La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET 1)E LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an................................... 20 fr. »
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- BT DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE
- 1904
- DEUXIÈME SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- •4 JUIN 1004.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- NAVIRES SANS TANGAGE NI ROULIS
- Nous ne nous étendrons pas sur les inconvénients du tangage et du roulis que tant de voyageurs redoutent ajuste tilre et qui nuisent d'une manière 1res appréciable au tir de l’artillerie dans les navires de
- guerre. Nombre de tentatives ont été déjà faites pour la diminution, sinon la suppression, de ces mouvements oscillatoires. Nous citerons, dans cet ordre d’idées, les deux navires le « Castalia » et le « Calais-
- Fig. 1. — Vue (l’ensemble du navire sans tangage ni roulis.
- Douvre » qui, de 1878 à 1887, ont fait le service entre Douvre et Calais. Chacun de ces navires se composait de deux bateaux placés à côté l’un de. l’autre, à une certaine distance, et reliés par une superstructure placée au-dessus de l’eau qui, recouvrant les deux bateaux et l’espace qui les sépare, servait de logement aux passagers. Ces navires axaient des roulis de peu d’amplitude mais très durs et très fatigants par grosse mer. Lorsqu’ils naviguaient avec la lame venant de l’avant ou de l’arrière les mouvements de langage étaient très prononcés. Avec de fortes lames qui faisaient émerger une des coques et immerger au contraire plus profondément l’autre, il se produisait entre les deux navires des 32° annte. — 2e semestre.
- efforts considérables qui tendaient à les Enfin la vitesse de marche était faible.
- Dans ces dernières années, on a construit en Amérique et en Angleterre des navires dits « Wha-leback » dont la carène s’élevant peu au-dessus de l’eau avait des formes arrondies sur lesquelles la lame glissait. Les cabines reposaient sur des colonnes fixées à la coque. Ces navires, quoique possédant des mouvements oscillatoires moindres que les navires ordinaires, étaient, cependant, loin de donner une immobilité parfaite de la plate-forme. Les tangages étaient de forte amplitude et durs.
- En résumé, aucun des essais n'a donné une solution sastifaisante du problème. M. Turc, lieutenant
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- de vaisseau de la marine militaire française, a repris la question et étudié un navire de forme toute différente et dont nous allons donner la description. Mais, auparavant, nous indiquerons les principes scientifiques qui doivent servir de base à l’étude d'un navire où les mouvements oscillatoires de tangage et de roulis doivent être réduits à leur extrême limite.
- Tout navire ayant un chargement donné a. des périodes de tangage et de roulis, c’est-à-dire des durées d’oscillation de tangage et de roulis, qui lui sont propres et varient fort peu avec l’état de la mer. Ces périodes oscillatoires du navire dépendent principalement de son chargement et, par suite, de la position de son centre de gravité, de son déplacement et de sa surface de ilottaison. Elles sont la
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- Vue longitudinale
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- Coupe latérale
- g. 2. —Vue longitudinale, plan el coupe latérale du navire sans langage, système Turc. — A, aileron horizontal; E, com| animent contenant les cabines; K, fuseau; f f, flotteurs; h, hélices;
- (]<]', gouvernail horizontal ; ce, cheminées et manches à vent.
- caractéristique propre de chaque navire avec un chargement déterminé.
- L'un autre côté, la houle qu’on rencontre en haute mer a des périodes et des vitesses de propagation très variables qui dépendent de la longueur des lames de crête en crête.
- Dans la région des vents alizés de l'Atlantique où la hauteur moyenne des vagues est de 2 mètres, la longueur des lames est d’environ (15 mètres avec une période de 5,8 secondes. Dans l'Atlantique sud, dans la région où les vents d’ouest dominent, avec des vagues d’une hauteur moyenne de 4,5 mètres et d’une longueur de 140 mètres, la période est de 9,5 secondes. Dans les mers de Chine et du Japon les lames d’une hauteur moyenne de «5,2 mètres et d’une longueur de 75 mètres ont une période de 0,9 secondes. Dans le Pacifique ouest, avec des lames de 5,10 mètres de hauteur et de 100 mètres de longueur, la période est de 8,2 secondes. Pendant les fortes tempêtes du large on ne rencontre que rarement des vagues ayant plus de 8 mètres de hau-
- teur, 500 mètres de longueur de crête en crête avec une période de 18 secondes. Les lames de 12 mètres de hauteur ayant une longueur de 8 à 900 mètres et une durée de 24 secondes sont très rares. Dans la Manche la hauteur maximn des vagues est de 0 mètres.
- Il y a une quarantaine d’années, l’éminent ingénieur anglais William Fronde a mis en évidence un fait très important et qui a été vérifié el étudié très complètement, dans ces derniers temps, par M. Her-tin, directeur des constructions navales. Ce fait est le suivant : Tout navire dont la durée propre d’o -cillalion de roulis ou de tangage est sensiblement [tins longue que celle de la houle qu’il rencontre ne roule et ne tangue pas, ou ne roule et ne tangue que très peu sur celte houle.
- Tout le problème se résume donc à étudier un navire de telle sorte que les périodes de roulis ou de tangage qui lui sont propres et qui dépendent de son mode de chargement et de la forme de sa carène, soient plus longues que celles de la plus forte houle qu’il peut avoir à rencontrer, soit 18 secondes si le navire doit fréquenter les parages où se produisent les forte; lames dont nous parlions tout à l’heure.
- Nous ne pouvons nous étendre sur la théorie du roulis et du langage des navires sur houle, ihéorie très complexe et imparfaitement connue, malgré les éludes de ces dernières années. Nous dirons seulement (pie la période propre d’oscillation de roulis el de langage d’un navire dépend de sa hauteur méla-cenlritpte, de celle de son centre de gravité el de sa surface de Ilottaison. Four augmenter la durée d’oscillation il faut réduire cette hauteur mélacentrique, tout en conservant au navire une stabilité suffisante ; de [dus, il Tant réduire sa surface de flottaison. Enfin,celle durée d’oscillation dépend du moment d’inertie du navire, c’est-à-dire de la répartition du poids de la carène, des machines, etc., en un mot, de toute la masse qui constitue le navire. Un certain nombre de ces quantités sont donc à la disposition du constructeur.
- C’est en se basant sur ces principes que M. Turc a étudié son navire. Ce dernier se compose (lig. 2) d’un fuseau F de forme aplatie, entièrement sous l’eau et analogue à la carène d’un sous-marin, constituant la coque proprement dite, surmonté de deux flotteurs ff, affilés de l’avant et de l’arrière, situés par le travers l'un de l’autre et de faible surface de flottaison. Cette disposition assure la stabilité transversale qui sera d’autant plus grande que ces flotteurs seront eux-mêmes plus espacés. Dans une étude laite par M. Titré d'un navire de son type et de ()500 tonnes de déplacement, c’est-à-dire analogue aux grands transatlantiques de haute mer, la hauteur entre le centre de gravité du navire et le méla-eentre a été réduite à 0m,80 et la durée du roulis, à Limmersion normale, a été portée à 22 secondes, c’est-à-dire supérieure à celle de la plus grande houle.
- Dans le sens longitudinal et pour diminuer, pour les raisons indiquées plus haut, la surface de flottaison et, par suite, augmenter la durée du tangage, ces flotteurs n’occupent qu’une certaine longueur du
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- fuseau, de sorte que celle surface est ramassée vers le centre du bateau. Dans le projet étudié par M. Turc, la hauteur entre le centre de gravité du ' navire et le métacentre se trouve réduite à 2,4-4 mètres et la durée d’oscillation de tangage portée, comme pour le roulis, à 22 secondes. (Test cette dernière disposition qui est la caractéristique principale du navire étudié par M. Turc.
- Dans le lu seau sont installées les machines motrices et les chaudières, ainsi que le combustible. A la partie supérieure et supporté par les llotteurs se trouve un compartiment étanché E contenant les cabines qui sont ainsi à l’abri des coups de mer et même des embruns. Dans le navire projeté le fuseau a une longueur de 100 mètres et une largeur de 24 mètres au mailre-couple. Les Ilot leurs de 60 mètres de longueur et de 5 mètres de largeur sont espacés de 21 mètres. Le tirant d’eau normal est de 8 mètres et la plale-J’orme qui supporte les cabines se trouve à 10 mètres au-dessus du niveau de l’eau. La surface du maitre-couple est de 120 mètres carrés et la surface mouillée de 5000 mètres carrés. M. Turc estime pouvoir obtenir une vitesse de 19 nœuds avec une puissance de 16 000 chevaux. La ligure 1 donne une vue perspective de ce type de navire.
- Au point de vue théorique, ou peut penser qu'avec cette disposition les mouvements de roulis et de tangage pourront être notablement diminués. Mais, au point de vue pratique, nombre de questions restent encore indécises. Comment se comportera le navire, pendant sa marche, au point de vue de son assiette horizontale, c’est-à-dire de son déplacement, dans le sens de sa marche, parallèlement à lui-même. M. Turc, il est vrai, a étudié un dispositif permettant de remédier à cet inconvénient, au cas où il se produirait. Le plan de « dérive », c’est-à-dire la surface latérale des llotteurs, et du fuseau sera-t-il suffisant pour assurer une grande stabilité de marche, dans le plan vertical, sous l’influence du gouvernail? Etant données les grandes surfaces des llotteurs au-dessus de l’eau, le navire ne prendra-t-il pas beaucoup de bande sous l’influence d’un fort vent de travers?Quel sera l’effet produit par la forte houle sur cette coque de forme tubulaire; ne se produira-t-il pas des dislocations, comme dans le cas du Calais-Douvre? Enfin, quelle sera la résistance à la marche de ce navire si différent de ceux actuels et quelle puissance faudra-t-il employer pour une vitesse donnée ?
- Toutes ces questions, d'une grande importance et indispensables à résoudre avant de pouvoir se faire une opinion sérieuse sur la valeur de ce nouveau type de navire, ont été examinées théoriquement par M. Turc. Mais, à notre avis, elles ne peuvent recevoir une solution définitive qu’en construisant un bateau de faible dimension, tout d’abord, avec lequel des essais en mer pourront être faits, ou bien en opérant sur des modèles qu’on étudierait dans un bassin d’expérience, comme on le fait, tous les jours,
- lorsqu’il s’agit d’étudier la forme de carène à donner aux navires do guerre ou aux grands navires de commerce. H. Bosmn.
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- LA GUÉRISON DES ACIERS CASSANTS
- Les séances de l’Association anglaise Iron and Steel Institute donnent lieu chaque année à des communications des plus intéressantes, où des spécialistes, des métallurgistes, viennent faire connaître les résultats de leurs recherches théoriques ou pratiques. Une de ces communications, due à MM. Stcad et Richards, aura les conséquences les plus importantes, si on peut la mettre en pratique sous une forme vraiment industrielle.
- La découverte de MM. Stead et Richards est d’une extrême simplicité, et concerne les aciers qui ont été détériorés, brûlés, rendus cassants en cours de fabrication. Les grosses masses d’acier qui doivent subir des opérations de forgeage ou des passages au laminoir, sont mises à chauffer dans un four à réchauffer, avant que de subir ces opérations. Et il est essentiel qu’elles soient élevées à une certaine température, mais point trop haute, car autrement elles seraient, comme on dit, brûlées, et ce métal brûlé a ses propriétés tellement modifiées, que souvent il se brise en morceaux, par exemple au passage entre les cylindres du laminoir. On s'accorde généralement à reconnaître que la température favorable qu’il faut atteindre, mais non point dépasser, est de 1200°U. Or, MM. Stead et Richards ont constaté que l’acier qui a été rendu -inutilisable par un surchauffage et cristallisé en même temps que « brûlé ». peut non seulement être ramené à son état premier, mais encore considérablement amélioré par rapport à cet état, grâce au traitement par eux imaginé, et qui consiste à chauffer cet acier, après refroidissement, jusque vers 850 ou 900° U. 11 ne faut pas toutefois qu’on dépasse cette dernière température. Bien plus, ce traitement réussirait parfaitement pour guérir, si l’on veut nous passer le mot, les aciers qui se sont cristallisés par l’usage, et, après l’opération, ils sont supérieurs même, à ce qu’ils étaient au sortir du forgeage. On sait que celui-ci a précisément pour but de faire disparaître la structure cristalline; et, quand on se trouve en présence d’un métal qui a repris cette structure à la suite d’un usage plus ou moins prolongé, on ne disposait pas jusqu'ici d’un autre moyen que le reforgeage pour ramener ce métal à une fine texture. MM. Stcad et Richards affirment que leur méthode a le même avantage, et que, de plus, elle augmente de façon fort sensible la résistance à l’allongement, souvent dans une proportion de 100 pour 100. Et notons que les inventeurs ne s’occupent point des aciersdoux, mais bien des aciers de la qualité requise pour faire, par exemple, des arbres de manivelles. D. B.
- LES GRANDS MAMMIFÈRES FOSSILES
- DANS LE YLIvON ET L ALASKA1
- En voyageant dans le Nord-Ouest. Amérique dans les régions glacées que traverse le fleuve A ukon, j’ai été surpris de la quantité d’ossements fossiles ornant l’entrée des camps de mineurs et de sauvages; c’étaient des bois gigantesques, des cornes énormes et de longues défenses d’ivoire. Poursuivant mon voyage à travers les champs d’or du Y ukon et
- 1 Yoy. nu 1015, du 7 mai 1901, p. 559.
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- de l'Alaska j’ai pu nie rendre comple de l’origine de ces ossements, extraits la plupart du fond des mines d'or en exploitation.
- Le sol du Yukon et de l’Alaska présente dans son ensemble l’aspect, d’une mer immense dont les vagues incohérentes sont des chaînons montagneux
- Fig. 1. — Crâne de cheval fossile extrait de la boue glaciaire.
- peu élevés à sommets arrondis; ces montagnes sont dominées par de hautes ramilications des Montagnes Rocheuses à crêtes aiguës, neigeuses, se perdant dans les nues, d’où descendent d'immenses glaciers venant se fondre dans des régions plus basses ou s’écoulant dans le Pacifique.
- Pans l’intérieur du pays, ces glaciers sont peu visibles, recouverts qu’ils sont de matières boueuses sur lesquelles végètent des mousses et des lichens ; ils accusent néanmoins leur présence, dans la belle saison, par une froide humidité et un ruissellement abondant arrivant à former de petites rivières ravinant les lianes des coteaux et les vallées. Sur les bords abruptes du Pacifique, les glaciers forment de larges lleuves descendant dans la mer qui les ronge par le llux et reflux et les fond peu à peu.
- Le sol est loujours glacé. Trois mois de belle saison dont la température moyenne est de 10° centigrades, ne dégèle qu’une couche superficielle permettant h une maigre végétation de se faire jour ; un long et terrible hiver avec des températures atteignant 45° centigrades et plus au-dessous de zéro, immobilise tout sous un linceul de neige. Un grand fleuve à cours rapide traverse le Yukon Territory et l’Alaska, c’est le Yukon qui va se jeter dans le détroit de Rering; il coule, tantôt large, tantôt resserré et formant des rapides, dans un paysage silencieux, monotone et sans couleur, à travers des ballons au sommet dépouillé et neigeux. Tel est l'aspect général actuel de ces régions froides et désolées. Dans des temps géologiques relativement rapprochés, l'aspect a du être tout autre : les mon-
- tagnes devaient être plus hautes, des lleuves majestueux coulaient dans d’immenses plaines herbeuses, des massifs forestiers égayaient le paysage et une température relativement douce permettait l’épanouissement d'une hume abondante et variée, qui, là, a dû trouver un milieu favorable pour un ample développement. Tout cela a disparu, le froid a éliminé la vie de ces régions, mais il a permis la conservation de restes organiques pouvant faciliter une reconstitution d'un lointain passé.
- Nous n’avons point ici à analyser les phénomènes par lesquels la science cherche à expliquer les révolutions qui ont produit de si profondes modifications, nous dirons simplement dans quelle condition on retrouve ces restes précieux des temps géologiques. Dans les vallées où se font les exploitations aurifères, les cabines des mineurs sont ornées de trophées de bois, de cornes et d’ivoire; sur les déblais des naines gisent des débris d’ossements ; ces fossiles sont facilement reconnus par le naturaliste, et le mineur y trouve un indice de la richesse du sous-sol. C’est en effet à la base des grandes vallées que ces ossements fossiles sont en plus grand nombre et c’est là aussi dans les niveaux inférieurs que les graviers aurifères sont le plus riche, l’or alluvionnaire s’étant déposé en plus grande quantité dans les points les plus bas du bed-rock, la roche de fond.
- En descendant dans les mines, dans de vastes galeries dont les parois se soutiennent d'elles-mêmes, figées qu'elles sont par le froid, j’ai pu voir sur place et dégager péniblement moi-même tonte une série de fossiles de mammifères gigantesques, par endroit
- Fi*r. 'i.— Ivoire gigantesque de mammouth retiré d'une mine d'or.
- même ils sont en grande quanlilé. L’animal esl parfois entier, couché sur le flanc, calé dans de la boue, du sable et des cailloux roulés, en général au-dessus des graviers aurifères.
- Une coupe dans les terrains d’alluvions du Yukon et de l'Alaska est toujours à peu près la même : sur
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- le sol, un demi-pied à un pied de mousses, d'herbages et de débris de végétaux, au-dessous une grande quantité de bouc glaciaire noirâtre, 10 à 50 pieds et plus, débris pulvérisés des roches usées par les glaciers dans leur descente des hauts sommets; parfois dans celle boue on voit des lits de sable et de galets. Au-dessous de la boue glaciaire se trouve la masse de graviers aurifères formant une couche de quelques pieds sur le bcd-rock. C’est en général à l’intersection de la boue et du gravier aurifère, intersection mal définie, que j’ai constaté les gisements de fossiles.
- Tous ces fossiles sont bien conservés, mais la difficulté pour les arracher de la glace fait qu’on les abîme et les brise souvent. Ces ossements sont en général gigantesques, j’ai mesuré des défenses d’ivoire de fi mètres et des fémurs de im,50.
- Parmi les ossements nombreux que j’ai vus je n'ai pu déterminer que de grands mammifères ; Le mammouth, le mastodonte, le bœuf musqué, le bison ou lmflle, l’élan, le renne, le cerf à grands bois, le mouton à grosses cornes. J'ai constaté aussi la présence du cheval. Ces derniers animaux, dont l'espèce vit encore dans les régions nord du Canada, étaient autrefois d’une taille beaucoup plus volumineuse que ceux d’aujourd’hui ; ayant chassé ces animaux dans les forets et ayant vu leurs dépouilles, elles m’ont paru bien plus petites que celles de leurs ancêtres fossiles.
- Je n’ai point trouvé d'ossements de petits animaux, cependant quelques morceaux de bois fossiles retirés de la boue glaciaire, mais difficiles à déterminer, m’ont
- Fig. “>. — Une récolte de fossiles glaciaires.
- montré les traces indubitables de puissants rongeurs.
- Le mineur ne fait pas grand cas de ces ivoires pourtant en quantité, mais il faut dire qu’ils ne sont pas blancs; de plus, ils dégagent une odeur fétide.
- J’ai constaté que ces fossiles sur place, dans la mine, étaient toujours entourés d’une boue orga-
- nique ; ces ossements glacés, amenés au jour à une température plus élevée, entraient en décomposition et dégageaient une odeur de charnier caractéristique. Il semble donc que J'animai a dù être charrié là par des rivières ou torrents, encore en chair, et a subi sur place' la décomposition froide.
- Fig. 1. — Collection d'ossements fossiles dans un camp de mineur.
- Je n'ai pu apporter qu'un petit nombre d’échantillons à cause de la difficulté du portage, mais les figures ci-jointes, d’après des photographies prisés sur place, montrent tout l’intérêt scientifique de cette étude.
