique.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 26 à 10 h. 59 m. du soir.
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- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- - Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Hty Le Congrès international de Chimie s’est ouvert à Berlin le 4 juin sous la présidence de M. YVitt dans la grande salle des séances du Reichstag. Le lendemain M. Henri Moissan, de l’Institut de France, a vivement intéressé l’Assemblée par une communication sur les hydrures et les carbures en métallurgie. M. William Crooke, de Londres, a fait une communication sur l’état actuel de nos connaissances sur la matière. Enfin, M. Yanthoff, de Berlin, a fait un exposé général sur la formation des gisements naturels du sel gemme. On a donné un grand éclat à ce Congrès de Chimie.
- —Ht— Une nouvelle comète a été découverte le 17 avril par M. E. Grigg de l’Observatoire de Windsor (Nouvelle-Galles du Sud). Elle a été trouvée près d’Eridan. On ne sait rien encore sur son éclat.
- —Ht— La médaille Donohoe vient d’être décernée par la Société astronomique du Pacifique à notre compatriote M. Michel Giacobini, astronome à l’Observatoire de Nice, pour ses découvertes de deux nouvelles comètes, le 2 décembre 1902 et le 15 janvier 1903.
- —Ht— La dormeuse de Thenelles est morte la semaine passée. Ælie dormait depuis vingt ans. A la suite d’une terreur des plus vives, Marguerite Boyenval tomba en crise et s’endormit. On se rappelle l’incident. Les médecins accoururent de tous côtés pour examiner cette léthargique. Ainsi, elle dormit presque sans discontinuité. Elle se réveilla complètement il y a un mois. Un abcès se forma au bras. On l'opéra et pour la première fois elle donna signe de sensibilité. Un second abcès survint à la jambe. On prétend qu’elle était tuberculeuse au dernier degré. Toujours est-il que sansforce, sans résistance, elle s’est éteintele 27 mai àl’âge de 42 ans.
- —Ht— On se préoccupe beaucoup en ce moment, en Amérique, <les risques que font courir aux ponts suspendus l’incendie des planchers qu ils supportent. Des expériences ont été faites pour déterminer la diminution de résistance à la traction que subissent les fils métalliques exposés à une chaleur élevée. Des fils d’acier qui, à la température normale, ont supporté un poids de 54 000 kg par 2,5cm4. portés au rouge sombre, n’ont pu dépasser 6200 kg, ; au rouge vif, 5050 kg. Il y a donc lieu (le craindre qu’un incendie attaquant un pont suspendu, et alimenté par les planchers combustibles, ne l’anéantisse complètement. La question des bois ignifugés est donc de plus en plus à l’ordre du jour,
- —Ht— Il paraîtrait que l’ile de Ceylan est particulièrement favorable au développement des centenaires. Le dernier recensement de la population en accuse 145, soit 71 hommes et 74 femmes : 95 d’entre eux viennent d’accomplir 100 ans, les autres ont dépassé ce chiffre fatidique, et le plus vieux atteint 120 ans.
- —Ht— Des observations faites récemment en Amérique tendent à prouver que certaines vibrations des fils télégraphiques ont la propriété d’attirer les moustiques en quantités très considérables; ils se laissent alors capturer avec la plus grande facilité et l’on peut ainsi les détruire aisément. Peut-être y aurait-il lieu de faire des expériences pour contrôler le fait et voir s’il ne serait pas susceptible d’applications dans la lutte contre le paludisme.
- —Ht— Les ateliers Lorenz d'Ettlingen (grand Duché de Bade) fabriquent maintenant de façon courante des vis sans fin globoïdales, où toutes les dents de la vis sont en contact sur toute leur longueur avec celle de la roue hélicoïdale à entraîner. On sait que, dans les vis sans fin cylindrique, quelques points seulement engrènent à la fois.
- —Ht— Le préfet des Hautes-Alpes, considérant que l’habitude fâcheuse qui s est introduite dans le département de cueillir les plantes agrestes avec leurs racines peut avoir pour résultat, s’il n’y est mis empêchement, d’amener la disparition de la flore des Alpes,
- si riche et si variée; qu’il convient donc, pour en assurer la conservation, d’interdire 1 arrachage des plantes de montagnes, a pris l’arrêté suivant : « L’arrachage des plantes alpines, telles que : l’edelweiss, le génépi, le cyclamen, le rhododendron, le sabot de la Yierge, le panicaut des Alpes (reine des Alpes ou chardon bleu), la petite gentiane à fleurs bleues, le millepertuis ou vulnéraire, la fourragère à feuilles persistantes, l’arnica, le lis martagon, le lis rouge, le frétillaire, l’anémone, Torchis, la nivéole, le géranium argenté, la clématite des Alpes, etc., est interdit dans les bois, forêts, prairies et pâturages alpestres appartenant aux communes ou aux établissements publics et non soumis au régime forestier. (Cette nomenclature est indicative et non limitative). En ce qui concerne les bois, forêts et pâturages gérés par l’administration des forêts, l’arrachage de toutes espèces de plantes est réglementé par les ordonnances du 1er août 1827 et du 4 décembre 1844. Le transport, le colportage et la vente des plantes alpines, avec leurs racines, sont formellement interdits.
- —Ht— On annonce qu’un nouvel alliage, la « météorite », a été obtenu récemment par un chimiste berlinois : il posséderait beaucoup des qualités de l’aluminium, notamment sa légèreté, et serait de plus très ductile et très résistant.
- —Ht- On connaît le danger qu’occasionne aux navires la propriété de combustion spontanée que possèdent certaines substances, comme le coton.* Une compagnie américaine vient d’appliquer à ses navires et à ses docks un système qui permet de déceler tout commencement d’incendie dans les marchandises. A cet effet, chaque compartiment est muni d’un tuyau communiquant avec un aspirateur électrique : si un incendie se déclare en un point quelconque, la fumée qu’il produit se trouve amenée dans l’appareil central, et Ton est de suite renseigné sur l’endroit où le feu s’est déclaré. Le même tuyau qui a amené la fumée révélatrice sert alors à remplir de vapeur le compartiment menacé, et le danger se trouve conjuré.
- —Ht— A Saint-Pierre d’Argençon (Hautes-Alpes) existe une chèvre provenant du croisement d’un chamois et d une chèvre. Cet hybride présente une particularité curieuse : sa tête porte quatre cornes, dont deuxde chamois : ses petits olfrentla même particularité.
- y-Ht— Coût comparatif d’une automobile et d’une voiture ordi- • naire. Cette comparaison est fort difficile, si Ton veut tenir compte de tous les éléments,, mais elle est particulièrement intéressante, et c’est pour cela que nous signalerons le calcul fait par un membre du Club automobile d’Ecosse, en ne donnant du reste que les résultats généraux auxquels il est arrivé, et sans pouvoir prendre la responsabilité de ses chiffres. Il suppose un fiacre parcourant journellement une distance de 45 kilomètres, et devant relayer, c’est-à-dire employer deux chevaux. Avec ces chevaux et la voiture ordinaire, les dépenses tout compris ressortiraient à 0tr,40 du kilomètre parcouru, tandis qu’elles ne seraient que de 0fr,25 pour le même parcours avec une automobile.
- —Ht— Depuis quelque temps, dans les compartiments de troisième classe des chemins de fer suédois, des livres sont mis gracieusement à la disposition des voyageurs, pour qu’il puissent charmer les ennuis du voyage ; on s’apprête à imiter cet exemple en Danemark.
- —Ht— MM. Olry et Bonnet insistent, une fois encore, sur les dangers qu’entraîne la présence des moindres parcelles de corps gras, non seulement dans les chaudières à vapeur, où ils causent des déformations, des brûlures, mais encore dans toutes les tuyauteries de vapeur, qu’ils dissolvent bel et bien, dont ils amincissent peu à peu les parois.
- —H(— L’immense République du Brésil est loin de posséder un réseau ferré en relation avec son développement : en effet ce réseau ne compte pas plus de 15 200 kilomètres de voies ferrées, et jusqu’en 4890 il n’en comptait pas même 10 000.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le métronome silencieux se trouve chez tous les marchands de musique : on peut aussi s’adresser directement à MM. Endrès et Décastiaux, Société de Traction par trolley automoteur, 5, rue Boudreau, Paris.
- Communications. — M. Basarow, de St-Pétersbourg, nous écrit à propos des poussières éoliennes décrites dans le n° 1558, du 4 avril 1905, page 274: « Je vous communique le fait suivant, qui me parait digne d’être signalé. Comme rédacteur du journal « Plodowodstwo » (traduction : « culture fruitière ») j’ai reçu une lettre de M. Hermann à Soukhoum (Caucase), qui m’écrit que le 12 février (ancien style, donc 25 février du nouveau style) de 9 à 11 heures du matin, sur tout le littoral de Soukhoum, tomba une pluie de boue. Un échantillon du dépôt séché était joint à la lettre. M. Hermann suppose que c’est de la cendre du volcan de la Martinique et craint que ce dépôt sur les feuilles des plantes ne puisse nuire à la végétation. J’ai communiqué ce fait à la (( Société Impériale de culture fruitière de Russie » dans sa séance du 27 février (12 mars). L’assemblée émit le vœu que cette poussière fût analysée par le « Comité géologique » du ministère d’agriculture, ce qui fut fait. D’après l’examen microscopique, cette poussière contient: 1° des fragments de cristaux de pyroxène (hyperstène), de couleur brune, assez gros (longueur maxima 0,012mm, largeur maxima 0,004mra) ; 2° des fragments prismatiques d’augite jaunâtre ; 3° des fragments d’un minéral jaunâtre (basaltique) ; 4° des fragments incolores de plagioclase (andésite-oligoclase) ; 5° des fragments de différentes couleurs d’un verre isotrope, contenant des particules arrondies de magnétite; 6° des fragments noirs d’un minerai (magnétite) et de ferrite rouge. Outre cela, la poussière contenait des algues' (Nostocaceæ, Confervaceæ et Diatomeæ) et des particules rougeâtre de brique et de sable, qui ont été, sans doute, mélangées à la poussière en la recueillant. En somme, la poussière est une cendre volcanique (lave hvpersténo-andésitique), ressemblant à celle de la Martinique, décrite par le professeur Lacroix dans les « Comptes rendus » de l’Académie des sciences. Mais, peut-être, provient-elle de Santorin (Cyclades) ».
- M. de Rocquigny-Adanson, à Moulins (Allier), nous envoie une brochure intitulée : Les Argynnides du centre de la France. C’est une intéressante étude de géographie zoologique, où l’auteur a recueilli un grand nombre de documents sur la distribution de ces Lépidoptères, leur habitat préféré, et l’époque où ils apparaissent d’ordinaire. La conclusion est que, si la France possède les quatre cinquièmes des Lépidoptères de l’Europe, le Centre possède les quatre [cinquièmes des Lépidoptères de France.
- Renseignements. — M. Frappié, à Paris. — Pour enlever la rouille des objets métalliques, servez-vous de Y Antirouille au Cygne, en vente chez M. Chapin, 1(5, rue Sainte-Cécile, à Paris.
- M. S. J., à Albert. — En arrosant la terre avec de l’eau additionnée de sulfure de carbone, on détruit les vers blancs qu’elle contient.
- M. Gallard, à Tournai. — Vous pourriez vous adresser à la fabrique d’ancres de M. Turbot, à Anzin (Nord).
- jl/me yve ÿ0yer^ Agey. — 11 est préférable d’écrire directement à la Préfecture de Police : nous ignorons les délais et conditions du concours.
- M. Fortier, à Vouziers. — La table décennale des années
- 1892-1902 est en préparation : elle paraîtra sans doute vers le mois de janvier.
- M. Eduardo F aria, à Quinta da Yeiga. — 1° Cette peinture est très résistante, mais nous ne pensons pas qu’elle puisse remplacer la peinture à l’huile. — 2° On ne possède pas de détails précis sur la fabrication de l’alcool synthétique. — 5° Voir le Manuel du boulanger, de l’Encyclopédie Roret. Prix : 4 francs. Librairie Mulo, 3, rue llautefeuille, à Paris.
- M. Ricordi, à Piombo. — Un simple lutage à la paraffine doit suffire dans la plupart des cas.
- M. Travers, à Riom. — La casse des vins est un phénomène assez commun, mais contre lequel aucun remède certain n’a été inventé : tous présentent des inconvénients divers, dont le moindre est d’altérer la saveur du vin.
- M. Radieff, à Kiew (Russie). —Ce système de pneumatique ne paraît pas avoir eu beaucoup de succès : on ne le trouve plus dans le commerce.
- M. Bouyet, à Bordeaux. — Nous n’avons pu retrouver l’adresse du fabricant de cet objet, qui n’a eu, croyons-nous, qu’une existence éphémère.
- M. Alphonse Marion, à Marseille. — C’est en effet d’arachides qu’il s'agit. Nous n’avons pas de détails sur ce produit, mais peut-être pourriez-vous consulter avec fruit l’ouvrage de M. Larbalétrier, intitulé : Le beurre et la margarine, de l’Encyclopédie des Aide-mémoire : librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. B. S. H., à Beauvais. — Pourquoi ne pas vous servir simplement de l’ophtalmomètre? Vous trouverez dans le Traité de physique biologique, de d’Arsonval, toutes les indications désirables à cet égard. Librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. le DrDambez, à Santa-Vittoria (Brésil). — L’arithmographe Troncet est en vente à la librairie Larousse, 12, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. C. /. F., à Paris. — Notre collaborateur M. Clément pourrait vous renseigner d’une façon complète : lui écrire, 34, rue Lacépède, à Paris.
- M. de S., à Luchon. — Ce sujet est en effet des plus intéressants, aussi publions-nous dans le présent numéro une étude sur le poney d’Islande.
- M. Marivaux, à Tours. — Le carburateur Sthenos est en vente chez M. Ph. Marot, 78, rue Laugier, à Paris.
- Rév. J. M. Marschaw, à Ottava. — Nous avons signalé depuis longtemps à nos lecteurs le cas d’une église éclairée à l’aide de l’électricité fournie par une automobile : voir les Informations du n° 1481, du 12 octobre 1901.
- M. F. B., h Chambley. — 1° Nous n’avons pas d’autre indication sur cette maison. — 2° Guide pratique d’électrothérapie, par le Dr Onimus. Prix : 6 francs. Librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. U. A., à Paris. — Pour ces divers produits chimiques, adressez-vous à MM. Margueritte frères, 2, rue des Archives, à Paris.
- M. Dulong, à Lille. — Vous aurez ces renseignements en vous adressant à MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Salvert fils, à Séez. — La maison Mackenstein, 15, rue des Carmes, à Paris, fabrique cet instrument : veuillez vous adresser directement à elle.
- J/. A. N., à Limoges. — Nous avons décrit le réchaud pour bougie dans le n° 1478, du 21 septembre 1901.
- M. Atti, à Milan. — Pour tout ce qui concerne les projections, veuillez vous adresser à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-C-alvaire, à Paris.
- M. G. Duriez, à Vélizv. — Nous avons donné dans le n° 1539 du 22 novembre 1902, page 598, une sommaire description d’une puissante locomotive mise en circulation par la Compagnie anglaise Great Western Railroad.
- Capitaine J. L., à Frouard. — 1° M. le Dr Yillard a décrit un redresseur cathodique pour courants induits dans le n° 1564 du 15 juillet 1899. — 2° Nous ne pouvons entreprendre dés expériences aussi compliquées et qui d’ailleurs ne paraissent pas fondées sur des bases bien certaines.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Z. H., à
- Bourg-d’Oisans. Veuillez nous faire parvenir un exemplaire des fruits attaqués et nous ferons, s’il est possible, déterminer le parasite. — M. Teillais, à Bir-bou-Itekba. Le système dont vous nous parlez ne vaut pas l’appareil cypriote. — M. Sinding, à Gôteborg. Pour les alliages d’aluminium et de nickel, consultez les Recettes et procédés utiles, 5e série. Librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Mans ta » Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer loules les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Goupillon-tulipe pour lampes A incandescence électriques. — On sait combien les lampes à incandescence électriques sont fragiles ; souvent en y touchant pour les nettoyer, elles volent en éclats. 11 est cependant de grande nécessité de les nettoyer de temps à autre pour enlever la poussière qui se dépose dessus. C'est d’abord une question de propreté, et il y a encore une question d’économie. Lorsque la lampe est recouverte de poussière, une grande quantité de la lumière émise, sinon presque toute, est absorbée,
- Goupillon-tulipe pour lampes à incandescence électriques.
- et l’éclairage cherché est défectueux. On allume alors une deuxième lampe voisine, qui ne donne pas davantage de lumière, et l’on est ainsi amené à allumer plusieurs lampes, alors que le plus souvent une seule suffirait. Pour faciliter le nettoyage des lampes électriques, on vient d’inventer un goupillon-tulipe spécial, qui est lormé de quatre supports en fil d’acier flexible, recouverts de chenille douce. Ce goupillon vient se placer tout autour de la lampe, comme le montre la figure ci-jointe, et permet de retirer aisément toute la poussière qui est déposée sur l’ampoule. — Le goupillon-tulipe se trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Un additionneur. — L’addition est de toutes les opérations la plus fatigante et celle qui captive le plus l’attention. Il
- Additionneur.
- est donc intéressant de pouvoir signaler à [l’occasion uœappa-reil qui facilite cette opération. L’appareil que représente la
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des JYow-relies scientifiques est étrangère aux annonces.
- figure ci-jointe est formé d’un disque circulaire en métal nickelé, et dans lequel sont découpées des rainures en spirale. 11 porte sur sa circonférence cent petits crans; en regard de chaque entaille de ces crans se trouvent les chiffres correspondants de 1 à 100. Un secteur est placé comme l’indique la figure et le disque tourne autour du centre. Le secteur porte une rainure suivant le rayon, dans laquelle est placée l’aiguille indicatrice qui se meut dans les rainures en spirale. A l’extrémité du secteur est un rebord dans lequel se trouvent des cases réservées aux neuf premiers chiffres. Comme le montre la figure, on passe le pouce de la main gauche dans l’anneau qui est sous le disque, et on dispose les quatre doigts dans les entailles où sont marqués les chiffres. La main droite munie d’un porte-mine commence l’opération. On tourne le disque de droite à gauche jusqu’à l’arrêt au zéro. On introduit le porte-mine du côté de l’envers dans le cran comportant le chiffre correspondant au premier chiffre de la colonne à additionner. On tourne le disque jusqu’au butoir, et on recommence ainsi pour tous les chiffres. L’appareil est simple à manœuvrer. Il nous a donné de bons résultats pour plusieurs opérations que nous avons faites. — L’additionneur se trouve à The Zéphyr C°, 24, rue des Petites-Ecuries. Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- [.Photo-Collcgraphie d'amateur « Le Sinop »
- Les amateurs photographes pratiquent peu l’impression des clichés aux encres grasses et cependant ce procédé est susceptible de donner de chaimants résultats ainsi que le prouvent les planches tirées dans l’industrie sous forme d’innombrables cartes postales.
- Le matériel simple, pratique et sûr, manquait jusqu’à présent à l’amateur, ou au photographe professionnel, n’ayant qu’un petit tirage à faire. M. Poussin-Druart a imaginé un procédé qui, tout en étant basé sur des principes connus, contient des améliorations notables dans le détail et permet d’obtenir en quelques minutes une planche prête au tirage, lequel se fait tout simplement avec la presse à copier. Le principal perfectionnement apporté au procédé collographique par M. Poussin est la surface sensible, qu’il vend toute préparée sur plaques de verre, comme se vendent les plaques photographiques ordinaires. Au lieu d’être au bromure d’argent la préparation contient un autre sel métallique qui lui communique des qualités toutes spéciales.
- Ces plaques ne sont pas sensibles, on peut les conserver indéfiniment. Au moment de s’en servir on les passe pendant quelques minutes dans un bain de bichromate de potasse à 2 pour 100 et on les fait sécher à l’obscurité. On les impressionne ensuite au châssis-presse et il ne faut que (( deux minutes » à la lumière diffuse pour que l’image soit suffisante; on est guidé, pour arrêter l’exposition, par l’apparition d’une faible silhouette au dos de la plaque. On lave alors celle-ci à l’eau ordinaire pour enlever le bichromate, ce qui demande environ un quart d’heure, et on peut ensuite la mettre impunément au jour. On la fait baigner dans de l’eau glycérinée à 75 pour 100 et on obtient, au bout de 10 à 15 minutes, les reliefs nécessaires à l’impression. On fixe alors la plaque, sur le plateau en zinc de l’appareil, au moyen d’une feuille de papier gélatiné, puis on procède à l’encrage avec un rouleau de gélatine ; on rabat le volet à charnière qui maintient la « frisquette » ou cache destinée à ménager les marges, et, après avoir posé par-dessus la feuille de papier, on la recouvre d’une feuille épaisse de caoutchouc destinée à régulariser la pression et on met le tout sous la presse à copier.
- Les épreuves obtenues sont très fines et très détaillées. Nous n’entrons pas dans tous les détails du procédé qu’on trouvera minutieusement décrit dans la brochure qui accompagne l’appareil. Celui-ci renferme tout ce qui est nécessaire : table à encres, couteau à palette, rouleaux, éponges, papiers divers, glycérine, etc.
- On peut imprimer sur papier, carton, celluloïde, étoffes, cuir, etc., et obtenir soit en monochromie, soit en plusieurs couleurs de fort jolis résultats.
- C’est un procédé qui est tout indiqué pour l’amateur et le photographe de profession qui veut obtenir des cartes postales, menus de dîners ou en-têtes de papier à lettre à un nombre d’exemplaires trop restreint pour qu’il puisse s’adresser au tirage industriel.
- Les plaques une fois utilisées sont lavées à l’essence et se conservent indéfiniment ; il suffit de les mouiller pour pouvoir procéder à de nouveaux tirages au fur et à mesure des besoins.
- Le Sinop se trouve chez M. Target, 26, rue Saint-Gilles, Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour couler des empreintes d'insectes. — La méthode est signalée par National Uruggist comme étant celle qui est pratiquée par les Indous. On commence par placer l’insecte dans une position naturelle en fixant le bas de ses pattes sur un anneau de cire ovale, et au moyen de fils métalliques fins passant sur cet anneau, on le maintient au centre d’une boîte en bois; d’autres fils plus épais sont tendus entre l’objet et les parois de la boîte : on les enlèvera plus tard et ils formeront des évents dans le moule. D’autre part on dispose une petite baguette s’élevant verticalement au-dessus du dos de l’insecte, pour ménager un trou assurant la coulée du métal. On peut alors remplir la boîte jusqu’en haut d’une pâte faite de 5 parties
- de plâtre de Paris et d’une partie de brique pulvérisée, le tout additionné d’ùne solution d’alun et de sel ammoniac. On fait bien auparavant de passer au pinceau une couehe de cet enduit très liquide, pour empêcher les bulles d’air. Quand la pâte est bien sèche, il faut débarrasser le moule de l’insecte, en le faisant tomber le plus rapidement possible en poussière. On met d’abord la boîte dans une pièce où règne une température constamment tiède ; et, au bout d’un certain temps, difficile à préciser complètement, on chauffe le tout jusqu’au rouge, ce qui réduit l’insecte en cendres et fait fondre l’espèce de piédestal en cire sur lequel il était monté : la cire s’échappe pendant ce chauffage, les cendres de la bête sortent par les trous qu’ont laissés les filg ou encore la baguette de bois, et, quand le moule est bien débarrassé de tout, on peut procéder à la coulée comme de coutume.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS -7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 1" juin . . . 18-,9 w. s. \Y. 1. Beau.
- Mardi 2 18",5 N. N. E. 1. Peu nuageux.
- Mercredi 5 . . . . 11»,1 N. N. E. 4. Couvert.
- Jeudi 4 9",9 N. N. E. 4. Couvert.
- Vendredi 5 15»,1 N. E. 5. Beau.
- Samedi 6 15",9 N. E. 4. Couvert.
- Dimanche 7 10»,5 N. E. 4. Beau.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,0 Rosée; beau jusqu’à 9 h.; nuageux ensuite; orage de 20 h. 15 à 22 h. 5 m. du N. au S. avec gouttes à 22 h.
- 0,0 Nuageux jusq. 14 h., cmv. ensuite; orage de 10 h. 40 à 15 h. 15 del’E. au S.-W. avec pluie de 12 h. à 12 h. 55.
- 1,1 Presque couvert.
- 0,0 Nuageux.
- 0,0 Beau.
- 0,0 Très nuageux usqu’â 19 h. ; beau ensuite.
- 0,0 Peu nuageux.
- JUIN 1903. -- SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 JUIN.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent, Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La température. — Pendant la semaine du 51 mai au 6 juin, nous avons eu de très grandes variations de température. Le 51 mai le matin à 7 heures, elle était à Paris de 19°,1 et dans la journée elle ne descendait pas au-dessous de 15°,1. Le 1" juin elle était de 18° le matin, et dans la journée le minimum était de 15°,2. Le 2 juin, le matin, on constatait 11° et dans la journée le minimum était de 10°,1. Le même jour, on trouvait 7° au puy de Dôme et à l’Aigoual et — 1° au mont Mou-nier. Le 5 juin, la température s’abaissait encore notablement; le matin, elle était de 8“ à Clermont, 9° à Paris. Le 4 juin, le matin, le thermomètre marquait 15° à Paris, 9° au mont Ventoux, 5° au puy de Dôme et 0° au mont Mounier; la température moyenne de la journée à Paris a été de 15°,2 inférieure de 2,,5 à la température normale. Le 5 juin, le beau temps semble revenu; le matin, le thermomètre marque 14° et la température moyenne est de 15°,8. Le 7 juin, la température moyenne était de 15° à Paris.
- Orages. — Du 51 mai au 6 juin, on a signalé des orages dans le nord, dans l’est et le sud. Le 51 mai, on a recueilli 15 mm d’eau à Clermont, 5 mm à Bordeaux. Un orage a eu lieu à Paris dans la soirée. Le 1” juin, on a recueilli 88 mm d'eau à Nice, 53 mm à Charleville, 50 mm à
- Cette, 21 mm à Perpignan. Le 2 juin, il y a eu en France de$ orages dans le centre et dans le sud ; il est tombé 27 mm d’eau à Clermont, 10 mm à Marseille, 1 mm à Paris. De violents orages qui ont éclaté le 5 juin sur la région du midi de la France, ont causé d’importants dégâts. A Barbentane, dans le département des Bouches-du-Bhône, vers 5 heures, pendant une demi-heure, la grêle est tombée. Les grêlons étaient si gros que le lendemain matin ils n’étaient pas encore fondus. Les vignes, les haricots et les pêches sont perdus. À Noves, le même orage a détruit complètement les récoltes. La foudre s’est abattue sur la ferme Cadau. située sur la route de Saint-Remy, blessant trois personnes. A lloquevaire, l’orage a fait également des dégâts, et la grêle a détruit tous les arbres fruitiers, ravinant complètement le terrain. A Cerbère, uii terrible coup de veut du nord a. ravagé entièrement les vignobles. Le 4 juin, un orage a eu lieu au mont Aigoual. Des pluies sont tombées en Norvège et en Italie ; en France il a plu à Nice (2 mm d’eau), à Marseille (2 mm) et à Toulouse (2 min).
- Inondations au Kansas. — Nous avons déjà signalé dans notre dernière chronique météorologique les inondations provenant des pluies torrentielles au Kansas. A la date du 4 juin, ces inondations continuaient encore ; mentionnons surtout les inondations dans la vallée du Mississipi, à Saint-Louis.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 2 à 1 h. 55 m. du soir.
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- I
- N° 1569 (20 juin 1903), du'journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le Congrès de chimie appliquée a terminé ses séances le 8 juin, à Berlin, après avoir choisi la ville de Rome comme lieu -de réunion j)our le prochain Congrès qui aura lieu en 1906.
- —H(— M. Bouquet de la Grye, membre de l’Institut, vient de présenter au Conseil du Bureau central météorologique de France un rapport publié par le Journal officiel du 8 juin. M. Bouquet de la Grye a rappelé tout d’abord l’historique du Bureau central météorologique de Paris auquel se rattachent l’observatoire du Parc-Saint-Maur, fondé par II. Renou, et auquel a succédé M. Moureaux; l’observatoire de Nantes, dirigé par II. Massoulier, celui de Perpignan, par le Dr Fines; celui du Pic du Midi, fondé par le général de Nansouty et où M. Marchand fait actuellement de belles et utiles recherches; celui du Puy de Dôme et celui de Rabanesse, son annexe, dirigés par M. Brunhes et M. David, enfin, l’observatoire du mont Yentoux, sous la direction de M. Dyrion, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et celui de l’Aigoual, sous la direction de l’inspecteur •dos forêts de Mmes. Toulouse, Bordeaux, Nice, Lyon et Besançon fout aussi des observations; elles sont régulièrement adressées au Bureau central lequel reçoit mensuellement les tableaux de 200 stations installées dans les départements, de 65 stations de l’étranger, de' 26 stations à Madagascar, de 12 observatoires principaux et 30 stations secondaires en Indo-Chine. On ne peut songer encore à résoudre le problème des prédictions du temps à longue échéance, mais déjà l’ensemble des prévisions à courte période a donné 91 pour 100 de réussite; pour les coups de vents la prévision s’est réalisée •dans la proportion de 77 pour 100; ce sont là des ebitfres qui disent toute l’utilité des services du Bureau central météorologique. Il mérite, suivant l’expression de M. Bouquet de la Grye, « toute l’attention des'pouvoirs publics » et il est à souhaiter qu’il soit doté des ressources matérielles nécessaires pour conserver à notre institution météorologique le haut rang qu’elle occupe.
- —Ht— C’est avec un véritable regret que nous avons appris la mort presque subite de notre confrère M. Lucien Marc, directeur de F Illustration, à l’âge de 57 ans. Il avait su porter son journal à un haut degré de prospérité. Lucien Marc avait acquis d’unanimes sympathies par sa bienveillance et l’aménité de son caractère. Il laissera après lui un grand vi<le et ses amis n’oublieront pas le publiciste qui fut éminent et l’homme qui fut bon pour tous.
- —Ht— Mrae Sklodowska-Curie a soutenu avec un grand succès devant la Faculté des sciences de Paris, le 12 juin, une thèse de doctorat és sciences physiques sur le sujet suivant : « Recherches sur les substances radio-actives. »
- —Ht— Le 15 juin eurent lieu à Evreux une exposition et un concours de chiens de berger d’un vif intérêt. Exposition et concours avaient été organisés sous la présidence de M. Boulet par le Glub français du Chien de berger. Un grand nombre d’amateurs s’étaient rendus à Evreux pour assister aux épreuves. Nos chiens n'ont rien à envier à leurs similaires d’Angleterre. Ils se sont montrés au moins égaux aux fameux Colleys d’Ecosse.
- —Ht— On apprendra avec plaisir que notre collaborateur M. Ch. Weisser, notre habile dessinateur et peintre de talent, vient d’obtenir au Salon des Artistes français (Palais des Champs-Elysées) une « mention honorable » pour son joli tableau : « Chien et chat ».
- —Ht— Les grands parcours sans arrêts sur les chemins de fer anglais. Actuellement le parcours le plus long fait sur ce réseau ferré est celui de Londres à Exeter, sur le Great Western Railway, parcours qui représente une distance de 311 kilomètres. Voici que, de son côté, la Compagnie Midland se prépare à adopter les dispositifs automatiques bien connus permettant l’alimentation d’eau en cours de route, afin d’effectuer également sans arrêt les trajets de
- Londres et de Birmingham à Manchester et à Leeds. Plusieurs autres compagnies ont installé ou vont installer des récipients d’eau analogues, et un certain nombre accomplissent déjà des parcours de 198 à 263 kilomètres sans arrêt.
- —Ht— La Compagnie de l’Ouest augmente aussi la vitesse de ses rapides. A partir du Ier juillet ôn ira de Paris à Rouen en lh34m au lieu de 2h10m et de Paris au Havre en 2h 44m.
- —Ht— La pêche du thon a été entreprise sur les côtes de la Tunisie par des bateaux français. En 3 jours les bateaux « Bordj-Khadidja » et le « Monastir-lvuriat » en ont capturé chacun 1100.
- —Ht— Un violent orage s’est abattu le 11 juin, à 6 heures du soir, sur Rouen et ses environs. La foudre est tombée en plusieurs endroits ; des trombes d’eau mêlée de grêle ont inondé les rues, débordant dans les caves et causant des dégâts importants. A Saintr Etienne-du-Rouvray, la campagne était recouverte d’une couche de grêlons blanche comme neige.
- —Ht— Le raid Sedan-Bruxelles, aller et retour, vient d’être accompli par le lieutenant Baufil du 28e dragons en garnison à Sedan, accompagné du maréchal des logis Peynaud. L’itinéraire était depuis Sedan : Mézières, Givet, Narnur, Wavre et le casernement du 2e régiment des guides, à Etterbeek-lès-Bruxelles. Partis de Sedan le 5 juin à 7 heures du soir, le lieutenant et son compagnon sont arrivés le samedi 6 juin après-midi à 3h15 à la caserne des guides, avec une avance de lh15 sur leurs prévisions. La routé a été très belle et le temps favorable. Ces deux cavaliers ont fait, au cours de leur chevauchée, 22 kilomètres au pas gymnastique en tenant leurs montures par la bride. Ils ont eu deux arrêts, une, demi-heure à Givet et trois quarts d’heure à Namur. Les officiei’s des Guides ont fait grand accueil aux voyageurs qui ont dîné à leur mess et qui sont repartis à 11 heures pour Sedan. Le sous-officier est arrivé le dimanche soir 7 juin à 6h 40m. Le lieutenant, retardé par suite de la chute de son cheval Midas sur un caillou, à Mézières, est arrivé le même jour à 8h 45’”. Les chevaux et les cavaliers étaient en parlait état. Les 400 kilomètres ont été couverts, par le maréchal des logis Peynaud en 47h40m, et parle lieutenant Baufil en 49h45m. Le lieutenant Baufil montait le cheval demi-sang Midas, le maréchal des logis, le pur sang Jobourg.
- —Ht— M. Santos-Dumont a effectué une sortie le 14 juin, dans l'après-midi, avec son ballon n° 9 dont nous avons récemment donné la description. Il est descendu sur la pelouse de l’hippodrome de Longchamp, y est resté quelques minutes et est reparti ensuite.
- —Ht— Les inondations en Amérique ont causé de grands dégâts. On évalue à 80 000 hectares l’étendue submergée dans un rayon de 50 kilomètres autour de la ville de Saint-Louis. 25000 personnes ont été sans abri. Le village de Black-Walnut, situé sur le Missouri, à 40 kilomètres au nord de Saint-Louis, a été entouré par les eaux. Dans la Caroline du Sud, un ouragan a détruit deux filatures de coton à Pancelet et une autre à Clifton. Ces filatures étaient parmi les plus importantes des Etats-Unis. Plusieurs ponts ont été emportés. A Columbus (Caroline), la rivière Congaree est montée à 4 mètres au-dessus de son niveau normal le plus élevé. La ville de Pacolett et les autres centres manufacturiers de colon ont été envahis par les eaux. Les bords du Tiger ont-été couverts par les eaux. Un petit vapeur, arrivé à Black-YV'alnut, a sauvé 200 personnes réfugiées sur les toitures. Quinze hommes, qui travaillaient à construire une digue près de Madison, ont été surpris par l’effondrement de cette digue et se sont noyés. Les villes de Vemce, Madison, West-Madison, New-Port, Brooklyn et Grande-Citv, situées sur la rive gauche du Mississipi, au nord de Saint-Louis-de-l’Est, ont été recouvertes par 3 à 5 mètres d’eau. Tous les magasins et cabarets sont fermés à Saint-Louis-de-l’Est. La plupart des hommes valides font de suprêmes efforts sur la digue pour sauver les personnes en danger. La circulation par voie ferrée a été interrompue à peu près partout.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d'informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le mesureur électrique du couple, de la puissance et du travail mécanique, que nous avons décrit dans le n° 1567 du 6 juin 1903 p. 1, s’adresser à M. Gaiffe, 40, rue Saint-André-des-Arts, à Paris. — Pour la céramique sans cuisson, s’adresser à M. Wolf, 43, rue Saint-Augustin, à Paris.
- Communications. — M. R. Guérin, directeur du-laboratoire chimique central de la République de Guatemala, nous adresse les observations météorologiques faites par cette institution pendant l’année 1902. Les phénomènes sismiques et volcaniques sont nombreux : 115 tremblements de terre en douze mois. Il est tombé 2625 millimètres d’eau : les quantités mensuelles varient entre 165 et 740 millimètres. Le maximum de température fut atteint en avril: 54°,4; le minimum en janvier : 5°,6.
- M. Léon Brut nous écrit de Chevreuse : « Les recettes et procédés utiles contiennent beaucoup de remèdes contre l’invasion des fourmis. Voici le seul qui m’ait donné absolue satisfaction. Dans les armoires, buffets, placards, envahis, il n’y a qu’à déposer des morceaux de citron moisis. J’insiste sur le mot moisi. 11 se répand une odeur forte rappelant beaucoup celle de l’éther sulfurique et au bout de 2 jours les fourmis ont complètement abandonné leurs incursions. Je viens ces jours-ci d’employer ce moyen; le résultat a été tellement absolu que je n’hésite pas à en faire profiter les lecteurs de ce journal. 11 ne faut pas couper le citron et le déposer de suite dans le meuble, il sécherait simplement, mais laisser les morceaux par terre dans une cave jusqu’à ce que les hyphomv-cètes, ou champignons des moisissures, aient recouvert le zeste d’une couche verte, les morceaux sont alors en état d’agir efficacement. »
- M. Poux, à Boesse (Loiret), nous communique l’observation suivante : « Je vous adresse la photographie d’une drôle d’asperge récoltée sur un pied qui en même temps en a donné d’autres de forme ordinaire. Elle a poussé en deux jours de 0m,50 en longueur sur 0ra,07 en largeur : sa forme est aplatie et tournée en hélice. Rien ne parait l’avoir gênée dans son développement et obligée à prendre cette forme. Les petits bourgeons qui dans le haut formeront les branches sont excessivement nombreux et curieusement contournés. »
- M. Le Page nous écrit de Constantine : « Votre n° 1565 du 23 mai 1903 contient deux articles sur lesquels je vous demande la permission de vous communiquer quelques observations. Dans l’un intitulé <( Hahva » M. Pierre de Mériel nous apprend que la « Hahva » est une pâte sucrée arabe (de l’Arabie) dont il donne la recette. Vos lecteurs et M. de Mériel lui-même pourraient supposer que le nom de « Hahva » désigne spécialement la pâte en question. 11 n’en est'rien; le « Haloua » avec aspiration sur i’II et accent tonique sur le « ou » est un mot de la langue arabe qui désigne la généralité ’des pâtes sucrées. Ces pâtes sont faites soit avec du miel, soit avec de la cassonade, la canne à sucre ne poussant pas du tout, mais du tout, dans les pays occupés aujourd’hui par la grande majorité du monde musulman. Dans l’autre article intitulé « Briques au tanin » votre journal rappelle, à propos de la découverte d’ailleurs très intéressante d’un ingénieur américain, que les Egyptiens fabriquent des briques très solides avec de la terre glaise mélangée de paille. Dans ce cas, comme dans le précédent, je vais vous donner un exemple de l’immutabilité des traditions et des usages musulmans. Ce qui se fait à Kliar-
- toum se fait aussi en Algérie, au Maroc et au Soudan. Les arabes d’Algérie fabriquent eux-mêmes des briques avec de la terre glaise battue avec de la paille hachée menu, du « teben ». Ces briques, simplement cuites au soleil, sont d’une solidité remarquable puisque j’ai vu à M’Sila un Européen construire avec ces matériaux une grande maison de deux étages avee fers à T. Seulement, cet Européen avait eu la précaution de recouvrir son œuvre d’un fort enduit de mortier pour protéger ses « toubes » (c’est le nom arabe) contre les pluies diluviennes qui sans cette précaution les auraient délitées et auraient amené la transformation de son palais en un monceau de boue. J’ajoute que cet accident arrive aux maisons arabes ainsi construites et qu’en 1893 une cinquantaine d’indigènes sont morts ainsi à M’Sila. »
- M. le comte Ludovico de Courten, à Florence, nous signale,, en réponse à une question posée précédemment, qu’il existe un ouvrage recommandable, en ce qui concerne le rentoilage des tableaux : son auteur est M. Forai-Clisse : son titre : « Manuale del Pittore-Restauratore ». Le Monnier, éditeur, ;i Florence.
- Renseignements. — M. Féret, à Tunis. — 1° La luzerne en arbre a été préconisée par M. Emile Mer, inspecteur des-forêts; vous pourriez vous adresser à lui pour vous renseigner. — 2° Nous n’avons pas d’indications sur ce végétal.
- M. Truillé, à Paris. — Le n° 1518, du 28 juin 1902 contient,, page 55, un article de M. Ilenriot, intitulé : « L’emploi des engrais chimiques dans le potager et le verger ». Vous y trouverez les indications détaillées sur le mode d’utilisation de ces substances.
- Mme de Tewallc, à Paris. — Il n’y a qu’un moyen efficace de se préserver des moustiques, c’est de s’envelopper d’une moustiquaire à partir de 6 heures du soir. Il convient aussi de répandre du pétrole à la surface des pièces d’eau oîi se trouvent des larves de moustiques.
- M. Octave Haffner, à Paris. — Nous ignorons l’adresse de la Maison Joachim.
- Un abonné, à X. — 1° l;n petit groupe électrogène pourrait convenir : s’adresser à la Société la Française, 99, rue de Crimée, ou à la Société l’Eclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris. — 2° S’adresser à la Cie Universelle d’acétylène, rue de Chàteaudun, 36, à Paris. — 3° La Levocyclette nous est inconnue.
- Un abonné, à Bellevue. — Il n’a paru à ce sujet que quelques articles de journaux; mais il n’y a pas de traité particulier. A notre regret, nous ne pouvons vous donner ces renseignements.
- M. Poux, à Boesse (Loiret). — 1° L’école de culture physique, de MM. Laurent et Desbonnet, 48, faubourg Poissonnière, répond au but que vous cherchez : mettez-vous en relation directe avec M. Desbonnet. — 2° Merci pour votre communication.
- M. Bail and, à Sl-Maurice. — 1° Rivages maritimes et végétation par le DrL. Laloy, n° 1562, du 2 mai 1903, p. 340. — 2° L’Oued Mzab, par Lucien Jacquol, n° 1558, du 4 avril 1903, p. 275.
- M. Félix Pitavy, à Espaly-St-Marcel. — Remerciements pour votre communication que nous ne pouvons insérer, étant donné qu’elle a déjà paru dans un autre périodique.
- Union de jeunes gens, à Vincennes. — Les conditions de fonctionnement sont sensiblement les mêmes ; mais il faut faire attention au sens du courant.
- M. C. B., au Brésil. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux donnés dans l’article ; tous nos regrets.
- M. G. Gillard, à Paris. — Nous vous donnons l’adresse en tète de la présente (( Boîte-aux-Letires ».
- M. Valloton, à Lyon. — Nous avons publié des études sur le carburateur Krebs (n° 1552 du 2 février 1905, p. 177) et le carburateur Sthenos (n° 1566, du 50 mai 1905, p. 415). Vous pourriez, en consultant ces articles, vous faire une idée exacte de ces appareils, de leurs avantages et inconvénients.
- Question. — N° 1264. — M. E. G., à Paris, demande s’il existe un procédé pratique pour faire du vinaigre blanc avec du vin rouge.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. le Dr Chédan, à la Chapelle Thouarault. Merci pour votre communication : le fait dont vous parlez est déjà connu. — M. Tardieu, à I.uçon. L’alcali volatil est bon dans ce cas. — M. Wundner, à Halle. Voyez, dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, la manière de nettoyer les scies à l’acide nitrique : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans ta « Boite aux Lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les re?i~ saignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Il
- PETITES INTENTIONS1
- Plaques métalliques A surface adhérente. — Toute la théorie des chemins de fer repose sur les conditions de l’adhérence qui fait qu'une roue à jante lisse roule sans glisser sur la surface également lisse du rail, pourvu que la charge soit suffisante. Les ingénieurs ont traité la question avec un grand luxe de mathématiques; mais les simples bipèdes — ou quadrupèdes — qui déambulent, font aussi, sans le savoir ou sans v songer, de l’adhérence, lorsqu’ils marchent, et, à cet égarcï, il n’est pas indifférent de se déplacer sur une chaussée, macadamisée, asphaltée, cimentée, pavée en grès ou en bois, sèche ou humide. Il faut que le pied, une fois posé, adhère et ne glisse pas, sous peine d’effort exagéré pour se retenir ou de chute. Celte nécessité est surtout évidente sur une rampe ou sur une marche d’escalier. Or, dans ce dernier cas, on a pris l’habitude, pour combattre l’usure des degrés, dans les endroits très fréquentés, de garnir le bord de la marche au moyen de bandes métalliques qui, par elles-mêmes, seraient très glissantes, si elles étaient lisses. On y trace donc des stries saillantes; mais chacun sait bien que ce n’est pas encore l’idéal, et que la surface en s’usant reprend bien vite ses dangereux
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- Plaques métalliques à surface adhérente.
- défauts* d’objet poli. Un inventeur, M. Chasles, a essayé d’y porter remède en remplaçant les bandes à saillies pleines par une tôle mince percée de trous dont les bords emboutis forment des reliefs annulaires. La partie saillante ayant partout l’épaisseur de la tôle, offre toujours sous la semelle une surface de reliefs constante, et par suite la même adhérence, jusqu’à usure complète. En outre, cette série d’anneaux saillants, disposés en damier ou en quinconce, offre dans tous les sens une résistance égale. 11 suffit que leur grandeur et leur nombre soient en proportion de l’usage : escalier public destiné aux chaussures les plus diverses, y compris les souliers ferrés, ou escalier d’appartement réservé aux semelles de cuir. Pour juger de la différence, on a fait l’expérience suivante : Sur les mêmes plaques on peut remonter sans glisser des rampes de 15 à 20° avec des semelles de cuir ou de bois, tandis qu’avec des souliers ferrés on ne peut se hasarder que sur des rampes de 10 à 15°. Ces bandes peuvent être d’ailleurs aussi élégantes que certaines garnitures de cuivre, pourvu qu’elles soient vernies ou nickelées.
- Les applications de ce genre de plaques sont très variées. On en fait des marchepieds de voiture, gradins de toiture, des entourages de machines, des pédales de machines à coudre, mais surtout on en garnit le dessus des brosses à cirer les parquets, sur lesquelles il faut obtenir une complète adhérence du pied.
- Il n’est pas nécessaire d’ailleurs de laisser les trous apparents : on les remplit, si l’on préfère, d’un ciment ou d’un mastic, pour faciliter les lavages et éviter d’emmagasiner la poussière. Une étoffe collée au-dessous à l’aide de vernis gras, peut former un bon matelas, doux au pied et atténuant le bruit. — Pour les plaques métalliques à surface adhérente, s’adresser à M. Laurans, ingénieur, 37, rue de la Tombe-Issoire, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel des familles et des infirmières, par Th. Billrotii, traduit par M. et Mme P. Wallerstein. Préface de M. le Dr Javal, membre de l’Académie de médecine. 1 vol. in-16. O. Doin, éditeur, à Paris. Prix : 4 francs.
- Petit livre excellent qui rendra de grands services. Le jour même où il paraissait en librairie, l’un de ses traducteurs, M. Paul Wallerstein, mourait, regretté de tous ses amis.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- L’air liquide, par Georges Claude. 1 brochure in-8. Librairie
- • Y’® Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1905. Prix: 5fr,50.
- Sylviculture, par Albert Fron, inspecteur adjoint des eaux et forêts. 1 vol. in-16. J.-B. Baillère et fils, éditeur à Paris, Prix: 6 francs.
- Les Alpes de Savoie: faune, flore,-phénomènes physiques, par J. Corcelle. 1 Jiroch. in-8°. Chambéry : librairie Perrin.
- Préparation des produits chimiques par Vélectrolyse, par le Dr Karl Elbs, professeur à l’Université de Giessen: traduction par E. Lericiie. 1 vol. in-8°. Librairie Dunod, à Paris. Prix: 4 francs.
- Traité de chimie physique: les principes, par J. Périma. 1 vol. in-8°. Gauthier-Yillars, éditeur, à Paris. Prix : 10 francs.
- L’acétylène, théorie, explications, par Marie-Auguste Morel. 1 vol. in-8°. Gauthier-Yillars, éditeur, à Paris. Prix,: 5 francs.
- Traité général et pratique des distributions et canalisations d’électricité, d’eau, etc. Livre 1. Electricité, parE. Pacoret. 1 vol. in-8°. J. Loubat et Cie, éditeurs, à Paris.
- Leçons [élémentaires de Chimie agricole, par Paul Sabatier, correspondant de l’Institut, professeur de chimie à la Faculté des sciences de Toulouse, président de la Société d’Agri-cxüture de la Haute-Garonne. Deuxième édition entièrement refondue et considérablement augmentée. 1 vol. in-8* (Masson et Cie, éditeurs). Prix : 5 francs.
- Annales scientifiques de VUniversité de Jassy : Tome 11. 2e fascicule. Jassy. Imprimerie Dacia.
- Le corps de l’homme : cinq planches coloriées à feuillets découpés et superposés, jiar Edmosd Perrier. Paris, Schlei-cher frères, éditeurs. UHÏo. 1 vol. in-18.
- Electromoteurs: II. Courants alternatifs, et triphasés, par G. Bœssler, traduit par E. Samitca. 1 vol. in-8°. Y’e Dunod, éditeur à Paris. Prix: 10 francs.
- Exposition universelle ele 1900: Congrès international de l’automobilisme. 1 vol. in-8°. Ifemmerlé et Cie, à Paris.
- Les marines de guerre modernes, parle Marquis de Ciiasselouf-Laubat. 1 vol. in-8°. YTe Dunod, éditeur, à Paris. Prix : 15 francs. 1905.
- Après avoir fait un historique rapide de la marine de guerre à travers les âges, l’auteur décrit minutieusement chacune des principales unités navales des grandes puissances. La comparaison s’établit facilement entre les anciens types et les nouveaux. L’abondance et la précision des renseignements font de cet ouvrage un manuel indispensable à tous ceux que préoccupe l’avenir naval de la France.
- Pratique des essais des machines électriques, par Emile Duqueske et Ulysse Bouvière. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur, à Paris. Prix: 45 francs.
- Construction et dessin des cartes géographiques, par A. M. Perrot et Bourcoin. I vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur. Paris. Prix: 2fr,50.
- Noies sur les appareils à mesurer l’eau dans les distributions publiques, parL. de la Valle-Poussin. 1 broch. in-8°. Y’* Dunod, éditeur, à Paris. Prix : 1 franc.
- La prospection des mines et leur mise"en valeur, par Maurice Lecomte-Dems, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-8°. Schleicher frères, éditeurs, à Paris.
- Les 19 tares corporelles visibles pour reconnaître un juif, par le Dr Celticus. 1 vol. in-16. Librairie Antisémite, à Paris. Prix: l,r,50.
- La Photocollcgraphie sur supports souples, par G. Naudet.
- 1 broch. in-16. Desforges, éditeur. Paris. Prix: lfr,25.
- Les animaux vivants du globe, histoire naturelle, publiée sous la direction de Charles J. Cornish. Livraison X. Prix : 0fr,75. Flammarion, éditeur.
- Traité de technologie mécanique, par A. Ledebuiir, professeur à l’Académie des mines de Freiberg (Saxe), traduit sur la deuxième édition allemande, par G. Humbert, ingénieur en chef des PQnts et' Chaussées. 1 vol. in-8®. Gauthier-Yillars, éditeur. Prix: 25 francs.
- U. S. Commission of fiish and fisheries. Report for the year. 1901. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- Bulletin of the U.-S. Commission of fish and fisheries. Yol. XXI. 1901. 1 vol. in-8° Washington. 1902.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 19° Annual report of the Bureau of american Ethnology to the secretary of the Smithsonian Institution. 1897-98. 2 vol. in-8°. Washington. 1900.
- Mont Pelée and the Tragedy of Martinique, b y Angelo Heil-prin. 1 vol. in-8°. Lippincott, éditeur, à Philadelphie.
- Smithsonian Institution Bureau of american Ethnology Tsimshian Texts, bv Franz Boas. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- Instructions to ohservers of the India meteorological départaient, b y J. Klliot, seconde édition. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs. Calcutta 1902.
- Estudios sobre los carbones de Teruel, par A. Gascon. 1 vol. in-8°. Madrid, Ricardo Rojas, édit. 1905.
- Government of India: Meteorological départment Monthley Weather rewiew. Sept. 1902, publié sous la direction de John Elliott. Calcutta. 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 juin .... 11”,8 N. E. 4. Beau. » Beau de 6 h. à 9 h. ; très nuag. ensuite ; pluie de 15 h. 50 à 16 li. 30.
- Mardi 9 10°,5 E. S. E. 2. Nuageux. 2,2 Rosée ; nuag. de 7 à 9 h. et à 21 h. ; couv. le reste du temps ; gouttes la soirée.
- Mercredi 10. . . . 11°,5 S. S. E. 0. Couvert, pluie. 0,2 Très nuag. jusqu’à 17 h.; peu nuag. ensuite; pluie de 3 h. 50 à 8 h. 10.
- Jeudi 11 14°, 6 S. \V. 1. Beau. 0,9 Rosée ; nuag. ; pluie line à 17 h.
- Vendredi 12 13°,8 S. S. W. 0. Beau. 0,0 Rosée ; nuageux.
- Samedi 13 10°,2 N. N. E. 3. Très nuageux. » Nuag. le matin; peu nuageux le soir.
- Dimanche 14 ... . 12°,0 W. 2. Couvert. 0,3 Couv. le matin ; très nuag. le soir ; quelques averses.
- JUIN 1903. -- SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JUIN.
- Vendredi
- Mercredi
- Mardi
- Lundi
- 6 MIDI 6 MiN 6 -MIDI ’ 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 min .6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 M|N 6 MIDI 6
- Liti cornue supérieure tunique ta neuuujaue ue u to /.uwre.i ... .............. — ---- ---- - .. . i
- courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a taon a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule moui llée. ___________ ________________________________________
- Résumé des observations météorologiques faites À l’observatoire du parc Saint-Maur, en mai 4903;
- par M. Tii. Moureaux.
- Pression barométrique, allitude 30",5. Moyenne des 21 heures, 733“'",12 ; minimum absolu, 738™",7 le 4 à 10 heures ; maximum absolu, 766™“,2 le 16 à 7 heures ; écart extrême, 27™™,5.
- Température. Sous l’abri : moyenne des miniina, 8.°,27 ; des maxima, 20°,10; du mois, 11°, 18; vraie des 21 heures, 13°,74; minimum absolu, 4°,1 le 20; maximum absolu, 28°,6 le 22 et le 30. Sur le sol gazonné, moyenne des miuima, 5°,55;des maxima, 40°,50; minimum absolu, 0°,5 le 20, maximum absolu, 53°,1 le 30. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures: à 0m,30 de profondeur, 12°,90; à 1 mètre, 11",07. De la Marne : moyenne le matin, 14°,74; le soir 13°,30; minimum, 11°,11 le 1"; maximum, 21°,00 le 31.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 8™”,03 ; minimum, 4™™,1 le 13, à 14 heures ; maximum, 14m“,9 le 30 à 17 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 69,8 ; minimum, 52 le 19 à 13-16 heures et le 20 à 15 heures ; maximum, 98, le 11 à 22 heures.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 51.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 471 heures; durée effective de 1 insolation, 212 heures eu. 31 jours; rapport 0,51.
- Halos solaires ; les 3, 4, 8,10,16, 25, 23, 28 ; halo lunaire le 3.
- Pluie : total du mois, 43””,0 en 33 heures réparties en 14 jours, et, en outre, 5 jours de pluie inappréciable au pluviomètre.
- Ou a noté 19 jours de rosée, 1 jour de brouillard, 4‘ jours de grêle, 10 jours d’orages, les 4, 3, 6, 7, 8, 10, 11, 28, 50 et 31 ; éclairs le 29; 2 jours de ciel absolument pur, les 2l et 24.
- Fréquence des vents : Calmes, 21.
- N . . . . 30 E. . . . . 19 S 55 \Y .... 50
- N. N. E. . 28 E. S. E . . 58 S. S. w. . 79 W . N. M . 25
- N. E . . . 91 S. E . . . 50 s. vv. . . 103 N. W. . . 13
- E. N. E. . 31 S. S. E. . . 52 w. s. w . 53 N. N. W. . 22
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,3; moyenne diurne la plus grande, 6”,7 le 5; la plus faible, 1”,3 le 21 : vitesse maximum, 10”,6 le 3 à 13 h. par un vent de S. W.
- Comparaisons aux valeurs normales ; baromètre — 2“™,03 ; température, -4- 0°,81 ; tension de la vapeur, -t- 0”“,33 ; humidité relative, — 0,2 ; nébulosité — 6 ; pluie — 2 "”,9.
- Floraisons. Le 1", glycine; le 2, daplmé pontica; le 3, ancolie; le 4, pivoine en arbre, sorbier des oiseleurs, spirée, iris germanique; le o, chamerisier ; le 7, scabieuse colombaire, géranium à feuilles rondes, muguet; le 8, épine-vinette, cotoneaster commun, cytise; le 9, épine rose double, barbeau vivace ; le 10, chèvrefeuille ; le 11, thym, narcisse des poètes; le 12, julienne, polémonie; le 13, alisier; le 16, leucanthemum des prairies ; le 18, framboisier ; le 19, uéilier, boule de neige ; le 21, pivoine herbacée ; le 23, sureau commun, sureau à feuilles panachées ; le 24, geurn urbanum ; le 23, coquelicot, réséda des chemins ; le 26, douce-amère, rose de Bengale, églantier; le 27, tradescantia de Virginie; le 28, seringa,acacia blanc, rose des quatre saisons, sauge officinale, valériane, sureau à feuilles de chanvre, cornoulier ; le 29, digitale, hémérocalle jaune, buisson ardent ; le 30, pivoine odorante ; le 51, genêt d’Espagne.
- Les martinets sont arrivés le 6 ; on a entendu le premier chant de la tourterelle le 8.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 10 à 3 h. 17 m. du matin.
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- N° 1570 (27 juin / 903), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —Ht— Par arrêté du ministre de l’instruction publique, MM. Chan-temesse, Josias et Ménard, membres de l’Académie de médecine, sont délégués pour représenter le ministère de l’instruction publique au Congrès sanitaire de Bradfort, qui se réunira du 7 au 11 juillet prochain.
- —H(— L’illustre Hoffmann a laissé en mourant une somme importante destinée à récompenser tous les cinq ans, par une médaille «d’or de très grand module, les travaux d’un chimiste, à quelque nation qu’il appartienne, dont les découvertes auront fait faire à la science chimique les progrès les plus considérables. La société chimique allemande, ayant à décerner pour la première fois cette médaille, l’a offerte au professeur Moissan de l’Institut de France, en témoignage de gratitude pour ses découvertès du fluor, des applications industrielles du four électrique, et des hydrures métalliques.
- —Ht— Pour commémorer le Congrès international des Académies dont M. Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences,
- Ïirésida à Paris, en 1901, la première session, l’Etat vient de décider à frappe d’une plaquette qui sera offerte aux membres du Congrès, c’est-à-dire à tous les savants les plus illustres du 'monde entier, réunis il y a trois ans au palais Mazarin. C’est le graveur Vernon qui fera cette plaquette.
- —Ht— Dans le but de faciliter la continuation des recherches qui permettront de faire entrer la télégraphie sans fil dans le domaine pratique, M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat des postes, a décidé de faire installer dans le voisinage de Paris deux postes destinés à servir à des essais méthodiques, où les appareils pourront être expérimentés et où des praticiens pourront être formés. L’un de ces postes sera situé près du pont de Gravelle ; l’autre, à une distance de 55 kilomètres dans le voisinage de Melun, au moulin de Chérisy, où fonctionnait autrefois un poste du télégraphe Chappe.
- —— Le premier paquebot à voyageurs actionné par des machines à turbines, inaugurera son service du Pas de Calais samedi 27, à midi. Ce paquebot, qui a reçu le nom de The Queen, est arrivé récemment à Douvres venant de la Clyde où il a ôté construit. Il a donné, en marche normale, une vitesse de 22 nœuds un quart, ce qui correspond à une traversé de Douvres à Calais en un peu moins de 50 minutes. Grâce à la grande puissance d’action de ses propulseurs le pacruebot, lancé en pleine vitesse, a pu être complètement immobilisé avant d’avoir accompli trois fois sa propre longueur. Cette rapidité extraordinaire, avec laquelle le capitaine du paquebot peut se rendre maître de sa vitesse, présentera d immenses avantages, surtout par les temps de brouillard si fréquents dans le détroit pendant l'automne et l’hiver. Le nouveau paquebot à turbines a reçu un certificat lui permettant de transporter 1250 passagers.
- —Ht— On a souvent essayé d’imiter le celluloïd, à raison de l’utilité considérable qu’il présente. Tout récemment un Hollandais du nom de Knipers est arrivé à fabriquer un produit analogue en traitant la pulpe de pommes de terre par un acide et ajoutant de la glycérine. Cette substance imiterait parfaitement l’ivoire.
- —Ht— Il existe actuellement au Canada un jeune homme âgé de 21 ans et qui atteint la taille de 2m,51 : son poids est de 185 kg, son tour de poitrine de lm,40, la longueur de sa main de 0ro,27. Il paraîtrait que ses ancêtres sont de taille normale : ils appartiennent à la race française, sans aucun mélange de sang étranger.
- —Ht— On travaille à la réparation de l’île de llelgoland, qui menace de disparaître complètement dans la mer. Des éboulements He roches ont eu lieu encore cette année. C’est surtout le côté Ouest, où se trouvent le pavillon du commandant de la place et le I
- poste d’observation, qui est gravement menacé. Les creux que les eaux ont formés seront remplis de béton. On élèvera aussi une muraille d’une hauteur de 15 mètres pour protéger les roches qui sont près de s’émietter.
- —Ht— Le croiseur cuirassé anglais Monmouth a été soumis, à la suite du changement de ses hélices, à une série d’essais progressifs depuis la vitesse de 10 nœuds jusqu’à la vitesse maxima qui a été trouvée de 22 nœuds 80. La vitesse de 10 nœuds a été atteinte avec une puissance de 1748 chevaux seulement, la vitesse de 13 nœuds a exigé une puissance plus que double de celle nécessaire
- our donner au navire ses dix premiers nœuds, soit 5584 chevaux.
- our une vitesse de 16 nœuds 93, il n’a pas fallu moins de 7859 chevaux, soit 4275 chevaux de plus que pour faire 13 nœuds; pour 2 nœuds de plus, soit pour 18 nœuds 98 la puissance a dû être portée à 11 066 chevaux ; pour 2 nœuds 42 de plus (21 nœuds 40), la puissance exigée a été de 16 319 chevaux et enfin pour arriver à la vitesse maxima de 22 nœuds 80, la puissance nécessaire a été de 22 185 chevaux.
- —H(— Le 20 juin, après quelques heures de temps gris et d’atmosphère lourde, le ciel s’est tout à coup assombri vers midi et un violent orage accompagné de grêle et de tonnerre a éclaté sur Paris. La pluie est tombée en abondance, transformant les ruisseaux en véritables torrents. La foudre est tombée en de nombreux endroits, occasionnant divers accidents ; ses grondements ont été continuels pendant près d’une demi-h'eure. La grêle est tombée avec violence, et pendant quelques instants les grêlons ont formé des amas sur les trottoirs. Par ce temps humide et rempli de charges électriques, le fonctionnement des tramways électriques à plots a été dangereux. Un accident est survenu place Clichy ; deux chevaux ont été foudroyés par des décharges provenant des plots de la voie du tramway d’Enghien.
- —Ht— La Société des ingénieurs civils de France, dans son Assemblée générale semestrielle, du vendredi 19 courant, a procédé à la distribution des prix qu’elle décerne chaque année à un certain nombre de lauréats. Le Prix annuel a été remis à.M. M. Di-bos, qui s’est spécialisé, depuis de longues années, dans la question du sauvetage et du renflouage des navires naufragés. Le Prix A. Goltschalk a été attribué à M. Maurice Pelletier, ingénieur à la Compagnie du Chemin de fer de l’Est, qui, sous la direction de M. l’Ingénieur en chef Salomon, a étudié la question de la distribution de la Vapeur dans les locomotives au moyen d’un svstème de tiroirs cylindriques. Ce système a été appliqué par la Compagnie sur un certain nombre de scs machines. Le Prix Nozo (médaille d’or triennale) a été décerné à M. A. Gouvy, ingénieur métallurgiste, qui a étudié tout spécialement l’exposition de Dusseldorf et les progrès considérables réalisés dans la branche de la sidérurgie et de la métallurgie par nos voisins d’Allemagne.
- —Ht— Le 18 juin vers 6 heures du soir, aux environs de Saint-Servan, un orage éclata. Cinq cultivateurs traversaient le champ de Gentillerie. Trois marchaient côte à côte ; les deux autres, dont l’un menait un âne par la bride, venaient un peu en arrière. Soudain un éclair, et les cinq hommes et l’âne furent projetés à terre. Un des cultivateurs fut foudroyé, et la tête apparut carbonisée; un autre eut le côté brûlé. L’âne fut également foudroyé, sans brûlure apparente. Son conducteur n’eut aucun mal.
- —H(— Au cours de fouilles pratiquées dans les souterrains de l’église San Pietro à Gênes, le corps d’une sainte enterrée vers la fin du quatorzième siècle a été amené au jour. L’absence de lumière et d’humidité ont permis aux tissus de se conserver admirablement, et les traits du visage, en particulier, ont gardé leur expression naturelle.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Les wagons à châssis tubulaire que nous avons décrits dans le n° 1564 du 16 mai 1905, page 571, sont construits, pour la Belgique, la France, l’Allemagne, etc., par la Société Anonyme des Wagons Tubulaires, 59, rue de la Science, à Bruxelles. — Pour le nouvel aviron, décrit dans le n° 1569, du 20 juin 1905, p. 45, s’adressera M. Martin, chef de section à la Compagnie P.-L.-M. Mâcon.
- — Pour la machine à repasser les devants de chemises, s’adresser à MM. Piet et Cie, constructeurs, 11, rue du Terrage, à Paris.
- — Pour le filtre stérilisateur, s’adresser à M. David Rojat, constructeur à Nîmes (Gard).
- Communications. — M. E. de Barrait, .au Montagnet (Tarn), nous adresse la lettre suivante : Dans Y Hygiène et santé du n° 1567 du 6 juin, vous indiquez un traitement des morsures venimeuses. Permettez-moi de vous en indiquer un autre beaucoup plus simple et qui m’a toujours réussi. 11 consiste en injections hypodermiques faites avec la trousse de Michel Legros, pharmacien à Limoges (Haute-Vienne) ; on trouvera cette trousse chez lui ou à la Manufacture Française d’armes à Saint-Etienne. La trousse contient toutes les indications nécessaires ». C’est possible ; mais seul le sérum de M. Calmette a fait ses preuves.
- M. J. Hélot nous a fait parvenir deux brochures intitulées : « Développement de la consommation du sucre en France », et « Alimentation à base de mélasse dans les” fermes de la sucrerie de Noyelles-sur-Escaut ». La conclusion de ces deux travaux est que le sucre doit être adopté pour l’alimentation des bestiaux et qu’il donne des résultats très satisfaisants : les animaux qui en consomment une quantité suffisante engraissent rapidement et leur chair acquiert une saveur qui les fait rechercher : si ce sont des animaux de labeur, ils peuvent fournir une plus grande quantité de travail.
- Renseignements. — M. Andreu, à Port-Maheu. — Veuillez écrire aux adresses suivantes: M. M. Angenot, 18, rue Chapon, à Paris: M. Baudet, 119, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. Hauzeur, à Verriers. — Pour tout ce qui concerne les commandes par courroies système Leneveu, s’adresser à MM. Teisset, Brault et Chapron, 14, rue du Ranelagh, à Paris.
- M. A. M., à B. — La librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris, a publié plusieurs ouvrages sur ce sujet.
- M. Auguste Delbon, à Bruxelles. — Pour la céramique sans cuisson, s’adresser à M. Wolf, 45, rue Saint-Augustin, à Paris.
- Mme la marquise d'Harambure, à Yseures. — La machine à laver F « Economique » se trouve h la Société des Inventions économiques, 190, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- M. X., au Cercle des officiers, à Bastia. — Nous ne pouvons donner une explication d’un appareil sur lequel nous possédons aussi peu de données.
- M. Albert Brugerolle, à Einbeck (Hanovre). — Un étranger ne pourrait exercer la profession de pharmacien s’il n’était pourvu d’un diplôme délivré en France ou d’une autorisation accordée sur là présentation d’un diplôme obtenu à l’étranger, alors même qu’il se bornerait à mettre en vente des médicaments étrangers. Pratiquement cette autorisation n’est obtenue qu’après examen à l’Ecole de pharmacie (Voy. Dalloz Ilep. V° Médecine, n° 118).
- M. Samain, à Paris. — L’étude en question a été faite par M. Oiry, ingénieur en chef des mines, spécialiste en la matière auquel vous pouvez vous adresser (25, rue Clapeyron, Paris).
- M. Monnoyer, à Bruxelles. — Ce doit être par M. Breuillé, ingénieur des ponts et chaussés, à Auxerre, qu’ont été faites ces expériences sur les bétons. Pour plus amples renseignements, vous pourriez vous adresser à M. Le Cliàtelier, professeur à l’Ecole des Mines, à Paris, qui connaît à fond cette question et a publié à ce sujet une étude dans le Bulletin de la Société d’Encouragement à l’industrie nationale, en janvier 1905.
- M. le colonel Mutel, à la Roche-sur-Yon. — L’adresse de notre collaborateur est : Ecole normale d’instituteurs, à Arras.
- M. Klœti, à Bavans. — Nous pouvons vous indiquer F « Industrie électrique », Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris; et « l’Electricien », chez Mme YTe Dunod, libraire, 49,. quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. de Joncières, à Paris. — Nous ne connaissons pas de société de ce genre, à Paris : veuillez vous adresser au Dr Hans. Goldschmidt à Essen-Ruhr (Allemagne).
- M. Villet, à Lyon. — 1° La proportion de 5 pour 100 est, nous dit-on, suffisante. — 2° II n’est pas nécessaire d’arroser les plantes : mais il est nécessaire que la solution pénètre bien, dans le sol : dans la lre série des recettes et procédés utiles, vous trouverez un autre procédé, également très recommandable.
- M. le Dr Manuel S. Iglesias, à Yera-Cruz. — M. Claude-indique que pendant sa détente supposée accomplie tout entière et isothermiquement à la température ordinaire, l’air liquide ne peut mettre en jeu que 1 /5 de cheval-heure par kilogramme d’air liquide dépensé.
- M. Montjotin, à St-Jean-de-Braye. — L’adresse de notre collaborateur est 29, rue de l’Abbé-Grégoire, à Paris.
- M. Schouh, à Sonvillier. — Ce sujet, un peu spécial, n’a encore été l’objet d’aucune étude d’ensemble.
- M. Reitinger, à Paris. — On ne peut pas retirer de l’alcool du charbon de bois, par la raison que l’alcool est formé de-charbon, d’oxygène et d’hydrogène (CaH3,OII). Du bois, oui.
- M. de Barrau, au Montagnet. — Tous nos remerciements pour les intéressantes indications que vous nous donnez.
- M. Vitrier, à Charleville. — On pourrait essayer de ramollir le mastic avec de l’huile, mais le résultat serait incertain : il semble que le plus pratique serait encore l’emploi du couteau, manié avec précaution.
- M. Ory, à Veulettes. — M. Ileller, 16, cité Trévise, à Paris, fabrique des lampes électriques de poche à pile sèche ; voyez aussi chez M. L. Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- il/. Thouvenel, à Antibes. — 1° Fabricants d’enduits hydro-fuges: M. Durand, 128, rue Saint-Martin; M. Candelot, 148, faubourg Saint-Denis. — 2° Adresses de mouleurs, M. Imans, 10, rue de Crussol; M. Lucchesi, 96, rue de la Roquette.
- M. de Monifleury, au Havre.— 1° Nous ne connaissons pas-d’appareil de ce genre ; mais vous pourriez avoir des renseignements chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roeh, ou chez MM. Radiguet et Massiot, 16, boulevard des Fillcs-du-Calvaire, à Paris. — 2° L’incandescence ne pourrait convenir ; mais sur courant alternatif vous pouvez employer un petit transformateur abaissant la tension de 95 à 55-40 volts. L’arc électrique est la meilleure des sources de lumière pour projections.
- M. le DT Hecht, à Nancy. — Veuillez vous mettre en relation avec M. Schiôtt, directeur du Jardin zoologique de Copenhague. II est mieux à même que personne de vous donner les indications dont vous avez besoin.
- M• Auguste Denis, à Saint-Quentin. — Notre collaborateur est professeur d’agriculture à Montargis : lui écrire directement.
- M. Burelle, à Mustapha (Alger). — Vous trouverez des lampes' à ozone aux adresses suivantes : M. Muller, rue de la Bienfaisance : l’ozonateur, 9, Chaussée d’Antin, l’ozonophore, 5, rue Meyerbeer. Nous vous serions obligés de nous signaler les résultats que vous aurez obtenus avec ces instruments contre les moustiques.
- M. A. G. B., à Caen. — La question des rails au nickel présente un grand intérêt, et nous comptons y revenir prochainement. Les premiers essais semblent avoir donné de bons résultats.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. II. Marquet, à Lillebonne. Nous ne pouvons que vous engager à vous métier de ces solutions empiriques, dont les résultats sont parfois funestes. — M. Hufeland, à Tromsœ. Si vous avez des observations inédites sur cet animal, faites-les nous parvenir, avec photographies, si possible. — M. G. T. H., à Bilbao. Vous avez raison, la réception des signaux télégraphiques sous-marins présente parfois des difficultés : peut-être pourriez-vous vous inspirer des dispositions particulières adoptées à Paramaribo, et décrites dans la 5e série des « Recettes et procédés utiles » : librairie Masson et Cie, à Paris.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes ' les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1903. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- Mouche^.
- i Août
- P îtit Chien
- Qt ion
- Baleine
- Ér idan
- Lièvre
- Pas sage au méridien
- Hercul
- Poisson s
- Verseau
- Balance
- Capricorne
- &l
- URANUS
- Sagittaire
- Poi ssonAust ?al
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1905. Nom de l’étoile. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Emersion. Temps moyen.
- Juillet 9 p* Sagittaire. 4,2 6,8 8 h. 10 m, 8 9 h. 21 m. 1
- 11 9 Verseau. 9 h. 41 m, l 10 h. 47 ni, 3
- 16 73 Poissons. 6,1 15 h. 55 m, 1 16 li. 53 ni, 5
- 18 58 Bélier. 5,4 13 h. 54 m, 7 14 h. 54 m, 7
- — 27 79 Lion. 5,8 8 h. 44 m, 4 Ippulse à 2'3 du bord.
- Août 4 Y Sagittaire. var 11 h. 2 m, 8 Appnlse à O'O du bord
- — 8 42160 Lalande. 6,3 13 h. 17 m, 6 Appuhe à PS du bord.
- 9 p Verseau. 5,3 8 h. 51 m, 1 Appnlse à t'1 du bord.
- — 10 8094 B.A.C. 5,4 14 h. 13 m, 1 15 h. 54 ni. 7
- 13 2945 Lalande. 6,6 12 h. 45 m, 4 13 h. 54 m, 4
- 14 S, Bélier 5,8 11 h. 35 m, 0 Appnlse à S'A du bord.
- 16 63 Taureau. 6,0 16 h. 13 ni, 3 17 h. 2 m, 2
- 1» 11918 Lalande. 6,5 13 h. 30 m, 4 Appnlse i 3 5 du bord.
- 18 12 007 Lalande. 6,5 14 h. 14 m, 3 14 h. 47 m, 7
- 18 12093 Lalande. 6,6 15 h. 11 m, 1 15 h. 51 m, 6
- Sept. 3 7063 B.A.C. 6,4 7 h. 13 m, 5 8 h. 36 m, 4
- 5 0 Verseau. 4,4 15 h. 28 m, y 15 h. 47 m, 0
- 6 7986 B.A.C. 5,9 9 h. 42 m, 3 Appui'e à 5'7 du bord.
- — 6 7993 B.A.C. 6,6 11 h. 13 m, 4 Appnlse à B'7 du bord.
- 6 8017 B.A.C. 6,1 13 h. 17 ni, 3 14 h. 52 m, 5
- 8 44 Poissons. 5,9 *6 h. 31 m, 8 7 h. 28 m, 2
- 11 5724 Lalande. 5,9 12 h. 0 m, 7 13 h. 6 m, 2
- _ 13 1526 B.A.C. 5,7 12 h. 0 m, 6 12 h. 59 ni, 4
- 15 BD -+- 16° 1363. 6,1 15 h. 16 m, 0 16 h. 6 ni, 0
- — t7 a Ecrevisse. * L’étoile est sous l’horizon. 4,4 *14 h. 1 m, 6 14 b. 59 m, 1
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1903. Satellites. Immersion. Emersion. Commencement. Fin
- Juillet 7 I 14h. 10m. 53s.
- — 8 II 15 h. 39 m.
- — 9 I 12h. 11 m.
- — 14 IV Il h. 57 m. 14 h. 58 m..
- — 15 III 14 h. 18 m.
- — 16 I 14 h. lm.
- — 22 III 14 h. 51 m. 13 h. 27 m.
- — 22 II • 15 h. 34 m. 49 s.
- — 25 I 15 h. 50 m. 12 h. 27 m. 40 s.
- — 2;> III 14 h. 14 m. 45 s.
- - 29 11 16 h. 9 m. 23 s.
- — 30 I 14 h. 22 m. 6 s.
- Août 1 I 12 li. 4 m.
- — 6 I 16 li. 16 m. 58 s.
- — 8 I 13 h. 51m. 10 h. 45 m. 20 s.
- — 9 II 12 h. 17 ra.
- — 15 I 15 h. 56 m. 12 h. 39 m. 58 s.
- — 16 II 14 h. 54 ni. 10 h. 56 m. 6 s.
- — 16 IV 12 h. 53 ni. 12 s. 16 h. 9 m.
- — 17 I 10 h. 5 m.
- ' — 22 I 14 h. 34 m. 45 s.
- — 23 II 16 h. 49 m. 13 h. 10 m. 59 s.
- - 24 I 11 h. 47 m. 9 h. 3 m. 23 s.
- - -27 III 11 h. 4 m.
- - 29 [ 16 h. 29 m. 34 s.
- — 30 II 15 h. 46 m. 2 s.
- — 31 I 13 h. 31 m. 10 h. 58 ni. 16 s.
- Sept. 2 I 7 h. 57 m.
- — 2 IV 12 h. 16 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1903. Satellites. Immersion. Emersion. Commencement Fin.
- Sept. 3 11 8 h. 9 m.
- — 3 III 14 h. 21 m. 10 h. 22 m. 11 s.
- — 7 1 15 h. 15 m. 12 h. 53 m. 15 s.
- — 9 1 9 h. 41 m.
- — 10 11 10 h. 23 m. 7 h. 38 m. 54 s.
- — 10 111 14 h. 23 m. 38 s.
- — 14 1 14 h. 42 m.
- -- 16 I 9 h. 8 m. 11 h. 30 m. 53 s.
- — 17 11 9 h. 55 m. 12 h. 52 m. 22 s.
- — 25 1 10 h. 52 m. 13 h. 26 m. 0 s.
- — 24 II 12 h. 9 m. 15 h. 27 m. 51s.
- — 25 I 7 h. 54 m. 44 s.
- — 50 I 12 h. 37 m.
- Éclipse totale de Soleil, 20 septembre 1903, invisible à Paris.
- Temps moye de Paris.
- Commencement de l’éclipse générale 14 li. 37 m. 2 Commencement de l’éclipse totale . 16 h. 1 m. 4
- Commencement de l’éclipse centrale 16 h. 3 m. 0 Eclipse centrale à midi vrai .... 17 h. 19 m. 8
- Fin de l’éclipse centrale.............17 h. 33 m. 1
- Fin de l’éclipse totale...............17 1). 36 m. 7
- Fin de l’éclipse générale.............19 h. 1 m. 1
- L’éclipse est visible dans l’océan Indien.
- DANS I.E LIEE Longitude. Latitude. 48° 38'E. 17°51'A. 28°51’E. 45° 30’A. 28° 5'E. 46° 17’A. 98° 2 PE. 69°5i'A. 179° 52'0. 82e 3’A. 178° 25'E. 81° 17'A. 162° 54'E. 53° 40'A.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Résine à soudure. — Elle est donnée comme particulièrement propice pour les soudures sur le fer-blanc brillant. On mélange, pour la préparer, 675 grammes d’huile d’olive, autant de suif et 300 grammes de résine pulvérisée ; puis on fait bouillir le tout. Quand cette mixture est refroidie, on l’additionne de 700 à 720 grammes d’eau saturée de sel ammoniac pulvérisé en brassant constamment.
- Rouge liquide. — C’est une solution de carmin faite de 8 à 9 grammes de carmin n° 40, qu’on fait dissoudre dans 15 grammes d’ammoniaque liquide dilué d’un peu d’eau; on ajoute ensuite encore de l’eau de manière que le volume en soit au total de 1 litre; on secoue, et l’on décante.
- Nouveau métal blanc. — Employé surtout pour les leviers et touches de machines à écrire, il se conserve blanc comme de l’argent, se coule admirablement, se travaille sans peine, et se polit parfaitement. On le compose de 57 parties de cuivre, de 20 de nickel, d’autant de zinc et enfin de 3 d’aluminium.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 juin . . . 7»,5 S. S. W. 2. Couvert. 2,7 Très uuag. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 16 9’,9 S. W. 2. Couvert. 8,7 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Mercredi 17. . . . 11”,2 S. W. 3. Couvert. 3,9 Couvert jusqu’à 15 h.; très nuag. ensuite; pluie de 2 à 4 h. et de 8 h. 10 à 9 h. 30.
- Jeudi 18 12”,7 S. S. E. 1. Couvert. 0,2 Couv. ; rosée ; gouttes entre 12 et 13 h.; pluie de 13 h. 25 à 15 li.
- Vendredi 19 15”,4 S. 4. Couvert. 2,1 Couv. jusqu’à 10 h. ; très nuag. ensuite; pluie à 2 h. et de 10 h. 20 à 45 m. ; halo et arc circonscrit à 17 h.
- Samedi 20 14”,; S. E. 2. Couvert. 1,0 Presque cou.; pi. à div. rep.; ton. à l’W.-S.-W. de 11 h. 50 à 12 h. 15 : ton. à l’E.-S.-E. à 17 h. 10, à l’E. à 18 h. 40.
- Dimanche 21 ... . 11”,9 N. N. E. 4. Couvert. 7,3 Couvert.
- JUIN 1903. -- SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 JUIN.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements «le terre. — M. II. Leroy nous a informé qu’un tremblement de terre a eu lieu à Douvres (Calvados) le 15 juin à llh 38 du matin ; il a duré environ 2 Secondes. La direction paraissait être du sud-ouest au nord-est. Le même tremblement de terre a été ressenti à Luc-sur-Mer et à Courseullcs. A la date du 18 juin, une violente secousse de tremblement de terre a également eu lieu dans le haut arrondissement de brades. Le 19 juin, on a ressenti deux secousses légères dans le pays de Galles.
- E,a pluie en France. — La pluie n’a cessé de tomber pendant la semaine. Le 15 juin, on a recueilli 24 mm d’eau à llochefort, 9 mm à Paris, 2 à Besançon et 2 à Biarritz. Le 16 juin, il a plu au Havre (18 mm), à Char-
- leville (12 mm), à Limoges (9 mm), et à Paris (4 mm). Le 17 juin, des pluies sont tombées à Lorient (14 mm), à Limoges (6 mm), au Havre, à Biarritz; du 18 au 21, orages continuels.
- Un cyclone aux États-Unis — Un nouveau cyclone, s’ajoutant à la liste de ceux qui ont déjà ravagé le sud et l’ouest, s’est abattu le 16 juin sur l’Orégon. La ville d’IIeppner et le village de Lexington ont été détruits par la trombe et l’inondation qui l’a suivie. Les deux tiers de la ville d’Hep-pner ont été rasés et 550 habitants sur 1200 ont péri. Pendant la nuit une muraille d’eau de 2m,50 de haut est descendue des hauteurs balayant tout sur S >u passage. 103 cadavres ont déjà été recueillis. Dans l’est du Montana la tempête a ravagé la vallée de Park-City et emporté un pont du chemin de 1er du Pacifique ; les inondations menacent aussi le Nouveau-Mexique.
- PHASES DE LA LUNE : 1). 0. le 18 à 6 h. 53 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le Ministre de l’instruction publique vient, par un arrêté, ♦l’approuver une délibération du Conseil de la Faculté de médecine <le Paris portant création et organisation d’un institut de médecine légale et de psychiatrie; et une délibération du conseil de l’Université de Paris relative à la création à la Faculté de médecine •d’un diplôme portant la mention : médecine légale et psychiatrie.
- —5ît—1 Mercredi, 1er juillet, a eu lieu, en présence du Président •de la République et du Ministre du commerce, l’inauguration, au Conservatoire des Arts et Métiers, de 1’ « Office national de la Propriété industrielle » et du Laboratoire d’essais mécaniques.
- —Ht— La Commission extra-parlementaire, chargée d’étudier une nouvelle réglementation de la circulation des automobiles, a tenu, le 24 juin, sa première séance au ministère de l’intérieur. Elle a constitué son bureau ainsi qu’il suit : MM. Jean Dupuy, sénateur, et Baudin, député, ont été élus présidents. MM. Michel Lévy, Sainsére, de Zuylen, Cruppi, Max Richard et Baillif ont été nommés vice-présidents. Après un échange d’observations sur la méthode de travail à adopter, la Commission a donné mandat à son bureau de dresser un questionnaire qui servira de base aux délibérations ultérieures. Elle a en outre résolu de constituer trois sous-commissions qui auront à étudier : la première, les questions administratives ; la seconde, les questions techniques; et la troisième, les questions juridiques.
