La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/536
-
-
-
- LA NATURE
- IIIÎVUI5 DES SCIENCES
- ET I)K LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an.................................... 20 fr. »
- — Six mois................................... 10 fr. »
- Union postale. Un an. — Six mois
- Départements. Un an........................ 25 fr. »
- — Six mois........................... 12 fr. 50
- 26 fr. » 13 fr. »
- Prix du numéro : 50 centimes
- LES SOIXANTE ET UN VOLUMES PRECEDENTS SONT EN VENTE
- AVEC LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- Paris. — Imprimerie Laiiurk, rue de Fleurus. R.
- p.n.n. - vue 2/536
-
-
-
- U
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- X" ÜS N
- %
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- BIBUOffllOCtSJ
- ’% . 'if
- TRENTE-DEUXIEME ANNEE
- 1904
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN,' 120
- Page de titre n.n. - vue 3/536
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/536
-
-
-
- r>‘2° ANNÉE. — V 1595.
- 5 DÉCEMBRE 1905.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- HBUQTHEQUcjS
- %. aP
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- Le phonographe étant connu depuis longtemps au moment de l'invention du cinématographe il était tout naturel de penser, dès cette époque, à associer les deux instruments pour obtenir sur l’écran de projection des personnages joignant la parole au
- geste. Bien des tentatives lurent faites pour arriver à ce résultat et on a pu en voir à plusieurs reprises la réalisation imparfaite. Le problème est en effet assez complexe si l’on veut le résoudre de façon complète, c’est-à-dire si Ton veut que l’illusion soit entière et
- Une séance Je projection au moyen du chronophone.
- que tous les gestes, y compris les jeux de physionomie et le mouvement des lèvres, correspondent exactement aux paroles prononcées ; aussi n'était-on pas arrivé jusqu'à présent à le résoudre. C’est seulement depuis peu de temps que MM. Gaumont et Ilecaux sont arrivés à réaliser un appareil dont le fonctionnement est irréprochable. On s'était contenté auparavant de prendre un phonographe qucl-
- 32e année. — icr semestre.
- conque et de le faire fonctionner en même temps qu’un cinématographe dont les images avaient été enregistrées indépendamment. Il est facile de se rendre compte que dans de telles conditions le synchronisme entre les deux appareils ne pouvait exister.
- Afin d’obtenir un synchronisme absolu entre les deux instruments, aussi bien pour l’enregistrement que pour la reproduction, il était nécessaire, dans les
- 4
- p.1 - vue 5/536
-
-
-
- LA A AIL UK.
- deux cas, de relier les deux appareils par un système de transmission absolument indéréglable.
- Des deux appareils employés le cinématographe est celui qui exige le plus de force pour être mis en mouvement et il semblait indiqué de le charger de conduire le phonographe qui n’exige au contraire qu’une force insignifiante. C’est le contraire qui doit avoir lieu, car si pour le cinématographe notre œil peut tolérer des écarts de vitesse assez grands, il n’en est pas de même pour le phonographe dans lequel la moindre variation de vitesse occasionne un changement dans la hauteur des sons et dans leur rapport. Il fallait donc que ce fût ce dernier qui, avec son faible moteur (mouvement d’horlogerie ou autre) muni des organes de régulation qui lui sont propres et qui sont indispensables à un enregistrement et une reproduction convenables de la parole, conduisît l’autre.
- C’est en s'adressant à l’électricité que les inventeurs sont arrivés à résoudre ce problème en apparence paradoxal.
- Le moteur qui commande le cinématographe est composé d’un inducteur fixe formé par un anneau Gramme divisé en un certain nombre de sections ; l’induit est constitué par une bobine de Siemens. Quand on envoie le courant d’une source électrique quelconque successivement dans les différentes sections de l’inducteur, la bobine Siemens présente ses pôles successivement en face de chacune des sections qui reçoit le courant, et elle tourne sous l’influence de celui-ci. Or le courant est envoyé à l’inducteur par un distributeur qui peut être placé à une distance quelconque; il est formé de contacts, disposés sur l’arbre de rotation du phonographe, qui viennent loucher successivement des balais fixes placés en face d’eux, chaque balai étant relié par un fil à l’une des sections de l’inducteur. On comprend que dans ces conditions le moteur électrique du cinématographe devient absolument dépendant du mouvement de l’axe du phonographe et qu’il ne peut qu’être en synchronisme parfait avec lui.
- Dans la pratique on a reconnu que pour l’exploitation de ce genre de spectacle il est préférable de faire les projections par réflexion sur un écran opaque; il faut alors, pour que l’illusion soit complète et i[ue la parole semble venir de la bouche des personnages exhibés, que le phonographe soit placé loin du cinématographe comme sur notre ligure. Gela n’a aucun inconvénient ainsi qu’on l’a vu tout à l’heure et ce n’est qu’une question de quelques mètres de câble souple pour conduire le courant de l’iin à l’autre appareil.
- Maintenant que la parole vient d’être donnée à la projection animée,-il lui faut encore le relief, nous verrons bientôt qu’il est facile de l'obtenir; il ne nous manquera plus alors que la couleur. Mais sans cire si exigeants contentons-nous des résultats déjà acquis, ils Sont assez complets pour que nous puissions allèndre. G. MaresLiiai..
- LE BEURRE ET LA FIÈVRE TYPHOÏDE
- Les recherches des bactériologues ont prouvé de façon irréfutable que l’eau potable était un des principaux agents de la dissémination de la fièvre typhoïde. Jadis, le Dr Dionis des Carrières avait montré, par une expérience saisissante, la genèse d’une épidémie qui avait éclaté, sans cause appréciable, dans une petite ville du Morvan : les déjections d’un malade jetées sur le fumier de la ferme; les linges, draps, serviettes, servant à ce malade, lavés au ruisseau avaient apporté les germes morbides; les bacilles typhiques qui mêlés ainsi à l’eau pure par l’écoulement graduel de la mare de la ferme dans la rivière alimentant la ville, déterminèrent dans toutes les maisons recevant cette eau de nombreux cas de fièvre' typhoïde. Quelques gouttes de fuchsine (on emploi»' aujourd’hui la fluorescine) répandues au point de départ coloraient l’eau de la rivière où l’on puisait pour les besoins des ménages. Ce sont faits aujourd’hui acquis et malheureusement encore trop fréquents; leur similitude d’évolution n’a pas encore dessillé les yeux d«' bien des fonctionnaires municipaux appelés cependant à surveiller l’hygiène et à assurer la santé de leurs concitoyens.
- Le lait est accusé, lui aussi, d’ètre un facteur de la contagion; le beurre qui provient du lait également. J’ai raconté jadis comment s’était produite, dans une région étendue, une épidémie de scarlatine due à l’apport d’un lait contaminé. L’eau servant au frauduleux coupage du lait peut être souillée, et naturellement vient infecter ce liquide.
- Dans des conditions moins apparentes, cette eau souillée peut servir tout simplement au lavage des vases destinés à la traite et au transport du lait, et, du coup, avec ces doses minimes, le lait est rendu impur, nocif et dangereux.
- far un procédé identique le beurre peut être aussi contaminé et le bacille typhique qui s’y trouve renfermé peut y vivre longtemps. Sans doute, si le beurre sert à la confection d’un plat, s’il est fondu, s’il est cuit, les bacilles seront détruits; mais sur toutes les tables, à tous les repas, on mange du beurre non fondu, tel qu’il sort de la baratte.
- Pour élucider ce point délicat de savoir si les bacilles typhiques restent longtemps actifs dans le beurre un médecin a fait une série d’expériences bien simples, mais qui réalisent absolument les conditions que l’on peut observer lorsqu’on lave du linge souillé dans une eau qui peut ensuite servir à la fabrication du beurre, au nettoyage des vases à lait. M. Bruck commence d’abord par ajouter des cultures pures de bacilles typhiques à du lait; il examine ensuite la crème et le beurre fabriqués avec ce lait et naturellement trouve des bacilles. 11 se contente alors de rincer le vase à lait et la baratte avec de l’eau à laquelle on avait ajouté des bacilles; même résultat, présence de bacilles dans le beurre. Dans une troisième série d’expériences, il prend des linges tachés de déjections typhiques, lave ces linges dans de l’eau avec laquelle on rince les appareils. Les bacilles se trouvent encore dans le beurre et s’y conservent vivants pendant près de trente jours.
- Le beurre, on le voit, peut être un agent de transmission de la fièvre typhoïde et on fera bien de se préoccuper de son origine quand on doit le manger en tartines.
- Dr A. Cartaz.
- --—
- p.2 - vue 6/536
-
-
-
- I..V XATl'lIK.
- SUR L’EMPLOI DU GAZ D’ÉCLAIRAGE
- Les accidents par le gaz d’éclairage sont assez nombreux pour cpue l’on attire l’attention sur les précautions a prendre pour son emploi. l)e même ne sait-on pas «assez le parti que l’on peut tirer de ce combustible.
- Le compteur est généralement placé à une hauteur telle que 1 on ne peut pas ouvrir ou fermer directement le robinet ; aussi il est commode pour cette manœuvre d utiliser un bâton terminé d’un côté par un crochet, et de l’autre par une petite fourche.
- Il faut fermer le compteur chaque fois que l’on quitte son appartement et tous les soirs avant de se coucher.
- Pour être absolument sur de la fermeture exacte du robinet du compteur, on laisse un bec papillon allumé qui doit s éteindre complètement lorsque la pression du gaz, dans la canalisation, est devenue égale à la pression atmosphérique ; puis on ferme le robinet du bec.
- Presque toutes les fuites sont dues à la mauvaise qualité du caoutchouc qui se fend sous la pression du gaz, à la non fermeture des robinets ou à un mauvais graissage.
- On doit supprimer presque complètement les tubes de caoutchouc et les faire remplacer par des tubes métalliques de laiton soudés à leurs extrémités; et, lorsqu’un tube flexible est indispensable, je conseille l’emploi d’un caoutchouc à parois épaisses, à vide ou à pression, qui offre toute garantie.
- Quand l’odeur du gaz se répand dans un appartement, il faut ouvrir toutes les fenêtres pour établir des courants d’air, et, lorsque l’odeur aura disparu, on pourra chercher la fuite avec une lumière.
- Les mélanges d’air et de gaz d’éclairage détonent avec la plus grande violence et ont produit des accidents comparables aux explosions de grisou dans les mines de houille.
- Bec Bunsen. — C’est un appareil très simple et très connu employé dans les laboratoires, et qui peut être très utile pour allumer le feu dans une grille à charbon par exemple : on place sur la grille quelques morceaux de bois résineux, quelques morceaux de charbon de bois, une pelletée de charbon de terre et du charbon aggloméré; on introduit sous la grille la flamme d’un bec Bunsen maintenu obliquement par un coin de bois: en deux ou trois minutes le feu est parfaitement allumé.
- Réchaud de cuisine. — fl faut choisir un réchaud émaillé qu’il est très facile de faire tenir propre : il est nécessaire de s’assurer que les flammes brûlent en bleu et non pas en blanc; la combustion du gaz qui pénètre par 1 orifice de l’injecteur et qui se mélange avec l’air est alors complète ; si les flammes brûlent en blanc il y a combustion incomplète, et les produits gazeux renferment de l’acétylène, bien reconnaissable à son odeur, et de l’oxyde de carbone : c’est un mélange qu’il est dangereux de respirer. Lsons du gaz avec économie : une erreur très commune, que je tâche de détruire sans y parvenir, est celle qui consiste à ouvrir complètement les robinets des réchauds à gaz pour obtenir une ébullition tumultueuse des liquides; il faut, au contraire, souvent produire une ébullition aussi modérée que possible, un simple frémissement de la surface du liquide dont la température reste dans tous les cas égale à 100°.
- Poêles à gaz. — De nombreux appareils ont été inventés dans lesquels on emploie, pour accroître le rayonnement, ou l’amiante, ou des tubes en terre réfractaire percée de trous qui sont portés au rouge ; rien n’est plus
- commode que l’usage de ces appareils, mais il est nécessaire d’établir un tuyau traversant le tablier de tôle d’une cheminée et se prolongeant par un coude à un mètre environ de hauteur; tous les produits de combustion sont alors entraînés au dehors.
- Le gaz en bridant vicie l’air : lût) centimètres cubes du produit de distillation de la houille exigent pour brûler complètement 122 centimètres cubes d’oxygène ou <>86 centimètres cubes d’air, et donnent 62cm3,5 d’acide carbonique; c’est-à-dire que le gaz, en brûlant, consomme un volume d’oxygène double du volume d’acide carbonique que je dose toujours par l’eau de baryte.
- Hotte à tirage complet. — Presque toutes les hottes construites dans les laboratoires ou dans les appartements ont un tirage incomplet, ce qui est dû à ce que la surface par laquelle entre l’air est trop grande.
- La figure ci-jointe représente un dispositif que j’ai depuis longtemps fait installer dans mon laboratoire de phvsio-
- Ilotte à tirage complet de (Lrélumt.
- C. Châssis glissant entre les coulisses, maintenu par la liche de ter f.
- logie générale du Muséum d’histoire naturelle et qui nous rend chaque jour les meilleurs services: cet appareil est décrit dans mon livre de 1’ « Encyclopédie Léauté » intitulé : Hygiène expérimentale, l’oxyde de carbone.
- En abaissant convenablement le châssis, on s’assure avec la flamme d’une bougie que l’air extérieur est en tous les points de la surface rectangulaire entraîné dans l’intérieur de la hotte et dans le large tuyau qui se termine au dehors par un chapiteau à girouette.
- Les constructeurs sont si habiles, qu’ils pourront faire des installations grandes' ou petites de fourneaux à gaz pourvus de châssis qui, tout en ne gênant point les travailleurs, leur permettraient de respirer de l’air pur.
- J’insiste encore en terminant sur la nécessité de fermer le compteur à gaz et aussi tous les robinets de la canalisation, fous ceux des appartements et des escaliers; autrement, à l’ouverture du compteur, tout robinet laissé ouvert permettrait l’échappement du gaz qui donnerait avec l’air un mélange toxique et explosif.
- Nestor Hrëii.wt,
- Professeur au Muséum,
- ---«-y»'
- p.3 - vue 7/536
-
-
-
- LE FUNICULAIRE DU YESUYE
- Le nombre des touristes qui visitent le Vésuve est relativement important ; pendant l’année 1902 ce nombre s'est élevé à 12000. Mais la répartition en
- Fig. 1. — L’ancien funiculaire du Vésuve avec sa voilure.
- est variable. Durant les mois de novembre à janvier et de juin à août il ne dépasse pas 350 par mois, tandis que de février à mars, la saison la plus favorable, il varie entre 1000 et 2800.
- En présence de cette affluence de visiteurs, et pour faciliter l’ascension du Vésuve, la Banque Romaine lit installer, en 1879-1880, un funiculaire ayant son point de départ à la limite inférieure du cône de cendre, à une hauteur de 794 mètres au-dessus du niveau de la mer et son point d’arrivée dans le voisinage de l’ancien cratère à 100 mètres au-dessous de celui actuel, à la hauteur de 1182 mètres au-dessus de la mer (tig. 1). Il rachète donc une différence de niveau de 588 mètres, le tiers environ de • la hauteur totale du Vésuve, pour un parcours horizontal de 720 mètres. La pente moyenne est de 54 pour 100 et la pente maximum de 65 pour 100, maximum qui n’est atteint sur aucun autre funiculaire en Europe. Le manque de consistance du sol, composé de cendres et de blocs erratiques de lave, a rendu sa construction difficile ; son prix d’établisse-ment a été de 450000 francs. Les résultats de l’exploitation lurent excellents et la Banque Romaine vendit, moyennant le prix élevé de 1 200000 francs, le funiculaire à une compagnie par actions qui, ne pouvant payer les intérêts du capital d'acquisition, tomba en liquidation. C’est alors qu’en 1887 le
- funiculaire fut acheté par MM. Th. Cook et lils de Londres pour la somme de 170000 francs; ils en sont encore propriétaires.
- MM. Cook se préoccupèrent tout d'abord de faciliter 1 'accès du funiculaire aux touristes venant de Naples en cherchant à établir un chemin de fer reliant cette dernière ville avec le pied du funiculaire sur une distance de 19 kilomètres. On évitait ainsi le transport par omnibus à chevaux, le seul mode de communication existant. Différents projets furent étudiés; mais, en présence du prix élevé de leur réalisation, les choses restèrent en l’état et rien ne fut fait jusqu’en 1901, époque à laquelle MM. Cook chargèrent M. Strub, l’ingénieur bien connu de Zurich, d’étudier à nouveau la question. À cette même date tout se trouvait, du reste, de beaucoup simplifié par suite de la construction d’une ligne de tramways électriques reliant Naples avec Pompéi, en passant par Résina distant de quelques kilomètres seulement de la station inférieure du funiculaire. Il suffisait donc de relier cette station inférieure avec Résina. C’est ce que proposa M. Strub. Les dépenses se trouvaient ainsi réduites à la somme de 1 200 000 francs, au lieu de 4 000 000 de francs, au minimum, qu’il eût fallu dépenser pour relier Naples directement avec le funiculaire.
- Ce projet fut approuvé par le gouvernement italien et les travaux, commencés pendant l’automne de 1902, furent activement poussés; la ligne a été livrée à la circulation tout dernièrement. Cette ligne de soudure entre la station de Résina du tramway de Naples et la station inférieure du funiculaire est un
- Station supérieure
- Voiture
- montante
- Voiture
- descendante
- Station inférieure
- Fig. 2. — Schéma du câble de traction.
- tramway à traction électrique par lil aérien et archet ; • sa longueur est de 7km,5. Il est à voie de 1 mètre, partie à adhérence, avec rampes de 8 pour 100 et
- p.4 - vue 8/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 5
- partie à crémaillère, avec rampes maximum de tation se fait au moyen d'automotrices, et, sur les 25 pour 100. Sur les sections à adhérence l’exploi- sections h crémaillère, cette même automotrice est
- Fig. 3. — Vue du funiculaire actuel et de la station inférieure.
- attelée à une locomotive électrique. L’usine centrale qui fournit l’énergie électrique est installée à moitié du parcours, au pied de la rampe de 25 pour 100; elle doit fournir également l'énergie électrique nécessaire au nouveau funiculaire.
- Les dynamos qui produisent les courants continus au potentiel de 550 volts sont actionnées par des moteurs à gaz pauvre.
- Le funiculaire, construit en 1879-1880, a, depuis vingt ans, fonctionné dans d’excellentes conditions et sans aucun accident. Cependant un certain nombre d’améliorations devenaient nécessaires. La voie du funiculaire primitif qui épousait la surface
- du sol était, pendant l’hiver et le printemps, recouverte et souvent ensevelie sous les cendres chassées
- par le vent; des déblaiements coûteux étaient nécessaires. Il fallait donc relever le niveau des rails au-dessus du sol en les mettant ainsi 5 l’abri de l’envahissement des cendres.
- La voie constituée par des rails reposant sur des châssis en bois avait besoin d’être renouvelée et sa première disposi-tion, diflicile d’entretien, devait être modifiée (iig. lj.Lescàbles de traction demandaient à être remplacés. Les voitures d’une contenance de dix places avaient une capacité trop faible (fig-1 ). Enfin, les machines à vapeur action-
- p.5 - vue 9/536
-
-
-
- 6
- LA S ATI'RE.
- liant les câbles de traction avaient une puissance in suffisante et il y avait lieu de les remplacer par un moteur électrique à la lois plus puissant et plus économique ; on évitait ainsi les frais de transport du charbon.
- Le nouveau funiculaire, aujourd'hui en exploitation, à voie de 1 mètre, se compose d’un mur en maçonnerie formant infrastructure dont le niveau supérieur se trouve à 5 mètres au-dessus du sol. La voie qui repose sur ce mur, et qui ne peut plus ainsi être envahie par les cendres, est formée de rails à patin avec champignon supérieur surélevé et de forme conique permettant l’emploi d’un frein à mâchoire. Ces rails sont fixés à des traverses en métal encastrées dans la maçonnerie de l’infrastructure pour éviter tout mouvement longitudinal de la voie. Un croisement automatique est placé au milieu du parcours pour permettre le croisement de la voiture montante avec celle descendante. Les câbles de traction montants et descendants sont placés parallèlement dans l’axe de la voie à une distance de 0nV-0 ; ils sont supportés par des galets de roulement.
- La disposition du câble est représentée schématiquement sur la figure 2. Le câble est continu, l’un des brins fixé à la voiture montante et l’autre à la voiture descendante. A la station supérieure du plan incliné, ce câble passe autour d’une poulie A dont l'axe est fixé au sol et, à la station inférieure, après avoir passé autour des poulies de tension B, B auxquelles sont suspendus des contrepoids C, C, destinés à tendre le câble, celui-ci s’enroule autour de deux grandes poulies verticales EE actionnées par le moteur électrique au moyen d’une transmission par roues dentées. La vitesse du câble, et, par suite, de la voiture, est de 2 mètres par seconde, soit 7km,2 à l’heure. Le travail maximum à produire par le moteur électrique, dans la position la plus défavorable des voilures, est de 53 chevaux et, en tenant compte du rendement de la ligne de transport de force, de 65 chevaux à l’usine centrale. Le moteur électrique qui est à courant continu avec excitation en dérivation tourne à la vitesse de 600 tours à la minute.
- Le câble de traction qui pèse 5k«,4 par mètre courant est calculé pour résister à un effort de trac-tiQn de 50 000 kilogrammes, c’est-à-dire 5,5 tois supérieur à celui qu’il aura à supporter en service et qui ne dépasse pas 15000 kilogrammes.
- Les voitures (fig. 4) sont divisées en trois compartiments ouverts, de six places chacune, soit 18 voyageurs assis et 4 debout, au lieu de dix que contenaient les premières voitures. Une plate-forme se trouve aux deux extrémités. Ces voitures qui reposent sur deux essieux espacés de 5m,20 suivant la pente, pèsent à vide 5700 kilogrammes et, avec les voyageurs, 5170 kilogrammes.
- Le freinage des voitures sur la pente s’obtient au moyen de freins à mâchoire qui agissent par frottement sur les champignons supérieurs des rails de la voie, disposition donnant un freinage très puissant et adoptée aujourd’hui sur lin grand nombre de lignes de très forte inclinaison. L’un de ces freins
- peut être actionné à la main de chaque plate-forme de la voiture et l’autre est automatique et agit en cas de rupture du câble de traction.
- Les dépenses d’établissement dn nouveau funiculaire se sont élevées à 160000 francs, c’est-à-dire au quart de celles du premier funiculaire de 1870.
- ________ B. Bonnin.
- MOTEURS APPLIQUÉS AUX DYNAMOS
- M. R. Y. Picou a présenté dernièrement à la Société des Ingénieurs civils une intéressante communication sur la régulation des moteurs appliqués aux machines dynamoélectriques. 11 a montré, en effet, que les moteurs mécaniques ont en général été étudiés et construits séparément, et ensuite appliqués à des machines dynamos; il en résulte de nombreuses difficultés dans le fonctionnement. Si l’on considère d’abord un groupe unique le mécanicien a cherché à assurer la régulation en rendant la vitesse angulaire aussi uniforme que possible à l’aide d’un modérateur spécial; mais, par suite des conditions de stabilité, il a dù accepter une décroissance de la vitesse angulaire à mesure que la charge augmente. Dans le fonctionnement de la dynamo l’électricien a cherché au contraire à maintenir une tension constante au centre de distribution, et par suite une tension croissante à la dynamo à mesure que la charge augmente. Mais la force électromotrice est proportionnelle à la vitesse, et la vitesse diminue avec la charge au lieu d’augmenter. La régulation du moteur ne convient donc pas au service électrique, et l’électricien doit effectuer le réglage à l’aide d’un rhéostat. On a cherché à obtenir ce réglage automatiquement; mais on a bientôt reconnu que ce procédé ne donnait aucun résultat satisfaisant. M. Picou a étudié un nouveau système de régulation électrique auquel il donne le nom de régulation par asservissement différentiel. La puissance fournie par le moteur mécanique est proportionnelle à l’effort moyen et à la vitesse angulaire; d’autre part cette puissance est égale à la puissance électrique produite, c’est-à-dire au produit de la force électromotrice par l’intensité du courant. La force électromotrice est proportionnelle à la vitesse angulaire ; l’etfort moyen est donc aussi proportionnel à l’intensité. L’ampèremètre peut être utilisé pour produire l’ouverture de l’organe de distribution du moteur, ouverture qui fixera l’etfort moyen. Le voltmètre sera employé à son tour, agissant différentiellement pour procurer la stabilité. La vitesse dépendra seulement de l’équilibre entre l’effort moteur, déterminé par le degré d’ouverture, et l’effort résistant, mesuré par l’ampèremètre; elle sera maintenue constante, ou pourra s’accroître avec la charge dans une proportion déterminée. M. Picou a donné ensuite la description des dispositions à réaliser avec les moteurs à vapeur ou hydrauliques.
- 11 a examiné en terminant les groupes couplés; il a d’abord rappelé que le couplage des moteurs sur un même réseau équivaut à l’établissement d’une liaison élastique de ces groupes entre eux. Puis il a montré comment son principe de régulation permet d’empècher que les réactions mutuelles provenant de la liaison élastique influencent la distribution.
- La conclusion de M. Picou a été que l’étude d’un groupe électrogène doit être menée d’ensemble de manière à en faire un tout exactement approprié aux exigences de l’exploitation. J. Laffargue.
- p.6 - vue 10/536
-
-
-
- LA NAT LUL.
- LE RECUL DES GLACIERS
- ET LA HOUILLE BLANCHE
- Les nombreux touristes qui chaque été visitent les Alpes ont tous observé la diminution que subissent actuellement les «placiers. Depuis quarante ans le recul des «laces et des neiges a été si considérable que l’aspect des paysages s’en trouve notablement modifié. Des cimes autrefois ceintes de plaques de glace en sont aujourd'hui dépouillées; ailleurs, des glaciers qui descendaient dans les vallées, au milieu des forets et des pâturages, se sont retirés sur les hauteurs; dans plusieurs localités, depuis le milieu du dix-neuvième siècle, les glaciers ont rétrogradé de [dus d’un kilomètre, laissant derrière eux d’énormes amoncellements de moraines grises, tristes et lugubres. La perte de la glaciation est évaluée dans certaines régions k 14 pour 100 de la surface occupée par les glaciers avant le début de leur recul actuel ; elle atteint même 22 pour 100 dans une partie du canton du Tessin. Et ces chiffres qui remontent à une vingtaine d’années sont certainement notablement inférieurs à la réalité, en raison du recul persistant des glaciers, depuis l’époque où ils ont été relevés.
- Les glaciers sont-ils menacés d’une disparition prochaine ou bien sont-ils simplement soumis à une décroissance passagère? M. Kilian, le savant professeur de l’Université de Grenoble, qui depuis plusieurs années étudie avec le plus grand soin les massifs glacés du Dauphiné, estime que ces appareils sont en voie de disparition. Les plus petits, dit-il, ont atteint la dernière phase de leur existence; les autres, plus étendus, seront à leur tour de plus en plus profondément affectés et finalement fondront plus ou moins complètement. Ajoutons que, dans l’opinion de notre confrère, cette fusion annoncée ne se produira que dans un avenir encore très éloigné. Le plus grand nombre des glaciéristes estiment, au contraire, que la crise actuelle n’est que passagère, et que, prochainement, les glaciers augmentant de nouveau reprendront leur ancienne étendue.
- L’étude des documents concernant le monde glaciaire, dont les plus anciens remontent à la fin du seizième siècle, prouve, en effet, que la glaciation éprouve des variations cycliques, augmentant pendant une série d’années, puis diminuant durant la période suivante. Ces variations sont de deux ordres : primaires ou secondaires. Les variations « primaires » ont une durée de cinquante ans au moins et déterminent une oscillation du front qui, sur certains courants des Alpes, atteint un kilomètre, et, dans les régions polaires, plusieurs kilomètres. Les variations primaires engendrent une englaciation ou une déglaciation des massifs montagneux.
- Les variations secondaires, beaucoup plus courtes, ne dépassent pas, en général, une amplitude de quelques centaines de mètres. Elles se produisent k l’intérieur des premières et en sens inverse d’elles; elles ont pour effet d’atténuer et de suspendre pendant
- quelques années le mouvement de l’oscillation [tri-maire en cours, sans toutefois l’arrêter.
- D’après ce que nous savons du régime des glaciers des Alpes l’historique de leurs variations depuis la fin du seizième siècle se résume ainsi : crues primaires k la fin du seizième siècle et au début du dix-septième siècle, puis k la fin du dix-septième el au commencement du dix-huitième siècle. Une décrue primaire* occupe le milieu du dix-huitième siècle. Ensuite*, k partir de 1760, les glaciers augmentent notablement. Pendant les premières années du dix-neuvième siècle, cette crue a-t-elle persisté ou a-t-elle été arrêtée par une décroissance? Nous n’en savons rien. A cette époejue troublée les préoccupations n’étaient point tournées vers les observations de cette nature. Toujours est-il dit ([lie vers 1818-1820 les glaciers des Alpes ont acquis des dimensions énormes; quelques-uns ont même atteint le plus grand développement auquel ils soient parvenus pendant la période historique. Ensuite cette invasion s’est arrêtée ; un mouvement de recul, une décrue secondaire, s’est manifesté de 1820 à 1840. Après epioi la crue a repris jusqu’en 1855-1860. A partir de cette dernière date se manifeste une régression générale d’une très grande amplitude, une décrue primaire qui persiste encore. Au cours de cette oscillation, vers 1876, s’est produite une variation positive secondaire qui peu k peu s’est éteinte et qui a eu simplement pour effet de suspendre la déglaciation en cours.
- Les variations primaires semblent être des phénomènes généraux affectant toute la surface terrestre. Ainsi pendant la seconde moitié du dix* neuvième siècle, tandis que les glaciers des Alpes rétrogradaient rapidement, on constatait le même régime, quoique moins accusé, au Spitzberg, en Islande, dans les chaînes de l’Asie centrale, dans les Montagnes Rocheuses, dans l’Alaska, etc. Enfin le D1 Rodolphe Hauthal, du musée de la Elata, qui depuis bien des années s’est attaché k l’exploration scientifique des Andes, nous communique des preuves certaines du recul des glaciers dans cette puissante chaîne1 sous la forme des photographies reproduites ci-contre et qui mettent bien ce phénomène en évidence.
- M. Hauthal s’est attaché k l’étude des formations glaciaires des Andes. Tout récemment il a publié un mémoire très important sur les fameux « Nueve penitentes ». Ces Nueve penitentes sont de curieuses pyramides de neige, très élancées, ressemblant k des « colonnes coiffées » qui seraient dépourvues de leurs chapeaux protecteurs et représentant très vaguement une silhouette humaine....D’après M. Hau-thal, les « Nueve penitentes » seraient le résultat de l’action des rayons solaires sur fes..champs, entre les altitudes de 5000 et de 5000 mètres.
- Les deux exemples du recul des glaciers andiens, que nous communique M. Hauthal, sont caractéristiques.
- Le premier lui a été fourni par le glacier du mont Lanin, sitüé par 59° 58' de latitude Sud, dans le territoire argentin de Neuquen.
- Le 24 mai 1896, c’est-k-dire au milieu de l’au-
- p.7 - vue 11/536
-
-
-
- 8
- LA NATURE.
- tomne austral, le glacier du Lanin projetait une longue languette entre deux anciennes moraines riveraines (fig. 1 ). Un an plus tard, jour pour jour, M. Hauthal revint examiner ce glacier ; dans l'intervalle de ses doux visites le glacier avait perdu toute sa partie inférieure (tig. 2). Sien 1807, dans le cirque supérieur, la glaciation paraît plus intense que l'année précédente, cela tient à la présence d’une abondante chute de neige récente qui a recouvert toutes les parties rocheuses du cirque.
- Le second exemple du recul de la glaciation dans les Andes observé par M. Hauthal est celui du glacier
- du mont Balmaceda, en Patagonie, qui tombe dans le célèbre ljord d’Ultima Esperanza (51° 50' de latitude Sud). L’examen des deux photographies exécutées l’une en décembre 1897 (fig. 5), l’autre en janvier 1900 (fig. 4), montre les changements survenus dans l’intervalle de trois ans dans cet appareil glaciaire.
- L’intéressante relation du voyage exécuté dans les Andes, en 1898, par sir Martin (Aconcagna and Tierra del Fuego, Cassell, Londres, 1902) signale également un intéressant cas de décrue glaciaire dans cette région. Lors du célèbre voyage de Darwin à bord du « Reagle » (1820-1856) les glaciers nord
- Fig. 1. — Cordillère des Andes, glacier du mont Lanin, Fig. 2. — Cordillère des Andes, glacier du mont Lanin,
- 39°38' de lat. Sud, le U mai 18%. 39°38' de lat. Sud, le 2i mai 1897.
- (D’après des photographies de M. Hauthal, du Musée de la Plata.)
- et ouest du mont Sarmiento (57° de latitude Sud) étaient baignés par la mer; or, en 1898, ils en étaient séparés par des moraines couvertes de bois touffus.
- Cette question des variations de la glaciation dans les Alpes présente un intérêt pratique de premier ordre. Les glaciers sont en effet des réservoirs qui mettent progressivement en liberté l’eau nécessaire h l’alimentation des rivières pendant l’été. Après la crue printanière, déterminée par la fusion des neiges inférieures, le débit des torrents dans les régions renfermant des massifs soumis à la glaciation n’est soutenu que-par la fusion des glaciers. Ce sont, pendant les périodes chaudes, les champs de glace qui
- alimentent principalement les cours d’eau, comme l’a démontré tout récemment un ingénieur italien, M. Gaudenzio Fantoli pour le bassin du lac Majeur. Dans ce bassin, dont l’étendue est de 6200 kilomètres carrés, les glaciers n’occupent que 108 kilomètres carrés, soit 1,74 pour 100 de la superficie totale. Or, pendant les sécheresses, ces 108 kilomètres carrés de glace fournissent plus d’eau que le reste du bassin. Du 15 au 25 août 1895, d’après les observations de M. Fantoli, par kilomètre carré les sources n’ont fourni que 10 litres à la seconde, tandis que les glaciers, pendant la même unité de temps et de surface, en donnaient 657.
- p.8 - vue 12/536
-
-
-
- LA NATURE
- 0
- Fig. 5. — Glacier du mont Balmaceda en Patagonie, décembre 18V>7 (Ultima fc,speran/.a. oP'dU de latitude Sud). (D’après une photographie de M. Hatitha], du Musée de la Plata.)
- Fig.^4. — Glacier du mont Balmaceda en Patagonie, janvier 1900 (Ultima Esperanza. 51° 30' de latitude Sud). (D’après une photographie de M. Hauthal, du Musée de la Plata.)
- p.9 - vue 13/536
-
-
-
- 10 LA NAT LUE.
- Durant cette période, l'apport moyen reçu par le lac Majeur a été de 150 mètres cubes par seconde; 59 provenaient des régions dépourvues de glaciers et 71 des glaciers.
- Si donc la décrût' considérable de la glaciation <pii s’est manifestée dans les Alpes depuis plus de quarante ans s’accentuait ou meme simplement persistait, les ressources hydrauliques de ces régions seraient atteintes, et la « bouille blanche », sur laquelle de si justes espérances sont fondées, diminuerait très rapidement. Du reste dans les régions subalpines et subpyrénéennes la déglaciation survenue depuis 1855 a déjà affecté les intérêts des populations agricoles; elle a eu, en effet, pour conséquence un déficit d’eau, et la puissance de l’irrigation s’est trouvée singulièrement affaiblie. Nous avons tout lieu de croire que nous passons actuellement par l’état aigu de la crise, et qu’une nouvelle crue glaciaire est probable; mais ce n’est là qu'une hypothèse.
- En tout cas il importe, pour l’avenir des industries qui emploient la houille blanche, de surveiller attentivement les glaciers et de suivre leur régime avec, attention. Si la décrue actuelle persiste les débits des torrents pendant l’été diminueront progressivement, pour le plus grand dommage de l’industrie et de l’agriculture. Un accroissement de la glaciation déterminera, au contraire, une augmentation des débits et modifiera notablement les conditions hydro-
- loiïiques actuelles. Ciiaiw.ks Rarot.
- —
- CIGUË ET OMRELLIFÈRES
- La ciguë, plante rendue célèbre par fa mort de Socrate, est très répandue en Europe ; on la rencontre dans les lieux frais, le long des habitations, des haies, dans les jardins mal tenus et en général dans tous les terrains gras et incultes.
- C’est une plante bisannuelle, à racine fusiforme, haute de l mètre environ, à tige dressée, glabre, glauque, et parsemée, surtout dans sa partie inférieure, de taches inégales, souvent arrondies, d’un pourpre vineux ; ses feuilles sont grandes, à pétiole creux, non sillonné, molles, glabres, luisantes, ses fleurs sont petites, blanches, disposées en ombelles : le fruit est petit, ovale et comprimé sur les côtés.
- La ciguë est un poison stupéfiant qui a causé bien des méprises et qu’il est utile de connaître. Elle possède, du reste, une odeur vireuse très prononcée que l’on perçoit facilement lorqu’on la froisse dans les mains ; elle est d’autant plus toxique qu’elle a crû sous un climat plus chaud. Le principe actif de cette plante est un alcaloïde volatil : la cicutine ; elle en renferme de deux à cinq déci-grammes par kilogramme.
- La ciguë a été employée en médecine dès la plus haute antiquité : Hippocrate, Pline, Arétée, Avicenne l’ont vantée soit contre les ulcères et les tumeurs, soit pour provoquer l’impuissance. Dans la suite, elle a été surtout préconisée contre les affections cancéreuses, son efficacité serait incontestable chez les sujets scrofuleux. Aujourd’hui elle est peu usitée. En pharmacie on en prépare une poudre, un extrait, une teinture, un emplâtre.
- Il faut bien se garder de confondre les ciguës grande et petite, avec le persil que l’on cultive dans tous les
- jardins et qui ne porte ni tache rouge, ni macule sur sa tige, ce qui permet de les distinguer.
- La famille des ombellifères renferme encore un grand nombre d’autres plantes qui poussent dans nos contrées, telles que : le panicaut qui croît le long des routes, Tache que Ton trouve sur le bord des ruisseaux et des marais, la phellandrie, le fenouil, l’angélique, etc., etc., plantes non toxiques et qu’il serait beaucoup trop long de décrire ici avec les détails qu’elles comportent. Léon Devvkei. —
- NOUVEAU SIGNAL
- POI'R I.ES PASSAGES A VIVEAl
- La maison Siemens llalske de Berlin, qui a déjà doté les chemins de fer de certains appareils intéressants, a imaginé récemment un nouveau système de signal, pour passages à niveau, tout à la fois sonore et ii voyant, et qui est commandé par un courant électrique à haute tension. Cet appareil automatique ressemble assez comme apparence aux classiques cloches dites allemandes,
- Sip-nnl pour passades à niveau.
- et il renferme sous son enveloppe métallique un petit moteur électrique à grande vitesse qui, par le moyen d’une crémaillère, actionne un marteau destiné à frapper la cloche extérieure (protégée du reste par un auvent). Afin d’éviter l’emploi de résistance pour réduire la tension du courant à 500 volts qui parvient à l’instrument, on a intercalé dans le circuit des lampes à incandescence : trois de ces lampes sont disposées dans la lanterne circulaire et plate qui est placée au sommet de l’appareil, la quatrième est montée dans la gare la plus voisine, et son rôle est de faire savoir en ce point que le signal a bien fonctionné en temps voulu. Quand le courant passe, par conséquent, le garde du passage entend la sonnerie et voit les mots « Zug Kommt » (le train vient) s’illuminer sous ses yeux et son attention est forcément attirée. L’envoi du courant est d’ailleurs fait par le convoi lui-même, trois contacts sont placés à des intervalles convenables sur la voie ; le passage sur le premier met la sonnerie en branle et allume les lampes, le deuxième arrête la sonnerie et éteint les lampes, et le troisième remet complè-
- p.10 - vue 14/536
-
-
-
- 11
- LA NATURE.
- tement les choses en état pour une nouvelle manœuvre. Tout cela est bien combiné et peut rendre de grands services, notamment aux traversées à niveau non gardées.
- D. B.
- LÀ CUIRASSE BENEDETTI
- On on parla pour la première fois on 1898. Son inventeur, un simple cafetier de Rome, lit des expériences qui étonnèrent les officiers de l’armée italienne. Cette cuirasse pouvait s’appeler avec raison « la cuirasse magique », car elle était impénétrable, à la balle des armes à feu et aux coups de poignard. M. Benedetti entama des pourparlers avec le ministère de la guerre pour livrer son secret. Us n’aboutirent pas. Il fut question de vendre la cuirasse à l’étranger. M. Benedetti s’y opposa. Et depuis deux ans, on cherche toujours à tirer parti de cette singulière invention. Et naturellement on renouvelle de temps en temps les expériences pour démontrer l’absolue réalité de l’efficacité de cette cuirasse qui mérite bien une mention dans nos colonnes.
- Cette cuirasse ou protecteur est faite d'une étoffe, façonnée en plastron ou en gilet, qui a l'incroyable pouvoir d’être impénétrable aux balles des armes à l'eu et, en outre, d’absorber et d’anéantir complètement la vitesse acquise par le projectile, à l’instant où il touche le but. Il en résulte qu’il ne se produit aucun choc ! En apparence, rien d’extraordinaire dans ce tissu ou dans ce composé merveilleux qui ressemble un peu à la fois à l’amiante, au carton et à certains genres d'étoffes imperméables. L'épaisseur variable avec laquelle se modifie la résistance, ne vient pas en aide à l’explication du phénomène, car ce sont des toiles de quelques millimètres seulement . Et cependant les faits sont indéniables ; les revolvers d’ordonnance italien et anglais, les revolvers de précision américains, le fusil de l’armée italienne ne réussissent à traverser de leurs projectiles la cuirasse Benedetti, alors qu’ils perforent des plaques d’acier beaucoup plus épaisses. Toutes les balles, qu’elles soient d’acier ou de plomb, que la charge soit de poudre noire ou de balistite, dès qu’elles arrivent en contact avec le protecteur Benedetti, sont paralysées. Leur revêtement de métal se roule en cornet et se retourne comme un gant, le projectile ne fait que se raccourcir prenant pour ainsi dire la forme d’un bouton, mais reste fixé à la surface de la cuirasse. La cuirasse Benedetti ne défend pas seulement des armes à feu, mais aussi des armes blanches. Iles essais ont été faits avec des poignards et des couteaux de chasse bien affilés et l’on a constaté qu’ils s’émoussaient et n’entamaient pas même la couche résistante. Les expériences tentées de toutes les manières, même en tirant sur un cheval à deux mètres de distance, ont parfaitement réussi.
- Les résultats obtenus tiennent tellement du prodige, — et leur caractère extraordinaire est encore accru par le soin avec lequel M. Benedetti garde son secret, — que je tiens à dissiper les doutes qui pour-
- raient naître dans l'esprit du lecteur en exposant strictement les faits. À la fin de septembre, à Rome, au théâtre Àdriano, eurent lieu des essais sous le patronage de la « Lega navale italiana ». L’invention a été présentée aux assistants par l’ingénieur Sabalini qui a conclu sa conférence, par ces mots : « Aoyz et contrôlez les effets; quant à la nature du phénomène on ne peut que faire des hypothèses.... Il est connu ([ue l’arrêt instantané d’un projectile de fusil correspond à la destruction d’une telle quantité d’énergie mécanique, si elle se transformait toute en chaleur au point immédiatement voisin de l’endroit où le projectile s’arrête, qu’il se produirait une élévation de température de plusieurs centaines de degrés. Alors, l’étoffe qui couvre le gilet devrait subitement brûler. C’est ce qui ne se vérifie pas. Cela se produit sur la paroi externe parce que célle-là est traversée par le projectile, mais non pour la doublure spéciale. Dans ces conditions, il faut admettre que l’énergie mécanique que possède le projectile ne se transforme pas tout entière en chaleur, mais seulement en partie. Je confesse que j’aurais été curieux de savoir quelle part ie se transforme en chaleur. J’ai même prié M. Benedetti, après avoir assisté à quelques-unes de ses expériences, d’en effectuer d’autres. J’aurais désiré qu’il plaçât à côté de l’appareil des thermomètres, puisqu’il tirât (il est excellent tireur, soit dit en passant) et finalement me fit observer de combien de degrés la température s’était élevée. Mais on comprend que, M. Benedetti ayant découvert, quelque chose qui peut être très utile aux autres, pense avec justice qu’elle doit lui être utile à lui-même et qu’il ne tienne pas à mettre les gens sur la voie qui pourrait conduire à la découverte de son secret. Il m’a donc répondu négativement, et je ne saurais lui en vouloir. Je pense que dans ce cas il peut y avoir, dans la distribution de l’énergie mécanique du coup, quelque chose d’équivalent à ce qui se produit dans la théorie de la chaleur pour la lampe de sûreté. Mais tout cela n’est cependant que simple supposition.
- Je possède la copie du rapport du délégué du ministère de la guerre d’Italie et j’y relève ce qui suit concernant les expériences :
- « I. Tir au pistolet modèle 1889, cartouches à poudre noire, sur un chapeau de paille au fond duquel était fixé un appareil. Trois coups ont été tirés à deux mètres de distance. M. Benedetti se mil à ôter les projectiles, il n’y réussit pas immédiatement parce que les projectiles, comme on l’a vu après, s’étaient tellement écrasés en déviant du trou d’entrée, qu’on devait les rechercher à l’intérieur de l’appareil. Il a expliqué ce phénomène en affirmant que l’appareil était construit pour cartouche à la balistite avec balle revêtue et par conséquent du double plus résistant qu’il n’était nécessaire pour cartouche à la poudre noire et balle non revêtue.
- Le chapeau ne fut pas traversé et ne fut pas sensiblement secoué par le coup bien qu’il ne fût attaché qu’à un seul poteau. L’appareil de forme ovale
- p.11 - vue 15/536
-
-
-
- 12
- LA NATURE.
- a deux axes 15 X 18 cent., et pèse 0,520 kg, il est épais de 10 mm.
- II. Même arme, même distance. Cartouche à la balistite (Capouc 1897). Appareil façonné en devant de chemise, épaisseur 15 mm, hauteur 40 cm, largeur moyenne 20 cm, poids lks,650.
- Deux coups furent tirés sans que l’appareil frappé fut secoué; les halles extraites se montrèrent complètement aplaties.
- III. Fusil modèle 1891; cartouche réglementaire; distance 300 m. Appareil de 3 h 4 cm d’épaisseur, renfermé dans de la toile et complètement recouvert de peau de mouton. L’appareil mesure 31 x 59 cm, poids 6 kg. Il est simplement attaché
- à deux piquets enfoncés dans la terre. Un coup frappe la carcasse et l’appareil est fortement secoué. Deux autres coups frappent l’appareil proprement dit sans produire de secousse.
- IV. Fusil modèle 1870-87 ; l’appareil précédent. On ne réussit pas à le frapper; mais il ne sembla pas opportun de répéter l’expérience, qui n’aurait rien ajouté à ce qu’on savait déjà, puisque l’appareil était le même que celui qui une autre fois fut présenté par M. Benedetti, et dont les résultats de l’expérience furent bien relevés.
- V. Même distance; fusil modèle 1891, cartouche réglementaire. Appareil de 9 mm d’épaisseur ; dimensions 41x55 cm; poids 12 kg; disposé comme
- Fig 1. — L’inventeur tirant sur une cible munie du plastron avec un revolver d’ordonnance anglais. (Arène de Milan, octobre 1903.)
- le précédent sur deux piquets plantés en terre.
- Deux coups. Le premier coup frappe le bord et produit une secousse. Le second coup, au contraire, atteint en plein l’appareil. Le gilet ne fut pas du tout secoué.
- VU Distance 100 m ; fusil modèle 1891, cartouche réglementaire. Appareil de l’épaisseur de 8 mm; dimensions 41x53; poids 17 kg. Dispositif adossé à deux « fiaschi » (bouteille de verre très mince) sans paille, d’abord pleines d’eau, ensuite vides ; le dispositif fut frappé deux fois avec les fiaschi pleines et deux fois avec les fiaschi vides. Aucune secousse. «Les fiaschi restèrent intactes.
- VU. Distance 50 m; fusil modèle 1891 ; cartouche réglementaire. Le même appareil suspendu à une
- fourche avec deux fils de 1er, libre, oscillant. Sur le plan supérieur fut placé un verre d’eau plein jusqu’au bord. Un coup frappe la carcasse inférieure; l’appareil oscille; l’eau se renverse. Deux autres coups touchent le milieu; l’appareil est à peine secoué; l’eau ne sort pas du verre. »
- Plus loin, dans le même rapport, on lit : « De tout ce qui a été observé, on peut induire avec quelque probabilité d’être dans le vrai : 1° L’appareil se compose d’éléments divers constituant deux parties principales de consistances différentes, l’une pour détruire la vitesse du projectile ; l’autre pour le déformer. Ceci serait confirmé par le fait que M- Benedetti, interrogé si l’appareil contenu dans le plastron (expérience II) résistait au fusil modèle
- p.12 - vue 16/536
-
-
-
- LA N ATI RL.
- 17)
- 18‘Jl, affirma qu'il résisterait jusqu'à la distance de 400 ni; mais, pour des distances moindres, il était nécessaire de lui donner une plus grande épaisseur, ce par quoi elle devenait encore plus légère. Voici comment il explique ce fait. Les appareils peuvent se faire, en sacrifiant une des deux qualités ; poids ou épaisseur. Comme pour le plastron, il est utile qu’il ait peu de volume, pour qu'on puisse atteindre le but de défense, il est par suite nécessaire qu’il devienne plus pesant. Là où, selon M. Renedetti, le volume peut avoir moins d’importance, on peut le sacrifier à la diminution du poids. 2° En établissant l’équation de la quantité de mouvement, par exemple, sur le dernier appareil expé-
- rimenté du poids supposé de 20 kg, la balle ne devrait plus conserver qu’une vitesse d’environ 0m,oo par seconde. On peut donc s'expliquer à la rigueur comment une substance suffisamment élastique peut réduire la vitesse au point de la rendre presque insensible.
- Mais tout ceci ne suffit pas pour expliquer la résistance extraordinaire de la cuirasse à la pénétration de l’acier. On peut poignarder en vain le plastron. La lame non seulement ne pénètre pas, mais son extrémité s’émousse et l’acier se recourbe. Bien peu de matières pourtant sont plus dures que l’acier. Et cette remarque pourrait peut-être conduire à mettre sur la voie du secret de M. Renedetti.
- Fig. 2. — L’exlraction du projectile du plastron en présence du général commandant le corps d’armée.
- (Arène de Milan, octobre 1903.)
- . De l’ensemble des expériences, auxquelles j’ai assisté, je me suis formé la conviction que l’invention est sérieuse et qu’elle donne en réalité des résultats évidents, surtout en ce qui concerne la déformation et le retournement complet des projectiles et l’absence de secousse sous l’effort du coup. » L'opinion de la commission est qu’il ne faut pas se désintéresser d’une telle invention, mais qu’il faut, au contraire, encourager les expériences sur plus grande échelle avec une cible contre laquelle on pourrait exécuter avec des fusils et à différentes distances des tirs collectifs, salves, tirs rapides et aussi avec «de l’artillerie de campagne », des tirs à temps et à percussion. Quant aux cibles pour artillerie, M. Renedetti assure être à même d’en confectionner,
- celte fabrication étant en principe tout à fait semblable à ce qui se fait pour le fusil, » Les fusils, le revolver, le poignard, le canon, inutiles! la lin de la guerre, peut-être, puisque inoffensive ! telles sont les conséquences possibles, officiellement constatées de l’invention de M. Renedetti. Ce ne serait pas un médiocre honneur pour l’ex-tcnancier d’une osteria à la Piazza del Popolo, à Rome, que d’atteindre, pareil but. Puissions-nous ne pas rêver et souhaitons que la cuirasse Benedetti donne en réalité tout ce qu’elle promet.
- Ce serait le début d’une époque nouvelle et l’inventeur de Rome aurait vraiment bien mérité de toute l’humanité. Émile Gïarim.
- p.13 - vue 17/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ü
- CHROMQUE
- Missions archéologiques allemandes en Tur-tjuie d'Asie. — L’activité déployée par les missions archéologiques envoyées en Turquie par le gouvernement allemand ne saurait [tasser inaperçue, car les résultats qu’elles ont récemment obtenus semblent avoir récompensé leurs efforts au delà de leurs espérances. On a réussi à envoyer, d y a quelques mois, à Berlin, de nombreux fragments dont quelques-uns sont remarquables et qui constituent une très belle collection d’antiquités clial-déennes. Depuis près d’un mois, un savant archéologue est à MossouL Il y organise une expédition en vue d’opérer des fouilles à Kelaat-Chergat, localité située sur les rives du Tigre, à 100 kilomètres au sud de Mossoul. Il compte y découvrir les traces de Caenac. Les restes de cette antique cité, célèbre depuis la retraite de Xéno-phon, n’ont pas encore été explorés. D’autres missions allemandes visitent actuellement la Palestine. Elles sillonnent le pays au nord du Jourdain. Toutefois, leurs recherches se portent principalement sur le Moab où l’empereur Guillaume posséderait les ruines du palais de Michalta qui lui auraient été gracieusement offertes en présent par le Sultan. M. le Dr Euling, professeur de* lTniversilé de Strasbourg, chargé d’exhumer les ruines de cet édifice, s’est mis à l’œuvre avec ardeur. D’ailleurs, toutes ces missions, qui sont largement subventionnées par le gouvernement de l’empereur Guillaume, sont en outre l’objet de la part des autorités ottomanes d’une protection particulièrement bienveillante. De son côté, le British Muséum a voulu dernièrement reprendre à Ninive les travaux de Botta et de Layard. Il a, à cet effet, chargé M. Ring de procéder à de nouvelles fouilles à Tell-Kouyoundjouk ; mais les recherches poursuivies depuis le mois de mars par le savant anglais seraient demeurées infructueuses et M.'King se disposerait à retourner prochainement en Angleterre. En présence des efforts faits par les Allemands et les Anglais en Mésopotamie et en Chaldée, il est à‘ souhaiter que la mission du capitaine Gros reprenne au plut tôt ses travaux à Telle.
- Le recor«l du saut en hauteur pour chiens.
- —* On sait que les chiens, en particulier les lévriers, out de grandes dispositions pour le saut; avec un peu d’entraînement on peut arriver à leur faire exécuter des bonds prodigieux. Le record du saut en hauteur est certainement détenu par un lévrier tusse présenté actuellement dans les cirques d’Allemagne par une écuyère, Mm<' Sonia Kaukasia. Au moyen d’un petit tremplin sur lequel il prend son élan, ce chien peut passer au-dessus de la tète de l’écuyère, qui est elle-même à cheval : il fait ainsi un saut de 2",1Ü de hauteur. Le lévrier est encore très jeune. De bonne heure sa maîtresse remarqua son extraordinaire facilité pour le saut et put, sans beaucoup de difficulté, l’amener à accomplir cet exercice. Le
- saut des lévriers est en général d’une légèreté admirable, mais le bond que fait celui-ci au-dessus de la tète de i‘amazone, et qui soulève chaque soir les applaudissements des spectateurs, dépasse de loin tout ce qu’on a pu voir jusqu’à ce jour. Nul doute qu'avec un entraînement raisonné on arri\e à faire exécuter à ce gracieux animal une performance encore [dus remarquable.
- ( il voyage «le 2 40 kilomètres en tramway . — fl ne s’agit nullement du voyage que pourrait faire un amateur de déplacements qui demanderait quelque chose comme une journée et demie dans une voiture de tramway circulant jour et nuit, ou qui passerait deux ou trois jours à sauter d’un tramway dans un autre : nous voulons parler du trajet continu qu’on peut effectuer sur une suite de lignes américaines de tramways, formant un parcours ininterrompu. On vient, eu effet, d’achever le dernier tronçon de voie mettant en communication la Dayton and Western Traction Go avec la Richmond Street and interurban Railway; une ligne continue de 2il) kilomètres de long relie donc maintenant Dayton, dans l’Etat d’Ohio, à Indianopolis, dans l’État d’Indiana ; ajoutons que bientôt cette ligne se poursuivra jusqu'à Golombus. Et sur ce parcours il va être mis en circulation des voitures directes, comportant sans doute des wagons à couchettes, comme sur certaines autres lignes de tramways américaines. " ‘
- L'emploi des ballons à l'exploration des cavernes. — Le Dr américain Horace G. Hovey vient d’avoir une idée originale pour s’aider dans l’exploration, à un point de vue particulier, de la fameuse caverne des Etats-Unis connue"sous le nom de Mammoth Gave. H a utilisé des ballons, ou du moins des ballonnets, à mesurer la hauteur des salles dont le sommet est naturellement inaccessible et ces ballonnets sont gonflés au moyen d’un cylindre métallique plein d’hydrogène. Nous devons dire du reste que les expériences ont été quelque“peu gênées par l’humidité intense qui règne dans les grottes ; de plus, l’expérimentateur a pu constater que ces vastes excavations souterraines sont parcourues par des courants d’air intenses qui suffisent souvent à faire prendre aux ballons et au fil de soie qui y est suspendu une inclinaison énorme, venant fausser les mesures.
- Roues à rayons sans soudure. — On a commencé de mettre en pratique, dans plusieurs usines allemandes, un système Erhardt, qui permet d’obtenir d’un seul bloc des roues qui ne sont pourtant pas à toile pleine. Chaque roue est tirée d’un lingot d’acier ayant forme d’une galette renflée au centre, là où se formera le moyeu. Un pilon de 15 tonnes produit Débauchage des rayons et delà jante ; celle-ci est laminée circulairement, et une presse découpe les bavures subsistant entre les rayons; le moyeu, débouché par le forgeage, est alésé, et on procède au tournage de la jante. D’après Onjcm filr die Forischritte des Eisenbainnvesen, ces roues résistent admirablement au choc comme à la traction, et elles sont de 1 i plus légères que celles à l’ayons soudés.
- Traitement métallurgique «les pyrites à or combiné. — Plusieurs géologues, notamment M. Mors, ont émis l’opinion que partout où existent des placers à or libre il y a, dans le voisinage, une source bien plus riche sous forme d’or combiné. Gette théorie vient d’être confirmée par le procédé d’un chimiste belge, M. Body, qui, mis en pratique en Italie, n’est, en réalité, que la synthèse géologique de la formation des alluvions et confirme la théorie qui attribue la formation des placers à une action volcanique. Le procédé est basé non sur l’élimina-
- p.14 - vue 18/536
-
-
-
- J. A A AT LUE.
- là
- lion du sout’re, mais sur son addition. Les rendements en or qui en résultent dépassent ceux obtenus à l’aide des emplombages et des coupellations. Fondée sur la poly-sulfuration obtenue par une désagrégation chimique du minerai en présence de sels spéciaux, sous l’inlluence d’une température qui n’excède pas le rougè cerise, d’une durée relativement faible, l’action de cette désagrégation dégage l’or de ses combinaisons les plus stables. Dans l’usine du Piémont, où le procédé se pratique, les frais ne dépassent pas 10 à 15 francs par tonne de minerai traité. En somme on transforme des pyrites rebelles en produit traitable par les voies ordinaires. Les pyrites aurifères étant en très grande quantité dans la nature il va de soi que la nouvelle méthode paraît appelée à prendre un grand développement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 novembre 1905. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Propriétés susteniatrices des hélices. — M. Maurice Lévy analyse un travail de M. le colonel Renard relatif aux propriétés des hélices employées comme agents d’élévation. Dans une précédente communication l’auteur a déjà montré que le poids utile « maximum » qui peut être enlevé par un hélicoptère à deux hélices dépend du poids spécifique du moteur, c’est-à-dire du poids nécessaire par cheval-vapeur. Il a donné pour la série des moteurs, construits jusqu’à ce jour, le tableau du poids maximum, susceptible d’etre soutenu pour les poids spécifiques du cheval-vapeur réalisés aujourd’hui. L’auteur démontre d’abord le théorème suivant : pour une hélice donnée, le l'apport du cube de la poussée au carré du travail dépensé par seconde est une quantité constante. Et comme, d’après une propriété connue des plans horizontaux, dans un suslentateur orthogonal simple constitué par un plan mince descendant verticalement, le rapport du cube de la poussée au carré du travail dépensé par seconde est également une constante, il résulte qu’une hélice est, au point de vue de ses effets sustentateurs, équivalente à un plan mince de surface déterminée. L’auteur appelle « puissance de l’hélice » la constante résultant du premier théorème, ce qui lui permet de dire que la (( surface équivalente )) est le quotient de la puissance de l’hélice par un coefficient dépendant de la résistance de l’air. En appelant cercle d’appui le cercle correspondant au diamètre de l’hélice, il donne encore le théorème suivant : le rapport de la surface équivalente à la surface d’appui est un nombre constant pour toutes les hélices géométriquement semblables (hélices du meme type). M. le colonel Renard appelle qualité de l’hélice ce rapport. R fait connaître que la qualité est indépendante de la grandeur de l’hélice et de la densité de l’air ; qu’elle ne dépend que de la forme (tracé de l’hélice, nombre d’ailes, etc.). Elle varie surtout avec le rapport du pas au diamèire de l’hélice. Ces faits ont été l’objet d’expériences directes. Pour une hélice de 1 mètre de diamètre et des pas de 0ra,25, 0“,50, etc., la qualité est successivement de 0,48 ; 1,01; 1,14; 0,70; 0,52. On observe donc un maximum de qualité pour un pas de 0,75. La troisième hélice vaut donc un peu mieux que le plan mince de même surface que son cercle d’appui. M. le colonel Renard démontre encore que la « qualité » d’une hélice sustentatrice est proportionnelle au carré de son rendement comme ventilateur. Il établit que cette qualité ne peut être supérieure à 0 fois le carré de ce rendement. Puis finalement, introduisant la valeur de la qualité dans la formule qu’il a pré-
- cédemment donnée sur le poids utile maximum susceptible d’etre enlevé, il fait voir que celui-ci est proportionnel au cube delà qualité des hélices pour un même appareil d’aviation. Si donc on peut s’approcher de ce coefficient fi, on multipliera dans une énorme proportion l’effet utile à obtenir à l’aide de l’aviateur. M. le colonel Renard estime qu’on peut espérer beaucoup en recherchant une disposition avantageuse de la directrice des ailes et de leur profil.
- Observations des taches du soleil. — M. Mascart présente une Note de M. Guillaume de l’Observatoire de Lyon relative aux modifications-que subissent les taches du soleil avant et après le minimum..
- Anomalies magnétiques en' France. — M. Mascart présente ensuite une Note de M. Moureaux qui est une discussion des observations magnétiques faites sur la surface de la France entière par cet observateur. M. Moureaux a procédé à la détermination des éléments magnétiques en 617 stations. 11 avait au début de ce travail considérable été surpris et découragé par des anomalies trouvées dans la région parisienne. 11 discute la grande perturbation qui caractérise le bassin de la Seine. Pour cela il a formé le tableau des écarts par rapport à leur valeur théorique moyenne, de la déclinaison et des composantes. En construisant les courbes correspondant à des* écarts égaux, il montre que les laits observés s’expliquent si l’on suppose trois centres magnétiques, l’un près de Rouen, l’autre près de Mantes, le troisième près de-Sancerre. Si l’on admet que des roches magnétiques sont la cause de ces trois centres il appartient à la géologie d’étudier le phénomène. M. de Lapparent observe que ce serait sans doute une erreur de chercher des roches magnétiques dans les profondeurs du sol, car les centres en question sont proches de dislocations violentes de l’écorce terrestre. Or chaque fois que des causes extérieures ont mis en contact des roches de nature différente il faut s’attendre à des changements de conductibilité électrique et par suite à des variations de l’aiguille aimantée. Cii. de Yiliædeuu,.
- LA. LUTTE CONTRE LES TORRENTS
- La bataille engagée entre les torrents qui descendent de la montagne et les habitants d’en bas, pour la préservation de leurs terres et de leurs habitations, n’est jamais terminée. Elle dure d’un bout de l’année à l’autre ; l’homme doit sans cesse travailler aux ouvrages de protection, corriger, redresser, essayer de dompter et de conduire le « Wildbach », rebelle et sauvage. De temps en temps celui-ci prend brusquement l’offensive, il assaille les travaux de l’homme, bouscule, renverse et reconquiert.cn quelques heures le terrain que l’on croyait avoir soustrait à ses déprédations. Aux alentours de Sarnen, en Suisse, dans le canton d’Unterwald, nous avons pu saisir quelques-uns des détails de cette lutte et même assister à un épisode intéressant. De nombreux torrents descendent des montagnes qui se hérissent entre le Dilate et le massif de l’Oberland, en laissant se glisser entre elles la belle route du Brunig. Il y a sous le Pilate, pour ne parler que de ceux-là, les deux « Schlieren », petite et grande, qui enserrent entre elles le village d’Alpnach et menacent chaque printemps de le dévorer; il y a le torrent de Gisvvil, lequel a fini par
- p.15 - vue 19/536
-
-
-
- couvrir une bonne partie des prairies de Giswil de boues et de détritus de roches qui les ont détruites pour jamais. Celui-ci, en arrivant au lac de Sarnen, a un estuaire large de 500 ou 000 mètres, il se divise en une infinité de bras encombrés de gros cailloux, de blocs de rochers et de sapins emportés. Un de ses accès de colère, dans l’été de 1902, a pris la tournure d’un désastre. Le spectacle devint tout à coup lugubre et effrayant. Un voit çà et là dans l’immense chaos remuer des hommes, passer des brouettes, on travaille sur les points dangereux, travail de fourmis après quelque gros accident arrivé à une fourmilière.
- A l’autre bout du lac, un petit torrent, le Dorfbach, se précipite du haut de l’« Arnigrat », et, en 4 ou 5 kilomètres de cours, tombe de 1400 mètres dans le lac de Sarnen, en traversant le charmant village de Sachseln. En temps ordinaire c’est à peine un peu plus qu’un filet d’eau. Dans le courant de septembre dernier un orage creva en véritable trombe, vers la lin du jour, sur l’« Arnigrat », et soudain le Dorfbach gonfla, s’emporta, bouillonna furieux dans la montagne en commettant de nombreux dégâts, enleva des petits ponts çà et là et menaça le village d’une catastrophe. Des cornes
- Uu torrent débordé dans le village de Sachseln (Suisse).
- d'alarme appelèrent en hâte les pompiers de Sarnen, les hommes de la landsturm, qui furent emmenés en voiture à Sachseln, munis de cordes, de haches et de gaffes pour tacher de conjurer le désastre.
- De grands feux étaient allumés sur le cours du torrent à la traversée du village et des enfants avec des torches complétaient l’illumination. On aurait dit une vraie bataille, les blocs de rochers emportés par les eaux produisaient un bruit de canonnade. L’eau s’était déjà répandue en un fleuve furieux sur la grande place en pente ; le long du torrent des hommes armés de gaffes poussaient les troncs d’arbres, les branches, les poutres des ponts enlevés
- pour les faire filer vite au lac et les empêcher de 's’accumuler en barrages, tandis que d’autres travailleurs bouchaient les entrées des maisons avec des madriers consolidés par des masses de terre ou de fumier. Heureusement la pluie s’était arrêtée et le torrent se dégonflait. Les maisons envahies par l’eau en furent quittes pour la peur, des prairies avaient été dévastées et remplies de fragments de rochers, mais le village était sauvé, la victoire restait aux travailleurs. A. Rodida.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — hnrtiiuciic Laiicke, vue de l'ieui-us, 9.
- p.16 - vue 20/536
-
-
-
- V 1 oit i. _ 12 DÉCEMBRE -11)05. LA NATURE. 17
- TRANSPLANTATION NOCTURNE DES ARBRES EN VÉGÉTATION
- eouranl de l'été à la condition que les sujets aient
- Les propriétaires amateurs, s'occupant d'horticulture, comme les professionnels, n'ignorent pas que la meilleure époque pour effectuer la plantation des végétaux à feuillage caduc, est celle qui s’étend de novembre à avril et que les mois de novembre à janvier sont à préférer, surtout lorsque l’on opère dans un terrain plutôt sec ou aride. Cette période correspond, en effet, avec celle pendant laquelle les arbres et les arbustes, dépouillés de leurs feuilles, paraissent inertes.
- Pour les végétaux à f euillage persistant : Conifères, Fusains du Japon, Laurier-cerise, etc., lesquels doivent toujours être transplantés en mottes, les mois d’avril, d’une part, et d’aoùt, de l’autre, semblent préférables pour la reprise.
- D’ailleurs, qu’il s’agisse de végétaux arborescents ou arbustifs, à feuillage caduc ou persistant, la transplantation peut se prolonger jusque dans le
- été préparés, que celle-ci soit effectuée en mottes, au chariot spécial ou on bacs, et entourée de soins assidus et suivis consistant en arrosages, bassinages, etc.
- Aussi y a-t-on fréquemment recours principalement lors de la création des jardins publics et privés, dont les travaux préparatoires n’ont pas permis d’effectuer ces plantations au moment propice. Mais, on le conçoit, cette façon d’opérer est forcément beaucoup plus coûteuse, et oblige nombre de propriétaires à retarder leur plantation d’une année.
- La transplantation nocturne est appelée à en modifier les bases, si les expériences intéressantes, entreprises par un pépiniériste paysagiste de Rennes, M. René Rouault, viennent à se répandre, à être adoptées et pratiquées. On avait déjà remarqué, et M. Rouault ne l’ignorait pas, que
- Fig. 1. — Tilleul argenté ayant subi une transplantation nocturne en juin, photographié en août.
- les plantations tardives, alors que les arbres commencent à bourgeonner, effectuées dans la soirée, les sujets étant immédiatement et copieusement arrosés et la ramure bassinée, reprenaient avec 32“ aaaée. — I01 semestre.
- plus de facilité que celles effectuées dans le courant de la journée toutes choses égales d’ailleurs.
- Ayant à effectuer la plantation entière d’une propriété vers la lin du mois de mai, M. Rouault eut
- 2
- p.17 - vue 21/536
-
-
-
- 18
- I A NA T L'UE.
- l'idée d’y procéder pendant la nuit. Mais, pour ne pas courir au-devant d’un échec qui eut pu être très onéreux, il transplanta à dix heures du soir, dans son établissement, un Tilleul de Hollande depuis cinq ans en pépinière. Il arrosa cet arbre avec soin, et la ramure, qui portait déjà des bourgeons de 20 centimètres de longueur, fut largement bassinée.
- Le Tilleul ne parut pas souffrir de cette transplantation intempestive et continua à croître normalement sans donner aucun signe d’affaiblissement. Encouragé par cet essai, M. Rouault effectua la plantation projetée pendant les nuits du 21 mai au 5 juin avec les mêmes soins et précautions. Les résultats furent excellents; seuls, deux arbres, sur lesquels on ne comptait pas, en raison du mauvais état de leurs racines, moururent. Et, pourtant, le choix d’essences variées en comportait certaines assez rebelles aux transplantations.
- En août, des Robiniers (faux Acacias) avaient dé-velçppé des pousses de 80 centimètres de longueur, les autres arbres avaient également bien poussé et un Noyer avait conservé ses fruits !
- M. Rouault ne s’en tint pas là et vers le milieu de juin, en présence d’une commission composée de professeurs d’horticulture et d’horticulteurs, il transplanta des Tilleuls argentés (dont les troncs mesuraient respectivement 27 à 37 centimètres à 1 mètre du sol, et dont la ramure de la tète avait un diamètre de 2m,50) ainsi que d’autres arbres.
- Le résultat fut aussi probant et la ligure 1 montre précisément un de ces Tilleuls transplanté aussi tardivement et photographié en août, et dont la végétation était telle que s’il n’avait pas été changé de place. Ce Tilleul fut déplanté en présence de cette commission vers la lin d’août et l’on put remarquer, après six semaines de plantation, d’abondantes racines chevelues (flg. 2) qui constituent la meilleure garantie d’une reprise parfaite. Ces racines lines supprimées firent voir dans quel étal l’appareil radiculaire (lig. 5) se trouvait au moment de la plantation nocturne et montrèrent la puissance de végétation souterraine pendant un temps aussi court.
- Les essais furent continués. C’est ainsi qu’un Robinier fut transplanté deux fois à quinze jours d’intervalle sans en souffrir, que tout un lot d’arbres et d’arbustes fut encore transplanté en juillet pour une exposition. Des Vignes traitées de celle façon n’en souffrirent aucunement et continuèrent à se développer d’une manière régulière.
- Cela indique assez que ce procédé à la portée de tous est applicable aussi bien aux végétaux d’ornement, à feuillage caduc et persistant, qu’aux essences fruitières. 11 y aura donc moins à hésiter lorsque certaines plantations ne pourront être faites pendant l’époque habituelle.
- Ces plantations ne doivent pourtant pas être effectuées sans attention, elles comportent certaines précautions et beaucoup de soins.
- D’abord, il ne faut procéder à aucune transplantation si les bourgèoris sont encore trop tendres ; ils
- doivent commencer à se lignifier sur la moitié de leur longueur, car ils se faneraient pendant la durée de l’opération, ce qu’il faut éviter.
- Les Conifères et principalement les Abies doivent avoir terminé leurs pousses depuis un mois pour éviter que celles-ci encore trop tendres ne se fanent et retombent. Les autres Conifères pour lesquels on n’a pas à redouter les mêmes inconvénients sont transplantés dans les mêmes conditions et en même temps qus les végétaux à feuillage caduc. Quant aux arbustes à feuillage persistant, il va sans dire qu’on peut les faire reprendre pendant toute la saison végétative, mais on les transplantera de préférence lorsque les jeunes bourgeons seront moins à l’état herbacé et commenceront à se lignifier.
- La transplantation s'effectue la nuit, de 10 heures à 2 heures pour les arbres ordinaires de pépinière. S’il s'agit d’arbres et d’arbustes contreplantés, c’est-à-dire qui ont subi une transplantation en pépinière (opération culturale qui a pour but de multiplier les radicelles sur un espace restreint, condition aidant puissamment à la reprise), on peut commencer la transplantation plus tût, à 9 heures, et la terminer tardivement, à 3 ou 4 heures.
- Il est de beaucoup préférable de recouvrir les racines avec de la terre prise à la surface du sol ou ayant été depuis plusieurs jours exposée aux effets de l’air et de la lumière. Le tassement de cette terre est effectué non à l’aide du pied, mais par de copieux arrosages qui font pénétrer les particules terreuses entre les racines. Des bassinages abondants, sur la ramure et le feuillage, sont pratiqués chaque soir pendant une quinzaine de jours. En même temps qu’ils diminuent la faculté d évaporation de la partie aérienne ils la revivifient.
- Ce procédé nous paraît surtout avantageux à appliquer par les paysagistes, les pépiniéristes, les propriétaires puisqu’il leur permet, le cas échéant, de reculer de trois mois l’époque habituelle de la limite des plantations.
- Comme cela est tout indiqué, ce procédé perd de sa valeur s’il s’agit de plantes, de végétaux que l’on doit faire venir de pépinières éloignées. Par conséquent, si l'on doit acheter ces végétaux, il faut donc le faire pendant la saison hivernale, les mettre en jauge dans le jardin où on les prendra au fur et à mesure de leur mise en place et de leur plantation définitive, on se trouvera bien de cette façon d’opérer..
- Il n’est pas jusqu'au jardinier fleuriste qui ne puisse tirer parti de ce procédé fort curieux puisque cela lui permettra d’effectuer certaines transplantations de plantes délicates et de forts sujets avec beaucoup plus de succès. Les Chrysanthèmes que l'on change assez souvent de place et ceux cultivés d’une façon intensive en pleine terre et qui doivent être mis en pots pour les abriter au début de l’hiver pendant leur floraison pourront également être traités de cette façon aussi ingénieuse que pratique. Albert Mxlmené,
- Professeur U'iioriieulliii’o.
- p.18 - vue 22/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 19
- LE RAT GONDIN ET LA MODE
- Depuis plusieurs années la mode des fourrures a pris dans nos pays tempérés un développement considérable. Dette parure féminine, qui naguère était réservée aux élégantes disposant d’un abondant budget, est devenue aujourd’hui d’un usage courant, et actuellementle « trot tin )) comme la grande dame portent tour de cou et étole. Dans ces conditions, la production se trouve insuffisante pour subvenir à la consommation, surtout lorsqu’il s’agit de fourrures relativement rares comme la zibeline, et afin de combler le déficit et, d’autre part, de fournir aux demandes des clientes à des prix raisonnables, on est forcé de recourir soit à de savantes préparations dont le chat et le lapin forment la base, soit à des succédanés de la fourrure à la mode.
- La preuve nous en est fournie par l’importance des transactions auxquelles donnent lieu certaines espèces animales dont les noms ne figurent jamais dans les catalogues des fourrures. Leur état civil démocratique « marquerait mal » au milieu de l’aristocratie des zibelines, des loutres de mer, des renards bleus ou noirs.
- De ce nombre est le rat gondin ou nutria (Mtjopola-mus coi/pu). Ce rongeur indigène du Brésil et de la République Argentine fournit une jolie fourrure brune très solide, et son corps, long d’une trentaine de centimètres, est muni — détail très important — d’une queue de 25 centimètres. Du temps où la loutre avait la vogue, le rat gondin fournissait un grand nombre d’imitations; lorsque plus récemment la zibeline était à la mode, il a sans contredit été mis à contribution, et il est très vraisemblable, que, cette année, une certaine quantité de ces rats deviendront taupes. Toujours est-il que depuis une quinzaine d’années, dans l’Argentine, la chasse au rat gondin est devenue une industrie lucrative et que la fourrure de cet animal est devenue un important article d’exportation. C’est par centaines de mille que ce gros rongeur est massacré dans cette partie de l’Amérique du Sud. La st.distique des exportations de l’Argentine est à cet égard édifiante1. Pour apprécier l’énormité des chiffres «pie nous allons citer, il est utile d’indiquer d’abord que la peau du rat gondin ne pèse guère plus de 2 à 500 grammes.
- En 1889 cette république n’expédia pas moins de 102 481 kg de peaux de rat gondin. Deux ans plus lard l’exportation monte à 852 749 kg; en 1901 le million est dépassé (1 118 028), mais en 1902 il se produit une diminution. Les expéditions ne s’élèvent plus qu’à 805 192 kg.
- C’est donc par millions que les trappeurs massacrent le rat gondin dans l’Argentine, et dans un avenir rapproché, si un changement de mode ne donne pas un peu de répit aux pauvres rongeurs, ils seront menacés d’extinction, comme cela est arrivé à plusieurs espèces animales. La vogue des vêtements en fourrures a déjà eu pour conséquence une notable modification de la faune dans plusieurs pays. Charles Rabot.
- LA SURCHAUFFE DANS LES LOCOMOTIVES
- En présence des avantages incontestables qu’assure l’emploi de la vapeur surchauffée dans les machines fixes, on s’est demandé s’il ne s’imposait point de recourir également à la surchauffe pour les locomotives de chemins de fer. Assurément on se heurte, dans cette appli-
- 1 Publiée par le Monthly Bull, of (lie International Bureau of the American Republics, n° de sept. 1905. d’après La Danca y Los Negocios, de Buenos Ayros
- cation, à de réelles difficultés; mais, comme le fait remarquer notre confrère « Feilden’s Magazine », on est en train de surmonter peu à peu ces difficultés, et bientôt on ne se trouvera plus en face que d’avantages.
- Wilhelm Schmidt est celui qui, en Allemagne, a amené à une forme pratique, et par conséquent réellement utilisable, le surchauffeur installé sur les machines de chemins de fer. Et précisément des expériences faites par Lentz, sur des locomotives munies de surchauffeurs du système Schmidt, ont montré que, avec des surchauffes ne dépassant pas 250 à 200°, on arrive à une économie de 15 à 20 pour 100 dans les dépenses de fonctionnement. Jadis on se heurtait, en cette matière, à une grande difficulté pour le graissage des cylindres et les garnitures des boites à étoupe ; mais on a triomphé pour ainsi dire complètement du double problème, d’une part en recourant aux huiles minérales à la place des huiles végétales, et, d’autre part, en se servant de garnitures métalliques ou en amiante au lieu et place des anciennes substances employées comme garnitures. Les huiles végétales n’étaient pas à même de résister aux hautes températures et se décomposaient vers 200°C., tandis que les huiles minérales qu’on utilise, et qui ont leur point d’éclair vers 500° à 500°, permettent de recourir sans inconvénient à de la vapeur surchauffée à une température de 560°.
- Nous n’avons pas l’intention, dans une courte note, d’épuiser toute cette importante question, si discutée encore. Mais nous pouvons rappeler les résultats d’expériences publiés par M. de Borrics, dès 1901, dans la publication allemande « Organ ». La Direction de Hanovre des chemins de fer de l’État Prussien avait comparé trois locomotives à grande vitesse, assez analogues. Et si la locomotive à vapeur surchauffée brûlait à peu près autant de combustible qu’une compound à deux cylindres et plus qu'une compound à quatre, elle dépensait par contre beaucoup moins d’eau ; on avait remarqué que cette machine à surchauffe fonctionnait remarquablement bien aux grandes vitesses, sans doute parce que la vapeur offrait moins de résistance dans les passages. C’est encore M. de Borrics, dans 1’ « Organ », qui nous fournit les renseignements les plus détaillés sur des expériences faites en 1902 à peu près dans les mêmes conditions que les essais dont nous venons de parler. Cette fois la locomotive à vapeur surchauffée a donné des résultats nettement supérieurs à ceux de la première série d’expériences, et si elle a brûlé, en combustible, 5 pour 100 de plus que la machine compound à 4 cylindres, elle en a brûlé 10 pour 100 de moins que celle à 2 cylindres. D’autre part, elle a consommé respectivement 12 et 20 pour 100 de moins d’eau que les autres machines. Il faut dire (pie, à la Direction de Hall, on a constaté qu’une machine à surchauffe brûlait 2 pour 100 de combustible et consommait 10 pour 100 d’eau de moins qu’une locomotive compound même à 4 cylindres. Tous ces chiffres se rapportent à des convois de voyageurs; mais pour les trains de marchandises, les économies correspondantes ont été de 0,80 pour le charbon et de 8,70 pour l’eau. Néanmoins les comparaisons et expériences faites accusent certaines divergences, ainsi que le disait notre savant collègue M. Mallet; il n'est pas douteux que la surchauffe présente des avantages. Reste la question de l’application, il y a beaucoup à faire encore pour trouver la meilleure forme de surchauffeur à appliquer aux machines locomotives. Mais la voie est féconde et nous espérons qu’on y fera des progrès rapides. D. B.
- p.19 - vue 23/536
-
-
-
- 20
- LA NATURE.
- POINT DE CONNEL-FERKY, EN ECOSSE
- Un sait combien est grand le nombre des touristes, Anglais ou étrangers, qui, pendant la saison d’été, viennent visiter les lacs si pittoresques de l’Ecosse ou les baies si nombreuses et si intéressantes, rappelant les fjords de la Norwège, bordant la cote ouest de cette partie de la Grande-Bretagne.
- Uban, situé sur les bords du Firth of Lomé, cette immense baie longue et étroite qui, en se prolongeant à travers la partie nord de l’Ecosse par le Canal Calédonien, va se terminer, près d'Inverness, dans la mer du Nord, est un des endroits les plus fréquentés par les touristes. Presque au centre de la région des lacs et près de l’ile de Mull et de Pile de Statfa où se trouve la grotte si réputée de FLngal, ce choix était tout indiqué. Aussi, depuis longtemps déjà, la Compagnie anglaise du chemin de fer Calédonien a-t-elle relié Oban avec Glascow et Edimbourg au moyen d’un chemin de 1er dont la construction, par suite de la nature accidentée du pays, a nécessité des rampes assez fortes et des courbes de faible rayon qui n’ont pas été sans rendre son exploitation difficile et coûteuse. Ces conditions étaient d’autant plus désavantageuses que la population de cette région de l’Ecosse est clairsemée, l’industrie pour ainsi dire nulle et que le trafic se réduit à celui des touristes pendant la saison d’été.
- Néanmoins, l'intensité de ce trafic n’a fait «pie croître dans ces dernières années et, pour répondre à de nouveaux besoins, la Compagnie du chemin de 1er Calédonien décida de prolonger vers le Nord la ligne de Glascow à Uban, en lui faisant suivre la rive orientale du Eirlli of borne jusqu’à Ballachulish, dans la direction de Fort William, point terminus d’une seconde ligne de chemin de fer ayant également comme point de départ Glascow ou Edimbourg. Ce prolongement avait d’autant plus d’intérêt qu'en outre du grand nombre de touristes qui fréquentent ees parages si pleins de scènes romantiques et de souvenirs historiques, l’exploitation des carrières très importantes de Ballachulish était une nouvelle
- source de revenu pour la Compagnie du chemin de fer. La construction de cette nouvelle ligue n’a pas présenté de difficultés. Toutefois, elle devait traverser deux haies qui, quoique de faible largeur, pénètrent profondément dans l’intérieur des terres et eussent nécessité, pour les contourner, un allongement considérable de parcours. Ces deux baies, le loch Etive et le loch Creran, ont leur débouché dans le Firth of Lorne dont les côtes sont déchiquetées et sur le bord duipielest situé Uban (lîg. 1 et 2).
- Le pont qui franchit le loch Creran ne présente rien de particulier, mais il n’en est pas de meme de celui qui traverse le loch Etive dans sa partie la plus étroite, près de Connel-Ferry et des chutes de
- Lora dont la différence de niveau des eaux, au moment des marées de vive eau, atteint une hauteur de im,20. Le courant, au moment du flot et du jusant, est très vif et atteint une vitesse de 10 à 11 nœuds. De plus, la profondeur d’eau est considérable. Il était donc impossible de construire des piles en rivière et ces dernières ne pouvaient être établies que dans le voisinage des rives aux endroits où la profondeur d’eau est moindre et le courant plus faible. I)’un autre côté, tout échafaudage en rivière était impossible et le pont devait être construit par encorbellement. Enfin, la faible intensité du trafic obligeait de construire un pont aussi peu coûteux «pic possible, tout en ayant une résistance suffisante [tour le passage des trains lourds qui, pendant la saison d’été, sont appelés à circuler sur la ligne.
- Sir John Wolfe Barry, l’ingénieur anglais bien connu, s'est arrêté à un type de pont en encorbellement représenté par la figure ci-jointe. La longueur totale de la partie métalliipie du pont, entre les deux viaducs en maçonnerie «pii le prolongent sur les deux rives, est de 224n\24. Gctte partie métallique se compose de deux travées de rive de 48'",60 d’ouverture et d’une travée centrale de 127m,04. Cette travée centrale est formée de deux parties en encorbellement ayant chacune 28"\14 de portée réunies
- p.20 - vue 24/536
-
-
-
- 21
- LA NA Tl’H K.
- par une poutre centrale de 70m,76 de longueur. Les sont espacées de 6m,58 d'axe en axe cl supportent à deux fermes qui composent l’ossature métallique leur partie inférieure le plancher métallique ser-
- Fig. 2. — Vue d'Oban.
- Fig. ô. — Vue du pont de Connel-Ferrv pendant le montage de la poutre centrale.
- vant d’appui à la voie. La hauteur maximum des poutres de rive et d'encorbellement est de 22m,88 et celle des poutres de la travée centrale de 0 mètres.
- Les semelles supérieures et inférieures de ces fermes sont en forme de caisson et les âmes sont formées de montants verticaux et de diagonales. Le dessous
- p.21 - vue 25/536
-
-
-
- 90
- LA NATURE.
- dos poutres du pont so trouve à lom,2n au-dessus du niveau des hautes mers.
- Mais ce (pii caractérise ce pont en encorbellement, le rend intéressant et le différencie de ceux construits jusqu’ici, c’est la disposition adoptée pour supporter chacune des poutres de rive et leur encorbellement. Les points d’appui de ces poutres et, par conséquent, les; piles en rivière eussent du, comme cela se l'ait généralement, se trouver à l’aplomb de la partie la plus élevée de la poutre et être, par suite, espacés de I27m,04 d’axe en axe. Mais, avec cet espacement, les piles se fussent trouvées dans une profondeur d'eau trop grande et sons l'influence d’un courant trop violent. On a donc construit ces piles en un point plus rapproché de la rive eu leur donnant alors un écartement d’axe en axe de 159m,80. Cette disposition a eu pour conséquence de mettre les point s d’appui des poutres de rive et d’encorbellement en surplomb de 16"',39 sur les points d’appui réels des piles. C’est alors qu’on a adopté la disposition caractéristique indiquée sur la ligure et (pii se compose de deux supports inclinés dans le sens longitudinal du pont, supportant chacun, à leur partie supérieure, la semelle supérieure de chaque ferme, à son point le plus élevé, et reposant à leur partie inférieure, au moyen de semelles métalliques, sur les piles. Dans le sens transversal du pont, ces supports vont en s’écartant vers la base alin d’augmenter la stabilité de la construction sous l’inlluence de la poussée du vent. Pour maintenir l’équilibre de ces supports inclinés et empêcher leur renversement, ceux-ci sont reliés à la semelle supérieure de la poutre de rive qui, servant de tirant, reporte sur la culée en maçonnerie les efforts de soulèvement dus, d’un coté, au porle-à-faux des points d’appui et, de l’autre, à l’encorbellement du pont lui-même. Dans ce but, l’extrémité de la poutre de rive est reliée au moyen de tirants verticaux à la maçonnerie de la culée à laquelle on a donné un poids suffisant pour résister à ces efforts de soulèvement. L’extrémité de la travée de rive sur la culée est, de plus, reliée à la base du support incliné sur la pile, au moyen d’une poutre métallique qu’on voit sur la figure et qui maintient l’écartement des appuis sur la culée et sur la pile. Comme on le voit, les supports inclinés, le tirant formé par la semelle supérieure de la poutre de rive et la pièce métallique inclinée inférieure forment un triangle indéformable dont la disposition rappelle celle de certaines grues employées pour la manutention des marchandises. Le poids total de la partie métallique est de 2600 tonnes.
- Eu réalité, la portée de la travée métallique est de 159,n,80 d’axe en axe des piles. Après le pont du Eorth dont les ouvertures sont de 518m,50, c’est la plus grande travée en encorbellement construite à l’heure actuelle en Angleterre.
- Le montage de la ferme triangulaire et de la poutre de rive s’est effectué au moyen d'un échafaudage. Quant à la partie en encorbellement et à la poutre centrale du pont, aucun échafaudage en
- rivière n'étant possible, on a opéré le montage par encorbellement, au moyen de grues prenant leur point d’appui sur la partie métallique déjà construite et qu’on déplaçait progressivement à mesure de l’avancement du travail. Dans ce but, l’articulai ion qui forme la jonction entre la poutre centrale et la partie en encorbellement a été momentanément remplacée par un joint rigide qui a été supprimé aussitôt le montage terminé. La figure a représente le pont pendant le montage, un peu avant la jonction des deux parties métalliques au milieu delà travée pendant le montage de la poutre centrale.
- Les travaux, commencés en mai 1900, ont été terminés dans le courant de mai 1903. Ils ont, par conséquent, duré trois années. R. Roxxix.
- L’ACCUMULATEUR EDISON
- L’accumulateur Edison a enfin fait son apparition à Paris et des éléments du type automobile ont pu être soumis en Europe à quelques expériences. Dans ce nouvel accumulateur toutes les pièces sont fabriquées mécaniquement. Il est formé par une l)oîte en tôle d’acier nickelé hermétiquement close. Le modèle examiné renfermait 14 plaques positives en nickel, et 14 plaques négatives en fer, plongeant dans une solution de potasse caustique pure à 20 pour 100, et d’une densité égale à 1,176 à 15° centigrades. Chaque plaque est formée d’une feuille de tôle en acier nickelé de 0,6 millimètre d’épaisseur, de 23,5 centimètres de hauteur et de 12 centimètres de largeur; dans cette feuille sont percées 24 alvéoles rectangulaires, 5 rangées de 8 alvéoles chacune, de 7,45 millimètres de hauteur et de 12,7 millimètres de largeur. Chaque alvéole reçoit une pochette contenant la matière active. Chaque pochette est elle-même constituée par deux feuilles d’acier nickelé de 0,075 millimètre d’épaisseur, percées d’une série de petits trous obtenus par refoulement de la matière à l’intérieur. Les rebords des deux parois de la pochette sont repliés et viennent s’emboîter dans l’alvéole en emprisonnant la matière active sous forme de minces briquettes. Ces dernières sont maintenues dans les alvéoles par un sertissage obtenu par pression après mise en place. Les briquettes positives sont formées par de l’oxvde de nickel spécialement préparé, finement pulvérisé, et mélangé dans la briquette à du graphite en paillettes ; les briquettes négatives renferment un oxyde de fer finement pulvérisé. Pendant la charge, l’oxvgène se porte sur le nickel, et augmente l’épaisseur des plaques positives; pendant la décharge, l’oxygène se dépose sur le fer et augmente l’épaisseur des plaques négatives.
- M. E. Hospitalier, au laboratoire de l’École de physique et de chimie, et M. Janet, au Laboratoire central d’électricité, ont eu l’occasion de faire une série d’expériences avec le nouvel accumulateur. Des résultats de leurs essais nous pouvons tirer quelques renseignements qui donneront une idée de la valeur des accumulateurs Edison. La force électromotrice n’est que de 1,5 volt, et la différence de potentiel est environ de 1,1 volt; dans les accumulateurs au plomb, on obtient respectivement 2 et 1,9 volts. Le montage exigera l’isolement des éléments dans les groupements. L’accumulateur Edison a une grande endurance ; il supporte facilement des régimes excessifs, des mises en court circuit, pour re*
- p.22 - vue 26/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2r>
- \
- \
- prendre ensuite la même capacité sans diminution à un régime plus faible. L’accumulateur Edison possède également la propriété, précieuse entre toutes, de fournir une quantité d’énergie électrique sensiblement constante pour des débits variables entre certaines limites. Au débit de 5 à A watts par kilogramme, il fournit de 23 à 27 watts-heures par kilogramme; au débit de 25 watts par kilogramme, il fournit encore 21 watts-heures par kilogramme. L’accumulateur Edison du type automobile réalise donc un progrès incontestable en matière d’accu initiateurs. ,1. Laffaiîgee.
- DOUBLES FLORAISONS
- Depuis au moins vingt-cinq ans, nous n’avions pas observé aux environs de Paris la floraison des lilas au mois de novembre. Cette floraison tardive a été assez générale pour qu’elle ait excité la curiosité. On nous a envoyé à titre d’échantillons des lilas bien en fleurs coupés dans des jardins de Sèvres, Marly-le-Roi, Louveciennes, Saint-Leu-Taverny, etc. Nous-mème, nous avons eu un lilas bien fleuri dans notre jardin et les fleurs ont persisté assez bien épanouies jusqu’aux neiges de la fin de novembre. Les primevères abondaient et on pouvait cueillir encore de., framboises parfaitement mûres.
- 11 en a été ainsi dans beaucoup de régions. On a vu des fleurs sur les pommiers, les pruniers, etc. Le phénomène n’a pas été isolé.
- Les secondes floraisons sont presque normales sous le climat parisien. Les marronniers qui fleurissent en mai ont souvent des fleurs en octobre. Mais ce qui a paru avec raison exceptionnel en 1903, c’est que les nouvelles floraisons sont venues plus tard que d’habitude et se sont montrées plus générales. Les lilas ne refleurissent pas d’habitude, et les fleurs des marronniers apparaissent dès le commencement d’octobre. On s’est demandé quelle pouvait être la cause de cette seconde floraison inaccoutumée. On a émis à cet égard des hypothèses plus ou moins complexes. Il me semble pourtant que la réponse à l’interrogation posée est naïvement simple.
- 11 faut se rappeler que les marronniers, pommiers, poiriers, lilas, etc., ont leurs bourgeons floraux entièrement constitués dès le mois d’août, les bourgeons sont tout prêts à s’épanouir et s’épanouissent effectivement si les conditions saisonnières sont convenables. Celles-ci doivent se rapprocher de celles de printemps. Or, cette année la températures été particulièrement clémente àla fin d’octobre et surtout dans la première partie de novembre. Les bourgeons se sont épanouis. Mais pourquoi cette année plutôt qu’une autre la floraison a-t-elle été si marquée, car nous avons eu quelquefois des automnes aussi chauds? Nous avons eu des automnes chauds, c’est vrai, mais au moment où les fleurs allaient s’épanouir sont survenus les froids ordinaires de novembre et les bourgeons se refermèrent. En 1905, au contraire, la durée des températures convenables a été anormalement grande. Le froid n’est pas intervenu en novembre pour arrêter la floraison en train de se manifester. Et les fleurs sont venues après l’heure habituelle.
- C’est si vraiment une affaire de température exceptionnelle qu’une chaleur artificielle peut provoquer la floraison. M. Jollv racontait dernièrement à la Société de Biologie qu’un incendie qui éclata en septembre dans le village de 'Chaussée-sur-Marne fit pousser des fleurs comme par enchantement sur des pommiers, des poiriers et des lilas d’un grand verger exposé aux flammes. Plusieurs arbres furent brûlés, mais ceux qui furent exposés à de l’air sur-
- chauffé seulement pendant trois heures eurent des fleurs en abondance au commencement d’octobre. 11 y eut forçage.
- La floraison nouvelle de l’année 1903 s’explique donc tout naturellement par la température moyenne relativement haute qui a persisté jusqu’en novembre pendant le jour et pendant la nuit et par le régime pluvieux qui n’a cessé d’arroser le sol. ^ |j. „E p.
- APPAREIL D'ÉVACUATION DES FUMÉES
- DANS I.KS TUNNELS
- Cet appareil n’a pas encore été mis en pratique, et il nous semble assez difficile de réalisation ; mais l’idée en est néanmoins intéressante à signaler pour son originalité même : elle est due à M. John hresse, de New' Rochelle, aux États-Unis, et elle a pour but d’empêcher que la fumée du tuyau des locomotives se répande dans un tunnel, en la faisant évacuer dans une sorte de chambre sup rieure formée par un plancher qui l’isole
- Tunnel à dispositif d’évacuation des cheminées.
- du reste du tunnel. Tout naturellement, ce plancher présente, suivant son axe longitudinal, une ouverture par laquelle passe la partie supérieure de la cheminée de la locomotive, afin que les gaz et les fumées ne se dégagent qu’au-dessus de cette cloison horizontale; mais la fente qui s’ouvre, quand passe la cheminée, se referme par-derrière, suivant le fameux dispositif qui était employé jadis sur le chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain. Le plafond est donc composé de deux sections métalliques, chacune fixée à la paroi au tunnel par des consoles : le bord de chaque section comporte deux plaques fixes entre lesquelles glisse un plateau à ressorts de rappel, muni de plus d’un rebord articulé. Sans que nous ayons besoin d’insister, on peut comprendre que, au moment où une machine arrive, les deux plateaux qui se font vis-à-vis s’écartent sous la pression du tuyau, en même temps que les rebords articulés se soulèvent pour se rabaisser ou reprendre d’une façon plus générale leur position première, au fur et à mesure que la locomotive avance. A l’entrée du tunnel, la pénétration de la cheminée entre les plaques du plafond est facilitée par une échancrure de profil convenable, formant entrée dans la fente dont nous avons parlé; d’autre part, l’avant de la cheminée de la locomotive est muni d’une sorte de bec s’introduisant sans trop de violence dans cette fente. Les fumées et les gaz demeurent dans la chambre supérieure du tunnel, d’où des appels convenables peuvent les attirer à l’extérieur. P. de M.
- p.23 - vue 27/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 21
- LE NETTOYAGE HYGIÉNIQUE PAR L’AIR COMPRIMÉ
- Parmi les hygiénistes, M. Henri de Parville fut, on I à la poussière : il le fit avec tant de netteté et de peut le dire, en tète de ceux qui déclarèrent la guerre | conviction que les résultats ont été considérables.
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de la voiture de la C1* française du nettoyage snnilaire.
- Après avoir montré, par de savante-; recherches, I germes dangereux, de bacilles, et de microbes, il tout ce que la poussière des habitations contient de | indiqua les moyens de « dépoussiérer » sans mettre
- Fig. 2. — Mode d’emploi des appareils de nettoyage.
- ces germes en éveil : il proscrivit l’emploi néfaste du plumeau et demanda, non sans succès, son remplacement, autant que possible, par le chiffon mouillé, ou par l'éponge.
- Par la suite, grâce aux facilités d’emploi de la force motrice que donne l’électricité, les mécaniciens se sont préoccupés de trouver des moyens de « dépoussiérer » plus énergiques que le travail à la
- p.24 - vue 28/536
-
-
-
- L A \ V T ns i;
- 25
- main cl conformes cependant aux règles de l'hygiène. Les inventeurs américains notamment ont imaginé diverses solutions intéressantes du problème.
- On a, tout d’abord, songé h se servir de l'air raréfié et nos lecteurs se souviennent sans doute de la description du procédé qui a été donnée ici même1.
- Son principe était de promener sur les surfaces h dépoussiérer une sorte de sabot-aspirateur placé à l’extrémité d’un tuyau souple relié lui-même à une pompe raréfiant l’air dans un réservoir. Les poussières aspirées sont emmagasinées dans le réservoir, et n’en peuvent sortir grâce à un jeu spécial de soupapes.
- Ce système a scs qualités, et il rend des services. Mais, les spécialistes lui reprochent de ne pas enlever suffisamment la poussière bien accrochée dans les tapis et les tentures, en raison de ce fait que, quelle que soit la puissance de la machine aspirante, la force de succion produite ne peut être supérieure à 400 grammes par centimètre carré : encore faut-il appuyer assez fortement le sabot-aspirateur sur les tentures, ce qui n’est pas bon pour celles qui sont clouées, et ce qui est impraticable pour celles qui sont flottantes. Il convient donc pour dépoussiérer à fond de soulever, tout d’abord, la poussière, puis de l’aspirer et de l’emmagasiner. Cela peut se l'aire avec un jet d’air comprimé. Mais, si l’on soulève la poussière, on va retomber sur les justes objections hygiéniques formulées par M. Henri de Parville, et qui sont irréfutables.
- Comment concilier ces diverses difficultés?
- 1 Yoy. n° 1564, du 16 mai 1905, p. 576.
- C'est «à quoi est parvenu un inventeur américain M. J. S. Thurman, dont le système est pratiqué à Paris par la Compagnie française du nettoyage sanitaire. Son directeur, M. Edward Berthaul, nous en a
- indiqué des applications démontrant que le système est tout à fait pratique. 11 consiste, en effet, en ceci.
- A l’extrémité d’un tuyau souple, comme dans l’autre méthode, se trouve un sabot que l'on promène sur les surfaces à nettoyer. Mais le tuyau y envoie de l’air comprimé, au moyen d’un compresseur à main, mécanique, ou électrique, à la pression de 5 kilogrammes par centimètre carré. La poussière, arrachée de tous ses refuges par ce souffle violent, tend à s’élever : mais, par un ingénieux système d'éjec-teur placé dans le sabot même, elle est immédiatement aspirée et emmagasinée dans un sac, ou dans un réservoir duquel le fonctionnement d’une soupape n’ouvrant que de bas en haut l’empêche de ressortir. On peut dire du microbe, dans ces conditions, ce que dit noire vieux proverbe : « Sitôt pris, sitôt pendu! » Chaises, fauteuils; tapis sont dépoussiérés en quelques instants, et cela, bien entendu, sans déclouer les tapis, sans les « déposer », opération longue, onéreuse, et qui a toujours l’inconvénient de les abîmer.
- Une des plus curieuses expériences auxquelles nous a convié M. Berlhaut est la suivante.
- On soulève un épais tapis qui recouvre un parquet ciré. Sur ce parquet l’opérateur verse de la farine et l’étend h plaisir de façon à faire une grosse tache blanche et grasse : il rabat le tapis dessus :
- Fig. 4. — Vue intérieure de la voiture de la C*.
- p.25 - vue 29/536
-
-
-
- 26
- LA NATURE.
- voilà aussi le tapis maculé. Mais, qu’à cela ne tienne! l’ingénieux système arrive, au bout de son tuyau. I)e gauche à droite, et de droite à gauche, l’opérateur le promène sur le tapis enfariné, « qui ne dit rien qui vaille », et sans que l’on s’en aperçoive, en quelque sorte, la farine est aspirée au travers du tapis lequel se trouve finalement nettoyé de la façon la plus complète ainsi que le plancher.
- Le système ïhurman, grâce à la possibilité de projection que lui donne l’air sous pression, permet diverses opérations annexes intéressantes. Use prête notamment à la désinfection par la projection en line poussière de liquides et de substances désinfectantes : il permet aussi le nettoyage et le « détachage » par l’imbibition de la partie graissée et salie de l’étoffe au moyen d’une solution savonneuse dont la composition varie suivant les cas.
- Que trouve-t-on dans les poussières ainsi enlevées et mises hors d’état de nuire dans le réservoir final 1 De curieuses analyses bactériologiques ont montré que toutes les variétés de microbes, de microeoccus, et de bacilles y abondent. C’est à se demander comment on peut résister à tout cela lorsque cette fâcheuse semence pénètre dans les voies respiratoires !
- Un des grands services rendus par ce système et ses analogues consistera à dépoussiérer les salles de théâtre, de réunions, les salles d’école, etc. Les salles de théâtre, notamment, avec leurs tentures couvrant toutes les parois, leurs velours, et leurs draperies, recèlent en abondance les plus dangereuses poussières rendues constamment nocives par le passage des foules qui s’y entassent. Or, rien n’était plus malaisé jusqu’à présent que de nettoyer une salle de théâtre; on époussetait, on balayait : on déplaçait donc la poussière, mais on ne s’en débarrassait pas : à peine, sur la scène, pouvait-on la fixer temporairement et partiellement par des arrosages. Les procédés mécaniques permettront un véritable assainissement; il est désirable, dans l’intérêt général de l’hygiène, qu’ils soient connus et méthodiquement pratiqués. Max de Nais soft y.
- L’AÉROSTAT « LE DJINN »
- Il y a deux mois à peine, le public parisien apprenait, non sans surprise, qu’un ballon monté par trois aéronautes, MM. le comte de la Yaulx, le comte d’Oultremont et le capitaine du génie A’oyer, parti le 26 septembre, à la tombée de la nuit, du parc aérostatique que possède T Aéro-Club, à Saint-Cloud, avait franchi la Manche et, remontant jusqu’à la rivière l’Ilumber, avait atterri près de la ville d’Ilull, aux confins de l’Ecosse.
- Sur 452 kg de lest emporté, il restait encore 216 kg dans la nacelle au moment de l’atterrissage, ce qui aurait permis de prolonger la route longtemps encore, si le vent soufflant vers l’Est n’avait menacé d’entraîner l’aérostat au-dessus de la mer
- du Nord. Le voyage avait duré 16 heures 40minutes, et le parcours atteignait 600 kilomètres. Ce n’est cependant pas la distance parcourue qui en fait le plus grand mérite, puisque M. de la Yaulx lui-même a franchi I925 kilomètres d’une seule traite en 1900; ce n’est pas non plus uniquement d’avoir traversé le Ras de Calais, quoique l’on ne puisse citer que six précédents, tous partis du rivage, tandis que le « Djinn », au moment de s’aventurer au-dessus des Ilots, avait dépensé une partie de son effort pour couvrir les 20() kilomètres qui séparent Paris de la Manche : ce qui constitue le plus grand intérêt de ce voyage, c’est d’avoir été tenté avec des moyens nouveaux, grâce auxquels l'art aérostatique s’est enrichi d’un progrès notable.
- Ces moyens nouveaux consistent dans l’emploi du ballonnet à air. Jusqu’à présent cet organe n’a été utilisé que sur les dirigeables où son rôle se réduit à peu près exclusivement à assurer la forme invariable de la carène. L’expérience du 26 septembre et, avant elle, un premier essai tenté parM. Jacques Balsan sur le « Saint-Louis », montrent au contraire que le ballonnet peut grandement contribuer à réduire les oscillations d’un ballon ordinaire sur la verticale; et, si l’on songe que ce sont ces oscillations qui épuisent le lest et la vio de l’aérostat, on voit clairement que le ballonnet est un excellent moyen de prolonger la durée du voyage.
- Le ballon « le Djinn », qui vient d’accomplir celte prouesse, a une contenance de 1650 mètres cubes. 11 était gonflé au gaz d'éclairage. Son enveloppe est en soie française. Son ballonnet cube 500 mètres; il n’affecte pas la forme lenticulaire qu’on lui donne ordinairement ; mais le diaphragme en soie du Japon, qui le limite à l’inférieur du ballon à gaz, y dessine une sorte de couronne, laissant libres, au centre, le passage d’une manche d’appendice et remplacement d’une soupape de sûreté automatique d’un type nouveau. Le ballonnet lui-même est pourvu de deux soupapes de manoeuvre et d’un panneau de déchirure, de sorte qu’on peut non seulement le gonfler jusqu’à la limite de pression des clapets automatiques, mais aussi le vider, en tout ou en partie et aussi rapidement qu’on le désire, au moyen des soupapes ou même en tirant la corde de déchirure. Enfin, la soupape de manœuvre du gaz est, comme d’ordinaire, placée au zénith, où se trouve également un cône d’écoulement en étoffe tendue, dispositif déjà employé parM. H. Hervé, en 1886, dans l’ascension du « National » au-dessus de la mer du Nord. Ce cône a pour but d’empêcher l’eau et la neige de s’emmagasiner au sommet du ballon.
- Le ballonnet a été inventé par le lieutenant du génie Meusnier, devenu plus tard général, et qui trouva une mort prématurée au siège de Mayence. Le mémoire de ce savant a été présenté à l’Académie des sciences le 5 décembre 1785, trois jours après l’ascension du premier ballon à hydrogène. Les manuscrits de Meusnier ont été en grande partie et pendant longtemps oubliés dans la poussière des bi-
- p.26 - vue 30/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 27
- hliothèques, on sorte que l’opinion a pn se tromper jusqu’à ces derniers temps sur le rôle qu'il attribuait au ballonnet. Fort heureusement, le capitaine du génie Yoyer a remis les choses au point dans une étude récente où il a montré que le général Meus-nier a nettement indiqué comment l'emploi de cet organe permettait au pilote de se maintenir en équilibre stable à l’altitude qui lui convient, ce qui n'est pas possible avec le ballon ordinaire.
- Il est bon d’ajouter ici que le colonel Renard, dès 1881, avait à son tour étudié ce rôle du ballonnet et avait établi d’une manière précise, dans une étude publiée à celte époque, la théorie la plus complète et la plus judicieuse des manœuvres du ballonnet dans les ascensions libres.
- Pour se rendre compte de son action, il faut se rappeler qu'un ballon qui n’en est pas pourvu est en perpétuel état d’instabilité.
- Si nous le considérons au sommet d’une de ses
- Cône d'écoulement____
- lolet de déchirure du batlon
- Chapeau- du, cône,
- - - d'écoulement
- Soupape> supérieure
- Soupape à air du ballonnet _ - -Jfanche à, air. _
- Corde de manœuvre du, volet de, déchirure du, ballon __ Corde de manœuvre, de la, soupape,- à aip.-----------
- Corde de manœuvre de la foicpape, supérieure ..-
- Ventilateur
- Volet de déchirure,
- . du ballonnet.
- Soupape à air du '
- _ - - ballonnet.
- - Soupape inferieure- à çax. dfancAe témoin- à-gax-.
- Corde de manœu ore du, ballonnet Corde- de manœuvre cie la.'
- . _ soupape inférieure à gax,. Corde de- manœuvre de la-soupape à air.
- £Jdf0/(I£Cri (té
- Fifr. 1. — le ballon « le Djinn ».
- oscillations, où il se trouve complètement gonflé par le gaz dilaté, il suffit du plus faible mouvement de descente, provoqué par une très petite rupture d’équilibre, pour que le gaz se contracte en atteignant des régions de l’atmosphère où l’air est moins raréfié. Cette contraction du gaz se traduit par un certain vide du ballon’ dont l'étoffe Hotte : on dit que le ballon est flasque; la caractéristique de cet état, c’est que la rupture d’équilibre, c’est-à-dire la différence du poids de l’air déplacé et du poids du ballon restera la meme et absolument constante, tant que le ballon sera fiasque ; cela tient à ce que, si la densité de l’air augmente pendant la descente, le volume déplacé diminue par suite de la contraction et dans le môme rapport : le produit reste constant. Puisque la cause de la descente reste ainsi permanente, il n'y a pas de raison pour que l’aérostat s’arrête : il descendra jusqu’au sol.
- Pour enrayer la chute, le pilote jette du lest, sans d’ailleurs pouvoir déterminer l’exacte quantité stricr tement nécessaire, et le ballon remonte ; mais, dans ce mouvement, et pour les mêmes raisons que plus
- haut, sa force ascensionnelle reste constante tant qu’il est fiasque, et il ne peut pas s’arrêter avant que, grâce à la dilatation qui se produit à mesure qu'il s'élève, il ne soit entièrement plein. Il devra même monter plus haut (pie précédemment de toute la hauteur correspondant à la dépense de lest.
- Ainsi, à chaque instant, il existe une zone d’équilibre; c'est celle où le ballon se trouve complètement gonflé, et au-dessous de laquelle celui-ci ne saurait s'arrêter dans une position stable.
- Au contraire, supposons que l’enveloppe contienne une capacité où l’on puisse refouler de Pair afin de remplacer le vide partiel du gaz, et voyons ce qui se passera.
- Un mouvement de descente vient-il à se manifester, le pilote jette du lest jusqu’à ce qu’il ait compensé la rupture d'équilibre : au moment précis où l’aérostat va remonter, il peut l’arrêter dans une position d’équilibre stable, s’il a eu soin de combler le vide produit dans la masse gazeuse par la contraction en remplissant le ballonnet d’air.
- Le ballon se comporte alors, en effet, comme un ballon plein, ayant pour volume non plus le volume total primitif, mais le volume actuel occupé par le gaz. Il est ainsi comparable, dans ses états successifs, à une série de ballons constamment pleins, mais de volume décroissant, que l’aéronaute peut maintenir à son gré, par le simple jeu du lest, à la hauteur qu’il a choisie. Ces ballons, de plus en plus petits, ne peuvent soutenir que des poids de plus en plus faibles, et la dépense de lest qui devient ainsi nécessaire est strictement proportionnelle à cette diminution progressive de la force portante.
- Le général Meusnicr espérait, en outre, qu’en comprimant l’air dans le ballonnet et en lâchant cet air à l’occasion on pourrait alourdir l’aérostat ou l’alléger, de manière à supprimer jusqu’à un certain
- Kilométrés . w*
- 1 ‘—1 S^CIoud
- 20 ij.0 OO OO 100
- mm mm mm mm Trajet du- batlon-.
- Fig. 2. — Itinéraire du voyage.
- p.27 - vue 31/536
-
-
-
- 28
- LA NATURE
- point les manœuvres du lest ou de la soupape à gaz.
- A la vérité, c’est là un moyen assez restreint, sur lequel on ne peut guère complet*, la faible résistance des étoffes ne permettant point de faire varier la pression dans des limites étendues. Meusnier lui-même prévoyait qu’on ne pourrait pas dépasser une pression de 61 millimètres d’eau (2 lignes de mercure) ; l’alourdissement qui en résulterait ne correspond pas à une quantité de lest considérable, et si l’on remarque enfin qu'on n’obtiendrait cette compression qu’au prix d’un travail assez pénible et assez long pour faire mouvoir le compresseur dans la nacelle, il semble bien qu’il convient de s’en tenir aux simples manœuvres qui ont été étudiées, en 1881, avec un soin minutieux par le colonel Renard.
- Ce sont des manœuvres analogues qui ont permis la superbe ascension du 26 septembre dernier. Le comte de la Yaulx et le comte Castillon de Saint-Victor ont renouvelé l’expérience, avec le même ballon, le oO octobre au soir; mais ils jouaient de malheur : le « Djinn », alourdi de 210 kg par la neige, dont la pente du cône d’écoulement était insuffisante à le débarrasser, est descendu dans les environs de Rontarlier, après quatorze heures cinquante-cinq minutes de route.
- Il n’est pas douteux qu’on n’obtienne un meilleur résultat avec un temps plus favorable, et c’est bien dans cette voie qu’il faut chercher, pour assurer la durée de l’ascension et par suite les longs parcours, plutôt que dans l’accroissement indéfini du volume, comme certains aéronautes allemands l’essaient avec leur « Deuts-chland » de 11 000 mètres cubes.
- M. de la Yaulx nous réserve d’autres surprises, et, en collaboration avec M. IL Hervé, on sait qu’il achève de pourvoir le « Djinn » lui-même d'engins de propulsion d’un modèle tout nouveau dû à ce dernier ingénieur.
- Ces engins, qui comprennent notamment un moteur et un propulseur lamellaire des plus ingénieux, permetlront, combinés au stabilisateur déjà expérimenté sur la Méditerranée, de réaliser une dérive considérable, une dirigeabilité à peu près complète dans les ascensions terrestres et maritimes.
- Ce sont là de beaux travaux, et l’on doit admirer la méthode avec laquelle ils sont conduits.
- Lt-Colonel G. Espitai.i.ier.
- PROJECTIONS STÉRÉOSCOPIQUES
- Les projections ont pris aujourd’hui un développement considérable; il n’est plus de conférence possible sans elles ; la lanterne, dont l’éclairage s’est encore perfectionné dans ces derniers temps, a pénétré jusque dans les villages, et il n’est pas rare de voir l'instituteur ou le curé en faire un moyen de propagande. Aussi dans les milieux où l’on suit de près le progrès, dans les Sociétés savantes, les Sociétés photographiques, devient-on tous les jours plus exigeant et réclame-t-on depuis longtemps la possibilité de faire voir le relief par projection stéréoscopique. On sait que pour cela, il ne suffit pas de projeter sur l’écran les deux images issues d’un cliché stéréoscopique, mais qu’il faut aussi que chaque œil du spectateur puisse, par un dispositif
- approprié, ne recevoir que celle des deux images qui lui est destinée.
- 11 existe un stéréoscope pour images de grandes dimensions, c'est celui imaginé par M. Cazes au moyen de miroirs; mais c’est un appareil peu maniable et qui ne saurait être employé, tel qu’il est, par les spectateurs d’une séance de projections. Sur le même principe, d’autres inventeurs, et M. Knigt notamment, ont indiqué la possibilité* de construire un appareil portatif; nous ne savons pas s’il a été réalisé, mais il parait, dans tous les cas, tombé dans l’oubli. Tout récemment, M. Rellieni, reprenant la même idée, sans connaître aucunement les travaux de M. Knigt, est arrivé à construire l’Apédic-scope, petit appareil très portatif et d’un prix modique, dont chaque spectateur pourra se munir quand une séance comportera des projections stéréoscopiques. Expérimenté dernièrement à la Société française de photographie, où le constructeur en avait mis une trentaine à la disposition des assistants, il a donné d’excellents résultats.
- On emploie le positif stéréoscopique sur verre tel qu’on le trouve dans les collections pour le stéréoscope ordinaire (en ayant soin cependant d’enlever le verre dépoli s’il y en a un) et on le passe dans une lanterne à un seul objectif ; un condensateur de 0m, 15 suffit pour la dimension 8 1/2x17 et celui de ()m, 12 pour le 6 X lo.
- Les deux images se trouvent ainsi projetées l’une à côté de l’autre sur l’écran. Afin de répondre au principe rappelé plus haut, de faire voir à chaque
- Fig. 1. — Apédioscopo de M. Bellieni permettant de voir les projections stéréoscopiques.
- p.28 - vue 32/536
-
-
-
- LA AATLBE.
- 29
- œil l image qui lui convient, l'appareil du spectateur se compose d’une petite boite M1! SL percée de deux trous A et 11 à l’écartement normal des yeux (fîg. 1).
- Au travers de l’un, B, on voit directement, avec l'œil gauche, par exemple, Lime des deux images B, celle qui lui est destinée ; l’autre, G, lui est masquée par une cloison N P en bois, placée dans l’appareil. Mais celte autre image vient se refléter dans un petit miroir E, placé sur le coté droit de la boîte, et qu'on peut orienter à cet effet au moyen d’un bouton. Lorsque l’image C est bien rétlé-chie dans ce miroir, elle est reprise par un second miroir H convenablement placé à l’intérieur de l’appareil ; c’est là que l’œil droit, placé en A, la voit apparaître et, d’instinct, il la reporte en D, au delà du miroir, sur la première image. Il y a alors, comme dans le stéréoscope ordinaire, superposition et relief.
- Le petit réglage nécessaire pour bien recevoir l’une des images dans le miroir, se fait une fois pour toutes, au commencement de la séance, au moyen d’une figure géométrique, par exemple, dont on n’aura projeté qu’une partie, pour chaque image, et que la superposition devra compléter. Il est à remarquer que ce système n’occasionne aucune perte de lumière.
- 11 existe d’autres moyens de faire percevoir le relief des projections; nous avons déjà traité cette question ici il y a plus de dix ans (n° 917, 27 déc. 1890, p. 49) lorsque M. Molteni, reprenant les indications de M. d’Almeida, projetait l'une sur l’autre les deux images, après les avoir (au moyen de verres teintés placés devant elles) colorées l’une en rouge, l'autre en vert, couleurs complémentaires. Les spectateurs devaient être munis chacun d’un binocle aux mêmes couleurs ; il est évident que, dans
- ces conditions, chaque œil ne peut voir que l’image qui lui est destinée et le relief est perçu facilement. Mais ces écrans colorés multiples sur la lanterne et sur les yeux absorbent une quantité de lumière trop grande, et c’est là ce qui a empêché le développement de ce genre de projections.
- L’idée a été reprise sous une autre forme par diverses personnes, entre autres par M. Bateau; mais nous venons de la voir réalisée de façon très
- complète par MM. W. Schmidt et Ch. Dupuis.
- Le procédé consiste à projeter les deux images successivement; si le spectateur n’ouvre qu'un œil à la fois, celui de gauche quand c’est l’image de gauche qui apparaît, celui de droite quand c’est l’image de droite, son cerveau percevra le relief, et la perte de lumière sera beaucoup moindre qu’avec les écrans colorés.
- U eut été difficile de demander aux spectateurs,si amateurs qu’ils soient de vision stéréoscopique, de se livrer à une semblable gymnastique, d’autant plus impossible à réaliser qu’il faut que les deux images se succèdent avec une assez grande rapidité pour que, grâce à la continuité des impressions sur la rétine, il semble qu’il n’y en ait qu'une seule. Il l’allait donc réaliser automatiquement, ces éclipses, et pour cela il suffisait de munir chaque spectateur d’une jumelle dans laquelle un obturateur ouvre et ferme alternativement les oculaires, de telle sorte que les yeux ne voient les images projetées qu’alternalivemcnt et jamais ensemble. 11 est indispensable d’obtenir une coïncidence parfaite entre la projection de l’image et l’ouverture de l'œil qui doit la regarder. Voici comment les choses sont disposées pour arriver à ce résultat. Les deux images stéréoscopiques sur verre sont placées comme dans un stéréoscope ordinaire, à l'arrière
- Fig. 2. — Appareil et jumelle de MM. Schmidt cl Dupuis pour les projections stéréoscopiques.
- p.29 - vue 33/536
-
-
-
- r»o
- LA N AT UH E.
- d’une chambre DE portant deux objectifs (lîg. 2). Une lanterne L envoie un faisceau lumineux parallèlement au plan des images, mais ce faisceau est renvoyé sur celles-ci par deux miroirs inclinés à 15°. Le premier À est fixe, il éclaire l’image D jusqu’au moment où le miroir H, qui est monté sur un axe, vient se placer devant lui et envoie la lumière sur l'image E. La rotation de ce miroir se continuant aussi vite qu’on le désire, on pourra donc projeter rapidement et successivement les images sur l’écran. Pour obtenir le synchronisme avec l’obturateur de la jumelle mise entre les mains du spectateur, on a commandé celui-ci électriquement.
- Le courant venant d’une pile est amené à un collecteur à deux contacts, C, monté sur Taxe de rotation du miroir H; deux balais, terminant le Jil souple qui est relie à la jumelle, viennent frotter sur ce collecteur et amènent le courant aux électro-aimants qui actionnent l’obturateur de la jumelle.
- Il suffit donc de disposer les choses de telle sorte que l’oculaire de droite soit découvert seulement quand le miroir H passe devant l’autre pour que l’œil droit ne puisse voir sur l’écran que l’image provenant de E; l’oculaire de gauche ne sera découvert, au contraire, que quand le miroir H étant écarté, c’est le miroir A qui éclairera l’image I), et l’œil gauche ne verra jamais que celle-là sur l’écran.
- 11 est clair qu’on peut commander à la fois autant de jumelles qu’on le désire, pourvu que chacune d’elles soit reliée à l’appareil projecteur par un fil.
- Nous avons pu constater que l’appareil ainsi réalisé donne une excellente solution du problème. La continuité de l’impression est complète et le relief se perçoit avec la plus grande facilité sans nécessiter aucun réglage de la part du spectateur.
- Ces appareils peuvent servir aussi pour la projection stéréoscopique animée, ainsi que nous avons pu le voir chez MM. Goudeau et Leclerc, les constructeurs du mirographe, oii l’appareil de MM. Schmidt et Dupuis avait été installé; il suffit que la bande du cinématographe ait été [irise en conséquence. I^es deux procédés que nous venons d’exposer sont tous deux très intéressants et se complètent parfaitement. Celui de M. Rellieni est plutôt destiné aux familles, aux séances peu nombreuses où chaque spectateur peut être sensiblement dans l’axe de la projection ; celui de MM. Schmidt et Dupuis se prêtera aux entreprises de théâtre où une canalisation électrique, facile à installer, pouvant rester à poste fixe, chaque spectateur trouvera devant son fauteuil la jumelle qui lui est destinée.
- Au moment où la stéréoscopie prend chez les amateurs une extension justifiée, il était intéressant de faciliter encore son développement par la possibilité de l'utiliser dans les séances de projection. Ces procédés, qui permettent de mettre sous les yeux des spectateurs des machines en relief et en mouvement, trouveraient une heureuse application dans l’enseignement. G. MviirsciiAr..
- —«—
- CHRONIQUE
- I nc médaille de la Société royale de Londres.
- — Lundi 50 novembre, jour anniversaire de la Société royale, Lune des plus liantes récompenses que décerne ce corps saiant, la médailleDavy, était remiseà M. et Mme Curie pour leurs recherches sur le radium. Voici en quei-termes le rapport publié par la Société royale apprécie la découverte de nos savants compatriotes : « La découverte du radium — qu’on la considère au point de vue des propriétés extraordinaires de cette substance, uniques dans leur intensité sinon dans leur espèce, ou de la constance dans la poursuite du but à atteindre, et l'invincible patience avec laquelle les difficultés de sa séparation ont été habilement surmontées, ou des idées étendue set même révolutionnaires sur la constitution de la matière et sur les réserves et les transformations de l’énergie dans la nature, que l’étude de ses propriétés ouvrent à noire e-prit,— peut bien être caractérisée comme la [dus grande découverte en chimie du temps présent. »
- L'explorateur Kordenskjfild. — L’explorateur Nordenskjold a donné quelques détails sur le voyage en traîneau qu’il a fait dans les environs de Snow-Hill (montagne de neige), voyage au cours duquel il n’a rencontré aucun ours ; les seuls animaux qu’il ait aperçus sont des phoques et des pingouins. Un autre membre de l’expédition, M. Larsen, a raconté qu’après la destruction de « l’Antarctic », brisé par les glaces, l’expédition essaya de s’embarquer dans deux chaloupes et un canot. Mais les glaces rendaient la navigation impossible, et les voyageurs durent presque constamment traîner leurs embarcations, au prix de fatigues inouïes, avançant si lentement qu’il leur fallut seize jours pour un voyage de 25 milles, jusqu’à l’île Paulet, pour hiverner dans une petite cabane. Les vingt hommes qui étaient avec M. Larsen résistèrent, sans maladie, au froid rigoureux, se nourrissant seulement de phoques et d’œufs de pingouins, et, l’été venu, ils [lurent se réembarquer pour aller rejoindre M. >or-denskjold à Snow- llill.
- La Tour Eiffel et le crépuscule. — Cet édifice a été utilisé dès 1897 pour des recherches sur le crépuscule. Au moment du solstice d’été, à Paris, la nuit n’est pas complète, le Soleil descendant à moins de 18° sous l'horizon. Dans ces conditions, la lueur crépusculaire est visible depuis le coucher du soleil, au IN.-O., jusqu’à son lever, au A.-E. A minuit elle est juste au nord et l’on voit alors un arc assez lumineux de plusieurs degrés de hauteur. MM. Touchet et Quénisset ont réussi, les premiers, à « photographier » cette faible lueur, du sommet de la Tour Eiffel, dans la nuit du 25 au 24 juin 1897. Plusieurs clichés ont été obtenus montrant d’une façon indiscutable cette lueur solaire qui nous vient par-dessus le pôle nord terrestre. Le très regretté physicien Cornu, en présentant ces travaux à la Société astronomique de France, avait insisté sur l’utilité d’entreprendre des recherches photométriques dans le but de tracer des courbes isophotiques de la lueur crépusculaire. M. Touchct a été amené, depuis, à construire un nouveau photomètre, à vision directe, pour l’élude des intensités faibles. Cet appareil a été utilisé, en juin 1905, au sommet de la Tour Eiffel, avec la collaboration de M. 8enuuquc. In vent très violent a empêché la réalisation complète du programme et les expériences devront être reprises au solstice d’été. La Tour Eiffel peut donc encore rendre bien des services... sans compter tous ceux qu’on ne peut prévoir et qui résultent de la succession des événements de chaque jour.
- p.30 - vue 34/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 51
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 décembre 1903. — Présidence de M. A.
- Destruction des larves d'insectes. — M. Rerthelot décrit le résultat de ses recherches relatives à l’action des composés hydrocarbonés sur les microbes et les insectes. Les corps les plus employés sont la naphtaline et les essences. Oc la naphtaline est complètement inerte ; elle ne tue ni les larves ni les insectes ni les microbes. L’essence de lavande est efficace; de même l’essence de térébenthine, le toluène, la benzine parce que ce sont des corps qui s’oxydent au contact de l’air mais qui cèdent ensuite l’oxygène aux corps organiques avec lesquels ils sont en contact. Ils sont, dit M. Berthelot, oxydables oxydants. La naphtaline ne possède pas cette double propriété de fixer et de céder l’oxygène ; par suite elle est inerte. L’action des phénols est complexe : quelques-uns agissent par voie de combinaison, comme les sels de mercure, de cuivre et de plomb; d’autres sont également oxydables oxydants.
- La mer permienne.,— M. de Lapparent présente une Note de M. Caralp, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, signalant l’existence sur le versant français des Pyrénées du terrain permien de forme marine. Pendant longtemps le terrain permien n’a pas été connu sous cette forme, si bien que d’Archiac écrivait : « Mais où donc était la mer à l’époque du permien ? » Depuis, on a trouvé le permien marin dans l’Oural et en Sicile. Les gisements découverts par M. Caralp comprennent des débris de faune fossile notamment des ammonites caractéristiques de la base de l’étage permien. Il y a donc eu, au sud de la France dans un temps reculé, un golfe profond communiquant avec la Méditerranée.
- La forme primitive des espèces cristallines. — M. de Lapparent présente ensuite une Note de M. Wallerant relative àila détermination de la forme primitive des espèces cristallines. L’auteur a eu l’ingénieuse idée de se servir pour son étude des inacles artificielles qu’on provoque en faisant subir aux cristaux des efforts mécaniques et dont chacune fait connaître deux des éléments de la forme primitive cherchée.
- Parasite du foie chez l’homme. — MM. Laveran et Mesnil présentent une Note sur un parasite qui caractérise une fièvre commune dans l’Inde et souvent confondue avec le paludisme. Cette fièvre se distingue cependant du paludisme par ce fait qu’elle résiste à la quinine.
- Une maladie des pommes de terre. — M. l'rillieux expose ses recherches sur une maladie de la pomme de terre caractérisée par le développement de pousses longues et grêles. En hiver, les tubeicules qui doivent donner ces pousses ne se distinguent pas des tubercules normaux ; plus tard, ils sont souvent mous et présentent alors des bactéries.
- Observation de la lumière du soleil. — M. Mascart dépose une Note de M. Fabry relative à l'observation continue de l’intensité de la lumière du soleil. Cette intensité est liée aux phénomènes thermiques qui présentent le plus haut intérêt pour la météorologie terrestre. Or, on sait aujourd’hui produiie des sources artificielles de lumière dont Fin -tensité peut être obtenue identiquement à très peu près.
- Train sur route perfectionné. — M. Maurice Lévy-présente une Note de M. le colonel du génie Renard, indiquant les particularités de construction d’un train destiné à circuler sur route. Grâce au système employé, le. moteur est en communication mécanique avec les roues de tous les wagons, de façon à profiter de l’adhé-
- rence de toutes les roues. Par suite de cette dispersion de l’adhérence, le poids du tracteur peut être diminué dans un3 énorme proportion. Un tracteur du poids de 1500 kg peut remorquer un train du poids de 50 tonnes. En outre, les attelages sont disposés de telle sorte que, lorsque le premier véhicule décrit une courbe, tous les autres décrivent automatiquement la même courbe comme s’ils étaient guidés par des rails.
- Magnétisme terrestre aux époques géologiques. — M. Mascart résume ensuite un travail de MM. Bruhne et David, relatif à l’aimantation des argiles couvertes par des coulées de laves. Ces argiles, sortes de briques naturelles, ont gardé comme les briques artificielles leur aimantation antérieure à la cuisson. On peut donc connaître la direction de l’aiguille aimantée à l’époque de l’éruption. MM. Bruhne et David ont en outre constaté que les laves ont conservé la trace d’une aimantation primitive. En recherchant les basaltes sous-jacents, ils ont reconnu une aimantation permanente de direction différente de celle des argiles. Donc deux époques magnétiques différentes correspondent aux deux époques géologiques distinctes.
- Élection. — M. Tannery est désigné en première ligne et M. AVyrouboff en deuxième ligne, au choix du ministre de l’Instruction publique pour la chaire d’histoire générale des sciences au Collège de France naguère occupée avec tant d’éclat parM. Pierre Laffitte. — M. Pul-seux est de même, désigné en première ligne et M. llamy en deuxième ligne pour la place d’astronome titulaire de l’Observatoire de Paris. Cu de Villedeuil.
- LE LOOPING DANS LE VIDE
- Nous avons décrit les differents exercices d’acrobatie cycliste qui ont remporté auprès du public parisien un si grand succès. 11 n’y a pas aujourd’hui de music-hall qui ne doive corser son programme par l’un de ces numéros sensationnels. Mais le public chez lequel on a exploité le sentiment de l’effroi se fatigue bien vite de ces exercices, sans se rendre un compte exact de la difficulté et du péril qu’ils présentent; il est avide de sensations nouvelles et en exige chaque jour de plus violentes. Le looping the loop n'a déjà plus d’attraits pour lui; le cercle de la mort est devenu une exhibition banale de fête foraine; on commence même à se blaser des émotions de la course à l’abîme et de la flèche humaine. Gymnasiarques et ingénieurs se sont donc évertués à trouver quelque tour de force encore plus fort et, depuis quelques jours, le Casino de Paris et les Folies-Bergère offrent à la foule une acrobatie nouvelle destinée à détrôner toutes les précédentes : le « looping dans le vide », qui procède à la fois du looping ordinaire, auquel il a emprunté son appareil en le compliquant, et de la llèclie humaine, puisque le cycliste exécute également un saut dans l’espace, mais singulièrement plus dangereux que celui de Mllt! Dulrieu puisqu'il a lieu, cette fois, la tète en bas.
- L’appareil du looping dans le vide apparaît, au premier abord, semblable à une boucle ordinaire dont le sommet ne posséderait pas de plancher. Le loopeur descend à toute allure une pente raide Ion-
- p.31 - vue 35/536
-
-
-
- 52
- LA NATURE.
- "uc de 52 mètres et inclinée à 45 degrés, remonte la partie ascendante de la boucle, puis, emporté par son élan, traverse, dans le haut de son appareil, un espace d’environ 5 mètres, la tète en bas, jusqu’à ce que, rencontrant la seconde partie de la piste, la bicyclette se remette à rouler le long de la partie descendante du loop et soit bientôt arrêtée h. la sortie de la boucle par des cordes munies de contrepoids.
- Cet exercice parait s’etTeetuer à l'encontre de toute loi de physique et Ton peut se demander comment il se fait que la bicyclette et son cavalier ne soient pas entraînés dans leur course aérienne par la force centrifuge, et comment les roues peuvent retomber d’aplomb sur la seconde section de la boucle.
- Un examen [dus approfondi de l’appareil (que reproduit très exactement la ligure ci-dessous)
- permet de se rendre compte de la possibilité de cet exercice. En elfet la boucle du looping dans le vide n’est pas constituée par un cercle parfait dont la partie supérieure aurait été retranchée : la section de la piste dans laquelle s’effectue l’ascension du cycliste forme un arc de cercle dont la corde serait relativement petite; cet arc est terminé par une courbe assez accentuée vers l’intérieur de la boucle. Au contraire la section de la piste, qui doit recevoir le cycliste après son saut aérien, est formée par un arc de cercle de large ouverture et dont l’extrémité supérieure dépasse de près d’un mètre
- Le looping dans le vide.
- la première section de la boucle ; celte deuxième partie de la piste est d’ailleurs d’une largeur double de celle de la première partie. On comprend alors facilement ce qui se passe ; lorsque le loopeur arrive, avec une grande vitesse, à l’extrémité de la partie ascendante de la boucle, sous l’action de la pesanteur et par suite de la forte courbure qui termine la juste, il tend à être précipité vers le centre de la boucle; au contraire la force centrifuge tend à le rejeter à l’extérieur. Or l’appareil a été combiné de telle façon que ces deux forces arrivent à se contrarier exactement et que le cycliste peut elfcctuer un saut d’environ o mètres dans une ligne voisine de l’horizontale.
- Quoi qu’il en soit, et malgré toutes les garanties dont il est entouré, cet exercice exige de ceux qui
- l’accomplissent, Barber au Casino de Paris, Àncilotti aux Eolics-Bergère, beaucoup de hardiesse et beaucoup de sang-froid. La partie la [dus délicate de cette expérience est certainement le moment où la bicyclette rencontre, après le saut, la seconde partie du loop. 11 se jjroduit alors un choc très violent et il faut au loopeur une grande habileté pour maintenir son guidon dans la bonne direction, la moindre petite déviation pouvant entraîner le cycliste hors de la boucle. (Jr tous les soirs les deux hommes exécutent ce tour d’adresse avec un calme et une sûreté qui font éclater la salle en applaudissements bien mérités. \V. Drancourt.
- Le Géranl : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiiui:, rue de Mourus, 9.
- p.32 - vue 36/536
-
-
-
- y 1
- 111 DECEMBRE lit 05.
- LA XATI RE.
- L,EXI)OSITION JAPONAISE D’OSAKA EN 1903
- Fig. 1. — Entrée principale et vue d’ensemble de l’Exposition d’Osaka, 1905.
- Une Exposition industrielle s'est tenue du 1er mars au 1er juillet 1905, à Osaka, — port qui compte près de 500000 habitants et que son excellente position sur la mer d’Idzoumi, au centre de l’empire du Mikado, lit surnommer le « Manchester japonais », vu son importance économique. Cette appellation pèche d’ailleurs un peu par la justesse puisque le commerce européen a plutôt son siège à Kobé qui sert d’a-vant-port à Osaka. Quoi qu’il en soit, c’est la cinquième exposition qu’organise le Japon ; la première de ce genre
- s’ouvrit à Tokio, en 1877; la seconde (1881) et la troisième (1890) eurent également la capitale japonaise pour théâtre tandis qu'on choisit Kiolo pour la quatrième (1896). L’Exposition d’Osaka occupait un
- 32 année. — 1er semestre.
- Fig. 2. — Palais des machines de l’Exposition.
- espace d’environ 105000 tsubos (54710 mètres carrés); elle coûta seulement 850000 yens, soit 2210 000 francs, et le nombre des objets qu’on y
- exhiba atteignit 510000 en chiffres ronds. Xous ne saurions entrer ici dans de grands détails. Nous nous proposons seulement, grâce à un excellent travail du comte Hirokichi Mutsu que nous avons sous les yeux, de présenter une rapide esquisse.
- Après avoir franchi l’entrée monumentale, que l’on aperçoit ci-contre (fig. 1), l'important palais de l’Agriculture attirait les regards du visiteur. Là sc trouvaient concentrés non seulement les produits culturaux du Japon, mais tous les instruments agricoles, une curieuse collection des insectes utiles et nuisibles
- 5
- p.33 - vue 37/536
-
-
-
- 54
- LA NATURE.
- aux végétaux, toutes les variétés de riz, de thé, et surtout quarante pommes magnifiques envoyées par l’administration locale de llokkaido, province oit l’on a récemment introduit avec succès différentes espèces de pommiers.
- Dans les batiments consacrés aux manufactures, on voyait les produits fabriqués les plus divers : etofïes de soie et de coton, porcelaines, laques, orfèvrerie, etc. Le gouvernement exposait des modèles de navires de guerre et des canons provenant de ses arsenaux. D’autre part, comme le Japon avec scs cinq cents îles possède un immense développement de côtes, la section de la pêche était particulièrement remarquable à l’Exposition d’Osaka : on comptait dans les vitrines de ses 15 000 exposants plusieurs centaines d’espèces de poissons, hôtes des eaux japonaises. Le palais de la Zoologie ne manquait pas plus d’attrait que celui des Forêts où se voyaient d’innombrables familles de plantes qui ont rendu si célèbre le pays de madame Chrysanthème.
- Commentons un instant les statistiques que les pédagogues officiels étalaient avec orgueil au palais de l’Enseignement. Elles montrent que, depuis un quart de siècle, le gouvernement mikadonal n’a reculé devant aucune dépense pour couvrir l’empire du Soleil Levant d’établissements d’instruction qui comptent actuellement 5 500 000 élèves. Les Japonais s assimilent de plus en plus les connaissances occidentales, ils ne se contentent plus d'apprendre ou d’imiter, ils sont passés maîtres à leur tour. Les écoles primaires ou secondaires voient chaque année leur population scolaire s’augmenter et des centaines d’étudiants se pressent autour des chaires de l’enseignement supérieur.
- Dans la classe des moyens de transport on remarquait, entre autres, l’exposition de la « Nippon \usen Kaisha », compagnie de navigation qui possède une flotte de 76 vaisseaux, et quelques modèles de steamers construits par les maisons Mitsubishi et Kawasaki qui peuvent soutenir la comparaison avec les grands chantiers maritimes européens.
- Le département des voies de communication avait présenté un musée rétrospectif des plus intéressants sur le service des télégraphes qui date de 1869 et sur celui des postes inauguré, au mois de mars 1871, entre Tokio, Kioto, Osaka, Yokohama et étendu depuis lors au pays entier.
- Comme le constatait récemment dans un rapport M. S. Lyon, consul des États-Unis à Kobé, le palais des Machines (fig. 2) était « une petite merveille », si 1 on considère qu’il y a trente ans à peine, aucune fonderie ni atelier de construction mécanique n existaient au Japon. Tandis que, cette année, à Osaka, des milliers d’exposants indigènes avaient envoyé les moteurs les plus perfectionnés et des machines de toutes sortes d’un fini achevé.
- Parmi les autres particularités dignes d’être signalées, n oublions pas le pittoresque Pavillon de Formose et surtout le bâtiment spécial qui abritait les échantillons de produits manufacturés étrangers. C’était
- une innovation que les expositions précédentes ignoraient et qui contribuait à donner un caractère international à ces solennelles assises de la civilisation d'Extrême-Orient. La France, la (irande-Brelagne, les États-Unis, l’Autriche, la Hongrie, plusieurs autres nations européennes ainsi que la Chine et la Corée avaient répondu à l’appel du gouvernement japonais. Enfin les amusements ne faisaient pas non plus défaut à l’Exposition d’Osaka. Le promeneur pouvait soit fréquenter les music-halls où les pimpantes filles de Kioto se livraient à d’échevelés exercices chorégraphiques, soit consommer quelques breuvages plus ou moins frelatés dans des cafés aménagés « à la française » ou bien entrer tout bonnement au « palais de l’Optique », attraction renouvelée de notre grande foire de 1900! Le Japon n’a décidément plus rien à envier au Vieux-Monde !
- ________ Jacques Boyer.
- L’ALCOOLISME
- ET LA PASTEURISATION DES VINS
- Cette idée n’est point notre, mais elle vient d’étre émise par un savant bien connu, notre collaborateur M. le DrA. Loir, et quoique la relation puisse sembler fort étrange au premier abord, nous tenons à en développer le principe, étantdonnée l’autorité sous laquelle il se présente.
- Le Dr Loir part de ce point de vue que le vin n’amène pas l’alcoolisme, qu’il possède au contraire des propriétés nutritives et stimulantes, et que les affections qu’il produit sur l’organisme humain sont causées par des maladies dont il serait atteint lui-mème. Bien entendu, le vin peut également être préjudiciable à la santé par suite des adultérations volontaires que lui auront fait subir les producteurs ou marchands; mais ceux-ci ont intérêt ou croient avoir intérêt à ces adultérations, grâce auxquelles ils augmentent leurs bénéfices, tandis qu’ils ne peuvent avoir intérêt à laisser se développer dans leur vin des maladies qui y amènent la présence de produits nocifs pour les consommateurs. Pour notre auteur, les médecins qui prohibent le vin dans l’alimentation des gens au moins maladifs, procèdent par généralisation imparfaite, ainsi qu’on dit en rhétorique, et attribuent au vin les effets nocifs produits sur l’estomac par certains vins malades, ce qui est trop souvent le cas.
- On comprend alors suivant quel raisonnement le Dr Loir arrive à cette conclusion que la pasteurisation peut être un moyen de lutter efficacement contre l’alcoolisme, en permettant de n’introduire dans la consommation que des vins absolument sains ; la médecine n’aura plus, selon lui, aucune raison pour proscrire le vin, et à mesure qu’on verra augmenter la consommation de ce dernier, celle de l’alcool diminuera dans une proportion correspondante. Nous n’avons pas du reste à parier de la pasteurisation des vins en soi : on sait qu’elle peut se pratiquer, et qu’elle se pratique souvent, sur la récolte entière d’une propriété, qu’elle ne donne pas le goût de cuit au vin traité, que ce chauffage méthodique préserve le vin de toute altération maladive. La pasteurisation s’applique même utilement à des vins doux, puisqu’elle peut conserver la levure vivante, tout en tuant les germes de maladies.
- Nous croyons devoir faire quelques réserves au sujet de l'affirmation de M. le l)r Loir, que le vin ne peut jamais en lui-mème nuire à notre organisme, s’il n’est atteint
- p.34 - vue 38/536
-
-
-
- LA NA T U HE.
- «ta
- d'une de ces maladies spéciales qui amènent des maladies d’un autre genre chez ceux qui le consomment. Mais entin on a compris la théorie. Il explique d’ailleurs « que le vin pasteurisé ne contiendra plus les acides et autres substances qui s’y produisent au moment où il est malade, et qui déterminent sur notre organisme la majeure partie des désordres que l’on impute au vin ».
- Il en conclut, et c’est là qu’il nous semble exagérer les choses, que du jour où la pasteurisation sera universellement pratiquée, les médecins n’auront plus d’excuse pour incriminer le vin. En tout cas, ce que nous voulons surtout retenir, c’est qu’on ne saurait trop recommander ce traitement par la chaleur, qui ne suffit pas sans doute à guérir les maladies du vin, mais qui peut toutes les prévenir, s’il est convenablement appliqué. II. 1).
- LES ANIMAUX MÉLOMANES
- On sait de quelle façon remarquable la musique agit sur certains animaux. Les réels tours de force accomplis aux Indes par les charmeurs de serpents sont trop connus, pour que je veuille m’y arrêter. Je laisse donc de côté la flûte enchanteresse et les ophidiens à l’oreille sensible.
- 11 se rencontre des mélomanes ailleurs que dans le monde rampant. On en peut observer à quatre et même à huit pattes. Voici quelques exemples dont j’ai été témoin.
- J’avais bien lu que les araignées, particulièrement, prenaient plaisir à écouter la musique; mais mon naturel sceptique me portait à douter. En de ces arachnides s’est chargé de me convaincre. La petite bète avait élu domicile sous ma commode. Elle y vivait en paix et je ne l’inquiétais jamais, ma chambre de garçon étant d’ailleurs assez vaste pour que nous y fussions à l’aise l’un et l’autre. En ce temps-là, je consacrais volontiers mes loisirs à la musique. Les sons que je tirais de mon violoncelle n’étaient pas, à beaucoup près, toujours agréables ; mais ils suffisaient à mon plaisir. Ma compagne n’était pas beaucoup plus difficile que moi ; car, bien souvent, je la surprenais au beau milieu de la pièce, campée sur ses longues pattes velues, le nez au vent, immobile, paraissant écouter avec infiniment de plaisir la mélodie qui s’échappait de mon archet. Le concert fini, elle regagnait prestement sa cachette.
- Trouvait-elle une certaine analogie entre les sons produits et le bourdonnement de quelque mouche énorme? Je l’ignore. S’il en était ainsi, le plaisir, chez l’araignée qui écoute la musique, serait avant tout une question d’estomac, puisqu’il aurait pour cause le vague espoir d’une bonne capture et une sécrétion gastrique anticipée. Les naturalistes diront peut-être un jour leur pensée à ce sujet en s’appuyant sur la physiologie.
- J’ai observé, sous les espèces fourrées d’un jeune chat, un autre mélomane. Celui-ci adorait les sons du saxophone. Presque chaque fois que je jouais de l’instrument, le minet venait s’asseoir en face de moi, sur un meuble élevé, à 3 ou 4 mètres de distance. 11 paraissait, très attentif et restait immobile pendant un bon quart d’heure.
- De temps en temps, poxr lui faire une farce, je changeais de pièce, laissant la porte entr’oiwerte derrière moi. L’animal m’y suivait bientôt et trouvait toujours le moyen de se placer convenablement pour voir et entendre à son aise. Ce chat, incontestablement, était amateur de musique. Je n’essaierai pas d’expliquer la chose. 11 me suffit d’en faire la constatation. E. IIenisiot.
- LES ROUTES EN FRANCE
- ET LES ANCIENS MOYENS DE TIUNSI'OKT
- Le développement récent, de raulomobilisme, joint aux concours internationaux de vitesse si fréquents ces temps derniers, a eu pour premier résultat de faire connaître la supériorité actuelle des constructeurs français et de répandre celte industrie, réellement d’origine Irançaise, dans toutes les parties du monde. Mais il a eu aussi cet autre résultat non moins important de montrer la supériorité, au point de vue de la circulation, des routes françaises sur celles des autres contrées européennes.
- Cette supériorité indiscutée n’a cependant pas été obtenue sans des dépenses considérables qu’il nous paraît intéressant de faire connaître, dépenses supportées en partie par l’Etat, mais dont la plus grande part, toutefois, revient aux départements et aux communes.
- Les voies de communication routières se divisent, comme on sait, en dilférentes catégories : les routes nationales, destinées aux grands courants naturels de circulation, construites et entretenues aux frais de l’Etat et dont le développement actuel est de 38 000 kilomètres ; les routes départementales construites et entretenues aux frais des départements et dont le développement est également de 38 000 kilomètres; entin, les chemins de grande communication, d’intérêt commun et vicinaux ordinaires, construits aux frais des départements et des communes et dont le développement total atteint aujourd'hui le chiffre de 620 000 kilomètres. La longueur totale des voies de communication, à l'état de viabilité, est donc en France de 702000 kilomètres.
- Le capital dépensé pour la construction de ces voies de communication monte au chiffre respectable de 7 milliards dont 5 pour les chemins de grande communication et vicinaux. C'est environ le tiers des dépenses faites pour les autres voies de communication (canaux, chemins de fer, rivières).
- Il est donc de l’intérêt de tout le monde de ne pas laisser dépérir un pareil capital et d’entretenir ces voies de communication avec le plus grand soin possible en réparant les chaussées à mesure de leur usure, afin de leur conserver leur épaisseur et leur viabilité primitive. Cette dépense d’entretien annuelle est d’environ 28 millions pour les routes nationales et de plus de 150 millions pour les voies à la charge des départements et des communes. C’est une dépense totale de 178 millions qui tombe annuellement à la charge des contribuables, soit sous la forme d’impôt, soit sous forme de prestations, c’est-à-dire du paiement de l’impôt en nature, soit en travail, soit en fourniture de matériaux.
- Mais cette perfection de nos routes françaises n'a pas été obtenue d’un seul coup et il n’y a pas bien longtemps qu’elles sont parvenues à leur état actuel. Voyons donc brièvement les dilférentes transformations successives, tant au point de vue de laconstruc-
- p.35 - vue 39/536
-
-
-
- tion qu’au point de vue des moyens de transports.
- Les Romains, lors de l’occupation des Gaules, établirent des grandes voies militaires dont on trouve encore actuellement de nombreux vestiges. Mais ces voies romaines, construites avec soin, cessèrent, après l’occupation, d'être entretenues et, sauf quel-
- Fig. 1. — Carrosse de voyage de Paris à Amboise (Règne de Louis XV).
- voies servant à quelques grands courants de circulation, comme ceux nécessités par les Croisades ou les pèlerinages, il ne restait plus que quelques voies locales tracées, du reste, au hasard. Les quelques
- •pies réparations faites par Charlemagne qui y employa les troupes, tout progrès cessa. Au Moyen âge, par suite des guerres perpétuelles et des morcellements de territoire, tout ce qui restait des grands chemins disparut ; ceux-ci furent obstrués, coupés ou envahis par la végétation. Sauf quelques
- Fig. 2. — Coclie d’eau de Paris à Auxerre (1757).
- grands chemins conservés ne recevaient aucun entretien, étaient dépourvus d’encaissement et, lors des pluies, ils devenaient complètement impraticables et l’on trouvait souvent avantage à passer à tra-
- vers champs. Vers 1000, il n’existait, du reste, dans toute la France, que 50 grands chemins. Les voyageurs ne pouvaient circuler qu’à cheval et le transport des marchandises ne pouvait se faire que par des bêtes de somme ou de grossières charrettes pendant l’été. Les choses s’améliorèrent sous Henri IV, d’abord avec Sully, ensuite avec Colbert qui lit ouvrir un certain nombre de routes nécessaires à
- l'approvisionnement de Paris et créa, surtout, « l’Etat du Roi », c'est-à-dire une dotation affectée à la construction des routes et des ponts.
- C’est également vers cette époque qu’on commença à employer de véritables chaussées formées, au fond de Rencaissement (fig. 5), de une ou deux rangées de grosses pierres plates au-dessus desquelles on versait des pierres cassées de diverses grosseurs, en
- p.36 - vue 40/536
-
-
-
- LA N ATI: R K.
- Tu
- ayant soin de placer les plus grosses à la partie inférieure. Malgré l’épaisseur de cette niasse de cailloux qui atteignait 0m,50, des ornières s’y produisaient constamment, formant un frayé que toutes les autres
- voitures suivaient. Au bout de très peu de temps, ces chaussées devenaient détestables.
- Les litières portées soit par des hommes, soit par des chevaux, permettant d'utiliser les mauvais
- Fi". 5. — Diligence Laffitte et Caillant (type 1828).
- chemins ou les sentiers, et qui servirent, tout d'abord, au transport des voyageurs, furent remplacées par le « char » ou « chariot ». Ce véhicule qui n’était qu’une grossière charrette, d’abord non suspendue, puis, ensuite, suspendue au moyen de chaînes, d’où le nom de « chariots branlants », fut remplacé par le « coche », plus élégant, de forme arrondie et surmonté d’un baldaquin soutenu par des colonnes en bois.
- C’est dans un de ces coches qu’Henri TV fut assassiné par Ravaillac.
- Puis, vint le « carrosse », plus grand, plus robuste et plus confortable que le coche, pouvant transporter huit voyageurs et leurs bagages. En 1691,
- Paris était relié par des services publics avec carrosses aux principales villes de France. La figure I représente un carrosse de voyage à son arrivée à Amboise dans la première moitié du xvme siècle.
- Malgré les améliorations des voies de communication et des moyens de transport, la circulation
- sur ces routes, surtout pendant la mauvaise saison, n’était pas toujours sans difficultés; aussi avait-on établi entre Paris et certaines villes reliées par la
- Seine ou ses aflluenls, des « coches d’eau ». Ces coches d’eau, dont le bureau a été longtemps à la pointe de Pile Sain t-Loui s, desservaient Chàlons par la Marne, Auxerre et Rouen par la Seine. A la remonte, ils étaient traînés par des chevaux et, à la descente, ils glissaient au fil de l’eau. A la fin de 1786 on mettait quatre jours pour aller de Paris à Rouen et le prix était de 6 livres. Ces « galioles », comme on les appelait, ne disparurent que vers le commencement du xixe siècle. La figure 2 représente le coche d’eau de Paris à Auxerre en 1757.
- Vers la même époque, ïrésaguct, ingénieur de la généralité de Limoges, réussit, à lorce de recherches, à améliorer le système de chaussée employé jusqu’alors. Au lieu de faire la fondation avec des
- p.37 - vue 41/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 58
- pierres plates, sans solidarité et sujettes à se déplacer, il la forma (fig. 5) au moyen de pierres posées de champ fortement assujetties les unes contre les autres et il recouvrait cette fondation d’une première couche de cailloux cassés, posés à la main et battus à la masse, afin de réduire, au minimum, le vide, puis d'une deuxième couche de cailloux cassés à la grosseur d’une noix, formant revêtement. Il obtenait ainsi une chaussée d’une épaisseur réduite à 0m,27, très solide et qu’on pouvait maintenir dans un état de viabilité excellent, beaucoup de chaussées de ce système existent encore en France.
- Grâce à cette amélioration des chaussées, on put employer la « chaise de poste » qui permit d’accélérer les voyages. C’était, d’abord, un fauteuil pour deux personnes, de l’orme élégante, dont la caisse était munie d’une suspension perfectionnée. Les chevaux, conduits par des postillons, marchaient à l’allure de 10 à 12 kilomètres à l’heure. Mais ce moyen
- de transport était d’un prix élevé. C’est alors que parut, vers le milieu du xvme siècle la « diligence » dont le tarif était inférieur à celui des voyages en poste. Elle transportait huit personnes et leurs bagages et faisait le parcours de Paris à Lyon en cinq jours en été et six en hiver pour le prix de 100 francs, nourriture comprise. Dans la diligence primitive les bagages occupaient l’avant de la voiture ; plus tard elle comporte à l’avant un compartiment ouvert pour trois personnes et les bagages sont reportés au-dessus de la voiture et à l’arrière.
- Vers 1820 la diligence subit une transformation complète. Elle est à trois compartiments : coupé, intérieur, rotonde, surmontés d’une impériale pour les bagages, avec banquettes. Elle est traînée par cinq chevaux conduits par un postillon (fig. 4). Sous le règne de Charles X, le postillon disparaît et est remplacé par un cocher (fig. 5). La figure 6 représente la berline de poste sous Louis-Philippe.
- Outre le service des diligences, il existait encore le service destiné au transport des dépêches, service créé par Louis XI en 1044. En 1795, fut
- installé le service des malles-postes, comportant le service des voyageurs et des dépêches. Ces voitures, couvertes d’une hache en cuir, étaient montées sur deux énormes roues et attelées de trois chevaux, dont l’un portait le postillon. La caisse de la voiture était en osier, d’où le nom de « panier à salade ». Les dépêches étaient à l’arrière, et deux ou trois voyageurs étaient placés sur des banquettes suspendues au moyen de courroies. La vitesse était de deux lieues à l’heure et le prix par place et par poste variait entre I franc et 1fr,50. La malle-poste, représentée ligure 7, date de la Restauration. Elle est perfectionnée et le nombre des chevaux est porté à quatre, dont deux montés par des postillons. Il y a quatre places, deux en avant, deux en arrière, et les dépêches sont à l’arrière de la voiture. En 1828, grâce à l’amélioration des chaussées, la vitesse est de quatre lieues à l’heure.
- Les malles-postes et les diligences disparurent au fur et à mesure de la construction des chemins de fer. La dernière malle, celle de Toulouse à Montpellier, cessa son service en 1857. C’est également vers cette époque que disparurent les diligences à grand parcours. Quelques-unes, cependant, qui reliaient Paris avec certaines villes éloignées et non encore reliées par des voies ferrées, continuèrent le service jusqu’à l’achèvement complet du chemin de fer. Au point de soudure de la route et du chemin de fer, on transportait, au moyen d’une grue, la caisse do la diligence de son train de roue sur un wagon plat au moyen duquel elle achevait son parcours sur les rails, dispositif assez peu pratique. Si nous revenons aux chaussées, nous voyons, vers 1820, se produire une nouvelle amélioration. Les idées de l’ingénieur anglais Mac-Adam commencent à se répandre en France. Mac-Adam condamne, en principe, le système de fondations des chaussées; il la trouve inutile, pourvu que les matériaux soient assez fins pour répartir la pression sur le fond de l’encaissement et que la chaussée soit assez imperméable pour rejeter les eaux sur les accotements. On peut ainsi réduire l’épaisseur de la chaussée à 0m,25 au maximum. La construction de la chaussée (fig. 5) est, de la sorte, très simple et consiste à remplir l’encaissement de cailloux, cassés à la grosseur convenable. Les bordures en pierre, nécessaires avec le système précédent, deviennent inutiles; la limite entre l’accotement et la chaussée n’est plus marquée par des pierres saillantes dangereuses pour la circulation, et, grâce au bombement, l’écoulement de l’eau se fait facilement. Mais, avec ce système, les matières d’agrégation nécessaires pour la cohésion de la masse de cailloux n’était obtenue que par les détritus provenant de l’usure des pierres. C’est alors qu’en 1854, Polonceau proposa
- p.38 - vue 42/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 50
- d’incorporer artificiellement ces matières d’agrégation à la chaussée. Pour cela, après avoir rempli de cailloux cassés h la grosseur voulue l’encaissement, il fait passer sur la chaussée un rouleau compresseur qui tasse la masse de cailloux et diminue les vides. Puis, après cette première opération, il jette à la pelle sur la chaussée les matières d’agrégation qu’on fait pénétrer dans la chaussée au moyen d’arrosages et un second cylindrage avec le rouleau compresseur donne une chaussée résistante et aussi parfaite que si elle avait un long usage. C’est le procédé suivi actuellement pour toutes les chaussées construites en France. Il donne des résultats excellents, et c’est grâce à lui, quand il est bien appliqué et que les matériaux sont bons, que nous avons les bonnes chaussées empierrées de nos routes françaises. La seule amélioration nouvelle a été le goudronnage dont nous ne nous occupons pas ici.
- __^______ R. Bo.nnin.
- L’EXPOSITION DE LAITERIE DE HAMBOURG
- L’exposition de laiterie qui a eu lieu ces teipps derniers à Hambourg et qui était installée au vélodrome de Ro-therbaum réunissait dans ce bâtiment et dans les jardins attenants tous les appareils, les machines, les installations permettant la production et Tutilisation du lait selon les lois les plus rigoureuses de l’hygiène, sa distribution rationnelle dans une grande ville, enfin divers produits alimentaires dérivés du lait.
- Une vacherie modèle était organisée dans les jardins de l’exposition. On y visait à la propreté la plus méticuleuse; les murs étaient enduits de peinture porcelaine, le sol couvert d’un enduit de ciment facile à nettoyer, mais trop glissant pour les bestiaux.
- Ln certain nombre de vaches laitières de divers types du Holstein étaient réunies dans cette vacherie modèle; la traite était pratiquée sous les yeux des visiteurs d’une matière rationnelle et conformément aux principes de la plus rigoureuse asepsie. Les vachers nettoient à l’éponge humide la croupe et le pis des animaux, leur immobilisent la queue et rejettent le premier lait de chaque trayon qui est chargé de bactéries nuisibles le plus souvent.
- L’influence exercée par la nourriture et l’état de santé des vaches laitières sur le lait qu’elles produisent était mis en évidence dans les sections organisées par les instituts scientifiques de Hambourg et de plusieurs autres villes allemandes. L’institut botanique de Hambourg montrait les plantes modifiant la couleur du lait, son arôme, son goût, ou influant sur la santé des vaches laitières.
- Les instituts vétérinaires de Hambourg, Berlin, etc., faisaient connaître les maladies et les affections pathologiques d’origine bactérienne, les dégradations subies par les organes atteints et l’aspect des cultures pures des bactéries nocives. Un laboratoire avait été aménagé pour des démonstrations simples et pratiques : dosage de la matière grasse, des impuretés, analyse sommaire des laits.
- Les appareils de laiterie présentaient peu de nouveautés : seuls quelques appareils à pasteuriser le lait dans le genre de l’appareil Kleemann sont à signaler, ainsi qu’un nouvel appareil français permettant d’obtenir du lait excellent stérilisé en bouteilles pleines, sans aucun index d’air entre le bouchon et le liquide, ce qui évite l’agglomération des globules gras lors du transport.
- Pour la vente du lait au détail, l’Allemagne suit les méthodes en usage au Danemark : les voitures transportent en ville les différentes catégories de lait dans d’immenses bidons à robinet qui servent à débiter à chaque consommateur la quantité demandée.
- Cette manière de procéder offre l’avantage d’éviter un transvasement toujours préjudiciable en ce qu’il multiplie les chances d’altération du lait. Avant d’ètre mis dans ces bidons le lait est généralement filtré sur du sable, du gravier ou du coton, ou au filtre centrifuge, puis pasteurisé et refroidi. Plusieurs installations complètes de ce genre de préparation figuraient à l’exposition et fonctionnaient sous les yeux du public.
- À côté de ces appareils destinés à la laiterie commerciale, l’exposition de la laiterie de Budapest et surtout celle de la laiterie centrale de A’ienne montraient la parfaite organisation de leurs établissements qui traitent plus de 50 000 litres par jour. Une section spéciale avait groupé les travaux des établissements scientifiques de laiterie de Kiel, Prenzlav, Hameln, etc.
- Quant aux faits préparés et aux dérivés du lait, ces produits étaient représentés par de nombreux échantillons. Les Allemands ont poussé très loin l’art de ces prépara-lions. Cette section présentait du lait stérilisé simple, fixé et stérilisé, chocolaté, maternisé, s’appliquant à tous les âges ou fait spécialement pour tel moment de l’allaitement, du lait condensé avec ou sans sucre, du lait en poudre, de la crème en poudre et des composés plus complexes, un extrait de lait analogue au Liebig, enfin une matière imitant parfaitement l’ivoire, l’écaille, le corail : la galalith, un dérivé de la caséine.
- Il est à remarquer qu’à côté des laits de toute nature, l’exposition de laiterie de Hambourg ne présentait aucun autre produit laitier. Le beurre allemand ne jouit d’aucune renommée, et quant aux fromages c’est à l’étranger que l’Allemagne achète ceux qu’elle consomme. Aussi la plupart des fromages français trouvent-ils en Allemagne un débouché avantageux. C’est donc de ce côté que devront se porter les efforts de nos producteurs pour maintenir à nos produits la renommée qui en assure la vente1 •
- UNE RLANCHISSERIE MODÈLE
- A PARIS
- ' Un aphorisme, qui remonte sans doute à une haute antiquité, nous recommande de laver notre linge sale en famille et cependant l’usage est devenu général dans les grandes villes de s’en rapporter pour ce soin à des industriels qui, centralisant dans leurs cuves les chemises ou les mouchoirs de personnes appartenant à des milieux très différents, ne font peut-être pas toujours appel à toutes les ressources que pourrait leur suggérer le souci de l’hygiène sociale, on sait quels inconvénients en résultent.
- Notre attention a donc été attirée par un nouvel établissement que vient de fonder tout récemment M. Charvet, qui, mettant à profit les progrès de la science, vient de réaliser une installation de blanchisserie qui peut être considérée comme un modèle du genre, le premier de cette nature créé en France.
- Se préoccupant tout d’abord de la question de contamination que peut apporter le linge provenant
- 1 Communication du Consulat général, Journal officiel.
- p.39 - vue 43/536
-
-
-
- 40
- LA NATURE.
- de malades atteints de variole, scarlatine, de tuberculose ou d’autres maladies microbiennes, non seulement au linge des autres clients, mais aussi au personnel chargé du triage à l'arrivée, il s’est assuré la production abondante de l’ozone au moyen des ozo-neurs Otto que nous avons décrits ici il y a quelques années1 ; il dispose ainsi d’un puissant désinfectant qu’il a toujours sous la main. Les appareils (fig. I ) sont installés dans une chambre spéciale, bien fermée pour éviter tout danger provenant de l’électricité à très haute tension utilisée, comme on sait, pour cette fabrication. Les sacs qui arrivent à l’usine portent
- tous un numéro d’ordre et [tassent immédiatement de la voiture qui les apporte dans de grandes cuves situées au niveau de la rue (fig. 2). Dès qu’une cuve
- est pleine on la ferme hermétiquement et on y fait arriver un jet de vapeur, de façon à bien en imprégner tout le linge; ensuite on introduit l’ozone par une canalisation spéciale et on attend environ 25 minutes. Au bout de ce temps la désinfection est considérée comme complète et la cuve s’ouvre par le bas, laissant tomber les sacs dans le sous-sol; c’est là qu’ils sont ouverts par le personnel chargé du triage. Chaque objet est muni d’un ruban, portant le même
- Fig. 1. — Fabrication de Fozonc au moyen des appareils Otto.
- Fig. 2. — Cuves à désinfection par l'ozone.
- numéro d’ordre que le sac, et qui ne le quittera [dus pendant toutes les opérations successives; sui-1 Yov. n° 1377, tlu 14 octobre 1899, p 311.
- vant sa nature il est dirigé vers les appareils qui doivent le traiter. S’il y a eu amidonnage antérieur, on le traile par la diastase et on s'assure, par un essai
- p.40 - vue 44/536
-
-
-
- LA N AT UH K.
- 41
- chimique de l'eau de lavage, que toute trace d’amidon a disparu, ce qui a son importance si l’on veut éviter que le linge jaunisse lorsqu’il est conservé pendant quelque temps avant usage. Le linge passe
- ensuite dans une série de barboteuses où il est mis en contact intime avec l’eau de savon chaude, puis il est rincé et essoré (fîg. o); les objets plus délicats sont traités h la main (lig. 4). Le séchage est
- Fi". 5. — I nc Laiterie de barboteuses et d’essoreuses.
- fait à l’étuve. L’apprêtage et le repassage sont con- I toujours muni de son numéro d’ordre, à la salle de liés à de nombreuses ouvrières et le linge arrive, | classement où il est mis en corbeilles pour être re-
- Fig. i. — Lavage à la main des menus objets.
- tourné au client, avec le sac destiné à un nouvel envoi.
- La Ville de Paris, comprenant l’intérêt qu’il y avait à faciliter l’installation d’un établissement de blanchisserie qui pût servir de modèle aux services
- hospitaliers ou municipaux soucieux de se mettre au courant des progrès dictés par les règles de l’hygiène, a largement aidé l’initiative de M. Charvet pour l’application de son heureuse idée.
- p.41 - vue 45/536
-
-
-
- 42
- LA NATURE.
- Après avoir fait étudier, sous la surveillance du Conseil d'hygiène, les procédés de désinfection employés par cet industriel, la Préfecture de la Seine lui a, en effet, concédé la jouissance de l’un des pavillons du marché Saint-Honoré, en plein centre de Paris, à condition que toute l’installation lit retour au bout de 25 ans à la Ville de Paris pour ses services municipaux, et que, pendant toute cette période, l’établissement put être constamment visité et étudié par les délégués des services d’hygiène pour lesquels il put en quelque sorte constituer un laboratoire d’étude des procédés de blanchissage hygiénique.
- L’installation a été faite dans le pavillon par l’architecte Gaultier, elle est fort bien comprise de façon que le linge suive une marche méthodique en passant, sans perte de temps, d’un appareil à l’autre.
- I/électricité destinée à l’éclairage, aux ozoneurs, ou à la transmission de force pour les 8 moteurs qui actionnent les appareils, est faite dans l’établissement môme au moyen de 2 machines à vapeur verticales de 55 chevaux chacune, attelées directement à 2 dynamos de 57 kilowatts chacune.
- Les procédés scientifiques s’introduisant partout aujourd’hui il ne faut pas s’étonner de les voir remplacer avantageusement la lessive de nos ménagères. L’exemple donné par M. Charvet en ce qui concerne la désinfection préalable du linge par le blanchisseur s’impose pour les hôpitaux, les lycées, les collèges et en général tous les établissements où la promiscuité peut être une cause d'épidémie ou de contagion ; il sera aussi, nous l’espérons, un stimulant pour l’initiative privée et cela pour le plus grand bien de la santé publique. G. Cuai.marks.
- LES SENS DES SAUVAGES
- On croit généralement que les sauvages sont doués de sens extraordinairement développés, en dehors de toute proportion avec les nôtres. Tous les récits de voyages fourmillent d’exemples typiques qui mettent les hommes primitifs bien au-dessus de nous en ce qui concerne la délicatesse de leurs sensations. Il faut cependant en rabattre, et constater que tout ce qu’on a dit à leur sujet est très fortement exagéré ; toutes les fois qu’on les a soumis à une expérimentation tant soit peu scientifique, on a constaté que leur soi-disant supériorité se trouve être minime quand elle existe. Le fait vient d’être démontré d’une façon éclatante par une expédition scientifique anglaise qui, dirigée par le Dr Haddon, a exploré les parages désolés d u d étroit de T orrès. Convaincu de ce principe, qu’un peuple ne peut être considéré comme connu tant qu’on ne possède pas ses caractéristiques psycho-physiologiques, il s’est entouré de spécialistes comme les Drs hivers, Myers et Mac Dougall, pour étudier d’une façon complète les indigènes de l’île Murray. Le nombre restreint de ceux-ci (450 environ) permettait de consacrer à leur étude le temps nécessaire : les quelques mots d’anglais qu’ils savaient rendaient les recherches plus faciles.
- Les épreuves d’optique, confiées au Dr hivers, ont consisté à évaluer l’acuité visuelle, au moyen d’un écran sur lequel était peint la lettre E et dont les sujets d’expérience
- devaient indiquer la position : couchée, inclinée, renversée, etc. On constata que leur acuité était à peine supérieure à celle d’un Européen normal. En sorte que les cas de vue extraordinaire, rapportés par les explorateurs, doivent être mis simplement sur le compte de la remarquable faculté de coordination des images et d’attention soutenue que possèdent les sauvages.
- La vision des couleurs a donné aussi d’intéressants résultats. On sait combien était pauvre la nomenclature des couleurs dans l’antiquité au point que certains auteurs ont pu en déduire que la connaissance qu’en avaient les anciens était peu développée. Cette opinion, très combattue par une certaine école, est corroborée par ce fait que les habitants de l’île Murray ne perçoivent que d’une façon vague les couleurs qui ne sont pas représentées pour eux par un mot déterminé. 11 est d’ailleurs curieux de remarquer que sur 107 individus examinés, pas un seul cas de daltonisme n’a été constaté, tandis qu’en Europe on en compte environ 4 pour 100. On peut rapprocher de ce fait les particularités observées sur la vision périphérique des couleurs. Chez l’Européen, la zone sensible au rouge et au vert est plus étroite, tandis que celle du bleu et du jaune est plus large. Au contraire chez l’habitant de l’île Murray, la zone verte est la plus petite, la rouge empiète sur la périphérie et la bleue est la plus grande de toutes.
- En tout ce qui concerne le contraste des couleurs, les images consécutives, la vision binoculaire, les illusions de Zollner, il n’y a guère de différences avec les civilisés.
- C’est au Dr Myers qu’est échue la tâche ingrate des observations sur l’audition, rendue plus difficile encore par les perturbations de l’ouïe dues à l’habitude de plonger pour pêcher des perles. En opérant sur des sujets jeunes il a pu constater qu’ils étaient inférieurs aux Européens tant pour l’acuité de l’audition que pour l’appréciation des intervalles des sons, ceux-ci étant produits à l’aide de l’échelle des sifflets de Gallon. Pourtant, chose remarquable, l’étendue de cette série était plus grande ehezles sauvages que chez les civilisés. L’olfaction fut difficile à étudier à cause des difficultés opposées par les indigènes; l’expérimentateur a pourtant cru reconnaître que là encore on se trouvait en présence d’une sensibilité normale, ce qui n’a pas lieu de surprendre.
- Dans la gustation, le seul fait saillant fut l’absence de tout mot désignant l’idée d’amertume. Par contre la sensibilité cutanée et l’évaluation du poids furent trouvées bien plus affinées que chez la moyenne des Anglais. La théorie qui attribue la sensibilité cutanée de l’Européen à l’usage des vêtements reçoit ainsi une forte atteinte.
- Enfin l’égalité devint absolue entre sauvages et civilisés lorsque l’on aborda la question si complexe des temps de réaction sauf dans le cas de réponse à un signal visuel où les indigènes réagissaient lentement, ce qui peut s’expliquer par l’imprévu et l’étrangeté de cette expérience pour eux.
- Il est permis de croire que les difficultés que rencontrèrent les expérimentateurs dans l’échange de leurs idées avec les primitifs altérèrent dans une certaine mesure les résultats des travaux qu’ils ont effectués.
- Néanmoins, l’ensemble de ces recherches dont nous n’avons pu donner qu’une idée très générale, et qui sont d’ailleurs à compléter, présente un très vif intérêt ; elles font vraiment honneur aux savants qui les ont exécutées et à l’Université de Cambridge, créatrice de cette mission qui marque un des premiers pas faits vers l’étude intégrale des populations primitives.
- Fr. de Zeltner.
- p.42 - vue 46/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 4a
- ÉPURATION ET COMBUSTION
- DF. f'aCFTYI.KNT,
- L’acétylène brut, tel qu’il est produit au moyen des appareils, même les plus perfectionnés, est toujours impur; en effet la chaux et le charbon, matières premières qui servent à la fabrication du carbure de calcium, contiennent toujours des corps étrangers en plus ou moins grande quantité, qui se retrouvent dans le gaz sous d’autres formes et occasionnent, dans les applications, divers inconvénients dont certains sont très sérieux.
- Parmi les impuretés les deux principales sont l’hydrogène phosphoré et l'hvdrogène sulfuré. Les deux gaz donnent naissance, en brûlant au contact de l’air, l’un à de l’acide phosphorique et, par suite, à des fumées blanches délétères caractéristiques et tà une odeur alliacée fort désagréable, l'autre de l’acide sulfureux dont on connaît les etfets pernicieux au point de vue de la santé.
- L’acétylène brut, provenant de certains appareils, contient, en outre, de l’ammoniaque par suite d’un manque de lavage et des produits goudronneux résultant d'une production à température trop élevée. Enfin il entraîne avec lui de la chaux pulvérulente. Chacun de ces corps contribue, suivant ses propriétés, à détériorer les dorures et les peintures, oxyder les objets en métal, décolorer les tissus, ternir les vitres et enlin à encrasser rapidement les brûleurs servant à la combustion du gaz.
- Tous ces inconvénient s sont assez graves pour que l’épuration de l'acétylène s’impose. Parmi les procédés qui ont été proposés celui du professeur ITlmann, de la faculté de Genève, est remarquable par sa simplicité.
- Au moyen d’un seul produit il réalise économiquement, avec des appareils peu encombrants et des manipulations à la portée du premier venu, l'élimination de toutes les impuretés.
- Ce produit, qui a reçu le nom d’Uératol, a été combiné par le professeur ITlmann à la suite d’expériences qui lui ont démontré que, dans certaines conditions, contrairement à l’opinion généralement admise, l’acétylène n'est pas décomposé par l’acide chromique. L’Hératol est une poudre jaune très perméable au gaz, composée de deux éléments : un support poreux et une solution à base d’acide chromique dont ce support est imprégné. Cette poudre est placée dans un épurateur (fig. 3) intercalé entre l’appareil producteur et la canalisation. Lorsque le gaz traverse l’épurateur, l’hydrogène phosphoré et l'hydrogène sulfuré empruntent à la solution chromique la quantité d’oxygène nécessaire pour se transformer en sels de chrome. L’ammoniaque est neutralisée par l’acide, enfin les produits goudronneux et la chaux pulvérulente sont retenus dans les pores du support. En s’épuisant, la matière change peu à peu de couleur par suite de la production de sels de chrome dont elle prend la couleur verte ca-
- ractéristique. Ce changement de couleur permet, au moyen des regards vitrés dont les épurateurs sont munis, de se rendre compte du moment où il doit être procédé à leur rechargement .
- 11 résulte d’une communication faite par M. E.-T. Javal le 2 juillet 1902, à l'Union Française des Aeé-tylénistes, que l’Hératol supprime l’encrassement des brûleurs d’une façon tellement radicale qu’un bec mis en observation n’aurait présenté, après une marche de plus de 2000 heures, aucune trace d’encrassement ni de détérioration alors qu’avec les autres matières épurantes il serait loin d’en être ainsi. A l’appui de son dire l'auteur résume, dans un tableau graphique que nous reproduisons (lig. 1), le résultat des essais comparatifs qu’il a faits, simultanément et dans des conditions en tous points identiques, entre UHératol et les deux meilleures matières épurantes. Ces deux matières, l’une à hase de chromate de plomb et de sels de chlore, l'autre à hase de chlorure de chaux, donnent, au point de vue de l’élimination des impuretés, des résultats se rapprochant de ceux obtenus avec l’Hératol.
- Dép »rt
- ère i ba
- rruque -
- 8 M
- 10 20 30 W 50 60 10‘ 80 90 100 110 120 130
- ZMotuEu.&L Nombre d'heures d'allumage
- Fig. 1. — Ilrliils (1rs fourneaux en fonction du nombre d'heures d'allumage.
- De l’examen de ce tableau il résulte qu'avec l’Hératol la diminution de débit, autrement dit l’encrassement des becs, est nul, tandis que, dès la dixième heure, il se fait sentir avec la matière à hase de chromate de plomb et est très considérable avec la matière à base de chlorure de chaux. L’encrassement des brûleurs avec ces matières épurantes serait dû à l’entraînement par le gaz de produits chloreux venant obstruer leurs très petits orifices.
- 11 ne suffit pas que l’acétylène soit convenablement épuré, il faut encore qu’il soit utilisé dans des brûleurs convenables. En effet, on a affaire à un hydrocarbure excessivement riche en carbone, et il est indispensable, pour que sa combustion soit parfaite, que l’air arrive à la flamme en quantité suffisante pour éviter que l’hydrogène, brûlant d’abord une partie du carbone, devienne libre et rende la flamme fuligineuse; il est indispensable aussi d’éviter que l’orifice des brûleurs atteigne la température à laquelle le gaz, se décomposant à leur contact, déposerait des parcelles de carbone qui, peu à peu, détermineraient leur obstruction.
- Ces deux écueils sont évités au moyen des becs conjugués à entraînement d’air, connus sous les noms de bec Huilier, bec Naphé, bec Dollan, etc. —
- p.43 - vue 47/536
-
-
-
- U
- LA NA Tl-ni-:.
- Ces brûleurs sont réalisés par la combinaison de deux becs placés en position telle que leurs jets gazeux se rencontrent à peu près à angle droit; chacun de ces becs se compose d'un petit orifice suivi d’un deuxième orifice de plus grande section isolé du premier par un espace dans lequel l'air arrive librement.
- Le gaz s’échappe du premier orifice, entraîne avec lui, ou plus vraisemblablement autour de lui, une certaine quantité d’air au travers du deuxième orifice à la suite duquel la combustion se fait en un jet rond. Les deux jets s'écrasent en se rencontrant et la flamme prend la forme d’un papillon présentant une grande surface en contact avec l’air, ce qui assure la combustion des dernières traces de carbone. D’autre part l’air entraîné forme un matelas isolant qui empêche que la chaleur due à la combustion se propage jusqu’à l’orifice d’émission. D’aprèsl’au-tcur de la communication dont nous avons parlé plus haut les memes résultats seraient obtenus, lorsqu’on emploie du gaz vraiment pur, avec des becs conjugués, sans entraî-nement d’air, construitsd’après les i n d i c a t i o n s qu’il donne1.
- La combustion de l’acétylène dans les appareils destinés au chauffage présente, elle aussi, de très réelles difficultés et les premiers appareils réalisés avaient de tels inconvénients qu’il semblait douteux qu’on pût jamais parvenir à utiliser pratiquement la très grande chaleur produite par le mélange d’acétylène et d’air. On obtenait bien, au
- 1 Yoy. « Itevuo générale (te l’Acétylène », année 1902, n°6.
- moment de rallumage, la llamme chauffante caractérisée par sa couleur bleue, mais cette flamme devenait rapidement blanche puis fuligineuse. Ce changement de régime, motivé principalement par réchauffement se communiquant des brûleurs aux orifices servant à
- l’introduction de l’air, déterminait la dilatation de celui-ci qui, par suite, n’était plus entraîné par le gaz en quantité suffisante. Actuellement il existe des appareils de chauffage par l'acétylène fonctionnant d’une façon aussi satisfaisante que les appareils de chauffage au gaz ordinaire. Dans le réchaud que nous représentons (fig. 2) la propagation de l’écbautfemen t est évitée par une grande surface en contact avec l’air constituée par un radiateur à ailettes et par l’éloi-gnemenl des brûleurs de leur support. Ce réchaud
- présente, de plus, une particularité intéressante consistant dans la suppression des retours de llamme sans avoir recours, comme on le pensait jusqu’alors indis pensable, à l’interposition de toiles métalliques dont le moindre défaut était de nécessiter de fréquents nettoyages. Les grands progrès que nous venons d’indiquer suffiraient seuls à expliquer la rapidité avec laquelle l’emploi de l’acétylène se généralise de plus en plus; en effet, grâce à l’épuration et au perfectionnement des brûleurs, grâce aux applications.de ce gaz au chauffage, il rend aujourd’hui les mêmes services que le gaz de houille ; et il a l’avantage d’être plus économique et de fournir une lumière plus agréable et une chaleur plus intense. J. Leroy.
- p.44 - vue 48/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 45
- LE THERVIOPHILE ELECTRIQUE
- TISSU CHAUFFANT PAU l’ÉLKCTRICITK
- l ne curieuse et importante application de l'électricité vient de surgir, et d'autant plus intéressante qu'il s’agit du chauffage par l'électricité mis en pratique sous une forme élégante et de grande utilité dans la vie courante.
- La pensée d’utiliser dans un tissu la chaleur dégagée par des fils con-ducteurs d’électricité n’est pas nouvelle en elle-même, puisqu’on a déjà réalisé des toiles métalliques formant rhéostat et même des tissus d’amiante chauffants ; mais ces tissus destinés surtout à de hautes températures avaient leur emploi limité, de plus ils n’étaient que flexibles et manquaient de la souplesse des véritables tissus.
- Le système imaginé par un ingénieur de Val-doie-Belfort, M. Camille Herrgott, est établi principalement pour des températures peu élevées, le thermophile électrique est susceptible de se présenter uni aux matériaux de tous tissus de chanvre, decoton, dclaine, de soie et surtout il laisse à ces tissus tous leurs aspects connus et toute leur souplesse ordinaire.
- Un tel résultat est d’abord obtenu avec le fil textile et électrothermique qui est une mèche spécialement composée de fils textiles et de fils conducteurs, de telle sorte que les fils textiles travaillent seuls à la traction, cela à tel point que, la partie purement textile enlevée, les fils conducteurs peuvent sans effort être allongés de 10 pour 100; ils ne travaillent donc
- qu’électrothermiquemeni. Ce fil chaullant est ainsi fabriqué en toutes grosseurs appropriées aux tissus légers ou lourds, tapis ou feutres, qui sont confectionnés sur les métiers mécaniques usuels tout comme le fil purement textile dont il prend la place. Les tissus thermophiles sont auto-résistants, par conséquent employés sous une tension électrique déterminée. Ils ne peuvent, déployés, que donner la température uniforme pour laquelle ils ont été fabriqués; de plus le duitage des fils électrothermiques étant très serré, les fils chauffants sont à une température à peine supérieure à celle du tissu entier et évitent ainsi tout échauf-fement anormal qui serait dangereux.
- Ces fils conducteurs sont fins et deviennent leurs propres coupes-circuits, sans aucun danger, en cas d’imprudence ou de défectuosité; bien plus ils sont ordonnés de façon
- à éviter tout court circuit. En effet, d’abord le grand nombre de duites électrothermiques composant un circuit permet de n’avoir entre deux duites voisines qu’une différence de potentiel d’un demi à un volt au plus; puis dans le cas de circuits multiples ces divers circuits reçoivent le courant par des fils collecteurs spécialement isolés avec un seul pôle dans chacune des deux lisières du tissu; enfin, les divers circuits d’un même tissu sont branchés en tissage de telle façon que la différence de pôtentiel est nulle entre
- Fig. 1. — Vue intérieure du tapis chauffant.
- A gauche, à la partie supérieure, fils traversés par le courant; à droite, en bas, prise de courant.
- Fig. 2. — Le tapis chauffant. Divers modèles.
- p.45 - vue 49/536
-
-
-
- il)
- LA NATURE.
- les tluilcs voisines de deux circuits successifs. Il v a donc toute sécurité et à tel point que l'on peut mouiller ces tissus puis les sécher par le courant électrique, ce qui permet alors toutes les applications humides qui ont tant d'intérêt pratique.
- La crainte d’un danger quelconque est tout à fait écartée ; il ne reste possible que l’arrêt du passage du courant dont les causes ont été réduites au minimum; car d'abord les fils électrothermiques sont parfaitement noyés et presque invisibles dans le tissu. Ils y sont si douillettement emprisonnés qu’ils y restent intacts malgré les manipulations, ensuite ils ne vont jamais jusqu’aux lisières, ils s’arrêtent à une distance convenable et ils sont protégés, ils ne peuvent alors être atteints par l'usure. De plus, de cette façon les fils électrothermiques laissent la place voulue aux fils isolés collecteurs des circuits et permettent aussi le raccord invisible d’une duile accidentellement sectionnée. Deux pointes emmanchées réunies par une lampe à incandescence sur fil souple retrouvent immédiatement la duite chauffante interrompue.
- Les fils collecteurs de lisières peuvent être prévus afin de coupler à volonté les circuits multiples pour l’obtention des diverses températures avec ou sans rhéostat extérieur; en tout cas ces tissus ther-mophiles ne demandent dans leur maniement que des précautions élémentaires.
- Les applications sous tous courants continus ou alternatifs sont dès lors très nombreuses soit dans le confort moderne sous la température du corps humain de 25° à -h 35° centigrades en tapis et en couvre-pied, soit dans les applications médicales sèches ou humides, par contact ou par rayonnement, jusque dans l’antisepsie à -h lû()\ Les applications industrielles sont innombrables en filtres pour matières grasses ou sirupeuses, dans les rouleaux et presses à apprêter et même en toiles sans fin mobiles pour papeterie, sans omettre le chauffage le plus pratique des voilures électromolrices et des compartiments de tramways et de chemins de fer.
- Les avantages du thermophile électrique de Camille Herrgott sont donc très réels comme propreté, hygiène et simplicité élégante; même quoique le courant électrique soit en général d’un prix encore élevé, il est à remarquer que le rendement maximum est obtenu en de grandes surfaces.
- Tous ces divers tissus chauffants qui ont été ainsi établis ont été soumis à de nombreuses expériences. Ils fournirent une température douce et agréable. La photographie, qui en représente quelques-uns, ne révèle le passage de l’électricité ({lie par les prises de courant avec leurs fils souples à brancher sur un interrupteur.
- En somme, ces tissus, ces tapis ne présentent aucune différence d’aspect avec un tissu ordinaire, un tapis élégant ; mais, qualité précieuse, ils permettent d’obtenir un chauffage permanent d’environ 30°. L’invention aura des amateurs. IL Laiande.
- CHROMO LE
- Les prix Xoliel de physique. — La franco est, cette année encore, très bien paitagée. Le prix de physique a été décerné à la fois à M. Henri Becquerel, de l’Académie des sciences, pour ses recherches sur l’uranium et ses radiations, et à M. et M"10 Curie pour la découverte du radium. Les autres lauréats ont été MM. Arrhénius, Bjœrnson et Finsen. M. Becquerel s’est rendu, selon l’usage, à Stockholm; de même, MM. Arrhénius et Bjœrnson. Ils ont reçu, en séance solennelle, le 10 décembre, des mains du roi le diplôme et la grande médaille d’or. MM. Curie et Finsen empêchés étaient représentés par les ministres de France et de Danemark.
- Progrès du système métrique en Angleterre.
- — L’Association décimale, qui a entrepris en Angleterre une campagne très énergique en faveur du système métrique, vient de faire d’actives démarches pour l’adoption définitive du système; en effet, grâce à son action, un projet de loi comportant l’emploi obligatoire des mesures métriques dans tout le Royaume-Uni sera présenté à la Chambre des Lords au début de la prochaine session. Le projet sera p a’té à la tribune pour la première lecture par Lord Belhaven, et sera appuyé par Lord Kelvin. Si le projet est adopté, il sera présenté ensuite à la Chambre des Communes, en même temps qu’un mouvement d’opinion sera créé afin d’amener le Gouvernement à donner lui-même son appui formel à la loi. Nous voilà donc très loin de l’époque où la loi anglaise sur les poids et mesures entr’ouvrait la porte au système métrique par cette disposition : « Aucun marché ne sera invalidé par le fait que les mesures qui y seront indiquées seront des mesures métriques ». Depuis lors, par une action constante à la fois de l’Opinion publique et de l’administration, on a vu les bureaux de vérification être autorisés à contrôler des unités métriques, d’après les étalons qui leur étaient fournis par le Board of Trade ; et ainsi, par la diffusion progressive des mesures, le peuple anglais se trouvera tout préparé à se rallier au système universel lorsque, dans un avenir sans doute peu éloigné, son emploi lui sera imposé par une loi nouvelle.
- Une étoile variable dans le Cygne. — On sait que M, Max Wolf, directeur de l’Observatoire d’Heidelberg, avait découvert, le 21 septembre dernier, dans la constellation du Cygne, une faible étoile semblant nouvelle et ayant pour coordonnées :
- ,R = 20h 1 4” 57s iO = -p 37°OAD".
- D’après M. Parkhurst, l’éclat de cette étoile, le 3 octobre, était de la grandeur 10,G. Sa couleur était rougeâtre, et son spectre ressemblait beaucoup à celui des nébuleuses, ce qui est un caractère essentiel des étoiles nouvelles. Or, M. E. Barnard, de l’Observatoire Yerkes, a pu identifier cette étoile avec une du catalogue d’Argelander. 11 s’agit là d’une étoile variable à longue période photographiée par M. Max Wolf au moment de son maximum d’éclat. On était d’autant [dus porté à la croire nouvelle que, comme toutes les étoiles temporaires qui l’ont précédée, elle est apparue dans la Voie lactée en une de ses parties les plus denses de la région du Cygne. En adoptant l’hypothèse d’une collision comme cause des étoiles nouvelles, on se rend compte que c’est, en effet, dans la Voie lactée, si riche en étoiles, que les plus grandes chances de rencontre se trouvent réunies.
- p.46 - vue 50/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 47
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 décembre 1903. — Présidence de M. A. Gauuky.
- Origine réelle des perles. — M. Déluge analyse une Note de M. Boutan relative à l’origine réelle des perles. Les marchands ont l'habitude de diviser les perles en deux espèces : les perles de nacre et les perles dites fines. Certaines perles fixées par un pédicule à lu nacre et qui ne sont pas rondes n’ont aucune valeur. Les perles fines sont celles trouvées dans l’intérieur du manteau. Cette distinction a été adoptée par les savants parce qu’elle correspond à des différences d’origine essentielles : formation par un corps étranger introduit entre le manteau et la coquille ou formation due à la présence d’un parasite distome. M. Boutan avait cherché depuis longtemps à introduire par trépanation des corps étrangers dans le manteau sans avoir obtenu de résultat satisfaisant. 11 a alors étudié le mode de formation de la perle en suivant le parasite. 11 montre que celui-ci se fixe dans une invagination du manteau qui est un repli de l'épithélium de cet organe, qui le recouvre peu à peu de couches de nacre. Ainsi, d’après l’auteur, il n’y a qu’une seule espèce de perles, celle des perles de nacre, et l’on peut entrevoir le moment où en perfectionnant le mode d’introduction des corps étrangers, sous la face épithéliale du manteau, on obtiendra à volonté des perles fines.
- Ionisation par le phosphore. — M. Magcart dépose une Note de M. Bloch relative à une propriété électrique du phosphore. îm l’on fait passer un courant d’air sur du phosphore, les ions sont séparés dans le courant d’air en éléments positifs et négatifs. Si l’on fait alors intervenir l’action d’un champ magnétique, on peut isoler les deux catégories d’ions et les recueillir. Par des formules appropriées l’auteur conclut qu’il y a dans un centimètre cube de gaz 10000000 d’ions; il détermine ensuite la vitesse de combinaison des ions.
- Radiations du corps humain. — M. d’Arsonval résume un travail de MM. Charpentier et Blondlol relatif à des radiations dégagées par le corps humain. Ces radiations produisent des effets analogues à ceux des radiations dites n de Blondlot. L’appareil révélateur des radiations humaines se compose d’un écran au platino-cyanure de baryum éclairé au minimum à l’aide d’un fragment de sel de radium. Sous l’influence des rayons n, un tel écran acquiert un degré de luminosité plus grand. Or, si au lieu de faire intervenir les radiations n, on approche l’écran d’un muscle on constate une augmentation de luminosité. Cette augmentation est en rapport avec la contraction du muscle. Le même effet se constate pour les nerfs. La sensibilité de l’appareil est si grande que l’on peut au travers de la peau suivre le trajet d’un nerf. Ainsique l’observe M. d’Arsonval, la physiologie se trouve en présence d’une voie nouvelle et l’extériorisation d’une manifestation de l'activité nerveuse est réalisée.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour 1904. — M. Janssen présente l’Annuaire du Bureau des longitudes pour 1904 et signale les développements importants qu’a reçus celte année la partie de ce recueil consacrée à la physique.
- Influence de l'altitude sur le sang. — M. Janssen dépose une Note sur les travaux de spectroscopie du sang effectués par M. le l)1 Ilénocque au Mont Blanc. L’expérimentateur a étudié les différents effets de l’altitude sur les éléments du sang. Cu. i>e Yilledeuil.
- DESTRUCTION DES OISEAUX NUISIBLES
- I»AR LA CHASSE AC GRAND-DLC ARTIFICIEL
- L’aversion des oiseaux de jour pour les rapaces nocturnes est bien connue. Elle s’étend des [dus petits passereaux jusqu'aux [dus grands, tels que le merle, la pie, surtout les corneilles, et les rapaces diurnes. C’est sur cette aversion qu’est basée la chasse à la « pipée », connue depuis les temps les plus reculés et déjà bien décrite par Aristote.
- On peut la pratiquer simplement en disposant dans un lieu favorable (la lisière d'un bois, par exemple) des gluaux ou des blets. Le chasseur, caché à proximité, imite au moyen de « pipaux » le cri des petits oiseaux, et surtout celui de la chouette. Bientôt, à cet appel t accourent une foule d’oiseaux qui viennent se prendre aux gluaux ou dans les filets, absorbés par l’attraction qu’exerce sur eux le rapace. Mais le succès est surtout assuré si l’on a pu se procurer une chouette ou un hibou vivant, qu’on installe sur une branche ou sur un perchoir, auquel il est retenu par une chaîne fixée à l’une de ses patles.
- Cette chasse étant très meurtrière est généralement prohibée ; néanmoins elle peut rendre de grands services quand il s’agit de détruire des oiseaux nuisibles : rapaces diurnes, pies, geais, corbeaux, etc.
- Parmi les oiseaux de nuit, il en est un préféré comme appeau à tous les autres : c’est le grand-duc.
- « Aucun dos strigiensde nos contrées, dit Brehm, n’est aussi universellement haï que le grand-duc. Presque tous les oiseaux diurnes, quelques petits strigiens même le harcèlent et le poursuivent dès qu’il se montre. Les rapaces oublient toute prudence quand ils aperçoivent un grand-duc, et les corbeaux les imitent. Cependant l'homme, les grands carnassiers et l’aigle fauve exceptés, le grand-duc n’a rien à redouter de l’attaque des autres animaux : il est trop bien armé et il sait se défendre à merveille. » Les rapaces diurnes en effet, et surtout les geais et les corneilles, « donnent », comme disent les chasseurs, toujours au grand-duc, et viennent s’y faire. tuer comme les alouettes au miroir. Abrité à une trentaine de mètres sous une butte ou par quelque buisson, le chasseur peut abattre presque à coup sûr l’un après l’autre tous les oiseaux ravageurs des environs. C’est une chose bien étrange que cette haine universelle qu’ont les autres oiseaux pour le rapace nocturne. Sort-il par aventure de son trou pendant le jour, il est assailli par tous les passereaux du voisinage qui accourent à l’envi pour le harceler à coups de bec. Us l’entourent en criaillant, les plus petits sont les plus acharnés. Offusqué par la lumière du jour, il ne cherche pas à répondre aux attaques, se contente de balancer la tête en prenant des poses étranges et de faire craquer son bec en enflant ses plumes. Mais si le jour vient à disparaître, les rôles changent bientôt, et malheur à celui qui, emporté par sa rage, ne s’est pas enfui assez vile.
- Tellement vive est cette aversion pour le rapace
- p.47 - vue 51/536
-
-
-
- 48
- LA NATURE.
- passe au pied du perchoir sur nue petite poulie à gorge, et court sur le sol jusqu'à la retraite du chasseur, qui de temps eu temps la tire légèrement, tout en imitant de son mieux le cri de la hôte. C’est la chasse au hihou ou au grand-duc artificiel.
- Dès lors, plus de difficulté pour se procurer l'appeau vivant, plus de soins à lui donner.
- Mais qui expliquera la cause de celte haine générale de l’oiseau diurne pour le rapace nocturne, cet ennemi si redoutable qui le dévore la nuit, et qu’il ne craint pas de harceler avec tant de vigueur quand il le rencontre le jour ? Tellement qu’il arrive parfois que le grand-duc, assailli par les corneilles, n'a plus d’autres ressources que de se renverser sur le
- Chasse au grand-duc artificiel.
- nocturne, que les oiseaux se laissent attirer par l'ha-hile chasseur qui, en imitant son cri, leur présente pour appeau l'animal empaillé.
- Depuis longtemps la chasse au hihou ou au grand-duc se pratique ainsi, depuis que l’un de nos naturalistes préparateurs, M. Petit aîné, est parvenu à perfectionner le mécanisme qui permet d’animer ces automates d'un nouveau genre et à en rendre le maniement très simple.
- Dans une caisse peu volumineuse, le chasseur transporte sans peine son oiseau artificiel avec un haut perchoir formé de plusieurs parties que, sur place, on visse les unes aux autres. Une longue corde part du mécanisme mémo de la hète empaillée,
- dos pour se défendre avec ses redoutables grillés.
- L’alouette, nous assure M. Petit, dont l’habileté comme chasseur est bien connue dans le monde des naturalistes, est spécialement attirée par la chouette, elle y reste fascinée comme devant le miroir, au point de se montrer indifférente et comme sourde au bruit des détonations du fusil qui, tout près d’elle, abat une à une ses malheureuses compagnes.
- Est-elle hypnotisée par l’œil large et brillant de l’oiseau, et l’œil de verre du sujet empaillé a-t-il sur elle le même pouvoir ? Ce sont là de bien intéressantes questions sur lesquelles on aimerait à interroger la physiologie et la psychologie, mais qu’il n’est pas dans notre cadre d’aborder ici. Notre seul but était de faire connaître un intéressant progrès accoaqdi dans la pratique de la chasse au grand-duc
- pour la destruction des oiseaux nuisibles. Quoique nous ayons incidemment parlé, de celle de l’alouette, nous pensons néanmoins qu’il est sage d’en détruire le moins possible, et que les mesures que prennent en ce moment les pouvoirs publics pour en limiter la destruction sont des plus louables, en raison des services indiscutables que ce charmant oiseau est à même de rendre à notre agriculture française ; car aux époques où il mange des graines, il s’en prend surtout à celles d’herbes inutiles, tandis qu’aux autres moments il détruit quantité d’insectes nuisibles.
- A.-L. Clément,
- Professeur d’entomologie agricole.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
- p.48 - vue 52/536
-
-
-
- .V I .V.Hi
- . — 2ii I » K ( ; K \1 HI! K I lt ((.”). L\ ,N A Tl'H K. 59
- L’ESSENCE DE ROSE EN BULGARIE
- Fig. 1. — La distillation de la rose en Bulgarie. Chargement des alambics à l’usine Christoff, à Kazaulik.
- Fig. 2. — Vue des bacs de réfrigération et des flacons servant à recueillir l’eau de roses.
- L'huile de roses des Anciens, dont parle Diosco- macération des pétales dans l'hiïile d’olives. Les par-
- ride dans son « I)e materia medica », n’était qu’une fumeurs l’employèrent sous cette forme, durant tout
- ill" année. — I" semestre. 4
- p.49 - vue 53/536
-
-
-
- 50
- LA NAIT H K.
- le Moyen Age. Mais la distillation des roses ne semble pas remonter au delà du vme siècle. A cette époque effectivement, comme nous l’apprend l’auteur arabe Ibn Chaldun, le commerce de l’eau de roses s’étendait jusqu’aux Indes et en Chine. Puis, vers le xne siècle, la culture des roses se propagea en Perse et leur distillation devint pour ce pays une importante source de revenus. Toutefois les praticiens orientaux ne songèrent pas d’abord à séparer, de l’eau * de roses, la petite quantité de substance huileuse entraînée avec elle par la vapeur d’eau et surnageant dans les flacons collecteurs. Cette idée vint seulement à la princesse Nour-i-Djihan qui épousa l’empereur de Delhi, Djahangir (mort en 1627). De Perse, la coutume de distiller les roses s’implanta en Arabie et dans les états barbaresques. Ce serait même, affirme-t-on généralement, un Turc de Tunis qui aurait importé en Bulgarie l'art d’extraire la précieuse essence.
- Dans cette principauté balkanique, la culture des roses s’étend, aujourd’hui, entre les vallées de la Toundja et de la Strcma, aux environs de Kazanlik, de Novo-Zagora, de Tchirpan (département de Stara-Zagora) ; de Karlova, de Novo-Selo, de Brezovo (département de Philippopoli) et de Pechtèra (départe-mens de Tatar-Pazardjik). L’altitude de ces régions au-dessus du niveau de la mer est de 400 mètres environ; le thermomètre y tombe en hiver jusqu’à 20° au-dessous de zéro et atteint parfois en été 55°. La température moyenne de ces districts se trouve donc notamment plus froide qu’à Alice et à Grasse, centres des roseraies françaises. Ainsi à Kazanlik, par exemple, aucune plante indigène de Provence ne [tousse en pleine terre.
- La plupart des distillateurs bulgares emploient la « rose rouge » (Rosa damascena Miller) qui s’épanouit en mai. Les fleurs, groupées en cymes bi ou triflores au nombre de 7 à 15 par branche, exhalent une exquise odeur. Toutefois ce rosier est un arbuste délicat ; en particulier, une gelée blanche se produisant à l’époque du bourgeonnement peut compromettre entièrement la récolte. D’ordinaire, on dispose les pieds non en plants isolés ou en petites haies clairsemées, comme dans le midi de la France, mais en hauts buissons parallèles dépassant la taille d’un homme et espacés de 2 mètres les uns des autres. Pour atteindre ce résultat on couche horizontalement, vers octobre, dans des fossés larges de 40 centimètres et profonds d’autant, des branches feuillues d’un vieux rosier, puis on place, côte à côte, 4 ou 5 de ces rameaux; on rabat sur eux la terre extraite et on fume légèrement. Après dix-huit mois dé soins culturaux attentifs, les jeunes arbustes fleurissent. Lé rendement devient maximum à la cinquième année et des souches taillées rationnellement donnent des roses pendant vingt ans.
- La récolte s'eflëclue du 20 mai .au 15 juin selon lès années. Dès l'aube, lès ramassèus'ës passent entre les allées* enlèvent lës fleurs ën voie d’épanouissement et lës boutons prêts à s’èiltr’ouvrir, eaf si l’on
- différait pins longtemps de les cueillir, elles s’épanouiraient complètement durant le jour et, le lendemain, leur parfum se serait dissipé. Un hectare produit habituellement 5000 kilogrammes de roses, ce qui correspond presque à un kilogramme d’essence. Comme le montre la photographie ci-contre (tig. 1) prise chez M. Christoff, de Kazanlik, les alambics sont rangés côte à côte sous des hangars. Chacun de ces appareils en cuivre mesure lm,50 de hauteur et se compose de trois pièces qu’on ajuste au moment de s’en servir : le récipient en forme de tronc de cône surmonté d’un col plus étroit et reposant sur un fourneau primilif en maçonnerie, le chapiteau très surbaissé et le tube de réfrigération qui joue le rôle de serpentin. Ce simple tuyau traverse obliquement une large cuve de bois (fig. 2) refroidie par un courant d’eau et dans la paroi de laquelle il entre près du bord supérieur pour en sortir à la partie inférieure du côté opposé. Là, il s’engage dans un flacon où se condensent finalement les produits de la distillation. On charge chaque alambic de 10 kilogrammes de fleurs et de 75 litres d’eau; puis, après ajustage de ses différentes pièces, on allume le fourneau et, une fois l’eau portée à l’ébullition, on modère progressivement la température. L’opération dure de une heure à une heure et demie ; il faut l'arrêter quand on a recueilli 12 litres de liquide, soit la valeur de deux flacons. On range ensuite les vases pleins d’eau de rose au frais, on démonte l’alambic, on jette les pétales épuisés, on recharge et on recommence la distillation, en traitant, dans la journée même, la récolte du matin ; car après vingt-quatre heures, les pétales perdent tout l’arome si délicat qui leur donne leur valeur.
- Pour retirer de l'eau de roses l’essence qu’elle renferme, on distille une seconde fois en prenant certaines précautions spéciales dans le détail desquelles nous ne saurions entrer. Au sortir de l’alambic, l’essence de rose pure est d’un jaune pâle. Elle se compose de deux parties : le stéaroptène, hydrocarbure blanc cristallisable ne possédant aucune odeur et un principe liquide odorant formé principalement de géraniol et de citronellol mélangés à d’autres corps qui ont échappé jusqu’ici aux investigations des chimistes. Du reste les fraudeurs ne se gênent pas pour compliquer la tâche des essayeurs, en adultérant la précieuse substance, par l’addition de diverses essenses : géranium, palma rosa et bois de santal entre autres. Peut-être, cette année, les falsificateurs orientaux s’ingénieront-ils moins, , vu l’abondance de la production d’essence de rose estimée, pour la Bulgarie entière, à 6260 kilogrammes contre 5900 kilogrammes en 1902 et 5200 kilogrammes ën 1901. Pour trouver une récolte aussi belle que celle de 1905, il faut remonter à près dë trente ans ën arrière. Aussi le prix du kilogramme d essence de rose qui atteignit 1400 francs (1872) ne dépassait paS (150 francs ën octobre dernier.
- Ja'cqI'es Iîo'yer.
- p.50 - vue 54/536
-
-
-
- la n aï nu:.
- LE TUNNEL DU SIMM
- Les travaux du tunnel du Simplon progressent rapidement. Au 31 octobre dernier, les deux galeries d’avancement Nord et Sud étaient percées sur une longueur totale de 17 301 mètres. Le tunnel ayant une longueur de 19 729 mètres, il ne restait donc plus à ouvrir, à celte date, qu’une longueur totale de 2228 mètres pour obtenir la jonction des deux galeries. Les travaux ont été' entrepris par la Société Brandt, Brandau et Cie pour la somme globale de 69500000 francs et le tunnel devait, d’après les conventions, être ouvert à la circulation le 50 avril 1904. Par suite de difficultés considérables <pii ont été rencontrées pendant les travaux de percement et d’additions apportées au projet primitif,
- l’entreprise demanda une prolongation de délai et un crédit supplémentaire. Le gouvernement suisse vient de faire droit à la demande de la Société Brandi et le délai d’exécution est prolongé d’une année, le tunnel devant être ouvert à la circulation le 51 avril 1905. De plus, la dépense globale est portée à 78000000 francs, ce qui porte la dépense par mètre courant à 3900 francs, en admettant les deux tunnels parallèles terminés et ouverts à la circulation.
- Les travaux du tunnel ayant été déjà décrits ici1, nous n’v reviendrons pas. Mais nous donnerons quelques renseignements sur les difficultés rencontrées pendant le percement des galeries de direction. Ces difficultés sont de deux ordres : celles dues à l’irruption des eaux et celles dues à la haute
- Fig. 1. — Conduite eu bélon armé amenant l’eau à l'usine centrale de Brigue.
- température à laquelle sont soumis les ouvriers et contre laquelle il a fallu lutter par différents moyens.
- Jusqu’à une distance de 3800' mètres, à partir de la tète sud du tunnel, à Iselle, le rocher traversé qui était le gneiss d’Àntigorio est resté sec et aucune venue d’eau n’a été rencontrée. A partir de ce point, au contraire, de nombreuses sources sont apparues; d'abord assez volumineuses, à la traversée d’une couche de micaschiste noir intercalée dans le gneiss, •'lies diminuèrent d’importance, pour devenir ensuite de véritables irruptions d’eau, lorsqu après avoir quitté le gneiss d’Antigorio, les galeries d’avancement pénétrèrent dans les calcaires cristallins grenats et les schistes micacés Calcarifères de l'étage triasique qui lui faisaient suite. Vers lé kilomètre 4,4* à partir dïsellc, on eut affaire à de véritables trombes d’eau sortant des côtés, du toit et du sol des galeries et qui arrêtèrent complètement les travaux dé percement (fig. 2 et 5). Lé volume d’èau produit
- par ces sources qui, tout d’abord, était de 1200 litres par seconde, s’est réduit, par suite d’une sorte d’équilibre, et, actuellement, il n’est plus que de 900 litres environ. C’est encore, comme on le voit, une rivière importante. Ces sources appartiennent à trois groupes distincts : des eaux chaudes dont la température est supérieure à celle du rocher, des eaux isothermes et des eaux froides, d’une température plus basse que la roche. Elles sont chargées d’une grande quantité de sels de chaux. Comme il était impossible d’arrêter ces afflux d’eau énormes, on prit le parti, pour permettre de continuer les Iravaux, de faciliter leur écoulement en les. conduisant par une des galeries de direction vers l’extérieur pour les jeter ensuite dans la Divéria qui coule à Iselle. A partir du kilomètre 4,4, les venues d’eau ont disparu et, sauf quel--
- 1 Vov. ii° 1 497, du lrv février 190k2, p. 153.
- p.51 - vue 55/536
-
-
-
- LA NA Tl H K.
- <]ues infiltrations insignifiantes, les travaux de percement des galeries ont pu être continués, jusqu’ici, à peu près à sec. Ces sources qui, pendant quelques jours, mirent en doute la possibilité d’achever les travaux du tunnel de Simplon et dont la zone s’étendait sur une longueur de 600 mètres entre les kilomètres 3,8 et 4,4, paraissent avoir pour origine l’infiltration, au travers des calcaires fissurés qui recouvrent le gneiss d’An-tigorio, des eaux de pluie, qui tombent à la surface d’affleurement de ces couches sur une surface d’environ 10 kilomètres carrés et à 1200 mètres environ au-dessus du tunnel. Les galeries de perforation ont servi d’exutoire à ces eaux d’infiltration.
- .Kilos sembleraient provenir également du torrent de Cairasca, voisin de cette zone d’affleurement et d’autres sources de la plaine de Nembro invisibles au-dessous de la moraine et ayant un assez considérable débit.
- Cette première difficulté était à peine résolue que l’entreprise se trouva en présence d’un nouvel obstacle plus grave encore. Les galeries d’avancement eurent à traverser, sur une longueur de 41 m.,unecouche de calcaire micacé, très aquifère, produisant sur les boisages des galeries des poussées telles que des poutres en chêne de 40 à 50 centimètres d'équarissage étaient écrasées comme de simples morceaux de bois. On dut alors avoir recours à des revêtements métalliques très coûteux et d’installation difficile et ce n’est qu’à grand’peinc qu’on put franchir ce court espace de 41 mètres.
- Eu somme, ces deux difficultés réunies ont été la cause d’une perte de temps sérieuse. Du 1er janvier 1002 au 31 mars de la même année, les galeries
- d’avancement sud n’ont pu progresser que d’une longueur de 15 mètres, tandis que pour les galeries du côté Nord, où aucun afflux d’eau ne s’est produit, l’avancement, pendant le même laps de temps, a été de 549 mètres.
- Ces sources ont eu, cependant, un avantage appréciable, celui d’abaisser la température de l’air dans les galeries du côté sud et de rendre possible le travail des ouvriers. Mais il n’en a pas été de même pour les galeries nord où la température élevée de l’air des galeries a nécessité des dispositions particulières.
- Du côté nord, la température de la roche, au front d’attaque, et à une distance de 9400 mètres de l’entrée du tunnel à Brigue, atteint le chiffre de 50° C. ; on a même observé jusqu’à 62°,5 C. Quant à la
- température de l’air de la galerie elle est, pendant la perforation, de 27°,5 C., et, pendant le marinage, c’est-à-dire pendant l’enlèvement des matériaux, elle atteint jusqu’à 52 et 35° C. Les mineurs ne pouvant plus supporter une températuresi élevée, il a fallu prendre des dispositions spéciales pour obtenir l’abaissement de 1 a température de l’air envoyé dans le tunnel par les ventilateurs, installés à chacune des têtes. Ces ventilateurs, actionnés par des turbines hydrauliques, sont au nombre de deux à chaque tête. À la vitesse de 350 a 400 tours à la minute ils refoulent dans une des galeries, à une
- 1
- p.52 - vue 56/536
-
-
-
- LA N ATI (il*.
- Fig. 4. — Perforatrice à son mirée dans la galerie de direction.
- ^iBisuomouî
- pression initiale de 273 millimètres d’ean, un volume d’air d’environ 30 mètres cubes par seconde. La puissance motrice est d’environ 200 chevaux.
- A quelque distance en arrière du front d'attaque de cette galerie, l’air refoulé passe, au moyen d’une transversale, dans la seconde galerie parallèle, pour s’écouler vers l’extérieur, en suivant celte galerie jusqu’à la tète du tunnel.
- La température de l’air, qui est de 12° G. en sortant d u ventilateur, atteint celle de 27° C. près du front d’attaque.
- Pour abaisser cotte température et, en même temps, celle de l’air qui se trouve confiné au front d’attaque des galeries et où travaillent les ou-
- Fig. 5. — 1. Locomotive à air comprimé; 2. Locomotive à vapeur, sans foyer.
- vriers, on a d’abord installé, à quelques mètres en ar rière de ce front d’attaque et près de la transversale
- , qui relie les deux galeries et par où passe l’air refoulé par les ventilateurs, des injec-leurs qui, au moyen d’un jet d’eau pulvérisée, aspirent l’air de la galerie et le refoulent, après refroidissement par son contact avec l’eau, au iront d’attaque. L’eau nécessaire au fonctionnement de ces injec-tcurs est fournie, sous une pression de 20 atmosphères, par des pompes centrifuges, installées à l’usine centrale de Brigue, qui la refoulent dans millimètres de diamètre la calorie de direction.
- '*».
- vV
- des conduites de 253 placées sur le coté dé.
- p.53 - vue 57/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- Le volume d'eau ainsi envoyé aux injecteurs est d’environ 60 litres par seconde. Pour éviter le réchauffement de l’eau dans les tuyaux, ceux-ci sont recouverts d’une matière non conductrice de la chaleur, du charbon de bois en général. La température de l’eau est d’environ 11°C. aux injecteurs. Le volume d’air ainsi injecté, à chaque front d’attaque, est d’environ 1600 litres par seconde, au moyen de quatre injecteurs.
- Les moyens puissants de réfrigération de l’air n'ont cependant pas été suffisants, en présence de l’augmentation constante de la température des galeries nord. On a dù remplacer les injecteurs par des ventilateurs. Chacun de ces appareils se compose de deux petits ventilateurs, en série, installés sur un chariot mobile, qui, actionnés par des roues Pelton, alimentées par l’eau sous pression dont nous avons parlé tout à l’heure, refoulent l’air au moyen de Iuvaux, au front d’attaque, après refroidissement par son passage dans des caisses remplies de glace. Ces ventilateurs, qui refoulent environ 750 litres d'air par seconde, donnent de bons résultats et abaissent la température d'une manière sensible au front d’attaque où travaillent les perforatrices; ils exigent moins de force tout en ayant un meilleur rendement que les injecteurs.
- La ligure 5 représente la perforatrice avec son équipement ù son entrée dans la galerie de direction.
- Quant aux chantiers d’abatage qui servent à l’élargissement de la voûte du tunnel, on emploie également des appareils de réfrigération munis de 42 pommes d’arrosoirs qui ont produit un abaissement de température de 8ftC.
- Les chantiers de maçonnerie, qui se trouvent en arrière de ceux d’abatage, sont également réfrigérés au moyen de deux appareils à 16 pommes d’arrosoirs qui ont abaissé la température de 2 ou 5°C.
- Tels sont les divers moyens employés pour abaisser la température de l’air du tunnel, température notablement supérieure à celle qui avait été prévue, et pour rendre possible le travail des mineurs. Ils u’ont pas été, comme on le voit, sans entraîner des dépenses supplémentaires importantes qui expliquent une partie de l’augmentation de la somme à forfait allouée primitivement à la Société Brandt.
- Il était impossible de faire la traction des trains de matériaux dans le tunnel soit au moyen de chevaux, soit par des locomotives ordinaires à vapeur: d’abord, dans le premier cas, à cause de la distance h parcourir et, ensuite, dans le second cas, à cause des gaz délétères. On a donc eu recours à des locomotives ù air comprimé et à des locomotives à vapeur sans foyer, qui évitent ces inconvénients.
- La figure 5 montre la locomotive à air comprimé qui sert à la traction des trains d’ouvriers et de matériaux dans le tunnel, dans la partie voisine des chantiers de perforation, d’abatage et de maçonnerie, et la locomotive à vapeur, sans foyer, servant à amener les trains de l’extérieur au point où ils sont repris par le tracteur à air comprimé. R.Ronmn.
- HOROMÈTRE
- M. Troncet, l’inventeur bien connu de VArithmo-yraphe, vient d’imaginer, sous le nom d’ « lloromètre », un petit appareil qui rendra des services. Nos montres, nos horloges marquent l’heure unique du méridien sur lequel elles sont réglées. L’horomètre associé à une montre indique l’heure universelle, c’est-à-dire l’heure de tous les pays du globe en même temps, avec un dispositif d’une simplicité sans égale. Aucun calcul à faire; d’un coup d’œil, en regardant sa montre, on a l’heure de New-York, de Nouméa, de Pékin, de Jérusalem, de Saint-Pétersbourg, de Chicago, etc.
- L’horomètre consiste tout bonnement en une petite
- 0C <U
- ILMoRTEV, 65^
- L'iioroitiplrc Troncet («traïuteni' naturelle).
- plaque en celluloïd transparent au centre, opaque sur le pourtour. Au centre sont imprimées des flèches qui correspondent aux noms des principales localités du monde. Notre dessin représente l’horomètre de grandeur naturelle et il pourra, détaché de la page, permettre lui-même de trouver les heures dans les divers pays. 11 va de soi qu’il est préférable de se procurer le petit cadran en celluloïd.
- Le moyen de s’en servir se devine. Il est 5 heures à Paris, quelle heure est-il au même moment à New-York? On oriente l’instrument de façon à faire coïncider Paris avec l’aiguille des heures de la montre : soit dans le cas présent o heures. On cherche New-York autour du cercle. On constate que New-York coïncide a\ec 10 h. de la montre. A coté de la désignation de la ville on lit av. Cela signifie qu’il est 10 h. à New-York quand il est 5 h. de l’après-midi à Paris, 10 h. avant 5 h. Bref la flèche de chaque ville indique la position occupée par la petite aiguille des horloges ou des montres réglées sur le méridien de la ville. Ap. signifie l’heure après celle de Paris.
- Ce petit carré de celluloïd sera vraiment utile à tout le monde, gens de loi, géographes, géologues, explorateurs, journalistes, historiens, etc.
- On se trompe aisément sur les heures et même sur les jours. Un télégramme envoyé de Paris à New-York le jour de Noël à 5 heures n’arrive-t-il pas, par exemple, la veille de Noël à 10 heures du soir ? Ailleurs, ce n’est pas la veille, c’est le lendemain. L’horomètre sera un indicateur précieux. ___ U. de P.
- p.54 - vue 58/536
-
-
-
- l;A N AT IRE.
- .ia
- LE CIRQUE DE PINÈDE
- Au sortir de Bielsa, le touriste se trouve brusquement émerveillé par la façon dont la vallée de Pinède se déploie, calme, large et profonde, d’une régularité architecturale, parfaitement nivelée entre deux parois, celle de gauche plus sévère, celle de droite plus aimable, un véritable boulevard conduisant au château fort du Marboré, dont les tours et les clochers neigeux apparaissent dans le lointain posés sur de gigantesques remparts. Creusée du nord-ouest au sud-est et comptant à vol d’oiseau une quinzaine de kilomètres, cette avenue impose sa direction aux vallons secondaires de Chisagüès et de Rarrosa qui viennent, comme autant de rameaux obliques, se souder h la vallée de Bielsa. Pineta en espagnol signifie sapinière. La vallée de Pinède tire son nom des forêts de pins dont elle est abondamment pourvue. Deux crêtes la délimitent : celle des Parets qui remonte de la Pena del Mediodia ou Punta de Salinas au col de Niscle et de celle de Chisagüès du pic del Qucso au pic de Lary, toutes deux réunies par un superbe hémicycle, l’amphithéâtre de Pinède, taillé à la fois dans le massif du Mont-Perdu, les murailles d’Estaubé et les montagnes du Plan de Lary. La terrasse du Lac Glacé et le Plan de Lary s’ajoutent h la vallée de Pinède, dont ils augmentent l'étendue, et il faut d’autant moins les oublier que les eaux qui créent la Cinca en proviennent. On pourrait du reste considérer ces annexes comme d'étranges petits cirques dont le premier est déterminé par les cimes remarquables du Mont-Perdu, du Cylindre, du Marboré, de l’Astazou, du pic de Tu-querouye et du pic de Pinède; quant au second, il forme un ensemble irrégulier composé du Plan proprement dit, du ravin de Hount-Sainte et du bassin des lacs de la Munia avec les crêtes d’Estaubé et de Rounéou, le pic de Pène-Rlanque, le Mont-Arrouye et les pics de Las Louseras et de Lary en bordure.
- Trois ports permettent aux Aragonais de transiter de Pinède en France. Le plus direct est, comme de juste, le port de Pinède, dont la fourche correcte débouche dans la vallée d’Estaubé qui rappelle un peu par ses allures l’avenue magistrale qu’elle avoisine. Les deux autres se nomment le Port-Vieux et le port de la Canaou qui, du Plan de Lary, aboutissent, le premier au Plan d’Aillct, dans la vallée d’Estaubé et sur la rive droite de son gave, et le second, dans le cirque de Troumouse, et qui, comme le précédent, sont à peine praticables pour les mulets non chargés. Il y a, en outre, plusieurs autres hour-quettes uniquement propres aux piétons, le col d'Astazou, la brèche de Tuquerouye et le col de la Munia. Le col de Niscle donne accès dans la vallée de ce nom. L’Estibette descend à Chisagüès. Au nord de la Pena-del Mediodia existe également un passage qui fait communiquer directement Jabierre avec Revilla et Escoaïn, en supprimant le détour par la garganta de Salinas et le col de Telia.
- Le long de la gorge de la Cinca, de Bielsa à Ja-
- bierre, des jardinets s’étagent joyeusement. Une passerelle rustique, dissimulée dans cette coupure, met un trait d'union entre ses deux lèvres. Passé les maisons du hameau, l’abîme devient très profond, dangereux même, car un éboulement l’a coupé à pic au bord du chemin. Le pic del Queso fournit de la chaux en abondance : son nom « queso, fromage » proviendrait-il de l’aspect du banc de roche exploitée? En travers du torrent, juste au point où il commence à s’effondrer pour franchir le seuil morainique de Pinède, une scierie a été installée, dont le barrage arrête les troncs d’arbres confiés au roulage des Ilots. Il y a là une petite prade caillouteuse. Deux barrancos s’élèvent vers le col situé au nord de la Peùa del Mediodia. Des pâtures et des labours viennent ensuite. Une sorte de chaussée, voulue par la présence de sources énormes, côtoie une bâtisse dont on se demande l’utilité. Fiers de leurs stratifications et de leur brune parure de pins, les Parets commencent à prendre tournure. Sous les rochers de droite un taillis grimpe, tout de huis au teint clair. Les yeux voient poindre le Soum de Ramond et le Mont-Perdu, tandis que le Plan de Campolino, ce grenier de Jabierre, qui succède, fait songer à un coin de campagne en exil au milieu des monts.
- Dans cette pittoresque plaine, unie comme un miroir et respectée par la Cinca, se rencontrent des gazons soigneusement irrigués, des frondaisons ombreuses, jusqu’à de riches guérets où, chaque mois d’août, s'alignent force moyettes. Puis, un crochet brutal du torrent oblige à dominer, en corniche, unp saulaie et un vaste bassin de débris que l’on finit par traverser pour atteindre Las Cortès, après avoir sauté de forts courants d’eau. Sur ce point, le chemin que la Cinca heurte de plain-pied se trouve protégé contre les inondations par des pilotis qui rappellent certains brise-lames opposés à l’Océan. Quantité de piquets de bois, consolidés par des entrelacis de branchages, sont plantés tantôt horizontalement, tantôt verticalement ; des moellons emplissent leurs interstices; quelques avant-becs se détachent pour mieux rejeter les ondes. Au fond de la vallée, le massif calcaire, givré de touches blanches, devient admirable, mais on ne devine pas bien encore le cirque de Pinède, quoique sa cascade surgisse, semblable à un fil d'argent.
- Avec ses courtils et ses haies vivaces, ses « casas » à demi masquées par la verdure, Las Cortès, même par un grand soleil, offre une physionomie pleine de santé et de fraîcheur. Grande comme un jouet d’enfant, l’église, sur un mamelon écrasé, s’isole; les habitants du hameau d’Espierba, dont administrativement Las Cortès n’est qu’un quartier, ont un certain mérite à aller entendre la messe par les mauvais temps d’hiver. L’adoucissement de ce versant laisse les murailles et les tours des Parets complètement insensibles. Un promontoire rejette la Cinca contre leurs escarpements.
- On monte ; une ravine déchire le sol ; encore des granges, une maison; puis, les buis effacent les der-
- p.55 - vue 59/536
-
-
-
- L A X AT (J HE.
- niers vestiges du défrichement tenté ici par l’homme. La pierraille accapare définitivement le thalweg de la vallée qui consiste en un chapelet de prades dévastées nullement rendu sur les caries comme il convient. Dans ce cailloutis où toute piste s'efface, le torrent dessine des méandres : ses bras capricieux étreignent des îlots de graviers. Tout ce qui est à sa portée a été frappé par lui de stérilité impitoyable. Des traces de crues se déchiffrent sur des ensablements, des tramées de galets; des mares séjournent; du bois mort se disperse. De minces et rares filets d'eau dégringolent dans les Parets. En même temps, un cul-de-sac prodigieux ferme l’horizon. Le pic de Pinède s’élance près d’un roc aussi
- sourcilleux qu’élégant. On voit le port. La longueur de cette aire attristante étonne autant que sa largeur ; vous diriez un oued du désert. Emissaire du Lac Glacé et des séracs du Mont-Perdu dont le glacier de Ramond et les lacs de la Munia augmentent aussitôt le débit, la Cinca ne reçoit dans le val de Pinède, outre quelques suintements sans intérêt, que l’apport d’un certain nombre de sources échelonnées mais parfois très fortes. L’extravagance et la soudaineté de ses fureurs, après de violents orages, doivent donc s’expliquer par la nature rocheuse des Parets et l’imperméabilité des plateaux supérieurs : la pluie tombée est contrainte de s’épancher tout entière en de multiples cascades dont la réunion
- \. — Les Parets de Pinède, auprès de Notre-Dame
- de Pinède. (D’après une photographie de M. Lucien Briet.)
- enfante une sorte de mascaret qui inonde ou emporte tout sur son passage.
- À mesure que le Mont-Perdu s’abaisse, la crête d’Estaubé prend de l’extension. Cependant, le thalweg reste étale et les pentes qui obliquent de part et d'autre finissent par encadrer un hémicycle dont les détails se dégagent et se précisent ; un fragment de forêt jette à ses pieds une barrière sombre où le torrent serpente sur le ballast d’un chenal en ruine. L’espace s’emplit de murailles, le cirque achève de se modeler tout à fait : du sanctuaire de Notre-Dame de Pinède, il est superbe, il est à point, et c’est de là qu’il faut le peindre ou le décrire.
- L’amphithéâtre de Pinède s’excave dans un mur immense, fait lui-même d'un mélange extravagant de parois, de gradins et de paliers, et dont la frise
- tabulaire laisse pressentir le plateau glacé qu’elle supporte. Un seuil semble vouloir interdire l’accès de celle scène colossale où la grêle et les fulgurations ont exclusivement le droit de jouer. D’en haut et à main gauche la Cinca tombe, sous l’aspect de deux torrents échappés à des brèches ; ces torrents déroulent un double ruban de cataractes bientôt réunies en une chute définitive, très belle, produit vraiment digne de cette multiplication de flocons d’écume. Sa situation rappelle celle de la cascade de Gavarnie placée de même à main gauche et sur le côté. Faute de brillantes taches de neige, le ton général de 'l’ensemble reste terne, d’un gris verdâtre, et résulte de l’enchevêtrement des éboulis et des gazons sur lesquels en été des bergers font paître leurs moulons et leurs chèvres. Les couches géologiques s’allongent vers les
- p.56 - vue 60/536
-
-
-
- I.A NA TT \\ F.
- N 7
- murailles d’Eslaubé où elles se redressent ; une large sible. Quoique froide et sévère, la grandiose attitude bande de marbre indique le port de PincJe invi- de ce sauvage hémicycle n'en demeure pas moins
- Fig. 2. — La grande chute de Pinède. (D'après une photographie de M. Lucien Briet.)
- un triomphe pour le massif du Monl-Perdu : c’est, un décor éminemment pyrénéen autour duquel la vieille sylve dispose ses draperies et ses tentures
- et sur qui le brouillard tombe au cinquième acte des tourmentes comme un tout-puissant rideau.
- Il n'est pas aisé de pénétrer dans cette enceinte.
- p.57 - vue 61/536
-
-
-
- 58
- LA NATURE.
- Quand la passerelle de la Cinea, devant la chapelle, n'existe plus, on utilise un hêtre couché avec intention en travers du torrent de Ilount-Sainte qui descend de cascatelles en eascatelles au milieu des pins. Autrement, il reste à franchir successivement les rios du Soum de Ramond et du Mont-Perdu, ce dernier courant, dangereux, n’oll're pas toujours des Idoes suffisamment rapprochés. Une piste sous hois escalade aussitôt un fronton rocheux et se dirige, parmi de plantureuses fougères, vers la grande chute de Pinède, tout étourdie et fumante, haute de 100 à 150 mètres et réellement sublime de près. Au-dessus, les deux ruisseaux qui la forment mettent le roc comme entre parenthèses, et, au-dessous, le torrent mugit dans un ravin abrupt. On s’élève ensuite sur une sarabande de débris et on tourne de façon à atteindre une blanche falaise le long de laquelle se trouve un pas très mauvais pour les mulets de contrebande. Peux ou trois hommes doivent soutenir chaque animal par la tète et par la queue pour le faire avancer, et le porter presque quand il a peur, car le marbre est glissant, incliné, et tout encombré de sa propre et menue fragmentation.
- On foule plus haut le calcaire empâté de rognons de silex particulier aux abords de Tuquerouye. La montée linale du port consiste en un vaste, rapide et interminable talus de rocailles mouvantes qu’il faut grimper péniblement. A l’ombre des parois du roc d’Estaubé, beaucoup de ces fleurs jaunes (Aronieum scorpioides I)C) que l’on pourrait confondre avec l’arnica, tandis que, sur la ligne de la frontière, le tableau du Pailla et du Piméné fait éprouver au touriste français qui a vécu quelques jours en Espagne l’agréable plaisir de se retrouver chez soi. Lucien Briet.
- PHOTOGRAPHIE
- développement a la lumière blanche
- Le cabinet noir a peut-être son charme pour les rêveurs, mais en général une station un peu prolongée dans ce mystérieux séjour est considérée comme plutôt désagréable; c’est le point noir de la photographie. Aussi tous les moyens proposés pour l’éclairer sont-ils accueillis favorablement et, dernièrement encore, nous avons signalé à cet effet les papiers teintés en jaune inactinique. Dans le même but, et aussi pour parer à la lumière souvent trop actinique même des verres rouges, on a proposé de teinter les bains de développement, mais les colorants employés n’étaient pas suffisants pour permettre l’emploi de la lumière blanche. 11 est du reste difficile de trouver une substance qui réponde aux conditions nécessaires pour obtenir un tel résultat. 11 faut en effet qu’elle ne colore ni les doigts de l’opérateur, ni la gélatine du cliché, ni la pâte du papier; qu’elle soit sans action sur les composants du révélateur et enfin qu’elle absorbe complètement les rayons actiniques. Après avoir essayé un très grand nombre de substances, MM. Lumière se sont arrêtés au picrate de magnésium qui réunit toutes ces propriétés.
- Afin de simplifier les opérations du photographe pour la composition des bains ils ont incorporé le picrate de magnésium au sulfite de soude, en proportion convenable pour qu’on puisse, dans les formules, remplacer le sulfite de
- soude parle nouveau produit, qu’ilsont nommé chrysosulfitc.
- Ils ont <lù cependant composer deux mélanges différents, parce que dans certains révélateurs la proportion de sulfite employée étant assez considérable, la coloration eut été trop forte; le produit n° 1 contient 100 parties de sulfite de soude anhydre et 50 de picrate de magnésium; le n° 2 contient 100 parties de sulfite de soude anhydre et 50 de picrate de magnésium. Le premier convient pour les révélateurs à base de métoquinone, hydro-quinone, mélol, acide pyrogallique, édinol, iconogène, adurol, ortol, pyrocatéchine. Le second pour les produits à hase de paramidophénol, amidol, hydramine, glycine.
- Chaque flacon de ce produit est accompagné de très nombreuses formules destinées au développement soit des plaques, soit des positifs sur verre, soit des papiers.
- On ne peut, malgré les excellents résultats obtenus, se passer de laboratoire ; d en faut toujours un pour charger les châssis et les décharger; mais on pourra, grâce au nouveau produit, employer pour le développement une lumière beaucoup plus intense que celle à laquelle on se condamne ordinairement et c’est là où est le véritable progrès. On devra sortir la plaque à développer dans l’obscurité, ou à peu près, et la mettre immédiatement dans le bain. Celui-ci sera assez abondant pour bien la couvrir : pour une cuvette 9 X 12 on emploiera 200 cm3, de façon à avoir une couche de un centimètre et demi environ de liquide au-dessus de la surface sensible. Cela fait, on peut s’éclairer au moyen d’une bougie, d’un bec de gaz, etc.... On aura soin toutefois de ne pas approcher trop près : 0m,50 pour une bougie, 1 mètre pour un bec papillon, U”,50 pour une lampe électrique de 10 bougies. On peut suivre le développement au travers du révélateur et, après environ deux minutes d’immersion, regarder rapidement le cliché par transparence, en le sortant du bain. A la lumière diffuse du jour, dans une chambre dont la fenêtre serait garnie de rideaux, même blancs, on renoncerait à cet examen, mais on peut suivre la venue de l’image en se tenant assez loin de la fenêtre à laquelle on tournera le dos.
- Pour les positifs sur verre et pour les papiers on peut prendre moins de précautions, les émulsions étant beaucoup moins sensibles que pour les plaques destinées aux négatifs. MM. Lumière indiquent un moyen de faire rapidement une lanterne improvisée en mettant une bougie derrière une bouteille d’une contenance d’un litre environ contenant une solution de chrysosulfite à 5 pour 100, et en plaçant deux autres bouteilles semblables à droite et à gauche de la première.
- Le nouveau produit rendra certainement service aux photographes en leur permettant de ne plus s’astreindre à rester de longues heures dans l'obscurité; il sera surtout très utile en voyage où, malgré les progrès réalisés depuis quelque temps par les hôteliers, on risque trop souvent de voiler ses clichés en les développant. G. M.
- L’ÉTAIN AU LAOS
- Les gisements d’étain du Laos occupent une superficie totale de 1650 hectares répartis en trois concessions situées dans l’arrondissement de Pak-Hin-Boun par i7°54’ de latitude nord et 102° 6’ de longitude est de Paris. Dans le district de Ban-Ta-Coua, le minerai se présente soit en amas désagrégés, soit en filons adossés à une masse feldspathique décomposée seulement d’une façon superficielle ; dans les deux autres gîtes de Bô-Néng
- p.58 - vue 62/536
-
-
-
- LA NA TT HE.
- *d)
- et de Na-Phan, on ne le rencontre guère qu’en rognons à arêtes plus ou moins vives et mêlés à des débris de l'eldspaths, de limonite et de différentes roches fortement injectées de fer.
- Les indigènes exploitaient depuis longtemps ces richesses, mais ils se contentaient de recueillir les minerais émergeant de la surface ou de creuser des puits peu profonds pour les extraire des flancs des collines qui encerclent cette pittoresque vallée du Nam-Pha-Tène. Toutefois, comme ces minerais ne contiennent que ‘2 à 5 pour 100 d’étain associé à d’autres métaux tels que le fer, le cuivre, l’antimoine, le tungstène et que leurs procédés de triage, d’enrichissement et de réduction étaient des plus rudimentaires, ils obtenaient un produit brut impur, employé presque exclusivement jusqu’ici à fabriquer des chaînettes à maillons circulaires qu’utilisaient les pêcheurs laotiens pour assurer la plongée de leurs filets. Heureusement une société française dite du llin-lloun se forma à Paris et envoya sur place, il y a trois ans, des ingénieurs, qui, à la suite de multiples essais, ont résolu l’ardu problème de tirer bon parti de ce minerai pauvre, en l’enrichissant jusqu’à une teneur de 00 à 80 pour 100 d’étain. En outre, ils découvrirent, sur un mamelon, un important filon dont l’attaque et la taille pourront se faire aisément sur toute sa longueur à l’aide d’échelons successifs.
- On transportera par wagonnets le minerai brut de son point d’abatage jusqu’à l’usine qu’actionne une machine à vapeur compound de 20 chevaux. Là, un broveur à cylindres travaillant sous un courant d’eau, réduira les blocs en particules plus petites, triées une première fois par des tamis hydrauliques et enrichies ensuite sur des tables à secousses. En cet état, le minerai possédant une teneur de 60 à 80 pour 100 de métal, sera dirigé sur le four de réduction afin d’y subir la liquation. Finalement, il ne restera plus qu’à reprendre l’étain, à le refondre et à le couler en lingots qui bientôt concurrenceront sur les marchés les marques de Sumatra, du Yunnan et du Tonkin.
- Yu la grande masse de ce filon, la « Société des étains du Ilin-Boun » se propose de faire de Ban-Ta-Loua le pivot de son exploitation, les deux autres concessions de Bô-Néng et de Na-Phan, restant pour le moment des réserves qu’elle mettra seulement en valeur un peu plus tard. Be plus la compagnie, respectant les droits des indigènes, leur permettra, d’après la «Revue Indo-Chinoise », de continuer l’extraction du minerai stannifère ; elle se propose même de leur acheter leurs cvdots d’étain et de les affiner avec diverses catégories de ses propres produits, pour en retirer un métal convenant à certains alliages industriels. D’autre part, pour diverses raisons, dont la principale est l’absence, à proximité de la mine, de forêts aptes à fournir le charbon de bois, la Société établit actuellement son usine métallurgique à une cinquantaine de kilomètres du gisement et à 800 mètres du Mékong. Lne cinquantaine de bœufs assureront les charrois qui s’exécuteront en quatre étapes afin de ne pas fatiguer les animaux. Dans ce but trois stations comprenant des étables, des écuries, des hangars, des magasins, des maisons de repos et des pâturages s’échelonneront sur la route, en attendant la construction ultérieure d’un chemin de fer économique.
- Puisse cette intéressante création ne pas échouer comme tant d’entreprises industrielles faites antérieurement au Laos et attirer, par son succès, d’autres capitaux
- français sur ce sol si riche en métaux précieux! J. B.
- —------
- LES SPORTS ET JEUX D’ADRESSE
- Il ne faut pas croire, quoique le mot soit chez nous d'introduction récente, que les sports étaient inconnus de nos ancêtres. Aune époque où les divertissements étaient loin d'être aussi nombreux et aussi variés qu’ils le sont aujourd'hui, les jeux d’adresse formaient un véritable spectacle auquel on ne manquait pas d’aller assister et pour lequel on se passionnait avec une ardeur dont nous nous faisons difficilement une idée aujourd’hui.
- Sait-on, par exemple, que pour le jeu de la paume on pariait tout comme nous le faisons maintenant aux courses de chevaux ? On engageait alors sur le succès de tel ou tel concurrent des sommes considérables. A la fin du xvi° siècle, Bourdeilles nous apprend qu’en une seule partie on risquait de quatre à six mille écus et quelquefois même, ajoute-t-il, une somme deux fois plus forte.
- La paume se jouait soit à découvert dans un grand
- r
- Fig. 1. — l.o jeu do )a course, d’après Olaius Maguus (xvi* siècle).
- emplacement préparé à cet effet et se dénommait la longue paume, soit dans un bâtiment spécialement construit à cet usage et portait alors le nom de « courte paume ».
- Le jeu de la courte paume était un véritable jeu d’adresse; la salle où il se jouait avait le sol recouvert de carreaux unis en pierre taillée de la grandeur d'un pied et demi fréquemment rougis au sang de bœuf ; les murs de la salle étaient peints au moins deux l'ois par an en noir mat : cette disposition étant indispensable pour permettre aux joueurs de distinguer plus facilement la balle qui arrivait sur eux.
- Les joueurs de paume avaient adopté un costume spécial pour se livrer à cet exercice et tout comme pour le football moderne, on devait prendre des précautions pour éviter que les efforts déployés dans ce jeu ne devinssent nuisibles pour la santé (fig. 5).
- Le jeu de ballon, qui est devenu si en honneur chez nous depuis que nous l’avons anglicisé sous le nom de football, était connu en Italie dès le xvie siècle sous le nom de Calcio. On voit, par la figure 7, faite d’après Commenius, qu’il s’agit nettement d’une partie
- p.59 - vue 63/536
-
-
-
- LA NATURK.
- fit)
- dans laquelle deux camps adverses se disputent la possession d’une grosse balle de cuir, pour la conquête de laquelle les adversaires échangent force horions.
- Dès le xvift siècle, le jeu de ballon était considéré comme un exercice phi tôt destiné à développer la force chez les adultes qu’à amuser les enfants. On se servait alors,pour lancer la grosse halle de cuir, de deux espèces de brassards ; l’un était composé d’un treillis de lanières de cuir et formait une
- sorte de raquette, tandis que l’autre était un véritable manchon d’osier tressé de manière à former des parties saillantes et des parties creuses qui
- Fig. 2. — Le tir à l’arbalète, d'après une gravure sur bois extraite de Olaius JUagnus
- Au Moyen Age, l'escrime était surtout considérée comme un jeu de parade et la manie de tirer à tout propos la rapière et de provoquer en combat singulier est une importation italienne arrivée chez nous vers l’époque de la Renaissance.
- Dès l’année 15(17, Charles Ad 11 autorisa les maîtres joueurs et escrimeurs d’épées de la ville de Paris à se réunir en communauté et il confirma leurs statuts. À cette époque, l’escrime faisait partie de
- l’éducation des jeunes gens et la curieuse gravure que nous empruntons àCommeniusnous dévoile l’intérieur d’une salle d’armes à cette époque (fig. 4). Nous voyons que des jeunes gens s’exercaient à manier indifféremment la longue rapière munie d’une coquille destinée à empêcher les blessures au poignet, tandis qu’à coté deux étudiants se mesurent avec la lourde épée à deux mains, reste d'une tradition du Moyen Age. On faisait aussi l’escrime avec la hallebarde, la pique, et, en général, avec toutes les armes de haste.
- De tout temps, les exercices d’adresse comme le tir ont été encouragés par ceux qui avaient souci de donner à la jeunesse française la souplesse et l’habileté qui lui sont d’un si précieux secours quand il s’agit de défendre la pairie.
- Le tir à l’arbalète a été, pendant tout le Moyen Age,
- siècle).
- empêchaient la balle de glisser le long du bras et permettaient de la renvoyer ainsi avec une pins grande force (fig. 5).
- Les premiers ballons ont été formés d'une vessie gonflée à l’aide d’une seringue et c’est un peu plus tard que, pour la protéger contre les chocs, on eut l'idée de la recouvrir d’une enveloppe de cuir fermée à l’aide d’une cordelette de chanvre. Dans les devises dcParadin, puhliébs en 1557, on voit figurée une de ces grosses balles avec la devise : Battue je rebondis.
- Le jeu des armes, (pii est connu chez nous sous le nom d’escrime, était fort cultivé par les anciens et les professeurs des gladiateurs devinrent les maîtres d’armes des légionnaires. Cet art, qui était désigné sous le nomd’ « armatura », consistait dans l’attitude à donner au corps et dans l’habileté à frapper à l’arme blanche le point visé.
- Fig. i. — L’escrime au xvie siècle, d'après Coinmenius : « Orbis sonsunlis picturn ».
- très en faveur sous le nom de jeu du Papc-Gaye. Il s’était formé des confréries qui se réunissaient à certains jours déterminés pour transpercer de leurs flèches un oiseau de bois placé au sommel d’une longue
- p.60 - vue 64/536
-
-
-
- LA A A TL IIE.
- Fig. 6. — Le jeu du Mail, d’après une gravure de M. Guérard jxvm' siècle).
- Fig. 7. — Fne partie de ballon en Italie au xvi* siècle.
- perche. Le vainqueur de ce tournoi pacifique était proclamé roi et son éphémère avènement au trône donnait lieu à des banquets et des festins, qui n’é-
- taient pas la partie la moins recherchée de ce genre de divertissement.
- Olaius Magnus, auteur d’une sorte d’encyclopédie
- p.61 - vue 65/536
-
-
-
- 02
- LA NAT L HE.
- au wi1' siècle, nous montre un groupe d'adolescents s'exerçant à envoyer des carreaux, sorte de grosses (lèches en 1er carré, dans une cible placée à peu de distance. De jeunes chiens sont dressés à rapporter, auprès des concurrents, ceux des projectiles qui ont manqué le but (fig. 2).
- Nous n’insislerons pas sur la popularité dont a joui pendant si longtemps le jeu du mail ; toutes les villes possèdent une partie de leurs promenades situées sur remplacement de cet exercice si cher à nos aïeux (lîg. 0). Le mail a été remplacé par le croquet, qui est peut-être un peu plus compliqué et il est fort douteux que sous cette nouvelle dénomination, ce jeu jouisse d’une faveur égale à celle qu’il a connue autrefois.
- Le Jeu de quilles (pie nous voyons représenté ligure 5 est encore pratiqué de même actuellement. Il avait beaucoup de rapport avec le jeu des piquets en usage chez les Romains.
- Tous ces jeux, dont beaucoup sont appelés à disparaître, ont fait l’objet d’une remarquable étude tpie M. Henry D’Allemagne vient de publier. Nous lui avons emprunté nos gravures. Ceux que la question intéresse trouveront dans le livre de M. D’Allemagne assez de détails pour exciter leur curiosité et satisfaire leur érudition1. A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du 21 déc. 11)03
- CONCOURS DE I.’a N N Kl. 1905 Présidence de M. M. A. Gmdry
- M. A. Gaudry ouvre la séance par un discours dans lequel il indique à grands traits les phases du développement de la paléontologie depuis Cuvier, son fondateur, jusqu’aux représentants actuels de cette science.
- M. A. Gaudry, après avoir rappelé les récentes découvertes de débris d’animaux extraordinaires aujourd’hui disparus, conclut ainsi : « In jour viendra où, dans quelque musée, on réunira les restaurations des fossiles de toutes les contrées et de tous les âges ; la vision en sera si étrange qu’on se demandera si ce n’est pas un rêve ».
- Ce rêve semblera très beau; ce ne sera pas un cauchemar. Il ne faut point, parce qu’il y a eu autrefois des êtres gigantesques, conclure que la terre a été un théâtre de luttes et de désordres. On a exagéré les idées de Darwin sur le « struggle for lile ». Les forts n’ont pas anéanti les faibles. Lorsqu’un type est arrivé à son épanouissement il meurt; que ce soit une Ammonite, ou un Brontosaurus ou un Pyrolherium, il meurt, pendant que des types moins perfectionnés perpétuent la vie. Les carnivores ont été rares sur les anciens continents. Chose triste pour notre espèce, c’est l’homme qui a poussé les cris de guerre, c’est lui qui change les jolies campagnes en champs de carnage. Au moment où lès Mammifères fossiles ont eu leur apogée, le roi des animaux était le pacifique Dinothérium ; figurez-vous ce géant escorté des Mastodontes, de PHclIadOlhcrium, de l’Ancylothcrium ; c’était vraiment la personnification de la nature puissante
- 1 Voy. « Sports et Jeux d’adresse », par M, Henry D’Allemagne, avec de nombreuses illustrations, gravures hors texte et Cn cb'ulburs. Ha'chcUb cl Cih.
- et calme des anciens jours. Les géologues, qui étudient le règne minéral, découvrent parfois les traces de révolutions violentes, comme celle dont la Martinique vient d’être la victime. Nous, paléontologistes, nous contemplons ! les lentes et harmonieuses évolutions du inonde animé.
- ! Le discours du président est suivi de la lecture de la liste des prix dont les principaux sont indiqués ci-dessous.
- Prix Francœur : M. Emile Lemoine. — Prix Poncelet : M. Ililbert.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. Bodin. — Prix Plu-mey : M. Marchis. — Prix Lalande : M. Campbell. — Prix Yalz : M. Borrelly. — Prix G. de Pontécoulant : M. II. Andoyer. — Prix Hébert : M. E. Goldstein. — Prix Hughes : M. Pierre Picard. — Prix Gaston Planté : M. Hospitalier. — Prix Jcckcr : M. L. Bouveault.
- Chimie. — Prix La Gaze : M. Guntz. — Prix Delesse : M. Emmanuel de Margerie. — Prix Gay : R. P. Colin.
- — Prix Montagne: M. Maire. — Prix Tliorc : M. de Istvanffi. — Prix Bigot de Morogues : M. Eugène Risler.
- — Prix Savigny : M. R. Fourtau. — Prix da Gama Ma-chado : Mrae la comtesse Maria von Linden.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : MM. Dominici, Jean Camus, Robert Loewv. — Prix Barbier : MM. Anthony et Glover. — Prix Godard : MM. N. Ilallé et B. Motz. — Prix Lallemand : M"e Joteyko, MM. Garnier et Colorian.
- — Prix du baron Larrey : M. Paul Godin. — Prix Bellion : M. F. Battesti. — Prix Mège : A. MonprofiG — Prix Chaussier : M. Alfred Fournier.
- Physiologie expérimentale. — Prix Montyon : MM. Ar-thus et Victor Henri. — Prix Philipeaux : M. Lucien Daniel.
- Physiologie. — Prix L. La Cazc : M. Charles Richet. — Prix Pourat : M. J. Rénovés.
- Histoire et sciences. — Prix Binoux : M Zeuthen. — Médaille Lavoisier : M. Cari Graebe. — Médaille Berthelot : MM. Cari Graebe, Bouveault, Guntz, Chavanne, Victor Henri, Artlius, Capellc.
- Arts insalubres. — Prix Wilde : M. Collet. — Prix Tchihatchef : M. Sven lledin. — Prix Cuvier : M. Eugène Simon. — Prix Parkin : MM. Lacroix et Giraud.
- Sciences mathématiques. — Prix Petit d’Ormov : M. Jacques Hadamard.
- Sciences naturelles. — Prix Petit d’Ormoy : M. Bernard Renault. — Prix Boileau : M. Marius-Georges Grand-jean. — Prix Estrade-Delcros : M. Léon Teisserenc de Bort. — Prix Cahours : MM. Marquis et Chavanne. — Prix Saintour : M. Marcel Brillouin. — Prix Trémont : M. Ch. Frémont. — Prix Gegner : M. Jean-Henri Fabre.
- — Prix Lannelongue : Mme YTe Nepveu. — Prix Laplace : M. Rémy. — Prix Rivot : MM. Rémy,- Breynaert, Gillier, Bouteloup.
- Plusieurs prix, notamment le grand prix des sciences physiques, ne sont pas décernés.
- M. Darboux lit ensuite un éloge historique de François Perrier. Cet éloge est en même temps un tableau extrêmement documenté des opérations géodésiques entreprises en France et en Algérie. H faut, d’ailleurs, se hâter de remarquer qu’à partir de 1800, l’histoire de la géodésie française est intimement liée à celle de la vie de Perrier. Désigné presque au sortir de l’École d’État-major pour participer à un travail de géodésie, il a été dès lors, cn effet, spécialisé dans ce genre de travaux par les ministres qui se sont succédé au département de la Guerre. Cette désignation avait été motivée par une proposition anglaise de jbnetion par-dessus la Manche des triangulations française ht anglaise. M. Darboux relate
- p.62 - vue 66/536
-
-
-
- LA XATUHK.
- ()Ô
- l’essai malheureux fait à ce sujet au xvmu siècle, puis la réalisation du projet, en 1825, par Arago et Mathieu de concert les ingénieurs anglais, mais la disparition des résultats avant la publication.
- Il rappelle les célèbres opérations géodésiques françaises du xvme siècle, la confection de la carte dite de Lassini, la mesure de la Méridienne de France par Delambre et Méchain, la confection de la nouvelle carte de France dite carte d’Etat-major au 1 80 000, l’œuvre du corps des ingénieurs géographes, la triangulation de la Corse effectuée au siècle dernier par Tanchot, la liaison de cette triangulation à l’Observatoire de Lise par Méchain.
- 11 mentionne ensuite la réfection de cette dernière triangulation devenue inutilisable pour les besoins de la topographie, par I'errier assisté d’un autre officier. Puis vient l’histoire de la chaîne de grands triangles parallèle à la côte nord de l’Algérie, dont la partie ouest, de Bli-dah au Maroc, est l’œuvre de Perrier. Cetle chaîne devait plus tard se souder à scs deux bouts aux réseaux italien et espagnol. La deuxième jonction paraissait problématique à cause de la distance à franchir; elle a été néanmoins accomplie avec succès complet.
- M. Darboux rappelle l’initiative de Perrier touchant la révision de la méridienne de France, l’appui trouvé par lui au Bureau des longitudes; le commencement des opérations au printemps de 1870, sa propagande, après la guerre, pour la création d’un corps d’officiers géographes aboutissant à l’organisation du service géographique. En 1875 Perrier obtient de professer un cours de géodésie à l’École de guerre ; en 1880, il prend part aux travaux du Congrès de Berlin comme délégué technique ; en 1882, il observe le passage de Vénus en Floride avec MM. Bas-sot et Delïorges. Son action immédiate comme directeur du service géographique se traduit par une impulsion nouvelle donnée à la révision des feuilles de la carte au 1/80000, dans laquelle les courbes de niveau sont multipliées, enfin par la publication de diverses feuilles de la carte topographique d’Algéric au 1/50000. Nonobstant ses travaux multiples Perrier réussissait à créer, grâce à sa persévérance infatigable, l’Observatoire météorologique de l’Aigoual. En 1888, il est enlevé à l'affection de tous ceux qui l’approchaient. M. Darboux termine ainsi : « Et maintenant, dans celte petite ville de Vallcrauguc où il naquit, non loin du monument élevé à de Qu.drefages, Perrier, lui aussi, a son monument. 11 est représenté la tète haute, l’allure militaire, la main posée sur le cercle du géodésien. Ces honneurs qu’on lui a rendus sont justifiés. Car il a été du petit nombre de ceux qui réalisent dans l’âge mùr les rêves, les pensées généreuses de la jeunesse, et il a pleinement mérité le titre glorieux de rénovateur de la géodésie française. » Ch. de Villedelil.
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE DE POCHE
- Lu lampe électrique à incandescence dans le vide était à peine entrée dans le domaine de la pratique que son utilisation fut bientôt généralisée sous les formes les plus variées. Peu de temps après son apparition on eut l’idée de Remployer pour former des foyers lumineux minuscules pouvant se loger dans des instruments de médecine tels que le laryngoscope ou dans des objets d’ornement, tels que des épi'nglCs de cravate. M. Trouvé fut un des premiers qui sVc’cupa de cé genre d'adaptation; il employait
- comme source d’électricité les petites piles, dites « à renversement », constituées par un tube enébo-nile, garni d'une enveloppe intérieure en charbon, au centre de laquelle se trouvait un cylindre de zinc: le liquide excitateur était constitué par une solution d'un sel de mercure. Plus lard M. Aboilard utilisait dans le même but de petits accumulateurs au plomb. Dans un cas comme dans l’aulrc on avait l’inconvénient du suintement d’un liquide acide, la fermeture de la pile ou de l’accumulateur ne pouvant être hermétique à cause du dégagement des gaz; les vêtements s’en ressentaient souvent, ce qui augmentait dans de notables proportions le prix de la source d’électricité qui était déjù assez élevé.
- D’un autre côté la fabrication des petites lampes minuscules était loin d’être parfaite et, bien que coûtant assez cher, elles ne duraient que peu de temps. C’est pour ces diverses raisons que s’explique l’insuccès de cette application, si séduisante cependant, des foyers lumineux minuscules el portatifs.
- Aujourd’hui la lampe à incandescence se fabrique à meilleur compte et de bonne qualité ; la pile est presque sèche, sans acide et sans aucun suintement, aussi voit-on de toutes parts les applications les plus variées, souvent les plus inattendues, sous toutes les formes. C’est à l’étranger que la question a été reprise il y a quatre ou cinq ans, et l’on croit assez généralement que les articles de ce genre, qu’on trouve aujourd’hui à profusion en France, sont exclusivement d’origine allemande, anglaise, ou américaine. C’est celte légende que nous voulons détruire, nous avons pu nous convaincre qu’une industrie bien parisienne a été créée dans ce genre par MM. Henry et Lenud.
- La partie la plus importante de leur fabrication est celle qui concerne la pile. C’est en résumé une pile Leclanché réduite à son plus faible volume : certains éléments ont à peine 0m,02 de diamètre sur 0UI,06 de haut. Au moyen d’une presse on agglomère autour d’un crayon de charbon C (fig. 2) un mélange finement pulvérisé, D, de carbone et de bioxyde de manganèse ; le cylindre ainsi constitué est alors enveloppé d’un tissu à larges mailles et glissé dans un cylindre de zinc F qui contient une pâte épaisse E à base de chlorhydrate d’ammoniaque. On ferme le tube au moyen d’une couche de goudron en ayant soin de ménager la sortie des gaz par un tube capillaire emprisonné dans la masse. La tête du crayon de charbon dépasse seule et on la coiffe d’un petit culot en cuivre A, qui constituera le pôle positif, l’enveloppe de zinc formant le pôle négatif.
- A'u le bon marché auquel doit s’effectuer la vente en gros de ces éléments, il faut arriver à un prix de fabrication très bas et on l’obtient par une division du travail bien comprise ; chaque ouvrier faisant toujours la même chose arrive à la faire vite et bien. Cette petite pile est en somme l’àme de cette industrie nouvelle, Car quelle que soit l'ingéniosité, l'utilité, l’élégance des appareils qu’elle alimente, ils seraient vite discrédités si, une fois la pile épuisée, ils étaient hors d'usagé. Il faut donc, cl c'est le but
- p.63 - vue 67/536
-
-
-
- LA NA Tl''Il K.
- atteint aujourd'hui, qu'on puisse se procurer facilement et à hou marché des éléments interchangeables s'adaptant à tous les appareils qu'on trouve dans le commerce. La capacité électrique varie naturellement avec le volume des éléments ; mais, même pour les plus petits,' on peut encore compter sur une durée d'éclairage d’une heure.
- Il ne faut pas oublier que le but de la pile n’est pas de fournir une lumière continue; en lui donnant le nom de « dix mille éclairs » les fabricants ont bien caractérisé l'usage auquel ils la destinent : l’éclairage par intermittence.
- Les objets auxquels ils font l’application de la lumière instantanée, sont des plus nombreux et tous, ainsi que les lampes, sont de leur fabrication.
- I)anslescannes(fig. 1 ) ^
- la pile, composée de 2 ou c'
- 5 éléments placés bout
- à bout, peut s'introduire soit dans la tige, soit dans la poignée, suivant la forme de celle-ci; le bougeoir
- l’un à côté de l'autre et
- comporte la même disposition pour les éléments. Dans les lampes de poche (tig. 2) ceux-ci sont placés
- sont livrés au commerce accouplés en tension de façon qu’on n’ait pas à s'occuper des connexions ; il en est de même pour la pile qui alimente les épingles de cravate d’un effet si curieux. Nous devons signaler tout particulièrement un modèle, à lampe indépendante, qui permet aux cyclistes de lire facilement une indication sur une carte, malgré le vent et la pluie, aux aéronautes de s’éclairer malgré le voisinage du gaz, aux amateurs photographes qui pourront s’en servir en le transformant, au moyen d’un verre rouge, en lanterne de laboratoire. C’est le même système du reste qui est destiné au médecin pour lui permettre un examen facile de la gorge au lit du malade. Nous ne nous étendrons pas sur l’examen des objets variés qui peuvent recevoir celte source de
- lumière électrique intermittente.
- Fig. 'I. — Coupe de la pile sèche de .MM. Henry et Lenud. I.ampns électriques (h; poche et bijoux lumineux.
- lumière toujours prèle et si commode : pour rentrer chez soi le gaz éteint, pour chercher un objet dans une armoire, un cabinet obscur, pour voir l’heure la nuit, etc. ; ils sont tous d’un usage constant dans la vie courante et le public leur a déjà fait le meilleur accueil, preuve qu’ils répondent à un besoin.
- L’essentiel était, pour notre industrie nationale,
- île pouvoir arriver a tes 1 arnaquer aussi mon, sinon mieux, et à aussi bon compte qu’à l’étranger; c’est aujourd'hui un fait acquis.
- G. Ciialmarès.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiche, rue de Fleurus, 9.
- p.64 - vue 68/536
-
-
-
- N* 151*7.
- 2 JANVIER 1 904.
- LA NATURE.
- 65
- LE PUITS ARTÉSIEN DE LA BUTTE AUX CAILLES
- Le forage du puits artésien de la I5ulte-aux-Cailles | puits proprement dit, part de commencé le ornai 1806 vient, après une interruption de 22 années, de 1870 à 1802, d’ètre terminé. Le 10 novembre dernier, en effet, le trépan atteignit les sables verts et l’eau jaillit en abondance.
- Les travaux débutèrent par l’établissement d’un puits en maçonnerie de 2 mètres de diamètre et profond de 89 mètres. La sonde fut ensuite descendue dans cette amorce et le puits creusé à lm,20de diamètre. Le trépan employé, sorte de gros burin
- d’acier, pèse 4000 kilogrammes et la lige rigide qui le soutenait
- Fis. i.
- Vue, d'ensemble du puits artésien de la liutte-aux-Cailles, à Paris.
- l’argile de Gault et enfin les
- kilogrammes
- 20
- le
- mètre courant.
- Parvenu à 550 mètres, on procéda à un tubage de 90 centimètres de diamètre ; les tubes sont pourvus extérieu-rement, étant d’un plus faible diamètre que le puits,de branches de guidage, et dans l’espace annulaire ainsi formé on a coulé du béton. Cette première colonne métallique pèse 180 tonnes. Un second tube de 60 centimètres lait suite au premier jusqu’à 542m,9Ô de profondeur; un troisième, de 0IU,50, qui constitue le 32e année, — 1er semestre.
- Fig. 2. — Vue du moteur à vapeur.
- rugineuse et sulfureuse qui
- 4m,75 du sol et descend concentriquement aux deux autres à 506m,60. Enfin, ce dernier est prolongé par un quatrième tube de 0m,40 qui atteint la deuxième nappe. L’espace entre les deux séries de tubes a été également rempli de béton pour rendre le puits parfaitement étanche. Les sables moyens, calcaire grossier et argile du Soisson-nais, se sont rencontrés jusqu’à 66 mètres, puis la craie est apparue et s’est continuée jusqu’à 530 mètres. Au-dessous se trouve sables verts. En 1898 on rencontra une première nappe d’eau à 57 lm,50 ; mais son débit,
- 7 litres seulement par seconde, étant insuffisant, il fut déci-déque l’opération se poursuivrait jusqu’aux sables verts où se trouve la seconde nappe. Elle a été atteinte à 582m,40 et débite 70 litres par seconde, soit 6000 mètres cubes par jour. L’eau coule actuellement à la cote 57IU,24; elle vient du plateau de Vandeuvrc (Aube) qui se trouve à 100 mètres d’altitude.
- C’est une eau fer-servira à alimenter une 5
- p.65 - vue 69/536
-
-
-
- 06
- LA NATURE.
- piscine municipale que Ton construira à proximité du puits. Elle se déverse provisoirement à l'égout en passant entre le tube et la paroi maçonnée du puits ; à 22 mètres du sol elle suit une canalisation pourvue d’une vanne, et un déversoir en permet le jaugeage. On accède à la chambre de la vanne par un second puits voisin du puits artésien.
- Le chantier comprend — toute l'installation est encore en place — deux machines à vapeur : l’une de 80 chevaux et l’autre de 22 chevaux. La première a servi à monter et descendre les tiges de la sonde à l’aide d’un câble plat de 100 tonnes de résistance ; la seconde a été utilisée pour le fonctionnement du balancier (50 coups par minute) et des vérins pour la descente des tubes. Les travaux préliminaires ont
- Fig. 3. — Installation?pour la descente-des tubes.
- été exécutés par M. Dru; en 1892 M. Paulin Arrault en prit la direction et, en 1902, M. René Arrault lui succéda. Ils ont été constamment dirigés par M. Leroy, contremaître, depuis 1892.
- Ll'ClEN LolH.Mi.tl.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- SIXIÈME EXPOSITION INTERNATIONALE DE L’AUTOMOBILE, DU CYCLE ET DES SPORTS
- Cette manifestation annuelle de l'industrie auU>-tnobile rencontre chaque fois un succès plus grand. Pendant les quinze jours qui viennent de s’écouler, le Grand Palais aura vu se presser sous son immense coupole de verre des foules puissantes attestant par leur présence meme l’importance colossale de l'in-
- dustrie automobile, dont nous devons être particulièrement fiers, puisque c’est la seule industrie d’origine française qui ait reçu dans notre pays son plein et grandiose développement, au lieu, comme tant d’autres, d’émigrer chez des peuples germaniques ou anglo-saxons.
- Aujourd’hui, après des années d’études et de pratique, l’automobile a, pourrait-on dire, atteint l’àge adulte. Du moins c’est l’impression ressentie dès le premier coup d’œil jeté sur les stands qui remplissent le Grand Palais, depuis les sous-sols jusqu’aux balcons de l’étage supérieur.
- A tous les automobiles exposés ou peut trouver comme un air de famille ; il semble que le constructeur, quelles que soient ses idées et ses tendances, qu’il veuille fabriquer la voiturette populaire ou la luxueuse voiture du milliardaire, ne peut se dispenser d’y mettre les memes organes en donnant à ceux-ci les mêmes formes.
- L’automobile, comme l’animal, obéit aux lois de la sélection naturelle, et après un long travail d'accommodations, la lutte pour la vie a fini par lui constituer l'organisme le mieux approprié aux nécessités de son existence.
- Objectivons notre pensée, et, pour mieux définir le moteur 1904, prenons celui représenté dans notre première gravure et qui présente pour nous cet avantage de montrer sur une même face la plupart des organes qui se retrouvent aujourd’hui sur tous les moteurs. Celui-ci est d’ailleurs l’œuvre d’un homme des plus compétents, Léon Rollée, l’auteur de la fameuse voiturette à trois roues de 1895.
- Le moteur est à quatre cylindres verticaux. Les soupapes d’admission qui sont sur le coté représenté sont commandées mécaniquement, dispositif que la mode depuis l’an dernier impose, malgré de nombreuses critiques et qui a été décrit par « La Nature » à l’occasion du précédent Salon1. Le carburateur est tout au premier plan, caché par le longeron de la voiture, qui n’en laisse apercevoir que le dessus. Il est relié aux chapelles d’admission des soupapes par une courte tuyauterie et la puissance du moteur peut être réduite à volonté par l’action d’un piston qui étrangle'de la quantité nécessaire le passage de l’air carburé aspiré par le moteur. Ce piston est commandé par la tringle que l’on peut apercevoir au-dessus du carburateur (fig. 1 ).
- L’etranglement de l’aspiration est aujourd’hui le mode de réglage des moteurs le plus en faveur, bien qu il soit peu économique. 11 est des plus simples, et, entre autres avantages, on lui reconnaît celui de supprimer le bruit du moteur dès qu’on le ralentit.
- L’allumage des charges d’air carburé renfermées dans les cylindres se fait encore aujourd’hui par les dispositifs bien connus de nos lecteurs : le premier consiste à produire avec une petite bobine de Ruhmkorfl une étincelle d'induction entre deux pointes isolées l’une de l’autre. Ces pointes sont
- 1 Yoy. îi0 làifi, du 10 janvier 1905, p. 87.
- p.66 - vue 70/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 07
- fixées sur une « bougie » de porcelaine et le cou- j rant arrive à l’une d’elles par un fil soigneusement isolé. On voit très nettement sur le sommet du moteur les quatre bougies et les gros fils qui les alimentent. Quant à la bobine d’induction, ce sont ordinairement des accumulateurs, parfois des piles ou une petite dynamo qui lui fournissent l’énergie électrique nécessaire.
- Dans le deuxieme procédé, l’étincelle est une étincelle de rupture, un are allumé dans le cylindre par un interrupteur mécanique qui s'ouvre à temps \oulu. Le courant provient d’une magnéto fixée sur l'autre côté du moteur qui l’actionne par engrenage, et il est amené aux interrupteurs, des quatre cylindres par la grosse tige enveloppée d’ébonile qui court sur la longueur du moteur au-dessous des barrettes fixant les couvre-soupapes d’admission.
- Un procédé d’allumage qui n’a guère plus d’un an d’existence et est appelé à se développer est celui qu’on pourrait appeler allumage par magnéto et transformateur. Une magnéto produit un courant de basse tension qui alimente le circuit primaire d’une bobine d’induction sans trembleur. Lorsqu'on coupe ce circuit, la brusque suppression du courant engendre dans le secondaire un courant de haute tension qui franchit l’intervalle des pointes d’une bougie et produit l’inflammation de la charge.
- Dans la magnétoEisemann (fig. 2, n° l)letransfor-mateur ou bobine est visible en premier plan, son secondaire va d’un côté à la masse et de l’autre à un distributeur porté par la magnéto, d'où il gagne l’une ou l’aulre des bougies.
- La magnéto Simms-Bosch est un peu différente : la bobine d’induction étant constituée par l’induit lui-mème qui porte ainsi deux enroulements l’un à haute et l’autre à basse tension. Ces procédés, plus sûrs que l’allumage par piles ou accumulateurs puisque la source d’électricité est inépuisable, sont aussi plus commodes que ceux par magnéto simple qui introduisent un rupteur mécanique à l’intérieur du cylindre.
- Le refroidissement des cylindres est assuré par une circulation d’eau dont on aperçoit sur le sommet du moteur Bollée les gros conduits d’arrivée et de sortie, et qu’une pompe envoie se rafraîchir dans un radiateur dit à nid d’abeilles, placé à droite et qui ferme à l’avant le capot de la voiture. L’eau s’y refroidit grâce à une active circulation d’air forcée par un ventilateur nettement visible ainsi que le ressort qui tend la courroie par laquelle il est actionné
- Le deuxième moteur représenté est le moteur à 0 cylindres, exposé par M.E. Louet (fig. 1 j.
- Grâce à ses G pistons calés deux à deux à 120°, il est pour ainsi dire exempt de irépidations.
- La mécanique nous apprend, en effet, qu’il en est ainsi chaque fois que le centre de gravité des masses en mouvement reste fixe, ce qui a lieu dans ce cas, ainsi que dans les moteurs à 3 cylindres. Ce moteur présente aussi une autre particularité : grâce à ses
- G cylindres, l’effort moteur n’est jamais nul, chaque course commençant dans un cylindre avant que la précédente soit achevée dans un autre. Ce moteur peut, parait-il, marcher sans volant pour en assurer la rotation.
- Un s’est beaucoup préoccupé d’assurer au moteur à air carburé une carburation toujours parfaite, c’est-à-dire un mélange d’air et d’essence exactement dosés, toujours capable d’exploser facilement et sans laisser de résidu non brûlé. Depuis qu’on a réussi par l’emploi de l'étranglement de l’admission à donner au moteur une grande souplesse, c’est-à-dire une grande amplitude à scs variations de vitesse, la nécessité de résoudre automatiquement le problème de la carburation est devenue pressante.
- La variation de vitesse entraîne, en effet, la variation de la puissance de succion du moteur, tandis qu’un carburateur rudimentaire exigerait une force d’aspiration constante.
- Aujourd’hui, par l’emploi d’orifices d’air dont l’ouverture est asservie à l’aspiration même du moteur, la solution est approximativement résolue par de nombreux constructeurs, depuis plus d’un an par certains. Un a décrit déjà ici1 celui qu’imagina M. le commandant Krcbs, auquel on doit la théorie du phénomène.
- Non seulement celle année on sait régler, au moyen de l’étranglement, la quantité d’air aspiré par le moteur, mais encore on a cherché à régler sa puissance au moyen d’un dosage de la quantité d’essence. C’est ce qui est réalisé, par exemple, dans le carburateur Grouvcllc et Arquembourg (fig. 3). L’arrivée d’essence est contrôlée par la soupape L interposée entre le vase à niveau constant de gauche et le carburaieur proprement dit qui est à droite. Cette soupape est maintenue plus ou moins ouverle par une tige P fixée à une membrane flexible N qui supporte en dessous la pression atmosphérique et au-dessus le vide relatif produit au moyen du tube C par l’aspiration du moteur. Le débit d’essence sera donc lié intimement à la dépression, c’est-à-dire à la quantité d’air aspiré, et la carburation, si le ressort U est bien réglé, peut rester parfaite. Cet appareil maintiendra donc le moteur à une vitesse de régime bien définie par la valeur de l’aspiration qu’elle produit. Le conducteur est maître de modifier à son gré cetle vitesse de régime en ouvrant plus ou moins un pointeau amenant de l’air sur la membrane N par le conduit D.
- Le carburateur du moteur Bollée possède un dispositif différent répondant au même but, mais que nous ne décrirons pas, car il faut sé limiter.
- Les freins adoptés aux voitures sont celle année encore plus nombreux et plus puissants peut-être que l’année précédente. Un abandonne presque partout le simple frein à enroulement qui a le défaut de ne serrer que dans un sens et l’on adopte de préférence le frein à mâchoires enserrant un tam-
- 1 Yov. n° 1552, du 21 février 1905. p. 177.
- p.67 - vue 71/536
-
-
-
- LA N AT II UK.
- ()8
- bour. Ce tambour est même dans la Mercedes muni d’une réfrigération par injection d’eau pour l’empêcher de gripper.
- Chenard et Walcker ont un frein, dit de différentiel, car il agit sur les roues par l’intermédiaire de cet organe, qui a l’avantage de supprimer une des pédales décommandé. Comme on le voit (fig. 2,n°2) il est formé d'un cône fixe dans lequel vient se bloquer le cône mobile de l’embrayage, grâce à un déplacement plus grand de la pédale de débrayage. Le châssis et les roues, celte ossature qui semblait définitivement arretée, ont aussi été modifiés dans leur forme. M. Arbel, des Forges de Douai, avec l’aide du constructeur Darracq, a entrepris de lui donner les formes les plus logiques et les plus robustes. 11 expose des châssis merveilleux par la perfection
- avec laquelle sont obtenues, par simple emboutissage et forgeage, les formes les plus compliquées. Dans ses derniers types une sorte de cuvette percée au milieu reçoit le moteur et lui forme une base solide. A l’arrière et à l’avant le châssis se relève pour permettre de loger les ressorts. Ces châssis sont obtenus tout entiers par forgeage, emboutissage et mandrinage d’une Feuille de tôle d’acier doux découpée et les assemblages sont ainsi complètement supprimés. Tout au plus dans certains endroits où la tôle était repliée et doublée a-t-elle été soudée par forgeage.
- Les roues d’automobiles ont toujours été un point faible des voitures. Elles subissent, en effet, des chocs terribles aux grandes vitesses et sont malheureusement dans de mauvaises conditions pour y résister,
- Fig. 1, — Moteur Bollée et moteur Louet.
- puisqu’on ne peut leur donner d’écuanteur. On appelle écuanteur d’une roue son bombement en cône ou abat-jour qui lui permet de résister aux chocs latéraux beaucoup plus facilement qu’une roue plate. Mais ce dispositif exige qu’on recourbe l’essieu pour que le rayon porte normalement sur le sol, et cette courbure ou carrossage de l’essieu ne peut être employé sur une voiture, car ou bien l’essieu est tournant, ou bien la puissance est transmise par deux chaînes qui ne peuvent travailler que dans des plans parallèles, c’est-à-dire tous deux verticaux.
- La suppression du carrossage de l’essieu entraîne celle de l’écuanteur de la roue, et celle-ci fatigue beaucoup lorsqu’elle a pris du jeu et doit être resserrée, châtrée de nouveau.
- La roue Soûlas évite celte fatigue. Les rayons, montés dans un moyeu métallique ordinaire, s’ap-
- puient sur la jante au moyen d’un écrou qui permet de les allonger légèrement si la dessiccation a donné du jeu à la roue. On peut ainsi par ces écrous remettre la jante en tension et les rayons en compression, ce qui est nécessaire à la solidité de l’ensemble.
- L’automobilisme industriel préoccupe aussi les inventeurs et le problème se précise. On ne fait plus d’énormes et lourds camions, mais de préférence des voitures de livraisons ou de relativement légers véhicules de charge qui fatiguent moins les routes. Seul le colonel Renard s’est attaqué au problème des gros charrois et l’a réalisé d’une façon originale, qui respecte l’intégrité de la voie publique. « La Nature » consacrera prochainement un article à son intéressant train automobile, c’est pourquoi nous demandons la permission de n’en point parler.
- p.68 - vue 72/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 09
- L’automobile, qui a conquis les routes, va maintenant conquérir les rivières, et les constructeurs se préoccupent aussi de fournir, aux amateurs
- de charmantes promenades fluviales, des canots munis d’un moteur adapté spécialement à sa destination et qui ne soit pas comme précédemment un
- Fi". 2. •— 1. Magnéto Eiscinann. Embrayage. — 2. FmH-C.henard et Waleker.
- moteur de voiture mis sur l’eau. L'hélice exige une I moteurs tournant entre 450 et 600 tours seulement vitesse de rotation pas trop élevée, il faut donc des j au lieu des 1000 ou 1200 permis sur des voilures.
- Fig. — A gauche. Carburateur Grouvelle et Arcfucinbourg. — A droite. Motour/Delahaye pour canot automobile.
- L’un des moteurs le plus complètement transformé, pour la navigation, est le moteur Delahaye dont, nous donnons une reproduction.
- Le carter inférieur est hermétiquement fermé, et,
- pour visiter les tètes de bielle, on peut basculer le bloc tout entier des cylindres autour de deux charnières. Léo Roisiiu.
- —
- p.69 - vue 73/536
-
-
-
- 70
- LA- NATURE.
- LE RADIUM
- M. et Mme Curie, ignorés du gros public, ont eu leur nom mis en vedette, en recevant le 10 décembre 1005, conjointement avec M. Henri Becquerel, le prix Nobel de Physique. Leurs travaux sont bien connus des lecteurs de « La Nature », ce journal ayant résumé au jour le jour les nombreuses communications faites sur le radium.
- Beaucoup d’erreurs ont été commises dans les articles de journaux écrits dans ces derniers temps, et il nous a paru utile de revenir sur quelques points de la question, afin de ne pas laisser perpétuer de fausses croyances et démontrer l’importance qu’a prise la nouvelle découverte.
- Nous avons fait exécuter, sous notre direction, le traitement d’usine nécessaire à l’extraction du radium, en suivant jusqu’au commencement de la présente année la méthode indiquée par M. Debierne, préparateur à la Faculté des sciences; depuis, nous avons eu la bonne fortune de modifier ce procédé de façon très avantageuse. Le traitement a été fait dans l’usine de la Société centrale des produits chimiques (ancienne maison Rousseau). L’Académie des sciences, la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale ont subventionné ces travaux. L'Institut de France, à l’unanimité, a attribué en 190ü une somme de 20 000 francs, provenant du legs Humbert Rebrousse, à un traitement de radium que la Société centrale de produits chimiques s’est engagée à faire sans aucun bénéfice. M. et Mme Curie ont reçu non seulement des prix et des médailles de l’Académie des sciences, mais encore la médaille Davy, une des plus hautes récompenses dont dispose la Société Royale de Londres; enfin, comme couronnement de leurs travaux, le prix Nobel de Physique. Faisons brièvement l’historique delà découverte du radium.
- En 1896, M. Becquerel montra que l’uranium produisait un rayonnement, comprenant des rayons cathodiques et des rayons X, sans emprunter son énergie à aucune source visible. Ces rayons furent désignés sous le nom de « rayons de Becquerel » : quelque temps après, on remarqua que le thorium dégageait des rayons analogues.
- Fin 1898, M. et M“e Curie découvrirent dans des minerais de pechblende, d’où l’on avait extrait l’uranium, deux éléments qu’ils appelèrent « Polonium » et « Radium ». En 1899, M. Debierne découvrit « l’Actinium ». Ces divers corps possèdent la propriété d'émettre des rayons de Becquerel, en plus grande quantité que l’uranium métal: ils sont désignés sous le nom de corps radioactifs, l’émission des rayons de Becquerel formant ce qu’on appelle « la radioactivité ». L’intensité du rayonnement du radium est deux millions de fois plus forte que celle de l’uranium métal.
- L’extraction du radium, le plus connu de ces métaux, est une opération longue et difficile; il est nécessaire de traiter une tonne de résidus de pechblende, d’où l’uranium a déjà été retiré, par 5 tonnes de produits chimiques et environ 50 tonnes d’eau de lavage.
- On a principalement employé les résidus de pechblende, provenant des mines impériales de Joachimsthal (Bohème). Le rendement en radium est extrêmement faible, puisqu’on tire seulement 5 décigrammes de bromure de radium pur; il faut compter environ 10 tonnes de pechblende pour avoir 1 gramme de bromure de radium pur ! La faiblesse du rendement et la rareté des minerais expliquent le prix extrêmement élevé des sels du nouveau métal et qu’on peut estimer à plus de 150 000 francs le gramme. Le radium n’a pas été isolé à l’état métallique; le plus souvent, on n’utilise même pas un sel pur, mais un chlorure ou un bromure de baryum contenant du radium ;
- c’est, en effet, en cet état qu’on le relire. Le radium possède des raies caractéristiques observées au spectroscope le classant parmi les alcalino-terreux ; son poids atomique, déterminé par Mrac Curie, est très élevé: il est de 225.
- Les sels de radium sont une source continue de rayons de Becquerel. L’émission ne paraît subir aucune modification avec le temps, et les températures entre — 250" et + 100° ne semblent en rien l’influencer. Cela paraît un paradoxe scientifique et un mouvement perpétuel.
- Les rayons émis rendent l’air conducteur de l’électricité; dans le laboratoire où l’on manipule le radium, il est impossible d’avoir un appareil électrique isolé. Un électroscope chargé se décharge quand on approche un tube contenant du radium. L’activité d’un sel de radium, qui dépend de sa concentration, est proportionnelle à la rapidité avec laquelle il décharge un électroscope, le temps mis à cette décharge par l’uranium métal étant pris pour unité. Les diélectriques liquides, comme l’air liquide, la benzine, l’huile de vaseline, le pétrole sont rendus conducteurs par le radium.
- Les rayons de Becquerel ne peuvent ni se réfléchir, ni se réfracter, ni se polariser. On peut décomposer par l’aimant le rayonnement en rayons inégalement déviés, chargés d’électricité négative ou positive, possédant des pouvoirs de pénétration dans les corps solides plus ou moins grands. Les rayons négatifs sont assimilables à de véritables projectiles dits corpuscules cathodiques animés de vitesse comparable à celle de la lumière, 500 000 km par seconde, et dont la masse est d’environ 1000 fois plus petite que l’atome le plus petit connu, l’atome d’hvdro-gène, s’il faut en croire J. -J. Thomson et sir W. Crookes. Pendant que le radium émet des rayons chargés d’électricité négative, il se charge lui-même d’électricité positive. M. Curie, ayant conservé pendant quelque temps du radium dans un tube de verre mince scellé à la lampe, voulut ouvrir le tube. Comme il traçait un trait de lime sur le tube, il entendit une petite détonation, vit une étincelle et ressentit une légère décharge.
- Le tube s’était comporté comme^une petite bouteille de Leydc. Le radium est le premier corps connu dégageant spontanément de l’électricité. Nous avons dit que certains des rayons de Becquerel traversaient les corps solides; on peut obtenir des radiographies avec des poses de quelques heures. Les écrans au platinocyanure de baryum et au sulfure de zinc sont rendus fluorescents.
- Le radium dégage de la chaleur de façon continue, environ 100 petites calories par heure; la mesure a été faite au calorimètre de Bunsen, par M. Curie. Si on rapporte ce dégagement au poids atomique qui est de 225, on voit que l’atome gramme, c’est-à-dire 225 grammes de radium, dégage 22 500 calories, quantité de chaleur égale à celle produite par la combustion de l’atome gramme, c’est-à-dire du gramme d’hydrogène. Le sel de radium possède une température environ de 5 degrés plus élevée que la température ambiante. On a pu montrer ce dégagement de chaleur en mesurant la quantité d’air liquide rendu gazeux, pendant un temps donné, par la chaleur du radium ; alors que la quantité de gaz dégagée par un autre corps est insignifiante.
- Les rayons du radium colorent le verre en violet de façon permanente, sans doute par oxydation du manganèse : la porcelaine, le papier, le sel marin et tous les alcalins et alcalino-terreux sont colorés. L’oxygène est transformé en ozone, le phosphore blanc en phosphore rouge.
- Les sels de radium sont spontanément lumineux, quand ils sont secs; cette luminosité est légèrement vio-
- p.70 - vue 74/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 71
- lacée et se~ modifie avec le temps, l’humidité la réduit sensiblement. Le sel est lumineux, sans doute par la fluorescence du sel de baryum, sous l’action des rayons de Becquerel; le sel pur est très peu lumineux. La luminosité ne dépend pas de l’activité du sel, c’est-à-dire de sa concentration ; un tour de main permet de donner la luminosité à un sel qui a perdu cette propriété.
- Les rayons du radium produisent une action intense sur la peau, analogue à celle produite par les rayons émanant de l’ampoule de Crookes. Une application pendant quelques heures d’un? sachet en caoutchouc ou en celluloïd renfermant du radium produit une inflammation très vive. En général, cette inflammation n’apparaît pas immédiatement après l’enlèvement du sachet, mais seulement au bout d'une période allant de 8 jours à 5 semaines, dite période de latence. Il peut y avoir une véritable ulcération, dont la guérison très lente peut exiger 6 semaines.
- Le Dr Danlos, de l’hôpital Saint-Louis, a traité, avec succès, divers lupus dont certains avaient résisté à l’action de la photothérapie. A Londres, le I)1 Mackensie-Davidson a guéri un cancer superficiel de la lèvre; à Vienne le traitement a porté sur un cancer au palais et à la langue.
- Ces traitements n’ont pas été exécutés d’une façon systématique, la quantité de rayons absorbés par la peau n’ayant pas été mesurée. Le l)r Béclère, de l’hôpital Saint-Antoine, a eu l’idée d’utiliser comme appareil de mesure le radiochromomètre d’Holzknecht employé dans la radiothérapie. Cet appareil se compose d’une échelle de godets réactifs types colorés et de godets réactifs non colorés servant aux essais. Les godets de l’échelle ont pris des colorations proportionnelles à la quantité de rayons X qu’ils ont reçus; ils correspondent à des unités arbitraires allant de 1 H. à 20 H. ; en radiothérapie on admet qu’il ne faut pas dépasser 10 H. On peut donc, en appliquant sur un godet d’essais le sachet contenant le radium, déterminer le temps de pose nécessaire pour obtenir la coloration correspondant à celle du godet de l’échelle, marqué à 10 H. Cette pose peut être faite en une seule ou plusieurs fois. On possède de la sorte une méthode comparative très avantageuse. Le Dr Béclère vient d’en faire l’application pour deux traitements de cancer au sein.
- L’action physiologique du radium a été étudiée particulièrement, par M. Danysz de l’Institut Pasteur, qui, entre autres faits, a observé que, si l’on plaçait un tube de verre contenant du radium à haute activité le long de la colonne vertébrale d’une souris, l’animal était paralysé au bout de quelques jours et mourait dans des convulsions.
- Le même fait se présente, si l’on met le tube de radium en contact avec la masse cérébrale d’un lapin, dont on a trépané le crâne. Le radium a un effet bactéricide ; le bacille du charbon et les larves du papillon des farines sont détruits. Le radium modifie le développement des animaux en voie de croissance, les essais ont porté sur les grenouilles.
- Quand on place un tube de radium à haute activité, même enfermé dans une boîte métallique contre l’œil ou contre la tempe, on perçoit une vive lueur; les milieux de l’œil sont rendus fluorescents.
- Une solution de radium communique momentanément scs propriétés à tous les corps enfermés dans une même enceinte. C’est ce qu’on appelle la radioactivité induite. Il semble que le radium émet une sorte d’émanation, qui se fixe sur les corps et qui se diffuse comme un gaz très subtil. Cette émanation ne sort pas de l’enceinte, mais elle passe très bien à travers les tubes capillaires.
- La radioactivité induite disparaît quand on retire le radium et diminue de moitié en quatre jours. M. le pro-
- fesseur d’Arsonval et le I)r Bordas, dans le laboratoire de médecine expérimentale du Collège de France, étudient en ce moment l’action physiologique de l’émanation du radium condensée dans l’air liquide. Ils injectent à des animaux des gaz ou des liquides saturés ; nous espérons que ces recherches amèneront d’immenses résultats.
- Nous avons montré le champ nouveau d’expériences qu’a produit la découverte du radium.
- Ce dégagement continu d’énergie semble une véritable énigme; ces émissions de lumière, de chaleur, d’électricité, de matière qui semble impondérable, paraissent des v faits contraires aux principes de la conservation de la matière et de l’énergie. Quand on dissout un sel de radium, l’activité s’abaisse, sans doute, parce que l’émanation se dégageant en plus forte quantité le sel se trouve appauvri ; mais l’activité augmente progressivement du jour où le sel est cristallisé jusqu’à une limite atteinte au bout d’un mois, cette limite est cinq fois plus forte que l’activité initiale.
- La chaleur au rouge dégage également l’émanation, le sel perd alors une grande partie de son activité, mais la reprend peu à peu. Depuis cinq années, on n’a pas observé de perte de poids pour un échantillon de radium, pesé avec une balance précise à 1/100 de milligramme.
- Faut-il admettre que le radium est constitué par des atomes en formation, sorte de nébuleuse non encore éteinte, se contractant ; et l’énergie est-elle développée par cette contraction? Cette énergie est considérable, elle est représentée par plusieurs milliards de chevaux- **
- vapeur pour un seul gramme de matière. Comment s’étonner de cette émission formidable; quand on pense que, malgré toutes les forces dont nous disposons, nous n’avons pu désagréger les atomes; quelle force a-t-il donc fallu pour les agréger ! Les alchimistes, qui cherchaient à fabriquer de l’or, obéissaient à un principe exact ; il est à penser que la matière est une, mais nous ne croyons pas qu’il soit possible de transformer un corps en un autre, à moins de développer des forces mécaniques et calorifiques que nous ne concevons pas encore.
- Faut-il admettre que le radium agit comme récepteur de rayonnements inconnus provenant du soleil ou d’un autre astre? C’est peu probable, aucune variation dans l’activité d’un sel de radium n’a été constatée à la surface du sol et au fond d’un puits de 800 mètres; et l’activité est la même le jour et la nuit.
- La découverte du radium est une des plus importantes de ces dernières années et un avenir fécond lui est réservé.
- En terminant, nous dirons quelques mots des minerais de radium. Ce métal est toujours accompagné par l’uranium; mais, tout minerai contenant de l’uranium ne renferme pas forcément du radium. Les minerais d’uranium sont rares. Les échantillons de pechblende les plus riches en radium proviennent de Johanngeorgenstadt (Bohème), ces mines sont épuisées. La pechblende de Joachimsthal (Bohème) est moins bonne; celle de Cornouailles et celle d’Ontario ne contiennent pas de radium.
- Nous avons eu descarnolites et des chalcolites très riches, d'autres ne renfermant pas trace de radium.
- Donc, non seulement les gisements de minerais d’uranium sont rares, mais encore il en est fort peu qui contiennent du radium. Tout minerai d’uranium mérite un examen et nous les considérons comme intéressants.
- Si le radium, en dehors de la question scientifique, prend une place dans la thérapeutique des maladies cutanées, nous souhaitons que la matière première devienne moins rare et amène un abaissement dans les prix. Paul Besson,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- p.71 - vue 75/536
-
-
-
- 72
- LA NATURE.
- LES PHYLLIES OU FEUILLES ERRANTES
- Comme le phasme nouveau, « Parectatosoma Mocquerysi » que nous faision-s connaître à nos lecteurs dans un précédent numéro1, c’est encore à la famille des « Phasmiens » qu’appartiennent les curieux insectes qui font l'objet de cet article. Ils présentent, eux aussi, un cas de mimétisme des plus remarquables, mais tandis que le premier ressemble à quelque débris de branche épineuse desséchée, les seconds empruntent aux feuilles leur forme et leur aspect qui leur permettent de passer inaperçus.
- Les phyllies ont en effet le corps complètement aplati, sont généralement vertes et leurs élytrès (car elles appartiennent au groupe des phasmes ailés) possèdent des nervures rappelant exactement celles des feuilles. Aussi rien d’étonnant quelles aient reçu généralement des noms spécifiques rappelant leur mimétisme, tels (pie : « Sicci-folium, Folium Laurii,
- Ficifolium, Citrifolium,
- Crurifolium, Pulchrifo-lium, etc. ».
- On les connaît vulgairement sous la désignation de « feuilles errantes », appellation d’aul ant mieux appropriée qu'outre cette ressemblance des ailes leurs pattes sont munies de larges expansions d’aspect également foliacé; et lorsqu’on les inquiète ces curieux insectes se livrent à un balancement qui rappelle exactement le mouvement d’une feuille agitée par le vent.
- 11 en existe une vingtaine d’espèces toutes propres aux régions inter tropicales : Ceylan, les Seychelles, Rornéo, Java, les Célèbes, la Nouvelle-Guinée, les Philippines, etc.
- Aux Seychelles, où elles sont très abondantes, les habitants les nourrissent en cage avec de la farine (nous dit Maurice Girard), et en font l’objet d’un petit commerce avec les voyageurs.
- Ces insectes vivent, en effet, fort bien en captivité, pourvu qu’on leur fournisse une nourriture appropriée et une température suffisamment chaude et humide. L’eau leur est aussi indispensable que la chaleur, et quand on en asperge les feuilles qui servent ù leur nourriture on les voit venir boire avec avidité comme l’a observé Ch. Rrongniart. Ils ont été fréquemment importés vivants en Europe et ont pu y être assez bien étudiés.
- En 1855, Mistress Rlakwood envoya à Edimbourg des œufs de « Rhyllium Scythe » recueillis dans l’Annam. Un seul put éclore, mais, grâce aux soins de 1 Voy. n° 1575, du 1er août 1905, p. P29.
- Nab, l’insecte vécut pendant 18 mois en serre chaude.
- En 1802, Lucas observait au Muséum l’éclosion d œufs provenant des Seychelles, mais les jeunes larves moururent malgré les soins qu’elles reçurent.
- Pourtant Murray, en Écosse, avait pu étudier en serre le développement complet du même insecte en le nourrissant de leuilles de myrte.
- En 1800, le capitaine Rorg rapporta des Seychelles un Goyavier portant une douzaine de Phyllies vivantes, et, en 1807, d’autres Phyllies du même pays furent exposées au Jardin d’acclimatation du Rois de Boulogne.
- Plus tard, en 1887, Ch. Rrongniart put faire de nouvelles observations grâce à un envoi de plus de 2000 œufs de Phyllium Scythe parvenu au Muséum comme graine du « Rahoen Goerita » de Java, avec lequel ces œufs présentent une grande ressemblance, autre cas de mimétisme offert par ces remarquables insectes. La plupart étaient éclos quand ils lui furent remis, mais il obtint néanmoins une soixantaine d’éclosions et put dans les serres du Muséum suivre le complet développement de cette intéressante espèce.
- Enfin, en 1902, M. W. Morton, de Genève, ayant fait venir de Ceylan 150 œufs de ce même Phyllium Scythe, a pu en faire aussi l’élevage complet ; il a publié le résultat de cette éducation dans le bulletin de la Société nationale d’acclimatation de France, et dans celui de la Société vaudoise des sciences naturelles.
- 11 nous est donc facile de résumer ici l’histoire de ces intéressants orthoptères. I/espècc que nous figurons (Phyllium bioculatum, Gray) est l’une des plus grandes du genre. Elle nous a été communiquée par le laboratoire d’entomologie du Muséum, si largement ouvert aujourd’hui à tous les travailleurs. Mais les détails qui suivent se rapportent surtout, au « Phyllium Scythe » du même auteur.
- L’œuf, ou plutôt l’ootbèquc, mesure ^millimètres, a la forme d’un barillet muni de 5 côtes saillantes, à surface chagrinée et ressemble à s’y méprendre à une graine de « Mirabilis » ou de « Conium ». L’un des bouts de celte oolhèque est fermé par un couvercle conique que pousse l’insecte et qui tombe au moment de l’éclosion. Rrongniart a constaté sur des coupes microscopiques que les parois, qui en sont assez épaisses, présentent une structure analogue à celle du liège. Rien leur en prend, car la femelle pond en mangeant, laissant tomber ses œufs au hasard ; sans cette enveloppe protectrice leur chute sur
- p.72 - vue 76/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 75
- Fig
- 2.
- Phyllie bioculée, males, femelle et larves
- p.73 - vue 77/536
-
-
-
- 74
- LA NATURE.
- le sol, si le choc n’en était pas amorti, leur serait bien souvent funeste, la grande majorité périrait.
- Le dedans de cette oothèque est garni d’un enduit brillant comme de l’émail et l’insecte est enveloppé d’une membrane mince qui reste à l'intérieur quand a lieu sa sortie. Le jeune est alors plié en deux dans la coque, le thorax sort d’abord, puis la tète, et enfin l’abdomen qui ne s’élargit qu’après l’éclosion. Les pattes ne sortent qu’en dernier lieu. Les jeunes larves d’abord d’un rouge vineux, deviennent roses au bout d’une huitaine de jours, puis vertes.
- Rrongniart les élevait sur des rameaux de myrte et de goyavier. M. Morton a pu les nourrir d’abord avec du hêtre rouge et du hêtre dentelé, puis en automne il donna à ses phyllies du chêne pédonculé, et en hiver du chêne vert qu'elles mangeaient très volontiers. Le nombre des mues, qui semblent avoir lieu toutes les 5 à 0 semaines, est encore mal connu. Cela tient à ce qu’elles se produisent souvent la nuit, et que les jeunes larves dévorent la dépouille qu’elles viennent de quitter. Chaque mue est précédée d’une période de repos durant 2 ou 3 jours pendant laquelle la larve ne prend aucune nourriture. Les Phyllies mangent les feuilles à la manière des chenilles, et souvent, trompées sans doute par leur propre mimétisme, elles se dévorent en partie quand par hasard, en broutant, une d’entre elles se trouve sur le passage d’une de ses semblables.
- Dès la première mue commencent à apparaître des différences sexuelles qui s’affirmeront davantage aux mues suivantes. Les mâles se développent plus rapidement que les femelles. Chez eux les antennes sont longues de 3 centimètres et composées de 18 segments.
- Les pseudélytres ou premières ailes sont courts, formés d’une partie opaque et d’une partie hyaline séparées par une forte côte ou nervure. Les ailes grandes et transparentes atteignent la longueur du corps. Les expansions abdominales présentent la forme d’une guitare, celles des pattes sont moins développées que chez les femelles dont les antennes, très courtes, n’ont que 9 segments et dont les élytres sont larges et parcheminées rappelant par leur consistance la feuille du chêne, avec au bord interne une grosse nervure d’où en partent 5 autres obliquement, entre lesquelles beaucoup de petites s’anastomosent en tous sens; mais les femelles n’ont pas d’ailes et ne volent pas, leurs grands pseudélytres leur servant tout au plus de parachute quand, par hasard, elles viennent à tomber.
- Chez M. Morton les mâles ont vécu 5 à 6 semaines, les femelles beaucoup plus longtemps. Elles ont pondu chacune environ une centaine d’œufs dont l’éclosion a commencé en mars 4903. Les œufs provenant des femelles écloses après la disparition des mâles, recueillis à part, sont destinés par le naturaliste genevois à vérifier le phénomène de la parthénogenèse bien connu chez les Phasmiens en général et admis chez les Phyllies. A.-L. Clément,
- Proffissour d’entomologie agricolo. ---------
- GROS ET PETITS BALLONS
- Les gazettes d’outre-Rhin nous font espérer, depuis quelques mois déjà, l’ascension sensationnelle d’un ballon gigantesque, le « Deutschland », avec lequel M. Zékéli espère bien battre le record établi en 1900 par le comte de la Yaulx, qui franchissait 1925 kilomètres et atterrissait en Russie, près de Kiew, après 35h 45m passées en l’air.
- Le (t Centaure » que pilotait M. de la Yaulx cubait modestement 1630 mètres : le « Deutschland » a une capacité de 11 000 mètres cubes, ce qui constitue, pour commencer, le record de la grosseur. Son enveloppe ne pèse pas moins de 1000 kg; le filet, 500 kg; la nacelle et son contenu, 150 kg. Gonflé d’hygrogène, ce Léviathan aérien peut soutenir 14 000 kg au total. Il peut ainsi enlever cinq voyageurs, en ayant encore 5000 kg de lest disponible. Tout est disposé pour un long voyage; la nacelle emporte en ses soutes sept jours de vivres et une réserve de conserves et de biscuits qui permettrait encore de tenir une vingtaine de jours en l’air... ou dans un désert, à l’atterrissage. 11 y a des couchettes pour la nuit; des accumulateurs électriques assurent cent heures d’éclairage. Dans ces conditions, M. Zékéli entend bien poursuivre son voyage au moins jusqu’à la Baltique, la Méditerranée, l’Océan ou la mer Noire : de pareilles étendues d’eau pourraient seules l’arrêter, et, comme il faut tout prévoir, même une chute à la mer, la nacelle est revêtue d’une chemise imperméable; en outre, elle est munie de quatre flotteurs en aluminium assurant un déplacement de 12 500 kg d’eau, et qui soutiendraient aisément tout l’appareil, en attendant du secours, dont la venue serait d’ailleurs problématique. En dehors desinstruments scientifiqueshabituels, l’aéronaute compte beaucoup sur deux appareils nouveaux de son invention : un indicateur de direction qui pourrait, disent les journaux allemands à qui nous laissons la responsabilité d’une pareille assertion, servir même dans le brouillard et dans la nuit, et un indicateur d’une grande sensibilité pour signaler les moindres mouvements sur la verticale. M. Zékéli aura pour second le suédois Francisco Litts, qui a coopéré jadis aux préparatifs du malheureux Andrée partant pour le pôle Nord.
- Pour prendre part au voyage, une dame new-yorkaise a offert de supporter la moitié des frais. En outre, une Société américaine demande à employer le « Deutschland » pour des ascensions pendant l’exposition de Saint-Louis où ses dimensions énormes feraient sensation.
- Rien ne manqué, on le voit, au succès avant la lettre de ce gros ballon, et il ne reste plus qu’à'le lancer.
- Et maintenant les amateurs de pronostics se demanderont sans doute si un cubage aussi énorme donne au nouveau ballon des chances considérables d’aller beaucoup plus loin que ses devanciers, — ou tout au moins de tenir plus longtemps qu’eux l’atmosphère.
- Les pilotes aériens savent bien — et depuis longtemps — qu’un ballon trop petit ne peut fournir qu’une course limitée, encore que certains de nos officiers-aérostiers aient, par des manœuvres habiles, effectué des ascensions fort remarquables avec le modeste ballon normal de 540 mètres cubes; mais il y a des limites, peut-être, dans l’accroissement de la capacité du flotteur, et il est permis de constater que les ballons énormes n’ont pas eu de chance jusqu’à présent.
- Sans parler du premier « Géant », celui de Nadar, auquel les défauts de sa construction et les circonstances
- p.74 - vue 78/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- 75
- atmosphériques n’ont pas été favorables, son homonyme, de 8000mètres cubes, queM. lierson,le 23 septembre 1900, comptait bien, partant de Friedennu, en Allemagne, conduire en Russie ou en Aorvège, ne put rester que deux heures en l’air et atterrit à quelques kilomètres de son point de départ, En second voyage où ce (( Géant » emportait M. le I)r Brœckelmenn et M. Ilabel, ne fut pas plus heureux, au point de vue de la distance, couverte.
- Il est vrai que MM. Berson et Siiring accomplirent ensuite une véritable prouesse avec le ballon la « Prusse », de 8400 mètres cubes, et, le 1" août 1901, atteignirent victorieusement une altitude de 10800 mètres, battant de loin tous les records du même genre ; mais il s’agit là d’une ascension en hauteur, qui n’exige qu’une courte durée et n’a aucun rapport avec les voyages au long cours.
- Il n’est pas contestable qu’un ballon peut monter d’autant plus haut qu’il est plus gros et l’on peut même calculer mathématiquement à quelle hauteur il peut parvenir, étant donnée la quantité de lest dont il dispose.
- Ouant aux longues randonnées, elles ont toutes été fournies par des ballons d’une grosseur qu’on peut appeler moyenne, en présence des monstres que nous venons de citer. Au concours du 9 octobre 1900, qui valut au comte de la Vaulx le grand prix de l’Aéronautique, le plus gros ballon cubait 5000 mètres, mais il était gonflé au gaz d’éclairage dont la force ascensionnelle n’est que la moitié environ de celle de l’hydrogène : c’était le « Saint-Louis », monté par M. Jacques Balsan, qui fut classé second avec une distance parcourue de 1545 kilomètres. Le « Centaure », piloté par M. de la Vaulx, cubait 1050 mètres; il contenait 1400 mètres cubes d’hydrogène et 250 mètres cubes de gaz, de manière à l’handicaper avec le « Saint-Louis », c’est-à-dire à lui donner les mêmes chances aéronautiques.
- Le « Djinn », qui fait en ce moment parler de lui et qui transporta récemment M. de la Vaulx de Paris en Ecosse, est un ballon de 1600 mètres; mais l’adjonction d’un ballonnet à air, en lui donnant de grands avantages de manœuvre, ne permet pas de le comparer aux précédents.
- En résumé, jusqu’à présent, il semble bien qu’il faille accorder la préférence aux cubes moyens, encore, cependant, qu’il n’y ait pas un nombre suffisant d’expériences effectuées avec de très gros ballons, pour qu’on puisse trancher la question d’une manière définitive.
- A ne s’en tenir qu’à des considérations théoriques, les ballons seraient d’autant plus avantageux qu’ils sont plus gros. La durée dé l’ascension n’est limitée, en effet, que par l’épuisement du lest. Or, si chaque manœuvre exige une plus grande dépense de lest pour les gros cubes, la quantité totale de lest qu’on peut emporter est relativement beaucoup plus considérable que dans un petit aérostat. Cela résulte de ce que les poids morts ne s’accroissent pas dans la même proportion que la capacité du flotteur : la nacelle, la plupart des agrès, sont sensiblement les mêmes; le poids de l’enveloppe dépend de la surface de la sphère qui croît comme le carré du diamètre, tandis que la force ascensionnelle est proportionnelle au volume et croît par conséquent comme le cube du même diamètre.
- On peut encore invoquer une autre raison. Les ruptures d’équilibre qui nécessitent des projections de lest au cours du voyage proviennent des modifications atmosphériques : un coiip de soleil qui échauffe le ballon le fait monter; un nuage qui s’interpose momentanément et occasionne un refroidissement le fait descendre ; il en est de même si la pluie ou la neige viennent alourdir l'aérostat. Or l’intensité de ces diverses actions est pro-
- portionnelle à la surface de l’enveloppe sur laquelle elles s’exercent et chaque mètre cube du gaz intérieur en sera d’autant moins affecté que la masse gazeuse sera relativement plus considérable. Une autre cause de fatigue du ballon, c’est la perte continue du gaz filtrant à travers l’enveloppe, perte; d’autant moins sensible sur la masse que la surface d’élofl'e est relativement moins considérable.
- Enfin l’échange de température entre le milieu ambiant et le gaz enfermé dans le ballon se fait plus lentement pour les vastes capacités; les ruptures d’équilibre sont ainsi moins brusques, ce qui permet de les combattre plus à loisir, et avec moindre dépense de lest.
- Certes, voilà bien des avantages qui militent en faveur des gros ballons; mais cela ne veut pas dire qu’on ne doive pas s’arrêter dans leur accroissement et la pratique indique au contraire qu’il faut savoir mettre un frein à cette mégalomanie spéciale des gros cubes.
- C’est qu’en effet si un aérostat comporte un équipage ipii peut se partager les rôles, la conduite du ballon n’en repose pas moins pour la plus grande part sur son pilote, et les forces humaines ont des limites. Or un gros aérostat est lourd à manier; s'il est paresseux pour ressentir les ruptures d’équilibre et pour dessiner ses oscillations sur la verticale, il est paresseux aussi pour obéir à celui qui le mène. Tandis qu’un pilote solitaire, dans un petit aérostat, sent pour ainsi dire sa monture frémir sous lui et devine ses tendances, ses moindres oscillations, au moment même où elles commencent de se produire; tandis qu’il mesure alors strictement la poignée de lest qui suffira à l’arrêter dans sa descente l’aéronaute, qui se trouve sous un énorme globe, est désorienté par la lenteur même de ses mouvements et, parce que l'aérostat obéit mal à sa manœuvre, il jauge mal, par exemple, la quantité de lest nécessaire mais suffisante dans chaque cas.
- Il n’est pas inutile, sans doute, d’ajouter que la construction d’un ballon se complique lorsqu’on veut lui donner un très grand diamètre et que, la pression intérieure augmentant rapidement, car elle dépend de la hauteur totale qui sépare le zénith de l’orifice d’appendice, il devient nécessaire d’employer, tout au moins pour la calotte supérieure, des étoffes particulièrement résistantes.
- Ces considérations ne sont-elles pas corroborées par les ascensions de M. Santos-Dumont avec son dirigeable, bien qu’il ne s’agisse plus là des mouvements sur la verticale? Et une part de son succès ne tient-elle pas à la facilité de manœuvre que lui offre le petit cube qu’il affectionne pour ses ballons?
- Si l’on ajoute à tout cela les difficultés de l’atterrissage d’une trop grosse machine, lorsque le vent souffle en rafales, il semble, en vérité, que tout nous invite à nous garder des exagérations. Les ballons qui ont fait leurs preuves sont ceux de 1600 mètres gonflés à l’hydrogène. On peut sans doute pousser jusqu’à 5000 mètres cubes, ce qui est fort respectable et fera profiter amplement des avantages théoriquement reconnus aux gros volumes; mais il ne paraît pas nécessaire d’aller au delà.
- 11 y a d’autres moyens d’allonger le parcours ; c’est d’a -voir recours au ballonnet à air V, comme M. de la Vaulx lui même est en train de le prouver par ses belles ascension i du « Djinn ». Voilà bien, croyons-nous, la véritable solution du problème, et non pas dans la tendance allemande à accroître de plus en plus le cube du ballon.
- L'-Colonel EspmLi.iF.Ft.
- 1 Yoy. n° 1594. du 12 décembre 1903, p. 26.
- ---xjx----
- p.75 - vue 79/536
-
-
-
- 76
- LA NATURE.
- APPLICATIONS DU CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE
- Le chauffage électrique nous semble appelé, dans un temps plus ou moins éloigné, à être utilisé et à rendre des services appréciables. M. F. Le Roy, qui a déjà beaucoup
- travaillé cette question du chauffage électrique, a imaginé récemment u n nouveau système de chauffage qu’il nous parait utile défaire succinctement connaître.
- M. F. Le Roy a pensé qu’il était nécessaire d’établir pour le chauffage,deséléments électriques mobiles et facilement remplaçables, s'adaptant à tous les appareils, se montant autant
- <pie possible en dérivation sur les distributions (l’énergie électrique les plus usuelles, et de puissance variable. Un appareil quelconque de chauffage,
- Fig:. 1. — Éléments électriques de chauffage de M. F. I.e flov.
- construit avec ces éléments indépendants, pour être pratique, ne doit exiger d’autres réparations (pic le remplacement des éléments ; ces der-
- ______________________________niers eux-mêmes
- doivent pouvoir être réparés par un électricien et pour une somme insignifiante.
- Partant de ces principes, M. F. Le Roy a formé un élément de chauffage qui se compose essentiellement d’un support céramique (lig. 1) portant un pas de vis sur lequel s’enroule le conducteur métallique formé d’un alliage spécial. Chaque extrémité, comme le montre la figure, porte un culot métallique formant prise de courant et sur lequel vient s’attacher le fil constituant la résistance électrique.
- Fig. 2. — Appareils de chauffage électrique pour la cuisine. — 1. Fourneau à 2 trous, grilloire, rôtissoire et roue. 2. Cheminée radiante à l’eu visible. — 3. Fourneau à un trou et grilloir.
- Le conducteur métallique est formé de plusieurs (ils juxtaposés, ce qui permet d’employer une plus grande densité de courant qu’avec un lil unique, la surface de'refroidissement étant plus considérable. 11 en résulte que pour former une résistance donnée,
- la longueur nécessaire est moindre, et il y a économie dans le poids du métal. Sous le passage du courant électrique, le lil est porté au rouge, et bientôt le support lui-même devient incandescent, augmentant ainsi dans une grande proportion la surface
- p.76 - vue 80/536
-
-
-
- LA NAITRE
- 77
- d’émission calorifique. Les pas de vis et les conducteurs ont été calculés pour (pie les éléments se
- montent eu dérivation sur 120 volts. M. F. Le Roy a établi trois modèles d’éléments (fîg. 1), compor-
- Fig. 3. — Grille disposée avec les éléments de chautfage électrique de M. F. Le lloy dans les expériences de chauffage du four de boulangerie de M. Key, à Montauban.
- Fig. i. — Vue de lVnl'ouriiemcnl dans le four chauffé électriquement.
- tant chacun deux types : les petits éléments qui avec une longueur de J 50 mm et 20 mm de diamètre peuvent consommer, à 120 volts, I ou 1,8 ampère,
- soit 120 et 215 watts; les éléments moyens qui avec une longueur de 220 mm et 50 mm de diamètre consomment 2,5 ampères à 120 volts, soit 500 watts,
- p.77 - vue 81/536
-
-
-
- 78
- LA NATURE.
- ou 7,o ampères à 60 volls, soit -450 watts, et enfin les grands éléments qui avec une longueur de 500 mm et 50 mm de diamètre consomment, à 120 volts, 7 ou 8,5 ampères, soit 840 ou 1020 watts.
- Les divers éléments de chauffage sont placés dans une enveloppe, cylindre de verre pour les poêles et les cheminées, et demi-cylindre d’amiante pour les appareils de cuisine.
- Les petits éléments sont employés dans les poêles, les cheminées et les appareils domestiques (tig. 2, n° 2). En combinant les éléments on peut atteindre des consommations de 9, 10, 19 ampères à
- 120 volts et obtenir la quantité de chaleur nécessaire pour chauffer des volumes de 25, 44 ou 50 mètres cubes.
- Les éléments moyens sont destinés aux appareils de cuisine; en les groupant par -4 ils permettent de constituer des foyers de 1000 à 1800 watts pouvant comporter plusieurs allumages. Le petit fourneau à un trou et un grilloir (fig. 2, n° 5) comprend un foyer de 1800 watts; la partie supérieure porte plusieurs rondelles de façon que la casserole placée dans le trou repose sur un grillage au-dessus des éléments et soit chauffée par le fond et à la périphérie; l'utilisation de la chaleur est ainsi complète.
- Le grand fourneau (fig. 2, n° 1) comporte 2 trous de casserole avec loyers de 1800 watts chacun, rotissoir et grilloir avec 2 foyers indépendants de 1000 watts. Le four placé entre les deux est chauffé par ces mêmes foyers.
- Les gros éléments constituent, sous un volume réduit, des foyers très puissants ; ils ont été employés dans des fours de boulangerie pour des expériences fort intéressantes effectuées chez M. Rey, à Monlau-ban. Le foyer électrique qui a été utilisé se composait de 20 éléments de 700 watts placés en dérivation sur MO volts et répartis en 4 allumages, 2 de 57,5 ampères au centre et 2 de 25 ampères sur les cotés, soit au total 125 ampères. Ces éléments étaient disposés sur une grille (fig. 5), qu’un système de poulie permettait de descendre jusque sur la sole du four ou de remonter contre la voûte. L’énergie électrique était prise sur la distribution à 110 volts de la Société Monlalbanaisc d’électricité.
- A la mise en marche, la température du four était voisine de la température d’un défournement normal. Les 4 allumages ont fonctionné ensemble dès le début au régime de 125 ampères sous 110 volts, soit de 15 750 watts. Après une heure et demie de marche, c’est-à-dire après une consommation de 20 625 watts-heures, la température nécessaire était atteinte, et l’on a pu commencer l’enfournement (fig. 4) : la sole du four était assez chaude pour que le dessous des pains soit immédiatement transformé en croûte : les éléments ont été remontés à la voûte et ne sont restés allumés que pendant 15 à 20 minutes, temps nécessaire pour l’enfournement de 150 kg de pain; des allumages successifs de 15 minutes ont eu lieu à chacune des grilles pour terminer la cuisson du pain.
- On peut compter un allumage total de 40 minutes, le pain dans le four, et deux heures et demie de marche générale pour la cuisson de 150 kg de pain; la dépense d’énergie électrique a été de 54575 watts-heures. On pourrait diminuer la durée de chauffe et abaisser la dépense d’énergie électrique à 25 000 watts pour les pains de luxe. Auparavant ce four était chauffé au bois de chêne; on dépensait journellement pour la première cuisson 150 kg de bois valant tout emmagasiné 2f',40 les 100 kg, et 100 kg [tour les autres chauffes. Le temps nécessaire était de 5 heures par fournée exigeant continuellement la présence d’un ouvrier pour entretenir le feu, répandre la braise, retirer les cendres, etc.
- Les expériences de M. Le Roy à Montauban établissent nettement que le chauffage électrique peut être utilisé industriellement. Nous aurons du res'.e probablement l’occasion de revenir bientôt sur (fi s expériences analogues. M. balance, l'administrateur du secteur de la place Ulichy, à Paris, dont on connaît l’activité industrielle, a entrepris des essais analogues sur des fours de boulangerie, essais dont les résultats, nous l’espérons, seront satisfaisants.
- J. Laitakuik.
- IA CUIRASSE BENEDETTI
- A propos de notre article sur « La cuirasse Benedetti1 »,nous avons reçu la lettre suivante :
- J’ai lu avec le plus vif intérêt l’article de 4L Gnarini sur la cuirasse de llencdetti, et sans vouloir en rien prétendre avoir découvert fi* secret de l’inventeur, je crois que mes expériences sur le même sujet, déjà vieilles de dix ans, pourraient intéresser les lecteurs de « La Nature » et les encourager à poursuivre des essais que j’ai abandonnés, faute de temps. La matière première était tout simplement du coton hydrophile lassé assez fortement, la résistance à la pénétration croissant avec la compression que je faisais subir au préalable au coton. J’écrivis le résultat de mes essais à M. le médecin inspecteur du 18e Corps d’année, qui m’encouragea, et me conseilla de m’adresser au colonel du 6e de ligne [tour effectuer des tirs avec le fusil Lebel, — celui-ci me refusa pour des raisons de service; et ce n’est que quatre ans plus tard, en 1896, qu’un de mes parents, officier de tir au 16% voulut bien, sur mes indications, répéter avec le fusil de guerre mes premières expériences. Je me hâte de dire que les deux cuirasses que je lui confiai furent perforées et ce résultat était prévu, car la balle de Lebel ne se comporte pas comme la balle du revolver d’ordonnance; celui-ci, chargé avec des halles calibre 8 mm, m* peut.pas traverser une masse de coton hydrophile tassée pesant 500 grammes : bien plus le choc reçu pur la cuirasse est si peu fort, qu’il n’ébranlait pas la chaise sur laquelle elle était placée. Quant à l'explication de ce fait, elle est extrêmement simple et la voici : tes balles, à la sortie de l’àmc de l'annc, sont animées, grâce aux rayures du canon, d’un mouvement assez fort de giration sur elles-mêmes; en arrivant au contact du coton lassé, elles « se coiffaient » des fibres « qu’elles rencontraient » d’abord; et « leur vitesse initiale » se trouvait tout entière absorbée par le travail fourni par cet (( enroule-
- 1 Voy. n’ 1595, du 5 décembre 1905, p. 11.
- p.78 - vue 82/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 70
- uient » à telles enseignes que je retrouvais dans l’épaisseur de la euirasse les balles noyées au milieu d’une masse de coton dont le volume égalait celui d’une mandarine. on conçoit aisément que cette boule de colon, tellement serrée que j'avais de la peine ii en extraire la balle, ne devait produire qu’un eboe insignifiant. Avec le revolver d’ordonnance modèle 1804 il est impossible, quelle que soit la distance, de traverser la cuirasse ; ainsi pour une arme quelconque ; une aiguille ne peut pénétrer (jue de quelques millimètres dans le coton tassé.
- La balle du fusil Lel-el est plus longue, plus lisse que celle du revolver d’ordonnance, sa vitesse de translation plus grande; il faudrait que la cuirasse la déformât, l'eut-étre suffirait-il de placer le coton entre deux plaques d’un métal un peu résistant.
- Je vous livre le résultat de mes expériences. Je crois que c’est dans le même sens que l’inventeur italien a résolu le problème et je ne crois pas qu’il puisse garder longtemps secret un procédé de préservation que touUs les nations ont intérêt à connaître, tant serait grande la supériorité des troupes qui seraient sûres de n’avoir rien à craindre du feu de l’ennemi. L. Lkroy.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 décembre 1905.
- Nous renvoyons le compte rendu de celte séance au prochain numéro; en raison des congés du premier jour de l’An, l’Imprimerie Générale est restée fermée pendant les trois derniers jours de la semaine.
- JOUJOUX EN BOUCHONS
- Le travail du liège étant plus facile que celui du bois et n’exigeant pas d’outils spéciaux, c'est la première substance à laquelle les enfants aient recours pour la confection de leurs joujoux improvisés. N’ayant pas de liège naturel à leur disposition, ils se servent dés vieux bouchons, que l’on rencontre partout. Seulement, ils savent bien que ces bouchons n'ont pas tous la même valeur, et que le liège du bouchon de Bordeaux, par exemple, est d’un grain bien plus fm et plus homogène que celui des bouchons ordinaires ; il en est de même pour les bouchons de bouteilles de Champagne et pour ceux des fioles de pharmacie, qu’ils collectionnent pour les avoir sous la main au moment voulu. D’autres bouchons, au contraire, sont recherchés pour leur forme, en premier lieu les bouchons plats des pots de moutarde et des bocaux à cornichons, qui serviront à fabriquer des tables et guéridons rustiques.
- Quant aux outils, ce ne sont pas les canifs qui doivent être surtout employés. D’abord, parce que le liège ne se taille bien qu’avec des instruments affilés, par conséquent dangereux pour les petits doigts; ensuite, parce que cette opération donne lieu à ce que l’on appelle : « le cri du bouchon », si désagréable aux personnes nerveuses. En couteau de table sera le seul outil coupant qui nous servira à débiter les bouchons en morceaux de la longueur voulue, et voici comment : le bouchon étant couché sur une planchette ou un morceau de carton, on
- appuie la lame du couteau à l'endroit où le bouchon doit être coupé, et l’on fait rouler ce bouchon sur la planchette, en allant et en revenant, ce qui le coupe rapidement. La section étant plus ou moins rugueuse, on la frotte sur une feuille de papier de verre un peu fin, servant de polissoir. Le second instrument à employer est une lime demi-ronde un peu fine ; on peut la remplacer par un morceau de papier de verre enroulé autour d’un crayon.
- Voyons maintenant quels sont les joujoux que l’on peut obtenir à l’aide de ce matériel très simple.
- Les rondelles, obtenues comme il vient d’être dit, et ayant environ 1 centimètre d’épaisseur, serviront de socles pour supporter les pieds des animaux bipèdes, des personnages, des guéridons, etc.
- Polies et usées à une épaisseur uniforme de 1 centimètre, 20 de ces rondelles seront laissées avec leur couleur naturelle, tandis que 20 autres seront noircies avec de l’encre; nous aurons ainsi les 40 pions du jeu de dames, el l’enfant aura vile fait de fabriquer le damier avec une feuille de papier fort, divisée en 100 carrés. Après les rondelles, passons à la confection des cubes ; on les fabrique avec des rondelles ayant une hauteur égale h leur largeur. En frottant sur le polissoir, on arrive vite à obtenir les 6 faces du cube, gros ou petit. Deux cubes égaux, avec des points marqués à l’encre, fourniront deux dés à jouer.
- Vient ensuite la confection des boules, beaucoup plus facile qu’on ne se le figure. On use sur le polissoir les angles du cube, puis on continue à frotter en faisant rouler le liège entre les doigts, jusqu'à ce que l'on obtienne la forme sphérique. On a ainsi des billes silencieuses pour appariement, que l’on peut colorier avec des couleurs à l’eau, ou encore des boules pour un jeu de croquet minuscule, dont les maillets sont de petits bouchons de pharmacie emmanchés d'une allumette, et les arceaux des bouts de fil de fer arrondis en demi-cercles et piqués dans des carrés de liège découpés dans une rondelle. Montez, sur une allumette, des rondelles de diverses épaisseurs et des boules grosses et petites, et vous obtenez toutes les pièces du jeu d’échecs, sauf le cavalier et là tour qui se travaillent à la lime et au polissoir.