- Pendant mon voyage au Yukon et en Alaska, ayant, fait part de mes recherches à M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, M. Albert Gaudrv a bien voulu en entretenir l’Académie des sciences dans la séance du 12 octobre 1905. En faisant cette communication le savant paléontologiste a ajouté :
- « Il convient de rapporter qu’en 1875 un autre voyageur français, M. Alphonse Pinart, avait fait une importante expédition dans l’Alaska et signalé la profusion des débris de mammouths. J'ai, à cette époque, communiqué à l'Académie une molaire de l’un de ces animaux rapportée par M. Pinart : scs-lames, extrêmement serrées, présentent l’exagération des caractères des mammouths. Aussi il semble que cette espèce ait eu ses traits les plus accentués dans les régions très froides. ,
- « L'accord des voyageurs des diverses nations, au sujet de l’abondance extrême des grands herbivores fossiles dans les contrées boréales, prouve de plus en plus qu’à cette époque très peu ancienne, alors que les hommes vivaient déjà depuis bien longtemps, le nord de notre planète avait un climat moins dur que de nos jours. Le régime des steppes à plantes herbacées a précédé le régime des Toundras actuelles, dont le sol profondément glacé ne porte que des mousses. » T. Obalski,
- Chargé do mission srienliliquo.
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- LA NAITRE.
- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- Depuis quelques mois on peut observer les nombreuses tentatives, faites dans les principaux centres civilisés, en vue de l’application de la photographie à l’impression d’images polychromes. Jamais, jusqu’ici, ce mouvement n’avait été aussi fortement accentué. 11 appartenait à la France, où sont nées les découvertes relatives à la photographie directe et indirecte des couleurs, de prendre une part active à cette intéressante expansion.
- I n comité d’études photoehromiques vient d’y être créé, et la première œuvre de ce groupement a été l’organisation, avec la dévouée collaboration du Photo-Club de Paris, d’une « Exposition internationale de photochromie, actuellement ouverte au Palais des Beaux-Arts de la Ville. Cette Exposition contient des spécimens des divers résultats photo-polychromes obtenus avec des procédés plus ou moins industriels, mais présentant tous un grand intérêt. Les uns plus spécialement propres à des travaux d’amateurs parce qu’ils ne sont pas susceptibles de produire rapidement de nombreuses impressions, les autres, au contraire, se prêtant au tirage d’une quantité considérable d’épreuves dans un court laps de temps, sont d’une application vraiment industrielle. Cette distinction entre les résultats des diverses méthodes, la plupart des visiteurs de l’exposition, non encore initiés à ces applications nouvelles, ne sont pas en état de la faire. Quelques courtes explications s’imposent, à leur adresse, pour qu’ils retirent d’utiles fruits de leur visite au Petit-Palais.
- Tout le monde sait bien que la photographie directe des couleurs, soit la possibilité d’obtenir immédiatement, dans la chambre noire, une reproduction en couleurs d’un original polychrome, n’est pas encore une chose courante et pratique, le merveilleux procédé de M. Lippmann, bien que permettant d’atteindre à ce résultat, est loin encore de pouvoir être appliqué à des reproductions normales; ce sont là de pures expériences scientifiques pratiquées par quelques savants et chercheurs seulement. Peut-être un jour viendra où le principe qui est la base de ce procédé pourra être appliqué d’une façon industrielle, mais nous n’en sommes pas encore là et, pour le moment, nous devons nous contenter de la méthode indirecte de reproduction des couleurs, soit d’un procédé ayant pour objet l’emploi de la photographie pour la création de clichés et de planches offrant dos modelés ou valeurs en rapport avec les intensités diverses des principales couleurs réduites à trois seulement.
- En fait, on n’obtient pas une épreuve directe en couleurs comme dans le procédé Lippmann, mais trois négatifs photographiques dont chacun a toutes les valeurs de la couleur à laquelle il correspond à l’exclusion des autres valeurs. Cet effet s’obtient avec des écrans colorés, appelés filtres de lumière, ils sont choisis ou préparés de telle façon que l’écran rouge, par exemple, n’admette à le traverser que les radiations blanches, rouges et jaunes, à l’exclusion des autres régions spectrales.
- lîn. autre filtre, qui est vert, ne laisse passer jusqu’à la plaque sensible que les radiations propres à la région médiane du spectre, soit le jaune, le vert, et le vert bleuâtre en plus du blanc. Enfin un troisième filtre, bleu celui-là, ne se laisse traverser que par les radiations spectrales dépendant des violets, bleus et blancs. On a donc ainsi trois négatifs d’égales dimensions mais dont les modelés sont différents. L’un d’eux sert à l’impression du jaune, le deuxième à celle du bleu et le dernier à celle du rouge. Ces trois couleurs suffisant absolument
- pour produire des images polychromes ayant toutes les couleurs et nuances des originaux.
- Évidemment cet ensemble de filtres colorés, de négatifs, de monochromes de couleurs diverses ainsi que leur superposition, présente une certaine somme de complications et de difficultés capables d’effrayer au premier abord ; mais, par l’examen des divers résultats ainsi obtenus, on arrive aisément à se rendre compte de la valeur pratique d’une pareille méthode.
- Laissant de coté les procédés propres seulement aux travaux d’amateurs, bien qu’ils soient fort intéressants aussi, nous nous attacherons surtout à montrer l’état actuel des applications industrielles d’une si grande importance pour l’illustration du Livre.
- Le plus généralement les imprimeurs d’œuvres photo-pol y chromes se bornent à faire leurs tirages avec, trois couleurs seulement, plus le noir du texte.
- Même pour des tirages réduits à un nombre de couleurs aussi restreint, le coût des impressions est assez élevé et la durée des impressions s’accroît de tout le temps employé au tirage de chacune des couleurs et à l’intervalle nécessaire à leur dessiccation. On comprend que, dans ces conditions, on ne puisse arriver ni vite, ni à bon marché, à produire des travaux courants. Aussi y avait-il, à cause de ces augmentations de frais et de la durée des impressions, une impossibilité de recourir à ces sortes d’illustrations en dehors des travaux de luxe.
- Les choses maintenant se sont bien modifiées. Grâce à des outils spéciaux, par exemple aux machines Lambert à quatre couleurs, on arrive à une impression simultanée des divers monochromes et du texte. La feuille blanche, mise en pinces, sort de la machine avec l’image polychrome complète et, si on le désire, avec le texte et les légendes. Douze feuilles peuvent ainsi être imprimées à la minute, ce qui donne une moyenne de 700 tirages par heure ou de 5 à 6000 dans une journée.
- On voit à l’Exposition des impressions dues à ces machines, elles ont les qualités des plus belles épreuves obtenues par tirages successifs. Désormais l’impression des vignettes en couleurs dans le texte, ainsi qu’il a déjà été tenté dans divers pays, deviendra une production normale, et les ouvrages ainsi illustrés auront bien plus d’attrait pour les lecteurs sans imposer aux éditeurs d’aussi grands sacrifices.
- Évidemment l’œuvre sera toujours plus complexe que pour les vignettes ou planches monochromes, il y aura toujours, du côté photographique comme pour la photogravure, à multiplier les opérations et les frais par trois, mais quand il s’agit d'impressions typographiques à grands tirages, ces frais se répartissent sur un très grand nombre d’exemplaires, ce qui, dans la moyenne, les réduit à un chiffre presque négligeable.
- Grâce à ces brèves indications on se rend compte de l’importance des procédés mécaniques d’impressions tri-chromes; non seulement ils peuvent actuellement fournir des résultats industriels, mais encore ils donnent des images d’une valeur incomparable, à cause du rendu photographique, c’est-à-dire d’une exactitude telle qu’elles sont, à très peu près, comparables à l’original. On arrive ainsi à produire d’admirables catalogues qui montrent les objets tels qu’ils sont.
- C’est pourquoi la plupart des fabricants d’articles spéciaux ont recours à ces images qui les dispensent de montrer ou d’envoyer l’échantillon réel. Qu’on veuille bien, par exemple, examiner les cartes de biscuits de la maison Iluntlev Palmers exécutées par la Société Lyon-
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- naise de photochromogravuro, on en mangerait, tant c’est exact ; il en est de même pour toutes les étoffes, tapis, bijoux, meubles, etc. On en viendra bientôt à former des collections vraiment précieuses de tous ces catalogues comme on en fait, bien que cela ait une bien moindre valeur, des timbres-poste, des cartes postales et des affiches.
- Le but poursuivi parles promoteurs de cette si curieuse Exposition est de créer un point de départ vers de nouveaux progrès et des applications plus générales et plus fréquentes. Il en sera bientôt des livres comme il en est des affiches, les illustrations en couleurs y remplaceront le. plus souvent celles en noir et l’on imagine aisément quels services rendra ce mode de représentation des objets à tous les arts et à toutes les sciences.
- Quelque résumées que soient les indications ci-dessus, elles suffisent pour montrer où nous en sommes et pour faire prévoir tous les progrès promis à cette si charmante application de l’art du dessin par la lumière, devenu aussi un art de peindre. Lkon Vidal.
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- IA SEINE Â BICÉTRE
- Ce n’est pas une erreur de géographie, et si la Seine se garde bien de mouiller actuellement le sol du célèbre hospice, il suffit de remonter bien peu dans le passé géologique, — de quelques centaines de mille ans, peut-être, — pour trouver à llicètre des traces indiscutables du passage de la rivière. La gravure jointe à cet article,rà l’appui de laquelle nous pourrions produire de précieuses photographies exécutées spécialement pour nous, par M. llollot, correspondant du Muséum, suffirait à le démontrer. On y voit la coupe d'une bien intéressante carrière, maintenant presque épuisée et qui a été très longtemps exploitée comme pierre à bâtir. Le calcaire grossier, ainsi qu’on l’appelle, y est recouvert de plusieurs mètres de gravier et de sable qui sont identiques pour la composition, aussi bien que pour la structure, aux matériaux que la Seine remanie sous nos yeux.
- Ce dépôt est cependant à 50 mètres au-dessus de la rivière, et tout porte à penser qu’il tapissait un lit fluvial divaguant à travers une vallée bien moins profonde que la vallée actuelle, et en même temps beaucoup [tins large, puisque sa rive opposée à celle de llicètre était du côté de Montreuil. Il va sans dire que cette différence dans les dimensions successives de la vallée n’implique pas une variation analogue dans le volume de la rivière. En comparant le diluvium de Dicêtre ou de Montreuil à celui de Cha-renton ou de Grenelle, on reconnaît d’une façon indiscutable qu’ils résultent les lins et les autres d’actions mécaniques tout à fait semblables : de filets d’eau en particulier qui jouissaient exactement de la même faculté de transport vis-à-vis des débris pierreux. Cette conclusion évidente de l’étude attentive de la structure du diluvium a un très grand intérêt, en nous faisant pénétrer dans le mécanisme des actions auxquelles la région parisienne doit les accidents du modelé de sa surface. A première vue, et avant toute réflexion, il semble naturel d’expliquer la -vallée elle-même —c’est-à-dire la dépression
- allongée au fond de laquelle coule la rivière — par une sorte de rabotage réalisé sur le sol primitivement uni, par le passage rapide d’un volumineux cours d’eau. Mais comme il arrive d’habitude (on peut dire toujours) celle évidence du premier aspect est complètement erronée et c'est pour ainsi dire le contrepied qu’il en faut prendre pour avoir une notion correcte du phénomène.
- A cet égard, cl comme dans la plupart des chapitres de la géologie, il faut se résigner à substituer au sentiment instinctif que vous inspire la vue des objets une étude patiente où doivent avoir des paris égales l’observation et l’expérience. Cette dernière, généralement négligée, et souvent même méprisée, se trouve avoir ici le rôle prépondérant dans le résultat. Rien n’est plus facile que de faire des vallées artificielles. On en voit mime se faire qu’on n’a pas cherché à obtenir. Par exemple, qu’on suive les progrès de la détérioration spontanée des allées, soigneusement aplanies d’abord, de nos jardins publics, on y verra se produire et s'accentuer, sous l’effet de la pluie, de véritables réseaux hydrographiques. A première vue, on pourra résister à l’idée d’assimiler ces effets minuscules aux grands délinéaments de notre géographie continentale. Mais en y réfléchissant et surtout en observant avec un soin suffisant, on constate que chacune des subdivisions des* plus grandes vallées, remontée jusqu’à son origine, coïncide par tous ses caractères comme par sa dimension avec les petites dépressions des allées de jardin. J)e sorte qu’on peut regarder celles-ci comme étant des embryons des vallons, et il y a dès lors d’au-lant plus d’intérêt à analyser leur mode de formation.
- Que ces dépressions soient l’œuvre de la pluie, le fait n’est pas douteux, et cependant la pluie tombant uniformément sur tout le sol de l’allée, on eût pu supposer une sensible uniformité entre tous les [joints du décapage qu’elle réalise. Mais l’expérience montre à cet égard qu'il suffit de la plus faible différence locale pour qu’un très léger excès d’eau s’y réunisse et y travaille, et à partir de ce moment à chaque instant la différence va nécessairement en s’augmentant. La dépression d’abord insignifiante s’élargit peu à peu et recueille l’eau d’une sorte de bassin hydrographique de plus en plus vaste. Tout d’abord l’eau, qui v ruisselait, disparaissait avec la dernière goutte de pluie : maintenant il faudra un temps de plus en plus long pour que le sol s’assèche après l’averse, et, pendant une durée proportionnée, on verra dans la minuscule vallée une miniature de cours d’eau.
- Or, ces faits relatifs à des surfaces infimes se répètent tout simplement, et à l’échelle, sur des bassins fluviatiles tout entiers, l'our le bien comprendre, il faut s’imaginer l’histoire dès son début, c’est-à-dire au moment où, par suite des bossellements généraux du globe, un fond de mer est soulevé au-dessus du niveau des flots. D’abord peu accidenté et même parfois tout à fait plan et régulier comme l’allée de jardin que vient de terminer le terrassier, il 11e tarde pas à éprouver l’action érosive des eaux
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- LA NATURE
- sauvages et à se diviser en régions juxtaposées dont chacune a pour axe un sillon d’écoulement. Progressivement, la profondeur des dépressions augmente, en même temps que s’élargit la surface de chacune de ces régions, les roches superficielles sont de plus en plus longtemps à se débarrasser de l'eau des pluies. 11 arrive un moment où ce délai dépasse, et de beaucoup, l'intervalle des averses, et alors, sur le thalweg, apparaît un cours d’eau permanent. De sorte que bien à l’inverse de l'opinion primitive, il convient de reconnaître que c’est réellement la vallée en se creusant qui donne naissance à la rivière. De sorte aussi qu’il n’y a plus lieu de supposer pour les rivières anciennes des dimensions supérieures à celles des courants d’aujourd’hui , et qu’à l’inverse il est démontré qu’au moins pendant une certaine période de leur évolution, les rivières augmentent en même temps que le bassin d’alimentation d’oii elles dérivent. Il arrive pourtant que, précisément en conséquence de ce phénomène, un bassin donné élargissant ses limites aux dépens de ses voisins, attire à son profit une partie de leurs eaux : la capture des rivières est un incident de cette histoire, et elle a pour suite nécessaire l’atrophie progressive et la disparition de certains bassins. D’ailleurs, le développement d’un bassin pris en particulier peut avoir des alternatives très diverses, les progrès de l’érosion pouvant s’accentuer inégalement dans des points d’abord comparables, et cela, par exemple, par la rencontre de masses rocheuses, spécialement résistantes, ou exceptionnellement délayaldes. Nous avons de tous les cùtés, en Auvergne entre autres, la trace d’anciens thalwegs qui, par les seuls progrès de l’érosion, se sont transformés en lignes de crête séparatives de vallées contiguës, et il n’en faut pas davantage pour montrer que l’érosion lluviaire ne peut atteindre un terme définitif.
- Le mécanisme du creusement des vallées amenant
- l’apparition d’un cours d'eau, et dont il est si facile de suivre toutes les étapes par de simples promenades aux environs de Paris, a, comme suite ordinaire, le remaniement incessant du sol du thalweg par le cours d’eau une fois constitué.
- Sans revenir sur ces faits, qui mériteraient d'être traités à part, il convient de faire remarquer que la carrière de Ricêtre témoigne en ce sens de vicissitudes particulièrement intenses dans le cours d’eau parisien. On voit très bien qu’à un certain moment la Seine a présenté dans celle localité de véritables
- rapides. Les progrès de l’érosion avaient amené le calcaire grossier à constituer un seuil, et sans doute y avait-il au-dessous une chute que nous pouvons supposer fort pittoresque. En effet, la surface supérieure des bancs de pierre à bâtir présente des accidents de forme tout pareils à ceux que nous offrent les lits dans lesquels l’eau emporte rapidement des pierrailles : ce sont des sillons qui sont devenus très nets après le coup de balai que nous avons donné, pour préparer le terrain au photographe et au dessinateur.
- Ce régime a d’ailleurs été nécessairement très localisé, et il n’a eu qu’une éphémère durée. Un coup d’œil sur notre gravure suffit pour montrer que le fond du lit, si énergiquement raboté un moment, est devenu bientôt propre au contraire à la réception dos matériaux sédimen-taires. Comme nous l’avons déjà dit, le diluvium s’v est accumulé sur plusieurs mètres, et avec ces délicates particularités de structure qui démontrent que la rivière avait l’allure que nous lui connaissons maintenant à sa traversée de Uaris. Nul chapitre des études géologiques n’est mieux propre que celui qui concerne l’histoire des accidents du sol en pays de plaine, pour faire ressortir le caractère lent et progressif de l’évolution terrestre. Stanislas Meunier,
- l’i'oIVssrMir (Ii- (léolo<n<“ au Muséum.
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- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- DII'LIDE I>U Dr DOYEN - ALTOSTÉRÉOQUART DE M. STEIXHEIL - FILM PACK DE EASTMANN
- TÉLÉOBJECTIF ADON DE M. TURILLON
- La plupart îles personnes qui débutent dans l'usage de l'appareil à main, trouvent une difficulté dans l'emploi de l’échelle de mise au point qui est généralement gravée sur l’appareil. L’appréciation de la distance entre l’objet et l’opérateur est une question d’éducation de l’œil qui demande un certain temps et beaucoup de pratique. 11 est vrai qu’avec des objectifs à court foyer on peut estimer que tout est au point à partir d’une distance de quatre ou
- cinq mètres; mais il y a avantage à ne pas avoir un foyer trop court, car on rachète cet avantage de la profondeur de champ, par une déformation de la perspective qui fait que les objets de premier plan prennent trop d’importance par rapport à ceux qui viennent immédiatement derrière. Il est préférable d'avoir un foyer un peu plus long, et, si l’on veut avec cela avoir une très grande ouverture permettant l’instantané par tous les temps, la mise au point
- Appareils photographiques nouveaux.
- 1. Altostéréoquart de M. Steinheil ; — i. Film Pack de la Compagnie Eastmann; — 3. Diplidc du D' Doyen.
- s’imposera fréquemment. Bien des constructeurs ont pensé qu’il était facile de combiner un viseur qui permette de faire rapidement, cette opération, et l’idée la plus simple consiste certainement à avoir une chambre stéréoscopique dans laquelle l’un des objectifs donne l’image sur un verre dépoli, tandis que l’autre, seul, sert à impressionner la plaque ; on se contente alors d’une image simple. Mais c’est perdre tous les avantages de l’appareil stéréoscopique dont le prix et le volume restent les mêmes. Pour utiliser l’objectif à la mise au point et à l’impression, on a imaginé diverses combinaisons de prismes ou de miroirs, mais peu d’entre elles sont entrées dans le domaine de la pratique. M. le docteur Boven a repris dernièrement cette idée, et, avec
- l’aide de M. Clément Maurice et de M. Gillon, il a construit un appareil « le Diplidc », dont le volume n’est pas augmenté et qui permet une mise au point très rapide; le système s’applique à tous les formats, l’appareil que nous avons représenté ici (figure n° o) est la chambre stéréoscopique du format 6x1 o.