- —Ht— Les nouvelles recherches archéologiques sur la situation exacte du Portus Secor vont être faites cette année sur les côtes de Vendée par MM. G. Laeouloumère et Marcel Baudouin. Au cours des deux dernières années, ces savants ont déjà découvert un certain nombre de stations gallo-romaines, aux environs de l’emplacement probable de ce port fameux. Ils ont mis au jour les restes d’une villa gallo-romaine à la Couche du Charnier, près de l’extrémité nord du havre de la Gaclière où, antérieurement, ils avaient trouvé déjà une sépulture de cette époque; puis d’autres vestiges de l’occupation romaine à Oloniie, au sud de la même baie.
- —Ht— M. Patey, graveur de monnaies, a présenté récemment à M. Rouvier, ministre des finances, la maquette des « jetons de caisse » en nickel qui remplacera désormais, à la Guadeloupe, le papier-monnaie en petites coupures. S’inspirant de types des collections ethnographiques du Muséum, M. Patey a gravé, à l’avers, un très caractéristique profil de Caraïbe, ancêtre autochtone des Gua-deloupiens. Le front ceint d’une couronne de métal hérissée de plumes, ce sauvage, au nez busqué, à la lèvre supérieure proéminente, porte aux oreilles le « caracoli », et, au cou, le collier de dents et de griffes de fauve. Au revers, M. Patey a gravé simplement une pousse de canne à sucre, (toute droite. Ce revers porte la légende suivante : « Bon pour 50 centimes contre valeur déposée au Trésor. 1905 ».
- —Ht— Une expédition vers le pôle magnétique a été préparée, ces temps derniers, en Norvège. L’initiateur de cette expédition est le capitaine Amundsen. excellent marin et savant, qui, au moyen de souscriptions particulières, a pu réaliser l'idée qu’il avait conçue. Les souscriptions ont produit une somme de 140000 francs. Le capitaine Amundsen a armé, en vue de son expédition, un petit navire de 47 tonneaux, le tijœa. C’est un bâtiment de 22 mètres de long, solidement construit et qui a déjà navigué dans les régions arctiques. Son faible tonnage lui permettra de passer dans les endroits difficilement praticables pour un plus grand navire. Enfin le Gjœa est muni de vivres pour cinq ans, il emporté tous les appareils utiles aux observations météorologiques, magnétiques, géologiques et biologiques. Il est parti de Christiania dernièrement. Le capitaine Amundsen se propose de gagner le Groenland où il hivernera et fera l’acquisition des chiens nécessaires à l’exploration des
- régions des glaces. Au printemps 4904, il commencera sa série d’observations en vue de déterminer exactement le point où se trouve le pôle magnétique et, si faire se peut, l’atteindre. Il continuera ses observations et ses recherches jusqu’en 1907 et s’efforcera de retrouver le passage du Nord-Ouest par lequel il espère atteindre le détroit de Behring.
- —Ht- L’ingénieur aéronautique bien connu Riedinger vient de terminer, à Augsbourg, la construction d’un ballon dirigeable dont l’inventeur est le major von Parseval, auquel est également due l’invention — en collaboration avec le capitaine von Sigsfeld, récemment victime d’un accident aérostatique — du ballon cerf-volant, actuellement réglementaire dans l’armée allemande. Le nouveau dirigeable a été gonflé à l’air dans la grande salle des fêtes du Parc municipal, et remplissait complètement le vaste vaisseau. Il mesure 50 mètres de long et présente l’aspect d’une énorme baleine, ses courts ailerons ajoutant à la ressemblance. Tous les organes métalliques sont en aluminium. Ce n’est pas d’ailleurs à Augsbourg que le ballon Parseval doit tenter ses premières ascensions : on l’a replié le 8 juin et expédié au détachement des aérostiers à Berlin. Les Mùnctmer Neuesten Nachrichten assurent que la nacelle et les différents organes vont faire l’objet d’une exposition publique.
- —Ht— Pour prouver la maniabilité de son petit ballon le n° 9, M. Santos-Dumont a exécuté ces jours derniers plusieurs ascensions avec atterrissages en cours de route. Parti de son hangar de Neuilly, il a pris terre devant la maison qu’il habite avenue des Champs-Elysées, d’où après un arrêt de peu de durée il est reparti à la corde pour rejoindre son point de départ. Le jour suivant il s’est rendu sur le terrain du Polo-Club pendant l’après-midi, et le soir, vers 10 heures, il a atterri près de lue de Puteaux : le retour s’est effectué dans les deux cas sans aucun incident.
- Pendant ce temps, le ballon de M. Lebaudv continue ses manœuvres aux environs de Moisson. Il a parcouru ces jours-ci environ 100 km en 2h 46m, soit à peu près 55 km à l’heure. Il avait, cette semaine, mis le cap sur Paris. Mais un coup de vent l’a obligé à rejoindre son hangard.
- —Ht— Le couple d’otaries que possède le jardin d’Acclimatation de Paris vient de se reproduire pour la huitième fois : le jeune lion de mer qui est né le 16 juin est en bonne santé et sa mère veille sur lui avec la plus tendpe sollicitude. Elle ne le quitte pas, le cache sous sa nageoire pour le protéger, et l’allaite avec le plus grand soin. On peut en conclure que l’otarie est vraiment acclimatée en France.
- —Ht— Au cours de travaux exécutés rue Cassini (14e arr.), il a été découvert un bas-relief en pierre représentant un forgeron drapé dans un grand tablier et portant à la main une puissante tenaille. Une pièce de monnaie de Néron en précise la date. Cette trouvaille, venant s’ajouter à celles faites dans la même région, confirme l’existence d’une vaste nécropole gallo-romaine commençant au Val-de-Grâce et allant un peu plus loin que le boulevard Arago.
- —Ht— Voici une nouvelle manière de prévoir le temps qui ne nécessite pas l’achat d’instruments coûteux. Un savant allemand, M. Eydam. nous apprend que, si les fils télégraphiques rendent un son aigu, il est certain que le mauvais temps est proche : émettent-ils, au contraire, une vibration grave, c’est signe que deux jours se passeront avant que l’orage n’éclate. Il est probable que ces vibrations n’ont souvent rien de commun avec l’état de l’atmosphère, puisque quelquefois, par un vent très violent, les fils ne rendent presque pas de son.
- —Ht— Le dix-neuvième siècle, dans son entier, n’a vu extraire que 9 millions et demi de tonnes de cuivre, alors que l’extraction de la seule année 1901 dépasse 515 000 tonnes. En 1800 la production n’atteignait que 9000 tonnes à peu prés.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Par suite d’un accident, la légende de la deuxième figure, p. 41 (n* 1569, du 20 juin. 1903) a été supprimée ; il faut lire : Louvet sur une voiture Renault.
- Communications. — La Fédération antituberculeuse française nous a fait parvenir un Extrait de son bulletin contenant le discours prononcé par M. le professeur Brouardel à la Séance publique du Bureau international pour la lutte contre la tuberculose. C’est un exposé du plan de campagne adopté en France et à l’étranger pour combattre cette redoutable affection. Pour arriver à un résultat appréciable, il faut d’abord défendre l’individu bien portant par une hygiène bien comprise, une grande sobriété et l’amélioration des conditions de l’existence : la création de colonies de vacances et de jardins ouvriers, est à ce point de vue excellente. Quant aux individus déjà atteints, il faut les empêcher de répandre leurs microbes, en les isolant dans des hôpitaux spéciaux, et dans des sanatoriums, où ils pourront, le cas échéant, retrouver la santé. Enfin la fondation de dispensaires antituberculeux permet souvent de déceler des cas ignorés et d’observer des individus qui peuvent devenir dangereux. L’adoption de ces mesures, déjà réalisées en partie, permettrait d’enrayer d’une façon efficace les progrès de la tuberculose.
- M. l'abbé Dumont, d’Aulnay-sous-Bois, nous écrit : « Voulez-vous me permettre de signaler aux lecteurs de « La Nature » un phénomène géologique qui vient de se former à quelques kilomètres de Paris, sur le territoire de Sevran, Seine-et-Oise (station, ligne du Nord). Dans la matinée de dimanche 21 juin un effondrement subit s’est produit au milieu d’une large plaine cultivée formant plateau par rapport à la région voisine. L’excavation de forme presque ronde, qui a 15 mètres de diamètre, s’est remplie d’eau venue d’en bas, jusqu’à 60 centimètres du sol. La surface de cette eau est d’un vert clair et successivement calme et agitée. Des remous s’y produisent causés probablement par la chute au fond du gouffre de portions de terre détachées des parois latérales qui sont verticales dans la partie apparente. Dans un périmètre de 3 à 400 mètres, ils existe sept puits analogues, sept effondrements, qui se sont produits à des dates reculées et relativement éloignées les unes des autres, toujours remplis d’eau dont le niveau semble à peu près le même. L’eau s’écoule de plusieurs excavations au dehors dans des fossés, comme de véritables puits artésiens. Le niveau de l’eau est de plusieurs mètres supérieur à celui des rivières avoisinantes. L’avant-dernier effondrement remonte à environ cinquante ans. Un peu plus loin, au delà de la ferme de Savignv, une vieille fontaine mentionnée dans les plans, sous le nom de « Trou-d’en-fer », est due aux mêmes causes qui ont amené le récent effondrement. Une nappe d’eau souterraine en mouvement désagrège sans doute peu à peu la voûte friable de calcaire et de sable mêlés, des cavernes qu’elle remplit. La voûte de ces cavités progressivement amincie, s’effondre et tombe au fond du gouffre, et il se forme à la surface du sol des trous en entonnoirs que l’eau remplit. Une série d’entonnoirs de ce genre indiquent sûrement la présence, l’étendue et la direction des nappes d’eau ou rivières souterraines, qui sont à une grande profondeur et se rattachent probablement à un régime hydrographique très ancien. »
- Renseignements. — M. Chenet, à Esperanza.— Vous trouverez ces appareils aux adresses suivantes : MM. Arnaud et Marot, 34, rue Kléber, à Levallois-Perret (Seine) ; M. Pierson, 47, rue Lafayette ; M. Crouan, 51, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. G. H. et G., à Sedan. — Voici une recette de colle forte résistant à l’eau : Faites tremper dans de l’eau froide de la colle forte ordinaire jusqu’à ce qu’elle commence à se déformer. Retirez-la de l’eau et chauffez à petit feu avec de l’huile de lin ordinaire. Cette colle très forte résiste parfaitement à l’eau. Vous trouverez au surplus, dans la lre série des Recettes et procédés utiles, p. 154, une formule de colle non attaquable par les acides.
- M. Crépy, à Lambersart. — Nous ne possédons encore aucune indication sur le filage du papier, mais nous ne perdons pas de vue cette industrie, et nous y consacrerons une étude s’il v a lieu.
- M. Morel, à Vendeuil. — Dans le n» 1569, du 20 juin 1903, vous trouverez aux Communications un moyen d’empêcher l’invasion des fourmis, à l’aide de morceaux de citron moisis. Quant aux limaces et pucerons, vous pourrez lire dans les 4e et 5e série des Recettes et procédés utiles, plusieurs moyens efficaces pour vous en débarrasser.
- M. Hérault, à Béthisv. — Pour le cuir chromé, voir n° 440 du 5 novembre 1881, p. 367. Quant à l’impression sur cette substance, elle n’est pas encore très répandue, et nous ne connaissons pas de travail à ce sujet.
- M. Tarantini, à Mavatea. — Nous n’avons pas de détails, "nouveaux sur la téléphonie sans fil : toutefois nous ne pensons pas qu’elle soit éncore entrée dans le domaine pratique en dehors des applications signalées : transmissions de navire à navire, de navire à la côte, etc. : l’adresse de notre collaborateur est : M. Daniel Bellet, 18, rue des Canus, à Maisons-Laffite (S.-et-O.).
- M. Charles Hohest, à Lamarcheville. — Ecrivez directement à M. W. Lambrecht, constructeur à Gôttingen (Allemagne).
- M. Michel, à Gap. — Nous ne pouvons que vous engager à vous procurer le cours de « Chimie minérale et organique » de A. Gautier, où est - résumé l’ensemble des découvertes récentes de la chimie.
- M. R. H., à Z. — Le procédé aluminothermique .remplace avantageusement tous les autres procédés de soudure : il nous-paraît applicable à votre cas particulier : écrivez au Dr Golds-chmidt, à Essen-Ruhr (Allemagne).
- M. Rouisson, à Sisteron. — 11 doit y avoir des courts circuits intérieurs : il faut démonter les accumulateurs et les-visiter soigneusement.
- M. Sieberlz, à Kohlscheid. — Le capitaine Daniel Bruun. demeure à Hillerup, près Copenhague, Annavei.
- M. J. Le Blant, à Noyon. — Le mercure métallique ne-peut être d’aucun secours contre les insectes paxasites : quant au sublimé corrosif, ou bichlorure de mercure, son efficacité est grande, mais son maniement est dangereux, à cause de son extrême toxicité. Peut-être vaudrait-il mieux, pour la préservation de vos collections, vous servir de sulfure de carbone.
- M. Duarle Ferreira Pinto Basta, à Aveiro. — Pour la céramique sans cuisson, s’adresser à M. Wollf, 45, rue Saint-Augustin, à Paris.
- M. A. L., à Paris.— 1° Pour ce qui concerne la fabrication du papier, il y a deux volumes de l’Encyclopédie Roret qui vous donneraient des indications utiles : Papetier et régleurT par Julia Fontenelle et Poisson, et Papiers de fantaisie, par Fichtemberg : librairie Mulo, 12, rue llautefeuille, à Paris.— 2° Nous ne pensons pas que la couleur blanche puisse être conservée d’une façon durable à la surface des pièces en caoutchouc.
- M. L. Valloton, à Lyon. — La peinture sur étoffes (mousseline, peluche, satin), peut se faire aisément si l’on peint an moyen de couleurs ordinaires mélangées avec du blanc de Chine et un peu de gomme liquide. Ou bien encore, on prépare les couleurs à l’huile trois jours à l’avance en les mettant à dégorger sur du papier buvard. Une fois bien dégorgées on s’en sert avec de l’essence de térébenthine.
- L’abonné 4245-2542,3/. le Dr J. Dupaigne, à Louveciennes. — Dans l’article consacré au « mouvement en photographie », l’auteur ne se proposait pas de parler de la déformation déjà traitée dans un article antérieur (n° 1015 du 12 novembre 1892, p. 376); nous reviendrons néanmoins bientôt sur ce sujet.*
- Accusés de réception. Avis divers. — M. Gautier fils, à Joigny.— Ce procédé peut être excellent s'il est appliqué avec
- Êrécaution : sans quoi, vous brûlerez le linge. — M. Ambert, à ourg-Saint-Andéol. Ce sujet est trop peu scientifique pour être traité dans La Nature. —M. H. M. C., à Tours. Cette irritation de la peau due au métol est bien connue : c’est 1’ « eczéma métoli-que » : vous trouverez dans la 5“ série des Recettes et procédés utiles, p. 80, une formule de pommade qui guérit rapidement cet eczéma.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Le modèle d’éventail automatique, dù à M. G. Kaiser, et que représente notre figure, est de beaucoup le plus simple de tous. 11 consiste en une tige métallique verticale qui porte à la partie supérieure un écran décoré. Cette tige est maintenue en place à. l’aide d’un ressort. Un levier extérieur en fil de fer recourbé porte à son extrémité une ficelle qui vient s’enrouler sur la tige et se dérouler successivement quand on appuie sur le levier. 11 en résulte des déplacements continuels de l’écran, qui procurent beaucoup d’air et de fraîcheur, sans toutefois devenir désagréable. La figure ci-jointe nous montre l’écran et le pouce d’une main appuyant sur le levier. Ce système simple parait pratique. L’éventail économique se trouve à la Compagnie « The Zéphyr », 24, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- Robinet automatique. — MM. Copin et fils ont imaginé un nouveau système de robinet automatique dit « Auto-Stop » servant à la mise en bouteilles et à l’emplissage rapide de tous les récipients. Ce robinet peut être facilement adapté à l’orifice d’évacuation d’un robinet ordinaire, d’un entonnoir, d’une conduite de distribution, etc., au moyen d’un raccord soudé et fileté. La figure ci-dessous nous montre le robinet automatique avec quelques détails de construction. Ce robinet est constitué
- Robinet automatique de MM. Copin et fils. —1. Sur une cannelle A.
- 2. Vue intérieure. — 3. Robinet adapté à un entonnoir.
- par un corps en métal B, surmonté d’un raccord fileté pour s’adapter au corps. Ce dernier forme intérieurement un siège de soupape sur lequel vient s’appliquer un clapet muni d’une tige. Ce clapet est maintenu sur son siège par un ressort conique, qui vient s’appuyer d’autre part sur une bague vissée dans le corps. La tige verticale est munie de branches latérales recourbées D, qui sont guidées dans des rainures correspondantes pratiquées dans le bec du corps, de façon à empêcher la tige et la soupape.de tourner sur elles-mêmes, tout en permettant l’évacuation rapide de l’air de la bouteille. Le fonctionnement de l’appareil est fort simple. Lorsqu’on veut remplir une bouteille, on présente avec une seule main son goulot
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- sous le bec, en poussant de bas en haut, de façon à refouler les branches recourbées et à ouvrir la soupape. Le liquide en charge pénètre alors dans la bouteille, que l’on retire vivement aussitôt qu’elle est pleine. La soupape se ferme immédiatement sous l’action du ressort et l’écoulement s'arrête ainsi automatiquement. Toute perte de liquide est supprimée par ce système, qui retient même la goutte de liquide et produit par cela même une économie. Une modification a été faite dans la forme et dans le montage des branches latérales de la tige de clapet. Ces branches sont prolongées par des tiges, qui pénètrent dans deux canaux qui sont pratiqués dans le corps du robinet, et cela dans le but d’éviter tout déplacement pendant la manœuvre. Le robinet automatique « Auto-Stop •» se trouve chez MM. Copin et fils, 82, boulevard de Strasbourg, au Havre.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des épanchements sanguins.
- Combien de cyclistes, amateurs et même, oserai-je dire, professionnels ont éprouvé les fâcheux résultats de la « pelle ». Chutes au cours de l’apprentissage de la bicyclette, chute par rencontre inopinée avec des maladroits, quelle que soit la cause le résultat se traduit, dans les cas les plus simples, par des contusions, de petites plaies, des écorchures et souvent la formation de gros hématomes, « vulgo )) bosses sanguines. Je ne parle pas des chutes sur pistes, des accidents survenus au cours de grandes vitesses : elles sont ordinairement beaucoup plus sérieuses et les accidents bien plus graves. Si le hasard; a voulu que le blessé n’ait, comme le simple novice, que dès contusions ou des épanchements sanguins, voici un traitemetit des plus simples à mettre immédiatement à leur service.
- Ce traitement est dù au Dr Auger de Bolbee qui l’a fait connaître il y a quelques années ; ingrats cyclistes ; vous n’en avez pas gardé le souvenir. Le procédé est cependant à la portée de tous, et malgré sa simplicité il est des plus efficaces. En voici la description que j’emprunte à notre confrère : « Mon premier moyen consiste, chaque fois qu’il n’y a que plaie ou bosse, sans douleur profonde et par suite sans impossibilité de mouvement, à étendre le plus promptement possible, sur le point lèse, une abondante couche d’huile, de vulgaire huile d’olive, qu’on trouve partout, quand on n’a pas eu la précaution d’en prendre une petite fiole dans sa sacoche. 11 est inutile de procéder à un lavage préliminaire avec une eau plus ou moins sale. 11 faut renouveler constamment cette application, en faisant de légères onctions, surtout s’il y a menace de bosse sanguine. Cette onction peut être faite avec les doigts, un linge, un peu d’ouate, et dans tous les sens, mais toujours très légèrement. On recouvre ensuite le point atteint avec un linge, un mouchoir imbibé d’huile. En quelques instants, tout disparaît, souvent même la bosse sanguine ne se produit pas. ))
- Et c’est tout : cyclistes malheureux, mamans qui ’u>yez choir votre bébé, rassurez-vous ; un peu d’huile et pas rrest besoin absolument d’huile d’olive, une légère onction et des compresses et la bosse sanguine disparaît. Mais il faut agir sans retard. Plus d’arnica, plus d’eau blanche, de l’huile et rien que de l’huile.
- Dans une note récente, un jeune chirurgien a préconisé à nouveau ce moyen si simple et dit en avoir obtenu, même dans des cas de gros hématomes, les résultats les plus surprenants. Il est évident que s’il y a des écorchures, de petites plaies, il sera bon, si on a sous la main les agents pharmaceutiques, de laver la plaie souillée avec un peu d’eau phéniquée ou d’eau oxygénée. Mais c’est cette couche de corps gras, cette onction huileuse qui donne le succès : suppression de la douleur et disparition de l’épanchement sanguin. Les moyens simples sont souvent les meilleurs, c’est vraiment le cas de le répéter. Dr A. C.
- Contre le tænia.
- Nombreux sont les agents d’expulsion du ver solitaire : le plus efficace, qui paraît être l’écorce de grenadier, ou l’extrait éthéré de fougère, est souvent impuissant à déloger ce parasite récalcitrant. Essayez alors de l’acide salicylique en l’employant de la façon suivante. Purgation la veille au soir avec l’huile de ricin : le matin absorption d’une nouvelle dose d’huile, puis une heure après prendre successivement à une heure d’intervalle, quatre cachets (de un gramme chaque) d’acide salicylique. Si une heure après l’ingestion du dernier cachet, le ver n’est pas parti, reprendre une troisième dose d’huile de ricin. L’expulsion se fera alors à peu près à coup sur. Seulement tous les estomacs ne doivent pas tolérer aisément cette dose d’acide salicylique. A. C.
- Éventail automatique.
- Éventail automatique.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PHOTOGRAPHIE
- Sulfite d'acétone.
- Nous avons sous ce titre publié dernièrement une Note dans laquelle MM. Lumière et Seyewetz, répondant à des expériences du Dr Eichengrün, tendaient à établir que le sulfite d’acétone 11e permet pas de révéler l’image photographique s’il n’est accompagné d’un alcalin.
- Le D' Eichengrün nous communique aujourd’hui un long travail combattant les conclusions des savants français. Nous lui donnons acte de sa protestation, mais nous ne voulons prendre parti pour personne dans cette discussion, qui n’est sans doute pas close, et qui présente bien peu d’intérêt pour nos lecteurs.
- Vitrauphanie Lima.
- Nous avons eu l’occasion de signaler à nos lecteurs le papier photographique (( Luna » avec lequel on peut obtenir des épreuves très artistiques. Les fabricants de ce papier viennent
- de créer un nouveau genre destiné à faire des transparents, de là le nom de « vitrauphanie » qu’ils lui ont donné.
- Ce papier se traite comme les autres; on l’imprime au châssis-presse assez fortement, on le vire et on le fixe dans les bains indiqués déjà pour les autres papiers, et on obtient de fort jolis tons soit avec le virage à l’or seul, soit combiné avec le platine ou même par simple fixage. Ce papier étant destiné à être vu par transparence on n’a pas à s’inquiéter des points blancs qui apparaissent à sa surface quand on le regarde par réflexion et qui sont dus à la pâte mince pour laquelle on emploie le chanvre pur; ces points ne sont pas visibles par trafis-parence. Nous signalerons cependant au fabricant quelques petits points noirs qui, eux, sont visibles par transparence et qu’il faudrait tâcher de faire disparaître. Dans les paysages cela n’a pas d’importance, car ils disparaissent le plus souvent dans des parties ombrées et milgré ce petit défaut le papier vitrauphanie sera très utile pour décorer les fenêtres, les abat-jour ou des écrans de façon très artistique et avec beaucoup de facilité. — S’adresser à M. Thibaut, 08, rue Sainte-Anne, Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9, ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEBVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 juin . . . 9% 7 E. N. E. 2. Beau. » Peu nuageux ; rosée.
- Mardi 23 12”,0 E. N. E. 2. Beau. » Peu nuageux; rosée; liai.).
- Mercredi 24 14",6 E. 2. Couvert. » Nuageux.
- Jeudi 25 15%1 N. N. E. 2. Quelques nuages. » Nuageux ; rosée.
- Vendredi 26 16°,5 N. E. 1. Beau. » Peu nuageux ; rosée.
- Samedi 27. . . . . . 20-,5 E. S. E. 0. Beau. » Beau ; rosée.
- Dimanche 28 ... . 21% 1 E. S. E. 0. Beau. » Beau ; rosée.
- JUIN 1903. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JUIN.
- La courba supérieure indiqua la nébulosité de Où 10: les flèches inférieures, la direc'ion du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe énaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, an niveau dç la merj; courbe plus mince, thermomètre à ïal','i à boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 20 juin, à 6 heures du matin, il s’est produit à Erlau (Eger) uu violent tremblement de terre ; il y a eu quatre secousses successives. Dans un faubourg, plusieurs maisons se sont écroulées ; dans la ville, presque toutes les maisons ont été endommagées.
- T.a pluie. — La pluie est encore tombée dans la semaine du 22 au 28 juin, mais en moindre quantité que la semaine précédente. Le 22 juin, on a signalé des pluies dans l’est de la France, où l’on a recueilli 12 mm d’eau à Belfort, 2 mm à Nancy, 1 mm à Lyon. Le 24 juin, un orage a éclaté à Perpignan.
- La température. — La température a été très variable dans la semaine, et parfois notablement inférieure à la température normale. Le 22 juin, à 7 heures du matin, le thermomètre marquait 12° à Paris, 9° au mont Aigoual, 7° au mont Yentoux, 2n au puy de Dôme et au pic du Midi,
- et 0° au mont Mounier. A Paris, dans la journée, on constatait un maximum de 17°,7 et un minimum de f>°,2; la température moyenne était de 11®,4* inférieure de 5°,7 à la température normale, qui était de 17°,1. Le 25 juin, la température se relevait, excepté dans le iiord de l’Europe. Le matin, à 7 heures, on notait 15° à Paris, 13° au mont Aigoual, 11° au puy de Dôme, 6° au pic du Midi. A Paris, la température moyenne était de 14°,9, le maximum de 21°,5 et le minimum de 13°. Le 21 juin, à Paris, la température était de 13° le matin, et la moyenne a été de 17®,8 supérieure de 0®,6 à la normale; le maximum de la journée a été de 24°,6. Le 25 juin, la température moyenne a été de 17°,f> à Paris ; le 26 juin, on a noté un maximum de 26°,8 et une moyenne de 19°,9.
- La neige à Lisbonne. — Le 21 juin, des tourmentes de neige se sont abattues sur Lisbonne. Les moissons sont détruites, les champs inondés et les montagnes couvertes de neige. On ne se souvient pas d’avoir vu de la neige au mois de juin en Portugal.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 23 à 6 h. 20 m. du matin.
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- ! 572 (Il juillet 1903), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— M. Joubin est nommé professeur de zoologie au Muséum •d'histoire naturelle, en remplacement de M. Edmond Perrier, nommé à la Chaire d’anatomie comparée.
- —Ht— La fameuse coupe Gordon Bennett a été gagnée cette année en Irlande par M. Jenatzy sur une machine allemande Mer-eédès. La course avait lieu en Angleterre par suite de la victoire «l'Edgc, en 1902. Ce sera au tour de l’Allemagne en 1904. Les vitesses moyennes en 1903 ont été remarquables. En 1900, Charron couvrit le parcours Paris-Lyon (566 km) à 1 allure moyenne de 61 km. Ce fut pendant trois ans le record de la vitesse pour la coupe Gordon Bennett; car, en 1901, Girardot terminait tant bien que mal le parcours Paris-Bordeaux à la vitesse moyenne de 59km,509. En 4902, ce fut pire encore. Edge gagnait la victoire grâce à la sagesse de sa conduite, avec une moyenne de 55 km. Cette année, sur des routes détestables, le vainqueur a réussi à obtenir la vitesse moyenne de 89km,184m. Voici, du reste, les chiffres des concurrents : Jenatzy, 89km,184 à l’heure; R. de Knyff, 86km,634; II. Farman, 86km,424; Gabriel, 82km,412. Il y a eu presque égalité entre les deux voitures Panhard, de R. de Knyff, et H. Farmann ; les voitures françaises ont seules, avec Mercédés, accompli le parcours. On peut penser que la victoire de Jenatzy est due à la facilité avec laquelle démarrent et prennent leur vitesse les Mercédés, en raison de la douceur de leur embrayage, des grandes dimensions de leur volant. Nous aurons donc une revanche à prendre et nous la prendrons certainement sur des routes meilleures que les routes d Irlande.
- —Ht— Le « Tour de France » est la plus formidable course de bicyclettes que l'on ait jamais organisée sur route. Elle a commencé le l'r juillet et se poursuivra jusqu’au 19 juillet; elle comprendra un parcours total de 2500 km. Il est vrai que ce parcours ne s’accomplira pas d une seule traite mais sera fractionné de la façon suivante : lre étape, du 1er au 2 juillet : Paris à Lyon (500 km) — 2e étape, du 4 au 5 juillet : Lyon à Marseille (380 km) — 5e étape, du 8 au 9 juillet : Marseille à Toulouse (430 km) — 4° étape du 11 au 12 juillet : Toulouse à Bordeaux (270 km) — 5e étape du 13 au 14 juiilet : Bordeaux à Nantes (390 km) — 6e étape du 18 au 19 juillet : Nantes à Paris (450 kilomètres).—Les cinq premières étapes se feront sans entraîneurs; pour la dernière étape (Nantes-Paris) les entraîneurs à bicyclette seront autorisés. l)e nombreux prix seront attribués aux gagnants de chaque étape et à ceux du classement général. Le « Tour de France » a réuni le chiffre énorme de 76 engagés parmi lesquels figurent les meilleurs coureurs.
- —Ht— Le 15 juillet partira de Pauillac le capitaine d'artillerie Lonfant chargé, par la Société de Géographie, d une mission ayant pour but de trouver une voie navigable faisant communiquer l’Atlantique avec le lac Tchad en passant par le Bas-Niger, le Bénoué, le Mayo-Kébi et le Logone. La découverte de cette voie aurait un intérêt capital pour le ravitaillement des postes militaires du Tchad et pour le développement de notre commerce dans cette région. Lue tonne de marchandises arriverait en deux mois du lac à la côte et ne coûterait que 500 francs de transport, au lieu de 2000 francs et six mois par le Congo. L’expédition doit durer huit mois et coûter 80 000 francs. C’est bien peu, si l’on songe à l’importance du résultat atteint.
- —Hty La semaine dernière a été ouverte la communication téléphonique entre Londres et Bruxelles. Ce qui donne un intérêt particulier à cette ligne, c’est la longueur de sa partie sous-marine «lui est la plus grande à l’heure actuelle. La distance entre la baie «le Sainte-Marguerite (Douvres) et la Panne, en Belgique, est d’un peu plus de 76 km, c’est-à-dire plus du douille de la langueur du câble Calais-Douvres (37) qui fait partie de la communication téléphonique de Paris-Lonilres. Le câble a été fabriqué par les « Henley’s Telegraph works » et a été posé en trois parties par 1 « Alert » et
- le « Monarch », les deux épissures ayant été faites en mer. L’ « Alert » a posé une longueur de 26 km de câble dans les parages peu profonds des côtes de Belgique et le « Monarch » les 48 km restant. Le câble téléphonique coupe un des câbles télégraphiques anglo-belges au tiers environ de la distance à partir de la Panne. La distance totale de Londres à Bruxelles est de 538 km se décomposant comme suit : en Angleterre : 134 km ; en Belgique : 129 km ; en mer : 75 km.
- —Ht— Une éruption violente du Vésuve a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 juillet. Le volcan a lancé des pierres ayant plus d’un demi-mètre cube de volume et qui tombaient à plus de 4 à 500 mètres de distance du cratère. Le directeur de l’Observatoire espère que la profondeur du cône retiendra la lave. Les autorités interdisent l’ascension du volcan à partir d’une certaine altitude.
- —Ht— Le navire America est parti le 23 juin de Trondjem emportant à son bord l’expédition Zingler qui se rend à la terre François-Joseph pour y établir un dépôt de vivres ét de là se diriger vers le pôle Nord dans des traîneaux à chiens. L'America hivernera dans un port bien choisi pendant que s’effectuera la seconde partie du voyage.
- —Ht— L’Association des Industriels de’France contre les accidents du Travail, ouvre un concours public international pour la création d’une enveloppe protectrice contre l’éclatement des meules en composition. Lorsqu’une meule en composition éclate pendant sa marche, ses fragments sont projetés avec une violence d’autant plus grande que la vitesse de cette meule est plus considérable. Si les éclats ainsi projetés rencontrent des personnes, ils les blessent, quand ils ne les tuent pas. Quelles que soient les précautions prises dans la fabrication de la meule et dans son emploi, on n’est jamais absolument certain que l’éclatement de cette meule ne se produira pas. Bien qu’aux termes du décret du 10 mars 1894 on doive prendre autant que possible des dispositions telles qu’aucun ouvrier ne soit habituellement occupé à un travail quelconque dans le plan de rotation ou aux abords immédiats d’un volant, d’une meule ou de tout autre engin pesant et tournant à grande vitesse, il importe néanmoins de protéger efficacement contre les risques qui résultent de l’éclatement le meuleur lui-même et les ouvriers voisins. Pour tous renseignements, s’adresser au Directeur de l’Association, 3, rue de Lutèce, à Paris.
- —Ht— Les appareils stérilisateurs d’eau domestiques Lepage, dont nous avons donné la description, il y a quelques années, viennent d’obtenir un prix d> 2000 francs à "la Société d’Eneoura-gemont pour l’Industrie nationale.
- —Ht— Les marsouins sont devenus tellement désastreux aux pêcheurs bretons par leur insatiable voracité, que, par ordre ministériel, six torpilleurs doivent leur donner la chasse dans la baie de •Douarnenez.
- —Ht— On s’ingénie beaucoup en ce moment à trouver une matière remplaçant le liège comme corps flottant, et l’attention a été dirigée sur le coton qui pousse sur les fruits de l’arbre appelé Kapok : celui-ci se trouve en Indo-Chine, au Sénégal, en Océanie, au Gabon. La laine soyeuse qu’il produit est imputrescible, inattaquable aux insectes et aux rats, souple et douce : 300 grammes peuvent maintenir hors de l’eau un homme pesant 70 kilogrammes : c’est dire que son emploi est tout indiqué pour les bouées, ceintures de sauvetage, etc. : plusieurs marines étrangères l’ont déjà adoptée.
- —Ht— Ce sont des entrepreneurs français qui exécutent actuellement les importants travaux d’amélioration décidés pour le port de Montevideo : on y emploie une drague extrêmement puissante construite par les chantiers Smulders de Rotterdam. Elle est à la fois porteuse, à godets et à succion et elle peut descendre jusqu’à 10 et 13 mètres au-dessous de l’eau; elle est à même de décharger soit dans sa propre cale de 800 mètres cubes, soit dans des chalands. A 8 mètres de fond, elle drague au moins 800 mètres à l’heure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Emile Boulanger, pharmacien, nous a fait parvenir un travail qui résume ses travaux sur La germination de Vascospore de la truffe. Les résultats qu’il a obtenus sont en contradiction avec ceux de M. Matruchot, de l’Ecole Normale, dont nous avons parlé récemment1. L’année prochaine nous apprendra si les ensemencements faits avec les mycélium différents que ces deux chercheurs ont cultivés, donnent tous deux le même tubercule. La bi’ochure de M. Boulanger renferme des planches très explicites, avec explication en plusieurs langues.
- MM. L. Mangin et Viala nous ont adressé un travail sur la Phtiriose de la vigne, qui a pour but d’étudier d’une façon aussi complète cette question, dont l’importance est considérable. Les divers parasites sont minutieusement décrits, ainsi que les ravages qu’ils causent. Un certain nombre de moyens de destruction ont été indiqués, mais il ne semble pas qu’il y en ait aucun de bien efficace. Tous les viticulteurs consulteront avec fruit ce travail très consciencieux et très documenté.
- M. Léon Dyé nous a fait parvenir un extrait du Bulletin du Comité de VAfrique française, contenant une intéressante étude sur les moustiques et la fièvre jaune. C’est un exposé complet de cette question, tant au point de vue historique qu’au point de vue médical. Il faut lire la description des méthodes employées par les Américains afin de détruire la lièvre jaune à Cuba, pour se rendre compte de l’efficacité des mesures de prophylaxie bien conçues et scrupuleusement appliquées. En trois ans le chiffre des décès annuels est tombé de 504 à zéro : dans les bonnes années, il atteignait 1000! Les moyens employés furent des plus simples : pétrolage des flaques d’eau : abatage des arbres donnant asile aux moustiques: désinfection ou incendie des immeubles infectés : enfin isolement des malades, à l’aide de toiles métalliques fermant toutes les ouvertures de leurs maisons. Des amendes très fortes et l'emprisonnement punissaient les personnes qui contrevenaient aux dispositions adoptées. Devant ces résultats absolument évidents, il est à désirer f[ue notre colonie de l’Afrique occidentale, si éprouvée par le terrible typhus amaril, prenne des mesures analogues pour essayer d’atténuer ses ravages qu’il fait chaque année.
- M. E. Liotard, à Nice, à propos de notre article sur le Penghawar Djambi (n° 1570 du 27 juin, p. 51), nous adresse une note complémentaire sur ces poils hémostatiques : à l’état sec le Penghaivar Djambi se présente sous forme de filaments aplatis, formés par des articles juxtaposés et unisériés. Mis en présence de l’eau ces poils épidermiques surnagent; ils gagnent le fond après avoir absorbé du liquide. Si l’on regarde au microscope les poils ayant ainsi séjourné dans l’eau, on les perçoit gonflés, cylindriques, de couleur plus foncée. Quand l’eau n’a pas complètement rempli la cellule, on voit des bulles d’air. En présence de la glycérine à 50°, on ne constate aucun gonflement; avec lessive de soude, ces poils brunissent instantanément et se gonflent aussi. En contact avec du sang, le Penghawar Djambi absorbe le sérum et se gonfle, laissant la partie albuminoïde former un véritable caillot. Ces poils agissent donc comme absorbant par endosmose.
- Renseignements. — M. Tatin, à Paris. — Pour colorer l’acier en bleu, il existe plusieurs procédés : nous en avons donné deux dans les « Recettes et procédés utiles, » 2e série,
- 1 Yoy. n° 1571 du 4 juillet 1005, p. 70.
- p. 155, librairie Masson et Cie, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Bamondat, à Lourdes. — Nous avons parlé de ce voyage aérien effectué par M. le comte de Castillon de Saint-Victor et M. Mallet, de Paris à Westerwick (Suède) : il a été déclaré-record du monde par l’Aéro-Club et la Société françaisejde navigation aérienne. Depuis, cette distance a été dépassée : Voir Informations : n° 1550, 7 février 1905.
- )/. Jeantel, à Candé. — Vous avez raison en ce qui concerne l’emploi des ingrédients chimiques; mais pourquoi ne vous servez-vous pas de l’outil à arracher les mauvaises herbes, décrit dans les Petites inventions du n° 1585, du 9 décembre 1899.
- M. Fritz Oedenkoven, à Gand. — C’est dans les Informations-du n° 1516, du 14 juin 1902, que nous avons parlé du mag-nalium. Nous n’avons d’ailleurs aucun autre renseignement sur cet alliage, qui ne semble pas s’ètre vulgarisé.
- M. Maurice Doyen, à Paris. — Ces vitesses sont certainement très exagérées ; du reste Michelet ne saurait être considéré comme une autorité en la matière. Les moyens de contrôle-sérieux manquent absolument. En donnant une vitesse de46(f à 70 kilomètres à l’heure au pigeon voyageur bien entraîné, il semble qu’on reste dans une juste mesure, tout en tenant compte des vitesses exceptionnelles réellement constatées.
- M. Paul Robert, à Fontainemelon. — L’adresse deM. Tau-penot, Soulié-Cottineau, Souve et Cie, est 80, rue Taitbout, à Paris.
- M. Joseph Baldy, à Bédarieux. — Pour la céramique sans-cuisson veuillez écrire à M. NVollf, 49, rue Saint-Augustin, à Paris. Il est probable que ce produit vous donnerait satisfaction pour le but que vous vous proposez.
- M. Henri Weber, à Paris. — Le chiffre de la consommation totale de la céruse n’est pas connu d’une façon certaine ; il faudrait consulter un certain nombre de publications peu répandues : le plus simple serait de vous adresser directement à M. Breton, député du Cher.
- M. Witz, à Paris. — Ces indications, qui ne concernent pas la rédaction de La Nature, vous seront fournies par l’Office de publicité, imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- MM. Guérineau, Chauvigné et Cie, à Fondettes. — Les machines dont vous nous donnez une description sommaire, ne sont pas, à notre connaissance, très en usage. La maison Frédéric-Fouché construit des séchoirs à fruits et à légumes, 58, rue des Ecluses-Saint-Martin, à Paris.
- M. Fr. Maugras, à Bordeaux. — Nous ne connaissons pas-d’ouvrage où ces données très complexes soient réunies. Le Bureau central météorologique, 176, rue de l’Université, à Paris, est à même de vous documenter.
- M. Auguste Biomot, à Alexandrie. — La librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris, a publié les ouvrages suivants-sur cette question : Les engrais au village, par II. Fayet : prix, 2fr,50. — Amendements et engrais, par A. Renard : prix, 5fr,50. — Traité de culture potagère par J. Dybowski : prix, 5 francs.
- M. L. W., à B. — Vous trouverez des fours électriques à lit maison Gin et Leleux, 5, rue Vignon, à Paris.
- M. L. D., à Paris. — Vous pourrez vous procurer des collections de préparations microscopiques spécialement destinées à l’enseignement chez MM. Radiguet etMassiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. Il y a là de très belles préparations, à des prix inférieurs aux prix habituels, et qui sont classées méthodiquement.
- M. Ciboulsky, à Kiew. — L’Encyclopédie Roret contient deux volumes qui vous renseigneraient suffisamment : 1° Les substances alimentaires.—2° Les conserves alimentaires. Librairie Mulo, 12, rue llautefeuille, à Paris.
- M. J. S- Hughes, à Chicago. — C’est à MM. Taupenot,’Soulié-Cottineau, Jouve et C"', dont l’adresse est donnée plus haut, qu’il faut adresser votre demande.
- M. Saignet, à Oloron. — L’Encyclopédie Roret a publié un manuel de l’Artificier : en vente à la librairie Mulo, 12, rue llautefeuille, à Paris.
- M. G. B. B., à Chaumont. — Les divers modèles d’agrandisseurs ont chacun leurs avantages : la maison Mackenstein, 15, rue des Carmes, à Paris, vous fournira les indications que vous désirez à ce sujet.
- M"° C. Brilliet, à Nevers. — Pour étudier le piano sans gêner les voisins, il suffit d’interposer entre les marteaux et les cordes une bande d’étoffe-mince, soutenue par une tringle de bois.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 5 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — [l n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. Liénarcl, à Huy. — Pour tout ce qui concerne les appareils de chauffage électrique, adressez-vous à la maison Parvil-lée frères, 29, rue Gauthev, à Paris.
- M. Tt •hier, à Bordeaux.— Ce dispositif n’est pas sans analogie avec celui du miroir magique, décrit dans la troisième série des Recettes et procédés utiles. Quant à ses applications pratiques, nous ne les concevons pas.
- M. H. Z., à Chamarandes. — Il peut y avoir intérêt à simplifier ces manipulations, bien compliquées, si l’on considère le résultat atteint : voyez donc plutôt dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, deux moyens d’obtenir des dessins sur les pommes et de la dentelle en feuilles d’arbres.
- M. Lardet, à Jougne. — Bien que ce sujet sorte un peu de notre cadre, nous avons donné dans les (( Informations » du n° 1384, du 2 décembre 1899, une statistique de la consommation des jeux de cartes.
- M. Garrier, au collège de Pontoise. — L’insecte que vous nous décrivez est probablement YAmmopkila Sabulosa : ses procédés de chasse et de nidification sont connus.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Gailhard, à ïiruniquel. Nous avons traité cette question dans le n° 1485 du 9 novembre 1901 : vous y trouverez beaucoup de détails sur la consommation du charbon en France, ainsi que les cartes explicatives. — ilI. G. T. //. fl nous est impossible de revenir sur ce sujet, que nous considérons comme épuisé provisoirement. — M. Jullemier. à Loulnms. Voyez dans la 5e série des Recettes et procédés utiles le moyen de faire passer la rancidité d’une graisse : librairie Masson et C'*, 120, boulevard Saint-Germain.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre la toux.
- La grippe laisse quelquefois à sa suite des toux tenaces, incessantes sans qu’on puisse découvrir de lésions marquées des voies respiratoires. Contre cette toux, on a conseillé avec un certain succès le sulfate de quinine à doses massives, deux cachets de cinquante centigrammes à une demi-heure d’intervalle au cours du repas du soir.
- Pour plus d’efficacité joindre un médicament calmant, les pilules de cynoglosse, une le soir, ou une cuillerée à café de sirop de codéine pris l’un ou l’autre au moment de se mettre au lit. IF X.
- Vimmunisation contre le venin de vipères.
- On connaît le procédé si ingénieux de Roux, pour obtenir le sérum antidiphtérique, procédé mis en usage pour toutes les autres maladies traitées par la sérothérapie. On immunise un cheval en lui injectant graduellement des doses de plus en [dus fortes du poison ; la réaction, sensible au début avec les petites doses, devient peu à peu nulle avec les plus fortes. L’organisme, imprégné par une progression régulière, tolère à la fin des doses toxiques et le sérum de l’animal fournit dès lors une substance médicamenteuse, d’une action merveilleuse.
- Le brave homme dont M. Boinet contait l’autre jour l’histoire à l’Académie de médecine ne connaissait pas à coup sûr les belles expériences de Roux et de ses disciples. C’était le hasard seul et les accidents de la pratique qui l’avaient mis à même de s’immuniser comme on immunise le cheval destiné à fournir le sérum. Agé de 42 ans, ce Breton était fils de chasseur de vipères et comme son père, lui-même, depuis son enfance, était à la recherche de ces animaux, au début pour les détruire, plus tard, lorsque le Dr Calmette commença ses études sur le venin des serpents, pour les procurer au laboratoire de l’Institut Pasteur à Lille. Il fallait capturer vivantes ces dangereuses bêtes. Notre chasseur s’y prenait adroitement. II attirait les vipères en imitant leur sifflement, les saisissait en arrière de la tète avec les doigts et les enfermait dans sa boite. Dans une seule journée, il était arrivé à capturer 103 vipères. Cette pratique téméraire lui valut, on le comprend, de fréquentes morsures.
- Or ces morsures répétées lui ont ou plutôt lui avaient acquis, puisqu’il est mort des suites de grippe, une immunité marquée. Il ne s’agissait pas d’immunité héréditaire paternelle, car sa première morsure, reçue à l’âge de 18 ans* fut suivie de phlegmon grave de la main et d’accidents généraux qui le tinrent au lit plus d’un mois. Un mois après sa guérison, il était mordu à nouveau, les accidents furent moins sérieux, puis de nouvelles morsures suivirent et qui ne s’accompagnèrent plus de troubles ni locaux, ni généraux. Il s’agissait bien d’une
- protection par la pénétration antérieure delà toxine venimeuse, car lorsqu’il n’avait pas été mordu depuis longtemps, après les longs chômages d’hiver, par exemple, la première morsure provoquait toujours des troubles plus prononcés.
- Pour pallier ces accidents le chasseur cautérisait la petite-plaie avec une solution de chlorure d’or et d’acide phénique. Il vint échouer à Marseille où il est mort d’une maladie vulgaires donnant un témoignage curieux de la valeur des inoculations des sérums antivenimeux. ï)r A. G.
- L'airelle dans les fièvres infectieuses.
- Qui ne connaît l’airelle, le raisin des bois, ce joli arbuste, commun dans les taillis, à feuilles ressemblant à celles du buis ou du myrte et dont les fruits forment ces petites baies d’un joli bleu pourpre à saveur acidulée. Dans la région du nord, les marmots se régalent de ces baies qu’on nomme des lucets, des morets, des hluets.
- ç L’airelle ou myrtille, de son nom botanique raccinium myrtillus, est utilisée en pharmacie comme astringent On en fait un sirop, une conserve. Les feuilles contiennent de l’acide quinique et les baies, une assez forte proportion de substances tanniques.
- t Le Dr Bernstein, de Londres, vient de remettre en vogue les baies de myrtille. 11 a reconnu que dans la fièvre typhoïde, dans les maladies infectieuses à localisations intestinales, les baies de myrtille administrées en infusion et décoction avaient une action antiseptique des plus marquées ; les processus de fermentation étaient enrayés et les ulcérations se cicatrisaient, plus vite, d’où disparition des accidents d’infection et convalescence rapide. Gomme les baies de myrtille n’ont aucune propriété toxique, l’infusion peut être donnée à hautes doses et constitue en même temps qu’une boisson rafraîchissante, agréable, un lavage du rein des plus favorables à l’élimination des toxines.
- Gette action antiseptique des baies de myrtille n’est pas une vue de l’esprit et ne repose pas sur des faits de hasard. Des expériences ont montré que le suc d’airelle arrête en trente à quarante heures le développement du bacille d’Eberth et en vingt-quatre heures celui du bacterium coli. Comme la médication n’a rien de dangereux, elle me parait de tous points recommandable. Dr A. G.
- BIBLIOGRAPHIE
- L'aluminium, ses propriétés, ses applications, par P. Mois-sonnier, pharmacien principal de l’armée. 1 vol. in-8°. Gauthiers-Villars, éditeur. Prix : 7fl',50.
- Aide-mémoire de photographie pour 1903, par G. Fabre. Tome VIII. Paris. Gauthier-Villars, éditeur. 1 vol. in-18. Prix^ltr,75.
- Observatoire royal de Belgique : annuaire météorologique pour 1903, publié par les soins de Lancaster, directeur du service météorologique de Belgique. 1 vol. in-18. Bruxelles.
- , 1905.
- Entre aveugles : conseils à l'usage des personnes qui viennent de perdre la vue, par le l)r Emile Javal, membre de l’Académie de médecine. 1 vol. in-10, Masson et Cie, à Paris. Prix : 2fr 50.
- Frappé de cécité après avoir conservé la vue à tant de pi r-sonnes, le Dr Javal a inventé une série d’appareils qui atténuent, dans une certaine mesure, la triste situation des aveugles.
- La 'tuberculose: les causes, son traitement, les moyens de s’en préserver, par le Dr Samuel Bernard, président de l’Œuvre de la tuberculose humaine. 1 vol. in-18. J. Roussel, éditeur, à Paris. Prix : 4 francs.
- Transplantatioîi en motte des arbres et arbustes, par J. Luquet. 1 broch. in-8°. Librairie Horticole, à Paris. Prix: 2f‘,50.
- Prairies et pelouses : instruction sur la création et l’entretien des prairies et pelouses, par Rivoire père et fils. 1 broch. in-8”. Librairie Horticole, à Paris. Prix: lfr,25.
- De Ve7isachage des fruits, par L. Loiseau. 1 broch. in-8°. Librairie Horticole à Paris. Prix: lfr,65.
- Les animaux vivants du monde: histoire naturelle publiée sous la direction de M. Charles Cornish, préface par Edmond Perrif.r, de l’Académie des sciences, directeur du Muséum d’histoire naturelle. Livraison XIII. Prix: 0fr,75.
- La chimie dans l'industrie, dans la vie et dans la nature, par Auguste Perret, licencié ès sciences. Schleicher frères et Cie, éditeurs, à Paris. 1 vol. in-18. Prix: 2fr,50.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Société d’histoire naturelle d'Autun, 15e bulletin. Autun. Dejussieu, éditeur.
- Fait avec le soin qu’apporte à ses publications cette association, l'une des plus importantes de France, ce volume renferme des travaux de MM. Bernard-Renault, I’ettit, Camusat. etc., ainsi que deux portraits de M. Albert Gaudry, président de l’Académie des sciences, et du regretté Henri Filhol que la science a perdu en 1902.
- L'année photographique 1902, par Albert Reyner. Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, à Paris. 1 vol. in-8°.
- ” Prix : 5 francs.
- Le paysage en photographie, par J. Carterox. Charles Mendel éditeur, 118, rue d’Assas, à Paris. 1 vol. in-8°. Prix: 5 francs.
- Manuel'd’analyse chimique, par Ere. Prost. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur, à Paris. Prix: 12,r,5ü.
- Guides routiers régionaux : Morvan et Bourgogne, par A. de Baroxcelli. 1 hrocli. in-18. Prix: 2 francs.
- Ce volume, le 9e de la série, est conçu sur le même plan que
- ’ les autres : sa disposition en itinéraires distincts permet de combiner les voyages et d’en prévoir les moindres détails.
- Sur la philosophie des mathématiques, par Jules Richard, docteur ès sciences mathématiques. 1 vol. in-18. Gauthier-Yillars, éditeur, à Paris. Prix : 5fr,25.
- Les verres et cristaux: le. diamant et les gemmes, par E. d’Ucbert, docteur ès sciences. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et tils. Prix: lfr,50.
- Mes escalades dans les Alpes et le Caucase, par A. F. Mum-mery, traduit par Maurice Paillon. 1 vol. in-8°. Lucien Laveur, éditeur, à Paris. Prix: 10 francs.
- Les distributions à changement de marche avec tiroir unique, par Albert Fliegner, traduit par Paul IIoffet. 1 vol. in-8°. Charles Béranger, éditeur, à Paris. Prix: 10 francs.
- Nouveau manuel du charpentier, par M. Chryssochoïdès, ingénieur des arts et manufactures. 2 vol. de l’Encyclopédie Roret, avec atlas. |L. Mulo, éditeur, à Paris. Prix: 8 francs.
- Tableaux synoptiques des champignons comestibles et vénéneux, par le Dr Ch. Manget, pharmacien-major de l’armée. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et Fils, à Paris. Prix: 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 juin . . . 18%i N. N. E. 3. Peu nuageux. 0.0 Rosée; nuag. le matin; beau le soir; coup de toun. au S.-S.-VV. à 8 h. 50.
- Mardi 30 1 i*,9 N. N. E. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; nuag. ; halo de G h. à 7 h.
- Mercredi 1" juillet . lti”,5 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Rosée ; Beau.
- Jeudi 2 20', 0 E. S. E. 2. Beau. 0,0 Rosée ; beau.
- Vendredi 3 1 i °,0 N. W. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; nuageux ; halo à 11 h.
- Samedi 1 li%0 S. 0. Nuageux. 0,0 Rosée ; peu nuag. ; halo à 7 h. 30.
- Dimanche 5 ——— 16°,0 E. 0. Nuageux. 0,0 j Rosée ; très nuag ; halo à 7 h. ; pluie en soirée.
- JUIN-JUILLET 1903.
- SEMAINE DU LUNDI 29 JUIN AU DIMANCHE 5 JUILLET.
- | Dimanche |
- IBE5555S55555E5555S255S5S5SES555SS5S
- inaan
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- titt température. — La température a été encore élevée dans la semaine du 29 juin au 5 juillet. Le 28 juin, à Paris, on notait un maximum do 32°,5; niais à la suile d’orages à Clermont et Nancy, la température baissait sur nos régions. On observait le 29 juin, à 7 heures du matin, 13° à Paris, I P’ au mont Ventoux, 12° au puy de Dôme, 9° au mont Meunier. La température moyenne pour Paris al teignait 19°,8 supérieure de 2°,2 à la normale. Le 30 juin, des pluies sont tombées au sud-est de la France, on a signalé des orages à Clermont, au puy de Dôme et au mont Mounier. La moyenne à Paris était de 18 ',7 avec un maximum de 21°,7. Le 1" juillet, la température montait dans l’ouest et le nord de l'Europe ; elle était, le matin à 7 heures, de 20° à Paris, de 15° au puy de Dôme, de 12° au mont Aigoual.
- Dans la journée, à Paris, il y a eu un maximum de 23°,5. Le 3 juillet la température a baissé en France et en Allemagne, et le 4, elle était en hausse.
- Tempête en EWpagtne. — Le 50 juin, une tempête de grêle, véi i-lable cyclone, s’est abattue sur la région de Valoria (province de Valladolid). Plusieurs maisons se sont effondrées. Les récoltes sont perdues; beaucoup de bétail a péri.
- I«a foudre. — Pendant un violent orage qui a éclaté sur la haute Ardèche, la foudre est tombée au Quartier-Brégnieux, commune d’Annonay. tuant une femme. A Lotoire, commune de Quintenas, la foudre, pénétrant par la cheminée dans une ferme, a tué la fermière qui, à ce moment, préparait le dîner.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 1" à 9 h. 11 m. du soir.
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- Il
- 1573 (18 juillet 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —— La 5e Sous-Commission des alcools (contrôle hygiénique) s’est réunie au Ministère des finances et a discuté les réponses fournies par le laboratoire municipal.. MM. Sanglé-Ferrière et Cuniasse, sous-directeur et chimiste de ce laboratoire, ont été entendus. Il a été décidé qu’un rapport de M. Hanriot, membre de VAcadémie de médecine, critiquant certaines dispositions de la loi du 16 décembre 1897 et de la circulaire du lor septembre 1900, serait adressé au président de la Commission. La Commission s’est ajournée au mois d’octobre, après avoir décidé qu’une visite serait faite dans les hôpitaux et dans les établissements industriels; elle a confié l’élaboration d’un premier rapport sur l’alcoolisme à MM. Motet et Lanccrcaux, membres de l’Académie de médecine, et d’un second rapport sur les moyens de contrôle et de répression à MM. Hanriot, de l’Académie de médecine, et Pillet, président du syndicat central des huiles essentielles.
- —'dt— Depuis le commencement de juillet, on a eu à constater de nombreux orages et de nombreux accidents par la foudre. A Clermont-Ferrand, l’orage du 5 juillet a fait 3 victimes. A Per-rier, un cultivateur, à Saint-Pardoux, un jeune homme nommé-Rougier, et à Serres un enfant de 3 ans ont été tués par la foudre. De nombreux incendies ont encore été allumés et une grande quantité de bétail tuée. Le 6 juillet, un violent orage s’est abattu sur les Vans et les environs de Largentiére. La grêle est tombée en abondance et a détruit les récoltes à Audi. Un métayer sortant de sa ferme fut frappé net par la foudre. Enfin dernièrement il s’est produit dans une rue de Pittsburg un accident dû à la rupture d’un lil conducteur d’électricité provoquée par la chute d’un drapeau, au cours d’un orage. Une des extrémités du fil est tombée dans une flaque d’eau. Un passant, qui traversait la rue, posa le pied dans cette eau et tomba foudroyé. Au même instant, un cheval, attelé ù une voiture où se trouvaient trois personnes, tombait à la même place. Les trois occupants du véhicule, effrayés, ayant sauté à terre, ont été également foudroyés. Ce n’est qu’une heure après que le courant a été interrompu et qu’on a pu enlever les cadavres des victimes. On signale également à la date du 9 juillet que la foudre a incendié à Montgilbert, prés de Chambéry, un chalet et tué les bestiaux qu’il abritait. Les dégâts ont été nombreux et importants Hans les environs.
- —— La 52e session de l’Association Française s’ouvrira à Angers le 4 août 1905, sous la présidence de M. Emile Levasseur, membre de l’Institut, administrateur du Collège de France, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers.
- —— La station météorologique de Point-Reyes, située à 55 km au nord de San Francisco, est une des plus favorisées du monde, au point de vue spécial de la violence et de la durée du vent. Elle détient actuellement le record de vitesse du vent, qui le 13 mai 1902 atteignit la vitesse de 165 km à l'heure : à certains moments elle allait jusqu’à 194 km. L’observation prit fin par l’arrachement des ailes de l’anémomètre, après que 16000 kilomètres eussent été enregistrés à une vitesse moyenne de 84 km.
- —— M. W. Cross vient de décrire devant l’Institution of Naval Architects un condenseur nouveau, appelé condenseur Ljungstrôm, et de le recommander au point de vue de son faible poids et de son peu d’encombrement. Il est fait de chambres plates en laiton ondulé, dont les ondulations s’appuient les unes sur les autrés. Ces chambres sont disposées en paquets et forment les surfaces de condensation, léchées d’un côté par l’eau circulant horizontalement, et de l’autre par la vapeur circulant dans le sens vertical. Par cheval indiqué, il suffit ici d’une surface de 2,8 dm2.
- —jît— On se propose d’utiliser en Nouvelle-Zélande une magnifique chute d’eau, et naturellement au moyen d’une usine hydro-
- électrique : un ingénieur suisse, M. Allô, vient de l’aller examiner dans ce but. Il s’agit de la chute appelée Huka Falls, dans l’Ile du Nord : même aux basses eaux, et en prenant les évaluations les plus modestes, elle serait susceptible de donner une puissance de 59 000 chevaux. On pourrait grâce à elle distribuer l’électricité dans toute l’île et aussi assurer la traction électrique sur les chemins de fer.
- ; )f{ - Une compagnie américaine qui s’est formée pour exploiter la télégraphie sans fil, a eu l’idée ingénieuse de faire construire une automobile électrique aménagée spécialement pour transmettre et recevoir des dépêches par le procédé Marconi. A cet effet elle est surmontée d’une perche de 6 mètres de haut qui remplace les antennes ordinaires. L’opérateur est placé dans une cabine de verre et comme l’automobile stationne sur la voie publique, le public jouit du spectacle, nouveau pour lui, de la transmission des dépêches sans fil. Jusqu’à présent il n’a été échangé d'aérogrammes qu’entre la Bourse de Wall Street et les courtiers du voisinage. En Allemagne, des voitures spéciales ont également été aménagées pour la télégraphie militaire sans fil.
- —Il y aura bientôt vingt ans que l’éruption du Krakatoa anéantit toute espèce de matière organique dans l’île où elle eut lieu. Depuis cette époque la végétation a repris peu à peu sa place au milieu des laves et des cendres vomies par le cratère. Ce furent d’abord des algues microscopiques qui tapissèrent les rochers d’une couche légère, en préparant le terrain aux végétaux supérieurs. Ceux-ci sont aujourd’hui au nombre de 62 espèces. Leur étude, faite par les botanistes du Jardin de Buitenzorg a révélé que 7,54 pour 100 de ces plantes avaient dû être apportées par des oiseaux, 52,07 pour 100 par les vents, et les 60,39 pour 100 restant par les flots de la mer. Il est à noter que les terres les plus rapprochées sont Java et Sumatra, distantes d’environ 32 kilomètres. En moins d’un lustre l’île de Krakatoa a donc vu une flore complète remplacer celle que le volcan avait détruite.
- —jît— En creusant des fondations au centre de la ville de Croydon (Angleterre), des ouvriers ont découvert un trésor composé de 3700 pièces de bronze romaines, remarquables par leur bon état de conservation. Le British Muséum, après étude de ces monnaies, a déclaré qu’elles remontaient à l’an 350 de l’ère chrétienne. Il est rare de trouver réunies dans la même cachette un aussi grand nombre de pièces, surtout datant de la même époque.
- —— Si nous en jugeons par l’accident qui vient de se produire à bord du navire de guerre américain « Iowa », il ne faudrait pas avoir grande confiance dans les gros canons de 305 millimètres dont les Américains étaient si fiers. On avait d’abord prétendu que la chose était due à l’explosion prématurée d’une gargousse, mais on reconnaît maintenant que la cause doit en être cherchée soit dans un manque de résistance du canon même, soit à la pression anormale produite par la poudre sans fumée. Cette pièce avait bien pris part à la campagne contre l’Espagne, mais en somme elle n’avait certainement pas tiré 200 coups. Il faut dire du reste quelle avait été construite pour la poudre noire.
- —La récolte de fruits en Californie promet d’être très abondante.et les autorités régionales se préoccupent du recrutement de 8000 ouvriers supplémentaires pour effectuer la cueillette. Encore estime-t-on que la moitié au moins des fruits sera perdue faute de main-d’œuvre pour la recueillir.
- — On vient de constater à l’île Maurice une épidémie qui s’attaque de préférence aux animaux domestiques, bœufs, vaches, chevaux, ânes, mules : son caractère principal est la présence des tripanosomes dans le sang, comme dans la tetsé. Espérons qu’on trouvera cette fois un spécifique à l’aide duquel on pourra enrayer la mortalité, qui devient inquiétante.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le Lacto-Aiscosimètre se trouve chez M. Paul Micault, fabricant, 2, rue de la Banque, à Bar-le-Duc.
- Communications.'— AL E. Foubest, à Champignolles-Sérifontaine nous adresse l’intéressante lettre suivante : « Ayant par un jour de chasse découvert dans la forêt domaniale de Thelle, sur les confins du territoire de Champignolles, un tombeau gaulois, j’en fis part à un jeune chercheur M. Bénard, de Gournay, qui, muni de l’autorisation nécessaire, a commencé les recherches. A peine commencées, ces recherches sont fructueuses : un crâne d’enfant, un tibia de géant, une molaire et sa partie de mâchoire, des silex taillés, une aiguille d’os poli de 0m,25 de long cassée en trois endroits, mais très entière, une poterie cassée. Nous paraissons nous trouver en présence de la transition entre l’âge de pierre et l’âge d’os. Il faut encore compter une huitaine de jours avant d’avoir terminé les travaux et, grâce à l’intelligent triage de M. Bénard, de curieuses découvertes seront faites. Dans tous les cas, la forêt de Thelle sera dotée d’un monument situé à deux cents mètres des puits préhistoriques pour l’extraction du silex explorés par M. Gustave Fougu. Ce monument sera plus intéressant que celui de Trye-Château, moins que celui de Bampont, près Fs. »
- Renseignements. — AL E. P., à Barcelone. — Machines pour essais des câbles à la traction, à la torsion, à l’allongement : M. Delaloe, 11, avenue du Maine; MM. Falcot frères, 15, rue Jules-César, à Paris; Société lyonnaise de mécanique et d’électricité, AO, avenue de Suffren, à Paris.
- AL Durand, à Casseneuil. — Vous faites erreur; il faut dire 15 kilowatts-heures et non 15 kiloAvatts. On ne doit jamais oublier le facteur « temps ».
- AL B. R., h Nantes. — Votre problème est exact; il faut tenir compte de la température ambiante.
- AL Leroy, à Paris. — Adressez-vous à la maison Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- AL E. V., à Lille. — Quand les installations seront terminées, et que nous aurons pu les examiner en détail, nous ferons connaître les plus intéressantes.
- AL Girot, à Périgueux. — Pour des canots et des yachts à voile ou à moteurs, adressez-vous à MM. Bertin frères ou Claparède, à Argenteuil; à M. Pellorce, 14, rue de l’Industrie, à Courbevoie; à MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, à Paris, et à M. Tellier, 52, quai de la Râpée, à Paris.
- AL Coutin, à Paris. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- AL K. D., à X... — L’adresse de la maison Kirbv, Beard and C°, est 75, boulevard Sébastopol, à Paris.
- AL Lebeuf, à Vesoul. — L’accident que vous nous signalez est facile à expliquer ; vous avez oublié d’exciter votre dynamo, avant de la coupler sur les accumulateurs, et ceux-ci se sont déchargés sur elle. Il faut visiter entièrement la dynamo et rechercher les courts-circuits.
- A/. Dumillot, à Boulogne-sur-Mer. — Pavage en liège : MM. Brousse, Thivel et Ci0, à Villeurbanne (Rhône) ; Société des lièges agglomérés, MM. Denniel et Cic, 24, rue Dauphine, à Paris.
- AL Verant, à X... — La chaleur spécifique d’un corps et le pouvoir calorifique ne sont pas la même chose. La chaleur spécifique est le quotient d’une quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un certain nombre de degrés la masse d’un corps, par cette masse et par l’élévation de température. Les chaleurs spécifiques se mesurent en calories kilogramme-degré
- par kilogramme et par degré centigrade. Le pouvoir calorifique est le quotient d’une quantité de chaleur par une masse ; il s’exprime en calories kilogramme-degré par kilogramme.
- M. Georges Roux. — Nous vous conseillons de consulter un chimiste ; il vous indiquera le mode de coloration que vous-cherchez.
- M. E. C., à Crépin. — Il n’y a pas de moyen de hâter la décomposition de cette substance sans employer d’acide. Il n’est guère possible d’indiquer la durée de temps nécessaire.
- AL A. AL, à Bucarest. — Voitures automobiles électriques i M. Mildé, 60, rue Desrenaudes ; Compagnie des Aoitures, procédé Krieger, 45, boulevard Haussmann, à Paris; L’Equipage-électrique, 8, rue d’Alsace, à Levallois (Seine).
- AL E. Brunelle, à Paris. — Nous avons donné plusieurs formules de pronostics ou sturm-glass ; consultez le petit livre des-« Recettes et Procédés utiles », 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- A/. Gervasio Leite, à Porto. — L’adresse du fabricant de la Chrysalide a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1569 du 20 juin 1905.
- AL E. Vasselin, à Paris. — Cette indication ne peut pas-nous être de grande utilité; nous ne pouvons faire de recherches dans les brevets.
- AL H. J. F., à Langres. — C’est dans le n* 1594, du 10 février 1900, p. 185, que nous avons parlé de l’Opticien automatique, appareil qui a pour but d’indiquer l’espèce ainsi que le numéro des verres dont peut avoir besoin la personne qui l’essaye.
- AL le commandant Snyders, à Lombok. — Ce n’est pas-d’hier que « La Nature » a commencé à s’intéresser aux pluies de poussières : le n° 189, du 15 janvier 1877, page 102, décrit plusieurs cas de ces phénomènes, et en retrace l’historique abrégé.
- AL Auguste Aymard, à Grenoble. — Il existe un ouvrage; où sont réunies toutes les indications sur ces opérations : c’est l’ouvrage de M. Keignart intitulé : Dorure, argenture, nicke-lure, galvanoplastie, chez l’auteur, 5, me Championnet,. à Paris. Prix: 5 francs.
- AL Schenkelberger, à Boston. — Veuillez vous mettre en relations avec MM. Taupenof, Soulié, Cottineau, Jouve et Cio, 80, rue Taitbout, à Paris.
- A/. Lorenzo Piria, à Piriapolis. — Nous avons transmis-votre demande à la maison Ransome.
- A/Ile Champion, à Lourdes. — Pourquoi ne pas essayer de l’inhalateur de goménol, que nous avons décrit dans les « Petites Inventions » du n° 1586, du 16 décembre 1899.
- AL Brindejonc, à Pleursuit. — Recette de vernis transparent pour instruments d’optique : faire dissoudre 65 grammes de gomme laque dans 1 litre d’eau-de-vie rectifiée, ajouter 125 grammes de noir animal bien calciné et préalablement chauffé et faire bouillir le tout pendant quelques minutes. Si en filtrant alors une petite partie du mélange sur du papier buvard gris, on ne le trouve pas suffisamment incolore, on ajoute une nouvelle dose de noir jusqu’à ce qu’on arrive au résultat désiré. Ce n’est que lorsque le mélange est d’une transparence parfaite que l’on filtre d’abord sur un morceau de soie, puis sur du papier Joseph.
- AL P. D., à X. — Le manuel du brasseur, de l’Encyclopédie Roret, aous renseignerait d’une façon complète : librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- AL Bjozowski, à Kiew. — Pour polir l’acajou et le noyer, on dissout à une douce température de la cire d’abeilles dans de l’essence de térébenthine rectifiée jusqu’à ce que le mélange devienne visqueux, puis on frotte longuement avec une flanelle ou un chiffon de lame. On obtient aussi un beau poli en frottant d’abord avec de l’huile de lin et un chiffon.
- A/. Thouvenel, à Antibes. — Tous nos regrets; cette question n’est pas de notre compétence.
- AL G. H., à Strasbourg. — Nous avons emprunté les éléments de cet article au journal Engineering, 56, Bedford Street, London W. C. ; c’est là qu’il faut vous adresser pour avoir les renseignements que vous demandez.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. D., à L.'
- Nous n’avons pas encore reçu la réponse du constructeur. — M. Leroy, à Nantes. Nous n’avons pas les données nécessaires pour traiter cette question. — M. J. B., à Nîmes. Il faudrait voir votre appareil pour pouvoir vous répondre. — M. M. .V.. à Paris ; M. Dumont, à Nice; M. D. L., à Paris. Consultez le petit livre des liecetles et Procédés utiles, 4,e série, à la librairie ilasson et C'". — M. Leblanc, à Paris; M. Verroy, à Blanc. Voyez le meme petit livre, 5e série, à la meme librairie. — M. Granvière, à X. Remerciements pour votre recommandation.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Collerette de natation. — Ce nouvel appareil de natation se compose d’une chambre à air en caoutchouc, recouverte d’une enveloppe en soie que l’on noue solidement au cou, puis on gonfle «à la bouche jusqu’à ce que l’étoffe soit bien tendue. On ferme bien la valve, puis on fait faire un demi-tour à la collerette, de façon que la fermeture soit derrière la tête, on peut alors se mettre à l’eau en toute sécurité; en quelques séances on apprend à nager, il n’y a plus l’appréhension des débutants, car quoi que l’on fasse, la tête est toujours
- Collerette de natation. A, A, coupes de la valve d’entrée d'air.
- hors de l’eau. Quand on a fini de s’en servir et que Ton est rentré chez soi, on la gonfle pour la faire sécher à l’ombre; une fois bien séchée, on la dégonfle, et ployée, elle tient dans la poche. La figure ci-jointe représente au centre un nageur portant la collerette ; à gauche est une coupe de la valve laissant pénétrer l’air à l’intérieur et à droite une coupe de la valve quand le bouchon a été revissé. Cette collerette a été essayée à la Piscine municipale et diverses autres piscines de Paris, ainsi qu’en pleine Marne et en pleine Seine; elle a donné toute satisfaction. C’est le moment de l’essayer. — La collerette de natation se trouve chez M. L. Tissier, 56, rue Saint-Sabin, à Paris.
- Nécessaire pour électrisation. — L’électrisation rend aujourd’hui de grands services et est employée aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Dans ces dernières, les médecins se procurent facilement les appareils nécessaires. Dans les campagnes, le médecin est obligé lui-même d’emporter son appareil électrothérapique. A cet effet, on a imaginé le
- Nécessaire pour électricien.
- petit appareil que représente la figure ci-jointe et qui est de dimensions tout à fait restreintes. Il renferme une bobine d’induction; un interrupteur placé sur le côté permet de fermer le circuit primaire sur un groupe de piles sèches au chlorhydrate d’ammoniaque. Le trembleur est placé également sur la partie supérieure de la boîte et peut être réglé à volonté. On peut faire varier la résistance à l’aide d’un rhéostat gradué. Les deux bornes secondaires de la bobine sont reliées à des bornes placées sur la boîte; il suffit de placer les appareils à main ou autres appareils à ces bornes, et l’électrisation peut être mise en utilisation pendant le temps nécessaire. Tous les
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- appareils indispensables sont ainsi réunis dans un petit nécessaire. Ajoutons que la source d’énergie électrique peut durer un certain temps, encore assez long. Un médecin de campagne, faisant 2 et 3 électrisations par jour, a pu s’en servir pendant un an. Il suffit ensuite de remplacer trois petits éléments de pile sèche. — Le nécessaire pour électrisation se trouve chez M. Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Administration de la quinine.
- Les enfants, et nombre de grandes personnes, ne parviennent pas à avaler les pilules, parfois même les cachets. Or bien des substances pharmaceutiques ont une saveur tellement amère qu’il est impossible de les administrer sous une autre forme. Le sulfate et tous les sels de quinine sont dans ce cas et cependant les accès de fièvre sont justiciables de ce médicament. Le Dr Borde à imaginé un procédé ingénieux pour faire avaler la quinine sans s’en douter. On mélange, bien exactement par trituration dans un mortier, un gramme de sel de quinine avec huit grammes d’huile d’olive stérilisée. Vingt gouttes de ce mélange représentent près de dix centigrammes de quinine. On fait tomber dans une cuillerée à soupe, remplie à moitié de lait froid, quelques gouttes de l’huile qui vient former au centre une sorte de perle isolée qui glisse sur la langue avec le lait. En répétant le nombre de fois nécessaire l’ingestion des cuillerées de lait, on arrivera à faire prendre la dose utile du médicament. Je sais encore pas mal d’enfants à qui Ton fera difficilement avaler le mélange, si bien masquée qu’en soit l’amertume. On aura recours, dans ce cas, au vieux moyen, les onctions sous l’aisselle, avec une pommade contenant une forte dose de quinine. Dr A. G.
- Un vésicatoire rapide.
- Le j vésicatoire antiopie à la cantharide a l’inconvénient de provoquer chez certains sujets — et ceux-ci sont assez nombreux — des accidents passagers, mais douloureux de cystite. L’agent proposé par le Dr Garnier, de Nancy, est dénué de tout inconvénient : c’est l’iodure de méthyle, liquide incolore, bouillant à 45° par conséquent se volatilisant assez rapidement à la température ordinaire. S’il n’est pas conservé à l’abri de la lumière dans un flacon bleu, l’iodure de méthyle se colore en brun par la mise en liberté d’une certaine quantité d’iode.
- Si on applique ce liquide sur la peau, on constate une sensation de chaleur vive ; la peau rougit, puis il se fait, si on a emprisonné l’iodure sous une compresse imperméable, un soulèvement de l’épiderme, de l’exsudation, toutes les phases de la brûlure légère, de la vésication.
- Rien de plus simple pour obtenir ce résultat. Nettoyez la partie à brûler, taillez dans une feuille de papier buvard ou de papier filtre un disque de la dimension du vésicatoire désirable ; versez sur ce papier quelques gouttes, six à trente suivant la dimension de la rondelle, d’iodure de méthyle et appliquez sur la peau. Recouvrez d’une pièce de taffetas gommé, puis d’ouate et, au bout de quelques heures, vous aurez le résultat voulu ; une plaque de vésicatoire que vous panserez par les moyens habituels. Dr A. G.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savon pour tapis. — Faire une pâte épaisse avec 4 parties de terre à foulon, 1 d’essence de térébenthine et 8 de perlasse; puis ajouter une quantité suffisante de savon mou.
- Bronzage du laiton. — Débarrassé de toute trace de graisse et poli, l’objet de laiton est plongé dans une solution froide de 10 grammes de peimanganate de potasse, de 50 de sulfate de fer, et de 5 d’acide chlorhydrique dans un litre d’eau. Au bout d’une demi-minute, on le retire, on le rince et on le sèche dans de la sciure de bois fine.
- Enduit pour tableau noir. — Faire dissoudre 4 parties de gomme-laque en écailles dans 40 parties d’alcool; on-mêle d’autre part 2 parties de noir de fumée, 1 d’émeri en poudre et 1 d’outremer, qu’on fait tomber peu à peu d’un tamis dans la dissolution de gomme-laque.
- Sels à la violette. — Mouiller du carbonate d’ammonium grossièrement pulvérisé, d’une mixture faite de 75 grammes de teinture forte de racine d’iris, de 12 à 13 grammes d’extrait de violette et de 4 grammes d’esprit de sel ammoniac.
- Encre indélébile. — On la prépare en mélangeant au moment de l’emploi, sur une plaque, des quantités égales des, deux compositions suivantes. — Solution : dissoudre une partie
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- de nitrate d’argent dans 4 parties d’ammoniaque liquide fort, et ajouter 1 partie de bitartrate de potasse et autant de sucre en poudre; on secoue pour faire dissoudre. — Préparation : mélanger 1/10 partie de noir de fumée et 3 1/2 parties de gomme acacia en poudre. — Naturellement, après avoir appliqué au patron cette encre, il faut chauffer l’étoffe à l’endroit de l’application.
- Poudre à nettoyer. — Mélanger 500 parties de bol et 50 de carbonate de magnésie; en faire une pâte par addition d’un peu de benzine ou d’eau; on l’emploie pour enlever sur les tissus les taches de graisse ou d’huile, et quand elle est bien sèche, on brosse.
- Colle à la dextrine. — Cette' colle peut servir en particulier à préparer à l’avance des étiquettes qui adhéreront ensuite parfaitement sur le verre, quand on mouillera légèrement la face que l’on aura enduite de cette colle sèche. Pour préparer cette dernière, on fait tout simplemennt dissoudre dans de l’eau chaude une quantité suffisante de dextrine pour donner une pâte ayant consistance de miel.
- Savon médicinal liquide. — La formule en est donnée par Pharmaceutische Post. Dans une grande bouteille, on mélange 200 parties d’huile de coton avec 100 d’eau, 200 d’alcool et 45 de soude caustique; et, quand la saponification est accomplie, on ajoute 100 autres parties d’alcool (à 90°) et 10 parties de carbonate de potasse dissoutes dans 225 d’eau. On additionne enfin de 25 parties d’acide phénique et de 15 d’éther, et l’on secoue énergiquement le tout. On met en bouteille en bouchant bien et en laissant à une douce température. Bien entendu, on peut parfumer comme on le désire.
- Ciment résistant aux acides faibles. — Ce ciment est en même temps hydrofuge. On fait fondre doucement 1 partie de gutta-percha, et l’on y ajoute 3 parties de pierre ponce aussi finement pulvérisée que possible; enfin on additionne de 0 parties de poix de Bourgogne fondue, on mélange bien en gardant au chaud, et l’on applique tel quel.
- Dentifrice antiseptique. — Il mérite ce nom, puisqu’il contient du girofle et de l’essence de menthe : On le compose avec 20 parties de graines d’anis, autant de girofles, 20 parties également de cassia, 10 d’essence de menthe poivrée, 1 de vanille, dans 700 d’alcool additionnées de 300 d’eau.
- Cosmétique. — Prendre 500 parties de suif de bœuf, 150 de cérésine, 50 de cire jaune, puis 200 de résine claire et 300 d’huile de paraffine épaisse : mélanger le tout par fusion et additionner de 5 parties d’essence de cassia, autant d’essence de bergamote, et enfin de 2 d’essence de girofle.
- Pastilles de cachou.— Le cachou redevient à la mode, notamment pour faire passer l’odeur de tabac que garde l’ha-leine des fumeurs. La publication Druggist circulai donne la recette suivante pour fabriquer ces pastilles odorantes. Pulvériser 8 grammes environ de vanille et 8 à 9 grammes de racines d’iris, puis 20 grammes de suci'e, et en faire une masse pâteuse en y ajoutant 50 gouttes d’essence de menthe poivrée, 20 d’essence de citron, d’autant d’essence de néroli, et la même quantité d’essence de cannelle; on a dù également pulvériser 0,25 gramme de girofle, et ajouter enfin 40 grammes d’extrait de réglisse et une quantité suffisante de mucilage d’acacia, on roule la pâte et on y découpe des morceaux de grandeur convenable.
- Pour enlever les taches d'encre indélébile. — Il paraît que la recette réussit bien, en dépit du nom de cette encre, au moins quand cette dernière est, comme le plus souvent, à hase de nitrate d’argent. On étend sur la tache d’encre de la teinture d’iode, et, au bout d’une minute ou deux, on lave le tout avec de l’ammoniaque fort ou une solution forte d’hypo-sulfite de soude. L’iode a formé un iodure d’argent facilement soluble dans une de ces solutions.
- Put ification de la gomme-laque en écailles. — La gomme-laque en écailles contient normalement une substance cireuse qui souvent ressort sur les meubles qu’on a polis avec cette laque, et empêche le vernis de jamais devenir dur. 11 existe, d’après « Farber Zeitung », un excellent moyen pour débarrasser la gomme-laque de cetle matière cireuse : on en
- fait une solution forte dans de l’alcool et on filtre sur de la gomme en grains. Les résines facilement solubles de la gomme en grains se dissolvent, en même temps que quelques traces de matières colorantes, tandis que la cire végétale, peu soluble, se dépose. 11 faut du reste ajouter une huile essentielle à la solution de gomme-laque en écailles pour que le bois soit susceptible de la bien prendre : et l’on emploie à cette fin de l’essence de romarin.
- Coloration du plâtre. — On conseille, pour obtenir ce résultat, de gâcher le plâtre avec de l’eau contenant du formaldéhyde et avec un peu d’alcali; puis on ajoute encore un peu d’eau, ce qu’il en faut pour donner la quantité totale voulue, cette dernière eau contenant un sel métallique réductible.
- Jaune d'or pour porcelaine. — La publication « Druggist circulai’ » affirme qu’on peut préparer comme suit un jaune d’or magnifique pour la décoration de la porcelaine. On fait fondre (au sable chaud) 50 parties de résine et 10 de nitrate d’uranium, et, tout en remuant constamment, on incorpore 35 à 40 parties d’essence de lavande. Quand le tout est bien homogène, on retire de la source de chaleur, et l’on ajoute encore 30 à 40 parties de cette même essence. On mélange ensuite intimement cette première masse avec un composé, pris en quantité égale, et fait par fusion, de parties égales d’oxyde de bismuth et d’acide borique cristallisé. Cette peinture demande à être cuite comme de coutume.
- Enduit protecteur contre les insectes. — Il est signalé par « Pharmaceutische Zeitung » pour les gens qui sont exposés aux piqûres d’insectes. On fait fondre 85 parties de cire jaune et 600 de spermaceti avec 800 d’huile douce, puis on ajoute 150 parties d’eau distillée bouillante. Quand le mélange est refroidi, on l’additionne de 2 parties d’essence de girofle, de 3 d’essence de thym et de 4 1/2 d’essence d’eucalyptus, toutes essences qui constituent naturellement la partie active de cet enduit.
- Résumé des observations météorologiques faites A l’observatoire du parc Saint-Maur, en Juin 1903;
- par M. Th. Moireaux.
- Pression barométrique, altitude 50”,3. Moyenne des 21 heures, 757“”,00; minimum absolu, 713"”,5 le 19 à 4 heures et 5 heures ; maximum absolu, 766””,2 le 30 à 23 heures et 21 heures; écart extrême, 22”,7.
- Température. Sous l’abri : moyenne des niiuima, 10°,43; des maxima, 21°,03; du mois, 15°,73; vraie des 21 heures, 151,20; minimum absolu, 4°,6 le 15; maximum absolu, 52,),5 le 28. Sur le sol gazouné, moyenne des minima, 9°,48 ; des maxima, 45'1 ,01 ; minimum absolu, 3°,6 le 15, maximum absolu, 55°,3 le 28. Dans le sol gazouné, moyenne du mois à 9 heures: à 0“,3Ü de profondeur, 16°, 18; à 1 mètre, 14'*,79. De la Marne : moyenne le matin, 18°,27 ; le soir 18°,97 ; minimum, 10°,30 le 18 ; maximum, 22°,10 les 29 et 30.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 8”",99 ; minimum, 5““,2 le 13, à 11 heures; maximum, 15m”,0 le 28 à 21 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 71,5; minimum, 24 le 28 à 15 heures; maximum 100, eu 2 jours les 14 et 15.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 56.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 481 heures ; durée effective de 1'insolation, 227 heures en 29 jours ; rapport 0,47.
- Halos solaires : les 19, 20, 23, 50.