- Une fois que l’on s’est familiarisé avec les formes géométriques : cylindre, cube et sphère, on pourra chercher à copier les formes pittoresques * figurées dans le dessin ci-contre et entreprendre la fabrication des animaux et des personnages. Ici, aucune règle générale ne peut s’indiquer, ce travail dépendant du goût et de l’imagination de l’opérateur. Ayant récemment organisé un concours enfantin de joujoux en bouchons, nous avons été agréablement surpris non seulement de la profusion invraisemblable des envois, montrant combien ce genre de travail était goûté par le petit monde, mais encore par la variété des modèles, amusants spécimens d’un art naïf. Parmi ces modèles, quelques-uns ont été jugés dignes d’être reproduits ici. Ce sont les 5 animaux du bas de la figure, dans lesquels on reconnaîtra sans peine la chèvre, le rhinocéros, le loup, la vache et le
- p.79 - vue 83/536
-
-
-
- 80
- LA NATURE.
- phoque. Ces cinq ohjels ont été conléctionnés, en compagnie de toute une arche de Noé, par un garçon de 8 ans et demi. Un artiste sourira peut-être du manque de proportions ou de la rusticité des formes, mais l’enfant se contente de peu, et si frustes que soient les joujoux qu’il confectionne lui-même, il les préfère de beaucoup .à ceux qu’on lui achète tout faits. Comme l’indiquent les ligures de notre dessin, le corps des animaux est indépendant de la tète et des pattes : la plus grosse difficulté est ainsi supprimée, celle de tailler tout l’ensemble dans un seul morceau de liège. Tètes et pattes sont, une fois fabriquées, reliées au corps par des épingles. Comme détails amusants, je signalerai les yeux, ligurés par
- des perles bleues incrustées dans la tète et maintenues par de petites épingles, les oreilles en peau de gant, les cornes en bouts d’allumettes, les queues en (icelle, etc. Des brins de crin, empruntés sans doute à une vieille brosse, constituent les moustaches du phoque, que l’on peut faire nager sur l’eau, vu sa légèreté.
- Les volatiles du haut de notre dessin proviennent aussi du concours dont je viens de parler plus haut; seulement ils sont dus à une main plus experte. Les pattes de l’autruche, de la poule et de l’ibis sont des épingles à cheveux piquées dans une rondelle de bouchon. Les cous et les liées sont des bouts d’allumettes, sauf le cou de l’autruche, taillé dans un mor-
- Joujoux en bouclions. Modèles envoyés à un concours enlautin. (Collection Tom Tit.)
- ccau de bois, avec une courbe des plus gracieuses ; la queue et les ailes de cette autruche sont garnies de duvet, et les cuisses représentées par deux morceaux de liège usé en forme de cônes. Le canard, travail d’un autre amateur, est taillé tout d’une pièce dans un bouchon, et sa forme est très exactement observée. Un clou, enfoncé par dessous, lui donne la stabilité voulue quand il flotte.
- Enfin, nous arrivons à la confection des personnages, en prenant pour exemple le paysan chevauchant son baudet. Le corps est un bouchon de Champagne mis à l’envers, dans lequel sont piqués les membres avec des épingles servant d’axes d’articulation. La tète est une boule de liège sur le devant de laquelle a été collé un petit morceau de bouchon, que l’on a ensuite usé à la lime pour lui donner, tant bien que mal, la forme du nez. Les cheveux,
- en fil de couleur, noir ou blanc, sont collés sur le tour de la tête, et recouverts par la casquette. Les jambes sont coloriées pour simuler le pantalon, et une blouse en étoffe légère complète le costume. Quant à Fane, son mode de fabrication est le même que celui des quadrupèdes déjà mentionnés, sauf pour les pattes, qui sont empruntées au manche d’un vieux porte-plume.
- Ces indications sommaires suffiront, je l’espère, pour donner à nos jeunes lecteurs et lectrices l’idée de se livrer à l’amusante industrie des joujoux en bouchon; comme ce sera pour eux une occasion d’exercer leur adresse manuelle, ils y trouveront plaisir et profit. Arthur Good.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laijure, rue de Fleurus, 9.
- p.80 - vue 84/536
-
-
-
- y 1508. — 9 JANVIER 100 4.
- LA NAITRE.
- RI
- LES 0R0BANCHES
- Lorsqu’on parcourt en été les coteaux ensoleillés où croit on abondance le serpolet, il n'est pas rare de rencontrer une plante singulière qui attire de suite l’attention par son aspect desséché. En la déterrant avec précaution on est frappé de voir qu’elle ne présente pas de racines, et l’on constate que la base de la tige, qui se termine en une sorte de tubercule garni d’écailles, s’insère directement sur les racines du serpolet qui lui fournissent la nourriture qu’elle ne saurait puiser elle-même dans le sol, étant dépourvue des organes nécessaires à cette fonction.
- Cette plante appartient à une famille dont toutes les espèces sont ainsi parasites : celles des Oro-banchées ou Oro-banchacées, et peut être considérée comme le type du genre Orobanche, c’est l’orobanche du serpolet : Orobanche epiphytum.
- Ces végétaux, qui ont été aussi rangés dans la famille des Gesnêriacées, sont dépourvus de chlorophylle, d’où leur couleur ordinairement jaunâtre,quelquefois violacée. Leurs feuilles sont remplacées par des sortes d’écailles» l’inflorescence est un épi terminal, la corolle, tubulaire, irrégulière, présente un limbe h cinq lobes formant
- deux lèvres. Il y a quatre étamines, un ovaire uniloculaire avec des ovules disposés sur deux placenta pariétaux. Le fruit est une capsule contenant des grains petits.
- Toutes les Orobanchées ont un air de famille qui les fait reconnaître à première vue; quelques-unes sont assez jolies, l’Orobanche Améthyste (0. Ame-thystea), par exemple, d’une jolie couleur violette, qui vit sur les racines du Panicault, et l’Orobanche du gërïêt {0. Hapüm) jjfont la partie inférieure est
- 32e année. — 1er semestre.
- raillée en forme de rave et qui atteint une très grande taille.
- Quoique parasites, ces deux espèces ainsi que quelques autres, vivant au détriment de plantes sauvages, ne causent guère de préjudice.
- Il n’en est pas de même d’un certain nombre qui se développent sur les racines de plantes cultivées, et deviennent par suite nuisibles au point de vue agricole. Telles l’O. de^FèrqtiTO. speciosa), l’O. des
- Luzernes (0. ru-^Qbeus), celle du Lierre
- BiaUOTHtDüëïSr ’ /ief/eræMuLau-’ Jier (0. laurina).
- '0. minor détruit parfois les champs de trèfle dans le Nord et s’attaque également à la carotte, à l’angélique, etc.
- Dans un genre très voisin appartenant à la même famille, nous citerons l’Oro-)anche rameuse (Phelipœa ramosa) qui se multiplie parfois outre mesure dans les cultures de chanvre et de tabac et cause alors de grandes pertes.
- Ces parasites absorbant la sève de la plante nourricière, ses racines s’atrophient et se détruisent à leur extrémité pendant qu’au point d’insertion, il se produit une hypertrophie et la formation d’un épaississement, volumineux chez certaines espèces. La base de la tige émet des filaments garnis de suçoirs qui vont à travers le sol se fixer aux radicelles environnantes. Chez la phélipée du chanvre ils se développent au point de former de véritables pelotes, dont la puissance d’absorption est naturellement considérable.
- Il sortirait de notre cadre de nous étendre plus longuement sur la physiologie et la biologie de ces plantes pourtant bien intéressantes. Notre but était seulement d’appeler sur elles l'attention de nos lecteurs, mais nous ne terminerons pas sans dire qu’elles firent autrefois partie de la pharmacopée, poiir le traitement dés maladies intestinales. Consi-
- 0
- Orobanche du serpolet.
- p.81 - vue 85/536
-
-
-
- 8 "2
- LA NA TL UE.
- dérées comme astringentes, elles étaient employées à l’intérieur comme à l’extérieur, et les jeunes pousses de la plupart d’entre elles sont comestibles quoique leur usage au point de vue culinaire semble généralement peu connu, si ce n’est complètement ignoré.
- A.-L. LiKMEX T.
- ——
- L’UNIFICATION DES HE IRES'
- i
- Dans l’antiquité, et pendant les premiers dix ou douze siècles de notre ère, le leveret le coucher du soleil étaient les grands régulateurs de l’activité journalière des hommes. H n’v avait pas d’autre repère certain pour les deux divisions naturelles : le jour et la nuit. Le jour était subdivisé en douze heures comptées à partir du lever du soleil. A midi, on disait qu’il était six heures, et au coucher du soleil douze heures. Les indications horaires de l’Ancien et du Nouveau Testament sont conçues dans ce sens. La nuit était, à son tour, subdivisée en douze heures, comptées à partir du coucher du soleil. La durée d’une heure de jour n’était donc égale à celle d’une heure de nuit qu’aux équinoxes, et variait, sous notre latitude, du simple au double.
- Vers l’an 1300, on commençait à faire des horloges et l’on peut dire que cette invention fit naître une guerre de cinq cents ans entre le progrès et la routine. Les contemporains du Dante voulaient que les pendules marchassent avec des vitesses différentes le jour et la nuit, de façon à toujours marquer douze heures au lever et au coucher du soleil. On se fatigua cependant de ces vains efforts et on finit par laisser les pendules marcher d’un pas égal pendant les vingt-quatre heures. En divers pays, notamment en Italie, on compta alors les heures de zéro à vingt-quatre, à partir du coucher du soleil. Mais — nouvelle difficulté ! — comme l’heure du coucher du soleil varie chaque jour, en certaines saisons jusqu’à deux minutes, il fallait encore donner aux aiguilles des horloges de fréquents coups de pouce.
- I. Heures locales, temps moyen. — On s’avisa enfin de régler les horloges non plus sur le coucher du soleil, mais sur le (( midi vrai », c’est-à-dire sur l’instant où le soleil passe au méridien de chaque localité. Elles obéissaient ainsi mieux au soleil ; mais —nouvelle surprise! — il v avait encore des différences allant parfois jusqu’à quinze ou vingt secondes par jour, et il fallait tou jours de petits coups de pouce ! C’est que notre astre du jour n’a pas une marche uniforme. Selon les saisons, il met quelquefois plus, quelquefois moins de vingt heures à revenir au méridien. Par suite, le cadran solaire qui indique le passage du soleil au méridien et qui, d’après l’expression consacrée, marque le « temps vrai », n’est d’accord avec un bon chronomètre, marchant d’un pas égal et donnant le (( temps moyen )), que quatre fois par an, inégalement espacées. Les plus grands écarts se produisent vers la mi-février et vers la Toussaint, sans jamais dépasser 15 à 16 minutes. Malgré la faiblesse de cette différence, on s’obstinait encore à la fin du xvnP siècle à « tenir les horloges sur le soleil ». En 1780 le célèbre Lcpaute construisit, à cet effet, une « horloge automatique » pour la ville de Paris, et en 1806 une autre « horloge à équation » fut couronnée à une exposition au Champ-de-Mars.
- ' Voy. n° 1303, du 3 février 1900, p. 102.
- Cependant les hommes de bon sens se demandaient si ces moyens ingénieux n’étaient pas hors de proportion avec le but, si pour un écart ne dépassant jamais 16 minutes, écart sans importance pour la vie civile, il était raisonnable de renchérir le prix des pendules en les compliquant et les rendant ainsi plus sujettes à se déranger.
- Mais les chevaliers de la routine, toujours excessifs, ripostaient : (< Si le midi du soleil ne tombe plus sur les 12 heures de l’horloge, les hommes de métier seront déroutés dans leurs travaux. Les boulangers, trompés par les horloges, ne seront plus prêts à l’heure et le peuple manquera de pain ! »
- C’est à la ville de Genève qu’appartient l’honneur d’avoir rompu avec la superstition du soleil. A partir du 1er janvier 1780 les horloges de Genève ne furent plus contrariées par la main de l’homme et marquèrent le « temps moyen ». Londres suivit l’exemple en 1792, Berlin en 1810, Paris en 1816. Et encore à cette époque, M. de Chabrol, alors préfet de la Seine, redoutait à ce point un mouvement insurrectionnel dans la population ouvrière qu’il ne signa l’ordonnance qu’après avoir été rassuré par un rapport spécial demandé au Bureau des Longitudes1.
- II. Heures nationales, — Depuis lors, et jusqu’à l’apparition des chemins de fer, tous nos cadrans marquaient le « temps moyen», et, bien entendu, le « temps moyen local », les horloges des différentes localités avançant les unes sur les autres dans la direction de l’est, à raison de 4 minutes par degré de longitude. Paris avançait de 27 minutes sur Brest, Nice de 20 minutes sur Paris. Le public ne s’apercevait guère de ces différences. Ce sont les chemins de fer qui les ont mises en relief. Le mécanicien, le chef de train qui partait de Paris avec son chronomètre réglé, ne devait pas, ne pouvait pas y toucher en route pour le mettre en accord avec les heures locales qu’il rencontrait sur son parcours. Pour éviter la confusion il fallait au contraire régler les cadrans des stations sur la même heure que les chronomètres ambulants. C’est ainsi que les chemins de fer ont successivement apporté l’heure de Paris dans les localités desservies et que celles-ci ont dû apprendre à compter d’après deux heures différentes, l’heure locale et l’heure de Paris.
- Cette dualité d’heure ne laissait pas que d’être gênante. Les voyageurs débarqués à Brest et ignorant que l’heure du chemin de fer avançait d'une vingtaine de minutes étaient exposés à manquer le départ du train. Et à Nice tous les trains arrivaient en retard apparent d’une demi-heure.
- C’était se priver volontairement d’une partie des bienfaits de l’invention des horloges, que de les faire fonctionner dans des conditions pareilles. Aussi cette dualité d’heure fit-elle bientôt place dans les différents pays à une première unification, intérieure et nationale. En Angleterre, elle s’est faite dès 1848, en Suède le 1er janvier 1879,... en France, par la loi du 15 mars 1891, loi portant que l’heure légale en France et en Algérie est l'heure temps moyen de Paris. Successivement chacun des Etats se donna ainsi une heure nationale, si bien que dès 1889 un voyageur se rendant de Paris à Constantinople ne rencontrait pas moins de onze heures différentes sur son parcours. C’était une confusion d’heures de tout point comparable à l’ancienne confusion des poids et mesures qui ne céda qu’au système métrique.
- \V. de Noudling.
- 1 Arago, « Astronomie populaire », t. I, p. 296.
- p.82 - vue 86/536
-
-
-
- LE MLLON « SVENSKE
- Le capitaine suédois Eric Unge est l'inventeur d'un ballon de l'orme spéciale où il a cherché à tout combiner pour assurer les longs parcours. Son premier type, le « Svenske I », partant de Stockholm, le 21) juillet 1902, avait heureusement traversé la Baltique; mais il n’avait point réussi à se maintenir plus de 14 heures en l’air pour descendre à Novgorod, en Russie, à 800 kilomètres de son point de départ . Dans une autre ascension, le I 7 septembre suivant, le ballon ayant gagné les hautes altitudes avec une rapidité trop grande et le clapet de sûreté fonctionnant mal, la dilatation lit éclater l'enveloppe et le ballon descendit de 1700 mètres de haut jusqu'au sol avec une vitesse modérée, ce qui semble démontrer 1’eflicacité de reflet de parachute que son auteur attribue à son mode de construction.
- Telles étaient les performances de ce nouvel aérostat, lorsque, ces jours derniers, le capitaine Eric Unge résolut de l'aire connaître son invention en France et vint gonller, dans le parc aérostatique que l’Aéro-Club possède à Saint-Cloud, le o Svenske II » qui est une seconde édition, perfectionnée, il est vrai, de son premier ballon.
- Celui-ci avait la forme d’un cylindre vertical terminé par un dôme ogival et, à sa partie inférieure, par un fond dessinant une calotte sphérique convexe, lorsque le ballon est complètement gonllé, et une calotte concave, au contraire, lorsque, par suite d'un vide partiel, l’étoffe est refoulée en dedans par la pression atmosphérique : c’est ce dispositif qui fait parachute.
- Cette poche gazeuse était recouverte d’une chemise, maintenue à une certaine distance de l'enveloppe afin ipie le matelas d’air empêchât ou retardât l’échange de température entre l'atmosphère et la masse gazeuse. Les parois de cette enveloppe tombaient verticalement et, à la base, une ceinture de toile servait à attacher les cordes de suspension de la nacelle.
- , Le nouveau modèle ne diffère de ce premier type que par la suppression de cette chemise. 11 en résulte un allégement qui a permis de ramener le volume de 1(550 à 1000 mètres cubes. Les suspentes s’attachent directement à une rallingue formant gouttière et cerclant la base cylindrique de l’enveloppe; on supprime ainsi le filet et, par suite, une des causes d’alourdissement éventuel, car les mailles des filets contribuent à retenir l’eau de pluie et la neige. L’enveloppe est en étoffe double decoton caoutchoutée du type employé sur le « Lcbaudy » ; elle porte la soupape de manœuvre sur le liane cylindrique, ainsi qu'un panneau de déchirure triangulaire, permettant de vider le ballon rapidement en cas de besoin.
- A la partie inférieure, on a maintenu le clapet de sûreté automatique, dont les ressorts résistent jus-
- 1 Voy. n° 1528, du 6 septembre 1902, p. 218.
- qu’à la pression intérieure de 15 millimètres d’eau qui ne doit pas être dépassée; néanmoins une manche en étoile caoutchoutée descend jusqu’à la nacelle: par son degré de gonflement, cette manche indique les variations de pression intérieure : c’est donc un véritable manomètre. Elle est ligaturée en principe; mais dans le cas où le clapet de sûreté ne fonctionnerait pas, il suffirait d’ouvrir la manche pour donner une issue au gaz en excès.
- Deux petits regards en verre permettent enfin de surveiller l’intérieur du ballon pendant le gonflement.
- La forme cylindrique a l'inconvénient, d’augmenter, pour un cube déterminé, la surface de l’étotfe et par suite le poids de l’enveloppe, dans le seul but de réduire le diamètre de la calotte exposée aux
- Le ballon « Svenske >>.
- rayons du soleil, à la pluie et à la neige. 11 est difficile de dire si le résultat favorable répond aux inconvénients de cette forme. En tout cas, jusqu’à présent, le ballon suédois n’a point réussi à faire des parcours comparables à ceux qu’ont donnés certains ballons sphériques.
- Le « Svenske II », est, en effet, parti du parc de Saint-Cloud, le 10 novembre à midi 45 et a effectué, à la tombée de la nuit, son atterrissage à Joigny (Yonne). Le chemin parcouru ne dépasse donc pas 150 kilomètres.
- 11 faudrait un plus grand nombre d’expériences pour être définitivement fixé, car les circonstances atmosphériques peuvent être ici les seules coupables.
- Ce ballon néanmoins présente assurément des dispositions neuves et originales qui méritent de fixer l’attention. Ll-colonel Espitxllier.
- p.83 - vue 87/536
-
-
-
- Si LA NATURE.
- PRESSION ATMOSPHÉRIQUE ET CHRONOMÉTRIE
- EXPÉRIENCES DE M. DITISHEI.V1
- L’idée de rechercher une action du milieu ambiant sur la marche des chronomètres n'est pas absolument nouvelle. Dès l'année 1826, un horloger célèbre, Urbain Jurgensen, instituait des expériences dans ce but, et montrait la réalité d’une telle action; mais ses résultats étaient en une certaine mesure contradictoires, manquaient un peu de netteté, et ont été généralement ignorés des horlogers. Kn 1888, M. Hil-liker, alors astronome adjoint à l’Observatoire de Neuchâtel, fit faire un pas de plus à la question, et mit en évidence un retard qui se produit toujours lorsque la pression ambiante est augmentée; toutefois, ses résultats, encore trop peu nombreux et variables d’un chronomètre à l’autre, ne permettaient pas l’établissement d’une loi régissant le phénomène.
- Ces deux tentatives, qui, tout en montrant la réalité de l’action cherchée, n’étaient pas susceptibles de généralisation, affirmaient à la fois l’intérêt du problème et sa complexité. La question est d’ailleurs distincte de celle de la durée d'oscillation d'un pendule dans un milieu dense et résistant. Ici, une action est évidente, qui se prête au plus élémentaire des calculs; c’est la poussée de l’air, diminuant l’action de la pesanteur sur le pendule, et par conséquent son moment statique. Mais si cette action est prépondérante, elle n’existe pas seule; l’air entraîné parle pendule augmente son moment d'inertie; l’amortissement des oscillations agit sur l’isochronisme, et, de ces trois effets additionnés, résulte un retard des horloges lorsqu augmente la densité du milieu ambiant.
- L'action de l’air entraîné a été étudiée par du
- Huât, Bessel, Stokes, et plus récemment par le colonel G. Deiï'orges. Quant à l'effet global, il est si connu que, depuis bien des années, on enferme les horloges astronomiques dans une enveloppe hermétique, maintenant tout le mécanisme dans un espace où la densité du milieu reste constante. À défaut de cette précaution, tous les changements de la pression atmosphérique se font sentir sur les marches
- ainsi que le regretté Tisserand l’a mis bien nettement en lumière par l’étude des variations de l’horloge principale de l’Observatoire de Paris.
- Pour les chronomètres, la solution est moins évidente. Ici, la perte de poids due à la poussée du milieu n’intervient pas,puisque le moment qui ramène le mobile vers sa position d’équilibre est fourni par un ressort spiral, et non par la pesanteur. Les autres effets subsistent seuls, et il est bien difficile de dire par avance lequel des deux sera prépondérant. Aussi, tandis que le retard des horloges sous l’action delà pression ne faisait doute pour personne, plusieurs de ceux qui ont traité avec le plus de succès les questions théoriques relatives au chronomètre prévoyaient une avance dans les mêmes conditions.
- C’est ainsi que, dans son célèbre mémoire sur a compensation des chronomètres1, Avon Aillarceau se borne à calculer le mouvement du balancier dans un milieu résistant, et conclut à une action du deuxième ordre de petitesse. De son côté, M. Cas-pari, tout en reconnaissant la tendance au retard que prennent les chronomètres de marine en des-
- 1 Annales de l’Observatoire de Paris, l. VII.
- p.84 - vue 88/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 85
- Cendant de la montagne 5 la mer, attribue celte action non point à la plus forte densité de l’air, mais à l’humidité plus grande; dans son idée, en effet, l'augmentation de la pression doit produire une avance, pour les mêmes raisons que Villarceau avait seules considérées.
- Comme on le voit, la question, si importante qu'elle paraisse, n’était point encore résolue par les recherches théoriques ou les travaux pratiques cependant bien menés qui viennent d’être rappelés, et on comprendra l’intérêt que devait présenter une étude plus systématique de la question.
- L’année dernière, à pareille époque, un très habile horloger suisse, dont le nom est déjà connu de nos lecteurs, M. Paul Ritisheim, entreprit de déterminer
- Secondes
- 13_______
- 6 100 200 300 W0 500 600 700 800 900m/m
- Pressions
- O 100 200 300 1+00 SOO 600 700 800 900m/m Pressions
- l’if;, i. — Variation de marche de deux chronomètres avec la pression.
- à nouveau la différence de longitude entre les observatoires de Paris et de Neuchâtel. Il ne s’agissait pas, comme on le saisira aisément, de mettre d’une façon générale cette méthode du transport de l’heure en concurrence avec la méthode plus directe de la comparaison télégraphique des heures, telle que les récents progrès de la télégraphie permettent de la réaliser. L’essai fait par M. Ritisheim avait bien plutôt pour but de déterminer le degré de précision qu’il est possible d’obtenir dans une telle mesure, en mettant en œuvre toutes les ressources qu’offrent les chefs-d’œuvre de chronométrie qu’on réalise aujourd’hui.
- Un certain nombre de chronomètres de bord, de la meilleure construction, furent ainsi observés à La Chaux-de-Fonds, à une altitude de 1017 m, puis h Neuchâtel, à 489 m, enfin à Paris, à 07 m, après
- quoi ils reprirent leur ascension vers la montagne. Or, la comparaison des marches diurnes en ces trois stations fit apparaître immédiatement une progression régulière des marches, les chronomètres retardant à mesure que l’on descendait. Une détermination ultérieure, faite au Chasserai à 1580 m, permit
- Retapd ( Secondes par m/m )
- Fi”. 5. — Relation entre l’action île la pression et le défaut d’isochronisme.
- de prolonger les courbes, en leur donnant plus d’autorité.
- J’avais suivi avec le plus grand intérêt ces observations de M. Ritisheim auxquelles M. Bigourdan à Paris, M. Arndt à Neuchâtel et M. Berner à La Chaux-de-Fonds avaient prêté leur concours, et que M. Ritisheim m’avait communiquées au fur et à mesure de leur réduction. J’eus .alors l’occasion de lui donner quelques indications pour les poursuivre dans des conditions meilleures et plus faciles, et il n’hésita pas à installer dans son atelier les quelques
- Secondes
- 0,005
- Diamètre du balancier
- Fig. I. — Retard eu fonction des dimensions du balancier.
- appareils que représente la figure 1, et qui lui ont permis d’exposer, sans aucun dérangement, les chronomètres à des pressions variant graduellement, depuis un dixième d’atmosphère environ, jusqu’à 200 mm au-dessus de la pression moyenne à La Chaux-de-Fonds.
- L’appareil pour les basses pressions se compose simplement d’un grand récipient de verre R contenant une étagère, et dans lequel on établit un vide re-
- p.85 - vue 89/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 8fi
- latif au moyen d'une trompe à eau G. Une soupape d’arrêt, placée entre la trompe et le manomètre E, empêche l’invasion de l’eau dans le cas d’un mauvais fonctionnement de la trompe ou d’une hrusfpie baisse de pression dans la conduite. Ces appareils ont été construits par M. Chabaud, à l'aris.
- Pour les pressions supérieures à celles de l’atmosphère, les chronomètres étaient enfermés dans une sorte de marmite d’acier A, à deux robinets, et dont le couvercle également en acier portait une fenêtre centrale close par une forte glace. Cet appareil a été 'établi dans les ateliers de la Société genevoise. La pression voulue, mesurée par le manomètre R, y était réalisée au moyen d’une pompe à bicyclette C. Un manomètre E, un baromètre K et un thermomètre I complètent l’installation.
- Les questions à résoudre, dans un problème tel que celui qui nous occupe sont multiples; les deux premières qui se présentent à l’esprit sont les suivantes :
- Quelle est la forme de la fonction qui relie les marches d’un chronomètre à la densité du milieu ambiant?
- Comment les coefficients de celte fonction varient-ils suivant les dimensions du chronomètre?
- Pour répondre à la première de ces questions, sept chronomètres, du diamètre de 49mm,6, ont été exposés à des pressions régulièrement croissantes, par étapes de 100 mm de mercure, sur un intervalle total de 800 mm ; puis, en possession des couples de valeurs de la pression et de la marche diurne, on a calculé, pour chaque chronomètre, les paramètres de la droite la plus probable passant entre tous les points ainsi déterminés, opération dont la figure 2 donne le graphique pour deux des pièces observées. On voit aisément que les droites calculées passent régulièrement entre les points figuratifs des expériences, ne laissant aucun groupe systématiquement de côté; cette remarque, confirmée avec une grande exactitude par la moyenne des sept chronomètres, montre que, dans les limites de précision que permettent d’obtenir ces chronomètres et dans l’intervalle de pression où ils ont été étudiés, la variation des marches est simplement proportionnelle à la pression. Les écarts de la droite calculée sont extrêmement faibles, attestant la remarquable perfection des pièces soumises à ces études.
- Mais la comparaison de ces résultats mit au jour une irrégularité imprévue; tandis que, pour un même chronomètre, les observations définissaient un coefficient de variation bien déterminé, ce coefficient était différent d’un chronomètre à l’autre bien que leur construction lut apparemment identique. Un raisonnement, sur lequel je reviendrai, me conduisit à penser que ces divergences devaient avoir une relation intime avec le défaut d’isochronisme des pièces, c’est-à-dire avec la différence de la durée d’oscillation du balancier aux grands et aux petits arcs, réalisés lorsque le chronomètre vient d’être remonté, ou lorsque le ressort arrive à la fin de sa
- course. La vérification que M. Ritisheim fit aussitôt de cette idée en donna une confirmation parfaite, ainsi que le montre le diagramme figure Û. En abscisses sont portés les retards par millimètre de mercure et par vingt-quatre heures directement observés; en ordonnées, l’avance que le chronomètre prend aux petits arcs, avance généralement voulue, et qui assure une plus grande régularité aux chronomètres portés à la poche.
- La relation entre ces deux grandeurs est évidente ; plus l’isochronisme de la pièce s’approche de zéro, plus le retard s’accentue'. C’est ici que se trouvent le noeud de la question, et la raison des divergences trouvées à la fois dans l’examen théorique et dans les épreuves pratiques des chronomètres aux pressions.
- L’air agissant comme un milieu résistant diminue l’amplitude d’autant plus que sa densité est plus forte; il augmente dans la même proportion les effets du défaut d’isochronisme, et c’est sur cet effet qu’ont surtout insisté Yvon Yillarceau et M. Caspari. Mais l’action prépondérante dans le cas actuel est un retard manifeste, supérieur à l’effet de l'isochronisme dans les pièces observées par M. Ritisheim, et dont il n’est pas difficile de découvrir la raison. Dans son mouvement, le balancier entraîne de l’air, lui communique de l’énergie cinétique, et augmente ainsi lui-même la masse oscillant sous l’action du spiral, et, par conséquent, son moment d’inertie et sa durée d’oscillation. Pour les pièces du type qui nous occupe, il suffit de supposer autour du balancier un anneau adhérent fictif de o mm2 de section, pour que tout le retard observé soit entièrement expliqué. Or remarquons que, par le fait de la force centrifuge, l’air pris au centre du balancier est poussé vers l’extérieur. Il arrive donc seulement avec une vitesse radiale dans la région périphérique où il doit prendre rapidement une vitesse tangentielle. Sa masse se trouve ainsi virtuellement augmentée, c’est-à-dire que la section calculée ci-dessus est une large limite supérieure.
- Yoilà donc une première question entièrement résolue, par l’observation et par la théorie. Une vérification de l’entraînement de l’air a été faite par M. Ritisheim, qui a observé les mouvements d'une feuille d’or suspendue au voisinage du balancier; jusqu’à fi mm environ de ce dernier, dans le sens radial, on percevait de petites oscillations.
- L’entraînement étant maintenant démontré, on saura que l’action du milieu ambiant ne dépendra pas seulement de sa densité, mais aussi de sa viscosité. Les deux facteurs étant modifiés par la température, la compensation doit en dépendre dans une mesure sans doute appréciable.
- En prolongeant de part et d’autre la droite du diagramme (fig. a), on voit aisément que, pour les
- 1 I,'équation de la droite calculée portée an diagramme est
- "R’ + tS'o^0’0162’
- mp étant la variation par 24 heures pour un changement de la pression égale à 1 mm de mercure, i le défaut d’isochronisme.
- p.86 - vue 90/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 87
- montres du calibre examiné, le retard pour chaque millimètre de mercure serait de 0,0162 seconde en vingt-quatre heures; d’autre part, l’action de la pression serait nulle si le défaut d’isochronisme atteignait 12 secondes. On pourrait ainsi réaliser des montres insensibles à la pression; mais alors le défaut d'isochronisme occasionnerait des irrégularités de marche intolérables, et bien pires que l’action due aux variations de la densité de l’air ambiant.
- La deuxième question, résolue par l’observation de pièces de divers calibres, a conduit au diagramme ligure 4. Le diamètre du balancier est porté en abscisses, le retard, ramené à un isochronisme parfait, en ordonnées. Comme on devait s’y attendre, l’action est d’autant plus prononcée que la montre est plus petite; pour une montre de dame, elle est deux fois plus forte que pour un chronomètre de marine, ce qui n’a d’ailleurs qu’une médiocre importance, étant donnée la précision réalisable dans ces petits mécanismes, et celle que l'on exige d’eux.
- 11 reste maintenant à examiner sommairement les conséquences pratiques auxquelles conduisent les observations de M. Ditisheim. Prenons comme type le chronomètre de bord, qui est par excellence le garde-temps des explorateurs ou des aéronautes. Nous avons vu qu'une telle pièce, parfaitement isochrone, retarde de 1,62 seconde par vingt-quatre heures lorsque l’augmentation de la densité de l'air correspond à un accroissement de la pression de 100 mm de mercure. Supposons un chronomètre de ce type emporté dans un voyage tel que la traversée des hauts plateaux du Thibet, h une altitude moyenne de 4000 m. En raison de la décroissance de la pression, le chronomètre prendra chaque jour une avance de près de 5 secondes qui, après un mois de voyage, aura accumulé une avance totale de 2 minutes 1/2.
- Supposons que, au bout de ces trente jours, on veuille faire une détermination delà longitude; on commettra alors une erreur de 57 minutes d’arc, correspondant sous la latitude des hauts plateaux de l’Asie^à un écart linéaire peu inférieur à cent kilomètres. C'est là, sans doute, un cas relativement rare; il ne touche pas cependant à l’extrême, car des conditions plus dures se sont imposées plus d'une fois à d’intrépides explorateurs des hautes régions de notre globe. Il est certain, par exemple, que dans le célèbre voyage entrepris il y a quelques années par M. G. Bonvalot et le prince Henri d’Orléans, la variation de marche des chronomètres que nous venons de calculer a pu être dépassée.
- Des écarts de quelques myriamètres dans la détermination d’une position astronomique peuvent occasionner de graves mécomptes et même présenter de sérieux dangers. On s’en garantira aisément à l’avenir, en ajoutant aux épreuves ordinaires des chronomètres un examen aux pressions, au moins lorsque ceux-ci devront être emportés dans la haute montagne. Ch.-Éd. Guillaume.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE1
- ii
- Dans notre premier article, le moteur avait surtout attiré notre attention, ainsi que le châssis qui le supporte et qu’il doit animer. Nous allons cette fois considérer les diverses transmissions qui ont été utilisées en cette fin d’année 1905 pour transmettre sa puissance aux roues.
- Il y a deux ans, toutes les transmissions étaient mécaniques, cette fois plusieurs réalisations électriques de transmission à vitesse progressivement variable ont été proposées, elles ont peut-être l’avenir devant elles. Mais il est toujours nécessaire, surtout pour des applications aussi nouvelles, d’attendre que l’expérience se prononce en toute connaissance de cause. Et, avant d’en parler, occupons-nous d’abord du présent, c’est-à-dire des transmissions mécaniques proprement dites.
- Toutes ces transmissions ou presque toutes pos-
- Fig. 1. — Système Gasnier de changement de vitesse progressif.
- sèdent plusieurs paires d’engrenages qui sont utilisées chacune à son tour pour donner les différentes vitesses de la voiture.
- Dans ce premier type, les couples de pignons correspondant à chaque vitesse ne sont engrenés que pour réaliser cette vitesse et sont le reste du temps écartés. On peut les amener en prise soit par glissement de l’un des pignons sur son axe, c’est la prise de côté, soit par rapprochement des axes, c’est la prise en bout.
- On a donné le nom de train baladeur à un groupe de pignons solidaires l’un de l’autre et mobiles sur leur axe commun pour réaliser la prise de côté. De nombreux types de changements de vitesse à un ou plusieurs trains baladeurs, nouveaux ou déjà anciens, figuraient au Salon, mais leur description serait fastidieuse, ce ne sont que des combinaisons cinématiques à peu près équivalentes au point de vue du rendement et de l’usure lorsqu’elles sont bien construites.
- Le deuxième type de changement de vitesse méca-
- 1 Voy. n° 1597, du 2 janvier 1904, p. 66.
- p.87 - vue 91/536
-
-
-
- 88
- IV NATURE.
- nique est celui dont les engrenages sont toujours en pignon voulu avec l’arbre moteur, soit un embrayage prise. C’est alors un embrayage qui solidarise le à friction comme dans la boîte de vitesses de Dion
- Fig. 2. — 1. Voiture Mildé ; 2. Voiture à 6 roues.
- Fig. 3. — 1. Vilebrequin Hotchkiss; 2. Moteur Cannevel-Journaux ; 3. Coupe du moteur.
- Routon, soit un embrayage à grilles le plus souvent.
- Leur emploi ne semble pas se généraliser. Le principe de la transmission électrique., si séduisant
- par sa souplesse, a reçu cette année plusieurs formes pratiques.
- La voiture Élcclrogénia, par exemple, en donne
- p.88 - vue 92/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 89
- un premier type: le moteur commande une dynamo dont le courant arrive par l’intermédiaire d'un
- combinateur à un moteur actionnant les roues. Le combinateur ne donne que^quelques vitesses
- & ' ^
- T-/ '>>
- ‘*A 7*»/
- •v* «r/
- Fig. i. — 1. Direction Malicet et Blin; 2. Moteur llerdtlé et Bruneau; ô. Fourche Peugeot.
- Fig. 5. — Laboratoire de l’Automobile-Club de France.
- bien définies, dont on ne peut s'écarter qu’en modifiant l’allure du moteur ît essence par l’intermédiaire de l'accélérateur ou du modérateur. Les transmis-
- sions imaginées par MM. Gasnier, chef des travaux pratiques d'électricité à l’École de physique et chimie de la Ville de Paris, et Kriéger, résolvent plus
- p.89 - vue 93/536
-
-
-
- 90
- LA NATURE.
- complètement le problème du changement de vitesse progressif, réalisé même d’une manière automatique par Kriéger.
- Le système de M. Gasnier, exposé par la maison Sage, est basé sur l’emploi d'un ditl’ércnfiel dont la figure 1 est le schéma.
- Sous la forme qu’il a reçue ici, ce différentiel comprend une couronne dentée A, solidaire du moteur, dans laquelle roulent des satellites C, montés sur un plateau solidaire de l’arbre qui entraîne la voiture et en prise, d’autre part, avec le pignon central IL La couronne A tournant d'une vitesse constante dans le sens de la flèche, on voit que les satellites C entraîneront leur plateau dans le même sens à une certaine vitesse.
- Cette vitesse augmentera si B tourne dans le sens de la flèche, diminuera si B tourne en sens inverse.
- Les mouvements de B sont produits par une dynamo réceptrice alimentée par une génératrice mue par le moteur, et dont on fait varier la différence de potentiel aux bornes par un décalage des balais. Le phénomène est des plus complexes, la génératrice et la réceptrice échangeant dans certains cas leurs rôles respectifs ; contentons-nous du résultat, qui est d’assurer par ce moyen un changement de vitesse progressif d’excellent rendement, dont le rapport peut être modifié à volonté par décalage des balais, mais dont l’un des organes est mû électriquement à une vitesse elle-même variable, au lieu de l’être par un dispositif mécanique comme on l'a souvent essayé sans succès.
- La variation des vitesses est obtenue dans ce dispositif par un organe mécanique, le différentiel.
- La transmission variable Kriéger est, au contraire, purement électrique. Les roues arrière sont menées par deux moteurs pour éviter le différentiel mécanique, ces moteurs étant excités par un enroulement en série. Or le couple d’un moteur en série est à peu près proportionnel au carré de l’intensité ; si celle-ci croit pour surpasser un accroissement de résistance de la voiture (cas d’une côte ou’d’un démarrage), il faut que la différence de potentiel aux bornes de la génératrice décroisse pour que la puissance reste constante, celle du moteur à essence l'étant aussi. Pour atteindre ce résultat, l'enroulement série de l’inducteur de la génératrice est démagnétisant, l’excitation du champ étant fournie par un enroulement en dérivation, aidé d’un enroulement alimenté par une petite batterie d’accumulateurs dont le rôle est de permettre l’excitation lors de la mise en marche.
- Cette transmission se plie automatiquement aux exigences de la route et fournit toujours pour chaque cas l’effort h la jante dont le produit par la vitesse égale, au rendement près, la puissance du moteur.
- La voiture à groupe électrogine Mildé1 (lig. 2, n° 1) représente un type intermédiaire entre la voiture à énergie produite au moment même de son
- 1 Voy. n° 1542, du 13 décembre 1902, p. 23.
- emploi et celle à énergie emmagasinée à l’avance dans un réservoir. Le moteur n’actionne plus les roues directement. Par une dynamo génératrice, il maintient constamment chargée une batterie-tampon qui alimente les moteurs placés sur l’essieu arrière. L’énergie ainsi accumulée pouvant être dépensée à volonté, on peut avec un moteur à essence de ;> chevaux obtenir des coups de collier de 20 chevaux.
- Le principe de mettre de l’énergie en réserve pour l'utiliser au moment voulu peut se réaliser de beaucoup d’autres façons.
- La voiture Gnrdner-Serpollet, avec sa chaudière, constitue un réservoir d’énergie calorifique très important pour les démarrages et la montée des rampes.
- M. Hospitalier, imitant la torpille Howell, a voulu constituer ce réservoir par un volant chargé d’énergie cinétique, grâce à une grande vitesse de rotation. Ge volant est horizontal et relié au moteur par un embrayage électrique formé d’une dynamo série dont les inducteurs et l’induit sont tournants. Son idée a déjà subi un commencement de réalisation, puisqu'une voiture de ce système figurait au Salon sous le nom d’ « Inertia ».
- Dans toutes les voitures jusqu’ici décrites, le moteur utilisé est le classique moteur à air carburé dans lequel on produit la combustion du mélange tonnant par un allumage quelconque. MM. Cannevel et Journaux exposaient au contraire un moteur « Fulgur » qui ne possède aucun dispositif spécial d’allumage (fîg. o, n° 2). La compression du mélange tonnant par le moteur lui-même est poussée assez loin (de 12 à 28 kg par cm2) pour que réchauffement du gaz par brusque compression, comme dans le briquet à air, en assure l’allumage dans toute la masse.
- Pour régler le moment précis de l’allumage, on peut (fîg. 5, n° a) modifier à volonté le degré de compression au moyen d’un petit piston p dont le déplacement s’obtient à la main, par rotation des excentriques visibles sur le sommet du moteur, et qui permet de faire varier la capacité de la chambre d’explosion.
- La construction même des voitures a subi nombre de petites modifications de détail dont certaines sont curieuses.
- Citons la direction Malicet et Blin (fig. 4, n° 1) déjà présentée l'an dernier, dans laquelle les engrenages habituels sont remplacés par deux plateaux aux formes elliptiques, mobiles avec la direction, et constituant chemins de roulement pour deux galets fixés au bras qui conduit les roues avant par le système de tringle usuel.
- L’introduction des roulements à billes dans l’automobile, à l’imitation de la bicyclette, va sans cesse croissant. D'abord limité aux roues, l'emploi de la bille s’est étendu fan dernier aux paliers du changement de vitesses. Cette année, les C. G. à. et les Ilotchkiss ont des paliers à billes au moteur lui-même. Dans la voiture Hotchkiss, sauf les bielles,
- p.90 - vue 94/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- 91
- tout est sur billes, et l'on peut voir (fig. 5, n° 1) (|ue ces billes sont fort grosses et capables de sup-porler des chocs très violents. Cette application a semblé hardie, mais cette hardiesse s’explique par la résistance des roulements des moveux qui ne soutirent guère des chocs qu’ils subissent, et il se pourrait que l'on voie l’an prochain l'emploi des billes au moteur se généraliser.
- La motocyclette, 1 automobile du solitaire, prend depuis deux ans une place importante dans les salons, et nombre de détails en sont chaque fois améliorés. Lotte année, on a cherché à augmenter la souplesse de leur suspension par l’adoption de fourches à ressort. Les motocyclettes Peugeot, par exemple, ont reçu la laineuse suspension Trulïault qui donna de si bons résultats sur des tricycles de course.
- Le tube de direction (lig. 4, n° 5) recourbé le long de la roue porte celle-ci par l’intermédiaire d un système articulé, et un ressort logé dans la douille assure la suspension. En avant, pour amortir les vibrations du ressort, est disposé un frein, constitue par deux frotteurs sur un cylindre nickelé.
- C'est aussi la motocyclette qui nous fournit le moteur ayant la plus grande puissance spécifique : celui exposé par Ilerdtlé-Briineau (fig. 4, n° 2), tout petit, fournit 1 cheval 4/4 à 3800 tours par minute. La motocyclette tout entière ne pèse que 25 kg.
- Signalons enfin une curiosité du Salon, la voiture à six roues (fig. 2, n° 2) dont les quatre roues avant sont toutes quatre mobiles séparément et commandées par le volant de direction. Leur but est d’empêcher le dérapage.
- En somme, si nous axons pu signaler un certain nombre d’idées nouvelles souvent heureuses, le type classique de la voiture automobile 1904 peut se comprendre comme constitué par un châssis en acier embouté, avec roues de bois robustes et indéréglables, de gros pneus de 105 ou 120 millimètres, un moteur à quatre cylindres avec soupapes d’admission commandées, alimenté par un carburateur à rentrée d’air réglée automatiquement, et enfin une transmission comprenant une boite de vitesses à engrenages baladeurs avec deux chaînes ou un cardan longitudinal la reliant aux roues motrices. C’est, en somme aussi le type 1905, avec seulement une plus grande tendance aux carburateurs automatiques et aux radiateurs soufflés par un ventilateur.
- De même (pie le type pratique naissait, la science de 1 automobile peu à peu se formait, ses praticiens, longtemps dédaigneux de toute théorie, sentent aujourd hui que la méthode est nécessaire et que l’expérience, pour être fructueuse, doit être raisonnée• .L’Antomobile-Club de France, Société fondée pour l’encouragement de l’industrie nouvelle, n’a pas failli à la tâche qu’il a assumée et, pour faciliter son évasion de l'empirisme, a créé à Levallois-Perret, rue du Dois, un laboratoire où l’on ne cesse de travailler les problèmes qui surgissent au fur et à mesure que se perfectionne la construction (fig. 5).
- Ce laboratoire s’était transporté au Grand Palais
- pour la durée du Salon, et c’est son installation provisoire dans le sous-sol que représente notre dernière gravure. Le matériel de ce laboratoire comprend trois moteurs et les appareils destinés à en étudier le fonctionnement.
- Deux de ces moteurs, un Gillel-Eorest horizontal et un de Dion-Boulon vertical, actionnent des dvna-mos (pii permettent d'en déterminer facilement et exactement la puissance. Les résistances cmplovées sont formées de lampes visibles au dernier plan.
- Devant ce tableau de lampes est le troisième moteur, un moteur Abeille, dont la puissance est mesurée par un moulinet dynamométrique du colonel Renard, appareil plus pratique que le frein de Prony pour les moteurs à faible coefficient de régularité.
- Ce laboratoire a déjà obtenu bien des résultats. Carburateurs et carburants y ont subi de nombreux essais, et pendant le dernier Salon, au Grand Palais même, eut lieu un concours de carburateurs alimentés au pétrole lampant, que l'on cherche, vu son bon marché, à substituer à l'essence pour l’automobilisme industriel. Léo Romnv.
- LE TRAIN ROUTIER DE COLONEL RENARD
- Le train automobile sur route imaginé par le colonel Ch. Renard et quia si vivement attiré l’attention au Salon de l’automobile de 4905, met on jeu deux principes originaux permettant de supprimer les deux inconvénients capitaux contre lesquels s’était heurté jusqu’ici ce genre de traction des poids lourds.
- Dans les trains automobiles essayés antérieurement, c’est la seule locomotive routière ou le seul tracteur, placé à l’avant, qui est chargé de traîner la masse totale des voitures attelées à sa suite. 11 en résulte que ce véhicule doit présenter à lui seul toute l’adhérence nécessaire à l'entraînement de toute la charge; on est donc obligé de donner au tracteur un poids mort considérable, sans bénéficier de l’allègement qu’on est parvenu à réaliser dans l’établissement des moteurs.
- Remorquer un poids mort inutile se traduit par l’accroissement des frais de traction; mais, en outre, le roulement de véhicules d’un poids excessif exige des routes très bonnes qu’il défonce d’ailleurs au grand dommage de nos budgets d’entretien.
- A ce premier inconvénient s’en joint un second : c’est que, quelque artifice qu'on y emploie, il est impossible de faire tourner toutes les voitures dans les traces de la première. A mesure qu’on s'éloigne de la tête, la boucle s’ouvre, la queue tendant à se redresser; en sorte (pie, lorsque le nombre des voitures est important, il est impossible d’exécuter un tournant trop fermé, sur une route étroite et à une vitesse convenable; impossible, encore bien plus, d’exécuter une S un peu prononcée.
- Pour supprimer le premier inconvénient, le colonel Renard a imaginé de faire participer toutes les voitures à l’adhérence en les rendant auto-
- p.91 - vue 95/536
-
-
-
- 92
- LA NATURE.
- mobiles, ce qui permet de ne pas donner à la locomotive un poids plus grand qu’aux autres voitures. La locomotive n’est qu’une usine de force, et, cette force, une transmission convenable la distribue successivement à chaque voiture qui participe h la propulsion « par délégation », suivant la pittoresque expression du colonel Renard qui a donné à ce mode de mise en marche le nom de « propulsion continue », par analogie avec les freins continus des chemins de fer qui opèrent individuellement sur chaque voiture, mais sous la commande unique du mécanicien.
- On pourrait sans doute imaginer des systèmes variés de transmission remplissant les conditions que, nous venons de dire : celui qui est appliqué sur le train construit par M. Surcouf est purement cinématique. 11 consiste en un arbre courant sous les voitures d’un bout à l'autre du train et qui
- tourne sous l’action du moteur. Il est facile d’imaginer dès lors les mécanismes qui transmettent une partie de la force aux appareils différentiels montés sur l'essieu arrière de chaque voiture.
- Nécessairement, l’arbre est articulé pour permettre au train de s’inscrire dans les courbes et la première difficulté consistait à disposer l’articulation de telle sorte que le mouvement ne cessât pas de se propager dans cette ligne brisée et qu’en outre ce mouvement ne fût pas altéré en passant de l’une à l’autre. Ce résultat est obtenu par l’interposition, entre les tronçons fixés à deux voitures consécutives, d’une bielle de cardan. Le mouvement est altéré, il est vrai, en passant du tronçon de la première voiture à la bielle; mais la modification qui se produit entre la bielle et le tronçon suivant est exactement inverse; les arbres des deux voitures marchent donc d’une façon identique.
- Fig. I. — Train automobile Renard. Locomoteur.
- Ce premier point obtenu, il fallait assurer la direction, c’est-à-dire qu’une voiture vînt rouler exactement dans les traces de la précédente, et décrivit une courbe de même rayon, c’est ce que l’inventeur appelle le « tournant correct ». On y parvient en reliant les voitures par un « attelage de direction », composé d’un timon rattaché, d’une part à l’essieu d’avant (ou plus généralement à l’essieu directeur) de chaque voiture, et, d’autre part, à l’arrière de la voiture précédente. Il existe une relation géométrique très simple entre les dimensions du timon et de la distance de ses extrémités aux essieux moteurs des deux voitures, pour <[ue les courbes décrites aient le même rayon.
- Quant à la disposition cinématique qui permet de donner aux roues directrices l’obliquité convenable, elle varie suivant le système d’avant-train adopté : on sait que celui-ci peut tourner tout d’un bloc autour d’une cheville ouvrière, comme dans les
- voitures habituelles à chevaux, et que, dans les automobiles actuelles, on préfère l'aire tourner chaque roue individuellement autour d’un pivot indépendant; ce dernier cas, qui est celui des voitures exposées au Grand Palais, exige un système de leviers, analogue à la direction usitée sur les automobiles, mais dont les proportions sont liées à la condition du « tournant correct ».
- Gomme on le voit, les diverses voitures composant un train sont réunies par deux attelages : l’attelage de puissance et l’attelage de direction. Tous les deux sont nécessaires et se complètent pour constituer un ensemble cinématique correct.
- Mais il reste à vaincre une grosse difficulté. Lorsque le train est en ligne droite, sa longueur est la somme de toutes les branches composant son arbre ; aussitôt qu’il décrit une courbe, cet arbre forme un polygone et la longueur du train, étant mesurée suivant la courbe inscrite dans ce polygone,
- p.92 - vue 96/536
-
-
-
- est plus courte qu'en ligne droite. Or comment les véhicules pourraient-ils se rapprocher puisqu'ils marchent rigoureusement à la même vitesse? Il y aura glissement, perte de force, arrêt peut-être, pis <{ue cela : lorsque le train, reprenant la ligne droite, devra s’allonger, les voitures ripées vers l’arrière, où rien ne les dirige, se mettront en travers et se renverseront; l'expérience le prouve.
- H faut donc interposer un lien élastique qui permette aux roues de tourner de la quantité nécessaire aux changements de longueur, et, dans ce but, chacune d’elles est fixée à son essieu par l’intermédiaire d’un barillet contenant un fort ressort spiral : c’est le « compensateur ».
- Telles sont les parties caractéristiques du train routier du système Renard. Pour être complet, il
- faudrait mentionner encore bien des
- de
- détail fort
- Nous nous bornerons à
- signaler les changements de vitesse. Tout d'abord le moteur est muni d’appareils permettant de faire varier la vitesse de 16 km à 72 km à l’heure, et analogues aux appareils de ce genre déjà appliqués à l’automobilisme; mais estimant qu’un train a, par sa composition môme, un régime de vitesse nécessaire, le colonel Renard a imaginé un appareil de réglage initial, appelé « variateur », qui fixe dès le départ les limites entre lesquelles le conducteur,'^ agissant toujours sur le levier du changement de ^
- Fig. 2. — Voitures d’attelage et détail de la transmission du train automobile Renard.
- vitesse, pourra modifier son allure. C'est en quelque sorte un appareil réducteur.
- Si le train est très lourd, on sera bien forcé de se contenter d’une faible vitesse; ce sera le 1/4 des maxima : 4 km à 18 km ; pour un train de voyageurs, on ne réduira plus que de 1/2 au moyen du variateur : 8 à 56 km. Enfin la locomotive, utilisée seule comme une automobile ordinaire, pourra marcher à 72 km à l’heure. Tout cet ensemble de dispositions est susceptible de constituer des trains sur route, légers puisque chaque voiture est légère, capable de passer par les défilés les plus difficiles et de démarrer sur des rampes à 10 pour 100.
- Rien n’empêche d’appliquer le principe de la propulsion continue aux trains sur rails, —- où, bien
- entendu, il serait inutile d’installer l’attelage de direction. — L’allègement des locomotives s’en suivrait, et, grâce à la grande adhérence produite par la totalité du train, on peut prévoir que ce genre de traction permettrait de supprimer la crémaillère des chemins de fer de montagne, dans un grand nombre de cas. Les applications militaires ne sont pas moins importantes ; ce sont même celles que le colonel Renard avait en vue lorsqu’il a imaginé son système et le premier train d'expérience qui a été construit avait ces applications pour objectif. Mais à ne nous en tenir qu’à l’organisation des services de transport et de camionnage dans les pays non directement desservis par des voies ferrées, il est bien certain que le nouveau système donnerait des
- p.93 - vue 97/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- 94
- résultats précieux. Sur les tramways, en effet, le train routier a l’avantage de ne point entraîner les dépenses considérables et le capital immobilisé d’une pose de voie. Il a également une souplesse beaucoup plus grande, puisqu’il n’est pas astreint à suivre un itinéraire immuable, et l’on conçoit très bien l'organisation d’un service routier qui viendrait déposer les colis à votre porte : ce jour-là, tout le monde voudra habiter la campagne. L'-C1 C. Espitai.ui.h.
- >e Louvre. — S;iil-on que nous ne voyons pas le Louvre tel qu’il devrait être? M. Redon, architecte du Louvre, a fait exécuter, il y a quelque temps déjà, des fouilles qui ont mis à jour le soubassement du Balais. Un quart de la façade se trouve enterré dans le sol. L’édiliee repose sur une base haute de plus de 7 mètres. Aux angles de la construction, de magnifiques bossages décorent cette puissante maçonnerie. La découverte a rempli d’admiration ceux qui ont pu jeter un regard au fond dos tranchées creusées le long des façades. Un avait eu bien tort de reprocher quelquefois aux architectes du xviO siècle l’apparence un peu pesante et écrasée du Louvre. Une partie de l’architecture destinée à être visible sur les trois faces du monument est dissimulée. 11 est clair que le Louvre avait été entouré d’un fossé d’au moins 7m,r»0. Les fouilles de M. Redon ont mis au jour les soubassements du côté de la Seine, à partir de la Galerie d’Apollon, du côté de Saint-Germain-l’Auxerrois et du côté de la rue de Rivoli. Comment et pourquoi l’ancien fossé a-t-il été comblé? C’est à peu près jusqu’ici un point d’interrogation qui reste sans réponse. On n’en sait rien exactement. On a demandé de restituer au Louvre ses proportions, de déblayer et de creuser un nouveau fossé. Ce serait en effet à souhaiter pour rendre toutes ses beautés à l’œuvre admirable de Mercier, Levau et Perrault. Mais que d’argent! Luis quel effet produirait aujourd’hui dans le décor de cette partie de Paris, notamment le quai apparaissant comme une sorte de chaussée surélevée entre la Seine et le fossé? Nous sommes habitués au Louvre actuel, aux parterres fleuris qui égaient la colonnade. Ne faisons pas de projets trop vite.
- Les bandes de Jupiter. — Le disque de Jupiter est traversé par des bandes nuageuses sombres et claires, parallèles à l’équateur et visibles avec des instruments de moyenne puissance. D’après un astronome anglais, M. Stanley Williams, qui s’est livré à l’étude approfondie de cette planète depuis plusieurs années, la coloration des deux bandes équatoriales « varierait périodiquement » en douze ans environ. C’est ainsi que lorsque la bande équatoriale boréale atteint sa coloration rouge maximum, la bande équatoriale australe est à son minimum, et réciproquement. L’observation de ce phénomène est très délicate en raison du vif éclat de Jupiter, de la coloration peu marquée et de la largeur apparente très faible des bandes. Mais, par une nuit bien claire et bien calme, le contraste des deux bandes est assez prononcé.
- Le cresson et ses dangers. — Les bactériologistes sont pessimistes; il ne faut pas trop s’effrayer de leurs dires. Ainsi ils affirment que le cresson de fontaine, loin d’ètre « la santé du corps », serait au contraire très souvent contaminé; combien de fièvres typhoïdes et autres maladies contagieuses de nature épidémique, qui pour-
- raient, si l’on cherchait bien, être imputées au cresson, sans compter les cas de ténia ou d’autres vers intestinaux, dont il est susceptible de communiquer le germe. M. Kd. Crouzel, dans le « Répertoire de Pharmacie », cite une série d’observations sur les dangers du cresson. Sa contamination est provoquée par les procédés ordinaires de culture intensive de cette plante, au moyen de matières fécales, purins, fumiers divers, qu’on place dans les cressonnières. Les cressonnières à eau courante sont donc les [dus recommandables au point de vue hygiénique. Ceux qui sont chargés du service de la cuisine feront donc bien, désormais, de s’assurer de l’origine du cresson qu’ils achètent, sous peine de faire encourir à leurs convives de très sérieux dangers. On pourra, il est vrai, diminuer un peu la nocivité du cresson par un nettoyage méticuleux de cette plante dont on ne devra garder pour la table que les feuilles et les pétioles, qui ont plus de chance que les tiges de se développer hors du contact de l’eau contaminée. A cet effet, on fera subir au cresson une macération de quelques heures dans l’eau salée concentrée et bouillie, suivie d’un lavage sous un filet d’eau tombant d’une certaine hauteur et capable de détacher de la surface de la plante les matières toxiques ou pathogènes qui peuvent la souiller. Tout cela est un peu exagéré. Il est clair que l’on pourrait en dire autant de beaucoup de légumes.
- Un laboratoire pour l’étude de la végétation désertique. — Cette tentative intéressante est faite en ce moment par l’Institution américaine Carnegie, qui profite de ce que la Confédération possède une immense superficie de « territoires arides » où l’on peut aisément observer sur place la végétation et la vie des régions désertiques. Nous n’avons pas besoin de rappeler que la plupart des plantes de ces terrains sont des plantes grasses, dont nous avons donné parfois des photographies; mais elles étaient jusqu’ici fort difficiles à observer sur leurs lieux d’origine, parce que la résidence dans ces territoires était des plus pénibles. On a choisi remplacement du bâtiment à élever sur une petite montagne, dans le voisinage de Tuscon, en Arizona, précisément en un point où la végétation est particulièrement remarquable et où les cactus atteignent couramment des hauteurs de “24 mètres.
- -->><--
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 décembre 1905. — Présidence de M. A. Gaduhï.
- La houille du Tonkin. — MM. /.ciller et Michel Lévy présentent un travail sur les gîtes de charbon du Tonkin étudiés au point de vue des végétaux fossiles dont ils sont formés. Il résulte de cette étude que les houilles du Tonkin sont constituées par des végétaux appartenant à l’étage de l’infra lias et du lias : ils sont donc moins anciens qu’on ne le supposait d’après les indications de M. Fuchs. Mais ils correspondent à une flore très riche qui se rattache à celle de l’Inde et du sud de la Chine. Le faciès permien du terrain houiller rougi par le fer a été la cause de l’erreur commise. Il faut conclure, en outre, que les mêmes conditions physiques se sont reproduites à divers âges de la terre et, en particulier, plus récemment au Tonkin qu’au pied des chaînes hercyniennes européennes.
- La densité du chlore. — MM. Henri Moissan et Binet du Jassoneix ont entrepris de déterminer la densité du chlore restée incertaine bien qu’elle ait été l’objet des
- p.94 - vue 98/536
-
-
-
- 95
- LA NATURE.
- expériences de divers savants, Gay-Lussac, Thénard, Bunsen, Ludwig et enfin Leduc. Les causes des divergences de résultats obtenus sont de deux ordres : 1° difficulté d’opérer sur du chlore pur; 2" difficulté de manipuler un gaz qui attaque les métaux, le caoutchouc, les corps hydrogénés. Les nombres trouvés varient de *2,44 (Bunsen) à 2,lit (Leduc). MM. Moissan et du Jassoneix ont commencé par préparer du chlore pur par le procédé ancien du bioxyde de manganèse et de l’acide sulfurique, mais en employant des produits purs. Luis, pour avoir le gaz débarrassé de traces d’air et d’acide chlorhydrique, ils l’ont solidifié à — 100° et ont fait le vide sur le glaçon qui est ensuite repassé à l’état gazeux. Luis en enlevant, à l’aide d’une trompe, l’air du ballon à densité et en laissant se dégager lentement le chlore, ils ont trouvé des nombres comparables. Geux-ei correspondent à une valeur moyenne 2,4Ô que l’on doit considérer comme la valeur approchée avec la plus grande certitude qui ait été obtenue pour le chlore.
- Les radiations dn corps humain. — M. d’Arsonval résume un nouveau travail de M. Charpentier, de Nancy, sur les radiations que dégage le corps humain. L’auteur s’est préoccupé de répondre à une critique qui pouvait être formulée au sujet de ses expériences. En effet, la phosphorescence de l’écran révélateur des radiations est accrue par la chaleur; par suite, les accroissements de luminosité observés pourraient être attribués à des radiations calorifiques. M. Charpentier a donc varié le dispositif de ses expériences de manière à éliminer l’action des rayons calorifiques. L’influence des trajets nerveux est restée la même. 11 a ensuite opéré sur des animaux à sang froid, des grenouilles et des poissons. Même résultat. En outre, M. Charpentier est parti d’un autre principe. 11 a utilisé la sensibilité des petites étincelles aux radiations n et a pu confirmer ses premiers résultats par une voie entièrement nouvelle. Enfin les photobactéries, dont l’élévation de température au delà de 25 degrés diminue la phosphorescence, lui ont fourni un nouveau moyen de vérification a fortiori. L’existence des radiations animales différentes des radiations calorifiques est donc un fait absolument acquis. La radiation est surtout intense au voisinage des grandes masses nerveuses.
- Panification de la farine. — M. Schloesing père présente une Note de M. .Fleurent relative aux qualités qu’il convient de rechercher dans la farine au point de vue de la panification. Actuellement le prix de la farine tend à se régler sur la teneur en azote total, parce que certains cultivateurs recherchant une production intensive ont cultivé des variétés de blé qui ne conviennent pas pour la panification. L’auteur démontre qu’il y a dans la manière d'opérer une fausse appréciation de la farine au point de vue de la panification. A ce dernier point de vue, ce qui importe, en effet, c’est la teneur en gluten. Or, le rapport entre les quantités d’azote total et de gluten n’est pas du tout constant ; par suite on ne saurait rationnellement régler le prix de la farine sur le poids de l’azote total. Suivant l’auteur, il faudrait même distinguer les corps composés, dont la réunion constitue le gluten.
- Action phijsiologigue des râpons du radium. — M. Houx présente à ce sujet une Note de M. Danysz qui a exposé des souris aux radiations. Les rayons envoyés sur le cerveau, au bout de 20 à 50 jours selon la pureté du sol radifère, amènent de la paralysie. 11 y a alteration des cellules nerveuses et hémorragie. Les jeunes animaux sont beaucoup plus sensibles que les adultes.
- Séance du i janvier 1004.
- Présidence de MM. A. Gacohv cl Mascmrt.
- Transmission de la présidence. — M. A. Gaudry, après avoir donné lecture de la liste des changements survenus parmi les membres, les associés étrangers et les correspondants de l’Académie au cours de 1005, remercie ses collègues de l’honneur qu’ils lui ont fait en l’appelant à la présidence. II ajoute que soutenu par leur bienveillance, aidé par les secrétaires perpétuels, il s’est efforcé de s’acquitter de sa tâche et à la satisfaction de tous, et qu’il conservera un souvenir très cher de l’honneur qu’il a eu. M. Maseart prend alors la présidence. Il déclare qu’il éprouve en ce moment le sentiment de gratitude envers ses collègues exprimé par tous ses prédécesseurs, mais que ce sentiment est modéré par cette considération que l’ancienneté n’est pas étrangère à la circonstance. Il demande à ses collègues de lui accorder leur bienveillance en mettant une sourdine aux conversations particulières qui empêchent de suivre les communications. Pour le reste, conclut-il, je m’en rapporte à l’autorité des secrétaires perpétuels, gardiens des traditions de l’Académie.
- Les radiations émises par le corps humain. — M. le l)r Baraduc adresse une réclamation de priorité au sujet de la découverte des radiations émises par le corps humain. — M. d’Arsonval résume un nouveau travail de M. Charpentier, relatif aux caractères différents des radiations émises par les masses nerveuses et des radiations émises par les muscles. Les premières sont absorbées par l’aluminium; les secondes ne le sont pas. Enfin, une compression légère exagère les radiations nerveuses et ne modifie pas les radiations musculaires.
- Distribution de la température dans Vatmosphère. — M. le ['résident présente une Note de M. Teisserenc de Bort, relative à la décroissance de la température avec la hauteur, dans la région de l’aris. Ce travail repose sur les résultats fournis pendant cinq ans, par un ensemble d’ascensions comprenant 712 ascensions de ballons-sondes. Larmi celles-ci on compte 141 dépassements de l’altitude de 14 000 mètres. M. Teisserenc de Bort établit qu’il existe à une certaine hauteur une zone dont la température est constante sur une ligue vertical? [de 4 à 5 kilomètres d’étendue.
- Magnétisme de matériaux de construction. — M. Ma-scart*dépose ensuite une Note de M. David, signalant le magnétisme des roches volcaniques formant les marches du temple situé au sommet du Luy-de-Dôme.
- Cu. DE VlLLEDEUlL.
- ---«-<0>O-
- LES INDIENS MlHLWES
- La Californie n’est pas seulement un pays célèbre jadis par ses mines d’or, aujourd’hui par ses pares fruitiers : c’est encore, pour l’anthropologiste, un pavs où il peut faire d’intéressantes observations. Dans cette étroite bande de terre, tantôt désertique, tantôt fertile, vivent des tribus d’indiens dont les caractéristiques ont maintes fois surpris et déroulé les savants. Confinées dans des limites étroites, isolées les unes des autres par des luttes perpétuelles et des différences de culture, les tribus indiennes de la eôle du Pacifique ont acquis à la
- p.95 - vue 99/536
-
-
-
- LA N ATI R K.
- %
- longue un ensemble de traits qui leur donne une physionomie personnelle et les distingue assez nettement les unes des autres.
- Si l'on considère seulement les données linguistiques, on constate non sans étonnement que, dans
- Fig. 1. — Indien Mohave de Californie.
- l’étroite bande de terre qui s’étend entre le Pacifique et les Montagnes Rocheuses, près de 150 dialectes différents existent à l’heure actuelle : par contre, le
- Fig. .2. — Indien Mohave devenu aveugle.
- versant oriental de ces mêmes montagnes, qui déroule jusqu'à l'Atlantique d’immenses territoires, ne comprend que 5 dialectes.
- Les trois Indiens que représentent nos photographies appartiennent à la tribu des Mohaves, une des plus importantes de la famille Yiima. Ils s’éloignent
- du type indien tel qu'on se le réprésente ordinairement. Le nez busqué, l’œil perçant, l’attitude fière des liéros de Feniinore Cooper ne se retrouvent guère dans ces physionomies placides et résignées; disparues aussi, les parures de plumes d’aigle, les colliers de dents d’ours, les peaux finement brodées ; elles sont remplacées par des vêtements européens, qui contrastent avec les longues chevelures, dernier reste de l’ancienne tradition.
- Le sujet n° 1, dont la figure n’a en somme rien de bien indien, demeurait près du Colorado River. Toute une vie de lutte pour l’existence est peinte sur cette face profondément sillonnée de rides. Le regard est atone, et l'on sent l'inquiétude de l’avenir dans cette expression d’anxiété qui lui fait froncer ses sourcils.
- Aux jours de sa jeunesse, le n° 2 fut un colosse d’une force herculéenne, un guerrier célèbre. Au-
- Fig. 3. — Indien Mohave en parure de gala.
- jourd'bui aveugle, presque infirme, il semble une statue de la résignation, et le pli douloureux qui contracte scs lèvres en dit long sur le sort qui est le sien.
- Le troisième jouit de la réputation d’un mangeur d’hommes, et son regard a quelque chose de troublant par son expression de ruse et de méchanceté. Son attitude est différente de celle de ses compagnons et il semble regarder l’avenir avec confiance, ou tout au moins avec indifférence.
- Ajoutons que la famille des Yuma, une des plus dégénérées d’Amérique, est en voie de disparition, et que l’on peut évaluer approximativement l'époque où scs derniers représentants auront rejoint leurs ancêtres dans leur paradis, situé sur les bords du Colorado, à Williams Fork. Fraxz de Zei.tner.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Im'pnuféne Lâiicüe, rtfè de Fleifrus, 9.
- p.96 - vue 100/536
-
-
-
- N* 1 511',).
- 10 JANVIER Ht (H.
- LA NAT URL.
- U 7
- LES NOUVELLES AUTOMOTRICES DU CENTRAL LONDON
- Le « Central London », dont le tracé a une analogie très grande avec celui de la ligne du Métropolitain de Paris qui, partant de la porte Maillot, se dirige, par la rue de Rivoli, vers la porte de Yin-cennes, traverse Londres de l'Ouest à l’Est, en partant de Sheperd’s’Rush, dans le West End, pour se terminer à la Banque. Sur sa longueur de 9,5 km se trouvent onze stations dont l’espacement moyen
- est de 775 mètres. Il se compose de deux tubes en l’onle de 5m,52 de diamètre intérieur situés à une profondeur de 20 à 25 mètres au-dessous du niveau des rues et dont l’un sert au passage des trains montants et l'autre à celui des trains descendants. Des ascenseurs relient les stations souterraines avec le niveau des rues. Le profil de la voie entre les stations est en forme de cuvette, c'est-
- Fig. 1. — Vue extérieure des nouvelles automotrices du Central London.
- à-dire qu’au départ d’une des stations la voie est en pente de 55 millimètres par mètre sur une longueur moyenne de 72 mètres aiin de faciliter le démarrage des trains. Au contraire, avant l’arrivée à la station suivante, la voie est en rampe de 15 milli-
- mètres par mètre, sur une longueur de 150 mètres, afin d’amortir la vitesse des trains. L’expérience démontre que cette disposition en forme de fond de bateau a permis de réduire de 15 à 20 pour 100 la dépense d’énergie nécessaire à la traction des trains.
- |
- î^KorxLtu.G^
- n
- Ji
- J
- nr
- T) W
- 1,8S.
- li au centre__des_ bogù\v_
- Fig. ± ~ Élévation schématique des automotrices du Central London.
- La traction sur le Central London se fait électriquement par courant continu à la tension de 550 volts, au moyen d’un troisième rail, servant de prise de courant, placé dans l’axe de la voie et soutenu au moyen d’isolateurs en porcelaine fixés sur des tiges en fer vissées dans les traverses reliant les longrincs en bois qui supportent la voie formée de rails Brunei. Le retour du courant se fait par les rails de la voie.
- Au début de l’exploitation du Central London, la traction sé faisait aü moyen de locomotives électriques pesant 45 tonnes et remorquant sept voi-32= aunce. — 1er scmeslrev
- lures pesant 15,5 tonnes chacune. Le poids total du train était de 157,5 tonnes. Ces locomotives étaient munies de quatre moteurs fixés sur les essieux qu’ils actionnaient directement. Il en résultait que chaque essieu qui portait 10,75 tonnes supportait 8 tonnes sans l’intermédiaire d’aucun ressort. Malgré le bon fonctionnement de ces locomotives au point de vue électrique et mécanique, on s’aperçut, au bout de très peu de temps, que, sous l’influence des chocs produits sur les rails par ce poids non suspendu, la voie et les trucks de la locomotive se
- 7
- p.97 - vue 101/536
-
-
-
- 93
- LA NATURE.
- détérioraient rapidement. De plus, ces chocs amenaient des vibrations intenses dans le sol, vibrations qui se répercutaient dans les maisons voisines à un point tel que bon nombre de propriétaires intentèrent des actions judiciaires à la Compagnie. En présence de ces réclamations, le lloard of Trade nomma une commission chargée de constater la réalité des vibrations et de chercher les moyens d’v obvier. A la suite d’expériences fort intéressantes faites par M. Mallock et que nous regrettons, faute de place, de ne pouvoir faire connaître plus complètement, il fut reconnu que ces vibrations qui souvent prenaient une importance considérable, surtout aux étages des maisons voisines, étaient dues aux chocs produits sur la voie par les masses non suspendues des locomotives. La Compagnie du Central London lit alors construire des locomotives électriques, également à quatre essieux, pesant 31 tonnes, mais où les moteurs étaient à simple réduction de vitesse et dans lesquels le poids non suspendu n’était plus que de 2,7 tonnes pour une
- charge totale par essieu de 8 tonnes. Les vibrations résultant du passage de ces machines remorquant sept voitures, c’est-à-dire un poids total de 125,5 tonnes, diminuèrent d’une manière notable. Enfin, elle fit transformer en automotrices quelques voitures de remorque. Ces automotrices pesant 20 tonnes étaient munies de deux moteurs à simple réduction de vitesse, et le poids non suspendu était réduit à 2 tonnes pour une charge par essieu de 7,7 tonnes. Le train se composait de deux automotrices, l’une en tête, l’autre en queue, entre lesquelles étaient intercalées quatre voitures. Le poids total était de 95 tonnes. Les vibrations résultant du passage de ce train se trouvèrent, pour ainsi dire, annulées. La figure 5 représente les vibrations produites au même endroit, dans le tunnel, et au niveau des rails, par le passage successif des différents trains dont nous venons de parler. Elles ont été relevées au moyen d’un séismographe étudié par M. Mallock. En présence de ces résultats concluants, la Compagnie du Central London décida de remplacer toutes ses locomotrices par des automotrices. Mais, par s'uitb de l’augmentation constante du trafic, on
- reconnut l’insuffisance, comme capacité, d’un train de six voitures et on prit le parti de faire construire de nouvelles automotrices munies de moteurs assez puissants pour composer, comme avec les locomotives, un train de sept voitures, y compris l’automotrice de tête et île queue, avec fonctionnement par unités doubles. Le poids de l’automotrice est de 25 tonnes et le poids non suspendu est réduit à 2 tonnes, pour une charge par essieu de 8,5 tonnes. Le poids du train est ainsi de 115,5 tonnes, avec une capacité de 524 voyageurs assis.
- Étant donné le diamètre restreint du tunnel qui laisse un jeu très faible au gabarit des voitures qu’il a fallu, d’un autre coté, réduire au strict minimum et, par suite, l’impossibilité de permettre aux voyageurs de sortir des voitures et de se rendre à pied à la station voisine, en cas d'incendie résultant d’un court circuit, la Compagnie a cru devoir prendre des précautions spéciales pour ses nouvelles automotrices, en isolant complètement le cab du vvatt-man, ainsi que les moteurs, des autres compartiments de la voiture occupés par les voyageurs. La figure 1 représente la vue extérieure de cette nouvelle automotrice et la figure 2 est une élévation schématique. Elle est, comme on le voit, supportée par deux bogies, celui d’avant, placé sous le cab, étant moteur. Chacun des essieux de ce bogie est muni d’un moteur à simple réduction de vitesse, dans le rapport de I à 5,94, et d’une puissance normale de 125 chevaux. Les quatre moteurs du train représentent donc une puissance totale de 500 chevaux, puissance largement suffisante pour maintenir, sans surcharge, la vitesse du train dans les conditions les plus défavorables d’accélération au démarrage.
- Ces moteurs, complètement enveloppés dans un carter, sont aérés de telle sorte que, au bout de 16 heures de marche, la température ne dépasse pas 50°. Le poids de ce moteur est de 2 tonnes, dont 930 kilogrammes sont supportés par les ressorts. Les longerons métalliques qui supportent la caisse de l’automotrice se relèvent à l’avant, de manière à passer au-dessus du truek moteur et à dégager les boites à graisse. C’est au-dessus de cette partie relevée des longerons qu’est installé le cab dans lequel se trouvent réunis tous les appareils électriques nécessaires au fonctionnement des moteurs, ainsi que les compresseurs, actionnés électriquement, qui fournissent l’air nécessaire au frein W estinghouse. Le cab est entièrement en acier, sauf la porte qui en permet l’accès, et qui est en bois de teak. Le plancher est également en tôle et sa partie centrale est mobile afin de permettre la visite des dynamos. Le panneau qui sépare le cab des compartiments occupés par les voyageurs est formé, outre la plaque de tôle qui est contiguë à ces
- I
- O seconde
- III
- O seconde 5
- Fig. 3 — Vibrations du sol dans le tunnel, produites par le passage des trains. —
- I. Train remorqué par la locomotive primitive à la vitesse de 52 km par heure. —
- II. T rain remorqué par la locomotive électrique, avec moteurs à engrenages à la vitesse de 3i km par heure. 111. Train avec automotrices à unités doubles à la vitesse de 32 km par heure.
- p.98 - vue 102/536
-
-
-
- LA NATURE.
- !H)
- compartiments, d'une seconde paroi formée d'une plaque en « uralile » recouverte d'un placage en bois de sycomore, laissant entre les deux parois un vide de quelques centimètres rempli d'amiante. Avec cette disposition, tout danger d'incendie dans le cal) est réduit au minimum, et, lors même que l'incendie viendrait à s'y produire, il y a tout lieu de croire qu'il lie pourrait se propager dans les compartiments voisins par suite de l'isolement du cab par la paroi incombustible. Les câbles à faible tension qui servent au fonctionnement simultané des moteurs de tète et de queue, ainsi qu'à l'éclairage des voitures, sont enfermés dans des tubes en fer placés sur le pavillon de la voiture ; les connexions entre les véhicules se font au moyen de câbles flexibles recouverts de plomb.
- Nous avons cru intéressant de faire connaître cette nouvelle automotrice du Central London, en présence des études qui se poursuivent en ce moment, dans le but d’éviter le retour d’accidents aussi effroyables que celui qui s’est produit dernièrement sur le Métropolitain de Paris. Il est évident que cet isolement du cab et des moteurs est un palliatif contre le retour de pareils désastres, puisque, dans ce cas, comme nous venons de le dire, tout semble faire prévoir que le foyer de l’incendie se trouverait circonscrit.' Comme surcroît de précaution, on pourrait peut-être aussi, comme cela se fait sur certaines lignes des Etats-Unis, construire également en tôle ou en bois incombustible la partie de la caisse de l’automotrice réservée aux voyageurs. Mais ce qu’il faut, avant tout, chercher à éviter c’est la cause première des incendies, c’est-à-dire, dans notre cas, la production des courts circuits, ou, tout au moins, d’en diminuer la chance de production. Pour cela, il faut un isolement, aussi parfait que possible, des transmissions, ainsi que des fils des dynamos motrices, isolement qui doit être vérifié fréquemment et rétabli aussitôt que les instruments de vérification indiquent la moindre trace de diminution. Les transmissions doivent être protégées par une enveloppe métallique reliée électriquement au châssis de la voiture. Des moteurs, robustes, soigneusement construits et entretenus et sortant des mains de constructeurs sérieux et qui se sont fait de cette construction une spécialité, sont donc indispensables. De plus, ces moteurs, et malheureusement ce n’est pas toujours le cas, doivent être largement calculés et ne pas être soumis, à certains moments, aux démarrages, par exemple à des surcharges, souvent trop considérables, qui amènent dans les fils une intensité anormale de courant pouvant être la cause de courts circuits, surtout en cas d’isolement défectueux. Aussi, pour éviter ces intensités de courant anormales, est-il de toute nécessité d’interposer dans le circuit des coupe-circuits qui, par la fusion de leurs fils, coupent le courant d’une intensité trop grande et l’empêchent de pénétrer dans la voilure. Il faut aussi, dans le cas où un court circuit viendrait à se produire, que le vvattman ait, sous la main, le moyen d’intercepter instantané-
- ment le courant venant des fils de travail, soit fils aériens, soit troisième rail. Il faut donc qu'un appareil simple soit mis à sa portée et lui permette de supprimer le contact entre le frotteur et le rail de prise de courant. Uar ce fait, le courant dans la voilure étant supprimé, toute cause de propagation d’incendie est aussi supprimée et l’extinction est rendue facile, surtout si elle est circonscrite comme avec l'automotrice du Central London. Enfin, des dispositions spéciales doivent être prises pour éviter Réchauffement des moteurs.
- Avec ces divers dispositifs de sécurité on diminuerait, il nous semble, les chances de retour de désastres comme celui qui s’est produit sur le Métropolitain de Paris où le wattman occupe le compartiment d’avant de l’automotrice, dont la caisse est entièrement en bois, sans aucun isolement de la cabine d'avant et où rien ne vient arrêter la propagation d’un incendie quelque localisé qu’il soit.
- R.-R. Piudelle.
- ÉLÉMENTS MAGNÉTIQUES
- Notre collaborateur M. Th. lloureaux, directeur de l’Observatoire du Parc Saint-Maur, vient de faire connaître les« Éléments magnétiques », pour le 1er janvier, résultant de la moyenne des valeurs horaires du 51 décembre 1905 et du 1er janvier 1904 rapportées à des mesures absolues faites le 51 décembre et le 2 janvier.
- Ces déterminations sont faites maintenant à la station du Val-Joyeux (Yillepreux, Seine-el-Oisc) ayant 0° 19' 25" de longitude ouest et 48° 49' 10" de latitude nord. Les observations magnétiques du Parc Saint-Maur ayant été troublées par rétablissement d’un tramway électrique, il a fallu choisir une autre station, celle du Val-Joyeux. Voici les valeurs absolues et les variations séculaires.
- Valeur au Varialion
- Klémcnls. 1" janvier. séculaire.
- déclinaison occidentale. . . 15» 2'. 19 — 4', 88
- Inclinaison 04» 54' 9 — 0',5
- Composante horizontale . 0,19082 — 0,00050
- Composante vertical * . . . 0,42044 — 0,00074
- Composante nord . . . . . 0,19008 — 0.00022
- Composante ouest. . . . . 0.05100 — 0,00055
- Force totale . 0.46425 — 0,00079
- Le pôle de l’aiguille aimantée continue à s’écarter du nord géographique du côté de l’ouest : la variation de la déclinaison est en ce moment d’environ 4' par an. Elle est un peu plus forte dans le nord que dans le midi. Ainsi, de janvier 1890 à janvier 1901, cet élément a diminué de 26' à Paris et de 25' à Perpignan.
- Rappelons que les premières observations de l’aiguille aimantée remontent à f i7G pour l’Angleterre et à 1580 pour Paris. Eu 1580, la déclinaison était de 11° 50' à l’est : en 1018, elle était seulement de 8°. Elle fut de zéro en 1605. Le pôle nord de l’aiguille concordait avec le nord géographique. Puis il passa à l’ouest. En 1678, la déclinaison occidentale était de 1°50'. En 1700, de 8° 10'. En 1707, de 19°; en 1785, de 22°. Elle a été en augmentant jusqu’à 1814. Maintenant, l’aiguille retourne vers le nord. <!•-F. G.
- p.99 - vue 103/536
-
-
-
- KM)
- U NATURE.
- LES (MNÜEIIS AUX ETATS-UNIS ET À JAFFA
- La culture fruitière commerciale prend aux États-Unis une extension de plus en plus grande, an point que l'on songe à créer des débouchés en Europe et ([ue de beaux produits de la Californie ont déjà fait leur apparition sur le marché de Londres. Cette culture est laite rationnellement grâce aux encouragements de toute nature que les pouvoirs publics 11e ménagent pas aux colons.
- Il est à craindre une redoutable concurrence pour les oranges du district de Jaffa, très demandées sur les marchés européens, et cela parce que la culture 11'y est peut-être pas pratiquée comme il conviendrait.
- L’exploitation des Orangers est faite, dans cette région, par des Européens et des Arabes ; grâce aux irrigations généralement bien installées, l'Oranger croit vigoureusement. Les Orangers nécessaires pour constituer les plantations sont élevés et préparés en pépinière. Les bonnes variétés d’oranges, de manda' rines et de citrons sont greffés sur des sujets préparés à cet effet de semis [jour l'Oranger à fruits amers (Cil rus Bigamilia) recommandable par sa grandi' vigueur, ou de boutures pour le Limon doux (Citrus limonum dulcis) convenant surtout pour les sols sa-| blonneux. Ce sont les variétés de l’Oranger (Citrus au-
- Fig. 1. — Oranger âgé de sis. ans en Floride.
- ranliacum) Schamuli et Bebdt qui paraissent les [dus estimées pour l’exportation, à Jaffa, quoique le Citron (Citrus medica) et la Mandarine (Citrus nobilis)s’^ trouvent en assez grande quantité. Les jeunes Orangers ainsi greffés ne produisent convenablement ([ue 5 à 6 ans plus tard. Dans l’entre-lemps on leur donne des soins convenables, consistant en j arrosages, façons du sol et taille de la ramure. Comme j la majorité des végétaux les Orangers ont à redouter j les attaques des maladies eryptogamiques et des insectes. Ceux-ci ont considérablement amoindri, faute de traitements et soins appropriés, les cultures de quelques contrées de la Sardaigne et de Majorque.
- 11 est à craindre, étant données l’insouciance et la négligence des planteurs arabes qui 11c cherchent pas j à en arrêter l’envahissement et d’appliquer des Irai- |
- tements préventifs, que le même sort soit réservé à la majorité des plantations de Jaffa. Cette diminution éventuelle de production favorisera notablement l’importation des belles oranges de la Californie.
- Jusqu’à présent ce qui semblait faire défaut aux États-Unis c’est une variété d’Orangcr suffisamment rustique pour résister aux basses températures tout en produisant des fruits de premier choix, pour que l’aire de la culture ne soit plus limitée à la côte du Pacifique et aux Etals du Sud. 1111efaut pas oublier que les terribles gelées de décembre 1894 et de janvier 1895 ont détruit beaucoup de plantations en Californie et toutes celles de la Floride.
- L’obtention d’une variété très rustique est l’œuvre de croisements et de la sélection et semble devoir être réalisée si nous nous en rapportons à F « Ame-
- p.100 - vue 104/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 101
- riean fruit trade journal ». M. Norman aurait, en eflct, opéré, dans sa pépinière de Hillisidc à Mar-tesville, un croisement heureux à ce point de vue entre le Cilnts tri foliota et le Citnis salsi/ma, deux variétés japonaises. Les fruits delà nouvelle variété, nommée Nol Crosse Bred, résultat de celle hybridation, sont aplatis à l’instar de la mandarine et ont 5 à 6 centimètres de diamètre avec une peau lisse et mince; ils contiennent très peu de graines et. la chair est de bonne qualité tout en conservant un arrière-goùt d’amertume, à peine indiqué, que des croisements et des sélections feront disparaître. Il est à présumer que les recherches poursuivies dans ce sens donneront des résultats satisfaisants et
- doteront les Etats-Unis de variétés locales parfaitement cultivées qui permettront d’étendre l’aire de la culture de l’Oranger dans ces pays.
- L’exploitation de l’Oranger tend également à s’étendre en Floride, où les résultats obtenus sont favorables. 11 convient de noter (pie la question de fumure rationnelle, qui est négligée à Jaffa, est étudiée avec beau coup desoinsdans les stationsexpérimentales de ces états pour être ensuite appliquée dans les cultures. D’après les expériences du B'Hilgard, professeur à l’Université de Borkeley, c’est, parmi les matières nutritives enlevées au sol, la potasse qui domine dans des proportions assez élevées, tandis que l’azote et l’acide phosphorique sont absorbés en
- de (dus petites proportions. Le B1 Woodbidge a aussi constaté que les fruits produits par une parcelle traitée au fumier étaient de qualité secondaire, et que les oranges provenant de celle fumée avec des engrais azotés étaient filandreuses.
- La figure 1 et la figure 2 montrent au contraire un Oranger et un Citronnier qui ont reçu un engrais complet, azote, acide phosphorique et potasse. Il ne faut pas oublier que cette dernière doit être donnée sous une forme absolument assimilable comme l’est le sulfate de potasse de Strassfurt.
- Le Citronnier (fig. 2) a reçu pendant trois ans 18 kg d'engrais dont la formule était 12 à 15 pour 100 de potasse, 4 à o pour 100 d’azote et 4 à 5 pour 100 d’acide phosphorique; ce qui a permis de produire 8 à 10 caisses de citron-;.
- L’orange demande une dose égale de potasse et d'acide phosphorique, mais moins d’azote. C’est ainsi que l’engrais complet titrait 15 pour 100 de potasse, 5,5 pour 100 d'azote et 5 pour 100 d’acide phosphorique.
- Les jeunes Orangers reçoivent 2 kg d’engrais ainsi dosé; cette quantité est progressivement augmentée jusqu’à 10 kg pour des Orangers Agés de 0 ans ( fig. I ).
- Ces cultures sont à suivre de la façon la plus attentive, car grâce aux sélections répétées on fixera certainement des variétés d’Orangers qui permettront l’exportation en grand de leurs fruits en Europe. Albert Malmené,
- Profpsspur d'hortipiilturp.
- p.101 - vue 105/536
-
-
-
- 102
- LA NATURE.
- L’UNIFICATION DES HEURES1
- h
- C’est en Amérique que la confusion des heures atteignit sa plus grande intensité et, comme il arrive fréquemment, c’est l’excès du mal qui y fit chercher et trouver le remède. Les Américains en étaient arrivés à avoir sur leurs chemins de fer 74 heures régulatrices différentes, enchevêtrées les unes dans les autres et délimitées de la façon la plus capricieuse.. Aussi les directeurs des chemins de fer convinrent-ils qu’à dater du 18 novembre 1885 il ne serait plus fait usage que d’heures normales différant entre elles de lit) minutes exactement. Cela réduisait le nombre des heures régulatrices de 74 à 5, ces dernières correspondant d’ailleurs aux longitudes de fit), 75, 90, 105 et 120 degrés. Inutile d'ajouter que les mu 11ici pal i tés s’empressaient de s’approprier les nouvelles heures des chemins de fer.
- fil. Unification internationale. — Etendu au monde entier, le nouveau système horaire conduisit à diviser le globe en 24 fuseaux- ayant chacun son heure normale différant d’une heure juste de l’heure normale du fuseau précédent. Cela ne donne, à proprement parler, que la (( coordination » non 1’ « unification » des heures, mais cela donne l’unification absolue des minutes et des secondes, marquées uniformément par tous les cadrans du globe, l'ourla délimitation des fuseaux entre eux il n’y a aucune nécessité de suivre servilement un méridien. On peut suivre les limites politiques ou tout autre tracé sans autre conséquence que de créer à la limite en question des écarts de plus de 50 minutes de l'heure « locale vraie », ce qui — l’expérience le prouve — n’offre pas d’inconvénient sensible pour la vie civile.
- Le système américain des 24 fuseaux horaires est un ingénieux compromis, une transaction heureuse entre l’heure universelle unique qu'avaient rêvée quelques savants et la multiplicité infinie des heures locales. Aussi fut-il accueilli dans le monde entier avec une faveur extraordinaire. Un empire asiatique avide de progrès, le Japon, se l’appropria dès 1880.
- En Europe, qui se trouve partagée en trois fuseaux : « occidental, central et oriental », la réforme se trouva facilitée par deux circonstances. L’Angleterre conservait son heure nationale, car les longitudes dans les cartes américaines étant numérotées à partir du méridien de flreemvich, l'heure anglaise rentrait tout naturellement dans le nouveau système. Et, à l’autre bout de l’Europe, une situation analogue se présentait ; par un heureux hasard, l’heure nationale russe, l’heure de Saint-Pétersbourg, ne différait que de une minute de l’heure nouvelle de l’Europe orientale.
- Par suite de l’accession de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Turquie, le fuseau de l’Europe oriental se trouva ainsi au complet dès l’année 1891.
- L’heure de l’Europe centrale fut adoptée par l’An triche-Hongrie, la Serbie et la Macédoine dans cette même année 1891 ; par l’Allemagne du Sud, y compris l’Alsace-Lorraine, en 1892 ; par l’Allemagne du Nord et par l’Italie en 1895; enfin par le Danemark et la Suisse en 1894.
- La Belgique et la Hollande, comprises (avec la France et l’Angleterre) dans le fuseau occidental, ayant de leur
- 1 Yoy. n° 1598, du 9 janvier 1904, p. 84.
- 9 On appelle « fuseau » la surface terrestre comprise entre deux méridiens, attendu que, pointue aux deux pôles, large à l'équateur, elle présente l’aspect d’un fuseau garni.
- coté appliqué l’heure anglaisé à partir du Ur mai 1892, la France se trouva dès 1895 cernée par les nouvelles heures sur toute sa frontière septentrionale et orientale, depuis Dunkerque jusqu’à Nice. Habituée à marcher à la tète du progrès, pouvait-elle longtemps encore rester immobile? Un député de la Seine, l'honorable M. Gabriel Deville, ne le pensa pas et, le 27 octobre 1890, il déposa hardiment une proposition de loi ainsi conçue :
- (( L’heure légale en France est l’heure du temps moyen de Greenwich. Il en est de même pour l’Algérie; pour les autres colonies françaises l’heure légale sera comptée d’après le méridien de Greenwich et suivant le système dit des fuseaux horaires. »
- Getle proposition fut mal accueillie. Déjà, dans la discussion de la loi du 15 mars 1891, le commissaire du gouvernement, l’éminent M. Faye, avait dit au Sénat que <( l’heure anglaise » ne trouvait pas de partisans en France. Et la mention du « méridien de Greenwich » offusqua les savants du Bureau des longitudes qui caressaient encore l’idée d'un « méridien neutre », bien que cette idée eût été repoussée comme chimérique, à la quasi-unanimité, tant à la conférence géodésique de Borne en 1885 qu’à la conférence diplomatique de Washington en 188i. Les idées justes ne mûrissant que lentement, comme les bons fruits, la proposition de M. Deville a été renouvelée, le 8 mars 1897, par M. Bou-denoot, alors député du Pas-de-Calais, sous la forme simplifiée et plus habile que voici : L'heure légale en France et en Algérie est l’heure, temps rnogen, de Paris, retardée de, 9 minutes' 21 secondes.
- Le rapport très bref de la Commission, présenté par M. Fr. Deloncle, député de la Cochinchine, disait : « La proposition de l'honorable M. Boudenoot... a pour objet de mettre fin à la gène réelle que cause aux services internationaux des télégraphes, des chemins de fer et des bateaux la multiplicité des heures dans l’Europe occidentale. L’enquête, longuement conduite en celle matière par votre Commission, a établi que nous ne saurions, sans dommage pour nos intérêts économiques, persister plus longtemps dans un isolement que rien ne justifierait plus; mais la réforme peut et doit s’effectuer sans que nous ayons le moins du monde à substituer le méridien anglais de Greenwich au méridien de Paris, qui est et doit rester notre méridien national.... Les services consultés se sont déclarés favorables à celle modification ; les représentants du Ministère des travaux publics et des Compagnies de chemins de fer entendus par votre Commission en ont marqué l’urgence. »
- Sur ce rapport, la proposition Boudenoot est votée par la Chambre, sans discussion, dans sa séance du 24 février 1898. Et quelques jours après, le Sénat nomme à son tour une Commission chargée de la rapporter.
- Grand émoi dans le monde savant. Dans la séance de l’Académie des sciences du 28 mars, M. Janssen rappelle que la France a toujours repoussé le méridien de Greenwich. Mais M. Poincaré lui répond en riant que le Bureau des longitudes a reçu du directeur de l’Observatoire de Mexico une communication signalant la ville française d’Argentan comme ayant précisément le méridien de Greenwich. M. Berthelot aussi est d’avis que « nous ne pouvons rester en dehors des autres nations ». Néanmoins, sur la proposition de M. Bouquet de la Grve, l’Académie nomme des commissaires spéciaux chargés « d’éclairer » le Sénat1.
- Qu’a fait cette commission? Nous l’ignorons, mais
- 1 « Journal des Débats », du 29 mars 1898.
- p.102 - vue 106/536
-
-
-
- LA NATURE
- 10f>
- nous savons qu’au printemps 1000 le commissaire général de l’Exposition reçut une lettre sollicitant son intervention pour hâter la solution. L’étranger, y était-il dit, qui va affluer à l’Exposition, ne comprend rien à l’immobilité de la France. « Se laissera-t-elle devancer encore par l’Espagne et le Portugal? Elle entend bien que le monde entier adopte son système métrique, mais il en coûte à son amour-propre do retarder son heure de quelques minutes pour se mettre à l’unisson avec le reste du monde. C’est vouloir faire le commerce d’exportation sans admettre la moindre importation. »
- Quelque invraisemblable que ce fût, l’Espagne, séparée du reste de l’Europe par l’épais écran de la France, n’a pas attendu l’exemple de celle-ci pour adopter, elle aussi, à partir du lrr janvier 1901, l’heure de la Belgique, du Luxembourg, de la Hollande, l’heure de... Greenwich!.
- Méditons celte leçon ! Demandons-nous si nous pouvons décemment continuer à repousser « l’heure anglaise », comme si rien n’était changé en ce inonde, comme si maintenant l’heure anglaise n’était pas noyée dans l’heure mondiale ; comme s’il n’v avait pas d’échange de visites entre le Roi d’Angleterre et le Président de la République française, et d’échange de banquets entre les membres des deux parlements; comme si la presse ne s’était pas mise à entonner le chant de la solidarité internationale et de l’entente cordiale entre la France et l’Angleterre? Espérons que le Sénat ne tardera pas à se réveiller et comprendra enfin qu’il y va du prestige de la France. W. nr. Nop.dusg.
- - 0-«y>0- —
- L’INDUSTRIE DU PLÂTRE EN FRANCE
- On sait d’une façon générale les usages multiples que reçoit le plâtre, et l’on n’ignore pas non plus que ce produit est du sulfate de chaux anhydre que l’on obtient en déshydratant par calcination du gypse ou sulfate de chaux hydraté : ce gypse se présente sous plusieurs aspects, et la variété la plus commune en est celle qui contient de l’argile, du sable et du carbonate de chaux.
- Cette pierre à plâtre se rencontre dans un grand nombre de départements français, et dans 56 on l’exploite de façon plus ou moins intense : en fait toutefois, sur une production générale de 1 600 000 tonnes environ, trois départements à eux seuls en donnent 1 150 000, et le plus grand producteur est de beaucoup le département de Seine-et-Oise, qui livre annuellement à la consommation bien près de 600 000 tonnes. Cette localisation de l’industrie du plâtre dans cette portion de l’Ile-de-France est certainement ignorée de bien des gens. Les centres de production de Seine-et-Oise sont Argenteuil, Gagny-Livry, Montmorency, Triel et Vaux. Le deuxième producteur français est le département de la Seine, grâce aux carrières de Montreuil, Romainville, A'itry, Villetaneuse, Noisy-le-Sec et Villemomble. Signalons enfin au troisième rang le département de Seine-et-Marne, ce qui prouve bien que l’industrie du plâtre est tout à fait de premier ordre dans la région de Paris : les centres d’exploitation et de fabrication dans ce département sont à Lagny, Meaux, La Ferté-sous-Jouarre et Dammartin. On comprend que la fabrication du plâtre ait trouvé à se développer particulièrement aux environs de Paris, car la grande ville est un consommateur de premier ordre, avec ses innombrables constructions, maisons bourgeoises et généralement confortables, où le plâtre est employé à foison. C’est du reste une matière qui doit se vendre très bon marché et qui ne peut être grevée de lourds frais de transport. P. de M.
- LES TURBINES A TAPEUR RATEAU
- Nous avons indiqué dans un précédent numéro1 les principes du fonctionnement de la turbine à vapeur. Nous avons dit que ces turbines se divisent en deux catégories : les turbines à réaction et les turbines à impulsion. Nous avons décrit la turbine Parsons qui appartient à la première catégorie. Nous avons, enfin, montré que ces turbines, qui, comme fonctionnement et comme rendement, donnent d’excellents résultatsen pratique, présentent, néanmoins, quelques inconvénients inhérents au principe même de leur fonctionnement. Comme nous l’avons dit,elles exercent une poussée longitudinale qu’il est nécessaire d’équilibrer au moyen de pistons compensateurs. La détente de la vapeur achevant de se produire dans la roue mobile, il en résulte une différence de pression entre les deux faces d’entrée et de sortie de ces roues mobiles et des fuites sont toujours à craindre par les joints entre les distributeurs et les parties mobiles. Ceux-ci doivent donc être aussi réduits que possible et une grande précision de montage est nécessaire.
- Toujours, par suite de la différence de pression entre les deux faces de la roue mobile, il est indispensable que la vapeur soit distribuée d’une manière régulière et continue sur toutes les aubes qui constituent la périphérie de la roue mobile, sans quoi les différences de pression entre les aubes alimentées par la vapeur et celles qui ne le sont pas amèneraient des chocs et des tourbillonnements qui auraient pour résultat de diminuer considérablement le rendement de la turbine. L’injection de la vapeur sur les roues mobiles doit donc être totale.
- Nous avons montré que la seconde catégorie de turbines, celles à impulsion, évitaient ces inconvénients par suite de leur mode de fonctionnement. La vapeur étant complètement détendue avant son arrivée dans les roues mobiles, celles-ci sont actionnées par la vitesse seule de la vapeur et aucune différence de pression n’existe entre les deux faces d’entrée et de sortie des roues mobiles. Il ne se produit alors aucune poussée longitudinale et les pistons compensateurs deviennent inutiles. Aucune fuite n’est à craindre par les joints et un jeu important peut être ménagé entre les parties mobiles et fixes, ce qui rend moins importantes l’usure des coussinets, et la flexion de l’arbre supportant les turbines.
- Enfin, puisque la roue mobile se trouve dans une chambre où la pression est uniforme, on peut admettre la vapeur sur une partie seulement de la périphérie de la roue mobile, ce qui a pour avantage de permettre de régler plus aisément la quantité de vapeur à introduire dans les aubes, suivant les variations d’effort à produire.
- La turbine Rateau appartient à cette seconde catégorie. C’est une turbine à roues multiples, à impulsion et à injection partielle. Elle se compose, comme Tin-
- 1 Voy. n° 1587, du 24 octobre 1903, p. 523.
- p.103 - vue 107/536
-
-
-
- 104
- LA NATURE.
- diquela figure 1, d’une série de roues mobiles, formées de disques en tôle d’acier a-a, calées sur l'arbre moteur AB qu’elles doivent entraîner et munies à leur périphérie d’aubes rivées sur ces disques ; ces aubes, disposées pour le fonctionnement par impulsion, ont la forme indiquée surla figure o del’arlicleprécédent. Entre ces
- diaphragmes sont munis au centre d'une sorte de noyau qui enveloppe l’arbre moteur en ne laissant qu’un jeu très faible. Au contraire, puisque, comme nous le disions tout à l’heure, aucune fuite n’est, à
- Fig. 2. — Roues mobiles.
- sont celles autour de l'arbre moteur et elles ne peuvent prendre qu’une importance très minime. Aucune poussée longitudinale ne se produisant, on a pu supprimer les pistons compensateurs des turbines Uarsons. L’arbre moteur AI» repose sur deux paliers extérieurs et sur un palier intérieur; mais, en règle générale, il est préférable de supprimer le palier in-
- roues mobiles sont intercalées des diaphragmes b-h encastrés dans des rainures ménagées à l’intérieur de l’enveloppe A de la turbine; à la périphérie de ces diaphragmes, et en face des aubes des roues mobiles, se trouvent des séries d’aubes directrices qui amènent la vapeur sur l'aubage des roues mobiles. Ces
- redouter aux joints des distributeurs et des roues mobiles, on a pu laisser entre ces distributeurs et les roues mobiles un jeu qui peut atteindre sans inconvénients à à G mm. Les seules fuites à craindre
- Fig. 5. — Distributeurs.
- térieur, qui, par suite de la nécessité de son graissage, peut amener l’entrainement d'huile au condenseur. C’est, ce qui est fait dans la plupart des turbines Bateau.
- La vapeur arrive de la chaudière par le tuyau M, à l’arrière de la première série de distributeurs. Ceux-ci la dirigent vers l'aubage du premier disque
- Fig. 1. — Coupe longitudinale de In turbine Ralenti.
- p.104 - vue 108/536
-
-
-
- 105
- LA N ATI] RL.
- mobile à ailette, en lui imprimant, par sa vitesse seule, un mouvement de rotation autour de l’arbre AR. Elle ressort de ce premier aubade à une pres-
- sion inférieure à celle d'admission dans le premier distributeur, pour pénétrer ensuite dans le second distributeur qui la dirige à son tour sur la seconde
- Fig. I. — Vue intérieure de ,1a turbine bateau les distributeurs enlevés.
- roue mobile en la faisant tourner comme la pre- j dernière roue mobile 1) où la vapeur complètement mière. Le même effet se reproduira jusqu'à la | détendue se rendra au condenseur par le tuyau IL
- Fig, 5. — Turbo-dynamo des mines de Bruay.
- Comme dans la turbine Parsons, la vapeur, par ses détentes successives dans chacun des aubages, augmente de volume on diminuant de pression. Les sections des aubages doivent donc aller en croissant en se rapprochant du condenseur ; il en est de même
- de l’arc occupé par les directrices à la périphérie des diaphragmes fixes. Pour éviter la trop grande hauteur d’ailettes dans les aubages, on augmente, comme dans la turbine Parsons, le diamètre de la turbine entre la roue mobile Pet le distributeur O ; la vapeur
- p.105 - vue 109/536
-
-
-
- ion
- LA NATURE.
- passe alors de la première série de roues mobiles à la seconde par les conduits.
- Un tachymètre à force centrifuge agissant sur un obturateur, placé dans le tuyau d’amenée de la vapeur M, permet, en abaissant la pression d’amont de la turbine, de régulariser la vitesse de celle-ci. De plus, un servo-moteur agissant sur une vanne, placée à l’entrée du premier distributeur, permet de faire varier les ouvertures de ce premier distributeur et de modifier ainsi le débit de la vapeur, tout en conservant sa pression entière, suivant les variations d’efforts à produire; le rendement de la turbine se trouve de la sorte augmenté. C'est là, encore une fois, un des grands avantages des turbines à injection partielle et qu'on ne peut réaliser avec les turbines à injection totale, comme la turbine Rarsons.
- La turbine Rateau, construite dans les ateliers Sauter, llarlé et C'°, ont donné en pratique d’excellents résultats. Il résulte des nombreux essais faits ces derniers temps, notamment sur des turbines-dynamos de 500 chevaux électriques, construites pour les mines de Uennaroya, en Espagne, que, à la vitesse de 2400 tours à la minute et fonctionnement avec une faible surchauffe de 10°, entre une pression d’admission de 11 kg absolus et un vide au condenseur de 0,128 kg, la consommation de vapeur par « cheval électrique » a été de 0,74 kg. En admettant un rendement de la dynamo de 0,00, la consommation par « cheval-heure effectif » est donc de 0,07 kg. La consommation la plus faillie constatée pour une machine à mouvement alternatif, avec vapeur saturée, est de 5,82 kg par cheval effectif, très peu inférieure, comme on voit, à celle obtenue avec la turbine Rateau avec une faible surchauffe de 10°, il est vrai, mais avec un vide imparfait. Cette même turbine, à demi-charge, a consommé 0,50 kg et au 1/4 de charge 7,81 kg par cheval effectif.
- Les turbines Rateau ont été appliquées par la maison Sauter llarlé à la constitution de groupes électrogènes pour des stations centrales de courants alternatifs et de courants continus. 11 y a déjà une dizaine de groupes électrogènes semblables de 500 jusqu’à 700 chevaux. Elles ont également été appliquées à la mise en marche de ventilateurs Rateau avec lesquels, grâce aux grandes vitesses des turbines à vapeur, on peut obtenir des pressions de beaucoup supérieures à celles obtenues jusqu’ici. C’est ainsi que M. Rateau a étudié et fait construire plusieurs turbo-ventilateurs à haute pression dont un pour le soufflage d’un haut fourneau ; en accouplant plusieurs roues sur le même arbre il a réalisé un véritable compresseur centrifuge pour usine, donnant de l’air sous pression de 6 kg par cm2. Elles peuvent également actionner les pompes centrifuges et, dans un essai fait par lamaison Sauter llarlé, on a pu avec une turbine à vapeur marchant à la vitesse de 18000 tours à la minute, refouler à une hauteur de 265 mètres un volume d’eau de 12 litres à la seconde. La roue mobile de la pompe centrifuge, accouplée à la turbine, n’avait qu’un diamètre de 0,08. Plusieurs turbo-pompes du même système sont en ser-
- vice ou en construction. Citons une pompe multicellulaire Rateau élevant 250 mètres cubes d’eau -par heure à une hauteur de 550 mètres. Les turbo-pompes s’emploient également comme pompes alimentaires de chaudières.
- Mais une application fort intéressante et toute nouvelle est celle qui a été faite au x mines de Rruay.a vec des turbines Rateau utilisant la vapeur à basse, pression s’échappant des cylindres des moteurs à vapeur à marche intermittente servant à actionner les machines d'extraction des mines ou les machines réversibles des laminoirs. Jusqu’ici cette vapeur, sortant à une pression voisine de la pression atmosphérique, était rejetée dans l’atmosphère et, par suite, inutilisée. M. Rateau reçoit d’abord cette vapeur d’échappement dans des « accumulateurs », qui ont pour but de régulariser le débit de cette vapeur, puis l’envoie dans une turbine à vapeur mise en communication à l’aval avec un condenseur. Ces turbines fonctionnent, dans ces conditions, avec de la vapeur à très basse pression, la pression atmosphérique à l'amont et un vide de 0,15 kg au condenseur; quelques appareils annexes complètent l’installation, en vue d’assurer l’indépendance de la machine primaire et de la machine secondaire. Ces turbines fonctionnent, depuis le mois d'aoùt 1902, dans d’excellentes conditions avec un rendement de 55 pour 100, qui pourrait même être augmenté en accélérant légèrement la vitesse de rotation de la turbine ; mais, ce qui est d’une importance capitale, c’est qu’une usine métallurgique, comme le dit M. Rateau, qui consomme par heure 80 000 kg de vapeur — et elles sont nombreuses — pourrait s’adjoindre ainsi une station centrale de 5000 chevaux électriques, sans autre dépense que celle des turbines et des dynamos.
- La figure 5 représente la turbine à vapeur de 500 chevaux des mines de Rruay, actionnant directement deux dynamos à courant continu en tension.
- Les moteurs à gaz de hauts fourneaux, qui tendent à se développer de plus en plus, ont déjà permis d’utiliser avantageusement une masse considérable de gaz qui, jusqu’ici, étaient perdus ou mal utilisés et de réduire ainsi le prix de revient du métal. Il n’est pas douteux que cette nouvelle application des turbines, facilitant l’emploi des vapeurs d’échappement des moteurs d’extraction et des laminoirs, aujourd’hui inutilisées, viendra, à son tour, apporter un nouvel appoint en permettant encore d’abaisser les prix de revient, chose capitale, au moment actuel, en présence de la concurrence effrénée qui ne fait que s'accentuer chaque jour.
- Avant de terminer, nous devons citer la turbine Curtis qui est également une turbine à roues multiples et à impulsion. Ce type de turbine, dont la disposition est analogue à celle de la turbine Rateau que nous venons de décrire, est construit par la General Electric C° de Schenectady et a reçu, depuis 1902, un certain nombre d’applications importantes aux États-Unis. R. Bonnin.
- p.106 - vue 110/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 107
- L’ÉTABLISSEMENT HAGENBECK
- DE imiROEDf.
- I
- Nous avions déjà consacré quelques lignes1 à l'établissement de M. Cari llagenbeck, surtout au point de vue du dressage des animaux sauvages. Nous devons y revenir aujourd'hui et donner quelques détails nouveaux sur cet établissement, original et sur le (tare de Stellingen récemment fondé où l'on s'occupe surtout de l'acclimatation dos animaux. C'est à M. Jules Lefaivre, consul général de France, que nous empruntons quelques renseignements qu’il a publiés dans le « Moniteur ofliciel du commerce » et à M. Harold G. Shepstone du « Scientific american ».
- Four donner l’idée de l'importance du travail cl du mouvement curieux de l'exploitation de M. Cari llagenbeck, il suffira de dire que dès les premiers mois de l’année 1905 on a reçu à Hambourg 70 lions, tigres et panthères, 42 espèces d’ours, 52 éléphants, (44 chameaux et dromadaires et environ 77»0 singes. En [dus, une quantité d'autres animaux et d'oiseaux divers. La [dus grande partie de toute cette collection de bêtes est vendue en Amérique pour garnir les jardins zoologiques d’un grand nombre de villes des Etats-Unis ou bien encore est rapidement enlevée par des directeurs de cirques forains. Pendant la semaine oùM. 11. J. Shepstone est resté à Hambourg, il a pu voir, dit-il, embarquer à destination de Cincinnati pour une valeur de 12500 francs et à Philadelphie pour 17 500 francs d'animaux différents. On était fort occupé dans le même temps à un embarquement complet pour le compte de la Société zoologique de New-York.
- Nous devons dire tout d’abord que nos colonies Françaises, embrassant d’immenses régions en Asie et en Afrique, participent d’une façon effective au commerce original de llagenbeck, mais cette participation ne saurait suffire aux besoins du directeur de rétablissement de Hambourg. 11 a dû engager un grand nombre d’agents ou de voyageurs chargés de recueillir dans toutes les parties du inonde des animaux de toutes sortes. M. llagenbeck attendait l’un de ses agents qui devait ramener de Sibérie un troupeau de 50 biches, 15 bouquetins, des moutons sauvages et quantité d’oiseaux. Un autre voyageur apportait du Soudan 5 girafes avec des antilopes.
- On signalait aussi, pour une époque fort rapprochée, un envoi des provinces allemandes de l’Est africain : 20 zèbres, 2 rhinocéros, etc.,et, des régions de l'Ouest africain, un grand nombre de chimpanzés ainsi que quelques jeunes gorilles. Un autre navire devait enfin rapporter d’Australie 00 kangourous, et une quantité d’oiseaux rares.
- Outre les nombreux agents qui travaillent pour lui, M. llagenbeck a réussi à organiser une escouade de 60 chasseurs expérimentés. 11 a reconnu également la nécessité de créer, dans chaque partie du
- 1 Yoy. n° 1545, du 5 janvier 1903, p. 76.
- monde, des établissements formant des dépôts d’animaux afin de les garder pour se les faire expédier ensuite suivant les demandes de sa clientèle. (Voy. fig. 1 : troupeau de yaks gardés dans des pâturages situés dans le nord du Thibet, et fig. 2 : troupe de chameaux du dépôt llagenbeck de Sibérie.)
- Il possède 5 de ces dépôts en Asie, 5 en Afrique. Le plus important est à Kassala (Afrique centrale), c’est un centre considérable d’approvisionnement. Diverses factoreries du Deutseh Ost Africa ont comme annexes à leur dépôt de marchandises des parcs de zébus et d’autruches.
- Les chasseurs engagés sont aidés dans chacun des pays où ils sont envoyés par les indigènes. En Nubie par exemple, d’où viennent presque tous les lions, ces gens savent les surveiller attentivement. Ils épient leurs habitudes et connaissent les cavernes où ils se retirent. Lorsqu'une bonne est sur le point d’avoir des petits, et dès que ceux-ci viennent de naître, elle est signalée aussitôt, et les chasseurs, avertis, viennent la tuer. Les lionceaux, rapidement enlevés, sont nourris soigneusement avec du lait de chèvre. Les lions de la ménagerie llagenbeck proviennent aussi d’Abyssinie et du Sénégal, les plus beaux proviennent, paraît-il, des montagnes de l’Atlas (Afrique du Nord).
- Pour se procurer des animaux [dus rares comme l’hippopotame, le rhinocéros ou la girafe, les difficultés deviennent extrêmes. Les avoir adultes est chose pour ainsi dire impossible, mais arriver à nourrir leurs petits en leur faisant traverser des régions désertes et des immenses espaces de pavs, jusqu'à ce qu’on [misse les amener en bon état à Hambourg, est une opération dont les difficultés deviennent presque invraisemblables.
- Les agents réussissent cependant en gardant avec eux, au milieu de leur caravane, d’importants troupeaux de chèvres. Grâce à cette précaution un jeune hippopotame peut boire chaque jour les trente pintes de lait qu’il lui faut pour vivre en bonne santé, de même que le jeune rhinocéros qui en demande autant. Les éléphants d’Afrique sont devenus fort difficiles à trouver. Depuis l'année 1880 on n’a pu en importer que 5 à la ménagerie de Hambourg. M. llagenbeck attribue la rareté de ces animaux à la récente guerre avec les Égyptiens du Soudan.
- M. Jules Lefaivre nous fait connaître les prix moyens payés à Hambourg pour un certain nombre d’animaux exotiques importés, comme on l’a vu, si laborieusement : Rhinocéros indien 12 000 fr., hippopotame 20 000 fr., une paire de tapirs indiens 12000 fr., éléphant indien 12000 fr., une paire de lions de barbarie 12000 fr., tigre du Rengale 4 à 5000 fr. pièce, jaguar 1200 à 2500 fr., léopard de Java 800 fr., chameaux 800 fr., 1 paire de lamas 1500 fr., zèbre 5000 fr., girafe, 5500 fr., antilope gnou 5000 fr., etc., etc.
- Les prix des animaux sont d’ailleurs sujets à de grandes variations selon la beauté des sujets, suivant
- p.107 - vue 111/536
-
-
-
- IOS
- LA NAITRE.
- la demande [dus ou moins grande ou l’abondance des arrivages. Mais Ilagenbeck ne se borne pas à importer et à réexporter de nombreux animaux de la création, sa sphère d’action s'étend plus loin, ses visées sont plus hautes : il entreprend des croisements de races, fait des essais d’acclimatation et les résultats de ses recherches dans ces voies diverses présentent un in-I érèl réel non seulement pour la zoologie, mais aussi pour l’art militaire, la colonisation et peut-être même l'administration des colonies.
- Ilagenbeck a croisé des lions et des tigres;ce sont des métis curieux dont on peut voir des échantillons à Hambourg et aux Elats-Lnis dans certains jardins zoologiques. Les produits du zèbre (‘I de la jument sont beaux et vigoureux. Ils sont supérieurs, parait-il, aux mulets. Le zèbre d'ail-
- leurs est souvent occupé dans la ménagerie, il sert comme bête de trait. M. Ilagenbeck affirme qu’il se laisse dresser facilement et peut supporter le climat assez rigoureux de Hambourg.
- Au point de vue de l’acclimatation, M. Ilagenbeck a
- fondé à Slellin-gen, près Hambourg, un vaste parc où il entretient en demi-liberté un grand nombre de ruminants d’espèces exotiques qui pourraient, dit-il, vivre et se reproduire dans nos climats. Ce sont notaniment diverses espèces de cerfs de l’Asie centrale1, du sud de la Sibérie, d’antilopes de l'Afrique australe. Os espèces ne paraissent pas sensibles à la différence des climats. 11 serait possible d’en tirer parti pour l'alimentation, pour l'agriculture ou même [tour la chasse. Le chameau de la l'aclriaie pourrait devenir
- Fig. — Troupeau do yaks dans los pâturages du nord du Tldliet.
- Fig. 2. — Troupe de clinnioaux au dépôt llagenherk dn Siliérie.
- aussi un animal capable de rendre à l'agriculture européenne les plus grands services. Beaucoup plus fort que le bœuf, plus résistant, insensible aux Iroids les plus rigoureux, capable de porter aussi bien que de traîner de lourds fardeaux, il vivrait parfaitement sous nos climats. Les expériences faites
- à cet égard par Ilagenbeck à Slellingen lui paraissent décisives.
- M. Ilagenbeck se propose encore d'importer, de l'Amérique du Nord en Europe, diverses races d’animaux sauvages en vue de les y acclimater. Tn animal dont la propagation dans tout le nord de l'Europe
- p.108 - vue 112/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 109
- paraîtrait clt'*sii*ahU* est le rut musqué (Liber Zibe-tbimis) dont la Iburrure très estimée est comme dans le commerce sous 1(* nom de « Ondrata ». Le rat musqué ou rat castor, ainsi qu'on le nomme en rai-
- son de sa grande analogie avec le castor proprement dit, est très répandu dans toute l'Amérique du Nord où il prospère, sans aucun dommage pour l'homme, dans le voisinage de toutes les eaux courantes ou slag-
- Fig. ô. - Éli'jilutub do FLiule ù lu ménagerie de Hambourg.
- Ilagenbeck veut essayer de peupler de cette espèce les rives de plusieurs lleuves de Y Allemagne du Nord.
- liantes. Loi animal a iourrure, si utile et si prohlique, lait jusqu’à présent complètement défaut en Europe.
- Fig. i. — Volière modèle des flamands et autres oiseaux, ménagerie de Hambourg.
- Le commerce des fourrures pourrait tirer un grand profit de cette acclimatation.
- Une autre espèce dont on a d’ailleurs souvent parlé, le « colinus tirginianus », serait également bien utile dans nos pays d’Europe. Le colin passe
- l’hiver dans des conditions climatériques plus rigoureuses que celles de notre pays, tandis que la caille européenne ne séjourne dans nos climats que dans les mois d’été. La propagation du colin d’Amérique pourrait donc suppléer à la diminution d’autres es-
- p.109 - vue 113/536
-
-
-
- 110
- LA NATURE.
- pères ou à la disparition prochaine d'autres oiseaux.
- Nous représentons (fîg. 5) une troupe d'éléphants de l'Inde arrivés récemment au dépôt de Hambourg et (lig. 4) la volière gigantesque, volière modèle contenant 102 flamands et autant d’autres oiseaux, placée dans les jardins zoologiques.
- Ai.heht Tissamukh.
- CHRONIQUE
- Nouvelle scie double. — La firme Beanlaud, Perkin et C°, de Lceds, a réalisé récemment une scie double pour poutrelles inventée par M. Whitley et suffisamment ingénieuse pour attirer un moment l’attention. Cette machine est construite sur un principe nouveau puisqu’elle est pourvue de deux scies à coups alternatifs. Cette disposi-sition réduit de moitié le temps nécessaire au sciage. Les sections de la longrine de 12x5, que l’on voit dans la figure, ne demandent que 25 minutes pour être sciées.
- Les bras portant les lames de 16 grammes sont de construction rigide et pourvues d’un dispositif pourinain-
- Nouvt'lle scie double.
- tenir la rectitude des lames de façon que pour le sciage d’une longrine de 12" x 5" la déviation des lames n’atteint pas 1/52 de pouce.
- Un autre dispositif fait que lorsqu’une des scies atteint le milieu de la pièce à couper, elle est rameuée en arrière et permet à l’autre de passer et de compléter le sciage.
- L’entrainement est simple et dépourvu de rochets ou autres engrenages, chaque scie est poussée en avant indépendamment grâce à une chaîne à poids réglables. L’entraînement peut ainsi être approprié à la qualité de la lame et de la matière sciée. Les chaînes sont décrochables, ce qui permet de ramener les scies pour placer ou retirer les pièces à travailler. Voici maintenant quelques chiffres sur l’appareil :
- Capacité 1-4 X 0 pouces.
- Coup <5 1 /2 —
- Table 16x8 --
- Poulie 14x5 pouces x 65 revs.
- Lames 17x1 pouces x 16 g.
- Poids net 5 1/2 crots.
- L’accroissement de capacité, la reduplication de la vitesse, le travail continu, la simplicité, l’impossibilité de dérangement et la solidité de la construction telles sont les principales qualités que les constructeurs revendiquent
- pour cette nouvelle machine qui ne peut manquer de rendre des services dans les ateliers métallurgiques.
- Le plus grand navire du monde. — Nous avons consacré jadis des articles aux bateaux transatlantiques allemands « Deutschland » et « Kaiser Wilhelm II )) qui ont successivement détenu le record de la dimension. Ce record est passé maintenant à l’Angleterre qui a successivement construit le (( Celtic » qui jauge 20 000 tonneaux et le « Cedrie » qui en jauge 22 000. Ces deux derniers navires sont encore dépassés par b;
- « Baltic » qui vient d’être lancé à Belfast (Irlande). Voici les dimensions de ce transatlantique, actuellement le plus grand du monde : longueur 220 mètres ; largeur 22m,80; profondeur 14“,00; jauge 22 000 tonneaux; déplacement 40 000 tonnes; chargement 28 000 tonnes. Ce navire pourra contenir 5000 passagers et possède des chambres à 2, 5 et 4 lits, aménagées avec tout le confort moderne. Les salles à manger et les salons sont décorés avec un grand luxe. Les machines pourront fournir une force de 15 000 chevaux au moyen desquelles le « Baltic » filera une vitesse de 50 à 52 kilomètres à l’heure. Il est à remarquer que si ce navire est le plus grand, il n’est pas le plus rapide du monde ; le record de la rapidité reste aux vaisseaux allemands qui peuvent atteindre 40 kilomètres à l’heure.
- La foudre photographe. — Les journaux du canton de Vaud nous apprennent que, le 6 septembre, à ih 55 de l’après-midi, vingt-cinq personnes ont été foudroyées à la fois, dans le stand de la Charbonnière, commune du Pont. Les victimes, comprenant quinze tireurs et dix personnes occupées à l’enregistrement des coups, se trouvaient le long des fils de fers électrisés. Toutes ont pu être rappelées à la vie, mais on a trouvé sur le corps de la plupart de ces foudroyés, soit sur les bras, soit sur le dos, des ligures dans lesquelles on a cru reconnaître l’image des sapins placés derrière la ligne du tir. Bes faits semblables sont assez fréquents dans les fulgurations, mais il parait avéré que ces prétendues images, qui affectent presque toujours la forme d’arborescences, sont produites simplement parles vaisseaux sanguins dont la composition a été altérée par les fulgurations et qui forment des dessins bleus ou rouges, suivant que le système veineux ou le système artériel est intéressé.
- Le commerce du lait à New-York. — D’après (( L’Union médicale du Canada » la ville de New-York reçoit chaque jour 1 J 45 000 litres de lait et de crème pour ses 5 millions et demi d’habitants. Cette quantité énorme de lait est transportée en majeure partie par les chemins de fer; les bateaux en transportent chaque jour 58 000 litres. Comme ce lait vient des états les plus éloignés, les wagons frigorifiques qui le transportent ont un aménagement spécial. Les stations d’embarquement sont pourvues de grandes cuves remplies de glace et d’eau où les fermiers déposent leurs récipients. Des installations spéciales dans les gares assurent le lavage parfait des objets et appareils souillés. La plus grande propreté est en effet de rigueur. Les boîtes à lait sont lavées à l’eau chaude salée, rincées à l’eau froide, renversées sur un jet de vapeur et séchées ensuite. Enfin 25 200 vaches sont soumises à l’inspection sanitaire régulière des vétérinaires de New-York et des environs. 11 serait intéressant de comparer, sur ces différents points, Paris à New-York.
- Les trésors du Ht du Tibre. — On a bien souvent songé à rechercher les trésors considérables que doit renfermer la mer par suite des naufrages ; mais les recherches sont rendues difficiles par l’énormité de la surface à cxplo-
- p.110 - vue 114/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 111
- rer, tandis que le fond d’un fleuve qui a dû recevoir des épaves de toutes sortes dans la traversée d’une grande ville ayant eu un passé plus ou moins agité, est bien facile relativement à exploiter. C’est le projet qu’on vient de lancer, après bien d’autres, pour le Tibre. On sait que Rome eut plus que toute autre une histoire agitée, et (pie les invasions successives ont entraîné des pillages sans nombre, dont on doit retrouver des traces dans le fleuve; de plus, des offrandes innombrables y étaient jetées jadis, et, au moment des invasions auxquelles nous faisions allusion tout à l’heure, bien des gens certainement ont préféré lancer leurs richesses à l’eau plutôt que les voir devenir la proie des Barbares. D’ailleurs, on a eu des preuves à plusieurs reprises des richesses que contient le lit du cours d’eau, et quand, assez récemment, une société italienne établit les piles du Pont Palatin, elle mit au jour des antiquités pour une valeur de plusieurs millions de lire. Déjà, à bien des reprises, on avait songé, notamment le cardinal de Polignac, à exploiter ces trésors : mais on n’avait pas pu poursuivre l’entreprise faute de fonds ou d’appareils bien combinés. Cette fois la chose est prise eu main par le Professeur Ciro NispiLandi, et il est à souhaiter que la tentative soit menée à bien, car elle nous vaudrait des découvertes du plus haut intérêt au point de vue historique et ethnographique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 janvier 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Les mouvements sismiques de VAmérique du Sud. — M. de Lapparent présente une Note de M. de Montessus sur le rapport entre l’activité sismique et la valeur de la pente existant entre la crête des Andes et la courbe joignant les points situés à une profondeur de 4000 mètres dans la mer. L’auteur a trouvé qu’il existe une relation constante entre ces deux ordres de grandeurs. Or. lorsque la côte est voisine de grandes fosses océaniennes la courbe est rapprochée; par suite la valeur de la pente étant très élevée, la constance de rapport exige que, dans ce cas, l’activité soit très grande.
- Parte balligmétriquc générale. — M. le prince de Monaco rappelle que le Congrès de géographie de Berlin avait émis le vœu qu’une carte bathymétrique des mers du globe fût dressée. La Commission internationale, nommée à cet elfet par le Congrès, Payant élu président, il a entrepris le travail avec le concours de l’enseigne de vaisseau Sauervein. Il présente aujourd’hui les minutes de 24 feuilles comprenant la surface entière du globe. Il a fallu pour les établir recourir à des sources de renseignements diverses, établissements de la Marine des divers pays, Sociétés propriétaires de câbles et données fournies par les explorateurs des océans. La projection employée est une projection de Mercator pour la zone comprise entre les parallèles de — 72° et + 72°; les deux autres régions sont données par des projections gnomoniques sur des plans tangents à la sphère en chacun des deux pôles. L’échelle adoptée est le 1/10 000 000. M. le prince de Monaco présente ce tiavail important comme une première tentative qui sera améliorée régulièrement dans l’avenir en reportant les sondages nouvellement exécutés.
- Exploration des grottes de Menton. — M. A. Gaudrv fait connaître que l’exploration méthodique des grottes de Menton, faite sous le patronnage de M. le prince de .Monaco, a fourni des quantités de matériaux dont l’étude sera répartie entre plusieurs savants. Or, en cette cir-
- constance, la question de chronologie est capitale. De nouvelles fouilles viennent jeter la lumière sur cette question; M. Marcelin Boule présente une Note à leur sujet. Dans un escarpement au pied duquel court la voie du chemin de fer qui borde la mer, on a découvert une grotte presque entièrement remplie qui n’a pas encore été fouillée. On a trouvé d’abord une couche de limon moderne, puis une couche contenant des stalagmites. Au-dessous de celle-ci une couche de limon rouge avec cendres, débris de foyer, d’ossements humains, d’ossements d’animaux de l’époque quaternaire froide (Rhinocéros laineux, renne, etc.). Au-dessous une couche contenant des débris d’animaux, mais pas d’ossements ni d'instruments humains et semblant correspondre à une époque pendant laquelle la grotte ne servait pas d’abri à l’homme. Au-dessous encore, une couche de limon contenant des débris de foyers, d’instruments humains et d’animaux de l’époque quaternaire chaude (éléphant, rhinocéros, hippopotame). Enfin, à la base, une couche à coquilles marines semblables à celles des dépôts eoquillers signalés sur divers points du littoral et qui étaient attribués au quaternaire supérieur alors que la présente exploration montre clairement qu’il faut les rapporter au début du quaternaire, époque à laquelle ont eu lieu les derniers mouvements méditerranéens.
- Action du radium sur les organismes inférieurs. — M. Bonnier résume une Note de M. Dauphin, relative à l'influence des rayons du radium sur les organismes inférieurs et en particulier sur les champignons microscopiques. Ces rayons arrêtent le développement des organismes en question et produisent en outre des kystes. Les spores arrêtées dans leur germination, lorsqu’elles sont ensuite replacées dans des conditions normales, se développent à nouveau et donnent même des organismes modifiés. Ainsi les rayons du radium exercent sur les organismes inférieurs une action paralysante ; ceux-ci ne sont pas tués, mais retardés dans leur développement. Ces résultats permettent d’entrevoir des applications soit en ce qui concerne les fermentations, soit en ce qui concerne le traitement des maladies.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un membre dans la section de minéralogie en remplacement de M. Munier-Chalmas. M Lacroix est élu par 46 suffrages contre 2 donnés à M. Ilouvillé et 1 à M. Barrois.
- La radiothérapie. — M. d’Arsonval présente une Note de M. le D'' Foveau de Courmelles relative à l’effet des rayons X sur certains fibromes. Ceux-ci agissent toujours sur le cancer, au moins en ce qui concerne la diminution de la tumeur et la sédation de la douleur, la réduction des ganglions et des hypertrophies. Trois cas de cancer de la vessie, d’épithélioma lingual et rectal à évolution très rapide, inopérables, ont été améliorés. Les hémorragies et la souffrance disparurent, la vessie prit un volume cinq fois plus grand. Aussi cette spécificité de la radiothérapie contre la douleur et la dégénérescence maligne donnèrent lieu de penser à l’auteur qu’on pouvait utiliser la radiothérapie contre certaines tumeurs abdominales, pour révéler et prévenir les néoplasmes. 11 a obtenu en effet, au bout de 27 séances, la réduction à moitié de deux fibromes, l’un dépassant l’ombilic de 20 centimètres, l’autre du volume d’un gros œuf. En même temps les douleurs ont cessé et l’aspect cachectique des malades a disparu.
- Détérioration des accumulateurs. — M. D. Tommasi présente une Note relative à Faction qu’exerce la lumière
- p.111 - vue 115/536
-
-
-
- J12
- LÀ NATURE.
- sur la vitesse de formation des plaques des accumulateurs. D’après ses recherches, les négatives se forment ou plus exactement se réduisent en plomb spongieux plus rapidement à la lumière que dans l’obscurité. Mais, par contre, les positives se forment, c’est-à-dire se peroxydent plus vite dans l’obscurité qu’à la lumière. Celte action réductrice de la lumière et oxydante de l’obscurité se manifeste toujours quelles que soient d’ailleurs la composition de la matière active, la densité de l’acide et la température à laquelle on opère. Cu. de Yilledecie.
- NOUVEL APPAREIL A TRANSPLANTER
- Nous avons décrit et l’on connaît les chariots fort ingénieux qui ont clé imaginés pour transporter dans les meilleures conditions possibles les arbres qu’il s’agit de transplanter : essentiellement, ils se composent toujours d’un châssis solide monté sur quatre roues, auquel on suspend par des chaînes l’arbre avec la molle de terre qu'on a cu soin de laisser autour de ses racines.
- Mais, pour dégager racines et motte de terre, il faut se livrer à un travail de terrassement fort long, puisqu’il consiste à creuser autour du pied de l'arbre une tranchée circulaire ou rectangulaire, et que malgré tout, souvent, l’arbre continue de tenir à la terre par des racines plus ou moins robustes qu’il est malaisé d’aller couper à une certaine profondeur dans le sol.
- Nous pouvons signaler une invention américaine curieuse qui a précisément pour but d’éviter ce travail de terrassement, en permettant de passer pour ainsi dire, sous la motte et l’arbre, une sorte de cuvette métallique qui isole le massif de la terre environnante, et gràceà laquelle on peut tout soulever d’un bloc après une opération très simple. Cette invention est due h M. John A. W ilkins, d'Iudianopolis, qui s’est inspiré de très près, mais dans des proportions autrement considérables (puisqu’il s’agit de transplanter et de sortir de terre de gros arbres), du simple transplan-loir du jardinier, avec lequel on enlève de petites plantes en coupant la terre tout autour au moyen d’une sorte de truelle affectant la forme d’une portion de cylindre. Tout d’abord, on commence par disposer au pied de l'arbre, portant sur le sol, une espèce de plateau métallique composé de deux moitiés, et de diamètre convenable par rapport «à la grosseur de
- Nouvel appareil américain à transplanter.
- l’arbre et par conséquent au volume de terre qu’on veut soulever avec lui. Puis on enfonce successivement dans la terre, au pourtour de la plaque métallique, et à coups de maillets,de larges outils métalliques dont on aperçoit quelques exemplaires dans le dessin que nous donnons, et qui ressemblent un peu à ce qu’on nomme parfois la pelle allemande; ils sont du reste beaucoup plus recourbés que la pelle en question, et aussi plus longs, en même temps qu’ils sont faits de métal épais afin d’ètre en état de supporter leur part de la charge à soulever. On coiffe chaque pelle d’un massif de fonte qui est destiné à recevoir les coups de maillets et qui se relie à l’une des extrémités d’une tige métallique, dont l'autre extrémité vient se rattacher, au moyen d’une goupille transversale, à un collier à nervures qu'on a disposé, autour du pied de l'arbre, sur la plaque dont nous avons parlé. En s’enfonçant, chaque pelle
- décrit une courbe sous la masse des racines de l’arbre, et quand la série des pelles a. été enfoncée, toutes se touchant autant qu’il est possible, elles constituent comme une cuvette métallique, une sorte d’immense pot, dans lequel se trouve l’arbre et qui l'isole complètement, lui et sa motte de terre, du sol environnant. Pour un arbre demandant un massif de terre de lm,80 environ de diamètre, on emploiera 14 de ces pelles, extrêmement solides du reste, puisqu’elles sont faites en acier à soc de charrue. Pour en faciliter l'enfoncement dans le sol, avant de commencer l'opération, on mouille soigneusement celui-ci afin de le rendre moins résistant.
- <Jn comprend comment on peut sans inconvénient soulever le pot métallique dont nous venons de parler, avec sa charge, et véhiculer le tout jusqu’au point où l’on désire replanter l’arbre. On descend ce dernier dans le trou creusé à l’avance, puis, quand le remblayage est terminé, on peut aisément retirer le collier à nervures, les goupilles, les barres transversales et enfin les pelles d’acier. Tout cela se fait sans difficultés, et ce que nous voulons surtout mettre en lumière c’est l’originalité du procédé.
- Pii.mu; de Méiuel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprnnene Laiiüre, rue. de Fleurus, 9.
- p.112 - vue 116/536
-
-
-
- >'# 1600— 25 JANVIER 1 90 4. LA NATURE.
- LES BAGUETTES MAGIQUES
- En un temps où la recherche méthodique des eaux potables, leur captage et leur défense contre les contaminations prennent de plus en plus d’importance, il existe encore, dans bien des campagnes de France, des chercheurs de sources, qui, plus simplement (|ue les géologues, découvrent les eaux profondes avec une simple baguette de coudrier.
- L’usage de ces baguettes magiques, ({ue nous connaissons tous pour les avoir vues, enfants, dans la main des enchanteurs et des fées, remonte extrêmement loin ; les mineurs du moyen âge en faisaient un usage constant {tour trouver les directions favorables, suivant lesquelles la conjonction des astres avait permis l’association du sou-ire et de l’argent-vif, origines de tous les métaux, sous la l’orme plus noble de l'or ou de l’argent ; peut-être même faudrait-il en laire remonter l’origine première à cette lointaine liaby-loue, qui imagina d’abord l’assimilation des sept métaux aux sept planètes en raison de la couleur de celles-ci et qui enseigna,
- LEVANT
- COUCHANT
- 1. — Hc})iésentiilion de liions métallifères dans un traité des mines du xvi” siècle.
- longtemps avant les disciples d’Elie de Beaumont, rintluence des directions rapportées aux astres sur le remplissage des liions métallifères (lig. I ).
- L’est à reconnaître sans peine ces directions d'enrichissement que servaient surtout ces baguettes magiques et l’on verra combien l’usage en était général par les citations suivantes, empruntées à un recueil très sérieux de la lin du xvme siècle sur les anciens minéralogistes de France : livre que consultent volontiers tous ceux qui s’intéressent aux mines métalliques françaises1. « Les Allemands, écrivait Jean de Malus en 1600, dans un mémoire sur les mines des Pyrénées, fort curieux et diligents à la recherche des naines, n’ont pas oublié, parmi leur labeur et industrie, de s'aider d’une voie cachée et occulte : c’est qu'ils ont trouvé l’invention de couper une « verge
- 1 Goblt. Les anciens minéralogistes du royaume de France. Paris, 1779, 2 vol. Voir t. I, p. 26, 106, 352, 423, 451.
- Fig. 2. — Les grands compas pour reconnaître, de la surface de la terre et des eaux, les mines d'or, les marcassites, les pierres d’azur, les talcs d'or, elc.
- de coudrier » en certaine saison, à certaine heure, sous certain signe et planète, après avoir observé quelques cérémonies et prononcé quelques paroles : par le moyen de laquelle ils se vantent de pouvoir découvrir toutes sortes de mines pour si profondes qu’elles soient dans la terre, tenant pour tout assuré qu’en marchant avec cette verge en main et gardant la cérémonie ordonnée, s’ils viennent à passer en aucun endroit, auquel y aye des mines, elle se ploie devers l’endroit où sont les mines. Ft celte verge est par eux appelée de Jacob, ou la verge divine, ou la verge divine-resse. »
- Jean de Malus, qui est un esprit lort, remarque, il est vrai, que cette voie est « pleine de superstitions, dangereuse et incertaine » et préfère utiliser ce qu’il appelle les « feuilles et les Heurs des mines », c’est-à-dire les produits grossiers empruntés au métal profond, que la nature, « attentive à ses opérations », a rejetés au dehors et repoussés peu à peu jusqu’au jour comme la sève d’un arbre après l'hiver. Un contemporain, Garraull (1579), {dus incrédule encore, remarque
- même que, si la verge tourne entre les mains des chercheurs, c’est qu'elle est tordue et qu'ils en lâchent un bout. Mais l'idée était tellement enracinée dans l'esprit du publie que, deux siècles après, en 1779, il existait encore au moins, d’après Gobct, deux « Écoles de baguettes » différentes : l’une en Allemagne, l’autre en Italie.
- « Cette dernière, ajoute notre auteur, a seize instruments géotriques, hy-droïques et métalliques, avec sept compas, ou verges métalliques et hydrauliques, composés sous les ascendants des Planètes
- qui portent le nom des sept métaux.
- « Les grands compas, pour reconnaître les mines d’or, les marcassites, la pierre d'azur, les talcs dorés et la pierre solaire, qui sont sous l'influence du soleil, se doivent faire verga lucente.
- « Les grandes boussoles à sept angles, pour trouver les mines d’argent, le cristal de roche, les diamants et les pierres référentes à la lune, se doivent faire verga cadenle o secosa. »
- 32* année. — 4“ semestre.
- 8
- p.113 - vue 117/536
-
-
-
- LA N ATI H K.
- I ï
- De même, il y avait le « cadran minéral » pour trouver les minéraux qui se réfèrent à Jupiter; le géotrique-minéral » pour ceux de Saturne, le « râteau métallique » pour ceux de Mars, « rhydroyquo minéral » pour ceux de Mercure, etc.
- L’emploi, qui se faisait de semblables moyens, apparaîtra mieux par l'histoire très typique de certaine grande dame, qui, de 1601 à 1640, fut officiellement chargée de chercher des mines en France, après avoir été investie des mêmes fonctions par divers souverains d'Europe, en Hongrie, Tyrol, Bavière, Trentin et dans les Etats Pontificaux. Je veux parler de la fameuse baronne de Beau-Soleil et d’Auffemhaeh (un nom vraiment prédestiné pour l’opérette), auteur de la « véritable déclaration de la découverte des mines et minières de France » et de la « Restitution de Pluton » L
- C’est en 1601 que Pierre de Beringhen, controleur général des mines de France, appela, {tour la première fois, à son secours le baron et la baronne de Beau-Soleil, déjà célèbres dans tous les pays d’Europe, pour reconstituer l’industrie minière française. Pendant 50 ou 40 ans, le ménage parcourut, en effet, notre pays d’un bout à l’autre et l’on peut juger, par la longue et curieuse liste de gisements très réels insérée dans les œuvres de la Baronne, qu’ils devaient avoir des connaissances minières assez approfondies en dehors de leur baguette magique. Mais c’est sur celle-ci qu’ils fondaient, avant tout, leur ascendant.
- « Plusieurs, dit la baronne de Beau-Soleil en commençant, voyant au frontispice de ce discours le nom de femme, me jugeront à meme temps plutôt capable de l’économie d’une maison et délicatesses accoutumées au sexe, que capable de faire percer et creuser des montagnes et très exactement juger les grands trésors et, bénédictions enfermés et cachés dans icelles. Opinion vraiment pardonnable à ceux qui n'ont lu les histoires Anciennes, etc... »
- Sur quoi, elle commence la liste de ses voyages dans toute l’Europe ou le Pérou et le récit de ses découvertes, parmi lesquelles on remarque « de la houille aussi bonne à brûler que celle de Liège », en lançant de côté et d’autre, par des parenthèses très féminines, quelques coups de patte à ceux dont elle croit avoir à se plaindre, tels que le procureur général de Bretagne « plutôt porté à la ruine et à la destruction des mines du Roi et de ses officiers qu'à l’augmentation de ses finances, et utilité du bien public ». Une seule de ses trouvailles suffira pour montrer la méthode et le ton du récit. « Approchant de Chàteau-Thierrv, dit-elle, et posant le compas minéral dans la charnière astronomique pour reconnaître s’il y avait-là quelques mines ou minéraux, je trouvai y avoir quelques sources d’eaux minérales.... Cette découverte est une bénédiction de
- 1 L’exemplaire de la Restitution de Pluton, conservé à la Bibliothèque nationale, auquel nous empruntons notre figure 2, est relié aux armes du cardinal de Richelieu, c’est-à-dire qu’il lui a appartenu et qu’il a pu être consulte par lui.
- Dieu, de quoi je lui en rends grâces....» Et le plus curieux, c’est que le fait de cette invention se trouve confirmé par un autre ouvrage du Docteur Claude Galien, en’ 1650.
- La baronne de Beau-Soleil, qui, d’après les renseignements de son livre, comptait sur les mines françaises pour fournir des emplois à tous les cadets du royaume, demandait à un chercheur de mines un grand nombre de qualités, dont on aurait pu former le programme d’une première École des Mines, si les ministres de Henri IV ou de Louis XIII, allant jusqu’au bout de leur expérience, l’avaient chargée de l’organiser : Architecture, géométrie, arithmétique « pour justement allier au creuset toutes sortes de monnaies et exactement connaître ce qu’elles tiennent de fin», perspective, peinture, science des hydrauliques, jurisprudence, langues étrangères (au moins les latine, allemande, anglaise, italienne et espagnole), « médecine galiénique, chimique et astrologique, pour se conserver des vapeurs arsenicales et autres vénéneuses », chirurgie, botanique « et connaissance des herbes, qui nous montrent le lieu des métaux et même des fontaines », pyrotechnie, lapidaire, minéralogie, chimie « pour séparer l’homogène d’avec l’hétérogène, le semblable d’avec le dissemblable, le pur d’avec l’impur » ; enfin théologie « pour conserver, parmi les ouvriers, la pureté de la parole de Dieu, telle qu'elle nous est proposée dans les Saintes Ecritures. »
- « En toutes ces connaissances, ajoute-t-elle, mon mari et moi sommes expérimentés, dont il a rendu tant de preuves devant un bon nombre de grands monarques de la chrétienté qu’il n’est plus loisible d’en douter; mais comme j’ai dit ey-devant : « Ex ungue leonem cognoscent... » (On connaît les hommes à leurs œuvres). Et, dans sa « Restitution de Pluton » en 1640, elle trahit à demi le secret de la baguette magique, qui, plus que toute cette science, lui a fait rencontrer tant de mines.
- C’est la liste détaillée, avec figures à l’appui donnant la d représentation des faces du ciel aux heures et minutes de leur fabrique », de ces instruments géotriques, hydroïques et métalliques énumérés plus haut » (fig. 2). « Mais ces instruments, dit-elle, tous ne s’en peuvent servir ; car il faut aussi la connaissance des seize instruments et des sept verges et sous quelles constellations ils doivent être faits. »
- Et que l'on n'aille pas supposer une intervention du diable!... » Seriez-vous si malheureux que de croire que le Diable soit plus puissant ou plus ingénieux que Dieu?». D’ailleurs, puisque l'ambre attire la paille, l’aimant le fer, puisque « le crapaud, par une vertu secrète, voyant la Belette avant qu’elle l’ait vu, ouvre sa gueule et, quelque résistance que Passe la belette, il faut qu’elle vienne entrer dans la gueule du crapaud », pourquoi le métal n'attirerait-il pas la baguette?
- De même, pour trouver de l’eau, il faut, « au lever du soleil, s’aller coucher à plat sur le ventre et là, tenant son menton près de la terre, soutenu et
- p.114 - vue 118/536
-
-
-
- LA NATURE.
- it;»
- appuyé de quelque chose, regarder exactement la 1 campagne, ainsi demeurer immobile et garder une hauteur mêlée à la proportion qui sera nécessaire. »
- « Après avoir examiné ainsi divers signes du terrain, si vous appliquez « la verge Lunaire et la Mercuriale » et qu’elles s'inclinent à moitié vers orient, occident, septentrion ou midi, il est très certain qu'il y a de l’eau du coté où elles s’inclinent et, si elles ne baissent qu’à moitié, c’est signe de bien peu d’eau. »
- Après ce résumé, il est peut-être utile, quoique je l’aie déjà dit, de répéter qu’à « la Restitution de Plulon », sont annexées les commissions données par l’empereur Ferdinand, par François prince d’Orange, par le maréchal D’Ef'fiat, surintendant général des finances et des mines et minières de France, par le marquis de la Meilleraye, lieutenant général de Bretagne, etc., qui, en 1627 et 1635, de nouveau chargent le baron de Beau-Soleil de découvrir « toutes les mines et minières inutiles ou de peu de fruit » et que Gobet, rééditeur de ce livre en 1779, tout en déclarant ne plus croire à la baguette, défend très vivement la Baronne contre l’accusation de charlatanisme.
- Comment s'étonner, d'ailleurs, qu’une telle superstition ait eu la vie aussi tenace, quand on voit exprimée, dans F « Etrangère » de Dumas fils, l’opinion générale du public actuel sur la découverte des mines d’or, que l’on trouve, parait-il, en se promenant dans les montagnes et entendant le bruit du métal résonner sous son talon? L. I)e Launay.
- LE RECUL DES GLACIERS
- Le recul, qui, depuis une quarantaine d’années, affecte les glaciers des Alpes françaises, comme du reste tous ceux de la Suisse et du Tyrol, a fait, l’année dernière, de nouveaux progrès. Les observations recueillies par les missions que la Commission française des glaciers a organisées pendant l’été 191)3 révèlent une situation absolument inquiétante, notamment dans une partie du massif du l'elvoux.
- Dans la chaîne comprise entre la vallée du Yénéou (affluent delà Romanche) etle YaljouflreyetleYalgaudemar (tributaires du Drac), MM. Flusin, Jacob et Ofl'ner, préparateurs à la Faculté des sciences de Grenoble, ont constaté la disparition de deux glaciers sur des pentes exposées au sud-est, et une diminution considérable de tous les appareils glaciaires logés sur le versant méridional. Les glaciers accolés aux lianes nord-est de ce massif ont subi également un recul très sensible, mais moins accusé que ceux des pentes sud.
- Suivant M. Jacob, celte diminution considérable dérive du faciès que les formes du terrain imposent à la glaciation dans cette région. Le relief entre le Vénéon, d’une part, le Yaljoulfrey et le Valgaudemar de l’autre, ne « renferme pas, à l’origine des vallées, de véritable concavité, et s’élève par des séries de gradins depuis l’arète jusqu’à la vallée proprement dite ». Par suite : il n’existe point dans cette chaîne de glaciers de vallée (glaciers primaires) alimentés par de spacieux réservoirs de neige, mais simplement de petits glaciers de sommet
- (glaciers secondaires) installés sur d’étroits gradins et n’ayant qu’une zone d’alimentation très réduite. Ce sont des glaciers lymphatiques, pourrait-on dire, et il est naturel qu’en raison de la faiblesse de leur constitution, Us soient les plus gravement atteints.
- La justesse de l’observation de M. Jacob est mise en évidence par le régime des grands appareils glaciaires situés plus à l'est dans le massif du l’elvoux. Ces glaciers — glaciers de Chardon et de la Pilalte, glacier Noir, glacier Blanc — reculent, mais beaucoup moins que ceux dont nous venons de parler. D’octobre 1901 à août 1903 le front du glacier de la Pilatle s’est retiré de 14 mètres.
- Dans la haute Maurienne les observations de M. Paul Girardin indiquent également une régression de la glaciation, mais beaucoup moins accusée qu’en Dauphiné. De 1902 à 1903, plusieurs des nappes glacées les plus importantes situées dans la vallée supérieure de l’Arc n’ont perdu que 10 à 20 mètres, et quelques-unes sont demeurées stationnaires.
- Les glaciers de cette partie de la Savoie possèdent de vastes bassins d’alimentation, et c’est vraisemblablement à cette circonstance que leurs langues de glace terminales n’ont pas été affectées aussi profondément que celles du massif dauphinois, sis entre le Vénéon et les affluents du Drac. Charles Rabot.
- RADIUM ET HÉLIUM
- On sait que jusqu’ici M. etMme Curie n’ont pu extraire le radium que d’un minerai de zinc qui porte le nom de Pechblende et encore sous la forme de bromure ou de chlorure. Le radium métallique n’a pas encore pu être isolé. Pour obtenir un gramme de radium il faut employer environ 10000 kilogrammes de minerai et le prix de revient de ce gramme, à l’heure actuelle, est fort élevé et dépasse 150 000 francs. Nous croyons intéressant, à ce sujet, de signaler le résultat des observations faites récemment aux sources minérales de Bath, en Angleterre, où des traces de radium ont été trouvées à la suite d’analyses. Voici ce que dit, à ce sujet, le journal h Nature » dans son numéro du 7 janvier dernier.
- A la session de mardi du conseil municipal de Bath il a été fait mention qu’on avait trouvé de l’hélium dans les gaz qui s’échappent des eaux de la source minérale chaude, la plus importante de la ville,celle de King’s Bath. On a ensuite analysé les dépôts qui se produisent dans le réservoirs et dans les tuyaux de conduite de trois autres sources et une certaine quantité de ces dépôts, provenant de la Itoyal spring, a été envoyée à M. Strutt qui, dans une communication faite au comité de Bath, conclut en ces termes : (( Mes analyses m’amènent à conclure que les dépôts contiennent du radium en quantité appréciable, mais, cependant, pas en quantité suffisante pour en permettre une extraction lucrative. J’ajouterai que les bulles de gaz qui s’échappent des eaux des sources contiennent une faible proportion d’hélium. D’un autre côté, Sir William Ramsay a fait la remarque importante que le radium se transforme lentement et d’une manière spontanée en hélium. 11 est donc permis de conclure que l’hélium des gaz émanant des sources de Bath doit son origine à de grandes quantités de radium se trouvant à une grande profondeur au-dessous du sol. l’ne faible quantité de ce radium est entraînée par les eaux chaudes de la source et se dépose. Mes observations me font espérer la découverte de faits nouveaux intéressants que je serai heureux de communiquer au Comité. » B.
- p.115 - vue 119/536
-
-
-
- lie»
- La natiuK
- SUR UNE L4BIËE k TIGE HEWGON VLE
- La Labiée qui fait l'objet de ce travail est le Teu-ccium fruticans : elle est très communément cultivée dans les jardins de la Côte d’azur, à cause de son feuillage vert sombre, argenté en dessous, plutôt que pour ses fleurs d’un bleu pâle ; elle forme des buissons arrondis, atteignant et dépassant même 2m,50 de hauteur. Depuis nombre d’années, j’en connais une variété, ou plus exactement une monstruosité à tige hexagonale et à feuilles vertieillées par trois. Cette anomalie est si fréquente au château
- ! Saint-Léon, à Cannes, qu'il m'a bien semblé qu'elle | ne devait pas être particulière à cette localité ; effcc-1 tivement, je l’ai observée aussi en d’autres jardins de Cannes, puis à Nice, à Monaco et en divers autres endroits du littoral. Elle est donc très répandue; et pourtant, elle ne [tarait pas avoir été signalée jusqu’à ce jour.
- Godron1 avait déjà connaissance de semblables cas tératologiques, mais il n’en a pas fait l’étude anatomique. « Ce qui varie le moins dans les végétaux, écrit-il, ce sont les rapports d’insertion et de symétrie des organes appendiculaires, mais il n’en est pas de môme du nombre de ces organes à chacun de leurs
- Pig. 1. — Variations du teucruim fruticans.
- u, rameau monstrueux; b, rameau normal ; c, coupe du rameau monstrueux au niveau d’un nœud, montrant les trois feuilles vertieillées; d, coupe du rameau normal au niveau d’un nœud, montrant les feuilles opposées.
- verticilles.... Dans les plantes à feuilles opposées on voit quelquefois une ou plus rarement deux feuilles supplémentaires à tous les nœuds. » Il énumère ensuite un hon nombre d’espèces végétales : Erable, Marronnier d’Inde, Grenadier, Epilobium, Fuchsia, Chèvrefeuille, etc., chez lesquelles a été observée une telle anomalie; il se borne d’ailleurs à une simple énumération des espèces, sans donner aucun renseignement sur l’anomalie elle-même. Il ne cite aucune Labiée, mais dit avoir observé, dans une plante très voisine ( Verbena Aubletia), « une tige portant trois feuilles à chacun de ses nœuds ».
- A cela se bornent les renseignements qui nous
- sont fournis par les auteurs : Moquin-Tandon2, Jackson5 et Masters4, qui ont publié de bons ouvrages de tératologie végétale, n’ont signalé aucune anomalie de ce genre. On en doit déduire que celle-ci, bien que commune chez le Teucrium fruticam de culture, est d’un type véritablement rare ou qui,
- 1 D. A. Gonito.x. Nouveaux mélanges de tératologie végétale. Mémoires de la Soc. nat. des sc. nat. de Cherbourg, XVIII, 1874; ef p. 16-19 du tiré à part.
- 2 MoquiV-Ta.vdo.v. Éléments de tératologie végétale. Paris. in-8» de XIII-403 p., 1841.
- 3 B. D. Jackson. Guide lo literaturc of bolainj. London. in-8°, 1881.
- 4 31. T. Masters. Vegelablc teratology. London, in-8°, 1869. — P fl an zen-Tératologie. Leipzig, in-8° de XYI-610 p., 1886.
- p.116 - vue 120/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- H 7
- du moins, n’a pas encore attiré l’attention des botanistes. Elle mérite donc d etre étudiée de plus près.
- Le Teucrium frutieans est une plante vivace, à tige ligneuse ; chaque année, on l’ébranche totalement, et, au printemps suivant, de nouveaux rameaux partent du pied. Ces rameaux de nouvelle
- génération poussent activement et peuvent atteindre, comme je l’ai déjà dit, jusqu'à !2"',ù0 de longueur ; ils sont indifféremment, et à peu près en nombre égal, conformes au type normal (tige carrée, feuilles opposées) ou du type anormal (lige hexagonale, feuilles verticillées par trois) ; toutelois, sur certains
- Fig. 2. — Coupe transversale d’une tige primaire anormale, un peu au-dessus d'un nœud. — /’, feuille; rameau secondaire; t, rameau primaire. On n'a représenté qu’un petit nombre des poils duveteux qui recouvrent, toutes ces parties. Deux rameaux secondaires sont représentés en entier; le troisième, situé en bas sur la figure, n'est indiqué que partiellement ; on a supprimé aussi la feuille située eu dehors de lui. I.es deux autres feuilles sont données à ce niveau, qui correspond à leur portion basilaire.
- pieds, les rameaux normaux sont notablement plus nombreux (fig. 1).
- Le rameau primaire normal reste constamment normal, ainsi que ses feuilles, ses Heurs et ses ramifications. Le rameau primaire anormal (tige hexagonale, feuilles verticillées par trois) garde toujours ce
- Fig. 3. — Coupe d’une jeune tige anormale, au niveau d’un entre-nœud. Les cellules des parenchymes n’ont pas été représentées; on n'a ligure que la coupe des faisceaux, 1 et 2. — c, anneau de cambium et de liber; e, écorce; m, moelle.
- caractère, quelque longueur qu’il atteigne, mais ses feuilles et ses Heurs sont toujours normales, ainsi <{ue ses ramifications : les rameaux secondaires sont toujours construits sur le type 2 (tige carrée, feuilles opposées) et il en est rigoureusement de même pour les rameaux tertiaires, quand ceux-ci existent, ce qui est rare.
- En résumé, d’un pied plus ou moins ancien, ayant déjà subi des ébranchages plus ou moins fréquents, naissent des rameaux primaires, dont un
- Fig. f. — Coupe d’une lige anormale, immédiatement au-dessous d'un nœud. Les faisceaux 1, primitivement homogènes, sont divisés en trois faisceaux secondaires, les deux internes longitudinaux, l’externe oblique de dedans en dehors.
- plus ou moins grand nombre présentent l'anomalie décrite*plus haut. Mais cette anomalie ne se main-lien t que sur les rameaux primaires : le retour à l’état normal est accompli déjà sur les rameaux secondaires, puisqu'aucun de ceux-ci n’offre jamais la moindre trace de la malformation qui est si manifeste sur les rameaux primaires.- -,
- p.117 - vue 121/536
-
-
-
- 118
- LA NATURE.
- Ces dispositions remarquables sont mises en évidence par une coupe transversale d’un rameau primaire anormal, coupe passant un peu au-dessus d’un nœud (fig. 2). Les trois feuilles cl les (rois rameaux secondaires nés à leur aisselle sont visibles sur une telle coupe : un constate aisément, comme il vient d'être dit, que la tige primaire anormale / (à trois faisceaux) porte trois rameaux secondaires normaux r (à deux faisceaux) et trois feuilles normales /‘(à un seul faisceau).
- Quelle est la raison anatomique de ces variations? (l'est par l’étude des faisceaux fîbro-vasculaires qu'on peut l’élucider. Je n’ai pas reebercbé dans la souche la cause de la production des rameaux du type o (cette étude pourra être faite ultérieurement), mais j'ai reconnu le procédé par lequel les rameaux primaires du type anormal produisent des rameaux secondaires du type normal.C’est ce que je vais exposer maintenant.
- Soit la coupe d’une jeune tige anormale, pratiquée sur le trajet d’un entre-nœud (fig. o). On y distingue trois gros faisceaux, très distants les uns des autres ; on voit en outre, dans chaque intervalle, un petit nombre de faisceaux épars, plus ou moins nettement répartis en deux groupes.
- Les vaisseaux 1
- et 2 sont destinés à se comporter très différemment, ainsi qu’on va le voir; ils appartiennent donc à des territoires anatomiquement et morphologiquement hétéroclites, ce qui nous engage h les différencier les uns des autres par une ligne pointillée, d’où il appert déjà, sans autre explication, que les vaisseaux 2 sont en connexion particulièrement intime avec la moelle (m).
- Examinons maintenant la coupe d’une tige anormale un peu plus âgée, pratiquée immédiatement au-dessous d’un nœud (fig. 4). Les faisceaux 2 comptent un plus grand nombre de vaisseaux, mais n’ont subi d’autre part aucune modification appréciable. Au contraire, les faisceaux 1 se sont divisés chacun en trois groupes vasculaires : les deux plus *
- Fig. 5. — Coupe d’une tige anormale, au niveau inférieur d’un nœud. —f, feuille; r, rameau secondaire normal; f, tige primaire anormale. Les axes secondaires et les feuilles, à l’aisselle desquelles ils doivent surgir, sont encore noyés dans le parenchyme corticale do l’axe primaire.
- internes conservent leur direction longitudinale, tandis que l'externe a pris une direction oblique de dedans en dehors, eomme s’il tendait à sortir de la lige. Otto disposition est importante, car elle nous donne la clé de l'énigme.
- En effet, rien n’est pins facile que de comprendre la ligure b, qui représente une coupe pratiquée an niveau inférieur d'un noeud, sur un rameau un peu plus âgé. Par la formation de quelques nouveaux vaisseaux, les six faisceaux 2 se sont réunis deux à deux, de manière à constituer trois faisceaux seulement, en dehors desquels est en train de s’organiser un anneau de liber et de cambium : l’ensemble reconstitue la tige primaire anormale, h trois faisceaux (/). Lue modification toute semblable s'esl
- opérée sur les trois faisceaux résultant du dédoublement de chacun des faisceaux I : les deux faisceaux secondaires longitudinaux, autour desquels se constitue un anneau de liber et de cambium et même, plus en dehors, un anneau d’écor-ee (pointillé sur la fig. 5), représentent le rameau secondaire normal, à deux faisceaux (r). Quant aux faisceaux externes et obliques provenant du dédoublement des faisceaux 1 initiaux, ils correspondent aux trois feuilles verticil-lées (/); autour
- de chacun d’eux s'organise un cercle cellulaire d’où dérivera le parenchyme foliaire.
- Sur une coupe pratiquée un peu plus haut, les trois rameaux r et les trois feuilles f sont entièrement dégagés de la gangue parenchymateuse qui les englobait tout à l’heure ; on arrive ainsi à un étal décrit déjà plus haut (fig. 2).
- Telles sont les raisons anatomiques de l’anomalie qui nous occupe; pour que son histoire fût complète, il resterait à élucider par suite de quelles variations de structure la souche produit des rameaux primaires
- hexagonaux. Raphaël Blanchard,
- Professeur à la Faculté de médecine de Paris.
- Membre de l’Académie de médecine.
- p.118 - vue 122/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Ilfl
- LE CYCLE DE TRENTE-CINQ ANS1
- Nous avons résumé d’après « Nature », dans un précédent numéro, un mémoire de M. Lockyer sur le cycle climatérique de 35 ans de Itrückner. Dans cet article on montrait que, en ce qui concerne les lies Britanniques, la période de sécheresse est passée et que le cycle de la période humide qui a déjà commencé atteindra son maximum vers l'année 1915.
- M. Douglas Archibald, dans une lettre parue dans le « Times » du 1(‘> novembre, donne un certain nombre de, renseignements sur les variations des hauteurs d’eau tombées sur Londres et ses environs depuis l'année 1815. (les renseignements résultent des observations faites à Greenwich et par M. Dine. En groupant ces 90 années'suivant la méthode proposée par Briickner, M. Douglas Archibald établit un tableau intéressant que nous reproduisons ci-dessous et qui indique non seulement les accroissements ou les diminutions des hauteurs d’eau tombées par rapport à la
- moyenne, mais aussi les mêmes variations pour la pres-
- sion barométrique. Augmentation Augmentatinu
- ou diminution ou diminution
- de la hauteur de la pression
- Croupe d'années Caractère d'eau barométrique
- indiquées par de la par rapport par rapport
- Briickner période à la normale. à la normale.
- 1806-1825 humide + 397mm —l,65mm
- 1826-1840 sèche — 157 + 4,20
- 1841-1855 humide + 110 — 1,11
- 1856-1870 sèche — 303 + 5.80
- 1871-1885 humide + 497 — 3.05
- 1886-1902 sèche — 755 + 6,90
- 1903-1920? humide — —
- M. Archibald en conclut que nous entrons dans une période d’accroissement des hauteurs d’eau tombées et dans une période de diminution des pressions barométriques. En réponse à cette lettre le Dr II. R. Mill fait remarquer que la périodicité du cycle de Briickner n’est pas aussi parfaite sur les Iles Britanniques que sur le continent, mais qu’il doit être possible d’expliquer cette différence et qu’il y aurait intérêt à ce que cette question fût étudiée par une société savante. M. Archibald, dans une autre lettre adressée au « Times », explique que, d’après les études de Briickner, les Iles Britanniques se trouvent, au point de vue climatérique, dans une position particulière qui fait que la partie Est de la Grande-Bretegne participe seule à la loi continentale. « Le Dr Briickner montre clairement, d’après les nombreuses observations relevées dans les diverses stations de la Grande-Bretagne, pourquoi la loi du cycle, qui s’applique à tout le continent européen, perd de sa régularité dans les régions orientales de la Grande-Bretagne, disparaît dans les régions Ouest de l’Angleterre, ainsi que dans la région orientale de l’Irlande, pour reparaître avec toute sa régularité dans la région nord-ouest de l’Irlande, ainsi qu’aux îles Fœroe et en Islande. » Comme conclusion, M. Archibald donne le tableau comparatif suivant relatif à Bruxelles et à Londres et qui montre que les oscillations de Briickner varient cependant peu en traversant la Manche.
- Accroissement ou diminution des hauteurs d’eau par rapport à la normale, pendant les périodes.
- Bruxelles Londres Bruxelles Londres
- 1826-1840 —184mm —I53mm 1071-1886 +850™“ +502">® 1841-1855 +183 +111 1886-1902 —645 — 755
- 1856-1870 —540 —303
- Ces données sont intéressantes et il sera bon de poursuivre les recherches. R. B.
- LOCOMOTIVE A PÉTROLE POUR MINES
- L’automohilisme, sous la forme du moteur à pétrole, commence de s’introduire dans la traction sur rails : certaines mines de l’Afrique du Sud ont recours à des petites locomotives dotées de moteurs de ce genre, pour la remorque des wagonnets dans leurs galeries. Nous donnons une vue d’une de ces locomotives, qui vient d’être construite par la Compagnie Wolseley, de Birmingham. Tout naturellement, dans ce véhicule, on a cherché à réaliser une grande puissance de traction sous de petites dimensions.
- La hauteur de ce tracteur n’est que de lm,06 pour une longueur entre tampons de 5m,55, la largeur ne dépassant point 1ra,02 ; l’empattement en est de 100,22 et la largeur de voie de 0m,46. Les roues sont accouplées par paire au moyen de deux engrenages d’angle montés sur les essieux, et qui reçoivent leur mouvement d’arbres venant du moteur; la vitesse est réduite. Le moteur en lui-même est du type à deux cylindres horizontaux, disposé en travers
- Locomotive à pétrole pour mines.
- du châssis; ses cylindres ont 15 centimètres de diamètre pour 177 millimètres de course; la puissance développée est de 24 chevaux. Le refroidissement se fait par radiateur et aussi par ventilateur. La boîte de changement de vitesse peut donner trois allures, respectivement de 6,5, de" 15 et de 25 kilomètres par heure. Cette locomotive emploie du pétrole proprement dit, à cause de la chaleur qui règne dans l’Afrique du Sud et plus particulièrement dans les mines ; elle peut fonctionner dix heures sans avoir à renouveler ses approvisionnements, et cite est capable de remorquer une charge de 10900 kg en rampe modérée, à une vitesse d’une quinzaine de kilomètres à l’heure. ________ D. B.
- BARRAGES MOBILES A CYLINDRES
- Les barrages ont pris une importance considérable depuis quelque vingt-cinq ou trente ans, soit en matière de navigation intérieure pour assurer le relèvement du plan d’eau dans les biefs successifs, soit au point de vue des installations de force motrice hydraulique, que l’électricité permet d’utiliser dans les meilleures conditions. Mais, le plus souvent, il importe de pouvoir faire disparaître à peu près complètement, durant les hautes eaux, les organes du barrage, pour ne point gêner l’écoulement d’un Ilot qui entraînerait des inondations ou la destruction, par sa violence, desdits organes. Rien entendu, s’il s'agit d’un cours d’eau à grand débit, il faut que la manœuvre puisse se faire assez rapidement en dépit de la largeur de la passe totale et par conséquent du barrage, partagé en un certain nombre de passes secondaires ; et il est désirable que toutes les parties un peu susceptibles de l’ouvrage, en dehors des piles d’appui, soient sorties de l’eau, car la rivière apporte constamment des sables et des galets qui
- 1 Voy. n° 1572, du 11 juillet 1903, p. 86.
- p.119 - vue 123/536
-
-
-
- 120
- LA NATURE
- corroderaient ces parties ou les ensableraient vite.
- Les barrages à aiguilles, tels qu’on en voit un, par exemple, à l'écluse de la Monnaie à Paris, sont bien loin de répondre à ce desideratum, puisquePen-lèvement des aiguilles est long et fastidieux. Un ingénieur des Ponts et Chaussées, M. Caméré, a imaginé un système bien autrement pratique, dont il a été parlé ici, et qui est fort apprécié «à l’étranger : le barrage à rideaux. La retenue est formée par des rideaux à lames de bois que l'on peut dérouler ou enrouler verticalement sur des supports eux-mèmes verticaux. Ces derniers sont articulés à leur partie supérieure par une rotule fixée sur la poutre inférieure d’un pont de service franchissant toute la
- largeur du barrage, et ils s’appuient, en bas, sur un seuil en maçonnerie et en ressaut disposé dans le lit du cours d’eau. Un treuil roulant sur le pont permet d’enrouler ou de dérouler les rideaux, puis de les enlever complètement pendant les grosses eaux, après quoi on soulève les supports verticaux pour les amener dans une position horizontale. Malheureusement, si ce système rend les plus grands services, il exige un seuil en ressaut qui s’ensable très rapidement, qui demande un nettoyage assez malaisé ; toute cette complication entraîne des dépenses d’établissement considérables. Si bien que, sur des ouvrages aussi importants que le barrage du Rhône à Chèvres ou celui du lUiiti à Rheinfclden,
- Fig. 1. -- Barrage du système Kerchlin.
- on a eu recours aux vannes classiques, mais roulant dans des rainures par l’intermédiaire de rouleaux, pour diminuer le poids d’organes de dimensions très grandes.
- Mais, au lieu de vannes plates et verticales, voici que l’on vient d’imaginer, de deux cotés à la fois, de recourir à une disposition cylindrique fort originale. Nous citerons d’abord le système combiné par un de nos collègues les plus distingués, M. René Kœchlin, qui, projetant une puissante installation de force motrice sur le Rhin à Mulhouse, avec une retenue de 5 mètres sur une largeur de 180 mètres, a cherché à établir des vannages de plus de 26 mètres de large, dans les conditions les plus simples de manœuvre et d’entretien. La vanne plate y serait
- remplacée par un cylindre creux en tôle de fer ou d'acier, d'un diamètre égal à la hauteur de la retenue que l'on veut réaliser : ici, pas besoin de seuil en relief, ce rouleau-vanne reposant par son poids sur un seuil lisse horizontal, établi sur un massil dans le lit du cours d’eau. Les extrémités du rouleau, de forme convenable, s’engagent dans deux rainures verticales ménagées dans la maçonnerie des piles qui se trouvent de part et d’autre de la passe du barrage : des rails verticaux, disposés dans ces rainures, forment des chemins de roulement qui diminuent d’autant la résistance du cylindre quand on veut le faire rouler sur lui-mème pour le soulever ou l'abaisser. Ce mouvement est assuré par deux câbles qui viennent passer sous chaque bout
- p.120 - vue 124/536
-
-
-
- LA XATI.’HE.
- 121
- du cylindre : une des extrémités de chacun de ces câbles est ancrée au sommet de la pile latérale, tandis que l'autre passe sur le tambour d’un appareil de levage : quand, par exemple, il s’agit de soulever le cylindre, on met en action les deux appareils de levage, qui sont rendus solidaires par un arbre de transmission commun, les deux cables s'enroulent par conséquent d’un mouvement synchrone, et le cylindre se soulève en tournant sur lui-même. Pour une retenue de 5 mètres, le cylindre, avec son diamètre de 5 mètres également, et son épaisseur de tôle de 15 millimètres, a un poids de 45 tonnes avec les renforcements nécessaires, et chaque appareil n’a guère qu'une charge de 11 ton-
- nes. Avec des moteurs électriques la manœuvre peut sc faire en dix minutes, elle demanderait une heure à bras ; comme le cylindre est creux et naturellement ouvert à ses deux bouts, on doit prévoir une surcharge accidentelle pour les cas de gelée.
- Il va de soi que, au lieu d’aborder des diamètres de cylindres considérables, on peut superposer deux ou plusieurs cylindres dans une même passe. En tout cas, cette sorte de vanne permet d’aborder des portées très grandes sans craindre des voilements; la forme cylindrique assure une grande économie avec une résistance fort élevée, elle se prête très bien au passage des eaux, il n’y a point de pièces sujettes à l'ensablement, et les résistances sont ré-
- dont la portée est de 18 mètres pour une bailleur de retenue de 4 mètres. La même maison allemande construit actuellement un autre barrage de son système, qui aura une portée de 55 mètres, mais seulement pour une hauteur de retenue de 2 mètres. Toutefois il nous semble que la disposition verticale est supérieure, car l'emploi de la crémaillère, tout en ayant l’avantage de fournir un point d’appui au soulèvement du cylindre, donnera peut-être lieu à des mécomptes, des dépôts de sable pouvant se former dans sa partie immergée.
- Mais, dans l’un comme dans l’autre cas, l’idée générale est excellente et va sans doute être mise en pratique dans maintes circonstances.
- Danifx Bfxi.et.
- duites au minimum grâce au roulement constant.
- Cette idée est si pratique qu’elle a également sollicité l’attention d’une maison allemande de constructions, la « Yereinigte Maschinenfabrik Augsburg und Nurnberg ». Ces constructeurs ont, eux aussi, donné la forme cylindrique à la partie mobile d’un barrage : mais, comme on s’eir rendra compte par la gravure ci-joinLe, le cylindre, au lieu d’être soulevé verticalement , roule sur deux plans inclinés à 45° environ, et munis de crémaillères. On peut voir facilement (pie le mouvement de rotation du cylindre est, ici aussi, obtenu au moyen d’un câble double, qui passe à chaque extrémité du cylindre et, d’autre part, sur un tambour commandé par engrenages. Un barrage de ce genre est déjà établi à Schsveinfurth,
- *
- p.121 - vue 125/536
-
-
-
- 122
- LA NATURE.
- LE FROID
- AGENT PRÉPARATEUR DE LA PRÉCOCITÉ
- CHEZ LES VÉGÉTAUX
- Plus le pays est froid, moins est grande la somme des températures nécessaires pour la floraison d’une espèce. Ce phénomène, constaté maintes fois, démontre déjà jusqu’à un certain point que des végétaux peuvent s’accoutumer progressivement à des climats plus froids que leur climat d’origine.
- Une expérience de Schübeler appuie cette démonstration. En 1852, l’agronome norvégien sème, dans le nord de la Scandinavie, du blé allemand provenant directement des environs de Stuttgart. La première année, la récolte n’est obtenue qu’après 120 jours de culture. L’expérience continue pendant plusieurs années avec les grains récoltés et, en 1857, c’est-à-dire après cinq ans, ce blé mûrit au bout de 70 jours seulement, soit 50 jours de moins qu’il en a fallu pour la maturité de la variété initiale, et il produit un grain plus dense. Pendant ce temps, la variété initiale elle-même, semée à Breslau, c’est-à-dire bien au sud du champ d’expérience de Scbübeler, met 122 jours pour mûrir. Schübeler a donc produit, grâce à l’influence d'un climat très froid combiné avec la sélection, une variété de blé précoce.
- Pour démontrer que cette précocité est un caractère acquis, il suffisait de continuer en Allemagne l’expérience commencée dans la Scandinavie septentrionale; c’est ce qu’on fit. On constata alors que le blé précoce de Schübeler, semé dans la Bavière ou dans la Silésie, fructifie plus tût que son congénère allemand, et que sa densité plus forte se maintient. Cette précocité donnée aune variété, par la culture sous une latitude plus septentrionale, peut naître aussi spontanément, et sous l’influence d’une altitude plus élevée. On en possède des exemples.
- Ainsi M. Hoffmann, en cultivant à Giessen, dans la Hesse, un « Solidago virga aurea » rapporté des Alpes, a constaté que cette plante fleurissait plusieurs semaines avant le « Solidago virga aurea » de la plaine, près duquel il était cultivé, dans des conditions de milieu exactement semblables. Des observations du genre de celle enregistrée sur le Solidago verge d’or, ont été faites également sur les Gentianes, les Hellébores, les Scilles, les Safrans, les Colchiques, les Euphraises, etc..
- Mais la précocité, résultat de l’influence prolongée d’un milieu plus froid (latitude plus septentrionale ou altitude supérieure) ne s’expliquerait pas si les plantes qui l’ont acquise n’étaient pas parallèlement modifiées dans leur stature. Or, toujours, les formes précoces ont un appareil végétatif réduit : elles sont ou plus naines ou moins ramifiées, ou moins feuillues que les formes tardives de même espèce. L’action indirecte du froid sur la précocité de la végétation se manifeste encore sous d’autres aspects dont un exemple nous est fourni par la culture des plantes alpines. Les amateurs de ces plantes n’ignorent pas que les graines de beaucoup d’espèces d’entre elles, pour développer régulièrement et promptement leurs germes, exigent d’être semées sous la neige. L’Edelweiss « Leontopodium alpinum » est spécialement dans ce cas : on obtient une germination très prompte et très régulière de ses graines quand on peut les semer dans ces conditions particulières, analogues à celles qui président à l’ensemencement naturel de l’Edelweiss, dans les stations alpines où elle croît spontanément.
- Cependant, objectera-t-on, c’est peut-être là une particularité des plantes alpines et rien ne prouve que cette
- promptitude de germination sous l’action de la neige, s’étende aux plantes de la plaine. Pour vérifier l’objection, nous avons essayé, pendant l’hiver de 1905, l’action de la glace pilée (à défaut de neige) répandue en couche de 5 millimètres sur deux terrines ensemencées en « cinéraire maritime », alors que, pour servir de témoins, deux autres terrines avaient été ensemencées dans des conditions normales. Dans les terrines réfrigérées par l’application de la glace pilée, les graines ont germé quarante-huit heures avant les graines non réfrigérées.
- D’autre part, lorsqu’il survient dans l’atmosphère un abaissement de température assez marqué pour paralyser la vie des bourgeons et des bulbes sans l’anéantir tout à fait, on sait que la végétation, chez ces bourgeons et ces bulbes, se réveille, après, avec beaucoup plus d’énergie et de rapidité. Une des premières et des plus simples expériences, qui furent faites en vue d’enregistrer cet autre aspect de l’action du froid sur les végétaux, remonte à 1870-1871.
- Au mois de janvier de ce rude hiver, M. Krasan coupa quelques branches de salix nigra (saule noir) et les plaça dans un vase plein d’eau, tenu lui-même en appartement chauffé à une température variant entre 15 et 22°. Au bout de huit jours, les bourgeons s’épanouirent et développèrent leurs chatons. Renouvelant son expérience eu 1875, pendant un hiver doux et pluvieux, M. Krasan observa que les branches de saule restaient sans se développer.
- D’autre part, les expériences de Muller, Wittmack, Schübeler, Petermann, etc., ont établi que les graines de lin, de maïs et autres espèces agricoles, lorsqu’elles ont subi assez longtemps l’action du froid, donnent des plantes fleurissant plus tôt et mûrissant plus vite leurs graines. Il appartenait aux agriculteurs et aux horticulteurs de faire, dans les cultures normales autant que dans les cultures forcées, des applications de ces expériences qui peuvent leur procurer de si précieux résultats; ils n’y ont pas manqué, et nous savons que pour la culture d’un certain nombre d’espèces, le lin entre autres, les graines d’origine septentrionale sont préférées à tout autre, tandis qu’en culture forcée, nos horticulteurs font un large usage du froid artificiel appliqué préalablement aux plantes dont ils se proposent de hâter la floraison par la suite.
- Mais, tout le champ n’est pas exploité, et même en dehors des botanistes qui y cueillent de curieuses observations sur la variabilité des espèces, et des preuves nouvelles de la véracité des théories transformistes, il y a encore, pour les simples cultivateurs, de nouvelles applications à faire du froid considéré comme agent préparateur de la précocité chez les végétaux. Georges Bellaik.
- UNE S0US-ST1TI0N ÉLECTRIQUE
- TRANSPORTABLE
- Il arrive souvent qu’une personne se trouve au delà dé la limite que peut desservir un réseau électrique; il prendrait volontiers un abonnement au service de distribution, mais il est découragé par la longueur du temps nécessaire pour effectuer l’installation. Notre confrère « Electrical Review )) de Londres a signalé dernièrement le dispositif adopté par la Compagnie Sheffield Corporation Electric Supply pour donner de suite satisfaction à l’abonné et lui permettre d’attendre avec patience la fin des travaux. Elle a construit une sous-station transportable, que représente la figure ci-jointe et qui consiste en un grand coffre, renfermant deux transformateurs de 50 kilowatts, des coupe-circuits pour 2 feeders à haute
- p.122 - vue 126/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 125
- tension, des câbles distributeurs, et tous les accessoires nécessaires pour faire des épissures, ainsi que tous les outils pour placer les câbles en terre. Tout est arrangé
- Sous-station électrique transportable. — 1. Vue d’ensemble. 2. I.a sous-station sur le chariot.
- pour permettre de faire une installation en courant alternatif simple ou en courants diaphasés à 200 ou à 400 volts. L’ensemble de la sous-station est porté sur un chariot que traîne un cheval. ,1. L.
- LA TRANSFORMATION
- DES CONSTRUCTIONS NÂNÂiES
- Tout dernièrement, une des autorités du monde maritime anglais, Sir William Henry White, faisait à l’institution des Ingénieurs civils une communication des plus intéressantes sur la science à laquelle il a consacré sa vie; et l’on peut extraire de cette communication quelques indications sommaires, mais fort caractéristiques, sur les progrès et transformations accomplis dans la construction des navires depuis un demi-siècle environ.
- On peut considérer le lancement du fameux « Great Eastern », que tout le monde connaît de nom, comme ayant donné le signal de cette évolution : dès ce moment, étaient démontrées les propriétés remarquables du métal dans la construction des carènes, ce qui devait entraîner l’abandon graduel du bois; les dimensions des navires n’étaient plus limitées par la nature même des matériaux employés, il n’y avait plus pour ainsi dire à tenir compte que des besoins du commerce (ou de l’art militaire, s’il s’agissait de bateaux de guerre). Bien entendu, la construction commerciale et la construction militaire se sont séparées, depuis lors, bien plus encore qu’aupa-ravant; mais un grand nombre d’améliorations ont été poursuivies et obtenues en commun dans les deux genres de navires.
- Ce qui s’impose d’abord à l’attention, c’est la transformation des générateurs et des machines, en vue d’arriver
- à une diminution de poids de la machinerie et aussi de la quantité de combustible à consommer pour un effet déterminé. C’est ainsi qu’on a étrangement augmenté la pression à laquelle fonctionnaient jadis les machines marines; en 1860, par exemple, cette pression ne dépassait jamais 1k*,75 à lke,86 par centimètre carré; vingt années plus tard, on atteignait près de 7 kg, et la machine eompound, à double expansion par conséquent, avait conquis droit de cité à la mer. Aujourd’hui, même avec les chaudières classiques, on monte à une pression de 15k*,14, 15 kg, parfois de 18 kg; on a été plus loin dans les navires de guerre. Et naturellement, à ces hautes pressions, s'associe l’emploi de la machine à triple ou à quadruple expansion. En même temps, on a augmenté considérablement le nombre des révolutions à la minute et la vitesse du piston; en 1860, ce nombre ne dépassait guère 50 tours pour les meilleurs vapeurs à hélice, et la vitesse du piston était au plus de 120 mètres à la minute. Jusqu’en 1880, on ne s’est pas beaucoup éloigné de ces moyennes, mais maintenant 90 tours à la minute et une vitesse de 200, 250, 270 mètres même sont choses courantes; et encore ne parlons-nous pas des croiseurs très rapides qui font 120, 140 tours et dont le piston se déplace à raison de 500 mètres, ni des contre-torpilleurs, pour lesquels les chiffres correspondants sont de 550 à 400 révolutions et de 550 à 560 mètres!
- Nous constatons des résultats aussi surprenants si nous recherchons quelle est l’économie de poids réalisée pour une même puissance. A bord des navires de guerre, par exemple, en 1860, chaque tonne d’appareil propulseur en ordre de marche, correspondait à une puissance indiquée de 6 chevaux à peu près : aujourd’hui, on arrive au moins à 9 chevaux, et à 10 1/2 quand on emploie des chaudières aquatubulaires; cela à bord des cuirassés, car on obtient 12 à 20 chevaux par tonne sur les divers types de croiseurs, et 40 à 50 chevaux à bord des contre-torpilleurs. Bien entendu, les chiffres sont différents sur les bateaux marchands, où l’on doit procéder économiquement; mais on n’en est pas moins passé de 5 ou 4 chevaux par tonne à 6 chevaux, 6 1/2 sur les transatlantiques rapides, et même 10 chevaux pour les vapeurs effectuant de courts passages, à tirage forcé, et avec des machines à grande vitesse. Nous n’insisterons pas sur ce tirage forcé, qui rend tant de services en permettant de brûler plus de combustible sur une même surface de grille et de le brûler mieux.
- Mais, avant de finir, nous ferons remarquer que toutes ces améliorations sont venues abaisser étrangement la quantité et le coût du charbon brûlé pour obtenir un effet donné. En 1860, les meilleures machines consommaient encore 1700 gr de combustible par cheval indiqué et par heure ; vingt années plus tard, ce chiffre s’abaissait à 900 gr en moyenne ; et maintenant, avec les machines à quadruple expansion, on est tombé au chiffre de 680 à 700 gr à peu près! Il existe des exemples où cette consommation a pu être beaucoup plus faible; mais ce sont là des cas tout à fait exceptionnels; de plus, ces fonctionnements économiques se rencontrent dans la marine marchande, bien plus que dans la marine de guerre.
- On le voit, les progrès sont admirables; ils ont été accentués par l’adoption des hélices doubles, puis triples; et il est probable que l’adoption de la turbine à vapeur va encore étrangement transformer et améliorer la navigation et les transports maritimes, au grand avantage de tous. Pierre de Meriel.
- p.123 - vue 127/536
-
-
-
- LA \ VTF 11 K.
- 124
- AFFINAGE ÉLECTROLYTIQUE DU CUIVRE
- Bien que la quantité du cuivre affiné ne dépasse guère, d’après M. Minet, le vingtième de la production totale de ce métal, plusieurs usines d’Allemagne, de France, d'Angleterre, d’Italie et des États-Fnis s’occupent maintenant avec activité de l’obtenir par voie électrolytique.
- Aussi les intéressantes expériences exécutées par M. Wilder 1). Bancroft, sur les procédés en usage, méritent de nous retenir quelque peu. Nous allons donc résumer le mémoire consacré à leur description, travail qu'il a lu récemment devant la Société électroeh i m iqu e amér i ca i ne.
- Pour déterminer les meilleures conditions de l’affinage électrolytique du cuivre on doit considérer : le coût de l’énergie nécessaire pour précipiter une cuve pleine de cuivre sous des courants de densité différente et à diverses températures ; la dépense occasionnée par le chauffage du bain; l’usure de l’électrolyte ; les frais généraux et l’intérêt du métal immobilisé dans les bacs; enfin la qualité du cuivre déposé.
- Selon M. Bancroft, des courants de n’importe quelle densité donnent du bon cuivre pourvu que la circulation de la dissolution à travers la série des bacs se trouve assurée; de la sorte, on maintient constante la composition de l’électrolyte. Le nombre de watts-heure employé à la précipitation d’un gramme de cuivre augmente avec la densité du courant et décroît avec l’élévation de température. Le coût du chauffage croît nécessairement avec la température et l'intérêt du métal immobilisé dans les cuves, décroît à mesure que la densité du courant devient plus forte. Le chimiste américain dut établir une sorte de cote mal taillée entre ces divers éléments. L’observation lui montra qu’à 90° l’effet utile du courant dépasse 90 pour 100 et que le rendement diminue très peu encore aux environs de 70°. D’autre part, il ne semble pas pratique d’opérer à 90° et avec un courant de faible densité, non seulement à cause de l’énorme énergie consommée par le chauffage des bacs et la précipitation du cuivre, mais, vu surtout l’altération trop rapide de l’électrolyte dans ces conditions. A cette haute température et avec des densités de courant plus fortes, la dépense se.rapproche du minimum; cependant la
- prompte détérioration de l’électrolyte contre-balance les avantages obtenus. Il vaut mieux, d’après les essais comparatifs de M. Bancroft, utiliser un courant électrique d’une densité de o,5 ampères en portant les bains à 70°, dans des cuves fermées. D’ailleurs si les bacs restaient ouverts, les ouvriers se trouveraient incommodés par la chaleur. Enfin l’emploi de cette méthode d’affinage électrolytique permettrait, au dire de son promoteur, de réaliser une économie de a francs environ par tonne. Jacques Bovek.
- L’ARC ÉLECTRIQUE AU FER
- KN PllOTOTHÉÜATlE
- Des récents modes de traitement proposés pour combattre le lupus, celle envahissante manifestation
- cutanée de la tuberculose, il n’en est pas comptant plus de succès que celui de la photothérapie qui utilise, comme l’on sait, l'action bactéricide de la lumière et la réaction inflammatoire qu’elle détermine pour détruire les bacilles tuberculeux au sein même des tissus ulcérés transformés en tissus scléreux cicatriciels, et qui fut pour la première fois préconisé au cours de ces dernières années par le professeur Finsen de Copenhague.
- Pour obtenir de tels effets thérapeutiques, Finsen, à l’aide d’un appareil dont la partie essentielle est une large lentille formée d'une plaque de quartz plane et d’une autre convexe reliées entre elles par un cercle métallique, et entre lesquelles se trouve un espace d’une contenance de deux litres environ rempli par une solution de sulfate de cuivre ammoniacal destinée à arrêter les rayons infra-rouges, concentre sur la région malade préalablement anémiée par un système compresseur la lumière du soleil, h moins qu’il n’utilise, ce qui est sa règle habituelle, la lumière d’un arc voltaïque à courant continu très puissant de 60 à 80 ampères. L’excellence des résultats obtenus par celte méthode ne pouvait manquer d’amener de nombreux spécialistes à rechercher à coté de l’initiateur du traitement les meilleures façons de l’appliquer.
- Aussi, en ces derniers temps, un certain nombre de dispositifs nouveaux ont-ils été proposés pour l'application des cures de lumière. De ceux-ci, en particulier, il en est un qui mérite une mention toute spéciale. C’est de l’appareil réalisé par MM. André
- p.124 - vue 128/536
-
-
-
- LA N A Tl'UK.
- 12*»
- une lentille de quartz portée dans une monture Broca et Alfred Chatin pour l’emploi d’un arc électrique à charbons métalliques sans réfrigérant que nous voulons parler. L’arc au fer, employé pour la première fois eu 1901 par Bang1, présente celte particularité d'être notablement plus riche en rayons violets et ultra-violets que l’arc au charbon.
- C’est là une qualité importante. Dans des expériences conduites avec un soin attentif, en elfet, .MM. Alfred Chatin et S. Nicolau ont montré que l'arc au fer*, grâce surtout à la grande quantité de rayons chimiques qu’il renferme, possède un pouvoir bactéricide notablement supérieur à celui de l'arc ordinaire au charbon. La conséquence immédiate et fort avantageusement pratique de celle particularité est la possibilité, avec l’arc au fer, d’utiliser
- des lampes fonctionnant avec une intensité moins élevée que lorsque l’on emploie des lampes à arc au charbon. Ainsi, MM. André Broca et Alfred Chatin ont recours pour le traitement des malades lupiques à des arcs obtenus à des régimes compris entre 12 et 55 ampères, sous une tension variant de 25 à 15 volts, le premier de ces chiffres étant obtenu quand le charbon est suffisamment usé pour que le fer brûle seul dans l’arc. Kn ces conditions, la chaleur rayonnée est peu considérable, alors qu’au contraire la puissance actinique est notablement accrue. Aussi, en raison de ces deux particularités, les auteurs du nouveau dispositif ont-ils pu simplifier fort leur appareil, négligeant en particulier les précautions prises dans les autres systèmes pour obtenir le refroidissement et employant simplement
- Fig. 2. — L’a]>i>areil Broca-Chatin [.our la production de l'arc électrique au 1er. A gauche, détail de l’arc; à droite, vue d’ensemble de l'appareil.
- métallique convenable ajustée à la tète du patient qui, la compression étant ainsi bien faite, peut, sans aucune gêne et sans échauffement de ses tissus complètement anémiés, rester généralement à 7 ou 8 centimètres de l’arc voltaïque. Naturellement, des dispositions accessoires sont prises pour empêcher la lumière de l’arc au fer de venir frapper les assistants de façon à les préserver contre les érythèmes qui ne manqueraient pas de se produire.
- Avec cet appareil de MM. Broca et Chatin, il semble bien que les rayons, à la faveur de l’excellente compression réalisée, pénètrent dans l’intimité des tissus. Pourtant, son efficacité a récemment été
- 1 MM. Alfred Chatin et M. Carie : « Photothérapie : la lumière, agent biologique et thérapeutique », un vol. de !’« Encyclopédie des aide-mémoire », Masson et Cie, éditeurs.
- - En réalité les électrodes de l’appareil de MM. Broca-Chatin ne sont point en fer pur, mais en un alliage de fer.
- mise en doute par M. Finsen lui-même. D’après le savant danois, en elfet, dans le traitement photo-thérapique, la condition essentielle de succès est de recourir à des dispositifs donnant une lumière bleue la plus intense possible et pour cela il convient d’employer des lampes de 60 à 80 ampères avec arc au charbon et non des lampes munies d’électrodes métalliques qui produisent bien en grand nombre des rayons ultra-violets, mais ne donnent pas de rayons pénétrants.
- Nul doute que de nouvelles et prochaines expériences ne viennent avant longtemps nous apprendre si cette dernière opinion de l’initiateur de la méthode est pleinement vérifiée ou si, au contraire, conformément aux espérances de MM. Broca et Chatin, on peut utiliser avec succès les appareils à arc au fer d’une installation et d’un fonctionnement plus commodes et moins coûteux. Geouges’Vitoux.
- p.125 - vue 129/536
-
-
-
- LA A A TI HE.
- 126
- A PROPOS DE LA CUIRASSE BENEDETTI
- M. L. Leroy, dans son article paru dans « La Nature », n° 1597 du 2 janvier 1904, pages 78 et 79, tâche d’expliquer les intéressants résultats, en quelque sorte inexplicables, obtenus par la cuirasse Benedetti — imper-forable pour les armes à feu et les armes blanches, amortissant les chocs des projectiles — par le pelotonnemenl du coton autour de la balle sous l'effet du mouvement de giration dont cette dernière est animée.
- Cette explication nous semble, en partie, exacte et assurément ingénieuse et intéressante. Elle nous parait cependant très incomplète.
- Elle est exacte, parce que d’autres faits et expériences viennent la confirmer. On a beaucoup discuté, et avec raison, les effets de cette fameuse cuirasse, surtout ces temps derniers. L’autre soir on en parlait à la salle de lecture de la Société belge des ingénieurs et industriels. Ln des membres disait notamment avoir assisté à des expériences où l’on avait complètement arrêté des balles de fusils grâce à des copeaux de bois ou à des balles de coton. L’explication est encore exacte parce qu’on peut expliquer le phénomène par une deuxième circonstance : la balle déjà déformée perd par le pelotonnement une quantité de force d'autant plus grande que la pelote formée devient plus grosse et que le coton est plus comprimé, puisque plus il est comprimé plus la désagrégation de ses fibres présente de résistance, absorbe d’énergie. L’explication est, d’autre part, insuffisante puisqu’elle ne rend nullement compte de l’impénétrabilité aux armes blanches. Or, la cuirasse Benedetti a résisté aux coups de sabre et de poignard appliqués avec violence par des officiers expérimentés dans le maniement de ce genre d’armes.
- L’explication est encore incomplète parce qu’elle ne tient pas compte de la chaleur du projectile, chaleur suffisante à brûler la matière frappée. 11 faut donc supposer que par un artifice quelconque la matière de la cuirasse Benedetti est préalablement rendue ignifuge ou incombustible. Quant à la résistance aux armes blanches, elle pourrait s’expliquer par la présence dans la matière comprimée d’un réseau ou de mailles métalliques. De plus, il faut remarquer que dans les expériences Benedetti, les balles étaient la plupart du temps rejetées de la cuirasse et retombaient par terre. Les témoins ont pu le constater plusieurs fois « de visu ». 11 y a donc loin de là à former une pelote. Donc, on le voit, M. Leroy et tous ceux qui ont tâché de pénétrer le secret de la cuirasse Benedetti doivent chercher mieux. Voici, d’ailleurs, ce que m’écrit la Société Benedetti à propos de la lettre de M. Leroy.
- « La cuirasse Benedetti, comme le démontrent les expériences de Milan et de Rome, arrête la balle du fusil Wetterly modèle 91, qui selon les techniciens, produit un choc de 45 kilogrammes supérieur à celui du fusil Lebel, tant à 50 qu’à 500 mètres, et cela sans occasionner la plus petite secousse.
- « On peut s’en rendre compte, en lisant l’expérience du sac portant un verre rempli d’eau. Celte cuirasse a seulement 12 millimètres d’épaisseur. Quant au secret de la composition, nous nous permettrons pour le moment de n’en rien dire. Peut-être, dans très peu de temps, l’invention sera-t-elle connue, car la Société, cédant au désir de M. Benedetti qui ne veut pas que la cuirasse soit le privilège d’un seul État, fait des études pour sa fabrication industrielle, c’est-à-dire pour la livrer au commerce dans ses diverses applications. » Guauini.
- NÉCROLOGIE
- Henri Lachambre. — C’est avec regret que nous annonçons la mort de M. Henri Lachambre, dont on sait le grand nombre d’ascensions, quelques-unes ayant été très intéressantes. M. 11. Lachambre.'dès sa jeunesse, avait fondé une fabrique à Yaugirard qui ne manquait pas d’originalité et qui peu à peu était devenue dans son genre l’une des plus importantes de Paris. Elle comprenait en premier lieu la construction des aérostats, puis celle des objets en baudruche dits ballons grotesques, ballons réclames et ballons d’essais à l’usage des aéro-nautes, pour les observations des courants aériens, montgolfières en papier, etc. C’est M. Lachambre qui construisit les ballons de l’aéronaute Lhoste qui fit la traversée de la Manche en juillet 1880 de Cherbourg à Londres. Le ballon dirigeable de MM. Tissandier frères a été exécuté en 1885 dans ses ateliers ainsi que plus tard ceux de M. Santos-Dumont. M. André, l’aéronaute suédois, était venu à Paris pour commander à M. Lachambre le ballon dans lequel il espérait découvrir le Pôle Nord. Enfin les dirigeables de MM. Severo et de Bradski sortaient de chez lui. Malgré les conseils sages et prudents de M. II. Lachambre, ces inventeurs voulurent quand même tenter leurs expériences qui furent d’autant plus tragiques qu’elles devinrent la cause, non seulement de la mort de ces aéronautes inexpérimentés, mais de celle des compagnons qu’ils emmenaient avec eux, le mécanicien Saché et l’ingénieur Morin.
- Albert Tjssaxdier.
- CHRONIQUE
- Les (( Trypanosomes ». — Un certain nombre d'affections contagieuses extrêmement dangereuses de l’Afrique du Sud et de l’Amérique, telles que le « nagana » par exemple, faisant de nombreuses victimes sur les chevaux, les animaux de la ferme, ont pour origine des parasites qui n’ont été bien étudiés que dans ces dernières années. On les nomme « Trypanosomes ». La maladie du sommeil qui s’attaque surtout aux nègres semble avoir aussi pour origine des Trypanosomes. Ces organismes sont piriformes, animés de mouvements très vifs; ils appartiennent au groupe des infusoires flagellés, possèdent un ou plusieurs flagelles, un noyau et une membrane ondulante. C’est Gruby qui leur donna le nom qu’ils portent et qui signifie d corps en tarière ».
- JLe système métrique aux États-Unis. — Notre confrère américain « Science » publie une information d’après laquelle le projet de loi suivant a été déposé à la Chambre des Représentants des États-Unis, et transmis à la Commission des poids, mesures et monnaies : « Qu’il soit déclaré par le Sénat et la Chambre des Représentants des Etats-Unis d’Amérique assemblés en Congrès que, à partir du premier jour de janvier mil neuf cent cinq, tous les départements du gouvernement des Etats-Unis, dans la transaction de toute affaire exigeant l’emploi de poids et de mesures, excepté pour l’achèvement de la topographie des territoires publics, mettent en usage seulement les poids et les mesures du système métrique ; et et que, après le premier jour de janvier mil neuf cent six, les poids et mesures du système métrique soient les étalons légaux dans les États-Unis. » On remarquera que l’exception faite dans la loi pour la mesure du territoire n’est qu’apparente, ou tout au moins qu’elle ne concerne qu’un certain ordre de mesures; en effet, toutes les déterminations géodésiques faites aux Etats-Unis depuis
- p.126 - vue 130/536
-
-
-
- LA A AT LH K.
- 127
- quelques années, et notamment la mesure récente de neuf bases sur le méridien central, sont exprimées en unités métriques, en partant d'un étalon en platine iridié étudié au Bureau international des poids et mesures. La réforme métrique aux États-Unis parait donc très proche, malgré l’opposition violente que lui font encore quelques rétrogrades endurcis, et la seule question dont la solution puisse encore être douteuse est celle de savoir lequel des deux grands pays anglo-saxons où le système britannique achève son existence, adoptera le premier d’une façon exclusive le système de poids et mesures que la France a donné au monde.
- Culture chinoise des narcisses à bouquet.
- — Parmi les cultures intéressantes qu’on peut essayer dans un appartement, une des plus aisées est certainement celle des narcisses à bouquet, dette culture est très simple. On prend une coupe quelconque, un bol peu profond dans lesquels on dispose les bulbes de narcisse en les entourant de menus cailloux. 11 faut ensuite remplir d’eau le vase choisi. Les racines ne tardent pas à apparaître, on voit les feuilles se développer graduellement ; viennent ensuite les jolies fleurs odorantes. 11 faut exposer le vase dans un lieu bien éclairé, dont la température est moyenne, et remettre de l’eau chaque fois que cela est nécessaire. Une culture de ce genre doit être commencée en octobre afin de pouvoir jouir des fleurs en janvier. Toutes les variétés de narcisse à bouquet peuvent se prêter à cette culture ; en Chine, où cette culture est très répandue, c’est le narcisse grand empereur à bulbe gros qui est l’espèce préférée. La « Revue horticole » conseille aussi d’autres variétés recommandables également: le « narcisse totus alba » à fleurs blanches, celui de « Constantinople )) blanc et jaune, le « grand monarque », blanc; le « grand prinso » jaune soufre, etc. 11 faut prendre garde a ne mettre dans chaque coupe employée qu’une seule espèce, la floraison des diverses variétés de ces plantes n’ayant pas lieu à la même époque.
- J’ai placé en octobre dernier une petite coupe de porcelaine contenant quatre oignons du (( Totus alba », devant une fenêtre exposée au midi. Voici (voyez la figure ci-dessus) le résultat que j’ai obtenu, .l’essaie de même en ce moment trois bulbes du grand monarque pour avoir les fleurs au printemps. A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 janvier 1904. — Présidence de 31. 3Iasc.\kt.
- Travaux de lassociation des Académies. — M. Dar-boux rappelle que la prochaine réunion plénière des Académies aura lieu à la Pentecôte, à Londres. Cette réunion offrira cette particularité, que l'Académie anglaise des lettres, fondée il y a un an environ, y sera représentée
- pour la première fois. Les Corps savants se préoccupent des instructions à donner à leurs représentants. Les Académies de Gottingue, Leipzig, et Vienne envoient un plan des recherches des phénomènes électriques de l’atmosphère; ce plan est renvoyé à l’examen de la section de physique.
- Propriétés des rayons N. — M. Mascart expose que M. Blondlot a démontré antérieurement que les rayons M se réfléchissent, se réfractent, subissent la double réfraction et se polarisent. Dans un nouveau travail, il fait connaître des recherches montrant que ces rayons sont susceptibles de dispersion et de diffraction. La dispersion peut être obtenue au moyen d’un prisme en aluminium ; on constate ainsi une déviation maximum et une déviation minimum. On conclut de là que ces rayons se composent d’une série de radiations possédant des indices différents. On peut aussi mettre le phénomène en évidence en recourant à l’emploi de lentilles d’aluminium. Dans ce cas, on observe une série de foyers correspondant aux différents indices. M. Blondlot, en isolant des rayons réfractés, a pu déterminer leur indice de réfraction et leur longueur d’onde. Les indices varient de 1 à 2 ; quant aux longueurs d’onde elles sont comprises entre 8 1000 de micron et 20/1000 de micron. Il s’agit donc de radiations qui tomberaient bien au delà de la partie ultra-violette. Les propriétés des rayons N ont été très discutées. M. Mascart s’est rendu avec M. Cailletet à Nancy pour assister aux expériences. Celles-ci comportent une technique très difficile ; néanmoins MM. Mascart et Cailletet ont constaté l’existence des maxima et minima pour la réfraction, la pluralité des foyers fournis par une lentille de quartz, les maxima successifs fournis par le réseau. Ils ont également vu l’expérience des anneaux colorés. Ces diverses expériences sont très importantes au point de vue de la philosophie de la science ; elles exigent, pour être reproduites avec succès, un silence complet.
- Maladie des vignes des forceries. — M. Guignard présente une Note de MM. Vialla etPacottet sur une maladie des vignes cultivées en serre. Celles-ci offrent des renflements dits verrues. Il résulte des travaux des auteurs que ces verrues ne sont pas occasionnées, par une maladie parasitaire, mais sont le fait de prolifération des tissus sous l’influence de la température élevée et de l’humidité excessive qui régnent dans les forceries.
- Propriété des rayons du radium. — M. Lippmann résume une Note de M. Paillot, relative à une propriété nouvelle des rayons du radium. Ceux-ci diminuent de moitié la résistance électrique du bismuth.
- Cil. Dû VlLLEDEUlL.
- ---Ç’-Y’-O——
- PH0T0GRÀPH0PH0NE RUHMER
- Uariui les récentes solutions du problème d'enregistrer le son et de le reproduire sur une machine, le télégraphone de M. V. Doulsen représente l’une des meilleures. Cet appareil, comme l’on sait, enregistre les ondes acoustiques sur un fil ou sur une bande d’acier, enroulées sur un cylindre. Les courants téléphoniques produits par un microphone sont amenés à un électro-aimant devant les pôles duquel se meut la spirale ou la bande précitée ; les courants relativement faibles induisent du magnétisme dans les différentes parties du fil d’acier au passage de ce dernier. Comme ce magnétisme est
- p.127 - vue 131/536
-
-
-
- 128
- LA N AT LUE.
- permanent, il peut servir à lixer le langage. Lorsqu’il s'agit de reproduire les mots enregistrés, il suflit de déplacer le fil d’acier suivant la même direction en face d’un électro-aimant analogue aux
- G
- enroulements duquel est relié un téléphone. Comme les différentes parties du lil présentent des différences de magnétisme, on observe dans les bobines de l'éledro-aimant des courants induits correspondants, agissant à leur tour sur le téléphone. L’inventeur vient de rendre compte au Congrès Industriel et Hygiénique de Copenhague des perfectionnements apportés à cet appareil depuis l’apparition du premier type, aussi bien que des espérances qu’il y attache. Le fait qu’une respiration quelque peu intense est facilement enregistrée et reproduite par cet appareil démontre sa sensibilité. Dans le dernier type, le cylindre est remplacé par un disque d'acier rond et mince, lequel se place facilement dans une enveloppe et s’expédie n'importe où, afin d’être reproduit dans un autre appareil. Comme une quantité relativement grande d’écriture peut être fixée sur l’unité de
- de ces plaques, cet appareil peut, le cas échéant, fonctionner pendant un temps assez prolongé.
- Rien des milliers de reproductions peuvent être faites sans qu’on note le moindre affaibli s semen t dans leur netteté. De plus on peut prendre un grand nombre de copies du langage fixé de cette manière.
- Un autre intéressant type d’appareil utilise les qualités photo-électriques du sélénium. Le plioto-graphophone construit par M. Ruhmer, à Rerlin, est essentiellement un cinématographe sous sa forme la plus simple. Dans une boîte imperméable à la lumière sont fixés 2 rouleaux sur lesquels un film photographique est mù par un éleclromoteur à une vitesse constante, passant par la ligne focale d’une lentille cylindrique spécialement construite, et qui concentre l’éclairage d'une lampe parlante sur le film qui se déplace. Après que le langage a été fixé de cette manière, le film est développé et fixé comme à l’ordinaire; on y observe alors une bande d’une largeur constante traversée de lignes verticales alternativement sombres et claires et qui correspondent intimement aux variations d’intensité de la lumière disposée à la station transmettrice et, par là, aux
- diverses ondes acoustiques qui sont transmises.
- Afin de reproduire le langage, on déplace le photophonogramme ainsi obtenu ou bien un positif pris de ce dernier de la même manière1 et à la même vitesse que tout à l’heure, tout en y projetant le faisceau lumineux d’une lampe ordinaire à projection. Les différences de nuances du film produiront une absorption inégale des rayons issus de celte lampe et par conséquent un éclairage variable de la cellule à sélénium placée derrière le film. Celte dernière sera ainsi exposée à des variations d'éclairage analogues à celles de l’éclairage direct d'une source lumineuse qui serait disposée à la station transmel-Iriee. Ces différences lumineuses sont de nouveau converties en variations de résistance, donnant lieu à des oscillations de courant qui agissent sur le téléphone inséré et par là reproduisent le téléphone gramme. Si la distance entre la station transmettrice
- et le photogra-phophonc est petite, cet appareil constitue un nouveau phonographe photographique ; la lampe employée comme lampe parlante sert dans les reproductions comme lampe de projection pour éclairer le film, tandis que dans le cas d’une distance [dus grande cet appareil représente en même temps une solution du problème de transmettre et de fixer simultanément les ondes acoustiques de la voix humaine. En dehors de l’énorme sensibilité de cette méthode photographique et de la grande quantité de mots qu’on peut fixer sur un même film, il y a l’avantage ultérieur de pouvoir employer également les positifs et les négatifs. C’est ainsi qu’on peut prendre d’un négatif original un nombre quelconque de copies équivalentes (positives). L’inventeur a même réussi à composer, au moyen des copies de sons individuels, des mots et même des phrases toute entières, et à les reproduire comme ensemble d’une façon très claire, reconstruisant ainsi le langage humain par un procédé synthétique cinématographique. Ceci ouvrira sans doute un champ intéressant aux recherches acoustiques et linguistiques.
- Dr A. Gradexwitz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laijit.e, rue de Fleurus, 9.
- p.128 - vue 132/536
-
-
-
- .V 1001.
- 50 JANVIER 1901.
- LA NATURE.
- 129
- SOUS-MARINS ANGLAIS
- En dépit des expériences, toujours un peu de convention, effectuées par les sous-marins pour torpiller des grands navires, on n’est pas assuré encore du rôle que ces bateaux sont susceptibles de jouer; néanmoins, la plupart des puissances maritimes en construisent. La Grande-Bretagne elle-même, après avoir longtemps hésité, en a lancé 9 et en fait construire actuellement 10 autres; il est donc intéressant de donner quelques détails sur les sous-marins britanniques, avec une photographie de ce que, dans ces minuscules bateaux, on laisse apercevoir au profane. Le n°5, que représente cette photographie, a été construit par la maison Vick ers and Maxim : il est long de 19m,29 pour une largeur au fort de om,57 ; son déplacement est de 122 tonnes. Il porte 4 tor-
- pilles Whitehead de 0m,46, et il est mû en surface par un moteur tonnant pouvant lui imprimer une allure de 8 à 10 nœuds : sous l’eau sa marche est commandée électriquement.
- Mais, en dehors de ce type, il en est un plus récent et plus perfectionné, sur lequel nous pouvons fournir quelques renseignements d’après ceux qui ont été donnés récemment à la Commission anglaise de l’armée. II faut noter tout de suite que ce dernier modèle de sous-marin diffère très sensiblement des plans primitifs du « Holland », qui a quelque peu servi de base aux constructions anglaises ; sa vitesse sous l’eau est de 9 à 10 nœuds. La longueur en est de 45m,72 et le rayon d’action de 500 milles, alors que tout d'abord on s’était contenté de 500. On songe à aborder des longueurs de 76 mètres, mais il va sans dire que, même avec une longueur de 45 à
- Un sous-iiKU-iii anglais en marche.
- 46 mètres, il ne faut pas espérer pouvoir monter un sous-marin sur le pont d’un cuirassé, il doit constamment rester à la mer. Les bateaux de ce type pèsent naturellement moins (pie leur déplacement, et par conséquent, quand ils sont immergés, ils ont toujours tendance à remonter à la surface; ils s’enfoncent grâce des gouvernails horizontaux, suivant la pratique normale, qui assurent leur mouvement de [dongée, tandis que les hélices assurent la marche en avant. Nous ne ferons remarquer que d’un mot l’installation motrice, qui, comme de coutume, comporte un moteur à pétrole [tour les parcours à la surface de l’eau et un moteur électrique pour les déplacements en plongée. Une immersion peut durer en pratique trois heures, et le nouveau type de sous-marin anglais a été durement mais victorieusement mis à l’épreuve durant les plus violentes tempêtes au cap Lizard.
- 32e année.
- Ceci nous est une occasion de faire remarquer qu’en somme, et malgré les affirmations contraires, la vie de l’équipage dans un sous-marin est particulièrement fatigante et pénible; il est bon de se rendre compte notamment que, quand on navigue en plongée, les hommes sont forcés de demeurer à leur place sans bouger, car un déplacement de poids à l’intérieur de la coque pourrait avoir une influence regrettable sur la stabilité du petit bateau. En ce moment on songe à former des équipes triples de sous-marins, en ce sens que chaque poste serait composé de trois bateaux destinés à se suppléer mutuellement : chacun ne sortirait que trois jours sur neuf, l’équipage ayant six jours de repos ininterrompu pour se refaire de ses fatigues et recouvrer véritablement la santé.
- Nous disions en commençant que la marine anglaise avait tout d’abord eu aussi peu de confiance
- 9
- Ie' semestre.
- p.129 - vue 133/536
-
-
-
- LA NAT U Il L.
- ir»o
- que possible dans l’etiieaeité de ces pelits navires : son opinion aujourd’hui est tout autre. Dernièrement, un technicien émettait cette opinion dans « Engineering », que celte efficacité rend maintenant impossible le blocus d’un pmi. Pour un cuirassé au repos, le seul moyen de se mettre effectivement à l'abri de leurs atteintes, c’est de s’entourer d’une ceinture de mines fixes très rapprochées, et encore cette ceinture doit-elle être à bonne distance du cuirassé, puisque la portée des torpilles portées par les sous-marins est bien de 000 mètres. En marche, croiseurs et même cuirassés seront évidemment moins faciles à atteindre, parce que le sous-marin est d’une marche assez lente, mais il sera bien malaisé de le dépister et de le détruire.
- Les Anglais, qui avaient d’abord construit des sous-marins courts et épais, suivent maintenant les mêmes errements que la Marine française, et ils ont décidé d’adopter des coques longues et étroites.
- H. IL
- RAYONS « N *
- Ces nouvelles radiations dont on parle tant en ce moment ont été découvertes par M. Blondiot, professeur de physique à l’Université de Nancy, correspondant de l’Académie des sciences. L’auteur les a dénommées rayons N tout simplement parce qu’elles ont été reconnues à Nancy. Pendant toute l’année 1903, M. Blondiot a poursuivi les expériences et a publié de nombreuses Notes dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences1. C’est au milieu des rayons Rôntgen que le savant physicien a rencontré les nouveaux rayons dès la fin de 191)2. Il essayait de constater la réflexion et la polarisation des rayons X quand il s’aperçut que d’autres rayons se mêlaient à ceux-là et troublaient l’expérience.
- Les nouveaux rayons sont complètement différents des rayons X. Ils sont émis par des sources lumineuses à notre portée, petit bec de gaz, bec Auer, lampe d’appartement, étincelle étectrique. Personne ne les voit et pourtant leur existence est bien facile à déceler. Ces rayons traversent les métaux et beaucoup de corps opaques, mais ils sont sans action sur une plaque sensible photographique. Une de leurs propriétés caractéristiques essentielle est d’agir sur les corps phosphorescents en avivant la phosphorescence préexistante. On peut donc les reconnaître et les suivre en voyant comment se comporte un écran légèrement phosphorescent. M. Blondiot, par ce moyen rudimentaire, a pu s’assurer que le soleil émettait des rayons N. On choisit une chambre hermétiquement close dont une fenêtre bien exposée au soleil est fermée par un volet de hêtre plein de 15 mtn d’épaisseur. A l’intérieur, derrière le volet, à un mètre de distance, on place un tube de verre mince contenant du sulfure de calcium préalablement faiblement insolé. Il est bien clair que les rayons du soleil sont interceptés. Mais les rayons N n’éprouvent aucune difficulté à passer à travers le bois. S’il en existe, ils aviveront la luminosité du tube phosphorescent. On voit en effet le phénomène se produire. Ils passent d'ailleurs assez bien à travers le plomb, à travers la main. La phosphorescence du tube augmente
- 1 Consulter les C. R. de l’Académie, surtout dans le volume de 1903, p, 166, 684, 729, 831 et 962.
- malgré les obstacles apparents. 11 en est ainsi, même quand on expose entre le volet et le tube plusieurs plaques d’aluminium, de carton, un madrier de chêne de o centimètres d’épaisseur. Il y a donc bien des rayons N dans le soleil.
- Ces rayons traversent le papier, l’élain, des feuilles de cuivre et de laiton de 0ram,5, une lame d’aluminium de 0‘”ra,5, une lame d’acier de 0“'“,5, une lame d’argent de 0mnyl, mi cahier de 21 feuilles d’or, une lame de verre de 0""",1, une lame de mica de 0“m,15, une lame de caoutchouc de 1 mm. Mais ils ne traversent pas une feuille de papier, même une mince feuille de papier à cigarettes si elle est mouillée.
- Ces rayons se comportent d’ailleurs comme les rayons lumineux, ils subissent la réflexion régulière, se réfractent et se diffusent. Les expériences ont prouvé qu'ils n’entraînent pas avec eux de rayons de chaleur. Ce qui les caractérise encore, c’est d’aviver non seulement la phosphorescence, mais encore les autres sources de lumière et de chaleur, fis augmentent l’éclat d’une lumière, d’une feuille de papier légèrement éclairée, d’un fil de platine porté au rouge, d’une lame métallique incandescente.
- Presque tous les corps de la nature les emmagasinent quand ils ont été exposés au soleil. L’hyposulfite de soude, en particulier, est un puissant accumulateur. L’eau de mer1 et les pierres emmagasinent ces radiations en abondance et les restituent ensuite. Une pierre, une brique se gorgent de rayons. On peut faire à cet égard une expérience curieuse On ramasse un caillou qui a été exposé au soleil toute la journée. Dans l’obscurité, ce caillou reste invisible, mais si on l’approche d’une petite flamme, d’une étincelle électrique, on voit la lumière de la flamme, de l’étincelle augmenter d’éclat.
- Mieux encore, si, dans une pièce presque obscure, on approche le caillou de l’œil, immédiatement la pièce semble plus éclairée; sur le cadran d’une horloge, les aiguilles deviennent visibles, sur une feuille de papier, les caractères écrits ou imprimés apparaissent plus nettement. 11 y a renforcement de l’impression sur l’œil dù à l’association des rayons N et des rayons lumineux. Le phénomène cesse aussitôt qu’on éloigne le caillou.
- Cet effet de renforcement parut d’abord paradoxal à M. Blondiot, parce que l’œil renferme 98 pour 100 d’eau et l’eau ne laisse pas passer les rayons N. Mais cette eau renferme des sels et toute eau salée, comme nous l’avons dit, est un emmagasinateur de rayons.
- Un simple caillou insolé émet des rayons pendant trois ou quatre jours, et peut exalter sensiblement la flamme d’une lampe, d’une bougie, etc.
- Autre fait non moins curieux. 11 suffit de comprimer un corps pour l’obliger à émettre des rayons N. Les corps qui sont dans un état d’équilibre contraint émettent sans cesse ces radiations. Ainsi les larmes bataviques, l’acier trempé, le laiton écroué par le martelage, du soufre fondu à texture cristalline. 11 suffit d’approcher un peu de sulfure de calcium phosphorescent d’une lame de couteau, ou d’une lime pour voir augmenter la phosphorescence. Et l'elfet se produit encore derrière une lame d’aluminium épaisse de 1 centimètre, derrière un madrier de chêne de 5 centimètres, etc. Et l’acier trempé émet ses l’ayons N spontanément et indéfiniment. Des outils de tour conservés dans la famille de M. Blondiot et n’ayant jamais été retrempés émettent encore des rayons N. Un couteau provenant d’une sépulture gallo-romaine et datant
- 1 L’eau n’est pas transparente aux rayons N ; niais l'eau salée l'est beaucoup au contraire.
- p.130 - vue 134/536
-
-
-
- LA SATURE.
- lôl
- de l’époque mérovingienne émet des rayons tout autant qu un couteau moderne. \oilà donc une émission permanente qui persiste depuis douze siècles ! A rapprocher des émanations du radium! Cependant ici cette dépense continue peut probablement résulter de l’énergie due à l’état contraint de l’acier trempé.
- En somme, tous les physiciens admettent qu’il existe autoui de nous une foule de radiations encore inconnues. On les trouvera sans doute peu à peu. La découverte de M. Blondlot confirme ces vues. Et encore les ra\ons N paraissent accompagnés d’autres radiations mal définies et que M. Blondlot cherche en ce moment à isoler. En les réfractant par une lentille ou un prisme d’aluminium, on s aperçoit que les rayons n’ont pas le même indice de réfraction. Cela varie entre 1,04 et 1,85. Les longueurs d onde sont beaucoup plus petites qu’on ne l’aurait supposé tout d’abord. Elles oscillent entre 0,00815 de micron et 0,0176. La longueur d’onde augmente avec l’indice de léfiaction contrairement à ce qui se passe pour les rayons lumineux. Les nouveaux rayons possèdent donc des longueurs d onde qui les classent bien au delà de l’ultra-violet.
- \oilà en résumé ce que l’on sait aujourd’hui sur les nouvelles radiaiions. Les recherches ultérieures pourront agrandir le champ de la découverte du savant physicien de Nancy. En tout cas, on peut dire dès maintenant que nous vivons au milieu des radiations N. Le soleil en apporte partout; ils s’introduisent dans les pièces les plus fermées, a travers les murailles, les portes et les fenêtres; ils sortent des rochers, des cailloux, du sol, de 1 Océan. M. Meyer de Nancy vient de montrer que tous les végétaux émettent également des rayons N ; les forêts et les bois sont des générateurs des nouvelles radiations. Les corps en fermentation en donnent. Le son en se produisant, selon M. d Epinay, engendre encore ces mêmes rayons. La musique nous enveloppe de ravons N. Enfin, M. Charpentier toujours de Nancy a découvert que le corps humain lui-même comme celui des animaux, émettait les memes radiations. Les nerfs, en particulier, puis les muscles sont le siège d’émanations de rayons N.
- 11 est donc permis de penser que nous sommes tous soumis a des influences qui nous avaient échappé jusqu’ici et qui retentissent sur notre activité physiologique et psychique. Il nous restera maintenant, pour compléter cette esquisse sommaire, à parler plus spécialement des radiations humaines. Henri de Parville.
- CURIEUX MODE DE GREFFAGE
- Le greffage des arbres fruitiers est devenu aujourd’hui une opération trop commune pour qu’il soit besoin d’en présenter les règles scientifiques ou pratiques dans cette Revue. Chacun sait que l’on transporte à volonté d’un sujet à un autre sur le même genre et.quelquefois sur des genres différents de végétaux — des rameaux, des yeux et meme des boulons à fruits, en vue de changer une variété ou de rendre fertile un arbre qui ne portait aucun fruit. Mais, ce que l’on sait moins, c’est que l’on peut aussi prendre des jeunes fruits, dans de certaines espèces, pour les greffer sur des rameaux à bois, appelés à les nourrir. On peut s’en rendre compte facilement en jetant un coup d’œil sur la ligure ci-jointe, qui montre une poire de la variété « Duchesse d’Angoulême ».
- Cette poire a été détachée d’un bouquet de fruits nouvellement fécondes, au moment où les arboriculteurs sont dans 1 usage de faire le premier éclairci sur les aibres trop chargés. Elle a été aussitôt posée sur un
- rameau à bois d’un an d’àge, par la pratique de la greile connue sous le nom de « greffe sous écorce ».
- Il est du reste facile de se rendre compte du mode opératoire, en examinant la figure avec un peu d’attention. On peut voir que le rameau a été coupé à 4 ou 5 centimètres de longueur, qu’il a été incisé en long vers son sommet, pour ouvrir l’écorce sur un côté. Le pédoncule du fruit ayant été taillé à plat, on a pu le glisser sous l’écorce soulevée, de manière que les deux zones génératrices (cambium) soient en contact intime. Une bonne ligature au raphia et un engluement au mastic à greffer ont complété l’opération.
- La soudure a été longue à se faire, à cause sans doute de la grande déperdition de sève de la part du fruit, ce qui l’a retardé dans son agglutination comme dans son développement. 11 n’a réellement profité qu’à partir du mois d’aoùt, de sorte qu’il n’a pu atteindre son volume normal durant la période de végétation devenue trop courte de plusieurs semaines.
- Nous nous proposons, l’an prochain, de continuer celte
- Un curieux mode de greflàgc.
- expérience, mais nous prendrons nos dispositions pour activer la soudure tout en évitant, bien entendu, l’évaporation du liquide sèveux.
- Entre autres moyens, nous essaierons pour cela la mise en sacs, telle qu’on la pratique actuellement pour l’obtention des fruits dits de « luxe ». Les bassinages souvent répétés seront également essayés. En outre, nos essais porteront sur plusieurs espèces et variétés de fruits; s’ils nous conduisent vers un succès suffisant nous en ferons part aux lecteurs de ce journal.
- Il nous serait agréable d’apprendre que d’autres expérimentateurs voulussent bien aussi poursuivre cette étude. Elle parait devoir constituer ûn sujet de recherches bien suggestif, tant au point de vue scientifique qu’au point de vue pratique. Sous ce dernier rapport, il est facile de saisir tout le bénéfice que pourrait en tirer l’arboriculture fruitière, qui en temps voulu prendrait les fruits eu excédent sur certains arbres pour les porter sur d’autres qui en sont dépourvus.
- E. Courtois, Du voire,
- l'i'olesseur Je la Société .Membre de la même Société
- d Iforiioulture de Deauvais. Arboriculteur-amateur.
- p.131 - vue 135/536
-
-
-
- LA NATtRL.
- lr>â
- LES TÉTRÂONIDÉS
- Les letraonidés, qu’on appelle encore tétras ou grouses, forment une tribu remarquable des oiseaux coureurs. Ils ont avec les perdrix et les gallinacés proprement dits une parenté étroite. Un divise ces oiseaux en trois familles : les Gangas, les Lagopèdes et les Tétras.
- Les premiers habitent les rivages du sud de T Europe, les sables déserts de l’Algérie et de l’Asie Mineure, les steppes de la Russie méridionale.
- Les seconds appartiennent aux régions glacées du nord de l’Europe et de l’Amérique.
- Quant aux derniers, ils se tiennent plutôt dans les plaines élevées et froides, sur les coteaux sauvages couverts de bruyère ou dans les jeunes futaies de bouleaux, de coudriers et de sapins. Tous ces oiseaux ont les ailes courtes, arrondies et concaves, comme celles de notre poule domestique. Aussi leur vol est-il très pesant. Ils courent beaucoup plus qu’ils ne volent. Le cou est parfois dénudé; la tète, chez le mâle, est ornée d’une membrane charnue contractile, qui se gonlle et se colore suivant les impressions éprouvées par l’oiseau. Cette membrane est insérée tantôt à la hase du bec, tantôt sur le sommet de la tète ou sur les joues. Le tarse est armé, en arrière, d’un ergot assez fort, d’autant plus long que l'animal est plus âgé, et qui constitue une arme dangereuse pour ses pareils. La femelle n’a pas d’ergots ; elle porte, en leur lieu et place, un petit tubercule à peine apparent.
- Tous les tétras ont les pattes couvertes de plumes. Ceux qui habitent les montagnes neigeuses ont les
- doigts emplumés jusqu’à l’ongle, ce qui leur permet de se soutenir aisément à la surface.
- Tous se nourrissent de graines et de végétaux ; tous pondent à terre, dans un nid grossier fait de quelques brins de paille ou d’herbe, mal assemblés. Les gangas forment, avec le syrrhapte, la première
- famille des Tétraonidés. Les individus qui la composent font penser aux Outardes de la Reauce et aux Tétras du plateau lorrain. Le syrrhapte n’a pas de pouce. Le mâle porte aux ailes et à la queue quatre plumes terminées par un filament long et pointu. Les tempêtes de neige ont poussé, à différentes époques, vers l’intérieur de notre pays un nombre considérable de ces oiseaux peu connus. C’est ainsi qu’en 1805 on a pu en tuer beaucoup aux environs de Chàlons-sur-Marnc.
- Les gangas ressemblent à nos perdrix par la
- forme du corps et la disposition des pattes. Leur queue est fourchue comme celle du syrrhapte.
- Dans la famille des Lagopèdes on trouve des oiseaux à tète aplatie et à bec assez court. La forme est encore celle de la perdrix, mais en plus gros et les p a 11 e s ressemblent à des pattes de lièvre. C’est à cela du reste qu’ils doivent leur nom et celui de Perdrix de neiges qu’on leur donne quelquefois. Les narines sont cachées sous les plumes du front. Au-dessus de l’œil se trouve une bande charnue, papilleuse et rouge. La quatrième rémige est plus longue que les autres. La queue est courte, large, à peu près carrée. Les ongles sont creusés en gouttière par-dessous.
- La plupart de ces oiseaux ont deux robes : une
- Fig. 1. — Lagopède blauc.
- p.132 - vue 136/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 155
- légère et de couleurs variées pendant l’été; une blanche de fin duvet très serré pendant l’hiver.
- Ils nichent dans une petite cavité du sol. La femelle pond de sept à douze œufs jaune foncé, couverts de grandes taches brunes si nombreuses, qu’on peut à peine distinguer le fond. Les petits viennent au monde avec un duvet brun très fourni et ils se mettent à courir dès la sortie de l’œuf.
- Les Lagopèdes sont d’humeur pacifique et ils vivent ordinairement en famille. Mais, comme ils sont monogames, ils se séparent en couples au moment de la ponte. Leur taille varie de 55 à 45 centimètres. Le plus grand est le lagopède d’Ecosse; le plus petit, celui
- des Alpes ou Ptarmigan. Le lagopède blanc, le lagopède de rochers, le lagopède hyperboréen du Spitzberg et le lagopède à queue blanche d’Amérique, ont une taille intermédiaire.
- Le lagopède blanc (fig. 1 ) est d’un blanc de neige en hiver, h l’exception des rectrices qui sont noires sauf à l’extrémité.
- L’œil est relié au bec par une bande noire. En été, la tète, le dos, la poitrine et la partie supérieure de l’aile sont d’un roux assez foncé, semé de taches noires.
- Les autres parties du corps conservent leur couleur blanche. Sa nourriture se compose de fruits, d’herbes, de chatons de saules, de fruits de pins, de baies de genévriers, etc.
- Buffon lui avait donné le nom de Gelinotte du Canada. D’autres l’ont appelé Lagopède d’Hudson et Tétras des saules.
- Le ptarmigan ou lagopède muet a presque la robe du précédent. Cette robe change du reste avec la saison. En été, l’oiseau est roux, avec des ailes et un abdomen blancs. Le dos est varié de bleu cendré et de roux. La tête porte des lignes noires striées.
- La grouse d’Ecosse (fig. 2) est un bel oiseau
- Fiji. 5. — Tétras auerlialm. Grand coq de bruyère.
- rouge brun, avec, sur les ailes et les côtés, des croissants bleu cendré du plus bel effet. 11 porte sur tout le corps des mouchetures noires. C’est une des plus belles pièces qu’un chasseur puisse inscrire à son tableau.
- Les grouses sont des oiseaux défiants, dont qu approche difficilement. Pour les atteindre, on emploie toutes les ruses. Les uns se dissimulent dans des sortes de cages portatives faites de branches; d’autres se couchent sur le dos d’un cheval sans selle, en se cachant aussi bien qu’il est possible; d'autres enfin se servent de la vache artificielle en toile peinte (fig. 5) et voici comment : le chasseur introduit la tète et les bras dans la tète postiche et porte, au moyen de bretelles, le corps ou l'arrière-train de la vache. Pour un costume bizarre, c’en est un! Il parait que l’usage en est merveilleux. Je crois volontiers que la manœuvre de cet appareil est assez difficile ; car il n’est pas donné à tous ceux qui en font usage de paître convenablement et de pouvoir approcher du gibier sans lui donner l’éveil. Inutile de dire que le ; . roi d’Angleterre ne
- chasse pas la grouse de cette façon.
- Les Tétras ou coqs de bruyère diffèrent un peu des Lagopèdes. Ce sont des oiseaux pesants, qui ont une vague ressemblance avec les faisans et les dindons. Ils perchent sur les bouleaux et les sapins, dont ils mangent les jeunes bourgeons. Ils se nourrissent aussi de chatons de coudriers et de peupliers, de pommes de pins, de chardons, de mûres, de baies de myrtille, de sarrasin, de gesse, de millefeuilles, de faînes et, dans le jeune âge, d’œufs de fourmis. Ils sont polygames.
- Dans cette famille on groupe le Tétras auerhahn, ou grand coq de bruyère (fig. 5); la gélinotte ou petit Tétras, appelée encore petit coq de bruyère et
- Fig. i. — Tétras gélinotte.
- p.133 - vue 137/536
-
-
-
- m
- LA NATURE.
- poule des coudriers (lîg. 4) ; et le Tétras birkhahn ou à queue fourchue.
- Le grand Tétras est bleu cendré varié de noir et de roux. La poitrine est verte avec des reflets métalliques. Le bout des grandes couvertures des ailes est blanc, ainsi que l’extrémité des plumes qui recouvrent la queue. Les rémiges sont brunes et les pattes fortes. C’est avec l’outarde, le plus grand gibier d’Europe. Il a plus d'un mètre d’envergure et pèse souvent jusqu’à (> kilogrammes. Comme le faisan, il aime les bois touffus.
- Vers la fin de l’hiver, les Tétras se réunissent en bandes nombreuses. C’est l’époque de la pariade. Les mâles s’attaquent et se déchirent avec frénésie. La loi du plus fort est, chez eux, la meilleure. Comme les nobles dames du temps passé, les femelles sont là pour encourager les combattants et juger des coups. La bataille terminée, les mâles font entendre un chant, triomphal auquel répondent les femelles. Alors les vainqueurs se pavanent, font la roue et montrent les riches couleurs dont la nature les a pourvus pour la circonstance. Eblouies les
- Fi<r. 5. — Anche artificielle en toile peinte.
- belles clignent des yeux avec une satisfaction évidente et ne ménagent pas les signes d’admiration à ceux qui ont rompu l’ergot avec le plus d’adresse.
- Cette époque de l'année est la seule où le chasseur puisse facilement approcher du gibier; car le coq de bruyère est extrêmement défiant et sauvage. C’est aussi le moment des grandes chasses de Guillaume II, qui est un fervent disciple de saint Hubert.
- La gélinolte est de robe moins sombre. Sa couleur dominante est le roux. Le dos, ainsi que les ailes, est zébré de bleu cendré et de noir. Sur les joues et le cou s’étend une longue bande blanche. La tête est ornée d’une huppe. Les tarses sont emplumés jusqu’à la naissance des deigts pectinés sur les bords. Le mâle porte à la gorge une plaque noire.
- Pendant l’été la gélinotte vit d’insectes, de vers et de limaçons quelle trouve en grattant le sol. La taille de cet oiseau est à peu près la même que celle de la perdrix rouge.
- C'est un excellent gibier qui veut être servi dans les grands festins et sur des tables de luxe. 11 peut l’être tout aussi bien sur des tables plus modestes, car un vrai gourmet n’est pas difficile quand le morceau est fin et délicat. E. Henriot.
- UNE ASCENSION A 7130 MÈTRES
- Jusqu’à présent, à notre connaissance, tes ascensionnistes ayant atteint la plus haute altitude étaient ceux qui avaient pu parvenir au sommet du mont Aconcagua, dans l’Amérique du Sud, sommet qui ne s’élève pas tout à fait à 7000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Mais voici que des Anglais viennent de dépasser de plus de 100 mètres ce « record » déjà énorme, et 100 mètres c’est beaucoup, quand on arrive à ces hauteurs prodigieuses où la moindre montée supplémentaire représente une somme d’efforts considérable.
- L’expédilion qui s’est livrée à ce haut-fait de ce qu’on appelle maintenant d’une façon courante F « alpinisme » vient de rentrer en Europe, car c’est la partie nord-ouest de l’Himalaya qui en a été le théâtre : cette expédition avait été organisée par M. le l)r William llunter Work-man, qui était accompagné de sa femme, de deux guides, de M. B. llewelt, chargé des relevés topographiques, et naturellement aussi d’une série de coolies indigènes, de porteurs, destinés à transporter les bagages, appareils, approvisionnements, tentes, etc. Nous dirons tout de suite que ces ascensionnistes intrépides ne se sont pas contentés d’étre montés plus haut que n’importe qui : ils ont rapporté une masse de documents et d’observations fort intéressantes sur les phénomènes glaciaires, sur la topographie des régions qu’ils ont parcourues, sur la géologie de ces montagnes, etc. L’expédition est montée d’abord au glacier de lloh Lumba, entre les glaciers Hispar et Chogo Lumba, et elle a trouvé des précipices verticaux de plus de 2000 mètres, limitant certains passages. Sur plusieurs points la neige molle était tellement épaisse qu’on y entrait jusqu’à la ceinture; il fallait du reste se préserver des redoutables avalanches qui bouleversent constamment ces hautes régions. Nos alpinistes s’attaquèrent ensuite aux trois pics qui entourent les glaciers de Chogo Longma, et, pour y arriver, on dut établir trois petits camps à des hauteurs de plus en plus considérables, de 4937, de 5669 et de 5899 mètres : il fut impossible d’en établir un plus haut, parce que les coolies souffraient du mal des montagnes, et que rien ne put les décider à monter davantage. Toujours est-il que le IV Workman et sa vaillante femme atteignirent d’abord le premier pic, qui est haut de 6635 mètres, puis le deuxième, qui s’élève à 6878 mètres. Restait le troisième sommet, dont l’altitude est de 7463 mètres d’après les relevés du Service Trigonomé-trique de l’Inde ; mais il aurait fallu avoir un camp installé plus haut pour servir de point de départ à cette dernière ascension, et le Dr Workman, cette fois non suivi de sa femme, qui se trouvait à bon droit fatiguée, s’est contenté d’atteindre une crête rocheuse s’élevant à la hauteur de 7150 mètres que nous annoncions en commençant. R. B.
- UNE EXÉCUTION EN CHINE
- Nous avons reçu dernièrement d’un de nos correspondants actuellement en Chine, le récit d’une exécution qui a eu lieu à Pékin ; nous le reproduisons. A. T.
- « Quand une exécution a lieu à Pékin, le peuple est averti longtemps à l’avance par la voie des journaux, c’est un spectacle pour lui, et il y a toujours pour le voir une foule considérable. Le supplice a eu lieu dansunedes rues les plus fréquentées de Pékin. Trois barraques en
- p.134 - vue 138/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ir>r,
- bambous sont montées pour la circonstance : l’une d’elles est destinée à abriter le Grand Conseil composé des hauts mandarins, l’autre reçoit les condamnés, qui sont arrivés de bonne heure et sont au nombre de 56 hommes et une femme. La troisième cabane, ayant 1 mètre de largeur, sert à abriter les couteaux qui sont exposés et gardés par les bourreaux. Le manche des couteaux est en bois sculpté et représente des animaux symboliques, la lame a environ 60 centimètres de long, 12 de large et 1 d’épaisseur dans la partie non tranchante.
- Pour commencer les cérémonies du supplice il faut attendre l’arrivée du décret impérial. Lne foule considérable est là depuis longtemps, les mandarins sont réunis et le décret tarde toujours à arriver. Le messager impérial, d’après les usages, ne peut pousser son cheval qui doit aller à son gré jusqu’au lieu du supplice. 11 arrivera toujours à temps, pensent les Chinois, pour apporter la terrible sentence.
- L’ordre arrive enfin, la rue est encombrée de curieux, de nombreux soldats armés de fouets énormes ne tardent pas à faire un passage libre, en frappant sur le public. On arrête un Chinois, promeneur paisible, qui, comme bien d’autres, est venu voir les exécutions ; on l’enchaîne et on l’attache à un poteau placé devant le tribunal. Tous les condamnés défileront devant lui. 11 a voulu voir, on l’y condamne, mais en revanche après l’exécution, il devra recevoir sur le dos 25 coups de cadouille, le motif, je l’ignore; mais, paraît-il, chaque fois ça se passe ainsi, le premier venu est pris et doit servir de principal témoin dans ces affreuses cérémonies.
- Les couteaux sont portés majestueusement par les aides du bourreau au bout de la rue, endroit où sera exécuté le premier condamné. Il vient immédiatement après et est bien escorté, ses mains attachées derrière le dos il ne pourrait se sauver, sa marche est assurée, ses jambes ne chancellent pas ; arrivé devant les bourreaux, sa figure ne trahit aucune émotion, sa pâleur est livide, mais son indifférence semble absolue. Le condamné se met à genoux seul, on lui met une cordelette passant à travers la bouche et revenant derrière la tête ; un des aides tient cette cordelette en tirant dessus de façon à maintenir la tète baissée pour la détacher plus facilement. Le patient se laisse faire, il baisse la tète de lui-même, toujours aussi calme, quelquefois il chante. Le bourreau lève son couteau et le laisse retomber, mais ayant mal calculé, il touche trop près de l’épaule et son arme ne pénètre qu’à la moitié du cou. Il continue son œuvre en sciant tant bien que mal, arrachant un morceau d’épaule pendant que l’aide tire sur la corde, et arrive enfin à détacher complètement la tète. On la promène pour qu’elle soit bien vue par le public, et présentée aux juges. Puis elle est déposée près du corps. Le bourreau essuie son couteau et attend le deuxième condamné. Celui-ci semble encore plus indiflê-. rent que le premier ; il voit le corps sanglant, et n’a pas même un mouvement de recul lorsqu’il s’agenouille dans le sang et qu’on lui passe dans la bouche la corde ensanglantée par la précédente victime. Pour celui-ci, le bourreau réussit son coup, au moment où le couteau tombe, un cri rauque échappe du patient et c’est tout. On amène d’autres condamnés et l’arme se lève à nouveau, et toujours le même cri terrifiant d’une vie de moins etainsi sans répit, souventpendant des heures! Quel personnage sinistre que ce bourreau ! des milliers de vie passent entre ses mains dans une année. Plus cynique encore que les condamnés, il essuie sans cesse son couteau, le retourne entre ses mains, enlève le sang qui lui couvre la figure et
- ramasse les tètes au fur et à mesure qu’elles tombent, afin de les présenter au Grand Juge, de la même façon qu’un automate et avec un calme surprenant. Une se presse pas, son visage ne marque aucun signe prouvant qu’il sait ce qu’il fait, il attend toujours une nouvelle victime, et ne manifeste de fatigue que si leur nombre est considérable. Le bourreau pourtant ne poursuit pas son œuvre sans certaine émotion dissimulée. S’il n’a pas tué le condamné après s’v être reprisa deux fois, il peut lui-même être puni de mort.
- Les Chinois, spectateurs insensibles, regardent la scène et ne paraissent nullement surpris, c’est naturel pour eux, car ils considèrent en réalité la vie comme bien peu de chose. Des quantités d’étrangers assistent aussi à ce spectacle horrible. Russes et Anglais sont les plus nombreux ; un soldat Anglais a son pantalon recouvert de sang, il pousse toujours les Chinois pour être au premier rang du commencement à la fin. IJn Russe, un monsieur, me dit qu’il attend pour voir les étranglements, car, paraît-il, ce sera très intéressant; sur une remarque que je lui fais au sujet de l’impassibilité des Chinois, il paraît surpris et m’assure que « ça ne lui fait rien... il en a tant vu!... » Et pour exciter l’attention, il faut un changement dans la manière de « supplicier ».
- On a assez coupé de têtes, maintenant on étrangle. Le condamné étant couché par terre, le bourreau lui passe autour du cou une ficelle qu’il serre en l’enroulant autour d’un morceau de bois jusqu’à ce que le patient soit complètement étranglé. On en exécute ainsi une dizaine. Les exécutions terminées, le mandarin paye le bourreau en jetant l’argent à terre, pour éviter de lui toucher la main.
- Tel est le spectacle que j’ai vu et qui ne peut que faire horreur à des gens civilisés. Et ce que j’ai vu n’est rien à côté de certaines exécutions, caria torture peutavoir lieu de même en pleine rue ; un de mes amis me disait avoir vu couper une femme en morceaux. »
- ---------
- APPLICATION DES
- LUNETTES PANORAMIQUES AUX CANONS
- L’application des lunettes au pointage des cancms vient de faire un pas décisif par l’emploi des lunettes panoramiques Goerz que la « Rheinischen Metallwa-ren-und Maschinen fabrik»,de Düsseldorf, vient de tenter dans ce but.
- Tandis que la lunette à pointer ordinaire tourne d’une pièce autour d’un axe vertical, dans la lunette panoramique, il n’y a que la monture propre et l’oculaire qui soient reliés « ne varietur » avec le dispositif de pointage. De plus, le genre de ce dispositif est indifférent. Il n’y a que le réflecteur de la lunette qui, au moyen d’une vis hélicoïdale, tourne autour de son axe vertical. Il est dirigé vers une cible ou une cible auxiliaire. Pour pouvoir produire rapidement de plus grands déplacements, la vis hélicoïdale peut être désengrenée. La mise en position de l’axe de la lunette se fait au moyen des divisions marquées sur le pourtour du tambour de la vis hélicoïdale et visibles par une fenêtre, en conformité avec les degrés marqués par la vis hélicoïdale. La première échelle comporte 64 divisions, la seconde 100 divisions. Un tour complet de la vis hélicoïdale correspond à un intervalle de la première échelle, en sorte qu’une partie du tambour de la vis hélicoïdale correspond à
- p.135 - vue 139/536
-
-
-
- 156
- LA NATURE.
- 1/6400 du tour complet et environ à 1/1000 du rayon. Le point zéro correspond à la position de l’axe optique de la lunette qui est parallèle à l’axe de l’àme. La mise en position de la lunette pour la direction latérale ainsi que les corrections se font donc en tournant la vis hélicoïdale comme à l’ordi-Jxaire; la distance verticale de l’oculaire jusqu’à l’ou-^qrture du réflecteur est calculée de telle sorte qu’un U5;g':pointage direct au-dessus de la tète de l’observateur „ peut encore se faire. Avec un agrandissement de '4 fois, un champ visuel réel de 10° et un tirage de 4 mm, on obtient pour la forme extérieure et les dimensions de la lunette, pour l'intensité lumineuse et la clarté des images, des conditions qui se montrent très pratiques pour les pièces de campagne et de forteresse. Pour l’emploi de la lunette panoramique avec les pièces de campagne,
- 1 a combinaison avec l’affût présente parfois des difficultés. Il ne peut être question d’employer le niveau à bulle d’air avec hausse glissante courbe.
- Lorsqu’un canon de la forme déjà citée est pourvu de la lunette panoramique, cette dernière est placée à l’cndroitdela tête de la hausse sur la hausse glissante. Limette et tête de hausse sont employées chacune suivant le
- besoin. Lorsqu’il s'agit de diriger le tir directement, la hausse est placée à la distance commandée et le déplacement latéral est obtenu en faisant tourner la vis hélicoïdale. Le canon est alors pointé au moyen de la lunette et des dispositifs élévateur et déplaceur. Puis on fait les corrections.
- La figure 1 montre l’emploi avec une pièce pourvue d’un bouclier. Lorsque la ligne de pointage a pris dans la lunette la direction voulue par rapport à l’axe de l’àme, grâce au mouvement tournant du réflecteur, le pointeur peut diriger sa pièce sur une cible auxiliaire et obtenir ainsi plus exactement la position nominale que s’il pointait directement sur le but. La détermination de l’angle que la ligne de pointage doit faire avec l’axe de l’àme et d’après lequel le réflecteur de la lunette doit être tourné pour obtenir le pointage vers le but à atteindre en pointant
- sur le but auxiliaire, appartient d’ordinaire au commandant de batterie. D’après la position de la batterie, d’après son voisinage et les moyens auxiliaires dont on dispose, on choisira parmi les diverses méthodes, celle qui permet d’atteindre le plus rapidement et le plus sûrement le but et d’ouvrir le plus vite le feu.
- Si, d’un des canons de la batterie, le but à atteindre est visible, le plus simple est de pointer d’après la direction de cette pièce. L’échelle permet de lire l’angle en x pour 1000. Ce nombre est communiqué à chaque pièce avec les corrections que peut nécessiter sa position par rapport au but.
- La lunette panoramique se prêle du reste à toute une série d’autres observations qui sont de nature
- à faciliter la lâche
- " =~ rie. Nous citerons
- l’observation du tir, la distinction des buts qui facilite la distribution du tir, lame-sure de la trajectoire. Alors que dans les pièces de campagne c’est surtout le pointage direct qui peut s’employer, pour les pièces de forteresse, de siège, etc., le pointage indirect est de règle. Par suite de l’établissement des pièces dans les batteries et dans des endroits où elles ne peuvent être vues de l’ennemi, mais d’où à leur tour elles ne peuvent le voir, le pointage indirect devient de la plus haute importance. Par l’emploi de la lunette panoramique ce genre de pointage devient très facile et il est indifférent que le pointage se fasse vers un but auxiliaire placé en avant ou en arrière de la pièce.
- La figure 2 montre une lunette panoramique établie conjointement avec un cadran de pointage tel qu’on l’emploie dans les modèles les plus nouveaux de canons de forteresse. Le pointage direct peut du reste se faire sans difficulté. Le pointage indirect se fait toujours par la lunette de pointage, près de laquelle le pointeur prend place; de là, il peut sans peine, au moyen de volants à main, commander les dispositifs de pointage. Le but auxiliaire doit toujours être un objet nettement visible de toutes les pièces et placé à une distance connue.
- p.136 - vue 140/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 157
- Pour le tir nocturne, on place, le jour, derrière la batterie, une, cible sur laquelle sont pointées toutes les lunettes; on note les positions; la nuit venue, on remplace la cible par une lumière et ou
- éclaire le croisillon de la lunette au moyen d’une lanterne sourde. On peut alors braquer sur le but auxiliaire.
- Pour ces pièces, l’emploi de la lunette panora-
- mique présente l’avantage que la mise en position de la pièce peut se faire la nuit aussi bien que le jour et dispense d’ailleurs des autres dispositifs usités en pareil cas.
- Nul doute ([ue ce mode de pointage ne prenne bientôt une grande extension dans toutes les armées
- où il apportera une petite révolution dans les méthodes traditionnelles en facilitant la besogne des commandants de batterie, tout en donnant plus de rapidité, de simplicité et d’exactitude au pointage.
- Émile Gcakisi.
- p.137 - vue 141/536
-
-
-
- 138
- LA NATURE.
- IA FORME ET IA STRUCTURE DE L’ÉCLAIR
- Sous oc fifre, M. W. Prinz, assistant à l’Observatoire royal de Belgique, a publié récemment, une étude très importante sur la forme et la structure de l’éclair d'après des documents uniquement photographiques, les seuls discutables d’un phénomène dont la production est si soudaine. L’étude de l'éclair, comme de la plupart des phénomènes instantanés et inattendus, est en effet d’une grande difficulté.
- Vouloir fixer par le dessin l'image d'un éclair est une utopie. Ceux qui ont photographié ces météores et ont vu l'éclair jaillir savent combien l’image enregistrée est différente de celle que l’on avait cru voir. La photographie estdonc le moyen tout indiqué pour l’étude des éclairs. Toutefois l’œil peut encore être utilisé pour certaines observations particulières de ce phénomène comme nous le verrons plus loin.
- Parmi les chapitres abordés dans la savante étude de M. Prinz, citons d’abord les formes habituelles des éclairs : éclairs linéaires, sinueux, à méandres, en boucle, en chapelets, rayonnants, etc. Une classification rigoureuse de ces phénomènes est extrêmement délicate, d’autant plus que la perspective peut en changer complètement l’apparence. Tel éclair, sinueux par exemple, vu d’un point situé sur sa direction prolongée, pourra paraître constitué par une boucle et un enchevêtrement parfois inextricable. Nous observons et enregistrons une projection de l’étincelle électrique sur le fond du ciel ou mieux de nuages, nous en sommes réduits à supposer que l’éclair est d’autant moins brillant qu’il est moins large sur la plaque et nous en concluons qu’il est plus éloigné.
- Or, ici, le phénomène se complique des défauts inhérents aux procédés photographiques et nous verrons plus loin, à propos des éclairs noirs, le rôle important joué par la surface sensible.
- lin. point fort instructif est la durée de l’éclair. D’une façon générale, l’éclair est pour beaucoup la notion même de l’instantanéité, l’emblème de la rapidité. Or c’est encore là une de ces croyances que la science a détruites en nous montrant qu’il n’en est pas toujours ainsi.
- De nombreuses expériences ont été entreprises à ce sujet par Wheatstone, Dove, Dufour, Roth, par l’observation de disques divisés en secteurs blancs et noirs et tournant à une vitesse déterminée. On a reconnu par ce procédé que certains éclairs sont constitués par une ou plusieurs décharges instantanées laissant entre elles des intervalles de 1/10 à 1 /20 de seconde au moins. Le début de l’éclair est marqué généralement par une illumination d’apparence continue d’une durée de 1/4 de seconde environ. La durée totale d'un éclair peut ainsi être de 1/4 à 1/2 seconde et plus.
- Dès 1830, Rivière écrivait dans son « Traité de Géographie et de Géologie » : « Il faut peut-être considérer un éclair non comme une seule étincelle
- électrique, mais bien comme une série d’étincelles dont la première provoquerait toutes les autres ; chaque étincelle produisant un bruit, la réunion de tous ces bruits formerait le bruit général du tonnerre. »
- Il est facile de montrer que cette hypothèse de plusieurs explosions successives est inadmissible pour expliquer le roulement prolongé du tonnerre, car les diverses explosions ayant lieu en moins d’une seconde produiraient une impression à peu près unique sur le tympan. L’explication qui paraît la plus probable est la suivante : lorsqu’un éclair jaillit, le son se produit en tous ses points au même instant ou à peu près. Comme ces divers points sont à des distances différentes de l’observateur, celui-ci ne percevra le bruit de l’explosion en chacun des points que successivement, suivant la distance de ces points. Il en résulte donc un roulement continu puisque l’éclair est continu, avec des variations dépendant de la forme, de l’intensité de l’éclair, et aussi des échos à la surface des objets terrestres ou sur les nuages, etc.
- La photographie est encore un très précieux auxiliaire dans cette question de la détermination de la durée de l’éclair, car elle permet de surprendre le phénomène en ses différentes phases en l’étalant. Le procédé consiste à déplacer l’image de l’éclair à la surface de la plaque sensible, avec une vitesse déterminée, soit en faisant tourner la plaque devant l’objectif, soit en fixant l’objectif au trembleur d’une sonnerie, soit en utilisant le mouvement d’une pellicule sans fin sur des rouleaux. On obtient ainsi, en général, non seulement la photographie d’un seul éclair, mais une série d’éclairs àpeu près semblables, parfois d’une ressemblance remarquable et sensiblement parallèles.
- Il suffit ensuite, connaissant la vitesse de déplacement de l’appareil ou de la surface sensible, de discuter les images obtenues pour trouver la durée totale du phénomène et l’intervalle de temps séparant les diverses décharges partielles. Les résultats sont fort différents. Ils oscillent entre 1/20 de seconde et 1/2 seconde. « Nous dirons donc, conclut M. Prinz, que la durée totale de l’étincelle atmosphérique varie entre l’instantanéité et une seconde ; elle est voisine d’une 1 /2 seconde. »
- L’espacement des décharges élémentaires constituant l’éclair total est de l’ordre du 1/10 de seconde, c’est-à-dire près de la limite de perception visuelle. On peut expliquer ainsi le tremblotement observé dans certains éclairs puisque l’on distingue presque les diverses décharges partielles1.
- M. P rinz pense que c’est là l’explication de celte lueur particulière (pii, parfois, succède à de très brillants éclairs, lueur qui a été comparée par M. Pockel à l’aspect du filament d’une lampe à
- 1 Un phénomène semblable peut être observé sur les lampes à arc des secteurs électriques à courant alternatif, lorsque la période est suffisamment longue. La lumière des lampes éprouve un tremblotement visible avec une certaine attention.
- p.138 - vue 142/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 130
- incandescence dont on vient de rompre le courant, par M. Liais à la traînée d’un bolide, par M. Prinz, à celle d’une fusée et par nous-mêmc à une phosphorescence de l’air. Ce phénomène n’est pas souvent visible. Il se produit surtout après des éclairs linéaires particulièrement intenses. On voit alors, sur le fond noir du ciel, une image de l’éclair, de couleur jaune verdâtre ou rougeâtre, qui décroît très vite d'intensité. On voit, dans cette lueur, les plus petits détails masqués par irradiation dans l’éclair principal. 11 ne s'agit pas ici d’une impression sur la rétine, car j’ai pu constater l’immobilité de cette lueur en changeant la direction du regard.
- Il faudra de nouvelles observations pour décider du fait et de la nature de l’image. Mais nous avons la conviction que ce phénomène n’est pas dû à des décharges rapprochées, mais à quelque chose de différent. L’hypothèse d’une phosphorescence (ou d’une incandescence) nous a paru la plus probable.
- Mentionnons, en passant, les longueurs de 12 et 15 kilomètres calculées pour certains éclairs. La détermination de la longueur des éclairs est intéressante à tenter et nous voudrions, à ce sujet, signaler l’application extrêmement utile qui pourrait être faite de la stéréoscopie à la photographie des éclairs.
- Il faudrait, pour arriver à des résultats pratiques, monter deux chambres munies d’objectifs appairés aux extrémités d’une barre rigide de 2, 5 ou A mètres de longueur et susceptible de prendre facilement toutes les orientations et inclinaisons. Une telle base de 2 h 4 mètres sera amplement suffisante, dans la plupart des cas, pour obtenir des photographies stéréoscopiques des éclairs.
- La visibilité « en relief » des éclairs, en mettant à part le côté certainement très pittoresque de l’aspect, des moindres méandres de ce sillon de feu, apporterait des renseignements fort utiles sur la constitution de ces météores et permettrait des mesures très exactes de leurs dimensions réelles.
- M. Albert Senouque a obtenu déjà dans cette voie quelques résultats importants. L’éclair étant souvent composé, comme nous l’avons vu, de plusieurs décharges élémentaires pratiquement instantanées, une photographie obtenue avec un appareil en mouvement étale les diverses décharges, les sépare, et l’on obtient sur la plaque une série d’images sensiblement parallèles.
- L’étude de M. Prinz renferme un certain nombre de ces images multiples. Nous sommes heureux d’en offrir un exemple ici à nos lecteurs d’après un négatif pris par nous-même il y a déjà quelques années, le 2!) juillet 1900 à lh 15ra du matin, au cours d’un fort orage survenu à Paris. La figure ci-contre est une reproduction non pas du cliché original qui, très défectueux, ne peut être tiré directement, mais d’un dessin fait par projection à la lanterne d’agrandissement, d’après le négatif même, et avec tout le soin possible. L’éclair est quintuple sur une grande partie de son parcours. Il est malheureusement impossible de déduire la durée totale de cet éclair d’après la photogra-
- phie, car la chambre était tenue à la main et la vitesse du petit déplacement pendant l’exposition est inconnue.
- Un point intéressant reste à élucider. Nous avons vu que l’éclair était formé d’une série de décharges pratiquement instantanées. L’esprit conçoit assez mal une étincelle de plusieurs kilomètres de longueur se produisant au même instant en tous ses points, comme le veut la théorie de Maxwell. Pour beaucoup d’éclairs on a la sensation d’une direction de l'étincelle aérienne allant d’un point de départ vers un point d’arrivée, ce qui implique une durée et un déplacement de quelque chose.
- Ici encore la photographie pourra probablement nous renseigner et par l’utilisation d’obturateurs rotatifs à grande vitesse et de déplacements avec une vitesse connue de l’appareil, il n’est pas impossible d'arriver à d’importantes données sur cette question.
- Le phénomène de l’éclair « noir » que nous avons rappelé plus haut, est très curieux et a beaucoup intrigué les premiers observateurs qui l’ont obtenu sur leurs photographies. C’est un phénomène qui dépend uniquement de la surface sensible. On connaît l’action d’une lumière intense sur une plaque légèrement voilée. Ce phénomène, connu sous le nom de « solarisation », produit le dévoilage de la plaque et le renversement de l’image. Que l’on essaye, par exemple, une photographie du Soleil avec les appareils ordinaires et une pose de plusieurs secondes. On obtiendra un soleil blanc (transparent) sur le cliché, c’est-à-dire noir sur les épreuves positives. Le phénomène se continue plusieurs fois de suite et passe par une série de phases après lesquelles on retombe sur un négatif analogue au premier. C’est ce qui arrive pour les éclairs. Exposons une plaque pendant plusieurs minutes, 10, 15 ou 20, lors d’un orage. Les éclairs diffus ou en nappes vont voiler la plaque et si plusieurs éclairs très brillants se produisent, ceux-ci vont la dévoiler, s’inverser; ils paraîtront noirs.
- Parmi les auteurs qui ont obtenu de beaux spécimens de ces éclairs, citons MM. W. J. S. Lockyer, Senouque, etc. Une épreuve de M. Lockyer montre nettement des éclairs blancs paraissant passer devant des éclairs noirs et des éclairs noirs devant des éclairs blancs. Comme il s’agit, aux points de croisement, d’une action produite par la somme des intensités lumineuses des deux éclairs, la discussion des épreuves devient très difficile et, en tout cas, ne donne aucune indication sur les distances respectives des météores qui ont jailli pendant l’exposition de la plaque.
- M. Lockyer a reproduit, par des expériences de laboratoire, en photographiant des étincelles électriques, toutes les apparences des éclairs noirs, y compris ceux à axe blanc ou les éclairs blancs à axe noir.
- L’épaisseur des traits laissés sur la plaque sensible par les éclairs ne peut non plus donner d’indication sur leur largeur réelle dans l’espace. 11 s’agit là d’un phénomène analogue à l’impression réli-
- p.139 - vue 143/536
-
-
-
- 140
- LA NATURE.
- nienne et dépendant surtout de l’éclat intrinsèque de l’éclair. La couche sensible donne lieu à une « diffusion latérale » qui augmente dans des proportions considérables la largeur de l’éclair observé et n’offrant plus aucun moyen de mesure. En effet, en prenant sur les clichés originaux les dimensions apparentes de certains éclairs, et les convertissant en dimensions vraies (en supposant connue leur distance) on trouve des sections considérables atteignant plusieurs mètres. En réalité, si certains éclairs provenant d’une décharge de forte intensité doivent être « plus gros » que d’autres où la décharge est de faible intensité, nous ne pouvons nous faire aucune idée sur les dimensions exactes des deux genres de météores.
- Il nous reste à parler du spectre de l’éclair. MM. Kundt et Yogel ont reconnu, au spectroscope, l’existence des raies de l’oxygène et de l’azote de l’air.
- M. Pickering, le savant directeur de l’Observatoire d’Harvard College, a fait connaître, dans « The
- Astro-Physical Journal », le résultat des photographies du spectre de l’éclair obtenues les 18 et 21 juillet 1001, par M. J. IL Ereese, à l’aide du télescope de 0m,21 de Draper. Devant cet instru- * ment, on avait placé un prisme objectii et le tout était dirigé de façon à photographier la région du ciel où les éclairs étaient le plus brillants. On changeait la plaque chaque fois qu’on la jugeait impressionnée par un éclair.
- Parmi les clichés obtenus, on compara un cliché d’un spectre obtenu le 21 juillet 1001 à un cliché du spectre de la nouvelle étoile de Persée apparue quelques mois avant. On trouva ainsi qu’un certain nombre de raies étaient communes aux doux spectres.
- « La première ligne qui se présente dans le spectre, dit M. Pickering, est une large bande brillante s’étendant entre les longueurs d’onde 5850 et 5950 ; elle est peut-être identique à la raie 5875 des nébuleuses. La ligne 4222 se présente comme une large bande dans la Nova de Persée. La dernière bande
- Éclair quintuple photographié le 29 juillet 1900 à lh 15” du matin.
- est très large, aussi bien dans l’éclair que dans la Nova : c’est probablement un spectre continu s’étendant de la longueur d’onde 5500 jusqu’à la longueur d’onde 6000. Les lignes des deux spectres se ressemblent donc beaucoup, tant en position qu’en intensité. »
- D’après le même cliché, plusieurs raies du spectre de l’éclair correspondent aux raies de l’hydrogène. On voit donc, par ce qui précède, le grand intérêt tjui s’attache à l’étude du phénomène de l’éclair. Nous conseillons vivement aux photographes de ne jamais négliger un orage et de prendre autant de phototypes qu’ils le pourront. Ils obtiendront souvent des résultats inattendus, fort utiles à la science.
- Em. Toc ch et,
- Secrétaire adjoint de la Société astronomique de France.
- NOUVELLES MACHINES FRIGORIFIQUES
- A AFFINITÉ
- L’industrie des machines frigorifiques, qui, depuis quelques années, était à peu près stationnaire dans ses procédés et n’avait guère réalisé de progrès vrai-
- ment saillant, passe actuellement par une phase très intéressante et qui n’est probablement que le prélude d’une importante évolution dans cette industrie.
- Les machines à affinité, ces anciens appareils qui étaient presque abandonnés, délaissés, en présence de leurs plus jeunes concurrents, les machines à compression, lesquelles paraissaient offrir de plus grands avantages, viennent de réapparaître, mais transformées, perfectionnées; et elles ont en une seule fois, réalisé un tel progrès que leur rendement dépasse de 50 pour 100 celui des meilleures machines à compression.
- La Société des glacières de Paris, à Grenelle (qui est de beaucoup la plus importante des Sociétés de ce genre) après avoir étudié la question et monté une de ces nouvelles machines à affinité, en a successivement installé quatre. L’importance de chacun de ces appareils est de 800 kg de glace à l’heure.
- On sait que les machines destinées à la production du froid ou de la glace se divisent en deux groupes : les unes, dites « à affinité ou absorption » fonctionnent au moyen d’une dissolution de gaz ammoniac dans de l’eau. On chauffe cette dissolution; le gaz s’en
- p.140 - vue 144/536
-
-
-
- LA NATURE.
- i 41
- dégage, et sous i'inlluence de ce dégagement continu et de la pression qu’il produit, l’ammoniac gazeux va se liquéfier dans un récipient refroidi par un courant d’eau. C’est la gazéification de cet ammoniac liquide qui produira le froid et la glace.
- Dans les autres machines, dites à « compression », la liquéfaction du gaz n’est pas déterminée comme précédemment par l’action directe des molécules de gaz agissant les unes sur les autres sous leur propre pression. C’est une pression mécanique extérieure, obtenue par un appareil dit compresseur, lequel est actionné lui-méme par un moteur, qui produit cet effet. A priori, il semble que les premières de ces machines, celles à affinité, devraient donner un rendement supérieur, car la liquéfaction du gaz se produit sans intermédiaire, par l’action intime du gaz
- agissant sur lui-méme pour se comprimer; tandis que dans les secondes il y a des pertes par suite de l’emploi des appareils intermédiaires. Le compresseur a un coefficient de rendement; le moteur qui l’actionne (à vapeur ou autre) en a un deuxième. Si on multiplie entre eux ces deux rendements, afin d’apprécier la perte, on voit que l’effet utile est diminué dans une proportion considérable. Et cependant ce rendement supérieur des machines à affinité n’était pas obtenu. C’est qu’il intervenait des causes de perte qui, jusqu’ici, n’avaient pu être évitées dans le fonctionnement. Et, d’abord, quand on chauffe la solution ammoniacale, le gaz se dégage, ce qui est un effet utile. Mais il s'évapore de l’eau en môme temps, effet absolument inutile, consommation inutile du charbon employé à cette évaporation. Mais ce
- Machine frigoriliquo. — À. Colonne avec serpentin île vapeur; B. lleclilieateur; C. Condenseur ou liquéi'acleur ; 1). Réfrigérant contenant le liquide incongelable ; E. Régénérateur.
- n'est pas là le plus grave inconvénient. Quand cette eau s’est évaporée, elle va se liquéfier aussi dans le récipient où le gaz se transforme en liquide ; et alors, par suite de l’affinité considérable de l’eau pour l’ammoniaque, cette eau redissout le gaz. On défait ce tpic l'on a fait. On a dépensé du combustible pour faire dégager de la solution ammoniacale le gaz qui y était contenu et on la laisse se reformer en partie un peu plus loin. C’est là de toute évidence un défaut considérable.
- Les nouvelles machines à affinité remédient d’une façon absolue à cet inconvénient au moyen d’un organe intermédiaire, dit rectificateur qui empêche la déperdition causée par la vapeur d’eau de se produire ; et du coup le rendement de la machine s’élève dans une proportion notable.
- Mais il y a encore d’autres considérations dont il faut tenir compte. Une fois que l’ammoniaque liquide
- a produit son effet utile en froid par sa transformation en gaz et sa détente, on le dirige vers un récipient appelé régénérateur, où arrive de son côté l’eau de la toute première solution, qui a été soumise à l’action de la chaleur et qui a perdu la plus grande partie de son gaz, solution appauvrie et qu’il s'agit d’enrichir à nouveau en lui faisant absorber le gaz détendu, de manière à recommencer une nouvelle opération. L’absorption dans ces régénérateurs était jusqu’ici absolument défectueuse. On l’obtenait dans un récipient unique où, par suite des remous, l’eau enrichie en gaz ou liquide riche, était constamment mélangée avec le liquide pauvre arrivant dans l’appareil. Finalement la teneur en gaz du liquide sortant du récipient, au lieu d etre ce qu’elle devait être rationnellement, c’est-à-dire être la teneur correspondant à un liquide ayant absorbé la quantité maximum de gaz qu’il est susceptible de contenir,
- p.141 - vue 145/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 14 2
- n'était, qu'une moyenne entre cette teneur maximum et la teneur du liquide pauvre arrivant dans l’appareil.
- En outre, les questions de température jouent également un rôle qui n'est pas négligeable. La quantité de gaz absorbé est d’autant plus élevée que la température est [dus basse. l*our les mêmes raisons que précédemment, la température réalisée dans l’appareil n’était, à vrai dire, qu’une moyenne.
- Ces derniers inconvénients ont été supprimés au moyen d’un nouveau régénérateur, le liquide pauvre arrivant dans l’appareil y chemine lentement et s'enrichit de plus en [dus par un contact rendu intime avec le gaz ammoniac, sans que jamais il y ait possibilité [jour le liquide pauvre de venir altérer la teneur du liquide riche ainsi obtenu, en s’y mêlant d’une façon quelconque dans ce même régénérateur ; la question de refroidissement a été entièrement résolue et il se produit un refroidissement qui est vraiment rationnel.
- Telles sont, en résumé, les idées principales qui ont présidé à la réforme de ces nouvelles machines à affinité. C’est là un progrès sérieux, même considérable et qui fait époque dans l’histoire des machines frigorifiques. 11. J.
- CHRONIQUE
- Vis à pas métrique et tour à fileter anglais.
- — Voici comment, dans son excellent ouvrage : « Procédés mécaniques et tours de main », M. R. Grimshaw propose de faire une vis dont le pas soit directement exprimable en unités métriques, lorsqu’on n’a à sa disposition qu’un tour dont la vis de guidage possède un pas tracé sur le pouce anglais : 11 suffit d’intercaler dans le train des engrenages deux roues ayant respectivement 50 et 127 dents, nombres dont le rapport est 0,5957 à I ; or, d’après les déterminations faites par M. Benoît au Bureau international des poids et mesures, le mètre contient 59,57011 pouces anglais, et le rapport indiqué par ce nombre a été légalement arrondi, aux Etats-Unis, au chiffre 59,57, qui est exactement le centuple de celui qu’indique M. Grimshaw. Au jour peu éloigné où la réforme métrique sera définitive dans les pays anglo-saxons, une modification insignifiante des tours à fileter les amènera donc au nouveau système. De telles indications sont utiles, car c’est précisément dans les frais présumés de transformation des outillages que les adversaires de la réforme puisent le seul argument dont on doive faire état.
- Contrôle île» thermomètres. — Depuis quelques mois, le Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers est en mesure de faire la vérification des thermomètres médicaux. L’échelle thermométrique adoptée est l’échelle internationale. Les limites d’erreurs admises sont de 1/10 de degré sur l'indication fournie par le thermomètre dans un bain porté à une température donnée, et 1/10 sur le maintien de cette indication lorsque le thermomètre est sorti du bain et refroidi (thermomètre à maximum). Il résulte de là que deux thermomètres poinçonnés par le Laboratoire ne peuvent différer entre eux de plus de 5/10 de degré. Or, sur 440 thermomètres médicaux vérifiés à la date du 12 mai dernier, 159, soit 51
- pour 100seulement, avaient satisfait aux conditions ci-dessus et ontété poinçonnés. Ainsi, durant des années, beaucoup de malades ont pris consciencieusement leur température avec des thermomètres inexacts. Désormais, chacun i des instruments acceptés par le Laboratoire sera accompagné d’un certificat de contrôle reproduisant les indications gravées sur le thermomètre. Le Laboratoire accepte, en outre, d’étalonner des thermomètres, c’est-à-dire d’indiquer les corrections à apporter aux indications du thermomètre au voisinage de 50°, 59° et 41°. Aucune limite d’erreur n’est exigée dans ce cas, mais les instruments ainsi étudiés ne sont pas poinçonnés.
- Lac «l’Aral. — L’expédition hydrographique de M. Berg, qui a permis de recueillir un certain nombre de renseignements intéressants sur le niveau actuel des eaux du lac d’Aral, a également étudié la température, les courants et la salinité de ses eaux. A ce dernier point de vue, on a trouvé que la densité des eaux variait entre 1.007(3 et 1.0080 dans la partie centrale du lac et atteignait 1.0084, 1.0090 et même 1.0094 dans les baies abritées 1.
- Lue académie technique militaire en Allemagne. — Jusqu’ici, pour compléter leur instruction, les officiers allemands des armes spéciales n’avaient d’autres ressources que d’aller suivre les cours de l’École supérieure technique civile de Charlottenburg, qui recevait ainsi chaque année 8 officiers. Mais les cours de cette école sont répartis sur quatre années, d’où grosse perte de temps. En outre les professeurs s’adressant à une majorité d’auditeurs civils n’ont aucune raison d’orienter leurs cours suivant les besoins militaires. Par exemple, les ponts en bois sont absolument démodés dans la pratique civile et jouent un grand rôle à la guerre ; les chemins de fer militaires ont des exigences toutes spéciales; les applications militaires de la physique (électricité, optique, aérostation, etc.) imposent des moyens et des méthodes appropriées ; la construction des ouvrages fortifiés ne saurait entrer dans le bagage d’une école civile, sans parler de la balistique et des connaissances purement militaires. Le gouvernement allemand vient de décider la création d’une académie technique militaire destinée à satisfaire à ces besoins reconnus. Elle recevra annuellement 50 officiers et sera installée à Berlin, dansles locaux disponibles et agrandis de l’École mixte de l’artillerie et du génie dont elle est pour ainsi dire le complément.
- Vaisselle en charbon. — Nous ne prétendrons pas (pie cette vaisselle assez bizarre soit sur le [joint de détrôner la porcelaine ni même la simple faïence, mais il est certain qu’il en existe au moins une fabrique, qui produit des assiettes, des pots à lait (ce qui doit être d’un effet assez curieux quand la blancheur du lait fait ressortir encore la noirceur du charbon), des saucières, et aussi des objets divers comme des cuvettes, des vases à Heurs, et mille articles de fantaisie. Cependant cette céramique nouvelle n’est pas d’une vente très courante. Qu’on ne s’étonne pas trop de voir du charbon subir la taille nécessaire à la fabrication de ces objets, car on sait que le jais n’est pas autre chose qu’une variété de lignite amorphe, de charbon par conséquent, et qu’il se prête à la taille dans les meilleures conditions. Mais ici le charbon qu’on met enf œuvre est de l’anthracite particulièrement dur, que l’on rencontre en Pensvlvanie et dans la région de Leliigh: la veine Mammoth le fournit à la fabrique spéciale qui existe à Summit Bill, et qui est
- 1 « Nature » du 7 janvier 1901.
- p.142 - vue 146/536
-
-
-
- LA N ATI’ UK.
- 1 iô
- exploitée par un ancien mineur aidé de quelques ouvriers. Le dégrossissage des objets se l'ail au ciseau, mais tout ensuite s’effectue au tour, et finalement au tour garni de peau de buffle, pour donner aux objets le poli et le brillant qui en font le prix. Pour la taille proprement dite on emploie des outils qui ne détachent à chaque passe qu’une très faible quantité de charbon ; mais comme le tour est animé d’une très grande vitesse, les ouvriers se trouvent plongés dans un nuage de poussière extrêmement fine qui se soulève constamment. La malièré première ne coûte guère plus de 12 à 15 francs la tonne, mais le travail de mise en œuvre est considérable et très lent, et les articles une fois fabriqués se vendent quelque 5000 francs la tonne.
- Papier d'ajoncs. — Depuis longtemps déjà on ne fait que bien peu de papier avec des chiffons ; on emploie surtout des matières végétales, l’alfa, le bois, la paille, etc., mais on n’avait pas eu l’idée d’employer dans ce but l’ajonc sauvage ou cultivé, que, dans certaines régions de la France, on désigne sous le nom de lande, romarin, etc. Or un inventeur, dit la revue « Le papier », a constaté que l’ajonc, convenablement traité, produisait une pâte à papier très blanche et très solide par le traitement suivant : on prend 1000 kilogrammes d’ajonc vert, haché aussi menu que possible, on mélange ce produit à une lessive de soude caustique à 50 degrés, qui est portée en autoclave à une pression de 6 kilogrammes, soit 170 degrés. Après une cuisson de cinq à six heures, cette pâte est lavée avec de l’eau additionnée d’acide sulfurique en quantité convenable, puis blanchie au chlorure de chaux et traitée par un lavage énergique. Fille est alors propre à cire employée à la fabrication du papier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 janvier 1904. — Présidence de M. Uascari.
- Origine d'une fièvre des Indes. M. Laveran présente une Note de M. Mesnil contenant de nouveaux renseignements sur un hématozoaire récemment découvert aux Indes par Leisbmann et Donovan, qui n’avait été trouvé jusqu’ici que dans la rate. On le rencontre également dans le sang de la grande circulation, au moins chez certains malades et au moment des poussées fébriles. D’autre part, il résulte d’une dépêche du l)r Bentley que cet hématozoaire est l’agent pathogène de la maladie grave endémo-épidémique dans la vallée du Brahinapoutra qui est connue sous le nom de Kala-Azar. Le nouveau parasite a donc un rôle important dans la pathologie indienne.
- Propriétés du radium. — M. Deslandres rappelle les travaux de MM. Dewar, Ramsay et des autres savants anglais qui ont abouti à ces deux découvertes : 1° que le radium émet une lumière identique à celle de l’azole illuminé; 2° que l’émission prolongée de lumière donne les raies caractéristiques de l’hélium. M. Deslandres a eu à sa disposition un tube de quartz renfermant du bromure de radium. Le sel a été fondu et le tube placé dans le vide puis fermé. Il ne contenait donc pas d’air, mais simplement de la vapeur à une tension de 2 ou 5 millimètres. M. Deslandres a illuminé cette vapeur par un flux électrique et a examiné le spectre correspondant. Ce spectre était celui de l’hélium. Cette expérience confirme la découverte anglaise, mais elle n’est pas décisive; on peut évidemment faire une hypothèse différente de celle
- de la transformation du radium en hélium, supposer par exemple que le radium est associé à l’hélium.
- Les gaz de l'atmosphère. — M. Haller présente un travail de M. llanriet relatif à la présence de l’acide formique dans l’atmosphère. En opérant sur des eaux provenant de brouillard condensé l’auteur a trouvé de l’acide formique ainsi qu’un produit volatil qu’il a pu identifier et qui n’est autre que l’aldéhvde formique. L’air en contient 1 100 000 à 5 100 000. “
- Emission de rayons N. — M. Bouchard rappelle que l’on a déjà démontré que les graines en germination émettaient des radiations identiques à celles découvertes par M. Blondlot. M. Lambert vient de démontrer que celte propriété s’étend aux ferments solubles.
- Election. — 11 est procédé à l’élection d’un correspondant de la section de médecine et de chirurgie en remplacement de M. Laveran nommé membre de l’Académie, M. Calmette de Lille obtient 40 voix, M. Yersin, 4 voix, M. Litres de Bordeaux, 1. Cii. de Vileedeiil.
- LÀ CONSOMMATION DE LÀ HOUILLE
- DANS DIVERS PAYS
- Il serait tout à fait erroné de supposer que la consommation de la houille dans un pays donne la mesure exacte de la puissance mécanique qui y est utilisée à des emplois industriels : et cela tout d’abord parce que, à poids égal, un même combustible peut fournir- effectivement une puissance très variable, suivant le générateur où on le brûle, la machine où l’on tire parti de la vapeur engendrée, les perfectionnements plus ou moins grands de l’un comme de l’autre appareil. Dans certains cas, une tonne de charbon ne donnera que 500 chevaux durant une heure, alors que, dans d’autres circonstances, ou plutôt avec d’autres appareils, elle en pourra donner jusqu’à 1500. En outre, on sait se servir d’autres combustibles que la houille pour la production de la force motrice, depuis l’alcool jusqu’au pétrole, et l’on met de plus en plus à profil la fameuse « houille blanche », partout où les chutes d’eau sont suffisamment abondantes, et où la captation de celle force naturelle n’est pas trop coûteuse. C’est ainsi que, aux États-Unis, les stations hydroélectriques (pour les appeler par leur nom) se multiplient rapidement ; en meme temps on continue de faire grand usage dubois, du gaz naturel, du pétrole. 11 en est un peu de même en Russie ; et en Allemagne on tire parti chaque jour davantage du lignite, du bois, et de l’alcool.
- Quoi qu’il en soit, il est bien certain que l’importance de la consommation du charbon de terre est un des principaux éléments d’appréciation, quand on veut juger du développement industriel d’un pays : il est donc intéressant de donner quelques chiffres rapides à ce sujet, et concernant simplement certains pays qu’il est assez amusant d’opposer à ce point de vue. Nous ramenons naturellement la consommation à une moyenne par tète d’habitant, ce qui est la seule base possible de comparaison.
- En Grande-Bretagne, pays qui tient totijouraia
- p.143 - vue 147/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1 Ai
- tète en la matière, la consommation par habitant ressort à 3,97 tonnes, bien près de 4 tonnes par conséquent, alors que le chiffre correspondant n’est que de 3,30 tonnes pour la Confédération américaine, où l’on est pourtant si lier d’avoir dépassé les « cousins d’Europe » pour ce qui est de l’extraction même. Nous devons encore citer l’Allemagne avant la France; car, dans ce pays, la consommation individuelle, peut-on dire, s’élève maintenant à 1,65 tonne — toujours par an, bien entendu, — tandis que dans notre pays, nous ne pouvons relever que le chiffre de 1,16 tonne. On voit d’après cela que nous sommes fort en retard, comme nos voisins, sur les Anglais et les Américains, dans l'emploi des machines ; il est vrai que la consommation de la France a pu dépasser sensiblement ce chiffre en 1900; mais elle est ensuite retombée à la moyenne que nous
- venons d’indiquer. Nous ajouterons encore que, depuis 10 années, la consommation par tête n’a cru que de 0,23 tonne en Angleterre, alors quelle a augmenté de 0,55 tonne en Allemagne et de 0,95 tonne aux États-Unis; en France, la progression a été seulement de 0,21 tonne plus faible que dans les divers autres pays que nous avons cités. 0. 1>.
- LES MTEAUX POUSSE-PIED
- Il est sur les rivages maritimes des localités qui ne sont plus la terre ferme et qui ne sont pas encore la mer. Formées de vases molles et perfides, recouvertes deux fois par jour par la marée, ces localités ne peuvent être traversées par les modes ordinaires de locomotion, qu’on emploie sur la terre ou sur l’eau. Cependant il y a un grand intérêt à parcourir ces vasières qui, par leurs parcs à huîtres et à
- moules, ou par l’abondance de leurs poissons sont une véritable source de richesse. Parfois, comme à Arcachon, il suffit d’adapter aux chaussures des planchettes qui empêchent le pied d’enfoncer. D’autres fois on est amené à employer des bateaux de forme spéciale.
- Sur la rive gauche de la Gironde, entre Talaiset le Yerdon, il y a un golfe profond qui, à marée basse, se transforme en une immense vasièrc. C’est par ce golfe que la Gironde tend à se frayer un passage plus direct vers la mer, en coupant à la base la Pointe de Grave. Aussi s’efforce- t-on de protéger la langue de terre restante par des pieux et des plantations d’une graminée, « Spartina stricta ». A marée basse la vase s’étend à perte de vue et on a peine à distinguer au loin les Ilots toujours boueux de la Gironde. C’est à ce moment que les pêcheurs
- se mettent en route pour tendre les filets destinés à capturer diverses espèces de poissons.
- Dans ce but ils se servent du curieux engin figuré ci-contre et dénommé « pousse-pied ». Comme on voit c’est une sorte de barque très étroite, longue d’environ 2 mètres et faite de trois planches : deux pour les cotés, une pour le fond, qui est relevé en avant. 11 y a, en outre, une planchette carrée qui ferme le bateau en arrière. Tout en arrière également se trouve un petit banc recouvert d’un coussinet, tandis que sur sa partie antérieure le bateau porte deux rampes reliées par des traverses transversales. Filles servent au pêcheur à suspendre ses filets, tandis que ses autres engins et le produit de sa pêche trouvent place au fond du bateau. Lui-même pose un genou sur la banquette, et se maintient des mains à la rampe; avec la jambe restée libre il s’appuie sur la vase et donne de puissantes impulsions à son esquif. Grâce à sa forme relevée et à la position du centre de gravité très en arrière, celui-ci avance très rapidement sur la vase. Mais il faut un entrainement tout spécial pour se servir de cet appareil; au début les « pelles » sont fréquentes, mais toujours moins dangereuses que dans les sports de terre ferme; le cyclisme ou l’automobilisme par exemple.
- Dr L. Laloy.
- Le Gérant : P. Masson.
- ^6-
- Les bateaux pousse-pied ’du Port-de-Neyran sur la Gironde.
- Paris. — Imprimerie Laiiukf., rue de Kleuius, 9.
- p.144 - vue 148/536
-
-
-
- N° «002. — (i FÉVRIER 19(H. LA NATURE.
- 145
- GAZ PAUVRE ET GAZOGÈNES A ASPIRATION
- Concurremment au développement des moteurs à gaz proprement dits, nous entendons consommant
- du gaz d'éclairage, il s'est poursuivi depuis un certain temps un ensemble d’efïbrts des plus intéres-
- Fig. 1. — Vue d'ensemble d'une installation à gazogène à aspiration et à moteur l’ierson.
- sants pour substituer à ce gaz un combustible moins cher : et l'on est parvenu à des résultats particuliè-
- rement heureux avec les gaz pauvres, produits gazeux quelque peu différents les uns des autres, que
- Fig. 2. — Vue en coupe des appareils servant à la production du gaz pauvre par aspiration.
- donnent des méthodes et des appareils divers procédant pourtant d’un principe unique. Comme l’explique si bien M. AVitz, dans son remarquable ouvrage sur les moteurs à gaz et à pétrole, on a 32° aimée. — -Ie1' semestre.
- utilisé ces gaz, qu’on peut logiquement appeler mixtes, pour obtenir simultanément du gaz à l’eau et du gaz Siemens, et ils méritent ce nom de « pauvres » si on lus compare avec le gaz de ville.
- 10
- la r
- p.145 - vue 149/536
-
-
-
- LA NATLDE.
- I it>
- .Nous rappellerons que ces gaz se fabriquent dans des gazogènes où l’on injecte de l’air et de la vapeur d'eau. Avant les perfectionnements nombreux qui ont été apportés par divers inventeurs à l’installation et au fonctionnement de ces <iazo-
- O
- gènes, le pouvoir calorifique des gaz obtenus dé-passait rarement L200 calories : c’était assez pour qu’on en pût tirer parti dans l’alimentation des moteurs tonnants. Mais aujourd'hui que la production des gaz a été rendue bien supérieure à toutes sortes d’égards, on peut dire (jue les moteurs à gaz pauvres sont légion et qu’ils se multiplient, de jour en jour, aux dépens des moteurs à gaz ordinaires et aussi des machines à vapeur de petite puissance; ils sont d’une conduite particulièrement facile, et leur alimentation revient à un bon marché précieux. Nous noterons en passant «pie les gaz pauvres contiennent toujours de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone, qui constituent les éléments essentiels, puis des carbures, de l’azote résiduel, de l’anhydride carbonique et un peu d’oxygène libre.
- On se figure du reste volontiers qu’il est nécessaire d’employer des anthracites pour celte production des gaz pauxres, alors qu’on peut parfaitement utiliser les charbons maigres, et que les appareils Pierson, par exemple, ont le grand avantage de se contenter parfaitement de charbons maigres français, dont les usages sont assez restreinte. 11 est bon de dire que la combinaison des gazogènes est chose malaisée et demandant une grande pratique, parce ipie la durée du contact de l’acide carbonique produit dans le foyer avec la colonne incandescente qui est au-dessus est un facteur essentiel du rendement. D’autre part, la température du foyer est fort importante à considérer ; il serait à désirer (pie cette température demeurât constante, que le foyer ne fût jamais touché en cours de marche, sauf au moment des rechargements, indispensables si l’on marche nuit et jour.
- Evidemment, on arrive à réaliser ces conditions dans les types de gazogènes bien étudiés, car la production peut être régulière, en ce sens qu’on envoie le gaz produit s'accumuler dans un gazomètre, sous pression, et le moteur qu’il s’agit d’alimenter reçoit ensuite le gaz dont il a besoin au fur et à mesure de son fonctionnement.
- Mais l’emploi du gazomètre a des inconvénients, puisque cet appareil tient de la place et coûte assez cher, et qu'il n’est pas sans constituer un certain danger; de plus, il faut un dispositif mécanique annexe pour insuffler dans le combustible l’air et la vapeur. Et l’on a trouvé une disposition qui dispense de cette double complication, sous la forme du gazogène fonctionnant par aspiration. C’est le moteur lui-même qui, à chaque coup de piston (ou du moins h chaque mouvement d’aspiration), appelle le mélange d’air et de vapeur devant traverser le foyer pour faire le gaz. Dans ces conditions, celui-ci n’est produit qu’au fur et à mesure qu’il est consommé, on réduit considérablement l’espace demandé par
- toute l'installation, qui se conduit pour ainsi dire automatiquement, une fois que le chargement du combustible a été opéré.
- Tel est le principe; mais encore faut-il «[ue les choses soient étudiées de très près, que le gazogène et ses divers appareils accessoires soient combinés pour que la production du gaz se fasse régulièrement, que ce gaz soit de composition constante, et «pie par conséquent le moteur marche, lui aussi, régulièrement. Or, nous venons d’avoir l’occasion d’examiner de très près une installation de gaz pauvre qui remplit parfaitement ces conditions, et avec une automaticité parfaite : elle se trouve dans une grande imprimerie parisienne, et le moteur, destiné à produire la force motrice comme la lumière dans l’imprimerie, est alimenté par un gazogène qui tient, avec les appareils épurateurs divers, dans une petite pièce de quelques mètres de long, sous la surveillance du mécanicien du moteur. Toute cette installation est due à la maison Pierson, qui s’est fait une spécialité dans la construction des gazogènes et des moteurs à gaz pauvre.
- Par une conduite spéciale, le moteur aspire du gaz à travers la première des enceintes à aspiration dont nous allons parler, et, à cette aspiration, correspond l’introduction d’une certaine quantité d’air et de vapeur dans le foyer ; ce qui détermine sur le combustible incandescent les réactions caractéristiques : O -b C = C O, et 112(> -t- C = 2 II + b 0. Cela donne les gaz combustibles qui seront enflammés dans le cylindre du moteur. L’installation comprend naturellement, en dehors du producteur proprement dit, un condenseur, une colonne à coke à lavage méthodique et un épurateur séeheur. Dans le producteur, on trouve une chaudière A formant loyer et une cuve P> garnies de matières réfractaires et contenant le combustible, qui repose sur une piècd C ; celle-ci est complètement ouverte à sa partie inférieure, et c'est une des caractéristiques de ce gazogène nouveau que de fonctionner a foyer ouvert. Pour nettoyer le l'eu, le piquer, enlever les mâchefers, plus besoin d'ouvrir une porte, ce qui entraine des rentrées d’air intempestives, trouble cette égalité de température que nous considérions tout à l’heure comme un désidératum essentiel; l’ouverture de la porte de foyer a pour conséquence inévitable d'arrêter l’aspiration de la vapeur. Le ringardage est rendu particulièrement facile ici par la tige verticale Z, qui peut venir percer la croûte des mâchefers sans déranger le feu. Point de grille, le combustible repose sur un talus de cendres qui se forme sur la sole réfractaire T. Ainsi, non seulement ou évite les rentrées d’air intempestives, mais encore le décrassage peut se faire sans hâte et les passages sont constamment libres. Nous passerons rapidement sur une foule de dispositions pourtant intéressantes, comme la large ouverture de chargement étanche ménagée en E. Quand on marche seulement de jour, on ne charge qu’une seule lois avant la mise en mouvement du moteur. Mais ce qui est
- p.146 - vue 150/536
-
-
-
- 117
- LA AA Tl II K.
- aulrement intéressant, c'est que, dans ce nouveau gazogène Pierson, il va réglage méthodique et auto-mati(|ue du volume de vapeur aspiré, suivant les llueluations de travail du moteur, l’aspiration restant toujours au contraire la même.
- Dans un gazogène à aspiration, il faut naturellement donner une proportion plus ou moins grande de vapeur par rapport à la quantité-d’air aspiré et d’après le nombre d’aspirations du moteur, car aulrement si, dans la marche à blanc, par exemple, on ne supprimait pas totalement l’arrivée de vapeur, le feu risquerait grandement de s’éteindre ; dans la marche à pleine charge, tout au contraire, on fait arriver le maximum de vapeur pour éviter une trop forte élévation de la température du foyer. Ici on n’a pas voulu agir sur le volume de l’eau admise à la vaporisation, ce volume étant par trop faible pour permettre une bonne régulation; on agit donc sur l’admission de la vapeur, et de la manière la plus ingénieuse. Pour comprendre le fonctionnement de l’appareil qui assure ce résultat, il faut dire tout d’abord que le gaz sortant du gazogène entre dans le condenseur I, constitué par un tube entouré d’une double enveloppe à circulation d’eau : le gaz refroidi y dépose une partie de ses goudrons, et les poussières de charbon tombent dans la base de l’appareil, d’où on les enlèvera aisément. Ce gaz passe ensuite dans la colonne à coke K et entre dans l’épurateur N, avant d’être appelé par le moteur.
- Mais cette colonne à coke K est en communication, par une tubulure, avec un récipient Ven forme de sphère aplatie, et sur celte tubulure de raccord est disposée une soupape s’ouvrant sous l’aspiration du moteur et se refermant par son propre poids. Sur un côté, de V, se trouve une membrane llexible \Y, qui actionne, par la biclletlc X et le levier Y, la soupape de vapeur R. Un petit robinet d à secteur gradué, et qu’on peut ouvrir une fois pour toutes au moment du réglage de l’appareil, permet de compenser le vide de Y par arrivée plus ou moins intense de l’air extérieur. Au moment où une aspiration du moteur amène une dépression, celle même dépression s’établit en Y, la membrane est entraînée vers l’intérieur de ce récipient et, ouvrant la soupape U, permet à la vapeur de s'introduire de A en C et d’être aspirée en même temps que l’air sous le foyer. La soupape R laisse donc passer plus ou moins de vapeur suivant l’importance du vide dans le récipient Y, ce vide étant d’ailleurs rapidement comblé par la rentrée d’air qui se produit au moyen du robinet d. 11 y a là une solution mécanique, mais qui a l’avantage de donner une stabilité absolue de la qualité du gaz produit, et une marche régulière du moteur alimenté.
- Ce perfectionnement nouveau et des plus importants, apporté à ces moteurs à gaz pauvre, contribuera à en vulgariser l’emploi, au grand bénéfice de toutes les industries dont l’importance n’est pas suffisante pour justifier les dépenses considérables qu’entraîne la moindre machine à vapeur. Ra m ru Reliæt.
- LES BROUILLARDS DE LONDRES
- Comme nul de nos lecteurs ne l’ignore, les brouillards de Londres sont aussi fréquents qu’intenses. On lit même de temps en temps clans les journaux d’outrc-Manelie qu’on a dû allumer les becs de gaz en plein jour dans les rues. Aussi, sur l'initiative du Conseil météorologique, un service spécial d’observations sur les brouillards fut organisé sur les bords de la Tamise durant l’hiver 1901-1902. Le capitaine Alfred Carpenter vient de publier récemment les premiers résultats de celle enquête préliminaire, poursuivie avec le concours de AG postes de pompiers.
- Xotons qu’anlérieurement on avait déjà constaté qu’à Londres la fréquence du brouillard augmente rapidement à partir du 15 août et atteint son maximum du milieu à la fin de novembre. Puis il diminue jusqu’au milieu de février, reste stationnaire pendant un mois et décroît rapidement de la mi-mars jusqu’en mai. A dater de cette époque, les brouillards deviennent rares jusqu’en août. Enfin, selon M. Vanderlinden, on les observe sous deux aspects caractéristiques : le brouillard « élevé » limité à la hauteur des toits, et le brouillard « bas » cpii descend jusqu’au ras du sol.
- Pour rendre comparables les indications recueillies, la Commission anglaise adopta la classification suivante. Le brouillard est « faible » quand il entrave légèrement la navigation et la circulation des trains ; on voit les objets à 200 yards (185 mètres). Le brouillard « modéré » rend tout trafic difficile. Un observateur ne peut apercevoir en plein jour un homme éloigné de plus de 90 mètres et une maison à plus de 180 mètres; durant la nuit on ne distingue pas un réverbère allumé placé à 570 mètres. Le brouillard « épais » arrête les bateaux et les trains. Les passants ne circulent qu’avec difficulté dans les rues et, la nuit venue, un réverbère allumé reste invisible à 55 mètres.
- Il ressort de cette série d’investigations qu’en hiver de faibles brouillards, provoqués par les fumées, régnent en permanence dans certains endroits de la Cité. Du 20 décembre au 17 mars on releva 25 journées où, entre 2 et 5 heures, la visibilité du haut des cathédrales de Saint-Paul et de Westminster allait jusqu’à 800 mètres; le maximum de celte limite n'y dépassa guère 2400 mètres et, à partir du 2 mars seulement, on put du haut d’une de ces tours apercevoir l’autre. Pour la période du 2 novembre au 14 mars on compta 52 jours de brouillard.
- Presque tous les brouillards observés commencèrent entre 7 et 8 heures du matin. Ils se propageaient irrégulièrement et l’air était rarement saturé de vapeur d’eau. L’hygromètre marquait entre 80 et 90 degrés. Les brouillards, à l’exception de deux, dépassèrent le sommet des plus hauts édifices; ils se dissipaient lorsque la vitesse du vent atteignait G mètres à la seconde. La disparition commençait vers midi; toutefois ces hydrométéores quittaient très lentement plusieurs quartiers de la ville. Les registres d’observations montrent qu’un brouillard épais ne se forme jamais lorsque la température de l’air dépasse 4°, 4. Quant à la production du brouillard, Carpenter l’attribue à trois causes principales : soit une atmosphère chaude se refroidissant au contact d’un sol ou d’une nappe liquide ; soit un air froid s'échauffant au contact d’un sol ou d’une nappe liquide; soit enfin le contact de deux masses d’air à des températures différentes. Jacques Doyeu.
- p.147 - vue 151/536
-
-
-
- LA X AT U II K
- 118
- L’ACCLIMITATION ET LE CROISEMENT DES ANIMAUX SAUVAGES
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on a été tenté d’essayer l’acclimatation d’animaux sauvages qui n’appartiennent pas à nos climats (nous entendons certaines espèces pouvant être utiles à quelque point de vue), et aussi le croisement de ces espèces avec nos animaux domestiques, dans le but d’obtenir des bêtes réunissant un ensemble de qualités précieuses. C’est un peu l’idée qui avait présidé à la création du Jardin d’Acclimatation de Paris, et cette idée est actuellement reprise avec ardeur par un des plus importants, le plus important sans doute de tous les marchands d’animaux sauvages du monde, Cari llagenbeck, qui s'est l'ait le fournisseur attitré de presque tous les jardins zoologiques et les ména-
- geries, et dont les établissements de Hagenpark, à Stellingen, dans la banlieue de Hambourg, contiennent des richesses dont il a été parlé ici.
- C’est qu’en effet llagenbeck, succédant à son père et reprenant ses préoccupations scientifiques, ne se contente point d’avoir des chasseurs et des acheteurs dispersés un peu dans tous les pays du globe, il ne lui suffit point d’importer, de réexporter,.de vendre les animaux les plus divers, de fournir aux Jardins Zoologiques les spécimens les plus rares, il veut également essayer des croisements, faire des tentatives d’acclimatation, et cela tant au point de vue purement scientifique qu’au point de vue pratique que nous indiquions tout à l’heure d’un mot; il vou-
- Fig. 1. — Métis de lion et île tigre obtenu il Stellingen. (D’après une photographie.)
- drait en particulier doter l’Kurope ou les colonies d’animaux pouvant entrer dans l’alimentation ou de nouvelles bêtes de trait.
- Parmi ces tentatives de simple acclimatation, nous citerons une série de ruminants d’espèces exotiques, qui, au dire de H. llagenbeck, vivraient et aussi se reproduiraient sous nos climats : cerfs de l’Asie Centrale, du Sud de la Sibérie, antilopes de l’Afrique Australe, dont on pourrait tirer parti pour la chasse, l’agriculture, l’alimentation, lies expériences absolument décisives ont été faites avec cet animal si robuste et si insensible aux variations de la température que l’on nomme le chameau de la Hactrianc : une partie des transports de la ménagerie et des labourages de l’exploitation de Stellingen sont faits à l’aide de ces bêtes de trait. Hagen-bcck se propose aussi d’essayer l’acclimatation du rat musqué, dont la fourrure est particulièrement
- estimée, et qui prospère dans l'Amérique du Nord sans causer de dégâts nuisibles à l’homme; il songe également à la caille américaine, qui n’émigre point et pourrait suppléer à la rareté de plus en plus marquée de la caille d’Afrique.
- Le grand négociant en animaux sauvages est convaincu que la plupart des animaux vivant sous les tropiques peuvent s’accoutumer aux climats du Nord : et le fait est que, durant l’hiver 1901-1902, ofr le thermomètre est descendu à — 12 degrés aux environs de Hambourg, on a laissé en plein air dans le Hagenpark, une paire de zèbres de l’Afrique du Sud, un élan, des antilopes de l’Inde, des autruches africaines, un daim de l’Inde, un casoar, des grues, etc. ; toutefois, ces animaux avaient à leur disposition des étables non chauffées d’où ils ne sortaient que quand cela leur plaisait, et où on laissait une bonne partie du fumier s’accumuler sous la
- p.148 - vue 152/536
-
-
-
- LA NATURE.
- \m
- litière, ce qui relevait sensiblement la température de cette litière et de l’étable.
- Les expériences de croisement faites à Stellingen sont encore plus intéressantes. Les unes portent sur des animaux dont les produits sont des curiosités scientifiques sans utilisation pratique, et pour cause : c’est ainsi qu’on a réussi à croiser des lions et des tigres, et qu’on a obtenu une sorte de lion sans crinière et rayé à peu près comme un tigre.
- Nous donnons une photographie d’un de ces métis; ils ont été allaités par une chienne à l’établissement de Stellingen. On a croisé de même des ours bruns et des ours blancs, puis un léopard et un puma, et le métis, seul survivant de ce croisement, se trouve au Jardin Zoologique de Rerlin. Des essais se poursuivent sur le mouton géant de l’Asie Centrale et le mouton européen. Des faisans de ces deux contrées ont été croisés et ont donné un produit auquel on semble attacher une grande valeur : l’oiseau nouveau est gros et robuste, il vole très vite et rappelle beaucoup par son apparence le faisan américain. Un certain nombre de ces animaux ont été lancés dans de grandes' propriétés anglaises. Mais il convient de revenir sur un métissage dont nous avons eu occasion de signaler des tentatives antérieures, et qui est réellement susceptible de donner une bête de
- trait élégante et précieuse à bien des égards ; nous voulons parler des produits du zèbre et de la jument. Le zébrule, comme on appelle ce métis, est un peu plus fort (jue la mule ordinaire, et, une fois qu’il a
- été dressé, il est de conduite bien plus facile, et plus intelligent ; il a d’ailleurs une apparence assez bizarre au premier abord, par suite de ses rayures.
- >Hl)es métis de ce genre ont été produits il y a longtemps déjà ; mais, aux établissements Hagen-beek, on procède m é t h o d i q u e -ment, et des attelages de zébrules sont couramment employés, qui ne s’effarouchent nullement des tramways électriques, par exemple, qu’ils rencontrent dans les rues de Hambourg, llagenbeck considère que les zébrules
- pourraient rendre les plus grands services pour la traction notamment des équipages régimentaires , par suite de leur vigueur particulière. En dehors de ces essais poursuivis avec succès par M. Hagen-heck, nous pouvons signaler une tentative tout à fait analogue due à un savant Ecossais, le [professeur J. Cossar Ewart, de TUni-versité d’Edimbourg. Voici neuf années que ce savant a entrepris l’expérience dont il s’agit ; il s’était procuré dans ce but un bel étalon de zèbre, appelé Matopo, qui donna en août 1896, avec une jument de la race poney tout à fait pur sang, un jeune hybride robuste
- p.149 - vue 153/536
-
-
-
- 150
- LA NATURE.
- et bien portant ; on n'eut pas de peine à le dresser à la selle et au harnais, et son intelligence surprit ceux qui en avaient charge. Ce premier succès, résultat d’une tentative faite purement dans un but scientifique, convainquit M. Cossar Luart que de tels animaux pourraient être des plus utiles pour les services régimentaires et pour l'attelage des batteries d’artillerie; si bien qu’une série d'autres zébrules ont été obtenus, toujours avec le mémo étalon et des juments de sang arabe ou anglais. Le professeur écossais a d'ailleurs publié un livre sur cette question intéressante des hybrides de zèbre, et il arrive à celte conclusion que « ces zébrules sont plus actifs, plus vigoureux, plus intelligents que les zèbres pur sang, et ils demandent moins de soin ; en même temps, ils sont plus curieux et plus cou-liants que les poulains ordinaires. Avec du soin et du temps, on peut les dresser à n'importe quelle sorte de travail, et cela sans les atteler par couple ».
- Un certain nombre de ces zébrules sont actuellement employés dans des régiments indiens, et l’on va essayer de constater pratiquement les services que l’on en peut attendre. Dès maintenant que les résultats acquis sont fort encourageants, et, sans partager l'enthousiasme de M. llagenbeck, qui considère le zébrule comme la mule du xxe siècle, on ne peut manquer de s’intéresser à ces expériences
- de croisement. Pierre he Mérier.
- ——
- lUDRTIOXS HUMAINES1
- Une découverte se présente rarement isolée. M. Aug. Charpentier le voisin de laboratoire de M. Blondlot, à U niversité de Nancy, répéta, bien entendu, les expériences de son collègue sur les rayons N. 11 s’aperçut ainsi que chaque fois qu’il approchait dans l’obscurité un corps phosphorescent du corps humain la phosphorescence augmentait. Or, nous avons dit dans notre précédent article que les rayons N caractérisaient leur présence en excitant la phosphorescence d’un écran peu lumineux. M. Charpentier s’est servi au début d’un corps fluorescent tel que le platino-cyanure de baryum dont il réglait l’intensité lumineuse avec un sel de radium couvert de papier noir et placé à une distance variable.
- Depuis, il a modifié un peu son mode opératoire. L’observation de la variation d’éclat est délicate et exige de l’habitude. 11 a adopté le système suivant : un tube droit en plomb de 5 à 10 centimètres de long dont une des extrémités est placée contre le corps à examiner et dont l’autre contient intérieurement une petite rondelle de liège ou de carton recouverte d’un peu de sulfure de calcium phosphorescent. On peut de même employer un tube de verre. Le plomb est peu transparent pour les rayons N qui s’échappent plus difficilement après leur entrée dans le tube. Et il est utile que le faisceau soit dirigé le mieux possible sur le corps phosphorescent. On ne peut se servir de larges écrans phosphorescents, parce que chaque partie de sulfure est influencée par les autres et l’ensemble donne un éclat d’apparence uniforme. L’observation devient à peu près impossible.
- Dans ces conditions, et en promenant le tube sur le corps humain, M. Charpentier a constaté que la phospho-
- 1 Yoy. n0 1601, du 30 janvier 190ï, p. 150.
- rescence s’avivait surtout sur le trajet des nerfs et des muscles. L’effet sur les muscles apparaît nettement quand ils sont en contraction. On peut suivre ainsi le trajet d’un nerf superficiel et les divers filets nerveux voisins de la peau. Le phénomène, à l'intensité près, s’observe de même à quelque distance du corps, et même après l’interposition de substances transparentes pour les ravons N, aluminium, papier sec, verre, etc. 11 cesse d'étre perçu quand on interpose des substances opaques pour les mêmes rayons, plomb, papier mouillé, etc. On pourrait se demander s’il n’entre pas en jeu ici une action de la température au voisinage de la peau. Mais non, puisque les effets persistent tout aussi bien quand on place devant la région du corps examinée plusieurs lames d’aluminium ou de carton séparées par des couches d'air formant écran calorifique.
- On retrouve tous les caractères des rayons N dans ces rayons émanant de l’organisme humain. Cependant il se présentait encore une objection. M. Blondlot a prouvé que beaucoup de corps exposés à la lumière du jour, au soleil devenaient des accumulateurs de rayons N. Pourquoi le corps humain, qui est exposé sans cesse à la lumière, ne serait-il pas un simple magasin de radiations? M. Charpentier a répondu à l’objection en restant neuf heures dans une complète obscurité, et en constatant que les rayons sortent du corps aussi actifs et s’observent même mieux alors à cause de l’adaptation plus parfaite de l’œil. Mais, il serait facile de faire remarquer que les cailloux de M. Blondlot conservent la propriété d’émettre des rayons non pas après neuf heures, mais après des journées entières. Cependant il n’est pas douteux maintenant que le corps Immain n’est pas un accumulateur, mais un producteur de rayons N. 11 en émet toujours et en quantités variables selon les régions.
- L’observation est assez nette, quand on est un peu entraîné, pour que l’on puisse, a la luminosité du sulfure du tube Charpentier, suivre muscles et nerfs, délimiter le cœur qui n’est qu’un muscle et l’on peut espérer que l’on auscultera aux rayons N au moins aussi bien qu’au son. L’activité des tissus sera de même révélée et chaque individu pourra être représenté par un chiffre de luminosité qui donnera au médecin des renseignements précis sur l’état de santé générale. M. • Charpentier a réalisé déjà d’intéressantes expériences sur la topographie de certains centres nerveux superficiels. Par exemple, les zones dites « psycho-motrices » de l’écorce cérébrale se manifestent nettement par une émission de rayons N pendant leur fonctionnement. 11 en est une dite « centre de Broca », qui est le siège du langage articulé. Sa place est assez bien déterminée. Or, pendant que le sujet en expérience parle, soit ’a haute voix, soit même à voix basse, si l’on promène le tube d’épreuve sur le coté du crâne, on reconnaît que la phosphorescence présente un maximum qui correspond, à un centimètre près, précisément au centre de Broca. Il faut, pour bien réaliser l’expérience, se mettre à l’abri, bien entendu à l’aide d’écrans convenables, des radiations plus lointaines. Rien de pareil ne se produit du côté opposé à la circonvolution de Broca, c’est-à-dire du côté droit du cerveau.
- M. Charpentier a des raisons de croire que la pensée non exprimée, l’attention, l’effort mental donnent lieu à une émission de rayons agissant sur la phosphorescence. C’est là un point d’un haut intérêt pour la psychologie. Il n’y a pas que la zone psycho-motrice du langage articulé qui se révèle ainsi, mais de même d’autres zones des régions cervicales que l’on s’accorde à faire correspondre
- p.150 - vue 154/536
-
-
-
- LA NATURE.
- avec l’écril ure, les mouvements des membres inférieurs,etc. On peut en définitive déjà affirmer que tout centre nerveux qui fonctionne ajoute à son émission de repos de nouveaux rayons A en proportion de son degré d’activité. Le travail nerveux se transforme, du moins en partie, en radiations mesurables d’énergie par l’éclat de la phosphorescence qu’elles provoquent sur l’écran lumineux.
- Toute contrainte mécanique des solides, ainsi que l’a fait voir M. lilondlot, détermine l’émission des rayon A, M. Charpentier a comprimé des nerfs et aussitôt la luminosité est devenue plus vive dans le corps phosphorescent. Si la compression est prolongée, la radiation nerveuse finit par diminuer. Le trajet de la moelle épinière, surtout si on brosse ou frotte vigoureusement, se marque sur toute la longueur par un excès de phosphorescence et d’autant plus grand que l’on s'approche du cerveau. Si l’on observe la radiation tout près du renflement' cervical, il y a accroissement de phosphorescence lorsque l’on contracte le liras.
- M. Charpentier s’est aperçu en poursuivant ses recherches, comme l’a trouvé d’ailleurs de son côté M. lilondlot, que les radiations du corps humain ne sont pas constituées uniquement par des rayons A. Les radiations sont plus complexes. Il va des rayons A en grande partie, mais d’autres aussi. Et c’est surtout vrai pour les radiations émises parles nerfs. Les rayons A traversent parfaitement l’aluminium, or les rayons nerveux sont arrêtés en grande partie par une lame d’un demi-millimètre d’épaisseur d’aluminium. Quand on observe un point du cerveau, on constate que le faisceau qui en provient perd de son activité sur le corps phosphorescent lorsqu’il traverse l’aluminium. Et la portion qui a traversé le métal n’est nullement modifiée par de nouvelles épaisseurs, même sous deux centimètres d’épaisseur d’aluminium. Cette seconde partie est seule formée de rayons A proprement dits.
- Au contraire le faisceau émis par le cœur et d’autres muscles apparaît comme constitué à peu près complètement par les rayons A. On peut à ces caractères difleren-tier les rayons musculaires et les rayons nerveux. Le nerf augmente sa radiation quand on le comprime ; la compression similaire du muscle a beaucoup moins d’action. Enfin, troisième caractère différentiel, la radiation nerveuse produit par rapport aux autres tissus un effet sensiblement plus fort sur le sulfure phosphorescent chauffé à 45 degrés.
- M. Charpentier a découvert tout dernièrement que certains rayons pouvaient traverser le plomb et l’eau, contrairement aux rayons N proprement dits. Il a trouvé que certains rayons non seulement traversaient l’air en ligne droite, mais encore étaient conduits par un fil métallique. Si l’on adapte à un fil métallique de quelques mètres de longueur une petite plaque de cuivre de 1 à "2 centimètres de diamètre et qu’on relie l’autre extrémité du fil au tube phosphorescent, il suffit de placer la plaque près du corps humain, près du cerveau pour constater que l’écran phosphorescent s’avive nettement. Cette propriété des radiations n’est pas spéciale aux ravons nerveux ou musculaires, on peut par transmission, au moyen d’un fil, recueillir les radiations de l’acier trempé, de l’hyposulfite de soude insolé, des sources de lumière, etc. Avec ce dispositif on pourra même étudier, par les « radiations conduites-», les régions du corps qui les émettent. On pourra notamment se placer assez loin de l’écran sensible pour ne pas l’influencer par des actes musculaires ou cérébraux étrangers à l’expérience. Ces phénomènes de radiations conduites par un fil sont inté-
- ressants, car ils pourront servir encore à caractériser les rayons A dans beaucoup de circonstances.
- Tels sont brièvement les faits connus au commencement de février 1A04. Il est clair que l’on ne s’arrêtera pas là et qu’un nouveau champ d’exploration s’ouvre pour les physiologistes. Les radiations qui avaient été nommées « radiations humaines » au début ont une bien autre généralité. Les animaux aussi émettent les rayons A, même les animaux à sang froid. Sur une grenouille, on peut suivre tout le système nerveux et, comme le batracien possède une basse température par rapport à celle du laboratoire, il est permis d’en déduire une fois de plus que la chaleur est hors de cause dans la production des phénomènes.
- Ajoutons encore que les cultures de bacilles phosphorescents, les vers luisants augmentent de luminosité quand on les place près du cœur, des centres nerveux, à peu près comme on l’observe avec le sulfure de calcium.
- Les nouveaux phénomènes — il n’est pas besoin de le dire — ont vivement attiré l’attention des physiciens et des physiologistes. Ils ont paru si singuliers qu’on les a mis en doute à l’Etranger et en France. Il faut en ellet une certaine éducation de l’œil pour reconnaître l’augmentation de la phosphorescence et l’on n’y parvient pas du premier coup. MM. Mascart et Cailletet sont allés à Aancy assister aux expériences de M. lilondlot. Ils sont revenus avec la conviction que l’observation est difficile, mais que les faits sont bien exacts.
- En somme tout ce qui vil produit des rayons AT; les phénomènes organiques, fermentations, etc. (Lambert), donnent des rayons; les végétaux (Meyer) fournissent tout aussi bien des radiations, en raison de leur évolution. Les ondes sonores (Macé de Lépinay) engendrent des radiations A. Bref, partout où il y a mouvement, il semble que les rayons A abondent. En sorte que de tous côtés on constate génération ou emmagasinement de ces radiations. 11 serait téméraire de dire dès maintenant quel est leur rôle dans l’univers. Attendons patiemment les enseignements de l’avenir. ________ ^__ Henri dk Parvîixk.
- LA GUERRE CONTRE LA POUSSIÈRE
- De tout temps, la poussière des routes a été chose fort désagréable, mais elle est posée à l’état de véritable fléau depuis que les automobiles sillonnent en tous sens, et à des vitesses extraordinaires, les routes qui jadis ne livraient passage qu'aux voitures et aux piétons. Il en résulte un double danger pour la sécurité et pour la santé publiques. Jadis, la poussière restait presque à fleur de terre, ou du moins ne se soulevait qu’à une petite hauteur. Il en est tout autrement aujourd’hui. Pendant les quelques minutes qui suivent le passage d’une automobile sur une route, l’air est comme obscurci d’un épais nuage de poussière et devient irrespirable. Les maisons situées en bordure des routes fréquentées par les nouveaux véhicules prennent une teinte grisâtre et sont envahies de tous côtés par la poussière fine et pénétrante. Mais ce n’est là qu’un des moindres inconvénients des nuages poussiéreux. Ils constituent un péril redoutable pour ceux qui circulent sur les chemins, conduisant un ^attelage, et qui brusquement aveuglés par ces nuages compacts ne voient plus devant eux. Les chauffeurs eux-mémes n'échappent pas au danger. Lorsque deux automo-
- p.151 - vue 155/536
-
-
-
- L A N AT nu:.
- 152
- montré Pasteur. Comment remédier à tous ees inconvénients ? Comment parer aux dangers qui nous guettent sur les roules, ces belles routes de France, où la promenade est ou plutôt était si agréable ?
- On y est arrivé indirectement dans les grands centres, depuis que l’asphalte et le bois y font concurrence au gros pavé de pierre. Mais, ou ne peut songer à appliquer les memes procédés aux grandes routes à cause de l’énormité du prix de revient (20 francs le mètre carré). On a donc dû jusqu’ici se contenter, pour lutter contre la poussière, de deux armes peu efficaces : l’arrosage et l’ébouage. L’arrosage est tout à fait insuffisant, à moins d’être très fréquemment re-
- Fig. 1. — Préparation du goudron.
- biles passent l’une à côté de l'autre, lancées à toute vitesse, le Ilot de poussière qui s’élève est tel qu’il est souvent impossible aux conducteurs des deux voitures de voir à quelques mètres devant eux. Gare aux obstacles, gare aux tournants! Les accidents ainsi survenus ne sont malheureusement que trop nombreux.
- Quant aux méfaits de la poussière au point de vue de la santé publique, tout le monde les connaît. Elle est surtout redoutable aux yeux, occasionnant de nombreuses conjonctivites; elle irrite les muqueuses des voies respiratoires, sans compter les germes de maladies infectieuses dont elle est le véhicule, ainsi que l’a dé-
- Fig. 2. — Transport et réception.
- nouvelé, auquel cas il produit une boue fort désagréable à tous les points de vue. On a bien essayé d’utiliser l’eau de mer pour l’arrosage, mais là encore il y a des inconvénients. Les toilettes claires se décolorent, la chaussée se recouvre peu à peu d’une couche de sel dont la réverbération est un vrai supplice pour les yeux, quand elle ne provoque pas de dangereuses ophtalmies. On a également fait des essais d’arrosage avec des solutions de chlorure de sodium, de calcium, etc.... Les résultats obtenus n’ont pas été satisfaisants. Jusqu’ici les solutions de produits gras ont seules paru efficaces pour combattre ce nouveau fléau de nos grandes routes, la poussière. Les enduits gras
- Fig. 5. — Balayage soigné préalable.
- p.152 - vue 156/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- ir>r,
- ont en elTet un double avantage. Grâce à leur puissance adhésive et à leur viscosité, ils abattent et fixent la poussière et de plus rendent la chaussée imperméable aux eaux pluviales, par suite moins friable et d'un plus facile entretien.
- L’expérience faite depuis plusieurs années en Californie a donné des résultats concluants. On sait que dans ce pays le pétrolage des routes, ou plutôt des pistes, car il n’y a pas d’empierrement, constitue depuis 1898 un service public. Le pétrole brut contenant de 10 à 12 pour 100 d’asphalte n’a pas seulement servi à abattre la poussière, mais a encore formé avec le sable un colmatage qui, une fois durci, donne une surface lisse,
- Fig. i. — Épandage à l’arrosoir et éteiidage à la racletle.
- sujet, de divers côtés. Les résultats obtenus par M. Tardy, agent voyer à Oran, par la direction du journal « County Gentleman » àFarnborough, par la ville de Genève n’ont pas toujours été très satisfaisants. Nous voulons dire par 15, étant donné le prix de revient de ce pétrolage, qu’on n’est pas arrivé à faire disparaître la poussière pendant un temps assez long pour que le procédé soit pratique dans ces conditions.
- Aussi a-t-on dû songer à autre chose. Il nous a semblé que le goudron de houille, qu’on emploie depuis longtemps en France pour les cours et les chaussées des usines à gaz,
- Fig. 5. — Élendage terminé, llepos de quelques heures avant sablage.
- élastique et résistante, très propice au roulage. La consommation du pétrole est énorme : 20 à 30 tonnes par km ; sur la route ainsi arrosée on étend une couche de sable d’environ 1/2 cm d’épaisseur. Après quoi, on fait passer le rouleati compresseur sur le tout et voilà une route débarrassée de sa poussière et à laquelle on n’aura pas besoin de toucher avant dix ans.
- Malheureusement ce qui est possible en Californie où la tonne de pétrole revient à 20 francs ne l’est pas ailleurs, en France par exemple où la même tonne coûte 10 fois plus (200 francs). D’ailleurs nos routes n’absorbent pas de grandes quantités de pétrole. On a fait des expériences, à ce
- p.153 - vue 157/536
-
-
-
- m
- IA NATURE.
- donnerait des résultats plus satisfaisants. De premiers essais faits à Monaco, en mars 1902, furent très concluants. Nous avons, d’ailleurs, appris depuis (pie le mérite d’avoir le premier employé ce procédé (devant l'usine à gaz de Sainte-Foy-la-(irandc) en France revenait à M. Christophe, ingénieur.
- D’après les expériences faites, ce système supprimerait la poussière et la boue des routes pendant 5 à (> mois par an, les frais de goudronnage ne monteraient pas h plus de 15 à 20 centimètres carrés, ce qui est peu étant donnés les avantages qui en résultent. En etfet, le cailloutis se trouve ainsi revêtu d’une couche élastique, sorte de pellicule formée par le lirai du goudron. Les pluies s’écoulent sur ce revêtement sans pénétrer dans le sol; donc pas de houe cl la marche des piétons en est facilitée et l’effort de tirage pour les véhicules considérablement diminué. Déplus, les propriétaires des maisons situées en bordure des routes fréquentées n’auront plus à craindre l’invasion de la poussière. Plusieurs d’entre eux se sont spontanément déclarés prêts à fournir le goudron. L’exemple des habitants de l’avenue Thiers à Fontainebleau est d’un bon indice à ce point de vue.
- Comment doit se pratiquer le goudronnage? 11 faut d’abord que la route soit fraîchement cylindrée, absolument sèche, nettoyée à vif et qu’on opère par une température d’au moins 20°. Le goudron doit être chauffé à 60° environ répandu sur la route avec des arrosoirs à bec plat ou par un tonneau distributeur, puis lissé en une couche mince et uniforme au moyen de brosses souples en parana. On compte qu’il faut I kg 1/2 de goudron par mètre carré. Pour le faire prendre sur la chaussée et le sécher il faut une moyenne de 48 heures. Avant de livrer les routes à la circulation on jette du sable à la pelle autant pour protéger l’enduit que pour en faciliter la prise.
- Quel sera l’effet, des gelées et de l’humidité persistante sur le goudronnage? On ne peut encore se prononcer définitivement à ce sujet. Cependant on a vu, sur plusieurs routes goudronnées, à Nice, à Menton, à Saint-Cyr, se former une houe salissante et visqueuse, glissante pour les chevaux. D’où cela vient-il ? C’est qu’on avait probablement goudronné sur un sol qui n’était pas parfaitement sec. Ce dernier résultat n’est pas facile à obtenir, et pour badigeonner un certain nombre de kilomètres il faut un temps très long, alors que le soleil ne nous prodigue depuis quelque temps que trop rarement ses rayons. D’autre part, pour opérer avec fruit, il faut une chaussée presque neuve,bien bombée, etc.... Enfin, la couleur noire que prennent les routes n’est pas très esthétique et soulève bien des protestations.