- Le principe indiqué dans la figure schématique consiste à employer deux miroirs ; le premier À, situé derrière l’objectif, renvoie l’image au second B, fixé au-dessus de l’objectif; l’inclinaison de chacun d’eux est calculée de façon que l’image vienne se peindre sur un verre dépoli C, formant le fond d’une petite chambre noire I) placée à la partie supérieure de l’appareil et munie d’un œilleton 0. C’est lorsque les volets et l'obturateur s'interposent
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- L A N A T nu: .
- entre le faisceau lumineux et la |)la({tie sensible que le miroir À se trouve en position pour renvoyer l'image au viseur ; mais il est solidaire du mouvement de l'obturateur; dès que la mise au point et la mise en plaque sont jugées convenables, on déclenche celui-ci et le miroir, entraîné en même temps que les volets, disparait. Les rayons lumineux vont alors directement des objectifs à la plaque sensible pendant le temps qu'on a jugé convenable.
- Nos gravures, dans lesquelles on a supposé enlevé l'avant de la chambre portant les objectifs, montrent le miroir A dans les deux positions de l’obturateur : fermé et ouvert.
- Abu de permettre une mise au point rapide on a muni la monture hélicoïdale des objectifs d’une tige assez longue, terminée par une fourche dans laquelle on engage le petit doigt de la main gauche, celle-ci tenant l’appareil à hauteur des yeux en même temps que la main droite. Il suffit doue d’abaisser ou d’élever ce doigt pour faire varier la mise au point : on l’élèvera progressivement, par exemple, quand il s’agira d’un sujet en mouvement venant sur l’opérateur; on maintiendra ainsi la netteté de l'image et, lorsque sa dimension sera convenable, on appuiera sur le bouton de déclenchement placé sous l'index de la main droite. Une poignée en cuir iixée sur le côté de la jumelle permet de la tenir solidement à hauteur des yeux.
- L' « altostéréoquart » de M. Steinheil (figure n° 1 ) a été combiné de façon à permettre des usages multiples, comme son nom l’indique : il emploie la plaque 9 X 12 (appelée autrefois quart de plaque) (pii peut donner deux images stéréoscopiques de format haut fi X 9. C’est un appareil du genre Folding, ou du genre jumelle rigide, si on le préfère; il est muni de trois objectifs montés sur une mince planchette métallique. Celui du centre qui est destiné aux clichés 9 X I- a (>"',1 b de foyer; les deux autres qui sont destinés aux vues stéréoscopiques n’ont <pie 0m,85 de foyer. Les lentilles de ces trois objectifs sont montées avec les mêmes pas de vis, de telle sorte qu’il est possible de les combiner entre eux : celui du milieu, lorsqu'il est dédoublé, donne avec sa lentille postérieure seule, 0m,21 de foyer; on a ainsi à pins grande échelle les objets éloignés. Si l'on veut avoir un grand angle sur plaque 9 X 12, on monte, sur le trou du milieu, l’un des objectifs de 0m,85; son usage est indiqué pour les vues de monuments élevés ou les intérieurs. La lentille postérieure de cet objectif, employée seule, donne un foyer de 0m,L4 et si on la combine avec la lentille antérieure de l’objectif de 0m,'ir> on obtient un foyer de 0m, 10. On dispose doue, par le fait, d’une véritable trousse dont la grande variété de foyers rendra d’importants services dans les excursions. Un obturateur à guillotine, placé sur l'arrière de la planchette, sert pour les trois objectifs. La chambre du genre folding porte un soufflet d’un tirage suffisant pour permettre l'emploi du plus grand foyer; en outre, les objectifs stéréoscopiques sont montés
- sur des glissières qui permettent d'en varier la position, afin qu’on puisse obtenir des objets de petite dimension sans exagération du relief, en maintenant les points homologues à 0m,()û d’écartement. Une table, livrée avec l’appareil, indique, suivant la grandeur de l’objet, la distance à laquelle il faut la placer et l’écartement qu’il y a lieu de donner aux objectifs. On voit par ce court exposé que l'appareil répond à des besoins très divers.
- Bien que le verre soit toujours le support le plus en vogue pour la couche sensible, on voit progresser tous les jours la plaque souple qui dans ces derniers temps s’est, encore améliorée ; il est bien évident que les avantages de celle-ci sont tels que le jour où la sensibilité, la conservation et le prix, seront les mêmes que pour les plaques sur verre, ces dernières seront presque complètement abandonnées.
- Outre le poids et le volume qui sont considérablement réduits, les plaques souples ou les pellicules en rouleau offrent l’avantage de se prêter facilement à l’escamotage de la surface impressionnée pour la remplacer par une surface vierge.
- On a souvent reproché à la pellicule en rouleau de n’être pas commode à développer et certains amateurs lui préfèrent la plaque souple, plus rigide et plus maniable dans les bains. Jusqu’à présent on la plaçait dans les magasins des appareils à main dont le volume n’était pas diminué; on gagnait seulement sur le poids? et parfois le nombre des clichés à faire pouvait être un peu augmenté. La Compagnie Eastman vient d'imaginer un système d’empaquetage qui permet de supprimer tout magasin : c’est le « Film Pack » (figure n° 2). On le place dans un châssis spécial 11, d'un prix modéré, ayant environ 2 centimètres d’épaisseur, qu’on a fait ajuster pour la chambre noire qu’on possède : il se substitue au verre dépoli comme un châssis ordinaire. Le (ilm pack, qui contient 12 plaques souples, n’a que 1 centimètre et demi d'épaisseur; à la partie supérieure on voit passer des papiers noirs numérotés de 1 à 12 : chacun d’eux est collé à la partie inférieure d’une plaque souple et quand on le tire il entraîne celle-ci avec lui de façon à la faire passer derrière les autres, en se repliant sur elle-même, pour glisser sur un petit cylindre garni de velours placé au bas du paquet. On voit sur notre gravure en C la plaque (pii est entraînée et va disparaître, en B celle qui est immédiatement derrière elle et va se trouver prête à recevoir l’impression. Un papier noir sépare bien entendu chaque plaque de la suivante et se trouve entraîne avec elle. Après la dernière plaque faite, le dernier papier tiré ferme le paquet qui peut alors voir le jour. Le châssis est muni d’un volet qu'on peut refermer après chaque opération* si on désire faire la mise au point sur un verre dépoli ; dans une jumelle on peut s’en dispenser et on n’a qu’à tirer les papiers noirs les uns après les autres pour être toujours prêt à prendre un cliché. Ces papiers mis de côté servent de compteur pour savoir où en est le paquet et inscrire les notes relatives à
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- LA NATURE.
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- chaque cliché. Comme poids, comme volume, comme facilité de chargement en plein jour, comme développement, le Film Pack est certainement très avantageux pour le voyage et l’usage s'en répandra rapidement chez l'amateur quand son prix l’aura mis à portée de tous.
- L'emploi du « Téléobjectif » ne s’est pas encore beaucoup généralisé à cause du prix de ces appareils, qui se complique souvent du prix d’un objectif spécial se combinant avec eux. M. Rallmeyer, de Londres, a imaginé récemment une nouvelle combinaison qu'il nomme 1’ « A don », dont il a donné la concession pour la France à M. Turillon et dont le prix est modéré. Ce nouveau téléobjectif a l’avantage de pouvoir être associé à l’objectif qu’on possède déjà sur une chambre à main, ou autre, et il suffît de faire fileter le parasoleil pour le recevoir. On augmente par cette addition, sans modification de la mise au point, les dimensions de l’image sans changer de place. On peut aussi employer l’Adon sans l’objectif, en le montant directement sur une chambre à soufflet ; en faisant varier l’écartement des lentilles au moyen d’une crémaillère disposée à cet effet, on fait varier les dimensions de l’image. On dispose ainsi de ressources très utiles pour le paysage, le monument et même — car la luminosité de l’instrument permet l’instantané — les scènes animées qui garderont tout leur naturel si les acteurs sont restés éloignés de l'opérateur et n'ont pas soupçonné sa présence. 0. Mareschai..
- LES VARECHS
- DANS I/ALIMEN’TATION DU BÉTAIL
- Bien que nous ayons déjà cité des exemples de l’emploi des varechs et herbes marines dans l’alimentation des bestiaux, nous signalerons l’usage qu’on en fait sur une certaine partie de la côte de l'Etat du Maine, et aussi l’analyse à laquelle on s’est livré pour apprécier la composition de ces plantes et leur valeur alimentaire.
- Les analyses ont été provoquées par la Société protectrice des animaux de l’Etat du Maine, près de laquelle on avait dénoncé un éleveur de moutons d’une des îles de cette cote comme ne donnant aucun fourrage à ses animaux : l’éleveur (qu’on supposait vraiment aussi maladroit que cruel) se contenta d’envoyer des échantillons des diverses sortes de varechs qu’il faisait consommer à ses troupeaux, et qui se composaient principalement de fucus vesiculosus et de fucus evanescens, que l’on connaît parfaitement sur notre littoral, et aussi de cette ulva qu’on appelle vulgairement du nom pittoresque de laitue de mer. Les analyses exécutées dans ces circonstances ont reconnu la présence dans ces fucus de 75,9 0/0 d’eau, 2,8 de protéine, 0,4 de matière grasse, 5,5 de cellulose, 15,1 d’azote sous forme d’extrait libre et enfin de 6,5 de cendres ; pour Y ulva, les proportions correspondantes sont de 78,6, de 2,7, de 0,2, de 2,2, de 5,7 et de'10,6. Or, si l'on recherche ce qu’il en est pour cet excellent fourrage qu’on nomme la phléole des prés, on trouvera des proportions de 61,6 0/0 d’eau, 5,1 de protéine, 1,2 de matière grasse, 20,2 de cellulose, 11,8 d’azote et 2,1 de cendres.
- Bien entendu, l’eau est en quantité relativement très
- grande dans les [liantes marines, mais celles-ci supportent la comparaison avec les plantes fourragères proprement dites, au point de vue des substances réellement utilisables dans l’alimentation du bétail. b. L.
- TOILES DES FLANDRES
- Les toiles ne sont [dus [irisées comme jadis, aujourd’hui que le coton a envahi le monde entier, et qu’il donne en vérité des tissus qui peuvent presque rivaliser avec les plus belles toiles. Mais on n’a pas perdu néanmoins le souvenir de la réputation historique des toiles des Flandres, et les lins de Coudrai sont encore particulièrement appréciés par les fabricants et par les acheteurs que ne Ye-bute point un prix élevé fort justifié par des qualités exceptionnelles.
- La culture, la préparation et le commerce du lin prennent même chaque année une importance nouvelle à Coudrai. On [muerait se demander quelle est la raison de cette spécialité, et elle semble tenir en grande partie à des propriétés toutes particulières et inexpliquées chimiquement, que possèdent les eaux de la Lys, la rivière qui passe dans cette ville: elles donnent au lin une finesse de fibre qui est précieuse en filature, unie à une ténacité rare. 11 va de soi que, dans les autres pays, en Russie notamment, où l’industrie du lin tient une grande place, les industriels ont poussé leurs chimistes à analyser minutieusement les eaux de cette rivière quelque peu boueuse, afin d’y reconnaître les matières, les composés chimiques qui peuvent avoir une influence si heureuse sur le lin; mais toutes ces recherches sont vaines, et l’on ne peut que constater le fait brutal. Le phénomène est d’autant [dus curieux que les eaux de la Lys n’offrent pas les mêmes propriétés sur tout son parcours, mais seulement dans la partie de son cours qui s’étend entre Comines et Deynze; c’est du reste entre Menin et Yine-Saint-Eloy que se pratique principalement le rouissage, qui a une intensité toute particulière à moitié chemin entre Menin et Coudrai.
- Les lins rouis dans ce cours d’eau sont de plus en plus demandés definis une dizaine d’années, si bien que la récolte indigène n’est [dus seule à y être traitée, et qu’on voit arriver dans le pays des quantités énormes de fibres provenant de France ou de Hollande : disons tout de suite que le lin français est récolté dans le Pas-de-Calais et sur les bords de la Somme, presque exclusivement. A une certaine époque, oh a vu importer à Coudrai des lins de la République Argentine. La saison du rouissage dure seulement 6 mois, du 15 avril au 15 octobre, et cependant on parvient à traiter au moins 90 millions de kilogrammes de lin : on emploie pour cela de 12 000 à 15 000 ouvriers, suivant les années. Quand le rouissage est terminé, les fibres sont emmagasinées dans des granges durant l'hiver, et c’est en cette saison qu’on se livre au broyage et au nettoyage, opérations qui se font maintenant bien plutôt à la vapeur qu’à la main.
- Le lin nettoyé et prêt à filer est ensuite exporté, on peut dire entièrement sur l’étranger, Angleterre, Irlande, Allemagne, Russie, États-Unis même : la Belgique n’en garde qu’une très faible partie, et la région de Coudrai n’emploie pas du tout celui de belle qualité dans les quelques rares filatures qu’elle possède : on n’y utilise que des lins russes de basse qualité. Nous ajouterons avant de finir que presque toutes les maisons faisant le commerce du lin à Courtrai sont anglaises ou irlandaises; et que les exportations de cette fibre représentent une valeur d’au moins 50 millions de francs. P. iie M.
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- CINÉMOMÈTRE DIFFÉRENTIEL ENREGISTREUR
- M. J. Richard a construit, il y a peu de temps, un appareil spécial cpii permet de déterminer avec précision les diverses variations angulaires (pii se produisent constamment dans un tour de machine.
- .Nous connaissions déjà le cinémomètre de ce constructeur, appareil ipie l’on utilise pour connaître la vitesse angulaire desma-ehines et qui donne le quotient de l’espace parcouru divisé par le temps. Ce résultat est obtenu au moyen de deux plateaux tournant en sens contraire et entraînant, un galet (pii est déplacé par un système d’engrenage hélicoïdal et tangentiel. Mais à la suite d’études et d'essais sur la mise en marche et en parallèle de deux alternateurs, la Société internationale des Électriciens a reconnu qu’il se produisait des variations brusques de vitesse, dont il était important de connaître la valeur.
- Pille mit au concours, le 0 mai 1901, la construction d’un appareil permettant d’apprécier la valeur de 1 /250 de tour d’une machine tournant à la vitesse angulaire de 125 tours par minute.
- M. J. Richard, pour résoudre le problème, eut l’idée de construire un régulateur isochrone à réglage pratique et de faire un système cinématique qui permit d’équilibrer toutes les vitesses en les ramenant à zéro.
- Un mouvement d’horlogerie, rendu uniforme par un régulateur isochrone (fig. 1 et 2) communique son mouvement h un ensemble de deux plateaux de friction. Sur l’axe du différentiel est placée une aiguille munie à son extrémité d’une plume qui
- repose sur un tambour enregistreur. L’appareil est immobile lorsque la vitesse angulaire est régulière. Si elle augmente légèrement, l’aiguille de l'enregistreur accuse un léger mouvement de hausse. Il
- suffit de. tourner le bouton S pour ramener le système à l’immobilité. Un limbe gradué en relation avec le bouton indique la vitesse angulaire en nombre de tours et fractions de tour par seconde, tandis que le stvle de r enregistreur écrit les variations en degrés d(1 cercle. La totalité de la circonférence est représentée par une course de l’aiguille de l’enregistreur de 85 centimètres environ. Sur le papier, une course de o,5 millimètre est très visible; on voit donc que 1/250 tour est représenté
- par 5,5 millimètres.
- La manœuvre de l’appareil est simple. Lorsqu’on veut connaître la régularité d’une machine, on met en marche l’appareil seul. On s’assure ipie l’aiguille des secondes A parcourt exactement 60 divisions en 60 secondes. En cas d’avance ou de retard, on tourne avec une petite pointe d’aiguille ou d’épingle les vis qui actionnent les ressorts des masses du régulateur. L’aiguille doit marcher très régulièrement.
- On relie ensuite l’arbre de la machine avec l’axe actionnant l’arbre du train différentiel ét l’on équilibre la vitesse au moyen du bouton molleté S. Ce bouton molleté entraîne par le moyen d’une vis tan-gentielle un chariot sur lequel est monté un axe avec un pignon long d’un coté, et de l'autre un galet
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- LA \ A T IR K.
- la
- comprimé légèrement par un système de plateaux tpii sont eux-niènies commandés par le régulateur isochrone. Le pignon long commande à son tour le train diUÏTcnliol, le boulon molleté a donc pour effet
- d éloigner ou de rapprocher le galet du centre des plateaux, et de lui donner une vitesse qui puisse l'aire équilibre à celle de la machine.
- On embraye ensuite, au moyen d’une pédale à
- Fig. 5. — Vue d'easembk: du cinémomètre avec les appareils de réglage.
- ressort, l’aiguille de l’enregistreur, qui a deux patins d’embrayage, sur une roue de champ à denture très tine montée sur l’axe du train différentiel. La moindre variation se décèle par une montée guille,
- (esse angulaire de la machine augmente et par u ne baisse si celle-ci diminue.
- Pour régler cet appareil, ou a utilisé un lourd volant V (fig. o et 4), qui était lancé par une machine et qui tournait très régulièrement. On attendait que le régime s’établit : ensuite par un système différentiel, commandé par le levier L, parcourant le champ d’un cadran réglé en divisions du cercle, on créait des erreurs connues, et on pouvait ainsi vérifier les divisions indiquées par l'appareil.
- Le nouveau cinémomètre différentiel de M. J. Ri-
- chard a donc, comme on le voit par celte courte description, pour but de mettre en évidence les divers écarts angulaires variables qui se produisent continuellement, dans une machine motrice industrielle, entre sa manivelle et celle d’un moteur idéal, semblable, marchant à la même vitesse angulaire moyenne que le moteur considéré, mais suivant un mouvement r i-goureusement uniforme.
- Cet intéressant appareil, d’une construction très soignée, permettra certainement de faire dans l’industrie des observations importantes en ce qui concerne les variations brusques de vitesse qui se produisent lors de la mise en marche et du couplage en parallèle des alternateurs. J. Llroï.
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- |>A nature;
- APPAREIL D’ABSORPTION D’OXYGÈNE
- Mes recherches sur l’efficacité de l’oxygène contre le mal de Italien et le mal de montagne, recherches faites (tendant douze jours dans l’oliservatoire Yallot au Mont-Blanc m’ont permis d’apporter ma contribution à la construction d’un appareil permettant dans des conditions à la fois économiques, rapides et inoffensives l’absorption d’un oxygène pur préparé par l’électrolyse. Cet appareil consiste : 1° En un détendeur de précision et de sûreté pouvant s’adapter à n’importe quel tube à oxygène et ne laissant [tasser que 5 litres de gaz par minute, quantité suffisante dans presque tous les cas. En manomètre (f'mi-mètre) indique constamment la quantité de gaz qui reste dans le tube; 2° En un masque, ou si l'on préfère, une pipette, en métal, stéri 1 isahles, munis d’une valve d’expiration (système Eailletet) sans résistance à l’expira lion, pouvant être fixé sur le visage de l’asphyxié et permettant ainsi d’unir la respiration artificielle et les tractions
- Appareil d'absorption d’oxygène.
- rythmées de la langue aux inhalations d’oxygène. Une petite prise d’air dans le masque garantit le mélange d’air et d’oxygène à 50 pour 100, proportions préconisées par P. Bert. 5° Le malade ne pouvant absorber de l’oxygène pendant son expiration, un petit sac en baudruche, placé entre le tube et le masque, forme une sorte de réservoir dans lequel le gaz s’écoule pendant l’expiration, donc (tins de perte. Pour faire fonctionner l’appareil, il n’v a qu’à lever une petite manette, après avoir ouvert le tube par sa vis de fermeture; on arrête le courant d’oxygène en baissant la manette. Ce même appareil peut être employé pour l’inhalation de différents médicaments, appelés et entraînés par le courant d’oxvgène, et notamment (tour la chloroformisation. Le mélange d’oxygène au chloroforme donne chez les malades très faibles ou chez les cardiaques des résultats remarquables.