- Pluie : total du mois, 30"“,6 en 26 heures réparties en 11 jours, et, en outre, 3 jours de gouttes.
- Ou a noté 15 jours de rosée, 4 jours d’orages, les 1, 2, 20, 29.
- Fréquence des vents : Calmes, 5:
- N . . . . 48 E. . . . . 46 S 39 W . . . . 10
- N. N. E. . 112 E. S. E . . 48 S. S. W . . 56 W. N. W . 3
- N. E . . . 127 S. E . . . 49 S. VV. . . 52 N. W. . . 2
- E. N. E. . • 42 S. S. E. . . 41 W. S. W . 29 N. N.W. . 11
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 4“,0; moyenne diurne la plus grande, 8",9 le 3; la plus faible, 1“,4 le 10; vitesse maximum, 12”, le 4 à 14 h. par un vent de N. E.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre— 1“,06: température, —1°,37 ; tension de la vapeur, —1“”,16 ; humidité — 2,1 ; nébulosité -+- 2; pluie — 27”,0.
- Floraisons. Le 1", muflier, potentielle rampante; le 5, escholtzia; le 6. nerprun, violette marine; le 10, fumeterre; ie 11, clematis erecta, tilleul commun, galega officinalis ; le 13, lychnis coronaria ; le 14, pavot; le 15, héraclée ; le 16, bourrache officinale ; le 17, hémérocalle fauve, gilia capitata; le 18, fllipendule, jasmin ; le 21 ; troène, ceanothus; le 26, delphinium vivace ; le 28, pois vivace ; le 30, lis blanc, sumac de Virginie, vigne de plein vent.
- Printemps de 1903 (année civile).
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre, 0"”,99; température, —1°,05; tension de la vapeur, —0””,57 ; humidité relative, —0,6; nébulosité, -+- 3 ; pluie, — 45”“,0.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des fêtes du 14 juillet, le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi à la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- 1574 (25 juillet 1903), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— La comète Borrelly brille encore au zénith et elle est visible à l’œil nu depuis le 14 juillet. Elle a présenté son maximum d’éclat le 18 juillet, et elle va bientôt disparaître. C’est le 27 4e ce mois qu’elle sera le plus prés du soleil. Elle vient de traverser la constellation du Cygne, elle est dans celle du Dragon et s’avance vers laPetitc Ourse. Le noyau ëst a 11' et la queue mesure environ 7°. L’orbite est si gigantesque que l’astre ne semble pas devoir revenir dans les environs de la Terre avant des centaines de mille ans. Nous l’aurons donc aperçue et perdue probablement fpour toujours. Cette comète ii’offre rien, du reste, qui puisse intéresser les ama-’teurs d’astronomie.
- —Ht—SL a banlieue de Metz, du côté du Sablon, où se font actuellement les énormes travaux de terrassements et de consolidation en vue de l’établissement de la nouvelle gare, recèle de véritables trésors archéologiques. Après l’importante découverte des ruines •d’un grand amphithéâtre romain et d’une première série de monuments gallo-romains; on vient de mettre à découvert, près de la ferme de la Horgue, 80 tombeaux gallo-romains et de nombreux monuments votifs dédiés aux divinités. On y retrouve, à deux reprises, la déesse gauloise Epone, protectrice des chevaux. Un mo-aiumcnt quadrangulaire important représente deux femmes assises tenant des fruits dans leurs mains et sur les genoux; sans doute «des « déesses mères ». Un autre monument plus petit donne le relief, en ronde bosse, de deux guerriers grecs au-dessus desquels plane la déesse de la guerre.
- —Ht— En présence de l’abondance toute particulière des chutes d’eau en Suède, et aussi des excellents résultats que donnent dès maintenant les voies ferrées électriques, on dresse en ce moment •en Suède un projet ayant pour but de généraliser la traction électrique sur tous les chemins de fer de l’Etat. On ne compte pas du reste être obligé de modifier l’infrastructure pour cette transformation, et nous devons ajouter que l’on utiliserait sans doute aussi les dépôts de tourbe qui abondent dans le pays pour chauffer des «tâtions génératrices d’électricité répondant aux nouveaux besoins des lignes ferrées. Ce qui pousse les Suédois dans cette direction, c’est qu’ils sont obligés de faire venir de l’étranger tout le charbon nécessaire à la traction des trains.
- . —Ht— Les professeurs bavarois Blumkc et Hess, qui sont connus pour leurs études des glaciers, viennent de terminer un forage rofond dans le glacier d’Hintereis, qui appartient aux Alpes ’Oetzthal : ils ont constaté que la glace y a une profondeur de 155 mètres.
- —Ht— Un propriétaire de Sarlat vient de découvrir, en explorant une anfractuosité de rocher, une série de grottes qui se prolongent sur une longueur d’environ 300 mètres. L’excavation première présente des traces indéniables d’habitation aux époques préhistoriques.
- —Ht— Les chemins de fer se sont étrangement multipliés et
- {>erfectionnés au Japon depuis quelques années. Alors qu’en 1882 e réseau entier ne représentait que 160 km, il est maintenant de 6600 km à peu près, appartenant pour plus des deux tiers à des compagnies privées, et l’on en construit actuellement 2800 à 2900 km. Des services de bateaux relient les diverses lignes à travers les bras de mer séparant les îles ; des wagons-restaurants circulent sur les principaux parcours.
- —Ht— Un hôpital américain reçut dernièrement la visite d’un jeune homme se plaignant de vives douleurs d’estomac. Les médecins pratiquèrent une opération qui leur permit d’extraire de cet organe un ensemble d’objets hétéroclites, entre autres, 453 pointes en fer, 142 clous, 40 épingles, 41 lames de couteau, une livre environ de verre cassé et un morceau de chaîne de 7 centimètres de long. Hâtons-nous d’ajouter que ce polyphage exerçait [la profes-
- sion d’homme-autruche dans les cirques. C’est encore plus fort que le cas signalé ces jours derniers à l’Académie de médecine de Paris par M. le Dr Monnier. On a trouvé, dans l’estornaç de ce malade, plus de 25 pièces, fourchettes, couteaux, aiguilles, dents de peigne, etc., du poids total de 230 gr. Nous reviendrons prochainement sur l’homme à estomac d’autruche de M. Monnier.
- —Ht— Une nouvelle preuve des méfaits de l’alcool a été donnée par M. Leroy, médecin adjoint de l’asile d’Evreux. Il a constaté dans l’Eure, dit le Caducée, qu’au fur et à mesure que la consommation de l’alcool augmentait, le pourcentage des « bons pour le service militaire » diminuait. La proportion des recrues incorporées a été, pour ce département, de : 73 pour 100. de 1875 à 1879; de 71 pour 100. de 1880 à 1884; de 72 pour 100. de 1885 à 1889; de 69 pour 100, de 1890 à 1894; de 64 pour 100, de 1895 à 1899. Ces chiffres sont à rapprocher de ceux de M. Guillemet, qui a établi que dans la Seine-Inférieure la proportion des exemptions des conscrits est passée de 6 pour 100 en 1873. à 27 pour 100 en 1895.
- —Ht— Il ne faudrait pas croire que les chemins de fer à voie . de bois (si l’on nous permet cette association de mots étranges) soient disparus : on en fait un usage considérable, et avec raison, dans les grandes exploitations forestières des Etats-Unis, où la matière première lignée est en abondance. Tant et si bien qu’il existe tout spécialement des maisons, comme la Robb Engineering Co d’Amherst, au Canada, qui fabriquent des locomotives non seulement destinées à se chauffer uniquement au bois, mais encore dont les roues sont disposées pour rouler sur des madriers légèrement arrondis ; ces roues présentent deux boudins, un de chaque côté, et une grande largeur.
- —Ht— M. Dupont, du Cateau, a imaginé une série de dispositifs des plus ingénieux pour l’émaillage à chaud des pièces de fonte de grandes dimensions. L’auteur supprime l’inconvénient du dégagement des poussières et de la chaleur, et il a trouvé des émaux nouveaux sans plomb ni arsenic. L’introduction des pièces dans le four notamment se fait au moyen d’un chariot à fourche oscillante très longue dont le bout peut être introduit dans ce four.
- —Ht— Pour une multitude de pavages, on recourt maintenant aux fondations en béton, qui laissent le pavage proprement dit ne puer qu’un rôle de revêtement plus ou moins élastique. Mais on vient d’essayer en Allemagne, à TVolmirstcdt, des fondations, non plus en béton (Limé, mais faites de dalles de béton armé de 1 mètre sur 0°‘,50, épaisses de 5 centimètres, et qui ont l’avantage de se poser fort rapidement, ainsi que de s’enlever aisément en cas de réparations aux conduites d'eau, de gaz, etc.
- —Ht— M. O. Picquet, un industriel de Rouen, a trouvé un mastic pour joints mécaniques, pouvant, à ce qu’il affirme, complètement remplacer le mastic classique à la céruse et au minium. Il obtient un oléate ferrique grâce à la décomposition du savon ordinaire par une dissolution de sulfate ferrique; puis il en forme une masse plastique par addition de 6 à 7 fois son poids d’oxydes ferriques artificiels ou naturels.
- —Ht— Un concours à l’effet d’obtenir un certain nombre de bourses et demi-bourses à l’Ecole théorique et pratique d’électricité sera ouvert les 30 et 31 juillet 1903,. dans' les villes suivantes : Paris, Lille, Rennes, Tours, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon, Clermont-Ferrand, Chàlons. Pour les renseignements, s’adresser à M. Falguières. directeur de l’Ecole d’électricité, boulevard Yaugi-rard, 63, Paris. ;
- —H(— Le chemin de fer métropolitain de Paris, avec ses nouvelles lignes, continue à être très fréquenté par la population parisienne. Du 1er janvier au 10 juillet 1902, il avait transporté 50 772406 voyageurs; du 1er janvier au 10 juillet 1903, il a transporté 56 987 704 voyageurs, sensiblement le double.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le I)r J. Dupaigne, de Lou-veciennes, nous écrit à propos de l’article sur la force des insectes (voy. n° 1567). Cet article avait pour origine, ce que l’on a omis d’indiquer, une publication norwégienne. Nous reproduisons dans leur partie essentielle les observations intéressantes de M. Dupaigne. Supposons, dit-il, que les bras de l’homme soient comparables, comme proportion de la masse musculaire à la masse totale des membres, aux pattes d’une tnouche. Ce n’est pas absolument exact, mais comme longueur et comme largeur relativement à la longueur du corps, on peut les comparer à peu près. La mouche ayant environ
- 7 millimètres de longueur, un homme de lm,75 est 250 fois plus grand que la mouche. La force du muscle est proportionnelle au carré de la longueur, puisqu’elle est proportionnelle au nombre de fibrilles contenues dans une section transversale. Donc la force musculaire d’un homme est 62 500 fois celle qu’aurait le même homme grand comme une mouche pour être exact, celle de la mouche pour être approximatif. Si nous admettons que le poids moyen d’une allumette est 0er,135 (les allumettes suédoises sont en réalité un peu plus légères) l’homme, pour faire un effort analogue à celui de la mouche, devrait porter 62500 fois 135 milligrammes, soit
- 8 kilogrammes et demi, et encore avec six bras! L’exemple de l’huître est plus complexe. On ne peut comparer l’effort de la valve à celui d’un bras, à cause de la grande différence de rapport des leviers. L’effort musculaire au bord de la valve de l’huître est à peu près la moitié de ce qu’il serait à l’insertion même du muscle ; au bout d’un bras humain la réduction est bien plus considérable. Le calcul serait trop long à faire ici ; il amènerait simplement à cettè conclusion que, si la « qualité » musculaire de l’huître est très bonne, elle ne dépasse que peu celle de l’homme. Passons au saut de la puce. Comme dépense, le travail est représenté par le produit mathématique de la force et du déplacement. Comme résultat, il est représenté par le produit du poids du corps sautant et de la hauteur à laquelle il saute. Supposons deux êtres vivants semblables de construction, pour que la comparaison soit plus juste, et l’un exactement double de l’autre en hauteur. Chaque muscle du premier a, par sa surface de section, une force quadruple de celle du même muscle du second, mais le muscle étant deux fois plus long fait dans une contraction un chemin double. Le travail produit est donc huit fois plus grand. Cela se comprend d’ailleurs puisque le corps deux fois plus haut est huit fois plus volumineux, et contient par conséquent dans chaque muscle homologue huit fois plus de fibrilles élémentaires. Le système musculaire est donc capable de fournir un travail huit fois plus grand. Or, l’animal de hauteur double pèse exactement huit fois plus, le travail produit étant représenté par t = hxp (hauteur et poids) si t et p sont huit fois plus grands, h ne varie pas. D’où la conclusion, dans sa rigueur mathématique : deux animaux semblables de constitution, mais différents de taille, sautent à la même hauteur. C’est pourquoi la hauteur de saut des chevaux, des chiens, etc., dépend de la race, de l’éducation, et non de la taille. Donc, si une puce saute à 50 centimètres de hauteur, l’acrobate qui saute lm,50 « travaille » cinq fois plus qu’elle. Quant au petit personnage de la figure publiée par La Nature, et qui franchit la tour Eiffel, il travaille « mille » fois plus. Là encore,, comme dans l’exemple de la mouche, l’avantage est aux grands animaux mieux constitués. Nous n’avons pas tenu compte du temps, parce que les sauts de même hauteur durent
- le même temps, quel que soit le poids du corps. Mais dans l’exemple du perce-oreilles qui traîne 8 allumettes, le temps intervient et nous devons tenir compte de la puissance. Soit un» percé-oreilles long de 10 millimètres et un cheval long de-2 mètres. Le perce-oreilles marche, à allure pressée, à raison* de 8 centimètres par seconde. Dans le même temps le cheval parcourt lm,60. La longueur du cheval est donc 200 fois celle de l’insecte, sa vitesse 20 fois. Nous avons vu que le travail est proportionnel au cube de la longueur. A égalité de puissance,, le cheval doit donc fournir un travail 2005 fois, soit 8 000 000 de fois plus grand que le perce-oreilles dans le même temps. Comme le poids traîné par lui avance 20 fois plus vite, il faut,.
- pour qu il y ait égalité, que ce poids soit-^— = 400 000 fois-
- plus grand que celui que traîne le perce-oreilles ; 8 allumettes-pèsent 1er,08 ; avec les rouleaux de papier on peut évaluer le-total à l‘r,20. Le poids traîné par le cheval est ainsi lir,20x 400 000 = 480 kilogrammes y compris la voiture, ce-qui n’a rien de considérable pour un robuste percheron. Voilà comment un examen méthodique réduit à néant les illusions traditionnelles entretenues par l’imagination plus précise qui se contente de figures et de vagues comparaisons. Les statisticiens superficiels excellent dans cet art de se tromper de la. meilleure foi du monde.
- M. le Dr Dupaigne. — Contrairement à ce que vous pensez,, la Boîte-aux-1 étirés et toutes les communications qui y sont insérées font partie de chaque volume relié de La Nature, et par conséquent sont conservées comme le reste du journal.
- Renseignements. — M. E. Boose, à La Ferté-Gaucher.— 11 existe un traité d’électricité médicale en 2 volumes, par M. Lecercle, au prix de 16 francs, à la librairie Masson et Cier à Paris.
- M. E. Brinkmann, à Paris. — Le chauffage au pétrole oir à l’alcool n’a pas encore été appliqué aux piles thermo-électriques.
- MM. A. de Saint-Chamas et Cie, à Chicago.— Pour tout ce-qui concerne le procédé, adressez-vous directement à M. Wolf,. » 43, rue Saint-Augustin, à Paris.
- M. J. Sciaky, à Salonique. — Nous pensons que vous trouverez ce tire-lignes chez M. Pape, 72, rue des Archives, à Paris.
- M. Mario Bertarelli, à Milan. — Vous voulez sans doute parler de la lunette pyrométrique de MM. Mesuré et Noël, qui permet en pratique d’évaluer à peu près une température. Nous en avons donné la description dans le n° 817, du 26 janvier 1889, p. 139.
- M. G. Delamotte, à Paris. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, M. E -A. Martel, 8, rue Ménars, à Paris.
- M. E. Suarez, à Vitoria. — Nous nous occupons de cet article.
- M. Francisco F. Ândren, à Mahon. — Nous- n’avons pas encore trouvé d’adresse de fabricant de machines de ce genre.
- M. E. Ballot, à Châteaudun. — Les végétations anormales des feuilles de votre tilleul sont des galles produites par la présence du parasite dont vous envoyez la photo-micrographie et qui est le Phytoptus Tiliæ Nalepa (de la famille des acariens). Ces végétations avaient reçu de Réaumur le nom de Galles en clou, on les nomme aussi Galles en herse. Les poils qui tapissent la surface inférieure de ces galles ne sont pas comme vous le pensez des végétations cryptogamiques, ils sont constitués par une hypertrophie des cellules superficielles épidermiques de la feuille. C’est du moins ce qui se produit généralement ; n’ayant pas vu des échantillons, nous ne pouvons répondre qu’ils ne portent pas autre chose que ce que détermine partout la présence des phytoptus.
- M. A. Menu, à Bucarest. — 1° Voitures automobiles électriques : M. Mildé, 60, rue Desrenaudes, à Paris; M. Kriéger, 8, rue Cardinet, à Paris. — 2° Vous trouverez quelques ouvrages à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. P., à Lille.
- Nous ne pouvons vous donner les adresses de constructeurs de ce genre. — M. Leraing, à Blois. Il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. L. R., à Pai’is; M. G. D., à Reims. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. D. Lelong, à Nice. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. G. M., à X. M. L. D., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Eventail. — Nous avons donné récemment (vov. n° 1572 du 4 juillet 1903) la description d’un petit éventail commode. En voici un autre dont la construction nous parait encore plus
- simple, s’il est possible. Deux tiges de bois sont séparées par une métallique horizontale, de faible Ion gueur, placée vers le milieu. Parallèlement à la tige horizontale est fixé un ressort, formé simplement d’une tige métallique repliée deux fois sur elle-même. Les extrémités des tiges de bois sont reliées en haut et en bas par des cordons souples à une tige métallique verticale qui porte à sa partie supérieure un écran décoré. Le fonctionnement de l’éventail est très simple. A l’état de repos, les cordons souples des extrémités supérieures des tiges de bois sont enroulés sur la tige verticale, et, au contraire, les cordons souples des extrémités Éventail. inférieures sont déroulés 'et main-
- tenus écartés. Si l’on vient à appuyer sur les tiges de bois, elles oscillent autour des deux extrémités de l’axe horizontal et, par suite du mouvement élastique du ressort, si l’on continue à appuyer sur les tiges, les cordons s’enroulent dans le bas sur la tige verticale, et se déroulent au contraire à la partie supérieure. D’un fonctionnement très simple, ce petit éventail se prête à l’observation de petits mouvements curieux. — L’éventail se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Vernis pour meubles. — Dans 1000 parties d’alcool à 95ffr faire dissoudre 05 parties de gomme mastic et 250 de gomme-laque en écailles.
- Imitation de vert de Schweinfurth. — Ce vert étant un poison très redoutable, il est intéressant de pouvoir en posséder un succédané. La publication « Oesterreichische Farben und Lack-Zeitung » conseille de le composer avec une demi-partie d’au-ramine et autant de vert brillant, ou encore de vert malachite, 70 parties de baryte sulfatée terreuse et de 50 d’amidon de pomme de terre. On prépare par lévigation amidon et baryte et on les passe au tamis; on dissout l’auramine dans de l’eau à 70° C., et on laisse refroidir; le vert brillant ou le vert malachite doivent être dissous à température d’ébullition et la dissolution refroidie. On ajoute ces dissolutions, tout en remuant, au mélange d’amidon et de baryte. On laisse déposer et l’on filtre la matière colorée qui s’est déposée.
- Utilisation des fleurs épuisées en parfumerie. — On doit se rappeler les articles consacrés ici à l’industrie des parfums, et savoir (pie l’on n’extrait les parfums d’un grand nombre de fleurs que par l’enfleurage ou la macération, qui mettent ces fleurs en contact avec un corps gras. Mais la publication (( Neueste Erfmdungen und Erfahrungen » affirme que les fleurs, une fois épuisées par ce traitement, cèdent encore des principes odorants, et en assez grande quantité, par distillation avec de l’eau. On traite ensuite avec des éthers, des chloroformes, etc., et l’on concentre les extraits.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ventilateur électrique. — Le ventilateur électrique que nous décrivons dans ces quelques lignes est un petit modèle réduit aux dimensions les plus restreintes. Le moteur a environ 0m,10 de hauteur, les ailettes ont un diamètre de 0m,10. Il se distingue par sa faible consommation électrique qui est de 0,3 ampère environ sous 4 à 5 volts; il peut se
- Ventilateur électrique.
- monter, sur un réseau de distribution, en tension avec une lampe de 10 ou de 16 bougies. L’intensité lumineuse de la lampe est à peine diminuée et l’on obtient en même temps une quantité suffisante d’air mise en mouvement pour assurer une ventilation raisonnable. On peut également alimenter ce ventilateur comme le montre la figure ci-jointe avec une série de trois piles sèches montées en tension. Le ventilateur fonctionne alors dans de bonnes conditions, et peut marcher pendant 50 heures environ, réparties dans un mois; il faut ensuite remplacer la pile dont le coût est de 2 fr. Il s’agit, en résumé, d’un petit appareil de ventilation susceptible d’applications nombreuses. — Le ventilateur électrique se trouve chez M. L. Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ©rages. — Le 12 juillet, après deux ou trois journées d’une chaleur accablante, le ciel s’est couvert subitement, vers 5 heures, et de fréquents coups de tonnerre ont annoncé un violent orage. Quelques minutes après, une trombe s’abattait sur Paris : durant une demi-heure, une pluie diluvienne n’a cessé de tomber. Au début, elle était accompagnée de grêlons assez gros qui ont haché le feuillage des arbres et endommagé les décorations préparées à l'occasion de la Fête nationale. Les omnibus, les tramways, les voitures de place ont du suspendre la circulation pendant une dizaine de minutes, tant l’averse, était violente. Le centre de Paris a eu surtout à souffrir de l’orage. Derrière la mairie du XIe arrondissement, la rue Sedaine a été complètement inondée ; la chaussée et les trottoirs disparaissaient sous une nappe liquide d’environ 40 centimètres de profondeur. Avenue Parmentier, il est tombé des grêlons énormes qui ont, dans plusieurs immeubles, brisé, sur les toits, les carreaux des tabatières. Rue de la Roquette, le fournil d’un boulanger a été envahi pur l’eau ; dans le faubourg Saint-Antoine, plusieurs caves ont été noyées.
- Dans les autres quartiers, les ravages, quoique moins considérables, ont cependant été assez grands. Le nord et l’est de Paris ont été particulièrement éprouvés ; le sud et l’ouest ont moins souffert, et dans maintes communes de la banlieue il n’est pas tombé une goutte d’eau. Au nord, l’orage n’a pas dépassé Eughien.
- Enfin, la foudre est tombée rue Legendre, au numéro 53, déterminant un commencement d’incendie que les locataires de la maison ont pu éteindre au moyen de quelques seaux d’eau.
- Dans la soirée, le ciel est resté couvert; la température s’était d’ailleurs, à partir de 6 heures, singulièrement rafraîchie.
- L’orage, après être passé sur Paris, a dû prendre la direction du sud-est. Vers 11 heures du soir il s’abattait sur Lyon, où l’on signale des dégâts matériels importants. De 11 heures à 3 heures, dans la nuit du 12 au 15 juillet, l’orage s’est déchaîné sur le lac du Bourget et la vallée de Chambéry.
- Le 14 juillet, de terribles orages ont éclaté dans les arrondissements de Prades et de Céret. Les grêlons atteignaient la grosseur d’un œuf. Les récoltes ont été anéanties.
- Coups de foudre. — Des coups de foudre ont eu lieu en de nombreuses localités. Le 9 juillet, la foudre est tombée sur des cyprès voisins de la chapelle funéraire des comtes Du Bouzet’ù haussons. Elle a percé un mur de la chapelle, a endommagé la voûte en trois endroits et est ressortie en pratiquant une brèche dans la porte d’entrée.
- Le 14 juillet, en Italie, au cours d’un violent orage, la foudre a incendié une masure du village de Muda, près de Paluzza. Activées par un vent violent, les flammes ont gagné de proche en proche et ont brûlé une centaine de maisons, c’est-à-dire la totalité du village.
- L’église de San-Salvador à Bologne a été frappée par la foudre le 17 juillet. Des ouvriers qui travaillaient à des réparations et un chanoine qui se trouvait à ce moment dans l’église ont été étourdis par la décharge électrique qui a traversé toute la nef et est ressortie par la base de la coupole. Lne partie du toit a été démolie et lancée contre le palais voisin ; les fenêtres ont été brisées. La voûte intérieure de la nef a été fortement endommagée.
- Inondations en Autriche. — La pluie n’a pas cessé de tomber pendant trois jours dans la haute et la basse Autriche. En conséquence, le niveau de nombreuses rivières s’est dangereusement élevé, et de grandes parties du pays ont été inondées. Le Turin, le Steyer, l’Ischl et TEnns ont débordé et inondé des parties considérables des villes et villages voisins de leurs cours. La crue du Danube a atteint plus d’un mètre et demi de hau-te\ir. Dans les nombreuses localités inondées en Silésie, des maisons se sont écroulées, des ponts ont été emportés : les dégâts sont considérables. On signale en dernier lieu que le niveau des eaux du Danube à Vienne et des fleuves de la basse Autriche et de la haute Autriche commence à diminuer. Des pluies torrentielles ont également causé de grands dégâts sur la ligne du chemin de fer de Lodz.
- La chaleur aux États-l nis et à Londres. — A Londres et à New-York la chaleur a été accablante pendant plusieurs jours. Le 9 juillet, le thermomètre a marqué à New-York 4ΰ à l’ombre, à 2 heures ; le 10 juillet, à Londres, la température maxima a été de 30°.
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- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 9 à 5 h. 52 m. du soir. — DO. le 17. :i 7 II ~~ ni fin sraii»
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— M. le capitaine d’artillerie Laffray est nommé professeur de physique à l’Ecole Polytechnique en remplacement de M. Vieille, démissionnaire. M. Laffray, déjà répétiteur, avait suppléé plusieurs fois avec succès le regretté M. Cornu.
- —HP— Le Congrès de sismologie, réuni à Berlin, vient de terminer ses travaux. On y a agité diverses questions intéressantes. Il «st possible que la nouvelle Association sismique obtienne le patronage de l’Association internationale des Académies.
- —Ht— La Belgique vient de faire une grande perte en la personne du lieutenant général Brialmont, que l’on avait surnommé le « Yauban moderne ». Ses travaux sur la fortification font autorité en Europe. C’est à lui que l’on doit notamment les fortifications d’Anvers.
- —Ht— Nous avons le regret d’annoncer la mort à 72 ans de M. Ernest Menauft, inspecteur général de l'Agriculture, chargé au Journal officiel des comptes rendus de la Société nationale d’Agri-culture. M. Menault avait publié un grand nombre de livres relatifs à l’agronomie et à l’entomologie agricole.
- —Ht— Le gouvernement du Maroc ayant adopté notre système décimal, M. Arnauné, directeur de l’administration des monnaies et médailles, va faire frapper pour son compte 200000 kg de bronze eji pièces de 10, 5, 2 et 1 grammes. M. Patey, graveur des monnaies, prépare les coins de service dont les originaux sont, dus à M. Borrel.
- —Ht— Le 21 juillet dernier, en 9 heures, de 6 heures du matin à 3 heures de l’après-midi, la partie de la passerelle de Passv qui relie file des Cygnes à la rive droite de la Seine à Paris, a été déplacée de 25 mètres. La même opération doit être faite plus tard pour la deuxième portion de la passerelle. Lé déplacement du pont, qui a 130 mètres de long, a nécessité la construction d’une double voie de rouleaux, établie sur le milieu du fleuve. Des treuils à bras ont servi au déplacement. Le passage sera interrompu pendant quelque temps seulement. On va dès maintenant procéder aux remiers travaux du pont spécial du Métropolitain pour la ligne du rocadèro au boulevard de l’Hôpital.
- —Ht— Le 22 juillet, le Vésuve, après une période d’explosions, a lancé de la lave qui a détruit la vieille maison des guides de Résina. De violentes explosions se sont produites. Les jours suivants les explosions ont continué, accompagnées de sourds mugissements. Un cratère a déversé la lavé dans la direction de Pompéi. L’éruption semble rappeler celles qui ont précédé les grandes éruptions de 1878. La lave s’est dirigée du côté opposé à Naples. Le spectacle est grandiose. La coulée de lave mesure 8 mètres de largeur et environ 1 mètre de hauteur.
- —Ht— En Amérique, l’Etat d’Utah a eu l’idée de consacrer un jour de l’année à la pratique générale de la désinfection. Le « jour de santé », comme on l’appelle, qui vient d’être créé par la législature de ce pays, fixé au premier lundi d’octobre, est une sorte de fête de la désinfection, cette opération étant obligatoire, ce jour-là, pour tous les propriétaires d’hôtels, de maisons de pension, ainsi que pour les églises, théâtres et autres édifices publics.
- —Ht— Le Journal officiel a publié l’évaluation des récoltes en terre au 1er juillet 1903 : D’après le Bulletin des Halles, la production de celte année serait de 118 092 758 hectolitres contre 124 29660! hectolitres en 1902. La surface ensemencée tant en blé d’hiver que de printemps a été estimée, cette année, par le ministère de l’agriculture, à 6 539176 hectares, contre 6 814986 en 1902. La production du blé, telle qu’elle résulterait des perspectives au 1er juillet, accuserait donc, sur celle de l’année dernière, une diminution de 6 203 845 hectolitres pour 6 539176 hectares ense-
- mencés, contre 6814986 ensemencés en 1902. En ce qui concerne la qualité, on ne peut évidemment encore se prononcer ni dire s’il V aura plus ou moins compensation de ce côté. D’autre part, la production moyenne décennale, de 1898 à 1902 inclus, a été de 115196 789 hectolitres. Il y aurait donc augmentation sur cette production moyenne de 2805 967 hectolitres.
- —Ht— L’éclairage électrique de la ville de Butte, dans le Montana, est particuliérement intéressant à cause des diverses sources qui l’alimentent. Tout d’abord une station locale à vapeur de 3000 chevaux ; puis une station hydro-électrique de 5000 chevaux, et qui se trouve à une distance de 95 km, sur la rivière Missouri ; ensuite une usine, hydraulique également, de 2000 chevaux installée à 110 km, sur la rivière Montana, et d’où l’énergie part sous 40 000 volts,, alors que la tension est de 50000 volts pour l’établissement de la rivière Missouri. Finalement, une troisième usine hydro-électrique est établie sur la Big llole River, à 30 km seulement de Butte, et représente une puissance de 2000 chevaux.
- —Ht— L’Italie, parmi un certain nombre de lignes ferrées électriques, possède un chemin de fer exploité au moyen d’accumulateurs : c’est la ligne Bologne San Feliee. Les accumulateurs employés sont du type imaginé par le colonel Pescetto-, ils sont chargés sur un réseau primaire triphasé à 3000 volts. Les trains se composent seulement d’une automotrice et de deux véhicules remorqués.
- —Ht— Le vignoble renommé de Bourg-sur-Gironde situé en amphithéâtre sur l’embouchure de la Dordogne dominant la vaste plaine du Médoc, rient d’être anéanti par un ouragan d’une grande violence. M. le Dr Meynard, de Bourg (Gironde), nous envoie à ce sujet des renseignements intéressants. Tout a été broyé, haché sur le passage de la trombe de vent et de grêle, sur une longueur de 10 km et une largeur de 5 km environ. Les arbres ont été brisés, tordus, particulièrement les bois durs, les ormeaux, les acacias, les chênes. Les vignes sont à peu près détruites. A cette saison les pieds vont sécher, et les repousses, qui se feront seulement l’année prochaine, ne pourront s’effectuer que sur de vieux bois, non fructifères. Il est probable que beaucoup de pieds mourront et que des vignobles entiers devront être renouvelés. Les maisons sont bien construites et presque toutes ont résisté à la rafale. Cependant une toiture a été enlevée sur une longueur de 50 mètres. Plusieurs façades exposées obliquement à la grêle ont été profondément criblées. Les encoignures, les moulures, ont sauté en éclats. La rafale est survenue le 17 juillet à 10h30 du soir. Elle a été précédée d'un bruit formidable. Toutes les vitres exposées à l’ouest ont été subitement brisées et la plupart des habitations ont été envahies par l’eau. Les grêlons observés étaient tous à peu près arrondis, en forme de macarons plus ou moins éehancrés. Ils avaient la largeur d’une pièce de 10 centimes et l’épaisseur d’un centimètre. La partie centrale opaque contenait de l’eau non encore congelée. Les bords étaient amincis et transparents.
- —Ht— Le cinquième voyage d’études médicales, placé sous la direction scientifique du Dr Landouzy, et organisé par le Dr Carron de la Carrière, aura lieu du 10 au 23 septembre; il comprendra les stations d’eaux minérales, maritimes et climatériques du sud-est de la France. S’adresser au Dr Carron dp la Carrière, 2, rue Lincoln, à Paris (8e arr.).
- —Ht— Neuilly inaugurera le 30 août prochain, jour de la Saint-Fiacre, patron des jardiniers, un concours dé jardins. Les sociétés d'horticulture des communes de la banlieue parisienne, délégueront quelques-uns de leurs membres pour former un jury. Des chars-à-bancs promèneront les jurés de parcs en jardins dans tout Neuilly, qui possède des jardins célèbres. L’accès des propriétés particulières est assuré. Le jury, son examen terminé, décernera des médailles et diplômes aux auteurs et peut-être aux propriétaires des plus beaux jardins.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les nouveaux appareils décrits dans le n° 1573 du 18 juillet 1903, p. 103, se trouvent aux adresses suivantes : M. Demeny, 2, avenue des Tilleuls, à Paris; M. Bellieni, place Carnot, à Nancy; M. Rancoule (Stado-Jumelle), 104, rue de Richelieu, à Paris; M. Schrambach (Pochette Jumelle), 15, rue de la Pépinière, à Paris; M. Barby (Obturateur de plaque), 63, rue du Moulin-de-la-Pointe, à Paris; MM. Plocq et Salonne (Châssis à escamoter), 94, rue Caulaincourt, à Paris. — Pour les plumes d’or à réservoir, dont la description a paru dans le n° 1574, du 25 juillet 1903, p. 123, il faut s’adresser à MM. Hardmuth, 6, rue de Hanovre, à Paris.
- Communications. — M. Bourdon, à Évreux (Eure), nous signale les qualités thérapeutiques de la source Sanson, au Neubourg. Son exploitation a été autorisée par arreté ministériel. Elle se distingue par sa faible minéralisation, et par la grande quantité d’oxygène qu’elle tient en dissolution. Cette eau renferme par litre 11,15 cm3 d’oxygène et 13 d’azote; c’est le dixième environ pour l’oxygène de la proportion contenue dans l’eau oxygénée du commerce. Emploi : dyspepsie, diabète, etc.
- M. G. Rousselon, à Thiès (Puy-de-Dôme), nous envoie une asperge bizarre qui a pris une forme toute particulière et que
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- nous reproduisons à droite dans la figure ci-jointe.* Elle s’est d’abord aplatie jusqu’à atteindre près de 3 centimètres en largeur, puis elle a continué à s’allonger pour se retourner sur elle-même à la partie supérieure et affecter finalement la forme
- que nous reproduisons. L’asperge représentée à gauche nous a été envoyée par M. Poux, à Boesse (Loiret). Nous en avons fait mention dans la « Boîte aux lettres » du n° 1568, du 20 juin 1905.
- Renseignements. — M. Mantel, à Paris. — Nous n’avons jamais eu entre les mains l’appareil dont vous parlez. Il y a beaucoup d’analogie entre les deux systèmes et tous deux sont bons. Nous comptons bientôt décrire celui auquel vous faites allusion et qui est dû à l’un de nos collaborateurs.
- M. A. Devoir, à Brest. — Votre lettre a été envoyée à M. M. Baudouin, 21, rue Linné, à Paris.
- M. Siebertz, à Kohlscheid. — Nous avons pris cette nouvelle dans un journal étranger.
- 1/. E. T., h Orléans. —• 1° Vous pourriez vous adresser aux rédacteurs qui ont traité cette question des truffes : M. flariot, 65, ruedeBuffon, et M. le Dr Langeron, 11, rue Férou, à Paris. — 2° Remerciements pour votre communication.
- M. B., àRedint (Ile Maurice). — Il n’y a pas d’autre raison ni d’autre explication à donner.
- M. L. Cannier, à Saint-Satin (Cher). — 1° Pour conserver le vin blanc doux après les vendanges, il faut le mettre en bouteille. — 2° Pour rendre le vin ordinaire mousseux il suffît d’y introduire de l’acide carbonique. — 3° Pour conserver la glace, il faut la mettre dans une cave froide et l’envelopper du flanelle ou bien avoir recours aux glacières souterraines.
- M. V. Perret, à Saint-Louis. — 1° Ce procédé nous paraît pratique, mais il serait bon de consulter les fabricants. — 2° La puissance de la dynamo dépend de l’importance de l’installation. — 3° Dynamos : L’Eclairage électrique, 27, rue de Rome; La Française, 99, rue de Crimée; maison Rréguet, 19, rue Didot; Maison Sautter et Harlé, avenue de Suffren, à Paris. — 4° Nous ne pouvons nous occuper de ces affaires.
- M. Thivier, à Luxeuil. — Il a été parlé de ce procédé pour charger les accumulateurs, dans la Boîte aux lettres du n° 1517, du 21 juin 1902.
- M. le Dr Lcingouret, à Brantôme. — Vous trouveriez toutes ces indications dans le livre de M. A. Hébert, intitulé : Examen sommaire des boissons falsifiées, Paris 1895. Prix : 5 francs. Librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- il/. C.-H., à V... — Votre première lettre ne nous est pas parvenue. On peut isoler les réservoirs en les entourant d’une couche épaisse de 15 centimètres de charbon ou de liège tassé.
- M. L.-C., à Morlaix. — Il n’y a pas d’appàt ou de piège qui soit efficace contre les serpents : le seul moyen de destruction, qui ait donné de bons résultats consiste à lâcher dans la propriété infestée des hérissons et des sangliers, qui sont très, amateurs d’ophidiens et n’ont rien à craindre de leurs morsures.
- M. le lieutenant Mellos, à Braga. — Voir à la librairie Dunod : Les automobiles électriques, par Sencier et üelasalle. 1 vol., 15 francs, 49, quai des Grands-Augustins.
- M. Girault, à Compiègne. — Il est possible de déceler l’acide salicylique dans le vin, par le procédé suivant : prendre dans un tube à essai environ 20 centimètres cubes de vin, ajouter 15 à 20 centimètres cubes d’éther sulfurique, agiter vivement, puis lorsque les deux liquides se sont séparés, aspirer l’éther au moyen d’une pipette, le laisser retomber dans une soucoupe : l’éther ne tarde pas à s’évaporer, laissant , s’il y a lieu, un résidu salin que l’on dissout en faisant tomber une ou deux gouttes d’eau distillée : on ajoute alors une goutte d’une solution au 100e de perchlorure de fer, qui donnera aussitôt un beau violet intense, si le vin renferme de l’acide salicylique.
- M. Alexis 1 art, à Clichy. — Vous avez raison. C’est une erreur de typographie, et c’est au 69 et non au 68 de la rue Sainte-Anne qu’est la maison Thibaud et Cie, fabricants des papiers Vitrauphanie-Luna.
- M. Lecois, à X... — Il n’y a d’autres précautions à prendre que d’éviter les refroidissements en portant des vêtements chauds, en vivant dans un appartement modérément chauffé, c’est-à-dire entre 15 et 18°. Des ablutions froides sont utiles pour s’endurcir contre l’impression du froid. Evitez le refroidissement des pieds, les courants d’air, les sorties du soir, et vous n’aurez pas de maux de gorge.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Havez, à Tourcoing. C’est que probablement vos zincs sont usés, il faut les changer. — M. H. de N., à Nieuvy. Faites toujours précéder ces opérations de quelques sondages; vous pourrez éviter de nombreux mécomptes. — M. Gallieri, à Capri. Le volume 5 des Recettes et procédés utiles donne, page 57, une formule pour la destruction des chenilles du chou.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- Baignoire pliante. — Il est souvent difficile de loger dans son appartement une baignoire qui occupe une place et un volume assez grands. Cependant pour tout le monde ou du moins pour la généralité, le bain est une question d’hygiène et de santé très imposante. La baignoire pliante va permettre d’intéressantes applications. Cette baignoire est formée dans ses parties principales par une toile caoutchoutée très forte ; deux parties se replient sur les côtés et deux autres parties se relèvent sur les côtés opposés. Il suffit de mettre aux pieds et
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- Baignoire pliante.
- à la tête deux parties métalliques, de bien réunir toutes les connexions et la baignoire est prête. Notre figure montre une baignoire pour grandes personnes toute montée; elle a une longueur de lm,35, une épaisseur de 0m,20, et pèse au total 3 kilogrammes, à la tête et aux pieds on aperçoit les deux parties métalliques recourbées dont nous parlions à l’instant. Au-dessous se trouve étalée la toile caoutchouc que l’on replie pour former la baignoire. Notre figure fait voir enfin la toile de la baignoire roulée. Les deux supports qui sont sur les côtés sont les supports qui conviennent à un modèle spécial pour enfants. — La baignoire pliante se trouve chez M. [Renaui, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Lampe-veilleuse à pétrole. — La petite lampe-veilleuse que nous signalons aujourd’hui semble appelée à rendre d’utiles services. Tout le monde connaît la nécessité d’une
- Lampe-veilleuse à pétrole.
- veilleuse pendant la nuit dans la chambre d’un malade, etc. Cette nouvelle lampe, au lieu d’utiliser l’huile, consomme du pétrole que l’on met dans un récipient fermé, comme le réprésente notre figure. Un dispositif très simple permet de fixer la
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- mèche et de la faire monter ou descendre. L’extrémité supérieure de la mèche aboutit à une ampoule de verre. Le pétrole sature la mèche, et si nous allumons celle-ci, elle brûle. Nous remarquons bientôt qu’il se forme une vapeur blanche dans l’ampoule de verre ; ce sont des gaz qui ne peuvent s’échapper au dehors qu’en passant au travers de la mèche, c’est-à-dire en brûlant. Lorsque le bulbe est en place au-dessus du petit réservoir, on place au-dessus un verre en opale blanc, qui diffuse la lumière. Cette veilleuse, bien qu’utilisant le pétrole, est sans danger et elle est particulièrement économique. On peut d’ailleurs régler la hauteur de lajnèche et obtenir l’intensité lumineuse désirée. — La lampe-veilleuse à pétrole se trouve chez M. Deullin, 2, rue Yignon, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les secrets de fabrication et du bon fonctionnement des moteurs à essence pour motocycîes et automobiles, 5e édition, par Gëorgia Knap, constructeur-mécanicien. 1 vol. in-8°. Troyes, Martelet, éditeur.
- Guide de conduite, réglage et entretien des motocyclettes, par Gëorgia Knap, constructeur-mécanicien. 1 vol. in-18. Troyes, Martelet, éditeur. Prix : 4fl',50.
- Photothérapie : la lumière, agent biologique et thérapeutique, par A. Ciiatin et M. Carle. 1 vol. in-8°, Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire. Masson et Ci8 à Paris. Prix : 3 francs.
- Guide pratique du constructeur. Fabrication et emploi des nouveaux matériaux artificiels pour la construction moderne, par II. de Graffigny, ingénieur civil. 1 vol, in-16. J. Hetzel, éditeur. Prix : 4fr,50.
- Les plantes de montagne dans les jardins (acclimatation et culture), par G. Magne. Préface de M. Edmond Perriefr, directeur du Muséum. 1 vol. in-16. Librairie horticole. Prix : 4 francs.
- Guide pratique des débidants en photographie, par Georges L wquekt. 1 broch. in-8°, en vente aux bureaux du « Home )> 7, rue Ilégésippe-Moreau, à Paris. Prix : 0fr,45.
- Le chemin de fer métropolitain municipal de Paris, par Jules Hervieu, chef des bureaux du service technique du Métropolitain, précédé d’une préface par F. Bienvenue, ingénieur en chef des ponts et chaussées. 1 vol. in-8°, Gh. Béranger, éditeur, à Paris.
- Faust, de Gœthe, traduction nouvelle de Suzanne Paquelin, très beau vol. in-8°. Alph. Lemerre, éditeur, à Paris.
- Principes de géométrie, par E. Delsol. 1 vol. in-8°. G. Naud, éditeur. Paris. Prix : 2fr,50.
- Fabrication et emploi de la levure, par F. Malepeyre. Nou-
- "velle édition revue, corrigée et augmentée, par Raymond Brunet, ingénieur-agronome. 1 vol. in-8° de l’Encyclopédie Roret. L. Muk», libraire éditeur, 1903. Prix : 2 francs.
- Autorisation et concession-administratives pour l’occupation des voies publiques. Manuel pratique, par Paul Bougault, avocat à la Gour d’Appel de Lyon. 1 vol. in-8°. A. Gratier et J. Rey, éditeurs. Grenoble. 1905. Prix : 7fr,50.
- L’évolution comparée des sables. L’Erosion. L’Abrasion météorique. Les Dunes. La transformation des rivages, par Jules Girard, membre de la Société de Géographie. 1 br«-chure in-8°. Paris, Librairie scientifique et littéraire. R. de Rude val, éditeur. 1903.
- Métallogrophie. Introduction à l'étude de la structure des métaux principalement à l’aide du microscope, par Arthur 11. IhoRNS. Traduit et augmenté par E. Bazin, ingénieur-chimiste. Préface de A. Wencélius. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1905.
- Traité de la condensation. Condensations inelépendanles. Condensations centrales. Refroidissement artificiel de l’eau, par J.-F. Weiss, ingénieur civil à Bâle. Traduit par E. Hannebicque, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Paris. Ve Ch. Duncd, éditeur. 1903.
- Au pays des Pyrénées, par Emile Daullia. 1 vol. in-8° ave# 24 planches en photocollographie. Ch. Mendel, éditeur. Paris, 1903. Prix : 10 francs.
- Réunion du bureau internationed de la tuberculose. Allocution de M. Casbiir Perier, Discours de M. le professeur Brouardel. Extrait de La lutte antituberculeuse. Bulletin de la Fédération antituberculeuse française : I brochure in-8°. C. Naud, éditeur, à Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour renforcer la ficelle. — 11 s’agit tout simplement de la faire tremper un certain temps dans une solution sursaturée d’alun : quand elle a été retirée de ce bain et séchée, elle est d’une solidité à toute épreuve.
- Métal blanc. — La publication autrichienne « Metallar-beiter » donne comme composition fort avantageuse pour remplacer l’argent, un alliage fait de 35 parties d’argent, de 57 à 42 de cuivre et de 25 à 50 de nickel.
- Teinture rouge pour bois. — Mêlez et laissez digérer quelques jours, dans 2 litres et demi d’alcool, en agitant fréquemment, 180 grammes de kine, ou gomme de Sénégambie, 40 grammes de cristaux Magenta, 60 grammes de bois de eam; filtrer finalement. .
- Pour le nettoyage des allées de jardin. — On peut composer un liquide répondant fort bien à ce but en mélangeant 60 litres d’eau avec 10 kilogrammes de chaux vive et 1 kilogramme d’acide sulfurique (observer les précautions d’usage pour l’acide sulfurique). On verse ce liquide au moyen d’un arrosoir. Les plantes et les herbes parasites sont détruites.
- Parfum pour h uiles capillaires. —Prendre 50 centigrammes d’héliotropme, 6 à 7 centigrammes de coumarine (extrait de fève Tonquin) ; additionner d’une goutte d’essence d’iris, de 15 d’essence de roses et de 30 d’essence de bergamote.
- Procédé de bronzage du cuivre. — On compose un liquide de 30 parties d’acétate d’ammoniaque, 10 de sel marin, autant de crème de tartre et d’acétate de cuivre, et enfin 100 parties d’acide acétique dilué. On en arrose les surfaces à bronzer, et, au bout d’au moins 24 heures, on brosse avec un pinceau enduit de cire.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1»U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 juillet. . . 16", 9 N. N. E. 0. Très nuageux. » Rosée; nuag. ; orage du S.-W. au N.-E. de 13 h. 30 à 14 h. ; pluie l’après-midi.
- Mardi 21 1 i*,6 W. 1. Couvert. 10,8 Rosée ; couvert le matin ; nuag. le soir.
- Mercredi 22. . . . . 17", 0 S. 1. Quelques nuages. » Rosée ; halo ; très nuageux.
- Jeudi 23 18",0’ S. E. 0. Très nuageux. )> Rosée ; très nuag.; orage de 17 à 18 h. du S.-E. au N.-E. pluie de 17 à 21 h. Très uuag. ; petite pluie à 18 h. 30.
- Vendredi 21 la",2 W. N. \V. 5. Nuageux. 10,6
- Samedi 25 • 15°,ü Calme. Beau. 0,3 Rosée ; uuag. ; lnlo.
- Dimanche 26 ... . 17M S. 2. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 13 b.; nuag. ensuite; pluie à div. reprises de 7 h. 2 ) à 13 h. 30.
- JUILLET 1903. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMVNCHE 26 JUILLET.
- ILa courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Dans la nuit du 21 au 22 juillet, à llb 30, on a ressenti une secousse de tremblement de terre à Syracuse.
- Orages et pluies. — Dans la semaine qui vient de s’écouler du 20 au 26 juillet, les orages ont été nombreux et la pluie est tombée en grande abondance. Le 20 juillet, des pluies sont tombées sur l’ouest du continent; en France, on a recueilli 39 mm d’eau à Biarritz, 23 min à Besançon, 16 mm à Clermont. On a signalé un orage au mont Aigoual, et une chute de neige au pic du Midi. A Paris, il y a eu quelques averses, le temps est resté nuageux, la température moyenne a été de 189,5. Le 21 juillet, on a signalé en France de nombreuses pluies sur le littoral de la France. Le 22 juillet, il a plu à Lorient (26 mm), à Cherbourg (18 mm), à Biarritz (10 mm) et à Dunkerque (6 mm).
- Le 23 juillet, de fortes averses et des orages ont été signalés dans toute la France. On a recuilli 11 nmi d’eau à Paris, 39 mm au Havre, 20 min à Marseille, 25 mm à Nantes, et 26 mm à Belfort. Le vent a été fort de l’ouest sur les côtes de la Manche, modéré du nord-ouest en Bretagne et en Pro-
- vence. Le malin, à 7 heures, à Paris, la température était de 15° ; la température moyenne de la journée a été de 18\8, supérieure de 0°,4 à la normale, avec un maximum de 21°,8 et un minimum de 13°,2. De nombreuses averses orageuses sont tombées en France le 21 juillet, surtout dans l'ouest. A Paris, le temps a été nuageux dans la journée, et dans la soirée il est tombé une petite pluie ; la température moyenne a été de 16°,4 inférieure de 2° à la normale. Ls 25 juillet, il a plu à Nantes (13 mm), à Limoges (8 mm), à Biarritz (7 mm), à Boulogne (2 mm). Dans le'Pas-de-Calais, de véritables trombes d’eau sont tombées (83 mm en 24 heures). A Eyreiu (Corrèze), la foudre a tué un cultivateur et sa fille qui s’étaient réfugiés sous un arbre pendant un orage.
- Un cyclone aux E tats-lTnis. — Un cyclone s’est abattu le 22 juillet sur la ville de Patterson (New-Jersey). L’orage n’a duré que trois minutes, mais les dégâts ont été considérables. Il y a eu 4 personnes tuées, la blessées grièvement et 100 légèrement. Des bâtiments ont été entièrement détruits, parmi lesquels d’importantes fabriques. Plus de 200 autres maisons ont été plus ou moins endommagées.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 2i à midi 55 m.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —'?£— Le Journal officiel du 31 juillet publie la loi relative aux unités fondamentales du système métrique qui vient d’être promulguée. Art. 1er. — L’article 2 de la loi du 19 frimaire an VIII «st remplacé par la disposition suivante : « Les étalons prototypes du système métrique sont le mètre international et le kilogramme international qui ont été sanctionnés par la conférence générale -des poids et mesures, tenue à Paris en 1889, et qui sont déposés au pavillon de Breteuil, à Sèvres. Les copies de ces prototypes internationaux, déposées aux archives nationales (mètre n° 8 et kilogramme n° 35), sont les étalons légaux pour la France. » Art. 2. — Le tableau des mesures légales annexé à la loi du 4 juillet 1837 sera modifié conformément à l’article précédent par décret rendu après avis du bureau national des poids et mesures.
- —— Par décret en date du 23 juillet, M. Andoyer, docteur es sciences, maître de conférences de mathématiques, est nommé professeur d’astronomie physique à la Faculté des sciences de l’Université de Paris. Par décret en date du 28 juillet, M. Painlevé, docteur ès sciences, maître de conférences de calcul différentiel et intégral à l’Ecole normale supérieure, est nommé professeur de mathématiques générales à la Faculté des sciences de l’Université de Paris ; M. Padé, professeur à l’Université de Poitiers, est nommé rofesseur de mécanique à la Faculté des sciences de l’Université e Bordeaux, et M. Lebœuf, docteur ès sciences, professeur d’astronomie à la Faculté de l’Université de Besançon.
- —— M. Santos-Dumont a mis gracieusement à la disposition du ministre de la guerre son grand dirigeable n° X pour faire des expériences concernant le service de place. Le thème est le suivant. Des aérostiers se trouvant dans les environs d’une place forte et à une distance de 60 à 100 kilomètres, il leur est demandé de pénétrer, à l’aide de leur ballon, dans la place.
- —— Samedi s’est ouvert à Bruxelles, dans la salle des fêtes du Palais des académies, le ;13e Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française. La cérémonie était présidée par M. le baron Van der Bruggen, ministre de l’Agriculture, et par M. Gérard, ministre de France.
- —— On a inauguré dimanche dernier, à Boulogne-sur-Seine, une intéressante exposition de blanchisserie qui durera quinze jours : appareils de blanchissage, machines à battre le linge, à repasser, produits chimiques, etc., tout l’outillage moderne du blanchissage ; hygiène, etc. Souhaitons que cette exposition qui réunit un grand nombre de modèles soit favorable au linge des Parisiens.
- —M— Le Moniteur vinicole en appliquant les cotes établies par les professeurs d’agriculture pour cliaque département, conclut à une récolte probable, en 1903, de 41290 000 hectolitres de vin, contre 39883000 hectolitres en 1902. Parmi les départements grands producteurs, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, le Rhône seraient en gain; la Charente-Inférieure,'la Gironde, l’Hérault, Saône-et-Loire et le Var seraient en perte. -
- —— Le ministre de la marine a donné l’ordre de fournir 60 fusils Kropatschek avec munitions aux pêcheurs de Douarnenez,
- {tour chasser le genre de marsouins, "dits begulas, qui détruisent es bancs de sardines et coupent les filets.
- —— La Société d’instruction appelée « International Correspondance Schools », de Scranton, en Pensylvanie, qui fait tout spé-cialemèfit des cours aux agents de chemins de fer, possède des wagons de démonstration qu’elle envoie sur place là où des leçons sont faites, et qui portent toute l’installation de freinage à air comprimé d’un train complet. La leçon se fait donc dans le wagon, véritable leçon de choses, où les auditeurs apprennent à manœuvrer des robinets, voient fonctionner devant eux les pistons dans les cy-
- lindres, etc. Aussi 112 compagnies de chemins de fer ont-elles des traités avec cette Société d’enseignement pour qu’elle fasse des cours à leurs agents.
- —— On sait que le charbon exposé à l’air libre se détériore assez rapidement par suite de cette exposition : aussi vient-on d’entreprendre, à l’arsenal de Portsmouth, des expériences tendant à rechercher si le combustible destiné aux chaudières de navires peut se conserver par immersion dans l’eau de mer. On a immergé 10 tonnes de houille dans cinq caisses perforées, tandis que cinq tas du même charbon, et de 2 tonnes chacun également, ont été disposés à terre sous des bâches. En même temps, on a brûlé 1 tonne de cette houille pour pouvoir apprécier exactement sa valeur calorifique et évaporatoire au moment où elle est encore toute fraîche extraite. On retirera une des caisses dans douze mois, et on en essayera le combustible comparativement avec celui d’un des tas, et ainsi de suite à des périodes échelonnées.}
- —L’industrie du ciment Portland est aujourd’hui considérable, étant donnés les multiples emplois que l’on a trouvés au ciment, durant ces dernières années, béton, ciment armé, etc. L’Allemagne, à elle seule, produit annuellement 2 1/2 millions de tonnes de ce ciment, l’Angleterre 1 million 1/2; la part de la Russie est d’un million de tonnes environ; aux Etats-Unis nous trouvons: environ le même chiffre, alors que cette industrie y est tout nouvellement née. La production de la France ne doit pas dépasser 430 000 tonnes. Pour le monde entier, la fabrication atteint à peu prés 8 millions de tonnes.
- —— La télégraphie sans fil va probablement être établie entre Varna et Odessa : des négociations ont été engagées à cet effet entre les gouvernements russe et bulgare.
- —— La grande compagnie de navigation allemande Norddeut-scher-Lloyd possède, à Bernerhaven, un remarquable laboratoire d’essais des modèles de bateaux que l’on veut construire. Les modèles sont construits en paraffine, à l’échelle du 1/10, puis remorqués par un chariot électrique roulant sur rails, à des vitesses qui varient de 0m,45 à 4“,75 à la seconde. On peut ainsi déterminer la résistance opposée par la partie immergée de la coque du bateau projeté.
- —— Les Américains, qui ont des raisons pour aimer les constructions en bois, viennent d’adopter ce mode de construction pour un grand pont tournant, non seulement par désir d’économie sur la matière première, mais encore pour éviter les ravages de la rouille, l’ouvrage se trouvant au bord de la mer. Ce pont tournant est à Bar-negat Bav, dans le New-Jersey, et il sert à franchir une passe de plus de 38 mètres de largeur.
- —— Il a été découvert tout récemment un filon aurifère en Sibérie dans la région frontière, sur les bords de la rivière Béri-Koub. Déjà les districts avoisinants sont l’objet d’une exploitation aurifère des plus prospères.
- —— Le chemin de fer de Liverpool à Birkenhead, qui passe en tunnel sous la Mersev, et qui a été exploité à la vapeur depuis son achèvement en ï 886, vient d’être enfin doté de la traction électrique, qui améliorera la ventilation, et permettra Sans inconvénients une fréquence de trains considérable.
- —)&— La traction électrique sur un des anciens .métropolitains de Londres. Un des plus anciens réseaux métropolitains de Londres, celui qui est connu sous le nom de « District Railway », va être avant peu doté complètement de la traction électrique. Pour l’instant on y fait circuler des trains électriques d’essai, composés chacun de 7"voitures, dont 3 sont automotrices; par conséquent, c’est le système à unités multiples auquel on recourt, et avec deux conducteurs, l’nn positif, l’autre négatif. L’installation est due à la Brush Electrical Engineering Go.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES. -
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. d'Artigue, à Grenade-sur-l’Adour (Landes), nous écrit : « Dans le n° 1572 du 11 juillet, page 91, il est dit : Les termites sont heureusement fort rares en France, où ils ne se trouvent que dans la Saintonge. Depuis trente ans, à 10 km aux environs, j’ai vu démolir à cause des termites plusieurs maisons. Voici des faits qui me sont personnels. A Grenade, vers 1875, je remarquai un jour quantité de termites volant vers la fenêtre de la cuisine pour sortir ; le nid était dans le manteau de la cheminée dont le bois était creusé sur 0m,30 de long. Je fis enlever et brûler le bois, enduire les parties du mur en contact avec le bois, avec de l’huile pyro-génée chaude, et tremper dans le même liquide le bois du nouveau manteau de cheminée. Depuis je n’ai plus vu de termites dans ma cuisine. Vers 1880, dans un bâtiment tout voisin, les termites ailés sortaient à l’extérieur par une fente de mur, presque à niveau du sol; je fis démolir par suite les galeries et trouvai à l’intérieur des poutrelles attaquées. J’agis comme la première fois et cette colonie de termites n’a plus reparu. En 1874, à Bordères, commune très voisine, j’ai dû démolir en entier une habitation agricole de 180 mètres carrés de surface. Tous les bois ont été brûlés avec soin, mais peu après je devais détruire aussi une étable voisine ayant 90 mètres carrés. En 1900, même commune, et à 600 mètres de distance environ des bâtiments démolis, j’ai dû, dans une autre habitation agricole de 180 mèti’es carrés, changer « tous les bois », charpentes, solivages, planchers, portes, fenêtres et leurs cadres et même quelques meubles dans lesquels le linge a été attaqué ; il a fallu démolir des murs où il y avait des couloirs et cellules en débris de bois. Le carbonyle que j’emploie maintenant me semble le meilleur destructeur des termites au début d’une attaque ; ils n’ont pas touché depuis trois ou quatre ans à des bois enduits de carbonyle mis en contact avec des bois pleins de galeries; mais si les colonies sont anciennes et nombreuses il faut fatalement en venir à la démolition. J’ai vu des poutres de 0m,25 sur 0m,55 absolument creuses et réduites à une pellicule de 2 ou 3 centimètres qui cédait sous le poids d’un enfant. »
- M. leDrG. Âgamennone, directeur de l’Observatoire géodynamique de Rocca di Papa (Rome), nous adresse une brochure iju’il a publiée sur « Le tremblement de terre dans l’île de Chypre du 29 juin 1896 ».
- Renseignements. — R. P. Léon, à Carthagène. — Votre insuccès est facile à expliquer, car vous n’avez pas tenu compte d’une prescription essentielle en galvanoplastie : pour qu’un objet quelconque puisse être recouvert d’un dépôt de cuivre par le procédé du bain, il est indispensable qu’il devienne conducteur du courant. Pour cela, on le métallisé, c’est-à-dire qu’on le recouvre d’une mince pellicule de métal. Vous avez le choix entre deux procédés pour obtenir ce résultat : par la voie sèche en l’enduisant de plombagine, si l’objet est assez solide et si sa surface est assez rugueuse pour que la plombagine y adhère : par la voie humide, en général préférable, où l’objet est recouvert d’une couche d’azotate d’argent, qui pénètre dans les moindres anfractuosités.
- M. Teysseire, à Bordeaux. — Vous trouverez les détails les plus complets sur la fabrication et l’emploi de ces substances dans le Traité de chimie industrielle, de R. Wagner et F. Fischer, en vente à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 55 francs.
- M. L., à Lyon. — 1° Nous ne connaissons pas sur ce sujet de travail d’ensemble. — 2° Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. Durhône, à Pont-de-Yaux. — Ges préparations sont à base de goudron et d’huiles minérales, mais leur composition n’est pas connue.
- M"* Calgrain, à Niort. — Servez-vous de la composition suivante comme enduit anti-halo : ocre rouge en poudre très fine, J0gr; dextrine, 20gr; eau contenant un dixième de son volume-d’alcool, 20 centimètres cubes; mêlez bien avec une baguette de verre, jusqu’à ce que la peinture soit parfaitement homogène. La préparer plusieurs heures avant l’emploi. Eviter de prendre de la dextrme blanche ; s’en tenir à la dextrine gris-jaunâtre.
- M. J. R. S., a Avallon. — La brochure intitulée Morvan cl Bourgogne,, par A. de Baroncelli, est le meilleur guide cycliste pour cette région.
- M. P. R., à Philippe ville. — Vous ne pouvez mieux faire que de vous procurer le Traité d'analyse chinique qualitative, de R. Frésénius. 9" édition française, rédigée d’après la 16e édition allemande par le Dr L. Gautier. Prix : 7 francs. Librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain. i
- M. Furrer, à Zurich. — Nous n’avons pu nous procureur l’adresse de la maison qui fabrique ces moteurs.
- M. Léon Marot, à Brive.— 1° Pour faire disparaître l’odeur du pétrole il suffit de mélanger à 4lil,5 de pétrole, 100fr de chlorure de chaux (chlorure de blanchisseuse) et agiter vivement le tout : verser le liquide dans un vase contenant de la chaux vive et agiter de nouveau. Il ne reste plus qu’à laisser déposer le mélange et à décanter. Le pouvoir éclairant n’est pas diminué et le pétrole est inodore. — ‘2°'Nous avons fait parvenir votre lettre.
- M. G. J. R., à Enghien. — Pour faire annihiler l’odeur du caoutchouc, il faut recouvrir les deux faces de l’objet d’une-couche mince de noir animal, puis le maintenir pendant trois ou quatre heures à une température de 50° à 60°.
- M. Loubers, à Montastruc. — 11 faut changer le zinc s’il est usé; de même remplacer le chlorhydrate d’ammoniaque.
- MM. Taupenot, Soulié-Cottineau, Jouve et Cie, à Paris. — Voici les noms des personnes qui nous ont demandé votre adresse : MM. Schenkelberger, 342-352, Congress str. Boston, U. S. A. et M. Hughes, à Holland. Mich., U. S. A.
- M. Taille fer, à Mantes. — Si vous voulez bien vous reporter à la chronique météorologique du 7 mars.1903, vous pourrez constater que nous y avons signalé la vitesse du vent au sommet de la Tour Eiffel comme étant de 40 mètres à la seconde, ce qui concorde avec les 59 mètres que vous avez vous-même enregistrés.
- M. Le Bret, à Châteaulin. — Cette classification des queues de comètes en trois types a déjà été imaginée par l’astronome Brédikhine : en se fondant sur cette hypothèse que leur forme est due à une force répulsive qui émane du soleil, il a établi trois types de queues, pour lesquelles la force répulsive est égale à 11,0, à 1,04 et à 0,5. Nous ne pouvons entrer dans de plus longs détails à ce sujet
- M. G. V. H., à Tourcoing. — Les turbines hydrauliques America se trouvent chez M. Sloan and C°, 17, rue du Louvre, à Paris.
- M. Guédy, à Paimbœuf. — Pour ces instaUations, veuillez vous adresser à la Société « L’Eclairage électrique », 27, rue de Rome, à Paris.
- M. Villard, à Epsom.— Essayez des plaques Lumière ultra-rapides, étiquette violette. 11 est à croire que vous réussirez, mais un obturateur de plaque est probablement nécessaire pour des vitesses aussi grandes.
- M. Espina, à Madrid. — Nous avons inutilement cherché le fabricant de cet appareil peu connu.
- M. Bailly, à Cortina d’Ampezzo. — Veuillez écrire directement à M. de Thiersant, 97, Cannon Street, Londres.
- M. R. H., à Paris.— 11 est préférable d’écrire à M. Clément, 34, rue Lacépède, à Paris.
- M. Tortelier, à Rennes. — Le lacto-viscosimètre se trouve chez M. Paul Micaut, 2, rue de la Banque, à Bar-le-Duc.
- M. Piazza, à Tunis. — Cette éventualité n’est pas à craindre, car il faudrait supposer une transformation subite de l’énergie électrique, ce qui n’est pas probable.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Abel Ogier, à Lyons-la-Forêt. Il est bien plus simple de faire nettoyer la chaîne et de la graisser avec une graisse consistante. — M. H. V-, â Paris. Aucun des systèmes employés contre le glissement de la courroie n’a donné de résultats appréciables. — M. Xavier Belin, à X. Vous pourrez lire, dans la 3e série des Recettes et procédés utiles, la formule d’une encre nouvelle pour étiquettes sur plaques de zinc : librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lellres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- EN FORÊT DE FONTAINEBLEAU
- Texte et dessins de A. Robida.
- 1. Les cantons à peintres. Dans les gorges de Franchard quelles belles roches ils ont, les peintres de Barbizon! — 2. Les vieux chênes. Le Charlemagne à la barbe en cascades de verdure préside l’assemblée auguste des chênes colosses, burgraves de la forêt, aux fronts chenus tordant des bras formidables. — 3. Le Henri IV encore vert, écoute le vent lui souffler dans le feuillage les avis de Sully. — 4. Rébarbatif et grondeur. — 5. Le Pharamond, archivénérable, usé par les siècles et fracassé par les orages, mais toujours debout. — 6. Pour le François P" tout n’est pas perdu, sauf quelques bras. — 7. Le Molière a des attitudes plutôt cornéliennes, on dirait un vieux Cid farouche, criblé de cent blessures et qui lutte encore. — 8. Dans les gorges d’Apremont. Avec la bicyclette on doit passer partout. — 9. L’homme aux vipères. Sa collection est charmante, mais ne caressons pas ces souvenirs de la forêt.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un succédané de la gomme adragante. — La gomme adragante rend de très grands services dans une foule d’industries, mais elle a le tort de coûter assez cher : aussi lui cherche-t-on des succédanés susceptibles de jouer le même rôle. On recommande dans ce but la préparation suivante : on fait bouillir dans de l’eau 20 parties d’empois de froment, puis 0 parties de colle blanche d’ébéniste, et enfin 2 parties de glycérine. On prétend aussi obtenir un bon résultat avec un simple mélange de 6 parties d’empois et de 5 de glycérine.
- Solutions de celluloïd. — Le celluloïd se dissout dans un certain nombre de liquides : voici quelques formules de solutions que l’on recommande quand on veut se servir de celluloïd sous forme liquide, comme par exemple pour vernir. Pour 5 grde celluloïd, on se trouve bien d’employer 10 gr d’acétate d’amvle, 10 d’acétone et 16 d’éther sulfurique. On peut également, pour cette même quantité de celluloïd, prendre comme dissolvant 50 gr d’alcool et additionner de 5 de camphre. Ou bien encore pour 10 gr de celluloïd, on emploie 50 gr d’éther sulfurique, autant d’acétone et autant d’acétate d’amyle, en ajoutant finalement 3 gr de camphre.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50™,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THEfUfOSrÈTRE VENT D1RECTIO.V ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 juillet. . . 13”,9 S. S. W. 2. Beau. 5,4 Beau jusqu’à 8 b.; puis nuag. ; couv. après 12 h.; rosée; pluie de 15 h. à 15 h. 15 et de 16 h. 23 à 17 h. 20.
- Mardi 28 13”,1 S. S. W. 3. Couvert. 0,8 Couv. ; pluie à diverses reprises le matin.
- Mercredi 29 10”,0 W. S. W. 3. Couvert. 4,3 Presque couvert ; halo ; averses dans la soirée.
- Jeudi 30 14”,5 S. W. 3. Très nuageux. 1,4 Très nuageux ; quelques averses.
- Vendredi 31 14“,1 W. S. W. 2. • Couvert. 1,2 Couv. ; gouttes fines à diverses reprises.
- Samedi l^aoùt. . . 14”,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Nuag. de 7 à 18 h. ; couv. avant et après.
- Dimanche 2 16”,8 S. S. W. 1. Nuageux. 0,0 Nuag. ; petite pluie à 21 h.
- JUILLET-tOUT 1903. — SEMAINE DU LUNDI 27 JUILLET AU DIMANCHE 2 AOUT.
- Lundi | Mardi * | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi j Dimanche
- La courbe supérieure: indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Une légère secousse, de tremblement de terre a été signalée par les instruments sismiques, le 27 juillet a 4* 47 du matin, à Florence. A Pontremoli, une secousse de tremblement de terre a été ressentie à 3 heures du matin. Elle s’est renouvelée plus violente, vers 5 heures. Quelques maisons ont été endommagées. Une autre secousse a été signalée vers 11 heures ; deux personnes ont été blessées. Des secousses ont également eu lieu à Pistoia, Lucques, Pise, San Miuiato, Pontedera, Empoli, Porto-Maurizio, Chivari, Lucca, Modène, Plaisance, Padoue, Pavie et Turin. Le 1" août, tremblement de terre'à la Spezzia (Italie). Il a déterminé l’écroulement de maisons et des églises de Filaltiera et Mulazzo. Il y a eu quelques blessés.
- Orages et pluies. — Les pluies ont été continuelles durant toute la semaine. Le 27 juillet, les pluies sont totabées sur le nord-ouest de l'Europe ; en France,, ou a recueilli 8 mm d'eau à Lorient, 5 mm au Havre, 4 mm à Limoges, 1 mm a Paris. Le 28 juillet, il est tombé 23 mm d’eau à Cherbourg, 18 mm à Boulogne, 5 mm à Paris, et 4 mm à Besançon. Le veut a été fort de l’ouest, la nier a été très houleuse sur les côtes de la Manche. Le 29 juillet, le vent a été fort également sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 17 mm d'eau à Dunkerque, 4 à Biarritz, 2 à Nancy, 1 à Paris. On a signalé des orages au puy de Dôme. La température a baissé
- généralement ; elle était dans la matinée de 11° à Shields, 14° à Paris, 18° à Stockholm, 31° à Alger. On notait : 8° au mont Aigoual, 4° au mont Mounier et au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 16°,2, inférieure de 2°,1 à la normale ; le minimum a atteint 11°,7. Le 39 juillet, des pluies sont tombées daus l’ouest et le nord du continent; en France, on a recueilli 7 mm d’eau à Dunkerque, 4 à Besançon. Un orage, qui a éclaté le 29 juillet, dans la région parisienne, a donné îles quantités dfeau différentes suivant les stations ; il est tombé 6 mm d’eau au Bureau central et 1 mm au parc Saint-Maur. La température a baissé; elle était, le matin, de 11° à Belfort, 14° à Paris, 23° à Alger. On notait ; 4U au puy de Dôme, 3° au pic du Midi, 2° au mont Ventoux. Eu France, la température est restée basse pendant quelques jours et quelques averses ont eu lieu dans le nord-est.
- Le 31 juillet, le vent a été faible et modéré des régions ouest sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques et sur l’Europe centrale. En France, on a recueilli 5 mm d’eau à Belfort, 3 mm à Brest, 2 mm à Besançon. La température a notablement baissé; elle était le malin de 14° à Paris, de 6° au puy de Dôme, et 5” au mont Ventoux. La température moyenne à Paris a été de 14°,6.
- Cyclones. — Le 2o juillet, un véritable cyclone s’est abattu sur le village Bracblow (Russie). Pendant cinq minutes, l’ouragan a brisé tout ce qui s” trouvait sur son passage. Soixante-dix maisons de paysans, deux habitations particulières et l’église ont été complètement démolies. Presque tous les arbres ont été déracinés. Une quantité innombrable de poissons ont été tués dans la rivière Snova.
- PHASES DE LA LUNE : I*. 0- le 21 à 7 li. 24 m. du matin,
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- ------~M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS •
- —— A propos de son jubilé^ l’Université d’Heidelberg vient «le créer un certain nombre de docteurs à titre honoraire. Parmi les élus nous relevons les noms de MM. Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; Fouqué, de l’Académie des sciences, professeur de géologie au Collège de France; Maupas, naturaliste et bibliothécaire du muséum d’Alger.
- —— L’Association française pour l'avancement des sciences •s’est réunie cette année à Angers sons la présidence de M. Levasseur, de l’Institut, du 4 au 12 août. La session a été intéressante et les excursions autour de la ville ont été nombreuses et très suivies par les congressistes.
- —— Du 4 au 14 août a eu lieu à Copenhague la Conférence de l’Association géodésique internationale sous la direction du général Bassot, de l'Institut.
- —iK— Un congrès des Sociétés de géographie s’est ouvert le 2 août à Rouen. C’est le 23e congrès de ce genre; il coïncide avec le 25e anniversaire de la Société normande de géographie et c’est elle qui l’a organisé. Dans ce congrès il a été traité des questions les plus importantes, notamment : état actuel du projet d’un canal des Deux-Mers, entre l’Océan et la Méditerranée, les ports francs, le Cotentin, l’érosion des falaises du pays de Caux, le port de Rouen, etc.
- —MM. Jacques Balsan et A. Corot, pilotes de l’Aéro-Club de France, viennent de faire une ascension de distance remarquable. Partis mardi soir 4 août, du parc de Saint-Cloud, à bord de 1’ a Aéro-Club II » (1559 m3), lés deux aéronautes atterrissaient le lendemain matin en Bavière, aux environs de Munich. Distance parcourue à vol d’oiseau : 700 km. Durée : 14 heures. Vitesse moyenne : 50 km â l’heure.
- —)£— Le navire Gauss, qui ramène les membres de l’Expédition antarctique allemande est sur le chemin du retour en Europe. Les deux ans qu’il a passés au Pôle Sud ont permis aux docteurs Banhœffen, Gazert, Phiiippi, ainsi qu’au professeur von Drygalski, de recueillir une grande quantité de documents scientifiques du plus haut intérêt. Il n’y a eu qu’un décès k déplorer, celui du I)r Euzenberger, mort du béribéri aux îles Kerguélen.
- —$— On signale comme causant des ravages dans les champs de betteraves de la région parisienne un coléoptère « l’Altica tibialis », de 2 ou 3 millimètres de long; difficile à saisir par suite de ses qualités de sauteur, il s’attaque aux feuilles des betteraves, choux et radis, et les crible de trous. On le détruit en pulvérisant «ur les Dlantes attaquées un mélange de jus de tabac, d alcool mé-thylique, de savon noir et de carbonate de soude.
- —— L’île de Heligoland vient d’être dotée d’un phare à grand pouvoir éclairant, dont voici les principales caractéristiques. La plus remarquable est l’abandon des lentilles et prismes de Fresnel -pour revenir à l’ancien système du réflecteur parabolique, muni d’une puissante source lumineuse à son foyer. Ce miroir est en verre argenté et a 75 centimètres d’épaisseur. La lumière est fournie par une lampe à arc et un courant de 30 ampères. L’appareil optique est composé de trois de ces miroirs avec leurs lampes, et •donne un éclat a’un dixième de seconde toutes les cinq secondes : sa portée est de 64 kilomètres.
- —M*— La voie ferrée, établie entre Berlin et Zossen pour l’essai des locomotives aux grandes vitesses, vient d’être abandonné.e. Après • examen, les ingénieurs ont reconnu quelle était impraticable aux vitesses dépassant 150 kilomètres à l’heure. Le Reichstag a voté 500000 francs pour construire une nouvelle piste permettant des •vitesses très considérables.
- —ih— Un nouveau cas de commensalisme vient d’être observé en Océanie dans la baie de Sabang, sur une anémone de mer du genre « Discosoma ». Chacun de ces actinies renferme dans sa cavité plusieurs petits poissons de l'espèce « Amphiprion interne-dius », qui vivent à ses dépens. II paraîtrait que d'autres espèces de poissons vivent aussi sur d’autres anémones dans la même région.
- —— On sait que les eaux des fleuves pollués par le déversement des égouts, ont une tendance constante à se purifier : l’explication (en dehors de l’action solaire) en est bien montrée par MM. Boyce et Fraye dans une enquête faite sur les ’ eaux de la Severn. La vase du fond de la rivière et des bords immergés est « travaillée » par des bactéries anaérobies, et celle des berges émergées par des bactéries aérobies, qui transforment constamment les matières organiques.
- —?£— Les mines grisouteuses d’Autriche et d’Allemagne utilisent maintenant, pour la traction souterraine, des locomotives à benzine ou des dispositions ingénieuses ont été prises pour éviter toute projection dangereuse d’étincelles, ou l’échappement de gaz de la combustion à température trop élevée. Ces locomotives, qui ont été décrites dans 1 ’ QE s terre ichische Zeitschrift fur Berg und Hiittenwesen, possèdent un réservoir à benzine hermétiquement clos qui n’est jamais rempli qu’au jour ; l’injection de l’hydrocarbure se fait par une petite pompe, et le mélange n’est comprimé et enflammé qu’après fermeture complète de la chambre d’explosion. Les gaz chauds, avant de s’échapper, passent à travers des toiles métalliques refroidissantes.
- —— Un chantier anglais, celui de la Fairfield Co, à Glasgow, vient de mettre à l’eau, après seulement 10 mois et 25 jours de travail, un cuirassé monstre, le Common-Wealth. C’est un navire qui ne déplace pas moins de 8100 tonnes métriques, même dans l’état forcément inachevé où il se trouve encore. Sa longueur totale est de 129“,50 pour une largeur de 22“, 75; son déplacement total, l’armement au complet, dépassera 16400 tonnes.
- —îtt— En 1880 le3 Etats-Unis ne produisaient guère que 860000 tonnes de rails en acier; en 1886 le chiffre correspondant était de 1574 000, et, en 1902, on est parvenu au chiffre formidable de 2 929 090 tonnes : ce qui montre à la fois le développement de l’industrie métallurgique américaine, et la vulgarisation des rails d’acier.
- —}&— En même temps que les tirs d’essai ont montré que les canons superposés de la marine française pouvaient avoir de graves inconvénients, des tirs opérés aux Etats-Unis, à pleine charge, avec des canons de 305 mm ont permis de constater que l’ébranlement causé par la détonation de ces pièces présente des effets très regrettables. Dans les chaudières notamment, 90 tubes ont été courbés par l’ébranlement, quelques-uns se sont rompus ; d’autre part, les tourelles ont été endommagées.
- —?£— La propagation de certaines espèces d’arbres à caoutchouc a 'été empêchée jusqu a présent par la fâcheuse propriété qu’ont leurs graines de perdre rapidement leurs propriétés germinatives.. Il paraîtrait que ce phénomène est dû à la formation de nombreux champignons à la surface des graines. L’infusion, pendant dix secondes, dans une solution de formaline du commerce à 8 pour 100, détruirait ces végétations parasites et permettrait la conservation pendant dix-sept jours de la faculté germinative.
- —tît— Parmi les dernières récompenses accordées par M. le ministre de la Marine, nous constatons avec satisfaction que la croix de la Légion d’honneur a été donnée à un vaillant marin, M. René Autret. Ce marin a dirigé 119 sorties du canot de sauvetage d’Au-dierne, au cours desquelles 348 personnes ont été sauvées et 27 navires secourus.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le lieup-colonel J~-B. Dumas, à Paris. — Remerciements pour votre communication. Nous n’avons pu transmettre que tardivement vos remarques criti-ues à notre collaborateur, en ce moment à l’étranger, au sujet e l’appareil Sigrist (voy. n° 1569, du 20 juin 1905) et du saut des chevaux. Un mot omis peut rétablir les choses; c’est le mot « ainsi ». damais les quatre pieds d’un cheval ne se trouvent dans la position de ceux indiqués dans le tableau. La phrase incriminée s’applique à ce tableau. La voici rectifiée telle qu’elle aurait dù être imprimée : « Jamais les quatre pieds d’un cheval ne se trouvent ainsi en l’air à la fois pendant le galop. » Du reste, ceux que cette question intéresse trouveront tous les détails nécessaires dans le beau travail de M. J.-B. Dumas : Album de Haute-Ecole ou encore dans l’important ouvrage de M. le colonel Duhousset : Le cheval.
- M. Godron, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Rouen. — Nous vous remercions de votre proposition, mais nous ne possédons plus les clichés. Nous espérons que vous nous dédommagerez à la première occasion par l’envoi d’un article sur un autre sujet. Votre lettre a été transmise à l’auteur en voyage. Il nous adresse les quelques réflexions suivantes : « Le calcul proposé ne pourrait être exact que si le cliché avait été pris perpendiculairement à la voiture. Aucun n’est dans ces conditions. Presque toujours le cliché est pris sous une inclinaison plus ou moins grande et souvent aussi en plongeant vers le sol. En outre, même sur le cliché, il est très difficile d’avoir des points précis, le point de tangence avec le sol par exemple, etc. »
- M. le capitaine Bunel, de la Rochelle, nous informe, à propos de l’article sur les « Engins chimiques d’incendie », (voy. n° 1572, du 11 juillet 1905, p. 95) qu’il a inventé et fait exécuter un extincteur à acide carbonique liquide qui contient 500 litres d’eau et donne un jet de 20 mètres de portée horizontale et de 14 mètres de hauteur, avec un orifice de 6 millimètres à la lance. La pression est fournie par deux réservoirs contenant de l’acide carbonique liquide. L’appareil est toujours prêt à fonctionner et permet l’attaque très rapide du feu : il a été adopté dans un grand nombre de pays d’Europe.
- M. W. Prinz, assistant à l’observatoire royal et professeur à l’Université de Bruxelles, nous adresse une étude sur la forme et la structure de Véclair par la photographie. Il y assimile l’éclair à l’étincelle électrique, et préconise son étude par les procédés chronophotographiques, et à l’aide du spectroscope, étant donné que les techniques photographiques actuelles exposent à de nombreuses erreurs, par suite des défectuosités qui leur sont inhérentes.
- M. Edouard C. Chodzko, de Haiphong, nous adresse la communication suivante au sujet du laquage des dents :
- « Hommes ou femmes commencent à se teindre les dents vers l’âge de la puberté, c’est-à-dire environ 12 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons. Cette opération est plutôt une torture comme vous allez voir par la description qui suit : on commence d’abord par se frotter les dents avec de la poudre de charbon de bois, à deux ou trois reprises et après avec du jus de citron. On prend ensuite une pincée d’une poudre rougeâtre que l’on mélange avec un peu d’eau et avec laquelle on se frotte les dents sur lesquelles on étale une bande découpée dans une feuille de cocotier ayant la mesure exacte de la mâchoire. Il faut une feuille pour chaque mâchoire. On change ces bandes deux ou trois fois par nuit, durant le jour on les enlève, mais pendant les six jours et six nuits que dure l’opération le patient ne doit prendre aucune nourriture solide ; on lui intro-
- duit, avec les plus grandes précautions pour ne pas toucher les mâchoires fraîchement teintes, des aliments liquides, tels que du thé, de l’eau de riz ou de la soupe de farine. Ces six jours écoulés les dents sont d’un beau rouge brun, couleur rappelant beaucoup celle du henné algérien. 11 faut maintenant que ce rouge passe au noir intense. Pour ce nouveau ponçage des dents et nouveau lavage au jus de citron. Cette fois on opère avec une poudre d’un noir violet, en répétant les mêmes opérations que ci-dessus. La seule différence est que le traitement dure deux jours au lieu de cinq ou six. Même abstinence d’aliments solides sous peine de tout gâter. Après quoi on frotte les dents avec un morceau de lard ou de couenne pour bien polir la laque et la victime peut sans remords remplir un estomac qui crie la faim. Chaque année une fois aux approches-du Têt ou jour de l’an annamite on répète l’opération ou plutôt la torture. Ce noir est indélébile, pour l’enlever on est obligé de se racler les dents avec un morceau de verre, ce qui est un supplice d’un autre genre auquel se soumettent cependant ceux ou celles qui veulent faire comme « monsieur ou madame français » au mépris des moqueries de leurs congénères. L’usage journalier et fréquent du bétel entretient cette teinte noire par l’action acide de la feuille de bétel, mais ne saurait jamais la communiquer comme je m’en suis assuré moi-même « in anima vili ». Voici, en outre, la composition des deux drogues :
- Thcôc dô (liniment rouge).