- On a donc cherché à faire mieux encore. C’est un ingénieur hollandais, M. de Westrum, qui a eu l’idée d’utiliser pour l’arrosage des routes un nouveau procédé découvert par un chimiste allemand, M. Boleg, qui consiste à rendre du goudron d’huile minérale soluble dans l’eau par de l’ammoniaque et d’autres substances bon marché. Le système paraît très simple et pratique. Inutile d’attendre le beau temps fixe,
- pas de chauffage, pas d’appareils; inutile d’interrompre la circulation, aucun inconvénient, ni glissades des chevaux, ni odeur. On verse 10 litres de ce produit sur 100 litres d'eau dans un tonneau d'arrosage et on arrose avec cette solution — on dirait du café au lait — comme on arrose avec l’eau ordinaire. Cette eau ne s’évaporant presque pas, la route reste, pendant 5 à 4 semaines, comme fraîchement arrosée, et sans poussière. Pour maintenir la route dans ce bon état, il suffit d’un arrosage mensuel à 2 pour 100. C’est ce procédé appelé Wes-trumit qu’on a employé pour huiler la route qui passait au pied des tribunes installées en Irlande pour la course d’automobiles de la coupe Cordon Bennett. Les résultats ont dépassé toutes espérances.
- La dépense est relativement très faible : 15 centimes environ par mètre carré par an. Ce n’est pas là un des moindres avantages de ce système que M. le Ministre des travaux publics a bien voulu nous autoriser à essayer en France dès que le temps le permettra. Ces essais viennent de commencer sur le littoral et donnent des résultats frappants. L’essai fait sur la promenade des Anglais prolongée de Nice, a été terminé le 19 janvier. Les nombreuses personnes qui, soit à l’aller, soit au retour des Courses, sont passées par cette promenade, ont pu se convaincre de l’excellence de ce procédé. Il a complètement réussi ; nous sommes heureux de le constater1.
- Obtiendrons-nous cette fois le résultat désiré ? Certes, le jour n’est pas encore venu où les routes seront complètement débarrassées de la poussière, mais on peut entrevoir le moment où les automobiles pourront circuler sur nos chaussées sans soulever les protestations des piétons et des riverains. Encore une fois, de l’excès du mal sera sorti le bien. __^____I)1 (imr.iEr.Mf nette
- INSECTES ARACHNIDES ET MYRIAPODES
- MARINS
- Il y a dans les quatre groupes entre lesquels se divise l’immense classe des Arthropodes une répartition des plus remarquables. Le groupe inférieur, celui des Crustacés, est essentiellement marin, comme si, voisin encore de ses origines, il n’avait pu se résoudre à quitter le milieu où a débuté l’évolution de tous les êtres vivants. Les Crustacés d’eau douce sont relativement peu nombreux, les terrestres le sont encore moins. Au contraire les trois autres groupes des Arthropodes sont presque tous adaptés à la vie terrestre ; tous, même ceux qui habitent les eaux douces, respirent l’air par des trachées, ce qui les force à revenir de temps en temps à la surface pour respirer ou à en emporter une provision comme l’Argygo-nète, cette araignée industrieuse qui a inventé une sorte de cloche à plongeur. Rappelons cependant que, malgré la présence de trachées, beaucoup d’IIydraclmides ou Acariens aquatiques ne reviennent jamais à la surface ; leur respiration s’effectue dans l’eau par toute la surface cutanée. Leur transport de mare en mare a lieu par l’intermédiaire des Insectes aquatiques tels que les Hydromètres ou les Libellules, aux pattes desquels leurs larves s’attachent.
- 1 « Rappel Niçois » du 20 janvier 1904.
- p.154 - vue 158/536
-
-
-
- LA NA TII! L.
- 1 55
- Insectes, Arachnides et Myriapodes n’ont que fort peu de représentants marins; et encore n’occupent-ils que la zone littorale. La plupart d’entre eux reculent devant la marée et méritent donc à peine le nom d’aquatiques. .Nulle part on ne retrouve les merveilleuses adaptations qui ont permis à de nombreux Insectes de quitter le milieu terrestre pour vivre au sein des eaux douces ou circuler à leur surface. On ne trouve pas non plus ici des dispositifs organiques rappelant ceux des Crustacés.
- Parmi les Arachnides, on connaît deux llydrachnides (pii vivent dans la zone littorale. Il convient aussi de citer un l’seudo-Scorpionide, « Obisium maritimum », commun sur les rochers de Wimereux. 11 ressemble aux « Ghelifer », dont une espèce vit sous les écorces, tandis (pie l’autre se rencontre dans les appartements, où elle se nourrit de petits Insectes. Comme eux il a des pinces semblables à celles des Scorpions, et un corps très court, long de "2 millimètres, à extrémité postérieure obtuse.
- Les Myriapodes n’ont que deux espèces maritimes : (Scolioplanes maritima, Bergsoè) et [Schendyla submarina, Grube). La première a été soumise récemment à une étude d’ensemble par M. Curt Heunings1, de sorte que ses mœurs nous sont assez bien connues. Ce Myria-pode appartient à la famille des Géopbilides, caractérisée par leurs anneaux égaux et très nombreux (150 chez certains « Geophilus ») et leurs pattes courtes. Le « Scolioplanes » a été observé sur les cotes des pays Scandinaves, de l’Allemagne, de l’Angleterre et delà France (à Viller-ville) ; la « Schendyla » n’a encore été rencontrée qu’à Saint-Malo, à Jersey et en Angleterre.
- A marée basse les « Scolioplanes » cherchent leur nourriture parmi les rochers; quand l’eau vient à monter ils se réunissent en pelotons comprenant 10 à 20 individus et se laissent submerger, après s’être réfugiés sous des pierres. Ils restent immobiles pendant toute la durée de la marée haute. Dès qu’ils sont recouverts par l’eau on constate à l’orifice de chaque stigmate la présence d’une bulle d’air. Ce sont vraisemblablement ces bulles qui permettent à l’animal de résister à la submersion.
- D’autres fois un « Scolioplanes » est surpris par l’eau avant d’avoir eu le temps de se pelotonner avec ses semblables. 11 flotte alors en maintenant sa tète hors de l’eau et en remuant vivement toutes ses pattes. Lorsqu’il est fatigué il s’enroule sur lui-même et se laisse porter par le flot; ou bien il plonge et nage vers le fond par des mouvements sinueux du corps, les pattes restant immobiles. Arrivé au fond il se cache sous une pierre. Des expériences de M. Ilennings il résulte que ces Myriapodes peuvent rester sans dommage 24 heures sous l’eau de mer et qu’ils présentent une force de résistance remarquable pour divers liquides artificiels.
- Les Insectes, plus ou moins adaptés au milieu maritime, sont un peu plus nombreux. Nous trouvons d’abord un très petit Staphylinide, « Micranyna brevipennis », qui court sur les rochers à marée basse. Je l’ai observé à Wimereux en compagnie de « l’Obisium » décrit plus haut. D’autres Coléoptères, des Carabides du genre « Æpus », sont bien plus intéressants : on ne les rencontre que sur les roches les plus éloignées de la rive à marée basse. Ils courent sur les roches, les fucus, les éponges et autres corps marins encore mouillés par la dernière vague et y cherchent leur proie. Quand la marée remonte, ces Insectes se cachent sous une pierre et se laissent submerger. Ils ne vivent donc à l’air libre que pendant une faible partie de leur existence ; le reste du
- 1 Biologisches Centralblatt, t. XXIII, 1905, p. 720.
- temps ils sont dans un état de torpeur et ne résistent à la suffocation que parce qu’ils sont entourés d’une bulle d’air.
- J’ai observé sur les plages sableuses de Soulac et de la l’ointe de Grave une curieuse association. Quand on soulève les pièces de bois ou les paquets d’herbes rejetés par la mer on y trouve en abondance un grand Carahide, « Nebria complanata » (fig. 1), de couleur jaune avec des bandes longitudinales noires plus ou moins nettes sur les élvtres. Non moins abondant est un Orthoptère, une sorte de grand Perce-oreille, o Labidura riparia » Pall (fig. 2) ; cet animal est entièrement jaune. La même couleur caractérise également un petit Coléoptère du groupe des Ténébrionides, la « Phaleria cadaverina » (fig. 5), beaucoup plus rare dans les habitats en question et un Crustacé Isopode (fig. 4) commun, ressemblant à un Cloporte. Ces quatre animaux appartenant à des groupes zoologiques très éloignés présentent donc un caractère commun, la décoloration des téguments : chez tous la surface du corps est d’un jaune blanchâtre très net. Il est
- 1, Xebri.i ; 2, Labidura riparia; 5. Phalrria radaveriiia;
- i. Crustacé isopode.
- probable que cette décoloration tient à ce que ces animaux vivent à l’abri de la lumière du jour sous les débris rejetés sur la plage. Ils sont en eflet fort effrayés quand on vient les déranger et cherchent immédiatement à se cacher dans un endroit obscur. La longueur des antennes et la petitesse des yeux de la « Nebria » et de la « Labidura » plaident en faveur d’un genre de vie nocturne. Il est probable que tous ces animaux ne sortent de leurs retraites que la nuit pour aller à la recherche de leur pâture. Les endroits de la plage où on les rencontre ne sont touchés que par les plus fortes marées de l’année.
- En résumé, des animaux que nous avons passés en revue les uns habitent les plages ou les rochers et fuient à chaque marée devant la mer; ils ne présentent donc-pas d’adaptations spéciales au milieu maritime. Les autres, comme les Æpus ou les Myriapodes, sont pourvus de propriétés biologiques qui leur permettent de résister à la submersion. Mais ils ne jouissent d’une vie active qu’à l’air libre; ils sont engourdis tant, que dure leur submersion. Il n’y a donc là qu’une adaptation bien rudimentaire au milieu maritime et qui ne saurait être comparée avec l’organisation si parfaite des animaux réellement aquatiques. Dr L. Laloy.
- p.155 - vue 159/536
-
-
-
- m
- LA NATURE.
- PHOTOGRAPHIE
- CHÂSSIS AUTO-RETOUCHEUR JOUX-ARTIGUE PELUICULES VIDII,-LUMIÈRE
- Auto-retoucheur. — Les premiers clichés d’un amateur photographe sont généralement des portraits de famille. Le développement du cliché lui procure des jouissances profondes; il voit apparaître peu à peu tous les détails de l’image et songe avec orgueil que c’est lui qui est l’auteur d’un tel chef-d’œuvre; après le fixage, au grand jour, il déchante un peu et commence à avoir quelque doute sur son talent; mais une fois le tirage terminé, il ne chante plus du tout, il ne doute plus, et, douterait-il encore, qu’il ne tarde pas à être lixé par la façon peu aimable dont il est reçu par son modèle. Les amis consultés le rassurent ; ce n’est pas le talent qui lui manque, c’est une question de retouche. 11 se renseigne sur la pratique de cet art délicat, et, après quelques tentatives, renonce définitivement au portrait. La retouche est, en effet, peu facile à pratiquer convenablement, et, si bien faite qu’elle soit, elle altère souvent la ressemblance; il faut du reste, pour bien faire ce travail, une habileté de main que peuvent seuls acquérir les professionnels. Un procédé qui donne automatiquement la retouche ne peut être que fort bien accueilli par tout le monde, et surtout par les amateurs. On en a déjà proposé plusieurs, mais le plus rationnel est à coup sur celui qui consiste à utiliser un cliché positif en même temps qu’un négatif; les défauts se trouvent, en effet, en sens inverse sur chacun d’eux, et il y a compensation. Partant de là, on a sensibilisé le dos du cliché à améliorer au moyen d’une couche de gélatine bichromatée et colorée : après exposition à la lumière et fixage à l’eau, on a obtenu un positif exactement juxtaposé au négatif.
- Le tirage fait avec le cliché ainsi modifié est meilleur, mais pas toujours aussi bon cependant qu’on pourrait le désirer. On est obligé en effet, dans ces conditions, de laisser agir toujours ensemble les deux images; on n’est pas maître de donner une prépondérance à l’une ou l’autre d’entre elles, et c’est là le grave défaut du procédé qui a, du reste, été peu pratiqué à cause de cela, et aussi par suite des manipulations qu’il exige.
- MM. Arligue et Joux viennent d'imaginer et de
- construire un châssis qui permet d’employer deux clichés indépendants l’un de l’autre, tout en permettant un repérage parfait (fig. 1). Sur la glace qui forme le fond du châssis se trouve lixé à demeure un premier cadre en cuivre du format des clichés à utiliser ; on trouve sur la bordure intérieure de ce cadre trois points formant légèrement saillie sur lesquels on fait buter le cliché négatif à tirer; on le fixe dans cette position au moyen de deux verrous Y munis d’une vis de serrage. Cette position du cliché pourra donc toujours être retrouvée exactement. Cela fait, on met un second cadre par-dessus le premier en enfilant les trous T, ménagés sur sa bordure, dans les tiges R, C, 1) fixées perpendiculairement au cbàssis. Un trouve également sur ce second cadre trois points en saillie et des verrous qui permettent de placer une plaque dans une position qu’on pourra toujours relrouver très exactement. Un
- fait d’abord, en utilisant ces dispositions, un positif sur verre; on s’arrange de façon à l'avoir plutôt un peu heurté en le posant peu et en le développant par exemple à l’hydroqui-none avec beaucoup de bromure. On laisse sécher ce cliché pour utilisation ultérieure. Pour faire le tirage du négatif, non retouché, on le met en place dans le premier cadre, comme il a été dit plus haut ; puis, sans s’occuper du second cadre qu’on a enlevé et mis de coté, on ferme le châssis avec le volet sur lequel on a fixé le papier sensible en engageant l’un de ses côtés dans la pince A. Ce volet porte trois trous T qui entrent dans les tiges B, C, 1), et permettent un repérage absolu; on peut donc l’enlever et le remettre à volonté pour surveiller la venue de l’image. Quand celle-ci a atteint à peu près l’intensité à laquelle on désire l’avoir définitivement, on met en place le second cadre et l’on place, par-dessus le négatif, le positif sur verre obtenu précédemment; on a soin de le fixer avec les verrous de façon qu’il touche les trois points en saillie dont il a été parlé plus haut; on place par-dessus un verre dépoli et on remet le volet en place pour continuer le tirage qu’on pousse alors à fond.
- L’image apparaît empâtée et inutilisable, mais au virage et au fixage elle se dépouille, les finesses données par le premier tirage sur le négatif réapparaissent, et la retouche et le modelé sont donnés par l’action, du second tirage avec le cliché positif superposé.
- p.156 - vue 160/536
-
-
-
- LA AA TU H K.
- 157
- Les deux images que nous reproduisons en similigravure ne peuvent donner qu’une laihle idée de la différence considérable qu’il y a entre les deux modes de tirage ; la première (lig. 2) est obtenue au châssis-presse ordinaire avec le négatif non re-
- touché tiré seul; la seconde (lig, o) est obtenue avec le châssis auto-retoucheur dans les conditions que nous venons d’exposer.
- On obtient également d’excellents résultats pour les clichés de paysage, et notamment pour ceux dont
- Fi;;. — Cliché non retouché.
- Épreuve donnée par le procédé ordinaire de tirage.
- les premiers plans formés d’arbres sont peu venus au développement et trop transparents, tandis que les fonds sont, au contraire, trop opaques.
- Pellicules Vidil-Lu-mière. — On a souvent reproché aux pellicules en bobine de ne pas laisser une indépendance suffisante aux clichés : il faut tjue la bande soit impressionnée complètement avant de commencer le développement, et celui-ci présente quelque difficulté si on veut le bien conduire lorsqu’on a des temps de pose très différents. C’est pour remédier à ces divers inconvénients qu’on a imaginé de faire des rouleaux où chaque portion de surface sensible est séparée de sa voisine.
- Ces bobines, connues à l’étranger sous le nom de « Yidil », sont aujourd’hui fabriquées en France par la maison Lumière. Elles se composent (fig. 4) d'une bande de papier blanc transparent sur laquelle sont collées par un bord des pellicules de la dimension du cliché à obtenir; sous chaque pellicule se trouve une feuille de papier noir de la même dimension qui l’isole du
- Fig. ô. — Cliché non retouché.
- Épreuve donnée par le tirage au châssis Joux-Artigue.
- papier transparent. Aux deux extrémités de la bande de papier blanc on a collé une bande de papier noir assez longue pour protéger la bobine et permettre, comme d’habitude, le changement en plein jour. L’emploi du papier blanc transparent a sa raison d’être parce qu’on a voulu qu’il remplace le verre dépoli pour la mise en plaque et la mise au point. A cet effet, on a laissé entre chaque pellicule un espace libre, de même longueur qu’elle, qui vient se présenter en face de l’objectif après chaque pose. On a soin de faire pratiquer dans l'arrière du châssis une ouverture rectangulaire qui se ferme aisément au moyen de quatre cartons noirs montés à charnière et remplaçant le voile noir ordinaire quand ils sont ouverts.
- Ces nouvelles dispositions, dont il vient detre question, rendent beaucoup plus pratique l’emploi des châssis à rouleaux et des pellicules dont les avantages sont incontestables pour le voyage par suite de leur grande légèreté et de la facilité de permettre le chargement en plein jour. G. Mareschal.
- Fig. 1. — Rouleau pelliculaire Vidil-Lumièrc, donnant l'indépendance à chaque pellicule et permettant la mise au point.
- p.157 - vue 161/536
-
-
-
- LA N AIT HL.
- I r*8
- FILTRE À LAIT ULANDER
- I u nouveau filtre à lait qui semble lion et efficace vient d’ètre inventé par 11. mander, d’Ekon (prèsMotala, Suède). Il présente le grand avantage d’être très simple. Il se compose d’un entonnoir en fer-blanc terminé à sa partie inférieure par un tube court. A l’entrée de ce tube se trouve le filtre. Ce dernier se compose de deux tamis eu métal entre lesquels est disposé un disque de ouate chimiquement pure et stérilisée dont les bords dépassent ceux des tamis métalliques. L’épaisseur de la ouate, partout égale, est de I mm.
- L’ensemble des tamis et du disque de ouate est disposé dans l’entonnoir en fer-blanc là où commence la partie du cylindre. Une simple rainure retient le tout en place. Les trois disques sont pressés contre cette rainure au moyen d’un couvercle muni d'ouvertures latérales. Le tout est maintenu à l’aide d’un simple ressort d’acier. Le démontage et le nettoyage sont donc très simples.
- La hauteur de l’appareil est de 554 mm ; le diamètre du filtre est de 100 mm. La capacité varie de 11,5 litres à 15 litres suivant le numéro. Le poids est de 2kg,9 à 5kg,7.
- La tiltration se fait très rapidement. Dans divers essais oii le poids de la ouate était de 5 grammes, on a filtré : 1° 150 litres en G'" 15’ ; 2° 500 litres en 10m55s; 5° 500 litres en 15m45"; 4° 200 litres en 5ra 5GS ; 5° 150 litres en 9m ; G° 500 litres en 9m 205.
- Si, après filtration, on sort le filtre de l’entonnoir, on constate que la ouate est couverte d’une couche sale, rougeâtre, plus ou moins accusée selon la pureté plus ou moins grande du lait. L’autre face de la ouate ne présente pas trace d’impuretés. D’autre part, si on lillre le même lait deux fois en changeant la ouate, le second liltre reste parfaitement pur, ce qui prouve bien que positivement les impuretés ont toutes été réellement éliminées au premier filtrage.
- II va sans dire que cette tiltration ne retient pas les mi-
- crobes qui se trouvent à l’état isolé dans le lait. Aussi l’inventeur n’a-t-il pas appelé son appareil <( stérilisateur », mais « purificateur ». Toutefois, les microbes de la putréfaction, les bacilles du foin, les micro-organismes anaérobies adhèrent la plupart aux débris solides de tous genres qui sont retenus sur le filtre. La filtre Ulander est utilisé dans l’étable pendant la traite. La forme est telle qu’il entre dans le col des bidons. Les impuretés sont donc séparées immédiatement et n’ont pas le temps de se dissoudre dans le lait. L’appareil peut, du reste, s’employer dans les laiteries et dans les ménages. Lors d’expériences comparatives faites pour vérifier la pureté du lait on a constaté, par la méthode de Renk, que 9 litres de lait non filtré contenaient 4n,*r,2 d’impuretés par litre, mais qu’après filtration ils n’en contenaient plus que 1 milligramme. L’examen microscopique montra que ce résidu de matières solides était exclusivement formé de microscopiques cristaux de phosphate de chaux tribasique, un des constituants normaux du lait. Donc 97 pour 100 de matières étrangères avaient été éliminées, ce qui prouve le bon fonctionnement de l’appareil. On pourrait encore augmenter le pouvoir purificateur en accroissant l’épaisseur et la densité de la couche de ouate, mais ce serait au détriment de la vitesse de filtration. Le filtre-lait Ulander mérite donc de prendre de l’extension dans toutes les fermes et dans tous les pays. Les résultats qu’il donne ne peuvent qu’être favorables à l’hygiène et à la bonne qualité des produits. E. Guarixi.
- La vitesse des locomotives. — Les grandes vitesses atteintes par les nouvelles locomotives allemandes de la compagnie Siemens-llalskc viennent d’être dépassées par une locomotive construite par Allgemcine Eleck-tricitæts Gesellschaft. On sait que le record restait à la locomotive Siemens avec 201 kilomètres à l’heure. Le chiffre (pie nous annonçons aujourd’hui dépasse celui-ci de plus de 9 kilomètres. Dette « locomotive-bolide » est un engin formidable ; elle pèse plus de 95 tonnes et occasionne un frottement si grand sur les rails qu’on a été obligé de consolider ceux-ci par l’adjonction d’un nouveau rail accoté au premier. Elle est munie de freins Yestinghouse qui, dans la dernière expérience, se comportèrent merveilleusement, bloquant le train à son entrée en gare à une vitesse supérieure à G0 kilomètres à l’heure. Les vitesses successivement atteintes furent de 145 kilomètres à l’heure.pendant les 5 premiers.kilomètres, de 201 kilomètres durant les 15 suivants et enfin le reste fut accompli à une vitesse qui alla en augmentant jusqu’à celle de 210kl",770 qui fut maintenue pendant 10 secondes. La puissance de celte locomotive varie de 1000 à 2500 kilowatts et la tension de 10 000 à J 4 000 volts. Ces résultats, quoique déjà surprenants, seront peut-être encore dépassés avant peu. Mais après? Quel gaspillage d’énergie! 2500 kilowatts pour traîner 100 tonnes!
- La composition variable du grisou. — M. Li-
- doff a poursuivi des études minutieuses sur les gaz des mines, et il est arrivé à cette conclusion que ce qu’ou nomme le grisou est de composition essentiellement variable. Ainsi qu’il le dit dans Dinyler's Pohjlechnis-ches, souvent, au lieu d’ètre composé principalement de méthane, il sera constitué de G0 pour 100 seulement de ce gaz, de 57 pour 100 d’éthane et d’un peu d’acide carbonique. Alors que, dans bien des mines anglaises, la teneur en méthane oscille entre 77,5 et 98,2 pour 100, elle est comprise entre 52 et 70 pour 100 dans le bassin du Donetz. Nous n’insisterons pas sur la présence régulière d’une petite quantité d’argon, mais nous noterons que parfois le gaz n’est pour ainû dire composé que d’acide carbonique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er février 1904. — Présidence de JE Mascaiit.
- Allas solaire. — M. Janssen présente un Allas de photographies de la surface du soleil. Ces photographies ont été choisies dans le groupe des G000 clichés tirés depuis 187G à l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon; chacune d’elles offre un intérêt particulier soit au point de vue des réseaux, soit au point de vue des facules, soit au point de vue des taches. On peut considérer que cet atlas est un document désormais indispensable pour l’étude du soleil.
- Action de la chaux sur le charbon. — M. Moissan expose qu’il a entrepris des expériences en vue de déterminer la température nécessaire pour que la chaux réagisse sur le charbon. A cet effet, il a chauffé dans un tube de silice fondue un mélange de chaux et de charbon en poudre. \’ers 1400° le tube s’infléchit, mais aucune action ne se produit encore ; il faut la température donnée par le chalumeau à gaz oxygène hydrogène pour amener la fusion de la chaux. D’ailleurs, si l’on met un
- p.158 - vue 162/536
-
-
-
- LA NATÜHE.
- i .mi
- lil de platine dans un creuset contenant du carbure de calcium fondu, on le voit fondre très rapidement, la température dépasse donc celle qui suflit pour fondre le platine.
- Spectre de l'air. — M. Deslandres présente les résultats de longues recherches qu’il vient d'effectuer sur le spectre de l’air et de l’azote illuminés électriquement, (le spectre lorsqu’il est intense, c’est-à-dire tel qu’il peut être obtenu aujourd’hui, offre 10000 raies distribuées par groupes. M. Deslandres a trouvé que dans une série les intervalles successifs des raies croissent comme les nombres entiers consécutifs; quelques séries ont 100 raies. 11 annonce qu’il a vu des bandes se résoudre en raies composées quelquefois de scxtuplets. L’étude des spectres avec des appareils de précision fournira, dit-il, des données sur la structure de la molécule.
- Tremblements de terre en Portugal en 10(1”). —M.de Lapparent résume une .Note de M. Chauffai sur l’origine de deux tremblements de terre observés en Portugal en août et septembre dernier. L’auteur trace l’aire d’action des deux phénomènes, montre que ces aires ont eu des parties communes et que les deux mouvements du sol avaient leur origine dans l’Atlantique. Ils sont donc dus à deux effondrements au large des côtes.
- Culture du bluck-rol. — M. Guignard analyse un travail de MM. Vialla et Pacottet, relatif à la culture du black-rot. Les auteurs décrivent les procédés employés par eux pour réaliser cette culture. Elle leur a permis de déterminer les conditions favorables au développement de ce champignon et par suite à l’invasion des vignes par la maladie; elle donnera aussi le moyen d’arrêter le développement de ce champignon, c’est-à-dire de protéger les vignes. Les jeunes feuilles conviennent fort bien pour l’invasion à cause de leur acidité. Au contraire les grains de raisins a vérés », c’est-à-dire proches de la maturité, ne conviennent pas à cause de leur pauvreté en acide tartrique. Entin les auteurs ont constaté que l’acide acétique empêchait la propagation des spores et du mycélium.
- Efficacité des vêlements. — M. Bouchard résume une Note de M. Bcrgonié, professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux, relative à la protection que fournissent les vêtements contre la déperdition de chaleur. L’auteur a habillé successivement de différents costumes un mannequin qui pouvait être rempli d’eau à 57° et a constaté en calories quelle perte correspondait au port de chacun d’eux.
- Propriété des rayons N. — M. d’Arsonval présente une Note de JL Charpentier relative aux propriétés physiologiques des rayons N. Cette étude est en quelque sorte l’inverse des précédentes recherches de l’auteur sur ces rayons. Indépendamment de plusieurs particularités intéressantes, l’auteur a i elevé un fait se prêtant à une mesure directe. Si l’on applique les rayons N en un certain point de la colonne vertébrale d’un animal on détermine un rétrécissement de la pupille de un demi-millimètre à un millimètre.
- Propriété des champs magnétiques. — JL l’oincaré fait connaître, au nom de JL Gutton, que les champs magnétiques non uniformes jouissent de la propriété d’émettre des radiations analogues aux rayons N. Le phénomène peut s’observer à l’aide d’un barreau aimanté. Au contraire le champ magnétique terrestre, à cause de son uniformité, est sans émission ; mais la plus petite cause pouvant troubler cette uniformité, un fil de fer par exemple ou le passage d’un courant de 1/100 000 d’ampère suffit pour communiquer à ce champ la propriété d’émettre des radiations. Cn. i>iï Vilmïdeuii..
- UN PLEIN 1IIVEIÎ
- On sait que normalement les travaux de maçonnerie sont arretés en hiver, quand il gèle, parce qu'on estime qu’il est impossible de faire prendre le mortier dans de bonnes conditions, quand l’eau qui y entre est exposée à geler.
- Cette pratique est fort préjudiciable aux ouvriers, qui voient s’ouvrir pour eux une morte-saison, et aussi aux entrepreneurs comme aux propriétaires, l’achèvement des constructions se trouvant fort retardé de ce chef. Mais on considère qu’on ne peut échapper à celte obligation. Et cependant, dans des contrées septentrionales comme la Suède, où la morte-saison serait considérable, parce que la période des fortes gelées dure longtemps, on a réussi à triompher de cette difficulté, si nous en croyons ce que dit M. le consul anglais Stewart Mac Cregor. Quiconque fréquente Stockholm peut voir les maçons continuer à poser sans cesse leurs briques même durant les journées où il-gèle le plus fort.
- 11 y a déjà quelques années on avait poursuivi des expériences méthodiques, précisément pour rechercher par quelles températures les plus basses on pourrait établir des maçonneries de briques qui offriraient ultérieurement une solidité parfaite, et l’on lit trois massifs de constructions différents, l’un par une température de —5° C., l’autre tà -^-10°, et enfin, un troisième à —15°. Briques et'mortier employés étaient du reste des types courants. Un laissa ces maçonneries intactes jusqu’à l’automne suivant, puis on les démolit alors. Or, on constata que, si le troisième mur, construit par un froid vraiment très considérable, était en mauvais état, si le mortier n’y adhéraitpoint aux briques, qui étaient logées simplement dans sa masse avec un certain jeu tout autour d’elles, par contre, les deux autres massifs de maçonnerie étaient dans un état absolument satisfaisant. Le mortier était dur et sain, il fallait le détacher violemment de la surface des briques. Cela prouvait donc que l’on pouvait parfaitement continuer d’effectuer des travaux de maçonnerie tant que le thermomètre ne descendait pas au-dessous de —1(0C., ce qui est déjà un froid intense, du moins pour nos climats. Mais on est arrivé à mieux, et, en prenant les précautions que nous allons résumer, on a pu maçonner à plus basse température. On doit chauffer le sable et l’eau que l’on emploiera à la fabrication du mortier, et il n’est pas besoin pour cela d’appareils bien compliqués. Pour faire bouillir l’eau, le premier récipient venu peut être mis à contribution, et sur un feu quelconque. Quant au sable, on le traite généralement au moyen d’une sorte de cylindre de fer ayant 1m,80 à2m,40 de long pour un diamètre de 0m,45 à Ûm,G0. Ce cylindre est fermé à une de ses extrémités au moyen d’une plaque de tôle, ou plus simplement d’un petit mur de briques; à la partie supérieure de ce cylindre, qui est placé horizontalement sur le
- p.159 - vue 163/536
-
-
-
- IfiO
- LA NATURE.
- sol, et qui est le plus ordinairement emprunté à une vieille chaudière ou à une vieille cheminée métallique, on dispose un tuyau d’échappement des fumées, une cheminée de 2“',50 à 5 mètres de haut et de quelque 0m, 12 de diamètre. Le combustible que l’on charge dans ce réchauffeur improvisé est le plus souvent du bois, fourni par les déchets de la maison que l’on est en train de construire ; si l’on veut chauffer au charbon ou au coke, il est nécessaire d’installer dans le cylindre une grille, qui peut être d'ailleurs du type le plus primitif. On accumule du s.able tout autour de ce réchauffeur, sur une épaisseur qui ne dépasse pas 0ra,G0, on l’y laisse jusqu’à ce qu’il soit bien chaud, et on le retire alors pour le remplacer par d’autre. Le mortier doit se faire d’autre part dans une enceinte où la température ne descende jamais au zéro, et l’on obtient facilement la chambre nécessaire à cette opération, en formant une sorte de cabine avec des planches grossières, mais jointives, au milieu même des échafaudages de la construction.
- Nous ajouterons que, quand on maçonne par temps de gelée, il faut poser les briques avec soin, et éviter complètement de les faire glisser, de les déplacer une fois qu’elles ont été déposées dans le mortier. De plus, on ne doit jamais employer de vieux mortier. Les briques pour ces constructions hivernales sont fort poreuses : les briques dures, les moellons et les pierres de taille ne donneraient que de fort mauvais résultats. Cependant ces matériaux mêmes peuvent être utilisés si l’on prend la précaution de les chauffer légèrement avant que de les mettre en œuvre : à cet effet, on laisse briques, pierres de taille sous une cabane en bois où brûle un feu nu de coke; en pareil cas, souvent on abrite la partie de maçonnerie intéressée sous un auvent en planches.
- Nous ferons remarquer que, si les travaux de maçonnerie se poursuivent parfaitement à Stockholm durant des froids très intenses, sans interruption, sauf peut-être quelques jours par an (alors que la morte-saison durait jadis 1 ou 5 mois), du moins
- on n’a pas trouvé le moyen de mettre en œuvre le ciment ni le plâtre, sauf si l’on travaille dans une enceinte fermée et coûteusement chauffée, solution qui ne présente plus alors d’intérêt. R. R.
- PALMIER COLOSSAL
- La palmeraie de Cura est renommée pour la culture de ses dattiers, elle appartient au jardin fruitier du curé d’Elche, ville espagnole de 20 000 habitants environ située à 21 km au sud-ouest d’Alicante. Nous en avons parlé dans ce journal1. C’est dans ce jardin que se trouve l’admirable dattier âgé d’environ 200 ans dont nous reproduisons l’aspect d’après une photographie. Il est placé près d’un bois de palmiers qui couvrent, par leur nombre, presque tout le territoire de la région d’Elche.
- La grosseur des huit grandes branches, formant à elles seules cet arbre magnifique, faisait craindre que par leur poids et leur développement elles ne tardent pas à provoquer la ruine du tronc principal du palmier. On a dû depuis quelques années placer plusieurs supports suffisants pour les alléger, et les soutenir ainsi que leurs tiges. Grâce aux soins donnés à ces supports qu’on surveille, l’arbre reste solide et vit en bon état de vigueur.
- C’est à Elche, comme on sait, que de nombreux astronomes vinrent au mois de mai 1900 pour observer l’éclipse de soleil. Ils ne manquèrent pas d’aller faire un pèlerinage à la palmeraie de Cura, admirer le dattier de 200 ans et faire visite au curé d’Elche qui leur montrait cet arbre unique sans doute dans le monde entier. Le curé reçut en souvenir les nombreuses signatures de ses distingués visiteurs et se trouve heureux aujourd’hui de les faire voir à ceux qui viennent dans la forêt d’Elche. A. T.
- 1 Yov. ii° 1538, du 15 novembre 1902, p. 384.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Ladite, rue de Fleurus, 9.
- Palmier colossal d’Elche, près d'Alicante. (D'après une photographie.)
- p.160 - vue 164/536
-
-
-
- .V 1003. — 13 FL VH IL II l'JOi.
- LA N AT LUE.
- 101
- CHAUFFAGE DES TOITURES DE CHEMINS DE FER
- PAH I.A VAPEl'R ET l’AIR COMPRIMÉ COMBINÉS
- Différents systèmes sont employés pour le chauffage des voitures de chemins de 1er. Le plus ancien, et encore le plus répandu, est le chauffage au moyen de bouillottes qui, par les temps froids, est insuffisant et gênant, aussi bien pour les voyageurs que [tour le service et est la cause de réclamations souvent justifiées. Est venu ensuite le chauffage au moyen du thermo-siphon qui donne, un chauffage plus régulier, mais dont l’emploi exige un entretien coûteux et n’est pas non plus sans entraîner des complications de service, surtout lorsque les voitures
- doivent circuler sur des réseaux étrangers où ce même système de chauffage n’est pas appliqué. Enfin on a surtout recours à un troisième mode de chauffage, le chauffage à la vapeur, employé depuis longtemps déjà sur un grand nombre de réseaux des chemins de fer de l’Europe centrale.
- Avec ce dernier système, la vapeur est prise à la chaudière de la locomotive, puis envoyée dans une conduite générale installée sur toute la longueur du train et terminée à son extrémité par un orifice dont l’ouverture peut être réglée par un robinet. Sur cette
- Installation de l'appareil de chauffage par la vapeur et l’air comprimé combinés sur une voiture de 1" classe à intercirculation de la Cie de l’Est.
- conduite générale sont branchés des tuyaux avec cylindres en fer entièrement fermés, placés sous les banquettes de chacun des compartiments des voitures. La vapeur, venant de la conduite principale, pénètre dans ces cylindres et s’y condense en chauffant l’air des compartiments. Quant à l’eau de condensation produite, elle s’écoule dans la conduite principale, est entraînée par la vapeur et s’échappe avec elle par l’orifice de fuite placé à l’extrémité de cette conduite. On supprime ou on rétablit le chauffage dans les compartiments en ouvrant ou en fermant un robinet, mis à la disposition des voyageurs, installé au point de branchement de ces conduites secondaires avec la conduite principale. Le réglage du chauffage est donc impossible ; c’est le système du tout ou rien et c’est un des inconvénients de ce mode de chauffage. De
- plus, les eaux de condensation s’accumulent à tous les points bas de la conduite et dans les coudes en formant une série de bouchons d’eau qui arrêtent le courant de vapeur dans la conduite principale. Il en résulte des pertes de pression considérables, à mesure que l’on s’éloigne de la tête du train, qui font qu’il est impossible, avec la vapeur seule, de chauffer des trains-de plus de quinze véhicules contenant en tout tiô compartiments. C’est un inconvénient grave, aujourd’hui que des trains de vingt-quatre véhicules sont d’un emploi journalier.
- Il fallait donc, pour rendre pratique ce mode de chauffage, trouver un moyen simple d’obvier à cette perte de charge, due à l’obstruction de la conduite principale et, en même temps, pouvoir régler à volonté le chauffage dans les compartiments. Enfin,
- 32° aimée. — 1“ semestre.
- p.161 - vue 165/536
-
-
-
- 102
- LA A AT U HE.
- |»ar ce mode de chauffage, on élève bien la température des compartiments, mais les pieds des voyageurs ne sont pas chaudes et e’est un nouvel inconvénient avec nos habitudes françaises.
- M. Lancrenon, ingénieur en chef adjoint du service de la traction de la Compagnie de l’Est, eut alors l’idée d’adjoindre à la vapeur un corps gazeux, l'air comprimé, dans une proportion convenable et que l'expérience a démontré devoir être d’environ 10 pour 100. L’addition de ce corps gazeux a pour résultat très net d’entraîner l’eau accumulée dans les points bas et d’empêcher la formation des bouchons. Les pertes de charge deviennent moins grandes et le chauffage des trains de forte composition devient possible en employant des conduites principales de faible diamètre. Celte conduite se termine, à la queue du train, par un purgeur automatique qui laisse échapper l’air refroidi et l’eau condensée, sans aucune fuite de vapeur. Avec une rame composée de 50 véhicules et une pression de 4,7 kg en tète du train, on obtient en queue une pression de 1,75 kg, tandis qu’avec la vapeur seule, avec une rame de 10 véhicules seulement, la pression en queue est réduite à 0,75kg et, avec une rame de 50 véhicules, la conduite ne peut plus être mise en charge.
- En chassant avec l’air comprimé, après chaque chauffage, l’eau de condensation qui peut rester dans les points bas, on évite les congélations dans la conduite, peudant les grands froids, pouvant amener la détérioration de ces conduites, ce qui ne peut se faire avec le chauffage à la vapeur seule.
- Quant au chauffage des compartiments, on l’obtient au moyen de deux ou trois tuyaux, placés côte à côte, circulant dans une cavité ménagée dans le plancher, dans l’axe de chacun des compartiments et recouverts d’une plaque métallique qui permet le chauffage des pieds des voyageurs. Ces tuyaux, dans lesquels circule le mélange de vapeur et d’air comprimé, sont branchés sur la conduite principale du train et se terminent à l’autre extrémité de la voiture par un purgeur automatique qui laisse échapper l’air refroidi et l’eau condensée. Ces tuyaux sont munis à leur origine, près de la conduite principale, de robinets manœuvrables de l’extérieur, qui permettent de faire pénétrer la vapeur dans un, deux ou trois de ces tuyaux et de régler ainsi la température de la chaufferette, suivant l’état climatérique extérieur. La formation de bouchons d’eau n’est pas, non [dus, à craindre dans ces conduites de chauffage.
- Tel est le principe du chauffage des voilures par la vapeur et l’air comprimé combinés, à l’étude depuis dix ans h la Compagnie de l’Est et que • celle-ci, à la suite des excellents résultats obtenus, vient de décider d’appliquer sur la presque totalité des trains de son réseau. Les Compagnies d’Orléans et de l’Ouest viennent également d’entrer dans la même voie, tout au moins pour partie de leurs trains.
- La figure ci-jointe montrel’installation de l’appareil de chauffage sur une voiture de l,c classe, à intercirculation, de la Compagnie de l’Est. La conduite
- principale est représentée en À; elle reçoit le mélange de vapeur et d’air comprimé, l’une fournie par la chaudière de la locomotive, l’autre par une pompe de compression spéciale également placée sur la machine. Le mélange gazeux doit être envoyé par le mécanicien à une pression voisine de 5 kg, suffisante pour les trains les plus longs. La liaison des conduites principales entre chacune des voitures se fait au moyen d’accouplements métalliques.
- Sur cette conduite A sont branchés les tuyaux H de chauffage des compartiments qui, comme nous l’avons dit précédemment, sont recouverts par une tôle striée permettant le chauffage des pieds des voyageurs. Ces tuyaux de chauffage viennent se terminer dans une poche d’évacuation K, munie de purgeurs automatiques M M qui laissent échapper l’air refroidi et l’eau condensée. Sur cette même conduite principale et venant se terminer à la même poche d’évacuation Iv, sont branchés, le tuyau E servant au chauffage de l’air des compartiments et les tuyaux C servant au chauffage du couloir. Les régulateurs 1 et G servent à régler, comme nous l’avons indiqué plus haut, l’admission de vapeur et d’air comprimé dans les conduites de chauffage des compartiments et dans celles servant au chauffage du couloir, en faisant passer ce mélange dans un ou plusieurs tuyaux. Comme certains véhicules de la Compagnie de l’Est sont appelés à circuler sur des réseaux étrangers où le chauffage à la vapeur est seul employé, on a étudié un dispositif spécial qui, ajouté à celui que nous venons d’indiquer, permet le chauffage à volonté à la vapeur seule, sur les réseaux étrangers, ou, au mélange de vapeur et d’air, sur le réseau de l’Est. IL Boxisix.
- EXPÉRIENCES SER LES PRESSIONS
- PRODUITES PAR UE VENT
- D’après le dernier règlement de 1891, tous les ouvrages métalliques doivent être calculés pour résister, outre les efforts dus à la charge permanente et aux charges roulantes, à ceux qui résultent du vent et correspondent à des pressions de 270 kilogrammes par mètre.carré; l’ouvrage métallique ne donne, dans ce cas, passage à aucun train ou ne supporte que des pressions de 150 kilogrammes, lorsque les trains circulent sur l’ouvrage. Ces chiffres ont été acceptés en se fondant sur les expériences faites en Angleterre par un comité nommé à la suite de la catastrophe du pont sur le .Ta y.- et.qui avaient donné 27.0 kilogrammes comme pression maximum du vent par mètre carré dans nos régions. L’expérience a démontré certaines discordances, principalement en ce qui concerne la répartition de la pression lorsque différentes surfaces se trouvent placées en arrière l’une de l’autre en formant écran l’une par rapport à l’autre, comme cela se présente'dans les ponts formés de plusieurs poutres métalliques principales parallèles. Des expériences nouvelles étaient nécessaires. Elles viennent d’être entreprises par le Laboratoire National de Physique créé dernièrement en Angleterre et dont l’installation à Bushy llouse, près de Teddington, est terminée depuis quelque temps.
- tics nouvelles expériences que Aï. (llazèbrbok, directeur
- p.162 - vue 166/536
-
-
-
- L A N AT Ut E.
- I 05
- du laboratoire, a l’intention de taire aussi complètes que possible auront pour but : de déterminer la distribution de pressions sur les deux laces d’une plaque frappée par le vent, ainsi que la résultante de ces pressions; on pourra ainsi se rendre compte de la différence qu’on trouve généralement en comparant la pression observée et celle calculée en ne tenant compte que de la pression sur une des faces. En même temps, on se propose d’étudier l’influence de la forme et des dimensions linéaires de la surface frappée sur la pression du vent, lies expériences préliminaires ont déjà indiqué la faible influence de la forme et des dimensions de la plaque sur l’intensité de la pression. On examinera ensuite le cas de plaques placées l’une derrière l’autre et formant écran l’une par rapport à l’autre, cas pour lequel le désaccord paraît le plus complet. On essaiera, dans ce but, des modèles de poutres en treillis de forme usuelle et, en plus, on se propose d’étudier l’effet du vent sur des solides de forme cylindrique ou prismatique. Ces derniers essais ont une grande importance pour la construction des cheminées.
- On examinera enfin l’effet du vent sur les surfaces obliques, en se rapprochant autant que possible de la forme généralement employée pour les toitures.
- Tel est le programme du Laboratoire National de Physique de llushy Ilouse. Les questions à l’élude sont d’une importance capitale au point de vue des constructions de quelque ordre qu’elles soient et c’est pour cela que nous avons cru intéressant de signaler ces expériences. 11. IL
- APPAREILS DE MESURE ÉLECTRIQUES
- SYSTÈME MEYI.AN-d’àRSOXVAE
- En électricité industrielle comme dans toutes les applications des sciences expérimentales, les appareils de mesure rendent les plus grands services. Ajoutons également que les électriciens sont exigeants et demandent des appareils presque parfaits. Nous croyons utile de faire connaître les nouveaux appareils, système Meylan-d’Arsonval, dont la Compagnie pour la fabrication des compteurs vient d’entreprendre la construction.
- Ces nouveaux appareils sont basés sur l’emploi du cadre mobile du D' d’Arsonval, qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Ce cadre, légèrement modifié, a été combiné avec un aimant dont les dispositions ont été étudiées spécialement pour obtenir un champ magnétique absolument invariable et en même temps pour donner des facilités de fabrication et de montage.
- La figure 2 montre la forme et la disposition générale de l’appareil, et la figure 1 le détail du mon-•tage de l’équipage et la construction de l’aimant.
- Un aimant en U a ses extrémités prolongées par deux pièces polaires NS travaillées de manière à ménager un entrefer circulaire de 2 millimètres. L’intensité de champ magnétique dans cet entrefer atteint 1200 à 1400 gauss ou unités. Un cadre excentrique G, bobiné avec du fil isolé, forme l’équipage mobile qui est extrêmement léger; son axe repose sur des chapes en saphir montées sur des ressorts afin de garantir les pointes contre l’action des chocs. Le côté extérieur seul du cadre se déplace dans
- l’entrefer ; le côté opposé porte une longue aiguille indicatrice. Le cadran divisé de l’appareil repose sur l’aimant qui est fixé soit sur un socle isolant, soit sur un socle métallique avec interposition de talons en matière isolante [tour assurer un grand isolement entre les parties de l’appareil et sa boîte extérieure; en fait cet isolement est suffisant pour une tension de 1500 volts. Tous les appareils ont la forme triangulaire, qui donne le minimum d’encombrement, et ont des boîtes genre cuirasse avec une large fenêtre [tour l’échelle. La compagnie fabrique des voltmètres et des ampèremètres pour tableaux et des appareils de vérification. La figure 5 donne une vue de quelques modèles des premiers appareils.
- Les cadres des voltmètres sont enroulés avec du fil fin; la dépense d’intensité est inférieure à 0,01 ampère : on compte 1 watt pour 100 volts. Le circuit du cadre est complété par des bobines isolées enroulées avec un fil dont le coefficient de variation de résistance avec la température est nul. Il en résulte que les indications des appareils sont indépendantes de la température. Les voltmètres se construisent pour des différences de potentiel à courant continu de 0 à 1200 volts; ils peuvent tous rester indéfiniment en circuit. Le plus grand modèle dont l’échelle atteint un développement de 550 millimètres peut se faire avec cadran lumineux, c’est-à-dire ([ue son échelle est tracée sur un verre opale éclairé par derrière par deux petites lampes.
- Les ampèremètres sont du genre à dérivation, c’est-à-dire que l’on mesure la différence de potentiel aux extrémités d’une résistance ou shunt parcouru par le courant total et qui peut être à l’intérieur de l’appareil ou à l’extérieur suivant le calibre et les convenances. La figure 5, nos 2 et 5, montre ces deux dispositions. Les bornes ou têtes des shunts sont fondus sur les lames d’alliage qui constituent le shunt. Tous ces shunts sont interchangeables pour le même calibre, et réglés pour une différence de potentiel de 0,10 volt ; il en résulte que les erreurs provenant des résistances de contact sont très réduites.
- t ig.l. — Schéma du montage Je l’équipage et de
- la construction de l’aimant.
- Comme pour les voltmètres, il existe six types d’appareils qui se distinguent par la grandeur de leur échelle et, par suite, par leurs dimensions. En principe, on peut monter un appareil d’un type quelconque avec un shunt d’un calibre quelconque; mais, naturellement, on est amené en pratique à réserver les types de grandes dimensions aux gros calibres. Jusqu’ici on n’a pas dépassé 5000 ampères.
- En dehors des appareils précédents la Compagnie pour la fabrication des compteurs construit également des voltmètres et ampèremètres enregistreurs à coui-ant continu pour ditférences de potentiel jusqu’à 1200 volts et intensités jusqu’à 5000 am-
- p.163 - vue 167/536
-
-
-
- 104
- L A N AT LUL.
- pères. La figure 4, n° 1, montre la vue d’ensemble d’un voltmètre enregistreur. La disposition excentrique du cadre mobile qui fait contrepoids à l’aiguille et à la plume, et la réalisation de champs magnétiques très intenses (1500 à 1700 unités) assurent un grand amortissement de l’équipage et un bon enregistrement des courants variables.
- En combinant un voltmètre à plusieurs sensibilités (jusqu’à 750) avecunmil-livoltmètre divisé en 100 divisions et la série de shunts, 1, 2, 5,
- 10, 20, 50, 100,
- 200, 500 et 1000 ampères, on a constitué facilement une hoite de contrôle permettant les mesures de puissance dans les conditions les plus variées (fîg. 4,
- n° 2). Pour cette application, les cadrans gravés sur métal sont pourvus de glaces réfléchissantes pour
- éviter les erreurs de parallaxe.
- Nous signalerons enfin les ampèremètres, voltmètres et wattmètres étalons de la même construction (fig. 5). Ces appareils ne sont que des ampèremètres et voltmètres à plusieurs sensibilités, pourvuséga-lement d’une glace réfléchissante, mais ayant des échelles plus grandes, afin d’assurer plus de précision dans les lectures. L’exactitude de ces appareils est supérieure à 1 pour 100 dans la partie utile de l’échelle. A signaler la disposition spéciale des ampèremètres à 3 sensibilités où il suffit de manœuvrer
- Fig. ~i. — Appareils divers.— 1, Voltmètre: ï. Ampèremètre à shunt extérieur; 5. Ampèremètre à shunt intérieur.
- une seule fiche pour mettre le galvanomètre en rapport avec ses 5 shunts.
- Le wattmètre étalon est surtout utile pour la
- mesure des courants alternatifs. C’est un éleetrodv-namomètre à lecture directe. Une échelle graduée permet de faire les lectures directement en watts.
- p.164 - vue 168/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- 1 f>5
- Pour les petites puissances, un dispositif spécial permet de doubler la sensibilité. Nous signalerons encore, parmi ces appareils de vérification, un volt-
- mèlre-ohmnièlre, qui permet de mesurer facilement les résistances d’isolement.
- La Compagnie pour la fabrication des comp-
- Fi*ç. i. — 1, Voltmètre enregistreur: v2. Roîie dp contrôle.
- Fig. 5. — A gauche, ampèremètre étalon : à droite, valtmèlre étalon.
- leurs qui construit déjà les compleurs Thomson, O’Kecnan,Batault,ainsi quel'ondographc Hospitalier, a fait œuvre utile en entreprenant la construction des appareils de mesure système Meylan-d’Arsonval ;
- ces appareils pratiques et sensibles peuvent donner des résultats très satisfaisants au point de vue indnsliiel. J. Laff.uuu t-.
- p.165 - vue 169/536
-
-
-
- 166
- LA N A TL RE.
- COMMENT ON LIT LES LETTRES
- L’acte de la lecture est éminemment complexe. Il faut distinguer deux cas extrêmes, celui où l’on épelle, et celui où on lit chaque mot d’un coup d’œil. Et cependant si on veut être complet, cela ne suffit pas, car il y a une manière de lire plus rapide encore, et que l’on d'signe généralement en disant qu’on « parcourt » un livre. Dans ce dernier acte, il suffit de quelques mots pour donner le sens d’une phrase; c’est l’apanage d’un petit nombre de cerveaux très exercés, et ils ne peuvent opérer de cette façon que quand il est question dans le livre qu’ils lisent d’un sujet qu’ils connaissent bien. 11 suffit de quelques signes pour évoquer en nous comme une entité simple toute une idée complexe. Ce mode de lecture est le privilège des techniciens quand ils s’occupent d’un de leurs sujets habituels.
- De même, dans la lecture habituelle d’une langue qu’on connaît bien, on n’épelle pas les mots usuels, leur forme générale suffit pour les faire reconnaître. C'est là une question d’entraînement; ce mode de lecture est le privilège des lettrés, c'est-à-dire des hommes qui ont une grande habitude de la lecture et auxquels les mots qu’ils lisent sont tout à fait familiers. On comprend que les deux modes de lecture que nous venons d’indiquer ne sont pas susceptibles d’une véritable mesure de vitesse, car ils dépendent essentiellement de la connaissance par le lecteur du sujet traité ou du mot à lire.
- L’épellation, au contraire, est un acte simple, et identique dans tous les cas, quel que soit le mot, et quelle que soit l'idée qu’il exprime. C’est la seule manière de lire pour tous les commençants, pour tous les gens peu lettrés et même pour les lettrés quand ils se trouvent en présence d’un mot qui leur est étranger. 11 est certain que l’épellation est d’autant plus rapide que le sujet est plus lettré, mais qu’il y a à la vitesse de cet acte une limite infranchissable. Cette limite est celle qui est atteinte parles lettrés, c’est-à-dire par ceux qui ont l’habitude des lectures quotidiennes prolongées. Nous allons étudier la façon dont ces lecteurs reconnaissent une lettre capitale, et nous allons voir que cette simple étude donne déjà des résultats fort nets.
- Pour reconnaître une lettre, il faut d’abord que notre appareil visuel en puisse distinguer les détails. Prenons un E par exemple : il est certain que nous ne pouvons le reconnaître que si nous distinguons le trait horizontal central des traits supérieur et inférieur. Il faut donc avant tout que le système optique de notre œil forme une image nette de l’objet sur la couche sensible de la rétine (membrane de Jacob), et il faut aussi que cette couche sensible soit disposée de manière à permettre la dissociation des sensations qu'elle éprouve. L’ensemble de ces deux fonctions détermine l’acuité visuelle de l’œil; celle-ci se définit et se mesure par le plus petit angle sous lequel doivent être vus des traits pour pouvoir être distingués. L’acuité
- visuelle 1 est celle d’un œil qui distingue à 5 mètres les traits de lram,4 d’épaisseur, noir sur blanc, tant plein que vide. L’œil a l’acuité visuelle 1/2 quand il ne peut distinguer que des traits de 2iruu,8.
- La formation de l’image nette sur la rétine, quand l’œil est accommodé pour l’objet qu’on lui présente, est un phénomène pratiquement instantané. Au contraire, les actes rétiniens et cérébr.aux, grâce auxquels se fait la perception distincte et consciente de cette image, ne se font pas instantanément, et exigent pour être produits une certaine dépense d’énergie lumineuse. Nous avons déterminé celle dépense d’énergie, en mesurant le temps pendant lequel la lumière doit agir sur la rétine pour que les phénomènes puissent se produire, en faisant varier l’éclairage et l’acuité visuelle demandée à l’œil pour la distinction de l’objet. Il ne faudrait pas croire que ces déterminations soient analogues à celles du temps perdu des astronomes, malgré l’analogie qui semble se présenter à l’esprit pour un examen superficiel. Les astronomes déterminent, en effet, le temps au bout duquel ils peuvent manifester par un signal la perception d’un phénomène lumineux produit brusquement, mais dont la durée n’est pas limitée. Ce phénomène est donc complexe. On peut dire, sans chercher à l’analyser complètement, qu’il dépend essentiellement du temps nécessaire à la rétine pour transformer en influx nerveux l’énergie lumineuse, du temps nécessaire à l’influx nerveux pour aller de la rétine aux centres nerveux, puis pour la transmission dans les divers étages de ceux-ci et dans le nerf moteur de l’ordre de mouvement envoyé au muscle en expérience. Ces phénomènes de transmission se produiraient presque exactement de la même façon si la lumière était admise seulement pendant un temps très court, ils dépendraient très peu de la durée de ce temps très court, au moins dans des limites étendues.
- Nos expériences, au contraire, sont absolument indépendantes du temps nécessaire pour la propagation des phénomènes dans les nerfs et le cerveau. La lumière émanée de notre test objet est admise sur la rétine pendant le temps que dure le passage devant lui d’une fente réglable percée dans un disque rotatif. Celui-ci donne donc à chaque tour un éclair de durée mesurable. On cherche alors à quelle distance on peut s’éloigner pour distinguer encore le test objet en expérience.
- La lumière que nous admettons ainsi déclenche une série de phénomènes rétiniens, nerveux et cérébraux que nous avons déjà indiqués ci-dessus, et qui se terminent par la perception, mais il n’y a aucune relation entre la durée d’admission de la lumière et le temps qui s’écoule entre l’admission de celle-ci et la perception finale. Tout ce qui est déterminé, c'est la dépense d’énergie lumineuse qui doit être faite sur la rétine, pour que notre cerveau puisse nous donner la perception finale. On peut calculer aisément des nombres proportionnels à l’énergie lumineuse dépensée sur la rétine dans une
- p.166 - vue 170/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 167
- de nos expériences, en faisant le produit de l’éclat lumineux du test objet par le temps d’admission de la lumière. Nous avons ainsi déterminé la relation entre l’angle limite de distinction et l’énergie lumineuse dans les diverses conditions. L’expérience prouve immédiatement que l’énergie lumineuse nécessaire pour reconnaître un test objet donné est d’autant plus grande que le diamètre apparent de celui-ci est plus petit.
- Mais nous avons pu aller plus loin, et démontrer qu’il faut une dépense d’énergie beaucoup plus grande pour « reconnaître » un V, par exemple, que pour « distinguer » l’une de l’autre ses deux branches. C’est le résultat de la comparaison des nombres obtenus en étudiant la « reconnaissance » d’un Y, et la « distinction » de traits' ayant l’écartement moyen' de ses branches. La différence entre ces deux énergies est évidemment employée à déclencher dans le cerveau l’acte complexe de la reconnaissance d’une lettre, nous avons donc ainsi démontré que les phénomènes mémoriels étaient liés à une dépense d’énergie.
- Pratiquement, la reconnaissance d’une lettre exige une dépense d’énergie lumineuse d’autant plus grande que sa forme est plus complexe. Ainsi on lit beaucoup plus aisément un Y, un T ou un L qu’un E, ou un B. Au point de vue de la vitesse de la lecture, et aussi de la fatigue cérébrale causée par cet acte, il vaudrait donc mieux employer des caractères plus simples que ceux que nous employons. Nous avons donc été conduits à chercher les formes possibles les moins complexes, et nous sommes arrivés, pour les grands caractères, à celles de la figure 1. Pour les petites lettres, où on admet deux tailles de lettres, et deux positions des grandes tailles par rapport à la ligne, les solutions sont beaucoup plus nombreuses, nous en montrons quelques-unes dans la figure 2.
- Nous ne voulons pas entrer ici dans le vif de la question, et nous demander s’il vaudrait la peine de changer les caractères actuellement en usage, nous voulons seulement constater que nos caractères actuels, dérivés de l’alphabet phénicien, ne sont pas scientifiquement aussi parfaits qu’on pourrait le croire. Un coup d’œil sur la figure o montre que toutes les transformations apportées par notre alphabet à U alphabet phénicien sont loin d’être des simplifications, c’est-à-dire des progrès.
- D’ailleurs une autre cause encore s’ajoute à la complication de beaucoup de nos caractères pour rendre la lecture plus lente et plus fatigante. C’est l’habitude que nous avons d’imprimer en noir sur
- blanc; cela résulte d’expériences que nous avons faites par une méthode analogue à la précédente, mais où une lettre noire apparaissait subitement sur un fond blanc. Dans ce cas les phénomènes sont plus complexes, car ils dépendent en plus de la persistance des impressions lumineuses, phénomène d’une durée très appréciable. La première condition, en effet, pour qu’on puisse reconnaître une lettre, est qu’elle puisse se détacher sur le fond où elle se trouve, et, dans le cas qui nous occupe maintenant, cela n’aura lieu que quand la sensation aura baissé
- Lettres Valeur
- < a
- b, bb
- A 9.9h
- A d ,dh
- h doive, é
- Y ou,v,w
- I Z
- B h dur
- e th
- l Ljr
- >i k
- Lettres Valeur
- L l
- "I m
- 1 n
- f x, s
- O O
- 7 p,ph
- V ts, s
- 9 kh
- r
- W sh
- + t
- ZMoxjcts, Ckj
- Fig. 3.
- d’une manière notable après la cessation de la lumière sur la région rétinienne où vient se peindre la lettre à reconnaître. Dans le cas de l’impression en blanc sur noir, au contraire, les phénomènes dépendent de l’établissement de la sensation lumineuse en un point de la rétine reposée, et des expériences préliminaires nous ont montré que ce phénomène était beaucoup plus court que celui de la persis- * tance.
- De ces expériences on peut donc tirer cette conclusion, qu’on imprime mal actuellement, et ceci à un double point de vue, celui de vitesse de lecture, et celui de la fatigue cérébrale. On pourrait augmenter déjà notablement la vitesse de lecture en imprimant en blanc sur noir, ce qui éviterait aussi beaucoup de fatigue rétinienne, et même on pourrait arriver à un meilleur résultat encore à ce point de vue, tout en diminuant notablement la fatigue cérébrale par l’emploi de caractères plus simples, tels que ceux que nous avons figurés ci-dessus.
- André Broca et Süi.zer.
- O >> —I r -(£><< Ti— / O ^ A n -b T \ 0 V lj |— —i I 0
- Fig. 1.
- ili\/\ l\/Lirj lffliqjunu
- Fig. 2.
- p.167 - vue 171/536
-
-
-
- LA NATURE.
- IfiS
- Lk QUESTION DE L’YYIYTION
- Une information fort importante nous est arrivée d'Amérique par la voie du « Daily Mail » : les frères Wright auraient réussi à se maintenir en l’air sur un parcours assez long, au moyen d une aéroplane à
- ment les deux parties du problème : la sustentation et la marche horizontale. Ils se soutiennent par le seul effet d'hélices à axe vertical.
- Enfin les « aéroplanes » sont des combinaisons de surfaces planes faiblement inclinées sur l’horizon. Lorsque ces plans se déplacent horizontalement par rapport à l’air ambiant, que ce mouvement soit propre à l’aéroplane, ou que ce soit le vent qui frappe l’appareil avec une vitesse convenable, la résistance de l’air agissant par-dessous leurs faces inférieures, y détermine une réaction verticale d’autant plus grande que la vitesse relative est plus considérable, et cette réaction non seulement peut soutenir l’aéroplane en l’air, mais peut même provoquer son ascension. Comme on le voit, une aéroplane ne s’élève pas du sol a proprio motu », et ne se soutient que lorsqu’elle a, par rapport à l’air, une vitesse horizontale suffisante. Sauf ce léger inconvénient de Fier. 1. __ Appareil à deux plans sustentateurs Chanule et Herring, type 1890-1897. lie pouvoir s’enlever, qu’on parviendra
- à corriger en empruntant à l’hélicoptère une partie de ses hélices à axe vertical, l’aéroplane est certainement, la solution la plus facile à atteindre. C’est aussi celle qui offre le plus de sécurité, car, le moteur vînt-il à manquer, les surfaces planes qui
- moteur. Cette nouvelle aurait dù produire une profonde sensation, car elle affirme le triomphe du plus lourd que l’air ; mais nous avons appris à nous défier des télégrammes qui franchissent la mer, précisément quand ils sont trop sensationnels. Il n’v avait pourtant là rien d’improbable, et l’on pouvait depuis longtemps prévoir qu’un aussi beau succès couronnerait un jour ou l’autre les ingénieuses expériences de ces émules de l’éminent aviateur américain 0. Chanute qui confirme la nouvelle par une lettre au capitaine Fer-ber. Les temps sont révolus, en effet, où, grâce à l’allègement des moteurs, l’homme peut songer à se débarrasser, pour naviguer dans l’espace, du flotteur jusqu’ici indispensable, de l’énorme ballon qui lui sert de soutien depuis cpnt dix ans.
- On sait que les appareils mécaniques destinés à se soutenir et à se déplacer dans l’atmosphère peuvent se ranger dans trois catégories.
- Les « ailes battantes », copiées sur l’appareil de vol de l’oiseau, ne semblent pas devoir donner un résultat favorable, parce que l’industrie humaine procède par d’autres moyens que la nature, et qu’il est aussi inutile d’imiter les ailes de l’oiseau que de. doter nos automobiles de jambes au lieu des roues dont elles sont pourvues.
- Les « hélicoptères » cherchent à résoudre séparé-
- jr. 2. — Appareil Clinnuto, type 1902, au lancement.
- composent l'appareil constituent encore un parachute dirigeable, qui descend lentement vers le sol et glisse sur les couches d’air comme sur un plan très faiblement incliné.
- Cette raison suffit à expliquer comment les inventeurs n’ont jamais réalisé d’hélicoptères qu’à l’échelle
- p.168 - vue 172/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- •169
- lancer l’appareil contre le vent, du haut d’une colline à pente douce. La réaction verticale du vent, sous les surfaces convenablement inclinées, suffit à empêcher l’aéroplane de tomber lourdement. On peut par ce moyen faire de longues glissades jusqu’à ce que l’appareil rencontre le sol où il se pose doucement.
- Lilienthal a fait ainsi plus de 2000 glissades heureuses, de 1891 à 1896, jusqu’au jour où, ayant négligé de réparer certaines attaches de son aéroplane, une partie des surfaces planes fut rabattue par le vent, et l’imprudent aviateur se tua dans sa chute. C’était le 10 août 1896, sur son champ d’expérience de Rhinower, près de Rattenow. M. 0. Chanute a repris ces expé-
- dc jouets d’enfant, tandis que deshommesn’ont pas craint de se confier à des aéroplanes équipées en parachutes, c’est-à-dire dépourvues d e propulseur mécanique, pour s’essayer à delongues glissades dans l'air. Ces hommes, hardis à coup sûr, mais prudents à la fois, sont encore
- peu nombreux; Fig. I. — Aviateur do Wright pondant le jdancincnt. M. Chanute fut
- ce sont. Otto Lilienthal, en Allemagne, M. 0. Chanute et ses élèves, M. Herring et les frères Wright, en Amérique, et enfin le capitaine Ferber, en France.
- Leur méthode progressive est la bonne; chaque fois, en effet, qu’on s’en est écarté et qu’on a essayé d’aller trop vite en dotant prématurément une aéroplane d’un propulseur mécanique, on a abouti à un échec retentissant, comme M. Hiram Maxim, en Angleterre (1894) et, plus récemment, M. Langley, en Amérique. Il importait avant tout, suivant la pittoresque expression de M. Chanute, d’apprendre notre métier d'oiseau.
- Lilienthal est le promoteur de celte
- méthode expérimentale qui consiste à Fig. 5. — Aviateur do Wright, type 1902.
- rit IlLi S, cl ulJlLd"
- go, d’abord avec un appareil semblable à celui de Lilienthal, puis avec un appareil beaucoup plus simple, composé de vastes plans en toile que l’on superpose en per-siennes, ce qui facilite beaucoup la construction de l’armature en bois léger, destinée à tendre et à maintenir les [dans d’étoffe.
- Fig. 5. — Aviateur à double plan de Wright au lancement.
- p.169 - vue 173/536
-
-
-
- 170
- LA NA TLR K.
- aidé d’abord par M. À. M. Ilerring, puis par deux frères, MM. Wilbur et Orville Wright, de Dayton (Ohio), qui, depuis 1900, sont ses véritables continuateurs.
- Nos figures montrent bien en quoi consiste l’appareil tel qu’il est aujourd’hui organisé. C’est un long prisme à section carrée, formé de longerons et de cadres en bois, solidement croisillonnés par des tendeurs en acier. Des toiles tendues sur les deux faces horizontales constituent les plans de glissement : en réalité, ces surfaces sont légèrement convexes. M. Chanutc a reconnu qu’il y avait, pour l’aviateur, au point de vue de la résistance qu'offre son corps au mouvement, avantage à se tenir couché sur le plan inférieur, plutôt que debout comme Lilienthal et lui-même dans les premiers essais.
- Dans cette position couchée, l’aviateur a sous la main les leviers d’un gouvernail horizontal, placé en avant, et dont il suffit défaire varier l’inclinaison pour régler la descente plus ou moins douce. C’est grâce à cet organe qu’on réussit à se poser à terre sans vitesse, le moment venu de l’atterrissage. A l’arrière se trouve un gouvernail vertical.
- Dans les premières machines, les plans avaient G mètres d’envergure, et lm,30 de largeur, ce qui permettait de disposer d’une surface portante couvrant 15 mètres carrés. En 1902, les frères Wright portèrent l'envergure à 9'",75, la largeur à lm,52, soit 28,4 mètres carrés de surface portante.
- L’appareil pesait 55 kg ; en y ajoutant le poids de l’aviateur, la charge totale atteignait 118 kg au maximum. I/angle de chute pouvait être réduit à 6°, soit une pente de 1/10 environ. C’est un résultat équivalent au planement du vautour. Telles sont les belles expériences exécutées sur le terrain de Kitty-llawk et que vient de compléter si heureusement le mémorable voyage, effectué au moyen d’un appareil semblable muni d’un propulseur. Le nouvel appareil a 12m,19 d’envergure, 12 chevaux de force motrice et pèse 338 kg. En 59 secondes, il a remonté sur 266 mètres un vent de 10 mètres à la seconde. Cette expérience a été renouvelée quatre fois. Les départs ont eu lieu du haut de la colline sablonneuse de Kill Devil Hill (Le Tue-Diable) qui domine de 50 mètres la côte de l’Atlantique, près de la baie de Cheasapeeke.
- La nouvelle de ce succès nous arrive en France alors que nos aviateurs en sont encore à leurs débuts. Le capitaine d’artillerie Ferber avait, il est vrai, expérimenté, il y a quelque temps déjà, un appareil analogue à l’appareil américain; mais il a fallu le voyage en France et la parole d’apôtre de M. Chanute lui-même, pour réveiller notre activité et généraliser le mouvement. Une commission issue de F Aéro-Club, et aux travaux de laquelle le colonel Renard et M. E.Àrchdeacon apportent toute leur activité, s’est tout d’abord occupée de réaliser la première condition qui s’impose dans de pareilles recherches : c’est de trouver un aérodrome, un terrain sablonneux en pente douce et dépourvu d’obstacles, où l’on puisse en toute sécurité risquer des glissades. A leur appel,
- de toutes parts, les renseignements sont venus. Les terrains propices ne manqueront pas et l’on n’aurait que l’embarras du choix s’il n’était utile d’en choisir un, tout d’abord, à suffisante proximité de Paris. La décentralisation utilisera le reste plus tard. Des emplacements favorables ont été dès aujourd’hui reconnus à : Saint-Irieux (près de Boulogne-sur-Mer), Saint-Quentin-en-Tourisson (Somme), Mont-fermeil, le plateau d’Avron, Berck-Plage, les Buttes-Chaumont... et nous ne tarderons pas à apprendre les exploits des émules français des brillants aviateurs américains. IA-Colonel G. Espitallier.
- UN N0UYEAU FRUIT
- On ne peut pas dire que nos conquêtes sur le monde végétal soient bien nombreuses. Si l’on considère la quantité de plantes qui existent dans les différents pays, on ne peut manquer de remarquer combien est faible le chiffre des végétaux dont l’homme tire parti dans son alimentation. En réalité, nous avons peu de légumes et très peu de fruits. Et il ne semble pas que l’horticulture, qui a pourtant de beaux triomphes à son actif, cherche beaucoup à accroître le nombre des plantes comestibles, en améliorant les espèces sauvages que la nature lui offre en profusion. Elle crée des plantes d’ornement : elle multiplie les fleurs; elle fait beaucoup pour l’agrément, mais peu pour l’utilité. La matière ne fait pourtant pas défaut. Ni le besoin non plus, semble-t-il.
- Aussi me paraît-il utile de signaler une conquête qui intéressera les lecteurs en général, et qui pourra, en particulier, toucher nos montagnards. Il s’agit du sorbier des oiseleurs amélioré.
- Le sorbier ordinaire, nous le connaissons tous : c’est un arbre qu’on cultive volontiers pour l’ornementation des jardins. Ses baies, abondantes et appétissantes, ne sont toutefois que pittoresques : elles constituent un aliment peu apprécié, et pour cause. Or il existe depuis peu une variété améliorée du sorbier : une variété donnant des fruits comestibles, agréables même.
- Cette variété, on ne sait comment elle a pris naissance. Selon l’apparence, c’est de façon spontanée : non pas par sélection, selon la doctrine darwinienne, mais par variation brusque, par mutation, selon les vues du botaniste de Vries. Voici du moins ce que raconte la tradition, — telle que je la trouve dans une étude de M. G. Martinet, publiée dans la « Chronique agricole du canton de Yaud ». Vers le début du siècle dernier, en Moravie, des garçons bergers remarquèrent qu’un des sorbiers d’une ferme à Spornbau donnait des fruits sensiblement supérieurs à ceux des autres arbres. Ayant goûté des uns et des autres, ils observèrent une différence notable en faveur d’un arbre entre tous, lin voisin, du nom de Harmut, eut vent de la chose : c’était un observateur et un homme d’initiative : il prit quelques bourgeons du sorbier en question et les greffa aussitôt sur des sauvageons. Et il attendit. Au bout de peu d’années, il put constater que les rameaux nés de ces bourgeons fournissaient des fruits très supérieurs, en effet, à ceux des sauvageons, et supérieurs aussi à ceux du sorbier spontanément amélioré. Le fait fut connu dans la région : et d’autres suivirent l’exemple de Harmut, se disant qu’après tout, mieux valait avoir des sorbes comestibles et agréables au goût que d’en avoir de rèches et acides. De la sorte le sorbier amélioré se ré-
- p.170 - vue 174/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 171
- pandit assez promptement dans la région : celle-ci n’est pas naturellement riche au point de vue pomologique. Le sorbier amélioré ne prit toutefois pas un essor considérable pour commencer. Il resta dans son pays d'origine. On le distinguait sans peine de ses congénères non civilisés par ses feuilles, ses bourgeons et ses fruits, plus gros, plus charnus, et à pépins plus rares et plus petits. Depuis quelques années, toutefois, le sorbier amélioré a pris plus d’extension. Il a été introduit en Suisse. En 1893, M. Martinet a fait venir quelques pieds de sorbier amélioré et quelques greffons de Spornhau et de Peterswald. Mais l’expérience échoua : on ne sait pourquoi au juste. Elle a été reprise en 1899 par rétablissement fédéral d’essais et de contrôle de semences à Lausanne. Des pieds greffés ont été importés et distribués à différentes personnes dans les Alpes et le Jura. Deux d’entre eux, plantés à Mont-Lalvin, portent des fruits depuis deux ans. Ces fruits, au lieu de ne devenir comestibles qu’après les gelées — comme ceux du sorbier non amélioré — sont comestibles dès le mois d’octobre, étant naturellement sucrés. Et on peut les cueillir dès septembre pour en faire des confitures, compotes ou marmelades : les amis de l’alcool en font un vin d’où l’on peut tirer de l’eau-de-vie. On peut encore sécher les fruits et les conserver jusqu’au printemps, comme cela se fait en Moravie.
- Cette année, une nouvelle extension a été donnée au sorbier amélioré. On en a encore distribué, et, par surcroît, le département des travaux publics du canton de Yaud en a fait planter plusieurs pieds dans le village du Pont et sur la route de Bullet. Ils viennent de pépinières allemandes situées en Westphalie. Et on peut maintenant se procurer le sorbier amélioré en Suisse, chez deux pépiniéristes, à la Conversion et à Lausanne. Il est permis de croire que le sorbier amélioré va se répandre beaucoup.
- Assurément, on ne peut dire que son fruit fasse oublier la fraise ou la pêche : mais il est comestible et agréable; et le sorbier vient fort bien dans la montagne et sous des climats où le pêcher tout au moins ne donnera absolument rien. Le sorbier est un arbre fruitier pour montagne ou pour pays plutôt déshérités au point de vue des fruits. Dans ces conditions on doit en souhaiter, puis favoriser la propagation. Il serait absurde de le cultiver abondamment là où on peut avoir mieux; mais là où il ne vient rien, il fera plaisir et rendra des services. Et même dans les parcs, on aura raison d’en planter quelques pieds, plutôt que de son congénère sauvage, puisqu’on remplacera un arbre inutile par un arbre utile.
- Comme le fait observer M. Âlartinet, les variations utiles, du genre de celle qu’a présenté le sorbier de Spornhau, ne doivent pas être rares. Et si l’on y prenait garde, on pourrait acquérir des fruits et légumes nouveaux. Mais beaucoup se perdent, n’ayant point eu l’heur d’avoir été remarquées. C’est pourtant à des variations méritantes de ce genre que nous devons bon nombre de variétés, très appréciées maintenant et très cultivées, d’arbres fruitiers et de plantes légumières. Henry de Varigny.
- L’INDUSTRIE DES PRODUITS RÉSINIERS
- EN RUSSIE
- L’industrie résinière se trouve surtout localisée en Russie dans les deux arrondissements de Velsk et de Nijni-Novgorod. L’arbre qui fournit les matières premières est le pin commun (Pinus sylvestrh). Dans les districts de Schenkoursk (gouvernement d’Arkhangel), de Velsk et de
- Solvilchégodsk (gouvernement de Yologda) les forêts impériales, spécialement affectées à cet usage, couvrent une superficie de 1 million d’hectares et s’exploitent méthodiquement avec un roulement de 60 à 80 ans, durée suffisante pour assurer la reconstitution des parcelles replantées. Le résinage se pratique sur des arbres ne dépassant pas 25 centimètres de diamètre à hauteur d’homme et ne mesurant pas moins de 35 centimètres à la base. On enlève l’écorce à partir du pied, sur 1 mètre de hauteur et sur la circonférence presque entière du tronc, en laissant seulement une bande large de 5 centimètres environ nommée « courroie » et dont le maintien, en permettant à la sève de continuer son ascension, évite la mort du pin. L’année suivante, on écorce l’arbre sur une hauteur d’un mètre au-dessus de la première et on procède de façon identique durant cinq ans. Alors on enlève la courroie, l’arbre se dessèche et on l’abat l’hiver suivant.
- Mais vu le climat très froid de ces régions, on ne saurait récolter à l’état liquide la résine qui exsude pendant toute cette période quinquennale, comme on le fait en France et en Amérique. La gemme se solidifierait effectivement avant de couler jusqu’à un récipient inférieur. Aussi se borne-t-on à recueillir sous forme de galipot la totalité de la résine sécrétée. Chaque résinier passe journellement en revue 700 à 1000 arbres, et récolte 55 à 50 kg du produit. Cela correspond donc à 50 grammes de galipot environ par pin et par an, valeur extrêmement minime comparée aux arbres des Landes. Les forêts des Apanages impériaux de l’arrondissement de Velsk donnent annuellement 400 tonnes de galipot dont le prix oscille entre 70 et 120 francs la tonne.
- Sur les lieux mêmes, on distille le galipot dans des alambics en cuivre. Ces récipients sont munis d’un double fond percé de trous à travers lesquels s’effectue une filtration grossière du brai résiduel. lue essence de térébenthine, de couleur jaunâtre et d’odeur désagréable, se condense dans le réfrigérant. Lorsque celle-ci ne coule plus, on vidange le brai encore liquide dans des barils où s’achève sa solidification. D’autre part, on débite en fragments la partie gemmée du tronc riche en matières résineuses et on la soumet également à l’action de la chaleur dans des fours dont la dimension varie de 2 à
- 7 mètres cubes. D’ordinaire, ces appareils sont munis d’un réfrigérant destiné à la condensation de l’essence de térébenthine et constitué simplement par un tuyau de cuivre immergé dans un bassin rempli d’eau. D’après un mémoire de M. Vézes, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, le rendement par mètre cube de bois distillé varie entre 60 à 70 kg de goudron et 6 à
- 8 kg d’essence. Une partie du goudron résineux est transformée en poix ou brai gras. Pour cela on chauffe ce corps dans les mêmes alambics avec 1 pour 100 de chaux. Il passe alors à la distillation une essence de térébenthine associée à des huiles pyrogénées et qu’on nomme, vu sa couleur, « essence de térébenthine rouge » tandis qu’une substance noire et fondue, la poix, demeure dans la cornue.
- L’essence de térébenthine brute doit subir une première rectification. Additionnée d’eau et de 1 1/2 pour 100 de chaux, on la porte à l’ébullition dans un alambic. L’essence jaune fournit de la sorte 75 à 85 pour 100 d’essence purifiée, de couleur vert pâle ; l’essence de térébenthine rouge soumise au même traitement en donne seulement 25 pour 100. Pour préparer un produit plus pur, il faut soumettre à une seconde rectification l’essence vert, pâle on a enfin « l’essence de térébenthine blanche rectifiée ».
- Jacques Boyer.
- p.171 - vue 175/536
-
-
-
- m
- LA NATURE.
- LA. DISSOCIATION DE LA MATIERE ET LES RADIATIONS NOUVELLES
- Les radiations nouvelles que la physique étudie depuis quelques années se rangent dans deux classes entièrement distinctes : 1° Radiations de la famille des rayons cathodiques, c’est-à-dire analogues aux rayons émis par la cathode des ampoules de Crookes. Elles sont constiluées par des projections de particules. 2° Radiations produites par des vibrations se propageant sous forme d’ondulations à travers l'éther. Telles sont par exemple la lumière noire du l)r Gustave le Ron et les rayons N de Rlondlot.
- C’est à la première classe de ces radiations qu’ap-partieuncnt les émissions des corps radioactifs tels que le Radium, le Thorium et l’Uranium. Elles sont constituées par un mé-lange de particules d’atomes dissociés chargées d’électricité.
- On croyait d’abord qu’un très petit nombre de corps possédait cette propriété d’émettre sans cesse un flot d’effluves provenant de la dissociation de leurs atomes , mais dans une série de mémoires publiés depuis sept ans, le l)r Gustave le Bon a prouvé que tous les corps delà nature jouissent de cette propriété à des degrés divers.
- Quand l’émission est faible on peut l’exciter par plusieurs moyens : lumière, chaleur, électricité, etc.
- Adoptée et vigoureusement défendue dès ses débuts par l’éminent professeur de physique de l'Université de Liège, M. de Heen, confirmée par des expériences faites de tous côtés, la doctrine deM. Gustave le Ron sur l’universalité de la radio-activité de la matière a fini par se répandre au point de devenir générale. Tout récemment, le professeur Lodge disait au congrès de Belfast que le difficile n’était pas de trouver des corps radio-actifs mais des substances qui ne le fussent pas à quelque degré.
- Pour M. Gustave le Bon tous les phénomènes dits radio-actifs, c’est-à-dire produits par la dissociation de la matière, sont des aspects particuliers d’une forme d’énergie nouvelle qu’il qualifie « d’énergie intra-atomiquc ». Entièrement dislinetc de l’électricité, celte force serait aussi répandue dans la nature que la
- chaleur. C’est elle qui produirait la désagrégation de la matière observée dans les phénomènes radio-actifs.
- Par des calculs appuyés sur des expériences que nous ne pouvons résumer ici, M. Gustave le Bon arrive à démontrer que si on pouvait libérer toute l’énergie contenue dans un gramme d’une substance quelconque, une pièce de 1 centime par exemple, elle serait suffisante pour produire 6 milliards 800 millions de chevaux-vapeur, force suffisante pour faire circuler un train de marchandises de 40 voitures de 12 tonnes sur une route horizontale égale à un peu plus de quatre fois la circonférence du globe.
- Les travailx du f)r Gus-tave le Bon représentent dix ans de recherches expérimentales. Ils aboutissent aux propositions suivantes : 1° La matière supposée jadis indestructible s’évanouit lentement par la dissociation continuelle des atomes qui la composent. 2° Les produits de la dissociation des atomes constituent une substance intermédiaire par ses propriétés entre les corps pondérables et l’éther impondérable, c’est-à-dire entre deux mondes profondément séparés jusqu’ici. 3° La matière jadis considérée comme inerte et ne pouvant que restituer l'énergie qui lui a d’abord été fournie est au contraire un colossal réservoir de forces qu’elle peut dépenser sans rien emprunter au dehors. Nous ne sommes pas faits encore à l’idée de la dissociation des atomes considérés depuis tant de siècles comme indestructibles. Elle commence à être acceptée cependant par des physiciens de tout premier ordre tels que l’illustre Crookes. Ce dernier vient même d’imaginer, pour la mettre en évidence, un merveilleux instrument, le spinthariscope, que nous représentons (fig. 2) et qui permet de voir la matière se dissocier sous les yeux de l’observateur sous forme d’une pluie d’étoiles. Malgré cette pluie d’étoiles qui ne s’arrête pas, la dissociation de la matière est fort lente puisque d’après Crookes il faudrait cent ans (mais non un milliard d’années comme on le disait tout d’abord ) pour que I gramme
- Fig. 1. — Reproduction de lu photographie d’une maison à travers un corps opaque (pose : fiO secondes). Le défaut de netteté tient : 1° à ce que la mise au point pour de grandes longueurs d'onde ne peut se faire que par le calcul : 2° à ce que l’écran phosphorescent employé comme plaque sensible avait une surface un peu rugueuse. (Photographie du IF Gustave le Bon.)
- p.172 - vue 176/536
-
-
-
- LA A AILLE.
- 173
- d’un corps très radioactif comme le radium ait fini de se dissocier complètement.
- Les radiations découvertes dans ces derniers temps par M. Blondlot sont fort différentes des précédentes. Elles appartiennent à la seconde des catégories mentionnées plus haut, celle des vibrations dans l’éther.
- Elles semblent appartenir à la même catégorie de radiations que la « Lumière noire » de M. Gustave le Bon dont nous avons parlé il y a quelques années1.
- M. Gustave le Bon avait montré que certaines radiations obscures de grande longueur traversent — contrairement à tout ce qui s’enseignait alors — les corps opaques : pierre, bois, papier noir, ébo-nite, etc. G’est grâce à elles qu’il pouvait photographier à la chambre noire des paysages à travers des corps opaques. Nous donnons ici une de ses photographies et celle obtenue également par lui en 1 /5Ü de seconde d’une bougie enfermée dans une lanterne de laboratoire entièrement close en sorte que l’observateur est dans une obscurité complète (fig. 5).
- La plaque photographique ordinaire est très peu sensible à ces radiations, même quand on l’a voilée (non voilée elle ne l’est pas du tout). Mais certaines substances phosphorescentes sont aussi sensibles à la lumière invisible que le gélatinobromure l’est pour le spectre visible. C’est avec ces substances qu’ont été obtenues les photographies que nous reproduisons (lig. 1 et 5).
- Il est bien difficile de préciser dans quelle région du spectre doivent être placés les rayons N de M. Blondlot. D’après ses premières mesures (‘lies auraient des longueurs d'onde d’environ 200 p. et se trouveraient par conséquent très loin dans l’infra-rouge. Mais aujourd’hui il les place au contraire à l’extrémité opposée du spectre dans la région extrême de l’ultra-violet. Cela semble très surprenant quand on considère qu’à mesure qu’on avance dans l'ultra-violet les radiations deviennent de moins en moins pénétrantes. Une lamelle de verre de 1/10 de millimètre d’épaisseur arrête entièrement
- 1 Yoy. u° 1548, du‘25 mars 1899. P '299.
- tout l’ultra-violet au delà de 0^,250. Quand on arrive à 0‘\100 l’air est opaque comme du plomb et on ne peut obtenir de mesures photographiques qu’en faisant d’abord le vide dans le spectroscope.
- M. Blondlot révèle la présence des rayons N par la méthode même employée par M. Gustave le Bon (l’action sur les corps phosphorescents). Malheureusement dans la nouvelle région du spectre, où se trouvent ces radiations, l’action sur les corps phosphorescents est si faible qu’il faut des yeux absolument exceptionnels, de vrais yeux de sensitifs, diraient les spirites, pour apercevoir leur action et il n’est peut-être pas plus d’une personne sur cent possédant de tels yeux. C’est cette difficulté qui explique que M. Blondlot ait successivement placé ses radiations dans des régions entièrement différentes du spectre. Pour une des deux mesures il a été évidemment victime d’une illusion puisqu'elles l’ont conduit à des résultats nettement contradictoires.
- Les rayons N se polarisant et se réfractant comme l’a montré M. Blondlot, appartiennent nécessairement, comme nous le disions plus haut, au chapitre de la lumière visible ou invisible, ce qui scientifiquement est exactement la même chose. Tous les corps, jusqu’au zéro absolu ( — 275) rayonnent, à la simple condition d’être placés dans une enceinte dont
- la «température soit un peu inférieure à celle qu’ils possèdent. Un métal et à plus forte raison le corps humain émettent sans cesse des radiations. C’est un phénomène très naturel n’ayant rien de merveilleux. Mais ce qu’on ne pouvait prévoir c’est la grande pénétration de ces rayons qui traverseraient, d’après M. Blondlot, plusieurs centimètres de métal. Les ondes hertziennes, de l’ordre de grandeur du décimètre, traversent bien la pierre, le bois, le marbre, etc., mais MM. Gustave le Bon et Branly ont montré dans leurs expériences, résumées autrefois ici, qu’elles sont arrêtées par une feuille de métal de 1 centième seulement de millimètre d’épaisseur. Quant aux radiations situées dans l’ultra-violet il suffit, comme nous
- l ig. 2. — Le spinthari-seope. instrument montrant la dissociation permanente de la matière. G, loupe. A, tige de métal supportant une petite particule de radium. Il, écran de sulfure de zinc. Les particules de matière dissociée eu frappant l'écran produisent une petite pluie d’étoiles brillantes qui ne s’arrête jamais.
- l ig. 5. — Reproduction à la lumière noire de la photographie instantanée de la flamme d’une bougie à travers un corps optique (pose 1/50“ de seconde). L’observateur est plongé dans une obscurité complète. La photographie de droite représente la même bougie reproduite à la lumière ordinaire. < ['holographie du l)r Gustave le Ron.t
- p.173 - vue 177/536
-
-
-
- LA N AT L UE.
- 174
- le dirions plus haut, d’un verre de 1/H) de millimètre d’épaisseur pour les arrêter entièrement.
- Les spirites parlent souvent de corps entourés d'une auréole lumineuse. Cette auréole existe réellement, mais nous ne la voyons pas. Étant donné que jusqu’au zéro absolu tous les corps de la nature rayonnent, il est évident que pour un oeil suffisamment sensible — et peut-être existe-t-il des animaux nocturnes doués de tels yeux — un individu plongé dans ce qui est l’obscurité totale pour un œil normal semblerait entouré d’une éblouissante lumière.
- __^_____ A. de Marsy.
- L’HYDROGRAPHIE ET LES DALLONS
- ln secours qui ne semblait guère devoir être attendu des aérostats, c’est leur aide dans la recherche des dangers sous-inarins. Tel est pourtant le service que leur demande un ingénieur hydrographe en chef de notre marine, M. Renaud. Si les méthodes en usage pour fixer sur la carte la position des roches sous-marines les plus apparentes sont suffisantes, une foule d’écueils de moindre envergure, mais non moins redoutables échappent actuellement aux investigations les plus rigoureuses. l’our en constater l’existence M. Renaud, s’appuyant sur ce fait bien connu que l’on voit facilement les hauts-fonds quand on domine suffisamment la mer, propose l’emploi d’un ballon dans la nacelle duquel se placerait un observateur qui, s’élevant au-dessus des parages à étudier, découvrirait les points où la présence des hauts-fonds est probable. On viendrait ensuite étudier ces hauts-fonds en embarcation, déterminer leur position exacte et la cote de leurs tètes. M. Renaud fait remarquer avec raison qu’il résulterait de ce procédé une économie considérable de temps et de travail. Les parages dangereux étant ainsi reconnus, les sondages n’auraient plus, en etfet, pour but que l'étude générale du relief et de la nature du fond.
- Les ballons sont déjà en usage dans la ma! inc de guerre, où leur emploi paraît devoir se développer. On pourrait donc, au moins [tour les cotes de France, utiliser un matériel existant. La mise en pratique du projet de M. Renaud soulève, on le conçoit, un certain nombre de problèmes. Deux autres ingénieurs hydrographes de notre marine, MM. L. Favé et Rollet de l’Isle, en ont cherché la solution. Ils en ont trouvé les formules et les ont indiquées dans un travail des plus précis et des plus concluants qu’ont publié les « Annales hydrographiques ». On peut donc donner suite à une idée aussi ingénieuse qu’elle est réalisable. _ ^ __ L. H. t
- LA FLOTTE JAPONAISE
- Les Japonais ont été de tout temps un peuple de navigateurs; et il était assez naturel, par conséquent, que leurs forces militaires de terre fussent doublées par une marine de guerre puissante ; les circonstances actuelles donnent de l’intérêt à un examen rapide de cette flotte.
- C’est à la lin du régime féodal que les Japonais commencèrent de se faire construire par les Occidentaux leurs premiers navires de guerre sérieusement armés : c’cst ainsi que, en 1807, une mission de jeunes gens envoyée en Hollande par le Shoghun (ou Maire du Pillais), en revint sur une frégate construite pour le gouvernement du Japon ; frégate de 2000 tonneaux, armée de 26 canons, et mue par une machine à vapeur de 400 chevaux.
- Ce n’était pas le premier steamer qui appartint à l’État, car Lord Elgin, ministre d’Angleterre, avait fait cadeau à l’Empereur, un peu auparavant, d’un yacht de 400 tonneaux. Bientôt arriva une Mission navale anglaise qui partit à la Révolution; il eu revint une autre en 1875, et un collège naval fut créé à Tokio. Ce collège fut ensuite transporté à Etajima, puis une Académie pour l’instruction supérieure des officiers fut fondée à Tokio, et enfin des écoles de torpilles et de canonnage.
- En 1877, les Japonais multiplièrent l’achat de bateaux de guerre modernes; les constructeurs anglais leur fournissaient un bateau à batterie centrale, de 3700 tonneaux. D’autres unités furent encore acquises, mais en fait, en 1895, au moment de la guerre avec la Chine, le Japon n’avait pas un seul véritable cuirassé; il possédait, il est vrai, une flotte puissante de croiseurs rapides et fort efficacement cuirassés, qui triomphèrent des cuirassés chinois à Valu. Depuis lors, le Japon a dépensé des sommes énormes pour sa flotte, et celle-ci peut supporter toute comparaison au point de vue de la valeur offensive ou défensive, du cuirassement, de la vitesse, du rayon d’action des bateaux qui la composent.
- On y trouve d’abord 7 cuirassés de première classe, dont le tonnage varie entre 12 000 et 15 000 tonneaux; puis 7 croiseurs de première classe et I L de seconde, sans parler d’un nombre respectable de plus petits bateaux et de toute une flottille de torpilleurs. Les équipages comprennent 37 600 hommes, dont plus de 51 000 en service actif. La marine de guerre japonaise possède 5 arsenaux, à \okosuku, Jliroshina et Sasebo, suffisamment fortifiés pour être considérés comme imprenables par mer. Ajoutons que le Japon a arrêté un programme qui prévoit une dépense totale et énorme de 250 millions de francs à répartir sur 10 ans; 150 millions sont destinés aux constructions navales, 75 à l’armement, et le reste pour les arsenaux. D. B.
- CHRONIQUE
- Locomotives françaises en Angleterre. — On
- sait les excellents résultats qui ont été obtenus à la Compagnie du Nord avec ses locomotives, type atlantic, compound à quatre cylindres construites par les ateliers de Belfort, sous la direction de M. de Glehn, son administrateur délégué. La Compagnie Anglaise du Créât AVestern a commandé il y a quelque temps, aux mêmes ateliers, une machine d’un type entièrement semblable. Nous apprenons que celte locomotive a dù être mise en service le 2 février courant entre Londres et Swindon. Les résultats que donnera celle machine auront un intérêt d’autant plus grand que les ingénieurs du Great Western, comme la majorité des ingénieurs anglais, ont toujours été réfractaires à l’emploi du fonctionnement compound.
- *,•..... i , ' i , ’ ..
- ACADÉMIE DES SCIENCES i
- Séance du 8 février 1904. — Présidence de )I. Mascaut.
- Pseudo-insede du silurien. — M. A. Gaudry rappelle que lorsque - Charles Brongniart annonça la découverte d’une empreinte de fragment d’insecte dans le gré silurien du Calvados, il y eut une véritable émotion chez les paléontologistes, parce que l’on ne connaissait pas d’insecte remontant à cette époque ancienne. L’empreinte trouvée fut étudiée; il fut admis qu’elle reproduisait une aile et l’insecte dont elle provenait reçut le nom de
- p.174 - vue 178/536
-
-
-
- 175
- LA N AT UM F.
- « palœoblattina ». Cependant les géologues doutaient, de l’exactitude de la conclusion. M. Agnus, qui a étudié particulièrement les empreintes d’insectes fossiles du carbonifère, a reconnu que l’on ne se trouvait pas en présence d’une aile d’insecte. 11 se procura, par l’intermédiaire de M. Dormis, des fragments de grc silurien portant des empreintes de trilobites. 11 a pu ainsi établir que l’empreinte attribuée à l’aile d’un insecte devait être rapportée à un prolongement en pointe de la tète du trilobite.
- Ferment organique. — M. A. Gautier expose que 301. Abelous et Alov ont démontré que l’organisme recelait un ferment qu’ils ont qualifié d’oxjdo-réducteur parce qu’il jouissait de la propriété de prendre l’oxygène aux nitrates, aux chlorates, pour oxyder les corps oxydables. Donc, d’un côté, pouvoir de réduction, de l’autre, pouvoir d’oxydation. Ils ont démontré qu’il y a un rapport constant dans les quantités d’oxygène perdues et gagnées; par suite il faut abandonner l’idée de la coexistence de deux ferments distincts. Us démontrent que ce ferment existe dans les végétaux par des expériences faites sur le suc de pomme de terre. De plus, en étudiant l'action de la chaleur, ils ont reconnu que la réaction n’avait plus lieu à une certaine température. On n’est donc pas en présence d’un corps quelconque, mais en présence d’un ferment que tue la chaleur.
- Combinaisons nouvelles du phosphore et du soufre. — 31. Lemoine observe que l’on connaissait plusieurs combinaisons du soufre et du phosphore répondant aux formules P2S3, P-S3, P4S3 et enfin P2S4. Il faut pour les produire chauffer dans des tubes scellés des dissolutions de phosphore et de soufre dans le sulfure de carbone. 31. Devin a étudié les combinaisons qui se produisaient à froid, sous la seule inlluence de la lumière solaire. Il a trouvé qu’il se formait un mélange de deux phosphures P2 S4 et P8 S11. Ce dernier paraîtrait résulter d’une combinaison de deux des phosphures précités. M. Boulouch a varié l’expérience en introduisant dans les tubes des parcelles d’iode et a obtenu ainsi de beaux cristaux d’un pbosphure P4 S3. L’iode a donc une action catalytique en la circonstance. 31. Boulouch admet que le phosphure P4 S3 est une substance mixte analogue à celles que constituent les alliages.
- Formation des composés odorants. — 3131. Charabot et Hébert exposent que la molécule de substance organique formée dans l’appareil chlorophyllien n’y demeure pas indéfiniment. Elle circule dans la plante tout en subissant des métamorphoses successives. En vue de déterminer les organes dans lesquels les composés odorants prennent naissance ils ont étudié comparativement la formation de ces composés sur des plantes dont ils enlevaient constamment les inflorescences, chez des plantes cultivées à l’ombre et chez des plantes normales témoins. Chez les premières, l’huile essentielle s’accumule dans les parties vertes ; d’où il résulte manifestement que les organes chlorophylliens fournissent des composés odorants aux inflorescences. L’importance du rôde des organes verts dans la formation des matières odorantes s’affirme encore* si l'on examine l’influence de la lumière. La seconde catégorie de plantes est en effet bien moins riche en matières odorantes.
- Action des produits microbiens. —M. d’Àrsonval présente une Note de 31. Charrin sur le mode d’action des produits microbiens. 31. Charrin a groupé en trois catégories les principes actifs en jeu au cours de l’infection : 1° les sécrétions directes, alcaloïdes ou diastasès; 2° les
- produits de cellules de l’organisme sous l'effet des bactéries ou de leurs toxines; 5° les composés formés par les modifications des humeurs ou des tissus. 11 est indispensable de bien connaître ces actions élémentaires pour pouvoir combattre efficacement les microbes.
- __o ^ o Cil. 1>E Vll.LEDEUIL.
- ÉCHELLE DE SAUVETAGE PNEUMATIQUE
- Comme toutes choses, les moyens de sauvetage pour les cas d’incendie se perfectionnent chaque jour. 11 faut, comme on sait, que les appareils de sauvetage doivent être de manœuvre facile, rapide, mécanique. Ce but est atteint d’une façon remarquable dans l’échelle de sauvetage pneumatique Schapler, exploitée par la maison Fries Sohn, de Francfort. Ce qui caractérise cet appareil, entièrement en métal, c’est que le développement des quatre échelles qui le composent se fait à la façon des cylindres d’un télescope et que tous les mouvements se font mécaniquement grâce à l'air comprimé ou à l’acide carbonique sous pression. La machine se compose d’abord d’une légère plate-forme à quatre roues, entièrement construite d’aciers en L et en II. La boite à outils forme le siège du conducteur. A l’arrière de cette plate-forme est disposée la deuxième partie, c’est-à-dire l’échelle et son appareil de commande. Les échelles sont disposées de façon que, lors du développement, elles glissent l’une sur l’autre, chacune d’elles servant de guide à celle qui la dépasse immédiatement.
- L’appareil de commande est constitué principalement par un réservoir cylindrique établi vers le milieu de la plate-forme et rempli d’air comprimé ou d’acide carbonique à 11 atmosphères dépréssion. Ce réservoir peut tourner autour de son axe vertical grâce à des coussinets à billes. Il porte un affût à deux montants qui lui est uni, de façon à pouvoir tourner, au moyen d’ün arbre horizontal. Dans l'affût est logé un système de tubes télescopiques qui porte les échelles d’acier, et opère leur développement. Le dressage des échelles s’effectue au moyen d’un cylindre élévateur adapté de manière à pouvoir tourner à l’avant du réservoir.
- Les tubes télescopiques et le cylindre élévateur sont reliés au réservoir par des tubes à air comprimé très solides. Ils sont commandés par un appareil de distribution fixé au réservoir. La pression dans ce dernier, dans les tubes et dans le cylindre, est marquée par trois manomètres placés latéralement.
- Les différentes sections du télescope sont jointes par des presse-étoupe étanches. La partie supérieure de chaque presse-étoupe porte un frein à bande cylindrique. Ces divers freins servent à régler la vitesse du développement et de la rentrée des tubes. Ils servent aussi à les maintenir à la hauteur voulue.
- Au réservoir sont encore annexés d’autres dispositifs qui permettent d’emporter sur les lieux les bonbonnes d’acide carbonique pour le renouvellement de la provision du réservoir ; ce dernier est toujours, au poste des pompiers, sous 11 atmo-
- p.175 - vue 179/536
-
-
-
- LA WTI liK.
- 171>
- sphères de pression, mais on peut avoir besoin d'un supplément pendant la manœuvre.
- La rotation et l’inclinaison des échelles sont obtenues au moyen d’un treuil à engrenage hélicoïdal. Dès
- en beaucoup d’endroits, notamment .à Vienne, à Munich, à Breslau, à Erancl’ort-sur-le-Mcin, à Char-lottenburg, à Aix-la-Chapelle, à Posen, à Stuttgart, à Stockholm (Suède), etc. Elle est, en ce moment, étudiée par les pompiers de Londres. Le nouvel appareil se distingue par la solidité de sa construction entièrement faite de matériaux incombustibles. Sa durabilité est, par suite, beaucoup plus grande que celle des échelles en bois. Avec ou sans point d’appui, elle possède une stabilité et une résistance remarquables.
- Plusieurs villes qui d'abord n’en possédaient qu’une en ont succes-
- Kig. 1. — L’Éclielle repliée.
- que l’appareil arrive sur les lieux, on admet, par le jeu d’un levier du distributeur, le gaz comprimé du réservoir dans le cylindre élévateur. La partie antérieure de l’échelle se dresse alors jusqu’à ce que le bas de l'affût s’engage automatiquement dans une double grille lixée au réservoir. Dès que l’échelle a pris cette position, un homme prend place sur plate-forme à la partie supérieure du tube télescopique inférieur. De là, il manœuvre les freins des tubes. Un second homme manœuvre alors le distributeur. Le gaz comprimé pénètre dans le système de tubes. Les freins étant desserrés, le tube extrême et l’échelle y afférante se développent jusqu’à ce que le frein soit à nouveau serré. Les autres tubes se déploient de la même manière.
- Cette manœuvre, qui ne demande qu’une demi-minute, nécessite deux hommes. Dès qu’elle est terminée, un seul homme peut donner à l’échelle la direction et l’inclinaison nécessaires. L’abaissement et la fermeture de l’échelle se font de la manière inverse. Un laisse successivement échapper le gaz des tuyaux et du cylindre. Pour charger un réservoir d’une échelle de "25 mètres il faut 18 à 20 kg d’acide carbonique liquide. Si l’on emploie l’air comprimé, le poste de pompiers doit être pourvu d’un compresseur. L’emploi de l’acide carbonique est donc plus commode. Une échelle de 25 mètres de hauteur mesure 8m,20, timon compris, en longueur et 2m,90 de hauteur lorsqu’elle est repliée. Le poids total est de trois tonnes. Malgré sa nouveauté et sa construction toute différente, l’échelle de sauvetage pneumatique est déjà adoptée
- Fig. 2. — l/Éelielle eu service.
- sivement acquis quatre ou cinq. Du reste, partout où l’appareil a été employé, on a constaté sa valeur et les bons services qu’il est appelé à rendre dans des circonstances souvent difficiles. Emile Geamm.
- Le Gérant : I*. Massox.
- ï'aris. — Imprimerie Laiiihe, rue île Fleurus, 9.
- p.176 - vue 180/536
-
-
-
- N° lfiOl.
- 20 FEV1UER 1904.
- LA N AT LUE.
- 177
- UNE GRUE MOBILE DE 450 TONNES
- Nous avons eu souvent l'occasion de montrer les résultats surprenants auxquels on arrive avec les instruments de levage de grande puissance; les divers ports de France sont assez bien dotés à ce point de vue. De ces lègues et grues, on en construit de plus en plus robustes, d’une résistance énorme, bien que présentant des formes'relativement légères. Et cela naturellement grâce à la façon habile dont on fait travailler le métal qui entre dans leur composition.
- Ce n’est pas tous les jours évidemment que l’on a à faire appel à un engin susceptible de lever sans peine une charge de 100, 120 tonnes ou plus; mais un port bien outillé doit pouvoir répondre à ces besoins exceptionnels, principalement pour les réparations de navires, la mise en place de machines ou de chaudières, de canons monstres, etc.
- Nous avons à signaler un bel exemple de ces appareils formidables : il s’agit d’une grue d’une force de 150 tonnes, qui a été montée récemment sur le quai de la fameuse maison allemande Blohm und Yoss, de Hambourg, et dont nous donnons une vue prise au moment où elle met en place un canon à bord du cuirassé « Kaiser Karl der Grosse ».
- Cet appareil a été construit par la Compagnie Duisburger Maschinen-hau-Aktien-Gesellschaft, de Duisburg, et il est destiné spécialement à
- servir aux navires venant le long du quai où il est monté, ou dans le dock flottant qu’on peut amener en ce point. On remarquera tout à la fois que cette grue est à vapeur, en dépit de la faveur marquée qui semble se déterminer pour les appareils de levage électrique, et que, d’autre part, le bras de l’engin n’est pas destiné à accomplir une révolution complète de 560°, par suite des conditions dans lesquelles on se trouve. En arrière de l’appareil est un quai assez étroit, bordé de bâtiments qui empêcheraient cette révolution, et les trois jambes d’appui de l’appareil tiennent fort peu de place relativement, et ne gênent que d’une manière peu sensible la circulation qui doit se faire constamment sur ce quai.
- ' Cet instrument est très bien compris : grâce à la hauteur de son bras, dont l’extrémité peut même être relevée temporairement, la poulie supérieure et 32“ aimée. — 1er semestre.
- le bras passent par-dessus toutes les mâtures, et cela lors même que les bateaux sont soulevés au-dessus de leur flottaison normale, comme quand ils se trouvent dans le dock flottant. Notons qu’il n’a pas été ici nécessaire de recourir à un contrepoids pour équilibrer la grue, même à pleine charge.
- Le niveau le plus élevé de la poulie supérieure est de 45,25 mètres. La commande des mouvements est faite par deux moteurs à vapeur et à double cylindre : l’un actionne le tambour de levage de la charge, tandis que l’autre a pour mission d’assurer les modiJications du ra\on d’action de l'appareil, par rotation du dispositif chargé de donner une inclinaison plus ou moins grande à la portion supérieure et articulée de ce bras; il a aussi pour rôle de modérer la descente de la charge. Toute l’énergie produite par cette descente est absorbée par un tam-, bour à friction install sur l’arbre du tam hou d’enroulement des chaînes, si bien que les descentes n’exercent aucun effort nuisible sur la charpente de la grue, ni sur le tambour même.
- Au point de vue du fonctionnement de l’engin, quand il s’agit de manœuvrer des charges de 150 tonnes, le porte-à-faux du bras supérieur ne doit pas dépasser 20 mètres, cl alors la vitesse d’ascension est de 1,5 mètre à la minute.
- En réduisant la charge à 75 tonnes seulement, et en conservant le même porte-à-faux, la vitesse est doublée. Pour des petites charges (ce mot de petites doit être pris dans un sens tout relatif), on recourt au crochet supérieur et de moindre dimension : dans ce cas, si l’on soulève 50 tonnes, on peut donner au bras une portée de 52,50 mètres, et la vitesse sera de 0 mètres à la minute; enfin on atteindra 12 mètres dans les mêmes conditions, mais avec la charge, vraiment minime pour un pareil instrument, de 10 tonnes.
- Nous n’insisterons pas sur les divers ponts de service qui permettent aux mécaniciens de surveiller la charge pendant la manœuvre, pas plus que sur l’apparence de la charpente de cet engin et les dispositions diverses que la gravure permet de bien saisir. Pierre de Mériel.
- 12
- La "rue mobile de la maison Blohm et Voss.
- p.177 - vue 181/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 178
- LES ANOMALIES DE LA PESANTEUR
- Si l’on demandait à un bachelier ce que c’est que la « pesanteur », il répondrait sans doute que c’est la force en vertu de laquelle les corps placés à la surlace du globe sont attirés vers le centre de ce dernier. Un peut croire aussi que le bachelier ne manquerait pas de rappeler que celte pesanteur est une des formes de la gravitation universelle, qui fait que tous les corps pondérables s’attirent en raison directe des masses et en raison inverse du carré de • la distance. Mais il ne serait pas bien sûr qu’on le trouvât aussi ferré sur la nature des variations que la pesanteur éprouve, selon que les corps considérés sont plus ou moins éloignés du centre attirant. Le fait est que l'attraction terrestre sur un corps extérieur se lait sentir comme si toute la masse attirante était concentrée au centre. Or, la terre n’est pas exactement sphérique; elle est aplatie aux pôles, où la surface de la mer se trouve plus voisine du centre qu’à l’équateur, la différence étant de 17 kilomètres. Aussi, en vertu de la loi des distances, un corps pesant y subit-il une plus grande attraction.
- Eh quoi! dira-t-on? Un corps va-t-il peser plus au pôle qu’à l’équateur? Est-ce qu’un poids d’un kilogramme ne garde pas partout la même valeur? Assurément; mais, dire qu’un corps pèse un kilogramme, c’est dire simplement qu’en n’importe quel point du globe, ce corps fera équilibre, sur une balance, au morceau de fonte ou de bronze sur lequel les vérificateurs des poids et mesures ont apposé la marque : un kilogramme. Les deux objets sont partout attirés de la même quantité vers le centre. Mais cela n’empêche pas qu’ils ne soient, l’un comme l’autre, « différemment attirés » selon qu’ils se trouvent plus ou moins voisins de ce centre. La balance ne mesure que leur a masse » ; et comme cette masse est invariable, les indications de la balance le sont aussi. Quant à la force d’attraction, variable avec la latitude, qui toujours sollicite les deux corps dans la même mesure, c’est à un autre instrument que la balance qu’il en faut demander la détermination. On dispose pour cela de deux moyens: le premier consiste à observer la chute d’un corps, à l’aide d’un appareil qui permette de supprimer, au bout d’une seconde, l’action de la pesanteur. Dans ce cas, la vitesse acquise à la fin de cette unité de temps, vitesse exprimée par l’espace parcouru en mouvement uniforme durant la seconde suivante, forme ce qu’on appelle 1’ « accélération de la pesanteur » ou encore la « constante de la gravité », habituellement désignée par la lettre \g. On a soin de réduire cette quantité au niveau de la mer ; à Paris, elle est d’environ 9m,8094.
- Un autre moyen de mesure, beaucoup plus simple, consiste à compter les oscillations d’un pendule. La durée d’une oscillation, pour une longueur donnée de la tige, est d’autant plus petite que la pesanteur est plus forte. Par suite, un pendule dont la longueur a été réglée à Paris, de manière qu’il batte
- la seconde, c’est-à-dire exécute 80400 oscillations en vingt-quatre heures, donnera un nombre supérieur à ce chiffre si on conduit l’instrument près du pôle, et inférieur si on l’amène à l’équateur.
- Depuis que la forme de l'ellipsoïde terrestre a été déterminée, les géomètres ont établi les formules à l’aide desquelles, connaissant la latitude d’un point (ce qui revient à connaître sa distance au centre attirant), on peut prévoir ce que doit être, au niveau de la mer, la valeur normale de la constante de la gravité. Or, si l’on compare cette valeur théorique à la valeur réelle, déduite de l’observation d’un pendule convenablement installé, on trouve souvent qu'il y a désaccord. Tantôt la pesanteur se montre en excès, tantôt elle est en défaut. U y a donc de fréquentes « anomalies de la gravité ». On dit qu’elles sont « positives » quand il y a excès, « négatives » quand il y a défaut. En recherchant, dans ces dernières années, si quelque loi préside à la distribution de ces anomalies, on a cru constater, comme un fait général, quelles sont négatives dans l’intérieur des continents, et positives au bord des grands océans. Par exemple, près de lTiimalaya, le pendule donne, en 24 heures, 22 oscillations de moins qu’il ne devrait; tandis que, sur les îles Ilonin, en plein Pacifique, on compte 11 oscillations de trop. Sur la valeur de g, ces anomalies se traduisent, dans le premier cas par une diminution de 5 millimètres (ou 500 unités décimales du 5e ordre), dans le second par une augmentation de plus de 2 millimètres et demi (ou environ 259 unités du 5,! ordre).
- Les variations enregistrées étant locales, c’est à une cause locale qu’il en faut demander l’explication. Ainsi on sait depuis longtemps qu’une montagne bien isolée agit, pour son compte, sur les corps voisins, en les attirant, indépendamment de l’action qu’ils éprouvent de la part du globe entier, ce qui modifie la valeur apparente de la gravité au point considéré. Aussi a-t-on appris déjà à corriger toutes les observations de la quantité qui peut être due à la forme spéciale du terrain environnant.
- Cependant, cette correction une fois faite, l’anomalie n'en garde pas moins, dans certains cas, une valeur notable. Alors on ne peut l’expliquer que par l’intluence des « parties cachées » de l’écorce terrestre, qui peuvent se trouver dans le voisinage immédiat du point où se produit l’anomalie. Car la théorie indique qu’un massif de roches très lourdes, existant en profondeur, doit augmenter la valeur de l’attraction; comme aussi cette valeur serait certainement diminuée si, au-dessous du point d’observation, il existait soit des vides, soit des roches particulièrement légères.
- En définitive, ce seraient les variations locales, dans la densité de l’écorce terrestre, qui produiraient les anomalies signalées. Et si l’on réfléchit que certains massifs de terrain ont une densité peu supérieure à 2,5, tandis que chez d’autres le poids spécifique atteint et parfois dépasse 3, on jugera sans douté que celle cause est parfaitement adéquate à
- p.178 - vue 182/536
-
-
-
- LA NAT U HE.
- 179
- l’objet qu’il s’agit d’expliquer. La conséquence des anomalies enregistrées serait donc de révéler, dans l’écorce terrestre, une distribution inégale des densités, et puisque l’anomalie parait, en moyenne, négative sur la terre ferme et positive au bord de la mer, c'est sans doute parce qu’une cause spéciale a rendu l’écorce plus dense sous les océans que sous les continents. Plusieurs hypothèses ont été proposées pour rendre compte de ce fait, supposé indiscutable. Nous rappellerons seulement que M. Paye, se fondant sur la température, habituellement très basse et voisine de zéro, qui règne sous les grands océans, supposait qu’il en devait résulter, pour l’écorce sous-jacente, une contraction capable d’augmenter sa densité.
- L’hypothèse est assez séduisante par sa simplicité; mais avant tout il convient de savoir si on ne s’est pas trop hâté de poser en règle générale ce qui n'avait été observé que grâce à des circonstances particulières, insuftisamment analysées par les [.verni ers observateurs. Or justement, dans ces derniers temps, d'habiles expérimentateurs ont réussi à donner au problème un tout autre aspect. Depuis plusieurs années, M. Ricco, directeur de l’observatoire de Catane, s’est appliqué à la détermination exacte de la pesanteur dans l’Italie méridionale et la Sicile, en y employant les pendules perfectionnés dont on dispose aujourd’hui, et il est arrivé à des résultats tout à fait significatifs, dont voici le résumé :
- La pesanteur est à peu près normale au sommet de l’Etna, c’est-à-dire que l'anomalie de la gravité y est sensiblement nulle. Mais, en descendant de l’Etna, soit dans la direction des îles Lipari, soit dans celle de Catane, on voit l’anomalie croître avec rapidité, au point d’atteindre au bord de la mer jusqu’à 180 unités du 5e ordre. De la môme façon, nulle au sommet de l’Apennin, au nord de Naples, elle augmente rapidement en descendant vers le rivage, et, à Castellamare, elle dépasse 140 unités.
- Avec un nombre suffisant de stations, il est facile de tracer des courbes « isanomales », c’est-à-dire telles que, sur tous les points de l’une d’elles, l’anomalie conserve la même valeur. C’est ce qu’a fait M. Ricco, et il a reconnu que ces courbes étaient exactement parallèles, d’un coté au contour de la mer tyrrhénienne, depuis Naples en passant par la Calabre jusqu’au delà de Païenne; de l'autre, au contour de la mer Ionienne entre Syracuse et la Calabre orientale. Or ce qui caractérise ces deux mers, c’est l’existence, en leur milieu, de fosses où la sonde descend exceptionnellement à plus de 5700 mètres, et qui sont, de toute évidence, le résultat d’« effondrements », comme il en est si souvent survenu, après l’époque tertiaire, dans le domaine de la Méditerranée. « Il y a donc un rapport direct entre les anomalies de la pesanteur et les dislocations de l’écorce du globe. »
- Ce rapport éclate mieux encore quand on marque sur la carte, comme l'a fait M. Ricco, les régions plus spécialement visitées par les tremblements de
- terre. Un s’assure alors que ces régions sont précisément celles sur lesquelles les courbes isanomales sont le plus serrées, c’est-à-dire où la variation de l'anomalie est le plus brusque. Ainsi les troubles apportés dans la manifestation de la pesanteur atteignent leur maximum au-dessus des espaces que leur instabilité désigne comme étant voisins de fentes, le long desquelles les compartiments de l’écorce sont exposés à glisser.
- De là il est permis de conclure, avecM. Ricco, que l'augmentation de l’intensité de la pesanteur est vraisemblablement due à la compression, tout à fait locale, que subit le bord du compartiment qui se déplace; et probablement, si on pouvait pousser les déterminations en pleine mer, au delà de la région en mouvement, l'anomalie cesserait de se produire.
- Voilà, dira-t-on, une affirmation bien gratuite, puisqu’elle n’est pas susceptible de vérification ! Pas susceptible! En est-on bien sûr? Justement, au moment même où paraissait en Italie le travail de M. Ricco, un savant allemand, M. Hecker, faisait connaître de son côté les résultats d’une très curieuse campagne qu’il venait de conduire à travers l’Atlantique, entre Hambourg et Rio-Janeiro. S’il n’est pas possible, à bord d’un bateau, de se livrer à des observations pendulaires, en revanche il existe une autre méthode, fort originale, de mesurer en mer l’intensité de la pesanteur. C’est celle dont le principe a été indiqué par M. Guillaume, et que M. Mohn, de Christiania, s’est appliqué à rendre pratique.
- La hauteur du baromètre fait connaître, en chaque point, la pression de l’atmosphère, « à la condition qu’on fasse intervenir une correction due à l’intensité variable de la pesanteur ». Or il existe un autre instrument, l’hypsomètre, qui, par la température d’ébullition de l’eau, donne directement et sans correction la même pression. La comparaison des deux résultats fournit la valeur de l’expression qui contient la constante de la gravité, et cette dernière peut en être facilement déduite. L’appareil étant d’ailleurs assez lourd et peu sujet à dérangement, il suffit que le temps soit beau pour que l’observation faite sur le navire donne des résultats très satisfaisants.
- La traversée du paquebot où M. Hecker s’était embarqué ayant été justement favorisée par le temps, les mesures ont été poursuivies avec régularité, et elles ont fait ressortir ce fait remarquable, qu’en moyenne, l’anomalie de la pesanteur est sensiblement nulle entre l’Europe et Rio-Janeiro. Il n'y a qu’un petit nombre d’exceptions locales, et quand on les reporte sur une carte, on voit que toutes coïncident avec les rares endroits où la pente du fond, dans cette partie de l’Atlantique, subit une variation brusque.
- Du reste, peu d’années avant le voyage de M. Hecker, de 1897 à 1898, le navire autrichien « Pola » avait exécuté, sur les bords et sur tous les îlots de la mer Rouge, des mesures de -gravité, qui avaient fait ressortir dés anomalies positives, dé-
- p.179 - vue 183/536
-
-
-
- 180
- LA NATURE.
- passant en certains points 212 unités du cinquième ordre, et toujours subordonnées à la raideur des talus sous-marins. Ainsi, dans la partie centrale de la mer Rouge, près de l'ilot Saint-John, l’anomalie augmente très brusquement depuis le rivage; tandis que, dans la partie (date voisine de l’extrémité méridionale, près de Massouah, on passe très graduellement d’un excès de 12 unités, sur la cote, à un maximum de 100 au Tond.
- Or, si l'on a pu croire autrefois que l’eau des grands océans, dont la température, aux profondeurs extrêmes, est voisine de zéro,. avait dù refroidir et par suite contracter l’écorce sous-marine en la rendant plus pesante, il est clair qu'aucune explication de ce genre ne saurait s’appliquer à la mer Rouge, sur le fond de laquelle règne une température très élevée et qui, en revanche, correspond à une fracture accentuée de l’écorce terrestre.
- Il semble donc permis de penser que la question des variations locales de la pesanteur est maintenant entrée dans une phase nouvelle. Ni les continents ni les océans n’agissent comme tels pour provoquer ces changements.
- Ceux-ci se produisent là où le relief se modifie brusquement, de manière à laisser soupçonner une dislocation, mettant en contact un compartiment qui s’affaisse avec un autre qui se relève. De celte façon le pendule, systématiquement promené sur la surface terrestre (et remplacé sur celle des mers par la combinaison du baromètre et l’hypso-mètre), deviendrait le moyen non seulement de classer les dislocations terrestres par ordre d’importance, mais de découvrir celles qui sont cachées en profondeur, et en même temps d’accuser les régions qui peuvent avoir le plus à redouter des secousses sismiques. Certes, malgré tout son génie, quand Galilée enfant observait les oscillations de la lampe delà cathédrale de Dise, il ne devait pas en entrevoir une telle application! Ces considérations rendent tout à fait désirable l’organisation méthodique, dans tous les pays, de l'étude des variations de la pesanteur. Il faut espérer que l’importance de celte recherche sera comprise par ceux qui disposent des moyens de l’entreprendre. A. de Lxpparem,
- de l’Institut.
- UNE NOUVELLE MACHINE A VAPEUR
- A QUATRE CYI,INDUES
- S'il est vrai que la machine à vapeur à pistons soit sérieusement menacée par la turbine, il est par contre assez rare maintenant que l’on voie apparaître des types absolument nouveaux de machines à vapeur à pistons, se distinguant par des caractères bien nets du dispositif général adopté depuis bien des années. Aussi avons-nous jugé fort intéressant le moteur dont nous allons dire quelques mots, qui peut du reste s’appliquer aisément aux voitures et aux canots automobiles, et dont les 4 cylindres donnent la possibilité de marcher à volonté en compound de deux manières différentes, ou à triple expansion. Nous devons dire tout de suite (car cela est d’un intérêt pratique de premier ordre) que des
- expériences ont été faites afin de constater si le coefficient d’uniformité du cycle se trouve sérieusement affecté, suivant que l’admission se fait dans un, deux ou trois cylindres : l’écart entre les deux marches extrêmes possibles n’est que de 15/100, et, dans la pratique, cela est négligeable, d’autant que la masse des appareils commandés par le moteur tend à uniformiser la marche en dispensant de l'emploi d’un volant. La machine n’a pas de point mort, l’effort est toujours positif, sauf quand l’admission se fait dans deux cylindres, et seulement alors durant un court espace de temps, à la fin de la course avant et au commencement de la course arrière. Rien n’est plus facile que de démarrer avec la troisième marche, c’est-à-dire l’admission dans trois cylindres.
- Cette machine est du système Lefèvre, et elle est construite par la maison Fryer et O de Rouen. Si nous en examinons le type fixe (les autres ne différant que par certains détails), nous voyons qu’il comporte quatre cylindres à simple effet, placés en croix et dans un même plan normal à l’axe de rotation de l’arbre : les 4 pistons correspondants sont attelés directement à un bouton de manivelle unique par des bielles dont les têtes forment des segments assemblés autour de ce bouton par deux colliers. Bien entendu, les axes des 4 cylindres
- p.180 - vue 184/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 181
- forment entre eux des angles de 90 degrés. Trois seulement des cylindres ont même diamètre, ce sont les cylindres C, G', C'\ c’est-à-dire le cylindre du haut et les deux cylindres latéraux, tandis que le cylindre inférieur GG a un diamètre double. Tous sont pourvus d’un tiroir cylindrique de distribution, auquel le mouvement est communiqué par un excentrique commun, assemblé par une oreille et un boulon avec le bras voisin de la manivelle motrice. On aperçoit dans la figure un volant à main commandant un mécanisme à crémaillère qui représente le distributeur fort original imagé par M. Lefèvre ; ce distributeur peut être amené à occuper trois positions distinctes, qui correspondent natu-
- rellement chacune à un des genres de marche possibles du moteur. C’est simplement un tiroir cylindrique portant deux cavités de longueur inégale a et c, qui mettent en communication de différentes manières les lumières de canaux desservant les cylindres : et, suivant la position de ce tiroir, la vapeur venant de la chaudière est admise dans un, deux ou trois cylindres, et détendue respectivement dans les autres, de manière que la puissance développée varie en conséquence.
- Pour mieux faire comprendre le fonctionnement de ce dispositif intéressant, il faut naturellement entrer dans des détails plus complets. La vapeur venant de la chaudière arrive dans la boîte du distri-
- Fi^. ,2. — Coupe transversale et par arrachement du moteur Lefèvre.
- buteur, qui communique constamment avec la lumière AC, permettant au tiroir cylindrique T d’admettre celte vapeur dans le cylindre G. Celle-ci, après y avoir accompli son travail, est conduite par la gorge supérieure du tiroir T et par le canal EG (indiqué sur la figure de détail du distributeur) dans la cavité a de ce distributeur, d’où elle peut passer par les canaux AG' et AG" et aller successivement se détendre dans les deux cylindres G' et C", quand leurs tiroirs respectifs ouvrent l’admission. D’autre part, au moyen d’un canal ménagé dans le bâti, le tiroir du cylindre G' en fait toujours échapper la vapeur dans le conduit AGC d’admission au grand cylindre, si bien que cette vapeur ne passe point par le distributeur pour achever sa détente. Au contraire, celle du cylindre G" est
- dirigée par la lumière d’échappement EG" et par la cavité e du distributeur dans le conduit AGG. Mais, finalement, toute la vapeur du grand cylindre s’échappe par l’intérieur de son tiroir cylindrique dans le socle de la machine et, de là, gagne l’air libre ou le condenseur, suivant que l’on marche ou non à condensation. La position du distributeur qui permet aux choses de se passer ainsi donne la marche à triple expansion, qui convient pour les faibles charges, et assure naturellement la meilleure utilisation de la vapeur.
- Déplaçons maintenant le distributeur de façon que sa bande A coïncide avec la cloison B du boisseau : nous arrivons à la première combinaison de la marche en compound. La vapeur se rend, en effet, non seulement dans le cylindre G, mais aussi et au
- p.181 - vue 185/536
-
-
-
- 182
- LA NATURE.
- moment convenable dans le cylindre C/, par la lumière AC' découverte; quand elle a travaillé à pleine pression, elle va se détendre dans le troisième evlindre C" et dans le quatrième et grand cylindre GC, en passant par a, qui met l'échappement EU en relation avec les lumières AU" et AGE. Comme dans le cas précédent, du reste, le grand cylindre communique, par un conduit spécial, avec l’échappement de CG II est évident que, avec celte marche, on obtient une puissance plus élevée, mais une moins bonne utilisation de la vapeur.
- Supposons en troisième lieu qu’on amène la bande du distributeur sur la cloison C. La vapeur vive arrive alors dans les trois petits cylindres sans l'intervention du distributeur pour le premier, et pour les deux autres par les lumières AC' et AC", qui sont découvertes. Cette vapeur se rend, ù la sortie de ces trois cylindres, dans le grand cylindre par le canal AGE, qui communique toujours directement avec G', et que la coquille a met en relation avec les orifices EC et EC". Quant à la coquille e et la lumière E'C", elles ne l'ont qu’assurer un échappement supplémentaire. Nous avons donc ainsi la deuxième combinaison compound, où la puissance du moteur est maxima.
- On voit que nous avions raison de dire que la puissance de cette machine est tout à fait remarquable, puisqu’elle permet, sans modification de la pression de vapeur, ni de la vitesse de rotation, de marcher soit h triple expansion avec introduction unique, soit h double détente et double introduction, soit à double détente encore mais triple introduction, ce qui donne une puissance triple de celle qu’on réalise avec la première marche. Chacune de ces marches est soumise a l’action régulatrice d’une valve équilibrée à papillon, placée sur la conduite de vapeur en avant du régulateur, et actionnée par un régulateur à grande vitesse : celui-ci est commandé par des engrenages coniques et un arbre intermédiaire. La valve passe de la position d’ouverture maxima à la fermeture complète pour un écart de vitesse de 3 pour 100.
- Nous ajouterons (mais on s'en rend compte à l’examen des figures qui accompagnent ces lignes) que cette machine est particulièrement compacte et peu encombrante, et toutes ses parties sont mises à l'abri des poussières et des chocs par des enveloppes métalliques. On a adopté le graissage forcé et automatique, au moyen de deux pompes mises on jeu par un engrenage hélicoïdal adapté à l’arbre à manivelles. Pour une puissance de 50 chevaux à triple expansion (ce qui correspond à 75 en première marche compound, et à 125 en deuxième marche compound et forcée), le diamètre des petits cylindres est de 155 millimètres, celui du grand de 270 pour une course de 160. Le nombre de tours est de 675 normalement. Et ces puissances sont obtenues sans condensation. Il est évident qu’une semblable machine peut rendre de grands services en bien des circonstances, et notamment en automobilisme : on
- la modifie alors simplement par l’adjonction d’un changement de marche ingénieux, dont nous ne pouvons malheureusement donner la description. Et ce nouveau moteur est d’autant plus intéressant que s\ consommation est relativement faible.
- Pamei, Rf.u.ft,
- LE NOUVEAU MAMMOUTH
- DF, S.VIXT-PKTFRSROFRC,1
- Le mammouth complet trouvé en Sibérie, au début de 1901, près de la rivière Berezoxvka, — recueilli par l’expédition scientifique de M. le Dr 0. llerz, et dont M. L.Elbéc a raconté ici même la découverte et l’odyssée2, — est depuis quelques mois rétabli, sous une immense vitrine, dans le musée d’histoire naturelle de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
- L’animal a été réinstallé dans la position où il gisait, c’est-à-dire tombé dans une fissure du sol (ou crevasse de glace) où tout son train de derrière était coincé ; il est donc assis (position peu familière aux éléphants) dans la fente
- l.o Mammouth de Saint-Pétersbours'.
- (qui a été reproduite comme sur le terrain) avec les deux jambes de derrière horizontales, allongées sous le ventre presque jusque sous la tète ; les deux jambes dé devant, verticales, sont posées et écartées départ et d’autre de la crevasse, encadrant les défenses et la trompe ; la pose générale rend de façon saisissante l’effort violent et vain auquel s’est livrée la bête pour tenter de dégager son arrière-train si malencontreusement pris comme dans une souricière. On est parvenu à conserver la peau du mammouth ou du moins à en suppléer les parties manquantes; et ses longs poils frisés, sa fourrure recouvrent encore les parties suivantes la poitrine et le ventre, presque toute la surface des deux épaules et ses quatre jambes, la queue entière, menue, mais longue et déliée. Si cet « Elephas primigenius » Blum, le premier, on le sait, qu’on ait pu rapporter en Europe dans un pareil état de conservation, n’étonne point par ses dimensions, c’est qu’il représente un individu tout jeune; mais c’est un spectacle bien attachant pour un naturaliste que la vue de ce puissant fossile, arraché en poils, chairs et os au sol glacé de la Sibérie, qui l’a si bien préservé pour la satisfaction de notre philosophie scientifique.
- * Vov. « Scientific American ».
- 2 Vov. n° 1565, du 23 mai 1903, p. 391.
- p.182 - vue 186/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 185
- J’aurais aimé donner ici une photographie de cette pièce unique; mais il m’eût fallu, pour cela, commettre une indiscrétion, en portant atteinte à la primeur de la monographie que M. Hertz prépare en ce moment. Je me horne donc à signaler que l’exposition publique du célèbre mammouth « entier » (sauf la partie inférieure de la trompe dévorée par les bêtes sauvages avant l’arrivée de la mission) est aujourd’hui définitivement réalisée et constitue une nouvelle attraction de la belle capitale de Pierre le firnnd. . M.
- ---'X->
- NOUVELLES
- APPLICATIONS DU CARBORUNDUM
- C’est en 1893 à l’exposition de Chicago que pour la première fois le monde savant connut le nouveau produit »pie venait d’obtenir industriellement aux Etats-Unis M. Achéson sous le nom de Carborundum1.
- Ce produit est un siliciure de carbone de formule SiC contenant environ 70 pour 100 de silicium et 50 pour 100 de carbone; à l’analyse on trouve en outre des traces d’alumine, d’oxyde de fer, de chaux et de magnésie. Pour le fabriquer on traite au four électrique la silice en présence d’un excès de coke pulvérisé et de la sciure de bois et l'on obtient le produit selon la formule ;
- Si O* + 5C = 2CO -f SiC.
- La densité du carborundum est de 5,125, sa dureté est extrême, il cristallise en hexagones de couleur variant du vert tendre au gris bleu. L’infusibilité et l’incombustibilité du carborundum sont tout à fait remarquables grâce à la haute température de production obtenue dans le four électrique.
- Jusqu’à ces dernières années le carborundum n’était fabriqué que pour ses cristaux dont la dureté bien supérieure à l’émeri ordinaire est analogue à celle du corindon et tout le génie de l’inventeur s’était porté sur les applications du nouveau produit au travail des meules, molettes, toiles à polir, c’est pour ces usages qu’ont été créées, après l’usine primitive de Monongahela (Pennsylvanie) que nous avons eu l’occasion de visiter en 1895, la grande usine de Niagara Falls.
- La production de cette usine qui en 1894 était de 7,5 tonnes par an est passée en 1897 à 605 tonnes pour atteindre l’année dernière 2300 tonnes de produits commerciaux; la capacité des fours a été portée à 7000 kg de matières brutes qui correspondent à une production de 4000 tonnes de carborundum par opération, en utilisant une puissance effective de 500 kilowatts, soit environ 4000 chevaux.
- Le courant fourni par la Compagnie de la force motrice du Niagara4, grâce à la chute de 50 mètres disponible, est produit à la tension de 2200 volts et transformé dans l’usine de la Compagnie du carborundum : la tension d’utilisation varie, de 80 à 210 volts suivant les phases de la production de siliciure de carbone.
- Des usines ont également été créées en Europe, notamment en Allemagne, en Autriche ainsi qu'en France, à La Bàthie (Savoie) où les forces hydrauliques des Alpes ont trouvé là une intéressante utilisation.
- Depuis l’année dernière on a cherché à tirer parti des qualités d’incombustibilité et de résistance aux acides du carborundum qui étaient restées tout d’abord dans l’ombre. Les essais faits dans cette voie ont donné des
- 1 Voy. n* 1058, du 8 avril 1893, p. 666.
- 4 Voy. n“1007, du 17 septembre 1892, p. 243, « L’Utilisation des chutes du Niagara.
- résultats remarquables. Partout où la chaleur des foyers métallurgiques ou chimiques dépasse une certaine température, l’emploi du carborundum est indiqué. Il suffit de badigeonner les surfaces exposées au feu d’une couche de ciment de carborundum de 1 millimètre et demi d’épaisseur environ pour rendre extra-réfractaires au feu et aux actions chimiques des gaz les surfaces sur lesquelles il a été appliqué et nous ne pouvons examiner ici tous les emplois pour lesquels le carborundum peut rendre de véritables services à l’industrie.
- En première ligne il faut citer les revêtements des fours métallurgiques, convertisseurs pour le raffinage des métaux, fours à cuves en général, fours à gaz, gazogènes industriels, appareils à gaz pauvre dont l’emploi se développe davantage d’année en année, etc.
- Pour ces appareils on a du reste intérêt à employer non plus le badigeonnage de carborundo-ciment, dont l’action protectrice ne peut le prolonger indéfiniment, quoique de durée fort longue, mais bien les briques ou pièces réfractaires où le carborundum est incorporé sur la face exposée au feu et dont la durée est de ce fait prolongée à d’extrêmes limites.
- A coté de la garniture des fours, on doit citer une application excellente, c’est, une fois associé au graphite, la confection des creusets, la fabrication des appareils de l’industrie chimique : tuyères, registres, chambres de condensation, cornues, etc., pour lesquels les qualités de résistance aux acides sont particulièrement appréciables. Enfin la qualité de conductibilité du carborundum trouve son emploi dans les appareils électriques proprement dits.
- Le carborundum brut fabriqué en France est, au moyen de machines spéciales, traité pour être livré à l’industrie sous forme de briques réfractaires à revêtement de carborundum, de coulis pour faire les joints, de carborundo-ciment pour badigeonnage, enfin de pièces en carborundum de composition variable selon l’usage auquel elles sont destinées. 11 nous a semblé intéressant de signaler ces nouveaux produits qui ouvrent aux industries du feu et aux industries chimiques un nouveau champ d’investigation puisque l’on ne sera plus arrêté désormais par l’action destructive des hautes températures, non plus que par effets funestes des gaz ou des vapeurs corrosives si souvent néfastes à la bonne exécution des produits fabriqués. Lucien Périsse,
- Ingénieur des Arts et Manufactures
- L’INSTITUT PH0T0THÉRÂPIQUE FINSEN
- Le professeur Finsen, de Copenhague, a reçu comme M. Becquerel et M. et Mme Curie le prix Nobel. Il en était d’autant plus digne qu’il a su en faire un noble emploi. Sauf une faible partie, il l’a entièrement consacré à un hôpital pour la guérison des affections hépatiques, à son Institut photothérapique et au personnel de ce dernier. Le roi de Danemark a tenu à donner un témoignage d’estime au savant professeur et est venu en personne lui adresser ses félicitations.
- Dès 1890, le professeur Finsen s’est consacré h l’étude des effets thérapeutiques des divers rayons du spectre solaire. Cette étude a abouti h un double résultat : le traitement de la petite vérole par les rayons rouges et celui du lupus par la lumière concentrée et les rayons ultra-violets. Ce n’est qu'après de longs efforts que cette dernière méthode a triom-
- p.183 - vue 187/536
-
-
-
- 18-4
- LA NATURE.
- plié. Comme les premiers résultats obtenus dans cette voie s’étaient montrés des plus encourageants, il se fonda à Copenhague un institut pour « provoquer et faciliter les recherches sur l’action de la lumière sur l'organisme et surtout pour en étudier les applications thérapeutiques ». Par la force des choses, l’Institut est devenu un établissement destiné à combattre le lupus en Danemark, sans toutefois cesser d’être un laboratoire de recherches scientifiques. De novembre 1895 au 1or janvier 1905, 804 malades atteints de lupus vulgaire y ont été traités et beaucoup en sont sortis guéris.
- La méthode Finscn est basée sur divers faits con-trêdés par de nombreuses observations.
- Le premier, c’est que les rayons lumineux, particulièrement les rayons violets et ultra-violets, ont
- des propriétés bactéricides, surtout s’ils sont concentrés par des appareils qui laissent passer le plus possible les rayons bleus, violets et ultra-violets. Le second, c’est que ces rayons peuvent émaner soit du soleil, soit de l’arc voltaïque. Le troisième, c'est que les rayons chimiques occasionnent une inflammation de la peau et ont le pouvoir de pénétrer les tissus superficiels.
- Le traitement par les rayons solaires ne nécessite d’autre matériel qu’une loupe de 20 «à 40 centimètres de diamètre. Cette lentille est constituée d'un verre plan et d’un verre convexe séparés par une certaine quantité d’eau céleste et montés dans une bague de laiton. C’est en somme une lentille plan-convexe constituée d'eau céleste. Cette dernière absorbe les rayons ultra-rouges, rouges et jaunes qui
- Fi<t. 1. — l.ii salle de (raitemeiil à la lmnièr<> électrique.
- ont des propriétés calorifiques gênantes et n’exercent qu’une faible action bactéricide.
- Le soleil est malheureusement si parcimonieux de ses rayons dans nos bénins climats que c’est surtout à l’arc voltaïque qu’il faut recourir. Les lampes employées à cet effet sont de deux genres. Le grand modèle permet de traiter quatre malades à la fois, le petit modèle ne sert que pour un patient.
- Le grand modèle comporte une lampe h arc de 50 à 00 ampères et quatre tubes télescopiques de laiton. Chacun de ces tubes consiste en deux parties dans lesquelles sont fixées des lentilles de quartz. Ces dernières laissent beaucoup mieux passer les rayons ultra-violets (|ue les lentilles de verre, du moins ceux dont la longueur d’onde est très courte. Cette précaution n'a pas besoin d'être observée si l'on emploie les rayons solaires parce qu'alors les rayons ultra-violets dont la longueur d’onde est courte sont déjà absorbés par l'atmosphère. Il ne reste que ceux
- à grande longueur d’onde qui traversent sans peine le verre.
- Entre les lentilles du tube est interposée de l’eau distillée. Elle absorbe les rayons calorifiques ultra-rouges, mais n'entrave pas le passage des rayons bleus, violets et ultra-violets. On ne peut, dans ce cas, faire usage d’eau céleste, parce (pie les rayons ultra-violets extrêmes seraient absorbés. Pour éviter que l’eau distillée n’entre en ébullition à la suite de l’absorption des rayons ultra-rouges, une circulation d’eau froide assure la réfrigération.
- Le modèle pour traiter un malade à la fois, ou appareil Einsen-Reyn, comporte un arc voltaïque libre et un tube analogue à celui qui vient d’être décrit mais terminé du côté dirigé vers l'arc par une sorte d’entonnoir métallique.
- Les rayons émanant des tubes sont encore trop chauds pour pouvoir être appliqués sans inconvénient. Pour éviter que la peau ne soit brûlée,
- p.184 - vue 188/536
-
-
-
- LA N A TU HE.
- 185
- on la refroidit constamment par un petit appareil spécial ou compresseur. Cet appareil se fait en deux formats. Le plus petit s’applique à la main.
- Le compresseur est constitué par une plaque de quartz et une lentille plan convexe également en quartz. Les deux pièces sont montées dans une
- Fig. 2. — La salle de pansement.
- bague conique en laiton pourvue de deux petits tubes et, dans le grand modèle, de quatre ailettes permettant
- d’adapter l’appareil au moyen de bandes élastiques. Aux deux tubulures sont adaptés un tuyau d’amenée
- Fig. 5. — Le grand appareil Finsen pour traiter quatre malades à la fois.
- et un tuyau d'écoulement grâce auxquels l’appareil est constamment parcouru par un courant d’eau froide. La réfrigération de la peau est telle (pie des rayons de 150° de température ne l’endommagent plus. L’appareil a, en outre, pour but de chasser le
- sang de la peau. Les rayons bactéricides ne peuvent, en effet, traverser que des tissus qui ne sont pas gorgés de sang. Or, il est indispensable que les rayons pénètrent dans les tissus pour détruire les microbes qui s'y sont établis.
- p.185 - vue 189/536
-
-
-
- 180
- L A N A TU R K.
- Immédiatement après le traitement, la peau est rouge et tuméfiée. Cette inflammation atteint son maximum après 12 ou 24 heures. Dans les premiers jours du traitement, il se produit généralement des ampoules, mais jamais de nécrose.
- Le traitement Finsen se prolonge souvent plusieurs semaines. Les récidives se produisent parfois et nécessitent la reprise du traitement.
- Comme nous l’avons dit plus haut, de novembre 1895 au 1er janvier 1902, 804 cas de lupus ont été traités à l'Institut de Copenhague. Au Ie' octobre de 1902, l’état des malades était comme suit :
- l. (iuéris.......................................412
- a) Sans récidive après 2 à fi ans...........124
- b) Temps d’observation inférieur à 2 ans. 288
- U. ( iuérison à peu près complète (avec vestiges
- insignifiants de la maladie)..............192
- lit. Encore un traitement......................... 117
- a) Amélioration manifeste ou guérison partielle ...................................... 91
- b) Amélioralion insignifiante ou passagère. 2fi
- IV. Traitement interrompu (cure incomplète) . . 85
- n) Parce que les résultats obtenus n’étaient
- pas jugés satisfaisants........................ 1 fi
- b) Parce que les malades sont morts ... 51
- <•) Parce que les malades souffraient d’une
- autre maladie grave.......................... 15
- ri) Pour des raisons étrangères........... 25
- Dans le relevé des résultats, le groupe IV b, r, </, soit 07 cas, doit être décompté. 11 reste alors 757 cas. Sur ce chiffre les groupes III bel IV a, soit 42 cas ou 6 pour 100, doivent être considérés comme défavorables. Les 94 pour 100 restant ont été favorablement influencés par la photothérapie. Ce n’est pas à dire que tous ces cas aboutiront à une guérison complète et définitive. Dans le groupe III a qui renferme des cas dont le traitement est exceptionnellement prolongé, il s’en trouve qui laissent peu d’espoir. Toutefois, la statistique qui précède comprend les cas les plus mauvais, des malades de toutes les régions du Danemark et de l’étranger (681 Danois et 125 étrangers) parmi lesquels il en était dont l’affection datait de dix, vingt, trente, cinquante ans; Ceux-là se considéraient comme incurables, ils sont repartis guéris. Il est impossible qu’on puisse faire davantage dans la lutte contre le lupus. Pas plus qu’aucune autre méthode thérapeutique, la méthode Finsen ne prétend «à la guérison de tous les cas. Mais déjà le progrès est immense surtout pour le lupus vulgaris, cette terrible maladie que l’on croit rare, parce que ceux qui en sont atteints, après être allés, pendant des années et des années, d’un médecin à un autre, après avoir essayé tous les traitements possibles, finissent par perdre courage et, désespérés, se retirent en un endroit écarté, loin de l’humanité. Le professeur Finsen, en s’appuyant sur le recensement partiel des malades atteints de lupus, estime qu'en Danemark, le nombre des cas s’élève à 1200 ou 1500, soit environ 0,6 pour 1000 de la population totale.
- 11 y a lieu d’espérer que désormais leur nombre ira diminuant d’année en année. Il ne peut évidemment être question d’un espoir de guérison générale, car tant qu’il existera une tuberculose, il y aura des cas de lupus. Ajoutons pour finir que la méthode Finsen commence à se répandre à l’étranger. En Angleterre, la reine Alexandra a été la première à introduire la photo! Iiérapie en offrant en 1900 une lampe à quatre tubes à l'Hôpital de Londres. Actuellement une des trois annexes de cet établissement est consacrée à ce genre de traitement. Dix lampes de divers modèles sont installées dans la salle principale. Une petite salle est réservée au traitement par les rayons llontgen. Les résultats donnés à Londres par la méthode Finsen sont analogues à ceux obtenus en Danemark. D'ici à quelques années les guérisons ne se compteront plus.
- Le professeur Finsen peut donc être considéré comme un bienfaiteur de l’humanité. Le prix Nobel ne pouvait être mieux décerné qu'à lui. Mais Finsen avait déjà trouvé sa récompense dans la satisfaction d'avoir pu venir en aide à des malheureux qui jusqu’alors avaient été abandonnés, sans espoir, à leur misérable sort. Emile Guarini.
- ---«••O’-o—
- UNE ILLUSION D’OPTIQUE
- PRODUITE PAR LES FAISCEAUX LUMINEUX
- DES PROJECTEURS A GRANDE PUISSANCE
- Lorsque par une nuit sombre, et dans certaines conditions atmosphériques, on regarde les éclats lumineux émis par un phare en mouvement, on observe le curieux phénomène suivant :
- L’image fugitive laissée dans le ciel par les positions successives du faisceau lumineux, semble se reproduire à l’horizon, comme si des faisceaux émanaient d’un pèle fictif, non lumineux, et animé d’un mouvement de rotation de sens inverse de celui du foyer réel.
- Ce phénomène se produit avec des projecteurs puissants quelconques, et on l’observe très bien pendant les exercices de manœuvre des projecteurs électriques à bord des navires de guerre.
- La plupart des observateurs qui l’ont mentionné dans ce journal ont surtout été frappés de la différence de sens du mouvement apparent des faisceaux émis par la source fictive, et en ont donné diverses explications1. Quelques-uns ont noté les circonstances atmosphériques dans lesquelles il se produisait de préférence, mais un seul2 a fait remarquer nettement l’apparence d’arc concave vers la terre que possède le faisceau lumineux, lors de son passage au-dessus de l’observateur.
- L’effet de courbure se produit pour les faisceaux lumineux en mouvement ou immobiles. On l’observe également pour les faisceaux inclinés, pourvu que cette inclinaison ne dépasse pas une certaine limite.
- L’illusion de mouvement de sens contraire de la partie
- 1 Nonox Albert. Curieuse observation sur une illusion d optique produite par un phare électrique à feu tournant. Voy. n” 1221, du 24 octobre 1896, p. 330, et la Boîte aux Lettres de « La Nature », n0’ 1583, 1386 et 1387 des 10. 17 et 24 octobre 1905.
- 2 M. Lemaire H. (de Bordeaux). Voy. Boîte aux Lettres du n° 1383 du 26 septembre 1903
- p.186 - vue 190/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 187
- éloignée du faisceau s’explique Lien par l’effet de parallaxe. Mais celui-ci ne rend pas compte de l’impression de courbure apparente de la Lande lumineuse. Nous l’expliquerons en nous appuyant sur 1e phénomène bien connu de l’illumination des molécules, solides ou liquides, en suspension dans l’air, produite par le passage d’un faisceau lumineux.
- Supposons que les molécules matérielles, non gazeuses, qui sont la cause principale de la visibilité d’un faisceau de lumière dans l’atmosphère, soient réparties uniformément dans le cylindre enveloppe des rayons émis par le projecteur. Considérons le plan passant par l’axe du cylindre et l’œil de l’observateur, et soient : O, la position de ce dernier, et MN la génératrice du cylindre la plus éloignée du même point. Soient encore divers rayons visuels dirigés suivant les droites ci-après : OA, la per-
- M A B C D N
- ///
- O
- Sclu'ina représentant l'illusion d'optique.
- pendieulaire abaissée du point 0, sur la génératrice précitée, 011, OC et OD, diverses obliques faisant, avec la droite MN, des angles de plus en plus aigus.
- A l’inspection de la figure on se rend compte que les longueurs, interceptées par le cylindre sur les droites OA, OB, OC et OD, augmentent avec la diminution de l’angle d’incidence, et que cette longueur est minimum pour la perpendiculaire OA. C’est donc dans la direction OA, qui sera généralement voisine du zénith de l’observateur, que le nombre de molécules lumineuses rencontrées par le tayon visuel sera minimum. 11 sera, au contraire, maximum dans la direction faisant avec l’axe du faisceau lumineux un angle minimum.
- Le cylindre lumineux se projettera donc sur le ciel suivantune bande dont l’éclat augmentera progressivement de part et d’autre de la normale menée au cylindre, et passant par l’œil de l’observateur. Comme, en l’absence de points de repère, nous jugeons instinctivement, et surtout la nuit, de la distance d’une surface éclairée, par l’intensité de cet éclairement, il se produira l’illusion de la courbure de l’image formée par le faisceau lumineux.
- Capitaine Hitzei..
- LA CONSOMMATION DES LOCOMOTIVES
- DI’ TRANSSIBÉRIEN
- Le temps n’est plus où l’on ne brûlait pour ainsi dire que du bois dans les foyers des locomotives russes : on a trouvé du charbon en quantité considérable dans le pays, et ce combustible est autrement pratique.
- Au moment où l’attention est attirée vers cette immense voie transsibérienne, qui permet à la Russie de tenir sous sa main toute une partie de la Chine, il est assez intéressant de se demander si l’on rencontre, pour les locomotives du Transsibérien, du charbon de terre aussi facilement que dans la Russie d’Europe. A l’heure actuelle, toute la partie de la ligne comprise entre Tcheliabinsk et Irkoutsk, sur une longueur énorme de plus de 5000 km, brûle du charbon provenant des mines sibériennes; en 1902, on n’en a pas consommé moins de 272 000 tonnes, et il est bien certain ’qu’en 1903 la consommation aura
- atteint 500 000 tonnes. La plus grande partie de ce charbon provient de deux régions : Shudschenka, dans le gouvernement de Tomsk, et Tscheremchow, dans celui d’irkoutsk. Le premier est le meilleur, il donne de bon coke et ne contient que 7 à 11 pour 100 de cendres ; pour l’autre, la proportion peut atteindre 20 pour 100, et, de plus, il se brise aisément. Mais, dans la première région, l’extraction est malaisée, par suite, notamment, de l’eau qui envahit les travaux, du peu d’épaisseur des couches et de la grande profondeur à laquelle on travaille; dans la seconde, au contraire, pas d’eau, et des couches de plus de 2 mètres situées à 25 mètres environ. Aussi est-ce Tsheremchow qui fournit la plus grande quantité dti combustible brûlé (par suite de ces facilités d’exploitation), et cela même aux stations de l’ouest de la ligne, alors que pourtant ces gisements sont à près de 3000 kilomètres de Tcheliabinsk.
- Nous devons pourtant faire remarquer que les gisements de Shudschenka, dont une bonne partie appartiennent à la couronne, contiennent une quantité de houille qui est évaluée à des milliards et des milliards de kilogrammes.
- Les transports de charbon à grande distance coûtent cher, mais ils ont surtout l’inconvénient d’encombrer considérablement la ligne, dont la voie unique ne suffît déjà pas aux besoins commerciaux. Aussi songe-t-on actuellement, pour alimenter les sections occidentales du Transsibérien, à mettre en exploitation d’autres mines, comme celle de Koltschagin, pour laquelle il faudrait du reste établir un embranchement ferré spécial. On brûle bien du charbon de l’Oural sur la section Tcheliabinsk-Petropoxvlowsk; mais ce charbon contient une proportion beaucoup trop élevée de soufre. D. R.
- TURKESTAN ET BOUKHÀRIE
- Il y a quelque vingt ans, le Turkestan et la Bou-kharie étaient autant dire inconnus en France, car les difficultés presque insurmontables que présentait l’exploration de ces pays réduisaient les connaissances géographiques de l’époque aux récits du faux derviche Yambéry. Mais depuis la conquête de ces régions par les Russes, nous possédons sur elles des données ayant un caractère scientifique. Tout le monde connaît la ténacité, la méthode et l’ingéniosité que les Russes ont apportées à la conquête de l’Asie et à l’assimilation des races belliqueuses qui l’habitent. Une exploration récente vient de jeter un jour tout particulier sur le fonctionnement du système de colonisation russe, en même temps que sur les richesses minières et agricoles qu’il met en valeur. Dirigée par M. Levât, Ingénieur civil des Mines, une mission scientifique envoyée par le Ministère de l’Instruction publique a recueilli en Turkestan et en Boukharie une abondante moisson de faits nouveaux, et, notamment au point de vue géologique, a fait un ensemble de constatations qui présentent un grand intérêt scientifique.
- Ce sont principalement les placers aurifères, les gisements de houille et de pétrole qui ont été étudiés. Le mot de houille n’est peut-être pas absolument exact, s’appliquant à des charbons gazeux, voisins des lignites, et se trouvant principalement
- p.187 - vue 191/536
-
-
-
- 188
- LA NATURE.
- au nord d’Andidjan, dévasté naguère par un tremblement de terre dont les effets furent terribles.
- Le naplite se trouve dans le Ferganah, dans les terrains crétacés et tertiaires comme le charbon : la couche sous-jacente est certainement fort riche et
- les sondages, dont la profondeur varie entre 40 et 260 mètres, donnent un bon débit.
- La majeure partie des efforts des prospecteurs s’est tournée du coté de l’or, et plus particulièrement vers les gisements alluvionnaires. De temps
- immémorial les Sartes indigènes les ont exploités à l’aide de procédés primitifs. L'un des plus répandus consiste .à recueillir le sable des rivières et à le laver sur une toison de brebis, dont les poils retiennent les parcelles d’or (fig. 5). Les bénéfices de cette exploitation sont assez restreints.
- Au contraire, quand on attaque directement le conglomérat aurifère à l’aide des moyens que fournit l’industrie européenne, on arrive à de brillants résultats (lig. 1).
- L’épaisseur de la couche varie entre 15 et 18 mètres et elle est d’autant plus riche qu'elle est plus profonde. Étant donné qu'elle occupe en Boukharie une surface considérable, on peut se faire une idée de la source de richesse que possède la Russie.
- Et pourtant ce n’est pas sur le rendement des mines que compte le Gouvernement Russe pour l’indemniser des sacrifices considérables qu’il a faits pour la conquête et la mise en valeur de ce pays.
- c'est sur le développement de l’agriculture. Si des canaux ont été creusés dans tout le Turkestan malgré mille difficultés, si des voies ferrées ont été construites à grands frais, c’est afin de faire produire au sol et d’envoyer en Russie la quantité de coton nécessaire à l’Empire, de façon à le libérer du lourd tribut, qu’il paye annuellement en or aux pays producteurs de coton. Quand ce programme grandiose aura été réalisé en son entier, la Russie conservera les millions que lui coûte chaque année cette matière de première nécessité. Ce résultat n’est peut-être pas éloigné, car la façon dont les irrigations ont été établies et la culture du coton propagée, permettent de croire (pie dans quelques années les riches plaines du Turkestan seront tout entières occupées par des plantations de coton. La culture du blé, devenant moins rémunératrice, disparaît lentement, en sorte que Ton doit en faire venir des
- Fig. 5. — Exploitation de l’or au Turkestan par les indigènes.
- p.188 - vue 192/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ISO
- autres contrées de l’Empire. Un double courant commercial s’établit ainsi et alimente le réseau'terré. En ce <|ui concerne les résultats, nos ligures 4
- et 5 montrent la transformation que produit dans une région le creusement de puits et de canaux. Avant l’irrigation, la plaine ne produit que des
- Fig. L — File,s île l'irrigation au Tuikesluu Eu 189ô.
- broussailles clairsemées : après sept ans d’irrigation l'endroit méconnaissable: une ferme y a pu être une végétation luxuriante s’y est formée, rendant créée. Un dicton populaire exprime cette idée d’une
- Fig. b. — Effets de l’irrigation au Turkestan : En 1899.
- façon pittoresque : « Là où il y a de la terre jaune et de l'eau, naît un Sarte ». Les Russes ont fait tout leur possible pour protéger et encourager cette laborieuse population d’agriculteurs attachés au sol.
- D’ailleurs le Turkestan et la Boukharie ne sont
- pas seulement des régions .à grand avenir économique. Ils sont aussi le pays des hautes montagnes, des glaciers immenses, des pics inaccessibles. Qu’on en juge par cette vue d’un champ de glace que la mission Levât est forcée de franchir pour passer
- p.189 - vue 193/536
-
-
-
- 190
- LA A AT U RL.
- dans la vallée voisine (lig. 2). Les torrents, très nombreux dans la région, sont franchis par des ponts primitifs ou de simples passerelles de glace. Si donc* par le pittoresque et le grandiose de leurs sites le Turkestan et la Boukharie peuvent rivaliser avec les Alpes et les Pyrénées, par leurs richesses de toute nature, ils méritent d’attirer l’attention de l’ingénieur, de l’agronome, du géologue, et avant peu d’années pourront être comparés avec les régions de l’Lurope les mieux mises en valeur.
- La. de Zeltxeu.
- MOTEUR ELECTRIQUE MINUSCULE
- Les objets minuscules offrent toujours de grandes difficultés dans leur construction ; mais on peut bien dire que ces difficultés atteignent leur maximum quand il s’agit de construire un petit moteur électrique, dont la figure ci-jointe représente exactement la grandeur naturelle, et qui fonctionne régulièrement. C’est cependant la petite merveille qu’est arrivé à réaliser M. Gaston Trc-vel, horloger-électricien. Ce moteur est à deux pôles, a anneau Gramme, à excitation en dérivation (shunt). La hauteur des inducteurs est de 14min,5, leur longueur de
- 9
- de
- Moteur électrique ( grandeur naturelle), construit par
- O. Trevet, horloger-électricien.
- ,0 et leur largeur les inducteurs à la base ont une largeur de 7“m,0. Les bobines des inducteurs portent environ 000 tours de fil. Le diamètre de l’induit est de Gmm,2. L’anneau est constitué par un anneau en fer dans lequel ont été faites 12 dents pour faciliter l’enroulement. Le bobinage est fait en 5 couches ; l’enroulement est divisé en G sections. L’isolement de l’induit de la niasse de fer a été obtenu par l’enroulement dans les dents d’une bande de papier mince gommelaqué. L’enroulement comporte 288 tours d’un fil de 0,05 millimètre; la longueur utile de fil est de 1,07 mètre. À une extrémité de l’arbre supportant l’induit est monté le collecteur en cuivre rouge à G lames isolées entre elles par de l’ébonite. Les G lames d’ébonite ont été découpées à la fraise dans une masse et sont restées attachées entre elles par une épaisseur de 1,1 millimètre. Deux cônes en ivoire serrent les lames; ils sont fixés sur un tube de laiton et sont maintenus par un écrou à G pans; le tube est ensuite entré à force sur l’arbre. Les connexions des fils de l’anneau sur les lames du collecteur sont faites an moyen de petites vis. L’arbre est maintenu en place à l’aide de supports fixés sur les inducteurs. Des balais à lames d’argent sont appuyés sur le collecteur à l’aide •l’une bague et d’un ressort plat fixés par une vis. L’autre extrémité de l’arbre porte deux petites poulies. Nous avons fait fonctionner ce moteur, et nous avons trouvé qu’en pleine marche il absorbait une intensité de 0,2 ampère sous une tension de 3,5 volts soit, 0,7 watt. Ce moteur lilliputien constitue un chef-d’œuvre de patience et de grande habileté dont on ne saurait vraiment trop féliciter l’auteur. J- L.
- Occultation dWIdébaran. — l n phénomène particulièrement intéressant se produira le 24 février prochain, dans la soirée. La lune occultera, pendant lh20"\ la belle étoile a du Taureau (Aldébaran), de 18h9m à I9h 29“ pour Paris. La Lune, âgée de 8 jours, sera au méridien (le passage a lieu, en effet,àl8h 17"1. L’immersiou se fera au bord obscur et l’on verra tout à coup l’étoile disparaître dans la nuit. L ne petite lunette sera suffisante pour suivre ce phénomène, toutes les longues-vues ordinaires conviendront parfaitement. Une simple jumelle posée sur un pied solide pourrait même être utilisée. Un sait qu’Aldébaran est une étoile de lro grandeur et d’une belle couleur rougeâtre. Cette teinte formera un contraste très marqué avec la blancheur de notre satellite. Les occultations d’étoile par la Lune pourraient déceler l’existence d’une atmosphère lunaire s’il en existe une. U importe surtout de bien observer l’instant de la disparition et celui de l’apparition. Peut-être l’étoile semblera-t-elle projetée à l’intérieur du disque lunaire comme on l’a déjà observé plusieurs fois pour des étoiles brillantes. Pour Paris, cette belle occultation est presque centi’ale.
- Le -vin à feuilles de vigne. — On ne dira pas que les viticulteurs manquent d’imagination. Ils viennent d’inventer le vin aux feuilles de vignes. Nouveaux bénéfices, 300 francs par hectare ! Il parait que dans le Midi, on vend des feuilles de vigne, des cépages teinturiers, dont on extrait aisément une matière colorante tout à fait analogue à celle du vin. Un propriétaire tire 10 francs de 100 kg de ses feuilles de vignes d’alicantc bouscliet. Ut, avec cette matière colorante, on transforme en vins rouges des hectolitres de vins de sucre. Bien mieux, il paraîtrait que l’on fait du pseudo-vin en faisant tout bonnement fermenter ensemble de l’eau, du sucre et des feuilles; les feuilles remplacent le raisin. Tout servirait maintenant : raisins, feuilles, etc. Nous voilà bientôt en présence du vin de feuilles. On va maintenant offrir de la matière colorante, très naturelle assurément, aux débitants ou consommateurs qui voudront fabriquer eux-mêmes leur vin à bon compte, sans passer par les vignerons. Et, d’autre part, tous ceux qui possèdent des vignes de cépages colorés (Gamais, teinturier, hybrides, bous-chets, etc.) seront incités par les fabricants de sucre et les producteurs de levures à augmenter leur récolte en taisant fermenter les feuilles de leurs vignes. Est-ce assez joliment imaginé ? Encore une nouvelle fabrication à combattre. Car vous pensez bien que les feuilles et le raisin font deux dans tous les pays du monde.
- Les objets en anthracite. — A en croire un rédacteur du « Scientific American )), l’anthracite est une substance qui est injustement méconnue, du moins au point de vue de l’utilisation esthétique. En choisissant judicieusement des morceaux très durs, on peut le travailler comme du marbre et en faire une foule d’objets d’un aspect très décoratif. C’est en Amérique, bien entendu, que cette industrie un peu spéciale a pris naissance, car les mines de charbon de Pennsylvanie contiennent souvent des blocs d’une remarquable dureté. Il s’est même fondé une petite usine pour produire des vases d’anthracite, qui, malheureusement, ne sortent guère de la région qui les a vus naître. On affirme que leur aspect est des plus engageants, leur poli parfait et leur forme élégante; même bouillis dans une solution de soude, ils ne déteignent pas. Le seul inconvénient de la matière première est qu’elle ne se laisse pas sculpter,. L‘es fabricants
- p.190 - vue 194/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- 191
- l’achètent brute 15 Francs la tonne et la revendent Façonnée 5000 Francs, ce qui doit leur laisser un joli bénéfice, étant donné que leur matériel se compose de quelques scies et de deux tours, et que les manipulations consistent simplement en des polissages suecessils.
- Le cardage des matelas et l’hygiène. — Chacun sait combien âcre et irritante pour les poumons est la poussière qui s’échappe des matelas que l’on carde. Si, à ce désagrément s’ajoute celui d’ètrc septique, on comprend que les habitants d’une maison où l’on installe un atelier de cardage protestent énergiquement. C’est ce qui s’est produit récemment à Paris et les réclamants ont porté leurs justes plaintes devant le Conseil d’hygiène de la Seine. Après enquête et rapport de M. le D‘ Vallin, le Conseil a décidé de n’accorder l’autorisation d’installer un atelier de cardage que sous les conditions suivantes : 1° les literies ne pourront être cardées qu’après désinfec-tion sérieuse; 2° le cardage ne se Fera qu’en appareils clos et les poussières recueillies dans une boite hermétiquement close seront noyées dans une solution désinfectante avant leur enlèvement : 3° le sol de l’atelier sera imperméabilisé et lavé fréquemment : 4° portes et fenêtres seront rigoureusement closes pendant le travail. Il est certain que les industriels intéressés trouveront ces précautions exorbitantes et la réglementation draconienne, mais tous les hygiénistes applaudiront à une décision qui marque un progrès de plus fait dans la guerre aux poussières.
- La cure de caves. — Les Sanatoria étaient, jusqu’à présent, de grands établissements, bâtis sur des hauteurs et où la cure était produite par le large accès de l’air, toutes fenêtres ouvertes. Or, aux États-Unis, à Lurya, dans l’État de Virginie, on vient d’inventer le sanatorium où le traitement se pratique toutes fenêtres Fermées. C’est que le médecin qui a pris l’initiative de cette innovation a édifié son établissement tout près d’une carrière où sont installés de puissants ventilateurs. Comme le but est de ne Faire respirer aux malades que l’air provenant des caves et carrières creusées dans le calcaire, air d’une température très uniforme, remarquablement pur et dépourvu de germes nocifs ou de poussières, Fenêtres et portes du sanatorium sont constamment maintenues fermées, afin que l’air extérieur ne puisse jamais y pénétrer.
- Le diapason et la réduction des fractures.
- — Nous nous en voudrions de plaisanter .en pareille matière, et il s’agit bel et bien d’une application des plus sérieuses du diapason, recommandée par Andrews, dans la publication américaine « Chicago Medical Recorder », pour aider le chirurgien à localiser les fractures, surtout dans les os longs. Pour opérer en la matière avec le secours d’un diapason on commence par placer un stéthoscope sur l’os même, aussi près que possible de l’endroit où l’on croit que se trouve la fracture, et en un point où les tissus présenteront le moins d’épaisseur; puis on approche, autant que cela se peut, un diapason de l’os, mais au delà du point supposé de fracture. Si l’os est intact, le son doit arriver à l’oreille de l’observateur transmis par l’os et le stéthoscope, et cela avec une grande netteté ; si, au contraire, la fracture se trouve bien entre le diapason et le stéthoscope, le défaut de continuité du corps conducteur ne laissera parvenir à l’oreille du chirurgien qu’un son très faible, ou même aucun son ne se transmettra. El si l’on a des doutes, on peut toujours procéder par comparaison, en comparant la transmission du son sur un point douteux avec celle qui se réalise dans une partie du squelette que l’on sait pertinemment
- intacte. Nous n’avons guère besoin de dire que cette méthode ingénieuse est basée sur ce fait que les os constituent de très bons conducteurs du son, tandis qu’il en est tout autrement des tissus. Du reste, M. Andrews tient à faire remarquer que les vibrations sonores seront assez bien transmises à travers même une fracture si elle est convenablement réduite, et si les deux parties de l’os sont intimement rapprochées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 février 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Décès de M. Callandreau. — Aussitôt après l’énumération des pièces de la correspondance M. le Président se lève. « J’ai, dit-il, la douloureuse mission de vous annoncer la mort de notre confrère M. Callandreau enlevé subitement dans la nuit du 13 au 14 février. » 11 rend ensuite hommage à la modestie du défunt, à son amour du travail, à son mépris de la notoriété acquise par l'abus de la publicité, à la sûreté des relations avec lui. 11 rappelle que l’Académie a reconnu le caractère utile de certains de ses travaux en lui décernant en 1884 le prix Lalande, et en 1891 le prix Damoiseau ; enfin en 1895 elle avait récompensé son mérite en l’élisant membre de la section d’astronomie. M. Callandreau a été l’élève fidèle et préféré de Tisserand qu’il a assisté dans la publication du Traité de mécanique céleste. Il laisse quelques travaux ayant un caractère pratique. Il a collaboré sans interruption au bulletin astronomique de l’Observatoire de Paris; il y rendait compte des travaux étrangers. Sa fin prématurée laisse de profonds regrets parmi les membres de l’Académie.
- M. le Président lève ensuite la séance en signe de deuil ; l’Académie se forme en comité secret. Ch. dis Villedeuil.
- LE TOURBILLON HUMAIN
- C’est sous ce titre que le Casino de Paris nous présente une nouvelle forme de « boucle », où, cette fois, il n’y a plus de boucle. Cet exercice devrait plutôt porter le nom de « fronde humaine », car c’est au bout d’une corde que cycliste et machine décrivent une circonférence complète sans qu’une piste soit nécessaire. Voici comment les choses sont disposées : la piste, destinée à donner la vitesse acquise nécessaire, est, comme d’habitude, un long plan incliné dont le point de départ touche au faite de l’immense salle du Casino et qui, après avoir abouti près du sol, se relève en forme d’arc de cercle, mais seulement sur une hauteur d’environ 2 mètres. Auhas de la piste deux poteaux de 4 mètres de haut sont solidement établis; ils portent à leur extrémité supérieure deux crochets, en forme de tire-bouchon, supportant les extrémités d’une corde qui pend en forme d’U entre eux deux.
- D’autre part la bicyclette possède une superstructure qui dépasse la tète du cycliste d’environ 0m,30, et se termine par deux grands crochets ; ce sont cës derniers qui viennent s’engager dans la corde au moment où la vitesse est à son maximum. La machine et son cavalier continuent alors leur course un instant sur le bout de piste en arc de cercle, puis, retenus par la corde, achèvent la circonférence dans le vide. Au moment où les roues de la bicyclette
- p.191 - vue 195/536
-
-
-
- LA NAÏÜHK.
- 102
- reprennent contact avec le sol, la corde s'est détachée automatiquement, grâce à la forme spéciale des crochets qui la soutiennent à ses extrémités, et le cycliste peut continuer son chemin en ligne droite; mais pour cela, il faut que la partie recourbée de la piste ait été enlevée et aussi que la partie droite, qui pour lui être raccordée se trouvait à environ Û0 centi-
- mètres au-dessus du sol, s’abaisse au contact de celui-ci. C’est pendant que le cycliste est en l’air — et ce n'est pas long — qu’un aide opère ces deux mouvements ; la seconde partie de la piste est montée sur deux rails qui permettent de la faire coulisser sur le coté; quant à la première partie elle est maintenue surélevée au moyen d’un chevalet
- Le tourbillon humain.
- métallique qu’on abat en appuyant sur une pédale. Le même homme fait donc en même temps la manœuvre des deux parties. Dans le premier « bouclage de boucle » il fallait que le cycliste donnât, au bon moment, un coup de guidon qui le fit légèrement dévier de la ligne droite pour suivre la piste hélicoïdale qui lui permettait de sortir. Ici il faut avoir assez de sang-froid pour ne pas dévier, ne pas s’incliner tant soit peu à droite ou à gauche,
- car alors les crochets de la machine, ou au moins un, passeraient à côté de la corde et l'on serait jeté sur le côté. C’est en somme un jeu d’adresse très dangereux que Morok accomplit tous les jours en risquant sa vie avec une grande hardiesse.
- G. Chalm.vrès.
- Le Gérant : P. JIassox.
- Paris. — Imprimene I.Aiinii:, rue de Flcurus, 9.
- p.192 - vue 196/536
-
-
-
- y 1 005. - 27 FÉ V K1K II 100 1.
- LA NATURE.
- 105
- IA COCHENILLE A GRAISSE
- Au Mexique et dans le Yucatan, on utilise une graisse, l'axine, remarquable autant par ses propriétés que par sa provenance. Elle est extraite, en effet, d’une cochenille que les naturalistes ont baptisée du nom « Elaveia axinus », mais qui ne lait pas de difficulté à ce qu’on l’appelle par son nom familier d’ « axin ». Cetaxin est fort commun dans diverses régions de la zone intertropicale; très éclectique, il vit sur différents arbres et suce indifféremment la sève des légumineuses et des rutaeées aussi bien (pie le suc brûlant des euphorbiacées et le jus parfumé des térébinthacées.
- Le male de l’axin est une petite mouche rouge de 15 millimètres, pourvue de deux ailes se recouvrant horizontalement sur l’abdomen.
- Au point de vue qui nous occupe, il n’a pas d’intérét; il ne fabrique pas de graisse, et cela se comprend puisqu’il a besoin de toute sa sveltesse pour voler et aller taquiner les femelles, comme c'est son rôle.
- Ces dernières, par exemple, sont de grosses matrones qui font un singulier contraste avec leurs beaux et fringants cavaliers. O11 peut les considérer comme détenant le record de la taille dans la gent coccidée. Elles n’ont pas moins, en effet, de 25 millimètres de long sur 15 millimètres de large, alors que le « vulgum pecus » des cochenilles atteint tout au plus 1 centimètre. Malgré leur grand volume, ces femelles, il faut bien l’avouer, n’ont guère l’air spirituel. Elles restent sur les branches ou les feuilles dans une immobilité absolue, et leur bouche, en forme de rostre pointu, enfoncée à demeure dans le tissu de la plante, suçant sans discontinuer la sève nourricière. Leur 32e année. — 1er semestre.
- Codicuille à graisse. — 1. Itamclie couverte de cochenilles cachées par les flocons de leur sécrétion cireuse; 2. Femelle vue de dos; 3. Femelle vue de ventre; l. Paquet d’axine, tel qu’on l’expédie au loin.
- corps est ovalaire et recouvert entièrement de filaments très minces formant une épaisse bourre blanchâtre, les cachant à la vue. Ce vêtement blanc, rappelant le burnous des Arabes, est très léger; en le grattant avec l’ongle, il se détache comme de la poussière que l’on effacerait du doigt et laisse voir la cochenille d’une couleur rose uniforme, parfois rouge comme le corail. En la laissant au repos, la
- bourre blanchâtre se reforme rapidement ; sa peau est toute parsemée de pores glandulaires qui livrent passage à cette sécrétion. Les fils blancs qui en sortent s'enchevêtrent d’eux-mêmes et fabriquent un véritable feutre : l’axin est chapelier sans le savoir! Ils sont constitués par une matière cireuse, insoluble dans le chloroforme, l’éther, la benzine, mais soluble dans l’essence de térébenthine.
- Ce que l’on utilise dans l’axin femelle, ce n’est pas cette sécrétion cireuse, mais la graisse dont elle est boursouflée et qui lui donne l’aspect dodu. D’après un observateur, de la Llave, cette opération se fait en lavant premièrement les insectes pour ôter la poussière ou le duvet qui les recouvre. Ensuite on les met cuire dans l’eau ordinaire jusqu’à ce ijue la graisse fonde et surnage. On les met alors dans une housse de toile dans le but de les presser pour en extraire tout le reste de la graisse qui pourrait avoir subsisté dans leurs tissus. Celle-ci est versée dans de petits vases proportionnés, et on la laisse reposer pendant vingt heures au plus, au bout desquelles onia trouve un peu figée; on la remue alors jusqu’à ce qu’elle forme des boulettes qu’on lave de nouveau et qu’on met à un feu doux pour en enlever l’humidité; et, dans cet état, on passe la graisse, à laquelle, après son refroidissement, on donne la
- 13
- p.193 - vue 197/536
-
-
-
- 194
- LA NATURE.
- forme la plus commode pour l'usage, par exemple de pains enveloppés dans des feuilles de maïs. Le rendement de la graisse est d’environ 25 pour 100 du poids d’insectes employés.
- L’axine ressemble beaucoup à la graisse de porc, dont elle a la consistance. Elle fond à 52° environ. Insoluble dans l’eau, dans l’alcool froid, à peine soluble dans l’alcool bouillant, soluble dans le sulfure de carbone, dans l’éther, dans l’essence de térébenthine, dans la benzine et surtout le chloroforme.
- Mais ses principales propriétés ne se développent (jue lorsqu’elle a été exposée quelque temps à l’air. Elle subit, dans ces conditions, une sorte de résini-lication et devient insoluble dans tous les liquides précédents. Si la masse est volumineuse, la surface seule subit cette transformation et forme une pellicule qui protège l’intérieur. Mais si l’on vient à malaxer la masse, c’est-à-dire à déchirer cette pellicule et à recommencer l’opération plusieurs fois de suite, tout le paquet finit par être transformé : au lieu d’axine on a de l’acide axinique. Grâce à cette modification chimique spontanée, l’axine est la substance huileuse la plus siccative que l’on connaisse. Si on l'applique en mince couche à la surface d’un objet quelconque, au bout de six à sept heures, elle est desséchée et a formé un enduit insoluble et infusible. Aussi est-ce un excellent vernis pour le bois et les métaux. Dans le Yucatan et au Mexique, on s’en sert pour vernir les poteries, le bois des guitares et pour peindre les demeures : c’est pour cela (sans doute) que les détails en sont si bien conservés même après trois siècles d'existence!
- On peut incorporer à l’axine des matières colorantes pulvérisées et en faire de la sorte de magnifiques vernis de couleur, infiniment plus beaux et plus résistants que le vernis à la gomme-laque.
- On peut encore utiliser l’axine à rendre des tissus imperméables; il suffit de les imprégner de graisse et de les porter dans un endroit chaud pour activer la résinification; à la suite de cette opération, les tissus ont encore toute leur souplesse et sont aussi imperméables que la toile cirée.
- Enfin, dernier emploi : au Mexique, c'est un médicament qui jouit d’une certaine vogue pour « mitiger les douleurs », pour « relâcher les nerfs rigides », pour « résoudre les tumeurs », pour la fin des érysipèles », dans les spermatocèles, et pour former des cataplasmes que les femmes s’appliquent sur le ventre. Ces usages médicinaux sont plutôt sujets à caution....
- Mais revenons à notre cochenille : la femelle grandit jusqu’au mois de novembre et, à ce moment, descend dans le sol où elle s’enveloppe d’un cocon blanc soyeux, friable et mou, et à l’intérieur duquel elle pond le chiffre respectable de 1500 œufs. Les larves n’en sortent qu’au mois d’avril suivant sous forme de petits vers rouges et tout hérissés de poils qui, après une mue, deviennent insectes parfaits. Il parait que dans certaines régions du Mexique, pour assurer la reproduction de l’insecte
- et le mettre à l’abri des intempéries, on garde un certain nombre de femelles et on les oblige à faire leurs cocons dans l’intérieur des bractées qui enveloppent l’épi femelle du maïs, bractées que l’on garde à la maison. Vers le mois de mai, on attache ces cornets dans les arbres, et on les ouvre à un bout pour permettre aux larves d’en sortir et d’aller prendre l'air dans les branches. Henri Coupin.
- ROUISSAGE ET BACTÉRIES
- M. lliltner, directeur du Laboratoire bactériologique de l’Office de fbygiène allemand, et son collaborateur M. K. Stoiner, viennent de se livrer, sur la demande de la Société allemande d’Agriculture, à des recherches des plus intéressantes sur l’action des bactéries dans le rouissage du lin et du chanvre. Nous voudrions indiquer quelques-uns des résultats auxquels ils sont parvenus, à propos tout particulièrement du rouissage à l’eau.
- Ces deux savants, à l’instar de ce qui se fait généralement dans les recherches analogues, se proposaient d’isoler l’agent du rouissage et d’en obtenir des cultures pures, afin de permettre ensuite à l’industrie de poursuivre le traitement qui l’intéresse dans les conditions les mieux appropriées aux exigences de l’agent vivant que l’on ferait travailler. Bientôt, au moyen d’un procédé dit d'enrichissement, ils sont parvenus à tirer des cultures pures d’un agent extraordinairement actif répondant au but poursuivi. Cet organisme est un bâtonnet assez long, renflé à une extrémité, une plectidrie, que l’on a désigné sous le nom particulier de « pectinovorum », à cause de son aptitude exceptionnelle à décomposer la pectine. Sans entrer dans le détail complet des phénomènes qui se produisent dans le rouissage, grâce tout spécialement à cette plectidrie, nous dirons que, dans le lin, le chanvre plongés dans l’eau, les éléments albumineux, puis les hvdrates de carbone se dissocient et offrent un excellent terrain de développement aux bactéries et aux champignons apparaissant dans le liquide. Sous leur action, tout l’oxygène est absorbé, et il n’y peut plus s’y multiplier que des organismes n’utilisant presque plus l’oxygène de l’air, mais tirant cet aliment surtout des hydrates de carbone. Le « pectinovorum » est justement un de ces organismes anaérobies, et il se met à sa tâche de fermentation des substances intermédiaires qui soudent les cellules du lin, du chanvre. 11 décompose la pectine en hydrogène, acide carbonique, qui montent en bulles, et aussi en acide butyrique; seules les parties des tiges soudées entre elles par une substance ligneuse restent intactes et homogènes : c’est le bois et la filasse. Une action mécanique vient ensuite séparer le parenchyme, puis le bois, et il ne reste que la filasse. Les deux savants allemands ont d’ailleurs constaté que le (( plectidrium pectinovorum » se développe parfaitement en présence de l’oxygène, ils l’ont cultivé sur des milieux gélatineux en contact avec ce gaz, et cela permet d’en obtenir assez facilement des cultures pures utilisables industriellement. Il faut remarquer que cet agent n’amène point la fermentation de la cellulose, et les bactéries au contraire, qui entraînent cet effet, n’ont rien à faire avec le rouissage.
- Toutes ces recherches viennent d’ètre étudiées en détail dans les Mittheilungen de la Société allemande d’Agriculture, mais ce que nous en avons dit suffit à montrer les conséquences pratiques que peut avoir cette découverte. P- D1? M.
- p.194 - vue 198/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 195
- l’HUTUliUAl'IUES
- DES SATELLITES DE JUPITER
- Le système des quatre principaux satellites de Jupiter est l’un des plus merveilleux spectacles offerts aux observateurs, qui peuvent le contempler à l'aide de très modestes instruments. C’est en même temps un sujet d’étude très important, qu’il est relativement aisé d’aborder, à cause de cette facilité d’observation.
- Il n’en est plus tout à lait de même, au point de
- Fig. 1. — 15 septembre 1903, 10 heures du soir (pose 7 minutes).
- vue pratique seulement, si l'on aborde la question par le côté photographique, car les clichés sont assez délicats à obtenir, étant données certaines difficultés inhérentes à l’éclat de ces astres et à leur groupement. En effet leur image sur la plaque est relativement très petite, et la planète elle-même a un éclat considérable par rapport aux points assez peu lumineux que sont les satellites, dont le plus brillant n'est que de sixième grandeur.
- Aussi pour avoir une image assez amplifiée où les astres considérés seront suffisamment écartés les uns des autres, afin de les bien discerner, il faut employer une lunette de dimensions un peu grandes au foyer de laquelle on opérera. C’est la condition nécessaire pour que l’image, possédant des dimensions utiles, soit bien lumineuse : un très petit instrument, avec appareil amplificateur, fournirait à image égale une clarté tellement faible que la pose en serait fort prolongée, au grand détriment de la netteté. Enfin, la nécessité d’une image assez amplifiée se trouve justifiée par cette raison que le disque éclatant de la planète est démesurément agrandi par diffusion latérale : si les satellites en étaient trop rapprochés sur la plaque ils pourraient être masqués.
- Étant donnés l’intérêt du sujet et l’importance de la documentation photographique dans ce cas, j’ai essayé l’obtention de phototypes au foyer de mon équatorial de 95 mm d’objectif. Ces essais satisfaisants m’ont engagé à commencer une série de clichés concurremment avec l’observation visuelle, et j’en présente ici les premiers résultats.
- L’instrument que j’emploie a lm,40 de loyer, ce qui est déjà suffisant dans la majeure partie des cas, pour que les satellites soient assez écartés de la planète. Mais avec une telle longueur focale, il faut,
- pendant la pose, suivre aussi rigoureusement que possible, car le moindre écart a un effet sensible. Malgré quelques petites imperfections presque obligées, ces clichés sont encore suffisamment nets pour supporter l’agrandissement. Les épreuves reproduites ici sont à l’échelle de 4,8 fois celle des originaux.
- Sur ces épreuves, il ne faut pas prendre le disque apparent de Jupiter pour son disque réel. A cause de la diffusion latérale il y a là un agrandissement démesuré beaucoup plus important sur la première figure que sur la seconde, par suite de l’inégalité des poses. En premier lieu j’avais d’abord essayé des poses longues; celle du 15 septembre est de 7 minutes, sur plaque ordinaire. C’est infiniment trop, à tous les points de vue. Ensuite je suis descendu jusqu’à une minute seulement, et avec plaque anti-halo ; en outre avec une pose courte il est plus aisé de suivre rigoureusement. Bien que j’aie reconnu qu’il était possible de poser moins encore, ce sont les poses de lm à lm50s, suivant l’état du ciel, qui m’ont paru les meilleures avec un instrument comparable au mien. On devra surtout rechercher l’emploi des plaques anti-halo.
- L’observation des satellites de Jupiter révèle qu’ils subissent des variations d’éclat très notables, et leur notation systématique peut conduire à des recherches importantes, telle que celle de leur mouvement de rotation, encore insuffisamment connu. La répétition de ces variations, le retour de mêmes éclats à des positions déterminées sont des éléments qui fourniront de précieuses indications. Mais pour faciles que soient ces observations, en principe, elles sont en réalité assez difficiles à effectuer, et ce sont
- Fig. 2.-7 octobre 1903, 9 heures du soir (pose 1”50*).
- seulement de longues séries qui pourront, par leurs moyennes, apporter une solution.
- Actuellement je n’ai pas encore réuni un assez grand nombre de documents pour qu’ils puissent fournir quelque appoint à la recherche de la rotation, mais les comparaisons m’ont révélé certains faits intéressants au point de vue de la nature de ces astres. Le satellite IV, qui est le second dans l’ordre de la grosseur, est toujours le plus faible photographiquement tandis que le II, quoique le plus petit de tous, est très brillant, et, à surface égale, le plus lumineux. Lucien Rudaux.
- p.195 - vue 199/536
-
-
-
- 190
- LA NATURE.
- L’ÉVACUATION DES ORDURES MÉNAGÈRES DE NEW-YORK
- Pendant bien longtemps, et jusqu’à ces dernières années, l'entreprise laissait considérablement à désirer dans la grande cité yankee, qui prétend pourtant être en avance sur l’Ancien Monde. Détritus de toutes sortes, ordures proprement dites ou cendres, étaient chargés ensemble sur des chalands, et ceux-ci allaient se vider tantôt en haute mer, du moins assez loin pour qu’on ne crût pas avoir à craindre de voir ces détritus ramenés par la marée, tantôt sur des bas-fonds qui découvraient à basse mer, et qu’on avait entourés de muraillements pour en assurer peu à peu le remblayage au moyen de ces matériaux. Nous n’avons guère besoin de dire que ces terrains enclos, où la putréfaction se poursuivait lentement, répandaient une odeur infecte dans tout le voisinage; d’autre part, les évacuations en mer même n’avaient pas tardé à laisser refluer quantité de détritus et à polluer les baies et le littoral du voisinage de la grand’ville.
- Il arriva un moment où des réclamations unanimes arrêtèrent le remblayage des bas-fonds, mais le jet à la mer continuait toujours. 11 y a quelques années, quand le colonel G. Waring devint chef du service de l’assainissement de New-York, une première mesure fut aussitôt prise sur laquelle nous attirons l’attention, à la fois parce qu’elle serait fort mal reçue des habitants de la plupart des villes françaises, et parce qu’elle facilite considérablement le traitement et
- même l’utilisation des ordures ménagères, entendues au sens le plus large du mot. Il est aujourd’hui imposé aux habitants de New-York de séparer ces ordures en deux catégories, qui sont déposées chacune dans un réceptacle distinct : d’une part, les ordures proprement dites,débris de cuisine, etc., de l’autre, les cendres; et, de-plus, on doit faire un paquet des vieux papiers, des chiffons et autres choses analogues. C’est en somme un triage qu’on impose aux par-ticuliers, et qu’autrement on était obligé d’opérer (si on voulait qu’il fût fait) dans les monceaux de détritus apportés par les véhicules d’enlèvement. Ce que nous avons appelé les ordures était envoyé à Barren Island, où une Société privée recourait à des
- procédés chimiques pour en tirer des produits commercialement utilisables. Enfin des entrepreneurs spéciaux payaient une importante redevance à la Ville pour avoir le droit de faire trier les paquets de papiers, chiffons, vieilles boîtes, etc., et en tirer une foule de matières qu’ils trouvaient à revendre. Cette première amélioration, bien qu’acquise, 11e lut guère appliquée rigidement par l’Administration municipale, durant la période où le parti que l’on nomme « Tammany » revint au pouvoir. Mais, quand une nouvelle évolution et des élections municipales changèrent l’Administration et amenèrent M. Woodbury à la tête du service de l’assainissement, on reprit avec ardeur les transformations
- Fig. 2. — Le triage des ordures.
- p.196 - vue 200/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 197
- commencées par le colonel Waring, en cherchant même à les baser sur des données scientifiques, ce qui n’était guère possible au moment où le colonel Waring avait pris en main la direction de l’hygiène municipal. Les efforts ont du reste été dirigés dans une voie qui ne peut manquer d'intéresser toutes les municipalités et les contribuables : on s’est efforcé de tirer pécuniairement parti de ces immondices, si encombrantes, si coûteuses à enlever.
- Envisageons d’abord ce que nous désignions tout à l’heure sous le nom d’ordures ménagères proprement dites,ce que les Anglais appellent « garbage » : débris de cuisine ou de table, viandes, poissons, graisses, os. Chaque jour ouvrable, on n’a pas à enlever moins de 980 mètres cubes de ce « garbage », dans les agglomérations de Manhattan, de Rronx et de Brooklyn, qui constituent par leur en-
- semble la ville de New-York : on voit ce que cela représente annuellement. Nous ajouterons que l’enlèvement doit se faire sur un ensemble de voies ayant un développement, total de 1530 kilomètres. La surface de New-York est immense ; mais on y a cet avantage de trouver une étendue énorme de quais qui pourraient faciliter étrangement l'évacuation par bateau de toutes ces immondices ; malheureusement les propriétaires riverains ont eu recours à tous les moyens légaux possibles pour empêcher l’établissement de ces décharges. Cela augmente donc considérablement les frais de transport des ordures, qui doivent souvent être véhiculées par terre pendant des kilomètres avant de pouvoir arriver à un quai où on les déversera dans des chalands. Nous dirons, pour ne pas avoir à revenir sur ce coté de la question, que les dépenses de charroi du service de
- Fig. 3. — Transport des ordures par bateau.
- l'Assainissement de New-York atteignent annuellement 8 millions et demi de francs. La municipalité new-yorkaise avait essayé de brûler les ordures ménagères : nous entendons expressément le « garbage », suivant la définition que nous en avons donnée ; une station d’incinération avait été créée à Bronx, mais l’incinération a complètement échoué. On ne doit compter, pour l’évacuation et le traitement de ce « garbage », que sur l’établissement de Barren Island, dont nous avons parlé plus haut, et où les ordures sont « réduites », par les soins d’une compagnie privée. (Nous supposons qu’évidemment la Municipalité de New-York a trouvé que celte façon de faire est la meilleure et la plus économique.) Ce traitement donne des composés utiles, notamment au point de vue agricole.
- Quant aux détritus recueillis à part dans des réceptacles spéciaux, et contenant des papiers, chif-
- fons, boîtes,etc.,c’est ce qu’on nomme « rubbisb » : le principe est encore de laisser à des entrepreneurs, qui payent pour cela une redevance assez importante, le soin de trier tout ce qui peut être utilisé : bouteilles, chiffons, vieux tapis ou morceaux de tapis, vieux meubles, etc. Quotidiennement, ce « rubbish » représente un volume de 2380 mètres cubes. Pour se débarrasser de cette forme particulière d’immondices (après, bien entendu, qu’a été fait le triage dont nous parlions à l’instant), on a recours ù l’incinération. L’installation de combustion qu’on a créée dans ce but donne d’excellents résultats, ce qui s’explique par la nature essentiellement combustible de tous les détritus que l’on traite ici; et la chaleur même engendrée par cette incinération fournit la vapeur nécessaire à la commande d’une courroie porteuse, sur laquelle le « rubbish » est jeté et étalé, afin que, au passage, les employés des
- p.197 - vue 201/536
-
-
-
- 198
- LA NATURE.
- entrepreneurs puissent opérer le triage et mettre de coté les objets d'une valeur quelconque; on s’attend d’ici peu à ce que l’usine, qui est au bas de la 57e Rue, soit éclairée électriquement au moyen de machines recevant leur vapeur de la même source. Les tombereaux apportant le «rubbish » se déversent directement, par une trémie, sur la courroie porteuse qui emporte les détritus entre deux rangées de trieurs ; chaque trieur a sa spécialité, pour celui-ci les vieux souliers et le cuir, pour un autre les bouteilles, pour un troisième tout ce qui est métal. On arrête de la sorte au passage 60 pour 100 des matières déversées par les tombereaux ; et encore interdit-on de recueillir des objets de literie et analogues, qui pourraient répandre des germes de maladies, et qu’on brûle impitoyablement. On parle d’être aussi sévère à l’égard du papier, toujours en se plaçant à un point de vue hygiénique. Après triage, tout ce qui reste est porté dans des trémies et lancé sur des grilles d’incinération ; les choses sont disposées pour que les gaz soient brûlés aussi complètement que possible. En fait, cette incinération donne assez de chaleur pour chauffer des chaudières représentant ensemble une puissance de 250 chevaux-vapeur. Le coût d’établissement de cet le usine a été de 100000 francs; les entrepreneurs de triage payent hebdomadairement 1400 francs de redevances. Le mètre cube de « rubbish » (traité et trié comme nous l’avons indiqué) peut donner une puissance de 7 chevaux pendant une heure.
- Il nous reste à parler des cendres, que les habitants (ne l’oublions pas) livrent toutes triées aux ramasseursd’ordures; ces cendres contiennent aussi les balayures de planchers, les sciures de bois, quand il y a lieu, les faïences et verres cassés; les coquilles d’huîtres; on y ajoute souvent les balayures des rues autant que celles-ci ne peuvent pas être utilisées, comme on essaye de le faire maintenant et comme nous allons le dire. Chaque jour New-York donne bien près de 7000 mètres cubes de « cendres ». Fréquemment, on trouve à les vendre à des entrepreneurs, ipii les utilisent pour des remblayages. Au cas contraire, la Ville elle-même les emploie dans un but analogue, h la reprise sur la mer de terrains actuellement submergés, que l’on a isolés de la mer sans les dessécher : on espère un jour avoir remblayé complètement une surface qui trouvera à se vendre, et qui représentera, paraît-il, une valeur de 3 à 4 millions de francs. La surface sur laquelle on poursuit méthodiquement ces dépôts et remblais n’a pas une étendue de moins de 25 hectares, etse trouve à Ricker’s-lsland, dans le proche voisinage de l’agglomération new-yorkaise : les dépenses d’amenée des cendres sont du reste bien moins élevées que celles de déversement des ordures en haute mer, et cela n’a aucun des inconvénients que présentait ce déversement. Sans entrer dans les détails de transport, etc., nous ajouterons encore qu’on a commencé dernièrement à vendre les balayures des rues comme engrais : on trouve des acheteurs, et cette vente a pu atteindre 1600 sacs par jour. IL Bougeois.
- ATTELAGES ÉLASTIQUES
- Il y a bien trente ans que M. J. Marey, de l’Institut, montra que lorsqu’un homme, ou un cheval, ou un tracteur quelconque remorque une voiture, on peut faire une économie de force considérable en opérant la traction par l'intermédiaire d’un corps élastique. Des ressorts à l’extrémité des timons, un lien de caoutchouc, et l’on réalise une économie de 25 pour 100 sur la force de traction. Cela revient à dire que, si l’on attelle homme ou cheval à un véhicule par l’intermédiaire d’un lien élastique, on diminue l’effort de traction dans une proportion très sensible. On gagne un cheval sur quatre chevaux. C’est considérable. Cela fut prouvé expérimentalement par M. Marey en 1874. Pensez-vous que l’on se soit préoccupé de ce fait en réalité très important? Ah ! bien oui. Était-ce certain? N’y avait-il pas complications inutiles? Bref, on ne tint nul compte en pratique d’une invention importante qui pourtant eût permis depuis des années d’augmenter considérablement le rendement des chevaux ou d’un remorqueur quelconque.
- En France, non, il n’en fut pas question. Mais à l’étranger, on ne manqua pas de tirer parti des expériences du savant français. La traction élastique dans l’artillerie fut d’emblée utilisée en Danemark, en Suède, en Allemagne, en Autriche. Des essais furent également faits dans plusieurs stations agronomiques avec des résultats extrêmement favorables au nouveau système. Et à l’étranger, on a souvent, pour ménager les chevaux, substitué aux traits rigides des traits élastiques. C’est que les ressorts régularisent les excès de travail, diminuent les chocs douloureux, la fatigue nerveuse, etc.
- Aujourd’hui, après trente ans de somnolence, le système à tr,action élastique vient enfin d’être adopté par le ministère de la guerre pour les attelages d’artillerie. On a mis trente ans pour s’apercevoir que les expériences de M. Marey étaient réellement concluantes, et encore a-t-il fallu que, pendant des années, deux officiers, MM. Machart et Ferrus, de la ÎO" brigade d’artillerie, se livrassent à de nombreux essais, pour enfin mettre en évidence que, réellement, l’emploi des ressorts de traction procurait une économie de travail considérable.
- M. Marey, pour prouver l’avantage des ressorts, avait opéré avec des dynamomètres. Ces instruments, interposés entre le tracteur et la voiture, révélaient une économie de 20 à 25 pour 100 sur le tirage direct avec des traits rigides. Mais il a fallu, pour convaincre les intéressés, des expériences sur grande échelle et toutes les ressources dont disposaient MM. Machart et Ferrus. Aujourd’hui la preuve est faite.
- MM. Ferrus et Machart ont, depuis 1897, entrepris des essais pratiques pour déterminer non pas seulement l’économie mécanique due à l’emploi des ressorts, mais l’économie totale due à la répercussion des liens élastiques sur l’organisme et notamment sur là suppression des chocs douloureux pour les épaules des chevaux. Ils ont opéré par le procédé dit du « retournement », qui consiste à employer simultanément deux attelages placés constamment dans les mêmes conditions, sauf en ce qui concerne le mode d’attelage et le poids traîné. On fait produire aux chevaux le maximum de travail utile avec une ration donnée pendant un certain temps. Au bout de ce temps on permute les attelages et on leur fait encore produire leur maximum de travail pendant une période de temps égale à la première. Par comparaison, on détermine l’économie réalisée au moyen des appareils
- p.198 - vue 202/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 190
- élastiques. On choisit, bien entendu, des chevaux aussi semblables que possible à tous les points de vue : poids, taille, âge, etc. Même alimentation, même parcours, etc.
- Les expériences ont été entreprises avec 2, o, G et enün 24 attelages. Elles ont duré au total dix-huit mois, avec des résultats constamment concordants. Conclusion : pour des attelages à deux de l’artillerie, traînant du matériel ordinaire, l’emploi des ressorts de traction convenables permet d’augmenter de 20 à 25 pour 100 le poids des voitures, la longueur des parcours restant la même.
- Cette fois, la démonstration de MM. Ferruset Machart, n’est plus sujette à caution ; elle est la conséquence d’essais sur une très grande échelle. Et il est bien exact que la simple interposition de ressorts entre le tracteur et la voiture produit une économie générale d’un quart, comparativement à la traction ordinaire par traits rigides. Ce résultat n’est certes pas à dédaigner. Quelques ressorts intercalés, et l’on peut réaliser une économie sensible de travail et ménager les chevaux. Avis aux intéressés, puisque le système s’applique à tous les transports, depuis les transports militaires jusqu’au halage des bateaux et aux voitures de maître. Henri de Parmi,i,e.
- LES HORLOGES PUBLIQUES
- Sous ce titre nous avons publié ici quelques considérations sur une simplification désirable dans l’indication de l’heure lue sur les horloges des rues, des monuments et des gares; nous citions notamment les grands cadrans monumentaux de la gare d’Orléans sur le quai d’Orsay, qui laissaient à désirer à ce point de vue spécial1.
- Nous sommes heureux de constater que l’un de ces cadrans, celui que l’on voit à droite en faisant face à la gare, a été débarrassé des malencontreux ornements qui, même en plein jour, rendaient la lecture de l'heure presque impossible, ne fùt-on éloigné que de la largeur de la Seine. Les aiguilles, de dorées qu’elles étaient (comme les ornements du cadran), ont été mises en noir. Le cadran est net.
- L’autre horloge étant restée telle quelle, on peut aisément faire la différence.
- Il n’est pas inutile de remarquer que seule, l’horloge modifiée peut, par son emplacement, servir à la lecture de l’heure. Encore n’est-elle visible qu’a travers les éclaircies des arbres, ou du pont Solférino, un peu en biais. L’autre est absolument masquée par les arbres qui abritaient autrefois, au pied du Pont Royal, la célèbre « Frégate )) disparue depuis de longues années.
- Pourquoi les architectes de cette belle gare, au lieu de considérer les (( horloges » comme un « motif de décoration de la façade », n’ont-ils pas organisé le « bâtiment » de manière à fournir, dans « ses dessus », un « motif décoratif aux horloges » qui, se présentant de biais, comme celles de la gare de Lyon ou du clocheton des grandes annexes des magasins du Louatc, avenue Rapp, eussent alors été vues de directions divergentes, dans un secteur angulaire étendu?
- N’est-ce pas là une faute assez communément commise ? Les horloges publiques de Paris ne rëmplissent pas bien leur office, surtout le soir comme nous l’avions déjà fait remarquer antérieurement. Il est bon d’appeler sur ce point l’attention des architectes. Le petit progrès réalisé par la gare d’Orléans méritait, par contre, d’être signalé.
- Jean Yézï.
- 1 Voy. n° 1488, du 30 novembre 1901, p. 429.
- LA PHOTOGRAVURE
- i
- L’illustration est devenue une nécessité dans toutes les publications modernes, aussi bien dans le livre que le journal; assurément ce n’est pas notre époque qui a inventé l’illustration, et les gravures, les belles gravures mêmes, étaient fort appréciées de nos grands-parents..C’était le temps des gravures sur cuivre, sur acier, sur bois, qui donnaient des résultats magnifiques, mais qui avaient le tort de coûter cher, tout d’abord par suite de la manière dont la planche ou le bois sur lesquels s’exécutait la gravure devaient être traités et aussi à cause des conditions dans lesquelles s’opérait parfois le tirage. Dans la gravure sur métal, qui se pratique toujours, quoique de façon exceptionnelle, le graveur peut graver en creux, c’est-à-dire creuser partout où doit venir un trait noir dans le tirage par impression, ou au contraire attaquer le métal de manière que les traits noirs ou plus ou moins noirs soient donnés par des parties du métal laissées en relief. Dans le premier cas, on chauffe la plaque, on y passe un tampon plein d’encre destiné à faire entrer cette encre dans les creux, on essuie soigneusement toutes les parties en relief et ensuite on presse le papier devant recevoir la gravure, l’impression, de façon qu’il pénètre dans les creux (qui sont de faible profondeur), et qu’il aille y chercher l’encre et s’en enduire, ce qui donnera les traits en noir. Dans l’autre procédé, l’encre se déposera seulement sur les reliefs, et c’est là que le papier la trouvera et s’en enduira sous une faible pression : ce dernier système, c’est la gravure en relief. C’est celui que l’on pratique ordinairement pour la gravure sur bois, pour les clichés, par exemple, qui accompagnent le plus généralement les articles de « La Nature » : les blancs y correspondent à des parties du bloc de bois où le burin a taillé des creux plus ou moins profonds. Ici le tirage peut se faire aussi rapidement qu’avec des caractères d’imprimerie, et les clichés sont en effet toujours tirés en même temps que le texte.
- Il est sans conteste que la gravure sur bois donne d’excellents résultats quand on a affaire à des artistes connaissant bien leur métier, comme ceux qu’emploie « La Nature » ; mais le procédé est lent, et par conséquent coûteux, et de plus on lui reproche de manquer d’exactitude, parce que le graveur interprète presque toujours le dessin qu’on lui confie. Cette interprétation est bien souvent nécessaire, même avec des documents photographiques, où il y a besoin de corriger les effets exagérés ou faux que donne l’objectif. Mais aujourd’hui il importe surtout de produire à bon marché, car on travaille « pour le million », comme on dit en anglais, pour la grande masse, qui ne tient pas à quelque chose d’artistique, et veut du bon marché avant tout. Et ce qui a permis de réaliser ce désidératum, c’est l’em-
- p.199 - vue 203/536
-
-
-
- 200
- LA NATURE.
- ploi de la photographie en matière de gravure, ce qu’on appelle la photogravure. 11 n’y a plus rien d'artistique dans cette méthode de traduction des dessins et des figures, l’objectif reproduit impitoyablement ce qu’on met devant lui, et le cliché en donnera une impression littérale, peut-on dire, sauf l’intervention d’un retoucheur dont nous parlerons tout à l’heure, et qui n’exécute qu’une besogne sommaire, se bornant plutôt à réparer des défauts du procédé. Évidemment le mot «.photogravure », d’après son sens étymologique, peut comprendre tous les systèmes dans lesquels on recourt h l’influence et à l’action de la lumière et à l’appareil photographique pour produire une gravure en creux ou en relief, suivant la distinction que nous avons établie plus haut. Mais, en fait, on n’entend par photogravure que le procédé, double d’ailleurs, qui donne des productions en relief et sur métal (zinc ou cuivre), des clichés qui peuvent s’imprimer à la presse typographique. Aussi laisserons-nous de côté tous les autres procédés, photoglyptie, photogravure en creux, quel que puisse être leur intérêt.
- Encore la photogravure proprement dite peut-elle se subdiviser en deux procédés nettement distincts, que nous examinerons successivement : l’un donne les clichés de dessins ou figures traitées au trait, et qui ne présentent que des à-plas, comme on dit, pas de demi-teintes. L’autre permet de graver des dessins, des reproductions ou figures à teintes dégradées, à valeurs différentes, comme par exemple un tableau, une photographie, etc.
- Examinons d’abord la méthode par laquelle on obtient la gravure d’un dessin au trait et qui est souvent désignée du nom de « procédé », nom sommaire quel’on emploie maintenant dans un sens tout, particulier. Essentiellement, on tire parti de ce fait que, dans la figure «à reproduire, il n’y a que du blanc et du noir, et que les parties blanches devront correspondre à des creux du cliché, tandis qu'aux parties noires (traits, pointillés, etc.) correspondront
- des reliefs du cliché affectant la disposition et les proportions de ces traits pleins ou interrompus. Les dessins et figures que l’on veut « photograver » doivent être exécutés à la plume ou au pinceau de préférence, sur du papier bristol, et avec une encre bien noire, si l’on désire que les traits donnés à l’impression soient nets et purs; on peut évidemment reproduire aussi un dessin au crayon, à la sanguine, sur papier grenu, mais alors les oppositions sont de valeur faible, parce que l’intensité n’est pas suffisante pour bien arrêter le passage de la lumière dans les opérations que nous allons décrire.
- Le dessin arrive donc ( liez le photograveur (et nous suivrons ce qui se passe par exemple dans les ateliers de la maison Reymond, maison bien connue, qui fait précisément les photogravures paraissant parfois ici) ; ce dessin est généralement plus grand que le format vrai du cliché, la réduction ayant encore l’avantage de masquer les imperfections du trait, au point de vue de la continuité notamment. On en fait d’abord, au moyen d’un appareil photographique, et dans un atelier spécial, un cliché négatif au collo-dion; ce dernier donne plus de finesse de grain que le gélatino-bromure, et aussi une opposition plus nette des noirs et des blancs. On enduit ce cliché d’une solution de caoutchouc dans de la benzine, puis on passe à nouveau du collodion, ce qui donne sur le verre une couche qui aura l’avantage de perdre son élasticité; et l’on peut alors « pclliculer », autrement dit enlever du verre la pellicule pot tant l’image négative du dessin. On a enduit, d’autre part, d’une couche de bitume de Judée une plaque de zinc parfaitement planée, on lui superpose la pellicule, et l’on expose au soleil. (On a du reste retourné cette pellicule, pour que le cliché présente le dessin dans le sens convenable à l’impression.) Le soleil passe naturellement à Ira-vers les blancs du négatif, qui correspondent aux noirs du dessin, et c’est seulement en ces endroits qu’il agit sur le bitume en le durcissant et l'inso-lubilisant, suivant la propriété bien connue. Si donc
- Fig. 1. — Appareil Yoirin pour simili.
- p.200 - vue 204/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 201
- ensuite, et après une insolation variable, qui demande une grande pratique et constitue une des difficultés du métier, on trempe la plaque métallique dans l’essence de térébenthine, le bitume se dissoudra dans toutes les parties préservées de l’in-
- solation et correspondant aux blancs du dessin. La plaque est donc protégée précisément là où elle est destinée à demeurer en relief, tandis qu’elle est à nu et peut être attaquée dans les parties (pie n’aura point à toucher l’encre de la presse tvpogra-
- IÏ!i. i. — Los cuves à morsures des plaques.
- phique, là où devront se trouver des creux, tout comme dans un caractère d’imprimerie. U est assez aisé de réaliser le creusement du métal, par morsure d’un acide sur toutes les parties non protégées. Mais, dans la pratique, on est obligé de recourir à des procédés méticuleux sur lesquels nous reviendrons plus en détail, quand nous verrons comment s’obtient la reproduction des dessins à teintes dégradées : la manière d’opérer est en effet identique dans les deux cas, lorsqu’on en arrive à cette période de la photogravure. En somme, on fait mordre un acide qui est de l’acide nitrique plus ou moins dilué. Quand la morsure est jugée suffisamment profonde pour que le papier ne puisse aller toucher le fond des creux pendant le tirage, et aussi que les rouleaux ne puissent pas déposer d’en-
- cre au fond de ces creux, le cliché se présente alors sous l’aspect que donne la figure ci-jointe. Ce cliché est représenté monté sur un bloc de bois pour le
- mettre à la hauteur des caractères typographiques, tel qu’il doit être pour être tiré en même temps que le texte. Il montre des reliefs formant comme des nervures qui correspondent aux traits plus ou moins larges, plus ou moins pleins et continus du dessin, et sont séparés par des creux en cuvette peu profonds, dont les bords se rattachent par un « talus » rapide avec les reliefs.
- Nous pouvons ajouter brièvement que le « procédé » donne le moyen de relever les traits d’un dessin au moyen de teintes uniformes atténuant les blancs, et seulement une partie des blancs, s’il est besoin. Dans ce but, on garnit d’abord d’une couche
- p.201 - vue 205/536
-
-
-
- 202
- LA NATURE.
- de gomme protectrice les parties du cliché qui n’ont point à recevoir cette teinte, et celle-ci doit être finalement obtenue par des lignes entre-croisées, des pointillés, des hachures, gravés sur toute la surface à en recouvrir. Le photograveur a des plaques toutes gravées qui servent de matrices, et qui offrent les rayures, hachures, pointillés en question, il en tire une épreuve au papier et à l’encre à report, l’applique sur le cliché, et il obtient enfin sur les portions du cliché à teinter des points, des lignes, qui formeront « réserves » à la surface du métal au moment de la morsure h l’acide. On aura donc, après cette morsure, des points, des lignes, qui seront demeurés en relief dans les parties du dessin à teinter.
- Ces explications sont forcément sommaires, mais elles ont dû faire comprendre l’idée générale de cette méthode curieuse de gravure, qui donne à peu de frais d’excellents clichés quand le dessin reproduit est bon lui-même. Daniel Bellet.
- LES RESSOURCES HOUILLÈRES AU JAPON
- Nous avons jadis donné quelques indications générales sur les exploitations et gisements houillers du Japon ; mais cette industrie a pris une telle importance dans ce curieux petit pays qu’il est utile d’y revenir. A l’heure actuelle, en effet, le Japon exporte déjà annuellement plus de 7 millions de tonnes, au lieu de 4 millions à peine qu’il envoyait à l’étranger en 1804; tous les autres pavs d’Extrême-Orient sont devenus à ce point de vue les tributaires de l’empire du Soleil levant.
- A la vérité, il faut bien reconnaître que le charbon japonais n'est pas de qualité supérieure, il s’en faut : il est très bitumineux et salissant, produit beaucoup de fumée et de cendres, se colle aux grilles; il est en outre peu aisé à transformer en coke, mais il a cet avantage de se trouver dans une vaste région où les charbons anglais et même américains ne peuvent parvenir qu’après un long et coûteux transport.
- Le plus grand bassin houiller en exploitation au Japon, est celui de file de Kiou-Siou; mais on affirme, d’après un relevé géologique du reste incomplet, que Yézo contiendrait 000 millions de tonnes de précieux combustible, à peu près autant qu’on en a reconnu dans tout le reste du pays. Sur ces 000 millions de tonnes, il y en aurait 275 au-dessous du niveau de la mer. Et il y a des enthousiastes qui considèrent que les quantités reconnues ne représenteraient point la dixième partie de celles qui existent effectivement dans le sous-sol. Nous pouvons demeurer quelque peu sceptique en face de ces opinions optimistes, mais il est certain du moins qu’on a découvert récemment de nouveaux gisements à Shinano, à Nagato, et à Akita. Ce qui montre bien en tout cas l’activité qu’a prise dès maintenant l’exploitation des houillères au Japon, c’est qu’il existe une compagnie, celle des mines de Yubari, qui occupe 5700 ouvriers, et dont le combustible a donné à l’analyse, pour 100 parties desséchées à 100 degrés centigrades, 52,54 de carbone, 42,89 de gaz et de goudron, 57,11 de coke et 4,57 de cendres rouges.
- Malgré toutes les espérances, en l’état actuel, les mines de Kiou-Siou sont de beaucoup les plus importantes du Japon, et on les trouve particulièrement dans le nord-
- ouest de file, en face de la Corée. Tous les charbons qui «‘il proviennent donnent une belle proportion de cendres et contiennent du soufre en quantité notable ; ils fournissent de 58 1/2 à 40 pour 100 de gaz combustible, et, encore une fois, leur qualité est médiocre. Mais ils se vendent avec la plus grande facilité et à des prix rémunérateurs en Extrême-Orient, d’autant que les houillères japonaises, de formation récente, ne sont pas profondes, et n’entraînent qu’une exploitation peu coûteuse, pour ainsi dire sans ventilation ni boisages. Ces charbons s’expédient en grande partie par Moji, sur le détroit de Shimonoseki, qui est devenu un port charbonnier; le combustible vaut dans les ports du Kiou-Siou de 6 à 7 yen la tonne (le yen valant 2fr,55), et, livrées à Shanghaï, les qualités de ménage se vendent déjà de 8 à 1 1 yen. Avec le fret, on arrive à un prix de 9 à 12 yen à Shanghaï, alors que le Cardiff s’y vend de 50 à 00 francs et que les charbons d’Australie ou du Tonkin ne dépassent guère 25 à 28 francs. ‘ P. Durand.
- LES MÉFAITS DU MÉRULE PLEUREUR
- Le Dr Labesse racontait, il y a quelque temps, dans le « Bulletin de la Société d’études scientifiques d’Angers », le curieux conflit qui s’était élevé entre deux locataires d’un même immeuble.
- L’un d’eux est peintre en bâtiments et occupe un local situé au-dessus d’une cave louée par un marchand de vins. Celui-ci s’aperçut un beau jour que ses bouteilles de vin étaient recouvertes d’une sorte de poussière brune. Il se contenta de les nettoyer tout en maugréant contre le peintre, qui lui envoyait, à travers les lames du plancher, les résidus desséchés de sa peinture ; mais comme, malgré les essuyages, la poussière se renouvelait toujours, il en préleva un échantillon qui fut soumis, pour expertise, au Dr Labesse. Par un premier examen, celui-ci reconnut que la poussière brune devait être des spores de champignons. Il en fut convaincu en se rendant dans la cave dont il vit la voûte tapissée par un gigantesque épanouissement de « merulius », s’étendant en demi-lune avec un rayon moyen de près de « deux mètres ». Son épaisseur était variable : elle atteignait 8 à 10 centimètres dans les angles. De toute cette surface gluante, à l’aspect rouillé, s’échappaient des quantités innombrables de spores, ainsi que de nombreuses gouttelettes d’eau.
- Quel est donc l’organisme, cause de tout ce conflit ? C’est le champignon des maisons, « dry rot » des Anglais, « Merulius destruens » des botanistes. C’est l’un des parasites les plus redoutables de bois de charpentes. Fries l’a encore appelé « Merulius lacrymans » parce que, dans les espaces fermés, l’eau qu’il n’a pu céder aux bois est éliminée sous forme de gouttelettes ressemblant à des larmes. C’est un champignon mou, sans pied, de la même famille que les agarics, les bolets, les vesses-de-loup.
- 11 envoie des filaments qui enlèvent au bois les matières protéiques dont il a besoin, dissolvant de préférence la coniférine et la cellulose des parois ligneuses. Ces modifications dans la composition chimique se traduisent par des changements profonds dans l’état physique. La destruction s’accompagne de sécheresse amenant un retrait considérable qui rend le bois très friable en même temps qu’il prend une coloration brune. Des dégâts très considérables en sont résultés dans le nord de la France.
- La question du champignon des maisons intéresse tout le monde : architectes, constructeurs, propriétaires. Il
- p.202 - vue 206/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 205
- importe donc de savoir quels sont les moyens à employer pour conjurer le danger grave qui peut menacer à bref délai une construction en bois.
- It’abord peut-on reconnaître, au moment de la mise en œuvre des bois, s’ils renferment ou non des germes d’infection, spores ou mycélium? Aon, malheureusement. Malgré des recherches nombreuses une réponse satisfaisante n’a pu être faite encore à cette question.
- En second lieu, comment se préserver des attaques du « Merulius », si les bois en contiennent des germes?
- La créosote est efficace pour combattre ce champignon ; elle peut être remplacée par des ingrédients qui en renferment beaucoup.
- La réclame s’est emparée de cette question et a beaucoup prôné différents produits. Le plus récent et le plus efficace est F « antinonnine », fabriquée à Eberfeld. C’est une dissolution savonneuse d’ « orthodinitrocrésol potassium », elle est peu volatile et n’a pas d’odeur désagréable. En France, on emploie surtout en badigeonnages ou en injections des dérivés du goudron, connus sous les noms de « carbonvles, carbonéines et carbolinéums. »
- Le carbolinéum de M. Avenarius est très employé à cause de son prix modique, bien qu’il ait une odeur désagréable. A la Compagnie de l’Est on l’emploie pour préserver toutes les planches ou poutres employées aux rez-de-chaussée.
- En résumé, grâce aux produits que nous venons d’indiquer, on peut utiliser tous les bois sans crainte de les voir attaquer par le « mérule destructeur ». C’est une sage précaution que de badigeonner les bois, qui sont en contact avec le sol, au moyen de l’antinonnine ou du carbolinéum; on ne saurait trop recommander cette pratique aux architectes, aux entrepreneurs et aux propriétaires.
- Virgile Braxricolt.t, Secrétaire de la Société Linnéenne du Mord de la France.
- ÀLIMENTATEIJR A EAU ROUILLANTE
- En industrie, la première économie est celle du combustible ; aussi dans l’alimentation des chaudières à vapeur est-il du plus grand intérêt de n’introduire que de l’eau à la plus haute température possible, par l’emploi d’un appareil réchauffeur.
- On dispose l’appareil réchauffeur entre la pompe d’alimentation et le générateur ; l’eau à basse température dans le corps de.pompe est échauffée au moyen des chaleurs perdues au moment du refoulement à la chaudière. Le réchauffeur supporte alors une pression égale à celle du générateur ; un réchauffeur ainsi disposé est fort coûteux et ne permet pas le détartrage de l’eau d’alimentation.
- Généralement, dans l’industrie, on a adopté une disposition plus simple que la précédente en installant le réchauffeur avant la pompe d’alimentation ; on obtient de cette façon de plus grandes facilités de nettoyage et aussi d’épuration de l’eau pour alimenter le générateur en eau détartrée.
- Plus la température de l’eau d’alimentation est élevée, plus grande est l’économie de combustible; mais, par contre, lorsque les eaux d’alimentation sont très chaudes, il y a formation d’une certaine quantité de vapeur dans le corps de pompe réduisant considérablement le rendement volumétrique
- d’eau injectée. On obvie à ces inconvénients, dans une certaine mesure, soit en donnant une grande différence de niveau entre la bâche d'alimentation et le corps de pompe, — condition qui n’est pas toujours possible à obtenir, — soit en donnant au piston de la pompe une vitesse linéaire très faible, condition souvent impossible à réaliser.
- L'alimentation étant proportionnelle à la consommation de vapeur, il faut faire varier le volume d’eau entrant dans le corps de pompe au moyen d’une valve d’étranglement, ce qui provoque d’autant plus la formation de vapeur s’opposant au bon fonctionnement . Si la pompe est commandée par un moteur auxiliaire, afin de proportionner l’alimentation à la vaporisation, la diminution de la vitesse linéaire du piston a pour effet d’augmenter la consommation de vapeur du moteur auxiliaire ; et si la température de l’eau d’alimentation atteint le degré d’ébullition avec formation de vapeur dans le corps de pompe, l’alimentation devient impossible.
- Les considérations générales, que je viens d’exposer succinctement, démontrent l’utilité qu’il y a de refouler l’eau dans les générateurs à une température aussi élevée que possible, même au delà de 100 degrés centigrades.
- Souvent appelé, comme chimiste, dans les usines les plus variées, j’ai visité récemment un établissement des plus intéressants, celui de la Compagnie parisienne des applications industrielles de l’acide carbonique liquéfié, et au cours de mon inspection j’ai été vivement frappé par la nouveauté d’un système d’alimentation du générateur; mon attention fut tout d’abord attirée par ce fait inattendu d’un appareil alimentant une chaudière « sans différence de niveau ».
- Cet alimentateur (fig. 1) est un appareil de refoulement ne constituant à proprement parler, ni un corps de pompe ni un injecteur; il alimente une chaudière avec de l’eau bouillante, sans différence de niveau, et quelle que soit la vitesse linéaire du piston. Dans cet appareil, au moment delà captation de l’eau bouillante, se produit automatiquement une ouverture pour permettre le dégagement des vapeurs émises par le liquide chaud, vapeurs qui s’opposeraient au remplissage de la cavité de refroidissement. Grâce à ce dispositif automatique d’évacuation et de condensation des vapeurs, cet alimenta-téur à eau bouillante peut arriver à un rendement volumétrique de 95 pour 100.
- L’eau chaude arrive en charge el (fig. 2 et 5), laissant sa vapeur et son air filer dans l’atmosphère par t (fig. 5). Quand le piston p descend, il ferme o et refoule l’eau à la chaudière par cg, puis son bord supérieur redécouvre o, et le piston p se remplit d’eau, dont la vapeur s’échappe dans l’atmosphère par q et la soupape r, ouverte par son poids, et que le piston refoule, à sa montée par mg, la soupape flottante r se fermant dès que l’eau y arrive. La pompe j (fig. 2) est commandée, du moteur en 2, et l’eau y vient, du réservoir v, au travers du
- p.203 - vue 207/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 204
- réchauffeur x, à vapeur d'échappement iv, par y et le clapet s, et les tuyaux t et q, au lieu de s’ouvrir dans l’atmosphère, débouchent dans une bouteille 7, au-dessus de x, où l’eau s’élève au niveau de v. En temps normal, la valve 10, ouverte par son ressort, laisse la vapeur de l'eau 7 s’échapper dans l’atmosphère comme précédemment, mais si le régulateur ferme le clapet s, la descente du piston de la pompe aspire en 11, en fermant 10, la vapeur de 7. Si la pompe travaille en aspiration au lieu d’en charge, et si la pression de la vapeur en 7 tombe au-dessous de celle de l’atmosphère, le clapet de retenue 9 empêche l’aspiration de l’eau de 7 en q et t.
- Une considération des plus importantes : l’aliment ateur à eau bouillante Caille est mis instantanément en fonction; à n’importe quel moment, il n’a pas de point mort. L’économie réalisée en combustible résulte ; 1° De la chaleur communiquée à l’eau avant son entrée dans le générateur, au moyen des vapeurs d’échappement ; 2° de la surface de grille restant toujours la même, tandis que la consommation de combustible est diminuée, l’effet utile de combustible se trouve augmenté puisqu’il y a moins de charbon à brûler
- Fig. 2. — Schéma d’ensemble de l’alimentateur.
- pour une même surface de grille ; 5° de la réduction des incrustations, ayant pour conséquence directe un meilleur échange de chaleur, d’où une autre source d’économie.
- Avec cet alimentateur on est assuré de l’ali-
- mentation d’une façon continue avec de l’eau portée à la température de 100 degrés, et de toujours obtenir une alimentation proportionnée à la consommation de vapeur, avec une économie de 20 pour 100 sur le combustible actuellement dépensé. Dans des expériences comparatives faites par des ingénieurs l’alimentateur Caille a donné 26 pour 100 d’économie sur l’injecteur Giffard et 22 pour 100 sur le Glaenzer Belleville. L’emploi de l’alimenta-leur Caille assure une alimentation continue, sans les inconvénients de mise en route, d’amorçage et de pertes par « crachements », ce qui ne peut s’obtenir par l’injecteur. Une des particularités du nouvel appareil est de pouvoir atteindre un régime nor-mal de marche de 400 tours à la minute, vitesse que ne peut supporter aucun autre système d’alimentation.
- L’alimentateur à eau bouillante trouve son application aux machines fixes, aux machines .à condensation, aux loco-mobiles et locomotives.
- Pour les locomotives l’économie de 26 pour 100
- C- —
- Fig. 3. — Détail du corps do l'alimcnlateur.
- sur le combustible peut se traduire par une augmentation de puissance de 40 pour 100, et ce à cause des conditions spéciales qui régissent le fonctionnement des injecteurs. Jacques Barbai..
- p.204 - vue 208/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 205
- MITRES RÉGIMENTAIRES ÀUT0M0RILES
- On a bien longtemps hésité à utiliser la bicyclette au point de vue militaire, et les premières tentatives laites n’ont été que fort timides ; mais il semble qu’à l’heure actuelle on est complètement sorti de celte période de doute, au moins en ce qui concerne l’armée française, et c’est maintenant autour de l’automobile que se reproduisent les mêmes hésitations.
- Aussi bien, ce n’est pas au transport des troupes en corps que l’on songe pour l’instant à appliquer l’automobile : on a des ambitions plus modestes, et l'on voudrait se contenter de lui confier le transport des généraux d’un point à un autre, celui des porteurs d’ordres, de dépêches, de lettres, et également le transport du gros matériel, des approvisionnements, des munitions, des vivres; nous pourrions ajouter des blessés. Pour peu que l’on soit au cou-
- rant des questions militaires, on sait combien sont importants et multiples les besoins d’une armée en campagne, quelle multitude de convois, et par conséquent de voitures et de chevaux, il faut mettre en marche de façon continue, pour assurer les ravitaillements autant en munitions qu’en vivres. Cette nécessité s'impose plus que jamais, aujourd’hui que le confortable s’est développé partout, même au bénéfice des troupes, et elle entraîne de grandes difficultés, par suite des effectifs que l’on met ou que l’on doit mettre en mouvement.
- L’emploi des voitures à chevaux est d’autant plus compliqué qu’il faut aussi assurer la nourriture de ces équipages, et que des convois sont uniquement consacrés à transporter les fourrages nécessaires. Tout au contraire, avec les automobiles (nous enten-
- Voitui'C régimentaire allemandc-
- dons surtout les véhicules à essence, qui demeurent jusqu’ici les plus pratiques), l’approvisionnement est assez simple, car l’essence exigée par un long voyage ne représente ni un gros volume ni un gros poids. Les automobiles ont d’ailleurs une grande puissance de traction ; et comme celles auxquelles on recourrait pour les transports régimentaires seraient des camions tracteurs, elles rendraient des services précieux à l’intendance, un petit nombre de ces voitures suffiraient à remorquer de lourds convois, et dans des conditions bien autrement avantageuses que les locomotives routières, qui ne sont guère employées, précisément par suite de leurs inconvénients.
- Dès maintenant les essais se multiplient un peu dans toutes les armées pour l’application de l’automobilisme aux transports militaires : en Angleterre, par exemple, on a créé un corps de chauffeurs volontaires, et dans les différentes grandes manœuvres on invite les propriétaires d’automobiles à amener leur voiture durant leur période d’instruction, afin que le nouveau moyen de transport puisse être expé-
- rimenté. Et voici que l’armée allemande vient de se faire construire spécialement des voitures régimentaires mécaniques.
- Il s’agit de voitures autonomes, et non point de celles qui sont attelées en convoi derrière une locomotive routière, et qui ne se déplacent qu’à une allure déplorablement lente. Ces véhicules, dont deux seulement sont encore en service, ont été construits par la compagnie bien connue Daimler, de Cannstadt; elles ont été conduites par des soldats du train de Cannstadt à Berlin en 10 jours, immédiatement après leur livraison.
- Ce sont, bien entendu, des automobiles à pétrole, ou plutôt à essence; l’une a une transmission oar chaînes, l’autre par engrenages, ce qui permettra de faire une comparaison utile. L’empattement entre les deux paires de roues est de 3m,16, la voie, autrement dit l’écartement entre deux roues d’une même paire, étant de lm.55; la hauteur du plancher au-dessus du sol atteint 1 mètre. Le poids en ordre de marche s’élève à 2700 kg, et cette voiture peut
- p.205 - vue 209/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- m
- transporter un poids utile de 2500 kg. D'ailleurs, la [tins grande partie du chargement est portée directement sur l’essieu arrière et moteur. Le moteur est disposé à l’avant, sur l’essieu; il a 4 cylindres et peut donner une puissance de 12 à 14 chevaux; il est à refroidissement d’çau, l’air étant appelé par un ventilateur à travers le réservoir d’eau radiateur. L’approvisionnement de 15 litres suffit pour une journée de marche. Tous les graissages sont assurés automatiquement. Le changement de vitesse comporte \ vitesses différentes ; la marche arrière s’obtient par interposition d’un engrenage intermédiaire. La direction se fait, comme le [dus souvent, par vis sans lin. On a prévu un frein à main qui agit sur les roues arrière et un frein à pédale agissant sur la transmission. Ces voitures régimentaires peuvent marcher à une allure de 12 km à l’heure et monter des rampes de 20 pour 100. J. Leroy.
- RAYONS « N »
- Nous avons reçu de M. Blondlot, Correspondant de l’Institut, l’éminent Professeur de l’Université de Nancy, la lettre suivante :
- Dans vos articles sur les rayons N, vous avez réussi à donner au public une idée correcte de mes recherches sur ces radiations. Permettez-moi de vous remercier pour cette utile œuvre de vulgarisation.
- Bien différent est le caractère d’un article récent de la revue « La Nature », intitulé : « La dissociation de la matière et les radiations nouvelles » (N° 1605, du là février 1904, p. 172). Cet article contient une erreur défait qui est de nature à me compromettre gravement, et que je ne puis laisser passer. Je cite : « D’après les premières mesures de M. Blondlot, les rayons N auraient des longueurs d’onde d’environ 200 a et se trouveraient par conséquent très loin dans l’infra-rouge ».
- Or, nulle part, je n’ai attribué aux rayons N une longueur d’onde voisine de 200 p. Jamais non plus je n’ai affirmé que ces rayons eussent de grandes longueurs d’onde, jamais aucune mesure ne m’a conduit à une telle conclusion.
- La vérification est aisée, puisque tout ce que j’ai écrit sur les rayons N se trouve dans les Comptes Rendus de l’Académie des sciences, et que ma première communication date du 22 mars 1905. Une certaine analogie de propriétés entre les rayons N et les rayons de Rubens m’avait, il est vrai, au début de mes recherches, porté à rapprocher ces deux espèces de radiations; voici ce que j’ai écrit à ce sujet dans les Comptes rendus (t. CXXXYJ, p. 1227, séance du 25 mai 19051 : « La parenté des rayons N avec les radiations connues de grandes longueurs d’onde semble certaine. Comme, d’autre part, la faculté qu’ont ces rayons de traverser les métaux les différencie de tous ceux qui sont connus, il est très probable qu’ils sont compris dans les cinq octaves de la série des radiations qui restent inexplorées entre les rayons de Rubens et les ondulations électromagnétiques à très courtes longueurs d’onde; c’est ce que je me propose de vérifier. »
- Il y a là, comme on le voit, non une affirmation, mais seulement une hypothèse destinée à être soumise au contrôle de l’expérience. Ce contrôle était la détermination des longueurs d’onde, que je n’avais pas encore
- abordée à celte époque : en les mesurant, j'ai trouvé de suite que l’hypothèse précédente n’était pas fondée, et que les longueurs d’onde étaient, au contraire, beaucoup plus courtes que celles de la lumière, comme je l’ai montré à MM. Mascart, Caillebt, J. Becquerel, etc.
- Je n’ai donc pas, comme l’avance l’auteur de l’article, fait deux séries d’expériences dont l’une m’aurait donné de grandes longueurs d’onde et l’autre de courtes longueurs d’onde ; il est, par suite, contraire aux faits d’écrire : « Pour une de ces deux mesures, il a été évidemment victime d’une illusion, puisqu’elles l’ont conduit à des résultats nettement contradictoires. »
- L’origine de fout cela est une confusion qui a été faite par l’auteur de l’article du 15 février : il m’attribue par erreur une opinion émise par M. Sagnac, qui avait pensé pouvoir expliquer l’existence des foyers multiples que donne une lentille placée dans un faisceau de rayons N en les attribuant à des phénomènes de diffraction ; partant de cette hypothèse, M. Sagnac avait cru pouvoir déduire la longueur d’onde des rayons N de la position de ces foyers*. Or, dès cette époque, j’avais constaté que lesdifs foyers étaient dus à la dispersion et non à la diffraction : j’ai, par conséquent, jugé d’emblée que, l’hypothèse de M. Sagnac n’étant pas fondée, la valeur 200 p. qu’il en déduisait pour la longueur d’onde était dénuée de toute signification2. On voit combien il est erroné de m’en attribuer la paternité.
- Il y a encore dans l’article une assertion de moindre importance, il est vrai, mais qui cependant pourrait détourner bien à tort certaines personnes de l’étude des rayons N. L’auteur avance qu’il n’est peut-être pas plus d’une personne sur 100 possédant des yeux capables d’apercevoir les effets des rayons N. Or, d’après ce que je constate journellement, il est au contraire tout à fait exceptionnel de rencontrer quelqu’un qui ne parvienne pas à voir le phénomène ; je n’en ai même jusqu’ici guère rencontré qu’un seul exemple bien avéré. Ma statistique est, on le voit, très encourageante. L’essentiel est de bien s’y prendre et de persévérer.
- Comme la Revue « La Nature » est très répandue et très lue, les assertions erronées que je viens de relever dans l’article du 15 février sont susceptibles de me porter préjudice en faisant croire au public que j’aurais fait des expériences contradictoires entre elles, et dont, par conséquent, quelques-unes au moins seraient fausses.
- Confiant dans votre équité, j’ai la certitude que vous voudrez bien insérer une rectification dans un prochain numéro de « La Nature ».
- Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien agréer, etc.
- R. Blondi.ot,
- Correspondant de l'Institut.
- CHRONIQUE
- Une clinique chirurgicale en wagon. — On
- vient de construire, en Russie, un splendide wagon destiné a servir d’hôpital chirurgical roulant. Cette gigantesque voiture contient : une chambre de consultation et de pansement; une salle de bains; une salle d’opérations éclairée par de larges fenêtres et munie de tout ce qui est nécessaire pour les grandes interventions chirurgicales; une pharmacie servant en même temps à loger l’infirmier en chef ; une chambre pour le chirurgien, une chambre pour loger
- 1 Yoy. C. R., t. CXXXYI, p. 1435.
- « Yoy. C. II., t. CXXXVIILp. 128, ce que j’en dis.
- p.206 - vue 210/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 207
- en commun le personnel d’intirmiers; un vvater-closet et, enfin, la chambre de chauffe. Le wagon est éclairé à l’acétylène. Les plafonds, les murs et les planchers sont tapissés de linoléum. Dans la salle d’opérations le plancher est en terre cuite. On comprend les services que va pouvoir rendre, pendant la guerre russo-japonaise, un tel hôpital ambulant relié à un train qui transporte des blessés. En Russie ces services seront d’autant plus précieux que les distances à parcourir sont énormes.
- —«•<>«-—
- ACADÉMIE DES SCIENCES .
- Séance du 22 février 1904. — Présidence de 51. Mascart.
- Hommage à M. Bouchard. — M. le Président rend compte de la cérémonie dont M. le professeur Bouchard a été l’objet le 21 février courant et à laquelle l’Académie était représentée par M. À. Gaudry. Il ajoute que tous ses membres se joignent à la manifestation qui a eu lieu en l’honneur de M. Bouchard.
- Action curative du sérum humain. — M. Lavera» expose que de récents travaux ont appelé l'attention sur l’action du sérum humain sur certains tripanosomes ; on pouvait prévoir qu’il était sans action sur le « tripanosoma gambiense » et contre le tripanosoine des chevaux de Gambie. Cependant l’auteur a découvert que le sérum humain agit sur la seconde variété de tiipanosome. L’acide arsénieux combat, au contraire, avec efficacité la première variété et est moins actif sur la seconde. Avec une dose convenable, administrée dès les premiers symptômes de la maladie, on peut faire disparaître définitivement le tripano-some; les échecs subis par cette médication tiennent à ce qu’elle a été employée trop tard; pour qu’elle donne de bons résultats, il faut que les doses soient fortes et espacées et coïncident avec la suralimentation.
- Causes de la surdité. — M. Ed. Perrier présente une Note de M. Marage, résumant des expériences d’audition dans 681 cas de surdité par otites scléreuses et 75 de surdité par mutité. Le pouvoir auditif a été mesuré au moyen d’une sirène à voyelles. Les tracés ainsi obtenus permettent de déterminer le siège de la lésion qui a produit la surdité, résultat important au point de vue du pronostic autant qu’au point de vue du traitement.
- Inversion du sucre. — M. Scldœsing communique une Note de 51. Lindet relative à l’inversion du sucre par la chaleur. Une solution chauffée vers 100° s’invertit; la nature du verre influe pour retarder ou accélérer l’inversion. Plus les verres sont alcalins, plus il y a retard. Certains métaux entravent l'inversion, le fer par exemple, d’autres la précipitent, le cuivre ; d’autres, l’or, l’argent et le platine, n’ont aucun effet.
- Expérience de phosphorescence. — M. Lippmann présente une Note de M. Jégou dont il résulte que le champ existant autour d’un fil métallique, parcouru par un courant, détermine une augmentation d’éclat de l’écran au sulfure de zinc.
- Chronographe enregistreur. — 5151. 5Iond et Wilde-man présentent un chronographe susceptible de donner une grande précision. Cet instrument se compose d’un cylindre fixe sur lequel une plume équilibrée très légère trace une spirale en tournant d’un mouvement uniiorme. L’appareil est mû par un mouvement d’horlogerie réglé par un régulateur Villarceau ; la plume peut être actionnée par un électro-aimant placé sur l’axe. Le centième de seconde peut aisément être apprécié.
- Action des rayons du radium sur les venins. — 51. Chauveau résume un travail de 51. Bhisalix relatif à l’influence des radiations du radium sur le venin de vipère. 51. Bhisalix a partagé en quatre parties une solution de venin de vipère au 1/1000. La lre partie a été gardée comme témoin, la 2e a été soumise aux radiations pendant six heures, la 5° pendant vingt; la 4° pendant cinquante-huit. Des injections faites avec les solutions ont donné les résultats suivants: lre solution, mort au bout de dix heures; 2e solution, mort retardée; 5esolution, mort très retardée; 46 solution, effet nul. Les rayons du radium ont donc une action certaine sur le venin de vipère.
- Traitement du cancer. — 51. le I)r Doyen lit un mémoire sur les résultats qu’il a obtenus depuis 1901 dans le traitement du cancer par les vaccins et les toxines. Il rappelle que dès 1886 il avait déposé un pli cacheté dans lequel il signalait l’existence du microbe du cancer. 11 a décrit depuis ce microbe qui peut être cultivé sur du bouillon de mamelle de vache, peptonisé et glycolysé. L’inoculation à des animaux a donné lieu à des tumeurs variées. Le microbe est très sensible au chlorhydrate de quinine, à l’acide cacodylique, à l’acide méthylarsénique ainsi qu’à la chaleur au delà de 40°. 51. Doyen a pu préparer des cultures de violence atténuée, c’est-à-dire des vaccins et ohlenir des toxines. Les expériences de traitement du cancer remontent au mois de janvier 1901, il a porté sur 126 cas. Les effets sont les suivants : pas de résultat favorable dans 58 cas; en observation 47 cas dont 18 paraissent déjà devoir aboutira la guérison; 21 cas de guérison. Le traitement est très délicat et doit être modifié suivant la nature et l’évolution de la tumeur maligne. . Cu. de Villedeuil.
- 0CTME CA.LLA.NDREMJ
- L’Académie des sciences, l’Observatoire de Paris, l’École polytechnique ont été mis en deuil le 15 février dernier par la mort soudaine et prématurée d’un savant qui les a grandement honorés par ses travaux. Pierre-Jean-Octave Callandreau, né à Angoulême le 18 septembre 1852, était le fils d’un juge au Tribunal de cette ville et le petit-fils d’un conseiller à la Cour de Bordeaux. Élève du lycée de sa ville natale jusqu’à la classe de seconde, il termina ses études classiques dans la maison paternelle. Ses heureuses dispositions pour les Mathématiques décidèrent sa famille à l’envoyer à Paris suivre, au collège Sainte-Barbe, le cours préparatoire à l’École polytechnique. .Entré à l’École en 1872, il en sortit en 1874, avec un classement des plus honorables, mais sans pouvoir obtenir, faute d’un rang, la carrière qu’il eût voulu choisir. Cette circonstance, dont il a pu s’affliger sur le moment même, ne doit pas être regrettée puisqu’elle a permis à sa vocation scientifique de se développer sans contrainte.
- Dès la fin de 1874, acceptant les offres de Lever-rier, il entrait à l’Observatoire comme aide-astronome. En 1880 il conquérait, devant la Faculté des sciences de Paris, le titre de docteur, avec une thèse sur le calcul des perturbations de la planète Héra, et il devenait, l’année suivante, astronome adjoint pour prendre une part active aux travaux réguliers de l’Observatoire, tout en continuant ses
- p.207 - vue 211/536
-
-
-
- LA NAT LUE.
- 208
- recherches sur la Mécanique céleste. Grâce à celles-ci il gagnait l’amitié de Tisserand et ne tardait pas à devenir son collaborateur dans la rédaction du « Bulletin Astronomique ».
- Nommé en 1886 Répétiteur de Mécanique à l'Fcole polytechnique, il passait en 1888, avec la même qualité, au Cours d’Aslronomie, dont, à la retraite de Faye (1895), il devenait titulaire.
- Quelques mois auparavant, l’Académie des sciences lui avait ouvert ses portes en l’appelant à siéger dans le fauteuil laissé vacant par la mort de l’Amiral Mouchez.
- De son côté la Société astronomique de France lui dévolut pendant une année les honneurs de la présidence. 11 avait, en dernier lieu, été pourvu d’une des places d’astronome titulaire de l'Observatoire de Paris.
- Telle est, en ses grandes lignes, la carrière scien-tilique de Callandreau, carrière non moins remplie par les devoirs attachés à sa double qualité d’astronome observateur et de professeur que par les recherches personnelles qu’il n’a jamais cessé de poursuivre.
- Ce n’est pas ici le lieu de présenter une analyse détaillée de ses travaux.
- 11 convient toutefois d’en donner une rapide esquisse.
- Comme observateur, il a pris une part importante à la révision du grand Catalogue de Lalande qui a été l’œuvre principale d e l’Observatoire de Paris pendant plus de trente ans. Longtemps aussi il a été chargé de l’observation, particulièrement délicate, des petites planètes, ce qui l’amena à calculer, avec la collaboration de M. L. Fabry, des tables numériques propres à faciliter le calcul de leurs éphémé-rides. De septembre 1882 à février 1885, il a lait partie de la mission chargée d’aller observer à Haïti le passage de Vénus sur le Soleil. Mais, comme on l’a déjà dit, ce qu’il y a de particulièrement remarquable dans la carrière de Callandreau, c’est que le labeur soutenu et régulier qu’il a produit dans le maniement des instruments, et qui l’avait classé parmi les meilleurs de nos observateurs, ne l’a jamais détourné des recherches théoriques qu’il a poursuivies avec une véritable maîtrise.
- Ces recherches s’appliquent à des sujets variés, tous puisés dans le domaine de la Mécanique céleste : méthodes spéciales de calcul des perturba-
- tions, notamment par quadratures; perturbations des planètes; ligure des planètes; mouvement de rotation des corps célestes; mouvement de la Lune et de ses satellites ; comètes périodiques et étoiles lilantes.
- Dans tous ces travaux, il a fait preuve à la fois d’une connaissance approfondie des derniers progrès de la science et d’une grande habileté analytique.
- Parmi les sujets, d’une si haute importance, qui viennent d’être énumérés, ceux auxquels il semble être revenu avec une prédilection plus marquée se rapportent à la capture des comètes par Jupiter, à la désagrégation des essaims météoriques et à l’explication des phénomènes qui accompagnent l’apparition périodique des étoiles lilantes. On sait, en ce qui concerne cette dernière question, l’élégante application qu’il a faite du célèbre critérium de Tisserand. Au sujet de la persistance de certains radiants, il a obtenu d’intéressants résultats, aujourd’hui classiques, ainsi que le constatait l’an passé M. Radau dans F « Annuaire du Bureau des Longitudes ».
- Comme professeur à l'École polytechnique, Callandreau, à qui était échue la lourde tâche de succéder à Faye, si brillant et si populaire parmi les élèves, ne fut pas long à remporter tous les suffrages de son auditoire par son enseignement à la fois très net et très ordonné, qu’il ne cessait, Dieu sait avec quelle conscience, de remanier depuis dix ans pour l’amener à sa forme définitive. 11 ne se contenta d’ailleurs pas seulement de gagner l’estime de ses élèves ; la bonté de son cœur, la douceur de son caractère lui valurent bientôt en même temps toute leur affection; et l’émotion provoquée à l’École par la nouvelle de sa mort rapide a dit assez éloquemment l’étendue et la sincérité des regrets qu’il a laissés parmi eux.
- Marié à une lille de M. V. de Luynes, le distingué professeur du Conservatoire des Arts et Métiers, il laisse sept enfants à qui, avec un nom entouré de l’estime publique, il lègue le souvenir d’une carrière consacrée avec honneur au progrès de la science et au bien du pays. M. d’Ocagxe.
- Le Gérant : P. Masson.
- Octave Cau.andiieau i I8o2-190i).
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
- p.208 - vue 212/536
-
-
-
- .V 1600 — MARS 14*0 4.
- LA N ATI RK.
- 209
- LE GRES A. CÀMTES DE SA IN KT-MARTIN
- Les montagnes gréseuses qui constituent les Vosges septentrionales et la Hardt présentent un grand attrait par la beauté de leurs forêts, la fraîcheur de leurs vallées et leurs rochers pittoresques souvent couronnés de châteaux ruinés. Indépendamment du plaisir qu’y trouve le touriste, le géologue peut y étudier certaines formations curieuses.
- Si, descendu à la station d’Edenkoben dans le Ralatinat du Rhin, on traverse le village de Sankt-Martin, riche en monuments du Moyen Age et de la Renaissance, pour s'élever ensuite sur un des con-
- treforts du Kalmit, on rencontre à mi-hauteur de ce sommet un rocher qui mérite d'attirer l’attention. Comme le montre la ligure, il est percé de nombreux orifices ronds, souvent conjugués deux à deux et empiétant l’un sur l'autre. Ce sont des canaux, dans lesquels on peut introduire le bras. Tout au fond de chacun d’eux se trouve un boulet en grès, arrondi ou ellipsoïde, de la grosseur d’une tète d’enfant. Ces boulets, du même grès que la roche environnante, sont entièrement détaehés d’elle, de sorte qu’on peut les faire tourner librement dans leurs cavités
- Le grès à cavités de Sankt-Jlartin (Palatinat du Kliin .
- respectives. Mais en même temps ils sont d’un diamètre supérieur à celui du eanal qui conduit à cette cavité, de sorte qu’il est impossible de les en faire sortir. Les canaux ne sont pas parallèles entre eux, leur direction est quelconque. Quelques-uns sont ramifiés.
- Le rocher en question porte dans le pays le nom de « Gletschermühlen », moulins de glacier, ce qui supposerait une origine analogue à celle des marmites des géants. Il va sans dire que cette hypothèse ne se soutient pas. En effet, d’une part les cavités en question sont horizontales et non pas verticales comme celles des marmites ; elles sont même sensiblement toutes sur un même plan horizontal. D’autre part, comme je l’ai déjà dit, le boulet de grès est de la même roche que la pierre environnante ; il n’a 32e anm'e. — 1er semestre.
- d’ailleurs pu venir du dehors puisque le canal d’arrivée est trop étroit. On se rappelle que dans les marmites des géants il s’agit du tourbillonnement de roches dures mises en mouvement par l’eau et creusant des cavités dans une roche plus tendre. Ici tout se passe, au contraire, comme si le noyau gréseux avait été énucléé du reste du rocher.
- Un autre point important à noter c’est que le rocher se trouvant sur un versant ahrupt, trois seulement de ses faces sont visibles ; elles portent toutes les trois les cavités en question.D’autre part on voit en divers points de ses parois des creux peu profonds qui semblent être les fonds de canaux dont le reste aurait été enlevé par l’érosion naturelle du rocher .
- Une exploration rapide du versant de la montagne m’a conduit à un autre rocher de grès présentant
- 1T
- p.209 - vue 213/536
-
-
-
- LA NATURE.
- L'II)
- aussi quelques cavités à boulets. Mais tous les autres rochers en sont dépourvus. Le sommet de la montagne forme une longue [crête couronnée par une mer de rochers éboulés dans les positions les plus déconcertantes. Certaines dalles énormes sont même placées dans des porte-h-faux véritablement effrayants ; sur aucun de ces rochers je n’ai vu de cavités.
- Il s’agit donc là d’une formation tout à fait spéciale. Malgré toutes mes recherches, je n’ai trouvé nulle part la description d’un phénomène analogue. Il faut remarquer que le plan où se trouvent les perforations est à peu près parallèle à la stratification de la roche. Il me semble probable que les boulets sc sont constitués au moment même de la formation du grès et à la rigueur on peut s’expliquer la présence de nodules plus durs au sein d’une masse de grès relativement tendre. Mais leur isolement de la masse et la constitution d’un canal de sortie en aval de chacun d’eux me laissent rêveur. Sans doute ces cavités étaient primitivement remplies du sable qui a formé le grès; mais pourquoi dans le canal et dans la cavité qui entoure le boulet, ce sable 11e s’est-il pas aggloméré en grès? Pourquoi est-il resté mobile et a-t-il pu être entraîné par l’érosion? Autant de points d’interrogation auxquels il est impossible de répondre en l’état actuel des choses.
- IV L. Laloy.
- LES RÉSULTATS D’EXPLOITATION
- Dl CANAL DE LA BALTIQLE
- M. Riedel, ingénieur, attaché au Ministère du commerce d’Autriche, vient de publier dans une revue technique autrichienne, d’après des documents officiels, un mémoire fort intéressant où sont consignés les divers résultats de l’exploitation du canal de la Baltique, depuis son ouverture en 1895, tant au point de vue technique qu’au point de vue économique. Nous croyons intéressant de faire connaître ces résultats, en prévision des nombreux projets de canaux maritimes qui s’élaborent actuellement tant en France qu’à l’étranger.
- Le canal de la Baltique qui porte le nom de canal Empereur-Guillaume, d’une longueur de 99 km, sert, comme on sait, à relier la mer du Nord avec la mer Baltique. Il a son origine à l’embouchure de l’Elbe, à Brunsbütel et se termine dans le golfe de Kiel à Holte-naü. Il se compose d’alignements droits d’assez grande longueur raccordés par des courbes de grand rayon ; mais, en différents endroits, notamment près du débouché dans le golfe de Kiel, se trouvent des courbes nombreuses dont le rayon descend à 1000 m. et qui ne sont pas, malgré la faible augmentation de largeur qu’on a donnée au canal, sans gêner la navigation des navires de fort tonnage. Le canal est fermé à chacune de ses extrémités par deux écluses accolées de 150 m. de longueur, 25 m. de largeur et de 9 m. de hauteur d’eau au-dessus du seuil. Cette longueur est aujourd’hui insuffisante pour les grands transatlantiques de construction récente dont la longueur atteint et dépasse 200 m. ; toutefois ceux-ci peuvent pénétrer dans le canal pendant la période de marée où les portes restent, comme nous allons l’expliquer, ouvertes d’une manière permanente. Étant donnée la très faible variation
- de niveau de la mer dans le golfe de Kiel, les écluses d’entrée à lloltenaü restent ouvertes toute l’année, sauf de très rares exceptions et permettent le libre accès des navires dans le canal. Au débouché dans l’Elbe, à Brunsbütel, au contraire, le fleuve est soumis aux variations de la marée et les différences de niveau entre la liasse et la haute mer obligent à fermer les portes des écluses, lorsque le niveau de la mer dépasse celui du canal, afin d’empêcher l’entrée dans celui-ci de l’onde marée qui. outre un courant violent qu’elle produirait, amènerait avec elle des apports qui ensableraient le lit du canal. Fendant le jusant et jusqu’au moment où le courant de Ilot s’établit à nouveau, c’est-à-dire pendant 5 ou 4 heures, on maintient, au contraire, ouvertes les écluses. Le but que les ingénieurs ont voulu ainsi atteindre est d’abaisser le plan d’eau du canal à sa sortie dans l’Elbe, d’obtenir une pente longitudinale entre la mer Baltique et l’Elbe et, par suite, une chasse permettant, d’abord, l’écoulement des eaux des terrains bas qui avoisinent le canal et, ensuite, d’entraîner, sous l’influence du courant, les alluvions pouvant se déposer soit dans le canal, soit dans les écluses, soit dans les bassins des petits ports établis près de ces écluses. Pour obtenir ce résultat et, cependant, maintenir la profondeur d’eau normale de 9 m. dans le canal, on a été amené à donner au plafond de celui-ci une pente longitudinale, dans sa partie ouest entre Rendsburg et les écluses de l’Elbe et à abaisser, en conséquence, le seuil de l’écluse de Brunsbütel. Mais, en réalité, ces desiderata n’ont été réalisés que dans une faible part. De plus, le courant qui se produit ainsi dans le canal de Kiel vers l’Elbe, et qu’on a voulu créer, rend la conduite des navires très difficile et même dangereuse, surtout dans les courbes. Ceux-ci viennent toucher les talus des rives et les dégradent ; des collisions se produisent souvent qui, quand elles n’amènent pas un trouble profond dans la circulation, sont la cause de retards de plusieurs heures. La cause principale de ces difficultés réside, surtout, dans le trop peu de largeur du canal, principalement dans les courbes, malgré un certain nombre d’élargissements qui ont été déjà opérés en quelques endroits. La largeur du plafond du canal n’est que de 22 m. et, au plan d’eau, elle n’atteint que 58 m, avec des talus de 1 m. sur 2m,5. Des navires de guerre de 19'“,6 de largeur et de 8 m. de tirant d’eau peuvent circuler dans le canal; mais,avec ces navires, aucun croisement n’est possible et on a dù ménager tous les 12 km. des bassins de garage où les croisements peuvent s’opérer. Ces bassins de 250 m. de longueur et de 60 m. de largeur au plafond sont insuffisants et comme nombre et comme longueur; il est question de porter cetfé longueur à 1000 m. Quant aux navires de commerce ayant une largeur ne dépassant pas 12 m. et un tirant d’eau de 6 m., les croisements s’opèrent sans avoir recours aux garages; il en est de même des convois remorqués dont, depuis quelque temps, on multiplie le nombre. La largeur du canal de la Baltique dont la section mouillée n’est que de 384m2 est, du reste, inférieure à celle de nombre de canaux maritimes, notamment à celle du canal de Suez qui, actuellement, avec un tirant d’eau de 8“,50, a une largeur de 34 m. au plafond et une section mouillée de 448™-. Cette section est encore reconnue insuffisante, puisqu’il est question de porter sa largeur au plafond à 70 m. avec un tirant d’eau de 9 m. et une section mouillée de 8571"2.
- Cette faible largeur du canal, jointe aux remous produits par le passage des navires et par les hélices, est la
- p.210 - vue 214/536
-
-
-
- LA N AT U II K.
- 211
- cause de dégradations nombreuses 'des talus des rives. Dans certains terrains, notamment lorsque les perrés qui garantissent les talus reposent sur un sol léger et sablonneux, celui-ci se dégrade, entraîne avec lui les perrés et vient encombrer le lit du canal qu’il faut alors nettoyer au moyen de dragues qui ne sont pas sans gêner la circulation des navires, tout en causant des dépenses considérables d’entretien.
- Deux autres causes de gène pour la circulation sont les brouillards très fréquents dans ces parages (de 80 à 125 jours par an) et qui, depuis l’ouverture du canal, ont été la cause de 45 accidents plus ou moins sérieux, puis les glaces; cependant, cette dernière cause ne produit qu’une gène relativement peu importante pour la navigation des navires à vapeur. Du reste, pour obvier à l’arrêt complet de la navigation, l’administration entretient des navires brise-glaces qui sont chargés d’ouvrir un chenal lorsque l’épaisseur de la glace devient un peu importante. Pour obtenir l’ouverture de ce chenal, ces brise-glaces partent l’un de Brunsbütel et l’autre de llol-tenaü, en marchant à la rencontre l’un de l’autre.
- Le nombre total des accidents de navires qui, en 1897-1898, avait été de 266 pour 5050 navires à vapeur traversant le canal, soit, environ 5 pour 100, n’a été en 1901-1902 que de 184 pour 8075 navires, soit 2,5 pour 100. Cette amélioration est due, incontestablement, au service de pilotage qui, depuis le 1er avril 1900, fonctionne d’une manière régulière.
- Toutes ces difficultés, jointes au nombre toujours croissant des navires qui fréquentent le canal et à l’encombrement qui en résulte, n’ont pas été sans amener une augmentation sensible de la durée du passage. Au début, la durée de la traversée d’un navire à vapeur était de 9h 50™, soit une vitesse moyenne de 10,5 km à l’heure et celle d’un convoi remorqué de 25h48ni. En 1899-1900 cette durée a été portée, pour les navires calant de 5 à 7 ni., à 14h41 1. Cette augmentation est, en grande partie, due, comme nous l’avons dit plus haut, au défaut d’espace des bassins de garage où 90 pour 100 des navires qui traversent le canal sont obligés de séjourner plus d’une heure pour attendre leur tour. Aussi, pour éviter ces retards si préjudicables, et diminuer la durée des passages, tout en donnant une sécurité plus grande, l’administration a-t-elle établi dernièrement un service de contrôle qui, au moyen du télégraphe et du téléphone, permet de suivre le navire, de connaître sa vitesse, les avaries qu’il a pu subir et d’ètre renseigné à chaque ins-lant sur les points d’encombrement des diverses sections du canal.
- De plus, la navigation de nuit étant autorisée, on a dù éclairer les rives du canal au moyen de lampes à incandescence. Ces lampes, au nombre de 1000 et d’une puissance de 25 bougies chacune, sont disposées de chaque côté du canal à des distances variant de 80 à 250 mètres. L’énergie électrique est produite par des usines installées près des écluses, fournissant des courants à la tension de 2000 volts surélevée à 7500 volts, avant son entrée en ligne.
- Telles sont, au point de vue technique, les divers inconvénients reconnus à la suite d’une exploitation du canal d’une durée de sept années. Ils ont, comme on le voit, une importance réelle. Voyons maintenant, brièvement, quels sont les résultats économiques et financiers de cette même exploitation.
- En 1897-1898, le nombre total des navires ayant traversé le canal a été de 25 108 (9590 à vapeur et 15 712
- à voiles) avec un tonnage total de 2 469 795 tonnes. En 1901-1902, le nombre total des navires a été de 50 161 (12 551 à vapeur et 17 507 à voiles), soit une augmentation de 30 pour 100, avec un tonnage total de 4 285 501 tonnes représentant une augmentation de 75 pour 100. Le nombre des navires et le tonnage total a donc toujours été en croissant depuis l’ouverture en 1895. Les principales matières transportées sont : le charbon provenant d’Angleterre et se dirigeant vers la Russie et les ports de la Baltique ; les granits venant de Suède et se dirigeant vers les ports de la mer du Aord ; les fers provenant d’Angleterre à destination de la Russie et des ports de la Baltique ; les blés provenant de la Baltique et de la Russie et se dirigeant vers l’Angleterre, la Hollande et les ports de l’Elbe ; le bois venant de Russie et de Suède à destination du Rhin, de l’Angleterre et de la France ; les chevaux en provenance de la Russie vers l’Angleterre.
- Les recettes ont également été en croissant. En 1897-1898 elles étaient de 1 625 022 francs et, en 1901-1902, de 2 711 961 francs, soit une augmentation de 67 pour 100. Mais, malheureusement, d’un autre côté, les dépenses ont été également en croissant depuis l’origine. En 1897-1898 elles étaient de 2 847 854 francs et, en 1901-1902, de 5 089 112 francs, ce qui représente une dépense moyenne par kilomètre de 51 000 francs. Dans ce dernier chiffre est compris, il est vrai, une somme d’environ 500 000 francs pour élargissement, approfondissement du canal et allongement des garages. 11 résulte donc de ces chiffres un déficit, pour l’année 1901-1902, de 577 151 francs, sans tenir compte du capital d’établissement. Le déficit annuel et qui persiste depuis le début est dù : aux dépenses considérables qu’il faut faire annuellement pour les améliorations et l’entretien du canal et résultant des causes indiquées plus haut ; aux frais considérables que nécessitent les convois remorqués et aux faibles redevances payées pour ce transport. Le tarif qui était, au début, de 0rr,95 par tonne a été réduit, pour le service international et pour les navires déplus de 400 tonneaux, à 0fr,25 ; pour le cabotage, la taxe minima a été diminuée de 12fr,50 à 7fr,50. Enfin une autre cause de déficit est la gratuité du passage des navires de guerre qui, en 1901-1902, ont été au nombre de 269 avec un tonnage de 589 000 tonnes. Si, au point de vue politique et stratégique, l’ouverture du canal de la Baltique a répondu aux intentions du gouvernement allemand; si, au point de vue économique, il a réduit de un jour pour les navires à vapeur et d’au moins trois jours pour les voiliers le passage de la mer du Aord dans la Baltique, en évitant les sinistres si nombreux dans les parages du Cap Skagen, à la pointe Nord du Danemark, il n’en est pas moins vrai, qu’au point de vue technique, il reste encore beaucoup de dépenses à faire pour améliorer complètement la navigabilité du canal et permettre d’obtenir de celui-ci tout le rendement qu’on est en droit de lui demander. Lorsque, dans ce but, tous les travaux d’élargissement et d’amélioration auront été achevés, il y a tout lieu d’espérer, et c’est l’opinion des Allemands, que le trafic continuant à croître dans les mêmes proportions qu’aujourd’hui, les dépenses d’entretien diminueront et les recettes pourront non seulement couvrir les dépenses, mais, même, donner un bénéfice.
- Pour terminer, nous croyons intéressant d’ajouter que les dépenses de premier établissement du canal de la Baltique, « au moment de son ouverture en 1895», s’élevaient à 200 millions, soit un peu plus de 2 millions par kilomètre. R. Bo.n.mn.
- p.211 - vue 215/536
-
-
-
- LA N ATI U K.
- 212
- LES PYGMÉES DE L’AFRIQUE CENTRALE
- Un se rappelle, sans doute, l’étonnement de Stanley lorsqu’il rencontra, dans les forêts du Congo, quelques-uns de ces petits Pygmées, qui devaient intéresser, plus tard, un si grand nombre de savants et d’explorateurs. Ce peuple de nains, si différents des autres populations au milieu desquelles ils vivent, a toujours, en effet, captivé l’attention des voyageurs,
- Fig. 1. — Pygmée M’Bouté du Loupanzula (district du haut Itouri), vu de face. (D’après Johnston.)
- en 188b, dans un livre intéressant, toutes les recherches des explorateurs au sujet de ces étranges nains.
- Les groupements les plus importants de Pygmées se trouvent actuellement dans l’Afrique centrale. Les Négrilles n’ont pas en Afrique un pays propre comme les autres peuples du Continent noir. Ils sont nomades, et l'on ne peut que noter les points où ils ont été rencontrés en plus grand nombre. Cependant les observations concordent assez pour permettre de dire que les Négrilles ne dépassent pas, dans P urs courses, le 5e degré de latitude au Nord
- et, dès 1625, liatlel les mentionne dans sa relation sur le pays des Matimba. De même les voyageurs qui, depuis Du Chaillu jusqu’à Brazza, ont exploré la région devenue aujourd’hui le Congo français, nous donnent des renseignements sur les Pygmées. Sclnveinfurth les découvrit dans l'Afrique centrale ; et le savant anthropologiste de Ouatrefages réunit
- Fig. 2. — Pygmée M’Bouté du Loupanzula (district du haut Itouri), vu de profil. (D’après Johnston.)
- et au Sud de l’Équateur, depuis les côtes de l’Atlantique jusqu’aux Grands-Lacs.
- Les géographes et les anthropologistes ont aussi coutume de distinguer deux divisions de ces nains : Les Négrilles de l’Ouest (Cameroun, Loango) étudiés par du Chaillu, Marche, Clozel, Falkenstein et par Dybotvski dans cette revue même ', et les Négrilles de l’Est, parmi lesquels sont les Tikitiki que Schwein-furth a vus chez les Niam-Niam, et les Ba-Moua et les Ouambouti décrits par Stanley.
- 1 Yoy. n° 1115, du 13 octobre 1894. p, 505.
- p.212 - vue 216/536
-
-
-
- U NATURE.
- 21
- »
- En parcourant les récits des voyageurs, il est aisé 1 ce qui faisait dire à Stanley : « en passant la main de se rendre compte que les Pygmées sont de très ! sur leur corps, il nous semblait toucher de la four-petits êtres, hauts en moyenne de lm,40 (Négrilles rure ». Stanley exagère un peu, car le duvet des de l’Ouest), è lm,41 (Négrilles de l’Est), non point i Pygmées n’a guère plus de 4 millimètres de longueur noirs, mais brun-clair, et recouverts d’un fin duvet, ! (et non 12, comme le prétend l'explorateur anglo-
- Fig. 3. — Pygmées Bambouté de la grande forêt du Congo (à l’ouest de la rivière Semliki. (D’après Johnston.i
- américain). L’existence de ce duvet semble marquer, chez ces nains, un arrêt de développement, car on peut très bien l’assimiler au « lanugo » des nouveau-nés. Les Négrilles ont une petite tête plus ronde que celle des Nègres et des Bochimans et couverte, par endroits, de petites touffes de cheveux brun-clair, comme leur peau. Ce n'est pas seulement le duvet
- dont ils sont recouverts qui les signale aux autres populations parmi lesquelles ils vivent, c’est encore l’aspect de leur face, et leurs lèvres rosées qui ne sont pas tachées de pigment comme celles des Nègres et qui, assez minces, s’avancent comme un museau. Leur visage, du reste, les différencie de toutes les autres races : leur front est droit, leur nez est épaté,
- p.213 - vue 217/536
-
-
-
- 21 i
- LA NATURE.
- avec des narines s'ouvrant largement en avant (voy. fig. I à 3); l’espace naso-labial est convexe (fig. 2 et 5). Leurs yeux, très vifs et très brillants, ont frappé tous les explorateurs ; on se rappelle, en effet, comment Stanley décrit le regard brillant de la jeune femme pygmée qu’on lui avait amenée, et dont les yeux vifs semblaient refléter tous les sentiments de son compagnon, tandis qu’il parlait. Mais ce n’est là que l’exagération d’un caractère commun à presque toutes les populations africaines. Les anthropologistes se sont plutôt attachés à chercher dans ces petits êtres certains caractères embryonnaires et simiesque comme leur taille, leur duvet, le gonflement de l’espace naso-labial, le pied très mobile (voy. fig. 7>) qui en feraient une des races les plus proches de nos ancêtres primitifs.
- Ces petits hommes trapus, au ventre bombé, au torse long et aux jambes courtes, ont été récemment observés par Sir H. Johnston, gouverneur de l’Ouganda, dont les remarques se rapportent plus spécialement aux mœurs des Pygmées. Stanley a dit quelque part que ces nains « piaillaient comme des poulets » ; Sir A. Johnston a étudié ce « piaillement ». Ce n’est point une langue spéciale : les Pygmées n’en ont pas, et dans leur parler c’est à peine si quelques mots nouveaux se mêlent aux expressions (lu langage emprunté à la population au milieu de laquelle ils vivent. Souvent, comme l’a dit aussi Stanley, le langage par gestes supplée aux paroles. Une chose est encore intéressante à noter : les Négrilles prononcent tous les mots en commençant sur un ton très bas, puis la voix se relève sur la pénultième et s’abaisse de nouveau sur la dernière syllabe ; ce qui pourrait être noté ainsi
- Ka la Ke Ke
- Déplus, ils suppriment généralement la lettre « K » qu’ils remplacent par un claquement de langue spécial. Tout cela semble prouver que les Négrilles ne possèdent plus que les débris d’une ancienne langue nationale, qu’ils complètent comme ils peuvent, ayant une grande facilité à apprendre les langues étrangères. Leur civilisation, du reste, est également rudimentaire. Ils ne portent ni vêtements, ni ornements ; cependant ils paraissent avoir quelque idée de la pudeur, plus particulièrement quand ils se trouvent en présence des Européens. Leur vie est très simple. Leurs petites huttes, hautes de trois pieds environ, sont généralement de forme ronde, et construites ainsi qu’il suit ; l’extrémité d’une branche est plantée en terre ; puis cette branche est pliée jusqu’à ce que l’autre extrémité touche le sol. Ayant ainsi obtenu un arc, les Négrilles en font plusieurs autres de la même façon, qui se croisent généralement au sommet ou sont parallèles. Le tout est recouvert de branches et de feuillages et l’ou-
- verture (ju’on laisse est si petite qu’on doit ramper dans la hutte à quatre pattes. Dans ces cabanes, rondes ou en tunnel, vivent rarement plus d’un homme ou d’une femme, les époux demeurant généralement dans des cabanes séparées. Du reste, il serait difficile qu’il n’en fut pas autrement, la polygamie étant fréquente, et le nombre des femmes dépendant seulement de la richesse de l’homme qui achète ses épouses. Malgré cela les Négrilles semblent avoir un certain amour pour leurs enfants.
- Ces familles ainsi constituées se nourrissent aussi primitivement qu’elles s’abritent : la viande seule est à demi cuite dans les cendres ; tous les autres aliment s, fruits, racines, baies, larves, reptiles, sont mangés crus. La chasse, occupation principale des Pygmées, leur fournit tous leurs moyens d’existence, car ils ne cultivent pas le sol.
- Ils ont par contre une industrie rudimentaire. Mais si les Pygmées forgent le fer, n’est-ce point par imitation de ce que font les nègres, qui prétendent que les Négrilles ne savaient même pas obtenir le feu?
- Notons encore quelques particularités delà vie des Pygmées : le gouvernement est confié chez eux, à titre temporaire, au meilleur chasseur. La religion est faite d’une croyance aux esprits mauvais, auteurs des éclairs, du tonnerre, etc., et à la survivance de Pâme des ancêtres dans le corps des sangliers aux poils roux.
- La musique et les danses méritent aussi de retenir l’attention. Les Pygmées jouent du tambour, en faisant résonner la peau d’une antilope, ou d’un grand lézard, tendue sur un tronc d’arbre creux, musique qu’accompagnent des chœurs, ou des chants pour une seule voix. La danse, contrairement aux habitudes de beaucoup de sauvages, est très chaste et morale ; elle se compose en général de gestes raides, comme ceux des marionnettes. On le voit par ce court aperçu, tout ce qui, dans ces mœurs, n’est pas emprunté aux autres populations noires, dénote une civilisation extrêmement rudimentaire, à peine sortie de P « âge de bois ». Nous avons remarqué déjà que la constitution physique des Pygmées est plutôt faible, leur développement souvent incomplet ; aussi peut-on penser que l’étude des Négrilles doit être faite le plus vite possible, car, placés entre deux races plus fortes et mieux organisées, les Nègres et les Européens, ces petits habitants de l'Afrique Centrale sont condamnés à disparaître graduellement, en même temps que les forêts ancestrales qui les protègent. J. Denikfr.
- LES SELS DE RADIUM1
- i
- PRÉPARATION F. T PROPRIÉTÉS
- En 1898, M. et Mme Curie ont découvert deux nouvelles substances fortement radioactives : le « polonium », analogue au bismuth par ses pro-
- 1 Voy. n° 159", du ‘2 janvier 1904. p. 70.
- p.214 - vue 218/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2 la
- priétés chimiques et le « radium », corps voisin du baryum. Peu de temps après, M. Debierne a séparé T « actinium », substance radioactive que l’on peut rapprocher du groupe des terres rares.
- Le radium constitue un élément nouveau; il a été obtenu à l’état de sel pur et a puissamment contribué au développement de l’étude des phénomènes de la radioactivité. Les sels de radium impressionnent rapidement les plaques photographiques et déchargent les corps électrisés. Ces phénomènes se produisent encore, mais toutefois d’une façon moins intense si l’on enveloppe l’ampoule de verre qui contient le sel de radium dans des corps opaques, tels que du papier noir ou des métaux. Actuellement on a préparé un certain nombre de sels, mais on n’a pas encore obtenu le radium à l’état métallique. Userait cependant facile de réaliser cette préparation, qui présente d’ailleurs peu d’intérêt par la méthode que Bunsen a employée pour la préparation du baryum.
- Mesure de l'activité des substances radioactives. — L’activité des minerais, et des substances radioactives en général, peut se mesurer d’une façon simple, soit en cherchant l’effet qu’elles produisent sur une plaque photographique, soit en déterminant la vitesse de décharge d’un électroscope chargé.
- La méthode photographique, qui a le grand avantage dén’exiger aucun matériel spécial, ne constitue pas à proprement parler une méthode de mesure; les résultats qu’elle fournit ne sont pas comparables entre eux. Cependant elle peut donner, dans quelques cas, un moyen précieux d’investigation, et, par exemple, être mise avantageusement à profit dans la recherche des minéraux radioactifs. Elle consiste à placer le corps à étudier sur une plaque photographique entourée de papier noir. Après un temps d’exposition convenable, la plaque est développée. La présence de la matière radioactive est indiquée sur la plaque par une petite tache noire, d’autant plus noire que la matière est plus active (fig. 1). La méthode électrique constitue une véritable méthode de mesure. On utilise alors le dispositif représenté par la figure 2. Les deux plateaux d’un condensateur A et B sont l’un relié au sol, l’autre relié à un électroscope à feuilles d’or, chargé d’électricité. Dans les conditions ordinaires, l’air compris entre les deux plateaux est isolant : l’électroscope reste chargé. Mais si l’on vient à placer sur le plateau B une substance radioactive, l’air devient plus ou moins conducteur de l’électricité suivant l’activité de la substance, et la charge s’écoule au sol. Il suffit alors de mesurer la vitesse de chute des feuilles d’or pour avoir la valeur de l’activité de la substance. Plus la vitesse de chute est grande plus le produit est actif. Cette dernière opération se fait aisément en observant les déplacements des feuilles d’or à l’aide d’un microscope placé devant l’appareil (fig. 5).
- Extraction des sels de radium. — Le radium se trouve à l’état de traces dans un certain nombre de
- minéraux tels que la pechblende et la carnotite. Il accompagne Puranium et le baryum dans ces minéraux, mais on ne le trouve jamais dans les minéraux de baryum ne contenant pas d’uranium.
- Jusqu’à ce jour, c’est la pechblende de Joachim-sthal, en Bohème, qui a fourni tout le radium isolé actuellement en Europe.
- La\< pechblende » est un minerai d'oxyde d’uranium
- Fig. 1. — Radiographies obtenues avec des minéraux radioactifs.
- accompagné d’un grand nombre d’autres métaux, tels que le fer, l’aluminium, le calcium, le plomb, le bismuth, le cuivre, l’arsenic, l’antimoine et des matières radioactives nouvelles, le polonium, le radium et l’actinium.
- La complexité de la matière première, jointe à sa
- Fig. 2. — Mesure de l’activité des substances radioactives par lclectroscopo.
- très faible teneur en radium rendent l’extraction de cette matière longue, pénible et coûteuse. Le traitement de la pechblende se divise en trois phases bien distinctes. Dans une première phase, la pechblende est d’abord débarrassée de tout l’uranium qu’elle contient. Jusqu'à ce jour, cette opération s’est effectuée sur le lieu même d’extraction du minerai. Le minerai concassé et broyé est grillé avec du carbonate de soude; la matière résultant de ce traitement est lessivée d’abord à l’eau chaude, puis à l’acide sulfurique étendu. Le résidu insoluble, autrefois sans
- p.215 - vue 219/536
-
-
-
- LA NA TU R K.
- 2 IR
- valeur, est aujourd’hui recueilli avec soin; il contient les substances fortement radioactives.
- Un nouveau traitement, réalisé h l'usine, a pour but de séparer et de purifier les portions riches en radium, polonium et actinium. Cette nouvelle opération constitue la deuxième phase du traitement. Elle est relativement très complexe, mais le principe de la méthode suivie est particulièrement simple et peut se résumer ainsi : Les résidus insolubles de l'opération précédente sont traités dans de grands bacs avec de l’acide chlorhydrique concentré. La matière est ainsi fortement désagrégée et passe en partie en solution ; la solution contient entre autres le polonium et l’actinium; la partie insoluble retient le radium. Cette dernière portion est transformée en carbonates par une ébullition prolongée avec du carbonate de soude (fig. 4). On lave alors très complètement la matière à l'eau, puis on l’attaque par de l’acide chlorhydrique étendu,
- exempt d’acide sulfurique, on filtre et on précipite par l’acide sulfurique. On obtient ainsi des sulfates bruts de baryum radifères 50 fois plus actifs que la matière primitive.
- On procède alors à la « purification )>. Un grand nombre de métaux sont éliminés par un traitement à l’hydrogène sulfuré. On sépare le radium ainsi que les métaux alcalino-terreux en les précipitant par le carbonate de soude. On élimine la chaux par un lavage à l’acide chlorhydrique concentré et il reste des chlorures de baryum radifères qui sont prêts pour le fractionnement. Après cette longue série d’opérations on obtient par tonne de résidu traité, 8 à 10 kg de chlorure de baryum radifère 40 fois plus actif que la matière première. Avant le fractionnement ces chlorures sont transformés en bromures, le fractionnement se fait alors beaucoup mieux surtout vers le début de l’opération. Les « fractionnements » réalisés au laboratoire con-
- fig. 3. — Électroscope à microscope.
- Fig. 4. — Traitement à l'usine des résidus par une solution de carbonate de soude concentrée et bouillante.
- stituent la troisième et dernière phase du traitement. Le but de ces fractionnements est d’obtenir des bromures de baryum radifères de plus en plus riches en
- radium. Le procédé consiste h soumettre le mélange des bromures à une série de cristallisations dans l’eau pure d’abord, puis dans l'eau additionnée
- p.216 - vue 220/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- 217
- d’acide bromhydricjue. On utilise ainsi la différence des solubilités des deux bromures, celui de radium étant moins soluble que celui de baryum. La partie cristallisée est par conséquent plus active que
- la solution. En répétant un très grand nombre de fois la même opération sur chacune des deux portions séparées, on obtient un produit ne contenant plus que des traces infinitésimales de baryum.
- Fig. 5. — Vue d’ensemble du laboratoire de M. Curie.
- Caractères des sels de radium. — Le produit I fois » plus grande que l'uranium métallique. Tous ainsi obtenu a une activité environ « un million de les sels de radium : bromure, chlorure, azotate,
- Fig. O.r— Autre vue du laboratoire de M. Curie.
- carbonate, sulfate ont le môme aspect que ceux de baryum, quand ils viennent d’être préparés à l’état solide; ils sont alors « blancs ». Cependant, ils se colorent progressivement, avec le temps, en jaune et même en violet.
- Au point de vue chimique, tous les sels de radium ont des propriétés absolument comparables aux sels correspondants de baryum; toutefois le chlorure et le bromure de radiupi sont moins solubles que le chlorure et le bromure de baryum.
- p.217 - vue 221/536
-
-
-
- LA NAT UNE.
- 21S
- Les sels de radium communiquent à la flamme une superbe teinte carmin. Cette flamme, examinée au spectroscope, donne un spectre très brillant qui contient deux belles bandes rouges, une raie dans le bleu vert et deux lignes faibles dans le violet. Le. spectre de l’étincelle éclatant dans une solution d'un sel de radium est bien caractéristique; il est venu apporter, dès le début des recherches de M. et Mme Curie, une confirmation importante de l’existence d’un élément nouveau. Depuis, M"10 Curie a déterminé le poids atomique de cette nouvelle substance. Ce poids atomique est très élevé, il est égal à 225. Le radium constitue un « élément nouveau » du groupe des métaux alcalino-terreux.
- Tous les sels de radium sont « lumineux » dans l’obscurité; cette luminosité est particulièrement intense quand le produit vient d’ètre chauffé. Elle rappelle, comme teinte, celle du ver luisant connu
- Fig- 7
- A VEr
- Fig. 8.
- Fig. 7. — Dégagement (le chaleur des sels de radium.
- Fig. 8. — ébullition de l’hydrogène liquéfié par les sels de radium.
- sous le nom de lampyre ; elle est souvent assez brillante pour être vue en plein jour.
- Les sels de radium sont le siège d’un dégagement spontané et continu de « chaleur ». Un gramme de bromure de radium, préparé depuis plusieurs mois, dégage en moyenne 100 petites calories par heure ; c’est dire qu’en une heure un gramme de radium peut fondre un peu plus que son poids de glace.
- L’expérience suivante permet de montrer d’une façon bien nette le dégagement de chaleur produit par les sels de radium. Un thermomètre t et une ampoule a, contenant 7 décigrammes de bromure de radium par exemple, sont placés dans un vase à isolement calorifique À (fig. 7). Quand l’équilibre thermique est établi, le thermomètre t indique constamment un excès de température de 3° sur les indications d’un autre thermomètre t' placé dans les mêmes conditions, mais avec une ampoule contenant un sel inactif, du chlorure de baryum par exemple.
- On peut utiliser le dégagement de chaleur produit par le radium pour faire bouillir un gaz liquéfié. On se sert à cet effet du dispositif représenté dans la figure 8. Un tube A (fermé à la partie inférieure et entouré d’un isolateur thermique à vide) contient un peu d’hydrogène liquide H ; un tube de dégagement t permet de recueillir le gaz dans une éprouvette graduée E remplie d’eau. Le tube À et son
- isolateur plongent tous deux dans un bain d’hydrogène liquide H'. Dans ces conditions, aucun dégagement gazeux dans le tube A ; mais si l’on introduit dans l’hydrogène du tube A une ampoule contenant un sel de radium, il se fait un dégagement continu de gaz hydrogène que l’on recueille en t.
- Les sels de radium émettent d’une façon spontanée et continue « un rayonnement spécial » capable de provoquer des phénomènes d’une intensité remarquable. Ils peuvent enfin communiquer leurs propriétés à tous les corps placés dans leur voisinage en produisant en outre toute une série de phénomènes nouveaux. L’ensemble de ces phénomènes constitue la « radioactivité induite ».
- Le rayonnement et la radioactivité induite sont des phénomènes d’une importance considérable, ils ont été le point de départ d’un très grand nombre de recherches, de faits nouveaux et d’applications; par là ils exigent qu’on leur consacre une place importante dans l’étude des phénomènes produits par les sels de radium. Jacques Damne,
- Préparateur de M. Curie, à l’École de physique et de chimie industrielles de Paris.
- ——
- U SOURIS COMME FORCE MOTRICE
- Cette tentative a été réalisée, il y a près d’un siècle, par un Écossais du nom de David llatton, et le journal « The Scotsman » rappelait récemment cette expérience.
- Pendant l’été de 1812, llatton, se trouvant à Pertli, avait visité les prisonniers français enfermés dans les dépôts de la ville, et il avait fort admiré les petits jouets, les travaux de patience que faisaient ces malheureux, et qu’ils vendaient aux visiteurs, llatton avait acheté une petite roue dans laquelle était enfermée une souris, celle-ci imprimant un mouvement de rotation à la roue chaque fois qu’elle essayait de marcher. C’est le dispositif bien connu des roues d’écureuils, ou encore des roues de couteliers où tourne un chien, et l’on trouve souvent de ces petites roues qui servent de cages à des souris. David llatton, en homme pratique, se dit qu’il y avait là une force évidemment minime, par suite du faible poids de la souris ; mais que cet animal ne coûte rien de premier achat, qu’il ne demande qu’une nourriture peu coûteuse elle-même, et qu’il fallait essayer de tirer parti de cette force motrice en trouvant une fabrication à laquelle on put l’appliquer. Et il constata que la combinaison donnait les meilleurs résultats dans la fabrication du fil à coudre. Il faut dire que la première souris qu’il avait utilisée était une marcheuse infatigable, puisqu’elle parcourait 29 km par jour. Mais, en moyenne, on pouvait compter sur un parcours de 16 km au moins. Pendant deux années, notre homme eut deux souris au travail. En cinq semaines, une de ces petites travailleuses involontaires faisait 5350 fils de 0m,625; si on avait évalué son travail sur le pied des salaires payés aux femmes employées dans les usines, on aurait constaté qu’elle gagnait par an plus de 9 francs. Cela laissait un joli bénéfice, même en tenant compte largement de l’amortissement et de l’intérêt des roues et renvois mécaniques.
- Aussi llatton s’apprêtait-il à louer une vieille cathédrale désaffectée et à y installer 10 000 souris, quand il mourut subitement. H. B.
- p.218 - vue 222/536
-
-
-
- LA N ATT RL.
- 219
- LOCOMOTIVE TRAÎNEAU
- Ost là tout à fait le nom qu’elle mérite, car elle a été imaginée pour circuler sur la neige sans s’v enfoncer et en y prenant un point d’appui solide; elle est du reste destinée à un usage pratique, puisqu’elle est employée à la traction de charges de bois énormes, disposées sur des traîneaux de remorque, dans une exploitation forestière des États-1'nis. Le créateur de ce dispositif est un commerçant américain, M. A. 0. Lombard, de Water-ville (Maine), qui se trouvait fort gêné, durant l’hiver, quand il fallait amener à son usine de pulpe de bois la matière première nécessaire à la production quotidienne. La locomotive en elle-même, et à part la façon dont elle trouve appui sur la neige, n’offre pas de particularités très notables; mais les roues avant sont remplacées ici par une sorte de traverse portant sur deux patins de traîneau : cette traverse est reliée à la cabine du mécanicien par une chaîne double qui forme transmission de direction, et permet d’orienter les patins de traîneau pour faire tourner le tracteur suivant les sinuosités du chemin à
- Locomotive traîneau. (États-Unis.)
- parcourir. Les roues motrices sont au nombre de quatre en deux paires, et elles se présentent sous la forme de roues à dents. Sur ces roues, de chaque coté de la machine, passe une sorte de courroie, large d’un peu plus de 20 centimètres, et faite d’éléments métalliques reliés par des articulations les uns aux autres. Ces articulations permettent à la courroie de tourner autour des roues motrices, qui ont un diamètre de 0ra,90. Au fur et à mesure que ces roues se meuvent, la courroie se déplace en appuyant sur la neige; c’est en somme quelque chose comme les voitures à jante mobile dont il a été souvent question, mais avec cette particularité que la jante mobile est d’autant plus nécessaire ici qu’elle offre une surface résistante au poids de la locomotive, qui atteint 14 tonnes environ. Chaque élément de la courroie articulée comporte à sa partie inférieure, ou plutôt externe, un crampon métallique qui pénètre dans la neige, et par conséquent donne un appui encore bien plus fixe à la locomotive pour traîner le convoi attelé derrière elle. L’allure qu’elle peut prendre est de fi kilomètres à l'heure. Cette ingénieuse machine rend également de grands services dans le déblayage des neiges sur les routes, et tire sans peine une charrue à neige là où un attelage de 24 chevaux peinerait inutilement sans pouvoir faire démarrer l’appareil. I), B.
- LES VISIONS D’ART
- PROJECTIONS DE PERSONNAGES VIVANTS
- 1 ous ceux qui ont eu l’occasion de regarder l’image projetée par un objectif sur le verre dépoli d’une chambre noire ont été frappés de la beauté du coloris qu’elle présente. C’est an charme ainsi produit qu’il faut attribuer la plupart des insuccès chez ceux qui font depuis peu de la photographie : séduits par le tableau qu’ils ont sous les yeux, ils sont incapables de le critiquer au point de vue des lignes et de l’éclairage ; aussi a-t-on souvent recommandé de recourir h un artifice qui consiste à recevoir l’image sur un verre coloré, de façon à la rendre monochrome et par suite plus facile à analyser.
- En présence de la superbe image colorée que nous étions seul à contempler sous le voile noir, nous nous sommes souvent demandé s’il ne serait pas possible de la recevoir sur un écran assez grand pour que plusieurs personnes puissent la regarder ensemble ; en un mot si l’on ne pourrait pas créer un spectacle de projections dans lequel les clichés habituels sur verre seraient remplacés par des personnages vivants. Le problème, en principe, paraissait simple, puisqu’il existe un appareil que tout le monde connaît, nommé mégascope, qui permet la projection d’une image quelconque, non transparente, ou même d’objets en relief. Mais cet appareil, comme la lanterne à projection ordinaire sur laquelle il s’adapte, a l’inconvénient de retourner l’image : on est donc obligé de lui présenter sens dessus dessous les objets à projeter et, raisonnablement on ne pouvait songer à placer les modèles la tête en bas. Il y a une autre solution bien connue, et fréquemment employée dans les cours de physique, qui consiste à se servir d’un prisme. L’image est ainsi redressée, et c’est à ce procédé que nous nous étions arrêté tout d’abord ; mais à moins de donner au prisme et à l’objectif des dimensions exagérées, présentant d’assez grandes difficultés de construction et entraînant à des dépenses élevées, on perdait une grande quantité de lumière et nous avons vite renoncé à l’employer.
- Nous n avons pas tardé a nous apercevoir que d’autres avaient eu la même idée que nous il y a longtemps. On trouve, en effet, dans les « Mémoires de Robertson », livre assez rare aujourd’hui, l’indication de diverses solutions qui ont été essayées, et même exploitées, au commencement du siècle dernier. Voici, à titre de curiosité, la reproduction en fac-similé des gravures représentant deux appareils imaginés pour réaliser ce qu’on appelait alors « la fantasmagorie .animée ». L’auteur en donne ainsi l’explication : «A (fig. 1) est un tube de 11 pouces de long et de 5 pouces de diamètre ; d est un diaphragme d’un pouce de diamètre servant à empêcher la lumière étrangère à l’objet d’éclairer le tube ; n est le verre objectif de 7 pouces de foyer et de 13 lignes d’ouverture; convexe des deux côtés, placé à un pouce trois quarts du diaphragme d. B est un
- p.219 - vue 223/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2t>0
- deuxième tube de 6 pouces de long; au bout qui entre dans le tube A est placé le verre intermédiaire b, de 5 pouces de foyer et de 2 pouces et demi de diamètre; à un pouce de là se trouve un diaphragme e
- Fig. 1. — Système optique redressant l’image, employé par Robertson.
- dont l’ouverture est de 2 pouces 2 lignes; ce tube est poussé si avant dans le tube A, que l’image formée par l'objectif s’y montre exactement, c'est-à-dire à 5 pouces trois quarts environ ; on peut l’éprouver en adaptant , pour un instant, un papier huilé devant le diaphragme. Le verre b est plan convexe.
- « C’est un troisième tube ayant au bout un verre plan convexe, de 5 pouces un quart de foyer et d’un pouce d’ouverture; f est un diaphragme dont l’ouverture est un peu plus grande et qui ne sert que pour écarter du verre toute lumière étrangère. »
- Mais l’auteur, après avoir essayé ce système, reconnaît bien vite qu’il perd énormément de lumière; il en arrive à supprimer les diaphragmes «. parce que les verres ne devant recevoir de lumière
- Fig. 2. — Installation de la fantasmagorie animée de Robertson.
- que celle qui vient de l’objet on n’a pas de lumière étrangère à écarter ». Il en arrive aussi à augmenter de beaucoup le diamètre de ses lentilles. «. L’objectii a devient de 14 pouces de foyer et 3 pouces et demi de diamètre. Le verre intermédiaire b reste le même, mais au lieu du verre placé à l’extrémité du tube C on met deux verres de 13 pouces de foyer chacun et de 2 pouces trois quarts de diamètre, placés à la distance d’un pouce l’un de l’autre. » On peut se rendre compte par les figures 2 et 3 de quelle façon était disposée l’expérience : la chambre était divisée en deux par une cloison au milieu de laquelle était percé un trou ; devant celui-ci était suspendu le système optique monté sur une sorte de soufflet attaché à une tringle.
- Le sujet était placé d’un côté et éclairé par des lampes à quinquet ; l’image se projetait sur l’écran
- placé dans l’autre pièce. L’auteur reconnaît que si on veut faire l’image très grande on manque cependant de lumière ; nous le croyons facilement malgré ses quinquets, car avec deux lampes électriques, de 12 ampères chacune, nous faisions la même ré-tlexion que lui ! Il est vrai qu’on est peut-être plus exigeant aujourd’hui qu'on ne l’était à cette époque. Voici (tîg. 4) une autre disposition intéressante « qui permet de redresser l’objet, mais sans pouvoir le faire passer par différentes grandeurs sur l’écran. Il faut observer que l’angle dac ne peut jamais être plus grand que 20°; on tenterait vainement, en agrandissant les miroirs, d’agrandir cet angle; les
- n
- Fig. 3. — Disposition de l’éclairage.
- miroirs, réciproquement, empêcheraient les ravons de passer par l’ouverture entre a et b. Cet angle de 20° convient aussi parfaitement aux règles d’optique, qui veulent que le diamètre de l’objet pour le méga-scope, ne soit pas plus grand que le tiers de sa distance au verre. »
- « Ainsi, pour avoir l’image de la même grandeur d’un objet de 6 pieds, il faut le placer à 18 pieds du verre et employer un verre de 9 pieds de foyer pour avoir l’image à 18 pieds de l’autre côté sur la toile. Il est indifférent de mettre l’objet du côté des miroirs ou du côté du verre; comme on gagne à peu près 3 pieds par la réflexion des miroirs, on peut le mettre d’un côté ou de l’autre, selon que le local le permet. Quand on n’a pas d’un côté de la cloison
- Fig. i. — Autre système indiqué par Robertson pour, la fantasmagorie animée.
- 15, et de l’autre 18 pieds de distance, on peut la varier et avoir encore une image de grandeur naturelle sur la toile. Par exemple si vous avez 18 pieds d'un côté et seulement 9 pieds de l’autre, vous
- p.220 - vue 224/536
-
-
-
- LA NAT LUE.
- 221
- mettrez un enfant de 4 pieds à la distance de 8 pieds et demi des miroirs, et vous aurez à 18 pieds de distance, en employant un verre de 7 pieds, un cinquième de foyer, sur la toile, une image de 6 pieds. » Mais nous arrêtons là ces citations qui suffisent pour montrer que la question qui nous intéresse avait déjà été bien étudiée il y a près d'un siècle. Aucun des procédés indiqués ne nous a du reste donné de bons résultats; le premier de ceux que nous reproduisons ci-dessus fait perdre trop de lumière par suite du grand nombre des lentilles; le second, qui emploie des miroirs, est préférable, mais il est assez encombrant, il nécessite du reste aussi un objectif et il y a encore une perte de lumière
- considérable. Il est vrai qu’avec les nouveaux types d’objectifs photographiques on est arrivé à obtenir de grandes ouvertures relatives permettant, malgré cela, la netteté sur toute la surface couverte; mais les catalogues indiquent 2500 à 5000 francs pour un objectif donnant nette une image de 0m,50 sur 0m,00 et nous voulions avoir au minimum l"l,50 sur lm,80! Non seulement le prix eût été sans doute excessif, mais les études étaient à faire et le matériel à créer.
- Comme nous voulions aboutir à peu de frais, nous nous sommes arrêté à un moyen terme et nous avons adopté la disposition suivante (fîg. 5) ; le modèle était étendu horizontalement sur une table,
- Fig. 5. — Les visions d’art; détail de l’installation.
- au-dessus de lui se trouvait une lentille plan convexe de 0m,80 de foyer et 0m,50 d’ouverture au diaphragme; une glace inclinée à 45° renvoyait l’image sur l’écran, elle était redressée dans le sens de la hauteur, mais non dans le sens de la largeur, ce qui n’avait pas grande importance.
- La lentille et la glace étaient fixées à demeure dans une caisse en bois suspendue à un bâti démontable ; un soufflet, en étoffe noire assez épaisse, était fixé sur un côté de cette caisse, et l’autre extrémité aboutissait à un écran constitué par un papier dioptrique, ou un verre dépoli, de lm,60 sur lm,90 encadré dans la cloison qui séparait la salle en deux parties. Des tringles à coulisse soutenaient le soufflet et permettaient de faire varier la distance entre l’écran et l’appareil suivant la grandeur qu’on
- désirait obtenir; la mise au point s’obtenait en faisant varier la hauteur de la table au moyen de cales placées sous les pieds. On ne pouvait dans ces conditions projeter qu’un buste (ou deux, placés côte à côte) jusqu’à la ceinture; l’image était un peu plus grande que nature. Deux projecteurs électriques, à courant continu, de 12 à 15 ampères chacun étaient nécessaires pour éclairer le modèle d’assez loin et sous des inclinaisons variables suivant les effets à obtenir. L’emploi d’une lentille simple, sans correction aucune, donne lieu à des déformations souvent gênantes ; il faut avoir soin pour les éviter de maintenir le sujet dans un plan déterminé ; en outre il faut reconnaître que la position couchée du modèle était un assez grand obstacle à la réalisation de certaines compositions : il fallait notamment
- p.221 - vue 225/536
-
-
-
- LA NATURE.
- avoir soin de disposer les cheveux et les draperies de façon qu’elles semblent tomber naturellement. Mais pour toute la partie artistique nous avions été secondé par le regretté peintre José Frappa, qui était arrivé à imaginer une série de tableaux qui eurent beaucoup de succès lorsque, en 1896, un imprésario exploita notre système de projection au boulevard des Capucines et plus tard à Londres.
- Mais le dernier mot n’est pas dit là-dessus et il y aurait intérêt à reprendre la question en utilisant un objectif et un prisme. Celui-ci, vu les grandes dimensions nécessaires, pourrait être à liquide. Quant à l’objectif, puisqu’il ne s’agit pas ici de photographie, on pourrait ne pas s’occuper des aberrations de réfrangibilité et négliger les corrections chromatiques. En se bornant aux corrections relatives à l’aberration de sphéricité, son prix serait probablement assez peu élevé pour que ce genre de spectacle, vraiment artistique, devînt tout à fait pratique. G. Mareschal.
- PROPAGANDE MÉTRIQUE AUX ÉTATS-UNIS
- Nous avons suivi pas à pas le mouvement de pénétration du système métrique dans les pays anglo-saxons; nous sommes heureux de signaler aujourd’hui à nos lecteurs l’ingénieux procédé adopté par l’importante fabrique d’instruments de mesure, Lufkin Rule Co, de Saginaw (Michigan), pour donner, sous une forme aussi succincte et concise que possible, une fidèle image des relations entre les imités métriques : la petite réglette d’acier que représente notre figure, et dont nous devons quelques exemplaires à l’amabilité de M. Buck, directeur de la Lufkin Rule Co, porte, outre une division millimétrique dans toute sa longueur, l'inscription suivante sur la face divisée :
- « Un décimètre. Un décimètre cube d’eau pèse 1 kilogramme et mesure 1 litre. » Et sur l’autre face : (( Cette réglette a un millimètre d’épaisseur, 1 centimètre de largeur et 1 décimètre de longueur. Son volume est de 1 centimètre cube ». Son poids en grammes est égal à son poids spécifique. Tous ceux qui, aux États-Unis, où des réglettes de ce type ont été répandues à profusion, compareront ces définitions si brèves, si claires et cependant suffisamment complètes à la complexité des définitions qu’entraînent les relations entre les unités du système britannique, seront sans doute gagnés au nouveau système à moins que, comme quelques-uns de ses adversaires irréductibles, ils ne voient un avantage sérieux dans la nécessité de faire constamment des calculs de transformation; on a prétendu, en effet, avec une apparence de réelle conviction, qu’en adoptant un système de mesures trop simple, des pays encore attachés à des systèmes surannés perdraient une de leurs spécialités des plus enviables, celle d’abonder en habiles calculateurs formés par les difficultés des opérations journalières.
- lie tels arguments invoqués en faveur d’une cause
- montrent qu’on est un peu à court de moyens de défense. D’ailleurs, les adversaires du système métrique, plus bruyants que nombreux, en seront bientôt réduits à verser un pleur sur le système britannique dont l’abandon n’est plus qu’une affaire de quelques années. M. G.
- CHRONIQUE
- le système métrique en Angleterre. — L’introduction du système métrique dans le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande vient de faire un pas important par l’adoption en seconde lecture, par la Chambre des Lords, du projet de loi dont nous annoncions récemment la présentation comme imminente : la loi, transmise à la commission d’examen, prévoit l’application obligatoire du système métrique à partir du 5 avril 1906, ou à une date ultérieure que le Gouvernement est chargé de fixer. Le projet, présenté par lord Belliaven, a été énergiquement soutenu par lord Kelvin, dont l’argumentation a bénéficié de la découverte récente d’une lettre, par laquelle James Watt recommandait, dès l’année 1783, un système décimal très semblable à celui dont la Commission française a finalement proposé l’adoption. Il n’est pas banal de découvrir aujourd’hui que la première idée du système métrique est d’origine britannique; mais on conviendra que cette idée a singulièrement fructifié en terre française.
- La mission Chevalier. — Elle vient d’arriver à Paris le 23 février. Parti le 15 mai 1902, M. Chevalier commença par passer un mois au Sénégal, puis, en juillet, il se trouvait à Brazzaville; il installait, en septembre, un jardin d’essai à Kribedji, sous la garde de M. Martret, ancien chef de station agronomique au Soudan. Avec M. Courtet, la mission gagna les territoires du Sultan de Senoussi et, avec un sauf-conduit de ce chef, elle explora ces vastes États qui n’avaient vu encore aucun Européen. Le 2 mai 1903, elle quitta la capitale VDellé pour aller à Fort-Archambault, où le docteur Decorse, qu’une attaque de dysenterie avait fixé, le rejoignit après avoir mis à profit ses loisirs en amassant d’abondantes collections ethnographiques et zoologiques. L’exploration du Charri est alors faite par des excursions au Bahr Sara, à l’Oudaï, aux marais de Koufé, au lac Iro, au Barguirmi dont elle visite la capitale. Elle va au Nord étudier les ruines de Masenia et, avec un long détour, se rend au lvanem, parcourt les villes de Ngouri et Mondo, puis l’archipel Kouri, au sud-est du Tchad. M. Chevalier atteint seul Fort-Lamv, chef-lieu de nos postes militaires du grand lac, le 16 octobre 1903. Là, le rejoint le docteur Decorse, pour étudier la faune aquatique. M. Courtet avait dù rester à Fort-Archambault, malade de fatigues et de fièvres. La mission était terminée. Quelques jours après, le Léon Blot transportait les voyageurs naturalistes jusqu’à fort-Archambault où ils étaient accueillis par M. l’administrateur Fourneau, commandant les territoires, qui assurait le retour.
- Éclats de Véga et du Soleil. — La belle étoile Véga, a de la constellation de la Lyre, a fourni récemment l’occasion d’intéressantes expériences de photomé-trie. M. Charles Fabry, à l’aide d’un nouveau photomètre, a mesuré l’éclairement produit par cette étoile. 11 l’a trouvé égal à celui d’une bougie décimale, à 780 mètres de distance. On sait que la bougie décimale est la vingtième partie de l’étalon Violle lequel est « la quantité de lumière émise en direction normale par 1 centimètre carré de surface de platine fondu à la température
- p.222 - vue 226/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 225
- de solidification ». Des recherches précédentes il résulterait que le rapport des éclats du Soleil et de Véga serait celui de GO milliards à 1. La grandeur d’.Vldébaran (a du Taureau) étant prise pour unité, celle de Véga est de 0,2. Une étoile de la grandeur immédiatement supérieure à la première est de la grandeur 0, une étoile de deux grandeurs au-dessus de la première est de la grandeur
- — J. Dans ces conditions, le Soleil serait de la grandeur
- — 20,7, c’est-à-dire de 27,7 grandeurs au-dessus de la première, ou de 20,0 au-dessus de Véga, soit 27 grandeurs environ. 11 existe, en effet, une relation simple entre l’éclat des étoiles et leur grandeur. Une étoile de lre grandeur est 2,5 fois plus lumineuse qu’une de 2e, ou (2,5)- fois plus lumineuse qu’une de 5% etc. Le Soleil serait donc, en adoptant la grandeur —-20,7, (2,5)iT fois environ plus éclatant que Véga, c’est-à-dire 00 milliards de fois comme l’a déterminé M. Charles Fabry.
- Les lacs «TÉcosse. — On sait qu’au commencement de l’année 1002, une commission de savants, sous la haute direction de M. L. Pullar et désir John Murray, a commencé l’étude des différents lacs de l’Écosse. Le but de cette commission était, outre des sondages, l’étude des variations du niveau des eaux de ces lacs, celles de la température suivant la profondeur et la saison; enfin l’étude de la faune et de la flore de ces lacs. En 1002, 155 lacs ont été étudiés et, en 1005, 231, soit, en tout, 580 lacs. Ces études fort intéressantes, qui rappellent celles faites par M. Delebecque, pour les lacs français, et qui ont été entreprises avec un soin tout particulier, vont être publiées, avec planches à l’appui, dans le « Geographical Journal » et dans le « Scottish geographi-cal Journal ». Vous reviendrons sur cette question lorsque cette publication sera terminée.
- La nocivité des moue lies. La mouche est une bestiole fort désagréable et qui de plus contribue à la dispersion des germes et des bactéries. De récentes expériences, faites à l’Université John Kopkins, de Baltimore, ne laissent aucun doute sur ce point. Les expérimentateurs ont pris, à cet effet, une boîte à deux compartiments. Dans l’un, ils ont mis des substances alimentaires infectées de bactéries faciles à reconnaître ultérieurement; dans l’autre compartiment, ils ont placé un milieu de culture stérile par lui-même selon la formule des laboratoires. Des mouches, introduites dans le premier compartiment, s y promenèrent et y picorèrent à loisir les matières scientifiquement infectées. Puis, on les fit passer dans le second compartiment et, en très peu de temps, microbes et bacilles pullulèrent dans le milieu de culture qui s’offrait à eux. L expérience recommencée plusieurs fois, contrôlée avec soins, a donné chaque fois les mêmes résultats. Donc, les mouches ne sont pas seulement malpropres, elles sont dangereuses : tâchons donc de nous en défendre par tous les movens.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 février 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Décès. — M. le Président annonce la nouvelle de la mort de M. Émile Laurent, correspondant de la section d’économie rurale. M. Laurent, qui avait effectué plusieurs travaux importants à l’Institut Pasteur, était très connu des savants français à qui sa mort laissera une douloureuse impression.
- Une variété de rayons N. — M. Blondlot fait savoir qu’il a découvert une nouvelle variété de rayons N qui diminue l’éclat de l’écran phosphorescent au lieu de l’augmenter. Il avait pressenti l’existence de ces rayons ; il les a cherchés à l’aide d’une fonte parmi les rayons dispersés. Il donne les longueurs d’onde correspondantes.
- La reproduction de /’oïdium. — M. Prillieux communique une Note de M. Istvanii, de Buda Pesth, relative au mode de reproduction de l’oïdium. Ce champignon présente quelquefois mais rarement, des organes producteurs de spores ou périthèces, de telle sorte que la question du mode de reproduction d’une année à l’autre demeurait un problème. L’auteur a recherché pendant l’hiver le mycélium dans les bois et constaté qu’il est très dense. Ce plasma est alors à l’état de vie latente. La conséquence est qu’il faut soumettre en hiver les bois à un traitement énergique.
- Propriété des rayons N — M. d’Arsonval communique un travail de M. Charpentier relatif à Faction des rayons N sur l’olfaction. Si l’on place un llacon d’odeur de manière à éprouver la sensation la plus faible qu’il soit possible d’éprouver et qu’on fasse tomber sur la base du nez un faisceau de rayons N, la sensation est amplifiée. De même Jsi l’on approche la source odorante d’un faisceau de rayons N, le pouvoir odorant est beaucoup augmenté. Enfin les substances odorantes sont elles-mêmes des sources de rayons N.
- Le frottement de pivotement. — M. Leauté rappelle qu’il a étudié, dès 1870, le frottement de pivotement. Hertz a repris la question, puis enfin M. Lecornu en donnant un point de départ différent aux recherches. Les conclusions nouvelles confirment les principaux résultats obtenus par M. Leauté ; ces résultats ont un grand intérêt puisqu’ils s’appliquent au roulement sur billes dont il est fait aujourd’hui un très grand usage.
- Les végétaux des hautes altitudes. — M. Bonnier résume une Note de M. Dauphiné, traitant de la manière dont sont disposés les tissus dans les organes souterrains des plantes qui vivent dans les hautes régions. D’après l’auteur, il s’y accumule des réserves considérables de substances nutritives qui sont dépensées rapidement pendant la courte saison sans neige. Ch. de Yilledeuil.
- UNE MMS0N SOULEVÉE UE 49 MÈTRES
- Nous n’avons pas à rappeler que les Américains se sont fait une spécialité du déplacement des maisons et édifices divers, et que bien rarement, en Europe, on a osé s’attaquer 5 des transports de ce genre dans des conditions aussi audacieuses. La chose est passée tellement à l’état d'habitude aux États-Unis, et nous en avons donné de si nombreux exemples, que nous ne trouverions pas utile d’y revenir. Mais, ce qui est moins fréquent, c’est le soulèvement d'un bâtiment tout d’une pièce, à une hauteur assez grande au-dessus de sa situation primitive; et, même aux États-Unis, il a dû n’y avoir que peu d’exemples d’opérations comparables- à celle qui vient d etre exécutée à Brown, sur la ligne Baltimore and Ohio Railway.
- Il faut dire qu'actuellement cette compagnie de chemin de fer est en train de rectifier ses voies, et
- p.223 - vue 227/536
-
-
-
- LA NATURE.
- o *2 \
- par conséquent, pour supprimer certaines courbes raides, elle est obligée d’acquérir des terrains le long du tracé primitif. De ce nombre était une propriété située le long des bords de la rivière Monon-gahela, dont le chemin de fer suit précisément la vallée : cette propriété renfermait une assez jolie et assez grande maison qui était située sur le bord de l’eau, au pied même d’une falaise élevée qui se dresse en ce point, presque à pic au-dessus du cours de la rivière. Le terrain fut vendu h la compagnie, et on dut naturellement se préoccuper d’enlever le batiment de la partie du sol qu’il occupait. On aurait pu tout simplement le démolir, mais les possesseurs de la maison la considéraient comme un souvenir de famille, et, pour la conserver intacte, ils profitèrent de l’habileté et surtout de l’audace des architectes américains, en même temps que d’un terrain qu’ils possédaient à la crête de la falaise, juste au-dessus du point où avait été jadis bâtie la maison.
- Il s’agissait donc de soulever la construction de toute la hauteur de la falaise, qui, en ce point, a 49 mètres, de l’amener au bord du terrain d’en haut, et de l’y glisser finalement en place, ce qui était la partie la moins malaisée de l’opération.
- Mais la difficulté s’augmentait encore du fait que la falaise n’était pas exactement j#pcndiculaire, quelle présentait seulement une pente extrêmement rapide, et l’on dut partager cette rampe en quatre paliers successifs, entaillés dans la roche, et distants les uns des autres de 9 mètres environ, ce qui permettait d’imprimer à la maison le mouvement de recul correspondant à la montée de ces espèces de marches. Ajoutons tout de suite que cette maison n’a pas moins de 28 mètres de long sur 12 de profondeur, et que, par conséquent, il était d’autant plus délicat de la maintenir durant l’ascension suivant un plan à peu près constamment horizontal.
- On commença tout d’abord, comme cela se passe ordinairement dans les opérations de ce genre, par constituer un plancher sous l’édifice, en y glissant d’énormes poutres de 28 mètres de long, avec un
- équarrissage de 50 sur 40 centimètres; transversalement, et toujours sous la maison, on.mettait en place près de 200 poutrelles d’acier de 15 centimètres. Le soulèvement n’avait plus alors qu'à se faire suivant la méthode classique, mais qui ne s’applique généralement qu’à des différences de niveau assez faibles : on installait des vérins en nombre suffisant, puis ou les tournait d’ensemble, et l’on disposait en dessous de la plate-forme de soulèvement un gril en bois formé de pièces de fort équarrissage.
- On recommençait le mouvement autant de fois que cela était nécessaire, et, au fur et à mesure que le gril s’élevait, on le renforçait par des entretoisements, et aussi par des chaînes raidissant l'ensemble.
- Quand on se trouva à la hauteur du premier palier, de la première marche creusée dans la falaise, on fit agir des palans de renvoi commandés par deux treuils, que des chevaux tournaient en haut de cette falaise, et la maison vint ainsi glisser sur le palier ; puis on reprit une nouvelle étape d’ascension exactement suivant le même principe. Lorsqu'on lut tout à fait à la fin du parcours vertical, on n’eut plus qu’à faire glisser l’édifice sur le terrain où il devait prendre place, et sur les fondations qui lui avaient été préparées.
- La distance parcourue horizontalement était de 61 mètres. On avait employé aux échafaudages quelque 20000 pièces de bois petites et grandes.
- Le travail, exécuté par des entrepreneurs du pays, MM. Eichleay, avait coûté assurément plus cher que la reconstruction complète de la maison ; mais les propriétaires se retrouvaient au milieu des souvenirs qui leur étaient chers, en haut d'une falaise dont la vue est magnifique, et l’art de l'ingénieur avait eu une occasion de faire ses preuves dans des conditions tout exceptionnelles.
- Dax [EL Beixet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Lahviîf, rue de Fleuras. 9.
- La maison exhaussée au troisième palier. (États-Unis.)
- p.224 - vue 228/536
-
-
-
- V 1 (i 0 7. — 12 MAU S 1 U OA.
- LA AA TL KL.
- UNE FERME A SEMENCES AMÉRICAINE
- Lu production de lionnes graines et semences est une nécessité pour la culture, et la France notamment possède un certain nombre de maisons spéciales qui ont ac-
- quis
- une
- répu-
- tation légitime en cette matière.
- Mais il est assurément peu de pays où cette industrie culturale Irès particulière ait pris la même importance qu’aux États-Unis, et surtout oii les établissements qui s’y livrent aient des proportions comparables. On sait que c’est une caractéristique des États-Unis que de tout faire gigantesque ; le marché prodigieux que constitue l’immense territoire de la Confédération américaine per-
- Fic. 1.
- met cette façon de procéder. La variété même des climats offre à toutes les cultures les conditions qui leur sont le plus favorables; quelle que soit l’entreprise agricole que l’on veut poursuivre, on y trouve non seulement le sol, mais encore la température (pii lui convient le mieux. C’est ainsi que la Californie est le lieu de production par excellence d’une foule de graines et semences de Heurs ou de légumes. La vallée de Santa Clara est merveilleusement dotée à ce point de vue par suite de la fertilité de son sol, de
- la régularité de ses saisons, la pluie tombant toujours au moment où la plante a besoin d’humidité
- Machine pour séparer les graines.
- Fig. 2. — La cueillette des fruits dans une plantation d'oignons.
- pour pousser, ie soleil brillant ensuite de tout son éclat quand il faut que la graine mûrisse et sèche avant la récolte. Le fait que les graines et semences sèchent toujours à la chaleur naturelle du soleil, et n’ont pas à être traitées à une source de chaleur artificielle, leur donne une puissance de germination toute particulière qui a contribué justement h doter 32e année. — Ie1' semestre.
- la Californie d’une sorte de monopole dans cette industrie. Dans la vallée de Santa Clara, les terrains de culture des graines diverses couvrent une superficie de plus de 1200 hectares, et la récolte des semences atteint à peu près 500000 kg.
- Mais il est curieux de fournir quelques détails sur une des plus immenses fermes qui se livrent à
- 15
- p.225 - vue 229/536
-
-
-
- LA NAT U HE.
- 226
- cette industrie culturale très spéciale; cette ferme, qui n’a pas moins de 1800 hectares uniquement consacrés à la production des semences, se trouve à Gilroy, en Californie également. On y rencontre environ 150 hectares plantés en pois, 520 sont consacrés aux oignons, 100 aux laitues et autant aux radis, 80 aux carottes, 20 aux tomates, et 20 également aux concombres; une série de champs produisent des graines de persil, de poireau, de panais, etc., et d'autres sont destinés h la production des graines de Heurs diverses.
- Le sol est épais, profond, et donne depuis des années des récoltes remarquables sans qu’on y apporte des engrais (ce qui évidemment ne pourra se prolonger éternellement). Tout se fait scientifiquement dans cette ferme, les cultures suivent des rotations soigneusement étudiées, et la surveillance la plus minutieuse s’exerce quotidiennement sur les difïérentes parcelles; on en tient à jour des cartes renseignant sur l’état et les progrès des plantes qui y sont cultivées, on établit des prévisions de rendement, et l’on sait à l’avance ce que l’on récoltera de chaque espèce de semences. La mise en culture commence en novembre, des labours profonds et répétés étant exécutés au moment des premières pluies ; la mise en terre a lieu en décembre, ou en janvier, suivant les plantes dont il s’agit. Les façons sont au nombre total de 9, dont 5 à la houe, et les sarclages sont effectués de la manière la plus complète, afin qu’il ne reste pas de mauvaise herbe.
- Ces immenses champs d’oignons, par exemple, présentent un aspect très curieux à l’époque de la floraison et de la fructification ; mais le moment le plus pittoresque est naturellement celui de la récolte, où quelque 500 hommes, généralement des Chinois, sont employés à couper les fruits portant les graines. A deux reprises au moins, pour les oignons, on passe dans les champs pour effectuer cette cueillette; les fruits sont coupés alors qu’ils sont encore un peu verts, car autrement ils risqueraient de s’ouvrir d’eux-mêmes et de laisser échapper les graines. On les empile dans des paniers, puis on les vide dans des sacs qu’on charge sur des camions, et ils arrivent ainsi sur le terrain de séchage, où on les étend sur des toiles; on les y retourne fréquemment au moyen de fourches en bois, et, au bout de deux semaines, ils sont complètement secs, la pluie ne survenant pour ainsi dire jamais. On les porte alors à une machine à battre à vapeur, qui, par l’intermédiaire de roues tournant à 600 révolutions par minute, fait sortir la semence de son enveloppe; pour nettoyer complètement les graines, on les jette un instant dans de l’eau, et elles tombent au fond du récipient de lavage, tandis que les pellicules qui les entouraient, et aussi les mauvaises graines, flottent à la surface du liquide. On ne recueille que les graines lourdes, et immédiatement on les met sécher au soleil durant 5 ou 4 jours. Toutes ces opérations se font sur une vaste échelle, et l’on termine par la mise en sac des semences,
- une fois qu'elles ont passé par un moulin à vent.
- La grande ferme à semences de Gilroy se livre constamment à des sélections pour créer de nouvelles variétés, au fur et à mesure qu'elle voit, dans ses champs, apparaître des plantes montrant des tendances à variation; et ses cultures mêmes comportent des variétés très nombreuses afin de satisfaire aux exigences de la clientèle. On a installé de véritables champs d’expérience qui servent uniquement à fixer, de façon définitive, les variétés obtenues une fois qu’on a reconnu en elles des qualités réelles ; de plus, on se livre toujours, dans une serre spéciale, à des essais sur des échantillons des nouvelles récoltes, avant d’en expédier à la clientèle, afin de constater si les semences présentent une vitalité suffisante. D’une manière générale, on ne considère comme bonnes que les graines où le pourcentage de germination atteint 85 pour 100. Toute cette organisation est des plus intéressantes, et surtout par les proportions inusitées que prend cette industrie agricole. Pierre de Mkriel.
- L'AVIATION ET LE VOL UES OISEAUX
- Le Créateur a donné à l’homme la faculté de parler et d’écrire, en même temps qu’une intelligence supérieure, ce qui lui a permis de découvrir et d’utiliser, avec le temps, quelques-unes de ces grandes forces de la nature, qui sont d’ailleurs aussi anciennes que le monde.
- Grâce à ces découvertes, l’homme a pu se rendre à peu près maître des éléments solides et liquides du petit globe sur lequel le tiennent enchaîné les exigences de sa vie matérielle; mais il lui reste à faire la conquête de l’air, car ses ballons, même dirigeables, sont une solution enfantine, si l’on compare leurs mouvements à ceux de l’oiseau. Il ne semble pas que l’on se soit suffisamment occupé, jusqu’à ce jour, du vol de l’oiseau, malgré quelques recherches très remarquables, et cependant la base de l’aviation devrait être l’oiseau, qui sans autre secours que ses ailes, s’élève, se dirige et franchit l’espace avec une extrême rapidité.
- Nous voudrions essayer de montrer que le battement de l’air par l’aile ne suffit pas pour expliquer le vol, et de rechercher la force naturelle à laquelle l’oiseau a recours pour exécuter ses mouvements. Si l’on regarde voler un pigeon, on est étonné du petit nombre de battements qu’il produit à la seconde : 4, 5 ou G au maximum, et si Ton calcule l’effort ascensionnel produit par ces battements, en appliquant les formules usuelles, on trouve, avec 4 battements et une amplitude de mouvement de 120 degrés, que l’effort ascensionnel ne dépasse pas 135 gr. Avec 6 battements l’effort serait de 500 gr.
- Les ailes du pigeon qui a servi de base à cette étude avaient une surface de 74G cm2; leur longueur était de 52 cm ; l’oiseau pesait 585 gi\ L’effort ascensionnel produit par le battement, n’atteignant d’ailleurs son maximum de 500 gr. qu’au moment où l’aile est horizontale, ne lui permettrait pas de s’élever. Dans une autre circonstance on a étudié le vol d’un canard du Labrador du poids de 675 gr.; les ailes avaient 54 cm de longueur et leur surface ensemble était de 786 cm2. En supposant 8 battements à la seconde et une amplitude de mouvement de 60 degrés, on trouve que l’effort vertical ne dépasse pas 260 gr. Le battement de l’air par l’aile n’explique donc pas le vol.
- p.226 - vue 230/536
-
-
-
- ooy
- LA N AT UK K.
- Si l’on étudie la forme et la structure de l’oiseau, on arrive à cette conviction que la force qui permet à l’oiseau de voler est due à la pression atmosphérique qui exerce sur tous les corps à la surface de la terre un effort d’environ 10 000 kilogrammes par mètre superficiel et que l’homme utilise dans les pompes et dans les machines à vapeur à basse pression.
- L’aile de l’oiseau se compose d’une membrure reliée au corps par une articulation. A la membrure sont fixées des plumes composées d’une nervure et de barbes, rigides à la partie antérieure et (lès souples à la partie postérieure. Lorsque l’aile s’abaisse, les barbes souples d’une plume s’appuient sur les barbes rigides de la plume suivante, et la surface de l’aile est imperméable à l’air placé en dessous, air comprimé par le battement. Si l’aile se relève, les barbes souples se détachent, l’air peut passer entre les plumes et son action tend à pousser l’oiseau en avant. L’aile est donc un véritable piston muni de clapets qui se lerment lorsque l’aile s’abaisse et s’ouvrent lorsque l’aile remonte. L’aile est solidarisée avec le corps par les plumes qui le recouvrent et si l’on considère l’oiseau avec ses ailes relevées (lig. 1 et 2), on voit qu’il forme
- 1 2
- une sorte de gouttière dont le corps constitue le fond et dont les ailes forment les cotés. Dans cet espace se trouve emprisonné, de trois côtés, un volume d’air qui, avant le mouvement, est comme l’air enveloppant l’oiseau, à la pression atmosphérique. Si les ailes s’abaissent, le volume compris entre les ailes augmente et la tension de l’air diminue; or il suffit que la diminution soit 1/1000 de la pression atmosphérique pour que la différence des pressions en dessous de l’oiseau et au-dessus soit de 1 gramme par centimètre carré. La surface du pigeon, sans même y comprendre le corps et la queue qui cependant interviennent, est de 746 cm2 et par suite l’action verticale serait supérieure à 746 gr., chiffre à peu près double du poids du pigeon qui est de 585 gr.
- Avec le canard dont les ailes ont 786 centimètres carrés, l’effort atteindrait 786 grammes et l’oiseau pèse 675 grammes. 11 semble que ces considérations montrent l’importance qu’il y aurait à faire des expériences pour vérifier d’abord l’hypothèse et ensuite pour déterminer les conditions les meilleures comme dimensions du corps et des ailes comme amplitude du mouvement et forme à donner aux ailes.
- 11 n’est pas difficile de construire un appareil réalisant l’oiseau, et avec les moteurs et les métaux légers dont on dispose, on peut espérer arriver, dès le début, à construire une machine qui s’élève sans secours, mais il est douteux qu’on obtienne une machine parfaite tant qu’on lie se sera pas rendu compte expérimentalement des dispositions donnant le maximum d’effet.
- Etre maître de l’air serait encore mieux que d’ètre maître de la mer et il semble que la France, dont le génie est si fécond, pourrait devenir la maîtresse de l’air, si elle donnait à ses ingénieurs l’ordre et les moyens d’étudier le problème de l’aviation en prenant pour base le vol des oiseaux. Cii. Diruv,
- Inspecteur général dos ponts et chaussées eu retraite.