- Grâce au même détendeur, les ouvriers mineurs, les sapeurs-pompiers et les scaphandriers pourront emporter sur eux la provision d’oxygène suffisante pour travailler pendant une ou deux heures dans n’importe quel milieu irrespirable, (l’est la réalisation d’un des contes de Jules Verne promenant au fond de l’Océan les passagers du « Naulilus » ayant sur eux leur provision d’oxygène. L’air expiré étant débarrassé de son acide carbonique par de la potasse granulée, le même air peut servir pendant ‘2 heures pourvu qu’un courant d’oxygène continu de 2 litres par minute remplace l’oxygène déjà utilisé par la respiration, (let appareil respiratoire est en ce moment à l’essai au régiment des sapeurs-pompiers de l’aris et donne de très bons résultats. l)r Gl'ulieduxetti.
- Exposition florale. — L’exposition des Heurs de la Société Nationale d’Horticulture aux serres de la Ville de Paris est chaque année en nouveau progrès. (Juelle féerie et quel goût dans l’installation! En 1904, c’était merveilleux. Les amateurs de belles fleurs ne pouvaient quitter ce véritable paradis. Beaucoup d’espèces nouvelles, rhododendrons de toutes nuances, azalées, roses incomparables, dahlias, orchidées; puis les jolies plates-bandes des fleurs démodées dans toute leur splendeur : anémones, renoncules, soucis, asters, véroniques, valérianes, saxifrages, pieds d’alouette, primevères, pourpiers, pavots, résédas, pervenches, digitales, verveines, héliotropes, capucines, bleuets, calcéolaires, campanules, muguets, pavots roses, etc. Et tout à admirer dans l’Exposition du Jardin colonial ; sur le quai les lis japonais, sur les bas-cùtés, les fruits, les grappes de raisins, les grosses fraises forcées, etc. L’arrangement général était encore mieux réussi qu’en 1905. On se demande chaque année comment on pourra faire mieux l’année suivante et l’on y arrive. Cette véritable fête des fleurs a conquis la vogue : elle attire tout le Paris élégant.
- Densités des gaz solidifiés. — Poursuivant les belles études dont nous avons eu plus d’une fois l’occasion de relater les résultats, M. James Itewar, professeur à P Institution royale de Londres, vient de déterminer la densité de l’oxygène, de l’azote et de l’hydrogène à l’état solide. Les deux premières ont été prises à la température de l’hydrogène liquide, la dernière au moment de la solidification de ce dernier corps, entre les températures absolues de 15° et de 14°, c’est-à-dire à 200° au-dessous de zéro; les résultats de ces mesures sont les suivants :
- Corps. Densités.
- Oxygène........................... 1,425
- Azote......................... 1,026
- Hydrogène......................... 0,076
- 11 est intéressant de remarquer que, 1 kg d’eau contenant 890 gr. d’oxygène et 110 gr. d’hydrogène environ, le volume d’oxygène solide correspondant est de 0,624 litre, et celui de l’hydrogène liquide de 1,448 litre, soit, au total, 2,072 litres. L’eau se forme donc, en partant de ses composants solides, c’est-à-dire ramenés à leur volume minimum, avec une contraction de plus de moitié.
- Nouveaux Timbres de Corée. -— Au moment où la guerre allait éclater entre la Russie et le Japon, la direction des ateliers chargés de la fabrication des timbres, boulevard Brune, à Paris, venait d’envoyer en Corée toute une série de nouveaux timbres coréens. Cette série comprend treize valeurs de deux « rins » à deux dollars. Ces timbres diffèrent par les dimensions, les inscriptions et les couleurs. Ils portent tous un dessin représentant un faucon violet au centre de la vignette. Ce faucon tient, dans sa grille droite, un sabre coréen, et dans l’autre un globe terrestre sur lequel on distingue la Corée et une partie du Japon. Voilà une série de timbres qu’il sera difficile de se procurer et qui va faire quelque bruit dans le monde des philatélistes.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 mai 1904. — Présidence de M. Mascabt.
- Formation des minerais de vanadium. —"Le seul minerai de vanadium répandu dans la nature est, observe M. Bitte,.le vanadate de plomb; les autres vanadates sont
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- LA N AT U HE.
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- plutôt des minéraux que des minerais. Mais le vanadium est très répandu en minime proportion dans les minerais de fer, les grès schisteux cuprifères et dans quantité d’autres roches. Les eaux pluviales qui pénètrent dans le sol désagrègent ces roches, leur enlèvent le métal; les eaux aérées donnent des solutions d’acide vanadique ou de vanadates peu soluhles. Au contact des minerais de plomb, céruse, galène, anglésite elles abandonnent du vanadate de plomb qui, sous l’influence d’une élévation de température ou de pression, petit cristalliser dans l’eau pure ou dans l’eau chargée soit d’acide carbonique, soit de sels ammoniacaux tels que les nitrates du sol. Le vanadate de plomb aisément fusible se mélange à d’autres vanadates (de cuivre, de zinc, de chaux) qui prennent naissance en même temps que lui et se déposent sur les parois siliceuses ou calcaires des liions.
- Émission des rayons N. — M. E. Becquerel présente une Note de M. J. Becquerel relative à l’émission des radiations N. Il a déjà démontré que les rayons émis normalement ne sont pas identiques à ceux émis tangentiel-lement. De son côté, M. Blondlot a montré qu’un morceau de quartz ou de brique insolé émet dans l’obscurité des rayons N dans la direction normale et des rayons Nj dans l’autre direction. Les rayons N provoqués par la compression produisent sur une surface, au point de vue de l’émission, le même effet que si on la comprimait. Les rayons N, qui correspondent, au contraire, à une dilatation agissent également sur une surface absorbante, mais en sens inverse, dépendant ees deux espèces de rayons ont les mêmes propriétés optiques quoique d’ailleurs ils agissent différemment sur la vision.
- L'i raréfaction de l'oxygène et la respiration. — M. Chauveau résume un travail de M. Tissot sur l’effet physiologique de la raréfaction de l’oxygène. Ses expériences présentent, par rapport à celles qui ont été pratiquées lors de différentes ascensions, cette particularité que l’on a isolé en quelque sorte l’action de la raréfaction de l’oxvgène par rapport à l’action de la diminution de pression atmosphérique. M. Tissot fait respirer au sujet un mélange d’azote et. d’air enfermé dans un gazomètre. La respiration se fait au moyen d’un masque à double soupape dans lequel le mélange gazeux est amené ; le gaz expiré est refoulé dans un autre gazomètre où il est puisé et examiné. La teneur en oxygène a dans une série d’expériences été abaissée à 12,25 pour 100, 10,05 pour 100, 10,25 pour 101) et 0,00 pour 100. La plus forte tenem correspond à l’altitude de 4285 mètres et la plus faible à l’altitude 0415. Dans tous les cas la quantité de gaz absorbé est restée sensiblement égale à celle qui est absorbée dans l’atmosphère normale, c’est-à-dire voisine de 220 centimètres cubes par minute. On peut donc dire qu’il n’y a aucun changement dans les combustions intraorganiques. L’expérience a duré chaque fois une demi-heure et- n’a occasionné qu’un peu de céphalée, mais a provoqué des vertiges lors de la reprise de la respiration d’air ordinaire.
- Limite de ta vitesse des ballons dirigeables. — M. Maurice Lévy résume un mémoire de M. le colonel Bénard dans lequel se trouve précisée, pour la première fois, une des conditions de la navigation aérienne. Les ballons dirigeables ont, dit-il, une vitesse critique pour laquelle leur coefficient de stabilité longitudinale s’annule. Aux approches de cette vitesse le dirigeable est pris de mouvements de tangage et se renverserait au moment où la vitesse critique serait atteinte. Celle-ci est d’ailleurs relativement faible, 8 à II mètres par seconde suivant le
- type du ballon ; elle est inférieure à celle qui serait nécessaire jMuir rendre ces ballons pratiquement dirigeables. Elle est inférieure à la vitesse que les moteurs légers actuels permettraient d’obtenir ; par suite, en l’état des choses, la difficulté du problème n’est plfis dans la construction du moteur. Un nouvel obstacle apparaît : l’instabilité longitudinale des ballons. Des expériences, faites à Chalais, ont permis de mesurer le couple perturbateur qui tend à écarter le ballon de sa jmsition d’équilibre quand son axe de révolution s’écarte d’un angle, de la direction du courant d'air. Bar une analyse complète du problème, M. le colonel Bénard établit les formules qui donnent, pour un ballon, la valeur de ce couple ainsi que celle du couple stabilisateur et celle du couple de rappel. Cette dernière valeur permet de calculer la vitesse critique. La connaissance complète de la nature et de l’intensité des forces en jeu permet à l’auteur d’étudier une solution du problème, solution qu’il fera connaître ultérieurement.
- Photographie des couleurs. — M. Mascart dépose, au nom de MM. Auguste et Louis Lumière, une Note décrivant une méthode nouvelle de photographie des couleurs. La photographie est obtenue par une seule épreuve et par un procédé différent de celui dù à M. Lippmann. MM. Lumière recouvrent une plaque de verre d’une couche de grains microscopiques de fécule colorés en rouge, jaune et vert; l’intervalle' des grains est bouché avec de la poudre de charbon de bois. Un étend ensuite une couche sensible de gélatino-bromure et on reçoit l’image au travers de la glace. On fait enlin disparaître l’argent.
- Cu. de Villedeuie.
- PENDULE ROULANTE
- Nous avons déjà parlé à maintes reprises des pendules mystérieuses. Nous avons en particulier donné, il y a quelques années, la description d’une clepsydre constituée par un cylindre complètement fermé et percé d’un trou central. Dans ce trou on enfile mie broche autour de laquelle s’enroulent deux fils verticaux. Lorsque les lils sont enroulés on abandonne le cylindre à lui-même et, au lieu de dégringoler à terre comme on pourrait s’y attendre, il descend lentement en indiquant l’heure par l’extrémité de la broche sur une échelle disposée le long de la descente.
- Le ralentissement du mouvement de chute du cylindre est obtenu au moyen de l’écoulement de l’eau enfermée dans le cylindre, lequel est divisé en compartiments qui se vident successivement les uns dans les autres, en maintenant le centre de gravité du système légèrement en arrière du plan des cordelettes de suspension.
- Dans la pendule roulante de M. Brault, que nous représentons ici, il y a également une question de centre de gravité qui intervient pour empêcher la pendule posée sur un jdan incliné de se précipiter au bas de la rampe; mais l'heure n’est pas donnée directement par la position de la pendule sur le plan. Elle l'est par un mouvement ordinaire muni d’échappement à cylindre, marchant dans toutes les positions, et sur un cadran ordinaire à deux aiguilles.
- Et ce mouvement reçoit du poids de l’ensemble la force nécessaire à son fonctionnement, force régularisée par l’échappement comme dans les pendules
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- Il)
- LA NAIT R K.
- ordinaires. On peut donc dire que la pendule de M. Brault est une pendule à poids. Et son poids c’est le sien propre.
- L’appareil se compose de deux plateaux réunis par un petit cylindre dans lequel est logé le mouvement qui pivote en son centre. Les canons des aiguilles traversent le plateau d’avant qui tourne dans la descente, comme celui de derrière, tandis que le cadran
- et le mouvement restent sensiblement immobiles, par suite du mode de suspension.
- A l’intérieur du tambour et à la partie postérieure du plateau d’avant se trouve calée une roue dentée A, laquelle engrène avec un pignon B faisant partie du mouvement de la pendule. C’est en cette roue et en ce pignon que réside le mystère.
- Lorsqu'on a placé le tambour au-dessus du plan
- Fig. 1.
- Pendule roulante..
- incliné, sa pesanteur le pousse en avant. Mais ce mouvement lui-même tend à entraîner en arrière le pignon B et le contrepoids équilibrant C destiné à assurer la verticalité de la pendule. Le centre de gravité se trouve par suite reporté légèrement en arrière du plan de suspension du système, d’où tendance à l’arrêt sur le plan incliné.
- Mais alors le fonctionnement de l’échappement, sous l’action du contrepoids C qui tend à reprendre sa position normale, ramène peu à peu ce contrepoids en avant permettant à nouveau au tambour de descendre quelque peu sur la pente. L’alternative des déplacements du contrepoids en arrière et en avant permet ainsi à la fois au système de fonctionner normalement en donnant l’heure sur les aiguilles du cadran et de descendre lentement le long du plan incliné.
- Il est facile de calculer les éléments qui inler-\icnuent dans ces déplacements de façon à donner au plan l’inclinaison et la longueur voulue pour qu'on ait simplemement chaque malin à prendre sa pendule au bas de la pente, cl non encore arrêtée, et à la replacer en haut, afin d’avoir l’heure régulièrement sans jamais avoir besoin de remontage. 11 n’y a, en
- effet, pas de ressort et le fonctionnement n’a pas lieu lorsque la pendule se trouve sur un plan horizontal. Elle se tient alors cependant dans sa position normale, grâce au contrepoids équilibrant qui a son centre de gravité dans la verticale après quelques légères oscillations. Pratiquement, avec un plan incliné de 55 centimètres de longueur et une hauteur totale qui ne dépasse pas 25 centimètres, le système fonctionne 48 heures au moins.
- M. Brault a construit des pendules de ce genre dans lesquelles le cylindre, qui réunit les deux plateaux et enferme le mouvement, ne mesure pas plus de 10 centimètres de diamètre et 6 centimètres d’épaisseur. L’absence de ressort a permis de réduire ainsi le mouvement aux proportions d’une pendulette.
- De sorte que tout en étant une des plus intéressantes et des plus originales parmi les pendules mystérieuses, celte petite machine constitue, je crois qu’on le peut dire, une des horloges à poids qui tiennent le moins de place. L. Reyerciiox.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauuue, rue de Fleurus, 9.
- Schéma de la pendule roulante.
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- N° HÏ20. — 1 I JUS HMH.
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- DON DU CHATEAU DE LANGEAIS
- A L'iASTITüT
- Le 1 i novembre 1905, M. et M‘ue Jacques Siegfried adressèrent une lettre à trois académiciens, avec lesquels ils sont en relations personnelles, pour les informer qu’ils avaient l'intention de faire don de leur château de Langeais à l’Institut de France.
- Saisie de cette généreuse proposition, la Commission administrative centrale, qui représente le pouvoir exécutif de l’Institut, s’entoura de tous les renseignements nécessaires à la formation de son opinion, et finalement se prononça en faveur de l'acceptation de la donation. Dans sa séance plénière du
- 125 mars 1904, l'Institut ratifia les propositions de la Commission administrative et accepta le don de M. et Mmc Siegfried. Pour que l’Institut devienne propriétaire du château de Langeais, il faut encore que le Conseil d’Etat l'autorise à accepter la donation.
- Le château de Langeais est situé dans le département d’Indre-et-Loire et dans l’arrondissement de Chinon, à 24 kilomètres de Tours. C’est un beau monument d’architecture militaire du temps de Louis XI, qui a d’ailleurs été probablement reconstruit sur l’emplacement d’un château encore plus ancien puisque l'une de ses tours, appelée « le Donjon », passe pour remonter au ixe siècle. Comme on peut s’en rendre compte d’après notre gravure, il
- Le château de Langeais (Judre-el-Loirc).
- a un aspect imposant. Il a, en ces derniers temps, été habilement restauré par M. Roy, architecte attaché à la Commission des monuments historiques. 11 renferme un véritable musée de meubles et d’objets de la Renaissance et du Moyen Age.
- Divers événements historiques se sont passés dans ce château, mais il en est un sur lequel il faut particulièrement insister : le mariage de Charles \TII et d’Anne de Bretagne.
- L’hostilité qui régnait entre les rois de France et les ducs de Bretagne devint sous Charles VIII particulièrement violente. Le jeune roi continuait la politique de Louis XI, qui avait conçu l’espoir d’annexer la Bretagne à la couronne. Au mois d’aoùtl491, l’armée royale assiégeait la ville de Rennes, où résidait la jeune duchesse Anne, fille du feu duc François II.
- 32“ aimo‘. — 2“ semestre,
- Considérant la situation politique désespérée de la Bretagne, ses conseillers engagèrent la duchesse à mettre fin à cette lutte ruineuse pour son duché en unissant la Bretagne à la France par son mariage avec le roi. Anne, qui était déjà fiancée à Maximilien, le futur Empereur, qui portait alors le litre de roi des Romains, résiste d'abord, puis finit par se rendre aux instances doses conseillers. Charles VIII entre à Rennes : dès sa première entrevue avec Anne le mariage est décidé, et le château de Langeais choisi comme résidence nuptiale.
- Le 15 décembre 1491, dans la grande salle de Langeais le contrat de mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne fut dressé en deux exemplaires, l’un en français, l’autre en breton. Puis le môme jour et dans la même salle, où un autel avait été
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- LA NATURE.
- élevé, le mariage fut célébré par l'évèque d’Albi. Arme, qui était habituellement vêtue simplement, avait tenu à se parer d’habits magnifiques.
- Cet événement, qui réunissait à jamais la Bretagne à la France, a été capital dans notre histoire. Qu’on se représente, en effet, la situation de la France, au xvie siècle, si Anne avait épousé Maximilien, et si, par conséquent, la hretagne avait été unie par ce lien à l’Allemagne. Voit-on Rennes et Nantes occupées par des garnisons allemandes ! C’est à Langeais, que ce danger a été écarté, et c’est pour garantir ce château, où se sont passées de si grandes choses, contre tous les hasards de destruction que M. et Mme J. Siegfried en ont fait don à l'Institut.
- Les possesseurs actuels s’en sont réservé l’usufruit leur vie durant. Pour couvrir les frais d’entretien, ils ont au don du château même joint celui d’une rente annuelle dedix mille francs. Fnlin, au moment où il entrera en jouissance, l’Institut recevra un capital de cent mille francs, dont il emploiera les arrérages à son gré. Une autre fondation de l’Institut, la fondation Rebrousse, a été constituée dans le même esprit, et a déjà notamment permis à M. et à Mme Curie de poursuivre leurs expériences sur le radium, à la Société de l’Histoire de France d’entreprendre la publication des « Mémoires » de Richelieu et facilité d’autres œuvres scientifiques ou littéraires. Il faut donc louer M. et Mmc Jacques Siegfried non seulement de la générosité de leur don, mais encore de la manière dont ils l’ont conçu. Henri Dehkrain,
- Docteur ès lettres, sous-bibliothécaire de l'Institut.
- LE DÉFICIT DE LA PRODUCTION DES ROIS
- On commence, au moins dans les milieux économiques, à se préoccuper d’une véritable disette de bois d’œuvre qui nous menace dans un délai plus ou moins rapproché. La raison en est simple : à l’exception d’un petit nombre de contrées, comme rAutrichc-Ilongrie, la Suède, la Russie d’Europe, la Finlande, la N’onvège et la Roumanie, loûles les puissances européennes, et avec elles l’Asie, l’Australasie et le continent Sud-Américain, importent plus de bois qu’elles n’en exportent, ce qui veut dire qu’elles c.msomment plus qu’elles ne produisent. Encore, parmi celles dont le chiffre d’exportation dépasse l’importation, c’est, chez plusieurs, en N’onvège, en Finlande, en Roumanie, aux dépens du capital sur pied, c’est-à-dire en exploitant chaque année plus de matériel ligneux que le sol n’en produit.
- L’Asie, sauf l’Inde anglaise qui n’importe que pour un peu plus de ‘2 millions et exporte pour près de 1(> millions, ne peut fournir en matière ligneuse que des produits insignifiants, les forêts de la Sibérie, pour des motifs à exposer plus loin, ne pouvant entrer en ligne de compte, et le Japon, pays abondant en forêts, ne suffisant pas à sa propre consommation.
- Les immenses forêts vierges de l’Afrique équatoriale, au sein de leur luxuriante végétation, ne contiennent que très peu d’arbres propres à faire du bois d’industrie; et, disséminés parmi d’innombrables végétaux sans emploi pratique, ils exigent, pour être atteints, un travail et des frais hors de proportion avec leur valeur intrinsèque. En outre, les cours d’eau qu’on pourrai! utiliser pour
- leur transport n’arrivent à leur embouchure qu’après une longue suite de cascades ou de rapides qui mettent, à longue distance de la mer, un obstacle insurmontable à la navigation. Dans l’Afrique du nord-ouest, les montagnes de l’Atlas contiennent quelques restes de forêts exploitables mais qui suffisent à peine à la consommation locale. L’Afrique australe contient plus de pâturages et de mines d’or que de forêts, et la colonie du Cap ne produit pas même un cinquantième des bois qu’elle consomme.