- Laque brute....................... 5 grammes
- Citron..................... Je jus d’un fruit.
- Alcool........................... quelques gouttes.
- Broyer intimement. Mélanger avec de l’eau pour appliquer sur les dents.
- Tireôc dès (liniment noir).
- Noix de Galle...................... 5 grammes.
- Muscade de Chine...................... 1 —
- Cannelle............................. 1/2 —
- Sulfate de fer. . ....................1/2 —
- Ecorce de grenade.................... 1/2 —
- Riz gluant............................ 2 —
- Mélanger intimement dans un mortier. Les gens riches ajoutent, un grain de musc qui, paraît-il, fait mieux « mordre » la teinture ; faire cuire pendant une heure.
- Renseignements. — M. Monnin, à Paris. — C’est 120, rue Championnet et non 5, que demeure M. Keignart, auteur de l’ouvrage intitulé : Dorure, argenture, nickelage.
- M. le Dr Salomon, à Mondilhan. — 1° Cet ouvrage se-trouve à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Ausgustins, à Paris ; 2° consulter le Guide de conduite, réglage, et entretien des motocyclettes par Georgia Knap, chez l’auteur, à Troyes.
- M. le Dr Dève, à Fourvent-le-Ilaut. — Envoyez-nous ces. parasites, adultes et larves : nous les ferons déterminer et nous indiquerons un remède, s’il existe.
- M. X., à Arnay-le-Duc. — 1° Nous n’avons pas entendu parler de ces inconvénients pour le premier de ces pneus; 2° quant au second, il manque peut-être de souplesse, mais ce défaut est compensé par les qualités de solidité et d’imper-forabilité.
- M. A. Delbove, à Bruxelles. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons précédemment donnés.
- M. André Boisset, à Paris. — Veuillez indiquer quel genre de renseignements vous désirez sur ces injecteurs ; de même pour les locomotives construites à Seraing et destinées au Nord belge.
- M. Leullier, à Saint-Étienne. — Pour obtenir cette marque, il faut créer un filigrane, ce qui ne peut se faire qu’au moment de la fabrication du papier. Nous ne pensons pas que l’encre sympathique puisse servir en ce cas.
- M. de Las Casas, à Caracas. — La sténodactyle Lafaurie est en vente, 29, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris.
- M. J. B., h Berk-Plage. — En laissant infuser ces graines 24 heures vous en extrayez à peu près tout l’arome.
- M. Félix Paquin, à Memphis. — Veuillez bien préciser les termes de votre demande.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Jeandieu, à Tours. —- Impossible de revenir sur cette question déjà traitée, quelque intéressante quelle soit ; nous la considérons comme provisoirement épuisée. — M. Gallay, à Douvres. Voilà plusieurs communications que nous recevons sur les procédés d’utilisation” de la force des vagues : nous ne pouvons nous occuper que des appareils ayant fait leurs preuves. — M'la J. T. T., à X. — Voir dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, p. 94, une formule d’encre à marquer le linge : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES MENTIONS1
- Table «le voyage. — Il est utile en chemin de fer, lorsque l’on fait un long voyage, d’avoir une petite table qui peut servir à diverses opérations. Ce sont des joueurs aux cartes qui l’utiliseront, des personnes qui prendront un repas et déposeront dessus cette table leurs plats et leurs victuailles. Mais cette table doit être solide, s’appuyer fortement sur le parquet du wagon et résister. Le petit modèle que nous signalons nous
- Table de voyage.
- semble répondre à ces diverses conditions. Il est formé de deux parties qui s’emboîtent l’une dans l’autre et qui constituent la table. A gauche, la figure montre le dessus de la table maintenu par des baleines qui se replient tout autour d’une tige centrale, comme dans un parapluie, à côté on distingue également une tige, autour de laquelle sont placées des^baleines qui peuvent s’écarter; elles forment le pied de la table. Il suffit d’emboîter l'une dans l’autre ces deux parties pour avoir la table toute montée. — La table de voyage se trouve chez M. Kratz-Boussac, 11, rue Martel, à’ Paris.
- Couteau avec tlre-Jaincs. — Il n’est rien d’aussi difficile que de tirer la lame d’un couteau lorsqu’elle n’est pas suffisamment large. On est obligé d’employer les ongles et on ne réussit pas toujours. Le petit couteau que représente la
- Couteau avec tire-lames.
- figure porte deux anneaux attachés à chaque lame, de sorte qu’il suffit d’appuyer sur l’anneau pour faire sortir la lame sans aucune difficulté. Ces anneaux peuvent servir également à relier le couteau à une chaîne, comme on en porte beaucoup aujourd’hui. — Le couteau avec tire-lames se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Détermination des poissons d'eau douce.
- Les pêcheurs à la ligne sont souvent embarrassés pour reconnaître les poissons qui ont la mauvaise fortune de se laisser prendre à leurs hameçons. Bien souvent, ou nous a demandé le moyen d’y parvenir rapidement et c’est ce qui nous a engagé à dresser le tableau de classification, ci-dessous qui, quoique empirique et relatif aux espèces les plus' communes, rendra des services à ce point de vue. — (Nota : les nageoires des poissons sont les unes impaires, les autres paires. Les premières se distinguent en nageoires dorsales, placées sur le dos; nageoires anales, placées près de l’extrémité du tube digestif ; nageoire caudale ou queue. Les secondes qui correspondent à nos membres, sont sur les côtés, les nageoires pectorales et, sur le ventre, les nageoires ventrales.)
- i, Museau large, étalé un peu à la manière de celui des canards et armé de fortes dents . Brochet — Museau ne présentant pas ces caractères.............................. 2
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- 2. Corps très allongé, presque cylindrique, avec nageoires à peu près insignifiantes et écailles à peine visibles....................................
- — Corps n’ayant pas cette forme . . .
- 5. Bouche circulaire formant une ventouse ...................................* . Lamproie
- — Bouche non circulaire ne formant pas
- une ventouse........................Anguille
- .)
- 4
- 4. Des épines isolées sur le dos et le
- ventre. Poisson minuscule. . . . Epinoche
- — Pas d’épines isolées sur le dos et le
- ventre............................ a
- 5. Bayons de la nageoire dorsale durs
- et épineux.....................Perche
- — Rayons de la nageoire mous, non
- épineux.......................... fi
- 6. Une seule nageoire dorsale .... 7
- — Deux nageoires dorsales............ 12
- 7. Pas de barbillons à la bouche. ... Il
- — Au plus quatre barbillons à la bouche 8
- — Au moins six barbillons à la bouche Loche
- 8. Nageoire anale garnie d’un rayon
- dentelé. Larges écailles........Carpe
- — Nageoire anale non garnie d’un rayon
- dentelé.......................... 9
- 9. Quatre barbillons à la bouche . . . Barbeau
- — Deux barbillons à la bouche .... 10
- 10. Queue carrée......................Tanche
- — Queue très échancrée..............Goujon
- 11. Lèvres molles..................... . 5
- — Lèvres cartilagineuses. ...... Cliondrostome
- 12. Sur les côtés du corps on voit une ligne
- de points (ligne latérale) allant de
- la tête à la queue. •............ 14
- — Ligne latérale nulle n’allant pas de la
- tète à la queue.................. 15
- 13. Corps ovale...........................Bouvière
- — Corps presque cylindrique..........Vairon
- 14. Nageoire dorsale commençant en
- arrière du niveau correspondant à
- l’insertion des nageoires ventrales. 16
- — Nageoire dorsale commençant au-
- dessus du niveau correspondant à
- l’insertion des nageoires ventrales. J 5
- 15. En ouvrant largement la bouche, on f
- voit les dents insérées sur le pharynx en une seule rangée. . . . Gardon
- — Dents insérées sur le pharynx en deux
- rangées ........................... Chevaine
- 16. Espace du bord ventral compris entre
- l’anus et les nageoires ventrales ne possédant pas d’écailles se recouvrant comme les tuiles d’un toit. 17
- —- Ce même espace possédant des écailles se recouvrant comme les tuiles d’un toit» ............................ 18
- 17.
- 18.
- 19.
- 20.
- Mâchoire supérieure avancée. . . . Brême Mâchoire supérieure non avancée. . Ablette Mâchoire supérieure, allant en arrière
- plus loin que le milieu de l’œil. . 19
- Mâchoire supérieure allant en arrière moins loin que le milieu de l’œil, de 77 à 90 écailles sur une même
- ligne longitudinale.............. Ombre
- Des dents à l’intérieur de la bouche sur le milieu correspondant à l’intervalle des narines ..............Truite
- Pas de dents à cette même place. . 20
- Longueur de la tète ayant environ le
- sixième de celle du corps. Sur une même ligne longitudinale, on trouve environ 128 écailles depuis la tête jusqu’à la queue. Dos bleu ardoisé. Des taches sur le corps. Saumon Longueur de la tête ayant environ le quart ou le cinquième de celle du corps. Sur une même ligne longitudinale, on trouve au moins 200 écailles.....................Omble-Chevalier
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Poudre insecticide. — Prendre comme base 250 gr. de poudre de pyrèthre, y ajouter la même quantité de borax, puis 125 gr. de soufre, et enfin 8 gr. d’essence d’eucalyptus.
- Soudure pour aluminium. — Il s’agit d’un procédé qui vient d’ètre breveté, aux Etats-Unis et qu’il ne faut pas songer, par conséquent, à employer commercialement. Cette soudure se compose de 5 parties d’aluminium, de 5 également d’antimoine, et de 90 de zinc, les proportions d’antimoine et de zinc pouvant être un peu augmentées l’une aux dépens de l’autre, suivant qu’on veut une soudure plus ou moins dure. Au point de vue de la préparation, on commence par faire fondre l’aluminium, puis on ajoute lé zinc, et finalement l’antimoine quand
- le zinc est fondu à son tour. On brasse bien ensuite avec du sel ammoniac, et quand la surface du mélange en fusion est bien claire, on enlève les cendres et on coule en baguettes de soudure.
- Pâte contre les insectes. — On se trouvera fort bien d’en remplir les fentes des murs et des planchers, en se rappelant qu’il s’y trouve une substance qui constitue tout à la fois un puissant antiseptique et un poison yiolent. On fait dissoudre dans une certaine quantité d’eau quelque 90 grammes de chlorure d’ammonium, et autant de sublimé corrosif, puis on ajoute 30 grammes de savon ordinaire, et assez d’eau pour que le tout bien malaxé constitue une masse pâteuse d’application facile.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES UU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 août. . . . 15“ ,2 S. W. 3. Couvert, pluie. 1,8 Couv. le matin ; nuag. le soir ; pluie à diverses reprises le matin.
- Mardi 4 15°,9 W. S. W. 2. Peu nuageux. 1,1 Rosée ; nuageux.
- Mercredi 5 l/“,2 'S.Vw'. 2. Nuageux. 0,0 Rosée; nuag.; gouttes à 7 h. 40.
- Jeudi 6 14”,8 S. W. 0. Beau. 0,0 Dosée ; nuageux.
- Vendredi 7 .... . 13“,9 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Rosée; beau.
- Samedi 8 ..... . 16“,6 S. E. 1. Beau. 0,0 Rosée; beau jusqu’à 17 h.; nuageux ensuite.
- Dimanche 9. . . . . 17*,5 N. W. 1. Couvert. 0,0 ' Rosée ; couvert.
- AOUT 1903. — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 AOUT.
- t,a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niueau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites A l’observatoire du parc Saint-Maur, en juillet 1903;
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique,- altitude 30”,3. Moyenne des 21 heures, 737“",47 ; minimum absolu, 748“",2 le 23 à 19 heures et 20 heures ; maximum absolu, 766”",4 le 1" à 8 heures et 9 heures ; écart extrême, 18"*,2.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 12°,64; des maxima, 23°,71; du mois, 18°,18 ; vraie des 24 heures, 17°,69; minimum absolu, 8°,0 le 8; maximum absolu, 51°,8 le 12. Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 11°,37 ; des maxima, 43°,70; minimum absolu, 4°,9 le 8; maximum absolu, 59°,4 le 12. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0",30 de profondeur, 18°,63; à 1 mètre, 17°,24. De la Marne : moyenne le matin, 21°,20 ; le soir 21°,71 ; maximum, 23°,02 le 2 ; minimum, 19°,31 le 31.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 10“”,41 ; minimum, 5“",2 le 8, à 21 heures ; maximum, 16“",7 le 12 à 18 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 71,5; minimum, 20 le 15 à 15 heures ; maximum 100, en 10 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 51.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-deSsus de l’horizon, 485 heures ; durée effective de 1 insolation, 255 heures en 31 jours ; rapport 0,53.
- Halos solaires : les 3, 4, 5, 22, 29.
- Pluie : total du mois, 72““,4 en 37 heures réparties en 14 jours, et, en
- outre, 3 jours de gouttes. Il est tombé 17““,4 d’eau dans la journée du 17.
- Ou a noté 20 jours de rosée, 6 jours d’orages, les 12,17, 18, 20, 23, 30 ; éclairs le 19, entre 20 h. 30 et 23 heures ; 1 jour de grêle.
- Fréquence des vents : Calmes, 9.
- N . . . , 51 E 30 S 30 W ... . 33
- N. N. E. . 50 E.S. E . . 23 S. s. w. . 68 W. N. W . 38
- N. E . . . 36 S. E . . . 19 s. w. . . 103 N. W. . . 31
- E. N. E. . 40 S. S. E. . . 27 w. s. w . 40 N. N.W. . 44
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,4; moyenne diurne la plus grande, 6“,5 le 28; la plus faible, 1”,6 le 14; vitesse maximum, 11“,0 le 27 à 16 h. par un vent de S.-S.-W.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre — 0"*,51 ; température, — 0°,30; tension de la vapeur, — 0"“,33; humidité — 1,7 ; nébulosité — 1; pluie -h 18“”,0.
- Floraisons. Le 1", jacée, delphinium annuel; le 2, clématite commune, gaura, morelle; le 4, œnothère, croix de Jérusalem, melongène; le 6, passerose; le 7, verge d’or ; le 8, mélisse; le 11, tabac, yucca ulamentosa ; le 13, millepertuis ; le 17, bouillon blanc: le 19, absinthe; le 20, fenouil, le 21, phlox vivace, saponaire; le 22, althœa; le 23, bardane, harpalium rigidum; le 28, sedum telephium; le 29, echinops.
- Le 15, exfoliation des platanes.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 8 à 9 h. 3 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réserv.é aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —— Le jour de l’Assoniplion, le Français, navire commandé par M. Charcot, devait prendre la mer au Havre. Et, en effet, à 5 heures, ii sortait du port, salué aux jetées par une foule immense, remorqué par \'Abeille n° 8; il avait à peine dépassé les nouvelles digues, que le taquet d'amarrage de la remorque se rompit. L’aussière revint a bord en coup de fouet et tua net un des marins nommé Maignan. Le Français mit son pavillon en berne et rentra au port par ses propres moyens. Le départ définitif a été forcément retardé de quelques jours. On sait qu’il s’agit non pas d'une expédition proprement dite au pôle Sud. mais d'un voyage scientifique à travers l'Antarctide. Ce voyage, selon toute prévision, durera au moins deux ans. Le Français n’a que 56 mètres de long; il est gréé eh trois-mâts goélette, mais il a été construit avec une solidité exceptionnelle pour résister à la poussée des glaces. Nous donnerons dans notre prochain numéro une description du Français.
- —— Les nouvelles du Yésuve ne sont pas rassurantes. A la suite d’une violente explosion, le cratère principal s’est fendu, ouvrant une nouvelle bouche par où s’écoule un torrent de lave. Ce nouveau lleuve incandescent se divise en deux courants : l’un suit le chemin muletier de Fiorenza, sur le côté oriental ; l’autre arrive jusqu’à un endroit appelé : « l'Atrio-del-Cavallo », chemin déjà suivi par les laves de l’éruption de 1845. Depuis le tremblement de terre, le Vésuve a augmenté d’activité. Les grondements sourds sont très sensibles et les explosions sont formidables. Le versant nord-est du Vésuve est encombré de lave incandescente qui, étant donnée l’inclinaison du sol de 60 centimètres sur 100 de ce côté, s’écoule assez rapidement. Cette lave a parcouru plusieurs centaines de mètres en longueur et s’est étendue de 20 mètres en largeur. Les terrains ainsi parcourus sont arides et déserts. Ils sont encombrés de vieilles laves des éruptions de 1890 à 1895.
- —Le 4 août, ont eu lieu, à la porte Dorée, près de Vin-cennes, des expériences de goudronnage des routes, suivant le procédé préconisé par le Dr Guglielminetti, en présence de MM. Forestier, inspecteur général des ponts et chaussées, Dreyfus, ingénieur, Honoré,. Foulon, H. Deutsch de la Meurthe, et d’un certain nombre de « chauffeurs » représentant l’Automobile Club de France. A la porte Dorée même, un tronçon de route de 254 mètres de long et 8 mètres de large, goudronné le 20 mai dernier, a été trouvé en parfait état. La même constatation a été faite pour la route de Champigny, goudronnée il y a plus d’un an et qui ne demanderait que des réparations légères pour être telle qu’au début du goudronnage. Des expériences faites devant les assistants ont montré qu’en dix minutes trois hommes peuvent recouvrir de goudron 25 mètres carrés de route. Le prix de revient varie entre 15 et 22 centimes par mètre carré, selon le prix du goudron à l’endroit où on l’emploie, prix qui est variable suivant les localités. En tout état de cause, il semble que les routes se trouvent très bien
- f>our leur entretien de l’application de ce nouveau procédé, et que a suppression de la poussière est bien effective.
- —— 8ur le9- berges de Elle Saint-Denis, entre Saint-Denis et Villeneuve-la-Garenne, se trouvent une série de péniches pour transports. Il y a quelques jours, un marinier d’une de ces péniches voulut réparer les planches du fond de son. bateau. Un clou mal planté, puis retiré, fit un trou : du gaz s’en échappa en sif-llant. Le marinier eut l’idée de l’enflammer avec l’allumette dont il se servait pour allumer sa pipe, et le gaz brûla admirablement. Après l’avoir éteint, le marinier eut encore l’idée de le capter au moyen d’un trou de vrille et d’un bout de tuyau en fer de 10 millimètres de diamètre assujetti au plancher. Depuis lors, il possède une petite usine à gaz avec laquelle il s’éclaire et fait la cuisine ; d’autres mariniers l’ont imité; c’est à qui utilisera ce gaz naturel qui s’est si curieusement manifesté. Il s’agit, selon toute vraisem-
- blance de protocarbure d’hydrogène ou. « gaz des marais », ou méthane, provenant de la décomposition des matières organiques. Volta, Priestley, Cruikshank, ont reconnu qu’il se dégage pendant les temps chauds, de toutes les eaux stagnantes au fond desquelles se trouvent des matières organiques en décomposition.
- —Le raid militaire Paris-Rouen-Deauvillc s’est terminé la semaine dernière par la victoire du lieutenant Ileausil, montant Midas qui avait supporté si crânement les 400 km du raid militaire de 1902 Bruxelles-Ostende. Le triomphateur a couvert en 4h 14m les 84 km du parcours Rouen-Deauville par pluie battante. Il'avait réglé sa marche sur une allure de 19 à 20 km à l'heure. Le cheval est arrivé sans fatigue apparente. Malheureusement, il n’en a pas été de même pour tous. Le bilan du raid s’établit, en effet, de la façon suivante : 52 partants à Paris, 52 arrivants à Rouen ; 29 partants à Rouen, 28 arrivants à Deauville. Trois chevaux éliminés par humanité, 2 morts après le poteau, 1 arrêté sur le parcours parce que boiteux. D’après les résultats obtenus,. il est établi qu’une longue étape comme Paris-Rouen, suivie d’un galop comme Rouen-Deauville, fait baisser de 5 km par heure l'allure moyenne des chevaux.
- —Il y a quelques jours, montant un cheval de pur-sang, le sous-lieutenant de Warren, du 28° dragons, a accompli, par line nuit très sombre, une course de 90 kilomètres en 5h 45. Parti de Donchery pour Vouziers samedi à 9 heures du soir, il était de retour à 2h45 du matin.
- —— Après accord avec le gouvernement anglais, la Compagnie, Cunard va construire immédiatement deux nouveaux navires, rapides pour le service avec l’Amérique.
- —)£— On sait que les ascenseurs ne sont pas munis en général de tous les dispositifs protecteurs nécessaires. Le Conseil d’hygiène a, dans sa dernière séance du 1er août, approuvé les conclusions d’un rapport de M. Walckenaer, ingénieur en chef des mines, sur la sécurité des ascenseurs. Ce rapport se termine par une série de recommandations qui sont relatives à la construction et an fonctionnement des ascenseurs. Des dispositifs protecteurs doivent, toutes les fois qu’il y a lieu, mettre les personnes placées à proximité du chemin ae l’ascenseur,' à l’abri de toute atteinte de la cabine pendant son mouvement ou des autres parties mobiles du système. La cabine doit être convenablement éclairée. Il est bon que les voyageurs disposent, dans la cabine, d’un moyen quelconque d’appel au concierge. Les ascenseurs doivent être examinés et vérifiés, à intervalles" suffisamment rapprochés, par des visiteurs compétents et attentifs. Les usagers d’un ascenseur doivent s’abstenir de toute précipitation, ne jamais ouvrir une porte ou grille palièrc sans que la cabine soit arrêtée à l’étage correspondant, ne pas chercher à sortir de la cabine ou à y entrer sans que le système soit immobile : ne mettre l’appareil en mouvement qu’à bon escient et avec prudence. Il est bon qu’ils tiennent la porte de la cabine fermée pendant le voyage. En aucun cas ils ne doivent avancer aucune partie de leur corps ni laisser dépasser leurs vêtements hors de la cabine, tant que dure le mouvement.
- —— On a récemment foncé à Berlin, au moyen d’une sonnette à vapeur ordinaire, une série de pieux en béton armé qui ont donné toute satisfaction. Ils ont une section triangulaire, présentent une longueur de 5 à 8 mètres, et sont armés au moyen ae 5 fers ronds longitudinaux, réunis tous les 20 centimètres par des fils de 6 millimètres qui forment un triangle équilatéral dans la masse du pieu. La tête de ce pieu est protégée par un dispositif constitué essentiellement de plaques de plomb.
- —— On va supprimer le pont de bateaux de Cologne (qui était aussi célèbre qu’incommode) et le remplacer par un pont suspendu comportant une ouverture médiane de 220 mètres et deux ouvertures latérales de 110 mètres.
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- NOUVELLES SCIENTIEIQLES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communication. — il/. Puyo, à Morlaix, nous écrit : « J’ai lu avec intérêt, dans le dernier numéro, l’article sur la déformation d’une asperge. J’ai fréquemment rencontré des cas analogues. Par la poste, je vous envoie une tige d’oignon qui présente une anomalie que je n’avais pas encore observée. Comme vous le verrez, la tige, poussée sur un gros oignon qui « montait », au lieu du bouquet de fleurs habituel, a donné naissance à deux petits oignons qui ont fleuri. »
- M. A. Grellou, à Paris, nous fait connaître une région • agréable de France : « En ce moment où les roses parent délicieusement les jardins, écrit-il, j’ai cru intéressant de signaler un coin fleuri de notre pays, que l’on ne voit qu’en passant à la vapeur, alors qu’une halte prolongée serait nécessaire. En allant de Paris à Lyon, le train franchit trop rapidement la belle contrée de la Côte d’Or et manque d’effeuiller un parterre de roses d’une beauté incomparable. Je veux parler de la modeste station de Montbard, bordée sur 80 mètres de longueur, à droite et à gauche de la voie, par une palissade au travers de laquelle des rosiers plantés sur toute la longueur laissent passer à travers les lattes de bois une quantité de roses actuellement en pleine floraison. On se déplace pourvoir un bel arbre, une vieille vigne. Que le voyageur prenne un train qui stationne à Montbard et il verra une décoration en roses naturelles unique au monde. »
- M. Georges Pou, de Vemeuil-sur-Avre (Eure), nous fait part de l’observation suivante. « Le 19 juillet, vers 10 h. 50 du soir, j’étudiais avec une lunette astronomique la planète Jupiter, lorsqu’à l’ouest de cet astre apparut un bolide, qui décrivit de l’ouest à l’est une courbe d’environ 60 degrés, pendant une durée de 5 à 6 secondes. Le noyau était d’une brillante couleur vert pâle. Arrivé aux deux tiers de sa course, son éclat augmenta, il subit un temps d'arrêt, puis il reprit sa course, pour disparaître, en laissant une faible traînée lumineuse. Il semblerait que l’arrêt observé fut produit par la réaction d’une explosion, que l’augmentation d’éclat simultanée confirmerait assez, tandis qu’un gros fragment continuait la trajectoire, en vertu du principe de mécanique bien connu. »
- Renseignements. — M. Bufferne, à St-Germain-l’Espi-nasse.— Pour tous renseignements à ce sujet, s’adresser à M. de Lamarche, 41, rue de Lille, à Paris.
- M. le Dr Levadé, à Paris. — Pour tout ce qui concerne la céramique sans cuisson, écrire à M. YVollf, 43, rue Saint-Augustin, à Paris.
- M. Cunin, à Paris. — l°l\Tous ne pouvons vous dire si cette maison existe toujours. — 2° Il suffit de nous adresser un modèle de l’appareil fonctionnant bien avec une description suffisante.
- M. Griess, à Lesparre. — 1° Veuillez consulter l’ouvrage de M. de Loverdo intitulé : Le froid artificiel et ses applications industrielles, commerciales et agricoles. VvePunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris : prix 12fr. 50. — 2° Dans l’Encyclopédie Roret, vous trouverez un ouvrage sur la fabrication et l’épuration des huiles végétales. Prix : 7 fr. Librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Fallût, à Lausanne. — Voyez dans l’Encyclopédie Roret, le Manuel du Sondeur qui vous renseignera probablement : Prix : 3 fr. 50. Librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. M. A., à Paris. — Consultez l’ouvrage de M. Rigaud : Expertises et arbitrages; il vous fournira les renseignements
- dont vous pouvez avoir besoin : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Gégon, à Saint-Brieuc. L’adresse de notre collaborateur est 70, boulevard Charlemagne, à Bruxelles.
- M. G. de Zarate, à Malaga. — La maison Poulenc, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris, fabrique un produit, appelé « or brillant », qui répondrait à votre désir.
- M. Lambert, à Waulsort. — 1° La 5e série des Recettes et procédés utiles vous donnera la manière de préparer du celluloïd. — 2° Nous ne connaissons pas de travail sur la question.
- Madame de Fleuras, à Figeac. — L’adresse de M. de Lamarche, auteur de cet article, est : 41, rue de Lille, à Paris. Nous vous engageons à lui écrire directement.
- M. Bollinkx, à Bruxelles. — Nous ne pouvons vous indiquer de quelle colle se servent les fabricants de jantes, étant donné que chacun d’eux garde sa formule pour lui : toutefois vous vous trouveriez bien d’essayer celle qui est donnée dans la 4e série des Recettes et procédés utiles, page 121.
- Un abonné, à Bellevue. — 1° 11 n’existe pas d’étude sur ce moteur. — 2° Écrivez à M. Rataut, ingénieur des Mines à la maison Harlé et Sautter, avenue de Suffren, à Paris. — 3° Un article paraîtra prochainement dans La Nature sur ces turbines.
- M. William Loste, à Bordeaux; M. Lucien Perrier, à Oran. — Les plumes d’or à réservoir se trouvent chez M. Itardmuth, 6, rue de Hanovre, Paris.
- M. E. B., à Z. — 11 n’y a pas de traité sur cette industrie : vous pourriez écrire à notre collaborateur, M. de Loverdo. 28, boulevard du Nord, à Lyon, qui vient de faire paraître un livre sur ce sujet.
- M. Didont, à Paris. — Ce procédé a été pris dans les Recettes et procédés utiles, 4° série, où vous trouverez, page 135, la manière de noircir l’acier.
- M. Schülzler, aux Marécottes. — 1° Nous avons déjà publié des descriptions de tant d’arbres bizarres, que nous ne pouvons en donner de nouvelle pour le moment. — 2° Une épreuve positive de 9 x 9 serait suffisante.
- .)/. Geo Pitcher, à Pietermaritzburg. — Veuillez bien noter : 1° que l’adresse de la Sténodactvle Lafaurie est 29, rue J.-J.-Rousseau, à Paris; 2° qu’il est nécessaire d’affranchir les lettres si l’on désire qu’elles soient transmises. A titre exceptionnel, nous adressons la vôtre au destinataire.
- M. René Gaillard, à Urbilfac. — Nous vous conseillons un grossissement moyen. Pourquoi n’essayeriez-vous pas des jumelles à prismes? Voyez aux adresses suivantes : Huet, fournisseur du Ministère de la guerre, 114, rue du Temple; Bou-cart, 35, quai de l’Horloge, à Paris; Bardon, 55, rue Caulain-court, à Paris.
- Abonné 3807, à Ch. — Vous n’ignorez pas que cet ouvrage a paru en latin : il n’en a pas été fait de traduction française.
- M. Carrière, à Wizernes. — Cette opération est des plus aléatoires : peut-être pourriez-vous essayer de la poudre de pyrèthre ou d’un lavage au sublimé corrosif, au 1/1000e.
- M. X., à Constanza. — A l’aide d'un filtre à huile vous pouvez purifiez ces liquides et les utiliser à nouveau : les maisons suivantes fabriquent ces appareils : MM. Boistel, 69, rue d’Hauteville ; Hamelle, 21, quai Valmy, à Paris.
- M. R. le Paisant, à Grandcamp. — Cette application est du domaine de la fantaisie, et ne parait pas susceptible d’utilisation sérieuse. 11 n’y a pas d’ouvrage à ce sujet.
- M. Rosetti, à Bucarest. - Le télémètre de M. le capitaine Aubry est en vente chez le constructeur, M. Clermont-IIuet, 114, rue du Temple, à Paris.
- Question N° 1265. — MJ R. Yalleite, à Orléans, désirerait connaître les faits qui provoquent les explosions des lampes à alcool destinées au chauffage des aliments. 11 s’agit de ce petit appareil soit en verre, soit en métal, formé d’un réservoir où trempe une mèche centrale enfermée dans un tube entouré lui-même d’une seconde mèche servant à l’allumage, elle-même entourée d’un second tube servant au réglage de la flamme. Cette petite lampe produit des explosions dont les conséquences peuvent devenir graves. Y a-t-il un moyen d’obvier à ces inconvénients et quelles sont les précautions pratiques à prendre?
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Jimenez-, à Tortosa. Ce procédé d’épuration des huiles nous paraît bien peu pratique : vous pourriez, en cas de succès, nous communiquer les résultats. — M. M. Z., à Meaux. Le réglage du baromètre est absolument indispensable. Vous trouverez la marche à suivre dans la 5e série des Recettes et procédés utiles : librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain. — M. Barneaud, à Bédarieux. Nous sommes au regret de ne pouvoir insérer votre travail, étant débordés pour le moment. ,
- Dans la, « Botte, aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Porte-plume ù. réservoir. — Le porte-plume à réservoir, dont on voit un ensemble à la partie supérieure de la figure ci-jointe, se compose de deux tubes en ébonite A et B rentrant l’un dans l’autre. Le tube B porte, à son extrémité de gauche, une plume sur laquelle vient aboutir un petit tuyau provenant de l’intérieur du tube; à droite en D se trouve une roue. Le tube A est muni à la partie gauche d’une brosse C qui sert d’essuie-plume. La roue D commande une tige munie d’un pas de vis qui fait déplacer une sorte de bouchon dans le
- A B
- CA B D
- Porte-plume à réservoir.
- tuyau. Pour emplir d’encre le porte-plume, on enlève d’abord la capsule A et on la met en I) en guise d’allonge. On tourne la petite roue D d’abord à gauche, puis on trempe la plume dans de l’encre liquide ; on tourne ensuite la roue D à droite et l’encre rentre par aspiration dans le tube central. On peut alors écrire et lorsque l’on a terminé, il suffit de tourner encore la roue à droite, et l’encre rentre complètement dans le tube. Lorsque l’on veut écrire, on tourne la roue à gauche, et l’encre vient sur la plume. — Le porte-plume à réservoir se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Pupitre pour poste téléphonique. — Il est vraiment utile d’avoir un petit pupitre auprès d’un poste téléphonique. Dans une communication, on vous donne souvent une série de renseignements, adresses, rendez-vous, etc. Il faut en prendre note aussitôt; après quelques instants tout est oublié. Il en reste trace, au contraire, si l’on a eu soin d’écrire les communications au fur et à mesure qu’elles ont été faites. Le
- Pupitre pour poste téléphonique.
- pupitre que nous décrivons est simple. Dans une boîte placée sous le pupitre sont fixés deux rouleaux. Sur l’un est enroulée une grande quantité de papier qui sort par une fente, passe sur le pupitre et rentre par uneautrefente située à la partie inférieure. A chaque communication, il suffit d’écrire sur le papier et de le tirer ensuite légèrement, en ayant soin de l’enrouler. En même temps, on produit un déroulement du papier blanc. La figure ci-jointe donne une vue du pupitre fermé et ouvert. — Le pupitre pour poste téléphonique se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de la couperose.
- L’acné rosacée, vulgairement appelée couperose, fait le désespoir des malades. Infirmité visible, elle se montre parfois chez de jeunes sujets ; apanage fréquent de l’ivrogne, elle survient chez des sujets d’une sobriété rare, que dis-je, chez des gens qui n’ont jamais bu que de l’eau.
- Bien des moyens ont été mis en œuvre pour effacer ces rougeurs intempestives qui ont pour siège habituel le bout du nez, et qui peuvent dans quelques cas aboutir à une véritable hypertrophie des tissus. Depuis les pommades de tout genre jusqu’aux scarifications, aux cautérisations, on a tout essayé et souvent sans succès.
- Finsen a préconisé le procédé qui lui a si bien réussi dans le traitement du lupus. Les réactions chimiques de la lumière produisent des réactions inflammatoires de la peau qui transforment ces érythèmes vasculaires. Le Dr Leredde vient d’en
- .1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- faire l’essai sur plusieurs malades avec l’appareil de Finsen, puis avec celui de Lortet-Genoud. Les séances, d’abord fort courtes, par la crainte de déterminer des cicatrices, ont été graduellement allongées et, en une série de vingt à trente séances de photothérapie, le nez a repris sa couleur normale, les varicosités ont disparu. C’est donc un traitement à essayer dans ces cas intenses où l’on ne peut pas attendre grand’chose des autres procédés. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ciment pour manches de couteaux. — Les manches de couteaux, surtout des couteaux de table, ont une tendance déplorable à se détacher de la lame, dont la queue sort du scellement qui lui est ménagé dans le trou du manche. On compose un excellent ciment en faisant chauffer 600 parties de résine, 150 de soufre et 250 de limures de fer : on le verse dans le trou du manche et l’on y enfonce la queue de la lame, qu’on a elle-même fait chauffer.
- Apprêt pour fil à coudre. — Faire bouillir durant vingt minutes 95 grammes de mousse d’Irlande, avec 70 grammes de tapioca, puis une trentaine de grammes de spermaceti, 10 à 11 grammes de stéarine et 10 grammes de borax. Mais il faut, avant toute chose, laisser tremper la mousse d’Irlande pendant une nuit, dans un assez fort volume d’eau, 4 à 5 litres, et la faire bouillir une heure avant que d’y ajouter les autres ingrédients.
- Alliages pour décorer les objets en or. — Il s’agit naturellement d’alliages métalliques permettant d’appliquer sur de l’or des métaux qui offrent une couleur différente du fond. On peut obtenir une teinte bleuâtre avec 1,3 partie d’or et 1 d’acier; avec 30 d’or, 3 d’argent et 2 d’acier, on a une jolie coloration grise, et à peu près de même avec 4 parties d’or et 1 d’acier, ou encore 29 d’or et il d’argent. On aura une belle teinte rouge brillant avec 1 partie d’or et autant de cuivre, ou bien avec le double de cuivre. Pour un rouge pâle, on réussit fort bien avec 3 parties d’or, 1 d’argent et 1 également de cuivre, de même qu’avec un alliage de 10 d’or, 1 d’argent et 4 de cuivre. Quant aux ors verts, qui sont beaucoup plus connus, on les compose, par exemple, de 2,6 parties d’or et 1 d’argent, ou de 74,5 d’or, 11,6 d’argent, 9,7 de cuivre et 4,3 de cadmium.
- Crème pour l'entretien des meubles, des cuirs, des marbres, etc. — Elle doit être passée au moyen d’un chiffon doux sur lequel on en a étendu une faible quantité : on polit ensuite à l’aide d’un morceau de lainage, de flanelle. On la prépare avec 2500 parties de cire blanche, 4500 parties d’eau distillée, 26 de carbonate de potasse et 4000 d’huile de térébenthine. On fait d’abord bouillir la cire dans 1500 parties d’eau contenant le carbonate de potasse, et l’on obtient de la sorte la saponification de la cire. On ajoute suffisamment d’eau pour remplacer celle qui s’est perdue par évaporation, et l’on brasse jusqu’à complet refroidissement; on peut alors verser peu à peu l’huile de térébenthine, mais en remuant constamment, et jusqu’à ce qu’il se produise une émulsion parfaite. On n’a plus ensuite qu’à additionner de l’eau restante en remuant encore.
- Mortiers anciens et modernes. — Il est bon de connaître la valeur des matériaux que l’on emploie pour la construction des maisons; la bonté du mortier est capitale. On pourra se convaincre, en faisant subir à un poids donné de mortier les opérations suivantes : Prendre 5 gr de mortier, le piler le plus finement possible ; verser dessus 5 cm3 d’acide chlorhydrique pur; une fois que l’effervescence est presque terminée, ajouter 20 cm3 d’eau distillée, remuer bien avec un agitateur en verre. Filtrer sur un filtre en papier fin; le liquide filtré est précipité par un excès d’ammoniaque liquide. Ce précipité est recueilli sur un filtre, puis séché et pesé. Pour quatre échantillons de mortier, j’ai obtenu les chiffres suivants : 1° Mortier des « Arènes de Nice », époque romaine. Résidu sec à 100°, à l’étuve : 0gr,55; 2° mortier du « Château de Grimaud », moyen âge (Var). Résidu sec à 100°, à l’étuve : 0er,52 -f 0,03. Ici à cause de la composition du sable, j’ai eu 0,03 de manganèse. 3° Mortier de 1’ « Eglise de Villefranche-sur-Mer, époque italienne. Résidu sec à 100°, à l’étuve : 0gr,55; 4° Mortier « Maison moderne ». Résidu sec à 100°, à l’étuve 0*r,10. Ces résultats expliquent pourquoi les mortiers des Romains et du moyen âge étaient plus résistants; j’ai eu, en effet, de la difficulté à les piler. Il n’en a pas été de même des deux derniers; les doigts suffisaient. Les Romains, paraît-il, faisaient leurs mortiers avec de la chaux vive; on sait qu’à notre époque on emploie la chaux éteinte qui n’a plus aucune affinité chimique; le contraire se produit pour la chaux vive.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Vernis an celluloïd. — Dans une mixture d’alcool de degré élevé et d’éther, on fait dissoudre du celluloïd décoloré : celui-ci gonfle, [mis se dissout peu à peu et en plus ou moins grande proportion; on secoue vigoureusement et on laisse reposer.
- Quand la masse de celluloïd en excès s’est déposée, on décante le liquide qui surnage et qui constitue précisément le vernis demandé. Ce. vernis peut être coloré au moyen de couleurs d’aniline, si on le désire.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OUSERVATION& 7 HEURES DU MATIN VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- THERMOMÈTRE DIRECTION' ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 août . . . 15",6 W. S. W. 3. Peu nuageux. 0,0 Très nuag. ; éclairs au 8. à 1 h. la ; pluie de 1 h. 50 à 45”.
- Mardi 11 14“,1 S. S. E. 0. Couvert. 0,0 Rosée ; presque couv. ; gouttes ou pluie à div. reprises.
- Mercredi 12. . . . . 16",5 W. 3. Couvert. 1,0 Nuag. de 11 b. à 14 h. ; couv. avant et après; gouttes à
- 20,h.
- Jeudi 13 16", 1 S. 2. Très nuageux. 0,8 Nuag. ; pluie de 15 h. a à 45™.
- Vendredi 14 16",2 S. S. E. 2. Quelques éclaircies. 0,0 Rosée ; presque couv. ; pluie à div. reprises ; tonn. au S.-VV. et W.-N.-W. à la h.
- Samedi la la",8 S. 3. Couvert. 10,7 Très nuag. ; pluie de 3 h. 30 à 50“ ; averses à 16 h. et
- 17 h. ; tonnerre au N.-W. à 15 h. 40.
- Dimanche 16 ... . 12”,9 S. W. 2. Peu nuageux. 0,1 Rosée; très nuag. ; pluie l’après-midi par intervalles.
- AOUT 1903. -- SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 AOUT,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramèné à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- m ' ......il . — i i —------------------------------------------------
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements île terre. — Un tremblement de terre a eu lieu à Lisbonne, le 9 août dans la soirée. Il s’est manifesté par trois secousses : la première a duré trois secondes ; la deuxième et la troisième ont duré huit secondes, avec des intervalles de deux secondes. Il semble établi que les secousses se sont produites dans le sens vertical et dans la direction nord-sud. Il n’y a eu que des dégâts matériels. Ce même jour on a signalé des secousses de tremblement de terre dans tout le sud de l’Italie, à Bari, à Lecce, à Castellamai-e, à Tarente, à Messine et à Syracuse.
- Le 11 août, deux secousses ont eu lieu à Bari à 5" 50 du matin, la seconde a été la plus violente. Des secousses violentes ont également été ressenties à Syracuse à 5h38. D’autres secousses ont également eu lieu à Messine, à Milazzo, à Naples, à Catane, à Mineo, et dans toute la Sicile orientale. A Malte, le 11 août, à 111,53 du matin il s’est produit une forte secousse qui a duré environ une minute.
- A la même date, et dans la matinée, de violentes secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Athènes et dans presque toute la Grèce et la Crète. Vingt maisons se sont écroulées dans l’île de Cerigo.
- Le 12 août, dans la soirée, des secousses ont eu lieu à Mendoza, dans la Uépublique Argentine ; il y a eu 5 morts et de nombreux blessés._
- Cyclones. — Un violent cyclone a dévasté la Martinique du 8 au 9 août. La tourmente a duré cinq heures. Le centre du cyclone a passé par Fort-de-France à 1 heure du matin, dans la direction du Nord-Ouest. Le baromètre est descendu à 729 mm. Les dégâts matériels ont été considérables à Fort-de-France où de nombreux édilices ont eu leur toit enlevé. Il en a été de même des cases nouvellement construites pour les sinistrés. On n’a signalé aucun accident mortel au chef-lieu. Plusieurs voiliers se sont échoués et ont subi de graves avaries. Les ravages sont assez importants dans les bourgs de Sainte-Marie, du François, de Saint-Joseph, du Carbet et de la Trinité. La prochaine récolte de cannes étant déjà fort avancée, la perle, de -ce chef, ser-a évidemment considérable; en effet, toutes les cannes avaient
- déjà ce que l'on appelle « canné » et ont été brisées ; les nouvelles pousses ne seront pas bonnes à récolter pour la fabrication.
- Aux environs de Fort-de-France, les dégâts ont été très importants; au camp Balata les toitures ont été enlevées; à Saint-Joseph la plupart des maisons ont été renversées ; l’église, la mairie et la gendarmerie ont beaucoup souffert ; à la Trinité 200 cases ont été anéanties, trois goélettes ont été jetées à la côte, les plantations sont en partie détruites; à Sainte-Marie toutes les toitures ont été enlevées, les vieilles cases se sont effondrées; au Lamentiu, il y a eu des dégâts importants. Les cultures du petit bourg du François ont été très ravagées. Au Robert, dix maisons se sont effondrée,-., les autres toitures ont été enlevées. Il y a eu cinq morts et vingt personnes blessées peu grièvement.
- Le 11 août une tourmente a eu lieu également à Kingston (Jamaïque). Un grand nombre de plantations ont été dévastées; la ville, de Port-Antonio â été anéantie par le cyclone.
- Orages de grêle. — Dans la nuit du 9 au 10 août, un violent orage, accompagné d’éclairs et de tonnerre, s'est abattu sur Chalon-sur-Saône et la région. La grêle, qui est tombée en grande abondance, a complètement ravagé un certain nombre de communes.
- Décharges électriques. — On cite de nombreux exemples où au cours d’un orage plusieurs personnes ont été foudroyées directement. Le .10 août, un violent orage a éclaté sur la région de Clermont-Ferrand. Deux ersonnes ont été foudroyées et précipitées sur la route à Perignat-lès-arlièves, près de Clermont, en revenant en voiture à âne de travailler dans les champs. Un médecin appelé constata que la mort avait été instantanée.
- A la même époque, de violents oragés ont éclaté sur le département de la Loire. La foudre est tombée à plusieurs endroits, tuant de nombreux bestiaux dans les prairies et allumant plusieurs incendies de récoltes ou de maisons d’habitation. De nombreuses personnes ont été frappées par des décharges électriques. Deux ont été tuées, l une à Saint-Galnuer, l’autre à Montrond.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 16 à 5 h. 52 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —M. Beaugey, ingénieur en chef au corps des mines, administrateur de l’exploitation en régie des lignes rachetées à la Compagnie franco-algérienne, précédemment chef de l’exploitation des chemins de fer de l'Etat, puis ingénieur en chef adjoint au directeur des chemins de fer de l’Etat, est nommé directeur des chemins de fer de l’Etat, en remplacement de JI. Metzger, décédé.
- Le Français a repris la mer au Havre, le 23 août, à la marée du matin. Il s’est dirigé vers Brest où il a été embarquer le charbon que le ministère a mis à sa disposition.
- —— Les prophètes du temps avaient annoncé pour le 22 août de graves perturbations atmosphériques et des éruptions volcaniques. Il ne semble pas que ces prévisions se soient réalisées. A la date du 20 août, le Vésuve était toujours en activité. La coulée de lave du côté de Pornpéi était toujours abondante et se subdivisait vers la base du cône en plusieurs petits ruisseaux ; les explosions avaient légèrement augmenté. Les 22 et 23 août, des matières volcaniques ont été lancées à 200 mètres de hauteur ; on a ressenti une légère secousse sismique.
- —Le 18 août ont eu lieu en rade de Brest des expériences de tir contre le cuirassé d’escadre « Sulfren ». Le cuirassé « Mas-séna » a lancé sur la tourelle avant deux projectiles de 505 mm de diamètre, à charge de combat. La tourelle du cuirassé a parfaitement résisté. L'obus a frappé normalement; il s’est brisé et ses éclats projetés en éventail sont tombés à la mer. A 4 heures, dans l’après-midi, on a tiré un autre coup de canon à charge de combat sur la tourelle. Ses effets ont été semblables à ceux du premier coup. Après le tir le « Suffren » a quitté le poste qu’il occupait et est venu reprendre son mouillage sur rade. Il semble donc que les machines n’ont pas souffert de l’ébranlement causé par les coups des obus. Les organes intérieurs de la tourelle, fût et charpente métallique, n'ont subi aucune avarie, et après avoir supporté le choc successif de deux projectiles, la tourelle manœuvre aisément. L’équipage du « Suffren » était à bord pendant le tir. Ajoutons que les moutons qui avaient été enfermés dans la tourelle sont sortis indemnes de l’expérience.
- —— Le vaisseau de secours suédois le « Fritjhof », envoyé à la recherche de l’expédition Nordenskiold, au pôle Sud, est parti le
- 19 août. Le chef de l’expédition est M. Gylden, capitaine dans la marine de guerre suédoise. Le « Fritjhof » se dirige d’abord vers Bre-merhaven, pour s’y approvisionner, puis vers Plymouth, Madère et Buenos-Aires. De là, il gagnera les régions antarctiques où il passera l’hiver. Son retour, dans l’hypothèse la plus favorable, aurait lieu en avril 1904.
- —— Le 18 août, à 3h 35, un commencement d’incendie a eu lieu à Londres sur la ligne électrique appelée « Central and South London Railway » qui passe sous la Tamise. Le feu s’est déclaré dans un wagon par suite de la rupture d’une bielle reliant le système de freins Westinghouse. Aussitôt la section de la ligne où le feu avait éclaté a été isolée, et le commencement d’incendie a été vite éteint, mais la panique n’en a pas moins été grande parmi les voyageurs à qui I on a fait rapidement évacuer le train.
- —tp— Nous avons annoncé précédemment le.déplacement de la passerelle de Passv qui relie File des Cygnes à la rive droite. Le
- 20 août a eu lieu le déplacement de la partie de la passerelle qui aboutit à la rive gauche. La première partie de la passerelle avait été transportée au moyen de glissières; on a'procédé tout autrement pour la deuxième partie, allant de File des Cygnes au quai de Grenelle, qui comprenait deux travées de 90 mètres de longueur reliées au centre par une articulation et pesant 220 tonnes, lieux chalands emplis de sable ont été amenés sous la passerelle. Sur chacun de ces chalands s’élevait un échafaudage fixé au tablier
- du pont par de forts boulons. Pour soulever la passerelle, au préalable séparée de ses points d'appui, il a suffi de délester les bateaux qui remontaient naturellement avec le poids qu’ils supportaient. En une demi-heure, à l’aide dé treuils, la moitié de celte énorme charge, soit 110 tonnes, chargée sur des chalands, a été déplacée à chaque fois et amenée sur des échafaudages disposés pour la recevoir.
- —jft— Dans son voyage aux régions arctiques, le brise-glace russe Ermack, avec demi-puissance de ses machines, a réussi à se tailler une route, à raison de 5 nœuds à l’heure, dans une nappé de glace polaire épaisse de 3,65 m. à 4,26 m.
- — Pour abréger considérablement les relations entre les rives de FHudson, en amont de New-York, le long de ce qu’ on nomme la « Palissade de FHudson », au pied d’une falaise de 50 mètres, et le plateau que borde cette falaise, on vient d’établir un ascenseur à deux chariots équilibrés par câble, qui offre une pente de 72 pour 100, et permet de faire monter ou descendre des véhicules pesant une douzaine de tonnes avec leur chargement. L’ascension dure deux minutes, alors que la route rachetant cette différence de niveau représente un parcours considérable.
- —dt— Les chemins de fer russes ont une largeur de voie différente de celle qui est couramment pratiquée dans presque toute l’Europe : leur écartement est de lm,524 au lieu de lm,435 ou im,44. Cela pour des raisons militaires qui portent tant de préjudice au commerce. Le directeur du chemin de fer de Marienbourg à Mlawkaer vient d’imaginer un système de wagon qui peut passer aisément d’une voie sur une autre : en 5 ou 4 minutes on effectue l’opération pour 5 wagons. Le gouvernement russe et le gouvernement allemand vont commander un certain nombre de véhicules de ce système.
- —df— Jusqu’à présent les affections cutanées dues à la présence de nématodes, semblaient réservées aux pays tropicaux. Un cas cependant a été récemment signalé chez un individu qui n’avait jamais quitté l’Angleterre, et il a été possible de découvrir l’agent transmetteur qui ne serait autre qu’un petit chien d’appartement. Rappelons que le « cro-cro », cette redoutable altération de la peau, si commune dans les pays chauds, est due à un nématode décrit par O’Neil, la « Filaria perstans ».
- —dé—' La Société des Arts de Londres (à l’imitation du reste de ce qui s’est fait en France),offre un prix pour le meilleur masque arrêtant les poussières auxquelles sont exposés les ouvriers qui travaillent dans des industries où sont mises en suspension dans l’air des poussières dangereuses. L’appareil doit être léger, simple et bon marché, comporter, pour filtrer les poussières, une substance facile à remplacer, ou être tout au moins de nettoyage très aisé. La présentation des appareils doit être faite avant le 31 décembre.
- —d(— Le Service météorologique de la Grande-Bretagne est en train de réunir méthodiquement des observations faites par des capitaines de navires sur la température dans l’Atlantique Nord et la Méditerranée. On compte ensuite en tirer les éléments de cartes donnant les courbes de températures entre 50° et 60° de latitude, et en déduire peut-être des conclusions sur le Gulf Sfream.
- —— Dans un récent numéro de la publication Apoteker Zeitung, le Dr H. Kuhl traite de la valeur du peroxyde d’hydrogène comme agent désodorisant et désinfectant dans les préparations de toilette, et il le recommande particulièrement dans la composition des savons, des pâtes dentifrices et des cold-creams.
- —"M— Les colonies de la Réunion et de la Martinique possèdent des jetons en nickel servant de monnaie pour les transactions de peu d’importance. Dans un avenir peu éloigné la Guadeloupe aura également des « jetons de caisse » en nickel, valant 1 franc et 56 centimes. La forme de ces pièces sera un polygone à 18 côtéâ. Espérons que la métropole ne tardera pas à voir la monnaie de nickel remplacer celle de bronze.
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- sc.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits: La balayeuse-arroseuse-ramasseuse est construite par MM. Durey-Sohy, 17 et 19, rue Le Brun, Paris.
- Communications. — MM. Pannetier et Lëchappè de Montolicu nous ont fait parvenir la description d’un autoclave, véritable Protée, qui peut servir à une foule d'usages : stérilisation à chaleur sèche, à la vapeur, cuisson à haute température et sous pression ; pulvérisation de liquides antiseptiques ; distillations multiples : évaporation dans le vide : pasteurisation des vins, etc., etc. L’ingéniosité des dispositifs permet ces multiples applications sans que l’ensemble ait à en souffrir.
- M. le DT Caries, de Bordeaux, nous a adressé une brochure décrivant un appareil de son invention appelé uvoacidimètre, qui permet de déceler d’une façon très simple la quantité d’acide tartrique contenu dans le raisin au moment de la cueillette. Le viticulteur a un grand intérêt à être fixé sur cette quantité; car.elle exerce une influence très marquée sur la qualité du vin : plus elle est grande et plus petit est le volume de mannite contenu dans le vin; or, cette dernière substance lui donne une saveur aigre-douce.
- M. J. Péroche, de Lille, nous envoie une brochure intitulée : « Le balancement polaire, état de la question ». Sans entrer dans des détails qui seraient forcément trop longs, nous dirons que deux théories sont en présence : dans l’une, c’est l’axe de rotation du globe qui se déplaçe : dans l’autre, c’est une croûte mobile sur un noyau liquide. Pour élucider ce problème, les principaux observatoires astronomiques ont entrepris des recherches systématiques, dont l’ensemhîe paraît confirmer la seconde hypothèse.
- Renseignements. — M. Féret, en Tunisie. — Ces idées ne nous paraissent pas susceptibles d’applications pratiques : en tout cas rien n’a encore été fait dans ce sens.
- M. Olphe Galliard, à llendaye. — Voyez la 5e série des Recettes et procédés utiles, où vous trouverez des formules d’encre applicables à votre cas. Librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Paul Ferry, à Lunéville. — 1° Nous avons fait parvenir votre lettre au destinataire. — 2° La table décennale des matières paraîtra vers le mois de janvier.
- Société des téléphones, à Barcelone, — Les maisons suivantes fabriquent ces articles :.M. Bory, rue du Temple, 21, à Paris; M. Trouillot, 112, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. X., à Montélimar. — 1° Dans les piles Leclanché, le liquide excitateur est du chlorhydrate d’ammoniaque ; le dépolarisant est un mélange de charbon et de bioxyde de manganèse. — 2° Les moyens de dessiccation sont nombreux : un des plus simples consiste dans l’emploi du papier buvard. — 3° Une pile Leclanché ne peut fournir plus de 1,5 à 2 ampères, à moins d’en coupler plusieurs en quantité.
- M. H. Hurand, à Laon. — Adressez-vous aux maisons suivantes : Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Cal-vaire; Relier, 18, cité Trévise; Chomeau, 8, passage du Havre.
- M. Léon, à X. — 1° Ce sont des piles Leclanché. — 2° Du charbon et du bioxyde de manganèse par parties égales. — 3° Il faut coupler les piles en quantité.
- M. Maury, à Lyon. — Ces lampes ne sont pas encore dans Je commerce.
- M. le Directeur de l'Ecole d'agriculture, de Rethel. — 1° Il n’existe aucun procédé qui puisse efficacement réduire ces vibra-
- tions. — 2° II faut assurer un bon isolement des lignes et des appareils.
- M. H,-G., à Toulon. — Le lait congelé ne donne pas de bons résultats, il est préférable de le refroidir seulement, car alors il ne perd pas sa constitution physique et son bon goût : la maison Gaulin et CiP, 80, rue Mvrha, à Paris, fabrique des réfrigérants cylindriques pour le lait.
- M. A. B., à Besançon. — 1° Les gants dans cet état sont inutilisables. — 2° La deuxième série des Recettes et procédés utiles renferme, page 86, une formule de parfum pour brûler; c’est la seule que nous connaissions. La lavande ambrée jetée par quelques gouttelettes sur une pelle rougie au feu dégage des vapeurs odorantes très agréables. Dans le même volume vous trouverez deux recettes pour faire des pastilles du sérail.
- M. Moreau, à Arromanches. — Voici une recette pour imperméabiliser les tissus. Mettre 5 grammes de caoutchouc dans 987 grammes de benzine : ajouter 10 grammes de paraffine; faire dissoudre en remuant, laisser reposer. On plonge l’étoffe dans ce liquide, on l’essore et on la sèche à l’air chaud.
- M. Haddon Fox, à lndiana, U. S. A. — La seule formule d’okonite que nous connaissions est la suivante. Dans 100 parties, Rentre: caoutchouc, 49,10 parties; soufre, 5,30; noir de fumée, 3,20; oxyde de zinc, 15,50; litharge, 26,50; silice, 0,10. L’isolant ainsi obtenu tend à remplacer la gutta-percha dans la plupart de ses applications.
- M. Aristide lliescu, à Mitrowitza. — Voici un procédé pour recouvrir les tissus de fil et de coton d’un dépôt d’étain flexible et brillant. On forme d’abord une pâte claire de poudre de zinc du commerce et de blancs d’œufs que l’on étend sur le tissu au moyen d’une brosse : on la coagule par un courant de vapeur surchauffée. Le tissu est ensuite plongé dans un bain de perehlorure d’étain. Ce métal se précipite sur le zinc à l’état finement divisé : le tissu, rincé et séché, est passé dans des cylindres ou calendres qui donnent du brillant à la couche d’étain. On obtient de très beaux résultats en ménageant des blancs sur le tissu et en faisant ainsi des dessins métalliques.
- M. Bacciarelli, à Thaormina. — Les enveloppes du soleil sont au nombre de trois. On appelle « photosphère » l'enveloppe brillante qui limite l’astre ; « chromosphère » celle où apparaissent les taches et les facules. Enfin, on entend par « couronne » ou « atmosphère coronale » l’enveloppe extrême peu lumineuse d’une étendue énorme, celle que l’on ne distingue que pendant les éclipses. Les taches présentent un maximum et un minimum. La période est d’environ 11 ans et demi. Le dernier minimum s’est présenté en 1900 ; le prochain maximum est attendu vers 1905.
- M. l’abbé Martin, à X. — Pendant l’année 1900, le total des naissances dans le département de l’Ariège s’est élevé à 8629, les mariages à 2730, les décès à 8984. Nous ne pouvons faire les autres recherches statistiques que vous demandez.
- Lieutenant Artich, à Salonique. — 1° Vous trouverez la description de la réduction à 0 du baromètre au bord de la mer, dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes, année 1903, p. 258. — A Paris, la couche à température invariable du sol se trouve à environ 30 mètres de profondeur. (Consulter les travaux de Becquerel au Muséum.)
- M. G. T. N., à Limay. — Vous pourriez ajouter à votre liste d’objets trouvés pendant les fouilles du Métropolitain, l’énumération intéressante que nous avons publiée dans les Informations du n° 1361, du 24 juin 1899.
- M. Jeantier, à Nancy. —Le livre qui pourrait le mieux vous renseigner sur ce point est cfclui de M. Henri Lecomte, intitulé : Les arbres à gutta-percha. Mission relative à l’acclimatation de ces arbres aux AntRles et à la Guyane. C. Carré et Naud, éditeurs: Paris, 1899. Prix : 2 francs.
- M. Glencow, à Aberdeen. — 1 ° Les bonnes briques résistent à l’écrasement à des pressions variant entre 100 et 200 kg par centimètre carré : pour les briques communes, cette résistance tombe à 40 kg. La charge d’écrasement maxiina est, dans la pratique, de 11 kg environ. — 2° Le pavage en granité fondu a été inventé en Amérique et n’a été appliqué qu’à New-York. Malgré les bons résultats qu’il a, paraît-il, donnés, il ne semble pas s’étre répandu dans la pratique. Sa résistance à la compression atteindrait 1780 kg par centimètre carré.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. X., à Sevran-Livry. Nous avons déjà parlé de cet affaissement du sol : impossible d’y revenir. — M Lamontagne, à Triel. Si vous n’avez pas pris soin d’assurer l’étanchéité des cuves, cet inconvénient se reproduira forcément. — \Ime Janvier-Pourcel, à Tongres. Vous pouvez faire un papier tue-mouches sans danger en employant la formule donnée par la 5e série des Recettes et procédés utiles : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Appareil pour repasser et polir les couteaux et les ciseaux. — Sur une plaquette de bois avec manche à main est fixée une feuille de papier émeri, et au-dessous on a disposé une plaque de métal présentant différentes ouvertures ; à la partie inférieure sont établies deux rondelles en acier. Pour repasser un couteau, il suffit de prendre l’appareil, de le disposer verticalement, en le tenant par le manche à la partie supérieure, comme le montre la figure ci-jointe. On frotte
- Appareil pour repasser et polir les couteaux et les ciseaux.
- ensuite la lame du couteau, du côté coupant, sur les rondelles d’acier; après quelques instants, la lame du couteau est suffisamment aiguisée. On opère de même pour les ciseaux, en passant les deux branches l’une après l’autre. — On peut ensuite donner un léger poli aux couteaux ou aux ciseaux en les passant sur la feuille de papier émeri. — L’appareil pour repasser et polir se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les industries chimiques et pharmaceutiques, par Albin Haller, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences de Paris, rapporteur du Jury de la classe 87 à l’Exposition universelle de 1900. 2 vol. in-4. Tomes I et II, de 400 pages. Gauthier-Villars.
- L’œuvre considérable de M. Haller donne le tableau complet do l’état actuel de la chimie chez les diverses nations. Cet ouvrage rendra de grands services aux spécialistes. Toutes les branches de la chimie, tous les produits exposés en 1900 ont été passés en revue. Il s’agit, pour ainsi dire, d’un dictionnaire technologique au courant des derniers progrès et des dernières découvertes.
- Traité théorique et pratique des moteurs à qciz et à pétrole, par Aimé Witz, ingénieur des arts et manufactures. Tome I, 1 vol. in-8°. E. Bernard, éditeur, Paris.
- M. Witz publie une quatrième édition de son traité déjà si connu relatif aux moteurs à gaz. Le tome I seul est paru à ce jour. Dans une série de chapitres, l'auteur nous donne des renseignements. intéressants sur l’histoire des moteurs à gaz, leur classification, sur les machines thermiques, les gaz combustibles, la théorie générique et la théorie expérimentale. Un dernier chapitre, qui sera bien accueilli, est consacré aux essais des moteurs.
- La Savoie et Aix-les-Bains : guide du totiriste, du naturaliste et de l’archéologue, par Joseph Révil, président de la Société d’histoire naturelle de la Savoie, et Joseph Corcelle, professeur agrégé de l’Université. 1 vol. in-16 de la collection des guides Boule ; Masson et Ci0, éditeurs. Prix : 4fr,50.
- Manuel de photographie pratique à l’usage des débutants, par Acii. Delamarre. 1 broch. in-18. II. üesforges, éditeur, à Paris. Prix: 0fr,40.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Formules et recettes photographiques classées, par G. II. Nie-avenglowski. 1 vol. in-!8. 11. Desforges, éditeur, à Paris. Prix : 5fr,50.
- La photographie souterraine, par E.-A. Martel. 1 vol. in-18. Gauthier-Villars, éditeur, à Paris.
- Économie rurale de E. Jouzier, ingénieur agronome : introduction par le Dr P. Regnar-b, directeur de l’Institut national agronomique. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie agricole publiée sous la direction de G. Véry. J.-B. Baillière et fils,, éditeurs à Paris. Prix : 5 francs.
- Manuel du bourrelier, sellier, harnacheur : par L. Jaillant. L. Mido, éditeur à Paris. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie Roret. Prix : 3 francs.
- De la conservation des fruits par les procédés basés sur l’emploi du froid, par Léon Loïseau, arboriculteur. 1 broch. in-lfi. Librairie horticole. Prix : Or‘,fiO.
- Introduction à l'étude de la chimie végétale et agricole, par le l)r K. Aso, professeur à l’institut agricole de Tokio avec la collaboration de M. Pozzi-Escot, chimiste-conseil. 1 vol. in-lfi. Librairie scientifique et littéraire. Prix : 4 francs.
- Les produits coloniaux d’origine minérale, par L. Laurent, docteur ès sciences. 1 vol. in-lfi. J.-B. Baillère, éditeur, à Paris.
- Annuaire du musée zoologique de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, tome Vif, 1902. I vol. in-8°. Prix : 7tr,50.
- Douze cent mille ans d’humanité et l'dgc de la terre, par l’explication de l’évolution périodique des climats, des glaciers et des cours a’eau, par L. Rémond. Librairie Lucien Bodin, à Paris. Prix : 2tr,50.
- La langue française en l’an 2005, par Léon Bollack. Extrait de la « Revue ». I brochure in-8°. Prix : 0fr,fi0.
- Analyses de bronzes anciens du département de ta Charente, par Louis Chassagne et Gustave Ciiauvet. 1 vol. in-8°. Rufi’ec, imprimerie Picat.
- La pêche de la sardine, par L. de Seilhac. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie des Aide-mémoire. Librairie Masson etCie.
- Sur les tremblements de terre : pressions différentielles dans les fluides, par M. F. de Saintignon, maître de forges. 1 broch. in-8°. Berger-Levraut et Cie, à Paris.
- Huit jours en Savoie, par Georges de Cavjlly. 1 vol. in-8°. Paris, Gh. Mendel. Prix : 5 francs.
- L’Abbaye de Jumièges, par Léon Bertiiaut : illustrations photographiques de René Duval. 1 brochure in-8°. Paris. Ch. Mendel.
- L’esprit scientifique et la méthode scientifique, par Louis Favre. 1 vol. in-lfi. Schleicher frères, éditeurs, à Paris. Prix : lfr,50.
- Annuaire général international de la photographie. Directeur : Roger Aubry. 1 vol. in-8°. Plon et Nourrit, éditeurs. Prix : 5 francs;
- Drainage et assainissement agricole des terres, par L. Faure, inspecteur des améliorations agricoles. ! vol. in-8". Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1905.
- Bulletin du laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers, n° 1, tome 1. Librairie Ch. Béranger, Paris.
- Comment on défend ses pieds ? La lutte pour les avoir toujours valides, par le Dr A. Baratter. Une brochure in-8°. L’Edition médicale mutuelle. Paris. Prix: 1 franc.
- Agfa-guide pour l'emploi des plaques et des produits photographiques de TActien-Gesellschaft fur Anilin-Fabrikation de Berlin. 1 vol. in-18. Mayer, 10, rue Paul-Lelong, à Paris.
- Trucs et ficelles d'atelier pour donner aux épreuves photographiques un cachet artistique et les rendre propres à l’illustration, par Ris-Paquot. 1 brochure in-16, avec exemples et spécimens. Paris, Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas : Prix : ltr,25.
- Le froid artificiel et ses applications industrielles, commerciales et agricoles, par J. de Loverdo, ingénieur chargé de missions frigorifiques, préface de M. E. Tisserand, directeur honoraire de l’Agriculture. 1 vol. in-8°. Y’e Dunod, éditeur. Paris. Prix : 12fr,50.
- Le Forestier. Expériences et conseils pratiques, par Amédée Morange, Elagueur forestier, 1 vol. in-8°. Société genevoise d’éditions Alar. Prix : 5 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Spccola Vaticana : calalogo fotografico stellare; zona Vati-canu. Vol. T. Home, Tipografia Vaticana. 1905.
- Indian meleorological Memoirs : India and neighbouring counlrics : sous la direction de John Elliot : vol. XIV. 1. The minfall of India. Calcutta, 1902.
- Solar lient. Us pratical applications, 1>y Charles Henry Pope. 1 vol. in-8“. lloston. Publislied by Charles II. Pope. 221 Columbus Avenue. 1905.
- Studies fiom the Yale Psychological Laboratory, edited bv E. W. Sciupture. Vol. X. 1902.
- Grundriss der Minéralogie und Géologie, par le professeur B. Son\value. 1 vol. in-8°. Braunschweig. Vieweg et Sohn. 1905. Prix: 15 francs.
- Publications of west Hendon Uouse observatory Sunderland, bv T. \V. Backhoüse. 1 vol. in-4\ Sunderland, llills and C°\ 1902.
- Directions for collecting rocks and for the préparation of thim sections, par Georges P. Merrill. Washington, 1895 : brochure in-8°.
- Directions for collecting and preserring seule insects (Coc-cidae), par T. I). A. Cockerill. Washington, 1895 : brochure in-8°.
- Astronomy withoul a télescopé, a guide to the constellations and Introduction to the study of the lleavens with the l'nassis-ted sight, by E. Walter Malnüer. 1 vol. in-8. London, Knowledge Oflice, 520, Iligh Holborn.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES . !
- Lundi 17 août . . . 13”, 2 S. S. W. 5. Couvert, pluie. 5,9 Très nuag. ; pluie le matin.
- Mardi 18 15°,9 S. W. 3. Couvert. 4,5 Très nuag. ; pluie par intervalles.
- Mercredi 19 13°,8 W. S. W. 3. Très nuageux. 5,3 Nuageux; orage de 12 h. 35 à 14 h. ; pluie le matin et l’après-midi.
- leudi 20 11",4 S. 2. Très nuageux. 1,1 Rosée; quelques éclaircies; pluie et gouttes l’après-midi.
- Vendredi 21 17",5 S. W. 4. Très nuageux. 0,3 Très nuag. ; ton. à 15 h. à l'W. ; pluie de 17 h. à 18 h. 30.
- Samedi 22 14°,1 E. N. E. 0. Couvert, pluie. 2,6 Quelques éclaircies ; pluie par intervalles.
- Dimanche 23 ... . 12\2 N. 1. Couvert, gouttes. 0,8 Couvert; pluie de 14 h. à 20 h. 40; quelques coups de tonnerre au N.-N.-W. de 16 b. à 16 li. lo.
- AOUT 1903. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 AOUT.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Pluies. Orages. — Le mois d’août aura été, cette année, rempli d’orages et de pluies. Le 17 août, des pluies sont tombées dans le nord, le centre et l’ouest de l'Europe ; en France, on a recueilli 9 mm d’eau à Cherbourg, 6 mm à Paris, 3 mm à Dunkerque, 3 mm à Brest et à Rochefort. A Paris, la température a été très basse, et la moyenne n’a été que de 15°,7, inférieure de A0 à la normale. Le 18 août, le vent a été assez fort de l’ouest sur les côtes de la Manche et de la Bretagne, et du nord-ouest dans le golfe du Lion. En France on a signalé partout des ondées orageuses. Le 19 août, de fortes averses de pluie et de grêle se sont abattues sur Paris dans la matinée. A midi brusquement a éclaté un orage, plus fort que les autres, accompagné d’une violente chute de grêle. L’orage a duré exactement de midi 15 à 45. Il s’est abattu principalement sur la partie nord de Paris. Dans les environs de l’hôpital Saint-Louis, les grêlons atteignaient une grosseur de 1 centimètre de diamètre. La température s’est abaissée ; la moyenne a été de 15° avec un minimum de 9°,5. Le 20 août, des mauvais temps ont été amenés du sud de la mer du Nord sur la Manche. Des pluies sont tombées dans le nord-ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 65 mm d’eau à Cherbourg, 20 mm à Brest, 1 mm à Nancy. A Paris, il est tombé une série d’averses pendant la journée. Des pluies sont également tombées en abondance le 21 août dans le nord et l’ouest du continent. On a recueilli 8 mm d’eau à Paris, 6 mm au Mans, 3 mm à Saint-Maur-les-Fossés, 1 mm à Nantes. La température s’est abaissée sur les régions du nord et de l’ouest ; le matin, à 7 heures, on notait 14° à Pans, 14° au Puy de Dôme, 13° au mont Aigoual 10° au mont Ventoux, 7° au pic du Midi. A Paris, de 8 heures du
- matin à 9 heures du soir, il y a eu une série d’averses se succédant à intervalles rapprochés, avec orages et coups de foudre. De 4h 30 à 51150 l’eau est tombée en très grande abondance et a fait déborder les ruisseaux par-dessus les chaussées. Le 23 août, un orage d’une rare violence s’est encore abattu sur Paris; la pluie n’a cessé-de tomber de midi à 5 heures, entremêlée d’éclairs et de coups de tonnerre. On a eu à déplorer de nombreux accidents.
- Par les temps orageux, les décharges atmosphériques deviannent dangereuses. Le 19 août, un orage violent a éclaté sur l’ile de Ré. Un cultivateur, nommé Vallet, fut foudroyé à quelques pas de son habitation ; la foudre lui a arraché tous ses vêtements.
- Un violent orage a éclaté le 19 août à 10 heures du matin, dans la vallée de Cervières, près de Briançon. La foudre est tombée trois fois sur la baraque des signaleurs (à 2738 mètres de hauteur), qui se trouve au col de la Cinie, à proximité du refuge du col d’Izouard. Cinq militaires du 159% y compris le sergent Puyot, se sont relevés presque immédiatement sans aucune blessure ; les soldats Brunei et Demol ont été brûlés aux bras et aux jambes et le soldat Barthélémy ne dounait plus signe de vie. Transporté immédiatement au refuge du col d’Izouard, il a repris l’usage de la parole pendant la route.
- A la date du 20 août, on a également signalé qu’une violente tempête nord-ouest s’était déchaînée sur le littoral à Cherbourg.
- Le 22 août, dans la soirée, un cyclone s’est abattu sur le nord-ouest du département de Lot-et-Garonne. A Marmande sont tombés des grêlons énormes qui ont brisé les toitures et les vitres. Les vignes ont été hachées par la grêle ou arrachées par l’ouragan. Les dégâts ont été considérables.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 22 à 8 h. 0 m. du soir,
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— Le Français est parti de Brest le 30 août à 3h35, au milieu de l’émotion générale, acclamé par une foule qui se pressait -sur le port et sur les quais, souhaitant bonne chance au Dr Charcot ' •et à ses compagnons de route.
- —-*&— On annonce que M. Brooks aurait découvert une nouvelle eomète le 18 août à l’observatoire Lick, en Californie. Cette comète se trouverait dans les régions australes, au bas de la constellation <lu Capricorne.
- —Le 26 août, à midi, le cratère du Vésuve, fermé depuis 1895 à 1100 mètres de hauteur, s’est ouvert et a lancé de la lave en grande quantité. Pendant quelques jours la lave a continué à sortir de la nouvelle crevasse, mais avec une vitesse moindre. L’observatoire n’est pas en danger ; la lave ne saurait atteindre que des terrains vagues ou quelques maisons isolées.
- —jfc— Le volcan Kilanea, à Honolulu, dans les îles Sandwich, était en éruption à la date du 28 août ; une fumée épaisse s’échap-; pait du cratère.
- —On vient de lancer à Saint-Malo le trois-mâts ce Raymond » de 750 tonneaux. Ce navire est le premier d’une série de trois que fait construire la Société La Terre-Neu vienne de Fécamp, et'qui sont destinés à la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Ces navires auront un grand espace pour loger l’équipage, et seront munis d’un appareil frigorifique pour la conservation de l’appât nécessaire pour amorcer les lignes.
- —— On a expérimenté récemment entre St-Georges de Com-miers et La Mure, dans l’Isère, une locomotive électrique à 2400 volts à courants continus, d’une puissance de 500 chevaux ; elle pèse 50 tonnes et a une longueur de 12,50 métrés. Elle peut remorquer à la vitesse de 22,5 kilomètres par heure un train de. 110 tonnes sur une pente de 0,0275 mètre par mètre et avec des courbes de 100 mètres de rayon. L’énergie électrique est produite par une station hydraulique alimentée par l’eau captée sur le torrent du Drac. La ligne est. aérienne, à 5 fds, et la prise de courant se fait à l’aide du trolley à archet.
- —— Des fouilles archéologiques viennent d’être exécutées avec succès au Bernard en Vendée, par M. Lacouloumère et par notre collaborateur, M. le Dr Marcel Beaudoin. A la nécropole de Troussepoil, MM. Lacouloumère et Baudouin ont découvert un nouveau puits funéraire et plusieurs fosses sépulcrales qui renfermaient de véritables trésors gallo-romains. Parmi les trouvailles, il faut noter surtout une série de grands vases gaulois et romains, très bien conservés, des restes de chaussures, des instruments agricoles et un très grand nombre d’ossements d’animaux domestiques de l’époque. Au ténement de Salvatolle, plusieurs nouveaux dolmens ont également été fouillés.
- —jft— On annonce que l’Amirauté britannique va faire procéder à des expériences analogues à celle faite récemment en France sur le « Suffren », mais le bateau sur lequel on tirera serait le « Belle-Isle », qui est hors de service et d’un modèle ancien. On étudierait non seulement la résistance des blindages, mais les services qu’on peut attendre d’une matière ressemblant à la cellulose. L’intention est de remplir de cette matière un compartiment au-dessous de la ligne de flottaison et ensuite de se servir de ce com-artiment comme cible pour les torpilles. On croit qu’au contact e l’eau la cellulose gonflera suffisamment pour boucher les ouvertures produites par l’explosion de la torpille.
- —if*— L’Université américaine John Hopkins s’est livrée récemment à toute une série d’expériences, pour montrer le rôle joué par les mouches dans la dispersion des germes et bactéries. On se servait pour cela d’une boite partagée en deux compartiments : dans
- le premier étaient des substances alimentaires infectées d’une espèce de bactérie facile à reconnaître ; dans l’autre était un milieu de culture stérile en lui-même, comme on en prépare dans les expériences de laboratoire pour cultiver des bactéries. On mettait des mouches dans le premier compartiment, elles se promenaient à loisir sur les matières infectées de germes; puis on les faisait passer dans le second compartiment, où elles venaient en contact avec le milieu de culture. Au bout de peu de temps ce dernier était infecté, à son tour, par les microbes apportés et déposés par les mouches. On a refait les expériences maintes fois avec des bactéries colorées, et le succès a toujours été complet.
- —jf(— Des expériences intéressantes ont eu lieu en Suède pour arriver à produire le zinc à l’aide de l’électricité, en traitant des minerais sulfureux contenant du plomb et du zinc. Les résultats ont été assez satisfaisants pour qu’une usine, qui jusqu'alors produisait du carbure de calcium, ait abandonné cette fabrication pour se livrer exclusivement à celle du zinc par l’électricité.
- —jft— Le service de santé de la ville de New-York a eu récemment l’idée de faire examiner un médicament très en usage de l’autre côté de l’Atlantique, la phénacétine. Les résultats de cette enquête ont été fâcheux, car ils ont révélé que sur 375 échantillons analysés, 315 étaient falsifiés ou même ne contenaient pas trace de phénacétine. Rappelons que ce produit, extrait du coaltar, est employé avec succès contre les fièvres et les névralgies.
- —jft— M. Woodworth recommande, dans American Machinist, pour le travail de l’aluminium, métal gras, comme on dit, d’employer de l’huile brute pour le fraisage, du pétrole pour le perçage et de l’eau de savon pour le tonnage : ce sont là les meilleurs lubréfiants. Il faut d’ailleurs des outils très dégagés, bien tranchants et recuits au jaune paille.
- —üt— Un médecin russe a constaté que les souris enfermées dans une boîte contenant du bromure de radium, tombaient dans le coma et mouraient au bout de cinq jours. Partant de cette action missante, il a émis l’idée que les personnes ayant perdu la vue ou 'ayant très faible pourraient, à 1 aide des propriétés particulières du radium sur les nerfs, distinguer suffisamment les contours des objets. Mais l’hvpothèse a grand besoin d’être contrôlée sur des animaux avant d’être vérifiée sur l’homme.
- — La Compagnie universelle d’Acétylène a combiné un ingénieux appareil pour la soudure autogène des métaux : c’esl ce qu’elle appelle le chalumeau oxyacétylènique, et où, comme le dit le mot, on combine l’emploi de l’acétylène avec celui de l’oxygène. Sur l’acier doux, les soudures effectuées de la sorte auraient une résistance à la rupture d’au moins 55 kg par cma.
- —}ft— Rien n’est plus difficile, à première vue, que de distinguer l’ouvrier qui cherche du travail de celui qui n’en demande pas. Frappée de cet inconvénient, la Bourse du travail de Schaerbeek (Belgique) a créé un insigne en fonte émaillée, mentionnant l’olfre de travail et la spécialité de l’ouvrier. Cette plaque, ostensiblement portée, a eu un plein succès, et sur quinze sans-travail qui en ont fait usage, huit ont été embauchés au bout de huit jours. Le but, tout philanthropique, de la Bourse du travail de Schaerbeek, est d’engager les chômeurs à faire emplette d’un de ces insignes qu'ils arboreront toutes fois que l’ouvrage fera défaut.
- --)& - Parmi les derniers brevets pris par Elisha Gray peu de temps avant sa mort, il y en aurait un portant sur un régulateur électromécanique pour locomotive. Son but serait d’éviter une cause d’usure considérable pour les machines et pour la voie, en empêchant notamment le patinage des roues quand une locomotive opère le démarrage d’un convoi : au moment où les roues commenceraient à tourner au delà d’une certaine allure, l’admission de vapeur serait coupée, et quand le patinage cesserait, la vapeur serait admise de nouveau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES. '
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Un de nos abonnés nous communique le procédé suivant pour détruire les guêpes : « J’emploie un système qui a cette supériorité sur les autres de ne rien coûter, de n’étre pas dangereux, et d’avoir une efficacité complète. 11 consiste simplement à verser sur l’entrée du guêpier deux seaux de sable fin, de façon à former une pyramide d’un coté de 40 centimètres à sa base. Cette opération se fait le soir, quand les guêpes sont rentrées. Le lendemain matin les guêpes, trouvant leur corridor fermé, s’efforcent naturellement de le déboucher. La pesanteur du sable, sa fluidité et l’acharnement des guêpes font le reste. Au bout de 4 ou 5 jours il n’y a plus au fond du guêpier que des cadavres ! ))
- La Compagnie parisienne des applications industrielles du gaz carbonique liquéfié, à Paris, nous informe qu’elle a créé un appareil extincteur d’incendie appelé pompe de secours immédiat, contenant 400 litres d’eau prêts à être envoyés, taturés d’acide carbonique, sur un foyer d’incendie, sous une pression moyenne de 15 kg par centimètre carré.
- 31. Descourtis, à Paris, nous fait connaître le moyen suivant pour empêcher le dérapage des courroies sur le pignon du moteur, principalement en ce qui concerne les motocyclettes : « Il suffit de faire fondre en l’allumant un morceau de caoutchouc, de chambre à air par exemple, et d’en faire couler quelques gouttes sur la courroie et sur la poulie d’entraînement. L’adhérence ainsi obtenue est durable : il faut éviter de mettre trop de caoutchouc. »
- M. Frantz Malvezin, de Bordeaux, nous fait parvenir deux brochures dont il est l’auteur intitulées : La pasteurisation préalable de tous les vins et La Pasteuroxyfrigorie, nouveau traitement pour vieillir les vins.
- Un de nos abonnés nous adresse, de Lausanne, une série d’observations météorologiques qui paraissent établir que la radio-activité du soleil est moindre en 1905 que les années précédentes. L’opacité de l’atmosphère est plus grande et arrête beaucoup de radiations : elle est due probablement à des poussières très fines flottant dans les hautes régions. Le cercle de Bishop, sur lequel le professeur Forel attirait dernièrement l’attention, est en relation avec ce phénomène. On sait d’ailleurs que la fumée produit une opacité d’autant plus grande que l’atmosphère est plus chargée de vapeur d’eau.
- Renseignements. — MM. Mazeron, à Nevers. — Vous trouverez cette caisse à fia maison Fortin, 59, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. J. L., à Montastruc. —En changeant les zincs, on a dû les frotter, les nettoyer, et, par suite, faire tomber le sel qui les recouvrait : on aurait encore mieux fait de les amalgamer, c’est-à-dire, de les frotter avec un chiffon trempé dans du mercure avec quelques gouttes d’eau accidulée sulfurique.
- M. de Traynel, à Sens. — Dès que nous aurons çetteadresse, nous la publierons.
- M. Martin, à Moscou. — L’appareil qui répond à ces desiderata est le Vérascope, de la maison Richard, 3, rue Lafayette, à Paris.
- M. E. Dupuy, à Paris. — Adressez-vous aux maisons suivantes : Auer, 7, rue de Rennes: Auguet et Floureau, 15, faubourg Montmartre : Giroud et Cie, 51, rue Ilocroy.
- M. G. Chauvet, à Ruffec. — Nous avons reçu votre article, que nous insérerons. Tous nos remerciements pour vos brochures.
- M. Ch. Breton, à Orléans. — La maison Brouhot, de Yier-zon, fabrique des instruments aratoires automobiles.
- M. C. Ladroit, à Mercédès. — 1° Pour conserver les bois, 3 à 4 kilogrammes de sulfate de cuivre pulvérisé par hectolitre d’eau. Trois semaines d’immersion doivent suffire. Nous pensons qué vous voulez parler de la méthode Le Verrier, indiquée dans la 4e série des Recettes et procédés utiles. — 2° En vernissant simplement les œufs frais, vous pouvez les conserver plus de deux mois. — 5° Nous vous faisons envoyer les catalogues-demandés.
- M. de LÇmos, à Caracas. — Nous ignorons si votre produit est le même que celui de M. Labbé; il serait plus simple de lui 'écrire 30, rue du Luxembourg, à Paris.
- M. J. L. T.,k Bruxelles. — 1° Voyez les adresses suivantes: M. Lorilleux, 16, rue Suger; M. Falk-Roussel, 200, rue Saint-Denis; M. Joltrain, 44, rue Cauchy. — 2° Nous ne connaissons pas de procédé pouvant conduire à ce résultat.