- LES TRANSPORTS AUTOMOBILES
- On peut, à juste titre, être frappé de l'énorme disproportion qui existe actuellement entre le développement de l'automobilisme de plaisance et celui de l’automobilisme industriel. On sait avec quelle rapidité a progressé, tant au point de vue technique pur qu’au point de vue commercial cette industrie nouvelle et d’origine essentiellement française. C’est entièrement à l’automobile que l’on doit les moteurs légers actuels, qu’on n’aurait pas cru réalisables il y a seulement dix ans, et qui, dans un avenir certainement rapproché, rendront possible la conquête de l’air. Dès maintenant, avec des poids de moins de 5 kg. par cheval, on peut effectuer, ainsi que l’a montré récemment le colonel Renard dans une communication à l’Académie, des expériences d’aviation fort intéressantes, telles que le soulèvement prolongé d’un hélicoptère muni de deux hélices tournant en sens inverse l’une de l’autre. L’automobile a fait faire également des progrès dans l’outillage, les procédés de fabrication, et aussi dans la métallurgie et en particulier dans les aciers.
- Il semble, étant donnée la vitalité de la nouvelle industrie, que l’automobilisme industriel appliqué au transport en commun des voyageurs, et au transport des marchandises, aurait dû prendre une place importante. Il n’en a rien été. Doit-on attribuer ce fait aux raisons suivantes que nous donnent MM. Forestier et de Chasseloup-Laubat dans leur rapport sur l’automobilisme à l’exposition universelle de 1900 :
- « Il devrait y avoir une différence sensible dans les divers organes d’une voiture automobile, suivant qu’elle est destinée aux voyages de tourisme ou aux services réguliers de transports industriels. Les constructeurs ne semblent pas s’ètre préoccupés de ces considérations, car pour toutes les voitures des concours d’automobilisme industriel, les divers organes et mécanismes des châssis étaient identiques à ceux des voitures des mêmes maisons engagées dans les concours de tourisme. »
- 11 semble que la question de rendement ait été la préoccupation principale des rapporteurs, si on en juge par la phrase suivante qui complète leur pensée : « La traction automobile aurait donc un avenir assez beau pour encourager les constructeurs à chercher à combiner leurs divers dispositifs de transmission de manière à la rendre encore plus économique par une meilleure utilisation de la puissance du moteur. »
- Rendre la traction industrielle économique, toute la question est certainement là. Mais, pour y arriver, il n’y a pas à considérer seulement le rendement, c’est-à-dire la consommation, mais aussi la question essentiellement importante de l’entretien. Avoir une transmission d’un excellent rendement est bien, mais encore faut-il qu’elle donne un fonctionnement certain et de longue durée : absence de pannes, minimum d’usure et de réparations.
- Dans l’entretien, entrent également pour une
- p.227 - vue 231/536
-
-
-
- LA N AT LUE.
- 228
- large part les bandages en caoutchouc. Leur suppression, au moins pour le transport des marchandises, est à rechercher. Les constructeurs ont évidemment trop négligé les applications industrielles qui pourtant présentent un intérêt et un avenir considérables. Toutefois, il paraît actuellement se produire un mouvement dans ce sens, et il vient de se fonder récemment, avec le but principal de propager l’application de la traction mécanique, une nouvelle Chambre syndicale des transports automobiles, dans laquelle on a eu la bonne idée de grouper non seulement les constructeurs, mais aussi les exploitants, c’est-à-dire les industriels susceptibles d’utiliser les moyens automobiles de transport.
- Le salon de l’automobile a montré quelques dispositions intéressantes, telles que le train Renard et
- le camion Hagen. L’inventeur de ce dernier semble s’être inspiré directement des observations que nous avons reproduites plus haut de MM. Forestier et Chasseloup-Laubat au sujet des transmissions dans les voitures industrielles. Le camion Hagen est caractérisé par un changement de vitesse progressif par encliquetage donnant toutes les vitesses de zéro à 14 kilomètres par heure avec un moteur de 12 chevaux seulement pour une voiture d’un poids total de 6 à 7 tonnes dont la moitié environ, soit 5 à 4 tonnes de charge utile.
- Le principe du changement de vitesse Hagen est le suivant : Prenons un essieu moteur muni d’un système d’engrenages différentiels de manière à permettre dans les virages des vitesses différentes des roues motrices supposées calées aux extrémités
- Fig. 1. — Mécanisme du changement de vitesse.
- des arbres du différentiel. Fixons, sur la boîte du différentiel, une roue à rochet et actionnons cette roue à rochet au moyen d’un cliquet dont le point d’articulation est fixé sur un levier qui peut se déplacer concentriquement à Taxe de l’essieu. Donnons à ce levier, en l’actionnant par le moteur, un mouvement régulier d’oscillation.
- On voit immédiatement que l’essieu ne pouvant être entraîné que dans un seul sens par le cliquet se mettra à tourner, à chaque oscillation du levier d’entrainement, d’une quantité correspondant au déplacement angulaire du levier. Plus le déplacement angulaire sera grand, à rapidité égale du mouvement de va-et-vient du cliquet, plus la vitesse moyenne des roues sera grande également. Pour augmenter la vitesse, il suffira donc de faire croître l’amplitude du mouvement du levier d’entrainement portant le cliquet, sans changer la fréquence de ses oscillations. Supposons pour cela que le moteur, tournant
- à une vitesse constante de 1000 tours par minute, communique son mouvement à une manivelle de longueur variable de zéro à un maximum tournant à 300 tours par minute. Relions par une bielle le bouton de cette manivelle extensible à la partie supérieure du levier d’entrainement, de manière que chaque tour de manivelle corresponde à une oscillation double du levier. 11 suffira de faire croître progressivement la longueur de la manivelle de zéro au maximum pour faire croître également de zéro au maximum l’amplitude du mouvement pendulaire du cliquet, et par conséquent la vitesse des roues motrices.
- Comment faire varier la longueur de la manivelle ? La figure 1 montre le dispositif employé. C’est la douille E qui tourne à 300 tours par minute, actionnée par le moteur à pétrole au moyen d’un pignon conique engrenant avec la roue dentée A calée sur E. L'extrémité de E porte un plateau rec-
- p.228 - vue 232/536
-
-
-
- LA NATURE.
- langulaire R formant glissière, dans la longueur duquel se trouve une vis G actionnant un écrou mobile I) portant un tourillon S qui forme le bouton ou maneton de la manivelle à longueur variable ainsi composée. Pour déplacer S il suffit de faire tourner la vis C. Pour cela, la douille E est traversée par un arbre qui porte à son extrémité un pignon conique L engrenant avec le pignon M calé sur la vis. Si L tourne avec la douille E, et à la même vitesse, l’écrou ne se déplace pas, les engrenages L et M restant en prise au même point. Si on arrête L, E continuant à tourner, on déplace l’écrou dans un sens ; si au contraire on fait tourner L plus vite que E et dans le même sens, on déplace l’écrou en sens inverse de précédemment. — La commande de L se fait de la manière suivante : sur l’arbre de L
- se trouve fixé un manchon à grille P qui peut coulisser longitudinalement lorsqu’on le commande par la lige 0. Dans la position de la figure, l’écrou D reste en place. Si on pousse le manchon P à droite, il se trouve embrayé avec la douille fixe N cl L se trouve arrêlé. Si, au contraire, on pousse P à gauche on le met en prise avec des engrenages multiplicateurs F, G, II, K qui font tourner P et par suite L plus vite que la douille E.
- 11 est nécessaire d’avoir un dispositif de sûreté limitant automatiquement les déplacements de l’écrou D. Pour cela le coulisseau D porte deux plans inclinés correspondant l’un à une longueur nulle de manivelle, l’autre à la longueur maxima. Ces plans inclinés sont chargés de déplacer longitudinalement un arbre lisse traversant la douille E et
- Fig. 2. — Transmission intermédiaire. En cartouche, encliquetage.
- agissant au moyen d’un manchon T et de leviers sur la commande du manchon P de manière à débrayer automatiquement celui-ci lorsque l'écrou D arrive à fin de course. La variation de longueur de la manivelle se fait donc très simplement au moyen d’une manette placée sous le volant de direction et agissant sur la commande du manchon P. Cette manette possède trois positions. Poussée en avant, elle commande plus vite. Ramenée en arrière, elle indique moins vite, et, mise dans la position intermédiaire, vitesse constante.
- Le conducteur se contente d’indiquer, au moyen de la manette, le sens dans lequel il veut agir et le mécanisme fait le reste automatiquement.
- La figure 2 montre le dispositif des bielles de commande. Nous avons d’abord supposé une seule bielle reliée directement à la manivelle et un seul cliquet. En réalité, il y a deux bielles C et I) qui agissent successivement et qui sont reliées à un
- balancier R actionné directement par la manivelle.
- La bielle C agit directement sur le levier d'entrainement des cliquets. Ces cliquets sont au nombre de 7 par bielle et agissent par coincement sur une couronne lisse, au lieu d’agir sur la denture d’une roue à rochet. 11 n’y a pas ainsi le temps perdu que donnerait la denture du rochet et de plus le dispositif est plus robuste et est absolument silencieux.
- La seconde bielle 1) qui agit au moment où la bielle C effectue son retour, c’est-à-dire n’est plus motrice, actionne le second levier d’entraînement au moyen d’un levier intermédiaire F.
- Il a été reconnu nécessaire, en raison des à-coups de la marche alternative des bielles, de composer celles-ci de deux parties réunies par des amortisseurs formés de rondelle de caoutchouc. La marche arrière est obtenue simplement au moyen d’un embrayage à dents et d’engrenages d’inversion placés sur l’essieu arrière. Cet embrayage donne d’un
- p.229 - vue 233/536
-
-
-
- L A N A Tl! R K.
- 250
- coté la marche avant, de l’autre côté la marche arrière.
- Ce nouveau système de transmission du camion llagen supprime deux organes qui ne passent pas précisément pour recommandables : l’embrayage à friction et le train baladeur. De plus, il permet de passer progressivement, et avec une simplicité de manœuvre remarquable, d’une vitesse nulle à la vitesse maximum de 14 kilomètres à l’heure, par conséquent de se placer toujours à la vitesse, variable avec le terrain, qui corresponde exactement à l’utilisation maximum du moteur.
- La continuité du changement de vitesse qui permet d’utiliser, à vitesse même très réduite, la puissance entière du moteur, assure des démarrages d’une très grande puissance que vient seule limiter l'adhérence des roues motrices sur le sol et qui permettent de se tirer des plus mauvais pas. L’arrêt en rampe est caractérisé par l’absence de recul sans qu'il soit nécessaire de serrer les freins. Ceci s'explique par la commande par encliquetage qui empêche les roues de tourner en sens inverse de la marche.
- Les divers avantages de cette nouvelle transmission ont permis l’emploi d’un moteur de faible puissance comparativement au poids considérable du véhicule. 11 n'y a, en effet, qu’un cheval pour 6 à 700 kg de poids total, et la vitesse moyenne est très suffisante pour des transports de marchandises.
- Les quatre roues sont munies de bandages ferrés ordinaires. Toutes les pièces du mécanisme sont d’une robustesse qui doit leur assurer une longue durée. Ajoutons, pour compléter, que la consommation d’essence est minime. Dans un essai que nous avons fait, sur le parcours Paris Saint-Germain et retour, avec des routes très boueuses, un poids total de 8455 kg et une charge utile de 5200 kg, la consommation a été de 0,1 litre d’essence à la tonne kilométrique totale et de 0,162 litre à la tonne kilométrique utile. Paui, Gasnier.
- --------
- L EPAISSEUR DE LA GLACE EN SIBÉRIE
- Depuis 1897, des observations sont faites sur l’épaisseur de la couche de glace qui recouvre en hiver les eaux douces en Sibérie.
- Dans le « Meteorologische Zeitschrift », M. Vœikov, avec sa haute compétence, fait connaître les résultats obtenus. Pour permettre au lecteur d’apprécier la valeur des chiffres, il nous a paru nécessaire de les accompagner d’indications sur la température, empruntées au magnifique « Atlas climatologique de l’Empire russe », publié en 1900 par l’observatoire Nicolas (de Poulkovo).
- Sur l’ienissei, par exemple, la couverture varie de 0m,90 à 0m,70.
- En général, d’après l’expression même de M. Vœikov, l’épaisseur de la couche de glace des fleuves sibériens n’est pas très considérable et correspond à une moyenne qui n’a rien d’exagéré. Deux régions peuvent faire exception et ce sont des exceptions qui présentent un intérêt particulier : sur l’Iénissei, par exemple, la couverture varie de 0m,90 à 0'n,70. „
- La première se rencontre tout naturellement à l’extré-
- mité septentrionale de la Sibérie, dans la « toundra », cet épouvantable désert qui occupe tout le nord du pays. Dans cette région des nombres très élevés ont été notés, 2m,35, 2m,30, 2“,55 à Rousskoyé Oustié, sur l’indigherka par 71° de latitude nord, et 2m,05 à 2ra,l5 à Boulonn, hameau situé en amont de la pointe du delta de la Léna par 70° 45'de latitude. Cette région est comprise entre les isothermes annuels — lt>° et — 14°, et en décembre, janvier et février la température moyenne varie de — 54° à — 36°.
- Plus au sud, sous le 67°50'de latitude, àVerkhoyank, la nappe de glace qui recouvre la Yana ne dépasse pas lm,80, ce qui est déjà une assez belle épaisseur. Cette diminution dans la puissance du revêtement, très naturelle, semble-t-il, eu égard à la position moins septentrionale de cette région que les localités citées plus haut, est, au contraire, fort singulière en raison de la température excessive de cette ville. Yerkhoyank est, en effet, aux environs du pèle du froid de l’ancien monde. La température movenne des trois mois d’hiver est, dans cette région, de — 44° à — 48°, et on a observé —07°,8.
- A une latitude beaucoup plus méridionale, entre h* 51° 30' et le 53° 30' de latitude qui correspondent dans nos régions aux parallèles de Londres et de Hambourg, c’est-à-dire en Transbaïkalie, l’épaisseur de la couche de glace varie de 1 mètre à 2™,35. Les cours d’eau de cette province, l’Amour supérieur et ses affluents, la Chilka, l’fngoda et l’Argoun, présentent, au point de vue qui nous occupe, une particularité très remarquable. Pendant le même hiver, d’une localité à l’autre et pendant deux hivers consécutifs, la glace qui les recouvre acquiert une épaisseur très différente. Ainsi le même hiver on a observé dans trois stations sur les bords de l’Ar-goun : 1m,77, lm,40, lm,40; dans trois stations sur les bords de l’ingoda, lm,40, lm,80, 2m,10; sur les bords de la Chilka, à Sretensk, 1 mètre; dans deux stations, lm,40; dans dix stations, 1m,80. L’hiver suivant, à Sretensk, au lieu de 1 mètre, on a noté une épaisseur de 2™,35. Dans trois stations de l’Amour supérieur, deux saisons on a relevé respectivement ; 1"’,05 et lm,40; lm,05 et tm,80; lm,60 et lm,40. Signalons enfin qu’à Ekaterin-skoyé, par 50° 30' de latitude, la glace a atteint une puissance de 2m,50 !
- Et pourtant le climat de la Transbaïkalie est singulièrement moins rude que celui de la toundra, riverain de l’océan- Arctique et de Verkhovanski. A Tchita, sur l’In-goda, la température moyenne annuelle est 0°, et celle de l’hiver.
- Cette croissance énorme de la glace dans le haut bassin de l’Amour se produit lorsqu’il y a peu ou point de neige ; les variations de puissance que présente la carapace cristalline dans cette région dérive également du plus ou moins d’épaisseur de la neige.
- En raison de sa mauvaise conductibilité, la neige arrête la croissance de la glace. Aussi bien pour empêcher que les cours d’eau et les lacs peu profonds ne gèlent jusqu’au fond et que cette congélation totale ne détruise le poisson, lequel constitue leur principal aliment, les Yakoutes, rapporte M. Vœikov, recouvrent la glace de branches de pins. Ces entassements de branchages déterminent la formation de monceaux de neige et, par suite, arrêtent l’accroissement de la glace.
- D’après les observations de Middendorff, confirmées depuis par Maack, la nappe de glace sur les lacs ne dépasserait pas 2m,40 et, en règle générale, varierait entre lm,50 et lm,80. Charles Rabot.
- p.230 - vue 234/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- ACCUMULATEUR-RÉGÉNÉRATEUR DE VAPEUR
- Dans un précédent numéro de cette revue1 nous avons, en parlant de la turbine à vapeur Rateau, dit quelques mots de son application à l'utilisation des vapeurs d’échappement des machines à vapeur à fonctionnement intermittent, machines dont l’emploi est, pour ainsi dire, général dans les exploitations de mines et dans les aciéries. En présence des excellents résultats obtenus jusqu’ici et de l’avenir réservé à cette application, nous croyons intéressant de revenir sur cette question et de décrire, tout au moins sommairement, l’accumulateur étudié par M. Rateau et qui est l’organe principal de cette nouvelle application de la turbine à vapeur.
- Rappelons tout d’abord le but qu’a cherché à atteindre M. Rateau et prenons, comme exemple, une exploitation de mines. Les machines à vapeur qui servent à actionner les câbles auxquels sont suspendues les cages contenant les bennes qui remontent la houille du fond, du puits d’extraction, ont forcément une marche intermittente. Au début de l'ascension et pour obtenir l’enlèvement des cages, la machine produit son effort maximum, puis, le mécanicien fermant l’arrivée de vapeur, la cage continue sa marche ascendante, par son lancer, jusqu’à l’orifice du puits où elle s’arrête un certain temps, afin de permettre le déchargement des bennes. La machine à vapeur repart ensuite et la même opération se reproduit. Pour une durée d’un peu plus d’une minute que nécessite l’ascension de la cage et son déchargement, pour un puits de 200 mètres par exemple, la vapeur agit dans les cylindres pendant à peu près 18 à 20 secondes, c’est-à-dire pendant seulement un laps de temps variant du tiers au quart de la durée de l’opération complète. Cette intermittence de marche rend difficile l’application aux machines à vapeur d’extraction soit du système compound,soit du condenseur. Elles fonctionnent donc habituellement avec échappement à l’air libre, et perdent ainsi tout l'avantage économique résultant de l’emploi de la condensation, en inutilisant toute la puissance dont est encore capable la vapeur qui sort des cylindres à la pression atmosphérique. C’est un véritable gaspillage dont nous allons montrer l'importance. Si nous prenons les mines du Pas-de-Calais et du Nord, l'extraction moyenne par puits est de 200 tonnes de bouille à l’heure remontées d’une profondeur de 250 mètres, ce qui représente un travail de la machine de 175 chevaux. Or, étant données les mauvaises conditions de fonctionnement de ces machines à vapeur, la consommation de vapeur de celle-ci, par cheval-heure, s’élève a environ 40 kg, ce qui, pour une puissance de 175 chevaux, représente une consommation totale de vapeur, par heure, de 7000 kg s’échappant des cylindres à la pression atmosphérique. Or, un cheval-heure produit par de la vapeur qui travaille entre la pression atmosphé-
- 1 Yoy. u° 1599, du 16 janvier 1904, p. 105.
- rique et un vide au condenseur de 0,15 kg consomme environ 15 kg de vapeur; c'est donc une puissance de 400 chevaux, par puits, qui s’en va dans l’atmosphère et est totalement perdue. C’est cette puissance inutilisée que M. Rateau récupère, en envoyant la vapeur, sortant du cylindre de la machine d’extraction, à une pression voisine de la pression atmosphérique, dans une turbine à vapeur à basse pression, munie d’un condenseur, en la faisant passer, tout d’abord, dans un accumulateur dont nous parlerons tout à l’heure.
- Si, au lieu d’une machine d’extraction, nous prenons les machines à vapeur, également à marche intermittente, qui servent à actionner les laminoirs réversibles des aciéries, nous verrons encore que,
- Cchaptmachir lll d'extraction
- Fier, i _ — Accumulateur à plateau* de fonte et eau.
- dans ce cas, avec des machines à vapeur consommant 20 000 kg de vapeur par heure, et elles ne sont pas rares, il est possible d’alimenter avec la vapeur de décharge une turbine à vapeur pouvant produire plus de 1000 chevaux.
- On comprend l’importance, au point de vue économique, de la récupération d’une pareille perte d’énergie, surtout aujourd’hui où, en présence de la concurrence effrénée qui s’accentue chaque jour, il est de l’intérêt des exploitants de mines et des directeurs d’usines métallurgiques de rechercher tous les moyens possibles pour abaisser le prix de revient, en faisant produire aux machines leur maximum de rendement.
- Comme nous venons de le dire, M. Rateau, pour récupérer cette puissance énorme inutilisée, envoie la vapeur de décharge de la machine à marche inter-
- p.231 - vue 235/536
-
-
-
- 252
- LA NA'ITNE.
- à marche régulière telles que : dynamos, pompes centrifuges, etc. ; elle doit donc recevoir la vapeur d’une manière régulière. D’un antre coté, la machine primaire, comme nous l’avons vu et qui doit fournir cette vapeur, a une marche intermittente; tantôt elle en fournit, tantôt elle marche «A vide. Elle ne peut donc alimenter la turbine que par intermittence. 11 fallait trouver un moyen pratique de régulariser ce débit, en transformant le llux de vapeur intermittent en tlux continu. C’est pour obtenir ce résultat de première importance que M. lîaleau a étudié 1’ « accumulateur-régénérateur de vapeur ».
- Cet appareil, placé entre le moteur primaire à marche intermittente et la turbine à vapeur, se com-vapeur de décharge, sert à actionner des machines | pose d’un réservoir contenant des matières destinées
- Fi". 2. — Àccurnulatnur à eau.
- 1, coupe transversale ; 2, cou]>e longitudinale; 3, tuyautage (l'amenée de la vapeur.
- mittenle dans une turbine à vapeur à basse pression munie d’un condenseur. Au lieu de se servir d’une turbine il serait possible d’employer, pour cette récupération, une machine ordinaire à pistons. Mais alors, étant donnée la faible pression de la vapeur, les dimensions des cylindres et, par suite, de la machine seraient excessives. De plus, des condensations considérables se produiraient dans les cylindres et le rendement du moteur serait très faible. La turbine à vapeur dont la vitesse de rotalion est grande et où les condensations de vapeur sont nulles, évite ces inconvénients et l’emplacement, qu’elle occupe est réduit à son extrême limite; elle offre donc tout avantage. Mais ici se présentait une difficulté. La turbine à vapeur, alimentée par la
- à servir de volant de chaleur. Lorsque la vapeur venant de la machine primaire arrive en abondance, celle-ci s’accumule et se condense sur ces matières, en élevant la pression et la température dans l’accumulateur. Au contraire, pendant que la machine primaire se ralentit ou marche à vide, la turbine à vapeur continuant à fonctionner, la pression dans l’accumulateur s’abaisse ainsi que la température et, grâce à ce fait, la vapeur condensée se vaporise en produisant ainsi le flux continu de vapeur nécessaire à la marche de la turbine. Les variations de pression et de température de ce flux de vapeur doivent naturellement être maintenues dans les limites très étroites qu’il est, du reste, facile d’obtenir en proportionnant convenablement le poids des matières formant volant de chaleur. En fait, les oscillations ont une valeur de 5° h 6° C. correspondant à des oscillations de pression de 0,15 à 0,25 kg par centimèlre carré.
- On peut donner à l’accumulateur-générateur de vapeur trois formes différentes, suivant la constitution de la matière formant volant de chaleur. Ce volant de chaleur peut être obtenu au moyen de plateaux de fonte et d’eau. Dans ce cas, il est formé d’une ou plusieurs cuves cylindriques en tôle (fig. 1 ), placées verticalement et renfermant dans leur intérieur des plateaux ou cuvettes annulaires en fonte qu’on remplit d’eau et entre lesquelles circule la vapeur. La vapeur de décharge de la machine primaire arrive par D et se distribue aux cuvettes par le canal central F. Une partie de celte vapeur passe directement le long des parois de la cuve pour aller par le tuyau E à la turbine; une autre partie se condense sur les cuvettes pendant l’échappement de la machine primaire pour se reformer ensuite pendant les périodes d’arrêt de cette machine.
- Le volant de chaleur peut être également formé d’une simple masse d’eau dont la capacité calori-
- p.232 - vue 236/536
-
-
-
- LA N ATI! R K.
- fi que est, comme on sait, très grande. Le poids de raceumulaleur se trouve ainsi réduit, ainsi que les frais d’installation.
- Mais, d’un autre côté, l’eau étant très mauvaise
- conductrice de la chaleur, il était de toute nécessité d’étudier un dispositif permettant de communiquer, en peu de temps, à cette masse d’eau la quantité de chaleur considérable de la vapeur à condenser.
- Fig. 5. — Installation de l'usine de Iïruay.
- L’appareil (fig. 2) se compose d’une chaudière cylindrique horizontale, en grande partie pleine d’eau, à l’intérieur de laquelle sont disposés de gros tuyaux horizontaux À de forme elliptique, allant d’un bout à l’autre de la chaudière et laissant entre eux des cheminées centrales B. La vapeur est amenée dans les capacités A et, de là, pénètre dans la cheminée B par un grand nombre de trous percés dans les parois latérales du tuyau A, dans le but de diviser le lluide et d’éviter les soubresauts. Le flux de vapeur, se dégageant ainsi dans les cheminées, provoque un mouvement intense du liquide qui permet de réaliser la circulation énergique dont nous parlions tout à l’heure. Des tôles horizontales empêchent les projections d’eau vers le tuyau de prise de vapeur. Pour une même puissance régénératrice, un accumulateur
- «
- à eau seulement pèsera neuf fois moins qu’un appareil avec volant de chaleur purement métallique.
- Un appareil de ce type va être installé aux mines
- de Béthune (Pas-de-Calais) et doit servir à fournir la vapeur à une turbine de 550 chevaux actionnant des compresseurs centrifuges fournissant de l’air comprimé à 6 kg. On utilise la vapeur de décharge d’une machine d’extraction et d’autres machines sans condensation. Le poids d’eau formant volant est de 10 tonnes.
- Le premier dispositif (pie nous avons décrit fonctionne depuis le mois d’août 1902 aux mines de Bruay. La figure 5 représente l’installation des accumulateurs et de la turbine à vapeur. On a pu ainsi récupérer, avec une faible dépense de premier établissement, une puissance de 500 chevaux fournie par la vapeur d’échappement de la
- Fig. I. — Turbo-ventilateur pour soufflage de hauts fourneaux.
- p.233 - vue 237/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 254
- machine d’extraction et de celle du ventilateur. Le poids total de fonte contenu dans les accumulateurs est de 40 tonnes. Une installation semblable comprenant deux turbines à vapeur de 550 chevaux chacune est en montage aux mines de la Réunion (Espagne); mais, dans ce cas, pour des raisons particulières, l’accumulateur de vapeur est constitué par de vieux rails. On utilisera la vapeur de décharge d’une machine d’extraction et d’une machine motrice de pompes. Les turbines à vapeur actionnent des alternateurs triphasés de 220 kw. De nombreuses installations sont décidées en France et à l’Etranger pour plusieurs milliers de chevaux, notamment : 2000 chevaux aux aciéries du Donetz, 700 chevaux aux aciéries Pœnsgen à Düsseldorf, 400 chevaux aux Mines de Fontaine-l’Évêque (Belgique) etc....
- Ces exemples montrent quelques-unes des applications de la turbine à vapeur à basse pression à l'utilisation de la vapeur de décharge des moteurs à marche intermittente. Mais il en est beaucoup d’autres également fort intéressantes. Parmi celles-ci nous citerons, avant de terminer, les turbo-pompes permettant de réaliser de très grands débits d’eau à de très grandes hauteurs ; les turbo-ventila-teurs servant à la ventilation des mines ; les turbocompresseurs permettant d’envoyer au fond du puits des mines de l’air comprimé à forte pression pouvant servir à la force motrice ; enfin, les turbo-ventilateurs permettent le soufflage des hauts fourneaux. La figure 4 représente une machine de ce genre, conçue par M. Rateau, en fonctionnement depuis trois mois aux aciéries de Commentry et servant à envoyer au haut fourneau un débit de 25 mr> d’air par seconde à la pression de 2 à 3 mètres
- d’eau. R. Ronnix.
- —
- UN HOPITAL POUR LES OISEAUX
- C’est en Angleterre qu’exerce un médecin-spécialiste désigné dans le pays sous le nom de « Docteur des Poules », quoique ces dernières ne soient pas les seules volailles auxquelles il donne ses soins; toute la gent emplumée trouve place dans les nombreuses cages du dispensaire qu’il a ouvert, près de Londres, à Nprwood, et qui se signale à l’attention du public par un oiseau empaillé placé au sommet de l’une de ses tours. M. d’Adhémar a donné, dans le (( Journal de l’Agriculture ’», quelques intéressants détails sur cet établissement dont aucun pays ne possède le similaire. L’idée d’installer un hôpital pour les poules, pigeons, canards, etc., est venue à M. Wale, c’est e nom du directeur de l’établissement, à la suite d’une grave épidémie qui sévit sur son poulailler et y fit de nombreuses victimes. Son désespoir fut immense de voir périr ses malheureuses volailles et il résolut de chercher un remède à leurs souffrances. Il y réussit, sauva plusieurs de ses pensionnaires ailés, si bien qu’au bout de peu de temps ses voisins, informés de ses succès, lui apportèrent leurs malades.
- M. Wale eut non seulement dès cette époque une consultation très suivie, mais fut inondé de lettres demandant des conseils. Bref, l’hôpital est maintenant encombré et les salles, partagées en petites cages construites d’après
- les derniers principes de l’hygiène, sont constamment pleines. Bien des animaux malades y arrivent presque morts, leurs propriétaires les envoyant au dispensaire pour s’en débarrasser, stipulant seulement qu’ils désireraient connaître les causes de leur décès; et quand, à force de soins, ces supposés incurables sont remis sur patte, le brave docteur n’abandonne plus ses convalescents.
- La renommée du docteur des Poules ne saurait faire autrement que s’accroître, et son courrier quotidien étonnerait bien des gens autant par son volume que par sa variété. De l’Afrique du Sud, de l’Australie, du Canada, de partout enfin, on réclame ses soins ou plutôt ses conseils. Les remèdes consistent en pilules, qui, fabriquées au dispensaire, se vendent par grosses et très peu cher. Matin et soir, les animaux malades en absorbent deux, ce qu’ils font du reste très facilement. Naturellement la composition de ces pilules reste le secret de M. Wale. Bien plus, il aborde, quand le cas l’exige, la petite et la grande chirurgie et réussit à guérir presque toutes les blessures. Remettre une patte ou panser une aile n’est qu’un jeu pour lui, à tel point que les personnes compatissantes lui ont décerné un titre plus touchant que celui de « docteur des poules », le nom d’« ami des oiseaux ». W. D.
- LES POMPES A INCENDIE AUTOMOBILES
- La lutte contre les incendies revêt, depuis quelques années, une forme nouvelle. La tactique reste la même aujourd’hui qu’autrefois, mais les procédés se sont sérieusement modifiés, et, si de temps à autre nous avons encore à enregistrer de grands sinistres, il n’en est pas moins vrai que leur nombre diminue chaque année dans une notable proportion.
- Les résultats que l’on est parvenu à obtenir actuellement dépendent moins de la puissance des appareils que de la rapidité avec laquelle ces mêmes appareils sont amenés sur le lieu du sinistre. Un incendie qui se déclare sera facilement éteint avec quelques litres d’eau si cette faible quantité de liquide est jetée à temps sur le foyer; mais un véritable torrent sera impuissant à le combattre s’il a rencontré des matières inflammables qu’on lui a laissé le temps d’atteindre. Les minutes, les secondes même, ont donc ici une valeur considérable.
- Dans les agglomérations, les feux les plus insignifiants au début peuvent occasionner de véritables catastrophes. C’est pourquoi on a « constitué » des corps spéciaux de pompiers qui fussent prêts, à la moindre alerte, à se rendre sur les lieux. De même divers systèmes d’engins traînés par des chevaux ont été imaginés et rendent de très grands services; mais, en présence du progrès mécanique de ces dernières années, l’automobilisme, naguère encore à ses débuts, a pris possession de la pompe à incendie et dans tous les pays la réunion de ces deux appareils a donné lieu aux plus intéressantes recherches. La traction «à vapeur a été le premier système de locomotion automobile essayé.
- Le modèle le plus ancien que nous connaissions remonte à 1840, c’est-à-dire à une époque où la vapeur commençait à peine à faire parler d’elle. Cette première conception de pompe à incendie automo-
- p.234 - vue 238/536
-
-
-
- LA nature:
- 2;
- Ô5
- bile n'a rien qui puisse nous choquer dans son aspect, malgré l’époque; c’est un véhicule que ne renieraient pas les créateurs de l’automobilisme actuel alors qu’ils se livrèrent à leurs premières expériences, il y a quelque quinze ou vingt années. Et cependant son inventeur Paul Rapsey Ilodge, de New-York, en commença la construction le 12 décembre 1810, et, le 27 mai 1841, la pompe fit sa première sortie à Hall-Park. Son mécanisme était très simple, comme on peut en juger. La chaudière, du type multitubulaire horizontal, était pourvue d’un loyer circulaire ; la machine était à deux cylindres que traversaient les tiges des pisfons. Lorsque la pompe arrivait à destination on soulevait l'arrière-train et les roues servaient de volant à la machine : c’est là une solution originale du débrayage et de l'embrayage réalisé aujourd’hui partout, d’une façon moins primitive il est vrai. Pendant les essais elle rejeta 4460 litres d’eau à la minute à une hauteur de 49m,80 par un orifice de 0 centimètres de diamètre. Malgré ces brillants résultats elle n’eut qu’une très courte carrière à cause de son poids trop élevé et aussi, dit-on, de la perturbation trop grande qu’elle eût entraînée à cette époque dans le corps des pompiers américains.
- Sans avoir l’intention de parler de toutes les pompes automobiles qui ont été imaginées depuis lors jusqu’à nos jours, il n’en est pas moins intéressant de constater que les recherches n’ont jamais cessé en Amérique. William L. Loys, de Philadelphie, étudia en 1851 une pompe qui, il est vrai, n’eut pas les honneurs de la construction, mais dont le principe se retrouve aujourd’hui dans les engins à chevaux de premiers secours. L’auteur avait en effet songé à faire usage de l’acide carbonique pour mettre la machine en marche jusqu’à ce qu’il y ait assez de vapeur. M. A. B. Latta, de Cincinnati, se spécialisa dans la fabrication des pompes à vapeur en général. 11 construisit en 1854 le ‘second engin automobile dont la chaudière remplie d’eau froide engendrait une pression suffisante en 5 minutes 40 secondes; son poids était de 9070kg et la pompe rejetait l’eau à une distance de 94m,50 par un orifice de 4 centimètres 1/2 de diamètre. Cette machine tint pendant plusieurs années le premier rang des appareils similaires du monde entier. *
- Nous ne signalerons plus que pour mémoire les pompes américaines de MM. Lee et Larned de New-York qui purent se rendre des ateliers où elles avaient été construites à leurs destinations respectives : la Nouvelle-Orléans et Philadelphie, par leurs propres ressources.
- L’ancien continent a mis moins d’empressement que le nouveau à étudier la traction mécanique dans cette application particulière. Le premier de ces véhicules qui fut construit en Angleterre et peut-être bien en Europe, est celui de M. Roberts, de Millwall, en 1862. Le second apparut peu après et sortit des ateliers Merryweather dont les systèmes sont à peu près les seuls connus en Grande-Bretagne.
- La « Jumbo », tjui jouissait à l’époque d’une grande réputation, fut fabriquée parla Manchester Locomotive Work pour la ville de Hartford. La chaudière avait 1 mètre de diamètre, lm,85 de hauteur, et contenait 301 tubes de 4 centimètres de diamètre sur 0m,65 de longueur. Son poids était de 7710 kg, et le débit, de 4543 litres à la minute, put être porté à 6133 pendant les essais. Elle projetait l’eau à 71m,74 de hauteur par un orifice de 3 centimètres. Sa mise en marche nécessitait une pression de 20ks,585 et elle se déplaçait à la vitesse de 40 km à l’heure. La transmission s’effectuait par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin sur des roues dentées. Enfin, le déplacement d’une simple cheville permettait d’utiliser la force motrice indifféremment pour la propulsion ou pour la pompe.
- Les modèles actuellement en usage dans le corps des pompiers de Londres sont construits par la maison Merrywalher, La chaudière tubulaire est verticale; une pression de I kg 1/2 environ est entretenue en permanence par un jet de gaz lorsque lajoi-ture est dans sa remise. Dès qu’un incendie est signalé on substitue le chauffage par le pétrole au précédent et la vaporisation se produit instantanément; en une minute et demie la pression est portée à 6 kg et le véhicule se met en route. Le réservoir à pétrole contient 120 litres; une pompe à air, commandée par le moteur, y entretient une pression de 3 kg. A l’exposition internationale de Londres en 1903 une maison allemande présenta une pompe automobile qui semble caractériser le progrès actuel de nos voisins dans cette branche de l’industrie. Ce véhicule est pourvu de deux moteurs, l’un pour la traction et l’autre pour actionner la pompe, alimentés par une chaudière à vapeur unique de grandes dimensions. Il diffère des précédents par l’adjonction de réservoirs d’acide carbonique liquide permettant d’obtenir instantanément la pression dans les cylindres du tracteur pour partir immédiatement pendant que la chaudière se met sous pression.
- Après avoir consacré une partie de notre étude aux pompes automobiles étrangères, il convient de dire ce qui se fait chez nous et en particulier à Paris qui jouit d’une organisation tout à fait spéciale. Notre corps de sapeurs-pompiers possède actuellement des automobiles électriques et à vapeur. Les premières sont des appareils de premiers secours à cause de leur mise en marche instantanée ; elles comprennent les pompes et les fourgons.
- Les pompes électriques reçoivent le courant nécessaire d’une batterie d’accumulateurs placée sous le châssis ; elles transportent une pompe à incendie ordinaire alimentée par un liquide extincteur et un dévidoir sur lequel sont enroulés 40 mètres de tuyaux. A l’arrivée, sur le lieu du sinistre, le moteur est employé à actionner la pompe. L’engin pèse 2900 kg en ordre de marche, c’est-à-dire y compris 3 hommes et 400 litres d’eau ; il peut parcourir 60 km à la vitesse de 19 km à l’heure, vitesse qui atteint 22 km sur une excellente route. La pompe est à trois corps
- p.235 - vue 239/536
-
-
-
- 250
- LA NATURE.
- et débite 80 litres à la minute par un orifice de 7 mm employé seulement dans le cas où elle fonctionne avec sa seule provision d’eau, et une pression de A atmosphères. Un second orifice de 10 mm peut être utilisé lorsque l’on dispose d’une ressource d’eau quelconque ; enfin si une bouche d’incendie se trouve à proximité, on opère les raccords entre les tuyaux de refoulement et ceux branchés sur cette bouche; le moteur devient alors disponible. On peut égale-
- Fi". 1. — Première pompe à incendie automobile construite en 1840.
- trois lances en manœuvre, d’échelles, d’engins de sauvetage, de lampes électriques, etc. L’échelle électrique automobile est équipée comme les appareils précédents; c’est une sorte de camion destiné au transport d’une échelle et de quatre hommes.
- Au dernier Salon de l’Automobile et du Cycle, la
- ment utiliser une partie de l’énergie des accumulateurs pour l’éclairage des sinistres nocturnes à l’aide de lampes à arc ou à incandescence.
- C’est encore à l’électricité que l’on a demandé la traction des fourgons à cause de l’instantanéité des départs. Cette voiture pèse 5100 kg et peut effectuer les mêmes parcours que la pompe aux mêmes vitesses. Le dévidoir reçoit 240 mètres de tuyaux et est accompagné du matériel nécessaire pour mettre
- Fig. 2. — La pompe automobile de M. Latia, de Cincinnati, construite en 1854.
- Ville de Paris a exposé un modèle nouveau de pompe à incendie automobile à vapeur, étudié par M. le lieutenant-colonel Vuilquin, et construit par la Société anonyme des Établissements Weyher et Richemond. La chaudière est timbrée à 10 kg; la machine est verticale à 2 cylindres compound. A la pression nor-
- male au petit cylindre la machine développe une puissance de 55 chevaux à la vitesse de 500 tours h la minute, et dans les cas exceptionnels, comme par exemple s’il s’agit de gravir une forte rampe, on peut effectuer le décompoundage; la puissance est alors portée à 45 et 50 chevaux. La température de la chaudière est constamment maintenue à 100°; cela permet d’obtenir la pression nécessaire à la mise en marche en quelques minutes. L’équipage de la pompe est de 11 hommes et son armement comporte 000 mètres de tuyaux et 9 lances dont 5 grosses
- et 6 petites, quatre tuyaux d’aspiration, deux dévidoirs à bobine, une échelle à crochets et le matériel accessoire. Le débit nominal prévu est de 1000 litres par minute et 2000 litres en marche exceptionnelle. La vitesse normale est de 24 km à l'heure. Ainsi que dans la plupart des systèmes que nous avons étudiés, la machine motrice de cette nouvelle pompe à incendie antomobile est alternativement employée à la traction du véhicule et au fonctionnement de la pompe.
- Les seuls agents moteurs dont nous ayons eu
- p.236 - vue 240/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 237
- jusqu'ici l’occasion de parler sont la vapeur et l'électricité ; mais il en existe un troisième très répandu et fort en honneur dont il nous est impossible de ne
- Fig. b. — La pompe « Jumbo » de llarlfort.
- cas où la vapeur et l’électricité sont inapplicables. Je veux parler du moteur à explosion, il y a quelques
- Fig. 7. — Pompe anglaise.
- et MM. Thirion et fils, bénéficiant du progrès, ont pu la mettre en pratique définitivement. Dans les
- Fig. 0 — La nouvelle pompe automobile à vapeur.
- que les électriques ; mais dans les bourgades de moindre importance où n’existe aucun secteur, le moteur à explosions, grâce à la rapidité de sa mise en marche, est tout désigné pour actionner les pompes et rendre les départs presque instantanés.
- pas signaler l’avènement, car il se prêle admirablement aux nécessités du service particulier qui nous intéresse et peut, de plus, être utilisé dans tous les
- Fig. G. — Pompe Lee et Larned.
- années déjà, M. Portai, capitaine des pompiers de Rennes, eut l’idée de réaliser ce genre de véhicules
- Fig. S. — Le fourgon électrique.
- grandes villes les pompes automobiles à essence ou à pétrole ne sauraient, rendre de meilleurs services
- Fig. 10. — La pompe à pétrole de la ville de Limoges.
- Au Salon de 1902, les constructeurs présentèrent une de ces voitures équipée avec un moteur de huit chevaux, et à celui de 1903, ils ont exposé un nouveau modèle de 15 chevaux destiné à la ville de Limoges. Cette pompe, capable de donner 1000 litres
- p.237 - vue 241/536
-
-
-
- 258 LA NATUI1F.
- d’eau par minute, a une portée horizontale de 45 mètres et verticale de 55 mètres. C’est un engin très puissant qui pèse 2000 kg environ.
- Celle revue sommaire des pompes à incendie automobiles se présente donc sous le même aspect que l’automobilisme en général puisque, ici encore, nous retrouvons aux prises les trois agents : vapeur, électricité, pétrole. Mais comme le problème se pose sous des conditions bien spécifiées et tout à fait particulières, il y a tout lieu de croire que les rivaux trouveront chacun des applications spéciales résultant de leurs qualités propres et qu’ils sont destinés à progresser les uns et les autres et à vivre en parfaite harmonie. Lucien Fournier.
- NECROLOGIE
- Henry Perrotin. — C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris, par un télégramme, la mort le 29 février dernier de l’éminent directeur de l’Observatoire de Nice. M. Perrotin avait à peine 58 ans, et il paraissait d’une robuste santé. Il a été emporté après une courte maladie. Tous ceux qui connaissaient le savant jugeront que c’est une grande perte pour l’Observatoire de M. Bischoffsheim et pour l’Astronomie. Il laisse, en effet, derrière lui de nombreux travaux qui honoreront sa mémoire.
- On peut bien dire de lui qu’il fut le fils île ses œuvres. Il avait débuté modestement à l’Observatoire de Toulouse; il se fit très vite remarquer, par la précision de ses observations et par la sûreté de son jugement. Il franchit rapidement les premiers grades et devint astronome titulaire. C’est à Toulouse, il y a près de vingt ans, que M. Bischoffsheim alla le chercher pour diriger l’établissement superbe qu’il venait de fonder sur l’emplacement du mont Gros, à quelques kilomètres de Nice. Dans le nouvel Observatoire Henry Perrotin donna toute sa mesure. Bon organisateur, excellent administrateur, il imprima vite un grand essor aux recherches astronomiques sous ce beau climat du midi. 11 sut choisir ses collaborateurs et leur communiquer le feu sacré. On travailla beaucoup dès le début et l’on a continué sans trêve et avec assez de succès pour que l’Observatoire de Nice se classât en quelques années parmi les premiers observatoires du monde entier, M. Perrotin dirigeait aussi la succursale du mont Mounier située à 2900 mètres dans une situation exceptionnelle, au milieu d’une atmosphère meilleure encore que celle de Nice, surtout en hiver pour certaines recherches. Perrotin allait s’installer là quelquefois en décembre et janvier, au milieu des neiges et isolé, relié seulement par un fil télégraphique à l’Observatoire du mont Gros, poursuivant ses travaux notamment sur la planète Vénus. Nous ne rappellerons pas ses diverses l’echerches réunies dans les beaux volumes des Annales de /’Observatoire : Observations sur les canaux de Mars, sur la planète Éros, sur les essaims d’étoiles filantes, etc. Dans les dernières années il avait, avec les conseils du regretté Cornu, mené à bien les difficiles expériences sur la détermination de la vitesse de la lumière exécutées sur une échelle inconnue jusque-là et avec des dispositifs d’une précision remarquable : ce grand travail augmenta encore sa renommée. L’Académie des Sciences l’avait nommé correspondant dans la Section d’astronomie.
- La place nous manque pour dire tout ce que fut l’astronome. Quant à l’homme, c’était la bonté même. Directeur et astronomes vivaient au Mont Gros comme en famille dans ce site admirable qui domine Nice et la mer bleue. La plupart des astronomes de l’Europe et de l’Amérique ont été admirer les installations si complètes de l’Observatoire, un vrai palais élevé en l’honneur de l’Astronomie. L’hospitalité aimable et large de M. et M"10 Perrotin était bien connue des savants. On y rencontrait souvent, poursuivant des études personnelles, pour ne citer que ceux qui ne sont plus, le général Périer, Paye, Tisserand, A. Cornu, tous noms illustres; d’autres encore qui, Dieu merci, sont bien vivants, MM. Darboux, Mascart, général Bassot, Troost, Poincaré, Lippmann, etc. M. Perrotin était heureux de les initier à ses travaux en cours.
- C’est fini. La mort a passé là. L’Observatoire est en deuil. Les couronnes qui viennent de France et de l’étranger témoignent des regrets attristés de tous ceux qui ont aimé et apprécié Henry Perrotin. On voudra bien nous permettre à nous, qui fûmes presque de la maison, d’adresser à M"'e Perrotin nos respectueuses et douloureuses sympathies. Henri de Pakville.
- CHRONIQUE
- Destruction des animaux nuisibles. — L’Institut Pasteur a eu, il y a peu de temps, à livrer de terribles batailles à des rongeurs qui dans certains départements avaient causé de véritables ravages et compromis les récoltes. A la demande de M. le Ministre de l’Agriculture, sous la direction du Dr Roux et deM.de Lapparent, inspecteur général de l’Agriculture, dans les derniers jours de janvier, une mission officielle, composée des collaborateurs de l’éminent membre de l’Institut, quittait Paris pour se rendre dans les départements des Charentes, signalés comme étant plus particulièrement infestés et ravagés par les terribles rongeurs. La mission emportait avec elle toutes les armes nécessaires, des centaines de litres de bouillon de culture où évoluaient les microbes exterminateurs. La campagne vient d’èlre terminée, et les hécatombes de campagnols ont été abondantes. Le terrain choisi par l’inspecteur général, délégué du ministre, représentait une surface de 1200 hectares environ s’étendant sur les communes d’Aigre, Oradour et Mons. Il était à ce point dévasté par l’ennemi qu’en le parcourant on constatait que les ravages portaient sur toutes les cultures : céréales, prairies artificielles ou naturelles, vignes, bois; les semailles d’automne avaient été entièrement détruites, les luzernes et les prairies artificielles, richesses de cette région laitière et beurrière, étaient totalement dévastées. Le sol était percé de trous innombrables d’où partaient de petits sentiers très frayés constituant le chemin parcouru par les campagnols lorsqu’ils sortent de terre. La mission s’est assuré dans le pays le concours d’hommes de bonne volonté, puis elle a aussitôt préparé ses appâts « raticides )). Des récipients ont été remplis du bouillon de culture, préparé à l’Institut Pasteur, auquel on a mélangé des petits cubes de pain, d’un centimètre carré environ ou de l’avoine concassée. Munis de « musettes » préalablement remplies de cette pâture empoisonnée, les hommes se sont répandus dans les champs infestés, semant sur leur passage, à chaque pas et aux abords des trous habités par les campagnols, une petite pincée d’appâts. Pour les 1200 hectares traités 1 190 bouteilles de virus furent employées,
- p.238 - vue 242/536
-
-
-
- LA N AT U It K.
- ainsi que -4200 kg de pain et 0500 kg d’avoine. Les hommes employés à répandre les appâts représentèrent environ 1200 demi-journées, de 1 heure à 5 heures du soir. Les résultats furent remarquables. Le lFRoux affirmait au ministre qu’on pouvait estimer, dans la région traitée, à 05 pour 100 le nombre des rongeurs passés de vie à trépas. En faisant fouiller le sol avec des charrues et partout, on ne trouva ensuite que des rats empoisonnés, quelquefois au nombre de quinze et vingt dans le même trou.
- A la suite de ces expériences M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, a soumis à la signature du Président de la République un projet de loi portant ouverture d’un crédit de 550 000 francs en vue de la destruction des rats des champs qui dévastent certains départements, et un projet de loi autorisant et réglementant les associations syndicales constituées en vue de la destruction des petits rongeurs, insectes, cryptogames et en général de tous les parasites nuisibles à l’agriculture.
- Le prix des pigeons-xoyageurs.— On ne s’imagine pas bien généralement ce que peuvent coûter les pigeons de mérite surtout au feu des enchères. 11 n’y a pas longtemps, quelques semaines, 02 pigeons du colombier Coucke produisaient un total de 3772 francs, soit il francs par tête en moyenne. Plus récemment encore, d’après M. Thauziès, 196 pigeons appartenant à M. llau-senne, de Yerviers, se sont vendus 14 000 francs, c’est-à-dire en moyenne plus de 71 francs chacun. Certains sujets, très disputés, sont montés à 240, 500, 400 et 550 francs. En seul amateur en a payé trois la somme de 1485.francs. Après avoir lu ces lignes, les chasseurs qui s’oublieraient jusqu’à fusiller des pigeons-voyageurs seraient doublement criminels.
- Ce que contient l’eau de pluie. — On considère assez volontiers l’eau de pluie comme pure: cette tradition remonte à l’époque où les usines et les grandes agglomérations n’étaient pas multipliées comme aujourd'hui. Mais notre confrère anglais « Lancet », en insistant dernièrement sur l’action que la pluie exerce au point de vue du nettoyage de l’air, montrait en même temps de combien d’impuretés se charge la pluie en traversant l’atmosphère de nos villes : en l’espèce, il s’agissait de l'atmosphère du Strand, la rue commerciale par excellence de la Cité de Londres. L’analyse a porté sur un gallon d’eau recueilli après une forte pluie dans cette partie de Londres : le gallon a une capacité de 4,54 litres. Or, on y a trouvé un poids de 0,50 gramme de matières solides, dont 5 centigrammes de sel marin, 4,2 cgr de sulfate d’ammoniaque, 0,07 cgr d’ammoniaque organique, 52,5 cgr de suie et de matières plus ou moins analogues en suspension, et enfin sinon des nitrates, du moins des nitiites dont la réaction chimique connue révèle nettement l’existence.
- La consommation de l’huile de coton. — Alors que jadis on jetait les graines de coton, ne sachant quel parti en tirer, et que l’on se contentait tout au plus de les brûler, elles sont soigneusement recueillies maintenant, surtout aux États-Unis, qui sont les producteurs de coton par excellence, et on en tire une huile qui se vend admirablement. Elle est utilisée couramment à frauder les huiles d’olive, ou à les remplacer près des consommateurs dont le goût n’est pas difficile, ou dont la bourse est modeste ; aux États-Unis, elle sert à la préparation des sardines à l’huile ; elle joue un rôle considérable dans la fabrication des beurres artificiels ; on l’emploie également pour des composés lubréfiants. Toujours
- 230
- est-il (jue la Confédération américaine en exporte chaque année 30 millions de gallons à peu près, ce qui représente environ 190 millions de litres. La France à elle seule en prend 13 12 millions de gallons.
- Machine électrique à la paraffine. — Dans quelques usines on avait observé qu’au passage de courroies de transmission il se produisait des étincelles électriques. Le cas s’est reproduit dans une papeterie assez différemment. Un appareil servait à la fabrication du papier paraffiné : pour cette fabrication, on fait passer du papier de soie dans de la paraffine liquide, puis le papier remonte sur un cylindre tendeur, après être passé entre deux lames sécheuses qui le frottent sur ses deux faces et enlèvent l’excès de paraffine dont il est chargé. Or, dès la mise en train de la fabrication dans l’usine, qui était toute neuve, on constata que tous les ouvriers passant près de la bande de papier paraffiné recevaient des secousses électriques, leurs cheveux se dressaient sur leur tête, et ils pouvaient du reste tirer avec le doigt des étincelles de la bobine sur laquelle s’enroulait le papier. C’est que la machine formait dans son ensemble comme une véritable machine électrique : l’électricité statique était constamment engendrée par le frottement des organes qui venaient en contact du papier, et de plus les deux faces de celui-ci étaient isolées par la couche de paraffine. Pour faire disparaître cette production d’électricité, qui causait une vraie gêne, il a suffi de disposer sur le passage du papier un large peigne métallique relié au bâti de la machine, et par lequel s’écoule le flux électrique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1 mars 1904. — Présidence de M. Mascart.
- M. le Président rappelle que la nouvelle de la mort de M. Perrotin, parvenue sous une forme incertaine au cours de la dernière séance, a malheureusement été confirmée. M. Perrotin avait été choisi, il y a plus de vingt ans, pour diriger l’Observatoire astronomique fondé près de ÎNice par M. Biscbolfsheim et avait été plus tard élu correspondant de la section d’astronomie. 11 laisse la réputation d’un savant distingué ; ses expériences sur la vitesse de la lumière méritent notamment d’être mentionnées.
- M. le Président ajoute ensuite : Un grand deuil frappe aujourd’hui l’Académie; M. Fouqué est décédé ce matin subitement. Il lit une notice esquissant à grands traits la carrière scientifique du défunt. 11 rappelle les missions dont son collègue fut chargé, au Vésuve d’abord, puis à Santorin. Cette dernière a donné lieu à la publication d’un travail considérable ; Fauteur fut le créateur de la pétrographie micrographique. Ce fut un voyageur infatigable qui tenait en grand honneur les recherches sur le terrain. M. le Président termine en rappelant la loyauté de M. Fouqué, la rigidité de son caractère en même temps que l’aménité de ses relations. Il suspend ensuite la séance jusqu’à 4 heures en signe de deuil.
- Élections. — A quatre heures la séance est reprise, mais uniquement pour qu’il soit procédé à deux élections, l’une d’associé étranger en remplacement de M. Stokes, l’autre de correspondant de la section de bota-' nique en remplacement de M. Agardh. M. Agassiz, de Cambridge (États-Unis), est élu associé étranger par 56 voix contre 6 données à M. Langley, de Washington, 2 à lord Rayleigh, de Londres, et 5 à M. Van der Waals, d’Amsterdam; enfin M. Warming, de Copenhague, est élu à l’unanimité correspondant. Ch. de Villedeuil.
- p.239 - vue 243/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 240
- UNE NÉGRESSE BLANCHE
- Un appelle albinisme l’état des individus chez lesquels la coloration pigmentaire manque plus ou moins complètement. Ce qui attire au premier abord l’attention sur l’albinos, c’est la couleur de ses cheveux, de ses cils, de ses sourcils, dont la blancheur, la finesse et l’aspect duveteux tranchent avec l’àge apparent du sujet. L’albinos a la vue courte et redoute la lumière; il baisse la tète, lient les paupières aux trois quarts closes et, quand il les ouvre, on aperçu i t derrière la cornée une zone rougeâtre ou rose, entourant une pupille rouge comme un rubis.
- Tels sont les résul-lats habituels de l’albinisme dans les races blanches. Chez les nègres, l’albinisme a des effets bien moins fâcheux, car il est rarement complet. Souvent la peau n’est décolorée que par place; c’est un nègre-pie. Presque touj'ours chez les albinos de race nègre, le pigment oculaire ne fait défaut qu’en partie ; la face postérieure de l’iris est encore revêtue, l’ceil est seulement bleu et point clignotant.
- Tel n’est pas le cas de la négresse représentée sur la gravure ci-contre et qui a été présentée en décembre dernier à la Société anthropologique de Berlin.
- Comme l’a fait justement remarquer M. le conseiller sanitaire Lissauer, il s’agit bien là d’un cas d’albinisme nègre complet. Agée d’une vingtaine d’années seulement, cette négresse a la figure et les cheveux d’une couleur très claire, tout en ayant conservé le type caractéristique des nègres. Ses yeux rouges et clignotants présentent tous les caractères que nous avons décrits plus haut. Elle est originaire d’Acora, sur la Cote d’Or, et sa beauté toute spéciale a été fort remarquée dès sa naissance. Aucun des membres de la famille de cette négresse blanche n’a jamais présenté de symptômes particuliers d’albinisme ; une négresse, présentée comme sa sœur, à la Société d’anthropo-
- logie de Berlin, et reproduite sur notre gravure à côté de l’albinos, possède le type et le teint normal des nègres.
- Quoique les cas d’albinisme complet soient assez rares chez les nègres, on peut en citer plusieurs exemples. 0. Beccari a vu, à la Nouvelle-Guinée, des jeunes femmes albinos de la tête aux pieds. Livingstone, Simonot et Berchon ont rencontré, dans leurs voyages, plusieurs albinos; de Rochas en a observé cinq à la Nouvelle-Calédonie. M. E. Deschamps, pendant son séjour à Malié (côte de Malabar), a eu connaissance de 8 cas repartis dans cinq familles1.
- Chez les races barbares et sauvages, le sort des albinos est fort divers. Souvent repoussés, traqués, poursuivis, ils vivent errants, dénués des premières ressources. Certaines peuplades les détruisent, croyant voir dans leur naissance de fâcheux présages ; Livingstone a constaté cette coutume féroce chez certaines tribus des Béchua-nas. Ailleurs, à Loango, par exemple, ils sont l’objet d’une sorte de culte analogue au respect proverbial que l’aliénation mentale inspire aux Indiens ; leur infirmité atteste qu’ils ont un caractère exceptionnel, surnaturel même, et, à ce titre, on les vénère comme on vénère tout ce qui semble révéler une puissance supérieure. Au Mexique, au Congo et surtout dans l’archipel Indien, l’usage exista longtemps d’entretenir dans les maisons royales et prin-cières des albinos, comme les cours d’Europe eurent leurs nains et leurs fous. La négresse qui nous occupe, amenée en Europe par un Barnum quelconque, servira à éveiller la curiosité des Blancs dont elle a cependant la couleur. W. I).
- 1 «'I,'Anthropologie ». Paris, 1893, n^a.
- Le Gérant : P. ÎIasson.
- Paris. —
- Une négresse blanche et sa sœur noire.
- Imprimerie Laiiire, rue de Fleurus, 9.
- p.240 - vue 244/536
-
-
-
- >'» I tins.
- 1 9 MARS 1901.
- LA \A T [HL.
- 2 il
- LES TOUPILLES AUTOMOBILES
- L’idée première de la conception d’une torpille automobile revient à un officier d’artillerie de la marine autrichienne. Cette torpille pouvait marcher indifféremment à l’air chaud ou à la vapeur ; dans ce dernier cas, une lampe à pétrole faisait l'office de générateur. A l’avant, se trouvait ménagé un compartiment rempli de poudre ou de toute autre matière
- explosible et la mise de feu se faisait automatiquement par un appareil à percussion. Cet officier, dont nous regrettons de ne pouvoir connaitre le nom, dit le colonel Hennebert, mourut avant d’avoir pu faire consacrer, par l’expérience, l’excellence de son invention. La plupart des papiers contenant l’exposé de ses projets tombèrent alors en possession du ea-
- Fig. 1. — Lancement d'une torpille automobile par le travers d’un torpilleur.
- pitaine de Luppis. Frappé de l’importance de celte idée féconde, celui-ci s’empressa d’en provoquer la réalisation et s’adressa, à cet effet, à M. Robert Whitehead, alors directeur de la grande usine de Fiume qui la lit construire dans ses ateliers. Ceci se passait en 1864. On appela cet engin successivement
- torpille Luppis, torpille Luppis AVhitehead, puis enfin torpille Whiteherad. C’est ce dernier nom qui lui est resté. Cette torpille subit par la suite de nombreux perfectionnements et elle opérait finalement son entrée en scène en 1868; le monde maritime en était émerveillé et la plupart des puissances achetaient à
- Fig; 2. — Torpille Whitehead (dernier modèle).
- A, cône de charge; B, réservoir d’air comprimé; R, chambre des régulateurs d’immersion; F, chambre des machines; G, flotteur arrière; D, chambre des engrenages; GV, gouvernail de direction; G1I, gouvernail d'immersion.
- beaux deniers le secret de M. Robert Whitehead.
- Définition d'une torpille automobile. — Une torpille automobile est moins un projectile qu’une sorte de bateau sans marins ni équipage, possédant des appareils de propulsion qui lui sont propres, ainsi qu’un dispositif spécial destiné à provoquer la déflagration de l’explosif qu’il contient quand il arrive au but sur lequel il a été dirigé. Une torpille automobile doit donc posséder en elle-même la force motrice, le moteur et propulseur, l’appareil de direction, l’appareil de réglage d'immersion, la charge 3îe ame. — ter semestre.
- explosive et le détonateur. On conçoit immédiatement la complication d’engins de cette nature et nul ne devra s’étonner que l’on ait cherché à obtenir le résultat voulu au moyen d’appareils absolument différents, même comme principe. I)e toutes les torpilles automobiles diverses imaginées jusqu’à ce jour deux seulement méritent d’être retenues : la torpille Whitehead, en usage en France et presque dans toutes les puissances du monde; la torpille Howell qui arme la marine des États-Unis concurremment avec la AVhitehead. Donnons d'abord quel-
- 16
- p.241 - vue 245/536
-
-
-
- LA AATILL
- o 12
- ques renseignements sur cette dernière à seule tin de pouvoir les comparer ensuite utilement.
- Torpille Whitehead (fig. 2). — Cette torpille qui consiste en un tube métallique allongé en tôle d’acier contient en elle-même, sous forme d’air comprimé, sa force motrice. Elle est un peu plus légère que l’eau de mer (1 kg) et porte deux hélices qui lui communiquent une grande vitesse (28 à 50 nœuds). La torpille comprend cinq compartiments distincts, savoir : 1° Le cône de charge A qui contient la charge explosible, laquelle varie de dO h 50 kgs, suivant les différents modèles. Cette charge est formée de galettes de coton-poudre comprimé humide. Chaque galette est percée d’un trou central destiné à recevoir la charge de coton-poudre sec a. La mise de feu est provoquée au choc par la déflagration d’une capsule de fulminate de mercure i sur laquelle vient la pointe d’un percuteur J placé à l’avant du cône de charge. Un dispositif de sûreté, formé d’une petite hélice placée à l’avant, arme automatiquement ce percuteur sous la poussée de l’eau occasionnée par le mouvement de translation de la torpille. Pour les tirs d'exercices ce cône de charge est interchangeable avec un autre de même forme et de même poids que le premier.
- Réservoir d'air comprime IL — Il occupe la plus grande partie de la longueur de la torpille (ln1,50 environ), il est en acier fondu et il contient environ 200 litres d’air comprimé sous une pression de 75 atmosphères. La communication avec les pompes de compression, nécessaires au chargement de ce réservoir, se fait par l’intermédiaire d’une première soupape s en communication directe avec la boite des Soupapes, cette dernière ne permet l’admission de l’air dans les machines que lorsque la torpille a atteint la surface de l’eau. A cet effet, une petite palette se rabat automatiquement sous la poussée de l’eau et détermine l’ouverture de la soupape. Avant de se rendre à la machine l’air comprimé passe par un régulateur de pression r analogue à nos détendeurs de vapeur. Ce dernier réduit l’air comprimé à une pression constante de 28 atmosphères, indépendante de celle du réservoir qui, par suite, donne aux hélices une vitesse uniforme constante. Ces deux appareils se trouvent placés dans la chambre des machines.
- Chambre des régulateurs d’immersion H. — Cette chambre est complètement étanche. Elle contient le régulateur d’immersion, lequel a pour but de maintenir la torpille à une profondeur constante pendant tout le parcours de l’engin meurtrier. Nous verrons par la suite que cette profondeur est nécessaire pour obtenir le maximum d’effet destructeur. L’immersion est commandée par l’action d’un gouvernail GH placé à l’arrière des deux hélices. Ce gouvernail, qui reste horizontal dans la marche normale, se relève ou s’abaisse sous l’action des organes qui le commandent, lorsque l’immersion n’est pas celle pour laquelle l’ensemble a été primitivement réglé. Ces organes sont, d’une part, un res-
- sort préalablement tendu pour une profondeur déterminée et la pression de l’eau sur un piston P qui se trouve dans la chambre des machines E. Lorsque la pression de l’eau est insuffisante pour faire équilibre à la tension du ressort, le gouvernail horizontal s’incline de façon à faire immerger la torpille. Il s’incline en sens inverse, si, pour une cause quelconque, la torpille ayant atteint une trop grande profondeur, la pression de la colonne d'eau qui est au-dessus exerce une action supérieure à celle du ressort ; la torpille subit donc un réglage automatique qui tend à la ramener constamment dans son plan d’immersion. Neanmoins, comme la torpille a une faible masse et une grande vitesse, il y aurait à craindre qu’elle n’obéisse trop rapidement à l’effet du gouvernail, ce qui aurait pour effet de la faire passer par bonds successifs au-dessus et au-dessous de son plan d’immersion sans jamais pouvoir s’y arrêter. Pour éviter cet inconvénient, on a ajouté au dispositif que nous venons de décrire un pendule H dont les actions combinées assurent le déplacement horizontal de la torpille et suppriment les oscillations à longue période. Comme les actions de ce mécanisme seraient trop faibles pour actionner directement le gouvernail, elles sont renforcées par un petit servo-moteur M puisant son énergie dans l’air du réservoir détendu également au préalable par le régulateur de pression.
- Chambre des machines E. — Indépendamment du régulateur de pression et du servo-moteur, cette chambre renferme la machine motrice N. Cette machine est du type Brotherood à simple effet; les trois cylindres sont placés à 120°. La distribution s’effectue par trois tiroirs distincts, à mouvement rectiligne, commandés par une môme came fixée sur l’arbre. Cette machine tourne environ à 90 tours et sa puissance varie entre 55 à 50 chevaux. L’arbre moteur est creux à l’intérieur et débouche à l’extérieur de la torpille derrière les gouvernails et sert de conduit à l’air d’évacuation agissant ainsi en sens inverse de la torpille, ce qui est favorable à la marche de cette dernière.
- Flotteur arrière C. — Le llotteur arrière sert à lester la torpille, il contient l’appareil gyroscopique übry G, lequel sert à la direction de la torpille dans son plan de tir. Tout le monde connaît la propriété remarquable du gyroscope qui est de conserver toujours son axe de rotation invariable dans l’espace. En conséquence toute déviation de la torpille, en dehors de son plan de tir, aura pour conséquence de produire un moûvement relatif de l’axe du gyroscope, lequel actionnera à cet effet la tige du gouvernail de direction (G V). Comme pour le régulateur d’immersion ses actions sont renforcées à l’aide d’un servo-moteur M' puisant son énergie au réservoir d’air comprimé par l’intermédiaire du régulateur de pression.
- Compartiment des engrenages I). — La propulsion est assurée par la rotation de deux hélices de pas contraire et tournant en sens, inverse au
- p.242 - vue 246/536
-
-
-
- LA S A TE ItE
- moyen d'un jeu d’engrenages E. li est en effet nécessaire de taire tourner les hélices en sens contraire, car s’il en était autrement, la torpille subirait l’in-iluence d’un couple qui l’obligerait à tourner en sens contraire de ses hélices, ce qui aurait pour effet de la faire dévier de la direction initiale dans laquelle elle aurait été lancée.
- La torpille Whitehead porte, en outre, différents mécanismes, savoir : 1° En mécanisme de stoppage 1 pour stopper la machine lorsque la torpille a parcouru une distance déterminée ; 2° un mécanisme de submersion fonctionnant au moment du stoppage et actionnant une soupape dite de submersion S qui permet à l’eau de pénétrer dans le llotteur arrière et de laire couler la torpille pour qu elle ne puisse tomber aux mains de l’ennemi et pour éviter aussi qu’un navire ami ne vienne à la heurter; 5° un mécanisme d’immobilisation du gouvernail de profondeur maintenant momentanément ce gouvernail dans une position déterminée afin de combattre les plongées ou les bonds que pourrait faire la torpille suivant son mode de lancement. Ces divers mécanismes se trouvent placés dans la chambre des machines et ils sont manœuvrés directement par l’arbre manivelle de la machine à l'aide d’un compteur de tours.
- La torpille Whitehead a un parcours de 400 à 500 mètres à une vitesse de 25 nœuds suivant les modèles (450mm et o56mra de diamètre). Elle peut être lancée au-dessous ou au-dessus de l’eau soit d’un navire, soit du rivage.
- Pour les lancements sous l’eau, on se sert d’un tube carcasse d’où la torpille s’échappe sous l’action de ses hélices dès que la machine est mise en marche. Les lancements au-dessus de l’eau ont lieu au moyen de tubes montés sur des affûts, lesquels peuvent être pointés en hauteur et en direction. Dans ce dernier cas la mise à l’eau s’effectue par une gargoussc de poudre (W’cttcrin, 90 à 200 grammes). Au moment voulu, l’inllammation de la gargousse est obtenue au moyen d’une étoupillc électrique; la torpille est alors chassée du tube et pendant son glissement dans celui-ci un mécanisme spécial ouvre la soupape qui permet à l’air d’arriver à la machine motrice et met cette dernière en marche.
- Effets explosifs. — L’explosion de la charge de fulmi-coton produit une énorme quantité de gaz, à une température très élevée (2400° C. environ). La bulle produit ainsi, dans la masse d’eau, une onde sphérique qui se propage avec une vitesse d’environ 1500 mètres à la seconde. 11 est facile de comprendre que, au moment de l’explosion, la commotion violente ressentie par les molécules d’eau qui entourent la masse gazeuse produite, se dégage dans le liquide ambiant essentiellement incompressible et sa force est capable de démanteler les vaisseaux de très grand tonnage.
- La puissance de cette onde décroit comme le carré de la distance; il arrive donc un moment où elle n'est plus dangereuse, la sphère de rupture, péint
- d’aclion maxima, se trouvant à l’intérieur de celle zone (c’est pour cela que les torpilles automobiles sont réglées pour une profondeur de 5 ù 4 mètres). En outre la bulle de gaz, en crevant à la surface de l’eau, produit un vide dans lequel se précipitent tous les débris que la rupture a occasionnés.
- Dans un prochain article nous étudierons la torpille Howell et nous pourrons conclure sur la valeur pratique des deux engins en présence.
- II. .NoAl.llAT.
- LES SELS DE RADIUM1
- h
- LE RAïO.VNEMEXT
- Les sels de radium émettent d’une l'aboli spontanée et continue un rayonnement spécial qui se révèle à nous comme étant capable d’impressionner les plaques photographiques, de rendre l’air conducteur de l’électricité et de provoquer la phosphorescence d’un très grand nombre de substances.
- Les rayons produits par les sels de radium se propagent en ligne droite ; ils ne sont ni réfléchis, ni réfractés, ni polarisés ; ils forment un mélange hétérogène qui se scinde en trois groupes principaux sous l’action d’un aimant. M. Rutherford a désigné par a, (8, y ces différents groupes.
- Supposons que l’on place une petite quantité d’un sel de radium au fond d’une cavité creusée dans un bloc de plomb I* (fig. I ); le rayonnement s’échappe
- 1. — Action du champ magnétique sur les sels de radium.
- alors sous forme d’un pinceau rectiligne que l’on peut déceler par son action sur une plaque photographique, par exemple. Disposons maintenant cette petite cuve entre les pôles d’un puissant électroaimant, de telle façon que son pôle nord soit en avant du plan de la figure et son pôle sud derrière le bloc de plomb. Dans ces conditions, les trois groupes de rayons a, p, y sont séparés.
- « Les rayons a » sont très légèrement déviés vers la gauche de leur trajectoire rectiligne, même par les
- 1 Vov. n° 1606, du o mars 1904, p. 214.
- p.243 - vue 247/536
-
-
-
- LA AA Tl HL.
- 2it
- aimants les plus puissants. Iis forment une partie importante du rayonnement du radium. Ils sont très vite absorbés par l’air à leur sortie; une lame d’alu-
- Kig. 2. — Vue d'ensemble de l'expérience montrant l’action du champ magnétique sur les sels de radium.
- minium de quelques centièmes de millimètre d’épaisseur les arrête complètement ; ils sont donc très peu pénétrants. Les rayons % se comportent dans un champ magnétique comme de petits projectiles animés d’une grande vitesse (15000 kilomètres par seconde) et chargés « d’électricité positive ». Il résulte des recherches récentes que la masse de ces projectiles est du même ordre de grandeur que celle d’un « atonie d’hydrogène ».
- Ce sont ces rayons qui semblent agir dans la très belle expérience réalisée par M. Crookes au moyen du petit appareil connu sous le nom de « Spintha-
- qui semblent se déplacer. L’aspect est très curieux et fait songer à un ciel chargé d’étoiles scintillantes. On peut interpréter ce phénomène en admettant que ces petits points brillants résultent du choc de chacun des petits projectiles lancés par le sel de radium. Ce serait la première fois que l’on pourrait voir directement l’action individuelle d’un atome.
- big. 1. — Déviation des rayons £ par le champ magnétique.
- « Les rayons p » forment un deuxième groupe de rayons fortement déviés en sens inverse des premiers.
- On peut mettre en évidence la déviation des rayons [i par le champ magnétique au moyen de l’expérience suivante : une ampoule en verre, renfermant un sel de radium R, est placée à l’une des extrémités d'un tube en plomb à parois très épaisses A. Ce tube est placé entre les branches d’un électro-aimant M M et est orienté normalement à la ligne des pôles M S. A une certaine distance de l'extrémité
- riscope ». Une fraction de milligramme d'un sel de radium est fixée ci l’extrémité d’un fil métallique A et est disposée à quelques dixièmes de millimètre d’un écran E au sulfure de zinc de Sidot. En examinant dans l’obscurité, avec une forte loupe L, l’écran qui est tourné vers le radium, on constate qu’il est recouvert d’une multitude de petits points brillants,
- Kig. ,’j. — Moyen de vérifier la conductibilité donnée à l’air pur les sels de radium.
- du tube de plomb, on a disposé un électroscope E chargé d’électricité.
- Les rayons émis par le sel de radium, et qui sont canalisés par le tube, provoquent la décharge de
- p.244 - vue 248/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 245
- l’éleclroscope. Si l’on fait passer le courant dans le til de l’électro-aimant, les rayons (3 sont rejetés sur les parois du tube, et ne concourent plus à la décharge de l’éleclroscope, les rayons y seuls agissent et la décharge se fait très lentement. Quant aux rayons a,
- ils sont absorbés par l’air immédiatement au voisinage du sel de radium et ne peuvent parvenir jusqu’à l’éleetroscope. Si l’on cesse de faire passer le courant dans l’électro-aimant, les rayons [3 provoquent de nouveau la décharge de l’éleclroscope.
- Fi;;, fl et 7. — Madame et Monsieur Curie.
- Les rayons 3 sont analogues aux rayons cathodiques et se comportent comme des projectiles chargés « d’électricité négative » et animés d’une vitesse considérable ; ces projectiles, ou électrons, ont une masse environ « 2000 fois plus petite » que celle d’un atome d’hydrogène. Le groupe des rayons 8 est constitué par la réunion de divers rayons plus ou moins déviés (fig. 1). Ces rayons se distinguent aussi par leur pouvoir pénétrant; les rayons les moins déviés sont aussi les moins absorbés ; ce sont, en même temps, ceux dont la vitesse est la plus grande. D’après les recherches récentes cette vitesse peut atteindre les « 9/10 de celle de la lumière ». On conçoit aisément que des projectiles aussi petits, et animés d’une telle vitesse de déplacement, puissent traverser facilement les substances tels que les matières organiques, l’aluminium, le cuivre et le plomb.
- Si on enferme dans une petite ampoule mince en verre un sel de radium, les rayons (3, émis par le sel,
- traversent aisément la paroi de l'ampoule, et l’on peut recueillir à l’extérieur de l’électricité négative sur un conducteur parfaitement isolé. Quant aux rayons a chargés d’électricité positive, ils ne peuvent traverser
- les corps même en couche mince ; ils sont donc arrêtés par la paroi de l’ampoule, et l’on conçoit que dans ces conditions les charges positives restent dans l’ampoule et s’y accumulent ; « le radium se charge spontanément d’électricité ».
- On peut mettre ce dernier fait en évidence et d’une façon très curieuse au moyen d’un petit appareil facile à préparer. Une ampoule en verre mince contient quelques centigrammes de bromure de radium ; elle est suspendue à une tige de quartz et le tout est placé dans un réservoir en verre dans lequel on fait un vide très parfait. Deux feuilles d’or très minces sont fixées à l’ampoule et forment un petit électroscope ; ces feuilles peuvent venir toucher deux lames métalliques qui sont mises en communication .avec la terre. Le fonction-
- Fig. S. — Radiographie obtenue avec les sels de radium.
- p.245 - vue 249/536
-
-
-
- 2-46
- LA NAÏl iiL.
- nement de l'appareil est alors très simple. La charge positive de la petite ampoule de radium se communique aux feuilles d’or ; celles-ci divergent progressivement à mesure que la charge augmente. Quand les feuilles sont suffisamment écartées, elles viennent toucher les deux lames métalliques et la charge s’écoule au sol; les feuilles retombent, reprennent une autre charge et divergent de nouveau. Comme la production d’électricité est continue, les feuilles s’écartent et se rapprochent d’une façon permanente.
- Le troisième groupe des rayons émis par le radium est constitué par « les rayons y », non déviés par le champ magnétique. Ces rayons sont analogues aux rayons de IUintgen et ne forment qu’une faible partie du rayonnement total. Certains d’entre eux sont extrêmement pénétrants et peuvent traverser plusieurs centimètres de plomb.
- Effets produits par le rayonnement des sels île
- radium.
- Le rayonnement émis par les sels de radium, produit une série d’effets curieux que nous allons rapidement examiner.
- Il peut produire certaines « actions chimiques » ; il transforme, par exemple, le phosphore blanc en phosphore rouge; au voisinage des sels de radium, on peut constater dans l'air la production d’ozone ; il agit sur les substances employées en photographie de la même manière que la lumière.
- L’action sur la plaque photographique se produit au travers d’écrans quelconques. Les corps sont cependant plus ou moins transparents ; ainsi le plomb et le platine sont très opaques au rayonnement ; l’aluminium est le métal le plus transparent. Les matières organiques absorbent relativement peu les rayons de Becquerel. Le radium permet de faire des « radiographies » sans appareils spéciaux ; le tube de Crookes se trouve remplacé par une ampoule contenant une petite quantité d’un sel de radium. On obtient des radiographies assez nettes, surtout si l’on écarte, par l’action d'un champ magnétique, les rayons $ qui donnent du flou à l’image par suite de leur diffusion. Les rayons y sont alors seuls utilisés.
- Les rayons du radium rendent l’air qu’ils traversent « conducteur de l’électricité ». Quand on approche quelques décigrannnes d’un sel de radium d'un électroscope chargé, celui-ci se décharge immédiatement. La décharge se fait encore si l’appareil est protégé par une paroi métallique épaisse, mais elle est toutefois plus lente.
- L’expérience suivante met en évidence, d’une manière très brillante, la conductibilité acquise par l’air sous l’influence des sels de radium. Le secondaire d’une bobine d’induction B (fig. 5) est relié par des fils métalliques à deux micromètres à étincelles Al et M'. Dafts les conditions ordinaires il passe autant d’étincelles en AI qu’en M' ; mais si l’on approche de l’un des micromètres une ampoule contenant un sel de radium, les étincelles cessent de passer à travers l’autre, l’air est devenu conducteur dans le premier.
- On a appliqué avantageusement cette propriété des sels de radium à l’étude de l’électricité atmosphérique. Une petite quantité d’un sel de radium est placée à l’extrémité d’une tige métallique en relation avec un électromètre. Au voisinage de l’extrémité de la tige, l’air est rendu conducteur et celle-ci prend le potentiel de l’air qui l’entoure.
- Exposés aux rayons du radium, les sels alcalins, alcalino-terreux, les matières organiques, la peau, le verre, le papier, les sels d’urane deviennent « phosphorescents » ; le platinocyanure de baryum donne une belle lueur verte ; la willômite, cristal de silicate de zinc naturel s’illumine brillamment; enfin la kun-zito prend une magnifique coloration rose-saumon. On peut admettre que la luminosité des sels de radium est due à ce qu’ils se rendent eux-mêmes phosphorescents par l’action des rayons qu’ils émettent.
- Les rayons de Becquerel produisent eerlaines « colorations »; ainsi sous leur influence, le verre devient violet, brun ou même noir ; cette coloration persiste quand on éloigne le sel de radium qui l’a produite. Les sels alcalins se colorent en jaune, en violet, en bleu ou en vert ; le quartz transparent, noircit ; la topaze incolore devient jaune orangé.
- Le rayonnement des sels de radium provoque enfin diverses « actions physiologiques ». Ils agissent sur l’épiderme en formant, au bout de quelques jours seulement, une rougeur sur la peau, puis une plaie qui peut mettre plusieurs mois à guérir si l’action du radium a été suffisamment prolongée. Actuellement on essaye de tous côtés d’utiliser cette action au traitement des diverses maladies de la peau. Le traitement du lupus par cette méthode a donné dos résultats encourageants.
- La technique de la guérison des maladies de la peau est très simple : le tissu contaminé, détruit peu à peu par l’action des rayons du radium, tombe et est remplacé par un tissu sain.
- Les rayons du radium agissent sur l’œil. Quand on place dans l’obscurité, au voisinage de la paupière fermée ou de la tempe, une ampoule contenant un sel de radium, on a la sensation d’une lumière qui remplit l’œil. Dans ces conditions, tous les milieux de l’œil deviennent fluorescents par l’action du radium ; la lumière qu’on aperçoit a sa source dans l’œil lui-rnême. Ces rayons agissent énergiquement sur la moelle et sur le cerveau. Après une action d’une heure, des paralysies se produisent chez les animaux soumis aux expériences, et ceux-ci meurent généralement au bout de quelques jours.
- Telles sont rapidement résumées les principales propriétés des rayons émis par les sels de radium. Cet exposé sommaire suffit cependant pour faire entrevoir le nombre et l’importance des phénomènes et des applications qui ont été provoquées par la découverte et l’étude des sels de radium.
- Jacques Danse,
- Préparateur de M. Curie, à l’École de physique et de chimie industrielles de Paris.
- p.246 - vue 250/536
-
-
-
- LA NATURE
- LA. PHOTOfiRÀAURE1
- ii
- L’application des procédés photographiques dans ee qu’on peut appeler la gravure mécanique se comprend assez aisément pour la reproduction des dessins au trait, parce qu’ici il s’agit de procéder par « tout ou rien » : on se trouve, en effet, en face de traits de formes diverses, qui peuvent cependant se traduire littéralement, et, d’autre part, de parties blanches qui correspondent à une absence complète d’impression, le papier devant être préservé de tout contact du cliché dans ees parties blanches. Mais, pour la reproduction des valeurs différentes d’un dessin à teintes dégradées, de la photographie d’un objet offrant naturellement des dégradations suivant les jeux de lumière et d’ombre, etc., il est particulièrement difficile, et cela semblait presque impossible d’abord, d’arriver à produire une plaque pouvant servir à un tirage typographique.
- Nous ne passerons pas en revue les efforts successifs qui ont amené finalement à la solution du problème, solution un peu inspirée de la méthode que nous avons indiquée pour obtenir des teintes uniformes dans les blancs d’un dessin photogravure au « procédé ». Si l’on avait essayé du « procédé » pour la gravure mécanique d’un dessin au lavis, par exemple, dessin aux valeurs multiples, on aurait eu sur la plaque de zinc, après dépôt de la pellicule et insolation du bitume, des lames de collodion qui auraient arrêté l’action de l’acide si elles avaient été assez épaisses, ou qui, au cas contraire, se seraient laissé pénétrer. Dans le premier cas, le cliché aurait présenté une large surface sur laquelle, au tirage, l'encre se serait étalée uniformément en donnant une tache sans « valeur », de la même nuance que le reste de l’impression ; dans l’autre cas, le métal aurait été creusé et l’encre n’y prenant plus aurait donné un blanc à l’impression. Il faut que les modelés, les « valeurs » différentes soient rendus sur le cliché sous une forme discontinue, au moyen de points ou de hachures plus ou moins rapprochées, séparées par des espaces absolument blancs, eux-mêmes plus ou moins serrés et plus ou moins blancs. C’est en somme réaliser ce que le graveur au burin fait avec son outil, mais il faut le réaliser de façon automatique et sûre, couper le modelé par des points ou des lignes, qui se traduiront de même à la surface de la plaque métallique formant le cliché, et qui par conséquent offriront à l’encre de la presse des reliefs correspondants venant s’imprimer sur le papier.
- Sans entrer dans tous les détails nous allons faire comprendre le principe général de la méthode. On y emploie ce qu’on nomme des trames : nous donnons la photographie agrandie d’une photogravure montrant l'effet produit par une de ces trames. Elle est formée de deux glaces gravées et appliquées l’une contre l’autre, de telle manière que
- 1 \Tov. n° 1605. du 27 février 1904, p. 199.
- les lignes superposées forment un quadrillé plus ou moins fin (suivant le type de glace adopté et les nécessités qui s’imposent d’après le cliché à traiter). On appelle ces trames des réseaux américains, parce qu’ils viennent généralement des États-Unis : les glaces sont gravées à la machine et les lignes creuses obtenues sont rendues opaques par un vernis noir coulé dans le creux. Le modèle, le dessin à reproduire et à photogravurer, est photographié comme dans le « procédé », mais à travers cette trame, qui est interposée dans la chambre noire entre l’objectif et la glace sensible. Le négatif donne donc non seulement le dessin à photogravurer, mais encore le réseau. Le résultat est curieux et l’on peut s’en rendre compte en examinant la partie agrandie que nous donnons d’un tableau célèbre, comparativement à la photogravure à l’échelle courante.
- En somme, toutes les teintes du modèle photographié se trouvent décomposées en un quadrillé aux lignes plus ou moins fortes, où la prédominance des blancs ou, au contraire, l’influence des traits serrés produit l’impression d’une valeur claire ou sombre. Du reste, on pourrait remarquer les déformations que subit la trame traversée par la lumière, déformations qui tiennent en partie à l’irradiation lumineuse, mais dont nous n’essayerons pas de faire la théorie, en nous contentant d’attirer l’attention sur les effets qu’elles assurent. Dans la portion de cliché agrandie ([ue nous avons tenu à mettre sous les yeux du lecteur, on voit très nettement le quadrillage, qui supprime la continuité pourtant désirable pour l’œil ; mais dans le cliché ordinaire non agrandi, cette apparence quadrillée disparaît totalement, à moins qu’on ne regarde le tirage de très près, et que l’on ne soit prévenu de la particularité à surprendre. Ce mode de gravure met à profit la continuité optique, et de la manière la plus ingénieuse. Disons aussi que cette seconde méthode de photogravure pour la reproduction des dessins, photographies, figures à teintes dégradées, se nomme « simili-gravure » dans la langue du métier, précisément parce qu’elle donne un résultat quelque peu analogue à celui de la gravure au burin. Cette « simili », qui rend tant de services pour ces reproductions, donnerait de très mauvais résultats pour la gravure de dessins au trait, parce que l’interposition de la trame empêcherait les traits de se présenter sous une forme continue : ils seraient cassés, comme on dit. Une fois le cliché photographique et négatif obtenu suivant la méthode que nous venons d’exposer, on opère comme dans le « procédé », c’est-à-dire qu’on pellicule, qu’on insole, que l’on mord à l’acide. Toutefois, bien souvent, on retouche ; ce sont des artistes spéciaux qui sont chargés de ce soin, passant par exemple le brunissoir pour élargir un peu les grains en relief du métal et accentuer les bruns, ou, au contraire, donnant des coups de Tturin pour enlever du métal, et accentuer les « lumières ». C’est que, si la simili rend des services précieux, on ne doit pas mécon-
- p.247 - vue 251/536
-
-
-
- 248
- LA NATURE.
- naître qu’elle présente certains défauts. Par suite de cliché, elle n'olïre pas de blancs absolument purs, la présence du réseau dans toutes les parties du pas plus qu'elle ne fournit de noirs purs : la trame
- Fig. 1. — Atelier de photographie pour la simili.
- Fig. 2.j— Mise appoint pour la photographie; découpage des contours du cliché.
- uniformise, « grise » un peu toutes les valeurs, si bien qu’un modèle destiné à la reproduction par la simili doit être de valeurs plus intenses, un peu
- exagérées et heurtées même, qu’il ne sera dans l’épreuve typographique une fois tirée.
- Pour se rendre compte de ce fait que le cliché
- p.248 - vue 252/536
-
-
-
- LA NATURE.
- m
- d’une simili ne présente pas les énergiques oppositions du cliché d’une gravure au procédé, il suffit de regarder l’agrandissement que nous donnons d'une photogravure ; il ne se trouve plus dans le cliché de nervures, séparées par des cuvettes creusées dans le
- métal : la surface est à un niveau à peu près uniforme, le métal offrant seulement des réticulations plus ou moins serrées.
- Maintenant que nous avons expliqué les deux procédés, nous ajouterons quelques détails sur les
- Kig. 3. — Agrandissement d’une photogravure ; en cartouche, tirage sans agrandissement du même cliché. D’après le tableau du Louvre : L « Amour maternel », de 11'"” Vigée-Lehrun.
- opérations complémentaires que doit subir la plaque métallique gravée, avant que de pouvoir servir à une impression typographique. Tout d’abord il ne huit pas croire que la morsure à l’acide, dont nous avons parlé à plusieurs reprises, soit chose aussi simple qu'on pourrait le penser : c’est qu’en effet elle ne s’exécute pas en une seule opération, car alors l’acide aurait tendance à attaquer le métal en des-
- sous des surfaces réservées par le bitume et aussi par l’encre grasse qu’on a étendue sur ce bitume. Cet encrage, qui s’exécute au rouleau, se répète un nombre considérable de fois, après chaque « passe » de la plaque de métal soumise à la morsure : de la sorte, grâce aussi à des chauffages sur lesquels nous n’insistons pas, l’encre grasse coule chaque fois le long des « talus » du relief, de la nervure qui com-
- p.249 - vue 253/536
-
-
-
- 250
- LA NATURE.
- mence de se former, eu les recouvrant d’une couche protectrice, qui empiète de plus en plus sur la surface métallique où se forme la cuvette. On voit que, dans ces conditions, il est impossible à l’acide de pénétrer sous le métal qui doit constituer la base de la nervure, du relief; c’est ainsi du reste que la cuvette se forme avec des parois en pente douce, et en prenant grossièrement la forme d’un V, tandis «pie les reliefs prennent par contre, en coupe, la forme d’un A. Toutes ces opérations demandent à être exécutées par des praticiens exercés, et les cuves où se fait la morsure sont constamment animées d’un mouvement de balancement, afin que l'action de l’acide soit bien répartie. Nous avons donné an-térieurement une vue de l’atelier de morsure de la Maison Reymond, où nous avons pu suivre par le menu toutes les phases de la photogravure grâce ù l’obligeance de la Direction.
- Pour ménager les clichés obtenus par l’opération, ou pour tirer simultanément au moyen de plusieurs presses, on fait, par la galvanoplastie, des reproductions des clichés originaux. De plus, chaque plaque est découpée, pour en supprimer toutes les parties inutiles, souvent même les blancs de grandes dimensions sont ajourés (ce qui diminue le poids de matière), et les bords du cliché sont taillés mécaniquement en biseau, afin que l’encre ne risque pas de s’y déposer. Finalement, la plaque est montée sur un bloc de bois, ce qui donne à l’ensemble même hauteur que les caractères d’imprimerie et permet au cliché de prendre place dans la composition d’un texte. Daniel Bellet.
- COMMENT ON ENTEND Si PROPRE VOIX
- Si l’on enregistre au phonographe quelques phrases prononcées par soi-mème et par des gens qu’on a l’habitude de fréquenter, et qu’au bout d’un certain temps on fasse dire ces phrases par l’appareil, il arrive en général ceci : on reconnaît facilement la voix de ses amis, mais pas du tout la sienne. En revanche ceux-ci reconnaissent parfaitement la voix de l’observateur. Ce fait singulier prouve que pendant l’existence chacun entend sa propre voix autrement que ne l’entendent les auditeurs.
- Comme le fait remarquer le professeur Exner1, la différence ne peut consister que dans le timbre. 11 faut se rappeler qu’on entend sa propre voix non seulement à travers l’air, comme les auditeurs, mais à travers les parties solides situées entre les organes de la parole et ceux de l’audition. Le son ainsi produit a un timbre différent de celui conduit à l’oreille par l’intermédiaire de l’air seul.
- On peut s’en convaincre de la façon suivante. Qu’on saisisse entre les dents l’extrémité d’un bâton de bois et qu’on prononce d’une façon continue une voyelle quelconque. L’autre extrémité du bâton sera alternativement saisie entre les dents et relâchée par un autre observateur, qui en même temps se bouchera les oreilles. Celui-ci reconnaîtra que chaque fois qu’il saisira le bâton, le son deviendra plus fort, et aura un timbre différent, que lorsqu’il parvenait à son oreille par l’intermédiaire de l’air On peut varier l’expérience en appliquant un
- 1 « Centraiblatt fur Physiologie », t. XVII, 1903, p. 488.
- bâton de bois sur le larynx de l’individu en observation et en le faisant toucher de temps en temps son propre larynx. Comme dans le cas précédent, on constatera que son passage à travers un corps solide augmente l’intensité et modifie le timbre du son. T)1' L. Laloy.
- SUPPRESSION DES ARRÊTS DES TRAINS
- Plusieurs ingénieurs en France et à l’Étranger ont pensé à supprimer le temps perdu aux stations en imaginant une plate-forme mobile qui prendrait la vitesse du train pour s’arrêter ensuite quand le transbordement des voyageurs aurait eu lieu. En inventeur ainérican, M. Jen-kins, a dernièrement indiqué un dispositif de cette nature. Dans ce système les voyageurs pourraient parfaitement monter en voiture ou en descendre dans toutes les gares. L’ingénieur Jenkins, pour répondre à cet idéal, installe le long de la voie ferrée ordinaire, et de part et d’autre, deux nouveaux rails destinés à la circulation d’une gare mobile, qui sera entraînée par le train lors de son passage devant une station et qui jouera le rôle d’appareil d’échange des voyageurs; Cette gare mobile est constituée par une charpente métallique avec laquelle un bâtiment fait corps, et elle peut rouler sur le chemin que forment les deux rails supplémentaires dont nous venons de parler. De plus, à l’intérieur de la charpente sont disposés de larges galets qui se trouvent à l’aplomb d’une paire de rails fixés sur les toits de la série des voitures composant le convoi, et qui permettront à la gare mobile de rouler un moment sur ces toits. Quand un train arrive sous la charpente mobile, la voie se relevant de façon convenable, le convoi entraîne la charpente, et d’autant plus que] l’on se mettra peu à peu à freiner les galets dont est munie cette charpente ; finalement, la gare mobile marche du même mouvement que le train, grâce aussi à ce que sa voie de roulement s’est abaissée et qu’elle ne repose plus que sur les rails des toits des voitures. Il va de soi que, à ce moment, rien n’est plus simple que de faire passer les voyageurs de la gare dans les wagons ou inversement. Au bout d’un certain temps ou d'une certaine distance (ce qui revient au même), les rails de roulement destinés à la gare se relèvent, celle-ci recommence à rouler sur eux et elle cesse complètement de porter sur les rails des toits des voitures; par conséquent, si on freine ses roues inférieures portant sur les rails latéraux à la voie, cette gare tendra à ralentir sa marche, puis à s’arrêter. Naturellement, avec une semblable combinaison, une station réclame une longueur assez considérable, sur laquelle s’effectuent les déplacements de la gare mobile. Dans le système Jenkins, les convois ne s’arrêtent même pas pour le changement des locomotives: à l’endroit voulu, la machine attelée en tète du train détache ses attelages, en prenant une allure très supérieure à celle du convoi, dont elle avait ralenti la marche, et elle s’engage sur une voie de garage, tandis que le train continue tout droit en raison de la vitesse acquise. A une certaine distance en avant, se trouve une autre locomotive qui marche à une vitesse un peu moindre que le convoi, celui-ci la rattrape donc avec un choc très faible, l’attelage automatique se produit et le convoi reprend sa marche à une allure normale.
- Bien entendu, nous n’avons pas précisément une confiance très grande dans les dispositions recommandées par M. Jenkins, mais nous avons tenu à les citer parce qu’elles sont curieuses, et .en somme théoriquement réalisables. —#.<5^— D. L.
- p.250 - vue 254/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- LABOURAGE ÉLECTRIQUE
- De tous les travaux des champs, le labourage est le plus important. Aussi est-ce sur lui que se sont concentrés les efforts des eonstrueteurs-éleetriciens pour introduire les machines électriques dans l’agriculture ; c’est aussi là qu’ils ont rencontré le plus de difficultés. L’Allemagne surtout s'est préoccupée de ce problème et l’a résolu avec bonheur. Le labourage électrique est désormais du domaine des choses pratiques. Nous ne rappellerons que pour mémoire la « laboureusc » de M. Taillade, la charrue à touage de Zimmermann, celle à double treuil de Félix et Chrétien, celle pour vignobles de Ben-Sala, etc., pour nous arrêter aux systèmes les plus modernes. Parmi les constructeurs qui se sont le plus occupés du labourage électrique, nous citerons d’abord la Société Siemens-Schückert. Dès 1895, la maison Schückert, de Nuremberg, essaya le système Doll-lierg à deux moteurs. Deux ans après, elle adoptait le système Rrutschke.
- Avant de faire connaître les particularités de ces systèmes, nous ferons remarquer que les charrues électriques modernes se ramènent à deux types : celui à un moteur et celui à deux moteurs. Le type à un moteur se compose de trois parties. D’abord, la charrue proprement dite, qui est ordinairement à bascule et à socs multiples. L’une des séries de socs sert à labourer dans un sens, l'autre série dans le sens contraire. Arrivé à l’extrémité d’un sillon, on fait basculer la charrue pour mettre en action la série de socs relevée pendant le trajet précédent. La seconde partie est le truck à ancres qui sert de point d’appui au câble qui traîne la charrue. Il est pourvu du côté opposé à celui où s’exerce la traction de griffes ou ancres qui se fixent dans le sol et se relèvent à l’aide de palans lorsque le char à ancres doit avancer. La ligure 2 montre le char à ancre de la charrue à un moteur Siemens-Schückert.
- Le troisième organe est le truck moteur pourvu d’un moteur électrique et d’un treuil à une ou deux bobines sur lesquelles s’enroule le câble tracteur. La ligure 1 montre le truck moteur Siemens-Schückert. Le type à deux moteurs se distingue du type à un moteur en ce que les ancres sont remplacées par un second truck moteur, de sorte que la charrue est traînée alternativement par un moteur, puis par l’autre. Dans ce cas, le mécanisme des chars moteurs est un peu plus simple. Un seul tambour suffit alors à l’enroulement du treuil.
- Le type à un moteur convient surtout aux labourages peu profonds et en terrain léger; le type à deux moteurs aux labourages profonds (50 à 55 centimètres) en terre lourde.
- Quel que soit le type adopté, le courant est amené aux électromoteurs par une conduite aérienne sur poteaux terminée par des prises de courant, telles que celles, par exemple, du système Siemens-Schückert, que 1 on voit dans la figure 5. Suivant les cas, le courant employé est continu ou alternatif.
- Revenons maintenant aux caractéristiques des charrues électriques des différentes maisons. Dans le système Dollberg, le treuil était actionné par l’intermédiaire d’une courroie. Ce système avait le désavantage de nécessiter des rails. Il fut remplacé par le système Brutschke à un ou deux moteurs. Le châssis du truck à ancres est en fer et porté par quatre roues larges et fortes. Une poulie, portée par un cadre fixé dans une glissière parallèle aux essieux, sert à guider le câble. Le câble tracteur part d’un des tambours du truck moteur, passe sur la poulie du truck à ancres, qui sert de point d’appui, et revient au second tambour. Lorsque la charrue se dirige vers le moteur, le truck à ancres est déchargé, les ancres se relèvent automatiquement et le truck se met en position pour le sillon suivant. Avec un moteur, la longueur des sillons est de 500 à 550 mètres : avec deux moteurs elle est de 400 à 500 mètres.
- Après la charrue électrique Siemens-Schückert, nous citerons celle de Eckert, dont la partie électrique sort des aleliers de la Société d’électricité « Union » de Berlin. Fille est à deux moteurs. La longueur maximum des sillons est de 500 mètres. L’électromoteur est hermétiquement fermé. Il actionne soit le treuil, soit les roues du véhicule.
- Les charrues de la Société « Hélios », de Cologne, sont à un ou à deux moteurs. Comme dans la plupart des autres systèmes, les roues des divers trucks sont pourvues de dispositifs spéciaux pour assurer l’adhérence au sol.
- M. A. Borsig, de Berlin, construit des charrues à un moteur. L’électromoteur a une force de 40 chevaux. La voitui e portant le treuil est automotrice. Au truck à ancres, le câble tracteur s’enroule autour d’un tambour. Le point d’appui est constitué par une ancre à 4 griffes. Lorsque la charrue revient vers le moteur, le brin mou du câble actionne un engrenage qui relève les ancres et les fait avancer jusqu’au sillon suivant.
- Les appareils de labourage électrique de Forster et ceux du colonel Bussière n’ayant pas été reconnus pratiques, par suite de leur manque de stabilité, de leur poids excessif, etc., nous nous bornerons à les citer pour mémoire.
- Le système Brutschke nous semble avoir reçu les plus nombreuses applications. Il s’emploie notamment dans le domaine de Marschwitz. Le courant triphasé à 1500 volts est fourni par une station centrale hydro-électrique. L’électromoteur de la charrue a une force de 50 chevaux. A Ikervar, en Hongrie, le courant est également fourni par une station centrale hydro-électrique. Le réglage de la tension est automatique. A Catlenbourg, on utilise l’excès de force d’un moulin. Le courant est du triphasé à 1000 volts. On peut labourer à 800 mètres des prises de courant. On y travaille également la nuit. A Taïko-witz, en Autriche, l’énergie est fournie par la Jermeritza. Comme elle es‘t relativement petite (40 H.P.), on a préféré le système à un moteur.
- p.251 - vue 255/536
-
-
-
- 252
- LA NATURE.
- Le système de la Société « Hélios » s'emploie notamment dans les fermes modèles quelle a établies. A Quednau, la charrue travaille avec deux
- ou 5hect 70ares pour les labourages superficiels. A Praforeano, on labourait 5 hectares en 10 heures; à Halle-sur-Saale, avec la charrue Zimmermann, 4 à 5 hectares; à Diedriehshagen, avec le système Dollherg, 4hecK 55arcs, toujours en dix heures. Partout on a constaté une notable économie et une surproduction, due au défonçage, que M. Renaud estime à 20 pour 100 pour le blé, 55 pour 100 pour l’orge, 20 pour 100 pour les betteraves. Le prix de revient exact n’est pas encore bien établi d’une façon générale. Cela tient à la différence des conditions où se sont faites
- Fig. 1. — Truck moteur pour treuil.
- moteurs. La puissance nécessaire est de 00 chevaux effectifs. La profondeur des sillons est de 50 centimètres. La terre est dure. La tension du courant est de 550 volts. L’énergie est fournie par une machine à vapeur qui actionne une dynamo à courant continu. Voici quelques ré-
- Fig. — Mât avec contacts pendants.
- sultats obtenus. A Taïkowitz, la vitesse est de lm,G par seconde, la profondeur des sillons 25 à 50 centimètres, la surface labourée par jour 5hoct 50ares
- Fig. 2. — Char à ancre.
- les expériences. D’après M. Rrulschke, il serait, tout compris, de 25fr, 89 l’hectare. D’après M. Rin-gelmann, il s’élèverait à 58fr,02, ou bien à 25fr,75, si l’on parvenait à labourer 6 hectares au lieu de 4 par journée de 10 heures.
- Les frais de premier établissement sont assez élevés. Le système à deux moteurs coûte de 44000 à 05 000 francs. Une telle immobilisation de capital ne se justifie donc que si les conditions et la disposition du terrain sont très favorables. Ce sera, par exemple, le cas lorsque la surface à labourer se composera d’une terre lourde et fertile, susceptible d’un grand rapport.
- L’exploitation se soldera par une diminution des frais de production et parfois par une augmentation de la production. Le labourage électrique convient en outre parfaitement lorsqu’une même charrue peut desservir plusieurs fermes moyennant redevance.
- Comme cette dernière solution est extrêmement facile et les avantages du labourage électrique très importants, il n’est pas téméraire de prévoir pour celui-ci un avenir brillant et d’en atlendre de grands progrès dans l’art de cultiver la ferre.
- Eüu.f Gdaium.
- p.252 - vue 256/536
-
-
-
- LA N A TL KL.
- o
- »r»
- LES RECENTES
- Les tempêtes, les pluies diluviennes et presque continuelles des mois de décembre et janvier dernier ont donné lieu à des crues d’une intensité heureusement assez rare dans nos ileuves français. Dans certaines régions ces crues ont provoqué de véritables inondations dont les ravages ont été parfois considé-
- Fig. 1. — La nacelle du pont transbordeur louchant la Loire à Nantes.
- champs sur une grande étendue. La hausse du niveau des eaux a atteint lm,75 à l’écluse de l’Isle Adam, et 1“,95 à l’écluse de Saint-Ouen-1’Aumône.
- La crue de la Seine a été également très considérable' au milieu de février. Pendant plusieurs jours
- Fig. 3. — L’avenue de Launay à Nantes.
- Choisy-le-Roi, à Joinville, à Saint-Maur la crue a également submergé les berges et les quais. Mais le lleuve qui a le plus subi les effets des pluies continuelles du début de cette année, est assurément la Loire dont le niveau s’est élevé jusqu’à 6 mètres au-dessus du zéro des marées ordinaires du fleuve.
- Tous les bas quartiers de Nantes, la grande cité industrielle de l’ouest ont été envahis par les eaux. Les rues sont devenues, par endroit, de véritables canaux permettant d’y circuler en barque. Nos gravures représentent l’aspect à la fois curieux et déso-
- INONDATIONS
- râbles. La Rochelle, Angoulème, Niort, bordeaux ont été sérieusement éprouvés. L’Adour, la Charente, la Saône, la Gironde ont eu des crues que l’on n'avait pas vues depuis longtemps. L’Oise, cette rivière si tranquille, et au niveau si généralement constant, a subi elle aussi une crue importante qui a submergé des
- Fig. 2. — I.a place du Commerce à Nantes.
- la batellerie a été interrompue à Paris. Tous les bas ports ont été submergés. Le niveau des eaux a atteint 4m,80 au Pont Royal, au lieu de 2m,48 niveau moyen. Le 18 février, on cotait 5m,40 au pont d’Austerlitz et om,26 au pont de la Tournelle. Dans la banlieue, à
- Fig. i. — La rue des Olivettes à l’entrée du quai Magellan à Nantes.
- lant de quelques-unes des rues les plus mondées, d’après les clichés de MM. Vassellier frères.
- La période maximum de la crue a été comprise entre le 10 et le 25 février. Le 17 la crue atteignait 5,n,70 au pont de la Rourse, à Nantes. Le lendemain elle atteignait 5m,90. Le niveau des eaux du fleuve baissa ensuite. Le 25 février on cotait 2m,67 de crue à Tours, 4m,17 à Saumur, et 5m,50 à Montjean. Le 27 on cotait 2m,60 à Tours et 4m,85 à Montjean.
- De telles inondations de la Loire ne s’étaient pas produites depuis 1879, époque à laquelle le niveau
- p.253 - vue 257/536
-
-
-
- LA N ATI UE.
- 25 i
- de la grande crue atteignit 6'",05. En 1872, le niveau delà crue atteignit 6“\85. L’usine à gaz de Nantes fut envahie et la ville lut plongée dans l’obscurité pendant 5 jours.
- Les crues, qui viennent ainsi augmenter le débit des tleuves et des rivières, se produisent à peu près à la même époque chaque année. Leur intensité varie suivant l’activité des précipitations atmosphériques. Ainsi une rivière peut voir son régime varier dans des limites assez considérables, suivant une loulede circonstances telles que : état de la végétation forestière, l’étendue et la constitution géologique du bassin et surtout la durée et l’abondance des pluies, sur lesquelles l’homme n’a pas de prise.
- La Seine, qui possède un bassin hydrographique assez faible à structure géologique assez homogène et assez perméable, est un fleuve relativement tranquille. Elle ne reçoit guère, en effet, d’affluents torrentiels que ceux qui viennent du Morvan. Les terrains imperméables ne forment que le quart de la superficie de son bassin. Les précipitations atmosphériques de cette année l’ont donc beaucoup moins affectée que la Loire. Des observations curieuses ont montré, après la baisse des eaux de crue, que le débit de la Seine avait dépassé de beaucoup le débit moyen des temps de crue et que la vitesse des eaux avait également dépassé la vitesse moyenne des eaux pendant les crues ordinaires.
- Dans la banlieue Est de Paris, on a trouvé, et surtout dans les méandres et les anses, de nombreux spécimens de coquillages : « phanorbes, limnées, paludines « et quelques, « anodontes » qui ont été arrachées et entraînées, par la violence du courant, hors des parties supérieures du fleuve, et des petits ruisseaux où vivaient ces petits mollusques.
- En temps ordinaire la Seine, à Paris, coule avec une vitesse de 0m,50 à la seconde. Pendant la crue de février, le courant a pu atteindre une vitesse de 11U,50 mais guère plus. On a remarqué, en effet, qu’il est excessivement rare que la vitesse d’un cours d’eau soit triplée par l’effet d’une crue.
- La Loire est au contraire un fleuve beaucoup moins tranquille que la Seine, bien que divaguant actuellement au milieu d’une très large vallée alluviale. C’est que la Loire subit des influences multiples qui, quand elles coïncident comme cette année, peuvent augmenter considérablement son débit et donner lieu à des inondations.
- La source de la Loire, l’Ailier et quelques petits cours d’eau qui s’y jettent, subissent les influences du climat méditerranéen. Les autres affluents de la Loire sont surtout soumis aux influences du climat atlantique. Du Plateau central descendent vers la Loire de nombreux torrents. Presque tout le bassin hydrographique du fleuve (les 3/4 de la superficie) est constitué par des terrains imperméables, ce qui favorise considérablement le ruissellement. Les moindres pluies se font donc aussitôt sentir sur les affluents et ensuite sur le cours du fleuve principal. Cette année, dans tout le Plateau central, de la
- neige, des pluies abondantes sont tombées, si bien que le lac Chambon a débordé. Jamais, paraît-il, depuis bien longtemps, les rivières d’Auvergne n’avaient subi de crues aussi fortes. De plus, presque tous les autres affluents de la Loire, tels que l’Erdre, la Sioule, la Vienne, l’Ailier, la Durole, ont subi des crues à des époques rapprochées.
- Le lit ordinaire de la Loire n’a pu contenir toutes les eaux et des inondations ont eu lieu.
- A Orléans, le débit de la Loire à l’étiage, en temps ordinaire, est de 25 m3: il est de 152 m3 à l’étal moyen de 10000 pendant les crues ; ce dernier chiffre a dû être certainement dépassé en février dernier.
- La proportion de limon contenue dans les eaux de crue d’un fleuve, n’est pas aussi considérable que pourrait le faire supposer la couleur boueuse des flots. La Loire dans ses crues ordinaires n’est guère capable de déposer une couche de limon supérieure à 5/10 de millimètre chaque année. On évalue la couche de limon déposée par les crues du Nil à environ 1 millimètre chaque année. Il faut un siècle au grand fleuve égyptien pour surélever le sol de sa vallée de 0m,126.
- Dans une région donnée, on a constaté, au moyen de longues et patientes observations, qu’il se produit des alternances de périodes sèches et de périodes humides; des séries d’années chaudes et des séries d’années froides. D’après M. Bruckner ces alternances presque régulières de température maxima et minima se succéderaient selon une loi, en vertu de laquelle ces maxima et ces minima se reproduiraient tous les trente ou trente-cinq ans. Ces variations seraient dues aux vicissitudes du rayonnement solaire. Ainsi les deux dernières années froides et pluvieuses que nous venons de traverser, coïncideraient avec le début dmne période humide dont le maximum serait atteint vers 1908 ou 1909.
- Il est curieux de constater que les deux grandes crues de la Loire, en 1872 et 1879, coïncident, elles aussi, avec le début d’une période humide qui s’étendit de 1870 à 1885 avec son maximum vers 1879.
- Du reste, en comparant les niveaux successifs des lacs, si directement influencés par la plus ou moins grande intensité des précipitations atmosphériques, on constate que le maximum de hauteur du niveau des eaux survint en 1880. Il y a donc lieu de croire que ce maximum sera de nouveau atteint vers 1908 ou vers 1909. Marcel Chevalier,
- l’rqKiraleur du géo^nipliit' pliysiijiic ;i ht SorlmiiMc.
- NÉCROLOGIE
- Ferdinand Fouqué est mort subitement le 7 mars dans la matinée. Il était âgé de 76 ans. mais sa santé paraissait encore robuste et il faisait, l’avant-veille de sa mort, son cours de géologie au Collège de France. C’est dans les termes suivants que M. Mascart a annoncé à l’Académie la nouvelle perte qu’elle venait de faire.
- « Un grand deuil frappe aujourd’hui l’Académie. J’ai le regret profond d’annoncer la mort de M. Fouqué,
- p.254 - vue 258/536
-
-
-
- LA NATL'HE
- doyen de lu Section de Géologie et Minéralogie, décédé subitement ce matin à son réveil.
- « M. Fouqué appartenait à notre Compagnie depuis 1881.
- « Ancien élève de l’École Normale, il fit d’abord une incursion dans l’Industrie et revint bientôt à la science avec son maître, Charles Sainte-Claire Deville. Après
- Ktnin.NASD Foiqik, de l’Académie des sciences (1848-1904).
- divers voyages au Vésuve et au Stromboli, sa campagne de Santorin avec une mission de l’Académie donna lieu à la publication d’un grand ouvrage sur la nature des roches et des émanations d’origine volcanique, dans lequel on trouve en même temps de curieuses recherches historiques.
- « 11 fut en France l’initiateur de la pétrographie micrographique, ou étude des éléments cristallisés qui constituent les roches. Aoyageur infatigable et doué d’une énergie qu’il devait à son origine, M. Fouqué considérait que les progrès de la géologie doivent se conquérir sur le terrain, par une exploration personnelle, sans souci des fatigues qu’impose cette méthode.
- « Au cours de ses explorations eu Auvergne, il fit l’admiration des rudes habitants du pays par la sobriété de sa vie, son endurance à la peine et la simplicité avec laquelle il partait chaque matin pour rapporter lui-même à la lin de la journée une charge imprévue de pierres ou de fossiles recueillis le long du chemin.
- « Ceux qui l’ont approché de plus près ont pu apprécier la loyauté presque rigide de son caractère, la bonhomie, l’aménité et la sûreté de ses relations. Il laissera le souvenir d’un savant passionné pour les études auxquelles il a consacré sa vie et d’un homme de bien. »
- E. MASCART,
- Président de l'Académie des sciences,
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 mars 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Phosphorescence et rayons « N ». — M. Darhoux annonce que M. Blondlot a envoyé une Note résumant de nouvelles recherches relatives à l’action comparative de la chaleur et de la lumière sur la phosphorescence. M. Raphaël Dubois a envoyé un travail intitulé « Lumière animale et lumière minérale », renfermant ses travaux de photogénèse. M. Bagard a étudié le pouvoir rotatoire de certains milieux par rapp’o'rt aux radiations NT.
- Dissolution du silicium dans les métaux. — M. Mois-san rappelle que le silicium se combine avec certains métaux fondus (siliciures de fer, de chrome, de tungstène, etc.), et se dissout dans d’autres (plomb, zinc, argent). M. Moissan a fait, en collaboration avec M. Siemens, des expériences sur la solubilité du silicium dans le plomb et dans le zinc. La solubilité dans le plomb commence à 1100°; à 1400° elle atteint 0,15 pour 100 et à la température de l’ébullition 0,70 pour 100. La solubilité dans le zinc est plus facile ; elle commence vers 550°. A 850° elle atteint 0,02 et croit ensuite très rapidement. Dans ces expériences le silicium se sépare, lors du refroidissement, en cristaux qui présentent une densité et des propriétés constantes.
- Le lait formolé. — M. Schlœsing fils présente une Note de M. Trillat relative à l’action du formaldéhyde (formol) sur le lait. On sait que le lait formolé a été recommandé pour la nourriture des enfants du premier âge. M. Trillat proteste contre cette pratique. 11 a examiné l’action de la pepsine sur du lait coagulé formolé et non formolé. Il a trouvé, dans le premier, des résidus non digérés. En outre le formol se fixe peu sur les matières albuminoïdes, il reste en contact avec les muqueuses de l’estomac dont il diminue l’activité ; par suite il agit à la manière d’un poison et son emploi est à prohiber au même titre que celui des autres antiseptiques.
- Modifications organiques dues à Y obscurité. — M. Edmond Décrier résume une communication de M. Airé relative à une modification organique observée sur une anguille élevée dans les catacombes de Paris, c’est-à-dire à l’abri de la lumière. Le volume des yeux a doublé, mais l’examen du tissu nerveux correspondant a révélé une pleine dégénérescence. Les animaux ramenés des grandes profondeurs océaniennes présentent un phénomène parallèle. Chez les crustacés l’œil disparaît, il subsiste avec un volume considérable chez les espèces nageuses.
- Répartition des éléments constitutifs de la terre. — M. Michel Lévy résume une Note de M. de Launay relative à la répartition des éléments constitutifs du globe terrestre et à sa relation avec les poids atomiques. Il conclut que les matériaux sont rangés comme si les distances des éléments au centre de la terre étaient d’autant plus grandes que les poids atomiques étaient plus faibles.
- Assainissement d’Ismaïlia. — M. le prince d’Aren-berg donne lecture d’un mémoire sur les moyens employés pour l’assainissement d’Ismaïlia et les résultats obtenus. Ismaïlia est située au milieu du canal entre la Méditerranée et la mer Rouge. Pendant longtemps cette localité est restée très saine. Mais, tout à coup, le paludisme y fit son apparition et atteignit la plupart des Européens. Les travaux de M. Laveran n’ayant plus permis le doute sur l’importance du rôle des moustiques dans la propagation de la maladie, la Compagnie fit procéder à la suppression des eaux stagnantes, par comblement des mares, et ouvertures de rigoles d’écoulement. Une équipe d’ouvriers opéra périodiquement le nettoiement des rigoles à l’aide de chasses d’eau, une autre répandit du pétrole dans les fosses et les bassins intérieurs. En une année les moustiques ont été détruits; la fièvre a diminué dans une énorme proportion. Au lieu de 2000 cas par année (moyenne de la période 1807-1902) on n’a observé que 200 cas. Il n’y a eu en 1003 que 4 décès; ils sont survenus chez des indigènes. Concurremment avec ces moyens la Compagnie a fait procéder à de larges distributions de quinine. Ch. de Vileedevu..
- —»<>«—
- p.255 - vue 259/536
-
-
-
- LA N ATI 15 L.
- *2r»n
- LE MÈTRE A PARIS EN 1799
- Personne n’ignore que le principe de l’uniformité des poids et mesures est dù à une décision de l’Assemblée Constituante, en 1790 (on sait moins que l’initiative en est due à Talleyrand), et qu’aus-sitôt cette décision prise, les savants les plus autorisés, parmi lesquels Condorcet, Laplace, Monge et Lagrange, furent chargés d’en étudier l’application. On n’ignore pas davantage que l’unité de mesure adoptée par eux et représentée par le mètre fut empruntée à la longueur du méridien de la terre : le mètre correspond à la dix-millionième partie du quart du méridien. Les événements politiques tirent que ces conclusions, arrêtées dès 1791, ne reçurent leur sanction que plusieurs années après, sous la Convention, et même n’entrèrent réellement dans la pratique qu’au temps du Directoire.
- Un décret du 18 germinal an III avait, à cet effet, créé l’Agence temporaire des poids et mesures. Ses papiers, déposés aux Archives nationales, ont été récemment l’objet d’une intéressante étude de M. Fernand Gerbaux, l’un des archivistes du Palais Soubise, qui l’a publiée dans le « Bulletin de la Société historique du VIe arrondissement ».
- Pendant l’année, ou environ, que dura son existence, l’Agence eut trois sièges différents à Paris; elle fut d’abord installée rue de Vaugi-rard dans les bâtiments du Petit-Luxembourg, puis au quai Malaquais, hôtel de Juigné, et enfin « rue Dominique, n° 229 ». Ces déménagements un peu fréquents n’empêchèrent pas qu’elle ait fait de bonne besogne. Il s’agissait d’une chose difficile entre toutes ; déraciner de l’esprit du public des usages, des locutions séculaires pour leur substituer une terminologie inconnue et des procédés tout nouveaux à appliquer à des actes aussi usuels que ceux de peser et de mesurer.
- L’un des procédés pratiques qu’imagina l’Agence fut de parler aux yeux en même temps qu’à l’esprit. Dans ce dessein, elle résolut de faire placer dans Paris, aux endroits les plus fréquentés, un type de mètre, qui donnât aux passants, en même temps qu’une notion précise, un instrument commode de la nouvelle ^ mesure. Seize emplacements furent
- choisis; il est bon de les énumérer après M. Gerbaux parce qu’ils nous montrent sur quels points de la capitale la circulation était alors la plus constante :
- « Au Palais national (Tuileries;, dans le jardin;
- — au Luxembourg, sur la rue de Tournon; — au Palais de Justice; — au Palais Égalité (Palais-Royal);
- — à la Porte Antoine ; — à la Porte Martin ; — à la Porte Denis; — à la Poste aux Lettres; — à la Place Maubert; — rue Denis, près la rue aux Ours; -- au Jardin des Plantes; — à la Bibliothèque nationale; — Boulevard des Italiens; — au Pont Neuf;
- — à la place de Grève; — à l’entrée de la Galerie des tableaux. »
- On ne sait pour quelle raison le second de ces emplacements ne fut pas observé, ni comment le mètre-type fut placé, non au Palais du Luxembourg, vis-à-vis la rue de Tournon, mais bien sur le mur des communs du Petit-Luxembourg, 5G, rue de Vaugirard, en face de l'hôtel du Président du Sénat. Il y est encore aujourd’hui, et c’est lui que représente notre gravure. Sa conservation est d’autant plus précieuse qu’il est, croyons-nous, le seul survivant des seize, et qu’on en chercherait vainement un autre aux seize emplacements ci-dessus indiqués. On en trouvera un, en revanche, place Vendôme, sur les murs du ministère de la Justice.
- Ajoutons que c’est Ghal-grin, le futur architecte de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, qui se chargea de construire ces curieux petits monuments avec des blocs de marbre provenant de Marly, que le gouvernement lui lit livrer; la dépense de chacun d’eux fut estimée par lui à « 1802 livres 10 sols »; l’unité du franc n’était pas encore ordonnée à l’égal de celle du mètre. Enfin, M. Gerbaux s’est préoccupé d'établir la date à laquelle Paris fut doté des mètres-types imaginés par l’Agence des poids et mesures. Un recueil de « Notions élémentaires du nouveau système des poids et mesures », publié en l’an VII (1799), indique comme déjà mises en place « des tablettes de marbre qui offriront avec exactitude la longueur du mètre». Flrn.vnd Bournox.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiilue, rue de Llcurus, 0.
- Le mètre mural à Paris, placé au Petit-Luxembourg, sous le Directoire.
- p.256 - vue 260/536
-
-
-
- N“ 1 009 — 20 MARS 1904.
- LA N AT LHK.
- 2o7
- LUMIÈRE ZODIACALE
- Fig. 1. — Cône lumineux à l'intérieur de la lueur (11 avril 1901).
- Fig. 2. — Aspect général de la lumière zodiacale (16 avril 1898).
- La lumière zodiacale nos régions par suite de sa visibilité assez faible, même difficile parfois. Sous les tropiques, où le ciel est extrêmement pur, et avec sa situation céleste qui la fait paraître s’élever presque verticalement, cette longue bande d’une clarté si mystérieuse peut se montrer d’une intensité remarquable. Mais dans nos latitudes relativement élevées cette traînée, occupant sensiblement la trace de l’écliptique, se trouve plus ou moins inclinée par rapport à l’horizon dont les vapeurs peuvent la masquer en grande partie. Il faut donc la rechercher à certaines époques : les premiers mois de l’année sont les seuls favorables à son observation du soir, parce que sa position
- est assez peu connue dans
- Fig. 3. — Extension de la lueur au Nord (11 janvier 1901). est aussi redressée que pos
- sible, et pour les mêmes raisons les mois d’automne
- doivent être choisis pour la visibilité matinale.
- Cependant cette visibilité est plus aisée qu’on ne l’imagine couramment. En l’absence de la Lune, par un ciel pur et surtout si l’on prend soin de s’éloigner de causes troublantes telles que les lumières artificielles, on peut admirer la lumière zodiacale aux époques indiquées ci-dessus.
- L’aspect sous lequel elle se présente généralement est celui d’une traînée très vague, plus lumineuse à la base quand elle n’est pas masquée par des brumes. C’est donc cette base qui se voit le plus facilement et son intensité est suffisante pour que les nuages interposés devant s’v découpent nettement. C’est d’ailleurs ainsi qu’il est le
- 32e année. — 4cr- semestre.
- 17
- p.257 - vue 261/536
-
-
-
- U SAIT H K.
- 2;>s
- plus aisé de la bien reconnailre. Avec le ciel 1res pur du Lord de la mer, exempt de toute gène artificielle j’ai pu voir souvent, de mon observatoire de Itonville, des particularités intéressantes.
- Pour résumer très brièvement ces observations je dois d’abord dire qu’au lieu de présenter l'aspect d un cône (ainsi qu’on la dessine Jréi|uemment) j'ai trouvé le plus souvent que la lumière zodiacale avait l’apparence.d’une bande large de 12° à 15° environ, et d’une longueur variable de 60° à 90°, cette distance comptée à partir du Soleil ; après cela elle se perd insensiblement. En général elle est extrêmement diffuse, ce qui rend ces mesures, même approximativement, très difficiles.
- A l’intérieur de cette bande, dont le bord austral est presque toujours plus net que l’autre, la base peut être occupée parfois par une?zone fusiforme, bien plus lumineuse, ainsi qu’on peut le voir sur la ligure 1. Les deux autres figures montrent (fîg. 2) l’apparence simple que j’ai vue le plus souvent, et (fig. 5) une extension anormale de la lueur au nord, phénomène important et déjà observé, notamment par mon ami M. Tftuchet (avril 1898, janvier 1899).
- Quant à la forme générale en fuseau, décrite fréquemment, je crois qu’elle peut être due généralement à ce que l’affaiblissement de l’extrémité visible est plus rapide pour les bords très diffus. Il arrive alors qu’on aperçoit seulement la partie médiane plus intense, d’où l'amincissement apparent de l'extrémité.
- D’ailleurs les belles observations faites au Pic du Midi par M. Marchand ont montré qu’en réalité l’apparence était celle d’une longue bande traversant tout le ciel, c'est-à-dire nous enveloppant. D’après ces mêmes observations, nous serions à l’intérieur de la lumière zodiacale, dont la ligure est celle d’un ellipsoïde de révolution, et à peu près dans son plan moyen qui coïncide avec celui de l’équateur solaire. Le qui continue très bien l’hypothèse que la lueur zodiacale ne serait autre chose que l’enveloppe extérieure du Soleil, la (< couronne » prolongée, formée des derniers matériaux de la nébuleuse primitive. Le plan moyen de l’ellipsoïde étant incliné de 6° à 7° sur celui de l’écliptique, nous devons donc nous trouver parfois plus près d’un bord que de l’autre, ceci en confirmation de l apparonce souvent plus nette d’un de ces bords.
- L'intensité de la lueur et son affaiblissement graduel sont choses essentiellement variables, non seulement d’une année à l’autre, mais pour des époques très rapprochées, quelquefois même dans le cours d’une soirée. En même temps que l’intensité, les formes sont variables également, par les contours et l’apparition des zones intérieures, telles que celle de la ligure 2. L’extrémité de celte zone s’étendait, à partir du Soleil, à une distance angulaire de 4ù° à 47°, c'est-à-dire, en réalité, jusqu’à l’orbite de Vénus environ. Ces aspects variables, zones et extensions ont évidemment une certaine analogie avec ceux que présenté la couronne solaire.
- Enfin, la colorai ion de la lueur est d’un jaune
- accentué quand on la compare à celle si blanche de la Voie lactée, à laquelle elle est fréquemment supérieure en éclat.
- L’étude de la lumière zodiacale, si aisée, puisqu’elle ne nécessite le concours d’aucun instrument, a une importance très grande. Ses variations, ses relations probables avec le Soleil ont besoin d’être précisées par la recherche des phénomènes particuliers dont elle est le siège, et l’époque actuelle est la plus favorable pour entreprendre des observations qui seront toujours d’un grand intérêt. Lccien Ridaux.
- RADIUM ET HÉLIUM
- Les physiciens ont cherché à expliquer les singulières propriétés du radium par une dislocation progressive de l’atome de ce corps aboutissant à la formation de l’hélium, ce gaz curieux qui fut découvert sur le Soleil avant de l’être sur Terre. Cette hypothèse de la première heure prend corps aujourd’hui. Il est certain que le radium en se désagrégeant se réduit en hélium.
- La dislocation engendre de la chaleur, des rayons la plupart invisibles et une émanation continue. C’est l’émanation qui en se détruisant produit une quantité de chaleur considérable. Rutherford et Rarnes ont chauffé du radium pour en chasser l’émanation, et ils ont condensé cette matière par le froid intense de l’hydrogène liquéfié dans une ampoule de verre scellée. Dans ces conditions le radium perd de sa puissance calorifique, environ 30 pour 100 de la valeur primitive. D’autre part la puissance calorifique de l’émanation-augmente.et atteint 70 pour 100 de ce qu’elle était au début. C’est donc l’émanation qui engendre le plus de chaleur jusqu’à ce qu’elle se détruise et se transforme en hélium. Selon Rutherford, à mesure que le radium vieillit, la quantité de chaleur qu’il émet varie ; il est en voie d’évolution continue.
- Le radium se transforme-t-il réellement en hélium? D’abord, il y a déjà plusièurs mois, Ramsay et Soddv, ayant condensé l’émanation et chassé les gaz qui y étaient mélangés, ont constaté qu’à un certain moment l’émanation finit par disparaître. A ce"moment précis, on voit apparaître dans le spcclroscopc les raies de l’hélium. Mais des expériences récentes de MM. Curie, Rcwar et Des-landres sont autrement décisives. '
- M. Curie choisit un échantillon de 4 décigrammes de bromure de radium pur et bien desséché. Malgré cela, ce sel de radium contenait encore des traces d’eau, des gaz inclus dans la masse et de l’hélium. 11 y a toujours de l’hélium dans les minéraux radio-actifs, selon Ramsay, et toujours un peu d’eau qui, par suite de réactions internes, fournit de l’hydrogène. Et, en effet, M. Curie laissa dans l’ampoule de verre vide son échantillon pendant trois mois. Et peu à peu il se fit un dégagement d’hydrogène.
- Après trois mois, l’échantillon fut envoyé à M. Dcwar en Angleterre. Ce physicien le plaça dans une ampoule en quartz avec un vide parfait et il fit fondre le bromure de radium pour faire sortir les gaz occlus. Il recueillit ces gaz et referma l’ampoule. Celle-ci ne contenait plus que du sel de radium pur. Les gaz examinés étaient radioactifs et lumineux; à l’examen spectral ils montrèrent les trois bandes principales de l’azote, azote provenant sans doute de l’air.
- L’échantillon ainsi purifié, bien débarrassé des gaz acclus qui pouvaient ne pas appartenir au sel de radium, fut renvoyé en Franfce dans son ampbule de quartz et
- p.258 - vue 262/536
-
-
-
- L A NA TLUI
- 2,VA
- conlié à l’examen de M. Deslandres, vingt jours après la fermeture de l’ampoule.
- Or, le gaz intérieur émis dans cet intervalle de temps à l’intérieur de l’ampoule n’a pu provenir que de la transformation du radium. Illuminé à la bobine de Ruhmkorff, il a donné le spectre entier de l’hélium.
- Donc le radium se transforme en hélium.
- C’est là un fait considérable qui tend à montrer la réalité de la désagrégation atomique du radium et permettrait d’expliquer les propriétés de ce corps en apparence si contradictoires avec les lois de la physique les mieux établies. On pourrait dire que la résolution du radium en hélium offre un premier exemple bien inattendu de la transmutation de la matière. IIexhi de I’auville.
- CONCOURS D'AVIATION
- Il s’est formé depuis quelque temps, en France, un foyer scientifique pour les études relatives à l’aviation, sous la puissante égide de l’Aéro-Club, et l’initiative très active de M. E. Archdeacon. Avec la désignation de t:ous-cot:unission de Farialion, ce groupe d’hommes compétents s’est occupé tout d’abord de trouver un terrain propice aux expériences de planement et l’a découvert à Merlimont, près’de Rerck-sur-Mer.
- Convaincue qu’à l’exemple de l’automobilisme, des courses et des concours contribueront puissamment aux progrès dans cette voie nouvelle, la Commission en préconise la création. MM. le colonel Renard et Archdeacon ont élaboré dès à présent un programme et un règlement des concours. Les épreuves requises sont au nombre de trois, correspondant aux qualités essentielles d’un appareil d’aviation : 1° Épreuve de faible pente; 2° épreuve de qualité sustentatrice ; 5° épreuve de légèreté spécifique.
- On sait que, jusqu’ici, les appareils expérimentés par 0. Lilienthal, M. Chanute et les frères AVright ne sont pas pourvus de force propulsive (sauf dans le dernier essai de ces derniers expérimentateurs) ; ce sont, par conséquent, de simples parachutes, mais qui, au lieu de tomber à peu près verticalement, descendent au contraire suivant un plan très faiblement incliné sur l’horizon : on a déjà réalisé la pente de fi°. L’appareil est d’autant meilleur que celte inclinaison est plus faible. 11 est donc tout naturel de porter son attention sur ce point et d’en faire l’une des conditions du concours. Il est bien entendu qu’il s’agit là du déplacement de l’appareil par rapport à la masse d’air qui le supporte, et que le chemin que l’air lui-même parcourt, par suite de la vitesse du vent, s’ajoute au chemin parcouru apparent de l'aéroplane sur le sol depuis le lancer jusqu’à l’atterrissage.
- La (t qualité sustentatrice » d’un appareil planeur est évidemment d’une importance au moins aussi grande, puisque la difficulté primordiale de l’Aviation, c’est de se soutenir en l’air. Les auteurs du règlement ont trouvé un moyen simple de comparer à cet égard les différents appareils concurrents : ils ont adopté une commune mesure ; c’est le parachute tombant orthogonalement avec la même vitesse verticale V que l’appareil examiné qui la donne. Il est facile de calculer le poids À'de ce parachute, par la formule À' = 0,085 Y*, où 0,085 est la valeur moyenne du coefficient de la résistance de l’air.
- Si l’on désigne par X la charge par mètre carré de l’appareil planeur expérimenté, charge qui peut se mesurer par une pesée au repos, on appellera « qualité susten-
- talrice » O, le rapport ~
- Enfin la « légèreté spécifique » est le rapport du poids utile soutenu, au poids de la carcasse, ailes comprises.
- Si l’on attribue à ces trois épreuves des cotes G, G/, G", données de 0 à 20, la cote définitive ou globale sera obtenue par l’application de la formule :
- <; = g + c' + 1c".
- Gomme on le voit, la troisième condition a moitié moins d’importance que les deux autres.
- Et maintenant, c’est aux concurrents d’entrer en lice.
- Pour prêcher d’exemple, M. E. Archdeacon a mis immédiatement en construction un appareil exactement copié sur ceux qui ont donné de si bons résultats à M. Ghanutc et aux frères Wright, en Amérique. Get aéroplane a été établi avec un soin extrême par M. Dargent, le très habile modeleur de Chalais-Meudon. Mais d’autres appareils sont en construction, et diffèrent sensiblement de leurs émules. Ils sont dus à MM. Drzie-xviecki, Mallet, Girardof, Balsan et d’autres sans doute.
- Enfin, comme à tout concours il faut des prix, M. Archdeacon a déjà souscrit 5000 francs; M. Henri de Rothschild offre une coupe, et d’autres Mécènes ne manqueront pas de suivre de si bons exemples.
- G’est ainsi que la France aura certainement bientôt reconquis le terrain qu’elle avait laissé parcourir par l’étranger. G. E.
- Tout le monde connaît cette petite plante agréable que les Anglais nomment Lily of the Valley; elle appartient à la famille des liliacées. Encore quelques semaines et elle succédera aux violettes dans les petites voiture' des marchands des rues. La fleur du muguet de mai possède un parfum suave, se rapprochant de celui de la fleur d’oranger. Ges fleurs, petites, blanches, élégantes à corolle dentelée, ressemblent à de petites clochettes; elles sont groupées en grappe au sommet d’une petite tige de 15 à 20 centimètres. La plante est pourvue de deux feuilles très développées, fibreuses, radicales et lancéolées. Le fruit est une petite baie rouge de demi-centimètre de diamètre environ. La tige desséchée devient petite et anguleuse. La plante croit de préférence dans un terrain silicieux; dans les serres et en pot on peut obtenir des fleurs dès la Xoel. Les serres doivent être chaudes et obscures et suivant que l’on a plus ou moins chauffé, la plante fleurit au bout de 5 à 5 semaines.
- Sur la côte d’Azur, le muguet est cultivé dans presque tous les jardins, de mai à juin, il pousse spontanément. G’est surtout au mois de mars que l’on en fait l’expédition à l’étranger. Ges fleurs offrent de l’intérêt non seulement comme ornement, mais encore comme médicament; toutes les portions du végétal sont actives, les Heurs surtout : celles-ci ont une saveur amère.
- MM. les professeurs Doncbet et Chevalier ont fait récrm-‘ ment sur cette plante une étude au point de vue médical *. Ils ont trouvé une substance active .contenue à la dose de 2er,25 par kilogramme de plante fraîche; car c’est à cet état que le végétal est le plus actif. Ge principe agit surtout sur le cœur, dont il diminue le nombre de pulsations. Administrées en excès, les préparations du muguet peuvent produire l’arrêt du cœur ; elles sont cependant moins actives que la digitale. Le muguet se multiplie en plantant les racines divisées; ou encore par semis.
- Erxest Liot.usd.
- 1 Xov. « Bulletin de la Société thérapeutique de Paris », du 2i juin 190’.
- p.259 - vue 263/536
-
-
-
- LA NATl 15 K.
- 200
- TOUPILLE HOWELL1
- Colle torpille, dont l’invention remonte à 1870, est due à l’amiral John Adams ïlowell de la marine des Ltats-Unis.
- De 1870 à 1891, M. Ïlowell, aidé d’actifs collaborateurs, perfectionna cet appareil qui, sous sa forme primitive trop schématique, ne donnait pas le. rendement prévu. Ce fut en 1891 que la torpille ïlowell, arrivée à un degré remarquable de perfec-
- tion, fut expérimentée par la Société Ilotchkiss qui s'occupait alors de sa construction. Les résultats obtenus en Amérique furent concluants. Une autre Société immédiatement fondée en Amérique renouvela les expériences et arriva aux memes résultats satisfaisants. Le gouvernement américain, prenant intérêt à cette question, nomma une commission technique chargée d’étudier le nouvel engin, et d’en faire des essais comparatifs avec la torpille White-head qu’elle possédait alors. Environ 500 coups
- l jïtoULSlf.Crki* '”r E.
- Fig. 1. — Ensemble schématique de la torpille Ïlowell. — A, cône de charge; B, partie cylindrique milieu; M. cône arrière; S, queue; il, charge de coton-poudre humide ; b, charge amorce ; c, mécanisme à percussion ; <7, petite hélice provoquant l’armement du percuteur.
- lurent tirés,, dont moitié avec la torpille ïlowell et moitié avec la torpille Whitehead et dans les conditions les plus défavorables que puisse s’effectuer un tir, c’est-à-dire lancement par le travers d’un torpilleur marchant à une vitesse de 18 noeuds en mauvaise mer, soit à marée montante, soit à marée descendante. La première donna un rendement de 95 [tour 100 des coups portés, la torpille White-liead n’atteignit qu’un rendement de 57 [tour 100.
- C’est à la suite de ces résultats que la marine américaine adopta la Ïlowell concurremment avec l’ancienne torpille Whitehead.
- Principe de la torpille ïlowell.
- — Le régulateur . d'immersion et le détonateur fonctionnent comme dans la torpille Whitehead : nous n’en parlerons donc [tas, nous contentant de signaler les différences essentielles des deux engins en présence.
- Le moteur de la torpille Ïlowell, complètement différent de celui de la précédente, est actionné par un lourd volant en acier qu’on lance au moyen d’une petite turbine placée sur le coté du tube dans un plan vertical à une vitesse qui atteint 10000 tours environ par minute.
- L’énergie emmagasinée dans le volant se transmet
- 1 Yov. n° D>08, <1 u 19 mars 1904, p. ‘241.
- es, (sh.
- Fig. 2.—Détails du volant moteur do la torpille. — F, volant; FF, pignons <F,mglc s'engrenant avec les pignons DP montés sur les arbres des hélices M ; G, axe du volant dont
- les extrémités roulent dans les boites supports de l'ensemble.
- directement aux hélices par un jeu d’engrenages. La nature de ce moteur donne déjà à la torpille Ïlowell une supériorité incontestable sur la torpille Whitehead. Dans celle-ci, en effet, le gaz comprimé à haute pression dans les réservoirs du moteur produit en s’échappant un bruit et un bouillonnement qui signalent de fort loin la torpille à l’attention du
- navire sur lequel elle est dirigée et qui peut souvent l’éviter par une manœuvre rapide; le volant de la torpille Ilo-well, au contraire, permet à celle-ci de se déplacer entre deux eaux sans qu’aucun phénomène extérieur dénonce sa présence. Mais là n’est pas encore la grande
- supériorité du volant : par un phénomène gyrosco-pique, ce volant oppose, à toute cause extérieure tendant à produire une déviation de la marche hors du plan vertical de tir, une réaction égale et contraire, de sorte que, quelles que soient la nature ou la direction des courants, une torpille ïlowell ne peut dévier de sa route que par petits déplacements parallèles qui la laissent dans la direction du but.
- Description générale de la torpille Howell (lig. 1 ). — La torpille ïlowell affecte extérieurement la forme d'un énorme cigare dont l’avant se termine en tronc de cône et l’arrière en ellipsoïde de révolution. Sa
- à galets K ; AA, mandions (l’embrayage ; Q et Ii,
- p.260 - vue 264/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- 261
- longueur totale varie entre 2m,40 et 3m,60. On doit la diviser en quatre parties : 1° La tête ogivale A; 2° le corps milieu cylindrique R ; 3° le corps arrière M ; 4° la queue de la torpille S.
- 1° Tète ogivale du cône de charge. — Cette partie de la torpille renferme la charge explosible (jui varie suivant les modèles, de 65 à 65 kg de coton-poudre (sensiblement le double de la Whilehead). La mise de feu se fait de la même façon (pie pour cette dernière au moyen d’un tube lance-torpilles.
- 2° Corps eglindrigue milieu. — Cette partie de la torpille qui assure sa Ilottaison contient le volant F, organe de propulsion et de direction que l’on met en mouvement au moyen d’un manchon d'em-
- brayage G et d’une turbine extérieure placée à bord du torpilleur.
- L’axe du volant est horizontal; il est placé au centre même de la torpille et se trouve perpendiculaire à son grand axe; scs deux extrémités roulent dans des boîtes munies chacune de S galets d’acier. Les engrenages 11, I du volant transmettent leur mouvement à des pignons dentés, montés aux extrémités des arbres des hélices. Le rapport des vitesses du volant à celle des hélices est de S/10. Le corps cylindrique est fixé au cène de charge par un emmanchement à baïonnette.
- 3° Corps arrière. — Cette partie de la torpille contient la chambre du régulateur d’immersion L.
- Fig. 3. — 1, ensemble de la torpille Ilowell ; 2, torpille llowell. Le cône de charge et une partie de l'enveloppe arrière sont enlevés pour montrer le volant moteur et le régulateur d'immersion ; 5, volant moteur et directeur de la torpille llowell et son premier régulateur d'immersion.
- De même que pour la torpille AVhitehead ce régulateur se compose d’un piston hydrostatique E placé sur le côté de la torpille et dont les effets, combinés avec un lourd pendule b, actionnent la tige N' du gouvernail d’immersion Z par l’intermédiaire d’un mouvement alternatif N fonctionnant sous la dépendance des arbres des hélices R, R.
- En ce qui concerne la direction de la torpille dans son plan de tir, on a remarqué que, si un courant vient à la faire dévier de sa direction initiale, l’effet gyroscopique formera un couple de forces dont la résultante aura pour effet de donner à la torpille de la bande à gauche ou à droite suivant qu’elle sera déviée dans un sens ou dans l’autre. A cet effet, un autre petit pendule, mobile cetle fois
- dans un {dan perpendiculaire à l’axe de la torpille, fait fonctionner la tige P' des gouvernails verticaux WW par l’intermédiaire d’un mouvement alternatif comme pour l’immersion jusqu’à sa position normale d’équilibre.
- Queue de la torpille. — La queue contient le cône arrière dans lequel s’ajuste le régulateur d’allure T, mécanisme destiné à augmenter le pas des hélices à mesure que la vitesse du volant moteur diminue de façon à donner une vitesse de translation sensiblement constante de la torpille. Les lames verticales v supérieures et inférieures sont destinées à recevoir les palettes du gouvernail vertical. Le cadre Z', qui entouré les hélices YY, reçoit à son extrémité la palette Z du gouvernail horizontal.
- p.261 - vue 265/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2IU2
- Comparaison et valeur pratique des torpilles [ automobiles. Nous avons vu déjà que la torpille llowell présente sur la torpille Wliitehcad les avantages susdonnés : sillage invisible, direction assurée dans le [dan du tir. A cola il faut ajouter encore <pie, étant donnée la nature de son moteur, une simple augmentation de vitesse du volant accroît beaucoup la portée. On gagnerait ainsi la différence de poids et d’encombrement, ce qui permet de con-lier à un sous-marin ou torpilleur, où l’espace est forcément limité et qui ne porte que quatre torpilles Whitehead, six ou sept torpilles llowell.
- Enfin, et c'est un avantage qui vaut detre souligné, le prix d’une torpille llowell n’est que de 4000 à G000 francs, celui d'une torpille Whitehead varie de 8000 à 12 000.
- Ees avantages ne peuvent malheureusement, s’appliquer à la torpille Wbitehead et nombreux sont ses inconvénients que viennent confirmer les récents événements de la guerre Russo-Japonaise1. Les admirateurs les plus passionnés de la Whitehead sont obligés cependant de reconnaître (pie ses qualités théoriques, si admissibles qu’elles soient, sont pratiquement presque lettre morte. Cet engin terrible, quand il est lancé sur un but, jouit de celte propriété décevante qu’il n’y arrive presque jamais.
- 11 nous faudrait plusieurs colonnes de « La Nature » pour énumérer ses défauts : nous signalerons seulement pour mémoire la délicatesse extrême des organes essentiels, tels que le servo-moteur, la boite étanche, etc., dont le réglage tant soit .peu défectueux augmente les chances d’insuccès.
- De l’avis même des officiers de marine, une torpille Wbitehead, lancée par une mer un peu houleuse, peut être considérée comme perdue : l’effet utile ne peut dépendre que du hasard. L’Angleterre, entre autres, — grande puissance maritime, — a, pendant longtemps, accordé une grande confiance à son « fish torpédo », mais son admiration a certainement baissé à la lecture des lignes suivantes dans lesquelles un Anglais, M. Charles William Sleeman, n'a pas craint de donner son appréciation à ce sujet. « ... Il ne faut pas conclure que l'invention ne servira jamais à rien; cependant, même avec un engin aussi perfectionné que la torpille Whitehead, avec les meilleurs appareils de lancement, les attaques de cette nature peuvent donner lieu à de fréquents échecs. 11 faut bien remarquer que les exercices pratiques qu’on exécute, à l’elfet d'expérimenter cet engin, ont lieu généralement en plein jour et dans des conditions spécialement favorables, lesquelles ne sauraient se produire à la guerre.... Elles sont considérables les difficultés d’une attaque de torpilles Whitehead lancées, la nuit, par des chaloupes ! L’obscurité, le manque de données précises sur la situation du navire ennemi,
- 1 On estime à 50 pour .100 le rendement de la torpille Wliitehead dans ce cas, mais il faut dire à la vérité que ce rendement serait tombé à 20 pour 100 si les Russes n’avaient pas été pris à l’improviste.
- l'émotion des opérateurs, toutes les circonstances semblent se conjurer en vue d’un insuccès. »
- Rien qu'elle soit déjà- très ancienne nous avons tenu à reproduire en entier cette citation, car elle résume admirablement l'état actuel de la question el nous croyons qu'il serait vraiment temps, si nous voulons posséder un engin pratique, d’expérimenter à nouveau la torpille llowell, laquelle a malheureusement, — toujours d’après l’avis d’autorités compétentes !!! — le grand défaut d’être trop simple el trop bon marché. II. Noai.hat.
- LA VOILURE D’UN YACHT DE COURSE
- Nous avons donné des renseignements sur les grands yachts qui se disputent annuellement la fameuse Coupe de l’America, et nous avons montré quelles formes bizarres on adopte pour la coque de ces voiliers, auxquels on veut assurer une grande vitesse, et qui doivent offrir une stabilité suffisante en dépit de toute la toile, de la voilure immense qu’on leur fait porter. Mais nous n’avons pu qu’indiquer brièvement l’importance de cette voilure, et nous l’avons représentée par des chiffres qui ne parlent pas toujours assez à l’esprit de gens qui ne sont pas du métier.
- Cette question de la voilure s’impose plus particulièrement à l’examen, à la suite de la proposition qui avait été lancée, sous l’inspiration de l’empereur d’Allemagne, d’une course nautique à organiser d’une rive à l’autre de l’Atlantique, entre les Etats-Unis et l’Europe. 11 est bien évident que, dans une traversée de ce genre et de cette longueur, il ne faut pas songer à faire courir les yachts dans les conditions où ils peuvent lutter sur les cotes el dans des parages abrités : le fait est que, même dans ces parages, ils voient parfois leur mâture coupée par un coup de vent, tout simplement parce qu’elle supporte une surface de toile formidable. Nous pourrions citer des accidents qui montrent bien la fragilité relative desyacbts gréés en course, quand la tempête survient. Mais pour mieux faire saisir le danger de cette voilure exagérée, et pour prouver qu’il est impossible de songer à la conserver quand on navigue en haute mer, quand il ne s’agit point d’un coup de collier exceptionnel, qui ne dure qu’une heure ou deux et dans des conditions favorables, nous reproduisons une figure parlante qui a été dressée par notre confrère « Scientific American». Elle montre par superposition le yacht « Shamrock III », le yacht anglais qui a essayé de disputer la Coupe aux Américains, portant sa voilure de course, ou au contraire armé pour la traversée de l’Atlantique et réduit à une surface de toile qui paraît ridiculement faible par rapport à l’autre. Sans insister davantage, nous ferons simplement remarquer que la voilure de course représente ici une surface énorme de 1505 mètres carrés! P. de M.
- Voilure d'un vacht de course.
- p.262 - vue 266/536
-
-
-
- LV NA'ITBE.'
- 21; 3
- LE NOUVEAU PONT SUSPENDU
- DE NEW-YORK
- Le seul moyen de communication existant actuellement entre New-York et Brooklyn, en dehors des « ferry boats », est le pont suspendu, livré à la circulation en 1883 et qui franchit la rivière de l’Est, séparant ces deux villes au moyen d’une travée de 480 mètres de portée. Par suite de l’augmentation constante du trafic et de l’importance toujours croissante de Brooklyn, tant au point de vue du développement de sa population que de son développement industriel, on reconnut bien vite l’insuffisance de ce seul mode de communication. On décida alors la construction de trois autres ponts dont l’un d’eux, celui de Williamsburg, vient d’être livré à la circulation. .
- Ce nouveau pont, situé en amont du premier, est également un pont suspendu ; mais il diffère du premier par certaines dispositions de construction et, surtout, par sa plus grande capacité comme moyen de transport. Ainsi que le montre la figure 3, il se compose de trois travées, deux de rive de 182 mètres d’ouverture et une centrale de 488 mètres de portée. Cette dernière ouverture dépasse d’environ 2 mètres celle du premier pont construit en 1883. En dehors du pont sur le Forth, c’est la plus grande travée métallique existant actuellement. Les quatre cables de suspension reposent, au moyen de selles en fonte, sur des piles métalliques au lieu de piles en maçonnerie, comme au premier pont. Les selles de support sont à une hauteur de 99m,26 au-dessus de la rivière. On a pu ainsi diminuer le poids de ces piles, ainsi que les dimensions des caissons qui les supportent et qui ont été fondés à l’air comprimé à une profondeur maximum de 33 mètres au-dessous du niveau des eaux. A leur extrémité ces cables sont amarés dans des massifs en maçonnerie, formant culées, reposant sur le sol par l’intermédiaire d’un grillage en bois enchâssé dans une forte couche de béton. Chacun des quatre câbles de suspension est formé de 37 torons composés de 208 fils d’acier devant résister à un effort de rupture de 140 kg par millimètre carré. Chaque câble de 483 millimètres de diamètre est donc composé de 7700 fils pouvant résister à un effort total de 21 000 tonnes, soit 84000 tonnes pour les quatre câbles. L’établissement de ces quatre câbles a nécessité la fabrication d’une longueur de fils d’acier dépassant 28 kilomètres. Aux quatre câbles de la travée centrale est suspendue, au moyen de câbles métalliques, formés de sept torons, la poutre servant à supporter les voies charretières et les rails des voies de tramways. Cette poutre se compose de deux fermes latérales en treillis reliées entre elles par un système de contre-ventement, indiqué sur la figure 1, et au-dessous desquelles sont fixées les pièces de pont transversales supportant les voies. C’est à ces poutres transversales que sont attachées, comme l’indique la figure, les tiges de suspension des câbles. Ces deux
- poutres latérales/ qui portent le nom de « poutres raidissantes a, ont pour but de résister aux moments lléchissants et tranchants dus aux surcharges mobiles circulant sur le pont et de reporter également, sur toutes les tiges de suspension qui les relient aux câbles, ces différentes surcharges inégalement réparties sur la travée. Elles raidissent le pont sous l’effet des surcharges mobiles et amoindrissent d’une manière notable les flexions, souvent considérables, qui se remarquent dans les ponts suspendus ordinaires lors du passage des charges mobiles. C’est grâce à l’emploi de cette poutre raidissante qu’il a été possible d’appliquer les ponts suspendus aux grandes ouvertures et d’y faire circuler, sans danger, les surcharges des trains de chemin de fer. Cette poutre raidissante est continue d’une pile à l’autre, à l’inverse de ce qui existait au premier pont où cette poutre était coupée, sans aucune liaison entre les deux parties, au centre de la travée. Contrairement à ce qui a lieu au pont de Brooklyn, où les travées de rive sont suspendues aux câbles principaux, au nouveau pont de Williamsburg ces poutres de rives sont complètement indépendantes et aucune liaison n’existe entre elles et les câbles. Ceux-ci n’a-gissenl ici que comme câbles de retenue. Cette nouvelle disposition a permis de réduire la longueur des câbles et, par suite, leurs dimensions et leurs poids.
- Le pont de Brooklyn, dont le tablier a une largeur utile de 22m,2(>, se compose de deux voies charretières, de deux voies de tramways, de deux voies pour « l’Elevated » et, au centre, d’un passage surélevé pour piétons. Au nouveau pont, la largeur totale a été portée à 34m,77 sur laquelle sont réparties, comme l’indique la figure 1, deux voies extérieures charretières, quatre voies pour tramway et deux voies pour 1’ « Elevated ». Au-dessus des voies de tramways se trouvent une voie pour piétons et, à côté, une voie pour bicyclistes. La capacité du nouveau pont est donc augmentée de 88 pour 100 par rapport à celle du premier, soit presque doublée.
- La construction du pont de Williamsburg a présenté nombre de difficultés, notamment en ce qui concerne le fonçage des caissons des piles où les ouvriers ont dû travailler, à la fin, sous des pressions d'air comprimé, dépassant 3 kg. Aussi avait-on, dans ce cas, réduit la durée du séjour des ouvriers dans le caisson à l'heure et demie et même, en dernier lieu, à 45 minutes. Grâce aux précautions prises et au refroidissement de l’air comprimé avant son admission dans la chambre de travail, on n’a eu â signaler qu’un seul cas sérieux de maladie occasionnée par l’air comprimé.
- L’établissement des câbles de suspension a nécessité l’étude de dispositions spéciales et nouvelles dont nous croyons intéressant de dire un mot. Voici comment on a opéré. On a d’abord construit des plates-formes temporaires enlre les ancrages des culées et le sommet des piles, ainsi qu’entre celles-ci dans la travée centrale (fig. 3). Ces plates-formes devaient servir aux ouvriers pour la manœuvre des
- p.263 - vue 267/536
-
-
-
- 2 fi 4
- LA NATURE.
- différents fils constituant les torons des câbles et à deux étages, l’étage supérieur servant à la fabri-pour la construction de ces derniers. Elles étaient cation des torons qu’on descendait, successivement,
- Fig. 1. — Coupe transversale du nouveau pont suspendu de .New-York.
- Fig. 2. — Vue, prise du sommet d’une pile, des plates-formes servant au montage des câbles.
- après leur achèvement, sur la plate-forme inférieure où on les réunissait pour former le câble principal. Voici comment se fabriquaient les torons. Les fils
- (fig. 4) destinés à leur établissement étaient, d'abord, emmagasinés sur des tambours a, a, a fixés à des charpentes placées sur chaque culée d’ancrage et
- p.264 - vue 268/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 265
- en ligne des câbles principaux. On prenait l’extrémité d’un de ces fils qu’on reliait au point d’attache b de l’extrémité provisoire da toron. Ce point d’attache provisoire, qui se trouvait en arrière du point (1 formant l’extrémité définitive de l’an-
- crage, était relié avec ce dernier à l’aide de tiges métalliques bd qu’on pouvait enlever au moyen de vérins hydrauliques afin de ramener le toron &ÀN, après sa confection, à la position dBM qu’il devait occuper dans le câble. De même, sur les piles, les
- Fig. 3. — Vue d'ensemble du nouveau pont suspendu de INew-York.
- torons, pendant leur confection, occupaient une position supérieure à celle qu’ils devaient occuper dans le câble définitif et ils étaient, dans ce but, soutenus en A par des vérins.
- On dévidait ensuite le fil du tambour en le passant autour d’une poulie D fixée à un câble voyageur qui, passant au-dessus des piles, s’étendait
- d’un ancrage à l'autre. Ce câble voyageur était actionné par une machine à vapeur placée sur la culée. Les deux brins du câble voyageur étaient disposés dans le plan vertical de chacun des câbles principaux et à chacun des brins était fixée une poulie D disposée de telle sorte que, lorsqu’une poulie transportait un fil de l’ancrage de New-York
- p.265 - vue 269/536
-
-
-
- I, A NA T UlîL.-
- vers celui de Brooklyn, pour un toron, l’autre, marchant en sens inverse, transportait le fil de l’ancrage de Brooklyn vers celui de New-York pour un second toron. Il en résultait que, chaque fois qu’une poulie I) passait d’une rive h l’autre, elle entraînait avec elle un double (il. Une disposition semblable existant pour les deux autres câbles principaux, placés de l’autre coté du pont, huit fils, c’est-à-dire deux par torons, se trouvaient ainsi posés à chaque opération. Lorsque la poulie voyageuse I) atteignait l’ancrage de la rive opposée, on retirait les fils de cette poulie et on les faisait passer autour de l’attache
- provisoire b. On arrivait, de cette manière, à passer, dans l’espace de 10 heures, 50 fils par toron, soit 400 fils en tout par journée de travail. Afin de donner des tensions aussi égales que possible à tous ces fils, on se servait d’un fil guide dont on avait préalablement calculé la flèche et la courbe.
- Lorqu'un toron était terminé, on enlevait la lige b d et on faisait glisser le point d’attache provisoire b du toron vers le point d, extrémité de l'ancrage à laquelle on le reliait d’une manière définitive. On abaissait en même temps, au sommet de la pile, au moyen de vérins, les torons de la position A à la position B en les faisant reposer sur les selles en fonte, de telle sorte qu’ils arrivent à former, par leur réunion successive, le câble principal r/BM, suivant la position que celui-ci devait occuper avant toute surcharge due aux tiges de suspension, à la poutre raidissante et aux divers accessoires constituant l’ouvrage.
- Cette opération terminée il ne restait plus qu’à nstaller ces tiges de suspensioq et ces poutres raidissantes, ainsi que le plancher, opération qui a pu se faire par les procédés ordinaires et n’a présenté aucune particularité spéciale.
- Avant de terminer nous devons dire quelques mots d’un accident dont les conséquences eussent pu être désastreuses et qui s’est produit au moment où les câbles principaux venaient d’être complètement achevés et où on allait commencer le montage des tiges de suspension. Le 10 novembre 1902, par une cause inconnue, le feu se déclara au sommet d’une des piles dans le magasin en bois de l’entre-
- prise où se trouvait remisée une quantité considérable de matières inflammables, telles que huile de lin, asphalte et vernis. Le feu, après avoir détruit toute la charpente en bois du sommet de la pile, gagna les plates-formes ayant servi à la confection des câbles et les détruisit entièrement, en projetant dans la rivière la plus grande partie des pièces qui les constituaient. De plus, sous l’influence du feu, deux des câbles principaux furent endommagés au sommet de la pile; mais, heureusement, les fils extérieurs seuls de ces câbles furent atteints. On remplaça les fils avariés par de nouveaux fils en les reliant avec les anciens au moyen d’épissures, et un certain nombre de fils supplémentaires ont été ajoutés aux câbles, au sommet des piles, en reliant ces fils aux câbles au moyen de colliers fortement serrés. Cette addition de fils supplémentaires a augmenté de 8 à 10 pour 100, au sommet de la pile, la résistance du câble telle qu'elle avait été prévue dans le projet.
- La dépense de construction du pont proprement dit, c’est-à-dire la travée centrale avec les travées de rive, y compris les culées et les piles, est estimée à al millions de francs et la dépense totale, y compris les viaducs d’accès, mais non compris les indemnités de terrain, à environ 55 millions. R. Boxmn.
- CADRANS D’HORLOGE A U DMSI0NS
- Il est certain que la division de la journée en un nombre quelconque d’heures est arbitraire. Par contre les mots matin, soir, midi, minuit correspondent à des phénomènes qui règlent, en général, la vie animale et même végétale sur la terre et auxquels ni les progrès de la science, ni la mode, ni la convention n’apporteront aucun changement. En Espagne naturellement, on tient au vieux système, si logique. 11 y a à peu près trois ans, sans prendre leur avis, un décret essaya d’obliger les Espagnols à abandonner leur division de la journée en 2 fois 12 heures pour adopter celle de 24 heures. Cette division fut adoptée et mise en pratique par les compagnies de chemin de fer. Pour voyager, on fut donc forcé, afin de ne pas perdre le train, d’apprendre à chercher minuit à 24 heures. On comprendra l’ennui d’un ancien voyageur, même initié, auquel l’employé de la gare répond que les départs pour sa ville sont à zéro, 13 et à 14,21.
- Pour aider le public à comprendre ce nouveau langage on a fort ingénieusement modifié le cadran des horloges de gares en y ajoutant concentriquement les chiffres allant de 12 à 24. Il va sans dire qu’un cadran portant, à la suite les uns des autres, les 24 chiffres, n’aurait pas fourni le rapport entre ceux de la nouvelle et de l’ancienne division et il aurait exigé, en outre, un mécanisme spécial.
- Le dessin n° 1 reproduit (sans les aiguilles) l’aspect du dispositif adopté par les compagnies de chemin de fer. On y lit facilement que l’heure I correspond à l’heure XIII ; que deux heures correspondent à quatorze heures, etc. Mais les deux cercles horaires concentriques n’ont ni com-
- Kig. i. — Schéma 'indiquant l'installation servant au montage des câbles principaux.
- p.266 - vue 270/536
-
-
-
- la naitiw:.
- 20"
- mcncement ni fin : ce sont des cercles vicieux où l’on cherche en vain l’heure zéro ; zéro 1 ; zéro 5 ; zéro 5... zéro 59, qu’on trouve dans les colonnes de l’indicateur.
- Cet inconvénient me suggéra l’idée du cadran n° 2. A l’aide de sa légende on sait que la journée commence à zéro (minuit) et que la première heure n’est révolue et complète qu’à une heure.
- Si dans nos climats le jour et la nuit avaient la même durée, on aurait pu faire des chiffres différents pour les heures diurnes et nocturnes, ou tracer celles-ci en hlanc sur fond noir; mais cette indication n’aurait été à peu
- près exacte, en Espagne, qu’au printemps et en automne.
- Lorsque j’offris à l’intelligent directeur de l’indicateur « Guia general de ferro-carriles » le modèle de cadran n° 2 je le priai d’introduire aussi dans cette publication le modèle n° 1. Le voyageur peut y étudier la lec ture de l’heure des gares. Je demandai aussi au directeur de ce livre d’y indiquer l’heure du lever et du coucher du
- Cadran n” 2. -- Cadrans espagnol:
- soleil, le premier et le dernier jour du mois. Ce renseignement peut être utile en voyage ; mais, surtout, il rend plus clair le système et son point de départ. En effet, si le soleil se lève à 6h 10 et se couche à 17h59, il est clair que le premier de ces deux nombres d’heures appartient à ceux des heures du matin et le second aux heures du soir. On en déduit que le zéro correspond à minuit ; et on s’habitue, peu à peu, au système nouveau.
- Ces dessins de cadrans ne sont après tout que des tables de correspondance et de concordance entre les chiffres des deux systèmes. Les personnes exclusivement habituées à l’ancien y lisent la traduction des chiffres horaires que leur fournissent les colonnes .le l’indicateur.
- Depuis quelques années, en Italie, les indicateurs de chemin de fer portent, sur leur couverture, un cadran semblable à celui du dessin n° 1. Mis de Camarasa.
- PARASITES DES OMNGERS
- I.ES (( CH R YSOMPHAI.il S ))
- llans un précédent article1 nous avons fait connaître un parasite qui fait parfois dans la culture des mandarines de très importants ravages. Aujourd’hui nous appellerons l’attention sur des insectes appartenant à la même famille des cochenilles et qui depuis des années causent des dégâts non moins considérables dans les cultures d’orangers.
- Par leur couleur, ils attirent moins l’attention que le « l’arlatoria Zyziphi » qui pique de ses nombreuses petites taches noires l’orange et la jolie mandarine.
- Eux, au contraire, sont d’un ton jaune fauve plus
- I'ig. 1.— «,Chrysomphnlus minor mâle ; b, Chrysomplialus femelle; c, son anlenne; <1, une de ses pattes; e, son extrémité terminale ; j\ groupe de carapaces. Figures très grossies.
- ou moins vif qui les rend peu apparents, il faut y regarder de plus près pour constater leur présence ; mais ils n’en sont que plus nuisibles, car, échappant à l’attention, on ne s’aperçoit souvent du mal qu’ils ont'causé que par le dépérissement de l’arbre qu’a épuisé leur extrême multiplication.
- Les feuilles des arbres attaqués se détachent au moindre contact. Elles ont perdu leur huile essentielle de même que les fruits qui couverts de cochenilles sont rejetés par le commerce. Ces parasites s’attaquent, en effet, aussi bien aux feuilles qu’aux fruits, et même aux branches.
- Les jeunes arbres surtout souffrent de leurs atteintes, périclitent rapidement et ne tardent pas à périr, s’ils manquent en temps utile des soins nécessaires. Ces cochenilles, qui jettent de plus en plus 1 Voy. n° 1556, du 21 mars 1903, p. 243.
- p.267 - vue 271/536
-
-
-
- 2f>8
- LA NA Tl RK.
- l’alarme dans les cultures du midi de l’Europe, appartiennent au genre « Crysomphalus » de Riley. Ber-lèse, qui les a particulièrement étudiées en 18flr>, les rapporte à deux espèces distinctes. Le Chrysomplialus « Ficus » de Âshmead, et un autre auquel il a lui-même donné le nom de Chrysomplialus « Minor ». Ces deux espèces sont d’ailleurs si voisines l’une de l’autre que M. Marchai, le savant directeur de la station entomologique de Paris, ne parait pas bien éloigné de penser qu’on pourrait bien avoir simplement alfaire à deux formes d’une même espèce'. Berlèse d'ailleurs nous dit lui-même que « C. Minor » ne diffère de « C. Ficus » que par une teinte plus claire, une taille plus petite, et les ap-
- pendices terminaux de l’extrémité de la femelle qui sont cultriformes chez « C. Minor ».
- Les figures ci-jointes nous dispensent de toute autre description. Nous empruntons à M. Marchai d’intéressants détails sur l’introduction et la dispersion en Europe de ces néfastes insectes, qui malheureusement vivent l’un et l’autre sur bien d’autres plantes que les Orangers.
- Le C. Ficus est très répandu à Cuba. En 1870, on constata sa présence à la Floride, et aujourd’hui l’invasion s’étend au Mexique et au Texas. Il a envahi l’Australie, le Japon, Ceylan, l’Egypte.
- Berlèse l’a observé à Florence sur des plantes de serre, et il a été signalé également dans les serres
- du jardin de Kew. Ses ravages ne sont que trop connus depuis.déjà plusieurs années en Algérie où, d’après M. Lecq, il paraît s’être naturalisé depuis au moins vingt ans. Il attaque une quantité de plantes diverses : Orangers, Fusains, Camphriers, Dracena, Pandanus, Eucalyptus, Ficus, etc. Toutes ces plantes souffrent de ses atteintes partout où dans les massifs le manque de circulation d’air se fait sentir.
- Quant au C. Minor qui se confond si facilement avec le précédent, aussi bien par ses mœurs et son habitat que par son aspect, il a été souvent signalé à Cannes et au golfe Juan.
- U s’est naturalisé, dit M. Marchai, dans tout notre midi sur un grand nombre de plantes, le fusain paraissant lui plaire particulièrement.
- 1 Yoy. Bulletin Soc. Ent. de France, n° 15, 1899, p. 290.
- Aux ravages des Chrysomplalus des remèdes sont à opposer. Les émulsions de pétrole, dont l'efficacité a été éprouvée, donneront sûrement de bons résultats, surtout si on les additionne de 5 à JO grammes d’alcool commun par litre de liquide, et qu’on joigne à leur emploi l’application de soins culturaux tels que taille raisonnée, grattage des écorces, etc. Ces grattages doivent être faits soigneusement et l'on doit au préalable étendre sous les arbres ou arbustes un drap, une toile, pour recueillir tous les déchets et les brûler. Nul doute que si des traitements sérieux sont entrepris et continués avec un peu de persévérance on arrive rapidement à arrêter le fléau et à conserver à notre midi la prospérité d'une culture qui lui convient si bien. A.-L. Ci.ément,
- Professeur d’entomologie agricole.
- p.268 - vue 272/536
-
-
-
- LE \ELODROME D’HIVER
- Fifç. 1.
- Vue générale <lu Vélodrome (l'Hiver.
- « Les vélodromes parisiens ont cependant tous les trois un grand et même défaut : celui d’être découverts, et, par conséquent, à la merci des intempéries de l'atmosphère. Combien de fois de fort intéressantes réunions de courses n’ont-elles pu avoir lieu ou ont-elles été interrompues par la malencontreuse averse qui mouille la piste et Avenue
- rend les virages glissants, impraticables ! Nous nous permettons d’espérer que, soit par la construction d’une nouvelle piste, soit en abritant une de celles déjà existantes, Paris possédera bientôt un vélodrome couvert, comme en possèdent déjà plusieurs villes d’Europe. Celui-là est sur de voir se presser dans son enceinte, pendant la mauvaise saison, tous les fervents du sport, tous ceux, de jour en
- jour plus nombreux, que passionnent les belles luttes cyclistes. » C’est en ces termes que nous terminions l’étude tpie nous consacrions, il y a quelques mois, aux vélodromes parisiens1. Nous 11e savons si ces lignes ont eu quelque influence sur les événements, mais notre vœu a été exaucé et Paris possède enfin
- 1 Yoy. n08 i57G, du 8 août 1903, p. 155 et 158*2, du 19 septembre 1903, p. *251.
- Galerie des Machines
- Fig. 2. — Flan du Vélodrome «l'Hiver.
- son vélodrome couvert. Les directeurs de vélodromes avaient, jusqu’à présent, reculé devant les irais énormes que devait occasionner la construction d’un immense hall vitré nécessaire pour contenir une piste de dimension normale. La direction du nouveau vélodrome a tourné la difficulté en demandant à la Ville de Paris l’autorisation d’établir sa piste dans la Galerie des Machines, cette colossale construction, reste de l’Exposition universelle de 1889. Le Conseil municipal a accepté cette demande et a loué le quart de la galerie jusqu’au 51 décembre 1904, époque à laquelle elle doit être démolie pour faire place à des maisons de rapport. Les travaux, commencés le lir décembre 1905, furent menés avec une telle rapidité, que la piste, les gradins, les
- tribunes, le quartier des Bourdonnais coureurs furent con-
- struits en moins de trois semaines et que le vélodrome pouvait donner sa première réunion le 20 décembre. C’est un tour de force dont il y a lieu de féliciter M. Durand, l’habile directeur, et M. Lambert, l’architecte qui dirigea les travaux.
- La piste du Vélodrome d’Hiver est une piste en lattes de bois, comme celle du vélodrome Buffalo à laquelle elle ressemble du reste beaucoup, tout en lui étant bien supérieure aussi bien par les dimensions que par le relèvement des virages et par les vitesses que l’on peut y obtenir. Le bois a été définitivement reconnu comme la substance permettant les plus grandes vitesses. Cette piste mesure exactement 555m,55 de tour, soit 55‘",55 de plus que celle de Buffalo. Cette longueur est particulièrement
- JLMovzV'GA-
- p.269 - vue 273/536
-
-
-
- LA NAT LUE.
- 270
- bien choisie, puisqu’elle fait exécuter aux coureurs le kilomètre en trois tours exactement et permet au chronométreur de prendre les temps de chaque kilomètre sans avoir à se déplacer. D’autre part, les lignes droites, tout en n’ayant pas la superbe ampleur des lignes droites du vélodrome du l'are-des-l'rinces, ont cependant une certaine importance et les 50 mètres de piste qui séparent la sortie du dernier virage, du but, sont suffisants pour permettre au coureur placé en mauvaise position d’améliorer sa situation et de gagner (fig. 1). La largeur de la piste est de 6™,80 dans toute son étendue. Les virages, les plus relevés que nous ayons encore pu voir, ont un relèvement de 45 degrés et une hauteur de 4m,70 au-dessus du sol, c’est-à-dire que la vitesse de 110 kilomètres à l’heure peut y être facilement atteinte par les motocyclistes, quand leurs engins veulent bien aller à cette formidable vitesse. Cet énorme relèvement des virages a obligé l’architecte à construire, dans l’intérieur même des virages et à leur partie inférieure, une petite piste presque plane se raccordant à la grande piste et qui permet de donner, avec toute la facilité nécessaire, le départ des handicaps ou de faire courir des courses de longue distance; de cette façon la ligne de foi, à l’intérieur des virages, n’est plus à 50 centimètres de la corde, mais à im,20. Le Conseil municipal n’ayant voulu accorder aux concessionnaires du nouveau vélodrome que le quart de la Galerie des Machines, la piste a dù être construite dans le sens de la largeur, c'est-à-dire qu’elle est parallèle à l’avenue de La Bourdonnais. Pour obtenir la distance nécessaire de 555m,55, on a été obligé de construire les virages sous les galeries qui entourent l’immense hall (fig. 2) ; par conséquent deux des piliers en fer, qui soutiennent l’ossature métallique de la galerie, se trouvent placés sur la pelouse à l’intérieur de chaque virage, assez loin de lui pour éviter tout accident dans le cas de chute, mais ayant néanmoins l’inconvénient de cacher de temps en temps les coureurs aux spectateurs. Les tribunes du public sont placées de chaque coté des ligues droites ; des places sont également réservées tout le long des virages ; de plus, le long des galeries supérieures, des gradins ont été placés' de façon très judicieuse de sorte que les personnes placées tout en haut peuvent suivre facilement les courses. Enfin un grand nombre des lampes à incandescence à alcool permettent d’éclairer la piste et les différentes enceintes, de sorte que l'on peut donner des réunions nocturnes.
- Tel est ce Vélodrome d’Hiver tant attendu par les coureurs comme par les sportsmenet qui a obtenu un grand succès auprès du public parisien. En effet, depuis son ouverture, la nouvelle piste a fait salle comble, et l’on peut évaluer à 12000 personnes la foule qui se presse dans son enceinte à chaque réunion. Il est vrai que la direction a su organiser d’alléchants programmes, alternant les courses de vitesse avec les courses de demi-fond, les matches avec les
- courses de motocyclettes. Elle a même fait disputer, il y a quelques jours, une course de fond de 1000 kilomètres avec entraîneurs humains; cette formidable épreuve a été gagnée de haute lutte par le champion italien Muller qui a couvert les 1000 kilomètres du parcours, équivalant à la distance de l'aris à Nice, en 28 heures 44 minutes 49 secondes, soit à une vitesse moyenne de o(i kilomètres à l’heure [tendant près de 29 heures consécutives, ce qui constitue une performance absolument remarquable 1
- Le Vélodrome d’Hiver a même donné à ses spectateurs la primeur de deux nouveaux genres d’épreuve; la course de prime par surprise et la course par élimination. La course de prime par surprise est une course dans laquelle les coureurs ignorent à quel moment se disputeront les primes attribuées à ceux d’entre eux qui passent les premiers au poteau; le starter annonce, quand il lui plaît, par un coup de pistolet, le moment où la prime va être disputée. Dans la course par élimination, la lutte s’engage tous les deux tours de piste entre les concurrents pour ne pas [tasser le dernier la ligne d’arrivée, car celui-là est aussitôt éliminé. Finalement, il ne reste plus qu’un seul homme qui est le gagnant de l’épreuve. Il est certain que ces formules de courses sont assez ingénieuses, car elles obligent tous les concurrents à emballer à fond à plusieurs reprises, à montrer de la présence d’esprit et à courir autant avec leur tête qu’avec leurs jambes. Signalons enfin la curieuse tentative de résurrection des tripleltes et des quadruplettes. Ces innovations ont été tort bien accueillies par le public et la nouvelle piste est assurée de « jouer » non seulement pendant les longs mois d’hiver, mais encore les jours pluvieux de printemps ou d’été. En effet, dès maintenant, la direction du vélodrome du Parc-des-Princes s’est entendue avec M. Durand pour que les réunions qui ne pourraient avoir lieu sur sa piste, par suite du mauvais temps, soient disputées au Vélodrome d’Hiver. La construction d'une piste couverte correspondait donc bien à un besoin; ou verra quel vide laissera sa disparition lors de la démolition de la Galerie des Machines. Le Vélodrome d’Hiver aura encore accru le nombre des passionnés du Sport et nous ne pouvons que nous en réjouir.
- W. DlU.NCOlKT.
- CHRONIQUE
- L’efflnviograpliic. — Il s’agit d’un moyen indiqué par M. D. Tommasi d’obtenir, par la seule action de l’effluve électrique (décharge obscure) les effets que Ton réalise par l’emploi de la lumière en photographie. Deux brosses métalliques disposées parallèlement, en regard l’une de l’autre, sont reliées chacune à un pôle d’une machine de lloltz. I ne plaque au gélatino-bromure, sensiblement de même hauteur, est placée perpendiculairement aux brosses de telle sorte que le plan de la face sensibilisée contienne les bords de ces brosses ou en soit très voisin dans les deux sens. Le courant établi, une pose de quelques minutes est suffisante. Il ne reste plus
- p.270 - vue 274/536
-
-
-
- LA NATUItK.
- 271
- alors qu’à développer et à fixer, pur les procédés ordinaires, l’image obtenue. Celte expérience tend à prouver (pie l’effluve produit les mêmes effets que les rayons ultra-violets, et que, par conséquent, il doit exister une liaison entre les deux parties extrêmes du spectre, et que celte liaison est constituée par ce que M. Tommasi nomme provisoirement « rayons électriques ». La décharge électrique contient certainement d’autres rayons (pie les rayons acliniqucs. L’auteur a posé sur une plaque au gélatino-bromure un morceau de papier imprimé en guise de cliché, puis il a placé l’ensemble dans un châssis. Celui-ci a été enveloppé de telle sorte que, après un certain temps d’exposition à la lumière, aucune altération n’ait pu se produire. Au-dessus du châssis ainsi enveloppé, il a produit une série d’effluves électriques dont la lumière, pas plus que celle du jour, ne pouvait influencer la plaque sensible. Cependant une action se produisit, et l’image obtenue, développée et fixée, était identique à celle qu’aurait donnée l’action des rayons lumineux. 11 faut donc en conclure que la lumière électrique contient, en dehors des rayons actiniques, un genre particulier de rayons susceptible d’impressionner la plaque sensible.
- Le loup «le mer. — Dans un travail récent, M. (1. M. lîowers, commissaire des pêches aux Ktats-l nis, attire l’attention sur un poisson injustement méconnu, selon lui, le Calfish (Amiurus catus). Il affirme que ce poisson est des plus intelligents, doué de bonnes mœurs et d’une chair délicate. Pour mieux capturer sa proie il se tapit dans la vase qui se confond avec la couleur brune de son corps, et agite ses barbillons qui attirent la victime. Des observateurs sérieux affirment — et nous laissons bien volontiers la responsabilité de cette assertion — qu’il peut être élevé et même dressé comme un porc. Pour sa progéniture il a des soins maternels : mâle ou femelle, il veille à sa sûreté, et s’il lui arrive par mégarde d’avaler quelques-uns de ses rejetons, il les rejette aussitôt sans les détériorer. Quand l’endroit où il gîte se dessèche il sait,toujours trouver un trou où l’humidité se conserve longtemps. Enfin ce poisson remarquable a une chair blanche, ferme et d’un goût très fin que les connaisseurs prisent fort. La conclusion de M. Bowers est qu’on devrait propager cette espèce en l’élevant artificiellement et la faire connaître au public, qui dès lors n'en voudrait plus d’autre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘il mars 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Les trypanosomes africains. — M. Laveran annonce qu’il a effectué en collaboration avec M. Mesnil des recherches ayant pour objet de reconnaître s’il y a identité entre les trypanosomes découverts par MM. Dutton et Todd, c’est-à-dire entre le trypanosome gambiense propre à l’homme chez qui il détermine la maladie du sommeil et le trypanosome des équidés dénommé trypanosome dimor-phon en raison de la variété de taille des individus. Les auteurs démontrent qu’il s’agit bien en réalité de deux espèces différentes, tant au point de vue morphologique qu'au point de vue de l’action pathogène. Le trypanosome gambiense ne détermine chez la souris qu’une affection peu grave tandis que la maladie communiquée par le dimorphon est suivie de mort avec gonflement extraordinaire de la rate. En outre les animaux qui sont à l’abri de la première’ maladie sont capables de contracter la
- seconde. On est donc en présence de deux espèces bien différenciées qui sont distinctes de celle du Nagana,
- La densité du fluor. — M. Moissan rappelle que ses précédents travaux l’avaient conduit à donner, pour valeur expérimentale de la densité du fluor, le nombre 1,20. Or, la densité théorique est de 1,510. M. Brauner, professeur à lTniversité de Prague, avait pensé (pie celle différence tenait à ce que le fluor préparé par éleclrolyse renfermait un certain nombre d’atomes libres. C’est même à l’existence de ces atomes que le fluor devrait sa grande affinité chimique. M. Moissan a repris ses expériences en employant cette fois du fluor absolument exempt de vapeur d’acide fluorhydrique, qui peut dès lors être manié dans un ballon de verre et qui se prête mieux par conséquent aux manipulations. Quatre déterminations lui ont donné cette fois les nombres : 1,312; 1,519; 1,515; 1,512. La valeur moyenne, soit 1,514, est donc à peu près identique à celle de la densité théorique 1,510. On doit donc rejeter l’hypothèse d’atomes de fluor F au milieu des molécules F2.
- Accommodation de l’œil des insectes. — M. Joanncs Cliatin expose les résultats des recherches poursuivies par M. le Dr Yigier, préparateur du cours d’histologie à la Sorbonne, sur l’œil composé des insectes. Ce dernier démontre, par une méthode nouvelle, l’existence d’éléments musculaires assurant l'accommodation de l’œil aux diverses distances. En outre, l'auteur prouve que les trachées, loin de se limiter à la région basale ou nerveuse de l’œil, se prolongent dans sa région externe ou épithéliale. Agissant par leur élasticité comme antagonistes des muscles, ces trachées paraissent aussi jouer un rôle important dans l'accommodation de l’œil composé.
- Propriétés physiologiques des rayons N. — M. d’Ar-sonval présente une Note de M. Charpentier signalant la production des rayons N par les alcaloïdes. En outre cette production est renforcée au joisinage des organes pour iesquels ces alcaloïdes sont des poisons.
- Application thérapeutique des courants de haute fréé quence. — M. d’Arsonval présente ensuite une Note de M. Moutier relative à l’application des courants de haute fréquence au traitement de l’artério-sclérose. Le malade qui se place dans un solénoïde parcouru par des courants de haute fréquence subit, et au bout de très peu de temps, un abaissement de la tension artérielle. Cette pression a pu être ramenée de 2(> centimètres de mercure à 15 en 5 séances dans un cas. La durée maxima a été de 15 séances pour descendre de 25 centimètres à 15. La rapidité de l’abaissement ne semble être en rapport ni avec la gravité, ni avec l’ancienneté de l’artériosclérose, ni avec le degré plus ou moins élevé de l’hypertension, mais elle est en rapport avec l’hygiène et l’alimentation du malade.
- Propriétés oxydantes de ferments artificiels. — M. A. Cautier présente un travail de MM. Robin et Bardet relatif à l’action de ferments artificiels constitués notamment par l’addition de traces de sels de manganèse dans certaines substances albuminoïdes. Ces ferments, introduits dans l’organisme, exercent une action oxydante très énergique. Les quantités d’acide carbonique et d’acide in ique sont augmentées; on voit s’établir ainsi la décharge de produits toxiques dans les maladies infectieuses.
- Élection. — M. Eugène Bertrand de Lille est élu correspondant de la section de botanique en remplacement de M. Sirodot décédé. Cn. de Villedecil.
- p.271 - vue 275/536
-
-
-
- LA NATÜIÎK
- 070
- COLONNES GIGANTESQUES
- Le grand désir, on peut même dire un peu la manie des Américains, c’est de faire gigantesque pour étonner le Vieux monde, auquel ils aiment à faire sentir leur supériorité. Et, dans les constructions comme en tout, ils veulent produire des choses qui stupéfient par leurs dimensions. C’est ainsi que, quand on eut décidé de construire à New-York une cathédrale qui devait dépasser tout ce qui n’était pas yankee, on voulut orner et soutenir le chœur avec huit énormes piliers, qui étaient du reste offerts par des donateurs, et qui seraient des monstres, piliers monolithes en granit, pesant 155 tonnes, et hauts de 16"',50. Chacun de ces piliers devait revenir à 150 000 francs.
- L'extraction des colonnes de la carrière même réussit parfaitement ; on les avait prises dans la formation que l’on nomme le granit de Fox Island, à Yinalhaven, dans l’État du Maine; et, comme on ne pouvait les laisser à l’état brut, on résolut de les polir au tour : pour cela il fallut étudier et construire un tour de dimensions et de puissance tout à fait anormales. Ce tour fonctionna bien, mais les monolithes ne purent supporter l’effort transversal auquel ils étaient soumis pendant qu’ils se trouvaient couchés en porte-à-faux, et les premiers mis au tour se brisèrent : tant et si bien qu’on a été obligé de les couper régulièrement en deux morceaux. C’est dans cet état qu’ils seront mis en place dans le chœur, et qu’ils ont été transportés jusqu’à New-York ; il faut bien se figurer que ce transport
- Transport des colonnes de granit de la nouvelle cathédrale de New-York.
- n’a pas été néanmoins des plus commodes et des plus aisés. L’un des tronçons de chaque colonne pèse en effet 90 tonnes, et est long de llm,42 pour un diamètre de lm,85. Le second tronçon pèse de 40 à 45 tonnes et sa longueur atteint 5m,20, pour un diamètre minimum à l’extrémité de lm,52. Le transport jusqu’aux docks de New-York s’est fait par chaland, les colonnes étant enfermées dans un énorme étui en bois, et étant chargées à bord ou déchargées au moyen de palans qui les faisaient rouler sur des chemins de madriers. Mais, pour circuler dans les rues de la ville, il fallut combiner un chariot spécial d’une robustesse exceptionnelle, dont le châssis était fait de poutres de 50 centimètres d’équarrissage sur 55, et pesait à lui seul 10 tonnes. Le roues avaient des diamètres respectifs de lm,29 et 0"‘,88, avec des fusées de 177 et de '205 millimètres de diamètre pour une longueur de 205 et de 152 millimètres. Ces fusées sont en acier laminé
- à froid; les roues sont faites de 7 épaisseurs de chêne blanc de 76 millimètres.
- Quant au déplacement même du chariot et de son énorme charge, il était obtenu au moyen d’un cabestan à vapeur qui était solidement ancré dans le sol des rues, et qui recevait sa vapeur, par un tuyau convenable, d’une locomotive routière jouant le rôle de la station de force motrice et disposée tout près du cabestan. L’avancement ne se faisait qüe lentement, car on devait déplacer locomotive et cabestan quand le chariot s’était avancé de toute la longueur du cable de remorque, et il n’a pas fallu moins de 9 jours pour faire franchir aux diverses colonnes les 5 1/2 kilomètres séparant les docks de l’emplacement de la nouvelle cathédrale de Saint-John the Divine. Pierre de Mëriel.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Lamuue, rue île Fieurus, 9.
- p.272 - vue 276/536
-
-
-
- iV IlilO. — *1 AVRIL 1904.
- LA NATURE.
- I/o
- SUR LES COURANTS
- Un a souvent qualilié la Géologie de science morte, sous prétexte qu’elle s’attaque à des roches et à des débris de cadavres d’animaux et de végétaux passés eux-mèmes à l'état de pierre. En la cultivant, on s’aperçoit que c’est, au contraire, la plus vivante de toutes les sciences, non seulement parce qu’elle réalise véritablement la résurrection d’une foule d’activités qui sont prodigieusement antérieures à notre apparition sur la terre, mais surtout parce qu’elle révèle dans la masse tout entière du globe les appareils toujours à l’œuvre d’un merveilleux organisme.
- Parmi les résurrections auxquelles nous venons de
- FOSSILES DE LA MER
- faire allusion, et avec un caractère plus imprévu encore que pour celles des animaux et des végétaux fossiles, figure la reconstitution de phénomènes fugaces dont l’ensemble a composé la physique du globe à toutes les périodes géologiques.
- On a déjà décrit la pluie fossile, le vent fossile, le soleil fossile, représentés par des accidents de structure conservés dans des roches de tous les âges et qui coïncident avec les petites dépressions cupuliformes, avec les ondulations ou avec les craquellements que la pluie, le vent et le soleil infligent aux sédiments qui se constituent sous vos yeux. On pourrait citer dans
- I.a carrière de sables Coquiltiers du Ruel (Oise), monlraul par le délail de structure de scs assises l’intervention des courants de la nier tertiaire dans leur constitution.
- la même série le reflux fossile des anciennes mers représenté par le moulage de ruissellements tout pareils à ceux qui se produisent sur nos plages dans l’intervalle de deux marées hautes. Et il n’y a pas jusqu’au simple passage d’une bestiole sur le sol ou au traînage d’une algue sur le sable qui n’ait pu se fossiliser, comme pour témoigner de l’intime ressemblance des anciennes périodes géologiques avec la nôtre. Dans cette catégorie, qui ne peut laisser personne indifférent, puisqu’elle prépare l’histoire de l’évolution de la surface terrestre depuis les origines, il est un chapitre qui ne paraît pas avoir fixé l’attention et dont l’importance ne saurait être contestée. Il s’agit de particularités de certaines roches, d’où l’on peut conclure des détails de T ancienne physique de la 32° année. — 1,r semestre.
- mer, et, avant tout, l’existence, la situation et l'énergie de ses courants.
- Dans une foule de localités, on rencontre des sables ou des grès (les grès n’étant eux-mêmes que des sables agglutinés), dont la stratification générale est compliquée par des petits lits, en général fort obliques, et qui font des paquets agencés les uns avec les autres d’une manière dont pourra donner l’idée la gravure jointe à cet article. C’est la vue, d’après nature, d’une grande sablière exploitée au Ruel, dans le département de l’Oise, et que les géologues parisiens fréquentent volontiers à raison de la riche moisson qu’ils y peuvent faire de coquilles marines fossiles dépendant du niveau qualifié de Sables Moyens ou sables de Beauchamps.
- 18
- p.273 - vue 277/536
-
-
-
- LA NA TL 11 F.
- A' /i
- Celte structure particulière, dite « entrelacée », se signale par son étroite analogie avec celle que présente la région moyenne du diluvium de la Seine, et il est impossible, après qu’011 a signalé cette analogie, de ne pas se sentir porté à penser qu elle résulte des mêmes causes générales dans les deux cas.
- Pour ce qui est de la Seine, on a été bien longtemps sans se rendre compte du mécanisme quia déterminé la structure « amygdaloïde » du diluvium. C’est récemment qu’on a acquis la preuve qu’elle résulte exclusivement du déplacement continu des méandres de la rivière et que les agents violents auxquels on en avait lait honneur, bien loin de pouvoir la produire, la détruiraient à l’instant.
- Pour les sables marins comme ceux du Ruel, la conclusion est la même. C’est encore le produit d’un charriage analogue, malgré la nature du fluide auquel il est dît, à celui que le vent réalise dans les dunes.
- Les études modernes sur la physique de la mer, depuis celle du commodore Maury jusqu’aux beaux travaux de M. le Professeur Thoulet, ont démontré qu’il existe au propre des « lleuves au sein de l’Océan ». Personne ne saurait lire d’un œil indilfé-rent la lyrique description que l’initiateur de l’océanographie a donnée, à ce point de vue, du gulf-stream. On sait que tout réguliers qu’ils soient, les courants marins subissent, suivant les circonstances, des vicissitudes notables. S’ils ne tarissent jamais, s’ils ne débordent jamais, comme dit Maury, ils se déplacent horizontalement, et leur allure rappelle de très près, malgré des différences nécessaires, les lleuves et les rivières qui « divaguent » sur le fond de leur vallée. On sait d’autre part que les fleuves de la mer charrient sur leur fond des sables et des limons, et il est incontestable qu’ils en déposent chaque grain dans des points strictement déterminés par le poids, par la forme et par la densité de celui-ci. Il n’y a donc pas de doute que la distribution des vitesses dans la masse d’eau circulante se déplaçant avec la direction des méandres, chaque région du fond soit alternativement le siège de phénomènes sédimen-taires et de phénomènes érosifs. Il ne peut donc pas ne pas s’y faire des « lentilles » toutes pareilles à celles du diluvium au double point de vue de la structure en lits inclinés de chacune d’elles et de leur agencement mutuel.
- De telle sorte que l’allure générale d’un courant tel que le gulf-stream, rapproché des notions certaines que nous possédons sur la sédimentation en eau courante, nous porte invinciblement à conclure que dans les régions où il baigne le fond de l’océan, ce fond acquiert progressivement chaque jour la structure entrelacée. Si l’on supposait l’Atlantique déssé-éhé, on pourrait donc reconstituer l'itinéraire plus ou moins complet du gulf-stream par la détermination des points où cette structure se présente. Et l’on voit l’importante application dont ces remarques peuvent être l’objet pour l’histoire des époques passées.
- En effet, le Ruel nous**apparaît, par exemple, comme représentant l’un des éléments d’une espèce
- de gulf-stream éocène, dont la détermination, par comparaison avec les dispositions actuelles, peut jeter quelque jour sur la forme de la mer à l'époque de Beauehamps et contribuer ainsi à rétablissement de la paléogéographie.
- Pour apprécier la portée de cette conclusion, il convient de rappeler que des grès et des sables à structure entrelacée se rencontrent aux niveaux géologiques les plus divers : non loin de Nemours, on en voit dans le sable de Fontainebleau, et près de Noailles (Oise), dans les sables de Bracheux. Comme exemple dans le terrain secondaire, on peut citer les belles carrières de Soultz-sous-Forêt, en Alsace, et, dans le terrain primaire, les magnifiques grès rouges permiens du Kronthal, dans les Vosges, les grès blancs et rosés du dévonien d’Anor (Nord) et ceux qu’on exploite à la base du silurien dans plusieurs points de l’Orne, du Calvados et de la Manche.
- La ressemblance intime que présentent les uns avec les autres ces différents spécimens nous conduit enfin à constater une fois de plus l’homogénéité des conditions générales aux moments successifs de l’évolution de la Terre. Il est manifeste que le grès rouge du Kronthal a été soumis au même régime originel que les sables du Ruel : les grains constitutifs sont de même grosseur et de même forme; la disposition des petits lits superposés, est identique. Lescourants marins dont ils sont l’œuvre avaient donc la même vitesse, ou à peu près, la même allure générale, la même inconstance dans la disposition de leurs méandres, et il n’en faudrait pas da-vanlage pour démontrer qu’à ces époques la fonction océanique se réalisait de la même manière.
- On comprendra d’autant mieux qu'on insiste volontiers sur ce point que les études modernes, relatives aux autres grandes fonctions de la physiologie tellurique, amènent invariablement à celte même conclusion que les conditions de la surface terrestre n’ont subi que des modifications très faibles depuis les plus anciennes époques sédimentaires. Rien ne peut mieux préparer à admettre la continuité des phénomènes, c’est-à-dire le grand fait qui est la base même de la doctrine activiste. Stanislas Meunier,
- Professe m* au Muséum «PHistoiro .Naturelle* —<^><>—
- LES CHAUDIÈRES AQUATUHULAIKES
- SLR LES NAVIRES DE GUERRE
- C’est un fait bien curieux de constater combien se sont vulgarisées les chaudières àquatubulaires (à tubes d’eau), aux dépens des générateurs classiques cylindriques; et cela principalement sur les navires de guerre. C’est qu’en effet, et quoi qu’en prétendent ceux qui demeurent encore réfractaires à cette transformation, ces chaudières assurent aux bateaux de guerre des avantages particulièrement précieux : vitesse accélérée, grand rayon d’action, augmentation de l’armement par suite de l’allégement possible, etc. Il y a une dizaine d’armées, seuls quelques navires français étaient munis de ces générateurs ; aujourd'hui la puissance totale des chaudières aqua-
- p.274 - vue 278/536
-
-
-
- LA AT LUE.
- 2/a
- tubulaires, qui sont ou qui vont être installées sur des bateaux de guerre de tous les pays, atteint le chiffre formidable de 0 1 /2 millions de chevaux.
- Nous ne nous hasarderons pas à classer les générateurs aquatubulaires suivant leur valeur, d’abord parce que divers types semblent présenter les mêmes avantages ; nous dirons seulement que les chaudières Belleville paraissent jusqu’à présent les plus employées, quoique la marine allemande ne les ait essayées que sur deux croiseurs, et que les Etats-buis n’en possèdent pas un seul exemplaire. Les appareils aquatubulaires se partagent en deux grandes classes. Les uns ont de gros tubes, de 5 à 10 centimètres environ de diamètre, présentant une épaisseur de ü mm. ; pour les autres, les tubes n’ont que -8 mm. à peu près de diamètre, avec une épaisseur de 5 mm. ; d’une manière assez générale, c’est à cette seconde classe qu’on recourt pour les torpilleurs et les bateaux où l’on veut tout sacrifier à la vitesse. Parmi les -0 types au moins de générateurs aquatubulaires qui existent, on peut citer, comme appareils à gros tubes, dont une bonne partie sont français, les d’Allest, Babcock et Wilcox, Belleville, Dürr, Niclausse, Yarrow ; parmi les appareils à petits tubes, on trouve les Blechynden, Guyot, Normand, Reed, Schulz, Du Temple, Thornycroft, Yarrow, etc.
- C’est l’Angleterre, pour l’instant, qui possède le plus de générateurs aquatubulaires sur les grands bateaux de guerre : ils représentent une puissance totale de 1 721 000 chevaux et plus, tandis que la part de la France ne dépasse guère 1 076 000 chevaux ; il est vrai que notre flotte n’a pas l’importance de la flotte anglaise. Dans celle-ci on trouve plus de 957 000 chevaux de chaudières Belleville, 195 000 de chaudières Babcok et Wilcox, 101 000 de Yarrow. Pour la France, relevons 585 000 chevaux de chaudières Belleville, 217 800 de Niclausse, 158 000 de d’Allest. Dans la flotte russe, le tvpe général a tubes d’eau représente 560 000 chevaux à peu près, dont 556 000 de Belleville, 60 000 de Schulz, à peu près autant de Normand. En Allemagne, sur un total de 415 000 chevaux, citons 151000 de Schulz, 119000 de Dürr; aux États-Unis, prédominance très nette des Babcock et Wilcox, 555 000 chevaux sur 494 000; puis 41 000 de Niclausse, 54 000 de Thornycroft. Au Japon, presque uniquement des générateurs Belleville, 155 000 chevaux ; puis 28 000 Niclausse, sur un ensemble de 186 000 ; la répartition est assez analogue en Italie, où, sur 165 000 chevaux, on trouve 121 000 chevaux représentés par des chaudières Belleville et 28 000 chevaux de générateurs Niclausse. Enfin l’Autriche possède 144000 chevaux de ces appareils à tubes d’eau, dont 78 000 de Yarrow et 58 000 Belleville.
- Nous passons sur les pays secondaires; mais nous ajouterons (pie, sur les 1780 000 chevaux de générateurs aquatubulaires installés à bord des torpilleurs et contre-torpilleurs, la part de la Grande-Bretagne est de 757 000 chevaux, celle de la Russie de 258 000, celle de la Irancc de 209 000, et celle de l’Allemagne de 200 000.
- D. B.
- LES RARES ET JARDINS
- DES GRANDES VILLES
- Dans ces immenses agglomérations que constituent les grandes villes modernes, et où bien souvent les habitants s’accumulent les uns au-dessus des autres dans des mai-
- sons à cinq, six étages et plus, il est de première importance que l’on ménage ou conserve des espaces libres, qui donneront un peu d’air à la population. Et il ne suffit pas d’élargir les rues, comme on le fait maintenant méthodiquement, il faut encore réserver au sein de l’agglomération des surfaces plantées d’arbres, squares, parcs, jardins, où la végétation vient exercer son action bienfaisante sur l’air que l’on respire.
- A ce propos, un architecte des plus distingués, dont nos lecteurs connaissent assurément le nom, M. E. Hénard, a publié une étude sur les parcs et jardins de Paris, où il a montré leur insuffisance, en comparant leur étendue à la superficie des espaces libres analogues que l’on trouve à Londres. L’immense agglomération london-nienne, où la population est pourtant en moyenne beaucoup moins dense qu’à Paris (176 habitants à l’hectare au lieu de 200), possède, indépendamment d’une multitude de petits squares, une quarantaine et plus de grands parcs et jardins ayant chacun une superficie supérieure à celle du Parc Monceau, que tout le monde a visité à Paris : au premier rang de ces grands parcs, il faut évidemment placer le fameux Hyde Park, tout à la fois parce qu’il se trouve au coeur même de la puissante ville, qu’il a une réputation d’élégance, et aussi parce qu’il a une surface considérable de 240 hectares. Parmi les parcs les plus étendus, nous aurions à citer Richmond Park, qui occupe à peu près 800 hectares, comme notre bois de Boulogne, et qui, comme celui-ci également, se trouve dans la banlieue.
- En fait, Londres est parsemé de jardins publics qui se rencontrent un peu partout dans son vaste périmètre, et la superficie de ces parcs, squares, jardins, etc., y est de 4850 hectares : il n’v a guère que dans la Gité, centre des affaires où l’on n’habite pas en réalité, que les surfaces plantées d’arbres fassent défaut, et l’on comprend que cela n’a qu’une importance relative, par suite même de la particularité à laquelle nous venons de faire allusion. Paris, lui, ne dispose que d’une surface de 1740 hectares de parcs et jardins, et encore la plus grande partie de cette superficie est-elle constituée par le Bois de Yincennes et le Bois de Boulogne, qui ont à eux deux une étendue de 1500 hectares, et qui se trouvent aux deux extrémités opposées de la ville : si bien qu’en somme les espaces libres sont pour ainsi dire massés en deux groupes, d’accès assez difficile pour la population. D’après les deux chiffres que nous venons de donner, on voit qu’il ne reste pas grand’chose pour les autres jardins ou parcs répartis dans Paris. Et encore ceux-ci ne sont-ils pas divisés en un assez grand nombre pour que les différents quartiers puissent jouir quelque peu de leurs avantages.
- On voit déjà l infériorité de la capitale de la France sur la capitale anglaise, et on peut la rendre plus manifeste encore en comparant le Paris des fortifications avec une portion centrale de Londres ayant même surface.
- M. Hénard nous apprend que, dans ces limites, Londres compte 224 parcs ou squares représentant une superficie de 752 hectares, alors que, pour Paris, les données correspondantes ne sont que de 46 parcs et 265 hectares. Et pourtant, ainsi que nous l’avons dit, combien la densité de la population n’est-elle pas plus considérable à Paris! Evidemment la multiplication des espaces libres réduit la surface habitable dans le centre de la ville et force chacun à se loger plus loin; mais c’est au grand bénéfice de la santé et de l’hygiène.
- Daniel Bellet.
- p.275 - vue 279/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 27 fi
- LES SELS DE RADIUM1
- ni
- LA RADIOACTIVITÉ INDUITE
- Les sels de radium ont la propriété d’agir à l’extérieur autrement que par les rayons de Reequerel qu’ils émettent. Ils communiquent peu à peu leurs
- Fig. 1. — Activation des corps en enceinte fermée.
- propriétés radioactives aux corps solides, liquides ou gazeux qui se trouvent dans leur voisinage, et ceux-ci émettent à leur tour des rayons de Becquerel. L’activité peut ainsi se transmettre à tous les corps et ce l'ait constitue le phénomène de « la radioactivité induite ».
- La radioactivité induite se propage dans les gaz, de proche en proche, par une sorte de conduction et elle n’est nullement due à l’action directe du rayonnement des sels de radium.
- Le phénomène se produit d’une façon particulièrement intense si on place les corps à activer, dans une enceinte fermée, avec un sel de radium solide, ou mieux avec une solution d’un sel de radium. On peut, par exemple, disposer dans une enceinte close M remplie d’air (lig. 1) un sel de radium placé dans une petite capsule a et diverses substances telles que A, R, G, R, E. Dans ces conditions, et au bout d’un temps suffisant, tous les corps se sont activés. On peut alors les soustraire à l’action du sel de radium, les retirer de l’enceinte et constater qu’ils sont devenus le siège d’une émission de rayons de Reequerel. Quand on éloigne le corps activé du corps radioactif, la radioactivité induite sur ce corps persiste pendant un certain temps ; elle diminue cependant peu à peu et finit par s’éteindre. La nature et la pression du gaz de l'enceinte ; la nature et la position relative des substances à activer n’ont aucune influence sur les phénomènes observés, et l’activité
- 1 Yoy. n° 1608, du 19 mars 1904, p. 245.
- prise par les différents corps est proportionnelle à la quantité de sel de radium qui s’y trouve.
- Pour expliquer ces phénomènes, M. Rutherford admet que le radium dégage, d'une façon continue, un gaz matériel radioactif, auquel il donne le nom d’ « émanation ». Cette émanation se répand dans l’espace, se mélange aux gaz qui entourent le sel de radium et peut venir agir sous une forme particulière à la surface des corps solides pour les rendre radioactifs. Les phénomènes de la radioactivité induite seraient donc le résultat d’un transport d’énergie radioactive effectuée par l’émanation.
- Tous les gaz placés au voisinage des sels de radium deviennent radioactifs ; d’après l’hypothèse précédente, ils sont chargés d’émanation. Ces gaz peuvent donc communiquer de l’activité aux corps solides que l’on met en leur présence.
- Si l'on transporte ce gaz activé dans une autre enceinte, il conserve pendant un temps assez long la propriété de rendre radioactifs les corps solides amenés en contact avec lui; cependant, dans ces conditions, l’émanation entraînée avec le gaz se détruit spontanément, et le gaz perd ses propriétés activantes. Cette vitesse de destruction est telle que la quantité d’émanation répandue dans le gaz « diminue de moitié en quatre jours ». Cette loi de désactivation est absolument invariable, quelles que soient
- Fig. 2. — Phosphorescence provoquée pur l'émanation du radium.
- les conditions de l'expérience. La constante de temps qui caractérise la dissipation de l’activité du gaz est une donnée caractéristique des sels de radium uti-. lisés pour le rendre actif ; elle pourrait servir à définir un étalon de temps.
- L’émanation du radium a la propriété de rendre radioactifs tous les corps solides, liquides ou gazeux en contact avec elle. En particulier un corps solide activé, puis soustrait à l’action activante de l’émanation, se désactive suivant une loi assez complexe ; mais après 2 heures de désactivation, l’activité du
- p.276 - vue 280/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 277
- corps diminue régulièrement en fonction du teinp6, suivant une loi simple; elle baisse de moitié pendant chaque période d’une demi-heure environ. Les liquides peuvent devenir radioactifs. Si l’on place dans une enceinte un sel de radium avec des liquides tels que l’eau, les solutions salines, l’essence de pétrole, on constate que ces liquides s’activent faiblement ; il semble que l’émanation s’y dissolve.
- Propriétés de l'émanation. — En présence de l’émanation, un grand nombre de corps deviennent phosphorescents ; ainsi le verre, le verre de Thu-ringe en particulier, prend une belle phosphorescence verdâtre. Le sulfure de zinc de Sidot est particulièrement brillant sous l’action de l’émanation et donne alors une lumière très intense. On peut par exemple faire l’expérience au moyen d’un appareil constitué par un gros réservoir B en verre dont l’une des moitiés est enduite de sulfure de zinc. On fait le vide dans le réservoir et on aspire ensuite de l’air chargé d’émanation provenant d’un réservoir A qui contient une solution de sel de radium (fig. 2). Dans les mêmes conditions le diamant devient très brillant et la kunzite prend une magnifique teinte rose-saumon.
- L’émanation du radium se diffuse dans les gaz ; elle peut se propager d’un réservoir à un autre, même par un tube capillaire. Elle suit la loi de Gay-Lussac avec la température ; elle possède enfin la pro-
- Fig'. 5. — Condensation de l'émanation dans l’air liquide.
- firiété très remarquable de se condenser dans l’air liquide, comme l’ont montré MM. Rutherford et Soddy. Ce dernier phénomène peut être mis en évidence d’une manière très brillante, au moyen de l’appareil suivant (fig. 3) : une solution d’un sel de radium est placée en À dans un réservoir en verre qui peut communiquer par l’intermédiaire de tubes t et l' et de robinets R et IV, avec deux réservoirs B et C, enduits intérieurement de sulfure de zinc phosphorescent et dans lesquels on a préalablement fait le vide. Si l’on porte l’appareil dans l’obscurité, le
- tube À seul est faiblement lumineux, mais si l’on ouvre le robinet R, l’émanation accumulée dans le tube A est aspirée et se répand dans le réservoir R en provoquant d’une façon intense la phosphorescence du sulfure de zinc qui y est contenu. Si maintenant on ouvre le robinet R', le réservoir C s’illumine à son tour. En même temps, on constate une diminution dans la luminosité de B : l’émanation se partage dans le rapport du volume de R à la somme
- Fig:, i. — Réservoir d’air actif.
- des volumes de R et C. Enfin, si l’on plonge le réservoir C dans l’air liquide, ce réservoir augmente de luminosité pendant que leclat de B disparaît : l’émanation s’écoule, en effet, peu à peu du réservoir B pour venir se condenser en C dans l’air liquide. Si l’on ferme le robinet R', et si l’on retire l’appareil de l’air liquide, on constate que toute l’émanation s’est accumulée dans la partie refroidie, le réservoir C seul est lumineux et d’une façon très intense.
- Enfin un dernier fait très important est venu s’ajouter aux curieuses propriétés de l’émanation du radium. MM. Ramsay et Soddy ont montré que l’émanation en se détruisant produit en même temps une petite quantité d’ « hélium ». On comprend l’importance de ce résultat, qui peut s’interpréter en admettant que l’hélium a été créé par l’émanation du radium ; on se trouverait là en présence d’un cas de transmutation des corps simples : le radium donnant naissance à l’hélium. Ce résultat si surprenant est cependant en accord avec le fait que l’hélium se trouve seulement dans les minéraux contenant de l’uranium et du radium, et se dégage de ces minéraux quand on les chauffe. Des expériences récentes ont confirmé d’une façon très nette ces résultats d’une importance fondamentale.
- M. Rutherford admet que l’émanation du radium est un gaz matériel radioactif de la famille de l’argon. Les propriétés précédemment énoncées tendent en effet à montrer qu’à bien des points de vue l’émanation du radium se comporte comme un gaz véritable.
- On a reconnu la présence de l’émanation du radium dans les gaz extraits de certaines eaux minérales naturelles. Il est possible que les actions physiologiques curatives de ces eaux soient dues, en partie, aux principes radioactifs qui y sont contenus. Il y a là aussi pour la thérapeutique une question d’une très grande importance.
- p.277 - vue 281/536
-
-
-
- 278
- LA NATURE.
- D’après les travaux de MM. Elster et Geitel l’air j atmosphérique renferme en très petite proportion une émanation analogue à celle émise par les corps radioactifs. Au sommet des montagnes, l’air atmosphérique contient plus d’émanation que dans la plaine ou au bord de la mer. Enfin l'air des caves et des cavernes est particulièrement chargé d’émanation. On obtient encore de l’air très riche en émanation en aspirant, au moyen d’un tube enfoncé dans le sol, l’air qui y est contenu.
- (In peut facilement se procurer un réservoir rempli en permanence d’un tel air actif par l'emploi d’une grande cloche métallique disposée sur le sol avec son bord inférieur enterré de quelques centimètres (fig. 4); une ou deux tubulures, disposées à son sommet, permettront soit d’introduire un lil métallique isolé et qui acquerra une radioactivité très forte surtout si on le relie au pôle négatif d’une pile composée d’un grand nombre d’éléments ; soit d’en extraire des échantillons d’air à soumettre à une étude ultérieure.
- Nature des phénomènes produits par les sels de radium . — L’examen trop rapide que nous venons de faire des propriétés des sels de radium montre que ces sels, ou plus généralement tous les corps radioactifs, constituent des sources d’énergie, qui se révèlent à nous sous forme de rayonnement de Becquerel, de production continue d’émanation, d’énergie électrique, chimique et lumineuse, et de dégagement continu de chaleur. Les principes fondamentaux de la physique nous ont montré que l'énergie se transforme, mais qu’il est impossible d’en créer de toute pièce. Les phénomènes produits par les sels de radium semblent tout à fait en désaccord avec ces principes.il a donc fallu imaginer des hypothèses pour expliquer ces faits vraiment extraordinaires a priori. On s’est souvent demandé si l’énergie est créée dans les corps radioactifs eux-mêmes, ou bien si elle est empruntée par ces corps à des sources extérieures. Ces deux manières de voir ont été le point de départ de nombreuses hypothèses, parmi lesquelles nous en citerons une qui paraît à l’heure actuelle assez satisfaisante.
- On peut supposer que le radium est un élément en voie d’évolution, que ses atomes se transforment lentement, mais d’une façon continue, et que l’énergie perçue par nous est l’énergie, sans doute considérable, mise en jeu dans la transformation des atomes ; le fait que le radium dégage de la chaleur d’une manière permanente plaide en faveur de cette hypothèse. Cette transformation serait, d’autre part, accompagnée d’une perte de poids due à l’émission de particules matérielles et au dégagement continu d’émanation. A l’heure actuelle aucune variation de poids n’a été constatée avec certitude; toutefois, le fait que les sels de radium dégagen^de l’émanation qui se transforme en hélium, permet de supposer ([uc les sels de radium perdent du poids.
- Cet exposé sommaire des propriétés des sels de radium peut toutefois, nous l’espérons, donner une
- idée de l’importance du mouvement scientifique qui a été provoqué par la belle découverte de M. et M'“e Curie. Ces physiciens ont fait faire à la science un progrès considérable. En dehors de leur grand intérêt théorique, ces phénomènes donnent de nouveaux moyens d’investigation aux physiciens, aux chimistes, aux physiologistes et aux médecins.
- Jacques Rannf.,
- Préparateur de M. Curie. ;t l'école de pliyr-ique et de eliimie industrielle de Paris.
- ANCRE MODÉRATRICE •
- On a les défauts de ses qualités. Les signaux de chemins de fer n’échappent pas à cette loi inéluctable, même lorsqu’ils sont automatiques et combinés de manière à ne jamais donner le moindre raté.
- Ces signaux sont généralement constitués par une cocarde C montée sur une tige R, terminée à sa partie inférieure par un levier A sur lequel agit un fil (ou
- Eig. 1. — Ensemble du signal.
- chaîne) D. La traction de D opérée mécaniquement ou électriquement détermine l’ouverture du signal qui reste tel jusqu’à ce que le passage d’un train ait déclenché une pédale disposée sur la voie de telle façon que son écrasement rende la liberté au support du disque C. Ce dernier, entraîné alors par un contrepoids P, de force suffisante et de nature quelconque, fait un quart de tour et donne à la cocarde la position de fermeture.
- Le défaut du système est que, pour assurer la fermeture, on est obligé d’avoir recours à un poids P fort lourd. Un poids léger ne donnerait aucune sécurité en cas de grand vent. Les compagnies qui exploitent les lignes du midi de la France ont eu l’occasion de s’en rendre compte fréquemment. Il fut en effet un temps où les vents violents qui régnent souvent dans ces régions se chargeaient de manœuvrer les signaux à tort ou à travers, ce qui était de nature à causer aux voyageur^ de fort désagréables surprises, sinon des réveils dans l’autre monde. Donc le poids P doit être lourd. Mais, s’il est lourd, il agit d’une manière extrêmement brutale sur le signal, le faisant manœuvrer avec une vitesse considérable, le secouant, le disloquant, brisant ses verres et ses 'lanternes et amenant rapidement sa mise hors de service.
- C’est à cet inconvénient que vient remédier avec précision l’ancre de MM. Chateau frères. S’interposant entre
- p.278 - vue 282/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 270
- le poids destructeur et le disque protecteur, elle amortit la violence du choc du premier, canalise en quelque sorte sa puissance et la transmet adoucie et régularisée au second. Cette ancre est représentée sur notre figure 2 en détail. L’ensemble du signal qui en est muni l’est par la ligure 1. Entre A et P est un support qui porte une roue dentée G, à dents fort robustes, entraînée par une chaîne fixée d’une part à P et terminée de l’autre par un contrepoids Q. L’ancre 11 engrène par ses deux becs avec les dents de cette roue. Les becs de l’ancre et les dents de la roue sont taillés de telle façon qu’il n’y ait pas de dégrènement possible, et que cependant il suffise d’une force tangentielle très faible pour déplacer l’ancre. Lorsque le contrepoids P se déplace de haut en bas pour fermer le disque, il est obligé de faire, en même temps mouvoir la roue G qui ne peut se déplacer qu’en imprimant à l’ancre II lin mouvement de va et-vient plus ou moins rapide suivant que les bras de cette ancre sont
- £_A'îofij£ir, G*h
- Fip:. 2. — Ancre de MM. Clintcau.
- moins ou plus chargés de masses additionnelles destinées à régler la vitesse de l’appareil.
- On voit qu’il s’agit, en l’espèce, d’un véritable échappement, de forme spéciale, dont les applications ne sont certainement pas limitées à la modération des signaux de chemins de fer. MM. Chateau l’ont appliqué en particulier dans un autre cas où il a rendu de véritables services. C’est dans les machines à calculer.
- Les machines à calculer dont les disques sont mis en mouvement par la rotation d’une manivelle, fonctionnent souvent avec une très grande vitesse. Certains calculateurs arrivent en effet à une virtuosité dangereuse pour l’exactitude des calculs qui se trouvent quelquefois faussés par des décomptages imprévus. Or une machine à calculer, pour rendre des services, doit toujours calculer juste.
- L’arrêt immédiat des organes au point voulu et à n’importe quelle vitesse, d’où résultera cette infaillibilité, est obtenu par une ancre analogue à celle décrite ci-dessus et qui, animée par la roue à laquelle elle est adjointe d’un mouvement alternatif, emprunte à cette roue même sa force vive qu’elle annule dans un choc. Chaque dent de la roue qui passe reçoit d’un bec spécial un choc dont la force vive est toujours proportionnelle à l’inertie de la roue, inertie qui devient de plus en plus grande à mesure que la vitesse de la machine augmente. Une masse
- additionnelle permet de transformer cette proportionnalité en égalité. Grâce à ce système, les arrêts de la machine se font toujours avec précision et sans risque de dépasser la position des rouages qui correspond à l’exactitude de l’opération. Les décomptages, fréquents dans les machines ordinaires à marche rapide, sont ainsi supprimés.
- Il est intéressant de constater que l’échappement, pièce essentiellement horlogère, et qu’on a plutôt l’habitude de rencontrer sous des formes extrêmement délicates et élégantes, est susceptible, sous d’autres formes grossières et robustes, de rendre des services fort appréciables dans la mécanique ordinaire et dans la machinerie brutale.
- U n’y a du reste pas à s’étonner qu’on trouve l’horlogerie à la source du progrès mécanique. N’est-ce pas elle en effet qui, par l’application des principes mathématiques à des séries d’organes infiniment ténus et subtils, est le mieux à même de permettre la vérification pratique de ces principes, en permettant de saisir sur le vif, pour ainsi dire, les défauts dont la cause pourrait échapper dans des mécanismes plus robustes et moins soignés? L. R.
- LE RECORD DU TUNNEL EN SPIR4LE
- C’est assurément là un record auquel on ne peut pas reprocher la banalité, et c’est naturellement en Suisse qu’il se dispute. On ne saurait d’ailleurs rencontrer un pays plus favorable que celui de nos voisins d’outre-Jura pour ce sport de voies ferrées.
- C’est la compagnie du Saint-Gothard qui détenait jusqu’à ce jour ce record curieux avec ses sept tunnels hélicoïdaux connus maintenant du monde entier. Trois de ces tunnels sont au nord du souterrain du Gothard et quatre au sud.
- Les trois du nord, qui servent à racheter, dans les environs de la gare de Wassen, une différence de niveau de plus de 200 mètres, serpentent le long de la Rcuss. Les trains entrent d’abord, se dirigeant vers Goeschenen, dans celui de Pfaffensprung (de 1476 m.), puis traversent celui de Wattingen (1084 m.), pour sortir enfin, après Wassen, par le souterrain de Leggistein (1090 m.). A Wassen, la ligne repasse trois fois parallèlement à elle-même. En plan, les rails du premier et du troisième lacet sont à peine écartés d’un quart de kilomètre. En hauteur, ils sont à plus de 100 mètres de différence.
- Les quatre tunnels hélicoïdaux du Midi sont accouplés deux par deux : les premiers, sur les deux rives du Tessin ; les autres, sur la rive gauche de la même rivière. Ceux-ci, qui, en plan, ont l’aspect d’un lorgnon, sont ceux de Travi (1547 m.) et de Piano-Tondo (1508 m.). De l’entrée du premier à la sortie du second la différence de niveau est de 60 mètres. Us se trouvent près de la station Giornico.
- Les premiers, qui portent les noms de Prato (1560 m.)et de Freggio (1567 m.), sont un peu plus au Nord. La différence de niveau de l'entrée de l’un à la sortie de l’autre est de 82 mètres. Ces sept tunnels sont construits exactement sur le même modèle et avec un rayon de 300 mètres dans la partie
- p.279 - vue 283/536
-
-
-
- Fig. 1. — Pont sur le Rhin à Tliusis. (D’après des photographies.)
- circulaire. La déclivité maxima ne dépasse pas pour 1000. On sait qu’ils sont encadrés dans une collection de 72 autres avec lesquels ils forment une longueur totale de 46 kilomètres 148 mètres en souterrain, soit exactement 16,95pour100 de longueur totale de la ligne du Gothard.
- La Compagnie du chemin de fer Rhé-lique, dont le siège est à Coire, clé de l’Engadine, semble s’être donné pour but de battre le Saint-Golhard au point de vue de l’originalité de la ligne quelle a ouverte à la circulation l’été dernier, jusqu’à Saint-Maurice, la capitale du patinage, dont l'altitude est de 1774 m.
- Cette ligne qui part de Thusis, sur le Rhin, à 700 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, suit, dans presque toute sa longueur,
- Fig. 2. — Viaduc de Solis.
- rails n’est que de 1 mètre, alors qu’il a la largeur
- normale sur la ligne du Gothard destinée à recevoir des trains internationaux, tandis que, dans l’En-gadine, on a besoin seulement d’une voie de pénétration. Sur les 61km,700 de longueur 15km,5 sont en souterrain. Le nombre des tunnels est de 59, dont un considérable de 5864 m. à l’intérieur duquel la ligne atteint sa cote maxima de 1825m,40. C’est le tunnel proprement dit de l’Albula, percé sous le Piz Giumels.
- C’est en aval de ce tunnel et de la station de Preda qui se trouve à son entrée, par 1792 m. d’altitude, et en amont de Bergun (1575 m.), distant de 12km,500, que sont percés les 5 souterrains en spirale de la ligne dont la pente est de 55 pour 1000. La ligne s’est préalable-
- 61km,700, les gorges de l’Albula. L’écartement des j ment essayée sur une première boucle de 1200 m.
- p.280 - vue 284/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 281
- Fig. 3. — Viaduc de la Landwasser. (D’après des photographies.)
- de long, voisine de la gare de Filisur, à 23 kilomè' très de Thusis. Les 5 tunnels hélicoïdaux répartis entre Ber-giin et Preda lui donnent le singulier aspect représenté par la figure.
- On remarquera l’analogie extraordinaire entre le plan et le profil du tracé dans le voisinage immédiat de Bergiin, et la physionomie des lacets de Wassen sur la ligne du Saint-Gothard. Il y a également, dans la section voisine de Naz, une sorte de répétition des tunnels des gorges de la Biaschi-na, près de Giornico.
- On croirait vraiment que les ingénieurs du chemin de fer R hé tique ont voulu montrer qu’ils ne craignaient aucune comparaison avec leurs devanciers. Le « lorgnon », qui était ouvert h Giornico, est en effet presque complètement fermé
- forment deux spires presque exactement superposées l’une à l’autre.
- Les 5 tunnels dont nous parlons sont respectivement beaucoup plus petits que ceux du Golhard. Us mesurent en allant de Bergiin à Preda, respectivement 262 m., 487 m., 662 m., 677 m., et 535 m. Ceci tient .à ce que le rayon de courbure adopté est beaucoup plus faible que celui admis sur la ligne du Gothard. A l’exception du troisième qui est tracé sur 146 m., les autres le sont sur 120 m. seulement, alors qu’au Gothard on allait jusqu’à 300 mètres.
- Le rayon de 120 m. est d’ailleurs courant sur les lignes des chemins de fer rhétiques. On le retrouve sur les innombrables ponts et viaducs dont est semée la ligne de l’Àl-bula. Car il ne faut pas oublier que les
- Fig. 4, — Ensemble du tracé eu spirale, entre Bergiin et Preda.
- ît Naz et les deux tunnels, au lieu d'étre accolés, | tunnels ne vont pas sans l’accompagnement obli-
- p.281 - vue 285/536
-
-
-
- 282
- LA NA Tl RK.
- gatoire de viaducs chargés de faire enjamber aux trains les vallées, les gorges et les torrents, et de raccorder entre elles les montagnes que les perforatrices ont opérées avec la précision d’un bistouri.
- Et de fait, ici encore, les ingénieurs n’ont pas voulu céder le pas à leurs devanciers ni reculer devant les difficultés d’une région particulièrement accidentée. À la sortie de Thusis ils ont jeté sur le Rhin un pont de 9 arches en maçonnerie avec une travée métallique centrale de 80 m. Plus loin, c’est le superbe et audacieux pont de Solis dont le tablier est à 91 m. au-dessus de l’Albula. Il compte 10 arches de 5 à 10 m. et une centrale de 42 m. d’ouverture. A coté de lui, le pont de la route se profile h la hauteur de 77 m. Yoici maintenant presque bout h bout les deux viaducs de Schmitten et de la Landwasser, le premier avec 7 arches de In m., le second avec 0 de 20 m. et 65 m. de hauteur, un autre encore sur l’Albula avec 5 arches de 10 m. et 5 de 20 m. Presque tous ces ponts et
- viaducs sont en pente de 20 à 55 pour 1000. Celui de Solis est presque seul en palier. Ils ont des rayons de courbure de même ordre que le restant de la ligne et ce rayon descend même à 100 m. sur le viaduc de la Landwasser.
- Malgré cette extrême abondance de travaux d'art, l'infrastructure n’a pas coûté un prix exorbitant. Le kilomètre n’en revient en moyenne qu’à 289 000 fr. Sous le grand tunnel, ce prix est monté à 1 200 000. Dans les 12 premiers kilomètres, qui ne comptent pas moins de 4270 m. de tunnels et 1300 m. de viaducs, il a été de 275 000 et de 230 000 francs seulement dans la section où se trouvent les tunnels en hélice. Au Saint-Colhard, ligne à voie normale, il faut le rappeler, et où le grand tunnel du Gothard a élevé beaucoup le coût d’établissement de la voie, le kilomètre est revenu à plus d’un million pour l’ensemble de la ligne.
- On peut dire que maintenant nos ingénieurs ne doutent plus de rien : les rochers escarpés ne les
- HallestèTTë Ntupt
- Mètres
- NORD
- — Développement de la ligne de l’Albula entre Muot et Naz (d’après la earte officielle du tracé).
- effraient pas plus que les gorges profondes. Pendant que les Américains tracent, pour racheter les différences de niveau, des lignes en zigzag terminées par de simples aiguilles et le long desquelles les trains se promènent tantôt tirés, tantôt poussés par la locomotive, ceux de la vieille Europe envoient leurs machines faire quelques tours dans les flancs des montagnes stupéfaites, à travers lesquelles les convois grimpent à la façon d’un tire-bouchon.
- Pour l’instant, c’est la ligne de l’Albula qui paraît détenir ce record de la spirale souterraine, avec ses deux spires superposées de faible rayon. 11 ne faut pas douter qu’on ne cherche prochainement à le lui ravir ! L. Rf.verchox.
- LA TARENTULE A VENTRE NOIR
- La Tarentule à ventre noir, ou Lycose de Narbonne, est une grosse araignée du Midi de la France, petite cousine de la fameuse Tarentule dont la piqûre passait jadis pour provoquer une danse échevelée. Si elle est moins célèbre, l’espèce dont nous allons nous
- occuper dans cet article n’en est pas moins fort intéressante, surtout depuis que J.-H. Fabre1 en a élucidé les mœurs comme lui seul sait le faire, c’est-à-dire de main de maître ; là, au moins, nous ne sommes plus dans la légende, mais dans la réalité, et c’est le principal.
- On la rencontre dans les terrains arides, caillouteux, à végétation rôtie par le soleil où elle se creuse des terriers d’un pied de profondeur environ, d’abord verticaux, puis infléchis en coude. Le diamètre moyen de ces puits est d’un pouce; sur le bord de l’orifice s’élève une margelle, formée de paille, de menus brins de toute nature, jusqu’à de petits cailloux de la grosseur d’une noisette, le tout, maintenu en place, cimenté avec de la soie : cette margelle, qui semble destinée à prévenir les inondations du terrier, varie beaucoup de hauteur; telle enceinte est une tourelle d’un pouce de hauteur, telle autre se réduit à un simple rebord.
- La Tarentule vit dans ce terrier presque constamment : quand on passe à côté, on l’aperçoit fixant
- 1 Souvenirs entomologiques. 2e et 8e séries.
- p.282 - vue 286/536
-
-
-
- LA N A TU R K.
- 2X5
- l'étranger de ses quatre gros yeux brillants (ses quatre -autres petits yeux ne se voient pas dans la demi-obscurité) et descendre dans son puits quand on s’en approche. S’en emparer n'est pas chose facile. Voici un procédé que Fabre recommande : « J’introduis, dit-il, aussi profondément que possible dans le terrier, un chaume de graminée ayant un épillet charnu (pie l'aranéide puisse mordre en plein. J'agite, je tourne, je retourne mon amorce. Frôlée par le corps importun, l'araignée songe à la défense et mord l’épillet. Une petite résistance annonce aux doigts que l'animal a donné dans le piège, qu'il a saisi de ses crochets le bout de chaume. On tire à soi, lentement, avec précaution; l’insecte tiré, d’en bas, arc-boute ses pattes contre la paroi. Cela vient, cela monte. Je me dissimule de mon mieux quand l'aranéide arrive dans le canal vertical : me voyant, elle laisserait l’amorce et redescendrait. Je l’amène ainsi, par degrés, jusqu’à l'orifice. C’est le moment difficile. Si l'on continue le mouvement doux, l'araignée, qui se sent entraînée hors du logis, rentre aussitôt chez elle.
- Amener dehors la bète soupçonneuse par ce moyen n’est pas possible.
- Lors donc qu’elle apparaît au niveau du sol, brusquement je tire. Surprise par ce coup de Jarnac, la Tarentule n’a pas le temps de lâcher prise; accrochée à l’épillet, elle est lancée à quelques pouces du terrier.
- La capture est désormais sans difficulté. Hors de sa demeure, la Lycose est peureuse, comme effarée, à peine capable de fuir. » On la reconnaît à ce qu’elle a la face inférieure parée de velours hoir, sous le ventre surtout, chevronnée^ de
- brun sur l’abdomen, annelée de
- gris et de blanc sur les pattes.
- La Tarentule ne construit pas de toiles. Son terrier lui sert à la fois de maison et de hutte d’où elle
- guette les animaux dont elle se nourrit : quand un
- gros insecte, un bourdon ou une sauterelle, par exemple, vient à passer, elle se lance sur lui, lui plonge ses crocs dans le corps et l’entraîne dans son puits pour le dévorer tout à son aise. Comment se fait cet assassinat? Fabre a reconnu que la Tarentule plonge toujours, — quand elle le peut — ses armes empoisonnées dans la nuque de sa victime, c’est-à-dire tout au voisinage du cerveau : c’est ce qui explique que la proie même la plus volumineuse et la plus vivace, tombe foudroyée. On peut montrer que la nuque est un point d’élection choisi par l’araignée : si on la force à percer sa victime à un autre endroit, à l’abdomen par exemple, l’animal meurt bien, c’est vrai, mais beaucoup plus tardivement. Le poison est bien plus long, dans ce cas, à aller agir sur les centres nerveux.
- Ce poison, d’ailleurs, est très actif. Un petit oiseau
- piqué par la Tarentule meurt au bout de quelques jours. Une taupe mordue au bout du groin passe de vie à trépas en trente-six heures.
- Fabre a pu se rendre compte de la manière dont se fait la ponte. Pour cela, il mit une femelle sur du sable sous une cloche.
- Sur le sable, dans l'étendue à peu près de la paume de la main, un réseau de soie est d'abord filé, tout grossier, informe, mais solidement fixé. C’est la planche sur laquelle va opérer l’araignée. Voici que sur cette base, qui garantira du sable, la Tarentule travaille une nappe ronde, de l’ampleur d’une pièce de deux francs et faite d’une superbe soie blanche. D’un mouvement doux, isochrone, comme réglé par les rouages d’une fine horlogerie, le bout du ventre s’élève, s’abaisse, en touchant chaque fois un peu plus loin le plan d’appui, jusqu'à ce que l’extrême portée de la mécanique soit atteinte.
- Alors, sans déplacement de l’araignée, l'oscillation reprend en sens* inverse. A la faveur de ce va-et-vient, entrecoupé de nombreux contacts, s’obtient un segment de la nappe en un tissu très compact. Cela fait, l’araignée se déplace un peu suivant une ligne circulaire, et le métier fonctionne de la même façon sur un autre segment. La rondelle de soie, sorte de patène à peine concave, ne reçoit maintenant plus rien des filières dans sa partie centrale; seule la zone marginale augmente d’épaisseur. La pièce devient ainsi une écuelle à cuvette hémisphérique entourée d’un large bord plat.
- C’est le moment de la ponte. D’une seule et rapide émission, les œufs, glutineux et d’un jaune pâle, sont déposés dans la cuvette, où leur ensemble se moule en un globe qui fait largement saillie hors de la cavité. Les filières fonctionnent de nouveau. A petits coups, le bout du ventre s’élevant et s’abaissant comme pour le tissage de la nappe ronde, elles voilent l’hémisphère à découvert. Le résultat est
- p.283 - vue 287/536
-
-
-
- 284
- LA NATIKE.
- une pilule enchâssée au centre d’un tapis circulaire.
- Les pattes, inoccupées jusqu’ici, travaillent maintenant. Elles harponnent et rompent un à un les fils qui maintiennent la nappe ronde tendue sur le grossier réseau d’appui. En même temps, les crochets saisissent cette nappe, la soulèvent petit à petit, l’arrachent de sa hase et la rabattent sur le globe des œufs. Finalement, celui-ci est libre de toute adhérence .C’est une pilule de soierie blanche, douce au toucher et tenace. Le volume en est celui d’une moyenne cerise.
- Suivant l'équateur, on reconnaît un pli que la pointe d’une aiguille peut soulever sans rupture. Cet ourlet, en général, peu distinct du reste de la surface, n’est autre que le bord de la nappe circulaire rabattue sur l’hémisphère inférieur. L’autre hémisphère, par où se perce la sortie des jeunes, est moins fortifié : il a pour unique enveloppe le tissu filé sur les œufs immédiatement après la ponte.
- Le cocon une fois fait, la mère ne l’abandonne pas, elle l’attache au-dessous de son ventre, ù ses filières, par un bref ligament et l'emmène partout
- avec elle. « C’est, dit Fabre, un spectacle à voir que celui de la Lycose traînant après elle ses trésors, ne les quittant jamais, ni de jour ni de nuit, pendant le repos, aussi bien que pendant la veille, et le défendant avec une audace qui en impose. Si je cherche à lui prendre le sac, elle le presse, en désespérée sur sa poitrine, s’agrippe à mes pinces, les mord de ses crochets venimeux. J’entends le grincement des poignards sur le fer. »
- Si, néanmoins, on lui arrache son sac à œufs et qu’on le lui laisse à sa disposition, elle a tôt fait de le remettre en place et de se l’attacher avec quelques fils issus des filières. Si, au lieu de sa propre pilule, on lui donne celle d’un autre individu, elle s’en empare de même. Elle témoigne à cet égard d’une véritable stupidité ou plutôt d'un manque de réflexion, car, privée de son sac, elle se précipite sur toute sorte d’objets, des billes de liège, pelotes de fil, houlettes de papier, et se les attache immédiatement.
- Arrive enfin l’éclosion. Les jeunes, au nombre d’environ deux cents, grimpent de suite sur le dos
- Fig. 5. — A gauche, tarentule dans un terrier. Au-dessus, femelle couverte de petites araignées.
- A droite, en haut, orifice d'un terrier; au-dessous, femelle portant un sac à œufs; en bas, tarentule tuant une sauterelle
- en lui plongeant ses crocs dans la nuque.
- de leur mère et s’y tiennent immobiles, serrés l’un contre l’autre. Dans une tranquillité parfaite, tels les petits de la sarigue, ils se laissent doucement voiturer, et ceci pendant six à sept mois. Durant tout ce temps, les petits ne semblent pas manger;
- du moins on ne les voit jamais se restaurer, et, en tout cas, ils ne grossissent pas. On n’est pas non plus fixé sur le sort ultérieur de cette marmaille : il y a là encore un point à élucider. Henri Coupin.
- p.284 - vue 288/536
-
-
-
- LA NAT U RL.
- 2xr»
- LES CULTURES (MINIÈRES AU DANEMARK
- La production des graines sélectionnées destinées aux semences est l’objet de soins les plus minutieux de la part des cultivateurs spécialistes. Certains centres grainiers : en France, Saint-Remy-de-Provence, l’Anjou, les départements d u
- nord ; en Allemagne : Erfurt,
- (Juedlinbourg, sont à juste titre renommés. Tandis que certaines plantes se reproduisent franchement, bien que les graines proviennent de régions plus favorisées, il en est d’autres qui,pour donner des types purs, doivent avoir été récoltées dans des pays situés sous une latitude plus élevée.
- Les horticulteurs et les agriculteurs disent justement, à cet effet, que les graines doivent descendre. C’est le cas pour la majorité des espèces légumières, et c’est, en partie, ce qui a donné aux cultures grainières allemandes une renommée qu’elles ont su conserver. Celte renommée est précisément acquise aux graines de choux-fleurs dites d’Er-furt alors qu’elles doivent en grande partie cette supériorité à leur provenance danoise.
- Cette appréciation se dégage des intéressantes communications que nous adresse un excellent horticulteur, M. Nyeland Brandt. Copenhague est, en effet, en passe de devenir un centre très renommé pour la production de ces graines ; l’exportation annuelle atteint 500 000 francs, ce qui donne une idée de la consommation mondiale de ce légume.
- La création de ces cultures spéciales date d'une quarantaine d’années. C’est un cullivateur d’Erfurt
- qui en eut l’idée lorsqu’il constata combien ce climat humide devait être favorable au développement du chou-fleur. Il chargea un horticulteur danois de faire un premier essai, dont la réussite fut parfaite, et, à
- partir de cette date, les graines de choux-fleurs d e Copenhague approvisionnèrent le marché en gros d’Erfurt. L'horticulture danoise n’en profitait guère, en raison des traités passés avec les négociants allemands. Mais, peu à peu, des cultivateurs entreprirent cette exploitation pour leur compte, une importante société se forma, et aujourd’hui l’Amérique lire 80 pour 100 de ses graines de choux-fleurs de Copenhague. Cela indique quel développement elle a pris et son importance économique pour ce pays.
- Ce succès et les progrès rapides sont dus à une sélection intelligente et systématique des types, des porte-graines et des graines elles-mêmes, mais surtout au milieu physique qui favorise le développement extraordinaire de ces plantes et qui donne une récolte de graines abondante. Il s’ajoute à cela une particularité. C’est que, pendant les premières générations, les graines ainsi obtenues, semées et cultivées dans un autre pays, sont supérieures à celles originaires de la région où on les importe même dans des conditions climatériques et vitales moins favorables, et elles donnent des sujets d'un superbe et précoce développement. Mais une dégénérescence ou un affaiblissement inévitable suc-
- Fig. 1. — Spécimens de types de choux-fleurs sélectionnés pour la production de graines de choix.
- Fig. 2. — Un champ de choux-lleurs pour la production des graines, de la Compagnie Triiolium, aux environs de Copenhague.
- p.285 - vue 289/536
-
-
-
- LA NAT LUE.
- 28U
- cède à ces excellentes tendances rendant nécessaire le renouvellement des semences initiales. 11 est maintenant prouvé que le sol spécial des environs de Copenhague exerce une influence favorable, car desessais tentés dans d'autres régions danoises n’ont pas été couronnés des mêmes succès. L'humidité atmosphérique des bords de la mer convient aux choux-fleurs, d’autant plus que les longues périodes de sécheresse qui arrêtent la végétation n’existent pas.
- La question de l’influence de la latitude est également à considérer ; ni la science ni la pratique agricole modernes ne la méconnaissent. Cela confirme d’ailleurs les expériences de l'agronome norvégien Schübeler1. 11 semait dans l’Allemagne du sud des graines récoltées en Norvège en démontrant ainsi tpie celles-ci, provenant d’une haute latitude, donnent sous une latitude plus méridionale une récolte plus hâtive que celles qui germent dans la région même.
- Quoi qu'il en soit, la question de la valeur et de l’existence de l’hérédité des qualités, dues aux conditions vitales, divise encore le monde savant. Mais on ne peut contester que la culture bisannuelle et abritée, appliquée aux choux-fleurs modilie considérablement l’influence climatérique puisque les races obtenues ainsi perdent sous un climat méridional, plus chaiid et plus sec, leur supériorité ancestrale de la deuxième à la quatrième génération. C’est ce qui oblige les cultivateurs à renouveler annuellement leurs semences et h s’adresser dans les pays septentrionaux et c'est ce qui assurera la renommée universelle des cultures grainières danoises.
- Le chou-fleur dit « d’Erfurt nain» est la race cultivée, mais qui a été très améliorée par des sélections nécessaires. Les Américains le nomment « Snowball » ou « Copenhagen Early », dont la reproduction photographique (fig. 1), montre assez la pureté de race. On en distingue trois types, différant par leur précocité et leur port plus ou moins nain, qui ont chacun leur valeur respective selon qu’ils sont destinés à la production des primeurs sous verre ou à la culture normale en plein air.
- Il n’est pas rare de voir aux environs de Copenhague des champs d’une dizaine d’hectares entièrement eomplantés en choux-fleurs dont la figure 2 donne une faible idée. Les opérations culturales, que la spécialisation a permis d’élever à un haut degré de perfection s'effectuent et se succèdent dans l’ordre suivant. Les graines, qui conservent leur faculté germinative pendant deux ans, sont semées en septembre. Les jeunes plants, repiqués et hiver-nés sous châssis ou dans des serres spéciales, sont mis en place au printemps.
- I ne période de sécheresse survient-elle, il faut arroser, car il importe qu’il n'y ail aucun arrêt de végétation, surtout au moment où l'inflorescence va sortir de sa collerette de feuilles. La récolte a lieu juste une année après le semis ; elle s'effectue au fur et à mesure que les différentes parties de chaque
- inflorescence arrivent à maturité, et cela est un point essentiel pour la valeur des semences. Le séchage des siliques, leur battage et l’épuration des graines sont autant d’opérations délicates qui s’effectuent lorsque les inflorescences sont parfaitement sèches, quelques semaines après leur récolte.
- Etant donné le succès obtenu dans la production des graines de choux-fleurs, on pourrait croire qu’il y aurait intérêt à étendre ces cultures spéciales à d’autres plantes. Mais, jusqu’à présent, les spécialistes ont eu la sagesse de concentrer leurs efforts à ce genre d'exploitation. Albert Malmené,
- lYolèsscur (riiorlicdltiirr.
- ---------
- CORRESPONDANCE
- IMAGES SUR LES ÉCRANS PHOSPHORESCENTS
- Dans un récent article1 de « La Nature », intitulé : « La dissociation de la matière et les radiations nouvelles », vous avez indiqué l’emploi fait par M. Gustave Le Bon de l’écran au monosulfure de calcium comme plaque sensible pour l’obtention d’une épreuve photographique à travers un corps opaque. Etudiant cette même question depuis très longtemps, j’ai été amené à observer d’une façon très nette, par une expérience simple, un phénomène extrêmement curieux, qui, je crois, n’a pas encore été signalé. Pourtant, il mériterait de l’être, car il peut fournir l’explication de beaucoup de faits attribués aux nouvelles radiations, rayons N ou autres, et il est de nature à conduire à une théorie peut-être satisfaisante du méca nisme de l’impression des images sur les écrans phosphorescents.
- Si après avoir insolé un écran phosphorescent, on en couvre une partie au moyen d’un corps opaque tel qu’une simple feuille de carton épais, et si on expose le tout à la lumière pendant une dizaine de secondes, voici ce que l’on observe après passage dans une chambre noire : Sur toute la partie qui a été cachée, la phosphorescence est éteinte, tandis que sur toute la partie exposée à la lumière la luminosité semble s’être avivée notablement. En constatant ce fait on serait donc en droit de croire que, si en couvrant une partie de l’écran on éteint la phosphorescence de la partie couverte, en couvrant l’écran tout entier on éteindra la totalité de l’écran.
- Or l’expérience prouve immédiatement le contraire : ou remarque en effet que, si on couvre entièrement l’écran phosphorescent avec un corps opaque, toute sa surface reste entièrement lumineuse malgré une exposition prolongée à la lumière de l’ensemble (écran et carton); ce résultat parait tout à fait paradoxal.
- 11 serait intéressant de chercher une explication de ce phénomène, peut-être y trouverait-on un lien nouveau entre les ébranlements lumineux et les ébranlements électriques ou électromagnétiques qui, suivant Maxwell, se propagent dans l’éther d’une manière identique.
- Pour analyser le phénomène, il est permis de supposer que la lumière produit dans le monosulfure de calcium un mouvement moléculaire qui développe à la surface et dans la masse même de la matière phosphorescente une charge analogue à une charge électrique.
- Cette charge ne change pas et conserve le même signe,
- 1 Schübeler : c< Die Plladzcnwelt Norvogcns 1852.
- 1 Yoy. n° 1003, du 15 février 1904, p. 172.
- p.286 - vue 290/536
-
-
-
- LA SATURE.
- 287
- soit positif, tant que la lumière ne change pas; mais elle augmente aussitôt si une partie de l’écran seule est exposée à la lumière tandis que l’autre est recouverte par un corps opaque. Alors, dans la partie couverte, il se développe une charge de signe contraire, soit négatif, et de même que la loi de Coulomb nous indique que deux corps électrisés s’attirent ou se repoussent suivant la nature de l’électrisation qu’ils ont reçue, ici, il y a attraction entre les particules lumineuses de l’écran ; la charge de la surface découverte attire celle de la surface cachée, il en résulte que la phosphorescence augmente dans la partie exposée à la lumière, tandis qu’elle s’éteint dans celle qui est placée dans l’obscurité.
- 11 est évident que, sans le secours de mesures absolues, il est difficile d’établir une loi générale; aussi je n’ai pas la prétention d’émettre ici autre chose qu’une simple hypothèse, mais j’espère que d’autres mieux outillés que moi pourront mesurer la quantité de lumière émise par les différentes parties de l’écran, vérifier si les surfaces restées à la lumière n’ont pas récupéré la luminosité des surfaces cachées, entin retirer de cette simple observation une théorie nouvelle de la phosphorescence et des nouvelles radiations.
- Veuillez agréer, Monsieur, etc.
- 1*. Fourmer.
- CHRONIQUE
- Pavage d’acier. — La question du pavage des rues des grandes villes est toujours à l’étude, car le pavage idéal n’a pas encore été trouvé. 11 est probable que l’on tentera à Paris des essais de pavage en acier, tel qu’il en existe déjà en Italie et aux États-Unis. Le pavé en acier est très uni, il offre une grande résistance et se prête à toutes les formes que l’on désire lui donner; de plus, comme il est quadrillé, les animaux, notamment les chevaux, ont de la prise et tombent moins fréquemment; avec lui, plus de dérapage pour les bicyclettes et les automobiles, car le caoutchouc des pneumatiques s’incruste dans le quadrillage sous le poids du véhicule. Le prix de revient de ce' pavage est environ de 10 francs le mètre carré, soit 20 francs de moins que le prix' du pavé de bois, qui atteint à Paris 50 francs. Si les essais sont favorables, il semble que ce nouveau pavage aura de nombreux avantages sur les autres, mais ne sera-t-il pas plus bruyant?
- Les champignons colorants. — On rencontre fréquemment, dans les bois, des arbres dont les branches ont été brisées par une cause quelconque ; si l’on examine la cassure, on constate souvent qu’elle est ornée de couleurs assez vives. Ce sont des champignons qui lui communiquent ces teintes insolites. Le (( Chlorosplenium aeruginosum » colore en vert ou bleu indigo : il s’attaque, principalement aux hêtres et aux chênes, et se trouve, non seulement en Europe, mais aussi en Asie et en Afrique. Le « Tapezia cruenta » donne aux acacias une teinte rouge sang, tandis que le « Tapezia atrosanguinea » préfère les houleaux’!ct les hêtres. Sur le bois pourri des mêmes essences le « Patella sanguinea » et le « Corticiuin sangui-neum », mettent une note écarlate. Enfin les planches de frêne sont souvent rayées de bleu gris par le « Cerasso-mella pilifera ». 11 est difficile de prévenir ou d’arrêter les ravages de ces organismes inférieurs, dont la présence est toujours désastreuse, car elle indique une altération des tissus végétaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 mars 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Rayons « N ». — M. Macé de Lépinay donne la description d’un dispositif permettant de montrer par un phénomène de contraste l’action des rayons A sur le sulfure de calcium phosphorescent.
- Les roches de l'éruption de la Martinique. — M. Lacroix expose qu’il a recueilli et étudié des roches de divers types provenant de la destruction du dôme du volcan. Ces roches ont à peu près la même composition chimique ; elles contiennent des cristaux d’hypersthène et de feldspath. Ceux-ci existent tout formés dans la pâte et proviennent sûrement des profondeurs de la terre. Le quartz y est abondant ; donc puisque le quartz existe dans des roches qui se sont solidifiées au niveau du sol, une grande profondeur n’est pas une condition indispensable à la cristallisation de cette substance.
- Fracture des os longs.— M. Lannelongue présente un ouvrage de MM. Ilennequin et Robert Lœwy traitant des fractures des os longs. Les auteurs ont tiré un grand parti de la radiographie pour la composition de cet ouvrage. M. Lannelongue signale particulièrement le chapitre consacré à la méthode dite de l’extension continue qui contient le résumé de très nombreuses expériences faites par MM. Ilennequin et Robert Lœwy. Il signale également le chapitre consacré à l’influence de la déminéralisation de l’organisme sur la production des fractures et à l’influence de l’alimentation sur la résistance des os aux causes de rupture.
- Aménagement des grottes de Padirac. — M. Edmond Uerrier rappelle queM. Viré, qui a organisé l’exploration zoologique des grottes de Padirac, y a recueilli 45 espèces d’animaux appartenant tous à des formes inférieures, crustacés, arachnides, vers, insectes. 11 n’y a point trouvé de vertébré quoique les grottes présentent une véritable rivière parcourue par des eaux claires paraissant réunir les conditions nécessaires pour recevoir des poissons. M. Viré a divisé cette riyière en compartiments bien séparés par des fdets et correspondant à l’obscurité complète et à une faible lumière. Il compte ensemencer ces compartiments et étudier les modifications organiques produites par l’absence de lumière.
- Gerijiihation des orchidées. — M. G. Ronnier résume une Note de M. Noël Bernard, sur la germination des graines d’orchidées. L’auteur a expérimenté particulièrement sur les graines d’un des plus beaux types « le cypri-pedium ». Ces graines, dans un milieu qui n’est pas préparé, ne germent pas; pour que la germination se produise, il faut que le milieu renferme un certain champignon à filament. On se trouve donc en présence d’un cas de symbiose caractérisée dont la connaissance est importante pour les horticulteurs.
- Résistance des rats à l'arsenic. — D’après des recherches de M. Bordas, le rat présente une résistance considérable et toute particulière aux effets toxiques do l’arsenic. Si l’cn compare les doses mortelles chez divers animaux ramenées au chiffre qui correspondrait au poids du rat par une proportion, on reconnaît que le rat peut supporter une dose d’arsenic 7 à 8 fois plus considérable que les autres animaux et que l’homme.
- Élection. — Il a été procédé à une élection de correspondant de la section de géométrie en remplacement de M. Lipschitz, décédé. M. Guichard, de Clermont-Ferrand, a été élu. Ch. de Villedecil.
- p.287 - vue 291/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 288
- LE TIR SANS MUNITIONS
- Il est absolument impossible de posséder ou d'acquérir une grande habileté dans le tir des armes à leu si l’on ne « pratique » beaucoup, ce qui revient en somme à brûler un nombre fort élevé de cartouches. Malheureusement les munitions coûtent cher, et les dépenses qui résultent de ces exercices pratiques sont une gène, non pas seulement pour les amateurs qui veulent s’exercer au tir, mais, ce qui est bien plus grave, pour les troupes que l'on est toujours obligé d’instruire, puisque nous n’en sommes pas encore arrivés au désarmement et à la paix universelle. De plus, les tirs ne peuvent se faire que sur les champs à ce consacrés, ou dans des stands, par suite des dangers inhérents à cette pratique.
- Pour parer à ces inconvénients et pour les supprimer, un inventeur américain, dont nous ne connaissons pas le nom, vient de combiner un appareil fort ingénieux qu’il nomme « sub-target gun machine », et qui a été récemment exposé, lors de la dernière réunion de la National Rifle Association, à Sea Girt, dans le New Jersey, et aussi au concours international de tir tenu à Bisley, en Angleterre.
- Le principe général adopté est simple et essentiellement pratique : le tireur insère son arme dans une pièce creuse qui n’empêche nullement la direction du fusil dans la ligne qu’on croit être la ligne de visée exacte par rapport à une cible disposée à bonne distance, et même le fusil peut subir les oscillations caractéristiques, et fort préjudiciables à la sûreté du tir, que lui imprime le tireur au moment où il presse la gâchette. La pièce creuse formant étui pour l’arme, peut transmettre la direction et les mouvements di vers de Taxe du fusil à une tige inférieure qui, au moment de la pression sur la gâchette et du départ supposé du projectile, viendra faire une marque sur une petite cible disposée en dessous de l’arme, et en un point exactement correspondant à celui que le projectile aurait frappé sur la grande cible, si le fusil avait contenu effectivement cartouche et balle. On comprend que les déplacements de la tige qui vient frapper la cible réduite sont commandés par des transmissions analogues aux transmissions pantographiques. Tout le système est porté par un pied à bonne hauteur, et de
- plus, sous les parties actives du dispositif, est un chariot que l’on peut régler au moyen de vis horizontales et verticales, et qui permet de placer d’abord exactement la tige répétitrice du tir dans l’alignement de la grande cible. La tige dont nous venons de parler se termine par une aiguille à ressort montée sur des frottements à bille, pour éviter tout effort dans son jeu; du reste, au moment où le tireur presse sur la détente de son arme, grâce à un contact électrique, c’est la petite cible, la « sub-target », qui est poussée contre l’aiguille et s’y perfore, en laissant la trace du coup qui aurait pu atteindre la cible véritable. Ce qui est absolument nécessaire dans la combinaison du mécanisme, c’est que la pièce sur laquelle vient porter le fusil soit assez bien équilibrée pour ne pas fournir le moindre point d’appui réel au tireur, pour lui laisser supporter tout le poids de l’arme. Il semble que l’appareil répond parfaitement à cette
- condition,d'après les appréciations toutes concordantes de ceux qui s’en sont servi un certain temps.
- Dans l’armée américaine, où Ton commence d’adopter cette invention, en réalisant de grosses économies sur les munitions, on a divisé des recrues en trois groupes, dont l’un s’exerça avec ce « sub-target gun machine », tandis que les deux autres pratiquèrent le tir ordinaire ou le tir réduit. Quand ensuite on les lit concourir au tir à la cible classique, c’est l’équipe éduquée au tir fictif qui se montra la plus habile, sans doute parce que les exercices avaient pu être multipliés à loisir.
- Nous 11e voulons pas exagérer les choses, et nous ne prétendons pas que l’usage d’un semblable instrument puisse dispenser de recourir au tir effectif, car seul ce dernier enseigne aux hommes les corrections à apporter â la visée par suite du vent, par exemple, ou encore de l’humidité de l'air, de la pluie, de la réfraction qui en est la conséquence. Mais on sait qu’il est inutile de demander toutes ces finesses aux soldats ordinaires, et qu’ils peuvent, sans ces connaissances, parvenir à être de bons tireurs susceptibles de rendre de grands services en campagne. Henri Bocgeois.
- Le Gérant : P. Masson.
- La pratique du tir sans munitions.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- p.288 - vue 292/536
-
-
-
- y nui. — o avril tant.
- LA NATURE.
- 289
- TÉRATOLOGIE AÉGÉTALE
- FASCIES - riIVLLAJNTIHE — PROLIFÉRATION
- Depuis un certain temps des lecteurs ont envoyé à la rédaction de « La Nature » des plantes étranges dont il a été l'ait mention à plusieurs reprises.
- On a parlé notamment d’ une « Asperge bizarre ».
- Très étrange, en effet, cette déformation qui fait de l’asperge ronde une sorte de rameau plat contourné, terminé par des amas de fleurs avortées.
- Ce cas tératologique — ou plus simplement cette monstruosité végétale — est bien connu des botanistes sous le nom de
- :sl [tas spéciale à l’asperge, mais affecte quantité de plantes ainsi qu’en témoignent les gravures qui accompagnent cet article, gravures exécutées d’après des photographies de plantes prises dans notre herbier. La figure 1 représente une belle fascie avec enroulement en crosse, d’une chicorée sauvage, plante très commune dont les fleurs bleues s’épanouissent Télé le long des chemins. Cet te espèce présente assez souvent des anomalies de ce genre :
- 19
- j « lascie » ou « fasciation ». Elle n’
- Fig. 7. — Bourse-à-pasteur.
- 1, plante normale; 2, plante iàsciée.
- Fig. 6. — « Picris liieracoides ».
- 1, plante normale; 2, plante lasciée.
- 'SI* année. — 1er semestre.
- p.289 - vue 293/536
-
-
-
- 200
- LA N AT U HL.
- cette année j’en ai recueilli plusieurs spécimens. Encore une composéel'asciée (lig. 0) « Picris bieracoides ». La tige très élargie n’est pas roulée en crosse à l’extrémité, mais elle est terminée par un amas de Heurs avortées. La figure 2 offre aussi une faseie d’une composée, de la grande tribu des Chardons. C'est la Car-line vulgaire, sorte de chardon très épineux qui pousse sur les terrains calcaires. Sa maigre tige s’est aplatie et démesurément élargie jusqu’à atteindre la dimension extraordinaire pour elle de 50 millimètres. Les Heurs, ramassées en un seul bouquet, forment une sorte de petit buisson épineux d’aspect peu engageant. Mentionnons la bourse-à-pasteur, petite crucifère très commune(fig. 7). La tige élargie devient seorpioïde à l’extrémité et tous les pédicelles des Heurs sont insérés pêle-mêle sur cette tige.
- Ces fascies atteignent quelquefois des dimensions considérables. J’ai trouvé l’année dernière une dauphi-nelle, pied-d’alouette dont la tige était large comme la main. Moquin Tandon, dans son « Traité de Tératologie végétale » rapporte que le cabinet de La-peyrouse contient une lascie de « Eehium pyrenai-cuni », formant une palette large comme les deux mains, couverte vers le sommet d’une multitude de rameaux court Heuris.
- La fasciation n’affecte pas seulement les végétaux herbacés, mais aussi les végétaux ligneux. Dans les arbres, ce n'est jamais le tronc principal qui est atteint, mais seulement les rameaux. La fasciation s’observe chez le Irène, le saule, l’arbousier.
- On a pu croire que le faseie résultait de l’accole-ment de plusieurs tiges. Les tératologistes modernes voient dans les fasciations le déroulement, ou pour employer un terme plus exact, emprunté à la géométrie, le « développement » du cylindre fibrô-vascu-laire. En effet, la coupe d’une tige l’asciée montre, à peu près dans sa partie médiane, les vaisseaux disposés en une simple lame. Si l’on avait affaire à une tige aplatie, on devrait observer deux lames parallèles provenant de l’aplatissement du cylindre vasculaire, et, dans le cas d’une soudure, on observerait une série de cercles accolés en nombre égal à celui des tiges soudées1. Dans les asperges on a pu voir les deux phénomènes se présenter en même temps : faseie et soudure.
- Certaines de ces modifications accidentelles ont été fixées parla culture. C’est ainsi que l’amarante crête-de-coq ou célosie des horticulteurs est duc à l’épanouissement ou faseie du sommet de la tige qui est devenu très large, comprimé, tronqué, plus ou moins sinueux, et s’est couvert d’une quantité de paillettes ou écailles allongées d’un beau rouge cramoisi, ou d’une autre coloration suivant les variétés. —- Une lascie de Cardère dans laquelle les rameaux sont devenus plats, rubanés, cl couverts de fortes épines, a donné lieu à la variété connue sous le nom scientifique de « Dipsacus horrida » et sous la dénomination plus suggestive de « Plante qui se tord ».
- 1 Feuille des jeunes naturalistes. 1&8Ô.
- A quoi sont dues ces modifications profondes dans la structure des végétaux1.' Personne n’en sait rien, filles apparaissent au hasard, sans que rien le lasse prévoir, atteignent certains individus, épargnent leurs voisins.... Moquin Tandon prétend que c’est la surabondance de nourriture qui provoque ces anomalies. Mais, rien n’est moins jtrouvé.
- La nature des terrains doit avoir aussi une in-tluenee sur les monstruosités végétales. Le petit trèlle rampant que représente la ligure 5 a été récolté sur des dragages essentiellement composés de carbonate de chaux à l’état pulvérulent. Est-ce parce qu’il a [toussé sur ce substratum tout spécial que l’un des rameaux, au lieu d’être terminé par le capitule habituel, porto une touffe de petites feuilles, très bien constituées. Toutes les Heurs qui devaient former le capitule normal ont été transformées en petites feuilles ternées. Cette anomalie a reçu le nom de « phyllanlhie ».
- On sait que, suivant la théorie magistralement exposée par Goëlhe dans sa « Métamorphose des [dantes », tous les organes lloraux ne sont que des feuilles transformées. On suit d’ailleurs assez facilement dans la fleur du nénuphar, par exemple, les différentes étapes de cette transformation. Au calice pé-taloïde, verdâtre à l’extérieur, blanc à l’intérieur, succèdent des pétales qui deviennent de plus en plus petits jusqu'à devenir des filets d’étamine, etc.
- Au contraire, dans le cas de ce trèlle monstrueux nous sommes en présence d’une modification « régressive » en vertu de laquelle les différents verti-cilles lloraux retournent à leur forme primitive.
- Les fleuristes vendent parfois sur les marchés une variété de la pâquerette vivace, qu’ils appellent « la mère de famille, la mère Gigogne ». Cette variété est remarquable par ses capitules d'un beau blanc, assez larges, autour et au-dessus desquels se développent en couronne de nombreuses petites fleurs qui, s’épanouissant à leur tour, prolongent longtemps la floraison. La pittoresque appellation populaire est bien justifiée : c’est vraiment la mère au milieu de ses enfants. C’est un exemple de « prolifération » semblable que nous montre la scabieuse (fig. 4). Du capitule terminal ont pris naissance d’autres petites calathides de fleurs bien constituées et portées sur un long pédoncule.
- Enfin la figure 5 nous « offre à considérer », comme disent les manuels, plusieurs cas tératologiques affectant une même plante. Le plantain lancéolé est constitué par une touffe de feuilles pointues d’où sort une tige simple terminée par un seul épi. Ici nous pouvons voir une tige fasciée terminée par trois épis ; sur la gauche une tige atteinte de phyllanthie et de prolifération.
- Toutes ces fasciations, phyllantbies et autres monstruosités végétales, présentent un grand intérêt. Remarquons toutefois que le classement de ces anomalies et la détermination des espèces sur lesquelles on les observe ne fournit, somme toute, qu’une sorte de préface statistique à l’étude de la tératologie végé-
- p.290 - vue 294/536
-
-
-
- LA MA TU 15 K.
- talc. Il y a lieu dans chaque cas particulier de résoudre, ou au moins de poser les trois questions suivantes : 1° comparer les organes altérés aux parties similaires d’un sujet normalement développé; dans le cas d'une fascie, par exemple, étudier la disposition des vaisseaux, du cambium, de la moelle, etc. ; 2° étudier les modifications (pie l’anomalie a pu entraîner des organes voisins ; dans le cas de la fasciation, on étudiera les (leurs et les leuilles du rameau fascié ; o° enfin, rechercher la cause déterminante de la monstruosité : nature du terrain, nourriture, piqûre d’insecte, et, s’il est possible, déterminer expérimentalement et à volonté la reproduction de cette monstruosité.
- La science des monstres est, très inégalement développée en zoologie et en-botanique. En zoologie, les beaux travaux d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, de Dareste, en ont fait une science qui a sa terminologie et sa classification bien déterminées. En botanique, elle n’est encore constituée que par un faisceau d’observations que ne relie entre elles aucun rapport nettement établi, et dont les lois sont jusqu’à ce jour presque totalement inconnues.
- Riche de faits, la tératologie végétale attend en-core le savant de génie qui saura dégager delà multitude des observations faites les lois qui régissent l'apparition de ces anomalies. Virgile Rramucoirt,
- Secrétaire de la Société Liiméeime du nord de la l'rance.
- LES TURBINES A TAPEUR POUR NWIRES
- Nous avons précédemment décrit1 la turbine à vapeur à réaction et injection totale, système Parsons, ainsi que la turbine à impulsion, type Rateau. Nous avons montré les différentes applications de ces turbines et indiqué les avantages qu’elles présentent sur les moteurs à vapeur à mouvement alternatif. Mais le champ que nous avons indiqué est plus vaste, car les turbines à vapeur trouvent leur application toute naturelle à la propulsion des navires. Toutefois, dans ce cas, quoique le fonctionnement soit le môme, certaines additions, inhérentes à cette nouvelle application, deviennent nécessaires.
- Pour les navires munis d’hélices la propulsion est, comme on sait, obtenue par la réaction qui se produit à la surface des hélices, par suite de leur rotation dans l’eau formant point d’appui. La poussée résultante et qui produit la marche du navire est reportée sur celui-ci au moyen de paliers de butée fixés à l’extrémité de l’arbre de l’hélice. Ces paliers qui ont à supporter tout l’effort du à cette poussée doivent être très résistants et exigent un soin tout particulier comme construction et comme entretien. Lorsqu’on fait usage de la turbine à vapeur cette poussée peut être neutralisée par la turbine elle-même et les paliers de butée n’ont plus qu’une importance relativement faible. Avec la turbine Parsons qui, comme nous l’avons dit, est soumise à une
- 1 Yoy. nos 1587, du gi oct. 1905 et 1599 du 16 janv. 1904.
- 29-1
- poussée due à la vapeur qui se détend dans les aubes mobiles, il suffit de supprimer les pistons compensateurs qui équilibrent cette poussée et, alors, la poussée axiale due à la vapeur vient faire équilibre à celle de l’hélice qui est inverse. Les paliers sont donc inutiles. Avec la turbine Rateau, il suffit, comme l’indique la figure 2, de placer à la partie aval de la tubine un tambour M à la périphérie duquel sont fixées les dernières aubes mobiles de la turbine. Ce tambour étant soumis d’un côté à la pression de la vapeur venant de la turbine et, de l’autre à celle du condenseur, cette différence de pression équilibre la poussée inverse de l’hélice.
- Une seconde condition à remplir par les turbines de navires est de pouvoir fonctionner, à, volonté, soit pour la marche avant, soit pour la marche arrière, condition qui ne se présente que rarement avec les turbines ordinaires. M. Parsons a étudié, dans ce but, différents di-positifs, mais celui indiqué sur la figure 2 est le seul employé à l’heure actuelle, du moins à notre connaissance. Il consiste à placer à l’extrémité aval de la turbine motrice A une seconde turbine R de plus petite dimension, actionnant le même arbre MN et dont l’aubage est dirigé en sens inverse de celui de la première. L’extrémité de cette seconde turbine communique, comme pour la première, avec le condenseur. Pour renverser la marche du navire, il suffit, après avoir fermé l’ouverture a qui amène la vapeur dans la première turbine, d’ouvrir celle b qui, amenant la vapeur de la chaudière dans la seconde turbine, donne à l’arbre MN un mouvement de rotation inverse. Un tiroir unique, manœuvré par le mécanicien, permet l’admission de la vapeur par l’une ou l’autre des ouvertures a et b. Lors de la marche avant la seconde turbine tourne à vide. Le seul inconvénient de cette disposition très simple est l’augmentation de longueur de la turbine et, par suite, son plus grand encombrement ; cet inconvénient devient sensible lorsqu’on doit donner à la turbine de marche arrière une puissance un peu importante.
- M. Rateau emploie également pour la marche arrière (fig. 2) un système d’aubage M placé à l’aval de la turbine et dans lequel sont disposées des aubes en sens inverse de celui des aubes de la turbine principale. Le changement de marche s’obtient de la même manière que dans le cas précédent, en fermant l’admission de vapeur de la turbine principale et en ouvrant celle de la seconde turbine. Le même tuyau de communication avec le condenseur sert pour les deux turbines.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les dillé-rences qui existent entre les turbines ordinaires et les turbines de navires. Nous avons maintenant à signaler un phénomène très important qui vient compliquer d’une manière sérieuse l’application de la turbine à vapeur à la propulsion des navires et qui a pour cause première la vitesse relativement grande qu’on est obligé de donner à ces engins. Ce phénomène est celui de la « cavitation ». Observé
- p.291 - vue 295/536
-
-
-
- IA NATURE.
- oqo
- pour la première lois, il y a quelques années, par M. Normand, on n’en a, cependant, reconnu l'importance que dernièrement, à la suite des expériences, laites en Angleterre, d’abord sur le « l)a-ring )) et, ensuite, sur le navire sur lequel M. Parsons a appliqué sa première turbine. Voici en quoi consiste ce phénomène d’après les expériences de M.l» arsons. Lorsque la vitesse périphérique de l’hélice devient très grande par rapport à celle du navire et dépasse 50 à 60 mètres par seconde, il se forme à la périphérie de l’hélice et sur la face arrière de celle-ci une sorte de cavité dont le volume augmente à mesure que la vitesse de rotation de l’hélice croît.
- Cette cavité finit par prendre la forme cylindrique, comme l'indique la figure 4, et, alors, l’hélice tourne dans le vide, les hords supérieurs de celle-ci grattant seules les couches d’eau et tendant à les refouler. Ce vide semble dû au défaut de vitesse
- de l’eau pour passer, à ces grandes vitesses, de la face avant à la face arrière de l’hélice1. Toute la puissance employée à faire mouvoir l’hélice sert alors à produire ce vide, au détriment du rendement et de la puissance utilisable. Pour obvier à cet inconvénient grave il faut donc réduire la vitesse périphérique de l’hélice, et, pour cela, diminuer
- son diamètre et, en même temps, modifier le pas et la forme des ailes. Mais alors la surlace de l’hélice devenant trop faible pour produire l'effort de propulsion nécessaire h la marche du navire, on se trouve dans la nécessité d’augmenter le nombre des hélices, en portant à trois le nombre des arbres d’hélices,un central et deux latéraux actionnés chacun par une turbine, et en disposant sur chacun de ces arbres une, deux et même trois hélices.
- Du reste, cette question de la meilleure forme à donner aux ailes des hélices, afin d'obtenir un rendement
- Fig. 2. — Coupc longitudinale. — 1, de la turbine marine Parsons. — 2, de la turbine marine Raleau.
- maximum, est très délicate ; elle n’est pas encore résolue et est à l’étude en France, en Angleterre et en Allemagne. En thèse générale on peut, cependant, admettre que, dans les conditions actuelles, l’application de la turbine à vapeur à la propulsion des navires ne devient avantageuse que lorsque la vitesse de marche atteint 20 nœuds à l’heure, soit 37 km.
- La première application de la turbine à vapeur aux navires date de 1894. Elle fut faite par M. 1* arsons sur la « Turbinia », petit torpilleur
- construit spécialement pour cette application. C'est pendant les essais de ce navire qu’on put suivre attentivement le phénomène de la cavitation et qu’on
- 1 Les expériences de M. Parsons ont ètè faites dans un bac rempli d’eau sans mouvement et dans lequel on faisait mouvoir l’hélice; en mer cette immobilité relative de l’eau par rapport au bateau n’existe pas en fait et le phénomène de la cavitation, quoique réel, sans doute, ne semble pas, cependant, produire des effets aussi marqués que ceux observés dans le bac de M. Parsons.
- p.292 - vue 296/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 295
- reconnut la nécessité de remplacer la disposition primitive, c'est-à-dire la turbine unique actionnant une seule hélice, par trois autres turbines à haute, moyenne et basse pression actionnant chacune un arbre muni de trois hélices de faible diamètre.
- Après une série de modifications, notamment en ce qui concerne les hélices, on obtint une vitesse de 51,5 nœuds, maintenue pendant trois heures et une vitesse maximum de 54,5 nœuds. En présence de ces résultats, l’amirauté anglaise commanda deux
- Fig. 5. —• Paquebot à turbine « Quceu ».
- contre-torpilleurs de plus grandes dimensions, le « Viper » et le « Cobra » qui furent mis en service en 1900. Pendant un essai de 5 heures, par grosse mer, et avec une puissance indiquée de 12 000 chevaux, on obtint une vitesse moyenne de 54,89 nœuds, supérieure à la vitesse du contrat qui était de 51 nœuds. À cette dernière vitesse, la consommation de charbon, par cheval indiqué, a été de 1,08 kg.
- Malheureusement ces essais furent interrompus par la perte de ces deux navires, le « Cobra » s'étant brisé en deux par le travers de ses'chau-dières, par suite de la trop faible résistance de la coque et le « Viper » ayant touché sur des rochers dans les parages de Guernesey. Depuis, l’amirauté anglaise a fait construire un contre-torpilleur le « Velox » et, en plus, deux destroyers et un croiseur V « Amethyst » marchant à la vitesse de 25 nœuds.
- Pendant ces essais faits par l’amirauté anglaise, M. Parsons appliquait également ses turbines à des paquebots destinés au transport des voyageurs. Cette
- application fut d'abord faite sur deux navires faisant le service de laClyde,le « King Edward » et la « Queen Alexandra » qui ont donné des vitesses de 20 et 21 nœuds. A la vitesse de 19 nœuds, avec une puissance de 5000 chevaux, la consommation de combustible a été de 0,00 kg par cheval indiqué. Les turbines Parsons ont été également appliquées à un certain nombre de yachts. Enfin, tout dernièrement, les deux compagnies anglaises, le « London Brighton and South Coast R » et le « South Eastern and Chatham R » ont mis en service deux paquebots, l’un destiné au service de Dieppe-Newhaven, et l’autre à celui de Douvre-Calais. La figure 5 représente le steamer « Queen » du service Douvre-Calais. C’est
- p.293 - vue 297/536
-
-
-
- 294
- LA NATURE.
- un navire de 94m,50 de longueur, 12m,50 de largeur et 7m,62 de creux, pouvant recevoir 1250 voyageurs et aménagé avec tout le confortable des navires modernes. Il est muni de trois turbines h vapeur, Tune centrale à haute pression et les deux autres latérales à basse pression. L’arbre central porte une seule hélice et les deux arbres latéraux chacun deux hélices, soit, en tout, cinq hélices, tournant, celle centrale à la vitesse de 500 tours par minute et celles latérales à la vitesse de 700 tours. La figure 1 montre l’ensemble des turbines à vapeur. En marche normale la vapeur de la chaudière, à la pression de 10,5 kg, passe, d'abord, dans la turbine centrale haute pression où elle se détend 5 fois, pour passer ensuite dans les deux autres latérales basse pression où elle achève de se détendre pour pénétrer finalement dans le condenseur. La détente totale de la vapeur est de 125 fois le volume primitif. Pendant les manœuvres d’accostage, les hélices latérales servent seules et des tiroirs, manœuvres par le mécanicien, permettent de faire agir la vapeur, soit pour la marche avant, soit pour la marche arrière, dans l'une ou l’autre des turbines basse pression ou dans les deux à la fois. Aux essais et avec une puissance de 8000 chevaux, on a obtenu une vitesse de 22 nœuds et, en marche arrière, une vitesse de lo nœuds. Un essai fort intéressant est celui-ci: le navire marchant à la vitesse de 20 nœuds, on a pu, en renversant instantanément la marche, obtenir l’arrêt total du navire sur un parcours de 2,5 fois sa longueur. Cette rapidité d’arrêt est d’une importance capitale en temps de brouillard. La France, de son côté, n’est pas restée en arrière. Les turbines Rateau, construites par la maison Sautter Harlé, sont à l’essai sur des torpilleurs de la marine française ainsi que sur un certain nombre de bâtiments de nationalités étrangères.
- Voici quelques indications à ce sujet, d’après des renseignements que M. Rateau a bien voulu nous donner.
- En France, le torpilleur n° 24T>, construit par les forges et chantiers de la Méditerranée, au Havre, est muni de deux turbines Rateau de 900 chevaux chacune. Ce bateau est en fonctionnement régulier depuis plus d’un an et sert à faire des essais comparatifs d’hélices. C’est là, en effet, comme nous avons dit plus haut, la partie difficile de l’application des turbines à vapeur à la propulsion des navires.
- Un autre torpilleur, plus petit, doit être actionné par une turbine Rateau de 900 chevaux actuellement livrée par le constructeur. Ce bateau servira à des expériences sur un nouveau système de chaudières à pétrole. En Angleterre, les turbines Rateau viennent d’être appliquées par le célèbre constructeur de torpilleurs, M. Yarrow, à un navire de 140 tonneaux tout à fait semblable à « Tarantula », construite également chez MM. Yarrow etCie, et munie de turbines Parsons. Les turbines (fig. 2) ont une puissance effective de 2000 chevaux. Dès la première sortie, en novembre dernier, on a atteint la vitesse de 25 nœuds. De nouveaux essais ont été faits en janvier et en mars 1904;
- on a pu atteindre une vitesse de 26,4 nœuds.
- Avant de terminer, nous résumerons brièvement les avantages de la turbine à vapeur appliquée aux navires, en dehors de ses avantages thermiques dont nous avons parlé dans les articles précédents et nous indiquerons les questions qui restent encore à résoudre pour rendre cette application complètement pratique. Le poids de la turbine à vapeur, par cheval, est notablement inférieur, environ les trois quarts, à celui des machines à vapeur ordinaires de même puissance. Il en résulte un déplacement moindre et la puissance nécessaire, pour réaliser une vitesse déterminée, est également moindre ; par suite, la consommation de charbon paraît devenir inférieure à celle d’un navire muni de machines alternatives. De plus, l’encombrement en hauteur de la turbine à vapeur est moins grand que celui des machines pilon, généralement employées, Enfin, les vibrations si désagréables des navires à hélices mues par des machines à vapeur ordinaires, sont, sinon complètement supprimées, tout au moins fortement diminuées. Mais, à côté de ces avantages importants, les turbines à vapeur ont l'inconvénient d’une consommation de vapeur élevée aux faibles allures, inconvénient peu important pour les grands transatlantiques qui marchent toujours, sauf de très rares exceptions, à la même vitesse, mais très grave pour les navires de guerre qui, la plupart du temps, marchent à allure modérée. Pour obvier à ce grave inconvénient, on peut installer, concurremment avec les turbines à vapeur, une machine à piston de petites dimensions sur un arbre central indépendant, machine qui suffit à la marche à allure réduite et à la marche arrière. Pour pousser l’allure, on donne de plus en plus de vapeur aux turbines, les machines à piston continuant à travailler jusqu’aux plus grandes vitesses. C'est la solution qui a été adoptée sur le bateau Yarrow, avec turbines Rateau, dont nous venons de parler et qui a donné de très bons résultats, ainsi qu’on peut le voir par la communication faite le 25 mars 1904 par M. Rateau, à l’Institution des « Naval Architects » de Londres. D'autres dispositions ont été proposées, mais n’ont pas encore reçu la sanction de l’expérience. Ce manque d’élasticité des turbines à vapeur est un inconvénient réel, mais dont la solution n’est pas insurmontable, et il y a tout espoir que, grâce aux recherches qui se poursuivent, en ce moment, un peu partout, l’emploi de la turbine à vapeur se généralisera et pourra, à bref délai, trouver son application pour les navires rapides de la marine militaire et de la marine marchande. —<>.$+— R. Bossu*.
- LE LYS0L
- ET SES APPLICATIONS DANS l’aRBORICUI.TURE
- Un grand nombre de personnes, je crois, connaissent assez peu le lysol. Certains horticulteurs en disent beaucoup de bien. Ils affirment que ce désinfectant débarrasse les troncs d’arbres des lichens verts qui les envahissent et les empêchent de respirer; qu’il guérit les chancres;
- p.294 - vue 298/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- 2or>
- qu’il constitue le meilleur remède contre la gomme des amygdales et qu’il est l’agent destructeur le plus efficace du puceron lanigère, si nuisible au pommier.
- Ne voulant pas expérimenter sans savoir, j’ai acheté, chez un droguiste, un litre de l’extraordinaire liquide et j’ai cherché par ailleurs son état civil.
- Le phénol hrut, retiré du goudron de houille, contient environ 50 pour 100 de phénol pur et 50 pour 100 d’impuretés. Celles-ci sont formées en grande partie des trois crésols ou crésylols (ortho, méta et para-crésol) d’une certaine quantité d’eau, d’un peu de naphtaline et de quelques autres corps de moindre importance.
- Par des distillations fractionnés et des cristallisations successives, on arrive à isoler le phénol pur en cristaux d’hydrate (C12 116O2,110) et à le séparer des crésols. Avec le phénol pur on fabrique de l’acide picrique et de la mélinite. Quant au liquide, éliminé et constitué surtout par les trois crésols, il est vendu dans le commerce sous le nom d’acide carbolique brut, comme désinfectant.
- La solubilité des crésols dans les solutions de savon ou de certains sels à base de soude ou de potasse est mise à profit. La « liquor cresoli saponatus », le sapocarbol, le lysol, le crésol-Raschig, le solvéol sont obtenus ainsi. Toutes ces liqueurs, beaucoup plus solubles dans l’eau que le phénol, constituent des désinfectants énergiques. Les crésols bruts ne donnent pas dans l’eau une solution claire à cause de la naphtaline qui les accompagne souvent.
- Le lysol est un liquide rouge-brun, huileux, d’une odeur analogue à celle du phénol. Sa densité est égale à 1,05. 11 est très soluble dans l’alcool, Celui dont je fais
- usage se compose de de crésols, de très peu d’eau
- et de potasse. 11 ne renferme pas d’alcool. Le lysol, chauffé dans une coupelle, s’enflamme assez difficilement à l’approche d’une allumette et produit en bridant une odeur désagréable. L’acide chlorhydrique agit sur la dissolution étendue en s’emparant de la base et il se forme à la surface une couche de liquide huileux de couleur jaune, presque égale en volume à celui du liquide employé.
- Lorsqu’on utilise le lysol dans le traitement des maladies des arbres fruitiers, on l’additionne toujours d’une certaine quantité d’alcool dénaturé.
- L’emploi des différentes teintures alcooliques de lysol est d’une grande simplicité. Il suffit de toucher, à l’aide d’un pinceau, les parties malades, en commençant par les points les plus élevés de chaque branche. L’alcool s’étale rapidement et couvre en peu de temps une grande surface. 11 faut éviter d’en mettre sur les bourgeons.
- Les solutions en usage sont les suivantes :
- POUR LA DESTRUCTION
- EN IUVER
- des de la
- chancres gomme
- («) w
- Lvsol. . . . 01,53 01,35
- Alcool dénat. 01,67 01,67
- Argile . . . 0k*,88 »
- Chaux en
- poudre . . 0k*,88 »
- Térébenthine de B or-
- de aux. . . » en satura -lion.
- du puce-
- ron des Lichens verts
- lanigère.
- (c) (d) (f) (f)
- 01.55 01.35 01,04 01,08
- 01,67 0',67 0',66 0',92
- ï) . )) » ))
- » D )) »
- )) » )) »
- Laver
- 2 h. après le travail. J’ai expérimenté récemment les solutions (d), (e),
- (/)• La première a débarrassé les arbres des lichens verts (parnelia parietina) en deux jours. Les deux autres ont agi beaucoup moins efficacement. 11 m’a fallu toucher une seconde fois les parties malades. Je n’ai pas procédé au lavage, les pluies étant assez fréquentes à l’époque de l’année pendant laquelle je faisais le travail. Mais je pense qu’en été il ne faut pas y manquer.
- La solution de lysol agit incomparablement plus vite que la bouillie de chaux additionnée de sulfate de cuivre, employée pour les mêmes fins. Elle n’a que l’inconvénient de coûter un peu plus cher.
- Pour 22 arbres de 10 ans, quenouilles et contre espaliers, j’ai employé 3 litres de solution revenant à lfr,05 le litre. La dépense a été, par conséquent, d’environ 0fr, 14 par pied d’arbre. 11 n’est pas un amateur qui ne fasse la dépense pour éviter le vilain badigeonnage à la chaux, qui dépare les arbres pendant des semaines.
- L’emploi du lysol a certainement un autre avantage : il tue nombre d’insectes et en éloigne un grand nombre à cause de son odeur pénétrante. De plus il provoque la chute des portions d’écorce là ou il y a des crevasses. La gent malfaisante, n’ayant plus d’abri, va se réfugier ailleurs.
- L’efficacité de la liqueur pour la guérison des chancres et de la gomme n’est pas douteuse. J’ai vu des abricotiers et des cerisiers auxquels une seule application du remède avait rendu la santé. Si j’avais des arbres atteints de ces maladies, je n’hésiterais pas à me servir tout de suite des solutions appropriées que je tiens en réserve, certain que je suis du résultat.
- Pour détruire les lichens, j’ai employé aussi avec succès deux autres solutions qui ne coûtent guère que 0r',55 eu 0fr,401e litre et qui sont formées de :
- ( Savon mou .... 100 grammes.
- (f/) < Alcool dénaturé . . 400 —
- ( Acide phénique . . 2 —
- ( Savon mou .... 100 —
- (h) < Alcool dénaturé . . 400 —
- ( Phénol 8 —
- Donc, en définitive, pour nettoyer les arbres, les débarrasser des pucerons et des lichens verts, on n’aura que l’embarras du choix. E. Henriot.
- COMMENT SE NOURRISSENT LES PYTHONS
- Il est fort intéressant de connaître la manière dont les animaux carnassiers, dans les différents groupes zoologiques capturent leurs proies, leur mode de préhension des aliments et toutes les modifications qu’ils font subir a ceux-ci avant de les avaler; en un mot, tous les actes préparatoires à l’absorption définitive de la nourriture. Sous ce rapport les serpents sont particulièrement curieux à étudier. C’est parmi les grandes espèces de la famille des Boæidés, chez les Boas et les Pythons qu’on peut le mieux observer ces phénomènes dans ce qu’ils ont à la fois de curieux et d’impressionnant.
- Les Boas sont américains. L’espèce typique et la plus généralement rencontrée est le Boiguacu (Boa constrictor). L’Anacondo (Eunectes murinm), gigantesque Ophidien des marais de la Guyane et du Brésil, dont la taille atteint parfois 7 à 8 mètres, a pu être conservé quelquefois dans certains jardins
- p.295 - vue 299/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 29(>
- zoologiques. Toutefois ce sont les Pythons, propres à l'Ancien continent, qui sont de beaucoup les plus faciles à se procurer parmi les grosses espèces exotiques et ce sont eux, par conséquent, que l’on voit le plus souvent dans les ménageries et chez les bateleurs. Le Python molurc ( Vif-thon mol unis) de l’Inde, de l’Indo-Chine et de la Malaisie et le Python de Séba (l'ython Sebæ), de l’Afrique inter-tropicale, sont les espèces les plus communes, mais le Python réticulé (Python retreniât m), de Malaisie et le Python royal (Python regius) de Séné-
- gambie, ne sont pas non plus des espèces bien rares.
- Notre première figure (fig. 1) représente un de ces derniers animaux enroulé autour de ses œufs.
- Ceux-ci, assez volumineux et au nombre d’une dizaine, sont recouverts, comme tous ceux des Serpents en général, d’une enveloppe membraneuse assez résistante mais souple qui permet aisément
- de les distinguer de ceux à coque calcaire des Oiseaux. Les photographies suivantes permettront de se rendre compte des divers actes successifs du repas d’un grand Python. Elles ont été prises au jardin zoologique de New-York et sont dues à M. llurti, mais un spectacle de même ordre est donné mensuellement à la ménagerie des Reptiles du Muséum d’histoire naturelle de Paris, sur la richesse de laquelle M. 11. Bruyère a fourni ici même d’intéressants détails 1.
- Pvllion enroulé autour de ses œufs.
- Fig. 2. — Python on arrôt, prêt, à sc jeter sur un lapin.
- Les Ophidiens, d’une façon générale, se nourrissent de proies vivantes ou tout à fait fraîchement tuées, mais ce qu’il y a de particulièrement curieux chez eux, c’est qu’ils sont capables, grâce à des dispositions anatomiques spéciales, d’engloutir en totalité des animaux d’un volume véritablement incroya-
- ble par rapport aux dimensions de leur orifice buccal. Aussi doit-on comprendre que, dans ces conditions, les repas ont lieu à intervalles assez éloignés, la
- 1 H. Bruyère. Les Reptiles au Muséum d’histoire naturelle : « La Nature », 1901 (2*’ sem.), n° 1462, p. 1 et Nouveaux reptiles au Muséum, tom. cit., n° 1474, p. 202.
- p.296 - vue 300/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 297
- quantité do nourriture absorbée en une fois étant suffisante pour entretenir longtemps la vie chez ces êtres dont les manifestations actives, surtout en captivité, sont habituellement des plus restreintes. C’est, en effet, pour les Pythons conservés dans les ménageries, un intervalle d'un mois ou de cinq à six semaines qui sépare les repas. A l’état de liberté, il est probable que ceux-ci sont un peu plus fréquents, mais chez des animaux enfermés dans des cages peu cieuses et plus ou
- privés de mouvement, ce laps de temps n’a rien d’excessif et ces Serpents s’accommodent fort bien de ce régime. L’alimentation des grands Pythons, d’une taille de 5 à 5 mètres, est ordinairement composée de lapins,
- mais les plus gros exemplaires mangent parfaitement des agneaux ou de jeunes chevreaux. Par contre, nous devons ajouter que les petits spécimens de 2 mètres environ se contentent de simples cobayes.
- Voici arrivé le moment du repas du Python. Si l’on a affaire à un animal vigoureux, en bonne santé et ayant faim, on le verra la tête levée, les yeux fixés sur le gardien, suivre avec intérêt ses moindres mouvements de l'autre côté de la cage vitrée. Aussi, à peine le lapin est-il jeté, qu’il est happé au passage, saisi au museau par le serpent qui se détend comme un arc, avec une rapidité étonnante et qu’on a peine à se figurer chez un être aux mouvements habituellement si lents, et avant même
- Fi". 4. — Python au moment de la déglutition.
- d’avoir touché terre, enlacé, étouffé, broyé dans les replis des terribles anneaux de son redoutable adversaire.
- D’autres fois, quand le Python est moins bien disposé ou quand le lapin a été introduit dans la cige sans attirer son attention, il se passe un cer-
- tain temps avant la capture de la proie. C’est ce qui a lieu dans la figure représentée ici (fig. 2), où le Python en arrêt est prêt à se jeter sur le malheureux lapin assez inconscient, semble-t-il, du triste sort qui l’attend. On n’observe pas, en effet, en captivité, de la part des Serpents, ces cas de fascination
- p.297 - vue 301/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- 2D8
- dont parlent si souvent les voyageurs dans leurs récits de chasses. Ce sont les mouvements du lapin trottinant à travers la cage qui vont mettre en éveil son terrible voisin. Les Serpents ont un odorat assez obtus et c’est surtout par la vue du déplacement des objets qu’ils se rendent compte qu’ils ont affaire à un être vivant et, par conséquent, à une proie. A l'état de nature, dans les forêts tropicales, dissimulés en général dans les branches des arbres au milieu desquelles ils se confondent facilement, ils surprennent brusquement les petits Mammifères qui passent à leur portée.
- Les grands Serpents, dits constricteurs, comme les Pythons, étouffent d’abord leur proie par la pression des replis de leurs anneaux1. C’est ce que l’on voit dans la figure suivante (fig. 3). L’infortuné lapin, une fois saisi par le museau, est enserré dans un triple ou quadruple éteau. Culbuté, les pattes postérieures en l’air, la tête et l’avant-train cachés, il disparait presque aux trois quarts et la terrible étreinte ne cessera complètement que pour laisser tomber un cadavre. Le Python, en effet, attend que l’asphyxie se produise. Au bout de quelques minutes, il va se hasarder à détendre un peu ses puissants replis. Perçoit-il encore quelques soubresauts, quelques mouvements convulsifs, quelques spasmes d’agonie du malheureux Rongeur, immédiatement il ressert son étreinte et attend patiemment que la mort fasse son œuvre. Enfin le lapin est tout à fait immobile, le Python alors déroule ses replis et abandonne momentanément sa victime2.
- Ce repos est de courte durée, le Python revient bientôt sur sa proie et se met à la recherche de la. tête. Mais ce Serpent, tout à l’heure si adroit pour attraper en quelque sorte au vol le lapin qu’on lui lançait, ou pour se précipiter sur lui lorsque le malheureux animal trottinait innocemment à ses côtés, semble maintenant tout désorienté devant cette loque inerte qui gît lamentablement à l’endroit même où elle fut terrassée. Il darde de tous côtés sa petite langue fourchue, organe de tact par excellence, et cherche au moyen de celle-ci h. compléter les notions que lui fournissent la vue et l’odorat. Enfin, après maints efforts et maintes tentatives, la tête est saisie et la déglutition va pouvoir commencer (fig. A).
- Cette découverte de la tête est des plus importantes. On comprend, en effet, que pour le facile accomplissement des actes qui vont suivre, il est nécessaire que la proie se présente bien. Pour
- 1 Les Serpents venimeux frappent d’abord de leurs crochets leur victime, puis se retirent un peu à l’écart et tout en la surveillant, attendent que le venin ait produit son effet. Les Couleuvres avalent les Grenouilles sans les tuer préalablement, si bien qu’on a pu en retirer de vivantes de leur estomac.
- 2 Bien souvent des personnes s’apiloyent sur les souffrances endurées par le Lapin et, à mon avis, un peu injustement; la manière dont le Python tue celui-ci est certainement beaucoup moins cruelle que celle employée par certaines ménagères qui arrachent un œil de l’animal et attendent qu’il meure par hémorragie. La strangulation amène la mort assez rapidement, en quelques minutes à paine.
- qu’une masse aussi volumineuse puisse pénétrer dans un orifice au premier abord si étroit, il faut qu’elle ait la position la plus favorable. Si l’animal est saisi en travers il est évident qu’il ne pourra être ingéré, et même pris par l’arrière-train, sa progression sera bientôt rendue impossible à cause du sens de l’implantation des poils. Quand ce dernier fait se produit, ce qui arrive quelquefois, le Serpent, après quelques efforts infructueux, est obligé de régurgiter sa proie et de repartir ifla découverte de l’extrémité antérieure.
- Tout se passe normalement, le Serpent a trouvé la tête de sa victime. C’est alors que se produisent les phénomènes peut-être les plus intéressants, mais aussi les plus longs de tout ce spectacle, car ordinairement une dizaine de minutes nous séparent seulement du moment où le lapin fut saisi, tandis qu’il va falloir près d’une demi-heure pour permettre à la bouche de se dilater suffisamment devant cette proie dont le diamètre est bien dix fois supérieur à celui de l’orifice dans lequel elle doit pénétrer. La disposition de la bouche des Serpents est des plus curieuses. Les deux mâchoires inférieures, extrêmement mobiles, ne sont unies en avant que par un ligament extensible qui par son. écartement considérable agrandira la bouche dans des proportions extraordinaires. Même facilité en arrière, car les deux mâchoires sont chacune reliées au crâne par une tige très allongée et l’absence de sternum facilite la progression de la masse alimentaire, car elle ne rencontrera que des parties molles se dilatant aisément à son passage.
- Le Python, à l’aide de ses dents nombreuses toutes dirigées vers l’intérieur, va donc s’efforcer de s’agripper sur la proie, d’avancer en quelque sorte sur elle en glissant en dessous les deux branches constituées par ses mâchoires inférieures qui formeront, pour me servir d’une comparaison très judicieuse empruntée à M. le professeur Vaillant, comme deux membres, oomme deux pattes entraînant en avant dans leur marche la partie supérieure du crâne qui leur sert de point d’appui.
- Une fois la tête et l’avant-train du lapin introduits, les parties postérieures passent sans difficulté. D’ailleurs sa progression dans la première portion du tube digestif est aidée par les côtes qui sont aussi comme autant de petites jambes. Quand les pattes postérieures du lapin ont disparu, on peut le suivre encore à travers le corps du serpent ; il avance rapidement et s’arrête vers la fin du premier tiers du Python, dans l’estomac où la digestion va commencer. Pendant la déglutition, la glotte du serpent s’est portée en avant, pour lui permettre de respirer facilement durant cette opération qui ne demande guère moins d’un quart d’heure à une demi-heure suivant sa vigueur ou la grosseur relative de sa proie. La digestion complète du lapin durera une dizaine de jours. On se fait difficilement une idée de la puissance des sucs digestifs des Ophidiens ; de l’animal absorbé en totalité, on ne retrouvera, en effet,
- p.298 - vue 302/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 299
- dans les excréments que quelques débris de poils, des dents, des ongles et... c’est tout! Le squelette tout entier, à part quelquefois les osselets de l’ouïe, a été dissous entièrement par ces sucs extraordinaires.
- On pourrait croire que dans ces conditions l’appétit des Serpents est insatiable. 11 n’en est rien cependant, et parmi les Vertébrés il n’y a pas d’animaux qui supportent le jeûne avec une plus grande facilité. Cliez eux, en effet, la vie est compatible pendant un temps souvent extrêmement considérable avec l’absence de toute nourriture solide.
- Certains individus restent facilement 5 à G mois et môme bien davantage sans vouloir prendre aucun aliment et sans paraître autrement incommodés par cette abstinence volontaire. Des faits de cette nature ont été observés à plusieurs reprises à la ménagerie des Reptiles du Muséum d’histoire naturelle de Paris. C'est ainsi qu’Auguste Ruméril cite l'exemple d'une Couleuvre de l’Amérique du Nord (Calopisma abaciira ) restée 15 mois sans prendre de nourriture et d'un Crotale (Crota lux durixxux) qui ne se décida à manger qu’au bout de 2G mois. M. le professeur Vaillant mentionne un Pélophile (Pelojdiilux madn-qascarienxix) encore vivant au bout de 25 mois de jeûne et un Python (Python Sebæ) n’acceptant la proie qu’on lui offrait qu’au bout de 29 mois passés.
- Moi-même j’ai pu observer deux Pédophiles extraordinaires sous le rapport de la sobriété. L’un est mort après 5 ans environ de jeûne, l’autre au bout d'une période véritablement phénoménale de 49 mois, plus de 4 ans ! Aucun cas d’abstinence d’une pareille durée n’a été signalé à ma connaissance et ce record d’un nouveau genre restera probablement longtemps avant detre battu.
- Plus récemment j’ai pu faire quelques remarques au sujet d’un énorme Python réticulé (Python reti-culatux) mort après 2 ans et demi environ et surtout intéressant par la perte de poids survenue durant cette longue période.
- Cet animal, entré à la ménagerie des Reptiles du Muséum le 17 novembre 1899, mesurait 6“,45 de longueur. Sa coloration vive et brillante, son diamètre énorme, sa vivacité dénotaient un état de santé des plus florissants. Il se montrait d’ailleurs d’humeur fort agressive.
- On commença par lui offrir les proies les plus diverses qu’il refusa obstinément. Moutons du Dahomey, lapins, oies, canards, poulets lui furent tour à tour présentés. Parfois, il lui arrivait d’étouffer dans les replis de ses anneaux l’un de ces animaux, mais il l’abandonnait dans sa cage sans y toucher. Il se contentait seulement de se baigner de temps à autre dans son bassin1.
- 1 Ce fait a une grande importance, car la mort survient bien plus rapidement chez les Ophidiens soumis au jeûne absolu, c’est-à-dire privés non seulement d’aliments solides, mais encore de tout liquide. En ce cas, d’après dos expériences personnelles faites sur des Couleuvres à collier (7Vo-pidonotus natrix) la mort semblerait arriver trois fois plus vite que lorsque ces Serpents ont la faculté de boire et de se baigner.
- Le Python continuant à ne pas prendre d’aliments se mit à diminuer de volume. La brillante et chatoyante couleur du début avait fait place à une teinte terne et grisâtre. Au commencement de l’année 1902 il était d’une maigreur étonnante, n’ayant plus, pour employer une expression familière mais pittoresque, que les os et la peau. Complètement apathique et inoffensif, se laissant manier sans difficulté il demeurait inerte, immobile, enroulé dans un coin de la cage.
- A plusieurs reprises on essaya de le gaver avec des œufs introduits dans la gueule, mais cette nourriture tardive ne produisit aucun résultat appréciable. Le corps se couvrit d’écorchures, des lambeaux de peau gangrenée se détachaient ; le serpent répandait une odeur nauséabonde désagréable. La mort partielle et successive des organes précédait en quelque sorte la mort totale qui survint le 20 avril 1902, après 2 ans, 5 mois et 3 jours de jeûne.
- L’animal dont le poids à l’arrivée était de 75 kg ne pesait plus, mort, (pie 27 kg. La perte était donc de 48 kg, presque les 2/5 du poids primitif!
- On voit par ce rapide exposé que si les Serpents en général et les Pythons en particulier se montrent d’une gloutonnerie peu ordinaire en avalant des proies d’un volume étonnant, par contre assez souvent ils font preuve d’une sobriété dont on ne pourrait citer d’exemples comparables dans aucune autre classe de Vertébrés, et peut-être même dans toute la série zoologique. I)r Jacques Pellegrix.
- LES DESSINS TOPOGRAPHIQUES
- DE C.-A. LESUEUR
- AU MUSÉUM DU HAVRE
- Mon regretté maître, A. de Quatrefages, excellent juge, comme l’on sait, en matière d’art appliqué à l’étude de la nature, m’a souvent répété qu’il considérait Lesueur, le collaborateur de Péron dans le « Voyage aux terres australes » (1800-1804), comme le premier des peintres d’histoire naturelle de tous les temps et de tous les pays. Quatrefages avait vu notamment entre les mains du vieil artiste, alors que, rentré d’Amérique, il vivait dans le quartier Saint-Marceau et fréquentait le Jardin des Plantes, — il avait vu, des vélins représentant des mollusques des mers chaudes, peints avec une perfection qui avait excité chez lui une admiration sans bornes. J’ai retrouvé ces merveilleuses planches au Muséum du Havre où M. G. Lennier les conserve précieusement ; elles m’ont bien paru justifier les éloges enthousiastes qu’en faisait le peintre des « Ànnélides ». Il y a là des aquarelles d’une beauté parfaite; on voit, en quelque sorte, se contracter les enveloppes diaphanes des Méduses, tandis que mollement se balancent les appendices aux teintes délicatement nuancées. Ce sont encore des poissons aux couleurs éclatantes, des crustacés, des vers de toute sorte, et dans les notes qui accompagnent ces étonnantes pein-
- p.299 - vue 303/536
-
-
-
- LA N A TU RL.
- 500
- tures les détails abondent, que le patient observateur avait le premier relevés et qui n’ont été revus par d’autres que bien plus tard; détails de structure, phases dévolution, traits de mœurs et le reste.
- L’agile crayon et l’adroit pinceau de Lesueur ne chômaient jamais en route ; pendant les vingt-cinq années que cet infatigable voyageur-naturaliste a passées hors de France, il n’a pas cessé « un seul jour », on peut le dire, d’ « observer » et de « tigurer » les choses intéressantes qui passaient sous ses yeux investigateurs. Les cahiers s’ajoutaient aux cahiers, les portefeuilles s’accumulaient dans son cabinet de travail et lorsque la mort est venue le surprendre ( 12 décembre 1846), nommé depuis un peu plus d’un an conservateur du Muséum dont sa ville natale venait de décider la création, il ne laissait pas seulement d'importantes collections de zoologie, fruit de ses voyages, mais encore plusieurs milliers de dessins au crayon, d’aquarelles, de sépias, de gouaches, etc., etc.
- Les quarante caisses qui logeaient le Musée Lesueur furent offertes à la ville du Havre par les héri-
- tiers du grand voyageur, MM. Quesnay et Rerryer. Mais les dessins sont restés oubliés dans leurs cartons pendant un demi-siècle, et ce n’est qu’à une époque toute récente, que, chargé par la Direction du Muséum de rechercher au Havre ce qui pouvait rester de l’iconographie du «Voyage aux terres australes », j’obtins de M. Quesnay le don d’une quarantaine de petits volumes de dessins contenant les poissons, zoophytes, etc., des voyages d’Amérique. Ce n était
- qu’une faible partie des richesses d’art accumulées par Lesueur; il y avait bien autre chose dans ses albums inconnus et c’est avec joie que les naturalistes ont appris un peu plus tard que M. G. Len-nier avait sauvé d’une dispersion imminente tout le reste de l'œuvre du grand voyageur-artiste. Ces dernières suites, encore inexplorées, renferment, entre autres pièces assez inattendues, une quantité considérable de dessins pittoresques, enlevés d’une pointe fine et spirituelle et qui constituent pour l’histoire des Etats de l’Est et du Centre de la grande République Américaine un ensemble de documents d’une inestimable valeur. J'ai dit que, partout et toujours, Lesueur
- Fig. 1. — Maison de Huinplirey Davy à Ponzancc (août 1815).
- Fig. 2. — Saiut-Michaol’s Monnl, baie de Penzanee (1815).
- observait et dessinait. Or, pendant vingt-deux années, de 1815 à 1837, il a parcouru d'immenses territoires, fort mal étudiés avant lui, depuis le Cap Ann dans l’Est jusqu’au delà de Saint-Louis vers l’Ouest et de la frontière canadienne au lac Pontchartrain, vers les bouches du Mississipi. Et, chemin faisant, en Pennsylvanie et dans le New-Jersey, dans l’Etat de New-York, l’Ohio, Plndiana, le Tennessee, le Missouri, le Mississipi, il a fixé, dans des esquisses élégantes et fines, la physionomie du pays, montagnes et rivières, vallons et forets, silhouettes de
- villes et de villages, scènes populaires, etc., etc. Rref nous avons ici, sous les yeux, en six ou sept volumes, toute une iconographie oubliée des États-Unis de 1815 à 1857.
- Dès son arrivée à New-Haven, en Angleterre, le 18 août 1815, il avait commencé cette œuvre gigantesque, et l’un de ses premiers dessins représentait le célèbre monument mégalithique de Stone-Henge. Obligé d’attendre à Fahnouth l’armement du navire qui devait l’emmener aux Antilles, il avait arpenté toute la contrée voisine et dessiné entre autres l’hum-
- p.300 - vue 304/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 501
- Lie maisonnette de Uenzance qu'ont illustrée les premiers essais d’Ilumphrey Davy. C’est une petite maison (fig. 1), composée d’un rez-de-chaussée et d’un étage bas dans lequel ouvre sous le toit une fenêtre à petits carreaux, « la fenêtre d’Ilumphrey Davy ». 11 avait aussi reproduit Saint-Michael’s Mount, le Saint-Michel anglais (fig. 2), dont son crayon délicat avait merveilleusement reproduit la silhouette pittoresque, Land’s End et ses granits dénudés, la « Pierre mouvante », Longship’s Stone et son célèbre phare, Saint-Just et ses rochers sauvages, Saint-Yves et sa gorge accidentée, etc., etc. Aux Antilles, il a peint ou dessiné nombre de vues intéressantes et notamment la grotte des animaux-lleurs à Rarbados, et la soufrière de Saint-Vincent, de douloureuse mémoire, mais c’est surtout la topographie historique des Etats-Unis qui aurait à tirer parti de tout un ensemble de
- matériaux d’une exécution très précise et que l’on ne trouve pas ailleurs.
- Toutes les personnes qui sont quelque peu renseignées sur les choses des Etats-Unis savent avec quel intérêt passionné les particuliers, les associations, les municipalités, les gouvernements rassemblent soit dans les collections privées, soit dans les musées ou les bibliothèques publiques tout ce qui se rapporte à l’état ancien du pays, ou aux premiers temps de la colonisation. Que de choses à prendre dans l’œuvre de Lesucur à ce point de vue particulier! N’a-t-il pas dessiné l’Ohio, près de Pittsburg, n’ayant pour toute marine que quelques « family-boats » et quelques grands canots; la ville elle-même de ce nom, « lire-city », la « cité du feu », sans une usine, avec vingt-cinq maisons et une chapelle de village; le Black Rock de Buffalo, dominant une vaste soli-
- Fig. 5. — Nouvelle-Orléans. Vue du pont sur le bayou Suint-Jean (1828).
- tude aujourd’hui peuplée de plus de 250000 habitants; les chutes de la Genesee, les plus grandioses peut-être du Nouveau Monde, aujourd’hui transformées en forces motrices pour les 155 000 habitants de Rochestcr, enfin les sources jaillissantes de Sara-toga-Springs où les buveurs d’eau de 1816 s’assemblaient dans une sorte de parc à mouton?
- C’est encore le Mississipi que Lesueur nous fait connaître : il a descendu et remonté neuf fois le grand fleuve et le bas Ohio, de la Nouvelle-Orléans au Wabash, entre 1828 et 1857, et un album de douze vues, lithographiées depuis lors, et que je vais prochainement faire paraître, nous montre les humbles débuts de grandes cités, comme Memphis, alors modeste hameau, aujourd’hui centre de dix lignes ferrées, peuplé de 65000 âmes.
- La Nouvelle-Orléans, où Lesueur a cinq fois séjourné, lui a fourni bien des modèles; il s’est plu
- à représenter la vieille colonie française sous tous ses aspects dans une longue série d’esquisses pittoresques et variées. Monuments et habitations, canaux (fig. 5), et batellerie, indigènes surtout, mulâtres et nègres, Indiens Chilcotes et Choctaws ont été saisis d’après nature dans des scènes rapidement enlevées à la pointe d’un crayon à la fois très fin et très sûr.
- Ces quelques exemples suffisent à mettre en évidence un côté tout à fait ignoré de l’œuvre du grand artiste havrais, et j’aime à espérer qu’informés maintenant de l’existence de cette énorme suite de renseignements topographiques accumulés, il y a trois quarts de siècle, par un dessinateur aussi consciencieux qu’habile, nos amis d’Amérique prendront un jour ou l'autre l’initiative d’une grande publication à la fois très pittoresque et très instructive. E.-T. IIamy,
- -— de l'Institut.
- p.301 - vue 305/536
-
-
-
- LA MATURE.
- 502
- IA DORMEUSE DE THENELLES
- Il y a une vingtaine d’années, les journaux de toutes couleurs s’occupèrent avec un luxe de détails inouïs d’un cas de léthargie peu commun. Une jeune fille s’était endormie un soir et depuis plusieurs mois ne s’était pas réveillée. Le bruit s’apaisa peu à peu et la dormeuse de Thenelles continua de dormir; seuls les gens du voisinage venaient, comme en pèlerinage, auprès de cette dormeuse miraculeuse. Le sommeil a duré vingt ans, avec des intervalles de réveil tous les mois, tous les deux mois; puis les troubles de nutrition ont amené peu à peu des désordres graves; une tuberculose pulmonaire est venue et la malade a succombé.
- C’est celte histoire que le Dr Lancereaux communiquait l’autre jour à l’Académie de Médecine. Les cas de sommeil hystérique ne sont pas des plus rares. Chaque année, à la Salpétrière, on admet des malades en léthargie et bien avant que Charcot eût nettement classé cette maladie parmi les manifestations de la névrose, on avait signalé des cas de sommeil prolongé. Desplaigne, en 1766, rapporta l’observation d’une jeune fille qui dormit deux ans avec des interruptions. Au commencement du siècle dernier, on en a cité un de plusieurs mois ; depuis les études de l’école de la Salpétrière, les faits sont devenus classiques sinon très fréquents et le professeur Raymond a, chaque année, l’occasion d’en montrer aux élèves qui suivent le cours de clinique des maladies nerveuses.
- L’intérêt de ce cas, ai-je dit, réside dans sa longue durée; il est rare en effet que, à part les courtes interruptions, cet état léthargique se prolonge aussi longtemps. Un médecin anglais avait publié, en 1865, un cas analogue ; le sommeil, avec de courts intervalles, avait également duré vingt ans. Ce sont, je crois, les deux seuls de ce genre.
- Ce sommeil n’est pas, comme on pourrait le penser, un sommeil naturel; il en a l’apparence, l’aspect extérieur, mais si on examine la malade de près, on constate presque toujours des contractures de certains muscles de la vie de relation, du ventre, de la mâchoire ; souvent les paupières sont agitées par un mouvement de clignotement comme si la malade allait les ouvrir. Le pouls est calme, parfois très affaibli, ce qui a pu donner, dans le vieux temps, le change à des observateurs inhabiles et faire croire à la mort. L’anesthésie du tégument est absolue, de même celle des sens spéciaux. Comme la circulation est fort ralentie, la respiration diminuée de fréquence et extrêmement faible, les besoins nutritifs sont peu intenses et pendant un certain temps la malade peut subvenir à son entretien par la masse graisseuse emmagasinée dans les divers tissus. Mais si le sommeil se prolonge, comme chez la jeune fille de Thenelles, il est nécessaire d’entretenir les forces par une alimentation forcée par la sonde œsophagienne, quand les spasmes pharyngés ne s’v opposent pas, ou par de simples lavements alimentaires. Malgré cette alimentation forcée, les troubles nutritifs s’accusent à la longue et chez cette malade, la mort n’a pas été le résultat de sa crise de sommeil, mais de l’inanition et de la dénutrition qui ont facilité le développement du bacille tuberculeux.
- En réalité ces dormeurs (car il y a des hommes et je me souviens avoir vu dans le service de Charcot, un malade, un Russe, profondément endormi, qui ne sortait de son sommeil que pour entonner d’une voix formidable de basse des airs d’opéra), ces dormeurs et ces dormeuses sont des malades et leur maladie n’est qu’une
- phase de l’hystérie. L’attaque de sommeil est rarement l’accident initial; pi'esque toujours il y a eu antérieurement des accidents convulsifs, des crises légères, de plus en plus intenses, de plus en plus fortes. L’attaque peut être sou laine, instantanée, à la suite d’une émotion. C’était le cas de la dormeuse de Thenelles surprise par la venue de gendarmes venant faire une perquisition dans sa maison. Elle est prise d’une crise violente et le soir elle s’endort. Comme elle a commencé, l’attaque finit également en général, par une crise de nerfs; les moments de répit sont plus ou moins espacés, plus ou moins durables. C’est la seule différence entre les divers cas qui sont calqués les uns sur les autres. Un détail curieux a noter chez la malade de Thenelles. Au réveil, qui précéda la fin, la malade parlait le patois de son enfance et non celui des années qui précédèrent l’attaque première. L’intelligence était du reste entière et la malade répondait nettement aux questions posées.
- Ce qu’il faut retenir, c’est que le sommeil est une des manifestations les plus graves et les plus tenaces de l’hystérie. Et il dure d’autant plus longtemps qu’on s’occupe davantage de la malade et que volontairement ou inconsciemment on entretient cette susceptibilité du système nerveux.
- Le professeur Raymond a vu un des cas les plus sérieux de ces attaques chez une jeune fille hypnotisée par un magnétiseur. On l’avait trouvée endormie dans un wagon du chemin de fer d’Orléans et comme son magnétiseur lui avait suggéré, dans le sommeil hypnotique, de ne rien révéler de son histoire et de son passé aux médecins, on fut pendant longtemps à débrouiller la genèse de ses crises. Chez cette jeune fille une pratique inopportune de l’hypnotiseur avait exagéré au plus haut point la tendance à l’hystérie. Comme on l’a dit souvent, le meilleur moyen d’entretenir l’hystérie est de s’occuper de 1’hystérique.
- La guérison de ces états graves n’est pas impossible, mais si l’on veut obtenir un résultat rapide, le premier devoir est d’isoler la malade, de la soustraire aux influences de la famille, de l’entourage. Le massage, l’électrisation réveillent la sensibilité engourdie, font cesser la crise de sommeil. C’est alors tout un traitement psychique à entreprendre et ce n’est pas, disons-le, le plus commode. Il faut agir sur la mentalité du sujet, capter sa confiance, détruire ou modifier les idées fixes, faire de la suggestion à l’état de veille. L’hypnotisme ne doit être mis en œuvre qu’avec grande circonspection et par des médecins compétents. On risque sans cela d’aggraver, comme le font les charlatans chez les sujets dociles, l’état de nervosisme de la malade.
- Dr A. Cartaz.
- EXPOSITION FLOMLE DE NICE
- L’exposition florale de Nice, organisée par la Société d’agriculture de cette ville, a été clôturée le dimanche 27 mars.
- Comme l’on sait, la culture des fleurs a une grande importance dans ce département ; il y a, en effet, une culture hivernale et une autre estivale. La première a pour but la vente sur place et l’exportation des fleurs coupées; l’autre est surtout réservée aux fleurs pour la parfumerie. Dans le département des Alpes-Maritimes, 600 hectares environ sont utilisés pour la culture florale. Paris lui seul reçoit à peu près 56 000 colis postaux par mois; beaucoup de fleurs sont expédiées à l'étranger, ce qui fait
- p.302 - vue 306/536
-
-
-
- LA NAT LUE.
- r>or>
- ({ne ce commerce s’élève à plus de 8 millions de francs. Les œillets et les roses sont les fleurs les plus vendues, viennent ensuite les violettes, giroflées, lilas, narcisses, etc.
- L’exposition florale proprement dite était, cette année, constituée par deux grands halls dont l’un abritait les plantes de serres chaudes ; l’autre, celles des serres froides. 11 y avait en outre des plantes de plein air; le tout groupé avec beaucoup de goût.
- 1° Plantes à fleurs. — Parmi celles-ci il faut citer d’abord « des œillets » à grandes fleurs avec leurs variétés (un horticulteur en a obtenu jusqu’à 26. Je citerai : Belle japonaise, grande duchesse Olga à fleur blanche très grosse, Dosa Bonheur, floribonda, etc. Les œillets étaient la note dominante dans ce concert de couleurs et de parfums. Puis venait un lot important de « renoncules )) aux couleurs variées et cuivrées et dont les fleurs avaient jusqu’à 6 centimètres de diamètre. A la suite s’étalait une collection d’« amaryllis » (A. Vittata) originaires d’Orient, à fleurs volumineuses surtout rouges. Puis, un peu partout, des rosiers en grand nombre.
- Il y avait en outre des azalés, variété indienne, arbrisseaux buissonneux, ayant un aspect pyramidal, d’un bel effet et à couleurs diverses. Puis des « orchidées » variées avec leurs formes étranges; parmi celles-ci, je dois citer les genres : oncidium, cattleya et cypripedium. Enfin les espèces suivantes : cinéraire, réséda, giroflée, jacinthe, narcisse, tulipe, cyclamen, iris, primevère, rhododendron, gloxinia, lis, bégonia, mimosa, etc., etc.
- Certaines de ces fleurs viennent naturellement soit à l’air libre, soit forcées dans les serres; parmi ces dernières se trouvent : le lilas, le muguet, le gardénia. Au nombre des fleurs grimpantes que l’on pouvait voir étaient : le bougainvillea, le lonicera sinensis.
- 2° Plantes à feuilles pour garnitures. Outre les phénix, figuraient le kentia forsteriana, variété de palmiers à grandes feuilles pennées. Le lalania borbonica, magnifique palmier qui prend un grand développement dans notre région, ses feuilles sont sous forme d’éventail. Divers cocos (C. australis, fle.ruosa), des chamœrops, arecs, cycas, phormium, pandanus, croton très variés, ficus. Parmi les fougères, outre les nombreuses adianthus, on remarquait le didymochlœna trineata et le pteris tremula, etc., etc. Ernest Liotard.
- CHRONIQUE
- Canot glissant pneumatique. — M. Ader, l’inventeur bien connu, a fait don au Conservatoire des Arts et Métiers d’un modèle de bateau très original. Dans la pensée de l’auteur, ce genre de bateau est destiné à acquérir des vitesses excessives. Nous en résumerons le principe en quelques lignes. L’obstacle à la vitesse, dans les canots ordinaires, c’est le maître-couple qui s’oppose à la marche en faisant résistance; c’est aussi la cohésion de l’eau avec la coque qu’il faut vaincre à chaque instant. Il est clair que si l’on pouvait soulever une embarcation au niveau de l’eau, ces résistances à la progression disparaîtraient. Le bateau glisserait à la surface sous l’action d’une force extrêmement faible. C’est ce qu’a réussi à obtenir M. Ader par un artifice ingénieux. Pour cela, il a construit d’abord un bateau à fond plat, avec petit moteur, ponté pour être insubmersible. L’avant est effilé comme l’arrière. Ce bateau flotte comme tous les bateaux au repos. Jusqu’ici rien de neuf. Mais M. Ader munit la coque à l’avant et des deux cotés de grandes ailes
- ouvertes avec forte membrure métallique, articulées de façon à s’appliquer le long de l’embarcation ou au contraire de se développer au-dessus de l’eau. A l’arrière de même existe une queue bien plus large que longue qui se replie sur elle-même ou se développe. Pendant le repos, ailes et queue sont sans usage, collées contre la coque. Veut-on naviguer ? On étend mécaniquement les ailes et la queue, une distribution d’air comprimé par l’entremise du moteur envoie de l’air sous les ailes et sous la queue, qui se transforment en patins. L’air enfermé entre l’aile et l’eau soulève le canot, qui ne plonge plus et s’échappe en bouillonnant à l’arrière de l’aile. Une pression voisine de 1/20 d’atmosphère variable avec le poids du bateau suffit généralement pour maintenir la coque au niveau de l’eau entre ses trois patins pneumatiques. Le moteur installé dans le bateau suffit pour actionner la pompe à air et pour faire tourner l’hélice. Dans ces conditions la résistance à la progression est réduite au minimum et il est clair que l’on doit pouvoir atteindre des vitesses considérables. La combinaison est curieuse. Peut-être ne donnerait-elle pas en pratique tout ce qu’en attend l’inventeur; mais elle mérite d’être signalée, au moins pour l’histoire des inventions.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 avril 1904. — Présidence de M. Mascaur.
- Identification de trypanosomes. — M. Laveran rappelle que l’on désigne sous le nom de trvpanosoma gam-biense un organisme découvert en Gambie par Dutton,et sous le nom de trvpanosoma ougandense un organisme découvert au Congo par Castellani. Ce dernier est l’agent de la maladie du sommeil. On a déjà recherché si les deux trypanosomes sont identiques. M. Laveran a pu les étudier à ce point de vue. Contrairement à ce qu’avait annoncé Castellani, on ne relève aucune différence morphologique. Mais cette ressemblance ne suffit pas pour établir l’identification. II a donc comparé les effets de l’un et de l’autre sur divers animaux : souris, rat, chien, cobaye, lapin, singe. Les singes sont les animaux qui conviennent le mieux pour les expériences, parce qu’ils contractent une maladie qui reproduit exactement les phases de la maladie du sommeil chez l’homme. Les animaux immunisés pour un agent sont-ils immunisés pour l’autre? En injectant à un macaque le trypanosome gambiense, on ne détermine qu’une légère affection qui disparaît. Une deuxième injection ne produit plus aucun effet; l’animal ainsi immunisé résiste pareillement à une injection de trypanosome ougandense. Un animal intact ayant reçu la même injection meurt au contraire. M. Laveran conclut que, bien qu’il n’v ait pas similitude d’action pathologique sur les animaux, les deux trypanosomes gambiense et ougandense sont identiques. Il remarque que l’on retrouve quelquefois dans le sang des indigènes de. l’Ouganda le parasite de la maladie du sommeil sans que ceux-ci paraissent malades ; il conviendrait donc d’abandonner ce nom de maladie du sommeil pour celui de trypanosomia, attendu que l’état pathologique visé ne correspond qu’à une phase de l’affection.
- Les anomalies de la pesanteur et les mouvements du sol. — M. de Lapparent résume une Note de M. Platania sur les anomalies de la pesanteur observées au voisinage de l’Etna. Le flanc oriental du volcan présente des fissures dont les bords ont été le siège d’exhaussements ou d’affaissements du sol. Le fait est prouvé par la dispari-
- p.303 - vue 307/536
-
-
-
- 7)0 i
- LA NA TU HE.
- lion sous l'eau de constructions élevées en terre ferme, ou au contraire par l'émersion de roches montrant les phénomènes particulier à un séjour dans la mer. Des grottes se sont creusées dans une lave qui s'est écoulée en MO!) et l’affleurement du niveau marin accuse un exhaussement de 5 centimètres par siècle. Ces fissures sont également le lieu de grandes anomalies de la pesanteur. Cette circonstance fournit un argument en faveur de la théorie rattachant les anomalies de la pesanteur aux dislocations de l’écorce terrestre. Cn. de Vieledecil.
- ——
- LES POTS À EAU CHAUDE DE L’UTAH
- 1/Etat d’Ulah est certainement une des régions les plus curieuses du vaste territoire des Etats-Unis; comme le dit Elysée Reclus, bien qu'il ait une étendue considérable, il ne comprend qu’une bande de terrain cultivable particulièrement étroite. Presque partout les eaux se perdent dans des plaines de sable ou déposent des sels empêchant les cultures. On se sent dans un pays particulièrement tourmenté encore dans son sous-sol, et cette constitution se manifeste par les volcans minuscules dont nousvoulons parler.
- On les appelle, pittoresquement, les a Utah llotpots », ce qui ne pont se traduire, ainsi que l'indique notre titre, que par les mots de « pots à eau chaude de l'Etali ».
- Ce sont des formations de carbonate de chaux qui se rencontrent à la base Est de la chaîne des Monts Wasatch, et à une quarantaine de kilomètres dans le sud-est de Sait Lake City : il y a une vingtaine de ces sortes de cratères, dont quelques-uns sont desséchés maintenant, mais la plupart sont actifs et renferment des quantités considérables d'une eau chaude alimentée par des sources souterraines. Ces « pots » ont un peu la forme d’un cratère, et ils présentent les dimensions les [dus variées, depuis celle d’une barrique jusqu’à celle d’un monticule de 25 mètres de haut et couvrant une superficie de près d’un demi-hectare par son excroissance. Ce qu’il y a d’assez curieux, c’est
- que ces sources à disposition bizarre se trouvent sur le territoire de la petite ville de Midway, et que les habitants en utilisent l’eau chaude pour alimenter des baignoires : cette eau demeure à une température constante de 55° centigrades environ.