- Les parties méridionale et centrale de l’Amérique, tant pour des causes analogues à celles de l’Afrique équatoriale que pour insuffisance de leurs forêts exploitables, ne peuvent être d’aucune ressource. Le Mexique importe près de cent fois autant de bois « qu’il n’en produit » (car il n’en exporte pas); et l’Argentine importe plus du double de la valeur des bois qu’elle exporte. Quant à l’Australie, et à la Nouvelle-Zélande, leur étendue boisée, relativement minime, marche à une destruction rapide par le fait du pâturage sans frein ni mesure des moutons.
- Reste la grande ressource des Etats-Unis et du Canada. Mais avant de faire intervenir ce facteur, établissons par quelques chiffres l’importance du déficit dans la production ligneuse.
- La valeur totale des exportations des six États ou contrées de l’Europe désignés plus haut, s’élevait :
- En 1898 à la somme de................ 711270 000 fr.
- Et celle des importations, à......... 53 712 000 fr.
- D’où un excédent ou surabondance de 077 504 000 fr.
- Mais si maintenant nous réunissons d’une part le total des importations de tous les pays du monde, le continent nord-américain et la Sibérie exceptés, de l’autre le total de leurs exportations, nous trouvons :
- Total des importations. . 1 415 022 000 fr.
- Total des exportations. . 195 090 000 fr.
- D’où un déficit de. . 1 219 932 000 fr.1
- Reste, disions-nous tout à l’heure, la grande ressource
- des Etats-Unis et du Canada. Accordons auparavant quelques lignes à la Sibérie que nous avions réservée. Cette immense contrée ne possède de forêts dignes de ce nom que dans les chaînes de montagnes qui la limitent au sud et ont leur prolongement à l’est, dans la région et au nord du Raïkal. Ces forêts n’ont jamais rien exporté dans la direction de l’Occident, et le développement de la population locale, qu’amènera la création du chemin de fer de Moscou à Yladivostock, suffira à assurer la consommation sur place. 11 n’v a donc pas à compter sur la production forestière de la Sibérie.
- Il faut savoir d’autre part que, dans toute l’Amérique du Nord, Union ou Dominion, les forêts ne sont pas à proprement parler exploitées; elles sont saccagées. On y va chercher du bois comme de l’eau à la rivière, sans règle, sans méthode, sans mesure ; on les défriche à l’aide de puissantes machines qui, après l’abatage, soulèvent et arrachent souches et racines comme à vue d’œil. Quelquefois on y met le feu pour créer plus rapidement des pâturages, ou simplement même, d’insouciants touristes, pour se procurer la vue d’une belle flambée! Ni lois, ni règlements n’y font rien : l’habitude et les mœurs
- 1 Tous ces chiffres sont déduits d un important et remarquable travail de M. le conservateur des Eaux et Forêts Mé-lavil, publié à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900. Pour les établir il a eu la constance de dépouiller les comptes de douane et les statistiques officielles des Etats civilisés du monde entier, et d'en extraire des chiffres donnant des moyennes aussi exactes que possible.
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- publiques sont [dus tories et détient toutes contraintes. Voilà trois siècles que les 200 millions d'hectares des forêts île l'Union sont soumises à ee régime : elles ne peuvent y résister indéfiniment.
- La dévastation des forêts du Dominion est moins avancée, n’ayant commencé que depuis un siècle ; mais elle marche peut-être avec plus de rapidité. Leurs 525 millions d’hectares sont peuplés très principalement en conifères ou bois résineux qui ne «‘poussent pas de la souche, qui, exploités sans réserves, ne sont [tas réensemencés, et qui, lorsque, éclate un iueendie, sont une proie exceptionnellement favorable au feu qui dévore parfois des districts entiers, l à aussi on en verra fatalement la lin. Les statisticiens évaluent à cinquante ans d’ici le moment où celte disette de bois commencera à se faire sentir. Mettons le double, soit un siècle : il n’en reste pas moins qu’un moment viendra où une crise économique fort grave pourra résulter de la pénurie des bois d’œuvre et de construction. U. de Kiuwan,
- Inspecteur tics forêts en retraite.
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- LÀ MIGRATION DES OISEAUX
- DANS LA GRANDE-BRETAGNE ET EN IRLANDE
- En 1880, l’Association Britannique institua une commission chargée d’étudier la migration des oiseaux dans la Grande-Bretagne et en Irlande. Cette Commission vient de terminer son enquête et nous en donnons, ci-dessous, le résumé, d’après « Nature ».
- Cette enquête a clairement démontré que la plus grande partie des oiseaux chanteurs de la Grande-Bretagne, tels que les merles, les alouettes, les sansonnets et autres espèces qu’on considérait comme ne quittant jamais le pays, n’y viennent, au contraire, que pendant l’été, comme l’hirondelle et le coucou. Us partent vers la fin de l’été jiour le sud de l’Europe et nous reviennent vers la fin de février ou le commencement de mars.
- Au point de vue géographique le fait le plus intéressant est la migration alternative qui se fait entre les côtes sud-est de l’Angleterre et les rives opposées du continent, en automne dans la direction de l’ouest et au printemps dans la direction de l’est. Chaque jour, vers la lin de septembre cl pendant tout le mois d'octobre, lorsque le temps est favorable, des volées d’alouettes, de sansonnets, de pinsons, de moineaux, de corneilles, franchissent la partie sud de la mer du Nord, [tour se diriger vers l’embouchure de la Tamise, les côtes du comté de Kent et celles du comté de Norfolk, jusqu'à l’IImnher. Une migration inverse a lieu au printemps. Ces migrations ont toujours lieu pendant le jour.
- Afin de pouvoir vérilier plus complètement ces migrations, un des membres de la Commission s’installa pendant cinq.semaines dans l’automne 1905 sur le feu flottant de lventish-Knock, situé en pleine mer à 52 milles des côtes du comté d’Essex et là il a pu déduire de ses observations que tous ces oiseaux émigrent de l’Europe centrale. Après avoir suivi le cours de la Meuse, du Rhin et de l’Escaut ils quittent les rives de la Hollande à l’embou-clmre de ces fleuves, <( en route » pour leurs quartiers d’hiver. Quelques-uns passent l’hiver en Angleterre, d’autres continuent jusqu’en Irlande, d’autres enfin abandonnent nos côtes sud pour des contrées [dus méridionales. Il n’y a aucun doute que la plus grande partie des oiseaux qui ne quittent pas la Grande-Bretagne, hivernent cependant, à une latitude plus septentrionale que celle de leur s‘jour estival.
- Au point de vue météorologique, les observations ont
- permis d’établir une certaine corrélation entre les migrations et les phénomènes météorologiques. Ainsi on a observé que chaque migration en automne, de l’Europe centrale vers les côtes anglaises, correspond à une distribution des pressions atmosphériques amenant beau temps sur la mer du Nord entre la Scandinavie et la Grande-Bretagne.
- Durant un séjour de un mois au phare d’Eddystone, pendant l’automne 1901, on a étudié l’influence du temps sur la migration des oiseaux qui traversent la Manche. \ Un n’observait aucun départ- lorsque le temps semblait douteux et l’influence du vent parait être la caractéristique principale de la migration. La direction ne [tarait [tas avoir une grande influence, car des migrations dans la direction du sud se font avec le vent venant de divers points de l’horizon. Mais il en est autrement quant à ce qui concerne la vitesse du vent ; aucune migration n’avait lieu lorsque cette vitesse dépassait 45 km à l’heure. A la vitesse de 55 km on voyait quelques isolés restant en détresse et à celle de 04 km les seuls oiseaux pouvant lutter contre cette vitesse étaient les hirondelles et les martins. Ces observations ont été confirmées au feu flottant de Kentisli-Knock.
- L’étude de ces migrations présente de très grandes difficultés, notamment en ce qui concerne les émigrations par ce fait que, sauf quelques exceptions, celles-ci ont lieu pendant l’obscurité. Ainsi, au phare d’Eddystone, où il était possible d’observer ces émigrations presque aussitôt après le départ du rivage, on a trouvé qu’au moins 90 pour 100 de ces migrations à travers la Manche avaient lieu la nuit. 11 est certain que ces migrations pendant la nuit sont la règle lorsque l’étendue de mer à traverser devient considérable. 11 y a, cependant, comme nous l’avons dit, une exception à cette règle. Toutefois, il a été constaté à Eddystone et au feu flottant de Kentish-Knoek que les migrations de jour ne s'appliquaient qu’à quelques espèces d’oiseaux. B. B.
- L’AIR DU MÉTROPOLITAIN DE LONDRES
- Le Dr Scott Tebb vient de publier récemment le résultat de ses recherches sur l’air du métropolitain dans le faubourg de Soutwark. Ges résultats seront intéressants à comparer avec ceux du Laboratoire Municipal sur le Métropolitain de Daris.
- La partie du sou terra in de Soutwark est formée de larges conduites d’acier, parallèles, de 10à 11 pieds et demi de diamètre, ensevelis à une profondeur de 47 à 100 pieds au-dessous de la surface du sol, suivant le trajet. Il n’y a dans ces tunnels aucun système de ventilation artificielle; le renouvellement de l’air est opéré par les différences de température de l’air du souterrain et de l’air extérieur et par la circulation des trains.
- Les examens faits par M. Tebb en janvier et février derniers ont donné les résultats suivants. La température de l’air sur les quais du tunnel était de 61° Fahrenheit (10,5 G.) contre 45 Fahrenheit (0 à 7° G.) dans la rue. L’humidité relative de l’air était de 84 pour 100 contre 76 pour 100 à ciel ouvert.
- Au point de vue bactériologique l’air des rues est notablement [dus nocif que celui du souterrain ; tandis que l’on trouve dans le premier 459 germes bactériens, le même volume de l’air de la voie ferrée n’en donne que 114.
- L’acide carbonique dans l’air de la rue est à la dose de 5,1 à 4,5 pour 10 000 parties d’air ; sur les quais du tunnel, la proportion augmente : elle est de 7,9 pour atteindre jusqu’à 11,0 dans l’intérieur des wagons. l)r A. G.
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- LA N ATI'HL.
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- L’ART FACTICE CHEZ L’ABEILLE DOMESTIQUE
- LA. CIRE GAUFRÉE
- Hans les concours agricoles et même horticoles, l’apiculture a généralement aujourd’hui sa place marquée, et ce n’est que justice. Car trop longtemps on a méconnu l'importance des précieux services que nous rend chaque jour l’aheille. Elle donne à l’hygiène alimentaire un produit de premier ordre : « le
- miel », à l’industrie, la « cire));elle concourt largement en agriculture à la fécondation des Heurs, à tel point qu’aujourd’hui, en Amérique, toute exploitation agricole comporte des ruches. A tout cultivateur intelligent l’aheille apporte, presque sans dépense, un surcroît de bénéfices et ne lui demande
- Fig. 1. — Moule et calibre servant à diriger les abeilles dans leurs constructions fantaisistes (construits par M. Poinery).
- A, planchette amorcée ; 15, calibre ; C, lettre terminée.
- en échange que peu de soins. Aussi les expositions apicoles se multiplient et chacun s'efforce d’y présenter de son mieux les produits du bienfaisant insecte. Une des attractions à laquelle ont souvent recours
- Fig. 2.
- faire cela V Sans doute par quelque procédé de moulage comme ceux qu'on emploie dans la pâtisserie.
- Pourtant un examen plus attentif montrerait au visiteur qu’il est en présence d’objets formés de cellules de cire pleines de miel, fermées par leur opercule naturel, telles que les montrent les rayons pris dans une ruche. Les lettres qui composent ces inscriptions sont en effet construites entièrement par les abeilles, et par elles seules remplies de miel.
- les apiculteurs consiste en tableaux représentant leur nom ou quelque devise faits de lettres en rayons de miel. Le public s’y arrête et après quelques instants s’éloigne, en se demandant : comment peut-on bien
- ‘ Fig. 5.
- Mais elles n’ont fait là nullement preuve d’art ni d’intelligence, et ont obéi aveuglément à la volonté de leur maitre, à qui le mérite en revient tout entier. Il a su choisir le moment ou elles éprouvaient le besoin impérieux de construire des cellules pour emmagasiner leur précieux produit alors abondant, et les obliger par un adroit subterfuge à donner à leurs constructions la direction qu’il lui a plu de leur imposer. C’est par l'emploi de la « cire gau-
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- LA NATURE.
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- Fig. i. — Latlros construites par les abeilles et remplies de miel operculé.
- cas OU elle est
- Fig. 5.
- fréc » qu’il arrive à son but; mais qu’est-ce que la cire gaufrée? C’est de la cire en lames minces qui offrent des impressions ayant la forme que présente le fond des cellules dans les rayons de l’abeille. Un l’obtient par un moulage dans un gaufrier (lig. 5) ou par laminage d’une feuille de cire entre deux cylindres gravés (fig. 2) présentant l’un en creux, l’autre en relief la forme du fond des cellules (fig. 6).
- Cette feuille do cire, si elle doit être de dimension restreinte,est obtenue en trempant dans un bain de cire fondue une planche ayant
- préalablement séjourné dans l'eau. Dans 1 la feuille doit être de grandes dimensions fabriquée par d’autres moyens comportant un matériel spécial qui permet de lui donner une longueur indéfinie. La cire gaufrée a réalisé un des plus grands progrès de l’apiculture moderne.
- Elle lut inventée en 1857 après de persévérants essais par Jean Merhing, apiculteur bavarois. Un Suisse, Pierre Jacob, améliora ensuite la presse de Merhing, et,en 1865, Steele, de Jersey, importa la cire gaufrée aux États-Unis, où en 1876 Root fit construire par Wastburne une machine à cylindres, et Remploi de la cire gaufrée se répandit rapidement à travers le monde.
- Un de ses plus grands avantages étant d’obliger l’abeille à construire en suivant les indicat ions qu’on lui donne, on en profite pour lui faire édifier ses rayons bien droits et bien parallèles, ce qui permet de les retirer facilement de la ruche, et d’en vider le contenu au moyen d’appareils à force centrifuge appelés « extracteurs ». On obtient ainsi
- avec une rapidité surprenante un miel pur et limpide, et cela sans briser les rayons (pii sont remis dans la ruche, où les abeilles les remplissent de nouveau, économisant pour cette nouvelle récolte le temps qu’elles auraient mis à construire de nouveau; c’est tout bénéfice pour l’apiculteur.
- 11 suffit donc de suspendre par le haut, dans les cadres, ces feuilles de cire gaufrée pour que les abeilles se hâtent de les utiliser en construisant les parois
- HH,
- H
- Fig. 0. — Fragment d'une feuille de cire gaufrée de grandeur naturelle.
- latérales des cellules pourvu que la cire employée à la fabrication des gaufres soit absolument pure, faute de quoi elles ne s’en serviraient pas et chercheraient à les jeter, en les déchiquetant, hors de la ruche. C’est cet empressement des abeilles à suivre les indications que leur impose l’apiculteur qui est utilisé par celui-ci pour les contraindre à bâtir en donnant à leurs ravons les formes les plus imprévues. Il suffit n\|)/'//?////I7i| tfïïjK pour cela de fixer
- iillt 'WÈËUIIj/m perpendiculai r e -ment sur une planchette des lames de cire gaufrée en les collant avec de la colle forte ou de la
- cire fondue; on les entoure ensuite d’une sorte de moule ou calibre ne laissant autour d’elles que juste l'espace nécessaire h l’abeille pour construire ses cellules et pouvoir circuler. La largeur la plus convenable à donner à cet espace est indiquée par celui qu’on
- observe dans les ruches entre les rayons. Le tout est placé dans une hausse de ruche sens dessus dessous (c’est-à-dire la planchette en haut) et les abeilles ne tardent pas à s’y installer. La figure 1 montre la planchette A garnie de lames de cire gaufrée ou « amorcée », puis le calibre R et en C l’ensemble du moule au moment où les abeilles viennent de terminer la construction de la lettre E. Dans la figure A,
- les lettres obtenues isolément ont été réunies au moyen de vis posées par-derrière, sur une planche unique. Généralement on garnit le dessus des planchettes, pour cacher les joints dans l’intervalle des lettres, avec du drap ou du velours. Quant à la figure 5 elle représente une inscription creusée par les abeilles dans un rayon de miel. Elle a été obtenue en recouvrant ce rayon d’une mince feuille métallique (ou même de papier) découpée. Les abeilles sont venues désoperculer les cellules correspondant aux parties à jour et les vider de leur miel, après quoi on a enlevé la feuille formant calibre. Et voilà comment les abeilles, simples ouvrières de l’homme, deviennent artistes malgré elles et construisent parfois leurs gâteaux de miel dans des formes vraiment curieuses : couronnes, étoiles, fleurs, imitations de
- - Lettres creusées par les abeilles dans un rayon de miel dont elles ont désoperculé et vidé les cellules.
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- LA NAITRE.
- fruits, par exemple, qu'on obtient d'elles au moyen de moules compliqués et en s’armant surtout d'une grande patience, car les complications rebutent souvent le laborieux insecte et il faut parfois, avant d’obtenir le résultat désiré, tenter bien des essais. A.-L. Clément,
- Vice-président (le la Société centrale d'apiculture et de zoologie agricole.
- LES AMPUTATIONS MULTIPLES
- Les survies après amputations de deux membres ne sont pas Unit à fait exceptionnelles. La Chronique médicale en a publié de curieux exemples et le Dr Delon dans sa thèse en avait relevé un assez grand nombre de cas. Quand le blessé n’a pas été trop affaibli par le choc ou l’abondance de l’hémorragie, on peut arriver à le sauver au prix d’une grave mutilation.
- Plus rares sont les cas de survie après la perte des fjnat.ro membres. Quelquefois l’intervention est nécessitée pour une gangrène, suite de gelure; le plus souvent ce sont les effroyables accidents de chemins de fer qui obligent à cette terrible alternative, la mort ou le salut probable avec la perte de tout ou partie des quatre membres. Le chirurgien n’a pas à choisir; il doit chercher à sauver la vie du blessé coûte que coûte, quelque cruelle que soit plus tard la vie, dans ces conditions de mutilation qui font de l’opéré un rival de l’homme tronc.
- Un des cas les plus anciens, j’entends d’amputé des quatre membres guéri, est cité dans le journal « The Lancet )) en 1870. Une femme dut être opérée des quatre membres par suite de gangrène, elle survécut.
- Le I)r Treinaine a publié dans le « New-York medical Journal » un cas de guérison après l’amputation des deux mains et des deux pieds pour gelure.
- Le Dr Malbot a relaté dans l’« Anthropologie » (1897, si je me souviens bien) l’observation d’un portefaix kabyle qui fut broyé par un train. On dut lui faire subir l'amputation des deux bras, d’une cuisse et de la jambe du coté opposé. Il guérit et retourna dans son douar.
- En 1898, le l)r William fit l’amputation des deux avant-bras et des deux pieds chez un blessé d’accident de chemin de fer.
- Voici enfin un cas tout récent (que je trouve dans le « llritish medical Journal ») d’un jeune pécheur (29 ans), tombé en état d’ivresse sur la voie clu chemin de fer près d’Albert Dock et broyé par un train. Recueilli à Ilull Royal Infirmary il dut subir, après qu’on l’eut remonté par des transfusions de sérum, l’amputation des deux avant-bras, de la cuisse gauche et de la jambe droite. Pour éviter la prolongation de cette terrible intervention et le choc qui devait eu résulter, deux chirurgiens opérèrent simultanément l’un les membres supérieurs, l’autre les inférieurs. Le malade se releva peu à peu et guérit.
- Je ne crois pas qu’il existe beaucoup d’exemples de ce genre; ils donnent une idée de la résistance de l’organisme dans certains cas. 11 m’a paru intéressant de noter d’aussi curieux cas de traumatismes graves. Dr A. Cartaz.