- M. Fernand Pouchin, à Sillé-le-Guillaume. — Ce renseignement sort complètement de notre cadre ; vous comprendrez: d’ailleurs que nous ne puissions prendre la responsabilité d’un conseil sur une matière aussi délicate et qui est du domaine de la médecine.
- M. Marti Codolar, à Barcelone. — Il n’y a pas à notre connaissance de machines à faire les sabots.
- M. le Dc Rebollydo, à Burgos. — 1° fl n’v a pas de traité-d’ensemble ; il faudrait consulter les articles parus dans un grand nombre de revues. — 2° Écrivez aux maisons suivantes : M. M. R. et J. Beck, 68, Cornhill, Londres; M. Cossor, 54, Farrington Road, Londres.
- M. Arnaldo Sepluzzi, à Buenos-Ayres. — Nous vous remercions de l’intéressante note que vous nous avez adressée ; vous aurez pu constater par vous-même que les rectifications nécessaires ont déjà été faites.
- M. Gauchez, à Limours. — Vous avez omis une application, peu connue il est vrai ; l’extrait de l’écorce verte de noix est sensible à la lumière. Si l’on immerge une feuille de papier dans cet extrait, et qu’ensuite on l’expose à la lumière* dans-la chambre noire, la couleur ne change que sur les points frappés par la lumière, qui deviendront aussi noirs que si l’oi» avait fait usage d’une solution de nitrate d’argent. Pour fixer l’image, il suffit, après l’exposition à la lumière, de la fair<? tremper quelques minutes dans une solution d’ammoniaque étendue de 200 parties d’eau ; cela suffira pour fixer l’épreuve colorée en brun très riche.
- M. A. Boisset, à Paris. — Il nous est impossible de vous fournir ces renseignements ; tous nos regrets.
- M. C. M., à Vichy. — Ce produit se trouve à la maison Bayer, 24, rue d’Enghien, à Paris.
- M. X., à Tournai. — Mettez-vous en relation avec la maison Dutremblay, 9, Chaussée d’Antin, à Paris.
- M. Dumilâlre, à Paris. — La question est difficile à résoudre et sort un peu de notre cadre. Toutefois nous pensons que de bonnes études classiques ne peuvent que favoriser le développement d’un jeune esprit.
- 31. Tarasch, à Budapest. — Voici un procédé bien simple pour aseptiser et insensibiliser les dents : dans une solution commerciale de formaldéhyde à 40 pour 100, ajoutez 30 pour 100 d’essence de géranium. Le liquide ainsi obtenu a une odeur agréable; son action analgésique est rapide.
- 31. Bogier, à Louveciennes. — Il faut détruire leschenilles dès leur apparition. Pulvérisez sur les choux le mélange suivant: eau 100 litres; sulfate de cuivre, lkg,500 ; chaux éteinte, lkg,500 ; mélasse, 0kg,250. Le légume n’en souffrira pas et les parasites disparaîtront.
- 31. Sandsen, à Viborg. — Pour avoir des dessins sur les fruits ou les feuilles, il suffit de coller à leur surface, pendant qu’ils sont encore jeunes, une figure découpée dans le papier. Les radiations solaires n’agissant pas sur la partie protégée donnent une figure blanche sur fond plus foncé. L’expérience peut être variée à l’infini.
- 31. Zaratzki, à Dohilew. — Vous pouvez souder le cuir à lui-même par le procédé suivant: faire fondre 50 grammes de colle de poisson qu’on fait chauffer avec 50 grammes de petit-lait, auquel on a mélangé 50 grammes d’acide acétique, et on ajoute 5 grammes d’ail réduit en pâte ; on fait fondre le tout au bain-marie. D’autre part on fait dissoudre 100 grammes de gélatine Coignet dans autant de lait. On mélange les deux solutions et on y ajoute 50 grammesd’alcoolà90°.0npasse àtra-vers un linge fin. Pour s’en servir, il suffit d’étendre la colle sur les parties à réunir, qu’on maintient serrées l’une contre l’autre jusqu’à dessiccation.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. A. M. L., à X. — Votre sable contenait certainement du sel, ce qui a amené Faccident dont vous nous parlez. Pour vous assurer s’il y en a, employez à l’avenir la méthode suivante: jetez un peu de sable dans de l’eau distillée; agitez pour fondre le sel; trempez-y un fil de platine préalablement flambé, et passez-le dans la flamme incolore d’un bec Bunsen; si celle-ci prend une nuance jaune accusée, votre sable contient du sel.
- M. Glandart, à Grenoble. — Nous ne sommes pas étonnés de l’insuccès de vos épouvantails ; tous ont le même sort, et les oiseaux finissent par y nicher. Mais voici un artifice usité en Franche-Comté et qui fait merveille. 11 est basé sur la peur que les oiseaux ont des buses. On en fabrique une artificielle avec une grosse pomme de terre dans laquelle on a planté de grandes plumes de dindons, et qui est attachée par une ficelle à quelque grosse branche d’arbre. Le souffle du vent lui fait imiter une buse qui plane et aucun oiseau n’ose s’approcher, même le moineau de Paris, le plus effronté de tous.
- M. Coqueranl, à Montbéliard. —- Puisque les procédés d’analyse sont trop compliqués pour l’usage que vous en voulez faire, essayez du suivant : chauffez dans une cuillère un petit morceau de beurre jusqu’à émission de vapeurs. Faites-le couler dans un peu d’eau très propre et bouillante placée dans un verre de montre. Le beurre pur se répand en une fine couche qui se subdivise brusquement en une multitude de gouttelettes se réunissant rapidement aux bords du verre. Au contraire, la margarine, l’oléomargarine, les huiles végétales forment une couche graisseuse qui se subdivise en larges gouttes restant dispersées sur l’eau.
- M. Ugo Testi, à Anghiari. — Nous n’avons ças entendu parler.de ce moteur, qui ne paraît pas avoir été sérieusement expérimenté; méfiez-vous de ces descriptions pompeuses et souvent bien exagérées.
- M. D. Crépy, à Lambersart. — Pour le carburateur Sthe-nos, s’adresser à M. Marot, 78, rue Laugier, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Cavalli, à Turin. C’est M. Branly qui est l’inventeur de ce procédé. — M. Z. T/icolokis, à Larissa. L’extraction de ces minerais présente des difficultés sérieuses à cause de leur dureté : un spécialiste est nécessaire. — M. G. T., à Meaux. — L’arrachement d'une souche à la mine revient à 2 francs ; voyez le procédé dans la 5e série des Recettes et procédés utiles : librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- PETITES INTENTIONS1
- Égrugeoir A sel. — Beaucoup de personnes aiment à table de se servir du gros sel de cuisine, ou, pour parler plus exactement, du sel marin naturel. Mais ce sel ne doit pas être réduit presque à l’état de poudre, comme on l’obtient souvent lorsqu’on utilise un pilon ; il ne faut pas non plus qu’il reste à l’état de
- Égrugeoir à sel.
- morceaux aussi gros que les fournit la récolte directe. La petite meule que nous présentons dans la figure ci-jointe permet d’écraser simplement le gros sel et de l’amener à l’état de grosseur qui convient le mieux. On dispose le sel dans le petit bassin inférieur; on ajuste ensuite la meule en plaçant l’axe de l’arbre dans la partie centrale et il suffit de prendre la poignée extérieure et de tourner. — L’égrugeoir à sel se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Appareil A supporter les vêtements et objets divers. — Les crochets qui permettent de supporter les vêtements sont des plus utiles ; mais le plus souvent les vêlements
- 1 La description des appareils est gratuite. La lédaction des Nouvelles •scientifiques est étrangère aux annonces.
- que l’on veut fixer en place ont besoin d’être maintenus dans une position déterminée pour éviter des plis, des déformations, etc. L’appareil que représentent les deux figures ci-jointes est formé de deux barres de bois parallèles sur lesquelles on peut poser un pantalon ou toute autre pièce à volonté. Les deux barres en bois sont réunies par deux tiges métalliques repliées,
- Appareil à supporter les vêtements.
- et maintenues au milieu par un crochet. Sur un côté extérieur des tiges métalliques, sont disposés une série de crans dans lesquels peut se déplacer une sorte d’anneau portant le crochet dont nous avons parlé. Suivant que l’anneau est à la partie supérieure ou à la partie inférieure des tiges métalliques, les deux barres en bois sont plus ou moins éloignées l’une de l’autre, et conviennent à maintenir des habits ou vêtements divers. — L’appareil est en vente à la même adresse que l’ap-pareil précédent.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pommade odorante. — On l’appelle « pommade aux herbes », tout simplement à cause de la coloration verte qu’on lui donne artificiellement. A 200 gr d’huile de vaseline jaunie, on ajoute 50 grammes de cérésine jaune, 1 /4 gr à peine de chlorophylle, 1/2 gr d’essence de citron, 14 gr d’essence de girofles, 1/20 gr d’essence de géranium d’Afrique et enfin quelques gouttes d’essence de menthe.
- Pour enlever les mousses sur la maçonnerie. — Cette recette, que nous empruntons à la Maler Zeitung, réussit contre les mousses et les lichens qui envahissent si facilement les pierres et les maçonneries dans certaines conditions atmosphériques ou autres. On passe soigneusement sur ces végétations de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre 1 pour 100 d’acide phénique ; on laisse agir cet acide durant quelques heures, puis on peut laver et frotter vigoureusement, la mousse se détachant alors avec la plus grande facilité.
- Insecticides liquides. — Le premier que nous signalerons contient de la benzine, c’est-à-dire une substance inflammable et émettant des vapeurs qui, en mélange avec l’air, sont susceptibles de détoner, aussi ne le recommanderons-nous qu’à condition qu’on l’emploie de jour, et dans une pièce où l’on ne pénétrera point avant que les vapeurs aient eu le temps de se dissiper. On le prépare avec 10 parties de paraffine, 70 de benzine et 5 de baume de copaiba. Mais en voici un autre qui présente une inflammabilité bien plus faible. Il est fait de 105 parties d’alcool rectifié, 25 d’une mixture oléo-balsamique, puis 2 d’essence de girofle, et enfin 6 de vinaigre concentré.
- Savon ioduré. — Faire saponifier 20 kg d’huile de palme avec 10 kg de lessive de soude caustique à 38°; puis ajouter 3 kg d’iodure de potassium dissous dans 4 kg d’eau.
- Pour augmenter la ténacité de Taluminium.— Si nous en croyons la publication Der Metallarbeiter, M. Rubel, de Berlin, est arrivé à accroître considérablement la dureté, la ténacité et la densité de l’aluminium, sans lui enlever ses autres qualités, en l’additionnant de 4 à 7 pour 100 de phosphore. Le métal ainsi produit serait particulièrement précieux pour la chaudronnerie.
- Teinture pour faux acajou. — Pour teindre du bois et imiter l’acajou, on peut en frotter d’abord la surface avec une solution d’acide nitreux, puis y appliquer au pinceau une solution faite de 30 gr de sang dragon, 20 gr de carbonate de soude et enfin 600 gr d’alcool : cette solution doit être filtrée avant emploi.
- Ciment pour verre. — On fait dissoudre au bain de vapeur (à cause des dangers d’inflammation), 10 parties de caoutchouc et 110 de gomme-mastic, dans 300 parties de chloroforme.
- Désinfectant bon marché. — On peut le composer de 20 parties d’huile de goudron, de 30 d’acide sulfurique à 90 pour 100, et enfin d’une quantité suffisante d’eau pour donner en tout 100 parties. On chauffe les deux premiers produits, et l’on ajoute avec précaution le troisième.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Lotion au pétrole pour les cheveux. — La recette en est donnée par la publication allemande Pharmaceutischc Zeitung ; on sait du reste que l’on recommande beaucoup, à l’heure actuelle, l’action du pétrole sur le cuir chevelu et le bulbe du cheveu. A 75 parties d’eau on ajoute 50 d’esprit-de-vin à 00°, puis 10 parties de pétrole blanc désodorisé, 10 d’essence de citronnelle et enfin 5 d’huile de ricin.
- Papier tue-mouches. — On fait bouillir, dans 400 parties d’eau, 150 parties de quassia en petits morceaux, jusqu’à ce que la mixture soit réduite de moitié; on filtre, puis on additionne le liquide obtenu de 10 parties de chlorure de cobalt, de 2 de tartre stibié (émétique), et de 80 parties de teinture de poivre long (teinture faite à 1/4). 11 ne reste plus qu’à saturer du papier avec cette solution, et à le laisser sécher avant emploi.
- Colle pour la pierre. — On prend 10 parties de chaux éteinte, puis 15 de craie, enfin 5 d’albumine blanche ou kaolin, et l’on ajoute une quantité convenable de verre soluble, silicate de potasse par exemple.
- Pour rendre la nacre iridescente. — On affirme que le procédé suivant est employé dans un grand nombre d’usines spéciales. Dans un récipient pouvant bien se boucher, on met de l’ammoniaque liquide, de façon que la nacre soit immergée complètement, et l’on ajoute assez de chlorure d’argent pour saturer le liquide en laissant un peu de ce sel en excès. On bouche et on place dans l’obscurité durant plusieurs jours (suivant des facteurs divers, température, porosité de la nacre, qu’on n’apprécie que par l’expérience). On retire ensuite la nacre et, sans la laver, on l’expose aux rayons directs du soleil durant 2 ou 5 jours.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 24 août . . . 12°,O S. 3. Peu nuageux.
- Mardi 25 13°,2 W. S. W. 3. Peu nuageux.
- Mercredi 25 12°,0 S. S. E. 1. Beau.
- Jeudi 27 12,5 S. S. W. 0. Beau.
- Vendredi 28 13°,9 S. 1. Beau.
- Samedi 29 16°,2 S. S. E. 2. Couvert.
- Dimanche 30 ... . 12°,0 S. W. 1. Peu nuageux.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 23,3 Nuag. ; gouttes à midi 43 et à 21 h. 20.
- 0,2 Très nuag. ; un peu de pluie à 0 h. 30 et de 15 h. 35 à 16 h. 15.
- 0,0 Beau le matin ; nuag. le soir ; rosée.
- 0,0 Beau; rosée.
- 0,0 Beau jusqu’à 8 h. ; nuag. ensuite ; rosée.
- 0,0 Couv. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- 0,0 Peu nuag. ; rosée.
- AOUT 1903. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 50 AOUT.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — Une légère secousse de tremblement de terre qui a duré quelques secondes, a été ressentie dans la nuit du 24 au 25 août, à lh10 du matin à Porto-Maurizio et à San Remo.
- (lue tempête sur le littoral. — Une violente tempête du sud-ouest s’est abattue le 24 août sur le littoral et a causé d’importants dégâts sur toutes les plages de la Loire-Inférieure : le Croisic, Escoublac-la-Baule, l’ornichet, Pornic, la Bernerie notamment. Partout, les établissements de bains et les abris élevés sur les plages ont été en partie détruits et emportés par la mer. A Saint-Nazaire, sur la plage du boulevard de l’Océan, 38 cabines ont été enlevées. Les piquets et les cordes placés en mer pour limiter les baius ont disparu; les cabines de bains chauds n’existent plus. Le remblai qui borde le boulevard a été détruit sur une trentaine de mètres de longueur. A La Rochelle, la tempête a dévasté les parcs à huîtres de la Tremblade. De nombreuses barques chargées d’huitres ont coulé.
- Pluie. Température. — Dans les premiers jours de la semaine, la pluie est encore tombée en de nombreux endroits; mais à la fin de la
- semaine le soleil est apparu de nouveau. Le 24 août, le vent était très fort du sud-ouest sur le Pas de Calais; il était modéré de l’ouest en Bretagne et en Gascogne. Des pluies sont tombées dans le nord et l’ouest de l'Europe ; -en France, on a recueilli 32 mm d’eau au Mans, 20 mm à Boulogne, 12 mm à Biarritz et 4 mm à Brest. La température s’est abaissée sur le centre et le nord du continent ; elle est montée presque partout ailleurs. Le 24 août, la température moyenne à Paris a été de 15°,8. Le 25 août, il est tombé 11 mm d’eau à Boulogne, 8 mm à Sicié, 4 mm à Lyon, 1 mm à Paris. Le 26 août, des pluies ont été signalées en Bretagne et dans les Iles-Britanniques; en France, le temps a été beau. La température à Paris a été de 13° le matin, et de 21°,5 au maximum dans l’apres-midi. Le 27 août, le temps a été très beau à Paris ; la température moyenne a atteint 16°,6. Le 28 août, il a plu à Dunkerque, Cherbourg et Brest, où l’on a recueilli 3 mm d’eau. A Paris, le ciel a été nuageux. Le 29 août il est tombé de légères averses à Nantes, Limoges, Bordeaux et Paris. Le 30 août, le beau temps a persisté en France. On a noté à Paris un maximum de température de 23®,1, au Puy-de-Dôme 18°, au mont Aigoual 17° et 11° au pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 29 à 8 h. 43 m. du soir*
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- N° 1581 (12 septembre 1903), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au, numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —)£— L’inauguration du 3e concours de jouets et articles de Paris, dit Concours Lépine, organisé sous le haut patronage du ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, «t sous la présidence d'honneur du président du Conseil municipal *le Paris, a eu lieu le 4 septembre, à 2 heures de l’après-midi, au Petit Palais (Champs-Elysées). Ce concours présente une série de jouets et d’inventions dont nous étudierons les plus intéressants <lans un article spécial.
- —jft— On a commencé dernièrement à la Monnaie, à Paris, d’après le modèle du graveur Patey, la fabrication (des coins de frappe de la nouvelle*pièce de nickel. On pense commencer la frappe vers la fin du mois de septembre ; la première émission de la nouvelle monnaie de nickel aurait lieu au mois d’octobre.
- —jft— M. D.-A. Casalonga, ingénieur-conseil, vice-président de la Société des anciens élèves des Ecoles nationales des arts et métiers, est décédé le 26 août 1903, à lage de 66 ans, à Evian-les-Bains.
- —iît— Trois goélettes venant d’Islande viennent de rentrer à Binic. La pèche de la morue a été très fructueuse cette fois-ci, et bien supérieure aux résultats' pressentis. L’une, des goélettes apporte 25 000 morues, 1’ « Auna » 46 000 » et 1’ «Active » 60 000.
- —«ft— Une éruption du geyser de Wai-an-Gu, en Nouvelle-Zélande, a eu lieu le 31 août 1903; quatre personnes ont été emportées par le courant d’eau bouillante.
- —— ' Le concours de jardins que nous avons annoncé précédemment a eu lieu le 30 août. Le jury a visité 65 villas inscrites sur la liste des concurrents, et a distribué des médailles et diplômes spéciaux. Les visites ont duré de 9 heures du matin à 6 heures du soir.
- —Üt— Deux canons nouveau modèle ont été inventés : l’un de 240 mm par M. le capitaine Tournier, l’autre, canon de montagne de 68 mm, par M. le capitaine Ducrest. C’est principalement sur le canon Ducrest qu’a porté l’intérêt. Ce canon a été récemment expérimenté aux manœuvres des Alpes, dans la région d’Authion. Ce canon de 68 mm est destiné à remplacer le canon actuel de montagne de 80 mm. Grâce à un système ingénieux inventé oar le capitaine Ducrest, il est beaucoup plus facilement transportable que le canon de montagne actuel. Il se divise en deux parties, tube et frein hydro-pneümatique, pesant chacune 100 kg, avec affût auquel est adaptée une bêche pour empêcher le recul. Avec ses caisses de munitions, cinq mulets suffisent pour le transporter à portée utile de 5 km.
- —— Le 1er septembre, le nouveau paquebot à turbines « Brighton » a accompli son voyage d'inauguration. Ce bateau va être mis en service entre Dieppe et New-Haven par les compagnies associées de l’Ouest français et du London-Brighton. Le « Brighton » a été construit en quelques mois, comme le « Queen », par MM. Denny, Brothers etCîe dans leurs chantiers de Dumbarton. Ses données caractéristiques sont : longueur, 86 mètres ; largeur, 10m,40 ; profondeur au-dessous de la flottaison, 4m,64 ; tonnage brut, 4150 tonnes; puissance des moteurs, 6 à 7000 chevaux; vitesse réalisée aux essais, 21 nœuds. Occupant un espace beaucoup moins grand que les machines-anciennes à mouvement alternatif, les trois turbines, montées en compound qui entraînent chacune leur hélice, «ont installées au fond du bateau. Les trépidations sont plus faibles à l’arrière que dans les bateaux munis de machines ordinaires. La vitesse de rotation des turbines a été réduite sur le « Brighton » à moins de 600 tours. Le « Brighton », qui vient d’être mis en service incessamment, a fait ses essais de vitesse pratique entre Dieppe et New-Haven, dont il a franchi la distance de 120 km en
- 3h 3m, soit à la vitesse de 39,3 kilomètres par heure- Nous ajouterons que la Compagnie anglaise du Midland Railway vient de commander deux nouveaux navires à vapeur munis de turbine pour son service entre Fleetwood, l’île de Man et Belfast.
- —dt— Un singulier vol vient d’être commis à Eger en Hongrie. Une cinquantaine de lentilles ont été enlevées des appareils d’observation, lunettes, télescopes, etc., à l’Observatoire. La valeur marchande de ces lentilles est d'environ 3000 couronnes. Mais, l’importance réelle du vol est beaucoup plus considérable, car les lentilles remontent au dix-huitième siècle et sont aujourd’hui introuvables. On espère pourtant les retrouver parce qu’elles ne peuvent guère être négociées que dans les grandes villes et que le télégraphe a fait son office.
- —— A Saint-Savinicn (Charente-Inférieure), M. Chauvet a récolté un chou dont la pomme seule mesure lm,80 de circonférence et pèse 8 kilogrammes.
- —Ift— La course de canots automobiles, organisée parle «Vélo » et le « Yachting Gazette » .s’est terminée le 5 septembre par la victoire du canot « Mercédès », qui est arrivé à Trouville à 8k 10. Cette course, commencée le 30 août, comprenait six étapes : •1° Courbevoie-Mantes (90 km), 2° Mantes-Saint-Aubin (107 km), 5° Elbeuf-Rouen (22 km), 4° Rouen-Caudebec (67 km), 5° Caudebec-le Havre (55 km), 6° Le Havre-Trouville (14 km), soit au total 355 km. Il y avait 57 concurrents inscrits; le plus grand.nombre des embarcations avait des moteurs au pétrole, quelques-uns seulement étaient à vapeur. Sont d’abord partis les petits bateaux de plaisance ayant des moteurs d’une puissance de 5 à 7 chevaux, puis quelques minutes après, le départ a été donné à la deuxième série, les bateaux de plus grande puissance, ensuite à la troisième série, puis à la quatrième et à la cinquième série d’une puissance de 20 et 50 chevaux; enfin sont partis les bateaux de course, ayant des moteurs de 60 chevaux. La course s’est achevée sans le moindre incident. Dans l’étape Caudebec-Le Havre, par suite du vent assez fort soufflant en Seine et par crainte des accidents, les concurrents sont arrivés au Havre par le canal de Tancarville et sont allés s’amarrer dans le bassin du commerce. Le jour de l’étape d’Elbeuf à Rouen, une course du mille (1852 mètres) s’est disputée et a été gagnée par « Mercédès » couvrant la distance en 8 minutes 55 secondes 2/5.
- —— Depuis le 4 septembre le théâtre du Moulin-Rouge présente au public un numéro original qui mérite d’être signalé en raison dé son grand intérêt scientifique. Sous le nom de « Urbain Bioscope et le monde invisible » on fait défiler sous les yeux des spectateurs une série d’études microscopiques cinématographiées, c’est-à-dire que l’on peut suivre sur un écran lumineux les mouvements d’êtres microscopiques grossis de 10 à 10 000 fois. Ces vues cinématographiques sont particulièrement remarquables par leur netteté, leur clarté et la grande quantité de détails que l’on peut y distinguer. Parmi les tableaux que nous avons vus, nous avons remarqué Une série de vues qui permettent de suivre les différentes phases de la vie des abeilles, dans une ruche ; la cinématographie d’une goutte d’eau de rivière avec sa faune et sa flore; une autre série représente un morceau de fromage sur lequel on distingue avec une grande netteté les mouvements des acariens qui l’habitent; signalons aussi la vue cinématographique de la circulation du sang dans les vaisseaux de la palme d’une patte de grenouille; d’autres vues enfin reproduisent les mouvements de différents animaux : insectes, serpents, batraciens, etc. C’est la première fois, croyons-nous, que l’on est arrivé à cinématographier avec de tels grossissements, les mouvements des infiniment petits. Cette nouvelle application du'cinématographe pourra rendre de grands services; il-sera facile maintenant de présenter à un public nombreux des détails que l’on ne pouvait voir jusqu’à présent que dans le champ d’un microscope.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Le Gorgeu, à Vire, nous signale les effets bienfaisants de l’infusion de feuilles de houx, comme remède aux fièvres infectieuses. Son action serait en tous points comparable à celle des baies d’airelle citée par le Dr Cartaz (n° 1572, « Hygiène et santé », 11 juillet 1905).
- M. le Dr J. Bergonié, de Bordeaux, nous a fait parvenir une brochure intitulée : Pour navoir pas chaud. C’est une suite de conseils pratiques et simples pour les personnes qui redoutent les températures élevées. L’auteur les engage à se vêtir de vêtements perméables et de réduire leur ration alimentaire. Elles arriveront ainsi à éviter les troubles désagréables qui se produisent au moment des grandes chaleurs.
- Renseignements. —M. J. Ollier, à Neuilly. Ces renseignements ne peuvent vous être donnés qu’après un travail spécial, faisable seulement par un chimiste très au courant de cette partie.
- M. Dremaux, à Valenciennes. — En achetant une jumelle Goerz, vous aurez certainement satisfaction.
- M. de li., à X. — 11 n’existe sur ces grandes usines que les album-réclame qu’elles publient elles-mêmes ; il faudrait les leur demander directement. — 2° « Traité pratique du chien », par A. Gobin, à la librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris. — 5° « Moniteur de la Flotte », il, rue de Douai, à Paris; « le Gaz », 12, rue Fontaine, à Paris; « Petites annales illustrées du cycle et de l’automobile », 4, rue Chauveau-La-garde, à Paris; « L’Industrie métallurgique », 11, rue Godot-de-Màuroi, à Paris; « Revue de mécanique », 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 4° MM. Pelon et Roger, 76, avenue de la République, à Paris; Moret et Cie, 51, rue Dussoubs, à Paris.
- M. Benini, à Rome: M. Morin, à Saint-Denis. — Nous publierons prochainement quelques détails sur ce produit qui n est pas encore entré dans la consommation normale.
- M. Héduin, à Paris. — 1° Les 4e et 5e séries des Recettes et procédés utiles vous donneront plusieurs manières de souder l’aluminium. — 2° Le laiton nous paraît préférable pour cet usage, car les sels attaquent l’aluminium.
- M. G. de M., à Antibes. — Le mieux serait peut-être de vous servir d’une loupe montée sur un pied, comme font les anatomistes et les graveurs : voyez aux adresses suivantes : M. Cogit, 49, boulevard Saint-Michel, à Paris; Nachet, 17, rue Saint-Séverin, à Paris ; Adnet, 58, boul. St-Michel, à Paris.
- MM. Solvay et C'% à Dombasle. — Les plumes d’orà réservoir Fountain Pen, se trouvent chez M. Hardmuth, 6, rue du Hanovre, à Paris.
- Bureau d’Hygiène, à Nice. — La librairie Ve Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, a publié plusieurs ouvrages traitant cette matière, notamment : « Métallurgie de l’aluminium », par Wickersheimer ; prix: 5fr,75.
- L’abonné 5002, à Ev. — Veuillez bien vous mettre en relations directes avec notre collaborateur M. Paul Mégnin, -12, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. J. B., Vallée des Roses.— Nous ne pouvons vous indiquer aucun autre procédé que ceux renfermés dans les Recettes et procédés utiles.
- M. Jacques Bulsan,\\ Paris. — Les maisons suivantes fabriquent des produits ignifuges : M. Jeanson, 79, rue des Archives ; M. Fanielle, 7 avenue Trudaine.
- M. Vermeyen, à Audenarde. —Voyez les maisons suivantes : Compagnie de l’ozone, boulevard Murat, 101, à Paris: Compa-
- gnie anglo-française, 7, quai de Seine, à Courbevoie (Seine).
- M. Marchand, à Beaumont; M. F. à Paris. — 1° Voici un mélange qui sert à imperméabiliser les bois et à les rendre inattaquables aux alcalis et aux acides : 50 grammes de paraffine çt 50 grammes de gutta-percha sont mélangés sur un feu doux : on applique la mixture chaude avec un pinceau métallique. Le plancher doit être préalablement gratté avec le plus grand soin, pour que le mélange pénètre. — 2° La maison Poulenc, consultée par nous, ne connaît pas ce produit : vous pourriez le remplacer avantageusement par les compositions indiquées dans la 5° série des Recettes et procédés utiles. Librairie Masson et Cie.
- M. H. Pol, à Paris..— La pile dont il s’agit est une pile Leclanché : on emploie ces piles en les desséchant. Le liquide, ou chlorhydrate d’ammoniaque imbibe du papier buvard ou des substances spéciales.
- M. /)., à Sens. — 1° Gâcher du plâtre frais jusqu’à consistance pâteuse : pas de proportions fixes. —2° Opération assez délicate : vous trouverez à la maison Poulènc, 4)2, rue Vieille-du-Temple à Paris divers métaux liquides.
- M. le Dr Dève, à Foiirvent-le-Haut. — Les insectes' qüe vous nous avez envoyés ne sont pas déterminables : veuillez, nous faire parvenir les larves, non piquées, et un spécimen des-objets attaqués, de manière qu’on puisse les élever.
- M. Duvelleroy, à Châteaudun. — Cette maladie est simplement le mildew, que vous pouvez traiter à la bouillie bordelaise.
- M. Duclou, à Bordeaux. — L’ouvrage de Mil. Chatin et Carie intitulé « Photothérapie » a paru à la librairie Masson au commencement du mois de juin 1905.
- M. F. Sanchez Marcos, à Séville. — Ecrivez à M. Holdên, MM. Munn and C°, 561, Broadway, New-York.
- M. G. Joly, à Paris. — Nous soumettrons vos questions à notre rédacteur spécial quand il sera de retour, et nous vous-ferons connaître son opinion.
- M. Vailette, à Nancy. — 11 faut d’abord enlever à votre vin le goût de piqué, sans quoi le vinaigre ne vaudrait’rien. Pour cela faites un mélange de 2 kilogrammes de marbre blanc avec deux blancs d’œufs et un litre de vin : lorsque la pâte est devenue claire, versez-la dans la barrique, fouettez ensuite le vin, puis soutirez-le. Pour décolorer le vin ainsi traité, il suffit de le filtrer à travers du noir animal : il ressort blanc. Enfin, transformez-le en vinaigre par votre procédé habituel.
- M. J.-J. Bierman, à Gand. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage à ce sujet ; vous pourriez vous adresser à M. Cribier, 61, boulevard Sébastopol à Paris, qui vous renseignerait peut-être.
- M. de Luget, à Pont-à-Mousson. — Vous trouverez l’article en question chez M. Mathieu, 151, galerie de Valois à Paris.
- M. S. D., à Mantes. —; Veuillez préciser l’objet de votre demande : peut-être voulez-vous parler du lait concentré.
- M. Jaminé, à Tongres. — Dans la 4e série des Recettes et procédés utiles il y a plusieurs formules de vernis répondant à votre désir.
- M. E. Garcia, à Puerto-Eten. — Nous ne savons à quel appareil vous faites allusion.
- Réponse. — N° 1260. — Les fréquentes et souvent dangereuses explosions qui se produisent avec les réchauds ou lampes à alcool sont uniquement dues à la cause suivante : l’alcool, en brûlant, laisse un vide à la partie supérieure du réchaud; ce vide se remplit d’air et de vapeurs d’alcool qui, aussi bien quand le réchaud est froid que lorsqu’il est échauffé, forment un mélange détonant comme dans un carburateur d’automobile. Au contact de la flamme du réchaud ou d’une allumette, ce mélange fait explosion et projette la mèche, ou, ce qui est plus grave, l’alccol enflammé tout autour du réchaud et sur les habits de la personne qui s’en sert. Pour parer à ces accidents qui peuvent aussi bien se produire avec des bidons, des bouteilles d’alcool ou d’essence aux trois quarts vides, remplir le plus souvent possible les lampes ou réchauds à alcool pour éviter le vide à l’intérieur lequel devient dangereux dès qu’il occupe plus dp la moitié du récipient. Quand c’est possible, garnir tout l’intérieur du récipient de ouate légèrement tassée. (Communiqué par M. Daniel Courtois, à Laon.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Rangicr, à Loudun. Impossible d’insérer : tous nos regrets. — M. Z., à V. Remerciements pour cette indication qui pourra nous être utile. — M. M. H., à Morgat. La conservation des couleurs des préparations anatomiques peut être conservée à l’aide du procédé indiqué dans la 5' série des Recettes et procédés utiles, librairie Masson et Cie, 201, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- EN FORÊT DE COMPÏÈGNE.
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- Texte et dessins de A. Robida.
- 1. Le gros hêtre de Vieux-Moulins. — 2. Famille curieuse. Jolies et furtives apparitions de chevreuils de temps en temps sous la futaie. Un léger mouvement, un peu de bruit et tout disparait d’un bond. •— 3. Les effrontés lapins iolâtrant et culbutant dans les herbes. — i. Saint-Jean-aux-Bois.-Un village de bûcherons niché dans l’enceinte d’une antique abbaye. •— 5. Un piège. Punition des oiseaux de proie tourmenteurs des jeunes faisans. — 6. La recherche des bons et savoureux champignons. — 7. Le gros chêne de Saint-Jean-aux-Bois. Un vénérable vieillard, doyen de la forêt. — 8. Haute futaie. La caractéristique de la forêt de Compiègne; les hêtres en longues colonnades portent très haut les voûtes vertes de la cathédrale forestière. — 9. Une Hamadryade. —[10. Vision féodale. Au bout des routes dévorées par les automobiles, c’est l’énorme et resplendissante forteresse de Pierrefonds.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savoti pour les objets rouilles. — Nous avons eu occasion de dire déjà que l’on se trouvait très bien, pour débarrasser les objets de la rouille qui les recouvre plus ou moins, de les faire baigner dans une solution de cyanure de potassium (dans la proportion d’une partie en poids de cyanure pour 4 d’eau). Mais, pour polir ensuite l’objet ainsi dérouillé, il est bon d’y passer un savon au cyanure. Pour préparer ce savon, on fait une solution saturée de cyanure, puis on y ajoute assez de craie précipitée pour former une masse crémeuse; on additionne enfin d’une quantité suffisante de savon de Marseille coupé en copeaux fins, et l’on incorpore le tout dans un mortier. Nous n’avons guère besoin de faire remarquer que le cyanure de potassium est un redoutable poison.
- Encre pour étiquettes exposées à la grande lumière. — En réalité cette encre, si on peut l’appeler ainsi, a été imaginée pour les étiquettes, avis, prix, qu’on affiche aux devantures des magasins, et pour être exposée par conséquent à toutes sortes d’agents de destruction. Onia compose avec 60 grammes d’asphalte pur, 50 grammes de térébenthine de Venise, 15 de noir de fumée et enfin 1 /4 litre d’essence de térébenthine.
- Pour recoller l'ivoire. —- On fait fondre ensemble, et en parties égales, de la gutta-percha et de la poix ordinaire ; puis on applique après avoir tiédi les morceaux d’ivoire à recoller.
- Vernis pour chapeaux de paille. — Dans un demi-litre de méthylène, on fait dissoudre 60 grammes de gomme-laque en écailles, et une quinzaine de grammes de résine jaune. Comme colorant, on peut employer une couleur d’aniline quelconque.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 31 août . . . 13°,b S. 2. Beau. » Rosée ; beau.
- Mardi 1” septembre. 18°,3 S. 1. Quelques nuages. » Rosée ; beau.
- Mercredi 2 20°,6 S. S. E. 2. Beau. » Rosée ; beau ; éclairs dans la soirée.
- Jeudi 3 17°,0 N. 2. Couvert. » Très nuageux.
- Vendredi 4 13°,4 N. E. 2. Très nuageux. 0,3 Nuag.; petite pluie le matin; orage le soir de 22 h. à 22 h. 30 et pluie.
- Samedi S 18°,3 S. 2. Couvert. 2,9 Très nuag, ; averse vers 8 h.
- Dimanche G 16°, 5 S. E. 1. Beau. 0,3 Rosée ; petit brouill. à 6 h. ; très nuag. jus'qu’à 15 h. ; couv. ensuite ; pluie de 17 h. 10 à 22 h.
- AOUT-SEPTEMBRE 1903. — SEMAINE DU LUNDI 31 AOUT AU DIMANCHE 6 SEPTEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent.' courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, ihemnomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à Çnbri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 3 septembre, à 7* 23 du matin, on a ressenti à Barcelonnette une assez forte secousse de tremblement de terre; le mouvement était vertical, il a duré deux secondes environ.
- Orages et pluies abondantes en Tunisie. — De violents orages, accompagnés de grêle et de pluies torrentielles, se sont abattus sur la Tunisie le 2 septembre et dans la nuit du 2 au 3; ils ont causé des dégâts très importants à Gabès, Gafsa, Mahdia, Maktar et Sfax. Un des centres les plus éprouvés a été la ville de Sousse ; une trombe d’eau a inondé la ville, dans les magasins l’eau a atteint 40 centimètres de hauteur. La ligne de chemin de fer de Tunis à Sousse a été coupée entre Bir-Bou-Rekba et Bou-Ficlia sur 300 mètres, et entre Kalaa-Kebira et Kalaa-Srira; dans cette dernière section, un pont a été emporté par les eaux.
- La température. — Depuis le lundi 31 août, le temps s’est mis au beau en France, et la température s’est notablement élevée. Le 31 août, dès le matin, on notait 18® à Paris, 26° à Nice, 19? au puv de Dôme, 14° à Briançon. La température moyenne à Paris a été de 19**,3, supérieure de 2°,9 à la normale, avec un maximum de 27°,6. Le 1" septembre, dè$ orages ont été signalés le matin sur la Bretagne. Dans la soirée, un cyclone s’est abattu sur Saint-Acheul, faubourg d’Amiens, brisant, arrachant tout et transformant les rues d’Amiens en véritables torrents. La température s’est encore
- élevée sur presque toutes nos régions ; on a observé des maxima de 33° à l’ile d’Aix, de 34° à Clermont, à Biarritz, au Mans, de 32° à Dunkerque, Bordeaux, Nice, Marseille, de 31° à Nantes, Paris. Le 2 septembre, on a encore signalé en France des orages sur le centre, le sud-ouest et le sud. On a noté des maxima de 3fi° à Clermont, 53° à Bordeaux, Biarritz, 32° à Marseille, Besancon, 31° à Nancy, Dunkerque. A Paris, la température moyenne a été de 23°,la plus élevée de l’annee jusqu’à ce jour, supérieure de 7°,6 à la normale. Le 3 septembre, le temps a été beau et chaud en France; on a signalé des orages à Clermont-Ferrand et à Biarritz. A Paris, la température moyenne a été de 18°,5. Le 4 septembre, entre 10 et 11 heures du soir, un violent orage a éclaté sur Paris et les environs ; l’eau et la grêle sont tombées en abondance. Le ciel a été sillonné de nombreux éclairs. Il y a eu également un orage au Havre. On a recueilli 33 mm d’eau au cap Gris-Nez, et 12 mm à Brest. La température moyenne à Paris a été de 20°,6 avec un maximum de 27°,8 ; mais on a noté des maxima de 35°. à Limoges, 34° à Toulouse, 33° à Nice, Clermont, Perpignan, et de 32° à Bordeaux. Le 5 septembre, on a recueilli 9 mm d’eau à Lorient, 5 mm à Besançon, 2 mm au Havre, et 0,3 mm à Paris. En France, il y a eu un temps généralement chaud et à ondées orageuses. Le 6 septembre, la température s’ést toujours maintenue élevée ; mais les pluies ont été abondantes en France ; il est tombé 43 mm d’eau à Biarritz, 21 riiin à Limoges; 31 mm ?t Paris, 5 mm à Dunkerque. A Paris et dans les environs La pluie a été forte-et continue de 5 heures du soir à minuit. . .
- PHASES DE LA LUNE ; Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Une commission d’enquête vient d’être constituée à Londres, sous la présidence de M. Almêric Fitz-Roy, à l'effet de rechercher les causes de la décadence physique observée dans les classes laborieuses de la nation anglaise. Cette décadence a été particulièrement constatée au cours de la guerre sud-africaine, où les officiers de recrutement ont dû refuser un homme sur trois et abaisser par deux fois la taille et le poids exigés des recrues. On attribue cette dégénérescence physique à une alimentation défectueuse.
- —Ht— Au chemin de fer militaire allemand (ligne Berlin-Zossen), on continue les expériences avec la traction électrique. Ayant déjà atteint une vitesse de 160 kilomètres à l’heure, on vient de renforcer les rails en vue d’obtenir, si possible, une vitesse de 200 kilomètres à l’heure.
- —Ht— Le Dr Ludwig Biro est rentré de ses voyages et explorations dans la Péninsule Malaise et la Nouvelle-Guinée ^explora-tions qui n’ont pas duré moins de 6 ans). Il a rapporté des collections tellement importantes qu’il lui faudra plusieurs années pour les cataloguer et les disposer dans le Musée national hongrois.
- —Ht— Le ballon « Caffaro », ayant à bord deux rédacteurs du journal « Caffaro », est parti le 3 septembre, sous la conduite du capitaine Artois, pour tenter de traverser l’Apennin et les Alpes. Les autorités, les représentants de la presse et une foule considérable assistaient au départ. Le « Caffaro » s’est d’abord élevé à une hauteur de 5000 mètres, se dirigeant vers le Sud-Est. Il descendit ensuite à 3000 mètres, pour se diriger vers le Nord-Nord-Ouest au-dessus de l’Apennin. La descente se fit sans incidents.
- —Ht— Lors de la catastrophe du Métropolitain, l’état-major des pompiers était prêt à expérimenter un nouveau système de casque permettant aux sapeurs de pénétrer, sans danger, dans les endroits irrespirables. Là chaleur intense qui régnait dans le souterrain des Couronnes en rendit l’emploi impossible. D’autres expériences ayant été concluantes, le bureau du Coosêil municipal vient d’accorder au préfet de police un crédit- de 3000 fr. pour en poursuivre les essais et pour doter les principaux postes de pompiers de ce nouvel appareil qui se compose d’une bombe vitrée surmontée d’un cimier renfermant une petite pompe à air, d’une visière destinée à protéger la face et d’un cache-nuque dissimulant la prise d’air. Le cimier comporte un pas de vis sur lequel s’adaptent deux tuyaux : l’un servant de conduite d’arrivée d’air, l’autre pour le refoulement de l’air respiré. Ces tuyaux sont réunis par des conduites en caoutchouc qui aboutissent "a un compresseur à air disposé à proximité du lieu à explorer. La manœuvre du casque nécessite le concours de deux sapeurs et d'un sergent. Ce dernier, coiffé du casque, est aidé par le premier servant qui le conduit au moyen .d’une lampe de sûreté sur le lieu à explorer, le deuxième servant est chargé de la manœuvre du compresseur d'air et de la communication par signaux conventionnels avec son sergent.
- —Ht— Edwige, la petite chimpanzé qui sert à l’Institut Pasteur aux ctudes du D1' Metchnikolf, ne vivra plus dans la solitude. On lui a donné hier un compagnon dans la personne d’Edouard, chimpanzé mâle mis par le Muséum à la disposition de l’Institut Pasteur. Cet Edouard «st le quadrumane le plus gai qu’on ait jamais vu. Après avoir «omblé de prévenances sa compagne, il a bu coup sur coup un flacon de vin rouge et un flacon de vin blanc. On lui a offert ensuite un gobelet d’absinthe, mais il l’a repoussé avec dégoût. Edouard n’est pas alcoolique. Edouard et Edwige verront, dans quelques jours, arriver un nouveau couple de chimpanzés que l’on vient d’embarquer en Afrique pour les laboratoires de la rue Dutot. L’Institut Pasteur aura d ailleurs bientôt toute une petite colonie africaine, car, pour faciliter les recherches du Dr Metclinikoff, qui
- ont déjà produit de si intéressants résultats, le Dr Roux va traiter avec une singerie établie au Congo et d’où Seront expédiés à Paris les sujets nécessaires.
- —Ht— M. Emile Mervvart. secrétaire général de la Guyane française, vient d’envoyer au Jardin des Plantes à Paris quelques couples de coqs et poules ventriloques. Ce sont des « hoccos alee-tor », et cette espèce de gallinacés est dotée d’une trachée-artère à circonvolutions spéciales qui donnent à leurs cris la particularité que nous signalons. La chair des « hoccos » passe pour plus savoureuse que celle des faisans et pintades de fa plus fine espèce, et leurs œufs sont très recherchés.
- —Ht— Les travaux de percement du Simplon viennent de révéler l’existence d’une source d’eau chaude qui s’est fait jour dans la galerie que les ouvriers sont en train de pratiquer. La témpé-rature de cette eau atteindrait 50° C, en sorte que les ouvriers furent contraints d'abandonner le chantier transformé en Hammam. On ne sait encore si l’on pourra utiliser c'ette source chaude.
- —Ht— Le Congrès d’hygiène, à Bruxelles,- dans son assemblée générale de clôture le 8 septembre, a décidé que le prochain Congrès-se tiendrait à Berlin en 190‘7 : •
- —Ht— « Le courrier d’Haïphong » annonce que dans la nuit du 7 au 8 juillet, à 4 heures du matin, a eu lieu une grande secousse de tremblement de terre dans la région de Yinh à Thanli-lloa ; il y a eu des dégâts à Phu-Nga et à Lang-Mit. Une seconde secousse très légère a eu lieu le 8 juillet à 5h 30 du soir. Une troisième secousse plus forte a agité toute la contrée le 20 juillet à 10 h. du soir.
- La journée du dimanche 13 septembre 1903 comptera dans les annales du cyclisme et de l’automobilisme. En effet, dans une réunion donnée au Vélodrome du Pare-aux-Princes ont été disputés le Championnat du monde de motocyclettes, le Grand Prix de la République (course de vitesse) et une course de l’heure avec entraîneurs. Le Championnat au monde de motocyclettes, couru sur 10 km, a été remporté par Maurice Fournier (Français) sur une motocyclette Clément à 4 cylindres, de 12 chevaux. Le vainqueur a couvert les 10 km en 5 minutes 55 secondes 1/5 (record du monde), soit à une vitesse moyenne de 101l“î,4Q8"? à l’heure; 1 km a été couvert en 22 secondes 3/5, ce qui représente une vitesse de 106km,19im à l’heure; cette vitesse est la plus grande qui ait jamais été enregistrée sur piste. Le Grand Prix de la République a été gagné par le coureur danois Ellegard, devant Van den Born (Belge), Jenkins (Anglais) et 95 autres con-currents’de tous pays. Enfin, dans la course de l’heure, le coureur anglais Tommy Hall, entraîné par une motocyclette munie de coupe-vent, a battu tous les records du monde à partir du 12e kilomètre, et particulièrement le record du monde de l’heure, couvrant dans ce temps 84km,140al (ancien record 81km,108m). Cette performance est absolument prodigieuse. Voilà un record qui sera difficile à battre 1
- —Ht— Dans la nuit du 10 au 11 septembre 1903, une violente tempête . s’est abattue sur toute l’Angleterre, causant partout de graves accidents. Elle s’est dirigée sur les côtes et la mer a été très dangereuse à Douvres, Folkestone, Douglas, Newhaven. Un coup de vent s’est abattu sur le port du Havre à l’heure de la marée à 11 héures et a déterminé un raz de marée. Les quartiers Saint-François et Notre-Dame ont été inondés; les caves ont été envahies par les eaux. La tempête s’est déchaînée le 11 septembre sur les côtes de Cherbourg ; la mer était furieuse en rade et a causé .plusieurs sinistres. A Fécamp les cabines du casino ont été complètement détruites; de nombreux arbres ont été déracinés. A Dieppe, les dégâts ont été également considérables; le servicé de Dieppe à Newhaven a été interrompu. Au Tréport les cabines des bains ont été détruites et l’emplacement a été comblé par des galets. Le vent a soufflé avec violence sur la région de Rouen; dans le port, la Seine a été houleuse, et les navires ont dû doubler leurs amarres.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le Dv Onimus, [de Paris, nous adresse sa brochure intitulée les deux vapeurs d'eau au point de vue climatologique et hygiénique. Il distingue, en effet, la vapeur d’eau visible formée par des gouttelettes, et l’invisible. Nous ne voyons pas bien la distinction. La différence tient simplement au degré de saturation.
- M. le professeur lgnazio Galli, de l’Observatoire météorologique de Velletri, nous a fait parvenir une brochure traitant des poussières terrestres qui peuvent être suspendues dans l'atmosphère.
- Renseignements. — M. Th. Dumont, à Nyons. — A la maison Mulo, 12, rue Hautefeuille et à la maison Deyrolle, rue du Bac, 46, à Paris, vous pourrez vous procurer des ouvrages divers pour la détermination des insectes.
- M. A. Maurel, à Bordeaux. — Le fabricant de cet appareil est M. Bellieni, place Carnot, à Nancy.
- M. Bon, à Tourcoing. — 1° La prononciation du mot n’est pas fixe. — 2° Vous trouverez cet instrument chez M. Williams, 1, rue Caumartin, à Paris.
- M. l’Econome de l’Asile de Villejuif. — Cette maladie n’est sans doute pas spéciale aux platanes, puisqu’elle attaque aussi les tilleuls : si vous pouviez nous adresser quelques-unes des feuilles attaquées, peut-être pourrions-nous vous indiquer un remède.
- M. H. Champier, à Tarare.. — La destruction de ces rongeurs est toujours problématique : essayez de la pâte phosphorée préparée comme suit. Faites bouillir 400 gr. d’eau, ajoutez-y 20 gr. de phosphore, 200 gr. de farine de seigle, 200 gr. d’huile de noix, et 258 gr. de sucre, en remuant avec une spatule. On peut en imprégner du grain ou en beurrer des tartines que l’on place à l’entrée des terriers.
- M. R. Hervineau, à Noirinoütiçr. — Le stéréocycle Lerov, 47, rue du Rocher, répond à votre désir.
- M. P. /., à L. — 1° Ecrivez directement à M. Claude, 62, rue Saint-Lazare, à Paris. — 2° 11 y a cinq volumes de Recettes et procédés utiles : le prix de chaque volume est de 3 francs : en vente à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. L., a Pont-à-Mousson. — Faites fondre sur un feu doux 50 gr. de paraffine et 50 gr. de gutta-percha : étalez à chaud ce mélange avec un fort pinceau : laisser séchez et vous aurez un enduit solide et imperméable.
- M. Ch. Joly, à Paris. — 1° Il y a intérêt à passer plus près, mais on aura encore de bons résultats à 0ra,01. — 2° On trouve l’étoffe chez les marchands de tissus pour vêtements imperméables.
- M. M., à Gôteborg. — 1° Voyez dans le n° 1557, du 28 mars 1903, un article intitulé « l’Alcool synthétique ». — 2° Les fabricants d’appareils de chimie pourraient vous établir un appareil de ce genre : adressez-vous à la maison Poulenc, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. Gron,a Novaïa-Ouschitza. — Machines à sculpter le bois ; M, Charrier, à Vendôme; M. Rausome, Newark on Trent (Angleterre).
- M. G. Barbareschi, à Milan. — La machine à repasser les devants de chemises se trouve chez MM. Pietet Cie, 11, rue du Terrage, à Paris.
- M. Lesurque, à Douai. — Le papier comprimé manquerait peut-être de souplesse et de légèreté pour le but que vous vous proposez. Pourquoi ne pas essayer du liège artificiel: la lro série des Recettes et procédés utiles vous donne la manière de le
- fabriquer, et vous en trouvez de tout fait chez MM. Menant et Gayraud, 65, boulevard Picpus, et MM. Bessière et Doisy, 101, faubourg St-Denis, à Paris.
- M. Coste, à la Maillerie. — La dynamo alimentée par le moulin à vent pourra être utilisée pour la charge des accumulateurs, mais il sera nécessaire d’adapter des appareils conjoncteurs-disjoncteurs, permettant d’utiliser la dynamo lorsque,, par suite de la vitesse angulaire, la différence de potentiel sera inférieure à celle des accumulateurs.
- M. Vergés, à Guarapuava. —> On se sert généralement pour cet usage d’un mélange d’huile de colza et d’huile de schiste* dont les proportions sont très variables.
- M. le Directeur de la Ménagère, à Nice. — Vous voulez-probablement parler du séparateur d’eau et de vapeur, décrit dans les Petites inventions du n° 1495, du 18 janvier 1902. Il est en vente chez M. Jeffreys, 23 Billiter Street, à Londres.
- M. Siebertz, à Kohlscheid. — Les Vives, que Cuvier avait placées dans la famille des Perchoïdes, forment aujourd’hui la famille des Trachinidées. 11 en existe _plusieurs espèces fort communes sur nos côtes; les plus répandues sont: Trachinus vipera, T. Draco, T. Radiatus et T. Araneus. Toutes ces espèces ont des épines qui sécrètent un poison dangereux. (Voir n° 591, du 27 septembre 1884, page 261.)
- M. T. de Sillac, à Paris. — Les maisons suivantes pourraient vous fournir le matériel nécessaire : M Ruggieri, 94, rue d’Amsterdam ; M. Decey et Cie, à Angers (Maine-et-Loire), Le Dr Vidal, président de la Société d’ilorticulture d’Hyères, vous donnerait aussi des indications très utiles.
- M. A. Bismot, à Alexandrie. — Cet appareil, qui nous est complètement inconnu, ne doit pas être très répandu.
- M. Jawner, à Madretch. — Grattez bien votre plancher et badigeonnez-le avec la mixture suivante: alun, 60 gr.; sulfate de fer, 60 gr.; acide borique, 30 gr.; gélatine, 19 gr.;. empois, 6 gr.; eau, 1000 gr. Vous pouvez ensuite le colorer d’une façon quelconque.
- M. L. M. T., à Amiens. — 1° Nousne connaissons pas d’édition de ces travaux. — 2° et 3° Le « Traité de chimie industrielle » de F. Wagner, tome I, contient une étude complète des combustibles et de leur utilisation ; librairie Masson et Cî0, 120, boulevard Saint-Germain ; prix : 30 francs.
- M. Allier, à Paris. — Nous ne pouvons que vous engager à vous renseigner auprès de la rédaction du journal anglais Nature, Saint-Martin Street London, W. C., de qui nous tenons, cette indication.
- Mm* de la V., à la Frette. — 11 n’existe aucun moyen radical pour se préserver des . mouches. Toutefois vous-pourriez essayer le système suivant : garnir toutes vos issues1 de filets à mailles de 2 centimètres de, côté; cela suffit, paraît-il, à empêcher l’entrée des mouches. Vous pourriez faire aussi l'expérience suivante : répandre dans les fumiers de la ferme qui est votre voisine des spores de « Botrytis tenella », champignon qui détruit les vers blancs. 11 aurait aussi probablement de l’influence sur les larves de mouche. Vous trouveriez ce produit èn tubes à la Société centrale des produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris, au prix de 1 franc le tube: chaque tube peut servir pour 1 mètre carré de terrain. Il serait bon que vous nous envoyiez un certain nombre de spécimens de ces diptères, car leur étude [nous suggérerait peut-être un remède.
- M. A. Thibaudeau, à Pons. — Nous n’avons pas eu connaissance de cette nouvelle pile ; quant au journal nous n’avons pu en tirer parti, étant donné qu’il est rédigé en hongrois.
- M.E. de Tricqueville, àArromanches. —Veuillez vous adresser à la Cie du gaz Clayton, 36, rue Taitbout, à Paris.
- M. le DT Thiron, à Jassv. — Adressez-vous directement à M. Démeny, 2, avenue des Tilleuls, à Paris.
- M. le Dr H., à Lyon. — Les résultats dont vous nous faites part sont absolument surprenants et nous ne pouvons nous les expliquer que par une falsification du papier à filtrer. Il est prouvé qu’on mélange à la pâte une proportion de cendres allant jusqu’à 10 pour 100 ; comme elles sont composées en grande partie de sulfate de chaux, et que ce sel est très soluble dans l’eau distillée, les réactions et les proportions en sont complètement troublées. C’est ce qui expliquerait, à notre avis, les résultats inattendus de vos analyses.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Couvert. Nous avons fait parvenir la lettre à son adresse. — M. H.-T. M. Votre mélange était certainement trop clair. — M. Le May, à Lisieux. Voyez dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, le moyen de faire disparaître le goût du beurre rance : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Vans la « imite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- LE JEU DES PETITS CHEVAUX
- Dans la plupart des casinos, aussi bien dans les villes d’eaux qu’aux bains de mer, sévit un jeu de hasard, bien connu, celui des petits chevaux, pour lesquels cerlaines personnes se passionnent... et se ruinent. 11 suffit de l’étudier pendant cinq minutes pour voir que le casino doit forcément gagner et que, par suite, les joueurs doivent perdre, sinon tous individuellement. du moins en bloc. Comme vient de le calculer M. G. Maupin1 l’impôt que prélève de la sorte le casino sur les mises est ae 11,Il pour 100, taux qui, du temps qui court,est plutôt « salé ».
- On sait que le tableau où l’on ponte a la forme ci-dessous.
- autre tableau, puisque c’est la même machine qui détermine les gains sur tous les tableaux d’un même jeu.
- On voit qu’il est impossible d’établir un moyen sùr de gagner. Mais, avec une cruelle ironie, M. G. Maupin, remarque qu’il y a plusieurs manières de perdre à coup sur. Par exemple, en mettant 10 francs sur chacune des neuf cases, on perd 10 francs. De même, on perd 2fr;50, en mettant 10 francs sur chacune des bandes et 2rr,50 sur le 5.
- D’ailleurs, comme à la roulette, plus on éparpille ses mises, plus on diminue ses chances. Et il est moins désavantageux de jouer sur un numéro que sur les bandes ou sur la couleur, car, l’impôt étant le même, il vaut mieux risquer de gagner huit fois que deux fois sa mise. Hexju Coupiiv.
- Les chiffres et les séparations sont jaunes. Le carré B est bleu et correspond aux numéros 1,3,7,9; le carré R est rouge et correspond aux numéros 2,4,6,8. Le numéro 5, qui occupe le centre du tableau, — le casino lui reconnaît à bon droit (à Son point de vue) la place d’honneur, — est tricolore, ce qui est une manière peu banale d’indiquer qu’il n’a pas de couleur.
- 11 y a, en outre, deux bandes : celle de gauche correspond aux numéros 1,3,6,8; celle de droite aux numéros 2,4,7,9. Chaque cheval du modèle officiel des casinos porte sur la tète un petit drapeau de couleurs rouge ou bleue ; pour le cheval 5 il est tricolore. Le numéro est marqué en blanc pour les d'eux premières catégories, en noir pour le 5. Au cas où deux chevaux arrivent ensemble « dead heat », ils ne sont pas payés tous deux, mais on les fait recourir : de cette façon il n’y a jamais qu’un seul cheval gagnant.
- Pour prendre part au jeu, on peut poser une certaine somme, par exemple 10 francs sur une des cases 1,2,3,4,5,6,7,8,9 ; supposons sur le 4. Si le cheval 4 arrive, on touche huit fois sa mise, sinon on perd. Soit p la probabilité simple, c’est-à-dire le rapport entre le nombre des événements favorables et le nombre total de chances; e, l’espérance mathématique qui est le produit de p par le gain éventuel; ?, l’impôt prélevé sur 100 francs par le tenancier; a, la somme risquée au jeu, somme qui, en touchant le tapis, vaut seulement a — e. La perte moyenne éprouvée sur a est donc a — e et sur 100 francs, elle est, d’une manière générale :
- * = 100 fl —-V
- 1 80
- Dans le cas qui nous occupe, a = 10 ; p = -; e = — •
- D’où; * = 11,11.
- Au lieu de jouer sur les numéros, on peut « jouer à la couleur ». On pose, par exemple, sa mise sur R : si un des chevaux 2,4,6,8 sort, on touche deux fois sa mise, sinon on perd. De même, misant sur B, on gagne si un des chevaux 1,3,7,9 sort, sinon on perd. Ainsi lorsque le 5 sort, les couleurs sont pour le casino, car le 5 est tricolore.
- On peut encorq jouer « à la bande ». On mise sur la bande de gauche, et on touche deux fois sa mise si un des chevaux 1,3,6,8 sort; ou sur la bande de droite, et on touche deux fois sa mise si un des chevaux 2,4,7,9 sort. Le 5 sortant fait encore perdre les bandes.
- Soit pour la couleur, soit pour la bande, on a donc a. = 10 ; p = ^ ; e — Et, par conséquent : i = 11,11.
- Remarquons qu’il suffit de faire le calcul pour un joueur, puisque chacun joue pour soi et indépendamment des autres. Mais comme la banque veut éviter le risque de voir sortir un numéro trop chargé, et s’efforce de canaliser le gain, elle empêche souvent de mettre sur un numéro plus de dix francs. Celui qui qui trouve ainsi une case « fermée » doit mettre son argent sur une autre case ou chercher une place correspondante sur un
- 1 Associât, franç. p. l’avanc# des sciences.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La Bourdaine.
- Si l’on consultait les vieux ouvrages de pharmacopée ou de médecine, on y retrouverait l’emploi de bien des médicaments tombés en désuétude et qu’on retire un beau jour de l’oubli pour le bénéfice des chercheurs et des malades. C’est le cas de ce nouvel agent laxatif, dont les thérapeutes se servaient il y a plus de cinquante ans, sans compter qu’on trouverait peut-être trace de son usage à des époques encore plus reculées. La bourdaine, de son nom botanique « Rhamnus frangula » est un arbuste assez commun dans nos régions, de la famille des rhamnées ou des nerpruns. Moins connue que le nerprun vulgaire « Rhamnus catharticus », connu sous le nom de bour-guepine, épine de cerf, la bourdaine est de la même famille. Les baies du nerprun ordinaire sont d’un usage courant à la campagne comme purgatif ; on les appelle des pruneaux noirs. De la grosseur d’un petit pois, renfermant trois ou quatre graines au milieu d’une pulpe succulente, ils font la base d’un sirop qui s’emploie plus aujourd’hui en médecine vétérinaire qu’en thérapeutique humaine. De vieux praticiens, fidèles aux antiques formules, associent encore le sirop de nerprun à l’eau-de-vie allemande, quand il est nécessaire de donner un purgatif énergique. La Bourdaine ou Bourgène, aune noir, est douée de propriétés laxatives dues au même principe que celui du nerprun, la rhamnène ou franguline. 11 semble que contrairement au rhamnus catharticus, ce principe se trouve moins dans les fruits que dans l’écorce. C’est cette partie de l’arbrisseau qui contient la plus grande quantité de franguline ou, d’après les recherches chimiques les plus nouvelles, d’émo-dine. L’infusion de poudre d’écorce sèche, 5 grammes par tasse, prise le soir au moment du coucher, a des effets laxatifs, sans coliques et sans nausées. Le breuvage, il est vrai, n’a rien d’agréable, en raison de la saveur amère. Pour les délicats il est facile de mettre la poudre d’écorce en cachets ou mieux de se servir de l’extrait fluide désséché, qui, à petites doses, donne les mêmes résultats que la poudre d’écorce. La bourdaine constitue un laxatif très hon, et dont l’usage peut être continué longtemps sans aucun inconvénient. Mais, comme pour tous les agents médicamentaux destinés à combattre la constipation, il arrive à ne plus être aussi efficace après un certain temps. L’intestin s’accoutume à l’action de ces excitants artificiels, il faut varier leur emploi et le mieux encore est d’arriver à s’en passer, grâce aux moyens hygiéniques et à Un régime approprié.
- Régime d'amaigrissement.
- Yoici le régime conseillé par le Dr Robin pour lutter contre 'obésité et amener l’amaigrissement. A 7 heures du matin, iande froide ’a volonté. Pain, 10 grammes. Une tasse de thé xtrêmement léger sans sucre, à peine un soupçon d’infusion.
- „ 10 heures du matin, un œuf à la coque, sans pain. A 11 heu-es du matin. Yiande froide et légumes verts à volonté, mais égumes cuits à l’eau, sans beurre, ni graisse, ni sauce, ’ain, 30 grammes. Une tasse;de thé léger, sans sucre. A 3 heu-es de l’après-midi, tasse de thé, comme celle du matin, c’est--dire peu chargé. A 7 heures du soir, viande froide à volonté, œgurnes verts cuits à l’eau. Pain, 30 grammes. Salade ou resson, avec du sel, sans autre assaisonnement. Une à deux asses de thé chaud. Après chacun de ces re] as, se promener iendant une bonne demi-heure. Ce régime est dur à suivre, nais comme il exclut les farineux, les graines, le sucre, tout n satisfaisant les besoins nutritifs, il donne de ions et rapi-!es résultats, soit une vingtaine de livres de pOTe en moins de uatre semaines. Dr A. C.
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- .NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le diamalt. — La publication allemande Pharinaceutische Centralhalle donne les indications suivantes sur le diamalt, une substance qu’on emploie maintenant volontiers à la place du lait dans les pâtisseries et boulangeries. C’est une masse sirupeuse épaisse, d’odeur un peu sure, mais agréable, de goût doucereux, dont la densité est de 1,4820; la proportion d’eau qu’on y trouve est de 24, à 28 pour 100, et la proportion de cendres de 1,5. L’analyse y reconnaît 0,718 à 1,51 d’acide lactique, puis 4,58 à 5,00 pour 100 de matières azotées, enfin 08 pour lût) de matières constitutives riches en azote : à signaler principalement de la maltose. Le diamalt en dissolution dans de l’eau forme un mélange vert jaunâtre, son apparence
- trouble lui est donnée par des grains d’amidon,^des cellules de levure, et un coagulum non déterminé.
- Liquide pour préparations zoologiques. — Nous pouvons ajouter aussi pour préparations anatomiques, et, d’une manière générale, pour tous les tissus animaux que l’on veut conserver. On le prépare avec 00 parties d’uné solution de formaldéhyde à 40 pour 100, et 40 parties d’alcool dans 1000 parties d’eau. Quand on veut conserver des objets très denses, il vaut mieux employer 90 à 100 parties de la solution de formaldéhyde, et, si l’on désire que les tissus demeurent mous, il importe d’additionner la préparation de 2120 parties de glycérine. On peut du reste rendre cette solution absolument limpide en la filtrant sur du charbon animal.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M.. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 septembre. 15”,2 N. N. \V. 3. Couvert. 51,4 Couv. jusqu’à 18 h. ; p. nuag. ensuite.
- Mardi 8 9’,5 S. S. W. 0. Beau. 0,0 Brouillard de 20 mètres à 6 h. ; rosée; beau le matin;
- Mercredi 9 14”, 4 S. W. 5. Couver). 0,0 nuag. le soir. llosée ; couvert jusqu a 19 h. ; beau ensuite ; gouttes ou
- Jeudi 10 9”,9 S. W. 2. pluie de 14 h. à 16 h. 45.
- Beau. 4,8 Rosée; beau jusqu’à 8 h.; très nuageux ensuite; halo
- Vendredi 11 solaire.
- 11”,7 W. S. W. 5. Couvert. 0,6 Très nuag. ; plusieurs averses le matin.
- Samedi 12 8»,0 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Rosée ; nuageux ; gouttes à 16 et 17 h.
- Dimanche 13 ... . 6“,4 S. IV. 0. Beau. 0,0 Rosée ; très nuag. ; halo. 1
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- SEPTEMBRE 1903. — SEMAINE Dü LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 SEPTEMBRE.
- La. courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’observatoire du parc Saint-Maur, en août 1903
- par M. Tu. Mocreacx.
- -'Pression barométrique, altitude 50™,3. Moyenne des 24 heures. 757“",47 : minimum absolu, 714'"“,9 le 14 à 18 h. 45; maximum absolu, 766""”,4 le 26 à 12 heures; écart extrême, 21””,5.
- • Température. Sousl’abri : moyenne des miuima* * 12°,37; des maxima, 22°,66; du mois, 17°,51 ; vraie des 21 heures, 16°,92; minimum absolu, 9°,1 le 30; maximum absolu, 29’,1 lé 8. Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 11°,05; des maxima, 43°,27 ; minimum absolu, 7°,2 le 26; maximum absolu. 53°,4 le 8. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0”,30 de profondeur, 17°,74; à 1 mèlre,, 17°,44. De la Marne ; moyenne le matin, 19\33; le soir, 19°,87 ; maximum, 21°,72 le 8 : minimum, 17°,73 le 26.
- Tension dé la vapeur : moyenne du mois, 10””,64; minimum, 6“",1 le 7, à 13 heures; maximum, 16"”,0 le 14 à 15 heures.
- , Humidité relative : moyenne du mois, 75,8 ; minimum, 32 le 7 à 13 heures ; maximum 100, en 10 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 61.
- Insolation ; durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 412 iieures; durée effective de l’insolation, 214 heures en 30 jours; rapport 0,48.
- Pluie : total du mois, 64““fi eu 36 heures réparties en 16 jours, et, en outre, 5 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre ; il eii est tombé 23”“,3 dans la journée du 23, dont il mm entre 16 et 17 heures.
- On a noté 18 jours de rosée, 5 jours d’orages, les 14, 15, 19, 21,23; 2 jours d’éclairs sans tonnerre, les 8 et 10.
- Fréquence des vents.: Calmes, 2.
- N . . . . 16 E. . . . S 60 W . . . . 72
- N. N. E. . 20 E. S. E . . 5 S. S. W . . 116 W. N. W . 38
- N. E . . . 11 S. E . . . 12 S. W. . . 177 N. W. . . 42
- E. N. E. . 10 S. S. E. . . 22 W. S. W . 103 N. N.W. . 21
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 5”,6 ; moyenne diurne la plus grande, 6“,1 le 15; la plus faible, 1“,4 le 22; vitesse maxima, 9”,2 le 15 à 12 h. 30 par un vent de S.-S.-W.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre — 0““,23; température — 0°,73; tension de la vapeur, — 0”“,40; humidité +- 0,8; nébulosité -h 11: pluie -+- 8“”,8.
- Floraisons. Le 2, helianlhus multiflorus; le 4, tanaisie; le 6, pendcaire ; le 9, aster hâtif.
- Les derniers martinets ont été vus le 29; on n’en avait aperçu aucun depuis le 18.
- PHASES DE LA.LUNE : P. L. le 7 à 0 h. 29 m. du matin.
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- ” " M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- ____i$i_ M. Dybowski, inspecteur général de l'agriculture coloniale, vient d’être chargé par le ministre des colonies d’une mission au Sénégal et en Guinée française, en vue de déterminer les conditions dans lesquelles devra être entreprise dans ces possessions la colonisation agricole.
- —)£— Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. A. Certes, inspecteur général honoraire des Finances, ancien président de la Société de Zoologie. M. Certes avait poursuivi de nombreuses recherches très fines sur diverses bactéries et présenté plusieurs Mémoires à l’Académie des sciences.
- —— Les expériences aéronautiques que MM. le comte de la Taulx et Hervé espéraient effectuer cette année au-dessus de la Méditerranée sont remises au mois de juin prochain. On sait qu’elles avaient pour objectif d’appliquer au ballon sphérique sur stabilisateur un propulseur d’un genre tout nouveau mû par un moteur également inédit. La construction de ces organes vient à peine •d’être achevée et, avant de s’embarquer au-dessus de la mer, il est nécessaire de soumettre le moteur et le propulseur à une série
- - d’épreuves qui sont actuellement en cours. On profitera de ce répit forcé pour appliquer tout d'abord ces appareils à des ascensions terrestres, où ils pourront donner des résultats fort intéressants.
- —— Le capitaine Lenfant, chargé de reconnaître s’il existe une voie navigable continue de la Bénoué au Niger, est arrivé à Lokodja, au confluent du Niger et de la Bénoué, le 11 août 1903. Il a reçu un très bon accueil des autorités anglaises et en particulier de M. Wath, l’agent général de la Niger Company avec lequel il a traité pour le transport de son personnel et de son matériel sur le vapeur « Liberty » jusqu'à Garossa, point terminus de la partie de la Bénoué accessible aux grands bateaux. Grâce à tous ces concours la mission a marché avec une rapidité exceptionnelle. Elle pensait être à Garossa le 23 août et si les canaux navigables entre la Bénoué et le Tchad existent réellement, elle espérait arriver sur le lac vers le 15 septembre, c’est-à-dire cinquante-sept à cinquante-huit jours seulement après son départ de Paris. Au cas où cet heureux pronostic se serait réalisé, on pourrait transporter par.cette voie une tonne de marchandises de Bordeaux au Tchad pour 450 francs, au lieu de 2250 qu’il en coûte actuellement par le Congo.
- —— Le capitaine Daniel Bruun, explorateur et écrivain distingué, vient de rentrer à Copenhague d’une expédition qu’il a entreprise cet été au Groenland, à l’instigation du gouvernement danois et dans le but de faire des recherches archéologiques dans les contrées inconnues ou très peu explorées du fjord de Godthaab. M. Bruun raconte qu’il est arrivé à Godtlvjmb le 23 avril ; mais, à cause du temps froid et de l’abondance de la neige, il n’a pu commencer son y-avail que beaucoup plus tard. Au mois de juillet, il a pu explorer en bateau toute la côte jusqu’à Ivigtut où il a été reçu avec enthousiasme par les Esquimaux. Il a découvert plus d’une
- - centaine de ruines d’anciennes demeures, construites comme celles de l’Islande, c’est-à-dire se composant d’une maison d’habitation et d’une étable à côté. Dans d’anciens « kjœkken-mœddings » ou endroits où on met les rejets et débris de la cuisine, il a trouvé des morceaux curieux de vaisselle. Il a pu découvrir aussi la demeure de Jean Egéde qui, on le sait, était fondateur des missions danoises au Groenland où il est mort en 1785. Dans la vallée d’Austmanna, que traversèrent Nansen et Sverdrup, en 1888, M. Bruun a également trouvé de nombreuses ruines. Il ne reste plus rien des matériaux qu’y avait laissés Nansen, mais les Esquimaux se souviennent toujours de lui et se sont montrés très contents de recevoir de ses nouvelles.
- —— A la séance du 6 septembre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, MM. le Dr Capitan, Breuil et Peyrony ont indiqué à l’Académie les résultats que vient de leur fournir un
- premier examen des parois de la grotte de Teyjat (Dordogne). Cette grotte est formée d’un couloir se bifurquant plusieurs fois. Dans la bifurcation de droite, à 10 mètres de l’entrée, lors de fouilles remontant à quatorze ans, M. Perrier du Carne avait constaté dans la grotte la présence d’une industrie magdalénienne avec de jolies gravures sur os et ivoire. Or, juste en ce point, il existait une sorte de cascade stalagmitique formant une paroi régulière. Celle-ci a été brisée en pluiseurs blocs complètement recouverts d’argile et sur lesquels les auteurs, après un lavage soigneux, ont u facilement reconnaître et calquer tout d’abord deux gravures de ovidés, l’un mâle, l’autre femelle. Ce sont de gros animaux à cornes dirigées en avant. Deux autres figurations se rapportent au contraire aux bisons. Il y en a un assez grand et l’autre plus petit. Le type cervidé est représenté par deux figures. On peut également reconnaître très nettement l’image d’un petit cheval et celle d’un renne. Telles sont les gravures tout à fait évidentes qu’un premier examen a permis d’observer sur les parois de la grotte de Teyjat, mais il est vraisemblable qu’une étude minutieuse, après lavage soigneux, permettra de reconnaître d’autres figures. En tout cas, ces découvertes portent à neuf le nombre des grottes dont les parois portent des gravures ou peintures exécutées à l’époque préhistorique quaternaire (magdalénienne).
- —— Quarante navires formant les deux tiers de la flottille armée par ie port de Dunkerque pour la pêche de la morue en Islande, sont de retour de campagne. La plus faible pêche est celle de la goélette « Louise » qui n’avait que 184 tonnes de morues, la plus importante est, jusqu’à ce jour, celle de la « Dunkerquoise », qui était de 545 tonnes. A Gravelines, petit port voisin) est entrée la goélette « Sainte-Anne » avec la superbe pêche de 474 tonnes. Le 10 août, date à laquelle ils ont quitté les lieux de pêche, l’Islande était envahie par des tourmentes de neige.
- —Les fouilles que M. Flinders Pctrie poursuit à Abydos viennent de révéler un ensemble de faits d’un haut intérêt. A "une profondeur de 7 mètres, les restes d’un temple furent découverts ; ils contenaient les ruines de dix autres édifices qui occupèrent successivement cet emplacement et qui furent construits entre 500 et 5000 avant J.-G. On fut amené à découvrir que le dieu primitif de l’Egypte "n'était pas Osiris, comme on le croit généralement, mais bien Jackal, dont le culte fut supprimé sous la IVe dynastie, et le temple détruit. Hérodote affirmait déjà ce fait, en l’attribuant à Chéops.
- —}£— L’aéronaute Stanley Spencer a fait une expérience le 17 septembre à Londres avec son ballon dirigeable. Ce ballon, dont l’enveloppe est de soie jaune, a la forme d’une torpille d’une longueur de 27 mètres environ et d’un diamètre de 8 mètres. La charpente qui contient le moteur et la nacelle est attachée au ballon à l’aide d'un grand nombre de cordages; le moteur a une puissance de 24 chevaux. L’hélice est placée à l’avant; à l’arriére est disposé le gouvernail que l’aéronaute manœuvre au moyen de longues cordes. Dans l’expérience du 17 septembre, il s’agissait de faire le tour de la croix d’or qui surmonte le dôme de la cathédrale de Saint-Paul. Parti en ballon du Cristal Palace, à Sydenham, c’est-à-dire à une douzaine de kilomètres au sud de la cathédrale, vers 5 heures du soir, à une allure assez aisée, mais en zigzagant sensiblement, M. Spencer s’est dirigé vers l’est de Saint-Paul. Il paraissait bien maître de sa direction et décrivit avec facilité un grand arc de cercle dans la direction nord-ouest pour reprendre le chemin du palais. À un moment, l’aérostat a semblé ne plus pouvoir marcher contre le vent, qui soufflait du sud, et M. Spencer a dû renoncer à doubler la croix de Saint-Paul. A 6 heures, on le signalait dans la direction du nord se dirigeant apparemment vers Alexandra Palace ; mais il n’a pas réussi à l’atteindre et il est descendu sans encombre dans une propriété particulière à New-Barnet, à 12 km au nord de Londres, c’est-à-dire juste sur le point opposé à celui où il devait revenir.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. H. Lemaire, de Bordeaux, nous communique l’observation suivante : « Me trouvant à l’île d’Yeu, dans le courant du mois d’aoùt, par mer grosse et temps à grains, j’ai observé un soir une illusion d’optique fort curieuse ; en regardant la mer, par une fenêtre ouverte dans la direction du continent, je voyais distinctement la traînée lumineuse provenant du phare électrique de l’île (feu de lre classe, d’une portée de 110 kilomètres) décrire à chaque intermittence une courbe concave par rapport à moi de telle sorte qu’il semblait que le centre optique des rayons émis par le phare était situé dans une direction diamétralement opposée, c’est-à-dire sur le continent même. J’ai fait remarquer la direction apparente des rayons lumineux à diverses personnes qui contrôlèrent le fait. Dans la situation que nous occupions dans l’hôtel, les maisons de l’île formant écran nous masquaient le phare lui-même situé au milieu de l’île en un point culminant. En regardant sur le port l’illusion persistait quoique affaiblie. Je serais heureux de connaître l’explication réelle du phénomène. ))
- M. le capitaine Agnus nous écrit de Névache : (( J’ai été témoin avant-hier, entre 8 heures et 9 heures du soir, d’un phénomène que je n’avais jamais observé. Il s’agit d’un arc-en-ciel lunaire. La vallée de Névache (Hautes-Alpes) est à une altitude d’environ 1700 mètres. Une forte pluie venait de tomber, et les nuages se retiraient peu à peu vers l’ouest pendant que vers l’est la pleine lune brillait dans le ciel de tout son éclat. Sortant à ce moment vers 8 heures .environ j’ai pu contempler cet arc-en-ciel qui était très brillant. La pluie tombait encore assez fortement à l’endroit où j’étais. L’arc-en-ciel était blanc, son centre était naturellement le point diamétralement opposé à la lune par rapport à l’œil de l’observateur, autrement dit l’ombre de la tète de celui-ci ; la partie intérieure de l’arc paraissait plus blanche que la partie extérieure ; cela provenait probablement d’une illusion d’optique. »
- Un de nos abonnés, à Yokohama, nous envoie deux photographies montrant à quelle hauteur étonnante arrivent les lis rouges au Japon, On y voit leurs tiges s’élever à une hauteur de trois mètres au-dessus du sol, et cependant leurs fleurs sont de bien plus grandes dimensions que celles de nos climats.
- Renseignements. — M. Trouillot, à Haïti. — Le lacto-viscosimètre se trouve chez M. Paul Micaut, fabricant, 2, rue de la Banque, à Bar-le-Duc.
- Abonné 4472. —- 1° La Compagnie du gaz Clayton a son siège 36, rue Taitbout, à Paris : son procédé serait certainement efficace pour votre cas. — 2° Vous pourriez essayer de la poudre insecticide, ou des paquets de feuilles de tanaisie, disposés dans les lits : toutefois le gaz Clayton est plus sur.
- M. J. Girardot, à Pesmes. — Essayer de la Stucatine, fabriquée par M. Collantier, 10, rue Poisson, à Paris.
- M. A. Bernard, à Chedaigre. — Il suffit, une fois la solution faite, d’y tremper un petit tampon de ouate et de le placer sur la partie douloureuse.
- Abonné 3756. — Vous trouverez des indications complètes sur le Bombyx Cynthia dans le Bulletin la « Société d’Acclimata-tion », 44, rue de Lille, à Paris : de nombreux mémoires y ont été publiés depuis 1854. Le Laboratoire d’études de la soie de la Chambre de Commerce de Lyon, publie un bulletin qui contient des renseignements très importants sur la question (Imprimerie du « Salut public », à Lyon).
- M. A. R. E., à Paris. — Il nous est impossible de fournir des renseignements qui sortent complètement de notre cadre.
- M. Savigny, à Triel. — Cet instrument n’est autre que-l’arithmographeTroncet, en vente à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. K. Z., à Odessa. — Nous ne pensons pas que le projet de pont sur la Manche soit encore à l’étude. Nous en avons-publié une description avec illustrations dans le n° 856, du, 26 octobre 1889, page 340. Il nous parait inutile d’v revenir,
- M. Dubois-Landry, à Saint-Sever. — Dans la plupart descas, les pulvéï’isations de jus de tabac suffisent : souvent on l’additionne de mélasse dans des proportions variables, pour en augmenter l’adhérence.
- M" FIe Lagille, à Thonon. — La métallisation des insectes-est, en effet, assez délicate, mais vous trouverez dans la 5e série des Recettes et procédés utiles deux méthodes qui vous permettront d’y arriver sûrement.
- M. G. V. T., à X. — Si vous voulez bien vous reporter au n° 721, du 26 mars 1887, vous y verrez décrit un distributeur automatique de journaux, qui répondra sans doute à votre désir.
- M. Clairemonl, à Tours. — Pour ce qui concerne les lampes: à osmium, veuillez vous adresser à la Compagnie française d’incandescence par le gaz, 151, rue de Courcelles à Paris.
- M. Guglielmo Landi, à Girgenti. — Nous pensons que vous-voulez parler du véritable marbre ; pour le colorer vous pouvez employer plusieurs procédés : en l’imprégnant de nitrate d’argent et en l’exposant à l’air, il devient noir ; une solution de vert-de-gris appliquée chaude le teint en vert ; une dissolution de carmin, en rouge ; le piment dissous dans l’ammoniaque, en rouge ; le sulfate de cuivre, en bleu; la solution defuchsine, en pourpre. Il va sans dire que vous devrez chauffer le marbre avant d’appliquer les solutions colorées.
- M. Klein, à Lang-son. — Pour enlever la rouille des armes,, frottez-les avec la préparation suivante : broyez ensemble par parties égales de la fleur de soufre et du tripoli, mouillez cette poudre avec de l’huile à manger, et frottez à l’aide d’un morceau de bois tendre : vous n’avez' pas à craindre les rayures. Quand l’arme aura été bien nettoyée, graissez-la avec un mélange de 100 grammes d’huile d’olive et 50 grammes de graisse de mouton. Il faut commencer par faire fondre la graisse, la décanter, puis on y verse l’huile jusqu’à solidification.
- M. Habran, à Cluses. — La colle au fromage serait très; propre à cet usage : on l’obtient en mélangeant 4 kilogrammes de caséine en poudre, 500 grammes de chaux, 16 litres d’eau froide : on broie le tout ensemble pendant une heure et demie à deux heures ; on ajoute 64 grammes d’ammoniaque liquide. La masse doit être employée promptement avant qu’elle ne se solidifie. Quand les planches sont réunies ensemble par la colle, on les met sous presse pendant douze heures, pour augmenter l’adhérence.
- Mme Baudry, à Castres. — Les courges vidées rendent souvent des services, employées comme bouteilles. Pour les vider, il faut attendre qu’elles soient parfaitement sèches; on s’en rend compte lorsqu’elles rendent le son du bois creux. Alors on prend un fer pointu de la grandeur du trou que l’on veut obtenir et on le fait rougir au feu. On le fait ensuite entrer dans la courge en tournant et retournant souvent. Quand l’orifice est pratiqué, on fait sortir très facilement les pépins et matières desséchés, en secouant la courge. Ensuite, on la lave soigneusement avec du vin chaud si l’on veut s’en servir pour du vin. Si c’est pour d’autres usages, l’eau chaude suffit.
- M. Baraltier, à Grainville. — Pour tout ce qui concerne les commandes par courroies système Leneveu, s’adresser à MM. Teisset, Braut, et Chapron, 14, rue du Ranelagh, à Paris.
- M. Catoir, à X. —- Seul un constructeur pourrait vous donner les indications utiles, car il n’existe pas d’ouvrages traitant ce sujet.
- M. R., à Waereghem. — Une solution de l*r,78 d’acide pyrogallique, de 5*r,5 de chlorure de cuivre, et de 5 gouttes d’acide nitrique dans 170 grammes d’eau distillée teint les cheveux en brun châtain.