- En somme, tout le cratère est constitué par des dépôts successifs de carbonate de chaux apporté par les eaux souterraines, et l’on ne s’est point fait faute d’utiliser à la construction des maisons de l’agglomération le calcaire ainsi mis à la portée des maçons. La niasse du cratère est formée d’une série de lames affectant un peu l’apparence d’un feuilleté, ce qui est tout naturel étant donnée la manière dont le carbonate de chaux se dépose, et, au centre, la chambre au fond de laquelle apparaît
- l’eau a sa muraille cn retrait, de telle façon que les bords mêmes du cratère n’ont que peu d’épaisseur et peu de solidité. Cette eau chargée de matière calcaire déborde de temps à autre, et c’est alors qu’elle laisse une nouvelle couche solide sur le rebord du monticule. Si nous examinons plus particulièrement un de ces « pots », celui qu’on nomme le pot de l’Hôtel Hitler, nous constaterons que le sommet de son cratère offre une surface à peu [très horizontale de 60 mètres de diamètre, percée d’un trou de 6 mètres seulement, s’élargissant du reste par en bas : la source qui jaillit au fond du trou a un débit suffisant pour envoyer de l’eau à une piscine par l’intermédiaire de deux tuyaux de 7 centimètres de diamètre. Naturellement cette eau est chargée d’acide carbonique qui se dégage constamment de la surface ; sa coloration est essentiellement variable, du noir au vert, sans doute suivant les minéraux qu’elle tient en dissolution.
- Notons que l’on parle d’exploiter les dépôts de calcaire constituant les cratères, ce qui serait regrettable, et ferait disparaître une curiosité naturelle ayant son intérêt scientifique. I). Lebois.
- Le Gérant : P. Masson. l'uris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Uleurus, 9.
- Un des pots à eau chaude de l’Ulali (États-Unis).
- p.304 - vue 308/536
-
-
-
- .v 1012.
- in AVRIL 1 ROI.
- LA NATURE
- r>05
- LES PÔLES YOYM1ELRS
- S’il est quelque chose, au point de vue géographique, qui doive plus particulièrement caractériser notre époque, c’est l’acharnement avec lequel les explorateurs se sont rués, depuis plusieurs années, à l’attaque des deux pôles terrestres. Au pôle nord, les pointes successives de Nansen, du duc des Abruzzes, de Peary et de Sverdrup, sans parler de la tentative en hallon du malheureux Andrée ; au pôle sud, les expéditions de Rorchgrevink, de Nor-denskjôld, de la « Belgica », du « (iauss », de la « Riscovery », la mission écossaise du golfe de Wcddell, ont, depuis dix ans, tour à tour occupé l’attention des géographes. S’il en est résulté une ample moisson de précieuses découvertes, du moins le hut principal n’a pas été atteint. Le pôle nord est encore défendu par une ceinture de glaces de quatre cents kilomètres de rayon, qu’aucun pied humain n’a réussi à fouler ; et, du côté du sud, à moins que les marins de la « Riscovery », dont le retour est impatiemment attendu en ce moment môme, n'aient fait le tour de force de dépasser en 1905 la latitude qu’ils avaient atteinte en '1002, il ne restera pas moins de huit cents kilomètres de neige entre le pôle et le point extrême où le capitaine Scott a planté le drapeau britannique. Gomme, d’ailleurs, l’expédition Charcot n’a nullement la prétention d’aller aussi loin, il est probable qu’après ce « rush » formidable, une période .0»
- de repos va s’ouvrir, pendant la- -O"
- quelle les solitudes polaires vont re-trouver le calme dont elles jouis- +0
- saient auparavant. +Q„
- Mais il est une autre manière d’aller à la découverte du pôle ! C’est celle que pratiquent journellement les astronomes, depuis que certaines observations de précision paraissent avoir jeté de grands doutes sur la fixité de l’axe terrestre ; comme si les pôles s’appliquaient, dans la mesure de ce qu’ils peuvent faire, à dépister par leur continuel déplacement les efforts des explorateurs lancés à leur poursuite !
- La notion nouvelle à laquelle nous faisons allusion a pris naissance, le jour où,'cherchant à déterminer avec une précision suprême la latitude des principaux observatoires, on s’est aperçu que, suivant les époques, on obtenait en un même lieu des chiffres variables, et tels que la différence pouvait bien difficilement être imputée aux erreurs d’observation.
- Ce serait presque faire injure aux lecteurs de ce journal, de leur rappeler que la latitude d’un lieu, ou distance angulaire de ce lieu à l’équateur, se mesure par l’angle que fait, avec le plan de l'horizon, le rayon visuel mené vers le pôle ; on sait aussi que la position de ce dernier, avec laquelle l’étoile dite polaire ne coïncide qu’approximativement, se conclut par l’observation d’une étoile circompolaire. En visant cette étoile lors de ses deux passages au méridien, et en prenant la moyenne des angles obtenus, on a justement la hauteur cherchée.
- En appliquant à ce genre de mesures tous les perfectionnements imaginables, on a fini par reconnaître que, dans le cours d’une année, la latitude d’un lieu subissait des écarts appréciables ; et, vers 1885, les recherches poursuivies à l’observatoire de Berlin fixèrent à deux dixièmes de seconde la valeur de celle variation annuelle. Un remarquait en même temps qu’il n’y avait aucun rapport entre l’écart mesuré et les oscillations de la température ambiante.
- La question méritait d’être étudiée de plus près. Repuis le mois de janvier 1880 jusque dans l’été de 1800, les trois observatoires de Berlin, de Potsdam et de Prague exécutèrent une grande série d’observations simultanées, dont la discussion prouva que, durant cette période, le pôle nord avait dû subir
- un déplacement de 20 mètres. (Nous rappellerons qu’une seconde d’arc correspond, sur la surface de la terre, à environ 50 mètres.)
- Il est vrai que ce résultat pouvait être interprété d’une autre manière. La hauteur du pôle au-dessus de l’horizon varierait, même avec un pôle immobile, si le plan d’horizon était susceptible de changement. Or rien ne prouve qu’en un lieu donné la verticale, et par conséquent le plan d’horizon, qui lui est perpendiculaire, ne subissent pas de variations. Au contraire, l’existence de ces variations ne peut pas faire de doute. Ne pouvait-on pas soutenir que le résultat observé était imputable à un changement qui serait venu affecter la verticale dans le district où se trouvent les trois observatoires en question ?
- Pour résoudre la dilficulté, on imagina, sur l’avis de l’Association géodésique internationale, d’exécuter des mesures de latitude à llonolulu, dans les îles Sandwich. Entre cette ville et Berlin, la différence de
- Pi P
- + 0"20 +0"I0 0"00 -0"10 -0"20
- Fiir. ±
- -O"20
- -0"10
- + 0"10
- + 0"2O +0"10 0"00 -0"10 - 0"?0
- t'U- a.
- 20
- 32e année. — 1er semestre.
- p.305 - vue 309/536
-
-
-
- L A N A T IJ KL.
- *
- 501)
- longitude est de 171 degrés : c’est-à-dire que peut s’en faut que les deux localités ne soient situées sur le même grand cercle méridien.
- Considérons maintenant (lig. 1), deux points de la terre, A et H, appartenant au même méridien. S’il y a réellement déplacement du [tôle, une augmentation observée dans la latitude de A signifiera que le pôle s'en est rapproché et est venu, par exemple, en P'; auquel cas l'équateur se transporte en EjE',, et la latitude, qui d’abord était EA, devient EjA. Mais alors la distance de 15 au pôle n’est plus IIP, mais 151‘j ; et la latitude de 15, au lieu d’être, E' 15, devient E'jl5, c’est-à-dire qu’elle diminue.
- En résumé, les variations de latitude en A et 15 devront être constaum ent de signe contraire, si leur cause réside dans un déplacement réel de l’axe^
- Cela posé, les mesures exécutées simultanément, de mai 1891 à juin 1892, dans les quatre observatoires de Berlin, de Dolsdam, de Prague et de Strasbourg, ont montré que la variation de la latitude s’y faisait bien « en sens inverse » de celle qui, dans le même intervalle, était enregistrée à Ilono-lulu. « Le fait d’un déplacement réel du pôle pouvait donc être considéré comme expérimentalement démontré. »
- Ainsi s’expliquaient les différences systématiques qu’on a souvent constatées, dans les catalogues d’étoiles, de même que les variations des azimulhs et celles du niveau moyen de la mer.
- L’importance de la question a déterminé l’Association géodésique internationale à organiser une série de mesures le long d’un même parallèle de latitude, afin d’éliminer, autant que possible, les incertitudes dues à la réfraction atmosphérique qui, toutes choses égales d’ailleurs, doit être sensiblement la même pour les points de même latitude. On a choisi à cet effet1 le parallèle de 39° 8' de latitude nord, sur lequel s’échelonnent six stations, à savoir : Mizusawa (Japon); Carloforte (sur l’ile de Saint-Pierre près de la Sardaigne); Gaithershurg (près Washington); Lkiah (Nouvelle Californie); Tschard-joui (Turkestan russe); Cincinnati (Ohio). 11 fut convenu (pie les observations dureraient du 1er septembre au 16 décembre 1899, et seraient exécutées, selon des méthodes uniformes, avec des instruments parfaitement identiques. MM. Albrecht et Chandler étaient du nombre des observateurs qui prirent part à ces mesures.
- Le premier d’entre eux, chef de section à l’Institut géodésique de Potsdam, avait déjà pris les devants par de patientes études personnelles. En discutant les mesures de latitude effectuées par lui dans 15 stations d’Europe et d’Amérique, de 1890 à 1903, il a dressé la courbe des écarts du pôle autour d’une position moyenne. Cette courbe est spiraliforme et très compliquée. Les ligures 2 et 3, reproduites d’après MM. Milnc et Cancani, font
- 1 Nous empruntons la plupart (le ces détails à une intéressante Notice publiée en 1905 par M. le professeur Cancani, de Home, dans le recueil mensuel Krdbrbenwai'te.èHilék Laibach.
- connaître le déplacement polaire ainsi constaté, la première pour la période de 1895 à 1899, la seconde pour celle de 1899 à 1905. Chaque carré correspond à une variation de cinq secondes d’arc, et les ch i lire s (0, 1, 2, 5, 4..., jusqu’à 9) indiquent les dixièmes d’année. Ainsi, dans la ligure 2, la courbe part de la position occupée par le pôle le 1er janvier 1895 (1895, 0), après quoi ce pôle prend successivement les positions 1, 2, 5, 4, 5, 6, lait une boucle qui l'amène à 7, de là à 8, 9, puis à 96,0, c’est-à-dire au l1'1 janvier 1896, et ainsi de suite.
- Ces courbes, qui font ressortir une période un peu inférieure à une année, accusent un déplacement dont l’amplitude ne dépasse jamais « cinq dixièmes » de seconde, c’est-à-dire 15 mètres. Les courbes antérieurement publiées par M. Albrecht indiquaient, pour la période de 1890 à 1892, un maximum de 0",6, c’est-à-dire de 18 mèLres.
- Le déplacement constant de la ligne des pôles ainsi démontré et mesuré, il reste à savoir à quelles causes il peut être raisonnable de l’attribuer.
- Il en est une qui se présente immédiatement à l’esprit. La mécanique nous apprend que l’axe de rotation d’un solide, sur lequel agissent des forces extérieures constantes, ne peut changer que si ce solide lui-même n’est pas invariable, c’est-à-dire si la distribution de ses éléments est susceptible de se modifier.
- Or on sait qu’il s’accomplit, à la surface du globe, des déplacements de matières d’une certaine importance. Les glaciers avancent ou reculent, les neiges fondent, les glaces accumulées aux pôles se transportent à une certaine époque dans les basses latitudes; les continents perdent chaque jour de leur substance, peu à peu entraînée dans les océans. 11 est donc tout à fait raisonnable de penser que ces changements dans la distribution des matériaux terrestres peuvent suffire à expliquer le léger déplacement des pôles qui vient d’être signalé.
- Seulement, dans ce cas, il semblerait que la période du déplacement dut être annuelle, et présenter peu de différences d’une année à l’autre. Dès lors, comment se fait-il, d’abord (pie la courbe ne se ferme pas en un an, ensuite que le pôle se soit si fort écarté de sa position moyenne en 1898 (fîg. 2), tandis qu’en 1900 il s’en éloignait à peine?
- C’est ici que se place avec profit une observation produite en 1902 par M. Milne devant la Société de géographie de Londres, et déjà mentionnée par le même savant, en 1893, dans le Journal de sismologie du Japon. C’est qu’il existe un rapport, au moins de fait, entre le degré de variation des latitudes et la fréquence des grands tremblements de terre.
- Considérons la courbe décrite pendant une année par le pôle, et développons-la, sur une ligne droite, à l’échelle adoptée pour les figures 2 et 3. On obtiendra ainsi une certaine longueur, qui sera celle du chemin parcouru par le pôle, et qu’on peut appeler son déplacement total.
- p.306 - vue 310/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 307
- Or voici le tableau qu’avait dressé en 1002
- Milne : Années. .Nombre de tremblements 1 Déplacement total
- — de terre violents. du pôle.
- 1805 0 0",55
- 1800 18 0",01
- 1807 44 ou 47 1",07
- 1808 50 0",70
- A l’exception du nombre trouvé pour 1808, ce tableau met en évidence une sorte de proportion nalité entre le chiffre des violentes secousses et la valeur du déplacement polaire. Encore M. Cancani a-t-il fait voir que le chiffre 0",70 reposait sur une mesure défectueuse et devait être remplacé par celui de l",05, ce qui rendrait la relation beaucoup plus évidente.
- Comme, depuis quelques années, l’étude des tremblements de terre a fait de très grands progrès, M. Cancani, chef de section îi l’Institut météorologique de Rome, s’est proposé de vérifier la règle de M. Milne pour les années comprises entre 1800 et 1002. En outre, pour avoir des résultats bien comparables, il n’a voulu accepter, comme tremblements de terre de première importance, que ceux qui satisfaisaient aux deux conditions suivantes :
- 1° Avoir été enregistrés par les appareils au moins dans quatre parties du monde; 2° avoir laissé des traces nettes au moins dans deux observatoires situés à peu près aux antipodes l’un de l’autre.
- Le nombre moyen des mouvements sismiques qui ont satisfait à ces conditions, dans l’intervalle de 1890 à 1002, a été de 24 par an. On peut bien dire que ce sont des tremblements de terre universels (Weltbeben, worldshaking), puisqu’ils ont ébranlé au moins la moitié de la terre.
- Voici maintenant les résultats obtenus :
- Années. Tremblements Déplacement total
- — de terre. du pôle.
- 1800 27 0",72
- 1000 17 0",52
- 1001 22 0*,53
- 1002 20 0",07
- Ici la concordance est tout à fait remarquable.
- Eaut-il en conclure qu’entre les deux phénomènes il y ait une relation de cause à effet? Puisque les grands ébranlements sismiques résultent, selon toute apparence, de mouvements qui se produisent dans l’écorce terrestre, où un compartiment océanique s’affaisse, tandis que le compartiment continental du voisinage tend à se relever, n’est-il pas naturel que ce facteur contribue efficacement au changement de distribution des matériaux terrestres, et, par conséquent, vienne affecter la position de l’axe conjointement avec les causes extérieures annuelles?
- Accepter cette conclusion comme démontrée serait peut-être aller un peu vite. On ne peut nier néanmoins qu’elle n’offre une grande vraisemblance. En tout cas, le sujet mérite d’être étudié avec persévérance. Ce serait vraiment piquant si l’observation des aslres, base de la détermination des latitudes, devenait ainsi un moyen détourné'd’ « ausculter »
- le globe terrestre, et d’affirmer de confiance les frémissements de son écorce. C’est pour le coup que se trouverait réhabilité l’astrologue que gour-mandait si fort le bon Lafontaine ; car regarder au-dessus de sa tête ne serait pas en pareille matière le plus mauvais moyen de savoir ce qui se passe sous ses pieds! A. ni; Lawauent,
- MqinUiv île l'Acadi'inie des Sciences --0^0---
- TATOUAGE ÉLECTRIQUE
- Mous avons donné à plusieurs reprises des exemples curieux des vrais chefs-d’œuvre qu’exécutent les tatoueurs, soit parmi les sauvages ou chez les peuples demeurés quelque peu primitifs comme les Japonais, soit dans certaines classes des nations européennes. Du reste, il y a quelque temps, et notamment aux Etats-Unis, le tatouage était devenu de mode même chez des gens appartenant à
- Machine électrique à tatouer.
- des classes riches et élégantes. Toujours est-il que les méthodes perfectionnées de la civilisation se sont introduites dans les procédés du tatouage, et que M. Max O’Reilly, de New-York, a imaginé, il y a quelques années, une aiguille à tatouer électrique que nous pouvons mettre sous les yeux de nos lecteurs, pour la curiosité du fait et non pas surtout pour les engager à s’en servir.
- L’appareil comporte tout d’abord un tube, que le tatoueur tient en main, et qui forme réservoir pour l’encre servant de matière colorante ; dans ce réservoir peuvent coulisser, suivant son axe, une série de petites aiguilles qui viennent piquer la peau en entraînant une certaine quantité du colorant. Quant au mouvement alternatif des aiguilles, il est donné par un petit moteur électrique disposé au sommet du tube, et recevant le courant qui le met en marche de deux fils tins reliés à une source convenable. Nous n’avons pas besoin d’insister davantage sur cet appareil, dont on comprend fort bien le fonctionnement, et qui permet de tatouer rapidement de grandes surfaces, et en réduisant la douleur de l’opération au minimum, parce que l’enfoncement des aiguilles est strictement limité au nécessaire. D. IL
- p.307 - vue 311/536
-
-
-
- LA NATURE.
- nos
- ROUTIÈRE « LE PEDRAIL »
- Le nom est bizarre, mais l’appareil l’est encore bien davantage : toutefois empressons-nous de dire qu'il a été soumis à un savant, anglais bien connu pour ses études sur la locomotion automobile, le professeur Ilele-Shaw, et que celui-ci l’a trouvé tort intéressant, et susceptible de rendre de très grands services dans la traction de lourdes charges, non seulement sur les roules les plus mauvaises, mais encore à travers des champs labourés.
- La particularité de celte locomotive ne réside point dans son mécanisme moteur, mais dans les dispositions qui assurent son appui sur le sol, dans ses roues porteuses. Nous ne rappellerons [tas toutes lcstentatives laites par d’innombrables inventeurs pour doter les roues de jantes mobiles, fournissant à celles-ci une surface d’appui régulière sur le sol le plus cahoteux, ou une surface résistante dans un terrain essentiellement mou, où des jantes ordinaires se seraient enfoncées profondément. Ici l’inventeur, qui est M. Rramah .Joseph Diploc, a voulu munir la roue d’éléments successifs disposés à son pourtour, et lui permettant de se conformer [tour ainsi dire, de s'adapter aux obstacles rencontrés, et aussi de trouver un large appui qui empêche cette roue d’entrer dans le sol le moins résistant. Comme on peut le 'voir par la gravure qui accompagne ces lignes, ces éléments ressemblent assez bien à des sortes de pieds d'éléphant, de là évidemment le nom sous lequel le système est présenté : « pedrail » cela veut signifier étymologiquement rail formant pied, et c’est un peu l’idée générale qui a présidé à la création de cette roue bizarre. Nous allons voir du reste, en examinant de plus [très la roue, qu’elle est munie intérieurement de ressorts, que la réaction du sol sur les pieds ne se transmet à l’essieu que par l’intermédiaire de ces ressorts, et que par conséquent la suspension de la locomotive, qui est dotée de roues de ce genre, se trouve assurée dans les meilleures conditions pour la bonne conservation du mécanisme.
- Voyons sommairement comment sont montés ces pieds bizarres au pourtour de la roue. Sur l’essieu de celle-ci est elaveté un disque sur lequel sont disposés 10 rayons glissants, et, à l’extrémité de chaque rayon, est rattaché, au moyen d’une articulation universelle, un de ces pieds dont nous avons parlé, dont nos dessins font comprendre la constitution, et qui
- peut, grâce à cette articulation, [(rendre librement un certain mouvement [jour s'adapter à la surface du sol, quelle que soit la conformation de celui-ci. D'un coté du rayon, et formant relief sur le disque, est un petit galet ; sur son autre lace, chaque rayon est pourvu d'un ressort qui a constamment tendance à le ramener en arrière : ces ressorts sont disposés, comme de juste, radialement, en prenant appui sur l’essieu, et nous ne les avons pas fait représenter sur la ligure de détail de la roue afin de ne [tas charger le dessin. Sur la boîte de l'essieu est monté un rail de forme particulière et légèrement courbée, qui est fixé, par un pivot, à une plaque-guide faisant partie intégrante de la boite de l'essieu : le pivot peut d'ailleurs [(rendre un mouvement vertical dans une fente « ad hoc » ménagée dans la plaque-guide. On remar-_ ([liera que le poids de la
- locomotive porte indirectement sur le rail, par l’intermédiaire de deux ressorts venant butter contre le levier supérieur, qui est lui-même rattaché, par pivot à la portion supérieure de la boîte de l’essieu. Lutin nous ajouterons qu'on a prévu deux guides intérieurs qui ont pour rôle d'amener les galets dont nous avons parlé à [tasser sous le rail, dans le mouvement de rotation de la roue. Nous n'insisterons [tas sur le second jeu de ressorts, qui a pour but de répartir la charge et de ramener les diverses parties de la roue à leur position normale aussitôt ([uc cessent les efforts spéciaux qui font prendre aux organes une position particulière.
- On doit comprendre maintenant ce qui se passe pendant la rotation de la roue, et notamment quand les pieds viennent à rencontrer un sol inégal. (Nous n’avons point du reste à dire que les leviers et les ressorts se trouvent disposés, tout comme les galets, dans un même plan parallèle au disque.) Celui-ci et les pièces qui y sont fixées, rayons, galets, etc., se mettent à tourner : bien entendu la boite d’essieu ne suit pas ce mouvement, et les divers organes qui en sont solidaires, levier, guides, rail, ressorts, demeurent également dans une immobilité relative. Voici, par conséquent, un des galets, solidaire d’un des pieds, qui descend de la portion supérieure de la renie, vient frapper le guide et oblige par suite le rayon correspondant à s'étendre extérieurement. Par suite aussi, le pied intéressé commence à tourner dans son articulation et sous son propre
- Détails de la coue de la locomotive.
- p.308 - vue 312/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 309
- ]>oids i‘t, quand il arrive au contact du sol, il présente toute sa surface [date pour s’y appuyer. Si le sol est uni, les trois pieds qui portent à la fois se trouvent par leur partie inférieure dans un même plan, et le rail est lui-même horizontal. Si, au contraire, un obstacle se trouve sous la roue, le rail prendra l'inclinaison exactement voulue (grâce aux ressorts) pour que les trois pieds appuient toujours chacun dans une position plus ou moins variable, que leur permet leur articulation universelle.
- En somme, nous retrouvons bien ici une sorte de rail continu sur lequel se fait jusqu'à un certain point le roulement de la locomotive; seulement le rail est au-dessus des organes de roulement, qui sont les galets dont nous avons parlé à plusieurs reprises, jte [tins, les pieds qui forment le point de transmis-
- sion des réactions de la surface de la route, sont garnis de caoutchouc, ou du moins d’un mélange à base de caoutchouc, et l’on comprend que cela encore a une inlluence heureuse sur la douceur du roulement et sur la bonne conservation d'une machine dotée de ces appareils. Un pourrait certainement aussi compter sur une augmentation de l’adhérence des roues au sol.
- Ces dispositions sembleront quelque, peu compliquées1, mais elles donnent le moyen de circuler sur les terrains les plus mauvais, sans que les inégalités du sol se fassent réellement sentir. Un affirme même que ce mode de suspension des roues diminue dans des proportions considérables l’usure des roules, et qu’il irait jusqu'à produire un effet de compression et de tassement qui améliorerait l’état des voies dont
- Fifî. "2. — Vue dViiscmblo iî«* la locomotive routière « Le IVdrail ».
- les empierrements laissent à désirer. C’est peut-être beaucoup dire. Ce qui est du moins vrai, c’est que, comme toutes les parties mobiles des roues du pedrail sont enfermées dans une chambre bien close cl abondamment graissées, que, de plus, les rayons glissants roulent sur des frottements à billes, celte combinaison mécanique peut parfaitement fonctionner de façon économique. Et elle est à coup sur des plus originales. Henry Roigkois.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- EXPOSITION ANNUELLE
- L’Exposition annuelle de la Société française de Physique a eu lieu cette année, avec son succès habituel, les 8 et 0 avril 1904, dans les locaux de la Société d’En-couragement.
- Dans cette exposition, nous avons vu une série d’appareils nouveaux et diverses applications sur lesquels nous serons heureux d’attirer l’attention de nos lecteurs. Dans
- j le vestibule d’entrée, nous trouvons tout d’abord la Compagnie française de l’acétylène dissous qui présente un | chalumeau oxyaeétylénique pour la soudure autogène, un chalumeau à air et à acétylène pour la soudure du plomb et les brasures, une nouvelle lumière acétylénique et une préparation de l’oxygène; ces diverses applications sont importantes et un de nos ^collaborateurs aura l’occasion j d’en donner bientôt la description complète. M. Ed. Mack montre un appareil saturateur pour la production conti-! nue d’eau gazeuse. A’ous voyons également un modèle de permutatrice et alterno-redrcsseur système Rougc-Faget, appareil permettant la transformation des courants alternatifs en courant continu; ces appareils se construisent couramment pour courants monophasés ou polyphasés de 1 à 100 kilowatts.
- Au rez-de-chaussée, à gauche, nous visitons l’installation de MM. Radiguet et Massiot qui nous montrent une lampe à alcool pour appareil de projection, un cinémalo-
- i
- !
- i 1 La locomotive que nous représentons est munie à l'arrière ; <1 un appareil de levage, mais celui-ci n’a aucun rapport avee ; le système du Pedrail.
- p.309 - vue 313/536
-
-
-
- ôto
- LA NATURE.
- graphe transportable, un mégascope pour les Ecoles de médecine pratique, un nouvel appareil à ozone de M. le l)r Guilleminot, et un spinthariscope de Crookes. M. Gaiffe a exposé des appareils de localisation des rayons X pour le traitement des maladies de la peau, du système de M. le 1)' Belot, des appareils fonctionnant sans interrupteur pour la production des courants de haute fréquence et des rayons X, des dispositifs de protection des appareils à haut potentiel, et un appareil permettant de mettre toujours dans les mêmes conditions de fonctionnement un tube de Grookes. Dans une autre salle, au rez-de-chaussée, à droite, se trouvent une coupe du tramway électrique Dolter, et de nouveaux accumulateurs au sulfhydrate d'ammoniaque de M. Fredet. M. P. Bou-cherot expose des moteurs à courants alternatifs polyphasés, un moteur de 5 chevaux d’un poids de 100 kg environ, un moteur de 8 chevaux de ‘250 kg, une excitatrice à enroulements sinusoïdaux pour le compoundage des alternateurs, et un appareil appelé « Torquemètre », qui permet de déterminer à chaque instant, avec grande facilité, les couples en fonction de la vitesse des moteurs; mentionnons également quelques éléments de condensateurs industriels. A l’entresol, dans la salle du fond, MM. Arnoux et Chauvin nous font voir une série d’appareils électriques de divers modèles, des voltmètres et ampèremètres industriels avec amortisseur, des galvanomètres portatifs à cadre mobile, des ohmmètres compensés à cadran pour mesures rapides de grandes et de faibles résistances, et un nouvel indicateur électromagnétique de vitesse à distance. MM. Arnoux et Guerre ont exposé des modèles de bobines d’induction avec tremhleur à haute fréquence et disposition du condensateur pour allumage des moteurs à explosions, ainsi que de nouvelles bobines à inducteur unique et induits sectionnés permettant l’allumage des moteurs à ‘2 et 4 cylindres avec une seule bobine. M. Ch. Féry fait fonctionner un télescope pyro-métrique pour déterminer les hautes températures de 500° à 1000°. M. Carpentier, le constructeur électricien bien connu, nous montre des appareils de construction soignée, des ampèremètres et voltmètres thermiques, un poste récepteur complet pour la télégraphie sans fil, système Ferrié-Carpentier, une boussole amortie à l’aide de filaments de verre convenablement disposés, etc. M. Ph. Pellin, l’habile constructeur d’appareils d’optique, expose un nouveau microscope de M. Le Chatelier, l’appareil pour éclat périodique de MM. Broea et Sulzer, etc.
- Ati premier étage, nous trouvons dans une petite salle l’exposition de M. Richard Relier qui montre divers appareils électriques de la fabrication de MM. Hartmann et Braun, des interrupteurs automatiques, commutateurs. La Société centrale de produits chimiques a apporté le dernier modèle de l’Électromètre Curie, à amortisseurs magnétiques, ainsi que l’appareil de MM. P. Curie et C. Chéneveau qui permet de mesurer le coefficient d’aimantation spécifique des corps faiblement magnétiques et diamagnétiques. Elle a exposé également divers mélanges rationnels de radium et de sulfure de zinc, ainsi qu’une trousse lumineuse au radium due à M. P. Boulay et permettant de réaliser diverses expériences. M. Roycourt, le successeur de M. Bonetti, a installé une machine électrostatique à 12 disques en ébonite avec un dispositif pour assurer l’indépendance de chaque disque et facilitant le montage et le démontage.
- Dans la grande salle des séances, nous voyons successivement l’exposition de la Société pour la production et l’utilisation de l’air liquide, de l’oxygène et de l’azote
- d’après les procédés de M. G. Claude, l’exposition de la Lampe Nernst, l’exposition de la maison Ch. Roussel le et Tournaire, dans laquelle nous remarquons un petit moteur de 1100 cheval pour courant alternatif. La Compagnie française des compteurs Aron a exposé des compteurs à double tarif et à 10 000 volts pour courants triphasés, un compteur de 5000 ampères, un compteur pour courants alternatifs avec minuteries à chiffres sauteurs; nous remarquons également des résistances portatives de très faible poids pour les vérifications de compteurs sur place, et. des boîtes de connexion qui, placées devant le compteur, permettent d’en faire la vérification sans déranger l’installation de l’abonné, ['ne-société expose également un système d’horloge électrique sans batterie ni contact, sur lequel nous reviendrons.
- M. J. Richard a apporté des appareils de précision de grand intérêt, parmi lesquels nous citerons le cinémomètre différentiel enregistreur, auquel nous comptons consacrer prochainement un article spécial, un nouveau manomètre différentiel, système Mesnager, pour la mesure du débit dans les grosses conduites, des voltmètres, des ampèremètres, des wattmètres enregistreurs pour courants triphasés à ponts inégalement chargés ; n’oublions pas le vérascope et le nouveau stéréoscope pliant de poche. La maison Grivolas a exposé divers interrupteurs et coupe-circuits à haute tension, des coupe-circuits à interrupteur à plombs multiples inler-versibles. MM. Chateau frères et Ci<! ont présenté a la Société une machine à calculer Dactyle, un châssis photographique auto-retoucheur système Joux-Artigue, un appareil automatique d’allumage et d’extinction à heures variables d’éclairage électrique, et divers modèles de minuteries de compteurs. La Compagnie pour la fabrication des compteurs a montré des compteurs Thomson, et divers appareils de mesure, voltmètres, ampères dont nous avons parlé dernièrement ; elle a exposé également un nouvel appareil dû à M. Grassot, « le fluxmètre », qui permet de mesurer les flux magnétiques en observant simplement la déviation d’une aiguille. En terminant nous mentionnerons également le photomètre Simmancc et Abadv, qui nous a paru intéressant. Nous n’oublierons pas non plus les divers appareils de la Société « Le chauffage électrique )) et les fils et toiles résistantes pour rhéostats et applications de chauffage électrique des usines du Pied-Selle de Fumay (Ardennes).
- Tels sont les renseignements que nous avons pu nous procurer dans nos visites rapides à l’exposition de Physique ; ils sont forcément incomplets, mais il est toujours utile de les enregistrer. .1. Lafi aikujk.
- LES MACHINES AGRICOLES AMÉRICAINES
- Dans sa dernière publication, le département du commerce et du travail, à Washington, montre le rapide développement de l’exportation des machines et instruments agricoles d’Amérique. En 1865, cette exportation était encore minime, ne dépassant pas 1000000 de dollars par an; pendant vingt-cinq ans elle fit peu de progrès : en 1890, elle ne représentait encore qu’une valeur de 5 856 000 dollars. Mais c’est alors que commença un rapide essor. Dès 1895, elle passait à 5 millions 1/2 de dollars pour atteindre 16 millions en 1900. On annonce que celle de l’an dernier a dù dépasser 21 millions. Quant à sa répartition dans les pays étrangers, on relève, pour l’an passé, que la France a acheté aux États-Unis pourprés de 5 millions de dollar d’instruments agricoles, presque autant que
- p.310 - vue 314/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 511
- l’Argentine. La Grande-lfretagnc et l’Allemagne en ont reçu chacune pour 1 million 500000 dollars, l’Australie pour 14 de million, l’Afrique pour plus d’un million de dollars. En 1895, la France et l’Allemagne n’en avaient reçu chacune que pour environ 500 000 dollars et l'Argon tine pour 1 million 1,'i. Pendant les cinq dernières années censitaires, la valeur de la fabrication et de l’exportation des instruments agricoles s’est ainsi développée : Produits fabriqués : en 1800, 20851901; en 1870, 52060 875; en 1880, 08040480; en 1890, 81 271 051 ; en 1900, 101 207 428. Produits exportés en 1800,011 152 ; en 1870, 1 008 470; en 1880, 2 215 742; en 1890,
- 5 859 184; en 1900, 10 099 149.
- IA TIARE DES PUNAISES
- Les punaises des bois sont de charmants insectes qui jouiraient certainement de l'affection des collectionneurs et de l'amitié des enfants si leur odeur nauséabonde et écoeurante ne les rendait odieuses. Leurs mœurs, comme celles de tous les insectes, méritent cependant d'être connues et réservent sans doute des surprises à ceux qui voudraient les étudier à fond. Je n’en veux pour preuve que les observations (pie vient de faire J.-H. Fabre, l’admirable naturaliste1, sur la ponte de ces êtres odoriférants et qui montrent que les jeunes punaises se coiffent d’une tiare — authentique celle-là... — pour sortir de l’œuf.
- Les punaises déposent leurs œufs côte à côte à la surface d’une feuille ou d’une tige : ce sont de minuscules gobelets qui, vus à la loupe, sont étonnants par la régularité de leur contour, par les reflets de leurs surfaces et les ornements qui les garnissent. Leur forme varie d’une espèce à l’autre, formes sur lesquelles Fabre donne des détails précis.
- Ceux de la « Pcntatome à noires antennes » ont une forme cylindroïde avec segment de sphère pour base. Le haut est occupé par un couvercle, un opercule, largement zoné de blanc au bord et portant au centre, fréquemment, mais non toujours, une saillie de cristal, sorte de poignée rappelant l’appendice «pu sert à soulever le couvercle d’une cafetière. Toute la surface est lisse, luisante, sans autre parure que sa simplicité. La coloration.varie suivant le degré de maturité. Récemment pondus, les œufs sont d’un jaune-paille uniforme; plus lard, par l’effort du germe en travail d’organisation, ils deviennent d’un orangé pâle, avec tache triangulaire d’un rouge vif au centre de l’opercule. Vides, ils sont pellucides et d'un superbe blanc d’opale.
- Le « Pentalomc costumé de vert pâle » moule ses œufs en barillets, ovoïdes au bout inférieur et ornés sur toute leur surface d’un réseau de subtiles mailles polygonales en relief. La coloration en est le brun de suie, puis le brun très clair, après l’éclosion.
- Pour le « Pentatome des baies », encore des barillets ovés, à réseau de mailles sur toute la surface. Us sont opaques et obscurs; puis, une fois vides, ils deviennent translucides, blancs ou d’un rose tendre.
- Quant aux œufs du « Pentatome orné », si commun
- 1 Souvenirs enlomologiqites. 8e série.
- sur les choux, ils sont fort bien enjolivés. Ils figurent des tonnelets convexes aux deux bouts, surtout à l’intérieur. Le microscope y reconnaît une surface burinée de fossettes semblables à celle d’un dé à coudre et dispersées avec une délicieuse régularité. En haut et en bas du cylindre, large ceinture d’un noir mat; sur les lianes, ample zone blanche avec quatre gros points noirs symétriquement distribués. Le couvercle, entouré de cils neigeux et cerclé de blanc au bord, se tuméfie en calotte noire avec cocarde centrale blanche : c’est une urne de grands deuils ; au pays de Liliput on s’en ferait un gentil tambour.
- On le voit, dans tous les œufs des punaises des bois, il y a un opercule attaché solidement au reste de l’œuf, mais qui, néanmoins, est destiné à craqueler sur tout son pourtour quand le jeune insecte veut sortir. Dans ces œufs, on trouve toujours aussi autre chose : tout près du bord, à l’intérieur de la coque, se montre un Irait d’un noir de charbon, configuré de manière d’ancre ou mieux d’un T dont les bras seraient infléchis. Cet appareil n’apparaît qu’au moment de l’éclosion, il y a là une relation de cause à effet : quelle est cette relation? Fabre va nous l’apprendre en décrivant le phénomène de l’éclosion :
- « Le travail débute. A l’un des bouts de son diamètre, le couvercle insensiblement monte; à l’autre il pivote, ainsi qu’une porte sur ses gonds. Le jeune est adossé contre la paroi du barillet, juste au-dessous du bord operculaire, qui baille, condition avantageuse, permettant de suivre, avec quelque précision, la marche de la délivrance.
- « La petite punaise, contractée et immobile, a le front coiffé d’un bonnet pelliculaire, mieux soupçonné que vu, tant il est subtil. Plus tard, au moment de sa chute, ce capuchon deviendra de pleine évidence. Il sert de hase à un angle trièdre, dont les trois arêtes, rigides et d’un noir intense, doivent être, d’après leur aspect, de nature cornée. Deux de ces arêtes s’étendent entre les yeux, d’un rouge vif; la troisième descend sur la nuque et se relie de droite et de gauche aux autres par un trait obscur, très délié. Volontiers je verrais en ces lignes sombres des fils tendus, des ligaments qui consolident les trois branches de l'appareil et les empêchent de s'écarter davantage en émoussant la pointe de l’angle, lui-même clef du coffret, c’est-à-dire refouloir du couvercle. La mitre triquètre protège le front, à chair molle encore, incapable de violenter l’obstacle; de sa pointe de diamant appliquée au bord de l’opercule, elle a prise sur la rondelle qu’il s’agit de desceller.
- « A cette machine, à ce bonnet surmonté d’un trépan, il faut un propulseur. Où est-il ? II est au sommet du front. Là, dans une aire de peu d’étendue, presque un point, regardons bien ; nous y constaterons des pulsations rapides, autant vaut dire des coups de piston produits, à n’en pas douter, par de brusques ondées de sang. En injectant, à la précipitée, sous un crâne mou le peu qu’il possède d’humeurs, l’animalcule fait énergie de sa débilité. Le casque trièdre monte donc, pousse devant lui,
- p.311 - vue 315/536
-
-
-
- r.is
- LA NA Tl'HE.
- appuyant toujours son angle, de façon inébranlable, an même poinQdq cpnverele. Il n’y a pas cboc de l’outil, percussioîrintcfmittente, mais bien refoulement eonlinn. »
- Petit à petit, le jeune sort de son barillet, par des mouvements à peine sensibles de son corps.
- « Enfin les rivets sont forcés, le coffre baille, l’opercule est suffisamment soulevé en direction oblique. I.a mitre à trois arêtes a fini son rôle. Que va-t-elle devenir’?
- Outil désormais inutile, elle doit disparaître. J'assiste elfec-livement à son rejet.
- La coiffe pelliculaire qui lui servait de base se déchire, devient bâillon chiffonné et très lentement glisse sur la face ventrale de la punaise, entraînant avec elle la noire et dure machinette non déformée. A peine la ruine est-elle descendue vers le milieu du ventre, (pie l’animal, jusque-là immobile dans une posture de momie, libère les pattes et les antennes de leur parcimonieux arrangement, les étale, les agite d’impatience.
- C’est fait : l’insecte quitte son étui, l/ap-pareil de délivrance, toujours sous la forme d’uu T dont les bras seraient un peu courbés et se (léjetleraicut de coté, reste adhérent à la paroi de la coque, près de l’orifice.
- Longtemps après le départ de l’insecte,
- la loupe retrouve en place l’ingénieux trièdre, de forme constante chez les divers Pentatomes et au rôle incompréhensible tant qu’on n’a pas surpris le travail de l’éclosion. »
- Voilà donc un point de la vie de Punaise des bois élucidé, — et d’une manière élégante : la larve se coiffe d’une tiare pour soulever plus facilement le couvercle de l’œuf .et, le travail fini, elle jette avec
- désinvolture son bonnet par-dessus les moulins. Avant d’abandonner ces insectesun peu trop pommadés, il est bon de couper les ailes à un canard qui traîne dans les livres dits de vulgarisation depuis les dires de de Géer, ce naturaliste suédois qui tenta de marcher — de loin — sur les traces du maître lléaumur. « Les Punaises grises, racontait-il, vivent dans le bouleau. Au commencement de juillet, j’en ai trouvé plusieurs accompagnées de leurs petits. Chaque mère était entourée d’une troupe de
- nombre de ving
- Los punaises dos bois, a, l’onlatoina prasiua ; b, l’enlalomn iiigricornis ; c, IVn-laloina baccaruin ; il, IVntaloma oinala ; e, cents on amas ou ponte", /’, œuf (très grossi) du pontatoine orné ; (), œuf (très grossi) du penlatome nigri-eorne ; /i, tiare dont se ooitfe l'insecte pour desceller le couvercle de l’œuf; /, la moine représentée eu place à l’intérieur de l’œuf, ici marqué par un simple contour pointillé.
- |eunes, au de
- trente et même de quarante. J’ai observé que ces petites punaises et leur mère ne restent pas toujours à la même place, et que dès que-la mère commence à marcher et à s’éloigner, tous ses petits la suivent, et s’arrêtent où la mère veut faire balte. Elle les promène ainsi d’un chaton ou d'une feuille à l'autre et les conduit oh elle veut, comme les poules font de leurs poussins. 11 m’arriva un jour de couper une jeune branche de bouleau peuplée de pareille famille, et je vis d’abord la mère fort inquiète battre sans cesse des ailes avec un mouvement rapide, sans cependant changer de place pour écarter l’ennemi qui venait de s’approcher.... » Tout cela est bien gentil, mais ne répond pas à la réalité. La punaise pond ses œufs et ne s’en occupe plus. Les petits naissent en dehors de sa présence et, une fois nés, vivent à leur guise sans que leur mère — qui court Dieu sait oîi — fasse quoi que ce soit pour leur sauvegarde et leur bonne éducation. L’histoire naturelle est assez fertile en faits curieux pour qu'il soit inutile d’y ajouter des balivernes. Henri Coupin.
- p.312 - vue 316/536
-
-
-
- LA NATURE.
- L’AUTOMOBILISME NAUTIQUE
- Les journaux spéciaux ont clé pleins ces temps derniers des liants laits accomplis par un certain nombre de canots automobiles dans des épreuves
- d’enduiVance ou de vitesse : là encore, et comme cela s’est produit pour l’automobilisme sur routes, ou sacrifie d’abord au sport et aux joies de la vitesse
- l-'ig. 1. — Le bateau a pétrole du lac Victoria en Afrique.
- [turc, pour le plaisir d’aller plus vite que le concurrent. Mais ces efforts ont finalement un effet pratique, en ce sens qu’ils permettent de perfectionner très rapidement des dispositifs mécaniques qui, autrement, ne se transformeraient et ne s’amélioreraient que lentement. Il semble d’ailleurs que,dès maintenant, le moteur à pétrole commence de s’introduire utilement à bord des cm barcations, pour rendre des services du même ordre que la machine à vapeur actionnant une hélice. Au point de vue de la pêche notamment, M. Pérard a fait à la Société française des ingénieurs civils une communication des plus intéressantes sur les applications que le moteur à pétrole reçoit déjà pour la propulsion des bateaux de pèche. A la vérité, et jusqu'à présent, on s’est plutôt
- contenté d’un système de propulsion mixte, c’est-à-dire que le bateau est doté d’une voilure à laquelle l’hélice commandée par le moteur vient en
- aide, ou qu'elle supplée quand les circonstances rendent la voile inutile ou insuffisante. Toutefois, on songe bel et bien à remplacer les minuscules chaloupes faisant la pêche de la sardine, et ne pouvant s’éloigner des côtes par suite de leurs faibles dimensions et de leur voilure si réduite, par des embarcations qui seraient mues exclusivement par des moteurs tonnants. D’autre part, aux États-Unis, on a commencé d’adopter couramment la propulsion mécanique au moyen de ces moteurs, mettons l’automobilisme (en employant ce mot dans son sens le plus large) pour les doris, ces canots qui s'en vont isolés, montés par
- Moteur, hélice el accessoires d’un bateau automobile
- p.313 - vue 317/536
-
-
-
- 314
- LA NATURE.
- deux ou trois hommes seulement, pécher la morue avec des lignes.
- Nous ne dirons pas que ces applicalions nous semblent prématurées, mais il y a encore beaucoup à faire pour mettre les moteurs de bateaux à la hauteur de ce qu'ils doivent être, bien qu’ils aient profité des perfectionnements apportés aux moteurs de voitures. 11 est même curieux de constater avec quelle rapidité on s’est décidé à adopter des moteurs à cylindres multiples dans l'automobilisme nautique, alors que cette modification, tout au moins quand il s'agit de plus de deux cylindres, a été lente à s’imposer pour la propulsion des voilures.
- Tout dernièrement un de nos collaborateurs, parlant ici des yachts de souverains, citait celui dont vient de s’enrichir cette Hotte spéciale, et il faisait justement remarquer qu’il s’agissait d’une de ces applications automobiles, étrangères au sport proprement dit, et que l’on peut encore signaler connue des exceptions. Aussi bien, ce yacht à pétrole du roi d’Angleterre mérite-t-il qu’on y revienne et qu’on y insiste, car il sort d’une maison puissante, qui s’est depuis longtemps consacrée à la construction des bateaux à grande vitesse, mais qui ne s'était pas encore hasardée dans le domaine de l’automobilisme nautique. Nous voulons parler de la fameuse maison Tbornycroft, de Chiswick : et c’est un fait bien caractéristique de l’évolution que nous signalions tout à l’heure, que de voir cette maison se lancer dans la construction courante des bateaux automobiles, des embarcations à pétrole; nous donnerons un autre exemple (pii prouvera que ces constructeurs cherchent bien une voie pratique en la matière. Ce sont là des chantiers où l’on connaît par le menu les besoins de la navigation maritime, et où l’on arrivera sans doute rapidement à généraliser l'emploi des embarcations automobiles à la mer pour tous les usages où elles seront réellement susceptibles de rendre des services.
- Ce qu’il y a d’intéressant dans le yacht automobile construit par MM. Thornycroft, ce n’est pas tant sa coque ni ses dispositions nautiques, dont on a parlé du reste suffisamment ici, (pie son mécanisme moteur. Le mo'tcur même, du cycle à 4 temps, est doté de 4 cylindres venus de fonte avec enveloppe d'eau ; les pistons, également venus de fonte et très légers, ont un diamètre de 101 nnn. pour une course de 110. A 900 révolutions par minute, la puissance au frein de ce moteur est de 20 chevaux, pour une vitesse de 10 milles (16 km) à l’heure; mais on peut louruer à 1300 révolutions, et alors l’allure monte à 13 milles. Les soupapes d’échappement sont seules commandées, et par des cames sous la dépendance de l’arbre de demi-vitesse; les soupapes d’admission sont automatiques. Quant à la régulation de la marche, elle est assurée par l’étranglement de l’admission du mélange explosible. Le carburateur est du type Stethnos; d’autre part, la circulation de l’eau, «pii est si nécessaire pour le refroidissement dans les moteurs d’embarcations,
- est assurée par une pompe commandée directement par l'arbre de manivelles : cette eau est constamment prise dans le milieu où Hotte le bateau, et renvoyée au dehors dès qu’elle a servi une fois. Nous n’insisterons pas sur les autres dispositions, dont on peut se rendre compte par les dessins que nous donnons. Mais nous ferons remarquer que la consommation de ce moteur, et en général des moteurs tpie la maison Tbornycroft se met à construire maintenant pour la marine, ne dépasse point 453 grammes d’essence par cheval-heure.
- Ce ipie nous avons appelé l’application pratique de l’automobilisme nautique vient de recevoir une consécration particulièrement curieuse, en raison de la région où va naviguer le bateau automobile dont nous voulons encore parler, et qui sort également delà maison Thornycroft. En effet, la Compagnie de ce nouveau chemin de fer de l’Ouganda qui a été tout récemment livré à l'exploitation, et qui met en relation la Cote orientale d’Afrique avec le mvslé-rieux lac Victoria, cette compagnie, voulant assurer à ses voyageurs des services de correspondance sur les eaux du lac, s’est fait construire un premier bateau automobile à pétrole. Nous disons pétrole intentionnellement, parce qu’on a dù renoncer à se servir d’essence, étant donnée la facilité d’inflammation de cette substance sous le climat de l'Afrique équatoriale. On a prévu une voilure à bord de ce bateau, pour le cas où le combustible viendrait à manquer dans cette région encore mal dotée au point de vue des approvisionnements de toute sorte, mais la propulsion sera bien normalement assurée par l’hélice, disposée en porte-à-faux, et dans une crosse, à l'arrière de l’embarcation.
- Cette dernière a une longueur de 8m,25 pour une largeur de 2m,07 et un tirant de O111,68. On le voit, ce n’est pas un bateau imposant, mais c’est principalement sur les petits bateaux que le moteur tonnant est appelé à rendre des services. La coque en est d’acier, avec 4 cloisons étanches. Des capotes pliantes ont été prévues pour donner abri à ceux qui prennent place dans le bateau. Le moteur est, seulement d’une puissance de 10 chevaux, il imprime une allure de 15 km à l’embarcation. Cet engin est du système Bertheau, il offre cet avantage d’ètre réversible, grâce à un double jeu de cames qui sont sous la dépendance d’un levier de renversement; l’engin comporte 5 cylindres et fonctionne suivant le cycle à 4 temps. Cependant, au début de la mise en marche, il fonctionne d’après le cycle à 2 temps, et, bizarrerie bonne à signaler, il reçoit la force, nécessaire au déplacement initial des pistons, d’un accumulateur de gaz; ces gaz. ce sont les produits d’échappement qu'on a mis en réserve et accumulés sous une certaine pression dans un réservoir spécial, durant quelques instants de la marche normale.
- Voici donc l’automobilisme qui gagne ces lacs intérieurs africains où l’on avait tant de peine à laire remonter des bateaux à vapeur, dont le poids
- p.314 - vue 318/536
-
-
-
- LA N AT uni:.
- est relativement fort lourd, même pour de toutes petites puissances. Un des grands avantages à l'aire valoir en laveur de l'automobilisme nautique, c’est qu'une installation motrice à pétrole ou à essence est essentiellement en effet légère : le moteur que nous signalions tout à l’heure, et qui est installé sur le yacht du roi Édouard, ne pèse pas plus de 25i kg avec ses accessoires et un approvisionnement pour couvrir une distance de 95 à 100 km. Or, une machine à vapeur à double action et condensation, donnant même puissance, représenterait, avec la chaudière qu’elle nécessite comme un impédi-mentum inévitable, et le charbon destiné à lui fournir son calorique, un poids total énorme de 5200 kg. On voit l'économie de poids, et l’économie d’espace occupé est aussi fort sensible, car, si le moteur à pétrole est en lui-même un peu plus encombrant que le moteur à vapeur, du moins il dispense de la chaudière et de toutes ses complications de conduite et d’alimentation. 1). Leiïois.
- LES VERTUS DES PIERRES PRÉCIEUSES
- Les vertus médicales ou surnaturelles, attribuées, depuis vingt ou trente siècles, à des minéraux, qui naturellement , n’en ont aucune en réalité, sont peut-être une des meilleures preuves que l’on puisse donner de la persistance indéfinie d’une idée fausse, en dépit de toutes les expériences contraires, fussent-elles les'plus faciles à vérifier.
- Aujourd’hui même, combien de personnes redoutent de porter des opales, considérées comme portant malheur; combien d’Italiens ont du corail pour détourner le mauvais œil; combien de nourrices mettent aux enfants des colliers d’ambre pour empêcher les maux d’yeux! Il suffit d’ouvrir un livre ancien quelconque traitant des pierres précieuses, pour pouvoir y récolter une longue liste de propriétés semblables et de recommandations médicales sur l'emploi des pierres, dans tel ou tel cas, en telle ou telle proportion, avec le danger de les utiliser hors de propos, etc..., qui le disputent en précision aux plus minutieuses ordonnances modernes. Un peut s’amuser à en suivre quelques-unes, d’auteur en auteur, pour constater que, sauf des discussions, des restrictions, et un septicisme local particulièrement plaisant, ces écrivains, dont beaucoup ont pris la peine de rédiger ces prétendues observations en vers latins ou français, se sont aussi soigneusement copiés que s’ils avaient eu quelque chose de remarquable à prendre chez leurs devanciers.
- Voyons l’ambre, par exemple. D’après Callistrate, c’est Ulîne qui nous l’apprend, porté au cou, il guérit les fièvres et les maladies ; broyé avec du miel attique, les obscurcissements de la vue ; en poiidre prise seule ou bue dans de l’eau, les affections de l’estomac; trituré avec du miel et de l’huile rosat, les affections de l’oreille.
- Seize siècles, plus tard, en 1644, Anselme Boèce de Iloot, médecin de l’empereur Rodolphe II, nous
- 515
- enseigne, dans son Parfait joaillier, « qu'un morceau d’ambre, étant lié au-dessus du col, guérit, comme par miracle, les larmes, défluxions et ophtalmies des yeux ». L’ambre est également bon « pour les maladies du cœur, pour celles du cerveau, pour l’épilepsie, pour les catarrhes, pour les douleurs de dents, pour les femmes grosses, pour les calculs, pour les maux des jointures, pour l’estomac, pour la peste et contre les ensorcellements ».
- Prenons maintenant les émeraudes. Marbodus, évêque de Bennes, qui écrivit en 1096, un traité célèbre De gemmk, nous dit, dans une traduction française contemporaine, que
- Cette pierre fait savoir Choses qui sont à devenir...
- Richesse donne moult grandement Oui la porte Rien chastement ;
- Elle fait homme bien parlei,
- D’une lièvre guérit moult fort..., etc.
- A la Renaissance, Remy Belleau, qui mit en jolis vers ces vertus des pierres, nous dit de même :
- On dit que celui qui la porte A toujours une grâce accorte,
- Propre et facond en son parler :
- Qu’il peut sans ronds et sans figures Redire les choses futures Et celles qu on veut plus celer.
- Bref elle est si chaste et si sainte Que, sitôt qu’elle sent l’atteinte I)e quelque amoureuse action,
- Elle se froisse, elle se hrisc,
- Vergongneuse de se voir prise De quelque sale affection....
- « Quant à l’émeraude, dit encore Robert de Berquen en 1669, elle conserve la chasteté et découvre l’adultère, ne pouvant du tout souffrir l’impudicité, autrement qu’elle se rompt de soi-même en pièces.... Elle rend les personnes agréables et discrètes. »
- On pourrait encore voir, dans Albert le Grand, au xme siècle, que. l’améthyste agit « contre l’ivresse, tient éveillé, réprime les mauvaises pensées », et retrouver dans Remy Belleau, que cette pierre fine, teinte des couleurs de Bacchus,
- en gante son porteur De jamais s’enivrer de sa douce liqueur,
- Attirant les vapeurs, qui, d’haleines fumeuses,
- Vont troublant le cerveau de passions vineuses.
- Il serait aisé de multiplier ces citations, qui suffisent à montrer comment les recettes se sont transmises depuis Callistrate, Théophraste ou le poème grec attribué à Orphée sur les pierres. Je me bornerai à ajouter celles qui concernent le diamant.
- « Celui-ci, dit Pline, a une si grande antipathie pour l’aimant que, mis auprès, il ne lui permet pas d’attirer le fer.... Il neutralise les poisons, dissipe les troubles d’esprit, chasse les vaines terreurs ; ce qui lui a fait donner le nom d’ananchite (sans cauchemar). »
- Marbodus (1096) annonce, de même, que le diamant enlève à l’aimant le fer qu’il attire, rend in-
- p.315 - vue 319/536
-
-
-
- 316
- LA NATURE.
- domptable celui qui le porte, guérit les insomnies, dissipe le venin, chasse les cauchemars,
- Et noclis Irmtires et sownia vana repellit.
- Boire de Boot, le médecin du xvn': siècle, que j’ai déjà cité, témoigne, lui, de son indépendance d’esprit et de ce que nous appellerions sa libre pensée en déclarant faux (pie le diamant suspende les forces de l’aimant, comme on l’a cru jusqu’à présent. « La renommée est aussi que le diamant s’amollit par un pilon de fer s’il est macéré dans le sang de bouc, principalement si le bouc a été nourri de ces herbes tpie l’on dit qui rompent la gravelle; mais, sans le sont/, cela an-ire à Ionien soties de diamants. »
- « De plus, ajoute-t-il, les auteurs écrivent (pie, le diamant étant mis sous la tète d’une femme sans < pi'elle le sache, si elle est fidèle à son mari, toute dormante elle l'embrasse; si elle est adultère et infidèle, elle fuit » ; mais la raison démontre bien qu'il n'en peut être ainsi : car la nature ne sait pas l'adultère, qui ne dépend que de la loi et de la volonté des hommes, i( laquelle loi et volonté le diamant,
- <pii est privé de sens, ne peut pas savoir ». Laissant donc « ces Radineries et contes de vieilles », cet excellent docteur, qui a suffisamment montré sans doute son scepticisme et son esprit fort, nous apprend que le diamarb « est réputé contre les venins, la peste, les ensorcellements, enchantements, insanies, craintes vaines, terreurs qui surviennent entre le sommeil, nuisances des démons et prestiges. On dit aussi qu’il calme la tolère et qu'il nourrit et fomente l’amour des mariés, pour quelle cause il est appelé pierre précieuse de réconciliation ». « Il ne faut douter, ajoute-t-il avec orthodoxie, que Dieu ne puisse opérer toute* ces facultés et encore de plus grandes pour la commodité du genre humain par celte pierre précieuse. Car c’est en la puissance de Dieu d’attacher et de renfermer à certains corps des esprits bons ou mauvais, afin qu’ils puissent nuire ou profiter à l’homme. Peut-être que la substance des pierres précieuses, à cause de leur beauté, de leur splendeur et de leur dignité, est propre pour être le siège et le réceptacle des esprits bons ; tout ainsi que le réceptacle des mauvais (selon l’opinion des médecins et théologiens) sont les lieux puants, horribles, affreux, solitaires.... Lors donc que quelque chose
- surnaturelle est opérée par les [lierres précieuses, il ne la faut pas attribuer à leurs forces mais aux esprits. »
- Il est curieux de trouver, dans le meme volume qui renferme cette docte dissertation, quelques-unes des plus anciennes figures de fossiles qui aient été publiées1 : fossiles auxquels on attribuait des vertus curatives analogues.
- Ce sont ; 10 La vraie astérie ou pierre stellaire (déjà décrite par Pline et Agricola, comme propre à donner du courage); <2') la Trochite ou Entroehos; oü le nombril marin (excellent pour les femmes); i° la corne d’Ammon (qui fait apparaître en dormant des visions divines); à" La glossoptera, on langue de serpent, « que quelques-uns croient aussi dard de foudre ou ceraunia, mais qui est, en réalité, [lierre »; 6° la [lierre belemnite, ou Lyncurium, ou Dactilus ideus (abehoss, luchstein, rappenstein des
- Allemands), réputée pour ses vertus médicales jusqu'au xvine siècle : [lierres, où il nous est facile de reconnaître des entro-ques, ammonites, dents de squales ou helenmites.
- Enfin, il serait regrettable de quitter Boèce de Boot sans avoir au moins signalé une belle invention, qu’il explique longuement, à l’occasion de la [lierre d’aimant, pour tracer automatiquement mi chemin parcouru à l’aide de la boussole. Le principe consiste à avoir, liée sous le genou, l’extrémité d’une corde, qui, de l’aulre côté, agit sur une roue dentée et qui fait faire un tour à cette roue tous les cent pas. Chaque cent pas, la pointe d’une aiguille aimantée se trouve alors poussée, avec une direction variable, par celte sorte de podomètre, contre une bande de papier qui s’enroule automatiquement et l’on obtient, sur le papier, une série de trous d aiguille équidistants, mais irrégulièrement disposés et dépendants chacun de la direction du chemin parcouru [iar rapport à la ligne Nord-Sud au moment correspondant; par une construction géométrique qu’indique l’inventeur, on en déduit aisément les sinuosités de la route suivie.
- L. de Launay.
- 1 Ces figures sont, en partie, extraites (te l’ouvrage de Conrad Gkssnku. De rerum fossilium, lapidum et gemmarum, etc., Tiguri, 1565.
- Fossiles (tonnés comme minéraux dans un traité du « Parfait joaillier », en llilL
- p.316 - vue 320/536
-
-
-
- 517
- LA NATURE.
- UNE STATION ÉLECTRIQUE A GAZ
- Rien que cette association de mots soit assez étrange, elle est tout à fait exacte : les machines qui produisent le courant électrique dans cette station sont en effet actionnées par des moteurs à gaz, et l'on semble enchanté de cette combinaison qui réconcilie les deux frères ennemis : le gaz et l’électricité. Disons tout de suite que le gaz employé n’est pas du gaz de houille, mais du gaz pauvre fabriqué avec du coke, et c’est la possibilité que l’on avait d’utiliser de la sorte le coke, qui a contribué pour beaucoup à faire adopter des moteurs à gaz au lieu de moteurs à vapeur pour fournir la force motrice nécessaire dans cette installation.
- La station centrale électrique dont il s’agit offre cette bizarrerie d’appartenir à la Compagnie du gaz de Tunis, qui a eu le bon esprit de comprendre que le meilleur moyen de maintenir sa position, c’était de vendre elle-même le courant électrique à qui en voudrait. 11 est bon de rappeler que le coke provenant de la fabrication du gaz ne trouve pas une vente facile à Tunis, tout simplement parce (pie l’on est dans une ville oii l’on ne se chaulfe point : par conséquent la création d’une usine électrique dotée de moteurs à gaz pauvre, gaz obtenu au moyen du coke, permettait de trouver toujours un emploi à ce sous-produit de la fabrication du gaz, et si le coke venait à manquer pour une raison ou pour une autre, on pouvait faire marcher directement les moteurs au gaz de houille, qu'une canalisation sufti-
- La station électrique à gaz de Tunis.
- sait à amener. On installait naturellement la station électrique dans l’enceinte de l’usine à gaz, et de toute manière on avait ainsi à sa disposition un combustible tout trouvé.
- Toute l’installation est due, en même temps que l’idée de cette combinaison, à la maison Pierson de Paris, qui s’est fait une spécialité de ces usines génératrices à gaz pauvre : pour la production de celui-ci, on compte trois gazogènes donnant chacun assez de gaz pour suffire à une puissance de 150 chevaux. La vapeur nécessaire à la réaction sur le coke est fournie par deux petites chaudières llopwood à 6 kilogrammes de pression, une seule pouvant répondre aux besoins de deux gazogènes. Les appareils sont à enveloppe, et un surchaufleur formé de deux tuyaux concentriques, dont l’un, celui de l’intérieur, est arrangé en radiateur, conduit l’air et la vapeur à cette enveloppe, puis à la grille ;
- le gaz, une fois produit, passe à travers ^e tuyau intérieur du surchaulfcur et atteint un large condenseur par surface, après avoir traversé une boîte hydraulique. Un trouve, en outre, dans l’usine un scrubber h coke, puis deux appareils de purification chimique à grande surface, et enfin un gazomètre de bonne capacité. Tout le tuyautage est combiné de telle manière que le nettoyage peut s’opérer instantanément, en un point quelconque de la canalisation, simplement par desserrage d’une bride ; on a évité dans la tuyauterie toute courbe marquée susceptible de gêner la circulation du gaz. Le chauffeur a devant lui, sans se déranger, une série de manomètres indiquant la pression un peu partout, aussi bien dans les gazogènes que dans le scrubber, le refroidis-seur, les purificateurs, le gazomètre, etc. De plus, une lanterne calorimétrique, inventée par MM. Pier-son, donne le moyen de contrôler constamment la
- p.317 - vue 321/536
-
-
-
- 518
- LA A A TL HE.
- valeur ealorifujue approximative du gaz engendré.
- Si nous passons dans la station électrique proprement dite, dans la salle des machines productrices de courant, nous y trouvons 4 moteurs à gaz Crossley à grande vitesse, chacun d'une puissance de '106 chevaux au frein, commandant respectivement 4 dynamos de 70 kilowatts chacune, sous une tension de 240 volts. Une double canalisation se voit en avant des moteurs : Tune a 400 millimètres de diamètre et est normalement chargée d’amener le gaz pauvre, tandis (pie la seconde n’a que 250 millimètres de diamètre, et sert au gaz de houille quand l’autre gaz vient à manquer pour une raison ou pour une autre. Un peut passer de l’alimentation normale à cette alimentation exceptionnelle sans avoir pour cela à arrêter les moteurs, ce qui est fort important dans une station électrique. Les deux gaz assurent un bon fonctionnement, mais la puissance par explosion est de 20 pour 100 plus forte quand on recourt au gaz pauvre. Ajoutons enfin que le coke employé contient de 10 à 12 pour 100 de cendres et 4 pour 100 d’humidité : des dispositifs très simples permettent l’enlèvement facile des cendres. La consommation ne dépasse point 1500 grammes de coke par kilowatt, et cette installation intéressante donne toute satisfaction.
- Dmix licu.i.T.
- LÉZARDS APPRIVOISÉS
- S’il est une chose qu’on devrait enseigner plus qu’aucune autre, c’est que nombre d’insectes et de reptiles qui sont réputés comme étant venimeux sont cependant inoffensifs. 11 en est ainsi^surtout pour le lézard, bien connu s,ous le nom de lézard des murailles. 11 est vrai qu’il est muni de dents, mais elles sont si minuscides qu’on ne saurait à peine les voir. Elles sortent si fines et si délicatement du bord des mâchoires.
- Ce petit sau-rien essaye quelquefois de mordre, mais ce ne sont alors que par suite de bien faibles petits mouvements d’impatience.
- M. B. M. Spaid, dans le journal
- « Scientific American », dit qu’il possède une cage de 0m,60 de long sur O™,50 de hauteur et large de 0ra,15, toute en verre, le fond est garni d’une épaisseur de
- Lézards apprivoisés.
- sable fin de 0,n,05. Dans cette cage circulent des lézards.
- Placés en vue sur sa table de travail M. Spaid a tout le loisir d’observer ses petits pensionnaires. Il les voit occupés à faire leur sieste ou à prendre leur nourriture.
- Il a deux mâles et trois femelles qui se distinguent aisément par leurs couleurs. Les conditions de l’atmosphère ont une assez grande influence, comme on sait, sur leurs nuances et leur éclat. Au moment où ils songent à sommeiller, ces petits sauriens s’enfoncent dans le sable de façon à en être complètement recouverts, jusqu’au lever du jour. On voit alors une petite tète apparaître, puis se lever tout à fait, maintenue par les quatre pattes de l’animal. U fait aussitôt mille gracieux mouvements. Les lézards ne tardent pas à penser à leur déjeuner ; il faut leur jeter des mouches, des sauterelles, des grillons dont ils sont friands à la condition qu’ils les verront bien vivants et en pleine activité. Ils attaquent ces insectes à la manière des serpents, n’ouvrent la gueule qu’au moment même où ils doivent les saisir, ou tendant, de même que les crapauds ou les grenouilles, leur longue langue pour mieux les happer.
- A l’aide de leurs pattes, ils se font des passages dans le sable et c’est ainsi que la femelle finit par se préparer un logis pour déposer ses œufs qui sont au nombre de douze et plus. On sait que rien n’est plus aisé à apprivoiser que ces petits lézards. Ils s’échappent gentiment de vos mains, mais lorsqu’on les place sur les vêtements ils se décident à y séjourner assez longtemps. M. Said dit que connaissant cette particularité, il a orné les habillements de son petit garçon, d’une douzaine de lézards. L’enfant, tout fier d’avoir reçu une pareille parure, se promenait partout avec ses amis les sauriens, montrant ainsi combien ils étaient peu nuisibles. Des incrédules, cependant, prétendaient que l’épreuve était quelque peu risquée : ils connaissaient, disaient-ils, une personne mordue par un lézard des murailles qui avait perdu un doigt par suite du venin. Un charmeur de serpents, qui ne craignait pas de prendre des reptiles, n’aurait pas osé toucher à un lézard, etc. Mais si l’ignorance est difficile à détruire, il est vrai de dire aussi qu’il est plus malaisé d’accréditer une vérité. Al». Tissxndieii.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 avril 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Diagnostic des lésions. — M. Lannelongue donne le nom de méthode graphique à une méthode qui permet d’apprécier avec exactitude les modifications de forme et les changements de rapports survenus dans les parties du corps humain au moyen d’inscriptions sur le sujet vivant. Il constate que l’anatomie s’apprend par l’étude du cadavre; aussi l’anatomie de l’homme vivant reste-t-elle obscure. 11 inscrit sur la peau les contours des organes symétriques, leur relief. Il rappelle que l’un des plus grands médecins du siècle dernier, Piorry, avait enseigné le moyen de dessiner le contour des organes par l’exploration plessi-métrique ; M. Lannelongue a généralisé la méthode graphique et l’a appliquée à toutes les parties du corps. Elle vient en aide, d’une façon puissante et indispensable, à la radiographie dont elle aide à interpréter les résultats. Pour l’exploration de l’abdomen, M. Lannelongue explique que les organes se localisent dans différentes parties d’un pentagone dont il donne les règles de tracé.
- p.318 - vue 322/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 51!)
- Hayons « N ». —M. d’Arsonval fait connaître le résultat de l’examen des nombreuses réclamations de priorité qu’ont soulevées les récentes découvertes de M. Charpentier. Or, ce savant a constaté que les tissus nerveux et musculaires émettaient des radiations produisant sur un écran phosphorescent un effet analogue à celui des rayons de Blondlot. Il n’a pas prétendu avoir découvert le fait que le corps pouvait émettre d’autres radiations que des radiations thermiques. Or on a avancé qu’il existait des radiations magnétiques et toutes les revendications reposent sur cette particularité que ces prétendus rayons magnétiques impressionnent la plaque photographique. Cette propriété assignée aux rayons magnétiques montre que s’ils existent, ils n’ont rien de commun avec les radiations étudiées par M. Charpentier qui précisément sont caractérisées par leur inertie sur la plaque photographique. Les réclamations de priorité n’ont donc aucun fondement.
- M. Becquerel présente une Note de M. Colson décrivant une application des rayons de Blondlot à la chimie. L’auteur en a tiré un procédé d’investigation chimique analogue à celui que M. et M'i,eCurie ont tiré des rayons de Becquerel. Pin versant une solution de potasse dans une solution de sulfate de zinc ou diminue l’éclat du sulfure de calcium insolé. Tandis qu’au contraire l’écoulement de de la solution saline dans l’alcali est sans action. Les deux-opérations en apparence identiques sont donc différentes. Bar une étude chimique M. Colson établit que l’émission des rayons de Blondlot, constatée dans le premier cas, est due à la condensation moléculaire de la hase qui se dépose dans ce cas, de telle sorte que la condensation chimique serait comme la compression mécanique une source de radiations de Blondlot.
- M. Mascart dépose des Notes dans lesquelles M. Meyer, de Nancy, signale l'apparition des rayons « N » lorsque 1 on fait le vide dans un tube, et M. Dufour, de Genève, démontre expérimentalement que les rayons « N » déchargent les corps électrisés. Cette propriété, dit M. Mascart, était bien soupçonnée par suite de l’action de ces layons sur 1 éclat de l’étincelle électrique, mais les expériences de démonstration directe n’avaient pas abouti.
- La rotation de la terre et les cours d’eau. — M. de Lapparent résume une Note de M. Bruîmes relative a 1 influence de la rotation de la terre. On a remarqué que dans notre hémisphère les cours d’eau qui ont une direction méridienne présentaient d’une façon générale des phénomènes d’érosion sur la rive droite. On a rapporté ces faits d’érosion à des circonstances météorologiques locales, mais un fait d ordre general ne peut s’expliquer par une cause évidemment variable. Or on a remarqué que le travail des cours d’eau peut être attribué aux tourbillons. Si l’on considère un courant sud-nord et un tourbillon sinistrorsum (en sens inverse des aiguilles d’une montre), on aura d’un côté un bord maniable et de 1 autre un bord sur lequel la vitesse de l’eau par rapport au sol sera considérablement augmentée. Si tous les tourbillons étaient sinistrorsum l’explication serait satisfaisante et ne pourrait être rattachée qu’à la rotation de la terre. Pour résoudre la question l’auteur a compté les tourbillons qui se produisaient à l’abri des causes locales perturbatrices, dans un certain nombre de rivières de Suisse et d’Allemagne. 11 a pu ainsi constater que le nombre de tourbillons dextrorsum était infime par rapport à celui des tourbillons sinistrorsum; l’explication paraît donc excellente.
- Tremblement de terre. — M. Mascart présente une Note de M. Moureaux par laquelle l'auteur signale des perturbations magnétiques observées au Val Joyeux, le 4 avril dernier, vers 11 heures du matin. Or, le même jour des secousses de tremblement de terre étaient ressenties entre midi et 1 heure à Belgrade,- à Sophia et surtout à Philippopoli, entre midi et 1 heure. Si l’on tient compte de la différence de longitude, on voit que la perturbation magnétique s’est produite vers midi 15 minutes. Il parait naturel de la rapporter au mouvement sismique. 11 y a lieu d’ailleurs de l’attribuer à une action magnétique et non à une onde se propageant par le sol, car on n’a observé aucun ébranlement.
- Cil. OK VlLLEDIU’ir.
- IA. PILOSITÉ DES POMMES DE TERRE
- Depuis un certain temps, les cultivateurs se plaignent périodiquement d’une singulière affection qui, chaque année, sévit avec une intensité désastreuse sur les pommes de terre destinées à la plantation. Les yeux se développent en longs filaments très grêles terminés à leurs extrémités par de minuscules tubercules de la grosseur d'un pois, d’une noisette, ou tout au plus d’une noix. A.cause de la présence et de l’abondance de tous ces brins allongés, sortes de fils plus ou moins ténus, la maladie a reçu le nom de « lilosité » et les pommes de terre atteintes sont dites « fîleuses ». La gravure 1, reproduction photographique de sujets provenant d’une culture de Seine-et-Marne, donnera une idée des caractères particuliers présentés par les tubercules. Les pommes de terre Pileuses sont dénuées de toute valeur prolifique et, si l’accident se généralise, le plant acquiert une valeur marchande exorbitante. Nous avons vu, il y a cinq ans, dans une localité du Nord de l’arrondissement de Meaux, ce phénomène poussé tellement à l’excès que les rares propriétaires privilégiés vendaient les pommes de terre de Hollande fertiles dont ils disposaient jusqu’à 25 francs les 100 kilogrammes.
- Lorsque, il y a quelques années, la lilosité commença à prendre des proportions inquiétantes, plusieurs praticiens essayèrent de l’attribuer aux parasites animaux ou végétaux. Quoique, à la rigueur, quelques agents du règne animal paraissent la provoquer, la plupart du temps, elle apparaît sans causes bien nettement déterminées et jusqu'alors, on en est souvent réduit, en ce qui la concerne, à des données purement hypothétiques.
- Celte anomalie n’est pas nouvelle. Joigneaux la signale dans son « livre de la Ferme » comme étant apparue vers 1864, dans la Côte-d’Or, et, en 1879, dans Meurthe-et-Moselle. De son côté, M. Prillieux, le savant professeur de pathologie végétale de l’Institut National agronomique, a pu l’observer, en 1872, aux environs de Mondoubleau, dans la région de Vendôme (Loir-et-Cher).
- Depuis longtemps, les paysans Charentais distinguent deux sortes de tubercules doués de propriétés différentes; ils appellent indifféremment
- p.319 - vue 323/536
-
-
-
- r>2o
- LA NAT UK K.
- pommes de terre mâles cm femelles celles qui sont fertiles, et pommes de terre mules les stériles. Les premières se reconnaissent facilement à leurs bourgeons gonflés produisant, lorsqu’ils se développent, des pousses vigoureuses qui fourniront [dus tard de robustes rameaux feuillus, tandis que les autres, pourvues d'yeux beaucoup plus eflilés, donneront des filaments grêles, allongés, signes indiscutables de la lilosité. Il existe forcément une corrélation très étroite entre la réduction des organes foliacés et la présence, dans les cultures, de pommes de terre stériles. D’après M. Joigneaux, la lilosité serait due à une dégénérescence de la plante. Le retour trop fréquent de la pomme de terre sur le même terrain, le rapprochement exagéré des pieds, les mauvaises conditions de culture, la détestable habitude qu’ont les cultivateurs d’employer des tubercules de qualité inférieure, en seraient les causes primordiales.
- Selon M. l'ril-lieux, la stérilité proviendrait aussi de la désorganisation, [tendant la végétation, des tissus des tiges par des parasites animaux notamment des myriapodes des anguil-lules et des iules.
- L’examen approfondi delà maladie lui a démontré que l’altération ne portait [tas seulement sur le tissu du tubercule, mais sur la [liante entière; il est impossible,
- d’après lui, de rencontrer sur une plante en végétation, des pommes de terre stériles et fertiles. La lige arrêtée dans sa croissance était sectionnée dans sa partie inférieure et détruite avant que le tubercule ait le temps d’acquérir son complet développement et d’arriver à maturité.
- Personnellement, nous croyons que les fortes chaleurs estivales ne sont pas étrangères à ces phénomènes. Sous l’influence d’une température élevée, la végétation de la plante est brusquement entravée, puis elle reprend avec les pluies d'août et de septembre, au point où l’on est obligé de procéder vivement à l’arrachage si l’on ne veut pas perdre la récolte tout entière. La preuve que la sécheresse est le principal auteur du méfait, c’est qu’il est pour ainsi dire impossible de constater de semblables accidents dans des parties fraîches ou ombragées d’un rideau d’arbres.
- Tout dernièrement, le Syndicat des Agriculteurs du Loiret eut l’idée de faire analyser des pommes de
- terre normales et lileuses. Il résulte de ces analyses comparatives que la composition de la pomme de terre tileuse s’écarte beaucoup de la moyenne. La proportion d'humidité y est plus forte et le taux d’amidon a considérablement baissé; environ 0 [tour 100 de matière amylacée a été translormée. Au dire du chimiste, les [tommes de terre auraient été rentrées trop humides, et il y aurait lieu, à l'avenir, [tour éviter le retour de semblables accidents, de soumettre la récolte à un séchage partiel avant de la rentrer dans les locaux de la ferme.
- Les [tommes de terre lileuses seront rigoureusement éliminées de la reproduction.
- 11 sera toujours nécessaire de procéder à une sélection rigide des produits à conserver pour la plantation. On ne donnera la préférence qu’aux tubercules complètement mûrs, de grosseur moyenne, provenant de touffes vigoureuses et feuillues. Aussitôt après la récolte, on les laisserait le plus possible ressuyer sur le sol avant de les rentrer. On procède ensuite au triage, puis on les hiverne dans des caves saines et bien aérées. Quelques semaines avant l'ensemencement, il est toujours avantageux de les étendre en couche mince sur une aire accessible à l'air et à la lumière. Ainsi traitées,
- Fig. I. — La lilosité (1rs pommes de terre.
- les pommes de
- terre verdissent et se garnissent de nombreux germes courts et vigoureux qu’il importe de conserver le plus possible. Sous le rapport de la culture, on ne devra [tas non [dus s’écarter de certaines règles générales d'une grande importance. On espacerait les lignes de plantation de 0m,t)0, et les plants sur la ligne de O"1,50 les uns des autres, on ferait rentrer la pomme de terre dans un assolement régulier et on éviterait de la cultiver dans un pot trop compact. Enfin, si cela était nécessaire, il ne faudrait [tas hésiter à importer de nouveaux tubercules que l’on ferait venir de régions indemnes de la maladie.
- Grâce à toutes ces précautions, on arrivera à atténuer, dans une très forte mesure, les ravages d’une affection qui menace de porter atteinte à toute une branche de notre agriculture nationale.
- Albert Yh,coq.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.320 - vue 324/536
-
-
-
- N° 101.'. - 2Ô AVRIL 1901.
- LA NATURE.
- 52 i
- CAPTURE D’UNE TORTUE LUTH
- DANS T.A GIRONDE
- Un vienf de capturer, le 7 février dernier, en face de Blaye, à 90 kilomètres environ de l’embouchure de la Gironde, une énorme Tortue de mer appartenant à l’espèce habituellement désignée sous le nom de Tortue luth ou Sphargis coriace (Dermochelys coriacen Linné). D’après M. André Dubois, à qui on doit la photographie accompagnant cet article, ce gigantesque Chélonien, ramené vivant au port par les marins qui l’avaient pris, ne mesurait pas moins de 2m,05 de la tète à la queue, sa largeur était de 1 mètre, le diamètre du cou de 0m,95, la longueur des membres antérieurs atteignait lm,15 et le poids
- approximatif s’élevait à 500 kilogrammes. Ainsi qu'on peut s’en rendre compte par ces chiffres, il s’agit d’un animal adulte ayant atteint tout son développement et dont les dimensions sont égales à celles des plus grands spécimens conservés dans les principaux musées d’Europe.
- Cette capture, particulièrement intéressante, mérite d’autant plus d’être signalée qu’il est fort rare de voir s’aventurer jusque sur nos côtes ces Tortues gigantesques qui ne quittent guère les régions tropicales où elles sont répandues dans toutes mers du globe. Aussi est-ce tout à fait accidentellement qu’on /v * signale de temps à autre, sous une latitude tempérée,^’ ^ ... quelques individus égarés à l’embouchure de fleuves!* comme la Loire ou la Gironde ou près des grands Nv* caps comme le Finistère ou les côtes de Cornouailles, ' ^
- Tortue luth capturée en Gironde, à lllaye, le 7 février 1901.
- La Tortue luth, espèce très curieuse et qui représente à elle seule toute une famille, se distingue des autres Tortues marines par l’absence de lames cornées sur le corps, entièrement recouvert d’une peau épaisse et coriace qui cache complètement les os de la carapace et du sternum. Cette peau est absolument nue chez les grands spécimens, mais chez les jeunes elle est revêtue d’écailles tuberculeuses circulaires ou polygonales.
- Les mâchoires sont extrêmement fortes et capables de causer des blessures redoutables. La .supérieure présente en avant trois profondes échancrures et l’inférieure, recourbée en pointe, est reçue dans l’échancrure médiane supérieure quand la bouche est fermée. La carapace, plus ou moins en forme de cœur, est surmontée de sept carènes longitudinales parallèles et régulièrement espacées dont on distingue facilement quelques-unes sur la figure donnée ici. La carène médiane s’étend depuis le bord antérieur 32e année. — fer semeslre.
- de la carapace jusqu’au-dessus de la hase de la queue.
- Les pattes antérieures, dont les doigts palmés sont dépourvus d’ongles, sont très développées; elles sont près de deux fois aussi longues que les postérieures, ce sont de véritables rames, des ailerons qui permettent à l’animal de fendre les eaux avec la plus grande facilité, de voler, pourrait-on presque dire, au sein de l'élément liquide.
- La Tortue luth est en effet excellente nageuse, admirablement adaptée h la vie pélasgique elle ne quitte qu’exceptionnellementla haute mer pour venir, au moment de la ponte, se rapprocher des rivages où elle dépose ses œufs. C’est ce qui explique pourquoi on ne rencontre dans les collections que des individus adultes de grande taille ou dé tout jeunes spécimens pris presqu’au sortir de l'œuf. En effet, dès que l’animal a acquis un certain développement, il part pour le large où il sera désormais
- p.321 - vue 325/536
-
-
-
- 522
- LA NATURE.
- à peu près impossible de s’en saisir et d'où il ne reviendra que lorsque, devenu adulte, il regagnera le littoral et se rapprochera de la terre pour y pondre. C’est sans doute ce fait qui fournit l’explication de la capture du magnifique individu pris récemment à Rlaye. D1 Jacques I'ki.lugrin.
- LE TEMPS EN ISLANDE
- ET LE TEMPS EX EUROPE OCCIDENTALE
- Dans l'ouest de l’Islande, le bras de mer qui sépare cette lie du Gronland et que l’on désigne sous le nom de détroit de Danemark, est un centre de basses pressions barométriques. Un travail récent du célèbre météorologiste autrichien, le professeur Malin, que résume M. Ch. Dufour, met en lumière l'influence que ce minimum exerce sur le climat de l’Europe occidentale et même de l’Europe centrale.
- Pour cette étude on a mis en oeuvre les observations faites depuis 184f> it Stykkisholm, station météorologique située sur la côte ouest de l’Islande par 05° de latitude nord, au bord du Bredcfjord, ce large fjord de la côte ouest d’Islande ouvert sur le détroit de Danemark. La discussion de ces observations montre que 82 fois sur 100, lorsque la pression moyenne mensuelle à Stykkisholm est inférieure à la normale, il se produit un écart simultané positif de température dans le nord-ouest de l’Europe ; 75 fois sur 100, si la pression moyenne mensuelle de la station islandaise est supérieure à la normale, on observe en Europe une température inférieure à la normale.
- Comparant pour les six mois chauds et les six mois froids tous les cas d’écart importants de la pression à Stykkisholm, et toutes les anomalies de température observées à Greenwich et à Bruxelles, le professeur Malm a obtenu les résultats suivants :
- ÉCART MOYEN
- Nombre de cas
- Saison froide. . Saison chaude . Saison froide. . Saison chaude .
- de la pression à
- Stykkisholin,
- G7 + 8mm,6 55 5,uin,8
- 72 — lmm,l 50 — 5m,u
- de la température à Greenwich* et à liruxelles.
- — 1«,5
- — 0o,5 -1 10,4 4- ܰ,7
- Chaque fois pour ainsi dire que le minimum du détroit de Danemark devient plus profond, la température monte dans nos régions, et elle baisse lorsque cette dépression se comble. Depuis plusieurs années il est question de relier l’Islande au continent par un câble. En faveur de l’établissement de cette ligne télégraphique sous-marine, on invoque précisément l’intérêt des avertissements météorologiques qu’elle transmettrait. L’étude du professeur Malin montre toute l’importance pratique qu'aurait, celte innovation. C. H.
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE AUX ÉTATS-UNIS
- A l’occasion du recensement de la population aux États-Unis, on s’est livré à des enquêtes sur les diverses industries, notamment sur l’industrie électrique. Et dans cette enquête, on est parvenu à une évaluation curieuse du rôle que joue l’électricité dans la vie de tous les jours et de chacun.
- En effet, on évalue approximativement (car des relevés de cette sorte ne peuvent donner des résultats absolument exacts) que chacun des habitants de l’Union dépense en
- électricité 7 dollars par an, autrement dit à peu près 56 francs : cela en entendant le mot électricité au sens le plus large. Sur ce chiffre total, 1 dollar et quart représente l’achat de machines et d’appareils électriques, 3 dollars les recettes des Compagnies de chemins de fir et de tramways électriques, l dollar et demi la recette des Compagnies d’éclajrage et de force motrice, puis 75 cents (le cent est la centième partie du dollar) les dépenses de téléphone, 50 cents celles de télégraphie électrique, d’avertisseurs divers, etc. Ces données sont évidemment assez caractéristiques, et montrent de façon sensible la rapidité et l’enthousiasme que les Américains ont mis à recourir à l’électricité, pour laquelle, suivant une expression typique du rapport du Census, « ils sont disposés à payer aussi cher que pour leur pain ». Le fait est qu’en 1880 le nombre des établissements fabriquant des appareils électriques divers n’était que de 76, produisant pour une valeur de 14 millions de francs, alors qu’aujourd’hui le chiffre de ces établissements est de 600 à peu près, produisant pour une valeur de 550 millions environ. Et encore les statistiques auxquelles nous empruntons ces données n’ont-elles pu faire la départition de ce (pii se l’apporte aux applications électriques dans la fabrication des vases en verre, des objets en porcelaine, des fils métalliques, etc. De même encore, il faudrait tenir compte du rôle que joue l’électricité dans la fabrication du cuivre électrolytique, de l’aluminium, du carbo-rundum; de plus, les chiffres concernant les établissements électriques ne comprennent point l’exploitation des chemins de fer électriques ni des tramways, des téléphones, des stations d’éclairage ou de force ; il s’agit uniquement des usines ou ateliers se livrant à la fabrication des machines et appareils électriques. Par contre, il est vrai, le budget de dépenses électriques d’un habitant de l’Union tel que nous l’établissions en commençant, comprend tout ce qui se rapporte directement à l’emploi de l’électricité. Nous ajouterons que, en I960, il est sorti des fabriques américaines 10 500 machines dynamos, représentant une puissance totale de 566 720 kilowatts, et d’une valeur de 54 millions de francs. D. B.
- LA FABRICATION DU L1N0LELM
- Dans la maison moderne, le linoléum a pris une importance qui pourrait surprendre si l’on ne connaissait pas les avantages divers qu'il offre : il revêt les planchers, les murailles, il forme une surface unie et non glissante qui s’entretient aisément en excellent état de propreté, il év ite les dépôts de poussières dans les interstices des planchers ordinaires, il arrête l'humidité, et constitue un excellent isolant contre le froid. Kt pourtant, en dépit de sa vulgarisation, son mode de fabrication est aussi peu connu que possible, sauf qu’on sait vaguement qu’il entre du liège dans sa préparation. C’est (pie les fabricants qui le produisent ont voulu le plus longtemps possible conserver le secret de cette industrie.
- 11 ne faut pas confondre le linoléum avec les loile> dites cirées pour parquets, qui se fabriquent toujours, et qui coûtent moins cher que le linoléum, sans en offrir les qualités. La toile cirée est effectivement une toile, faite le plus souvent d'un tissu de jute, et enduite d’une couche plus ou moins épaisse d’une
- p.322 - vue 326/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 525
- peinture ; le linoléum peut également supporter un enduit peint ; mais, par-dessus la toile formant soutien, et qu’on aperçoit très nettement à l’envers du linoléum, est un revêtement spécial formé de matières agglomérées, qui donnent un corps particulier au linoléum et lui permettent de résister longtemps au piétinement sans presque s'user. Si grossière du reste que paraisse la toile qui constitue le substratum du linoléum, quand on l’examine à l’envers ou quand on elïiloeho un morceau, on reconnaît qu’elle n’en demande pas moins à être tissée avec grand soin, car elle joue un rôle de premier ordre dans la solidité finale du produit; il faut qu'elle soit absolument uniforme de tissu, et que les fils de jute qui la composent généralement soient d'une résistance bien homogène.
- Mais voyons maintenant les ingrédients divers qui sont employés pour recouvrir ce tissu du revétemenl caractéristique, et notons en passant qu’il y a deux genres de linoléum différents par la manière dont sont préparés ces ingrédients. Ceux-ci sont, d’une façon générale, l'huile de lin, le plus important, qui a donné son nom au produit, le liège pulvérisé, puis un peu de gomme kauri ou de résine commune, et de l'ocre ou de l'oxyde de fer comme colorant. La matière la plus chère est l’huile, qui doit d’ailleurs être transformée de son état fluide naturel à un état visqueux : et ce résultat peut être obtenu par les deux méthodes qui correspondent aux deux variétés de linoléum, soit qu’on oxyde l’huile à l’air, soit qu’on la fasse bouillir. On affirme que l’oxydation lente à l’air donne des produits bien plus solides, qui coûtent plus cher, mais dont la supériorité compense ce défaut. Au surplus, une maison anglaise cherche en ce moment à introduire une méthode d’un genre intermédiaire, où l’on traiterait l’huile à la vapeur, mais en présence d’air ou même d’oxygène, avec contact intime activant étrangement le phénomène à produire, bien que les divers fabricants, qui sont aujourd'hui assez nombreux, suivent chacun une pratique un peu différente, on peut dire «pie les divers ingrédients entrent dans les proportions suivantes dans la composilion du « cimenl » qui recouvre la loile primitive : 45 pour 100 de liège, 57 pour 100 d’huile, 18 pour 100 de gomme, de résine, d’oere, etc. : le tout eu poids. Ocre, gomme el résine ne sont que des produits subsidiaires, qui ne demandent aucun traitement préalable, alors qu'au contraire l'huile et le liège sont soumis chacun à un traitement particulier, et ne sont mélangés que lorsqu'ils ont subi des manipulations considérables : leur mélange final doit être intime, sans qu’on puisse retrouver dans le « cimenl » une parcelle de liège ou une gonfle d'huile, (lotie fabrication esl donc en réalité fort compliquée, et les usines qui s’y livrent doivent être de vastes proportions, comprenant des magasins pour le liège, les colorants, des appareils pour l’oxydation des huiles, pour la pulvérisation du liège, son nettoyage, des loçaux pour les mélangeurs des divers ingrédients, d'autres pour l'application
- du ciment sur la toile, des salles de séchage, etc.
- Le liège arrive à l'usine sous forme de morceaux plus ou moins irréguliers qui souvent proviennent des manufactures de bouchons. Ün le brise en toutes petites parcelles qu'on moud ensuite menu : nous devons dire que cette mouture n’est pas aussi simple qu’elle le parait, par suite de l’élasticité même du liège et de la déplorable rapidité avec laquelle il émousse les lames tranchantes les plus eflilées. Les couteaux débitent le liège en morceaux de la grosseur d'un pois, et ce sont des meules de lave et de grès (pii le transforment en poudre. Avant ce douille 'traitement, le liège a naturellement dû être débarrassé de toutes les poussières et matières étrangères ipii peuvent y adhérer. Dans les salles où se fait la mouture, les précautions les plus minutieuses sont nécessaires pour empêcher les inflammations et explosions (pii pourraient résulter de la présence des poussières inflammables en suspension dans l’air. Ajoutons (pie rien jusqu'ici n’a pu remplacer le liège dans la fabrication du linoléum, parce que rien ne présente autant d’élasticité et par conséquent de résistance ù l’usure.
- Pour traiter l’huile, quand l'oxydation est obtenue par contact avec l’air, on fait couler cette huile sur de larges lés de calicot, suspendus verticalement à une série de tringles qui, elles, sont disposées horizontalement sous un vaste hangar. L’huile tombe d'une multitude de petits trous percés dans des tuyaux métalliques fixés au-dessus des pièces d’étoile. On s’arrange de manière à faire arriver des courants d’air sur les nappes d’huile qui se forment ainsi, et, au bout de six à huit semaines, il s’est déposé sur le calicot une vraie feuille d’huile oxydée, qui a rongé les fibres de l’étoffe, et qui se présente sous l’aspect d’une matière gélatineuse et collante, dont le poids est supérieur à celui de l’huile primitive par suite de son absorption d'oxygène. Le sol des hangars est fait de eiment, et toute l’huile qui tombe à terre est soigneusement recueillie pour être renvoyée aux pompes desservant les canalisations qui alimentent les tuyaux. Nous devons ajouter que l'huile est toujours bouillie avant que d'être soumise à ce procédé d'oxydation lent, mais sûr.
- Les <( peaux », comme ou appelle pittoresquement ces dépôt s successifs de matière gélatineuse, sont rompues et déchiquetées entre des rouleaux, et on met celle gélatine dans des cylindres à vapeur où des appareils de brassage mécanique la mélangent intimement avec la gomme, l'ocre, etc., qui ont été soumises auparavant, comme unique préparation, à un fin broyage; puis le tout est passé entre des rouleaux. Ici aussi il faut prendre des précautions minutieuses contre les chances d'incendie, toujours à redouter avec une substance oxydée comme nous venons de l'indiquer. Il s’agit maintenant de mélanger intimement liège et substance gélatineuse, et cela demande des dispositifs fort compliqués, dont nous ne pouvons, qu’indiquer les principes généraux de fonctionnement. Tout d’abord le ciment, e est-à-
- p.323 - vue 327/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 7ÿ2 î
- dire le mélange* ([tu* nous venons de voir préparer, est eliaulVé à une certaine température, puis passe entre deux rouleaux qui le réduisent à l'état de lame mince, el cette lame vient adhérer à un troisième rouleau : le liège pulvérisé tombe sur cette lame, et s’y colle grâce à un [tassage entre le second et le troisième rouleau, qui marchent à des allures différentes. On obtient ainsi une feuille mince, qui est détachée du rouleau auquel elle s'était collée, et qui tombe, découpée en morceaux, dans ce qu'on nomme un désintégrateur, sorte de cylindre creux, portant intérieurement des liras s’entre-croisant avec d'autres liras métalliques disposés sur l'axe autour duquel tourne le cylindre. La matière est alors rompue en menus débris, passe dans un appareil distributeur à secousses, et est livrée régulièrement
- à un mélangeur à couteaux. Uelui-ci est un long evliudre en cuivre à enveloppe de vapeur, à l'intérieur duquel se trouve un arbre métallique portant autant de couteaux qu’on en peut monter, suivant un pas de vis. Ils se croisent avec des couteaux fixes, et de plus, quand la matière découpée de la sorte sort de l’appareil, elle rencontre un couteau circulaire qui achève son découpage.
- Il faut encore que les pellicules [tassent entre six rouleaux disposés par paire, et dont le fonctionnement doit être dirigé minutieusement; finalement, la matière plastique arrive à la calendre, constituée de deux rouleaux chauffés à la vapeur, dont l'écartement est réglé fort exactement, et dont l'un, celui qui lissera la face supérieure du linoléum, est finement poli, tandis que l’autre est quelque peu ru-
- Viip on coupe d une usine de linoléum. En cartouche coupe de la machine à calandi'er et à garnir la toile.
- gueux. Les choses sont disposées de telle sorte que la masse plastique passe entre les rouleaux en même temps que la toile qui doit former le substratum : on obtient ainsi une adhérence complète, après quoi le linoléum est encore soumis à l'action de deux rouleaux froids, qui polissent la surface et compriment légèrement la matière.
- Knlin un dernier rouleau étendra à son revers une couche de peinture spéciale, puis il est envoyé sécher dans une étuve à air frais installée dans ce but. Souvent aussi il doit subir une impression à sa surface, impression qui se fait avec des blocs à la main pour les qualités supérieures, et à la machine pour les qualités ordinaires : un second séchage de 14 jours est alors nécessaire, et de toute manière il faut toujours le laisser « se faire » ou « mûrir » dans des magasins spéciaux, el cela pendant une durée de 4 à 8 semaines. On comprend que ces complications de la fabrication et le temps qu'elle ré-
- clame obligent à vendre assez cher ce produit, qui présente d'ailleurs, entre autres avantages, une résistance et une durée considérables. Henry IUiugeois.
- GRANDS ET PETITS MOTEURS
- IIK MÊME ÎHISSANCE
- Les comparaisons graphiques, en matérialisant les éléments que l’on veut comparer, les font saisir sur le vif bien autrement que des chiffres, des données numériques, dont l’esprit ne se représente le plus souvent qu'imparfaitement la Valeur. Mais les relations sont encore plus manifestes quand on n'a pas même besoin de recourir à une interprétation des chiffres, et que l’on peut mettre côte h côte les objets sur lesquels porte la comparaison.
- Celte bonne fortune est évidemment rare quand I il s’agit de machines, et nous devons la curieuse
- p.324 - vue 328/536
-
-
-
- LA NATURE.
- o2a
- photographie que nous plaçons sous les yeux du lecteur, à une idée originale et bien pratique de la maison anglaise Yarrow, de F’oplar, qui s’est fait une légitime célébrité pour ses machines et ses coques de torpilleurs ou de bateaux à grande vitesse. La photographie nous a été envoyée par les constructeurs à l’intention même de « La Nature », et l’on va comprendre qu’elle a la portée d’une leçon de choses des plus édifiantes. MM. Yarrow savent par expérience à quelles merveilles de mécanique il faut arriver pour faire tenir, dans la coque d’un petit torpilleur, une machine qui soit susceptible de lui donner les allures vertigineuses auxquelles marchent normalement ces petits navires : cette machinerie doit occuper une place aussi restreinte que possible, ne peser qu’un poids très réduit, et cependant être capable de tourner à une très grande vitesse, de supporter par conséquent des. efforts considérables. Et alors il est venu à la pensée des constructeurs de mettre une deces petites machines, un de ces bijoux de mécanique, à coté d’une machine de même puissance, mais destinée à un service à terre, où il n’est pas besoin de tourner à des allures extraordinaires, pour lequel on n’est point forcé de recourir à du métal d’une solidité exceptionnelle, parce qu’on n’est pas obligé de faire des économies sur le poids et sur l’espace, occupé. Et c’est ainsi que l’on a pris la photographie ci-jointe, représentant deux machines exactement de même puissance, Lune la machine d’un torpilleur, l’autre un engin sortant des ateliers Yarrow et destiné à la Compagnie des eaux de Londres dite East London Water Works. Disons que cette photographie porte dans le texte anglais la légende assez humoristique « Dignité et impudence », faisant allusion à l’audace de ce minuscule engin de torpilleur, qui prétend donner même puissance que le mastodonte que l’on voit à ses cotés.
- Si nous considérons la petite machine, nous voyons qu’elle ne pèse pas plus de 2 tonnes ; ses cylindres ont des diamètres respectifs de 205, 505 et 452 millimètres pour une course commune de 229 millimètres. La pression est un facteur de premier ordre à considérer en la matière, car ces machines présentent précisément la particularité de travailler
- à haute pression, et le fait est que la pression de régime prévue est de 17,57 kg par centimètre carré.
- Les dimensions de la grosse machine sont étrangement supérieures aux chiffres que nous venons de donner : les diamètres des cylindres, par exemple, sont de 508, 815 et 1540 millimètres, pour une course commune relativement énorme de 1000 millimètres. D’autre part, la pression employée, pour cet engin, qui est destiné au pompage de l’eau, est seulement de 11,25 kg par centimètre. Le poids de ce mastodonte est considérable, et il atteint 00 tonnes environ.
- . El si maintenant on recherche ce que comparativement coûtent de construction deux machines
- aussi différentes, quoique de même puissance, on constatera avec étonnement que la grande machine coûte à peu près huit fois le prix de la petite machine. Dans ces conditions, on pourrait être étonné qu’on n’adopte pas toujours les machines légères et moins coûteuses, du type de celles que l’on construit pour les torpilleurs ; mais il ne faut point perdre de vue qu’elles marchent à des allures extrêmement rapides, qui ne pourraient pas être généralement pratiquées pour tous les usages, et qu’elles sont bien plus susceptibles de se déranger que les grosses machines massives : en un mot, elles ne répondent pas au même but et offrent des inconvénients comme compensation de leurs qualités. Daniel Bem.f.t.
- --O -<>—^
- LES CRÉPUSCULES ROUGES
- Vers la fin de l’année 1883, de brillants crépuscules rouges ont attiré l’attention de tout le monde. Après avoir passé par un maximum d’éclat, ils se sont affaiblis, d’abord lentement, puis avec rapidité, tout en subissant, à des intervalles irréguliers, de vives recrudescences d’intensité. Plusieurs fois ils ont disparu assez longtemps pour reparaître de nouveau, et à diverses reprises on aurait pu les croire terminés, quand un beau jour on les voyait encore illuminer le ciel.
- Au mois d’octobre 1902, on les a revus, presque aussi brillants qu’en 1883, et ils continuent à se montrer de temps à autre. Le 21 décembre 1905, vers 5 heures 1/2 du soir, il en apparaissait encore un, de la couleur du cuivre rouge, dont l’éclat égalait presque celui de la
- p.325 - vue 329/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 52 fi
- lune réduite alors à un croissant âgé de trois jours qu’on distinguait à peine au beau milieu de la lueur crépusculaire. On peut dire, en somme, que les apparitions intermittentes des crépuscules rouges n’ont pas cessé depuis 1885. C’est ce que montre le tableau (p. 327) qui résume les observations faites au sommet du Puy de Rome et à Clermont-Ferrand, où l'on a surveillé ces apparitions avec un soin tout particulier. (Voy. tableau n° 1.)
- Il s’en faut de beaucoup que ces lueurs crépusculaires aient eu une égale importance. Mais toutes ont dépassé notablement l’intensité des crépuscules ordinaires dont elles se distinguaient par la coloration, par l’étendue et par l’heure tardive de leur disparition. Les plus remarquables, qui ont eu lieu pendant l’hiver 1885-1884, ont occupé à l’horizon un arc de 120 à 150°, et se sont-élevées jusqu’à une hauteur de 50 à 55°. Quelques-unes sont apparues le matin, 2 heures avant le lever du soleil, et d’autres ne s’éteignirent que 2 heures après son coucher. Leur couleur a varié depuis le jaune légèrement teinté de rouge, jusqu’à l’orangé ou à la nuance du cuivre rouge.
- Les crépuscules rouges ont été observés dans toutes les parties du monde, et les savants qui les ont étudiés discutent encore sur les causes qui les ont produits. Les uns n’y voient qu’une très forte accentuation du phénomène des crépuscules ordinaires sous la simple influence de conditions météorologiques spéciales. La plupart les attribuent à la présence anormale, dans les hautes régions de l’atmosphère, d’une matière réduite à une extrême ténuité : vapeur d’eau, particules glacées, poussières cosmiques ou volcaniques.
- Il est probable que leur apparition ou au moins leur visibilité dans un lieu déterminé est due aux actions combinées des deux causes, mais beaucoup de raisons donnent à penser qu’ils doivent surtout leur origine aux poussières volcaniques. D’abord, ils ont coïncidé, dans leur ensemble, avec une accentuation générale du volcanisme ; ensuite les plus importants se sont manifestés, en 1883, après la fameuse éruption du Krakatoa dans les îles de la Sonde, et, en 1902, à la suite de l’éruption du Mont Pelé à la Martinique; enfin en 1851 il y avait déjà eu de brillants crépuscules rouges qui ont été également précédés par de violentes éruptions dans les parages de j’île Pantelleria, entre la Sicile et la Tunisie. La dissémination progressive et inégale des poussières volcaniques explique fort bien la propagation successive et irrégulière des crépuscules rouges dans les différentes parties du globe, ainsi que leurs multiples apparitions et disparitions dans le même pays.
- Il est vrai que la suspension si prolongée de ces poussières dans l’atmosphère paraît un peu extraordinaire. Mais on la comprend mieux si l’on tient compte des circonstances qui ont pu la favoriser. 11 faut se rappeler, par exemple, que le Krakatoa a lancé dans les airs 18 kilomètres cubes de matériaux ; qu’à 40 kilomètres de distance tombaient des morceaux de roches de la grosseur du poing; et qu’il y eut de fortes pluies de cendres jusqu’à 1200 kilomètres du volcan. Quant à la hauteur à laquelle ont été portées les plus fines poussières lors de la grande éruption du 27 août 1883, on peut l’évaluer à 15 ou 20 kilomètres, puisque le 20 mai, au moment d’une éruption beaucoup moins forte, les officiers de la corvette allemande « Elisabeth » ont calculé que le nuage de fumée projeté par le volcan s’élevait jusqu’à 11 kilomètres. Cette évaluation est encore justifiée par celles de 8 kilomètres et de 14 kilomètres concernant la hauteur
- des colonnes de fumée sorties de l’Etna le 21 et le 24 mai 1880. Cette grande altitude des nuages de poussières est aussi en concordance avec la longue durée des crépuscules rouges après le coucher du soleil.
- D’autre part, d’après Ferrel, ces poussières si ténues, lorsqu'elles sont parvenues à une telle hauteur, ne s’abaissent que d’un centimètre par minute sous l’action de la pesanteur, de sorte qu’une chute ininterrompue ne les ferait arriver au sol qu’au bout de trois ou quatre ans. Or cette chute, déjà si lente, est en outre considérablement ralentie par l’action calorifique du soleil. Car dans les régions très élevées de l’atmosphère, la radiation solaire est encore plus énergique que dans le voisinage de la surface terrestre, et l’on conçoit que la chaleur emmagasinée par chaque poussière puisse créer à celle-ci, grâce à l’air adhérent, une petite atmosphère plus chaude et moins dense que l’air ambiant. Celte poussière s’élève alors pendant le jour à la façon d’un microscopique ballon, comme celles que nous voyons voltiger dans un rayon de soleil à l’intérieur de nos chambres, et ne peut redescendre que pendant la nuit. 11 en résulte ainsi, au lieu d’une chute régulière et continue, une série d’oscillations autour d’un niveau variable avec la saison et la latitude, mais qui ne s’abaisse définitivement qu’avec une extrême lenteur.
- Les nombreuses éruptions volcaniques qui ont eu lieu depuis 1885 dans les diverses régions du globe ont en outre alimenté les nuages de poussières, et ont aussi contribué non seulement à prolonger la durée des manifestations crépusculaires, mais encore à augmenter par intervalles leur fréquence et leur intensité.
- La coïncidence des lueurs crépusculaires avec l’existence, dans l’atmosphère, de poussières excessivement fines était d'ailleurs révélée, dans le jour et surtout en hiver, par la formation de l’anneau de Bishop autour du soleil. Cet anneau, qui est dû à la diffraction des rayons solaires par les poussières, se voyait très bien quand le soleil approchait de sa culmination, et son rayon, évalué au moyen d’une lunette de Soret, a varié entre 15 et 20°. Les jours où il n’était pas visible au premier aspect, il suffisait souvent de masquer le soleil pour le distinguer sans peine. Du sommet du Puv de Dème, quand on se trouvait isolé entre le ciel et une mer de nuages qui couvrait tout le pavs environnant jusqu’à l’horizon, les bords roussâtrès de l’anneau paraissaient plus foncés, son intérieur prenait une teinte opaline plus éclatante, et il se détachait vigoureusement sur le ciel, surtout dans sa moitié inférieure. Le cercle de Bishop se montrait encore, un peu diffus, le 12 février 1904, à la suite d’une grande perturbation atmosphérique qui IÜ monter le baromètre avec rapidité de 744 à 708 millimètres.
- Parmi les journées qui ont donné lieu à des constatations intéressantes, il faut citer particulièrement le 14 mars 1884, comme ayant fourni les phénomènes suivants : 1° une lueur crépusculaire le matin (crepusculum matutinum) de 5h 20 à 6h 50 ; 2° l’anneau de Bishop durant tout le jour, surtout entre midi et 5 heures du soir; 5° une lueur crépusculaire le soir (crepusculum vespertinum) de 6 heures à 7 heures ; enfin de 8h 45 à 9h 50 du soir une magnifique lueur jaune d’or qui a commencé une demi-heure avant le lever de la lune.
- Si les poussières volcaniques, en jouant le double rôle de filtre et de réflecteur pour la lumière rouge (ou jaune-orangée-rouge) réfractée dans les couches inférieures de l’air, expliquent la production des crépuscules rouges ainsi que leurs principaux caractères, les conditions météorolo-
- p.326 - vue 330/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 527
- giques interviennent à leur tour pour en faire comprendre diverses particularités. D’abord il es! clair que les grands mouvements de l’atmosphère, vents alises ou cycloniques, en disséminant ou en groupant les poussières, en les abaissant ou en les élevant, en les transportant d’une région dans une autre, ont influé directement sur les variations générales des lueurs crépusculaires. Ils ont encore agi sur elles d'une manière indirecte en modifiant sans cesse et partout la distribution delà chaleur, de la vapeur d’eau et de la nébulosité.
- Considérons, par exemple, la nébulosité dont l’influence est très simple et, dans certains cas, manifeste. Si le ciel avait été constamment couvert, on n’aurait vu aucune des lueurs crépusculaires, et beaucoup d’entre elles ont dû
- être cachées par les nuages, même lorsque le ciel n’était que partiellement couvert. Par contre, on en a observé quand les nuages occupaient la majeure partie du ciel; il suffisait pour cela d’une éclaircie convenable le matin du côté du levant, et le soir du côté du couchant. On comprend encore aisément que la nébulosité ait empêché la production des lueurs, même dans un pays où le ciel était pur, quand des masses nuageuses éloignées interceptaient les rayons crépusculaires dans le voisinage de leur tangence avec la Terre. En général, les lueurs crépusculaires ont été d’autant plus fréquentes que le nombre des jours sereins a été plus grand. C’est ce qu’on peut voir dans le tableau n° 2.
- On y remarque, en particulier, que l’année 189Ô, qui
- Tableau N" 1.
- Années........ 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900
- Nombre i ~ ~~ '
- de journées > S 85 59 18 22 52 57 50 70 85 tôt 05 00 75 00 01 01 55
- avec crép. rondos. )
- Tableau N" 2.
- Années...... 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898
- crép. rouges. 8. 85 50 18
- 1899 1900
- 57 5(1 70 8.) 151 05 00 75 00 01 01 55
- [ riol pur. 11 21 ti 21 tî 57 55 55 0 7 0 5 92 19 75 il 5 9 09 85 52
- Tableau N" 3.
- 1881. - - Janvier. . . . 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31
- lia rom. - 700 . . 7') 7 / i i 7.'> 78 79 8(1 78 75 (i.) liS 02 51 58 (>7 72 09
- Nébulosité (do 0 à 10) ) malin . ( soir . . 8 . 10 10 10 10 10 s O O 0 w) 0 0 0 v2 2 0 2 0 10 10 10 0 5 10 10 10 8 10 10 10 10 O 2 2
- ( ,) » » mat. mat. mal. mat. mal. mat. )) mal. )) » » mal. mat.
- (aTjmsemos rou^rs. . 1 » » » soir soir soir soir soir » )» » )) » )) soir soir
- Tableau N” 4.
- 1897. - - Décembre. . . 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31
- Itaroni. = 700 + . . . . 58 (U 09 70 72 70 t>5 09 75 75 71 75 i l 7(i 71 75 59 51
- Nébulosité (do 0 à 10) , malin . ij soir . U . . i 9 1 1 0 0 0 0 0 0 0 8 11) 0 0 O 0 O 0 u 0 O 1 0 0 O 0 O 2 i i 10 10 10 10
- Crépuscules rouges
- mat. mat. mal. mat. soir soir soir
- mal. mal. mat. mat. mal. mal. mal. mat. mal. soir soir soir soir » soir soir » »
- Tableau N” 5.
- >lois............»..............Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
- Pression........................ 70)0 70 i 702 700 701 702 705 705 705 702 705 70 i
- Humidité ....................... 78 72 J>5 02 _02 J'm 02 01 09 71 77 78
- Crépuscules rouges......... 5.5 0.0 5.i 2.0 o.O o.5 i. I 1.5 5.5 5.0 5.5 0.2
- a compté 92 journées pendant lesquelles le ciel est resté pur, ce qui fait le double d’une année ordinaire, a fourni 151 lueurs crépusculaires, et que ce chiffre, maximum de la période, est deux fois plus grand que pour une année moyenne. Les crépuscules rouges ont été vus moins fréquemment à. l’époque de leur plus grand éclat parce qu’à ce moment le ciel est resté très longtemps couvert.
- Les apparitions et les disparitions momentanées des lueurs crépusculaires, étant liées à la nébulosité du ciel, doivent nécessairement se trouver aussi en rehdion avec la valeur de la pression atmosphérique, puisque le ciel est en général d’autant plus clair que le baromètre est plus haut. On reconnaît effectivement dans les deux tableaux suivants, que les crépuscules rouges se sont montrés surtout quand le ciel s’était épuré sous l’influence d’une aire de fortes pressions. (Voy. tableaux nos 5 et 4.)
- Enfin, dans un dernier tableau qui donne les moyennes
- mensuelles des 17 années de la période que nous avons considérée, on verra que la fréquence des crépuscules rouges a aussi varié avec les saisons, et qu’elle a augmenté avec la pression et l’humidité de l’air. (Voy. tableau nB 5.) M. llellmann a montré que ce dernier élément prolonge un peu la durée des crépuscules.
- L’influence considérable que les conditions météorologiques ont exercée sur la visibilité des crépuscules rouges s’ajoute donc bien à celle de la dissémination progressive et irrégulière des poussières volcaniques pour expliquer la bizarrerie de leurs variations en intensité, en étendue, en coloration et en fréquence. Elle établit même que leurs disparitions pour une localité ou pour une région déterminée n’ont pas toujours été bien réelles. Et l’on peut en conclure que si l’on possédait des observations faites quotidiennement et systématiquement dans un grand nombre de stations choisies et disséminées sur
- p.327 - vue 331/536
-
-
-
- r>28
- LA NATURE.
- toute la surface du globe, on reconnaîtrait peut-être que depuis 1 885 les crépuscules rouges n’ont jamais cessé de se montrer, soit dans un pays, soit dans un autre.
- J.-R. Plumaxdox,
- météorologiste à l’Observatoire du l'uy de Dème.
- --c* -c-
- LE CMLUMEMJ OXY-\CÉTYLÉlNIQUE
- SOUDURE AUTOGÈNE ET LAVJFE DE PROJECTEUR
- La fabrication industrielle du carbure de calcium, qui rendait si facile la production de l’acétylène, avait, dès le début, fait songera une foule d'applications qui n’ont, été réalisées que beaucoup plus tard, pour différentes raisons. Entre autres, on peut ci ter particulièrement l’emploi de l’acétylène combiné avec l’oxygène pour obtenir de très hautes températures. Dans une communication à l'Académie des sciences en 1895, M. Le Cha-lellier indiquait que la température de combustion devait être voisine de 4000°. Mais la réalisation d’un chalumeau oxy-acétylénique avait suscité quelques
- craintes h cause de l’extrême facilité d’explosion du mélange et de la possibilité des retours de ilamme dans l’appareil. Les expériences de laboratoire établissaient en effet que la propagation de la Ilamme dans un tel mélange pouvait atteindre la vitesse considérable des 1000 mètres à la seconde et on en déduisait qu’il serait nécessaire, pour éviter les explosions, de donner à la sortie des gaz une vitesse supérieure, incompatible avec l’emploi du chalumeau.
- On a essayé de faire arriver les deux gaz séparément, le mélange devant se faire à l’extérieur de
- l’appareil ; mais on obtenait, au bout de quelques instants,un abondant dépôt de charbon qui arrè-(ait le fonctionnement. Il fallait donc avoir recours au mélange intérieur et on s’est rendu compte que cela était possible en pre-nant certaines précautions. En effet les expériences sur la vitesse de propagation de la flamme ont été laites dans des tubes de grand diamètre et les conditions ne sont plus les mêmes quand on opère sur des diamètres très faibles comme ceux des tubes du chalumeau.
- Fig. 2. — 1. Lampe à incandescence à chalumeau oxy-acétylénique et crayon réfractaire d’oxyde métallique. 2. Tube pour la fabrication instantanée de l'oxygène par combustion du chlorate de potasse.
- On aborda dès lors la fabrication de ces appareils, et on commence à les employer de façon courante, dans diverses industries, en se servant des deux gaz avec ou sans pression suivant les cas.
- La « Société de l’acétylène dissous », qui livre, dans des bouteilles en fer, le gaz dissous dans l’acétone sous une pression de 10 kg (voyez n° 1454 du 6 avril 1901), a résolu le problème de façon très complète. Son chalumeau se compose (lig. 1) de deux tubes concentriques qui amènent, celui du centre, l’acétylène, l’autre l'oxygène. Le tube intérieur est percé d’orifices à faible section qui permet-
- tent un premier mélange imparfait des gaz ; le mélange complet ne se produit qu’à l’extrémité de l'appareil dans le prolongement du tube extérieur et après l’orilice très étroit du tube intérieur. Ce n’est que dans cette partie assez large du chalumeau que peuvent se produire des rentrées de Ilamme et des explosions, tout à fait sans danger, dont le bruit est analogue à celui d’un coup de fouet, l'ar surcroît de précaution on a interposé sur le canal d’arrivée de l’acétylène un tampon de matières poreuses que le gaz peut traverser facilement. Nous ferons remarquer en passant que lorsqu’il s'agit d'un mélange
- p.328 - vue 332/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 529
- oxy-acétyléni(jue les toiles métalliques sont tout à lait insuffisantes pour éviter la propagation de la flamme ; l’expérience a démontré, en effet, que, même empilées l’une sur l’autre au nombre d’une centaine, elles sont fondues par l’intensité de la chaleur dégagée et l’explosion se produit quand même. Le procédé le plus généralement employé parla «Société de l’acétylène dissous », pour faire la soudure autogène du fer, consiste à avoir deux bouteilles (fig. 5) contenant l’une l’oxygène à 120 atmosphères tel qu’on le trouve dans le commerce, l'autre l’acétylène dissous à 10 atmosphères tel que le fabrique cette Société. Les deux bouteilles sont reliées au chalumeau par des tubes souples ; un détendeur, monté sur chaque tube, ramène la pression à une valeur
- déterminée. En général on utilise la pression à 1 kg ou0,5kg pourroxygène,etàl00ou 150 grammes pour l’acétylène; ces chiffres n’ont rien d’absolu; pour ce dernier gaz ils peuvent varier dans d’assez larges limites. Si on veut éviter le transport de bouteilles chargées, la Société les livre vides de gaz avec une petite pompe de compression qui permet de faire soi-même la solution dans l’acétone. On peut avec un matériel très simple préparer ainsi par jour 4000 litres de gaz dans des bouteilles qu’on transporte ensuite aux points où elles doivent être utilisées. On peut aussi employer l’acétylène sans pression.
- Quant à l’oxygène, il doit toujours être utilisé sous pression et, bien qu’on le trouve ainsi dans le commerce couramment, il peut se présenter des cas
- où l’approvisionnement en serait difficile. On peut, il est vrai, au moyen du bioxyde de sodium, ou oxylithe, préparer aujourd’hui l’oxygène aussi facilement que l’acétylène, et au moyen d’un appareil approprié on peut l’avoir immédiatement sous pression. Cependant la « Société de l’acétylène dissous » vient de trouver un autre procédé, peut-être plus pratique, qui permet d’avoir ce résultat sans aueunemani-pulation, en brillant du chlorate de potasse en vase clos. Pour arriver à ce résultat sans danger elle fabrique des agglomérés composés d’un mélange intime de chlorate de potasse et d’un corps inerte, qui est de la terre d'infusoires, pour retarder la combustion, avec addition d’un peu de carbone pour l’amorcer. Ce mélange est comprimé sous forme de cylindres de 5 centimètres de diamètre et de 6 centimètres
- Fig. 3. — Soudure autogène île réservoirs en 1er par le lalmneau oxy-acétylénique de la Société de l'acétylène dissous.
- de haut. II suffit d’allumer par un bord l’un de ces cylindres pour le voir se consumer lentement en fusant. Si on l’enferme dans un vase clos les choses se passent de la même façon et la quantité d’oxygène recueillie est de 18 à 20 litres. Il est donc facile"d’obtenir la pression voulue en raison de la capacité du réservoir et du nombre d’agglomérés employés; chacun d’eux demande environ 1 à 2 minutes pour se consumer entièrement.
- La « Société de l’acétylène dissous » a disposé à cet effet des bouteilles (fig. 2, n° 2) dont le charge-,ment s’effectue très rapidement ; au centre se trouve le logement B d’un tube en fer ajouré dans lequel on dispose les agglomérés les uns au-dessus des autres. Une double paroi C percée de trous, contient de la chaux sodée que les gaz produits par la combustion doivent traverser ; l’acide carbonique et les produits chlorés sont retenus, l’oxygène ainsi purifié se comprime dans l’espace vide A qui lui est réservé et où aboutit le robinet à pointeau qui permet de relier la bouteille aux appareils d’utilisation. La flamme du chalumeau oxy-acétylénique présente deux zones bien
- p.329 - vue 333/536
-
-
-
- 550
- LA NAT U HE.
- distinctes : l'une intérieure d’un bleu vil', la seconde extérieure, plus pâle, formant gaine à la première. Dans la zone interne qui est extrêmement chaude, le carbone brûle aux dépens de l’oxygène en produisant de l’oxyde de carbone ; dans la deuxième zone, l’oxyde de carbone et l’hydrogène brûlent aux dépens de l’air extérieur en formant de l’acide carbonique et de l'eau. Cette disposition particulière de la 11 anime offre l’avantage d’entourer le métal fondu et soudant d’une gaine réductrice, qui empêche la formation des oxydes et qui les détruit même quand ils sont formés; ces conditions sont très favorables notamment pour la soudure du fer.
- L’emploi de ces appareils se généralise rapidement dans toutes les industries et surtout dans l’industrie du fer et de l’acier. II suffit d’approcher bord à bord les deux parties à souder, même sans avoir pris soin de les décaper ; on approche ensuite le dard de la flamme et on voit le métal entrer en fusion comme de la cire à cacheter ; les deux parties se réunissent d’elles-mêmes. S’il y a des espaces vides on bouche les trous en faisant fondre un fil de fer.
- La couleur de la flamme indique à un œil exercé si le mélange des deux gaz est dans les proportions voulues pour obtenir le maximum de chaleur ; la manœuvre des robinets permet d’arriver rapidement au résultat cherché. On construit des chalumeaux de différentes dimensions, la quantité de gaz consommée devant nécessairement varier avec l’épaisseur des pièces à souder et la nature du métal.
- L’emploi des gaz sous pression ou sans pression devra être déterminé suivant les circonstances; les appareils, qui sont construits en vue de la façon dont ils doivent être employés, fonctionnent également bien et donnent les mêmes résultats. Mais sur un chantier volant, sur des échafaudages et pour les ateliers appelés à se déplacer l’emploi de l’acétylène dissous sera tout indiqué ; au contraire dans une usine, dans les ateliers où les travaux de soudure se feront toujours au même endroit, on fabriquera soi-même l’acétylène, qui pourra servir aussi à l’éclairage, et qu’on emploiera, dès lors, sans pression.
- Dans tous les cas le chalumeau oxy-acétylénique rendra de grands services en permettant une économie de main-d’œuvre, une plus grande sûreté et un fini plus complet du travail et en permettant même d’exécuter certains ouvrages que la rivure ou la brasure n’auraient pas permis d’entreprendre.
- Mais en dehors de la soudure on trouve pour le chalumeau une application intéressante dans la production de la lumière : il suffit de le faire agir sur un corps parfaitement infusible qu’il porte à l’incandescence. La chaux utilisée pour la lumière oxyhy-drique ne présente pas une résistance suffisante. On a eu recours h des comprimés de terres rares, oxyde de thorium, lithium, zirconium ; le choix de la matière est moins important que le mode de préparation qui a permis d’obtenir des crayons, ou des pastilles, qui résistent pendant très longtemps à l’action continue du chalumeau. Une fois refroidis ils
- se conservent sans éclatement et sont insensibles aux variations de température, ils sont toujours prêts à servir de nouveau. La lampe n’a rien de particulier, le chalumeau prend seulement la forme recourbée habituellement employée pour les lampes de ce genre (fig. 2, n° I ). Avec une consommation de 50 litres d’acétylène et 100 litres d’oxygène à l’heure on obtient une lumière très éclatante, équivalant à celle d’un arc électrique de 10 ampères.
- Ce procédé d’éclairage, qui a déjà été utilisé sur le bateau de la Préfecture de police « la Mouette » pour la surveillance delà Seine pendant la nuit, présente de très nombreuses applications.
- (1. Chai,M.\i(es.
- Cette désignation va paraître bizarre, mais elle s’expliquera aisément par l’examen de la ligure ci-jointe et par les explications que nous allons donner sur le fonctionnement de cet outil. Nous l’avons trouvé dans les ateliers de MM. Meldrum, les constructeurs de chaudières anglais.
- Cette scie sert couramment à découper des disques de métal dans des cylindres qu’on lui présente en les faisant avancer de la longueur voulue, et en les maintenant dans une sorte d’étau disposé sur la table de la machine. Nous avons appelé l’outil excentrique, et le fait est qu’il ne conserve point constamment sa position dans l’attaque du cylindre, il ne vient pas scier le métal dans toute la largeur de ce cylindre, parce que son inclinaison est périodiquement modifiée sous l’influence d’un excentrique, qui se trouve disposé sur l’arbre principal de commande, et sur lequel sont montés les guides du châssis de la scie; cet excentrique est installé de telle sorte qu’il exécute une portion de révolution pour une série de 20 mouvements de la scie. C’est un sciage opéré « en coin », et la lame de la scie ne venant jamais attaquer qu’une largeur réduite de métal, n’a pas besoin d’être de fortes dimensions, ce qui lui permet de fonctionner très vite et de ne faire qu’une coupe étroite n’entraînant qu’une faible déperdition de métal. Elle marche à raison de 100 tours par minute, en s’abaissant au fur et à mesure qu’elle s’enfonce dans le cylindre métallique ; son mouvement de va-et-vient est assuré par une bielle articulée, que l’on voit en avant de la poulie sur laquelle passe la courroie de commande. Une petite courroie reçoit son mouvement de l’arbre de commande principal, et descend sous la table actionner une minuscule pompe rotative envoyant, dans le coup de scie, de l’eau savonneuse pour faciliter le sciage. U. B.
- Scie excentrique.
- p.330 - vue 334/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 554
- LES NOUVEAUX TRANSATLANTIQUES
- SANS PREMIÈRE CRASSE
- Nous avons tenu nos lecteurs au courant des nouveaux steamers transatlantiques, achevés ou projetés, dont le but est de réduire de plus en plus la durée du passage d’Europe en Amérique : ces navires, devant donner des vitesses très grandes, nécessitent des machines énormes qui consomment forcément des monceaux de charbon.
- Or, s’il y a un ensemble de passagers dont le temps est réellement précieux, soit pour les affaires qui réclament leur présence, soit pour abréger la durée de, leur traversée, il y a par contre une foule de gens qui ne veulent ou ne peuvent point payer un prix de passage exorbitant, dans le seul but d’abréger leur voyage de quelques heures ou même d’une journée. 11 est donc logique que les transports de passagers se partagent en deux grandes catégories, les gens qui veulent la grande vitesse à tout prix, et ceux qui se contenteront d’allures plus modestes. Pour la seconde catégorie de voyageurs, il s’est créé, ou du moins il se crée une classe spéciale de bateaux, à bord desquels les cabines de première classe sont inutiles, car ceux qui se payent le luxe de cette classe auront les moyens de payer également le supplément de la grande vitesse. (Il n’en est pas ici comme des trains omnibus, qui desservent des stations brûlées par les express, et que les vovageurs de première classe sont obligés de prendre.)
- Le navire qui, le premier, ait présenté celte caractéristique, est le « Carpathia » : construit pour la Compagnie Cunard, il a été expressément prévu pour un service sans cabines ni aménagements de première classe. 11 ne comporte que des deuxièmes et des troisièmes classes, mais cela ne l’empêche point d’offrir les plus remarquables dispositions comme machinerie. Ce navire des bourses modestes, qui sort des chantiers Swan and Ilunter, possède deux hélices, tout comme le « Kaiser Wilhelm II » ; il est long de plus de 170 mètres pour une largeur de près de'20 mètres et un creux de 12m,54. Son tonnage est de 13 555 tonneaux et son déplacement de 24 000 tonnes. Ses deux machines n’ont ensemble qu’une puissance de 0000 chevaux : c’est suffisant, parce qu’on ne veut point tenter des,vitesses extraordinaires; ce sont des machines à quadruple expansion, alimentées par 7 chaudières fournissant de la vapeur à 14,7 kg par centimètre carré.
- Ce fait qu’on se contente de vitesses modérées, que, par conséquent, les machines et les approvisionnements de combustible n’occupent qu’une place assez restreinte, permet de porter plus de 12 000 tonnes de cargaison; et, grâce aux bénéfices qu’assure ce chargement, on peut ne pas imposer des tarifs de passage très élevés, tout en ne réduisant pas l’espace disponible pour chaque passager au strict minimum. Ces passagers de seconde classe ont des aménagements aussi confortables qu’on peut le désirer, et ils jouissent, sur les ponts supérieurs, des bonnes places qui sont habituellement réservées aux cabines de première classe ou même de luxe. Les troisièmes classes ont ici un confort supérieur à celui dont on se contentait, il n’y a pas encore longtemps, pour les secondes; on leur assure un air constamment renouvelé, et réchauffé en hiver, rafraîchi en été ; nous ne sommes plus au temps des entreponts où les émigrants étaient entassés dans une atmosphère plus ou moins irrespirable. Le transatlantique sans première classe constitue un nouveau progrès au profit des voyageurs peu fortunés, et une amélioration dans les moyens de transport modernes. P. de M. —><)><.—
- L’ÉLÉVATEUR SAUTERELLE
- La dénomination employée n’est pas plus singulière que l’apparence même de l’appareil.
- 14 s’agit d’un de ces élévateurs à céréales comme ceux qui sont en service dans tous les grands ports des États-Unis, et qui jouent un rôle si précieux dans la manutention des blés et des céréales en général. On sait que ces élévateurs comportent essentiellement un bras supportant une chaîne à godets qui puise dans la masse du blé, soit pour l’élever des lianes d’un bateau et le déverser dans un grenier, soit au contraire pour le transporter d’un grenier à bord d’un navire, ou encore pour le faire passer de la cale d’un chaland dans celle d’un hateau de mer. Dans ce dernier cas, il n'est pas pratique de recourir à un élévateur fixe installé à terre, et l’on a combiné des élévateurs bottants, sorte de plates-formes qui portent toute la machinerie voulue, spécialement le grand bras renfermant la chaîne. îi godets don! nous parlions tout à l’heure, et aussi les chutes et trémies qui assurent la descente du blé du sommet du bras élévateur.
- Naturellement, ce bras doit pouvoir se manœuvrer facilement, et être doué d’une sorte de flexibilité de mouvements qui lui permette d’entrer dans les cales par les panneaux. Ce n’est du reste que lorsqu’il est réellement en service qu’il est maintenu dans sa position verticale, et, par conséquent, dans la photographie qui a été prise de l’élévateur sauterelle, on a supposé les choses dans le même état que si l’appareil plongeait son bras dans les lianes d’un navire.
- Il était plus commode ainsi de faire saisir au lecteur les dispositions de cet engin : on voit fort bien également les deux bras latéraux destinés à assurer la descente du blé dans les deux chalands qui peuvent venir se mettre de chaque côté bord à bord avec la plate-forme flottante supportant l’élévateur. Si d’ailleurs on considère l’apparence générale de la photographie que nous reproduisons, on comprendra cette désignation de sauterelle que l’on donne à l’appareil.
- Cet élévateur a été construit pour le port de Londres, où l’on a constamment besoin de transborder sur des allèges les céréales qui arrivent des Etats-Unis ou d’Australie; il a été inventé et combiné de concert par M. A. S. Williams, de l’Atlantie Transport Steamship C°, le capitaine W. K. Browne, et M. A. H. Mitchell, l’ingénieur en chef de cette même compagnie. Tout a été disposé au mieux pour obtenir à la fois légèreté et robustesse et pour pouvoir replier tout cet échafaudage et tous ces mécanismes, afin que, comme nous l’indiquerons dans un instant, lelévateur tienne le moins de place possible quand il n'est pas en service. Le ponton même qui supporte le tout est fait d’acier, il est absolument carré de l’avant, afin qu’il vienne accoster exactement perpendiculairement au flanc du navire dont il s’agit de vider le contenu. Ce ponton est long de 22m,80 pour une largeur de 7m,30 et un tirant d’eau
- p.331 - vue 335/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 552
- de 2"',44. Nous ne mentionnerons que d’un mot les deux chaudières qui se trouvent à l’arrière de la plate-forme, et dont l’une est simplement en réserve, tandis (pie l’autre fournit la vapeur à tout le mécanisme moteur sur lequel nous allons jeter un coup d’œil. Le ponton a d’ailleurs la possibilité de se déplacer par ses propres moyens, mais à toute petite allure, et dans ce but il renferme dans ses lianes une minuscule machine marine qui commande au besoin une hélice de dimensions modestes. On trouve en outre, sous le pont, des soutes à combustible, et surtout des chambres à ballast, destinées à assurer l’équilibre du ponton quand son bras est développé et alourdi encore par le poids du blé qui y circule. Quant à la machinerie de l'élévateur proprement dit, celle qui assure le mouvement de la chaîne à godets et aussi le soulèvement et l’abaissement du grand bras et la commande des organes secondaires (quand on \eut déplier ou replier l’appareil), elle est sur le pont même du ponton, mais elle s’v peut déplacer sur une voie de roulement de 2"', 10 d’écartement, et qui repose sur des poutres métalliques lui assurant toute solidité. Le chariot portant le mécanisme moteur glisse sur une voie d’une longueur de près de 11 mètres et par le moyen de câbles métalliques s’enroulant sur des tambours. Sur ce chariot est un moteur de 5(j chevaux et à deux cylindres, qui reçoit par des tuyaux flexibles la vapeur de la chaudière dont nous avons parlé, et, pour éviter qu’ils ne traînent sur le pont quand le chariot est tout à fait à l’arrière du ponton et de sa voie de roulement, ces tuyaux sont enroulés automatiquement sur une sorte de treuil, tandis que le passage de la vapeur se fait toujours par des jonctions spéciales ménagées dans l’axe du treuil.
- Nous n’insisterons pas longuement sur les dispositions mécaniques que peut faire saisir du premier coup d’œil la photographie d’ensemble de l’élévateur. On peut voir notamment des câbles de renvoi qui permettent de soulever ou d’abaisser le grand bras vertical, double mouvement qui est nécessaire quand
- on veut l’introduire dans un panneau de cale après l’avoir fait passer par-dessus le pavois d’un navire. On aperçoit très nettement le couloir légèrement incliné qui assure la descente du blé, du sommet du grand bras, sur une toile porteuse horizontale courant sur la poutre métallique qui soutient ce bras. Le blé tombe ensuite sur une autre toile et il est amené à l’entrée des deux conduits obliques qui se déchargent dans les chalands. Le mécanicien de l’appareil a sous la main des leviers qui lui permettent d’orienter ces conduits, tout aussi bien que de faire glisser verticalement le bras contenant la chaîne à godets, ou de remonter ou de descendre, le long des poutres obliques à treillis, les deux poutres horizontales supportant les courroies porteuses. Les différents
- mouvements s e combinent avec les déplacements du chariot lui-même portant la machinerie, et cela assure une facilité de manœuvre que nous ne pouvons du reste expliquer par le menu.
- Mais ce q u e nous ne pouvons manquer d’indiquer, c’est que la constitution même de l'appareil permet de le replier sur lui-même, de manière à ne lui faire occuper qu’une place extrêmement réduite. En effet, si le chariot vient à rouler tout à fait vers l’arrière de la plale-lorme du ponton, les deux jambes formant support, articulées par leur base, qui étaient tout à l’heure perpendiculaires, s’inclinent jusque vers 45° du côté même de ce chariot. Il en est ainsi, mais en sens inverse, de la poutre à treillis qui part du sommet de ces jambes de support pour se terminer au chariot ; dans ce mouvement, le grand bras de la chaîne à godets passe entre les deux jambes de la bigue, et il arrive à se coucher tout de son long sur le pont du ponton, la poutre métallique qui le soutient normalement en porte-à-faux étant inclinée en conséquence grâce aux renvois qui permettent de la manœuvrer. Enfin l'autre poutre, tout à l’heure horizontale, qui porte aussi une toile sans fin, et à l'extrémité de laquelle se relient les deux trémies-couloirs de déversement du blé, prend une certaine inclinaison au-dessus du chariot, vers l’arrière du
- l.'élévntmir pii position de fonclioniiPincnl.
- p.332 - vue 336/536
-
-
-
- LA NATURE.
- «vio
- bateau, et les conduits de déversement se replient de manière à 11e point dépasser le bord du ponton.
- De cette façon, l’élévateur occupe dans le sens vertical une hauteur fort réduite et une largeur qui 11e dépasse point la propre largeur du ponton, et on peut conduire l'appareil partout où l’on a besoin de ses services, même sous des ouvrages d’art assez peu élevés. Pierre DK Mkrikl.
- UNE ANCRE EN BOIS
- Une bonne partie de la population basque se livre à la pèche. Certes l’époque héroïque de la grande poche est passée depuis longtemps, depuis notamment que la baleine a été exterminée dans le golfe de Gascogne. Cependant les ports de la côte, Biarritz, (iuéthary, Saint-Jean-de-Luz, arment toujours, au moins pour de petites expéditions d’une journée. Les barques employées, ainsi que les engins, lignes, fdets, casiers à langoustes, ne présentent rien de particulier au point de vue ethnographique. Mais j’ai vu les pécheurs de (iuéthary se servir couramment de la curieuse ancre en bois représentée sur la figure ci-contre. J’en ai rencontré également quelques exemplaires à Saint-Jean-de-Luz ; mais j’ignore si elle est en usage dans la partie espagnole du pays basque. Comme il est facile de s’en rendre compte (voy. lig. ci-dessus), il s’agit d’une ancre à 4 branches, dans la confection de laquelle il n’entre pas un atome de métal. Les branches sont constituées par une croix en bois, dont les extrémités sont pointues. La tige est remplacée par quatre rameaux de bois flexible, dont chacun a été forcé à travers un trou percé dans une branche de la croix, et arrêté sur un nœud du bois. Les rameaux sont entrelace's ensemble à leur autre extrémité et réunis par des liens en corde ou en écorce formant une boucle où vient s'attacher la corde fixée à la barque. Ils laissent entre eux un espace vide dans lequel est encastrée une grosse pierre brute, d’un poids de 10 kg environ. Il va de soi que la présence de celle-ci est indispensable pour permettre à l’ancre de s'enfoncer; elle a été mise en place avant de réunir ensemble les quatre rameaux remplaçant la tige. Ces ancres, fabriquées par les pêcheurs eux-mêmes, sont par' suite très
- économiques; seules les branches de la croix sont taillées à section carrée, et mortaisées l’une dans l’autre. Elles présentent en outre une légère courbure, dans le sens postérieur, de façon à mordre plus facilement dans le sol. Le reste, rameaux et pierre, sont des matériaux absolument bruts tels «pie la nature peut les fournir.
- Au moment où les anciens usages disparaissent de plus en plus devant les progrès de ce qu’on appelle civilisation, où les Basques eux-mêmes, si attachés cependant à leur langue et à leur coin de terre, perdent de plus en plus leur originalité, sous l’influence des touristes et des immigrants venus de partout, il était intéressant de signaler cet instrument si curieux. C’était sans doute d’ancres de ce genre que se servaient les premiers hommes qui se
- sont confiés à la vaste mer sur un frêle esquif alors que les métaux étaient encore rares ou inconnus.
- I)r L. Laloy.
- DES CORPS RADIO-ACTIFS
- Les corps radio-actifs, et particulièrement le radium, puisent-ils leur énergie en eux-mêmes, ainsi qu’on le croit généralement, ou l’empruntent-ils simplement à leur milieu?
- Dans l’un ou l’autre cas, il faut de nouveaux principes physiques pour expliquer le phénomène ; mais ces principes nouveaux bouleverseront-ils au même point dans les deux cas la physique fondamentale qui, malgré tout, ne cesse de demeurer la base solide sur laquelle s’appuie l’ensemble de nos connaissances ; là est la question.
- La physique enseigne que plus un corps se désagrège (en se décomposant s’il est composé, en se liquéfiant
- Ancres en bois en usage dans le pays basque.
- p.333 - vue 337/536
-
-
-
- r>r»4
- LA NATURE.
- s'il ost solide, en se volatilisant s’il est liquide), plus il faut d’énergie pour opérer sa disjonction matérielle. Nul doute que si l’on envisage un changement d’état physique poussé plus loin encore que celui de la volatilisation do la matière, — son émanationisation et sa dissociation mêmes, — il ne faille « consommer » plus d’énergie encore pour la réaliser.
- Or, d’après l’idée généralement reçue, ce serait le contraire qui aurait lieu pour les corps radio-actifs : ils « produiraient » de l’énergie en se dissociant. Ce que la physique enseigne comme ne pouvants’obtenir que par une condensation matérielle, s’obtiendrait ici par voie inverse et c’est donc non seulement bouleverser, mais encore h retourner » la science que d’admettre cette interprétation.
- En est-il de môme si l’on part de l’hypothèse suivant laquelle les corps radio-actifs emprunteraient leur énergie à leur milieu? Aucunement, puisqu’il suffit, en conservant simplement l’opinion reçue que nos milieux sont alimentés d’énergie par le Soleil, d’admettre ce principe nouveau, nullement bouleversant ni surtout retournant, que l’énergie solaire se potentialise « spécifiquement » dans nos milieux avant de passer sur les corps radio-actifs.
- Inutile d’entrer, pour le moment, dans l’examen du mécanisme de cette potentialisation spécifique de l’énergie: l’urgent n’est pas là, mais consiste bien plutôt à démontrer expérimentalement le fait que l’énergie des corps radio-actifs est empruntée et non générée par eux et cela d’autant plus qu’il semble facile d’arriver rapidement à cette démonstration.
- En effet, si les radiations des corps radio-actifs sont reçues avant d’être émises par eux, et si, d’autre part, elles sont arrêtées par le chlorure d’argent, il semble évident qu’en entourant complètement de chlorure d’argent ou simplement de papiers sensibles superposés une très petite ampoule renfermant du radium, on mettra celui-ci dans l’impossibilité de renouveler sa provision d’énergie et l’on verra bientôt cesser son action sur le sel d’argent en contact immédiat avec l’ampoule, cette action ne pouvant s’y produire qu’à faible profondeur.
- Il ne parait pas que l’on ait songé jusqu’ici à réaliser pareille ou équivalente expérience, alors pourtant qu’elle semble fort indiquée. Le trésor que constitue la physique fondamentale vaudrait certainement la peine qu’on se préoccupât sans retard d’affirmer ou d’infirmer une bonne fois, par un fait caractéristique et sans se laisser fasciner par le mystérieux qui enveloppe le radium, le principe de la conservation de l’énergie que l’on est trop facilement en voie de délaisser. Eux est Sol va y.
- DESTRUCTION CONSIDÉRABLE D’OISEAU A
- DANS I.A BAIE DE CARDIGAN (l'AYS DE GALLES) 1
- Le 18 mars dernier, vers 2 heures de l’après-midi, on trouvait rejetés sur le rivage, au niveau de la haute mer, des milliers de petits oiseaux, sansonnets, grives, merles, coqs de brufère. Dans la matinée, une grande quantité d’oiseaux étaient également tombés morts sur le pont d’un navire qui entrait dans le port ; d’autres, enfin, étaient tombés presque morts au milieu des ouvriers de la carrière de granité du Grimblet Rock. M. Herbert Greaves, principal du collège de comté de rwlhcli, fit, aussitôt après avoir appris ces faits, une enquête et recon-jrnt qu’effectivement une grande quantité d’oiseaux
- 1 Yoy. Sature du ôl mars Midi.
- morts, tous oiseaux vivant sur terre, avaient été trouvés sur le rivage sur une longueur de plusieurs kilomètres.
- M. Greaves chercha une explication à ce fait singulier et \oici celle qu’il a trouvée. Le temps chaud et les pluies abondantes des jours précédents ont fait fondre une grande quantité de neige sur les flancs de Snowdon et des montagnes voisines. Celte fonte a amené une crue d’eau considérable dans quelques-unes des vallées qui débouchent dans la baie de Cardigan, crue suffisante pour arracher des rives des torrents et transporter jusqu’à la mer des buissons et même des arbres poussant sur ces rives. Si cette crue a eu lieu pendant une nuit sombre, sans lune et sans étoile, il se peut que les oiseaux perchés sur les branches aient été entraînés à la mer et qu’au lever de l'aurore, ces oiseaux, à leur ré\eil, aient été précipités dans la mer et noyés. Une forte brise d’est qui régnait alors les empêchait, d’un autre côte, d’atteindre la côte par leur vol.
- L’objection à cette explication, ajoute M. Greaves, est celle-ci. Comment se fait-il que les oiseaux n’ont pas pu quitter leurs perchoirs avant d’arriver à la mer. Aussi espère-t-il que quelque savant ornithologiste, connaissant mieux que lui les habitudes des oiseaux, pourra jeter quelque lumière sur ce fait vraiment singulier et très intéressant.
- CHRONIQUE
- Les Géants. — On pouvait voir dernièrement à l’Hippodrome de Paris, chez Bostock, un personnage du nom de Hugo que la nature a pourvu d’un corps aux dimensions suffisamment rares pour attirer l’attention de ses contemporains. Le géant Baptiste Hugo est Français : il vient d’accomplir aux Etats-Unis une tournée pendant laquelle il a excité l’admiration des Américains. Sa taille est 2m,50; le tour de sa poitrine est de lm,65 et la carrure de ses épaules atteint 70 centimètres. Son pied mesure 41 centimètres et la grosseur de son mollet est de 54 centimètres. Sa main ouverte développe 55 centimètres et ses bras étendus ont une envergure de 2™,55, soit 5 centimètres de plus que sa taille elle-même. Son pouce, appliqué sur une pièce de 5 francs, la couvre entièrement et dans la bague qu’il porte à l’annulaire on peut facilement introduire une pièce de 10 centimes. Malgré ces proportions colossales, Hugo est bien proportionné; les traits sont réguliers, le visage éclairci d’yeux bruns très expressifs, les oreilles sont relativement petites. Néanmoins Hugo ne possède pas, comme on pourrait le croire, le record de la taille ; le plus grand des géants connus est actuellement un Russe, du nom de Macho, qui, avec ses 2’°,58, dépasserait Hugo de près de la moitié de la (etc. Macho est fils de paysans; ses parents, ses frères et sœurs sont de taille normale, mais son grand-père était de forte stature. Son appétit dépasse de beaucoup ceLui des communs des mortels ; à chaque repas, il ne lui faut pas moins de quatre livres de viande, de pain et de légumes. Enfin, pour pouvoir reposer commodément, ce géant a été obligé de se faire confectionner un lit spécial, tout en fer et muni d’une forte paillasse à ressorts.
- Lu alambic primitif. — L'appareil dont il est question tire tout son intérêt des matériaux qui ont concouru à sa fabrication et qui certes n’avaient jamais servi à des usages aussi scientifiques. C’est d’abord un pot de confiture, de ceux qui ont un couvercle en métal à pas de vis. On le perce d un trou sur lequel on soude un tube de laiton de 1 centimètre de diamètre recourbé à angle
- p.334 - vue 338/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- aigu. Pour que les produits de distillation arrivent à l'état liquide, on fait passer ce tube dans un tuyau de 5 centimètres de diamètre, où circule de l’eau fnftde. En remplissant le pot de confiture avec de l’eau et en chauffant avec interposition d’une toile métallique, on arrive fort bien à distiller de faibles quantités de liquide. Cet alambic primitif peut servir d’appareil de démonstration à la maison ou à l’école.
- Cadran universel pour montres. — A propos d'un récent article sur les cadrans décimaux, M. llemmtt nous rappelle qu’au mois de septembre 1903 il nous avait envoyé la photographie d'un cadran universel pour montres que * nous reproduisons ci-contre. Le
- cadran a des divisions en Ail et "24 heures, 00 et 100 minutes, avec des aiguilles de l’heure française et des aiguilles de l’heure de l’Europe centrale. Cette montre est surtout destinée aux automobilistes ; car les divisions en 00 et en 100 parties sont très pratiques pour les calculs de vitesse à l’heure, et les comparaisons entre les deux systèmes sont très simples.
- Cadran universel pour montres.
- I.a méduse du lac Victoria iVrauza. — On
- s’accorde à reconnaître que les grands lacs, dont on constate aujourd’hui la présence dans l’intérieur des continents, sont souvent les restes des mers immenses qui les recouvraient autrefois. Le lac Baïkal, la mer Caspienne, en Asie, la série des grands lacs en Afrique sont les témoins d’un phénomène aussi intéressant au point de vue géologique que zoologique. Les animaux qu’ils renferment présentent des types différents suivant qu’ils appartiennent à la faune d’eau douce, dont la physionomie est uniforme dans toutes les nappes d’eau intérieures, ou bien qu’ils sont les représentants de l’ancienne faune archaïque et marine. Un certain nombre d’animaux appartenant à ce dernier type sont déjà connus, notamment dans le lac Tanganyikaoù le voyageur anglais Moore a découvert et étudié une méduse, « Limnocnida Tanganyicæ », qui paraissait n’exister que dans cette nappe d’eau et cire absente des autres lacs, si nombreux dans le centre de l’Afrique. Deux missions anglaises, qui avaient exploré ces lacs, ne l’y avaient pas trouvée, quand un explorateur français bien connu, M. Ch. Alluaud, découvrit, il y a quelques mois à peine, dans le Victoria.Nyanza, une méduse qui doit être identifiée avec celle du I)1 Moore : elle a été étudiée par M. Gravier qui n’a pu distinguer entre les deux animaux que des différences secondaires. Le Victoria Nyanza est situé à 1200 mètres d’altitude, et sans communication avec le Tanganyika dont il est éloigné de 400 kilomètres. L’un et l’autre sont vraisemblablement les témoins de la grande mer, jurassique au dire de M. Moore, qui couvrait autrefois la région des grands lacs et une partie du bassin du Congo. Tout porte à croire d’ailleurs que la Limnocnida n’est pas, dans le Victoria Nyanza, le seul représentant de la faune marine, et que des recherches ultérieures nous apporteront de nouveaux documents sur cette question si intéressante du passage de la vie marine à la vie d’eau douce.
- Jardins rt g>arcs des grandes villes. — On cite souvent Londres, et avec raison, pour l’abondance de scs squares, parcs, jardins publics, espaces libres de toutes sortes qui apportent l’air aux habitants le fait est que la surface de ces divers jardins est de 24UÜ hectares, le
- 335
- nombre en étant d’autre part de 315, au lieu de 105 seulement en 1884. Ils ont coûté environ 55 millions de francs. A New-York (en entendant toute l'agglomération new-yorkaise, avec Brooklyn, Manhattan, etc.) la surface correspondante est de 2450 hectares : le plus grand de ces parcs est celui de Pelliam Bav, qui n’a pas moins de 700 hectares.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 avril 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Recherche d'explorateurs. — L’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg demande qu’il soit fait mention dans les pièces de la correspondance des récompenses qu’elle se propose d’attribuer aux personnes qui retrouveraient l’explorateur baron Toll, parti, le 8 novembre 1902, de Pile Bennett en compagnie de l’astronome Seeberg, dans la direction du sud.
- Propriétés du silicium. — M. Moissan fait connaître les résultats de recherches qu’il a entreprises en collaboration avec M. Siemens, au sujet de l’action du silicium sur l’eau à une température voisine de 100°. Lorsque l’on maintient le silicium cristallisé dans de l’eau distillée chaude, on est étonné de voir se produire une petite quantité de silice hydratée en même temps qu’un dégagement très lent d’hydrogène. Cette expérience ferait croire que le silicium décompose l’eau à 100°. Il n’en est rien cependant, car si l’on répète cette expérience dans un appareil de platine, avec de l’eau distillée préparée à l’aide d’un alambic de platine, la décomposition de l’eau par le silicium ne se produit plus. MM. Moissan et Siemens ont démontré que cette décomposition était due à une trace d’alcali fournie par le verre. Ces expériences prouvent que, dans certaines déterminations précises, le verre ne peut être employé sans inconvénient.
- Amortisseur d'oscillations. — M. Guyou présente des appareils imaginés par MM. Favé et Carpentier dans le but d’amortir les oscillations de l’aiguille aimantée des boussoles marines et des boussoles de topographie. Les auteurs ont utilisé l’action de l’air sur des fils extrêmement fins et quelque peu écartés. Ils emploient des fils de verre étirés dont le diamètre est d’environ 5/100 de millimètre. Un système de fils figurant les diamètres d’un polygone forme un système n’ayant qu’une masse infime sur lequel néanmoins l’air agit énergiquement. Ce système constitue l’amortisseur « barbelé ». Monté sur l’axe de l’aiguille, il en amortit les oscillations. En utilisant le même principe les auteurs ont construit une sorte de sextant destiné aux aéronautes. Un des rayons de verre porte une masse de verre très petite, et peut ainsi jouer le rôle de pendule donnant la direction de la verticale sans oscillation.
- Structure des voriicelles. — M. Edmond Terrier présente une Note de M. Emmanuel Fauré relative à la structure du pédoncule des vorticelles. Les vorticelles sont de petits êtres unicellulaires qui peuplent nos eaux stagnantes où ils se fixent par un pédoncule contractile. Celui-ci est composé d’un muscle interne strié qui se contracte en hélice et d’une gaine externe munie d’un ressort élastique spiral qui a pour effet de ramener le pédoncule à la station verticale.
- Perforateur chirurgical. — M. d’Arsonval présente \ de nouveaux appareils imaginés par M. Bereut et qui sont
- p.335 - vue 339/536
-
-
-
- LA NATURE.
- une adaptation aux besoins de la grande chirurgie des appareils que l’auteur a présentés en novembre dernier. L’opération du trépan peut être pratiquée en quelques instants. D’autre part une pomme métallique, tournant avec une très grande vitesse, fournit un moyen de pratiquer des massages locaux dans d’excellentes conditions.
- Lu. de Yiliædkuii,.
- LÀ FOUDRE
- ET LES CLOTURES MÉTALLIQUES
- Les clôtures en fils métalliques sont devenues d’un usage courant dans toutes les campagnes : non seulement elles servent, le plus souvent sous la forme de tils barbelés, de ronces artificielles, comme on les nomme, à limiter les immenses terrains de
- pâture de l'Amérique du Nord, de l’Amérique du Sud, de l'Australie, où maintenant on ne laisse plus les troûpeaux vaguer à leur aise; mais encore elles supplantent de plus en plus dans nos campagnes européennes les anciennes haies d’épines. Assurément ces dernières étaient plus pittoresques, jetant leur jolie note verte autour des prés, le long des chemins, des voies ferrées; en fait, elles demandaient longtemps pour acquérir une taille suffisante et arrêter le gros bétail, si bien qu’on devait les doubler à l'origine de clôtures en bois. De plus, elles coûtaient assez cher de taille et de renouvellement. Avec deux ou trois rangs de tils métalliques barbelés, tendus sur des poteaux relativement éloignés les uns des autres, on constitue un obstacle pratiquement infranchissable pour tout le bétail.
- Coup de foudre ô l'iaitilield [Illinois).
- Mais on a accusé ces clôtures métalliques d’attirer les coups de foudre, et, par suite, de causer souvent des accidents graves, les bestiaux ayant l’habitude de s’en rapprocher, dans leur désir de quitter le pâturage à l’approche du mauvais temps. Des relevés ont été faits à ce sujet, qui ne sont malheureusement pas probants, ni dans un sens ni dans un autre. Cependant, nous pouvons citer un cas particulier, très curieux par le nombre de bêtes qui, durant un orage, ont été tuées simultanément, pour s’être trouvées au contact d’une clôture métallique que la foudre avait frappée.
- L’accident s’est produit à Plainfield, dans l’Etat américain d’Illinois, et il n’a pas atteint d'un seul coup moins de 28 vaches, que Ton retrouva à terre tout à côté de la clôture métallique.
- A la vérité la foudre n’a pas frappé la clôture même, autant qu’on a pu le constater, mais elle
- est tombée sur un arbre qui se trouvait à 8 ou b mètres de la barrière, et elle a pu dériver par les fils jusqu'aux animaux. Ainsi qu’on l’a remarqué dans des cas un peu analogues, par exemple avec des fils télégraphiques ou autres, ces conducteurs ont facilité le passage de la foudre. Nous n'insisterons pas sur la cause réelle de l’accident, qui reste pour nous en somme mal déterminée. Les exemples en sont très rares, même dans la région des États-Unis où il est survenu, et où l’on affirme que la foudre tombe souvent sur les clôtures métalliques. Ce qui est certain, c’est que lorsqu’on leva le cuir des 28 vaches tuées près delà clôture, on put remarquer des traînées noirâtres sous la peau, qui prouvent bien que la mort résultait d’un coup de foudre. P. de M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laulue, rue de FlciirUs. 9.
- p.336 - vue 340/536
-
-
-
- N° IG 14. — 50 AVRIL 1904.
- LA NATURE.
- 537
- LE CHEMIN DE FER TRANSSIBÉRIEN
- ET LE I.AC BAÏKAL
- Le chemin de fer Transsibérien, dont les travaux ont été inaugurés le 24 niai 1891, à Vladivostok, par l’Enipereur actuel Nicolas II, relie Pétersbourg avec l’océan Pacifique, à Vladivos-tock, d’une part et à Port-Arthur de l’autre. La distance totale entre Pétersbourg et Port-Arthur, en passant par Moscou, est de 937 G km, et entre Pétersbourg et Vla-divostockde 9030 km. Mais le Transsibérie n proprement dit ne commence qu’à Tcheliabinsk, au pied du versant Est des monts Oural qui séparent la Russie d’Europe de la Sibérie. Tcheliabinsk se trouve à une distance
- de 2888 km de Pétersbourg (fig. 2). Le Transsibérien est, sur toute sa longueur, à voie unique, à l’écartement normal des chemins de fer Russes, avec gares de croisement réparties en divers points de sa longueur. La voie est formée de rails de 24 kg par mètre, voie très légère qui avait, tout d’abord, été
- choisie par raison d’économie. Mais on s’aperçut bien vite de l’impossibilité d’augmenter la vitesse des trains, surtout dans les courbes, avec des rails aussi légers et on est en train de les remplacer par des rails pesant 52 kg le mètre, rails peut-être encore un peu légers pour une ligne intercontinentale. Le chemin de fer de P Est-Chinois qui aboutit à Port-Arthur et à Yladivostock a du reste été établi, dès le début, avec ces nouveaux rails. Sur les parties non encore transfor-
- mées on consolide la voie en augmentant le nombre des traverses et en en portant le nombre à trois par mètre. La traction des trains se fait, a l’ouest du Baïkal, à l’exception de dix locomotives américaines, au moyen de locomotives construites en Russie. Ces machines sont du type articulé Mallet, avec quatre essieux couplés et un essieu porteur à l’avant, pour les trains de 32' année. — 1er scm.-slre.
- voyageurs et avec 6 essieux couplés pour les trains de marchandises (fig. I). Sur le Transbaïkal et l’Est-Chi-nois, la traction des trains se fait, en grande partie, au moyen de locomotives compound à deux cylindres extérieurs reposant sur cinq essieux dont quatre accouplés et un bissel à l’avant. Quelques-unes de ces locomotives ont été construites par la Compagnie de Fives-
- 99
- màià
- p.337 - vue 341/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 358
- l.illes. Depuis la déclaration de guerre un certain nombre de locomotives articulées et d’autres types ont été amenées sur cette partie du réseau.
- Le combustible employé est le charbon à l'ouest du Raïkal et le bois à l’est. La durée du trajet est de 10 jours entre Moscou et Port-Arthur, avec une vitesse moyenne de marche de 45 km à l’heure à l’ouest du lac Raïkal et de 25 km à l’est. La dépense « totale » d’établissement a été de un milliard 050 millions de francs; mais il reste encore à faire de nombreux parachèvements.
- Le Transsibérien se compose de deux parties parfaitement distinctes : la première s’étendant de Tcheliabinsk au lac Raïkal et la seconde du lac Raïkal à Vladivostock et à Port-Arthur.
- La première section, d’une longueur de 5255 km, sauf entre Krasnoïarsk et Irkoutsk où la traversée des derniers contreforts des monts Altaï a nécessité des rampes de 25 pour 1000 par mètre, a un profil très peu accidenté. Les travaux d’art sont peu importants à l’exception des grands ouvrages métalliques nécessités par le passage des fleuves, tels que le Tobolsk, l’irlisch, l'Obi et I’Iénisséi qui coupent le chemin de fer perpendiculairement à la direction générale. La dépense moyenne de construction, pour cette première partie, a été de 120000 francs par km.
- La seconde partie part de Missovaia, sur la rive orientale du lac Raïkal et, sur un parcours de 1220 km, jusqu’à la frontière de la Mandchourie, coupe les monts Jablonoï et les steppes de la Transbaïkalie, région aride et peu peuplée. C’est à ce point que commence ce qu’on est convenu d’appeler 1’ « Est-Chinois » qui se poursuit jusqu’à Kharbin, en passant par Chailar, au travers d’une contrée également très accidentée, aride et très peu peuplée ; un certain nombre de tunnels et des ouvrages d’art importants ont été nécessaires. Kharbin se trouve à 2252 km du lac Raïkal. À cet endroit l’Est-Chinois se bifurque : un embranchement de 717 km se dirigeant vers Vladivostock et la ligne principale se poursuivant au sud, sur une longueur de 1045 km vers Rort-Arlhur, en passant par Moukden et Ralny, port de transit très important créé, dans ces dernières années, par le gouvernement Russe. C’est à Inkoo, station de celle dernière ligne, que doit se faire la jonction de l’Est-Chinois avec la ligne Chinoise qui se termine à Uéking; Mais cette jonction ne pourra se faire que lorsque le pont sur le Liao-ho, actuellement en construction, sera terminé.
- Les deux sections du Transsibérien sont, comme on le voit, séparées par la Ira versée du lac Raïkal et les trains doivent rompre charge pour sa traversée. Le lac Raïkal, qui signifie « mer riche » dans la langue mongole, a une longueur du nord au sud de 040 km et une largeur variable et qui atteint un peu plus de 80 km entre les deux points d’arrivée du Transsibérien. Sa surface est d’environ 34000 km carrés. Ces dimensions ne sont guère inférieures à celles des grands lacs américains.
- Sa profondeur maximum est, dans la partie méri-
- dionale, de près de 1000 mètres et le niveau de ses eaux est à 850 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Le lac Raïkal est entouré de montagnes élevées dont les sommets de quelques-unes atteignent plus de 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer et qui viennent se terminer sur les bords du lac, en formant des caps et des {tentes abruptes couvertes de forets de conifères qui donnent à l’ensemble un caractère particulier, à la fois pittoresque et majestueux. Ces montagnes sont de roches cristallines, montrant de nombreuses traces d’anciennes éruptions volcaniques.
- Le lac Raïkal reçoit de nombreux affluents et son seul exutoire est l’Angara inférieur qui, après avoir traversé Irkoutsk, se dirige au nord vers l’océan (Racial.
- Les eaux du lac sont pures et transparentes et la variation annuelle de leur température, à la surface, est très faible, 10° C. environ. A la profondeur de 15(1 mètres la température de 5°,5 C. reste constante toute l’année.
- En hiver, la température de l’air s’abaisse, pendant une durée souvent fort longue, au-dessous de — 40° C. Les eaux du lac se recouvrent d’une couche déglacé dont l’épaisseur, en certains endroits, dépasse deux mètres. Le gèle commence en novembre, mais la prise complète n’a lieu que vers la fin de décembre ou le commencement de janvier. Dès la mi-avril de larges bandes de glace fondent vers le rivage et celle-ci devient friable en divers endroits. La fonte s’effectue lentement et dure près de deux mois. La surface de la glace est loin d’ètre unie ; il se forme de grands amoncellements de morceaux de glace brisée qu’on nomme « Toross ».
- Pendant la saison d’été qui est très courte et les nuits froides, les vents dominants sont ceux du nord-ouest, nommés « Sorma ». Ils produisent des vagues courtes atteignant 2 mètres de hauteur et les crêtes de ces vagues sont tellement étroites que de légères embarcations y trouvent'facilement leur perte. Pendant les orages, très fréquents sur le Raïkal, sauf en juin et juillet, les vagues ont des hauteurs dépassant* 5m,50. C’est pendant cette saison de calme de juin et de juillet, que les habitants nomment la « floraison du Raïkal », qu’apparaissent, à la surface, des masses de varech arrachées du fond. Le lac Raïkal est très riche en poissons et le plus intéressant, à coup sur, et qui appartient exclusivement au Raïkal, est le « Golo-mianka » dont la tète est égale au tie^s de son corps, dont les yeux, d’une grandeur mal proportionnée, sont saillants et dont les flancs, à partir des ouïes jusqu’à la queue, sont munis de nageoires. Ce poisson vit dans les endroits les plus profonds du lac (plus de 600 mètres), c’est-à-dire sous une grande pression d’eau. Lorsque son corps arrive à la surface de l’eau, il éclate et fond au soleil; aussi n’a-t-on jamais vu un exemplaire vivant de ce poisson. Nous citerons également le « phoque Baïkalien », espèce exclusivement particulière au Raïkal et que les habitants chassent pendant l’été. C’est avec la peau des jeunes
- p.338 - vue 342/536
-
-
-
- LA NATURE.
- de ces animaux qu’on confectionne les pelisses à double fourrure appelées « doklias ».
- Afin de permettre la traversée du lac pendant la saison d’hiver, c’est-à-dire pendant près de quatre mois, le gouvernement russe a fait construire, par la maison anglaise Armstrong, deux navires brise-glace sur lesquels sont disposées des voies permettant le transport de 18 wagons. Ces navires transbordeurs de 4200 tonnes de déplacement, munis de machines d’une puissance de 5750 chevaux, qui devaient se frayer un passage au travers de la glace n’ont pas réalisé, d’une manière complète, les conditions prévues. Le navire se fraie, sans difficulté, son chemin lorsque l’épaisseur de la glace ne dépasse pas 55 à 40 cm ; mais lorsque cette épaisseur atteint 1 mètre, ce n’est qu’en se lançant sur un parcours d’environ trois fois sa longueur qu’il parvient, tout au plus, à s'ouvrir un passage d’une longueur égale à la moitié de la sienne. Avec une épaisseur de glace plus grande son utilisation devient impossible, ce qui est le cas qui se présente pendant la plus grande partie de l'hiver. Aussi a-t-on dù remplacer, pendant cette saison, ces navires transbordeurs par des traînaux transportant voyageurs et marchandises entre les deux rives du lac. Au milieu de celui-ci, à mi-chemin de la traversée, on installe une sorte d’hotel-restaurant où un arrêt d’une durée suffisante permet de prendre un repas. Les dépenses d’établissement des deux bacs transbordeurs et des quais d’accostage se sont élevées à la somme de 12 millions de francs environ.
- Ce moyen de transport lent, insuffisant et peu commode, l’est devenu encore davantage lorsque, par suite de la déclaration de guerre entre la Russie et le Japon, le gouvernement russe s’est trouvé dans l’obligation de transporter en Extrême-Orient une quantité considérable de troupes, de munitions et d’approvisionnements. La direction du chemin de 1er Transsibérien se décida alors à poser sur la glace une voie de chemin de fer. Cette voie, construite avec toute la diligence possible, a été mise en service le 1er mars dernier. Malheureusement, il se produit au Raïkal un phénomène particulier. Malgré l’épaisseur de la glace, il se forme inopinément, dans cette masse glacée, de larges fissures de lm,50 à 10 mètres de largeur, ayant des longueurs de 1 à 2 km. La formation de ces fissures est accompagnée de forts craquements ressemblant à de fortes détonations, effet analogue à celui qui se produit dans les glaciers alpestres. L’eau vient alors remplir ces fissures jusqu’à la surface de la glace et, au bout de quelques jours, cette petite rivière gèle à nouveau ; mais, au même instant et, en d’autres endroits, se produisent de nouvelles crevasses. La cause de ces tissures n’est pas bien déterminée. On semble, cependant, devoir l’attribuer aux variations du niveau des eaux du lac Raïkal.
- Les amoncellements de glace dont nous avons parlé plus haut, joints à ces crevasses dont la formation se fait inopinément et irrégulièrement, font
- 559
- que la stabilité des traverses de la voie devient très problématique et que des accidents graves sont à redouter. Aussi s’esl-on trouvé dans l’obligation de supprimer la traction des trains par des locomotives et de la remplacer par la traction au moyen de chevaux. Une surveillance de tous les instants est, de plus, nécessaire.
- On a pu, cependant, faire passer un certain nombre de wagons et de locomotives destinés au chemin de ter TransbaïkaI et à l’Est-Chinois.
- Dès les premiers jours d’avril la fonte de la glace a commencé et la circulation des trains sur le chemin de fer est devenue impossible. On a donc dù supprimer tout transport entre les deux rives. Cette suppression qui devra durer quelque temps encore, jusqu’à la débâcle complète, sera, malheureusement, une cause sérieuse de retard pour les transports militaires vers Port-Arthur.
- Depuis longtemps le gouvernement russe avait reconnu la nécessité d’opérer la jonction des deux sections du Transsibérien par une ligue de chemin de fer contournant la partie sud du lac Raïkal. Mais des difficultés topographiques ont nécessité de longues études et ce n’est qu’en 1902 qu’on a pu arrêter un tracé définitif qui, tout en étant le plus économique, présente, néanmoins, de grandes difficultés d’exécution et de nombreux ouvrages d’art. Les travaux sont poussés avec la plus grande activité et on espère ouvrir prochainement à la circulation cette ligne de jonction de 285 kilomètres de longueur. Elle permettra aux trains de circuler, sans rompre charge, entre Pétersbourg et Port-Arthur et Yladi-vostock. R. Ronxix.
- BICYCLETTES N0UYELLES
- Il y avait autrefois — ceci n’est pas un conte — une Exposition annuelle du cycle où l’on pouvait avoir en peu de temps des données assez nettes sur les progrès accomplis dans le courant de l’année, où l’on trouvait facilement les nouveautés, bonnes ou mauvaises, présentées par les constructeurs. Cet heureux temps n’est- plus, le cycliste a été absorbé par le chauffeur, et l’Exposition annuelle est à peu près complètement envahie par les voitures automobiles aux brillantes carrosseries, aux ingénieux mécanismes ; la pauvre bicyclette et même la jeune motocyclette se trouvent disséminées un peu partout, souvent reléguées dans les coins sombres, et il faut perdre un temps considérable pour chercher les nouveautés, comparer les modèles, se rendre compte enfin des progrès accomplis; on en omet forcément, et souvent les plus intéressants modèles passent inaperçus. L’industrie automobile est certainement des plus intéressantes et son exposition annuelle s’impose, mais une organisation mieux comprise permettrait d’y adjoindre une exposition du cycle sans l’écraser comme elle le fait actuellement. On ne se douterait pas qu’il y a en France près d’un
- p.339 - vue 343/536
-
-
-
- LA NATURE.
- îl 40
- million de cyclistes contre à peine dix mille chauffeurs! Nous en appelons aux 80 000 membres du Touring Club de France pour protester et réclamer une place à part au soleil des Expositions.
- La bicyclette a subi dans les premières années des transformations successives au sujet du cadre, mais sa forme est aujourd'hui à peu près définitive, sauf quelques points de détail, et ceux qui s’en écartent sont assez rares pour appeler particulièrement l’attention. Le modèle Pedersen, représenté en France par M. Georges Richard, est de ceux-ci (fig. 1). Les tubes qui forment le cadre ont 12 millimètres de diamètre et sont disposés en triangle, tant en longueur qu’en largeur ; ils travaillent en traction dans le sens longitudinal et présentent ainsi une très grande résistance, tout en permettant de donner à l’ensemble une grande légèreté. La selle est suspendue à peu près à égale distance entre les deux roues de façon à répartir le poids sur l’une et l’autre; elle est maintenue à l’avant par une courroie fixée près du tube de direction et à l’arrière par une série de sept ressorts à boudin, en acier, qui amortissent les chocs.
- Il semble au premier abord que l’équilibre doive être instable sur une selle mobile de droite et de gauche, mais il est au contraire très facile à tenir, ainsi que nous nous en sommes assuré; cette mobilité a même un avantage assez marqué: la selle suit les mouvements du corps, et la cuisse, au lieu de frotter sur ses bords, est accompagnée par elle dans sa descente et son ascension, d’où une fatigue moindre. Cette bicyclette peut être munie à volonté de la roue libre et du changement de vitesse ; elle se fait aussi pour dames, mais le mode de suspension de la selle est dans ce cas modifié et il présente peut-être un peu moins de souplesse que pour la machine d’homme. Assez répandue en Angleterre, elle est encore très peu connue en France, mais elle présente certains avantages qui méritent d’attirer l’attention.
- Depuis l’an dernier le nombre des bicyclettes à changement de vitesse a beaucoup augmenté ; la plupart des constructeurs n’ont pas de système à eux, mais adaptent à leurs machines des mécanismes qu’on trouve dans le commerce des pièces détachées. Nous signalerons le système « Pedersen » (fig. 2,
- n° 2) qui nous paraît intéressant parce qu’il permet d’obtenir 50 pour 100 de différence entre deux vitesses voisines, tandis que la généralité des appareils du même genre ne donne guère que 30 pour 100. Nous ne savons pas ce que vaut ce système à l’usage, n’ayant pas été à même de l’essayer, mais il nous paraît bien compris : c’est, suivant le terme consacré, un « train balladeur », c’est-à-dire un engrenage qui se déplace, au moyen de la traction sur une chaîne traversant l’axe, et qui vient en prise, suivant sa position, avec tel ou tel pignon donnant la multiplication voulue. On peut avoir trois multiplications, par exemple 8 mètres, 4 mètres et 2 mètres, ce qui est très suffisant pour aborder toutes les routes et même les montagnes russes.
- Les machines sans chaîne ont toujours eu des partisans ; si elles sont beaucoup moins nombreuses que celles à chaîne, c’est probablement parce que, pour
- être bien construites, elles demandent plus de soin et coûtent par conséquent plus cher.
- Elles ne se prêtent pas comme les autres à une facile adaptation d’un système quelconque de roue libre et de changement de multiplication, il leur faut des mécanismes spécialement combinés pour elles et ne pouvant servir qu’à un modèle déterminé.
- La « touricyclette » est un des premiers types de machine de ce genre qui soit muni de la roue libre et du changement de vitesse. A l’extrémité de l’axe, qui reçoit son mouvement des pédales, sont montés deux engrenages d’angle superposés (fig. 2, n° 1); l’un D, solidaire de cet axe, est toujours en prise avec A, pignon de petite vitesse actionnant le moyeu de la roue arrière au moyen d’un encliquetage. L'autre pignon C, pour la grande vitesse, est monté sur l’axe au moyen d’un encliquetage H, il est en prise avec lè pignon B, qui, lui, est solidaire du moyeu de la roue arrière. Au moyen d’un poussoir, qu’on peut manœuvrer depuis la selle, on agit sur l’encliquetage IL En temps normal cet encliquetage étant calé, l’axe de transmission entraîne le pignon C, qui actionne le pignon B solidaire de la roue arrière, c’est la grande vitesse. Le pignon I), qui est toujours solidaire de l’axe, entraîne bien aussi le pignon A, mais celui-ci étant monté sur le moyeu par l’intermédiaire d’un encliquetage, il n’a pas
- Fig. 1. — Bicyclette « Pedersen » à cadre triangulaire, avec selle « hamac ».
- p.340 - vue 344/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 541
- d’action. Ce n’cst que quand on a libéré le pignon C, en manœuvrant le poussoir, que les choses sont renversées ; celui-ci tourne alors librement, n’étant plus solidaire de l’axe de transmission, et le pignon A reçoit son mouvement du pignon B, c’est la petite vitesse. On voit que par ces dispositions on n’a jamais la roue folle, mais qu’on a la roue libre aux deux vitesses. Cette machine déjà construite industriellement depuis deux ans, a fait ses preuves; elle est assez solide pour supporter l’addition d’un moteur ainsi que nous l’indiquerons prochainement en parlant des motocyclettes.
- Si il y a des cyclistes qui n’aiment pas la transmission au moyen d'une chaîne, il en est d’autres, par contre, qui ne redoutent pas d’en avoir deux et c’est pour eux que la « Manufacture française d’armes de Saint-Étienne » a fabriqué depuis quatre ans sa machine « Hirondelle » avec deux multiplications dont le rapport peut être de 50 pour 100. Depuis l’an dernier cette Société a réalisé un autre modèle, ayant le même avantage dans la démultiplication, mais ne comportant qu’une seule chaîne, avec cette particularité que la grande vitesse est obtenue en pédalant en avant, comme à l’ordinaire, et la petite vitesse en pédalant en arrière.
- On peut se rendre compte, par •la gravure ci-con-tre (fig. 5), de quelle façon est disposée là chaîne ; elle passe sur un pignon supplémentaire qui ne fait que la soutenir et permet, par son déplacement facile, de régler la tension. Pour lire le schéma, représenté à
- la partie supérieure (fig. 5, n°2) il faut supposer que cliquet est solidaire du mouvement de la chaîne, les
- pignons étant calés sur l’axe de la roue motrice. On voit que dans le péda-lage direct (flèches en trait plein) c’est le petit pignon qui est entraîné, on a la grande vitesse; tandis que dans le rétro-pédalage c’est le grand pignon qui agit, on a la petite vitesse.
- Le système d’encliquetage (fig. 3, n° 1) comprend six cliquets A (dont trois seulement sont représentés), de sorte qu’ils sont toujours en prise immédiatement. Il est clair que tous les brins de la chaîne ne peuvent pas être dans le même plan ; mais, malgré cela, grâce à une disposition spéciale du pédalier, la chaîne tire toujours normalement sur les pignons ; il n’y a jamais qu'un brin qui travaille : celui de la partie supérieure quand on pédale en avant, celui de la par lie. inférieure quand on pédale en arrière. Le rétropédalage est facile à pratiquer
- après un exercice de peu de temps ; il a donné lieu dans ces dernières années à des discussions intéressantes, mais on est peut-être allé un peu loin en conseillant de le pratiquer à l’exclusion du pé-dalage direct. Les muscles qui travaillent ne sont pas les mêmes dans les deux cas, la position sur la selle n’est pas la même non plus et il paraît évident qu’on a une grande ressource pour diminuer la fatigue si l’on peut employer alternativement, à volonté, l’une ou l’autre façon de pédaler. G. Chaimarès.
- Fig. 2. — Changements «le vitesse.
- 1. Mécanisme «le la machine sans chaîne « La Tourieyelette ».
- 2. Mécanisme « l’ederscn » s'adaptant aux machines à chaîne.
- Fig. 3. — Bicyclette «« Hirondelle » à deux vitesses par pédalage direct, ou rétropédalage, avec une seule chaîne. — 1. Détail de l’encliquetage; 2. Schéma indiquant le mode d’enchaînement de la roue motrice dans les deux cas; 3. Vue perspective de la chaîne et du pédalier.
- p.341 - vue 345/536
-
-
-
- LA NATURE.
- T, 12
- LA DÉCORATION THÉÂTRALE
- SUPPRESSION DES BANDES I)’aIR ET DES TOILES DE FOND DE LA RAMPE, DES HERSES ET DES PORTANTS ÉCLAIRAGE SYSTÈME FORTUN'Y
- En matière de décoration théâtrale, deux problèmes difliciles restaient à résoudre : d’une part, la suppression des frises et des toiles de fond, de l’autre, celle des herses, des portants et de la rampe. Les frises, qui à chaque plan réunissent l’extrémité supérieure des châssis et ont la prétention de nous représenter le ciel, ne nous donnent en réalité aucune illusion, et nous montrent au contraire que leur but principal est de cacher à nos yeux les découvertes intempestives et les herses d’éclairage des différents plans de la scène. Quant à la rampe, qui aveugle les acteurs et les éclaire .à rebours, tout le monde est d’accord pour trouver ses effets déplorables.
- Enfin, les herses, outre qu’elles rendent obligatoire l’emploi des frises on bandes d’air, ont surtout contre elles d'étre une cause fréquente d’incendie. 11 n’est donc pas surprenant qu’architectes, décorateuis et machinistes aient cherché à leur substituer : les uns un ciel plus vraisemblable, les autres ;;n mode d’éclairage plus rationnel.
- Déjà, au commencement du siècle dernier, le marquis de Soudiac chercha à supprimer les frises dans les décors de « plein air » et à remplacer le ciel des toiles de fond par une sorte de coupole convenablement éclairée, et dont la courbure donnait, en même temps que de la profondeur, l’aspect très approximatif d’un véritable ciel. Mais, la place que nécessitait cette coupole et les difficultés que sa forme présentait pour la manœuvre des décors fit abandonner ce perfectionnement.
- Vers 1820, le baron Taylor imagina de substituer aux toiles de fond et aux frises des décors panoramiques mobiles, et les expérimenta sur une scène qu’il fit construire suivant ses plans dans les environs de la bastille. Bien que très satisfaisants, les résultats obtenus ne parvinrent pas à convaincre les directeurs de théâtres et encore moins les machinistes.
- M. Foucault qui, en 1802, essaya de rénover les fonds panoramiques ne fut guère plus heureux. Pourtant, on les utilisa à l’Ambigu pour les représentations de YOqre, ainsi qu’au Théâtre-Libre pour le tableau figurant un meeting à Ilyde-Park,' dans la pièce intitulée : Nel-Horn.
- Plus heureux que ses devanciers, M. Kranich, l’habile directeur de la machinerie aux théâtres de Bayreuth et de Monte-Carlo, est arrivé à faire triompher son fond-ciel unique pour tous les décors de « plein-air » et à leur donner ainsi un semblant de vérité que sont souvent loin d’avoir les nôtres. Voici comment est disposé ce motif de décoration : Deux forts tambours, placés perpendiculairement au plancher et de chaque côté de la scène, portent une toile qu’on enroule ou déroule suivant le cas. Grâce à cette toile, qui ne mesure pas moins de 75 mètres de long et a toute la hauteur des coulisses, le ciel qui, par exemple, était serein et clair au début d’un acte, devient insensiblement plus sombre et même noir, ou réciproquement. En appareil électrique spécial projette, suivant la circonstance, des ombres nuageuses sur ce ciel qui, peu à peu, se couvre de brumes ou s’éclaircit sous les yeux des spectateurs. C’est encore à un fond de ce genre qu’a recours M. Kranich pour représenter, dans tlérodiade, opéra de Massenet, le panorama de Jérusalem, et dans la Daumalion de Faust, la descente aux Enfers.
- Ce dernier rideau, dont la longueur est de 100 mètres, a permis de supprimer les bandes d’air et une partie des châssis latéraux. Son effet est saisissant et mérite bien le succès qu’il a obtenu aux théâtres de Bayreuth, de MmUe-Carlo et Sarah-Bernhardt.
- L’emploi d’un fond-ciel unique supprime celui des toiles de fond que l’on remplace alors par des fermes plantées aux derniers plans. Cette disposition augmente les effets de perspective et donne aux objets représentés un relief difficile à obtenir lorsque ceux-ci sont peints directement sur la toile.
- Comme on vient de le voir, la suppression des bandes d’air est chose possible; toutefois, elle n’est pratiquement réalisable qu’à la condition de renoncer à l’usage des herses dont l’éclairage trop brutal empêche nos artistes-peintres de donner à leurs décors toute l’harmonie et tout le relief désirables. Or rien n’est plus facile, comme on le verra bientôt.
- 11 y a plus d’un siècle, l’illustre Lavoisier avait proposé d’établir, en des points élevés et cachés des spectateurs, des foyers lumineux intenses dont les rayons réfléchis illumineraient convenablement la scène. En 1872, M. Barthélemy, directeur du théâtre du Château-d’Eau, tenta de remplacer le feu de la rampe par des projecteurs électriques disposés au fond et tout en haut de la salle. Malheureusement, ce système d’éclairage donnait des ombres trop crues, et son application fut bientôt abandonnée. Au théâtre de Bayreuth, M. Kranich assure l’éclairage de la scène au moyen de projecteurs. « A cet effet, dit M. G. Vitoux dans son savant et très intéressant ouvrage : Le théâtre de l'avenir, on installe en arrière du manteau d’arlequin un nombre considérable de projecteurs puissants — ceux-ci sont formés de miroirs paraboliques à facettes, de 70 centimètres d’ouverture, au-devant desquels sont allumées huit fortes lampes à incandescence — qui envoient sur les toiles du lointain des faisceaux étincelants de lumière. Aune telle disposition, qui nécessite une hauteur considérable de la scène, on gagne, par suite de la disparition des bandes d’air et des hérses qu’elles dissimulent, un éclairage complètement homogène, sans aucune malencontreuse ombre portée, et grâce auquel le spectateur voit le décor dans son jour le plus favorable. »
- Bien que déjà très satisfaisants, les résultats obtenus à Bayreuth viennent d’étre dépassés par ceux que nous avons pu constater avec le nouveau système d’éclairage imaginé par M. Fortuny, et grâce à l’obligeance de M. André Cusmano, ingénieur de la Société générale de Constructions électriques de Grenelle. M. Forlunv, auquel le directeur de l’un de nos grands théâtres vient de confier le soin de modifier l’éclairage de sa scène, a trouvé le moyen très ingénieux de supprimer du même coup non seulement la rampe, les herses et les portants, mais aussi les bandes d’air et, au besoin, les toiles de fond.
- Le nouveau procédé consiste à éclairer les décors et les artistes d’en haut et latéralement, non plus par la lumière directe, mais par les rayons réfléchis de puissants projecteurs. Ces appareils, spécialement construits par la Compagnie Générale de constructions électriques, consistent en des lampes à arc pourvues d’un mécanisme régulateur spécial, permettant leur fonctionnement aussi bien dans une position horizontale qu’oblique ou verticale (fig. 1 et 2). Plusieurs de ces lampes sont placées au-dessus du cadre de la scène et dans les coulisses ; chacune d’elles est pourvue d’un écran qui cache à la vue la lumière de l’arc et d’un miroir de forme parabolique qui
- p.342 - vue 346/536
-
-
-
- LA. NATURE.
- 547)
- réfléchit parallèlement les rayons lumineux sur une surface réfléchissante constituée par une bande de satin d’une longueur de plusieurs mètres et présentant toute la gamme des couleurs. Cette étoffe s’enroule à ses extrémités autour de deux rouleaux établis latéralement à l’appareil. On communique à ces rouleaux un mouvement de rotation, soit à la main par des cordelettes entourées autour d’une poulie, soit par un petit moteur électrique faisant partie de l’appareil lui-mème. A la rotation des rouleaux correspond le déplacement de la surface de satin et, par conséquent, un changement graduel de la coloration de la lumière, depuis le blanc éclatant jusqu’aux couleurs sombres. Le passage d’une couleur à l’autre, et les
- variations d’intensité de lumière qui ont lieu en général par l’application de séries de lampes à incandescence de différentes couleurs et de jeux d’orgue plus ou moins compliqués, sont obtenus par ces appareils d’une manière très simple. La graduation des teintes est infiniment plus grande que celle que l’on obtient par les systèmes à lampes à incandescence. D’autre part, les frais d’installation sont, de ce chef, beaucoup diminués.
- Pour obtenir l’extinction complète, quand l’incandescence des charbons existe encore, les appareils sont pourvus d’écrans cylindriques qui viennent intercepter brusquement tout rayon lumineux.
- Les ligures 5 et i montrent la section et le plan d’une
- <3
- fciP J-
- Fig. 1 à 8. — Décoration théâtrale. (Schéma des appareils d’éclairage système Fortunv.)
- partie de herses ; t est le support en tôle ; r, r sont les rouleaux autour desquels l’étoffe de satin s s’enroule; e l’écran avec miroir parabolique qui renvoie la lumière de l’arc sur la surface réfléchissante ; a est le mécanisme par lequel on obtient l’interruption brusque de la lumière.
- Les figures 5 et 6 montrent en section et en vue l’appareil qui tient lieu de portant. Le mouvement de rotation est transmis aux rouleaux r, r par des cordelettes qui s’enroulent autour des poulies p.
- La suppression des frises, et même de la toile de fond, est obtenue, dans le système Fortuny, grâce aune coupole occupant tout le fond de la scène, et qu’on éclaire par des appareils analogues à ceux que nous venons de décrire. Pour y projeter des nuages, on emploie des lampes à arc placées horizontalement sur la scène et montées sur un
- chariot qui peut se déplacer sur le plancher. Les rayons lumineux sont concentrés sur uue petite glace sur laquelle on a peint des nuages. En faisant déplacer le chariot, et en tirant sur les cordelettes à la main ou par moteur électrique, on obtient le déplacement des nuages sur le ciel.
- Les figures 7 et 8 donnent les deux vues d’un appareil à nuages. L est la lampe; C le chariot; t le réflecteur en tôle ; r les petits rails de roulement.
- Si, comme nous l’avons dit déjà, les coupoles employées comme fond-ciel ont l’avantage de donner de la profondeur au paysage, par contre, elles ont le grand inconvénient d’exiger une scène très profonde. A notre avis, on pourrait leur substituer un rideau légèrement estompé et convenablement éclairé qui, de loin, donnerait tout aussi | bien l’illusion de la profondeur. C’est du reste ce qui se
- p.343 - vue 347/536
-
-
-
- 544
- LA NATURE.
- produit avec le fond-ciel panoramique dont se sert M. Kranich. D’autre part, l’emploi des lampes à arc et celui de miroirs sur la scène ne nous paraissent aucunement pratiques, et nous leur préférons de beaucoup celui des projecteurs placés dans les cintres. Grâce à cette disposition, on n’encombre pas la scène et l’on peut, comme le fait M. Kranich, donner aux ciels toutes les teintes voulues, les couvrir de nuages peints sur un disque de verre dont le mouvement de rotation leur donne telle vitesse que l’on désire.
- Nous disions tout à l’heure qu’avec son ingénieux système d’éclairage M. Fortuny pouvait supprimer la rampe. Toutefois, la suppression complète de cet appareil a le défaut de projeter sur le bas du visage l’ombre des traits, et il serait facile, croyons-nous, d’y obvier en remplaçant la rampe par des projecteurs moins puissants, mais disposés comme le sont ceux qui servent à illuminer les décors, dont la base se trouverait ainsi mieux éclairée.
- Enfin, l’éclairage latéral des personnages est encore, dans le nouveau procédé, sujet à critique; car, si, placé au milieu de la scène, l’acteur est bien éclairé, en revanche il le devient beaucoup trop chaque fois qu’il se rapproche des cotés cour et jardin. Là encore, l’emploi d’une rampe à lumière réfléchie obvierait à ce défaut et contribuerait en outre à une répartition plus complète et plus harmonieuse de la lumière.
- Quoi qu’il en soit, le système d’éclairage imaginé par M. Fortuny nous paraît excellent et donnera certainement, une fois mis au point, les meilleurs résultats.
- Alfred de Vaulabelle.
- ÜN PUITS DE MINE DE 1000 MÈTRES'
- La mise en exploitation des bassins houillers nécessite l’établissement de puits de plusieurs cen-
- Fig. 1. — Installation de début du Ponçage des puits.
- taines de mètres, parfois de mille et même davantage lorsque les gisements sont situés à de grandes profondeurs. En règle générale, ces travaux ne dépassent guère 7 à 800 mètres ; cependant la Société des Houillères de Ronchamp s’est vue dans la nécessité, il y a quelques années, de pratiquer un fonçage atteignant 1010 mètres. C’est le plus important travail de ce genre qui ait été effectué en France, et, à ce titre, il mérite d'être signalé.
- On a placé le nouveau puits en un point tel qu’il puisse desservir une partie aussi grande que possible de la concession. Il est établi pour permettre l’extraction de 1000 tonnes de houille, par journée de dix heures, d’une profondeur de 1000 mètres. La mine étant essentiellement grisouteuse, on résolut de creuser «à 50 mètres l’un de l’autre deux puits identiques, dont l'un remplit les fonctions de puits de service et d’aérage tout en permettant, au même titré que le premier, l’extraction du charbon si cela
- devient nécessaire ; pendant le fonçage, des galeries ont été creusées entre eux en vue d’obtenir un aérage parfait.
- Le terrain traversé est ainsi formé : 64 m. de grès bigarré, 22 m. de grès vosgien, 678 m. de grès rouge, 112 m. de couches de houille, 66 m. de terrain houiller inférieur, et enfin des schistes de transition dans lesquels aboutit le fond du puits. Relevons encore cette observation avant de parler des travaux que la température moyenne de la surface est de 10°,5 et de 47°,4 à 1009 mètres de profondeur.
- Le puits d’extraction a été creusé d’abord jusqu’à 8m,55 avec un diamètre de 6m,50 et ensuite sur 2 m. au diamètre de 5m,40. Le diamètre utile du puits étant de 4 m., l’épaisseur de la première maçonnerie est de lm,50, celle de la seconde 0U1,70 ;
- 1 D’après les documents publiés par le Bulletin de la Société de l’Industrie minérale.
- p.344 - vue 348/536
-
-
-
- LÀ NATURE
- 545
- Fig. 2. — Vue (l’ensemble des installations définitives pour l’extraction de la houille aux houillères de Ronchamp.
- Fig. 3. — 1. Patte de câble et crochet réunissant les chaînes de la benne; 2. Recette extérieure du fonçage;-5. Trou de sonde et épuisement du puits d’aérage; 4. Aérage combiné des deux puits; 5. Benne de fonçage; 6. Disposition des traverses soutenant les tiges de guidage.
- p.345 - vue 349/536
-
-
-
- LA NATURE.
- TM
- elle devient ensuite uniforme (0m,50) jusqu’au fond. Sur cette maçonnerie, et à 5m,50 au-dessus du sol, a été installée la machinerie nécessaire au fonçage. Un a employé pour l’enlèvement des déblais une machine à vapeur du type horizontal à deux cylindres et des câbles plats en aloès mis sur bobines. Comme il n’était pas possible de se servir d’un môme câble pendant toute la durée des travaux, on en a fabriqué de diverses longueurs, 400 m., 050 m., 750 m., 1100 m., qui se sont remplacés au fur et à mesure du fonçage. Le poids moyen de ces câbles est de 7kg,800 par mètre; ils étaient terminés à leur point d’attache avec le crochet des chaînes des bennes par une armature d’acier. Les bennes ont la forme d’un tonneau, sont faites en bois cerclé de fer et leur capacité est de 0m3,080; arrivées à la partie supérieure du puits elles se déversent automatiquement sur des chariots inclinés qui rejettent les déblais au dehors.
- Le creusement s’est poursuivi pendant cinq années ; il a été terminé à la fin de 1900. On a procédé par coups de mines forées soit au burin et à îa massette, soit à la barre de mine. La profondeur des trous variait entre 0m,80 et lm,50 selon la nature des terrains, puis une charge de dynamite y était introduite ; on remontait ensuite le personnel et l’explosion se produisait électriquement. Grâce au bon aérage, les ouvriers pouvaient procéder à l’enlèvement des débris au bout de 10 minutes. La jdus grande partie des travaux ont été effectués sans que l’on ait eu à se préoccuper de l’eau; pendant les 90 premiers mètres seulement on dut faire usage de pompes d’épuisement. Dans le second puits, dont l’avancement était intentionnellement moins rapide que dans le premier, on a pratiqué, à partir d’une certaine profondeur, un trou de sonde par lequel s’écoulait l’eau, jusqu’à la rencontre d’une galerie, débouchant dans le premier puits, où se trouvait la pompe de refoulement. De cette façon, le fond du puits d’aération a été constamment maintenu à sec.
- Les deux puits sont munis d’un cuvclage métallique sur 87 mètres de hauteur dans leur traversée des roches aquifères. Le reste est muraillé soit en moellons naturels, soit en moellons artificiels de béton de ciment. Le cuvelage en fonte se compose d’une série d’anneaux delm,50 dehauteur constitués par six segments assemblés avec des joints de plomb par des boulons en fer. Les moellons naturels proviennent de carrières de grès bigarrés situées aux environs de la mine et les autres sont composés de sable lavé, gravier lavé et ciment.
- Au début des travaux et jusqu’à 100 mètres de profondeur on ne s’occupait pas de l’aérage; mais il se produisit parmi le personnel un malaise général d’afiord assez difficile à diagnostiquer et qui était causé par les vapeurs du fulminate de mercure employé dans les capsules. On se bâta alors de placer à l’orifice des puits un ventilateur qui refoulait l’air dans des tuyaux descendus jusqu’à l’avancement. Mais dès que le fonçage du second puits atteignit la
- galerie qui avait servi à l’épuisement de l’eau la communication entre les deux puits se trouvant établie la ventilation s’effectua d’elle-môme : l’air descendait par l'un des puits et remontait par l’autre. Les creusements étant repris simultanément dans les deux fonçages, pour aérer au-dessous de la galerie de communication, une ligne de tuyaux partait de chaque côté d’un barrage placé dans cette galerie et se rendait au voisinage du fond du puits. Tous les 150 mètres une nouvelle galerie était établie et recevait la môme installation que précédemment. Dans ces conditions on put se passer de ventilateurs, l'aérage naturel ayant constamment suffi.
- Le fonçage du puits étant terminé les guides furent mises en place ; elles sont faites de chône de premier choix et boulonnées sur des traverses horizontales que l’on avait posées au fur et à mesure pendant l’exécution de la maçonnerie.
- Le prix de revient de l’établissement de ce puits de mineaétéjusqu’à500môtres, de 665fr,l 6 en moyenne par mètre et de717fl ,60de500à 1000 mètres. La différence n’est pas très grande et provient de ce que les terrains durs se sont trouvés surtout dans la première période du fonçage. Ces puits, actuellement en service, sont pourvus l’un et l’autre d’un chevalement métallique. L’ensemble de l’installation comprend une station centrale des machines, des batteries de générateurs, un bâtiment pour le personnel, iin second pour les services annexes et enfin un troisième renfermant les appareils de la traction électrique extérieure destinés à conduire les chariots de charbon à l’atelier central de criblage et de lavage situé à 2km,500 de la recette. Leciex Foernier.
- LE RENNE DANS L’ALASKA
- La découverte des mines d’or du Kloridykc a eu pour résultat indirect de modifier profondément ta faune de ces régions désolées et le genre de vie de leurs habitants. Il y a dans l’Alaska, nous dit M. Grosvenor400 000 milles carrés de toundras où ne peuvent vivre ni chevaux, ni bovidés, ni moutons, ni chèvres; mais sur tout ce vaste espace le renne est capable de trouver les mousses et les lichens qui constituent sa nourriture. Actuellement le troupeau de rennes de l’Alaska, fort de 6000 têtes, se double tous les trois ans; il est donc probable que dans l’avenir cette région sera un centre d’élevage de cet animal et fournira de bêtes de somme et de viande une partie de l’Amérique du SNord. Dès 1890 le Dr Sheldon Jackson avait été frappé de voir les indigènes de l’Alaska perdre peu à peu leurs ressources alimentaires. Les baleines, pourchassées par les baleiniers à vapeur, émigrent de plus en plus vers le Nord; phoques et morses ont été exterminés par les armes à feu modernes, le renne indigène lui-même ou caribou, devient de plus en plus rare et évite le voisinage de l’homme. Ainsi l’Eskimo, mal armé, voyait lui échapper peu à peu les animaux qui autrefois lui fournissaient sans difficulté des aliments, des peaux pour se vêtir, de la graisse pour se chauffer. Ces 20 000 indigènes étaient donc condamnés à une extinction rapide.
- 1 « bulletin of (lie Smitlisouian Institution », 1905.
- p.346 - vue 350/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 547
- Or de l’autre côté du détroit de Bering, les Sibériens avaient depuis un temps immémorial apprivoisé le renne. On pouvait donc se demander s’il ne serait pas possible de venir en aide aux Eskimos en leur fournissant des rennes domestiques et en leur apprenant à s’en servir. M. Jackson obtint du gouvernement des États-Unis des subsides qui lui permirent d’importer 200 rennes achetés aux Tchouktchis et aux Toungouses. Il amena aussi quelques éleveurs sibériens qui apprirent rapidement aux Eskimos à soigner ces animaux, à les harnacher, à les capturer au lasso et à prendre soin des faons. En 1898, 05 familles laponnes s’engagèrent dans le même but en Alaska; leur voyage leur fut payé par le gouvernement. Au terme de leur engagement, la plupart de ces Lapons se transformèrent en mineurs; quelques-uns firent fortune.
- L’élevage du renne est d’ailleurs fort avantageux puisque dès la quatrième année il peut être vendu pour la boucherie, ou bien servir de bête de somme. A partir de 2 ans, chaque femelle ajoute un faon par an au troupeau, et cela pendant 10 ans. Le renne est si timide qu’un seul berger peut facilement conduire un troupeau de 1000 tètes. Leux qui s’écartent rejoignent d’eux-mêmes le troupeau. La femelle est presque aussi forte que le mâle comme bête de somme ou de trait; son lait est très épais; mélangé d’eau il constitue une boisson excellente. Il est à noter que les faons nés en Alaska sont plus grands que ceux importés de Sibérie. Peut-être une race nouvelle va-t-elle se constituer.
- Le renne porte facilement 75 kg, il fait une centaine de kilomètres par jour. On l’utilise communément comme bête de selle. Dans certaines parties de l’Alaska, il sert régulièrement au transport de la poste. Ses qualités comme bête de trait sont trop connues pour que nous insistions, il peut tirer 400 kg dans un traîneau. Arrivé à l'étape le troupeau se disperse et chacun va de son côté creuser la neige avec ses sabots et ses cornes, pour chercher des mousses et des lichens. Au printemps, le renne change de régime, il mange de l’herbe, des champignons, des pousses de saule.
- Le gouvernement des États-Unis prête un certain nombre de rennes à des missions ou à des individus en se réservant le droit de reprendre après 3 ou 5 ans le même nombre d’animaux. C’est un excellent moyen de favoriser le peuplement de l’Alaska en rennes et d’habituer les habitants à s’en servir. Sur les 60 éleveurs individuels, 44 sont des Eskimos; chacun a sa marque de propriété, qui est imprimée au feu sur l’une des oreilles des rennes.
- On pense que bientôt chaque station de missionnaires possédera un troupeau de 5000 têtes. On espère ainsi maintenir les indigènes dans le voisinage des missions. Autrement, en effet, ils sont constamment absents, à la recherche de leur nourriture, et ont une tendance à s’agglomérer près des villages de mineurs, où l’alcool et les maladies les ont bientôt fait disparaître. De plus on enseigne aux indigènes les plus intelligents à pratiquer cet élevage.
- Je ne parlerai pas d’une tentative malheureuse faite en 1897 pour amener des rennes de Laponie, afin de secourir des mineurs en détresse. Après avoir traversé en chemin de fer tout le. continent américain, ces animaux périrent de privations sur les côtes de l’Alaska. Dans l’hiver de i 897-1898, des baleiniers en détresse à Point-Barrow purent être ravitaillés en leur amenant par un voyage de 3 mois et demi un troupeau de rennes. De-
- puis cette date on entretient un troupeau à Point-Barrow même, ce qui empêchera d’autres naufragés d’être exposés à la famine.
- Si, au début, l’importation des rennes en Alaska a eu des motifs purement philanthropiques, empêcher l’extinction des Eskimos, depuis l’invasion de ce pays par les chercheurs d’or, cet animal est devenu indispensable aussi bien pour le Blanc que pour l’Indigène. 11 est à remarquer, en effet, que les chiens ne sauraient rendre les mêmes services, puisqu’il faut emporter pour eux des provisions, alors que le renne sait trouver ses aliments tout seul. Le renne est pour l’Extrème-Nord ce que le chameau est pour le désert, l’animal adapté à des conditions de vie particulièrement difficiles et qui seul permet à l’homme d’y prospérer. I)r L. Laloy.
- ——
- LES FREINS POUR NAVIRES
- En présence de l’allure de plus en plus rapide à laquelle marchent les navires modernes, il devient urgent de trouver un moyen, un dispositif qui leur permette d’amortir en quelques instants cette vitesse, quand ils se trouvent forcés, pour une raison quelconque, de s’arrêter brusquement : cet arrêt s’impose surtout quand deux bateaux menacent de venir en collision ; mais il est nécessaire aussi parfois, dans les manœuvres de sortie ou d’entrée dans les ports, ou quand on navigue par temps de brume dans des parages dangereux. L’effort à exercer pour obtenir l’arrêt rapide, dans les conditions que nous venons de définir, est d’autant plus considérable que les navires sont maintenant de dimensions et de poids énormes.
- On a bien la ressource de stopper les machines et de faire machine en arrière, mais il s’écoule un certain temps avant que cette marche arrière puisse se réaliser, et surtout qu’elle fasse sentir son effet. Tant et si bien que, si nous considérons un transatlantique d’un type même démodé et de proportions relativement modestes comme « l’Etruria », nous voyons qu’il parcourra une distance d’au moins 700 à 800 mètres avant que de s’arrêter complètement, s’il marche à son allure normale, et en dépit de tous les. procédés classiques que l’on mettra en œuvre pour amortir sa vitesse acquise, même avec les manœuvres les plus simples et les plus rapides.
- C’est pour remédier à cette lenteur des arrêts, que certains inventeurs ont imaginé des combinaisons plus ou moins heureuses de freins pour navires. Il y a déjà quatre ou cinq années, un inventeur de Liverpool, M. Simpron, avait combiné une paire d’ailes latérales qui pouvaient brusquement s’étendre normalement à l’axe et à la direction de marche du bateau, et arriver, paraît-il, à stopper complètement ce dernier, même marchant à 20 nœuds, sur une distance- moindre que deux fois sa propre longueur : ces ailes étaient ordinairement masquées, et, au cas de besoin, l’officier de quart n’avait qu’à presser sur un levier pour qu’un système hydraulique les repoussât de leur logement et les étendît
- p.347 - vue 351/536
-
-
-
- 348
- liA NATURE.
- transversalement. Elles étaient disposées vers l’avant, ce qui ne nous semblait pas très heureux ; leur largeur était égale à la moitié de la plus grande largeur du bateau, et leur hauteur ne dépassait pas la moitié du tirant d’eau à l’avant. Nous n’avons pu savoir ce qu’il en était advenu de l’invention de M. Simpron; mais le Gouvernement Canadien vient de faire munir un navire lui appartenant d’un dispositif quelque peu analogue, qui a été récemment expérimenté sous la direction du capitaine de port de Montréal, et qui parait donner satisfaction.
- Le navire en question est « l’Eureka », qui est destiné à la navigation intérieure, notamment sur le Saint-Laurent, navigation qui réclame peut-être plus que toute autre la possibilité d’arrêter brusquement la marche d’un bateau. Nous donnons une photographie qui montre que le principe auquel on a eu recours à bord de « l’Eureka » rappelle considérablement le dispositif dont nous parlions à l’instant, à cela près qu’ici les vannes, les ailes latérales destinées à s’ouvrir et à se mettre perpendiculairement à la paroi du bateau sont installées vers le centre de la coque. De plus elles ont une grande hauteur, puisqu’elles s’étendent depuis la ligne normale de flottaison jusqu’à la quille latérale, tout en ayant, une largeur relativement réduite ; elles sont formées de plaques d’acier renforcées, et articulées sur la muraille un peu à la manière d’un gouvernail ou d’une porte à gonds multiples et des plus résistants. Normalement, la vanne est repliée le long de la muraille et maintenue solidement en place par une série de doigts que l’on aperçoit nettement à gauche, dans la photographie, et qui sont sous la dépendance d’une tige commune verticale pouvant se manœuvrer de l’intérieur du bateau. ( Rien entendu, ces arrêts sont disposés vers l’avant par rapport à la vanne, qui doit se replier en avant, puisqu’elle est destinée à se mouvoir vers la poupe en se développant pour arrêter le bateau.) Les gonds de la vanne sont en réalité formés d’une seule tige commune, qui est
- commandée par un engrenage d’angle sous la dépendance d’un renvoi, disposé, lui aussi, à l’intérieur de la coque : si l’on met en mouvement cet engrenage, après avoir écarté les taquets d’arrêt, le frein commence à s’ouvrir en formant aile latérale, et immédiatement la poussée de l’eau achève son ouverture et l’amène dans la position d’ouverture complète et normale à la muraille du bateau. A ce moment, il faut que la vanne trouve des arrêts robustes pour la maintenir ainsi, et lui permettre de supporter l’effort intense résultant de la vitesse acquise du navire. C’est dans ce but qu’on a disposé les contreforts
- obliques que montre très bien la photographie.
- Ces contreforts, avant d’arriver à la position d’arrêt fixe, jouent d’abord le rôle de frein, et amortissent la violence de l’effort que subiraient les ailes dans leur ouverture brusque. En effet, l’extrémité de chacun de ces contre-forts vient s’articuler sur une plaque métallique, qui peut glisser dans une sorte de chambre en tôle ménagée sur la paroi du bateau : cette plaque, en se déplaçant, chasse peu à peu, par des ouvertures « ad hoc », l’eau qui remplissait la chambre. C’est un système d’amortissement analogue à celui qu’on rencontre dans les freins d’artillerie.
- Nous n’avons pas besoin d’insister sur les détails de fonctionnement de cet appareil d’arrêt des navires, qui peut se manœuvrer de la passerelle de commandement. Les expériences qui ont été faites sur le Saint-Laurent semblent très favorables ; avec une allure de 11 nœuds, évidemment modérée, on a réussi à arrêter « l’Eureka » sur une distance ne représentant que la moitié de sa longueur. On peut du reste utiliser ce dispositif à effectuer des rotations pour ainsi dire sur place, en ne développant qu’une des ailes latérales. Le mécanisme paraît enfin résister fort bien aux efforts qu’il subit, et l’invention nous semble susceptible de donner des résultats pratiques intéressants. Daxiel Bellet.
- Vanne de freinage de bateau ouverte.
- p.348 - vue 352/536
-
-
-
- LA NATURK.
- 5 50
- LES BATTERIES D’ATTAQUE D
- L’artillerie autrichienne vient de faire paraître, sur la construction des batteries, un règlement qui s’inspire au plus haut degré des nouvelles conditions nécessitées par la grande efficacité des canons modernes. La caractéristique des constructions préconisées réside, en effet, dans une protection aussi grande que possible, unie cà une adaptation des plus parfaites au relief du terrain. Un sait que les batteries sont de trois sortes : de champ de bataille,
- L’ARTILLERIE AUTRICHIENNE
- d’attaque et de défense contre et pour les places de guerre. Les premières consistent en retranchements rapides renforcés pour être à même de recevoir des pièces de campagne et de position. Les batteries de défense, pouvant être le plus souvent préparées dès le temps de paix, olfrent moins d’intérêt au point de vue de leur construction que les batteries d’attaque qui doivent toujours être improvisées ; ces dernières sont donc plus intéressantes et c’est d’elles dont
- Plan |d
- miiwmimmmmimimiimmmïïmmmmmmmimmmmilmmminnmmmmmimmimmmmmuiimm
- muinmm
- Batterie d’attaque d’artillerie autrichienne. Plan et coupe.
- nous allons nous occuper dans les lignes suivantes.
- Avant tout, il est nécessaire d’effectuer une reconnaissance approfondie du terrain destiné à recevoir la batterie projetée. Cette opération est exécutée par l’officier chargé de la construction après qu’il lui a été donné connaissance du but à remplir par la batterie et de l’armement qui doit la composer. L’officier détermine alors l’endroit précis où la batterie sera construite en s’inquiétant des voies d’accès qui doivent y conduire. Il a soin d’exécuter sa reconnaissance en faisant en sorte de ne pas éveiller l’attention de l’ennemi. Quand cette détermination a été exécutée, on calcule le personnel et le matériel qui seront né-
- cessaires et on procède ensuite au tracé de l’ouvrage.
- Le nouveau règlement établit ensuite les règles à observer pour le rassemblement et la répartition des travailleurs, pour les amener et les installer sur le terrain; il étudie enfin la marche générale à imprimer au travail qui doit satisfaire au grand principe ainsi exprimé : « Dans la construction des batteries d’attaque, un principe fondamental est de chercher d’abord à ouvrir le feu rapidement. 11 est donc nécessaire de chercher, avant toute chose, à établir rapidement les emplacements des bouches à feu ainsi que les couverts nécessaires qui pourront être renforcés progressivement avec le temps et suivant
- p.349 - vue 353/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 550
- les besoins. » Lorsque la construction pourra être exécutée, en raison de la « l'orme », sans doute, du terrain, hors des vues de l'ennemi, elle se fera le jour; mais si le déiilement complet est irréalisable, il ne faudra l'entreprendre (pie la nuit. Dans le cas où la batterie devra être établie en terrain complètement découvert, il sera nécessaire que sa construction soit complètement terminée en une seule nuit.
- Nous donnons, d’après l’ouvrage autrichien, un croquis d’une batterie d’attaque modèle, telle qu’on doit se proposer d’en établir en s’en rapprochant le plus possible, suivant les circonstances particulières au milieu desquelles on est appelé à opérer. L’épau-lement est constitué pour la plus grande partie par les terres provenant du fossé extérieur et pour une faible proportion des emplacements des bouches à feu. Le pied du talus intérieur sert de base pour le tracé de la batterie; cette base doit, autant que possible, être perpendiculaire à la ligne de tir. La hauteur intérieure de l’épaulement est de lm,i() aussi bien sur le froid de la batterie qu'aux ailes. Sou épaisseur doit atteindre horizontalement le chiffre de 0 mètres. Il ne doit se signaler aux vues de l’ennemi par aucune arête vive pouvant permettre de viser ou de rectifier le tir. Le terre-plein est d’une largeur de 0 mètres à sa base et d’un enfoncement au plus de 0m,80. La hauteur du parapet protecteur peut ainsi s’élever à 2m,20. Le talus intérieur de l’épaulement reçoit des éléments de revêtement ayant 1 mètre de hauteur et 2 mètres de longueur; cependant, quand le terrain est résistant, on peut s’en passer. Le revêtement, quand le terrain est mou, est en claies ou en planches.
- Ce qui différencie les batteries modernes de celles d’autrefois est la grande protection dont les pièces sont entourées. Ainsi, dans les batteries autrichiennes, chaque pièce doit être complètement isolée de sa voisine par une forte traverse. Les pièces à l’extrémité de la batterie sont protégées de la même façon du côté intérieur. Dans les traverses, des abris sont ménagés. pour servir de refuge au personnel des pièces ainsi que de magasins à munitions. A chaque aile sont également pratiqués dans l’épau-lement un abri et un magasin de munitions. Les abris des traverses doivent être suffisants pour 7 hommes. Ceux des ailes sont destinés l’un au personnel supplémentaire des servants, l’autre au commandant de la batterie et aux officiers supérieurs de [tassage.
- La batterie peut avoir des annexes. Ainsi, on installe souvent, en dehors d'elle, un poste d’observation qui lui est relié par une communication abritée. Dans les cas où le terrain ne permet pas l'établissement d’un poste de ce genre, on observera en employant des arbres, des échelles ou des échafaudages. Il y a lieu aussi d’établir des masques artificiels installés de 50 à 200 mètres en avant de la batterie et en dehors de son axe. Ces masques, peu résistants et construits en Terre, en neige, en branchages ou en broussailles, sont destinés à donner le change à l’ennemi qui peut prendre un masque
- [tour la batterie et y faire inutilement converger ses feux pendant que la batterie demeure indemne.
- Chaque batterie est reliée avec le commandant de groupe par téléphone; ce moyen de communication est, du reste, universellement appliqué dans la guerre de siège, entre les divers échelons du commandement. ld-colonel Deiaeney.
- NOUVEAU
- PROCÉDÉ DE PRÉPARATION DU CAFÉ
- Depuis quelque temps, la presse de Java mène grand bruit autour d’une méthode de préparation du café que vient d’imaginer un planteur M. van Geuns et dont le principe paraît original. Le nouveau procédé, comme nous l’apprend le « Indische Mercuur » auquel nous empruntons ces renseignements, repose principalement sur l’emploi combiné de la force centrifuge et de la chaleur à la dessiccation des grains sortant des bacs de lavage. Effectivement, durant l’opération, on dirige dans la turbine renfermant le café un courant d’air sec chauffé à 00°. En outre, M. van G «ms remplace par un couteau en bronze le caoutchouc du dépulpeur Lidgerwood puis, grâce à des moussoirs analogues à ceux dos fabriques de pâte à papier et à un levain spécial provenant du « legen » (nom indigène du vinaigre « d’Arcnga saccharifera »), il abrège la durée de la fermentation. D’après ses estimations, le travail entier de préparation à partir de la cueillette ne demanderait guère [dus de 72 heures.
- Mais, objectent divers contradicteurs, l’innovation nécessitera un matériel coûteux : des turbines, une machine à vapeur, des calorifères et des ventilateurs à grand débit sans compter la maçonnerie. Alors qu’avec le procédé en usage aux Indes néerlandaises, le séchage du café, succédant à la fermentation et au lavage, n’exige qu’une minime dépense, car une dizaine de coolies portent, on 2 heures, 200 pikuls ( 12 000 kilogrammes) de café du bassin de lavage au bac de séchage. Ensuite, une fois le café étalé, on l’abandonne à lui-même; il se dessèche doucement sous l’action du soleil et du vent. Vers le soir, on le met en tas sous une toiture en fer et le lendemain on l’étale à nouveau. Enfin, après plusieurs jours, on dispose le café dans une étuve où s’achève sa dessiccation.
- M. van Geuns répond victorieusement à ses détracteurs en publiant le tableau suivant dans lequel il compare le temps que réclame le procédé javanais actuel et le sien, selon l’état atmosphérique. Le minimum correspond à l’entière sécheresse et te maximum à une pluie continue.
- OPÉRATIONS DURÉES E PROCÉDÉ ACTUEL N HEURES MÉTHODE VAN GEUNS
- - Minim. Maxim. Minim. Maxim.
- Dépulpage 4 4 4 4
- Fermentation 00 00 12 12
- Lavâge 0 0 0 0
- Séchage sur les bacs. . . . 50 1 400 — —
- Séchage à l'étuve Décorticage, triage, etc. . 00 00 50 80
- 8 8 8 12
- Emballage 0 0 0 0
- Durée totale des opérations. 8 jours. 05 jours. 5 jours. 5 jours.
- À Java, en particulier, le séchage par la force centrifuge présente de multiples avantages, si l’on en juge par les indications du pluviomètre de Soember-Telogo, résidence de M. van Geuns située à <‘>00 mètres d’altitude. Pendant les cinq mois mai-septembre, il est tombé 2290 millimètres d’eau en 1900 ; 147 millimètres en 1902 et sur
- p.350 - vue 354/536
-
-
-
- LA N AT U LL.
- 551
- t) saisons ( 1894-1902) deux seulement furent favorables à la dessiccation du café par la méthode traditionnelle. Selon le plus ou moins de dérangements occasionnés par la pluie, la préparation du café, en cet endroit, demande de 8 à 00 jours et, en moyenne, 20 jours. Si donc le procédé van Gcuns revient cher comme frais de première installation et comme fonctionnement, car les calorifères et la machine à vapeur consommeront beaucoup de charbon, nul doute qu’il ne se substitue à l’ancien dans les caféeries de Java où il apportera, avec une sécurité absolue, une grande économie de temps. J. Boyer.
- CHRONIQUE
- L'amas «l’Hercule. — Entre les étoiles rt et £ Hercule se trouve l’un des plus magnifiques amas du ciel boréal, inscrit sous le n° 15 dans le catalogue de Messier. C’est une agglomération de plus de six mille étoiles offrant un superbe aspect au télescope. Par les nuits bien pures, on peut l’apercevoir à l’œil nu et la moindre jumelle le découvre aisément. M. Schaeberle, de l’examen des photographies faites à Ann Arbor avec un réflecteur de 55 centimètres, a conclu que ce bel amas présente une forme en spirale évidente. Or, détail curieux, on se trouve en présence de deux spirales tracées en sens contraires. La figure ci-contre, donnée par M. Schaeberle dans « The Astronomi-cal Journal », montre bien cette structure particulière ; les spires en trait continu sont dirigées dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre, celles en pointillé, semblant retourner au noyau central, en sens contraire. Dans les diverses spires la vitesse des particules stellaires diminue depuis la spire 0 jusqu’à celles situées vers le centre, 5,6, etc. Quelques-unes des étoiles visibles sont représentées sur la branche n°2. 11 est probable qu’une exposition plus longue avec un instrument suffisamment puissant confirmerait davantage ce fait d’une forme en spirale indiquant un mouvement général des étoiles de cet univers lointain autour de la condensation centrale et prouvant en outre que l’amas résulte de la condensation d’une immense nébuleuse en spirale.
- La germination «les orchidi^es. — Quand on sème des graines d’orchidées, particulièrement de Cattleyia ou de Lœlia, on constate que la germination, d’ailleurs assez irrégulière, s’accompagne de la présence, à l’extrémité de la plantule, d’un bouquet de filaments dus à un champignon endophyte. Or, des expériences récentes de' M. Noël Bernard ont montré que la présence de ce champignon était indispensable à la germination de la graine d’orchidée. Si l’on prend de ces graines et qu’on en fasse des semis bien aseptisés, on constate qu’elles n’arrivent pas à germer. Mais si, par la suite, on les transporte dans une culture pure du champignon approprié, les filaments mycéliens de celui-ci pénètrent dans l’embryon : la germination commence et se poursuit régulièrement. Cette
- intéressante observation montre un cas bien net de parasitisme normal, où un organisme ne peut se développer sans la pénétration d’un parasite.
- —> v —
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 avril 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Régulateur des tubes à radiographie. — M. d’Ar-sonval signale les difficultés que l’on rencontre dans la pratique du maniement des rayons X pour obtenir un résultat déterminé en radiographie. Quel temps de pose notamment faut-il employer? M. Gaiffe a imaginé un dispositif très simple qui permet de tirer d’un tube donné des effets identiques. Il peut fournir pour chaque tube des constantes à l’aide desquelles il est facile d’en régler l’emploi dans toutes les conditions.
- La Société d’histoire naturelle d’Aulun. — M. A. Gau-dry présente, au nom de M. Bernard Renault, le volume publié en 1905 par la Société d’histoire naturelle d’Autun. M. A. Gaudry remarque que depuis seize ans il constate le succès toujours croissant de cette Société qui se recrute dans toutes les classes de la population et qui a ainsi répandu largement l’amour de la science. Aussi la Société reçoit-elle constamment des dons. Elle possède de riches collections de géologie, de paléontologie, de botanique et se propose de les grouper dans un musée. M. A. Gaudry exprime le vœu que ce projet puisse être réalisé.
- La brunissure de la vigne. — M. Prillieux présente une Note de M. Ravaz, professeur à l’Ecole d’agriculture de Montpellier, relative à la maladie de la vigne connue sous le nom de brunissure. Cette maladie a été attribuée à un organisme parasite qui a été décrit sous le nom de plasinodiophora et de pseudocommis. Or, d’après l’auteur, cette maladie est due simplement à l’épuisement des ceps. Pour opérer la démonstration il a divisé en trois lots un terrain planté d’une variété donnée — l’aramon. Sur le premier lot, les vignés ont été taillées très court ; sur le second lot, la taille a été ordinaire, et sur le troisième on a laissé beaucoup de bois. Le rendement moyen d’un pied a été respectivement de 5 kg, 4 kgke,7 et 6ke,9. Le premier lot a été trouvé absolument exempt de brunissure des feuilles, le deuxième lot a présenté des traces de la maladie, et le troisième a été fortement atteint. M. Ravaz a constaté que les grains de chlorophylle se gonflent et forment des plaques, puis se désorganisent en produisant de petites granulations et des globules bruns. C’est cette chlorophylle altérée qui a été considérée comme un organisme. En outre, il a observé que l’action directe de la lumière était nécessaire au développement de la maladie. Les rameaux protégés contre les rayons du soleil sont restés indemnes. Pour combattre la brunissure, il convient donc, soit de limiter la production par la taille, soit d’augmenter la puissance de production par des fumures riches en potasse.
- Observation d'étoiles filantes. — M. Üeslandres rend compte des efforts réalisés par MM. Farman, Touchet et Chrétien, pour perfectionner l’observation des étoiles filantes. Habituellement dans les observatoires on se contente de déterminer approximativement le centre d’émanation, des étoiles filantes. Les auteurs se sont préoccupés de déterminer la hauteur de l’apparition et de la disparition. Grâce à un entrainement spécial, ils ont pu pratiquer avec succès ce genre d’observations particulièrement délicates et réunir des données sur 12 étoiles filantes. La hauteur d’apparition a été trouvée de 105 km; celle de disparition est sensiblement moindre.
- Forme en spirale i!u grand amas d’Ilercule déduite des photographies de M. Schae-herlc.
- p.351 - vue 355/536
-
-
-
- 35 2
- LA NATURE.
- Élections. — M. Bigourdan est élu membre de l’Académie en remplacement de M. Callandreau, décédé. — M. Gordan d’Erlangen est élu correspondant de la section de géométrie, en remplacement de M. Salmon de Dublin, décédé. Ch. de Yillededil.
- UN PONT CÀNTILEYER THIBÉTAIN
- Depuis la construction du pont du Firth of Forlh, en Écosse, on n’a plus le droit d’ignorer ce que c’est (pie le pont en « eantilever » ou, pour employer le mot français moins usité, « à consoles ». La gravure a rendu populaire ce magnifique ouvrage, dont nous avons jadis donné une description détaillée. C’est à
- la suite de progrès successifs et longuement médités qu’on a été amené à cette disposition originale tout à fait remarquable, qui assure de grandes économies dans la construction des ponts, tout comme la poutre continue, mais n’a pas les inconvénients de celle-ci. Sur chaque appui repose une poutre plus ou moins compliquée de forme qui constitue un porte-à-faux; ce porte-à-faux est équilibré par une partie symétrique de la construction, et, entre les deux extrémités du porte-à-faux, on peut disposer une poutre complémentaire qui s'appuie de part et d’autre sur les consoles.
- Or les modestes constructeurs du Thibet, «pii n’ont certainement pas été mis au courant des
- Un pont eantilever primitif. (Frontière du Thibet.)
- études laites par les ingénieurs sur les cantilevers, et tjui procèdent d’instinct, pratiquent un système qui répond exactement à la môme idée : nous pouvons donner une vue d'un pont de ce genre, vue dont nous sommes redevables à la Railroad Gazette, et qui a été prise à Darjeeling, sur la frontière du Thibet, dans les montagnes de l’Himalaya et au nord-ouest de l’Inde anglaise. C’est du reste là un type de construction qui est connu dans ces régions depuis un temps immémorial.
- Si l'on examine bien les deux culées de l’ouvrage, on verra que, dans les pierres sèches qui les forment, viennent se noyer des madriers de bois obliques dont l’extrémité est maintenue par la masse des pierres : c’est cette masse qui est chargée de faire
- contrepoids aux extrémités des poutres, et aussi au poids du tablier qui franchit le vide du milieu. Eu fait, on se trouve bel et bien en face de deux dispositifs à eantilever, à consoles réunies par une poutre intermédiaire. Et ces constructeurs primitifs avaient depuis longtemps réalisé, sous la forme la plus naïve, le pont dont les ingénieurs de la fin du dix-neuvième siècle se sont enorgueillis. 11 y a là une preuve nouvelle que l’ingéniosité et l’esprit d’observation peuvent conduire rapidement à des résultats que le calcul ne réalisera que lentement.
- I). R.
- Le Gerant : P. Masson.
- Paris. — Imi>riiiH‘ii(! I.aiiuiik, rue de Fleurus, 9.
- p.352 - vue 356/536
-
-
-
- y I «là. — 7 MAI 1 904.
- LA N AT U HE.
- 555
- IA GLACIERE NATURELLE DE LA GRÂCE-DIEU (DOUBS)
- Au cours de mes recherches souterraines j’ai contribué à établir ([lie la vraie théorie des glacières naturelles est celle qui attribue ce phénomène : 1° à la forme des cavités; 2° au froid de l’hiver, accumulant les neiges et l’air plus dense de cette saison dans des gouffres et grottes en sacs ou en sabliers où l’air chaud et léger de l’été ne réussit pas à pénétrer. Mais la fausse idée populaire d’après laquelle la glace se forme, dans ces cavités, principalement en été, est des plus difficiles à corriger. C’est pourquoi je reviens encore sur ce sujet, à propos d’une des plus curieuses glacières naturelles de la France, celle de la Grâce-Dieu, près Baume-les-Dames (Doubs). D’ici justement on tirait le principal argument en faveur de la théorie estivale.
- Une récente visite sur place m’a permis de constater que là encore l’idée était fausse comme partout ailleurs, — que la Grâce-Dieu se glace en hiver à cause de sa forme et se dégèle légèrement en été, — et qu’un subterfuge de propriétaires a malencontreusement entretenu jusqu’à présent la croyance à la production de la glace en saison chaude.
- Pour accroître l’aspect pittoresque de la caverne on a disposé, sur l’immense plancher de glace unie qui en forme tout le fond, des amoncellements de fascines et de fagots de formes variées ; sur cette ossature, « absolument artificielle », les neiges d'hiver et surtout les infiltrations des premières fontes de neige à travers la voûte (congelées dès qu’elles arrivent en bas de la grotte) constituent et déposent une
- Intérieur de la Grâce-Dieu. (Photographie au magnésium.)
- enveloppe de glace assez épaisse pour recouvrir complètement les branchages et même pour se maintenir solidifiée pendant tout l’été; et triomphalement on conclut que la glace se forme en été et qu’en tout cas elle n’y fond pas. Seulement quand les beaux jours chauds ont été longs et quand la température interne de la Grâce-Dieu finit, au début d’un automne clément, par remonter à 1/2 ou 4° au-dessus du zéro, la carapace de glace est bien contrainte de céder à cette élévation de température; et alors, comme je l’ai vu en octobre 1902, les malencontreux fagots montrent l’oreille à travers les faùx séracs dissociés; la photographie ci-contre, à la confusion du procédé, fait impitoyablement voir comment la montagne de glace de la Grâce-Dieu n’est qu’un vain artifice d’exploitant, qui jusqu’ici a faussé la vérité scientifique. J’ajoute qu’il était inutile d’y recourir, le surplus de la localité, site extérieur et vue inté-32* année. — 1er semestre.
- ricure de la caverne, présentant un aspect suffisamment remarquable pour faire de la Grâce-Dieu un des curieux sites de la France. Quant au fait de la fusion partielle de la glace des glacières naturelles et des puits à neige pendant la saison chaude, il n’est certes plus possible de le contester : il a été constaté partout que c’est bien à la fin de l’hiver que les glaces et neiges sont les plus abondantes dans ces sortes de réceptacles du froid hiémal et au contraire les plus réduites vers l’automne ; j’en ai acquis la certitude personnelle aux diverses époques de l’année et dans les régions les plus diverses, glacières des Alpes (Parmclan, Yercors, Ifévoluy, Suisse), — du Jura, — de Hongrie, — du Karst, — voire même du Caucase (massif de l’Arabik), etc., et je considère la question de l’origine hivernale de la glace des cavernes comme définitivement et indiscutablement tranchée.
- __«.a,<_ F.-A. Martel.’
- 25
- p.353 - vue 357/536
-
-
-
- LA NATURE.
- oo 4
- LA GRAPHOLOGIE
- La graphologie est une des branches de la psycho-physiologie. C’est l’étude, des rapports de l’écriture et des traits distinctifs de l’individualité : genre et degré d’intelligence, caractère, tempérament.
- La graphologie est de fondation récente. Elle est due principalement aux travaux de l'Abbé Miclion, de M. Cré-pieux-Jamin et du l)r Meyer. Elle est étudiée aujourd’hui par deux Sociétés savantes, dont l’une a son siège à Paris, et l’autre à Munich. Celle de Paris a comme Président d’honneur M. Emile Levasseur, Administrateur du Collège de France, et comme Président en exercice M. llepoin, Directeur de l’Institut sténographique.
- La graphologie est assez souvent méconnue, et même décriée. Les critiques qu’elles soulèvent, il convient de le remarquer, proviennent en réalité de malentendus. C’est ainsi que l’on a coutume de lui imputer les fautes de l’expertise en écriture, sans se rendre compte qu’il y a là deux études très distinctes : chercher l’auteur d’un faux n’est pas le même problème que tracer le portrait intellectuel et moral d’un individu au vu de son écriture spontanée. Beaucoup de personnes aussi concluent des erreurs de soi-disant graphologues au peu de fondement de la graphologie : ce n’est pas plus logique que nier la valeur des mathématiques parce que l’on voit un calculateur inhabile se tromper dans une addition. La graphologie est une science complexe, extrêmement délicate à appliquer, et qui ne peut être comprise qu’avec une certaine maturité d’esprit. Elle attire cependant à elle un très grand nombre d’incapables, séduits par la perspective de connaître les gens avec qui ils se trouvent en rapport plus que ceux-ci ne le désireraient ; et, à côté des incapables, il y a encore les imprudents, qui opèrent sur des documents falsifiés à dessein ou insuffisants, qui font des analyses de caractère dans des situations où il leur est moralement impossible de parler avec franchise, qui s’adressent à des auditeurs trop passionnés pour les contrôler sans se tromper. Les objections contre la grapho-• logie se réfutent en réalité d’elles-mèmes quand on prend conscience de ce qu’elle est. Le raisonnement prouve qu’elle n’a rien d’impossible « a priori j», l’expérience montre qu’elle est fondée.
- L’étude de la graphologie comporte deux parties distinctes et successives, que l’on confond généralement : l’une concerne les lois graphiques et leurs manifestations, l’autre la coordination des traits de caractère. On peut posséder parfaitement la première, sans être capable d’approfondir la seconde, ce qui demande un certain diagnostic, comparable à celui qui est nécessaire au médecin une fois en possession des principes de la pathologie. La première est une étude scientifique, ayant des hases fixes, et donnant exactement le même résultat à tous les expérimentateurs. La seconde est un art, qui laisse un certain arbitraire à ceux qui l’appliquent. Des analyses de caractère d’une même personne faites par des graphologues différents se ressemblent non comme des photographies, . mais comme des portraits effectués par des peintres différents : tout en suivant les mêmes règles et en cherchant à reproduire le même modèle, ils saisissent [dus ou moins bien l’ensemble, estompent ou mettent en relief de préférence telle ou telle partie, et apportent à l’exécution quelque chose de leur désir de ne pas déplaire, et aussi de leur conception de la vie.
- Que sont maintenant les lois graphiques? L’expression
- d’un fait naturel, d’un phénomène de psycho-physiologie, qui n’a rien d’invraisemblable en soi, et que l’expérience a établi :
- « Les mécanismes cérébraux engendrant les gestes scripteurs sont en corrélation avec l’état organique général du cerveau, et varient comme les modalités de cet état; le tracé scriptural se trouve ainsi en harmonie avec les variétés de constitution et les modifications momentanées du cerveau, et par conséquent avec les phénomènes psychiques auxquels celles-ci correspondent. »
- On a dit que rien n’empêchait de changer son écriture, et on a cru nier par là les fondements de la graphologie. Il faut s’entendre. On peut se servir de différents alphabets pour écrire, comme de différents idiomes pour parler ; on peut également varier les formes alphabétiques de son alphabet, s’il admet plusieurs types pour une même lettre. Mais là n’est pas la question, car on n’altère pas ainsi les caractéristiques graphiques de son tracé scriptural : fermeté des traits, souplesse des lignes, allure rapide, ampleur des mouvements de la plume, souci des détails, etc.... Ses caractéristiques graphiques, il n’est pas plus aisé de les modifier que le reste de son attitude, ce qui est un travail. Évidemment, on peut jouer la comédie à travers l’écriture comme dans les relations journalières, mais c’est en faisant perdre aux traits de leur vigueur et de leur rapidité, c’est en se surveillant sans cesse et en renouvelant toujours les mêmes efforts. Ajoutons que les graphologues qui cherchent à faire de leur tracé scriptural une image trompeuse de leur caractère y introduisent à leur insu des signes d’égoïsme et de fausseté, provenant du travail même auquel se livre leur esprit en écrivant.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des lois graphiques, qui sont complexes et nombreuses. Nous nous contenterons de citer quelques principes graphologiques particulièrement importants.
- (( Les mouvements graphiques manifestant l’égoïsme ou l’altruisme sont des gestes déterminés par la position du scripteur par rapport au tracé. Le scripleur, qui va vers la droite, et dont la main, aussi bien que le corps, sont placés pour écrire vers le bas de la feuille de papier, se sent constamment par rapport au tracé à gauche et en dessous.
- « Quand on écrit, le moi est en action, mais le sentiment du moi passe par des alternances continuelles d’intensité et de-faiblesse ; il est à son maximum d’intensité là où il y a un effort à faire, c’est-à-dire dans les commencements, et à son minimum d’intensité là où le mouvement scriptural est secondé par l’impulsion acquise, c’est-à-dire dans les extrémités. Il en résulte que, si l’on considère un fragment de tracé constituant un petit ensemble, sa première partie, la portion de gauche, représente le scripteur par rapport à sa seconde partie, la portion de droite. Un petit ensemble de ce genre se limite à un mot, à un groupe de lettres ou à une lettre, suivant les cas.
- « Les volontaires emploient spontanément plus de force que les mous en écrivant. Les manifestations scripturales de la volonté proviennent de l’énergie qui est dépensée.
- « Une activité fonctionnelle intense de l’organisme cérébral, comme celle qui est concomitante de l’ardeur, de la gaieté, de la surexcitation, a pour elfet d’imprimer à l’écriture un mouvement ascendant. À la diminution de vitalité répond un amoindrissement de force scripturale.
- « Les impressionnables ont des tracés présentant des inégalités continuelles : dans la hauteur des mots ou des
- p.354 - vue 358/536
-
-
-
- LA NATURE.
- lettres, dans leur espacement, dans la direction des lignes, etc....
- (( Les mouvements graphiques des nerveux sont saccadés comme tous leurs autres mouvements. Les imagina-tils ont une écriture mouvementée, sans régularité monotone, et dont les gestes graphiques ont de l’ampleur.
- (( Les individus intelligents simplifient instinctivement les lettres en leur conservant leur clarté. Les hommes cultivés introduisent dans leur écriture des formes typographiques. Le goût se reflète dans l’élégance des traits. »
- Il n’y a pas pour la sexualité de manifestations graphiques comme celles qui existent pour les modalités de l’intelligence ou les éléments fondamentaux du caractère. Il est seulement possible, en s’appuyant sur des considérations psychologiques, de déterminer le sexe d’un scrip-teur avec une probabilité assez grande : environ tlü pour 100. l ue méthode nouvelle, encore inédite, reposant sur la différence de constitution psychique générale de l’homme et de la femme, permettrait une probabilité plus forte; elle est due à M. Eloy, le professeur de la Société française de graphologie....
- L’âge de l’auteur d’un autographe ne peut être que présumé d’après certains indices : degré de maturité, traits de caractère particulièrement accentués à une certaine époque de la vie (sensualité et vanité des jeunes gens), faiblesse enfantine ou sénile.
- Il existe des rapports simples entre la voix et le caractère ; on en trouve en conséquence entre elle et l’écriture. 1) oii une branche particulière de la graphologie, nommée « la phonographologie » par son fondateur, M. Éloy.
- On peut voir dans l’écriture : si une voix est montante ou descendante, c’est-à-dire si chacun de ses membres de phrase finit sur un ton plus ou moins élevé ;
- si elle se met spontanément en harmonie avec le milieu ambiant, ou si elle tranche avec lui par sa tonalité; — si elle est harmonieuse ou disgracieuse.
- Exception faite des cas de similitudes éthologiques trop grandes, il est possible de reconnaître à sa voix dans un groupe de causeurs l’auteur d'un autographe.
- Pour faire un portrait graphologique, il est nécessaire vie se procurer plusieurs autographes du scripteur, écrits dans des circonstances différentes, afin de pouvoir distinguer les éléments fixes du caractère des dispositions momentanées, qui exercent également une influence sur le graphisme. 11 faut exclure ceux dont le tracé n’est pas spontané, ou qui ont été faits dans des conditions trop anormales.
- Analyser un caractère, ce n’est pas indiquer toutes ses manifestations possibles, c’est déterminer les traits fondamentaux qui le constituent, et leur importance respective. Tous les hommes sont sujets aux mêmes sentiments ; ils ont, pour ainsi dire, tous, les mêmes qualités et les mêmes défauts, mais à des degrés différents : ce qui distingue un caractère d’un autre, c’est que l’un a plus ou moins que l’autre telles et telles modalités. L’analyste doit en conséquence faire abstraction de ce qui n’a pas une certaine importance, et commencer par chercher les dominantes graphiques du tracé, c’est-à-dire les manifestations scripturales répondant aux traits les plus accentués, et les ranger d’après leur intensité relative.
- La coordination des traits de caractère, qui vient ensuite, ne présente pas moins de difficultés. Un caractère n’est pas un simple groupement de tendances, mais un ensemble complexe, dont les parties distinctes réagissent les unes sur les autres. Les goûts militants d’un altruiste
- n ont pas les mêmes ellets que ceux d’un égoïste; ce qui est « présomption » chez le médiocre, peut n’ètre qu « orgueil » chez l’homme bien doué, et devenir (( sentiment nécessaire de ses supériorités » chez l’homme de valeur; la douceur d’un homme actif n’est pas celle d un indolent, etc.... L’analyste est donc dans la nécessité de nuancer les traits de caractère qu’il indique en tenant compte du degré d’altruisme et d'intelligence du scripteur, ainsi que de ses tendances fondamentales, correspondant à ses dominantes graphiques.
- 11 faut aussi qu’il établisse les résultantes, c’est-à-dire qu’il mette en relief les traits de caractère qui, sans avoir de manifestations directes dans l’écriture, résultent normalement, d après les lois psychologiques, de la présence simultanée de deux ou plusieurs autres, à des degrés respectifs convenables. Ainsi, un homme orgueilleux et impressionnable est susceptible, un individu naïf et prétentieux a des préjugés, etc...
- Les gestes graphiques sont enregistrés avec une très grande précision ; ils peuvent être examinés à tète reposée, par des esprits impartiaux, et subir plusieurs examens successifs. La graphologie constitue une méthode de recherche supérieure à l’observation dans les rapports journaliers, et qui donne des résultats à la fois plus nombreux et plus certains que l’étude de la physionomie, de la voix et de la gesticulation générale. Sola.nce I'ellat.
- __...A
- OBSERVATOIRES D’AMATEURS
- L’installation d’un petit observatoire est évidemment le rêve le plus cher de l’amateur d’astronomie. Certes l'étude si passionnante de cette science est des plus accessibles ; et dès l’instant que l’on possède un instrument quelconque, même très modeste, il n'y a plus qu’à se livrer au charme de l’observ atiom Une fenêtre, ou mieux un balcon, ou mieux encore un jardin, voila le premier observatoire. Seulement dans ces conditions, les inconvénients sont nombreux : ou la vue est limitée, ou les images télescopiques sont troublées par les variations de la température aux voisinages des murs, à la sortie d’une lenêtre ; ou bien l’on est exposé aux vents et aux intempéries, sans compter la nécessité de déplacer l’instrument chaque fois que l’on s’en sert. Bien que ces raisons ne soient pas suffisantes, heureusement, pour décourager les fervents d’Uranie, il ne leur est pas défendu de songera une installation pratique, où 1 on sera commodément à l’abri avec ses instruments, ses livres, etc. Nous arrivons alors à cet idéal qui est un petit observatoire. >
- Dans cet ordre d’idées j’ai pensé à présenter ici (espérant que cela pourrait être utile à titre d’indication) deux modèles d’installation de ce genre, modèles que j’ai réalisés.
- Après avoir fait choix d’un emplacement convenable pour un tel édifice, il faut 'avant tout que celui-ci soit d un usage commode et qu’il soit solide, abritant bien les instruments, point capital. Le principe suivant lequel toute installation doit être établie est celui-ci : il faut que l’instrument, solidement monté et surtout d’une façon stable, puisse \ etre braqué dans toutes les directions possibles.
- p.355 - vue 359/536
-
-
-
- 556
- LÀ NATURE.
- Pour obtenir un tel résultat, on peut songer à construire un édifice, pavillon ou autre, dont chaque face du toit serait susceptible de s’ouvrir. Cette manœuvre d’un grand nombre de volets à ouvrir et à fermer successivement pourrait être peu pratique.
- Fig. 1. — Observatoire de Donville. Vue d'ensemble.
- En outre il en résulterait une gène assez sensible par les traverses du toit, servant de point d’appui aux: volets ; effectivement ces traverses assez épaisses pour être solides, interposées devant l’instrument, dans certaines positions de celui-ci, occasionneraient des interruptions d’observations, souvent très fâcheuses. Ou bien alors le pied delà lunette ne doit pas être fixe.
- La meilleure solution, celle qui est réalisée dans tous les observatoires, est donc un toit ou coupole, tournant par un système quelconque, et permettant d’amener une seule ouverture, de n’importe quel côté, sans aucune lacune. 11 est assez facile de réaliser, même élémentairement, cette condition ainsi que je l’ai fait pour la première installation qui a été le début de mon observatoire de Donville, dont je vais maintenant donner la description.
- Ce premier édifice (fig. 1) consistait essentiellement en un pavillon tout en bois, déformé octogonale. Son diamètre de 2m,50 intérieurement était suffisant pour y abriter, avec la place nécessaire en plus, une lunette de 95mra ou de 108mm d’objectif. Ce sont, entre parenthèses, les modèles les plus courants dès qu’il s’agit d’un bon instrument d’amateur.
- Cette construction, dont les panneaux étaient assemblés à l’aide d’équerres enfer solidement boulonnées (ce qui la rendait démontable), reposait sur
- un socle en maçonnerie. De cette façon elle se trouvait un peu isolée de l’humidité du sol, si néfaste aux objets de bois ; celui qui a été utilisé ici était du sapin de Norvège, huilé, et peint extérieurement.
- Le toit tournant, afin d’être léger, était en toile à voile tendue sur les traverses ; un épais enduit de céruse le rendait imperméable. Quant au système à l’aide^duquel son mouvement s’obtenait, il était fort simple, ainsi qu’il est possible de s’en rendre compte par la ligure Ll.
- Tout l’ensemble du toit, solidement établi, tournait comme un manège de chevaux de bois, autour du pivot P. Ce pivot était une tige terminée par un boulon extérieur (maintenant le sommet du toit) monté sur la barre de fer en T ; on avait ainsi une résistance et une rigidité suffisante. La faible largeur de cette barre en faisait un obstacle insigni-liant. Eniin le toit suffisamment léger pouvait être soulevé après dévissage primitif du boulon, et l’écartement nécessaire qui l’empêchait de frotter sur la sablière S s’obtenait alors au moyen de rondelles R permettant de le hausser plus ou moins au pivot.
- Le tout fonctionnait aisément : d’une main saisissant le rebord, le mouvement de rotation s’accomplissait de celte simple façon. Vu son mode de suspension, cet ensemble était sujet à un fléchissement inévitable, nuisible à son bon fonctionnement. Aussi cet effet s’évitait autant que possible en introduisant des cales en A pendant les temps de repos, surtout les longues périodes de mauvais temps ; dans ce
- Fig. 2.
- Pian et cou]>c de l'observatoire de Donville.
- dernier cas même il était utile d’amarrer soigneusement de l’intérieur à cause des soubresauts occasionnés par le vent. Enfin, au cas où un frottement se produisait malgré toutes ces précautions, la sablière, soigneusement arrondie et enduite de savon
- p.356 - vue 360/536
-
-
-
- LA NATIJÜE.
- ou de talc, n’opposait pas une grande résistance.
- Quant au système d’ouverture de la fente, la gravure en montre la grande simplicité, dans ce cas encore. L’un des panneaux, au lieu d'être entièrement tendu, n’était retenu que d’uncôté ; du côté opposé la toile était fixée sur une tige de fer, main tenue au sommet dans un anneau, et pouvant se crocheter au bas dans un autre. Et afin d’as surer, par tension, une bonne fermeture, la toile se trouvait garnie en bas d’assez nombreux
- anneaux alter- Fir- 3.
- nant avec des
- pitons fixés dans le rebord du toit, une bonne corde laçant le tout. Ce système a pu résister aux très mauvais temps. Enfin, pour terminer avec cette installation, un massif de maçonnerie s’élevait au centre, supportant la lunette. Condition indispensable pour assurer la stabilité de celle-ci, ce massif avait ses fondations assez profondes en terre et se trouvait isolé du plancher.
- Ce modeste observatoire, dont l’installation étant complétée par des accessoires indispensables, escabeau h marches mobiles pour l’observation, table, chaises, etc., m’a rendu de très réels services.
- Malgré son prix relativement modique (il ne s'est pas élevé à 400 fr.) il a été d’une excellente construction, et, au bout de dix ans, je ne l’ai mis à la retraite que pour faire édifier celui que je vais décrire maintenant.
- Cette fois, au lieu d’un pavillon dans un jardin, il s’agit d’un batiment suffisamment grand, en pierre.
- Mon nouvel observatoire, dont les murs ont O"1,45 d’épaisseur, se compose de deux pièces inégales eu
- Nouvel observatoire de Donville.
- Fisc. F
- dimensions (fig. 5). La plus grande, de 2m,50 sur toutes ses faces, est la salle des instruments ; elle est surmontée d’une coupole tournante de 2m,70
- intér ieurement « moulée d’une seule pièce », en xylohthe et ciment armé. I)e cette façon, sans joint aucun, elle est absolument étanche, et en même temps très protectrice de la chaleur. Montée sur des galets, elle roule sur un rail circulaire. Ce mouvement lui est communiqué à l’aide d’un système très simple et robuste, visible sur la figure 4. ..Intérieurement,
- - une couronne solidement fixée sur la coupole porte une série de goupilles. Un levier puissant, terminé par une fourche,
- peut, par un léger mouvement jdë bascule, venir emboîter une de ces goupilles; ensuite opérant une traction latérale comme avec un bras de pompe, on fait avancer la coupole d’une quantité correspondante. Le pivot visible sur la figure 4 est placé de telle façon que la longueur du bras de levier sur lequel on pèse permet d’agir avec une seule main. Une fois l’habitude acquise, cette manœuvre se fait presque automatiquement, dans l’obscurité, et la coupole peut faire un tour complet en peu de minutes Enfin, la
- de la coupole est fermée à l’aide de quatre trappes métalliques s’ouvrant de l’intérieur, et mainte-l’aide de vis de
- large fente
- Équatorial de l’observatoire de Donville.
- nues a
- pression, système de fermeture en usage pour les hublots de navires. Ces trappes qui joignent ainsi hermétiquement, condition essentielle au bord de la mer, se recouvrent. Il faut donc les ouvrir successivement, quitte à refermer ensuite celles qui ne sont
- p.357 - vue 361/536
-
-
-
- 358
- LA NATURE.
- pas nécessaires. On peut ainsi, en cas de vent, réduire l’ouverture à une dimension minimum.
- Au centre de l’observatoire s’élève une haute colonne de maçonnerie supportant l'équatorial, d’un modèle très pratique construit par M. Mailhat (fig. 4 ). Cet instrument se trouve ainsi placé dans les meilleures conditions, permettant d’en tirer un parti excellent.
- Pour en finir avec cette installation, disons aussi que la seconde pièce, qui, de même que l’observatoire, est entièrement lambrissée en sapin de Norvège, a été aménagée pour servir de bureau, de laboratoire et de chambre à coucher au besoin. Lorsque l’on doit passer une grande partie des nuits, et surtout si l’on s’occupe de photographie, il est fort utile de disposer d'une salle où toutes les opérations accessoires, développement, etc., pourront avoir lieu. En outre, il est parfois fort agréable de* venir se réchauffer entre les observations et d’avoir alors sous la main tous ses livres et cahiers. J’ai donc aménagé cette pièce aces fins multiples, et les services qu’elle rend sont très notables, tant au point de vue de la commodité qu’à celui du temps gagné. Lucien Ruom \ .
- LA FOURRIÈRE
- Elle est bien changée la Fourrière de Paris ! Déjà en 1878 le Conseil d’hygiène du département de la Seine émettait un vœu de réformes radicales. Après Poggiale, Itillairet, Devergie, Pasteur, le savant et regretté professeur Nocard, dans un rapport présenté en 1878, disait :
- « Si l’on veut supprimer les inconvénients et les « dangers » de l’installation actuelle, qui est absolument déplorable, il faudra refaire le chenil de fond en comble, etc. »
- Quelques années après, en 1898, M. .Nocard revenait à la charge à ce même Conseil d’hygiène du département de la Seine en invoquant les mêmes raisons.
- « Envisagé au point de vue purement sentimental, dit M. Nocard, le procédé d’asphyxie des chiens par le gaz d’éclairage serait excellent, car il est difficile d’en trouver un autre qui soit moins douloureux, mais ce procédé est pratiquement irréalisable vu l’impossibilité de purger complètement de l’air qu’elle contient la cage d’asphyxie, ce qui, sans parler des dangers d’explosion, d’incendie et d’intoxication pour les personnes, prolonge outre mesure l’agonie des chiens plongés dans ce mélange d’air et de gaz. » Déjà Pasteur avait dit qu’on atteindrait aisément l’asphyxie rapide et sans.douleur en immergeant la cage pleine de chiens dans une cuve préalablement remplie l’acide carbonique. L’air contenu dans la cage surnagerait immédiatement et les chiens tomberaient en quelque sorte foudroyés. « Les chiens, ajoutait M. Nocard dans son rapport après avoir cité une série d’expériences, les chiens qu’on immerge dans un réservoir étanche, largement ouvert en haut et plein d’acide carbonique, sont d’abord comme stupéfiés; ils restent complètement immobiles pendant quinze à vingt secondes, puis ils s’agitent, ils se dressent, cherchant l’air qui manque à leurs poumons; la durée de cette période d’excitation, toujours peu accusée, varie suivant les sujets de vingt à quarante-cinq secondes; puis les animaux se laissent tomber, comme une loque, en résolution musculaire absolue; dès lors, la respiration devient de plus en plus rare et profonde, parfois râlante,
- et la mort survient dans un délai compris entre deux minutes trois secondes et quatre minutes, mesuré depuis le début de l’expérience; mais, dès avant sa chute, c’est-à-dire au bout d’une minute au plus, l’animal est absolument insensible; on peut pincer, piquer, brûler même profondément l’oreille, la plante des pieds, les lèvres, le nez ou la langue, sans que l’animal manifeste la moindre douleur ou cherche à fuir le contact de l’instrument.
- «En résumé, concluait M. le professeur Nocard, j’estime qu’il y a lieu : 1° de poursuivre la réfection du chenil de la Fourrière sur les bases indiquées par le Conseil d’hygiène dès 1878; 2° de substituer l’acide carbonique pur au gaz d’éclairage pour la mise à mort des chiens saisis sur la voie publique ; l’immersion dans un bain d’acide carbonique pur, suivant la formule de M. Pasteur, constitue, en effet, le procédé le plus sûr, le plus rapide, le moins douloureux, et l’un des moins onéreux de tuer les chiens errants que la loi tutélaire a condamnés à mort. »
- Malgré tout il fallut attendre jusqu’en 1904 pour que le service d’architecture s’occupât de la Fourrière. M. Gordon Bennett, la Société Protectrice des animaux et d’autres généreux donateurs avaient déjà largement contribué à la réfection et à la transformation du vieux et infect bâtiment de la rue de Pontoise. II y a peut-être un autre motif à cette pitié de l’administration envers nos frères inférieurs. Depuis deux ans environ la Préfecture de Police possède — et elle en est très fière — une brigade canine fluviale, des terre-neuve, chargés d’aider les agents plongeurs dans le sauvetage des noyés ; or ces chiens furent domiciliés ou plutôt mis en subsistance à... la Fourrière! M. Lépine, qui voyage beaucoup, a dû l’an dernier voir à Londres, à Berlin, et ailleurs les « Dogs’ bouse » si bien installés et rendant de si grands services, de sorte que ce que réclamait le Conseil d’hygiène en 1878 a pu être exécuté en 1904! On a même ajouté la « Chenine » ou (( panier à salade » des chiens, qui est peut-être l’innovation la plus utile, et dont la Société Protectrice des animaux a récemment fait cadeau à la Fourrière.
- A Paris, comme ailleurs du reste, les chiens dits errants, c’est-à-dire ceux qui courent les rues sans colliers, doivent être « raflés ». Savez-vous quels sont les agents chargés de ce service? Ceux de la brigade dite (( des mœurs » qui, inoccupés le matin, passent leur temps en faisant la chasse aux chiens. Et, c’est une vraie chasse non seulement aux chiens sans collier, mais à ceux avec collier. Costumés en civils les agents de l’autorité, armés d’un lasso en fil de laiton et suivis à quatre pas par un agent en tenue, s’en allaient par les rues et impitoyablement saisissaient au vol « tous » les chiens sans distinction ; j’ai été maintes fois le témoin, très gênant pour les agents, de ces rafles matinales plus spécialement dans le XVIIe arrondissement. Or, qu’arrivait-il ? Certains propriétaires de chiens venaient bien immédiatement réclamer leur animal ; mais d’autres, croyant à une fugue passagère, attendaient mais en vain le retour du volage toutou. Dans l’après-midi on voyait alors l’armée des commissionnaires de quartier attendre devant le poste qu’on leur livre les « raflés » qu’ils conduisaient à la Fourrière où on leur remettait le prix de leur course et une gratification pour chaque chien amené. On a accusé agents et commissionnaires d’être de connivence. Ce n’est pas à nous de trancher la question.
- Aujourd’hui, fini le petit commerce des chiens. La « Chenine » va chercher dans les postes les chiens trouvés ou raflés et leur nombre a « considérablement »
- p.358 - vue 362/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 559
- diminué. Cette voiture aux roues basses contient vingt-huit cages de dimensions différentes qui s’alignent sur des planches superposées. Les cages se closent par une grille à coulisse ; un rideau de cuir, rabattu sur les côtés, dissimule complètement les prisonniers à quatre pattes.
- Mais revenons à la Fourrière avec la « Chenine ».
- La réorganisation n’a pas coûté moins de 20 000 francs : au lieu de 75 niches, il y en a 200, d’un modèle uniforme, assez spacieuses et numérotées comme des chambres d’hôtel. La paille est changée à l’arrivée de chaque nouveau pensionnaire, qui reste maintenant au moins trois jours avant d’ètre livré à la « chambre de mort »*.
- La nourriture se compose d'une pâtée faite deux fois par jour avec des déchets de bœuf bouilli achetés dans les grands restaurants au prix de 20 centimes le kg et du pain payé 10 centimes le kg. Grâce à un service spécial organisé par la Société Protectrice des animaux, le signalement de tous les chiens amenés est affiché et si l’animal a un collier avec le nom et l’adresse de son propriétaire, celui-ci est immédiatement prévenu par lettre. Que de progrès!
- Il mmque encore cependant quelque chose, mais ne désespérons pas : toutes les cages sont placées dans une cour sans toit, exposées à toutes les intempéries des saisons. La plus récente innovation est la transformation du mode d’asphyxie des non-réclamés, lesquels, soit dit en passant, remboursent toujours, après leurs trois journées d’hospitalisation, leurs frais de nourriture, par la vente de leurs dépouilles.
- C’est encore ce généreux ami des chiens, M. Gordon Bennett, qui a offert à la Préfecture de Police de faire tous les frais d’une installation modèle exactement semblable à celle en usage à la « Battersea House for Dogs ». L’inventeur est un M. Bertram Richardson, et son système est bien le meilleur, le plus pratique, le moins coûteux de tous ceux destinés à asphyxier, rapidement et sans souffrance, les malheureux toutous non réclamés. L’appareil comprend trois parties principales : une maisonnette, une caisse à manœuvrer verticalement et une cage qui roule horizontalement. Tout cela s’emboîte du dehors en dedans, comme certains tiroirs des meubles japonais. La maisonnette a de hauteur lm,25, de longueur 2ra,40 et de largeur lm,50. Elle est en tunnel afin de permettre l’introduction de la cage aux chiens quand le moment du sacrifice est arrivé. Voici du reste les détails de l’opération : la caisse étant au fond de la fosse, les vantaux rabaissés, on fait bouillir le chloroforme (4 minutes), les vapeurs sont dirigées en dessous du plancher articulé. On ouvre la chambre, on introduit la cage, on relève verticalement les vantaux de la caisse, on soulève celle-ci qui est pleine de vapeur de chloroforme et qui vient entièrement envelopper la cage (1 minute et demie).
- On introduit alors l’acide carbonique provenant d’une bouteille de gaz liquéfié. Au bout de 5 minutes on sort la cage, toutestfini. Lesanimaux ne poussent aucun cri, et àla sortie l’attitude des cadavres semble attester une mort douce, sans convulsions. Le principe de l’appareil est excellent, sa manœuvre facile ; de plus, un petit manomètre permet à l’opérateur de mesurer la quantité du gaz qu’il fait passer dans la chambre. On n’use ainsi que la quantité absolument nécessaire, ce qui réalise une importante économie sur les méthodes employées autrefois. La dépense n’excède point dix centimes par chien.
- Au Dogs Ilouse de Battersea, on ne conduit à la « chambre de mort » que les chiens atteints de maladies
- incurables, car chaque quinzaine on fait, à Londres, une vente aux enchères de tous les chiens recueillis ; et il est rare qu’il y ait des laissés pour compte ; les amateurs trouvent môme souvent de véritables occasions. L’établissement n’aurait même pas besoin des subventions qu’il reçoit; sa situation financière est très prospère; les fonds disponibles sont, il est vrai, toujours employés à des améliorations tant dans l’ordinaire des chiens que dans l’installation des divers services et succursales.
- En France, où l’on imite si volontiers les Anglais, on aurait bien dû leur emboîter le pas dans leur admirable, ingénieuse, pratique et très hygiénique organisation de l’Assistance Publique des chiens. 11 a fallu, c’ost à peine croyable, que ce soit des Américains, Irès grands amis de la France, il est vrai, ayant à leur tète M. Gordon Bennett, qui installent chez nous, à Genncvilliers, le premier vrai Refuge des chiens errants, refuge que dirige une femme qui a la passion des animaux et (pii leur consacre sa vie, Mme la baronne d’Herpent. Pacl Mégxin.
- LES PLAUERS 1)U KL0NDYKE
- ET DE I.’aUSKA
- Le Nord-Ouest Amérique, presque inconnu il y a quelques années, est aujourd'hui parcouru par une foule aventureuse bravant le froid, la misère, les privations à la recherche d’un enrichissement rapide. La province canadienne tYukon Territory et l’Alaska possèdent, en effet, de riches placers dont la plupart donnent de fructueux résultats.
- Pendant l’année 1903 j’ai parcouru ces régions glacées, j’ai cherché à me rendre compte de la géologie de ce sol mouvementé, aussi vais-je exposer succinctement le résultat de mes observations en ce qui concerne la venue de l’or, principalement au Klon-dyke. Davvson City vers le 65° latitude nord et 140° longitude ouest est la capitale de la province canadienne Yukon Territory; c’est le centre le plus important du district Klondyke. C’est dans les environs que sont échelonnées, le long des creeks, les plus grandes exploitations aurifères.
- Tout le pays est montagneux, boisé en certains endroits de conifères chétifs et de maigres bouleaux. Ces montagnes, à part les Rocky Mountains, sont peu élevées et mamelonnées. La marche y est très difficile : on côtoie les lianes des montagnes, ce qui oblige à de longues sinuosités.
- Pendant l’été, la neige disparaît, mais le sol ne dégèle qu’à peine d’un demi-pied et est couvert d’une mousse humide et glacée et en certains endroits d’herbages pouvant servir de fourrages ; dans les lieux abrités, quantité de plantes végètent donnant des fruits comestibles. La fonte superficielle de la houe glacée donne lieu à un suintement continu arrivant à former des filets d’eau courante. L’hiver, tout le sol est couvert d’une épaisse couche de poudre neigeuse qui enveloppe le pays comme d’un linceul. A une journée de marche, au sud-est de Dawson, s’élève une montagne nommée « The Dôme », d’une hauteur de d090 mètres; ce dôme domine toutes les montagnes qui ondulent vers
- p.359 - vue 363/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ô GO
- le sud, tandis que vers le nord s'élèvent au loin les crêtes neigeuses des Montagnes Rocheuses. I)u sommet de ce Dôme, on peut se rendre un peu compte de la topographie de cette région, qui apparaît comme une mer immense avec des vagues mou-
- tonneuses énormes, semblant se poursuivre rapprochées, masquant les vallées profondes où coulent de petits ruisseaux (creeks). Il semble que le pays ait été bien des fois secoué et ondulé par des phénomènes sismiques ayant leur foyer principalement
- Fi<j. 1. — Lavafro de l'or au berceau. Fi<r. — Extraction du gravier aurifère dans une mine.
- vers le Sud. Toute la région de la province Yukon Territory a d’ailleurs été le siège de puissants efforts volcaniques qui ont dù modifier à différentes reprises la topographie du pays ; certaines vallées paraissent pro-. duites par des affaissements brusques, aussi voit-on en certains points comme de hautes terrasses simulant des remparts gigantesques dominant des plaines. Ces bouleversements sont bien caractérisés dans le sud-est du Yukon vers VYhitc Ilor-se, et là tout le sol est masqué par une épaisse couche de cendres de volcans recouvrant des houes glaciaires, ou des galets roulés d’anciens lits de rivières; dans certains endroits même on constate des collines entières de tuff volcanique.
- Dans les régions autour de Dawson, il est difficile de se faire une idée exacte de la constitution géologique, le sol étant couvert d’une couche plus ou
- moins épaisse de boue glaciaire et les bouleversements du sol n’ayant point occasionné d’aflleurementspouvant fournir des points de repaire. Ce que l'on peut
- dire d’une façon générale, c’esL que la hase solide à quelques pieds sous la houe est composée de roches anciennes schisteuses, comme le [trouvent les travaux miniers entrepris pour l’exploitation de l’or. Des lianes du Dôme coulent de nombreux creeks, c’est sur le parcours de ces ruisseaux que se font les plus importantes exploitations aurifères de la région : les creeks Ronanza, Eldorado, Uunker, Sulphur, Dominion, Gold Run, sont les plus riches. En les parcourant, dans la belle saison, on oublie en voyant l’activité qui règne partout dans l’exploitation de l’or qu’on voyage dans les déserts glacés du pôle. Le développement industriel est véritablement prodigieux, quand on se rend compte des difficultés
- p.360 - vue 364/536
-
-
-
- LA NAT (IR K.
- :>f>t
- Fis. 4.
- Une vallée aurifère au Klondvkc.
- de transports et d’aménagement des machines. A colé cependant des puis-
- santes exploitations munies d’engins mécaniques en vue d’une énorme production, existe le petit mineur qui, avec des moyens des plus rudimentaires, n’en fait pas moins de fructueuses récoltes. Au début de la découverte des Champs d’or, c’est avec l’outillage le plus simple que les plus grosses fortunes ont été faites.
- L’or du Klondyke est de l’or alluvionnaire, ôn le trouve,
- glaciaire, mêlé à des
- I
- II ni
- IV
- V
- Fii
- Streeun grands______Allumons du, fond des vallées
- Hillside, graoels — Alluoions du, versant, des côteuuæs
- Terrace grands_____AUuoioris des ternisse','
- Bed - rock. __ Roche de fbruL
- Muck , sand _____ Boue, sable et débris de roche-
- 5. — Coupr schématique d'une vallée aurifère au Klondyke.
- sous une couche de houe | Quelques pépites sont recouvertes d’une couche
- viers et cela sur le sol rocheux du fond, le « hed-rock ». On a constaté aussi des traces de quartz aurifère, mais les allu-vions présentant plus d’avantages, le quartz est momentanément délaissé. Cet or alluvionnaire est accompagné de cas-sitérite concrétionnée (étain de bois) et de sables noirs constitués principalement par de la magnélite, del’o-ligiste, du fer titane, du grenat, du rutile, etc.
- p.361 - vue 365/536
-
-
-
- 562
- LA NATURE.
- d’oxyde de fer, ce qui les soustrait à l'amalgamation.
- L’origine de l’or au Klondyke est discutée, mais il semble possible d’admettre que le métal précieux provient de la désagrégation de filons de quartz aurifère transporté par les glaciers.
- Dans les temps géologiques, la topographie du pays était loin d’èfre ce qu’elle est aujourd’hui : des chaînons de hautes montagnes volcaniques sillonnaient la région, comme actuellement, plus au sud, en Colombie britannique. Ces montagnes renfermaient de nombreux filons minéralisés et notamment des liions de quartz aurifère. Ces hautes montagnes, constituées par des micaschistes et des gneiss et (données de quartz aurifère, étaient couvertes par des glaciers, leur affaissement progressif a permis aux glaciers se trouvant ainsi dans des régions plus basses et moins froides de commencer leur fusion et d’opérer peu à peu une marche descendante en rabotant sur leur passage les roches sous-jacentes; arrivés enfin à une faible hauteur, leur fusion plus complète a laissé déposer les matières pulvérulentes vaseuses, les parties rocheuses arrachées et les éléments minéralogiques, par conséquent l’or, métal peu altérable et malléable. Le ruissellement des eaux a charrié tous ces éléments dans les parties basses, et l’or, en raison de sa densité, est descendu au plus profond et ne s’est arreté que sur la base solide rocheuse, le bed-rock, qui est ainÿ comme une assiette sur laquelle gît un semis d’or. Si le bed-rock est fendillé, l’or a passé dans les fentes et s’est déposé plus bas.
- L’aspect actuel ne donne pas l’idée de ces phénomènes ; le sol bouleversé bien des fois ne montre plus la trace de ces immenses glaciers des temps géologiques, et l’or, toujours sur le bed-rock, se trouve aussi bien sur les plateaux que dans les vallées; il se rencontre cependant en plus grande abondance aux niveaux les plus bas de la contrée.
- L’étude des immenses glaciers descendant des hauteurs et venant se fondre dans le Pacifique, glaciers que l'on voit en voyageant sur les cotes sud-ouest de l’Alaska, permet de justifier cette manière de voir. C’est dans les bas niveaux de la boue glaciaire, parmi les graviers, qu’on retrouve des restes d’animaux fossiles dans une vase organique fétide semblant indiquer que l’animal a été charrié en chair, entraîné par des torrents. C’est dans le bas de la vallée Gold Run que l’on a constaté jusqu’à présent la plus grande quantité de fossiles de gigantesques mammifères. J’y ai constaté la présence du cheval.
- Là-bas, au Klondyke, si on demandait à un mineur où est l’or, il répondrait : « Gold is where you find it », « l’or est là où on le trouve », et en effet, en présence d’un terrain vierge, on ne peut avoir aucun indice de la richesse du sous-sol, il faut fouiller le terrain; si c’est bon, si c’est « payant », comme on dit là-bas, on continue les recherches. Si c’est non payant, on fouille ailleurs. Comme il est dit plus haut, l’allure du sol n’indique pas la
- richesse et si certains creeks actuels sont riches, cela n’indique pas forcément que les grands glaciers d’autrefois, entraînant des parcelles d’or, ont passé par là ; l’or «pie l’on trouve peut y être descendu par ruissellement ou amené par le charriage d’anciennes rivières n’ayant laissé que peu de traces de leurs cours. 11 faut donc trouver l’or et, pour cela, arriver aux graviers aurifères déposés sur le bed-rock, la roche du fond.
- Le sol du Klondyke est toujours glacé; la faible température de la courte saison d’été ne fond qu’une couche superficielle, aussi pour atteindre la roche du fond faut-il fondre la boue glacée. Le premier moyen fut le feu flambant directement sur le sol et changeant la masse solide en boue liquide ; en continuant le travail au moyen de pierres chauffées, on arrive, en creusant un trou de 15 à 20 pieds, à atteindre peu à peu les graviers aurifères et le bed-rock. Une fois là, toujours par le feu, on fait une galerie qui bientôt devient un vaste souterrain dont la voûte se maintient d’elle-même. De ce souterrain on extrait les graviers aurifères qui, amenés au jour, seront lavés.
- Très souvent je suis descendu et j’ai travaillé dans ces mines et c’était pour moi un étonnement de voir ces profondeurs parfois énormes, nullement boisées, et dont les murs se soutiennent d’eux-mêmes, par la puissance du froid collant des éléments infimes. Le danger dans ces vastes galeries souterraines n’est pas grand, la glace est plastique, le ciel descend peu à peu en se cintrant, et lorsqu’il ne reste plus de place pour circuler, on quitte la mine; bientôt, à la surface extérieure, se fait une dépression ; le ciel a rejoint doucement le sol de la galerie.
- D’autres fois, et le plus souvent maintenant, on arrive plus facilement au bed-rock en utilisant la vapeur sous pression qui fond plus rapidement la glace ; le dégel souterrain s’obtient alors par la vapeur produite au moyen de petites chaudières chauffées au bois et aussi par des pulsomôtres.
- Quand l’eau est en quantité et à forte pression, on emploie pour le dégel la méthode hydraulique.
- Pour extraire le gravier et le laver, les appareils du petit mineur sont bien simples. Une fois sur le bed-rock, on met le gravier aurifère dans un baquet qui est amené au jour à l’aide d’un treuil à main. Ge gravier est alors lavé dans une petite boite, un « berceau (rocker) » ; c’est une sorte de parallélépipède en bois recouvert d’une trémie et dont le tond est incliné pour l’écoulement de l’eau et des sables. Le gravier est mis par petite quantité sur la I rémie, puis arrosé d’eau ; on agite alors la boîte ; les sables humides passent au travers de la trémie, tombent sur le plan incliné garni de petites cannelures et sortent, tandis que l’or, plus lourd, et anguleux, est retenu sur le plancher. De temps en temps ce «pii reste sur ce plancher est repris et mis dans un « pan », sorte de grand plat, puis lavé à grande eau par agitation rotative. On trouve au fond du pan le précieux métal. Ce simple moyen a donné, au début,
- p.362 - vue 366/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 565
- les plus fructueux résultats. Dans l’exploitation des placers, une grosse question est l’eau nécessaire au lavage des graviers aurifères; au Klondyke, l'eau des creeks manque parfois, aussi entreprend-on d’immenses travaux pour aller capter au loin quelque ruisseau des hauteurs « pup ».
- Les placers du Klondyke sont véritablement d’une grande richesse; l’exploitation a fait en peu de temps des progrès énormes par la venue des machines, aussi sur beaucoup de daims le travail tend-il à s’industrialiser, si bien qu’on commence à considérer ces placers comme des mines et à compter la production par la quantité de yards cubiques de gravier à laver. Des routes ont été tracées, des centres importants se sont fondés, et les moyens de ravitaillement sont devenus possibles tout en étant difficiles et onéreux. Le mineur, malgré une vie dure, est gai et insouciant ; il nourrit l’espoir d’une prochaine fortune : chacun doit trouver la « zone riche » (molher load), par conséquent toutes les jouissances lui seront acquises. L’exploitation de l’or n’est pas localisée aux environs de Dawson; sur les rivières Stewart, Delly et Indian River, et, plus au sud, les terrains sont fouillés avec résultat. Le Klondyke n’est qu’un point dans l’étendue de la province Yukon Territory et la prospection des pionniers allant toujours de l’avant a montré que les champs d’or s’étendent sur une surface immense. Ajoutons que du charbon (lignite) a été trouvé au Yukon et que des mines de cuivre commencent à être exploitées aux environs de White II or se.
- La saison d’exploitation aurifère dure environ m cinq mois. Pendant *les hivers terribles de ces régions polaires une bonne partie des mineurs quittent les creeks et sortent du pays, c’est-à-dire gagnent les États-Unis ou le sud du Canada ; parmi ceux qui restent, quelques-uns profitent de la solidité du sol pour entreprendre des voyages en traîneau de chien, et aller au loin à la découverte de nouveaux gisements ; d’autres travaillent souter-rainement dans leur mine et amassent du gravier aurifère qui sera lavé en temps propice ; d’autres enfin bûchent dans les massifs boisés et font du bois, dont ils trouveront un placement rémunérateur à la reprise du travail.
- Le sol de l’Alaska est à peu près le même que celui du Klondyke et de grandes exploitations aurifères sont concentrées en certains points du détroit de Rering. T. Obalski,
- Charge de mission scientifique.
- L’HÉMÉRALOPIE
- ET T, OPOTHÉRAPIE HÉPATIQUE
- Dans un article paru sous ce titre1, je disais que les soldats de la légion étrangère combattaient l’héméralopie par l’opothérapie hépatique et je me demandais d’où ils avaient pu tirer cette tradition. Or je viens d’apprendre tout récemment comment cette thérapeutique, d’origine
- 1 Yoy. n° 1568, du 15 juin 1905, p. 18.
- fort ancienne, puisqu’on en trouve mention dans Hippocrate, a été adoptée par les légionnaires.
- Le I)r Pech, médecin-major de la légion, aujourd’hui détaché avec un bataillon à Tuyen-Quang, a suivi de nombreuses expéditions dans le Sud-Oranais. Or, pendant une de ces marches dans le désert, il fut frappé de la fréquence des cas d’héméralopie, des « coups de lune » comme l’appellent les soldats d’Afrique. Il observa que l’héméralopie atteignait surtout les hommes débilités par le séjour dans les régions torrides et ceux dont le foie était épuisé par l’action laxative de certaines eaux saumâtres dans les expéditions. Le I)r Pech entrevit une sorte de dualité dans les causes de l’anesthésie rétinienne : d’une part, action continue d’une lumière intense réfléchie par ces plaines aux sables rouges, et, d’autre part, insuffisance hépatique. 11 pensait que l’héméralopie était due à une insuffisance de production du rouge de Boll, ce liquide qui baigne les parties constituantes de la rétine, les cônes et les bâtonnets et que le foie, grand producteur de pigments, était l’organe fournissant ou entretenant le rouge de Boll. De là à songer à l’opothérapie hépatique il n’y avait qu’un pas. Si l’hypothèse était plus ou moins fondée, il importait peu, la médication ne présentant aucun danger. Dès lors tous les héméralopes furent soumis à l’ingestion de foie cru ou cuit légèrement à la brochette, ce qui était une friandise pour les tirailleurs algériens. L’amélioration était immédiate et en trois ou quatre jours la guérison était complète. Les légionnaires se sont souvenus du traitement du Dr Pech et en ont gardé la tradition. _ Dr A. Cartaz.
- BECS A ALCOOL
- Le « bec national » de M. E. Boivin se distingue de ses congénères par deux points principaux : 1° L’allumage rapide obtenu d’une façon automatique, sans le secours d’une veilleuse ou d’un tampon d’alcool. 2° L’application nouvelle dans la chambre de mélange gazeux d’un radiateur réchauffeur ayant pour résultat et pour avantage de sécher, puis de surchauffer le mélange de vapeur d’alcool et d’air et de donner à la flamme une forme propice qui rend complète du bas en haut l’incandescence des manchons, d’où : maximum de pouvoir éclairant et grande économie d’alcool.
- O
- Le fonctionnement du « bec national » est le suivant : 1° Allumage. —Une petite pompe très simple P est disposée à la partie inférieure du bec. Son piston, commandé, depuis la galerie, par le poussoir p, envoie par le tube latéral t une cylindrée d’alcool dans une cuvette circulaire c entourant la chambre de vaporisation. Une simple allumette, mise en a, enflamme la petite quantité d’alcool remontée ainsi dans la cuvette, et la chaleur dégagée amorce la vaporisation d’autant plus rapidement que la chambre de vaporisation est chauffée sur son pourtour; puis, le mélange gazeux, produit comme nous le verrons plus loin, s’enflamme sous le manchon porté par le support S, et porte le manchon à l’incandescence. L’alcool de la cuvette c s’épuise de lui-même, et s’éteint donc dès que l’allumage est opéré.
- 2° Production et utilisation du mélange gazeux. — L’allumage ou amorçage étant fait comme il est
- p.363 - vue 367/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 56 i
- décrit ci-dessus, l’alcool monté par capillarité dans la mèche du tube T jusqu’à proximité de l’éjecteur e commence déjà à se vaporiser. Les vapeurs montent dans les tubes latéraux L, puis redescendent dans les tubes pour arriver à l’éjecteur e dont le débit est réglé par un pointeau. A la sortie de l’éjecteur, les vapeurs se mélangent à l’air dans l’espace (l et le mélange, air et vapeur, vient se diviser, se sécher et se surchauffer sur le radiateur réchaufléur I! et enfin traverser la toile métallique m pour prendre
- Fig. 1- — Bec à alcool de M. E. Boivin.
- la forme voulue sous le manchon, leur combustion entretenant la chaleur du radiateur et de l’ensemble de l’appareil vaporisateur par l’intermédiaire du support métallique S. On conçoit que la chaleur soit ainsi bien utilisée et qu’il s’en suive une économie notable d’alcool. Quant à la pratique, le maniement du bec se résume en ceci : Ouvrir le pointeau, donner un coup de pompe et mettre le feu à l’alcool monté dans la cuvette. Tout le reste se passe automatiquement. Nous pensons donc que le « bec national » réunit divers perfectionnements susceptibles de contribuer à la propagation de l’éclairage à l’alcool, si apprécié pour la belle lumière qu’il procure.
- Dans le « bec Delamotte », au gaz d’alcool, le liquide est amené par capillarité, par des mèches au nombre de 4, du récipient jusqu’au réservoir A, complètement clos. Il faut chauffer ce réservoir avec une taupette imbibée d’alcool et cela pendant quelques secondes pour gazéifier cet alcool. Le gaz d’alcool ainsi produit redescend par le tube a qui le conduit dans le tube G. L’admission du gaz dans ce tube est réglée par le pointeau qui avance ou recule au moyen d’une vis. Ce tube G est percé de
- 2 trous frès petits par lesquels s’échappe le gaz lorsqu’on les a dégagés en faisant reculer le pointeau. Sur ces deux trous repose en chevalet un Bunsen P, dont la partie supérieure est disposée pour recevoir un manchon mobile.
- Il fallait, dans le fonctionnement du bec, continuer à fabriquer le gaz d’alcool dans le réservoir A, sans être obligé de le chauffer d’une façon indépendante, mais en le chauffant automatiquement et sans emprunter au manchon et par conductibilité une partie de sa chaleur, ce qui ne se fait qu’au détriment de la lumière. On a employé la dérivation en perçant sur le coté du bec 5 faisceaux de 5 trous par lesquels passent de petits jets de gaz qui s’allument et viennent chauffer le réservoir.
- Pour éviter que le Bunsen vienne s’appuyer contre le réservoir, ce qui pourrait d’abord donner au manchon une inclinaison nuisible, et en même temps obstruer quelques trous o, 5 petites tiges de cuivre sont soudées au Bunsen au niveau de la partie supérieure du réservoir.
- Ge bec Delamotte fournit de bons résultats : Son manchon est toujours complètement incandescent ; sa consommation est extrêmement faible : 1 litre en 11 heures pour 70 bougies; son allumage des plus simples se fait en une seule fois en introduisant une taupette dans la galerie, le bec s’allume de lui-
- Fig. 2. — Bec de M. Delamotte.
- même sans cire obligé de rapprocher une allumette. La chambre de vaporisation est complètement indépendante des autres pièces du brûleur; de même que le Bunsen, l’air peut s’écouler librement entre les deux [décès, ce qui tend encore à amoindrir la température de la partie inférieure de la chaudière. 11 en résulte que les mèches durent très longtemps et que les récipients ne sont pas exposés à se briser.
- Enfin le brûleur Delamotte brûle un mélange d’air et de gaz d'alcool dans lequel la proportion d’air est
- p.364 - vue 368/536
-
-
-
- LA NATUBE.
- 3o5
- suffisante pour produire la combustion complète du gaz, de sorte que la flamme obtenue est une llamme courte et concentrée, ce qui nécessite un manchon de dimensions restreintes dont les mailles se trouvent portées à une très haute température, chaque centimètre carré de ce manchon émettant une quantité de lumière très grande. I). Lebois.
- RENOUVELLEMENT DE L’ÀIR
- DANS UNE GKANDE SALLE
- On a toujours cherché à ventiler les grandes salles où se réunissent beaucoup de personnes sans
- satisfaire pleinement les règles de l’hygiène qui exigent, d’une part, aucune sensation de courant d'air froid ou chaud et, d’autre part, adduction d’air pur à la température ambiante.
- Ce but vient d'être atteint par le Secteur de la place Cliehy dans la grande salle des fêtes du Cercle de l'Union artistique à Paris. Cette salle a un volume de oGOO mètres cubes environ.
- En effet, à l’aide d’une conduite d’aspiration A (nu 1 ) prenant l’air pur extérieur sur le toit du côté des Champs-Elysées, un ventilateur électrique 15 refoule cet air plus ou moins froid sur une série de plaques chauffantes électriques b.
- Renouvellement de l’air dans une grande salle. 1. Ensemble de l'installation. — 2. Détails des appareils de ventilation. —
- 3. Expulsion de l’air vicié.
- Du tableau C on met en service un nombre de plaques plus ou moins grand suivant la température extérieure.
- L’air au contact des plaques se réchauffe sans subir aucune altération et, sollicité par la poussée du ventilateur, sort dans la salle par une ouverture grillagée E placée à 6 mètres au-dessus du sol. A cette hauteur l’air se diffuse sans impressionner en quoi que ce soit les personnes.
- On a donc amené de l’air pur réchauffé à la température ambiante, il faut par contre évacuer de l’autre côté la même quantité d’air vicié. Pour cela une série de bouches d’aspiration grillagées B B (n° o) sont en communication directe avec une conduite aboutissant en C à un ventilateur qui évacue Pair vicié dans une courette.
- Grâce à la position de ces bouches qui sont à terre toutes les poussières, la fumée, Pair froid vicié qui est le plus lourd, l’acide carbonique, etc., sont aspirés et rejetés dehors. Donc, d’une part, admission continue par le haut d’air absolument pur ayant la température delà salle et, d’autre part, évacuation continue de Pair vicié; tout cela sans sensation de courant d’air.
- Voilà le résultat; l’expérience a démontré que la ventilation obtenue répondait bien aux conditions du problème posé. ______>/>.>_ IL M.
- LV VITESSE DU VENT
- Le veut peut atteindre parfois des vitesses extraordinaires. Les observations suivantes se rapportant à des tempêtes assez récentes en sont des exemples frappants.
- p.365 - vue 369/536
-
-
-
- 5(56
- LA NATURE.
- Le 2 mars 1905, une violente tempête du Sud-Sud-Ouest s’abattit sur la France. A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, entre (5h et (ih 15m du soir, on enregistra une vitesse du vent de 17m,8 par seconde, c’est-à-dire de 6 5 kilomètres à l’heure.
- Pendant la tempête du 11-12 septembre 1905, à la Tour Eiffel, vers 1 heure du matin, on constata une vitesse de -42 mètres à la seconde, soit lui kilomètres à l’heure.
- Le 12 novembre 1894, également à la Tour Eiffel, le vent atteignit la vitesse de 48 mètres à la seconde, soit 175 kilomètres à l’heure.
- Nous sommes toutefois encore assez loin des chiffres relevés à la station météorologique de la pointe Rover, sur la cote américaine,- à 56 kilomètres au Nord de San-Francisco. Le 18 mai 1902, le vent souffla avec une vitesse de 45“,6 et même, pendant quelques minutes, à celle 55™,6, c’est-à-dire de 195 kilomètres à l’heure.
- Lue tempête dura trois jours et pendant ces soixante-douze heures, l’air parcourut 7570 kilomètres au-dessus de l’Observatoire.
- A la même station, le 14 mai 1905, une tempête donna une moyenne de 27 mètres à la seconde et dura 4 jours ; 9 jours de suite la moyenne fut de 25 mètres. En ces 9 jours, 18 000 kilomètres d’air passèrent sur l’Observatoire. Des vitesses encore plus grandes ont été constatées. A l’Observatoire météorologique de la Biélasnika créé en 1891 par le gouvernement de Bosnie-Ilerzegovine, dans les Balkans, à 2067 mètres au-dessus de l’Adriatique, M. llontoir recueillit les données suivantes sur le cyclone du 1er avril 1898 :
- « La vitesse maxima du vent fut de 57 mètres à la seconde, soit 205 kilomètres à l’heure. Les pierres volaient comme des balles en papier; la station tremblait sur sa base, et tout être vivant qui se fut hasardé sur le plateau eut été infailliblement emporté dans les airs.... Gela dura plusieurs heures. ))
- On se rappelle le terrible ouragan qui lit tant de dégâts à Porto-Rico, le 17 août 1899. La tempête avait commencé le J 6 au matin, avec des vitesses de 60 à 80 kilomètres à l’heure. Le 17, à 4 heures du matin, la vitesse atteignait 112 kilomètres. A 1 heure de l’après-midi, elle était de 150 kilomètres avec maxima de 190 et 220 kilomètres. Les anémomètres n’enregistraient plus.
- L’ouragan, qui renverse les édifices, a une vitesse de 45 mètres à la seconde (162km à l’heure). A ces vitesses fantastiques, la plupart des constructions humaines sont détruites et les dégâts incalculables.
- Le typhon qui s’est abattu sur le Tonkin et a détruit l’exposition d’Ilanoï, le 7 juin 1905, le terrible cyclone du 8 au 9 août à Fort-de-France sont dans ce cas. Pour ce dernier météore, le baromètre est descendu brusquement à 728mm faisant une chute de 29 millimètres en deux heures, de minuit à 2 heures du matin. Em. T.
- LE GARAGE A BICYCLETTES
- DUNE GRANDE USINE
- Nos lecteurs connaissent probablement de nom les fameux établissements allemands Borsig, qui comptent parmi les plus importantes usines du monde : les ateliers en sont immenses, le personnel des plus nombreux, et chaque jour les ouvriers y arrivent par centaines. Des installations diverses ont été créées dans ces usines pour le bien-être ou la commodité de ce personnel, comme notamment des lavabos très complets, où chacun peut
- faire sa toilette avant de quitter l’ouvrage ; mais, en dehors de ces lavabos et d’autres aménagements du même genre, il est curieux de signaler les garages à bicyclettes tpii ont été bâtis dans la cour de l’établissement, tout à côté des portes d’entrée. En grand nombre de travailleurs, habitant plus ou moins loin, viennent en cycle à leur travail; on sait, en effet, quel développement a pris l’usage du cycle pour les déplacements de ce genre, et, alin de donner au personnel le moyen de garer les machines à l’abri des intempéries et des avaries, et sans que pourtant un trop grand espace soit perdu, on a construit des
- Garage à bicyclettes iTuue grande usine.
- hangars d’un type tout particulier dont nous donnons une figure.
- C’est un hangar très long à deux étages, l’étage supérieur étant formé parun plancher situé à lm,55 au-dessus du niveau du sol, tandis que le plancher inférieur est surélevé de 10 centimètres seulement. Chacun de'ces planchers est asphalté et présente une double pente qui ramène vers un caniveau central toute l’eau qui pourrait s’introduire, en cas de grand vent, sous le hangar. Disons d’ailleurs que le toit avance assez de part et d’autre pour mettre effectivement les cycles à l’abri des intempéries. Chaque plancher comporte un râtelier vertical très simple, qui est formé de cloisons de peu de hauteur, espacées de O"1,50 les unes des autres, disposées en quinconce, et entre lesquelles on introduit les machines alternativement d'un côté et de l’autre du hangar, et les faisant s’appuyer sur le haut de la cloison. Rien n’est plus facile que de mettre un cycle en place, même sur le plancher supérieur, en l’obligeant à reculer. Le bâtiment en lui-même coûte peu, étant entièrement construit de bois et couvert en papier asphalté, et l’installation rend tous les services voulus sans occuper beaucoup de place.
- CHRONIQUE
- La première comète de fl 904. — La première comète de 1904 vient d’être trouvée par plusieurs astronomes. Le 16 avril, M. Brooks à Geneva (U. S. A.) l’aperçut et télégraphia la nouvelle aussitôt, ce qui fait qu’elle porte son nom. Le lendemain die fut trouvée
- p.366 - vue 370/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 507
- indépendamment par il. Kohold en Allemagne. Mais d’autre part notre collaborateur il. L. Rudaux l’a trouvée de son côté photographiquement, le 16 avril, quelques heures avant M. Brooks. Malheureusement il n’a pu être le premier à l’annoncer, car ayant remarqué sur son cliché un petit point nébuleux anormal, le mauvais temps l’empêcha par la suite de contrôler son observation ; l’identification fut faite seulement à l’aide des éléments fournis par Mil. Brooks et Kohold. D’autre part encore, ces mêmes éléments permirent au professeur Rickering (d’Haward college) de rechercher la comète, et de la rencontrer sur des clichés pris antérieurement, depuis le 11 mars. On l’avait photographiée sans le savoir! Malgré cela, il. Rudaux reste le premier à avoir constaté la présence de la comète 1904 A. Cet astre se présente sous l’aspect d’une pâle nébulosité de 8e à 9e grandeur avec noyau et faible queue. Sa position était le 10 avril : ,R — ÎO^O10 — Ü = + 4i° 10' ; le mouvement est dirigé vers le nord-ouest.
- Une école pour perroquets. — La chose est absolument vraie, et l’établissement d’instruction en question se trouve à Philadelphie, dans la Neuvième Rue Nord (North 9lh Street). 11 s’agit tout simplement d’apprendre à parler à des perroquets, ou du moins à articuler les sons plus ou moins harmonieux par lesquels ils imitent la parole humaine, et l’entreprise se justifie parfaitement au point de vue commercial, en ce sens qu’un perroquet qui parle se vend autrement cher qu’un perroquet non éduqué et qui se contente de pousser les cris que ses parents lui ont enseignés au fond des forêts natales. Ce qui rend encore plus curieuse l’Ecole pour perroquets de Philadelphie, c’est que le professeur, qui est une dame, a su apporter dans son école l’esprit essentiellement pratique qui caractérise la race américaine. Pour ne point se fatiguer le larynx, — et comme il est nécessaire de répéter le même mot, pendant des heures et des heures, à un perroquet pour qu’il se décide à essayer de le redire, — l’enseignement est donné par un phonographe, qui répète autant de fois qu’il est nécessaire le mot ou la phrase à inculquer aux jeunes élèves, tandis que la maîtresse de l’établissement surveille la classe.
- Acclimatation du faisan dans la Norvège méridionale. — Il y a quelques années, des faisans ont été mis en liberté dans l’île Bryn, située dans le fjord, de Kristiania, rapporte le Verdens Gang. Ces oiseaux paraissent très bien supporter le climat assez rude de la Norvège méridionale et ont commencé à se reproduire sans l’intervention de poules couveuses. L’été dernier ôn pouvait voir circuler sur l’ile Bryn et sur les terres voisines des faisanes accompagnées de jeunes exemplaires, et cet hiver plusieurs de ces oiseaux ont passé sur la terre ferme où ils venaient rôder tout autour des maisons en quête de nourriture. Si ces volatiles ne sont pas détruits par les chasseurs ou par les oiseaux de proie, nul doute que dans un laps de temps très bref ils ne soient complètement acclimatés aux environs de Kristiania.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 mai 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Dissolution éledrolytique du platine. —M. IL Moissan présente une Note de MM. Brochet et Petit sur la dissolution électrolytique du platine. Les acides sont sans action sur ce métal ; seule l’eau régale, grâce au chlore
- qu’elle contient, peut l’attaquer avec lenteur. Les auteurs ont reconnu que sous l’action d’un courant alternatif le platine se dissout dans les cyanures alcalins. Dans ces conditions le platine, qui est rigoureusement inattaquable par le cyanure de potassium, disparaît très vite. 11 en est de même avec le cyanure de baryum. La réaction peut être utilisée comme procédé de fabrication du platino-cyanure; il suffit de filtrer la liqueur et de faire cristalliser. La dépense d’énergie électrique est très faible.
- Saponification. — M. Moissan présente ensuite une Note de M. Maurice Nicloux sur le pouvoir saponifiant de la substance cytoplasmique de l’albumen de la graine de ricin.
- Les réactions chimiques ci les rayons N. — M. Becquerel résume un travail de M. foison relatif à l’apparition des rayons N au cours des réactions chimiques. L’auteur s’est préoccupé de rechercher l’origine de ces réactions. Il a étudié l’effet des précipités chimiques et celui des réactions produites au sein des liquides. Il a constaté que, dans tous les cas, il existe des phénomènes physiques qui émettent les mêmes rayons N, de telle sorte qu’il est probable que ces rayons sont dus à des contractions ou à de brusques changements de température produits par la réaction. Et ce ne sont pas les réactions vives qui émettent le plus de radiations; d’où il suit que les rayons N fournissent un moyen précieux d’investigation en décelant les actions secondaires presque toujours masquées par les actions vives.
- La plus grande voûte de pierre. — M. A. Ricard expose les particularités d’une construction destinée à causer une vive admiration parmi les ingénieurs. Il s’agit d’un pont en pierre construit à Luxembourg par M. Séjourné, professeur à l’École des ponts et chaussées. Le pont franchit un ravin par une arche de 8ira,65 de portée. Or la plus grande portée réalisée jusqu’à ce jour est de 70 mètres. 11 n’existe que dix ouvrages dans lesquels la portée de 00 mètres ait été dépassée. La largeur du tablier est de 16 mètres; elle est obtenue au moyen de deux arches parallèles identiques d’une largeur de 5m,25 réunies par un plancher de béton armé. Ou effectue de la sorte une importante économie de temps et d’argent. Enfin on n’a noté, au moment du décinlre-ment des voûtes, qu’un tassement de 0ra,006.
- Oscillations nerveuses. — M. d’Arsonval résume un travail de M. Charpentier sur les oscillations nerveuses. L’auteur a déjà démontré qu’un nerf excité émet des oscillations qui peuvent être conduites par un fil métallique à une plaque de sulfure de calcium insolé qui sous leur action augmente d’éclat. Des mesures directes sur les oscillations nerveuses lui ont déjà permis de constater que celles-ci étaient au nombre de 750 à 800 par seconde, qui, vu la vitesse de propagation*de l’agent nerveux, correspondent à une longueur d’onde de 0ra,035 à 0ra,056. M. Charpentier a fait une nouvelle expérience très importante. 11 prend deux fils conducteurs identiques, les fixe en deux points voisins du nerf et les relie au même écran. S’ils fonctionnent séparément ils produisent une augmentation d’éclat de la plaque. Mais s’ils fonctionnent ensemble, il arrive, pour une certaine distance des points d’insertion dans le nerf, que Reflet est nul. 11 trouve que la longueur de nerf intercalé est alors de 0m,015 à 0m,0lG, c’est-à-dire sensiblement la demi-longueur d’onde. Le fait observé s’explique donc très bien par une interférence d’espèce particulière.
- Ch. de Villedeuil.
- p.367 - vue 371/536
-
-
-
- 568
- LA NATURE.
- TÉLÉTHERMOMÈTRE YILA FORNS
- Comme l’indique son nom, eet appareil est destiné à transmettre à distance des indications thermométriques, par conséquent des indications de température, en traduisant par un signal toute élévation de température qui se produit dans l’enceinte où on l’a installé: son avantage très marqué est que, suivant qu’on l’a réglé de telle ou telle manière, il peut ne fonctionner qu’à tel ou tel degré. Son inventeur est M. Juan Yila Forns, de Gérone, et il a été présenté au récent Congrès de la lutte contre l’incendie, tenu à Londres.
- Il comporte, d’une part, le thermomètre qui enregistre les élévations de température dans l’endroit «pie l’on veut surveiller à cet égard, puis une sonnerie qui est reliée au thermomètre par des (ils conducteurs et qui résonnera quand la chaleur sera au degré que l’on a arreté par avance.
- Le thermomètre est à mercure (le mercure étant bon conducteur), et dans les parois de son tube on a disposé une série de fils de platine dont les extrémités libres et nues viennent se terminer dans l’intérieur du tube, de 5 en 5 degrés : quand le mercure monte de manière à venir en contact avec l’une de ces extrémités, le courant électrique d’une source appropriée passe, et rien n’est plus simple alors que la mise en vibration de la sonnerie du poste récepteur. Tous les fils parlant du thermomètre sont câblés ensemble et arrivent ainsi à ce poste, en demeurant bien entendu isolés. Ils se séparent alors et chacun est dirigé sur un plot spécial.
- Ces différents plots sont disposés en demi-cercle ; et, en déplaçant le bras du commutateur de l’appareil, on peut relier la sonnerie avec tel ou tel fil et seulement avec ce fil. On comprend que dans ces conditions, la sonnerie avertisseuse ne se fera entendre que si le mercure est monté au nombre de degrés pour lequel on a mis en place le bras de commutateur, de manière à faire passer le courant par le fil correspondant. (Nous n’avons pas besoin de dire que la sonnerie est reliée au bulbe du thermomètre). L’alarme ne sera donc donnée que pour une température déterminée à l’avance. I). B. —
- LE ZOESCOPE
- Les appareils destinés à projeter des bandes de cinématographe sont déjà très nombreux, ce qui n’empêche pas les constructeurs d’en imaginer encore de nouveaux dans lesquels ils recherchent surtout la simplicité du mécanisme. Lorsqu’il s’agit seulement de la projection et non de la prise de l’image, c’est-à-dire lorsque l’appareil n’est pas destiné à la confection de la bande négative, on peut arriver à la construction d’un système dont le maniement est facile et le prix modéré, donnant cependant d’excellents résultats; c’est le cas du Zoescopc de M. Fes-court que représente la gravure ci-contre. La bande à projeter se place sur un dévidoir situé à la partie
- supérieure, comme le montre la vue d’ensemble de notre dessin ; on la fait passer dans une glissière qui se trouve derrière l’objectif et on n’a plus qu’à tourner la manivelle. Le mécanisme de l’instrument est indiqué sur le dessin à plus grande échelle: de chaque côté de la fenêtre F se trouvent deux lames de ressort qui sont réunies à la pièce B destinée à leur donner un mouvement de va-et-vient dans le sens vertical ; elles sont munies chacune à leur extrémité d’un crochet taillé en biseau de manière à glisser sur le côté de la bande quand il remonte et à pénétrer, quand il descend, dans les trous qui y sont pratiqués. Il en résulte que la bande se trouve entraînée, toujours dans le même sens, de la hauteur d’une image à chaque course de haut en bas et quelle ne bouge pas pendant la course inverse. La pièce B est reliée à la double manivelle C qui porte également la tige qui manœuvre l’obturateur A. Les boutons de manivelle sont disposés de telle sorte que l’obturateur masque l’ouverture F pendant que la bande est entraînée et la démasque pendant tout le temps qu’elle est immobile, conditions nécessaires pour que la substitution d’une image à l’autre soit invisible sur l’écran. Comme on le voit le système est réduit à sa plus grande simplicité, il est robuste et non sujet à dérangement. L’appareil est entièrement en cuivre et fonctionne sans bruit; il est d’un maniement facile, à la portée de tous. G. M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le Zoescope.
- Paris. — Imprimerie Laiiihe, rue de Fleurus, 9.
- p.368 - vue 372/536
-
-
-
- x» 11) 11». - 14 MAI 1 90 4.
- LA NATURE.
- 369
- ÉMILE DUCLAUX
- Celui (lue la France vient de perdre mérite une place à part parmi les savants illustres de notre temps. 11 n’a ressemblé à aucun peut-être par la direction de son esprit, par sa méthode de travail, par l’originalité de ses conceptions, par l’acuité de son jugement. Très indépendant, avide de vérité, passionné pour toutes les questions, critique très avancé quoique prudent, il jeta autour de lui des clartés inattendues. Ses découvertes avec le maître, ses nombreuses recherches personnelles ont souvent provoqué l’admiration. Mais ce qui sans doute le met encore plus hors de pair, c’est l’intluence que ses qualités exceptionnelles exercèrent sur scs condisciples et ses élèves. 11 a marqué son empreinte profonde sur la science contemporaine. Quand il avait parlé -— et il savait parler, — il entraînait la conviction. Son jugement faisait loi. On le savait très sceptique, mais d’une incomparable rectitude de jugement. Il avait le don de direction. Il a été l’âme de l’Institut Pasteur. Et il fut simple, bienveillant, attentif aux travaux des autres. On l’a appelé non sans raison le « Père des Pastoriens ».
- Émile Duclaux eut une origine bien modeste. Né à Aurillac le 24 juin 1840, ses premières études terminées il fut clerc d’avoué. Il travailla et parvint à entrer à l’École normale supérieure. Il en sortit
- on 1802 professeur de chimie au Lycée de Tours, puis fut nommé aux facultés de Clermont-Ferrand et de Lyon. Au moment de la guerre Pasteur était à Lyon et reçut l’hospitalité de Duclaux qui lui offrit son laboratoire. Le maître et l’élève se retrouvaient, car Duclaux avait été préparateur de Pasteur à l’Ecole normale. C’était bien loin Lyon ! Duclaux dut attendre encore neuf ans avant de venir à Paris appelé à la Chaire de météorologie de l’Institut agronomique. Météorologie? Cela ne ressemble guère à la chimie! On ne s’en aperçut pas avec Duclaux. Il lit un cours très remarquable, plein d’originalité et qu’heureusement il publia ensuite en volume. En 1886, enfin, il obtenait la chaire qui lui convenait, celle de chimie biologique à la Sorbonne. Ses mémoires, ses ouvrages : « Traité de chimie biologique » ; « Fcr-32° aimée. — Ie1 semestre.
- Emile
- Membre tic l'Académie
- ment s et maladie » ; « Le microbe et la maladie », sa collaboration active aux grandes découvertes de Pasteur avaient porté son nom dans le monde entier. L’Académie des sciences lui ouvrit ses portes en 1886. Il siégea aussi à l’Académie de médecine.
- Microbiologiste hors ligne, eertes, il le fut. Ne lui doit-on pas cette œuvre magistrale : « Traité de Microbiologie », dont quatre volumes seulement sur sept ont paru jusqu’ici? L’ouvrage survivra longtemps à son savant auteur. Mais chimiste il resta, et, dans toutes ses recherches, il s’efforce de montrer combien est restée grande la part de la chimie un peu trop négligée dans ces derniers temps. Dans les fameuses « Annales de l’Institut Pasteur» qu’il fonda avec ses élèves il y a déjà dix-huit ans, il est revenu (dus d’une fois sur le rôle de la chimie, souvent plus significatif que l’examen bactériologique dans les investigations courantes. Quelques jours avant sa mort Duclaux mettait la dernière main à ses belles « Etudes sur l’hydrographie souterraine ». C’est un modèle d’exposition et de critique où la chimie et la microbiologie se donnent la main pour découvrir la vérité. Il faut suivre sa critique alerte des opinions trop souvent exprimées sur les qualités d’une eau, sur les microbes en quantité et en qualité et sur le baclllm coli, encore l’énigme des chercheurs !
- Les services, par exemple, que Duclaux a rendus aux industries de fermentation sont vraiment incalculables. Et qui le sait dans le grand public!
- Après la mort de son maître et ami, Duclaux naturellement fut désigné pour prendre la Direction de l’Institut Pasteur. Un sait à quel degré de prospérité il a conduit cet établissement incomparable, absolument unique au monde.
- Entre temps, travaillé par des souvenirs impérieux, il publia ce joli et profond livre : « Pasteur, Histoire d’un esprit ».
- Sa vaste intelligence embrassait tous les sujets. Les hautes études sociales l’attiraient; il fit des conférences, publia encore F « Hygiène sociale ». C’était l’époque en France où les partis en pleine lutte se déchiraient les uns les autres avec violence. Duclaux, avant tout épris de vérité, fut entraîné dans la mêlée, et sa voix grave retentit dans les réunions
- 24
- (Phol. E. Pitou.)
- DlCLAlX
- des sciences (18i(M90l/.
- p.369 - vue 373/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 570
- publiques. Nous n’avons pas à relracer celle période de son existence. Nous craignons seulement qu’emporté par son ardeur généreuse, ses etlorts pour le triomphe d’une cause qu’il croyait juste n’aient lini par altérer sa santé. Un jour, en effet, qu'il prenait part aux discussions de la Ligue des Droits de l’homme, il fut frappé d’une première attaque avec hémiplégie consécutive. 11 fut très malade et il ne se remit de cette secousse qu'après de longs mois, soigné avec un dévouement admirable par celle qui avait étéMme James Darmcster (miss Mary Robinson) et qu’il avait épousée en 1899. Plus d’un an après cette grave crise, nous le revîmes souvent à l’Académie presque bien portant. Mais le mal sournoisement faisait ses ravages. Lundi, 2 mai, vers 9 heures, après son dîner, Raciaux lisait un journal dans son fauteuil, quand il s’affaissa tout à coup; il tomba dans le coma; neuf heures après, il expirait sans avoir repris connaissance.
- Mort aveugle 1 Cet homme charmant que nous reverrons toujours avec son sourire de honté sur ses traits énergiques, qu’en ce moment tous ses amis pleurent en France et à l'étranger, n’avait pourtant que 65 ans! 11 pouvait rendre encore de grands services à son pays. Henri de Pxrmi.ee.
- L’ÉNERGIE DU MDIUM
- On a cherché l’origine de l’énergie radioactive dans une sorte d’excitation extérieure, telle que celle de l’oxygène dans la phosphorescence, mais les propriétés caractéristiques du Radium persistant dans le vide, cette hypothèse dut être abandonnée. Elle a fait place à une autre du même genre attribuant la radioactivité à l’emmagasinement et à la restitution de l’énergie solaire. Lne simple expérience eu prouve le non-fondé ; entourons, en effet, du Radium de chlorure d’argent, le mettant ainsi à l’abri des radiations extérieures solaires ou autres, la radioactivité persiste intégralement. L’énergie ne provenant pas de l’extérieur, force était d’en chercher la source dans la substance même, et sans doute dans l’état salin du Radium. 11 suffit de remarquer qu’il est des substances radioactives non salines pour rejeter cette supposition, toute plausible qu’elle paraisse. 11 est vrai que, jusqu’à présent, on n’a jamais obtenu de Radium métallique, c’est-à-dire à l’état isolé. J’ai préconisé l’électrolysation par voie sèche des sels de Radium pur, de façon à réaliser l’isolement du Radium métallique; mais je doute fort du succès de l’expérience pour deux raisons principales : très probablement les propriétés cesseraient avec la séparation, ensuite le métal obtenu pourrait bien n’ètre que de l’Hélium.
- 11 ne reste, j’ai hâte de le dire, qu’une explication résultant de l’étude approfondie de la nature même de l’atome et qui fait découler la radioactivité de l’état de transformation du Radium en Hélium. J’ai longuement traité cette question dans l’ouvrage ayant pour titre ; « Nature intime de l’Électricité, du Magnétisme et des Radiations ». On peut s’y reporter.
- L’atome est un tourbillon de l’élément primordial; à toute modification de ce tourbillon correspond du mouvement, du déplacement, des radiations dans l’éther ambiant. Là cbmpÙes^ibh et la dépréssion, la cbnflen-
- sation ou la volatilisation sont une source d’électricité et d’énergie, soit que cette énergie ne provienne que du reflux ou de la réaction de la compression ou condensation artificielle produite, soit qu’elle provienne naturellement de la transformation même de l’atome.
- L’ozone, en redevenant de l’oxygène, engendre de l’énergie; il en est de même de tout corps changeant d’état et particulièrement d’un métal qui se volatilise; dans ce dernier cas, on observe un dégagement de rayons cathodiques et d’électricité négative.
- Nous ne pouvons mieux comparer le Radium, relativement à l’Hélium, qu’à l’ozone relativement à l’oxygène. Le Radium est dans un état instable qui tend à s’équilibrer et produit par le fait même des radiations.
- Les dernières recherches de Ramsay sont d’ailleurs absolument confirmatives; l’émanation du Radium, à laquelle on attribue la radioactivité dite induite, est uniquement composée d’Hélium ; bien plus, on reconnaît par l’analyse spectrale que les raies du Radium disparaissent en même temps que cessent les propriétés actives et qu’apparaissent les raies de l’Hélium.
- Il n’y a pas là transmutation, mais simple transformation atomique analogue à celle de l’ozone en oxygène; il n’y a pas non plus dégagement d’un corps mélangé au Radium, puisqu’avant que la radioactivité cesse il n’v avait pas de raies d’Hélium visibles.
- Il faut donc définitivement conclure que le Radium n’est que de l’Hélium dans un état instable, état dù aux manipulations chimiques qui ont permis l’extraction du sel radique. Les propriétés sont celles de tout corps se volatilisant, telles qu’on les observe bien plus énergiquement dans les rayons cathodiques. L’énergie provient uniquement. des transformations qui se produisent dans les tourbillons des atomes.
- Pour ce qui est du Radium, les propriétés ne s’amoindrissant pas il est probable que cette substance n’est composée uniquement que d’Hélium instable; tandis que dans les substances radioactives à propriétés non durables il est vraisemblable que ces substances contiennent plus ou moins d’hélium à l’état cité. Il serait à ce sujet intéressant de connaître les résultats de l’étude des émanations de cette substance et de leur analyse, comme Ramsay l’a fait pour le Radium.
- 11 me reste un second point à considérer, savoir : les propriétés radioactives ne sont qu’en petit des radiations cathodiques. Il suffit d’analyser les faisceaux radioactifs et cathodiques, par leur décomposition sous l’action déviante d’un champ magnétique puissant.
- Les rayons a, p et y se retrouvent absolument avec les mêmes qualités, mais beaucoup plus intenses dans les rayons cathodiques.
- Parmi les propriétés du Radium (qui se retrouvent également en partie dans toutes les substances de ce genre, Uranium, Thorium, etc.), on remarque l’élévation de 3 à 4 degrés de la température indiquée par le thermomètre mis en contact du Radium (il faut entendre par ce mot le sel de ce nom). Un faisceau cathodique concentré vers un métal le rend incandescent et le volatilise, le diamant lui-mème s’y désagrège.
- On observe aussi que le faisceau radique électrise négativement les corps voisins, il en est de même du cathodique qui, composé de parcelles chargées négativement, électrise fortement les objets rencontrés, telle que la paroi du tube.
- On constate encore que le premier ionise Pair et élec-trolysè l’eau, c’ost-à-ilirè la décompose en scs éléments;
- p.370 - vue 374/536
-
-
-
- LA NATURE.
- T,71
- le second agit de la même façon, mais avec une intensité bien [dus grande.
- Il est d’autres propriétés de ce genre que nous retrouvons qualitativement dans le faisceau radique, mais non quantitativement. Ainsi, par exemple, le Radium permet d’obtenir une empreinte radioscopique plus ou moins nette après quelques heures d’exposition, tandis qu’il ne faut que quelques secondes d’exposition par la méthode Rœntgen. Le faisceau cathodique, comme les dernières recherches le prouvent, contient aussi des rayons X, à l’intérieur du tube.
- Celte similitude est complète et peut être confirmée par l’analyse de l’action d’un champ magnétique puissant sur les faisceaux radiques et cathodiques.
- Par la photographie on a pu s’assurer que le premier se décomposait en trois parties, tout comme le second, et que ces faisceaux secondaires étaient absolument identiques dans les deux cas. Je dis par la photographie, car à l’œil il est presque impossible de distinguer les déviations.
- Cette expérience a été faite en photographiant la projection lumineuse du faisceau radique, perpendiculairement au champ magnétique, c’est-à-dire à l’axe de l’électro-aimant ; il serait très désirable qu’elle fût complétée par la projection parallèlement à ce champ, de façon à voir la courbure réelle suivie par les rayons déviés.
- Les rayons [3, c’est-à-dire les plus déviés, se groupent, suivant leur densité, en courbe tendant à se placer parallèlement au courant générateur du champ ; ils sont chargés négativement, et ce sont eux qui chargent négativement les corps voisins du Radium. Ce sont, en réalité, de véritables rayons cathodiques; ils sont constitués de parcelles volatilisées, émanation du Radium et des atomes d’hydrogène entraînés par ionisation. Ces radiations produisent dans l’éther ambiant des vibrations longitudinales, qui ne sont que les rayons y; et, suivant qu’en sortant du corps radiant, ces rayons rencontrent une paroi de verre, ou d’aluminium, ou des écrans phosphorescents ou autres, ils produisent ce qu’on appelle les rayons X, les rayons S ou de Sagnac, et les autres radiations du genre lumineux ou vibratoire. Ces rayons y ou rayons X se retrouvent dans le faisceau cathodique et ne sont pas déviés par le champ magnétique.
- Enfin les rayons a sont composés des éléments (tel que l’oxygène) abandonnés par l’ionisation, ils ne sont pas métalliques mais acides et sont chargés positivement. Ce sont eux qui décèlent la charge positive au contact immédiat du Radium, tout comme on les observe au contact de l’anode, ou du réflecteur du tube focus d’où sont réfléchis les rayons cathodiques négatifs. Ces rayons sont déviés dans un sens perpendiculaire aux rayons p et semblent contourner les lignes de force magnétiques ; ce sont des rayons anodiques ou canaux constatés encore dans l’analyse du faisceau cathodique, méthode Broca.
- Les 5 faisceaux partiels se retrouvent donc dans les cathodiques et n’en sont qu’une réduction. Nous sommes amenés, en présence de celte identité de propriétés et de similitude complète, à confondre absolument les 2 faisceaux radique et cathodique. Telle est ma conclusion ; et je l’attribue précisément à ce que le Radium se volatilise (comme le prouve l’émanation) et change d’état, donnant ainsi lieu aux phénomènes radioactifs ; tandis que dans les tubes à gaz raréfiés, on produit par l’électricité, mais artificiellement, les mêmes effets, donnantN lieu aux memes phénomènes, co'nnïfs sous lé nom de
- cathodiques. En résumé, ce qui précède élargit considérablement notre connaissance de la nature intime de la matière et rentre, sans les troubler, dans les lois générales de la physique. A. Biu-vni-.i..
- --->Y <---
- PLANTES UTILES COLONIALES
- Dans ces quelques lignes il ne sera question que des plantes coloniales qui croissent dans la région méditerranéenne; soit en plein air, soit dans les serres.
- 1° Piaules à fruits comestibles. — « Le Gozavier »,
- « Psidium pyriferum », de la famille des mvrtacées, originaire du Chili. L’arbre vient bien en pleine terre et à l’air libre ; de petite taille ; les feuilles ressemblent à celles de l’oranger de couleur verte pendant toute l’année opposées. Les fleurs qui viennent à partir du mois d’avril, petites blanches, à odeur se rapprochant de celle du myrte ou mieux du magnolia. Le fruit ressemble à une poire, c’est une baie jaunâtre, surmontée du calice persistant, à pulpe d’une odeur musquée. 11 mûrit vers novembre ou plus tôt s’il est exposé dans un endroit chaud et abrité.
- Le o Caféier » ne vient que dans les serres; il en existe quelques spécimens dans le jardin de Monaco, que M. Van den Deale, directeur, a eu la bonté de me montrer. Ces plans, qui avaient environ 1"',50, possédaient déjà des feuilles de 13 centimètres de long sur 7 de large. Les fleurs petites blanches donnent une baie rouge à maturité grosse comme une cerise dont le café que nous connaissons constitue le noyau. Au mois de juillet j’ai pu voir les fleurs et de petits fruits verts de la grosseur d’un pois.
- Le « Camphrier » atteint sur notre littoral le port d’un grand arbre, à peu près comme au Japon, son pays d’origine. 11 en existe de très beaux spécimens à Cannes et à Antibes en plein air. Il appartient à la famille des lauri-nées. Les feuilles sont presque ovales avec une nervure médiane et 5 ou 4 alternes qui s’en détachent. Elles ont environ 8 centimètres de long pour 5 de large, avec des glandes à essence arrondies et unicellulaires. Froissées et mâchées elles répandent une odeur et un goût de camphre.
- La « Vanille », comme l’on sait, est le fruit improprement appelé gousse d’une orchidée, la « Vanilla planifo-lia ». C’est une plante grimpante qui vient en serre et que l’on trouve chez presque tous les horticulteurs. La feuille est épaisse, ovalaire et sans aucune nervure visible. Une jeune gousse à peine formée avait déjà des graines noires, qui occupaient l’axe du fruit; grossies cent fois, ces graines avaient un aspect arrondi .et un diamètre de près d’un centimètre. J’ai trouvé le parenchyme du fruit, à cet état, très riche en cristaux allongés d’oxalate de chaux.
- La vanille est inodore même à maturité ; Codeur de la vanilline se produit par dessiccation. ,
- Le (( Papayer » « Carica papava », originaire des Mo-luques, vit en serres et même en pleine terre ; il en existe un spécimen à la serre du Jardin botanique de Marseille qui a environ 3 mètres de haut; la Villa Thuret d’Antibes en possède plusieurs plus petits. La tige n’est pas rameuse, ayant un bouquet de feuilles palmées à long pétiole, sans stipules.
- Toutes les portions de l’arbre donnent par incision un suc laiteux ayant la propriété de dissoudre et digérer la fibrine, grâce à un ferment nommé (t papâïne ». On obtient la papaïne pure en précipitant le suc laiteux par l’alccol. Eicxest Liotard.
- p.371 - vue 375/536
-
-
-
- 372
- LÀ NATURE.
- LES TORPILLES
- I. — LES TORPILLES FIXES
- Les torpilles fixes sont, comme le nom l’indique, des engins complètement immergés à une position invariable et destinés à être mis en feu par un courant électrique venant d’un poste d’observation au moment où un navire passera dans leur rayon d’action. Ces sortes de fourneaux explosifs servent à la défense fixe des passés et des ports. On peut les diviser en deux classes bien distinctes : 1° Les torpilles dormantes; 2° les torpilles vigilantes.
- 1° Torpilles donnantes. — Les anciennes torpilles dormantes (fig. 1) affectaient la forme d’une grosse calotte semi-sphérique, dont la partie supérieure formant bossage se composait d’un trou de
- charge C et de deux oreilles pour le passage des élingues nécessaires à la manœuvre de l’engin. Quatre pieds venus de fonte avec l’ensemble de l’appareil assuraient sa stabilité au fond de l’eau.
- La mise en feu s’obtenait automatiquement par des amorces f et f' placées au centre de la charge E au moyen d’un fil conducteur d passant dans un canal ménagé à la partie inférieure de la torpille.
- Dans le but d’économiser un fil conducteur et de permettre certaines inodilications, ces torpilles n’étaient réunies que par un lil conducteur. Le retour du courant se faisait par la mer, la plaque z communiquant avec une des branches de l’amorce, et l’un des pèles de la pile était immergé à une plaque près du rivage. Le circuit complet d’une torpille dormante peut atteindre 3000 et môme 4000 mètres
- Fig. I. Ancienne torpille donnante; E, porte de chargement; E, cita Fig. 2. Torpille dormante, dernier modèle. — Fig. 3. C
- de longueur; 11 présente donc une grande résistance et il faut faire usage d’une pile ayant une force électromotrice élevée'. Les divers modèles de ces torpilles étaient chargées d’environ 500 à 1500 kilogrammes de poudre noire, leurs dimensions variaient en rapport avec la charge qu’elles contenaient, c’est-à-dire jusqu’à peser respectivement 500 à 0000 kilogrammes.
- Aujourd’hui, avec le coton-poudre, on est arrivé à réduire considérablement le poids d'ailleurs très incommode de ces torpilles dont le maniement et le mouillage nécessitaient des manœuvres très compliquées. De plus elles présentaient le grave inconvénient de résister très mal à l’explosion des torpilles voisines. Dans les derniers types (fig. 3) de torpille adoptés, les carcasses sont en tôle galvanisée de 10 à 2 millimètres; le diamètre du cylindre est de 0"1,86.1 La calotte D porte un bouchon de trou d’amorce dans lequel se visse un bouchon d’amorce traversé par un fil conducteur F. La calotte C est fixe; l’autre
- arge de poudre; d, lil conducteur; //', omorees; z, phtquc de zinc, et II, calottes; E, charge de poudre; F, lil conducteur.
- mobile est boulonnée sur eolerette avec interposition de rondelle en plomb.
- La mise en feu des torpilles dormantes peut s’obtenir automatiquement en plaçant un llotteur mouillé entre deux eaux, à quelques mètres au-dessus. Ce flotteur se compose essentiellement d’une cuvette métallique (fig. 4), reliée à l’un des pèles d’un circuit par l’intermédiaire du flotteur lui-même et d’une plaque conductrice isolée de la cuvette et reliée à l’autre pôle du circuit. Au fond de la cuvette roule une bille de métal.
- Si, sous l’influence du choc produit par le passage d’un batiment, à l’aplomb de la torpille, le flotteur s’incline, la bille vient rouler jusqu’au bord de la cuvette et, touchant la plaque métallique placée au-dessus, ferme le circuit et détermine l’explosion. Par ce dispositif on peut, si la pile est à terre, rendre la torpille inolfensive. Les torpilles de fond en tôle sont très répandues dans les diverses marines;
- p.372 - vue 376/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 575
- elles contiennent, suivant les différents types, 700, 600, 500 et 400 kg de fulmi-coton, comprimé de '20 à 25 pour 100 d’eau avec charge de fulmi-coton sec.
- Dispositifs employés pour la défense tles ports et des passes. — Pour établir la défense fixe d’une passe, au moyen d’engin de ce genre, on a déterminé d’abord le rayon d’action d’un engin que l’on a trouvé égal à 8 mètres. Pour qu’un navire, large de 17 mètres, ne pût passer entre deux torpilles sans être atteint par l’une d’elles, on était donc conduit à placer ces torpilles à une distance au plus égale à 17 -t- (2x8) = 55 m. l’une de l’autre. Mais on a reconnu qu’à une pareille distance l’explosion d’une torpille sous-marine provoquerait celle des autres ; on a alors tourné la difficulté par l’artifice suivant : les torpilles sont placées à une distance de 50 mètres l'une de l’autre et on. les dispose en quinconce sur trois lignes parallèles qui coupent la passe; de cette façon le navire, arrivant en ligne droite par n’importe quel point, ne peut traverser les trois lignes sans passer au moins une fois dans le rayon d’une torpille qui agit seule sans produire l’explosion générale de tout le système de défense fixe1 (fig. 5).
- Un autre mode consiste en un dispositif en Y tel que tout navire ennemi, en supposant qu'il ait pu arriver à franchir les deux premières lignes, soit dansl’impos-sibilitédese soustraire à celles du troisième rang (fig. 6).
- La disposition couramment employée pour la défense d’une passe est faite de la façon suivante : on mouille deux rangées de torpilles à 55 mètres environ l’une de l’autre, les torpilles étant distantes de 60 mètres et placées en quinconce. Cela fait on établit deux postes; le poste extérieur E placé suivant la ligne médiane MM des deux rangées de torpilles, le poste intérieur 1 placé, autant que possible,
- 1 A l’étranger, pour défendre les passes, on emploie quel-rpiefois nne disposition de torpilles dormantes par groupe. Tonies les torpilles d'un groupe sont reliées à un même conducteur aboutissant à l’appareil d’inflammation. Elles explosent toutes ensemble.
- perpendiculairement à cette même ligne médiane.
- Le poste E comporte : 1° une lunette fixe braquée sur la ligne médiane ; 2° la pile d’infiammation P dont le pôle positif est relié à la mer et le pôle négatif à un manipulateur à l’aide duquel on peut établir ou interrompre la communication du pôle négatif de la pile P avec le poste 1 par le fil C' (fig. 7).
- Le poste 1 comporte : Iu une lunette mobile pouvant embrasser de champ des torpilles et lui per-meltre de jouer le rôle de chercheur; elle est munie
- d’un curseur qui se meut sur une tablette sur laquelle ont été tracés au préalable le relèvement de toutes les torpilles et les angles qui mesurent le champ d’action de chacune d’elles ; 2° une table de manipulation reliée à chaque torpille permettant d’établir ou d’interrompre la communication de chacune d’elles avec le pôle négatif de la pile.
- Chaque torpille est munie d’une amorce à deux branches dont l’une est reliée à la mer et l’autre à la table de manipulation du poste 1. On voit, d’après ce qui précède, que le circuit qui peut déterminer l’explosion doit être fermé ; il est interrompu aux deux manipulateurs.
- Manœuvre. — Supposons qu’un batiment veuille franchir la passe; aussitôt que son avant se présentera sur la ligne médiane MM il sera dans le champ de la lunette E et sera engagé sur la ligne de torpilles ; à cet instant le gardien du poste établira, à l’aide du manipulateur, la communication du conducteur C' avec la pile P; A son tour le surveillant du poste I, en visant le bâtiment avec:*sa* lunette mobile, lira sur le limbe le numéro de la.