- AÉRONAUTIQUE
- LA COMMISSION PERMANENTE INTERNATIONALE
- d’aéronautique
- Le titre est un peu long. Il désigne une réunion des hommes les plus autorisés et les plus compétents en aéronautique, dans tous les pays. Cette Commission est l’éma-
- nation du Congrès d’aéronautique qui s’est tenu à Paris, au cours de l’Exposition universelle de 1900. Elle prolonge en quelque sorte l’action de ce congrès et est chargée de préparer celui qu’il conviendra de réunir au bout de quelques années, quand les progrès réalisés en justifieront l’opportunité. En attendant, c’est un lien qui réunit en communion d’idées tous les adeptes de la jeune science et aussi les nombreuses sociétés qui se créent un peu partout pour en favoriser le développement.
- Aux termes de son règlement, la Commission vient de renouveler son bureau et les noms des nouveaux élus suffisent à montrer que toutes les nations y sont représentées par des personnalités choisies parmi les plus compétentes et les plus capables d'apporter un concours effectif aux travaux de cette Commission.
- Le nouveau président est le colonel Charles Renard, succédant à M. Janssen, nommé Président d’honneur. Les vice-présidents sont : MM. Hergesell, le savant champion de l’aéronautique allemande; Chanute, dont les expériences ont fait faire un si grand pas à l’aviation, en Amérique ; Drziewiecki, l’éminent ingénieur russe ; le Lieutenant-colonel Strohl, de l’armée fédérale suisse, de la Valette, dont les noms sont trop connus chez nous pour qu’il soit utile d’insister. Le secrétaire-rapporteur est M. Surcouf, toujours actif et dévoué lorsqu’il s'agit d'aéronautique. Les secrétaires sont MM. le Lieutenant-colonel Espitallier, Guillaume, du bureau international des poids et mesures, le chevalier Pesce, Ingénieur-Conseil à l’ambassade d’Italie.
- La méthode de travail de la Commission a consisté dans la répartition des grandes questions générales entre un certain nombre de sous-commissions dont quelques-unes ont déjà pu mener à bien leur tâche. C’est ainsi que la réglementation des concours, qui offrent un si grand intérêt pratique, a pu aboutir à des conclusions aussi nettes que pleines de sagesse et fournira un guide sûr aux organisateurs de ces importantes manifestations sportives.
- Dans l’ordre scientifique, il convient de citer les travaux de la sous-commission du point en ballon devant laquelle se dressaient les problèmes techniques les plus difficiles peut-être de la navigation aérienne.
- Le marin a, pour déterminer sa position géographique sur le sphéroïde terrestre, des moyens qui font défaut à l’aéronaute, des instruments qu’il est bien difficile d’emporter dans l’étroite nacelle d’un ballon où le moindre excès de poids est un radical empêchement à l’ascension.
- S’il est relativement facile, avec de bonnes cartes, de suivre sa route, tant qu’on reste en vue de terre, nul n’ignore qu’il suffit d’un séjour au milieu ou au-dessus des nuages, pour perdre le fil conducteur et ne plus s’y reconnaître lorsque l’on reprend contact par les yeux, si l’on peut dire, avec l’écorce terrienne.
- On peut aborder le problème de diverses manières et essayer tout d’abord de reconnaître le terrain sous-jacent, alors qu’on ne l’a jamais vu, non pas seulement par la comparaison de sa configuration avec le dessin que les cours d’eau, les routes, les chemins de fer, les agglomérations urbaines figurent sur les cartes (car on ne peut songer à emporter toutes les cartes à grande échelle de l’immense étendue qu’un ballon peut parcourir au gré des vents) ; mais, au moyen d’une description méthodique, des points remarquables de cette configuration, résultant d’un groupement d’indications faciles à reconnaître, comme celles que fournit l’anthropométrie pour l’homme.
- dette méthode, préconisée par le comte de la Valette et précisée par lui avec un grand talent sous le nom de topo-
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- mensie, est appelée à fournir l’aide la plus précieuse au navigateur aérien ; mais elle exige le groupement d’un nombre considérable de fiches topoplastiques. C’est un travail énorme qui ne pourra s’accomplir que de proche en proche et au prix de concours nombreux et acharnés.
- La détermination astronomique du point est « a priori » d’une application plus générale. On conçoit bien qu’il ne doit pas être impossible aux citoyens momentanés de cet astre errant qu’est un ballon de déterminer sa position dans l’espace en observant les autres astres, la terre dont il est l’humble satellite, le soleil ou les étoiles, suivant qu’il fait jour ou nuit. Mais, outre qu’un pilote aéronautique n’est pas toujours doublé d’un astronome, le problème se complique de difficultés, comme nous l’avons dit, que le marin lui-même, naviguant sur un plan bien défini, 11e connaît pas.
- 11 faut créer de toutes pièces des méthodes nouvelles et des instruments nouveaux.
- Ces instruments sont de deux genres. On sait, en effet, qu’on peut déterminer la position d’un point de l’espace soit en le rattachant à plusieurs astres, soit en relevant la hauteur d’un seul astre et l’angle azinmlhal. 11 faut donc à la fois un instrument susceptible de donner la hauteur de l’astre et un compas donnant les orientements. Malheureusement les appareils usités sur mer offrent de nombreux inconvénients dans la nacelle d’un ballon. En particulier les oscillations des boussoles en rendent la lecture à peu près impossible et il est également difficile de constituer l’horizon artificiel qui serait nécessaire |H>ur la mesure des hauteurs.
- Grâce cependant aux savants éminents que la sous-com-mission du point en ballon a groupés dans son sein, la solution du problème est sinon complète, du moins en bonne voie. En particulier, la collaboration de M. Favé, ingénieur hydrographe en chef de la marine, et de M. Carpentier, le constructeur bien connu, nous a dotés des instruments qui faisaient défaut jusqu’ici. Ces appareils ont été présentés à la Société de physique et à l’Académie des sciences. Ils comprennent tout d’abord une boussole pourvue d’un système amortisseur grâce auquel l’aiguille s’arrête à peu près instantanément dans sa position d’équilibre.
- Cet amortisseur est d’ailleurs applicable à beaucoup d’autres instruments et, d’une manière générale, à tous ceux qui comportent l’emploi d’un équipage mobile de faible inertie et qui, écarté de sa position d’équilibre, n’y revient qu’après de longues oscillations. Les boussoles sont du nombre et l’on sait combien « les observations sont lentes, peu précises, pénibles et parfois même impossibles par la difficulté d’amortir le mouvement de l’organe qui sert aux mesures », ici, l’aiguille ou la rose.
- Joule avait déjà appliqué, en 1845, à une boussole des tangentes, un dispositif ingénieux en utilisant comme amortisseur le frottement d’une tige de verre sur l’air; mais le procédé ne put recevoir d’autres applications parce qu’un seul fil ne pouvait dissiper qu’une faible quantité d’énergie.
- MM. Favé et Carpentier ont songé à multiplier le nombre des fils amortisseurs et ont étudié la disposition la plus avantageuse de ces fils autour de l’axe ou du centre de rotation où ils sont fixés par une de leurs extrémités. Ils forment en quelque sorte soit une étoile plane, soit une crinoline conique que les auteurs comparent aux houppettes ou parachutes dont la nature a doté certaines graines pour leur permettre de, se soutenir dans l’air et d’aller au loin propager les espèces. « En intéressant un
- volume d’air suffisamment étendu, ces amortisseurs barbelés éteignent les oscillations de mobiles qui n’ont plus besoin d’être réduits à une masse insignifiante. »
- Ce résultat n’a pas été atteint sans toute une série d’expériences délicates et laborieuses grâce auxquelles ils ont pu établir la loi du phénomène, les conditions du maximum de rendement et 1’ « influence du voisinage » sur l’entrainement de l’air : il faut entendre par là qu’il y a des limites dans le rapprochement des fils entre eux ; on sait bien, en effet, que s’ils constituaient un véritable disque, ce disque se déplacerait dans l’air sans produire aucun amortissement ; de même il ne, faut pas que leur extrémité libre soit trop rapprochée de la paroi fixe de l’instrument.
- On emploie des fils de verre extrêmement ténus — quelques centièmes de millimètre — et cela suffit pour que l’aiguille aimantée, fortement écartée de sa position première, y revienne et s’y arrête presque instantanément.
- Le même procédé d’amortissement a permis de construire l’appareil destiné à la mesure des hauteurs angulaires d’un astre. MM. Favé et Carpentier sont revenus à la vieille astrolabe de nos pères; mais ils en ont fait un instrument aussi ingénieux dans son organisation que merveilleux d’exécution. On sait qu’un pareil instrument, doit avoir une de ses parties rigoureusement horizontale ou rigoureusement verticale. Ici c’est la verticale qu'on choisit. Un fil à plomb semble devoir y suffire, mais à la condition qu’il n’oscillera pas. 11 lui faut donc très peu d’inertie et que, malgré cela, on amortisse ses oscillations. La tige de ce pendule est un mince fil de verre et la masse pendulaire est une perle pesant quelques déei-grainmes. Le tout fait partie d’une roue en fil de verre avec un grand nombre de rayons de même matière, formant amortisseur.
- Tout l’ensemble peut tourner autour d’un axe monté sur pivots durs, dans un cadre divisé qui porte une lunette. La visée permet de voir à la fois l’astre et, grâce à un miroir convenable, la division sur laquelle le pendule est arrêté et qui indique la hauteur de l’astre.
- Ces divers instruments, s’ils sont susceptibles de rendre de grands services dans la navigation aérienne, trouveront également leur application dans la pratique maritime, dans la topographie, et dans une foule de, circonstances qu’il serait trop long d’énumérer. Ils constituent une solution fort ingénieuse d’un problème pratique difficile et font le plus grand honneur aux savants qui les ont réalisés. L-polonel G. Espitaixier.
- LES APPROCHES DES HAUTS YIADUCS
- ET LES TRACÉS EN SPIRALE
- 11 y a peu de temps1, on signalait ici les services que peuvent rendre les tracés souterrains en spirale, ce qu’on nomme les tunnels hélicoïdaux, pour l’établissement des voies ferrées, là où le terrain est trop mouvementé pour permettre aux chemins de fer de se développer à l’air libre suivant des courbes plus ou moins douces, le long des flancs des montagnes.
- Cette solution ingénieuse d’une des grandes difficultés que rencontre l’ingénieur, a évidemment l’inconvénient d’être coûteuse, puisque le kilomètre de tunnel hélicoïdal revient fort cher ; mais elle s’impose parfois, et actuellement même on y recourt
- 1 Yoy. lu n° 1610 du 2 avril 1904, p. 279.
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- L A N A TL HK
- jtour une des lignes d’accès du tunnel du Simplon. En effet, on poursuit l’achèvement de cette ligne de I)omod-I)ossola à Iselle, sur le versant italien de la nouvelle percée transalpine, et cette section, sur ses 57 kilomètres seulement de longueur, offre une déclivité assez considérable. Connue on ne voulait pas dépasser un maximum de rampe de 18 à 20 pour 100(1, ce qui est bien suffisant pour un parcours où circuleront des convois internationaux, on s’est vu dans la nécessité de recourir à un tunnel en hélice. Cet ouvrage a 5000 mètres de long et se trouve à Varzo, près du Continent du torrent Cairasea avec la Diveria; il est fait pour 2 voies et est établi avec une rampe de 18 p. 1000 et un rayon de 500 m.
- 11 est évidemment assez logique d’adopter le tracé en hélice plus ou moins continu là où les alignements,
- raccordés par quelques courbes, ne sont pas possibles, et c’est un procédé analogue à celui des charpentiers qui ont substitué l’escalier tournant, presque uniquement pratiqué aujourd’hui, à l’échelle de meunier. Il est étonnant qu’on ne songe pas plus souvent à appliquer cette idée, comme on vient de le faire [jour le haut viaduc qui franchit le Mississippi à llastings, dans l’Etat Américain de Minnesota.
- On voulait que le tablier de ce pont fut très'surélevé au-dessus du plan d'eau du ffeuve, et l’on était alors obligé de recourir à ces longs viaducs d’approche qui sont ordinairement employés en pareil cas, pour offrir un plan incliné à rampe douce aux véhicules voulant franchir le pont. On sait combien est gênante à tous égards cette pratique, ainsi que cela se présente, par exemple, pour le pont de Brooklyn à
- Houle en spirale sur piliers métalliques (llastings).
- New-York. Aussi, à ce que nous apprend « Scientific American », un habitant de la ville, M. JohnC.Meloy, intéressé à ce qu’il en fût autrement à Hastings, eut-il l’idée de conseiller l’établissement d'approches affectant la disposition de rampes hélicoïdales métalliques, montées sur piliers également en métal.
- C’est ce que représente notre gravure. Le terrain sur lequel s’élèvent les deux spirales a été transformé en parc et les attelages gagnent facilement le niveau du pont, une pente sagement étudiée ayant été ménagée sur les deux rampes d'accès. I). B.
- GORGES DU CIYNS ET DU YERDON
- ALPES MARITIMES ET MASSES ALPES
- Pour mémoire seulement et comme légende des vues ci-contre, je voudrais indiquer que les admirables gorges des Alpes calcaires de Provence ne
- sont pas assez parcourues par le touriste en quête de beaux spectacles; les alpinistes de Nice et de Marseille les connaissent à peu près seuls, mais n’ont point encore réussi à y attirer, selon leurs mérites, la foule des visiteurs non régionaux; il appartiendrait au Touring-Club de provoquer ce mouvement. Aussi bien les accès sont-ils facilités maintenant par les petites voies ferrées du sud de la France. A Touet de Beuil, entre Nice et Puget-Téniers, débouche la grandiose coupure du Cians avec sa double série de cluses : l’inférieure, dans le crétacé, profonde par endroits de 500 mètres et aux murs découpés en lames de scie par quelque Durau-dal surnaturelle, avec, ça et là, un ravin latéral débouchant du haut du plateau et une cascade de quelque six cents mètres de dégringolade; la supérieure, toute rutilante dans les grès rouges du trias, moins profonde, mais plus étroite, si bien que, sur un point, on n'y voit pas clair sur la route qui
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- LA MATURE.
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- y passe en quasi tunnel. Le débouché d'amont de ces indescriptibles défilés est, au pied du mont Mounier, à Reuil, d’où une route, peut-être équivoque pour les automobiles, mais qu’en voiture légère j’ai parcourue avec une admiration de chaque
- minute, passe et descend vers Guillaumes à travers des vallées arides et des pentes sauvages, impressionnantes comme certains défilés du Caucase. Puis, pour rejoindre en une boucle complète le haut Yar et Puget-Théniers, c'est la crevasse de Daluis, toute
- l'ig. 1. — Gorge 'lu Cians profondeur : 500 mètres.
- pourpre aussi, creuse de 500 mètres, si verticale cl restreinte que nul chemin n’en a pu suivre le fond et que d’en haut seulement il faut se borner h y jeter un coup d’œil stupéfié.
- Enlin, par Castellane, de longs, mais non monotones myriamètres de bonnes roules, conduisent sur le terroir des Basses-Alpes, parmi les merveilles du
- Fig. 2. — Gorge du Venlon ; entrée du grand canon profondeur : 700 mètres.
- Yerdon, aux quatre canons successifs, le deuxième étant le plus grand, encaissé, à son entrée, de 700 mètres à pic entre ses falaises crétacées, avec 30 mètres de largeur à la base et moins de 200 au sommet. Il est un homme qui connaît à fond toutes ces incomparables beautés, — dignes rivales, si on les visitait, des canons du Tarn, des cluses du Jura,
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- LA NAÎTRE
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- dos gorges de l’Aude, — c’est M. Armand Janet, ancien ingénieur de la marine à Toulon et amateur passionné de toutes les curiosités du sol ; il a tenté même, non sans péril, de descendre en bateau démontable le grand canon du Verdun que personne jamais n'a parcouru; sur ses gracieuses indications j’ai pu récemment m’émerveiller toute une semaine dans ces préalpes de Provence, et en revenir convaincu que M. Janet rendrait un réel service public en éditant tout ce qu'il sait et tout ce qu’il a cherché, dans cet te région méconnue1, sous la forme d’un volume entier que les lecteurs trouveraient trop court et qui serait une révélation absolue. J’empiéterais sur ce travail, depuis trop longtemps projeté et espéré, si j’en disais davantage; on me laissera indiquer seulement que sur la rive droite du grand cafton du Yerdon les traces de son ancien lit (sans doute tertiaire) s’observent nettement jusque vers 1000 mètres d’altitude, aux abords de la Palud et (pie le canon actuel a « capturé » cet ancien lit par des fissures du calcaire où l'écoulement actuel a lieu 000 mètres plus bas que jadis. Au printemps de 1002 des études d’utilisation hydraulique du courant du Yerdon étaient en cours de ce coté : j’ignore quelle suite leur a été donnée. Certain projet de barrage devait, dit-on, faciliter l’exploration du fond du canon,... mais peut-être aussi en altérer la magnificence !
- Pratiquement il est recommandable de partager en deux séries ces excursions : la première, de Nice, comportant le Cians, Beuil, Guillaumes, Daluis, En-I revaux et retour à Nice, avec telles additions latérales que requièrent la Tixée etlaYésubie. La seconde, formant une boucle complète de et à Draguignan : dans cette boucle, ou verra au départ de Draguignan le dolmen de la Pierre de la Fée et le petit canon de la Nartuby qui prélude au confluent de la rivière d’Ampus et ceux du Yerdon ; avant Comps, à la traversée de l’Artaly, les intrépides marcheurs pourraient faire halte et, en une rude journée, descendre, avec absence .à peu près complète de chemins, le canon de plus en plus creux de cette rivière, jusqu'à son confluent avec le Yerdon, où, selon M. Janet, se présente.une échappée de droite et gauche colossalement écrasante, à un canal rectangulaire du . Verdun ; au pied même de Comps, un tout menu défilé calcaire encaisse encore l’Artaly en un délicieux paysage. Par le pittoresque site de Trigome on descend dans le val de Jabron, en suivant toujours le parcours projeté du futur chemin de fer de Draguignan à Castellane, pour le quitter au Pont de Soleils et suivre dès lors la. première gorge du Yerdon. La deuxième ne laisse voir que son entrée et son isthme à moins que, de la Palud, on ne grimpe sur la crête de la rive droite pour y jeter un regard vertical et profond de 700 mètres. Moustiers-Ste-Marie, fabri-
- 1 A la Pentecôte do 1904, une excursion du Club alpin, sous la conduite de M. A. Janet, vient précisément de visiter ces merveilles : souhaitons (pie ce voyage contribue à bâter la publication de ce livre.
- que morte de faïences à fond usé, n’est qu’un détour de quatre kilomètres vers un ravin que ceux d'Amalfî n’éclipsent point. A l’entrée d’un troisième canon du Yerdon (gorges de Baudinard), Fontênie-lYvêque fournit une des plus puissantes venues d’eau de la France, mais pas une vraie source, car elle ramène au jour les infiltrations du plateau troué d’avens, qu’on nomme le Plan de Loupiers ; et Marseille aura sans doute des déboires hygiéniques si elle réalise jamais le projet, depuis longtemps caressé, de capter cette résurgence pour son alimentation. Quinson, le quatrième canon du Yerdon, vaut d’être parcouru quelques kilomètres, le long du canal d’irrigation (pii part de là vers la Basse-Provence ; enfin le retour, par Cotignac et la cascade de Sillons, montre, comme à Barjols, à Salles-la-Source et à Turbie, quelle puissance peuvent atteindre les dépôts de tufs, que les eaux souterraines extraient des fissures du calcaire pour les évaporer au dehors par le mécanisme de résurgences en formelle cascades. Tournée grandiose, qu’on ignore trop! F.-A. Martel.