- M. Vallier, à Thiers. — C’est le professeur Ranvier qui a démontré que la graisse épidermique humaine n’est autre que de la cire, très analogue à de la cire d’abeille. Ce sujet est traité dans notre n° 1360, du 17 juin 1899, page 55.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Marchand, à Beaumont. Tous nos remerciements : bonne note est prise. — M. Talvert, à Laon. Nous reviendrons sur ce sujet. — M. J. K. F., à Odessa. Pour nettoyer les mouvements d’horlogerie, voir Recettes et procédés utiles, 5e série, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui so7it demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau pulvérisateur. — Dans un grand nombre de cas, on a intérêt à répandre de l’eau en pluie très fine, de façon à humecter le sol sans le mouiller, principalement quand il s’agit de ramasser des poussières. Seulement cette opération est difficile à réaliser dans la pratique, la quantité du liquide répandu étant trop grande dans la plupart des appareils d’arrosage. Les orifices qui lui livrent passage doivent être grands vu que l’eau ne tombe que par son propre poids. Au contraire, dans le tonneau que représente notre figure, l’eau sort sous pression, grâce h une pompe qu’actionnent les roues du
- Tonneau pulvérisateur.
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- véhicule quand elles tournent. La quantité d’eau employée est des plus restreintes, et par suite du faible diamètre des trous de sortie elle jaillit en pluie très fino. Les poussières sont agglomérées et il ne se produit pas de boue. On voit de suite de quelles applications est capable cet appareil dans le domaine de l’agriculture, pour répandre les engrais liquides, les insecticides, jus de tabac, etc. — Le tonneau pulvérisateur est en vente chez M. Duret Sohv, 17, rue Le Brun, à Paris.
- Appareil & calculer. — L’appareil à calculer que représente la figure ci-dessous est basé sur deux ingénieuses combinaisons qui permettent de faire l’une l’addition et la soustraction, l’autre la multiplication et la division. Il est formé à la partie infé-
- Appareil à calculer.
- rieure d'un cercle mobile à l’intérieur d’une couronne extérieure fixe. Le cercle mobile porte un index peint et on peut le déplacer à l’aide d'un pivot central. Le cercle porte deux graduations: l’une à gauche de l’index de 1 à 12, munie d’un signe -j-, et l’autre à droite de l’index, de 1 à 12, munie d’un signe —. La couronne extérieure porte également à la périphé-
- 1 La description des appareils est gratuite, La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- rie, en regard des deux graduations précédentes, une graduation de 1 à 25. La manœuvre du disque permet d’effectuer l’addition et la soustraction. Pour l’addition, on tourne le disque mobile de manière qu’un des chiffres muni du signe -j- se trouve au-dessous du chiffre à additionner, l’aiguille peinte indique le résultat. Pour la soustraction, on tourne le disque mobile de manière qu’un des chiffres muni d’un signe — se trouve au-dessous du chiffre de la couronne extérieure duquel on veut soustraire ; l’aiguille peinte donne le résultat. Le cercle est encore muni à la partie inférieure de deux graduations de 1 à 10, l’une à gauche et l’autre à droite. Sur chaque graduation se déplace une aiguille, dont les extrémités viennent rejoindre les deux bras d’une troisième aiguille qui aboutit à la partie supérieure sur un tableau de chiffres spécialement combiné. Pour la multiplication, on met les deux aiguilles en bas sur les chiffres à multiplier; le résultat est donné par la grande aiguille. Pour la division, il faut placer la grande aiguille sur le chiffre à diviser, et l’une des deux petites aiguilles sur le diviseur; la deuxième petite aiguille donne le quotient. — L’appareil à calculer se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, me Martel, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- La catatypie.
- Tirage des clichés photographiques sans lumière.
- Les réactions catalytiques sont celles qui ont lieu sous l’influence d’un corps n’entrant pas en jeu dans la réaction autrement que par sa présence: une fois celle-là terminée on retrouve le corps catalytique intact.
- L’eau oxygénée, par exemple, est décomposée sous l’influence d’un métal finement divisé, qu’on retrouve non modifié après la réaction.
- MM. Ostwald et Gross ont pensé à employer cet ordre de phénomènes pour obtenir des reproductions d’images sans l’aide de la lumière. On imbibe une épreuve positive, sur papier ou platine, avec de l’eau oxygénée. En vertu du principe énoncé plus haut, celle-ci est décomposée par suite de la présence du platine finement divisé. Mais la décomposition n’a lieu que Bans les noirs et proportionnellement à ceux-ci, puisque c’est là qu’est le métal. Dans les blancs l’eau oxygénée reste intacte. Si on met l’épreuve ainsi traitée en contact avec une feuille de papier gélatiné, l’eau oxygénée passera par diffusion dans la couche de gélatine, on aura par le fait dans cette couche un contretype de l’épreuve primitive, mais cette image sera invisible puisqu’elle sera formée simplement d’eau oxygénée. Pour la rendre visible on pourra traiter le papier par une solution de nitrate d’argent ammoniacal, qui sçra réduit par l’eau oxygénée et le métal se déposera en noir proportionnellement ii la quantité d’eau oxygénée contenue dans la gélatine. On pourrait employer d’autres sels métalliques que ceux d’argent, de même qu’on peut prendre comme point de départ une épreuve positive formée par un autre métal que le platine. Le procédé n’est du reste pas encore tout à fait au point, mais nous avons pensé qu’il serait dès maintenant intéressant de donner une idée de ce qu’est la « catatypie » dont presque toute la presse photographique a mentionné l’apparition. G- M,
- Développement au pyrc-acélone-ammoniaque.
- L’emploi de l’acétone dans le bain de développement à l’acide pyrogallique est déjà bien connu.
- 11 suffît de remplacer l’alcalin, carbonate de potasse, de soude, ou autre par de l’acétone qu’on ajoute goutte à goutte suivant le besoin. On obtient par ce procédé des clichés très détaillés où les nuages et les lointains sont bien conservés. Dans un récent numéro de (( Photo-Gazette. », M. A. Lebrpton indique comme très avantageux l’tmploi de l’ammoniaque concurremment avec l’acétone. Bien des amateurs avaient renoncé à l’emploi de l’ammoniaque (qui est l’alcalin le plus anciennement employé avec le pyro) à cause de la teinte jaune qu’on obtenait parfois avec certaines plaques.
- La base du bain est 80 cm3 d’une solution de sulfate de soude anhydre à 3 pour 100 et 50 à 60 centigrammes d’acide pyrogallique (une forte cuillerée à moutarde). Avec 2 gouttes d’ammoniaque on peut commencer le développement et ajouter encore 2 ou 3 gouttes si l’image tarde à venir. Mais ensuite dans le cas de sous-exposition on a recours à l’acétone qu’on ajoule par quantité de 5 à 6 gouttes jusqu’à ce que le cliché soit complet.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis pour souliers en caoutchouc. — Les souliers en caoutchouc perdent assez rapidement le luisant qu’ils offrent quand ils sont neufs. Pour remédier, au moins partiellement, à l’aspect terne qu’ils prennent ainsi, on peut passer sur la surface du caoutchouc une sorte de vernis fait d’une partie de gomme-laque en écailles dans 10 parties d’ammoniaque liquide très fort.
- Restauration des objets en laiton. — On commence par les débarrasser des taches qui y peuvent adhérer en les passant dans une lessive chaude de soude. Ensuite on les plonge dans une solution très diluée d’acide sulfurique et on les rince dans l’eau pure. Puis on les jaunit au moyen d’une mixture faite
- avec 75 parties d’acide nitrique, 100 d’acide sulfurique, 2 de noir de fumée brillant et 1 de sel de cuisine. On rince à nouveau, on polit, et l’on fait bien de recouvrir d’un vernis protecteur à l’alcool et incolore, comme, par exemple, d’un vernis au celluloïd.
- Savon camphré. — Sans croire que le camphre soit un médicament merveilleux, une panacée, on doit reconnaître néanmoins qu’il a une action antiseptique assez efficace; et c’est pour cela qu’on recommande parfois de se servir de savon au camphre. Pour préparer ce savon, on prend comme ingrédients proprement dits 20 kg d’huile de palme et 10 kg de lessive de soude caustique à 58°; puis on additionne les composants du savon de 2 kg de camphre qu’on a fait au préalable dissoudre dans o kg d’alcool.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50™,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 septembre' 9\ü N. N. W. 3. Très nuageux. 0,0 Nuag. ; rosée ; coup de ton. à 13 h. 25 ; qq autres de 15 h. à 15 b. 30; pl. de 13 h. 30 à 45 et de 15 h. à 15 h. 30.
- Mardi 15 8-, 5 N. N. E. 2. Couvert. 2,6 Rosée ; tr. nuag. ; averse à 11 h. 30, à 14 h. 10 et gouttes à 15 h. 10.
- Mercredi 16. . ... 7”,6 Calme. Quelques éclaircies. 1,1 Rosée ; très nuag. ; gouttes à 17 h. 40.
- Jeudi 17 8",9 S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Rosée ; nuag. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- Vendredi 18 6»,5 E. N. E. 1. Beau. 0,0 Rosée ; beau jusqu’à 8 h. ; très nuag. ensuite.
- Samedi 19. . .... 9’,0 E. N. E. 2 Beau. 0,0 Rosée ; beau.
- Dimanche 20 ... . 12°,1 E. 1. Beau. 0,0 Rosée ; quelques nuages de 12 h. à 18 h.
- SEPTEMBRE 1903. — SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCUE 20 SEPTEMBRE.
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- \a courbe .supérieure indique la nébulosité de 0 à 10,' les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a la O ri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement «le terre. — Un tremblement de terre a été ressenti le 14 septembre à 5"30 de l’après-midi à Lisbonne et dans tous les environs. La secousse a été horizontale et a duré trois secondes. Un tremblement de terre s’est produit le 19 septembre dans la matinée à Santiago. La secousse a été la plus violente qu’on ait ressentie depuis 1885; elle a duré quinze secondes. Des i>ans de murs se sont écroulés et les briques et les plâtras pleu-vuient de toutes parts.
- I,ti neige. La température. — La neige est tombée le 14 septembre sur les montagnes de l’Ariège, du haut arrondissement de Prades et de l’Andorre. A la même date, la neige couvrait les montagnes d’Oléron et de Mauléon, ainsi que les sommets des monts pyrénéens. On a encore signalé de la neige à Colombier et dans le pays de Gex, ainsi qu’à Aurillac, au ballon d’Alsace et' sur le mont Pilât. A Privas, et sur le plateau des Cévennes, la température s’est abaissée jusqu’à — 4°. Le 14 septembre, on notait —4° au mont Ventoux; —9° au pic du Midi; le 15 septembre, le thermomètre indiquait 0° au puy de Dôme, — 4° au mont Ventoux, — 7° au pic du Midi. Le 14 septembre, à Paris, la température moyenne a été de 40°,7, inférieure de 4°,1 à la normale ; le minimum dans cette journée avait été de 7°. Le 15 septembre, à 7 heures du matin, le thermomètre marquait 5° à Nantes. 8° à Paris ; daus cette dernière ville la température moyenne de la journée a été de 10°,3, il y a eu un minimum de 6°,2. Le 16 septembre, daus la matinée, on a noté des températures mininia de 0° à Clermont-Ferrand,
- 2° à Besançon, 3° à Lyon, 5° à Nantes. 1° au puy de Dôme, — 5° au mont Ventoux, — 7° au mont Mounier. Le 17 septembre, le thermomètre a mar-ué dans la matinée 7° à Paris, 21° à Alger, 4° au mont Ventoux et au pic u Midi, 2° au puy de Dôme et — 2° au mont Mounier ; la température moyenne de la journée à Paris a été de 11°,3. Le 18 septembre, la température s’est abaissée dans certaines régions ; le matin, elle était de ou à Clermont, 9° à Paris, — 4° au mont Mounier. Le 19 septembre, la température s’est élevée dans les régions du centre et de l’ouest ; la température moyenne à Paris a été de 13°,9, inférieure de 0°,2 à la normale. Le 20 septembre, le thermomètre a marqué le matin 14° à Paris, 23° à Alger, 9° au puy de Dôme et 4° au pic du Midi.
- E.es pluies. — La pluie est tombée en abondance pendant la semaine du 14 au 20 septembre. Le 14, des pluies sont tombées sur le centre et l’ouest du continent ; en France, elles ont été signalées presque partout et des orages ont éclaté à Saint-Maur, Biarritz, en Corse et au pic du Midi. Le 15 septembre, on a recueilli 55 mm d’eau aux Iles Sanguinaires, 19 mm à Boulogne-sur-Mer, 4 mm, à Clermont, 3 mm à Biarritz, 3 mm à Nice, 1 mm à Paris. Le 16 septembre, il est tombé 8 mm d’eau à Boulogne, 2 mm à Lyon, 1 mm à Nancy. Des pluies sont tombées le 17 septembre sur le centre et le sud du continent ainsi que dans l’ouest des Iles-Britanniques. Le 19 septembre, un orage a sévi à la pointe du Cotentin; il est tombé de l’eau dans le voisinage du golfe de Lion. Le 20 septembre, on a recueilli 14 mm d’eau à Brest et 6 mm à Lorient.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 14 à 1 h. 23 m. du soir.
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- N° 1584 (3 octobre 1903), Ou journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs àu numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- - Par arrêté du ministre de la marine, une mission, à
- l’effet d'étudier les migrations de la sardine et les causes de la disparition de ce poisson, est confiée à MM. Vaillant, professeur au Muséum d’histoire naturelle, Fabre Domergue, inspecteur général des pêches maritimes, et Ganu, directeur de la station agricole de Boulogne-sur-Mer.
- —— Par arrêté du préfet de police, M. Pierre-Henri Martel, docteur ès sciences, ancien vétérinaire sanitaire de Paris et du département de la Seine, est nommé chef du service technique de l’inspection vétérinaire sanitaire de Paris èt du département de la Seine, en remplacement de M. Duprez, admis à la retraite sur sa demande.
- —— M. le Dr Bordas, sous-chef du Laboratoire municipal, vient d’être nommé au Collège de France préparateur de M. ctArsonval à la chaire de médecine. Il est remplacé au Laboratoire municipal par M. Moréal de Brévans.
- —Le jury chargé d’attribuer les récompenses aux exposants du concours de jouets qui a eu lieu au Petit Palais, a terminé ses opérations. Voici les noms des principaux lauréats : 1er prix, M. Gasselin (joueur de boule pneumatique), vase du président de la République et 200 francs. 2e prix, M. Schmeltz (métro pneumatique), médaille d'or du Conseil municipal. 3e prix, M. Ancel (télégraphe sans fil), médaille d’or du préfet de police. 4e prix, M. Passeman (ballon pneumatique), médaille de vermeil grand module, offerte par le ministre du Commerce. 5e prix, M. Mansion, à Lure (grenouilles et joutes), médaille de vermeil offerte par le ministre du Commerce.
- —}&— Une fête scientifique a été célébrée le 21 septembre à Cassel en l’honneur du chimiste Graclie (de Genève), sous la présidence du professeur de Bæyer, de Munich. M. Moissan a remis à l’éminent chimiste la médaille d’or de Lavoisier, qui lui a été décernée par l’Académie des sciences de Paris, en récompense des progrès importants qu’il a.fait faire à la chimie organique.
- —*£— C’est à M. Edmond Perrier, membre de l’Institut et directeur du Muséum d’histoire naturelle, qu’a été décerné cette année le grand prix du Limousin, destiné à récompenser chaque année « l’œuvre d’un Limousin jugée la meilleure tant au point de vue littéraire, artistique ou scientifique, qu’au point de vue économique et social ». Le comité de la Ruche corrézienne, qui attribue ce prix, avait organisé, pour le 17 septembre, une cérémonie au théâtre de Tulle. M. Emile Faye, présidait et M. Lecherbonnier, avocat général à la Cour de Paris, a fait l’éloge de M. E. Perrier, qui a vivement remercié ses compatriotes.
- —îît— L’aéronaute Spelterini, parti le 19 septembre après-midi de Zermatt, avec deux passagers, MM. Seiler et le baron Wernecke, comptant traverser les Alpes bernoises, a fini par passer les Alpes dans l'autre sens et, après un voyage de vingt heures, est descendu heureusement le 20 septembre à Bignasco (canton du Tessin). Après avoir passé sur le Misehabel, puis au-dessus du Portjengrat, le ballon est descendu en longeant le massif du Simplon au sud et en passant au-dessus de la vallée italienne de Antigorio, dans le canton du Tessin.
- —Mt— M. le comte Henrv de la Vaulx, avec le capitaine Voyer et M. d’Oultremont, ont effectué la traversée de la Manche en ballon dans la nuit du 26 au 27 septembre. Parti le 26, à la tombée de la nuit, du parc aérostatique des coteaux de Saint-Cloud, le comte de la Vaulx a maintenu son ballon, le « Djinn », vingt heures en l’air. Emporté par une forte brise, le ballon a passé la Manche
- Frès de Douvres, à 1 heure du matin. Vers 5 heures, il a traversé estuaire de la Tamise. Il a marché ensuite rapidement, en demeurant toujours en vue de la côte est de l’Angleterre. Quand il fut près de Hull, le vent avait tourné, et au moment où il traversait
- le Humber, à 11h 30, entre Grimsby et Hull, le vent soufflait vers la mer. Pour éviter le danger d’être ramené au large, il fallut changer de direction. A midi moins douze, les voyageurs atterrissaient sans accident à la ferme de Caulam Ilill, située à une dizaine de kilomètres du port de Hull dans le Yorkshire. Le « Djinn »,qui jauge 1600 mètres cubes, était muni d'un ballonnet à air de 500 mètres cubes destiné à compenser les pertes d’hydrogène et éviter la déformation du ballon. Au lieu de l’appendice ordinaire, le « Djinn » avait une soupape qui devait s’ouvrir automatiquement sous la pression du gaz dilaté. Pour la première fois un ballon sphérique subissait une pareille modification. C’est la septième fois que des aéronautes réussissent à passer en ballon de France en Angleterre. La première traversée fut faite le 3 juillet 1883 par Morlan et de Costa, qui, partis de Courtrai (Belgique), furent emportés par un violent courant et descendirent le lendemain matin à Bromley (Angleterre).
- —Les entrepreneurs qui effectuent les travaux de fondation du piédestal définitif de la statue de La Fayette au Louvre ont trouvé, dernièrement, à 2 mètres de profondeur dans le sol, une carrière de pierre toute taillée en blocs énormes et ravalée. D’après les renseignements que l’on a. pu recueillir, ces pierres proviendraient soit de l’ancienne ferme des tabacs qui sous Louis XV se trouvait précisément à la place qu’occupe le jardinet de La Fayette, entre la rue Froimanteau et la rue Saint-Thomas-du-Louvre ; soit du piédestal d’un monument équestre de l’empereur Napoléon III, qui allait être érigé au moment où éclata la guerre de 1870.
- érigé L’agglomération
- guerre
- anglaise de Fulliam, qui dépend de
- Londres, possède une installation de destruction des ordures ménagères par combustion, et la chaleur dégagée dans les fours est employée à chauffer des générateurs qui commandent à leur tour des postes d’éclairage électrique : or, les calculs auxquels on s’est livré semblent bien prouver que la station électrique ainsi alimentée a pu ne consommer en charbon que le tiers de ce qu’on brûle. d’ordinaire dans des stations analogues. Ce qui démontrerait finalement que cette combinaison de destruction des ‘ordures ménagères assure un bénéfice net modeste, mais réel.
- —+K— Quelques journaux allemands ont publié ce fait-divers : « On a découvert dans la ÏN’ouvelle-Guinée des hommes d’une espèce singulière, et le gouverneur se promet, paraît-il, d’en envoyer à Londres des échantillons. Vivant dans des marécages, ces hommes n’ont pour ainsi dire jamais l’occasion de marcher. D’autre part, ces marécages sont couverts d’une végétation qui empêche les canots de naviguer. Les hommes se sont réfugiés dans les arbres, y ont construit des huttes, et les organes de préhension leur étant seuls utiles, les membres inférieurs se sont à peu près atrophiés. Ces indigènes n’ont plus que des jambes et des pieds faibles et flétris, tandis que le torse et les bras ont conservé un développement normal. Ils ont peine à se tenir debout et ne marchent qu’appuyés, à la manière des grands singes. Ils donnent assez bien 1 impression d’un peuple de culs-de-jatte. » Joli exemple de transformisme?. Mais il bien réel?
- est-
- —— La peine de mort est supprimée en Italie depuis 1875, mais cette mesure ne semble pas avoir eu les résultats heureux qu’en attendaient les promoteurs : les homicides, ont, paraît-il, augmenté de 42 pour 100.
- —lit— A une récente réunion de la « British Institution of Electrical Engineers », on a donné les résultats des expériènees entreprises avec dès lampes Nernst pour l’éclairage de certaines voies publiques à Londres, ou plus exactement dans un des faubourgs, à Hackney. Le succès n’a pas été complet, surtout, en ce qui concerne la durée du filament incandescent : pour les uns elle n’a pu dépasser 15 heures, pour d’autres, au contraire, elle a atteint 1070 heures, ce qui prouverait que la fabrication ou le fonctionnement de ces lampes est encore fort irrégulier. Et l'on comprend que, dans ces conditions, on hésite à en étendre l’application.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans la chronique-: « Les phases de la lune et les orages » (n° 1583, du 26 septembre 1903, p. 270), il y a lieu d’ajouter : d’après Nature, n0! des 8 et 30 juillet 4903.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Fabricants de jouets : MM. Schmeltz (tramway, canon), 17, rue Bertholet; Passeman (ballon, moteur électrique), 38, rue Nollet; Gasselin (lanceur de boules), 42, rue Victor-Hugo, à Puteaux; Laillier (cible filet), 203 bis, rue Saint-Martin; Henry et Lenud (voiture électrique), 51, rue de Turenne; Foucault (automates), 84, faubourg Saint-Denis; Chasles (perles savantes), 11, rue Servandoni; Daunav, 94, boulevard Voltaire (cheval coureur); Roux (montre), 3, rue des Juges-Consuls, à Paris.
- Communications. — M. E. Vial, chimiste, à Bruxelles, nous adresse une série d’observations relatives à l’épuration biologique des eaux d’égout (n° 1581, du 12 septembre 1905, page 225). Suivant son opinion, la fosse septique se distingue par l’inconstance de son action et la variabilité de ses résultats. Tandis que les champs d’épandages sont situés loin des centres habités, elle place près des villes un foyer d’infection qui dégage des gaz infects et des effluves malsains : bien des maladies en seraient la conséquence. Le froid annihile l’action des microbes ; les pluies les emportent. Enfin, il suffit que l’eau soit mélangée d'un désinfectant, de chlorure de chaux, d’eau de Javelle, de certains résidus d’usines, pour que les microbes soient exterminés. Il en résulte que beaucoup de grandes villes à qui on a proposé ce système, n’en ont pas voulu, et que parmi celles qui l’ont, il en est peu qui l’adopteraient, si c’était à recommencer. En résumé, ce serait, d’après l’auteur, à la chimie que devrait échoir le rôle de débarrasser les villes de leurs eaux d’égout et d’en tirer parti. Nous donnons cette opinion sans prendre parti.
- Renseignements. — M. B. L., à Morsang. — On appelle « dentier » en apiculture un fil de fer replié placé dans le bas des ruches à cadres mobiles et destiné à maintenir l’écartement entre les cadres.
- M. Le Ridel, à Vire. — Le cidre est souvent sujet à des maladies, quand sa fabrication a laissé à désirer : lorsqu’il est trouble, par exemple, c’ést-à-dire qu’il ne se clarifie pas, il doit ce défaut à des pommes trop peu mûres ou à des pommes mal conservées, ou à un arrêt de fermentation causé par un brusque refroidissement de température. Pour y remédier, on ajoutera 250 grammes de sucre dissous dans un litre de cidre chaud, pour un hectolitre. La fermentation reprendra et le cidre deviendra limpide : ne pas attendre que le cidre soit aigri; on soutirera ensuite.
- M. Flavius Brandi, à X. — Remerciements pour vos renseignements et photographies.
- M. Werwilgken, à la Panne. — Nous n’avons pu retrouver l’adresse de cette pile : vous devez faire erreur.
- M. Antonio d'Aboin, à Huelva. — 1° Cette puissance hydraulique peut parfaitement être utilisée pour la production du carbure de calcium. — 2° Il n’existe pas de livres spéciaux sur la question. — 5° Il faut vous adresser à de grandes maisons d’entreprises électriques : Société d’éclairage électrique, 27, rue de Rome, ou la maison Bréguet, 19, rue Didot à Paris.
- M. de la F., à Riom. — D’après votre description, on peut conjecturer que l’oiseau en question est un Foulques (Fulica atra) ; il en existe de nombreuses espèces, surtout en Amérique.
- M. Damel, à Chateaubriant. — Le mot géode est féminin: on l’applique à une masse minérale creuse, tapissée intérieurement de cristaux.
- M. Jumentel, à Niort. — Si vos tuyaux de drainage se sont obturés, c’est que vous avez négligé de les faire déboucher dans une niche protectrice, comme cela se pratique généralement : vous eussiez évité l’affouillement par les crues, et l’invasion des terres.
- M. J. K. H., à Paris. — Nous ne pouvons donner à nouveau une étude sur les almanachs prophétiques : veuillez vous reporter au n° 1211, du 15 août 1896, page 170.
- M. Clémenz, à Buda-Pest. — Voici la date de la découverte de ces diverses planètes: Iris, 13août 1847 ; Uranie, 22 juillet 1854; Circé, 6 avril 1855; Palès, 19 septembre 1857.
- M. C. F., à Gisors. — Avec une scie diamantée, cette difficulté disparaît : vous trouverez une description d’un de ces instruments dans le n° 1319 du 10 septembre 1898, page 225.
- M. Jarriat, à Semur. — Les bateaux de ce genre ne manquent pas ; voyez dans le n° 1344, du 25 février 1899, page 197y'la description de l’insubmersible Henry. " - * - !
- M. Albarel, à Castres. — Cette méthode de récolte du tabac est déjà usitée en Amérique, où elle donne de bons résultats : les tiges sont mises en petits tas en plaçant les gros bouts du côté du soleil, pour éviter les coups de soleil : après avoir été enfilées sur une gaule elles sont portées au séchoir.
- M. Careilhon, à Mont-de-Marsan. — Consultez, dans l’Encyclopédie des « Aide-mémoire », l’ouvrage de M. Rabaté intitulé F « Industrie des résines ». Vous y trouverez toutes les indications désirables : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. M. F., à Lure. — Le brunissage n’est pas seulement agréable à l’œil, il est utile pour la solidité de la dorure ou de l’argenture. Il faut l’effectuer avec des brunissoirs de sanguine ou d’acier.
- M. Grêlant, à Lesneven. — Avant de mettre votre carrelage de briques en place, il aurait fallu faire un lit de béton bien pilonné, de 8 à 10 centimètres d’épaisseur : vous en auriez? conservé l’horizontalité.
- M. J. H.-B., à X. — Le ciment de maërle est fabriqué avec un corail qui se trouve en Bretagne et qui porte le nom dé, « maërle ».
- M, J. Maranne, à Saint-Saturnin. — 1° Le fait que’vous signalez est bien connu. — 2° L’article est trop technique. — 3° L’adresse de notre collaborateur est 59 boulevard Hauss-mann.
- M. Clavet, à Romorantin. — Il y a un petit tour de main bien simple auquel vous n’avez pas songé, et qui consiste à fixer vos clichés pelliculaires sur une plaque de verre quelconque à l’aide de deux petits liens de caoutchouc, qu’on trouve partout : le développement et le fixage se font comme avec un cliché sur verre, sans qu’on ait à craindre le recoquevillage.
- M. Havet, à Lille. — Le chlorure de chaux éloigne les mouches si l'on en place une poignée dans une assiette à unq certaine hauteur. Il est aussi recommandable de laisser dans la pièce que l’on désire habiter un pied de ricin dans un pot : les mouches qui y touchent sont empoisonnées.
- A/. H. B., à Corvol. — Le cobalt se trouve, en effet, dans les colonies françaises : c’est la Nouvelle-Calédonie qui est le centre le plus important pour la production : en 1887, elle a été de 3000 tonnes, en 1890, 2200, et en 1900, de 5500.
- M. L. J., à Paris. — L’usage a prévalu de mettre ce mot au féminin, mais l’autre alternative est aussi correcte.
- M. .4. L., à Pans. — Faites dissoudre de la gomme laque dans de l’alcool jusqu’à consistance suffisante : enduisez chaque œuf et quand ils sont secs, mettez-les dans de la sciure de bois, le gros bout en l’air. On peut aussi se servir de quadrisilicate d’alumine.
- M. Ed. Chapin, à Vouvray. — Lisez le manuel pratique de galvanoplastie, de M. E. Keignart : en vente chez l’auteur, 120, rue Championnet, à Paris.
- M. de Altas Mora, à Moura. — Seul un dermatologiste peut vous donner un conseil approprié à ce cas délicat.
- M. 0. Rochefort, à Paris. — Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu trouver l’adresse de cet instrument.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Vial, à Bruxelles. Tous nos remerciements pour votre communication. — M. M. I. F., à Yièges. C’est probablement un manque de compression qui fait chauffer votre moteur. — 3flle M. L., à X. Pour nettoyer les mouvements d’horlogerie, voyez la formule donnée dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres * la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Une table & transformations. — Nous avons toujours une instinctive prédilection pour les outils à toutes fins et pour les meubles qui, par de multiples transformations, se prêtent à tous nos caprices. Voici, par exemple, une table susceptible de se placer à toutes les hauteurs, sous toutes les inclinaisons, servant ainsi de table à thé ou à ouvrage, de pupitre à dessin, de chevalet. Elle présente, en outre, dans toutes ces positions, une fixité, une solidité à toute épreuve. Un chevalet fixe d’aspect triangulaire lui sert d’assiette solide. Le plateau est
- Table à transformations.
- réservoir se remplit, l’eau pénètre dans la branche A B du siphon. Arrivé en II le liquide s’écoule dans le coude I et forme joint hydraulique. Dans le tube H I J communiquant avec le réservoir à vider, la colonne liquide suivra régulièrement les variations de niveau du bassin. L’air restant dans l’appareil se trouve emprisonné par la colonne d’eau montant dans la branche A B C du siphon en raison de l’élévation de l’eau dans le réservoir et agit sur les colonnes d’eau contenues dans les coudes E et L. Il arrive un moment où la tension, devenue suffisante, chasse du petit tube la colonne L N et l’air contenu dans l’appareil est expulsé. L’eau inonde la chambre M et s’écoule à pleins bords dans la branche DEF entraînant avec elle les bulles d'air restant encore dans le siphon qui dès lors
- M K
- Bonde-siphon automatique.
- supporté par deux crémaillères glissant le long des deux pieds principaux, et arrêtées dans la position choisie par une traverse horizontale formée d’une tringle de fer qui s’engage dans la denture. Cette traverse se dégage, lorsqu’on appuie] le pied sur une pédale ; mais, pour qu’un mouvement involontaire ne puisse pas produire inopinément le même effet et faire abaisser brusquement tout le système, il est nécessaire de pousser en même temps un taquet avec le bout du pied. Ce meuble-protée est combiné par M. Eug. Gaillard, un artiste fort prisé pour des meubles de haut style, dans une note très moderne. Four la table à transformations, s’adresser à M. Eugène Gaillard, 175, rue Saint-Honoré, à Paris.
- Bonde-siphon automatique. — La bonde-siphon automatique a pour but de vider automatiquement les réservoirs en utilisant simplement le principe des vases communicants. Elle se compose : 1° De deux tuyaux A B C et D E F coudés en B et en E, l’extrémité A se raccordant au réservoir à vider et l’extrémité F servant à l’écoulement du liquide ; 2° d’une chambre M à laquelle aboutissent par leurs sommets C et D les deux tuyaux précités, et leur faisant former siphon; 5° de deux tubes dé faible diamètre H I J et K L N. Le tube H I J se raccorde au tuyau A B C au point H et son extrémité J dépasse le niveau supérieur du réservoir à vider. Le tube K L N se raccorde par son sommet K à la chambre M et dépasse le niveau inférieur de cette chambre de quelques centimètres. Les branches du siphon A B C et D E F ont un diamètre égal dans toute leur longueur mais variable à volonté suivant l’écoulement désiré, tandis que les tubes II I J et K L N sont toujours de petit diamètre. Les dimensions de la bonde-siphon, les points de raccordement des tuyaux sont en rapport avec les niveaux extrêmes du réservoir et l’écoulement désiré. Le fonctionnement est des plus simples. Supposons vide le réservoir G. Préalablement et une fois pour toutes, on remplit jusqu'à refus par leurs extrémités F et N les coudes E L. A mesure que le
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- est amorcé. L’eau baisse dans le réservoir, ainsi que dans le tube II I J. Le siphon fonctionne tant que la colonne d'eau n'atteint pas la courbure I; dès qu’elle l’atteint, l’air peut s’introduire et le siphon se désamorce. Le siphon ne fonctionnant plus, le réservoir peut de nouveau se remplir. L’égalité de niveau se rétablit dans la branche A B C et le réservoir. Les coudes E et L gardent leurs joints hydrauliques et les mêmes phénomènes se reproduisent indéfiniment, le réservoir se vidant toujours automatiquement, fiette bonde-siphon peut se prêter à un grand nombre d’applications diverses : à la vidange automatique des réservoirs destinés à l’irrigation, à la vidange automatique des réservoirs donnant une puissance hydraulique, à la vidange des lits de contact dans l’épuration des eaux et toutes matières liquides, au remplacement des vannes, etc. — La bonde-siphon automatique se trouve chez M. Jules Bonnal, à Marvejols (Lozère).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du panaris.
- Voici une méthode très rationnelle de traiter cette maladie douloureuse, qui peut, quand elle est négligée, aboutir à la nécrose de la phalange et à la perte d’un bout du doigt. Elle est due à un médecin de Tlemcen, le Dr Gaucher.
- A la première période, quand le doigt devient sensible, chaud, un peu gonflé, avec la peau rouge et luisante, on a toute chance de faire avorter le mal en faisant un badigeonnage avec une solution de nitrate d’argent cristallisé, concentrée : une partie de nitrate pour 4 d’eau distillée. Mais il ne s’agit pas (Fappliquer cette solution sans précautions. 11 faut tout d’abord nettoyer la peau avec l’eau savonneuse, puis laver avec de l’alcool à 90 degrés pour enlever toute particule grasse qui annihilerait l’effet de cette cautérisation. Badigeonùez alors toutes les parties gonflées avec un pinceau d’ouate hydrophile et laissez le badigeonnage sécher à l’air libre. En quel-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- ques heures, comme- toutes les taches de sel d’argent sur la peau, la surface badigeonnée deviendra d’un noir violet. 11 faut tenir compte, ce qui est assez délicat, du degré de finesse de la peau, pour ne pas faire un badigeonnage trop foncé, qui deviendrait alors irritant et pourrait amener une légère vésication.
- D’après le Dr Gaucher, on réussira souvent à faire avorter le panaris. Si le malade a passé la période où ce badigeonnage est efficace, deux à quatre jours environ, la congestion est plus vive, il y a déjà du pus, de la menace de gangrène cellulaire, les douleurs sont plus violentes. Le badigeonnage au nitrate d’argent s’impose encore, mais plus répété jusqu’à rapide coloration noire de la peau ; on arrive ainsi à éteindre les progrès du foyer, à circonscrire l’inflammation. Il faut alors donner issue au pus et ouvrir le foyer. Ceci est affaire du médecin qui préviendra par une intervention précoce l’invasion à distance et les complications dont je parlais. Mais rappelez-vous des badigeonnages de sel d’argent dès le début : c’est souverain dans bien des cas.
- Un tænifuge.
- Un médecin russe a conseillé pour combattre le tænia l’em -ploi de l’étain métallique. Il se sert de l’étain obtenu à l’état pulvérulent et, bien entendu, d’étain chimiquement pur. On prépare d’abord le sujet porteur de tænia en le soumettant pendant quarante-huit heures à un régime spécial, œufs, potages, bouillons, le tout en quantité minime ; chaque matin un fort purgatif avec le sulfate de soude. Le troisième jour on fait prendre à jeun, à intervalles d’un quart d’heure, cinq cachets contenant chacun soixante centigrammes de la poudre d’étain. Deux heures après l’ingestion du dernier cachet on donne un purgatif, huile de ricin, ou infusion un peu concentrée de séné.
- Il est rare qu’avec ce remède administré de cette façon, on n’obtienne pas du premier coup l’expulsion complète du ver solitaire, y compris la tète, ce qui est, on le sait, le desideratum en pareil cas. La poudre d’étain, si elle est bien prise, ne provoque aucun malaise, aucune intoxication.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 septembre 13%6 E. S. E. 3. Nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Mardi 22 14*,8 S. S. E. 1. Couvert, pluie. 2,3 Couv. ; pluie de 5 h. à 7 h. et dans l’après-midi.
- Mercredi 23 15*,5 Calme. Couv., brouillard. 1,9 Très nuag. ; brouillard le matin.
- Jeudi 24 13",1 S. E. 2. Nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Vendredi 25 15“,6 S. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; nuageux ; gouttes à 7 h.
- Samedi 26 9",0 S. S. W. 0. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Dimanche 27 ... . 12»,6 S. S. E. 1. Quelques nuages. » Rosée; très nuag.; gouttes à 16 h. 50; éclairs au S.-S.-S.-W. entre 19 et 20 h.
- SEPTEMBRE 1903. — SEMAINE Dü LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 SEPTEMBRE.
- —a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre en Algérie, — Dans la nuit du 22 au 23 septembre, deux violentes secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Blida; elles ont été séparées par un calme relatif qui a duré environ 3 secondes. Ou peut évaluer la durée totale des deux secousses à 15 sècondes. Elles avaient une direction du sud-est au nord-ouest. Les cloches et l’norloge placées dans le clocher de l’église ont tinté par suite des oscillations dp sol. A la même heure, à Alger, une secousse légère de 4 à 5 secondes a été ressentie.
- Pluies et orages. —La grande marée d’équinoxe du 21 au 22 septembre a eu lieu sans causer d’accidents ; elle aurait pu offrir de grands dangers si elle avait coïncidé avec des mauvais temps. Le beau phénomène du mascaret s’est produit à Quillebeuf, à Villequier et à Caudebee.
- On a eu encore à signaler des pluies dans l'ouest de l’Europe. En France, le 22 septembre, on a recueilli 12 mm d’eau à Nantes, 7 mm à Cherbourg, et 60 mm d’edu à Perpignan. Un violent orage s’est abattu sur le département des Pyrénées-Orientales ; la pluie est tombée en grande abondance
- sur la ligne ferrée d’Elue à Arles-sur-Tech, un train a été arrêté par les eaux qui avaient inondé la voie. A Paris, dans la matinée, il est tombé une légère pluie ; la température moyenne a été de 17°,4. Le 23 septembre, les luies ont été très abondantes et accompagnées d’orages dans le sud de la rance. Dans la région de Barcelone, en Espagne, des orages ont causé de grands dégâts ; les récoltes ont été détruites, les bestiaux emportés par les eaux, et les maisons inondées. Le 24 septembre, des pluies ont été signalées seulement dans l’ouest des Iles Britanniques; en France, on a recueilli 7 mm d’eau à Brest. Le 25 septembre, des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques et sur l’ouest de la France. On a recueilli 14 mm d’eau à Lorient, 2 mm à Brest, 1 mm à Bordeaux ; un orage a eu lieu à Biarritz. A Paris, le temps a été nuageux; la température moyenne a été de 17°,2 avec un maximum de 22°,8. Le 26 septembre, les pluies ont été rares en Europe; on a signalé seulement une légère pluie à Nancy, et un orage à Alger. Dans la matinée du 27 septembre, un orage a éclaté à Nantes; on a recueilli 13 mm d’eau. La foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment sur deux maisons contiguës; dans l’une d’elles, elle a percé le toit, et a traversé perpendiculairement la maison jusqu’aux caves en passant par une chambre occupée par plusieurs enfants, dont aucun n’a été touché.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 21 à 4 h. 40 m. du matin.
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- N° 1585 (10 octobre /903), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —Ht— MM. Làveran et Munlz, de l’Académie des sciences, ont été m.mmês membres du Comité des travaux historiques et scientifiques.
- —Ht— Le 2 octobre dernier, c’était le cinquantenaire de la mort de François Arago. On fête aujourd’hui tant de. cinquantenaires qu’il est regrettable que l’on n’ait pas pensé à ce savant illustre. Arago méritait bien un hommage. Son nom a franchi les frontières de notre pays et est resté célèbre à l’étranger. Il fut astronome, physicien, publiciste éminent, inventeur très fin. Faut-il rappeler qu’on lui doit l’êlectro-aimant qu’il découvrit avec Ampère, le polariscope ; il pressentit l’analyse spectrale, etc. Il peut être considéré comme le premier fondateur de l’astronomie physique. Ses publications sont encore dans toutes les mains et ses cours à l’Observatoire n’eurent jamais d’analogue. Il avait fondé une tri-hune populaire qui malheureusement est restée muette à l'Observatoire de Paris.
- ’ —Ht— Le 5 octobre 1905, une plaque commémorative a été placée par les soins de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, û Cavlux, sur la façade de la maison où est né, le Ier juin 1813, te missionnaire explorateur Régis Evariste Hue. Avec son compagnon de voyage, le père Gabet, il est le premier Européen qui ait pu pénétrer à Lhassa. Il a laissé sur la Mandchourie et le Thibet .•des ouvrages importants qui sont encore consultés avec fruit.
- —Ht— M. Lhuillier, professeur de physique au lycée de Nantes, est chargé de la direction de l’observatoire météorologique de Petit-Port, à Nantes.
- —Ht— On annonce la mort 'du professeur Tealb, de Vienne, dont les pronostics météorologiques ont eu certain retentissement pendant 25 ans en Allemagne et en Suisse. II. donnait mensuellement les dates des changements de temps depuis 1874. Ces dates critiques, n’étaient autres que celles que M. de Parville avait appris à déterminer dès 1803. La réussite des pronostics est,d’environ 85 pour 100.
- —Ht— La jeune guenon Edwige, qui servait aux études et aux expériences des I)'” Roux et Mctchnikof, et dont nous avons parlé dans les « Informations » du n° 1582 du 19 septembre 1903, est morte récemment des suites d’une affection suraiguë. 11 existe d’autres Chimpanzés à l’Institut Pasteur.’
- —Ht— La production du blé pour 1903, en France, d’après le « bulletin des Halles », est évaluée à 126 millions d’hectolitres, 6500 000 hectares ayant été ensemencés, la production moyenne par hectare sera de 19hl,30. En 1902, on avait ensemencé 6 800 000 hectares; si le chiffre était resté le même cette année, la récolte de 1903 aurait atteint le chiffre de 131 millions d’hectolitres, qui n’a été dépassé qu’en 1874, où on a atteint 133 millions d'hectolitres. La consommation moyenne annuelle du blé en France étant de 123 millions d’hectolitres, on peut conclure de ces chiffres que tous les besoins seront couverts facilement. Il est probable d’ailleurs qu’aux 126 millions de la récolte de la métropole vieilliront s’adjoindre 2 millions d'hectolitres de blés algériens et tunisiens qui entreront en franchise. Il faut toutefois tenir compte de ce que tes blés ayant été rentrés, cette année comme l’an dernier, dans d’assez mauvaises conditions, leur qualité et leur conservation pourront s’en ressentir..
- —Ht— Les vitesses considérables atteintes par les navires à vapeur dans ces derniers temps ont détourné l’attention des progrès réalisés par les navires à voiles. Il v a cependant toute une catégorie de constructeurs qui se sont appliqués à transformer l’antique bateau à voiles afin d’en faire un concurrent qui ne serait pas à
- dédaigner pour les steamers. Ils ont commencé par construire la coque et les bas-màts en fer : puis, ils ont remplacé les manœuvres faites à la main par l’emploi de petits moteurs à vapeur ou à pétrole : enfin la forme et la disposition des voiles ont aussi été l’objet de leurs préoccupations. Il n'v a donc pas lieu de s’étonner si la durée des traversées a considérablement diminué. Voici, par exemple, le temps mis par plusieurs voiliers pour effectuer le voyage de la Nouvelle-Calédonie à Greenock : Ville-du-Havre, 93 jours ; Ville-de-Mulhouse, 97 jours; Yille-d'Orléans. 102 jours; Ernest-Siegfried et Châtecm-d’If, 102 jours. D'après les témoignages des spécialistes, les longs-courners français sont les seuls capables d’atteindre ces vitesses remarquables.
- —Ht— La marine de guerre suédoise vient de faire construire un navire porte-ballon d’un type nouveau et tout particulier. Dénué de propulseurs et d’ornement, un remorqueur le conduit à l’endroit où ses services sont nécessaires. A l’aide des appareils à hydrogène qu’il contient, il gonile un ballon qui inspecte les alentours et peut découvrir une attaque de l’ennemi. Il serait question de lui adapter la télégraphie sans fil. Son rôle se bornerait à la défense des côtes.
- —H(— Depuis que les Anglais utilisent File de Ceylan pour la production du caoutchouc, il semble que de très bons résultats aient été atteints, tant dans la plantation des arbres que dans la •production du caoutchouc. Les prix atteints par la vente de ce dernier sont des plus satisfaisants et dépassent 8 francs le kilogramme : c’est grâce à la pureté et à la bonne préparation du latex qu’on a pu obtenir cette valeur, d’ailleurs unique au monde. Par des procédés de récolte très simples et en même temps très minutieux, les planteurs arrivent à éliminer tous les corps étrangers, et par conséquent diminuent beaucoup les manipulations à l’usine. La production totale de l'ile de Ceylan est de 10 tonnes pour 1903; une seule des plantations, celle de Kepitigalla, en fournit deux tonnes.
- —Ht— lu beau raid militaire : un détachement du 159® d’infanterie, sous la direction du capitaine Clerc, accompagné du sous-lieutenant Parisot et de l’adjudant bureau, en tenue de campagne, a exécuté, en 13 heures, sans laisser un seul homme en arrière, une marche de 70 km dans un pays de montagnes, particulièrement difficile, autour de Driançon.
- —Ht— Le capitaine Fcrbcr, commandant la 17e batterie alpine, à Nice, a procédé à des expériences d’aviation qu’il se propose de oursuivre du haut de la falaise des Rlancs-Sablons, en face le onquet, à 32 km de lires!. L’appareil que veut expérimenter le capitaine Fcrbcr pèse environ 50 kg; son envergure est de 9 mètres, sa surface de 33 mètres carrés et sa hauteur de lm,80. Cinq soldats de sa batterie ont acccompagné le capitaine en vue de ses expériences. La falaise dont il a fait choix près du Conquet domine la pleine mer. C’est d’une façon privée et à scs frais que le capitaine Fcrber poursuit ses tentatives d’aviation.
- —Ht— On croyait jusqu’à présent que la maladie parasitaire appelée « heart water » dans l’Afrique australe, et qui détruit les moutons, les bœufs et les chevaux, était d’une nature différente, suivant l’espèce à laquelle elle s’attaquait. Il n’en serait rien, d'après les recherches récentes du Dr Edington, et il paraît certain que cette redoutable maladie sé transmet d'une espèce à l’autre par simple inoculation du sang. Ce qui ajoute à l’intérêt de cette découverte, c’est que des études parallèles faites par le I)r Lounsbury, ont montré que les principaux agents propagateurs du « heart water » sont les tiques. Ces acariens ont déjà été accusés de semblables méfaits en Australie et au Texas : des mesures ont été prises pour les détruire, et ont donné d’appréciables résultats. Il est probable que l’Afrique australe sera obligée d’en venir là, et que, attaquée ue tous côtés, la terrible maladie parasitaire finira par disparaître.
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- NOUVELLES] SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le « télé-phot » rapide se trouve chez M. Boissonnas, 1, rue Centrale, à Genève.
- Erratum. — Dans les dernières Informations, une erreur typographique nous a fait écrire « Grache » pour le nom du chimiste genevois, inventeur de l’aniline : il faut lire « Groebe ».
- Communications. — M. Valette, à Orléans, nous fait part d’un procédé qu’il emploie avec succès pour l’extermination des mites. Il consiste tout simplement à pulvériser de la benzine sur les étoffes à préserver. Tous les insectes sont tués et les tissus conservent une odeur qui en éloigne leurs ennemis. Nous ajouterons que cette opération doit être faite dans une pièce où il n’y ait aucune flamme : sinon une explosion serait à redouter.
- M. Talmone, à Milan, nous communique les résultats d’une expérience faite par M. le Dr Fadigati sur le rendement comparé des prairies fumées à l’engrais animal et à l’engrais chimique. Sans entrer dans des détails sans intérêt, disons que la supériorité du second procédé est évidente, surtout si l’on considère le rendement en lait : il est aussi beaucoup plus économique.
- La Royal microscopical Society nous a fait parvenir un numéro de son journal, contenant entre autres une théorie de lord Rayleigh sur les images optiques, principalement en ce qui concerne le microscope, ainsi qu’une nomenclature des recherches récentes en zoologie et en botanique.
- M. Métrol, de Paris, nous a fait parvenir quelques observations à propos du phénomène décrit par 31. Lemaire dans la Boîte aux Lettres du 26 septembre : on peut l’expliquer en remarquant que le phare étant réglé de façon que le rayon soit horizontal, l’observateur verra chaque rayon passant au-dessus de lui s’abaisser jusqu’à l’horizon. La portion à l’infini de ce rayon se déplacera très peu, tandis que les portions du rayon voisines de l’observateur se déplaceront rapidement. D’où l’illusion de rotation des rayons autour d'un point diamétralement opposé à leur source.
- Renseignements. — M. le Dr Ménager, à Paris. — Nous avons décrit les graines sauteuses dans lesn0S 1059, du 16 septembre 1893, p. 254, et 1087, du 51 mars 1894, p. 285.
- M. le Dr J. Salema, à Castello-da-Païva. — La brochure de M. le Dr Caries sur l’Uvoacidimètre est en vente chez M. C. Fougerolle, 72, rue des Menuts, à Bordeaux.
- M. delà Ville-Baugé, à Candé.— Une couche de 15 centimètres d’épaisseur de sciure de bois grossière est un isolant suffisant contre les gelées ne dépassant pas — 20°. Avoir soin de tamiser la sciure pour en éliminer les grains trop fins, ne pas tasser la sciure.
- M. K..., à Camposanto. — 10 Servez-vous de voitures à deux roues de lm,60 de hauteur, non suspendues. — 2° L’Office Colonial, Galerie de Valois, au Palais-Royal (Paris), vous enverra toutes les notices désirables.
- M. Grimaud, à Luçon. — I/auteur de ces articles est 31 le Dr Cartaz, 39, boulevard Haussmann, à Paris : écrivez-Iui directement.
- Un Abonné, à X.... — 1° 3131. Radiguet et 3Iassiot, 13, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. — 2° 31. Le Soudier, libraire, 174, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Abonné 5002, à Evreux. — Il n’y a pas de moyen efficace : le mieux serait encore, si ce sont des tableaux, de les pendre à
- une petite distance du mur, de façon que l’air puisse circuler.
- M. G. 0., à Nantes. — 1° Il n’y a pas de travail d’ensemble sur ce sujet. — 2° Le lait concentré ne sert, à notre connaissance, qu’à l’alimentation. — 3® lovez les maisons suivantes t Société laitière des Alpes bernoises, 14, rue de Rome ; Société française du lait concentré, 152, faubourg Saint-Denis à Paris; Union laitière du Jura, 13, rue des Petites-Écuries, à Paris.
- M. R. D., à Paris. — 1° Nous venons précisément de préparer une chronique donnant des détails sur cette pièce; vifs remerciements. — 2° Adressez-vous pour cette thèse à l’auteur de l’article « Archéologie et Chimie », paru dans le n° 1581 du 12 septembre 1903, p. 254, à Ruff'ec.
- M. Pailheret, à Commentry. — Vous trouverez cet engin à la 31anufacture française d’armes, à Saint-Étienne, au prix de 30 francs.
- M. Drion du Chapois, à Seneffe, — L’adresse de notre collaborateur est: 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Luigi Armellini, à Tarcento. — Nous avons reçu votre communication ainsi que vos photographies et nous vous en remercions : nous ne pouvons les insérer, ce sujet ayant déjà été traité. Veuillez remarquer toutefois que l’union du cinématographe avec le stéréoscope a déjà été réalisée dans certains appareils appelés « mutoscopes ». Voy. n° 1356 du 51 décembre 1898, p. 79.
- M. J. Decondé, à 3Ions. — 1® 11 n’y a pas de travail d’ensemble sur la fabrication de ces appareils, qui sont entre les mains d’un petit nombre de spécialistes. — 2° Ce nom n’était que le pseudonyme d’un collaborateur disparu depuis longtemps : nous n’avons pas son adresse.
- M. R. D., à Paris. — 1° 31erci pour votre communication sur la monnaie de nickel. — 2® Pour vous expliquer ctfs phénomènes d’une façon sérieuse, il faudrait entrer dans des démonstrations d’un ordre très complexe, que nous ne pouvons aborder. — 3° 11 n’existe rien de pareil.
- M. J. Caron, à Paris.—Les renseignements que nous avons donnés sont les seuls que nous possédions sur cette question.
- M. le Dr Cordebart, à Aubervilliers. — Pourquoi n’essayeriez-vous pas d’exterminer vos rats par le gaz Clayton? Ce procédé réussit toujours et n’est pas dangereux : le siège de la Compagnie du gaz Clayton a été indiqué plus haut.
- M. M. R., à Paris. — Nous n’avons rien publié sur ces instruments dont les qualités sont très appréciées.
- M. Jacquier, à Loudun. — Certaines plaques photographiques sont trop délicates’pour être époussetées avec un blaireau, si fin soit-il : les vôtres sont dans ce cas. Servez-vous de vieilles chaussettes de coton, que les lavages successifs ont adouci : conservées dans une boîte bien fermée, elles vous serviront à frotter vos plaques sans les rayer.
- M. de L,.., à X. — Dans le n“ 1218, du 5 octobre 1896, page 275, nous avons décrit un système très ingénieux pour suspendre les tableaux.
- ÈI. Artimesen, à Jassy. — Le lucon est un apprêt dont voici la formule : eau, 8 pour 100, amidon, 54 pour 100: suif, 5 pour 100; talc, 25'pour 100; carbonate de soude anhydre, 8 pour 100. 11 donne du maniement à l’étoffe.
- M. J. Maravel, à Cannes. —Onappelait «mois embolismi-que » chçz les Grecs,le mois intercalaire qui servait à rétablir la concordance de l’année lunaire avec le cours du soleil.
- M. A. B..., à Lure. — On attribue, en effet, l’invention de la boussole à Flavio Gioia, marin d’Amalfi, mais rien n’est moins certain, et son véritable inventeur reste encore inconnu.
- Mme Asher, à Leeds. — On connaît un certain nombre de champignons entomophages, particulièrement du genre Bo-trytis : une espèce, le B. tenella, est employée avec succès pour la destruction des vers blancs.
- M. Ji P. A..., à Marseille. — H y a plusieurs procédés pour le transfert sur porcelaine des clichés : vous en trouverez décrits dans- les « Formules et Recettes photographiques » de 31. G .-H. Niewenglowski, pages 218 et 529. Desforges, éditeur à Paris.
- M. Levilly, à Prébois. — 1“ Formule du bichromate de ôtasse : 100 parties d’eau, 25 d’acide sulfurique, et 12 de ichromate. — 2° Il existe une 5e série des Recettes et procédés utiles. — 5® Nous ne pensons pas que cet appareil soit de nature à intéresser nos lecteurs.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lamberts, à Liège. Nous ne pouvons entreprendre de pareils calculs. — M. T. Â., à Tarbes. Avez-vous un plan suffisamment détaillé? — M. Ellert, à Mannheim. Voir dans les Recettes et procédés utiles, 5° série, la manière d’imiter l’essence de roses : librairie Masson etCie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Pèse-lettre hydraulique. — L'appareil se compose d’un vase cylindrique en verre que l’on remplit d’eau jusqu’à la moitié de la hauteur. Un tube en verre opaque, également cylindrique, et portant des graduations déterminées à l’avance de 15, 20, 25, et 50 grammes est placé dans le premier vase.
- Pèse-lettre hydraulique.
- Il suffit de placer une lettre sur le tube en verre; il s’enfonce, le niveau de l’eau s’élève et indique le poids de la lettre d’après les graduations dont nous avons parlé. Notre dessin montre à gauche directement l’appareil et à droite l’appareil indiquant le poids d’une lettre. — L’appareil pèse-lettre est en vente chez M. Mathieu, 151, Galerie de Yalois, au Palais-Royal, à Paris.
- Couteau automatique de poche. — Nous avons décrit dernièrement, dans les « Nouvelles Scientifiques » du n° 1577 du 15 août 1905, un couteau disposé avec des tire-lames pour éviter d’employer les ongles pour sortir les lames.
- Couteau automatique de poche.
- Nous signalerons aujourd’hui un nouveau modèle encore plus simple. Les deux lames du couteau sont maintenues dans l’étui par des petits ressorts. Il suffit d’appuyer sur l’extrémité du manche pour faire jouer le ressort; celui-ci, dégagé de son cran d’arrêt, fait sortir la lame. — Le couteau automatique de poche se trouve à la même adresse que l’appareil ci-dessus.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Le Fosset Sparklet. — Voici une application récente du Sparklet qui semble appelée à une certaine extension dans le domaine de la viticulture. On sait combien il est difficile de conserver les vins en vidange par. suite du contact de l’air contenant une foule de micro-organismes qui déterminent les maladies du vin. Avec le Fosset Sparklet il suffit de remplir le vide de la barrique avec de l’acide carbonique pour n’avoir plus à redouter l’altération du vin. On introduit l’extrémité du Fosset dans un trou bien rond et, en tournant la vis, on débouche le Sparklet, dont le gaz se répand dans la partie vide de la futaille. On peut facilement constater l’absence d’air, en pratiquant un trou de vrille dans la futaille, et en y présentant un rat-de-cave allumé ; s’il s’éteint c’est que l'acide carbonique commence à ressortir. On bouche alors avec des chevilles. — Le Fosset Sparklet se trouve à la Continental Sparklets 0°, 151, rue de Vaugirard, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Détermination des poissons plats. — Il n’y a rien qui ressemble autant à un poisson plat qu’un autre poisson plat. Aussi le public confond-il souvent la sole avec la plie, là limande avec le turbot et n'a-t-il que des idées vagues sur la barbue. Cette confusion est déplorable non seulement au point de vue scientifique, mais encore au point de vue pratique parce que leur chair est loin d’être de la même délicatesse et, par suite, a une valeur plus ou moins grande.
- A ceux qui voudraient avoir des idées précises sur la question , le tableau suivant rendra de grands services :
- 1. Yeux à droite du corps 2
- — Yeux à gauche du corps , <*
- 2. Nageoire dorsale commençant au-dessus
- de l’œil supérieur 5
- — Nageoire dorsale conhnençant en avant
- de l’œil supérieur Sole
- 5. Base de la nageoire dorsale hérissée
- de tubercules épineux Fiel
- — Base de la nageoire dorsale lisse. . . 4
- 4. Dents coupantes Plie ou Carrelet
- — Dents pointues 5
- 5. Ecailles un peu dentelées en forme de
- peigne Limande
- — Ecailles lisses Flétan
- 6. Nageoires impaires libres 7
- — Nageoires impaires unies Plagusie
- 7. Espace qui sépare les yeux plus petit
- que le diamètre vertical de l’œil . Pleuronecte
- — Espace qui sépare les yeux égal au moins
- au diamètre vertical de l’œil. . . 8
- 8. Côté gauche garni d’écailles lisses ou
- de tubercules «
- — Côté gauche garni d’écailles un peu
- dentelées en forme de peigne . . Romlou
- 9. Des tubercules sur le côté gauche . . Turbot
- — Des écailles lisses sur le côté gauche. Barbue
- Il est entendu que dans ce tableau n’entrent en ligne de compte que les vrais poissons plats, c’est-à-dire ceux à tête tordue, dissymétriques. Les Raies, les Pastenagues, les Torpilles sont symétriques : ce sont des poissons aplatis du dos au ventre et reposant sur ce dernier, tandis que les Soles, les Plies, les Turbots reposent sur un côté de leur corps.
- Erratum. — Dans notre précédent tableau de Détermination des poissons d'eau douce (a Nouvelles scientifiques » du n° 1577, du 15 août 1905), lire: 6. Deux nageoires dorsales, 18 (au lieu de 12); — 11. Lèvres molles, 12 (au lieu de 5); — 16. Ce meme espace, etc..., Rotengle (au lieu de 18).
- Produits solides aromatiques. — 1° Iris. — De la racine d’iris l’on retire une substance butyreuse blanchâtre, à laquelle cette racine doit son odeur spéciale, se rapprochant de celle de la violette, cette odeur est celle de Yirone qui a une composition semblable à celle de Yionone ou violette artificielle. Un échantillon de ce produit dissous dans quatre fois son poids d’alcool à 90 degrés m’a permis de constater : l°sa réaction acide, 2° une coloration rougeâtre avec l’acide sulfurique concentré et
- Fosset Sparklet.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- à froid; 5° avec une solution de soude caustique, il se forme à froid, un précipité couleur chair. — 2° Camphre de Romarin.— L’essence de romarin distillée à 200 degrés, donne une masse cristalline, qui, pressée dans du papier Joseph et purifiée par rectification, offre les caractères du camphre ordinaire. Un échantillon ainsi obtenu avait une odeur de camphre mêlée du parfum du romarin. Les cristaux sont petits, blancs, brillants. Ile même que le camphre des laurinées : celui de l’essence de romarin, est soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles, le sulfure de carbone. Il se volatilise aussi aisément quand on le chauffe. — 5° Thymol. — L’acide thymique ou thymol, se trouve dans l’essence de thym, à laquelle il communique son odeur. L’est un désinfectant aromatique énergique, quatre fois plus actif que l’acide phénique et dix fois moins toxique que ce dernier. Le thymol se combine avec la potasse et la soude, il devient alors soluble dans l’eau. Un gramme de thymol se dissout dans un litre d’eau, contenant 40 grammes d’alcool à 90 degrés. Cette solution est un excellent dentifrice et très bon marché. Le thymol chauffé avec de la soude caustique et du bromoforme m’a donné une belle couleur violette. — 4° Menthol. — Principe odorant de l’essence de menthe; se présente sous forme de petites aiguilles blanches cristallines, avec lesquelles on fait les crayons antimigraines. La solution de 1 gramme dans 2000 d’eau légèrement alcoolisée arrête la multiplication du bacille du choléra. Chauffé par poids moléculaires avec divers corps il donne des produits antiseptiques. J’ai obtenu ainsi un composé avec l’acide cinna-mique, ce corps fond à 80 degrés, alors que le point de fusion de l’acide est de 156 degrés.
- Cire à bouteilles. — La cire qu’on emploie ordinairement pour boucher, pour cacheter les bouteilles, est faite de 15 parties de résine ordinaire et de 2 parties de cire d’abeilles, les deux produits étant mis à fondre ensemble; les proportions doivent du resté légèrement varier suivant qu’on opère pour un climat plus ou moins chaud. Quant au colorant (qui est du rouge de Venise habituellement), il n’ajoute aucune qualité à la cire.
- Fleurs de cassies. — Les fleurs de cassies sont intéressantes à cause de leur parfum suave qui se rapproche de celui de la violette et de l’iris, aussi leur extrait entre-t-il dans la majorité
- des parfums pour le mouchoir, surtout depuis que l’odeur de la violette est de plus en plus à la mode. Les fleurs de cassies sont l’objet d’un assez grand commerce dans l’arrondissement de Grasse, où elles sont utilisées par les parfumeries. Les cassies sont des fleurs d’un beau jaune d’or globuleuses ayant plus d’un centimètre de diamètre ; elles sont constituées par de nombreuses étamines libres, filiformes, jaunes ; implantées tout autour d’un ovaire globuleux unicellulaire. Ces fleurs, qui commencent à poindre comme de petites tètes d’épingles, exigent 40 jours pour atteindre leur complet développement. Il en faut environ 400 à l’hectogramme.
- Le parfum est fixé par enfleurage de la graisse ou macération dans l’huile chaude et extraction de cette dernière à la presse. La graisse et l’huile ainsi chargées des principes odorants sont traitées par l’alcool concentré qui dissout le parfum seulement. Un autre procédé plus récent est le traitement au moyen de l’éther de pétrole et évaporation de ce dernier.
- On peut avoir aussi un extrait à odeur, moins intense cependant, en faisant macérer directement les fleurs dans de l’alcool. La teinte jaune est tellement prononcée qu’elle colorie fortement et presque instantanément l’esprit-de-vin.
- La récolte a lieu de fin septembre à fin novembre; une femme peut en ramasser 5 kilogrammes par jour. Les fleurs se payent actuellement 4 à 5 francs le kilogramme. Les plus odorantes sont fournies par 1’ « acacia farnesiana », qui donne une seule récolte.
- Il existe une autre variété de cassie, produite par 1’ « acacia semperflorens », dite cassies Romaines; elles sont moins parfumées. Cet arbre donne deux récoltes, l’une en automne, l’autre au printemps. Ses fleurs sont moins lourdes, il en faut 600 pour faire un hectogramme. Les feuilles sont plus vertes que celles de l’espèce précédente. Ce végétal craint moins le froid; il est plus vivace; aussi sert-il de porte-greffe.
- Les cassies sont surtout cultivées en Provence, à Cannes notamment et dans quelques villages de l’arrondissement de Grasse. Le sol qui leur convient le mieux est celui de Cannes: calcaire, granitique, composé de grès et micaschistes qui conservent la chaleur, si nécessaire à ce végétal. II faut que l’exposition soit en plein midi et abritée du vent du nord.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1903. - SEMAINE DU LUNDI 28 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 4 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direcion du vent. Les courbes du milieu indiquent : oourbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l'Juies et orages. — Pendant la semaine du 28 septembre au 4 octobre. la pluie est tombée en abondance, de nombreux orages ont eu lieu en France et à l'étranger, et la température moyenne a été toujours supérieure à la température normale. Le 28 septembre, des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe ; eu France, des orages ont donné 23 mm d'eau au Havre, 8 mm à Clermont, et 8 mm à liochefort. A Paris, la température moyenne a été de 16°,1. Le 20 septembre, ou a recueilli 7 mm d’eau au Havre, fl mm à Brest, 4 mm à Lorient. Des ondées ont eu lieu dans le nord el l’ouest de la France, et le temps a élé doux. Le 30 septembre, des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques et l’ouest de la France; il a plu au Mans (13 mm d'eau), à Cherbourg (11 mm), à liochefort (9 mm). A Paris, la température moyenne a été de 18°,8 avec un maximum de 23",2. Le 1" octobre. un orage du sud-sud-est a éclaté sur Paris à 6 heures du matin ; dans la baulieue plusieurs bourrasques ont eu lieu, accompagnées de nombreux éclairs et de violents coups de tonnerre. A THS un deuxième orage plus violent est survenu, et la foudre est tombée rue Lecourbe sur le tramway électrique de Saiut-Philippe-du-Roule à Yanves, ainsi que sur l’immeuble 10, rue François I". Des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe ; en France dés averses orageuses ont donné 43 mm d’eau à Châteaudun, 33 mm à Nantes, (S mm à liochefort. Dans la nuit du 30 septembre au 1" octobre, des orages très violents se sont déchaînés sur la ville de Bordeaux. La foudre est tombée plusieurs fois. Le 1" octobre, vers 8 heures du
- matin, à la cale aux pierres, près de la passerelle du chemin de fer, un homme a élé foudroyé au moment où il était occupé à charger des pierres. l’n autre ouvrier a reçu une violente commotion. A Paris, le 1", à 7“ 15 du matin, un orage d’une violence extrême a traversé toute la ville. L’église île Boulogne-sur-Seine a élé foudroyée et il y a eu commencement d’incendie. Le 2 octobre, on a signalé en France des orages dans toutes les régions ; on a recueilli 8 mm à Paris, 17 mm à liochefort, 13 mm à Charleville, 22 mm à Marseille et 62 mm au mont Aigoual. Le 3 octobre, pluie à Dunkerque (8 mm), à Brest (6 mm), à Besançon (4 mm), à Paris (3 mm). Les orages ont été très nombreux dans la semaine, et là foudre a fait beaucoup dé victimes.
- Tempêtes et ianmlniions. — Le 28 septembre, une tempête sévit sur la côte nord du Portugal. A l.avos, près d'Aigueira, un bateau de pêche a fait naufrage avec 32 hommes, dont 5 se sont noyés. A Torreira, près d’Aveiro, un autre bateau s’est perdu. Sur 41) hommes qui composaient son équipage, 11 ont disparu. A la même date, à Sfax, eu Tunisie, un orage des plus violents s’est déchaîné sur la ville et la campagne. Tout d’abord, une légère pluie est tombée, puis subitement une tempête épouvantable a éclaté. Une trombe d’eau d’une grande intensité a changé bientôt les rues en torrents. Tous les magasins et rez-de-chaussée ont été complètement inondés.
- A Bougie, en Algérie, le 50 sepiembre, à la suite d’un orage, la rivière Soumamm a débordé, inondant les terres environnantes. Plusieurs maisons et gourbis se sont effondrés. Dix indigènes ont péri ; les dégâts ont été considérables. Plusieurs centaines de têtes de bétail ont été perdues.
- PHASES DE LA LUNE : I>. Q. le 28 à 1 h. 18 m. du soir.
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- N° 1586 (77 octobre 1903), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Hf— Le ministre des affaires étrangères a ouvert le samedi 10 octobre, devant les délégués de vingt-cinq puissances d’Europe, <1 Asie, d’Afrique et d’Amérique, la conférence sanitaire internationale qui va siéger pendant plusieurs semaines à Paris. Cette conférence est due à l’initiative de l’Italie, puisque c’est à Venise que furent établies, en 1897, les premières bases de cette entente féconde. Au premier rang des questions qui vont être examinées se trouve la désinfection efficace des navires avant déchargement, sans altération des marchandises, pour faciliter la rapidité des copi-munications et favoriser les échanges commerciaux en supprimant les quarantaines:
- —Ht— M. Giraud, chef de la mission scientifique à La Martinique, dans le rapport sur l’état du volcan à la date du 18 septembre 1903, dit que le volcan était entré depuis un mois dans une phase d’activité exceptionnelle. « Les coulées de blocs, écrit-il, les grondements Sont beaucoup plus nombreux encore et se succèdent parfois sans interruption pendant des heures entières. Les fumerolles de la rivière Blanche, à peu près inactives depuis l’an dernier, ont repris leur activité du mois de juin 1902 et on peut constater, surtout après la pluie, qu’elles jalonnent d’une manière continue la ligne de fracture qui part du, cratère, suit la vallée de la rivière Blanche et se continue à une grande distance en mer. Le dôme, qui remplace l’ancienne aiguille disparue depuis le mois de juin, est en voie de croissance très rapide. Le cratère lui-même a subi des modifications importantes et de telle nature que la lave peut maintenant se répandre dans toutes les directions. Plusieurs nuages denses ont recouvert, depuis peu de temps, l’emplacement de l’ancien lac des Palmistes. Leur extension autour du cratère peut atteindre 8 à 10 kilomètres. La situation est grave, une forte éruption peut se produire prochainement et je répète encore, ajoute M. Giraud, que, dans ce cas, toute la partie septentrionale de Pile de la rivière Capot au Carbet, serait certainement atteinte. Il y a un danger très grand à y séjourner. L’évacuation totale de la partie septentrionale de l’îlc s’impose de plus en plus. L’insouciance et l’obstination des habitants de cette région, qui persistent à rester malgré des symptômes assez alarmants, peuvent faire craindre de nouvelles catastrophes. » Le bulletin quotidien rédigé par la mission scientifique dit encore que, dans la nuit du 20 au 21 septembre, des coulées de blocs incandescents très nombreuses sont descendues par la rivière Blanche. Le 21, il y a eu éruption de nuages denses. Le panache de vapeur, au-dessus du cratère, s’élève parfois à 4500 mètres. Le dôme du cratère continue à s’élever.
- —Ht— Le volcan Mowna-Roa, aux îles Hawaï, est entré en violente éruption le 8 octobre ; des Ilots de lave ont coulé sur le liane de la montagne.
- —Ht— Le professeur Langley a fait le 9 octobre à Whitcwaler (Virginie) l’expérience de sa machine à voler sans ballon pour laquelle le gouvernement a accordé une subvention de 400000 francs. L’essai n’a pas réussi, la machine est tombée dans la rivière Poto-mac; le professeur Manley. aide du professeur Langley, qui Ja montait, est tombé dans l’eau.
- —Ht— Le 8 octobre, quatre ballons sont partis l’après-midi, à Saint-Cloud, après la fête offerte par l’Aéro-Club à l’archiduc Léo-pold-Salvator a Autriche. C'étaient : 1’ « Oubli » (1000 mètres cubes), monté par MM. Legrand, de Contades et miss Multon ; 1’ « Aéro-Club-II » (1550 mètres cubes), avec le duc et la duchesse d’Uzès, le dessinateur Sem et M. Jacques Faure; 1/ a Orient » (1000 mètres cubes) emportant dom Jaime et le comte de Casiillon de Saint-Victor; enfin le « Centaure » (1650 mètres cubes), monté par l’archiduc Salvator, le comte de La Vaulx et un officier autrichien, chevalier de Corvin. Le « Centaure », après 14 heures de route et un trajet de 800 kilomètres, a atterri près de Lübeck à 6 heures du
- matin. L’ « Oubli », en une heure et quart, est descendu non loin d’Amiens. L’« Aéro-Club-II » a atterri, vers 11 heures du soir, en Hollande, dans la petite localité de Zunderl. située à quelques kilomètres de la frontière belge, sur la route de Bréua. Après un voyage de six heures, contrarié par le vent et la pluie, F « Orient » a atterri également dans de parfaites conditions.
- —Ht— M. et Mme Saunièrc, ainsi que MM. Bacon et Decauville, de Paris, étaient partis en ballon le 6 octobre, à 10 heures du soir, pour disputer la coupe Challenge des femmes aéronautes; ils ont atterri le 7 octobre, à 7 heures trois quarts du matin, en Bavière, près d’Eckersdortf.
- —H(— Dimanche dernier, I l octobre, s’est terminée la plus colossale épreuve pédestre que l'on ait jamais organisée; il s’agissait d’aller à pied de Bordeaux à Paris, c’est-à-dire de couvrir une distance de 600 kilomètres. Le départ a été donné à Bordeaux le mardi 6, à midi, à une cinquantaine de concurrents. Le coureur Laffitte prit immédiatement la tête et, en alternant la course et la marche, la garda jusqu’à Etampes où, eu prenant un repos de 1 heure, il permit à son concurrent le plus proche, Péguet, de le dépasser. Ce dernier, parti plus sagement que Laffitte, a conservé pendant tout le trajet l’allure de marche, et s’est très peu reposé en route. Il est arrivé premier à Paris, dimanche, à 61' 42 du matin, mettant 114h 27ni 20s à couvrir les 600 kilomètres du parcoure, ce qui donne une moyenne de 5km,260 à l’heure, et constitue la performance la plus remarquable qui ait jamais été accomplie. Après Péguet sont arrivés : 2°, Gallot, à midi 18"“ 12”; 5°, Anthoine, à 3h21m; 4e, Laffitte, à 5h 50ni ; 5“, Bagré, à 1lh42m, etc. Quinze coureurs ont accompli le trajet en moins de 150 heures; c’est un résultat très remarquable. — Détail intéressant : le vainqueur, Péguet, durant la course, a maigri de 11 kilogrammes; il est néanmoins arrivé dans un état de fraîcheur surprenant.
- —Ht— Le projet d’élever à Bruxelles un monument à l’électricien Zenobe Gramme va bientôt être réalisé. Un comité s’est constitué par les soins de M. Léon Janssen, directeur général des tramways bruxellois et président de l'Union internationale des tramways.
- —Ht— Les fameuses lueurs crépusculaires ont pu être observées de nouveau à Paris les 7, 8 et 12 octobre. L’horizon, à l’ouest, était enflammé. On a même cru, un moment, à un immense incendie comme l'année dernière, à pareille époque.
- —H?— Dans la semaine du 5 au 11 octobre, le temps a été pluvieux et la température très variable. Le 5 octobre, des pluies sont tombées sur le nord et l’ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 14 mm d’eau à Boulogne, 5 mm à N’ancv, 2 mm à Paris, 1 mm à Brest. La température à Paris a été de 45° le matin vers 7 heures et s’est maintenue à cette valeur presque toute la journée; car la température moyenne a été de 15°,7 avec un maximum de 19°,7. Le 6 octobre, une violente tempête a sévi sur les côtes allemandes de la Baltique, et des pluies sont tombées sur la moitié nord de l’Europe; en France, il a plu à Cherbourg (21 mm), à Brest (11 mm), à Charlcville (9 mm), à Paris (8 mm). La température moyenne a été de 16°,6 à Paris. Le 7 octobre, on a encore recueilli 5 mm d’eau à Boulogne, 3 mm à Nancy, 1 mm à Perpignan: on a noté 15° au puy de Dôme, 14° au mont Aigoual, 9U au mont Ventoux, 7U à Briançon, et la température moyenne a été de 16°,2 à Paris. Le 8 octobre, il est tombé 5 mm (l’eau à Belle-Isle, 4 mm à Brest, 1 mm à Boulogne, 1 mm à Paris ; on a noté une température de 18° au puy de Dôme, de 11° au mont Ventoux, de 6° au pic du Midi et une température moyenne de 16°,2 à Paris avec un maximum de 21°,6. Le 9 octobre, les pluies ont été générales en France et accompagnées d’orages, surtout dans le sud. Le 10 octobre, pluies générales, orages avec éclairs à Biarritz, Lyon, Paris; tempête de neige au ballon de Servance. Le 11 octobre, on a recueilli 2 mm d’eau à Brest, 1 mm à Paris, 1 mm à Lyon. La température moyenne a été de 10°, 1 à Paris, inférieure de 0°,8 à la normale.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits, — Les appareils pour l’éclairage des voitures de chemins de fer, que nous avons décrits dans le n° 1584, du 5 octobre 1905, p. 275, ont été construits par la Société internationale d’éclairage par le gaz d’huile, 162, rue Ordener, à Paris. — La bague Henry se trouve aux établissements Goy, 15, rue des Minimes, à Paris.
- Communications. — Un de nos abonnés, à Bordeaux, nous fait part des réflexions suivantes : « L’illusion d’optique signalée dans votre n° du 26 septembre, d’après laquelle la traînée lumineuse d’un phare électrique semblait a l’observateur venir d’un point opposé, est affaire de perspective. Le phare, masqué par l’hôtel et les maisons voisines, projetait ce soir-là 'des rayons intenses sur l’écran formé par les nuages; comme ils partaient d’un point suffisamment éloigné, et par la fenêtre n’étaient visibles que sur une faible partie de leur parcours, ces rayons se présentaient suffisamment parallèles entre eux; ils devaient donc converger en apparence vers un point de fuite situé en face dans le lointain. Ainsi, quand le soleil est à l’horizon, ses rayons, criblés par des nuages discontinus, jaillissent dans tous les sens, sous forme de gloire, quoique en réalité ils soient parallèles ; après avoir traversé le ciel, ils vont parfois converger encore à l’horizon opposé. Même observation pour les nuages dont les bandes, quoique parallèles, semblent se réunir aux deux extrémités opposées de l’horizon, comme en deux véritables pôles. »
- M. G. Pou, à Verneuil, nous fait remarquer que le booma-rang se rapproche beaucoup, au point de vue balistique, de certains projectiles discoïdes qui furent essayés au moment de l’invention des canons rayés et qui étaient animés d’un mouvement de rotation autour de leur axe de figure. En choisissant convenablement le degré d’aplatissement du disque, l’angle de tir et la vitesse initiale, on pouvait rapprocher de plus en plus le point de chute du tireur, et obtenir des effets identiques à ceux du boomarang.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire, nous adresse l’observation suivante : « Le phare de l’ile d’Yeu se trouve environ à 65 km en ligne droite de Saint-Nazaire, et il arrive souvent que sa traînée lumineuse est visible de cette dernière localité, passant par-dessus l’ile de Noirmoutiers. Cette particularité ne se présente que pendant les mois d’août, septembre et octobre, il arrive même parfois que non seulement la traînée lumineuse, mais même la lueur elle-même du phare sont visibles. Pourtant ce dernier doit se trouver caché par l’ile de Noirmoutiers. » 11 y a peut-être là un de ces phénomènes de diffraction communs au bord de la mer.
- Al. le Dt Fronton, à Paris, nous signale un appareil qu’il a inventé pour l’obtention des positifs et qu’il a appelé « châssis transposeur ». Il évite de couper les négatifs en deux, tout en inversant leurs images sur le positif. Cet appareil est disposé pour les vues obtenues avec le vérascope Richard.
- Renseignements. —M. A. Bolard, à Vesoul. — La calxia est fabriquée par M. Joncherv, 19, rue Ilaguerre, à Paris, où vous pourrez vous adresser pour tous renseignements complémentaires.
- il/. L. Jalon, à Lyon. — La maison L. Gandillot, 145, boulevard Pereire, à Paris, fabrique des calorifères à eau chàude, dont vous trouverez une description détaillée dans notre n° 1554, du 17 mars 1905, p. 219.
- M. le comte de Guéblau, à Boulogne-sur-Mer. — Nous avons décrit la fabrication de la laque au Japon dans le n° 169, du 26 août 1876, p. 195.
- M. La Serve, à Paris. — Pour le baroscope, voir n° 182, du 25 novembre 1876, p 409.
- M. Glimka, à Brunn (Moravie). — L’élatérite appelée aussi bitume élastique, est une substance brun rougeâtre qu’on trouve dans le Derbyshire (Angleterre), dans le Connecticut (Etats-Unis), et à Montrelais (Loire-Inférieure).
- Al. L. G., à Montceau-les-Mines; Mme Maréchal, à Paris. — Pour tout ce qui concerne la maïsine s’adresser à M. Labbér 50, rue du Luxembourg, à Paris.
- M. Meunier du Houssay, à Gesne-le-Gandelain. — Les maisons suivantes fabriquent et posent ce genre d’appareils : M. Bruckner, 162, rue Ordener, à Paris; M. Le Breton, 5, rue Gounod, à Paris.
- Abonnén° 4645. — L’Association Valentin Haüy, 51, avenue de Breteuil, à Paris, a organisé un service de prêts de livres-en points, avec dépôts dans plusieurs villes de province.
- M. Chanson, à Moscou. — Vous trouverez ces appareils aux adresses suivantes : M. Borrel, 47, rue des Petits-Champs, à Paris; M. Collin, 118, rue Montmartre, à Paris.
- AI. le capitaine B., au Havre. — 1° Tous nos remerciements-pour votre communication. — 2° L’article que nous avons pu-Jdié dans le dernier numéro sur la maladie des châtaigniers vous renseignera.
- M. A. Grabski, à Luszyn. — 1° Asphyxiez vos rats dans leurs trous à l’aide du gaz Clayton : la Société qui le fabrique a son siège, 56, rue Taitbout, à Paris. — 2° H n’v a qu’un moyen, détruire les ruches : si elles sont en terre recouvrez-les d’un tas de sable bien fin : toutes les abeilles périssent.
- M. Bousquin, à Paris. — Nous ne croyons pas qu’il y ait avantage à ajouter du bichlorure de mercure dans la solution de chlorhydrate d’ammoniaque. 11 faut un zinc amalgamé et une solution à demi saturée de chlorhydrate.
- M. Th. Heid, à Pau. — Vous trouverez des tuyaux flexibles-aux adresses suivantes : Mrae V,e Sorgue, 9, passage Corbeau, à Paris; M. F. Bohler, 22, rue Poncelet, à Paris.
- M. A. Mauny, à Cerisy. — La mélasine est une substance que l’on met dans les piles pour absorber le liquide et rendre la pile soi-disant sèche : nous ne connaissons pas la composition de cette substance.
- M. le DT Viger, à Abbeville. — Nous pensons que vous voulez parler de l’article de M. Pellissier, paru dans le n° 1147 du 25 mai 1895, p. 405.
- M. L. Mercier, à Bully. — La maison A. Sax, 51, rue Blanche,, à Paris, est l’inventeur de ces instruments : veuillez vous adresser directement à elle.
- AI. J. C., à Oullins. — Nous n’avons rien publié sur ce sujet.
- M. Gay, au Pérat. — La maison Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris, pourra vous fournir ces instruments.
- M. G. Bomieu, à Nîmes. — Vous trouverez des indications-dans la brochure suivante : Etat actuel du labourage électrique,, au journal « Le génie civil », 6, rue de la Chaussée d’Antin ; prix : 6 francs. Notre collaborateur M. Guarim vient de publier un opuscule sur le « Labourage électrique » ; M. Guarini, à Bruxelles, 70, Bd Charlemagne. H y a d’autres exemples de labourage et applications agricoles, décrits dans « Les applications mécaniques de l’énergie électrique » publié en 1896 à la librairie Fritsch, à Paris. Cet ouvrage ne se trouve que d’occasion.
- M. le Dr Thiron, à Jassy. — Nous pensons que vous avez voulu faire allusion au stérilisateur Lepage, dont la maison de vente est 67, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. P. K., à Bédarieux. — 1° Le traité de Chimie industrielle de MM. Wagner, Fischer et Gautier, contient, en son tome II, tous les renseignements que vous pouvez désirer : librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris; prix : 50 francs. —2° L’éditeur des Manuels Roret estM. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. T. Huber, à Paris. -— L’eau ne peut rien, en effet, contre les résidus dont votre feutre est imprégné : mais essayez de les faire infuser dans de l’alcool ordinaire ; ou essayez encore de la benzine ou de l’essence de pétrole.
- M. Bazouls, à Marseille. — La C'e du gaz Clayton a son siège, 56, rue Taitbout, à Paris.
- M. Herrgott, à Valdoie. — Reçu votre lettre; nous publierons une Note dans les Petites Inventions.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Carlier, à Val-lauris. Cet appareil n’a jamais donné de bons résultats. — M. J. C. K., à Lemberg. La proportion d’étain est des plus variables. — M. Langtry, à Aberdeen. Voyez dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, la manière de préparer le cuir d’asbeste : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Appareil & tailler les ctire-«leuts. — L’appareil que nous représentons dans la figure ci-jointe a l’avantage de fournir des cure-dents prêts à l’usage, toujours propres et dont on n’aura pas pu faire un usage abusif. Il se compose d’une boîte métallique de faible épaisseur, et dans laquelle on peut introduire -facilement des morceaux de bois taillés à
- Appareil à tailler les cure-dents.