- torpille dans le champ d’action de .laquelle il se
- trouve; aussitôt, à l’aide de » son manipulateur, il établira la communication de ladite torpille avec le conducteur C' ; à cet instant le circuit étant fermé l’explosion s’ensuivra (fig. 7).
- Un autre dispositif ingénieux est dû à M. Abel Maury, qui permet la mise de feu par l’observation d’un poste placé à terre. Voici en quoi il consiste :
- Deux stations télescopiques sont établies et possèdent chacune une planchette orientée, indiquant
- zi h
- Fig. i. .Mise en l'eu d’une torpille dormante, F*, llotleur; C, torpille; I!, pile ; O, commutateur; Z, plaque de terre. — Fig. 5. Imposition de torpilles en quinconce. — Fig. (>. Disposition des torpilles en Y.
- Fig. 7. Manœuvre pour franchir la passe. — Fig. 8. Autre dispositif.
- p.373 - vue 377/536
-
-
-
- LA NATURE.
- la direction des torpilles (fig. 8). Une aiguille, qui lait partie du circuit et est fixée à la lunette, se meut sur le limbe sur lequel sont distribués des contacts correspondant aux différentes torpilles. Il devient évident que si les deux observateurs suivent le même navire, au moment ou ce navire viendra à passer à l’aplomb d'une torpille, les aiguilles toucheront les deux contacts correspondant à cette torpille, le circuit se trouvera complètement fermé et l’explosion se produira automatiquement sans même que l’observateur ait à s’en préoccuper.
- Remarquons que les deux observateurs doivent se tenir en communication télégraphique, car si par exemple deux navires se trouvaient dans le champ torpillé, il faudrait de toute nécessité qu’ils convinssent entre eux de suivre le même navire, faute de quoi ils aboutiraient rarement à un résultat. Ces installations se complètent au moyen d’un projecteur puissant destiné à l’éclairage de la passe pendant la nuit. —— II. Noalhat.
- LE RECORD DES ASCENSIONS
- ET I,A PIXS HAUTE MONTAGNE DE MONDE
- Au n° 1601 de « La Nature » il est dit (p. 154) que la plus haute ascension, effectuée avant celle de M. Ilun-ter-Bullock-Workmann l, est celle de l’Aconcagua (Andes de l’Amérique du Sud), accomplie par les expéditions Fitz-Gérald-Vines (1897), Conway (1898), et Rankin (1902), et que ce sommet ne s’élève pas tout à fait à 7000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Il y a là une double erreur géographique et historique qui mérite d’être rectifiée.
- D’après M. Fitz-Gérald, l’Aconcagua aurait 23100 pieds (7040m,65) ou 23 083 pieds d’altitude ; un document plus récent et officiel, le rapport dit « Argentine-Kvidenco » (voir planche VI) dans le conflit politique de la frontière Chilo-Argentine2, a élevé à 25 595 pieds (7129™,05) la hauteur de l’Aconcagua.
- Telle est l’altitude qu’il y a lieu d’adopter pour ce « point culminant des deux Amériques ».
- Ainsi le record de l’escalade alpestre à 7130 mètres (25594 pieds) par M. K. B. Workmann reste, à un pied près (?) et’par une curieuse coïncidence, égalé par les trois ascensions Fitz-Gérald, Conway, et Rankin ; encore y a-t-il lieu de contrôler l’exactitude du chiffre atteint dans la dernière ascension himalayenne. Mais il importe de rappeler surtout qu’en 1883 (vol. XI, p. 40), et en 1884 (vol. XII, p. 25) F « Alpine journal » et, d’après lui, le « Bulletin mensuel du C. A. F. », les « Alpes Françaises », les « Petermann’s Mittheilungën, etc. », publiaient le récit du voyage et des ascensions de M. \V. Graham, au Kumaon et au Sikkim dans l’Himalaya (exploits honorés d’une récompense par la Société géographique de Londres). Le 8 octobre 1883, M. Graham, avec les Suisses Boss et Kaufmann, aurait alors gravi le pic du Kabru (massif du Kanchinjinga) haut de 24015 pieds (d’après le G. T. Survey) — sauf les 30 à
- 1 Voy. sur les ascensions himalayennes de M. et Mmc Hunter-Bullock-Workmann, en 1902, les numéros de novembre 1903 de « Geographical Journal », « Alpine Journal », « National geographical magazine » et la « Géographie ». En 1902 l’expédition Eckenstein et Jaeot-Guillarmod a atteint 7000 mètres au Karakorum.
- 2 Voy. n° 1482, du 13 octobre 1901, p. 322.
- 50 derniers pieds, formés par une sorte de vrai pil ier de glace, — et serait donc parvenu à un peu moins de 24 000 pieds (7325 mètres), soit en chiffres ronds 7500 mètres.
- Or, quatorze ans plus tard (janvier 1898), M. Conway lui-même publiait ce qui suit dans le fascicule XI de F « Encyclopediaof sport, » à l’article « Mountaineering » : « Aucun ascensionniste n’a jusqu’à présent authentiquement réussi à atteindre une altitude supérieure à 25 000 pieds. M. Graham a cru avoir escaladé un pic de 24000 pieds nommé Kabru... mais il a dù se tromper et ne pas atteindre une si grande élévation. Les Schlagintweit au Nopal parvinrent à une altitude qu’ils « estimèrent » à 22 230 pieds. Ce fut le record jusqu’en 1892, année où Bruce et moi-même (Conway) escaladèrent le sommet du Pioneer Peak (Himalaya) dont l’altitude est d’environ 25 000 pieds (7010 mètres). On saura bientôt si ce record a été battu ou non sur l’Aconcagua. » — En revendiquant ainsi l’honneur de la plus haute ascension en 1892, supérieure, on le voit, à 7000 mètres, M. Conway base ses doutes à l’égard de M. Graham sur ce que l’expédition de ce dernier n’avait aucun caractère scientifique, n’a pas fait d’observations barométriques suffisantes, ne mentionne aucun des troubles respiratoires ou circulatoires inévitables au-dessus de 20 000 pieds, et a dù tout simplement se tromper de pic par fausse interprétation de la carte. Et M. Conway termine son article par cette déclaration : « Je suis convaincu que les pics de plus de 25 000 pieds ne seront pas gravis avant bien des années d’ici ».
- Un des plus expérimentés vétérans de l’Alpinisme (qui jadis conquit l’Ebrouz), M. Douglas W. Freshfield, a complètement contredit la manière de voir de M. Conway (l’« Alpine journal », n° 139, février 1898) : tout en admettant, comme celui-ci, que les altitudes de 25 000 pieds et même 23 870 pieds, soi-disant atteintes en 1865 par le topographe Johnson, se trouvent de beaucoup exagérées, il ne pense pas que M. Graham se soit trompé sur l’identification du Kabru (trigonométriquement et officiellement mesuré à 24 015 pieds) et il rappelle qu’au contraire M. Graham a parfaitement relaté ses troubles physiques durant l’ascension : « Traiter son récit comme indigne de créance est une assertion des plus hasardeuses ». La controverse a continué à l’AIpine Club (journal de mai 1898, n° 140) et même à la « Royal Geographhal Society » de Londres.
- Je crois que le débat n’est pas définitivement tranché et il est probable que l’exploration IIunter-Bullock-Work-mann va le rouvrir. Toujours est-il que M. Freshfield, le spécialiste le plus autorisé en la matière, a continué à ne pas exprimer de doutes dans F « Alpine Journal » d’aoùt 1900 (n° 149, p. 179 s.) et de février 1904 (n°163, p. 59) ainsi que dans son ouvrage « Round Kangchenjunga », Londres, 1905, en relatant son propre tour du Kangchenjunga en 1899'; voici, en effet, comment il s’exprime : « Nous examinâmes sérieusement si nous essaierions le Kabru. Il n’aurait pas été prudent d’attaquer, dans les conditions présentes, les pentes raides du phemin décrit par M. Graham. Mais il paraît y avoir un autre chemin du côté ouest. En présence de l’état de la neige et des risques de congélation... nous tournâmes le dos aux neiges. Je crois que si nous avions commencé par Jongri nous aurions pu gravir le Kabru. C’est évidemment le plus accessible de ces grands pics. » Et M. Freshfield, persistant à contredire M. Conway, conclut plus loin qu’il
- 1 Voy. nM 1457, du 27 avril 1901, p. 342 et 1530, du 20 septembre 1902, p. 247.
- p.374 - vue 378/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 575
- ne voit « aucune raison suffisante pour penser que des grimpeurs ne puissent pas atteindre 29 000 pieds », hauteur du mont Everest ou Gaurisankar, ou Chomokankar.
- Apropos de cette cime de 8840 mètres, M. Freshfield « regrette de ne pouvoir jeter aucune nouvelle lumière sur la question de savoir s’il y a — conformément aux dires de plusieurs indigènes et de M. Graham — des sommets plus élevés au nord de l’Everest ». Il est encore revenu tout dernièrement (1’ « Alpine Journal », février 1905, n° 159, p. 517 et février 1904, n° 105, p. 57) sur ce doute, singulièrement compliqué par des incertitudes de dénominations et d’identifications. Malgré le soin jaloux avec lequel le Népal reste fermé aux voyageurs le colonel Wood vient d’être autorisé à visiter Katmandu pour vérifier si l’Everest, le Gaurisankar, le Chomokankar sont une même montagne ou des cimes différentes.
- En résumé, il y a lieu de retenir : 1° que l’Auncagua mesure officiellement 7150 mètres d’altitude; — 2° que le record de l’ascension reste, jusqu’à plus ample informé, difficile à attribuer, — et 5° que l’on ne sait même pas encore si le mont Everest doit être oui ou non dépossédé de son titre de « la plus haute montagne du monde ».
- Je prie le rédacteur anonyme de la notice du n° 1601 de « La Nature » d’excuser ma critique ; mais il me paraît qu’en matière scientifique en général, et géographique en particulier, on ne saurait prendre en mauvaise part des rectifications de ce genre; devant la pléthore toujours croissante des revues et publications spéciales, il faut considérer comme à peu près impossible, pour le plus assidu lecteur, d’avoir connaissance absolument de tous les documents nouveaux, impossible en même temps pour la mémoire la plus sûre de se rappeler au moment voulu des faits déjà anciens ou même d’en retrouver la trace. Toute correction doit donc être admise de bonne grâce, pourvu qu’elle soit faite sans forme agressive et basée sur des références précises. Il se peut même que ce que je viens de rappeler au sujet de M. Graham soit rectifiable à son tour par une autre information non parvenue à ma connaissance.
- A cette occasion je signalerai que dans l’Annuaire du Club alpin français pour 1901, un article consacré au Tyrol laisse à deux des principales cimes des Alpes Dolo-mitiques (tout en donnant aux autres leur hauteur corrigée), le Cristallo et le Popena, leurs anciennes altitudes de 3251 et 5120 mèt., au lieu de 5199 et 3145 mèt. que leur a attribués la réfection (datant déjà de plus de 15 ans) de la carte autrichienne au 75 000e. La carte des Alpes orientales de Ravenstein au 250 000e a depuis longtemps enregistré les changements apportés par cette réfection, que le Club alpin autrichien allemand vient au surplus de synthétiser dans une admirable carte au 100 000e des Alpes Dolomitiques, en deux feuilles, annexées à ses annuaires de 1902 et 1905. E.-A. Martel.
- L\ LUTTE CONTREvLES MOUSTIQUES
- a l’école
- La fièvre paludéenne est particulièrement redoutable sur la plus grande partie de la côte ouest de l’Afrique, et, dans la colonie anglaise de Lagos, où elle exerce de grands ravages, on se préoccupe à juste titre de tirer parti des constatations faites sur le rôle des moustiques dans la propagation de ce mal redoutable. Mais on ne se contente pas, dans cette lutte, de répandre des connaissances salutaires chez les gens arrivés à l’àge d’homme, on s'est dit qu’il serait intéressant d’associer les enfants à cette cam-
- pagne. Cela semble un assez bon moyen pour faire pénétrer dans la masse des connaissances si utiles à répandre.
- Aussi le « Journal officiel de Lagos » vient-il de publier une circulaire aux instituteurs au sujet des efforts à tenter dans cette voie : on les invite à faire saisir aux enfants et à leur faire pratiquer, dans la mesure du possible, les moyens préconisés par la science contemporaine pour exterminer les moustiques. Tout d’abord chaque élève' reçoit un petit flacon renfermant un spécimen de l’insecte qu’il s’agit d’apprendre à reconnaître et à détruire, et les jeunes élèves suivent l’animal dans toutes ses transformations et ses mues : cela peut les intéresser en les amusant, et, en tout cas, cela leur montre les diverses formes que prend l’animal qu’il faut chercher à tuer à travers toutes ces modifications. Les élèves sont tenus de décrire ce qu’ils voient se passer ainsi. On leur montre que les moustiques ne déposent jamais leurs œufs dans les eaux courantes, et on leur démontre le danger qu’il y a de laisser des eaux en stagnation dans le voisinage des habitations. On joint la pratique à la théorie, et on fait dessécher des mares par les écoliers; en même temps on leur enseigne le moyen si simple de détruire les larves en versant du pétrole à la surface des mares que l’on ne peut assécher. On leur apprend également les procédés pour se préserver des piqûres, procédés dont le plus efficace et le plus facile est l’usage de la moustiquaire. Finalement les écoliers apprennent l'existence et le rôle du sulfate de quinine.
- On peut espérer que cette propagande parmi les enfants permettra de faire pénétrer des connaissances fort utiles dans tous les milieux, et l’Administration de la Colonie de Lagos se livre à une tentative certainement des plus louables. ——c-;A; -o P. DE M.
- LES JARDINS DANS LES MURAILLES
- La flore saxatile, la végétation qui anime les fentes des rochers ou les fissures des vieux murs offre un cachet de grâce et d’originalité qu’on ne rencontre pas chez les plantes terrestres. Il me souvient que, « à loge où j’étais écolier », je tombais fréquemment comme en extase devant les vieilles murailles garnies de verdure et de fleurs qui supportaient le vieux château où se trouvait le collège de ma ville natale. Les murs étaient alors tapissés des frondes des plus délicates d’entre les fougères ; elles encadraient les fleurs des Corydales d’or, des Linaires, des Mufliers et des Campanules. Depuis lors ces pierres si vivantes et si pleines de poésie ont subi l’injure du crépissage et leurs trésors délicats ont disparu. Que d’actes de vandalisme sont ainsi commis par des propriétaires qui croient devoir enl retenir leurs murs et les chauler à époques régulières ! Ennemis du pittoresque ils sacrilient le beau à l’utile et font bondir de rage les artistes et les naturalistes.
- Dans tous les vieux murs des châteaux de France et de Navarre, dans les antiques remparts de Carcassonne et d’Aiguesmortes comme entre les cailloux éblouissants des affreux talus des voies de chemins de fer, partout où la pierre domine, où elle se presse pour supporter quelque chose, partout où elle parle de mort et de désolation, d’aridité et de sécheresse,le génie créateur, qui est en même temps
- p.375 - vue 379/536
-
-
-
- 576
- LA NATURE.
- le suprême Artiste, a semé la plante dont les bourgeons, les feuilles et les Heurs protestent contre le vide et contre la mort. L’Iris à la corolle d’azur ou d’améthyste dont le dessin délicat et harmonieux forme un tableau exquis, l’iris de Germanie qui est en réalité le type dont la science héraldique a fait le lys de Saint Louis, le lys des rois de France, cette Heur qui vaut, comme élégance, celle des plus belles orchidées, hante naturellement le sommet des vieux murs, des rochers brûlés par le soleil et en atténue la laideur. Dans les arides pierriers qui bordent les voies ferrées de l’ardent Midi, la Valériane rouge (Centranthus ru ber) recouvre les cailloux pendant une grande partie de l'année d’un superbe
- tapis de pourpre et d’écarlate. La Campanule murale (C. macrorhizn) aux myriades de Heurs lilas s’attache aux murs des vieilles maisons dans les villes mortes du Midi et éclaire les rues de la Turltie, d’Eza et de cent villages ou cités aux noms sonores. Le sombre et massif rocher de Monaco serait-il aimé comme il l’est si le divin Jardinier n’y avait semé les Iberis et les Alysses, les Géraniums du Cap et les Cactées de l’Amérique, si la délicieuse Globulaire n’y tleurissait à coté du Genêt d’or et si la vie ne l’animait pas d’un bout de l’année à l’autre?
- On se demande souvent de quoi peuvent bien vivre les jolies et délicates plantes qui enfoncent ainsi leurs racines dans les fentes de l’aride rocher,
- Fig. 1. — Saxifrages dans les fentes d'un mur au Jardin alpin d’acclimatation, à Genève.
- sans un brin de terre ou d’humus qui puisse nourrir leurs organes. Il faut, pour s’en rendre compte, étudier le rôle que joue la pierre dans l’économie de la nature; or ce rôle est considérable; il est même des plus importants.
- Toute pierre, de quelle nature qu'elle soit, tendre ou dure, est poreuse et absorbe l’humidité par capillarité. Le rocher agit de même que le morceau de sucre dont on trempe l’un dessbouts dans l’eau et qui s’imbibe de liquide. Dans les époques de pluie, de brouillard et d'humidité, les rocs font éponge et absorbent l’eau par leurs parois jusqu’à leur entière saturation. Plus la roche est poreuse et plus cette absorption se fait rapidement. Les pierres renferment toutes une plus ou moins grande quantité de fissures que les minéralogistes nomment des « dia-
- clases ». Elles se forment insensiblement sous l’in-tluence du gel et du dégel dans le sein des pierres les plus dures, y produisant des effets considérables tant au point de vue de la destruction des montagnes ([ne par leur propriété d’aspirer l’eau et de la refouler au fond du rocher. Ces diaclases constituent autant de canaux qui conduisent et écoulent l’eau absorbée par les innombrables pores formant le tissu intérieur des pierres et qui sont plus nombreux et plus gros chez les roches calcaires que chez les granitiques, ce qui explique pourquoi la végétation des contrées calcaires est plus variée et plus intéressante que celle des territoires où le granit domine exclusivement.
- Or ces rochers, tout imprégnés d’eau, sont des réservoirs de fraîcheur et d’humidité que la nature
- p.376 - vue 380/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 577
- utilise avec circonspection pour l’arrosage et l’irrigation. C’est du sein des rochers les plus arides que jaillissent souvent les eaux les plus abondantes et c’est au pied des monts dont les sommets sont le plus rocheux qu'on trouve les sources les plus riches. C’est aussi dans les picrriers, sur les « lappiaz » les plus arides en apparence, que s’étale la llore la plus délicate et souvent la plus brillante. Leurs racines s’en vont au loin, au travers des cailloux entassés, ou entre les tissures les plus profondes, chercher la fraîcheur et la vie qu’elles communiquent aux organes qui s’étalent à la surface. I)e cette surface elle-même s’élève une vapeur continuelle qui entoure les tendres feuillages et les corolles délicates
- formant autour d’eux comme un voile protecteur qui les abrite des rayons brûlants du soleil. C’est ce qui permet aux délicates frondes des fougères de s’étaler en plein soleil à la surface des rochers alors que chacun sait combien ces plantes redoutent la sécheresse de l’air. Le rocher joue donc, dans la nature, le rôle d’une éponge : il absorbe l’eau quand elle surabonde et la rend à l’atmosphère par le canal des plantes saxatiles ou par les canaux en question au fur et à mesure que le besoin s’en fait sentir. Voilà ce qui nous explique le parfait bien-être, dans les fentes des rochers, de tant d’espèces délicates que les rayons du soleil brûleraient certainement si elles leur étaient exposées dans d’autres conditions.
- Fig- ”2. — Edelweiss et campanules dans un mur du Jardin alpin de Floraire, près Genève.
- Or, ceci étant donné, on comprend quel intérêt il y a à cultiver des plantes délicates dans ces condi-lions-là. Cette vie et cette grâce que la nature prodigue ainsi aux rochers et aux murailles chacun peut arriver à les reproduire en petit chez lui. Pourquoi donc ne pas substituer ces tableaux charmants aux murailles nues et aveuglantes de manière à atténuer la nudité choquante de la pierre et pourquoi ne cherche-t-on pas à combattre cette aridité apparente par des fleurs et de la verdure? Les architectes vous diront peut-être que cela est préjudiciable à la bonne conservation des murs, ce qui, d’ailleurs, n’est pas toujours le cas. Mais, à tout prendre et en admettant la chose, ne peut-on donc pas souffrir quelque dommage de ce côté-là en vue d’une aussi abondante moisson de joies et d’impressions saines et réconfortantes ?
- Il me souvient encore de la vive impression que fit sur moi, il y a plus de trente ans de cela, la vue d’une muraille artificiellement garnie de plantes et de fleurs dans le célèbre jardin du botaniste lîoissier, à Valeyres, dans le centre deVaud. Le souvenir de ce mur fleuri est resté vivant dans mon esprit comme au jour où je l’admirai. C’étaient des Saxifrages pyrénéennes aux larges rosaces mesurant près de 25 centimètres de diamètre ; c’étaient des touffes d’« Haberlea » provenant des monts Rhodopes et dont les Heurs, d’un violet rougeâtre, ont quelque analogie avec celles du « Gloxinia ». C’étaient?... mais je m’arrête, car je ne veux pas bombarder les lecteurs de ce journal de noms latins et grecs ! En tout cas c’était une merveille qu’on allait voir de très loin et qui a été admirée par tout ce que le monde compte
- p.377 - vue 381/536
-
-
-
- 578
- LA NATURE.
- d’amis des plantes. Mais combien peu l’exemple de l'immortel auteur du « Floia orientalis » a-t-il été suivi? A part quelques cultivateurs émérites et un certain nombre de partisans du Beau dans le pittoresque, il est bien peu d’amateurs de ces vieilles murailles animées par les plantes. Alphonse Karr, à Saint-Raphaël, prêcha en vain par ses écrits et par l'exemple ; on ne le comprit pas. Pourtant depuis quelques années le goût des plantes alpines et des espèces saxatiles s’étant répandu, on commence à en orner les murailles et on rencontre, ici ou là, de ces jardins pétrés qui sont de merveilleux tableaux.
- La nature nous enseigne d'ailleurs qu’il est toute une catégorie d’espèces qui recherchent de préférence la position verticale des roches pour y enfoncer leurs racines et qu’il en est même qui ne peuvent vivre et se développer que dans la position horizontale de leur axe. Il est certains de ces murs recouverts de fleurs qui constituent de vrais jardins botaniques, des tableaux merveilleux qu’on admire et qu’on étudie avec plus de joie que ceux des plus grands artistes. Or, le moyen d’obtenir de ces effets merveilleux est à la portée de chacun. Il importe seulement d’avoir un mur assez épais pour permettre une condensation de l’humidité à son intérieur. Les murs de soutènement sont préférables parce que le sol qu’ils supportent d’un coté entretient chez eux une humidité plus constante. Dans une muraille semblable, il n’est besoin que de faire une fissure ou utiliser celles qui y existent naturellement et d’y introduire les racines de la plante au moyen d’un outil long et mince et en les y fixant avec de la mousse ou du sphagnum, ou bien encore avec de la terre un peu lourde. 11 est bon de consolider la plante avec de petits cailloux anguleux qu’on cimentera si cela est nécessaire. Souvent aussi il suffit de semer les graines des espèces les plus faciles (Erinust, Binaires) en les introduisant dans de petites boules de sol un peu compact. Au bout de peu d’années on a, par ce moyen, un mur fleuri qui est une merveille que chacun admire.
- Nous avons établi un mur de ce genre à Floraire (jardin alpin d’acclimatation) et les personnes qui s'intéressent à ces créations sont admises à le visiter.
- Henry Correvon.
- LE BAUME DE CHIEN
- Lorsque l’on feuillette les vieux ouvrages de médecine, on retrouve, au milieu de doctrines et de théories bizarres, des remèdes non moins drôles qui ont cependant eu la plus grande vogue en leur temps. Ce sont presque toujours des préparations très complexes où, parfois, un médicament actif est noyé au milieu d’un tas de substances inutiles.
- Voici, entre mille, le mode de préparation et les vertus d’un remède (Baume de chien) encore très en honneur en 1692. Ce remède merveilleux guérissait si bien que son auteur fut traduit en justice, par les médecins de son pays, comme sorcier.
- Préparation. — « Prenez un chien bien gras et d’une
- médiocre grandeur, donnez-lui un coup de marteau sur la teste, et aussi-tost après vous le jetterez tout entier dans un grand chaudron remply d’eau bouillante, où vous aurez mis des orties, du sureau, et dos mauves, autant de l’un que de l’autre, et tant que vous jugerez à propos, selon la quantité d’eau et la grandeur du chien : faites bouillir continuellement l’eau, jusques à ce (pie le ebien soit cuit, en remettant toujours de l’eau à mesure qu’elle s’évaporera, afin qu’il y en ait assez pour bien cuire le chien; puis estant cuit, ajoutez cinq pintes de bon vin blanc ou clairet, cinq ou six livres de vers de terre, faites cuire le tout encore une heure, retirez la liqueur du feu, passez-la toute chaude par un linge fort, et passez la chair du chien, et les herbes dans un pressoir d’Apothicaire : puis remettez toute la liqueur qui a passé par le linge et par le pressoir dans le même chaudron sur le feu, et dans icelle liqueur vous mettrez une livre de cire neuve, trois livres de graisse de bœuf, trois livres de graisse de pourceau male, trois livres d’huile d’olives, une livre d’huile rosat, une livre d’huile de millepertuis, une livre d’huile de camomille, une liyre d’huile de scorpion, si vous en pouvez trouver; faites rebouïllir le tout à petit feu, tant que la cire et les graisses soient bien fondues, puis retirez le chaudron du feu, et laissez-le reposer jusques au lendemain, et avec une cuillère percée vous ramassez le Baume qui sera congelé sur l’eau, lequel vous priverez de toute humidité aqueuse, en laissant bien égouter l’eau par les trous de la cuillère percée. Jettez l’eau, car elle ne sert de rien, et gardez le Baume. »
- Vertu du Baume de chien. — « Il guérit les playes récentes en vingt-quatre heures; et voici comment il s’en faut servir. Dans les coupures ou playes qui se peuvent joindre, il faut mettre le Baume au dedans des dites playes sans tente, puis joindre bien la playe avec une compresse, et en vingt-quatre heures elle sera guérie.
- (( Dans les playes rondes ou quarrées qui ne se peuvent pas joindre, il faut mettre le Baume au-dedans avec quelque instrument propre à cela, puis appliquer au-dehors un emplâtre du même Baume; mais dans la playe il ne faut jamais mettre de tente, car le Baume se dissipe à mesure que la playe se ferme, et la chair renait en sa place.
- « Le même Baume est excellent pour contusion, fraction récente, brûlure, paralysie, goutte froide, nerfs retirez, membres secs faute d’aliments, en s’en frottant soir et matin jusques à guérison.
- (( Il est bon pour la cholique, s’en frottant le ventre, et en mettant deux onces de ce Baume dans les lavements.
- « Pour le mal de dents, il s’en faut frotter les tempes. )>
- Remarque. — (( Pour avoir aisément des vers de terre, dont il est parlé dans la composition de ce Baume, vous n’avez qu’à prendre des feuilles de noyer, ou de chanvre, les faire boüillir dans de l’eau, et jetter ensuite ladite eau sur une terre la plus grasse que vous pourrez trouver, comme estant plus féconde et plus pleine de ces vers; tous ceux qui se rencontreront en ladite terre, viendront en la place ou vous aurez jette ladite eau. »
- Est-ce assez simple? Le baume de chien eut grand renom en France sous Louis XIV.
- Et comme on pourrait en citer d'autres tout aussi extraordinaires ! Et toutes ces recettes étaient merveilleuses et guérissaient toujours. « 0 tempora ! ô mores! »
- Léon Devyreu.
- p.378 - vue 382/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 570
- LES POISSONS QUI PARLENT
- L’expression « muet comme un poisson » n’est pas tout à fait exacte. S’il est vrai que la très grande majorité des poissons ne cherchent nullement à faire concurrence aux ténors d’opéras, il en est cependant quelques-uns susceptibles de produire des sons, dont, d’ailleurs, l’utilité n’est guère connue.
- Prayer raconte qu’une nuit étant sur le Pontiniac, la plus grande rivière de la côte occidentale de Bornéo, l’équipage entendit une musique bien distincte, tantôt basse, tantôt élevée, tantôt éloignée, tantôt rapprochée; elle venait des profondeurs, comme le chant des Sirènes, tantôt résonnant comme de puissantes orgues, tantôt comme une douce et harmonieuse harpe éolienne. Lorsqu'on plonge, on entend cette musique beaucoup plus nettement et on constate bien qu’elle provient de plusieurs voix distinctes. Cette musique, ainsi que le rapportèrent les indigènes, est produite par des poissons.
- Le même fait avait déjà été relaté par de llumboldt.
- « Nous trouvant, raconte-t-il, dans les mers du Sud, vers les sept heures du soir tout l’équipage fut effrayé par un bruit extraordinaire qui ressemblait à une batterie de tambour en plein air. On crut d’abord que ce bruit était produit par un coup de vent, mais bientôt on l’entendit nettement le long du vaisseau, principalement à l’avant ; il ressemblait au bruit qui se produit pendant l’ébullition de l’eau, lorsque les bulles éclatent. On craignit alors qu’il ne se fût déclaré une voie d’eau, le bruit s’étendit successivement à toutes les parties du bâtiment et enfin, vers les neuf heures, il cessa entièrement. »
- John NVhite, lieutenant de la marine des États-Unis, se trouvant à l’embouchure du fleuve du Cambodge, rapporte que son équipage et lui furent frappés des sons extraordinaires qui se faisaient entendre autour du navire. C’était comme un mélange des basses de l’orgue, du son des cloches, des cris gutturaux d’une grosse grenouille, et des sons que l’imagination prêterait à une énorme harpe ; on aurait dit que le vaisseau en tremblait. Ces bruits s’accrurent et formèrent enfin un chorus universel sur toute la longueur du vaisseau et des deux côtés. A mesure que l’on remonta la rivière, ils diminuèrent et cessèrent entièrement. L’interprète leur apprit qu’ils étaient produits par une troupe de poissons de forme ovale et aplatie qui ont la faculté d’adhérer fortement aux divers cor/.s par la bouche.
- Les Pogonias ou Tambours, qui habitent les côtes atlantiques du Nouveau Monde, font aussi entendre des bruits que l’on perçoit souvent à de très grandes distances. Ils se rassemblent souvent autour des navires et se livrent à un concert effréné. On croit — mais rien n’est moins sûr — que ce bruit est produit par le frottement les unes contre les autres des dents pharyngiennes.
- Dans les eaux douces du Rio Mata je et du Rio del Mo-lino, on rencontre des poissons musiciens qui, en raison de cette particularité, sont désignés par les indigènes sous le nom de Musicos. « En faisant une exploration dans la baie du Pailon, au Nord de la République de l’équateur, raconte M. Thoron, je longeais une plage, au coucher du soleil. Tout à coup, un son étrange, extrêmement grave et prolongé, se fit entendre autour de moi. Je crus, au premier moment, que c’était un moucheron ou un bourdon d’une extraordinaire grosseur; mais ne voyant rien au-dessus de moi et à l’entour, je demandai au rameur de ma pirogue d’où venait ce bruit. Il me répondit que c’était un poisson qui chantait ainsi ; les uns
- appellent ces poissons Sirènes et les autres Musicos. Ayant avancé un peu plus loin, j’entendis une multitude de voix diverses qui imitaient parfaitement les sons graves et moyens de l’orgue d’église, entendus non au-dedans mais du dehors, comme lorsqu’on est près de la porte d’une église. Le concert commença vers le coucher du soleil et continua pendant plusieurs heures de suite sans que les exécutants s’inquiètent de la présence de l’homme, mais aussi sans qu’ils se montrent à la surface de l’eau. »
- Un autre voyageur, Le Mesle, décrit dans son « Voyage inédit au Cambodge » un concert peu banal de poissons chantant. « Chacun des exécutants, dit-il, n’émet, comme dans la musique russe, qu’une seule note pleine, longue, grave : un son d’ophicléide. Cela forme un ensemble des plus extraordinaires, chaque exécutant jouait un air unique dans un ton différent. Les notes sortent de partout, devant, derrière, dans le bateau, et l’eau dans laquelle elles sont émises leur donne une qualité de son toute particulière. L’auteur de cette mélancolique mélodie est un poisson à grosse tête plate, ayant un peu la forme d’un Grondin, et qui atteint quelquefois 1 mètre à lra,50 de longueur. Les gens du pays le nomment « Machoiran » ; il est verdâtre, tacheté, avec le ventre argenté, et porte de courts barbillons au museau. »
- Chez nous, nous possédons aussi sans nous en douter un poisson parleur : c’est le Grondin, bien connu des naturalistes à cause de ses sortes de pattes et des... cuisinières qui en font un plat excellent. Lorsqu’il est retiré de l’eau, il fait entendre un bruit plus ou moins fort qui lui a fait donner son nom; ce bruit est certainement produit par le passage du gaz venant de la vessie natatoire que l’animal peut comprimer à sa volonté. « Un savant naturaliste marseillais, dit H. E. Sauvage, avait eu, dans le temps, dit-on, l’idée de mettre à profit, pour la pèche, cette aptitude des poissons chanteurs et il avait disposé au fond des eaux, en captivité dans des nasses, des grondins mâles destinés à attirer par leur chant les poissons d’un autre sexe qui s’engageaient dans les filets tendus autour de ces appeaux marins. La tentative a plus d’une fois réussi; mais, comme il faut beaucoup de patience, ce genre de pêche ne séduit en définitive qu’un petit nombre d’amateurs. »
- Plusieurs autres poissons sont susceptibles de chanter, mais on n’est pas toujours bien fixé sur leur identité. La Dorée ou poisson de Saint-Pierre manifeste sa présence dans les flaques d’eau, à marée basse, par une sorte de gloussement qui’lui a fait donner le nom de Poule d’eau. Un Ralisté grince des sons plaintifs et mélancoliques comme le cri d’une roue de voiture. Un Pristipome imite à s’y méprendre le chant du canard. Il n’est pas jusqu’au thon qui ne soit, paraît-il, susceptible de mettre la tète hors de l’eau pour chanter d’une voix rappelant assez bien celle d’un enfant qui pleure. Heniîi Coupin.
- LA CONSOMMATION DES EAUX GAZEUSES
- C’est Priestley qui, le premier, je crois, eut l’idée de charger l’eau d’acide carbonique pour en faire de l’eau gazeuse. Le savant anglais serait un peu surpris, s’il revenait sur notre planète, de voir quelle extension a prise, depuis 1772, date de son expérience, l’industrie des eaux de Seltz artificielles. Il semble même que depuis une douzaine d’années la consommation s’en soit de plus en plus généralisée, concurremment avec les eaux minérales naturelles dites de table.
- Il y a, à ce besoin d’eaux gazeuses, dans les grands
- p.379 - vue 383/536
-
-
-
- • 380
- LA NATURE.
- centres, plusieurs raisons : d’abord et trop souvent les mauvaises qualités des eaux potables fournies aux agglomérations urbaines. Pour beaucoup l’eau est empruntée à des rivières polluées par des déchets d’usine, parle rejet des eaux d’égout — et quelles eaux d’égout ! — des cités en amont, bref toutes sortes d’impuretés demi nous avons à Paris un joli échantillon quand on nous sert de d’eau de Seine.
- Cette nocivité des eaux des villes, quand elles ne sont pas pourvues d’eau de source, a été une des grandes causes de la consommation de plus en plus répandue des eaux minérales. 11 faut ajouter l’excitation de l’appétit, la stimulation des fonctions nutritives très nettement provoquée par l’acide carbonique. 11 faudrait même, d’après certains bactériologistes, tenir compte d’une influence bactéricide assez prononcée sur certains agents pathogènes. Le bacille cholérique, entre autres, serait détruit en deux ou trois heures lorsqu’il se trouve dans une eau saturée d’acide carbonique ; nous souhaitons qu’il en soit ainsi.
- Quoi qu’il en soit des raisons de cette augmentation de consommation des eaux artificielles, elle semble encore plus considérable chez nos voisins les Anglais. D’après une statistique donnée par le IPltamer, médecin assistant du Conseil d’hygiène de Londres, la vente à Londres des bouteilles d’eau de Seltz, ou « soda water », a passé de 150 millions en 1892 à 500 millions en 1902. En quarante ans le nombre des fabriques d’eau gazeuse a quadruplé; on en comptait à Londres 400 en 1861, en 1901 il y en avait plus de 1750. La consommation annuelle d’eaux gazeuses dans l’étendue du Royaume-Uni atteint le chiffre formidable de 5 milliards 600 millions de bouteilles, la bouteille s’entendant du « half-pint », c’est-à-dire un peu plus de 500 grammes. A Paris, la statistique la plus récente, due aux relevés de notre érudit confrère le l)r Bertillon, donne pour 1900 le chiffre de 55 fabriques d’eaux gazeuses; mais il y a 4625 débits d’eaux minérales et la vente de ces eaux se chiffre par millions de bouteilles, eaux du bassin de la Loire (Saint-Galmier, Couzan, Con-dillac, Renaison, etc.), et d’autres régions (eau d’Evian, d’Alet), sans compter les eaux minérales de composition plus complexe et, partant, ne pouvant être considérées comme eaux de table, eaux alcalines (Vichy, Vais), ferrugineuses ou autres.
- En faisant le total on pourrait dire, sans crainte de se tromper beaucoup, qu’on boit à Paris autant et plus d’eaux minérales ou d’eaux gazeuses fabriquées qu’à l’étranger. Quand on n’en fait pas abus, le mal n’est pas grand, et, malgré la boutade spirituelle d’un de mes amis, un de nos grands professeurs, qui m’accusait de faire de mon estomac un 14 juillet, je continue l’été à lui jeter ce feu d’artifice de gaz carbonique, trouvant ainsi ma boisson plus agréable et plus fraîche. Dr A. C.umz.
- PROJECTIONS STÉRÉOSCOPIQUES
- Nous avons traité cette question ici même il y a peu de temps1 et nous avons fait connaître deux appareils donnant la solution du problème par des moyens très différents.
- Depuis nous avons reçu de quelques inventeurs communication de divers appareils qui répondent au même but et qui, parait-il, seraient plus anciens que ceux que nous avons décrits, ils n’ont qu’un
- .« 1 Yoy. il" 1594, du 12 décembre 1903, p. 28. , j
- tort, c’est d’être restés dans l’armoire de leurs créateurs et peut-être même... dans leurs cerveaux. Nous laissons donc de côté ces revendications pour ne nous occuper que de deux nouveaux appareils, dont l’un surtout est très intéressant et diffère complètement, comme principe, de tous les autres : c’est le « stéréo-télescope » de MM. Papigny et Mattey. Il est formé de deux lunettes ayant des oculaires divergents et des objectifs convergents, comme la lunette de Galilée : c’est en somme une jumelle de théâtre et on peut l'utiliser comme telle pour regarder des projections simples, si on est un peu éloigné de l’écran ; on ne verra dans ce cas que la seule image représentée, avec un grossissement déterminé par le foyer des lentilles employées.
- Mais au moyen d’un bouton placé sur le côté de
- Fig. 1. — Stéréotélescope île MM. Papigny et Mattey.
- l’appareil, à côté de celui qui sert à la mise au point, on peut déplacer les objectifs de façon à en faire varier l’écartement ; les lentilles ne travaillant plus par leur centre, par rapport aux oculaires, agissent alors comme prismes et font dévier l’image chacune dans un sens opposé ; on perçoit donc deux images d’un même objet au lieu d’une. Inversement si à un objet unique on substitue deux objets identiques, placés à une distance proportionnée au décentrement des lentilles, on ne percevra qu’une image unique de ces deux objets. C’est ce cpii arrivera dans le cas où nous aurons sur l’écran deux images stéréoscopiques et que nous les regarderons, après avoir décentré convenablement les objectifs ; les deux images se superposeront et nous aurons le relief stéréoscopique. Il est nécessaire, pour obtenir un bon résultat, d’être placé à une distance suffisante pour que l’image soit entièrement comprise dans le champ des objectifs, distance qui doit être au moins de trois fois la longueur totale de la projection. Il nous a semblé à l’essai de cet appareil que, par une anomalie difficile à expliquer, plus la distance entre nous et
- p.380 - vue 384/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 581
- l’écran augmentait, plus le grossissement nous paraissait considérable, car en réalité, quelle que soit la distance à laquelle nous nous placions, l’image nous semblait toujours de la même dimension. Le réglage de l’appareil se fait très rapidement et on perçoit immédiatement le relief sans être gêné par aucune image parasite.
- On est amené, en examinant la théorie de cet appareil, à en concevoir un autre qui en découlerait et dans lequel on pourrait se dispenser de transposer les images stéréoscopiques. En effet, si nous examinons (üg. 2, n° 1 ) ce qui se passe dans l’appareil que nous venons de décrire, nous voyons que, par l’écartement des objectifs fi, les deux images a a viennent en former une seule À; mais si au lieu d’écarter les objectifs nous les rapprochons (n° 2) nous voyons que l’inversion des images a' a sera faite par l’appareil, elle n’aura pas besoin d’être faite à l’avance sur l’écran. Et on en arrive même à conclure que dans ce cas un seul objectif suffira, car pour que le rapprochement des deux lentilles fi puisse prendre un jeu suffisant on sera obligé de couper une partie de chacune d’elles, partie qui pourra aller jusqu’à la moitié; ensuite par leur décentrement on arrivera à reconstituer une lentille unique (n° 3) et les choses se passeront comme s’il y en avait deux. On pourra alors, pour permettre un certain réglage suivant les personnes, donner un peu de latitude dans l’écartement des oculaires.
- Mais, en somme, un appareil de ce genre ne serait pas très utile, car les diapositives qu’on aura à projeter seront généralement celles-là même qui servent au stéréoscope ordinaire et la transposition des images aura toujours été faite; aussi n’avons-nous signalé ces dispositifs qu’à titre de curiosité et surtout pour éviter à d’autres la peine de les inventer à nouveau.
- Voici maintenant un autre appareil (fig. 5) construit par M. Remaria pour l’examen des projections stéréoscopiques. Il est basé sur le même principe que celui que construit M. Bellieni, et que nous avons
- Fi". 2. — Sléréotélescopn.
- signalé dernièrement, seulement il comprend deux systèmes complets de miroirs : un pour chaque œil. Les deux miroirs mobiles sont mus simultanément
- par le même bouton de manœuvre et le réglage s’obtient facilement. A 2 mètres de l’écran, on a entièrement dans le champ de l’appareil des images
- Fig. 5. — Stéréoprojeet de M. Iteniaria,
- de 0m,75 de coté, mais on peut se placer à des distances beaucoup plus grandes.
- Un voit trois images dont une seule, celle du milieu, provient de la superposition et donne le relief. Afin d’éliminer les deux autres, qui ne sont pas très gênantes pour ceux qui ont l’habitude du stéréoscope, mais qui troublent cependant certaines personnes, l’appareil porte deux volets que l’on peut déplacer à volonté au moyen d'un bouton de réglage; il faut les faire avancer ou reculer plus ou moins suivant la position qu’on occupe par rapport à l’écran. En combinant la position de ces volets avec celle des miroirs, on arrive assez rapidement à ne percevoir qu’une seule image avec le maximum de relief.
- [.es appareils destinés à regarder les projections stéréoscopiques arrivent à propos, car on s’occupe de plus en plus de ce genre de photographie dans toutes les Sociétés ; on vient même de fonder, sous le nom de Stéréo-Club français1, un nouveau groupe qui, comme son nom l'indique, s’occupe tout spécialement de stéréoscopie. Les adhérents sont déjà nombreux, bien que l’idée de cette association ait été émise il y a à peine un an par M. R. Lihou, ce qui semble prouver qu'elle répond à un besoin. Le but est non seulement, pour ceux qui habitent Paris, de se réunir pour s’entretenir des progrès à réaliser en lama-
- 1 Siège social : « Stéréo-Club français », 0, rue bergère, Paris. Cette Société vient de publier le premier fascicule do son bulletin avec jolies vues stéréoscopiques. ... *
- p.381 - vue 385/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 582
- tière, mais aussi, pour tous, de faire des échanges de clichés ou d’épreuves sur papier ou sur verre. Il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir visiter tous les sites intéressants des différents pays; lorsque cette société aura des adhérents un peu partout il sera facile de se constituer à peu de irais, par voie d’échange, une collection de vues stéréoscopiques.
- G. Mareschal.
- ;-v- -
- PROCÉDÉ NOUVEAU
- I>0CR DÉCELER LA. CERISE 01 AUTRES SELS I)E PLOMB DANS UNE PEINTURE
- l)’iei peu la céruse ne sera plus un produit industriel reconnu, sa disparition souhaitée par les hygiénistes et déplorée par quelques spécialistes sera consacrée par une loi; il est certain néanmoins que, pendant plusieurs années encore, on écoulera les stocks soit dans les peintures préparées, soit dans les poudres colorées destinées à être mélangées à l’huile ou au vernis. Le minium et la litharge sont aussi dangereux, si ce n’est plus, que la céruse ou carbonate basique ; on a craint de ruiner trop de fabricants en proposant immédiatement leur suppression radicale dans tous les travaux du bâtiment, mais on a décidé que cette suppression pourrait toujours être prononcée sur avis du Comité consultatif d’hygiène; contraints par cette menace constante de ne pas conserver en magasins de grandes quantités de ces produits, les industriels mettront en vente à très bon marché des siccatifs lithar-gés, des mastics rouges et de faux vermillons. En résumé les acheteurs qui voudront être certains de l’innocuité des produits qu’on leur livre et les peintres qui voudront travailler avec du blanc de zinc ou du minium de fer, à l’exclusion de tout sel de plomb, devront pouvoir faire une analyse rapide de leurs peintures.
- Cette analyse est bien facile lorsqu’on possède un laboratoire de chimie, car les composés du plomb ont des caractères analytiques, remarquables et simples. Il suffit de dissoudre un peu de la matière suspecte dans quelques gouttes d’acide azotique fumant et d’ajouter de l’eau. Le liquide ainsi obtenu forme un précipité noir sous l’action de l’hydrogène sulfuré et du polysulfure d’ammonium ; avec le chromate de potassium on obtient une masse jaune de chromate de plomb, et quelques gouttes d’une solution d’iodure de potassium donnent des paillettes jaunes claires cristallines. Mais le plus souvent, pour ne pas dire toujours, les entrepreneurs de peinture ignorent complètement la chimie et ne possèdent pas le moindre réactif, je crois donc nécessaire de leur enseigner une méthode inédite, très rapide et très sensible que j’ai toujours appliquée avec succès et qui est basée sur 1 emploi d’essence de térébenthine et de colojdiane, c’est-à-dire de corps dont ils se servent journellement.
- Dissolvons 750 grammes de colophane ou anhydride abiétique dans 1 kilogramme d’essence de térébenthine à la température d’environ 50°: nous obtiendrons, après filtration et refroidissement, un vernis très limpide, peu visqueux, inemployable à l’état de pureté, mais qui, mêle aux dissolutions de certaines gommes ou résines, permet de réaliser des peintures d’un effet remarquable.
- Tous les abiétates, hormis celui de plomb, sont solubles dans ce vernis, nous pourrons donc lui mélanger toutes les poudres colorées ou les peintures non plombiques sans que la màssfe soit précipitée, ou mieux sans qu’il sè prb-
- duise un durcissement, tandis que nous observerons une solidification rapide avec les matières contenant de la céruse, du minium du de la litharge.
- Pour que le procédé soit d’une application invariable, il faut délimiter les volumes et les poids de matière sur lesquels il est bon d’opérer. On emploiera, en général, 50 centimètres eubesde vernis à la colophane et 10 grammes de la substance qu’on veut analyser; si la proportion de sel de plomb est supérieure à 1/10 la solidification sera presque instantanée.
- Nous ferons remarquer que cette méthode d’analyse rigoureusement particulière aux sels de plomb est, de par ce fait, réversible et permet de reconnaître la présence de la colophane dans l’essence de térébenthine. L’introduction dans une peinture d’un vernis à la colophane est une garantie certaine de l’absence de la céruse.
- .losEi’H Girard.
- - -
- CHRONIQUE
- Bouteilles géantes. — La mégalomanie dont souffrent les Américains en matière de réclame les oblige à exécuter parfois de véritables tours de force pour s’imposer à l’attention. Tel est le cas pour les quatre bouteilles que l’on voit sur notre figure, reproduites d’après (( Scientific American », et qui sont destinées à faire l’ornement d’une devanture de boutique en contenant
- Bouteilles géantes.
- des parfums et du vin. La plus grande a lin,lh- de haut, 75 centimètres de diamètre à sa partie la plus large et contient 250 litres : les deux plus petites qui ne dépassent pas 1“,00, ont cependant une capacité de lit) litres. Le plus curieux est que ces monstres ont été soufflés par les procédés ordinaires à l’aide d'une canne de lm,60 de longueur : seulement trois des meilleurs souffleurs se sont relayés et on peut croire que leurs poumons ont été mis à une aide épreuve, car pour la plus grosso bouteille ils ont dû employer 22 kilogrammes de pâte et souffler pendant une heure environ : autant qu’on en peut juger sur une photographie, leur chef-d’œuvre est exempt de défauts extérieurs, reste à savoir quelle durée peuvent avoir ces ustensiles disproportionnés, et s’ils pourront résister à la pression exercée par leur contenu.
- p.382 - vue 386/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 585
- La lin d‘un transatlantique. — Ou vu démolir (Mi Angleterre un transatlantique que nous ne pouvons laisser disparaître sans lui envoyer un mot d’adieu, et sans montrer surtout de quel travail intense et soutenu sont susceptibles ces admirables steamers et ces machines marines qui pendant des années et des dizaines d’années traversent constamment l’Océan d’une rive à l’autre. Il s’agit du « Britannic », qui a eu son heure de célébrité, et qui, à une certaine époque, avait amené une véritable révolution dans les voyages à travers l’Atlantique par ses dimensions, sa puissance et sa vitesse. Nous sommes loin de cette époque-là. Cependant, jusqu’à ces temps derniers, il avait continué de naviguer avec les chaudières et les machines qui y avaient été installées lors de son lancement par la Maison Harland Wolf: le « Germanie », qui était son frère, a eu, lui, ses chaudières et ses machines remplacées. Durant ses vingt-neuf années de service régulier, le (( Britannic » n’a jamais eu un accident ni une avarie, et il a constamment circulé, sauf naturellement quelques semaines chaque année, pendant lesquelles on lui faisait subir les nettoyages et réparations périodiques nécessaires. Rien que jusqu’en 1899 (nous n’avons pas le relevé exact de ses voyages pendant les dernières années), il avait traversé [dus de 500 fois l’Atlantique, accomplissant un parcours totalisé de plus de 2 900 000 kilomètres, ce qui représente par conséquent environ 70 fois le tour de la terre, et il avait, dans le même temps, transporté heureusement plus de 200000 passagers. On avouera qu’il a bien gagné ses invalides; mais hélas! pour les vieux navires, c’est simplement le chantier de démolition, où l’on va briser sa coque, et la vendre à la vieille ferraille avec ses chaudières et ses machines.
- Le laboratoire «les compagnies (l’assurance (le Chicago. — Les compagnies américaines d’assurance contre l’incendie sont certainement plus actives que les compagnies du Vieux Monde : en ce sens notamment qu’elles ont des corps de pompiers à elles, qui vont combattre les incendies dont les ravages auraient un retentissement sur la caisse de la Société, et aussi qu’elles ont des hommes chargés de recouvrir et de protéger avec des bâches les objets, les marchandises qui n’auraient rien à craindre du feu, mais que viendraient détériorer les flots d’eau que généralement les pompiers envoient un peu à tort et à travers. Les compagnies de Chicago ont fait encore mieux : elles ont fondé un Laboratoire que l’on nomme « l’Underwriters’ Laboratories » et où des chimistes, des ingénieurs, des électriciens poursuivent les expériences les plus variées sur l’efficacité des inventions innombrables qui ont pour but de lutter préventivement ou autrement contre l’incendie. Ce laboratoire est des plus remarquables, et il comprend une série de pièces et d’installations qui permettent de poursuivre des essais fort variés : la station électrique en particulier est disposée de telle sorte qu’elle peut envoyer un courant atteignant jusqu’à 40 000 volts dans les substances et appareils dont on veut éprouver la puissance isolante. Tout inventeur d’un appareil, d’un dispositif nouveau, peut le faire essayer au Laboratoire dans les conditions les plus diverses de température, de pression, d’écoulement d’eau, et cela en payant seulement la moitié de la dépense : le reste demeure à la charge des compagnies faisant partie de l’association qui possède le Laboratoire. Nous devons dire à ce propos que ces compagnies ne sont pas exclusivement des entreprises de Chicago : le mouvement a été suivi pour ainsi dire par toutes les compagnies des Etats-Unis, et de
- nouvelles compagnies du Canada et même de Grande-Bretagne sont venues apporter leur concours et leurs contributions à cet établissement si curieux et si utile.
- Dallage en carton. — D’après le World’s Paper Trade Review, on serait arrivé à fabriquer des lames de carton-pàte émaillé imitant à s’y méprendre les carreaux vernissés dont on se sert pour carreler les salles de bains, les cuisines, etc. Ce carton peut être obtenu en toutes couleurs et transformé en carreaux de toutes dimensions. 11 est d’un prix de revient inférieur à celui des carreaux vernissés et, de plus, d’un maniement plus facile. Imperméable à l’eau, il peut aussi être rendu incombustible.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mai 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Décès. — Après la lecture de la correspondance, M. le Président annonce, d’une voix •altérée par l’émotion, la mort de M. Duclaux survenue après quelques heures d’agonie dans la matinée de mardi dernier. 11 rappelle que M. Duclaux fut le propagateur dévoué des idées de Pasteur, à une époque où celles-ci étaient loin d’ètre admises. Son Traité de microbiologie est une œuvre de premier ordre. M. Duclaux unissait au sens aigu de la critique de rares qualités d’écrivain.
- Emploi des courants alternatifs en chimie. — M. Ber-thelot communique un travail relatif à l’emploi des courants alternatifs en chimie et aux réactions qu’ils déterminent. Il semble que les effets des courants alternatifs doivent se neutraliser; il en est cependant autrement dans quelques cas particuliers, lorsqu’il y a antagonisme de signe électrique entre deux étals d’un corps provenant de l’électroly.œ.
- Solubilité du silicium dans l’argent. — MM. Moissan et Siemens résument leurs recherches sur la solubilité du silicium dans l’argent. En faisant fondre du silicium dans de l’argent à une température comprise entre son point de fusion et 1500°, ces savants ont remarqué que la solubilité augmentait avec la température. Lorsqu’on opère la solution du silicium dans l’argent fondu en employant peu de silicium, on obtient en traitant l’argent refroidi par l’acide azotique une nouvelle variété de silicium cristallisé soluble dans l’acide fluorhydrique. Cette nouvelle variété possède une densité et des propriétés identiques à celles du silicium ordinaire.
- Effets des anesthésiques sur l’émission des rayons N. — M. Becquerel présente une Note de son fils M. Jean Becquerel, relative à l’action des anesthésiques sur les sources de rayons N. On a déjà démontré que les végétaux sont sensibles aux anesthésiques en ce qui concerne l’émission de rayons « N ». M. L Becquerel a recherché si les sources inorganiques étaient pareillement affectées. 11 a placé dans un flacon, traversé par un courant de vapeur de chloroforme à température constante, du sable insolé. Les radiations émises sont recueillies par un petit cùne et conduites par un fil à un petit écran phosphorescent. Dans ces conditions, on observe d’abord, sous l’influence du courant, une légère excitation, puis une diminution de l’émission. Mais on ne détruit pas le pouvoir d’émission propre à la source.
- Propagation des osculations nerveuses. — M. d’Ar-sônval présente une Note de M. Charpentier décrivant uiVe
- p.383 - vue 387/536
-
-
-
- 584
- LA NATURE.
- nouvelle expérience qui inet en évidence le mode de propagation des oscillations nerveuses. Si l’on excite un nerf par un courant électrique et si, en deux points du nerf équidistants du point d’application, mais placés de part et d’autre, on établit deux fils en dérivation aboutissant à un écran phosphorescent, on n’observe sur celui-ci aucune variation d’éclat. 11 se produit, en effet, deux ondes de sens contraire, à partir du point d’excitation de telle sorte que la dérivation établit une sorte d’interférence spéciale.
- Election. — M. Berthelot est élu à l’unanimité représentant de l’Académie au Conseil supérieur de l'instruction publique. — M. Barrois est élu, par 39 voix, membre de la section de Minéralogie, en remplacement de M. Fouqué. M. Douvillé obtient 5 voix, et M. Walle-rant, fi. Ch. de Yilledeiil.
- UNE MULE FÉCONDE
- L’Egypte est le pays des merveilles et aussi des prodiges. La nature ne se contente pas d’étonner par une abondante fertilité du sol, elle confond par l’admirable fécondité des races qui s’y perpétuent. 11 en est ainsi pour les végétaux et pour les animaux. Voici à ce propos le cas, sinon unique du moins fort rare, d’une mule qui fait souche.
- Dans un petit village de la Haute-Egypte, une mule de bonne taille et d’allures distinguées, près-qu’une mule d’élite, a mis au monde il y tantôt neuf mois, un fort joli baudet. L’événement causa quelque émoi et l’heureuse mère avec son rejeton eut l'insigne honneur d’ètre présentée au markez qui
- Une mule et sou baudet (Haute-Egypte).
- faillit, à cause d’elle, inaugurer l’ère des états de naissances sur parchemins. Les magistrats s’en sont tenus au projet comme bien l’on pense, et les deux animaux, sans souci de leur renommée, s’ébaudissent à loisir au milieu des champs où la photographie que nous reproduisons vient de les surprendre.
- La lignée de la mule est inconnue; fille d’une jument quelconque et d’un baudet non moins commun, elle est remarquable cependant par une tête fine et une poitrine ample qui la font distinguer entre ses congénères. Elle doit avoir bien près de cinq ans. Le père du nouveau petit baudet fut aussi un baudet quelconque.
- Le petit « trois quarts » est ànon par la tête et l’épaule, et mulet par la croupe et l’arrière-train. Son avant est couvert du poil noir des ânes, et son ventre, de même que ses jambes, du poil roux et long des mulets ; sa queue est longue et fournie comme
- celle d’un poulain. Dans trois mois on s’apprêtera à le charger du bât, si le sort ne le favorise d’une autre destinée. Fin tout cas l’animal se porte bien et se développe à merveille jusqu’ici.
- Si la chaîne de parenté se continue, que diront les naturalistes‘/Surviendra-t-il une espèce nouvelle? C’est très peu probable, quoi qu’on pense en Egypte. Il y a des précédents. En général, à la seconde ou troisième génération la stérilité apparaît et toute espérance est déçue. La loi de l’espèce reste triomphante. Le cas que nous venons de signaler n’en offre que plus d’intérêt, puisqu’il permettra de contrôler une fois de plus nos connaissances antérieures à cet écard. Paviot,
- Ingénieur à Eaclten (Haute-Egypte).
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I;,uiui;t;, rue de Fleurus, 9.
- p.384 - vue 388/536
-
-
-
- V 10 17.
- 2 1 MAI HHJi.
- LA NAT URL.
- 585
- UN LÉGUME NOUVEAU
- l’ « OVIDIUS ))
- Sous co litre, M. Ovide Bichot, ex-président de l’Académie de cuisine de Paris, présente au public un végétal dont il découvrit les qualités culinaires au cours d’un séjour à l'étranger et dont il réussit à cultiver la graine. Mais, dit le proverbe, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et selon toute probabilité, il s’agirait d’une plante déjà connue dont parle assez longuement M. Bois, assistant au Muséum, dans un ouvrage : « Le potager d’un curieux », publié en collaboration avec M. Pailleux, dans le
- Bulletin de la Société d’acclimatation de 1884. Dans ce travail, les auteurs consacrent les pages 258 et suivantes à un crambé : le « G. tataria » VYild, de la famille des crucifères, espèce voisine du chou maritime, et qui doit être certainement TOvidiusen question. D’après eux, Clausius décrivit le premier cette plante qu’il prit pour une ombellilère, et dit que sa racine, grosse comme le bras, longue d’une coudée, est mangée par les Hongrois, qui en connurent l’usage par les Tartares. Jacquin, qui Ta décrite et figurée, et à qui nous empruntons les figures de la feuille, de la lleur, du fruit et de la racine1, nous apprend qu’elle pousse en Hongrie, où les enfants recherchent sa racine, qu’ils mangent cuite
- Crambé Tataria ou Ovidius ; 1 et 2, Tiges ou pousses coupées pour la consommation ; 5. Souche portant des pousses bonnes à couper ;
- i, Inflorescence ; 5, Fruits ; G et 7, Feuilles ; 8, Racine.
- à cause de son goût sucré, et du temps du professeur Pallas les cosaques la mangeaient avidement, aussi bien crue que cuite.
- MM. Bailleux et Bois, ce dernier bien connu par la précieuse collaboration qu’il donna au Muséum, pendant de longues années à Maxime Cornu, essayèrent en 1881 de cultiver le crambé tataria, avec des graines envoyées à M. de Vilmorin, par M. Hegel, directeur du jardin botanique de Saint-Pétersbourg.
- Au bout de la troisième année seulement la plante fleurit abondamment et donna une grande quantité de graines, mais semées de suite elles ne levèrent pas. M. Bichot fut plus heureux et grâce à lui cette plante aujourd’hui entre dans le commerce.
- Le semis, paraît-il, doit être fait en pleine terre, J2U aimée. — 1“ semestre.
- principalement de décembre à avril dans des rayons de 6 centimètres de profondeur. On doit choisir un bon sol ameublé et ne pas recouvrir les graines de terre, condition indispensable pour qu’elles germent, ce qui a lieu dans un délai variant de 2 mois à un an. A la cinquième feuille, on fait un repiquage espacé de 50 centimètres. Pour l’hiver les jeunes plants doivent être débarrassés de leurs feuilles et recouverts de sable ou de terreau sur une épaisseur de 20 centimètres. Au printemps apparaissent des pousses blanchies qu’on coupe à 5 centimètres au-dessous du sol pour la consommation. On peut forcer la plante en serre, en bûche chauffée, ou
- 1 Jacquix. Mincellanca austriaca ad bolaincam chemicun et historiam naluralem spectantia, citm fujuris, vol. Il, pl. 27i.
- 25
- p.385 - vue 389/536
-
-
-
- 386
- LA NATURE.
- simplement en la recouvrant d’une couche de 40 centimètres de fumier de cheval, et obtenir des pousses dès le début de l’automne. Elles sont d’un jaune pâle presque blanc, avec l’extrémité vert très clair nuancé de violet vif. Les feuilles encore à peine poussées sont frisées, vert clair avec des nervures violettes. Elles sont alors velues surtout en dessous. La racine est d’un brun presque noir. Les pousses qui viennent sur les racines coupées sont supprimées, sauf une à réserver pour la production de l’année suivante. Un des avantages de ce légume c’est de paraître avant l’asperge dont il n’a pas les filandres. Il n’a pas non plus l’amertume de l’endive, ni l’âcrelé du chou marin. Les racines, comme les pousses, sont comestibles.
- La préparation culinaire en est simple : faire bouillir à l’eau salée ( 1 litre pour 250 grammes de légume) pendant cinq minutes, et assaisonner au beurre, accommoder avec toutes sauces, ou faire frire en pâte. On peut également manger en salade les jeunes feuilles, aussi bien que la racine même crue, et coupée en tranches très minces.
- Grâce à l’obligeance de M. Thiébaut, nous avons pu personnellement apprécier ce légume dont le goût nous a rappelé à la fois celui de l’asperge et du chou-lleur, avec pourtant plus de finesse.
- MM. Bois et Bailleux pensent qu’on pourrait extraire la fécule de la racine, et s'en servir comme succédané de l’arrow-root, si précieux pour l’alimentation des enfants et des convalescents. Le erambe Tataria est classé parmi les plantes alimentaires des Anciens, et parait être le « chara » dont ils ont nourri les soldats de César en Albanie.
- C’est toujours chose intéressante que l’importation d un produit nouveau dans l’alimentation; espérons que celui-ci tiendra les promesses de son promoteur, qui voudrait le voir sortir de son état actuel de produit rare pour venir à la portée de toutes les bourses, et souhaitons à M. Bichot le succès que nous semblent mériter ses efforts.
- A.-L. Ci.i'mkvi'.
- PÉTROLES ET MATIÈRES COLORANTES
- En distillant la houille en vase clos pour en extraire le gaz d’éclairage on obtient non seulement ce gaz, mais aussi des produits secondaires dont l’importance industrielle est considérable. 100 kilogrammes de bouille grasse soumis à la distillation forment en effet : 25 m3 de gaz, 4,5 kg de goudron, 170 litres environ de coke.
- La vente du coke et des matières premières extraites du goudron, connues sous le nom générique de sous-produits, est suffisamment rémunératrice pour couvrir tous les frais de l’opération, on peut donc assurer qu’il serait facile de réaliser « actuellement » une usine ou mieux un système de fabrication économique permettant de fournir presque gratuitement le gaz d’éclairage. Les chimistes et certains économistes s’appuyaient sur cette constatation pour attaquer violemment les Compagnies qui livrent le gaz aux particuliers à des prix assez élevés variant entre 0tr,15 et 0r',50 le mètre cube et qualifiaient même de scandaleux les bénéfices de ces exploitations.
- En admettant que tout ceci soit vrai à l’époque actuelle, immédiate, il n’en sera peut-être plus ainsi dans un avenir rapproché, dans une dizaine d’années par exemple. 11 ne faut pas oublier que la houille peut être remplacée dans tous ses emplois par d’autres combustibles et que si de nouvelles matières viennent faire une eon-citïrence avantageuse aux goudrons, les industriels choisiront les produits les plus purs et les moins chers et abandonneront volontiers l’usage d’un liquide noir et visqueux.
- Le nombre des composés définis, bien étudiés, qu’on retire des goudrons de bouille est très grand; je ne citerai que pour mémoire le benzène, le toluène, les xylènes, le phénol, la naphtaline, etc: Les plus importants sont les hydrocarbures aromatiques et en particulier les benzines commerciales, mélanges de benzène, toluène et xylène, très riches en toluène ; ces corps ne servent pas uniquement à détacher, le dégraissage est même un emploi bien minime ; en effet, c’est à l’aide des benzines qu’on fabrique ces admirables matières colorantes qui ont définitivement remplacé nos belles couleurs naturelles.
- L’industrie des matières colorantes est une des plus considérables et des plus indispensables; l’époque où on cultivait la garance pour obtenir de la teinture rouge nous semble aussi éloignée que celle où on s’éclairait avec de la chandelle. Les dérivés de l’aniline et de la fuchsine sont appliqués partout, les étoffes sont revêtues de couleurs vives avec les produits provenant de cet affreux goudron, les papiers peints qui cachent nos murs sont colorés avec des composés du même genre. Les peintures à l’huile même contiennent des couleurs organiques lorsqu’elles n’ont pas à supporter l’influence destructive de la lumière solaire.
- Toutes les années on imagine de nouvelles matières, on fait sortir du goudron de nouvelles merveilles, on réalise des réactions chimiques dont le résultat théorique est prévu, mais dont la pratique est toujours compliquée. Cette industrie très délicate était anciennement française par droit de découverte, elle est actuellement allemande pour une série de raisons sociologiques.
- Les savants français ont méprisé longtemps la chimie pratique, à la même époque les professeurs allemands apprenaient à leurs élèves que la chimie est une science don( l’importance réside dans les applications. Les chimistes français eussent cru se déshonorer en s’occupant de technologie industrielle; ils n’étudiaient que les synthèses directes, les analyses compliquées, ils n’appliquaient que les méthodes permettant de produire quelques centigrammes, parfois 1 ou 2 grammes et n’enseignaient que les procédés de laboratoire, car ils ignoraient eux-mêmes ceux de l’usine. Nous n’en sommes plus là heureusement, de tous côtés, on voit s’élever des écoles de physique et de chimie industrielles, clans les facultés on donne parallèlement à l’enseignement scientifique l’enseignement commercial ; on a fondé à Paris un institut pratique de chimie dépendant de l’Université, on a tenté enfin de louables efforts pour former des ingénieurs chimistes capables de rendre à notre pays l’activité industrielle.
- Les catalogues des fabriques importantes mentionnent actuellement plus de 800 matières colorantes dérivées du goudron en passant par l’aniline, la phtaléine du phénol ou l’anthracène. En 1807, on a isolé dans les laboratoires du monde entier plus de 200 couleurs nouvelles, dont 108 furent découvertes par des savants européens. L’Allemagne qui a, je l’ai déjà dit, le monopole presque absolu de l’industrie des matières colorantes figure pour 151, \ l’Angleterre pour 22, la Suisse pour 10 et la France seu-
- p.386 - vue 390/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 587
- le me ut. pour 5. 11 est bien évident <[ue tous ces nouveaux I produits ne présentent pas un égal intérêt commercial, il est même probable que beaucoup de ces couleurs ne seront pas employées en teinturerie, car les industriels peuvent, vu l’abondance, se montrer très difficiles et choisir celles qui reviennent le moins cher, possèdent l’éclat le plus vif et surtout résistent le mieux aux actions combinées de l’oxygène et de la lumière solaire.
- Les goudrons de houille employés à la fabrication des couleurs se vendent un prix assez élevé, et, d’autre part, l’extraction des matières organiques, benzine et autres hydrocarbures aromatiques, est longue et coûteuse; il y aurait donc un intérêt considérable à trouver un procédé nouveau indépendant de la distillation de la bouille.
- Depuis plusieurs années on a réalisé d’intéressantes expériences sur le pétrole comme matière combustible et on est même arrivé à conclure qu’il remplace avantageusement le charbon et les goudrons dans presque toutes leurs applications et en particulier dans la marine, mais longtemps on n’a pu extraire des pétroles d’autres sous-produits que les huiles de graissage, la paraffine et les vaselines naturelles; on ne trouvait que des quantités de benzine trop faibles pour être utilisées industriellement, cette benzine était du reste très impure et souillée par des composés sulfurés et des bases pjridiques. La raison de cet insuccès est maintenant connue, on ne se servait en effet, il y a cinq ou six ans, que des pétroles américains de l’Ohio ou de la Pensylvanie et des pétroles russes, les premiers seuls étaient bien étudiés au point de vue des composants, on les avait analysés maintes fois et on avait constaté qu’ils étaient formés d’un grand nombre d’hydrocarbures de la série saturée G" II4"+ 2 dont les formules variaient entre C6IIU heptane et G19 H40 et dont les points d’ébullition allaient en croissant de 90° jusqu’à 317°. Les pétroles russes fournissaient des composés hydroearburés plus complexes qui semblent être des oléünes ou des naphlènes (polyinéthylènes), mais ne peuvent être assimilés aux benzines de la série G" ll2n~c.
- Nous devons tenter maintenant l’étude et surtout l’utilisation des pétroles roumains qui ont l’avantage de ne pas nécessiter comme les pétroles américains d’énormes frais de transport pour arriver jusqu’à nous. De 1890 à 1890, les terrains pétrolifères roumains furent exploités par des banquiers pour le compte de spéculateurs, autrement dit ne furent pas exploités; en 1898-1899 ils commencèrent à être réellement productifs; en 1900, ils fournissaient déjà une quantité de pétrole quadruple de celle nécessitée par la consommation nationale. De nos jours les pétroles roumains sont aussi estimés que ceux de Pensylvanie et préférés à ceux de Bakou comme huiles lampantes, et s’il est vrai qu’ils fournissent beaucoup moins d’huiles de graissage que les naphtes russes, ils sont, par contre, beaucoup plus riches en hydrocarbures aromatiques.
- M. Edeleano décrivait en 1900 au Congrès du pétrole les 150 produits qu’il avait formés à l’aide des hydrocarbures aromatiques tirés du pétrole de Roumanie. Nous observons, et c’est le point qui nous intéresse, que tous ces corps sont identiques, soit aux principes qui donnent naissance aux matières colorantes organiques, soit à ces matières, et nous en concluons la parfaite identité qui existe entre les benzines retirées du pétrole roumain et celles provenant de la distillation des goudrons de houille.
- L’huile brute roumaine ne coûte presque rien, en 1900 on la vendait à Bukarest 2 francs les 100 kilogrammes. Sa teneur en benzine est assez élevée ; en la saturant par un mélange nitro-sulfurique, j’ai obtenu plus de 10 100 de
- nitrobenzène ou nitrotoluènes. En employant les méthodes usuelles de traitement, M. Edeleano a formé avec le pétrole brut la toluidine, la phénylènediamine, la nitraniline, la nitroamido-toluidine et toutes les matières tinctoriales qui en dérivent. Joseph Gnuim.
- LES ÉTOILES NOUVELLES
- Que deviennent les étoiles nouvelles?
- M. Perrine a résumé dans Tite Astrophysical Journal ses recherches spectrographiques concernant les étoiles nouvelles trouvées depuis quelques années. L’instrument employé a été le télescope Grossley de l’observatoire Lick. La Nova du Cocher, découverte par M. Anderson en 1892 et qui atteignit la 4° grandeur 1/2 à son maximum, est aujourd'hui tombée à la 14e grandeur. La Nova de Persée, également découverte par M. Anderson le 21 février 1901 et qui lit tant parler d’elle, n’est plus qu’une minuscule étoile de la 12e grandeur. Elle avait cependant surpassé en éclat toutes les étoiles visibles à Paris, sauf Sirius. La Nova des Gémeaux, trouvée par M. le professeur Turner, à lTniverçité d’Oxford, le 16 mars 1903 et qui avait atteint, à sa découveite, la 5e grandeur, est tombée également à la 12e grandeur. Le spectre de ces astres éphémères a éprouvé de profonds changements avec le temps.
- Il semble que l’aspect final de ces spectres, après avoir été celui des nébuleuses, est celui présenté par la Nova du Cygne de 1876 et le plus grand nombre des étoiles, c’est-à-dire un spectre continu dépourvu de lignes brillantes.
- MOTOCYCLETTES NOUVELLES
- La motocyclette a pris, depuis deux ans, une extension considérable et elle est maintenant reconnue comme très pratique; mais il y a malheureusement une tendance à la munir de moteurs trop puissants. Il arrivera ce qui est arrivé pour le tricycle, qu’on a fini par transformer comme mécanisme en une véritable voiture, mais qui restait toujours peu confortable, et le tricycle a disparu. La motocyclette devrait rester la machine du touriste qui ne veut pas se fatiguer en montant les côtes et dont l’ambition se borne à pouvoir faire au maximum du 30 à l’heure en palier; au lieu de cela les constructeurs arrivent à prendre des moteurs de 3 chevaux et demi et même plus, parfois avec refroidissement par circulation d’eau ; on veut pouvoir atteler une remorque, faire du 50 à l’heure, etc. Nous ne prétendons pas que dans certains cas cela ne soit pas intéressant, mais cela devrait être la grande exception, car ce n’est plus alors la motocyclette comme nous la comprenons à la portée de tous et môme de toutes : qu’on y prenne garde, l’excès en tout est un défaut.
- 11 était tout aussi difficile, à la dernière exposition de l’automobile, et soi-disant du cycle, d’examiner avec fruit les différents modèles de motocyclettes, pour les raisons déjà données précédemment1 ; d’autre part il y a des constructeurs qui apportent, à ces expositions, des machines souvent très perfectionnées
- 1 Yov. n° 1614, du 30 avril 1904, p. 339.
- p.387 - vue 391/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r»N8
- et très séduisantes, mais qui ne sont encore que des modèles dont il n'existe qu'un exemplaire unique : ils ont à peine été essayés et n’ont pas fait leur preuve sur route; mieux vaut attendre pour les signaler qu'ils soient de fabrication courante, c’est ce ([ue nous ferons.
- Les fabricants qui jusqu'alors s'étaient montrés en général réfractaires au débrayage ont été amenés,
- Fig. 1. — Motocyclette 11. Petit munie d'un climigeincut de vitesse par engrenages.
- par la force des choses, à l'appliquer à leurs machines. Certains estiment que c'est une compliea-i ion inutile, une cause de pannes fréquentes, d'emballage du moteur, etc. Ces raisons ne sont pas sérieuses : le débrayage existe pour les voitures, il n'est pas admissible qu'on ne puisse pas l’appliquer facilement à la motocyclette; s’il est mal construit,
- Motocyclette Werner à embrayage progressif.
- si l'on ne sait [tas s’en servir en combinant son emploi avec la marche du moteur, ce sera une cause de pannes c’est certain, mais on doit arriver à le bien construire, on doit apprendre à conduire son moteur en raison du travail qu’on lui demande. Quant à prétendre qu’il est inutile, tous ceux qui ont pratiqué ce genre de locomotion seront d’accord avec nous pour convenir que la mise en marche sur pente, même faible, est des plus pénibles : on hésite à arrêter son moteur, en appréhendant la remise en route, et c’est là qu'est souvent la cause initiale d’un accident.
- En dehors des motocyclettes construites de toutes pièces pour être utilisées comme telles, on a voulu, par la construction de moteurs légers, permettre à chacun de transformer sa bicyclette en machine automobile. En principe cela n’est pas toujours sans danger, parce que les trépidations du moteur demandent une grande résistance de la part du cadre et surtout de la fourche; mais cela est cependant possible quand on a une bicyclette de marque éprouvée et reconnue d’une solidité à toute épreuve. On a du reste toujours la ressource de changer la fourche.
- Nous n’avons pas l'intention de passer en revue les différents systèmes de motocyclettes actuellement dans le commerce : bien que beaucoup de modèles se ressemblent, la liste en serait encore trop longue; en outre on rencontre assez souvent chez les constructeurs une mauvaise volonté peu encourageante pour ceux qui comme nous, n’ont pas d’autre but que de renseigner le lecteur en faisant connaître les nou-
- l'ig. — Moteur Aller de 3 eh. l/"2 disposé'sur mie nioto-eurdaii (type exceptionnel).
- veaulés intéressantes. Nous nous bornerons donc à signaler quelques machines de types assez dilïérents, munies du débrayage et de perfectionnements intéressants; ainsi que deux dispositifs à moteurs légers pouvant s’adapter aux bicyclettes solides.
- M. H. Petit a voulu réaliser une machine dans laquelle le changement de vitesse ne soit pas obtenu par une modification de l’allumage(fig. I), mais par une substitution d’un engrenage à un autre. Il ne faut pas oublier, en effet, que l’avance ou plutôt le retard à l’allumage n’est qu’un pis aller. Pour obtenir le meilleur rendement d’un moteur il y a un moment précis où doit se faire l’explosion ; si on la retarde, le moteur travaille dans de mauvaises conditions et M. Petit veut autant que possible lui faire donner le meilleur rendement. Pour cela, le pignon calé sur l’arbre du moteur actionne l’arbre qui porto la poulie de la courroie par l'intermédiaire de deux engrenages inégaux dans la proportion de 50 pour 100, avec lesquels il est toujours en prise; 1 un d’eux, celui de la réduction de vitesse, commande les soupapes et l’allumage. Une noix d’embrayage, solidaire de la poulie, peut se déplacer au moyen d’un
- p.388 - vue 392/536
-
-
-
- LA N A TL'R K.
- 7>89
- levier qui permet de la mettre en prise soit avec le grand, soit avec le petit engrenage, suivant la vitesse à obtenir; la manœuvre est très simple et s’obtient par un seul levier placé près du guidon. On pourra objecter que Je choc produit par l’embrayage pourrait être nuisible aux engrenages, mais comme l’entraînement de la roue motrice est fait par courroie, celle-ci peut glisser légèrement au départ et le choc se trouve ainsi amorti.
- L’emploi du changement de vitesse permet de se contenter d’un moteur d’un cheval et demi, puissance relativement faible, mais avec laquelle on peut monter toutes les cotes à bonne allure; le poids de la machine se trouve également réduit, elle ne pèse que o5 kg en ordre de route.
- C’est dans le même ordre d’idées qu’est construite la moto-cardan qui est munie d’un moteur de 1 cheval 7>/4 avec débrayage et deux vitesses. Le moteur présente ceci de particulier que, comme dans les voitures, il tourne dans un plan perpendiculaire à
- mvc r
- Fi"’, 1. — Motocyclette Bmlleul
- nvec refroidissement p;ir circulation d’eau. Moteur de 5 chevaux.
- celui des roues motrices; l’axe porte un embrayage qui est obtenu par serrage au moyen de l’extension progressive d’un segment. L’arbre de transmission porte à son extrémité un engrenage d’angle qui actionne la roue arrière ; l’autre extrémité porte deux engrenages, toujours en prise, qui sont embrayés à volonté et constituent le système de changement de vitesse ; on peut obtenir une proportion de 50 pour 100 entre chacun d’eux. 11 y a deux manettes placées sur le haut du cadre : l’une pour le débrayage, l’autre pour le changement de vitesse. La manœuvre est la même que pour la conduite des voitures, on débraye avant de faire le changement. La suppression de la courroie permet d’utiliser toute la puissance du moteur et on peut monter facilement toutes les côtes.
- Les frères Werner, qui furent les premiers à construire une motocyclette légère et pratique, et eurent de ce ce fait un succès considérable, ont renoncé déjà depuis deux ou trois ans à placer le moteur sur le guidon; ils ne font plus (pie le type à moteur au bas du cadre. Ils viennent maintenant d’appliquer le débrayage (fig. 2); le système employé pour
- cet usage est très bien compris pour permettre d’agir progressivement ; la poulie de la courroie se compose de deux joues à plan incliné, qui, réunies l’une contre l’autre, forment une gorge triangulaire; elles sont solidaires du moteur et tournent toujours avec lui. 11 est clair que si, par un procédé quelconque, on les écarte l’une de l’autre, la courroie n’est plus serrée et elle patine d’abord sur les bords de la gorge
- Fi", o. — Bieyclclle transformée en molocvcl Ile avec le moteur 1 ch. l/l A. Garreau.
- ainsi.élargie, puis tombe finalement sur le fond de la poulie qui, lui, est indépendant du moteur et tourne fou sur son axe : c’est alors le débrayage complet. Cette manœuvre progressive se fait au moyen de la poignée de gauche à laquelle est attachée une transmission Bowden. Afin d’éviter de laisser le moteur s’emballer au moment du débrayage,
- POTE T
- Fig’. G. — La lourioycletlc Iransformée au moyen de la molo-sacoche Moteur 1 ch. 1/2.
- on a relié le levier du frein de la roue avant à un dispositif qui oblige l’allumage à ne plus se faire qu’une fois sur cinq ; enfin si on continue à freiner complètement, l’allumage est coupé automatiquement. On voit que les constructeurs, tout en mettant un moteur de 2 chevaux et demi sur leur machine, sont soucieux d’éviter les accidents et ont pris toutes les précautions pour que le cycliste agisse, malgré lui, avec prudence.
- Voici venir maintenant la grosse cavalerie, les puissants moteurs; nous avons dit ce que nous en
- p.389 - vue 393/536
-
-
-
- 590
- LA NATURE.
- pensions, mais il en faut évidemment pour satisfaire une certaine clientèle.
- Nous voyons à la maison Ader une moto-eardan (fig. 5) munie d'un moteur à deux cylindres en V de 5 chevaux et demi! A part cette augmentation exceptionnelle de la puissance du moteur, la machine est la meme que le type habituel dont nous parlons plus haut.
- La motocyclette L. Bailleul (lig. 4) utilise un moteur de 5 chevaux et ajoute le refroidissement par circulation d’eau. La poulie renferme un embrayage à friction métallique, et la mise en marche se fait à la main au moyen d’une manivelle qu’on adapte au volant au moment voulu, disposition qui peut, disons-le en passant, s’ajouter facilement à toute machine munie d’un débrayage. La transmission est obtenue par courroie plate en caoutchouc passant sur une gorge en bois fixée sur les rayons de la roue arrière. Le moteur Bailleul est muni d’un système spécial de soupapes superposées. Cette motocyclette est bien étudiée dans toutes ses parties et très robuste.
- Après les machines lourdes examinons maintenant quelques machines légères. Nous ne parlerons (pie pour mémoire de la marque Herdtlé-Bruneau dont il a déjà été question précédemment1. Le moteur pèse 4 kilogrammes, et, adapté à une bicylelte avec tous ses accessoires, l’ensemble ne dépasse guère 20 kilogrammes; le prix est également très réduit.
- Un autre fabricant, M. A. Garreau, construit un moteur d’un cheval et quart (fig. 5) ainsi que tous les accessoires nécessaires à la transformation d’une bicyclette ordinaire, pourvu, bien entendu, que celle-ci soit de bonne marque, pas trop légère et solide comme cadre et comme fourche. On peut toujours, pour plus de sûreté, renforcer celle-ci par un arc-boutant, attaché d’une part au tube de direction et, d'autre part, au moyeu de la roue avant ; souvent, il sera préférable de faire le renforcement au moyen d’un fourreau enfoncé dans le tube de fourche. Le moteur se loge dans la partie inférieure du cadre aussi bas que possible pour abaisser le centre de gravité; il se fixe, au moyen de colliers, sur le tube incliné. La roue arrière est munie d’une gorge qui se place au moyen dé pattes en tôle d’acier vissées, ou rivées, sur la jante. La poulie actionnée par le moteur est reliée à cette gorge par une courroie tordue, en cuir chromé. Le réservoir d’essence, qui contient 5 litres, renferme aussi le carburateur à niveau constant auquel il est relié par un robinet à pointeau. Au moyen de ce matériel tout mécanicien peut facilement, et sans grande dépense, construire une motocyclette dont le poids n’atteindra pas 50 kilogrammes, et pouvant faire, en palier, 50 à 40 kilomètres à l’heure.
- Enfin, pour terminer, nous citerons la motosa-coche qui, comme son nom l’indique, forme un tout,
- 1 Vov. n° 1598, du 9 janvier 1904, p. 87.
- une sorte de sacoche, qui renferme moteur et accessoires destinés à la transformation. Il suffit de fixer ce bloc au cadre, au moven des tiges filetées et des écrous à oreilles dont il est muni (fig. (>). 11 entre facilement dans presque tous les cadres, et, lorsqu’on aura muni la roue arrière d’une gorge d’entraînement, on pourra en quelques instants avoir à volonté bicyclette ou motocyclette. La courroie en cuir chromé tordu, passe sur une poulie de renvoi qui sert de tendeur et se déplace sous l’action d’un levier fixé près du guidon; en détendant complètement on obtient le débrayage. La tourieyclette se prête particulièrement bien à ce genre de transformation, le changement de vitesse qu’on obtient en pédalant n’est pas utilisé quand le moteur travaille, mais peut servir quand il y a débrayage ou suppression du moteur.
- Nous arrêtons ici cette revue bien incomplète, mais en nous proposant de signaler, à mesure qu’ils se présenteront, les perfectionnements importants; la suppression de l’accumulateur et de la bobine, leur remplacement par une magnéto, semblent devoir entrer dans le domaine de la pratique et ce serait un grand progrès ; nous y reviendrons quand un système bien étudié aura fait ses preuves. G. Chalmarès.
- UN ATELIER MODÈLE
- A BORD iflN TRANSATLANTIQUE
- Les transatlantiques modernes sont de véritables cités flottantes, principalement les derniers mis flot, et surtout ce « Kaiser Wilhelm II » dont les dimensions sont réellement extraordinaires. Et comme les machines en général, la machinerie sous toutes ses formes joue un rôle de première importance dans un semblable organisme, depuis les moteurs et les hélices jusqu’aux appareils les plus divers d’éclairage, de chauffage/ etc. ; presque constamment à bord de ces bateaux un certain nombre de forgerons, de mécaniciens travaillent aux réparations et au bon entretien de cette machinerie.
- Aussi ce « Kaiser Wilhelm II », dont nous venons de parler, possède-t-il à son bord un atelier de forge et de mécanique des mieux organisés. Ce qui frappe tout d’abord dans cet atelier, c’est que toutes les machines-outils dont on y dispose, taraudeuses, perceuses, tours, poinçonneuse, cisaille, sont actionnées directement, grâce à des courroies qui se ramifient dans l’atelier au-dessus de ces outils, et reçoivent leur commande générale d’une poulie principale dont le mouvement est assuré par un moteur électrique ; celui-ci se trouve derrière un grillage, dans un coin de l’atelier, et reçoit lui-même le courant qui l’actionne de la station électrique du bord. Il transmet ensuite le mouvement aux diverses machines de l’atelier par les courroies qui sont placées sur la poulie qu’il entraîne et dont il vient d’être question. Cet atelier contient l’outillage le plus complet, sous un volume aussi réduit que possible, parce que, quand on est à la mer isolé, il faut être à même de répondre à tous les incidents, à toutes les réparations, et l’on peut dire que, sous ses proportions modestes, il résume l’installation la plus importante de travaux mécaniques. I). B.
- p.390 - vue 394/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r>oi
- IA MVNDAIU DU CHEIK EL-BELED
- L’un des monuments les plus répandus dans l’ancienne Grèce était la lesché ; toute petite bourgade avait la sienne et, à elle seule, la ville d’Athènes en possédait trois cent soixante. La plus célèbre fut, sans contredit, la lesché de Delphes, décorée par Polygnote1 de brillantes peintures que Pausanias a fidèlement décrites.
- La lesché servait à de nombreux usages; mais c’était, à proprement parler, un lieu de conversation où philosophes et orateurs se réunissaient pour discourir ; on l’avait à ce titre consacrée à Apollon.
- C’est aussi dans la lesché que les oisifs de la cité venaient passer leur temps, les pauvres trouvaient là un asile en hiver, les édiles y donnaient des festins publics. A Sparte, c’est également dans la lesché que siégeaient les vieillards de la tribu, pour discuter s’ils devaient conserver ou anéantir les nouveau-nés qu’on leur présentait2.
- Après avoir persisté quelque temps sous l’empire romain, l’usage des leschés se perdit peu à peu, sauf-toutefois en Orient où les vieilles coutumes se maintiennent avec une extraordinaire immutabilité.
- On rencontre encore en Egypte de petits monuments qui, par leur forme et leur destination, rappellent de tout point la lesché hellénique, ils portent le nom de mandaras. Construite en dehors de l’habitation avec laquelle elle ne communique par aucune issue, quoique en faisant partie, la man-dara est un édifice composé d'une salle unique autour de laquelle règne un mastaba3 pour s’asseoir; elle est éclairée par la porte et quelques fenêtres. La façade, conçue parfois avec une certaine recherche, possède une attique et autres embellissements. La plupart des Arabes riches ont une mandara pour recevoir leurs amis, causer, manger avec eux ou leur procurer un divertissement quelconque.
- La « zaouïé » est une mandara ouverte à tout venant où le malheureux trouve un gîte assuré, souvent un morceau de pain que lui envoie son hôte, plus fréquemment une amphore remplie d’eau, delà vermine toujours. La mandara porte aussi le nom de « Divan du cheik », parce que c’est là que le cheik tient son conseil, donne ses audiences. Dans les villes où le terrain est généralement plus limité, on transforme en mandara une salle de la maison, tout à fait distincte des appartements privés et pourvue d’un escalier spécial si elle est située aux étages supérieurs.
- Mais ce sont les mandaras de village qui, surtout, rappellent la lesché antique. A ïhèhes, dans les
- 1 Célèbre peintre grec né dans l’île de Thasos, vivait an ve siècle avant J.-C.
- 2 On saiL qu'à Sparte une loi ordonnait de mettre à mort, aussitôt après sa naissance, tout enfant difforme ou de mauvaise constitution.
- 3 Banc de pierre ou de brique, assez fréquent devant les maisons arabes.
- Memnonia1, où, durant des mois entiers, m’ont retenu mes travaux archéologiques, on rencontre des mandaras en assez grand nombre, et l’une d’elles m’a, à plusieurs reprises, fourni le su jet de curieuses observations. Les veillées sont longues au désert; bien des fois pour en abréger le cours, accompagné de mon serviteur Célémann, j’allais, sous les étoiles, explorer les recoins de la nécropole où, armés de flambeaux, nous errions comme deux nécromans de sépulcre en sépulcre.
- Un soir, il était environ minuit, une heure du matin, au retour de l’une de ces pérégrinations
- Coupe suivant AB
- Fig. 1. — Plan et coupe de la Mandara.
- nocturnes, je distinguai, sur ma droite, une masse sombre qui, par intermittence, s’illuminait de flammes vacillantes empourprant les alentours ; cela durait deux, trois secondes, puis brusquement tout retombait dans les ténèbres. A cette heure tardive, au milieu de tombeaux éclairés par la lumière blafarde de la lune, un pareil phénomène avait je ne sais quoi de mystérieux évoquant l’idée d’un conciliabule de spectres ou de sorciers, réunis pour se livrer à des sortilèges, pratiquer des enchantements. Je fis part de ma découverte à Célémann qui, exténué de fatigue, tombant de sommeil, se borna à répondre « mandara » et continua sa route, ne voulant rien savoir. Cependant, trop intrigué pour m’en tenir à son explication, je me dirigeai résolument vers la demeure fantastique; il fut bien forcé de me suivre.
- Nous arrivâmes à l’entrée d’une salle percée de baies sans fermetures, autour de laquelle étaient assis un grand nombre d’individus, hommes ou enfants, observant le plus profond silence. Au milieu
- 1 Nom donné par les Grecs à la nécropole thébaine située sur la rive gauche du Nil.
- p.391 - vue 395/536
-
-
-
- 502
- LA NATURE
- de la pièce, un brasier où un gamin entretenait un l'eu de roseaux dont l'embrasement produisait ces lueurs éphémères qui avaient fixé mon attention. J’étais dans la mandara du cheik el-Hcled.
- Tout d’abord, je restai inaperçu; mais à peine eut-on signalé ma présence, que chacun s’empressa de me faire place sur le mastaba, pendant que le cheik envoyait prendre un siège.
- Ma curiosité satisfaite, j’allais me retirer, lorsqu’on m’apporta du café en me priant de ne point partir.
- Depuis longtemps je connaissais la passion des Arabes pour les contes, mais ce soir-là je pus en constater toute l’étendue. Parmi
- ces gens un vieillard, que je n’avais point remarqué, était en train de leur débiter des histoires; ils buvaient ses paroles, ne perdant pas un mot de son discours. Le vieux conteur retraçait les prodiges qui suivirent la naissance du Prophète. « Né avant le jour, disait-il, dès qu’il lit son apparition dans le monde, soudain une éblouissante aurore illumina les plaines et les monts et les mers; les oiseaux se mirent à chanter, les autres animaux à converser entre eux ; ébranlé par un violent tremblement de terre, le palais de Cosroës vit quatre de ses tours s’écrouler’et le feu sacré des Perses, quoique allumé depuis dix siècles, s’éteignit subitement. »
- Quand il eut décrit le voyage de Mahomet en Syrie, insistant sur la façon miraculeuse dont il traversa les déserts brûlants de l’Arabie, abrité par un ange qui, planant au-dessus de sa tète, l’ombrageait de ses ailes, l’orateur conta une anecdote soi-
- Yue de lu Mnndarn.
- Fig. ô. — ZaouiY*.
- disant arrivée sous les murs de Médine. Assiégé dans cette ville, le Prophète lit creuser un fossé autour des remparts afin d’arrêter le premier élan de l’ennemi. Une roche très dure résistant à tous les efforts, nul ne pouvait l’entamer. Pour prévenir un
- découragement possible, il prit de l’eau dans sa bouche et la répandit sur la [lierre qui, aussitôt, acquit plus de souplesse et céda sans peine aux coups redoublés des travailleurs1. La révélation de ce prodige fut accueillie' par des manifestations enthousiastes ; j’en profitai pour prendre congé du cheik et le remercier do son bon accueil. Après le long
- jeune du Ramadan, le premier jour de Baïran est un jour « ait » (saint) et l’un de ceux que les Fellahs de la Haute-Egypte célèbrent avec le [dus
- d’éclat. Tous, riches ou pauvres, vêtus de leurs plus beaux habits, se rendent des visites, se serrent la main, s’embrassent comme chez nous au jour de l’an. La journée commence par une prière solennelle à laquelle prennent part plus de cinq cents personnes ; elle est dite à l’entrée de Biban-el-Molouk, sur les tombeaux des cheiks. J’y assistai en compagnie de mon hôte et de ses fils.
- La prière terminée, quelques individus à cheval s’amusent à faire courir leurs montures en lançant
- 1 Ou attribue uu fait semblable à Auuibal. Au passage des Alpes, il ranima le courage de ses soldats en faisant répandre du vinaigre sur un rocher qu’on ne pouvait entamer. Il n’v aurait rien d'étonnant à ce que les historiens arabes connaissant ce fait, s’en fussent emparés pour l'attribuer à leur Prophète.
- p.392 - vue 396/536
-
-
-
- LA N ATI UK.
- 3‘.r»
- par-dessus leurs tètes ou en l'appuyant sur le sol un long bâton qu’ils tiennent à la main : exercice insignifiant et sans intérêt. En regagnant notre logis, nous entrâmes chez le cheik qui nous reçut dans sa mandara tendue de blanc pour la circonstance et enguirlandée de feuillages. Le sol était jonché de palmes vertes, le mastaba disparaissait sous de riches tapis couverts d'arabesques où, de proche en proche, s’étalaient des coussins aux brillantes couleurs.
- Ainsi coquettement parée, elle était rayonnante
- la mandara, et la fraîcheur émanant des massifs de verdure contrastait délicieusement avec l’atmosphère surchauffée du dehors.
- Quand furent échangés salams et compliments d’usage, le cheik lui-même nous offrit des cigarettes, qu’un serviteur nous alluma à l’aide de charbons embrasés.
- On servit ensuite le café et un moment après des « kahka », gâteaux en forme de couronne faits de pur froment, de beurre et de lait apportés par Zénah, la plus jeune des fdles du cheik.
- A midi nous étions rentrés, mais le reste de la journée, ce ne furent qu’allées et venues et le soir grande « fantaisia » '.
- INéharac-Said ca-vahié2! C’est Zénab qui, le lendemain, me souhaitait la bienvenue, et
- chaque fois qu’elle se trouvait sur mon chemin, toujours proprette, toujours souriante, le menton tatoué de trois petits points bleus, elle ne manquait
- 1 On désigne ainsi une fête, un divertissement quelconque.
- t Que Ion jour soit heureux, monsieur. Formule de salutation.
- jamais de me donner ainsi le salam. Tout à coup, elle cessa de paraître; je n’y prêtai d’abord point d’attention, mais à la longue, étonné de ne plus la
- voir, j’en demandai la cause à Cé-lémann ; « elle est malade», me répondit-il. Une nuit,jefus éveillé en sursaut par un cri aigu, strident qui, répercuté par les montagnes, courut suites Mentnonia comme un immense sanglot. Cette plainte, jetée de loin en loin jusqu’à l’aurore, annonçait qu’une créature humaine venait de rendre — Divan du ctirik. l'ame. Eu me le-
- vant j’appris que
- Zénab était morte à trois heures du matin.
- Il n’est point l’usage dans ce pays de différer
- Fiir. 5. — Céléinann.
- jusqu au lendemain la sépulture des défunts, l’inhumation a généralement lieu le jour même du trépas. Quelques instants avant les funérailles, je me rendis auprès du cheik pour lui montrer combien j’étais sensible à sa douleur. Calamité! lui dis-je en lui serrant la main. « AllahKcrîm !1 » furent ses seules paroles.
- L’affluence étant considérable, le corps fut transporté dans la mandara au-devant de laquelle un grand espace libre permettait à la foule de se mouvoir à l’aise. Couchée dans son cercueil, Zénah n’avait d’autre parure que sa beauté virginale ; ni bracelets, ni colliers d’or, aucune broderie, rien; pieds nus, les mains croisées sur la poitrine, vêtue de sept tuniques blanches2 et d’un grand voile de même couleur, c’est ainsi qu’elle devait comparaître devant
- 1 Dieu est généreux.
- - Ce nombre sept n'est pas absolu. Suivant sa fortune le
- p.393 - vue 397/536
-
-
-
- 594
- LÀ NATURE.
- Allah. Pendant qu’on récitait les versets du Koran, je contemplais ému cette fille du désert, lors-qu’arriva une femme tenant une étoffe rouge dont elle couvrit la bière que deux hommes chargèrent sur leurs épaules, la tète en avant. Le cortège se
- cS.
- Fiji. f>. — Flan do la Znouïê.
- forma, puis lentement tous s’acheminèrent vers les portes royales, région désolée où, sans fleurs et sans verdure, se déploie le cimetière musulman.
- Oe p ôt
- Du haut d’un promontoire, je suivis longtemps des yeux la théorie funèbre qui, semblable aux replis d’un serpent gigantesque, se déroulait silencieuse à‘travers les sentiers de l’antique nécropole . Soulevée par la brise, la draperie sanglante se montrait tour à tour ou se cachait à mes regards, quand soudain elle disparut pour jamais, au tournant d'une colline.
- Depuis ce jour, j’ai pénétré dans la mandara bien des fois encore, mais sans y être témoin de nouvelles manifestations capables de hanter mon souvenir. P. UlFPOFYTE BOUSSÂC.
- Thèlics, avril 1001.
- Nous ne parlerons que pour mémoire du coloriage direct des épreuves, c’est-à-dire de la peinture artistique n’utilisant la photographie que comme un parfait croquis dont les détails disparaissent sous l’opacité des couleurs.
- défunt porte trois, cinq, sept, neuf tuniques et même davantage, mais toujours blanches et en nombre impair.
- fe moyen n’est pas à la portée de tout'le monde, car il faut posséder, en dehors d’un goût artistique prononcé, une connaissance parfaite de la peinture. Ce que nous voulons décrire, c’est un procédé de coloriage pour l’exécution duquel il n’est nécessaire ni de savoir dessiner, ni de savoir peindre. Cette exécution en est bien simple et le tour de mains consiste à rendre transparente la photographie, et à peindre l’image sur un carton blanc placé derrière, mais en intercalant une plaque de verre.
- ha transparence de la photographie tirée sur papier albuminé ou salé et non sur les papiers gélatinés vendus actuellement dans le commerce et qui ne donnent aucune transparence s’obtient de différentes façons, mais nous ne retiendrons que les formules suivantes, en invitant nos lecteurs à s’abstenir de la cire, du blanc de baleine, etc., qui jaunissent à la longue et donnent une teinte désagréable à la photographie : 1° Enduire la photographie de paraffine en se servant d’un fer à repasser légèrement chauffé; 2° tremper la photo dans le mélange suivant et laisser sécher à une température d’environ 50° : benzine, 52 parties, 1
- bien ineler
- Comme dammar, CI parties, r
- i, • 0 ,• > pendant
- benzine, 2 parties, t , J,
- (/or 1 24 heures.
- Comme, 1/2 partie, J
- Mêler ces deux solutions et filtrer sur la mousseline. Cette opération terminée, il ne reste plus qu’à s’occuper de la peinture qui sera faite sur un papier blanc quelconque collé sur un carton de la grandeur exacte du verre sur lequel est collée la photo.
- Les contours de l’image seront reportés sur le papier par un décalque préalable et d’une façon aussi exacte que possible de manière à pouvoir faire coïncider les contours de la photographie avec le croquis, en les plaçant l’un devant l’autre et en intercalant entre eux une plaque de verre de 1 millimètre environ d’épaisseur et de même dimension que la photographie. On apercevra ainsi par transparence les teintes appliquées sur le papier, et qui se fondent admirablement malgré le peu de soin qu’on aura pu mettre dans leur exécution. Le coloris s’obtient soit à l’aquarelle, soit à l’huile et s’exécute sans difficulté par teintes plates et largement.
- Quelques indicatiqqp générales sont cependant nécessaires principalement pour le portrait. L’est ainsi qu’on commencera par recouvrir toutes les parties qui correspondent aux chairs de la photographie, d’une teinte composée de blanc de gouache et d’un peu d’ocre rouge. Dès que la première couche sera sèche, on en appliquera une seconde. Par-dessus ces tons de chairs on tracera dans les ombres quelques hachures avec de la terre de Sienne brûlée et, dans les parties fuyantes, quelques hachures avec du bleu très pâle. L’emplacement des cheveux blonds sera recouvert d’une teinte d’ocre jaune, et celui des cheveux noirs d’une teinte brun Yan Dyck. Les parties noires seront indiquées par une teinte plus claire du côté où le portrait est lui-même dans l’ombre et vice versa.
- En règle générale il ne faut pas craindre de donner des tons crus à ce travail qui ne sera vu qu’au travers de la photographie rendue transparente, le modelé de celle-ci atténuant les tons. Leux-ci n’auront également pas la même nuance que sur la palette et il faudra se bien pénétrer de leur valeur avant de procéder à leur application. L’est là une question de pratique bien vite tranchée par quelques jours d’apprentissage. 11 est préférable de ne pas indiquer sur le papier certaines parties délicates du dessin, telles que les yeux, la bouche et les joues. Les détails sei’ont exécutés au verso de la photographie avec, des cou-
- p.394 - vue 398/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 395
- leurs transparentes en ayant soin d'imbiber préalablement le verso de l’image avec un peu de salive qui permettra à la couleur de s’étendre aussi facilement que sur n’importe quel papier. Si la transparence de la photo s'altérait, on n’aurait qu’à chauffer légèrement le verre pour la remettre en état.
- Quelques détails pour le travail délicat de la figure : le hlanc de l’œil s’accuse avec du hlanc d’argent et un peu d’outre-mer de même que le point visuel; l’iris suivant sa nuance ; la pupille en noir additionné de hleu de Prusse. Quant à la houche, il est préférable, de crainte de modifier l’expression de la physionomie, de la peindre légèrement, laissant, à la photographie le soin de la faire ressortir dans le ton chair du visage.
- Et maintenant, nous souhaitons que ces quelques lignes inspirent à nos lecteurs le goût de cette distraction artistique qui peut devenir pendant les longues veillées d’hiver aussi utile qu’agréahle. Carolvs Karl.
- MARTEAU ÉLECTRIQUE
- Nos lecteurs connaissent le marteau pneumatique, et les outils pneumatiques en général, qui rendent de très grands services, et qui ne sont pas malheureusement aussi utilisés qu’ils le devraient être en France. Voici maintenant qu’on se sert aux États-Unis d’un type de*
- Marteau électrique.
- marteau un peu analogue comme disposition, mais qui est actionné par l’électricité, ce qui est avantageux partout où l’on dispose d’une distribution électrique et où l’on n’a pas de canalisation d’air comprimé.
- Disons tout de suite que le moteur électrique, assurant les mouvements oscillatoires et de percussion de ce marteau, est indépendant du marteau même : il s’installe séparément à l’endroit le plus commode, et il transmet son mouvement de rotation par l’intermédiaire d’un arbre flexible, qui se relie directement à un arbre moteur disposé dans la portion sphérique du marteau, normalement à son grand axe. Cet arbre moteur porte un coude de manivelle, relié à une bielle pouvant se démonter fort aisément en cas d’avarie ; c’est là une combinaison qu’on retrouve dans les marteaux pneumatiques. La partie sphérique du marteau, que nous indiquions tout à l’heure, ne se relie à la poignée que l’ouvrier tient en main que par des vis non serrées à fond, qui laissent se faire un mouvement de glissement dans des rainures, sous l’influence des coups et vibrations du marteau, mouvement qu’un ressort logé entre la poignée et la sphère où tourne l’arbre à manivelle vient modérer et amortir. La bielle se relie elle-même au piston plongeur du marteau par une clavette prenant un certain jeu dans une rainure, et cela pour que cette bielle ne soit
- point solidaire des chocs que donne et que reçoit le plongeur. C’est qu’en effet, comme dans les marteaux pneumatiques, ce plongeur vient pousser brusquement l’organe qui sort de l’extrémité du marteau, et qui travaille comme marteau flottant, ainsi qu’on dit, sans connexion avec la masse même du plongeur, grâce simplement à sa vitesse acquise. Du reste, le plongeur est muni intérieurement d’un ressort qui sert encore à amortir tous les chocs auxquels la bielle de commande pourrait être exposée en lançant ce plongeur en avant. Son retour en place est facilité, assuré même, par la réaction qu’il subit en heurtant le marteau flottant proprement dit, et aussi par la rotation de la bielle. Le marteau flottant comporte également un ressort à boudin qui le ramène en arrière, après qu’il a été heurter la surface qu’il s’agit de marteler.
- En dehors de l’arbre flexible qui relie le moteur électrique à l’outil et transmet le mouvement de rotation, deux fds conducteurs suivent ce flexible et viennent se terminer par un petit commutateur dans le manche du marteau, si bien que l’ouvrier peut instantanément, en appuyant sur un bouton, mettre en action le marteau, ou au contraire arrêter ses percussions. Ajoutons enfin que le long de la partie sphérique de l’outil est disposé, extérieurement, un petit volant massif qui régularise le mouvement de rotation de l’arbre à came. D. B.
- PROCÉDÉ DE DURCISSEMENT DU FER
- Si nous en croyons notre confrère Scieîitifie American, deux inventeurs prussiens viennent d’imaginer une nouvelle méthode pour obtenir le durcissement du fer.
- Ils se fondent en principe sur ce que le phosphore a la propriété de donner au fer un certain durcissement de surface, qui n’est pas toutefois sans s’accompagner d’une fragilité évidemment regrettable. On suppose que la présence du phosphore fait prendre au métal une texture grossière, si bien que les cristaux ne sont réunis les uns aux autres que d’une manière assez imparfaite. Mais cette action qu’a le phosphore de diminuer ainsi la cohésion des molécules du fer, a pour conséquence de faciliter l’absorption du carbone par ce métal : le carbone y pénètre rapidement à une profondeur notable, en assurant à la masse une ténacité toute particulière qui vient compenser, et bien au delà, la fragilité dont nous parlions à l’instant. Les deux inventeurs chauffent donc le fer dans une poudre qu’ils appellent « à tremper )), et qui est composée de substances azotées organiques contenant une proportion élevée de cendres fusibles, et ils emploient le phosphore comme moyen d’introduire le carbone dans le métal. Cela ne nuirait nullement aux propriétés soudantes du fer, et lui donnerait pourtant une dureté telle qu’il ne pourrait plus être entamé par aucun des aciers connus à outils.
- Pour arriver, suivant cette méthode, à durcir la surface d’un bloc de fer de 200 kg environ, à une profondeur d’un millimètre, les pièces sont enfermées dans un moufle ou un appareil analogue, au milieu de poudre d’os, cette poudre étant additionnée d’une certaine quantité de prussiate et de cyanure de potassium, et aussi de phosphore. On ferme le moufle, qu’on lute soigneusement, puis on élève à la température du rouge clair ou du hlanc ; on trempe ensuite le métal à l’eau ou dans un autre bain, et quand il est encore au rouge. M.
- p.395 - vue 399/536
-
-
-
- 593
- LA N A II P.K
- UNE LOCOMOTIVE ROUTIÈRE
- A USAGES MILTICLKS
- Au moment où l’automobilisme fait des progrès si marqués, et principalement l’automobilisme industriel, les « poids lourds », il est assez surprenant de venir parler de ces engins de traction un peu primitifs qu’on appelle les locomotives routières : nous n’avons pas à faire leur procès, alors que l’invention du colonel Renard, ici décrite, a été imaginée précisément pour répondre aux défauts que présentent ces locomotives.
- On hésitait d’autant, (dus à adopter ces engins ((pii effectivement se sont peu multipliés), que, en dépit de la grande puissance qu’ils représentent, leurs chaudières et leurs machines n’étaient utilisées qu’à actionner les roues de la locomotive et à tirer les charges attelées derrière elle. Et pourtant il y a là une véritable usine de force motrice ambulante, dont on pourrait tout natu reliera en t tirer un parti utile à bien des égards. Aussi une maison anglaise de constructions mécaniques vient-elle d’avoir l’idée de combiner spécialement une locomotive routière répondant à divers emplois très différents. Nous donnons une photographie de cet appareil, «pii montre précisément une de ses applications les plus originales.
- Un y retrouve les éléments ordinaires qui caractérisent la locomotive destinée à la traction de chariots remorqués : tout d’abord une chaudière qui s’allonge suivant la disposition classique, et qui alimente un moteur offrant, par contre, cette particularité, dans une machine de ce genre, d’ètre du type compound ; les cylindres ont respectivement 159 et 228 millimètres, pour la haute et la basse pression, la course des pistons étant de 504 millimètres; ces deux cylindres sont placés l'un à côté de l’autre, avec des tiroirs commandés sans excentrique. Un a prévu un changement de vitesse permettant de réaliser deux allures, ce qui est d’autant plus nécessaire (pie la locomotive peut être appelée à se déplacer très lentement, quand elle avance comme rouleau compresseur : c’est en effet une des fonctions qu’elle est capable de rem-
- plir. En tout état de cause, la marche est assurée par les roues arrière, qui ont 1m,80 de diamètre et 0"’,4t de large; pour les roues avant, elles ont l,n,l4 de diamètre et 0m,25 de largeur au bandage. Nous n’avons pas à insister sur la direction, qui ne présente rien de particulier. Quand on veut employer cette locomotive comme rouleau compresseur, il suffit de remplacer les roues arrière par des roues beaucoup plus larges à la jante, et l’appareil peut servir à comprimer les empierrements qu’il aura amenés sur les lieux mêmes, dans des véhicules convenables.
- Cet engin comporte un volant latéral : or, les dispositions sont [irises pour qu’on puisse débrayer la commande des roues motrices et pour que ce volant serve uniquement de poulie pour une courroie actionnant un mécanisme quelconque; c’est ainsi que, pour nous en tenir à notre exemple, on conçoit parfaitement la locomotive employée à mettre en action un concasseur qui cassera les cailloux d’empierrement.
- Mais on aura évidemment remarqué, dans la gravure qui accompagne ces lignes, que l’appareil peut aussi jouer le rôle de grue : et le fait est qu’à l’avant de la locomotive est disposé un double profilé en 1, formant les deux jambes d’un instrument de levage, dont la puissance a été essayée jusqu’à 4 tonnes 1/2. En haut du bras de la grue se trouve une poulie avec chaîne mou liée ; cette chaîne de soulèvement vient passer sur un tambour ordinaire, de dimensions aussi restreintes que possible, qui est commandé par un double engrenage. IJn arbre horizontal, recevant son mouvement de l’arbre de manivelle du moteur à vapeur, par le moyen d’un engrenage d’angle, entraîne une vis sans fin (|ui tourne dans un bain d’huile et commande à son tour le premier engrenage du tambour de levage.
- Un Je voit, cette seule et unique machine parvient à soulever des charges relativement lourdes, elle se promènera facilement en soulevant à bout de bras (si l’on nous permet cette métaphore) un poids de 5 tonnes, et l’on comprend qu’à ce point de vue encore elle est susceptible de rendre de grands services sur les chantiers de travaux. Daniel Rkllet. —«<><•—
- Locomotive routière fonctionnant comme grue.
- p.396 - vue 400/536
-
-
-
- I.A N AT U H E.
- 507
- PLANTES A FLEURS SANS GRAINES
- Normalement, toutes les plantes se reproduisent par des graines; cependant, il existe plusieurs catégories de végétaux qui échappent à cette loi, soit d’une manière régulière et constante, soit accidentellement.
- Ainsi, les variétés à Heurs pleines ou doubles que l'horticulture sait habilement tirer, pour le plaisir des yeux, des types sauvages à Heurs simples, ne sont pas d’ordinaire fécondes. Et cela s’explique : pour obtenir des fleurs pleines, il faut conserver aux divers organes de la génération, étamines et pistils, une forme foliacée, et par suite on les détourne de leur rôle ordinaire, qui est la reproduction de l’espèce. De telles variétés ne peuvent plus se multiplier que par division de leur système végétatif, c’esl-à-direpar des boutures.
- Les plantes des pays chauds que l’on transporte dans nos climats, soit en serre, soit en pleine terre, se trouvent, mais pour d’autres raisons et d’une autre manière, à peu près dans les mêmes con ditions. Si, avec beaucoup de soins, on arrive à les faire fleurir, il est exceptionnel qu’elles fructifient et donnent des graines. Leurs organes sont bien formés ; mais notre soleil est trop pale pour leur permettre d’arriver à maturité.
- Ce fait se vérifie même pour des plantes qu’on pourrait croire parfaitement acclimatées : ainsi, pour ne citer que cet exemple, le « faux-acacia » (« Hobinia pseudo-acacia »), très fréquent dans les plantations, ne paraît pas s’être jamais reproduit de graines en France, si ce n’est peut-être sur les ruines de la Cour des Comptes, où les Parisiens s’en souviennent — cette espèce formait une petite forêt.
- A mesure qu’on s’avance vers le Nord, le nombre des espèces végétales diminue, et en même temps on voit que celles qui persistent malgré le froid ont de plus en plus de difficulté à mûrir leurs graines. En Islande, par exemple, des plantes herbacées qui lleurissent chez nous au printemps, comme le « fraisier », ne fructifient qu'exceptionncllement, et seulement dans les années où le soleil veut bien se
- mettre suffisamment et assez longtemps de la partie.
- Les liliacées du genre « Ail » (« Album »), auquel appartiennent les types connus de « l’oignon », du « poireau », etc., produisent leurs Heurs en ombelles globuleuses au sommet des tiges. Or, il arrive bien souvent que ces tleurs, au lieu d’être normales et fertiles, sont transformées en petites bulbes, aptes à reproduire directement la plante. Les ombelles ainsi constituées sont dites « bulbifèrcs », et l’ail qui les porte est « vivipare ».
- Quelques espèces, dont les ileurs fructifient rarement, ont reçu, à côté de ce mode normal de reproduction, un autre mode, représenté par des bulbilles
- développés aux aisselles des feuilles, et qui, tombés en terre, reproduisent la plante. Telles sont la « ficaire fausse-renoncule », renoncula-cée qui épanouit au printemps ses Heurs dorées, en forme d’étoiles, et la « dentaire bulbi-fère », crucifère raide et altière, qui descend des montagnes primitives, son séjour habituel, jusqu’aux dernières pentes boisées voisines de la mer.
- Les graminées offrent assez souvent leurs Heurs transformées en petits appareils foliacés, physiologiquement analogues à des bulbilles. Notre dessin en représente un exemple, emprunté au « Dactylis glomcrata ». Nous avons trouvé, en hiver, ce curieux échantillon dans une prairie un peu humide. La transformation des différentes parties de ses ileurs en petites feuilles est sans doute due à une grande énergie de végétation, ainsi que l’écartement des branches florifères. Mais il est plus difficile d’expliquer pourquoi le rameau inférieur de son inllorescenee est réfléchi et dirigé vers le bas de la tige. —A. àcloque.
- STANLEY
- Stanley, dont les journaux viennent de nous annoncer la mort, était un personnage mondial. Tandis que nombre d’explorateurs, par des travaux très remarquables, n’ont gagné qu’une réputation limitée au cercle étroit des sociétés de géographie, ou aux frontières de leur pays, le voyageur anglais, comme Nordenskiôld et Nansen, avait conquis une célébrité universelle. Aux yeux du grand pu-
- p.397 - vue 401/536
-
-
-
- 598
- LA NATURE.
- blic d’Europe et d’Amérique, Stanley personnifiait le pionnier africain par excellence, le conquérant du continent noir. C’est que les masses populaires éprouvent un attrait pour ainsi dire instinctif à l’égard des volontés de fer et des énergies invincibles. A la seule sensation de ces caractères elles reconnaissent les hommes hors pair et les entourent d’une admiration déterminée par la conscience de leur propre faiblesse. Or, Stanley donnait surtout et avant tout l’impression d’une volonté presque surhumaine capable de vaincre tous les obstacles suscités par les hommes comme par les forces brutales de la nature. Mais Stanley n’a pas été seulement un homme d’action, il fut en outre un merveilleux conteur et l’art avec lequel il présenta le récit de ses entreprises contribua, dans une large mesure, à fonder et à étendre sa réputation. « Dans les ténèbres de l’Afrique », le récit si vivant et si bien agencé de son expédition au secours d’Emin Pacha eut, dans tous les pays du monde, un succès égal aux plus célèbres romans de cape et d’épée. Si Stanley accomplit des choses extraordinaires, il sut aussi en présenter un récit susceptible d’impressionner les masses.
- Pour comprendre l’importance des voyages de ce pionnier extraordinaire, il est nécessaire de rappeler ce qu’étaient l’Afrique et l’exploration africaine, en 1874. A cette époque la plus grande partie du continent noir était inconnue et l’étude de ses mystérieuses régions n’était abordée que par des hommes aventureux, épris avant tout de science, qui, au prix de leurs vies, traçaient quelque bout d’itinéraire sur les cartes blanches. Déjà formé à la lutte sur cette âpre terre, Stanley se lance, en 1874, à travers le mystérieux inconnu, et, après trente-trois mois de luttes incessantes, parti de la côte orientale d’Afrique, il reparaît sur la côte ouest, rapportant deux énormes blocs de découverte, qui changeaient complètement la physionomie des cartes : la situation et l’importance respective des grands lacs nilotiques, et la reconnaissance du cours du Congo. Un trait de lumière, brusque et intense, éclairait l’obscurité du continent noir.
- Ce voyage marque une date capitale non seulement dans l’histoire de la géographie, mais encore dans la politique des puissances européennes. De la découverte de Stanley naquirent, en effet, l’Elat indépendant du Congo et la course au clocher des nations civilisées vers les terres africaines. Après avoir travaillé à ouvrir l’énorme bassin fluvial qu’il avait été le premier à parcourir et qui constituait le nouvel État du roi des Belges, Stanley accomplit de 1887 à 1889 un second voyage, non moins mémorable que le premier, pour dégager Emin Pacha perdu dans le Soudan égyptien au milieu du mahdisme triomphant. Cette nouvelle exploration, aussi féconde que la première en résultats géographiques, couronna l’œuvre du grand voyageur. L'activité de Stanley s’est exercée trop souvent à l’encontre de nos intérêts, son caractère positif choquait trop l’idéalisme chevaleresque de nos aspirations coloniales pour que ses entreprises puissent être appréciées impartialement en France. Ce fut le dernier grand «conquistador », le Cortez du xi\e siècle. Ce qualificatif résume tout à la fois les critiques que ses actes ont soulevées dans notre pays et l’admiration que scs découvertes ont excitée
- ÉMILE SARRAU
- A la lin de la dernière séance de l’Académie, on apprit par un télégramme que II. Sarrau était presque à l’agonie. Deux jours après, le 21 mai, il
- s’éteignait loin de Paris, loin de tous ses amis. Le nom d’Emile Sarrau était resté presque inconnu du grand public et pourtant plus de vingt générations de Polytechniciens en conserveront le souvenir. Il lut un professeur admirable et un analyste profond. Sa disparition est une grande perte pour l’École et pour le pays entier, car aux jours néfastes de la guerre de 1870, il rendit de grands services à la défense nationale. Sarrau était né en 1857. Il entra à l’École Polytechnique et en sortit en 1859 dans le service des Poudres et Salpêtres. 11 gravit tous les échelons de la carrière et lut nommé inspecteur général. Dès 1885, on lui confiait la chaire de mécanique à
- (Phot. Ch. Gerschel)
- Emile Sarrau.
- Membre de l'Académie 'les sciences (1837-lbOl).
- l’École et son cours fut fait avec un éclat exceptionnel. Sarrau était d’une précision et d’une elarlé incomparables. Pendant trente ans, il fut peut-être un des maîtres les plus écoutés et les plus aimés. Il avait le don de faire comprendre les sujets les plus arides et les plus complexes. D’une élocution facile, causeur charmant, il exerça une véritable in-lluence sur ses élèves. Chaque professeur a sa cote à l’École, Sarrau obtint la plus élevée.
- Quand Saint-Venant mourut en 1886, on songea à Sarrau pour le remplacer à l’Académie des sciences et il fut élu sans discussion. Un peu après le gouvernement le nommait commandeur de la Légion d’honneur.
- Professeur éminent, il le fut de l’avis de tout le monde; mais ingénieur non moins éminent, on lui doit des travaux d’une grande importance sur la balistique, sur les poudres explosives, sur les composés détonants les plus puissanls. Ses études personnelles, ou en collaboration avec M. Berthelot, avec M. Vieille, suffiraient pour conserver son nom à la postérité. Quelques-unes de ses recherches sont restées inédites ou inconnues du public, parce que,
- p.398 - vue 402/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 599
- ]>our une raison facile à comprendre, il était indispensable quelles ne fussent pas publiées.
- Cet ingénieur avait une àme d’artiste. 11 jonglait avec les difficultés mathématiques, et il était excellent musicien. Il a composé des pièces d’orchestre dont la valeur dépassait ce que l’on peut demander à un simple amateur. 11 s’intéressait vivement au mouvement littéraire. Sa conversation était originale et pleine d’imprévu. Il restera parmi les figures les plus originales de notre époque.
- Depuis quelques mois, on ne le voyait plus à l’Académie des sciences, dont il fréquenta les séances si assidûment pendant de longues années. Le mal l’avait saisi; il se sentait s’affaiblir. 11 voulut s’éloigner de Paris et s’isoler quelque temps. La maladie a été la plus forte. Émile Sarrau laissera de profonds regrets derrière lui, à l’Ecole Polytechnique pour laquelle sa mort est un deuil général, à tous ses confrères, à ses nombreux amis, qui avaient pour lui de l’admiration. Son souvenir restera respecté et honoré. Henri de Parville.
- — o^x---
- CHRONIQUE
- Grands wagons mCttiltiques sur les eliemins de fer français. — Nous avons eu l’occasion de dire combien il est économique et pratique, pour l’exploitation des chemins de fer, d’employer des wagons à grande capacité. Certaines de nos compagnies s’engagent assez timidement dans cette voie, notamment le Nord, avec des wagons de 20 et de 25 tonnes. Mais voici qu’une compagnie minière, la Société des mines de Carmaux, donne le bon exemple en se faisant construire des véhicules d’une capacité en lourd de 50 tonnes : du premier coup elle arrive aux maxima qui sont pratiqués aux États-Unis, et, comme les Américains, elle recourt pour cela au métal, qui seul se prête à ces charges énormes. Ce métal est de la tôle d’acier emboutie à chaud suivant le procédé Arbel. b es wagons sont placés sur boggies et dotés de trémies pour le déchargement automatique du charbon ; c’est le triomphe des errements yankees.
- Ciment l'ortlnml métallurgique. — On a imaginé ce nom assez bizarre pour désigner le ciment Port-land contenant de la scorie basique de haut fourneau. Des discussions très nombreuses se sont élevées sur la valeur de ce ciment de constitution un peu spéciale, et, pour essayer de les trancher, M. Hermann Passow s’est livré à des expériences comparatives multiples, qu’il a exposées au Congrès de chimie appliquée de Berlin. Et il est arrivé à cette conclusion que le ciment métallurgique n’est nullement inférieur « a priori » au ciment ordinaire, et peut parfaitement prendre la désignation de ciment Portland, sans indication spéciale.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 mai 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Cellules polynucléées. — M. Joannès Chatin dépose une Note de M. Pacaut relative aux cellules polynucléées. On regarde celles-ci comme rares et accidentelles ; en réalité elles se généralisent parfois dans tout l’organisme de certains animaux, par exemple dans le cobaye. M. Pacaut
- signale la présence de cellules binucléées et même trinu-cléées dans la peau, comme dans les muqueuses, dans le foie comme dans le cerveau. Leurs noyaux bigéminés ou trigéminés sont produits par voie de division directe, tantôt régulière, tantôt plus ou moins anormale.
- Résistance de l'air. — M. Maurice Levy dépose une Note de M. Ch. Renard relative à la résistance qu’offrent à l’air certaines carènes simples (plan, sphère, cône, corps fusiformes...). L’auteur a pu procéder à ces déterminations grâce à la balance dynamométrique dont il a donné la description dans la précédente séance. Il a pu constater que la proportionnalité des résisiances aériennes aux carrés des vitesses se vérifiait exactement, au moins jusqu’à des vitesses de 50 mètres par seconde. ----- ...— „
- Décès. — Sitôt après l’énumération des pièces déposées, M. le président se lève. « C’est la cinquième fois, dit-il, que, depuis le commencement de cette année, j’ai la douloureuse mission d’annoncer à l’Académie la mort de l’un de ses membres. M. Sarrau, frappé, il y a quelques mois, d’une première atteinte de paralysie, s’était retiré à la campagne; cette retraite n’a pu enrayer le mal. Il a donné la solution de nombreux problèmes que soulevaient les nouvelles armes de guerre et publié dans le « Mémorial des Poudres et Salpêtres » de nombreux mémoires sur la déflagration des explosifs. M. Sarrau a été chef d’école au point de vue des théories en même temps qu’il a été un professeur hors ligne de mécanique rationnelle. M. Marey a succombé aux suites d’une longue et douloureuse maladie qui a duré près de deux ans. Son nom est universellement connu. Il est le fondateur de la méthode graphique qu’il a appliquée à l’étude de l’être vivant, au moyen d’instruments ingénieux. Pouls, mouvements du cœur, vol des oiseaux, locomotion, il a tout étudié par ce moyen qui, dans son idée, devait conduire à la meilleure utilisation du travail des animaux et de l’homme. Il a montré que le travail réagit sur l'organe, fait qui rentre dans la formule : la fonction fait l’organe. » La disparition de M. Marev laisse un grand vide dans la science. M. le Président annonce également la mort de M. Williamson, à Haslemer. M. Williamson était le doyen des correspondants de la Section de chimie. 11 a été le fondateur de la théorie de l’éthérification et ses travaux ont été le point de départ de travaux féconds. M. Ber-thelot résume d’un mot son appréciation de l’œuvre de ce savant : ce fut un initiateur.
- Election. — L’Académie désigne au choix du ministre pour la place d’astronome titulaire de l’Observatoire de Paris : en première ligne, M. Hainy par 40 voix sur 4ü, en seconde ligne M. Renan. La séance est levée en signe de deuil, sitôt après l’élection. Ch. de Villedeuil.
- CORPS HUMAIN DANS L’ESPACE
- La suppression apparente de l’action de la pesanteur a toujours intrigué les spectateurs des séances de prestidigitation et « a fortiori » quand il s’agit d'un corps humain qui semble flotter librement dans l’espace. Robert lloudin avait réalisé jadis ce truc en présentant une jeune femme qui était simplement appuyée par un coude sur une canne, mais nous avons eu mieux que cela l’été dernier, car le sujet était étendu horizontalement en l’air sans aucun point d’appui visible.
- p.399 - vue 403/536
-
-
-
- iOU
- LA NA T U UE.
- Dès qu’elle arrivait sur la scène, la jeune femme se couchait dans une grande caisse, montée sur des pieds légers, dont on rabattait le devant pour montrer qu'il n’y avait aucune supercherie.
- Ensuite le barnum, se plaçant derrière la caisse, Taisait quelques passes : on voyait alors le corps se soulever peu à peu, puis sortir tout à fait de la caisse qu’on retirait complètement.
- Pour ajouter à l’illusion et montrer qu'il n'y avait aucun support, on promenait un cerceau d'un bout à l’autre du corps qui semblait ainsi planer dans
- l’espace. L’illusion était complète et il a fallu nous y prendre à plusieurs reprises pour découvrir le truc employé ; notre gravure en représente les détails. La caisse contient une armature en fer Alïl) sur laquelle se couche le sujet; cette armature est contournée de façon que le cerceau puisse passer jusqu'aux pieds sans rencontrer aucun obstacle. En I) se trouve une douille dans laquelle, au moment voulu, vient s’introduire une tige en fer qu’un treuil, manœuvré du dessous, fait sortir du plancher ; cette tige est peinte dans le même ton que le pan-
- lllusious scéniques. Corps humain dans l'espace.
- talon du barnum et elle glisse tout à fait contre lui, on ne la voit que difficilement même quand on est prévenu ; c’est ce qui explique (pi on puisse enlever la caisse. Quant au barnum il ne doit pas changer de place bien entendu. La jupe qui est un peu pendante cache l’armature aux yeux du public.
- Le cerceau est introduit par la tète et on voit qu'il peut être amené jusqu’aux pieds, au point B, sans rencontrer ni le support ni l’armature, mais là il est arrêté; en le faisant pivoter dans la main on peut dégager complètement le corps et, comme on reste peu de temps dans cette position pour revenir immédiatement en arrière, le speclacleur a l’impres-
- sion bien nette d’avoir vu passer librement le cerceau jusqu’au delà des pieds. La caisse est ensuite rapportée et le sujet redescend lentement, puis se relève et vient saluer le public. On fait alors redescendre la tige sous le plancher et on enlève la caisse avec l’armature qui repose dedans, rien ne reste donc apparent sur la scène.
- L est certainement de tous les moyens employés pour suspendre un corps dans l’espace celui qui donne l'illusion la plus complète. G. M.
- I.e Gérant : P. JIassüx.
- Paris. — Imprimerie I.aiiit.i:, rue île Fleurus, ‘J.
- p.400 - vue 404/536
-
-
-
- IS’° I(> 18.
- 28 MAI 11)04.
- LA NATURE.
- 401
- LA TRAITE DES ESCLAVES A MADAGASCAR AU XYIT SIÈCLE
- Depuis le xvic siècle jusque dans la première moitié du xixn, les travaux agricoles furent exécutés dans les colonies européennes d'Amérique et dos Indes orientales par des esclaves. L’indignation que nous éprouvons aujourd'hui à voir un homme, lut-il noir, contraint par des brutalités à travailler au profit d’un autre homme, lut-il blanc, était, il y a trois cents ans, inconnue à nos ancêtres. L'Afrique a,
- [tendant quatre siècles, été la source inépuisable de la main-d'œuvre servile. Mais ceux qui se livraient à ce qu’on appelait ironiquement « le commerce du bois d’ébène », s’approvisionn aient également à Mada-gascar, et notre colonie actuelle de l'Océan Indien a joué son rôle, son triste rôle, dans ce trafic inhumain '.
- La population servile des Antilles anglaises était au xvi;e
- o
- et au xvme siècle, partiellement origi-.naire deMadagascar.
- C'est de là, ainsi que de la Guinée et de la Côte d’or, qu’avaient été importés à Bar-bade les 02 477) esclaves qui figurent sur un recensement général de la population de cette île,
- . opéré en 1676.
- Des navires esclavagistes anglais faisaient fréquemment escale au cap de Bonne-Espérance entre Madagascar et les Antilles, ainsi qu’en
- 1 « Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar », 1. I, par A. et G. Grandidier, Paris, 1905, p. 520, 590. 472. — « Calendar of state papers », colonial séries, America and
- 32e année. — l'1' semestre.
- témoignent les quelques exemples suivonls relevés parmi beaucoup d’autres dans les « Journaux » manuscrits, tenus par les fonctionnaires de celte colonie : 15 décembre 1676, passage de « dite Society », ayant à bord 61 esclaves malgaches à destination de Barbade ; 10 mars 1717, passage de 1’ « llamillon », qui a obtenu à Madagascar « un grand nombre d’esclaves qu’il transporte dans les Indes occidentales » ;
- 4 mars 1718, passage de 1’ « Henry » avec des esclaves malgaches à destination de la Jamaïque ;
- 9 lévrier 1719, passage du « Robert » avec 4f0 esclaves malgaches à destination de Barbade.
- Du Brésil, des navires portugais traversaient l’Atlantique pour venir se pourvoir à Madagascar : en 1719, par exemple, la « Nostra Seignora du Pila » en achète 250 et les emmène à la Baie de Todos los Sanctos. De même, de Java, les Hollandais traversaient l'Océan Indien,et venaientcher-cher à Madagascar la main-d’œuvre nécessaire à leurs plantations des îles de la Sonde. Jan Pieters-zoon Coen, le grand homme de guerre des Indes néerlandaises pendant le premier quart du xviic siècle, disait, le 31 janvier 1625, dans des « Instructions », qui constituent une véritable apologie de l’esclavage :
- AVest Inilics 1075-1676, p. 549, 465; 1677-1680, p.575; Easl Inities 1622-1624, p. 98.— 11. G. V. I.eibbrandt. « Précis of tlie Archives of llie Cape of Good Hopc », passim.-
- 26
- Fig. t. — Femme Sakalave, du lîoéni. (D'après un dessin de M. llasturd.)
- OCEAN
- C?* -5T k Baie d'Antongit Co /Ul.SteMarie
- <27 ! .
- '(Mefnanjary
- • Mhâatitana /I /
- AFRIQUE
- INDIEN
- Kilomètres
- Bonne Espérance
- Fig. 2. — Fc transport des esclaves de Madagascar au Cap de ISonnc-Espérance au xvn* siècle.
- p.401 - vue 405/536
-
-
-
- -402
- LA NATURE.
- « Envoyez un navire ou deux à Madagascar et sur la côte d'Afrique pour acheter des esclaves. On ne peut pas rendre à la Compagnie (des Indes orientales) de service plus signalé qu’en allant chercher des hommes de tous cotés, pour surpeuplcr notre pays (Java). » Et nous avons des preuves multiples que ces conseils furent plus d’une fois suivis.
- Les peuples dits chrétiens rencontraient à Madagascar la concurrence des musulmans. En 1010 des gens de Moka viennent acheter des esclaves dans la haie de Radama. En 1070 trois houtres arabes en prennent une cargaison dans la haie de Roina.
- Mais la traite que nous connaissons avec le plus de détails est celle à laquelle se livraient les agents envoyés par les gouverneurs de la colonie néerlandaise du Cap de iionne-Espérance. Ces agents, capitaines de navires, marchands, sous-marchands, recevaient des gouverneurs du Cap des « Instructions » pour les guider dans leur mission. Parfois aussi ils étaient chargés de messages pour les chefs malgaches avec lesquels ils devaient traiter. Empreints de l’emphase cérémonieuse du siècle de Louis XIV, ces messages prêtent à sourire, quand on sait à quels barbares ils étaient adressés. Le capitaine Holm, qui partit du Cap sur le « Soldaat » au début de novembre 1090, reçut du gouverneur Simon van der Stel : 1° une lettre ouverte pour « les grands de Madagascar », dans laquelle ils étaient invités à traiter le porteur avec bienveillance ; 2° une lettre pour Y « Illustre Roi ou très puissant Seigneur et prince de l’ile de Madagascar », en double exemplaire, l’un en hollandais, l’autre en latin, lequel commençait en ces termes : Illustri Régi sive præpotenti Domino atque Principi Imiilæ Madagascar salutem plu-rimam. Après ce préambule solennel, van der Stel demandait tout simplement qu’on facilitât au capitaine Ilolm l’achat d’esclaves, et qu’il n’y eût pas dans la cargaison un nombre trop considérable de femmes, ainsi que cela s’était produit auparavant.
- Les points de la cote malgache où les navires néerlandais venaient s'approvisionner de ce bétail humain étaient principalement la baie de Saint-Augustin au sud-ouest et la haie d’Antongil au nord-est. Le « Waterhoen » et le « UooghCaspel » mouillent dans la première, respectivement cm 10(57) et 1(560, le « Pœlsnip » et le « Westwout » dans la seconde en 1 (»(>7. Mais le trafic d’esclaves se faisait aussi eu d’autres points. Sur la cote occidentale, le « Yoor-hout », par exemple, touche à la haie de Roina en 1676, et le « Noordgouw » à Morondava en 1701. Sur la côte orientale, le « Soldaat » et le « Peter en Paul » touchent à Mananjary en 1090 et 1099, et le « Ter Aa » à Matitana en 1705.
- Les chefs indigènes ne vendaient pas les esclaves, comme le faisaient d’habitude ceux de la côte de Guinée, pour des perles de verre ou des morceaux d’étoffes. Ils n’acceptaient que des mousquets pour guerroyer contre leurs voisins, ou de l’argent monnayé. Toutes les pièces ne leur convenaient pas ; les seules qu’ils consentissent à recevoir étaient les
- florins hollandais et les dollars mexicains. Mais ils étaient très attentifs au bon aloi des pièces (pion leur présentait. Eu 1070 par exemple, le capitaine du « Yoorhout » rapporta que les indigènes pesaient les dollars qu'il leur remettait et repoussaient ceux dont ils estimaient le poids insuffisant.
- Le succès de ces expéditions fut très variable. Le « lloogli Caspel » séjourna du 20 septembre au 17 octobre 1000 dans la haie de Saint-Augustin sans réussir à obtenir un seul esclave. Le « Waterhoen » n'en ramena au Cap que 7 eu 1007), et le « l'ijl en Roogh » 22 en 1072; en revanche, le « Yoorhout » en acheta 27»i en l(>70, le « Soldaat » 121 en 1099, le « Peter en Paul » 184 en 1700, le «Noordgouw» 127 en 1701, le « Ter Aa » 202 en 1707*.
- Entassés dans les fonds de cale, les malheureux esclaves périssaient souvent en grand nombre pendant la traversée : le •« Yoorhout » en perdit ainsi 22 sur 27» 4, le « Noordgouw » 7>0 sur 127, le « Ter Aa » 7>7 sur 202.
- Ces expéditions d’ailleurs n’étaient pas non {dus exemptes de dangers pour les Européens qui les dirigeaient. En 1008, par exemple, le sous-chirurgien Pieter van Mcerholf et huit de ses hommes furent massacrés par les indigènes dans la haie d’Antongil.
- Ce trafic du Cap avec Madagascar — et c’est là une circonstance très intéressante au point de vue géographique — était subordonné au régime des vents dans l’Océan Indien. On connaît le phénomène si curieux des moussons; on sait ({lie par suite de Réchauffement alternatif des plateaux asiatiques et des plateaux sud-africains, les vents alizés de l’Océan indien sont détournés de leur cours régulier et que d'avril à octobre, c’est-à-dire pendant l’été de l'hémisphère boréal, la mousson souffle du sud-ouest, tandis que d’octobre à avril, c’est-à-dire {tendant l’été de l'hémisphère austral, elle souille du nord-est.
- Ce phénomène météorologique était mis à profit par les navires néerlandais. Ils partaient du Cap avec la mousson du sud-ouest en mai, juin ou juillet. Le « Waterhoen », par exemple, mit à la voile en mai 1(5(57), le « lloogli Caspel » le 27 juin 1(56(5, le « Pœlsnip » et le « Westwout » le 16 juillet 1(5(57, le « Yoorhout » le 22 mai 1(57(5, le « Noordgouw » le 25 juin 1702, le « Ter Aa » le 27) juin 1705. Leur mission à Madagascar terminée, et la cargaison d’esclaves embarquée, ces navires profitaient de la mousson contraire, celle qui souille du nord-est et rentraient au Cap de novembre à février. Le « Waterhoen » rentre le 5 décembre 1(5(57), le « lloogli Caspel » le U novembre 1(56(5, le « Pœlsnip » et le « Westwout » le 27 février 1(568, le « Yoorhout » le 29 novembre 1(57(5, le « Noordgouw » le 10 décembre 1702, le « Ter Aa » le 9 janvier 170(5.
- Les conséquences de cette traite des esclaves, que Madagascar a subie si longtemps, sont encore sensibles aujourd'hui. On sait que le faible peuplement constitue l’un de ses caractères démographiques. Grande comme la Erance et la Relgique réunies, notre possession de l’Océan Indien ne ren-
- p.402 - vue 406/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 405
- 1er inc approximativement que 4 millions d’habitants, soit en style de statistique 0,0 habitants par kilomètre carré. Ce manque d'habitants et par conséquent ce défaut de main-d’œuvre nuit à la mise en valeur des immenses territoires de ce pays, à la construction des voies de communication, aux entreprises agricoles. Or, cette insuftisance a certainement pour causes la saignée que les Malgaches ont suide pendant cent cinquante ou deux cents ans et leur dispersion brutale sur tous les points du globe, dans l’Amérique du Nord, aux Antilles, au Brésil, au Cap de Bonne-Espérance, en Arabie, cl dans les iles de la Sonde. Henri Deiiékun,
- Doctour <> lcllrtjs, sous-liibliothècairu tic l'Inslilul.
- LES TORPILLES'
- II. -- CES TOIll’l 1,1.ES FIXES
- 2° Torpilles v’ujilantes.— Les torpilles vigilantes ou mouillées sont utilisées dans les endroits peu profonds. Ce sont des flotteurs immergés entre deux eaux à une profondeur convenable de façon à obtenir des effets destructeurs à peu près analogues à ceux des torpilles dormantes2. Elles sont maintenues au fond de l’eau par un système d’orin, de corps-mort ou de crapaud.
- En raison de leur mise en feu, nous classerons ces torpilles en trois catégories : a) Torpilles vigilantes à mise de feu électrique; b) Torpilles vigilantes électro-mécaniques ; c) Torpilles vigilantes à mise’de feu mécanique.
- a) Torpille vigilante à mise de feu électrique. (Type français) (fig. 1).— Ces torpilles sont aussi appelées « torpilles automatiques électriques » ou « électro-automatiques.».
- Dans les premières « torpilles électro-automatiques », une disposition spéciale permet d’interrompre le circuit à volonté de façon à rendre la torpille « inolfensivc ».
- Dans les secondes « automatiques électriques », la pile électrique est dans le crapaud servant à maintenir la torpille. Dans cette disposition, cette dernière est toujours dangereuse.
- Les torpilles « électro-automatiques » n’explosent qu’autant que les personnes chargées de la défense de la passe le juge convenable. Comme on le voit, un navire peut donc, si le courant électrique est ouvert, les loucher impunément.
- Elles servent à compléter la défense* d’une passe pratiquée par des bâtiments ennemis, et elles peuvent être draguées sans danger si le pôle n’est pas dans le circuit. Ces torpilles mouillent sur une ligne de 100 mètres de la ligne de défense des torpilles de fond. La disposition théorique de la mise en feu de la torpille électro-automatique (fig. 2) est basée sur le même principe que celui employé par les torpilles
- 1 Yoy. n° 1010, (tu 11 mai HMH, p. ">72.
- - Dans les ports sans inaivos à 5 mètres d'immersion et à marée, à l)m,G0 au-dessous des plus liasses mers.
- dormantes; mais, dans ces dernières, la charge de lulmi-coton se trouve dans le flotteur. L’amorce est réunie par une de ses branches au ferme-circuit. L’autre branche est soudée à un conducteur qui descend le long du câble d’amarrage, rejoint le crapaud, et de là se rend à l’un des pôles de la pile P placée à terre ; l’autre pôle de la pile est relié à une plaque de terre j. Ce dispositif est désigné sous le nom de ferme-circuit Hollandais. Sous l’inlluence du choc produit par le passage d’un bâtiment à l'aplomb de la torpille, le llotteur ferme le circuit et la torpille explose. Si, au contraire, les personnes chargées de la défense n’ont pas établi les communications électriques dans la partie du circuit qu’elles ont entre les mains, c’est-à-dire la pile, il n’y a pas de courant et l’amorce ne s’enllannne pas.
- Les « torpilles automatiques électriques », au contraire, ont leur pile dans le crapaud qui les maintient à leur immersion; c’est ce qui fait que ces dernières, une fois mouillées, explosent sous l’action d’un choc assez fort, pour actionner le ferme-circuit.
- Connue on le voit, ces dernières sont toujours «dangereuses ». Les « torpilles automatiques électriques » sont de faibles dimensions. Elles sont maintenues à 5 mètres d’immersion à l’aide d’un seul crapaud, dans les ports sans marées et dans le voisinage de l’eau à mer basse, dans ceux où la mer marne. On emploie ordinairement ces torpilles pour barrer un chenal ou une passe qu’on ne peut surveiller. Destinées à agir au contact, elles ne contiennent qu’une quantité de poudre relativement faible (25 à 41 kg). Ces charges sont suffisantes pour endommager gravement la carène des cuirassés actuels.
- Chapelets de torpilles. — Les torpilles disposées en « chapelet » servent à détruire une estacadc ou un barrage (fig. -4). Leur charge (poudre noire ou fulmi-coton) et leur nombre sont calculés d’après l'importance de l’objet à détru'ire. Elles sont suspendues entre deux eaux et à des distances égales le long d’un cordage en filin ou en bastin. Elles sont placées en circuit direct ou en circuit dérivé, et le plus ordinairement avec fermeture par la mer.
- Dans le premier cas, toutes les branches d’amorçage sont réunies deux à deux par des bouts conducteurs, le premier, communiquant avec une plaque de terre. Au pôle positif de la pile est fixé un autre conducteur avec plaque de terre. Un commutateur ouvre ou ferme le circuit. Dans le second cas, l’une des branches de chaque amorçage est greffée sur un conducteur unique, l’autre branche est fixée sur la carcasse de sa propre torpille qui fait aussi plaque de terre. Le conducteur est réuni au pôle négatif de la pile d’inflammation et le pôle négatif de celle-ci à une plaque de terre. Les circuits peuvent se fermer également par un conducteur métallique remplaçant les plaques de terre et leurs conducteurs.
- b). Torpille électro-mécanique. — Parmi les torpilles de cette catégorie nous choisirons comme type celle employée actuellement par les Russes,
- p.403 - vue 407/536
-
-
-
- 4114
- LA NATURE.
- en Extrême-Orient et pendant leur dernière guerre contre les Turcs. Cette torpille se compose d'un llol-tcur A dans l’intérieur duquel se trouve la charge explosible. Sur la pointe supérieure de ce flotteur sont disposés en saillie cinq tubes [>, R... qui peuvent s'écraser au choc de la carène des navires qui se [(résentent pour passer à leur aplomb ( lig. T> et 5). Ces percuteurs I) sont composés d’un petit tube en plomb très mince b recouvrant un tube en verre a rempli d’une dissolution de chlorate de potasse protégé lui-même par un cylindre en cuivre c que l’on dévisse
- Fiji. 1. — Torpille éleclro-aiilomiiliquc. A. Ilolleur; l’>, cluirpe de colon-poedre humide; C. cloirpo iimoire de. coton-poudre sec; P, Porte de elinrpeineid ; itn', conducteur;
- hille de métal ; //'. amorces. — Tip. 2. Disposition théorique de la mise en t'en de la torpille électro-automatique. — Fipr. ô. Torpille électro-mécanique. Coupe intérieure.
- au moment de la mise en place de l’engin. Dans l'intérieur de la torpille et sous chaque tube se trouve [dacé un petit cylindre contenant plusieurs incs et charbons disposés en forme de batterie. Des (ils x, x et 2, 2... reliés respectivement, les premiers aux charbons et les seconds aux zincs viennent aboutir à la capsule de fulminate /‘placée à l’intérieur delà charge amorce (f formant ainsi nn circuit complet.
- Le fonctionnement de cette mine mécanique électrique est très simple : si un navire vient à buter sur l’un quelconque des tubes D D le tube en verre se brise et le mélange qu’il contient coule dans le cylindre e en produisant instantanément un courant électrique suffisant pour provoquer la mise en feu delà charge. S est
- Fia.
- un petit dispositif de sécurité permettant d’interrompre le courant à volonté pendant la manœuvre
- de la torpille. Ces sortes de mines sous-marines peuvent également être mises en feu à volonté suivant
- le procédé employé pour les torpilles dormantes : à cet effet, de forts écrous sont substitués aux tubes I), I) et les lils2 et x sont reliés aux postes û'uetleurs de la
- O
- [tasse.
- La canonnière « Turc Suna » fut coulée par les Russes pendant leur d e r n i è r c guerre à Soulina au moyen de celte torpille (lig. 6 et 7).
- r) Torpilleau-tomaliquemeca-n i qne. (T y p e
- français). — Cette torpille (fig. 8) se compose de deux compartiments, l'un supérieur A reçoit la charge, l'autre inférieur R renlerme le dispositif destiné à armer automatiquement la torpille. Ces deux compartiments en tôle d’acier galvanisé sont réunis entre eux au moyen de deux cornières circulaires entre lesquelles on interpose une rondelle en plomb pour former un joint parfaitement étanche. Le compartiment A contient un cylindre C destiné à recevoir la charge composée de galettes
- superposées de colon-poudre humide; dans ce cylindre se trouve un second cylindre en laiton D contenant la charge sèche, et an centre duquel sont placées deux étoupilles ff destinées à enflammer cette dernière.
- Le dispositif renfermé dans le compartiment R comprend d’abord un cylindre E rivé sur le fond de R et dans, lequel s’ajuste à frottement doux un piston P maintenu par le ressort à boudin R, ce piston
- Torpilles
- i. — Chapelets de torpilles-
- p.404 - vue 408/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 405
- porte à sa partie supérieure une petite coupe N et à sa partie inféricureune rondelle filetée K. Sur lepourtour de la partie R sont rivés trois rayons a, b, r, supportant une pièce à charnière K dont la partie inférieure est circulaire ; entre la pièce Iv et la petite coupe N on place une boule de plomb M armée d’un porte-mousqueton; au repos celle boule est serrée entre les deux pièces en question. Le porte-mousqueton est
- Fig. j. — Vue dViisemMe d’une torpille élcctro-mécaniquc.
- relié par un fil de soie aux rugueux des deux étou-pillcs.
- Manœuvre de la torpille. —Avant la mise à l’eau on remplace la rondelle F par un cylindre S muni d'ouvertures O et contenant un bloc de sel marin comprimé dans lequel a été ménagé un logement destiné à presser sur la tige du piston P de façon à
- Fig. 6. — l.;i canonnière turque « Suna » avant l'explosion.
- maintenir la boule de plomb R serrée entre la pièce K et la petite coupe N ; la torpille peut donc toujours se manoeuvrer sans danger. On procède alors à la mise à l’eau au moyen d'un treuil et, afin de maintenir la torpille dans une position à peu près verticale, elle est reliée à un flotteur.
- Au contact de l’eau, le bloc de sel marin se dissous et le piston P n’étant plus soutenu descend, entraînant avec lui la boule de plomb reposant sur la coupe.
- Si, à partir de cet instant, la torpille reçoit
- un choc, la boule de plomb dont l’équilibre est très peu stable tombe au fond du compartiment R, tire le lil de soie et provoque l’explosion. Le volume du cylindre de sel a été calculé de f açon que le temps qu’il met à fondre soit suffisant pour laisser à celui qui pose l’engin le temps nécessaire pour se retirer en toute sécurité. Etant donné l’équilibre très peu stable de la boule de plomb on comprend aisément
- Fig. 7. — La canonnière turque « Suna » après l’explosion.
- ([ue cette torpille une fois posée ne peut plus être relevée. Comme on le voit la manœuvre et la mise en place de cet engin sont très délicates, la plus petite imprudence commise entraîne l’opérateur aux pires
- Fig. 8. — Torpille automatique mécanique.
- catastrophes. Les Russes tout récemment en ont fait la cruelle expérience par la perte de Y « Ienisséi » et du « Royarin » en essayant de miner le port de Dalny. Cette dernière catégorie de torpilles servent à protéger une retraite, retarder un débarquement ou créer des embarras momentanés à la Hotte ennemie. 11 faudra, en effet, que cette dernière pousse devant elle des bâtiments ordinaires, sans valeur par conséquent, en les faisant exploser et déblayer ainsi la passe. . IL Noai.uat.
- p.405 - vue 409/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 40 fi
- NOUVEAUX APPAREILS AÉROSTATIQUE S
- M. Henri Hervé vient d’achever la construction des nouveaux appareils qu'il doit prochainement expérimenter, sur le ballon sphérique (( le Méditerranéen », en collaboration avec le comte de la Yaulx. Ce qui caractérise ces nouveaux appareils, c’est l’organisation d'une force motrice, capable non seulement d’actionner par une transmission souple les treuils servant à manœuvrer les stabilisateurs et les dévialeurs, mais de mettre en mouvement un propulseur, et d’augmenter ainsi considérablement la déviation sur la route du vent.
- Ce propulseur dit lamellaire est d’un type tout nouveau. C’est une hélice à deux branches, chaque branche portant deux lames placées en persienne l’une derrière l’autre, ce qui permet de doubler la surface alaire sans accroître la largeur îles pèles. En outre, des cloisons ou entretoises transversales, espacées de 0'",70 sur la longueur de l’aile, relient les deux lames de la persienne et constituent un corps tubulaire extrêmement solide. Cràce à ce dispositif, les parois peuvent être réduites à une mince tèlc d’aluminium entrant dans l’air par la tranche et provoquant ainsi le minimum de résistance.
- L’hélice seule ne pèse que 80 kg et 10b kg avec l'arbre, la roue de transmission et le frein. Son pas est de 2",,(>5 par tour; son envergure n’a pas moins de 7™,50. La longueur active de l’aile est de 2"’,40 avec une largeur moyenne de 0m,40. Elle tourne à 152 révolutions par minute, absorbant une puissance de 18 chevaux sur son arbre. La poussée au point lixe (l’inclinaison des pèles étant d’ailleurs réglée pour le rendement le meilleur dans ce cas) atteint 180 kg. Les appareils moteurs sont montés sur un cadre articulé, en dehors de la nacelle et du même cèté que l’hélice. Leur poids est équilibré par celui des appareils de stabilisation et de dérives installés du cèté opposé. Le refroidissement du moteur est l’objet d’une disposition originale et ingénieuse. 11 se fait à la fois par circulation d’eau et par un radiateur de surface; mais l’air, qui a traversé le radiateur et est porté à une température élevée, peut être à volonté envoyé par le ventilateur dans le ballonnet compensateur. On a ainsi le moyen de remplir celui-ci d’air chaud plus léger que l’air ambiant capable par conséquent de compenser jusqu’à un certain point les pertes de, force ascensionnelle. Ainsi se poursuit très méthodiquement le programme d’expériences que se sont proposé MM. de la Yaulx et Hervé, avec un très louable souci scientifique. On peut donc espérer que, avec ces dispositifs perfectionnés, MM. de la Yaulx et Hervé parviendront à lutter contre le vent dans d’assez larges limites. L’-coloncl G. Esntai.likk.
- E -.U MAREY1
- La physiologie moderne vient de perdre un de scs plus illustres fondateurs, et la France une de ses gloires scientifiques.
- Né à Reaune (Côte-d’Or), le 5 mars 1850, M. Marcy fit ses études classiques au collège de cette ville. Au moment de choisir une carrière, malgré son grand
- 1 Membre de l'Institut ; Professeur au Collège de France ; Membre de l’Académie de médecine ; Membre de l’Académie des sciences de Vienne; Membre de l’Académie des Lincei ; Président de la Société de biologie; Commandeur de la Légion d'honneur, etc.
- désir d’apprendre l’art de l’ingénieur, il dut s'incliner devant la volonté paternelle et il étudia la médecine. Elève très brillant, il fut reçu premier au concours de l’Internat, à la Faculté de Paris en 1855 et Docteur en 1859. Ksprit puissamment doué il sc sentit attiré vers l’étude des phénomènes de la vie et mit au service de la science ses aptitudes naturelles. Avide de précision il disséqua pour ainsi dire la nature vivante, pour mieux en saisir la mécanique secrète. Habile géomètre il voulut tout mesurer. En un mot AL Alarey fut.un ingénieur de la nature et de la vie et l’école qu’il a créée portera désormais son nom.
- If espace et la compétence me manquent pour donner un exposé même sommaire d’une omvre gigantesque comme celle de AL Alarey. Mais quand on voit un savant, après un labeur de 50 ans, assister au eouronnemeni de son omvre, il est d’un enseignement précieux [tour tous ceux qui aiment à scruter les phénomènes de la nature d’examiner la marche géniale suivie par ce maître. Il fut d’abord un physiologiste en chambre, comme il disait souvent avec plaisir, et créa avec ses propres ressources un petit laboratoire ou le futur grand maître fit ses premières découvertes et donna ses premières leçons.
- Dès le commencement de scs recherches sur la circulation du sang (1854-18CO), AI. Marey donna la preuve de la droiture de ses vues en démontrant <jne la théorie de Poiseuille, d’après laquelle le sang aurait la même pression dans toutes les artères, était fausse.
- Yers la même époque à l’Ecole Vétérinaire de Lyon, Al. Chauveau poursuivait ses recherches sur le mécanisme de la contraction cardiaque. Ces deux physiologistes se connurent d’abord par leurs travaux. En 1861, ils tirent mieux connaissance encore et ils s'unirent dans une étroite collaboration qui eut pour résultat les mémorables travaux de cardiographie auxquels les noms de Chauveau et Alarey resteront à jamais attachés.
- Qui pourrait décrire la joie qu’ils ont dù éprouver en voyant s’inscrire sous leurs yeux lès mouvementé du cœur? Cette collaboration fut le point de départ d’une amitié solide entre ces deux esprits faits pour s’entendre.
- La représentation graphique des phénomènes avait fait ses preuves dans les sciences physico-chimiques, quand Volkman, Ludwig et Ilelmholtz l’introduisirent en physiologie.
- S’appuyant sur le principe du déterminisme expérimental dont Lavoisier et CL Bernard avaient doté la physiologie, AL Alarey, grâce à sa valeur personnelle, a donné à la méthode graphique un développement tel que le droit de paternité lui en revient. Il a posé les fondements de cette méthode et les nombreux appareils graphiques qu’il a inventés sont universellement connus. Obliger les phénomènes à tracer eux-mêmes leur courbe, tel est le but qu’il se proposa dès le commencement de ses travaux. Une fois en possession d'une pareille méthode d’investi-
- p.406 - vue 410/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 407
- gation et maître du principe1 « qu'il est plus utile de creuser profondément certaines questions que d’en effleurer un grand nombre », il a pu fonder toute une science nouvelle ayant pour objet « le mouvement dans les fondions delà vie ». Les lois de l’hémodyna-mique, de la contraction musculaire, de la locomotion de rbomme et des animaux, du vol des oiseaux et des insectes, en d’autres termes les principes fondamentaux de la mécanique animale ont été définitivement établis par lui. Commencés dans son laboratoire particulier, ces travaux ont été ensuite poursuivis au laboratoire du Collège de France et, depuis 1882, à la station physiologique du Parc des Princes, près de Paris, créée spécialement dans ce but.
- L’artiste connaissait son œuvre et de l'ensemble de ses travaux il a déduit celte belle conception « la fonction fait l’organe » appuyant ainsi de toute son autorité la doctrine de Lamark.
- Par cela même on a la démonstration absolue (jne pour connaître l’organisme vivant, il faut l’étudier dans son fonctionnement normal.
- La physiologie, la clinique et l’hvgiène ont profité au même degré des travaux de M. Marey.
- C’est encore sur scs travaux qu’on a basé en grande partie l’utilisation rationnelle des moteurs animés.
- Malgré la puissance d’investigation si grande que l'inscription par style pouvait offrir aux recherches, M. Marey ne s’arrêta pas Là et il eut recours à la photographie. Les perfectionnements dans la technique photographique avaient permis à Muybridge d’obtenir des images d’un corps en mouvement. Pour étudier le mouvement en lui-même, M. Marey a créé la chronophotographie, méthode d'une précision bien supérieure. Par le fait que cette méthode n’emprunte rien à la force du mobile, le mouvement, si faible soit-il, peut s’inscrire dans tontes ses phases et avec la plus grande (idélité. 11 a étudié, à l’aide de la chronophotographie, la locomotion de l’homme et des animaux, le*vol des oiseaux et des insectes, les mouvements de Pair et des liquides, etc. Soit sur plaque fixe, soit sur pellicule la chronophotographie permet d’analyser le mouvement dans tous ses dé-
- 1 Marey, « Exposé des titres », 1870.
- tails. Rien plus, entre les mains de son inventeur la méthode s’est perfectionnée et M. Marey a pu faire la synthèse dn mouvement à l’aide des images prises en série sur la pellicule mobile. C’est là l’origine de la cinématographie.
- Un travail si bien conduit que fut celui de M. Marey ne l’avait pas épuisé et il a su conserver une bonne partie de son énergie pour l’accomplissement d’une œuvre qui est le couronnement de toute sa vie scientifique : « C'est d'une part l'introduction en physiologie des méthodes et des appareils les plus précis et de l'autre la détermination des conditions de leur bon fonctionnement. » 11 a confié ces soins à l'Association internationale de l’Institut Marey qui
- a justement pour but l’étude technique des méthodes et des appareils employés en physiologie. On espère, en procédant ainsi, rendre hoirs indications identiques, établir un critérium scientifique solide qui épargnera aux physiologistes bien des polémiques dues assez souvent aux imperfections de technique et par cela même assurera les progrès de la physiologie. Cette œuvre fait honneur au savant qui l'a conçue et à la France qui lui a donné l’hospitalité.
- Esprit dégagé de toute doctrine qui échappe au contrôle expérimental, M. Marey n’a suivi qu’une seule voie : celle qui conduit à la découverte de la vérité. Sa vie tout entière, ses dernières volontés le prouvent amplement. Aux jeunes travailleurs qui l’ont approché il a montré une sollicitude toute particulière et il n’épargnait pas la fatigue pour les diriger dans leurs recherches. Dans ses laboratoires la physiologie marchait de pair avec la mécanique et parmi ses élèves on compte des phvsiologistes illustres et des mécaniciens distingués.
- M. Marey fut un de ces esprits rares qui savent aimer et comprendre la nature et la vie. Anff et soutien du faible il faisait le bien avec beaucoup de délicatesse et de discrétion.
- L’homme est disparu, mais l’œuvre nous reste toujours vivante et pleine d’enseignements.
- I. Athaxasiu,
- Sous-directcur de l'Institut Marey.
- p.407 - vue 411/536
-
-
-
- 408
- LA NATURE.
- UN MÊTÉ0R0GR4PIIE ENREGISTREUR
- SIR LES ALPES DE LAPONIE SUÉDOISE
- Sur l'initiative (le M. Janssen, membre de l'Institut, un très intéressant météorographe a été installé au sommet du Mont-Blanc1. Cet instrument était actionné par un mouvement d’horlogerie qui devait marcher pendant huit mois sans avoir besoin d’ètre remonté. Il était destiné à enregistrer tous les phénomènes météorologiques pendant la période durant laquelle le sommet du Mont-Blanc demeure inaccessible. Quoique établi par le très habile constructeur parisien, M. Richard, cet instrument ne donna pas les résultats que l’on en attendait. Aux essais à Paris, le météorographe fonctionna très bien, mais une fois
- installé au sommet de la montagne, il s’arrêta après quelques jours de marche.
- Quelques années après, j’entrepris l’exploration scientifique du massif de Sarjektjokko, un des reliefs alpins les plus élevés de la Laponie suédoise. Mon programme comportait naturellement l’étude des conditions météorologiques de cette contrée, mais une grosse difficulté se présentait. Le pays est complètement désert dans un rayon étendu autour de la montagne ; c’est pourquoi je résolus de reprendre l’idée de M. Janssen, et, en septembre 1809, j’arrivai à Paris pour obtenir le concours de la maison Richard ; malheureusement l'éloignement de la future station m’obligea à renoncer à cette collaboration.
- Dans ces conditions je me mis à l’œuvre avec un très habile horloger suédois, M. G. \Y. Linderoth.
- Fifr. I. — Transport par parlii's du nirtéoi-o”rapli,- sur 1rs prnles d Ikirlitjokko.
- Au printemps 1900 notre premier appareil fut fabriqué. Il enregistrait la température, la pression barométrique, l'humidité de l’air, la vitesse du vent ainsi que sa direction et la quantité de pluie et de neige tombée, ces dernières valeurs seulement avec un certain degré d’approximation. Le lhermographe et le barographe furent fournis par M. Richard, à Paris, tandis que je construisis presque entièrement les autres appareils météorologiques moi-même. L’enregistrement devait être continu et se faire à l’aide de l’encre Richard sur un papier qui se déroulait avec une vitesse de 2 mm à l’heure, mù par*un système d’horlogerie, qu’il suffisait de remonter une fois par an.
- En juillet 1900, j’installai l’appareil sur la montagne Siihkok, à l’altitude d’environ 1080 mètres de la mer. Ce premier essai ne fut pas satisfaisant.
- 1 Yoy. u" I !08 du "ie août 180i, p. ! 9,N.
- Après un mois de marche, l'appareil s’arrêta ; mais, bien avant, plusieurs plumes avaient déjà cessé de marquer, sans doute par suite de l’introduction de saletés d.ms les becs. La plus grande partie de l’appareil fut donc rapportée à Stockholm pour être remaniée et, l’été suivant, je remettais le météorographe en place. A cette époque, j’installai un second appareil tout neuf sur le Dorliljokko à 2000 mètres d’altitude.
- Chaque appareil pèse environ 1000 kg. Pour faciliter les transports dans ces contrées désertes et sans routes, transports qui ne pouvaient se faire qu'à dos d’homme ou sur des rennes, les instruments étaient construits autant que possible en fractions pouvant être portées par des rennes. Les poids de l’horlogerie qui pesaient oOO kg chacun étaient aussi fractionnés en morceaux pesant environ 10 kg. La figure I montre le transport de parties de l’appareil sur les pentes du Dorliljokko.
- p.408 - vue 412/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 409
- La seconde expérience fut favorable, grâce aux nombreuses modifications que j’avais imaginées. L’enregistrement n’était plus obtenu à l'aide de l’encre,
- mais au moyen d’une règle qui, trois fois par heure, tombait à travers les aiguilles et déterminait une perforation du papier pour chaque aiguille.
- Fi". ±. — Le nii'k',nro<;r',ï|iln' fonctionnait) pondant une année à l’ortiljokko à 1850 mètres d’altitude (19 juillet 1902).
- Au commencement d'avril 1902 je trouvais l’appareil installé au sommet du i’orlil jokko complè-
- tement entouré d’une couche de givre épaisse d’uri^y^-mètre environ. Enveloppés dans cette gangue, la
- Fi". 5. — Fe inétéoi'o"i'a|ilie avec la couche de "ivre formée pendant l’automne (Il avril 1905).
- girouette, l'anémomètre, l’hygromètre, le thermomètre, le pluviomètre n’avaient pu fonctionner. Je remarquais que cette énorme formation de givre ne se produisait que sur les plus hauts sommets ; on pouvait donc éviter celte difficulté en descendant
- l’appareil environ 150 mètres plus bas. C’est là que notre vue (fîg. 2) a été prise. Mais, même à cette altitude, la formation du givre peut être considérable, et gêner la marche des instruments, ainsi que le montre la ligure 5, particulièrement pendant l’au-
- p.409 - vue 413/536
-
-
-
- 410
- LA NATURE.
- tomne. Durant cette saison, il est donc difficile d’éviter des interruptions dans l'enregistrement de la vitesse et de la direction du vent.
- Pour remédier à cette situation, je fais nettoyer de temps en temps pendant l’automne l’appareil du sommet par un Lapon ; dès lors sa marche est assurée sans interruption plausible jusqu’à l’automne suivant. Il est vrai que le givre formé pendant l’automne ne fond pas pendant l’hiver et le printemps, mais il n’augmente pas non plus d’une façon sensible pendant ces saisons. Le météorographe qui est installé à 1080 mètres d’altitude n’est donc en aucune saison exposé à d’importants amas de givre.
- Après de nombreux perfectionnements et transformations, les appareils fonctionnent aujourd'hui d’une manière assez satisfaisante. Outre les formations de givre, le climat a également été la cause de grandes difficultés, qu’il a fallu surmonter. La neige fine a été très difficile à exclure. Ainsi, pour assurer le bon fonctionnement des appareils, il était nécessaire de tenir l’air dans la cage aussi sec que possible; s'il était chargé d’humidité, le papier se gondolait, des pièces de fer et d’acier se rouillaient et, à chaque variation de température, le givre se déposait sur l’horlogerie et l’arrêtait. Autour de l’horlogerie, des cylindres de papier et de l’enregistreur, je fus donc obligé d’établir une sorte d’armoire en tôle, munie de cuvettes remplies de chlorure de calcium. Seulement après l’application de ces précautions, je réussis à obtenir une marche uniforme pendant tout l’hiver. Le problème était donc résolu. Depuis l’été 1902, l’appareil installé à 1080 mètres d’altitude a presque constamment marché, le second, placé à 1850 mètres d’altitude, a également fonctionné d’une manière satisfaisante, exception faite pour l’anémomètre et la girouette, dont Je fonctionnement a de temps à autre, pendant l’automne, été interrompu par les formations de givre. Il a donc fallu examiner cet appareil quelquefois pendant l’automne; sauf cela il a fonctionné sans le secours de personne. 11 a suffi pour assurer la marche de procéder au remontage de l’horlogerie une fois par an et de changer le rouleau de papier pour l’enregistrement des phénomènes.
- La hauteur des appareils, jusqu’au sommet de la girouette, est d’environ 4 mètres. Le poids ne descend que d’un mètre et demi pour assurer la marche pendant une année; ce poids est, comme nous l’avons déjà dit, de 500 kg. L’enregistrement, pendant une année, exige environ 20 mètres de papier. Les cylindres à papier, l’horlogerie et les appareils enregistreurs se trouvent tous dans la cage, à droite, sur nos figures 2 et 5. Celle de gauche, renferme l’enregistreur de la pluie et de la neige, dans lequel un grand fût est suspendu sur des ressorts à spirale ; quand la pluie ou la neige y tombe, le fût baisse selon la quantité plus ou moins grande qu'il reçoit, et provoque l’enregistrement. Les cages sont des appareils en bois et en tôle. fAxel Hamrerg,
- Rocnnt à l’Université de Stockholm.
- LES NIDS DES MÉSANGES
- Les gentilles mésanges, comme beaucoup d’oiseaux, se contentent de nicher dans les trous d’arbres qu’elles rencontrent, dans les crevasses des murs ou les nids abandonnés des écureuils ou des pies. Cette description pourrait faire croire que les mésanges sont peu industrieuses. Il n’en est pas tout à fait ainsi, comme j’ai pu m’en convaincre en lisant une petite brochure, certainement peu connue, due à un observateur très précis, F. Lescuyer, mort récemment. En allant explorer la forêt de Trois-Fontaines, près de Saint-Di/ier, cet excellent ornithologiste eut à traverser des taillis de sept ans et, sur un terrain humide, il aperçut une couche de mousse ayant en longueur 0"',75 et en épaisseur O™,20. Cette mousse ne recélait aucun nid : c’était une chaussée qui, du reste, avait été piétinée par de petits oiseaux; elle aboutissait à un chêne creux. « L’administration forestière avait vendu et fait exploiter, six ans auparavant, cette partie du bois; elle avait naturellement mis en délivrance les arbres atteints de pourriture et ceux surtout dans lesquels il y avait des cavités. Deux mésanges charbonnières ayant constaté qu’il y avait lieu d’espérer une nourriture assez abondante pour l’élevage de leur famille, en sondant un trou qui se trouvait au pied de l’arbre, la pensée leur vint de nicher dans cette cavité. Four arriver là, simplement en marchant, il fallait d’abord construire une chaussée, parce que le sol était souvent couvert d’eau; ainsi s’explique la chaussée dont nous avons parlé plus haut. Le trou, à son orifice, avait le diamètre de la grosseur des mésanges charbonnières; il s’élargissait ensuite et se terminait à 0m,60 de hauteur par une légère fissure. Ces mésanges résolurent alors de construire un escalier en mousse aboutissant à leur nid qu’elles placèrent à 0m,50. De cette façon, elles eurent une entrée inaccessible à des animaux de plus grande taille qu’elles, un nid bien établi au milieu du trou et, une espèce de fenêtre. »
- Lne autre mésange île nos pays est tout aussi ingénieuse, ainsi que l’a constaté également Lescuyer. « Lu de mes amis, raconte-t-il, possède, dans la forêt du Val, près de Saint-Ilizier, un bois qu’il a parfaitement aménagé, les arbres y ont été élagués avec beaucoup de soin ; mais, par suite, les oiseaux qui établissent leur nid sur des branches fourchues ont éprouvé de sérieuses difficultés et, pour en triompher, ils ont dû recourir à des moyens souvent très ingénieux. C’est ce que montre l’exemple de deux mésanges à longue queue que j’ai pu observer. Elles avaient rencontré un endroit favorable au point de vue de l’alimentation par suite de l’abondance des insectes, mais qui se prêtait difficilement à l’établissement d’un nid. Il y avait là deux brins de taillis de hêtre qui s’élévaient l’un à côté de l’autre. A une certaine hauteur, l’un de ces brins portait une ramifie qui se dirigeait vers l’autre brin; mais, à ce point, il n’y avait pas possibilité de placer un nid. Que firent les mésanges? Entre ces deux brins, elles construisirent une colonne de mousse qu’elles ajustèrent avec des fils d’une espèce d’araignée; et c’est sur le sommet de cette colonne, aussi solide qu’élastique, qu’elles édifièrent leur nid. Toute la construction était en mousse ; et, pour la soustraire aux regards ennemis, les feuilles des arbres n’étant pas encore poussées, les mésanges avaient revêtu les parois extérieures avec des débris de lichen ayant la même teinte que l’écorce du hêtre. » Les mésanges savent donc faire des chemins de mousses; ce sont d’habiles ingénieurs des ponts et chaussées. Henri Coupix.
- p.410 - vue 414/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 4M
- UN BUREAU CENTRAL TÉLÉPHONIQUE
- MOItËKSE
- Parmi les nombreuses applications pratiques de lelectricité, la téléphonie est certes une de celles qui rend les plus grands services, en ce sens qu’elle répond parfaitement au besoin, de jour en jour plus impérieux, de transmission rapide de la pensée, que réclame l’activité de notre époque.
- Dès l’apparition, en Europe, de la première installation téléphonique, tout le monde comprit la grande importance de cette application de l’électricité et les constructeurs des deux mondes rivalisèrent bientôt d’ingéniosité dans les perfectionnements susceptibles d’y être apportés ; mais il faut reconnaître que ce sont les Allemands qui, les premiers, se distinguèrent sous ce rapport. 11 est vrai de dire que leur Gouvernement les seconda puissamment dans leur tache. Les grandes sociétés allemandes d’électricité ont acquis pendant ces dernières années une renommée si étendue dans l’art si difficile d’installer un service complet de téléphonie pour un grand nombre d’abonnés !
- Les villes du continent, et même de l’Amérique, qui se sont adressées à l’Allemagne pour des installations de ce genre sont très nombreuses : mais c’est surtout dans leur propre pays que les électriciens allemands se sont distingués. Grâce à leurs efforts incessants, et à l'appui des pouvoirs publics, ils sont parvenus à doter l’Allemagne d’un service téléphonique si complet et si bon marché, que les villes furent bientôt presque toutes obligées d’agrandir, même plusieurs fois, leurs bureaux centraux de téléphone.
- C’est le réseau de Berlin qui détient naturellement le record du nombre d’abonnés, et c’est dans cette ville qu’on peut voir fonctionner le [dus grand bureau central téléphonique du Continent, c’est-à-dire le Bureau central n°4, dont l’installation a été confiée à la puissante société d’électricité « Siemens et Iialske ».
- Ce bureau central d’établissement tout récent est une merveille en son genre. 11 a été pourvu de tous les derniers perfectionnements, tant sous le rapport technique que sous celui de l’hygiène nécessaire au nombreux personnel chargé de son service. Comme le montrent les figures 1 et 2, qui représentent deux des salles principales de ce nouveau bureau central, celles-ci sont dotées de tables horizontales de connexions remplaçant les anciens tableaux verticaux si peu pratiques. Autour des tables des différentes salles de ce bureau peuvent prendre place, à l’aise, environ 175 demoiselles chargées de la manœuvre des communications entre les 15 000 abonnés du réseau, sans compter la manipulation des 500 fiches de connexions entre bureaux. Ce travail exige de la part des demoiselles qui en sont chargées une attention particulièrement soutenue et une activité remarquable ; aussi l’administration des téléphones de la ville de Berlin n’a-t-elle rien négligé pour assurer à son personnel les meilleures conditions d’hygiène «possibles, comprenant que c’était le meilleur moyen d’obtenir le maximum de rendement des facultés de celui-ci.
- Une description sommaire de l’installation de téléphonie dont nous venons de parler présentera sans doute quelque intérêt pour nos lecteurs, sans entrer dans trop de détails techniques.
- Les câbles électriques venant de l’extérieur sont d'abord amenés dans un réduit souterrain, et de là dans une chambre de répartition, d’oîi ils sont dirigés, par groupes, vers les boîtes de relais (fig. 5), et de là, jusque sous les tables de connexions, en passant par des galeries spéciales dont nous parlerons tout à l’heure. Les tables de connexions sont divisées en tableaux de 100 connexions, desservis chacun par une demoiselle. On a beaucoup discuté, dans les milieux compétents, sur le choix des tables de connexions horizontales, et, en fait, les premières tables de ce genre, notamment celles de construction anglaise et américaine, offraient, à côté de grands avantages, des inconvénients sérieux auxquels on a su depuis heureusement remédier. C’est ainsi que la galerie ménagée sous les premières tables qui furent construites était totalement encombrée par des câbles, de telle façon qu’il était absolument impossible d'arriver jusqu’aux bornes qui se trouvent sous les tableaux de connexions de ces tables. Ce grave inconvénient a été heureusement écarté. A présent, cette galerie est tout à fait dégagée et permet très facilement de vérifier l’état des càldes ou de réparer immédiatement toute avarie qui pourrait survenir dans cette partie très compliquée de l’installation.
- Un autre avantage aussi que présentent les nouvelles tables sur les anciennes, c’est que les contacts sont maintenant numérotés d’une façon très rationnelle. Auparavant, tous les contacts indistinctement étaient pourvus d’un numéro d’ordre forcément très petit et très peu visible, que les préposées du téléphone devaient lire en allant tantôt de gauche à droite, et tantôt de droite à gauche. Ainsi que l’indique le schéma (fig. 4), lequel représente un fragment de tableau d’une de ces nouvelles tables, cela a été également modifié. On remarquera en effet, tout de suite, que le numérotage des contacts est « coordonné », ce qui a permis de supprimer le numérotage de chaque contact indistinctement, en ne laissant subsister que les signes des dizaines, centaines et mille. En outre, les nouvelles tables sont pourvues d’une prise de courant spéciale, à l’usage exclusif des employées du téléphone, de commutateurs automatiques, de boutons blancs (ou voyants) apparaissant au centre même des connexions et remplaçant les anciennes lampes d’appel, de signaux automatiques indiquant les fins de communications entre abonnés et enfin de lampes de contrôle.
- Malgré l’importance d’un bureau desservant autant d’abonnés, le service de nuit n’exige plus que deux demoiselles, grâce à un système d’appel récemment appliqué. Chaque extrémité de table est, en effet, pourvue d’une forte lampe à incandescence qui s’allume en cas d’appel de la part d’un abonné, en même temps qu’une forte sonnerie retentit. Ces lampes desservant chacune une moitié de table, la
- p.411 - vue 415/536
-
-
-
- 412
- LA NATURE
- Fig. 1. — Bureau mitral local à Berlin.
- l ig. i. — Bureau central interurlain île Berlin.
- préposée, avertie d'abord par la sonnerie, peut donc immédiatement découvrir la division de table d'où
- l’appel est parti, et la lampe de contrôle dont chaque série de connexions est pourvue lui permet de
- p.412 - vue 416/536
-
-
-
- LA NATURE
- 415
- trouver tout de suite le bouton blanc (ou voyant) de l’abonné qui a appelé. Grâce aux divers perfectionnements (pie nous venons d’énumérer, le service, autrefois si fatigant pour les préposées au téléphone, de la mise en connexion et hors connexion se réduit aux manœuvres suivantes :
- Lorsqu’un abonné appelle, un petit bouton blanc (ou voyant) apparaît au centre même de la connexion correspondant à l’abonné sur la table horizontale devant la préposée. Celle-ci introduit alors une fiche dans la connexion et abaisse un commutateur qui met automatiquement les deux abonnés en
- Fig. o. — Boîtes de reluis.
- communication. Lorsque l'un de ceux-ci accroche son cornet, un signal de lin de communication apparaît devant la préposée; celle-ci n’a plus qu’à
- retirer la liche de connexion et le commutateur reprend automatiquement sa position primitive. Disons, pour donner en terminant une idée du
- Lampe de contrôle
- Fragment d'une table dj connexions,
- formidable travail que demande une semblable installation, que le bureau central qui nous occupe ne comporte pas moins de 450 000 contacts d’abonnés, 12 000 fiches d’appel, 2400 commutateurs, 2400 indicateurs de fin de communications, et 4500 kilomètres de câbles et lils de toutes espèces, bien qu’il n’y ait dans toute l’installation que deux fils conducteurs par abonné. Le travail a exigé environ 150 000 soudures, et plus de 1200 kilogrammes d’amal-
- game à souder. Par précaution, chaque appareil, chaque câble ou chaque soudure a été vérifié séparément ; il y a eu de ce fait un grand surcroît de travail qui, paraît-il, est largement compensé par la sûreté de fonctionnement que l’on est en droit d'attendre de toute installation téléphonique bien comprise. Peut-être aurait-on avantage en France à s’inspirer de ce type de bureau central. L. Ramakers.
- p.413 - vue 417/536
-
-
-
- 414
- LA NATURE.
- IA DÉCADENCE DES THÉS DE CHINE
- Il y a quelque soixante ans, les thés du Céleste Empire monopolisaient encore le marché mondial; mais, depuis lors, leur décadence s’aocentue. Pour ne prendre qu’un exemple, l’exportation de « l’herhc de Chine » à destination de l’Angleterre qui atteignait 18 02(3 (308 kg en 1842, ne dépassait pas 4194 642 kg pour la saison 1902-1903, — en augmentation notable pourtant sur la campagne précédente. Du reste, à son apogée en 188(3, l’exportation totale des thés chinois se chiffrait par 133 509 242 kg tandis qu’elle tombait à 51(520 762 kg en 1901-1902. Cet état de choses qui, malgré une amélioration passagère, semble devoir empirer dans l’avenir, tient à plusieurs causes. D’abord le droit fixe de sortie, établi jadis, sur ces thés par l’administration chinoise, représentait alors 5 pour 100 de leur valeur tandis qu’aujourd’lnii, par suite de l’avilissement des cours et de nouvelles taxes intérieures, ces mêmes thés se trouvent imposés à 20 pour 100. En outre les négociants chinois ont à lutter maintenant contre de redoutables concurrents.
- En première ligne, viennent Ceylan et les Indes qui ont accaparé la plus grande partie des débouchés anglais. De son côté, le Japon exporte annuellement au Canada et aux Etats-Unis 27 à 28 000 000 kg de trois sortes de thés qu’on désigne commercialement selon leur provenance. Les « thés de Yokohama » se cultivent dans le district de Hacheoji et sont les [dus fins; les « thés de Kobe » se récoltent dans la province de Yamashiro et on les estime moins que les précédents ; quant aux « thés de Nagasaki », ils constituent la qualité ordinaire et donnent une infusion très foncée.
- A la production japonaise, s’ajoute celle de l’ile de Formose où l’industrie du thé se développe scientifiquement, depuis l’annexion de l’ile à l’Empire du Soleil Levant. D’après une information du « Journal d’agriculture tropicale », le gouvernement mikadonal a établi des stations expérimenlaies à Hunsanto et Tokambo, les deux centres principaux de culture du thé à Formose. On y poursuit depuis 1901 d’intéressantes expériences. En particulier, les agronomes ont vu que les différents engrais essayés augmentaient le rendement, mais au détriment de l’arome. Les producteurs devraient alors renoncer aux meilleures variétés d’Oolong, si prisées des Américains et se contenter de la qualité commune que, seule parmi les nations européennes, consomne l’Espagne.
- Enfin les thés de Java commencent à s’implanter à Londres, à Amsterdam et en Russie. Mais, hélas! nos thés d’Indo-Chine figurent à peine dans ce bilan. A la vérité, ils manquent un peu de parfum, mais les fortes proportions de théine qu’ils renferment leur assurent une incontestable supériorité. Puissent donc nos planteurs coloniaux s’inspirer des conseils de la science et, en perfectionnant leurs méthodes de préparation, conquérir aux thés d’An-nain le rang que tenaient jadis ceux de Chine.
- Jacques Iîoveh.
- ——
- LES NOUVELLES BOISSONS HYGIÉNIQUES
- SANS ALCOOL
- La publication commerciale, allemande « llandels-Muscum » vient de signaler un mouvement très intéressant qui aurait pris naissance dans le milieu des chimistes allemands, et qui a fait l’objet d’une étude des plus curieuses, dans une revue scientifique, de la part d’un de
- ces chimistes, M. H. Norrenberg. Cet article a pour titre « Une nouvelle branche de la chimie », et la chose dont il traile et qui révolutionne un certain monde industriel chez nos voisins, c’est la fabrication d’une boisson hygiénique exempte d’alcool (qu’on note ces mots), qui remplacerait le vin et la bière, qui aurait les propriétés excitantes de ces derniers, mais ne contiendrait pas l’alcool qu’on y trouve, en dépit de leur désignation actuelle de boissons hygiéniques.
- Nous devons dire tout de suite (pie nous ne connaissons encore aucun détail sur la fabrication et les éléments constitutifs de ces boissons nouvelles, mais le « llandels-Museum » estime que ce projet de fabrication ne saurait passer inaperçu, parce qu’il menace de révolutionner le commerce des boissons. Les chimistes qui en poursuivent la réalisation ont en vue de donner satisfaction aux sociétés de tempérance, et ils ont été également poussés dans cette voie par un Congrès anti-alcoolique qui s’est tenu récemment à Rrème, et qui a fait appel à la chimie pour arriver à la suppression de toutes les boissons fermentées. Les savants que cette question préoccupe avec raison se proposent de faire la synthèse du vin et de la bière, dont ils étudieront les éléments constitutifs dans leur nature et dans leurs rapports avec les organes du goût : et ils essayeront ensuite à produire sur ces organes une action analogue à celle qu’exerce l’alcool, sans pourtant recourir à cette substance. M. Norrcnberg fait remarquer que déjà la chimie synthétique a réussi à constituer artificiellement les éthers des fruits sans le secours d’aucune substance végétale. Mais dans le domaine dont il s’agit cette fois, on ne ferait plus appel à des éthers artificiels, au contraire on s’attacherait à ne recourir qu’aux éthers naturels. L’opé-raton se limiterait à la manipulation exclusive des matières végétales et l’on parviendrait à créer des boissons rapides, excitantes, dépourvues d’alcool. II. B.
- CHRONIQUE
- ISogics à un seul essieu. — Les bogies sont de plus en plus employés dans le matériel des chemins de fer, non seulement'pour supporter les grands wagons à intercommunication du genre américain, mais encore l’avant des locomotives de grande puissance et de fortes dimensions : les véhicules ou les machines reposent sur ces bogies, sur ces trucks, par l’intermédiaire d’une cheville ouvrière, ce qui donne toute flexibilité et permet l’inscription facile dans les courbes. Normalement, qui dit bogie dit (ruck à quatre roues ; mais on se met aussi à recourir à des bogies ayant deux roues seulement, et les nouvelles locomotives de l’Etat danois présentent cette particularité. C’est quelque chose d’analogue à l’essieu bissel bien connu, mais on estime que la solution est meilleure, d’autant que ce bogie est rattaché de telle manière au châssis de la machine qu’il est tiré et non poussé. Un bogie à 2 roues est naturellement bien plus léger que le bogie classique.
- Un moulin si sucre indien. — 11 est parfois curieux de voir comment les primitifs s’assimilent les procédés et l’outillage des civilisés, tout en les adaptant a leur degré de culture. Le comte de Brettes, au cours de ses explorations dans l’Amérique du Sud, a découvert chez les Indiens Arhnaques Kaggabas de véritables moulins a broyer la canne à sucre, d’un modèle rudimentaire, il est vrai, mais remplissant bien leur office. Leur structure est des plus simples : un fort cadre de bois fixé en terre
- p.414 - vue 418/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 415
- maintient verticalement trois blocs de bois en forme de cigares dont la partie supérieure est munie d’une couronne dentelée formant engrenage. Un levier solide permet de faire pivoter le cylindre médian ijui transmet le mouvement aux autres par son pignon. Les cannes,
- JJouliu à sucre indien.
- introduites dans ce laminoir primitif, abandonnent leur jus qui tombe comme il peut dans une écuelle : il est ensuite cuit et moulé, puis troqué à la côte contre les objets de première nécessité. En construisant cet appareil, les Indiens n’ont probablement fait que reproduire un broyeur européen vu par l’un d’eux. Mais ils l’ont exécuté avec les matériaux et les outils qu’ils avaient à leur disposition, sans secours étranger, et en ont fait un instrument simple et robuste, bien en rapport avec les services qu’il est appelé à rendre.
- Purification «les fontes et aciers cou lés par l'aluminothermie. — Nos lecteurs n’ont probablement pas oublié les détails que nous avons récemment donnés sur l’aluminothermie; voici maintenant qu’on emploie la thermite1, le mélange actif de ce procédé, à purger la fonte et l’acier coulés, avant solidification, des gaz qu’ils renferment et qui sont susceptibles de donner lieu à des soufflures. La thermite, enfermée dans une petite boite assujettie au bout d’une tige de fer, est plongée dans le métal encore en fusion, et la réaction donne lieu à un bouillonnement qui mélange toutes les parcelles du métal fondu. Finalement on obtient des métaux, même des fontes, d’une texture compacte et serrée, des pièces absolument saines.
- L’«‘taneliéHc «lu Itétoii «iiix © x cl infiltra-flou. — Il ne faudrait pas croire que le béton soit capable par lui-mème d’arrêter le passage des eaux d’infiltrations, et le capitaine américain Taylor affirme avoir vu des suintements se produire à travers 1) mètres de béton. 11 a donc, essayé de remédier à cet inconvénient, et il a trouvé des enduits assurant l’étanchéité, en dehors de l’asphalte, qui a le tort de coûter cher : on peut recourir à un enduit qu’on étend ~à la brosse et qu’on obtient en mélangeant à du ciment (dans la proportion de 1/10) une lessive d’alun faite de 0ke,5 de carbonate de soude et de 2k®,5 d’alun dans 10 litres d’eau. On peut aussi passer un enduit d’huile de lin, ou même appliquer à chaud un mélange d’huile de lin et de 25 pour 100 de napthe.
- 1 Yoy. n° 1568, du 15 juin 1905, p. 25.
- .VGAl)ÉM IL DES SCIENCES
- Saune du 24 mai 1904. — Présidence de M. Mascaut.
- Saponification des huiles. — M. Haller présente une Note de M. Nicloux relative à la saponification des huiles au moyen des tourteaux de graine de ricin. Il rappelle à ce sujet que la propriété des résidus de la graine de ricin avait été signalée par Belouze, puis étudiée en Allemagne. M. Nicloux s’est attaché à rechercher si la transformation était due à une diastase. 11 a constaté qu’en ajoutant certains acides — par exemple de l’acide acétique — à l’eau dans laquelle on a broyé les résidus de tourteaux, on peut saponifier jusqu’à 95 pour 100 de l’huile. 11 indique les diverses conditions de la réaction. Le travail de M. Nicloux est de nature à trouver de nombreuses applications dans l’industrie.
- L'acide formique dans l'atmosphère. — M. Haller présente ensuite une Note de M. Henriet indiquant le résultat d’expériences relatives au dosage de l’aldéhyde formique dans l’atmosphère. La proportion varie du simple au triple— 2 à (> grammes pour 100 mètres cubes.
- Phosphorescence. — M. Blondlot communique un travail de M. Bichat signalant les oscillations d’éclat que présente un écran au sulfure de calcium, à l’approche de certains gaz. Il relève, à ce point de vue, une différence dans l’intensité du phénomène produit, entre les gaz formés sans condensation tels que l’acide chlorhydrique et l’oxyde de carbone et les gaz formés avec condensation. Ces effets lumineux oscillatoires sont très difficiles à percevoir; pour les discerner il est essentiel que l’observateur séjourne préalablement dans l’obscurité. M. Mascart rappelle que l’approche d’un tube contenant de l’eau salée produit des effets analogues. Il remarque que la nécessité de prendre des précautions particulières pour expérimenter sur les rayons N est certainement la cause qu’on ne les « voit » pas à l’étranger, tandis qu’en France de nombreux savants ont constaté la réalité de ces radiations.
- Les anesthésiques cl les radiations émises par les centres nerveux. — M. Edmond Becquerel résume les conclusions d’un travail de M. Broca et de M. Jean Becquerel sur le mode de radiations des centres nerveux soumis à l’intluence des agents anesthésiques. Lorsque les êtres vivants sont ainsi influencés, le cerveau et la moelle épinière émettent des rayons N, puis des rayons N,. La cessation de rayonnement pendant quelques minutes est un signe certain de mort. La simple diminution de l’émission des rayons N par la moelle et surtout l’émission des rayons Ni est un signe certain que l’animal est en danger.
- Stérilisation du lièqe. — M. d’Arsonval décrit une méthode imaginée par M, Bordas pour tuer dans le liège les micro-organismes dont le développement communique aux liquides, enfermés dans les bouteilles, le goût du bouchon. Le liège est d’abord chauffé dans une étuve à 120°; on fait alors le vide, puis on laisse arriver de la vapeur ayant cette température. On peut ensuite employer le liège en toute sécurité.
- Effets des explosifs. — M. Léauté dépose un Mémoire de M. le colonel Jacob, de l’artillerie de marine, relatif à la détonation des substances explosives sous l’eau. L’auteur a basé toute sa théorie sur une loi de la compressibilité de l’eau qui, pour les pressions inférieures, coïncide avec celle donnée par M. Amagat; il a pu arriver à calculer la pression de l’eau sur une paroi solide opposée, c’est-à-dire en résumé aboutir à des résultats pratiques.
- fin. OE VlLLF.DEUIL.
- p.415 - vue 419/536
-
-
-
- LA NATURE
- il n
- VÉLODROME DE CHAMBRE
- Les courses de bicyclettes passionnent à ce point un certain public, qu’on a pu jusqu’à présent conserver ans vélodromes tout leur attrait sans avoir besoin, comme sur les hippodromes, d’y ajouter happât du gain, car les paris y sont toujours interdits. 11 faut une disposition d’esprit spéciale, et que possèdent beaucoup de gens, parait-il, pour s'intéresser à des courses de ce genre, où l'on ne voit pas, comme sur les hippodromes, les concurrents formant peloton arriver à se dépasser mutuellement; les cyclistes tournent dans un cercle relativement restreint et
- peuvent se dépasser constamment l’un l'autre sans qu’on sache bien au juste lequel est en avance, si l’on n’a pas suivi la course très attentivement depuis son début. On a pensé, depuis longtemps déjà, à manifester d'une autre façon la puissance développée par les cyclistes en rendant les bicyclettes immobiles et en les reliant, par des procédés mécaniques, à un cadran sur lequel des aiguilles de diverses couleurs, correspondant chacune à un cycliste, indiquent la vitesse à chaque instant. On trouve des installations de ce genre notamment dans les fêtes foraines : en général la roue motrice de chaque machine est en contact avec une poulie lise qu'elle entraîne avec
- Le vélodrome en dmnibiv. 1. Installation des bicyclettes actionnant la dynamo généralriee ; devant elles : voies parcourues par les
- wagonnets. A. Détail du moteur récepteur actionnant, le wagonnet.
- elle et qui est reliée par une transmission au système commandant le mouvement des aiguilles. Récemment M. Judic, l’habile électricien dont nous avons signalé ici les inventions relatives au théâtre, a eu l’idée d’employer l’électricité pour obtenir un résultat analogue. La bicyclette est fixée au sol (lig. 4 )et la roue arrière, légèrement soulevée, peut tourner librement; mais le pédalier est relié par une transmission à une petite dynamo fixée sur le sol à côté de la machine et qui devient génératrice de courant dès qu’elle est mise en mouvement par le cycliste. D'autre part sur une table placée devant le coureur, ou plutôt le pseudo-coureur, se trouve installée une voie avec deux rails sur laquelle roule un petit wagon portant un moteur électrique qui reçoit le courant engendré par la dynamo : la vitesse
- de déplacement du wagon sera par suite fonction de la vitesse de rotation de la génératrice et, par conséquent, de la puissance des jarrets du coureur. En installant plusieurs systèmes de ce genre l’un à côté de l’autre il suffit donc de suivre l’allure des wagonnets pour se rendre compte de l’avance prise par tel ou tel cycliste sur ses concurrents. Si on voulait faire simplement un appareil d’entraînement, ou de mécanothérapie, il suffirait de graduer la voie et de lui donner une certaine inclinaison pour qu'on puisse noter jour par jour les progrès réalisés; on pourrait également remplacer le wagon et ses rails par un voltmètre convenablement gradué. G. Chalmarks.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Iinpiimci'io L.uiun;, rue de Meuius, 9.
- p.416 - vue 420/536
-
-
-
- Supplément au journal « La Nature » du 28 mai 1004.
- LA
- NATURE
- TRENTE DEUXIÈME ANNÉE — 1904
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABETIQUE
- A
- Académies (Travaux de l’Association des), 127.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de U), 15, 51, 47, 62, 79. 94, 111, 127, 143, 158, 174, 191, 207,223, 239, 255, 271, 287, 503, 318, 535, 351, 307, 383, 599, 415.
- Académie technique militaire en Allemagne (Une), 142.
- Accumulateur Edison (L’), 22.
- Accumulateur régénérateur de vapeur, 231.
- Accumulateurs (Détérioration des), 111.
- Acétylène (Épuration et combustion de 1’). 43.
- Aérostat « le Djinn » (L’), 26.
- Aérostatiques (Nouveaux appareils), 400.
- Aflinage électrolytique du cuivre, 124.
- Air dans une grande salle (Renouvellement de U), 305.
- Air (Résistance de U), 399.
- Air (Spectre de 1’), 159.
- Alambic primitif (Un), 354.
- Alcoolisme et la pasteurisation des vins (L’), 34.
- Akiébaran (Occultation d’), 190.
- Alimentateur à eau bouillante, 203.
- Ancre en bois (Une), 333.
- Ancre modératrice, 278.
- Anesthésiques et les radiations émises par les centres nerveux (Les), 415.
- Anesthésiques sur l’émission des rayons N (Effets des), 583.
- Animaux mélomanes (Les), 35.
- Animaux nuisibles (Destruction des), 238.
- Animaux sauvages (L’acclimatation et le croisement des), 148.
- Annuaire du bureau des longitudes pour 1904, 47.
- Appareils de mesure électriques, système Meylan-d’Arsonval, 103.
- Arbres en végétation (Transplantation nocturne des), 17.
- Arc électrique au fer (L’), 124. Ascension à 7130 mètres (Une), 134. Ascensions de la plus haute montagne du monde (Le record des), 374. Assainissement d’Ismaïlia, 255.
- Atelier modèle à bord d’un transatlantique (Un), 390.
- Atlas solaire, 158.
- Attelages élastiques, 198.
- Automobilisme nautique (L’), 313. Automotrices du Central London (Les nouvelles), 97.
- Aviation (Concours d’), 259.
- Aviation (La question de I’), 168. Aviation et le vol des oiseaux (L’), 226.
- B
- Bactéries (Rouissage et), 194.
- Baguettes magiques (Les), 113.
- Ballon « Svenske » (Le), 85.
- Ballons (Gros et petits), 74.
- Ballons (L’hydrographie et les), 174. Ballons à l’exploration des cavernes (L’emploi des), 14.
- Bandes de Jupiter (Les), 94.
- Barrages mobiles à cylindres, 119. Bateaux pousse-pied (Les), 144.
- Batteries d’altaque de l'artillerie autrichienne (Les), 349.
- Baume de chien (Le), 378.
- Becs à alcool, 365.
- Béton aux eaux d’infiltrations (L étanchéité du), 415.
- Beurre et la fièvre typhoïde (Le), 2. Bicyclettes nouvelles, 559.
- Black-rot (Culture du), 159. Blanchisserie modèle à Paris (Une), 59. Bogies à un seul essieu, 414.
- Boissons hygiéniques sans alcool (Les nouvelles), 414.
- Bouchard (Hommage à M.), 207.
- Boukharie (Turkestan et), 187.
- Bouteilles géantes, 582.
- Brouillards de Londres (Les), 147.
- c
- Cadran universel pour montres, 335.
- Cadrans d’horloge à 24 divisions, 266.
- Callandreau (Décès de M.), 191.
- Callandreau (Octave), 207.
- Cancer (Traitement du), 207.
- Canons (Application des lunettes panoramiques aux), 135.
- Canot glissant pneumatique, 303.
- Carborundum (Nouvelles applications du), 183.
- Cardagc des matelas et l’hygiène (Le),
- 191.
- Carte bathymélrique générale, 111.
- Cellules polynucléécs, 399.
- Céruse ou autres sels de plomb dans une peinture (Procédé nouveau pour déceler la), 382.
- Chalumeau oxy-acétyléniquc (Le), 528.
- Champignons colorants (Les), 287.
- Champs magnétiques (Propriété des), 159.
- Châssis auto-retoucheur Joux-Artigue, pellicules Vidil-Lumière, 156.
- Chaudières aquatubulaires sur les navires de guerre (Les), 274.
- Chautfagcélectrique (Applicationsdu),76.
- Chaux sur le charbon (Action de la), 158.
- Chemin de fer transsibérien et le lac Baïkal (Le), 537.
- Chimie (Emploi des courants alternatifs en), 385.
- Chimiques et les rayons N (Les réactions), 567. #
- Chlore (La densité du), 94.
- Chronographe enregistreur, 207.
- Chronophone (Le), 1.
- Ciguë et ombellifères, 10.
- Ciment Portland métallurgique, 599.
- 27 •
- p.417 - vue 421/536
-
-
-
- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Cirque de I'inèulc (Le), 55.
- Clinique chirurgicale en wagon 200. Cochenille à graisse (La), 193.
- Colonnes gigantesques, 272.
- Comète de 1904 (La première), 300. Composés odorants (Formation des), 175. Constructions navales (La transformation des), 123.
- Corps humain dans l’espace, 399. Correspondance, 280.
- Courants fossiles de la mer (Surles), 275. Crépuscules rouges (Les), 325.
- Cresson et ses dangers (Le), 94. Cristallines (La forme primitive des espèces), 31.
- Cuirasse Benedetti (La), 11, 78.
- Cuirasse Benedetti (A propos de la), 126.
- Cultures grainières au Danemark (Les), 285.
- Cure de caves (La), 191.
- Cycle de trente-cinq ans (Le), 119.
- 1)
- Dallage en carton, 383.
- Décès, 223, 583, 399.
- Décoration théâtrale (La), 342.
- Dessins topographiques de C.-A. Lesueur (Les), 299.-
- Développement à la lumière blanche (Photographie), 58.
- Diapason et la réduction des fractures (Le), 191.
- Dissociation de la matière et les radiations nouvelles (La), 172.
- Dormeuse de Thenclles (La), 302. Duclaux (Emile), 369.
- E
- Eau de pluie (Ce que contient P), 239. Eaux gazeuses (La consommation des), 379.
- Échelle de sauvetage pneumatique, 175. Éclair (La forme et la structure de P), 138.
- El'lluviographic (I/), 270.
- Élections à l’Académie des sciences, 111, 143, 239, 271, 287, 584, 399. Électrique aux États-Unis (L’industrie), 322.
- Elévateur sauterelle (L’), 551.
- Esclaves à Madagascar au xvn'! siècle (La traite des), 401.
- Essence de rose en Bulgarie (L’), 49. Établissement llagenbeek de Hambourg . (É’)> 107.
- Etain au Laos (L’), 58.
- Étoile variable dans le Cygne (Une), 46. Étoiles filantes (Observation (P), 351. Étoiles nouvelles (Les), 587.
- Exécution en Chine (Une), 154. Exploitation du canal de la Baltique (Les résultats d’), 210.
- Explorateur Nordenskjüld (L’), 50. Explorateurs (Ilecherche d’), 535. Exploration des grottes de Menton, 111. Explosifs (Effets des), 415.
- Exposition florale de Nice, 302. Exposition de laiterie de Hambourg (L’), 39.
- Exposition japonaise d’Osaka en 1903 (L’), 35.
- Faisan dans la Norvège méridionale (Acclimatation du), 567.
- Farine (Panification de la), 95.
- Fer (Procédé de durcissement du), 395.
- Ferme à semences américaine (Une), 225.
- Ferment organique, 175.*
- Ferments artificiels (Propriétés oxydantes de), 271.
- Fièvre des Indes (Origine d’une), 143.
- Fièvre typhoïde (Le beurre et la), 2.
- Filtre à lait Ulander, 158.
- Floraisons (Doubles), 23.
- Flotte japonaise (La), 174.
- Fluor (La densité du), 271.
- Foie chez l’homme (Parasite du), 51.
- Fontes et aciers coulés par l’aluminothermie (Purification des), 415.
- Formique dans l’atmosphère (L’acide), 415.
- Foudre et les clôtures métalliques (La), 536.
- Foudre photographe (La), 110.
- Fouqué (Ferdinand), 254.
- Fourrière (La), 358.
- Freins pour navires (Les), 547.
- Froid (Le), 122.
- Frottement de pivotement (Le), 225.
- Fruit (Un nouveau), 170.
- Fumées dans les tunnels (appareil d’évacuation des), 23.
- Funiculaire du Vésuve (Le), 4.
- G
- (ïarage à bicyclettes d’une grande usine (Le), 366.
- Caz d’éclairage (Sur l’emploi du), 3.
- Gaz de l’atmosphère (Les), 143.
- Gaz pauvre et gazogènes à aspiration, 145.
- Géants (Les', 554.
- Glace en Sibérie (L’épaisseur de la), 250.
- Glacière naturelle de la Grâce-Dieu (La), 553.
- Glaciers et la houille blanche (Le recul des), 7.
- Glaciers (Le recul des), 115.
- Graphologie (La), 354.
- Greffage (Curieux mode de), 151.
- Grès à cavités de Sankt-Marlin (Le),
- 201).
- Grisou (La composition variable du), 158.
- Grottes de Padirac (Aménagement des), 287.
- Grue mobile de 150 tonnes (Une), 177.
- II
- Hélices (Propriétés suslenlatrices des),
- 15.
- Hélium (Radium et), 258.
- Héméralopie et l’opothérapie hépatique (L’), 563.
- Hercule (L’amas d’), 551. »
- Heures (L’unification des), 82, 102.
- Hôpital pour les oiseaux (Un), 234.
- Horloges publiques (Les), 199.
- lloromèlrc, 54.
- Houille du Tonkin (La), 94.
- Houille dans divers pays (La consommation de la), 143.
- Houillères au Japon (Les ressources), 202.
- Huile de coton (La consommation de F), 239.
- Huiles (Saponification des), 415.
- I
- Indiens Mohavcs (Les), 95.
- Inondations (Les récentes), 253.
- Insectes (Destruction des larves d’), 51. Insectes arachnides et myriapodes marins, 154.
- Institutphotothérapique Finsen (L’), 183. Ionisation par le phosphore, 47.
- J
- Jardins dans les murailles (Les), 375. Jardins et parcs de grandes villes, 335. Joujoux en bouchons, 79.
- L
- Labiée à tige hexagonale (Sur une), 116. Laboratoire des Compagnies d’assurance de Chicago (Le), 583.
- Laboratoire pour l’étude de la végétation désertique (Un), 94.
- Labourage électrique, 251.
- Lac Baïkal (Le chemin de fer transsibérien et le), 337.
- Lac d’Aral, 142.
- Lachambre (Henri), 126.
- Lacs d’Écosse (Les), 223.
- Lait à New-York (Le commerce du), 110. Lait formolé (Le), 255.
- Légume nouveau (Un), 385.
- Lésions (Diagnostic des), 518.
- Lettres (Comment on lit les), 166. Lézards apprivoisés, 318.
- Liège (Stérilisation du), 415.
- Linoléum (La fabrication du), 322. Locomotive routière à usages multiples (Une), 596.
- Locomotive routière «Le pédrail »,508. Locomotive à pétrole pour mines, 119. Locomotive traîneau, 219.
- Locomotives (Lasurchauffe dans les), 19. Locomotives (La vitesse des), 158. Locomotives françaises en Angleterre, 174.
- Locomotives du Transsibérien (La consommation des), 187.
- Looping dans le vide (Le), 31.
- Loup de mer (Le), 271.
- Louvre (Le), 94.
- Lumière électrique de poche, 65. Lumière zodiacale, 257.
- Lysol et ses applications dans l’arboriculture (Le), 294.
- M
- Machine à vapeur à quatre cylindres (Une nouvelle), 180.
- Machine électrique à la paraffine, 259. Machines agricoles américaines (Les), 510. Machines frigorifiques à affinité (Nouvelles), 140.
- p.418 - vue 422/536
-
-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Maçonner en plein hiver (Une méthode suédoise pour), 159.
- Magnétiques (Éléments), 99.
- Magnétiques en France (Anomalies), 15.
- Magnétisme terrestre aux époques géologiques, 51.
- Magnétisme de matériaux de construction, 95.
- Maison soulevée de 49 métrés (Une), 225.
- Mammouth de Saint-Pétersbourg (I.e nouveau), 182.
- Mandara du Cheik el-Belcd (La), 391.
- Marey (E.-J.), 406.
- Marteau électrique, 595.
- Matières colorantes (Pétroles et), 386.
- Médaille de la Société royale de Londres (Une), 50.
- Méduse du lac Victoria Nyanza (La), 335.
- Mer permienne (La), 31.
- Mérule pleureur (Les méfaits du), 202.
- Mésanges (Les nids des), 410.
- Météorographe enregistreur sur les Alpes de Laponie suédoise (Un), 408.
- Mètre à Paris en 1799 (Le), 256.
- Métrique aux Etats-Unis (Propagande), 222.
- Métrique en Angleterre (Lesystème), 222.
- Missions archéologiques allemandes en Turquie d’Asie, 14.
- Mission Chevalier (La), 222.
- Modifications organiques ducs à l’obscurité, 255.
- Moteur électrique minuscule, 190.
- Moteurs appliqués aux dynamos, 6.
- Moteurs de même puissance (Grands et petits), 324.
- Motocyclettes nouvelles, 587.
- Mouches (La nocivité des), 225.
- Moulin à sucre indien (Un), 414.
- Moustiques à l’école (La lutte contre les), 375.
- Mouvements sismiques de l’Amérique du Sud (Les), 111.
- Muguet, 259.
- Mule féconde (Une), 384.
- N
- Narcisses à bouquet (Culture chinoise des),
- 127.
- Navire du monde (Le plus grand), 110.
- Négresse blanche (Une), 240.
- Nettoyage hygiénique par l’air comprimé (Le), 24.
- 0
- Objets en anthracite (Les), 190.
- Observatoires d’amateurs, 355.
- (Eil des insectes (Accommodation de U),
- 271.
- Oïdium (La reproduction de U), 223.
- Oiseaux dans la haie de Cardigan (Destruction considérable d’), 334.
- Oiseaux (Un hôpital pour les), 234.
- Oiseaux nuisibles par la chasse au grand-duc artificiel (Destruction des!, 47.
- Optique (Une illusion d’), 186.
- Orangers aux Etats-Unis et à Jaffa (Les), 100.
- Orangers; les cbrysomphalus (Parasites des), 267.
- Orchidées (Germination des), 287, 351.
- Ordures ménagères de New-York (L’évacuation des), 196.
- Orohanches (Les), 81.
- Os longs (Fracture des), 287.
- Oscillations (Amortisseur d’), 355.
- Oscillations nerveuses, 367.
- Oscillations nerveuses (Propagation des]. 583.
- « Ovidius » (L’), 385.
- P
- Palmier colossal, 160.
- Papier d’ajoncs, 143.
- Parasites des orangers ; les ehrysompha-lus, 267.
- Parcs et jardins des grandes villes (Les), 275.
- Pasteurisation des vins (L’alcoolisme et la), 34.
- Pavage d’acier, 287.
- Pellicules Vidil-Lumière ; châssis autoretoucheur Joux-Artigue, 156.
- Perforateur chirurgical, 335.
- Perles (Origine réelle des), 47.
- Perroquets (Une école pour), 367.
- Perrotin (Henry), 238.
- Pesanteur (Les anomalies delà), 178.
- Pesanteur et les mouvements du sol (Les anomalies de la), 303.
- Pétroles et matières colorantes, 586.
- Phosphore et du soufre (Combinaisons nouvelles du), 175.
- Phosphorescence (Expérience de), 207,
- 415.
- Phosphorescence et rayons N, 255.
- Photographie, châssis auto-retoucheur Joux-Artigue, . pellicules Vidil-Lumière, 156.
- Photographies coloriées, 394.
- Photographophone Ruhmcr, 127.
- Photogravure (La), 199, 247.
- Phyllies ou feuilles errantes (Les), 72.
- Pierres précieuses (Les vertus des), 515.
- Pigeons-voyageurs (Le prix des), 239.
- Placers du Klondyke et de l’Alaska (Les), 359.
- Plantes à fleurs sans graines, 397.
- Plantes utiles coloniales, 371.
- Platine (Dissolution électrolytique du), 567.
- Plâtre en France (L’industrie du), 103.
- Poissons qui parlent (Les), 379.
- Pôles voyageurs (Les), 505.
- Pommes de terre (Une maladie des), 51.
- Pommes de terre (La lilosité des), 319.
- Pompes à incendie automobiles (Les),
- * 234.
- Pont cantilever thibétain (Un), 552.
- Pont de Connel-Ferry, en Écosse, 20.
- Pont suspendu de New-York (Le nouveau, 263).
- Pots à eau chaude de l’Utah (Les), 304.
- Poussière (La guerre contre la), 151.
- Présidence (Transmission de la), 95.
- Pression atmosphérique et chronométrie, 84.
- Pressions produites par le vent (Expériences sur les), 162.
- Prix Nobel de physique (Les), 46.
- Procédé de préparation du café (Nouveau), 350.
- Produits microbiens (Action des), 175.
- Produits résiniers en Russie (L’industrie des), 171.
- Projections stéréoscopiques, 28, 580.
- Pseudo-insecte du silurien, 174.
- Puits de mine de 1000 mètres (Un),344.
- Puits artésien de la Buttc-aux-Cailles (Le), 65.
- Punaises (La tiare des), 311.
- Pvgmées de l’Afrique centrale (Les),
- 212.
- Pythons (Comment se nourrissent les), '295.
- R
- Radiations émises par les centres nerveux (Les anesthésiques et les), 415.
- Radiations nouvelles (La dissocation de la matière et les), 172.
- * Radiations humaines, 150.
- Radiations du corps humain, 47, 95.
- Radio-actifs (Sur l’énergétisation des corps), 335.
- -Radiothérapie (La), 111.
- - Radium (Le), 70.
- Radium sur les organismes inférieurs (Action du), 111.
- Radium (Action physiologique des rayons du), 95.
- ' Radium (L’énergie du), 370.
- -Radium et hélium, 115, 2£8.
- - Radium (Propriétés des rayons du) 127.
- -Radium (Propriétés du), 143.
- s Radium (Les sels de), 214, 245, 276.
- Rat gondin et la mode (Le), 19.
- Rats à l’arsenic (Résistance des), 287.
- Rayons N, 150, 206, 287,319.
- - Rayons N (Émission de), 143.
- Rayons N (Phosphorescence et), 255.
- Rayons N (Propriétés des), 127, 159,
- 223.
- Rayons N (Propriétés physiologiques des),
- 271.
- Rayons N (Une variété de), 223.
- Renne dans l’Alaska (Le), 346.
- Roches de l’éruption de la Martinique (Les), 287.
- Roues à rayons sans soudure, 14.
- Routes en France et les anciens moyens de transport (Les), 35.
- S
- Salon de l’automobile (Le), 66, 87.
- Sang (Influence de l’altitude sur le), 47.
- Saponification, 567.
- Sarrau (Émile), 598.
- Satellites de Jupiter (Photographie des), 195.
- Saut en hauteur pour chiens (Le record du), 14.
- Sauvetage pneumatique (Echelle de), 175.
- Scie double (Nouvelle), 110.
- Scie excentrique (Une), 330.
- Semences américaine (Une ferme à), 225.
- Sens des sauvages (Les), 42.
- Sérum humain (Action curative du), 207.
- Signal pour les passages à niveau (Nouveau), 10.
- Silicium dans l’argent (Solubilité du), 385.
- Silicium dans les métaux (Dissolution du), 255.
- p.419 - vue 423/536
-
-
-
- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Silicium (Propriétés du), 355.
- Société française de physique, exposition annuelle, 309.
- Société d’histoire naturelle d'Autun (La), 551.
- Soleil (Éclats de Véga et du), 222.
- Soleil (Observation de la lumière du), 31.
- Soufre (Combinaisons nouvelles du phosphore et du), 175.
- Souris comme force motrice (La), 218.
- Sous-marins anglais, 129.
- Sous-station électrique transportable (Une), 122.
- Sports et jeux d’adresse (Les), 59.
- Stanley, 597.
- Station électrique à gaz (Une), 317.
- Sucre (Inversion du), 207.
- Surdité (Causes de la), 207.
- Système métrique en Angleterre (Progrès du), 46.
- Svstème métrique aux États-Unis (Le),
- 126.
- T
- Taches du soleil (Observations des), 15.
- Tarentule à ventre noir (La), 282.
- Tatouage électrique, 507.
- Téléphonique moderne (Un bureau central), 411.
- Téléthermomètre Vila Porns, 308.
- Température dans l’atmosphère (Distribution de la), 95.
- Temps en Islande et le temps en Europe occidentale (Le), 522.
- Tératologie végétale, 289.
- Terre (Répartition des éléments constitutifs de la), 255.
- Terre (Tremblements de), 319.
- Terre et les cours d’eau (La rotation de la), 319.
- Tétraonidés (Les), 152.
- Thérapeutique des courants de haute fréquence (Application), 271. Thermomètres (Contrôle des), 142. Thermophile électrique (Le), 45.
- Thés de Chine (La décadence des), 414. Tir sans munitions (Le), 288.
- Torpille llowell, 260.
- Torpilles (Les), 572, 403.
- Torpilles automobiles (Les), 241. Torrents (La lutte contre les), 15. Tortue luth dans la Gironde (Capture d’une), 521.
- Tour Eiffel et le crépuscule (La), 50. Tourbillon humain (Le), 191.
- Train routier du colonel Itenard (Le), 91.
- Train sur routé perfectionné, 31.
- Trains (Suppression des arrêts des), 250.
- Traitement métallurgique des pyrites à or combiné, 14.
- Transatlantique (La lin d’un), 585. Transatlantiques sans première classe (Les nouveaux), 551.
- Transplanter ((Nouvel appareil à), 112. Transports automobiles (Les), 227. Tremblements de terre en Portugal en 1903, 159.
- Trésors du lit du Tibre (Les), 110. Trypanosomes (Les), 126.
- Trypanosomes (Identification de), 303. Trypanosomes africains (Les), 271.
- Tubes à radiographie (Régulateur des), 551.
- Tunnel du Simplon (Le), 51.
- Tunnel en spirale (Le record du), 279. Turbines à vapeur pour navires (Les),
- 291.
- Turbines à vapeur Rateau (Les), 103. Turkestan et Boukharie, 187.
- Y
- Vaisselle en charbon, 142.
- Véga et du Soleil (Éclats de), 222. Végétaux des hautes altitudes (Les), 223.
- Vélodrome de chambre, 416.
- Vélodrome d’hiver (Le), 269.
- Venins (Action des rayons du radium sur les), 207.
- Vent (La vitesse du), 565.
- Vêtements (Efficacité des), 159.
- Vigne (La brunissurc de la), 551.
- Vignes des forceries (Maladies des), 127. Vin à feuilles de vigne (Le), 190.
- Vis à pas métrique et tour à fileter anglais, 142.
- Visions d’art (Les), 219.
- Voitures de chemins de fer (Chauffage des), 161.
- Voitures régimentaires automobiles, 205. Voix (Comment on entend sa propre), 250.
- Vorticelles (Structure des), 555.
- Voûte de pierre (La plus grande), 567. Yovagc de 240 kilomètres en tramway (Un), 14.
- w
- Wagons métalliques sur les chemins de fer français (Grands), 599.
- Y
- Yacht de course (La voilure d’un), 262.
- Z
- Zoescope (Le), 368.
- p.420 - vue 424/536
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- fjBIBUOTHÈQü^S;
- M!
- %. w
- Acloque (A.). — Plantes à llenrs sans graines, 397.
- Athaxasiu (I.). — E.-J. Marey, 496.
- IL — Radium et hélium, 115.
- IL (D). — Nouveau signal pour les passages à niveau, 10. — La surchauffe dans les locomotives, 19. — Locomotive à pétrole pour mines, 119. — La consommation de la houille dans divers pays, 143. — Une méthode suédoise pour maçonner en plein hiver, 159. — La flotte japonaise, 174.
- — La consommation des locomotives du Transsibérien, 187. Locomotive traîneau, 219. — Tatouage électrique, 307. — Un atelier modèle à bord d’un transatlantique, 390. — Marteau électrique, 395.
- R. (11.). — L’alcoolisme et la pasteurisation des vins, 34. — Sous-marins anglais, 129. — Une ascension à 7130 mètres, 134. — La souris comme force motrice, 218. — Les nouvelles boissons hygiéniques sans alcool, 414.
- B. (J.). — L’étain au Laos, 58.
- R. (IL). — Le cycle de trente-cinq ans, 119.
- Barral (Jacques). — Alimentateur à eau bouillante, 203.
- Rellair (Georges). — Le froid, 122.
- Bellet (D.). — Barrages mobiles à cylindres, 119. — Gaz pauvre et gazogènes à aspiration, 145. — Une nouvelle machine à vapeur à quatre cylindres, 180. — La photogravure, 199, 247. — Une maisen soulevée de 49 mètres, 223. — Les chaudières aquatubulaires sur les navires de guerre, 274. — Les parcs et jardins des grandes villes, 275. — Une station électrique à gaz, 317. — L’industrie électrique aux États-Unis, 322. — Grands et petits moteurs de même puissance, 324. — Une scie excentrique, 330. — Les freins pour navires, 347. — Un pont cantilever Thibétain, 352.
- — Téléthermomètre Vila Forns, 368. — Une locomotive routière à usages multiples, 396.
- Besson (Paul). — Le radium, 70.
- Blanchard (Raphaël). —Sur une labiée à tige hexagonale, 116.
- Blondlot (B.). — Bayons N, 206.
- Bonnin (R.). — Le funiculaire du Vésuve, 4. — Pont de Connel-Ferry en Ecosse, 20. — Les routes en France et les anciens moyens de transport, 35. — Le tunnel du Simplon 51. — Les turbines à vapeur Rateau, 103- — Chauffage des voitures de chemin de fer, 161. — Expériences sur les pressions produites par le vent, 162. — Les résultats d’exploitation du canal de la Baltique, 210. — Accumulateur-régénérateur de vapeur, 231. — Le nouveau pont suspendu de New-York, 263. — Les turbines à vapeur pour navires, 291. — Le chemin de fer transsibérien et le lac Iiaïkal, 337.
- Bougeois (II.). — L’évacuation des ordures ménagères de New-York, 196. — Le tir sans munitions, 288. — Locomotive routière « Le pédrail », 308. — La fabrication du linoléum, 322.
- Bocrnon (Fernand). — Le mètre à Paris en 1799, 256.
- Boussac (P. Hippolyte).— La Mandara du Cheik cl-Beled, 391.
- Boyer (Jacques). — L’exposition Japonaise d’Osaka en 1903, 33. — L’essence de rose en Bulgarie, 49. — Affinage électrolytique du cuivre, 124. — Les brouillards de Londres, 147. — L’industrie des produits résiniers en Russie, 171. Nouveau procédé de préparation du café, 350. — La décadence des thés de Chine, 414.
- Brandicourt (Virgile). — Les méfaits du mérule pleureur, 202. — Tératologie végétale, 289.
- Breydel (A.). — L’énergie du radium, 370.
- Briet (Lucien). — Le cirque de Pinède, 55.
- Broca (A.). — Comment on lit les lettres, 166.
- Camarasa (Mis de). — Cadrans d'horloge à 24 divisions, 266.
- Cartaz (I)r A.). — Le beurre et la fièvre typhoïde, 2. — La dormeuse de Thenelles, 302. — L’héméralopie et Topo-thérapie hépatique, 363. — La consommation des eaux gazeuses, 379.
- Chalmarès (G.). — Un y blanchisserie modèle à Paris, 39. — Lumière électrique de poche, 63. — Le Tourbillon humain, 191. — Le chilumeau oxyacétyléuique, soudure autogène et lampe de projecteur, 328. — Bicyclettes nouvelles, 539.
- — Motocyclettes nouvelles, 387. — Vélodrome de chambre, 416.
- Chevalier (Marcel). — Les récentes inondations, 253.
- Clément (A.-L.). — Destruction des oiseaux nuisibles par la chasse au grand-duc artificiel, 47. — Les phyllies ou feuilles errantes, 72. — Les orobanches, 81. — Parasites des orangers, les clirysomphalus, 267. — Un légume nouveau a L’Ovidius », 385.
- Correvon (Henry). — Les jardins dans les murailles, 375.
- Cou pin (Henri). — La cochenille à graisse, 193. — La tarentule à ventre noir, 282. — La tiare des punaises, 311. — Les poissons qui parlent, 379. — Les nids des mésanges, 410.
- Courtois (E. ). — Curieux mode de greffage, 131.
- D. (W.). — Un hôpital pour les oiseaux, 234. — Une négresse blanche, 240.
- Danne (Jacques). — Les sels de radium, 214, 243, 276.
- Dehérain (Henri). — La traite des esclaves à Madagascar au xvne siècle, 401.
- Delauney (L'-colonel). — Les batteries d’attaque de l’artillerie autrichienne, 349.
- Dentker (J.). — Les pygmées de l’Afrique centrale, 212.
- Devyreu (Léon). — Ciguë et ombellifères, 10. — Le baume de chien, 378.
- Drancourt (\Y.). — Le looping dans le vide, 31. — Le vélodrome d’hiver, 269.
- Dupuy (Ch.). — L’aviation et le vol des oiseaux, 226.
- Durand (P.).— Les ressources houillères au Japon, 202.
- Duvoire. ;— Curieux mode de greffage, 131.
- Espitallier (L'-colonel G.). — L’aérostat « Le Djinn », 27. — Gros et petits ballons, 74. — Le ballon « Svenske », 83.
- — Le train routier du colonel Renard, 91. — La question de l’aviation, 168. — Concours d’aviation, 259. — Nouveaux appareils aérostatiques, 406.
- Fournier ^Lucien). — Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles, 65. — Les pompes à incendie automobiles, 234. — Un puits de mine de 1000 mètres, 344.
- Fournier (P.). — Correspondance; images sur les écrans phosphorescents, 286.
- G. (J.-F.). — Éléments magnétiques, 99.
- G. (M.). — Propagande métrique aux Etats-Unis, 222.
- Gasnier (Paui.). — Les transports automobiles, 227.
- Girard (Joseph). — Procédé nouveau pour déceler la céruse ou autres sels de plomb dans une peinture, 382. — Pétrole et matières colorantes, 386.
- Good (Arthur). — Joujoux en bouchons, 79.
- Gradenvitz (Dr A.). — Photographophone Ruhmer, 127.
- Giiéhant (Nestor). — Sur l’emploi du gaz d’éclairage, 3.
- Guarini (Emile). —La cuirasse Benedetti, 11. — A jfropos de la cuirasse Benedetti, 126. — Application des lunettes panoramiques aux canons, 135. — Filtre à lait Ulander, 158. — Échelle de sauvetage pneumatique, 175. — L'institut phototherapique Finsen, 183. — Labourage électrique, 251..
- Guglielminetti (Dr). — La guerre contre la poussière, 151.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Pression atmosphérique et chronométrie, 84.
- p.421 - vue 425/536
-
-
-
- 422
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHA RÉTIQUE.
- Hamberg (Axel). — Un météorographe enregistreur sur les Alpes de Laponie suédoise, 408.
- JIamy (E.-T.). — Les dessins topographiques de G.-A. Lesueur au musée du Havre, 299.
- IIenriot (E.). — Les animaux mélomanes, 35. — Les tétrao-nidés, 132. — Le lysol et ses applications dans l’arboriculture, 294.
- IIitzel (Capitaine). — Une illusion d’optique, 186.
- J. (JL). — Nouvelles machines frigorifiques à affinité, 140.
- Karl (Carolus). — Photographies coloriées, 394.
- L. (D.). — Suppression des arrêts des trains, 250.
- Laffargue (J.). — Moteurs appliqués aux dynamos, 6. —
- L’accumulateur Edison, 22. — Applications du chautrage électrique, 76. — Une sous-station électrique transportable, 122. — Appareils de mesure électriques, (système Meylan-d’Arsonval, 163. — Moteur électrique minuscule, 190. — Société française de Physique, exposition annuelle, 309.
- Lalande (IL). — Le thermophile électrique, tissus chauffant par l’électricité, 45.
- Ialoy (Dr I,.). — Les bateaux pousse-pied, 144. —. Insectes arachnides et myriapodes marins, 154. — Les grès à cavités de Sankt-Marlin, 209. — Comment on entend sa propre voix, 250. — Une ancre en bois, 333. — Le renne dans l’Alaska, 346.
- (.apparent (A. de). — Les anomalies de la pesanteur, 178. — Les pôles voyageurs, 305.
- Launay (L. de). —Les baguettes magiques, 113. — Les vertus des pierres précieuses, 315.
- Lebois (!).). — Les pots à eau chaude de l’Utah, 304. — L’automobilisme nautique, 313. — Becs à alcool, 363.
- Leroy (J.). — r.puration et combustion de l'acétylène, 43. — Voitures régimentaires automobiles, 205.
- Leroy (L.). — La cuirasse Benedetti, 78.
- Liotard (Ernest). — Muguet, 259. — Exposition florale de Nice, 502. — Plantes utiles coloniales, 371.
- M. — Le nouveau mammouth de Saint-Pétersbourg, 182. — Procédé de durcissement du fer, 595.
- M. (IL). — Renouvellement de l’air dans une grande salle,365.
- M. (P. de). — Appareil d’évacuation des fumées dans les tunnels, 25. — L’industrie du plâtre en France, 103. — Rouissage et bactéries, 194. — La voilure d’un yacht de course, 262. — Les nouveaux transatlantiques sans première classe, 331. — La foudre et les clôtures métalliques, 336. — La lutte contre les moustiques à lccole, 375.
- Maresciial (G.). — Le chronophone, 1. — Projections stéréoscopiques, 28. — Photographie, développement à la lumière blanche, 58. — Photographie, châssis auto-retoucheur Joux-Artiguc, pellicules Vidil-Lumière, 156. — Les visions d’art, 219. —Le Zoescope, 568. — Projections stéréoscopiques, 380. — Corps humain dans l’espace, 398.
- Marsy (A. de). — La dissociation de la matière et les radiations nouvelles, 172.
- Martel (E--A.). — La glacière naturelle de la Grâce-Dieu, 353. — Le record des ascensions et la plus liante montagne du monde, 374.
- Maumené (Albert). — Transplantation nocturne des arbres en végétation, 17. — Les orangers aux États-Unis et à .lalla, 100. — Les cultures grainières au Danemark, 285.
- Mégnin (Paul), La fourrière, 358.
- Mériel (P. de). —Nouvel appareil à transplanter, 112. — La transformation des constructions navales, 123. — I/accli-matation et le croisement des animaux sauvages, 148. — Une grue mobile de 150 tonnes, 177. — Une ferme à
- semences américaine, 225. — Colonnes gigantesques, 272.
- — L’élévateur sauterelle, 331.
- Meunier (Stanislas). — Sur les courants fossiles de la mer, 273.
- Nansouty (Max de). — Le nettoyage hygiénique par l’air comprimé, 24.
- Noaliiat (IL). — Les torpilles automobiles, 241. — Torpille Howell, 260. — Les torpilles, 372, 403.
- Nordling (VV. de). — L’unification des heures, 82, 102.
- Obalski (T.).— Les placers du Klondyke et de l’Alaska, 359.
- Ocagxe (M. d’). — Octave Callandrcau, 207.
- P. (IL de). — Doubles floraisons, 23. — Iloromètre, 54.
- I’arville (IL de). — Rayons N, 130. — Radiations humaines, 150. — Attelages élastiques, 198. — Henry Perrotin, 238.
- — Radium et hélium, 258. — Emile Duclaux, 369. — Emile Sarrau, 598.
- Paviot. — Une mule féconde, 584.
- Pellat (Solange). — La graphologie, 354.
- Pellegrin (Dr Jacques). .— Comment se nourrissent les pythons, 295. — Capture d une tortue luth dans la Gironde, 321.
- Périsse (Lucien). — Nouvelles applications du carborundum, 183.
- Plumandon (J.-R.). — Les crépuscules rouges, 325.
- Pradelle (R.-B.). — Les nouvelles automotrices du Central London, 97.
- R. (L.). — L’hydrographie et les ballons, 174. —Ancre modératrice, 278.
- Rabot (Charles). — Le recul des glaciers et la houille blanche, 7. — Le rat gondin et la mode, 19. — Le recul des glaciers, 115. — L’épaisseur de la glace en Sibérie, 230. — Le temps en Islande et le temps en Europe occidentale, 522.
- Ramakers (L.). — Un bureau central téléphonique moderne,
- 411.
- Reverchon (L.). — Le record du tunnel en spirale, 279.
- Robida (A.). — La lutte contre les torrents, 15.
- Rorida (Léo). — Le salon de l’automobile, 66, 87.
- Rudaux (Lucien). — Photographies des satellites de Jupiter, 195. — Lumière zodiacale, 257. — Observatoires d’amateurs, 555.
- Soi. va y (Ernest). — Sur l’énergétisation des corps radio-actifs, 333.
- Sui.zer. — Comment on lit les lettres, 166.
- T. (Em.). — La vitesse du vent, 365.
- Tissandier (A.). — Les sports et jeux d’adresse, 59. — L’établissement llagenbeck de Hambourg, 107. — Henri La-chambre, 126. —Une exécution en Chine, 134. — Palmier colossal, 160. — Lézards apprivoisés, 318.
- Touchet (E.). — La forme et la structure de l’éclair, 158.
- Varigny (Henry de). — Un nouveau fruit, 170.
- Yaulabei.le (Alfred de). — La décoration théâtrale, 342.
- Vézy (Jean). — Les horloges publiques, 199.
- Vilcoq (Albert). — La lilosité des pommes de terre, 319.
- Ville deuil (Charles de). — Académie des sciences (Séances hebdomadaires de U), 15, 31, 47, 62, 79, 94, 111, 127, 143, 158, 174, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 303, 318, 335, 351, 567, 583, 399, 415.
- Vitoux (Georges). — L’arc électrique au fer en photothéra-pie, 124, 399.
- Zeltner (Fr. de). — Le sens des sauvages, 42. — Les Indiens Mohaves, 95. — Turkcstan et Boukharie, 187.
- p.422 - vue 426/536
-
-
-
- 'f^lBUOîHCQllESi
- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- L’unification des heures CW.de Nordling). ... 82. 102
- Photographies des satellites de Jupiter (Lucien Rudaux). 195
- Lumière zodiacale (Lucien Rudaux)........................257
- Observatoires d’amateurs (Lucien Rudaux).................555
- Les étoiles nouvelles....................................587
- Observations des^taches du Soleil........................ 15
- La tour Eiffel et le crépuscule.......................... 50
- Observation de la lumière du Soleil...................... 51
- Une étoile variable dans le Cygne........................ 46
- Les bandes de Jupiter.................................... 94
- Atlas solaire............................................158
- Occultation d'Aldébaran..................................190
- Eclats de Véga et du Soleil..............................222
- L’amas d’IIercule........................................551
- Observation d’étoiles filantes...........................551
- La première comète de 1904 ............................. 566
- Physique générale.
- Projections stéréoscopiques (G. Mareschal)............... 28
- Le radium (Paul Besson).................................. 70
- Pression atmosphérique et chronométrie (Ch.-Ed. Guillaume) .................................................. 84
- Photographophone Ruhmer (Dr A. Gradlnwitz) .... 127
- Rayons N (H. de Parville)............................... 150
- Radiations humaines (H. de Parville).....................150
- La dissociation de la matière et les radiations nouvelles
- (A. de Marsy).........................................172
- Les anomalies de la. pesanteur (A. de Lapparent). . . 178
- Une illusion d’optique (Cne Hitzel)......................186
- Rayons N (R. Blondlot)...................................206
- Les sels de radium ((Jacques Banne) . . . . 214, 245, 276
- Comment on entend sa propre voix (Dr L. Laloy). . . 250
- Radium et hélium (II. de Parville).......................258
- Société française de physique, exposition annuelle
- (J. Laffargue)...................................... 509
- Le chalumeau oxy-acétylénique (G. Chalmarès). . . . 528
- Sur l’énergétisation des corps radio-actifs (Ernest
- Solvay)............................................. 355
- Becs à alcool (B. Leisois)...............................365
- Téléthermomètre Vila Forns (B. B)........................368
- L’énergie du radium (A. Breydel).........................570
- Les prix Nobel de physique............................... 46
- Progrès du système métrique en Angleterre. ... 46
- Radiations du corps humain............................... 47
- Distribution de la température dans l’atmosphère. 95 Action du radium sur les organismes inférieurs. . 111
- Le système métrique aux Etats-Unis.......................126
- Propriétés des rayons N. . . 127, 159, 223, 287, 519
- Propriété des rayons du radium.......................127
- Contrôle des thermomètres............................142
- Propriétés du radium.................................145
- Jjes gaz de l’atmosphère.............................143
- Emission de rayons N.................................145
- Spectre de l'air.....................................159
- Expérience de phosphorescence........................207
- Une variété de rayons N..............................225
- Phosphorescence et rayons N..........................255
- Propriétés physiologiques des rayons N...............271
- Cadran universel pour montres........................555
- Amortisseur d’oscillations...........................335
- Régulateur des tubes à radiographie..................551
- Les réactions chimiques et les rayons N..............367
- Résistance de l’air..................................399
- Phosphorescence......................................415
- Électricité théorique et appliquée.
- Moteurs appliqués aux dynamos (J. Laffargue). ... 6
- L’accumulateur Edison (J. Laffargue)...................... 22
- Le tliermophilc électrique (H. Lalande). ...... 45
- Lumière électrique de poche (G. Chalmarès) .... 63
- Applications du chauffage électrique (J. Laffargue) . . 76
- Une sous-station électrique transportable (J. L.) . . . 122
- Affinage électrolytique du cuivre (Jacques Boyer). . . 124
- L’arc électrique au fer en photothérapie (G. Vitobx). . 124
- Appareils de mesure électriques, système Meylan-d’Ar-
- sonval (J. Laffargue)...............................163
- Moteur électrique minuscule (J. L.).......................163
- Tatouage électrique (B. B.)...............................307
- Une station électrique à gaz (Baniel Bellet)..............317
- Marteau électrique (B. B.)................................395
- Un bureau central téléphonique moderne (L. Ramakers). 411
- Magnétisme de matériaux de construction................... 95
- Détérioration des accumulateurs...........................111
- Propriété des champs magnétiques..........................159
- Machine électrique à la jmraffinc.........................259
- L’effluviographie.........................................270
- Photographie.
- Le chronophonc (G. Mareschal)........................... 1
- Photographie, développement à la lumière blanche
- (G. M.)............................................. 58
- Photographie, châssis auto-retoucheur Joux-Artigue ;
- pellicules Yidil-Lumière (G. Mareschal)..............156
- La photogravure (Baniel Bellet)................ 199, 247
- Le zocscope (G. M.).....................................368
- Projections stéréoscopiques (G. Mareschal)..............380
- Photographies coloriées (Carolus Karl)..................394
- La foudre photographe...................................110
- p.423 - vue 427/536
-
-
-
- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- Chimie générale.
- Epuration et combustion de l’acétylène (J. Leroy). . . 43
- L’essence de rose en Bulgarie (Jacques Boyer). ... 49
- Le radium (Paul Besson)............................. 70
- Badium et hélium (B.)............................... 113
- Filtre à lait Ulander (E. Guarlm)...................138
- Nouvelles applications du carborundum (Lucien Périsse). 183
- La fabrication du linoléum (Henry Bougeois).........322
- Pétroles et matières colorantes (Joseph Girard) .... 380
- Procédé de durcissement du fer (M.)....................393
- Les nouvelles boissons hygiéniques sans alcool (11. IL). 414
- Traitement métallurgique des pyrites à or combiné. 14
- Ionisation par le phosphore......................... 47
- La densité du chlore................................... 94
- Panification de la farine............................. 95
- Papier d'ajoncs........................................143
- La composition variable du grisou..................... 158
- Action de la chaux sur le charbon......................158
- Ferment organique..................................... 175
- Combinaisons nouvelles du phosphore et du soufre. 175
- Formation des composés odorants........................175
- Le vin à feuilles de vigne.............................190
- Les objets en anthracite...............................190
- Inversion du sucre.....................................207
- Ce que contient Veau de pluie..........................259
- La consommation de l’huile de colon....................259
- Dissolution du silicium dans les métaux................255
- Le lait formolé........................................255
- La densité du fluor....................................271
- Un alambic primitif....................................354
- Propriétés du silicium.................................555
- Dissolution électrolytique du platine.. :..............567
- Saponification.........................................307
- Emploi des courants alternatifs en chimie..............385
- Solubilité du silicium dans l’argent...................385
- Le laboratoire des compagnies d’assurance de
- Chicago.............................................583
- Ciment Portland métallurgique..........................599
- Purification des fontes et aciers coulés par l'aluminothermie .............................................415
- Saponification des huiles..............................415
- Stérilisation du liège.................................415
- Effets des explosifs...................................415
- Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- L’étain au Laos (J. B.)................................ 58
- Éléments magnétiques (J.-F. G.)........................ 99
- Les baguettes magiques (L. de Launay)..................115
- Le cycle de trente-cinq ans (B. B.)....................119
- La forme et la structure de l’éclair (E. Touchet). . . 158
- Les brouillards de Londres (Jacques Boyer).............147
- Expériences sur les pressions produites par le vent (B. B). 162
- Le grès à cavités de Sankt-Martin (Dr L. Laloy) .... 209
- Les récentes inondations (Marcel Chevalier)...............253
- Sur les courants fossiles de la mer (Stanislas Meunier). 273
- Les pots à eau chaude de l’Utali (D. Lebois)...........304
- Les pôles voyageurs (A. de Lapparent).....................505
- Les vertus des pierres précieuses (L. de Launay). . . . 515 Le temps en Islande et le temps en Europe occidentale (C. R.).............................................3‘22
- Les crépuscules rouges (J.-R. Plumandon)..................325
- La foudre et les clôtures métalliques (P. de M.). . . . 336 Un puits de mine de 1000 mètres (Lucien Fournier). . 544
- La glacière naturelle de la Grâce-Dieu (E.-A. Martel). 353 Les placers du Klondyke et de l’Alaska (T. Obalski). . . 359
- La vitesse du vent (Eh. T.)...............................365
- Le record des ascensions et la plus haute montagne du
- monde (E.-A. Martel)...................................374
- Un météorographe enregistreur sur les Alpes de Laponie suédoise (Axel IIamberg)...................................408
- Anomalies magnétiques en France........................ 15
- La mer permienne....................................... 51
- La force primitive des espèces cristallines .... 31
- Magnétisme terrestre aux époques géologiques. . . 51
- La houille du Tonliin.................................. 94
- Les mouvements sismiques de l'Amérique du Sud. . 111
- Tremblements de terre en Portugal en 1903 .... 159
- Pseudo-insecte du silurien............................. 174
- Répartition des éléments constitutifs de la terre. . 255
- Les roches de l’éruption de la Martinique..........287
- Les anomalies de la pesanteur et les mouvements
- du sol...............................................505
- La rotation de la terre et les cours d eau......... 519
- Tremblement de terre....................................519
- L’acide formique dans l’atmosphère......................415
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Le beurre et la fièvre typhoïde (Dr A. Cartaz) .... 2
- Sur l’emploi du gaz d’éclairage (Nestor Gréiiant) ... 5
- Le nettoyage hygiénique par l’air comprimé (Max de
- Nansoüty). .......................................... 24
- L'alcoolisme et la pasteurisation des vins (H. B.) . . . 54
- L’arc électrique au fer en photothérapie (G. Yrroux). . 124
- Radiations humaines (II. de Parville)...................150
- L’Institut photothérapique Finsen (Emile Guarini) ... 185
- Rouissage et bactéries (P. de M.)......................194
- La dormeuse de Thenelles (Dr A. Cartaz).................502
- La graphologie (Solange Pellat).........................354
- L’héméralopie et l’opothérapie hépatique (Dr A. Cartaz). 565 Renouvellement de l’air dans une grande salle (H. M.). 565
- Le baume de chien (Léon Devyreu).......................578
- Parasite du foie chez l’homme........................... 51
- Influence de l’altitude sur le sang..................... 47
- Le cresson et ses dangers............................... 94
- Les radiations émises par le corps humain .... 95
- Action physiologique des rayons du radium .... 95
- J.a radiothérapie.......................................111
- Les trypanosomes........................................120
- Origine d’une fièvre des Indes.....................143
- Action des produits microbiens..........................175
- Le cardage des matelas et l’hygiène.....................191
- La cure de caves........................................191
- Le diapason et la réduction des fractures..............191
- Une clinique chirurgicale en wagon......................200
- Action curative du sérum humain....................207
- Cause de la surdité................................207
- Action des rayons du radium sur les venins. . . . 207
- Traitement du cancer....................................207
- Le lait formolé....................................... 255
- Assainissement d’Ismaïlia...............................255
- Application thérapeutique des courants de haute
- fréquence...........................................271
- Propriétés oxydantes de ferments artificiels. . . . 271
- Fracture des os longs...................................287
- Identification de trypanosomes..........................303
- Diagnostic des lésions..................................318
- Perforateur chirurgical.................................335
- Oscillations nerveuses..................................367
- Effets des anesthésiques sur l émission des rayons N'. 383
- Propagations des oscillations nerveuses.................585
- Cellules polynucléées...................................399
- Les anesthésiques et les radiations émises par les centres nerveux.......................................415
- Mécanique. — Art de l’ingénieur.
- Travaux publies. — Arts industriels.
- Le funiculaire du Vésuve (R. Bonnin)..................... 4
- Moteurs appliqués aux dynamos (J. Laffargue) .... 6
- Nouveau signal pour les passages à niveau (D. B.). . . 10
- La surchaulfe dans les locomotives (D. B.).............. 19
- Pont de Connel-Ferry, en Écosse (R. Bonnin)............. 20
- p.424 - vue 428/536
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Appareil d’évacuation des fumées dans les tunnels
- (P. de M.).............................................. 23
- Les routes en France et les anciens moyens de transport (II. Bonnin)....................................... 35
- Une blanchisserie modèle à Paris (G. Chalmarès) . ... 59
- Le tunnel du Simplon (R. Bonnin)....................... 51
- Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles (Lucien Four-
- xier) ................................................. 65
- Le salon de l’automobile (Léo Robida)............66, 87
- Le train routier du colonel Renard (P-c1 G. Ëspitaelieb) . 91
- Les nouvelles automotrices du Central London (R. R. Piia-
- delle)................................................. 97
- Les turbines à vapeur Rateau (R. Bonnin)...................103
- Locomotive à pétrole pour mines (D. B.)................119
- Barrages mobiles à cylindres (Daniel Bellet)...............119
- Nouvelles machines frigorifiques à affinité (H. J.) . . . 140
- Gaz pauvre et gazogènes à aspiration (Daniel Bellet) . 145
- Une méthode suédoise pour maçonner en plein hiver
- (I). B.)......................'.....................159
- Chauffage des voitures de chemins de fer (R. Bonnix) . . 161
- line‘grue mobile de 150 tonnes (P. de Mériel) .... 177
- Une nouvelle machine à vapeur à quatre cylindres
- (Daniel Bellet)........................................180
- La consommation des locomotives du Transsibérien ( D. B). 187
- Attelages élasliques (II. de Parville)....................198
- Alimcntaleur à eau bouillante (Jacques Barrai.) .... 203
- Locomotive traîneau (D. B.)...............................219
- Les transports automobiles (Paul Gasnier).................227
- Accumulateur-régénérateur de vapeur (II. Bonnin). . . 231
- Les pompes à incendie automobiles (Lucien Fournier) . 234
- Suppression des arrêts des trains (D. L.)................250
- Le nouveau pont suspendu de New-York (R. Bonnin). . 263
- Les chaudières aqualubulaires sur les navires de guerre
- (D. B.)................................................274
- Le record du tunnel en spirale (L. Reverchon) .... 279
- Les turbines à vapeur pour navires (R. Bonnin) .... 291
- Locomotive routière « Le pédrail » (Henry Bougeois). . 508
- Grands et petits moteurs de même puissance (Daniel
- Bellet)................................................324
- Une scie excentrique (D. B.). 330
- L’élévateur sauterelle (P. le Mériei.)....................551
- Le chemin de fer transsibérien et le lac Baïkal (R. Box-
- mn)....................................................357
- Bicyclettes nouvelles (G. Chalmarès)......................539
- Un pont cantilever thibétain (D. B.)......................552
- Le garage à bicyclettes d’une grande usine................366
- Motocyclettes nouvelles (G. Chalmarès)....................387
- Une locomotive routière à usages multiples (Daniel Bellet) 596
- Houes à rayons sans soudure............................. 14
- Propriétés suslentatrices des hélices................... 15
- Train sur route perfectionné............................ 31
- Nouvelle scie double....................................110
- Vis à pas métrique et tour à fileter anglais .... 142
- La vitesse des locomotives..............................158
- Locomotives françaises en Angleterre....................174
- Le frottement de pivotement...............................223
- La plus grande voûte de pierre..........................367
- Grands wagons métalliques sur les chemins de fer
- français...............................................599
- Bogies à un seul essieu...................................414
- L’étanchéité du béton aux eaux d’infiltration. . . . 415
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- Ciguë et ombellifères (Léon Devyreu)..................... 10
- Le rat gondin et la mode (Charles Rabot)................. 19
- Doubles iloraisons (H. de P.)............................ 23
- Les animaux mélomanes (E. Henriot)....................... 55
- Destruction des oiseaux nuisibles par la chasse au grand-
- duc artificiel (A.-L. Clément)....................... 47
- Les phyllies ou feuilles errantes (A.-L. Clément) ... 72
- Les orobanches (A.-L. Clément)........................... 81
- Les oranges aux Etats-Unis et à Jalla (Albert Maurené) . 100
- L’établissement Hagenbeck de Hambourg (A. Tissandier). 107
- Nouvel appareil à transplanter (P. de Mériel).......112
- Sur une labiée à tige hexagonale (R. Blanchard) . . . 116
- Le froid (Georges Bellair).............................122
- Les tétraonidés (E. Henriot)...........................132
- L’acclimatation et le croisement des animaux sauvages
- (P. de Mériel)......................................148
- Insectes arachnides et myriapodes marins (I)r L. Laloy). 154
- Palmier colossal (A. T.)...............................160
- Un nouveau fruit (Henry de Vaiugny)....................170
- L’industrie des produits résiniers en Russie (Jacques
- Boyer)................................................171
- Le nouveau mammouth de Saint-Pétersbourg (M.). . . 182
- La cochenille à graisse (Henri Coupin).................193
- Les méfaits du mérule pleureur (V. Brandicourt) . . . 202
- Un hôpital pour les oiseaux (YY. I).)..................234
- Muguet (Ernest Liotard)................................259
- Parasites des orangers; les chrysomphalus (A.-L. Clément) ..................................................267
- La tarentule à ventre noir (Henri Coupin)................285
- Tératologie végétale (Y. Brandicourt)....................289
- Comment se nourrissent les pythons (Dr Jacques Peli.e-
- grin).................................................295
- La tiare des punaises (Henri Coupin).....................311
- Lézards apprivoisés (A. Tissandier). . . .'..............518
- Capture d’une tortue luth dans la Gironde (Dr Jacques
- Pellegrin)............................................521
- Destruction considérable d’oiseaux dans la baie de Cardigan ..................................................554
- Nouveau procédé de préparation du café (J. Boyer) . . 550
- Plantes utiles coloniales (Ernest Liotard)...............571
- La lutte contre les moustiques à l’école (P. de M.) . . 375
- Les jardins dans les murailles (Henry Correvon). . . . 375
- Une mule féconde (Paviot)..............................584
- Plantes à fleurs sans graines (A. Acloque)...............597
- Les nids des mésanges (Henri Coupin).................... 410
- Destruction des larves d'insectes........................ 31
- Origine réelle des perles............................ . 47
- Un laboratoire pour l’étude de la végétation désertique .................................................. 94
- Culture chinoise des narcisses à bouquet.................127
- La nocivité des mouches..................................223
- La reproduction de l'oïdium............................223
- Les végétaux des hautes altitudes......................225
- Destruction des animaux nuisibles........................258
- Le prix des pigeons voyageurs..........................239
- Modifications organiques dues à l’obscurité..............255
- Le loup de mer...........................................271
- Les trypanosomes africains...............................271
- Accommodation de l’œil des insectes......................271
- Les champignons colorants................................287
- Aménagement des grottes de Padirac.......................287
- Germination des orchidées............................ . 287
- Résistance des rats à l’arsenic..........................287
- La méduse du lac Victoria Nyanza.......................355
- Jardins et parcs des grandes villes......................535
- Structure des vorlicelles................................535
- La germination des orchidées. ...........................551
- Acclimatation du faisan dans la Norvège méridionale....................................................367
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Le recul des glaciers et la houille blanche (Ch. Rabot). 7
- Le cirque de Pinède (Lucien Briet)...................... 55
- Le recul des glaciers (Ch. Rabot).......................115
- Un& ascension à 7130 mètres (H. B.)................. . 134
- Turkestan et Boukharie (F. de Zeltner)..................187
- L’épaisseur de la glace en Sibérie (Charles Rabot). . . 250
- Le chemin de fer transsibérien cl le lac Baïkal (R. Bonnin) ....................................................• 337
- Le renne dans l’Alaska (Dr L. Laloy)....................346
- Missions archéologiques allemandes en Turquie d’Asie..................................................... 14
- p.425 - vue 429/536
-
-
-
- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- L’explorateur Nordenshjbld........................... 30
- Carte bathymétrique générale.........................111
- Exploration des grottes de Menton................... 111
- Lac d’Aral.......................................... 142
- La mission Chevalier.................................222
- Les lacs d’Ecosse....................................223
- Recherche d’explorateurs.............................335
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Les sens des sauvages (F. de Zeltner).................. 42
- Les Indiens Moliaves (F. de Zeltner)................... 05
- Les pygmées de l’Afrique centrale (J. Deniker) .... 212
- Une négresse blanche (AV.' D.)............................240
- La Mandara du Cheik el-Beled (P. Hippolyte Boussac) . 591
- La traite des esclaves à Madagascar au xvne siècle (Henri
- IJehérain).............................................401
- Les géants................................................334
- Art militaire. — Marine.
- La cuirasse Benedetti (Émile Gdarini)..................... 11
- La cuirasse Benedetti (L. Lerot).......................... 78
- La transformation des constructions navales (P. de
- Mériel).............................................. 125
- A propos de la cuirasse Benedetti (Cdaui.ni)..............120
- Sous-marins anglais (H. II.)............................. 120
- Application des lunettes panoramiques aux canons (F.
- Gdarini)...............................................135
- Les bateaux pousse-pied (Dr L. Lai.oy)................... 144
- La Hotte japonaise (I). B.)...............................174
- Voitures régimentaires automobiles (J. Leroy).............205
- Les torpilles automobiles (11. Noalhat)...................241
- Torpille Howell (II. Noalhat).............................200
- La voilure d’un yacht de course (P. de 31.)............202
- Les chaudières aqualubulaires sur les navires de guerre
- (D. B.)................................................274
- Ancre modératrice (L. R.).................................278
- Le tir sans munitions (IIexrï Bodgeois)...................288
- L’automobilisme nautique (D. Lebois)......................513
- Les nouveaux transatlantiques sans première classe
- (P. de M.)..........................................531
- Une ancre en bois (L)r L. Laloy)..........................335
- Les freins pour navires (Daniel Belllt)...................547
- Les batteries d’attaque de l’artillerie autrichienne (L‘-co-
- lonel Deladney)........................................549
- Les torpilles (II. Noalhat)...................... 372, 403
- Un atelier modèle à bord d’un transatlantique (D. B.). 590
- Le plus grand navire du monde.............................410
- Une académie technique militaire en Allemagne. . 142
- Canot glissant pneumatique................................303
- La fin d’un transatlantique.............................. 583
- Aéronan tique.
- L’aérostat « Le Djinn » (L*-colonel G. Espitallier). . . 20
- Gros et petits ballons (L‘-colonel G. Espitallier) ... 74
- Le ballon « Svenske » ([/-colonel G. Espitallier). . . 83 La question de l’aviation (L'-colonel G. Espitallier) . . 108
- L’hydrographie et les ballons (L. II.)....................174
- L’aviation et le vol des oiseaux (Cii. Dupe y).........220
- Concours d’aviation (G. E.)...............................259
- Nouveaux appareils aérostatiques(L‘-colonel G. Espitallier) 400 L'emploi des ballons à l’exploration des cavernes . 14
- Notices nécrologiques. Histoire de la Science.
- Henri Lachambre (A. Tissandier)..............................126
- Octave Callandreau (31. cI’Ocagne)...........................207
- Henry Perrotin (H. de Parville)..............................258
- Ferdinand Fouqué (E. JIascaiit)..............................254
- Le mètre à Paris en 1799 (Fernand Bodknon)................256
- Émile Duclaux (H. de Parville).......................509
- Stanley (B.).........................................597
- Emile Sarrau Henri de Parville)......................598
- E.-J. 3Iarey (I. Atiianasid)........................ 400
- Une médaille de la Société royale de Londres ... 30
- Décès de M. Callandreau............................. 191
- Hommage à M. Bouchard................................207
- Décès.................................... 225, 585, 599
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Séances de l’Académie des sciences (Ch. de Vili.edeuil), 15, 31, 47, 02, 79, 94, 111, 127, 143, 158, 174, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 303, 318, 335,
- ’KQ’t itoo
- L’exposition japonaise d’Osaka en 1903 (Jacques Boyer). 53
- L’exposition de laiterie de Hambourg....................... 59
- Travaux de l’Association des Académies.......................127
- Exposition florale de Nice (Ernest Liotard)..................502
- Société française de physique, exposition annuelle
- (J. Lafeap.gue)...........................................309
- Elections à l’Académie des sciences, 271.. . . 584, 599 La Société d’histoire naturelle d'Aulun ..’.... 551
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- Transplantation nocturne des arbres en végétation
- (A. Maumené)........................................ 17
- Curieux mode de greffage (E. Courtois et Duvoire) . . 151
- Une ferme à semences américaine (Pierre de Méiuel) . 225
- Labourage électrique (Emile Gdarini)...................251
- Les cultures grainières au Danemark (A. 3Iaumené) . . 285
- Le lysol et scs applications dans l’arboriculture (E. IIen-
- iuot).................................................294
- Les machines agricoles américaines ........ 510
- La filosité des pommes de terre (Albert Vilcoq) . . . . 519
- Un légume nouveau « l’Ovidius » (A.-L. Clément). . . 385
- Une maladie des pommes de terre........................ 51
- Maladie des vignes des forceries ........................127
- Culture du black-rot.....................................159
- La brunissure de la vigne................................ 351
- Un moulin à sucre indien.................................414
- Science pratique et récréative.
- Joujoux en bouchons (Arthur Good)...................... 79
- Le tourbillon humain (G. Ciialmarès).....................191
- Les visions d’art (G. JIaresciial).......................219
- Corps humain dans l’espace (G. 31.)......................599
- Vélodrome de chambre (G. Ciialmarès).....................416
- Variétés. — Généralités. — Statistique.
- La lutte contre les torrents (A. Robida)............... 15
- Le looping dans le vide (W. Drancourt)................. 51
- Horomètre (H. de P.)..................................... 54
- Les sports et jeux d’adresse (A. T.)..................... 59
- L'industrie du plâtre en France (P. de 31.)..............105
- Une exécution en Chine (AT.).............................134
- La consommation de la houille dans divers pays (I). B.) 145
- La guerre contre la poussière (Dr Gugi.ielminetti) . . . 151
- Comment on lit les lettres (André Broca et Sulzer) . 106
- Échelle de sauvetage pneumatique (Émile Gdarini) . . 175
- L’évacuation des ordures ménagères de New-York
- (II. Bodgeois)........................................196
- Les horloges publiques (Jean Vezy).......................199
- Les ressources houillères au Japon (P. Durand) . . . 202
- Les résultats d'exploitation du canal de la Baltique
- (R. Bonnin)...........................................210
- La souris comme force motrice (H. B.)..................218
- Propagande métrique aux États-Unis (31. G.)............222
- Une maison soulevée de 49 mètres (Daniel Bellet). . 225
- p.426 - vue 430/536
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Cadrans d’horloge à 24 divisions nu Camarasa). . .
- Le vélodrome d’hiver (AV. Dhancourt)..................
- Colonnes gigantesques (Pierre de Mériel)..............
- Les parcs et jardins des grandes villes (Daniel Bellet). Correspondance; images sur les écrans phosphorescents
- (P. Fournier)......................................
- Les dessins topographiques de C.-A. Lcsueur au muséum du Havre (E.-T. IIamy)...........................
- L’industrie électrique aux États-Unis (D. B.).........
- La décoration théâtrale (A. de Vaulabelle)............
- La fourrière (Paul Mégnin)............................
- Les poissons qui parlent (Henri Coupin)...............
- La consommation des eaux ga/euses (Dr A. Cartaz). . Procédé nouveau pour déceler la cérusc ou autres sels de plomb dans une peinture (Joseph Girard). .
- La décadence des thés de Chine (Jacques Boyer) . . . 414
- Le record du saut en hauteur pour chiens.............. 14
- Un voyage de 240 kilomètres en tramway................ 14
- Élections, fil, 111...........................145, 287
- Annuaire du bureau des hngitudes pour 1904 ... 47
- Le Louvre............................................. 94
- Le commerce du lait à New-York........................110
- Les trésors du lit du Tibre...........................110
- Vaisselle en charbon..................................142
- Efficacité des vêtements..............................ISO
- Le système métrique en Angleterre.....................222
- Pavage d'acier........................................287
- Une école pour perroquets.............................507
- Bouteilles géantes....................................582
- Dallage en carton.....................................583
- 206
- 269
- 272
- 275
- 286
- 299
- 522
- 343
- 357
- 379
- 379
- 382
- FIN DES TABLES
- p.427 - vue 431/536
-
-
-
- Page 38, col. 1, ligne 41.
- Page 154, col. 1, ligne 10 :
- Page 283, légende de la lig. 2.
- ERRATA
- Au lieu de : 1644.
- Il faut : 1461.
- lieu de : 15 à 20 centimètres carrés.
- Il faut .‘"15 à 20 centimes par mètre carré.
- Au lieu de : la Compagnie Triiolium.
- Il faut : la Compagnie Trifolium.
- Page 286, col. 2, ligne 2. Page 570, col. 1, ligne 4. Page 581, col. 2, lig. 5.
- Au lieu de : Le séchage Il faut : Le triage
- Au lieu de : qu’il croyait Il faut : qu’il savait
- La vue supérieure de< la figure représente l’appareil stéréotélescope de MM. Papigny et Mattey.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus. 9.
- p.428 - vue 432/536
-
-
-
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —<£— S. M. Oscar II a reçu de Nordenskjôld une dépêche qui a «té communiquée à la Société de géographie et d’anthropologie de Stockholm par ie ministre Palander, En voici le résumé. L’expédition antarctique est de retour à Buenos-Ayres, à bord du vapeur « l’Uruguay » du gouvernement Argentin. L’hivernage a duré vingt mois. L’expédition a fait des observations intéressantes et recueilli de nombreuses collections. On a exploré la Terre du Roi Oscar et poussé des pointes en traîneau jusqu à 700 kilomètres de distance. La première année il a fallu supporter un froid très dur ; Anderson, Duse et Gruden ont exploré l'archipel inconnu au nord de l'île Sydney. L’ « Antarctic », en essayant de s’engager dans la même voie, a été emprisonné par les glaces qui l’ont écrasé pendant une forte tempête. Il a coulé le 12 février 1903. Tout le monde a été sauvé. Après seize jours d’efforts continuels sur les icebergs, on a atteint lile Poulet où l’on a hiverné dans une caverne de pierre. La plupart des collections faites l’été ont été perdues dans le naufrage de 1’ « Antarctic ». Par contre, on a pu sauver toutes les observations, y compris la carte du canal d’Orléans, et les résultats des recherches hydrographiques faites à Brandfield Strait, le fond océanique le plus froid que l’on connaisse.
- —Parmi les parlementaires anglais venus, à Paris, se trouve lord Avebury. Or, lord Avebury, c’est sir John Lubbock élevé au rang de lord par la reine Victoria. L’illustre savant anglais, l’auteur des « Origines de la civilisation », des « Ages préhistoriques », des « Fourmis et des abeilles », etc., a été reçu samedi par la Société d’anthropologie qui tenait à lui exprimer son admiration pour ses travaux. Un déjeuner lui a été offert. A cette petite réception d’ordre intime assistaient MM. J. Deniker du Muséum, vice-president de la Société, Pozzi, Dr Thulié, Dr Capitan, Yves Guyot, Jules Roche, Dr G. Hervé, etc.
- —Ht— Tsous avons le regret d'annoncer la mort du professeur Proust, membre de l’Académie de médecine, inspecteur général des services sanitaires.
- —Ht— Coût de l’existence : Il est assez curieux de savoir ce que coûte annuellement, en moyenne, la vie de chaque habitant dans les différents pays. Voici quelques chiffres instructifs : Portugal, 281,r,85; Allemagne, 504fr,15; Canada, 577rr,70; France, 601fr,85; Angleterre, 743fr,40; Etats-Unis, 820,r,20: Australie, 909,r,75. L’effort fait dans chaque pays pour gagner sa vie ne coïncide pas du tout avec la somme nécessaire à l’existence; ainsi, pour gagner les sommes ci-dessus, il faut arriver aux chiffres suivants de jours de travail; Portugal, 177 ; Allemagne, 148; France, 132; Angleterre, 127; Australie, 100. Ainsi, si c’est au Portugal que la vie est le moins chère, c’est le pays où il faut travailler le plus, tandis que c’est le contraire pour l’Australie, qui, toutes proportions gardées, -est le pays le plus privilégié. Avis à ceux qui ne redoutent pas les longs voyages!
- —Ht— M. Goss, le professeur bien connu de l’Université américaine Purdue, estime qu’on aura grand profit à adopter pour les locomotives les dispositifs de chargement automatique du combustible (dispositifs qui sont couramment employés en Amérique pour les usines et foyers fixes). Il est d’avis qu’on pourra ainsi reculer considérablement la limite d’accroissement de puissance des machines, alors qu’acfuellement on demande au chauffeur à peu prés le maximum de ce que permet la force musculaire.
- —Ht— Consul, le chimpanzé dont nous avons parlé dans le n° 1592 du 28 novembre 1903, p. 415, a été présenté le 24 novembre aux membres de la Société zoologique de France, convoqués à cet effet à la Faculté de médecine, dans le laboratoire du professeur R. Blanchard. Une causerie explicative a été faite par le Dr J. Guiart, professeur agrégé et secrétaire général de la Société
- zoologique. Consul a ensuite exécuté les différents exercices qui lui sont familiers. Mis en présence d’un cercopithèque que possède le laboratoire, il a pris les poses les plus curieuses et les plus intelligentes, manifestant d’abord une certaine frayeur, puis se rassurant et provoquant alors cet adversaire imprévu par des appels de pied, comme à la salle d’armes, et par de prudentes bourrades de coups de poing.
- —Ht— D’après le « Moniteur vinicole » la récolte des vins en 1905 serait environ de 35 à 56 millions d’hectolitres pour la France continentale. L’Algérie, la Tunisie et la Corse fournissent en outre prés de 6 millions d’hectolitres.
- Le touriste craint l’automobile qui va trop vite, mais il en veut au chauffeur qui soulève derrière lui des nuages de poussière. Les riverains des routes fréquentées par les automobilistes sont navrés, les villas sont rendues inhabitables, les meubles, quoi que l’on fasse, se couvrent chaque jour d’une couche épaisse de poussière, les arbres sont souillés et il n’est plus de verdure là où l’automobile est passée. Les automobilistes eux-mêmes se sont rendus compte de ce fâcheux état de choses, et ils se sont mis à étudier les moyens d’y remédier. Ils ont fondé « la Ligue contre la poussière»; le président est M, le Dr Lucas-Championniére.
- —Ht— M. Branson, de Leeds. a fait des expériences sur la façon dont un mélange de chlorures de radium et de baryum supportait l’humidité. Après mouillage à l’eau, et séchage, là radio-activité n’était que réduite, etreprenait son énergie après avoir été soumise 15 minutes à une température de 150° C. Placé dans la benzine et séché ensuite, le sel en question émettait un peu moins de rayons lumineux ; mais si, pendant quelques heures, on le mettait en présence d’une atmosphère saturée d’humidité, la phosphorescence disparaissait totalement, au point qu’il ne pouvait, avec une exposition de 50 secondes, impressionner une plaque photographique.
- —Ht— La commission des inventions du ministère de la guerre s’est occupée récemment d’une nouvelle mitrailleuse imaginée par un soldat du 145e d’infanterie, Eugène Dumortier. Cette mitrailleuse est portée par un chariot à quatre roues, dont l’avant-train se meut suivant le principe de direction des voitures automobiles. La plateforme d’acier sur laquelle elle repose est mobile autour d’un axe, de telle sorte que l’on peut à volonté diriger vers la droite ou vers la gauche le feu des deux batteries. Une batterie se compose de dix canons de fusil genre Lebel, fixés sur une traverse. Au milieu de la traverse, un canon de pointage. Pour viser, après que la distance a été donnée, on dirige, au moyen d’une manivelle, la ligne de mire passant par la hausse et le guidon du canon de pointage, sur le but. Les uix canons suivent le mouvement et toute la batterie se trouve ainsi amenée au point voulu. L’opération se répète pour la seconde batterie, placée au-dessous de la première et commandée par une seconde manivelle. Chaque batterie étant indés pendante de l’autre on peut tirer à la fois à 2000 et 300 mètres, par exemple. Le chargement s’effectue à la simple manœuvre d’un levier commun aux vingt culasses. La mitrailleuse peut tirer une moyenne de 450 cartouches Lebel par minute.
- —lit— Le sixième congrès postal universel se tiendra à Rome le 21 avril 1904. Les gouvernements de tous les pays ayant adhéré à l’Union postale, et aussi ceux de la Chine, de l’Abyssinie, du Maroc et de l’Afghanistan, les seuls pays encore en dehors de l’Union, enverront des délégués. Pour base de scs travaux, le Congrès étudiera l’accord pour l’échange des lettres et boîtes avec valeur déclarée; la convention pour l’échange des colis postaux; l’accord sur le service des mandats-poste; l’accord sur le service des recouvrements; l’accord pour les livrets de caisse d’épargne; l’accord sur l'abonnement aux journaux par le canal de la poste. La langue française est adoptée pour les discussions et pour les actes du Congrès.
- 1
- p.1 - vue 433/536
-
-
-
- 9
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de Tannée.
- Communications. —M. E. Ribeaud, à Lucerne, nous écrit: « Si Ton place un œuf frais sur une table et qu’on lui imprime un mouvement de rotation rapide, il tourne autour de son petit axe. Un œuf cuit dur, dans les mêmes circonstances, se redresse et tourne autour de son grand axe, la pointe en haut. L’œuf dur, placé dans l’eau salée, du poids spécifique de 1,027, prend la position verticale, la pointe tournée vers le bas : Y œuf cru se comporte de la même manière, à moins qu’il ne soit fort récemment pondu, auquel cas, il reste couché au fond du vase. D’où proviennent ces différences? ». Mais tout bonnement de la densité variable de l’œuf et des changements de son centre de gravité. Le centre de gravité se déplace quand l’œuf n’est plus homogène. On se sert même des différences de densité pour préjuger de la fraîcheur d’un œuf. Un œuf vieux a perdu de l’eau par la coquille et sa densité change, etc., etc. Ces faits sont bien connus.
- M. Edouard Peyrusson, professeur de toxicologie et de chimie à l’école de médecine et de pharmacie de Limoges, nous a fait parvenir une brochure intitulée la Vie, où, après avoir envisagé la plupart des problèmes biologiques, M. l'eyrusson arrive à cette conclusion que la vie des mondes se présente sous des apparences assez simples, et dont l’étude de Técorce terrestre peut donner une idée; au contraire, la vie organique résulte d’un ensemble de faits qui nous échappent.
- M. P. Tavernier, à Bordeaux, nous écrit à propos des végéta tions. anormales signalées dans les « Nouvelles scientifiques » des n0’ 1589 du 7 novembre 1903 et 1591 du 21 novembre 1905, pour nous informer que dans son jardin il a actuellement des quantités de framboises parfaitement mûres et excellentes comme goût et comme odeur.
- M. le chevalier de la Broise, à Montplaisir, nous adresse les lignes suivantes : « Je viens vous signaler un fait curieux que j’ob-serve depuis quelque temps. Parmi les canes d’appel que j’emploie pour la chasse au canard à la hutte, il s'en trouve une, actuellement âgée de trois ans, qui depuis le printemps perd ses plumes de cane et prend progressivement le plumage du canard. Cette cane était autrefois pareille aux autres; elle a )ondu et élevé des couvées. Actuellement elle a le ventre gris, e jabot brun rouge, les ailes et la plume frisée de la queue du canard. Le cou et la tète sont grisâtres, mais les plumes ont déjà par endroit le reflet vert. La cane a cessé de pondre depuis que son plumage se transforme. Elle a encore autour des ailes des plumes de cane. Ces canards que nous employons pour la chasse ressemblent beaucoup au canard sauvage. »
- M. le DT E. Mauriac nous a fait parvenir une brochui’e intitulée : le Vin au point de vue médical, où il examine les qualités thérapeutiques des divers crus, ainsi que des vins dits médicinaux. Il a su se garder d’un optimisme exagéré, en définissant les cas nombreux où l’usage du vin est contre-indiqué.
- Renseignements. — M. C. Caron, à Riom. — Dans les Ire, 2% 3e et 4® séries des « Recettes et procédés utiles », sont indiquées plusieurs formules pour communiquer au cuivre la patine du bronze vert.
- M. Caron, à Paris. — 1° L’adresse de ce phonographe a été donnée en tète de la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1588 du 31 octobre 1903. — 2“ Nous ne pouvons vous transmettre cette indication, que seul un spécialiste peut vous fournir : nous croyons que vous trouverez difficilement un métal remplissant toutes ces conditions.
- M. Hector Dupont, à Genève. — Les vases poreux des piles-Leclanché hors d’usage renferment du charbon et du bioxyde de manganèse réduit; on ne peut guère les utiliser.
- M. L. H., à Paris. — 1° Cette opération est décrite dans le manuel du Tanneur, de l’Encyclopédie Roret : librairie Mulo,
- 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 2° Nous ne connaissons aucune préparation analogue.
- M. Saussié, à Paris. — Vous trouverez des ventilateurs d’appartements aux adresses suivantes : M. Boivin, 16, rue de TAbbaye; M. Gérard, 3, place Daumesnil, à Paris.
- M. Gervais, à Caudebec. — Nous n’avons pu nous proeurer cette adresse et nous vous retournons votre lettre.
- M. M. A., à Lille. — 1° Nous ne voyons pas d’ouvrage classique répondant à votre désir : Consultez l’EncycIopédie-Larousse. — 2° Le manuel du Relieur, de TEncyclopédie-Roret, contient les indications les plus complètes sur le travail des cuirs à l’adresse indiquée plus haut.
- M. L. R., a Mortagne. — 1° Vous pourriez remplar cer vos verres de lanterne par deux épaisseurs de papier anactinochrine, en vente chez MM. Radiguet et Massiot,
- 13, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. — 2° Il vous-est facile de prendre un abonnement chez votre libraire, qui devra nous indiquer quel est son commissionnaire 5 Paris. — 3° Ce sont les nécessités de mise en pages qui nous obligent à placer nos illustrations comme elles le sont actuellement : il nous est impossible d’y rien modifier.
- M. J. Décondé, à Mons. — La cause de votre insuccès est probablement que l’aiguille était aimantée et que ce qu’on vous vendait comme aimant n’en était pas un.
- M. C. R., à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas de procédé spécial pour coller le caoutchouc sur la fonte ; il faudrait d’ailleurs savoir à quel usage l’ensemble est destiné.
- M. Delpérieu, à Tours. — Voir dans la 5° série des Recettes-et procédés utiles deux méthodes de durcissement du plâtre, p. 111 et 115 : librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Herrgott, à Valdoie. — Dans le « Traité de physique industrielle » de M. L. Ser, vous trouverez au tome II, page 717 et suivantes, les renseignements les plus complets sur le chauffage des lieux habités.
- M. le comte de Moisville, à Evreux. — 1° Les chaudières locomobiles tubulaires à tirage forcé produisent de 40 à 50 kilogrammes de vapeur par mètre carré de surface de chauffe ; d’autre part, la quantité de vapeur consommée par cheval-heure varie de 10 à 30 kilogrammes suivant le modèle de machine.
- — 2° Le sel excitant dans les piles Leclanché est le chlorhydrate d’ammoniaque. — 3° On ne peut déterminer le diamètre des fils d’jme dynamo sans çonnaître, en plus de la tension et de l’intensité, la vitesse angulaire, le mode d’excitation,, le nombre de pôles, la forme générale.
- M. P. Ducaroy, à Albigny. — Les adresses que vous demandez sont les suivantes : Société française des pompes Worthington, 43, rue Lafayette, Société des pompes Westinghouse 1, rue Saint-Georges, à Paris.
- M. A. Mauny, à Cerisy-la-Salle. — 1° Il faut vous adresser à la Compagnie universelle d’acétylène, 56, rue de Châteaudun, à la Compagnie universelle d’acétylène 18, rue des Grandes-Carrières, ou à la Société générale de l’acétylène 102, rue Amelot, à Paris. — 2° Nous ne savons si l’éclairage par manchons incandescents à l’acétylène a été réalisé pratiquement.
- — 3° 11 nous est absolument impossible, à notre regret, de vous indiquer où vous pourriez vous procurer de la mélasine.
- M. le Dr Cordier, à Belfort. — Tous vos essais sur la construction des piles humides pour l’allumage des moteurs sont intéressants. Pour augmenter l’intensité de ces piles, nous pensons qu’on ne peut avoir recours qu’à des surfaces plus' grandes de charbon. La compression du mélange dépolarisant ne doit pas avoir, nous semble-t-il, une influence bien sensible.
- M. H. J. F., à Z. — Nous avons décrit les « Pierres de tète » dans le n° 1183 du 1er février 1896, p. 135, d’après les travaux du Dr II. Meige, qui les considère comme appartenant à la médecine mentale.
- M. A. Charles, à Paris. - La vitesse de chute des gouttes de pluie et des grêlons a été étudiée dans le n° 978 du 27 février 1892, p. 203; veuillez vous y reporter.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Cabenzel, à Vienne. Ce dispositif ne nous est pas connu. — M. E. M., à J.
- Il faut savoir quelle profondeur atteint le puits. — M. Chantrel, à Dourdan. Pour nettoyer le mercure, voyez la 5" série des Recettes et procédés utiles, p. 257: librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tonies les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.2 - vue 434/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PHOTOGRAPHIE
- Pince V « Idéale » pour développement des clichés.
- Tous les amateurs photographes ont éprouvé les inconvénients de certains développements qui, tout en ayant d’excellentes qualités photographiques, tachent les doigts ou même provoquent de l’eczéma, surtout chez les arthritiques. Le moyen d’éviter ces inconvénients est de ne jamais toucher le cliché avec ses doigts et, pour cela, on a imaginé soit des gants en caoutchouc, soit des pinces. Les gants ne sont pas commodes parce qu’ils enlèvent la délicatesse du toucher et provoquent des accidents âu cliché ; quant aux pinces, elles sont souvent peu en main et empêchent d’examiner l’image au cours de l’opération. La pince « Idéale » a prévu ce détail
- Pince 1’ « Idéale » pour photographie.
- important et sa construction répond à tous les desiderata. Elle est formée d’un fort fil de cuivre plié à angle droit à ses extrémités qui sont garnies de deux morceaux d’ébonite pouvant pivoter légèrement autour du fil qui pénètre profondément à l’intérieur.
- Cette disposition a pour but de leur permettre de prendre l’inclinaison nécessaire pour pouvoir saisir des clichés de dimensions très différentes ; en fait, la dimension 4x4 est aussi solidement maintenue, par la mâchoire ainsi constituée, que le 13 X 18.
- La courbure de l’extrémité à angle droit a pour but de permettre d’examiner très facilement le cliché par transparence pendant le développement et, en outre, de laisser toute facilité pour couvrir la cuvette, ce qui est très important au début de l’opération, surtout lorsqu’il s’agit de plaques extra-rapides.
- Cet accessoire est d’une utilité incontestable et a sa place marquée dans tous les laboratoires. — Chez tous les fournisseurs d’accessoires de photographie. Dépositaire général : M. Bour-dilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- PETITES INTENTIONS1
- Protection des conducteurs électriques aériens.
- — H est toujours bon de signaler des appareils qui peuvent être appelés à rendre quelques services en pratique. C’est le cas des appareils de M. Emile Giraud qui peuvent être emplôvés pour la protection des conducteurs électriques aériens. Ces appareils ont pour but de supprimer les dangers provenant de la rupture et de la chute des conducteurs. Dans la figure ci-jointe, nous supposons une canalisation aérienne sur poteaux; le conducteur est placé en A dans le support ordinaire, qui a été amené du point B au point A et monté à l’extrémité d’un levier C oscillant autour du point B. On remarque en avant une pièce D qui est reliée directement à la terre. Si pour une raison quelconque, le conducteur vient à se rompre, le levier C, par suite de la variation sur la tension du fil, vient en contact avec la pièce D, et le conducteur est mis en contact avec la terre. Les appareils de protection fonctionnent aussitôt à l’usine génératrice, et le courant est coupé sur la
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ligne. Dans la pratique, on donne aux conducteurs une tension mécanique constante à l’aide de contrepoids ou de ressorts. Au moment de la rupture l’action, donnée aux conducteurs par les contrepoids, permet d’obtenir une mise à la terre. Il
- Aj pareil de protection des conducteurs électriques aériens. j
- s’en suit que le dispositif n’exige pas un contact à la terre,à chaque poteau, mais tous les 500 ou 600 mètres. L’appareil Giraud peut être utile en de nombreuses circonstances. —- Le concessionnaire des appareils de M. E. Giraud est M. L. Far-noux, 32, rue Demours, à Paris.
- Fixe-stylographe. — Un des avantages des stylographes, c’est d’avoir toujours sa plume sur soi. On la met dans sa poche ; elle glisse au fond et comme toujours, quand on est pressé, on la cherche en vain. Le seul remède à cet inconvénient ce serait d’avoir une sorte d’agrafe qui fixe solidement le porte-plume à la poche du gilet ou du veston. C’est pourquoi on a inventé le « fixe-stylographe ». D’ailleurs tous les stylographes et plumes
- Fixe porte-plume. — Mode d’emploi.
- à réservoirs doivent être maintenus verticalement pour éviter la sortie de l’encre. MM. Kirby, Beard et Cie ont imaginé de fixer au capuchon du porte-plume un anneau terminé par une tige comme le montre la figure ci-jointe. 11 suffit de placer le porte-plume dans la poche en le retenant à l’aide de la tige ressort. Le porte-plume est ainsi maintenu vertical et ne glisse plus dans la poche. — Le fixe-stylographe se trouve chez MM. Kirbv, Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit imperméable pour souliers. — Nous disons pour souliers, mais cela peut s’appliquer à tous les cuirs en général. On fait fondre 18 parties de cire d’abeille, auxquelles on ajoule en remuant bien 1 partie de borax en poudre ; on chauffe alors us qu’à obtenir une sorte de gelée. On fait fondre dans un
- p.3 - vue 435/536
-
-
-
- h
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ''autre vase 6 parties de Spermaceti, qu’on additionne de 5 parties de vernis d’asphalte, dissous au préalable dans 65 parties. d’èssence de térébenthine ; on mêle bien et l’on verse dans la préparation cireuse. On peut colorer ensuite comme l’on veut, et pour avoir une belle coloration noire, par exemple, on emploiera 5 parties de noir de Francfort et 2 de bleu de Prusse.
- Enlèvement des taches d’acide picrique. — Rappelons, pour ceux qui sont appelés à manipuler l’acide picrique, que
- le l)r Prieur, de Besançon, recommande l’emploi d’une solution aqueuse de carbonate de lithium pour l’enlèvement des taches que pourrait faire cet acide sur le linge ou la peau. Le meilleur moyen d’employer ce produit chimique et d’en faire une solution qui agisse immédiatement sur la tache, c’est d’en appliquer une pincée sur le point à traiter, et de mouiller ensuite. Les taches nouvellement faites disparaissent instantanément, et les autres ne demandent pas plus de 2 minutes pour s’évanouir.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE PE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 novembre . 9°,1 S. W. 2. Couvert-, 0,0 Couvert ; bruine à 7-8 h.
- Mardi 24 9’’,5 W. S. W. 3. Couvert. 4,5 Couvert; pluvieux.
- Mercredi 25 5°,3 N. 1. Couvert. » Très nuageux.
- Jeudi 26 5\1 W. S. W. 2. Couvert. 1,2 Très nuag. le matin; couv. le soir; averses.
- Vendredi 27 5°,8 S. W. 2. Couvert. 8,1 Couvert; pluie de 16 h. à 21 b. 50.
- Samedi 28 6°,1 W. 4. Peu nuageux. 4,1 Très nuageux; halo lunaire; pluvieux.
- Dimanche 29 ... . 2“,1 S. S. W. 2. Couvert. 3,7 Couvert ; pluie à partir de 6 h.
- NOVEMBRE 1903. --- SEMAINE MJ LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 NOVEMBRE.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- * La courbe .supérieure indique La nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la. direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 25 novembre, à 9h 25 du matin, on a ressenti une forte secousse de tremblement de terre à Syracuse. Le 22 novembre, à 10 heures du matin, il y a eu également à Tripoli un léger tremblement de terre qui a duré quelques secondes. Dans la nuit du 25 au 26 novembre, à l*117“ un fort trembleme.nt de terre s’est produit à Sofia; la secousse avait la direction du nord-ouest au sud-est. il a été ressenti sur jdusieurs points du territoire, et notamment vers le sud-ouest où le monastère de Rilo a eu plusieurs murs endommagés de lh 15” à 6 heures du matin.
- Le 28 novembre, à 8I,29" du matin, une secousse de tremblement de terre a eu lieu à Rlida pendant quatre secondes ; les oscillations se dirigeaient du sud au nord.
- Tempêtes en Angleterre et en Allemagne. — Pendant la nuit du 21 au 22 novembre, un cyclone venant du nord a sévi sur les côtes des Iles Britanniques. Tout le nord de l’Ecosse a souffert de la tempête ; à Port-Patrick, notamment, de nombreuses personnes ont été renversées à terre. Le paquebot qui faisait le service de Liverpool à Cork a été jeté sur les récifs et réduit en miettes; les passagers ont pu être sauvés. A Birmingham de nombreux marins ont été blessés. A Cuxhaven, un steamer anglais venant de Hambourg a été jeté à la côte et a été perdu. A Quensborough, le paquebot-courrier de la mer du Nord n’a pu pénétrer dans la mer du Nord.
- Pendant la nuit du 21 au 22 novembre également, des orages violents se sont déchaînés sur le nord et l’ouest de l’Allemagne ; les communications télégraphiques ont -été interrompues entre Berlin et l’ouest et le sud de l’Europe. De nombreux dégâts et des sinistres maritimes ont eu lieu dans la mer du Nord. On a signalé des dégâts à Francfort, où les poteaux télégraphiques et les cheminées ont été renversés, les arbres déracinés, les vitres des fenêtres brisées ; à Chemuitz une maison de quatre étages récemment construite a été renversée.
- Inondations à Saint-Pétersbourg. — Une tempête a fait monter considérablement les eaux de la Néva et des canaux, le 24 novembre à Saint-Pétersbourg. Le veut poussait les eaux vers l’intérieur. Le sens du courant était renversé. Les rues ont été inondées et plusieurs d’entre elles n’étaient plus accessibles aux voitures à cause de l’élévation du niveau de l’eau. L’inondation a duré près de 2 jours: elle est la plus forte qui s’est produite depuis 1824. Les habitants de quelques rues se servaient de bateaux et de radeaux. Le 25 novembre, dans la soirée, les eaux ont commencé à baisser dans le centre de la ville ; les quartiers bas étaient encore inondés.
- La pluie. — Le 23 novembre, des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe; en France on a recueilli 1 mm d’eau au Havre et à Bordeaux. Le 24 novembre, il est tombé 4 mm d’eau à Boulogne et à Cherbourg, et 1 mm à Lorient; le 25 novembre, il a plu à Besançon (16 mm d’eau), à Limoges (6 mm), à Brest (4 mm) et à Paris (4 mm). Le 26 novembre, on a recueilli 11 mm d’eau à Besançon, 4 mm d’eau à Limoges, 1 mm à Paris. Le 27 novembre, il est tombé 4 mm d’eau à Biarritz, 1 mm à Brest; à Paris, un orage avec ondées a éclaté vers 5 heures. De la neige est tombée sur Belfort dans la matinée. Une violente tempête d’ouest a sévi dans la soirée sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Le 28 novembre, on a recueilli 49 mm d’eau à Dunkerque, 26 mm à Ciierbourg, 12 nun à Clermont, 8 mm à Paris. Le 29 novembre, il est tombé 3 i mm d’eau à Bordeaux, 32 mm à Biarritz et 4 mm à Paris. Dimanche 29, le baromètre marquait à Paris 738 mm à midi. La baisse a été presque continue depuis le vendredi. De 768 mm, le baromètre est tombe à 748 mm en 19 heures, soit plus d’un millimètre par heure, en moyenne ! Mais, en cours de descente de la colonne mercurielle, il y a eu un saut de 6 mm- eu 3 heures.
- La neige à Paris. — La neige est tombée abondamment à Paris dans la nuit du 29 au 30 novembre.______
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 27 à 5 h. 46 m. du matin.
- p.4 - vue 436/536
-
-
-
- N 1594 (!2 décembre 1903), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— M. le baron Edmond de Rothschild, qui a encouragé, il y a quelques années, les expériences de transport de la force motrice à distance, s’intéresse également aux découvertes paléontologiques qui commencent à jeter tant de lumière sur l’histoire de la Création, ïl vient de remettre à M. Albert Gaudry, président de l’Académie des sciences, la somme de 10000 francs pour permettre au Muséum d’acquérir les pièces les plus précieuses de la collection Filhol. Grâce a M. Ed. de Rothschild, on verra bientôt, installées dans les vitrines de la galerie de Paléontologie du Muséum, des pièces tout à fait intéressantes des fameux gisements des phosphates au Quercy. Entre autres curiosités, il faut signaler des grenouilles et des morceaux de serpents dont la peau a été conservée et qui remontent à plus de mille siècles. On pourra aussi, au moyen de cette collection, reconstituer des squelettes entiers de fauves de l’époque quaternaire, notamment du Grand lion des cavernes. M. de Rothschild ne borne pas là sa générosité. Grâce à lui on va établir, dans la galerie, une sorte de ménagerie des animaux féroces contre lesquels l'Homme primitif a eu à lutter : grand ours, grand lion, hyène et loup des cavernes.
- —Ht— Nous sommes heureux d’annoncer que notre collaborateur, M. N. Gréhant, professeur au Muséum d’histoire naturelle, vient rUêtre nommé correspondant de l’Académie des sciences naturelles de Philadelphie.
- —Ht— M. Archdeacon, grand partisan de l’aviation, vient de mettre 3000 francs à la disposition de l’Aéro-Club pour amorcer une souscription destinée à permettre l’étude des appareils plus lourds que l’air. On sc propose de reproduire cet été les expériences de plane-ment des frères Wright et l’on cherche en ce moment un terrain favorable. L’aviation est à l’ordre du jour et l’on peut espérer, après les importantes communications à l’Académie du colonel Charles Renard, que nous verrons plus ou moins prochainement planer dans l’air une aéroplane avec moteur au pétrole.
- —Ht— I n concours de cerfs-volants a eu lieu récemment à Londres, à l’Alexandra Palace. La longueur de la corde qui tenait chaque engin était limitée à 1609 mètres et le jury devait examiner surtout comment il s’enlevait du sol, comment il planait, le temps qu’il mettait à dévider toute sa ficelle, la hauteur maxima obtenue pendant une heure, et enfin la façon de redescendre. M. S. F. Cody a obtenu le prix avec un appareil qui, tout en atteignant une grande hauteur, a présenté une remarquable stabilité à un vent violent.
- —Ht— Le puits artésien de Grenelle, dont la création remonte à 63 ans, va sous peu cesser d’exister : mardi, 1er décembre, son socle de pierre a été démoli et on estime que, dans quinze jours, son emplacement sera prêt à recevoir les fondations du monument de Pasteur qui s’élèvera en cet endroit.
- —Ht— Engineering a tenté de calculer la valeur en capital de la flotte de combat de l’Angleterre, non compris les canons et les munitions. Elle aurait été représentée, suivant les époques : en 1813, par 230 millions de francs ; en 1860, par 445 à 470 millions de francs; en 1878, par 700 millions de francs; en 1887, par 1235 millions de francs; en 1902, par 2500 millions de francs. La flotte française, dans les mêmes conditions, aurait équivalu, &n 1870, à 474 millions de francs et 1175 millions en 1898.
- —Ht— On sait que trois nègres venus des confins du Zambèze, et atteints de la « maladie du sommeil », avaient été mis en traitement, il v a quelques semaines, à l’hôpital des Dames françaises, à Auteuiï. L’un tl’eux, — le plus robuste — Bobanghi, vient de mourir subitement, et le Dr VYurtz, qui étudie sur les trois malades le terrible mal, attribue son décès à « une crise cataleptiforme, accident de la maladie du sommeil ». Une autopsie minutieuse du corps sera pratiquée ultérieurement. L’un des deux autres nègres,
- Salomon, est dans un état inquiétant. Malgré les soins préventifs dont on l’entoure, il a subi les premières atteintes de la phtisie.
- —Ht— On connaît la difficulté avec laquelle les autruches s’acclimatent dans nos pays. Le froid semble être la cause principale de leur décès, car pendant l’été elles se portent bien. Vienne l’hiver, il se développe en elles une infection spéciale qui les affaiblit progressivement, jusqu a les faire périr. D’après des recherches récentes de M. Phisalix, ce serait un microbe identique à celui du choléra des poules qui produirait cette maladie. Il convient donc, si l’on veut conserver ces oiseaux, de les tenir en hiver dans un endroit chauffé et bien désinfecté. Il serait aussi désirable de les vacciner, ce qui pourrait se faire sans difficulté grâce à la méthode appliquée par Pasteur aux oiseaux de basse-cour.
- —Ht— M. \Y. K. Vanderbilt vient d’acquérir un nouveau yacht, la « Tarantula », dont nous tenons à parler parce que sa machine motrice est à turbines à vapeur : construit en acier et suivant les formes caractéristiques des torpilleurs, d’un déplacement de 150 tonnes seulement et d'une longueur de 46m,45 pour une largeur de 4m,66, avec un creux de 2m,55, il a donné une vitesse de 26,75 nœuds aux essais. Il avait d’abord été construit pour porter neuf propulseurs, mais on lui en a enlevé trois, et l’on s’est aperçu que sa vitesse est ainsi plus grande.
- —^— Dans ce centre pétrolifère prodigieux qu’on nomme Bakou, et où l’huile minérale se vend à un prix incroyable de bon marché, on ne se serait point figuré que l’on créerait une station centrale électrique. C’est pourtant ce qui s’est fait depuis quelque temps : il est vrai que le courant est distribué pour la force motrice, et les machines génératrices sont commandées par des chaudières alimentées au mazout, c’est-à-dire avec des résidus de pétrole.
- —Ht— Un chimiste allemand a trouvé une utilisation du lait, assez inattendue : à l’aide de manipulations variées, il arrive à lui donner une dureté telle qu’on en peut fabriquer des objets assez solides. La maison qui produit; cette matière lui a donné le nom de « galalith », et en fabrique des peignes, des dominos, des porte-cigares, voire même un jeu d’échecs complet.
- —Ht— La « British Marine Biological Association » vient d’acquérir un chalutier à vapeur de 200 tonnes, pour étudier les courants et les phénomènes physiques de la mer du Nord dans leurs relations avec les pêcheries : et cela comme conséquence d'un programme d’ensemble arrêté pour les diverses nations intéressées à la Conférence internationale de Christiania. Le « Huxley » (c’est le nom que va porter le chalutier) mettra à l’eau un grand nombre de poissons pêchés dans ce but, et portant des étiquettes qui permettront de les reconnaître ultérieurement, s'ils se font reprendre, et d’éclaircir peut-être bien des points obscurs relatifs aux migrations des poissons.
- —Ht— C’est une question très controversée de savoir pourquoi la fonte présente à un si haut degré la qualité d’inoxydabilité même après avoir été soumise à une immersion prolongée dans l’eau. Quoi qu’il en puisse être des théories émises à ce sujet, un fait récent vient afnrmer à nouveau cette précieuse propriété. Quand la ville de Paris a fait disparaître l’antique pompe à feu de Chaillot située place de l’Alma, on dut retirer la canalisation qui allait chercher l’eau de Seine et qui était composée de tuyaux de fonte immergés dans le lit de la rivière. Ils étaient naturellement couverts d’une gangue épaisse de tartre et de coquillages, mais une fois qu’on l’eut enlevée, il fut facile de constater que la fonte n’avait souffert aucune altération ni à l'intérieur, ni à l’extérieur. On put lire l’inscription en relief : « Creusot, an X », ce qui correspond à l’année 1802. Voilà donc de la fonte qui a passé plus d)un siècle dans l’eau et qui en ressort dans un état de conservation tellement bon qu’elle aurait pu continuer à servir pendant de longues années.
- 9
- p.5 - vue 437/536
-
-
-
- 6
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le nettoyage hygiénique par l’air comprimé, s’adresser à la Compagnie française de nettoyages sanitaires par l’air comprimé, 64, rue Taitbout, à Paris (9e).
- Communications. — M. Paul Besson, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « Dans les « Informations » du n° 1593, du 5 décembre 1903, je lis que M. Branson de Leeds a fait des expériences sur la façon dont un mélange de chlorure de radium et de baryum supportait l’humidité. Je dois, dans l’intérêt de la vérité, faire remarquer que le fait est bien connu; M. et Mme Curie ayant dès le début de leurs travaux, en 1898-1899, étudié les variations d’activité (pouvoir radioactif) d’un sel radifère dissous et séché. La perte de la luminosité d’un sel humide est également connue, mais la diminution d’activité est progressive et l’activité ne disparaît jamais entièrement. Quant au fait, que la plaque photographique n’est pas impressionnée, cela n’est pas ; car, le sel en solution continue à produire des rayons de Becquerel qui peuvent toujours traverser les corps opaques enveloppant les plaques. »
- M. le Dr A. Véroudart, à Noyon (Oise), nous écrit : « Au sujet de l’article : Les raisins et les odeurs, paru dans le n° 1586, du 17 octobre, page 310, je me permets de vous communiquer l’observation suivante. J’ai dans mon jardin une belle treille adossée en partie à une écurie. Des coursons de vigne passaient devant les deux vasistas de l’écurie ; ces vasistas sont ouverts en été pour l’aération. De toutes les grappes qui se trouvaient devant l’ouverture (et celles-là seules), n’étaient pas mangeables à cause de leur goût fortement ammoniacal, dù aux vapeurs de l’écurie et à l’acide hippurique du fumier. J’ai donc supprimé les deux cordons de vigne passant devant les vasistas. Ce fait vient à l’appui de votre article, et ici l’absorption de l’odeur s’est bien faite par l’air ambiant. »
- Renseignements. — MM. Doyez, à Lille. — Pour tailler le verre on se sert des outils ordinaires que l’on trempe préalablement dans de la benzine saturée de camphre, ou dans de l’essence de térébenthine; le verre se laisse travailler comme on le. désire.
- M. Le Landais, à Cherbourg. — Le pavé qu’on appelle pavé Leuba est formé d’un socle en béton recouvert d’une chape en asphalte comprimé, absolument adhérents l’un à l’autre. 11 donne, paraît-il, de bons résultats pour le pavage des rues.
- M. C. J., à Chartres. — Vous obtiendrez la patine du vieil argent en trempant la pièce argentée dans l’eau chaude contenant en dissolution 1/100 de sufhydrate d’ammoniaque et 3/1000 de carbonate d’ammoniaque. Après quelques secondes d’immersion, il faut rincer à l’eau fraîche.
- M. Egarteler, à Côme. — L’Edinol est un révélateur qui est un chlorhydrate de l’alcool amido-oxybenzylique. 11 n’exerce aucune action sur la peau, et se dissout aisément dans l’eau et les solutions de sulfite de soude.
- M. Sinclair, à Fulham. — La machine à laver les échevaux de Lassmann convient à votre cas. Dans le « Traité de chimie industrielle )) de R. Wagner, vous en verrez un plan et une description détaillée, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Kallmann, à Limbourg. — Ce goût amer dont vous vous plaignez est dù à la présence de la résine de houblon ; celle-ci empêche la fementation lactique : elle est difficilement soluble dans l’eau, sauf si elle renferme du tanin, de la gomme ou du sucre.
- if. Dumontier, à Beauvais. — La culture du maïs occupe en
- France 550 000 hectares, produisant 8 millions d’hectolitres, valant environ 90 millions de francs, soit 163 francs par hectare. Pour détails plus complets, voir la « Géographie agricole de la France et du Monde », par M. du Plessis de Grénédan : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. E. M., à Tirnovo. — On peut fixer à 14 pour 100 l’humidité que la poudre de chasse peut absorber au contact de l’air. Lorsqu’elle n’en a pas absorbé plus de 5 pour 100, elle reprend par la dessiccation son activité première. Même lorsqu’elle paraît bien sèche elle contient 2 pour 100 d’humidité.
- M. Hollier, à Paris. — Notre collaborateur M. IL Coupiit serait à même de vous fournir les renseignements complémentaires que vous désirez : son adresse est 5, me de la Santé, » Paris.
- Mlle J, M., à Tarbes. — Pour préparer les surfaces sur lesquelles vous voulez peindre, badigeonnez-les de la composition; suivante : cire blanche, 10 parties; résine, 2 parties; essence de térébenthine, 40 parties. Faire fondre la cire dans l’essence au bain-marie et passer la solution à travers un chiffon de laine.
- M. Buman, à Fribourg. — La bague Henry est en vente chez M. Goy, 15, me des Minimes, à Paris.
- M. le Dv Pitsch, à Paris. — Vous trouverez ce genre de chaufferettes aux adresses suivantes : MM. Allez frères, 1, me Saint-Martin; MM. Fabre et C'e, 74, rue d’Aubervilliers, à Paris.
- M. O. V. K., 'a Ostende. — La 5e série des Recettes et procédés utiles, page 123, indique la manière de confectionner un tissu pour nettoyer les cuivres.
- M. Demôle, à Cannes. — Nous n’avons pu trouver l’adresse-du fabricant de ce produit.
- M. Artym, à Perrn. — On peut faire croître les végétaux dans des solutions nutritives : Voici la formule de Knop qui est souvent employée : nitrate de calcium 4 parties: nitrate de potasse 1 partie; mono-phosphate de potassium 1 partie; trace» de chlorure ferrique ; ne pas laisser la solution à la lumière toute la journée, mais seulement une demi-journée. Au début on ne doit pas dépasser 1 pour 1000 et, plus tard, on peut atteindre 5 pour 1000.
- M. Caneparo, à Sousse. — Avec la farine de froment on clarifie vite les vins : on la délaie dans l’eau froide et on jette dans le vin la bouillie ainsi formée. Il en faut 100 gramme» pour coller un hectolitre.
- M. G. K., h X. — Nous avons renvoyé votre demande à un ingénieur autorisé, M. R. Gandillot, qui manie depuis longtemps les petits tubes d’acier employés pour le chauffage à l’eau chaude. Voici sa réponse : (( On demande si un tube d’acier de 0,05 de diamètre extérieur et 2 centimètres d’épaisseur de tôle, complètement plein d’eau éclaterait à 500°? A 300° Cailletet nous donne 82 kg pour la tension de vapeur d’eau. Or, votre tube peut résister à des pressions bien autrement considérables, car il est plus fort qu’un tube Perkins de 1 centimètre 1 /2 de diamètre intérieur et 6 millimètres d’épaisseur de tôle, puisqu’il a 1 centimètre seulement de diamètre intérieur ei 20 millimètres d’épaisseur de tôle. Or j’essaie couramment les tubes Perkins à 250 kg. A quelle température éclatera-t-il? Votre tube ne pourrait éclater que sous une pression de
- 10 000 kg si la résistance de l’acier n’était pas modifiée par la température. A 500° apparaît le rouge naissant; à partir de ce moment la résistance change ; mais je ne connais pas de tables donnant les résistances à la rupture des fers entre 500 et 1000°. Si quelques-uns de vos lecteurs avaient des documents sur ce point, il serait très intéressant de les publier. Or, les 10 000 kg ne pourraient être obtenus qu’à des températures considérables bien supérieures à 500°. En effet à 365° l’eau ne peut plus rester à l’état liquide. Nous avons un gaz comprimé et non plus une vapeur et la pression n’est que de 200 atmosphères. Nous, tombons sur la loi de Gay-Lussac et la température dont
- 11 faudrait augmenter 365° pour que le gaz passât de 200 à 10 000 kg est fantastique. Le tube éclatera donc en rougissant mais à quelle température ? Demandez les bibles de rupture des fers de 500 à 1000°! »
- M. V. Bonnevie, àDomfront. —Une solution d’acide chlorhydrique étendue enlève les taches de rouille de la pierre, mais vous ferez bien de préserver vos fers à l’aide d’une des préparations indiquées dans les Recettes et procédés utiles, série 1, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Armel, à Gh-ray. Merci pour cette indication que nous utiliserons à l’occasion. — M. A. B., à Lyon. Impossible de revenir sur cette question : tous nos regrets. — M. E. D. J., à Brives. Pour un mastic à parquets, vovez les Recettes et procédés utiles, lr* série, p. 168, librairie îilasson et Cle, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison„
- p.6 - vue 438/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 7
- PETITES INTENTIONS1
- l.a photo-réglette. — La photo-réglette évitera désormais les découpages en zigzag, causés par une règle mal assujettie et qui, sous la simple pression du canif, incline à droite oh à gauche. Grâce à un dispositif ingénieux, la réglette mobile en verre glisse dans des enchâssements en cuivre fondu d’une grande solidité, et les épreuves se trouvent maintenues fixes
- La photo-réglette.
- et peuvent être coupées au gré de l’amateur sans être obligé d’employer des calibres de différente grandeur. La photoréglette est pourvue d’un quadrillage en rouge sur fond blanc, gradué au centimètre, obligeant, pour ainsi dire, l’amateur à placer sa photographie d’équerre. Une simple pression sur le bouton immobilise l’épreuve et cette dernière peut être tranchée aisément sur le plateau de verre. — La photo-réglette se trouve aux Magasins du Louvre, à Paris.
- Anto-éIec<ro-allumeur temporaire. — Dans les immeubles habités ou l’électricité est installée, les escaliers, vestibules et autres pièces sont en général éclairés dès la tombée de la nuit jusqu’à l’heure de' l’extinction. L’éclairage n’est utile dans ces endroits qu’au moment où l’on passe; d’autre part, il est très incommode d’étre privé complètement de lumière à partir d’une certaine heure. On sait depuis longtemps que des allumeurs temporaires peuvent remédier à
- Auto-électro-allumeur temporaire. — Mode d’emploi.
- tous ces inconvénients ; on en a fabriqué des modèles de tous genres et le fonctionnement de beaucoup d’entre eux a longtemps laissé à désirer. Dans le nouvel appareil que nous signalons, une tige horizontale, appuyée contre une porte, fait manœuvrer une petite pompe à glycérine lors de l’ouverture de la porte, et cette pompe à son tour met en mouvement une tige métallique verticale qui établit le contact entre deux fils d’un circuit électrique. Celui-ci est alors fermé pendant quelques instants, et la lumière fonctionne, puis la tige métallique retombe et le circuit est rompu. — L’auto-électro-allumeur temporaire se trouve chez MM. P. Thibaud et Cie, 69, rue Sainte-Anne, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Un résultat des cures d’air.
- L’air et la lumière sont, pour les êtres humains, comme pour les plantes, les deux grands facteurs de la santé. Grâce
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- aux efforts des hygiénistes, à une propagande incessante, grâce au zèle et au dévouement de personnes charitables, ces notions, un peu trop méconnues au siècle dernier, ont fini par triompher et, de tous côtés, on s’efforce d’assurer aux enfants, aux débilités, quelques semaines de vie au grand air.
- Dès la fin de juillet, les fortunés partent en vacances, qui à la montagne, qui vers la mer, allant, pendant les beaux jours d’été, faire provision de santé. Les déshérités de la fortune ont souvent plus besoin que les autres de cette ration d’air salubre. Devant l’insuffisance des ressources de 'la plupart des familles, la charité privée, les municipalités se sont efforcées de suppléer les parents et d’assurer à leurs enfants un peu du bien-être que se donnent les classes aisées. De toutes parts, à l’étranger comme en France, à Paris et dans les départements se sont organisés des colonies de vacances, des voyages scolaires, des sanatoria marins, des pensions estivales temporaires au plus grand profit de la santé des enfants. Que le séjour se fasse à la montagne, sur une plage, ou simplement dans les champs, les pauvres petits, anémiés par le séjour des villes, par la respiration d’air impur dans des logements étroits quand ils ne sont pas malsains, anémiés aussi par une nourriture parcimonieuse ou peu substantielle, retrouvent en quelques semaines les forces, reprennent des couleurs, gagnent du poids, se transforment, en un mot, d’une façon complète.
- Un philanthrope, qui dirige avec passion une de ces œuvres, a publié récemment, sans idées préconçues, sans parti pris, les résultats de modification de poids obtenus chez un certain nombre d’enfants. Appliquant d’une façon ingénieuse les calculs mathématiques, il ne tire aucune conclusion, il donne un fait et les enseignements qui en découlent peuvent être d’un grand intérêt pour ceux qui s’occupent de ces cures de grand air. Les documents complets ont été publiés dans le « Bulletin médical » ; je me bornerai à en extraire les données principales.
- 11 existe à Saint-Etienne une œuvre des « enfants à la montagne », véritable colonie de vacances qui envoie chaque année, un certain nombre d’enfants passer le mois d’aoùt et la première quinzaine de septembre dans la région de Mézenc, à 4,
- 5 et 600 mètres d’altitude et plus. Les enfants sont placés en pension chez des paysans et vivent au grand air pendant six semaines. Or, l’examen de près de 1000 enfants, âgés de 3 à 14 ans, a permis de constater les particularités suivantes sur la variation de poids. Les voici résumées :
- De deux enfants du même sexe et du même âge, celui qui profite le plus du séjour à la montagne est le moins lourd (au départ). Le gain semble d’autant plus fort que l’enfant en a le plus besoin.
- De deux enfants pris au départ dans les mêmes conditions relatives par rapport à la moyenne des poids, de leur âge, celui qui retire le plus grand bénéfice de ce séjour est, à égalité de sexe, le plus âgé; à égalité d’âge, la fille.
- Ces relevés sont intéressants; assurément l’augmentation de poids n’est pas tout dans la transformation de l’état général, mais c’est un indice facile à apprécier et concordant en général avec l’amélioration de la santé. Ils méritent d’attirer l’attention et de servir de point de départ à des recherches similaires.
- La cure de citrons et de raisins.
- Le jus de citron [a été préconisé comme un excellent moyen d’atténuer et de faire disparaître les douleurs de rhumatisme. J’ai indiqué cette méthode thérapeutique : on prend des citrons dont on exprime le jus, et ce jus, mêlé à un peu de sucre et un peu d’eau, est absorbé par le malade. C’est une limonade fraîche, un peu acide; le traitement n’a rien de désagréable, mais il est quelquefois mal supporté, car il faut avaler le jus de 8, 10, 20 citrons par jour pour obtenir de bons effets. Chez un certain nombre de malades, les résultats sont merveilleux, les douleurs s’évanouissent comme par enchantement et les membres récupèrent leurs mouvements. Chez d’autres, le résultat est peu marqué et l’estomac se refuse à l’ingurgitation de ce breuvage acide en grande quantité. Chez d’autres enfin, surtout quand il s’agit de rhumatismes osseux, il n’v a aucun résultat.
- On s’est demandé comment agissaient ces doses de jus de citron. On constate un fait très net, c’est que l’acidité de l’urine diminue d’une façon notable, que la dose d’urée rejetée est également diminuée ; il y a donc une destruction moins énergique, dans l’économie, des matières albuminoïdes. M. Schmitt, qui a étudié avec soin ces réactions par des analyses quotidiennes, explique ainsi les effets de la cure de citron.
- Le citron est un fruit, formant aliment presque complet, car il renferme à la fois des éléments hydrocarbonés, azotés et minéraux; seuls, les corps gras sont absents. L’acide citrique n’est pas un acide vrai, c’est un acide alcool, déplus il est à l’état
- p.7 - vue 439/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- de citrate de potassium. Or l’acide citrique, comme les acides tartrique et lactique, se rapproche des matières sucrées et est, comme elles, brûlé dans l’organisme en donnant de l’hydrogène, des hydrogènes carbonés, en produisant une atmosphère peu propice aux oxydations.
- C’est un traitement alimentaire analogue à la cure de raisins ou à la cure de petit-lait. Le raisin frais, absorbé comme agent thérapeutique, provoque une augmentation de la diurèse avec léger effet laxatif, une diminution de l’acidité de l’urine, une diminution de l’acide urique, un ralentissement de la perte des matières azotées, une fixation de la graisse. C’est donc à bon droit, comme on l’a nommé, un traitement alimentaire, agréable à suivre et accepté je ne dis pas sans répugnance, mais avec plaisir par les malades de tout âge,
- inoffensif et pouvant être continué longtemps sans inconvénients.
- La cure de raisins, en raison de cette action du jus sur les fermentations intestinales, sur la sécrétion biliaire, sur la sécrétion rénale, permet de comprendre ses effets favorables dan; les maladies par ralentissement de la nutrition. Cette cure, pour les gens riches, peut se suivre maintenant en toute saison, les forceries donnant, quand on le désire, à des prix élevés, j’en conviens, de superbes grappes de chasselas ou de frankenthal. Pour les moins fortunés on peut suppléer, dans une certaine mesure, au manque de raisins frais en mangeant des rai§ins secs, le malaga de préférence, ou les raisins de Crète qui ont des grains charnus. L’effet, pour être moins sûr et moins complet qu’avec le fruit sortant de la treille, est très satisfaisant. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE PE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 50 novembre . — 0°,6 N. N. E. 5 Neige. 2,8 Couv. ; neige toute la journée.
- Mardi 1" décembre . — lu,4 N. 5. Couvert. 0,2 Faibles éclaircies; neige line par intervalles.
- Mercredi 2 — 2°,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couv. le matin ; peu nuag. le soir ; neigeux à 8 lu
- Jeudi 5 — 4°,5 N. N E. 0. Brouillard. » Givre ; brouillard toute la journée.
- Vendredi 4 — 2°,0 S. 5. Couvert. 5,1 Couv. ; neige le matin ; pluie line le soir.
- Samedi 5 2',5 S. S. E. 2. Pluie. 8,5 Couv. ; pluie de 7 h. à 14 h.
- Dimanche 6 0U,1 S. S. W. 1. Nuageux. » Couvert; gelée blanche; brouillard le matin.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1903. -- SEMAINE DU LUNDI 50 NOVEMBRE AU DIMANCHE 6 DÉCEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations. — De violentes tempêtes se sont déchaînées sur Saint-Sébastien, en Espagne; les rivières de Loyola et d’Urola ont débordé. Par suite des pluies persistantes, tous les cours d’eau ont débordé dans la région d'Avesnes, le 1" décembre. Dans la ville, l’eau a envahi toutes les caves de la basse ville et du quartier de la gare.
- I,a tempête en Algérie. — L’Algérie n’a pas été à l’abri des perturbations atmosphériques. Depuis le 1" décembre, il a plu à torrents et cette pluie, d’une grande violence, a causé des dégâts d’une certaine importance. Un torrent de 50 mètres de largeur, entraînant des blocs énormes, a envahi la partie ouest du village de Margueritte qui est située sur le liane de la montagne. Une masse d’eau et de rocs a renversé des pans de murs, entraînant tout sur son passage. Les habitants ont dû fuir précipitamment, abandonnant leur mobilier et les animaux domestiques. De nombreuses caves sont inondées. Une dépêche des Atlafs, dans la plaine du Chélilf, a signalé que l’eau pénètre dans toutes les maisons du village. A Mostaganem, la tempête, qui a fait rage, a, sous la poussée d’un vent d’ouest très violent, provoqué un raz de marée qui a détruit la grande jetée sur environ 1 kilomètre de longueur. La petite jetée a été coupée en plusieurs endroits. Ou a signalé de nombreuses perditions de navires. Deux grandes barques de pêche ont disparu. Une balancelle venant d’Oranest en perdition. Le vapeur « Carly », de la compagnie Monges, de 500 tonneaux, a été ensablé, avec sa
- coque défoncée. Euüu, le « Georges-IIeuri », avec un chargement complet de vins, s’est brisé sur les rochers. On a transporté à l’hôpital le capitaine en second du « Carly », qui a eu une jambe brisée par un câble.
- I,es neiges et les pluies. — Le 50 novembre, les neiges et les pluies ont été générales en Europe ; en France, on a signalé de la neige à Paris, Lyon, Nancy, un violent orage à Alger (58 mm d’eau), un autre à Biarritz (47 mm) et à Perpignan. Le 1" décembre, des neiges et des pluies ont été également sur le nord et l’ouest du continent ; on a recueilli 70 mm d’eau à Alger, 5 mm à Paris, à Charleville, 2 mm à Lorient. Le 2 décembre, il est tombé 26 mm d’eau à Rome et au cap Gris-Nez, 9 mm à Alger, 6 mm à Brest. Le 5 décembre, il a plu au Havre (12 mm), à Lyon (5 mm), à Brest (2 mm). Le 4 décembre, une violente tempête du sud a sévi sur la Manche et les pays du nord. 11 est tombé 15 mm d’eau à Cherbourg, 9 mm à Brest, 2 mm à Nantes, 2 mm à Dunkerque; il a neigé dans la matinée à Paris, où le thermomètre a marqué — 2° à 7 heures. Dans les Ardennes, il y a eu des tourmentes de neige ; elle a atteint des hauteurs de 0“,50. Le thermomètre a marqué —123. Le 5 décembre, le baromètre est descendu de 19 mm à Rochefort, de 10 mm à Brest et de 8 mm à Dunkerque. On a recueilli 40 mm d'eau à Chassiron, 17 mm à Bordeaux, 15 mm à Naples, 10 mm à La Calle, 9 mm à Brest. A Paris, dans la matinée, neige et pluie ; la température moyenne a été de —0°,1. Le 6 décembre, il est tombé 27 mm d’eau à Biarritz, 2) mm à Besançon, 19 mm à Nice, 8 mm à Paris, et on a signalé des chutes de pluie ou de neige sur tout le continent.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 4 à 6 h. 22 m. du soir.
- p.8 - vue 440/536
-
-
-
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— Le 6e Salon de l’Automobile a été ouvert le jeudi 40 décembre au grand Palais des Champs-Élysées ; il a été inauguré par M. le président de la République. Beaucoup de monde, un éclairage féerique et peut-être quelques nouveautés. Nous les chercherons et nous les décrirons.
- —— Tous les journaux ont signalé la mort d’Herbert Spencer, l’illustre philosophe anglais né à Derby le 27 avril 1820. Disciple •de Darwin, il introduisit la doctrine évolutionniste dans les sciences sociales. Ce fut une des intelligences les plus vives de notre temps •et des plus puissantes. II aborda avec succès plusieurs questions scientifiques et l’on n’a certainement pas oublié ses « Principes de la psychologie » publiés dès 1855, et plus tard ses « Premiers principes, de biologie », etc. Herbert Spencer restera certainement une des plus grandes figures de notre époque.
- —— L’Allemagne savante a célébré le 30 novembre dernier le centenaire de Christian Doppler, un des physiciens les plus en renom du xix” siècle. La ville de Pragues a fait appliquer sur la maison natale du savant, à Salsbourg, une plaque commémorative et a résolu de donner à l’une de ses rues le nom de Doppler. C’est én efftd à Prague que Doppler a fait paraître ses principaux travaux et c’est à l’Académie rovale de Bohême dont il était membre que fut lu, le 23 mars 1842, fe mémoire sur « la coloration des rayons des étoiles doubles et de quelques autres constellations célestes » qui le rendit célèbre. Il établissait dans ce mémoire que pour un même corps résonnant, toutes choses égales d’ailleurs, les modifications de la tonalité des tons provenaient uniquement de l'éloignement plus ou moins grand de ce corps par rapport à nous, lien concluait que, pour un même corps lumineux, les différences de coloration résultaient également de l’éloignement relatif de ce corps. C’est ce que Ton a appelé « la loi de Doppler ». La loi, vraie pour le son, est fausse pour la lumière. Le principe de Doppler était pourtant appelé à révolutionner l’astronomie le jour où à d’observation directe on substituerait, comme le firent trente ans plus tard Huggins et Vogel, l’analyse spectrale des rayons lumineux.
- —«K— On vient de découvrir au nord du Wesel une couche très étendue et très considérable de minerai de fer. Cette découverte dans le bassin rhénan, si riche en charbon de terre, est d’une extrême importance économique pour l'empire allemand.
- —Les concours de ballons dirigeables se multiplient. Après le concours de l’Exposition de Saint-Louis, autre concours à signaler, celui de Liège en 1905, avec grand prix de cent mille francs. Les concurrents, élevés de Liège, devront doubler un clocher de Spa et regagner leur point de départ. Parcours à vol d’oiseau, aller et retour, 54 kilomètres. Ce prix pourra être disputé du 1er avril au 30 octobre 1905; il appartiendra au concurrent ayant effectué le parcours le meilleur au point de vue de la vitesse. Enfin notre confrère « Le Vélo » annonce qu’il organisera à Paris, dans le courant de l’année 1904, un concours de dirigeables, doté de plusieurs prix.
- —— Dans un récent article (11*1582, p. 254) un de nos collaborateurs exprimait le regret que Paris ne possédât point de vélodrome d’hiver et le désir d’en voir bientôt construire un. Son vœu va être réalisé. En effet, le Conseil municipal de Paris vient de louer, pour une durée d’une année, une partie de la Galerie des Machines, au Champ-de-Mars ; elle va être transformée en un vélodrome couvert. Les travaux sont poussés très activement et les organisa-teursespèrent pouvoir donner leur première réunion le jour de Noël.
- —L’église de Montpezat-de-Quercv (Tarn-et-Garonne), ancienne collégiale fondée en 1354 par le cardinal Dcsprès, évêque de Palestrina, et actuellement classée parmi les monuments historiques, a conservé une intéressante ornementation et possède un trésor
- important : des tapisseries aux armes de Jean Dcsprès, évêque de Montauban au seizième siècle, représentant en quinze tableaux l’histoire de saint Martin ; des sachets à relique d’étoffes anciennes ; des diptyques d’argent du quatorzième siècle, des angelots de la même époque, de curieux coffrets de bois sculpté et surtout une châsse limousine du treizième siècle qui est également classée comme monument historique. Cette châsse a été volée dans les derniers jours d’octobre; le curé de Montpezat a immédiatement averti le directeur des Beaux-Arts qui a déposé une plainte au parquet de la Seine. Dans la plainte, cette châsse, coffret à reliques, œuvre de Limoge?, est décrite de la façon suivante : « Sa forme est la classique maison ou circula avec toiture à deux eaux. Elle a 0m,155 de hauteur, 0ra,20 de longueur et 0m,07 de largeur, et elle est ornée d’émaux champlevés bleus avec des tons dégradés passant au blanc en certains endroits. Des anges à mi-corps ont fourni la donnée iconographique : ces anges sont au nombre de seize. Trois, à chacune des grandes plaques, sont inscrits dans des médaillons circulaires au revers et à une des extrémités de la caisse. Sur l’autre extrémité et sur la face principale ils n’ont point de cadre et point de nuages, de même sous les pignons. Chacun d’eux est accompagné comme séparation d’S à épanouissements latéraux terminés par des fleurons et des volutes. Une bordure est réservée aux chevrons gravés; les pieds sent losangés; les plaques sont fixées à leur extrémité sans clous. »
- —— D’après une statistique, il y a eu aux Etats-Unis, pendant l’année qui vient de s’écouler, au 1er décembre dernier, 5553 personnes tuées dans des accidents de chemins de fer, et 45 597 blessés. Ces chiffres sont de beaucoup supérieurs à ceux de l’année précédente.
- —'i&— Le 6 décembre a sévi sur la mer du Nord une violente tempête de neige, accompagnée d’un brouillard intense qui a causé plusieurs sinistres maritimes. Le vapeur « Alwiue », allant à Bot-terdam, a sombré avec son équipage. Une voie d’eau s’est déclarée sur le navire « Leading-Light » ; quatre hommes ont péri.
- —Les campagnes des provinces d’Aguila, de Salerne et de Tarente, en Italie, ont été inondées le G décembre. Par suite du mauvais temps continu à Borne, le Tibre a été en grande crue à la même date. Une haute marée poussée par un vent violent a inondé, le 6 décembre également, vers midi, une grande partie de Venise. Les gondoles ont pénétré jusque sur la place Saint-Marc,, qui offrait ainsi un spectacle curieux. Ce phénomène ne s’était pas produit depuis plusieurs années. Le village de Caorle a été submergé, de son côté, par les eaux de l’Adriatique. A Lucques, à la suite de pluies torrentielles, la rivière Pescia a inondé les campagnes de Ponte-Buggianese sur une surface de 7 km carrés. Un millier d’habitants ont eu leurs maisons inondées par un mètre d’eau. Le 9 décembre. à la suite de pluies torrentielles, une partie de Gijon, en Espagne, a été inondée. Une grande quantité de bétail a péri, et il y a eu des victimes parmi la population.
- —— La pluie n’a pas cessé de tomber en France dans la semaine du 7 au 15 décembre. Le 7 décembre, on a recueilli 10 mm d’eau à Nantes, 7 mm à Biarritz, 1 mm à Charleville; on a signalé un orage à Nice. A Paris, dans l’après-midi, il y a eu une averse de neige suivie de pluie. Le 8 décembre, il est tombé 11 mm d’eau à Cherbourg, 0 mm à Clermont, 3 mm à Perpignan, 1 mm à Paris; on a signalé de la neige dans les stations élevées ainsi qu’à Nancy et à Paris. Le 9 décembre, il a plu à Cherbourg (11 mm), à Biarritz (8 mm), à Lyon (9 mm), à Limoges (11 mm), à Paris (11 mm). Le 10 décembre il est tombé 34 mm d’eau à Nice, 13 mm à Besançon, 8 mm à Bordeaux, 6 mm à Cherbourg. 11 y a eu des orages avec grêle à Rochefort, avec éclairs au pic du Midi. Le 11 décembre, pluie à Lorient (19 mm), à Marseille (19 mm), à Dunkerque (7 mm), à Belfort (2 mm); le 12 décembre, tempête violente à Brest et à Lorient. Le 13 décembre, pluie à Marseille (59 mm), à Lyon (24 mm), à Biarritz (17 mm), à Cherbourg (7 mm).
- O
- p.9 - vue 441/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 10
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du jourpal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’Hératol, et les appareils de chauffage par l’acétylène se trouvent au « Gazogène Javal », 26, rue Cadet, à Paris. — Pour le ther-mophile électrique, s’adresser à M. Camille Herrgott, ingénieur, villa de la Sablière, au Valdoie près Belfort. — Chasse aux oiseaux nuisibles, M. Petit aîné, 21, rue du Caire, Paris.