- L’HUMIDITÉ ET LA SALPÊTRISATION
- DES MURS
- L’humidité des murs est, sans contredit, la cause première d’un nombre considérable de maladies quelquefois graves, elle rend inhabitables l’hiver la plupart des maisons de campagne et beaucoup de rez-de-chaussées en ville, elle provoque les rhumatismes et les fluxions de poitrine, elle fait en un mot le bonheur des pharmaciens, mais le désespoir des propriétaires.
- Les murailles humides sont dégradées, horribles, elles tombent en décrépitude comme un vieillard mal soigné tombe dans l’enfance, elles transforment en des ruines des maisons récemment bâties, elles sont recouvertes de moisissures et favorisent le développement de tous les microbes dangereux.
- Peut-on lutter contre l’humidité, vaincre cette véritable plaie du bâtiment ? Les architectes n’osent se prononcer, car ils n’ont guère éprouvé que des insuccès, mais les chimistes et les biologistes sont moins sceptiques et je vais indiquer les méthodes dont ils proposent l’application. Les causes de l’humidité persistante sont apparen tes lorsque la maison est construite sur un terrain très aqueux, lorsque les fondations, par exemple, atteignent ou traversent des nappes d’eau, il est alors indiqué de séparer les appartements des sous-sols par des milieux isolants; toutefois on ne comprend pas aussi facilement pourquoi l’eau ruisselle sur les murs jusqu’à une hauteur de deux ou trois mètres lorsque la maison est bâtie sur une éminence et de fait le phénomène qui donne naissance à cette humidité est de nature assez complexe. L’immeuble est-il situé dans le voisinage d’écuries ou de tas d’immondices; les murs sont-ils dégradés; le plâtre de mauvaise qualité ; il n’en faut pas plus pour réaliser un milieu inhabitable. On constate avec stupeur que les papiers peints se décollent, que les peintures et les crépis s’effritent avec une grande rapidité et que l’eau dét»uit, rouille tout, alors que le voisin ne souffre d’aucun de ces graves inconvénients.
- Dans ce dernier cas (c’est le plus fréquent) on se trouve en présence d’une action à la fois chimique et
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- microbienne. Le plâtre étant de qualité inférieure il contient non seulement du sulfate et du carbonate de calcium, mais aussi des sels alcalins ; le mur dégradé, ne fùt-ce qu’en un point, réalise un milieux jaireux, c’est-à-dire éminemment propre aux oxydations ; d’autre part toutes les fermentations de matières animales, telles que les putréfactions, la fermentation uréique, etc., donnent naissance à de l’ammoniaque et à des sels ammoniacaux facilement dissociables. L’ammoniaque se condense dans le mur et il y rencontre deux ferments oxydants associés, le ferment nitreux et le ferment nitrique. Les microbes nitrificateurs, découverts et étudiés par Pasteur, Schlœsing et Müntz, sont en effet tellement répandus qu’on peut dire qu’ils se trouvent partout. Au contact des bases alcalines et alcalino-terreuses qui forment le mur, le ferment nitreux transforme l’ammoniaque en azotites, le ferment nitrique peroxyde les azotites et donne les nitrates. En réalité le ferment nitreux commence l’oxydation et fournit un produit intermédiaire, le ferment nitrique parfait l’œuvre ébauchée.
- Ces réactions sont possibles, je le répète, dans tous les endroits, mais elles sont d’autant plus rapides que les murs sont plus dégradés, car à l’influence oxydante des ferments vient, dans ce cas, s’ajouter celle de la porosité, les milieux poreux possédant la propriété de condenser les gaz et en particulier l’ammoniaque.
- La formation de nitrates, nitrate de potassium ou salpêtre, nitrates de sodium et de calcium aura pour résultat presque immédiat la condensation sur le mur d’une grande quantité d’eau. Ces sels sont en effet extrêmement solubles, efflorescents et déliquescents. A cause de sa solubilité excessive le nitrate de sodium ne peut être employé dans la fabrication des poudres. Les nitrates de calcium, de strontium et de baryum utilisés en pyrotechnie sont aussi assez difficiles à conserver à l’état sec.
- La lutte contre l’humidité sera donc presque toujours la lutte contre le salpêtre, contre les nitrates et nous comprenons maintenant que pour empêcher la salpêtrisation des murs il faille éviter leur porosité et détruire les ferments oxydants,
- On rend les murailles impropres à la vie et à la multiplication des ferments nitrificateurs, et à l’ascension de l’eau par capillarité en les imperméabilisant et en les isolant du terrain sur lequel elles reposent. Pour réaliser ces deux opérations il sera bon d’asseoir les matériaux de construction sur une aire de béton ou de ciment, puis d’interposer tous les 50 ou 00 centimètres une matière qui ne soit pas traversable par l’eau, une feuille de tôle vernissée par exemple. On emploie aussi avec succès le coaltar et mieux encore l’asphalte. Le revêtement extérieur sera toujours fait avec un enduit contenant de la paraffine : cette substance ne possède, il est vrai, aucun pouvoir antiseptique, mais elle empêche à merveille l’accès de l’air et, par conséquent, de l’oxygène à l’intérieur du mur. Les ferments oxydants étant évidemment anaérobies ne pourront plus vivre dans la muraille et, « a fortiori », fixer sur les sels ammoniacaux un élément qui n’est pas en leur contact. J’indiquerai aussi comme excellentes pour les travaux intérieurs dans les maisons humides les peintures vernissées « sans huile » et très fluides, car elles pénètrent profondément dans les plâtres et y déposent des matières solides ou même des antiseptiques qui bouchent les pores.
- Le sulfate de cuivre possède de remarquables propriétés stérilisantes qu’il faudra mettre à profit pour détruire les microbes nitrificateurs, il ne faut pas oublier que ce
- corps rend tous les jours de grands services à l’agriculture et ne présente aucun danger d’empoisonnement pour les hommes et les animaux domestiques. Le sulfate de cuivre tue rapidement les parasites delà vigne et, en général, de tous les végétaux et joue peut-être aussi le rôle d’un engrais; malgré son prix élevé il est employé concurremment avec la créosote pour la conservation des bois de construction et du matériel de ferme.
- Tous ces procédés constituent, en réalité, plutôt des mesures préventives que des modes de guérison de la salpêtrisation. 11 y a cinq ou six ans M. Vallin fut le premier à proposer l’application de la méthode pastorienne à la défense des murs contre le nitre, il assimila en somme un phénomène microbien à hase minéralogique à une maladie animale. S’il est vrai, en effet, que les ferments nitrificateurs sont très répandus dans la nature, les ferments dénitrifiants existent aussi et défont ce que font les premiers comme leur nom l’indique. Le fumier de cheval, par exemple, perd très rapidement une partie de ses propriétés fertilisantes parce que les ferments dénitrifiants qu’il contient transforment les composés, de l’azote en ammoniaque qui s’échappe partiellement au moins dans l’atmosphère surtout en l’absence de dissolvants aqueux. M. Vallin eut donc l’idée originale de provoquer la rencontre de ces deux microbes ennemis dans les murs à sauvegarder et de stériliser ainsi la place par extinction des combattants; voici le mode opératoire qu’il indique :
- On commence par enlever tous les dépôts de nitrate de la muraille qu'il faut guérir et préserver pour l’avenir, puis on lave à l’eau chaude afin de dissoudre les derniers restes de matières salines. Lorsque le mur est à peu près sec, on le badigeonne ou on pulvérise avec quelques litres d’une culture active de microbes dénitri-ficateurs obtenue en traitant par l’eau les crottins de chevaux. On recommence l’opération deux ou trois fois, puis on sèche définitivement et on applique sur le mur une nouvelle couche de plâtre.
- Scientifiquement cette méthode est bonne, elle s’appuie sur des théories intéressantes et méritait d’être à nouveau signalée, pratiquement elle présente le défaut d’être d’une application assez difficile.
- Avant de terminer cet article, sans pouvoir, hélas ! donner une conclusion absolue, je tiens à faire remarquer le rôle déplorable que joue le papier peint dans la lutte contre l’humidité. 11 est inutile et même ridicule de coller du papier peint sur un mur humide ou même légèrement salpêtré. A-t-on jamais vu, en effet, conserver des sels très solubles comme du salpêtre, du nitrate de soude ou du chlorure de calcium dans des sacs en papier ? Au bout de quelques minutes le sac serait percé, un liquide sirupeux coulerait de tous les côtés et formerait avec le papier une bouillie sale. J’insiste donc sur ce point, lorsqu’un mur est très humide on doit avant de le décorer, le revêtir de-deux ou trois couches de peinture et d’un enduit prolecteur à base de paraffine. Joseph Girard.
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- PROGRÈS DE L’ËLECTROMËTALLURGIE
- DU FF,R
- Dans un Mémoire présenté à la Société Électro-chimique Américaine, M.M. Ruthenburg a appelé l’attention sur quelques récents progrès réalisés dans son procédé électrométallurgique. Le haut fourneau, présentant un dispositif extrêmement économique pour la fabrication de l’acier, doit être employé jusqu’à ce que des moyens soient
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- trouvés pour remplir scs fonctions à un coût moins élevé1. Dans certains cas le haut fourneau est cependant peu convenable. Lorsque, par exemple, une gangue magnétique contenant un minéral est donnée avec du soufre et du phosphore en quantités telles qu’il est impossible de fabriquer économiquement de l’acier de bonne qualité, il sera impossible d’employer le haut fourneau; d’autre part ces minerais pourront être pilés, magnétiquement concentrés, électriquement fondus et produiront ainsi un acier de toute première qualité à un coût capable de rivaliser avec celui d’un haut fourneau idéal. (l’est à cet emploi qu’est destiné le procédé Ruthenburg.
- Le minerai pilé, après avoir été magnétiquement concentré, tombe dans la zone magnétique entre deux cylindres tournants, où en raison de l’action du champ magnétique il établit un pont et est électriquement fondu ; après avoir ensuite perdu son magnétisme il tombe dans une auge spéciale, et ainsi de suite. L’action du courant électrique ne consiste donc qu’à fondre les particules poussiéreuses, à les agglomérer dans une masse cohérente sans l’intermédiaire d’un liant et à amener aux minerais placés dans l’auge une quantité suffisante de chaleur. C’est dans cette auge qu’a lieu la réduction au moyen de l’oxvde de carbone.
- Une tonne de minerais est agglomérée avec une dépense d’environ 250 kilowatts-heure, alors que dans l’appareil présenté à la Société l’année dernière, il fallait une quantité double; la quantité du produit peut se régler parfaitement et, enfin, la réduction est maintenant absolue. A. fi.
- MESURES DES DÉFORMATIONS ÉLASTIQUES
- On sait l’importance prise, surtout dans ces derniers temps, par les études expérimentales, études
- Fi<r. 1. — Appareil à leviers. — 1. Détail du mécanisme. 2. Schéma du mécanisme.
- d'autant plus intéressantes qu’elles ont permis, non seulement de confirmer nombre de faits prévus par la théorie, mais aussi d’en faire de'couvrir d’autres
- 1 Yov. « Electrocliemieal Industrv », I. I, n° \ i. p. 482-485, oçt. 1905.
- que la théorie était impuissante soit à chiffrer, soit même à indiquer. En ce qui concerne la Science de l’Ingénieur, notamment la construction des char-
- Fig. 2. — Articulations à lames flexibles.
- pentes métalliques, les ponts par exemple, M. Ralmt a pu, de la sorte, mettre en évidence et chiffrer d’une manière positive les différences souvent considérables qui existent entre les efforts réels et ceux calculés. Il a pu mettre en relief ce fait capital prévu, mais négligé, et pour cause, par le calcul, de la solidarité de toutes les pièces d’une charpente métallique. Ces études ont eu pour résultat final d’indiquer qu’il y avait lieu de faire une répartition plus judicieuse du métal dans les diverses parties de la charpente et que, souvent, même, certains efforts, résultant du calcul, étaient exagérés et qu’il y avait, en certains points de l’ossature, un véritable gaspillage de métal, pouvant, souvent, se chiffrer par une augmentation de dépenses importante.
- On sent la valeur de pareilles constatations, lorsqu'on songe que, par suite de l’augmentation toujours croissante du poids du matériel roulant et des locomotives, ainsi que des vitesses actuelles dépassant souvent 100 km à l’heure, les Compagnies de chemin de fer se sont trouvées dans l’obligation de reviser tous leurs ponts métalliques et de les renforcer dans certaines de leurs parties pour leur permettre de résister aux nouvelles surcharges qu’ils doivent supporter. Comme, dans ce cas, il s’agit d’un nombre considérable d’ouvrages à consolider, toute économie, quelque faible qu’elle soit, ne doit pas être négligée.
- Lorsqu’on étudie expérimentalement un pont, parmi tous les essais auxquels il doit être soumis, le plus important est celui qui a trait à l’étude des efforts produits par une surcharge sur les différentes pièces qui constituent l’ossature de l’ouvrage.
- Pour mesurer l’effort que subit une pièce métallique sous 1 intluence d’une surcharge produisant dans celle pièce soit un effort de traction, soit un effort de compression, il suffit de mesurer, sur une longueur donnée, 1 allongement ou le raccourcissement de cette pièce sous l’effort de la surcharge. On obtient ainsi l’effort par millimètre carré au point où l’allongement a été mesuré. .Ainsi, si nous mesurons 1 allongement sur une longueur de un mètre, cet allongement pour un effort de 1 kg par mill
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- carré sera de 5 centièmes de mill., pour un effort de 10 kg il sera de 5 dixièmes de mill. Pour une longueur mesurée de 50 mill., rallongement, pour un effort de 1 kg, sera réduit à 2,5 millièmes de mill. et pour un eiïort de 10 kg par mill. carré, à 2,5 centièmes de mill. Tout se réduit donc pour trouver l’effort, par millimètre carré, produit, en un point quelconque d’une barre, par une surcharge, à mesurer, sur une longueur déterminée, l'allongement résultant de cet effort au point qu’on veut étudier dans la pièce.
- M. Mcsnager, ingénieur des ponts et chaussées, a étudié dans ce but un appareil d’une très grande précision basé sur l’emploi d’articulations à joints tlexibles, mode d’articulation sans aucun jeu, qui ne peut produire aucun frottement et, par suite, aucune différence de lecture avant et après le déchargement de la pièce, comme il arrive dans d’autres appareils similaires.
- C’est ce même système d’articulation flexible que M. Mes-nager a appliqué à un certain nombre de ponts en treillis, dans le but d’éviter les efforts secondaires importants aux nœuds du treillis1.
- Ces joints tlexibles, indiqués en A, B et C de la ligure 1, sont formés de deux plaques métalliques placées à angle droit (fig. 2).
- La mesure de l’allongement est prise entre les points a et b séparés seulement de 50 millimètres et exactement placés sur la libre dont on veut mesurer l’allongement.
- Il est donc possible, étant donnée cette faible longueur, de mesurer l’effort maximum des fibres réelles prises à la surface d’une pièce métallique soumise à la flexion. La multiplication des allongements est portée à 2000 fois, de sorte que, pour le faible espacement de 50 mill., pour un effort de 1 kg par mill. carré, l’aiguille se déplace sur l’échelle du cadran de 5 millimètres, longueur facilement observable.
- Voici le mode de fonctionnement do l’appareil Mesnager dont la figure 5 représente la vue extérieure. On fait reposer l'appareil sur un point quelconque de la pièce métallique dont on veut mesurer l’allongement, en ayant soin que les points a et b s’engagent dans deux coups de pointeau placés h 50 mill. de distance et repérés à l’avance sur la surface de la pièce. La fixation de l'appareil sur la pièce est obtenue au moyen de 2 vis qu’on voit sur la figure o. L’une d’elles, avec les points a et b forme
- 1 Yov. « Nature », du 24 janvier 1905.
- une sorte de base triangulaire donnant toute stabilité à l’appareil. Lorsque la pièce métallique est soumise à un effort de traction, par exemple, les deux points a et b s’éloignent. Bar suite de la rotation du levier M autour de l’articulation flexible A le point B agit, par la pièce B b, sur un second levier N. Celui-ci, eu tournant autour de l’articulation flexible C, repousse la pièce métallique G qui, à son tour, actionne l’aiguille, en lui faisant décrire un arc de cercle à droite ou à gauche du zéro, suivant qu’il s’agit de traction ou de compression. Cette aiguille, munie d’une plume, indique automatiquement le déplacement sur un rouleau recouvert de papier qui se déroule avec une vitesse constante sous l’action d’un mouvement d'horlogerie, placé à sou intérieur. Cette inscription automatique des déplacements de l’aiguille et, par suite, des efforts, puisque, comme nous l’avons dit, le déplacement de 5 mill. de la plume correspond à un eiïort de 1 kg par mill. carré, permet de mesurer non seulement les etforts statiques, c’est-à-dire ceux d’une durée plus ou moins longue, mais aussi les efforts dynamiques, et ce sont souvent les plus importants, ceux résultant d’un choc ou d’une action brusque produite par une surcharge mobile.
- Cet appareil, d’une grande précision construit par la maison Richard, est appelé à rendre de grands services principalement dans les laboratoires d’essais mécaniques. Etant données sa précision et ses qualités théoriques, il permettra de mieux étudier les divers etforts que subissent en leurs différents points les pièces métalliques soumises à des charges statiques ou dynamiques et, ainsi, de vérifier certains faits encore obscurs de la théorie de l’élasticité. R. Boxmn.
- Antre collaborateur M. Guarini a fait dernièrement, à la Société belge d’astronomie, une très intéressante conférence sur la question si discutée (tes courants telluriques, c’est-à-dire des courants qui parcourent la terre, mais dont les causes sont* généralement en dehors de la terre. M. Guarini dit que de toutes les théories émises pour expliquer les courants telluriques, influence du vent, des aurores boréales, pluies, orages, effets électrochimiques, aucune ne tient compte d’un fait désormais incontestable : c’est qu’il y a dans la terre un courant tellurique de direction bien déterminée qui va du Nord-Ouest au Sud-Est. Or, un effet constant ne peut être dû à des cause
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- variables, aussi variables et intermittentes que celles citées ci-dessus : vent, orages, etc. Pour M. Guarini, ces perturbations atmosphériques produisent les unes par frottement (le vent), les autres par induction (grêle, pluie, nuages, etc.) des variations de potentiel, à des points déterminés du sol. Ce sont ces fluctuations de potentiel, dit M. Guarini, qui produisent à certains moments de brusques variations dans l’intensité et même dans la direction des courants telluriques. Ce courant l'Ilurique de direction constante ne peut être dù qu’à n i effet cosmique, c’est-à-dire à la rotation de la terre (i’induil) autour du soleil (l’inducteur). Parla rotation de la terre serait induit dans l’atmosphère un courant qui serait de sens contraire à celui de la rotation (comme dans les dynamos) ; le courant variable induit dans l’atmosphère induirait à son tour dans la croûte terrestre un courant de sens contraire, c’est-à-dire de même sens que la rotation de la terre, tir, la théorie et les laits observés sont d’accord avec l’idée avancée par M. Guarini. Siemens et Geitel ont prouvé que le soleil induit une charge positive dans les corps exposés. D’autre part, il résulte des constatations de Palmieri, notamment, (pie le courant de la terre est un courant induit par l’atmosphère. Enfin, et c’est là le plus intéressant, l’expérience prouve que la terre tourne de l’Ouest à l’Est, c’est-à-dire que le mouvement de rotation de la terre a le même sens que celui des courants telluriques constants. M. Guarini prétend qu’il est possible que, comme Ampère le soutenait, ce soit le courant tellurique qui produise la déviation de l’aiguille aimantée. Là aussi les l'ait, et la théorie concordent. Après avoir parlé des influences des tramways et des transmissions industrielles avec retour par la terre sur les observatoires, il cite ses essais et ceux de la Compagnie de l’industrie électrique et mécanique de Genève pour les supprimer complètement. Enfin, les courants telluriques sont utiles en agriculture puisqu’ils décomposent les produits chimiques qui se trouvent dans le sol pour en reformer d’autres plus assimilables par les plantes.
- Le président de la Société astronomique, M. Jacobs, a vivement félicité l’auteur et pense que la théorie de M. Guarini aidera à élucider les nombreux phénomènes électriques- de la physique du globe.