- l’avance suivant la forme que présentent les morceaux dans la tigure. Sur un côté est installé un serre-lame qui vient maintenir le bois. l;n passage est ménagé pour une lame de couteau verticale, portée à l’extrémité d’une tige métallique. On relève cette dernière ; le bois, poussé graduellement par un ressort intérieur, avance et il suffit d’abaisser la tige pour découper une faible épaisseur de bois qui forme le cure-dent demandé. On relève de nouveau la tige métallique, le bois est mis en place, et on recommence une nouvelle opération. L’appareil à fabriquer les cure-dents se trouve à la Maison des Inventions Nouvelles, 151, Galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Porte-vètements. — il est de toute nécessité dans une habitation d’avoir des installations et des dispositifs commodes pour placer les vêtements. Dans les armoires, dans les placards, on range les vêtements en leur donnant de mauvais plis. Le
- Porte-vêtements.
- nouveau porte-vêtements que nous signalons et qui consiste uniquement, comme le montre le dessin ci-joint, en une tige métallique d’un diamètre de 10 millimètres faisant plusieurs
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- contours sur elle-même et parallèles, n’offre pas ces inconvénients. On peut fixer les vêtements en les tirant convenablement et en les laissant pendre ensuite. Dans un espace relativement restreint, il est possible de serrer dans les meilleures conditions un nombre assez considérable de vêtements. — Le nouveau porte-vêtements se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- BIBLIOGRAPHIE
- Nos chiens; races, dressage, élevage, hygiène, maladies, par P. Mégnin. 1 vol. in-10. J.-B. Baillière, éditeur à Paris. Prix : 4 francs.
- Le chasseur, l’éleveur, et même le simple amateur de chiens trouveront dans ce manuel de notre collaborateur un ensemble de documents qui leur permettront de tirer de leurs élèves toule l’utilité et tout l’agrément possibles.
- Climbing on the Himalaya and other mountain Ranges. J. Norman Collie. Edimburgh. David Douglas. I vol. in-8° de 515 pages avec gravures et cartes.
- M. Norman Collie n’est pas seulement un intrépide grimpeur, c’est encore un conteur fort agréable et un géographe doué d’un très grand esprit d’observation. La relation de ses ascensions dans les Alpes, en Norvège, dans les Montagnes Rocheuses et dans l'Himalaya présente par suite, à côté d’un intérêt épisodique, une valeur documentaire. L’histoire des ascensions aux hautes cimes de l’Himalaya, accompagnée d’une bibliographie, constitue notamment une importante contribution à la géographie de cette énorme chaîne. La note sur les inondations de la haute vallée de ( Indus relate également des observations de physique du globe particulièrement intéressantes. En 1841, i’Indus dévasta d’immenses territoires à la suite de l’écoulement subit d’un lac barrage formé dans sa vallée supérieure. Ce lac aurait été engendré, d’après les uns, par un glacier, d’après les autres, par un éboulement de montagnes.
- Album de chronophotographies documentaires a rasage des artistes, par Albert Loxde, in-4°. Ch. Mendel, éditeur, à Paris. Prix : 1 "2 francs.
- Tout ce qui est vrai n’est pas forcément beau : partant de ce principe, l’auteur a sélectionné parmi de nombreuses photographies d’animaux celles qui lui ont paru propres à servir de modèle aux artistes, tout en présentant le caractère de véracité que donne la photographie. - '
- La photographie judiciaire, par R. A. Reiss, docteur ès sciences. 1 vol. in-8°. Ch. Mendel, éditeur. Paris. Prix : 16 francs.
- Moustiques et maladies infectieuses : guide pratique pour l'étude des moustiques, par les B” En. et Et. Sergent. 1 vol. de l’Encyclopédie des aide-mémoire. Masson et Ci<-, éditeurs, à Paris. Prix : 5 francs.
- Manuel du ciseleur, par J. Garnier : nouvelle édition revue et augmentée par C. Ciiouartz. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie Roret. Prix : 5 francs. Librairie Mulo, à Paris.
- Les secrets du coup d’ailes, essai de construction d’une machine aérienne, par J.-C. Pompeïen Piraud. 1 vol. in-8°. E. Bernard et Cie, éditeurs, à Paris. Prix : 10 francs.
- Traité pratique des installations d’éclairage électrique, adaptation française de l’ouvrage de MM. Herzog et Feldmann, par Boy de la Tour, chef du service électrique de la Compagnie Fives-Lille. 1 vol. in-8°. Paris. Ch. Béranger. Prix : 25 francs.
- Précis d’analyse chimique qualitative, par E. Barral, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon. 1 vol. in-16. J.-B. Baillière et fils, éditeurs à Paris. Prix : 7 francs.
- Manuel de l’ouvrier mécanicien, 5e partie : Forge et fonderies, par G. Franche, ingénieur mécanicien, 1 vol. in-18 de la Bibliothèque des actualités industrielles. Librairie Bernard Tignol, à Paris. Prix : 2 francs.
- Annuaire des ingénieurs de France, 1905. J. Loubat et C‘% éditeurs, à Paris. Prix : 5 francs.
- Nouveau manuel complet du cartonnier, par Georges Petit, ingénieur civil. 1 vol. de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur à Paris. Prix : 4 francs.
- Les eaux de Paris, Versailles et la banlieue, par le Dr Imbeaux, ingénieur des ponts et chaussées. 1 broch. in-8°. \” Ch. Dunod, éditeur à Paris. Prix : 5fr,50.
- Field Columbian Muséum. Publication 69. Plantae Yucatcmue, par Cii.-Fr. Millspaugh. — Publication 70. Annual report of the director to the board of trustées, for the year 1901-1902. — Publications 71 et 72. Collection ofmexican mammals, par D. G. Elliott. 5 brochures in-8°. Chicago. 1905.
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- BULLETINS METEOROLOGIQUES
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50m,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES . I
- Lundi 28 septembre 13“,5 S. 1. Couvert. 0,0 C)uv. le m. ; nuag. le soir; rosée; brouillard de 200 m. à 6 h.
- Mardi 29 16% 4 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. le matin; très nuag. le soir; rosée; gouttes de 8 li. 30 à 8 h. 40.
- Mercredi 30 16°,8 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; rosée ; pluie à diverses reprises ; éclairs au S.-W. à 21 h.
- Jeudi 1" octobre. . 16°,5 S. E. 1. Couvert. 2,5 Très nuag.; rosée; orage et pluie à diverses reprises; halo à 20 h.
- Vendredi 2 11*,1 S. S. W. 1. Quelques nuages. 7,6 Très nuageux ; rosée ; pluie de 22 h. 15 à 24 li.
- Samedi 3 Il P,3 S. W. 2. Couvert. 3,4 Presque couv. ; quelquefois des gouttes; pluie de 25 à 24 h.
- Dimanche 4 16°,5 S. W. 3. Couvert. 0,7 Couv. jusq. 13 b. ; nuag. ensuite; pluie de 5 à 6 h., et de 14 h. 40 à 14 h. 53
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DS 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 octobre . . . 15°,3 S. S. W. 3. Couvert. » Couv. ; pluie le soir; vent fort de S.-W.
- Mardi 6 14",0 S. S. W. 2. Couvert. 7,8 Couv. et pluie le matin; halo solaire; beau après 17 h.; le soir, vent fort de S.-W.
- Mercredi 7 15°,1 S. W. 1. Couvert, pluie. U Rosée ; nuag. ; petite pluie le matin.
- Jeudi 8 15°, 0 S. S. E. 2. Couvert. 0,8 Rosée ; couv. ; pluie par intervalles.
- Vendredi 9 12°,6 W. S. W. 3. Très nuageux. 3,3 Très nuag. ; pluie le matin ; orages au N.-E. à 17 h.
- Samedi 10 7°,6 W. 2. Beau. 1,7 Nuageux ; petite pluie le matin; halo solaire et lunaire; averse vers 18 h.
- Dimanche 11 7°,3 S. S. E. 2. Couvert. 1,0 Rosée ; couv. ; pluie la moitié du temps.
- OCTOBRE (903. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 OCTOBRE.
- LunJi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- e^e^m^ssises^s^ss^sm^ss^"s»5”""S5"^""’^”"-”""2sssEssssseEesesssssseessee^ss£s ses -ESI
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direct ion du veut. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à, 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé «les observations météorologiques faites à l’observatoire «lu parc Saint-Maur, en septembre 1
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50”,3. Moyenne des 21 heures, 759””,14 ; minimum absolu, 742”“,6 le 11 à 4 heures; maximum absolu, 766“"”,4 le la de 8 à 10 heures; écart extrême, 23“”,8.
- Température. Sous l’abri : moyeuue-des miuima, 11°,29; des maxima, 21°,22; du mois, 16°,2a; vraie des 24 heures, la0,51 ; minimum absolu, 4°,1 le 13; maximum absolu, 31°,4 le 1". Sur le sol gazomié, moyenne des minima, 9°,59; des maxima, 38°,62; minimum absolu, 2°,7 le 15; maximum absolu, 50°,4 le 1". Dans le sol gazomié, moyenne du mois à 9 heures; à 0”,30 de profondeur, 15°,74; à 1 mètre, 16°,57. De la Marne : moyenne le matin, 17°,33; le soir, 17°,57 ; maximum, 21°,00 les 5 et6; minimum, 15°,23 le 19.
- Tension de la vapeur : moyenne.du mois, 10““,58; minimum, 6””,1 le 13, à 15 heures; maximum, 17“",5 le 4 à 18 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 50,7 ; minimum, 55 le 1" à 15 heures; maximum 100, en 15 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 57.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 376 heures ; durée effective de l’insolation, 147 heures en 29 jours; rapport 0,59.
- Pluie : total du mois, 53””,9 en 20 heures réparties en 9 jours, et, en outre, b jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre ; il est tombé 31"“,4 d’eau dans la journée du 6.
- On a noté 24 jours de rosée, 4 jours de brouillard; 2 jours dorages, le 4 et le 14; 3 jours d’éclairs sans tonnerre ; 6 halos solaires, 1 halo lunaire.
- Fréquence des vents : Calmes, 23.
- N . . . . 52 E. . . . . 57 s 59 W .... 25
- N. N. E. . 58 E. S. E . . 62 s. s. w. . 71 W, . N. W . 20
- N. E . . . 15 S. E . . . 84 s. w. . . 69 N. W. . . 3
- E. N. E. . 23 S. S. E. . . 57 w. s. w . 33 N. N. W. . 29
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,1 ; moyenne diurne la plus grande, 6",3 le 9; la plus faible, 1“,0 le 25: vitesse maximum, 12“,2 le 11 de 4 h. 20 à 4 h. 50 par un vent de W.-S.-W. Tempête d’entre S.-W. et \Y. dans la nuit, du 10 au 11 ; un arbre a été abattu dans le jardin de l’Observatoire.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 0“",57; température -h 0°,87 : tension de la vapeur, -+- 0““,55; humidité relative, —0,3; nébulosité -h 4 ; pluie -+• 5 ”“,5.
- Floraisons. Le 1", anémone du Japon ; le 2, cataleptique de Virginie ; le 4, helianthus cucmnerifolius ; le 6, helignlhus rigidus; le 9, hémé-rocalle du Japon; le 17, gynérium argenleum; le 18, aster CEil-de-Christ; le 19, veronica speciosa ; le 22, helianthus orgyalis.
- Eté de 1905 (Année civile).
- Comparaisons aux valeurs normales, baromètre, —0”",05; température, — 01,07 ; tension de la vapeur, —0“”,15; humidité relative, —0°, i nébulosité, •+- 3; pluie, -+- 30”“.5.
- Erratum au Bulletin d’août 1903. Nébulosité, excès sur la normale, -+- 7 au lieu de -+-11.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 6 à 6 b. 55 m. du soir.
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- N° f 587 (24 octobre /903), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —H-— Le conseil d’hygiène publique et de salubrité du département delà Seine, tel que l’a réorganisé la loi du 7 avril 1903, a été installé le 11 octobre par M. de Selves, préfet de la Seine, qui en est le président de droit. ÏI. de Selves, au début de la séance, a rappelé aux membres du conseil qu’ils étaient désormais appelés à connaître de toutes les questions relatives aux améliorations sanitaires de la Ville de Paris et de sa banlieue, à en fixer les bases scientifiques, administratives et techniques, à en suivre et à en accroître les progrès. « La tâche que vous avez à accomplir, a-t-il ajouté, n’est rien moins que celle qui consiste à faire bénéficier une population de près de 4 millions d’habitants des avantages de l’hy-iène et de la salubrité publiques. Et ici cette population, con-ensèe pour près des trois quarts dans une seule agglomération, disséminée autour de celle-ci dans d’importantes villes industrielles ou clairsemée dans des pays de culture intensive et des centres de villégiature, est en rapports incessants et en constante évolution, si bien que ses conditions sanitaires, quelques diverses qu’elles pourraient paraître au premier abord, n’en sont pas moins communes et dans une étroite et perpétuelle dépendance. » Dès ses premières séances, le nouveau conseil aura à donner son avis sur le projet de règlement sanitaire élaboré par les deux préfectures de la Seine et de police et par le Conseil municipal. Puis, il aura à se prononcer sur les règlements des communes de banlieue. Enfin, il étudiera divers projets tendant à développer, dans la plus large mesure possible, la prophylaxie individuelle et à domicile, et à maintenir dans de sages et judicieuses limites la prophylaxie collective. Dans la séance du 12 octobre, le Conseil a constitué son bureau. M. Paul Strauss, qui fut le rapporteur, au Sénat, de la loi pour la protection de la santé publique, a été élu vice-président. M. Moissan est également vice-président.
- —Ht— La Société de pharmacie de Paris, dont la création remonte à Nicolas Houcl, « marchand apothicaire épicier », qui vivait gu temps de Henri III et qui y consacra sa fortune, a fêté son centenaire le samedi 17 octobre. Cette cérémonie a eu lieu à 2 heures, dans la grande salle des Actes de l’Ecole de Pharmacie, sous la présidence de M. Liger, pharmacien des hôpitaux de Paris et président de la Société, et en présence de nombreux professeurs et pharmaciens de Paris, de la province et de l’étranger. On remarquait, parmi les correspondants étrangers venus tout exprès pour assister à cette solennité : MM. Idris et Atkios, d’Angleterre; Thoms, d’Allemagne; Derncville, Ilinck, Barbin, Dubierre, de Belgique; le professeur Chacr, de Suisse, etc.
- —Ht— On peut vraiment se demander dans quelles conditions est actuellement assurée l’exploitation du Métropolitain de Paris. Depuis quelques mois, on n’entend parler presque tous les jours que de courts circuits, de moteurs ayânt pris feu, de voitures hors d’usage, etc. ; nous n’osons pas rappeler la terrible catastrophe du 0 août. Le Métropolitain a été inauguré dans la semaine du 14 au 24 juillet 1900; pendant trois ans, l’exploitation n’a rien laissé à désirer et voilà maintenant que tous les jours il arrive un accident quelconque. Cet état de choses ne peut provenir que d’un matériel fatigué, surchargé et qu’on surmène encore quotidiennement. Les moteurs s'échauffent alors et les courts circuits surviennent à chaque instant. À la suite de ces courts cireuits, les moteurs prennent feu; mais il nous semble qu’il existe des coupe-circuits pour éviter ces accidents, et que l’on devrait en faire usage. De plus, tous les électriciens savent bien que quand il y a court circuit quelque part, la règle générale est de supprimer immédiatement le circuit ou la voiture sur lesquels l’accident est arrivé, et de prendre des dispositions permettant de continuer le service. Mais ce sont là des cas qui doivent se présenter exceptionnellement dans une grande exploitation comme celle du Métropolitain parisien.
- —Ht— La direction générale des contributions indirectes vient de publier la statistique, par département, de la taxe sur les vélocipèdes, pour l’année 1902. Le département le plus imposé est la Seine, avec 239249 vélocipèdes, dont le produit taxé est de 1383 266fr,25. Le département du Nord vient ensuite, avec 59 309 vélocipèdes, dont la taxe totale s’élève à 355 685fr,50. Le département où la « petite reine » a le moins de sujets est la Corse : 352 vélocipèdes ^ bicycles, tricycles, etc.), qui produisent 2227 francs. Le nombre de vélocipèdes pour la France entière est de 1 206 742, qui sont frappés d’un impôt total de 6 921 238fr,75. L’ensemble des vélocipèdes portés au rôle, s’élevait à 1 106 766 en 1901 ; à 987 130 en 1900; à 838 856 en 1899; à 483414 en 1898; à 408 869 en 1897 et à 329 816 en 1896.
- —Ht- On a dit récemment que, depuis le 1er octobre, le train de Great Western Railwav, entre Londres (Paddington) et Bath, détenait le « record de la rapidité » avec une vitesse commerciale de 98,374 km. à l’heure. Jusqu’en mai 1903 ce record a été détenu par le train lourd n» 517 de la Compagnie du Nord, comportant des lres et des 2” classes qui partait de Paris pour Lille à 8 heures du soir et accomplissait le trajet Paris-Arras sans arrêt en 1h 57 ; il franchissait donc la distance de 192 km de Paris à Arras avec une vitesse commerciale de 98,5 km à l’heure. Depuis le mois de mai, des nécessités de service ont fait arrêter ce tram à Longueau; sa vitesse commerciale s’est donc trouvée diminuée et elle -n’est plus actuellement que de 96,9 km. Mais, si' l’on compare la vitesse du train anglais sur la distance Londres jusqu’à son terminus, Bristol, et qui est de 190,6 km, à la vitesse du train de la Compagnie du Nord sur le parcours Paris-Arras qui est de 192,1 km, on constate que le train anglais a une vitesse commerciale de 95,3 km à l’heure, inférieure de 3,2 km à celle réaliséç sur le Nord français jusqu’au 1er mai 1905.
- —Ht— II vient de se créer un comité technique contre l’incendie pour l’étude et la vulgarisation des moyens préventifs et de défense contre le feu; le siège social est 21, rue Condorcet, à Paris (IXe). Le président est M. Félicien Michotte, ingénieur ; les vice-présidents sont : MM. Duplaix, H. Mamy, ingénieurs, et M. Jolyn, architecte. Le secrétaire général est M. Paul Cottancin. Le but de ce comité technique est de faire des études spéciales, tant techniques que pratiques, pour combattre le feu, et d’en répandre les résultats.
- —St— Londres vient de fixer par un règlement la vitesse de ses tramways, qui sont moins nombreux que les nôtres à Paris. Les vitesses autorisées sont de 19 km à l’heure dans les faubourgs, 10 dans la ville et 8 sur certains points encombrés.
- —Ht— Les expériences auxquelles on a procédé sur la ligne militaire entre Marienfeld et Zosscn auraient établi l’utilité des trains électriques sur de longues distances. On a atteint une vitesse de 175 km à l’heure. La voie que .l’on avait fait construire spécialement aurait résisté de façon satisfaisante. Entre les gares de Mahlow et Ringsdorf. le train électrique a parcouru en une minute et demie une distance de 5 km.
- —— Au mois de novembre, s’ouvrira à Brighton (Angleterre) une « Exposition internationale d’inventions. » Son but est de mettre les inventeurs en relation avec les capitalistes, les fabricants et le grand public. Des récompenses consistant en médailles d’or, d’argent et de bronze, seront décernées aux exposants dont les envois réuniront la plus haute ingéniosité et l’utilité commerciale la plus grande.
- -Ht- Dans Electrical Review, M. F. G. Perkins a étudié le problème de la traction électrique des chalands sur les canaux : il y signale en particulier les essais qui ont été faits en Allemagne avec le système Ganz. En supposant un canal de 60 km de long où le trafic annuel serait d’un million de tonnes, ce système ne fait revenir qu’à 50 centimes le prix de la tonne kilométrique, ce qui est extrêmement peu.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Un de nos abonnés nous écrit, à propos du phénomène signalé par M. H. Lemaire dans la Boîte aux lettres du 26 septembre : « J’ai observé le même phénomène au Havre, en suivant des yeux les rayons lumineux émis parle phare de La Rêve, et voici l’explication que j’en propose :
- soient, en plan, un phare P, PM et PN deux positions successives du faisceau lumineux, supposé réduit à une ligne. Soit A la position d’un observateur tournant le dos au phare, le plan M PA passant à une petite distance h (50 mètres par exemple, au-dessus de lui, les distances AP et AM se comptant par kilomètre) et soient M et N les points extrêmes du faisceau visibles à l’observateur. Quand l’extrémité visible se déplace de M en N, cette extrémité paraît, de A, décrire un angle MAN. Faisons passer par A un plan perpendiculaire à la direction médiane en faisceau, entre AM et AN, et rabattons ce plan autour de xy. Les points m, n, auxquels il coupe les deux positions du faisceau, viennent en m'n', et l’angle m'kn' représente en vraie grandeur le déplacement apparent du point m venant en n pendant que M va en N. Il est visible sur la figure que cet angle ni'An' est beaucoup plus grand que MAN, surtout si la hauteur h est très petite par rapport aux distances A al’, AM. Donc un point intermédiaire du faisceau paraît, à l’observateur, décrire un angle plus grand que son extrémité : de là l’illusion d’optique observée. L’extrémité M étant naturellement peu précise, l’observateur ne peut se rendre compte que le point M se déplace, et croit voir un arc lumineux tournant autour de deux points fixes l’un, devant lui, imaginaire ; l’autre, très réel, derrière lui, le phare. »
- 117. A. Robert, à Paris, nous communique l’observation suivante dont on possède déjà des exemples : « J’ai une chienne qui a déjà eu deux portées. Elle n’avait pas de lait, lorsqu’on lui confia un jeune chat pour lequel elle se prit d’amitié, et qui se mit à téter. Aü bout de quelques jours, le lait est venu, et pendant près de deux mois, la chienne a servi de nourrice à son enfant d’adoption. Depuis le sevrage elle vit côte à côte avec lui, jouant ensemble, comme s’il était de sa race, sans accepter la société des chiens. »
- M. E. Crocquevielle, à Paris, nous adresse cette recette :
- « Il existe un moyen aussi sûr que rapide d’enrayer l’invasion des cryptogames sur les racines des châtaigniers. Il suffit de répandre à l’automne du sulfate de fer pulvérisé sur le sol : les pluies l’entraînent pendant l’hiver sur les racines, sur l’aire occupée par les racines. Il coûte 50 à 60 francs la tonne, et donne à la végétation une vigueur nouvelle. »
- Un de nos abonnés nous signale une manière de tuer les mouches sans les faire souffrir, qui sera bien accueillie par les âmes sensibles. Elle consiste à se servir d’une de ces carafes appelées « gobe-mouches », contenant de l’eau, à la surface de laquelle on a versé un peu d’huile de paraffine. Dès que la
- mouche a touché cette nappe, elle tombe morte : on lui épargne ainsi les affres d’une longue agonie. )
- Renseignements. — M. Fromage, à Darnetal. — Il faudrait faire pass?r ces divers fils à travers une sorte de filière où ils entreraient à frottement et d’où les ferait sortir la rotation de la bobine sur laquelle ils s’enroulent. Ils auraient ainsi tous la même tension.
- M. Solier, à Carcassonne. — Le lacto-viscosimètre se trouve chez M. Micaut, 2, me de la Banque, à Bar-le-Duc.
- M. le Professeur Marchisio, à, Vercelli.— 1° L’un et l’autre appareil sont également pratiques. — 2° Le diamètre du disqub varie suivant l’éloignement de la source lumineuse. — 5° MM. Reulos et Goudeau, 4, cité Rougemont, à Paris, fabriquent ces appareils.
- M. Jacques Balsan, à Chantilly. — Pour nettoyer les tissus de soie, il faut les savonner à froid, les rincer, les égoutter'.; on fait bouillir une poignée de son dans l’eau, on ia filtre a travers un linge et on y fait tremper le tissu pendant quelqub temps. On le presse, et on repasse èncore humide. j
- M. Marchai, à Epernav. — Ce brillant est dû à la présence-d’une petite quantité de borax dans l’apprêt : il n’y a pas dp procédé de repassage spécial. .
- M. Le Tournoux, à Saïda. — Nous avons déjà décrit des appareils analogues à ceux que vous avez inventés et nous ne pouvons y revenir ; remerciements pour cette communication.
- M. E. B., à Suresnes. — La maison Deyrolle, 45, rue du Bac, à Paris, a publié un « Album des champignons comestibles ».
- M. G. Chauffournier, à Montpellier.— Le plus simple serait de vous servir d’un radiateur à ailettes, comme dans les voitures automobiles.
- M. le comte A. de Montlezun, à Toulouse. — Vous trouverez à la Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, le Petit Atlas de poche des Champignons, de M. P. Dumée, qui vous indiquera ceux qui sont bons ou mauvais.
- M. Dubosky, à X. — Le plus simple est de faire faire une analyse par un chimiste.
- M. J. B., à Tours. — 1° Nous ne connaissons pas d’instru-.ment de ce genre.— 2° Pour construire des piles sèches, il faut immerger dans le liquide un corps absorbant, comme la méla-sine, le papier buvard, la sciure de bois, etc.
- M. J., à Evreux. — On a fait, un peu de tous côtés, des expériences sur les propriétés antiseptiques du Lysol. Souvent les résultats ont été bons. Un de nos collaborateurs l’a essayé avec succès pour nettoyer ses arbres de divers parasites.
- M. le Directeur de la Cle Algérienne, à Aïn-Regada. — Cette adresse a été donnée dans la Boîte aux Lettres du n° 1583 du 27 septembre 1905.
- M. Piet, à Amiens. — 1° La maison Charles Lavauzelle, 10, rue Danton, à Paris, vous fournira ces cartes. — 2° Nous n’avons rien publié à ce sujet : le journal « La locomotion automobile », 4, rue Chauveau-Lagarae, à Paris, pourrait vous renseigner, ou encore « La France automobile », 68, avenue de la Grande-Armée.
- M. J. Klein, à Soultzbach. — Etant donnée la différence de densité de ces deux métaux, il est impossible d’en faire un mélange intime. ,
- M. Lamelz, à Metz. — M. Ancel demeure, 15, rue Brochant, à Paris (XVIIe arrond’).
- MM. Graf. Jacque et Cie, à Paris. — 1° Vous ne trouverez pas ces renseignements réunis dans le même volume. — 2° La librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille, a publié dans YEncyclo-pédie Roret un Manuel du serrurier et un Manuel du menuisier que vous pourriez consulter avec fruit.
- M. H. Jacquin, à Saint-Brice. — Vous trouverez une description du gramophone dans le n° 1407, du 12 mai 1900, p. 392.
- M. Gardel, à T. — Avant de peindre sur le carton, en-duisez-le de la pâte suivante : blanc de zinc en pâte à l’huile, 575 parties en poids; blanc de Meudon fin tamisé, 20 parties; mélange par parties égales d’huile de lin et d’essence de térébenthine, 90 parties. On étale avec un couteau à enduire et rapidement.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Liouba, à Bucharest. Ces propriétés du radium ont été déjà signalées. — M. H. B., à Loudun. Il faut placer l’instrument sur un plateau bien horizontal. — M. Tremblier, à Gif. L’acide sulfureux introduit, à basse température dans de l’alcool, est un bon désinfectant : voir Recettes et procédés utiles, 5e série, p. 87 ; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
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- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- La pendule annuelle. —- Le mécanisme de cette pendule ne diffère pas beaucoup du mécanisme connu ; toute l’invention repose sur l’emploi d’un déclenchement lent du grand ressort renfermé dans le barillet. Ce grand ressort n’est pas plus long que celui existant dans les modèles construits jusqu’à ce jour et qui n’agit sur le mécanisme, une fois remonté, que pendant 15 jours environ. A l’extrémité de l’ancre d’échappement correspondant aux aiguilles est fixé une petite tige d’acier
- Pendule marchant une année sans être remontée.
- A gauche, vue d’ensemble; à droite, détail du mécanisme.
- verticale qu’emboîte une fourche qui correspond à un ruban d’acier auquel est suspendu un poids lourd qui tourne sur lui-uieme par un mouvement lent de va-et-vient; la torsion du ruban d’acier, actionné par l’ancre d’échappement, est commandée par le grand ressort. Sur le poids lourd suspendu nous remarquons deux autres petits contrepoids traversés par une tige à vis. Ces contrepoids sont mobiles et servent à régler la marche de la pendule. 11 est aisé de comprendre que plus on centralise ces contrepoids en les tournant vers l’intérieur, plus on augmente la vitesse en cas de retard de la pendule ; par contre si la pendule avance on agit en sens contraire. C’est là un grand progrès dans l’horlogerie, qui permet de ne remonter une pendule qu’une fois par an. Cette pendule fonctionne dans la perfection, elle servira de régulateur dans une maison — elle n’est point délicate tout en étant bien construite. Elle n’est pas sensible aux différentes températures, et, par suite d’un outillage perfectionné, cette merveille est dans le commerce à un prix relativement très bas. — Pour tous les renseignements s’adresser à M. Mathieu, 29, rue de Valois, Paris.
- Bouton ne-col. — Les nouveaux faux-cols sont hauts et bien empesés; il est très difficile de les boutonner. MM. Kirby,
- Boutonne-col.
- Fig- 2. Fig. 3.'
- Fig. !..
- Beard et Cie, ont imaginé un boutonne-col (fig. 1), formé d’une sorte de petite pince en acier nickelé, présentant une torsion
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces*
- dans la partie située entre le manche et l’extrémité qui accroche le bouton. Le mode d’emploi est des plus simples; on accroche d’abord le boutonne-col sur le bouton (fig. 2), puis on le passe par le manche à travers l’une des boutonnières du faux-col et on donne un demi-tour (fig. 3). On le passe ensuite dans l’autre boutonnière et on donne un second demi-tour. Ce petit boutonne-col fonctionne d’une façon très satisfaisante. — S’adresser à MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Renforcement de l’hyposulfite de plomb.
- On sait depuis longtemps qu’un cliché blanchi dans le bain de bichlorure de mercure peut être ensuite noirci en le plongeant dans un bain d’hyposulfite ; mais il faut que celui-ci soit très faible, car autrement on aurait un affaiblissement au lieu d’un renforcement.
- Il est de beaucoup préférable, pour éviter cet inconvénient, d’employer un byposulfite double ; on a indiqué par exemple 5?r,5 d’hyposulfite de soude et C?r,50 de chlorure d’or dans 500 grammes d’eau; ou aussi un byposulfite double d’argent). Mais ce sont là des sels assez chers et M. Valenta vient d’indil-quer le plomb comme donnant un renforcement très intensel On ajoute à une solution d’acétate ou d’azotate de plomb, uné solution concentrée d’hyposulfite de soude jusqu’à redissolution du précipité qui se forme au début. On conserve à l’abri de Jj» lumière et pour l’usage on la dilue avec de l’eau. |
- Châssis métallique pour chambre 13x18. j
- On avait considéré jusqu’à présent que la dimension 9x12 était le maximum de ce qu’on pouvait faire en châssis métallique si répandu aujourd’hui pour les petits appareils à main;. M. Albert Posso, qui s’est fait une véritable spécialité dans là fabrication de ces châssis vient de terminer un modèle 15x18 auquel il travaillait depuis longtemps; c’est aujourd’hui un article entré dans sa fabrication courante. Par suite de renforcement par des nervures judicieusement placées, M, Posso est parvenu, sans augmenter l’épaisseur, à donner au châssis 13x18 la même rigidité qu’au 9-x 12. L’étanchéité est parfaite, grâce à un second velours placé dans la rainure où arrive le bas du volet. Un petit perfectionnement, qui a son importance, consiste à permettre d’agrafer la tirette en étoffe, après l’avoir repliée, de façon que le haut du volet soit complètement maintenu en place et qu’on ne puisse l’ouvrir par inadvertance. On peut considérer que la construction de çe châssis constitue un progrès très appréciable puisqu’on pourra ainsi réduire notablement le bagage de l’amateur et du professionnel ; trois châssis métalliques donnent la même épaisseur qu’au châssis double en bois. Nous ajouterons que non seulement pour ce châssis, mais pour toutes les autres dimension^, M. Posso construit des intermédiaires très pratiques qui permettent, aussi bien dans les châssis à volet que dans les magasins, de mettre des plaques de dimension inférieure. Nojps croyons que ce petit accessoire est peu connu des amateurs j:t qu’il est utile de le leur signaler. — S’adresser à M. A. Possp,’ 72, rue Mouffetard, Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cirage à l’huile pour souliers. — En réalité, ce n’est pas un cirage, mais plutôt un enduit, un vernis à l’huile. On mélange 10 parties de noir d’os avec autant de mélasse, puis fin ajoute 5 parties d’acide sulfurique; on a fait dissoudre d’autre part 4 parties d’hydrate de sodium dans une petite quantité d’eau, et l’on y a mêlé 20 parties d’huile de poisson, en remuant constamment ; on continue de brasser tandis qu’on met à bouillir ce dernier mélange et que l’on poursuit l’opération jusqu’à parfaite homogénéité. Il ne reste plus alors qu’à verser dans ce composé huilé, et peu à peu, la préparation au noir d’os, de manière à obtenir une pâte plus ou moins épaisse suivant la quantité d’eau que l’on a employée. On met dans dés boîtes de métal, et cela se conserve bien.
- Pour enlever l’encre. — Les procédés qu’il faut employer dépendent naturellement des diverses sortes d’encres en face desquelles on se trouve. On sait que pour les encres à base de noix de galle ou de vitriol, il faut recourir à une solution faiblement. concentrée d’acide oxalique; celte solution une fois appliquée, on lave à l’eau pure et l’on absorbe le liquide ,au moyen de papier buvard. Mais la plupart des autres encres noires (qui sont d’ailleurs d’une tenue plus ou moins satisM-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- santé) sont enlevées au moyen d’une solution faible de chlorure de chaux, puis d’acide* acétique dilué et enfin d’eau, le papier buvard étant aussi d’un grand secours ici. L’encre vert malachite blanchit sous l’influence de l’ammoniaque liquide, les encres d’argent sou.s l’action du cyanure de potassium ou de l’hyposulfite de soude, ün triomphe des couleurs d’aniline soit grâce à l’alcool, soit avec les applications de chlorure de chaux suivies d’autres applications d’acide acétique dilué ou plus simplement de vinaigre. Dans tous les cas, on applique avec un pinceau en poil de chameau, sans laisser trop longtemps en contact avec le papier, quitte à recommencer l’opération si elle a été insuffisante.
- Pour masquer l’odeur de l'encaustique. — On désire quelquefois misquer l’odeur, pourtant agréable en elle-même, d’un
- parquet qu’on vient d’encaustiquer et de cirer, comme par exemple à la veille d’une réception ou d’une soirée. On se trouve fort bien dans ce but de mélanger à l’encaustique un composé parfumé fait de 15 grammes d’essence de lavande et de 20 gouttes d’essence de verveine, en même temps que d’une quantité égale d’essence de néroli.
- Ration alimentaire artificielle pour l'élevage de la volaille. — On la prépare avec les diverses substances que nous allons indiquer, en les mélangeant bien après les avoir réduites en une poudre grossière : 1 partie de chlorure de sodium, 1/2 de sulfate de fer, autant de carbonate de sodium et autant de soufre, puis 10 parties de viande de bœuf maigre, séchée et pulvérisée (ainsi que nous avons dit), enfin 10 parties de sable tin, 20 de maïs et autant de graine de lin en tourteau.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- . OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE PE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 octobre . . 12°,9 S. 2. Couvert. 10,2 Pluie par intervalles; tonnerre vers 16 h. 45; vent très fort de S.-W. le soir.
- Mardi 15 12’,0 S. W. 5. Très nuageux. 2,9 Très nuageux; pluvieux à 17 h.
- Mercredi 14 12°,0 S. W. 5. Couvert. 0,0 Rosée; très nuag. ; halo solaire, pluvieux à 11 h.
- Jeudi 15' '. 12°,1 S. W. 2. Couvert. 2,0 Couv. le matin; nuag. le soir; pluie le matin et à 13 h.
- Vendredi 16 9’,8 S. W. 3. Couvert. 4,4 Couv. jusqu’à 18 h. ; pluie l’après-midi.
- Samedi 17 7°,1 S. W. 2. Couvert. 2,8 Rosée ; très nuag. ; pluie de 8 h. à 15 h.
- Dimanche 18 6°,1 S. W. 2. Très nuageux. 5,5 Rosée; couverl ; petite pluie à 10 h.
- OCTOBRE 1903. — SEMAINE Dü LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 OCTOBRE.
- Lundi I Mardi | Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nèbnlosilé de Où 10: les flèches inférieures, la dircdion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e te ni j»*. température. — Le temps est resté très mauvais
- sur les côtes, et les pluies ont été abondantes dans l’intérieur du pays pendant toute la semaine. Le 12 octobre, on a recueilli 27 mm d’eau au Mans, 18 mm à Nantes, 16 mm à Dunkerque, 10 min à Paris ; dans cette dernière ville, la température moyenne a été de 9°,9. inférieure de 0°,9 à la normale. Le 13 octobre, le vent a soufflé en tempèle de l'ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 29 mm d’eau à Cherbourg, 17 mm à Dunkerque, 11 mm à Biarritz, 4 mm à Paris. Le même jour, il y a eu plusieurs averses à Paris avec tonnerre vers 4k 45. Le 14 octobre, pluiés à Dunkerque (5 mm), Brest. (3 mm) et‘Besançon. Le 15 octobre, des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe ; on a recueilli 6 mm d’eau à Cherbourg, 2 mm à Paris, 3 mm à Brest. Vers 1 heure, à Paris, l’eau est tombée en très grande uantité pendant 20 minutes environ ; la température moyenne a été de 15°,7. e 16 octobre, il est tombé 14 mm d’eau à Boulogne, 8 mm à Besançon, 4 mm à Paris et 3 mm à Brest. Un vent fort de l’ouest a soufflé sur nos cotes de la Manche et de l’Océan. Le 17 octobre, le vent a été très fort du nord-ouest sur les côtes de la Manche, ainsi qu’en Bretagne et en Provence. Des pluies sont tombées à Besançon (10 mm), à Rochefort (5 nnn), à Cherbourg (5 mm), à Paris (3 mm). Le 18 octobre, des pluies ont été signalées sur presque tout le confinent; il a plu à Belfort (10 mm d’eau), à Paris (6 mm), à Besançon (6 mm), à Toulouse (4 mm).
- Inondations à l’étranger. — La pluie n’a pas cessé de tomber à Londres pendant deux jours de suite, les 13 et 14 octobre ; tous les quartiers bas ont été inondés. Dans certaines rues, la circulation des voitures était impossible.
- Une violente tempête a sévi les 9 et 10 octobre à New-York et dans le New-Jersey. La quantité d’eau tombée a été considérable ; la cinquième avenue et d’autres voies importantes étaient transformées en rivières et en torrents, les égouts débordaient. Dans les environs de New-York des trains sont restés en panne, les foyers des locomotives étant envahis par l’eau. Des tronçons des voies et des lignes télégraphiques et téléphoniques ont été emportés. Les chemins de fer de l’Erié et de Pensvlvanie ont dû suspendre le trafic. Le nouveau chemin de fer souterrain de New-York a aussi beaucoup souffert. Les parcs publics ont été dévastés. Au Central Park, la ménagerie avait été envahie par les eaux. Beaucoup d’animaux avaient de la peine à tenir la tête hors de l’eau. Plusieurs avaient grimpé aux barreaux de leurs cages. Les villes de Passaic, Dultonville, Wallington et Gorfîeld, dans le New-Jersey, ont été très éprouvées. A Duttonville, 12 personnes ont été. emportées; 500 personnes sont restées sans abri à la suite de la rupture d’unedigue. On a évalué les dégâts dans ces villes à 5 millions de francs. A Patterson, on a dû improviser à la hâte une digue pour préserver la ville du débordement de la rivière Passaic.
- PHASES DE fiA LUNE : D. Q. le 13 à 8 li 6 m. du soir.
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- octobre 1903), du journal « LA NATURE
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le seizième Congrès de l’Association française de chirurgie s’est ouvert le lundi 19 octobre à 2 heures dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine, sous la présidence du professeur Charles Périer, membre de l’Académie de médecine, chirurgien des hôpitaux, assisté du professeur Pozzi, vice-président, -et du Dr Piequé, agrégé à la Faculté de médecine de Paris, secrétaire général. Sur l’estrade, on remarquait à côté des chefs des services de santé des armées de terre et de mer, des professeurs de la Faculté et du Val-de-Grâce, et de nombreux savants venus de l’étranger, notamment d’Allemagne, de Suisse, ,de Belgique et de Roumanie.
- —Ht— M. le professeur Laveran a présenté à la dernière séance •de l’Académie de médecine un travail intéressant de notre collaborateur, M. N. Gréhant, sur une question d’hygiène professionnelle. Les ouvrières d’un grand atelier de repassage mécanique installé à Paris éprouvaient des troubles graves qui avaient nécessité l’interruption du travail; M. Gréhant, consulté, fit l’analyse de l’air de l'atelier et y constata l’existence de l’oxvde de carbone en assez forte proportion. Des expériences démontrèrent que l’oxyde de carbone se produisait dans les cylindres servant au repassage, chauffés au moyen de rampes à gaz. Des entonnoirs renversés furent disposés àu-dçssus de ces cylindres de manière à recueillir les gaz et les conduire au dehors. A partir de ce moment on put reprendre le travail dans de bonnes conditions.
- —Ht— On annonce la mort de Mme d’Orhigny, veuve de l’ancien professeur de paléontologie au Muséum d’histoire naturelle, qui a succombé dans sa quatre-vingtième année. Elle était la sœur de M. Albert Gaudry, président de l’Académie des sciences, qui fut aussi jusqu’à l’année dernière professeur titulaire de la même chaire de paléontologie.
- -Ht— A la date du 20 octobre, le Vésuve est entré de nouveau eu activité. JFénormes globes de vapeur ont été projetés hors du cratère principal : des explosions et des grondements souterrains se sont fait entendre. Un flot de lave a coulé sur un des versants.
- —Ht— ha saison, pour les alpinistes, est close; aussi les statisticiens viennent de publier le nombre d’accidents dus à ce sport. Pendant la saison de 1905, il y a en dans toute l’Europe 148 accidents de montagne qui ont fait 196 victimes : 156 d’entre elles ont perdu la vie, 60 ont été plus ou moins grièvement blessées. Déplus, on a retrouvé 7 cadavres de touristes victimes d’accidents au cours des années précédentes.'Enfin 10 personnes ont disparu dans les montagnes. A en juger par les accidents qui vont chaque année croissant, l'alpinisme serait de plus en plus à la mode, ou les excursionnistes de plus en plus téméraires. De 74 accidents en 1900, on a passé à 95 en 1901, 124 en 1902 et 148 en 1905. Ces accidents ont entraîné 71 morts, 92, 123 et 136. C’était en Suisse que se produisait d'ordinaire le plus grand nombre d'accidents. L’an dernier, les accidents constatés dans ce pays ne représentent pas la moitié du total.
- —— La Cic de l’Ouest a mis dernièrement en circulation, sur Paris-Cherbourg, un train composé de voitures illustrées de vignettes mnémotechniques, destinées à servir de points de repère aux voyageurs en quête de leurs places. Les vignettes apposées sur ces va-gons, au nombre de dix, étaient les suivantes : une barque, une rose, un coq, une guitare, un moulin à vent, un lion, un aérostat, une étoile, une grappe de raisin, et enfin, une femme debout sur un tonneau de bière. L’initiateur de cette idée, M. Edouard. Cros, a l’intention de la faire appliquer, non seulement aux vagons, mais encore et surtout aux bagages qu’il est souvent si difficile de reconnaître.
- —Ht— Le concours annuel de l'Internat des hôpitaux de Lyon
- vient d’avoir lieu. 91 candidats se sont présentés aux épreuves : 43 ont été reconnus admissibles et 15 seulement ont été proclamés internes des hôpitaux à l’issue du concours. C’est une femme, Mlle Monod, qui a été reçue la première par ordre de mérite. M,le Monod est la première étudiante en médecine, à Lyon, qui arrive à l’internat. Elle est la nièce de M. Henri Monod, directeur de l’assistance et de l’hygiène au ministère de l’Intérieur.
- —Ht- La treille du Roi, dans le parc du palais de Fontainebleau, a été vendue, le 18 octobre, en 57 lots, de 25 kilogrammes chacun, comprenant environ 11 520 grappes et pesant 1400 kilogrammes. La vente a produit 2165 francs, faisant ressortir le prix du kilogramme à lfl,50.
- —lit— Le chiffre officiel de la récolte de blé en France, en 1903, est de 128 705 515 hectolitres pesant 99 588 059 quintaux ; la surface ensemencée était de 6 536 547 hectares. En 1902, la récolte était de 115 550 692 hectolitres pesant 89 240038 quintaux, et la surface ensemencée avait été de 6 565 711 hectares.
- —Ht— Parmi les travaux effectués pendant les vacances, nous pouvons citer les nettoyages faits dans les salles du Sénat. La salle des séances a été nettoyée par les nouveaux appareils pneumatiques; des banquettes des tribunes on a retiré 13 kg de poussière, du tapis de la salle 32 kg, des fauteuils des sénateurs, 12 kg. Dans la bibliothèque, on a recueilli 40 kg de poussière environ. Toute cette poussière a été brûlée sur place, dans des braseros au coke.
- —lit— Le bureau international de Berne vient de faire connaître le chiffre des recettes et des dépenses postales pour chaque pays. De ce tableau, il résulte que, de tous les pays, c’est l'Allemagne qui dépense le plus pour le service postal, soit 585 672 949(r,77, pour n’encaisser qu'un bénéfice net de 50 794182fr,85, tandis que la France ne dépense que 208 542 518 francs, pour encaisser un bénéfice net (excédent de recettes! de 64 0660o9tr,45, et que la Grande-Bretagne n(a qu’un chapitre de dépenses de 265 759 278tr,80, pour recueillir un excédent de recettes de 100 785 645tr.20. Les Etats-Unis, en dépensant 596 060140rr,55, ont un déficit de 17660174 francs.
- —Ht— Depuis un an le sport de la marche à pied a pris une extension considérable et nos confrères sportifs et même politiques ont organisé un grand nombre d’épreuves de marche à pied réservées aux différentes corporations. C’est ainsi que nous avons eu successivement la marche des Boursiers, la marche dés Banquiers, la marche de la .Nouveauté, la marche fies Camelots, la marche des Transports, etc. Mais la plus originale de ces marches est certainement celle qui a été organisée par le « Monde sportif ». dimanche dernier 25 octobre : « la marche des Midinettes ». Sous le nom de Midinettes on comprend les petites ouvrières des maisons de couture et de modes de Paris, celles qui, à « midi », envahissent les rues du quartier de l’Opéra pour aller déjeuner. Les organisateurs de cette marche avaient réuni le nombre colossal de.2647 engagées, sur lesquelles 2400 se sont présentées au poteau du départ. Cette manifestation sportive a obtenu un grand succès auprès du public parisien, trop grand même, car une foule immense se pressait sur le parcours et a quelque peu gêné les concurrentes. La distance à couvrir était de 12 km, de la place de la Concorde à Nanterre, et comprenait un parcours légèrement accidenté. La première arrivée au contrôle, Mlle Jeanne Chemine!, modiste, a couvert les 12 km de la course en lh 10,n, ce qui constitue une très belle performance. Plus de 1500 concurrentes ont accompli le trajet en moins' de deux heures, résultat très honorable.
- —Ht— Quel est le bilan de T Exposition de 1900? L’Exposition de 1867 avait laissé à l'Etat 2 800 000 francs de bénéfices; celles de 1878, rien; celle de 1889, exactement 1 058 000 francs. L’Exposition de 1900, dont tous les comptes ne sont pas encore arrêtés, soldera son bilan par plusieurs millions d’excédent de recettes, et aura rapporté au Trésor plus que toutes les autres réunies.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le phonographe original et les disques se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (Xe).
- Communications. — M. Luigi Armellini, à Tarcento, nous fait remarquer que le Mutoscope, dont nous parlions dans la Boîte aux Lettres du 31 septembre 1898, n’est pas en réalité un instrument stéréoscopique. On lui a attribué cette propriété par inadvertance. On ne peut nettement obtenir le relief qu’avec deux images conjuguées.
- M. Labouret, au Havre, nous signale un procédé pour reproduire expérimentalement l’illusion d’optique décrite par M. Lemaire dans la Boîte aux Lettres du 26 septembre. Il suffit de faire tourner horizontalement une règle autour d’une de ses extrémités au-dessus d’une bougie et devant une paroi blanche. Les différentes positions de l’ombre de la règle semblent tourner autour d’un point imaginaire, tout comme les rayons du phare.
- MM. Maupin frères, de Lavardin (Loir-et-Cher), nous ont communiqué une caisse d’emballage pliante, appelée « la Navette », qui répond aux obligations nouvelles imposées par les Compagnies de chemins de fer aux expéditeurs de denrées. Elle a pour résultat de mettre celles-ci à l’abri des investigations intéressées, et, comme elle se replie sur elle-même, une fois vide, elle peut être retournée à l’expéditeur pour de nouveaux envois.
- M. Mangard, de Toulouse, nous adresse une brochure intitulée « Source intermittente de Fontestorbe » ; située dans les montagnes de l’Ariège dans le crétacé inférieur, elle n’est intermittente que pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre : alors elle coule pendant une demi-heure et s’arrête pendant une autre demi-heure. On s’explique ce phénomène en constatant que les dispositions intérieures de la grotte forment siphon.
- M. le Dr Francon, à Paris, inventeur du châssis transposeur décrit dans la Boîte aux Lettres du n° 1586, du 17 octobre 1905, nous fait remarquer que l’orthographe de son nom a été altérée, c’est Francon et non Fromon qu’il faut lire.
- Renseignements. — M. W. Loste, à Bordeaux. — La plume d’or à réservoir « L’Idéal » se trouve chez M.Hardmuth, 6, rue de Hanovre, à Paris.
- M. 0. Donoivell, à Edimbourg. — L’eucalyptol est un corps cristallisé, résultat de l’action de l’acide chlorhydrique sur l’essence d’eucalyptus : c’est un antiseptique.
- M. Patrelle, aux Lilas. — Le baroscope a été décrit dans le n° 182, du 25 novembre 1876, p. 409.
- M. Carlier, à Thiers. — Ce genre de serpents est bien connu : c’est la couleuvre rude, mangeuse d’œufs; nous l’avons décrit dans le n° 1358, du 14 janvier 1899, p. 97.
- M. B.-V. T., à YilLaverde. — Cette méthode est décrite dans le Traité d'analyse chimique, de MM. Morh et Classen, traduction L. Gautier; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. P., à Lille. — Faites dissoudre une partie d’acide sali-cylique dans 600 d’alcool; faire chauffer jusqu’à ébullition et j passer lentement les plantes. Il est bon de les secouer pour qu’elles ne gardent pas trop de liquide.
- M. Lebrou, à Lapanouse. — Les établissements Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris, construisent des récipients en verre Dewar à double enveloppe et à vide parfait.
- M. Tichelberger, à Bordeaux. — Adressez-vous à M. Minette, 147, avenue Malakoff, à Paris, qui pourra vous dire si l’application dont vous parlez est possible.
- M. Barghoux, à Durtol. — Il n’y a ni à comprimer ni à recuire les plaques.
- M. J. A..., à Paris. — C’est dans le Journal officiel, du 31 juillet 1903, qu’ont paru ces différents articles légaux sur les Poids et Mesures.
- M. J. Aumont-Thiéville, à Paris. — Veuillez vous adresser au Bureau central météorologique, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. Eichelberger, à Bordeaux, M. Bayol, à la Seyne, M. Paul Thomas, à Béziers, M. Marcillac, à Perpignan. — La bague Charles Henry, pour lampes à incandescence, se trouve chez M. Gov, 15, rue des Minimes, à Paris.
- M. Bontemps-Winter, à Nevers. — Les maisons suivantes-fabriquent du celluloïd : M. Petit-Collin, 20, boulevard Saint-Denis : Cie Française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris.
- M. le Dr Bringuet, à Trélon. — 1° Nous publierons prochainement un article à ce sujet. — 2° Ces huiles, suivant leur composition, peuvent servir à nouveau pour le graissage.
- M. E. D..., à Moscou. — 1° Voir dans les Recettes et procédés utiles, lr" série, p. 321, la manière de peindre sur étoffes. — 2° Nous ne connaissons pas de vernis pour fil.
- M. Gilon, à Paris. —- La maison Williams, I, rue Caumar-tin, met en vente dés boomarangs.
- M. P. /!..., à Guise. — Il faut dissoudre le tanin dans l’eau avec laquelle on gâche la terre glaise, qu’on travaille ensuite comme une terre ordinaire.
- M. Borelli, à Marseille. — La fabrication de ces glaces platinées a été décrite dans le n° 928, du 14 mars 1891, p. 239 : mais nous ne croyons pas qu’elles aient jamais été de fabrication courante.
- M. Manuel Gallego, à Mexico. — Adressez-vous à la maison Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Perossier, à la Feuillade. — Nous vous envoyons le n° 182, du 25 novembre 1876, où a paru la description du baroscope : la Maison Negretti et Zambra a son siège à Londres, 38, Holborn Viaduct.
- M. Lecq, à Mustapha-Alger. — Ces renseignements sont dispersés dans un grand nombre de revues et de publications, diverses : vous pourriez consulter l’ouvrage de M. P. Piraud, intitulé (( Les Secrets du coup d’Ailes » : librairie Bernard et C'% 29, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. M. Barbier, à Paris. — Nous attendons des renseignements sur cette question, qui est des plus intéressantes.
- M. Saignes, à Oléron. — 1° Lisez l’ouvrage suivant t (( Dorure, argenture, galvanoplastie », par M. G. Keignart, en vente chez l’auteur, 120, rue Championnet. — 2° Vous trouverez, les instruments nécessaires chez M. Grauer, 76, boulevard Richard-Lenoir, à Paris ou chez M. Del val, 5, rue Chapon.
- M. A. du Payërat, à Vivy. — Le seul moyen est de bien ventiler la pièce : il n’y a pas d’appareil bien pratique pour votre cas.
- M. X. F., à Rhodes. — II y aurait certainement une forte installation mécanique à exécuter : la maison Thirion, 160, rue de Vaugirard, à Paris, fabrique des compresseurs.
- M. de Véga, à Paris. — Nous avons décrit des masques respirateurs contre les poussières dans le n° 1294, du 19 mars 1898r p. 251; M. Burton, rue des Marais, 68, à Paris; M. Goulart,. 37, rue de la Roquette, fabriquent ces appareils.
- M. B. S. O. 52, à X. — Les maisons suivantes pourraient vous fournir les appareils nécessaires : M. Mackenstein, 15, rue des Carmes, à Paris; M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. Arbel, à Paris. — Voyez aux adresses suivantes : M. F. Benoist, 207, rue Saint-Martin; M. Balbreck, 137, rue de Vaugirard.
- M. O. Lévilly, à Cherbourg. — 1° Vous trouverez un traité de la pile électrique à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° C’est à la même librairie que vous pourrez vous procurer les ouvrages sur les courants sinusoïdaux. En 1894, M. Th. Martin a publié au journal « Electrical Engineer » à New-York, un ouvrage sur les inventions et les recherches de Nikola Tesla.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. Tarnier, à Melun. Le quadrisihcate de potasse pourrait servir dans ce cas. — M. J. M. Z., à Lembcrg. Ce genre de renseignement sort de notre cadre. — M. Habran, à Tours. Pour la conservation du bois mis en terre, voyez Recettes et Procédés utiles, 5e série, p. 41 : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Botte aux lettres » laJiédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PHOTOGRAPHIE
- Cuve de lavage à chasse d’eau automatique.
- Les clichés et les épreuves positives sur papier nécessitent un lavage soigné si on veut assurer leur conservation. Il est prouvé par des expériences déjà anciennes que le séjour prolongé dans
- Cuve de lavage à chasse d’eau.
- temps, ce qui permet d’examiner où en est le tirage. Afin que la feuille ne soit pas tirée de dessous la partie du volet restée en place, au moment où l’on ouvre l’autre, il y a une double articulation qui donne un certain jeu, une certaine indépendance à chaque partie du volet, tout en la laissant cependant solidaire de l’ensemble, et la remise en place exacte du papier sur le cliché est assurée. Cette disposition donne une grande
- Châssis de tirage.
- l’eau ne suffit pas pour éliminer l’hyposulfite, il est indispensable de renouveler complètement l’eau de lavage 5 ou 6 fois. C’est pour opérer ce renouvellement de façon automatique que M. Ch. Adrien a imaginé la cuve représentée ci-dessus. Elle se compose d’un récipient carré en zinc à fond incliné, muni d’un siphon à forte section et d’un trop-plein. Dans la partie qui se trouve à l’intérieur de la cuve le siphon est percé de petits trous à des hauteurs différentes; dans la partie qui est à l’intérieur de la cuve il est fermé par un levier pivotant autour d’un axe et réglable au moyen d’un contrepoids placé à l’une de ses extrémités. L’autre extrémité de ce levier se termine par une cuvette située juste en dessous du trop-plein de la cuve. Le fonctionnement de l’appareil est très simple. Lorsqu’il est placé sous un robinet d’un débit quelconque il se remplit d’eau et quand il est comble l’eau se déverse par le trop-plein et coule dans la cuvette du levier, celui-ci bascule et le siphon étant ouvert vide la cuve en un instant, étant donné sa grande section. L’eau en s’écoulant maintient le levier baissé et ensuite c’est le poids de la petite cuvette qui produit cet effet ; mais au bout d’un certain temps elle se vide elle-même par un petit trou ménagé au fond. Le levier reprend alors sa position primitive et la cuve se remplit à nouveau. On peut mettre dans la cuve des plaques de différentes dimensions dans dès paniers à rainures. Les trous percés dans la branche du siphon placés à l’intérieur sont bouchés à une plus ou moins grande hauteur avec des chevilles en bois, suivant la dimension de la plus grande plaque employée. Pour les papiers on emploie avec avantage des grilles en toile métallique pour les maintenir. — La cuve de lavage se trouve chez M. Adrien, avenue de la République, 115, à Aubervilliers (Seine).
- Châssis de tirage Clément-Gilmer.
- Quand on fait au châssis-presse le tirage d’un cliché, sur une feuille de même dimension que celui-ci, il arrive généralement qu’au moment de regarder l’image, pour savoir s’il faut arrêter l’action de la lumière, on ne peut pas facilement soulever la feuille de papier sensible. Il faut pour y arriver se servir des ongles (si on en a) ou d’une pointe de canif, et on risque de rayer le cliché ; ou bien mouiller légèrement le doigt et on peut provoquer une tache sur l’image. Tous ceux qui ont fait des tirages sur papier au gélatino-chlorure ou à l’albumine, platine, etc., ont remarqué cet inconvénient.
- Pour y remédier, MM. Clément et Gilmer ont imaginé de construire un châssis spécial qui, à l’extrémité du volet, porte une pince en métal dans laquelle on peut saisir le papier au moment où on le met en place ; il y reste pincé une fois pour toutes et quand on soulève le volet il est soulevé en même
- facilité pour l’examen et permet d'aller plus vite' en besogne sans risquer d’abimer le cliché. (Chez MM. Clément et Gilmer, rue du Faubourg-Saint-Martin, 140, à Paris.)
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les éruptions par les artichauts.
- C’est une variété bien nouvelle de dermatite, non que les éruptions causées par les plantes soient rares ; mais celles occasionnées par des plantes potagères n’ont pas, que je sache, été signalées. La famille des euphorbiacées cause souvent de ces irritations; le suc plus ou moins âcre détermine des démangeaisons et parfois des éruptions importantes. On ne soupçonnait pas l’artichaut capable de pareils méfaits.
- Le Dr Labarrère a consacré une étude très intéressante sur des dermatites observées dans une partie de la Gironde, où se fait la culture en grand de l’artichaut, chez les ouvriers qui manipulent ce fruit au moment de la récolte. L’éruption atteint les mains, les avant-bras, parfois la face, le cou ou d’autres parties du corps si on vient à les toucher avec les mains imprégnées du suc irritant qui s’écoule des tiges d’arti-chaux coupées.
- L’artichaut, de son nom botanique (( Cynara scolvmus », appartient à la famille des synanthérées et il n’a jamais passé pour avoir des sucs bien âcres ou bien acides. Il faut évidemment une peau un peu susceptible. Cependant il y a bien un principe irritant spécial, car dans d’autres régions de culture de l’artichaut, en Médoc, en Bretagne, on aurait observé quelques exemples de ces éruptions. Par contre dans les Deux-Sèvres, à Niort, dans le Midi, dans l’Anjou on n’a rien signalé de semblable. En Anjou la culture est cependant assez considérable, elle s’étend sur plus de cinquante hectares. C’est surtout la variété dite Gros Camus qu’on cultive ; on les expédie par paniers de 120 kilogrammes contenant environ deux cents tètes et annuellement les gares d’Angers n’en expédient pas moins de cent wagons, soit environ cinq cent mille kilogrammes.
- Ces éruptions tiennent-elles à l’espèce d’artichaut, à l’époque où la tige est coupée, à des conditions spéciales? on n’a pu le déterminer, mais c’est bien, je crois, la première fois qu’on signale une dermatite causée par l’artichaut. Dr A. C.
- La Chéilophagie.
- La vicieuse habitude de manger ses ongles est une tace pathologique qui accuse un degré avancé de névropathie et de dégénérescence. Les méthodes les plus diverses arrivent difficilement à triompher de cette variété bizarre de tic.
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- NO U V K LL RS SC IENTIFIQU LS
- On peut rapprocher des mangeurs d’ongles les mangeurs de lèvres. Notre érudit collègue, le Dr Meige a décrit, au Congrès de neurologie, parmi les nombreuses formes de tics des lèvres, celui qu’il désigne sous le nom de Chéilophagie. D’après lui, les mangeurs de lèvres sont aussi nombreux que les rongeurs d’ongles et ce sont les mêmes causes qui produisent et déterminent cette habitude onychophagique et chéilophagique. 1,'explication qu’il donne de ces psychoses s’applique de point en point à l’une et à l’autre. Aux doigts comme aux lèvres •s’épanouissent de nombreux blets nerveux sensitifs; c’est un réseau favorisant les incitations, les sensations et provoquant des réactions motrices qui se répètent peu à peu d’une façon presque continue. On commence à rogner l’ongle, on y revient avec acharnement et il faut une lutte sérieuse pour détruire cette habitude. De même pour la chéilophagie.
- Les mangeurs de lèvres sont surtout nombreux parmi les enfants, les adolescents. Le point de départ est le plus souvent
- une gerçure causée par le froid ou une petite érosion traumatique. La pellicule d’épiderme qui se soulève exerce un frottement, un chatouillement qu’on cherche à faire disparaître en raclant avec les doigts, ou mieux avec la langue ; on bnit, s’il y a résistance par mordiller avec les dents. L’acte se renouvelle le lendemain quand la plaie se cicatrise, puis c’est un besoin incessant et de plus en plus impérieux.
- Chez l’adulte, la chéilophagie est plus rare; elle est remplacée chez l’homme par l’habitude de mordre la moustache, d’arracher les poils.
- Pour combattre ces tics bizarres, il faut, chez les enfants, une grande surveillance des parents, des menaces et des punitions. Ces morsures répétées constituent un danger; la lèvre peut s’enflammer et ces petites érosions, insignifiantes au début, devenir le point de départ d’inflammations plus sérieuses et nécessitant à un moment donné un véritable traitement chirurgical. l)r A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 octobre . . 4",0 Calme. Couvert. 0,4 Rosée ; brouillard le malin ; nuageux.
- Mardi 20 7U,3 S. E. 1. Couvert. 0,0 Très uuag. ; pluvieux à 9 h. et 20 h. 30.
- Mercredi 21 9»,8 S. S. AV. 2. Couvert. 9,9 Rosée; très nuag. ; pluie de 8 h. à 18 h.
- Jeudi 22 À\5 S. S. AV. 2. Couvert. 2,1 Rosée; très nuag.; pi. le soir; vent fort de S.-S.-AV. de 10 h. à 15 h.
- Vendredi 23 .... . 8°,9 S. AV. 3. Couvert. 1,2 Très nuag. ; pluie par intervalles.
- Samedi 21 . . . . . . 3”,8 S. AV. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Dimanche 25 7U,8 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; pluvieux à 11 h. ; puis nuageux.
- OCTOBRE 1903. -- SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 OCTOBRE.
- La conrbsupérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures. la direction du vent. Les courbes du milieu iiiiliqiienê : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené > 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à (abri à boule sèifie: courbe en pointillé, Ihermumèlre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e temps. — Pendant la semaine du 19 au 25 oclolire, le temps a été pluvieux et la température a été variable. Le 19 octobre, le vent a souillé avec force du nord-ouest dans le golfe du Lion; des pluies ont été signalées sur la plupart des stations de l’Europe. Eu France, on a recueilli 5 min d’eau à Besancon, 2 mm à Brest. A Paris, la température a été -+- 4° le matin à 7 heures; on notait à cette heure 1° au pic du Midi, — 8° au mont Veutoux, — 4° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 8°,8, inférieure de (P,8 à la température normale. Le 20 octobre, des pluies ont été signalées sur les Iles-Britanniques, ainsi que dans quelques stations du nord de l’Allemagne, de la Russie et de Fltalie; en France, il a plu à Cherbourg (3 mm), au Havre (3 mm), à Gris-Nez (5 mm) et à Paris (1 mm). La température moyenne a été de 8°,G à Paris avec un maximum de 13°,7 et un minimum de 7°.2. Le 2l octobre, des pluies ont été signalées dans le nord, l’ouest et l’est d’Europe; il a plu 7 mm d'eau au mont-Aigoual, 5 mm à Belle-Isle, 2 mm à Brest ; une faible pluie est tombée à Paris. La tempéra-
- ture s’est relevée ; on a noté pour la moyenne 10°,8, supérieure de 1°,5 à la normale. Le 22 octobre, le vent a été fort d’entre sud et ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Vue lorle tempête a souillé sur la Manche'et sur les côtes anglaises ; les vagues balayaient la je'.ée, et ont interrompu à nouveau les travaux en cours. Des pluies sont tombées dans le nord, l’ouest et l’est de l’Europe; en France, elles ont été générales. On a signalé des orages au mont Aigoual et à Alger, et de la neige au mont Mounier et au pie du Midi. Le 23 octobre, les pluies ont été générales en Europe; en France elles ont même été très abondantes par place. La température le matin à 7 heures était de 91 à Paris, de 20’’ à Alger ; dans la journée on a noté 1° au puy de. Dôme, 0° au mont Yentoux et—5° au pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été de 1(P,8, supérieure de 1°,8 à la normale, avec un maximum de 15°,6. Le 24 octobre, le vent est revenu au sud sur les côtes de la Manche et de l’Océan, où il a é:é faible et modéré. Eu France, il a plu partout, et l’on a signalé de la neige dans les stations élevées. Une violente tempête a sévi non loin de Brest. Le 25 octobre, on a recueilli 5 mm d’eau à Brest, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Nantes. La température moyenne à Paris 8°,7 a été égale à la normale.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 20 à 3 h. 39 ni. du soir.
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- ” M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —îtt - Le premier Congrès national contre l’alcoolisme s’est ouvert le 26 octobre à 4 heures dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine, sous la présidence de M. Casimir-Perier. L’ancien président de la République était entouré de MM. Cheysson, membre de l’Institut, président de la commission d’organisation du Congrès ; Debove, doyen de la Faculté de médecine ; Dr Brouardel ; Mesureur, directeur de l’Assistance publique; Bérenger, sénateur; Aynard, député; de M”" Legrain, Duelaux, etc. Après avoir souhaité la bienvenue aux Congressistes, M- Casimir-Perier a donné la parole à M. Cheysson, qui a exposé la raison d’être du Congrès et a montré qu’il était nécessaire d’étudier les questions d’organisation. « La lutte antialcoolique, a-t-il dit, doit passer de l’action dispersée à l’action organisée. »
- —I/exposition générale d’automne, Chrysanthèmes et Fruits, organisée par la Société nationale d’horticulture de France, s’est ouverte le 4 novembre à midi, aux Grandes Serres du Cours-la-Reine. La clôture de l’exposition aura lieu le 11 novembre à 6 heures du soir.
- . — — MM. de la Vaulx et Castillon de Saint-Victor sont partis le 30 octobre à 6h 25 du soir du Parc aérostatique de Saint-Cloud à bord du « Djinn » avec l’intention de battre leur propre record de la distance. On sait qu’en 1901, ils ont parcouru 1955 kilomètres et ont atterri aux environs de Kiewen Russie. Le ballon était gonflé à l’hydrogène pur et cette fois muni d'un ballon compensateur à air du type du général Meusnier. Les deux aéronautes ont voyagé toute la "nuit, de vendredi à samedi. Mais samedi matin, le ballon était tellement surchargé de neiges et de glaces qu’il fallait atterrir malgré les 450 kg de lest qui restaient à bord. Le « Djinn » avait gagné par la neige et l’eau une surcharge de 210 kg. Il est resté 146 55 en l’air, s’est élevé à 2500 mètres et il est descendu près de Pontarlier. Les aéronautes ont beaucoup souffert du froid. La saison n’est pas propice. On ne tentera pins d’ascension avant le printemps prochain.
- —— Le 31 octobre les télégraphes ont cessé de fonctionner à Paris. Impossible de communiquer avec la majeure partie des villes de France et notamment avec Dijon. Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice, etc. A plus forte raison les communications n’ont pu s’établir avec l’Amérique, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Algérie, la Tunisie, etc. Le phénomène a eu pour cause une perturbation magnétique considérable, comme on le verra plus loin dans le compte rendu de l’Académie des sciences. On a répété un peu partout qu’il était sans précédents. G’est une erreur. Le service télégraphique a été interrompu de même en 1859 et 1860, comme le relatent les « Annales télégraphiques », pages 519 à 601, année 1859, et pages 100 et 251, année 1860.
- —Mt— Singularités florales. Les lilas sont en fleurs... au mois de novembre ! Du moins on nous a montré dans quelques jardins du nord-est et du sud-ouest des lilas parfaitement fleuris. Le phénomène doit être assez rare; car pour notre compte, nous n’avions pas observé de lilas en fleurs depuis au moins un quart de siècle à l’époque de la Toussaint.
- —L’ouverture de l’Exposition internationale de l’alcool, à Vienne, reste fixée au 16 avril 1901. La France participera officiellement à cette exposition dont la présidence d'honneur a été offerte nu ministre de l’Agriculture, M. Mougeot.
- —— Tri concours avait été ouvert, au ministère de la guerre, sur la composition d’un nouveau pain de guerre. On annonce que le produit adopté consisterait, à l’exclusion de toute farine de blé ou autres grains, en un mélange de farine de seigle et de farine de riz dans les proportions de 55 pour 100 de farine de seigle et de
- 45 pour 100 de farine de riz. Sans parler des qualités nutritives de chacune de ces deux matières, il paraîtrait que le riz et le seigle, combinés dans les proportions ci-dessus, donnent après cuisson une pâte à la fois substantielle, nourrissante et rafraîchissante, fort agréable au goût. Cette pâte n'atteindrait jamais la dureté et le dessèchement des produits actuels; elle conserverait, au contraire, une fraîcheur et une souplesse supérieures à tout autre produit.
- —M. Ludwig Eiscnbraun vient d’effectuer la traversée de l’océan Atlantique dans un petit bateau de 6 tonneaux, le « Columbia. » Il est arrivé, ayant subi l’assaut de plusieurs tempêtes, le 23 octobre à Funchal (Madère), après 72 jours de voyage ; la distance totale parcourue est de 5760 kilomètres. Ce petit navire, après avoir subi quelques réparations, est reparti pour Gibraltar et Marseille.
- —Dans un récent numéro, la publication américaine -dossier s Magazine signale un moteur nouveau dit « alco-vapeur », inventé par M. Ofeldt. C’est une machine à vapeur ou plutôt à « vapeurs », employant normalement un mélange de vapeurs d’eau et d’alcool; la chaudière y est chauffée au pétrole lampant.
- —— Lue expédition allemande dans l’intérieur de la Nouvelle-Guinée vient de découvrir que cette île produit une gutta-percha de bonne qualité, qui, convenablement traitée, pourrait servir d’isolant pour les câbles téléphoniques. On en a déjà obtenu des quantités considérables et les autorités allemandes se proposent de créer une station pour la récolte et le traitement de ce latex. Pour propager celte nouvelle industrie parmi les indigènes des spécialistes de Bornéo et d’autres pays ont été engagés à cet effet.
- —Mt— Quand les montagnards du Tonkin veulent défricher une certaine étendue de bois pour y établir des cultures, ils sont généralement dans l’impossibilité de mesurer les dimensions de leur futur champ, à cause de 1’épaisseur de laforôf. Ils ont donc adopté un signal phonétique bien simple qui leur sert de point de repère. Un indigène se place au milieu présumé de l’abatis et les autres rayonnent aux alentours pour marquer les bornes : celui qui est resté seul siffle d’une façon continue et les autres avancent jusqu’à ce qu'ils n’entendent plus le sifflet. Le périmètre du champ est déterminé ainsi sans grands frais.
- Un constructeur de Lyon, M. E. Du Pasquier, vient d’imaginer de recourir à l’aluminium comme matière première d’une foule de petits appareils dont font usage les industries textiles, et qui étaient, jusqu’à présent, fabriqués en bois. Il faut dire que, dans la plupart des ateliers où l’on traite les textiles, l'atmosphère doit être maintenue saturée d’humidité, et comme conséquence les bobines, par exemple, jouent, tournent irrégulièrement et entraînent des casses de fils; les canettes se gonflent et ne glissent plus bien,etc. L'aluminium était tout indiqué pour se substituer au bois, en raison de son inoxydabilité, et sa légèreté permet d’accélérer la vitesse des organes. La transformation s’annonce comme des plus heureuses.
- —— Le professeur Giovanni Mugna, de I’orli, en Italie, a inventé un appareil pour le lavage de la fumée, qu’il donne comme enlevant à cette fumée tout ce qu’elle peut contenir de nuisible. C’est un cylindre métallique au sommet duquel sont des orifices d’entrée et de»sortie de la fumée; au centre est un arbre vertical portant un ventilateur à sa partie supérieure et dans le bas une roue « tourbillon » à palettes. La fumée est appelée de la cheminée dans le cylindre par le ventilateur, puis la roue la bat avec de l’eau disposée au fond de l’appareil; après ce lavage, elle s’échappe à peu près incolore du haut du cylindre, et en ne contenant plus, à ce qu’affirme l’inventeur, qu’une proportion absolument négligeable d’acide carbonique.
- —Pendant l'année 1905, la valeur des diamants et autres pierres précieuses importées aux Etats-Unis, a atteint 150 millions de francs. Ce goût (les Américains pour les joyaux a décidé plusieurs tailleurs de diamants hollandais à s’installer en Amérique.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bandé du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le châssis métallique 15 X 18 Posso, décrit dans les « Nouvelles scienti-tiques » du n° 1587, du 24 octobre 1903, n’est pas vendu en détail par le fabricant. Il se trouve chez tous les fournisseurs d’appareils photographiques.
- Communications. — M. Bernard, à Chateaubriant, nous signale le phénomène suivant : « Dans la nuit du 25 octobre, à 2 heures du matin, alors que j’étais couché, mon attention fut attirée par une clarté insolite venant de la fenêtre et pouvant laisser croire à un incendie. Je me suis levé et ayant ouvert la fenêtre, j’ai constaté que le ciel avait une teinte rosée, et que la lumière répandue était assez puissante pour que l’on distinguât très bien les maisons à portée de la vue. Je voyais notamment très bien la lueur projetée sur une grande cheminée située à 200 mètres de ma maison. J’ai la conviction que ce fait était causé par une aurore boréale. »
- M. A. Aimé, à Niort, nous signale l’envahissement des frênes du canton de Prahecq, par la chenille d’un papillon nocturne, Abraxas pintaria. Ces larves, en tissant leurs cocons sur les feuilles et les rameaux, empêchent la formation des nouveaux bourgeons. Il y a un moyen de les détruire, c’est de retourner soigneusement la terre au pied des frênes : on peut ainsi sans difficulté anéantir les chrysalides qui s’enterrent dans le sol.
- M. L. F. H., au Havre, nous a fait parvenir des remarques sur l’illusion d’optique provenant des rayons d’un phare invisible. II l’explique en disant que l’observateur voit devant lui la perspective de divers rayons qui laissent leurs traces sur le fond du ciel.
- M. Hautreux, à Châteauroux, nous écrit, à propos des recherches de notre collaborateur M. le professeur Gréhant, sur les dangereux effets de l’oxyde de carbone dans un atelier: « Dans l’atelier de repassage que je dirige, j’ai remédié aux accidents en substituant, depuis 1901, le chauffage par l’acétylène au chauffage par le gaz de houille. Les résultats obtenus ont été remarquables au point de vue de l’hvgiène. Nous utilisons 10 à 11 kg de carbure, qui produisent 5000 à 5500 litres de gaz pour obtenir dans nos machines un chauffage qui nécessiterait la combustion de 22 à 25 mètres cubes de gaz de houille par jour. »
- M. Auguste Redonnet, à Tucuman (République Argentine), nous a fait parvenir un échantillon végétal que nous avons soumis à notre collaborateur M. Jules Poisson, qui nous a donné les indications suivantes : « J'ai examiné l’échantillon que vous m’avez fait parvenir, venant de Tucuman et qui est bien ce que l’on désigne sous le nom de Kapok. Ce nom de Kapok est indien, il s’applique aux fibres des fruits du « Bom-bax malabaricum De. » qui a plusieurs synonymes. Par analogie on a étendu ce nom à des arbres d’autres espèces du genre « Bombax » et du genre voisin « Eriodendron », dont le type (( E. caribœum » est des Antilles et une de ses variétés,
- « E. anfractuosum », répandue dans l’Afrique équatoriale. Toutes ces espèces donnent des fruits contenant dans leur intérieur des poils à peu près semblables et utilisés actuellement en Europe sous ce nom de kapok. Comme ce sont des arbres atteignant une ampleur de tronc souvent considérable, et que leur bois tendre permet'd’en faire des pirogues d’une seule pièce, on les a introduits dans diverses régions tropicales, soit comme objet de curiosité, soit pour l’usage des habitants. »
- M. F. Bianconi, de Paris, nous a fait parvenir une Carte physique et ethnographique de la presqu'île des Balkans, dressée par lui et mise au courant des plus récentes découvertes.
- Renseignements. — M. J. B., à Mâcon. — Le procédé le plus simple est de brancher sur le réseau à 550 volts un circuit formé de 5 lampes de 110 volts en tension et des accumulateurs en série. Ce branchement doit être fait avec soin et précaution.
- M. C. L. B., à X. — M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière, à Paris; M. Chassevent, 11, boulevard Magenta, à Paris; M. Armengaud jeune, 23, boulevard de Strasbourg, b Paris ; M. Blouin, 43, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. Ch. Boyer, à Paris. — Nous publierons prochainement un article détaillé sur ces expériences.
- Le Frère Marie, à Caen. — 1° Pour l’oxylithe, adressez-vous* à M. Jaubert, 155, boulevard Malesherbes, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas ce procédé nouveau.
- M. Lambert, à Bruxelles. — Nous ne voyons aucun moyen hygiénique à vous recommander : vous pourriez vous servir d’un acide dilué, mais vous risquez fort d’altérer la structure de vos ongles.
- M. Lamirault, à Montpellier. — Adressez-vous directement au Jardin colonial, à Nogent-sur-Marne.
- M. Quoy, à Oullins. — Machines à jet de sable pour gravure sur verre : M. Ducommun, 18, boulevard Magenta, à Paris; M. Marchand, 126, route de la Révolte, à Saint-Denis (Seine).
- M. Jourdan, à Jersey. — Nous ne connaissons que l’ancienne adresse de M. Bergeron et ne pouvons vous donner aucun renseignement à cet égard.
- M. Barbier, à Chambley. — Adressez-vous à MM. Bruckner et Cie, 162 bis, rue Ordener, à Paris; Ferrand, 124, boulevard Richard-Lenoir.
- J/, le Dr Ringuet, à Trélon. — Nous avons répondu à votre question dans la Boîte aux lettres, du 31 octobre.
- M. A. Quantin, à Lunéville. — C’est dans le n° 1559, du 11 avril 1903, page 305, qu’a été publié le monument aux Aéronautes du siège de Paris, par M. Bartholdi.
- M. L. L., au Pré-Saint-Gervais. — Le baccalauréat de l’enseignement moderne ne confère pas le droit de prendre desinscriptions à la Faculté de droit.
- M. Alphonse Josset, à Paris. — L’intensité en ampères ne peut être augmentée avec les piles qu’en ayant recours aux grandes surfaces des éléments ou au couplage en quantité.
- M. Coniostavlos, à Athènes. — Pour avoir cette brochure il faut vous adresser à son auteur M. Moreau, conducteur des-Ponts et Chaussées, à Chauny (Aisne).
- M. J. Sonnet, à Jouet-l’Aubois. — Un bon agglutinant pour la fabrication des briquettes est la dextrine : il convient de l’additionner d’un peu de salpêtre, qui augmente l’inflammabilité et permet par conséquent à l’aggloméré de mieux brûler, en donnant peu de fumée.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Barbet, à Avignon. Nous avons reçu votre communication et nous nous en occupons. — M. J. K. V., à Lindau. Les roulements à billes ne sont pas applicables à votre cas. — M. Calvet, à Salon. Dans la 5e série des Recettes et procédés utiles vous trouverez un procédé pour obstruer les fissures de la fonte : librairie Masson et Cîe, 120, boulevard Saint-Germain.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du goitre par l'eau distillée.
- On a prétendu, non sans raison, que l’impureté des eaux potables, leur teneur en sels minéraux, insuffisance ou excès, suivant les régions, était un facteur important dans la genèse du goitre. Partant de cette donnée le Dr Ravne a eu l’idée de traiter un certain nombre de cas de goitre, rebelles aux médications habituelles, par l’usage de l’eau distillée en boisson. Les malades ne devaient prendre aucun breuvage autre que l’eau distillée ou, à défaut, l’eau de pluie recueillie dans des vases propres et non puisée dans des citernes.
- Il a obtenu dans trois cas où l’iode, la digitale, la thyroïdine, n’avaient rien donné, des résultats surprenants. Chez une jeune femme un goitre disparut presque complètement ; chez un second malade la tumeur diminua de moitié au bout de huit mois de traitement.
- A coup sur il serait exagéré de croire que toutes les hypertrophies thyroïdiennes vont céder en se mettant au régime de l’eau. Mais le moyen est simple, à la portée de tous, sans danger; il a l’avantage de mettre à l’abri de l’alcoolisme. C’est tout bénéfice de l’essayer, ne dût-il donner aucun résultat bien appréciable. Dr A. C.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Pince à mollettes perforatrices pour chèques. —
- Pour rendre un chiffre, une signature inviolables, on emploie en général une presse qui a pour effet de pointiller la place où la somme est inscrite ou la signature. Les grattoirs ou les produits chimiques ne peuvent être employés sur un chiffre qui a été pointillé à sec. La pince à molettes perforatrices que nous
- Pince.perforatrice pour chèques. Mode d'emploi.
- décrivons peut servir à effectuer ce pointillage. Elle se compose d’une petite pince en métal armée de deux molettes roulantes constellées de petites pointes d’acier. Pour rendre inviolable un chiffre ou une signature, il suffit de passer le papier entre les deux molettes de la pince, comme le montre notre dessin à droite. — La pince à molettes perforatrices se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Presse à copier de voyage, la « Presto-Copie ». —
- Il n’est pas très commode d’emporter avec soi une presse à copier; c’est un meuble assez lourd pour qu’on le laisse dans ses
- La Presto-copie.
- bureaux. Mais voici qui le remplacera parfaitement, car les personnes qui sont dans le commerce ont fort souvent besoin de garder de leur correspondance de voyage une copie authentique. Le Presto-copie est tout simplement une feuille de celluloïd assez épaisse, pliée en deux comme la couverture d’un livre. La lettre est d’abord convenablement mouillée comme
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’habitude, et mise en contact avec une feuille de papier spécial à copier; puis le tout est inséré entre deux feuilles de buvard. On place cet ensemble dans la Presto-copie, qu’on enroule ensuite sur elle-même en commençant par le dos, c’est-à-dire la partie pliée. On serre tout simplement ce rouleau entre les mains, et on le réduit à un aussi petit diamètre que possible. On le maintient ainsi serré pendant quelques instants et on le laisse ensuite se dérouler, et on trouve à l’intérieur la copie terminée.
- On peut faire plusieurs copies à la fois si l’on veut ; il suffit d’insérer plusieurs feuilles de papier à copier alternées, ainsi qu’on procède quand on fait usage de presses ordinaires de bureau. La Presto-copie a l’avantage de présenter le minimum d’encombrement sous le minimum de poids, et c’est à ce titre qu’elle peut être recommandée aux voyageurs. — S’adresser à M. Chasles, rue Servandoni, 11, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre indélébile sans sel d'argent. — Dissoudre 1 partie de chlorure de cuivre dans 3 parties d’eau distillée, et ajouter à cette solution de la liqueur de potasse jusqu’à ce qu’il ne se forme plus aucun précipité. On laisse reposer, puis on décante par siphonnement, pour ne prendre que le liquide surnageant. On ajoute ensuite, et petit à petit, de l’ammoniaque liquide jusqu’à dissoudre le précipité ; afin que l’encre soit de bonne consistance pour couler de la plume, on ajoute 5 à 6 parties de dextrine, suivant le besoin. Naturellement, ne pas employer de plume métallique pour appliquer cette encre, mais seulement une plume d’oie ou une plume en verre, et passer un fer chaud sur les caractères.
- Vernis pour fourneaux. — C’est un véritable vernis, bien plus que ces pâtes, dont le prototype est la pâte dite flamande, qui n’adhèrent qu’assez peu aux surfaces métalliques que l’on veut noircir. On enduit d’abord le métal avec un composé épais obtenu par.addition de noir de fumée, ou simplement de suie, à du verre soluble (silicate de sodium ou de potassium). Au bout de vingt-quatre heures, quand cette première couche est sèche, on passe un nouvel enduit, également sirupeux, et fait de plombagine pulvérisée dans de la gomme du Sénégal. Une fois cet enduit presque sec, on donne un bon poli avec une brosse un peu dure.