- Communications. —r M. L. Durand, pharmacien à Ram-bervillers, nous communique le fait suivant : « Comme suite à la communication de M. P. Tavernier, de Bordeaux, parue dans la Boîte aux lettres du n° 1593 du 5 décembre 1903, je vous envoie une branche de framboisier chargée de fruits cueillie hier dans mon jardin. J’ai encore fait une assez bonne récolte (140 gr.) le 50 novembre dernier; malheureusement la gelée est survenue. Vous pourrez voir par l’échantillon envoyé que sans ce contretemps (assez naturel en cette saison) la récolte promettait d’être assez longue encore, et cependant notre latitude et notre climat ne sont pas tout à fait ceux de Bordeaux. )>
- M. Gomes Himalaya, à Garches, nous a fait parvenir une fleur de rhododendron éclose ces jours derniers à Garches. Ce fait vient s’ajouter aux nombreux exemples de floraison tardive que nous avons cités.
- Renseignements. — M. J. Plassard, à Passy. — J1 arrive quelquefois que la flamme d’une lampe se comporte comme les « flammes sensibles » bien connues en physique ; elle vibre au moindre bruit, influencée par le son, les trépidations, etc. On a noté souvent des exemples de ces modifications de la flamme.
- M. Bonnevie, à Domfront. — Il nous paraît impossible que les très faibles traces de fer que peut contenir le granit puissent lui donner la teinte de la rouille. Ne serait-ce pas plutôt une algue de la famille des Nostocacées? En ce cas il faudrait laver la pierre avec un antiseptique énergique employé à chaud. Ou s’agit-il du fer delà grille?
- M. (J. Ladroit, à Mercédès. — 1° Àvecl’oxylithe, vous pouvez obtenir de l’oxygène à 95 pour 100. — 2° M. Jau-bert fabrique un composé permettant de faire de l’eau oxygénée à 12 pour 100. — 5° Les établissements Voitel-lier, 4, place du Théâtre-Français, à Paris, pourraient vous renseigner sur ces questions de transport d’œufs. — 4° Consultez les ouvrages suivants : Élevage des animaux de basse-cour, par E. Lemoine : prix 2fr,50; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Tracliard, à Orléans. — Vous pouvez tanner les peaux de lapin en les clouant sur des planches par les bords et en les humectant à plusieurs reprises avec une solution de 50 grammes de sel de cuisine et 60 grammes d’alun du commerce dissous dans un litre d’eau chaude. Il va sans dire que les peaux auront été bien nettoyées auparavant.
- M. P. L., à Nancy. —11 a paru sur ce sujet des études dans un des derniers numéros de la « Revue générale des chemins de fer », et dans les numéros d’avril, mai et juin de la « Schweizerische Bauzeitung », éditée à Zurich.
- M. Serot, à Nancy. — Nous publierons une analyse du travail de M. le colonel Renard : si vous désirez l’avoir intégralement, il faudrait vous procurer le numéro du 23 novembre F903 des « Comptes rendus de l’Académie des sciences », où il a paru. 11 serait nécessaire de vous abonner pour l’année 1905, car on ne vend point de numéros isolés.
- M. À. Denis, à Saint-Quentin. — L’adresse de M. G. Claude est la suivante : 4, rue François-Rolland, à Nogent-sur-Marne (Seine).
- Un abonné, à Madrid. — Pour amalgamer des zincs de piles, il suffit de les frotter avec un chiffon imbibé d’eau acidulée sulfurique et de mercure.
- il/. J. Bancelin, à Paris. — 1° Adressez-vous à la librairie-Gauthier-Villars. — 2° On n’a pas publié de traité spécial donnant tous ces détails de construction. — 5° Il faut prendre des papiers paraffinés que vous trouverez chez les fabricants-de papiers, notamment chez M. A. Bernard, 13, l’ue Saint-Ambroise, chez MM. Douvet et C“, 7, passage Pecquay; chez M. Ladame, 16, rue Etienne-Marcel, et chez MM. Montgolfier frères, 18, rue de Seine, à Paris.
- M. H. T. Z., à X. — Nous avons étudié l’action dessulfates-sur la germination et la végétation dans le n° 1428, du 6 octobre 1900, p. 300. La question du trempage des graines-est des plus intéressantes et nous nous proposons d’y revenir.
- M. Balland, à la Tour du Pin. — Nous avons vainement cherché le procédé qui permettrait d’iriser les petits anneaux de gélatine : toutefois il nous paraît qu’en x'aison de leur faible épaisseur des anneaux de ce genre doivent être irisés naturellement, c’est-à-dire sans intervention d’un procédé spécial.
- M. M. Kahn frères, à Spa.- — Nous ne connaissons pas dç-chaudières de ce genre : vous pouvez vous adresser à là Cu parisienne du gaz, 6, rue Condorcet, à Paris.
- M. V. Marguerie, à Bagnères-de-Bigorre. — Notre collaborateur M. Reverchon, qui a décrit cet appareil, demeuie-49, rue des Bourguignons, à Bois-Colombes (Seine) : veuillez lui écrire directement.
- M. Houdaille, à Tours. — L’ouvrage suivant répond à vos désirs : Manuel de Paléontologie, par Hoernes, traduction fran-çaise par M. Dollo ; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, prix : 20 francs.
- M. J. L., à Montauban. — Ces procédés de moulage sont assez délicats : vous en trouverez une description dans l’ouvrage de M. Keignart intitulé : Dorure, argenture, galvanoplastie : en vente chez l’auteur, 120, rue Championnet, à Paris.
- M. l'abbé L. Desonaz, à Vise (Belgique). — « L’azoth desphilosophes » est bien le nitre ou azotate de potasse.
- M. A. Lechopié, à Paris. — 1° En y mettant le temps, vous-aurez certainement une image ; il est indispensable de mettre un verre dépoli entre la source lumineuse et le cliché. — 2° Il faut prendre un arbre de 8 à 10 centimètres de diamètre -
- — 5° On construit des hélices tournant à 1800 tours pir minute; adressez-vous à M. Gandillon, 111, nie Saint-Maur, A Paris.
- M. V. Zuchowiecki, à La Mothe-Saint-IIéray (Deux-Sèvres).
- — Nous avons reçu la description de votre « appareil » ; tous-nos remerciements.
- M. le Dr J. Koeler, à Rio-de-Janeiro. — Graphophones ; manufacture d’appareils de précision, 25, boulevard de Belle-ville; Columbia Phonograph C°, 54, boulevard des Italiens, Compagnie générale des cinématographes, graphophones et phonographes, Palhé frères, 98, rue Richelieu, à Paris.
- M. le Dr Lucas, à Concarneau. - - Vous pourrez trouver des plaques de cuivre pour le bâtiment chez M. Buiret-Debeau-rain, 100 boulevard Richard-Lenoir, à Paris; M. Butin, 246, nie Saint-Martin, à Paris.
- M. J. Michigan, à X. — 1° 11 nous paraît difficile que vous puissiez fabriquer du caoutchouc à domicile. — 2° \oir dans la 4e série des Recettes et procédés utiles, p. 209, la manière de rendre le bois incombustible.
- MiU B., à Paris. — Vous trouverez à louer une automobile aux adresses suivantes : M. Outhenin-Chalandre, 4, rue do Chartres à Neuilly (Seine) : Palais de l’Automobile, 218, boulevard Péreire, Paris.
- M. l’abbé Paul Virion, à Boulange. — Cet appareil ne nous paraît pas être très pratique pour un usage régulier.
- M. Paul Fabre, à Mazarron. — l°Le Polybiblion, qui paraît 6, rue Saint-Simon, à Paris, contient les indications bibliographiques que vous désirez. — 2° Pour les ouvrages de médecine adressez-vous à la librairie Maloine, 95, boulevard Saint-Germain, à Paris; pour les publications scientifiques à la librairie Blanchard, 10, rue de la Sorbonne, à Paris. -— 5° Nous vous faisons expédier ce catalogue.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J• M., à Boulogne. Le mélange de ces deux sels est facile à effectuer : il taut agiter constamment. — M. Hazard, à Loudun. Ces cas d hybridation sont trop communs pour que nous y revenions. — M. J. K-, à Panama. Nous avons indiqué une formule de pastilles de goudron sans sucre dans la 2° série des Recettes et procédés utiles, p. 83, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rat lâchent à des sujets scientifiaues, mais elle ne s'engage en aucune façon à repondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.10 - vue 442/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- II
- PETITES INTENTIONS1
- Masticateur. — Les aliments, et la viande surtout, pour ne pas donner lieu à des troubles digestifs, ont besoin d'ètre très divisés avant de pénétrer dans l’estomac. Mais souvent, par suite de dents en mauvais état, la mastication naturelle est insuffisante. On remédie à cet inconvénient à l’aide d’appareils masticateurs analogues à celui que nous présentons dans la ligure ci-jointe, et qui a pour but de diviser la viande en une
- Masticateur pour viande.
- série de petits morceaux faciles à avaler. Cet appareil, comme on le voit, se compose d’une série de rondelles pourvues de tiges pointues. Toutes ces rondelles sont montées sur un même axe que l’on peut facilement déplacer à l’aide d’un manche, en les faisant rouler sur un morceau de viande. Une petite grille, dont on voit le détail, est placée entre les rondelles et permet d’appuyer avec le doigt pour forcer l’appareil à rouler sur la viande. — Le masticateur se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, à Paris.
- Longue-vue Tom-Pouce. — Tous les voyageurs ont constaté par eux-mêmes quel intérêt il y a à être muni d’un instrument d’optique permettant de fouiller un paysage, d’étudier les détails d’un monument, ou de suivre une" action lointaine. Il n’est pas excessif de dire qu’un des plaisirs du voyage consiste précisément à sortir des limites de la vision ordinaire.
- Longue-vue Tom-Pouce.
- Malheureusement on ne peut toujours emporter avec soi les lunettes ou les jumelles nécessaires, souvent encombrantes et généralement trop apparentes. La longue-vue Tom-Pouce, que représente notre figure, a le grand avantage d’être en même temps puissante et facile à dissimuler. Les dimensions ( 17 mm de diamètre sur 4 cm fermée et 7 cm déployée) permettent de la mettre en poche aisément : sa portée de J 0 kilomètres et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- son grossissement de 4 fois laissent voir avec netteté les objets éloignés : c’est dire qu’elle est très lumineuse. Elle gst munie d’un parasoleil et d’un coulant de mise au point : son oculaire est achromatique. — La longue-vue Tom-Pouce est en vente chez M. Max Balbreek, 157, rue de Vaugirard, à Paris.
- Gril articulé. — Ce gril n’est en réalité formé que de deux plaquettes constituées par du simple fil de fer contourné. Elles sont superposées et l’une d’entre elles peut être soulevée à
- Ci il articulé.
- l’aide d’un anneau. Il suffit de placer le pain ou les aliments à faire rôtir entre les deux plaquettes et de les approcher du feu. Appareil simple qui sera utilisé par les amateurs de grillades. — Le gril articulé se trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Cuillère à infusion. — Cette cuillère est 1res pratique pour faire soi-même rapidement une infusion de thé, grains, fleurs de tisanes, etc. On la remplit de la matière à infusion,
- Cuillère à iwlii-ion.
- la partie supérieure de la cuillère est maintenue fermée par un ressort. 11 suffit alors de poser la cuillère dans l’eau bouillante et de laisser infuser. — La cuillère à infusion se trouve chez M. Paul Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour masquer l'odeur de Vichtyol. —Cette substance rend des services, mais elle a une odeur fort déplaisante : on peut arriver à masquer cette odeur en additionnant 950 parties d’ichtyol de 25 parties d’huile de citronnelle et autant d’huile d’eucalyptus. On peut aussi recourir comme désodorisant à l’huile de pin sylvestre, mais il en faut alors une plus forte proportion, ce qui n’est pas sans inconvénients,
- Poudre de camphre ne s’agglomérant pas, —On sait qu’un des grands ennuis du camphre en poudre, c’est de s’agglomérer de manière à ne plus constituer du tout une substance pulvérulente. Un pharmacien anglais, M. J. Williams, recommande un procédé pour obvier à cet inconvénient. Tout d’abord, pour préparer la poudre, on ne recourt pas seulement à l’alcool, mais on emploie des parties égales d’éther fort et d’alcool ; le camphre se dessèche beaucoup plus rapidement. Avant de passer au tamis, on additionne de 1 pour 100 de vaseline blanche et de 5 pour 100 de sucre de lait. On triture jusqu’à ce que le tout soit bien sec, puis on étend à l’air durant 13 minutes. On peut alors tamiser, mais à travers un tamis qui ne soit pas trop fin, et en chassant la poudre par les mailles au moyen d’un pinceau à barbe court.
- Contre les gerçures et engelures. — On donne aussi ce composé pulvérulent comme excellent pour adoucir et blanchir la peau. On le prépare avec 15 parties d’amandes pulvérisées, 5 parties d’os de seiche également réduites en poudre très fine, 2 parties et demie de savon blanc de Marseille séché à l’air, puis pulvérisé, autant de savon marbré traité de façon identique, et enfin 1 partie et demie de racine d’iris en poudre fine.
- Colle pour papier de soie. — La colle ordinaire et les gommes vulgaires réusissent assez mal pour coller le papier de soie. On fait bien d’employer pour cela la préparation suivante.
- p.11 - vue 443/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 12
- Tout d’abord, dans trois parties d’eau bouillante, on fait dissoudre 2 parties de gomme arabique en poudre et une demie de sucre blanc; d’autre part, on fait un empois avec une partie et demie d’amidon ordinaire de blanchisseuse et 5 parties d'eau froide. On mêle bien les deux préparations, et on verse le tout dans 32 parties d’eau bouillante.
- Encre noire à coloration intense. — La formule en est donnée par la Drogisten Zeitung, et elle n’est pas inutile à une époque où l’on ne fait plus guère que des encres dont la teinte va s’atténuant avec une rapidité déplorable. On prépare d’abord une solution d’extrait de campèche en chauffant au
- bain-marie une partie d’un bon extrait dans 50 parties d’eau : on laisse reposer une semaine et l’on décante. A 200 parties de cette solution, on ajoute 500 parties d’eau et l’on porte à 90° C., au moyen du bain-marie. On additionne alors de 2 parties de bichromate de potasse, 50 d’alun de chrome, et 10 d’acide oxalique, le tout ayant été dissous dans 150 parties d’eau. On ne doit mélanger que lentement et en remuant constamment. On continue à chauffer une demi-heure, en se maintenant aussi presque possible de la température de 90“ C., et alors on ajoute assez d’eau pour faire 1000 parties, et, de plus, 1 pour 100 d’acide phénique. Il faut encore laisser reposer deux ou trois jours et décanter avant que de mettre en bouteilles.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 décembre . — Ü\i S. 5. Couvert. 1,1 Gelée bl. ; couv. ; pluie de 15 h. 30 à 19 b. avec neige à 15 b. 45.
- Mardi 8 2 ’,3 S. S. W. 3. Peu nuageux. » Gelée blanche ; nuageux.
- Mercredi 9 5°,3 S. 3. Couvert. n,t Couv. jusqu’à 15 h. ; nuageux ensuite ; pluie de 5 h. à 14 li. 30.
- Jeudi 10 8*,0 S. S. W. 4. Très nuageux. b Très nuag. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- Vendredi 11 7°,0 S. S. AV. 4. • Couvert. » Presque couvert.
- Samedi 12 3',1 S. E. 5. Beau. 0,1 Gelée bl.; beau le matin ; couv. le soir; gouttes à 21 h.
- Dimanche 13 ... . 6»,8 S. S. E. 3. Couvert. 1,4 Pluie le matin; nuageux ; halo à 10 b.
- DÉCEMBRE 1903. ---- SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 DECEMBRE.
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites & l’observatoire du parc Saint-Maur, en novembre 1903.
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50”,3. Moyenne des 24 heures, 759”",90; minimum absolu, 734"”,9 le 30 à 5 h. 10 ; maximum absolu, 770“”,2 le 5 à 22 heures; écart extrême, 35““,3.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 4°,02 ; des maxima, 9°,92 ; du mois, 6°,97 ; vraie des 24 heures, 6°,52 ; minimum absolu, — 2°,1 le 20; maximum absolu, 14°,1 le 2. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 1°,41; des maxima, 14°,88; minimum absolu, — 6“,0 le 20; maximum absolu, 25°,7’le 2. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0",30 de profondeur, 8°,27 ; à 1 mètre, 10°,70. De la Marne : moyenne le matin, 8°,46 ; le soir, 8°,64 ; maximum, 10°,75 le 2 ; minimum, 6°,40 le 30.
- Tension de la vapeur ; moyenne du mois, 6"“,44; minimum, 3“”,8 le 30, à 11, 19, 20, 24 heures; maximum, 9““,4 le 11 à 13 heures et le 14 à 19 heures. . . , „ .
- Humidité relative : moyenne du mois, 88,0; minimum, 4; le b a 13 heures; maximum 100, en 12 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 b.), 72; moyenne diurne la plus faible, 0 les 6, 7 et 8 ; la plus grande, 100 en 8 jours.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 274 heures; durée effective de l’insolation, 56 heures en 18 jours; rapport, 0,20.
- Pluie ou neige ; total du mois, 37““,0 en 72 heures réparties en 16 jours, et, en outre, 5 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre-On a noté 2 jours sans nuages, les 7 et 8; 4 jours de rosée, 11 jours de gelée blanche; 6 jours de gelée dont 1 sans dégel, le 30; 1 jour de neige, le 30, première neige de l’hiver ; 6 jours de brouillard ; 2 jours de halos, le 20 et le 28 ; petite grêle le 16.
- Fréquence des vents : Calmes, 10.
- N . . . . O i E. . . . . 6 S 32 Vf ... . 61
- N. N. E. . 65 E. S. E . . 3 S. S. AV. . 85 Vf. a. Vf . 57
- N.E . . . 76 S. E . . . 18 S. AV. . . 101 N. AV. . . 33
- E. N. E . . 23 S. S. E. . . 32 AV. S. AV . 89 N. N. Vf. . 15
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3",7 ; moyenne diurne la plus grande, 7”,5 le 30; la plus faible, 0*,6 le 3: la vitesse maximum, 12”,8, a été observée pendant la tempête du 27 au 28, le 27 à 18 h. 30.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -t- 2““,25 ; température +- 0°,40 ; tension de la vapeur, -+- 0"“,11 ; humidité relative, -t- 1,0 ; nébulosité, -t- 1; pluie —10““, 1.
- Plantes gelées le 8, la température minima étant 0°,0 sous l’abri, et — 4°,0 sur le sol : dahlias, géraniums (certaines variétés), héliotrope, mais panaché. La veille, le thermomètre était descendu à —5°,9 sur le sol, et à -+-0®,3 seulement sous l’abri.
- PHASES DE LA LUNE I). Q. k 11 à 11 h. 2 m. du matin.
- p.12 - vue 444/536
-
-
-
- | N° / 5 96 (26 décembre 1903), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le ministre de l’Instruction publique a été autorisé à -déposer sur le bureau de la Chambre un projet de loi portant création à la Faculté des sciences de Paris d’une chaire de physique générale. Cette chaire est destinée à M. Curie, qui vient comme nous l'avons annoncé, d’obtenir, avec Mme Curie, le prix Nobel pour la découverte du radium, en même temps que M. Becquerel pour ses recherches sur l’Uranium.
- —Ht— Aldébaran (a du Taureau) est une belle étoile rouge de remiére grandeur. Le 1er janvier prochain, à lh5m du matin, la une pour Paris, frôlera presque cette étoile. La distance ne sera •que de 3',6, c'est-à-dire environ le dixième du diamètre de notre satellite. La Lune, âgée de 15 jours, passera au nord d’Aldébaran. Le spectacle sera très curieux à suivre, même à l’œil nu, en raison du contraste très marqué de la coloration de la Lune avec la couleur rouge d’Aldébaran.
- —Ht— Tous les journaux ont annoncé qu’un géologue de l’Académie des sciences avait prédit que nous allions subir la pluie pendant 17 ans. Les reporters ont de l’imagination! Le géologue n’a jamais dit cela. La réalité est que l’on a fait allusion à la période dite de Bruckuer qui serait d’environ 35 ans. A une période moyenne sèche succéderait une période moyenne humide. Nous venons de traverser la période sèche et nous sommes déjà entrés depuis quelques années dans la période humide qui prendrait fin à son tour vers 1915. Mais la période de Bruckner est très élastique et a grand besoin d’être contrôlée.
- —Ht— Le président de la République vient de signer un décret classant parmi les monuments historiques et affectant au service des Beaux-Arts la tour Carbonnière, située sur le territoire d’Aigues-Mortes, à une lieue environ au nord de la ville. La tour Carbon-nière faisait partie de l’abbaye de Psalmodi fondée par Charlemagne et de laquelle relevait le territoire sur lequel saint Louis édifia la ville d’Aigucs-Mortcs.
- —Ht— Suivant un télégramme de Tacoma (Etat de Washington), au « New-York Sun », le pic sud-est du mont Ramier est tombé dans la vallée à la suite d’une secousse de tremblement de terre, le 15 .décembre.
- —Ht— L’Institut de la rue Dutot a reçu deux monuments de Pasteur : l’un provenant de l’Exposition cle 1900, où il figura au « Salon Pasteur » ; l’autre offert par le maire de Marnes-la-Coquette et le comité du monument érigé dans cette localité à la mémoire du grand savant.
- * —Ht— ()n a inauguré le 16 décembre, à New-York, le grand pont suspendu de Williainsburg, jeté sur l’East-River, et rival de celui de Brooklyn. On y travaillait depuis sept ans. C’est le plus beau pont suspendu existant au monde. Il a coûté cinquante millions de francs. Il a 2196 mètres de longueur et s’élève à 41 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les tours-culées qui soutiennent les câbles ont 61 mètres de hauteur. Le tablier a 06 mètres de large et peut porter quatre voies de tramways électriques, deux voies de tramways à vapeur, deux chaussées pour les véhicules et deux allées pour les piétons.
- —Ht— Le paquebot « La Savoie » venant de New-York a amené en France un passager peu ordinaire, un géant français de 2m,33. M. Hugo a tenu à assister à un diner de Noël au Havre. On a dû lui construire un lit spécial de 3 mètres de longueur. Le poids de M. Hugo atteint 295 kg.
- —Ht— L’importance de l’approvisionnement des communes en eau potable vient d’être mis de nouveau en relief par un rapport du I)r Le Roy des Barres présenté au Conseil d'hygiène du département de la Seine. C’est à propos de la morbidité due à la fièvre
- typhoïde dans les communes de la presqu’île de Gennevilliers, que le médecin rapporteur s’est élevé contre la distribution de l’eau de Seine dans ces agglomérations. Il a prouvé, statistiques en mains, que, pour ces dernières, la morbidité avait été de 91,00 pour 10 000 habitants de 1898 à 1900, et de 61,41 pour 10000 de 1901 à 1903, tandis que des communes limitrophes, Saint-Denis, Epinay, Neuillv, etc., n’avaient constaté, pendant les mêmes périodes, que 59,71 et 15,35 pour 10000 habitants. Ces moyennes favorables étaient dues à ce qu’elles étaient desservies par la Compagnie des eaux qui ne leur fournissait que de l’eau épurée. Il faut ajouter que des mesures ont déjà été prises pour doter les communes déshéritées d’un approvisionnement en eau potable, et les statistiques qui les concernent s’amélioreront certainement.
- —Ht— Un journal anglais reproduit l’observation d’une personne qui, ' ayant examiné un ver luisant pendant un orage, remarqua qu’il cessait de briller une seconde environ avant chaque éclair, pour briller à nouveau, une seconde après. Il serait intéressant de savoir si ce fait ou d’autres analogues ont déjà été observés, soit sur le Lampyre, soit sur d’autres insectes phosphorescents.
- —Ht— D’après Y Engineering and Mining Journal, on emploie avantageusement le système Mac Donald pour la préparation élee-trùlytique du chlore nécessaire au blanchiment de la pâte à papier. La cuve dont on se sert est en fonte, venue d’une seule pièce ; elle comporte deux cloisons de séparation longitudinales, perforées de trous au nombre de 75 par décimètre carré. Le compartiment médian forme la cellule anodique, et il est fermé par un couvercle en fonte dans lequel les anodes sont fixées intérieurement; ce couvercle est scellé sur les bords des cloisons oit il repose. Les anodes sont des blocs de charbon de cornue dans lesquels sont scellés des conducteurs en cuivre, tout le cuivre de la barre et des conducteurs étant absolument préservé par une couche de plomb. Les compartiments extérieurs forment cellules cathodiques et ce sont les cloisons mêmes qui constituent les cathodes. La solution de sel marin fournissant le chlorure est amenée par une conduite ; un siphon sert à l’évacuation de la solution alcaline. Le procédé donne 5 kg de chlore par cheval-vapeur électrique et par jour. '
- —Ht— A notre époque de chemins de [fer métropolitains, il est intéressant de savoir que Londres, en dépit de son réseau énorme de voies ferrées, possède 159 lignes d’omnibus ayant un développement total de plus de 1200 kilomètres; sur certains points, on voit passer 600 à 700 de ces voitures dans une heure, et 1 ensemble de ces lignes transporte par an 480 millions de voyageurs.
- —Ht— Voici quelques chiffres assez peu connus et qu’il n’est pas sans intérêt de vulgariser : la population du monde entier est évaluée à 1 milliard 650 millions d’habitants, parmi lesquels l’Asie entre pour 1 milliard, l’Europe pour 420 millions et l’Amérique pour 150 millions. Les importations dans tous les Etats ont une valeur de 60 milliards 750 millions, et les exportations, 50 milliards 477 millions. Les dettes publiques sont de 172 milliards 847 millions, où l’Europe entre pour 137 milliards 854 millions. Le réseau des chemins de fer est de 832 000 kilomètres, dont : 418 000 pour l’Amérique, 505 000 pour l’Europe, 51000 pour l’Asie, 38 009 pour l’Océanie et 20000 pour l’Afrique. La marine marchande comprend 22588 vapeurs, jaugeant 17 622 000 tonnes, et 55 107 voiliers, jaugeant 9 276000 tonnes. •
- —Ht— Notre collaborateur, M. E.-A. Martel, a commencé le 15 décembre 1903 son cours de géographie souterraine, spéléologie. 5e année. Ce cours a lieu tous les mardis à 4 heures à la Faculté des sciences de Paris, dans l’Amphithéâtre de Géologie, place de la Sorbonne. Le programme comprend cette année : « Les régions caverneuses de l’Europe (fin) : en Norvège, Angleterre, Irlande, Espagne et Iles Baléares, Italie et Sicile, Allemagne, Autriche, Hongrie, Bosnie, Herzégovine, Monténégro, Serbie et Bulgarie, Grèce, Russie, Crimée, Caucase.
- 4
- p.13 - vue 445/536
-
-
-
- 14
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Piles « Dix mille éclairs », vente en gros chez MM. Henry et Lenud, 51, rue de Turenne, Paris.
- Communications — M. A.-L. Clément, notre collaborateur, nous adresse la lettre suivante : (( Voulez-vous me permettre quelques réflexions au sujet de la petite Note publiée dans le n° 1595 du 5 décembre 1905, page 14 : « L’Emploi des ballons à l’exploration des cavernes ». 1° Il me semble que le procédé est déjà employé chez nous depuis longtemps, l’idée n’est pas, je crois, nouvelle. 2° L’inconvénient des courants d’air pourrait, il me semble, être évité ou plutôt corrigé en employant un ballonnet un peu plus volumineux ayant par conséquent une force ascensionnelle un peu plus grande auquel on fixerait une légère poulie p sur laquelle passerait un second fil parallèle à celui qui retient le ballon, terminé par un petit poids et formant til à plomb. La hauteur h exacte à mesurer, serait comme le montre la figure ci-jointe : li = b + b'— a -f c, et le maniement de ce système ne serait certainement pas très compliqué. »
- Renseignements. — AI. Lcvel, à Gargenville. — Vous faites erreur : c’est dans le n° 1195 du 25 avril 1890, p. 525, que nous avons publié la description du Radiateur Salénius, appareil à fabriquer le beurre.
- M P- C-, à Pantin. — Une demande d’emploi aux Colonies doit être adressée à l’Office Colonial, Galerie de Valois, Palais-Royal, ou à l’Union Coloniale française, 44, Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. Imérétchenski, à Kiew. — Pour ce qui touche à la polarisation rotatoire, vous consulterez le Traité d’optique de JI. E. Maseart, tome II; librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris; pour les raies du spectre, vovez le Traité élémentaire d’analyse spectrale, par M. G. Salet ; même librairie.
- AI. Kretschner, à Düsseldorf. — Pour la fabrication de ces appareils d’optique, adressez-vous à M. Mailhat, 41, t boulevard Saint-Jacques, à Paris.
- M. Bacot, à Orléans. — La 2e série des Recettes et procédés utiles contient plusieurs manières d’empêcher le suintement des lampes à pétrole : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. J. Duvert, à Thiers. — Procurez-vous le recueil que nous indiquons plus haut : il en existe cinq volumes ; dans le 4e vous lirez la formule de la pâte à copier.
- Mme A. U., à D. — Fabricants de boites de conserves : M. Carnaud, 5, rue d’Argout, à Paris; M. Willame, 88, rue Martre, à Clichy (Seine).
- M. R. M., à Rennes. — Il faudrait une analyse chimique pour déceler toutes ces adultérations du savon : iï n’y a pas de moyen simple.
- AI. Manuel, à Padoue. — Nous avons cherché inutilement dans le n° en question la formule de pâte phosphorée : vous devez faire erreur.
- M. Verhaeghe, à Bruges. — La Brochure du Dr E. Mauriac, intitulée « Le vin au point de vue médical » est en vente, au prix de 1 franc à la librairie Doin, 8, place de l’Odéon, à Paris. . . ;
- M. Escudero, à Bilbao. — Appareils de distillation : M. Deri-veau, 10, rue Popincourt; M. Deroy, 71, rue du Théâtre, à Paris.
- AI. A. C., à Versailles. — A l’aide de la chaux, vous pourriez éliminer l’acide carbonique : mais pour l’oxvde de carbone, il n’y a pas de procédé pratique.
- AL B. Teisset, à Grandes Maisons, — 1° Il faut changer les lames attaquées et enduire les autres de la solution suivante : alun 60 gr, sulfate de fer 60 gr, acide Borique 50 gr, gélatine 19 gr, empois 6 gr, eau 1000 gr. — 2“ Voir plus haut l’adresse de l’éditeur de cette brochure. — 5° Merci pour ce renseignement que nous utiliserons. — 4° Consultez les journaux suivants: La (( Semaine Médicale », 5, rue Racine, à Paris, ou la « Presse Médicale », 4, rue de l’Abbé-de-l’Épée, à Paris.
- M. L. Parant, à Bourg-en-Bresse. — Les prismes Luxfcr ont été décrits dans le n° 1561, du 24 juin 1899, p. 52 : la Société qui les construit a son siège 201, quai Valmv, à Paris.
- M. le Directeur de la Compagnie française d'armes, à Saint-Étienne. — Nous avons pris ce renseignement dans' le journal anglais « Nature », qui pourrait vous renseigner à cet égard : ses bureaux sont à la librairie Macmillan, Saint-Martin Street, London, W. C.
- M. Lemogne, à Paris. — Il n’y a pas de système absolument efficace pour amortir les sons d’un piano, situé à un étage voisin. Vous pourriez essayer de tendre, dans les angles de votre appartement des fils de coton horizontaux, comme il a été fait dans la salle du Trocadéro.
- M. Leclaire, à Riom. — Si vous voulez cintrer des tuhes de cuivre sans les plisser ni leur donner une forme ovale, il est nécessaire de les remplir de sahle très fin. Bien tassé, et de fermer hermétiquement les extrémités des tuhes. Vous pouvez alors les courber de toutes façons sans avoir à craindre de les détériorer.
- M. S. W., à Tourcoing. — On appelle (( martensite » une substance très dure que l’on rencontre dans l’acier trempé auquel elle communique une structure caractéristique. On la trouve en grains grossiers dans l’acier renfermant 0,5 pour 100 de carbone, et en grains fins dans l’acier à 1 pour 100 de carbone.
- AI. Lemier, à Châteauroux, — Vous pourriez compléter votre étude historique sur les hirondelles, en citant la description qu’en donna le naturaliste anglais Turner en 1544; son livre « On birds » a été réédité par M. A. H. Evans, et sort de l’imprimerie universitaire de Cambridge, 1905.
- AI. Slevenaz, à Grenoble. — L’est la loi du 8 avril 1898 sur le régime des eaux qui réglemente cette matière; vous y verrez qu’il appartient au préfet de statuer sur les demandes de prise d’eau. Pour plus de détails vous pourrez consulter l’ouvrage suivant : Législation des chutes d’eau, par P. Bou-gault; Gratier et Rev, éditeurs, à Grenoble.
- AI. Thierriet, à Mailhol. — Il existe, en effet, des machines industrielles pour produire de la photographie au kilomètre : malheureusement les usines qui les emploient, et notamment celle de Rueil, tiennent secret tout ce qui y a trait : tous nos regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- AI. Gambier, à Épernay. — Vous pourriez vous inspirer, dans la fabrication de votre appareil, d’un instrument fort ingénieux, appelé « couteau à papier pèse-lettres », et décrit dans dans les Petites Inventions du n° 1596 du 25 février 1900.
- AI. J. M., à Saragosse. — La mesure de la vitesse des météores est un problème des plus complexes: M. Ceraski a inventé un appareil qui permet de l’évaluer approximativement. Vous en trouverez une description dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1905, p. 669.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Le Mêlais, h Gaillon. 11 serait boa de faire curer d'abord voire puits. — J/. AI. K., à Lourdcval. Veuillez indiquer l’altitude à laquelle vous vous trouviez. — APleZ., àX. La3e série des Recettes et procédés utiles donne une manière de métallisée les fleurs : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date île la livraison.
- p.14 - vue 446/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 15
- PETITES INTENTIONS1
- Aqnagraphe. — L’aquagraphe est un procédé nouveau qui permet, à l’aide d’un nouveau produit, de reproduire instantanément, avec l’apparence du crayon, les dessins, gravures et images des journaux, catalogues et prospectus illustrés, même en couleurs. Il suffit de couvrir à l’aide du pinceau d’une légère couche du liquide aquagraphe le dessin à. reproduire et de laisser sécher pendant 30 secondes. On place ensuite la
- Aquagrajilip.
- feuille de papier qui doit recevoir la re| roduclkn sur l’original préparé et on frotte avec l’ongle du pouce ou de préférence avec un lissoir, en ayant soin de ne pas faire de plis ni de déranger le papier. Cette opération doit se faire sur une plaque de verre ou autre corps dur et lisse. La même reproduction se fait avec le même succès sur des tissus. 11 ne faut pas employer des papiers ou tissus glacés. Les dessins anciens ou d’impression légère devront recevoir plusieurs couches «l’aquagraphe. 11 est hon de s’exercer d’abord sur des journaux récemment imprimés. — L’Aquagraphe se trouve chez M. Kratz-Doussae, 14, rue Martel, à Paris.
- Le jeu Salta. -— Le jeu Salta est un nouveau jeu de combinaisons digne de rivaliser avec les Echecs et les Dames; il est facile à apprendre et très récréatif. 11 se joue sur les 50 cases d’un saltier ou damier. Chacun des deux joueurs a 15 pions d’une meme couleur qu’il place sur les trois premières rangées dans l’ordre suivant : en première ligne les soleils, en deuxième ligne les lunes, en troisième ligne les étoiles, dans l’ordre de 1 à 5 en partant de la gauche de l’un et de l’autre camp. Le but à atteindre est de caser le premier
- Le jeu Salta.
- ses pions dans le ctmp adverse, les soleils en avant, les lunes au milieu, les étoiles en arrière, toujours dans l’ordre de 1 à 5 en partant de la gauche de chaque joueur. La marche des pions a lieu en avant et en arrière, obliquement de case en vase et une seule à la fois. En contact avec un pion adverse, le pion saute si la case derrière est vide, mais sans prendre le pion ccirme au jeu de dames. C’est ce qu’on appelle salta. On ne saute qu’en avant et un pion à la fois. L’obligation de sauter amène des déviations. Le joueur doit donc chercher à dévier
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-nlks uutitïf (j.a est rangère aux annonces.
- les pions adverses pour placer les siens avantageusement. Le joueur qui omet de sauter peut y être obligé par l’adversaire ; mais l’omission doit être relevée au moment du coup. — Le jeu Salta se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Taies de la cornée.
- Les opacités ou taies de la cornée sont, en général, des cicatrices de plaies ulcéreuses, survenues à la suite d’ophtalmies plus ou moins graves ou de lésions traumatiques. Les plus légères sont dites nuages, népliélions, par opposition aux taies opaques qui sont appelées albugo, leucoma; les premières sont souvent peu visibles, il faut les reconnaître par l’éclairage latéral ; elles gênent peu la vue si elles ne sont ni nombreuses ni trop étendues, mais nécessitent des efforts d’accommodation qui à la longue sont pénibles.
- Les taches opaques amènent quelquefois une telle gêne de la vision qu’il faut pratiquer une ouverture dans l’iris et faire une pupille artificielle. Chez les goutteux et arthritiques les taies deviennent peu à peu plus épaisses par des dépôts calcaires qui se forment à la longue dans la trame de la cornée. On a pensé que la lithine qui agit si bien contre les dépôts de gra-velle, contre les imprégnations d’urates, pourrait favoriser également la solution de ces dépôts dans l’œil. Le Dr Mazet conseille dans ce but un collyre au benzoate de lithine, à un demi-gramme pour dix d’eau distillée. Des instillations, faites trois fois par jour, auraient amené de bons résultats chez des sujets goutteux; elles sont inoifensives et peuvent être faites parle malade lui-même.
- L'acide borique dans la tuberculose.
- Depiuis l’ère antiseptique, l’acide borique est devenu l’agent indispensable dans toutes les maisons. Au moindre petit accident, l’eau boriquée, les compresses d’eau boriquée ; avez-vous mal aux dents, mal à la gorge, gargarismes à l’eau boriquée ? Vous plaignez-vous d’une démangeaison, vite des lavages ou des bains d’eau boriquée. Et l’acide borique se vend partout, chez l’épicier, chez le parfumeur, dans les grands magasins dé nouveautés. Et on l’y prend de préférence parce qu’il coûte moins cher que chez le phaimacien. Mais si vous n’avez pas le soin de faire bouillir longtemps, de stériliser et de filtrer vos solutions, vous aurez au lieu d’un agent antiseptique un bouillon de toutes les saletés ou impuretés possibles. Les tonneaux d’acide borique sont, dans certains magasins, sur le pas de la porte recevant toutes les poussières de la rue ou d’autre part. Prenez donc la précaution de préparer l’eau boriquée par ébullition de la solution.
- Du reste les propriétés antiseptiques de l’acide borique sont fort peu prononcées; c’est surtout un agent antifermentescible et c’est à ce titre qu’on l’incorpore indûment et trop souvent à maintes préparations alimentaires ou à des boissons. On en a donc avec raison condamné l’emploi en dehors d’usages médicaux; à la longue, par lui-même ou par les impuretés qu’il peut contenir, arsenic, plomb, l’acide borique peut devenir très, nuisible.
- C’est même cette intolérance qui avait fait renoncer au traitement de la tuberculose par son emploi. Le docteur Gaucher l’avait préconisé dans ce but à des doses variant de deux à quatre grammes par jour; il avait constaté par l’analyse des crachats que l’acide borique était partiellement éliminé par les. bronches, qu’il diminuait les sécrétions, favorisait la guérison des lésions pulmonaires et facilitait l’amélioration de l’état général.
- Mais quand il fut démontré, par les expériences de Yersin et de Villemin, que l’acide borique était absolument impuissant à arrêter le développement des bacilles, qu’aucune culture de bacilles de Koch n’était rendue stérile par le contact avec des solutions concentrées d’acide borique on renonça à son usage.
- On est tenté d’y revenir et voici pourquoi. Comme je le disais, l’acide borique est un antiseptique médiocre, mais c’est un antifermentescible énergique qui s’oppose à la production des toxalbumines ou des ptomaïnes. Or les tuberculeux, s’ils sont dévorés par le bacille spécifique, le sont à un degré encore plus prononcé par les infections de tous genres qui se produisent sous l’action de l’invasion polymicrobienne. Ces infections sont une des causes les plus sérieuses des troubles nutritifs dans la tuberculose. L’acide borique, agent destructeur des ferments, peut donc les arrêter. Mais si vous le donnez, comme autrefois Gaucher, par cachets, vous aller troubler la digestion stomacale.
- p.15 - vue 447/536
-
-
-
- 16
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Le docteur Plicque a tourné la difficulté en faisant absorber l’acide par l’intestin qui supporte bien les agents médicamenteux. Il fait dissoudre un, deux grammes d’acide borique dans de l’eau bouillante, l’ajoute à deux cents grammes de lait tiède et administre ce mélange en lavement. Graduellement on accroît la dose d’acide et suivant la tolérance, on peut aller jusqu’à six et huit grammes par jour et en une seule fois.
- Mn peut additionner de quelques gouttes de laudanum ces solutions lactées, mais ce n’est pas très nécessaire ; ces lavements sont la plupart du temps très bien supportés.
- Inutile d’ajouter qu’il faut avoir de l’acide borique très pur.
- L’application de ce traitement a donné au docteur Plicque des résultats très satisfaisants. Faut-il les attribuer à une véritable antisepsie locale, à une désinfection par simple lavage? Y a-t-il action réelle de l’acide borique? Peu importe. L’élimination de l’acide par les urines rendrait l’emploi de ces lavements précieux quand la tuberculose a envahi les voies urinaires. L’essentiel c’est que le traitement bien conduit est inoffensif et qu’on a là une ressource thérapeutique des plus avantageuses. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES I>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DF. 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 décembre . 3°,8 S. S. W. 2. Couvert. » Brouillard le matin et le soir ; couvert.
- Mardi la - 1",7 S. E. 0. Beau. » Gelée blanche ; brouillard le matin ; couv. de 11 à 17 h.
- Mercredi 16 1°,8 E. S. E. 2. Très nuageux. 0,5 Gelée bl. ; petite pluie le matin ; très nuag. ; brouillard le soir.
- Jeudi 17 — 0",6 Calme. Couvert. » Gelée bl. ; brouillard épais toute la journée.
- Vendredi 18 1».3 E. 1. Couvert. Rosée ; brouillard le matin ; très nuageux.
- Samedi 19 - 1",8 E. 1. Beau. » Gelée blanche ; presque couvert.
- Dimanche 20 ... . IM E. S. E. 2. Couvert. 0,5 Couvert; pluvieux de 12 à 11 b.
- DÉCEMBRE 1903. ---- SEMAINE DU LUNDI li AU DIMANCHE 20 DÉCEMBRE.
- Lundi
- Mardi | Mercredi
- Jeudi
- Vendredi I Samedi | Dimanche
- La cimrlh; supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direc ion du vent. Les courbes du milieu uitiupie.il - courbe épaisse, les pressions baromélritfues (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- j boni.
- £w
- • CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige. — Une tempèle de neige s’est abattue le la décembre, pendant plusieurs heures sur le bassin du Puv, s’étendant aux départements de la Loire et de la Haute-Loire et causant des dégâts considérables. Entre les gares de Prades-Saint-Julien etMonîstrol d’Allier, un train de marchandises a été bloqué vers 3 heures de l’après-inidi et ce n'est qu’après plusieurs heures d'efforts que des équipes de secours ont pu le dégager. De tous côtés les communications télégraphiques ont été interrompues et les lignes renversées. Le service télégraphique n’a pas été rétabli avant plusieurs jours et le service téléphonique ne le sera pas avant plusieurs semaines. Les travaux nécessités par la réparation des réseaux ont été, en effet, entravés par la température épouvantable et un brouillard intense. Deux hommes ont été foudroyés à Monistrol-sur-Loire par un fil électrique que la neige avait rompu. Le facteur du bureau de poste d’Auzon voulut, malgré la tourmente, distribuer sou courrier ; il a été emporté par le vent et projeté dans un ravin où il a été trouvé mort. Les 16 et 17 décembre des neiges ont été signalées dans l'extrême nord du continent.
- Le temps. — Dans la semaine du 11 au 20 décembre, le temps a été encore pluvieux. Le li décembre, des neiges et des pluies sont encore tombées sur diverses parties de l’Europe. En France, on a recueilli 11 mm d’eau à Belfort, 3 mm à Brest, 2 mm à Lyon. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait —5° à Clermont, —2° à Paris, —6° au pic du Midi, — 8° au mont Ventoux. Le lo décembre, le baromètre est descendu de 5 mm à Bochefort et de 6 mm à Perpignan. Il a plu vers le littoral de l’Océan et de la Méditerranée ; on a recueilli 13 mm d’eau à Brest, 20 mm à Sicié,
- 12 mm à Nice. La température moyenne à Paris, le 13 décembre, a été de 1°,9, inférieure de 0°,7 à la normale. Le 16 décembre, il est tombé 73 mm d’eau au mont Aigoual, 51 à Sicié, 11 à Biarritz, 3 à Brest. Le thermomètre a marqué le matin, à 7 heures, —1° à Paris, —4° au mont Ventoux, —9® au pic du Midi. Le 17 décembre, il y a eu à Paris un brouillard très épais toute la journée, et surtout dans la matinée et dans la soirée. Il est tombé 91 mm d’eau à Cette, 6 mm à Cherbourg, 5 mm à Brest. De basses pressions se sont tenues toujours à l’ouest de l’Europe et sur la Méditerranée occidentale. Le 18 décembre, des neiges et des pluies sont tombées dans le nord et le sud de l’Europe; en France, on a recueilli 22 mm d’eau à Perpignan, 6 mm à Lorient, i mm à Nice, 3 mm à Biarritz. La température s’est abaissée; le matin, à 7 heures, elle n’était que de —2° à Paris, 11° à Alger, 13® à Brindisi. Le 19 décembre, il a plu à Perpignan (31 mm), à Marseille (8 mm), à Brest (5 mm) ; on a signalé des chutes de neige au mont Aigoual et au mont Mounier.
- Tempêtes. — On a signalé, le 16 décembre, une tempête à Marseille, où un vent violent du sud a soufflé et a fait interrompre les opérations de renflouement d’un navire. A la même date, près de Brest, à Pile Molène, deux barques de pèche, à la suite d’une tempête, se sout brisées sur les rochers et ont coulé. A Raguènes, huit bateaux se livrant à la pêche aux homards ont aussi été jetés à la côte, et se sont entièrement démolis sur les rochers. A Penmarch, quatre jeunes gens qui se trouvaient sur les rochers ont été enlevés par une lame de fond; ils ont tous été sauvés, mais l'un a eu la mâchoire brisée, et l’autre une jambe fracturée. Les tempêtes ont causé de graves dégâts sur toute-la côte de l'Océan.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 18 à 9 h. 35 m. du soir.
- p.16 - vue 448/536
-
-
-
- 1597 (2 janvier 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— : Le Comité du Syndicat de la Presse parisienne vient de prendre une délibération au sujet du prix de 100 000 francs, mis à sa disposition par M. Osiris, et oui, depuis trois ans, restait sans titulaire : Mme Curie reçoit 60 0Ô0 francs, afin de poursuivre ses belles recherches sur le radium. Les 40 000 francs restant sont attribués à M. Brahly, pour ses travaux relatifs à la télégraphie sans fil. Le Comité a voté des remerciements unanimes à l’homme de bien qui fait de sa fortune un si noble usage.
- —Ht— Les élections viennent d’avoir lieu à la Société des Ingénieurs civils. Ont été nommés : président pour 1904, M. Henry Cou-riot, professeur d’exploitation des mines à l’Ecole centrale ; vice* président, M. L. Coiseau; trésorier, M. L. de Chasseloup-Laubat ; présidents de sections, MM. Aug. Moreau, E. Pontzen, G. Richard, L. Boudenoot, E. Cornuault, A. Hillairet.
- —Ht— Le jury du concours annuel de façades organisé par la Ville de Paris, composé de MM. Bouvard, Pascal, C. Girault, Sunger, architectes, et de MM. Queniin-Bauchart, Froment-Meurice, Ernest Caron. Chérioux, Ballière, conseillers municipaux, s’est réuni une dernière fois, le 23 décembre, pour procéder au classement définitif des concurrents dont les maisons ont été les plus remarquées au cours des pérégrinations des jurés à travers Paris. Les immeubles primés sont situés aux adresses suivantes : 17, rue Laffitte; 38 bis, rue Fa-bert ; 153, boulevard de Ménilmonlant; 23, rue Mogador; 164, rue de Courcelles, et 45, rue Bellechasse. Leiirs architectes sont, dans l’ordre : MM. Nénot, Hodanger, Bocage, Labôuret, Delage et Musia. Ils recevront de la Ville de Paris une médaille d’or et une somme de 300 francs. Quant aux propriétaires, leurs maisons seront exemptées des droits de voirie pendant un an.
- —Ht— On annonce la mort, à l’àge de 85 ans, de M. Robert Etheridge, un géologue anglais très connu, attaché au British Muséum, dont il contribua à classer les immenses collections paléonto-logiques.
- —Ht- Le gouvernement autrichien a ouvert un concours des
- Iïlus intéressants pour la construction des ascenseurs destinés aux lateaux qui franchiront la ligne de partage des eaux sur le canal projeté du Danube à l’Oder, canal qui doit passer par Prerau et Altendorf. Il s’agit de franchir une dénivellation de bien près de 40 mètres, en réduisant la consommation d’eau au minimum. Les ingénieurs qui voudraient, à ce sujet, des renseignements complémentaires pourraient les demander au Commissaire pour la Construction des voies navigables, à Vienne.
- —Ht— D’après lés observations publiées par le Dr G. Schott, dans la publication géographique allemande Petermann's Milteil-ungen, il y aurait dans l'Océan Atlantique deux vastes surfaces, au nord et au sud de l’Equateur, qui présenteraient une salure relativement fort élevée.
- —— Un journal anglais vient de publier une liste très curieuse des infirmes qui montent à bicyclette. Nous remarquons dans cette liste : 1° l’Américain W. Brown qui, quoique ne possédant qu’une seule jambe, n’en fait pas moins une centaine de kilomètres par jour ; — 2° le coureur Spread, qui n’a, lui aussi, qu’une jambe et qui couvrit le trajet de Londres à Brighton en 6h 26™, soit à une vitesse moyenne de 20 kilomètres à l’heure ; — 3° M. Scott, qui a été amputé des deux mains ; il dirige sa bicyclette avec les deux crochets terminant ses moignons; — 4° une équipe de tandem dans laquelle le cycliste qui tient la direction ne possède qu’une jambe, alors que l’équipier d’arrière a bien ses deux jambes, mais n’a plus qu’un seul bras ; — 5° enfin, pour terminer cette énumération bizarre, citons le cul-de-jatte J. Mackintosh qui fit, en 1899, la traversée de l’Ecosse et de l’Angleterre sur un tricycle spécial, mû par les mains.
- —H!— Une négresse des Etats-Unis nommée Mary Mac-Donald, vient de célébrer son cent trente-troisième anniversaire. C’est,
- croyons-nous, la plus vieille femme que l’on connaisse dans le monde entier. Malgré son grand âge, elle a encore une mémoire étonnante et raconte volontiers les faits qu’elle a pu voir durant sa longue existence. Fait curieux, elle attribue sa longévité à l’usage du tabac. En effet la vieille négresse est une fumeuse enragée et au matin au soir elle a dans la bouche une pipe courte dont elle tire d’énormes bouffées. Le tabac conserverait-il? A la Société contre l’abus du tabac de tirer de ce fait une conclusion.
- —Ht— On ne saurait trop prémunir le public contre le danger qu’offrent les objets en celluloïd. En voici encore un triste exemple. En voulant allumer une cigarette, un médecin anglais, le DrRussel, de Londres, reçut une étincelle sur son faux-col en celluloïd. Celui-ci s’enflamma aussitôt et sa combustion causa au malheureux médecin des brûlures assez profondes pour entraîner la mort.
- —Ht— On peut se demander où s’arrêtera l’audace des chauffeurs et surtout jusqu’où iront leurs automobiles. On vient de construire, en effet, à Pittsburg, en Pensylvanie, un nouveau théâtre dans lequel on a ménagé une voie spéciale pour les automobiles. Grâce à un plan incliné, les chauffeurs peuvent monter, avec leurs voitures, jusqu’aux portes mêmes des loges, au second étage. Aurons-nous bientôt à Paris les automobiles à tous les étages?
- —— La maison Ganz, de Budapest, construit couramment des moteurs à essence ou à alcool Bank où l’on affirme trouver un avantage ;des plus sérieux par suite d’une forte compression.-Celle-ci est obtenue grâce à Faction réfrigérante d’eau pulvérisée avec le mélange détonant pendant la course d’aspiration, et introduite par conséquent dans le cylindre.
- —Ht— Le capitaine du génie américain Taylor a poursuivi récemment des recherches méthodiques sur la composition des bétons, suivant qu’on les fabrique avec des sables ordinaires, ou avec du quartz broyé, ou encore avec des substances poudreuses provenant des résidus de concassage des pierres. Or, il a pu constater une supériorité très marquée dans le béton fait avec les résidus de broyage.
- —Ht— La grande compagnie de chemin de fer « Pensylvania Railroad » vient de construire un pont métallique de forte ouverture, particulièrement remarquable en ce qu’il est fait pour permettre le passage simultané île quatre convois : il est en effet à quatre voies, deux pour le trafic des marchandises et deux pour les trains de voyageurs. Son ouverture est de 328 mètres pour une largeur de 16m,80.
- —Ht— U paraîtrait que, en combinant l’usage et l’effet du radium avec un tube à rayons X, M. William J. Ammer et le DrAmon Jenkins auraient obtenu quelques résultats intéressants sur une jeune aveugle dont l’état se serait légèrement amélioré.
- —Ht— Les usages industriels du chrome, qui est aujourd’hui fréquemment employé dans la métallurgie du fer, ont entraîné l’ouverture de nombreuses mines, principalement en Asie Mineure et en Nouvelle-Calédonie. Les plus considérables sont celles de’Da-ghardi, dans le vilayet de Brousse, situées au sud du mont Olympe.1 Les minerais sont l’objet d’un transport à dos de chameau, avant de gagner le chemin de 1er d’Anatolie qui leur permet d’être embarquées à Imidt pour l’Europe et l’Amérique. Les min.erai§ doivent contenir de 48 à 50 pour 100 d’oxyde de chrome pour avoir une valeur commerciale réelle. Leur prix, qui était de 300 francs il y a vingt ans, est descendu à 85 et même 75 francs. Bien différents sont les prix payés en Nouvelle-Calédonie : 52 à 55 francs la tonne,' à condition que le minerai contienne 50 pour lttO de sesquioxyde de chrome; pour une teneur plus élevée, les prix sont augmentés. Ces prix sont inférieurs à ceux- payés il y a vingt ans, mais sont encore rémunérateurs -. ils permettent de résister à la. concurrence des minerais provenant de Hongrie, de Grèce, île Terre-Neuve, de Nouvelle-Ecosse et de Californie, dont la production est d’ailleurs peu considérable.
- p.17 - vue 449/536
-
-
-
- 1
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- AVIS. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Automobiles Bollée : 120, avenue de Paris, le Mans (Sarthe); automobiles Louet : 14 et 16, rue Fabre d’Eglantine, Paris ; automobile Delahaye : 10, rue du Banquier, Paris; carburateur Grouvellc et Arquembourg : 71, rue du Moulin-Vert, Paris; automobile Chenard et Walcker : 7, rue de Normandie, Asnières (Seine); allumeur Eisemann : 0, place de Ja Madeleine, Paris; roue Soûlas : 37, avenue Lowendal, Paris; appareils de chauffage électrique : M. F. Le Roy, 45, rue Boulainvilliers, à Paris. — L’horomètre que nous avons décrit dans le n° 1596, du 26 décembre 1903, p. 54, se trouve chez M. L. Troncet, 7 bis, boulevard de Vaugirard, à Paris (XV” arr.).
- Communications. — M. Guichard, chimiste à Meudon, nous signale les faits suivants relatifs aux floraisons tardives : « Cette année au printemps un cactus, sorti trop tôt, fut atteint légèrement par la gelée, sa floraison fut arrêtée ; mais à l’automne, au mois de novembre, il eut une fleur magnifique qui se développa normalement : plusieurs autres boutons commencèrent leur évolution mais ne purent la continuer et avortèrent. En 1855, pendant les vacances, j’observai un fait analogue; ayant dépouillé un lilas de toutes ses feuilles, je le vis, peu après, se couvrir de fleurs. »
- MM. les fils d'Emile Deyrolle, à propos de l’article sur la chasse au grand-duc artificiel, paru dans le n° 1595 du 19 décembre 1903, p. 17, nous font remarquer que depuis fort longtemps ils fabriquent des grands-ducs articulés servant au même usage.
- Renseignements. — M. A. O. Bourbonnais, à Saint-Polycarpe. — Dans le Manuel du Cordier, de l’Encyclopédie Roret, vous trouverez ces indications: librairie Mulo; 12, rue llautefeuille, à Paris.
- M. de Vasconcellos, à Lisbonne. — L’adresse de M. Grand-jean, constructeur de filtres à base de cellulose, est 50, faubourg Poissonnière, à Paris.
- M. Mathieu-Wattrelot, à Lille. — Voici le titre de cet ouvrage : « Dorure, argenture, nickelage, galvanoplastie », par E. Keignart; en vente chez l’auteur, 120, rue Championnet, à Paris; prix : 5 francs.
- M. Smidt, à Tournai. — Les vitres armées pourraient vous rendre des services notables dans ce cas, étant donné qu’on peut leur donner n’importe quelle forme. Vous trouveriez des détails sur leur fabrication dans le n° 1027, du 4 février 1893, p. 157.
- M. Merkel, à Neuchâtel. — Une Note toute récente de M. Kilian, parue dans le fascicule IV du Bulletin de la Société géologique de France, traite la question de l’avenir des glaciers dauphinois: vous y verrez notée votre intéressante observation d’une ligne d’arbres morts à la lisière des forets située à flanc de montagne.
- M• R. G., à Vire. — Les parasites que vous nous avez communiqués et qui portent le nom vulgaire de « punaises des écorces », sont des hémiptères de la tribu des Lécaniinés, sortes de cochenilles qui attaquent les lauriers, les orangers, etc. : pour les détruire, le plus sùr est d’asperger les arbres avec du lait de chaux phéniqué.
- M. J. T., à Nantes. — Le chanvre est surtout cultivé en Russie, dans la plaine du Pô et dans l’ouest de la France. La culture, sauf dans le premier de ces pays, qui produit 2 500 000 quintaux de filasse, est généralement en décroissance.
- M. Colmacci, à Livourne. — 1° L’installation d’un parc à huîtres est des plus délicates ; il importe de choisir avec soin son
- emplacement, de manière que toutes les huîtres soient atteintes par des courants d’eau de mer. — 2° Oui, on peut verdir artificiellement l’huître, en mêlant aux eaux du sulfate de cuivre,, mais elle acquiert un goût détestable et devient même nuisible. — 3° La couleur verte naturelle est due à des algues de la famille des Chlorophycées qui se développent librement dans les parcs.
- M. Lebard, ÀjÇommercy. — Ce genre d’utilisation des terrains consiste à en faire des « prés-bois », c’est-à-dire des pâturages parsemés de bouquets d’arbres. Très avantageuse dans les régions accidentées, cette culture mixte concilie la production du bois et l’élevage du bétail.
- M. P. B., à Bruxelles. — 1° Ces procédés d’oxydation ne sont jamais passés dans la pratique : nous n’avons pu en retrouver la description. — 2° Pour trouver la question de la radioactivité traitée d’une façon complète, il faudrait consulter un article publié récemment par M. Curie dans les « Annales de physique et de chimie » : ce recueil ne se vend pas au numéro. — 5° Nous ne connaissons pas d’ouvrage d’ensemble traitant ce sujet.
- M. H. Leroy, à Douvres. — Vous voulez sans doute parler du « dioxybenzol » : c’est un radical qui donne : le para-dioxybenzol ou hydroquinone ; le méta-dioxybenzol ou résor-cine; l’ortho-dioxybenzol ou pyrocatéchine ; ces trois produits, sont bien connus et servent en photographie.
- M. Cals, à Marseillan. — Notre collaborateur serait à même de vous fournir ce renseignement : son adresse est 39, boulevard Ilaussmann, à Paris.
- M. Warnery, à Guebwiller. — La fragilité des manchons rend toujours le transport des lampes à alcool délicat : toutefois avec des précautions, on peut éviter leur rupture.
- M. H. L., à Paris. — Nous ne pouvons malheureusement vous indiquer aucun moyen sùr de détruire ces larves, dont les ravages nous sont signalés fréquemment ; essayez de semer dans le sol les champignons qui détruisent les vers blancs : vous en trouverez à la Société des produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- M. Vedel, à Ancenis. — Nous ne pensons pas qu’il soit publié d’Atlas ou de Rapport d’ensemble sur l’Exposition de l’habitation.
- M. V. de Larminat, à Dijon. — Cet article n’a pas para dans « La Nature » et n’est pas dû à M. de Parville : 1 electro-cution des hirondelles par les fils télégraphiques lui paraît d’ailleurs des plus problématiques ; cela a pu arriver avec des conducteurs à haute tension.
- M. J. Roux, au Havre. — La librairie Delalain, 115, boulevard Saint-Germain, pourrait vous envoyer ce programme.
- Accusés de réception. — Avis divers — M. Marcel, à Gi-verny. Une grille en bronze serait certainement préférable pour cet usage. — M. M. L-, à Beaucaire. Nous publierons prochainement un article sur ce sujet. — M: H. Lejeune, à Paris. Pour calquer sur toile, il faut une encre spéciale, voyez la 2e série des Recettes et procédés utiles, p. 97, librairie Masson et C'e, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le Véronal.
- Le véronal est un de ces nombreux produits pharmaceutiques sortis des laboratoires allemands, et que la thérapeutique essaie de temps en temps comme succédané de nos vieux médicaments du règne végétal. Le véronal est un diéthyl-malonyle d’urée qui se présente sous la forme de cristaux incolores et inodores, solubles dans l’eau, dans la proportion de 5 à 6 pour 1000. La solution est très rapide dans l’eau alcaline, et c’est sous cette forme que son absorption est la plus rapide.
- C’est un agent narcotique ; à la dose de 50 à 40 centigrammes, il procure un sommeil prolongé, mais les résultats seraient assez variables et souvent on observe des éruptions fugaces, comme en donne parfois l’antipyrine. Les médecins qui ont employé ce nouvel agent ont obtenu de bons effets, surtout dans l’insomnie d’origine nerveuse, dans les états d’excitation mentale légère, de dépression mélancolique. 11 n’est pas nécessaii’e de recourir à de très hautes doses, surtout si l’on a à combattre un état d’insomnie d’origine ancienne. Un demi-gramme, un gramme au plus sont des doses largement suffisantes. Contrairement aux effets produits par nombre d’hypnotiques ou narcotiques, le véronal est impuissant à modifier les douleurs névralgiques. Au résumé, c’est surtout un agent soporifère. Dr A.JC.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.18 - vue 450/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 19
- PETITES INTENTIONS1
- Pneu nnli-dérapant Durai!(lal. — Les pneumatiques offrent encore, malgré tous les perfectionnements de fabrication dont ils sont l’objet, divers inconvénients importants, no-
- I Le porte-parapluie. — Il est toujours incommode de I tenir un parapluie ouvert tout en marchant; il faut avoir soin ! d’incliner le parapluie du côté d’où vient la pluie, les mains ! sont prises et on n’est plus libre de ses mouvements. Mais ce sont les dames surtout qui savent combien il est difficile de relever leurs jupes en tenant un parapluie ouvert. Un inven-
- Pneu anti-dérapant.
- tamment le déchirement de l’enveloppe, la détérioration rapide, la nécessité de les remplacer souvent, et la dépense qu’entraîne cette modification. Pour parer à ces inconvénients, on emploie des enveloppes anti-dérapantes qui offrent de sérieuses qualités au point de vue de la résistance et de la solidité. Parmi celles-là, nous citerons l’enveloppe « Durandal » qui se compose d’une forte bande de caoutchouc formant un anneau d’un diamètre intérieur égal au diamètre extérieur de l’enveloppe que l’on désire protéger. Cette bande de caoutchouc est assujettie fortement sur l’enveloppe par des étriers en caoutchouc munis de crochets en acier ; elle est garnie sur toute sa surface d’une armure anti-dérapante également en acier. — S’adresser à l’usine Durandal, à Lécluse (Nord).
- Porte-parnjiluie.
- teur a construit le porte-parapluies que nous signalons et qui sera apprécié par certaines personnes. Cet appareil consiste en une tige métallique légèrement cintrée et munie d’attaches glissantes; une ceinture permet d’abord de fixer l’appareil comme le montre la partie gauche de notre dessin. On fixe ensuite le parapluie à la hauteur voulue, en le plaçant dans les pinces. Il est de plus très facile d’orienter le parapluie suivant le sens de la pluie, en le faisant tourner autour du support placé sur la ceinture. — Pour le porte-parapluie, s’adresser à M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Echelle articulée en acier. — Il est utile d’avoir dans un appartement une petite échelle solide, légère, et d'un maniement simple. L’appareil que nous faisons connaître remplit ces différentes conditions. Il est formé de tiges en acier sur lesquelles s’adaptent des échelons articulés également en acier. Les deux tiges peuvent être réunies à leur partie supérieure et former l’échelle n° 1 que représente la première
- N° 1.
- 2. N» 3.
- Échelle articulée en acier. — N" 1 et 2, modèles simples à tiges, inclinées ou parallèles; n° 3, modèle double.
- figure à gauche de notre dessin. En repliant les deux tiges, nous renfermons tous les échelons dans les tiges, et l’échelle est très portative. Si nous disposons parallèlement les deux tiges verticales, nous avons l’échelle n° 2. Enfin, il est facile de prendre deux modèles d’échelles simples n° 1 et de les réunir ensemble pour former l’échelle n° 3. Encore un objet utile et pratique. — Le constructeur de l’échelle articulée en acier est M. G. C. de Blay, 14, rue Alphand, près l’avenue d’Italie, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- La télégraphie sans fil. L'œuvre de Marconi. Traduit du « Scientific American » de New-York, par Emile Guarini. 1 brochure in-8°. YTe Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1904. Prix: 2fr,50.
- Dans cette brochure, M. Guarini traite successivement des origines et des premiers développements du système Marconi, des expériences effectuées. Un chapitre étudie le mécanisme de la propagation des ondes. Le dernier chapitre est consacré au secret des dépêches, aux avantages et inconvénients du systeme.
- Les chemins de fer électriques, par II. Maréchal, ingénieur des Ponts et Chaussées. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1 vol. in-8°. Prix ; 25 francs.
- Contrôle des installations électriques au point de vue de là sécurité, par A. Moxmerqué, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Ch. Béranger, éditeur. Paris. 1 vol. in-8°. 2e édition. Prix : 15 francs.
- Législation des chutes d’eau, sources, rivières, cours d’eau non navigables, j ar Paul Boucault, avocat à la Cour d’appel de Lyon. 1 vol. in-8°. Librairie Gratier et Rey, à Grenoble. Prix : 7 francs.
- Histoire naturelle de la France : 24* bis partie. Paléobotanique, parP.-lI. Fritel. 1 vol. in-18. Les fils d’Emile Dey-rolle, éditeurs. Paris. Prix : 0 francs.
- Les papiers photographiques positifs par développement, par E. Trutat, ancien directeur du Muséum de Toulouse. 1 vol. in-8°. Cb. Mendel, éditeur, à Paris. Prix : 2",50.
- L’électricité industrielle mise à la portée de l’ouvrier, par E. Rosemrerg, traduit de l’allemand par A. Mauduit. 1 vol. in-8°. V’e Ch. Dunod, éditeur, à Paris. Prix : 10 francs.
- Les dérivés taririques du vin, par le Dr P. Carles, correspondant de l’Académie de médecine. 1 brochure in-8°. Paris. L. Mulo. Prix : 4fr,50.
- L. Vicat : sa vie et ses travaux, par E. Merceron-Vicat, ancien ingénieur des ponts et chaussées. 1 vol in-8°. Librairie Y,e Ch. Dunod, à Paris. Prix : 5fr,50.
- p.19 - vue 451/536
-
-
-
- 20
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- .Exploitation et aménagement des bois, par P. Moüillefert, professeur de sylviculture à l’Ecole de Grigon. 1 vol. in-16.
- F. Alcan, éditeur, à Paris. Prix : 6 francs.
- La photographie simplifiée et la lumière artificielle, par Auguste Pierre-Petit fils. 1 vol. in-16. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 2 francs.
- Prophylaxie du paludisme, par A. Lavera», membre de l’Institut. 1 vol. in-8° de l’Encyclopédie des Aide-mémoire : librairie Masson et Cie. Prix : 2fr,50.
- Procédés mécaniques spéciaux et tours de main, par R. Grimshaw, ingénieur électricien, traduit de l’anglais, par A. Lattuga. 1 vol. in-8°. Librairie Gautliier-Yillars. Prix : 10 francs.
- Cours d'astronomie et de navigation, par P. Coustau, professeur d’flvdrographie. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Yillars. Prix : 7fr,50.
- Astronomie des dames, par Camille Flammarion. E. Flammarion, éditeur, à Paris. 1 vol. in-18. Prix : 5fr,50.
- Manuel-guide de la fabrication du sucre, par R. Teissiér. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur, à Paris. Prix : 9 francs.
- Les cartes postales, lettres et menus photographiques, par
- G. Clavette. 1 broch. in-8°. Ch. Mendel, éditeur, à Paris. Prix : 0fr,0().
- La règle à calcul, par A. Jully, inspecteur de l’enseignement manuel dans les Ecoles de la Yille de Paris. E. Bernard, éditeur, à Paris. 1 vol. in-18. Prix : lfr,50.
- Essai sur la philosophie de la mécanique, par M. Macrès, licencié ès sciences. Maresq jeune, éditeur, à Paris. 1 vol. in-16. Prix : 2fr,50.
- Manuel du plombier, zingueur, couvreur. 1 vol. de l’Encyclopédie Roret, librairie Mulo, à Paris. Prix : 4 francs.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre épilatoire. — Nous donnons sous réserve cette formule, car ces préparations sont toujours quelque peu délicates d’emploi. On triture intimement jusqu’à en former une poudre fine, 10 parties de sulfure de baryum, 5 parties d’oxyde de zinc et autant d’amidon de blé. Quand on veut employer la poudre en question, on en fait un magma épais, qu’on étend et qu’on laisse en place durant 10 minutes.
- Cachou aromatique. — Le cachou est de mode, et le fait est que dans bien des circonstances il peut être utile ou agréable. La formule que nous en donnons est un peu compliquée, mais elle est recommandée tout particulièrement par le « Druggist Circular ». On prend 0 gouttes d’essence de cannelle, 52 d’essence de menthe poivrée, 12 d’huile de néroli, 2,7 grammes de clous de girolle fraîchement pulvérisés, le double (en poids toujours) de cardamome ou poivre d’Ethiopie également mis en poudre, puis 7,80 grammes de vanille pulvérisée tout récemment et ayant par conséquent conservé son parfum. On additionne encore de 16,5 grammes de racines d’iris que l’on ne broyé qu’au moment de la préparation, enfin de 26 grammes de poudre de muscade, puis de 50 grammes de sucre et de 90 grammes d’extrait de réglisse pulvérisé. On ajoute assez d’eau pour faire une pâte consistante qu’on moule et laisse sécher.
- , Encre pour décalque, au patron. — On fait bouillir ensemble, pour composer cette encre, 60 grammes de gomme laque en écailles et 45 grammes de borax, dans 500 grammes d’eau, et l’on prolonge l’ébullition jusqu’à ce que le tout se réduise à un volume total d’un quart de litre. On incorpore ensuite dans ce liquide 50 grammes de noir de fumée et la même quantité de gomme acacia.
- Soudure pour acier. — Voici une recette que donne la publication Werkmeister Zeitung, pour le cas où l’acier ne peut être soudé par élévation de température au rouge étincelant. On fait dissou Ire des rognures ou tournures d’acier fondu’dans la plus petite quantité possible d’acide nitrique; puis on ajoute du borax finement pulvérisé, et l’on secoue vigoureusement, jusqu’à ce qu’il se forme une pâte fluide.
- Celle-ci est encore diluée au moyen de sel ammoniac, et l’on met en bouteille. Quand on veut effectuer une soudure, on enduit d’une couche peu épaisse de la solution les deux parties à souder, et, quand celles-ci ont été ensuite portées au rouge ordinaire, que la masse est plastique par conséquent, on bat légèrement sur l’enclume au moyen d’un marteau plat.
- Contre les fourmis. — On ne saurait trop essayer de recettes contre ces envahisseurs redoutables, puisque celles que l’on possède déjà échouent souvent. On nous affirme que récemment, dans une briquetterie du Hampshire, on a mis en fuite des bandes de fourmis en plaçant dans les parages qu’elles avaient envahis des bandes de papier trempées dans de l’essence de menthe poivrée.
- Pour coller les étiquettes sur le verre. — Dans 18 parties d’eau froide ou tout au plus tiède, faire dissoudre 8 parties de dextrine jaune et 1 partie 50 de thymol.
- Encre sympathique. — Faire dissoudre 1 partie de sel de Saturne, 0,1 partie d’acétate d’uranium et autant de citrate de bismuth dans 100 parties d’eau; on ajoute ensuite goutte à goutte de l’esprit de sel ammoniac jusqu’à ce que la solution devienne transparente. On mélange enfin avec quelques gouttes de gomme arabique. Pour révéler les caractères tracés avec celte encre, on les expose à des fumée d’acide sulfhydrique, ce qui les fait tourner immédiatement au brun noir. Les caractères s’évanouissent ensuite, au bout de quelques minutes, (particularité qui peut avoir son intérêt) ; mais on peut les régénérer de nouveau avec un léger lavage à l’acide nitrique très dilué.
- Pâte pour préparations anatomiques organiques. — Cette pâte, pouvant servir de remplissage et de ciment, a cet avantage d’être antiseptique (ne pas oublier du reste qu’il s’agit d’un poison). Mélanger d’abord à chaud, en laissant cuire ensuite sur feu doux, 16 parties de farine de froment, battues avec autant d’eau froide et additionnées de 52 parties d’eau bouillante avec 2 parties de gomme arabique pulvérisée et dissoute dans 4 parties d’eau bouillante. On dissout, d’autre part, 2 parties d’alun pulvérisé dans 4 d’eau bouillante, et l’on verse en remuant dans le premier mélange, qui est demeuré sur le feu comme nous l’avons dit. Après avoir obtenu une homogénéité parfaite, on additionne de 2 parties d’acétate de plomb dissoutes dans 4 d’eau bouillante. Finalement, on brasse énergiquement, et l’on y ajoute environ 1 partie 50 de sublimé corrosif.
- Enduit pour harnais. — Faire fondre ensemble 2 parties de suif de mouton et 6 de cire d’abeilles. Ajouter ensuite 6 parties de sucre en poudre fine, 2 de savon mou, et 2 et demie de noir de fumée (les harnais étant le plus souvent noirs), et une demi-partie d’indigo en poudre fine. On mélange soigneusement et l’on additionne encore de 4 parties de térébenthine avant que de mettre en boîte.
- Eau capillaire aux bourgeons de bouleau. —Cette eau est donnée par la publication allemande Pharmaceutische Zeitung comme ayant d’excellentes propriétés cosmétiques et rendant des services pour le lavage de la tète. Il faut, pour la préparer, 5500 parties d’alcool, 700 d’eau, 200 de savon à la potasse, 150 de glycérine, 50 d’essence de bourgeons de bouleau, et 100 d’essences diverses de fleurs fraîches, enfin un peu de chlorophylle, dont le rôle est seulement d’agir comme colorant. On commence par mélanger l’eau avec 700 parties de l’alcool, puis on fait dissoudre le savon dans ce mélange. On ajoute l’huile et les essences au reste de l’alcool, puis ensuite la mixture au savon, que l’on verse, lentement en agitant constamment. Finalement, on additionne de la glycérine, on mêle soigneusement et on laisse reposer huit jours, pour filtrer et colorer avec le chlorophylle. Au moment de l’emploi, on doit couper ce liquide d’un égal volume d’eau.
- Ciment à la caséine pour porcelaine. — Mélanger 10 parties de caséine récemment précipitée, puis 50 parties de silicate soluble de soude et 20 de silicate analogue de potasse.
- Ciment pour appareils de chimie. — C’est la publication suisse de Zurich Drogislische Rundschau qui en recommande la formule : faire fondre ensemble 20 parties de gutta-percha, 10 de cire jaune et 50 de gomme-laque en écailles.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des fêtes du Jour de l’An le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi à la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
- p.20 - vue 452/536
-
-
-
- N° 1598 (9 janvier / 904), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— M. Puiseux, astronome adjoint de lre classe à l’Observatoire de Paris, est nommé astronome titulaire à cet établissement, en remplacement de M. Gaillot, admis à la retraite. M. Bossert, astronome adjoint de lre classé à l’Observatoire de Paris, est nommé astronome titulaire en remplacement de M. Henry (Prosper) décédé.
- —Ht— Les journaux anglais annoncent que sir William Ramsay aurait affirmé dans la dernière réunion de la Société astronomique qu’il existe au cœur même de Londres une mine de radium. Une usine de produits chimiques de Londres fabrique de l’uranium depuis des années, et tous les résidus se sont accumulés pendant tout ce temps sans que jamais personne ait songé à y toucher. Or on sait maintenant que ces résidus contiennent du radium.
- —Ht— Merveille de mécanique! On écrit de Strasbourg : « De nombreux privilègiés ont assisté, dans la nuit de la Saint-Sylvestre, au déclenchement de l'horloge- astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le spectacle présentait un intérêt spécial, parce que pour la toute première fois depuis sa construction, en 1842, le mécanisme de l’horloge était appelé à faire apparaître la première année bissextile du siècle, après un intervalle exceptionnel de huit ans. A l’heure astronomique de minuit, le déclenchement a fonctionné avec une merveilleuse régularité, les leviers et les rouages se sont mis en marche, le millésime a subi sa variation, les fêtes mobiles de l’année ont pris leurs places respectives et l’admirable mécanisme, calculé pour.indiquer à perpétuité toutes les évolutions du calendrier, a continué sa marche régulière. »
- —Ht— Le mont Jouer, qui a fourni déjà de nombreux vestiges d’une ville romaine, recèle encore beaucoup de vestiges antiques que la Société archéologique de la -Creuse découvre peu à peu au cours des fouilles pratiquées sous ses ordres. On vient de mettre à jour l’enceinte d’un théâtre admirablement conservé, puis une statue qui, bien que mutilée, a gardé plusieurs détails assez nets, le bras gauche, le buste, le commencement du bras droit. On distingue sur la poitrine un manteau retenu par la main gauche. Trois autres statues, découvertes en même temps, mais moins complètes, ont été aussi exhumées.
- —Il vient de mourir à Stockerau, en Bavière, à l’âge de 28 ans, une naine qui eut son heure de célébrité. Maria Schumann a passé toute sa vie dans le berceau où, 28 ans auparavant, elle avait dormi son premier sommeil. Jusqu’à sa mort, cette créature étrange conserva la taille et l’apparence générale d’un enfant de quelques mois; mais-, chose extraordinaire, son intelligence s’était normalement développée et rien n’était, paraît-il, plus bizarre que d’entendre parler comme une grande personne, avec beaucoup de vivacité même et d’esprit de répartie, ce minuscule bébé au berceau! Maria Schumann était née en 1875 à Brigittemau, près de Vienne. Ses parents étaient très bien constitués, ainsi que ses frères et ses sœurs.
- -Ht- On annonce que le gouvernement de Suède et Norwège, après une enquête minutieuse en Europe et aux Etats-Unis, a décidé d’employer l'électricité comme force motrice sur les chemins de fer de l’État suédois. On compte transformer en lignes électriques les lignes de la banlieue de Stockholm vers le commencement de l’année 1904, époque à laquelle on votera une somme importante à cet elfet. La conversion de tout le réseau de l’Etat en chemins de fer électriques se poursuivra peu à peu. •
- —— Un inventeur américain vient d’imaginer un type d’aiguille de tramways, qui ne peut s’engorger sous l’influence des poussières et des ordures qui s’accumulent forcément dans les-rues et dans les aiguilles ordinaires : on sait que ces engorgements nécessitent des agents spèciaux qui onkpour seule mission le nettoyage
- des aiguilles. M. P. J. Ramion, de Syracuse (Etat de New-York), dispose les pièces mobiles de l’aiguille au-dessus d’une petite chambre largement ouverte, et qui communique avec l'égout le plus voisin, à la façon de ce qui se fait pour les galeries de conducteurs souterrains des tramways électriques. De plus, l’aiguille comporte en hiver un petit dispositif de chauffage destiné à faire fondre la neige qui peut s’accumuler dans les gorges de l’aiguille, cette neige fondue s écoulant, elle aussi, à l’égout.
- —Ht— Les progrès de la désinfection à Paris. Sur 1443 décès qui ont eu lieu en 1902 dans le 3e arrondissement, 713, presque exactement la moitié, ont été causés par la tuberculose, et sur 233 désinfections opérées pour maladies contagieuses, 145, c’esl-à-dire les deux tiers, ont été faites pour tuberculose, sur la demande des intéressés, tandis que 88 seulement ont été pratiquées pour l’ensemble des autres maladies transmissibles.
- —Ht— Un Anglais, M. W. Powell, de Liverpool, vient d’imaginer un nouveau procédé dont on dit grand bien pour sécher ou vulcaniser le bois, et qui est basé sur l’emploi du sucre ou de la saccharine. Cette méthode donnerait en réalité au bois des qualités de résistance extraordinaires à tous les points de vue. Elle consiste à plonger le bois brut dans une solution de saccharine, et à le soumettre à une ébullition prolongée, afin d’y faire pénétrer profondément cette substance ; cela demande quelques heures, plus ou moins suivant la dureté du bois, et celui-ci est ensuite passé au four pour qu’il perde son humidité.
- —Ht— Du 21 décembre 1903 au 3 janvier 1904, le temps, en France, a subi de nombreuses variations. Le 21 décembre, quélques^ pluies sont tombées dans le nord-ouest et le centre.de l’Europe; ‘ on a recueilli 2 mm d’eau à Perpignan, 1 mm à Paris. Le baromètre a atteint 774 mm à Paris. Dans la nuit du 22 au 23 décembre, le givre est tombé en abondance à Belfort et a causé unè série d’accidents et de dégâts. Le 23 décembre, la température s’est, abaissée et on a noté le matin à 7 heures — 2° à Paris, 0° à Toulouse, — 5° au mont Ventoux, et —6° au pic du Midi. Des pluies . sont tombées à Brest et au mont Aigoual. Le 24 décembre, le temps ' a été couvert à Paris, il est tombé 9 mm d’eau au Mans, -7 mm à ’ Biarritz, 1 mm à Perpignan; on a signalé de la ùieigc au-mont Aigoual. La température, moyenne à Paris a été de —0°,8. Le . 25 décembre, la neige a fait sâ deuxième apparition .à Paris; elle a été peu abondante. La température n’a pas dépassé 19,1 et la moyenne n’a été que de — 0°,ti. On a signalé des chutes de neige à Nancy et à Besançon, et des pluies de 40 mm d’eau à Cette et de 10 mm à Perpignan. Le 26 décembre, il a plu à Dunkerque (7 mm), à Brest (5 mm), à Lyon (1 mm). Le temps a été-brumeux et froid; la température a atteint le malin —5° à Belfort, 0° à Paris, —9° au puy de Dôme, —12° au mont Mounier, —16° au pic du Midi. Le 27 décembre, temps froid à Paris. Pluies à Nice (18 mm). Le 28 décembre, des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord et le sud de l’Europè. Les 29; 30 et 31 décembre, le temps a été beau et froid. Le 30 décembre, à 7 heures du matin, on a noté —11° à Belfort, — 7° à Paris, — 3° à Nantes. Le 31 décembre, la neige est tombée 'en abondance dans toute la région avoisinant Carcassonne;.le sol disparaissait squs une couche de neige d’une épaisseur de 19 centimètres; U y a eu’ des pluies de 84 mm d’eau à Cette, de 67 mm à Perpignan, de 11 mm à Biarritz et de 6 mm à Rochefort. La température a été de —10° à Belfort et de —9° à Paris, à 7 heures du matin; la température moyenne à Paris a été de —5°,3, inférieure de 7°,4 à la normale. Le 1er janvier 1904, des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord et le sud de l’Europe. Le 2 janvier, on a recueilli 31 mm d’eau au cap Béarn, 2 mm à Cette, 1 mm à Nantes. Les 2 et 3 janvier, à la suite de pluies torrentielles, des inondations ont eu lieu à Montpellier, à Béziers, à Bédarieux et dans diverses contrées du départe- ’ ment de l’Hérault.
- 6
- p.21 - vue 453/536
-
-
-
- 22
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présenee du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — MM. Ma-licet et Blin, 103, avenue de la République, à Aubervilliers ; MM. Herdtlé et Bruneau, 38 bis, rue de la Chine, Paris; MM. Les Fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs); M. Mildé, 60, rue Desrenaudes, Paris; M. Hotchkiss, 21, rue Boyale, Paris; M. Cannevel-Journaux, 54, rue des Cévennes, Paris; Electrogenia, 105, rue Fazillau, Paris; M. P. Sage, 57, rue Emérian, Paris; M. Kriéger, 35, rue de Ponthieu, Paris.
- Communications. — M. Louis Scatidroglio, à Legnano, nous informe, à propos de l’article sur la « Cuirasse Benedetti », paru dans le n° 1595, du 5 décembre 1903, p. 11, qu’il a créé trois types de cuirasses répondant au même but. La première est composée de six plaques en aluminium pur, de 0,5mm d’épaisseur, laminées, simplement superposées et renfermées dans de la toile de coton collée : elle arrête instantanément les projectiles en plomb, calibre 10,35 mm, de la cartouche à poudre noire du revolver italien modèle 1889. Le second type est formé de deux plaques d’aluminium à 4 pour 100 de cuivre, laminées, de 2 mm d’épaisseur, renfermées dans de la toile collée ; il arrête le projectile blindé de la cartouche à la balistite du revolver italien, modèle 1889. Enfin la cuirasse n° 3 contient trois plaques du même métal, de 5 mm d’épaisseur, et arrête la balle blindée de la cartouche à la sélénite du fusil italien modèle 1891. Ces trois cuirasses auraient l’apparence et le degré de flexibilité de la cuirasse que nous avons décrite, et seraient moins épaisses et moins lourdes : les résultats obtenus seraient identiques.
- M. Henri Arctoivsky, membre de l’expédition antarctique belge, nous adresse une brochure intitulée « Y a-t-il moyen d’arriver au pôle Sud en automobile? » L’auteur résout cette question par l’affirmative en proposant de remplacer les équipes de chiens qui tirent les traîneaux par des moteurs actionnant des roues à aubes en bois dur. Diverses considérations sur la géologie et la glaciologie des régions antarctiques appuient cette proposition originale, qui méritait bien d’ètre signalée.
- M. V. Brandicourt,a Amiens, à propos de l’horomètre dont nous avons donné la description dans le n° 1596 du 26 décembre 1905, p. 54, nous envoie une image pieuse qui applique un principe analogue. Dans cette image, à la partie supérieure, est représenté l’Être suprême; au-dessous se trouve un disque formant un cadran qui porte les heures à la périphérie ainsi que les noms de divers pays dans des petits casiers ménagés en regard de chaque heure. On fait tourner le cadran et on amène l’heure, à laquelle on se trouve, devant l’Être suprême : on a la désignation des contrées où commencent lesmesses de 6 heures du matin. Ainsi, nous amenons 10 heures devant le Père Eternel; le cadran indique que la messe de 6 heures commence au Brésil, au Paraguay, à Terre-Neuve.
- Renseignements. — M. le DT Sabbatini, à Rome. — Fabricants de podomètres : M. H. Cohen, 40, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris; M. Châtelain, 10, rue de Belzunce, à Paris.
- M. Goossens, à Venlo. — 1° Il faut employer la gomme arabique pure. — 2° Pour augmenter sa force adhésive il suffit d’ajouter 2 grammes de sulfate d’alumine dissous dans 20 centimètres cubes d’eau par 250 grammes de mucilage gommeux. —- 3° Dans les cinq séries dés Recettes et procédés utiles, vous trouveriez une foule de formules de colles et de gommes : librairie Masson et C*, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Brillault, à Niort. — L’Hératol qui sert à épurer l’acétylène est en vente chez M. Javal, 26, rue Cadet, à Paris.
- M. le D' Roulleau, à Niort. — Les deux modes d’éclairage ont chacun leurs avantages : c’est une question de préférence personnelle ; écrivez à l’adresse ci-dessus ou à M. Brinkman, 132, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- M. Collain, au Château de Monteaud. — Nous ne connaissons pas de lampe de ce modèle, mais peut-être en trouveriez-vous aux adresses suivantes : MM. Allez frères, 1, rue Saint-Martin, à Paris; M. Dittmar, 52, Chaussée d’Antin, à Paris; M. Gagneau, 115, rue Lafayette, à Paris.
- M. P. G., à Bonnat. — La maison Poulenc, 118, boulevard Saint-Germain, fabrique ce genre d’instruments.
- M. L. Schwartz, à Mulhouse. — MM. Appert frères, 30, rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris, fabriquent ces vitres perforées pour ventilation.
- M. J. Duvert, à Thiers. — La réponse à votre question a paru dans la Boîte aux Lettres du numéro précédent.
- M. G. de Gramont, à Magnanville. — 1° Ces piles, que vous appelez piles au manganèse, et qui doivent être des piles genre Leclanché, conviennent très bien pour de faibles débits et de courtes durées. — 2° Ces mêmes piles pourraient être utilisées pour l’éclairage intermittent dont vous parlez; il faut des lampes de faible intensité lumineuse et consommant de très faibles puissances. Consultez l’article que nous avons publié sur la lumière électrique de poche dans le n° 1596 du 26 décembre 1903, p. 63. — 3° Pour nettoyer ces boîtes de zinc, il faut d’abord bien les rincer à l’eau, puis les laver ensuite avec de l’eau légèrement acidulée avec de l’acide sulfurique.
- M. Chavagnac, à Tunis. — Dans les ateliers, pour aimanter des fers et leur donner une force portante, ou pour aimanter des pièces de téléphone, on fait traverser ces fers par des flux de force magnétiques que l’on obtient en faisant varier le nombre de tours de fil d’un électro-aimant ou encore l’intensité du courant traversant le fil.
- M. Clément, à Saint-Sauveur. — Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez; mais vous pourriez vous adresser chezr MM. Allez et Cie 1, rue Saint-Martin, ou aux magasins de b Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- M. E. G., à Lorient. — Nous ne saisissons pas bien ce que vous désignez sous le nom de « vérification des écritures calligraphiques » : l’Encyclopédie Roret contient deux Manuels sur la Calligraphie et la Tenue des livres qui peut-être vous renseigneraient.
- M. P. H., h Charmes. — La 2e série des Recettes et procédés utiles donne, p. 222, une formule de bain sensibilisant pour faire du papier au ferro-cyanure de potassium : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. J. A., à Rouen. — Nous pensons que vous voulez parler de recharger sur 110 volts des accumulateurs d’allumage de voiture automobile. Dans ce cas, il faut monter sur 110 volts les accumulateurs en tension avec une résistance appropriée ou une série de lampes à incandescence couplées en quantité en nombre variable suivant l’intensité que vous désirez.
- M. E. Bardel, à Évreux. — 1°Le diamètre des conducteurs-principaux électriques et des fils de dérivation dépend de 1a perte de charge admise pour la distance considérée. La section doit être calculée; consultez le « Formulaire de l’électricien » à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas la composition exacte de ce sel; mais il ne peut être constitué principalement que par du chlorhydrate d’ammoniaque. — 3° On n’emploie pas de produit spécial ; on forme la pâte directement avec les oxydes, minium et litharge, que l’on introduit dans les plaques des accumulateurs. — 4° Machines à vapeur : MM. Brulé et Ci8, 31, rue Boinod, M. Douane, 23, avenue Parmentier, à Paris, MM. Wevher et Richemond, 50, route d’Aubervilliers, à Pantin (Seine), MM. Delaunay Belleville, à Saint-Denis (Seine).
- M. Lheureux, à Paris. — La Société internationale des Electriciens a son siège, 14, rue de Si aol, dans le 15* arrondissement.
- M. G. R., à Lyon. — Le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, donne la formule d’une encre à marquer le linge ; voyez à la librairie Masson et Cie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. hllard, à Lurc. Nous n’avons pu trouver le fabricant de cet instrument. -M. Quérain, à Savenay. Faites vernir préalablement tous vos bois. — M. Karédjïan, à Roustchouk. Pour coller le cuir sur le fer, voir Recettes et procédés utiles, 4e série, p. 123 : librairie Masson et C1®, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux '
- seignemenls qui lui sont demandés, quand ils se ral/achent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon a renouai e a . les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux Lettres reçues avant le lundi qui précédé ta unie ue la vr_*
- p.22 - vue 454/536
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1904
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit
- C o chêjS
- riangle
- rj j5
- Lion ii
- Liccrnfe-
- Coupe
- Grand Cl Lien
- XXIII
- XXII
- 5 Cotitoi
- • ï lèche
- Scorpion .
- XXI ri
- xxr
- xvm
- MARCHE DES PLANÈTES SUR LE CIEL PENDANT L’ANNÉE 1904
- I. — SOLEIL
- Le Soleil approchant d’une période de maximum d’activité, son observation devient fort intéressante. Parfois de grandes taches sont visibles à l’œil nu ou avec une petite jumelle. Ne jamais faire l’observation du Soleil avec un instrument quelconque sans employer un verre noir.
- Le Soleil traversera l’équateur céleste le 21 mars, à 1 heure. Ce sera le commencement du printemps.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes ci-dessus permettent de suivre facilement la marche des planètes pendant l’année 1904. Dans les trois premiers mois de cette année :
- Mercure traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne et du Verseau. Il sera à sa plus giande élongation orientale, le 1er janvier, à 19° 28' du Soleil et visible le soir.
- Il passera en conjonction inférieure le 17 janvier et deviendra visible le matin dans l’aurore. Sa plus grande élongation occidentale se produira le 10 février, à 25°51' du Soleil. Le 26 mars, il sera en conjonction supérieure avec le Soleil.
- Vénus brille d'un éclat éblouissant dans le ciel du matin. En janvier, elle précède de 3 heures le lever du Soleil. Elle s’éloigne de nous et son diamètre sera réduit, à la fin de mars, à 11",2. A cette époque, elle se lèvera 40 minutes seulement, avant le Soleil.
- Une curieuse conjonction de Vénus et de Saturne aura lieu le 8 mars, à 4 heures du matin, à 0°20' seulement de distance. Malheureusement, on ne pourra l’observer qu’aprés 5 heures 1/2 et la distance des deux astres sera alors un peu plus grande.
- Mars est inobservable.
- Jupiter peut encore être étudié, en janvier, au début de la nuit. On suivra avec intérêt le déplacement rapide de ses quatre principaux satellites.
- Saturne est inobservable en janvier et février. Il se dégagera du rayonnement, solaire en mars, mais sera encore en de mauvaises conditions pour être étudié.
- Uranus, dans Ophiuclnis, est observable le matin. Il se lève, à la fin de mars, vers lhl/4 du matin. C’est un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre environ. Eclat de la 6e grandeur.
- Neptune est placé dans des conditions très favorables peur être suivi. Cette planète, la plus éloignée du Soleil actuellement connue, traverse lentement la constellation des Gémeaux. Une lrnelle de 55mm au moins est nécessaire pour suivre celte planète. Disque de 2" de diamètre. Eclat de 8e à 9e grandeur.
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse de Soleil. — Le 17 mars, éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris. La ligne centrale passe en Afrique sur la Mozambique, les Iles Comores, Sumatra, lu Cochinchine, l’île Luçon, etc.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Voici la liste des étoiles les plus brillantes occultées par la Lune pendant le premier trimestre de 1904 :
- Janvier 1" Appulse d’Aldébaran (a Taureau) (gr. 1,0) à 1 h. 5 m. à 3',6 du boid.
- — 5 Occupation de o Lion (gr. 3.8) de 22 h. 24 m. à 25 h. 16 m.
- — 51 Occultation de X Gémeaux (gr. 3,6) de 3 h. 21 m. à 4 h. 5 ni.
- Février 24 0ccult. d’Aldébaran (a Taureau) (gr. 1,0) de 18 h. 9 m. à 19 li. 29m.
- — 29 Occultation de o Lion (gr. 3,8) de 21 1). 8 rn .à 21 1). 55 m.
- Mars 22 Occultation de 01 Taureau (gr. 1,0) de 22 h. 16 m. à 22 h. 51 m.
- — 22 Appulse de 6* Taureau (gr. 3,8) à 22 h. 56 m. à 2\1 du bord.
- — 22 Occult. de 1391 B..4.C. (gr. 5,0) de 22 b. 58 m. à 23 h. 51 ni. '.
- — 25 Occultation de X Gémeaux (gr. 3,6) de 21 h. 18 m. à 22 h. 25 ni.
- Étoiles filantes. — Pendant tout le mois de janvier : étoiles filantes provenant d’un radiant situé près de l’étoile 63 Cocher.
- Le 2 janvier. Radiant vers Ç Cancer.
- Du 2 au 4 janvier. Radiant des Quadrantides vers p Bouvier.
- Du 4 au 11 janvier. Radiant vers N Chevelure.
- Le 18 janvier. Radiant vers Ç Couronne.
- Le 28 janvier. Radiant vers a Couronne.
- Le 16 lévrier. Radiant vers a Cocher (La Chèvre).
- Le 3 mars. Chutes fréquentes de bolides.
- Le 7 mars. Radiants vers P Scorpion et y Hercule.
- Étoiles variables. —Époques des minima de l’étoile variable Algol (p Persée) :
- 7 janvier(4 b. 40 m.), 10 janvier (1 b. 29 m.), 12 janvier (22 h. 18 ni.), lo janvier (19 b. 7 m.). 30 janvier (3 b. 12m.). 2 février (Oh. 1 m.). 4 février (20 lu 50 m.), 22 lévrier (lli. 44 m.). 24 février (22 h. 53 ni.), 2 février (19 h. 22 in.7), 16 mars (0 h. 16 m.), 18 mars (21 h. 4 m.)
- E.m. Toüchet.
- 1 L’émersion a lieu sous l’horizon.
- p.23 - vue 455/536
-
-
-
- BULLETINS MÉTÉOROLOGIQUES
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“, 30). — Bureau central météorologique de France.
- DÉCEMBRE 1903. - SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 DÉCEMBRE.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 décembre. 5°,0 S. s. \V. 1. Couvei t. » Couvert le matin ; très nuageux le soir.
- Mardi 22 o°.o ,E. S. E. 2. Couvert. » Couvert ; brouillard jusqu’après 18 h.
- Mercredi 25 — 1°,5 S. E. 2. Couvert. „ Couvert.
- Jeudi 2i •. — 1°,0 N. 2. Couvert. )) Nuageux.
- Vendredi 25 — 0°,1 E. N. E. 0. Couvert. » Couvert; brouillard de 8 à 15 h. ; grains de neige à 9 h.
- Samedi 2(> 0°,1 S. 0. Couvert. 0,2 Couvert ; grésil à 6 h. ; neige de 8 h. 30 à 10 h. 30et à 13 b.
- Dimanche 27 0°,1 E. N. E. 2. Couvert. ,0,0 Couvert ; grains de neige.
- DECEMBRE 1903-JANVIER 1904. ---- SEMAINE DU LUNDI 28 DECEMBRE 1903 AU DIMANCHE 3 JANVIER 1 Wli
- OBSERVATIONS 7 HEURES »Lr MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORGE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRAL! S
- Lundi 23 décembre. in,i E. 2. Couvert. » Couvert.
- Mardi 29 — 5° .9 E. 2. Éclaircies. » Nuageux.
- Mercredi 51) — 6°,6 E. 2. Éclaircies. » Nuageux le matin; beau le soir.
- Jeudi 51 — 9°,3 N. E. 2 Beau. » Peu nuageux le malin; très nuageux le soir.
- Vendredi Vr janvier. — 7°,0 N. E. 1. Beau. » Beau, halo lunaire.
- Samedi 2 — 5°,7 E. N. E. 0. Quelques nuages. » Peu nuag. le matin; beau le soir; brouillard à 21 h.
- ^Dimanche o IV S. S. E. 2. Très nuageux. r.i Très nuageux; halo solaire; pluie dans la soirée.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les coiu'bes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thennomètre à l'abii à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. -
- PHASES DE LÀ LUNE : P. Q. le 27 à 2 h. 52 m. du matin; Solstice le 23 à 0 h. 29 m. — P. L. le 3. à 5 h. 50 m. du matin.
- p.24 - vue 456/536
-
-
-
- N° 1599 (16 janvier 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction • •
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment île la publication du journal.
- INFORMATIONS '
- —M. le Dr Chantemesse, professeur de pathologie expérimentale et comparée à la Faculté de médecine de Paris, est appelé à recueillir la succession du regretté professeur Proust en •qualité d’inspecteur général des services sanitaires. Ce choix était tout indiqué pour ceux qui connaissent les beaux travaux de «e bactériologiste dans le domaine de l’hygiène et de la prophylaxie contre les maladies épidémiques.
- —MM. Paul Strauss, sénateur de la Seine, et le Dr Albert Josias, membre de l'Académie de médecine, sont nommés vice-présidents du conseil d’hygiène publique et de salubrité de la Seine pour l’année 1904.
- —Le professeur Zittel, conseiller intime, président de l'Académie des sciences de Bavière, est mort à Munich, le 5 janvier. Il a succombé aux suites d’une chule causée par un bicycliste emballé. M. Zittel était âgé de 64 ans. Après avoir enseigné à l’Université de Vienne, il était depuis 1866 professeur de paléontologie et de géologie à Munich et conservateur du Musée royal de paléontologie. Il laisse plusieurs ouvrages estimés.
- —— Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. II. Mari-noni, l’inventeur des machines d’imprimerie rotatives qui se sont répandues dans le monde entier: M. Marinoni, qui fut bien le fils de ses œuvres, exerça une grande influence sur la presse contemporaine. II était né à Sivry-Courtry (Seine-et-Marne), le 28 septembre 1823. Il était commandeur de la Légion d’honneur.
- —A Cherkat, en Mésopotamie, on vient de mettre au jour une magnifique statue de granit noir d’une hauteur de 2m,50, et portant une inscription cunéiforme. Cherkat se trouve situé dans les domaines de-la Couronne, et le sultan a informé la direction dü Musée impérial.de Constantinople qu’il lui faisait don de cette statue et de toutes les autres antiquités qui’seraient découvertes au même endroit. Outre la statue de granit noir, on a' exhumé, â 40 mètres d’un temple récemment découvert, vingt-deux constructions de forme carrée et deux soubassements en marbre dont l’un est d’une seule pièce longue de 3m,50, large de 2m,50 et épaisse de 0m,25. L’autre est formé de quatre pièces ayant lc£ mêmes dimensions que la première. Toutefois, elles ne portent pas d’inscription, et on est porté à croire qu’elles devaient servir à soutenir des statues ou un temple. Dans les tranchées des fouilles opérées à Koyoun-Tépé (Mont du Mouton) toujours près de Mossoul, en dehors de ruines d’édifices en brique et en pierre, on a trouvé un grand abreuvoir en pierre, et une jarre en terre cuite dans laquelle sont enfermés toutes sortes d’ornements de Fcpoque assyrienne.
- —— ' Les transporteurs aériens sont maintenant fort employés, et il faut naturellement graisser assez souvent le câble de ce genre de transporteur, ou le repeindre afin de le mettre à l’abri de l’action des agents atmosphériques, qui risquent de le détériorer rapidement. Scientific American signale, sans donner le nom de l’inventeur, un appareil qu’on peut combiner soi-même et qui permet d’enduire aisément d’un bout à l’autre un de ces câbles. Cela se compose d’un réservoir cylindrique présentant à sa partie supérieure, et suivant une de ses génératrices, une fente qui permet d’y faire pénétrer le câble longitudinalement. On remplit ce réservoir de l’enduit qu’on désire employer, et les deux extrémités du cylindre sont munies d’une garniture analogue à celle qu’on dispose autour des pistons de machines ; de plus, le cylindre est supporté par deux poulies à gorge qui roulent sur le câble, celui-ci sortant de part et d’autre au centre de la garniture. On comprend que l’opération voulue peut se faire rapidement et sûrement.
- —îît— Trois nègres, venus des confins du Zambèze et atteints de la maladie du sommeil, avaient été mis en traitement, il y a trois mois,
- à l’hôpital des Dames françaises, à Auteuil. Le plus robuste, Ba-bangln, mourut subitement, le 7 décembre 1903, et le Dr Wurtz attribua son décès à une crise cataleptiforme, accident de la maladie du sommeil. Les deux nègres survivants, Nicolas Makaya et Salomon, viennent de succomber à leur tour.
- Le 8 janvier est décédée â Troyes, au couvent des Augustines, Mme Pi'évost, qui était âgée de 104 ans.
- —jft— Les établissements de MM. Bernard Samuel Son et C!e, à Middlesborough, possèdent un intéressant système de refroidissement de l’eau de condensation, au moyen d’ajutages de pulvérisation : c’est un perfectionnement du procédé recourant à la division de l’eau sous forme de jets, et qui donne d’excellents résultats. Les becs de pulvérisation sont en bronze et en forme de cône’crëux renversé présentant deux orifices dont les axes se rencontrent à peu près à angle droit. Le choc pulvérise l’eau, qui offre une grande surface de refroidissement par rapport à son volume. La perte par évaporation n’est d’ailleurs que le trentième du volume total, et on arrive à refroidir des masses d’eau énormes, et de façon beaucoup plus intense que par les anciens procédés.
- —— L’Inde ne semble pas être un paradis pour les éleveurs, d’après un rapport anglais publié à Simla, car le bétail a beaucoup à souffrir des attaques des fauves et des serpents venimeux. En 1902 les premiers ont tué 2836 bestiaux, les .seconds 25166. II a été détruit 14983 bêtes nuisibles et 72 595 serpents, représentant 180000 francs de primes pour le premier groupe et 50 000 francs pour le second. Reste à savoir sur quelles bases ces statistiques ont été établies.
- —— Le 17 décembre a eu lieu à la Seyne le lancement du cuirassé « Patrie ». Ce cuirassé est le second du programme de constructions navales de 1900; le premier, la « République », a été lancé à Brest le 4 septembre 1902. Ce cuirassé a un déplacement de 14 865 tonnes; la puissance de ses machines est de 17 500 chevaux. Son artillerie comprend 4 canons de 505 mm, 18 canons de 164mm,7, 26 de 47 mm et 2 de 57 mm. Il est, en outre, muni de cinq tubes lance-torpilles dont deux sous-marins.
- —— Il existe une grande différence entre les thés de l’Inde et ceux de Cevlan : les premiers donnent une .infusion légère et claire de couleur : les seconds ont une saveur plus accentuée et d’ailleurs un peu âcre. Les produits indiens sont principalement importés en Russie, malgré un droit d’entrée fort élevé ; ils servent à donner de la force aux thés de Chine, un peu faibles en couleur. Ce sont des dégustateurs spécialistes qiii opèrent le mélangé pour le compte des grands marchands de thé. Quant aux thés de Ceylan, ils sont peu appréciés en Russie, et cela tient, au dire des spécialistes, à ce que leur qualité a beaucoup baisée depuis dix ans, à cause des modifications que les planteurs ont apportées aux procédés de l’Inde. Leur aspect est aussi peu satisfaisant, par suite de la hâte apportée à la fabrication. ,
- —— La valeur du sucre comme aliment est de plus en plus reconnue et toutes les expériences qui ont été faites à ce. sujet ont été concluantes. Récemment encore, aux dernières manœuvres de l’armée belge, il a été alloué 45 grammes de sucre par jour à chaque homme. Les soldats ont reconnu les bons effets qu il produit, et lui ont attribué la facilité avec laquelle ils ont résisté aux fatigues et à la fraîcheur des' nuits.
- —— L’ouverture du cours public e t gratuit d’entomologie agricole, professé au Jardin du Luxembourg, par notre collaborateur, M. A.-L. Clément, aura lieu le mardi 19 janvier à 9 heures et demie du matin dans le pavillon de la Pépinière. Il sera continué les jeudis, samedis, chaque semaine à la même heure. Le professeur traitera spécialement des insectes utiles, des insectes nuisibles, des insecticides et de leur emploi.
- 7
- p.25 - vue 457/536
-
-
-
- 26
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis, -r- En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article « Photographie », p. 58, col. 2, ligne 8, au lieu de : 50 parties de picrate de magnésium, il faut : 15 parties.
- Communications. — M. Pierre Wibavx, à Paris, à propos d’une information que nous avons publiée dans le n° 1591, du 21 novembre 1905, nous écrit la lettre suivante : « De retour en France je lis dans votre estimable journal, à la date du 21 novembre 1903, quelques lignes consacrées à ma donation de 75 000 francs aux villes de Lille, Roubaix, Tourcoing. Laissez-moi vous exprimer ma reconnaissance de cette publi--cité généreuse et spontanée faite à la belle œuvre que je voudrais voir réalisée. En même temps, permettez-moi de vous faire respectueusement remarquer deux légères erreurs qui se sont glissées dans votre fdet. Parlant de moi vous dites M. Wibauxde Lille, habitant Chicago. Il fallait mettre M. Pierre Wibaux, de Roubaix, habitant Chicago, États-Unis ».
- M. V. Lafon, président du cercle Gay-Lussac, à Limoges, nous a adressé quelques curiosités que nous allons examiner en détail et sur lesquelles nous reviendrons s’il y a lieu. En attendant nous remercions notre correspondant de son envoi.
- Renseignements. — M. C. R., h S. — 1° 11 est bien certain qu’une lampe de 100 volts branchée sur 110 volts consomme une intensité plus grande qu’une lampe de 110 volts branchée sur 110 volts, mais la consommation est faite dans de bien meilleures conditions d’utilisation. On a tout intérêt à pousser les lampes. — 2° Vous prenons note de votre fabrication d>’engrenages en cuir.
- M. D. L., à Nîmes. — Vous trouverez ces divers appareils chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. U eïsse, à.Mauléon. — Pour décortiquer des branches de buis sans grattage au couteau et en leur conservant une belle teinte jaune, nous ne connaissons pas d’autre moyen que de les laisser sécher ; après un temps plus ou moins long, l’écorce se détache facilement.
- M. Visconde da Oliveira, à Santo-Amaro-Jacu. — Il faut vous adresser directement à la maison Serpollet, 9-11, rue Stendhal, à Paris, ou à la maison Purrey, 51, boulevard Jean-Jacques-fiosc, à Bordeaux. .
- M. Stephen Manier, à Briey. — Ce fait est bien connu; mais il n'a pas encore reçu d’explication.
- M. J. G., à Paris. — 1° Vous pourriez vous adresser aux fabricants suivants: M. Boivin, 10, rue Fabre d’Églantine, Paris, M. Jean Delamotte, 5, rue Carnot, à Levallois-Perret (Seine), la compagnie la Continentale nouvelle, 172, quai Jemmapes, la Société Nationale d’incandescence par le gaz, 74, rue Amelot, à Paris. — 2° L’Exposition dernière de l’automobile comportait en effet une exposition de l’alcool; mais nous ne Saurions vous dire si le rapport du jury sera publié.
- M. le Dt Francon, à Paris. — Vous avez raison; nous publions un erratum. Remerciements.
- M. E. Escudero, à Bilbao. — Nous ne connaissons pas les adresses que vous nous demandez ; mais nous allons faire des recherches.
- M. Léonhart, à Munster (Alsace). — L’adresse du journal « Engineering and Mining » est la suivante: 285, Broadway Po. Box 1833, New-York.
- M. X. Ostermeyer, au château d’Isenbourg, près Rouffach (Alsace). — Nous ne pouvons que vous indiquer les journaux d’électricité paraissant en France : « L’Électricien », chez |
- Mrae veuve Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augus-tins; « L’Éclairage électrique », 40, rue des Écoles; « L’Industrie électrique », 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. A. C., à Saint-Cloud. — Nous avons publié dans le n° 1596 un article qui vous renseignera peut-être. Nous ajouterons que la résistance de ces petites lampes peut être de 8 à 10 ohms ; la différence de potentiel est de 5 à 4 volts. On peut compter environ sur 2 bougies.
- M. de Linières, à La Flèche. — Vous trouverez des ouvrages sur ce sujet à la librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie B. Tignol, 53 bis, même quai, à Paris.
- M. Thouret, à Vesoul. — Il nous est difficile de vous donner exactement la raison, car elle nous échappe encore.
- M. A. Larivière, à Paris. — Il suffit d’adresser un exemplaire de votre brochure aux divers journaux scientifiques ; ils la mentionneront dans leur bibliographie.
- M. C. Dervieux, à Vienne. — Nous n’avons pas eu l’occasion d’examiner le gaz dont vous parlez, et nous n’avons même jamais vu d’installation ou il fût employé.
- M. G. C., à Sedan. — Nous ne comprenons pas votre question; on ne peut stériliser des plantes vivantes.
- M. E. Panquel, à Champeix. — Remerciements pour vos communications ; mais les courants telluriques ne peuvent être utilisés; au contraire, on fait tout pour les éviter.
- M. F. A., à Ville-Savary.— 1° Voyez année 1899, 1er semestre, p. 275; année 1901,1er semestre, p. 32; année 1896, 2° semestre, p. 106; année 1896, 1er semestre, p. 159; année 1893, 2e semestre, p. 382; année 1895, 1er semestre, pages 67, 354, 403; année 1896, 1" semestre, p. 28; année 1900, 1er semestre, p. 392, voir aussi : le Téléphone, par W. II. Preece, librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères à Paris, prix 15 francs. — 2° Vous trouverez dans 1» 4° série des « Recettes et procédés utiles » un moyen d’enlever la rancidité à l’huile; librairie Masson et C'% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 5° Fabricants de registres, M. Proust fils, 9, rue Chariot, à Paris; M. Tissot, 7, boulevard Saint-Germain, à Paris; M. Igier, 55, boulevard Magenta, à Paris. — 4° Nous ne pouvons vous fournir ce renseignement.
- — 5° La bague Henry pour lampes à pétrole se trouve aux établissements Goy, 15, rue des Minimes, à Paris. — 6° Un de nos abonnés nous signale un sourcier, M. Poisson, qui demeure à Mernel, par Maure (Ille-et-Vilaine).
- M. R. Catoir, à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas de méthode pour cette culture ; nous ne pouvons vous renseigner sur la méthode que vous citez. — 2° Nous avons été en relations avec des personnes qui ont été très satisfaites de cours par correspondance.
- L'abonné 5506, à Bordeaux. — 1° Les journaux suivants peuvent vous convenir : « Revue générale de chimie pure et appliquée, 155, boulevard Malesherbes, à Paris; « Revue de chimie industrielle », 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris;
- — 2° Vous pouvez consulter les ouvrages suivants : « Moustiques et maladies infectieuses », par Sergent. 1 vol. petit in-8°, prix 2fr,50, et « Prophylaxie du paludisme » par Laveran. 1 vol. petit in-8°, prix 2fr,5U; ces deux volumes se trouvent à la libaririe Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Matjnin, à Pnom-Penh (Cambodge français). — Nous pouvons vous indiquer le traité suivant : « Les éléphants, état sauvage, domestication », par G. de Cherville. 1 grand in-8°, à la librairie Firmin Didot et Cie, 56, rue Jacob, à Paris, prix.
- 3 francs.
- M. H. Bally, à Paris. — Vous trouverez des renseignements pratiques sur la galvanisation des métaux dans différents traités publiés par les librairies Tignol et Desforges que vous mentionnez. Vous pouvez aussi consulter l’ouvrage « Electro-Ivse »,par Iïippolyte Fontaine, à la librairie polytechnique Ch, Béranger, 15, rue des Saints-Pères, ainsi que « Dorure, argenture, nickelage, platinage sur métaux », par MM. Mathey, Maigne et A. Villon ou « Galvanoplastie », par M. A. Brandely, de l’Encyclopédie Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — ilI. L. R., à
- Nancy. Il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. P. Leroy, à Arras. Le champ magnétique est trop faible; votre machine ne pourra fonctionner. — M. Durand, à Paris. Nous avons déjà donné plusieurs recettes à ce sujet; voyez les petits livres des « Recettes et procédés utiles » 2e et 5e séries, à la librairie Masson et Cie. — M. Legrand, à Paris: M. G. F., à Bruxelles; M. L. D.t à N. Voyez le meme petit livre que ci-dessus, lre série, à la meme librairie. — M. G. Duveau, à Paris; M. L. P., à Brest, Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
- p.26 - vue 458/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 27
- PETITES INTENTIONS1
- Pnlvérisatenr Vaast. — MM. les docteurs et spécialistes recommandent depuis déjà quelque temps la pulvérisation de liquides médicamenteux, tels que l’huile d’amande douce mentholée, la glycérine, l’huile de vaseline mentholée, les solutions phéniques à base de benjoin, d’eucalyptus, de résorcine, etc., pour le traitement des rhumes de cerveau, des affections de la gorge et des cordes Vocales. La pulvérisation est encore employée pour le traitement des fièvres contagieuses et pour le traitement journalier de la tuberculose à l’aide des huiles gayacolées ou créosotées. Mais il n’existait pas jusqu’ici de pulvérisateur pratique permettant de réâlisèr la pulvérisation complète des liquides. On devait verser de l’huile mentholée, par exemple, dans une narine et la laisser
- Pulvérisateur Vaast.
- A droite, vue de l’appareil ; à gauche, mode d’emploi,
- couler dans les fosses nasales. Ce procédé n’était guère commode surtout chez les enfants. Le pulvérisateur de M. Vaast supprime ces difficultés. Il consiste en une ampoule de verre fermée à la partie inférieure et présentant un orifice à l’extrémité de la partie supérieure se terminant en pointe. Dans l’ampoule est placé un petit tube central courbé deux fois à angle droit, et que l’on met en communication avec une poire en caoutchouc. On remplit l’ampoule au tiers en versant le liquide à pulvériser par l’orifice supérieur, et il faut avoir soin de ne pas laisser couler le liquide gras sur la poire en caout- . chouc. Pour se servir de l’appareil, on les place dans une fosse nasale, comme le représente la partie gauche de notre dessin, on tient la poire à pleine main et on la presse fortement plusieurs fois de suite. Le liquide sort complètement vaporisé en une sorte de buée épaisse, qui, envoyée par une narine, ressort par la bouche, après avoir tapissé d’une couche antiseptique les muqueuses du nez et du pharynx. Cet appareil peut être appliqué avec succès pour les rhumes de cerveau, ou pour les personnes ayant la respiration gênée ou les muqueuses des fosses nasales toujours sèches. Il faut éviter de laisser pénétrer de l’huile par le petit tube central d’air à l’intérieur de l’am-itoule en verre, et il ne faut jamais remettre l’appareil dans sa boîte, lorsqu’il contient encore du liquide. — Le pulvérisateur se trouve chez M. Ch. Yaast, 22, rue de l’Odéon, à Paris (6° arrondissement).
- Cbromographe pour aquarellistes. — II arrive souvent que les aquarellistes trouvent des paysages qu’ils désireraient volontiers reproduire ; mais à ce moment précisément ils n’ont pas leurs palettes, leurs pinceaux, leurs boîtes de couleurs. Le chromographe que nous représentons peut leur
- Chromograplie, vue d’ensemble. — I,e pinceau, les couleurs.
- être utile; il se compose d’un simple étui, de la forme d’un crayon, dans lequel on a disposé les G couleurs fondamentales
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ainsi qu’un pinceau. Cet appareil peut servir pour de petits croquis. — Le chromographe pour aquarellistes se trouve chez M. Renaut fils, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Classeur pour timbres. — Pour toute personne qui écrit souvent et qui affranchit elle-même ses correspondances, il est toujours bôn d’avoir recours à un classeur pour timbres. Le modèle représenté par notre dessin ci-joint comprend deux casiers, l’un à gauche et l’autre à droite, et, au milieu, un
- Classeur pour timbres.
- mouilleur. Les timbres sont placés dans les casiers avec de§ presseurs par-dessus; ils restent toujours maintenus et ne se re* tournent pas constamment comme lorsqu’on les laisse à Pair libre. D’autres modèles en métal à trois casiers sont également fabriqués, et rendent aussi les mêmes services. — Le classeuf pour timbres sé trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Slras-j bourg, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La gastro-entérite infantile.
- Cette maladie, si fréquente pendant la période estivale, est un des gros facteurs de la mortalité du jeune âge. On a re-«onnu que la cessation de l’alimentation lactée était souvent nécessaire pour enrayer la maladie ; on supprime les laits stérilisés, les soupes au lait et on maintient le bébé au régime de l’eau bouillie pendant deux ou trois jours consécutifs, fen s’aidant parfois de petits lavements amidonnés pour combattre la diarrhée. Cette diète hydrique est le meilleur moyen d’arrêter les fermentations intestinales, cause de la gastro-entérite. Cette absence d’alimentation est suivie à bref délai d’une amélioration que ne donnent que rarement tous les antiseptiques du monde, napbtol, bétol, etc.
- Mais il arrive parfois que, toute irritation intestinale étant en apparence apaisée, on voit réapparaître l’entérite dès qu’on reprend le lait même le plus pur. Comme le régime de l’eau ne peut être continué indéfiniment, sous peine d’anémier profondément l’enfant, comment peut-on revenir à une alimentation substantielle. Il faut dans ces cas donner, au lieu de lait, des décoctions de féculents et farineux, riz, orge; froment, seigle. Cette décoction de céréales est un très bon aliment, que j’ai indiqué jadis comme une tisane parfaite poulies malades en convalescence; Le riz surtout, qui a des propriétés astringentes bien connues, donne dé très bons résultats. 11 existe du reste en pharmacie un médicament souvent administré par les vieux médecins, dans ces cas de diarrhée infantile, qui est une sorte de décoction de farineux. C’est la décoction blanche de Sydenham, décocté de mie de pain; de gomme, avec phosphate de chaux et un peu d’eau de fleurs d’oranger. Des pharmaciens substituent heureusement à la mie de pain l’amidon et le gluten. Ce médicament ëst encore en honneur dans certaines régions pour combattre les troubles intestinaux graves de l’enfance.
- Chez les nouveau-nés la gastro-entérite résiste quelquefois à la dose hydrique, aux lavages de l’intestin, à tous les moyens. Dans ces cas rebelles aux médications usuelles le Dr Henri de Rothschild a essayé de donner un lait absolument privé de sa matière grasse par la centrifugation et acidifié par des cultures pures de ferment lactique. Ces essais ont été suivis d’un plein succès dans des cas graves et traités inutilement par d’autres méthodes. On donnait au bébé de 50 à GO centimètres cubes de lait écrémé et ainsi acidifié et très rapidement la fièvre tombait, les vomissements cessaient ; la diarrhée allait en diminuant et la guérison s’affirmait en très peu de temps. Yoilà donc un moyen efficace de combattre cette grave maladie. Mais qu’on s'efforce d'abord de donner à tous ces petits êtres un lait pur, ni mouillé, ni acidifié, ni falsifié et on diminuera dans une large mesure le nombre des cas de gastro-entérite.
- p.27 - vue 459/536
-
-
-
- 28
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Pour prendre les huiles médicinales.
- L’huile de ricin est, pour les enfants, un des meilleurs purgatifs : l’huile de foie de morue est, pour les enfants, les adolescents et nombre d’adultes, un agent nutritif et reconstituant de premier ordre. L’une et l’autre huiles sont des plus désagréables à ingérer et tout médecin et pharmacien s’est ingénié à chercher le moyen le plus pratique et le moins ennuyeux de faire absorber ces médicaments.
- Le procédé de l’huile en capsule est assurément, de tous ceux que j’ai fait connaître, le plus simple et le plus commode. Mais on se heurte, et plus souvent qu’on ne pense, à l’impossibilité de faire absorber ce noyau gélatineux, souple et glissant. Les enfants sont rares qui peuvent avaler le modèle le plus petit; ils l’écrasent dans la bouche, l’huile se répand et vous voyez d’ici la grimace. Beaucoup d'adultes ne sont pas plus habiles. Voici, pour tourner la difficulté, un ingénieux moyen imaginé par M. Boissel, pharmacien.
- Ce moyen dérive de la facilité avec laquelle les huiles restent en suspension dans la bière mousseuse. C’est un des procédés les plus usités, pour l’ingestion de l’huile de foie de morue et au besoin de l’huile de ricin. Vous prenez une bière fortement mousseuse, vous la versez et dans la couronne de mousse qui tapisse le haut du verre, vous déposez l’huile et vous buvez aussitôt. L’huile s’enrobe, c’est le cas de dire, d’une couche de mousse et le corps gras est ingurgité sans qu’on perçoive la moindre saveur désagréable. La bouche n’est pas touchée par l’huile qui descend dans le tube digestif comme si elle était fermée dans une capsule.
- M. Boissel a préparé une poudre qui, absolument inoffen-sive, donne en l’agitant avec un peu d’eau, une mousse très abondante. Elle est composée de gomme arabique, de réglisse, de guimauve, de lactose et parfumée à la vanille ou à tout autre parfum au choix de l’amateur. Cette poudre fait comme la bière mousseuse et enveloppe les huiles quelles qu’elles soient, de façon à en masquer le mauvais goût. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”.30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE I)F. 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 décembre . 2°, 7 S. S. W. 1. Couvert. » Peu nuageux de 14 h. à 19 h. ; couvert avant et après; brouillard à 7 h.
- Mardi 5 1°,2 £. 2. Nuageux. » Très nuageux jus q. 16 h. ; beau ensuite; gelée blanche.
- Mercredi 6 — 2",9 E. N. E. 2. Peu nuageux. » Couvert à partir de 8 h. ; gelée blanche ; brouillard à partir de 9 b.
- Jeudi 7 — 2U,0 S. S. E. 1. Couvert. » Couvert ; gelée blanche.
- Vendredi 8 2\ü S. 2. Couvert. 21,8 Couvert; pluie de 1 h. 50 à 20 h.
- Samedi 9 2°,1 S. \Y. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux de 14 h. à 19 h., beau avant et après; gelée blanche ; gouttes à 15 h. Gelée blanche; très nuageux.
- Dimanche 10 — 0\f> S. 3. Beau. »
- JANVIER 190^. --- SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JANVIER. .
- La cour b.' supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au'ni beau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boula mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,a neige. — Dans la nuit du 5 au 6 janvier, une violente bourrasque de ueige s’est abattue sur les cantons montagneux du département des Pyrénées-Orientales, et particulièrement dans l’arrondissement de Prades. De Prudes jusqu’à Bourg-Madame, de nombreux (ils télégraphiques et téléphoniques se sont rompus sous le poids de la neige. Les communications postales ont été interrompues dans les cantons d’Olette, Mont-Louis, Saillagouse et uue partie du canton de Prades.
- I.» pluie. — La pluie est tombée en abondance dans la semaine du 4 au 10 janvier. Le 4 janvier, des pluies sont tombées sur le sud-ouest de l’Europe. En France, on a recueilli 20 mm d’eau à Brest, 5 mm à Nantes, 3 mm à Bordeaux. 1 mm à Paris. Le 3 janvier, il est tombé 21 mm d’eau à 'Biarritz, 13 mm à Brest, 3 mm à Limoges, 3 mm à Nice. Le 6 janvier, on a recueilli 48 mm d’eau à Perpignan, 19 mm à Biarritz, 10 mm à Rochefort. A Paris, il y a eu des pluies peu abondantes, mais du brouillard très épais dusieurs jours de suite. Les pluies torrentielles dans le département de 'Hérault ont amené des crues de rivières les 3 et 4 janvier. L’Orb et le -Liron ont débordé et les eaux ont envahi les bas quartiers de Béziers. Une maison près du quartier de cavalerie s’est écroulée. La voie ferrée a été interrompue 2 jours entre Lieuran et Bédarieux. Le 8 janvier. Mes "pluies
- sont tombées surTouest de l’Europe; on a recueilli 4i mm d’eau à Brest, 13 mm à Nantes. A Paris, de 1 heure du matin jusqu’à 8 heures du soir, il est tombé une pluie fine et régulière qui a fourni 19,6 mm d’eau à la tour Saint-Jacques et près de 20 mm dans la région, à Meudon, Ville-Evrard, Joinville et Vaucluse. Le 9 janvier, il y a eu des pluies très abondantes dans l’ouest ; il est tombé 22 mm d’eau au Mans, 20 mm à Rochefort, et 17 mm à Brest. Lé 10 janvier, il est encore tombé 15 mm d’eau à Biarritz, 6 mm à Rochefort et 2 mm à Dunkerque.
- La température. — La température a subi plusieurs variations et a surtout été très variable en des points différents. Le 4 janvier, à 7 heures du matin, on notait — 14° à Haparanda (Suède), — 8° à Berne, -i- 31 à Paris, -+-14° à Alger, — 3° au pu y de Dôme, — 8° au mont Ventoux, —13° au pic du Midi. Le 5 janvier, on lisait—11° à Varsovie, —-8° à Berne, -+-1° à Paris, -i- 12° à Malte. Le 6 janvier, la température était de—12° à Meniel (Allemagne),—8° à Berne,—3° à Paris, —10° au pic du Midi, h-13° à Cagliari. Le 7 janvier, on notait--»-17° à Moscou, —9° à Berne,—2° à Paris, -+- 13° à Malte. Le 8 janvier, la température s’élevait un peu et atteignait —14° à Moscou, — 7° à Berne, —2“ à Toulouse, 2U à Paris, — 3° au pic du Midi.
- Pendant cette période de temps, on a observé en Amérique des températures très basses et descendant a —14°, puis des neiges abondantes et des inondations. . ____________
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 9 à 9 h. 19 m. du soir.
- p.28 - vue 460/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —H(— M. Debove, doyen de la Faculté de médecine de Paris, <îst nommé président du Comité consultatif d’hygiène publique de France, en remplacement de M. le professeur Paul Brouardel, nommé président honoraire du Comité,
- —Ht~ M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, a adressé récemment aux préfets une circulaire relative aux mesures à prendre en vue de favoriser l’utilisation de la force motrice hydraulique produite par les barrages sur cours d’eau, non navigables ni flottables, pour la création de l’énergie électrique et l’application de cette énergie aux usages agricoles. Le but principal que se propose le ministre est la remise en activité des nombreux barrages actuellement en chômage sur les petits cours d’èau; ces barrages actionnaient autrefois de petites installations, des minoteries en particulier, qui, n’ayant pu supporter la concurrence des grandes usines modernes, ont dû être abandonnées. Il est possible aujourd’hui d'utiliser la force motrice de ces barrages à la production de l’électricité; celle-ci, transportée dans les villages et dans les fermes,
- flouera être avantageusement employée à la production de la umière, aux élévations d’eau et aux usages agricoles divers, le battage des céréales notamment. M. Mougeot invite les ingénieurs du service hydraulique et les professeurs d’agriculture à agir de concert pouf appeler l’attention des intéressés sur les nombreux avantages à attendre de l’emploi de l’énergie hydro-électrique en agriculture. Pour pousser les agriculteurs à entrer dans la voie qu’il leur indique, il a décidé que le ministère de l’Agriculture pourrait-allouer aux entreprises présentant un intérêt d’ordre général des subventions qui seraient accordées dans les mêmes conditions que celles qui sont prévues par les travaux exécutés sous la direction du service des améliorations agricoles.
- —H(— Le ministre de l’agriculture, par les soins de la Direction •de l’hydraulique et des améliorations agricoles, vient de charger M. Henri Brcsson d'une mission relative à l’enquête sur la « houille verte ». Par « houille verte » comparée à la « houille blanche » des glaciers, on veut parler de la force motrice des cours d’eau non navigables ni flottables qui sillonnent nos départements : on en dresse la statistique et on étudie les conditions d’utilisation de l'énergie de ces cours d’eau à la production de l’énergie électrique pour obtenir de l’éclairage et de la force motrice. La mission donnée ri M. Henri Bresson s’étendra aux départements du Calvados, de l'Eure, d’Eure-et-Loir, Maine-et-Loire, Manche, Mayenne, Orne et Sarthe. Elle vient compléter les grandes missions concernant la houille blanche des Alpes et des Pyrénées qui ont été précédemment organisées.
- —Ht— line maison américaine de primeurs vient de faire des expériences sur le transport des fruits sans employer la réfrigération. Un lot d’oranges de qualité médiocre a été expédié dans des récipients contenant un gaz antiseptique, probablement de l’acide carbonique exempt d’humidité et à une température moyenne. Les résultats ont été satisfaisants.
- —Ht— L’entreprise du tunnel du Simplon a atteint le dixième kilomètre du tunnel de base, côté suisse. La rencontre des équipes Nord et Sud, sauf imprévu, aura lieu dans six mois environ, soit en mai 1904. Le tunnel serait prêt pour l’exploitation en décembre 1904.
- —Ht— Nos lecteurs connaissent de nom les fameuses ruines de Zimbabwe, dans l’Afrique du Sud, qui remontent à une époque de civilisation sur laquelle la pleine lumière rie s’est pas encore faite, et à laquelle l’exploitation des mines d’or était déjà pratiquée sur une vaste échelle. La Compagnie à charte de l’Afrique du Sud prend toutes dispositions pour assurer la conservation de ces ruines -en bon état, et elle a notamment fait complètement dégager le
- fameux Temple Elliptique de la végétation qui l’avait envahi. On a également débarrassé les corridors, les passages des autres constructions, et l’on prend des mesures pour soutenir la grande tour, qui menace malheureusement de s’effondrer,
- —Ht— Des médecins allemands viennent de constituer une ligue contre l’abus du piano. Ils prétendent que la pratique prématurée de cet instrument est la cause originelle de nombreux troubles nerveux. Ils rendent le clavier responsable des névropathies féminines et donnent comme argument probant la mortalité précoce qui a souvent frappé les pianistes en renom : Mozart, Chopin, Men-delssohn, Schumann sont morts, en effet, à la fleur de l’âge. Ces médecins allemands demandent donc, comme conclusion, que les études du piano ne commencent jamais avant lage de 16 ans. A cet âge, on peut espérer que beaucoup de personnes renonceront à faire leurs premières gammes; c’est sans doute là-dessus que comptent les adversaires du piano.
- —Ht— H vient de se fonder à Paris une Société scientifique, la Société préhistorique de France, qui a pour but l’étude des questions de palethnologie. Les réunions mensuelles, 93, boulevard Saint-Germain, seront présidées en 1904, par M. Emile Rivière, l’explorateur des grottes de la Yézère, qui a découvert, à la grotte de la Mouthe, les curieuses gravures tracées par nos ancêtres de l’époque des cavernes.
- —Ht— La Société de géographie à Berlin avait organisé, le 14 janvier, une réception solennelle en l’honneur des membres allemands de l’expédition au pôle Sud, à leur retour à Berlin. M. Drygalski a fait un assez long exposé de ce voyage. La médaille d’or ÎÜachtigall lui a' été décernée.
- --Ht— On a vendu le 14 janvier aux enchères, à Londres, un des quatre exemplaires connus du timbre bleu de deux penny de l’île Maurice (1847). Après une lutte acharnée entre les grands collectionneurs, ce timbre rarissime est devenu la propriété de M. J. Crawford, de Londres, pour la somme de 36 250 francs.
- —Ht— Le temps a été très mauvais toute la semaine; des pluies sont tombées en abondance, il y a eu des brouillards épais et on a observé par intermittences du grésil. Le 11 janvier, on a signalé des neiges et des pluies dans le nord et le sud de l’Europe. On a recueilli en France 41 mm d’eau à Sicié, 17 mm à Brest, 12 mm à Cherbourg, 4 mm à Boulogne. La température moyenne à Paris a été de 0°,9. A plusieurs reprises, de légères averses de pluie glacée ou de grésil sont tombées à Paris. Le 12 janvier, journée humide et pluvieuse à Paris; il est tombé 10 mm d’eau à Nantes, 8 mm à Brest, 4 mm à Bordeaux, 4 mm à Marseille, 2 mm à Paris. Le
- 13 janvier, une profonde dépression a amené des mauvais temps du sud-ouest sur la Manche; le baromètre est descendu de 16 mm à Shields et de 8 mm vers le Pas-de-Calais. Il a plu 10 mm d’eau à Cherbourg, 3 mm à Charleviile, 7 mm à Biarritz, 4 mm à Lyon, 2 mrii à Paris. La température à Paris était de 11° le matin. Le
- 14 janvier, pluies et neiges dans les pays du nord. Il est tombé en l’rance 19 mm d’eau à Nancy, 18 mm à Cherbourg, 15 mm à Nantes, 7 mm à Paris. Un vent violent, venant du sud-ouest, a soufflé toute la nuit et toute la journée. Au parc de Montsouris, oh a enregistré une vitesse maxima de 31 mètres par seconde ; à la tour Saint-Jacques la moyenne atteignait 12 mètres par seconde. Des tempêtes très violentes ont eu lieu le 14 janvier à Brest, à La Rochelle, à Cherbourg et à Bar-le-Duc. Le 15 janvier, il est tombé 12 mm d’eau à Bordeaux, 8 mm à Besançon, 5 mm à Brest, 4 mm à Dnnkerque et 0,3 mm à Paris. Le 16 janvier, on a encore eu à enregistrer des pluies abondantes : 53 mm d’eau à Cherbourg, 15 mm à Bordeaux, o mm à Charleviile, 1 mm à Paris. Le 17 janvier, une violente lempête du nord-ouest a sévi sur le département des Pyrénées-Orientales; elle était accompagnée de bourrasques de neige. Des pluies sont encore tombées dans l’ouest de l’Europe; il est tombé 6 mm d’eau à Marseille, 5 mm à Besançon et 2 mm à Brest.
- 8
- p.29 - vue 461/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 30-
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. G. Duclou, à Bordeaux dont nous avons déjà fait connaître les travaux antérieurs sur l’action des rayons colorés dans la fermentation des raisins en cuve (Communications de la « Boîte aux Lettres » du n° 1555 du 14 mars 1905), nous adresse d’autres renseignements sur la fermentation photochromique des moûts. Continuant ses expériences des années précédentes, sur l’influence de la lumière colorée dans la fermentation, M. Georges Duclou a obtenu, avec quelques kilogrammes de raisins exposés préalablement à cette lumière colorée, une action qui s’est produite avec évidence sur une cuvée de 9 barriques ayant en poids 72 fois environ la quantité des raisins « photochromisés ». Les résultats constatés se traduisent, comme précédemment, par un degré d’alcool plus élevé, une couleur plus intense et des qualités gustatives supérieures à l’ensemble, déjà satisfaisant de la récolte 1903, obtenue aux Andiottes, par les procédés ordinaires. Ce sont là des résultats très intéressants et qui semblent définitivement acquis.
- M. J. de Walque, ingénieur civil des Mines, à Bruxelles, nous a fait parvenir un exemplaire d’une brochure qu’il vient de publier sur « La jonction des gares du Nord et du Midi et la gare centrale à Bruxelles ». Cette brochure est un extrait des Mémoires de l’Union des Ingénieurs de Louvain, 1904.
- M. Henry, à Fribourg, nous écrit : « Durant une excursion, j’ai recueilli, par un temps de -f- 4° C le 5 janvier à une altitude de 664 à 674 mètres dans la vallée de la Scheulte (Jura-Bernois), deux exemplaires de Campanula rotondifolia L. et deux de Ranunculus bulbosus « parfaitement fleuris ». Les feuilles des plantes étaient un peu flétries. »
- M. F. Dewandre, à Charleroi, nous adresse la lettre suivante : « Le matin, 14 janvier à 6 heures et demie, un orage a éclaté sur Charleroi (Hainaut-Belgique). Il y a eu une dizaine de coups de tonnerre violents. Au troisième coup est survenue une très forte tombée de grêle qui a duré quelques secondes. Le temps qui était très pluvieux depuis quelques jours, s’est subitement remis et, à 9 heures du matin, le ciel était absolument sans nuages. Depuis lors il s’est couvert à nouveau et à 2 heures la pluie a recommencé. »
- Renseignements. —M. A. il/., à Milano. — Fours à gaz : MM. Bennevald et Magot, Knœrtzer successeur, 56, rue Bala-gny; MM. Barbier et Vivez, 16, rue du Buisson-Saint-Louis; M. Mollet, 16, rue Milton, à Paris; M. Marchand, 126, route de la Révolte, à Saint-Denis (Seine).
- MM. G. Paroles el C'°, à Paris. —La méthode du flacon est toujours employée pour déterminer la densité des corps en poudre, même plus légères que l’eau ; mais il y a une série de précautions à prendre, notamment il faut éliminer l’air qui a pu être entraîné par la poudre. A cet effet, on soumet le flacon à quelques coups de piston de la pompe pneumatique.
- M. A. G., à Gand. — Nous ne retrouvons pas la description que vous demandez; quant à l’appareil, il ne se fabrique plus.
- M. Monquart, à Meaux. — Nous avons parlé du chauffage par calorifère à eau chaude dans le n° 1554 du 7 mars 1903. Nous avons donné en tète de la « Boîte aux Lettres » l’adresse du constructeur de l’installation mentionnée.
- M. H. de Bellair, à Paris. — Nous avons décrit le Block-system et les diverses applications ; mais nous ne pouvons vous donner les adresses que vous demandez.
- M. Besfarget, à Dunkerque. — Vous trouverez dans le petit livre des « Recettes et Procédés utiles », lr° série, plusieurs I
- moyens pour faire disparaître des livres les taches de moisissure et autres.
- M. Blancan, à Paris. — Il faudrait consulter un chimiste.
- M. Escoffier, à Lao-Kai (Tonkin). — Vous pourrez vous procurer des produits liquides concentrés en petits flacons pour préparer vous-mème des liqueurs en vous adressant à M. Ch. Bureau, chimiste, 7, rue Saint-Aubert, à Arras.
- M. le Dr M. L., à Paris. — Il faut laisser tremper la tache dans l’essence de térébenthine en la lais-ant baigner quelques-jours.
- M. D. L., à Lille. — Vous pouvez calculer facilement 1» résistance électrique du circuit par la formule de la loi de Ohm, si vous connaissez la valeur en volts de la différence de potentiel aux bornes, et la valeur en ampères de l’intensité qui traverse le circuit.
- M. E. Pin, à Alais. — Veuillez vous adresser à MM. Henry et Lemud; leur adresse a été donnée en tète de la « Boîte aux lettres » du numéro qui renfermait la description des piles do poche.
- M. F. G., à D. — Votre projet est certainement intéressant; mais à notre grand regret, nous ne pouvons le décrire dans le journal. Nous ne parlons jamais que des appareils réalisés et ayant fourni des résultats d’expériences.
- M. L. G., à V. — MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris, ont publié récemment des Notices sur toutes les expériences dont vous nous parlez et notamment sur la télégraphie sans fil, sur le gyroscope électromagnétique, la lumière parlante, sur les expériences curieuses-et amusantes que l’on peut répéter avec la bobine de Ruhm-korff. Nous vous signalerons également la brochure donnant la description de la locomotive à bec, à grande vitesse P.-L.-M.,. type compound à 4 cylindres.
- M. le Dr Enguehard, à Sourdeval. — Le champignon que vous nous avez envoyé est le « Geaster hygrometricus » d’espèce très commune.
- M. Ballot, à Châteaudun. — Il nous a été impossible de faire déterminer les parasites dont vous nous avez envoyé les microphotographies. Tous nos regrets.
- M. A. G., à Alger. — Nous n’avons pu trouver l’appareil dont vous nous parliez.
- M. B. K,, à Montpellier. — 1° La résistance électrique ordinaire d’une lampe de 10 bougies et de 110 volts est environ 354 ohms. — 2° La résistance électrique ordinaire d’une lampe de 16 bougies et de 110 volts est environ de 252 ohms. — 3° La résistance électrique d’une lampe de 10 bougies et de 220 volts est environ de 1078 ohms. — 4° La résistance électrique d’une lampe de 16 bougies et de 220 volts est environ de 758 ohms. — 5° La loi permettant de déduire la résistance électrique quand on connaît l’intensité lumineuse en bougies et la différence de potentiel en volts est la suivante. On sait d’abord que les lampes de 10 bougies à 110 volts consomment 3,5 watts par bougie, que les lampes de 16 bougies à 110 volts consomment 3 watts par bougie, et que les lampes de 10 et de 16 bougies à 220 volts consomment réciproquement 4,5 et 4 watts par bougie. On peut alors déterminer la puissance en watts consommée par chaque lampe dont on connaît l’intensité lumineuse en bougies. Or la puissance en watts est égale à la différence de potentiel en volts multipliée par l’intensité en ampères. Èn divisant la puissance en watts par la différence de potentiel en volts on a l’intensité en ampères. En appliquant ensuite la loi de ohm, la résistance en ohms est égale au quotient de la différence de potentiel en volts par l’intensité en ampères. — 6° Ces renseignements sont donnés dans le « Formulaire de l’Électricien » à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 7° Vous pouvez aussi consulter- le « Manuel de l’ouvrier monteur électricien » à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Questions. — N° 1266. — On nous signale l’inconvénient que présentent les plans collés sur toile et vernis. Ils godent. Le même inconvénient existait pour les photographies et on y a remédié. Que pourrait-on faire pour les plans?
- Accusés de réception. — Avis divers — M. L. Dubois, à Paris. 11 n’existe pas de traité sur cette question. — M. L. F., à X. Nous ne pouvons vous donner de conseils; tous nos regrets. — M. G. L., à Paris; M. Vernon, à Paris; M. H. L., à Nantes. Consultez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cu. — M. Dupont, à Marseille. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4* série, à la même librairie. — M. G. D., à Pans. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les commun ica lion s. — Il n’est répondu qu’aux" lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.30 - vue 462/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- "1
- PETITES INVENTIONS1
- PHOTOGRAPHIE
- Boite & sonder. — Il est très utile bien souvent de savoir souder. La boîte que nous signalons renferme tout le nécessaire : un fer à souder à double face, un grattoir pour décaper, une pierre à chlorhydrate d’ammoniaque, une boîte de résine et un bâton de soudure. On commence par décaper
- Boîte à souder.
- les surfaces que l’on veut réunir, on passe le grattoir, on les nettoie autant que possible. On verse un peu de résine. On fait chauffer le fer à souder soit au gaz, soit au charbon de bois ; puis on le passe à la pierre ammoniaque et sur le bâton de soudure. On met en présence les objets à réunir et on laisse tomber quelques gouttes de soudure, on passe le fer, la soudure s’étale. On laisse refroidir. Après un certain exercice, on devient très expert dans l’art de souder. — Cette petite trousse d’amateur se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- I>e Xtaga, porte-parapluies perfectionné. — Une
- des principales causes d’usure des parapluies consiste dans la % détérioration que subit l’étoffe à son point de réunion avec le manche. Grâce à l’humidité qui persiste en cet endroit, l’étoffe s’altère et laisse passer la pluie : le recouvrage devient nécessaire. Il y aurait cependant une façon bien simple d’y remédier : ce serait de poser le parapluie le manche en bas : seule-
- Le « Raga », porte-parapluies.
- ment les porte-parapluies qu’on trouve dans le commerce ne s’y prêtent pas. L’appareil que nous représentons ci-joint, et qui a été inventé par un de nos vieux abonnés, M. Ravoux-Garbil, permet cette position en apparence paradoxale. Chaque tête de chimère contient deux rouleaux de caoutchouc entre lesquels on enfonce la pointe du parapluie, qui prend ensuite une position verticale. L’eau coulant le long des baleines tombe dans un récipient disposé à cet effet, et ne peut plus s’accumuler à la partie inférieure. — Le porte-parapluies perfectionné te trouve en vente chez M. Ravoux-Garbil, à Saint-Brieuc.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- L'appréciateur Elgé.
- Cet appareil, dont le principe est dû à M, le commandant Houdaille, est destiné à faciliter le tirage des clichés sur papier au bromure d’argent pour lequel le temps de pose, toujours incertain, donne trop souvent des déboires. Lorsqu’on a choisi la marque de papier et le développement qu’on veut employer, il s’agit en passant d’un cliché à un autre de ne pas se tromper sur le temps d’exposition; c’est là que l’appréciateur joue son rôle. Il se compose d’un carton (fig. 2) portant d’un côté 3 trous A et de l’autre 7 teintes graduées transparentes. On place sur une partie noire du cliché l’un des 3 trous A et on l’examine par transparence ; il est facile alors de l’assimiler à l’une des 7 teintes placées à côté. La seconde partie de l’appareil consiste en un ruban gradué (fig. 1) qu’on peut fixer sur une table au moyen de deux punaises et sur lequel peut coulisser un porte-bougie ; c’est la bougie de l’étoile qui sera la source de lumière toujours employée.
- On place le châssis contenant le cliché et la surface sensible à l’extrémité du ruban sur un repère gravé qui indique cet emplacement.
- Mais ce repère est lui-méme mobile le long du ruban et peut venir se placer sur une graduation correspondant à la température du laboratoire ou du bain
- ÎË
- SurSceRensiSli
- tT?
- ,T J- >1 S ü '•jj 15' -â JV & 1}' -tt IC
- “320
- 160
- 80
- Inutilisable |
- Très léger (
- ‘ Léger (
- Moyen I
- Vigoureux |
- . Très à igoureux |
- Voiîé ê
- 5 Appréciateur “ ELGÉ ”
- (DÉPOSÉ) A
- > m O
- 10 MODE D’EMPLOI
- 20
- i* fi-*.,
- J--An 2‘ ...........................
- ‘0 .....1 o
- j- fi-.w .................. .i a.,...
- »............ f n- I-
- 80 ...... I. - .Ml- 1................
- 4- l
- j. J, ,V.J. S...P.J.
- lot) J I- ’...........1..
- I. 1--------------J .1........j... ( )
- J------------------.t/l. J.I.U V/
- 320 .....,
- *' 4 i-|(. J,, L.|.„,. T.SV.P
- Fig- 1.
- Fig. 2.
- de développement, qui est sensiblement la même. Il ne faut pas oublier, en effet, que la température du bain joue un rôle important dans la venue de l’image. La bougie est amenée sur le ruban à la graduation qui correspond au chiffre indiqué par la teinte trouvée lors de la comparaison.
- Ceci posé on devra, si l’on ne connaît pas le papier et le révélateur employés, faire quelques'essais pour arriver au temps de pose exact ; mais quand on l’aura trouvé on le notera soigneusement et il « sera toujours le même pour tous les clichés » ; il suffira de faire varier la position de la bougie suivant les indications du comparateur.
- Pour fixer les idées nous dirons qu’avec le papier Morgan ou le papier Lumière D mat et le révélateur de la maison Gaumont et Cia dit « Panchro B » dilué à 20 pour 100 d’eau, le temps de pose sera toujours de 50 secondes et la durée du développement de 4 minutes. Avec le papier « East-mann B rapide » la pose sera toujours de 15 secondes et si on emploie le révélateur au diamidophénol formule Lumière, l’image sera complète au bout de 1 minute.
- Chacun pourra étaloner son appareil suivant ses préférences comme papier et comme développement. Un moyen pratique consiste à exposer un cliché en 4 poses différentes en masquant avec un carton les parties qui ne doivent poser qu’en dernier lieu. On voit alors au développement quelle est la pose qui convient le mieux au papier employé. L’appréciateur Elgé évitera de gâcher du papier et du temps. — (Chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, Paris.)
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pâte à nettoyer les gants. —Prendre 28 grammes de savon marbré, le râper et le faire fondre dans quatre fois son poids d’eau, et à chaud; puis additionner de 15 grammes d’essence de citron, et enfin malaxer avec une quantité suffisante de
- p.31 - vue 463/536
-
-
-
- T»2
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- craie en poudre pour obtenir une pâte de bonne consistance. On peut encore prendre 25 parties de savon blanc, et les tondre de même manière dans 15 parties d’eau, en remuant bien. Quand le mélange est tiède, on y ajoute 16 parties d’une solution de chlorure de soude, puis 1 partie seulement d’ammoniaque liquide à 10 pour 100. On étend sur les gants (qu’il vaut mieux passer aux mains) avec un linge de flanelle et l’on fi’otte bien régulièrement.
- Ciment dentaire à la gutla-percha. — Il a été imaginé par le Dr allemand Emil Herbst. A une quantité donnée de ciment en poudre, on mélange intimement une quantité égale de débris de gutta-percha ; puis on incorpore au tout un peu de ciment liquide. Cette pâte, qui devient malléable sous l’action de la chaleur, et qui peut par conséquent s’enlever
- facilement d’une obturation, est donnée par son inventeur comme susceptible de rendre de grands services.
- Vernis pour piano. — Nous entendons un de ces vernis'très fins donnant une surface absolument uniforme et lisse. On peut en composer un avec 1 partie et demie de blancs d’œufs, 8 d’huile de lin brute, 2 parties et demie d’alcool, une demie seulement d’orseille, 2 d’acide chlorhydrique et enfin 8 de vinaigre.
- Lotion pour les mains. — Elle a pour but de combattre les gerçures que cause principalement le froid. On fait dissoudre à chaud I partie en poids d’acide borique dans 6 de glycérine ; on laisse refroidir, puis on y incorpore 6 parties de lanoline, et 16 de vaseline. Naturellement on peut parfumer si on le désire.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES :
- Lundi 11 janvier . . — 0°,8 S. S. W. 5. Couvert. 0,0 Très nuageux; pluvieux à 21 h.
- Mardi 12 4°,8 S. W. i. Couvert. 2,0 Couvert ; pluie à 2 h. et à 22 li.
- Mercredi 15 10°,8 W. S. W. 4. Couvert. 4,4 Couvert; pluie le matin et l’après-midi.
- Jeudi 14 6°,9 W. t\ Pluie. 4,6 Nuag. ; pluie le matin ; orage dans la nuit.
- Vendredi 15 5°,9 4V. 5. Très nuageux. 0,1 Gelée blanche; nuageux; petite pluie à 18 h.
- Samedi 16 3°,2 W. N. W. 3. Pluie. 1,3 Gelée blanche ; nuageux ; pluie le matin à 15 b. ; faible grêle et grésil.
- Dimanche 17 — 10.3 N. W. 0. Très nuageux. Gelée blanche ; brouillard â 9 h. ; peu nuageux.
- JANVIER 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 JANVIER.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direc'ion du veut. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites À l’Observatoire du parc Saint-Maur, en décembre 1903;
- par M. Tu. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 21 heures, 752“",99 ; minimum absolu, 734“”,3 le 5 à 15 h. ; maximum absolu, 768”“,6 le 22 à 9 h. 10; écart extrême, 34““,3.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, —0°,40; des maxima, 3°,75 ; du mois, 1°,67 ; vraie des 24 heures, 1°,43; minimum absolu, — 9°,5 le 51 ; maximum absolu, 11°;5 le 9. Sur le sol gazonné : moyenne dès minima, — 2°,51; des maxima, 6°,49 ; minimum absolu, —11°,2 le 31 ; maximum absolu, 11°,8 le 21. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0“,30 de profondeur, 4°,27 ; à 1 mètre, 7°,21. De la Marne : moyenne le matin, 4°,30; le soir, 4°,41 ; maximum, 6°,18 le 15; minimum, 1°,75 le 31.
- Tension de la vapeur ; moyenne du mois, 4““,66; minimum, 1"",8 le 31, à 1 heure; maximum, 9“",1 le 9 à 15 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 89,5 ; minimum, 53 le 29 à 15 heures ; maximum 100, en 14 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 78; moyenne diurne la plus faible, 15 le 30; la plus grande, 100 eu 9 jours.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 256 heures; durée effective de l’insolation, 35 heures en 12 jours; rapport, 0,14.
- Pluie ou neige : total du mois, 27““,0 en 45 heures réparties eu 10 jours,
- dont 4 jours de neige, et, en outre, 3 jours de gouttes ou de grains de neige.
- On a noté 1 jour de rosée, 9 jours de gelée blanche, 18 jours de gelé'* dont 5 sans dégel, 9 jours de brouillard ; 2 jours de grésil ; 1 jour de givre; 2 jours de halos.
- Fréquence des vents ; Calmes, 51.
- N . . . . 17 E . 107 S 83 W . . . . 9
- N. N. E. . 35 E. S. E. . 61 S. S. W . . 110 W. N. W . g
- N. E . . . 56 S. E. . . 66 S. W. . . 59 N. W. . . 12
- E. N. E . . 57 S. 5 5. E . . . 44 W. S. W . 11 N. N. W. . 4
- Vitesse du vent eu mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,2 ; moyenne diurne la plus grande, 7*‘,51e 10; la plus faible, 0“,3 le 17 ; vitesse maximum, 10 mètres le 9 à 11 heures, par vent de S.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre — 5““,72; température — 1°,06; tension de la vapeur—0““,41 ; humidité relative -t- 0,6 ; nébulosité -t- 6 ; pluie —19““,6.
- Floraison. Le 10, cliimonanthus fragrans.
- Automne de 1903 (année civile).
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre —2““,23; température -t- 0°,59; tension de la vapeur -t- 0““,29; humidité relative rt-0,1 ; nébulosité -+- 6; pluie —12““,7.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 17 à 5 b. 56 m du soir.
- p.32 - vue 464/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— La Commission centrale de la Société de géographie a renouvelé, ainsi que suit, son bureau, pour 4904 : président, M. Henri Cordier, professeur à l’Ecole des langues orientales vivantes; vice-présidents, le vice-amiral Humann et M. E.-A. Martel; secrétaire général, le baron llulot.
- —Jg— Ferdinand Mannlicher, inventeur du fusil Mannlieher, est mort à Vienne le 49 janvier dernier.
- —On annonce de Liège la mort à 84 ans du baron Sadoine qui fut, durant de longues années, directeur général des usines Cockerill de Seraing.
- —8»— Quelques journaux anglais prétendent que l’on a trouvé des gisements de minerai de radium importants non seulement à Bath, mais encore à Swansea (pays de Galles). On a annoncé aussi de New-York que d’après des informations du Texas, on aurait découvert à Llano dans une région minière d'immenses quantités de terre contenant du radium. Ces nouvelles demandent confirmation.
- —— M. Ernest Arehdeacon fait construire en ce moment à Chalais-Meudon sous la direction de MM. Renard, par M. Dargent, un aéroplane type Chanut qui sera peut-être essayé en février. L’appareil pèsera environ 50 lûlogrammes. Le bâtis est en bois de frêne avec soie française : ce sera la première machine type américain que nous verrons expérimenter en France sur le nouvel aérodrome des environs de Berck. Nous n’oublions pas les appareils Tierber essayés dans le midi.
- —— Diamandi, le calculateur un peu oublié à Paris, a fait sa réapparition la semaine dernière. Il a donné une séance sous la direction de M. Bourlet, le savant mathématicien, à la polyclinique de M. le Dr Henri de Rothschild, rue Marcadet. Il n’a perdu aucune de ses merveilleuses qualités de calculateur. C’est un visuel que Diamandi. Il a la mémoire de la vision à un point extraordinaire. Il voit sur le tableau les opérations à effectuer et les exécute. On lui demande un carré de 5 chiffres et il énonce le produit en quelques secondes. Il voit les nombres et effectue les multiplications en un instant. Il a composé un calendrier qui lui permet d'indiquer le jour correspondant d’une date quelconque de l’année 4700 à l’année 4904. Il a en lui l’image de ce tableau comme il a l’impression visuelle de son fonctionnement. Il répond immédiatement, sans erreur. C’est une disposition mentale bien curieuse et rare d’ailleurs que possèdent ces sujets.
- —— Une plante lumineuse : 1’ « Oropé », ainsi que la nomment les indigènes, est une plante peu connue encore, et qui jouit de propriétés curieuses. On la rencontre au Brésil, dans le voisinage de Sao-Joaquim, Etat de Sao-Paulo. La nuit, elle émet des rayons lumineux qui donnent, assure-t-on, assez de clarté pour permettre la lecture d’un journal : son pouvoir éclairant dure encore plusieurs jours après quelle a été cueillie. D’après le « Diario de Ribeiro Hreto », des colonnes duquel nous extrayons cette nouvelle, la plante en question serait de la famille des cryptogames, bien qu’elle ne ressemble en rien au champignon. Quelques exemplaires ont été réunis à Sao-Paulo pour y être étudiés.
- —— De temps immémorial il existe dans la région frontière du Nord et tout particulièrement à Watrelos, Roubaix-Tourcoing, Lannoy et les communes de ces cantons de nombreux amateurs de pinsons qui, après avoir capturé ces oiseaux, les rendent aveugles, et les enferment dans de petites cages prenant jour d’un seul côté. Ces oiseaux chantent du matin au soir. A toutes les fêtes, notamment au 14 juillet, il y a dans les réjouissances publiques des joutes de vocalises entre pinsons. On place sur des chaises à quelques mètres de distance des cages; chaque cage contient un seul pinson. Aussitôt qu’un oiseau chante; tous se mettent à chanter. Les amateurs se forment en sociétés à Watrelos. Elles sont au nombre de plus de 150, comptant ensemble de 1500 à 2000 sociétaires. Le 20 août 1903, M. Vin-
- cent, préfet du Nord, a pris un arrêté interdisant : la destruction, la capture, l’importation, l’exportation, le transport, le colportage, la mise en vente, la vente et l’achat des oiseaux utiles à l’agriculture, spécialement les insectivores, et notamment les oiseaux suivants : passereaux ordinaires : roitelets, mésanges, serins, chardonnerets, tarins, etc. Les pinsons ne sont pas nommément désignés, mais les autorités du pays prétendent que le pinson appartient à 1 ordre des passereaux dont il a tous les caractères. Contraventions, procès-verbaux ont été dressés, et cette rigueur n’a pas été sans émouvoir les nombreux amateurs de pinsons. Une délégation des pinsonneux s’est rendue chez le maire de Watrelos pour lui exposer 1 importance des jeux et combats de pinsons. Le maire de Watrelos a transmis ces doléances au préfet du Nord.
- —— La récolte du cidre en 1903 vient d’être évaluée officiellement à 5 671 065 hectolitres, en diminution de 5 539 801 hectolitres sur la récolte de l’année précédente et de 41 374 518 hectolitres sur la moyenne des dix dernières années. Voici les chiffres relatifs aux principaux départements producteurs de cidre : Calvados, 524958 hectolitres au lieu de 4 286415 en 1902; Côtes-du-Nord, 305 165 au lieu de 924 992; Ille-et-Vilaine, 1101 050 au lieu de
- 2 461 910; Manche, 1 080 000 au lieu de 707 206; Mayenne, 477 656 au lieu de 297 700; Morbihan, 257 550 au lieu de Ô42 210; Orne, 204601 au lieu de 480 526; Sarthe, 79 530 au lieu de 277 886; Seine-Inférieure, 540 786 au lieu de 602 521.
- —Le temps a été très mauvais toute la semaine; il n’y a eu partout que pluies et neige. Le 48 janvier, une trombe d’eau s’est abattue l’aprés-midi sur Blœmfontein ; les bas quartiers ont été inondés, trois hôtels et plusieurs maisons ont été détruits. La neige est tombée en abondance à Remiremont; elle a atteint 1 mètre de hauteur aux ballons d’Alsace et de Servanee. On a recueilli 6 mm d’eau à Biarritz, 4 mm à Cherbourg, à Nancy. Le matin, vers 7 heures, la température était de —3° à Paris, de —40° au puy de Dôme et de —47° au mont Ventoux. Le 49 janvier, on a signalé de la neige à Nancy et à Clermont. A Perpignan, et dans les environs, il y a eu une violente tempête du nord-ouest; la neige est tombée dans l’arrondissement de Prades, elle a atteint une hauteur de
- 3 mètres sur les roules, toute circulation a été interrompue. A la même date, une tempête aussi violente a sévi dans la Lozère. Toutes communications ont été supprimées, tous courriers suspendus. Un train en détresse a été bloqué. La neige a atteint, en certains endroits, près de 45 mètres de hauteur. Le froid a été très vif, et il y a eu plusieurs victimes de la neige et du froid. En d’autres contrées, il a plu, notamment à Dunkerque (6 mm), à Bordeaux (4 mm), à Paris (2 mm).- A Paris, la température moyenne a été de 0°,2. L’hiver est également rigoureux en Auvergne : la neige, poussée par un vent violent d’ouest, est tombée en grande abondance dans la partie montagneuse. Le 20 janvier, des pluies sont tombées sur le nord-ouest et le sud de l’Europe; en France, on en a signalé seulement sur le littoral de l’Océan, des averses torrentielles ont donné 58 mm d’eau à Alger. A Paris, le matin, le thermomètre indiquait — 4°; on notait — 42° au puy de Dôme, et — 45° au mont Mounier. Le 24 janvier, le temps a été nuageux et froid en France. A Paris la température moyenne a été de —2°,2, inférieure de 4°,3 à la normale. Une avalanche de neige s’est produite au Val d’Isère; deux personnes ont été ensevelies. Le 22 janvier il a plu à Dunkerque (2 mm), à Cherbourg (1 mm), et à Nantes (1 mm). La neige est tombée dans les hautes vallées des Pyrénées. La ville de Cautercts a été ensevelie sous une enveloppe de 60 centimètres de hauteur de neige. De graves dégâts ont été produits par trois grandes avalanches tombées en face de l’établissement de La Raillère. Le 23 janvier, il n’a pas plu en France; la température a baissé et le temps a été froid. Le 24 janvier, des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord, l’est et le sud de l’Europe; en France, il a plu à Perpignan. La température à 7 heures du matin était de — 2” à Paris, 40° à Alger, —7° au mont Ventoux, et — 41° au pic du Midi.
- 9
- p.33 - vue 465/536
-
-
-
- 54
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — La Société philosophique de Washington nous adresse une notice sur « une nouvelle méthode abrégée de trouver le point de la position géographique et l’erreur du compas »; par M. G. W. Littlehales.
- M J. A. Tavernier, à Aix-les-Bains, nous envoie un projet de ballon dirigeable. Nous enregistrons volontiers ce nouveau projet ; mais en aérostation comme en toutes choses, c’est l’expérience qui a le dernier mot.
- M. le O1 W., à Paris, nous fait parvenir 3 modèles en papier, représentant des pièces de 5, 15 et 25 centimes; dans chacune de ces pièces, dont la plus grande a 3 centimètres de diamètre, la seconde 2,5 centimètres, et la plus petite 2 centimètres, les chiffres, 5, 15 et 25 sont découpés; ces modèles présentent une certaine originalité.
- Renseignements. — M. Bonnevie, à Domfront. - Nous n’avons pas reçu votre dernière lettre.
- M. Cordèbart, à Aubervilliers. — On désigne sous ce nom le rubis artificiel, obtenu par MM. Ebelmen, Gaudin, Frémv, Feil, Verneuil, etc.
- M. J. de Lerne, à Bordeaux. — Nous avons bien reçu votre ouvrage que nous mentionnerons dans notre bibliographie; mais il nous est impossible de lui consacrer une notice spéciale.
- M. G. B., à Turin. — 11 nous est difficile de croire que la cuirasse Benedetti se compose simplement, comme vous le dites, de verre pilé.
- M. J. A. Goletti, à Trévise. — l°Le supplément du n°1597 va vous être envoyé. — 2° Nous ne pouvons encore indiquer la date d’apparition de ces tables; mais on travaille à leur confection. — 5° On fera paraître d'autres petits volumes, mais on ne les refondra pas tous ensemble.
- Un lecteur, à Saint-Malo. — 1° On peut prendre des bains de vapeur à volonté si le cœur est en bon état. — 2° Rien ne sert de s’électriser lorsqu’aucun traitement n’a été imposé.
- M. le Dr Gautier, à Paris. — Les engrenages en cuir dont nous avons parlé sont fabriqués par M. Charles Rossel, à So-chaux près de Montbéliard.
- M. A. du Mazaubrun, à Limoges. — L’adresse que vous demandez est la suivante : MM. llerdtlé et Bruneau, 38 bis, rue de la Chine, à Paris.
- M. Th. Guérin, à Paris. — 1° Notre collaborateur M. Lar-balétrier est décédé. — 2° Pour l’élevage des escargots vous pouvez consulter une brochure publiée par Borneman, éditeur, 15, rue de Tournon, à Paris. M. Boisseau, à Dannemoine, près Tonnerre, possède un beau parc à escargots.
- M. P. E., k Rodez. — Vous trouverez des ouvrages sur la télégraphie sans fil à la librairie Gautier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins et à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. Adressez-vous également à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. M. Mermillod, à Paris. — Nous pensons que pour des appareils destinés à la fabrication de l’eau oxygénée, vous pourriez vous adresser à M. Savy, 162, rue de Cbàrenton, ou à MM. Sellier et Beaudet, 37, rue Notre-Dame de Nazareth, ou à M. Jaubert, boulevard Haussmann, 155, a Paris.
- M. J. N., à B. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 31, rue de l’Abbé-Grégoire, à Paris.
- M. Maurice, à Melle. — Nous avons déjà donné la description d’un grand nombre de machines motrices à air chaud dans la collection du journal. Vous trouverez également des notices dans divers ouvrages spéciaux à la librairie Béranger,
- 15, rue des Saints-Pères, à la librairie Bernard, 29, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. B., à Chambley. — 1° L’article sur l’allumage et extinction du gaz à distance a paru dans le n° 1395 du 17 février 1903, p. 199; l’allumeur-pôle était à cette époque en vente chez le fabricant 6 bis, rue de Châteaudun, à Paris.- — 2° Fours portatifs à cuire le pain; Société pour l’exploitation des brevets Sturm, 58, boulevard de Strasbourg; Société française de meunerie et de panification, 1, rue de Méhul, à Paris. — 3° Pour tout ce qui concerne l’air liquide, veuillez vous adresser à M. G. Claude, 4, rue François-Rolland, à Nogent-sur-Marne (Seine).
- M. R. Alquier, à Montevideo. — Il n’existe pas de traité tel que vous le désirez ; nous avons publié à diverses reprises des formules qui pourraient vous être utiles.
- M. Ballot, à Châteaudun. — Nous avons pu faire déterminer les deux parasites dont vous nous avez envoyé les microphotographies. Le parasite du faucon hobereau est un pédiculide (hémiptère), le « nirmus fuscus ». Le parasite du bousier est un acarien à l’état de nymphe, le « gamasus coleoptratorum ».
- M. H. Brunei, à Paris. — Vous nous demandez combien de litres d’air, à la pression ordinaire, il faut pour faire 1 mètre cube d’air comprimé à la pression de 6 kg par centimètre carré. Il suffit d’appliquer la loi de Mariotte qui dit qu’à une même température les volumes d’une même masse de gaz sont en raison inverse des pressions qu’ils supportent. La pression ordinaire de 1 atmosphère étant égale à 1 kg par centimètre carré, il en résulte que pour faire 1 mètre cube à la pression de 6 kg par centimètre carré, il faudra 6 mètres cubes à la pression de 1 kg par centimètre carré.
- M. Henri Van den Brœck, à Anvers. — 1° Pour les phonographes, adressez-vous à M. Lioret, 18, rue Thibaud, à MM. Pathé frères, 98, rue de Richelieu, ou à la Columbia Pho-nograph C°, 34, boulevard des Italiens, à Paris. — 2° Nous ne comprenons pas votre question.
- M. le Dr Niclot, à Lyon. — Nous avons fait connaître la composition de poudres phosphorescentes dans le petit livre des. « Recettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. Il est très peu probable qu’elles impressionneraient le papier photographique même après une longue pose.
- M. E.B., à Paris. — La description de ces appareils n’a pas-été publiée.
- M. Legart, à Nancy. — La puissance électrique s’exprime en watts ; l’énergie électrique se mesure en watts-heures.
- M. Duflin, à Paris. — La colonne de mercure du thermomètre doit être divisée ; il faut essayer de la rétablir, en agitant le thermomètre et en lui donnant des coups secs.
- M. P. Lajou, à Reims. — 1° Nous n’avons eu aucun renseignement sur cet accident. — 2° La librairie publiera prochainement une table des matières des dix dernières années; mais on ne peut songer à faire une table des trente premières années le travail serait considérable.
- M. E. Robillard, à Mailly-Maillet (Somme).—Cette machine ne se fabrique plus.
- M. A. Graftiaux, à Ekaterinoslaw. — 1° Comme l’indique l’avis placé en tête de la « Boite aux Lettres », chaque abonné en demandant des renseignements doit envoyer la dernière bande du journal. — 2° Vous voulez sans doute parler de la pile Latimer Clark ; elle est formée de sulfate mercureux en pale avec une solution saturée de sulfate de zinc neutrë et du mercure. Elle donne une force électromotrice de 1,454 volt.
- M. Lebart, à Agen. — La puissance électrique s’exprime en watts; elle est égale au produit de la différence de potentiel en volts par l’intensité en ampères. Toutes ces questions sont exposées dans divers petits traités électriques que nous mentionnons dans notre bibliographie.
- M. Randon, à Limoges. — Votre schéma d’installation nous paraît bien; mais il ne faut pas oublier de réunir l’ampèremètre au shunt placé en circuit.
- M. Dubois, à Dijon. — Il est nécessaire de soumettre la question à un architecte; nous ne pouvons à distance vous donner de conseil.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. G., à Nice. Ce projet n’a rien d’intéressant; aussi nous n’en parlons pas. — M. G. L. Derand, à Lille. Il faut toujours faire une demande de brevet. — M. G. L., à Paris; M. Dumont, à Nantes; M. Legrand, h Brest. Consultez le petit livre des « Kecettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et C‘*, à Paris. — M. Lebon, à Lille. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série; la recette que vous cherchez y est donnée. — M. Dubin, à Paris; M. Grillonr à Montreuil. Remerciements pour vos communications. — M. Courtois, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés. et donne de son mieux les ren -seignemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes lés questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est'répondù qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraisoni
- p.34 - vue 466/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 55
- PETITES INTENTIONS1
- Coupe-circuits. — Les coupe-circuits, dans les installations électriques, constituent une partie importante qui a pour but d’assurer la sécurité en évitant que l’intensité du courant ne, dépasse dans les conducteurs une valeur limite que l’on impose. Ces coupe-circuits sont formés par un fil fusible, généralement un alliage de plomb, étain et cuivre ; ce fil a une section déterminée pour permettre la fusion à une intensité choisie. Il a de plus une longueur de 8 à 10 centimètres pour que le refroidissement des attaches n’ait aucune influence sur l’intensité du courant amenant la fusion du fil. Il faut enfin
- Fig. 1. — Coupe-circuit à chambre de fusion.
- éviter les arcs au moment de la fusion, et il faut avoir des appareils aussi simples que possible se prêtant aisément aux diverses conditions que doivent réaliser les fils fusibles. Nous signalerons à ce propos deux appareils que vient de construire la manufacture parisienne d’appareillage électrique. C’est d’abord (fig. 1) un coupe-circuit à chambre de fusion.
- Sur une plaque en porcelaine sont montées aux extrémités deux bornes destinées à recevoir les bouts du fil fusible; au centre est une petite chambre présentant deux ouvertures longitudinales en face l’une de l’autre. Le fil fusible part d’une borne, sort sur le côté, passe dans la chambre de fusion et ressort par le côté opposé pour aboutir à l’autre borne. Cette
- Fig. 2. — Coupe-circuit à tabatière.
- disposition donne à l’appareil peu d’encombrement par rapport à la longueur du fil fusible. L’arc se formant au moment de la fusion est éteint rapidement ; en effet si l’arc se forme dans la chambre de fusion, il échauffe rapidement le peu d’air qui s’y trouve et provoque un courant d’air qui contribue à soulfler l’arc allumé. Si l’arc se forme en dehors de la ehambre il est soufflé dès qu’il arrive aux parois de cette chambre. Cet appareil est monopolaire ; il peut être utilisé dans les distributions à 220 volts. L’ensemble est muni d’un couvercle en porcelaine.
- Lë deuxième modèle’ (fig. 2) est un coupe-circuit en forme de tabatière, bipolaire, que l’on peut monter sur des distributions à 220 volts et pour des intensités jusqu’à 3 ampères. Sur une plaque de porcelaine que l’on voit à gauche de la figure 2 sont placées aux extrémités 4 bornes à ressort destinées à recevoir 2 plaques mobiles pourvues chacune d’un fil fusible, et que l’on voit à droite dans la figure. Sur la plaque de porcelaine se place un entourage en porcelaine avec cloisons au centre; cét entourage est maintenu par une vis centrale
- * La description ‘des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- avec écrou. Par-dessus se posent les 2 plaques mobiles dont nous avons parlé. Cet appareil présente le grand avantage de se prêter très aisément à un montage rapide. On monte d’abord la plaque de porcelaine, puis l’entourage et les deux plaques mobiles. — Les deux modèles de coupe-circuits sont fabriqués par la manufacture parisienne d’appareillage électrique, 14, rue Commines, à Paris.
- _ Nouveau timbre. — Ce nouveau timbre qui vient d’Amérique permet d’indiquer la raison sociale d’une Société, la date, l’adresse, et l’heure du départ d’une expédition par exemple. Il est monté sur coussin en caoutchouc souple et à air ; il est formé d’un manche flexible et d’un disque rotatif,
- LA NATURE 22 DEC 1903
- 120, Boulevard st-Cermain.
- \ PARIS A
- Nouveau timbre dateur.
- dans lequel on peut à volonté changer les lettres pour arranger les diverses indications. Ces divers caractères sont en caoutchouc, montés sur des tiges séparées comme des caractères d’imprimerie. Les heures qui se trouvent sur le pourtour de la circonférence extérieure sont indiquées par une flèche. Dans la figure ci-jointe, on voit à la partie supérieure l’ensemble du timbre avec le manche flexible et le côté imprimeur. A la partie inférieure se trouve une épreuve tracée sur le papier par le timbre. — Le nouveau timbre se trouve chez M. Edmond Néhou, 252, rue Saint-Martin, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire pour l'an 1904, publié par le Bureau des Longitudes. Paris, Gauthier-Villars, 1 vol. in-16. Prix : lfr,50.
- Ce volume contient des tableaux détaillés relatifs à la Physique et à la Chimie, et ne contient pas cette fois les données géographiques et statistiques. Dans l’Annuaire de 1905, ce sera le contraire. On a dû adopter cette mesure pour faire place à de nouveaux chapitres.
- Le monde de Jupiter, tome I, par M. Lucien Libert, préface de M. Deslandres, de l’Institut. 1 vol. in-80.- Le Havre, H. Micaux, éditeur, 1905.-
- Observatoire de Zi-ka-wei : calendrier-annuaire pour 1904. 1 vol. in-18, Chang-Hai.- Imprimerie de la Mission catholique. Prix : 5 francs.
- La machine locomotive. Manuel pratique donnant la description des organes et du fonctionnement de la locomotive, par Edouard Sauvage, ingénieur en chef des mines, ingénieur en chef conseil des chemins de fer de l’Ouest. 1 vol. in-8°. Quatrième édition. Librairie polytechnique Ch. Béranger> Paris, 1904. Prix : 5 francs.
- Traité des gisements métallifères, par le Dr Richard Beck, professeur de géologie et de gisements métallifères à l’Académie royale des mines de Freiberg. 1 vol. in-8°. Traduit sur la seconde édition par 0. Chemin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ancien professeur à l’Ecole nationale des ponts et chaussées. Paris, librairie polytechnique, Ch. Béranger, éditeur. 1904.
- Introduction à l’élude de la médecine, par G.-H. Roger, pio-fesseur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin de l’Hôpital de la Porte d’Aub'ervilliers. 1 vol. in-8°, 2e édition. Paris, C. Naud, 1904.
- Physique du globe et météorologie, par Alphonse; Bergit, docteur ès sciences. 1 vol. in-8°. Paris, C. Naud. 1904.
- Le moteur d’automobiles. Description, marche et entretien, par René Champuy, ingénieur-mécanicien. 1 brochure in-8°. Paris, librairie H. Desforges. 1904. Prix ; 1 franc.
- p.35 - vue 467/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 30
- Traité pratique de traction électrique, par MM. L. Barbillox, ingénieur électricien, et G.-Z. Griffisch, ingénieur civil. E. Bernard, éditeur, à Paris. Tome II. 1 vol. in-8°; prix de l’ouvrage complet : 40 francs.
- Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux, législation, par F. Baucher, pharmacien principal de la marine en retraite. Vigot frères, éditeurs, à Paris. 1 vol. in-18. Prix : 7 francs.
- Travaux pratiques de chimie organique, par le Dr F. Ull-ma.nn, privât docent à l’Université de Genève. 1 vol. in-8“ : Y’8 Ch. Dunod, éditeur à Paris. Prix : 6 francs.
- Annuaire Marchai des chemins de fer et des tramways, édition de novembre 1903. Librairie Dunod, à Paris. 1 vol. in-8°. Prix : 7 francs.
- O phonographo e suas combinâmes nas relacoes juridicas, par J.-B. de Oliveira Coutinho, extrait de la Gazeta Juridica de Sâo Paulo. S. Paulo, Andrade et Mello. 1903. 1 broch. in-8°.
- Conduction of Electricity through gazes, par J. J. Thompson, professeur à l’université de Cambridge. 1 vol. in-8°. C.-J. Clay, éditeur, à Londres. Prix : 20 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION et force DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 jauvier . . — 3M S. W. 2. Couvert. 2,0 Couvert; pluie de 13 h. à 24 h.
- Mardi 19 2°,8 N. N. E. 2. Couvert. » Couv. jusqu’à 10 h. ; puis nuag. ; beau après 16 h. ; petit
- brouill. à 8 h.
- Mercredi 20 — 3°,6 N. E. 5. Beau. » Beau jusqu’à 10 h. ; nuag. ensuite.
- Jeudi 21 — 3°,2 N. 2. Couvert. » Gelée blanche ; couvert.
- Vendredi 22 0»,0 N. E. 3. Couvert. 0 Couvert.
- Samedi 23 0°,5 E. 2. Couvert. »> Couvert.
- Dimanche 21 — 1°,5 E. S. E. 5. Couvert. » Couvert jusqu’à 16 b. ; beau ensuite.
- JANVIER 1804. — SEMAINE Dü LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 JANVIER.
- Lundi [ Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi | Samedi j Dimanche
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. — . .
- Résumé des observations météorologiques faites à. l’Observatoire du parc Saint-Maur pendant l’année 1903
- par M. Tu. Moureaux.
- Pression barométrique (ait. : 50”,3). Moyenne des 24 heures, 757“",63 ; minimum absolu, 733"”,6 le 3 mars ; maximum absolu, 772”“,4 le 29 janvier; écart extrême, 38m‘”,8.
- Température. Sous l’abri ; moyenne des minima, 6°,56; des maxima, 15°, 10; de l’année, 10°,83; vraie des 24 heures, 10°,32; minimum absolu. — 9°,5 le 31 décembre; maximum absolu. 32',3 le 28 juin. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 4°,26; des maxima, 28°,79; minimum absolu, —11°,2 le 15 janvier et le 31 décembre ; maximum absolu, 59°,4 le 12 juillet. Dans le sol gazonné : moyenne de l’année à 9 heures; à 0",30 de profondeur, 10°,80 ; à 1 mètre, 11°,22. De la Marne : moyenne le matin, 12°,06; le soir, 12°,45; minimum, 0°,55 le 18 janvier; maximum, 23°,02 le 2 juillet.
- Tension de la vapeur. Moyenne de l’année, 7”",52; minimum, 1“”,8 le 14 janvier et le 31 décembre; maximum, 17““,5 le 4 septembre.
- Humidité relative. Moyenne de l’année, 78,0; minimum, 20 le 15 juillet ; le maximum, 100, a été atteint tous les mois, sauf en mai; le plus fréquemment (15 jours) en septembre et octobre.
- Nébulosité. Moyenne de l’année (6 h. à 21 h.), 62; moyenne mensuelle la plus faible, 51, en mars et mai; la plus élevée, 78, en décembre; on a observé 7 jours seulement sans trace de nuages, 1 en janvier, février, mars, 2 eu mai et novembre.
- Insolation. Rapport de la durée effective de l’insolation à la durée totale
- de la présence du soleil au-dessus de l’iiorizon, 0,36; valeur mensuelle la plus grande, 0,53 en juillet ; la plus faible, 0,14 en décembre. C*s nombres, déduits des bandes de l’héliographe de Campbell, sont nécessairement trop faibles, l’appareil ne fonctionnant pas lorsque le soleil est près de l’horizon.
- Pluie ou neige. Total de l’anuée, 537“*,7 en 537 heures réparties en 165 jours, et en outre 51 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre.
- On a noté 30 jours de tonnerre, 7 jours d’éclairs, 123 jours de rosée, 73 jours de gelée blanche, 60 jours de gelée dont 9 sans dégel, 7 jours de neige, 35 jours de brouillard, 48 jours de halos, 8 jours de grêle, 6 jours de grésil.
- Fréquence des vents. Calmes, 163.
- N . 353 E 314 S 787 W ... . 468
- N. N . E . . 409 E. S. E. . . 300 S. s. w . 1885 W. N. W. 294
- N. E . . . . 505 S. E . . . . 430 s. w. . . 1359 N. W. . . 250
- E. N. E. . . 410 S. S. E. . . 509 w. s. w. 637 N. N. W . 287
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne des 24 heures, 3“,9; moyenne diurne la plus grande, 10“,6 le 27 février; la plus faible, Ü“,3 le
- 17 décembre; la vitesse maximum, 17“,8, a été observée le 2 mars à
- 18 heures par vent de S. S. W.
- Comparaisons aux valeurs moyennes de 30 années (1874 à 1903). Baromètre, — 0““,18; température, -i-00,22; tension de la vapeur, 0““,01 ; humidité relative, —0,7; nébulosité (6 h. à 21 h.) -t- 1 ; pluie —20““,4, jours de pluie, -h 3.
- PHASES DE LA LUNE ; Néant,
- p.36 - vue 468/536
-
-
-
- 1602 (6 féorier 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- . —jft— Le président de la République s’est rendu samedi dernier après-midi au laboratoire de M. et Mm<l Curie, où en présence •du ministre de l’Instruction publique et de quelques invités, il a assisté à des expériences sur le radium. Il a rivement félicité M. et Mme Curie de leurs travaux.
- —On parle beaucoup en Italie du ballon du capitaine Frassinetti. Le ballon a une forme très allongée : 37 mètres de longueur pour 8m,50 de diamètre, il cube 1500 mètres pour une force ascensionnelle de 1506 kg. Sa nacelle est en tubes d’acier, elle comporte deux moteurs de 24 chevaux, dont l’un actionne un jeu •d’hélices propulsives et l’autre un jeu d’hélices sustcntatrices. Le ballon a accompli un trajet de 2000 mètres à une vitesse moyenne de 11 mètres à la seconde, ce qui fait près de 40 km .à rheure, et cela, avec scs seuls moyens mécaniques, évoluant sans gouvernail, toutes manœuvres accomplies par la combinaison de ses jeux d’hélices. Attendons d’autres résultats plus concluants.
- —— Un savant anglais, le Dr R. W. Richardson, a étudié les" variations du poids du corps, dans une année, et cela pendant plus de vingt ans consécutifs. Ces observations ont eu lieu sur les détenus d’une maison de correction contenant prés de 4000 individus «t, par suite, les. résultats n’en sont que plus probants, puisque les sujets examinés sont assujettis au même genre de vie, travail, nourriture. durée du sommeil, etc. Il a remarqué que pendant certains mois de l'année le poids du corps humain subissait une augmentation et pendant d’autres mois une diminution, pour lesquels il a noté les chiffres suivants : janvier, 0,14 dimin.; février, 0,24dimin.; mars, 0,95 dimin.; avril 0,03 augm.; mai, 0,01 augm.; juin, 0,52 aug.: juillet, 0,08 augm.; août, 0,70 augm. ; septembre, 0,21 dimin.; octobre, 0,10 dimin.; novembre, une très minime augmentation; décembre, 0.05 dimin. On voit donc ainsi que le poids du corps •est plus faible en hiver qu’en été; la diminution commence en septembre et l’augmentation en avril.
- —On annonce que le baron de Ujfalvy, connu dans le monde savant par ses travaux d’anthropologie et ses voyages dans l’Asie centrale, est mort le 31 janvier. Le baron de Ujfalvy, d’origine hongroise, était sujet français et professeur agrégé de la Faculté de Paris.
- —— La Société ornithologique allemande a fait capturer, dans la Prusse orientale, un très grand nombre de corneilles qui seront relâchées après qu’on leur aura fixé à la patte un anneau métallique portant un numéro d’ordre et la date de leur capture. La Société espère que chaque fois qu’une de ces corneilles sera tuée, on lui retournera l’anneau avec mention de l’endroit de capture. Il est à souhaiter que cette initiative donne de bons résultats et nous renseigne sur les migrations annuelles des oiseaux.
- —— Le mercredi 27 janvier, à la Sorbonne, intéressante conférence de notre collaborateur M. le Dr Capitan, professeur à l’Ecole d’anthropologie. Réunion de la Société « La Montagne Sainte-Geneviève et ses abords » sous la présidence de M. Meurge. Titre de la coufèrepee : « La montagne Sainte-Geneviève à l’époque néolithique; essais de reconstitution de la vie sociale à cette époque ». M. Capitan a montré comment on pouvait caractériser les ancêtres successifs du néolithique qui, depuis des centaines de siècles, vivaient à la surface du globe. Assimilant les néolithiques aux sauvages actuels, il a entraîné ses auditeurs dans une promenade supposée «t vieille de 6 à 8000 ans, et les a conduits visiter trois villages des environs de la montagne Sainte-Geneviève. A l’aide de nombreuses et originales projections, il a décrit les mœurs, l’industrie, l’art, les coutumes religieuses, les rites funéraires des habitants. Cette soirée aura une suite. M. le Dr Capitan, dans une seconde conférence, étudiera les époques du bronze, du fer, etc.
- —îjf— Il existe au Grand-Chaco un mollusque aquatique, Ancy-lus moricandi, qui présente une remarquable faculté d adaptation au milieu. Dans certaines régions où les lacs ne dessèchent jamais, il se comporte comme tous ses. congénères et mène une existence aquatique d’un bout à l’autre die l’année : dans ceux, au contraire, qui restent à sec pendant plusieurs mois, il ferme sa coquille avec une matière identique à celle-ci, ne laissant qu’une petite ouverture. Il reste ainsi enterré dans le sol qui est formé d’argile dure et compacte, jusqu’au retour de la saison des pluies, où il reprend sa vie normale.
- —On n’a peut-être pas tout à fait oublié la roue Ferris, qui avait été construite et imaginée comme une des attractions de 1 Exposition de Chicago, et qui a suscité depuis des imitations assez
- eu heureuses. Elle avait coûté primitivement un peu plus de
- 800000 francs, et elle vient de se vendre finalement, avec toute sa machinerie) pour un peu plus de 9000 francs. « Sic transit gloria mundi! »
- —— Nous avons vu préconiser successivement dans certains journaux médicaux une quantité de cures bizarres : la cure des pieds nus, la" cure d’air chaud, la Cure de soleil, la cure de tonneau pour obèses, la cure de lumière violette, etc. Dernièrement la « Presse médicale » nous donnait des détails suggestifs sur une cure encore plus étrange, inventée par un docteur de Berlin : la. cure à quatre pattes. L’auteur de ce traitement, nouveau .prétend que l’habitude de marcher debout est aussi illogique que grotesque et oblige les muscles abdominaux à des efforts auxquels la nature ne les a pas destinés, d’où des inflammations et des dérangements variés. Il faut donc revenir à la démarche primitive, celle dont les animaux nous donnent l’exemple. Et c’est ainsi qu’on peut voir en ce moment, dans un petit hospice berlinois, sept personnes traitées pour diverses affections s’entraînant, quatre fois par jour et pendant vingt .minutes, chaque fois, à marcher à quatre pattes. La grande difficulté consiste, paraît-il, à empêcher les patients de plier les genoux au bout de quelques minutes de cet exercice. Une fois cette fatigue vaincue, il paraîtrait que la cure à quatre pattes deviendrait souveraine contre la dyspepsie et l’appendicite !
- —— On a calculé que, chaque année, la célébration de la Fête nationale des Etats-Unis, le 4 juillet, causait autant de désastres qu’une sanglante bataille. Le bilan de la dernière de ces réjouissances se chiffre comme suit : 415 personnes mortes de tétanos (lisez alcoolisme) ; 60 tuées par des accidents divers ; et près de 4000 blessées plus ou moins grièvement par les pétards, fusées, feux d’artifices, et autres calamités mises principalement entre les mains des enfants. L’ « American medical Association » réclame du gouvernement un ensemble de dispositions très sévères pour em-pêehçr le retour de semblables faits. Il n’y a pas qu’en Amérique où la vente des explosifs cause des accidents, et il serait à souhaiter que cette stupide coutume de manifester sa joie par des détonations soit abolie.
- —Le gouvernement canadien a fait examiner, par un des fonctionnaires du port de Montréal, une invention due à M. Louis, Lacoste, et qui a pour but d’assurer l’arrêt presque immédiat des navires en vitesse : cela, au moyen de sortes d’ailerons normalement rabattus le long du flanc du navire, et que l’on peut, de façon instantanée, mettre perpendiculairement à ce liane et par conséquent à la direction de la marche. Les expériences, exécutées dans les rapides du Saint-Laurent, auraient été tout à fait satisfaisantes, puisqu’on aurait obtenu l’immobilisation du vapeur, qui marchait pourtant à 11 milles, simplement sur sa longueur.
- —${— Par suite de pluies continuelles des inondations sé sont produites dans la province de Thcssalie, en Grèce; les plaines de Karditza et de Trikkala ont été entièrement couvertes d’eau.
- 10
- p.37 - vue 469/536
-
-
-
- 38
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article « Barrages mobiles à cylindres » paru dans le n° 1600 du 23 janvier 1904, p. 119, il y a lieu de faire la correction suivante : p. 120, col. 1, au lieu de : sur le Rhin à Mulhouse, il faut : sur le Rhin à environ 30 km de Mulhouse.
- Communications. — M. H. de Tonquédec, à Morlaix, à propos de notre article « Les raisins et les odeurs », paru dans le n° 1586 du 17 octobre 1903, p. 510, nous signale un fait à rapprocher : « Etant à la chasse avec un de mes amis, nous déjeunions dans une ferme ; on nous apporta 4 œufs à la coque non munis de la serviette réglementaire. Pour éviter qu’ils ne se refroidissent nous en posâmes deux sur la cendre chaude. Les deux premiers étaient excellents, mais les deux autres qui avaient passé seulement quelques minutes sur la cendre n’étaient pas mangeables et avaient un goût absolument inconnu de nous sans doute emprunté à la cendre, quoique les coques en fussent intactes. »
- M. J. C. Pompéien Piraud, à Lyon, nous envoie une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : « A-propos sur les secrets du coup d’ailes ». Cette brochure se trouve à la librairie E. Bernard, 29, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Renseignements. — M. P. du Muzaubu, à Limoges. — Renseignez-vous directement auprès des constructeurs, dont nous avons donné l’adresse en tète de la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1598, du 9 janvier 1904.
- M. L. R., à X. — Vous trouverez ces produits en gros chez MM. Margueritte frères, 2, rue des Archives, à Paris.
- M. P. P., à Rouen. — Cette recette pour l’imperméabilisation des étoffes se trouve dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. Toutes les recettes parues dans le journal ont été réunies en volume.
- M. Sta, à Épinal. — Lisez et parcourez le journal; vous trouverez vous-même facilement l’objet qui vous convient.
- M. H. Brun, à Mauritius. — L’article sur le gaz Clayton a paru dans le n° 1580 du 5 septembre 1903, p. 219; la Compagnie a son siège, 36, rue Taitbout, à Paris.
- M. P. Ferry, à Lunéville. — Renseignez-vous auprès de M. Ch.-Ed. Guillaume, au Bureau international des Poids et Mesures, au pavillon de Breteuil, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- Un lecteur, à Belfort. — Votre observation est très juste ; nous faisons un erratum.
- M. H. Beaudoin, à Givet. — 1° Consultez « le Manuel de l’ouvrier électricien » à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, ou « L’Electricité industrielle », à la librairie V,e Ch. Dunod, 49, même quai, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas la composition de cette substance. — 3° Vous trouverez à la librairie Masson et G'® « L’Abrégé de géologie » de M. de Lapparent; le prix est de 4 francs.
- M. Claude Dervieux, à Vienne. — Nous avons été voir le système de gaz dont vous nous parlez; ce système est déjà ancien et bien connu, et ne mérite vraiment pas une description.
- M. A. Collin, à Orléans. — Le phonographe original que nous avons décrit dans le n° 1588 du 51 octobre 1905, p. 551, se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. G. L., à Laval. — Pour le train Renard, adressez-vous à M. Surcouf, 2, avenue La Bourdonnais, à Paris.
- M. E. Rafer, à Saint-Chamond. — Bois travaillés : M. Che-deville, 134, rue de Tocqueville; M. J. Haas, 54, rue de Bondy; M. P. Heidrich, 16, boulevard Saint-Jacques, à Paris.
- M. Giraud-Forest, à Tarare. — Pour avoir une méthode dé sténographie, adressez-vous à M. G. Duployé, 56, rue de Rivoli, à l’Institut de sténographie, 41, boulevard du Temple, ou à la librairie sténographique, 17, rue d’Arcole, à Paris.
- M. A. Symonet, à Caux. — 1° Vous pourriez consulter les-ouvrages suivants : « Technique et applications des rayons traité pratique de radioscopie et de radiographie »,par Nievven-glowski chez M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, ou « La technique des rayons X, par A. Hébert, à la librairie Xaud, 5, rue Racine, à Paris. — 2° Entre tous les traités sur la télégraphie sans fil, nous vous signalerions celui de M. A. Turpain, chez le même éditeur que plus haut et celui de M. Du-cretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. Laboureur, à Paris. — Nous avons décrit dans les-« Petites Inventions » ces presse-papiers en verre renfermant des poissons, insectes, serpents, etc. Nous ne connaissons pas la formule du liquide conservateur employé; mais nous avons donné la formule d’un liquide qui permet la conservation dés animaux colorés, dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 3e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. H. B., 'a Paris. — Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage spécial sur la fabrication de l’eau de Javel. Les ouvrages de chimie industrielle indiquent les principes et donnent quelques renseignements ; mais aucun ouvrage ne donne les détails que vous désireriez connaître.
- M. Francisco de la Viesca, à Cadix. -— Pour tout ce qui concerne le phonographe original dont nous avons donné la description dans le n° 1588 du 31 octobre 1903, p. 352, il faut vous adresser directement à M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel,, à Paris.
- MM. Pintza, à Constantinople. — Vous pourriez écrire directement à notre collaborateur M. Henri Coupin, 5, rue de la Santé, à Paris ; il vous donnera tous les renseignements désirables.
- M. J. Bellot, à Cognac. — D’après les indications que vous-nous donnez, il y avait certainement de l’acide carbonique dans-la chambre, et très probablement de l’oxyde de carbone.
- MM. Bréguet et 6’ie, à La Chaux-de-Fonds. — Votre lettre a été transmise à l’auteur de l’article.
- M. V. Lafon, à Limoges. — Nous avons soumis à un spécialiste les différents objets que vous nous avez envoyés; ils constituent des accidents géologiques intéressants, mais déjà connus. Tous nos remerciements.
- M. L.Q., à Paris. — Nous ne connaissons pas la formule de cette colle; mais nous avons donné un grand nombre de formules d’autres colles dans la collection des livres de « Recettes-et procédés utiles », à la librairie Masson et C‘\
- M. Duroy, à Rennes. — Pour les prismes Luxfer, que nous avons décrits dans le n° 1561 du 24 juin 1899, p. 52, adressez-vous à la Société, 201, quai Valmy, à Paris.
- M. L. D., à X. — Pour trouver la résistance électrique du circuit dont vous parlez, il suffit de diviser la différence de potentiel aux bornes par l’intensité qui traverse ce circuit.
- M. Guillot, à Saint-Sulpice-Laurière. — Nous n’avons pu trouver l’adresse du fabricant de ces disques.
- M. E. Morney, à Volay. — Notre « Bulletin astronomique » continue à être publié; pour les mois de janvier, février et mars, il a paru dans le n° 1598 du 9 janvier 1904.
- M. le Dr Noël, à Bruxelles. — 1° Il faut à la fois de l’engrais chimique et du fumier de la ferme. — 2° Consultez les « Annales agronomiques », ainsi que divers traités d’agriculture à la librairie Masson et Cie. — 3° Vous ne pouvez remplacer le fumier.
- M. E. H., a Arras. — Nous faisons quelques recherches et nous vous répondrons dès que nous aurons les renseignements nécessaires.
- M. L. F., à Lyon. — Nous ne pouvons apprécier l’appareil sans connaître entièrement tous les résultats des expériences et des mesures qui ont été effectuées.
- M. P. D., a Nîmes. — Les chiffres que vous donnez pour la différence de potentiel s’appliquent à la force électro-motrice qui est la tension lorsque la pile n’est pas fermée sur le circuit.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. L., à
- Paris. Il faut soumettre le devis à un ingénieur mécanicien. — M. Dumont, à Lyon. Nous avons déjà donné l'adresse que vous nous faites connaître. — M. Picard, à Paris; M. Pi. M., à X. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. V. D., à Marseille. Cette recette est donnée dans le même petit livre indiqué ci-dessus, 5e série, à la même librairie. —M. G. D., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions-, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lûndi qui précède la date de la livraison.
- p.38 - vue 470/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 51)
- PETITES INTENTIONS1
- Contre-écrou Hinne Indesserrablc. — Tout le monde sait que la grosse masse et le grand diamètre du contre-écrou ordinaire (fig. 1) occasionnent son desserrage indépendant ; sa surface maxima de contact s’oppose au coincement absolu, rend les écrous solidaires et facilite ainsi leur desserrage simultané. On cherche depuis longtemps à assurer le blocage des écrous sous l’action des chocs et des trépidations. La théorie du contre-écrou repose sur le coincement de son premier filet de vis inférieur entre la face supérieure de l’écrou et la gorge du filet de vis du boulon. 11 en résulte que les grandes surfaces de contact entre l’écrou et le contre-écrou ordinaire, s’opposant au coincement absolu, mettent obstacle au serrage maximum. M. Minne a alors imaginé le contre-écrou que représente la figure 2 et dans lequel la surface de contact entre l’écrou et le contre-écrou, réalisant le maximum de serrage par le coincement absolu, est réduite au minimum, et empêche le desserrage simultané. On remarque également que le diamètre extérieur du contre-écrou Minne est réduit autant que possible. l!e plus, toute trépidation extérieure se faisant sentir à la fois sur l’écrou et le contre-écrou communique à l’écrou une force vive plus grande qui l’oblige à coincer davantage le contre-écrou de dimensions plus petites. En résumé le contre-écrou Minne permet un serrage très grand
- Fig. i.
- Coutre-écrou ordinaire.
- Fig. 2. — Boulon muni du contre-écrou Minne.
- et une grande indesserabilité. — Les contre-écrous Minne se trouvent chez M. L. Boudreaux, 8, rue Hautefeuille, à Paris (VIe).
- Appareil à stériliser l’eau par l’ébullition. — Il
- est prudent aujourd’hui de ne boire que de l’eau stérilisée lorsqu’on ne peut se procurer de l’eau parfaitement saine. Le moyen le plus radical de stériliser l’eau est de la soumettre à l’ébullition, M. Culmen a réalisé un petit appareil de faibles dimensions qui permet de stériliser l’eau facilement. La figure ci-jointe nous montre le plus petit des deux modèles. En B se trouve un réservoir renfermant l’eau à stériliser; ce réservoir est placé sur la boîte A de l’appareil. Une lampe D à alcool est montée sur le couvercle C de la boîte. Au-dessus de la lampe est une chaudière E dont le trop-plein G se déverse
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- dans le réfrigérant F placé à côté; en II est un tuyau qui amène sur le couvercle de la chaudière l’eau qui a été chauffée par son passage dans le réfrigérant. On voit en T l’entonnoir qui reçoit l’eau du réservoir B par le robinet R, et en S se trouve la sortie de l’eau bouillie et refroidie que l’on recueille dans un vase. L’appareil est mis en place, le couvercle est posé sur la chaudière de façon que le tube plongeur qui y est adapté soit à l’opposé du tube 11 de l’arrivée de l’eau sur le couvercle. On remplit le réservoir B avec l’eau que l’on veut stériliser; on ouvre le robinet R. L’eau descend par l’enton-
- Appareil Culmen pour la stérilisation de l'eau par l'ébullition.
- noir T dans le réfrigérant F, traverse la partie tubulaire et en sort par le trop-plein H pour arriver dans la chaudière. Lorsqu’il y a une certaine quantité d’eau dans la chaudière, on allume la lampe. Lorsque l’eau est arrivée un peu au-dessous de l’orifice du tuyau de trop-plein G, on ferme le robinet R. On l’ouvre ensuite quand l’eau est en ébullition et on le règle de façon à assurer une marche continue. L’appareil est en marche dès que l’eau s’écoule par le tube S. Il faut avoir soin de maintenir en bon état de propreté toutes les parties de l’appareil, bien les nettoyer et les rincer; il faut toujours remplir la lampe d’alcool avant de l’allumer. — L’appareil à stériliser l’eau se trouve au Comptoir des machines et appareils Culmen, 9, rue Baudin, à Paris.
- ----------- ------...............'... ........'-4
- i
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Un suicide scientifique,
- Il est un certain nombre d’incrédules (peu considérable, je pense) qui refusent encore d’admettre que les agents microbiens sont les facteurs de la plupart des maladies contagieuses. On a beau leur démontrer que l’inoculation de produits microbiens, de cultures bactériques à des animaux engendre chez eux Ifs symptômes et lés lésions de telle ou telle maladie, ils nient avec persistance. Le lapin n’est pas similaire à l’homme ; c’est vrai, mais nous ne sommes pas au temps où l’on disposait à sa guise de la vie d’un esclave pour élucider l’action des poisons.
- Eh bien, ces incrédules seront cette fois satisfaits. Voici réalisée pour eux une expérience, saris parti pris, non pas de l’héroïne, mais des médecins ou des hommes de science, qui prouverait d’une façon inéluctable, s’il en était besoin, l’origine microbienne de la fièvre typhoïde.
- Une jeune femme entre dans le service du Dr Duflocq, hantée par des idées de suicide ; mais elle ne veut pas qu’on sache qu’elle attente à ses jours et elle cherche un moyen scientifique de disparaître sans que la cause puisse être découverte. Revolver, couteau, pendaison, poison, tout cela est vieux jeu. Elle voit soigner des pneumonies et apprend que le froid est une cause déterminante de cette inflammation du poumon. Aussitôt elle glisse dans sa poitrine, dans son dos des fragments de glace, se place dans les embrasures des croisées par un froid violent : la pneumonie ne vient pas. Elle ne réussit qu’à attraper une bonne angine.
- Le froid n’ayant pas eu le succès qu’elle attendait, la malheureuse s’enquiert avec adresse de l’origine de la lièvre
- p.39 - vue 471/536
-
-
-
- 40
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- typhoïde dont elle voit soigner plusieurs cas ; elle surveille l’interne qui fait des cultures du bacille et un beau jour, pénétrant subrepticement dans le laboratoire, elle saisit deux tubes de cultures de bacilles d’Eberth et en avale le contenu. Au bout de trois jours, surviennent de la céphalée, puis de la prostration et tous les signes classiques de la dothiénenthérie. Inquiète et repentante la malade avoue sa tentative d’empoisonnement bactériologique qui réussit au delà de ses désirs. Une fièvre typhoïde des mieux caractérisées survient et guérit heureusement en dépit de complications. La brusque
- apparition de la maladie au deuxième jour tenait à la dose de bacilles ingérés : l’incubation est en général de 8 à 10 jours. Mais l’expérience cette fois est nette et caractéristique et c’est le premier exemple de ce genre, ou du moins le second, car un jeune étudiant contracta une fièvre typhoïde dans les mêmes conditions, mais à cette différence près qu’il avait avalé involontairement le bouillon-de culture. Pour la malade de M. Duflocq, il s’agit d’un véritable suicide scientifique, heureusement terminé par la guérison. Dr A. Cartaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECriOX ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 janvier . . — S°,i N. E. 2. Nuageux. i> Givre ; nuageux ; halo lunaire.
- Mardi 26 — 4°,8 S. E. 2. Couvert. » Givre ; très nuag. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 27 0°,0 S. 3. Brouillard. 0,0 Brouill. le matin; givre; éclaircie ; pluvieux le soir.
- Jeudi 28 4°,8 S. 3. Couvert. 0,0 Très nuag. ; halo à 11 h. ; pluvieux à 21 1».
- Vendredi 29 5°,1 S. S. W. 5. Couvert. 0,5 Nuageux ; petite pluie à 0 h.
- Samedi 30 4°,0 S. 5. Couvert. 1,0 Gelée bl. ; nuag. ; pluie le soir.
- Dimanche 51 . . 4°,2 S. S. E. 4. Couvert. 3,7 Couv. ; pluie de 8 à 12 h. 15 et à 17 h.
- JANVIER 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 51 JANVIER.
- â
- cc |
- 5
- si
- 9
- t I
- < I B I
- 61
- S
- I m m m m m m mm m m m m m m
- IsssSssssssssssss
- 55SSS5SSSS55S5!
- liiiiisiiiiisüi
- SSSSSSSSSSSSSSSgSSSSSSSS
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); ceurbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempêtes. Pluies. Inondations. — Dans la semaine du 25 au 31 janvier, le temps a été pluvieux et il en est .résulté des inondations. Le 2» janvier, on a recueilli 23 mm d’eau à Perpignan, 3 mm à Toulouse, 2 mm à Sicié ; des pluies ont également été signalées dans le sud de l’Europe. Dans la région de Perpignan, plusieurs rivières ont débordé ; l’Agly a inondé le village de Claissa, le village de Palau-del-Vidre a été également inondé. La rivière le Bdubs a emporté une partie.de la voie du chemin de fer de Prades à Perpignan. A la même date des inondations se sont produites à Bilbao par suite des dernières tempêtes; au village de Saldama les eaux se sont élevées jusqu’au deuxième étage des maisons. De violentes tempêtes ont régné à Barcelone ; les rivières le Llobrégat et le Besos ont subi des crues considérables, elles ont débordé et inondé la campagne et les fabriques. Un cyclone a dévasté la ville de Levuka. dans les lies Fidji. L$ 2f> ja ivier, le baromètre est descendu de y mm à Blaeksod et de 10 mm en
- . le i mm nord
- Storuoway. Des. pluies sont tombées sur le nord-ouest de l'Europe ; en France, il a plu à Lorient (8 mm d’eau), à Brest (6mm). Le 28 janvier, on a recueilli 30 mm d’eau à la Hague, 7 mm à Brest, 6 mm à Nantes, 2 mm à Dunkerque. Le 29 janvier, il est tombé 21 mm d’eau à Cherbourg. 10 mm à Nantes, 0 mm à Limoges, 8 mm
- à Dunkerque, et 4 mm à Biarritz. Le 30 janvier, il a plu à Limoges (1 mm), à Belfort (8 mm) et à Brest (15 mm). Le 31 janvier, on a recueilli 1 mm d’eau à Paris, 13 mm à Rocliefort, 20 mm à Nice et 27 mm à Brest. Un vent très fort à soufflé du sud-ouest; il a souffle en tempête au pay de Dôme et au mont Mounier.
- Température. — Le 25 janvier, à 7 heures du matin, le thermomètre marquait —11° à Besançon, —5° à Paris,—3’ à Moscou, —12’ au mont Mounier où sévissait une tempête de neige. La température moyenne à Paris pour la journée a été de —1°,7. Le thermomètre est descendu à
- — 7°,3 à Vaucluse et à Ville-Evrard. Le 26 janvier, le matin, on a noté —5° à Paris; et la température nnyenne a été de —3®,1, inférieure de 5’,4 à la température normale. Le 27 janvier, la température s’est relevée sur l’Angleterre et le nord de la France; elle était le matin de 0° à Paris, —7° à Clermont, 2° au puy de Dôme. Le 23 janvier, le matin, on notait 5° à Paris, 10° à Alger, 2° au puy de Dôme, —6° au mont Ventoux et -rlU’ au mont Mounier ; la température moyenne à Paris était de 3°,6, supérieure de 1°,3 à la normale. Le 29 janvier, le matin, le thermomètre marquait 5'’ à Paris, 1° au puy de Dôme, — 7° au mont Ventoux, — 8° au pic du Midi, et 13* à Alger. Le 30 janvier, on notait, le matin, 4® à Paris, 14° à Alger, — l® au pic du Midi; la température moyenne de la journée à Paris a été de 6®. Le 31 janvier, le thermomètre tmrquail le matïn 4* à Paris, 12° à Biarritz,
- — 8° au pic du Midi; la température moyenne à Paris a été de 6®,9.
- PHASES DE LA LUNE ; I*. Q. lé 25 à 8 b. 50 m. du soir.
- p.40 - vue 472/536
-
-
-
- " ' M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —38— M. Firmin Boeourt, ancien conservateur des Galeries du Muséum d’histoire naturelle, vient de mourir le 4 février dernier à l'àge de 85 ans. C’est un naturaliste distingué doublé d’un dessinateur remarquable qui disparaît. Entré au Muséum en 1854, M. Boeourt y avait accompli toute sa carrière. Il avait fait partie de plusieurs missions importantes au Siam, au Mexique, dans l’Amérique centrale et de ces divers voyages avait rapporté une quantité de matériaux zoologiques du plus grand intérêt. M. Boeourt s’était spécialisé dans l’étude des Vertébrés à sang froid, principalement des Reptiles. Travailleur acharné, à la fois modeste et bienveillant, homme de devoir avant tout, M. F. Boeourt emportera les regrets de tous ceux qui l’ont approché et qui l’ont connu.
- —38— Plusieurs professeurs de l’Université de Princeton concluent à la présence du radium, en Amérique, non plus dans la pechblende mais dans la carnolite, minerai de couleur verte qu’on rencontre en grande quantité. D’après le correspondant du « Standard » à New-York, la qualité du radium ainsi obtenu est au moins •égale à celle du radium de M. Curie et son prix serait beaucoup moindre. La carnolite abonde dans l’Utah; elle contient des oxydes •d'uranium et de vanadium.
- —38— A propos d’aviation. On se rappelle les remarquables travaux deM. A. Penaud sur la locomotion aérienne et lesappareils curieux de vol mécanique dont il était l’auteur qui, sous les yeux •d’une nombreuse assistance,.ont fonctionné le 27 novembre 1875 dans la belle salle de la Société d’horticulture, à Paris. M. V. Tatin ht aussi des éludes intéressantes dès 1874 sur le vol des oiseaux, et les continuait en 1876 dans le laboratoire du professeur Marey qui voulut bien l’aider de scs conseils. M. Pompéien Piraud, l’aéro-«aute bien connu par ses ascensions et ses travaux sur le principe du « plus lourd que l’air », vient de faire des expériences dans la salle du palais de la Bourse, à Lyon, ces jours derniers. A l’aide d’un minuscule appareil de démonstration, M. Pompéien a montré comment se comportaient les volateurs sur les plans inclinés aériens. La chauve-souris automatique, admirée par de nombreux spectateurs, a fait le tour de la salle et s’est comportée comme un véritable aviateur.
- —<8— La Société des amis de l’Université de Clermont-Ferrand a été saisie récemment d’une intéressante communication' de MM. Lauby et Pagès-Ailary sur la découverte d’une villa gallo-romaine au village du lac de Sainte-Anastasie, près Neussargues (Cantal). La villa fouillée est située à un kilomètre au nord du village de Sainte-Anastasie, dans un terrain appartenant à M. Gandilhon. Pn mois de recherches méthodiques a permis de mettre au jour un certain nombre d’objets, puis les murs de cinq habitations avec béton et pierres de taille; du côté sud, un terrassement à trois étages en forme de cirque, probablement destiné à la défense. On a trouvé, en outre, des objets en bronze; pince à épiler, bracelet, monture d’applique, et une demi-pièce de la colonie nîmoise, non fourrée ; des débris de verrerie de différentes cuissons, dont un gravé, avec trace de décoration coloriée.
- —38— En Alsace-Lorraine des ouvriers, occupés à des travaux de terrassement près de la ferme de la Horgne au Sablon, ont mis à jour quelques monuments votifs dont deux consacrés à la déesse gauloise Epone, protectrice des chevaux, et environ 80 pierres tumulaires gallo-romaines du premier siècle avant J.-G. Ges pierres, bien conservées, portent pour la plupart des inscriptions encore lisibles; les nôms sont, soit gaulois, soit latins. Elles gisaient pêle-mêle dans une tranchée, aussi çroit-on quelles proviennent de quelque cimetière romain détruit, dont les monuments'auraient été enterrés en masse. Cette découverte, jointe à celle d’un ancien temple trouvé, il y a quelques années près de ce même emplacement, constitue une preuve certaine de l’existence d’un village gallo-romain aux envi-
- rons de Metz. Le produit des fouilles a été transporté au Musée d’archéologie de la ville de Metz.
- —38— On a souvent constaté des cas d'empoisonnement du bétail dû à l’absorption des tiges de sorgho imparfaitement mûr. Or, il paraîtrait que ce phénomène, bizarre à première vue, est dû à la présence, clans ce végétal, d’un glucoside, la « dburrine » 'qui se décompose en présence de l’eau et donne de l’acide cyanhydrique; de là proviendraient les nombreux cas d’intoxication observés. La substance toxique a pour origine le nitrate de potasse décomposé dans la tige, et elle se développe sous l’inlluence d’un champignon ou d’une moisissure. Pour éviter les accidents.il convient de ne donner le sorgho aux bêtes que lorsqu’il est complètement mûr et les épis bien développés.
- —38—1 A l'instar de notre Sociélé des Œuvres de mer et de ses hôpitaux, la Société anglaise « Newfoundland Medical Mission », qui est du reste organisée depuis une douzaine d’années, entretient trois hôpitaux dans la région de Terre-Neuve : un sur ce qu’on appelle le French Shore, la partie qui nous a été abandonnée par traité sur la côte de l’ile, et deux au Labrador. Dans chacun est un médecin résident, une garde-malade experte, puis une série d’aides ; chacun possède un solide bateau à vapeur pour le transport des malades. De plus la Mission est maintenant complétée par un magnifique yacht, le « Strathcona ». donné par lord Strathcona, et qui croise constamment entre les Grands Bancs et la Baie d’Hudson, pour porter secours à ceux qu’il rencontre en ayant besoin.
- —38— Si nous en croyons « Scientifie American », un convoyeur des postes, de Géorgie, aurait imaginé un dispositif électrique qu’il appelle un fouet électrique et qui lui permet d’activer la marche de son cheval sans sortir le liras de sa voiture, ce qui est appréciable par mauvais temps : il a disposé sous le harnais des plaques de cuivre qui viennent en contact imparfait avec la peau du cheval, et qui lui permettent de faire sentir à celui-ci des secousses électriques engendrées par une petite dynamo tournée à la main et disposée à l’intérieur de la voiture.
- —38— On va établir aux Indes anglaises une série de stations météorologiques dotées de cerfs-volants et de ballons-cerfs-volants, pour faire des observations à grande altitude. Une de ces stations se trouvera notamment à Simla, c’est-à-dire déjà à une hauteur de 2100 mètres au-dessus du niveau de la mer. , ,
- —38— Nouveau fléau pour les plantations de thé. Dans le district de Kalutara (Ceylan), vient de se produire une invasion énorme de larves d’orthoptères. Ces insectes, connus sous le nom bizarre de chenille-homard, appartiennent à l’espèce Stauropus alternus. Il y a peu de temps, ils constituaient une rareté entomologique et les collectionneurs les payaient fort cher : aujourd’hui les planteurs en sont à se demander comment ils se délivreront de ce fléau qui __ menace d’anéantir toutes les exploitations.
- —38— Pour éviter les inconvénients que présente le rail conducteur, le long des voies de chemins de fer électriques, soit par les dangers de contact qui menacent les agents de l’exploiiation, soit par les obstructions que la neige peut causer sur ce rail quand il est placé à terre et recouvert partiellement d’un protecteur, M. Louis E. Valkins, de Springfîeld, dans le Massachusets, vient d’imaginer un nouveau type de troisième rail. Ce rail est suspendu ' à des consoles, et le contact se fait par en dessous avec les frotteurs des locomoteurs. Dans ces conditions, on peut recouvrir ce rail d’un véritable toit qui empêche que personne le touche sans bien le vouloir: il est évident aussi qu’il se trouve à l’abri de tout envahissement de la neige, s’il est à une hauteur suffisante.
- —38— Les concours de pinsons dont nous avons parlé dans les « Informations » du n° 1601 du 30 janvier 1904 sont définitivement interdits. M. le Préfet du Nord a déclaré que ces oiseaux étant des passereaux, leur capture, transport, vente en étaient défendus.
- 11
- p.41 - vue 473/536
-
-
-
- 42
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la coïte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tous les appareils de mesure électrique système Meylan-D’Arsonval, s’adresser à la Compagnie des Compteurs, 16-18, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- Communications. — M. Alfred Larivière, 'a Paris, nous fait parvenir une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : « Cycles magnétiques. Théorie des cycles moteurs ». Elle est en vente chez l’auteur, 59, rue Torcy, à Paris, au prix de lfr,75.
- M. Ch. Rozard, mécanicien à Troyes, nous envoie une petite brochure dont il est l’auteur. Sous le titre de « Barême Universel », cette brochure donne un tableau en fdetage à l’usage des tourneurs-mécaniciens, s’appliquant à tous les tours français ou anglais. C’est un recueil de pas de vis avec dispositifs pour leur reproduction sur tous les tours parallèles. La brochure est en vente au prix de 2,r,25 à la librairie Desforges, 39, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Renseignements. — M. Ch. Valin, à Caen. — Pour les transmissions par courroies système Leneveu dont nous avons donné la description dans le n° 1565 du 23 mai 1905, p. 388, il faut s’adresser à MM. Teisset, Veuve Brault et Chapron, ingénieurs-constructeurs, 44, rue du Ranelagh, à Paris, comme nous l’avons indiqué en tête de la « Boîte-aux-Lettres » du même numéro.
- M. G. Rochoux, à Bordeaux. — Veuillez vous adresser à M. Macé de Lépinay, professeur à l’Université de Nancy.
- M. Deyrolle, à Fondouk Djedid (Tunisie). — Nous pensons utiliser votre article ; mais nous qe pourrons le publier avant deux mois environ.
- M. E. H., à Arras. — l3 Nous n’avons pas de renseignements. — 2° Il existe un ouvrage « La céramique du Bâtiment ». 1 volume 15 francs chez M. Lefèvre, 64, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris. — 5° Voyez les Revues « La Céramique », 64, rue de la Chaussée-d’Antin, « La céramique et la verrerie », 15, rue des Petites-Écuries, « Moniteur de la céramique », 20, rue Turgot, à Paris.
- Abonné 5879, à Paris. — 1° Cet ouvrage est édité par l’auteur, M. Ehlert, professeur au lycée du Mans. — 2° Nous ne connaissons pas de journal semblable.
- M. A. Bernet-Charoy, à Morley. — Adressez-vous à M. Ch. Ed. Guillaume, au Bureau international des poids et mesures, au pavillon de Breteuil, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- M. M. Doyen, à Paris. — Nous avons signalé dans notre bibliographie du n° 1556, du 21 mars 1905, un ouvrage qui pourrait vous convenir.
- M. Carreau, à Bourges. — Nous n’avons pu retrouver le fabricant de cette plume électrique; elle ne se fabrique plus.
- M. Ollier, à Montreuil. — Lampes à alcool : lampe Boivin, 16, rue Fabre d’Églantine ; lampe Delamotte, 596, rue Saint-Honoré, à Paris. Nous décrirons prochainement ces deux becs à alcool.
- L’abonné 5954-4267, à Bray. — Il faudrait consulter un ouvrage de moteurs d’automobiles.
- M. A. Castagnier, à Marseille. — Nous ne pouvons reproduire les brevets; nous donnerions volontiers la description d’un appareil réalisé qui nous semblerait intéressant.
- Un abonné, à X. — Nous avons indiqué dans les « Recettes et Procédés utiles » du n° 1576, du 8 août 1905, divers liquides
- dans lesquels se dissout le celluloïd. 11 faut pratiquer une ouverture dans l’accumulateur et la fermer ensuite avec un mastic préparé à l’aide des solutions indiquées.
- M. S1 Ger, à X. — Nous avons donné les formules des enduits h employer pour tableaux dans le petit livre des « Recettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et C‘\
- M. Oscar Carlsson, à Porrentouy. — Dans la construction d’une bobine de Ruhmkorff, il faut employer des fds isolés au caoutchouc. Les fils isolés au coton doivent être recouverts-d’un isolant obtenu par la dissolution de caoutchouc dans la benzine.
- M. F. Collain, au château de Montcaud (Gard). — Vous-pourriez vous adresser aux horticulteurs-pépiniéristes dont les-adresses suivent: M. Baltet, à Troyes; M. Paillet (Louis), vallée de Chàtenay, près Paris (Seine); M. H. Gautier, 12 ter, rue Saint-Aubin, à Vitry (Seine) ; M. Dufresne fils, place de la Mairie, à Vitry (Seine) ; M. L. Dallé, 29, rue Pierre Charron, à Paris»
- M. M. H., à Neuilly-sur-Seine. — Nous ne croyons pas avoir parlé de crayons semblables; mais vous pourriez vous renseigner auprès de M. Bac, 64, boulevard de Strasbourg, de-MM. Desvernay et Cie, 65, rue de Rivoli, de M. J. Faber, 26, boulevard Poissonnière et de MM. Lefranc et Cie, 18, rue de Valois, à Paris.
- M. D. R., à Agen. — Nous avons donné cette adresse entête de la « Boîte aux Lettres » du n° 1595 du 19 décembre 1905.
- M. Henry de Gaetanz, à Avigliano. — Comme nous l’avons dit dans l’article sur le « Photographophone Ruhmer », article qui a paru dans le n° 1600 du 23 janvier 1904, p. 127, M. Ruhmer habite Berlin.
- M. H. M., à Lyon. — 1° Nous ne le croyons pas. — 2° La carburation à pulvérisation présente certains avantages. — 3° Nous ne connaissons pas cette marque. — 4° Il n’existe pas-de manuel spécial. — 5° Nous ne saurions vous répondre.
- M. le Cte Léon Lubienski, à Mierzow. — Voyez l’article que-nous avons publié sur le « Cercle de la mort » dans le n° 1560 du 18 avril 1905, p. 515.
- M. Broche, à Vernaison. — 1° Voyez l’avis placé en tète dœ la « Boîte aux Lettres ». — 2° Adressez-vous à des marchanda de raphia ; ils vous donneront les adresses que vous demandez. Renseignez-vous auprès de M. Paulard, 57, rue de la Grange-aux-Belles, de M. Durand, 18, rue Bichat, à Paris.
- M. Henry Odier, à Berne. — 11 existe des balayeuses ou nettoyeurs simples; nous en avons donné la description dans-les « Nouvelles scientifiques » du n° 1588 du 4 avril 1903. Nous avons également donné, il y a quelques années, la description de rinceuses de vaisselles, et de cireuses de bottines» Mais tous ces appareils ne peuvent pas remplacer la main-d’œuvre domestique.
- M. D. E., Tunisie. — Nous avons reçu votre article; mai» il ne pourra paraître avant quelque temps.
- M. le Dr Voulgre, à Dax. — Vous pourriez consulter « La pêche en mer et la culture des plages » par A. Larbalétrier,
- 1 volume chez MM. Garnier frères, 6, rue des Saints-Pères, à Paris : prix 3fr,50.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Si nous avons bien compris la question, il nous parait absolument impossible de conserver de l’air chaud sous une enveloppe quelconque. La température se conserve sous une bonne épaisseur de ouate à peine 8 heures.
- M. Dauchin, à Beauvais. — Il faut vous renseigner à la maison Barbédienne, 50, boulevard Poissonnière, à la maison Denière, 15, rue Vivienne, ou à la maison Susse frères, 51, place de la Bourse.
- M. G. M., h Orléans. — Ce sujet est trop spécial; il faut consulter des revues techniques électriques.
- Questions. — N° 1267. — M. Bonnette, à Domfront, nous signale un cas de rouille du granit et nous demande : 1° s’il existe un moyen de faire disparaître les traces de la rouille sans altérer le granit; 2° s’il existe un moyen radical d’en empêcher définitivement la reproduction. Nous ne connaissons que les anti-rouilles et les peintures antioxydables ; le phénomène est en effet général. Si un de nos lecteurs connaît un autre procédé, nous le prions de vouloir bien nous le communiquer.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Maurice Sla-vutsky, à Odessa. — Nous avons bien reçu votre communication ; tons nos remerciements. — M. D. G., à Lille. L’appareil tel que vous le présentez offre de grandes difficultés de construction ; il faudrait le simplifier. — M. Legrand, à Paris; M. J. Simon, à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 5a série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. Godeau, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Jl n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.42 - vue 474/536
-
-
-
- BREVETS NOUVEAUX — NOTES PRISES AU DERNIER BULLETIN
- Texte et dessins, par À. Robida.
- JL Octave Uzauue donnait récemment une liste des derniers brevets londonniens. Afin de montrer que l’imagination n’est pas qualité spécialement anglaise, voici quelques brevets parisiens tout nouveaux : 1. Distributeur électrique pour ascenseur. Suppression de toute manœuvre. Un bouton à presser indiquant l'étage, et l’ascenseur de lui-même monte, s’ouvre et distribue automatiquement le visiteur. — 2. Robe de chambre élégante, devenant, en cas d’incendie, appareil de sauvetage. La même, supprimant tous dangers en cas de naufrage, devient uatateur sous-marin. Possibilité d’explorations sous-marines. — 3. Perfectionnement de la machine à écrire, pour la correspondance en quatre langues au choix, sans qu’il soit nécessaire de les savoir. — 4. Collier électrique avec armature pour se tailler soi-même la barbe et les cheveux. — o. Chimie. Procédés pour tirer des eaux d’égout : 1* un beurre supérieur; 2° une friture de l1* qualité; 5° de la savonnerie ordinaire et de luxe; 4° une eau de table légère et digestive. — 6. La maison extensible à logements dilatables suivant nécessités d’agrandissement d’industrie ou de famille, de plus permettant de couvrir les rues en cas de pluie. — 7. Balayeuse automobile pour rues et boulevards. Appareil d’appartement servant au ménage et à l’entraînement. — 8. Pont économique à bascule pour la traversée des voies encombrées ou dangereuses. — 9. Pommade dentifrice, excellente aussi pour le nettoyage des meubles et le graissage des bicyclettes. — 10. Vêtement de sauvetage à nageoires mues électriquement. — 11. Petites adaptations au parapluie. Parapluie à éventail rentrant dans une coulisse. — 12. Parapluie tubulaire pour fumeurs, pouvant servir de pipe ou porte-cigare. — 13. Appareil de sûreté contre les effractions, avec signal d’alarme électrique, détonateur et captureur. — 14. Perfectionnements multiples au système de protection adapté aux tramways, permettant de saisir au vol ou rejeter, suivant le cas, les piétons malencontreux. — 15. Chapeau à zones démontables pour le remplacement des tellets avariés. — lfi. Dispositif pour supprimer les accidents d’automobiles. Le simple effleurement de l’obstacle débrayé le moteur d’avant et rembraye automatiquement le moteur d’arrière qui part instantanément à la première vitesse.
- p.43 - vue 475/536
-
-
-
- U
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" février . . 1°,3 S. S. W. 5. Couvert. » Gelée blanche ; couv. à partir de 7 h,
- Mardi 2 4°,9 S. 5. Couvert. 5,4 Gelée bl. ; pluie de 6 à 11 h. et à 14 h, ; couvert.
- Mercredi 3 3”,5 S. 2. Peu nuageux. » Gelée bl. ; peu nuag. le matin ; très nuag. le S( ir.
- Jeudi 4 0°,6 S. S. W. 2. Beau. )) Gelée bl. ; beau jusqu’à 9 h, ; nuageux ensuite.
- Vendredi 5 2°,1 S. 1. Couvert. )) Gelée bl. ; halo lunaire ; couv. à partir de 7 h.
- Samedi 6 25,9 S. W. 2. Couvert. 1,9 Gelée bl. ; quelques averses ; beau après 16 h.
- Dimanche 7 0°,1 S. 2. Beau. 3,5 Gelée bl. ; halos lunaire et solaire : nuag. ; ] luie de 23 à ; 2i h. ;
- FÉVRIER 1904. — SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 FÉVRIER.
- làiaaVHnMBBami I «I MB B r JH M HW HMH ai
- I"hhSShm5h3hhhhh
- JjHHHHHHHHH j----
- iSsssssssg^:
- HSHHBB/lkVI --IHMHBB fJHkt «
- BBBHBVVAI
- iiüiiiiiii
- liliiiilliiiilillHiiiiiüiiiilüllïttiiiiilliiiilIliiiüiiiiiiiiiiiiiiiiiiffilliiilï
- ses ::: ebsk ses ses 55ê55=msëSSSs5sss ses ses srsEgs ses se. SsSesseskbbseessiSS
- BBM HHH BBBBBH BBB Br jBBBBBiBB HBB BB^BIBBBaH^B^BBB BB ^B^B^B BB^bbb .gg E^SS^B^B^a^B^B^B^B^B^B^BBBBBH^BBBiB^BaiaMBiMUÉéHIBBBB J^BHII^B
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 4 10, les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, tes pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labrt a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mnurllée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pluies et neiges. — Le 1" février, la neige est encore tombée en abondance le matin dans le haut arrondissement de Prades, dans les cantons de Saillagousse et Montlouis. Les tranchées faites sur les routes étaient comblées et les courriers partis le matin de Montlouis, aveuglés par les tourbillons de neige, n’ont pu franchir le col de la Perche ; la hauteur de la couche de neige dépassait en certains points 5 mètres de hauteur. Le 1" février, en France, les pluies ont été générales; on a recueilli 4 mm d’eau à Paris, 7 mm à Ilrest, 18 mm à Nice, 5 mm à Biarritz ; dans cette dernière ville, on a signalé de la grêle. Le 2 février, nouvelles pluies à Brest (7 mm d’eau), à Biarritz (4 mm), à Limoges (3 mm), à Paris (1 mm); le matin, à Paris, il a plu sans interruption entre 6*25 et 11 heures. Le 2 février, une violente bourrasque de neige s’est abattue sur Briançon et a duré toute la journée. Le 3 février, il est tombé 43 mm d’eau à Besançon, 31 mm à Nice, 10 mm à Lyon et à Brest, et 5 mm à Paris. Le 4 février, nouvelles pluies en France : 60 mm à Lyon, 47 mm à Besançon, 8 mm à Dunkerque, 2 mm à Nantes. Le 5 février, des pluies sont tombées sur l’ouest et le centre de l’Europe ; on a recueilli 24 mm d'eau à Lyon, 13 mm à Biarritz, 10 mm à Nice, 3 mm à Brest. Il est tombé 29 mm d’eau à Aumale en Algérie, 22 mm à Alger ; il y a eu une tempête de sable à Sfax. Le 6 février, pluie à Besançon (19 mm d'eau), à Marseille (11 mm), à Biarritz (1Ü mm), à Paris (1 mm) ; le 7 février, on a recueilli 16 mm d’eau à Roche-fort, b mm à Biarritz, 4 mm à Cherbourg.
- Tempêtes et inondations. — Le 2 février, toute la côte de Pen-march à été ravagée par un raz-de-marée qui a causé de grands dégâts. Plusieurs bateaux ont été brisés et coulés. Au Conquet, des blocs de granit de 150 kg ont été projetés à une grande distance. Dans la demeure du gardien de batterie, un bloc de pierre servant de marche et pesant plus de 2000 kg a été arraché et transporté à plus de 6 mètres. A Brest, dans toute l’étendue de la rade, l’eau n’a fait que monter à une grande hauteur, sans dégâts. A Morlaix, le 3 février, la grande marée a coïncidé avec la crue des rivières le « Jarlot » et le « Quefflent », et a provoqué l’envahissement par l’eau des quais Léon et de Tréguier, et des places Cornic et Thiers. Des magasins ont été inondés ; l’eau est montée à 0“,60 de hauteur. Les parties’ basses de Roscoff ont été aussi inondées. Dans les environs de Morlaix, les communes ont été inondées. Près de Saint-Mathieu, le moulin Goazen a été démoli. Deux vieux moulins ont été emportés dans l'anse Deolen. A Portrez, tm mur de 8 mètres a été emporté, et le chemin coupé sur une longueur
- de 300 mètres. A l’ile Balanec, dépendant du Conquet, située entre Molène et Ouessant, des rochers de 40 mètres de hauteur ont été couverts de goémons projetés par les vagues. La marée, remontant par l’Elorn jusqu’à Landerneau, situé à plus de 20 km, a fait déborder la rivière, et une partie de Landerneau a été inondée. A Audierne, les dégâts ont été considérables. La digue s’est écroulée sur une longueur de 40 à 50 mètres, au lieu dit Pont-du-Bassin. A Goulien, vers 5 heures du soir, deux enfants, âgés de 10 ans, ont été enlevés par une lame de fond. A Pont-Labbé, l’usine de sardines Clergeau a été détruite. La digue a été coupée par la mer. La grande marée a également causé des dégâts très considérables sur les côtes sud de l’Angleterre. Tout le littoral, depuis les îles Scilly jusqu’à l’embouchure de la Tamise, a soulfert considérablement. A Penzance, les portes de l’écluse du port ont été enlevées par le coup de mer. Deux navires qui se trouvaient amarrés dans le port ont été jetes contre les rochers et complètement détruits. A l’embouchure de la Tamise, la marée a monté à 2 mètres plus haut que son niveau normal. Cela a provoqué l’inondation de toute la vallée de la Tamise. L’île de Jersey a aussi été très éprouvée. Beaucoup de terrains cultivés ont été envahis par les eaux. Un tremblement de terre dont nous parlons plus loin a été aussi signalé à l’île de Jersey ; on lui attribue l'amplitude extraordinaire de cette marée.
- Inondations en Espagne. — Le 3 février, à Orihuela, dans la province de Murcie, la rivière Ségura a débordé. Les champs ont été inondés et quelques maisons détruites dans les villages riverains. À Cieza, les moulins ont été inondés, et les travaux arrêtés. De nombreux bestiaux ont été noyés. A Valladolid, la rivière Trabancos a débordé, le chemin de fer a été coupé. Le Guadalquivir a également débordé à Cordoue et à Séville.
- Tremblements de terre. — Le 2 février, à Jersey, dans la matinée, entre 4 et 7 heures, on a ressenti plusieurs secousses de tremblements de terre. Le 6 février, à Brasso (Hongrie), à 3* 36 du matin, il y a eu une forte secousse et quatre autres secousses plus faibles. A Kezdi-Vasarliely (Hongrie), à 3* 52 du matin, on a ressenti 3 fortes secousses de tremblement de terre, qui ont été suivies immédiatement de 4 secousses plus faibles.
- On dit qu'un violent tremblement de terre a eu lieu le 31 janvier dans la région de l’Orénoque, près du golfe de Paria, dans le Venezuela.
- line dépêche du gouverneur des Indes Néerlandaises signale à Java une violente éruption du volcan Merapi. Une ville tout entière aurait été ensevelie sous les laves et les cendres du cratère et des centaines de personnes auraient péri.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 1" à 4 h. 42 m. du soir.
- p.44 - vue 476/536
-
-
-
- 1604 (20 fèorier 1904), du journal « LA NATURE »
- M, HENRI DE PAR VILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— M. Caliandreaù, membre de l’Académie des sciences, vient de mourir. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, M. Callan-•dreau était astronome titulaire à l’Observatoire et professeur d’astronomie à la même Ecole.
- —Ht— Hans une séance de la Société industrielle de Vienne, le 6 février, le professeur Markwald de Berlin a présente un nouveau corps, le radio-tellure qu’il a retiré de la pechblende. Ce nouveau corps ne donne qu’une sorte de rayons, tandis que le radium en donne trois sortes. Ces rayons radio-telluriques seraient très puissants; ils rendraient l’air conducteur d,e l’électricité, ils déchargeraient la bouteille de Levde, ils ne traverseraient pas une feuille de papier. Les frais de production de ce nouveau métal sont très élevés et analogues à ceux du radium.
- —Ht— Le département de l’agriculture de la Confédération américaine vient d’acquérir la propriété de Pélican Island (l’île aux Pélicans^ dans l’Indinn River, sur la côte de Floride, afin d’y créer ce qu’on nomme une « réserve », et d’.y conserver les derniers survivants des pélicans bruns qui y vivaient autrefois en abondance, et dont il ne subsiste maintenant que de rares représentants.
- —Ht— Porcopolis, ainsi que l’on appelle parfois la puissante ville de Chicago, ne se contente pas de posséder des richesses industrielles sans nombre : il paraîtrait encore, d’après le professeur Crook, de la North Western l'inversity, qu’elle conquérait des gisements dia-mantifières dans son sous-sol. Exactement, ..c’est entre Chicago et Milwaukee que l’on trouve les précieuses gemmes, dont quelques-unes pèsent plus de 20 carats.
- —Ht—' • Le Canada tient-il réellement le record de la plus haute taille? On cite l’existence d’un véritable géant, âgé de 21 ans, ayant déjà 2ra,51! Il pèse 185 kg et a lm,40 du tour de thorax. Sa main est longue de 0m,27. Ses ancêtres sont normaux. Il est de race d'origine française pure.
- —Ht— Un grand événement pour Cuba : la livraison à la circulation d’un pont de 156 mètres de longueur. Il faut dire que «fans les colonies espagnoles l’administration avait toujours mis fort
- Feu de zèle à l’édification de ponts, e-t les quelques ouvrages que on avait construits sans avoir égard au régime des eaux avaient été bien vite emportés par les inondations. Ce nouveau pont monstre {pour le pays) est en acier, il sort d’une maison américaine, et se trouve à une trentaine de kilomètres de Cienfuegos.
- —Ht— M. Richard Wilson, de New-York (99, Fourth Avenue), a inventé un miroir transparent assez original, s’il répond bien à ce qu’on eu dit. Il rellète les images ou au contraire est complètement transparent, suivant l’intensité de la lumière qui se produit derrière lui. Ce miroir est argenté par une couche très mince de substance réfléchissante, et il est certain qu’il pourrait avoir des applications assez amusantes comme glace de devanture, en laissant brusquement apercevoir les objets exposés dans la montre «lu magasin, alors que le passant, un instant avant, n’y voyait que son image.
- —Ht— Des deux îles qui forment la Nouvelle-Zemble, la plus septentrionale a été étudiée au point de vue botanique par II. Pali-bin : elle présente cette curieuse particularité que ses plantes terrestres sont alliées aux espèces de la flore arctique de la Russie d’Asie, tandis que ses algues ressemblent beaucoup à celles du Spitzberg.
- - —Ht— Si nous en croyons la publication « Elektroteehniseher Anzeiger », deux petites usines allemandes, l’une près de Leipzig, l’autre près de Hambourg, sont actionnées par deux moulins à vent, qui fournissent également l’éclairage électrique de ces établissements. Les moulins ont respectivement des diamètres de 5 mètres
- et de 51/2 mètres, et ils ne comportent pas de parties mobiles; pour régler leur vitesse, on tourne les moulins de manière à faire varier l’angle suivant lequel le vent frappe les ailes qui sont en tôle d’acier. Ce mouvement d’orientation est obtenu au moyen d’un petit moulin auxiliaire, et l’opération est accomplie de façon si immédiate et si effective que, pratiquement, la tension de la dynamo reste constamment identique pour les pressions de vent suffisamment normales. Un commutateur automatique isole la batterie réunie en parallèle avec la dynamo, aussitôt que le vent tombe au-dessous d’une certaine intensité. •_ , .
- —Ht— Les Américains font de plus en plus, pour les essieux de wagons de chemins de fer, des fusées creuses : le creux de la fusée est obtenu par insertion de tiges ~tfacier dans le lfloc.de métal réchauffé; comprimé .-extérieurement à la presse entre deux matrices. Cette insertion se fait suivant l'axe de l’essieu et produit un véritable forgeage interne.
- —Ht— Nous avons jadis décrit les bouées électriques qu’on avait installées dans le chenal d’entrée du port de New-York : on vient de les faire disparaître et de les remplacer par des bouées alimentées, suivant la combinaison classique, au moyen d’un réservoir de gaz d'huile. On avait eu de gros et continuels mécomptes, parce que les câbles, amenant le courant à ces bouées, se rompaient ou se détérioraient fréquemment sous l’action des glaces ou pour d’autres causes, . .
- —Ht— U faut croire qu’en Amérique les étudiants en médecine ne roulent pas sur l’or plus qu’ailleurs puisqu’ils cherchent à occuper leurs loisirs de façon fructueuse. D’après la « Chronique médicale », les Compagnies du gaz et des eaux en emploient comme inspecteurs. Un entrepreneur de pompes funèbres en fait venir six comme croque-morts aux jours d'enterrement. Un’autre en fait coucher un dans son bureau pour répondre la nuit. Quelques-uns s’emploient à souffler à l’orgue de l’église. On en demande pour tondre les haies et les gazons, pour garder les propriétés. On en voit aussi diriger les réceptions, comme maîtres d’nôtel.
- —Ht— Toute la semaine, du 8 au 14 février, la pluie n’a cessé de tomber, et les tempêtes ont été très nombreuses. Le 8 février, le baromètre est descendu de 16 mm à Scilly en Angleterre, de 11 mm vers le Pas de Calais, de 9 mm à Pans. Des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord, l’ouest et. le sud de l’Europe ; en France, on a recueilli 21 mm d’eau au Grognon, 7 mm à Charlevillc, 6 mm à Paris, 6 mm à Limoges. Le 8 février, dans l’après-midi à Paris, il est tombé d’abord quelques averses, puis une violente bourrasque s’est déchaînée sur la capitale avec un grand vent du sud-ouest; la pluie est tombée à flots pendant une demi-heure environ. Une tempête a soufflé sur les côtes de la Manche et à Brest en particulier. A Nantes, le même jour, pendant près de 2 heures, la pluie et la grêle, accompagnées d’éclairs et de tonnerre, ont fait rage. A La Rochelle également la tempête a été très violente. Le 9 février, les pluies ont été générales; il a plu à Besançon [29 mm d’eau), à Clermont (11 mm), à Cherbourg (9mm), à Brest (7 mm). Un orage a éclaté dans la nuit sur la région d’Angers: les rues de la ville ont été jonchées de débris de toutes sortes. Le 10 février, il est tombé 53 mm d’eau à Besançon, 27 mm à Nantes, 26 mm à Grisnez, 15 mm à Nice, 14 mm à t'aris. La pression a baissé très rapidement à Paris; de midi à 7 heures du soir, la dénivellation a été supérieure à 10 mm. Le vent a soufflé en tempête d’entre ouest et sud sur nos côtes de la Manche, de la Bretagne et de l’Océan. Les 10, 11. 12 et 13 février, pluies et orages en France, à Nantes, Rochefort, Ronfleur, Lorient, Cherbourg, Biarritz, Chambéry, La Rochelle. Le 13 février, vers 4 heures, un orage avec éclairs et tonnerre a éclaté sur Paris; il y a eu une chute de grêle abondante. La pluie n’a cessé de tomber en Corse, les rivières ont débordé. Le 14 février, pluies à Rochefort, Cliarle-ville ; tempêtes sur les côtes de Bretagne.
- 12
- p.45 - vue 477/536
-
-
-
- 46
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les nouvelles machines frigorifiques à affinité, qui ont été décrites dans le n° 1601, du 30 janvier 1904, p. 140, il faut s’adresser à MM. Hignette et Cie, ingénieurs-constructeurs, 162, boulevard Voltaire, à Paris. — Société de Carborundum, Emile Muller et Cie, rue Nationale, à Ivry-Port (Seine).
- Communications. — M. Bernard Brunhes, directeur de l’Observatoire du Puy de Dôme, et M. Jean Brunhes, professeur à l’Université de Fribourg (Suisse), nous adressent une brochure qui a pour titre : « Les analogies des tourbillons atmosphériques et des tourbillons des cours d’eau et la question de la déviation des rivières vers la droite ». Cette brochure est un extrait des « Annales de géographie », tome XIII, 1904 (n° 67, du 15 janvier 1904) et se trouve à la librairie Armand Colin, à Paris.
- Renseignements. — M. Cantau, à Condom. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 29, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. D., à Saint-Quentin. — Cette adresse est donnée en tète de la présente Boîte aux Lettres.
- M. E. N. I., à Arras. — On prépare le sirop d’orgeat avec une émulsion d’amandes douces auxquelles on ajoute quelques amandes amères avec du sucre; on aromatise avec de la gomme adragante pour rendre le sirop plus stable. Quant au sirop de gomme, il suffit pour l’obtenir de faire dissoudre de la gomme dans l’eau en quantité variable suivant le degré de concentration que l’on désire.
- M. Leuret, à Bordeaux. — Nous ne connaissons pas de machine qui permette aux aveugles d’écrire correctement à la plume; mais nous avons décrit dans le n° 1500, du 22 février 1902, p. 177, la planchette Javal pour guider la main de l’aveugle.
- M. Jules Duprë, à Paris. — Presque tous les journaux ont parlé du radium ; nous ne pourrions vous les citer tous. Vous pourriez consulter avec profit la bibliographie mensuelle des sciences et de l’industrie, à la librairie Y” Ch. Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Un abonné, à Folticeni. — 1° Voyez la même bibliographie que nous indiquons ci-dessus. — 2° Adressez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- il/. F. Bérenger, à Marseille. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article dont l’adresse est la suivante : 76, avenue Malakoff, à Paris.
- M. de Bar, au château du Grip, par Durial. — Envoyez-nous la Note et nous verrons s’il y a lieu d’en parler.
- M. Gayard, à Cannes. — 1° Votre procédé aurait besoin d’être contrôlé à nouveau avant qu’on en parle; il n’est pas brevetable. — 2° Il n’y a pas d’autre glacière. — 5° Prenez des vases en tôle émaillée ou en terre vernissée. — 4° Nous avons signalé un autre produit, le lithopone, dans le n° 1493, du 4 janvier 1902, p. 78; il faut s’adresser à la Société du Lithopone, à Saint-Hilaire (Allier). — 5° De nombreux essais ont déjà été faits avec des freins semblables.
- M. H. F. B., à Paris. — Pour trouver tous ces ouvrages, il faut consulter les catalogues de la librairie Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins et de la librairie Bérenger, 15, îue des Saints-Pères, à Paris.
- M. le ll de P., à Senlis. — La bague Henry n’a pas été mise dans le commerce.
- M. A. C.,k Paris. — Les piles employées pour ces lampes sont des piles Leclanché ; voyez l’article que nous avons publié à ce sujet dans le n° 1596 du 26 décembre 1903, p. 64. L’adresse des fabricants est donnée en tête de la « Boite aux Lettres ».
- M. J. Saussié, à Paris. — S’il s’agit d’un éclairage d’une certaine intensité, comportant quelques lampes, l’emploi des piles est absolument impossible.
- M. J. J. Dierman, à Gand. — Nous avons mentionné, dans notre bibliographie du n° 1575 du 1er août 1903, un traité de la condensation qui pourrait vous convenir. Ce traité, traduit par M. E. Hannebicque, se trouve à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Ch. Eiseneùker, à Bucarest. — Adressez-vous à M. F. de Lalande, 183, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- il/. Alfred Léon, à Madrid. — 1° Cette adresse est donnée plus haut. — 2° Société des glacières de Paris, 23, rue Tait-bout.
- M. Couturier, à Paris. — 1°. Le siège de la Société d’épargne des retraites est 16, place .V endôme, à Paris. Pour la participation des maisons à bon marché payables en 18 années par amortissement facultatif, s’adresser à M. Rémy, architecte, 48, Grande-Rue, à Nogent-sur-Marne. — 2° Nous ne-voyons aucun danger.
- A/. F. de Camargo, à Sao Paulo. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette fabrication.
- M. A. Fichet, à Lyon. — Veuillez demander ces renseignements à l’auteur de l’article, 76, avenue Malakoff, à Paris.
- M. H. P., à Montélimar. — 1° Nous avons indiqué un procédé dans les « Recettes et Procédés utiles », l,u série, à la librairie Masson et Cie. — 2° Pour coller l'ambre, il faut réunir les morceaux cassés et les enduire de potasse caustique. — 3° Voyez le (( Traité de clinique thérapeutique » de Gaston Lyon, à la librairie Masson et Cie. 1 vol. grand in-8°, prix 25 francs.
- M. Ch. Clément, à Autun. — Le moyen le plus rapide pour gommer les enveloppes est de faire une solution de gomme à demi concentrée, et d’en étendre une légère couche au pinceau sur le bord des enveloppes.
- M. L. Huppe, à Valparaiso. — Adressez vous directement à l’auteur, 39, route d’Orléans, à Montrouge (Seine).
- M. P. P., à Rouen. — Nous ne retrouvons aucune autre formule; lorsque nous retrouverons la formule dont vous parlez, nous vous la ferons connaître.
- M. le Dr Gautier, à Paris. — Les engrenages en cuir dont nous avons parlé sont fabriqués par M. Charles Ilossel, à So-chaux, près de Montbéliard.
- M. H. Gallice, à Épernay. — Nous avons fait quelques recherches; mais nous n’avons pu nous procurer le nom de la maison qui a établi la partie mécanique de cette installation.
- M. D. B., à Paris. — Les représentants à Paris delà maison J. Uhlander sont MM. Miguette et Cie, 162, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. L. G., à Paris. — Vous trouverez des ouvrages sur la télégraphie sans fil à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins et à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. Adressez-vous également à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. J. Arnarica, à Vitoria (Espagne). — 1° Nous ne connaissons pas de procédé. — 2° Renseignez-vous à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Ed. Libert, à Paris. — Vous pourrez coller un feutre ou une étoffe sur du cuivre poli, en employant une colle forte telle que la secchotine.
- M. M. Dumillan, à Paris. — Nous pensons que pour des appareils destinés à la fabrication de l’eau oxygénée, vous pourriez vous adresser à M. Savy, 162, rue deCharenton, ou à MM. Sellier et Beaudet, 37, rue Notre-Dame de Nazareth, ou à M. Jauhert, boulevard Haussmann, 155, à Paris.
- M. John A. Hovan, à Paris. — Vous voulez sans doute parler du chronophone que nous avons décrit dans le n3 1593 du 5 décembre 1905 et qui est construit par M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. D., à Paris Nous ne pouvons donner aucun conseil en matière de brevet. — M. Dion, à Engbien. On ne peut juger un appareil que lorsqu’il a été construit et qu’il a fonctionné. — M. G. fl., à Paris; J/. Dumont, à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Le fond, à Rouen; M. P. V., à Nancy. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus. 5e série, à la meme librairie. — M. Laporte, à Toulouse. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.46 - vue 478/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- -47
- PETITES INTENTIONS1
- Étau à serrage Instantané. — Dans tout atelier, même le plus petit, on recherche aujourd’hui de bons étaux et l’on ne se contente plus des anciens étaux. On demande des étaux parallèles fixes, et tournants, des étaux perfectionnés. Nous signalerons les étaux à serrage instantané que représente la figure ci-jointe et qui peuvent faciliter bien souvent le travail. Ces étaux se fixent instantanément sur toute machine à percer raboteuse ou étau-limeur. Les mâchoires en
- Étau à serrage instantané.
- acier fondu sont rapportées; on peut donc les remplacer aisément par des mâchoires de toutes formes, suivant le travail à faire. Dans ces étaux, la pièce à travailler est toujours tirée au fond du plateau raboteur; il en résulte que la raboteuse doit toujours fournir un travail parallèle, droit et régulier. Les mâchoires peuvent tourner et permettent par suite de fixer des pièces coniques et cylindriques. 11 existe des modèles de mâchoires dont l’ouverture est de 150, 200, 500 ou 400 millimètres avec des largeurs respectives de 75, 100, 150, 200 millimètres. — Les étaux à serrage instantané se trouvent à la Manufacture générale d’outillage, 184, rue d’Artois, à Lille.
- Le stéréoscope monocle. — Un très grand nombre d’amateurs photographes font en même temps des vues stéréoscopiques et des vues panoramiques, mais pour pouvoir les examiner ils sont obligés d’avoir recours à des appareils différents suivant les cas. Le présent instrument a été créé pour leur
- Le Stéréoscope Monocle.
- permettre de regarder indifféremment l’une ou l’autre catégorie. 11 suffit de faire exécuter à la pièce centrale un demi-tour sur elle-même pour placer en face des yeux de l’observateur soit deux oculaires du type ordinaire, soit une large lentille de forme rectangulaire. Dans l’un et l’autre cas, on a une impression de relief surprenante, et comme l’opération du changement de verres ne prend pas de temps appréciable, on peut disposer dans la même série de vues des plaques stéréoscopiques et panoramiques et les examiner rapidement et sans dérangement. — Le stéréoscope-monocle est en vente chez M. Lucien Leroy, 47, rue du Rocher, à Paris.
- 1 La. description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifique» est étrangère aux annonces.
- ' PHOTOGRAPHIE
- Nouveau papier Lima à développement.
- La Société des papiers Luna vient d’apporter à sa fabrication quelques modifications intéressantes dont la plus importante consiste à permettre de hâter la venue de l’image par développement. On fait le tirage comme à l’ordinaire au châssis-presse, mais on l’ari'ête quand l’image est seulement indiquée dans ses grandes lignes. On lave alors l’épreuve rapidement dans l’eau pour bien mouiller la surface ; puis on la plonge dans le bain suivant :
- Eau distillée.............................. 1000 gr.
- Sulfite de soude anhydre. ................... 25 -—
- Métol...................................... 10 —
- Solution de bromure de sodium à 10 pour 100 10 —
- Acide acétique pur à 60° environ............ 200 —
- Acide citrique cristallisé pur.............. 100 —
- Pour l’usage on prend 50 gr. de cette solution pour 1000 gr.; d’eau. On développe jusqu’à ce qu’on obtienne l’intensite voulue; on passe à l’eatt pour enlever les résidus formés par le développement et on fixe dans
- Eau................................... 1000 gr.
- llyposulfite de soude................... 50 —
- Bisulfite de soude...................... 25 —
- On lave ensuite‘soigneusement comme d’habitude. Le papier Luna permet d’obtenir différents tons depuis le noir jusqu’au rouge sanguine, en passant par les tons brun ou sépia. Ces différents résultats s’obtiennent en réglant l’intensité du tirage primitif au châssis-presse. Pour obtenir les tons noirs on arrête le tirage dès que l’image apparaît et pour les rouges il faut le pousser jusqu’à ce que l’image soit presque complète. Dans-ce dernier cas le développement doit être très court.
- Le bain de développement peut servir pour un grand nombre d’épreuves successives, mais ne se conserve pas après avoir servi.
- La solution-mère se conserve bien en flacons bouchés et à l’abri de la grande lumière. Toutes les manipulations peuvent se faire au jour à la lumière diffuse.
- Collage des épreuves à sec.
- Il arrive souvent qu’on ne peut pas coller avec une colle liquide les épreuves photographiques, notamment quand on ne veut pas altérer leur brillant. On trouve depuis longtemps dans le commerce une toile spéciale recouverte de gutta pour cet usage, mais on peut se procurer chez les marchands de caoutchouc, au prix d’environ 2 francs le mètre, de la gutta laminée qu’on coupe à la dimension de l’épreuve et qu’on interpose entre elle et le support choisi. Avec un fer à repasser légèrement chauffé on fait adhérer la gutta : on a soin de placer un papier blanc sur l’épreuve avant de passer le fer chaud, afin de la protéger.
- Anti-halo au bitume de Judée.
- Il y a déjà de nombreuses formules permettant d’enduire l’envers des plaques photographiques d’une substance qui empêche le halo. Dans « Photo-Gazette » M. Prunier recommande pour cet usage la formule suivante :
- Bitume de Judée pulvérisé. . . . 20 gr.
- Benzine cristallisable ... . 00 cm3
- Essence de térébenthine. ... 10 —
- On met le tout dans un flacon et on agite de temps en temps jusqu’à dissolution complète. On ajoute de la benzine si la solution est trop épaisse. Pour l’étendre on en verse sur l’envers de la plaque qu’on incline de différents côtés pour faciliter la couverture complète; on reverse ensuite, par un coin, 1 excédent dans le flacon. Au bout d un quart d heure 1 enduit est complètement sec et c’est ce qui en recommande 1 emploi, car on n’est pas toujours outillé pour pouvoir abandonner des plaques sensibles pendant plusieurs heures dans une chambre parfaitement étanche à la lumière blanche.
- Préparation des écrans jaunes.
- L’emploi des plaques orthochromatiques nécessite le plus souvent un écran jaune et il est facile de faire ceux-ci soi-même.
- Il est bon d’avoir trois teintes différentes; on colore pour cela du collodion à 4 pour 100 additionné de 20 cm3 d’éther, pour 50 cm3 de collodion, avec une solution alcoolique à 5 pour 100 d’auranine 0. On prendra pour les ditterentes teintes o,«> ou 6 cm3 de cette solution.
- On étend à la façon ordinaire le collodion sur des plaques de, verre qu’on découpe ensuite à la dimension voulue.
- p.47 - vue 479/536
-
-
-
- 48
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Liquide à nettoyer « Éclair ». — C’est le nom un peu ambitieux qu’on lui donne, et l’on affirme qu’il enlève toutes les taches des tissus de laine, qu’il redonne le brillant aux vêtements noirs, qu’il est précieux pour le nettoyage des tapis, etc. Dans un peu d’eau on commence par faire dissoudre 7,8 parties de soude et autant de borax, puis on ajoute 31 parties d’une solution forte d’ammoniaque, 93 de teinture de savon à la potasse, enfin assez d’eau pour donner un total général de 950 parties, une fois qu’on a additionné la préparation de 31 parties d’éther et d’autant d’esprit-de-vin.
- Pâte à tremper l’acier. — Cette formule constitue le procédé llotureau et Gibelin. On mélange, après pulvérisation et tamisage, 155 gr. de prussiate de potasse et 155 gr. de sel de tartre; on pétrit avec 155 gr. également de savon vert, et l’on ajoute 200 gr. de graisse et 325 de suif, fondus à basse température. On additionne enfin de 1 gr. de rouge de Bordeaux dissous dans 0 gr. d’huile d’aspic. Pour tremper une pièce en acier ordinaire, on chauffe au rouge cerise clair et on plonge la partie à tremper pendant une demi-minute, dans la pâte; on chauffe de nouveau, puis on plonge dans l’eau, en ne laissant pas la teinte bleue arriver jusqu’au tranchant, sauf s’il s’agit d’acier fondu.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 février. . . 9°,8 S. W. 5. Peu nuageux. 8,8 Très nuag. ; orage à 16 b. avec pluie.
- Mardi 9 4°,2 S. S. W. 4. Peu nuageux. 14,2 Quelques éclaircies; pluie de 12 h. à 19 h.
- Mercredi 10 4',8 S. W. 4. Beau. 5,8 Nuageux; pluie l’après-midi.
- Jeudi 11 9°,1 W. S. W. 5. Peu nuageux. 5,4 Très nuag. ; pluie par intervalles, forls orages avec grêle l’après-midi.
- Vendredi 12 £0 v> S. S. W. 3. Beau. J» Gelée bl. ; nuag. le matin; couv. le soir; halo à 10 h.
- Samedi 13 8°,2 S. W. 5. Couvert. . 2,6 Très nuag. ; orage l’après-midi avec pluie et grêle.
- Dimanche 14.... 4",5 S. W. 3. Couvert. 7,3 Presque couv.; pluie de 2 b. 15 à 3 h.
- FÉVRIER 1904. -- SEMAINE Dü LUNDI 8 AU DIMANCHE 11 FÉVRIER.
- La courba' supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’Observatoire du parc Saint-Maur, en janvier 1904,
- par M. Th. Mocreaux.
- Pression barométrique, alfitude 30”,3. Moyenne des 21 heures, 759“",53; minimum absolu, 740””,6 le 51 à 17 b. ; maximum absolu, 772"”,4 le 22 à 19 h. ; écart extrême, 31 "",8.
- Température. Sous l’abri ; moyenne des minima, —0°,81 ; des maxima, 4°,73 ; du mois, 1°,9S ; vraie des 24 heures, 1°,86 ; minimum absolu, — 7°,1 le l*r; maximum absolu, 11°,4 le 13! Sur le sol gazonné : moyenne des minima, — 2I>,93; des maxima, 8°,55 ; minimum absolu, —9(>,9 le l,r; maximum absolu, 18°,8 le 50. DanS le sol gazonné ; moyenne du mois à 9 heures;, à 0“,30 de profondeur, 21,17 ; à 1 mètre, 4°,55. fie la Marne : moyenne le matin, 2°,31 ; le soir, 2°,52 ; minimum, 0°,98 lë 2 ; maximum, 5°,02 le 16.
- Tension de la vapeur : moyeune du mois, 4””,61 ; minimum, 2"",6 le 1", à 5 et 6 heures; maximum, 9““,0 le 13 à 18 heures.
- . Humidité relative ; moyenne du mois, 86,9 ; minimum, 58 le 28 à 13 heures ; maximum 100, en 13 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois en dixièmes (6 h. à 21 h.), 7,0; moyeune diurne, la plus faible, 0,4 le 1"; la plus grande, 10,0 en 8 jours.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 270 heures; durée effective de l'insolation, 69 heures en 19 jours; rapport, 0,26.
- Pluie ; total du mois, 42““,5 en ai heures; on en a recueilli 21“”,8 dans la seule journée du 8; il n’est pas tombé de neige.
- Nombre de jours de gelée blanche, 10; de gelée, 20, dont 12 consécutifs, du 16 au 27, et 4 sans dégel; de pluie ayant fourni au moins 0"”,1, 11 ; de
- pluie inappréciable, 4; de grêle, 1 ; de grésil, 2; de givre, 8; de brouillard, 7 ; de halos solaires, 3 ; de halos lunaires, 2 ; de tonnerre et éclairs 1, le 14. Fréquence des vents : Calmes, 6.
- N ... . 18 E . . . . 25 S 118 W . . . . 21
- N. N. E. . 45 E. S. E. . 12 S. S. W . . 109 W. N. W . r.
- N. E . . . 98 S. E. . . 13 s. w. . . 90 N. W. . . 15
- E. N. E. . 44 S. S. E . . 62 w. s. w . 37 N. N. W. . 29
- Vitesse du vent eu mètres par seconde. Moyenne du mois, 4“,3; moyenne diilrne la plus grande, 9*,7 le 14; la plus faible, 1“,5 le 2 ; vitesse maximum, 15".9 le 14 à 5 heures, par vent W. S. W.
- Electricité àtmo?pliérique' (égaliseur de potentiel au sel de radium, à 14 mètres au-dessus du sol). Moyenne du mois (21 jours), 354 volts; moyenne diurne la plus grande, 519 volts le 16; la plus faible, 198 volts, le 23; amplitude diurne*, 0;25 ; nocturne, 0,62.
- Comparaisons aux valeurs normales, déduites de 50 années d’observations (de 18 74 à 1903) : baromètre — 0*“,80 ; température — 0°,40 ; tension de la vapeur — 0“”,29 ; humidité relative — 0,5 ; nébulosité — 0,2 ; pluie -t-6““,9; jours de pluie, —3 ; jours de gelée -t- 5. ...
- Floraisons. Le 50, rose de Noël (le 10 décembre, chimonanthus fragrans).
- 1 L'amplitude diurne est le rapport, à la moyenne mensuelle, de la variation du potentiel entre le maximum du soir (maximum principal) et le minimum de jour; l’amplitude nocturne est le rapport, à la moyenne mensuelle, de la variation du potentiel entre ce même maximum et le minimum de nuit.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 8 à 10 h. 5 m. du matin.
- p.48 - vue 480/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —H(— Dimanche dernier, les amis et les nombreux élèves de 31. le professeur Bouchard, membre de l’Institut et de l’Académie •de médecine, se sont réunis à la Faculté de médecine sous la présidence de M. Chaumié, ministre de l’Instruction publique, pour remettre à l’éminent savant une médaille gravée parChaplain, en témoignage de reconnaissance et d’admiration pour ses travaux. Ont pris 4a parole successivement MM. les professeurs Landouzy et Gaucher, le Dr Le Gendre, le professeur Mayet, M. Aly Zaky, au nom de la Faculté du Caire, le Dr Gley, secrétaire général de la Société de biologie; le Dc Troisier, le professeur Debove, doyen de la Faculté de médecine ; M. Liard, vice-recteur de l’Académie de Paris; M. Gau-dry, de l’Académie des sciences, et 31. Chaumié. 31. Bouchard a remercié par quelques paroles émues qui ont etc couvertes d’applaudissements.
- —H(— L’Allemagne intellectuelle vient de célébrer le 70° anniversaire de Ernest Hœckel,lî philosophe naturaliste, dont la célébrité est universelle. On connaît partout la série de ses ouvrages : « Histoire de la création naturelle » ; la « 3Iorphologie », « L’origine et l’arbre généalogique de l’espèce humaine », « le monoïsme », « Les sept énigmes du Monde ». Hœckel a professé surtout à Iéna. Le sculpteur 3Iagnussen lui élève un monument dans cettè ville.
- —Ht— On vient de découvrir, à Paris, les vestiges d’un grand édifice romain près du Collège de France. Déjà on avait trouvé des restes d’une énorme construction dans le voisinage. Les fouilles ultérieures permettront sans doute de savoir au juste quel était ce monument dont la longueur intérieure d’une seule salle dépassait 18 mètres.
- —Ht— A la suite des expériences de traction électrique des trains sur le chemin dc fer militaire de Berlin-Zossen, le gouvernement allemand aurait décidé de mettre en service un « train-éclair » semblable entre Berlin et Hambourg. Une voie spéciale serait affectée à sa circulation et sa vitesse moyenne serait de 200 kilomètres par heure. On espère que ce nouveau train pourra marcher avant la fin de 1904. Le trajet de Berlin-Hambourg s’effectuerait ainsi en deux heures.
- —lit— Le réseau ferré de l’Etat Belge est en train d’étendre le freinage au frein continu au bogie des locomotives, les sabots ne s’appliquant jusqu a présent qu’aux roues motrices. Ce freinage supplémentaire sur 7 à 8 pour 100 de la charge totale du train, permet de réduire la distance nécessaire pour l’arrêt des convois.
- —Ht— On signale ce fait que, de plus en plus, les noisettes sont attaquées par un charançon spécial dont les ravages sont très redoutables : c est, dc son nom savant, le « Balaninus nucum ». En juin, il introduit son œuf dans l’intérieur du fruit, cet œuf •donne ensuite naissance à un vers qui ronge le tissu de la noisette •et fait finalement tomber le fruit à terre en en dévorant même les parties vitales. Il y aurait évidemment intérêt à recueillir pour les brûler les fruits ainsi atteints.
- —Suivant la méthode qui est chère aux ingénieurs américains, et qui ne leur donne pas en somme d'accidents fréquents, une compagnie californienne d’électricité vient, pour son usine centrale, de créèr une prise d’eau avec un barrage en terre qui n’a pas moins de 37 mètres de hauteur. C’est considérable. La longueur de cet ouvrage à la crête est de 494 mètres, il est large en haut de G,10 mètres et en bas de 15 à 50 mètres. Nous n’avons pas besoin de dire que les terres employées et superposées ont été soumises au passage et à la compression de rouleaux fort lourds.
- —Ht— On se rappelle sans doute l’immense canal qui a été creusé pour servir d évacuation aux eaux usées de Chicago, sous le nom de Chicago Drainage Canal, et qui emporte une masse d’eau énorme, noyant les eaux ménagères et autres de la ville vers le
- cours du 3Iississipi : on va maintenant en utiliser les eaux à des installations hydroélectriques. Celles-ci seront établies à Lockport, au nombre de -7, et pourront donner chacune une puissance considérable de 5000 chevaux.
- —Ht— On prépare actuellement le creusement d’un nouveau chenal d’entrée pour le port de New-York. Il nécessitera l’excavation d’un cube formidable dé 32 millions de mètres : ce chenal doit avoir une largeur de 600 mètres et plus, sur une profondeur de 42 mètres environ et une longueur de 41 kilomètres; on estime que le travail coûtera 120 millions de francs.
- —Ht— Sur les 482 locomotives qui assurent la traction des trains du réseau d’Etat roumain, il n’y a pas moins de 542 machines qui sont disposées pour pouvoir brûler des résidus de pétrole ou du lignite, et 47 d'entre elles n’emploient exclusivement que les résidus de pétrole. On parle même de modifier.tous les engins pour qu’ils puissent utiliser ce combustible liquide si commode.
- —Ht— Un inventeur de Neasden, en Angleterre, inventeur dont nous ne connaissons pas le nom, et dont le procédé n’a sans doute pas été breveté, a imaginé mi procédé fort original pour constituer des conduites souterraines en béton. Dans la tranchée même où l’on désire établir les conduites, on pose une série de tuyaux en fer de grosseur convenable, formés de sections de longueur assez faible, et on les cale dans leur position en laissant par en dessous un certain vide. Les tuyaux successifs doivent se relier intimement, mais le plus important est qu’ils ne présentent pas la moindre dénivellation extérieure. On les enduit d’ailleurs complètement et régulièrement d’une couche d'un mélange de paraffine et de gra: pinte, offrant une épaisseur de 6 millimètres environ. Ou coule alors le béton dans la tranchée, de manière qu’il enrobe de toutes parts la conduite métallique. Puis, quand la maçonnerie est complètement prise, on lance dans cette conduite métallique de la vapeur à haute température, qui chauffe du métal et fait fondre l’enduit de paraffine, ce qui permet de retirer les tuyaux en les faisant glisser à l’intérieur du tube de béton.
- —Ht— 31. Talbot et frères, de Bordeaux, vient de soumettre à l’administration un système de pavage en acier dont on dit grand bien ; on affirme notamment, ce qui nous étonne bien un peu, qu'il laisse moins glisser les chevaux que les autres revêtements des chaussées. Ce pavage est fait en acier, mais sous forme de carreaux métalliques quadrillés, ce qui est naturellement tout à fait nécessaire. On arrive à peu près à un prix de 40 francs du mètre carré posé, étant donné que le béton formant le matelas inférieur revient à 2'r, 75.
- —Ht— H paraît qu’on va construire à Berlin, après des essais satisfaisants, un tableau multiple automatique pour communications téléphoniques : il sera du type à 10 000 postes, quoique ne desservant d’abord que 1000 abonnés, ce qui suppose bien qu’on a grande confiance dans ce système, qui est déjà assez répandu dans les villes américaines, et notamment à Chicago.
- —Ht— La Société royale d’agriculture d’Angleterre vient de se livrer à d’intéressantes et consciencieuses études sur la valeur comparative et le rendement des divers types de moulins à vent, ces appareils, tels qu’on les fabrique maintenant, peuvent rendre de très grands services. Elle a distingué particulièrement un moulin à ailes métalliques construit par 3131. Good Shapley et Muir, qui peut donner quatre chevaux avec un vent de 46 km à l’heure.
- —Ht— Un savant Italien, dont « Scientific American » ne donne pas le nom, affirme que les tramways électriques jouent un rôle précieux dans la désinfection des villes : il estime que les arcs Iréquents qui se forment entre la roulette du trolley et le fil aérien, ou les étincelles qui jaillissent entre les rails et les roues des véhicules, agissent sur l’oxygène de l’air et produisent de l’ozone en quantité très appréciable.
- 13
- p.49 - vue 481/536
-
-
-
- 50
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’Alimen-tateur Caille> se trouve à la Compagnie des applications du gaz acide carbonique, 52, avenue Daumesnil, Paris.
- Communications. — M. Louis Flesselle, à Essomes, près Château-Thierry, nous rappelle que dans le n° 1124 du 15 décembre 1894, p. 44, nous avons publié avec dessins un article sur la découverte d’un cimetière mérovingien où des fouilles furent faites. Il nous envoie une plaquette donnant les détails de la découverte d’un cimetière gallo-romain à Azy (Aisne) et la description dés!objets qui y ont été trouvés tels que poteries, armes, bijoux, pièces de monnaies. La plaquette a pour titre : Fouilles 4’Azy; elle fait connaître successivement : le village d’Azy, les fouilles, l’inventaire des objets trouvés, le Classement des monnaies. Elle est due à M. 0. Camuzon et a été imprimée à l’Imprimerie moderne de Château-Thierry.
- M. G. de Rocquigny-Adanson, au Parc de Baleine (Allier) nous a envoyé une brochure sur « le Taxodium distichum » au Parc de Baleine, dans laquelle il donne des renseignements historiques sur cet arbre ainsique divers autres renseignements sur son développement.
- La Société météorologique du Japon, à Tokio, nous a fait parvenir le n° 12 du mois de décembre 1905 du Journal qu’elle publie régulièrement.
- La Revue Suisse de photographie de Lausanne, nous a envoyé le n° 1 de janvier 1904 de sa publication mensuelle, dont le rédacteur en chef est M. R. A. Reiss, docteur ès sciences, chef des travaux photographiques de l’Université de Lausanne. Cette Revue est l’organe officiel de la Société de photographes suisses, de l’Association du Musée suisse de photographies documentaires, etc.
- Renseignements. — M. le DT Urechia, à Bucarest. — 1° Il faudrait vous adresser aux journaux spéciaux, au Vélo et autres journaux qui ont suivi ces concours. — 2° Nous n’avons pas l’adresse du Motocycle Club.
- M. J. Pichon, à Quimper. — 1° Lisez l’article que nous publions dans ce numéro. — 2° Il faudrait vous adresser directement à M. Marey lui-même.
- Un lecteur, à Antibes. — Le cas que vous citez est différent de celui que nous avons examiné ; dans les attelages des wagons des chemins de fer, on rapproche les tampons pour les amener au contact.
- M. Vabbé Thhiot, à Reims. — M. Chaix du Bois, de Genève, a publié sur les « lapiaz » un travail très complet et très intéressant avec de nombreuses illustrations dans le journal « Le Globe », 25, rue Le Peletier, à Paris.
- M. G. Werner, à Foulqueaiont. — Vous trouverez plusieurs traités sur la fabrication du beurre et du fromage à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. Adressez-vous également à l’Institut agronomique de Paris.
- M. Jean Souvy, à Papeete (île Tahiti). — Nous avons bien reçu tous vos renseignements et votre intéressante communication, et nous vous en remercions. Mais la théorie du déplacement des pôles est très connue et très peu admise; vous pourriez consulter le Traité de géologie de Lyell.
- M, D. C., à Elbeuf. — Nous n’avons trouvé aucun ouvrage traitant de la fabrication de ces articles.
- M. E. Liotard, à Nice. — Nous avons en ce moment beaucoup d’articles qui attendent leur tour ; nous n’avons pu encore faire paraître les vôtres.
- M. E. Vasselin, à Paris. — Il ne nous paraît pas possible de fabriquer un soufflet qui puisse rester distendu pendant 50 à 55 jours par de l’air chaud à 42° et sans qu’il y ait perte d’air et surtout de chaleur à travers ledit soufflet.
- M. Victor Schiélé, à Tananarive. — Toutes les recettes et lés procédés utiles qui ont paru dans « La Nature » ont été réunis-en volumes ; il y a actuellement 5 volumes. Le prix de chacun est de 2fr,25 broché et 5 francs cartonné.
- M. Venturini, à Relijane. — Il n’existe aujourd’hui aucun traité d’électricité admettant la théorie d’un fluide unique.
- M. Claude Dervieux. — Pour calculer la puissance d’une chute d’eau, on multiplie le poids du débit d’eau par seconde exprimé en kilogrammes par la hauteur de chute exprimée en-mètres. On connaît ainsi la puissance en kilogrammètres par seconde.
- M. E. Tsaakides, à Londres. — Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de prendre de l’essence de térébenthine; il suffirait d’essayer de l’essence minérale ordinaire.
- M. W. Huguet, à Paris. — Adressez-vous à la maison Bré-guet, 19, rue Didot; elle construit des moteurs polyphasés ' asynchrones. ;
- M. D. L., à Paris. — Cette adresse à été donnée en tête dè la « Boîte aux lettres » du numéro même qui contient la description de l’appareil.
- M. Leblond, à Melun. — Pour avoir la puissance en w'atts consommée par votre moteur, il faut mesurer l’intensité en. ampères du courant et la différence de potentiel aux bornes, quand votre moteur est en pleine charge et qu’il actionne votre machine à scier. Le produit de. l’intensité en ampères par la- différence de potentiel en volts vous donnera la puissance exprimée en watts.
- M. Dumont, à Versailles, — Il est toujours préférable de prendre un tartrifuge ; mais il faut s’assurer qu’il convient à là nature de l’eau que l’on veut détartrer.
- M. E. Weiss, à Paris. — Vous aurez tous ces renseignements dans un album, sur la cuirasse Benedetti, qui a été-publié 16, rue Meravigli, à Milan.
- M. J. Doyen, à Colmar. —- Nous avons déjà indiqué quelques procédés pour la destruction des limaces dans les jardins-dans le livre des « Recettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. On peut également préserver les plantes et les végétaux en les aspergeant d’une solution au millième de bi-oxalate de potasse ou de tanin. Les huiles essentielles et les substances amères éloignent toujours les limaces et limaçons. Il faut en faire une solution étendue et la pulvériser sur les plantes.
- M. M. Foxonet, à Saint-Génis-des-Fontaines. — Vous voulez sans doute parler de l’article sur « Les métempsycoses » qui a paru dans le n° 754 du 12 novembre 1887, p. 581. .
- M. J. W. H., à Paris. — La lune est un satellite et non pas un météore.
- M. H. A. C., h B. (Espagne). —On reconnaît l’aniline à la couleur violette qu’elle donne au contact du chlorure.de chaux. L’aniline donne également une coloration rouge et bleue avec le bichromate de potasse dissous.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. V., à Nice. Nous ne pouvons décrire un appareil qui n’est pas construit et qui par suite n’a jamais fonctionné. — M. L. li., à L. Il y a une erreur dans votre calcul ; revoyez la deuxième équation.— M. Duhard, à Paris; M. Legrand, à Bordeaux. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lro série, à la librairie Masson et Cio. — M. Leroux, à Angers. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. <— M. G. M., à Paris; M. V. R., à Lille. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mastic au blanc de zinc. — L’Administration des Chemins de fer de l’Etat belge emploie maintenant un mastic au blanc de zinc qui est facile à travailler, qui sèche et durcit en douze heures, et se ponce bien sans adhérer au couteau ni à la ponce. On le compose d’abord de 48 kg de blanc de zinc, en poudre, puis de 22 de vçrnis à polir, de 14 d’un produit d’origine anglaise sans doute qu’on appelle fîlling up ou Apprêt Filling, corps gris-ardoise et inattaquable aux acides, puis de 2,5 kg de siccatif, de 15 kg de minium de fer et enfin de 0,5 kg de noir de fumée.
- Joints de tuyaux pour appareils à gaz. — On y emploie une pâte faite de 10 parties de mastic ordinaire, 1 partie de céruse, 1 de graphite, et d’une quantité suffisante de noir de fumée pour donner la coloration voulue.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéi'essants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren -
- seignemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.50 - vue 482/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 51
- PETITES INTENTIONS1
- Bibliothèque Casa. — Voilà une nouveauté qui est de nature à intéresser beaucoup de monde.. Il s'agit d’une bibliothèque pratiquement combinée avec des divisions utilement réparties qui permet de prendre le livre dont on a besoin sans en déranger un seul. Tout le monde connaît les ennuis des bibliothèques actuelles. Si la bibliothèque renferme deux ran-
- serrable, un écrou qui une fois mis en place y reste sans se desserrer peu à peu. M. Durand vient d’imaginer un nouveau moyen très ingénieux de fixer une clavette; il se sert à cet effet du filetage même de l’écrou. Dans la figure ci-jointe on voit un boulon avec un pas de vis à son extrémité ; au-dessus est représentée une clavette. C’est cette clavette qui est couchée dans la filetage dans le fond d’une rainure longitudinale faite au boulon par un coup de fraiseuse. Pour le montage, on place la clavette et l’on visse l’écrou sur le boulon jusqu’au point voulu. L’écrou en se vissant forme lui-même son propre tarau-dage sur la clavette. 11 suffit ensuite, pour assurer toute stabilité
- r - —
- 4
- Écrou indesserrable à clavette.
- à l’écrou, de relever à l’aide d’un coup de marteau la partie débordante de la clavette; l’écrou devient ensuite absolument stable. Pour dévisser, on opère comme à l’ordinaire, en forçant un peu avec une clef anglaise la partie relevée: celle-ci se casse et l’écrou est libre. Cet écrou indesserrable peut être utilisé avec profit dans de nombreuses circonstances.—L’écrou indesserrable se trouve chez MM. P. Durand et Cie, 50, rue Chalgrin, à Paris (16e).
- • ...........Fig, 1. — Bibliothèque Casa, fermée.
- gées de livres, il faut nécessairement enlever les livres de devant pour atteindre les livres de la rangée de derrière. Alors ce sont de grands déplacements, ou on est obligé de se résoudre à n’avoir que des bibliothèques renfermant une seule rangée de livres. La bibliothèque Casa, que l’on voit représentée fermée et ouverte dans les figures 1 et 2, apporte une solution heu-
- Fig. 2. — Bibliothèque Casa, ouverte.
- reuse à ce problème que l’on a énoncé bien des fois. Cette bibliothèque est disposée avec des casiers à pivots pour contenir tous les formats de livres, ainsi que des albums de 60 X 40 et des estampes de 80 x 60. Le système employé empêche les livres de tomber à droite ou à gauche lorsqu’on en retire un ou plusieurs de la bibliothèque. Les casiers à pivots, dont nous parlons, s’appliquent aux bibliothèques existantes qui peuvent être transformées sur place sans aucun déplacement. — Pour la bibliothèque Casa, s’adresser à M. L. Casadesus, 183, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris (9e).
- Écrou indesserrable & clavette normande. — On
- a cherché jusqu’ici beaucoup de moyens et de procédés divers, goupilles, contre-écrous, etc., pour obtenir un écrou indes-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle* scientifiquea est étrangère aux annonces.
- Brise-tartre. — Personne n’ignore les difficultés que l’oà éprouve dans l’entretien des chaudières à vapeur. L’eau en se vaporisant dans les tubes laisse une plus ou moins grande quantité de tartre qui se dépose à l’intérieur des tubes. 11 importe d’enlever rapidement ces couches de tartre, si l’on rie veut s’exposer à des dépenses exagérées de charbon et souvent même à de graves accidents. Pour effectuer cette opération, les chauffeurs ne disposent le plus souvent que de grattoirs qu’ils enfournent dans les tubes et avec lesquels ils essaient de détacher le tartre. Ces appareils enlèvent bien une partie
- du tartre à la surface, mais ils glissent sur les parties dures. L’appareil que représente la figuie ci-jointe, est un brise-tartre, formé de deux molettes spéciales à chevrons inclinés dans l’un et l’autre sens, et fixées sur une fourche d’acier. Cet appareil s’introduit dans le tube à détartrer à l’aide d’une longue tige et on lui imprime un mouvement de va-et-vient. Les molettes frappent alors sur le tartre qui se détache par écailles. On peut à volonté mettre un coin entre les bras de la fourche, comme le montre la figure, pour écarter les molettes et leur permettre d’exercer une certaine pression sur le tube. — Le brise-tartre se trouve chez M. Laurand, 44, rue de Fleurus, à Paris.
- HYGIENE ET SANTÉ
- Le lusoforme.
- La plupart des antiseptiques dignes de ce nom ont un inconvénient, c’est d’être toxiques, comme les sels de mercure, d’argent, ou très irritants, comme l’acide phénique. Le nouveau produit, dont on commence à se servir dans la pratique chirurgicale, diflère du tout au tout : il a une puissance bactéricide des plus marquées et il est inofï'ensif.
- Le lusoforme est un produit résultant de la combinaison de l’aldéhyde formique et du savon à la potasse. C’est un liquide blanchâtre, d’odeur aromatique, qui se dissout dans l’eau ordinaire ou l’eau distillée en troublant légèrement l’eau. 11 y a un léger dépôt quand on abandonne le liquide au repos. C’tst
- p.51 - vue 483/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 52
- un composé à base de formol, mais n’ayant plus les propriétés irritantes de ce corps. Les instruments en métal nickelé ne sont pas détériorés par une immersion prolongée, non plus les appareils et sondes en caoutchouc.
- Comme agent de nettoyage et de désodorisation des mains, le lusoforme est parfait; en raison de sa réaction alcaline, il agit comme un savon lubréfiant la peau et la désinfectant d’une façon plus complète que les solutions de sublimé.
- L’action désodorisante trouve son emploi auprès des malades pour les vases de toilette, les linges contaminés. Dr A. C.
- Contre les gerçures des mains.
- Deux formules excellentes contre les gerçures qui apparaissent sur bien des mains féminines, et aussi masculines,
- avec les premiers froids. Avoir soin de se laver avec de l’eau « bouillie », ni chaude ni froide, bien sécher les mains avec une serviette douce, sans frotter et appliquer le liniment suivant : Acide gallique . . . . . . 25 centigrammes
- Glycérine neutre.............50 grammes
- Hydrolat de roses............90 —
- le laisser en place quelques instants et essuyer doucement.
- Ce seul liniment suffit souvent. Dans les cas rebelles ajouter pour la nuit une onction avec la pommade suivante :
- Orthoforme...................25 centigrammes
- Menthol...................10 —
- Lanoline pure................10 grammes.
- Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 février . . 3°,9 W. 2. Pluie. 2,2 Couv. le malin ; très nuag. le soir; pl. à plusieurs repr. avec grésil à 14 b.
- Mardi 16 1#,8 W. S. W. 2. Très nuageux. Al Gelée bl. ; presque couv. ; pluie de 17 h. â 20 h.
- Mercredi 17 7°,3 AV. 5. Nuageux. 0,5 Nuageux ; averse à 2 b. et 3 b.
- Jeudi 18 IM S, 5. Neige. 6,8 Gelée bl.; couv. jusqu’à 18 h.; très nuag. ensuite; pi. et neige à diverses reprises.
- Vendredi 19 0M N. AV. 2. Beau. » Gelée bl.; brouill. de 600 ni. à 9 b.; beau le matin; nuag. le soir.
- Samedi 20 2°,3 S. AV. 3. Pluie. 5,4 Gelée bl. ; couvert ; pluie de 4 h. à 10 h. 30.
- Dimanche 21 .... 8°,2 AV. S. AV. 3. Couvert. 0,0 Couv. ; bruine à 10 b. ; pluvieux à 15 h.
- FEVRIER 1904. -- SEMAINE DO LUNDI 15 AO DIMANCHE 21 FÉVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à lubrt a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement» de terre en France. — Le 15 février, à 10 heures du soir, une secousse de tremblement de terre s’est produite à Cholet (Maine-et-Loire) et a duré 15 secondes: dans les habitations, les lits, tables et chaises ont été renversés. A la même heure, deux fortes secousses de tremblement de terre ont été x'essenties aux Herbiers (Vendée).
- Deux secousses ont été ressenties le 18 dans toute la région de Tiberguent située à quelque cinquante kilomètres de Constantine entre la chaîne de Babor et les monts des Oulad-Kebbah.
- Tempête», orage», pluie». — Toute la semaine, il n’y a eu de toutes parts, que des mauvais temps, des tempêtes, orages et pluies abondantes à enregistrer. Le 15 février, la mer était grosse et le vent violent à Cherbourg et à Biarritz. On a recueilli 28 mm d'eau à Limoges, 21 mm à Besançon, 17 mm à Cherbourg; on a signalé des orages à Nantes, Biarritz, Perpignan, Pau, Clermont-Ferrand. A Paris, il est tombé vers lh 30 de l'après-midi une faible ondée mêlée de grésil ; vers 4 heures et dans la soirée on a observé de nouvelles chutes de pluie. Le 16 février, des pluies sont tombées sur toute l’Europe; en France, il est tombé 12 mm d’eau à Besançon, 6 mm d’eau au Havre, 5 mm à Nantes, 2 mm à Paris. Un raz-de-marée a eu lieu sur les côtes de Bretagne ; les dégâts dans l'arrondissement de Redon ont été considérables. Sur la Méditerranée un violent ouragan du nord-ouest s’est déchaîné, surtout dans les parages de la Corse, de la Sardaigne et dans le golfe du Lion. A Nantes, la Loire a subi une crue, envahissant les rives basses et les quais. La.Prairie des Maures et la Prairie au Duc ont été com-
- plètement inondées. La Seine a subi également une crue qui n’est pas encore terminée. Le 16 février, dans la soirée, la cote relevée au Pont-Royal par le service de la navigation s’élevait à 4”,03, alors que la cote normale est de 2",48. Avec la grande marée du 16 février a coïncidé une forte dépression barométrique. Le 17 février, les mauvais temps ont repris partout. Le vent a soufllé avec violence de l'ouest sur les côtes de l’Océan et dans l’intérieur du pays. Des pluies abondantes, mêlées de neige dans le nord-ouest, sont tombées dans toutes les régions; en Francé, il est tombé 31 mm d’eau i Clermont, 21 mm à Nantes, 20 mm à Bordeaux, 8 mm à Belfort, 5 mm à Paris. La Charente a débordé, a inondé des ateliers à Saintes, et a envabi de nombreuses habitations aux environs d’Angoulème. Le 18 février, pluies et neiges sur tout le continent. Le vent sonfllait en rafales. Deux grands courants aériens régnaient dans notre hémisphère ; tantôt le courant équatorial avec les vents du sud-ouest, de l'ouest et du sud, tantôt le courant polaire avec les vents du nord-est et du nord. Par suite des pluies, il y a eu des inondations dans les environs de Chalon-sur-Saône, à Montceau-les-Miues, à Saint-Germaiu-Laval, près de Saint-Etienne. A Nantes, à Bordeaux, à Ribérac, à Saint-Aulaye, à Atigoulème, La Rochelle, Limoges, Tours, Caen. A Troyes, le 18 février, le mauvais temps a été général; uu cyclone a passé dans les environs, a renversé les arbres et enlevé les toitures; Le 19 et le 20 février, il est tombé des pluies et neiges sur l’ouest et le nord de l’Europe, à Cherbourg (8 nim), à Paris (6 mm); on a signalé des orages à Lyon, à Biarritz, à Alger. La crue de la Seine a successivement augmenté ; le 20 février, le matin, la hauteur des eaux était de 4“,77 au Pont-Royal. Les services des bateaux d’Austerlitz à Auteuil sur la rive gauche, de Charenton à Auteuil sur la rive droite ont été supprimés dès le matin.
- PHASES DE LA LUNE : N, I,. le 16 à 11 b. 14 m. du matin.
- p.52 - vue 484/536
-
-
-
- 1606 (5 mars 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— La Faculté des sciences de Paris n’avait pas, jusqu’ici, «le chaire, d’« astronomie physique ». Le Conseil d’administration de l’Association française pour l’avancement des sciences, sur la proposition de son président, M. Laisant, a, dans sa dernière séance, «lécidé de subventionner un cours d’astronomie physique, qui sera professé par M. Pierre Puiseux, le savant astronome de l’Observatoire de Paris.
- —Ht— Le concours agricole à Paris s’est ouvert lundi 29 février, dans la grande nef de la Galerie des Machinés. C’est le concours le lus considérable qui ait jamais été organisé dans le monde entier, e nombre des animaux vivants que l’on a vus a été de 4554 répartis de la façon suivante : animaux gras ; bovins, 177 têtes; ovins, 645; porcins, 149. Animaux reproducteurs : bovins, 1024; ovins, 814; porcins, 124. Animaux de basse-cour, 1161 lots. II y a eu, en outre, 2077 lots de produits agricoles; 4132 lots de vins; 845 expositions diverses de machines agricoles. Enfin, cette année, une exposition d’appareils d’emballage pour les volailles, le beurre, etc., a été annexée au concours agricole, Elle comprenait environ 35 envois différents.
- —Ht— Un Congrès national de la Propriété industrielle doit avoir lieu, au Conservatoire des Arts et Métiers, du 7 au 10 mars prochain, sous le patronage des ministres du Commerce et de l in-dustrie, de la Justice et de la Chambre de Commerce de Paris. La plupart des Chambres de Commerce et les plus importantes Chambres syndicales y ont donné leur adhésion. Ce Congrès a pour but d’étudier et de discuter les modifications qu’il conviendrait d’apporter immédiatement à notre législation en matière de propriété industrielle pour la mettre en harmonie avec les progrès de la science et les besoins actuels du commerce et de l’industrie, en ce qui concerne spécialement les brevets d’invention, les secrets de fabrique, les dessins et modèles industriels, les marques de fabrique et de commerce, la concurrence déloyale, le nom commercial et la création de Firmes, les indications île provenance, les médailles et récompenses industrielles et les juridictions.
- —Ht— Le 23 février, vers 9 heures du soir, un incendie s’est déclaré rue Aubriot, à Paris, dans un très important entrepôt de produits chimiques; il pouvait amener une catastrophe. En effet, au n° 3 de la rue Aubriot, se trouvent emmagasinées des quantités considérables de carbure de calcium, de permanganate de soude, d’acides sulfurique et muriatique, produits éminemment inflammables ou explosibles. La cour de l’entrepôt en est elle-même encombrée. Le feu s’est développé avec une rapidité inouïe. Prévenu aussitôt, M. Lépiue est accouru sur les lieux avec M. Girard. Il ne fallait pas songer à éteindre le feu par le moyen ordinaire, car l’eau, loin d’en arrêter les ravages, les aurait accrus dans une proportion formidable. M. Girard fit apporter aussitôt du carbonate de soude et le fit répandre sur les produits chimiques enflammés. Il se dégagea alors de ce mélange de l’acide carbonique qui commença à éteindre le feu. Et ainsi l’incendie se trouva circonscrit. Puis des tombereaux de sable arrivèrent : dès lors, tout était sauvé. M. Girard le fit jeter sur les produits én feu, en y mêlant du carbonate de soude. En pareille circonstance, il sera bon de se rappeler ce procédé d’extinction.
- —Ht— Mme Bèduneau, à Chalonnes (Maine-et-Loire), est morte à l’âge de 104 ans.
- —lit— Consul, le chimpanzé dont nous avons parlé dans le n° 1592, du 28 novembre 1903, p. 415, vient de mourir à Berlin. Consul était un singe très estimé : il était évalué 625 000 francs. Il était assuré pour 500000 francs et son salaire mensuel était de 20000 à 30000 francs. Il avait des engagements pour plus de deux ans d’avance. A Paris, il habitait un de nos meilleurs hôtels, avait
- une chambre à part et voisinait avec son imprésario qui n’introduisait près de lui que des gens de qualité. Il ne sortait qu’en voiture et avait droit aux mille égards dus aux seigneurs d’importance.
- —Hf— Le ministère des finances a publié récemment le mouvement des vins et cidres pour 1903. On y remarque une diminution de 4481 447 hectolitres de vin sur la récolte de 1902; mais la valeur de la récolte a été sensiblement supérieure de 101 406 750 francs, à celle de l’année précédente; la moyenne des vins, qui n’était que de 21 francs l’hectolitre, s’est élevée à 27 francs. Les vins de sucrage ont gagné sur l’an dernier 259 835 hectolitres, ceux de raisins secs 14557. et les piquettes par épuisements de marc ou autres procédés, 786078. Les cidres ont, de leur côté, subi une diminution de 3 539 801 hectolitres. En Algérie, où 2951 hectares de vignes nouvelles ont été plantés, on a constaté une augmentation de 2 307 566 hectolitres sur 1902.
- —Ht— On vient d’arrêter en principe le projet général du pont immense qu’on doit établir à travers le port de Sydney : ce sera un ouvrage en cantilever, dont la travée centrale aura ,»60 mètres de long; le coût de l’ouvrage et de ses approches sera de 48 millions de francs.
- —Ht— La ville de Hanovre possède dans son service d’incendie, outre une pompe à acide carbonique répondant à ce type d’extincteur chimique dont nous avons parlé ici, une pompe à vapeur qui présente certaines particularités intéressantes. Alors que la’pompe à acide est mue par une batterie d’accumulateurs électriques, la pompe à vapeur, qui est une automobile, est mise tout d’abord en marche, pour se rendre sur le lieu d’un sinistré,, au moyen, d’acide carbonique comprimé dans des réservoirs. On place alors sur la ’
- frille des briquettes de charbon de bois qu’on arrose avec de alcool contenu dans un récipient et maintenu sous pression par de • l’acide carbonique; il faut dire que, en tout temps, l’eau est maintenue à 100° dans la chaudière, grâce à un petit brûleur à gaz. En 10 minutes la pression de vapeur est suffisante pour commander le moteur.
- —H(— Les fameuses mines de cuivre américaines Héclar et Standard, dont tout le monde connaît le nom, vont être avant peu exploitées électriquement; et cela grâce à une station électrique installée à 170 kilomètres de distance et utilisant une. chuté d’eau à Spokane, dans l’état de Washington.
- —Ht— Thomas Edison vient d’inventer un nouveau procédé pour déposer électrolyliquement une couche très mince de nickel sur des surfaces de fer ou d’acier. Après le dépôt par électrolvse, les pièces nickelées sont mises dans une atmosphère non oxydante, comme une atmosphère d’hydrogêne, et là elles sont chauffées à une température suffisante pour souder le nickel au métal sous-jacent. Il faut pour cela la chaleur jaune brillant. L’union est si intime entre le dépôt et son support que les plaques nickelées peuvent être étirées où estampées sans qu’il se produise la moindre craquelure dans la mince feuille de nickel.
- —Hf— Nous avons assez souvent l’occasion de signaler la construction de navires géants par leur longueur comme par leur tonnage; mais il faut bien se figurer que, encore maintenant, la plus grande partie du trafic maritime du monde est fait par des bateaux de tonnage modéré. En effet, il n’existe encore que 89 navires de plus de 10 000 tonneaux, appartenant du reste pour plus de moitié à la Grande-Bretagne ; l’Allemagne en possède 26, les Etats-Unis 7, la France 2 et la Hollande 4. De 7000 à 10000 tonneaux on compte 150 navires, et enfin 528 de 6000 à 7000 tonneaux
- —Ht— On va complètement réorganiser le service magnétique des Etats-Unis, en ce sens qu’on arrivera, en 1910, à posséder une station magnétique par 75 kilomètres carrés environ ; on créera du reste 5 observatoires magnétiques, et l’on compte pouvoir amener le Canada à s’associer à cette organisation.
- 14
- p.53 - vue 485/536
-
-
-
- 54
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’adresse de M. Gaston Trevet, l’horloger électricien qui a construit le moteur électrique décrit dans le n° 1604, du 20 février 1904. p. 190, est la suivante : 13, rue du Cloître-Saint-Honoré, à Paris.
- Communications. — M. P. D., à Nancy, nous écrit qûe le 26 février, vers 5 heures du soir, un violent orage s’est abattu dans les environs; une grande quantité d’eau est tombée. On a même aperçu quelques éclairs.
- Renseignements. — M. Arnaud, à Paris. — L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Boîte-aux-Lettres.
- M. F. A. N., à Paris. — 1° On obtient le blanc du poli acier à l’aide d’un peu d’acide chlorhydrique concentré que l’on applique avec une spatule de bois ou une baguette. On plonge ensuite les objets dans un bain d’alcool ou de benzine et dans un bain d’hüiïe. — 2° Cette partition de musique est épuisée depuis dix ans et on ne peut se la procurer d’occasion que très difficilement.
- M. F. Ch. de Yeregui de Melis, à Montevideo. — Toutes les machines à écrire ont leurs avantages et leurs inconvénients. Nous connaissons plusieurs personnes qui se servent de la machine dont vous parlez et qui en sont très satisfaites.
- M. Etienne, à Dampierre. — Pour l’éclairage intermittent, vous pouvez employer des piles Leclanché que vous trouverez chez tous les marchands ; mais il ne faut pas compter pouvoir assurer un éclairage domestique avec des piles.
- M. J. Nanot, à Versailles. — Nous n’avons pas publié de recette pour obtenir la peinture par simple immersion de baguettes de sapins.
- M. J. Aubaux, à Vauvert. — Adressez-vous à l’auteur de l’article, 76, avenue Malakoff, à Paris.
- M. E. J .aminé, à Bruxelles. — Nous ne pouvons que vous indiquer le Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des écoles des arts et métiers, 6, rue Chauchat, à Paris.
- M. E. de L., à Yunnm. — La métoquinone que vous avez employée devait avoir subi une altération quelconque.
- M. L. Richardet, à Chaux-de-Fonds. — Nous n’avons pu retrouver l’article que vous mentionnez; en tout cas, il faut vous adresser directement au constructeur.
- M. H. B., à Monplaisir. — Vous trouverez des dispositifs semblables pour avertisseurs d’incendie à la maison Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Walton, à Bruxelles. — Nous avons vu souvent des porte-crayons avec tuyau taraudé à l’intérieur pour y visser un crayon quelconque; adressez-vous à M. Bac, 64, boulevard de Strasbourg; MM. Blanzy, Poure et Ci0, 107, boulevard Sébastopol; M. Mougenot, 6, rue Etienne-Marcel, ou M. Pennellier, 437, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. J, Maux, à Montpellier. — Il faudrait nous donner quelques indications sur ce produit; autrement il nous est impossible de le trouver.
- M. le comte del \alle, à Madrid. — M. II. Moissan a publié en 1897 un ouvrage sur « Le four électrique », à la librairie Steinheil, 7, rue Casimir-Delavigne, à Paris.
- M. G. de Lesseux. — Nous n’avons pas les noms des pépiniéristes ; mais noiis pensons que les adresses données suffisent.
- M. G. Mercier, à Neuilly-sur-Seine. — Vous pouvez demander ce renseignement chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — 1° Nous ne pouvons pas toujours nous procurer les renseignements que nous désirons. — 2° La* machine d’Orléans sera bientôt examinée ici. — 5° Les descriptions que vous demandez sont trop spéciales et ne peuvent convenir qu’à un journal technique.
- M. de Placellière, à Paris. — Les solutions de chlorhydrate d’ammoniaque concentrées ou très aqueuses ne donnent lieu qu’à une formation peu importante de cristaux; une solution de 2 à 3 pour 100 convient très bien. 11 ne faut pas oublier que l’amalgamation du zinc empêche, dans une grande mesure,, l’adhérence des cristaux.
- M. R. Homo, à Ronfleur. — Nous avons indiqué, dans les. a Recettes et procédés utiles », 1” série, à la librairie Masson, que l’on pouvait détruire les blattes à l’aide de poudre de py-rèthre ou de pâte phosphorée.
- M. Ch. Eicheberger, à Bordeaux. — Notis avons décrit le* puits artésien du bois de Vincennes dans le n° 1438 du 15 décembre 1900, p. 37. A cette époque, pour tous renseignements, il fallait s’adresser à MM. Dumont, Gondin et Cio, concessionnaires en France'des procédés de forage de la Compagnie-américaine Oil Well Supply C°, 52, rue du Petit-Chàteau, à Charenton-le-Pont (Seine).
- M. H. Monnot, à Chaudoc (Cocliinchine française). — Nous, n’avons pas sur cette drague d’autres renseignements que ceux qui ont été publiés dans l’article. Mais pour des dragues vous pouvez vous adresser à M. G. de Mocomble, 83, boulevard Magenta, àM. Massalski, 9, boulevard Malesberbes, ou à M. Jandin, 44, rue d’Amsterdam, à Paris. .
- M. Ravery, à Irigny (Rhône). — L’adresse que vous demandez est la suivante *. Société des accumulateurs « Invicta », 5, rue Devès, à Neuilly-sur-Seine.
- Accusés de réception. — Avis divers. — h. Ruraux, k Poitiers. Il est nécessaire de faire faire une étude complète par un ingénieur compétent. — M. D, V., à Paris. Il y a erreur dans vos calculs: le résultat n’est pas possible. — M. L. P., à X. ; M. R. L.,j à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 3° série à la librairie Masson et Cie. — M. P. G., à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour polir l'ivoire. — On le frotte d’abord avec un linge de laine chargé d’une pâte faite de bol d’Arménie et d’acide' oléique, puis on lave au savon de Marseille, on sèche, on frotte à la peau de chamois, enfin on donne le brillant final avec un' vieux morceau de soie. Si l’ivoire présentait des rayures, on. pourrait les faire disparaître au moyen de rouge d’Angleterre étendu sur un linge, ou même avec un casson de verre, si les rayures sont un peu profondes. Dans les parties en creux des. objets d’ivoire, on fait pénétrer la pâte au moyen d’une vieille brosse à dents.
- Peinture préservatrice. — C’est une composition allemande qui rend, paraît-il, de bons services, aussi bien pour la pierre que pour le bois, le ciment, etc., surtout quand on veut lutter contre les effets délétères d’une atmosphère humide. On la compose de chaux vive, de craie, de couleurs minérales, de; térébenthine, de galipot, de résine, de benzine et d’huile de lin bouillie. Disons (sans pouvoir donner malheureusement tout le secret de la préparation), qu’on commence par mélanger chaux, craie et couleurs avec la térébenthine; puis on en fait une pâte en y incorporant l’huile de lin, ce qui suppose que les proportions d’éléments solides sont assez élevées. On écrase finement cette pâte et enfin on y ajoute les résines dissoutes-au préalable dans de la benzine.
- Colle pour enveloppes. — Les enveloppes sont souvent enduites de colle assez mauvaise, alors qu’il importe essentiellement que cette colle assure une adhérence parfaite et rapide. Voici la formule employée par l’Administration des Postes américaines, et qu’on donne comme excellente. On fait dissoudre 1 partie de gomme arabique dans un peu d’eau, puis on ajoute 4 parties de sucre et ensuite 1 partie d’amidon. On fait bouillir quelques minutes, ce qui assure la dissolution de l’amidon, et l’on donne la consistance voulue en additionnant d’eau.
- Encre pour écrire sur le celluloïde. — On prend 100 parties d’acétone, et, dans une portion seulement dp ce dangereux liquide, on met dissoudre 10 parties de chlorure de fer, tandis ue dans le reste on fait une dissolution de 15 parties de e tanin ; il n’y a plus ensuite qu’à mélanger.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifioues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de ta livraison.
- p.54 - vue 486/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PHOTOGRAPHIE
- Allumage électrique de la poudre éclair.
- Les petites lampes de poche, à pile sèche, dont nous avons donné une description dernièrement ont suggéré l’idée d’utiliser le courant électrique pour allumer les poudres destinées à la photographie au magnésium. On a toujours le courant à sa disposition et il suffit de dévisser l’ampoule de la lampe à incandescence et de le remplacer par un bouchon à vis qui termine un fil souple ; dans ces conditions le bouton qui sert habituellement à produire la lumière, fermera le circuit sur le dispositif d’allumage. Celui-ci est constitué, dans le procédé de M. Alexandre, par un petit fil de platine très fin qui est fixé à deux bernes montées à la partie inférieure de sa lanterne en acordéon. On met la cartouche de phébusine sur le support qui lui est destiné et qui se trouve à environ 3 centimètres du fil de platine ot on relie l’un à l’autre au moyen d’un fil
- Allumage électrique de la poudre à éclair magnésique. En haut dispositif de M. Alexandre.
- de fulmi-coton. Par suite de cette disposition le fil de platine n’est pas en contact direct avec la flamme et peut durer longtemps.
- Dans un autre système qui est construit à l’étranger, et dont M. Lehmann est le dépositaire à Paris, on peut utiliser une poudre quelconque. On livre, avec le support et le fil souple, de petites cartouches vides, en carton garnies au fond d’un fil très fin dont les extrémités se replient à l’extérieur. Quand on met la cartouche en place, dans son support, ces extrémités viennent en contact avec deux ressorts qui sont reliés au fil conducteur. Le courant sera établi quand on appuiera sur le bouton de contact de la lampe et le fil fin en pendant enflammera la poudre qu’on aura versée dans la cartouche.
- Il est clair qu’il ne faut employer que'des poudres composées, car la poudre formée de magnésium seul ne brûle que dans une flamme ; elle ne permet du reste pas l’instantané comme les poudres qui comprennent un mélange de magnésium. — Les appareils décrits se trouvent chez M. Alexandre, 55, rue Blanche et chez M. Lhemann, 12, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Publication de la Société de Géographie (sur le legs Renouât desOrgeries). Documents scientifiques de la Mission Saharienne. Mission F oureau-Lamy. D’Alger au Congo par le Tchad, par F. Foureau. Premier fascicule. Paris, Masson et Cie. 1903.
- Au {joint de vue scientifique la mission Foureau-Lamy a été la plus importante de toutes les expéditions organisées depuis longtemps au Sahara. Aussi ne saurait-on trop louer M. Foureau d’avoir entrepris la publication de l’énorme moisson d’observations qu’il a recueillies dans un superbe, ouvrage digne de lui et de la grande œuvre à laquelle son nom restera attaché. Le premier fascicule qui vient de paraître comprend les documents astronomiques et météorologiques. A la connaissance du climat du Sahara, M. Foureau apporte une très importante con-
- tribution remplie de faits nouveaux. C’est ainsi que ses observations indiquent en hiver un creusement des isotneimes vers le sud, dans l’Aïr, contrairement aux hypothèses jusqu’ici admises, tandis qu’en mai et juin, dans cette même région, la température moyenne, réduite au niveau de la mer, dépasserait probablement 38° et serait ainsi le maximum absolu de toute la terre. Ces deux faits montrent l’intérêt de la publication de M. Foureau. Dans les autres chapitres on relèverait nombre d’observations nouvelles non moins importantes discutées avec soin et qui font de cette publication une œuvre fondamentale pour l’étude du Sahara Ch. R.
- Traité d’analyse des substances minérales, par Adolphe Carnot, membre de l’Institut, inspecteur général des Mines, directeur de l’Ecole supérieure des Mines. Tome II. Métalloïdes. 1 vol. grand in-8°. Vve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 25 francs.
- Le premier volume de cet ouvrage a été consacré à l’exposition des différentes méthodes qui sont appliquées à l’examen qualitatif et à l’analyse quantitative des substances minérales. Le second volume comprend l’étude analytique des éléments appelés a métalloïdes », par opposition aux « métaux » qui seront étudiés dans la suite. L’auteur a jugé bon d’élargir un peu la catégorie assez élastique des « métalloïdes », pour y faire entrer, à côté des éléments ainsi désignés depuis longtemps, non seulement quelques éléments analogues récemment dècouveiis, mais aussi plusieurs éléments rares, que leurs propriétés ou celles de leurs principaux composés rapprochent incontestablement des métalloïdes classiques : tels le titane, le tungstène, le molybdène, le vanadium, etc-.
- L’étude de chaque élément forme un chapitre distinct, où sont exposés successivement son état naturel, ses propriétés et .celles de ses principaux composés, mais plus particulièrement de ses composés hydrogénés ou oxygénés. Leurs caractères distinctifs et les procédés de recherche qualitative, appliqués à des quantités plus ou moins notables de l’élément, sont ensuite examinés avec plus de détail. Il en est de même des méthodes de dosage, méthodes pondérales volumétriques ou calorimétriques, ainsi que les méthodes de séparation entre l’élément étudié et ceux dont l’étude a été faite antérieurement.
- Nos pêcheurs de haute mer, par A. Acloque. 1 vol. in-4. Maison Alfred Marne et fils. Tours.
- Intéressant volume que vient de publier notre collaborateur et qui dans peu de jours sera de saison. Les renseignements sont nombreux et de nature à captiver l’attention des lecteurs et à les instruire.
- Traité théorique et pratique de métallurgie générale, par L. Baiiu, ingénieur en chef des mines. Tome I. Éléments et produits des opérations métallurgiques. 1 vol. in-8. Paris, librairie polytechnique, Ch. Béranger, 1904.
- Les motetirs à essence pour automobiles, par L. Marchis, professeur adjoint de physique à la Faculté des sciences de l’Université de Bordeaux. Leçons professées en 1903-1904. 1 vol. grand in-8°. Vve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 15 francs; broché, lêfr,50 cartonné.
- Du choix d’une carrière industrielle, par Paul Blancarnocx, ingénieur, publiciste. 1 vol. in-8°. Vve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 7tr;30.
- Les sous-marins et la prochaine guerre navale, par II. Noal-hat, 1 vol. in-12, Paris, Berger-Levrault et Cie, éditeurs. Prix : 3fr,50.
- Manuel de l’ouvrier monteur électricien, fpar J. Laffargue, ingénieur électricien. 1 vol. in-10. 7e édition. Paris, Bernard Tignol, éditeur. Prix : 10 francs. 1904.
- Il y a un an à peine que nous annoncions la sixième édition de ce manuel; voici aujourd’hui la septième. Les éditions, se suivent et continuent à être bien accueillies des électriciens.
- Annuaire de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. 1904. Soixantième année.
- 1 vol. in-16, Bruxelles. Hayez, imprimerie de l’Académie royale de Belgique.
- Les câbles sous-marins. Travaux en mer, par A. Gay, ingénieur à la Société industrielle des téléphones. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire. Librairie Gautier-Villars. Paris. Prix : broché, 2rr,50; cartonné : 3 francs.
- Brasserie et Malterie, par P. Petit, professeur à l’Université de Nancy, directeur de l’Ecole de brasserie. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1904. Prix : 12 francs.
- Les animaux domestiques. Histoire naturelle, sous la direction de Gos. de Voogt, livraisons V et VI. E. Flammarion, éditeur. Paris. Prix par livraison : 0fr,75.
- Histoire naturelle de la France, 5e partie. Oiseaux, nouvelle édition, par E. Deyrolle. 1 vol. in-18. Les fils d’Emile Deyrolle, éditeurs à Paris. Prix : 5fr,50.
- p.55 - vue 487/536
-
-
-
- 56
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Observatoire magnétique et météorologique de Zi-Ka-Wei (Chine), fondé et dirigé par les missionnaires de la Compagnie de Jésus. Bulletin des Observations. Tome XXVII. Année 1901. Chang-Hai, Imprimerie de la Mission catholique. 1903.
- Terrassements des parcs et jardins, par Le Bourlay, conducteur-paysagiste. 1 vol. in-8°. E. Bernard, éditeur à Paris.
- Results of international magnetic observations mode duritig the total solar éclipsé of may 18, 1901, including results
- obtained during previous total solar éclipsés, by L. A. Bauer (Extrait du Terreslrial magnetism and atmospheric Electricity for december, 1902). 1 broch. in-8®.
- Uganda et Est Africain, par M. le Mu de Nadaillac. Extrait'de la « Revue des questions scientifiques », opuscule in-8° de 47 pages. Imprimerie Polleunis. Louvain.
- Sind die Grundlagen der heutigen astronomie, physik, che-mie, haltbar? par le Dr L. Harperath, professeur de chimie. 1 broch. in-8°. Berlin, 1903. Librairie Mayer et Müller.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 février . . 7»,9 W. 3. Couvert. 0,3 Couv. ; pluie à 1 h.
- Mardi 23 5°,0 N. F.. 5. Couvert. » Nuag. le matin ; beau le soir.
- Mercredi 24 90 9 N. E. 3. Beau. » Gelée bl. ; beau le matin ; nuag. le soir.
- Jeudi 25 90 () N. E. 5. Beau. 0,0 Gelée bl. ; nuag. le matin ; couv. le soir ; grains de ne’ge à 14 h.
- Vendredi 26 — 3°,0 N. 1. Couvert. » Gelée blanche ; très nuageux.
- Samedi 27 — 1®,3 N. E. 2. Couvert. » Très nuageux.
- Dimanche 28 .... — 3° ,3 N. 3. Très nuageux. 0,0 Gelée bl. ; très nuag. ; grains de neige.
- FÉVRIER 1904. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 FÉVRIIR.
- * La courba supérieure indique In nébulosité de 0 ci 10; les flèches inférieures, In direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri & boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- I
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Un tremblement de terre a eu lieu le 2i février, dans la soirée, à Magliano di Marsi, eu Italie; un certain nombre de maisons ont été endommagées. Les dégâts ont été plus considérables dans le village voisin de Rosciolo. Le 25 février, dans la matinée, un tremblement de terre s’est produit à Avezzano; la même secousse a été ressentie à la Rocca-di-Papa et à Velletri. Le même jour, à 8 heures du soir, un tremblement de terre e été signalé à Modène, à Florence et à Urbine, et enregistré par tous les Observatoires.
- Dans la nuit du 27 au 28 février, à 2* 46“ du matin, un tremblement de terre a été ressenti à Déjà, eu Tunisie ; l’oscillation s’est produite de l’ouest à l’est.
- Deux secousses de tremblement de terre ont eu lieu le 28 février à Velez Rubio (Espagne), à 20 minutes d’intervalle ; elles ont coïncidé avec la chute d’une grande quantité de neige.
- ^ li» crue de la Seine. — La crue de la Seine, que nous avons signalée dans notre précédente « Chronique météorologique » est en décroissance. Le 25 février, le niveau des eaux ne s’est élevé que de 4 centimètres au lieu de 10 centimètres comme le 21 février. Du 24 au 25 février, l’élévation des eaux n’a été à Paris que de 2 centimètres; à l’échelle du Pont-Royal, la cote était de 5“,17. Les 26 et 27 février, la baisse de la Seine a continué, et les bateaux parisiens allant à Suresnes et allant d’Auteuil à Charenton ont repris leur service.
- Inondations. — Dans la semaine de 22 au 28 février, une série d’inondations ont eu lieu à la suite de pluies abondantes. Le 22 février, à Nersac, près d’Angoulèine, le pont de Lameure s’est effondré en partie sous la poussée de la crue de la Charente. Les inondations ont également causé de grands dommages dans les marais salants de l’ile d’Olérou. A Clermont-Ferrand, certaines rivières ont encore donné des inondations.
- Le 24 février, de grandes inondations ont ravagé tout le pays aux envi-
- rons de Tripoli ; les dégâts ont été considérables, des quartiers entiers ont disparu entièrement. Les eaux descendaient des montagnes de Tarhouna et ravageaient tout sur leur passage.
- Iie iempst. La température. — Le 22 février, des neiges et des pluies sont tombées sur la moitié nord de l’Europe; en France, on a recueilli 7 mm d’eau à Charleville, 5 mm à Rrest, 3 mm à Nantes. La température s’est abaissée dans le nord et le nord-ouest de l’Europe ; à 7 heures du matin, le thermomètre marquait 8° à Paris, —12° à Carlstadt, —9° au mont Mounier, — 3° au pic du Midi, 11° à Alger. A Paris, la température moyenne a été de 7°,7, supérieure de 3'’,8 à la température normale. Le 23 lévrier, des neiges et des pluies ont encore été signalées ; il est tombé 3 mm d’eau à Besançon, 2 mm à Toulouse et 2 mm à Bordeaux. La température s’est abaissée ; le matin, on notait Z1* à Paris, — 4° au puv de Dôme et — 8° au pic du Midi. La température moyenne à Paris descendait à 2°,7, et était inferieure de 1°,2 à la normale. Le 24 février, la température le matin était de — 2° à Paris, — 5° au pic du Midi, —10° au puy de Dôme, —15° au mont Mounier. Le 25 février, la température s’est encore abaissée. Le 26 février, des neiges et des pluies sont tombées vers la mer Baltique, le centre et le sud du continent ainsi que dans le nord des Iles-Britanniques; il a plu à Lyon (6 mm) et à Brest (1 mm). On a noté le matin —7° à Clermont, — 3° à Paris, — 11* au pic du Midi; —13° au mont Ventoux et —15° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été 0®. Le 27 février, on a recueilli 10 mm d’eau à Brest, 2 mm à Cherbourg et 6 mm à Biarritz. La température a été le matin de —8° à Belfort, et'de —1° à Paris; la température moyenne à Paris, a été de —0°,6, inférieure de 4°,8 à la normale. Le 28 février, on a signalé de la neige au Ballon de Servance ; la température a été le matin de — 3° à Paris. — 2° à Toulouse et de —16° au pic du Midi. Dans la matinée, vers 7 heures à Paris, quelques petites averses de neige grenue sont tombées.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 24 à 11 h. 18 m. du matin.
- p.56 - vue 488/536
-
-
-
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— L’Académie des sciences de Berlin vient d’élire correspondant M. Henri Becquerel de l’Institut de France.
- —îlt— A la Sorbonne M. Fernbach, docteur ès sciences, préparateur de chimie, est délégué, du 1er mars au 31 mai, dans les fonctions de chargé du cours de chimie biologique, en remplacement de M. Duclaux, en congé pour raison de santé.
- —Le ministre du commerce, sur la proposition du sous--secrétaire d’Etat des postes, Vient, d’accord avec le ministre de la «narine, de faire rendre un décret aux termes duquel les stations «de télégraphie sans fil, installées sur divers points du littoral pour les besoins exclusifs du service de la marine, vont être cédées à l'administration des postes et des télégraphes. Celle-ci devra prendre l’avis du département de la marine pour le choix des emplacements des postes côtiers de télégraphie sans fil qu’elle se propose d’exploiter. Aucune concession à des particuliers de poste de télégraphie sans fil sur les côtes ne pourra être accordée par le ministre du commerce sans avoir reçu au préalable l’assentiment du ministre de la marine.
- —— Nous apprenons avec regret la mort de M. Aristide Bergès,
- netier à Lancey, décédé à l’àge de 71 ans. M. Bergès s'était établi anccv (Isère). Il fut le promoteur en France de l’utilisation des hautes cïiutes de montagne pour la force motrice. C’est à lui que l’on doit l’expression significative de « houille blanche » pour désigner la puissance motrice des torrents. Il capta une première chute d’eau à 200 mètres et continua toujours en élevant de plus en plus l’altitude ; il obtint ainsi successivement des puissances de 500, 3000 et 4000 chevaux. C'est en 1800 que M. Bergès vint à Lancey : déjà en 1867 M. A. Fredet avait établi une première chute de 160 mètres de hauteur à Brignoud. En 1889, des propriétaires riverains du ruisseau de Yorz, que M. Bergès avait dérivé en partie, lui intentèrent un procès, et, le 5 avril 1900, le tribunal civil de Grenoble, leur donnant gain de cause, condamna M. Bergès à supprimer tous les ouvrages d’art qu’il avait édifiés sur le torrent et à rendre les eaux à leur cours naturel. Mais, quelque temps après, la cour d’appel de Grenoble, après plaidoirie de M® Cruppi, infirma ce premier jugement.
- —— La 35e session de la Société des Agriculteurs de France a eu lieu du 1" au 8 mars au siège de la Société, 8, rue d’Athènes. Dans son discours d’ouverture, le marquis de Yogüé a constaté que les faits nouveaux étaient rares dans l’histoire agricole des douze mois écoulés. Prise dans son ensemble, la récolte a été satisfaisante, sinon toujours en qualité, du moins en quantité; malgré cette abondance relative et grâce à l’infériorité des récoltes étrangères, les cours des principaux produits ne se sont pas abaissés. Un seul des produits du sol a subi une baisse sérieuse, c’est la betterave que les fabricants de sucre ne peuvent plus acheter à un prix rémunérateur pour le cultivateur, depuis que le prix du sucre s’est abaissé par suite de l’application du nouveau régime sucrier. M. de Vogué a recommandé à ses auditeurs de s’efforcer de développer la consommation du sucre qui peut entrer avec profit dans l’alimentation ordinaire des petits ménages, servir aussi utilement à l’ali-mentatioh des animaux et être employé en brasserie. Après avoir examiné les questions d’ordre purement professionnel, le président de la Société a dit un mot de l’enseignement libre agricole dont on craint la disparition.
- —d*— La Commission du Yieux-Paris a continué, avec succès, les fouilles entreprises près du Collège de France, à l'effet de déterminer les ruines gallo-romaines rencontrées au cours des travaux d’égout effectués en 1895 et en novembre 1895. Les premières fouilles exécutées à l’aide de puits de reconnaissance avaient montré que les ruines provenaient d’un monument comprenant une grande
- salle circulaire d’environ 18 mètres de diamètre, flanquée de deux autres salles dont on avait retrouvé des parties d’hémicycles. Un sixième puits, creusé au milieu de cette vieille rue de Paris qui s’appelle la rue Fromentel, a donné des résultats fort importants. A 4m,75 au-dessous du pavé, on a rencontré tout d’abord une aire bétonnée qui constitue encore le sol d’une cave de la maison qui porte le ri° 1 de la rue Fromentel, puis des murs circulaires, dont les faces principales sont parallèles au grand mur. Le puits de reconnaissance a abouti au croisement d’un couloir de 85 centimètres de largeur qui semble devoir entourer le monument, et d’un couloir moins large qui aboutit à une salle d’environ 11 à 12 mètres de diamètre. A gauche de ce second couloir on trouve, encore en place, les bases de trois piliers de briques carrées qui sont la caractéristique des chambres de chauffe, ou hypocaustes, des thermes romains. Cette découverte indique nettement la destination de cette partie du monument; c’était la chambre de chauffe de la grande salle de sudation, appelée communément laconicum. Les amoncellements de suie trouvés dans la niche le prouvent également.
- —On peut voir depuis quelques jours, rue Lafayette, l’hôtel du « Petit Journal » éclairé chaque soir à l’aide d’un puissant projecteur à acétylène. La lumière, équivalant à celle d’un arc électrique, est produite par le chalumeau acétylénique Fouché, dont le dard est projeté sur un bloc de chaux; mais la chaleur fournie par la combustion de l’acétylène est tellement puissante qu’il se produit, en une ou deux minutes, une excavation profonde dans le bloe de chaux qu’on est obligé, pour cette raison, de faire tourner d’une façon continue. Ce résultat est obtenu automatiquement par un mouvement d’horlogerie. Cette nouvelle application de l’acétylène constitue un progrès parce qu’elle permet d’obtenir, à défaut d’électricité, un foyer lumineux d’une extrême puissance.
- —— Un remorqueur comme on én voit peu. Nous n’osons dire que c’est le plus grand qui ait jamais été construit, car il faut toujours se défier de la précision de ses souvenirs : mais à coup sur il est tout à fait exceptionnel. Il n’a pas en effet moins de 96,60 mètres de long pour une largeur de 18,60 mètres. Son creux est seulement de 2,13 mètres, et cela s’explique par ce fait qu’il est destiné à remorquer de longs convois de chalands charbonniers sur le -Mississipi, où le tirant d’eau est généralement minime et irrégulier. Il est doté d aubes placées tout à fait à l’arrière de sa longue coque, qui est renforcée par des cloisons longitudinales, ses chaudières étant à l’avant et sa machinerie à l’arrière.
- —Il paraîtrait qu’on se préoccupe d’adopter la traction électrique sur les lignes de l’Arlberg, et également sur les nouvelles lignes des Alpes, entre Yillach et Trieste par Gorz ; pour l’Arlberg notamment on n’aurait pas de peine à trouver des chutes d’eau pour installer des usines hydro-électriques fournissant le courant nécessaire. ,
- —Ag— Le Syndicat d’initiative du Dauphiné a relevé, au cours de ces dernières années, le nombre des automobiles qui ont franchi le col du Lautaret. La progression est remarquable : En 1900, 34 voitures; en 1901, 155 voitures; en 1902, 1008 voitures. En 1903, ce dernier chiffre n’a pas été atteint, probablement par le fait dù mauvais temps qui, pendant cette dernière saison, a été beaucoup plus fréquent dans la région dauphinoise.