- Pour polir les cornes naturelles. — On utilise souvent les cornes, cornes de cerf, de daim, etc., sous leur forme naturelle, pour en faire des porte-manteaux, des poignées de cannes, etc. Si on veut les polir avant de les monter, il suffit de commencer par les gratter avec un morceau de verre enlevant les plus grosses rugosités. Puis on réduit de la pierre ponce en poudre, on mouille un linge et on le trempe dans cette poudre de ponce, dont il absorbe une certaine quantité. On frotte alors la corne avec le linge jusqu’à ce u’elle présente une surface unie. On polit de nouveau avec e la terre pourrie et de l’huile de lin, puis on achève le polissage avec de la farine sèche et un linge doux.
- Alliage pour empreintes à basse température. — Si l’#n veut par coulée prendre des empreintes de feuilles, de fruits, etc., il faut naturellement employer des alliages extrê-mement fusibles, et il est bon qu’ils contiennent du cadmium, afin de ne pas endommager les objets très susceptibles que l’on veut mouler. On se trouve bien de recourir au métal de Wood, qui est fait de 2 parties d’étain, de 4 de plomb, de 7 à 8 de bismuth et de 1 à 2 de cadmium : son point de fusion est compris entre 66 et 72°. On recommande également le métal de Lipowitz, formé de 4 parties d’étain, de 8 de plomb, de la de bismuth et de 3 de cadmium : il devient mou à 55° et fond complètement à 66° C.
- Liquides pour graver sur acier. — On peut en composer un premier avec 5 parties d’iodure de potassium, 2 parties d’iode et 40 parties d’eau. Une autre composition plus compliquée, et qu’il faut aussi manœuvrer avec plus de précautions, est faite de 60 parties d’acide nitrique, de 8 de nitrate de cuivre et enfin de 200 parties d’alcool additionnées de 120 parties d’eau.
- Décalque des broderies au patron. — On a la coutume de décalquer rapidement au moyen d’un patron à trous les dessins que l’on veut exécuter en broderie sur les étoffes, et ce même procédé s’applique à des décalques de toutes sortes : aussi donnerons-nous l’indication de la substance qu’on peut employer pour obtenir un décalque sur fond blanc. On recourt à de l’outremer, auquel on a ajouté une petite proportion de résine c*i poudre : on fait tomber la matière pulvérulente sur le patron, et elle pénètre naturellement par les trous de celui-ci
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- jusqu’à l’étoffe placée dessous. On recouvre le tout d’un papier, 'et l’on passe un fer chaud qui fait adhérer la résine et le colorant à l’étoffe.
- Peinture a la cire de pétrole. — La Revue industrielle indique une peinture qui pourrait remplacer le coaltar pour enduire les soubassements. Four la première couche à passer, voici la formule : cire de pétrole, 125 gr. ; essence de houille, 120 cm3; ocre rouge, 35 gr. Pour la deuxième couche : cire de pétrole, 250 gr. ; essence de houille, 150 cm3; ocre rouge, 100 gr. ; noir .de fumée, 10 gr.
- Vernis pour maçonnerie. — 11 s’agit, en réalité, d’un enduit protégeant la pierre des intempéries. On mélange 150 kg de nrai de goudron et 50 kg de résine américaine, et cela chaud ; puis l’on ajoute en remuant constamment 200 kg de benzol brut.
- Alliage bon marché pour bijouterie. — On le désigne, nous ne savons pourquoi, sous le nom de roséine : il est composé de 40 parties de nickel, de 10 d’argent, de 50 d’aluminium et de 20 d’étain. 11 a une jolie couleur blanche et se laisse travailler de toutes les façons.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DH 0 A 9 ÉTAT DU CIEL TLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 octobre . . 14°,1 S. 3. Couvert. 6,2 Rosée; couv.; pluvieux le matin; beau le soir.
- Mardi 27 9\9 S. 2. Couvert. 0,7 Nuageux; pluie par intervalles.
- Mercredi 28 12°, 8 S. 4. Très nuageux. 1,2 Très nuag. ; pluie le matin; hilo luuaiie.
- Jeudi 29 5",6 S. S. E. 1. Très nuageux. 0,2 Rosée nuag. ; averse à 19 h.
- Vendredi 50 4°,b S. S. W. 2. Couvert. 1,5 Rosée presque couv. ; pluvieux.
- Samedi 51 2”,1 S. W. 1. Beau. 0,0 Rosée; 1,: gelée blanche de la saison.
- Dimanche 1" nov. 7U,0 S. 2. Couvert. 2,3 Couv. ; bruine par intervalles.
- OCTOBRE-N1VEIVIBRE IS03. --- SEMAINE DU LUNDI 26 OCTOBRE AU DIMANCHE 1er NOVEMBRE.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- 6 MIDI 6 MiN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 5 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent. courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Des secousses de tremblement de terre, précédées d’un sourd grondement, ont été ressenties à La Rochelle vers 2 heures du matin, le 21 octobre. Le mouvement sismique semblait dirigé de l’est à l’ouest ; les secousses ont duré environ trois secondes.
- Une violente secousse de tremblement de terre a eu lieu dans l'ile de Ré le 29 octobre.
- Orages et tempêtes. — Le 26 octobre, un violent orage s’est abattu sur Brest. La foudre est tombée sur le « Masséna », brisant la 'flèche du mât de misaine et démolissant fes appareils de lélégraphie sans fil. Au poste de télégraphie sans fil du sémaphore du Parc-au-Duc, les appareils ont été détériorés ; l’appareil de réception, entre autres, a été complètement brillé. La canonnière du « Borda » a failli sombrer ; un homme a été précipité à la mer. Dans l’arsenal, un châssis vitré du poids de 60 kg a été enlevé et projeté sur la toiture des bâtiments des machines qui a été défoncée. Le « Henri IV », arrivé de Cherbourg, a cassé successivement deux chaînes de coffres oit il voulait s’amarrer ; il n’a pu réussir et est allé s’abriter en grande rade. La préfecture maritime a été avisée que le trois-mâts morutier a Savoyard », de Saint-Malo, armateur Mognot, venant de La Rochelle avec 120 tonneaux de sel, a fait naufrage sur les brisants de la baie de la Torche (baie d’Audierne). Sur les 51 hommes d’équipage, 4 sont noyés ainsi que la femme du capitaine. Un marin a été, en outre, très grièvement blessé.
- Le même jour, 26 octobre, il y a eu des tempêtes sur la Manche et sur l’Océan. A Londres, l’ouragan a atteint de grandes proportions. Des tourbil-
- lons de vent et de pluie ont balayé la ville au point d’interrompre la circulation sur les places publiques. A Douvres, les v nageurs ont refusé de s’embarquer. Il y a eu également une tempête sur là Méditerranée, notamment à Cette.
- La pluie. — La pluie est encore tombée en abondance dans la semaine du 26 octobre au 1" novembre. Le 26 octobre, on a recueilli 4 nnn d’eau à Dunkerque, 2 mm au Mans. Le 27 octobre, on a signalé des pluies dans toutes les régions ; il est tombé 98 mm d’eau au mont Aigoual, 58 mm à Lyon, 20 nnn à Roeheforl, 16 mm à Nice, 7 mm à Paris. Le 28 octobre, il a plu au mont Aigoual (74 mm d’eau), à Nantes (6b mm d'eau), à Cherbourg (42 mm), au cap Sicié (26 inm). Le 29 octobre, on a recueilli 66 mm d’eau à Marseille, 51 mm à Nice, 50 mm à Lyon, 19 mm à Biarritz, 6 mm à Brest. Le 50 octobre, des pluies sont tombées sur l'ouest de l'Europe; il est tombé 48 mm d’eau à Nice, 2b mm à Gap. 14 mm à Rochefort, 8 mm à Cherbourg. A Paris, le temps a été nuageux et il y a eu une série d’ondées. Le 51 octobre, des pluies sont tombées dans le sud-ouest de l’Europe. Ha plu à Nice(12 mm), à Belfort (12 mm), à Paris (1 mm) et à Rochefort (1 mm). Le 1" novembre, on a recueilli 14 mm d’eau à Nantes, 12 mm à Toulouse, 6 mm à-Boulogne, 2 mm à Paris.
- Inondations en Italie. — De nombreuses inondations ont eu lieu le 1" novembre dans le Piémont où quelques localités ont été sous l’eau par suite de la crue des rivièies. L'Adige a débordé à Vérone et il y a eu trois victimes. A Cosenza des ponts ont été emportés et dos troupes ont dû être employées à sauver les habitants.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 2; à 8 b. 42 m. du matin.
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- N° /590 (!4 nooembre 1903), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chel
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Le journal La Nature vient de gagner le procès qu’il a eu à soutenir contre M. X..., architecte, qui se plaignait qu’en violation de son droit de propriété artistique cette Revue eût, dans un article sur les Façades primées de la Ville de Paris, reproduit la façade d’un immeuble construit par lui et lui réclamait le préjudice à lui causé de ce fait.
- Le jugement que vient de rendre, dans cette affaire, la troisième chambre du Tribunal civil de la Seine, ayant pour les journaux et revues illustrés une grande importance, nous en donnons ci-dessous un extrait.
- « Le Tribunal... attendu que la critique d’une œuvre artistique produite en public ne peut donner lieu à aucune réclamation de la part de l’auteur de cette œuvre ; que spécialement, et malgré les dispositions de la loi du H mars 1902 qui a assimilé les architectes aux peintres, dessinateurs et sculpteurs, l’architecte ne peut se plaindre de ce que l’immeuble qu’il a construit sur une voie publique a été l’objet d’une critique alors même que cette critique aurait été accompagnée d’une reproduction de l’édifice dans ses grandes lignes seules; que du moment où cette reproduction sommaire ne dénature pas l’effet artistique de l’œuvre, et où elle ne peut tenir lieu de l’original, elle ne constitue qu’une critique par la formule graphique qui doit d’autant moins être contestée que le droit de fixer la physionomie de la rue appartient à tout le monde, qu’il en est surtout ainsi d’une œuvre qui a figuré dans un des concours publics, et que seule la reproduction de l’édifice dans ses détails techniques reste la propriété de l’architecte ; attendu que ces principes s’appliquent de tous points à l’espèce actuelle ; qu’en donnant, à côté des cinq autres maisons primées, la contexture générale de l’immeuble susdit, La Nature s’en est tenu à la reproduction d’ensemble de la façade extérieure de cet immeuble, reproduction à laquelle se trouve annexée une appréciation des plus flatteuses pour l’architecte; qu’il n’a donc point porté atteinte à la propriété privative du demandeur.... Par ces motifs : Déclare le demandeur mal fondé, l’en déboute -et le condamne aux dépens, n
- INFORMATIONS
- —rit— Par décret en date du 2 novembre 1903, rendu sur le rapport du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, l'observatoire du Pic-du-Midi est rattaché à l’université de Toulouse.
- —rit- La petite ville de Saint-Just-en-Cliaussée (Oise), où ils naquirent tous deux, a inauguré le 8 novembre, plus de trois quarts de siècle après leur mort, lin monument aux frères Haüv. La cérémonie était présidée par M. Edmond Perrier, directeur cfu Muséum. René Just Haiiy, l’aîné, naquit en 1743. Ce fut un des minéralogistes les plus éminents de l’époque. On lui doit la loi de la cristallisation sur laquelle repose la minéralogie. Il remplaça Jussieu à l’Académie des sciences, en 1783. Il mourut en 1822 à l’âge de 79 ans. Son frère, Valentin Haiiy, fut le fondateur de l’Institution des jeunes aveugles. Xé en 1745, il mourut chez son frère à l’âge de 77 ans.
- —Ht— S. F. Cody, bien connu par ses exploits hippiques contre les cyclistes vient de faire une traversée de la Manche très originale. Il est parti le 7 novembre au soir de Calais à bord d’un bateau de 4 mètres de long pesant 400 kg, et il s’est fait remorquer par un cerf-volant. Le vent soufflait de l’est. Il est arrive à Douvres dans la matinée.
- —rit— Des expériences intéressantes ont eu lieu la semaine passée au Bois de Boulogne sur la route qui longe la Seine. On voulait comparer les distances au bout desquelles pouvaient s’arrêter des automobiles et des voitures animées de la même vitesse. On a mis en ligne un fiacre pris dans la circulation, deux voitures de grande remise, l’une à deux chevaux, l’autre à un cheval, une automobile la plus légère possible de 5 chevaux et une automobile de une tonne et demie avec cinq voyageurs. Voici les résultats : Pour les automobiles, entre le signal d’arrêt et l’arrêt définitif, le poids lourd a démenti la mauvaise opinion que l’on avait sur son compte, en stoppant toujours aussi vite que te poids léger. Quant au cheval de fiacre, il n’a guère brillé. A la vitesse de 12 km à l’heure, au petit trot, il lui a fallu 12 mètres de distance pour immobiliser son véhicule, tandis que l’automobile avait arrêté en 3 mètres. Les équipages, à 19 km à l’heure, ont parcouru 9m,10 de plus que les automobiles, c’est-â-dire 14m,50. Les chevaux résistaient de tous leurs jarrets et l’un d’eux s’est donné un effort, au point de boiter ensuite. Une automobile à 25 km à l’heure et un fiacre k 12 km se trouvent donc, en ce qui concerne la durée d’arrêt, dans des conditions à peu près analogues sur le sol gras des villes.
- —rit— Le 5 novembre, dans l’après-midi, a été livré au public parisien un petit tronçon du Métropolitain qui prolonge l’embranchement Etoile-Trocadéro jusqu’au quai de Passy. La nouvelle section, d’une longueur de 526 mètres, ne comporte qu’une seule station située à son terminus provisoire et dénommée « Passy ». Elle est soutei'raine et passe sous la place du Trocadéro, la rue Franklin et la rue Alboni, pour déboucher à ciel ouvert dans la nouvelle gare de Passy, à l’extrémité du grand pont en construction sur la Seine.
- —rit— Il y a treize ans, le guide tyrolien André Untersteincr tombait dans une crevasse de glace du Grossvenediger (Alpes autrichiennes). Le glacier où il était enseveli a marché lentement et il y a peu de temps le corps de l’infortuné montagnard a été retrouvé à la limite inférieure du glacier. La fonte de la glace l’avait en partie découvert. Il n’en était pas moins dans un état de conservation remarquable, et son frère a pu le reconnaître immédiatement.
- —rit— Les statistiques dressées récemment par le consul de France à Gibraltar et par la direction des douanes de l’Algérie font ressortir que les navires ont une tendance de plus en plus marquée à fréquenter le port d’Alger, au lieu du port de Gibraltar, afin de s’y approvisionner de combustible. En 1890, il a été embarqué 450 000 tonnes de charbon à Gibraltar et 61183 tonnes à Alger. En 1900, il a été embarqué 303000 tonnes à Gibraltar et 254218 tonnes à Alger. En 1901 et en 1902, la quantité de charbon embarqué a été respectivement de 219000 et 167 000 tonnes à Gibraltar et de 292 635 et 297 475 tonnes à Alger.
- —rit— On va construire en Angleterre un canal maritime entre la Medway, à Roehester, et la Tamise : il aura 8 km seulement de long et économisera un parcours de 59 km, dont une grande partie par mer, ou du moins dans l’estuaire du grand fleuve. On y trouvera un tunnel de 5 km avec remorquage électrique.
- —rit— Le Comité de la a Rénovation sociale par la science et le travail » a donné en 1902 une conférence au Trocadéro sur la télégraphie sans fil et sur l’air liquide, accompagnée d’intéressantes expériences faites par les conférenciers MM. Jranly et d’Arsonval. Le succès de cette première solennité scientifique a déterminé le. Comité, qui s’est accrü de M. Henry Moissan, membre de l’Institut et de M. Georges Caïn, conservateur du Musée Carnavalet, à en offrir une nouvelle cet hiver. Cette seconde conférence, accompagnée d’expériences, sera faite le 15 novembre à 2 heures dans la salle des fêtes du Trocadéro, par M. Lebeau, agrégé à l’Ecole de pharmacie, sur les hautes températures et le four électrique de M. Moissan et ses applications.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de fa bande du journal de l’année.
- Communications. — M. G. Suzor, à Paris, nous fait remarquer, au sujet du phénomène d’optique décrit par M. Lemaire dans la Boîte aux lettres du 26 septembre dernier, que dans le 2e semestre 1896, n° du 24 octobre 1896, page 530, un article signé de M. Albert Nodon donnait une solution géométrique de l’illusion signalée, et céla à propos du phare de-la Hève pour lequel le phénomène se produit également.
- MM. Kirby, Beard et C°, à Paris, nous ont envoyé le modèle d’Agenda de poche, qu’ils publient annuellement. Les trimestres forment des cahiers détachés, et chacun d’eux par une reliure instantanée peut entrer dans une couverture cartonnée. Petit format commode pour la poche.
- M. Léon Sépulchre, d’IIerstal (Belgique), l’inventeur du poêle à pétrole que nous avons décrit (n° 1257, du 3 juillet 1897, p. 80) nous adresse la lettre suivante : « La Nature » du 7 nov. publie une gravure des nouvelles pièces belges de 10 centimes en nickel. A leur sujet, votre collaborateur écrit avec insistance que la perforation centrale est fort étrange dans une monnaie « européenne ». Il a vu évidemment dans cette perforation une pure fantaisie ou peut-être, ce qui serait étrange, en effet, l’intention chez ses voisins du Nord, d’enfiler les pièces de nickel à la façon des peuples de race inférieure, il aurait pu remarquer que la perforation centrale permet de reconnaître les nouvelles pièces au simple toucher et dans l’obscurité et de ne pas les confondre avec les pièces de 1 franc en argent et de 20 francs en or. Cette distinction au toucher n’était pas facile avec les anciennes pièces en nickel et les confusions étaient fréquentes. Moi-même, j’ai été victime d’une telle confusion en donnant un soir un louis au lieu d’une pièce de deux sous en nickel, en paiement d’une traversée de rivière en barque ; avec les pièees perforées un mécompte aussi désagréable eût été évité. Leur emploi est donc pratique et se justifie parfaitement, « même en Europe », n’en déplaise à votre collaborateur. »
- En France, il s’est fait deux courants dans l’opinion publique. Les uns ne veulent pas entendre parler du « trou », en invoquant surtout des raisons d’esthétique. Les autres le réclament pour éviter toute erreur. On parle même de pétitions à la Chambre et au ministre. Notre collaborateur n’a donc pas tort au point de vue français et de son côté M. Sépulchre a raison de vanter les avantages spéciaux du trou dans la pièce de nickel.
- Renseignements. — M. Thiollier, à Madère. — Nous avons décrit le châtaignier colossal de l’île de Madère dans le n° 856, du 8 juin 1889, page 27; nous ne pouvons donc revenir sur ce sujet : tous nos regrets.
- M. Valsangiacomo, à Chiasso; M. Jenny, à Grenoble; M. Frascogna, à Florence. — Le phonographe original est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (Xe).
- M. E. D., h Moscou. — M. Jobard aîné, 24, rue de Gray, à vJijon (Côte-d’Or) nous fait savoir qu’il fabrique un vernis qui bonifie les fils et empêche leur usure : prix, 4 francs le litre.
- M. E. R., à X. — 1° La teneur en charbon de votre échantillon en fait un combustible peu remarquable. — 2° Lisez le « Traité de géologie » de Lapparent. Librairie Masson et Cic, 120, boulevard Saint-Germain, prix : 55 francs. La librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris, a publié divers ouvrages sur l’exploitation des houillères.
- M. E. Jomené, à X. — 1° Il faudrait soumettre votre question à un chimiste compétent, ou à l’Union française des Acétylénistes, 19, rue Blanche, à Paris. — 2° Pour épurer
- l’acétylène, on emploie aussi l’Heratol, matière à base d’acide chromique, que Ton trouve chez M. Javal, 26, rue Cadet, à Paris.
- M. E. Piette, à Anchel. — Nous avons pris cette information dans YŒsterreichische Zeitschrift fur Berg- und Hiit-tenwesen, qui se publie à Vienne.
- M. Adh. Leroy, à Cuesmes. — Vous pourrez vous procurer le minium d’aluminium aux adresses suivantes : M. Dupont, 9, rue Pierre-Levée, à Paris; Cie des produits chimiques d’Alais-et de la Camargue, 44, rue de Miromesnil, à Paris.
- M. Garcia, à Pasadena. — Il ne faut pas confondre les tanins physiologiques, dont la présence est normale dans les tissus végétaux, avec les tanins pathologiques, dus à des causes morbides, comme dans les noix de galle. Il faut aussi tenir compte que dans certaines essences, la proportion de tanin atteint 21 pour 100.
- - M. J. M. K., à Trieste. — Voici une autrç.-formule de colle pour les épreuves : faire dissoudre à chaud 12 parties de colle forte dans de l’eau : quand la dissolution - est complète, on ajoute 5 parties de sucre et faire évaporer. Pour s’en servir on fait redissoudre rapidement dans l’eau .claire.
- M. Caldwell, à Leeds. — Pour les lampes à osmium, s’adresser à la Compagnie française d’incandescence par le gaz, 151, rue de Courcelles, à Paris.
- M. B. M. J., à Tours. — 1° Pour colorer le stuc en jaune ou vert, on ajoute du peroxyde de fer ou de l’oxyde de chrome : pour, le colorer en brun ou bleu, on y ajoute de l’oxyde de manganèse, de cuivre, des hydrocarbonates de cuivre. — 2° Pour polir le stuc on se sert d’une molette et de grès pilé, puis de pierre ponce.
- M. l’abbé Thouvenot, à Vaux. — Voyez le Manuel de l’horloger, dans l’Encyclopédie Roret : librairie Mulo, 12, rue Hau-tefeuille, à Paris ; et le Traité général d’horlogerie, par Moinet : librairie VTe Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Goidert, à Paris. — Pour le carburateur automatique: Chateau, s’adresser à M. Reverchon, 49, rue des Bourguignons, à Bois-Colombes.
- M. A. G., à Toulon. — Pour la prise de brevets vous pouvez vous adresser à M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière, à Paris, ou à M. Armengaud jeune, 23, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. L. J., à T. B. — 1° Vous trouverez ci-dessus deux adresses pour la prise de brevets. — 2° En consultant les Petites Inventions de La Nature, vous trouverez les noms de personnes qui fabriquent ce genre d’appareils.
- M. Mouret, à Clermont-Ferrand. — Nous n’avons pu retrouver cet article: il doit y avoir erreur.
- M. Sowinski, à X. — La jacinthe d’eau est une Pontederia, mais nous ne pouvons vous indiquer la substance dont on se sert pour la détruire.
- M. Cl. Dervieux, à Vienne. — 1° La Compagnie du gaz Clayton a son siège, 16, rue Taitbout, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vous donner ces renseignements qui exigent une véritable consultation.
- M. Gébert, à Paris. — Ecrivez au Dr Hans Goldschmidt, à Essen-Ruhr (Allemagne).
- M. Chassaigne, à Thiers. —C’est le journal anglais « Nature » que vise cette information : veuillez vous adresser directement à son directeur, Bread Street Hill, n° 7, à Londres.
- M. E. B., a Z. — Dans la 3e série des Recettes et procédés utiles vous trouverez un procédé d’émail des métaux applicable à votre cas.
- M. A. lllidio, à Porto-Alegre (Rrésil). — On ne peut pas établir un calendrier en partant de la méthode que vous indiquez. Les calendriers usuels ne sont pas fondés sur la marche de la lune pascale. Quant à établir les calculs, il faudrait vous adresser au Directeur de l’Observatoire de Paris, qui vous indiquera un calculateur.
- M. Gargenti, à Chiusi. — Le véritable titre est : « The rapid préparation of large myologycal specimens» : ce travail est de M. Plateau, et a paru dans le volume IV du « Bulletin of the United States National Muséum ». Washington, 1902.
- M. Guérin, à Brest. — Dans le Traité d’analyse chimique qualitative de R. Fresenius, cette technique est indiquée : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Suzor, à Paris. Tous nos remerciements pour votre communication. — M. Touret, à Antibes. Il faut lüter soigneusement à la terre glaise. — M. V. Z., à Smyrne. Les briquettes de vaseline existent déjà, vous en trouverez la description dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, p. 501 : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Pans.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rat tachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la daté de la livraison.
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- PHOTOGRAPHIE
- L'Autophotographe.
- Cet appareil est destiné à faire fonctionner automatiquement l’obturateur d’un appareil photographique ; à condition toutefois, quand il s’agit de la pose, que cet obturateur ne soit pas à deux temps, c’est-à-dire, un premier coup de poire pour ouvrir, un second pour refermer. 11 faut qu’il soit au genre de ceux qui s’ouvrent à la pression et se referment dès que celle-ci a cessé. S’il s’agit de faire de l’instantané l’appareil s’adapte à n’importe quel genre d’obturateur dont il remplace la poire. Comme on a pu le comprendre, le but de l’inventeur a été de permettre au photographe de se portraicturer lui-mème, soit seul, soit dans un groupe.
- On commence par enlever la poire dont est muni l’obturateur habituel et à adapter le caoutchouc au raccord fixé sur l’autophotographe qu’on suspend ensuite au pied de l’appareil.
- Il y a, comme on le voit sur notre gravure, deux pistons dont on tire les tiges jusqu’au bout pour les armer ; un ressort
- utiliser quelque chose d’analogue contre les « playes d’arque-busade ».
- Je me souviens de l’avoir vu employée d’une façon systématique par un pharmacien toutes les fois qu’on venait le trouver pour une coupure, une plaie, et ces accidents étaient fréquents dans la région où existaient plusieurs scieries. C’était de l’antisepsie avant la lettre, antisepsie par les essences, et l’on sait quel est leur pouvoir destructeur des agents pathogènes, antisepsie par l’occlusion que donnaient les résines qui entrent dans sa composition ; on aseptisait la plaie et on la fermait à l’entrée de l’air, c’est-à-dire à la pénétration des poussières et des germes. Et de fait de larges coupures, pansées avec le baume, guérissaient vite et sans incidents. Il y a un inconvénient, c’est que le baume, ainsi appliqué, donne une cuisson assez vive, mais l’impression est passagère, elle est en grande partie due à l’alcool.
- Voici le mode de préparation du baume du Commandeur qui porte aussi les noms de Baume du Chevalier de Saint-Victor, Baume Catholique, Baume des Innocents, Baume persique, Baume vulnéraire anglais.
- Prenez : Racines d’angélique . 10 grammes.
- Fleurs d’hypericum . 10 —
- Alcool à 8Ï)° .... 720 —
- Faites digérer pendant huit jours en agitant de temps en1 temps, passez avec expression et ajoutez :
- Myrrhe........................ 10 grammes.
- Oliban..................... 10 —
- Faites digérer de nouveau cl ajoutez :
- Baume de tolu................. 60 grammes.
- Benjoin.................... 60 —
- Aloes...................... 10 —
- Après dix jours, filtrez.
- Pour l’employer d’une façon rationnelle, et qui soit appropriée aux procédés de pansement moderne, il sera utile de faire un lavage soigneux de la plaie avec l’eau bouillie et additionnée, au besoin, d’un peu de solution de bichlorure d’hydrargvre. Une fois la plaie nettoyée, prenez des compresses ou des bandelettes de gaze stérilisée, disposez-les de manière à rapprocher les lèvres de la section et à bien obturer la plaie. Imbihez-les alors avec du baume du Commandeur ; remettez une seconde couche de gaze, mouillée de même avec le baume et enveloppez d’un peu d’ouate et d’une bande de crépon. Vous aurez réalisé un pansement qui pourra rester en place plusieurs jours et qui amènera une cicatrisation très rapide de la lésion. Dr A. C.
- à boudin sollicite leur retour brusque, ou lent, suivant qu’on a plus ou moins ouvert l’échappement d’air qui se trouve à la partie supérieure. Le mécanisme intérieur est tel que le piston de gauche, celui qui actionne directement l’obturateur, ne peut fonctionner que quand celui de droite est arrivé à bout de course. On comprend dès lors la manière d’opérer : suivant le temps dont on veut disposer pour aller se placer en face de l’objectif, on donnera plus ou moins d’échappement à l’air du piston de droite et, en outre, suivant qu’on voudra que la pose soit courte ou longue, on prendra les mêmes dispositions pour l’échappement d’air du piston de gauche. Un petit disque métallique qu’on a ramené vers le milieu de l’appareil, et qui s’v trouve maintenu, est sollicité par un ressort à reprendre une position inclinée, et c’est la tige du piston de droite qui libère ce ressort un peu avant d’être au bout de sa course ; on voit alors le disque se déplacer brusquement ; cela équivaut au traditionnel : ne bougeons plus, car dès que le premier piston est au bout de sa course, l’autre va entrer en mouvement et l’obturateur commencera à fonctionner.
- Avec l’autophotographe on peut donc laisser ^appareil opérer seul et on aura le plaisir de se trouver au milieu de ses amis et dans les paysages qu’on aura visités, ce qui n’est pas possible avec les obturateurs ordinaires. — L’Autophotographe est en vente chez M. Fescourt, 17, rue de F Abbé-Groult, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le Baume du Commandeur.
- - C’est une vieille, très vieille préparation que quelques médecins remettent en honneur et sortent de l’oubli. Elle dérive des formules des praticiens du vieux temps où les huiles essentielles, les balsamiques, les résines constituaient la base des topiques contre les lésions traumatiques. A. Paré a du
- Pansements au permanganate.
- Les premiers pansements antiseptiques étaient à base phéni-quée, c’était le pansement de Lister avec ses nuages de pous sière d’eau phéniquée, la gaze phéniquée, le mackintosh et tout l’ensemble de préparations préconisées jadis par Déclat. Plus tard, les inconvénients de l’acide phénique firent adopter l’usage des sels de mercure. Dans ces derniers temps, on a eu tendance à adopter l’emploi de l’eau oxygénée. On cherche un antiseptique idéal, sans odeur, et doué d’un pouvoir microbi-cide énergique. Chacun d’eux a présenté des inconvénients : l’iodoforme, son odeur pénétrante, désagréable et tenace; l’acide phénique, l’irritation qu’il provoque sur la peau; les préparations mercurielles, les dangers d’intoxication.
- Le l)r Caries, de Bordeaux, préconise l’emploi du permanganate de potasse. Ce n’est certes pas un antiseptique de date récente. 11 y a plus de cinquante ans que Condy le conseillait comme le désinfectant le plus énergique pour remplacer l’hypo-chlorite de soude à odeur un peu désagréable. C’est en effet un antiseptique énergique et, ce qui ne gâte rien, économique en raison de son prix relativement peu élevé et des faibles doses nécessaires pour obtenir des solutions efficaces.
- On l’employait du reste jadis beaucoup et on l’emploie encore en Angleterre, en dilution au cinq-centième sous le nom d’eau ozonisée ou d’ozone liquide.
- M. Caries s’est servi du permanganate de potasse d’une façon systématique au service des pansements externes de l’hôpital de Bordeaux, et plus de 700 cas de lésions des plus diverses ont été traités avec cet agent, en solution au millième. Depuis le simple lavage des plaies infectées ou non infectées jusqu’aux ulcères chroniques, aux foyers purulents, tous ont été soumis à des lavages, à des applications qui ont donné les meilleurs résultats. Panaris, anthrax, furoncles ont de même été pansés avec cette solution qui, à cette dose, ne donne aucune irritation et n’est pas toxique. M. Caries croit même avoir constaté que le permanganate a certaines propriétés analgésiques; des
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- brûlures graves ainsi traitées semblent avoir été moins douloureuses qu’avec d’autres pansements.
- lTne seule objection qui a, du reste, dans la pratique hospitalière, été soulevée à chaque fois qu’on a voulu en généraliser l’emploi : c’est que le permanganate tache le linge. Mais on remédie facilement à cet inconvénient; le bisulfite de soude, le sel d’oseille enlèvent très bien ces taches brunes que laisse le sel de manganèse. Nombrè de chirurgiens ont du reste recours au permanganate, sinon comme pansement, au moins pour l’asepsie des mains avant les interventions chirurgicales.
- Le permanganate est un oxydant énergique ; j’ai, à plusieurs
- reprises, indiqué, à ce titre, son emploi pour la purification des eaux potables. Il laisse dégager d’une façon continue de l’oxygène, vivificateur des tissus. D’après M. Caries, il a une action toute spéciale, il fournit aux tissus du manganèse, reconnu aujourd’hui comme un facteur important des fermentations cellulaires. On sait le rôle considérable joué par ces ferments dans l’activité et la nutrition des tissus. La cicatrisation d’une plaie est un phénomène biologique de même ordre et en excitant, en exagérant l’activité de ces ferments, le permanganate favorise la réparation des plaies, la régénération des tissus malades. Br A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTIOS ET FORCE PE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 novembre. . 6",2 N, 0. Couvert. » Rosée ; brouillard le matin ; nuageux.
- Mardi 3 4",2 S. S. E. 1. Très nuageux. » Rosée ; brouillard le matin ; très nuageux.
- Mercredi 4 8°,2 E. N. E. 1. Couvert. 0,0 Rosée; couvert; bruine la soirée.
- Jeudi 5 5°,4 N. N. E. 3 Beau. » Rosée ; beau.
- Vendredi 6 2°,0 N. E. 5. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Samedi 7 0", 4 N. E. 2. Beau. » Forte gelée blanche ; beau.
- Dimanche 8 0°,0 S. Vf. 1. Beau. » Forte gelée blanche; beau.
- NOVEMBRE 1903. --- SEMAINE DD LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent. courbe épaisse, les pressions barométriques Ibaromètre ramené à 0, au niveau de la nier); courbe plu« mince, thermomètre à tubn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements «le terre. — Une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 1" novembre dans l’après-midi à Saflron-Walden, dans le comté d’Essex en Angleterre. Une légère secousse est survenue le 4 novembre à 11 heures du matin à Portsmouth; elle n'a causé aucun dégât.
- De violentes secousses ont également eu lieu du 51 octobre au 1" novembre à Turshiz près de Turbati-Haiderf, en Perse; 350 personnes ont été tuées et beaucoup d’autres blessées. La ville a été en grande partie démolie ; toutes les manufactures de lapis ont été détruites. Le 5 novembre, une secousse de tremblement de terre avec de forts grondements a été ressentie à Tolentino, en Italie.
- Im temps. — Dans la semaine du 2 au 8 novembre, le temps a été pluvieux et brumeux ; la température a été peu élevée en général. Le 2 novembre, des pluies sont tombées dans le nord, le sud et l'ouest de l’Europe. En France, on a recueilli 16 mm d’eau au pic du Midi, 11 mm à Perpignan, 5 mm à Limoges, 2 mm à Nancy et 2 mm à Paris. Le matin, vers 7 lieures, le thermomètre marquait 6° à Paris, 17° à Alger, 5° au mont Ventoux, 1° au puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 8°,6 avec un maximum de 10°,8. Le 5 novembre, il a plu à Lorient (2 mm), à Cherbourg (1 mm) et à Limoges (1 mm). La température à Paris a été de 4° le matin, et a atteint un maximum de 14°,1 dans la journée; la moyenne a été de
- 7°,9. Le 4 novembre, on a recueilli 5 mm d’eau au Havre, 2 mm à Dunkerque, 1 mm à Nantes. A Paris, le ciel était couvert; la température moyenne a été de 7°,9 avec un maximum de 12°,1. Le 5 novembre, des pluies sont tombées dans quelques stations du nord du continent; en France, il y a eu seulement à Nantes 1 mm d’eau. Le 6 novembre, le temps a été beau en France ; la température a été le matin à 7 heures de 2° à Paris, 18° à Alger, 6° au puy de Dôme, 2° au mont Ventoux, —2° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 7°,4, supérieure de 0°,6 à la normale, avec un minimum de 2°. Le 7 novembre, le thermomètre a marqué le matin à 7 heures 0° à Paris, 0° à Lyon, 1° au mont Ventoux, — 3° au pic du Midi ; la température moyenne à Paris a été de 5°,5. inférieure de 1®,2 à la normale. Le 8 novembre, 'le temps a été beau et froid en France. A Paris, la température moyenne n’a été que de 4°,6 avec un minimum de 0°.
- Orage en Tunisie. — Le 4 novembre, un violent ouragan s’est abattu sur la région de Tabarka en Tunisie ; la mer, démontée, a causé des dégâts importants. Les vagues, envahissant le port, ont emporté de grandes quantités de marchandises, des traverses de bois et des balles de liège. L’appontement servant à l’embarquement des voyageurs a été démoli, et le mur d’appui a été renversé sur une grande longueur. Les habitants du quartier du port ont dû abandonner leurs demeures, les eaux atteignant 1",50 de hauteur.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 5 à 5 h. 37 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE IMDiMIIÏISTKATIOS. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 28 novembre (n° 1592) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le •montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode ue recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (i volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et i la s Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « Là NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —J&T- M. Bordas, ancien sous-directeur du laboratoire municipal <le Paris, assistant au Collège de France, est nommé chef du service des laboratoires du ministère des finances, en remplacement de M. de Luynes, nommé directeur honoraire.
- —Ht— Conformément au vœu exprimé par le Sénat, lors de l’interpellation relative à letat sanitaire des troupes, le ministre de la guerre avait soumis à l’examen de l’Académie de médecine un certain nombre de questions relatives à l’alimentation des garnisons en eau potable. Le rapport de l’Académie comporte les conclusions suivantes : 1° La première et la meilleure mesure prophylactique contre l’invasion des maladies dont le germe peut être véhiculé par l’eau est assurément de doter toutes les garnisons d’une eau de source pure et de bonne qualité, bien captée, bien protégée et bien surveillée, de façon à éviter toute chance de contamination même passagère ; 2° quand ces conditions sont remplies, il devient inutile d’avoir recours à un moyen quelconque de stérilisation de l’eau, si ce n’est d’une façon temporaire en cas d’accident ; 3° sans renoncer aux filtres, qui rendent de grands services quand ils sont bien entretenus et bien surveillés, il y a lieu de multiplier à titre d’essai l’emploi des stérilisateurs par la chaleur, en prenant les plus grands «oins pour restituer et conserver toute sa fraîcheur à l’eau stérilisée.
- —Ht— H faut citer les bons exemples. Un Lillois, M. Wibaut, fixé depuis de nombreuses années à Chicago, a fait don à chacune des villes de Lille, Roubaix et Tourcoing, d’une somme de 25 000 francs destinée à amorcer une souscription pour lutter contre la mortalité infantile.
- —Ht- L’été de la Saint-Martin (11 novembre) est venu à son heure en 1903. Ce n’est pas que les journées aient été bien ensoleillées ; il a tenu de la mauvaise saison que nous avons traversée : mais la température est restée élevée, variant entre 8° le matin et 13° dans l’après-midi. Cette fois encore, on a pu constater la coïncidence des jours chauds avec les jours froids des Saints de glace.
- —— On n’a pas oublié les deux petites sœurs Doodica et Radicà qui furent jadis « séparées » par une opération du Dr Doyen. Doodica mourut peu de jours après, mais Radica avait survécu. La pauvre petite vient de succomber à son tour, chez les Dames du Calvaire où elle avait été recueillie. M™0 la marquise de Beauvoir,
- 3ui lui avait servi de marraine au moment de son baptême, il y a eux ans, s’était, ainsi que Mm* la princesse Lubomirska, sa soeur, attachée à cette infortunée enfant, et elle a cherché à adoucir sa fin en la faisant entourer de tous les soins possibles dans cette maison si dévouée des Dames du Calvaire.
- —Ht— A l’Institut Pasteur. Côté des singes destinés aux recherches expérimentales. Edwige aura été suivie de près au paradis des chimpanzés par ses compagnons de captivité de la rue Dutot. Tour à tour le chimpanzé Anversois Léopold, la petite Hambourgeoise Yvonne et la Congolaise Marguerite avaient rendu leur pauvre petite âme à la
- déesse Hygie. Edouard seul avait résisté jusqu’ici, grâce peut-être à ses libations répétées de vin blanc qui maintenaient son cœur en joie et lui faisaient oublier le lait de coco du pays natal. Mais il n’a pu survivre à ses jeunes compagnes, et ce martyr de la science vient de mourir à son tour, de chagrin.
- —Ht— Dans le quartier Saint-Gcrvais, ,à Paris, M. et Mme Cailliez ont été asphyxiés accidentellement par des émanations d’oxyde de carbone dégagées par une cheminée en mauvais état Au commencement de l’hiver, on ne saurait recommander de prendre trop de précautions contre les accidents dus aux cheminées.
- —Ht— Dans sa séance du 3 novembre, la Chambre des députés a adopté à l’unanimité un projet relatif â la construction, l’installation et l’aménagement de nouveaux tableaux téléphoniques multiples à Paris, à Lille et à Lyon. Il y a tout lieu d’approuver ce projet et d’en souhaiter la prompte mise à exécution. Quelques nouveaux tableaux multiples permettront, en effet, de notables améliorations dans le service téléphonique, surtout à Paris, où il présente de nombreuses défectuosités.
- —Ht— L’acide borique est généralement considéré comme une substance n'ayant d’autre effet que detre antiseptique : d’après les travaux récents d’un chimiste allemand, M. Rosst, son action est loin d’être aussi anodine qu’on le pense. Un demi-gramme d’acide borique pris journellement provoque la diarrhée, et, à la longue, fait baisser le poids du corps, probablement par ce fait que la digestion des albuminoïdes en est entravée : la graisse de réserve est progressivement détruite. On voit donc combien il est mauvais de se servir d’acide borique pour la conservation des comestibles.
- —Ht— L’île Dominique, une des plus petites Antilles anglaises, possède un lac bouillant, situé à 2490 mètres d’altitude. Long de 60 mètres, large de 30, il est encaissé dans une sorte de gouffre. Il bouillonne presque continuellement en émettant des vapeurs sulfureuses, accompagnées de grondements sourds. Parfois sa surface est calme. Sa profondeur est considérable : à 3 mètres du bord, elle dépasse 60 mètres. On peut croire qu’il occupe le cratère d un volcan dont l’activité est intermittente et s’étend sur 10 km2.
- —Ht— M. Marconi, dans la traversée qu’il a effectuée sur le « Duncan », semble avoir démontré qu’il est possible pour un bâtiment de guerre anglais de se maintenir en communication télégraphique constante entre Portsmouth et Gibraltar. Les résultats de l’expérience ne seront probablement publiés que dans quelques mois; mais dès à présent il est établi que tout bâtiment quittant la côte anglaise peut rester en communication avec l’amirauté jusqu’à son arrivée à Gibraltar.
- —Ht— La semaine du 9 au 15 novembre a été egalement en partie belle et en partie pluvieuse et envahie par les brouillards. Le
- 10 novembre, il a plu à Dunkerque (4 mm d’eau), à Belfort (2 mm), à Brest (2 mm); des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe. Le 11 novembre, les régions nord-ouest et le centre du continent ont encore été exposés aux pluies; on a recueilli 7 mm d’eau à Belfort, 1 mm à Charleville, 1 mm à Lyon. Les hauls plateaux de Seres en Macédoine ont été couverts de neige; de même, la neige est tombée non loin de Smyrne, en Asie Mineure, le 5 novembre. Le 12 novembre, des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe;
- 11 y a eu 6 mm d’eau à Besançon, 1 mm au Havre, 1 mm à Nantes. Nombreuses pluies encore les 13, 14 et 15 novembre à Dunkerque* Brest, Belfort, Cherbourg.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La charrue pour terrassements se trouve chez MM. John Fowler and C° (Leeds). — L’autophotographe, que nous avons décrit dans les « Petites inventions » du n° 1590, du 14 novembre L905, est fabriqué par M. Bonnet, Grande rue Féloin, 26, à Rive-de-Gier (Loire).
- Communications. — Mme d’Escrivan, à Chaville, à propos d’une information parue dans le n° du 7 novembre 1903, et signalant un lilas en fleur, nous fait parvenir une branche de lilas, également fleurie, provenant du Vésinet.
- M. H. Dejamme, à Arras, nous adresse la lettre suivante : « Permettez-moi quelques additions à votre intéressant article sur les vieilles locomotives du réseau de l’Ouest (n° 1588, du 51 octobre 1905, p. 549).—1. En regardant à l’Exposition de 1900 la machine Oissel dont vous donnez le dessin, je me suis demandé si cette locomotive, qui est une machine-tender, n’avait pas été l’objet d’une transformation, et je suis porté à le croire. J’ai vu, en effet, avant 1870 et jusque vers 1875, un certain nombre de machines de ce type avec tender séparé; de plus, construites pour le service de trains-express de grande ligne, les premières machines de Buddicom devaient comporter un tender de capacité suffisante. — II. Outre le modèle à deux essieux couplés à l’arrière dont vous donnez le dessin, j’ai connu Un type dont les essieux couplés étaient à l’avant ; les cylindres étaient également extérieurs mais horizontaux. La chaudière de ces machines a été remplacée par une autre plus puissante, mais le châssis, les roues et le mouvement religieusement conservés portent encore la marque des ateliers Buddicom et le .millésime de leur construction. — 111.. Enfin nous avons vu un type de machine Buddicom à trois essieux couplés destiné probablement à supplanter les précédentes pour la traction des trains de marchandises, mais utilisé postérieurement pour les trains omnibus ».
- Renseignements. — M. A. Josset, à Paris. — La pile que vous mentionnez est une pile du genre Leclanché ; nous pensons donc que le dépolarisant est du bioxyde de manganèse, et le liquide excitateur du chlorhydrate d’ammoniaque. 11 y a eut-ètre d’autres produits mélangés au bioxyde de manganèse, n tout cas, les moyens généraux que nous vous avons indiqués dans le n° 1589 sont toujours appliqués.
- M. E. Gœrz, à Paris. — Cet instrument nous 'est complètement inconnu.
- M- E. R., à Lyon. — Incorporez dans du collodion, ou du vernis, ou du silicate d’alumine, la poudre suivante : 100 gr. de carbonate de chaux sont mélangés à 100 gr. de chaux caustique pure, 25 gr. de chlorure sodique calciné, 20 gr. de soufre, 5 gr. de.sulfure de calcium (préalablement exposé à la lumière solaire), vous obtiendrez une pâte lumineuse
- M. Demôle, à Cannes. — Votre lettre a été envoyée à son adresse.
- M. Bonnal, à Paris. — La bague Henry pour lampes à pétrole est en vente chez M. Gov, 15, rue des Minimes, à Paris.
- MUe Ozanon, à St-Emiland"; M. Louis Pigeot, à Courtrai; MM. Asensi ij Basch, à Malaga; M. Chicot, à Paris; M. J. Vernet, à Béziers. — Le phonographe original est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (Xe).
- M. V. Caropreso, à Matera. — Les diplômes délivrés par cette école sont simplement privés, et ne peuvent remplacer les diplômes donnés par l’Etat.
- M. G. Chauveau, à Bordeaux. — Le brûleur Kern se trouve à la Société de chaleur et lumière, 22, rue Drouot, à Paris.
- M. P., à Lons. — Avant de recourir aux agents chimiques, essayez d’abord d’y faire passer un courant d’eau très chaude.
- L'abonné n° 518-4441. — Dans le Manuel du Tanneur, de l’Encyclopédie Roret, vous trouverez ces détails : librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. H. Normant, à Romorantin. — 1° Cette opération est des plus difficiles et ne peut être bien faite que par un professionnel. — 2° Dans les 4e et 5e séries des Recettes et procédés utiles, vous trouverez des formules pour colorer le cuivre : librairie Masson et Cie, 120, boulevard St-Germain.
- M. E. L., à Paris. — Nous n’avons pu trouver l’adresse de cette revue.
- M. le Dr Robineau, à Châtillon. — Fabricants de tuyaux métalliques flexibles : 31. Bohler, 44, rue Poncelet, à Paris; M. H. Carpentier, 73, boulevard Soult, à Paris.
- M. L. Neuville, à Paris. — La librairie Ch. Béranger a publié plusieurs ouvrages où vous pourriez trouver des indications, 15, rue des Saint-Pères, à Paris.
- J/. Dujardin, à Anderlecht. — i°L’un des meilleurs movens-pour conserver les œufs est de les enduire de silicate de potasse. — 2° Renseignez-vous à l’Union française des acétyté-nistes, 19, rue Blanche, à Paris.
- M. E. Soffredini, à Livourne. — Consultez l’ouvrage suivant : « 3rerre et Verrerie », de MM. Appert et Henrivaux, qui contient un chapitre touchant les verres d’optique, librairie Gauthier-V illars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- A/. E. IL, à Z. — 1° En principe toute fonte est propre à être émaillée : il faut que sa surface soit régulière. — 2° Nous-avons répondu à votre précédente lettre dans le dernier numéro de « La Nature ».
- M. Ducotet, à Fleurville. — La composition de ce produit nous est inconnue.
- M. R. Imbert, à Marseille. — Nous avons assisté aux expériences de soudure de l’aluminium dont vous parlez, mais elles n’ont pas réussi. C’est pourquoi nous n'avons pas cru devoir en entretenir nos lecteurs.
- M. A. J., à Nantua. —Le poids de la grosse charpente pour combles peut être évalué de 5 à 7 kilogrammes par mètre carré de toiture pour les petites constructions sans pannes, de 12 à 15 kilogrammes pour les constructions à 1 panne, et de 20 à 25 kilogrammes pour les constructions à 2 pannes.
- IL K., à Berlin. —R y a quelques statistiques sur la guérison du lupus par la lumière : Consultez l’ouvrage de 3131. Chatin.et Carie, intitulé : « Photothérapie ; la lumière, agent biologique et thérapeutique », librairie Masson et Cie 120, boul. Saint-Germain, à Paris.
- ilf. Dessaspe, à Bruxelles. — Pour les calorifères à eau chaude, s’adresser à M. Gandillot, 145, boulevard Péreire, à Paris.
- M. Alberico Dominique, à Montevideo. — 1° Vous trouverez tous les produits chimiques nécessaires à la Calxia chez 31. Le-franc, 18, rue de Valois, à Paris. — 2° L’outillage est celui de tous les mouleurs en plâtre. —5° Quant à l’étuve, il est facile de s’en construire une en briques.
- M. Clavy, à Lyon. — Nous avons donné des schémas de molécules chimiques dans un article de 31. Otto, intitulé « la Stéréochimie », et paru dans le n° 1085, du 3 mars 1894, p. 209.
- M. Hartington, à Sydney. — Cet accident provient de ce que vous n’avez pas frotté vos moules à briques avec un mélange d’huile minérale et de colza pour empêcher les parties humides d’adhérer au métal. Vous ne semblez pas non plus avoir tenu compte du retrait qui se produit toujours à la cuisson.
- M. J. P., à Tarbes. — La Nouvelle-Calédonie produit en effet du chrome: en 1900, il en a été extrait 18 000 tonnes, valant 50 francs la tonne ; pour plus de détails, écrivez au Service local des mines.
- il/. Thécourt, àPont-à-31ousson. — L’Aide-mémoire de photographie pour 1903 donne un tableau indiquant les temps de pose et d’ouverture de l’objectif : librairie Gauthier-Villars et Cie, 55, quai des Augustins, à Paris.
- M. Philipon, à Bellegarde. — Dans la seconde série des Recettes et Procédés utiles vous trouverez la manière de donner au cuir l’odeur du cuir de Russie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. II. B., h
- bouviers. Vous pourriez utiliser une pompe actionnée par un moulin à vent. — M. Tardif, à Alexandrie. Merci pour les renseignements que vous nous envoyez. —M. Massarski, à Yoronège. On peut, en effet, graver le verre par l’électricité : voyez le procédé dans la 5e série des Recettes et procédés utiles : librairie Masson et Cié, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — U n'est répandu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Timbre breloque. — 11 est toujours bon d’avoir sur soi un timbre quelconque permettant de donaer son adresse à volonté; car les cartes de visite manquent souvent au moment où elles sont nécessaires. — Le petit timbre que nous signalons pourra être employé. Il a des dimensions fort restreintes,
- Timbre breloqde.
- 5 centimètres de hauteur sur 2 centimètres de largeur; il peut être porté comme breloque. Il permet d’imprimer une adresse én trois lignes, chaque ligne n’excédant pas dix lettres. Ce petit appareil peut être utile en de nombreuses circonstances. — Le timbre breloque se trouve chez P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris (Xe).
- Chaufferette à veilleuse à alcool. — Nous avons décrit précédemment le modèle de cette chaufferette à veilleuse à huile (Petites inventions, n° 1391 du 20 janvier 1900) et nous avons eu l’occasion depuis cette époque d’apprécier le bon fonctionnement de cet appareil. Les constructeurs ont disposé un récipient à alcool qui peut être fixé dans la chaufferette pour remplacer la veilleuse à huile. La figure ci-jointe donne une vue d’ensemble de la chaufferette avec l’appareil a
- Chaufferette à alcool.
- alcool. Cet appareil est garni intérieurement de feutre et arrangé de façon à être inexplosible. Le mode d emploi est des plus simples. On dévisse le bouton molete; on verse à 1 intérieur de l’alcool à brûler ; on laisse imbiber le feutre et on reverse le trop-plein dans le bidon à alcool ; on revisse le bouchon et on allume la mèche centrale. La flamme ne doit pas toucher la plaque de la chaufferette; il faut donc régler la hauteur de la mèche. Le petit bouton à droite sert de soupape de sûreté. Cette chaufferette donne une chaleur d’environ 45 degrés. Nous avons fait plusieurs essais de consommation ; la dépense n’a jamais dépassé de 3 à 5 millimes par heure.
- L a chaufferette à veilleuse à alcool se trouve à la même adresse que l’appareil précédent.
- Nouvc&u contenu. — Que de fois nous est-il ariive de nous servir de couteaux, dont la lame se détachait et dont il ne nous restait que le manche dans la main ? Le nouveau couteau que nous signalons réalise un progrès dans la fabrication de ces outils. La lame est forgée d’une seule pièce en acier
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- fin ; le manche est également d’une seule pièce et, par un outillage spécial, le manche et la lame sont ensuite réunis par
- Coupe du couteau pour montrer l’agrafage.
- un agrafage et ue forment plus qu’un seul bloc absolument indémanchable. — Le nouveau couteau se trouve à la même adresse que les deux appareils précédents.
- BIBLIOGRAPHIE
- Recueil iVexpériences élémentaires de physique, publié avec la collaboration de nombreux physiciens, par Henri Abraham, maître de Conférences à l’Ecole normale supérieure, secrétaire général de la Société française de Physique. Première partie : Travaux d’atelier. Géométrie et mécanique. Hydrostatique. Chaleur. 1 vol. in-8°. Paris, Gauthier-Villars. 1904. Prix : broché, 5,r,75; cartonné, 5 francs.
- M. Henri Abraham, en publiant ce recueil d’expériences élémentaires de phvsique, a indiqué avec détails les manipulations à faire ; mais pour beaucoup d’entre elles il est facile de les transformer en expériences de cours. Ce recueil a été partagé en deux volumes, dont le premier seul a paru, et qui correspondent dans leur ensemble aux programmes des classes de Seconde et de Première; mais les cadres de ces programmes ont été largement débordés en vue d’autres enseignements. Nos lecteurs trouveront dans ce recueil d’intéressants renseignements sur le travail à l’étau, à la lime, le travail du bois au tour, etc., et sur un grand nombre d’expériences faciles à exécuter.
- Les grandes applications de l'électricité, par Alfred Soulier, ingénieur électricien. 1 vol. in-10. Paris, Garnier frères, libraires-éditeurs. 1904.
- Dans cet intéressant ouvrage, M. Alfred Soulier a traité des plus grandes.,questions de l'industrie électrique actuelle. Nous y trouvons, en effet, des renseignements très complets sur les sources industrielles d électricité et les transformateurs, sur la transmission de l’énergie à distance, sur la traction électrique et sur l'électrochimie. Excellent petit livre.
- Le théâtre de l’Avenir. Aménagement général : mise en scène, trucs, machinerie etc., par Georges Yitoux, 1 vol. in-18. Librairie G. Reinwald. Schleicher frères et Cie, éditeurs. Paris. Prix : 5fr,50.
- Après une introduction historique où il étudie les théâtres depuis leur origine jusqu’à nos jours, M. G. Vitoux conclut qu’il y a encore de nombreuses modifications à apporter aux salles de speetachs. Il passe ensuite en revue les divisions d’un théâtre parfait, l’éclairage, le chauffage, la ventilation, la machinerie, la mise en scène, les trucs, la sécurité, etc. L’ouvrage donne de nombreux renseignements qu’on lira avec profit.
- Nature et sciences naturelles, par Frédéric Houssay, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure. 1 vol. in-10. E. Flammarion, éditeur, à Paris. Prix : 5",50.
- Manuel pratique de la culture et de la fabrication du tabac, ar Raymond Brunet, ingénieur agronome. 1 vol. in-18, aris. L. Mulo, éditeur. Prix : 3 francs.
- Uart de conserver les raisins de table, par François Ciiarmeux; préface de M. Maumexé. 1 vol. in-18. Prix : 2tr,75. Librairie horticole, Paris.
- Manuel pratique et simplifié d'analyse des urines et cintres sécrétions organiques, par E. Liotard, 2e édition. 1 vol. in-10. A. Maloine, éditeur à Paris. Prix : 2tr,50.
- Traité élémentaire et pratique de la résistance des matériaux et de la stabilité des constructions civiles, par Abel de Yillters de l’Isle Adam, avec une préface de M. Ricour, inspecteur général des ponts et chaussées, en retraité. 1 vol. in-8°. Librairie Yve Ch. Dunod, à Paris. Prix : 8,r,50.
- Les Pompes, par R. Masse, ingénieur civil dés mines, préface de M. Raton de la Goubillière, membre de l’Institut. 1 vol. in-8°. Librairie Vve Ch. Dunod, à Paris. Prix : 30 francs.
- L’empire des affaires, par Andrew Carnegie, traduit de l’anglais, par A. Maillet, préface par G. Bonvalot, 1 vol. in-10. E. Flammarion et Cie, à Paris. Prix : 5fr,50.
- Manuel pratique de platinotypie, par H. F.mery. Brochure in-8°, Ch. Mendel, éditeur, à Paris. Prix : 2 francs.
- Le point critique des corps purs, par E. Matthias, professeur de physique. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur à Paris. Prix : 7 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- La grande industrie chimique minérale, par E. Sorel, ancien ingénieur des manufactures de l’Etat. I vol. in-8° G. Naud, éditeur. Prix : 15 francs.
- Éclairage des trains par l’incandescence au gaz. 1 broch. in-8° de la Société d’éclairage par le gaz d’huile. Paris, 1903.
- The melhods employed ai Ihe Naples zoological station for the préservation of marine Animais, par le I)r Salvator lo Bianco. Washington, 1895 : brochure in-8°.
- Bulletin of the United States national Muséum, n° 52. List
- of northern America Lepidoptera, par II.-C. Dyar. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- List of publications of the Smithsônian Institution, 1846-1903, parW. J. Rhees. 1 vol. in-8°. Washington. 1905.
- Report of the superintendant of the coast and géodésie Survey, showing the progress of the work. Juin 1901-juin 1902. 1 vol. in-4°. Washington. 1905.
- Cooperacion de la Republica Argentina â la expedicion an-tartica internacional : conférence par Horacio Ballvé.
- 1 brochure in-8°. Buenos-Ayres. 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50m,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE PF, 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 novembre. . r,5 S. 1. Couvert. 0,0 Couv. ; gelée bl. ; brouill. ; pluvieux le soir.
- Mardi 10 7“,2 W. S. W. 2. Couvert. 0,2 Presque couv. ; pluie de 1 h. 50 â 2 h.
- Mercredi 11 10»,9 N. W. 3. Couvert 0,2 Couv. ; bruine et pluie à diverses reprises.
- Jeudi 12 8»,9 W. 1. Couvert. 0,0 Couv. ; bruine à 7 et 8 b.
- Vendredi 13 8»,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 10 h. ; beau après 12 h.
- Samedi 14 3’’,1 • S. 2. Beau. 5,8 Très nuag. ; gelée bl. ; pluie dans la soirée.
- Dimanche 15 ... . 5°,0 S. S. W. 3. Très nuageux, j 0,2 Nuag. jusqu’à 16 h. ; beau après 18 h. ; pluie à 8 h.
- NOVEMBRE 1903. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’observatoire du parc Sainl-Maur, en octobre f IIO.'I,
- par M. Tu. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50”,5. Moyenne des 24 heures, 753”“,58; minimum absolu, 739"”,0 le 12 à 14 heures ; maximum absolu, 762”",61e 19 à 11 heures; écart extrême, 23"",6.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 9°,35; des maxima, 16°,24 ; du mois, 12°,79; vraie des 2i heures, 12I),U ; minimum absolu, 1°,9 le 31; maximum absolu, 22°,7 le 1". Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 7°,47; des maxima;24°,78; minimum absolu, —0P,3 le 51; maximum absolu, 37°,1 le 1". Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0",30 de profondeur, 13°,45; à 1 mètre, 14°,76. De la Marne : moyenne le matin, 14°,06; le soir, 14°,51 ; maximum, 17°,80 le l,r; minimum, 10°,80 le 31.
- Tension de la vapeur ; moyenne du mois, 8m”,96; minimum, 5””,3 le 31, à 6-7 heures; maximum, 14”“,5 le 1" à 10 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 84,2; minimum, 49 le 20 à 12 et 14 heures; maximum 100, en 15 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 71; moyenne diurne minimum, 18 le 24; maximum, 98 le 11.
- Insolation ; durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 333 heures; durée effective de l’insolation, 91 heures en 28 jours; rapport, 0,27.
- Pluie : total du mois, 80"”,6 en 76 heures réparties en 24 jours, et, en outre, 5 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre; 2 jours seulement ont été absolument sans pluie, le 19 et le 24.
- On a noté 17 jours de rosée, 2 jours de brouillard; 3 jours d’orages,
- les 1”, 9 et 12; 5 jours de halos ; 1 gelée blanche (la première de la saison) le 31.
- Fréquence des vents ; Calmes, 4.
- N . . . . 1 E. . . . . 2 S 132 W . . . . 35
- N. N. E. . 2 E. S. E . . 11 S. S. w. . 126 W. N. W . 26
- N. E . . . 0 S. E . . . 17 S. w. . . 217 N. W. . . 10
- E. N. E. . 1 S. S. E. . . 78 W. S. w . 79 N. N. W. . 3
- Vitesse du vent eu mètres par seconde. Moyenne du mois, 4”, 5; moyenne diurne la plus grande, 7”,5 le 12 ; la plus faible, 1“,6 le 19 ; vitesse maximum, 11”,7 le 2 à 20 h. 30 par vent de S.-W.
- Comparaisons aux valeurs normales ; baromètre —3“, 27; température -+- 2°,42 ; tension de la vapeur, -f-1“”,17 ; humidité relative, —1,3 ; nébulosité -i-11 ; pluie -+- 17"”,0.
- Pendant la saison chaude de 1903. la température de la Marne n’a été supérieure à 20» que 53 jours, au lieu de 78, moyenne des dix dernières années.
- Floraisons. Le 4, aster blanc ; le 6, topinambour.
- Les dernières hirondelles ont été vues le 17. On a aperçu trois bandes d’oies sauvages, les 19, 20 et 29; la deuxième se dirigeait au S.-W., et la troisième au S.
- Une perturbation magnétique d’une intensité tout à fait exceptionnelle, coïncidant avec le passage d’un important groupe de taches au méridien central du soleil, s’est produite le 31, et a causé des troubles profonds dans les transmissions télégraphiques.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 12 à 2 h. 55 m, du matin.
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- Jl° 1592 (28 nooembre /903), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE IAADIWWISTRATIOW. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 28 novembre (n" 1592) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (i volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres a doivent être adressées à La Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le puits artésien de la Buttc-aux-Cailles, dont les travaux, commencés en 1866, ont été interrompus en 1870 et repris en 1892, vient d’être définitivement percé. On a trouvé la deuxième nappe jeudi dernier 19 novembre, à 582”,40 de profondeur. Dès l’année dernière, après des difficultés inouïes, la première nappe avait été atteinte à 567 mètres de profondeur. Le débit fut alors de 800 m3 par vingt-quatre heures. M. Henri Rousselle, conseiller municipal de la Maison-Blanche, obtint de l’Administration que les travaux seraient continués. Ils viennent d’aboutir. Le débit est maintenant de 6000 mètres cubes par vingt-quatre heures et la température de l’eau est de 28°,5. ,
- —Ht— Les 104 maisons construites en 1902 et inscrites pour le concours de façades viennent d’être examinées par le jury spécial composé de MM. Pascal et Charles Girault, membres de l’Institut; Bouvard, directeur des services d’archilecture de la Ville de Paris; Sauger, architeete-voyer en chef; Baillière, Ernest Caron, Chérioux, Froment-Meurice et Quentin-Bauchart.
- —Ht— A propos de sa centième ascension, qu’il vient d’accomplir dans le « Centaure n° 2 », M. le comte de La Yaulx a lait connaître une statistique intéressante de ses cent voyages aériens : mètres cubes degaz employés : 144350; kilomètres parcourus : 20 567kra,500; heures de séjour dans les airs : 861h 46m, soit 56 jours 16h46m. Passagers enlevés : 507 ; néophytes, 87 ; dames, 22. Somme dépensée en gaz : 28 855 francs.
- —Ht— On annonce la mort du comte Gaston de Chasseloup-Laubat, décédé le 19 novembre au Cannet (Alpes-Maritimes). L’industrie automobile lui doit beaucoup; ce fut lui qui organisa la première course de Paris à Bordeaux. Membre fondateur de l’Aéro-Glub et lit partie du comité. Ses travaux étaient très estimés à la Société des Ingénieurs civils.
- —Ht— Lne jeune fille du nom de Meyer qui était plongée dans «n sommeil cataleptique, depuis dix-sept ans, vient de se réveiller dans son village natal près de Brème. C’est le son du tocsin d’incendie qui semble avoir provoqué le réveil chez la malade. Cette femme s’est endormie le 17 décembre 1886 et depuis cette date ne s’était pas réveillée; elle est en possession de ses facultés mentales et se souvient parfaitement de tout ce, qui s’est passé dans son entourage avant sa maladie. Elle s’était déjà endormie en 1882 pour ne se réveiller qu’en 1885.
- —Ht— La Commission de réception du matériel du Métropolitain a expérimenté, le 19 novembre, entre les gares de Yincennes et du Châtelet, une voiture de voyageurs divisée en deux compartiments aménagés de telle façon qu’on y puisse fumer. Les glaces sont remplacées par des grillages fixes. On a constaté qu’en raison des courants d’air qui pourraient être gênants, l’avantage devrait rester aux petits compartiments.
- —Ht— M. Trouillot, ministre du commerce, sur la proposition de M. Bèrard, sous-secrétaire d’Etat, a pris récemment un arrêté autorisant l’envoi par la poste de cartes postales illustrées d’un
- nouveau type : le recto est divisé en deux parties réservées, celle de droite, à l’adresse, celle de gauche à la correspondance. Le verso est consacré entièrement à l’illustration.
- —Ht— Des fouilles pratiquées à Saint-Pierre par M. Emile Merwart, secrétaire général de la Guyane, ont amené la découverte, dans les ruines de l’Intendance (ancien hôtel du gouvernement), d'ossements qui paraissent être ceux du gouverneur Mouttet, de sa femme et du peintre Paul Merwart, à en juger d’après les débris de vêtements et d'après divers menus objets, recueillis à proximité immédiate. M. et Mm0 Mouttet, ainsi que M. Paul Merwart, habitaient l’intendance au moment de la catastrophe du 8 mai 1902. Les deux premiers squelettes ont été trouvés dans la cour de l’hôtel, sous l’amas des décombres de la façade ; le troisième dans l’aile droite du bâtiment où était, parmi les chambres ayant vue sur la Montagne Pelée, l’atelier de l’infortuné artiste. Les os sont tout à la fois broyés et en partie calcinés, ce qui indiquerait que l’édifice s’est embrasé en même temps qu’il s’écroulait sous la poussée volcanique. Un tumulus, érigé dans la cour de l’Intendance, a reçu ces restes, en attendant que les familles, consultées, se soient prononcées au sujet de leur translation. M. Emile Merwart a tenu à effectuer l’ascension de la Montagne Pelée, en remontant, depuis la mer jusqu’au cratère, la ravine de la rivière Blanche, déversoir habituel des nuées denses que projette le volcan, nuées formées, on le sait, de vapeur d’eau surchauffée plus ou moins soufrée et chargée de cendres. L’ascension a eu lieu le 29 octobre. Elle a failli être tragique. Le touriste et son guide venaient, en effet, d’escalader, non sans peine, la falaise qui domine le cratère, quand une de ces poussées de vapeur et de cendre s’est produite à 9h 55 du matin. Grâce à la direction du vent ils ont eu la chance d’en être quittes avec un commencement de suffocation et de très légères brûlures superficielles.
- —H(— Le 19 novembre, le feu s’est déclaré à 8h 40m à la machine motrice d’un train du Métropolitain venant de la Porte Dauphine, arrivant à la station de Bagnolet. Mais il nous semble que toutes les machines motrices doivent être reliées à la source d’énergie par leur circuit qui traverse des coupe-circuits, lesquels doivent fondre dès que la température atteint une certaine limite. Le feu ne devrait donc jamais prendre, mais il est probable que ces coupe-circuits n’existent pas et que le matériel est surchargé; il en résulte des échauffements dangereux qui communiquent le feu, comme nous avons malheureusement trop souvent l’occasion de le constater.
- —Ht— Le pivert est, depuis cette année, un gibier national. Au printemps dernier, quelques familles appartenant à cette espèce furent établies, par les soins du service forestier, dans les forêts de Rambouillet, Marly et Compiègne. Et depuis on chasse le pivert.
- —Ht— On annonce à la dernière heure que l’expédition suédoise au pôle sud dirigée par le Dr Otto N'ordenskjôld, et sur le sort de laquelle on était plein d’inquiétude, vient d’être heureusement retrouvée. Tous ses membres sont en bonne santé. On avait déjà envoyé, à la recherche de Nordenskjôld, l’expédition Charcot au mois d’août, l'expédition suédoise du capitaine Gylden aussi au mois d’août et l’expédition du commandant Irizar au mois de septembre. C’est le navire argentin 1’ « Uruguav » qui a retrouvé Nordenskjôld et ses officiei's à la Terre Louis-Philippe et le reste de l’expédition à File Seymour. On n’a d’ailleurs encore aucun détail exact sur ce qui s’est passé depuis que les nouvelles ont. cessé de parvenir en Europe, c’est-à-dire depuis prés d’un an.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article « L'exposition de l’habitation » paru dans le n° 1590 du 14 novembre 1903, p. 583, nous devons faire la rectification suivante. M. Guillemin, architecte, dont nous avons remarqué le projet exposé avec plans, façades et coupes dans la galerie du premier etage, n’est pas l’auteur des types dont il est parlé et qui se trouvaient à côté de son œuvre. C’est M. Vevssade, qui a obtenu comme récompense une-médaille d’argent. Architecte de la Société de la plaine de Vanves, M. Veyssade est l’auteur du groupe des maisons à 4500 francs l’une, ainsi que des petites villas en cours d’exécution à Issy-les-Moulineaux et à Vanves. Il a aussi exécuté les maisons qu’on peut voir à Boulogne-sur-Seine.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Chargeur de Brouwer : Compagnie anonyme continentale pour la fabrication des compteurs, 9, rue Pétrelle, Paris (9e).
- Communications. — il/. Sippetis, à Enghien (Belgique), nous a fait parvenir les observations suivantes: « Vous trouvez étrange (n° 1589, du 7 novembre 1903, p. 559) la perforation des nouvelles monnaies de nickel belges. Autrefois ces monnaies n’étaient pas trouées, mais, le soir, se confondaient trop aisément avec les pièces d’argent de 0tr,50 et de 1 franc. II parait qu’en ce moment, en France, on se plaint énormément des nouvelles monnaies de nickel. Elles se confondent avec les pièces de 2 francs. Pourquoi la France n’adopterait-elle pas le système belge ! La confusion deviendrait impossible, comme chez nous, et l’on verrait, chose rare, quelqu’un profiter de l’expérience de son voisin ».
- M. le marquis de Camarasa, à Madrid, nous communique sur le même sujet les réllexions suivantes : « Je lis dans la Boite aux Lettres de « La Nature » une communication de M. L. Sépulcre vantant les avantages du trou dans les pièces de nickel (n° 1590, du 14 novembre 1905). J’étais très partisan de ce trou : je l’aurais voulu pour toutes les pièces de monnaie. Je voyais, aux monnaies percées entre autres avantages, celui de pouvoir être enfilées ou non à volonté, selon le goût ou la convenance d’un chacun. Aujourd’hui je .suis un adversaire de la perforation, surtout de la perforation des pièces de peu de valeur et partant à grande circulation. Une bonne, une vraie raison, lue je ne sais où, modifia radicalement mon opinion : la raison de propreté. On nettoie facilement la surface extérieure d’un tube ; son nettoyage intérieur exige des soins et même des instruments spéciaux-. La courbe de la monnaie européenne est convexe, celle du trou est concave. La première s’encrasse difficilement et se nettoie d’elle-même ; l’autre racle, ramasse et retient. Dans bien des cas le curage du trou exigerait une opération que ne payerait pas la valeur de la pièce. Au point de vue de la propreté et de l’hygiène la pièce idéale serait un disque plein parfaitement lisse et poli, sans gravure ni relief, et à bord arrondi ».
- Renseignements. — 31. Tliormann, à Saint-Biaise. — Pour déterminer la puissance calorifique d’un charbon, il est nécessaire de procéder à des essais calorimétriques. Vous pourriez essayer la méthode indiquée par notre collaborateur M. G. Hamelin dans son article intitulé : « Un calorimètre pour le charbon et l’huile » (n° 1571, du 4 juillet 1905, p. 74).
- M. Motta Veiga Casai, à Céia. — Le tome II du Traité de chimie industrielle de MM. Wagner, Fischer et Gauthier, contient les plus amples renseignements sur la fabrication des savons: prix, 30 francs; librairie Masson et C‘%120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- 31. Roquebert, à La Boca. — A la librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, vous pourrez vous procurer les ouvrages suivants : « Les plantes à caoutchouc et leur culture », par O. Warburg; « les plantes à caoutchouc », par H. Jumelle.
- 31. Giovanidis, à Lemos. — L’eau destinée au blanchiment et à la teinture doit être parfaitement limpide et incolore : elle ne doit surtout pas contenir de fer, car sous l’influence de la soude, il se forme un savon de fer, qui tache la laine.
- M. Castan, à Béziers. — La fonte ne peut être forgée, car elle se brise sous le marteau, mais si vous la chauffez avec du peroxyde de fer, vous la transformez en fonte malléable.
- 31. F. F., à Escombrera. — L’adresse de M. le Dr Carfazr est 39, boulevard Haussmann, à Paris : il pourrait vous donner directement ces indications.
- 31. Bayol, à la Seyne. — 1° Votre précédente lettre ne neus-est pas parvenue. — 2° La bague Henry est en vente chez M. Goy, 15, rue des Minimes, à Paris.
- 31. Biget, à Bologne. — L’acide acétique dissout le celluloïd et il serait facile de vérifier s’il peut servir à coller deux surfaces de celluloïd.
- 31. C. M. J., à Nice. — Vous pourrez vous procurer ces-instruments aux adresses suivantes : M. Honegger-Cuchet,. à Genève; M. Bellieni, à Nancy.
- J/me Martzloff, à C.; M. J. C. R., h Romedenne; M. 3L Lefèvre, au collège Stanislas. — 1° Le phonographe original est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. — 2° Il n’y a pas de livre spécial à ce sujet ; vous pourriez consulter avec fruit la publication suivante : (( Les animaux vivants du globe », par Charles J. Cornish : E. Flammarion, éditeur, 26, rue Racine, à Paris.
- 31. P. D., à Dureniati. — Il n’existe pas de procédé pratique pour faire des miroirs soi-même; mais vous pourriez essayer d’un bain à dorer, le chrysol, qui s’applique au verre et qui est en vente chez M. Thuillard, 144, avenue Vendôme, à Lyon.
- M. Rock, à Grenoble. — Pour le carburateur Château, s’adresser à M. Reverclion, 49, rue des Bourguignons, à Bois-Colombes (Seine).
- 3131. P. et F., à R. — C’est avec l’indigo du commerce que cette teinte est obtenue : la quantité à employer varie suivant la coloration que l’on veut donner.
- il/. J. B., à Nice. —Il est recommandé quand on fait usage du régime lacté, de ne boire le lait qu’à petites gorgées, pour ne pas encombrer l’estomac de lourds caillots de caséine, difficiles à digérer.
- 31. Caillaux, à Paris. — 1° La maison Poulenc, 94, rue Vieille-du-Temple, à Paris, pourra vous graver ces llacons et vous fournir l’encre indélébile. — 2° Nous ne connaissons en dehors du procédé à l’acide fluorhydrique que le procédé à la meule. •
- 31. E. Maître, à Royan. — A notre connaissance, il n’existe pas de moyen sûr de rendre leur transparence aux plaques de celluloïd, car leur opacité provient d’une modification dans leur structure.
- 31. Kalicz, à Eger. — Pour ce genre d’enseignement, nous pouvons vous recommander la « Collection de planches murales destinées à l’enseignement de la bactériologie », publiée par l’Institut Pasteur de Paris : le texte explicatif est rédigé en trois langues : français, allemands, anglais; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- 31. José Mesa, à Valladolid. — Vous pourriez vous procurer les ouvrages suivants : « La navigation aérienne » : Paris, Nony et Cie, 65, boulevard Saint-Germain : a Histoire des ballons et des aéronautes célèbres (1783-1890), » 2 volumes illustrés, par Gaston Tissandier. Librairie Launette et Cic, à Paris (ne se trouve plus que d’occasion).
- 31. J. 31. S., à Ilis-Orangis. — La fabrication des cartes à jouer est, en effet, un peu spéciale : toutefois le « Manuel du cartonnier », de l’Encyclopédie-Roret, vous donnera tous les détails nécessaires: librairie Mulo, 12, rue HautefeuiUe.
- 31. de Bachellé, à Sommedieu. — Pendant l’Exposition de l’habitation, de nombreux catalogues et diverses publications ont reproduit les constructions présentées, mais il n’a pas été publié d’album d’ensemble.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. K. L., à Tir-novo. I/aluminium est le seul métal remplissant ces conditions. — il/. Lamine, à Anvers. Essayez d’un obturateur de plaque, toujours très rapide. — 31. J. M. C., à X. La formule de vernis pour les vieux bois que nous avons donnée dans la 2* série des Recettes et procédés utiles, nous parait applicable à votre cas; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à repoudre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui procède la date de ta livraison.
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- CHAUFFEURS ET CHAUFFEUSES. MODES DU JOUR
- Texte et dessins par A. Robida.
- 1. « Voilette » légère et vaporeuse, estompant délicatement un visage charmant. — 2. Le « Thug », coiffure empruntée aux étrangleurs de l'Inde. Ne pas trop serrer. — 3. Le « Scaphandrier » ; quand il tomberait 15 mètres d’eau, on s’en moque. Avec ce casque on irait repêcher les galions de Vigo. — 4. Le « Brigand Calabrais », élégance et strict incognito. — 5. La « Capeline », presque un domino pour le carnaval de Nice. — 6. « L’Otarie, l’Ourse et le Phoque », costumes pratiques permettant de braver toutes les températures et les aquilons les plus rafraîchissants.
- — 7. Le « Parapluie du chauffeur », serait délicieux en sortie de bal. — 8. « Capeline orang-outang ». — 9. Le « Heaume » du treizième siècle revient sur l’eau. — 10. Grand chic tout à fait dans les vieilles traditions d’élégance aristocratique. —^11. « Robert le Diable » : « Nonnes qui reposez sous cette froide terre!.... ». — 12. « Dix-huitième siècle ». Serait pour prendre part aux grandes chasses à courre. — 13. Le « loup de terre ». Attention! un chien à bâbord, un piéton à tribord!.... — 14. « Autre loup ». Grand’mère que vous avez de grands yeux!...,
- — 15. Guerre aux courants d’air. Simplicité, commodité. — 16. Le « Guilleret ». Nez retroussé par trop de "5 à l’heure. — 17. Redingotes en cuir de rhiuocéros à l’épreuve de la pluie, de la grêle, de la boue, de la tempête et presque du canon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour faire adhérer les couleurs aux photographies. — La publication américaine (( Druggist circulàr » recommande dans ce but un procédé bien simple : passer sur les parties de l’épreuve à colorier ou à retoucher, la surface d’un morceau de pomme de terre récemment coupé.
- Nouvelle formule d'hygroscope simplifié. — On connaît ces hygromètres composés d’une feuille de papier buvard, ou d’une bande d’étoffe qui change de couleur suivant l’état hygrométrique de l’atmosphère, et que l’on donne souvent comme annonçant le temps qu’il va faire à la manière d’un baromètre.
- On se trouve très bien de suspendre dans une pièce une bande de calicot imprégnée d’une solution faite de 1 partie de chlorure de cobalt, 75 parties d’oxyde de nickel, 20 parties de gélatine et 200 d’eau. Une coloration verte se manifeste par beau temps, et, quand l’humidité arrive, toute coloration disparaît.
- Enduit pour toitures. — Dans un récipient de fer, mettre fondre sur feu nu 190 kg de résine américaine et ajouter ensuite graduellement 100 kg d’huile d’anthracène. On retire du feu et l’on verse dans le récipient 60 kg de benzol brut, tout en remuant soigneusement ; on verse dans ce mélange, et graduellement encore, 200 kg de bol ordinaire, pendant qu’un aide continue de brasser en tournant rapidement. On laisse un peu reposer, puis l’on filtre cet enduit tandis qu’il est chaud.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTIOX ET FORCE RE 0x9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 novembre . — 09,5 S. S. W. 2. Beau. 1,8 Gelée hl. ; nuag. ; pluie le soir avec petite grêle.
- Mardi 17 0",1 S. S. W. 2. Couvert 0,4 Gelée hl. ; très nuag. ; pluie le soir.
- Mercredi 18 5°,2 N. E. 2. Couvert. 0,5 Gelée hl. ; très nuag.; beau après 18 h.
- Jeudi 19 0'\1 N. N. E. 2 Couvert. » Gelée hl. ; couvert; beau à 6 h. et 20 h.
- Vendredi 20 1 «y O N. W. 2. Beau. 0,7 Gelée bl. ; nuag. ; brouill. à 9 h. ; halo à 13 h. ; pluie le soir.
- Samedi 21 8°,9 W. 5. Couvert. 0,i Couv. ; pluv. à 12 et 18 h. ; beau à 19, 20 h.
- Dimanche 22 ... . 6°,1 W. N. W. 5. Peu nuageux. Gelée bl. ; nuag- le matin ; couv. le soir ; gouttes dans la soirée.
- NOVEMBRE 1903. --- SEMAINE Dü LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 NOVEMBRE.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — l ue violente secousse de tremblement de terre, qui a duré deux secondes, a été ressentie le 19 novembre à Saint-Lô, à 7h 55 du soir. Elle était accompagnée d’un bruit sourd. Des oscillations se sont produites de l’ouest à l’est.
- l.a neige. — La première neige de cette année est tombée le 16 novembre à Poularlier. Dans la nuit du 16 au 17 novembre, et dans la journée du 17, la neige a fait son apparition à Oyonnax; une couche de plusieurs centimètres a recouvert, la ville et les environs. Le même jour, il a neigé à Clermont-Ferrand ; la chaîne des l’uys et le Mont-Dore étaient couverts de neige. Le 18 novembre, il a neigé au mont Mounier, au pic du Midi, au mont Aigoual et à Limoges. Le 18 novembre également, la neige est tombée çn abondance à Pau, à Cransae; à Privas, la couche de neige a atteint une certaine épaisseur, le froid a été très vif et de fortes gelées se sont produites. Une bourrasque de neige s'est abattue sur le caulou de Mont-Louis, arrondissement de Prades.
- l>a pluie. — La pluie est encore tombée en quantité pendant la semaine du 16 au 22 novembre. Le 16, on a recueilli 16 mm d’eau à liocliefort, 15 mm à Clermont, 12 mm au Havre, 5 mm à Biarritz, 2 mm à Brest. A Paris, dans l’après-midi du 16 novembre, des gros nuages noirs ont couvert l’horizon, et vers 5 heures une averse en forme de giboulée de mars est tombée pendant 20 minutes environ ; une seconde averse plus courte est tombée vers 5 heures. Le 17 novembre, il est tomlté 22 mm d’eau à Sicié, 15 mm à Clermont, 10 mm à Dunkerque. Le 18 novembre, il a plu au Havre (15 mm d’eau), à Biarritz (8 mu), à Brest (2 mm), à Paris (1 mm).
- Le 19 novembre, on a recueilli 15 mm d'eau au Havre, 4 mm à Nice, 5 mm à Biarritz où une trombe, accompagnée d orage et de grêle, a été signalée. Le 20 novembre, des pluies ont eu beu presque partout; il est tombé 28 mm d'eau au mont Ven toux. 25 mm à Naples, 11 mm à Toulouse. Le 21 novembre, on a recueilli 26 mm d’eau au puy de Dôme et au pic du Midi, 7 mm à Belfort, 4 mm au Havre, 1 mm à Paris. Des pluies sont tombées le 22 novembre à Besançon (8 mm), et à Lyon (1 mm).
- la température. — La température s’est notablement abaissée pendant celte semaine. Le 16 novembre, vers 7 heures du matin, on notait 0°,5 à Paris, 1° au puy de Dôme, — 29 au mont Ventoux, —5° au pic du Midi; la température moyenne de la journée à Paris a été de 5°,9 avec un minimum de 0°,6. Le 17 novembre, le thermomètre marquait, à 7 heures du matin, 09 à Paris, et la température moyenne de la journée n’était que de 1°,5, inférieure de 5°,8 à la normale avec un minimum de — 1°,5. Le 19 novembre, à 7 heures du matin, la température était — 7° au puy de Dôme, — 8Q au mont Ventoux, —129 au mont Mounier et —16° au pic du Midi ; à Paris, la température moyenne était de 5° avec un minimum de 0°,8 et un maximum de 6°,5. Le 20 novembre, à 7 heures du matin, on lisait au thermomètre 2° à Paris, 1° à Madrid, — 7° au puy de Dôme, —10° au mont Ventoux ; la température moyenne à Paris était de 1°,7. Le 21 novembre, à 7 heures du matin, 99 à Paris, 11° à Alger, —1° au puy de Dôme, —6° au pic du Midi ; la température moyenne à Paris était de 5°,2. Le 22 novembre ia température s'est élevée ; le matin, à 7 heures, elle était de 6° à Paris, de 6’ à Rome, de 14° à Alger; à Paris, la température moyenne a été de 9°,8, supérieure de 5°,1 à la normale.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 19 à 5 h. 19 m. du matin.
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