- —5K— Une éruption volcanique s’est produite à File de la Grande-Comore, dans l’Océan Indien, depuis le 25 février, et durait encore à la date du 3 mars. Les laves sortaient par trois cratères éloignés les uns des autres à une hauteur de 1000 mètres environ.
- —L’inventeur de la carte postale illustrée vient de mourir à Nuremberg. C’était un peintre bavarois du nom de François Bo-rich. En mars 1872 il fit publier chez l’éditeur J.-H. Loeber, à Zurich, des cartes postales reproduisant des gravures de sa main.
- 15
- p.57 - vue 489/536
-
-
-
- 58
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. L. D., à Colombes, nous envoie une plaque d’un nouvel accumulateur à oxydes. Cette plaque est formée d’une série de trous très rapprochés, dans lesquels on place les oxydes. Cette disposition aurait donné des premiers résultats avantageux.
- Renseignements. — M. Bertrand, à Paris. — Pour la recherche d’un brevet, il faut vous adresser à une agence de brevets.
- M. Grinand, à Melun. — Adressez-vous à la Compagnie pour la fabrication des compteurs, 18, boulevard de Yaugirard, à Paris.
- Mme A. G., à Paris. — Nous avons donné la description du tourne-pages de musique que vous demandez dans les « Petites Inventions » du n° 1472 du 10 août 1901.
- M. Lurand, à Paris. — Nous avons décrit la règle à calcul circulaire dans le n° 1480 du 5 octobre 1901, p. 298; le constructeur était M. Pouech, 514, rue des Pyrénées.
- MM. Rilto et C‘% à Buenos-Aires. — Pour tout ce qui concerne le nettoyage par l’air comprimé, que nous avons décrit dans le n° 1594 du 12 décembre 1905, p. 24, il faut s’adresser à la Compagnie française de nettoyage sanitaire par l’air comprimé, 64, rue Taitbout, à Paris.
- M. Henri Auclcrt, à Montmarault. — Vous trouverez ces ouvrages à la librairie V,e Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à P.:ris.
- M. H. V. D. B., à Anvers. — 1° Il faut vous adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris; nous ne nous occupons pas des annonces. — 2° Les disques et les cylindres donnent également de bons résultats.
- M. Ballot, à Chàteaudun. — Ainsi que nous l’avons dit en tête de la « Boite-aux-Lettres » du n° lo47 du 17 janvier 1905, pour tous les renseignements concernant la maïsine, dont il a été question dans le n° 1545 du 5 janvier 1905, p. 74, il faut s’adresser directement à M. 11. Labbé, 50, rue du Luxembourg, à Paris, l’auteur des recherches sur ce nouveau produit.
- M. A. Marion, à Marseille. — Votre lettre a été envoyée à destination, selon votre désir.
- M. A. Degruelle, à Paris. — Pour tout ce qui eoncerne ce produit, renseignez-vous auprès de l’auteur de l’article, 5, rue de la Santé, à Paris.
- M. A. B., à Dijon; M. Fèraud Girame, k Gray ; M. P. Phi-louze, à Rennes. —Pour les attelages élastiques dont nous avons parlé dans le n° 1605 du 27 février 1904, p. 198, il n’existe pas encore de fabricant spécial. Vous pourriez vous adresser à M. Marey, 11, boulevard Delessert, à Paris, ou peut-être encore à MM. Machart et Ferrus, capitaines au 19e d’artillerie, à Yincennes.
- M. Edmond La Brie, à Roques. — Le problème est très complexe. Vous pourriez sans doute employer une solution légèrement gommée; mais votre microbicide n’aura peut-être plus d’action.
- M. le G1 Navel, à Lille. — Nous pouvons vous indiquer l’ouvrage de M. Gadeau de Kerville « Les animaux et les végétaux lumineux », à la librairie Baillière, rue Ilautefeuille. Prix : 3fr,15.|
- M. D. Juplice, à Houdouviile. — 11 suffit d’écrire à M. le secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine, rue des Saints-Pères, à Paris et d’envoyer des échantillons.
- M. Henri Tolmone, à Turin. — Nous avons reçu votre lettre et vos diverses communications; tous nos remerciements.
- M. F. L., à Anvers. — On peut obtenir des gros blocs de fibre à fibre par le collage à la colle de poisson ; il faudrait essayer cette même colle pour le collage sur la tôle galvanisée. Les « Recettes de l’Electricien » de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie donnent de nombreux détails sur la fibre vulcanisée.
- L'abonné 4973-5565, à Constantinople. — 1° Si l’eau à séjourné quelque temps dans les chéneaux d’une toiture, elle n’est plus bonne à boire ni acceptable pour l’usage de la cuisine à moins qu’elle ne soit bouillie. — 2° Nous avons donné dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 5e série, p. 65, un insecticide que l’on emploie à l’aide d’un vaporisateur contre les punaises.
- M. R. M., à Rennes. — Nous avons donné dans le petit livre des « Recettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie, plusieurs formules d’encre indélébile pour écrire sur le zinc.
- M. E. Y., à Paris. — Adressez-vous à la maison Relier et Cie, 18 bis, cité Trévise, à Paris.
- M. G. P., à Périgueux. — La chambre obscure portative de M. le commandant Hardy est fabriquée par M. Lapierre,. 58, quai Jemmapes, à Paris.
- M. Gohier, à Lunéville. — Ces deux ouvrages sont édités par la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. J. Gay, à Montbéliard. —Les piles sèches sont ordinairement faites avec des piles Leclanché, à agglomérés, dans lesquelles on a immobilisé le liquide soit dans du papier buvard,, soit dans du cofferdam ou autre substance analogue.
- M. Ortany, à Bruxelles. — Vous pouvez boucher ce trou à l’aide de gutta-percha.
- M. E. T., à X. — Il est nécessaire de faire faire par un chimiste une analyse complète de la substance.
- M. Bory, à Courbevoie. —Pour dégraisser un cheveu ou un crin, on emploie une solution de carbonate de soude.
- M. P. Leroy, à Paris. — Une peinture au goudron vous donnera toute satisfaction.
- M. G. V., à Lille. — Le siège de la Société des Ingénieurs-civils est 19, rue Blanche, à Paris.
- M.D. L., à Paris. — Ces appareils se trouvent à la Compagnie des compteurs, 18, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- M. Numa Petersons, à Stockholm. — M. Ruhmer, l’inventeur du photographophone que nous avons décrit dans le n° 1600 du 25 janvier 1904, p. 127, habite Berlin ; nous n’avons pas l’adresse exacte.
- M. H. Talio, à Genève. — Nous pensons que vous pourriez vous adresser directement à M. le Directeur du service de l’assainissement de New-York.
- M. L. V., à Fraisse. — Vous pouvez employer l’essence de térébenthine ou la benzine.
- M. Duland, à Paris. — Le manographe, qui a été décrit dans le n° 1495 du 4 janvier 1902, p. 69, se trouve chez M. J. Carpentier, ingénieur-constructeur, 20, rue Delambre, » Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lefranc, â Paris. Il est nécessaire de démonter entièrement l’appareil et de visiter chaque pièce en détail. — M. G. Dumont, à Nancy. Nons-vous conseillons de consulter un chimiste. — M. Lebrun, à Paris; M. L S., â X. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 5e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Perant, à Lille. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la meme librairie. — M. P. D., à V. Remerciements pour votre communication.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Solidification des hydrocarbures. — M. A.-H. Cronemeyer donne la recette comme s’appliquant du moins à certains hydrocarbures. A 50 parties de l’hydrocarbure à solidifier, on ajoute
- 1 partie de soude caustique, 1,5 d’eau, 5 d’alcool, autant de stéarine, et 2,5 de colophane.
- Nouvelle colle liquide. — On la compose de 5 parties de glu, d’autant de gélatine, de 4 parties d’acide acétique, de
- 2 d’eau, avec addition de quelques pincées d’alun; on fait chauffer pendant six heures, on écume, puis on ajoute une partie d’alcool.
- Parfum à la rose pour sachets. — Prendre 200 parties de racine d’iris pulvérisée, puis 600 parties de feuilles de roses, 100 de bois de santal, autant de patchouli, et additionner Finalement de 5 parties d’essence de géranium et de 2 d’essence de rose.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.58 - vue 490/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 59
- PETITES INTENTIONS1
- Appareil pour embrayage automatique. — On sait tous les services que rendent les embrayages automatiques; aussi croyons-nous utile de décrire le nouvel appareil qui nous a été soumis récemment. Il se compose d’un plateau A sur lequel est fixée à l’aide de boulons une couronne bi-conique B, et de deux disques coniques C et D rendus solidaires l’un de l’autre par des tiges d’entraînement N. Au centre se trouve une vis E, à pas contraires, que l’on aperçoit en pointillé sur la figure ci-jointe ; la rotation dans un sens ou dans un autre de cette vis autour de l’arbre M produit l’éloignement ou le rapprochement des disques C et D qui forment écrous. A gauche est montée une poulie à gorge plate F clavetée sur la vis E ; cette poulie forme intérieurement barillet et renferme un ressort spirale qui la rend élastiquement solidaire du disque D et par- suite de l’arbre M. Deux clavettes L à 90° rendent le disque C solidaire de l’arbre M tout en lui permet-
- Embrayage automatique de sùieté.
- tant un mouvement longitudinal. La vis E est butée à droite
- }>ar les clavettes L et à gauche par la clavette K. Une bague I est maintenue appliquée contre la vis par un ressort à boudins R; les surfaces E et II qui se trouvent en contact sont munies de dentures formant griffes. Supposons une poulie clavetée à droite sur le moyeu du plateau et entraînant l’arbre M par l’intermédiaire de la couronne B et des plateaux Cet D. A l’aide d’une bande de frein enveloppant la poulie plate F, on diminue par frottement la vitesse angulaire de cette poulie. U en résulte une rotation de la vis E par rapport à l’arbre M et un débrayage immédiat, les deux disques C et D s’écartant l’un de l’autre. Ce débrayage est rendu définitif par l’intervention automatique des griffes inverses existant au contact de E et de H. Pour remettre l’arbre M en marche, il suffit de repousser vers la gauche la bague H ; la vis E est rendue libre et revient à sa première position, sous l’action du ressort spirale. Telle est en quelques lignes la description de ce nouvel embrayage qui permet un système de verrouillage automatique de sûreté et un système de freinage automatique à l’arbre après débrayage. — Pour tous renseignements, s’adresser à M. H. D. Loria, ingénieur à Orchamps (Jura).
- Cuillère auto-dégraisseuse. -— Cette nouvelle cuillère a pour but de permettre de séparer facilement dans une sauce la partie maigre de la partie grasse. Elle est simplement formée d’une cuillère ordinaire dans laquelle se trouve un trou dans lequel vient s’emboîter une tige formant soupape. Cette
- Cuillère auto-dégraisseuse.
- tige est commandée par une lame-ressort placée à la partie supérieure, comme le montre la figure ci-jointe. Cette cuillère est d’un nettoyage facile, car elle se démonte et se remonte très aisément. — La cuillère auto-dégraisseuse se trouve chezM. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Diarrhée infantile.
- La gastro-entérite des petits enfants, alors même qu’elle ne dépend d’aucun trouble organique, d’aucune maladie infectieuse grave, est souvent difficile à guérir. Un des premiers points est de supprimer, autant que possible, toutes fermentations intestinales ; on a recours pour cela au lait stérilisé, à la cessation du régime lacté, même si le lait semble entretenir l’entérite. La diète hydrique amène parfois en deux jours la disparition des troubles intestinaux ; plus de lait, plus d’aliments d’aucun genre ; quelques cuillerées d’eau bouillie toutes les deux ou trois heures, régime frugal, s’il en fût, médication des plus simples et qui fait souvent merveille.
- Les antiseptiques intestinaux du plus vulgaire jusqu’aux plus variés, poudre de charbon ou composés dérivés de phénols, sont en général tous mal supportés par l’intestin des jeunes enfants. Je ne dis pas qu’on doive s’en abstenir toujours, mais dans bien des cas, on détermine un surcroît d’irritation et on n’empêche pas les fermentations.
- Voici un traitement bien simple conseillé par les docteurs Weill, Lumière et Péhu et qui a pour lui la sanction d’une expérience de près d’une année à la clinique des maladies d’enfants. C’est l’emploi de la gélatine ordinaire, naturellement préparée avec soin, car on sait que les gélatines renferment souvent nombre de microbes pathogènes dont un des plus redoutables, le bacille du tétanos. 11 faut donc employer une gélatine purifiée, stérilisée, et dépourvue de tout germe nocif.
- Les médecins lyonnais la préparent ainsi. On fait dissoudre 50 grammes de gélatine blanche dans un demi-litre d’eau bouillie ; la solution est filtrée, puis on la passe à l’autoclave à 120° pendant une demi-heure. Dans ces conditions on peut être assuré que la solution est absolument stérile ; on la verse dans de petits tubes d’une contenance de dix grammes de façon que chacun représente un gramme de gélatine et on remet une série de tubes à l’infirmière ou à la nourrice. A chaque biberon on ajoute un tube, liquéfié au préalable par l’immersion au bain-marie, et deux, trois, quatre doses sont ainsi ajoutées au lait consommé par le bébé.
- Sous l’influence de cette dose qu’on peut élever jusqu’à six, huit grammes, dose maximum et rarement nécessaire, on voit très rapidement la diarx’hée s’atténuer; les selles deviennent moins fréquentes et tendent peu à peu à reprendre leurs caractères normaux de consistance et de couleur. Concurremment l’état général se modifie, les forces reprennent, le teint s’améliore, bref la gastro-entérite se guérit.
- Comment agit la gélatine qui n’avait jusqu’ici été employée que comme hémostatique ? MM. Weill, Lumière et Péhu pensent que ce produit agit sur les ferments, les acides et les sels, en les neutralisant et empêchant la formation des produits toxiques qui entretiennent la diarrhée. Ils appuient cette vue hypothétique sur le résultat d’expériences dans lesquelles ils administraient en même temps que la gélatine un purgatif, eau de sedliz ou calomel. Suivant le moment'où l’on administre les deux produits, les effets sont de tous points différents. Donnez-vous la gélatine et le calomel ou le sulfate de soude en même temps, pas d’effet purgatif ; donnez-vous la gélatine, d’abord, le purgatif ensuite à un même intervalle de temps qui ne dépasse pas une heure, toujours pas d’effet purgatif. Mais si vous renversez l’ordre et si vous donnez la gélatine en second lieu même à assez courte distance, l’efïèt du laxatif se produit. Il semble donc bien qu’il y ait un effet neutralisant.
- Quelle que soit du reste l’interprétation, le fait est là bien démontré, que la gélatine a une bonne action dans les diarrhées infantiles simples ; il n’y a qu’à l’essayer. Dr A. C.
- La lumière comme pansement des plaies.
- La lumière, le grand air sont à eux seuls des médicaments de premier ordre; ils régénèrent les invalides, les surmenés, remontent les convalescents jet rendent aux intoxiqués des grandes agglomérations urbaines un peu de vie et de santé. Le soleil, qui réchauffe les cœurs, verse dans les âmes un peu de gaîté et de bonté, a aussi une action profonde sur les organes défaillants de la pauvre espèce humaine. On sait du reste, par des expériences mille fois répétées, que les microbes sont en général influencés en mal par les rayons lumineux solaires et même artificiels. De là ces méthodes nombreuses de photothérapie pour la cure du lupus, de la tuberculose et d’autres maladies.
- Voici une application plus récente pour la thérapeutique chirurgicale de cette influence médicatrice de l’air et des rayons lumineux. Les plaies bourgeonnantes — et l’ulcère variqueux de la jambe en est le type le plus complet — sont rebelles souvent aux médications les plus variées. Pansements humides, pansements occlusifs, tous donnent des résultats pendant quelques
- p.59 - vue 491/536
-
-
-
- 60
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- jours et puis les bourgeons réapparaissent, la cicatrisation s’arrête. Le Dr Wagner a essayé dans ces cas l’action des rayons solaires et il a constaté que ces plaies, jusque-là réfractaires aux antiseptiques et aux pommades de tous genres, guérissaient finalement toutes seules. La plaie est recouverte la nuit d’une poudre absorbante simple, sous nitrate de bismuth, quinquina ou autre, et dans le jour elle est exposée à l’air sans aucun protecteur.
- Deux facteurs, à mon avis, entrent en jeu dans ce processus réparateur, l’air, l’aération, la ventilation continue de la plaie et la chaleur. Mais il faut reconnaître que la lumière et l’air sont bien les agents vitaux de cette réparation, car il est des périodes où le soleil a fait défaut et où ces plaies se sont réparées tout de même en un temps assez court.
- Dès les premiers jours d’exposition on voit la sécrétion se tarir, les bourgeons charnus se rétracter, s’aplatir ; les bords se tassent et se recouvrent d’un revêtement épithélial, véritable
- épiderme qui gagne de proche en proche et se produit même par îlots au beau milieu de la plaie, comme si l'on avait posé là des greffes épidermiques. En dix, quinze jours des plaies larges de plusieurs centimètres se sont trouvées guéries.
- M. le Dr Bloch, qui a fait de son côté et sans connaître les études de Wagner, des recherches sur ce sujet, a constaté qpie les brûlures, les ulcères, les plaies atones se réparaient avec une rapidité surprenante quand on les expose à la lumière du jour. C’est bien, pour lui, la lumière blanche qui agit, car si on la remplace par de la lumière rouge, on voit le travail de cicatrisation se ralentir et même s’arrêter.
- Jadis on conseillait, pour toutes les opérations, de les pratiquer, autant que possible, à la campagne. On n’y rencontrait pas les milieux infectés des villes, les foyer» microbiens de tous genres. On y avait aussi, un peu plus que dans nos boyaux de rues, dans nos demeures sans ouvertures et trop tassées, de l'air, de la lumière, ces facteurs de la vie et de la santé. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 février . . — i",9 N. 3. Couvert. » Gelée bl. ; couv. le matin ; nuag. le soir.
- Mardi 1" mars . . . - G®,3 N. N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; beau le matin; très nuageux le soir.
- Mercredi 2 - 2°,0 N. N. W. 3. Couvert. 0,8 Gelée bl. ; couv. ; neige jusqu’à 10 h. (1 cm sur le sol).
- Jeudi 3 — 3°,0 E. N. E. 2. Presque couvert. O Gelée bl. ; très nuageux.
- Vendredi 4 — 0®,2 N. N. E. 2. Peu nuageux. )> Gelée bl. ; nuag. jusqu’à 9 h.; presque couv. ensuite; halo solaire.
- Samedi 5 1°,2 E. N. E. 1. Nuageux. » Gelée bl. ; nuag. jusqu’à 15 b.; couvert ensuite; halo solaire.
- Dimanche G 2®,5 E. 0. Très nuageux. 2,9 Pluie le matin; très nuageux.
- FEVRIER MARS 1904. -- SERINE Dü LUNDI 29 FÉVRIER AU DIMANCHE 6 MARS 1904.
- La courba supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direc.ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à T abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre au Pérou. — Un tremblement de terre violent a eu lieu le 4 mars à 5b 20 du matin, à Lima, au Pérou, et a produit des dégâts considérables.
- La neige. — La neige est tombée en abondance dans toutes les contrées pendant la semaine du 29 février au G mars. Le 29 février, on a signalé de nombreuses chutes dans les régions dé l’ouest et du centre en France; à Tarbes, il en est tombé une légère couche dans la nuit du 28 au 29 février. Le 1" mars, à Morlaix, la ueige est tombée sans interruption toute la journée. A Cannes on a signalé également une chute abondante de neige qui a couvert les coteaux aux environs de la ville. A la même date, on a signalé aussi des chutes de neige à Beauvais, à Remireinont, à Perpignan, à Charle-ville, à Roubaix; au ballon de Servance une cantine a été ensevelie sous un moncellement de neige. Dans la nuit du 1" au 2 mars, il a neigé à Paris, à Belfort, à Nancy. Le 1" mars, la neige est tombée sans discontinuer à Bruxelles jusqu’au 2 mars dans la soirée ; toute la journée il a neigé à Madrid. Le 2 mars, depuis midi, la neige est tombée à Perpignan. Le 5 mars, des pluies et des neiges sont tombées dans l’ouest et le sud de la France; on a recueilli 20 mm d’eau à Nice, 3 mm à Perpignan, 1 i mm au Havre,
- 6 mm à Brest. Le 4 mars, des pluies sont tombées dans le sud-ouest de l'Europe; on a signalé de la neige à Limoges et à Toulouse. On a recueilli 25 mm d'eau à Celte, et 8 mm à Lorient. Le 6 mars, il e A tombé 7 mm d’eau au Havre, 5 mm à Paris, 2 mm à Chassiron.
- La température. — Un froid très vif a régné partout dans la semaine du 29 février au 6 mars. Le 29 février, le matin, la température était de — 5° à Paris, — 5° à Limoges, —4® à Toulouse, —20® au pic du Midi, —14° au mont Mounier. A Paris, la température moyenne était de —2°,7, inférieure de 7°,1 à la normale. Le 1" mars, à 7 heures du matin, le thermomètre marquait —8° à Limoges, —6° à Paris. —5° à Bordeaux, —17® au mont Ventoux. La température moyenne à Paris était de — 2®,8. Le
- 2 mars, ou notait le matin — 7® à Gap, — 5® à Toulouse, — 2® à' Paris. Le
- 3 mars, le thermomètre marquait —3° à Paris, —13° au pic du Midi. Le
- 4 mars, la température s’est élevée dans le sud-ouest du continent; elle était le matin de 0® à Paris, 0® à Toulouse, — 1° au puy de Dôme, —6° au mont Mounier. Le 5 mars, on notait le matin 1° à Paris, 10® à Alger, 0® au puy de Dôme et — 6® au mont Ventoux; la température moyenne à Paris a été de 4®,4. Le 6 mars, le thermomètre marquait le matin 3° à Paris, — 6® au mont Ventoux et 10° au pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : P. U. le 2 à 2 h. 37 m. du malin.
- p.60 - vue 492/536
-
-
-
- 1608 (19 mars 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du .journal.
- INFORMATIONS
- —— M. Trouillot, ministre du Commerce, a nommé récemment une Commission chargée d’examiner les modifications à ap-(porter au décret du 10 mars 1894, en vue de garantir plus efficacement, contre les dangers d’incendie, le personnel soumis à la loi •sur l’hygiène et la sécurité dans les ateliers. Cette commission est formée de MM. Lépirie, président; Fontaine, directeur de l’Office du travail au ministère du commerce; Bellanger, colonel des •sapeurs-pompiers; Pray, architecte en chef de la Préfecture de police ; Girard, directeur du Laboratoire municipal ; Laporte, inspecteur divisionnaire du travail; de Prelligny, secrétaire du comité consultatif des arts et manufactures.
- —— Le ministre du Commerce a été autorisé à déposer à la Chambre un projet de loi autorisant la participation de la France ù l’exposition internationale de Liège et prévoyant un crédit de 350000 francs réparti entre les ministères du Commerce, dés Beaux-Arts et des Colonies, pour l’organisation de la section française.
- —Ht— Nous apprenons la mort, à Versailles, de notre collaborateur, M. le capitaine de génie Deburaux qui publia un grand nombre d’articles sous le pseudonyme de « Léo Dex ». Il n’avait que 40 ans. Il était un de nos officiers aérostiers les plus distingués. Dans ces derniers temps, il s’était consacré tout entier à son projet de traversée du Saliara en ballon. II a raconté ici même, l’année dernière, les premiers essais de départ d’un petit ballon convenablement aménagé qui s’éleva de Tunis; malheureusement le ballon fut saisi en route par des vents contraires, et revint vers le nord au lieu de continuer sa route dans la direction prévue. Les expériences devaient être reprises en 1904. M. le capitaine Deburaux laissera autour de lui ue douloureuses sympathies et de grands regrets.
- —Ht— On annonce aussi la mort, à Menton, à l’àge de 65 ans, de M. Jules Garnier, qui explora la Nouvelle-Calédonie et dressa sa carte géologique, et découvrit le minerai de nickel, la garniérite, dont l’exploitation fut le point de départ de la vulgarisation du nickel et une source de richesse pour la colonie. À la fois explorateur, géologue, métallurgiste, mécanicien et aussi littérateur et conférencier distingué, il accomplit tour à tour d’importantes missions, notamment au Donetz et en Norvège. Il faut citer ses inventions de procédés métallurgiques suivis de fondations d’usines au Canada pour l’exploitation de nouveaux minerais de nickel, ses expériences sur la cémentation. Il fut l’un des fondateurs de la Société de géographie commerciale et vice-président de la commission centrale de la Société de géographie.
- —dît— La ligue contre la poussière a voté dernièrement une somme de 500 francs destinée à des essais d’arrosage par la « Westrumite », ce nouveau produit de goudron d’huile minérale soluble dans l’eau pour l’arrosage des routes. Ces essais seront faits à Nice, par les soins do M. .le Dr Guglielminetti. Une somme de 500 francs est également votée pour des essais analogues à faire dans la région parisienne, lors de la saison propice.
- —Ht— Le conseil de préfecture des Alpes-Maritimes vient de rendre sa décision au sujet du procès intenté par M. Bischotfsheim et l’Université de Paris contre la compagnie, des Tramways électriques de Nice et du Littoral. On sait que M. Bisehoffsheim, député, fundateur de l'observatoire de Nice, et M. Gréard, président du conseil d’administration de l’Université de Paris, se plaignaient que l’établissement d’une ligne de tramways dans le voisinage du Mont-Gros, où est établi cet observatoire, avait rendu impossible le fonctionnement du pavillon magnétique, dont les observations étaient télégraphiées tous les jours à Paris. Les demandeurs réclamaient 400 000 francs de dommages-intérêts. Le Conseil a décidé que « la Compagnie des Tramways de Nice et du Littoral payera, à titre d’in-demnitc, à l’Université de Paris et à M. Bischolfsheim, la somme
- principale de 94 610fr,25. Les dépens et les frais, y compris ceux d’expertise, sont également mis à la charge de la compagnie ».
- — On vend, comme on sait, des cartes postales illustrées, qui viennent d’Allemagne ou de Suisse et dont les dessins sont relevés d’un conglomérat de mica et de verroterie pilée et coloriée. Or cette croûte de verre se détache quand on les manipule et elle cause des maux cruels aux employés des postes qui demandent en ce moment au sous-secrétaire d’Etat d’interdire la circulation de ces cartes.
- —Ht— La Société astronomique de France a remplacé le quart sortant des membres de son bureau qui ne sont point immédiatement rééligibles. M. Appel, doyen de la Faculté des sciences; MM. Eiffel, Lenfant, président de la Société française pour l’avancement des sciences, et M. Labauine-Pluvinel, astronome à l’Observatoire de Meudon, ont été nommés membres du bureau.
- —— On fabrique depuis un certain temps des briques de pierre ponce dans le district allemand de Wendwied, entre Coblentz et Andernach. La pierre ponce est concassée de manière qu’elle puisse passer dans un crible à mailles de 12 millimètres environ, ensuite on enduit tous ces fragments d’une mince couche de ciment, puis ils sont mis et pressés dans un moule à parois mobiles. Après compression, on démoule en laissant la brique sur le fond du moule, et on la fait sécher à l’air.
- —Ht- Les rivières des États du Centre et de la Nouvelle-Angleterre aux Etats-Unis ont débordé, grossies par la fonte des neiges et la débâcle des glaces. Un grand nombre de villes ont été en partie inondées à la date du 9 mars et des milliers de familles ont dû quitter leurs maisons. La grande ville de Harrisburg (Pen-sylvanie) a été envahie par les eaux. Le niveau de la rivière Sus-quehanna continuait à monter.
- —Ht— Le grand singe « Consul » dont nous avions parlé dernièrement et qui avait émerveillé les Parisiens, avait été mourir à Berlin. Bostock a ramené sa dépouille en France et vient de l’otfrir au Muséum de Paris. Consul sera disséqué, étudié, puis remis en état, convenablement préparé et exposé dans une des galeries du Muséum.
- —Ht— Le 10 mars, à 511 50 du matin, une très forte secousse de tremblement de terre, suivie de quatre autres secousses, a été ressentie à Magliano di Marsi, en Italie. Le même jour, des secousses ont eu lieu également à Trieste et à Bozen en Autriche.
- —Ht— Dans la semaine du 7 au 13 mars, la pluie est encore tombée en abondance, mais le temps a été doux et la température élevée. Le 7 mars, on a recueilli 5 mm d’eau à Nancy, 4 mm à Lorient, 2 mm à Dunkerque. La température était, le matin, à
- 7 heures, de 5° à Paris, 17° à Biarritz et 16° à Alger. Le 8 mars, des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord et l’ouest de l’Europe ; en France il est tombé 62 mm d’eau au mont Aigoual,
- 8 mm à Cherbourg, 3 mm à Dunkerque, 5 mm à Clermont. Le
- 9 mars, on a recueilli 17 mm d’eau à Biarritz, 8 mm à Clermont, 3 mm à Nancy et 9 mm à Paris. Le -40 mars, les pluies ont été générales et ont donné 20 mm d’eau à Biarritz, 12 mm à Dunkerque; à Paris, dans la nuit du 9 au 10 mars, la pluie a été continue. La température moyenne à Paris a été de 7°,1. Le 41 mars, la journée a été belle à Paris, mais la température moyenne n’a pas dépassé 4°,6. Il a plu à Nice (8 mm d’eau), à Besançon (7 mm), à Charleville (5 mm); à Lyon on a entendu le tonnerre. Le 12 mars, on a recueilli 3 mm d’eau à Nancy, 1 mm à Lyon. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 0° à Paris, — 5° au mont Ventoux, — 8° au puy de Dôme ; la température moyenne a ôté de 3°,8 à Paris. Le 13 mars, on a signalé quelques chutes dé pluie ou de neige dans le nord du continent; la température était le matin de — 5° à Clermont, — 2° à Paris, — 5° au pic du Midi et — 11° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 2°,2, inférieure de 3°,3 à la normale.
- 16
- p.61 - vue 493/536
-
-
-
- 62
- NOUVELLES] SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — MM. Ferrus et Machart, 1, place Saint-Thomas-d’Aquin, à Paris, nous adressent un extrait des « Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences », séance du 18 janvier 1904, dans laquelle a été présentée leur communication sur « l’augmentation du travail utile des attelages par l’emploi des appareils élastiques de traction ».
- M. D. Macle, à Oran, nous adresse la lettre suivante : « Il y a longtemps j’avais lu une note sur les attelages à ressorts et cette note est restée dans ma mémoire. Dans le n° 1605 du 27 février, p. 198, vous revenez sur la question et cela me décide de vous écrire un mot à ce sujet :
- Pendant mes longues années de voyage je n’ai vu qu’une fois l’application du système qui est d’ailleurs excellent. Avant la construction du chemin de fer de Genève (Caux-Vives) à Annemasse les omnibus de Chêne à Annemasse avaient des palonniers à ressorts. Comme dans une voiture sur ressorts, quatre lames d’acier de longueur diflérente formaient le palonnier et la mise en marche se trouvait fractionnée, d’où profit pour le tirage. Déjà le palonnier mobile retenu par le milieu à la voiture, au moyen d’un anneau, rendait des services; l’effort de traction se partageait en venant successivement presser le collier contre chaque épaule du cheval. Mais les ressorts valent mieux encore et depuis que les aciers sont obtenus à des prix relativement bas, il est étonnant que les bons carrossiers n’aient pas adopté davantage les palonniers à ressorts ».
- M. Ch. de Tavernier, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à propos de notre article « Une méthode suédoise pour maçonner en plein hiver » (n“ 1602 du 6 février 1904, p. 159) nous écrit : « Un numéro du Journal a signalé l’emploi en Russie pour maçonner durant les froids d’ateliers chauffés où l’on préparait le mortier. Le procédé est vraiment un peu primitif et ne saurait aucunement être recommandé alors surtout qu’il en existe un autre beaucoup plus simple et usuellement pratiqué par nombre d’ingénieurs. C’est le salage. Théoriquement avec de l’eau salée on peut faire du mortier jusqu’à — 17 ou — 18 degrés. En fait on se borne à l’appliquer (au moins m’y suis-je limité) jusqu’à 5 ou 6 degrés au-dessous de zéro. Il n’est pas sûr, en effet, que la cohésion des mortiers ne soit pas atténuée par un salage exagéré. Mais si on ne dépasse pas la limité ci-dessus indiquée, on n’a aucun inconvénient. La preuve c’est que, à Paris, indépendamment de maints autres chantiers, on a eu recours au salage lors des travaux du réservoir de Montmartre. Il n’empêche d’ailleurs que, par quelque artifice que ce soit, il vaut mieux ne maçonner qu’au-dessus de zéro. »
- M. Charles Fiévez, à Bruxelles, nous fait parvenir une brochure sur le savant A. F. Bénard, contenant son éloge fait à la Société belge d’astronomie dans une séance du 25 juillet 1903.
- Renseignements. — M. Aurière, à Saint-Sylvestre. — 1° On emploie en général des hydrofuges, mais le nombre de ceux-ci est très grand. — 2° Sous le nom d’asphalte on se sert du bitume pour fabriquer des enduits contre l’humidité. — 3° La Ville de Paris utilise plusieurs sortes de produits.
- M. G. G., à Riom. — Nous n’avons pas les noms de pépiniéristes; mais nous pensons que les adresses indiquées suffisent.
- M. Ed. Bousson, au camp de Sathonay (Ain). — Pour tous les renseignements sur les turbines de" Laval, veuillez vous adresser à M. K. Sonowski, administrateur-directeur de la Société de Laval, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- M. E. Savès, à Ronfleur. — Il est certain que la proportion dans laquelle diminue la vitesse d’un bateau à vapeur, dès l’instant où son hélice est arrêtée, pour aboutir à l’arrêt complet, est très variable. Nous ne savons pas si la question a déjà été étudiée et soumise au calcul comme vous le désirez; mais vous pourriez vous adresser aux librairies Dunod ou Béranger, à Paris.
- M. H. C., à Badalona-Barcelone. — L’alimentateur à eau bouillante, qui a été décrit dans le n° 1605 du 27 février 1904, p. 203, se trouve à la Compagnie des applications du gaz acide carbonique, 52, avenue Daumesnil, à Paris, comme nous l’avons indiqué en tête de la « Boite aux Lettres » du même numéro.
- M. Carlos Ferez de la Sala, à Gizon (Espagne). — Vous pourrez vous procurer ces différentes cartes géographiques soit chez M. Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac, chez M. Bellamy 115, nie Réaumur, ou chez M. A. Dencède, 121, rue de Rennes, à Paris.
- M. S. L., à Paris. — Nous ne pouvons que vous indiquer les adresses de marchands d’appareils de gymnastique : MM. Bardou, Clerc et C!% 12, boulevard de Sébastopol, et MM. Williams et Cie, 1, rue Caumartin, à Paris.
- M. E. Tirard, à Paris. — Le phénomène que vous signalez du sucre présentant une lueur blanche dans l’obscurité quand on le casse est bien connu depuis longtemps. Il s’agit là d’un phénomène de phosphorescence ou propriété que possèdent certains corps ou êtres vivants de dégager de la lumière dans l’obscurité sans chaleur ni combustion sensibles.
- M. H. de Luzan, à Dié. — Nous avons indiqué dans la Bibliographie (n° 1606 du 5 mars 1904) un manuel qui pourrait vous convenir.
- M. P. A., à Bordeaux. — Le ricin a la propriété d’attirer les mouches et de les tuer.
- M. D. R., à X. — Adressez-vous à la maison Margueritte frères, dépositaires de produits chimiques, 2, rue des Archives,, à Paris.
- M. Estachy, à La Motte-Beuvron. — Nous avons fait plusieurs recherches et nous n’avons pu nous procurer la recette de ce mastic ou ciment. Mais nous avons donné dans nos petits livres des « Recettes » les formules d’un grand nombre dr ciments que vous pourriez essayer.
- M. A. H., à Nancy. — Nous avons fait connaître dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 5e série, une colle à la dextrine pour photographie. Peut-être cette colle pourrait-elle vous être utile.
- M. P. D., k Gleizé. — Pour ces renseignements vous pourriez vous adresser à la Librairie agricole de la maison Rustique 26, rue Jacob, à Paris. Vous pourriez aussi consulter la brochure de M. E. Guarini sur l’électricité agricole, à la librairie Fischbacher, à Paris.
- M. G. D., à X. — Le siège social de la Société industrielle des téléphones est 25, rue du 4-Septembre, à Paris.
- M. G. Besse, à Ivry. — Locomobiles à vapeur : MM. H. Brûlé et Cie, successeurs de la maison Hermann-Lachapelle et J. Boulet, 31 et 33, rue Boinod, à Paris.
- M. D. P., à Paris. — La Société qui exploite ces pompes-est la Société française des pompes Worthington, 43, rue La-fayette, à Paris.
- M. Leroy, à Paris. — 1° Il faut d’abord choisir le système de distribution à adopter, et ensuite calculer les canalisations. — 2° Ces machines sont construites par MM. Sautter, Ilarlé et Ci8, 26, avenue de Suffren, à Paris.
- M. G. Lebon, à Paris. — Vous avez dû faire une erreur de lecture ; les compteurs électriques en service à Paris sont entièrement exacts à 2 ou 3 pour 100 près. Ils ne comportent certainement pas des erreurs semblables à celle que vous nous signalez.
- M. V. B., h Marseille. — On n’esl pas encore fixé sur la nature des substances que l’on a retirées de ces traitements chimiques.
- M. Dubois, à Nantes. — Cet appareil est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ablard, à Paris. Pour cette analyse, il faut vous adresser à un chimiste. — M. D. V., à Angers. Cet appareil ne se trouve pas dans le commerce. — M. L. /{., à X; M. P. N., à Nancy. Ces recettes se trouvent dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cic. — M. Dumont, à Montbéliard. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. D. P., k Orléans; M. Legrand, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.62 - vue 494/536
-
-
-
- FAÇONS DE GUERROYER
- Texte et dessins, par A. Robida.
- 1. Le temps passé connut : la « guerre pittoresque », avec accessoires de toutes sortes, artistiques et décoratifs. L’artillerie, pour^être en bois, n’en était pas moins très remarquable comme portée : 35 mètres. — 2. « La guerre en ferraille » de plus en plus pittoresque et décorative. En tapant sur l’ennemi, en ce temps-là, on se faisait du muscle. — 3. « La guerre en dentelles », chantée par d’Esparbès, élégante et pimpante, la poudre à la maréchale et la poudre de riz se mélangeaient à la poudre à canon. — 4. Le temps présent va connaître « la guerre scientifique » avec les canons portant à 40 kil., pointés par des ^astronomes. les torpilles automobiles, les auto-bombardeurs blindés, à moteurs électriques ou à pétrole, etc. — 5. 11 va connaître sans doute la « guerre sous-marine ’», la marine de fond aux prises avec la marine de surface, les embûches à 15 ou 20 brasses en dessous, les torpillades lançant les cuirassés en l’air.... — 6. « La guerre aérienne », torpédistes « plus lourds que l’air », rencontrant les auto-bombardes à quatre fins — (modèle en expérience quelque part) : terrestres avec pneus, marines ou sous-marines pour passage de fleuve, enfin aériennes s’il est nécessaire, s’élevant moyennant un simple déclenchement de mécanisme. — 7. Et enfin, les savants d’Extrême-Orient, ne reculant devant aucune nouveauté, vont peut-être inaugurer la « guerre microbique et miasmatique ».
- p.63 - vue 495/536
-
-
-
- Ci
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savon antiseptique liquide. — La formule en est citée par <( Pharmaceutische Centralhalle ». On prend 50 gr. de soude caustique à 70 pour 100, et libre d’acide carbonique si possible, puis 200 gr. d’huile d’amandes douces, 160 gr. de glycérine à 30° Beaumé, et assez d’eau distillée pour donner un total général de 1000 gr. On fait d’abord dissoudre la potasse dans le double de son poids d’eau, puis on additionne glycérine et huile, et l’on remue. On ajoute alors seulement le reste de l’eau, et l’on maintient le tout au bain-marie, à une tem-
- pérature de 60 à 70°, durant 24 à 36 heures. On enlève l’huile non saponifiée, ce qui donne une masse gélatineuse; on en mélange 900 gr. avec 70 gr. d’alcool à 90 pour 100 et 10 gr. d’essence de citron, autant d’essence de bergamote et d’huile de verveine. On chauffe pendant quelques heures à 60°, puis on laisse refroidir, et l’on filtre sur de la ouate pour éliminer les aiguilles de stéarate de potasse. Le liquide restant après filtrage demeure clair.
- Pour blanchir l’ivoire. — Laver soigneusement l’ivoire à l’ammoniaque liquide, puis à l’eau douce, et enfin y appliquer une solution de peroxyde d’hydrogène.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 mars.... 4’,9 E. 2. Nuageux. 0,3 Rosée ; très nuag. ; halo à 9 h. ; petite pluie à 17 h
- Mardi 8 2J,0 S. S. E. 2. Nuageux. 0,6 Gelée bl.; nuag. le matin; couv. le soir; pluie l’après-midi.
- Mercredi 9 3U,6 S. E. 0.. Brouillard. 8,8 Rosée ; brouillard le matin ; couv. ; pluie de 10 h. à 23 h
- Jeudi 10 7#,0 Calme. Couvert. 0,8 Couv. ; pluie le matin ; grésil à 21 h.
- Vendredi 11 2‘j <2 [N. 5. Couvert. ») Très nuageux.
- Samedi 12 — 0°,3 N. E. 2. Beau. )> Gelée bl. ; beau jusqu'à 8 h. ; très nuag. ensuite.
- Dimanche 13 .... — lu,8 E. 1. Peu nuageux. D Gelée bl. ; beau le matin ; nuag. le soir.
- MARS 1904. --- SEMAINE DD LÜNDI 7 AD DIMANCHE 13 MARS 1904.
- Luiuli I Mardi ‘ I Mercredi [ Jeudi I Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courba supérieure indique la nébulosité de O « 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites &
- l’Observatoire du parc Saint-Maur, en février 1904;
- par M. Tu. Mocreaux.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 750““,54 ; minimum absolu, 728““,2 le 9 à 19 h. 25; maximum absolu, 763“",2 le 25 à 21 b. ; écart extrême, 35“”,0. Le minimum de ce mois n’a été dépassé qu’une seule fois eu février depuis 30 ans (728““,0 le 21 février 1893).
- Température. Sous l’abri ; moyenne des miuima, 1°,20 ; des maxima, 7°,61 ; du mois, 4°,41 ; vraie des 24 heures, 4°,20 ; minimum absolu, —5°,8 le 29; maximum absolu, 11°,7 le 21 ; le thermomètre s’est élevé à 11°,6 le 11 et le 13. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —1°,57 ; des maxima, 14°,56; minimum absolu, —8°,8 le 26; maximum absolu, 24°,0 le 4. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 9 heures ; à 0“,30 de profondeur, 4°,22; à 1 mètre, 5°,07. De la Marne : moyenne le matin, 4°,80; le soir, 4°,99 ; minimum, 1°,73 le 29 ; maximum, 6°,60 le 13.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5““,01 ; minimum, 2“,2 le 28, de 17 à 19 heures ; maximum, 8“”,1 le 22 à 1 heure.
- Humidité relative : moyenne du mois, 79,9 ; minimum, 38 le 24 à 14 heures ; maximum 100, en 7 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h: à 21 b.), 7,13; moyenne diurne, la plus faible, 2,2 le 24; la plus grande, 10,0 le 2d.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 293 heures; durée effective de l’insolation, 89 heures en 22 jours; rapport, 0,30.
- Pluie : total du mois, 74”“,2 en 45 heures; li"“,2 le 9 en cinq heures.
- Deux fois seulement depuis un siècle, la pluie de février a été supérieure à celle de février 1901 (97““,0 en 1833 et 79““,6 en 1843).
- Nombre de jours de gelée blanche, 17 ; de gelée, 9, dont 7 consécutifs, du 23 au 29; de pluie, 15; de neige, 1; de gouttes de pluie ou grains de neige, 3 ; de grêle, 2 ; de grésil, 1 ; de brouillard, 1 ; de halos solaires, 2; de halos lunaires, 2; d’orages, 3, les 8, 11 (avec chute de foudre) et 13. Ou «'observe en moyenne qu’un orage tous les six ans en février.
- Fréquence des vents ; Calmes, 6.
- N ... . 29 E . . . . 6 S 71 W . . . . 46
- N. N. E. . 54 E. S. E. . 1 S. S. W. . 96 W. N. W . 19
- N. E . . . (>o S. E. . . 5 S. W. . . 163 N. W. . . 18
- E. N. E. . 14 S. S. E . . 22 W. S. W . 73 N. N.W. . 12
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 5“,4; moyenne diurne la plus grande, 9‘,4 le 9; la plus faible, 1“,2 le 26; vitesse maxima, 13“,3 le 9 à 19 h. 20 par vent S. W.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne du mois (18 jours), 268 volts; moyenne diurne la plus grande, 504 volts le 19; la plus faible, 194 volts, le 28; amplitude diurne, 0,3l ; nocturne, 0,61.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 4“,10: minimum, 2“,83 le 1" ; maximum, 5”,35 le 24; la rivière a débordé pendant 10 jours consécutifs, du 20 au 29.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre —8““,35; température 4- ü°,58; tension de la vapeur — 0““,06 ; humidité relative — 2,8 ; nébulosité -t- 0,44 ; pluie 4- 40““,8.
- Floraison. Le 18, perce-neige (le 15 janvier, nardosmia fragrans).
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 9 à 1 h. 10 m. du matin.
- p.64 - vue 496/536
-
-
-
- N° 1609 (26 mars 1904), du journal « LA NATURE »
- M, HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —«&— M. le général Bassot, membre de l’Institut, est nommé «directeur de l’Observatoire de Nice, en remplacement du regretté Henri Perrotin. be général Bassot a été directeur du service géographique de l’armée de 1898 à 1903. Il a été élu membre de l’Académie des sciences en 1893 (section de géographie «et de navigation); il est membre du bureau des longitudes et a succédé à M. Paye comme président de l’Association géodésique internationale en 1903. Il est commandeur de la Légion d’honneur.
- —— M. et Mme Curie ont été reçus, le 18 mars dans l’après-•midi, à l’IIôtel de Ville, par le président et le bureau du Conseil municipal de Paris. M. Deville leur a remis la médaille d’argent que leur offre le Conseil au nom de la Ville.
- —)$£— Sur la demande de l’Académie des sciences de Vienne, le ministre de l’Agriculture d’Autriche, pour faciliter l’examen des questions importantes concernant le radium, a ordonné que, jusqu’à nouvel ordre, le commerce soit interdit des résidus d’extraction résultant de la fabrication de couleurs d’urane à Joachimsthal, et, d’autre part, que 10 000 kg soient remis par achat à l’Académie et 10 000 autres kg à M. Curie, à Paris. Ces résidus doivent être réservés uniquement à des travaux scientifiques.
- —ijt— A la Maison départementale de Nanterre, en creusant un trou dans le jardin de cet établissement, on a mis au jour un vase antique décoré de peintures et contenant deux mille pièces d’or de l’.époque gallo-romaine. Le trésor a été inventorié, mis sous scellé et envoyé à la Préfecture de police.
- —Les fouilles méthodiques entreprises à Rome, sur l’emplacement du Forum, dans la grande construction de F « Equus maximus », ont donné des résultats intéressants. Un gros bloc de travertin enlevé a laissé à découvert un réduit carré de 66 centimètres de côté et de 50 centimètres de profondeur dans lequel se trouvaient disposés cinq vases en parfait état de conservation. Le plus grand était au centre ; les quatre autres avec l'anse tournée vers le bord oriental du réduit, tels que sans doute ils furent placés lors de l’inauguration du monument. Le grand est en terre cuite rouge finement striée et de forme sphéroïdale. Un des plus petits porte une incision avec pointillé en forme d’étoile ; une petite amphore a un striage à doubles spirales comme les vases types du vin' siècle avant Jésus-Christ. Par la matière, la forme et la décoration, ces vases sont identiques à ceux trouvés, il y a quelques mois, dans les tombes d'enfants de la nécropole préromuléenne. Cette découverte procure non seulement un document authentique des cérémonies d’inauguration du premier siècle de l’empire, mais encore prouve la Continuité du rituel suivi par les prêtres et qui remonte aux origines de Rome. Dans le grand vase on aperçoit à fleur du limon déposé au fond, une pépite d’or qui semble soudée à des cristaux de quartz.
- —— De sérieux perfectionnements ont été réalisés dans la fabrication des plaques de blindage depuis dix ans environ. Ces perfectionnements reposaient en général sur l’émploi combiné de la cémentation de la face de la plaque exposée au tir et de trempes appropriées. On est ainsi arrivé à accroilre de 50 à 40 pour 100 la résistance des plaques au canon. Mais les tentatives faites pour appliquer ce même traitement aux plaques minces de moins de 80 à 100 millimètres d’épaisseur sont restées infructueuses parce qu’il les rendait trop fragiles. La Compagnie des forges de Châtillon, Com-mentry et Neuves-Maisons, dans ses usines Saint-Jacques à Mont-luçon, a trouvé une formule de fabrication applicable aux plaques minces mieux peut-être encore qu’aux plaques épaisses et qui leur donne une résistance élevée à la perforation et les garantit en même temps contre la fragilité. Les nombreux essais qui ont eu lieu
- dans ces usines ont été répétés dernièrement au polygone de Gâvre par la Commission d’expériences de la marine et ont mis nettement en relief la valeur du procédé. L’application de ces plaques au cuirassement d’un croiseur permet de réduire le poids du blindage de 50 à 35 pour 100 en lui conservant sa résistance.
- •yMf— Le paquebot 1’ « Oxus », des Messageries maritimes, arrivé récemment de Madagascar à Marseille, a apporté la nouvelle d’une terrible explosion qui s’est produite le 19 février dernier à Diégo-Suarez. Au cours dun violent orage, la foudre est tombée sur la poudrière du magasin central de réserve d’artillerie, qui contenait diverses caisses de poudre, des obus ordinaires et 5000 obus à la mélinite. Aucun soldat ne fut atteint. Mais, à 3 kilomètres les cases du village d’Antsiranne furent criblées de projectiles et de pierres, sept indigènes furent tués et une. douzaine plus ou moins grièvement blessés. Le magasin est entièrement détruit; sa construction avait coûté près d’un million, et ses approvisionnements étaient évalués à deux millions. La poudrière, n’était pas munie de paratonnerre. L’explosion a été entendue du camp d’Ambre, à une distance de 50 kilomètres.
- —?&— On annonce à Mulhouse la mort de M. Paul Heilmann-Ducommun; il était âgé de 72 ans et, depuis 1860, il dirigeait les ateliers de construction de machines de son beau-frère, M. Ducommun.
- —— Le Comité français de la Fédération internationale de laiterie, chargé de l’organisation du 2e Congrès international et de l’Exposition internationale de laiterie, qui se tiendront à Paris, dans la troisième semaine d’octobre 1905, s’est réuni le 1er mars, au ministère de l’Agriculture, sous la présidence de M. le Dr Henri Ricard, sénateur de la Côte-d’Or, président du Comité. M. Barreau, chef adjoint du Cabinet, remplaçait M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, retenu à la Chambre des députés; M. Collard-Bouy, secrétaire général du Comité permanent international', représentait M. le baron Peers, président de la Fédération. M. le Dr Ricard a rendu compte des travaux du 1er Congrès international (Bruxelles, 1903) et montré le rôle important joué par le Comité français dans ce Congrès, auquel assistaient des délégués de 18 nations; puis il a remercié M. le Ministre de l’Agriculture du haut patronage et de la bienveillance qu’il a bien voulu accorder au Comité. Le secrétaire général, M. J. Troude, a donné lecture du règlement intérieur du Congrès dont le programme est réparti en 6 sections subdivisées en 14 sous-sections.
- —— M. Nansen a écrit au prévôt de Sandefjord pour le prier d’appeler l’attention spéciale des chasseurs de phoques sur l’opportunité de rechercher les traces de l'expédition ToII. II est, en effet, possible que l’expédition ait rencontré des masses de glacés flottantes et ait suivi la même route qu’autrefois le « Fram », lorsque les membres de cette dernière expédition furent sauvés. Il se pourrait, en effet, que les membres de l’expédition Toll eussent atteint soit la Nouvelle-Zemble, soit la terre de François-Joseph, soit le. Spitzberg, soit les côtes du Groenland.
- —Un ingénieur allemand, M. Moravek, vient de dresser le projet d’un ascenseur pneumatique pour bateaux de navigation intérieure, qui est tout au moins original. Dans 1 ecluse inférieure, on installe un ponton flottant dont le pont supérieur et les côtés sont étanches, mais qui n’a pas de fond ; ce pont supérieur forme du reste une cuvette dans laquelle on fait entrer le bateau à élever, et qu’on referme ensuite de manière étanche. Sous le ponton, des séries de tuyaux amènent de l’air comprime, et cet air entraîne l’àsccnsion du sas mobile et de sa charge, à l’intérieur des parois de l’écluse, le long desquelles glissent les côtés du ponton flottant. Quand celui-ci-redescend, l’air s’échappe dans des accumulateurs à basse tension, où des pompes de compression le reprennent avec la moindre déperdition possible de force.
- 17
- p.65 - vue 497/536
-
-
-
- 66
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. R. T. Bürgi, à Berlin, nous adresse une brochure qui a pour titre « Elektronàther », et qui est une contribution à une nouvelle théorie de l’électricité et de la chimie.
- M. A. feeder, à Lyons, New-York (Etats-Unis), nous fait parvenir une notice intitulée <( Magne-crystallic action and the aurora », extraite du « Popular astronomy ».
- Renseignements. — M. Th. Moens de Coen, à Alost. — A notre regret, nous ne pouvons vous répondre; nous ne nous occupons pas de ces questions.
- M. J. X. de Oriol Pena, à Lisbonne'. — L’ouvragé de M. Robert Crimshaw traduit de l’anglais se trouve à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. R. Lapasapuenteyk Madrid. — Pour ce qui concerne l’analyse rapide de l’eau, dont il a été question dans le n° 1519 du 5 juillet 1902, p. 65, renseignez-vous auprès de M. Hue, pharmacien à Vannes (Morbihan).
- M. R. Cailloux, à Paris. —Pour coller les cartes militaires sur toile, on emploie généralement la colle de pâte ; il y a certaines précautions à prendre, précautions que nous avons indiquées dans le livre des «Recettes et Procédés utiles »,4e série, à la librairie Masson et G‘“.
- M. Baert, à Lille. — On emploie généralement des vernis à la gomme-laque plus ou moins épais.
- M. Giuseppe Sauve, à Rome. —Pour imprimer la musique, on se sert de clichés obtenus après gravure sur pierre. Des essais ont été faits pour composer la musique avec des caractères typographiques ; mais jusqu’à ce jour ils n’ont pas donné de résultats.
- M. A. Demblon, à Anvers. — L’adresse de notre collaborateur est la suivante : 5, rue de la Santé, Paris (XIIIe).
- M. G. Pollet, à Bruxelles. — Pour les camions automobiles Hagen dont nous avons donné la description dans le n° 1607 du 12 mars 1904, p. 227, il faut s’adresser à la Société française des camions automobiles Hagen, 198, boulevard Péreire, à Paris (XVIIe) .
- M. Antonio Elosegui, à Tolosa. — Tondeuses à main : MM. Bariquand et Marre, 127, rue Oberkampf, MM. Fenwick frères et Cie, 21, rue Martel, M. Villadère, 52, rue du Fau-bourg-du-Temple, à Paris, MM. Peugeot frères, à Valentigney (Doubs).
- M. P. S., à Nice. — Pour le journal « L’Industrie Eléc-trique », il faut vous adresser à l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. Dupont, à Orléans. — Nous avons publié un article sur les ascenseurs électriques dans le n° 1555 du 25 octobre 1902, p. 326.
- M. L. S., à Sèvres. —Pour augmenter la souplesse du cuir, il faut le mouiller légèrement avec un peu d’eau, et, avant qu’il ne soit sec, passer par-dessus une faible couche d’huile de baleine.
- M. Péraud, à Paris. — La puissance d’une machine à vapeur s’exprime en chevaux-vapeur; le cheval-vapeur est une unité industrielle empirique qui vaut 75 kilogrammètres par seconde.
- M. B. Tarantières,. à Maratea. — Nous pouvons vous recommander la machine à écrire « La Dactyle » 46, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. Lelong, à Paris. — On nous a déjà demandé un procédé
- Saur conserver le caoutchouc liquide et pouvoir l’expédier, ous avons indiqué un procédé, qui consistait à mélanger au
- Lutex 6 pour 100 d’ammoniaque liquide, dans la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1477, du 14 septembre 1901.
- M. J. F. L., 4106, à Clermont-Ferrand. — Pour détruire les pucerons sur les plantes d’appartement, on arrose d’abord les plantes et on verse ensuite dessus des cendres de bois-tamisées et bien sèches.
- M. P. R., à Paris. — Il est nécessaire de faire une étude complète de l’installation ; adressez-vous à la Société « L’Eclairage Electrique », 27, rue de Rome, à Paris.
- M. L. Debon, à Paris. — La consommation spécifique deslampes électriques à incandescence est en général de 3,5 à 4 watts par bougie.
- M. H. Paignor, à Trouville-sur-Mer. — 1° Vous trouverez: ces renseignements sur les charbons de lampes à arc dans les « Recettes de l’Electricien » de M. E. Hospitalier, à la librairie-Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Remerciements pour les résultats des expériences que vous nous-faites connaître; mais il faudrait faire des mesures exactes et donner des valeurs en volts et en ampères.
- M. E. T., à Châlons-sur-Marne. — Ces huiles ont une composition toute particulière ; on ne peut obtenir les mêmes résultats avec d’autres huiles auxquelles on aurait mélangé un. produit quelconque.
- M. D. M., à Paris. — Pour les renseignements sur les « Cal-canettes » du Dr Breuillard, dont l’action favorise et aide si puissamment la marche, consultez l’ouvrage que vient de publier l’inventeur : « Etude physiologique et médicale sur la marche et sur un moyen mécanique de la faciliter », chez M. Maleine, éditeur, 25, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M. Ragon, à Paris. — Pour ces divers ouvrages, renseignez-vous à la librairie américaine Chadenat, 17, rue des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Brihat, à Saint-Etienne. — 1° 11 convient de décaper d’abord et d’essuyer la surface en cire du moule, puis de passer ensuite la plombagine avec une brosse de façon à pénétrer dans-tous les coins et recoins. — 1° Dans un baromètre à siphon, on remplit d’abord la grande tige en inclinant le tube à différentes reprises, puis on chasse, par l’ébullition, l’humidité et les bulles d’air restées adhérentes au tube.
- M. le Dr J. de Andrade Bothelo, à Léopoldina (Brésil), — Les nouvelles machines frigorifiques à affinité, qui ont été décrites dans le n° 1601 du 30 janvier 1904, p. 140, sont construites par MM. Hignelte et Cie, 162, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. Dominique Carpi, à X (Belgique). — 1° Adressez-vous à la librairie militaire, 10, rue Danton, et à la librairie Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, à Paris. — 2° Vous trouverez, des calorimètres chez M. Adnet, 58, boulevard Saint-Michel, MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, et à la Société centrale de produits chimiques, 42, rue des Ecoles, à Paris.
- M. Guiauchain, à Birmandreis (Alger). — Veuillez vous-adresser directement à Fauteur de l’article, 70, avenue Malakoff, à Paris.
- M. L. S., à Moscou. — 1° Le sucre interverti est un mélange contenant le même nombre de molécules de glucose et de lévulose : il se produit lentement quand on soumet une dissolution de sucre ordinaire à une ébullition prolongée. — 2° Tous les-traités de chimie organique parlent de ce produit.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à R.
- Nous avons reçu vos Notes; nous allons les examiner. — M. P. Ruyland, à Paris. Le fabricant de cet appareil s’est retiré des affaires. —M. P. G., à Paris; M. V. D., à Blois. Consultez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubar, à Lille; M. L. V., à Rouen. Ces recettes se trouvent dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série,, à la même librairie. — M. L. Poussin, à Paris. Remerciements-pour votre comunication.____________________________________
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour enlever du linge les taches de rouille. — La recette s’applique à toutes les étoffes comprises sous la désignation générique de « blanc ». Onles sature avec du jus de citron et du sel, et on les expose au soleil ; on peut du reste renouveler l’application, si une première ne suffit point.
- Vernis au celluloïd. — Faire digérer 2 parties de ceUu-loïd incolore dans 20 d’acétone, le tout étant enfermé plusieurs jours durant dans un vase bien clos, et à l’abri de toute lumière; on secoue de temps à autre. Quand on a obtenu une masse épaisse et translucide, on additionne de 78 p. d’amyla-cétate, et on laisse se clarifier par dépôt pendant plusieurs semaines.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.66 - vue 498/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 67
- PETITES INTENTIONS*
- Le « Columbia », extincteur instantané d’incendie.
- — Une des plus heureuses applications de l’acide carbonique liquéfié, c’est son emploi pour l’extinction des incendies. On vient de créer un extincteur portatif à main, le « Columbia », qui devrait être adopté dans les appartements, les laboratoires, les bureaux, les bibliothèques, les dépôts de marchandises, les hôtels et les usines, afin d’avoir immédiatement un secours efficace pour combattre le feu dès son apparition ; à la campagne, dans les fermes et les châteaux, souvent éloignés de tout prompt secours, il est de la plus grande imprévoyance de ne pas posséder, un appareil semblable. Les Compagnies de
- chemins de fer devraient en mettre dans leg trains de voyageurs, comme en Allemagne! où chaque wagon à couloir est muni d’un extincteur à main. Quelle est celle de nos grandes Compagnies qui prendra l’initiative de cetle mesure de sécurité? Dans l’extincteur instantané, le « Columbia », il n’y a ni mécanisme qui puisse se déranger, ni solution saline ou alcaline, le gaz acide carbonique y est tout formé, contenu dans une cartouche en acier embouti, et par suite de l’ouverture de cette cartouche le jet se produit instantanément, n’ayant aucune action corrosive. La puissance d’extinction du « Columbia » est considérable ; à cause de la grande facilité avec laquelle le jet d’eau peut être dirigé sur les flammes, il est précieux dans le cas de feu de rideaux et tentures contre lesquels les grenades ne peuvent se briser. Son efficacité est absolument surprenante dans l’extinction des produits inflammables, tels que l’alcool, l’essence, le goudron et le pétrole. Cet extincteur d’incendie se compose tout simplement d’un réservoir qu’on emplit d’eau, on y introduit à la partie supérieure une cartouche d’acide carbonique liquide, puis on ferme en vissant un chapeau à ailettes porte-volant. L’appareil est alors prêt à toute éventualité, et pour toujours, sans crainte que pour une cause quelconque il ne puisse fonctionner au moment imprévu du danger. Pour se servir du « Columbia », il suffit d’appuyer fortement sur le volant et de le tourner dan^ le sens de la flèche, visible en relief sur ce volant, le jet se produit aussitôt pour le diriger sur le foyer d’incendie. La simplicité de cet appareil est tellement grande qu’on peut le recharger pendant le feu, ce qui est irréalisable avec lesappareils à réaction chimique. — L’extincteur instantané d’incendie, le « Columbia », construit par la Compagnie parisienne des applications industrielles du gaz carbonique liquéfié, 52, avenue Daumesnil, Paris, se trouve chez JU. Briffault, 22, avenue de l’Opéra, Paris.
- Raccord pour tuyaux. •— Pour raccorder les tuyaux flexibles entre eux ou avec un robinet ou une bouche d’eau, on peut employer des raccords à vis ou à baïonnette. Les raccords à vis ont l’inconvénient de ne pouvoir s’accoupler rapi-
- Extiucteur instantané d’incendie « Columbia », avec deux cartouches d’acide carbonique liquide.
- Raccord à baïonnette pour tuyaux.
- dement, les raccords à baïonnette laissent passer l’eau sous pression par suite du jeu qu’ils présentent. MM. Durand et Cie ont établi un nouveau raccord à baïonnette qui offre un joint étanche et rapide. Comme le montre la figure ci-dessus, les deux écrous portent chacun une paire de griffes et une paire
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’attaches; ces écrous tournent sur la partie filetée des deux tubulures qui sont terminées par deux faces à épaulement en regard l’une de l’autre. On engage les griffes de chaque écrou dans les attaches de l’autre, et on serre les deux tubulures en les vissant l’une sur l’autre. Ce raccord est d’un poids faible et se fait en toutes dimensions usuelles, depuis les gros tuyaux d’incendie jusqu’aux petites conduites d’arrosage. — Le raccord pour tuyaux se trouve chez MM. P. Durand et Cie, 30, rue Chalgrin, à Paris (16e).
- Le mobiloseope. —
- en somme une sorte de de kaléidoscope. 11 se compose, comme le montre la figure, d’un support sur lequel se trouve uir plateau que l’on peut faire tourner à volonté. Sur un axe central est fixé un autre petit plateau présentant une échancrure en forme de secteur. Ce petit plateau porte à son tour un cylindre dans lequel sont placées deux glaces, inclinées l’une sur l’autre de l'angle du secteur ; à la partie supérieure est une ouverture par laquelle on peut regarder. On place à la base du cylindre, sur le plateau tournant, toutes sortes de divers objets, découpures de papiers, étoffes effilochées, paillettes, etc. On met l’œil à l’oculaire, on fait tourner le plateau et l’on voit alors une infinité de dessins de toutes sortes d’un joli effet. — Le mobiloseope se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Ce petit appareil de physique est variété
- Mobiloseope.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La poudre de lait.
- Liquide fermentescible au premier chef, le lait est d’une conservation extrêmement difficile. On s’en aperçoit dans les grands centres où cet aliment, passant par nombre d’intermédiaires, devient le plus souvent un liquide délétère et nocif. Les uns, sous le prétexte probable d’une évaporation trop rapide, l’additionnent d’une forte dose d’eau quelconque; les autres, le trouvant trop gras, trop chargé de matière bütyreuse, l’écrèment en conscience ; d’autres y ajoutent de l’acide borique, du borax, et mille ingrédients pharmaceutiques qui n’ont rien de bon pour la santé. Pour arrêter ces falsifications trop fréquentes, il faudrait une répression un peu plus sévère, une surveillance plus incessante.
- Le transport du lait de la campagne dans les grandes villes rend difficile, eu égard à toutes ces opérations, l’assurance d’avoir un bon lait, je parle des conditions habituelles. La difficulté devient insurmontable, mais pour d’autres raisons, quand il faut transporter le lait au loin. C’est dans le but de tourner cette difficulté que des agronomes industrieux ont imaginé de fournir du lait condensé : la fabrication de ce produit se fait, depuis plusieurs années, sur une large échelle en Suisse et en Danemark. Vous pouvez, si vous partez pour un long voyage, dans un pays perdu, dans des colonies, dans des régions inconnues, emporter des litres de lait sous forme de boîtes scellées comme les boîtes à conserves et vous fournissant, au moment voulu, une crème épaisse qu’il suffit de délayer dans de l’eau pour fournir un lait aussi savoureux, aussi pur que le lait recueilli à la traite.
- Il y a mieux : on a pu, par des procédés ingénieux, assécher complètement le lait, et fabriquer une poudre qui en contient tous les éléments essentiels. M. Sagnier en montrait tout dernièrement des échantillons à ses collègues de la Société d’agriculture. La laiterie coopérative d’Oostcamp, en Belgique, et la laiterie de M. Abaye, au Tremblay, dans l’Eure, ont installé des appareils qui permettent de produire 3 à 400 kilogrammes de poudre de lait par jour. Jusqu’ici les tentatives faites pour cette dessiccation du lait avaient échoué ou tout au moins le produit obtenu ne permettait pas de reconstituer du vrai lait. Le système adopté par la laiterie belge et la laiterie française donne au contraire une poudre parfaite.
- L’évaporation de l’eau du lait se fait presque instantanément et les matières albuminoïdes, quoique portées momentanément à une assez haute température, ne perdent pas leur solubilité,
- p.67 - vue 499/536
-
-
-
- C8
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Le lait tombe en nappe sur deux larges cylindres creux, tournant en sens inverse, et chaudes par une projection de vapeur à l’intérieur sous une pression de trois atmosphères qui permet «ne élévation de température à "110° environ. D’après les observations de M. Sagnier, la plus grande partie de l'eau est évaporée et s’échappe en buée, dés que le lait tombe sur la surface chaude des cylindres. La matière sèche est entraînée par les cylindres auxquels elle adhère comme une pellicule mince, qui est détachée par une lame, sous la forme d’une mousseline extrêmement fine, chaude et moite au toucher : cette pellicule se désagrège en tombant sur un tamis d’où on la retire à l’état de poudre sèche, légère et jaunâtre.
- Prenez un peu de cette poudre, délayez-la dans 90 parties d’eau chaude et vous aurez du lait, avec naturellement le goût de lait cuit. Ce lait est stérilisé et convient, parait-il, à tous les estomacs. Un enfant de trois mois a pu être alimenté ainsi pendant plusieurs années et a poussé à merveille sans autre nourriture. Cette poudre peut se comprimer, se mettre en tablettes; le touriste partira le matin avec ses croquettes de lait et de chocolat et pourra lui-même, à la première halte, préparer son petit déjeuner. C’est surtout dans les expéditions lointaines, pour la marine ou l’armée, que l’usage de cette poudre doit être recommandé. Sous un petit volume on aura un aliment de premier choix : ce sera la conserve de lait. D' A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 mars . . . — 01,9 E. N. E. 1. Beau.] » Gelée bl. ; très peu nuag.
- Mardi 15 4M N. E. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; couv. ; gouttes entre 4 et 6 h. 13.
- Mercredi 16 1°,9 N. E. 5. Couvert. » Couv. le matin; nuag. le soir.1
- Jeudi 17 , . — 01,8 N. 0. Beau. » Gelée bl. ; brumeux; très nuageux.
- Vendredi 18 — 1°,8 N. -N. E. 2. Couvert. » Givre ; brouillard épais le matin ; beau le soir.
- Samedi 19 2°,3 S. S. W. 1. Couvert. 0,3 Gelée bl. ; presque couv. ; pluie fine dans la soirée.
- Dimanche 20 .... 7°,2 S. E. 0. Couvert. 2,6 Pluie le matin; couv. le matin; nuag. le soir.
- MARS (904. --- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 MARS 1904.
- L,a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: ' courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — Le 15 mars, à 11“ 40” du soir, un violent tremblement de terre s’est produit à Castrovillari, eu Italie. 11 n’y a eu aucun dégàl.
- I.e temps. — Le 14 mars, il a fait une belle journée à Paris ; le soleil a brillé dans un ciel sans nuages et la température, froide le matin, s’est élevée dans l’après-midi. Le matin, le thermomètre marquait — 1° dans Paris et — 4° dans certains points de la banlieue ; dans l’après-midi il a marqué 14°. On n’a signalé aucune pluie en France; en Algérie, on a recueilli 33 mm d’eau à Oran, 11 mm à Alger. Le 15 mars, le temps a été nuageux à Paris. Le baromètre s’est relevé dans le nord-ouest de l’Europe et est devenu supérieur à 760 mm sur les Iles Britanniques. Des neiges et des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe ; en France il a plu seulement à Biarritz. La température moyenne à Paris a été de 5°,1, inférieure de 0°,6 à la normale. Le 16 mars, quelques pluies ont été signalées dans le nord du continent et l’est de la France ; des orages ont donné 14 mm d’eau à Alger, 23 mm à Aumale. En France, le temps était nuageux et frais. Le 17 mars, des pluies sont tombées sur les Iles Britanniques et dans l’est de la France ; on a recueilli 5 mm d’eau à Besançon, 1 mm à Lyon. La température moyenne était le malin de — l” à Paris, et de — 8° au pic du Midi ;
- la température moyenne à Paris a été de 4°, 4 et le temps a été beau. Le 18 mars, une dépression barométrique, qui se trouvait le 17 sur la Méditerranée, s’est déplacée vers l’est, en amenant de fortes averses en Algérie. Le vent des régions sud a été faible sur les côtes de la Manche, de la Bretagne et de la Provence. Des pluies sont tombées dans le sud de l’Europe. En France, il a plu à Belfort (9 mm), à Lyon (3 nun), et à Toulon (2 mm). A Paris et dans toute la région, on a observé un brouillard épais qui ne permettait la visibilité qu’à 200 mètres. La température était le matin de — 2^ à Paris, 9° à Perpignan, 15° à Alger, —8° au pic du Midi. Dans la région parisienne, on a observé dans la journée des minima de — 4°,6 à Vaucluse, — 4“ à Villepreux, —3°,9 à Ville-Evrard. A Paris, la température moyenne a été de 3°,3 inférieure de 2’,7 à la température normale. Le 19 mars, il a soufllé un vent faible du sud-ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan, et un vent modéré du nord en Provence. Des pluies sont tombées sur les lies Britanniques et en Italie; en France, il a plu à Paris dans la soirée, et à Brest. La température s’est élevée dans le nord-ouest de l’Europe; elle était le matin de 0° à Clermont, -+- 2° à Paris, 14° à Malte, — 5° au mont Mounier et — 9° au pic du Midi. A Paris, le ciel est resté beau et brumeux toute la journée, le baromètre a continué à monter. La température moyenne a été de 3°,6, inférieure de 2\5 à la normale. Le 20 mars, on a recueilli 8 mm d’eau à Boulogne-sur-Mer, 3 mm à Paris, 5 mm à Marseille, 1 mm à Belfort. La température moyenne à Paris a été de 7°,6.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 17 à 5 h. 48 m. du matin.
- p.68 - vue 500/536
-
-
-
- ! 1610 (2 aoril 1904), du journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédactetir en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— Les nominations suivantes viennent d’être faites au Conseil «le l’Observatoire de Paris. Ont été nommés : président du conseil, M. Laussedat, membre de l'Institut; vice-président, M. Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; secrétaire, M. Lipp-«nann, membre de l’Institut. Chefs des différents services de l’Observatoire pour l’année 1904. Service méridien, M. Lœwy ; chef ad joint «ludit service, M. Leveau; service de la carte du ciel, M. Paul Henry; service des équatoriaux de la terrasse supérieure, de l’heure et de la météorologie, M. Bigourdan; service des calculs, M. Bossut; service de specfroscopie, M. Hamy.
- —L’Institut de France a tenu le 23 mars une séance extraordinaire sous la présidence de M. Mascart. M. Jean Debrousse a légué <ine rente annuelle de 30 000 francs « dans l’intérêt des lettres, «les sciences et des arts s.X’Institut a décidé d’affecter : 1° 10 000 fr. û la publication des œuvres de Leibniz; 2° 5000 fr. à la publication des mémoires de Richelieu; 3° 5000 fr. à la publication de la reproduction des monuments antiques de Rome ; 4° 5000 fr. à la publication d’un catalogue des monnaies de l’Asie Mineure ; 3° 5000 fr. à la publication des tables de la Lune. L’Institut a ensuite accepté définitivement la donation du château de Langeais qui lai a été faite par M. Jean-Jacques Siegfried. M. Maurice Lévy, * ispecteur général des ponts et chaussées, a donné lecture du rapport dans lequel il a été chargé d’étudier cette question. Il a fait savoir que M. Siegfried joint à la donation qu’il fait de sa magnifique résidence : une somme suffisante pour constituer une rente annuelle de 10000 francs destinée à être affectée aux travaux du château; et une somme de 100 000 francs, payable le jour où l Institut entrera en possession, et destinée à pourvoir aux premiers frais d’installation.
- —— M. le ministre du Commerce a créé un comité technique d'œnologie chargé d’étudier les mesures à prendre, dans l’intérêt du commerce français des vins et spiritueux, tant pour la vente à l’intérieur que pour l’exportation de ces produits. Ce comité est présidé par le ministre du Commerce; il a pour vice-présidents MM. Tisserand, conseiller maître à la Cour des Comptes et Armand Gautier, «le l’Académie des sciences. Parmi ses membres, il compi’end : MM. Troost, de l’Académie des sciences, Riche, de l’Académie de médecine; Behal, Villiers, professeurs à l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris; Gayon, Mathieu, directeurs dès stations œnologiques de Bordeaux et de Beaune ; Rocques, chimiste-expert à Paris.
- —La Société des Amis du Louvre vient d’acquéi’ir, pour 1 ’ Musée, deux admirables colonnes romanes toutes couvertes de sculptures, qui datent du xne siècle et proviennent de l’abbaye «létruite de Coulombes (Eure-et-Loir). Ces deux colonnes, dont les chapiteaux figui'ent l’histoire des rois mages et sur les fûts desquelles sont représentés des animaux fantastiques, sont d’un style analogue aux sculptures du portail royal de la cathédrale de Chartres.
- —«$(— La l'éunion mensuelle de l’Union coloniale française a eu' lieu, le 22 mars, sous la présidence de M. Jules-CharlesRoux, quiavait à ses côtés M. Binger, représentant M. Doumergue, ministre des colonies; MM. Chautemps et Guiyesse, anciens ministi’es. Après les «liseours, M. Chailley-Bcrt a donné lecture des récompenses décernées par la Société : la grande médaille d’or au général Galliéni, la médaille d’or au colonel Liautey, la grande médaille de bronze à l'Ecole française d’Extrême-Orient, la médaille fondée parM. Mei’cet au service médical et d’hygiène de Madagascar; d’autres médailles au capitaine Lenfant, à M. Coppolani et à M. Edmond Doutée.
- —«£— L’administration des postes et des télégraphes a décidé, api’ès entente avec l'administration anglaise, qu’à partir du H avril prochain les relations téléphoniques franco-anglaises, qui sont actuellement limitées aux communications entre Paris, la banlieue de
- Paris et Londres, seront étendues aux principales villes de province des deux pays. Paris pourra communiquer avec Cambridge, Yar-mouth, Brighton, Southampton, Birmingham, Leeds, Bristol, Manchester, Liverpool, Hull, Cardiff, etc. Le prix de la communication sera de 10 francs par trois minutes.
- —— M. le comte Henry de la Vaulx vient de repi'endre les expériences commencées il y a deux ans avec le « Méditerranéen » pour étudier la direction des ballons, au-dessus de la mer, au moyen des appareils de déviation inventés par l’ingénieur Hervé. Il a fait le 19 mars après-midi, entre Cannes et les îles Lérins, des essais satisfaisants à bord du ballon « Eilati ». Le 25 mars, il a fait de nouvelles expériences de navigation aériexme qui ont réussi; le ballon a atterri à la pointe de l’Esquillon, au delà de Thesulc, et l’aéronaute est rentré dans la soirée à Cannes à bord du vapeur a Dauphin » avec son ballon en très bon état. M. de la Vaulx se propose de faire la traversée de la Corse en Algérie, dès que le temps sera propice.
- —L’aéronaute Farriols, au cours d’une ascension à Barcelone, le 21 mars 1904, dans son ballon, le « Ciudad-Gondal », est tombé à la mer et s’est noyé. I/aérostat a été recueilli par un remorqueur du port de Barcelone. Le malheureux aéronaute, qui avait accompli déjà un très gi-and nombre d’ascensions, n était âgé que de 26 ans.
- —j£— Le paquebot « Anvers-Ville », qui vient d’arriver du Congo, a apporté quelques nouvelles. Le chemin do fer des grands lacs est en bonne voie d’achèvement. Le capitaine Jacques, qui est au Katanga, s’occupe du tracé d’une ligne ferrée sur les bords du lac Kisali; ce travail durera un an encore. A Léopold vil le on a terminé l’assèchement du lac Denster et les travaux du port avancent.
- —— L’éruption de la Grande Comore du 25 au 26 février a dévasté le pays. Le volcan du Mont Kartola, situé à 2200 mètres de hauteur, a envoyé des coulées de lave dans la province d’Orchini jusqu’à la mer. Presque en même temps, une autre coulée s’échappait du Mont Rosso vers la partie sud-est de l’ile. L’éruption a débuté -par des détonations formidables et de violentes secousses de tremblements de terre.
- —— La course annuelle de bateaux entre les universités d’Oxford et de Cambridge en Angleterre a eu lieu le 26 mars dans la matinée. Cambridge a gagné de quatre longueurs. La distance de 6,5 kilomètres a été parcourue en 21 minutes 34 secondes. La même épreuve a été gagnée jusqu’à ce jour 27 fois par Cambridge et 33 fois par Oxford.
- —?ft— MM. Paris, de Bordeaux, qui s’occupent de la fabrication des caisses d’emballage/emploie une scie multiple dont les disques se règlent comme écartement à la demande de la largeur des morceaux divers qu’il faut débiter simultanément dans une même planche présentée aux lames. Dans ce but, les scies circulaires sont montées sur un ai’bre fileté dans toute sa longueur : on peut donc les déplacer à volonté, et on les maintient ensuite au point choisi de la longueur de cet arbre à l’aide de deux écrous, avec contre-écrous placés contre les joues de la scie.
- —lit— On a essayé, sur les chemins de fer allemands, d’amortir le choc des bandages des roues de wagons au passage des joints des rails, en les faisant porter en ce point sur une section de rail auxiliaire placé au droit du joint. Mais les résultats n’ont pas répondu à l’espoir qu’on avait formé, il se présentait des différences de niveau entre les surfaces en présence, qui empêchaient un bon fonctionnement de la combinaison.
- —— La Société des ingénieurs civils de France donnera, le 16 avril prochain, en son hôtel, 19, rue Blanche, une grande fête de bienfaisance en vue de lui permettre d’augmenter les ressources de son fonds de secours. On peut se procurer des billets à la Société des ingénieurs civils de France, 19, rue Blanche, Paris.
- 18
- p.69 - vue 501/536
-
-
-
- 70
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- A.vis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant qûe nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d'informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. F: de Mare, à Bruxelles, nous écrit qu’il a lu notre article sur la « Suppression des arrêts des trains » dans le n° 1608, du 19 mars 1904, p. 250, et qu’il a fait breveter récemment un procédé quia, dit-il, l’avantage de résoudre pratiquement le problème. Il nous adresse le journal « Électro » de Belgique, d’où nous extrayons les renseignements suivants : « Deux facteurs, relativement r^geïfts', ont facilité ma tâche : 1° les trains à interc^mmunicatigps circulant sur les grandes lignes, 2° les voitures., aertdînotrices, déjà utilisées sur la ligne d’Orléans et à l’étude ou à l’essai aux autres compagnies. Pour la démonstration de mon procédé, je prendrai comme exemple le trajet Paris-Calais et son rapide. La composition du train restera la même, mais le fourgon d’arrière sera pourvu d’un couloir donnant accès dans le train, et assez large pour permettre le passage de colis ordinaires, malles ou autres. Entre ce fourgon et les .voitures à voyageurs, on pourra même intercaler une voiture dés postes. A l’arrière du fourgon, tout à fait en queue du train, sera accrochée une voiture automotrice composée d’une chambre pour le moteur, lequel sera, soit à vapeur, à essence, électrique ou tout autre; la seule condition c’est qu’il devra être assez puissant pour pouvoir se déplacer à une allure un peu supérieure à celle maximum du train. Après la chambre du moteur, des compartiments seront réservés pour les bagages, la poste et ensuite pour les voyageurs. La capacité de celte voiture sera calculée pour contenir le nombre des voyageurs descendant en moyenne à une station importante. Cette voiture, également à couloir, sera en communication avec les autres voitures du train. Au départ de Paris, les voyageurs pour au delà de Creil, où aura lieu le premier dépôt de voyageurs, prendront place dans les voitures du train proprement dit, tandis que ceux à destination de Creil même seront admis dans l’automotrice. Le courrier et les bagages pour Creil seront aussi chargés dans cette voiture. Ceci établi, le train se mettra en route, il remorquera l’automotrice, comme si elle n’était qu’une voiture ordinaire, bien qu’elle puisse en cas de besoin associer sa puissance et pousser le train. Aux environs de Creil, en un point déterminé par l’expérience, l’automotrice se décrochera du train et en freinant accostera le quai où les voyageurs descendront. Jusqu’ici rien que de très ordinaire, cette façon de prendre des voyageurs à Paris et de les laisser à Creil ressemblerait fort à celle usitée, je crois, en Angleterre sur certaines lignes. Mais dans le train ont été admis des passagers pour Clermont, Longueau, tandis qu’à Creil des voyageurs attendent le train, pour se rendre à l’une des stations situées au delà de cette ville. Ceci a été prévu et c’est ici que réside la nouveauté. Une automotrice identique à la première, stationnée sur une voie de garage et dans laquelle auront pris place les voyageurs, les bagages et le courrier, attendra le passage du train ; dès qu’il sera signalé, le mécanicien de l’automotrice se mettra en mesure de partir à la poursuite du train (séparé de sa première automotrice) et qu’il ne tardera pas à rejoindre; que l’on se rassure, l’opération peut se faire sans heurt. Aussitôt en contact l’accrochage aura lieu, la communication sera établie et l’échange des voyageurs s’opérera aussi aisément que si l’ensemble, au lieu d’être entraîné à la vitesse de 120 km. à l’heure, était immobile. Les voyageurs du train devant descendre à Clermont, viendront prendre place dans l’automotrice ; ceux de cette voiture allant à Clermont y resteront, tandis que les autres pour au delà de cette ville iront prendre place dans Je train. A Clermont, la manœuvre de décrochage, qui a été faite à Creil, sera répétée et une troisième automotrice viendra
- prendre la place laissée vacante par la seconde. Tout le long du parcours les choses se passeront de même, sans que le train ait à s’arrêter un seul instant. Les automotrices, délestées de leurs premiers voyageurs, iront se garer sur la voie montante avec de nouveaux clients, pour regagner par le même procédé leur station de départ. C’est ainsi qu’une automotrice venant de Paris et restée à Creil, retournera à Paris, celle allant de Creil à Clermont retournera à Creil et ainsi de suite. En un mot ces véhicules automoteurs feront la navette seulement entre deux stations. Le procédé que je viens de décrire a pour lut cet avantage qu’il peut être réalisé de suite, sans qu’il en coûte beaucoup aux Compagnies qui seraient tentées de l’appliquer^ Les trains existent, les vois de garage sont ménagées aux abords de toutes les grandes gares, entin aux automotrices il ne fautqué peu de transformations pour être à même de jouer le rôle que je leur assigne. Je réserve, pour plus tard, certains dispositif d’accrochage, de sécurité, de signaux qui n’ont rien à voir avec le principe du système que je viens de développer; » .
- M. A. Eldin, ingénieur-constructeur de voitures automoj-biles à Lyon, nous envoie des photographies, et la description de ses nouveautés de 1904, notamment d’un moteur vertical à 2, 5, 4 ou 6 cylindres, d’une voiture automobile transformée, d’une bougie rupteur, d’un moteur à double effet, et d’un contrôleur spécial.
- Renseignements. — M. A. de R., à Mexico. — L’adresse-que vous désirez est la suivante : Gazéificateur industriel et domestique Lothammer, 9, rue de Chàteaudun, à Paris.
- MM. E. Ayulo et Cie, à Paris. —Comme l’indique l’article,, les différents constructeurs de charrues automobiles sont de Berlin ; nous n’avons pas d’adresses plus complètes, mais nous pensons qu’elles suffisent.
- M. G. Rutler, à Baccarat. — A notre grand regret, nous-n’avons aucune photographie de ce genre à pouvoir vous prêter.
- M. B. B., à Paris. — Demandez ce produit à l’auteur de l’article, 5, rue delà Santé, à Paris (XIIIe).
- L’abonné n° 5169-4471, à Beauvais. — 1° L’adresse que vous demandez est la suivante ; M. V. Purrey, 1 à 31, boulevard J. J. Bosc, à Bordeaux. — 2° La Société Rowan n’existe plus; c’est la Société Franco-Belge, 18, avenue de l’Opéra, à Paris, qui a construit les dernières automotrices de ce système de la Compagnie générale des omnibus.
- M. J. R., à Vendôme. — Vous trouverez le spinthariscope de Crookes chez MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des-Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Paul, à Paris. — Comme journaux de petits travaux faciles et pratiques, nous pouvons vous indiquer les journaux suivants : « La Découpure illustrée », mensuel, 6 francs par an, 16, rue des Gravilliers; « Le Journal de l’amateur de travaux manuels », mensuel, 12 francs par an, 16, rue des Gravilliers ; « Les travaux simples de menuiserie » ; mensuel. 10 francs par an, 75, rue Madame; « Les travaux simples do serrurerie », mensuel, 8 francs par an, 75, rue Madame, à Paris.
- M. L. Ducobu, à Bergame. — Feuilles de gutta laminée ; M. J. Reichle, 27, rue du Château-d’Eau, Société industrielle-des-téléphones, 25, rue du Qualre-Septembre, Société India Rubber Gutta-pereha and Telegrah \Vorks, 97, boulevard Sébastopol, à Paris,
- M. J. M. F., à Mostaganem. — Nous ne pouvons vous donner ce renseignement ; il faut vous adresser aux bureaux militaires.
- M. F. R., à Romorantin. — La Société industrielle destéléphones a son siège, à l’adresse que nous donnons plus haut.
- M. Dupuis, à Pont-Audemer. — Trois piles Leclanché montées en tension vous conviendront pour cette application.
- M. Steiner, à Orléans. — L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la « Boîle-aux-Lettres » du n° 1524 du 9 août 1902.
- M. Leroy, à Dijon. — Vous trouverez ces différents appareils chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. B. F., à Paris. — 11 faut vous adresser à la Société internationale des électriciens, 14, rue de Staél, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. P. R., à
- Nancy. Il faut multiplier les chiffres que vous indiquez par le nombre d’heures de fonctionnement. — M. Chanteau, à Paris. Nous ne pouvons traiter ces questions. — M. G. li., à Vincennes ; M. Lebègue, à Paris. Voyez le petit livre des « Beceltes et procédés utiles », lIe série, à la librairie Masson et Cie — M. U. L., à Lyon. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. A. Féret, à Tunis; M. Bodry, à Reims. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les commmncatinns. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède ta date de la livraison.
- p.70 - vue 502/536
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- AVRIL-MAI-JUIN 1904
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le Soleil présente très souvent, actuellement, de grandes taches visibles dans les plus faibles instruments. Il est d’un grand intérêt de suivre chaque jour les variations de position, de forme et de grandeur de ces taches. Le moyen le plus commode, lorsque l’on, ne possède pas une lunette munie d’un verre noir, est de faire les observations par projection. On reçoit l’image du Soleil sur un carton blanc que l’on peut fixer à l’oculaire de la lunette à l'aide d’un support facile à construire. Le procédé par projection, quoique ne permettant pas le dessin des petits détails solaires, est très utile, car il facilite particulièrement îa mise en place, sur un disque tracé à l’avance, des diverses taches et facules visibles.
- Nous avons souvent réalisé la projection de l’image du Soleil (à l’aide d’une toute petite lunette de 35 mm d’objectif) sur le plafond blanc d’une pièce. Il suffit pour cela de diriger la lunette vers le Soleil et de réfléchir par une petite glace ou un prisme le faisceau lumineux au sortir de l’oculaire. On obtient ainsi des disques solaires de 0“,20 à 0m,50 de diamètre, pas absolument nets il est vrai, mais que plusieurs personnes peuvent observer aisément. La mise au point se fait en variant le tirage de l’oculaire. Nous recommandons cette expérience qui obtient toujours un vif succès.
- En 1903, une tache blanche a été découverte sur la planète par M. Barnard. Il y aura intérêt à suivre attentivement le globe de Saturne pendant la prochaine opposition pour rechercher si un semblable phénomène se reproduit.
- Uranus se déplace lentement dans la constellation du Sagittaire, bien bas sur notre horizon sur lequel il ne s’élève qu’à 18° au moment de son passage au méridien. Il est toutefois dans les meilleures conditions de visibilité pour cette année, son opposition ayant lieu le 16 juin. Il se présente, dans les petits instruments, comme üne faible étoile de 6e grandeur, mais une lunette plus puissante montre un petit disque de couleur bleuâtre et d’un diamètre de 4" environ. On pourra le suivre aisément avec une simple jumelle, et en s’aidant de la petite carte ci-dessous, qui permettra de le trouver parmi les étoiles.
- Neptune pourra être encore observé en avril à l’aide d’une lunette équatoriale; on le trouvera aux positions suivantes :
- 1“ avril : JR — 6» 14» ; CD = -f 22° 23'
- 30 avril : Æ = 6h16"; <D = -f22°25'
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- D’avril à juin, le Soleil traverse les constellations des Poissons, du Bélier et du Taureau. Le 21 juin, à 21h0m28% il atteindra sa plus grande déclinaison boréale, ce Sera le commencement de l’été. A cette époque, à minuit, il n’est pas à 18° sous l’horizon et les nuits ne sont pas complètes. Dans les nuits claires et sans lune, pour nos latitudes, on suit très bien cette lueur crépusculaire du coucher au lever du Soleil.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Voici la liste des étoiles (jusqu’à la 6e grandeur inclusivement! occultées par la Lune
- pendant le second trimestre
- OPHIUCHUS
- II. — PLANETES
- H vii.3o sagittaire!*-
- Avril Mars l^Déc. t®rFevr. tTNov 190A i'r0ct
- rrJanv. iTMai 'er'-Juin •(f1erJuiliet Woüt '“'Sept iao5 I !*•
- |Afl8 •9 |
- Les deux cartes publiées dans le précédent Bulletin astronomique (n° 1598,9 janvier 1904) permettent de suivre pendant toute l’année la marche des planètes sur la sphère céleste. Pour Mercure, Vénus et Mars, qui se déplacent très rapidement, les positions sont données le 1er et le 15 de chaque mois, pour les autres planètes dont le mouvement est plus lent, de mois en mois (Jupiter) et même pour une année (Neptune). La lecture de ces cartes est forcément délicate en raison de la difficulté de faire entrer une grande partie de la sphère céleste dans un aussi petit format et surtout par ce fait que les planètes ne s’écartant jamais beaucoup de l’écliptique, toutes leurs trajectoires sont presque confondues.
- Pendant les trois mois d’avril, mai et juin 1904 :
- Mercure traverse les constellations des Poissons et du Bélier. Le 21 avril, il sera à sa plus grande élongation du soir, à 20° à l’Est du Soleil. Diamètre 7",7: Le 9 juin, il atteindra sa plus grande élongation du malin, à 23° 31' Ouest du Soleil. Diamètre 7",8. On pourra le trouver 5 ou 6 jours de part et d’autre des deux dates ci-dessus.
- Le 24 juin, il sera en conjonction avec l’étoile i Taureau (gr. 4,8), à 11 h. à la distance de 3'.
- Vénus est en de mauvaises conditions pour être observée ; elle s’éloigne de nous et ne se lève guère qu’une demi-heure avant le Soleil. Il faudra attendre le commencement de 1905 pour faire d’utiles observations.
- Marche d’Uranus sur le Ciel pendant l'année 1904.
- de 1904
- Avril 3-4. Occultation de 49 Balance (gr. 5,6) de 23 h. 12 m. à 0 h. 19 m.
- Avril 22. Occultation de 1 Cancer (gr. 5,9) de 19 h. 9 m. à 19 h. 38 m.
- Avril 28. Occultation de m Vierge (gr. 5,4) de 22 h. 19 ni. à 23 h. 32 m.
- Mai 50. ceultation de Y Sagittaire (var.) de 22 h. 38 m. à 23 fi. 32 m. ;
- Mai 8. Occultation X Capricorne (gr. 5,4) de.l h. 25 ni. ï* 2 h. 33 m.
- Mai 17. Occultation de 150 Taureau (gr. 5,5) de 19 li. 39 m. à 20 li. 53 m.
- Mai 21. Occultation de o Lion (gr. 5,8) de 21 h. 20 m. à 21 li. 57 m.
- Juin 25. Occultation de 6Ba-lance (gr. 4,8) de 0 h. 15 ni. à 0 h. 38 ni.
- Étoiles filantes. — On
- observe des étoiles filantes toutes les nuits; toutefois leur nombre est plus considérable aux époques ci-dessous qui marquent la rencontre de la Terre avec divers essaims.
- Le 9 avril. Radiant vers tc Hercule.
- Le 12 avril. Chute de bolides.
- Du 16 au 50 avril. Radiant vers 104 Hercile (Lyrii'e;).
- Du 29 avril au 2 mai. Radiant vers a Ver;eau.
- Le 22 mai. Radiant vers a Couronne.
- Le 7 juin. Chute de bolides.
- Étoiles variables. — Les indications su:vantes permettent de suivre quelques variables intéressantes (m — minimum ; M = maximum) :
- jâ Persée (Algol) (variable de 2,5 à 3,5). — 7 avril, 22 h. 47 m, m; 10 avril, 19 h. 36 m., m ; 28 avril, 0 b. 30 m. ni.
- 5 Lyre (variable de 3,4 à 4,5). — 11 juin, 41i.,wi; 24juin, 2 h., m ; 27 juin, 4 b., M.
- Y) Aigle (variable de 3,5 à 4,7). — 8 avril,01i.,M; 12 avril, l9 lu, m ; 15 avril, 4 b., M ; 19 avril, 25 b., m ; 27 avril, 3 h., m ; 15 mai, 21 h., M ; 21 mai, 1 li.. M ;25 mai,20 h., m ; 28 mai, 5 h., M ; 2 juin, 1 b., m ; 25 juin, 22 h., M.
- 6 Cépliée (variable de 3,7 à 4,9). — 2 avril, 3 li., m ; 8 avril, 21 h., M ; 12 avril, 21 li., m; 24 avril, 25 h., M; 28 avril, 25 b., m; 11 mai, 2 li. M ; 15 mai, 1 h., m ; 6 juin, 22 li., M ; 10 juin, 21 h., m ; 25 juin, 0 h., M ; 27 juin, 0 h., m.
- Mars est inobservable, en conjonction avec le Soleil le 50 mai.
- Jupiter, dans les Poissons, est immédiatement reconnaissable à son brillant éclat. Du 15 mai au 15 juin, son diamètre passe de 32",6 à 34",7. On pourra commencer les observations à partir du milieu de mai, la planète se dégageant du rayonnement solaire. Les mouvements rapides des quaire principaux satellites sont extrêmement curieux à suivre et visibles au bout de très peu de temps. D’un jour à l’autre, les configurations du système sont complètement différentes.
- Saturne, dans le Capricorne, au-dessus de y, sera observable utilement à partir du mois de mai. Les petits instruments montreront l’anneau et un satellite. Une lunette de 108 mm fera voir les 4 ou 5 plus brillants et l’anneau transparent qui, intérieurement, borde l’anneau principal.
- IV. — CURIOSITÉS SIDÉRALES
- Parmi les innombrables objets célestes qui s’offrent à l’observateur par les belles nuits deté, on peut citer comme les plus remarquables :
- Étoiles doubles et multiples. — g Cygne (jaune d’or et bleue); le Cœur de Charles (jaune et lilas) ; e Bouvier "(jaune et bleue) ; a Hercule (orangée et verte); Antarès (rouge, orangée et verte); 6 Serpent (belle, double, serrée); y de la Vierge; e Lyre (quadruple) ; la 61* du Cygne (double, une des plus proches de la Terre), etc.
- Amas d’étoiles, nébuleuses. — Amas d’IIercule, de Persée, dos fiémeaux, du Cocher, du Cancer, de l’Aigle; nébuleuses de la Vierge, de la Lyre (annulaire), des Chiens de chasse. Par les nuits bien pures, l’observation avec une lunette à grand champ de la Voie lactée fera assister l’observateur à l’un des speclacies les plus merveilleux qu’il soit donné d’admirer.
- Em. TOUCHET.
- p.71 - vue 503/536
-
-
-
- 72
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Lotion pour cheveux à la lanoline. — La formule en est établie par Alfred Spindler, il considère qu’elle assure le nettoyage de la chevelure dans d’excellentes conditions, et sans y laisser des substances grasses susceptibles de rancir. On laisse digérer 4 parties d’écorce de quiüaya durant plusieurs jours dans 56 parties d’eau, puis on fdtre, et on mêle le produit avec 4 parties d’alcool; on filtre de nouveau après avoir laissé reposer. Ensuite, en opérant à une température suffisante pour maintenir la lanoline à l’état liquide, on ajoute 40 parties du I
- liquide donné par le filtrage à 12 parties de lanoline anhydre, et on complète le mélange avec assez d’eau pour former 500 parties en tout : cette eau doit du reste être additionnée de 15 pour 100 d’esprit-de-vin. On peut ajouter ad libitum de l’extrait de quinquina, ou encore du baume du Pérou, ou de la quinine, du menthol. En tout cas, on obtient un liquide laiteux sur lequel surnage une couche crémeuse ; avant emploi, on mêle le tout en agitant la bouteille qui contient la lotion.
- Imperméabilisation des semelles de soulier. — Faire dissoudre 4 parties de suif dans 16 d’huile d’olive, ajouter 1 partie de spermaceti et 1 de cire.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES • OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 mars . . . 2°,2' S. 1. Très nuageux. « Gelée bl. ; brouillard le malin ; quelques éclaircies.
- Mardi 22 6»,5 N. N. E. 3. Très nuageux. o,t Pluie la nuit ; peu nuageux.
- Mercredi 23 6 ',3 N. 4. Beau. 0,2 Rosée ; très nuag. ; pluie le soir.
- Jeudi 24 4°,7 N. E. 4. Couvert. 0,4 Pluie le matin ; nuageux.
- Vendredi 25. . . . 2®,5 N. N. E. 2. Couvert. 0,8 Gelée bl. ; pluie de 10 h. à 14 h. ; très nuageux.
- Samedi 26 <)’,3 N. N. E. 1. Peu nuageux. » Gelée bl. ; peu nuag. le main; nuag. le soir.
- Dimanche 27 .... 4°,0 N. N. E. 1. N jageux. » Gelée bl. ; peu nuag.
- MARS 1904. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 MARS 190i.
- ~‘a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau, de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri cl boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQDE
- I,e temps. — Dans la sennine du 21 au 27 mars, le temps a été pluvieux, la température variable et le baromètre a subi de fortes baisses. Le 21 mars, premier jour du printemps, le ciel a été nuageux à Paris; la température, qui était de 2° le matin, à 7 heures, a varié de 3° à 14° dans la journée, et a donné une moyenne de 8°,8. Des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord et le sud de l'Europe; en France, on a recueilli U mm d’eau à Ouessant, 1 mm à Sicié et 1 mm à Gris-Nez. Dans la soirée, à 9 heures, il a plu à Paris. Un vent faible a soufflé sur nos côtes du sud sur la Manche et i'Océan, du nord à la pointe de Bretagne et de la Provence. Dans la nuit du 21 au 22 mars, de 2 à 3 heures du matin, il est tombé quelques averses à Paris. Le 22 mars, on a recueilli 10 mm d’eau à Biarritz, 2 mm à Dunkerque, 1 mm au Havre. La température s’est abaissée sur les régions du nord et de l’ouest ; dans la matinée, le thermomètre marquait 7° à Paris, 13' à Alger, —2° au mont Ventoux, — 9° au pic du Midi et25l) à midi à Monte-Carlo. Le 23 mars, le temps est resté frais et pluvieux ; il est tombé 3 mm d'eau à Besançon, 2 mm à Cbarleville. La neige est tombée à llemiremont daus la nuit du 22 au 23 mars et a couvert les hauteurs environnantes et les sommets de la vallée de la Moselle. A Paris, des vents ont soufflé généralement du nord-ouest ; à la tour Saint-Jacques, leur vitesse atteignait 10 mètres par seconde. La température a varié très peu sur celle du 21 mars; le minimum a été de C, et la moyenne a atteint 8®,6. Le .21 mars, la pression barométrique a baissé dans le sud du continent; le minimum (75i m:n) a eu lieu à Gènes. On a encore signalé des neiges et
- des pluies dans l’ouest. En France, il a plu à Besançon (4 mm), à Clermont (3 mm), à Boulogne (2 mm). La température s’est*abaissée; le matin elle était de 5° à Paris, —5° au puy de Dôme, —9'* au mont Ventoux, — 14* au pic du Midi. A Paris, la température moyenne de la journée a été de 6°,5 Le vent soufflant, des régions nord et nord-est a atteint une vitesse maxiin» de 14,9 mètres par seconde à Montsouris. Le 23 mars, des pluies sont tombées à Nice (12 mm), à Clermont (i mm), à Toulouse (3 mm), à Nantes. A Paris, vers midi, après une matinée pluvieuse, le ciel s’est assombri tout à coup et, pendant près de deux heures, une grande obscurité a eu lieu.. Ce phénomène est dù à la présence sur Paris d'une couche nuageuse épaisse qui a intercepté tous les rayons du soleil. Le 26 mars, il a plu à Nice (16 mm), à Limoges (6 mm), à Biarritz (2 mm), à Brest (2 mm) ; le 27 mars, on a recueilli 7 mm d'eau à Limoges, 5 mm d’eau à Lyon. A Paris et aux environs, le 27 mars, le baromètre est monté assez régulièrement et a atteint 768 mm.
- Cyclones et tempêtes. — Un violent cyclone vient de ravager l’He de la Réunion, du 21 au 22 mars. Le baromètre marquait 715 mm. Des milliers de personnes sont sans toit et sans nourriture. Le désastre dépasserait tout ce que l’on a jamais vu. Les récoltes ont été détruites, les ponts et les ports anéantis, les chemins de fer, les routes et les télégraphes coupés. On a également signalé, le 2» nues, une grande tempête aux îles Lofoiten, en Norvège, ainsi qu’un cyclone d ms la région des lacs à Chicago, aux États-Unis. A Detroit (Michigan), les dégâts ont été considérables.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 21 à 9- h. 46 m. du soir.
- p.72 - vue 504/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le prince Albert de Monaco a inauguré officiellement le "30 mars à deux heures l’exposition de canots organisée à Monaco. Le prince a été reçu par le {(résident du comité. L’exposition comprend soixante et un canots de huit nations différentes, et doit se terminer par huit jours de courses dotées de plus de 100 000 francs «de prix.
- —jfç— A la séance de l’Académie de médecine du 30 mars, on a beaucoup parlé du traitement par l’acide carbonique chaud. Ce traitement, dit-on, produit d’excellents effets en raison de sa grande pénétration, ainsi que de son action bactéricide et décongestionnante des tissus enflammés. Pour cette raison beaucoup de praticiens, en Allemagne, recommandent l’usage du vin de Champagne dans la première période du coryza et de la grippe. Saturé A chaud, à 45°, par des essences de cannelle et de giroflé, son emploi peut, dit M. Paul Philippe, être recommandé dans un grand nombre d’affections : ulcères, plaies, inflammations vésico-urétrales, etc., etc., mais c’est principalement dans les inflammations des replis, des renflements, qu’il possède une réelle valeur thérapeutique.
- —Ht— M. Santos-Dumont, l’aéronaute bien connu, vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur, à titre étranger.
- —Ht- M. de La Yaulx poursuit avec succès scs expériences aéronautiques. Parti le 29 mars de Cannes, il s’est élevé avec son ballon à une hauteur de 1800 mètres, puis il est redescendu dans le quartier du Piouüier, près de Vence.
- —Ht— Depuis quelques semaines, on signale, dans la garnison de Metz, l’apparition d’une maladie contagieuse, « l’anky-lostomase », qui, jusqu’alors, se trouvait circonscrite, dans les régions minières rhénanes et qui a été apportée par les réservistes de ces régions. L’ankylostome est un ver long de 3 à 4 millimètres qui se loge dans les intestins du malade et y cause de grands ravages; presque tous les mineurs dés provinces rhénanes en sont plus ou moins atteints.
- —Hf— Quelques chiffres bienfaits pour montrer le développement «constant et admirable du port de Hambourg. Il y a peu de temps on a consacré un vaste terrain de 225 hectares à la création de 5 nouveaux bassins, bassins bordés de quais et de magasins; pour la manutention des marchandises, on a installé sur les quais 110 grues électriques à demi-portiques, mobiles, et d’une force portante individuelle de3 tonnes; puis deux grues tournantes de 20 et 75 tonnes, et enfin chaque magasin dispose pour son compte d’une grue de 10 tonnes.
- —Ht— L'Angleterre va posséder son premier chemin de fer électrique non métropolitain et de développement important. Il s’agit de la mise en exploitation du North Eastern Railway sur une longueur de 58 km de voie simple, double ou même quadruple. Le courant employé est du courant continu, distribué par un troisième rail placé latéralement à la voie, et obtenu par transformation et conversion de courant triphasé à 5500 volts et 40 périodes. La station génératrice, qui appartient d’ailleurs à une compagnie d’électricité, est dotée de turbines Parsons pour commander les génératrices électriques.
- —HÇ— Le major Adam H. Leader, de Reading, en Pensylvanie, est l’inventeur d’un moteur à pétrole qui présente une série de particularités, dont nous ne pouvons pas toutefois apprécier la valeur en connaissance de cause. Il ne comporte pas de réservoir à essence, l’hydrocarbure étant enfermé dans le pied même de l’engin, -d’où il est pompé dans un « receveur » qui est en tète du moteur. L’inflammation se fait au moyen d’un nouveau dispositif, et l'engin se met en marche à n’importe quel angle. Avec cet appareil, le cheval-heure ne coûterait pas plus de 5 centimes.
- —Ht— L’acier-nickel gagne chaque jour du terrain. Voici que la Compagnie de chemins de fer américaine Pennsylvania Railroad, celle-là même qui a fait poser des rails en acier-nickel sur les parties de ses voies qui fatiguent le plus, se décide à commander un certain nombre de bandages en acier-nickel également pour les roues de ses locomotives. Elle espère qu’ainsi les bandages n’auront besoin de passer au tour que quand les machines rentreront à l’atelier pour les préparations et remise en état du mécanisme général.
- —H£— Le Dr J. Olily vient de publier, dans « Mines and Minerais », une étude où il vante grandement les avantages que lui semble offrir l’acier au molybdène, ou, plus exactement, l’acier-nickel au molybdène. L’addition du molybdène augmente étrangement la faculté d’allongement, et il suffit d’une proportion de 0,25 de ce corps pour que l'allongement passe de 4 à 45 pour 100. Cela n’entraîne pas de dépenses sérieuses, et le résultat est particulièrement précieux pour les arbres de manivelles, les arbres de couche et autres pièces de forge analogues.
- —Ht— La « Revue du génie militaire » vient de publier une étude intéressante sur les bois devant servir à la confection des manches d’outils et à leur conservation. Le frêne convient pour les gros outils; le cornouiller offre une souplesse particulière qui le recommande pour les outils de forgerons, mais il ne se présente jamais qu'avec un faible diamètre. Le saule sert beaucoup pour les pelles rondes, parce qu’il est d’un tiers plus léger que les autres bois; mais il est rapidement détruit, quand oii le conserve longtemps en magasin, et en dépit de tous les enduits protecteurs. A ce propos, disons que le seul moyen de prévenir la pourriture sèche, est l’injection sous pression de substances antiseptiques, et bien entendu pour des bois abattus en hiver et soumis à une dessiccation complète sous abri et à l’étuve.
- —Ht— Un de nos confrères américains signale quelques alliages offrant une grande résistance à la traction. II place en première ligne le bronze manganésifère ; il signale ensuite un alliage de «cuivre et d’aluminium, fait de 63,53 pour 100 de cuivre, de 33,53 de zinc et de 5,34 d’aluminium, alliage qui a le tort de présenter un retrait considérable à la fonte. On doit citer aussi un alliage cuivreux fait de 65,33 de cuivre, de 53,33 de nickel, et de 3,34 d’aluminium.
- — Ht— On ressent déjà en Egypte les avantages et les bienfaits des réserves d’eau qu’assurent les travaux récemment menés à bien. Grâce au réservoir d’Assouan, on a augmenté, l’été dernier, de 20 000000 tonnes d’eau, quotidiennement, le débit du Nil, c’est-à-dire qu’on a doublé le débit précisément pendant la période la plus critique pour les cultures. On a pu permettre la culture du riz, qui avait dû être interdite les années précédentes. Dans l’Egypte moyenne on a déjà trouvé moyen de mettre en culture une superficie nouvelle de 70 000 hectares, qui va être doublée sous peu.
- —Ht— Au Muséum, M. le Dr Verneau, assistant de la chaire d’anthropologie, est nommé professeur intérimaire, pour l'année 1904, en remplacement de M. flamy, qui a obtenu un congé. M. Verneau commencera son cours le mardi 12 avril, à 3 heures, dans l’amphithéâtre des Nouvelles Galeries, 2, rue de Buffon, et le continuera les jeudis, samedis et mardis suivants, à la même heure.
- —Ht- Le nombre des étudiants qui suivent actuellement les cours des Universités françaises atteint le chiffre de 30 405, dont 10972 dans les Facultés de droit, 6686 dans les Facultés de médecine, 4765 dans les Facultés des sciences, 4384 dans les Facultés des lettres, 3014 dans les Ecoles de pharmacies, etc. Ces étudiants se répartissent ainsi, par Universités : Paris, 12985; Aix-Marseille, 1080; Besançon, 335; Bordeaux, 2320; Caen, 752; Clermont, 299; Dijon, 880; Grenoble, 705; Lille, 1164; Lyon, 2069; Montpellier, 1707; Nancy, 1327; Poitiers, 863; Rennes, 1190; Toulouse, 2191.
- 19
- p.73 - vue 505/536
-
-
-
- 74
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- A.vis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Louis Solari, docteur ès sciences, à Pont-Saint-Martin (Val d’Osne), à propos de notre article « Radium et hélium », paru dans le n° 1609 du 26 mars 1904, y. 258, nous écrit la lettre suivante : « J’ai lu avec grand intérêt votre article sur la transformation du radium en hélium. Les expériences relatées de MM. Curie et Devvar sont des plus intéressantes, mais n’est-il pas possible_d’en tirer une autre conclusion?
- En effet, dans un de vos articles précédents, vous dites que M. et Mme Curie ont tenu enfermé dans un tube scellé, pendant 2 ou 3 ans, un sel de radium qui n’aurait accusé aucune perte de poids. En serait-il ainsi dans le cas de transformation du radium en hélium?
- De même que le palladium a la propriété de condenser l’hydrogène, le radium ne pourrait-il avoir la propriété de condenser l’éther, par conséquent avec développement de chaleur? Cet éther condensé serait alors dans les conditions les plus favorables pour former l’hélium, qui serait ainsi parmi les premiers produits de condensation de la matière unique, soit éther. La théorie de l’unité de la matière aurait donc une confirmation inattendue et l’on aurait la démonstration matérielle de l’existence de l’éther. On sait que cet éther baigne et traverse tous les corps. Il entre donc librement dans les tubes de verre ou de cristal, mais l’hélium formé par sa condensation reste emprisonné, sa molécule étant plus compliquée, partant plus grosse (dans ce cas on ne peut jdus guère parler d’atome). L’expérience concluante, et de longue haleine, conden-sisterait à répéter les expériences de MM. Curie, Dewar et Des-landres, de s’arranger pour évacuer de temps en temps le hélium formé, et .enfin après avoir recueilli et pesé une quantité assez importante d’hélium, de voir si son poids correspond à une perte de poids du radium. »
- M. Courlonne, à Badalona-Barcelona (Espagne), à propos de la formule d’un savon antiseptique liquide, formule citée par la « Pharmaceutische Centralhalle », et que nous avons donnée dans les « Recettes et Procédés utiles » (IN0 1608 du 19 mars 1904, p. 64), nous écrit : « I'ermettez-moi de vous indiquer une recette, calquée sur la précédente, mais ayant sur celle-ci l’avantage d’une saponification complète et presque instantanée. Cette recette est basée sur le procédé que j’ai fait connaître pour préparer une liqueur hydrotimétrique inaltérable (Moniteur Scienlif. du Dr Quesneville. Janvier 1892). Cette formule, dont le mode opératoire est très simple et très sur, est intéressante. On prend 50 grammes de potasse caustique à 70 pour 100, puis 200 grammes d’huile d’amandes douces, et 80 grammes d’alcool à 90 pour 100. On chaufle le tout, en agitant, au bain-marie, dont on élève la température graduellement, jusqu’à ce que la saponification soit complète. Ce qui demande quelques minutes. Cela fait, on ajoute 160 grammes de glycérine, 500 grammes d’eau distillée, et 10 grammes d’essence de citron, autant d’essence de bergamote et d’huile de verveine. Et on continue l’opération comme il a été indiqué ».
- Le même correspondant nous envoie aussi une formule pour le nettoyage des ustensiles de laboratoire, et autres, ayant contenu des huiles et graisses végétales : « Mélanger, à volumes égaux, de la soude, ou de la potasse caustique, à 56° Baumé, avec de l’alcool à 90°. Introduire un volume sulfisant du mélange dans le récipient à nettoyer, agiter quelques instants, vider et laver ensuite à grande eau. Pour un ustensile quelconque, le plonger dans le même mélange, où l’on frotte avec une brosse pendant quelques instants également, puis laver à
- l’eau. Le nettoyage est instantané lorsqu’on opère avec un liquide chaud.
- M. J. Maranne, à Paris, nous écrit : « Depuis 8 ans que je reçois votre journal, j’ai toujours été frappé de l’odeur caractéristique qu’il émane lorsque je le sors de son enveloppe ; je le reconnais entre tous, les yeux fermés, rien que par cette odeur. Je serais curieux de savoir d’où peut provenir cette émanation. Vient-elle du papier ou de l’encre d’imprimerie? » L’observation de notre correspondant est très juste; l’odeur provient de l’encre d’imprimerie.
- Renseignements. — M. D. L, à Paris. — Les bureaux de la sténo-dactyle Lafaurie sont situés 84, rue Saint-Lazare, à Paris-
- M. Dumont, à Nancy. — Pour les accumulateurs Heinz,, adressez-vous 27, rue Cavé, à Levallois (Seine).
- M. Legrand, à Blois. — Cette question de la préparation et des propriétés des sels de radium a été traitée dans le n° 1606-du 5 mars 1904, p. 214. Nous avons également publié d’autres-renseignements dans un numéro antérieur, le n° 1597 du 2. janvier 1904, p. 70.
- M. Maury, à Paris. — Pour ces appareils, renseignez-vous auprès de MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris (IIIe).
- M. C. P., à X.— Vous trouverez de l’aluminium en poudre à la Société française des couleurs métalliques, M. E. Drouilly,. directeur, 9, rue Pierre Levée, à Paris.
- M. L. Doré, à Auray. — La carte correspondante créée eir 1870 pour les soldats n’est pas la carte postale illustrée dont il a été question dans les « Informations » du n° 1607, du 12 mars 1904.
- M. R. B. A., à Bordeaux. — Vous pourriez consulter l’ouvrage suivant : Guide de conduite, réglage et entretien des-motocyclettes, par Georgia Knap, à la librairie Desforges, 39, quai des Grands-Augustins, à Paris. Prix : 4fr,50.
- M. G. L., à D. (Pologne). — Pour des petits fours, chauffés-à la houille, il faut vous adresser aux constructeurs suivants : M. E. Vivez, 16, rue du Buisson-Saint-Louis, M. J. Ressort, 9, quai d’Anjou, M. P. Lequeux, 64, rue Gay-Lussac, à Paris.
- M. G. Thièbaud, à Levier. — Pour la poudre de lait, dont il a été question dans « Hygiène et santé » du n° 1609 du 26 mars 1904, p. 67, il faut vous renseigner à l’adresse donnée dans l’article, à la laiterie de M. Abaye, au Tremblay, dans l’Eure.
- M. S. M., à Montbéliard. — Pour nettoyer un buste en marbre blanc, il faut le frotter légèrement avec un mélange de vinaigre et de pierre ponce à l’aide d’une éponge ; on lave ensuite à plusieurs reprises. Nous avons également indiqué plusieurs autres procédés de nettoyage dans les petits livres-des « Recettes et procédés utiles », lre et 2e série, à la librairie Masson et Gie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. B. M., à Saverdun. — 11 n’existe aucun procédé pour le nettoyage des dalles en brique qui ont été tachées par de l’huile et de la graisse. La brique est poreuse, la graisse pénètre à l’intérieur, et il n’v a aucun moyen pour l’en faire sortir.
- M. G. J., à Nantes. — 1° Nous décrirons prochainement la locomotive roytière qui porte ce nom. — 2° Nous allons-prendre des renseignements.
- M. A. S., à Moissac. — Nous ne connaissons pas encore de Société d’assurances contre ces accidents électriques.
- M. Giuseppe Rubini, à Schio. — Adressez-vous à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. le D' Schrnit, à Charency-Vézin. — Phonographes r MM. Alart et Cie, 27', boulevard Saint-Martin; M. Bettini, 25, boulevard des Capucines ; Columbia Phonograph C°,54, boulevard des Italiens; MM. Pathé frères, 98, rue de Richelieu;
- « Le phonographe français Conquéror », 62, rue de Miro-mesnil; MM. Laurent et Salomon, 12, rue Paul Lelong; M. H. Lioret, rue Thibaud, 18, à Paris.
- M. J. Romey, à Roubaix. — Vous trouverez tous ces renseignements relatifs au niveau de la mer dans l’ouvrage de M. Lallemand « Le nivellement de la terre », k la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. D., à Bordeaux. Nous avons déjà traité cette question ; nous ne pouvons y revenir; tous nos regrets. — M. P. Pt., à Paris. Nous n avons pas encore reçu la Notice dont vous parlez. — M. Dupuy, à Paris ; M. L. M., à X. Ces recettes sont données dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C‘e. — M. Dubois, à Orléans. Voyez le même petit livre. C" série, à la même librairie. — M. Legrand, à Paris; M. P. V., à Z. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à touftes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.74 - vue 506/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 75
- PETITES INTENTIONS1
- Cadenas de sûreté Badoni pour bicyclettes. — Ce
- nouveau cadenas de sûreté pour bicyclettes nous paraît très pratique ; il se fixe sur le bras gauche de la fourche d’arrière de la bicyclette (n° 1) et immobilise la roue d’arrière, empêchant ainsi de la faire rouler. Comme le montre le n° 3 de la figure ci-jointe, il est formé d’une tige de longueur déterminée, portant à gauche un système de fermeture à combinaisons et à droite une gâche que l’on fixe sur le bras droit de la fourche d’arrière de la bicyclette (n° 2) avec la vis à l’intérieur. Dans la position fermée, le pêne du cadenas se trouve près de la jante et touche le tendeur des rayons. Le système de combinaisons, à 2 ou 3 boutons, permet de réaliser un nombre fixe qui constitue la clef du cadenas et dont la connaissance est
- Cadenas Badoni pour bicyclettes.
- 1. Fixé sur une bicyclette. Ouvert. — 2. Fermé. — 3. Vue d’ensemble.
- nécessaire pour l’ouvrir; avant que le cadenas soit posé, ce nombre, dont chaque chiffre correspond au bouton posé, est visible à l’intérieur du support. Pour fermer le cadenas, dès que le pêne est engagé dans la gâche, il suffit de tourner les boutons dans un sens ou dans l’autre d’un nombre quelconque de crans. Pour l’ouvrir, on commencera par tourner les boutons de droite à gauche jusqu’à arrêt complet de ceux-ci, puis on les tournera en sens opposé, de gauche à droite, d’un nombre de crans correspondant au chiffre attribué à chaque bouton. Le pêne devient alors libre et le cadenas peut être ouvert. Suivant les modèles de bicyclettes, les fourches des roues d’arrière ont un écartement différent ; le cadenas Badoni a trois longueurs de pêne correspondants. De même suivant le diamètre et la forme des tubes des bicyclettes, les boulons pour fixer le cadenas se font en trois longueurs, et les brides pour la gâche en trois diamètres. — Les concessionnaires généraux des cadenas Badoni sont MM. P. Thibaud et Cie, 69, rue Sainte-Anne, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Éclairage : huiles, alcool, gaz, électricité, photométrie, par L. Galine, inspecteur à la Compagnie des chemins de fer du Nord,-et B. Saint-Paul, conducteur du service municipal de Paris, ex-chef de service à l’éclairage de Paris, 2e édition. 1 vol. in-8°. Yve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix, broché : 15 francs.
- * Le traité d’éclairage de MM. Galine et B. Saint-Paul est un traité intéressant pour les ingénieurs et les industriels qui s’occupent d’éclairage et de photométrie. Dans leur deuxième édition, les auteurs traitent successivement de l’éclairage à l’huile végétale, aux huiles minérales, à l’alcool, au gaz de houille, aux gaz spéciaux, de l’éclairage électrique et terminent par l’étude d’une distribution de gaz et d’électricité dans une ville d’importance moyenne et par un chapitre sur l’éclairage des théâtres.
- La technique des courants alternatifs, à l’usage des électriciens, contremaîtres, monteurs, par Giuseppe Sartori, ingénieur. Traduit de l’italien, par J.-A. Montpellier. Tome 1 : Exposé élémentaire et pratique des phénomènes du courant
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- alternatif. 1 vol. in-8°. Vve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 16fr,50.
- M. Sartori fait sans calculs, par la méthode physique seulement, l’étude des courants alternatifs. Le tome I traite des phénomènes périodiques, des phénomènes d’induction, d’induction mutuelle et de self-induction, de l’impédance, etc. D’autres chapitres sont consacrés au fonctionnement des alternateurs, des; transformateurs, des moteurs synchrones, asynchrones polyphasés et à courant alternatif simple, au couplage des alternateurs, à l’étude des lignes et des systèmes de distribution.
- Traité théorique et pratique des moteurs à gaz et à pétrole, par M. Aimé Witz, professeur à la Faculté libre des sciences de Lille. Tome II. 1 vol. grand in-8°. Librairie E. Bernard. Paris. 1904.
- Dictionnaire de chimie photographique à l’usage des professionnels et des amateurs, par G. et Ad. Braun fils. 1 vol. grand in 8°, qui paraîtra en 8 fascicules. Prix de la souscription avant le Ier mai 1904 : 12 francs. Premier fascicule. Librairie Gauthier-Yillars. Paris, 1904.
- Manuel de l’Ingénieur civil et industriel, par G. Colombo, ingénieur, 1 vol. in-16. Traduit de l’italien par Em. Am. délia Santa. Paris. Librairie Polytechnique Ch. Béranger. Prix : 7'r,50.
- Cours élémentaire d’astronomie et de navigation, par P. Constan, ex-enseigne de vaissseau, professeur d’hydrographie de la marine. Deuxième partie : Navigation, 1 vol. in-8°. Paris, Gauthier-Villars, imprimeur-libraire. 1904. Prix : 8fr,50.
- Manuel du chaudronnier, par MM. Jullien, Valério et Casa-longa : nouvelle édition. 2 vol. in-18. de l'Encyclopédie Roret. Librairie Mulo, à Paris. Prix : 5 francs.
- Manuel de Vouvrier mécanicien ; quatrième partie : Engrenages et transmissions, par Georges Franche, ingénieur mécanicien. 1 vol. in-18. Librairie Bernard Tignol, à Paris. Prix : 2 francs.
- Nouveau Manuel complet du Vigneron ou Art de cultiver la vigne et de faire le vin, par A. Thiebaut be Berneaud et F. Malefeyre. 7e édition revue, corrigée et augmentée par Raymond Brunet, ingénieur agronome. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret, L. Mulo, éditeur. Paris. Prix : 5fr,50.
- La question du rachat des chemins de fer en Italie, par M. Saforito, sénateur. 1 vol. in-8°. Librairie Charles Béranger, à Paiis. Prix : 5 francs.
- La photographie vitrifiée mise à la portée des amateurs, par René d’IIeliecourt. 1 vol. petit in-8°. 2e édition. Charles Mendel, éditeur. Paris. 1904, Prix : 3 francs.
- Manuel pratique du reporter photographe et de l’amateur d’instantanés, par Albert Reyner. 1 vol. petit in-8°. Charles Mendel, éditeur. Paris, 1904. Prix : 2 francs.
- Agenda du photographe et de l'amateur. 1 brochure in-8°. Charles Mendel, éditeur. Paris, 1904. Prix : 1 franc.
- Les petits trucs du chauffeur en panne, par René Ciiamply, ingénieur-mécanicien. 1 brochure in-8°. Paris, librairie 11. Desforges. 1904. Prix : 1 franc.
- Annuaire astronomique et météorologique pour Vannée 1904, par Camille Flammarion. 1 vol. in-16. E. Flammarion, éditeur. Prix : lfr,50.
- La tuberculose et sa guérison par une plante des Antilles, par Dathan de Saint-Cyr. Paris. Office des publications modernes. 1 vol. in-18. Prix : lfr,50.
- Comment on se défend de Valbuminurie, par le Dr Monnin. 1 brochure in-8°. L’Edition médicale. Paris, 1903. Prix ; 1 franc.
- Cinq cents procédés modernes à l’usage des horlogers, bijoutiers, orfèvres, etc., par Marcel Bourdais. 1 vol. in-16. 6e édition. Lille, Camille Robbe éditeur, 1904. Prix : 4 francs.
- L'Électricité agricole, par E. Guarini. 1 vol. petit in-8°. Paris. Librairie Fisehbacher. 1904.
- Etat actuel du labourage électrique, par E. Guarini. Extrait du journal « Le génie civil ». 1 hroch. in-8°. Prix : 2 francs.
- Le vrai guide du vendeur, par J. Bbubacii, 1 brochure in-16, Paris, librairie Hachette et Cie. Prix : lfr,50.
- Le vrai guide du vendeur relève les erreurs commises jcui-nellement’dans le commerce. Il met chacun à nu me de voir clair dans ses affaires.
- De l’hospitalisation d’urgence, par le'D' Ferrier. 1 vol. in-16. Paris. F. de Rudeval, éditeur. Prix : 5 francs.
- p.75 - vue 507/536
-
-
-
- 7 fi
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Les engrais potassiques. Leur application rationnelle en agriculture, par A. Couturier, ingénieur-agronome. Paris, F. de Rudeval, éditeur, 4, rue Antoine-Dubois. Prix : 0fr,75 franco par poste.
- Revue météorologique du sud-ouest de la Russie, par A. Klossovsky. 1 vol. in-8°. Odessa. 1903.
- Examen de la méthode de la prédiction du temps de M. N. Demtechinsky, par A. Klossovsky, professeur à TUniversité d’Odessa. 1 broch. in-8°. Odessa, 1905.
- ne évolution of earth structure ivith a theory of geomor-phic changes, par J. Mellard Reade, F. G. S. 1 vol. in-8°; Longmans, Green et C°. Londres, 1905. Prix : 21 francs.
- Missouri hoianical garden : XIV"1 * 3 * * 6 Annual report. 1vol. in-8°, published by the board of trustées. Saint-Louis, 1905.
- Jowa Geological Survey. Volume XIII. Annual report 1902 with accompanying papers. 1 vol. in-8°. .Desmoines Published for Jowa geological Survey. 1903.
- Index to the littérature of thorium 1817-1902, by Cavalier IL Jouet, lecturer in analytical chemistry, Columbia Uni-versity. New-York. City of Washington. Published by the Smithsonian Institution. 1905.
- The life-history of british lizards and their local distribu-tion in the british isles, by Gerald R. Leighton. 1 vol. in-16. Edimbourg. George A. Morton. 1903.
- Smithsonian Institution, Annual report (or, 1901. Government printing Office. Washington 1903.
- Smithsonian Institution. Annual Report for 1902. Government printing Office. Washington. 1903.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 mars . . . 3° ,2 N. N. W. 2. Pluie. 0,3 Couv. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite ; pluie de 6 h. à 8 h.
- Mardi 29 5", b S. W. 4. Pluie. 10,6 Gelée bl. ; couvert ; pluie la moitié du temps.
- Mercredi 30 3®,9 W. 3. Très nuageux. 0,5 Très nuag. ; averses de pluie, grésil, grêle et neige ; coup de tonnerre à 14 h. 48 m.
- Jeudi 31 3°,1 W. S. W. 2. Peu nuageux. 2,4 Gelée bl.; très, nuag. jusqu’à 14 h.; couvert ensuite; quelques averses.
- Vendredi 1" avril. . 7°,5 W. S. W. 2. Couvert. 4,7 Très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite; pluie de 1 h. à 6 b. 15 ; halo solaire.
- Samedi 2 3°,8 S. YV. 2. Quelques éclaircies. » Gelée bl. ; très nuageux ; halo solaire.
- Dimanche 3 G®,2 S. S. YV. 2. Couvert. 0,8 Très nuag. ; petite pluie l’après-midi.
- MARS-AVRIL 1904. — SEMAINE DU LUNDI 28 MARS AU DIMANCHE 3 AVRIL 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques [baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée..
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ij© temps. — Dans la semaine du 28 mars au 3 avril, le temps a été pluvieux et orageux. Le 28 mars, de tories pressions existaient du sud-ouest au nord-est de l’Europe; le baromètre marquait 783 mm en Finlande. Des dépressions avaient lieu eu Italie et aux Iles Britanniques ; on notait 733 mm. Des pluies sont tombées sur les Iles Britanniques et sur les côtes de la Méditerranée ; on a recueilli 2 mm d’eau à Nice et à Toulouse. Un orage avec grêle a donné 17 mm d’eau à Alger. A Paris, il est tombé par intermittence une pluie très fine qui n’a donné que des hauteurs d’eau très faibles. La température a été le matin, à 7 heures, de 51* à Paris, 12° à Nice, — 2° au mont Aigoual, —13° au pic du Midi; la température moyenne à Paris a été de 4°,3. Le 29 mars, de grandes dépressions barométriques ont eu lieu dans le nord-ouest de l’Europe; le baromètre a baissé de 16 mm eu Ecosse, de 14 m:n sur la Manche. Des pluies sout tombées sur les Iles Britanniques et dans le nord-ouest de la France, à Cherbourg (9 mm d’eau), à Dunkerque (6 mm), à Paris (1 mm). Le 30 mars, la dépression barométrique s’est étendue vers l’est et le sud de l’Europe ; le baromètre a baissé de 19 mm en Allemagne, et de 14 mm en Suisse. De fortes averses sont tombées sur l’ouest de l’Europe; en France, il est tombé 3 m:n d'eau à fiochefort, 9 mm
- à Paris, 18 mm à Clermont, 26 mm à Charleville, 26 nnn à Gap. A Paris, à
- différentes reprises, il est tombé des averses de neige ou de grésil ; vers
- 3 heures, on a signalé un faible orage et un coup de tonnerre. Un vent très fort de l’ouest a soufflé sur la Manche et les côtes de Bretagne. A La Rochelle, à 6 heures du matin, une rafale a passé sur la ville, occasionnant
- des dégâts ; à 11 heures, la neige est tombée eu faible quantité. Le 31 mars,
- la dépression du nord-ouest de l’Europe s’est étendue vers le sud-est jusqu’à la Méditerranée. Des pluies sont tombées sur l’ouest et le centre de l’Europe; en France, on en signale dans toutes les régions. II est tombé 12 mm d’eau à Perpignan, 10 mm à Biarritz, 3 mm a Lorient, 2 mm à Paris. A 7 heures du matin la température était 3° à Paris, 0° à Berne. — 5° au puy de Dôme, — 6° au mont Aigoual et —19’ au mont Mounier. La température moyenne de la journée à Paris a été de 4°,6, inférieure de 2®,9 à la normale. Le i" avril, des pluies sont tombées sur le centre et l’ouest de l’Europe; en France, on en a signalé dans toutes les directions, on a recueilli 10 mm d’eau à Brest, 6 mm à Paris, 2 mm à Lyon. La température moyenne a été 8°,3, supérieure de 01,6 à la normale. Le 2 avril, il a plu à Limoges (12 mm d’eau), à Belfort (8 mm), à Lyon (3 mm). Le 5 avril, le vent a soufflé du sul sur la Manche, de l’ouest en Bretagne; de lk 43 à
- 6k 40, à Paris, il est tombé par intermittences une petite pluie très fine.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 51 à 12 !.. 33 m. du soir.
- p.76 - vue 508/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —— Le Congrès annuel des Sociétés savantes a eu lieu, suivant l’usage, dans la semaine après Pâques. Il s’est ouvert le 5 avril à 2 heures dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de M. Levasseur, membre de l’Institut. L’étude des questions proposées par le comité et des communications s’est faite dans les •séances des sections. M. Bouquet de la Grye, membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes a présidé la section géographique, assisté de M. le Dr Hamy, membre de l’Institut, professeur au Muséum, et de JI. Chevigné, président de la Société de géographie <I’Indre-et-Loire. Notre collaborateur M. E.-A. Martel, le laborieux explorateur des cavernes, a entretenu le Congrès des grottes de Lombrive dans l’Ariège ; ses recherches lui ont permis de comparer «ette grotte à celles inconnues qui alimentent la fontaine de Vaucluse. Notre collaborateur, M. Ch. Rabot, a présenté également une étude très intéressante sur les glaciers.
- —— Un congrès des Sociétés de géographie a été ouvert le 4 avril à Tunis, sous la présidence de M. Piehon.
- —jft— L’inauguration de l’Exposition des alcools de Vienne doit avoir lieu le 16 avril. >1. Viger, ancien ministre de l’Agriculture, président de la section française, accompagné de M. Bley, directeur du cabinet du ministre de l’Agriculture, est parti pour Vienne où il représentera le ministre de l’Agriculture aux cérémonies d’inauguration et assistera aux fêtes qui doivent avoir lieu à cette occasion.
- —— M. le capitaine du génie Ferrié et les sapeurs télégraphistes viennent de commencer, à la tour Eiffel, des expériences <ic télégraphie sans fil à grande distance. La tour elle-même ne joue pas le rôle d’antenne ; elle sert seulement d’appui à une antenne en fil de cuivre partant d'une petite cabine placée sur le sol; «ette antenne a 350 mètres de longueur. Déjà, en 1898, des expériences de télégraphie sans fil ont été faites avec succès à la tour par M. L. Ducretet, en présence de M. Mascart. On pense pouvoir parvenir à établir des communications à plusieurs centaines <le kilomètres de distance entre Paris et divers points du territoire.
- —M»— Le capitaine Lenfant a débarqué à Calais le 9 avril 1904, après neuf mois d’explorations, dans des régions africaines encore mystérieuses. A la suite de plusieurs voyages dans la région du Niger, le capitaine Lenfant avait presque la certitude qu’il existait une communication fluviale avec le Tchad. Il obtint de la Société de géographie la charge d’une mission pour retrouver sur place cette communication. Il était parti pour l’Afrique le 15 juillet 1903 avec le maréchal des logis Lahure et l’enseigne de vaisseau Delevoye. Arrivé au Sénégal, il remonta le Niger et son affluent la Bénoué jusqu’à Garoua. Après, avoir traversé diverses peuplades sauvages, il arriva au lac Toubouri, ensuite dans une série d’étangs sur une longueur de 25 kilomètres et enfin au fleuve Logone qui conduit au Tchad. Les résultats de la découverte du capitaine Lenfant peuvent se résumer en quelques mots : jusqu’à ce jour, pour parvenir au Tchad par le Congo, la seule route connue, il fallait environ 5 mois. En 70 jours, il sera possible actuellement d’arriver au centre africain.
- —— Un raid militaire hippique a été couru le 5 avril en Italie de Milan à Turin. Le vainqueur de cette épreuve est un officier français le lieutenant Privât du 8e Chasseurs. Le lieutenant Privât a fait le parcours sans arrêt en dix-huit heures. Il a reçu en prix un magnifique cheval offert par le roi d’Italie.
- —— Depuis 1890, le port d’Alger n’a cessé de prendre un grand accroissement. Les statistiques qui ont été dressées par le consul de France à Gibraltar et par la direction des douanes de l’Algérie établissent nettement cette situation. En 1890, on avait embarqué 450000 tonnes de charbon à Gibraltar et 61183 tonnes à
- Alger; en 1900, on embarquait 303 000 tonnes à Gibraltar et 234218 à Alger; en 1901, on embarquait 219 000 tonnes à Gibraltar et 292 635 tonnes à Alger; en 1902, on embarquait 167 000 tonnes à Gibraltar, et 297 473 à Alger; enfin, en 1903, on embarquait 124000 tonnes à Gibraltar et 333 000 tonnes à Alger. En 1903, le nombre des navires qui ont relâché à Alger a été de 1860.
- —— D’après le Dr Lowenthal, qui publie dans la « Revue » une intéressante étude sur l’état sanitaire comparé des armées française et allemande, les résultats de cette comparaison sont très défavorables pour l’armée française. La mortalité générale comparée des armées en 1901 sur 1000 hommes d’effectif présent donne les résultats suivants : 1° la mortalité-maladies de l’armée française dépasse de 198 pour 100 celle de l’armée allemande; 2" la mortalité-accidents de l’armée française dépasse de 35 pour 100 celle de l’armée allemande; 5° la mortalité-suicide de l’armée allemande dépasse de 90 pour 100 celle de l’armée française; 4° la mortalité totale de l’armée française dépasse de 150 pour 100 celle de l’armée allemande. Dans les vingt années comprises dans la période 1882-1901, l’armée française a perdu 67 02.1 hommes, alors que l’armée allemande en perdait seulement 27 053. La morbidité typhoïde de l’armée française de l’intérieur dépasse de plus de 20Ô pour 100 celle de l’armée allemande, et la mortalité typhoïde de l’armée française de l’intérieur -dépasse de plus de 500 pour 100 celle de l’armée allemande. La variole a atteint, en 1901, dans notre armée, 64 hommes, dont 3 sont décédés. Dans l’armée allemande, aucun cas de variole n’a été observé en 1901. Et pour la période 1875-1901, alors que dans l’armée française il y eut 8974 cas de variole et 739 décès, on a constaté dans l’armée allemande seulement 16 cas et 5 décès. Enfin, pour la grippe, la morbidité de l’armée française de l’intérieur dépasse de 165 pour 100 celle de l’armée allemande; la mortalité de l’armée française de l’intérieur dépasse de 1600 pour 100 celle de l’armée allemande ; et la mortalité clinique de l’armée française de l’intérieur dépasse de 670 pour 100 celle de l’armée allemande.
- —— Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles, dont nous avons donné la description dans le n°1597 du 2 janvier 1904, p. 65, a été inauguré le 8 avril en présence de M. de Vogüé, représentant le ministre des travaux publics. Ce puits va alimenter une piscine publique; l’eau puisée à 582 mètres de profondeur a une température de 28° et est légèrement sulfureuse.
- —— Nos oiseaux de Paris sont les favoris des habitants. Aux Tuileries, aux Champs-Elysées, etc., partout enfui, chacun se récrée à voir leurs gracieux ébats. Si quelques moineaux ou des pigeons se risquent parfois sur un balcon, ils sont surs d’être bien accueillis. Les graines ou le pain ne leur manqueront pas. Nous voyons depuis une huitaine de jours un nid de pigeons construit sur la branche d’un platane à une hauteur de 10 mètres environ au-dessus du sol de la rue Tronchet. Il est curieux de voir installé en ce lieu, l’un des plus passants et des plus bruyants de Paris, le pauvre oiseau ramier égaré, sans doute, du jardin des Tuileries. Il est là, sur son nid, sous la pluie et sous l’action du vent. Le bruit de la rue, les tramways qui passent, les automobiles et omnibus ne sont rien pour lui. Toujours impassible, il ne semble attentif qu’à accomplir son devoir : couver ses œufs et bientôt élever sa jeune famille.
- —On a vu des hirondelles à Paris dès le 8 avril et entendu les premiers rossignols chanter le 9 avril.
- —— On s’est livré à des expériences assez curieuses, en Suisse, pour constater quelles étaient les différences de température dans les diverses portions d’une chaudière. On opérait sur un énérateur écossais; on a constaté que la partie supérieure était de 59° plus chaude que la partie inférieure, et que cette différence se maintenait après deux heures de chauffe continue.
- 20
- p.77 - vue 509/536
-
-
-
- 78
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Notre collaborateur M. E.-A. Martel, à Paris, nous envoie un exemplaire de la carte de L’Esté-rel du Touring-Club de France. Cette carte a été dressée par M. E.-Â. Martel, membre du Comité technique 1903 avec le concours de M. P. Boissaye, garde général des eaux et des forêts.
- M. L. Vallet, concessionnaire de la Société R. Avenarius et C‘% à Lorquin (Alsace-Lorraine), à propos de l’article « Les méfaits du Mérule pleureur », paru dans le n° 1605 du 27 février 1904, p. 202, nous fait parvenir des brochures et des circulaires relatives au « Carbolineum Avenarius », produit pour la conservation des bois, ainsi que des photographies de bois préservés depuis de nombreuses années contre la pourriture, contre les ravages du champignon des maisons (Merulius Lacrymans) depuis 19 ans et contre les ravages des insectes tant en Europe que sous les tropiques.
- M. J. Ver fias, à Bruxelles, nous adresse un exemplaire du Rapport du commissaire des monnaies de Belgique au Ministre des Finances et des Travaux publics.
- M. le Dr Cordes, à Genève, nous écrit : « Votre journal du 9 avril, n° 1611 (p. 503) contient un article fort intéressant sur un « canot glissant ». Le principe qui permet à ce canot d’acquérir une très grande vitesse, en supprimant la résistance du maître-couple, n’est pas nouveau. L’application, fort ingénieuse, est néanmoins originale. Je me rappelle avoir lu, en 1855 ou 1856, dans « Les jeunes Industriels », que les hâleurs, après avoir mis en marche lente les chevaux attelés à leurs bateaux, accélèrent soudainement cette marche par un fort coup de fouet; le bateau fait un saut, et monte sur la vague formée à son avant. Dès ce moment, la force nécessaire à la progression du bateau est de beaucoup diminuée, et la marche, avec la même force développée par les chevaux, peut être beaucoup plus rapide. Raoul Pictet, en 1875(?) a cherché à utiliser ce principe dans un bateau avec lequel il a fait des essais sur le lac de Genève. Par suite d’un défaut de construction (ou de toute autre cause) ces essais n’ont pas réussi. Je ne crois pas qu’il les ait repris dès lors. N’ayant'aucune note sur ce sujet, je ne puis que dire de mémoire que ce bateau avait 4 hélices placées en rectangle sous le bateau, je crois, il n’utilisait point la force d’un courant d’air produit par un appareil. n Nous n’avons pas eu l’intention de faire l’historique des antériorités.
- Renseignements. — M. L. Siffert, àParis. — 1° Il faut que l’eau fluviale soit bonne à boire ; le fait de la recueillir dans un réservoir en zinc ou en tôle ou dans une citerne ne la rend pas mauvaise. — 2° 11 n’existe pas de moyen d’éviter que les eaux de pluie ne soient souillées avant leur entrée au réservoir. — 5° On ne peut empêcher la fermentation des eaux dans les réservoirs, sauf en employant un sel stérilisateur. — 4° On peut toujours filtrer une eau, mais ce moyen n’est pas efficace. Il faut stériliser à l’aide du permanganate de potasse à dose telle qu’on obtienne une coloration rosée à peine sensible, mais persistante. — 5° Pour les eaux calcaires des puits, il n’y a pas d’autre moyen que de les faire bouillir, ce qui les débarrasse de l’excès de chaux.
- M. E. P., à Barcelone. — Vous pourriez vous adresser aux fabricants suivants : MM. Brigonnet et Gaubert, 15, rue du Landy, à La Plaine-Saint-Denis (Seine).
- M. E. Moreau, à Levroux. — Nous n’avons pu trouver l’adresse du fabricant de cet appareil.
- M. le Dr Ringuet, à Trélon. — Nous avons publié un article sur les piles sèches qui a pour titre : « Lumière électrique de poche » dans le n° 1596, du 26 décembre 1903, p. 65.
- M. A. de Figueiredo Mello, à Faro. — Nous n’avons pa& trouvé d’autre ouvrage à vous indiquer que « Le ver à soie » de M. de Loverdo, un volume petit in-8° de l’Encyclopédie Léauté que vous trouverez à la librairie Masson et Cie, au prix de 2fr,50.
- Ateneo Barcelones, à Barcelone. — 1° Nous n’avons pu nous procurer l’adresse de celte maison. — 2° L’adresse de l’auteur qui a écrit l’article que vous mentionnez est 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 5° L’adresse actuelle de M. Tissot, opticien, est 146-148, Galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- M. P. M. G’., à Esperanza de Santa Fé. — Pour tous renseignements sur le système employé pour la poussière desroutes, que nous avons décrit, il faut s’adresser à l’auteur de l’article, 76, avenue Malakoff, à Paris.
- M. S. L., à Barcelone. — Adressez-vous à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. D. Leblanc, à Toulouse. — Le fabricant du tube broyeur Dana, qui a été décrit dans le n° 1457 du 27 avril 1901, p. 350, est M. Davidsen, ingénieur, 5, rue Fénelon, à Paris.
- M. L. V., à Nice. — Pour les câbles d’une section de-500 millimètres carrés, il ne faut pas dépasser 2 à 3 ampères-par millimètre carré.
- M. Boult, à Paris. — Nous avons publié la description d’un appareil automatique de sauvetage sur l’eau dans les « Petites Inventions » du N° 1471 du 3 août 1901.
- M. Herrovon, à Nantes. — Adressez-vous à la librairie Gau-thier-Villars, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. G., à Lausanne. — 1° Pour durcir les œuvres d’art modelées en cire, vous pourriez essayer d’imbiber la cire avec du bichromate de potasse en solution assez faible et d’exposer ensuite au soleil. — 2° Vous pourriez mélanger la couleur au plâtre.
- M. A. Reitz, à Paris. — 1° Actuellement, place de l’Opéra, on achève les travaux de la station dont nous avons déjà parlé ; De ce côté rien d’intéressant. —2° Nous donnerons un article-quand les travaux du pont seront plus avancés.
- L'abonné N° 5551-4234, à Paris. — Les souvenirs ento-mologiques de J.-1I. Fabre se trouvent à la librairie Delà grave, 15, rue Soufflot, à Paris.
- M. E. J.,k La Havane. — Nous pouvons vous indiquer l’ouvrage suivant : « Manuel du parfumeur, par W. Askinson, 2e édition française par G. Calmels. 1 vol. in-16, 6 francs à 1» librairie Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Ch. Simonet, au Havre. — Pour ce qui concerne le pavage en acier, dont il a été question dans le n° 1610 du 2 avril 1904, p. 287, il faut vous adresser à MM. Talbot frères,, à Bordeaux.
- M. P. Lerot, à Paris. — Pour bien comprendre le collecteur de la machine dynamo, il est nécessaire que vous en démontiez un complètement vous-même et que vous le remontiez.
- M. D. G., à Lyon. — Cette recette a été donnée dans les « Recettes de l’électricien », à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Dupont, à Paris. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de la « Boîte aux Lettres » du Numéro même qui contient la description de l’appareil.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à Paris. Nous avons déjà parlé de cette application ; nous ne pouvons y revenir. — M. Dublanc, à Paris. Veuillez nous préciser les conditions de l’expérience que vous avez faite. — M. G. R., à Lille; M. Dumont, à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. D., à Toulouse. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. P. R., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Engrais pour plante des jardins. — Il s’agit d’engrais, de fertilisants comme on dit parfois, dont on met une cuillerée à café environ pour quatre litres et demi de l’eau dont on veut arroser certaines plantes : 1° l’ne partie de sucre, 2 de nitrate de potasse, 4 de sulfate d’ammoniaque (employer naturellement du sucre dénaturé pour le paver moins cher); 2° Fne partie de phosphate de fer, 2 de sulfate de magnésium, 2 de phosphate de potassium, autant de nitrate et enfin 8 parties de phosphate acide de chaux.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à repondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.78 - vue 510/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 79
- PHOTOGRAPHIE
- Stéréoscope de poehe articulé. — L’amateur photographe aime à montrer ses œuvres et il en a toujours quelques exemplaires sur lui, bien par hasard, quand il fait des clichés de petit format jusqu’au 9x12 inclus. Mais s’il fait du stéréoscope, il ne peut plus faire examiner ses épreuves que chez lui ou chez les personnes qui sont munies d’un appareil, et encore faut-il qu’il soit du même format que le sien. En général, les stéréoscopes sont un peu trop volumineux pour qu’on puisse les transporter facilement avec soi, et M. Hanau a pensé qu’un appareil qui se placerait facilement dans la poche rendrait des services aux amateurs qui peuvent ainsi avoir sur
- Stéréoscope de poche articulé.
- eux tout ce qu’il faut pour faire apprécier leurs œuvres. Son petit appareil n’a que 0ra,015 d’épaisseur quand il est replié; il se compose d’un cadre en aluminium du format 6x13 ou 45x107, muni d’un verre dépoli devant lequel on place le positif sur verre ou sur papier qu’on veut examiner ; au moyen de deux tiges articulées un second cadre, plus petit, dans lequel se trouvent serties deux lentilles, peut s’approcher ou s’éloigner du premier de telle sorte qu’on peut mettre au point selon la vue du spectateur et ensuite replier complètement les 2 cadres l’un sur l’autre pour loger facilement dans sa poche le stéréoscope. C’est un petit appareil peu encombrant et qui rendra des services à ceux toujours plus nombreux qui s’adonnent de préférence à la photographie en relief. — Le stéréoscope articulé de poche se trouve chez MM. E. Ilanau et fils, 27, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La chasse des moustiques
- On a souvent donné comme moyens spécifiques et d’une efficacité sans pareille pour prévenir l’invasion des moustiques dans les appartements, la culture de certaines plantes. Le ricin passe pour un épouvantail pour ces enragées bestioles : je n’en ai pas tenté l’expérience et ne saurais donner à ce sujet aucune explication. Le basilic, plante de la famille des Labiées, d’un parfum suave, posséderait, d’après certains auteurs, des vertus souveraines pour écarter les moustiques. Hélas! il faut en rabattre. Le basilic, de son nom botanique « Ocymum viride » pas plus que ses congénères du même nom, n’a aucune vertu préservatrice. La plante donne une odeur des plus agréables, mais les moustiques pénètrent dans la pièce comme si de rien n’était.
- Pour tirer la çhose au clair, le gouverneur de Sierra Leone a chargé le Dr Prout, médecin en chef de la colonie, de faire quelques expériences sur ce point. Toutes ont été négatives. Des anophèles et d’autres variétés de moustiques, emprisonnés dans des vases ou de larges cloches contenant des feuilles de basilic ou la plante en son entier, s’y sont trouvés aussi bien qu’à l’air libre. Des cages, les unes bourrées de feuilles de 1 roses, les autres de feuilles de basilic ont reçu une certaine quantité d’insectes. Détail curieux : ce sont les cages à roses où les moustiques se sont le plus mal trouvés, car au bout de quelques jours la plupart étaient morts, tandis que ceux emprisonnés avec le basilic paraissaient aussi frais et aussi dispos qu’avant l’expérience.
- Un seul mode d’application du basilic a été souverain ; c’est la combustion des feuilles desséchées, mais alors l’atmosphère devient irrespirable et le remède, comme on dit, est pire que le mal.
- Jusqu’à plus ample informé usez des procédés usités en Italie : fenêtres garnies de toiles métalliques, grillages ou
- moustiquaires aux lits et ne sortez le soir dans les régions infestées de moustiques qu’après avoir préservé le visage et le cou, par des voiles de gaze fins et les mains par des gants remontant au-dessus du poignet.
- L’opothérapie rénale.
- Cela devait arriver: après le corps thyroïde, tous les viscères vont y passer et l’opothérapie ne laissera aucun 'organe malade sans lui fournir le remède approprié. Thérapeutique qui remonte, ai-je dit dans d’autres articles, à l’antiquité la plus reculée, thérapeutique aujourd’hui rénovée par l’expérimentation, étudiée avec tous les soins que réclament l’hygiène et l’antisepsie.
- Voici, venue de Lyon, une méthode de traitement de la néphrite chronique, de l’albuminurie, du mal de Bright, en un mot, de tous les troubles qui caractérisent l’altération du rein. Manifestation fréquente des intoxications produites par les fièvres, par les troubles de nutrition, voire même par les simples refroidissements, l’albuminurie apparaît comme une complication redoutable, quand elle dépasse une certaine durée. La scarlatine, les inflammations de tous genres revêtent tout de suite un caractère de gravité spéciale quand l’albumine se rencontre dans l’urine à un taux élevé. La grossesse est à surveiller d’une façon étroite quand on signale le nuage opalescent au réactif nitrique projeté dans le liquide urinaire.
- Le rein n’est pas, en effet, comme on le considérait autrefois, un simple filtre ; les pores obstrués laissent alors s’accumuler des déchets qui devaient s’éliminer graduellement. C’est un appareil glandulaire ayant une fonction propre, celle probablement de détruire par une antitoxine les agents délétères causés par les troubles nutritifs, ceci sans préjudice du transsudât aqueux qui va se jeter dans la vessie. La partie de la glande qui donne cette sécrétion peut traverser les voies digestives sans être attaquée.
- Des expériences nombreuses ont permis au professeur Renaut, de Lyon, de vérifier ces faits, dont je ne peux donner ici l’analyse détaillée, et il a pensé tout naturellement apporter un remède à l’iusuffisance sécrétoire du rein malade en lui fournissant des éléments empruntés à un animal. Et voici comment il procède. On prend le rognon frais du porc, j’insiste sur le mot frais, on enlève autant que possible la substance médullaire inactive, on le hache menu, on le lave à l’eau stérilisée pour enlever toute trace d’impureté; on broie alors cette pulpe dans une solution saline et on laisse macérer. On décante et le breuvage ainsi préparé est donné au malade : c’est du rein liquide.
- Quand on tient à la guérison, on avale les pilules les plus amères. Cette boisson n’a rien de trop répugnant et on peut, sans inconvénients, y mêler une cuillère de bouillon végétal qui aromatise le médicament.
- La macération rénale, administrée à des albuminuriques, dans des cas d’urémie, a donné des résultats étonnants. L’albuminurie a diminué, parfois même disparu, la fonction rénale, suppléée pendant quelques jours par cet agent étranger, quoique similaire, semble avoir repris, après un temps de repos, toute son énergie. Comme pour tous ces agents spéciaux, comme pour tous les sérums, on constate quelquefois quelques accidents légers, accès de fièvre, sueurs, nausées, éruptions et prurits, mais ces accidents n’ont pas grande importance en regard du bénéfice que donne cette médication.
- L’aérophagie.
- Les digestions intestinales, même dans les conditions les plus normales, s’accompagnent parfois de fermentations gazeuses. On sait les vertus spéciales d’un aliment des plus communs, le haricot. Ces fermentations provoquent des distensions considé-dérables, s’accompagnant de coliques et qui guérissent spontanément par des expulsions bruyantes.
- Les digestions stomacales sont de même l’occasion de véritables productions gazeuses qui dilatent la cavité et nécessitent des éructations qui soulagent immédiatement le malade. Les dyspeptiques sont souvent affligés de ces troubles digestifs, mais il faut savoir que les éructations ne sont pas toujours provoquées par le rejet des gaz formés par les décompositions chimiques alimentaires. Le plus souvent elles sont dues au rejet de l’air dégluti d’une façon volontaire et la plupart du temps inconsciente. C’est ce qu’on appelle l’aérophagie; véritable maladie, surajoutée aux troubles dyspeptiques et qui a été bien étudiée par le Dr Mathieu.
- 11 paraît que l’aérophagie est un symptôme des plus fréquents chez les dyspeptiques. On le constate chez un malade sur vingt et la proportion devient considérable si l’on songe que les dyspeptiques nerveux représentent environ les deux tiers des malades qu’on a à soigner dans les cliniques ou les consultations privées. L’aérophage introduit de l’air dans l’estomac, ordi-
- p.79 - vue 511/536
-
-
-
- $0
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- nairement par un simple mécanisme de déglutition, comme s'il avalait sa salive ou un aliment. Quelques-uns l’absorbent par un mouvement d’aspiration. Dans les deux cas le phénomène se produit d’une façon inconsciente. Plus le sujet est nerveux, plus il est malade ou se croyant tel, plus les mouvements de déglutition et d’aspiration sont fréquents. La quantité d’air absorbée devient considérable et le rejet par les renvois ou rots devient chez certains incessant.
- Je n’insisterai pas sur les formes variées que peut revêtir cette maladie ; mais il importe de la signaler, car il s’agit là chez beaucoup d’une complication nerveuse de leur maladie
- nerveuse. Ils augmentent leur état dyspeptique par ce tic qui devient de plus en plus intense et de plus en plus continu. Le meilleur moyen de combattre cet état est, non pas de recourir à des médicaments plus ou moins variés, mais d'avertir le malade de cette mauvaise habitule, de lui faire remarquer les inconvénients de ces éructations, bruyantes ou demi-silencieuses, qui deviennent obligatoires. Le traitement de la maladie première aidera à triompher de cette complication, mais il faut d’abord que le sujet, nerveux ou non, renonce à cette habitude absurde, ce qui, disons-le en passant, n’est pas toujours chose facile. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 avril .... 4°,8 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; nuag. ; pluvieux à 8 li. et 15 h. ; petite grêle à 12 h. 50.
- Mardi 5 6',9 S. W. 2. Couvert. 0,2 Rosée ; couv. ; pluie fine le matin.
- Mercredi C 8',3 S. W, 5. Couvert. 0,8 Couv. jusqu’à 17 h. ; peu iiuag. ensuite; pluie de 12 h. à 16 h. Rosée; très nuageux.
- Jeudi 7 7°,7 S. S. W. 2. Peu nuageux. A
- Vendredi 8 .... . 7«,8 S. W. 2. Pluie. 2,3 Couv. ; pluie de 2 h. à 7 h. 30.
- Samedi 9 11°,6 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. ; pluvieux par intervalles.
- Dimanche Ul .... ' 5U,8 S. W. 2. Peu nuageux. » Gelée blanche; nuageux.
- AVRIL 1904. — SEMAINE Dü LUNDI 4 AO DIMANCHE 10 AVRIL 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Un certain nombre de tremblements de terre assez violents ont eu lieu dernièrement en divers points de l’Europe orientale. Le 4 avril, à Bucarest, un tremblement a eu lieu à midi 28 minutes; les secousses ont dure' 75 secondes. A Solia, trois fortes secousses ont é'é ressenties entre midi et midi et demi. A Belgrade, il n’y a eu qu'une faible secousse. Mais à Philippopoli, trois violentes secousses se sont produites, entre mi li et 1 heure. Le mouvement sismique allait de l'ouest à l’est et était accompagné d’un fort grondement. Le 4 avril également, deux fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Salonique et ont causé des accidents. Dans une école serbe, une personne a été tuée et une autre blessée ; il y a eu également des dégâts dans quelques stations de chemins de fer.
- Le 8 avril, à 9M7m du malin, une secousse de trembleme.it de terre a été resseutie à Foggia, en Italie; elle a duré 4 secondes.
- Cyclone, inondations, tempêtes. — Le 4 avril, un cyclone s’est abattu sur Montevideo, dans l’Uruguay, et a causé des dégâts considérables. De grandes inondations ont eu lieu, à la même date, aux Etats-Unis. Dans le nord et nolamment dans l’Ohio, il y a eu des dégâts fort importants s'élevant à 2 millions de dollars. Des villes ont été privées de gaz ; d’autres ont manqué de force motrice pour leurs travaux hydrauliques, l’éclairage et les tramways électriques. Le chemin de for de Pensylvanie est resté sous l’eau en plusieurs endroits. La ville d'indiana a été inondée. Le 5 avril, des inondations ont causé des dégâts importants aux environs de Tripoli; dans l'oasis de Tripoli, plus de 5000 palmiers ont été abattus, et dans les faubourgs, 500 maisons ou boutiques ont été reuversées par la poussée des
- eaux; 150 personnes auraient disparu. Le 6 avril une violente tempête a en lieu sur la mer du Nord ; de différents points de la côte, on a signalé des dégâts.
- Ce temps. — Pendant la semaine du 4 au 10 avril, le temps a été encore pluvieux et la température peu élevée. Le 4 avril, des pluies sont tombées dans le nord et l'ouest de l’Europe; en France, on a recueilli 3 mm d’eau à Besançon, 1 mm à Brest, 1 mm à Cherbourg, 1 mm à Paris. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 57 à Paris, 15° à Alger, 0° au puy de Dôme et — 6° au mont Mounier. Dans la banlieue parisienne, la gelée blanche a été signalée sur quelques points. Le .5 avril, il y a eu des neiges dans le nord de l’Europe et des pluies en France, à Belfort (7 mm d’eau), à Lyon (2 mm) et à Dunkerque (2 mm). La température moyenne à Paris a été de 9°,4, supérieure à 1®,3 à la normale. Le 6 avril, uu vent très fort d’entre sud et ouest a soufflé sur la Manche. Il a plu en France à Cherbourg (4 mm), à Nancy (3 mm), à Dunkerque (2 mm). A Paris, la pluie a commencé à 10 heures et demie du matin et ne s’est arrêtée qu’à 3 heures de l’après-midi. Le 7 avril, des pluies sont tombées sur le nord et l’ouest du continent; en France, il est tombé 7 m n d’eau à Besancon, 6 min à Nantes, 3 mm à Cherbourg, 3 mm à Dunkerque, 1 mm à Paris. Les vents qui ont soufflé sur Paris avaient une vitesse maxiina de 13,6 mètres par seconde, soit 49 km à l'heure à la Tour Saint-Jacques, et une vitesse de 12,7 mètres par seconde, soit 46 km à l’heure à Montsouris. Le 9 avril, on a recueilli 7 mm d’eau à Belfort, 3 mm à Lyon et 1 mm à Boulogne. Le matin, à 7 heures, à Paris, le thermomètre marquait 12°. Le 10 avril, il a plu à Brest et à Besançon (1 mm d’eau) ; la température a baissé, on notait 6° à Paris.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 7 à 6 h. 2 m. du soir.
- p.80 - vue 512/536
-
-
-
- *r" M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— M. Gréard, membre du conseil supérieur de l’instruction publique, est nommé, pour l’année 1904, vice-président de ce conseil.
- —Le 14 avril, dans la matinée, s’est ouvert, dans l’amphithéâtre Descartes, à la Sorbonne, sous la présidence de M. Chaumié, •ministre de l’instruction publique, un Congrès international de professeurs de langues vivantes. Ce congrès a été organisé par la -« Guilde internationale », fondée par Mlle Williams, professeur à l’Ecole normale de Sèvres, sous le patronage du ministre de l’instruc-lion publique, des ambassadeurs d’Angleterre, des Etats-Unis, du Reard of éducation, de Londres, pour faciliter l’étude de l’anglais ^iux Françaises et l’étude du français aux Anglaises, aux Amèri-•caines, aux Polonaises et aux Russes. A la séance d’ouverture, qui Avait attiré à l’amphithéâtre Descartes une grande affluence, assistaient : M.\I. de Monzie, chef de cabinet de M. Chaumié; Bayet et Rabier, directeurs au ministère de l’instruction publique; Liard, vdce-recteur de l’Université de Paris; M. de Bunson, ministre plénipotentiaire, représentant l’ambassadeur d’Angleterre; M. Bel.jame, professeur à la Faculté des lettres, au nom de la Guilde internationale, a présenté les membres de la « Modem Language Association » •de Londres, à M. Chaumié. Dans son allocution, qui a été très applaudie, M. Beljame a fait l’éloge de la Modem Language Association.
- —M. Trouillot, ministre du commerce, a inauguré le 15 avril, le Salon national des arts lithographiques et de la Carte postale illustrée,, installé dans une des serres de la Ville, Cours-la-Reine, à Paris.
- —Le 15 avril a eu lieu à la Sorbonne la leçon d’ouverture du cours de physique céleste, qui vient d’être établi sur la demande de M. Liard, vice-recteur de l’Académie de Paris, et grâce à la subvention de 5000 francs votée par le Conseil de l’Association française pour l’avancement des sciences. Le conseil de l’Université a déclaré accepter ce subside et la proposition qui lui était faite de confier le nouvel enseignement à M. Puiseux, astronome à l'Observatoire de Paris. Depuis 12 ans, l’astronomie mathématique était seule représentée à la Sorbonne.
- —— Il paraîtrait que les fameuses bougies JablochkolF, ces Ancêtres lointaines des lampes électriques à arc modernes, et qui sont disparues depuis si longtemps des voies parisiennes, ont subsisté jusqu’à ces temps derniers à Calcutta. Il y avait 22 ans qu’elles avaient été mises ei place, et, pendant ces 22 années, elles ont rendu sans interruption d’excellents services. Et encore ne les a-t-on supprimées que parce que les chaudières de la station fournissant le courant étaient hors d’état de continuer à fonctionner, et que, en conséquence, on décida de modifier totalement l’installation d’éclairage. Les câbles leur, apportant le courant étaient placés dans des sortes d’auges eii bois de teak, et immergés complètement dans de la poix.
- —îît— On songe, en Allemagne, à utiliser le carbure de calcium pour assurer l’émersion des bateaux sous-marins. Ceux-ci seront dotés d’un réservoir à eau, puis d’un générateur ordinaire de gaz, réunis l'un à l’autre, à leur partie supérieure, par une canalisation, et présentant chacun au fond un tuyau d’évacuation sur la mer. I'our la plongée, réservoir et générateurs sont remplis d'eau. Mais, si l’on introduit'dans le générateur une cartouche de carbure, il se forme du gaz qui chasse l’eau du générateur, puis passe dans le réservoir, d’où elle expulse de même l’eau qui le remplit. Et le bateau émerge et demeure émergé, si l’on ne laisse point rentrer l’eau après sortie du gaz.
- —'M— On vient d’inaugurer en Erythrée une ligne télégraphique de Massaouah-Asrnara-Addis-Ababa, qui a été construite par le gou-
- vernement italien après entente avec le gouvernement de l’Ethiopie. La ligne a une longueur de 800 kilomètres; sur le parcours se trouvent plusieurs stations dirigées par un personnel italien.
- —— A la date du 12 avril, les chaleurs ont été très fortes à Pau ; on a signalé de légères secousses de tremblement de terre.
- —Si nous en croyons le rapport récent d’un comité spécial anglais nomnîé pour examiner la question des baveuses mécaniques dans les houillères, l’économie assurée par ces appareils, par rapport à l’abatage à la main, serait souvent de 0fr,60 à la tonne, tous frais compris; le rendement par homme augmenterait d’au moins 70 pour 100, et la proportion de « gros » croîtrait de 10 pour 100.
- —3$t— On a pu lire dans beaucoup de journaux que l’élévation de température des 12 et 15 avril devait être due, ainsi que l’allure orageuse de ces journées, à l’apparition d’un fort groupe de taches sur le soleil. En fait, celte explication est bien problématique. On ne sait pas encore le rôle des taches solaires sur la terre et il ne faudrait pas laisser dire encore que les élévations ou abaissements de température relèvent à la surface terrestre de la proportion des taches sur le soleil. Pendant qu’en France la température se relevait, il y avait recrudescence de froid en'Sibérie et en Mandchourie. Les taches ne peuvent à la fois produire du froid et de la chaleur. La question est très compliquée et il convient d’attendre avant de rien aflfrmer en un sujet aussi complexe.
- —lit— Pendant la semaine du 11 au 17 avril le temps a été orageux et pluvieux. Le 11 avril, le baromètre a baissé dans le sud-ouest de l’Europe; les pressions élevées étaient dans le nord de la France. Le maximum, 766 mm, se trouvait à Paris. La température, un eu faible dans la matinée (5°), a atteint un maximum de 16° à aris dans la journée; la moyenne a été de 7°,6. Le 12 avril, des pluies sont tombées sur le nord de l’Europe ; un orage a donné 4 mm d’eau - à Alger. Pendant près de vingt minutes, des grêlons de la grosseur d’une noix sont tombés sur Alger et la banlieue. A Paris, un violent orage a duré de 5 heures à 10 heures du soir. A partir de 2 heures d’épais nuages chargés de grêle et de pluie se sont amoncelés sur Paris. Le premier coup de tonnerre s’est fait entendre vers 4 heures du soir. Une pluie diluvienne tombait bientôt ensuite et durait toute la soirée jusqu’à 10 heures 45 minutes. Des éclairs ont sillonné le ciel. La foudre est tombée en différents endroits, à Montmartre, à Belleville, au bois de Vincennes, à la tour Eiffel, à la Madeleine, à l’Opéra. A l’Observatoire de la tour Saint-Jacques on a recueilli 27 mm d’eau. Le tonnerre et' la pluie ont redoublé de violence vers 9 heures du soir ; à ce moment, les coups de tonnerre se succédaient à environ 2 minutes d’intervalle. Le même jour, 12 avril, des pluies sont tombées sur les Iles Britanniques et l’ouest de la France; on a recueilli 9 mm d’eau à Nantes, 8 mm à Lorient, 6 mm à Cherbourg. Le 15 avril, dans la matinée, des basses pressions ont couvert la moitié occidentale de l’Europe. Des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe; en France, on a signalé des orages à Charleville, Clermont et Biarritz. La température s’est élevée dans le centre du continent; le malin elle était de 12° à Paris, 18° à Marseille, 29° à Alger. Dans la journée, la température moyenne à Paris a été de 15°,6. Le 14 avril, le ciel s’était couvert dans l’après-midi et la température a présenté des maxima partout supérieurs à 22°; la température moyenne a été de 15°,5, supérieure de 6°,2 à la normale. Le 15 avril, des pluies sont tombées dans l’ouest et le centre de l’Europe; en France, on a recueilli 21 mm d’eau à Biarritz, 9 mm à Nantes, 6 mm à Bordeaux. Le vent a soufflé en bourrasque jusqu’à 5 heures de l’après-midi; sa vitesse maxima a atteint 22 mètres par seconde à Mont-souris et 18 mètres par seconde à la tour Saint-Jacques. Le 16 avril, pluie à Limoges (17 mm d’eau), au Havre (15 mm), à Biarritz (8 mm), et à Paris (5 mm). Le 17 avril, les pluies ont été générales en France; à Paris, H a plu à 5 heures de l’après-midi.
- 21
- p.81 - vue 513/536
-
-
-
- 82
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le chalumeau oxy-acétylénique se trouve à la Cio française de l’acétylène dissous, 282, rue Saint-Jacques, h Paris (Ve). — Pour la scie excentrique, s’adresser à M. Ed. G. Herbert, Limited Cornbrook Park Works, Manchester. ~ Pour tous renseignements relatifs aux cadrans universels pour montres, s’adresser à M. Herrgott, villa de la Sablière, Valdoie près Belfort (France).
- Communications. — M. A. Vilcoq, auteur de l’article sur la « filosité des pommes de teri’e », qui a paru dans le nu 1612 du 16 avril 1904, p. 319, à Montargis, nous écrit que M. le l)r Delacroix, directeur de la station pathologique de la rue d’Alésia à Paris a fait sur le même sujet d’intéressantes communications à l’Académie des sciences, à la Société nationale d’agriculture et à la Société des agriculteurs de France. Il conclut à une dégénérescence de la plante et préconise, pour combattre efficacement l’affection, les semés de graines qui, soumis à une sélection rigoureuse, permettraient de modifier et d’améliorer sérieusement la plante.
- M. Ern. Van den Broeck, secrétaire général de la Société belge de géologie, de paléontologie et d’hydrologie à Bruxelles, nous adresse un exemplaire d’une brochure qu’il vient de faire éditer et qui renferme « l’étude des eaux courantes souterraines (eaux alimentaires en régions calcaires) par l’emploi des matières colorantes (fluorescéine) ». La brochure contient le compte rendu de la discussion, ouverte au sein de la Société, sur la vitesse de propagation des eaux souterraines et de la fluorescéine dans les canaux et fissures des terrains calcaires, avec un exposé synthétique résumant les points acquis au cours de cette étude. Cette brochure est en vente, au prix de 5 francs, au secrétariat de la Société belge de géologie, 39, place de l’Industrie, à Bruxelles.
- M. Louis Solari, à Pont-Saint-Martin (Val d’Aoste), nous adresse la lettre ci-jointe : « L’article de M. Virgile Brandicourt sur la tératologie végétale, paru dans le n° 1611 du 9 avril 1904, p. 289, m’engage à vous faire connaître un curieux cas, sinon tératologique, tout au moins morphologique assez curieux. Il s’agit d’une plante de fougère que j’ai trouvée dans le creux d’un rocher à environ 1400 mètres d’altitude, sur une des pentes du Bec di Nona (Val d’Aoste). Cette plante avait trois frondes modifiées et deux frondes normales. La tige des frondes avait 55 centimètres environ. Sur cette tige les folioles sont réduites à deux petites feuilles sessiles et opposées au bas, et, à mesure que l’on va vers l’extrémité, ces petites feuilles deviennent alternes deux à deux. Tous les autres organes, rachis et feuilles, sont représentés, autour des deux petites feuilles' existantes, par un bouquet de petits poils laineux, bruns. Deux folioles seules sont développées entièrement, quoique plus petites que dans les frondes ordinaires. Je vous envoie une petite photographie que j’ai faite et que je vous engage à examiner à la loupe. La modification me paraît provoquée par les alternatives de sécheresse extrême et d’humidité exagérée provenant du fait que la plante se trouve daus un creux du rocher, presque sans terre, et que l’eau ne peut provenir que du ruissellement superficiel sur la roche quand il pleut, suivi d’une période de sécheresse absolue en d’autres temps. Je me propose cette année de refaire la course jusqu’au rocher en question pour voir si cette modification se répétera. Un cas de fasciation que j’ai observé, il y a dix-sept ans déjà, est celui de tiges d’acacia
- (robinier, je crois) de l’espèce que l’on plante sur les talus de chemin de fer. Entre la Plaine et Challex (station de Col longes), chemin de fer P.-L.-M., ligne Genève-Lyon, j’ai vu des centaines de ces tiges d’acacia, hautes de 2 mètres à 2ra,50, bien rondes au sortir de terre, s’aplatir graduellement, pour n& former ensuite que des rubans de 3 à 4 centimètres de largeur vers le haut. Tous les rameaux dépendant de cette tige étaient aussi aplatis. J’ajouterai que le talus du chemin de fer était tout entier constitué par un gravier assez gros et sans l’apparence [de terre végétale. Une visite en ces lieux serait aussi assez curieuse pour voir si cette modification s’est perpétuée, malgré les tailles diverses que ces bois ont dû subir depuis-l’époque où je les ai vus. »
- M. N. Golachhine, ingénieur à Goudaouty (Russie), nou& écrit : « Je lis parmi les Informations du n° 1604, du 20 février 1904, que M. Richard Wilson a inventé un miroir transparent assez original. Je viens de rentrer d’un voyage et j’ai vu à Moscou au théâtre Solodovvnikoff, placés à différents endroits-de ces miroirs employés comme réclame aux produits se trouvant derrière la glace. On m’a dit que ces miroirs étaient placés depuis un an — donc je ne puis pas vous dire si c’est la même invention, toujours est-il que les objets paraissent derrière la glace d’une façon tout à fait nette au- moment de l’éclairage et on ne se douterait pas qu’il y a une glace argentée devant. Quand l’intérieur n’est plus éclairé, on voit une-glace ordinaire seulement un peu terne, mais on ne soupçonnerait pas la présence des objets placés derrière. »
- Renseignements. — M. M. R., à Plancher-les-Mines. — Nous ne pouvons vous fournir ce renseignement; on n’a pas-fait connaître les proportions de manganèse qui donnaient au bronze les nouvelles propriétés.
- M. S. Brinquant, à Enghien. — Parmi les filtres domestiques nous vous indiquerons les filtres Lepage, 105, rue de la-Convention; les filtres Chamberland, 58, rue Notre-Dame de Lorette ; les filtres Brûlé et Cie, 31, rue Boinod ; les filtres-Grandjean, 30, rue du Faubourg Poissonnière, à Paris.
- M. Judic, à Cléry (Eure). — Pour protéger les poteaux en bois dont vous nous parlez, vous pourriez essayer le « Carboli-neum Avenarius » dont il est question dans les Communications du n° 1612, du 16 avril 1904.
- M. G. Chatâ>eau, à Bordeaux. — Nous ne pouvons expliquer pour quelle raison la laiterie Abaye-au-Tremblay (Eure) n’a pas répondu à votre lettre. C’est bien cette laiterie dont nous avons parlé dans notre article d’Ilygiène et Santé sur la poudre de lait, dans les « Nouvelles scientifiques » du n° 1609, du 26-mars 1904; vous pourriez encore vous adresser à MM. Just-Hatmaker, auteurs du procédé, boulevard Malesherbes, 28, Paris.
- M. V. Gtnjnemer, à Compiègne. — Nous ne comprenons pas très bien toute l’installation dont vous parlez; il serait nécessaire de nous donner un schéma complet de la tuyauterie à gaz et de la tuyauterie à eau.
- M. D. L., à Paris. — 1° Cette grande consommation d’énergie électrique ne peut provenir que de vos lampes à incandescence qui ont besoin d’être remplacées. Pour une différence de potentiel de 110 volts, prenez des lampes de 105 volts. — 2° Les chiffres que vous citez sont beaucoup trop exagérés. — 3° La consommation ordinaire des lampes doit varier de 5,5-à 4 watts par bougie décimale.
- M. E. Vasselin, à Paris. — Il faudrait connaître le mode de branchement du levier sur le thermomètre pour vous donner une indication utile.
- M. Ballot, à Chàteaudun. — Nous pouvons vous donner les-renseignements suivants : 1° et 2° « Lipeurus squalidus ». — 5° « Nirmus Vanellus ». — 4° Le parasite du xvlocope violet doit être un « gamasus » ; il faudrait le voir pour conclure.
- M. le DT A. Husson, à Saint-Quentin. — 1° Il faut acheter l’année des Comptes rendus de l’Académie des sciences à la librairie Gauthier-Villars. — 2° Adressez-vous à la Société des produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- M. D. Haym, à Jaffa. — Nous n’avons pu avoir l’adresse de l’industriel que vous demandez.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Ai. D. R., :*
- Paris. Cet appareil n’a pas encore été réalisé. — Ai. Dumont, à Bourges. — Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du numéro même qui contient la description de la machine.
- — Ai. P. Leroy, à Nancy; Ai. J. Lcnfant, à Privas. Voyez le petit livre des « Becettes et procédés utiles », à la librairie Masson et Cic.
- — Ai. Delluc, à Paris. Nous avons donné des leceltes sur ce sujet dans les mêmes petits livres que ci-dessus, 5e et 5e série, à la même librairie. — Ai. P. Dulong, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéi'essants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.82 - vue 514/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- Réchaud multiple. — Ce nouveau réchaud a l’avantage de pouvoir servir aussi bien de chauffe-plats, chauffe-assiettes (n° 1), de réchaud-veilleuse (n° 2) à flamme réglable pour conserver à la température voulue des boissons dans une petite casserole, et de chauffe-fers pour coiffures (n° 3). Ce réchaud est formé, comme le montre le n° 2 des dessins ci-joints, de deux parties A et B, dont l’une, le couvercle A, se relève facilement. C’est sur la partie B que se trouve la lampe à alcool qui chauffe l’appareil et dont le couvercle est disposé de façon à emmagasiner la chaleur et à la répandre à une température d’environ 60° à 70°. L’alcool est immobilisé par du feutre. La
- Réchaud à alcool. — 1. Yue d’ensemble. C.haufl'e-jilats. 2. Réchaud-veilleuse. — 3. Chauffe-fers.
- consommation est de 8 grammes d’alcool par heure ; le réchaud peut fonctionner dix heures sans être alimenté. Le bec de la lampe est muni d’une bobèche en forme de trépied, qui permet de recevoir une casserole, une théière, etc. Le n° 3 des ligures montre également qu’il est très facile de faire chauffer un fer C pour coiffure. Le mode d’emploi de l’appareil est des plus simples. On dévisse d’abord un bouton moleté placé à gauche au-dessous de la poignée, on soulève le couvercle, et on remplit la lampe avec de l’alcool par la tubulure d’un bouchon disposé à cet effet. On laisse le feutrage s’imbiber complètement de liquide et on reverse l’excédent qui n’aura pas été absorbé. On allume ensuite la petite mèche du bec et on règle la flamme à volonté. — Le réchaud multiple se trouve à la Dinanderie Française, 62 bis, avenue Parmentier, à Paris.
- Arrache-clous. — Il est quelquefois difficile d’arracher les clous, soit que l’on ne puisse les atteindre facilement, soit qu’ils se trouvent trop enfoncés et que leur tête soit engagée trop avant dans le hois. Le petit appareil que nous mentionnons
- Arrache-clous.
- dans ces quelques lignes permet d’enlever très facilement tous ces clous. Il est formé d’une tige d’une longueur déterminée s’enfonçant à coulisse dans un étui et portant à son extrémité un morceau de métal avec une partie effilée qui vient se placer sous le clou. Un petit levier commande une partie semblable que l’on place de l’autre côté du clou; il suffit d’appuyer légèrement pour faire sauter le clou, si enfoncé qu’il soit. — L’ar-rache-clous se trouve à la manufacture générale d’outillage, 184, rue d’Artois, à Lille.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Crayons pour écrire sur le verre. — Nous avons jadis donné une recette pour crayon blanc; mais on peut obtenir bien d’autres colorations, ce qui peut avoir de l’intérêt en maintes circonstances. 40 parties de cire, 10 de suif et autant de suie donneront un crayon noir; on mélange bien les ingrédients et
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- on comprime de manière à obtenir des petits bâtons plastiques. Autant de suif, 20 parties cire et 10 de bleu de Prusse donneront naturellement un crayon bleu ; pour le rouge on mêlera 28 parties de cinabre avec 60 parties de cire et 20 de suif ; enfin pour le jaune, on prendra 20 parties de cire, 10 de suif et autant de jaune de chrome.
- Teinture des plumes. — On doit toujours commencer par ramollir les plumes, en les plongeant dans de l’eau chaude additionnée de carbonate de soude. Puis on procède assez facilement à la teinture par immersion dans le bain colorant. Pour la couleur noire, on se sert de nitrate de fer et ensuite d’une infusion faite de parties égales de campêche et de quercitron ; peut-être une couleur d’aniline réussirait-elle aussi bien. On trempe ensuite dans une émulsion composée d’eau, d’huile douce et d’un peu de carbonate de potasse. On sèche les plumes en les agitant doucement à Pair.
- Vernis pour objets en paille. — Il a été combiné spécialement pour les chapeaux. On mélange et fait dissoudre, dans 800 parties d’alcool à 95°, 450 p. de copal mou de Manille, clair et en morceaux, puis 63 p. de sandaraque, 7,5 p. de camphre et enfin 40 p. de térébenthine de Venise. Pour donner de l’élasticité au vernis, on se trouve bien de l’additionner de quelques gouttes d’huile de ricin (pas plus de 20 gouttes par demi-litre de vernis).
- Siccatifs. — D’après les renseignements donnés par M. Li-vache, on produit les siccatifs concentrés en chauffant de l’huile de lin avec 10 à 70 pour 100 de litharge, de minium ou de borate de manganèse, à une température de 250 à 500°. On peut aussi avoir recours h l’acétate de plomb ou à l’oxyde de zinc. On obtient ainsi des siccatifs demi-liquides et concentrés. Pour des siccatifs liquides, on procède de même, à cela près, qu’on les dilue avec de l’huile de térébenthine, peu après qu’ils ont été retirés du feu,.et qu’on les filtre. Comme formule on peut prendre 7 kg d’huile de lin, 2 de litharge, 2 de bioxyde de manganèse, 1 de minium et enfin 14 d’huile de térébenthine, ou encore, pour la même quantité d’huile de lin, 13 kg seulement de térébenthine, 2 de borate de manganèse et 1 1 ;2 d’acétate de plomb.
- Vernis pour laiton. — Faire dissoudre 28 grammes de sesquioxyde de fer et autant d’acide arsénieux dans 340 centimètres cubes d’acide chlorhydrique. Brosser le métal avec cette solution jusqu’à obtenir la couleur désirée, puis faire sécher.
- F Pour enlever les taches sur le marbre. — Faire une pâte peu épaisse avec 4 parties en poids de savon mou, 4 parties également de craie et une partie de carbonate de soude dans une quantité suffisante d’eau. On en étend une certaine quantité sur les taches, on laisse^ vingt-quatre heures, et finalement on lave à l’eau pure quitte à renouveler l’application si cela est nécessaire.
- Essence de fraises. — Fabriquée avec des fraises mêmes, qui vont abonder sur le marché dans un mois, on pourra essayer facilement la formule de M. G. Weinedel. Prendre 750 grammes de fraises, qu’on écrase dans un mortier, puis les mettre dans une cornue avec 200 grammes de Tokav, autant de cognac, ajouter lgr,5 de vanille, 500 grammes d*alcool à 90° et enfin 500 grammes d’eau. On distille ensuite après avoir maintenu à une température douce durant une heure.
- Soudure pour aluminium. — Elle est signalée par « Me-chanical Engineer ». Prendre 90 pour 100 en poids de zinc, 5 d’aluminium, autant d’antimoine, ou encore 87 de zinc et 8 d’antimoine. On fait fondre au creuset d’abord l’aluminium, puis on ajoute le zinc, et enfin l’antimoine, quand le zinc est fondu: on mêle ensuite intimement avec du sel ammoniaque; lorsque la surface de fusion est claire et blanche, on enlève la scorie et l’on coule en barres. Pour souder avec cette matière, on nettoie d’abord à l’acide les morceaux d’aluminium ou d’alliage d’aluminium à souder, puis on les enduit de soudure bien chaude, qu’on fait pénétrer dans les inégalités des surfaces métalliques sans les brûler. On rapproche alors les pièces à souder et on les-chauffe, en enlevant l’excès de soudure qui s’échappe.
- Imitation d’argent antique. — La recette, un peu compliquée, donnée par la publication allemande (( Erfahrungen und Erfindungen », a pour but d’obtenir sur des copies d objets antiques en argent, la patine toute particulière du temps. On prépare d’abord une solution avec 10 parties de mercure
- p.83 - vue 515/536
-
-
-
- "84
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- dans autant d’acide nitrique concentré et 30 parties d’eau; et l’on y plonge les objets d’argent, traités au préalable au bain de cyanure de potassium et rincés ensuite à l’eau pure. On amalgame ainsi la surface de ces objets, et on les rince soigneusement. On prépare alors un bain en faisant dissoudre dans un litre d’eau, et à froid, lsr,60 de sulfure d’argent et C:entigr,o de carbonate d’ammonium; on y plonge les objets et rapidement se forme à leur surface une sorte de pellicule foncée. Là internent le tour de main, car il faut plus ou moins prolonger le bain suivant le résultat poursuivi.
- Peinture sur zinc ou cuivre résistant h Veau chaude. —-11 faut d’abord créer, à la surface du métal, une pellicule à laquelle la peinture adhérera solidement, et pour cela on
- commence par enlever, au moyen d’une solution de soude ou d’ammoniaque, toutes les substances graisseuses qui peuvent souiller le métal, et l’on sèche soigneusement la surface de celui-ci. Alors, à l’aide d’une brosse douce et large, on étend une dissolution faite de parties égales en poids de chlorure de cuivre, de nitrate de cuivre, et de sel ammoniaque, dans 64 parties d’eau : après dissolution de ces substances, on a additionné d’une partie d’acide muriatique du commerce, et l’on a tenu le liquide préparé dans un récipient de verre. Au bout de douze heures, il se forme sur le métal une pellicule gris noirâtre, à laquelle la peinture adhérera solidement. On se trouve bien ensuite de passer une première couche d’une peinture faite de céruse éclaircie à la térébenthine et contenant fort peu d’huile de lin.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 avril .... 3°,3 S. W. 1. Beau. » Gelée bl. ; peu nuag. de 10 h. à 14 h. ; beau avant et après. Gelee bl. ; nuag. ; halo ; orage à partir de 15 h. 20 avec pluie. Très nuag. ; quelques petites averses.
- Mardi 12 7°,8 S. E. 3. •Quelques nuages. 18,3
- Mercredi 13 12’,9 S. 5. Très nuageux. 0,2
- Jeudi 14 12”,0 S. E. 3. Couvert. 0,0 Rosée ; halo ; très nuageux.
- Vendredi 15 13”,3 S. S. E. 2. Couvert. 2,8 Rosée ; li ès nuageux ; pluie dans la soirée.
- Samedi 16 10’, 8 W. 2. Couvert. » Presque couvert.
- Dimanche 17 .... 10”,0 N. E. 2. Eclaircies. 15,1 Rosée ; presque couv. ; pluie de 16 h. 40 à 18 h. 45.
- AVRIL 1904. — SEMAINE 1MJ LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 AVRIL 1904.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La cou) bii supéi ieurn indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indûment : courue épaisse-, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule seche ; courbe en pointillé, thermomètre à Vabn à boule mouillée.
- !
- I
- ttémimé des observations météorologiques faites à l’Observatoire du parc Saint-Maur, en mars 1901.
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50’,3. Moyenne des 21 heures, 756”,30 ; miuimum absolu, 742'"“,8 le 30 à 4 h. ; maximum absolu, 765”,0 le 22 à 0 h. et 11 h.; écart extrême, 22“”,2.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, O'hSS ; des maxima, 10”,20; du mois, 5”,5i; vraie des 2i heures, 5°,08 ; minimum absolu, — 7°,1 le l,r; maximum absolu, 14°,7 les 8 et 20. Sur le sol gazonué : moyenne des minima, —1°,77 ; des mixiim, 21°,00; minimum absolu, — 11°,0 le 1"; maximum absolu, 30°,0 le 20. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 9 heures ; à 0“,30 de profondeur, 4°,68 ; à 1 mètre, 5”,3S. De la Marne : moyenne le matin, 6°,29; le soir, 6\68 ; minimum, 1°, 42 le 1"; maximum, 8”,62 le 22.
- Tension de la vapeur : moyenne dû mois, 5'"",2t; miuimum, 2”,7 le 1*', à 6 et 12 heures; maximum, 8““*,4 le 9 de 17 à 19 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 80,U ; miuimum, 32 le 22 à 11 heures ; maximum 100, en 12 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 li.), 6,83 ; moyenne diurne, la plus faible, 0,9 le 14; la plus grande, 10,0 (4 jours).
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 3f>7 heures; durée effective de l’insolation, 111 heures en 24 jours; rapport, 0,30. r
- Pluie : total du mois, 32"“,4 eti6J heures.
- Nombre de jours de gelée blanche, 18; de gelée, 10, dont 4 consécutifs,
- du 1" au 4; de pluie, 16; de neige, 2; de pluie inappréciable, 1; de grêle, 1 ; de grésil, 2; de brouillard, 3 ; de lnlos, 4; d’orages, 1 (le 30); de rosée, 3.
- Fréquence des vents : Calmes, 18.
- N . . . , 80 E . . . . 52 S 23 W 24
- N. N. E. , . 161 E. S. E. . 50 S. S. W . . 55 W. . N. W .
- N. E . . , . 118 S. E. . . 27 s. w. . . 55 N. W. . . 9
- E. N. E. . 57 S. S. E. . 27 w. s. w . 23 N. N. W . . 2ï
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3”,6; moyenne diurne la plus grande, 8”,5 le 23; la plus faible, 0 *,9 le 18; vitesse maxima, 12".2 le 22 à 17 b. par vent N.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne du mois (23 jours), 256 volts; moyenne diurne la plus grande, 364 volts le 3; la plus faible, 133 volts, le 25; amplitude diurne, 0,61 ; nocturne, 0,79.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 3“,51 ; minimum, 2”,73 le 30 ; maximum, 4”,74 le 1".
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre — 0“,51 ; température —1°,01 ; tension de la vapeur — 0”,06 ; humidité relative -*• 5,2 ; nébulosité -+- 0,79 ; pluie — 6”,1.
- Floraisons. Le 5, hépatique bleue ; le 7, tussilago farfara ; le 8, pâquerette; le 10, primevère acaule; le 12, violette des bois; 14, saule marsault; le 18. crocus ; le 22, jonquille ; le 27, jacinthe ; le 29, saxifrage à feuilles épaisses; le 30, jasmiuum nuditlorum; le 31, buis des Baléares.
- Le 15, premier chant de la grive.
- PHASES DE LA LUNE N. L. le 15 à 10 h, 2 m. du soir.
- p.84 - vue 516/536
-
-
-
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ut— On apprendra avec regret, la mort, le 25 avril, de HI. Gréard, ancien vice-recteur de l’Académie de Paris. Il faisait partie de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques. Son œuvre fut considérable et est étroitement liée à l’histoire de notre enseignement national depuis près d’un demi-siècle.
- —Ut— L’assemblée générale de la Société de géographie a eu lieu le 22 avril, dans la soirée. Parmi les lauréats de l’année, nous avons relevé les noms du Dr Sven Jledin et du capitaine Lenfant, à qui des médailles d’or ont été décernées.
- —Ut— On vient de nommer à l’Ecole polytechnique : examinateur de physique, M. Vieille, directeur du laboratoire central des poudres et salpêtres, en remplacement de M. Potier, démissionnaire; répétiteur titulaire de physique, M. Hamy, en remplacement du commandant Colson, démissionnaire; répétiteur adjoint de physique, M. Mesnager, ingénieur des ponts et chaussées.
- —Ut— L’ouverture de l’Exposition internationale de l’alcool et de ses applications a eu lieu le 21 avril à Viepne. L’archiduc héritier François-Ferdinand a visité les différentes sections. Devant le portail de la section française, il a été reçu par le marquis de Re-verseaux, ambassadeur de France, par M. Viger, ancien ministre et par les membres de l’ambassade et du commissariat français.
- —Ut— L’assemblée générale annuelle de la Société astronomique de France a eu lieu dernièrement dans l’Hôtel des Sociétés savantes. M. G. Lippmann, de l’Institut, a annoncé la fin prochaine de la révision du Catalogue des étoiles de Lalande commencée il y a soixante-deux ans. Actuellement 56 observateurs collaborent à la photographie de la petite planète Eros ; on espère pouvoir ensuite déterminer avec précision la distance du Soleil à la Terre. Notre collaborateur, M. Ch.-Ed. Guillaume, a ensuite fait une communication sur le radium avec expériences et projections. Il a tait l’historique de la découverte et des travaux sur la radio-activité de M. et Mme Curie, puis il a parlé de la transmutation du radium avec grand dégagement d’énergie, du polonium et de l’actinium. Il a émis l’avis que la température doit évidemment exercer une action importante sur de telles transformations et qu’il est fort naturel de penser qu’à la température de 6000° que l’on attribue au Soleil, un grand nombre de matières peuvent se trouver dans l’état de transformation où nous trouvons aujourd’hui le radium sur la terre. La Société astronomique, dans cette séance, a renouvelé son Bureau et son comité. Le président est M. G. Lippmann, et les vice-présidents MH. le général Bassot, Caspari, Lallemand, Deslandres; M. Camille Flammarion est secrétaire général.
- —Ut— Contrairement à ce que nous avions espéré et malgré le vote de la Chambre des Lords, la Chambre des Communes vient de rejeter le projet de loi tendant à la substitution du système métrique au système actuel des poids et mesures en Angleterre.
- —Ut— A propos de l’explosion non expliquée du navire russe « le Petropavlovsk », nous ferons remarquer que le vice-amiral Mallarmé, réfet maritime à Brest, s’est rendu dernièrement à bord du « For-in » pour examiner les dégâts causés par l’explosion d’une cartouche de canon de 158 millimètres. L’accident est dù à la décomposition des poudres sous l’action de la chaleur. L’explosion du cuirasssé russe n’aurait-ellc pas une cause analogue ?
- —Ut— Le torpilleur 280 a procédé dernièrement, à Cherbourg, à des essais de grande vitesse. La vitesse moyenne obtenue pendant trois heures a été de 27 nœuds 3 dixièmes avec 310 tours d’hélice par minute. La consommation de charbon, par heure, a été de
- 1,640 kilogramme. La vitesse prévue au marcher était de 26 nœuds. Le torpilleur 280 a obtenu la plus grande vitesse réalisée jusqu’à ce jour par les torpilleurs de ce type.
- —Ut— Le vapeur « Delhenai », venant de Hambourg, est entré récemment dans le port de New-York avec une grande cargaison d’animaux sauvages. Il y avait à bord une vingtaine d’éléphants et des tigres qui, pendant une tempête, sont entrés en fureur et ont causé des dégâts considérables.
- —Ut— En industrie on a tout intérêt à réduire au maximum les pertes de calorique, c’est-à-dire de combustible. Or, dans les fours tournants à ciment, on constate normalement une perte de plus de 70 pour 100 de la chaleur de combustion. Aussi commence-t-on de tirer parti, pour le chauffage de chaudières à vapeur, des gaz chauds sortant de ces fours; c’est ce qui se passe notamment aux usines américaines de Cavuga Lake, et cela avec plein succès.
- —Ut— On sait que depuis longtemps on accorde aux agents de la traction des chemins de fer des primes de consommation pour les économies réalisées sur le combustible : voici que certaines administrations, comme celles des Tramways électriques de Magdebourg et de Reims, se préoccupent d’adopter une mesure analogué au point de vue de la consommation de courant. De la sorte, les wattmen évitent les arrêts inutiles, mais, pour qu’ils n’aient point tendance à négliger les intérêts des voyageurs, on les intéresse aussi, avec les conducteurs, aux majorations de recettes. Il y a là évidemment une tentative des plus utiles.
- —Ut— Les stations centrales électriques sont actuellement en Suisse au nombre de 235, dont 194 appartiennent à des municipalités. Parmi elles, on en compte 215 qui sont hydrauliques (dont 20, il est vrai, avec des machines à vapeur de réserve), puis 14 utilisent des moteurs à gaz ou à pétrole et enfin 6 des machines à vapeur.
- —U(— On vient d'inaugurer à Berlin un laboratoire fort intéressant, destiné à des recherches se rattachant aux travaux hydrauliques et à la construction des navires : c’est à la fois un établissement d’études et d’enseignement. Il est situé dans une île du Landwehr Canal, et près de l’Ecole technique supérieure. Il possède un grand bassin de 150 mètres de long et de 6 mètres de large, où l’on peut essayer les modèles de bateaux pour constater la résistance, les vagues, les remous que donne tel ou tel modèle. On y poursuit des recherches sur le mouvement de l’eau dans les conduites, au-dessus des barrages, à travers les écluses, sur la déformation des berges le long des cours d’eau, sur le mouvement de l’eau à travers les terres ou les maçonneries, etc.
- —üt— On rapporte que la canonnière « Décidée » aurait rencontré vers le 15 mars, dans la baie d’Along, près d’Haïphong, un animal très étrange. En le voyant de dos, le commandant prit d’abord l’animal pour une énorme tortue de 4 à 5 mètres de diamètre. Peu après il vit cette masse s’allonger et il lui sembla distinguer l’apparence d’un serpent aplati dont il estima la longueur à environ 50 mètres et la plus grande largeur à 4 ou 5 mètres. Cette rencontre est curieuse et il serait intéressant de connaître l’animal dont il est question.
- —Ut— Les numismates sont dans la joie : un trésor qui les intéresse au plus haut degré vient d’être découvert à Sousse. A 30 centimètres environ au-dessous de la mosaïque récemment mise à jour lors des fouilles pratiquées près d’El Djem, on a retrouvé une gargouille contenant 62 pièces d’or à diverses effigies, se décomposant ainsi : une pièce à l’effigie de Justin et Justinien, qui régnèrent simultanément en 527 (pièce très rare) ; onze pièces d’Anastase, 491-518; dix-neuf pièces de Justin, 518-527; trente et une pièces de Justinien, 527-o65. Toutes ces pièces de la période byzantine sont assez usées. Elles seront placées au musée du Bardo.
- 22
- p.85 - vue 517/536
-
-
-
- 86
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ^SBS5==^t-
- —;--
- Avis. — En pi'ésence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le lieutl-colonel H. L., à Caen, nous écrit : « Je vois, dans la Boîte aux Lettres du n° 1611, du 9 avril 1904, qu’il n’existe aucun procédé pour le nettoyage des dalles en brique qui ont été tachées par de l’huile et de la graisse. Or, je puis vous indiquer un procédé qui m’a bien réussi pour enlever une tache d’huile assez grande sur un parquet en bois de sapin, ce qui me semble aussi difficile que sur des dalles en briques. Le bois est en effet très poreux et avait rapidement absorbé l’huile. Je ne savais trop que faire pour enlever une tache, lorsque j’eus l’idée de la couvrir de cendre de bois bien chaude. Je m’aperçus alors, au bout d’assez peu de temps, que la tache dont l’huile ayait été en partie volatilisée sans doute par la chaleur, n’existait presque plus, et en renouvelant l’opération elle disparut tout à fait. Je pense qu’en opérant sur la brique, on obtiendrait le même résultat que sur le bois, surtout si l’on n’attend pas trop longtemps après que la .tache s’est formée. »
- M. Ch. Mendel, à Paris, nous adresse le premier numéro de la « Revue des sciences photographiques » publiée sous sa direction, et dont le rédacteur en chef est M. G.-IL Niewenglowski. Nous souhaitons la bienvenue à notre confrère.
- Mme Grospiron, à Houille, nous écrit que le samedi 16 avril à 9h 55“ du soir elle a vu un grand bolide traverser le ciel d’est en ouest. « Ce bolide, nous dit-elle, avait la grosseur apparente de 2 fois « Jupiter » et brillait d’un vif éclat; car mes yeux furent attirés par une lumière qui traversait lentement la fenêtre. J’eus le temps de courir à la fenêtre, et je vis le météore glisser, puis s’éteindre, sans éclater, ni laisser de trace en prenant le zénith ; il était assez haut dans le sud vers le Lion. » Notre correspondant désirerait savoir si d’autres personnes ont vu le même phénomène.^
- M. Flavien Obscur, professeur à l’École normale, à Gia-Dinh (Cochinchine), nous envoie quelques photographies de l’Eclipse solaire du 17 mars 1904; ce sont des vues prises à Grorduits, près de Saigon, en Cochinchine. Nous remercions notre aimable correspondant.
- La Société anonyme électrométallurgique, à Albertville (Savoie), à propos de l’information que nous avons publiée dans le n° 1611 du 9 avril 1904, et dans laquelle nous signalions un article des « Mines and Minerais » du Dr Ohly concernant le molybdène, nous écrit qu’il est peut-être intéressant pour nos lecteurs de savoir que le molybdène ne se fabrique pas en Amérique, mais que le plus grand point de production se trouve dans l’usine d’Albertville où il est fabriqué plus des 9/10 du ferro-molybdène qui se consomme dans le monde entier. L’usine exploite les procédés de M. P. Girod depuis 1898 et écoule beaucoup de molybdène précisément en Amérique. Le ferro-molybdène qui a, en effet, une action excellente sur l’acier au nickel, ne décuple cependant pas l’allongement. Les aciers ou molybdène sont plus particulièrement intéressants pour les nouveaux navires de guerre, qui doivent être légers, rapides et solides. C’est dans ces applications que le molybdène trouve un débouché considérable.
- Renseignements. — M. B. B., h Paris. — Veuillez vous adresser directement à l’auteur de l’article, 5, rue de la Santé (XIIIe arrondissement).
- M. Leroux, à Orléans. — L’unité de puissance électrique est le watt; un cheval vaut 756 watts.
- M. B. K., à Montpellier. — Les attelages élastiques dont il a été question ne se trouvent pas encore dans le commerce.
- M. G. V., à Paris. — Pour faire les études dont vous parlez, il vous faut un photomètre; la méthode que vous employez ne peut pas vous donner de bons résultats.
- M. Bigotard, à Paris. — Il est préférable de détruire le gui et d’en dépouiller les arbres; voyez à ce sujet l’article « Le gui et ses légendes » que nous avons publié dans le n° 1541 du 6 décembre 1902, p. 1.
- M. C. Delescluse, à Maromme. — Nous avons publié un article sur les masques-respirateurs contre les poussières industrielles dans le n° 1294, du 19 mars 1898, p. 251 ; ces appareils étaient fabriqués par M. Jules Bellot, constructeur à Champeix (Puy-de Dôme). Vous pourriez aussi vous adresser utilement à la-Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. W., à Constantinople. — Les modèles de couveuses artificielles sont très nombreux; nous vous indiquons quelques adresses : M. Arnoult, 4, rue des Petits-Champs; Etablissements Voitellier, 4, place du Théâtre-Français; MM. Roullier-Arnoult, 84, rue de la Folie-Méricourt; M. J. Philippe, 16, quai du Louvre, à Paris.
- M. A. S., à Gchu. — La combinaison des deux gaz est possible. Mais elle ne peut avoir lieu qu’à une température limite, ni au-dessus, ni au-dessous. L’expérience est difficile à réaliser.
- M. S., à Vâux. — Le terme IIP veut dire « cheval », en anglais « horse power ». Le « cheval » est l’unité mécanique de puissance. Les termes électriques que vous trouvez dans les journaux sont les unités électriques employées depuis 1881. Pour vous mettre au courant de tous ces termes, vous devriez: consulter des ouvrages que vous trouverez à la librairie Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à la librairie Desforges, 39, même quai, ou à la librairie Dünod, 49, même quai, à Paris,
- M. Miller, à Michigan. —* Nous ne comprenons pas voire demande ; nous ne pouvons vous répondre.
- M. D. V., à Berlin. — Veuillez vous adresser à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Delong, au Havre. — Il nous est impossible de vous donner ces détails de construction; renseignez-vous directement auprès du constructeur.
- M. B. L., h Paris. — Un moteur électrique fonctionnant à 8 ampères sous une tension de 110 volts consomme une puissance de* 880 watts.
- il/. J. Béraud, à Lille. — L’adresse de MM. Brûlé et Cie est 31, rue Boinod, à Paris.
- M. 'D. L., à Paris. — Adressez-vous à MM. Enfer et ses fils, rue de Rambouillet, 10, à Paris.
- M. G. J., à Nantes. — II sera question du nouveau châssis à pellicules rigides, dont vous parlez, dans un prochain article de photographie.
- il/. E. Viguié, à Montluçon. — Pour détruire les herbes dans les allées des jardins, il est préférable d’employer le sulfate de fer à la dose de quelques centimètres cubes (4 ou 5) dans un litre, ou de l’eau formolisée au 1/10e.
- M. C. Malartie, à Menton. — 1° La chèvrerie parisienne se trouve à l’établissement du Val-Girard, 163, rue Blomet, à Paris. — 2° Votre lettre a été expédiée.
- M. P. Joannidès, à Athènes. — Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrages spéciaux sur ce sujet. Vous trouverez quelques renseignements dans les volumes suivants : « Canon, torpilles et cuirasses », par A. Croneau. 1 vol. petit in-8°, avec 45 figures : 2fr,50. — « Les torpilles sèches », par le lieutenant-colonel Hennehert. 1 vol. petit in-8°, avec 53 figures : 2fr,50. — Ces deux ouvrages sont en vente à la librairie Masson et C % 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Dambricourt, à Boulogne-sur-Mer. — L’étude sur le bois devant servir à la confection des manches d’outils a paru dans le numéro du mois de juillet de la « Bevue du génie militaire » ; il faut vous adresser à l’éditeur, 5, rue des Beaux-Arts, à Paris.
- M. A. G., à Toulon. — 1° Vous trouverez des manomètres de ce genre chez M. J. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris. — 2° Vous pourrez vous procurer des ventilateurs électriques en vous adressant à M. Boivin, 16, rue de l’Abbaye, à MM. Leroy et C*% 30, rue Berthollet, à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lebon, à Paris. Nous avons reçu votre Notice; remerciements. — M. Durand, à Toulouse. Cet appareil n’a pas été construit. — M. Devant, à Paris. Nous avons traité ce sujet à plusieurs reprises; consultez les tables des matières. — M. J. L., à Orléans; M. Driant, à Nancy. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lr* série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. levât, à Paris. Cette recette a été publiée dans les « Nouvelles scientifkjues » du n° 1514, du 51 mai 1902, p. 103.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.86 - vue 518/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 87
- PETITES INTENTIONS1
- Lampe hygiénique Berger. — Il y a déjà bien des années qu’on utilise la propriété qu’a le platine incandescent de décomposer les vapeurs d’alcool en aldéhyde pour purifier l’air. Divers systèmes ont été établis sur ce principe et celui de M. Berger, qui est tout récent, diffère des précédents par le brûleur qui, au lieu d’ètre du platine métallique pur, est un composé de mousse de platine, ou platine extrêmement divisé, et d’une matière poreuse. Cette composition est moulée sous forme d’une petite calotte qui présente ainsi par sa porosité une grande surface aux vapeurs d’alcool. Celles-ci lui sont amenées par une mèche qui pénètre jusqu’à l’intérieur de la calotte; une Dague de même matière est disposée au-dessous et entoure complètement la mèche. On amorce la lampe en versant de
- Lampe hygiénique Berger.
- l’alcool sur le brûleur et on l’allume ; au bout de 2 ou 5 minutes la flamme est éteinte et le brûleur reste à l’incandescence sombre. Tous les alcools'produisent, par décomposition, un aldéhyde; mais l’aldéhyde éthylique, qui provient de l’alcool de vin ou de grain, n’est pas désagréable comme l’aldéhyde formique qui provient de la décomposition de l’alcool de bois. On peut en outre mélanger au premier un parfum à son choix, tandis que la mauvaise odeur du second ne se prêterait pas à ce mélange et persisterait toujours. Quoi qu’il en soit, la lampe de M. Berger allumée dans une pièce où l’on fume enlève complètement l’odeur du tabac; on peut l’employer aussi avec succès pour enlever les odeurs de cuisine qui, dans certains appartements, se répandent dans toutes les pièces. Enfin les photographes l’emploieront avec succès dans certains laboratoires où l’odeur de la pipe s’allie désagréablement à celle de la lampe à pétrole. — La lampe hygiénique se trouve chez M. Berger, 1, place de l’Église, à Levallois-Perret (Seine).
- PHOTOGRAPHIE
- Conservation du sulfite de soude.
- En photographie le sulfite de soude est d’un emploi constant, il entre dans la composition de presque tous les révélateurs pour empêcher leur oxydation. Mais cette facilité d’oxydation qui préserve les solutions auxquelles il est associé est une raison d’altération du sulfite lorsqu’il est seul. Tous les photographes ont remarqué dans bien des cas combien étaient différents les effets obtenus par des formules qui, en apparence, étaient identiques; il ne faut attribuer, le plus souvent, ces anomalies qu’au sulfite de soude employé. En effet, il peut être transformé, au moins en partie, en sulfate et aussi en carbonate; cette dernière transformation explique que dans le développement à l’acide pyrogallique, par exemple, on ait pu parfois mener à bien le développement d’un cliché surexposé sans avoir mis aucune trace de carbonate de soude ou d’ammoniaque; si on n’a pas eu à en mettre, c’est <qu’il y en avait déjà à l’insu de l’opérateur. Pour éviter ces inconvénients de l'instabilité du sulfite de soude, qui se manifeste davantage encore quand on le conserve à l’humidité, M. Namias a proposé de le bannir du laboratoire photographique et de le remplacer
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- par du métabisulfite de potasse, beaucoup plus stable. Mais cê corps ayant une réaction acide, il est nécessaire d’ajouter aux bains 3 grammes de soude ou 5 de potasse pour 10 de métabisulfite.
- MM. Lumière et Seyewetz viennent de faire une étude très-complète sur les causes de l’altération du sulfite anhydre et du sulfate cristallisé et sur les moyens d’y remédier. Ces expériences ont été conduites avec la méthode et la précision habituelles à ces éminents chimistes; ils ont opéré sur le sulfite en poudre aussi bien que sur le sulfite en solution, en variant les expériences sous des formes très diverses et en somme ils arrivent à des conclusions très rassurantes pour les partisans du sulfite anhydre dont l’emploi est si «simple et si pratique dans le laboratoire photographique. 1° Le sulfite de soude exposé même en couche mince à l’air, à la température ordinaire ou à température- élevée, ne subit pas d’altération appréciable, « sauf lorsqu’il se trouve dans une atmosphère très humide ».
- 2° Les solutions de sulfite de soude, de faible teneur, s’oxydent très rapidement à l’air à la température ordinaire. Dans dessolutions de concentrations diverses le rapport entre la quantité de sulfite oxydé, au bout du même temps, et la quantité totale de sulfite dissous, « est d’autant plus faible que la solution est plus concentrée ».
- 5° Les solutions concentrées, à partir de la teneur de 20 pour 100, sont très peu oxydables, même si elles sont conservées dans un flacon débouché et présentant avec l’air une très grande surface de contact.
- 4° A leur température d’ébullition les solutions de sulfite de soude s’oxydent d’autant plus rapidement qu’elles sont plus diluées. A partir de la teneur de 20 pour 100 on peut maintenir à l’ébullition à l’air sans qu’il y ait altération sensible.
- En résumé on aura dans tous les cas avantage à employer le sulfite anhydre et si on veut avoir des solutions en réserve bn aura soin de faire toujours des solutions concentrées. G.’ M., '
- BIBLIOGRAPHIE
- La machine dynamo à courant continu. Théorie, construction, calcul, essais et fonctionnement, par E. Arnold, professeur-directeur de l’Institut électrotechnique, à l’Ecole technique supérieure grand-ducale de Karlsruhe. Traduction française par E. Boistel, expert près les Cours et Tribunaux et par E.-J. Brunswick, ingénieur des Arts et Manufactures. Tome I. Théorie de la machine à courant continu. 1 vol. in-8e. Paris, librairie polytechnique Ch. Béranger. Prix : 25 francs.
- Principes fondamentaux et principales applications du courant alternatif, par R. Swyngedauw, professeur adjoint, chargé de l’enseignement électrotechnique à l’Université de Lille. 1 vol. in-8°. Yve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 5 francs.
- Théorie et calcul des phénomènes du courant alternatif, par Charles Proteus Steinmetz, traduit par II. Mouzet, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol in-8°. Librairie Yve Ch. Dunod, à Paris. Prix : 20 francs.
- Controverses transformistes, par Alvred Giard, professeur à la Sorbonne, membre de l’Institut. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris. 1904. Prix : 7 francs.
- Les frontières de la maladie, par le Dr J. Uéricoürt. 1 vol. in-8°. E. Flammarion, éditeur. Paris. 1904. Prix: 3fr,50.
- La purine et ses dérivés, par le Dr A. Moüneyrat, docteur ès sciences. 1 petit livre in-8° de la collection (( Scientia ». N° 18. C. Naud, éditeur. Paris.
- La cure solaire de la tuberculose pulmonaire à Nice, par le Dr J. Malgat. 1 brochure in-8°. Nice. Imprimerie du « Petit Niçois ». 1903.
- Analele Institutului météorologie al Romaniei, publicate de Stefan IIepites et I. St. Murat. Tomul XVI, Anul 1900. 1 brochure in-4°. Bucuresci. 1903.
- Buletinul Lunar al observali unilor meteorologice din Ro-mania, publicat de Sefan Refîtes. Anul XL 1902. 1 brochure in-4. Bucuresci. 1903.
- Ras feuer in dtr Natur, im Kultus und mythus,im Vôlker-leben, von Dr. Wiliielm Waciiter. A. Ilartleben, libraire-éditeur, à Yienne. 1904. Prix : 5 francs.
- Smithsonian Institution : natick dictiohary : by J. H. Trlm-bcll. 1 vol. in-4°. Washington, 1903.
- Pregindizi sulla alimentazione degli ammalali, par le professeur G. Gaglio. 1 broch. in-8". Catane.
- p.87 - vue 519/536
-
-
-
- 88
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- T urner on birds, h y Dr W. Turner, 1544. Edited, with introduction, translation, notes, etc., par A. H. Evans M. A. 1 vol. in-8°. Cambridge.
- Vas problem der geschlechts bestimmenden Ursachen von D. M. V. Lfniixssék, professeur d’anatomie à l’Université de Budapest. Imprimerie de Gustave Fischer à Jena. 1902.
- Snathsonian Institution. Bureau of American ethnology : J.-W. Powell, Director Kathlamet texts, by Franz Boas. 1 vol. in-4. Washington government l'rinting Oflice. 1901.
- List and catalogue of lhe publications issued bg the U. S. Coastand geodetic survey. 1810-1902, parE.-L. Bdrciiaud. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- Rcgistro civil 1895. 1 vol. gr. in-8°, broché. Imprimerie du bureau de Statistique du Brésil. Rio-de-Janeiro, 1901.
- Smitlisonian miscellaneous collections : Phgsical Tables, par Ta. Giïeï. Washington. 1905.
- Smitlisonian Institution. Proceedingsof the United States national Muséum, T. XXV et XXVI. 2 vol. in-8°. Washington, 1905.
- Ministerio de Agricultura. Glima de la Republica Argentina, par Walther Davis, directeur du service météorologique argentin. 1 vol. in-41. Buenos-Ayres, 1902.
- Proceedings of the Rochester Academy of sciences. Vol. 4, p. 95 à 156, par Henry Ward, II.-L. Preston. C.-S. Sargent. Rochester, N. Y. 1905.
- Field Columbian Muséum. A list of mammals from Northern California, par D.-G. Elliot. 1 broch. in-8°. Chicago, 1905.
- Field Columbian Muséum. Description of new species of mammals from California, par D. G. Elliot. 1 brochure in-8°. Chicago, 1905.
- Field Columbian Muséum. North American Plésiosaure, part. 1, par Samuel Williïton, professeur de paléontologie. 1 brochure in-8°. Chicago, 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 avril . . . 9° ,6 N. 2. Pluie. 0,6 Très nuag. le matin ; nuag. le soir; pluie à 7 b.
- Mardi 19 11",0 !N. N. E. 4. Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- Mercredi 20 10",9 N. E. 3. Nuageux. B Rosée; nuageux jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- Jeudi 21 7°,9 N. N. W. 4. Couvert. » Rosée ; beau à 6 h. ; couvert ensuite.
- Vendredi 22 7°,0 N. N. E. 5. Couvert. 1,1 Très nuageux; pluie à 23 b. 30.
- Samedi 23 8°,5 N. W. 1. Très nuageux. 4,2 Nuageux; pluie de 1 h. à 2 b.
- Dimanche 21 ... . 9",0 N. 2. Beau. » Rosée ; nuageux.
- AVRIL (904. -- SEMAINE DO LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 AVRIL 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulusilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, lhei~momètre à l'abn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Une violente secousse de tremblement de terre a eu lieu le 23 avril, à 4h35“ de l’après-midi, à Fleurus, en Rel-gi jue. Il n’y a eu aucun accident de personne, ni aucun dégât.
- Le temps. — Le temps a été variable dans la semaine du 18 au 24 avril. Le 18, le baromètre était élevé aux Açores et aux Iles Britanniques; sur la Méditerranée, à Malte, on notait un minimum de 734 mm. Des pluies sont tombées dans le nord et l'ouest de l’Europe ; on a recueilli 15 mm d’eau à Paris, 6 mm à Belfort, 5 mm à Brest. Le matin, la température était de 10° à Paris ; la moyenne a été de 13°,5 et le maximum de 19°,5. Le 19 avril, il est tombé 11 mm d’eau à Marseille, 4 mm au Mans, 3 mm à Cette. Le baromètre est resté élevé dans le parage des Açores ; les basses pressions de la Méditerranée se sont étendues vers le nord ; à Toulon, le baromètre a marqué 750 mm. A Paris, le temps a été nuageux, la température moyenne, 13°,6, a été supérieure de 3°,6 à la normale. Le 20 avril, des pluies ont été signalées dans l'ouest des Iles Britanniques et dans le sud de l’Europe ; en Frauce, il a plu à Cette (26 mm d’eau), à Biarritz (16 mm), à Marseille (4 mm).
- Le 21 avril, des pluies ont été signalées dans le sud du continent; en France, on a recueilli 18 mm d’eau à Clermont, 17 mm à Lyon, 13 mm à Biarritz, Des orages ont eu lieu à Lyon et au puy de Dôme. La température s'est abaissée dans le nord et l’ouest de l’Europe ; le matin, à 7 heures, on notait 8° à Paris, 13° à Alger, 5° au puy de Dôme, 1° au mont Ventoux, —5° au mont Mounier. Le 22 avril, le temps a été beau à Paris, mais un peu froid le matin. Le vent a été faible de l’ouest sur la Manche, du nord-ouest en Bretagne et en Gascogne. On a signalé de Chambéry que les pluies persistantes ont occasionné des dégâts en Savoie. Le village de Bessaus a été envahi par les eaux des torrents, considérablement grossis par la fonte rapide des neiges et par la pluie. L’eau s’est répandue dans les rues, dans les maisons. Le 23 avril, des pluies sont tombées dans le nord et l’ouest de l’Europe, ainsi que sur l’Italie. On a recueilli 8 mm d’eau à Boulogne, 8 mm à Biarritz, 6 mm à Paris, 1 mm à Brest. Il a plu à Paris et dans les environs dans la nuit du 22 au 23 avril. La température moyenne, 9°,8, a été inférieure de 0°,5 à la normale. Le 21 avril, il est tombé 6 mm d’eau à Biarritz, 5 mm à Gap, 5 mm au Mans; la température, à Paris, était le matin de 9°, de 13° dans la journée.
- PUISES DE LA LUNE : P. Q. le 23 à 5 b, 4 m. du matin.
- p.88 - vue 520/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —L’inauguration officielle de l’Exposition universelle de Saint-Louis, par laquelle est commémoré le centenaire de la vente de la Louisiane aux Etats-Unis par la France, a eu lieu le 30 avril, •en présence de trois cent mille personnes. M. David R. Francis, commissaire général, après une cérémonie religieuse sur la place Saint-Louis, a prononcé le discours d’inauguration. Le juge Taft, secrétaire de la guerre, représentant le président de l’Union, a pris ensuite la parole ainsi que M. Michel Lagrave, commissaire de l’exposition française, qui a parlé en anglais au nom des représentants des puissances étrangères. Les discours terminés, le président Roosevelt a, de la Maison-Rlanehe à Washington (1500 km de distance), mis les machines en mouvement, fait jouer les grandes eaux et déployé les drapeaux, par la pression d’un boulon d’or mis en contact avec un fil électrique direct, tandis que les canons tonnaient et que les musiques jouaient l’Hymne national, entonné par la foule. L’Exposition est comme toujours au début loin d'être prête, sauf le pavillon français. L’Exposition de Saint-Louis est immense. Les Américains ont voulu battre tous les records. Elle est trois fois plus étendue que l’Exposition de Paris de 1900.
- —)£— Le comité de l’Institut Pasteur vient d’élire comme trésorier M. Brouardel, doyen honoraire de la Faculté de médecine, en remplacement de M. Christophle, décédé. M. Jean-Baptiste Pasteur, fils ae l’illustre savant, a été ensuite élu membre du comité.
- —Ht— La Société de géographie, dans sa dernière assemblée générale, a renouvelé son bureau pour 1904-1905. Ont été nommés : Président : M. Alfred Grandidier, membre de l’Institut. Vice-présidents : M. Edouard Anthoine, ingénieur chef du service de la carte de France du Ministère de l’intérieur; le général Famin, directeur des troupes coloniales au Ministère de la guerre. Secrétaire : le capitaine E. Lenfant. Scrutateurs : le docteur Emile Brumpt, le colonel Georges de Créqui-Montfort.
- —— L’année 1904 fait partie du cycle des hannetons dans un grand nombre de régions. Déjà ces coléoptères ont commencé leurs ravages. Certains Conseils généraux ont. voté des allocations pour encourager la défense contre les déprédations de l’insecte. H s’est formé aussi des Syndicats de hannetonnage. Mais la lutte contre les vers blancs et les hannetons est encore insuffisamment menée. Les primes sont trop faibles, en général 8 à 10 centimes par kilogramme de hannetons ramassés et portés à la jnairie. C’est insuffisant pour provoquer l’initiative des « ramas-seurs ». 11 faudrait une action d’ensemble beaucoup plus énergique. D’autant plus que les hannetons tués dans la chaux des fosses de hannetonnage fournissent un engrais riche en azote, qui a sa valeur propre que l’on peut défalquer des frais de ramassage. Le jour où l’on fera un effort sérieux contre les maus et les insectes parfaits, on débarrassera les champs et les pépinières de cette cause de ruine pour l’agriculture. On a bien triomphé des moustiques là où on 1 a voulu avec persistance. On triomphera de même des hannetons quand la défense sera bien organisée.
- —— On a expérimenté avec succès en Italie et en Bourgogne les canons à l’acétylène pour le tir contre la grêle. Les canons à acétylène seraient” plus économiques que les canons à poudre. Chaque coup ne coûterait pas plus de o centimes. Reste toujours à savoir si le tir est réellement efficace. A la conférence de Gratz, — c’est déjà ancien — sur 50 experts, 8 admirent l’efficacité, 9 l’estimèrent douteuse mais probable ; 13 se contentèrent de la trouver douteuse ; 15 pensèrent qu’elle est improbable ; enfin 5 la déclarèrent nulle. Ailleurs, on est plutôt très favorable à ce tir et la plupart des expériences auraient été reconnues comme ayant fourni des résultats certains.
- —— Il n’y a pas d’éclipse de lune en 1904. Le fait arrive
- rarement. Il ne peut se produire que lorsqu’il y a seulement deux éclipses de Soleil. C’est le cas cette année.
- —L’agent consulaire de France à Ilarrar a fait parvenir à la basilique de Notre-Dame de la Garde, à Marseille, une magnifique croix abyssine en argent massif. C’est un don offert par le ras Makonnen comme souvenir de sa visite à cette église en 1902.
- —La Direction de l’enseignement primaire du département de la Seine vient d’acquérir de la Société des naturalistes de l’Ain une collection d’environ 300 champignons, reproduits en terre cuite de façon très fidèle comme taille, forme et couleur. Cette collection a été déposée au Musée pédagogique de la ville, rue Montmartre, 47, où les instituteurs de Paris et de la banlieue, seuls ou accompagnés de leurs élèves, pourront venir l’étudier et apprendre ainsi à distinguer les espèces alimentaires des espèces vénéneuses.
- —— Le nouveau recensement de la population de Madagascar, effectué sur les ordres du gouverneur général, à la fin de T9(fc, a fait ressortir des résultats intéressants. La population européenne, non compris les militaires et les fonctionnaires, s’élève à 9310, dont 6880 Français, 1271 sujets britanniques, 459 Grecs, 212 Italiens, 110 Norvégiens, 97 Anglais, 52 Allemands, et, le reste, de nationalités diverses. Cette population se répartit entre les diverses professions, parmi lesquelles le commerce comprend 1190 chefs et employés de grands établissements, 514 épiciers, 322 débitants, 66 nôteliers et restaurateurs, 82 commissionnaires en marchandises. L’agriculture comprend 429 personnes; les industries du bâtiment comprennent : 150 maçons et tailleurs de pierres, 205 menuisiers et charpentiers, 45 entrepreneurs, 147 prospecteurs. On voit que la race européenne qui, en 1896, comptait environ mille individus, est parvenue à s'implanter fortement, et que les Français forment la majorité.
- —Ht— La Société d’Etudes et de Manipulations photographiques de Paris organise deux concours de manipulations : 1° Entre amateurs de photographie (les membres de la Société en sont exclus) ; 2° Entre les sociétaires. Pour le concours entre amateurs, tous les concurrents inscrits devront subir la série de manipulations suivantes : 1° Reproduction d’un même sujet sur deux clichés (plaques ou pellicules) pris le même jour et à la même heure. Tous les formats sont admis; 2° Développement de ces deux clichés par le concurrent avec le révélateur qu’il aura choisi et par telle méthode qui lui plaira; 5° Tirage d’une épreuve du meilleur des deux clichés au choix du concurrent sur tel papier à sa convenance, par noircissement direct ou par développement. Les deux premières manipulations seront faites en présence de membres du -Jury et de la Commission; la Société se propose de décerner aux lauréats de ce concours : 1 médaille de vermeil, 3 médailles d’argent, 5 médailles de bronze, 10 mentions. Les personnes qui désirent prendre part au concours devront se faire inscrire, par lettre, chez M. A. Villain, 20, place de l’Eglise, Pantin (Seine), qui leur enverra un numéro d’inscription et une convocation leur fixant le lieu de rendez-vous pour la prise des clichés. Pour les membres de la Société, le concours de manipulations comprendra : 1° le développement, 2° le tirage, sur tel papier au choix du concurrent, de 5 clichés de format identique, qui lui seront remis sans aucune indication. Tous les clichés de même pose seront les mêmes pour tous les concurrents. Ils seront exposés par un des membres du Jury avec toutes les garanties possibles. Ils seront empaquetés séparément et mis par 5 dans des boîtes scellées. Les inscriptions devront se faire par lettre adressée au secrétaire : M. A. Villain. Le dernier délai d’inscription à ce concours est fixé au 19 mai (séance mensuelle).
- —Ht— Nous apprenons avec regret la mort de M. Emile G°dfer-naux, décédé subitement à Versailles, à l’âge de 66 ans. Le défunt avait pris part, comme ingénieur, à la construction de plusieurs travaux importants en Europe.
- p.89 - vue 521/536
-
-
-
- 90
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Bec national de M. Boivin, 16, rue Fabre d’Eglantine, Bec de M. Dela-motte, 396, rue Saint-Honoré, à Paris. — Le Zoescope se trouve chez M. Fescourt, 75, rue de l’Abbé Groult, à Paris.
- Communications. — M. H. Carbonnelle, constructeur électricien, à Uccle, près Bruxelles, nous écrit : « Votre très estimé journal (n° 1607 du 12 mars 1904, p. 239) signale la présence de charge électro-statique à la surface des papiers sortant de la paraffine fondue. Permettez-moi de vous signaler à mon tour que déjà, en 1895, j’avais constaté ce fait, en paraffinant des bandes de papier destinées à mes essais de télé-graphonieélectro-statique (Voir « Éclairage électrique » du5 juillet 1902). Cette constatation m’avait même donné l’idée de divers dispositifs aptes au développement de fortes charges électro-statiques. En 1886, j’avais déjà constaté un fait à peu près analogue dans un atelier de dévidage de la soie à balais. Des fils de soie venant de diverses bobines passent dans des œillets en verre pour s’enrouler côte à côte sur un rouleau en bois. Il arrive très fréquemment que de petites étincelles jaillissent sur ce rouleau ».
- M. Balland, à Paris, nous adresse un extrait du « Journal de pharmacie et de chimie » relatif à l’article qu’il vient de publier dans ce journal et qui a pour titre : « Observations générales sur les fourrages verts, les foins et leurs succédanés. »
- M. Maderni, à Nice, nous a envoyé en peinture une étude sur les crépuscules, dont nous le remercions. J1 nous écrit en même temps la lettre suivante : « L’article de M. J.-R. Plu-mandon sur les crépuscules rouges, paru dans a La Nature », n° 1613 du 23 avril 1904, page 525, m’engage à vous envoyer une étude faite d’après nature le 12 octobre 1902 à Nice. Je n’ai pas la prétention d’être un peintre émérite, mais la peinture est mon passe-temps favori pendant les heures que mon métier me laissent libres et la beauté et l’originalité de ce curieux phénomène ont tenté ma palette. Cette pochade a au moins le mérite d’avoir été faite d'après nature. Durant le mois d’octobre 1902, j’avais été séduit par ces fameux couchers de soleil rouges dont il fut beaucoup parlé à cette époque, et mon plus grand désir était d’en garder un souvenir. Je me mis donc à l’affût et, le 12, j’eus la chance d’un embrasement du ciel dont ma modeste étude ne peut donner qu’une bien faible idée. Néanmoins le phénomène conserva une intensité à peu près uniforme pendant 20 à 25 minutes, ce qui me permit d’achever sur place ma pochade. Vous remarquerez que le ciel était, ce jour-là, nuageux, moutonné, mais que, comme le fait remarquer M. Plumandon dans l’article précité, il y avait à l’horizon du côté du couchant une large éclaircie frangee d’or pâle. »
- il/. Albert Hugues, à Saint-Geniès-de-Malgoirès (Gard), nous adresse une Notice dans laquelle il parle de l’adoption des œufs étrangers chez les Oiseaux. Il cite quelques observations personnelles et conclut en disant que les observations à ce jour sont bien insuffisantes et qu’il est indispensable de continuer ces études.
- Renseignements. — M. D. Favérnier, à Bordeaux. — Arbres de transmission flexibles : M. Cambier, 4, avenue Carnot; Ci0 française des transmissions flexibles, 46, boulevard Haussmann; M. F. Jardon, 11, passage Dubail; M. Piat, 85, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. D. L., à Paris. — Vous trouverez ce produit chez les
- marchands de produits chimiques, chez MM. Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, chez MM. Margueritte frères, 2, rue des Archives, à Paris.
- M. L. Grandin, au Havre. — Nous ne pensons pas que ce procédé offre des inconvénients.
- M. Renaut, à Nantes. — Nous avons décrit l’appareil à boules pour le massage, que vous demandez, dans les « Petites Inventions » du n° 1312, du 23 juillet 1898.
- M. Barruol, à Paris. — 11 faudrait venir nous soumettre votre calendrier perpétuel aux bureaux du Journal.
- M. G. B. B., à Nancy. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 6, rue de l’Hôpital, à Lyon.
- M. le Dr Taillefer, à Châteauneuf. — 11 ne faut en effet jamais brancher directement un ampèremètre sur un. accumulateur; la résistance dé l’ampèremètre étant faible, il en résulte un court circuit. On mesure la différence de potentiel aux bornes de l’accumulateur et cette indication suffit pour indiquer approximativement la capacité de l’appareil.
- M. Blgnan, à Paris. — Essayez de l’essence de pétrole; vous pourriez aussi prendre une poudre fine qu’il conviendrait de laisser quelque temps sur la tache.
- M. Lewy, à Paris. — Dans vos calculs, vous confondez le « watt » qui est l’unité de puissance électrique et le « watt-heure » qui est l’ùnité d’énergie électrique.
- M. P. F., à X. — La salle dont vous parlez a besoin d’être ventilée.
- M. Dupont, à Paris. — Il faudrait faire faire l’analyse de ce produit par un chimiste.
- L’abonné 5136-3704, à Lisbonne. — Nous avons parlé de bouées lumineuses à plusieurs reprises, notamment dans le ntt 1559 du 11 avril 190o, p. 295 ; mais il s’agissait de bouées au gaz d’huile comprimé. Nous ne savons si la pratique a confirmé les essais des bouées à l’acétylène ; vous pourriez vous renseigner auprès des constructeurs suivants : MM. Barbier, Bénard et Turenne, 82, rue Curial, MM. Bessière et Doisv, 101, rue du Faubourg-Saint-Denis, M. E. Nattier, 8, rue Greneta, M. Robert, 2, rue de Chàteaudun, à Paris.
- M. G. R., à Neuilly-sur-Seine. — Nous n’avons pas parlé des appareils destinés à permettre de saisir la direction d’un son en mer. On en a proposé quelques-uns, mais aucun n’est entré dqns la pratique.
- M. Sadoch, à Constantinople. — Pour ce qui concerne le tir sans munitions, que nous avons décrit dans le n° 1610 du 2 avril 1904, p. 288, il vous faudrait envoyer une carte postale avec réponse payée à MM. Munn and C°, oui, Broadway, à New-York, en leur demandant le nom de l’inventeur du sub-target.
- M. S. A. R., à Lyon. — Nous avons publié les recettes pour le remplacement du verre dépoli ou pour le dépolissage du verre dans le petit livre des « Recettes et Procédés Utiles » 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Ed. Belly, à Yalparaiso. — Le train automobile dont vous parlez n’est pas dans le commerce.
- M. D. G. A., à Paris. — On estime les qualités d'une chaudière par la façon dont elle se comporte pendant la chauffe, par la manière dont se fait la vaporisation, et ensuite par son rendement, c’est-à-dire par la quantité de vapeur d’eau qu’elle produit. à une pression donnée, par kilogramme de charbon brûlé.
- M. G. Valtan Giacomo, à Chiasso. — Pour la bicyclette « Pedersen », dont nous avons donné la description dans le n° 1614 du 50 avril, p. 539, il faut vous adresser au manège Petit, 21, avenue des Champs-Elysées, à Paris.
- M. E. S. S., à X. — Pour obtenir la sortie du liquide à l’état de vapeur, nous pensons qu’il faudrait augmenter la pression ; mais c’est une question qu’il faut soumettre au constructeur de l’appareil.
- Questions. — N° 1268. — M. R. M. Romand, à Gurgy (Yonne) nous écrit : « J’ai une canalisation de tuyaux en fer, l’eau qui y passe rouille, et alors tache le linge qu’on y trempe. Sa longueur est d’environ 100 mètres. Voudriez-vous demander dans la Boîte aux Lettres du Journal, si quelque abonné ne pourrait m’indiquer un remède à cet état de choses qui m’est préjudiciable. »
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. R., à Taris. Cet article n’a pas été publié. — M. D. B., à Verdun. Adressez-vous à une agence de brevets. — M. L. Pérou, à Blois; M. Bruut, à Toulouse. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. B., à Lille. Plusieurs recettes analogues ont été données dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la meme librairie. — M. D. M., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiaues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux Lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.90 - vue 522/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 91
- PETITES INTENTIONS1
- Lampe à arc à faible intensité. — Les lampes à arc à faible intensité ont commencé à être employées dans ces derniers- temps. Elles sont en effet appelées à résoudre un problème intéressant, à remplacer les lampes à qrc d’intensité élevée 8 et 10 ampères dans de nombreuses installations où ces intensités sont trop élevées, et à remplacer dans d’autres cas les lampes à incandescence où une intensité lumineuse plus grande est nécessaire. Mais la lampe à arc de faible intensité a encore de nombreux progrès à accomplir. Nous avons eu l’occasion dernièrement d’examiner la lampe à arc Perdrisat à courants continus et courants alternatifs et à faibles intensités de 2 et 3 ampères; nous allons en donner une courte description. Comme le montre le dessin à droite de la figure ci-jointe, la lampe se compose de deux’ charbons cylindriques légèrement inclinés, et dont les extrémités inférieures viennent se rejoindre en un point déterminé. C’est en ce point que jaillit l’arc lorsque les charbons s’écartent. Les deux porte-charbons, mobiles autour d’axes horizontaux, sont réunis à la partie inférieure d’un noyau de fer vertical qui se déplace dans un solénoïde dont on aperçoit les spires sur la lampe. En haut
- Lampe à arc, système Perdrisat, à faible intensité. Vue extérieure. — Détails intérieurs.
- sont placées les bornes d’arrivée du courant. Lorsque la lampe est branchée, le courant passe dans le solénoïde, le noyau de fer est attiré, aussitôt les charbons s’écartent et l’arc jaillit. La lampe est montée sur 110 volts avec une bobine de self en tension ou une résistance, suivant qu’il s’agit de courants alternatifs ou de courants continus. Les charbons employés ont 5 millimètres de diamètre et une longueur de 125 à 130 millimètres au maximum. Les charbons pour courants alternatifs sont tous les deux à mèche' pour les courants continus, il convient de prendre un charbon de 5 millimètres de diamètre à mèche pour le charbon positif, et un charbon de 6 millimètres de diamètre pour le charbon négatif. On place les charbons dans les supports, on s’assure qu’ils touchent le fond de l’entrée des porte-charbons et on serre fortement les vis sans forcer. On a soin de bien mettre les charbons vis-à-vis l’un de l’autre, afin qu’ils ne se croisent pas. On allume ensuite la lampe, on vérifie la différence de potentiel à ses bornes; elle doit être de 55 volts. On règle en augmentant ou en diminuant l’entre-fer des deux noyaux de la bobine de self dans le cas des courants alternatifs ou en déplaçant le curseur sur le rhéostat pour le courant continu. La lampe est complétée par une enveloppe extérieure et un verre, comme le montre le dessin à droite de la figure. La fixation du globe est obtenue au moyen de trois tenons que porte la bande d’acier se fermant par la targette qui se trouve extérieurement au bas de l’enveloppe. — La lampe à arc, système Perdrisat, se trouve chez MM. P. Thibaud et O, 69, rue Sainte-Anne, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour remettre en état les objets en or ternis. — On compose la préparation nécessaire en mélangeant bien 20 parties de bicarbonate de soude, 1 partie de chlorure de chaux, 1 par-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tie de sel ordinaire, et enfin 16 parties d’eau. On en étend une très petite quantité à la surface du métal, au moyen d’un pinceau doux, et l’on frotte ensuite à l’aide d’un chiffon de papier de soie, et jusqu’à complètement sécher. On peut employer ce liquide tiède ou froia.
- Pour teindre le bois en acajou. — On frotte d’abord la surface du bois avec une solution d’acide nitreux, puis on applique à la brosse une solution faite de 1 partie de sang-dragon, 1/8 partie de carbonate de soude et 20 parties d’alcool. On filtre du reste cette solution avant que de l’employer.
- Vernis à l'alcool séchant rapidement. — On se trouve bien de l’employer tout particulièrement pour les meubles, les modèles en bois, etc. Dans 75 parties en poids d’alcool, on fait dissoudre 40 parties de copal de Manille pulvérisé et soluble, puis 20 de résine américaine pâle, 1 de térébenthine épaisse, et enfin 1 partie également d’un vernis à l’huile de lin. Il faut que la dissolution ait lieu dans un local tiède ; on laisse du reste déposer. On peut colorer aux couleurs minérales ou aux couleurs d’aniline solubles dans l’alcool.
- Nouveaux conservateurs. — Ce sont des sels pour conserver les viandes, les mettre en saumure, et dont les formules sont données dans « Zeitschrift fiïr ofentlichen Chemie ». — 1” Formule : 70 parties de nitrate de potasse, 15 de bicarbonate de soude et autant de chlorure de soude ; on mélange le tout avant emploi. — 2e Formule : c’est plus exactement une saumure ; elle se compose d’un mélange de 50 parties de nitrate de soude, de 5 d’acide salicylique et de 45 d’acide borique. Nous insisterons sur ce fait que ces deux acides sont loin d’être sans danger dans l’alimentation. — 3e Formule : autre saumure ; 50 parties de nitrate de sodium, 20 de chlorure de sodium, 20 d’acide borique et 10 de sucre.
- Glaçage pour linge. — Cette nouvelle formule donnée par un organe technique allemand « Seifen-Fabrikant », est à ajouter à celles de même nature que nous avons déjà données. Mélanger 4 parties de gomme arabique, 5 de borax, 6 de glycérine et 3 de spermaceti dans 60 d’eau.
- Pâte à la glycérine. — C’est donné par « Pharmacetial Era » comme un succédané de la pâte de concombre pour les soins de la toilette. On la compose de 15 grammes de gélatine, que l’on fait fondre à chaud dans de l’eau avec autant d’acide borique et 150 gr. de glycérine; la quantité d’eau totale à employer est de 300 gr. à peu près. On peut parfumer si on le désire.
- Ciment pour souliers en caoutchouc. — Il s’agit d’un ciment à base de caoutchouc pour réparer les souliers de même matière. Prendre 100 parties de caoutchouc coupé en tout petits morceaux, et faire dissoudre dans une quantité convenable de bisulfure de carbone, en ajoutant 15 parties de résine et 10 de gomme-laque. Ne pas oublier l’inflammabilité et la facile évaporation du bisulfure de carbone.
- Colle hydrofuge pour carton. — Elle permet de coller des morceaux de carton de façon absolument définitive, même si de l’eau vient à mouiller le carton. On fait fondre ensemble, et par parties égales, de la bonne poix et de la gutta-percha ; puis on prend 9 parties de ce mélange, et l’on y ajoute 5 parties d’huile de lin bouillie et 1 partie et demie de litharge. On maintient à la chaleur, en remuant constamment, jusqu’à ce que tous les ingrédients soient intimement mélangés. On dilue alors la mixture avec un peu de benzine ou d’huile de térébenthine, et on l’emploie quand elle est encore chaude.
- Vernis des relieurs. — Dans 90 parties en poids d’alcool, faire dissoudre 12 parties de térébenthine de Venise et 50 parties de gomme-laque en écailles blonde.
- Vernis pour boîtes en fer-blanc. — Dans 75 parties d’alcool, jeter 15 parties de gomme-laque en écailles, 2 de térébenthine de Venise et 8 de sandaraque.
- Poudre pour faire pondre. — Nous rappelons que, en poussant à la ponte, ces poudres épuisent les poules, qu’il faut ensuite tuer beaucoup plus tôt qu’on ne l’aurait fait si l’on avait laissé les choses se passer naturellement. Prendre 2 parties de poivre de Cayenne, 4 d’épices mélangées et 6 de gingembre; à chaque kilo de ce mélange on ajoute une cuillerée de café en poudre On en donne aux poules 2 ou 3 fois par semaine, isolément ou en mélangeant à de la viande hachée menu.
- Encre bleue pour écrire sur le verre. — On fait dissoudre 20 parties de résine dans 150 parties d’alcool, et l’on ajoute goutte à goutte à cette préparation, en remuant continuellement, une solution de 35 parties de borax dans 250 d’eau.
- p.91 - vue 523/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Finalement on fait dissoudre dans le mélange une partie de bleu de méthylène.
- Contre les mites. — Faire une mixture avei 10 parties de naphtaline, 10 d’acide phénique, 5 de camphre, 5 également d’essence de citron, 2 d’essence de thym, autant d’essence de lavande et la même quantité d’essence de genévrier dans 500 parties d'alcool.
- Pâte à nettoyer les gants. — On prend k parties d’eau et l’on y fait dissoudre 5 parties de savon mou, puis on additionne de 1/16 partie d’essence de citron, et l’on fait une pâte de bonne consistance avec une quantité suffisante de craie préparée. Cette pâte se recomman le surtout pour les gants de chevreau.
- Cirage pour harnais. — On fait dissoudre au bain-marie 00 parties de cire jaune dans 900 d’huile de térébenthine; d’autre part, on mélange bien, en les mettant en poudre, 10 parties de bleu de Prusse, 5 d’indigo, 50 parties de noir d’os, et on les travaille avec une portion de la solution cireuse
- dont nous venons de parler. Finalement, on verse les ingrédients ainsi préparés dans le reste de la solution, qui est demeurée sur le bain-marie, et l’on brasse jusqu’à obtenir un liquide homogène que l’on verse/dans des récipients de terre.
- Poudre parfumée à la rose. — Comme base, et ainsi que cela se fait d’ordinaire pour les préparations de ce genre, on prend 200 parties de racine d’iris pulvérisée, on ajoute 600 parties de feuilles de roses, 100 de bois de santal, autant de patchouli, puis 5 seulement d’essence de géranium, et enfin 2 de véritable essence de rose.
- Nettoyage d’un fourneau à gaz. — Bien souvent diverses parties des fourneaux à gaz sont salies par des graisses et autres matières analogues. On se trouve bien alors de les faire baigner plusieurs heures dans une lessive chaude (à 70° C.) formée de 9 parties de soude caustique pour 180 d’eau; on brosse les pièces et on les rince à l’eau pure chaude, pour les passer ensuite au noir.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE; VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 avril . . . 9°,2 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Rosée; couv. jusqu’à 16 li.; beau ensuite; bruine entre 8 h. 30 et 9 h.
- Mardi 26 5",8 'N. N. E. 1. Beau. » Gelée blanche ; beau le matin ; très nuageux le soir ; halo dans la soirée.
- Mercredi 27 6”,9 S. S. W. 0. Beau. » Rosée; très nuageux entre 8 et 18 h.; fceiu avant et après.
- Jeudi 28 6”,0 S. S. W. 1. Beau. » Gelée blanche; beau jusqu'à |9 h. ; nuageux ensuite, halo.
- Vendredi 29 10’\ 0 S. S. W. 2. Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- Samedi 30 12’,2 S. S. W. 2. Peu nuageux. » Rosée; beau entre 13 h. et 18 h.; nuageux avant et
- Dimanche 1" mai. . 12 »,2 N. E. 2. Couvert. 0,0 Rosée ; pluvieux, à 8 h. ; nuageux ; éclairs à 21 b. à l’E.-S.-E.
- AVRIL-MAI 1904. — SEMAINE DU LUNDI 25 AVRIL AU DIMANCHE 1er MAI 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations) en Algérie. — A la suite de pluies torrentielles et générales dans la province d'Oran, en Algérie, des inondations se sont produites. On a signalé de nombreux et importants dégâts. Un pont métallique a été emporté à Pont-de-l’lsser. A Bedeau, une grande crue a emporté la ligne de Mekerra et a inondé la moitié du village. Sur plusieurs points du departement les lignes du chemin de fer ont été coupées et les communications interrompues.
- K*e temps. — Le 25 avril, un vent assez fort a soufflé des régions nord sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe ; on en a signalé à Briançon et à Nice. La température a baissé; on a noté, le malin, à 7 heures, 9° à Paris, 12° à Rome, lo” à Alger. 'Le 26 avril, le baromètre a baissé de 8 millimètres à Alger, et le vent a soufflé en tempête du nord à Oran. Il a plu à Belfort, où l’on a recueilli 8 mm d’eau. La température a baissé dans le nord et l’ouest de l’Europe ; le matin, à 7 heures, elle était de 6° à Paris, —2° au puy de Dôme, —S** au mont Mounier. A Paris, la température moyenne 8° a été inférieure de 2°,7 à la normale. Le 27 avril, la dépression barométrique s’est déplacée vers
- l’est et a atteint Palerme, où le baromètre s’est abaissé à 749 mm. Il s’est relevé au contraire dans le nord du continent; dans l’ouest il a marqué 769 mm à Biarritz, 768 mm à Valentia. Il a plu à Brest et à Dunkerque. Le 28 avril, le baromètre est resté élevé aux Açores ; mais il a baissé sur les Iles Britanniques. Le temps a été mauvais sur les côtes du Languedoc, et du Roussillon; dans la matinée il soufflait un vent violent du nord-ouest à Cette, et à Port-Vendres. Il a plu à Nice (15 mm d’eau), et à Biarritz (4 mm). La température le matin était de 6° à Paris, 14° à Rome, — 5° au mont Aigoual, — 6° au mont Yentoux. A Paris, la température moyenne a été de 10°,5, inférieure de 0°,5 à la normale. Le 29 avril, le baromètre est resté supérieur à 765 mm au sud-ouest de l’Europe. Des pluies sont tombées sur les pays du nord ; en France on n’en a pas signalé. A Paris, le matin, la température était de 10° ; le ciel est resté partiellement orageux. La température moyenne a été de 13°,4 avec un maximum de 19°,8. Le 30 avril, des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe; on a recueilli 2 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Boulogne, 1 mm à Brest. Le 1" mai, le baromètre est resté supérieur à 765 mm entre le golfe de Gascogne et les Açores. La température a été élevée à Paris; les vents sont revenus au nord-nord-est au niveau du sol.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 29 à 10 h. 45 m. du soir.
- p.92 - vue 524/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Hé— M. Netter, agrégé de la Faculté de médecine de Paris, médecin des hôpitaux, vient d’être nommé membre titulaire de l’Académie de médecine, en remplacement du professeur Proust. Le Dr Netter a été, pendant de nombreuses années, le collaborateur «lu professeur Proust dans l’étude des grandes questions d’hygiène.
- —Ht— M. Ernest Caron a été nommé président du Club alpin français, en remplacement de M. Schrader, dont le mandat avait ris fin. Les vice-présidents sont : M. Joseph Yallot, le prince Roland onaparte, M. E. Sauvage, et le secrétaire est M. Paul Joanne.
- —Ht— L’inauguration du monument Goethe, élevé sur la place de l’Université, à Strasbourg, a eu lieu le 2 mai dans la matinée, en présence du statthalter, des ministres, des autorités civiles et militaires. La cérémonie a pris un caractère spécialement universitaire par la participation de tous les corps d’étudiants.
- —Ht— Comme nous l’avons annoncé précédemment, le président Roosevelt devait, pendant la cérémonie d’ouverture de l’Exposition de Saint-Louis, presser un bouton électrique, placé à Washington, et mettre du coup toutes les cascades et tous les jets d’eau de Saint-Louis en activité. On négligea sans doute de calculer la différence d'heures entre les deux villes, et le président pressa beaucoup trop tôt le bouton électrique, inondant les bassins et les gens qui s’y tenaient avant que la cérémonie d’inauguration fût commencée. On dut aussitôt couper le courant électrique.
- —Ht— D’après les résultats de l’enquête que vient d’effectuer la commission spéciale chargée de rechercher les causes de la catastrophe du « Petropavlovsk », il paraîtrait décidément que le navire,
- ftendant qu’il virait, a heurté une mine placée par l’ennemi dans es limites des manœuvres habituelles de la flotte, lors de ses sorties en rade à la rencontre de l’ennemi. L’explosion d’une telle mine sous les appareils de la proue et sous les soutes du « Pétropav-lovsk » détermina, par la déflagration de la pyroxyline, des explosions successives dans les mines du navire et dans les engins. Elle détermina également l’inflammation et l’explosion des soutes à poudre et à cartouches, ainsi que des chaudières cylindriques.
- —Ht— Quelques pays étrangers ayant manifesté le désir de voir étendre aux relations internationales, le modèle de cartes postales illustrées, disposé pour recevoir un texte de correspondance au recto, M. Georges Trouillot, ministre du commerce, sur la proposition de M. Alexandre Bérard, sous-secrétaire d’Etat des postes et des télégraphes, a pris un arrêté modifiant le type actuellement en usage, de manière à permettre de l’utiliser dans les relations avec les Etats qui sont disposés à l’accueillir. Douze Etats ont fait parvenir leur adhésion. Ce sont : la. Russie, l’Italie, la Suisse, le Portugal, le Luxembourg, la Bulgarie, la Roumanie, le Monténégro, le Siam, le Canada, le Mexique et Costa-Riea.
- —Ht— Le comité des Congrès coloniaux français organise pour 1904 un Congrès qui tiendra ses séances à Paris, du 29 mai au 4 juin, à l’Ecole Sainte-Barbe. Le but essentiel de ce Congrès est de mettre en lumière les vœux, les besoins et la situation exacte des colonies.
- —Hé— On a appris en France avec un grand regret la mort de M. Charles Soret, le savant professeur de Genève, le 4 avril dernier. Soret avait fait ses principales études à l’Ecole polytechnique de Paris. Il occupa d’abord à l’Université de Genève de 1879 à 1884 la chaire de cristallographie et minéralogie. A la mort du professeur Wartmann, il fut chargé en 1887. de l’enseignement de la physique générale. On lui doit divers travaux importants.
- —Ht— Les travaux de réfection de l’église de la Madeleine se poursuivent toujours avec activité. On est arrivé à la réparation du fronton, où l’on compte, outre le groupe de la Madeleine aux pieds
- de Jésus, environ 40 personnages qui exigent des retouches. Le vaste fronton dû au sculpteur Lemaire est regardé, avec celui de David d’Angers, au Panthéon, comme un chef-d’œuvre de la sculpture monumentale. Les architectes de la Ville de Paris ont confié ce travail au statuaire Henri Gauquié, auteur du monument de Carnot, du monument de Watteau, au Luxembourg, et des motifs ornant les grands lampadaires du pont Alexandre III.
- —Hé— Le lancement du cuirassé « Démocratie » a eu lieu à Brest le 30 avril. Ce cuirassé a un déplacement de 14927 tonnes, avec une longueur de 135m,80, une largeur de 24m,25 et 8m,38 de tirant d’eau. Sa ceinture cuirassée aura 280 millimétrés d'épaisseur au centre, et 2,n,30 de hauteur au-dessus de l’eau. La puissance maxima de ses machines est de 17 500 chevaux, permettant d’atteindre une vitesse de 18 nœuds.
- —Ht— Les communications entre Bruxelles et Paris ont été modifiées depuis le 1er mai ; maintenant la durée du parcours n’excéde plus quatre heures.
- —Hé— Un concours pour l’emploi de chef des travaux à l’Ecole professionnelle Diderot aura lieu le jeudi 26 mai, au siège de l’École-, 60, boulevard de la Yillette, à Paris.
- —Ht— Des essais de bandages pneumatiques de roues, au point de vue de l’effort de traction, doivent avoir lieu le 27 mai 1904, à 9 heures du matin sur la route nationale bordant la rive droite de la Seine, au pont de Neuilly. Une Commission spéciale s’occupe de ces essais ; s’adresser àM. L. Bourcier Saint-Chaffray, 17, avenue Bugeaud, à Paris.
- —Ht— La publication anglaise « Engineering News » signale un nouvel appareil pour mélanger le béton, dont elle dit beaucoup de bien : il consiste dans un bassin circulaire de faible profondeur, animé d’un mouvement de rotation où les matériaux sont mélangés par des lames fixes, et sous les yeux d’un ouvrier qui peut s’assurer que le béton a bien la consistance voulue.
- —Hé— On parle de créer une vaste station hydro électrique dans la région de la Côte d’Or anglaise. Il s'agirait d’utiliser la rivière Tano, la deuxième en importance et en développement de tous les cours d’eau de la région. Cette rivière offre une dénivellation de plus de 22 mètres sur une distance de 1500 mètres; on trouve même une chute de 12 mètres en 30 mètres. Le courant serait envoyé sur deux centres miniers, à Tarkwa et à Kolar, et il servirait tout à la fois à la traction, à l’épuisement des mines et aussi au broyage de la roche aurifère.
- —H(— M. d’Arboval a étudié récemment la possibilité d’erffployer l’avoine à l’alimentation de tous les bestiaux, quand le prix de cette céréale est trop bas. Il estime que c’est une denrée fourragère utile à tous les animaux de ferme, après concassage ou broyage au moulin : c’est-un stimulant du développement des jeunes et un aliment d’épargne excellent pour les adultes. Pour ces derniers, une ration de 2 à 3 kg est suffisante.
- —HÉ— On vient de construire aux Etats-Unis, pour faire le service de l’Exposition de Saint-Louis, des locomotives susceptibles de remorquer des trains pesant avec le poids transporté 675 tonnes, à une vitesse moyenne de 74 km à l’heure. Le poids propre en est de 100 tonnes, auquel il faut ajouter 70 tonnes pour le tender; la chaudière a un diamètre de 1,78 mètre, les tubes une longueur de 6,10 mètres, la surface de chauffe est de 380 mètres carrés.
- £”'—Hé— Des essais ont été faits ces jours derniers par M. Dubois, directeur du service postal des voitures à Paris, devant M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat aux postes, des nouvelles voitures automobiles ui vont servir prochainement à l’administration pour le transport es courriers des bureaux de poste aux gares. Ces automobiles sont à traction électrique et doivent fournir une vitesse de 30 kilomètres par heure.
- 24
- p.93 - vue 525/536
-
-
-
- 94
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En pi’ésence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le U-colonel H. Labouchère, à Ilérouville, à propos de la réponse que nous avons faite à M. R. K. à Montpellier, dans la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1614 du 50 avril 1904, à savoir que les attelages élastiques ne se trouvaient pas encore dans le commerce, nous informe que l’on peut se procurer des tracteurs pour chevaux attelés à la Manufacture générale d’Outillage, 184, rue d’Artois, à Lille. Nous remercions notre correspondant de cet utile renseignement.
- M. R. Canat de Chizy, gérant du syndicat français pour l’exploitation des brevets Emile Giraud, relatifs à la protection des conducteurs électriques aériens, nous fait parvenir une notice décrivant ces appareils de protection et nous donnant les résultats des expériences qui viennent d’être faites à Évian. Ces expériences ont démontré que les appareils E. Giraud présentent un fonctionnement assez certain et assez rapide pour que leur emploi dispense à l’avenir de tous les moyens de protection, filets, revêtements d’enveloppes isolantes, fils de garde, canalisations souterraines, et permette d’établir en toute sécurité le passage des conducteurs électriques aériens, quelle que soit leur tension, sur les routes, voies ferrées, et, dans l’intérieur des localités habitées, d’augmenter la tension des lignes de tramways.
- Un lecteur, à Oran, nous adresse la lettre suivante : « Un appareil dont l’utilité sera certainememt appréciée dans le monde maritime vient d’être inventé par un professeur du lycée d’Oran, M. Bruneau. Cet appareil porte le nom de loch enregistreur, il est destiné à constater non seulement la vitesse d’un navire, mais encore les différentes directions suivies parle bâtiment. On sait déjà enregistrer la vitesse et la direction des navires au moyen de la photographie. Un rayon issu d’une source lumineuse située au-dessus de la boîte de la boussole pénètre par une ouverture pratiquée dans le cadran du compas et vient tomber sur une bande de papier entraînée par un mouvement d’horlogerie. La présente invention (dans laquelle une bande de papier est également impressionnée par un rayon lumineux) se distingue de la première en ce que cette bande de papier n’est pas déroulée par un mouvement d’horlogerie mais bien par le loch à hélice déjà connu. Les interruptions qui peuvent se produire dans l’impression de la bande sont ainsi évitées et cette bande se déroule par les moyens les plus simples avec une vitesse proportionnelle à celle du navire. On conçoit dès lors combien est grande l’utilité d’un semblable instrument qui note d’une façon indéniable les différents caps tenus. C’est surtout en cas d’abordage que la présence d’un loch du genre de celui qui nous occupe peut être appréciée, à la condition toutefois que les bâtiments qui en sont munis ne disparaissent pas. Grâce à lui, on pourra très facilement déterminer les responsabilités, car on aura sous les yeux les différentes directions prises par le navire en même temps que l’indication précise des ordres qui auront été donnés pour éviter l’accident. Cet instrument sera d’ailleurs un très bon moyen de contrôle de la façon de gouverner des timoniers.
- L’appareil se compose d’un loch à hélice qui est jeté à la mer; ce loch transmet son mouvement à une vis sans fin qui actionne une roue dentée munie d’un taquet. A chaque tour de la roue dentée, le taquet vient buter contre un ressort qui par simple pression met en communication les deux pôles d’une pile. Le courant est alors établi et l’électro-aimant attire une
- barre de fer doux. Cette dernière par son sabot fait tourner d’un cran un rochet qui fait mouvoir par son arbre un système d’engrenages coniques en communication directe avec l’appareil enregistreur proprement dit. L’appareil enregistreur renferme une bobine de papier sensible qui se déroule plus, ou moins vite suivant la vitesse du navire. Ce papier passe sous le couvercle portant une échancrure en forme de demi-circonférence et sous le carton dans lequel est ménagée une rainure transversale. La lumière pénétrant par ces diverses ouvertures impressionne le papier qui s’enroule ensuite autour d’un rouleau plongé dans un bain révélateur. Une glace de verre jaune permet d’examiner sur le papier la route suivie. A Oran, quelques expériences ont été faites avec cet instrument ;, elles ont donné de très, bons résultats. Depuis, les bâtiments ayant été désarmés on n’a pu reprendre ces essais.
- M. Marcel Puyo, à Morlaix, nous écrit : a L’article de « -La Nature » sur l’emploi de ponts cantiiever au Thibet, me fait songer à vous envoyer en communication la photographie d’un pont cantiiever en pierres, de construction romaine, je crois, et qui franchit la Flèche entre Plouider et Plouescat. La culée de gauche est en partie masquée, dans la photographie, sa disposition est semblable à celle de la culée de droite, on en distingue bien l’amorce en encorbellement sous le pied droit de la personne sur le pont ».
- M. Max Rourcart, à Colmar, nous adresse une notice sur ua aéroplane de son système.
- Renseignements. — M, le Dr L. du Bouchet, à Paris. — L’aiticle que vous demandez sur la fondation élastique desmachines, système G. Anthoni, a paru dans le n° 810, du 8 décembre 1888, p. 21.
- M. J. C., à Paris. — 1° Nous pouvons vous indiquer les* ouvrages suivants : « Le microscope et ses applications », par II. Beauregard, 1 vol. petit in-8° de P « Encyclopédie des Aide-Mémoire », prix, 2fr,50, et le « Guide pratique pour les travaux de micrographie », par H. Beauregard etV. Galippe, 1 vol. in-8°, prix 15 fr. ; ces deux volumes se trouvent à la Librairie-Masson et Ci0. — 2° Parmi les revues aéronautiques, nous vou& citerons: « l Aéronaute », 10, rue de la Pépinière, 6 fr. par an; « l’Aérophile », 84, rue du Faubourg-St-Honoré, 10 fr. par an; « le Bulletin aéronautique », 4, rue Rameau, à Paris, 3 fr. par an.
- M. A. Allard, à Paris. — Vous trouverez des ouvrages sur cette question à la librairie Gaufhier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins; à la librairie Dunod, 49, même quai, ou à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Dumont, à Pontoise. — Vous pourrez vous procurer tous ces accessoires de photographie à la Maison Gaumont et Cie, 57, rue St-Roch, à Paris.
- M. Leroy, à Nantes. — Consultez le « Manuel pratique du monteur électricien », à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. R., à X. — Vous trouverez ces appareils chez M. Thurneyssen, successeur d’Alvergniat et Chabaud, 58, rue Monsieur-le-Prince, à Paris (6e).
- M. Lepont, à Vendôme. — La puissance électrique s’exprime en watts, nnité spéciale qui a été choisie par le Congrès des éleclriciens en 1881. Un cheval-vapeur est égal à 736 watts.
- M. Raymond, à Colombes. — Vous trouverez un ouvrage sur cette question, dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulot, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- Club' Portuense. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article 76, avenue Malakoff, à Paris.
- AJ. le Dr Cordes, à Genève. — A propos de la communication que vous nous avez adressée relativement à un canot glissant, communication que nous avons insérée dans le n° 1612 du 16 avril 1904, p. 78, nous avons retrouvé une élude intéressante sur la navigation à grande vitesse dans le n° 1150 du 15 juin 1895, p. 44. Nous avons également décrit le bateau rapide de M. Raoul Pictet dans le n° 511 du 17 mars 1883, p. 244.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. U. Garigua, à Barcelone. — Nous ne nous occupons pas de ces questions; tous nos regrets. — M. 1\ L., à Brest. Il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. G. R., à Paris; M. V. M., à Nantes. Consultez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. V. Duprez, à Bordeaux. — Voyez le meme petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie; — M. Dupont, à Lille. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. G. II., à Nice; M. P. D., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.94 - vue 526/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 05
- PETITES INTENTIONS1
- Calibre pour épreuves photographiques. — On a
- généralement, pour couper les épreuves photographiques, des calibres en verre qu’on place' sur le papier et autour desquels on coupe au moyen d’un canif. Ce procédé est excellent quand la plaque de verre est à l’état de neuf et le canif aussi ; mais le verre est souvent écorné surtout aux angles, le canif ne coupe pas longtemps et alors on n’a plus des lignes bien droites et d’équerre, la section ne se fait plus nettement. Dans ce cas, mieux vaut se servir de ciseaux ; mais chacun sait combien il est difficile avec ceux-ci de suivre une ligne tracée au crayon. C’est pour faciliter la chose qu’on a établi le petit instrument ci-contre destiné aux épreuves 9x12 et au-dessous. 11 se coin.
- Calibre pour épreuves photographiques.
- pose de deux cadres métalliques bien dressés, qui sont maintenus l’un sur l’autre au moyen d’un ressort, en les écartant légèrement on glisse entre eux l’épreuve à couper: si c’est du format 9x12 on s’assure d’abord que l’image est bien d’aplomb, ce qui est facile puisque le cadre est ajouré et qu’on a ae tous côtés des lignes perpendiculaires. On coupe ensuite avec les ciseaux en suivant les côtés du cadre. S’il s’agit d’un format inférieur à 9x12 la chose est aussi facile, mais elle se fait en deux fois ; on opère d’abord sur deux côtés à angle droit, puis on reporte l’épreuve sous un autre angle pour terminer. Des traits tracés de centimètre en centimètre sur les bords du cadre supérieur permettent de fixer très vite dans la position voulue les épreuves du petit format. — Le calibre pour épreuves photographiques se trouve chez M. Bourdilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Nouvelle tenaille. — On connaît tous les ennuis de la tenaille ordinaire, qui tient mal les objets, malgré la force déployée. L’acier ou le fer saute de la tenaille ; il en résulte des pertes de temps notables et il peut arriver des accidents. La nouvelle tenaille, dite tenaille (< Dragon », avec mâchoire
- Nouvelle tenaille, dite tenaille « Dragon »,
- dentée imitant la gueule d’un Dragon, évite ces divers inconvénients. Par sa construction particulière, les dents et les creux earrés ou ronds des deux tiges de la tenaille s’ajustent exactement à chaque profit; la pièce à forger reste immobile et peut être tenue sans aucun effort. Cette tenaille convient particulièrement pour forger les outils, et surtout les outils de tour, mèches, ciseaux, fraises, etc. — La tenaille Dragon se trouve à la Manufacture générale d’Outillage, 184, rue d’Artois, à Lille.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Taches de collargol.
- Le collargol a des propriétés antiseptiques remarquables, je les ai indiquées et j’ai montré quels succès inespérés son emploi pouvait donner dans des infections graves et aiguës. Aussi son usage s’est-il beaucoup répandu en thérapeutique; les pommades au collargol sont utilisées dans nombre de fièvres à allure insidieuse, dans toutes les affections suppuratives à marche rapide. Mais le collargol est un sel d’argent et il a les inconvénients des produits à base d’argent ; il laisse sur le linge des taches noirâtres qui résistent à tous les blanchissages.
- La Revue médicale de l'Est indique un moyen simple et peu coûteux de faire disparaître ces taches. C’est un procédé usité du reste depuis longtemps par les photographes du temps jadis.
- Immergez le linge dans une solution de brome au centième : dix grammes de brome, un litre d’eau distillée. Laissez tremper le linge pendant quatre à cinq minutes et lavez à grande eau. La tache est transformée, de noire elle n’est plus qu’un jaune verdâtre, dû au bromure d’argent. Usez alors, comme pour une plaque de photographie développée, d’un bain d’hypo-sulfite de soude et instantanément ce jaune pâlit et la tache s’efface. Lavez encore et votre linge a repris sa blancheur primitive. Les deux bains ne reviennent pas à "plus de cinquante centimes et on peut détacher pour ce prix un certain nombre de pièces de linge.
- Savon liquide.
- Les chirurgiens se servent souvent pour le lavage des mains de savon liquide. En avoir de parfait n’est pas chose facile. Voici une formule proposée par M. Antoine, interne en pharmacie, qui donne un produit excellent, onctueux, aussi neutre que possible.
- Prenez 50 gr. de potasse caustique, faites-la dissoudre dans deux fois son poids d’eau : ajoutez 200 gr. d’huile d’amandes douces et 100 gr. de glycérine neutre, puis quantité d’eau suffisante pour compléter un litre. Mettez le tout à l’étuve à 60° et laissez digérer, comme on dit en pharmacie, pendant 24 à 56 heures. On a un mélange transparent avec une légère couche d’huile non saponifiée. On enlève cette couche et la gelée savonneuse qui reste est additionnée de 70 gr. d’alcool à 90° et de 50 gr. d’essence, au choix du demandeur. La hergamotle et la verveine sont les meilleures. Il faut encore faire passer à l’étuve quelques heures, puis laisser reposer en lieu frais. Le liquide ainsi obtenu est un savon parfait, qui reste limpide et qui n’a besoin que d’une addition d’un antiseptique quelconque pour en faire un savon microbicide.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour colorer le papier d'argent. — Nous entendons naturellement papier d’argent au sens vulgaire, c’est-à-dire papier d’étain pour emballage. Pour le teinter, on commence par le rendre bien brillant en le frottant de ouate chargée de craie préparée; on l’enduit ensuite d’une couche de gélatine colorée de la teinte que l’on désire, puis on recouvre le tout d’un vernis à l’alcool transparent. On peut aussi se contenter d’appliquer à la surface du métal une couleur d’aniline dissoute dans de l’alcool, que l’on recouvre d’une mince couche de vernis incolore; ce vernis est versé sur le métal, et on incline celui-ci en tous sens avec son support pour faire étendre et couler l’enduit.
- Les déchets de cuir comme calorifuge. — Cet emploi des déchets de cuir est recommandé par le « Scientific American ». On commence par ramollir le cuir, puis on le soumet à un véritable cardage, qui soulève les fibres superficielles, et permet aux différents morceaux de se feutrer ; la surface du cuir prend en effet l’apparence d’une sorte de fourrure grossière. On asperge ensuite ces déchets d’un agglutinant, d’une colle quelconque qui va faciliter leur adhérence les uns aux autres ; et on soumet le tout à la presse et au besoin à un calandrage. On obtient de la sorte des plaques de cuir qui ont suffisamment de cohésion et forment d’excellents revêtements calorifuges.
- Pour enlever les taches d’huile sur le marbre. —Oh sature de la terre à foulon d’une solution formée d’un liniment au savon, d’ammoniaque, et d’eau, en parties égales, puis on étend cette terre sur les taches graisseuses, en mettant pardessus un fer à repasser suffisamment chaud pour chauffer toute la masse de terre à foulon. Cela fait naturellement évaporer plus ou moins la solution dont en avait mouillé cette terre, et, au fur et à mesure que cela est nécessaire, on la sature du
- p.95 - vue 527/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 96
- nouveau en la laissant en place. On maintient l’application de cette sorte d’emplâtre durant plusieurs heures, et on peut le renouveler au bout de quelques jours, quand l’huile sera encore remontée de l’intérieur du marbre vers la surface.
- Composé pour lavage. — C’est ce qu’on appelle la « Brique à laver de Grosser », qu’il est facile de se procurer au moins en pays allemand. Elle est composée de 54 pour 100 d’eau, de 38,"21 de soude, de 0,61 de borax et enfin de 1,70 de verre soluble.
- Brunissage de l'aluminium. —- Pour donner à l’aluminium une belle coloration blanche bien franche, « Druggist Circulai’ » conseille de le plonger dans une solution forte de soude caustique ou de potasse, puis dans un bain fait de 2 parties d’acide nitrique et d’une d’acide sulfurique. On trempe ensuite
- dans l’acide nitrique pur, et finalement dans du vinaigre dilué avec de l’eau. On rince enfin à l’eau courante, on sèche dans la sciure de bois et l’on polit au brunissoir d’hématite.
- Pâte à polir. — On fait fondre 2 parties de paraffine avec G d’huile de graissage, et l’on mélange ensuite arec 8 parties de terre d’iufusoires ; il ne reste plus qu’à additionner d’une partie d’acide oléique et de quelques gouttes d’essence de mirbane.
- Vernis fin. — Dans 1000 parties d’alcool à 95°, faire dissoudre 05 parties de gomme mastique et 250 parties de gomme-laque en écailles; quand la dissolution est complète,on secoue, puis on additionne d’un dixième (en volume) de benzine; on laisse reposer quelques heures et l’on décante pour séparer la benzine.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE* VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL ' PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 mai .... 9",5 S. W. 3. Couvert. 0,5 Rosée; très nuageux; jdn, l’après-midi.
- Mardi 3 10°,5 N. W. 2. Quelques nuages. 1,1 Pluie le matin, nuageux.
- Mercredi 4 9°,6 N. N. W. 3. Nuageux. 1,4 Pluie le matin ; nuag. le mati:i ; ; eu i u'.gcux le soir.
- Jeudi 5 8U,0 1. Nuageux. » Gelée blanche; nuageux; halo.
- Vendredi 6 . . G3,9 N. W. 3. Pluie. 4,8 Très nuag. ; pluie le matin avec gr .1 : ; pluvieux le eoir.
- Samedi 7 5°,5 S. 2. Bruine. 0,0 Couv. le matin ; très nuag. le soir.
- Dimanche 8 8°,0 . W. 2. Couvert. 4,8 Très nuag. ; pluie à plusieurs reprises, avec rrllc;cra .c de 13 h. à 13 h. 20. " ~ j
- MAI 1904. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 MAI 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 2 mai, vers minuit 50 minutes, on a ressenti à Strasbourg et dans les environs une secousse de tremblement de terre assez violente ; sa durée a été de trente secondes, et sa direction était de l’est à l’ouest; elle aurait été également ressentie dans la Haute-Alsace, aux environs de Colmar.
- Un typhon en Coehinchine. — Le dimanche 2 mai, un typhon a ravagé les provinces du sud de la Coehinchine ; il y a eu plus de deux mille victimes et des pertes matérielles considérables, surtout dans le port de Saigon. Tout le réseau télégraphique a été détruit. Les barques de pêche oht été coulées et leurs équipages noyés. Le centre du typhon a passé sur la ville de Mytho qui est presque détruite. La tempête a remonté vers le Cambodge et s’est abattue sur Pnom-Penh qui a beaucoup souffert.
- Ue temps. — Le temps a encore été variable et incertain dans la semaine du 2 au 8 mai. Le baromètre a baissé de 5 mm sur la Manche le 2 mai; le vent a été très fort du sud. Des pluies ont été signalées dans le nord-ouest de l’Europe. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 10° à Paris, 17° à Alger, 4° au puy de Dôme, 5° au moût Ventoux. La température moyenne a été de 12°,7, supérieure de l°,t à la normale; on a noté un maximum de 21°,8 et un minimum de 8°. Le 3 mai, le baromètre a monté
- rapidement en Maude. Des pluies sout tombées dans le nord-ouest de l’Europe; on a recueilli 25 mm d’eau à Cherbourg, 9 mm à Boulogne, 8 mm à Belfort, S mm à Nantes, 2 mm à Paris. Le 4 mai, les fortes pressions ont couvert le sud-ouest du continent. Le matin, de lk 15 à 4 heures, à Paris, il est tombé des averses peu abondantes. La température, qui était faible à Paris à 2 heures du matin, s’est relevée lentement pour atteindre 10° à
- 7 heures. Il y a eu des pluies à Gris-Nez (9 mm d’eau), à Toulouse (4 mm), à Belfort (3 mm). Le 5 mai, il y a eu de nouvelles dépressions sur les Iles Britanniques ; le baromètre a baissé de 8 mm en Irlande. Des pluies sont tombées sur le centre et le sud du continent; en France, on a recueilli
- 8 mm d’eau à Besançon, 5 mm à Toulouse, 4 mm à Biarritz. On a signalé un orage avec de la grêle à Nancy. Le 6 mai, la dépression des Iles Britanniques s’est étendue vers les Pays-Bas. A Paris le ciel, nuageux pendant la journée du 5 mai, s’est couvert pendant la nuit, et le matin de 4 à 7 heures il est tombé une pluie presque continue qui a fourni des hauteurs d’eau comprises entre 3 et 6 mm. La température était le matin de 7° à Paris ; la température moyenne a été de 9°,1, inférieure de 3° à la normale. Le
- 7 mai, on a signalé des pluies et de nombreuses averses dans la matinée et aux environs de Paris. Des pluies sont tombées à Dunkerque (16 mm d’eau), à Charleville (16 mm), et à Bordeaux (12 mm). Le matin, le thermomètre marquait 6° à Paris, — 3° au mont Aigoual, — 7° au mont Meunier. Le
- 8 mai, il a plu à Paris (3 mm), à Cherbourg, à Lyon (2 mm), à Biarritz (3 mm) et à Limoges (6 mm).
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 7 à midi.
- p.96 - vue 528/536
-
-
-
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. L AF F ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE li’ADMIMISTRATIOiV. — L’échéance du 31 mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 28 mai (n° 1618) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés- qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —— L’amirauté britannique a fait distribuer à la Chambre des Communes un état comparatif des forces navales de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie, de l’Allemagne, de l’Italie, des Etats-Unis et du Japon. Cet état, arrêté au 31 mars 1904, comprend tous les bâtiments de combat classés dans les diverses listes des flottes. D’après cet état les navires construits seraient au nombre de : 445 pour l’Angleterre, 399 pour la France, 280 pour la Russie, 213 pour l’Allemagne, 204 pour l’Italie, 111 pour les Etats-Unis et 148 pour le Japon; et les navires en construction au nombre de : 104 pour l’Angleterre, 172 pour la France, 42 pour la Russie, 24 pour l’Allemagne, 28 pour l’Italie, 27 pour les Etats-Unis et 7 pour le Japon.
- —lît— La troisième conférence internationale de la tuberculose, sur l'initiative du bureau international pour la lutte contre la tuberculose, aura lieu à Copenhague, du 26 au 29 mai. Des célébrités du monde médical appartenant à tous les pays d’Europe et d’Amérique y assisteront. La France sera représentée par M. Brouardel, professeur à la Faculté de médecine à Paris; SIM. les professeurs Lan-douzy, Courmont (Lyon) ; Milario de Gouvéa, Arloing et Maurice Letulle, puis le Dr A.-F. Martin, M. Henri Monod. Les séances de la conférence se tiendront dans l’hôtel du Rigsdag danois. Pendant la conférence, un certain nombre de grandes fêtes et excursions seront organisées pour les membres de la conférence., qui feront aussi des visites à l’institut photothérapique du professeur Finsen, à l’institut de l’Etat pour la production de sérums et aux sanatoriums populaires et privés en Danemark.
- —Depuis l’ascension aérostatique exécutée en 1804 par Biot et Gày-Lussac, il faut franchir un intervalle de près de cinquante ans pour trouver des ascensions entreprises dans un intérêt purement scientifique; ce n’est qu’en 1850 que Barrai et Bixio donnèrent le signal de la reprise de ces expériences utiles par leurs bellés ascensions. La première ascension de Barrai et Bixio eut lieu dans le jardin de l’Observatoire de Paris, le 29 juin 1850, avec un ballon cubant 729 mètres cubes, rempli d’hydrogène pur; les voyageurs parvinrent à une hauteur de 5200 mètres. La deuxième ascension se lit le 27 juillet 1850 avec le même ballon, qui s’éleva jusqu’à 7039 mètres ; le départ eut encore lieu de l’Observatoire. François Arago déclara devant l’Académie des sciences que la constatation par Barrai et Bixio de la présence d’un nuage composé de petits glaçons, ayant une température de 40° au-dessous de zéro, en plein été, à une hauteur de 6000 mètres au-dessus du sol de l’Europe, était la plus grande découverte que la météorologie eût encore enregistrée. Elle expliquait comment de petits glaçons peuvent devenir le noyau «le grêlons d’un volume considérable ; car on comprend, disait Arago, comment ils peuvent condenser autour d’eux, et amener à l’état solide les vapeurs aqueuses contenues dans les couches atmosphériques dans lesquelles ils voyagent. La même observation de Barrai et Bixio fait encore connaître que les « halos », les « parhélies » et les « parasélènes sont dus à des cristaux de glace suspendus dans l’air. Afin de conserver le souvenir de ces mémorables ascensions
- scientifiques, exécutées de leurs deniers par ces deux savants, la revue F « Aérophile » vient d’ouvrir une souscription pour élever un bas-relief, du sculpteur Nova, sur la tombe de Barrai qui, au cimetière Montparnasse, se trouve à côté de celle de Bixio; car ces deux amis, après avoir prodigué leur temps et leur santé pour le bien public, ont voulu reposer Fun près de l’autre. Une réduction au 5e de ce bas-relief sera olFerte pour être apposée à l’Observatoire de Paris, point de départ des deux ascensions de Barrai et Bixio, faites sous les auspices de François Arago. Les souscriptions sont reçues aux bureaux de la revue F « Aérophile », 84, faubourg Saint-Honoré, à. Paris, qui publiera les noms des souscripteurs.
- — — La méthode et le sang-froid sont les meilleurs auxiliaires dans le danger. Le 6 mai, le feu se déclarait, pendant la représentation, dans le magasin des décors au théâtre Proctor, à Harlem, dans l’Illinois, aux Etats-Unis. Un acteur, avec une grande présence d’esprit, vint prévenir le public que le feu ayant éclaté dans un immeuble attenant, il était prudent d’évacuer la salle, et qu’on avait du reste tout le temps de le faire en bon ordre. Le rideau d’amiante fut baissé. Les spectateurs commencèrent à sortir sans panique et sans bousculade, et, en six minutes, les 1800 personnes qui se trouvaient dans le théâtre étaient dehors sans qu’il se fût produit le moindre accident.
- —lît— Le gouvernement égyptien a décidé de charger la maison anglaise sir William Arrol and G0 de la construction des ponts du Nil, à File Rodah prés du Caire. Il a décidé également de confier à MM. Daydé et Pillé la construction de deux autres ponts, dans le deltajpour le compte de l’administration des chemins de fer.
- —— Une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 11 mai dans la vallée d’Ossan, près Pau. Les oscillations, de l’est à l’ouest, ont duré dix secondes.
- —— Pendant la semaine du 9 au 15 mai, temps pluvieux et température peu élevée. Le 9 mai, des pluies sont tombées sur Fouest de l’Europe); on a recueilli 10 mm d’eau à Lyon, 4 mm à Paris, etc. Le matin, à 7 heures, on notait 7° à Paris, — 2° au uy de Dôme,'—6° au mont Ventoux, et —9° au mont Mounier. a température moyenne à Paris a été de 8°,7, inférieure de 3°,8 à la normale. Le 10 mai, des pressions élevées ont couvert la mer Méditerranée et l’Algérie; des dépressions sont apparues au sud-ouest de l’Irlande et aux Açores. Dans la nuit du 9 au 10 mai, une luie faible et de longue durée est tombée vers lh 30“ du matin, à aris. Dans la journée du 10 mai également, averses à Paris. Le 11 mai, le baromètre a monté dans F ouest de l’Europe; il est tombé 9 mm à Nancy, 6 mm à Paris, et on a signalé des orages à Lyon et au ballon de Servance. Le 12 mai, il a plu à Belfort (9 mm), à Paris (2 mm), à Brest (1 mm). Le 15 mai, de fortes pressions ont couvert le continent; le baromètre avait des valeurs supérieures à 770 mm dans le nord de la France. La température était le malin de 12° à Paris, 19° à Alger, 7° au Mont Aigoual, 5° au mont Ventoux; la température moyenne a été de 12°,9 égale à la normale. Le 14 mai les fortes pressions s’étendaient du sud-ouest au nord-ouest du continent. Une dépression existait au nord-ouest de l’Ecosse, à Stornoway où le baromètre marquait 747 mm. La température était le matin de 16° à Paris, de 18° à Toulouse. Dans la journée à Paris, le maximum a été de 26°,8 et la température moyenne a été de 19°,4, supérieure de 6,3 à la normale. Le 15 mai, dans la matinée, la température s’est abaissée à la suite du passage des vents du sud-ouest au nord-nord-ouest.
- 25
- p.97 - vue 529/536
-
-
-
- 98
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Motocyclette Petit, 306, rue de Vaugirard; motocyclette Werner, 10, avenue de la Grande-Armée, à Paris ; moteur Ader, 24, avenue “de la Grande-Armée, à Paris; motosacoche, 42, rue Richenberger, à Puteaux (Seine); motocyclette Bailleul, 34, rue Kléber, à Levallois (Seine) ; moteur Garreau, 43, rue Le Marois, à Paris; motosacoche touricydette, 22, avenue de la Grande-Armée, à Paris. — Pour la locomotive routière à usages multiples, s’adresser à MM. Clayton et Shuttleworth, ingénieurs, à Lincoln (Grande-Bretagne).
- Communications. — M. le Dr Albert Rouet, médecin de l’hospice de La Châtre (Indre), nous écrit : « A propos de la communication de Mme Grospiron, à Houille, communication insérée dans la « Boite au Lettres » du n° 1614, du 30 avril 1904, je puis vous dire que j’ai observé très bien le phénomène dont il est question, le même jour, samedi 16 avril, à peu près à la même heure dans les circonstances suivantes : J’allais près d’un malade pour lequel on était venu me demander d’urgence et je suivais en voiture avec la personne qui avait réclamé mes services, une route non abritée, dirigée directemenl sur le sud. La nuit était assez sombre et la route un peu difficile à suivre, lorsque subitement elle fut éclairée d’une façon entièrement vive, presque autant qu’en plein jour. Cherchant d’où cela pouvait provenir nos regards furent attirés à notre gauche et un peu en arrière par un bolide énorme — plus gros certainement d’apparence que deux fois Jupiter — qui après un trajet relativement très lent, de notre droite à notre gauche, d’est en ouest, a disparu, en effet, suivant une courbe ascendante sans éclater ni laisser de traces; le phénomène avait bien duré presque une minute. »
- M. le D1 Lucas, à Concarneau, nous fait parvenir une série de feuilles de papier qui ont subi un changement de coloration, et il nous écrit : « Je vous envoie différentes feuilles de papier qui ont subi un changement de coloration singulier. Ce
- Sier et beaucoup d’autres sont enfermés dans deux meubles érents, recevant rarement la lumière. La coloration ne se produit qu’aux parties en contact avec l’air. Les petites cartes de correspondance sont enveloppées par 100 dans un papier qui ne s’est pas coloré. Elles-mêmes sont toutes colorées au bord et celles du dessus sur toute leur surface, la grande feuille de papier était recouverte en partie d’un autre papier qui a protège la partie couverte. L’autre papier s’est coloré en jaune, les deux bandes réunies par une épingle sont du même papier — c’est le jaune qui s’est modifié et a acquis cette teinte très rapidement puisque c’est une bande d’une carte d’électeur distribuée il n’y a pas 13 jours — l’autre est comme témoin. C’est à l’abri du jour que se sont faites ces modifications. Aucune odeur désagréable dans cette pièce. Elle est tapissée d’un papier vert uniforme. Contiendrait-il quelque substance colorante? les cuivres ne sont pas ternis dans la pièce. »
- Renseignements. — M. P. P., à A. — Pour les nouvelles machines frigorifiques k affinité, qui ont été décrites dans le n° 1601 du 30 janvier 1904, p. 140, il faut s’adresser à MM. Hignette et Cie, ingénieurs constructeurs, 162, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. J. Bron, à Porrentruy. — La médication citrique donne en effet, dans certains cas, de très heureux résultats. Mais les indications étant très variables, il est préférable de ne l’em-
- ployer que sur les conseils et sur la prescription d’un médecin.
- M. le baron S., à Paris. — L’attaque du tartre par un acide ne donnerait pas de bons résultats ; il est préférable de démonter les tuyaux, de les chauffer fortement pour décoller le tartre, et de les replacer.
- M. Chollet, à Bourges. — Il faut vous adresser à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Ballot. à Chàteaudun. — Nous avons envoyé votre lettre à l’auteur; nous ne comprenons pas son silence.
- M. E. Jaminé, à Tongres. — Carbure de calcium pour gaz: acétylène : M. Ch. Bertolus, 100, rue du faubourg Saint-Honoré, à Paris; Compagnie française des carbures de calcium à Séchilienne (Isère) ; Société des carbures métalliques,. 50, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. A. Lampaia, à Angra do Heroismo. — Nous n’avons pas-trouvé d’autre publication sur ce sujet.
- M. L. Durand, à Paris. — Vous trouverez différents modèles-de becs pour gaz acétylène à la Manufacture d’appareils d’éclairage et de chauffage au gaz acétylène, A. Thibal, 22, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. Ostermeyer, à Isenbourg, près Ruffach. — Nous nous-sommes préoccupés à plusieurs reprises du nettoyage des fûts; les procédés ont été indiqués dans le petit livre des « Recettes-et procédés utiles », 5e série, à la librairie Masson et C‘% J 20, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. L. D., à Paris. — Vous trouverez cet appareil chez MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Legrand, à Versailles. — Il faut faire faire l’analyse dix produit par un chimiste.
- M. le Dr Ringuet, à Trelon. — 1° Les piles à liquides offrent de grands inconvénients; on leur préfère en général' les piles sèches. — 2° Nous avons entendu dire du bien des piles dont vous parlez.
- M. N. G. Borel, aux Ponts (Neuchâtel, Suisse). — Nous n’avons pas trouvé de moyen pour blanchir partout dans leurs-contours les petites pièces d’acier noircies par la trempe. Mais vous pourriez essayer de les recouvrir d’une très légère couche de zinc; nous avons indiqué des-formules de zincage sur fer et acier dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 4e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Sagarminaga, à Bilbao. — 1° Vous voulez sans doute parler de l’article sur « Le chrono de poche » qui a paru dans le n° 1426 du 22 septembre 1900, p. 271, de l’article sur « Le cinématographe à l’exposition de l’enseignement de la Vi 11e-de Paris », qui a paru dans le n° 1427 du 29 septembre 1900r p. 275. — 2° L’adresse que vous demandez est la suivante : MM. Fouchier, Normandin et Ci0 52, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris.
- M. E. Foubert, à Serifontaine (Oise). — Vous pourrez vous procurer des tuiles en verre en vous adressant à la grande Tuilerie de Bourgogne de Montchanin-les-Mines, dont le dépôt est 52, quai d’Ivry, à Ivry-Port (Seine).
- M. T., à Vesoul. — 1° Des essais ont été faits, mais ils n’ont pas encore donné les résultats attendus. — 2° Pour les attelages élastiques, adressez-vous à la Manufacture générale d’Outillage, 184, rue d’Artois, à Lille.
- M. M. Bert, à Haiphong. — L’adresse que vous demandez est donnée en tête des renseignements.
- M. H. Q., à C. — 1° Fers à souder : électrothermiques t M. F. Fouché, 38, rue des Ecluses-Saint-Martin; à essence minérale: MM. FouilloudetC‘\ 87, rue de la Roquette; MM. Gillet, Forest et Cie, 32, Boulevard Henri IV, et M. Guilbert, 59, rue des Archives, à Paris.
- M. G. Jacquier, à Johannesburg. — 1° Votre lettre a été envoyée à destination. — 2° Remerciements pour votre proposition.
- Réponse. — N° 1268. — Le moyen d’éviter la rouille est de tenir toujours les tuyaux en charge, de manière que l’air n’y entre jamais. (Communiqué par M. P. Germain, ingénieur, à Rouen.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. L., à Paris. Nous n’avons pas d’autre adresse que celle que nous avons donnée précédemment. —M. G. V., àX. Nous n’avons pas retrouvé d’article sur ce sujet. — M. J. K., à Paris; M. P. L., à O. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lrc série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lebard, à Lille. Cette recette a été publiée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. A. Maguïr, à Socorro. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.98 - vue 530/536
-
-
-
- SOUS-SOL PARISIEN. — Trouvailles diverses dans les fouilles du Métropolitain
- Texte et dessins par À. Roijida.
- 1. Coupe d'une fouille dans un quartier du centre : pavé de bois. 0“,50, correspondances d’omnibus, trompe de bicyclette, débris de'* crinoline.
- 0“,50, restes d’une barricade de 1850. 0”,75, boutons d’uniforme divers. 1 mètre, cocarde-fer de pique. 2'",50, débris de potence. 5™,25, [pavés
- d’une barricade de la Fronde. 4”,50, fer de hallebarbe, pavés de la Ligue. 5 mètres, poteries gothiques. 6m,o0, proue de navire 'normand.
- iO mètres, squelette de ptérodactyle. — 2. Le lac de l’Opéra, la rivière de Ménilmontant, et un bras ignoré de la Seine, détourné, pense-t-on,1 * * * * * * 8Çpar
- certains marchands de vin. — 3. Pipes d’âges divers dont une gauloise. — 4. Un cachot oublié du Grand-Châtelet avec un prisonnier, cambrioleur
- du moyen âge qui se! nourrissait de rats depuis de longues années. — 5. Débris de statues. — 6. Les caves d’un hôtel démoli dans des travaux
- d’édilité sous Henri IV. — 7. Défroque d’un Parisien des temps préhistoriques en pelure de chauffeur? Masque de l’homme au masque de fer? —
- 8. Les économies d’un bourgeois mérovingien. —• 9. Hotte de chiffonnier gothique. — 10. Quelques coiffures de la Garde nationale parisienne depuis Charles VI, plus des armes diverses ayant attaqué ou défendu nos institutions. — 11. Un poste non relevé [au temps des guerres entre Armagnacs et Bourguignons. Très rouillé. — 12. Une des plus grosses surprises, une maison de jeu établie à 12 mètres sous le sol de la rue pour défier toute perquisition.
- p.99 - vue 531/536
-
-
-
- 100
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons d’électricité industrielle, par J. Pionciion, professeur à l’Université de Grenoble. Tome II. 1 vol. in-8°. Librairie Gratier et Rey, à Grenoble. Prix : 15 francs.
- L'électricité et ses applications, par A. Reboud, ex-directeur du cours d’électricité industrielle de Vienne (Isère). Deuxième
- Partie : Les machines d’induction. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Polytechnique Ch. Réranger. Prix : 10 francs.
- Du perfectionnement de l’homme, par J. de Lerne. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils, à Paris. Prix : 3fr,50.
- Transport et distribution de l’énergie par courants continus et alternatifs, par Charles Gruet, ingénieur électricien. 1 vol. in-16. Paris, Béranger, éditeur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE.1 VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 mai .... 7°,1 W. S. W. 4. Beau. » Très nuageux.
- Mardi 10 11°, 8 W. S. W. 3. Couvert. 6,6 Presque couvert ; pluie à diverses reprises ; halo.
- Mercredi 11 11°,7 N. W. 2. Couvert. » Nuageux.
- Jeudi 12 12°, 4 S. S. W. 1. Couvert. 4,8 Couv. jusqu’à 15 h. ; puis nuag. ; beau après 18 h. ; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 13 11°,9 N. E. 0. Beau. » Rosée ; halo ; peu nuageux.
- Samedi 14 16°,0 S. 2. Beau. » Rosée ; halo ; peu nuag. jusqu’à 14 h. ; très nuag. ensuite/
- Dimanche 15 ... . 10°,2 N. 3. Couvert. » Rosée'; couvert de 6 à 9 h. ; beau ensuite.
- MAI 1904. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 MAI 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites h l’Observatoire du parc Saint-Maur, en avril «004,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50-,5. Moyenne des 24 heures, 757““,83 ; minimum absolu, 744““,0 le 15 à 7 h. 50; maximum absolu, 766"“,5 le 2 à 9 h. et 11 li. ; écart extrême, 22““,5.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 6°,07 ; des maxima, 16°,14; du mois, 11°,11 ; vraie des 2i heures, 10°,66; minimum absolu, 0°,7 le 11 ; maximum absolu, 24°,2 le 15. Sur le sol gazonné ; moyenne des minima, 3°,37 ; des maxima, 28°,13; minimum absolu, —1°,9 le 2 et le 11 ; maximum absolu, 38°,9 le 30. Dans le sol gazonné ; moyenne du mois à 9 heures ; à 0“,30 de profondeur, 9°,47 ; à 1 mètre, 8°,45. De la Marne : moyenne le matin, 11», 12 ; le soir, 11°,61 ; minimum, 7°,72 le 1"; maximum, 14°,31 le 21.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 6“”,90 ; minimum, 3“,6 le 26, à 16-17 heures; maximum, 11““,7 le 14 à 19 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 73,1 ; minimum^34 les 15, 22 et 25; maximum 100, en 3 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,66 ; moyenne diurne la plus faible, 0,6 le 20; moyenfte diurne la plus grande, 9,9 les 5 et 8.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 409 heures; durée effective de l’insolation, 155 heures en 29 jours; rapport, 0,38. *
- Pluie : total du mois, 51““,4 en 28 heures ; on en a recueilli 18”“,3 le 12, en 5 h. 20 et 15"“, 1 le 17 en 2 h. 5.
- Nombre de jours de gelée blanche, 7 ; de gelée, 0 ; de pluie, 12, et en outre 4 jours de gouttes ; de rosée, 13; de grêle, 1 ; de halos, 9; d’orages, 1 (le 12).
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 4“,0 ; moyenne diurne la plus grande, 6“,6 le 19 ; la plus faible, 1“,9 le 11 et le 17 ; vitesse maximum, 15”,0 le 15 de 13 h. à 13 h. 15 par vent de S.-W.
- Fréquence des ventsCalmes, 7.
- N . . . . 89 E . . . . 2 S 11 W . . . . 59
- N. N. E. . 1)5 E. S. E. . 11 S. S. W . . 38 W. N. W . 50
- N. E . . . 67 S. E. . . 13 s. w. . . 106 N. W. . . 37
- E. N. E. . 23 S. S. E . . 28 w. s. w . 71 N. N. W. . 45
- Electricité atmosphérique. — Moyenne du mois (17 jours), 259 volts; moyenne diurne la plus grande, 496 volts le 7 ; la plus faible, 182 volts, le 22 ; amplitude diurne, 0,49 ; amplitude nocturne, 0,69.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 3“,21 ; minimum, 2“,70 les 29 et 30; maximum, 3“,51 le 13.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 2—,53 ; température -+- 0°,92 ; tension de la vapeur + 0““,79 ; humidité relative -+- 4,0; nébulosité -+- 0,78 ; pluie -+• 8"“,9.
- Floraisons. Le 1”, anémone des bois; le 2, abricotier, ribes sanguineum ; le 3, coucou, ficaire, linaire cymbalaire ; le 5, glechoma, amandier ; le 7, groseiller épineux ; le 8, prunellier commun ; le 9, érable plane ; le 10, cassis, merisier, groseiller à grappes, saule commun; le 11, cydonia japo-nica; le 12, brugnon de plein vent; le 13, corcorus, renoncule bulbeuse, pêcher de plein vent; le 14, muscari à grappes; le 15, fraisier des bois, poirier, prunier (reine-claude) de plein vent; le 16, iberis sempervirens, narcisse; le 18, corbeille d'or; le 19, alliaire, ortie blanche, réveille-matin, laurier-cerise, cerisier de Sainte-Lucie; le 20, lunaire, dielytra spectabilis, lilas commun, laurier noble, cotoneaster ; le 22, chélidoine, géranium à feuille ronde ; le 23, pervenche bleue ; le 24, bouton d’or», marronnier commun; lé 25, lilas blanc ; le 26, pommier de plein vent (reinette de Canada), érable sycomore ; le 27, érable champêtre ; le 28, daphné pontica, narcisse des poètes ; le 30, ancolie.
- Les premières hirondelles ont été vues le 12, et les premiers hannetons le 17. On a entendu le premier chaut du rossignol et de la fauvette le 13, du pievert le 14, du coucou le 16, de la huppe, le 17, du loriot le 25.
- PHASES DE LA LUNE : N. !.. le 15 à 11 1.. 7 m. du malin.
- p.100 - vue 532/536
-
-
-
- M. J. L AF F ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE L’ADMIWISTRATIOX. — L’échéance du 31 mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 28 mai (n' 1618) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n'auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —)g— M. Michel Lévy, inspecteur général des mines, membre de l’Institut et M. le Dr Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, sont nommés membres de la commission scientifique de perfectionnement de l’observatoire municipal de Montsouris.
- —5g— La Chambre de commerce française de Londres vient d’être invitée par la Chambre de commerce anglaise de Paris à formuler les raisons qui militent en faveur de la construction d’un tunnel sous la Manche. Le président de la Chambre de commerce française de Londres a répondu à cette invitation en indiquant les trois motifs principaux : 4° les voyageurs entrant en wagon à Londres n’en sortiraient qu’à Paris, évitant le froid, la pluie, le vent et tous les désagréments qui résultent d’un voyage en mer et du séjour forcé à Calais et à Douvres; 2° le confort des voyageurs entre Paris et Londres développerait beaucoup les relations entre les deux nations voisines ; 3° les avantages au point de vue commercial seraient énormes; on éviterait le transbordement des marchandises délicates et fragiles, et les trains anglais pourraient aller sur toutes les lignes du continent et vice versa. Le président de la Chambre de commerce française conclut en déclarant que les sentiments actuels entre les deux pays sont éminemment favorables pour porter la question devant le public anglais. L’opinion publique française est unanimement en faveur de ce projet.
- —}g— Le 23 mai, dans les serres de la Ville de Paris, Cours-la-Reine, s’est ouverte l’Exposition horticole du printemps organisée par la Société nationale d’horticulture de France.
- —5g— Sur le flanc nord de la butte Montmartre, M. Charles Sellier, secrétaire de la commission du Vieux-Paris, et conservateur adjoint de Carnavalet, a retrouvé récemment l’ancienne porcelaine-rie de Clignancourt, dont quelques collectionneurs possèdent de très rares échantillons. Cette porcelainerie installée par le comte de Provence, — depuis Louis XVIII — sur les terrains de Montmartre qui regardent Saint-Denis, avait été placée sous la direction de Desruelles. Ses produits firent une concurrence sérieuse à la porcelainerie royale de Sèvres. Mais la Révolution la ruina. Sa première marque de fabrique était un « moulin de pierre ». Ce moulin et l’usine à laquelle il était attenant ont été transformés en un hôtel qu’a pleinement identifié M. Charles Sellier, et qui appartient aujourd’hui à la famille de l’amiral de Libran, décédé il y a quelques années dans cette ancienne porcelainerie.
- —«g— Une Société de bienfaisance « L’assistance aux animaux » vient d’ouvrir un Musée de l’animal, 15, rue de l’Arcade, à Paris. Dans ce musée, dont l’entrée est gratuite, il y a une exposition publique des harnais pour chevaux et de toutes inventions concernant les animaux, de tableaux, dessins, sculptures reproduisant des animaux envoyés pour les concours actuellement en cours.
- —«g— Il résulte d’expériences dont il a été rendu compte dans le Bulletin de 1’ « American Society of Civil Engineers », que les briques soumises à une température élevée sont beaucoup plus
- résistantes que celles qui sont demeurées telles que les donne la fabrication ordinaire; d'autre part, l’imbibition d’eau ne diminue point la résistance des briques.
- —jg— L’émigration irlandaise est en décroissance; en 4883, on compta 408 724 Irlandais qui quittèrent leur île ; en 4903, ce chiffre s’abaisse à 39789.
- —)g— Pour augmenter le débit des conduites de gaz et suffire à une consommation plus importante sans changer les canalisations, on tend de plus en plus à distribuer le gaz sous pression ; et tout récemment M. Bouvier a pu donner, au Congrès de la Société technique de l’Industrie gazière, des indications intéressantes sur une usine qui a installé un ventilateur-compresseur pour envoyer du gaz sous pression à 2 kilomètres de distance. Cela a coûté moins de 5000 francs, et a évité de doubler la conduite, ce qui aurait entraîné une dépense de 75000 francs. La pression atteint 400 millimètres.
- —5g— Il résulte des recherches de M. Daniel Berthelot et des expériences de Holborn et Day, Jacquerod et Parrot que définitivement on peut s’arrêter pour le point de fusion de l’or au chiffre de 4065° à ±2° près.
- —5g— L’eau oxygénée si employée en chirurgie offre cependant des inconvénients. Sous forme de pansements humides, elle est mal tolérée à cause de son acidité. Depuis longtemps M. le l)r Chaput cherchait une substance pulvérulente non irritante pour les tissus et capable de dégager de l’oxygène d’une manière prolongée au contact des plaies. Or il a trouvé que le peroxyde de zinc découvert par Elvas remplissait ces conditions. Le peroxyde de zinc a donné d’excellents résultats, dans les plaies fraîches, dans les brûlures à l’état de pommade à 40 pour 400 et dans les dermites et dans les eczémas. Le peroxyde de zinc n’est pas plus coûteux que le dermatol et l’iodoforme. Son emploi se généralisera dans la pratique journalière.
- —)g— Le 20 mai a eu lieu dans le département des Ardennes l’épreuve à la suite de laquelle ont été désignées les voitures qui représenteront la France dans la grande course internationale automobile fondée par M. Gordon Bennett. Les points de départ et d’arrivée désigné étaient Mazagran, un petit village situé à 10 km delà station d’Attigny. Le départ de la course a été donné exactement à 5 heures du matin ; les concurrents sont partis de 2 en 2 minutes. Ils ont fait un parcours total de 531 km, soit 6 fois le tour du circuit des Ardennes passant par Vouziers, Quatre-Champs, Le Chesne, Bouvellemont, \ illers-le-Tourneur, La Crête, Paissault, Saulce, Novy, Rethel, Ménil, Pauvres et Mazagran. M. L. Théry (Georges Richard Brasier) est arrivé premier à 4h52,,l28,, couvrant le kilomètre lancé en 30 secondes; M. Salleron (Mors) est arrivé deuxième à 4h 35m, couvrant le kilomètre en 30 secondes; M. Rougier (Turcan-Miry) est arrivé troisième à 4h46m, couvrant le kilomètre en 29,30 secondes; M. Gabriel (Dietrieh) est arrivé quatrième couvrant le kilomètre en 39,2 secondes.
- —ig— On annonce la mort, au château de Saint-Cyran, près de Châtillon (Indre), à l’âge de quarante-huit ans, d’un botaniste de grand talent, M. Emmanuel Drake del Castillo. Il avait passé une partie de son existence à réunir les éléments d’un herbier qui est aujourd’hui un des plus complets que nous possédions en France. On lui doit la publication d’une flore des îles françaises de la Polynésie et la description d’une partie des plantes qui ont été rapportées de Madagascar par M. Alfred Grandidier, de l’Institut.
- 26
- p.101 - vue 533/536
-
-
-
- 102
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. G. A. Le Roy, chimiste de la ville de Rouen, nous adresse une notice sur « L’accumulateur mixte » de MM. Commelin et Viau, notice extraite du Bulletin de la Société industrielle de Rouen et à laquelle nous empruntons les renseignements suivants : « Dans sa construction et dans son agencement, l’accumulateur mixte offre certains points d’analogie avec le type Planté : son électrolyte initial est constitué par de l’acide sulfurique étendu d’eau (30° Baumé) ; son électrode positive ou anode est établie avec des oxydes plom-bèux, logés, comprimés et pastillés dans les alvéoles d’une grille rectangulaire en plomb antimonié, formant support conducteur anodique et immergée verticalement dans l’électrolyte. Mais là s’arrêtent les points de ressemblance. L’électrode négative ou cathode, complètement différente et originale, constitue la caractéristique de l’invention. Cette cathode n’est pas, comme dans les types Planté et dérivés, constituée par des composés plombeux pastillés sur un support-grille alvéolaire, composés réductibles en plomb spongieux pendant les réactions de la mise en charge. Elle est établie sous la forme d’une sorte de panier métallique rectangulaire, immergé verticalement dans l’électrolyte. Ce panier est formé avec deux lames minces de plomb antimonié, perforées de trous nombreux, et soudées en V. La cathode-panier est destinée : 1° pendant la charge, à fermer le circuit intérieur et à rendre possibles sur l’anode les phénomènes habituels d’oxydations électrochimiques. Pendant la charge, elle ne participe pas par ses constituants à la réaction électrochimique, l’hydrogène libéré à sa surface se dégage à l’extérieur; 2° pendant la décharge, la cathode-panier agit encore à titre de support, électriquement conducteur pour loger les lingots de la substance cathodiquement active (lingot de cadmium-mercure) introduits successivement au fur et à mesure de la consommation. La réaction est la suivante : le cadmium de l’alliage, en contact avec l’eau acidulée de l’élec-trolvte, décompose l’eau en ses éléments, l’hydrogène libéré entre en réaction électrochimique avec l’anode, l’oxygène oxyde le cadmium qui se dissolvant dans l’acide sulfurique se transforme en sulfate de cadmium. L’énergie cathodique réalisée est transmise par les parois métalliques du panier en plomb antimonié. L’élément fonctionne donc comme l’accumulateur au plomb -f- plomb + électrolyte sulfate de cadmium, des mêmes inventeurs, mais avec ce bénéfice inappréciable en certains cas (automobilisme, galvano-cautères, allumeurs, etc.) que le dispositif des bâtonnets successivement introduits donne toute sécurité contre la mise intempestive en court-circuit, la décharge spontanée en magasin, et qu’il procure un débit proportionné aux doses du métal actif introduit. C’est une sorte d’accumulateur distributeur automatique. Le fonctionnement de ce type mixte est très régulier. Les inventeurs résument comme'suit les avantages de leur système : 1° Il ne fonctionne pas à circuit fermé avant l’introduction du ou des lingots actifs; 2° il peut-être conservé indéfiniment chargé en magasin ; 3° il donne une tension supérieure aux types Planté ; 4° il donne toute garantie contre les courts-circuits extérieurs; 5° il donne un débit constant; 6° il permet le dosage du débit. »
- M. A. T. de C., à Trieste, nous écrit : « Pour les personnes qui, comme moi, ont eu le malheur de perdre leurs dents, les pièces dentaires à succion d’air représentent sans contredit un bénéfice des plus précieux, mais elles ne sont pas exemptes de quelques inconvénients, notamment celui de produire des inflammations douloureuses et des meurtrissures aux gencives, qui obligent souvent le patient à s’abstenir du- dentier jusqu’à
- guérison. Un moyen peu connu, très simple et sùr pour remettre le dentier, malgré les meurtrissures, et pour guérir bientôt, c’est d’interposer ejitre la pièce dentaire et la gencive, ou le palais, une mince couche de ouate Bruns ; après quelques tâtonnements on trouve l’application efficace sans compromettre, au contraire en rendant plus tenace l’adhésion pneumatique. C’est une chose de rien, mais qui peut rendre dessoulagements et des services très appréciables, et je serais content si mon conseil était accepté par mes nombreux, confrères en mauvaise denture. »
- Renseignements. — M. C. Ladroit, à Mercedes (Uruguay).. — 1° Adressez-vous à M. G. Jaubert, 155, boulevard Malesherbes, à Paris. — 2° Il faut consulter un médecin. — 3° Pour le sel de conserve, nous ne pouvons vous donner que les adresses suivantes : Compagnie des salins du midi, 94, rue de la Victoire, Établissements Malétra, 140, rue de Rivoli, Société Tor-lades, 33, Boulevard Haussmann, MM. Solvay et Cie, rue du Louvre, 44, à Paris. — 4° Il faut écrire de nouveau à la maison Vilmorin-Andrieux et Cie, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. A. Pandimiglio, à Rome. — Les principaux Journaux de photographie sont les suivants : « Photo-Gazette », 60, rue La Rochefoucauld, 7 francs par an; « Le Bulletin de la Société Française de Photographie )), 76, rue des Petits-Champs, 15 francs par an; « La Revue de Photographie au Photo-Clu]> de Paris, 40, rue des Mathurins, à Paris, 15 francs par an.
- M. D. R., à Paris. — Il faut faire étalonner votre ampèremètre et votre voltmètre; adressez-vous au Laboratoire central d’Électricité, 14, rue de Staël, à Paris.
- M ; J. Patarroni, à- Chirac. — Nous avons fait connaître-plusieurs procédés pour détruire les fourmis et les fourmilières, dans les petits livres des « Recettes et Procédés utiles », lr% 2e et 4e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. Le citron pourri fait fuir les fourmis.
- M. Arrachart, à Paris. — Adressez-vous à la maison Mildé, 42, nie Desrenaudes, à Paris ; vous trouverez là le système de paratonnerre qui peut vous convenir.
- M. F., à A. — Vous pourriez poser des carrelages en grès-céramique, chez M. Imbert, 85, rue Lafayette, M. Theisen, 73, rue Lafayette à Paris, MM. de Smet et Cie, 41, rue Le Peletier, des carrelages mosaïques, chez M. Larmanjat, 67, rue Lafayette, ou des carrelages en pierre de verre Garchev, 4, rue Charras, à Paris.
- M. C. F., a Fontaine-au-Bois. — Nous vous remercions pour votre notice ; mais ce procédé est déjà connu depuis plusieurs années.
- M. D. L., à Paris. — Votre moteur électrique consomme 5 ampères à 110 volts. Sa puissance est de 550 watts; après 10 heures de marche, il a consommé 5500 watts-heure, ou 55 hectowatts-heure. L’énergie électrique pour forme motrice est vendue à raison de 0fr,07 à 0lr,08 l’hectowatts-heure.
- M. D., à Béziers. — Le chlorure de calcium est ordinairement employé pour dessécher; vous pourriez essayer également la chaux anhydre ou l’acide sulfurique.
- M. R. F., à Paris. — Nous avons publié la description d’un cigare filtre et d’un porte-crayon inhalateurs au goménol dans les « Petites Inventions » du n° 1386, du 16 décembre 1899.
- M. M. S., a J. — Vous trouverez un ouvrage de ce genre à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. G. N., à Annecy. — La naphtaline se présente en grandes lamelles brillantes solubles dans l’alcool chaud et dans l’éther.
- M. P. Estachy, à Lamotte Bunron. — Nous avons publié sur: les moustiques un article où l’on a fait la description des moustiques « Anopheles » et où l’on a traité les questions que vous posez. Consultez le n° 1574 du 25 juillet 1903, p. 119, le n° 1577 du 15 août 1905, p. 165 et le n° 1578 du 22 août 1905, p. 179.
- M. L. G., a Lyon. — Vous trouverez les renseignements que vous cherchez dans l’ouvrage de Pagès intitulé « L’hygiène-pour tous », Naud éditeur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. B., à X.
- Il faut soumettre cette question à une agence de brevets. — M. P. Leroy, à Nantes. Nous n’avons pas trouvé d’autre adresse que celle qui a été donnée précédemment. — M. G. V., à M.; M. B. D., à Paris. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », 1™ série, à la librairie Masson et Cie. — M. Burdin, à X. Cette recette est-donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. L. P., à S.; M. J. D., à V. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont dematidés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.102 - vue 534/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 105
- PETITES INTENTIONS1
- Laryngoscope électrique de poche. — Il y a déjà une quinzaine d’années qu’on a imaginé d’utiliser les petites ampoules à incandescence pour l’examen de la gorge, du larynx ou d’une cavité quelconque au lit du malade, voire même pour l’éclairage localisé dans une opération chirurgicale; mais on se trouvait le plus souvent dans l’impossibilité d’utiliser ces appareils, faute d’une source d’électricité facilement portative. Aujourd’hui les petites lampes de poche qu’on trouve partout ont permis de donner une solution pratique à cette question, mais les fabricants de ces piles sèches, MM. Henry et Lenud, ont compris cependant que pour le médecin de campagne, qui peut rester parfois assez longtemps sans se servir de l’appareil, et qui n’a pas à sa portée un magasin où il trouve des piles fraîchement chargées, il fallait créer quelque
- Laryngoscope électrique de- poche.
- chose qui permît de s’approvisionner à l’avance; Ils ont donc combiné une pile identique comme format à celles qui servent à leurs lampes de poche, mais dans laquelle on peut mettre la solution de sel ammoniac seulement au moment de s’en servir; de cette façon on peut toujours en avoir une ou deux en réserve qui, n’étant pas chargées, se conservent indéfiniment et permettent d’être prêt à toute éventualité.
- Quant à l’appareil d’éclairage, les mêmes fabricants l’ont construit de façon à en assurer la stérilisation. Pour cela ils ont eut l’idée d’enfermer la lampe dans un tube de verre qui s’adapte au manche au moyen d’un bouchon en caoutchouc ; il suffit alors, si l’on a plusieurs examens à faire consécutivement, de remplacer le tube qui a servi par un autre qu’on a en réserve. Le nécessaire très portatif qui a été créé à cet effet, contient cinq de ces tubes, la pile, la lampe et le miroir qui s’y adapte dans des cas spéciaux. Ce petit matériel, très simple et peu coûteux, facilitera bien souvent le diagnostic du médecin. G. M.
- Le Moussogène. — Le Moussogène est un nouvel appareil qui sert à la fabrication des vins mousseux et à la gazéification de tous les liquides, particulièrement des vins, cidres, laits, etcè
- Il se distingue des appareils similaires par son dispositif particulier, qui consiste à expulser l’air des bouteilles à remplir, de façon à faire la saturation en présence seulement de l’acide carbonique. L’appareil est également purgé d’air au commencement du travail. Le vin n’est pas agité par un crgane mécanique ou par pulvérisation dans l’atmosphère gazeuse; il descend par ruissellement, en couche mince, à grande surface, en traversant trois ou quatre couches de gaz successives, la saturation est complète; la bouteille n’a pas besoin d’être bouchée immédiatement en sortant de l’appareil. L’appareil est d’une grande simplicité et rapidité de fonctionnement. 11 se compose de globes en verres accouplés F, G, H, qui servent de collecteurs au gaz acide carbonique CO2 ; sous ces globes sont placées des vannes distributrices en bronze argenté, sous lesquelles on met les bouteilles à remplir, qui sont compressées par un levier A.
- Le vin dans lequel on a mélangé la liqueur de champagne est emprisonné dans un fût relié à l’appareil par un tuyau L. Sur ce fût on exerce une légère pression d’acide carbonique arrivant par le tube K. En ouvrant légèrement le robi-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- net S, on aseptie la bouteille par un jet de gaz et on expulse l’air, avant l’introduction du vin, en pressant sur le levier A. La bouteille est remplie en appuyant sur le robinet W. L’appareil est ensuite tourné sens dessus dessous, la bouteille v va prendre la place de V2, et le vin, en traversant les collecteurs, s’imprègne de gaz et tombe mousseux dans la bouteille Y2. L’opération a duré 45 secondes. Avec le Moussogène, on peut faire des bouteilles de toutes dimensions et on obtient une
- Le « Moussogène ».
- mousse aussi abondante dans les petites que dans les grandes. C’est le seul appareil qui rend les vins à l’abri de l’air et le premier qui ait donné des résultats suffisants pour le tirage du vin au bock. — Le Moussogène se trouve chez M. René Legrand de Mercev, au château de Mercey, Mont Bellet par Vérizet-Fleurville (Saône-et-Loire).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pâte à polir l'aluminium. — On la compose de 6 parties de tripoli et de 1 de terre à foulon, additionnées d’une partie également d’acide stéarique.
- Procédé pour détruire les termites. — Badigeonner le bois attaqué par les termites d’un enduit fait avec 5 gr. de sulfate de cuivre, 30 gr. d’ « assa fœtida », 3 d’arsenic, 10 d’aloès, 10 gr. également de suie, autant de chaux, et 20 gr. de cendres dans un litre d’eau, ce liquide servant à délayer 1 kg de tourteau de graine de moutarde pulvérisée.
- Mastic de fontaineir. — Faire bouillir ensemble 60 parties de résine’et 40 de suif et y jeter alors de la chaux vive en poudre. Ce mastic durcissant en refroidissant, il faut le faire ramollir à l’eau chaude quand on veut l’employer.
- Colle pour métaux. — C’est un ciment qui réussit le plus généralement pour des métaux très divers. On le prépare en faisant chauffer, jusqu’à consistance homogène, 2 parties de litharge, autant d’huile de lin bouillie, puis une cle gomme copal et une également de céruse. On applique à chaud.
- Pour épurer les vieilles huiles. — Les agiter avec une petite quantité d’acide sulfurique, laisser déposer, puis soutirer au moyen d’un siphon, et faire enfin reposer de l’huile sur de la chaux vive. Finalement on filtre de façon très primitive, par exemple en faisant passer l’huile à travers des trous percés dans une paroi de bois et pleins de ouate.
- p.103 - vue 535/536
-
-
-
- 104
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel de l'ouvrier mécanicien, par Georges Franche, ingénieur mécanicien. 5e partie. Boulons. Rivets. Chaudronnerie. 1 vol. petit in-8°. Paris, Librairie Bernard-Tignol.
- Sommelier et marchand de vins. 1 vol. in-18 de FEncyclopédie Roret. L. Mulo, édit., à Paris. Prix : 3 francs.
- Notes sur l’histoire générale des sciences, par L. Favre. 1 vol. in-8°. Scldeicher et Cie. Paris. 1904. Prix : 2 francs.
- Le procédé ozotgpe, par H. Quentin. Broch. in-16. Ch. Mendel, éditeur à Paris. Prix : 1 franc.
- Smithsonian contributions to knowledge : The structure of the nucléus, par Cari. Barus. 1 vol. in-4° Washington. 1905.
- Les animaux domestiques. Histoire naturelle sous la direction de Gos, de Voogt. Livraison VII. E. Flammarion, éditeur. Paris. 1904. Prix : 0fr,75.
- Directions for c-ollecting and preparing fomis, par Charles Schuchert. Washington, 1895: brochure in-8°.
- Los misterios de la Naluraleza. Investigaciones sobre el micron-plankton de la Ria de Arosa, par le Dr R. Carus Falcon. 1 vol. in-8°. La Coruna. 1905. Villagarcia.
- The magnclic observalories of the United States Coasl and Geodeiic Surveg in operation on july 1, 1902; by L. A. Bauer et J. A. Fleming. (Extrait du Terrestrial magnetism and Atmospheric Electricity for deceinber 1902). 1 broch. in-8°.
- Allerlei Methoden das Wetler zu prophezeien, par M. J.-M. Pernter, 1 broch. in-16, Vienne, 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 mai.... 14°,2 E. N. E. 1. Beau. » Rosée ; beau le matin ; peu nuageux le soir.
- Mardi 17 20",8 S. S. W. 3. Nuageux. » Rosée ; halo ; nuageux.
- Mercredi 18 15",0 W. S. W, 2. Très nuageux. » » Rosée ; très nuageux.
- Jeudi 19 11°,4 N. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Vendredi 20 11",0 E. 3. Nuageux. » Rosée ; halo ; nuag. le matin ; très nuag. le soir.
- Samedi 21 12",8 S. S. E. 0. Couvert. 6,0 Pluie le matin; presque couvert.
- Dimanche 22 ... . 12»,1 S. W. 2. Très nuageux. 1,5 Rosée; très nuageux; pluie de 21 h. à 21 h. 50.
- MAI 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 MAI 1904.
- La bourbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- -g'Ig»*'-)" "g!? mi mmi xwu
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Crues en Niouvelle-Caléilonie. — Le dernier courrier de la Nouvelle-Calédonie nous apprend que le 13 mars dernier, une formidable crue de la rivière qui passe à Ponérihouen a causé les plus grands ravages. A Kaala-Gomen, la crue a atteint une hauteur de 5 mètres. Cette masse énorme d’eau a envahi la vallée, emportant dans la rapidité de sa course les animaux, les récoltes, les maisons, roulant d’énormes troues d’arbres déracinés. Quelques colons ont passé un jour et demi sur les toits de leurs maisons à demi effondrées ou sur des arbres. A Voh, Koné, Pouembout, Bourail, Pam, La Foa, Sarraméa ; à Néhoué, à Koumac, à Poume, même ruine. Partout les torrents ont renversé les habitations, entraîné les bœufs par centaines. La récolte du café est perdue. Les routes ont été défoncées, les ponts enlevés. A Koné il y avait 2",50 d’eau sur la passerelle ; à Pouembout la rivière couvrait 3 kilomètres en largeur ; à Pam la mer démontée avait envahi le rivage et sa fureur augmentait le désastre. Mêmes nouvelles sur la côte est, de Hyenghène, Ifouaïlou, Ouégoa, Oubatche. A Ponérihouen la crue a été de 15 mètres.
- je temps. — Dans la semaine du 16 au 22 mai, le temps a été généralement beau en France. Le 16 mai, la pression était basse dans le nord du continent et dépassait 763 mm sur la Méditerranée et dans l’est de la France. La température a été très élevée en France pour la saison; le matin, à
- 7 heures, le thermomètre marquait 14° à Paris, 19» ùClermont, 19° à Nantes, 21° à Bordeaux. A Paris, on a noté un maximum de 26°,9 et la température moyenne a été de 19°,5, supérieure de 6° à la normale. Le 17 mai, le temps est resté anormalement chaud dans l’ouest de l’Europe ; à 7 heures du matin, on a noté 23° à Clermont, 22° à Dunkerque, 21° à Paris, 17° au puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 19°,8. Le 18 mai, des pluies sont tombées sur le nord et l’ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 6 mm d’eau à Limoges, 4 mm à Besançon, 2 mm à Dunkerque ; des orages ont été signalés à Bordeaux et au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 14°,8 avec un maximum de 18°,7. Le 19 mai, des pluies sont tombées sur le nord et l’ouest de l’Europe ; en France, elles ont été accom-agnées d’orages dans l’est et le sud-ouest. A Paris, la température a été de _ 1” le matin à 7 heures ; la température moyenne a été de 14°,8. Un cyclone à 4 heures a dévasté Thoissey dans l’Ain et les environs ; la grêle a haché toutes les récoltes'et dépouillé les arbres et la vigne. Le 20 mai, des orages ont été signalés dans le sud-ouest. Aux environs de Chambéry, il est tombé une couche de grêle de 15 centimètres. Le 21 mai, on a recueilli 24 mm d’eau à Limoges, 9 mm à Biarritz, 6 mm à Paris. La température moyenne à Paris a été de 13°,4, inférieure de 0°,4 à la normale. Le 22 mai, il a .plu à Dunkerque (1 mm d’eau), à Nancy (2 mm) ; on a signalé un orage à Lyon. A Paris, la température moyenne a été de 13°,9 inférieure de 0°,1 à la normale.
- PHASES DE LA LUNE : I>. Q. le 22 à 10 h 28 m. du matin.
- p.104 - vue 536/536
-
-