- * CHRONIQUE
- La petite planète Iris. — Le nombre des petites planètes qui circulent entre Mars et Jupiter dépasse aujourd’hui 550 et, grâce à la photographie, ce nombre augmente tous les jours, Banni ces corpuscules, la planète Iris, découverte le 15 août 1817 par llind, et inscrite sous le n° 7 dans la liste de ces astres, a été reconnue récemment, par M. Wendell, de l’Observatoire d’Harvard College, comme étant variable. La période serait de fi heures et l’oscillation d’éclat de 1/4 de grandeur. Cette variation est probablement l’indice d’une rotation rapide de la planète sur elle-même, rotation amenant tour à tour vers nous une face plus sombre produisant l’effet observé. Le même fait doit se présenter pour un grand nombre de ces corps qui, en raison de leur petitesse, peuvent ne pas être sphériques, mais polyédriques et donner lieu, par leur rotation, à une variation d’éclat. Toutefois, pour la plupart, leur lumière est si faible, que l’db-servation d’un tel changement est extrêmement délicate.
- L*aniertume «les btmrres salés. — M. O. Henzold, du Laboratoire Municipal de Dusseldorf, a reconnu, à l’aide d’essais minutieux, que le., beurres salés prennent souvent
- une saveur amère astringente, par suite même de la composition du sel employé dans les heurreries. Cela n’est point du à une certaine teneur en sulfate de magnésie, mais bien à la présence d’oxyde de fer dans le sel. Il faudrait donc, pour remédier à cela, ne se servir «jue de chlorure de sodium chimiquement pur.
- —^D’ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du fi juin 1904. — Présidence de M. Mascakt.
- Valeur de la parallaxe <lu Soleil. — M. Bouquet de la Grve rappelle qu’en 18811, l’Académie lui a confié la tâche de rechercher, au moyen de mesures micrométriques à effectuer sur les clichés provenant des diverses stations françaises organisées pour l’observation du passage de Vénus, si la valeur 8",8(5, assignée à la parallaxe solaire {Kir Le Verrier, pouvait être conservée, ainsi qu’il semblait résulter des observations faites lors du passage de 187 4. M. Bouquet de la Grye, après avoir reconnu que la méthode donnée par Halle y était peu efficace, y a eu néanmoins recours mais en tenant compte des corrections qui résultaient des expériences de M. André sur les contacts apparents et les contacts réels. Il a pu écrire ainsi 88 équations dont il a conclu {tour la parallaxe une correction de — 0,0fi correspondant à une valeur de r. égale à 8",80. Des observations micrométriques, faites en deux stations, l’ont conduit à une correction un peu plus forte
- — 0",087, mais cette correction repose sur un nombre insuffisant d’observations et n’est donnée que pour mémoire. Les plaques photographiques examinées ont été au nombre de 1500 dont 000 seulement ont été susceptibles de mesures micromélriques. La correction déduite est de
- — 0,072, de telle sorte que la valeur de la parallaxe solaire doit être très voisine de 8",79. De l’ensemble de ces mesures un fait se dégage, c’est que Vénus a comme la Terre un aplatissement. Un est en droit de conclure que la planète est animée d’un mouvement de rotation. Enfin, on a constaté à l’un des les une surélévation anormale.
- Effets de Vémanalion du radium. — M. Bouchard communique les résultats d’expériences pratiquées dans son laboratoire avec la collaboration de MM. Curie et Ballhazar sur les émanations du radium. Des souris et des cobayes ont été enfermés dans un bocal dans lequel l’acide carbonique de la respiration était absorbé par de la {Mitasse au fur et à mesure de sa formation. En flux d’oxygène, arrivant par une tubulure, maintenait une pression constante dans le bocal, si bien qu’un animal pouvait y vivre indéfiniment dans une atmosphère normale quoique exactement confinée. L’émanation du radium mesurée en gramme-heure (émanation d’un gr. de bromure en 1 heure) pouvait également être conduite dans le bocal; dans ce cas la mort survenait au bout de fi à 8 heures. M. Bouchard et ses collaborateurs ont vérifié que la mort n’était pas due à la présence de l’ozone dans le bocal. En effet la teneur de l'atmosphère n’a jamais dépassé 1/1000; or, des expériences directes ont permis de constater que les animaux pouvaient supporter sans inconvénients une teneur beaucoup {dus forte. Ils ont ensuite recherché la nature de l’accident subi. Le trouble pathologique débute par une accélération de la respiration suivi d’un ralentissement jusqu’à 5 ou fi inspirations par minute. En même temps la température s’abaisse ; l’autopsie montre une congestion des poumons sans hémorragie. Au point de vue microscopique, on ne relève aucune modification.des cellules; on observe seulement une diminution des globules blancs du sang. Les
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- tissus des animaux ainsi tués sont radioactifs de même que les humeurs. Trois heures aînés la mort, l’animal, enveloppé de toiles et posé sur la plaque photographique, donne nettement l’image des poils. L’organe le plus actif est la capsule surrénale.
- Nature de Vémanation du radium. — M. Moissan présente un important travail de sir William Ramsay sur la nature de l’émanation du radium. Il a placé une solution de bromure de radium dans l’eau distillée, à l’intérieur d’un flacon ; un tube par lequel il était possible de faire le vide au-dessus du liquide permettait de conduire l’émanation dans une houle de verre qui pouvait être refroidie nu moyen de Pair liquide. Au contact de l’émanation l’eau se décomposait eu 8 jours et l’on notait la présence d’un troisième élément dans le mélange gazeux. Ce troisième élément correspondant à l’émanation se condensait dans la houle de verre. Ils ont reconnu qu’il s’agissait véritablement d’un gaz ordinaire, car la loi de Mariette lui était applicable. Il colore le verre en violet et possède un specti’e spécial dont sir Ramsay a déterminé les longueurs d’onde des principales raies. Ce spectre se rapproche de celui des gaz inertes tels que l’argon et le krvpton. Ce nouveau corps gazeux se transforme lentement et, après 3 semaines à 1 mois, il quadruple de volume et donne le spectre de l'hélium.
- Océanographie. — M. le prince de Monaco expose les grandes lignes de la campagne océanographique qu’il a poursuivie en 1905 par un temps presque toujours défavorable. 11 a exploré cette année le golfe de Gascogne. Les recherches océanographiques ont porté sur la nature des fonds qui ont été fouillés à l’aide d’un système perfectionné de tube emporte-pièce d’une longueur de plus de 1 mètre. 11 a pu ainsi constater les tracés d’une éruption sous-marine survenue à une. distance inconnue ; il a relevé dans ses dragages des phénomènes de. transport de roches provenant du nord de l’Europe, par des glaces. Des expériences sur la coloration de l’eau ont été faites; entin des prises d’eau ayant pour objet la densité et la composition et des prises de températures ont été effectuées en trois points du golfe, le long de la verticale, en trois niveaux différents de 500 mètres. Des recherches ont été commencées sur la nourriture des sardines. Cette question se rattache à celle du plankton pour la récolte duquel de nouveaux filets viennent d’être imaginés par M. Richard.
- Constitution des rayons « N ». — M. Edmond Becquerel communique une Note de M. j. Becquerel relative à l’effet des anesthésiques sur l’émission des rayons N. 11 rappelle que les recherches de l’auteur ont montré que les métaux transparents pour les rayons N deviennent opaques quand leur surface est anesthésiée par le chloroforme ou l’éther. 11 met en évidence la complexité du phénomène de la transparence des métaux, et émet l’hypothèse suivante. Un pourrait concevoir dans les rayons N deux éléments : un mouvement ondulatoire qui se propagerait avec la vitesse de la lumière, et un autre mode, d’énergie ne se propageant que lentement, et qui serait seul arrêté par les métaux anesthésiés. Ch. i>e Yiu.kiu.hi..
- UN NOUVEAU PAVAGE
- l’asphalte armé
- 11 ne faut pas se le dissimuler : le pavé de bois a cessé de plaire. C'est parfait quand il.fait beau, glissant aussitôt qu’il pleut. L’usure en est rapide et,
- connue toute réfection comporte le démoulage de l’ancien pavé et son remplacement par une aire nouvelle, cette opération se renouvelle si fréquemment et, dure si longtemps, que la moitié des rues parisiennes sont constamment barrées, présentant l’aspect de carrières à pavés de bois. Les hygiénistes s’insurgent eux-mèmes; ils dénoncent les méfaits de ces surfaces spongieuses qui ne se contentent pas de boire les liquides de tous genres par leurs joints, mais qui les absorbent par tous leurs pores, pour les restituer à l’état de vapeurs malsaines. Certains vont jusqu’à dire (pie c’est à l'humidité entretenue par le payé de bois qu’est due l’introduction, constatée depuis quelque temps dans les murs de la capitale, des moustiques, cette espèce autrefois inconnue des Parisiens et qui véhicule si volontiers un grand nombre de maladies infectieuses.
- Voilà certes un noir tableau et chacun doit à l’envi réclamer la disparition du pelé qui cause tout le mal, mais par quoi le remplacer? Le macadam s’use terriblement vite et, s’il coûte peu de premier établissement-, il se rattrape sur les frais d’entretien qui en feraient, dans les rues de Paris, la plus coûteuse des chaussées. Il n’y faut pas songer, pas plus qu’à revenir aux gros pavés de grès bons sous le règne du Grand Roi et dont les cahots exaspèrent notre sensibilité de neurasthéniques. L’asphalte ordinaire est si glissant qu’on ne peut l’appliquer pour peu qu’il y ait de la pente, et il s’use si rapidement qu’il y faut renoncer sur les voies trop passagères. Le ciment enlin a les memes inconvénients et d’autres encore.
- Que faire alors ? Cruelle énigme proposée aux Œdipes des travaux publics. La solution qui mettrait d’accord les Ingénieurs et les Hygiénistes consisterait à trouver un révètement de chaussées imperméable et imputrescible comme l’asphalte et, en même temps, dur et peu glissant comme le pavé de grès. Le public serait satisfait par surcroit si l’entretien, réduit au minimum, n’exigeait plus ces chantiers ambulants qui. bouleversent sa bonne ville et ne l’ont que changer de placé, sans jamais disparaître.
- Or, depuis quelque temps,-l’attention se porte sur diverses applications urbaines d’un mode particulier de pavage, imaginé par M. Arthur Metz, le céramiste bien connu, et qui est en train de conquérir droit de cité, après des épreuves sévères dont quelques-unes durent depuis plusieurs aimées. On ne peut donc pas dire que le procédé est absolument nouveau : il était seulement peu connu. Les grandes Compagnies de chemin de fer, en effet, y ont trouvé de tels avantages qu’elles n’ont pas hésité à en couvrir les parties les plus fatiguées des cours d’arrivée, dans leurs gares parisiennes — au Quai d’Orsay, à la Gare de Lyon, notamment. I n des premiers essais a été effectué sur une rampe à o pour 100, fort étroite, où les plus lourds charrois devaient passer toujours sur la même voie, pour accéder à la gare des marchandises du P.-L.-M.: il y fallait^ donc des matériaux qui ne fussent pas glissants du tout. Le résultat d’ailleurs a été particulièrement concluant.
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- LA NAT LH K.
- H s'agit cependant encore de l'asphalte, mais d'un asphalte particulier. La nature n’a l'ait que de l’asphalte calcaire, par infiltration de hit unie à travers des roches calcaires ; elle a oublié de l'aire de l’asphalte granitique, et c'est cette omission qu'on s’est appliqué à combler, en introduisant, avec un certain tour de mains, des éléments minéraux et granitiques qui transforment radicalement la matière. La pâte qui en résulte et à laquelle on a donné le nom de « granit-asphalte », acquiert par cette manipulation spéciale des qualités physiques et chimiques toutes particulières qui la distinguent absolument de l’asphalte purement calcaire, coulé en pâte ou comprimé à l’état pulvérulent.
- Tout d’abord, cette pâle possède une dureté comparable à celles des roches les plus résistantes; son usure est extrêmement lente et uniforme, et ces deux qua-
- lités permettent de l'employer sur les chaussées soumises «à la circulation la plus intensive. Elle ne se ramollit pas à la chaleur solaire, et enfin elle offre une telle résistance au glissement qu'on a pu, comme nous en avons cité un exemple plus haut, l'appliquer sur des rampes à forte inclinaison, où jusqu'ici on n'avait employé que du pavé de grès.
- Une épaisseur de 15 à ‘20 millimètres sut lit pour les simples revêtements de trottoirs et de passages à l’usage des piétons. Bien entendu, des pavages d’écuries ou de chaussées doivent offrir, en dehors de leur résistance superficielle, une masse que les vibrations 11e réussissent pas à désagréger. 11 leur faut de l’épaisseur, et le revêtement nouveau 11'échappe pas à cette loi. Un lui donne 4 à 7 centimètres d'épaisseur, suivant l’importance, et cette aire repose sur une fondation en béton comme celle
- Nouveau pavage en asphalte armé (chantier parisien).
- qui sert de support au pavé de bois. Mais ce revêtement 11’est pas exclusivement composé de granit-asphalte ou pour mieux dire celui-ci est coulé sur un hérisson formé de petites pyramides de granit, posées cote à cote et implantées elles-mêmes dans une couche bitumineuse élastique, qui se colle à la fondation de béton et fait corps avec celle-ci. (Test une véritable armature de granit, qui a fait donner à cet ensemble le nom d’ « asphalte arme ».
- Les réparations (‘I l’entretien sont des plus simples, car, au lieu que l’on soit forcé de démolir tout le revêtement pour en faire la réfection, comme il arrive avec le pavé de bois, il suffit de couler une nouvelle nappe d'épaisseur convenable, qui se soude parfaitement à ce qui reste du premier dallage.
- Notre figure montre un chantier d’asphaltiers au travail pour le pavage exécuté récemment rue Pierre llaret, à Paris, et l’on peut suivre aisément le détail, d’ailleurs fort simple, des opérations.
- On a fait aussi d’intéressantes applications du granit-asphalte pour reconstituer certains escaliers particulièrement fréquentés du Métropolitain, 011 aucun autre type de revêtement n’a résisté jusqu’ici, et pour les dallages de l’usine Saint-Fargeau.
- Les qualités hygiéniques du nouveau revêtement le recommandent tout spécialement pour les aires de salles d'hôpitaux. Les nouvelles installations de l'hôpital d’Auhervilliers en offriront d’excellents exemples. Mais ce sont avant lonl les propriétés de résistance exceptionnelle qui doivent attirer l'attention des municipalités sur le nouveau produit, et le besoin d’un bon pavage pour le sol de nos rues se fait si vivement sentir, qu'on ne saurait trop souhaiter d'en voir l'emploi se généraliser.
- Lt-Coloncl G. Lspitai.i.ikh.
- Le Gérant : P. -ÎIassox.
- Pari». — Imprimerie I.Allait:, rue de Fleurus, 0-
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- V 1 U "2 I.
- I 8 JUIN I 90 4.
- LA NATURE.
- Fig. 1. — Vorticelles iixées à des moisissures, à la surface d'une eau dormante.
- LA. VORTICELLE MUGUET
- Au miliou de l’inépuisable l'aune microscopique des eaux, les « Vorticelles » ont toujours excité l'admiration des naturalistes, qui ont souvent décrit la grâce de ces atomes vivants, de ces « charmantes vorticelles qui, dit Michelet, comme des urnes de Heurs, s’amarrent ensemble sur une de ( une petite plante, un petit crabe), puis s’isolent en détachant leur délicat pédoncule ».
- Et pourtant tout n’a pas été dit sur ces infusoires ; leur pédoncule rétractile, entre autres, est l’objet de discussions qui commencèrent entre Ehrenberg et Dujardin; le premier voyait dans la partie centrale du pédoncule un muscle véritable, le second donnait la contractilité à l’enveloppe externe, qu’il croyait « charnue » et creusée d’un canal. Une technique meilleure, des observations plus précises, donnèrent d’abord raison à Ehrenberg, mais elles montrèrent des complications inattendues dans ce pédoncule à peine large de cinq millièmes de millimètre. Et même, on en vit peut-être plus qu’il n’y en avait; on voulut alors assigner un rôle à ces éléments nouveaux, et, pour quelques auteurs, le muscle décrit par Ehrenberg ne jouerait plus qu’un rôle secondaire dans la contraction. Nous ne nous permettrons pas de discuter ces vues, mais nous exposerons brièvement ce que des observations, faites avec la technique précise de l’anatomie microscopique d’aujourd’hui, permettent de voir chez ces petits êtres. Nous prendrons comme sujet d'étude la (( Yorticella convallaria » de Linnée.
- La « Yorticella convallaria » est avant tout une 32“ auuéc. — 2“ semestre,
- cellule : elle comprend donc une masse de protoplasma, renfermant un noyau et enveloppée par une membrane nommée eetosarque ; mais elle est aussi un petit organisme agissant. A ce point de vue nous distinguerons deux parties : le corps de la « Yorti-
- celle » «pie Linnée1
- d’un
- nomme la « collerette surmontant la cloche,
- Fig. 2. — I, la « Yorticella convallaria » grossie; II, individu de la même espèce dessiné par Otto Friedrich Millier dans son « Animalcula infusoria » en 1786; III, pédoncule de cette vorticelle très grossi.
- définissait mot en le nommant « la fleur », et le pédoncule qui n’est qu’un excessif allongement de la première partie.
- La « fleur », nous disons aujourd’hui « la cloche », ressemble un peu à la fleur du Muguet, d’où le nom de l’espèce. Elle s’évase brusquement à sa partie supérieure, formant un large repli circulaire que l’on ». Au milieu de celle-ci et se trouve le « péristome » ; c’est une surface limitée par une double ligne spirale de gros cils appelés « cirres », dont une extrémité plonge dans un infun-dibulum au fond duquel s'ouvre la bouche. La double rangée est la « frange ado-rale », l’infundibulum est le « vestibule ».
- Par leur vibration, les a cirres » de la frange déterminent un tourbillonnement de l’eau environnante, et, fonctionnant comme une pompe centrifuge, précipitent un courant liquide dans le vestibule. Sous la poussée de ce courant, quelques gouttes liquides s’amoncellent, dilatent la bouche, cheminent dans un faisceau de fines baguettes et pénètrent enfin dans le protoplasma où elles forment autant de vacuoles, qu’Ehrenberg prenait pour autant d’estomacs. Dujardin, s’appuyant sur de minutieuses observations, combattit cette interprétation erronée en fondant sa théorie du sarcode.
- La cloche contient encore d’autres différenciations : mais la principale : le système contractile, atteint
- rt
- O
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- LA N VT U RL.
- sa plus haute expression dans le pédoncule que nous allons maintenant étudier.
- Le pédoncule est peut-être la plus remarquable partie de la Yorticelle; c’est lui qui frappa le plus les premiers micrographes par ses contractions en tire-bouchon d'une extraordinaire vivacité. Nous y distinguerons deux parties : le cordon central et la gaine externe, qui sont les premiers détails de structure observés dans cet élément.
- Le cordon central est la partie vivante et active du pédoncule : c’est en effet le prolongement de la cloche. Il est constitué par une paroi tubulaire qui n’est autre chose que l’ectosarque de la Yorticelle. Celle paroi, intérieurement couverte de granulations particulières qui se retrouvent également dans la cloche, renferme un liquide au sein duquel deux éléments importants : le « spasmonème » et le « cordon plasmatique » décrivent une double hélice très allongée.
- Le spasmonème est un faisceau formé par la réunion des fibrilles contractiles qui tapissent l’ectosar-que de la cloche. Il est entouré d’un « sarcolemme » et se laisse décomposer en disques alternativement minces et épais; il est donc, comme Ehrenberg le supposait, l'équivalent d’un muscle strié. Une observation attentive montre d'ailleurs qu’il est bien l'agent de la contraction, car il se raccourcit manifestement, tandis (pie sa largeur augmente, pendant la rétraction du pédoncule. Mais pourquoi le pédoncule se rétracte-t-il en « tire-bouchon »? On a voulu supprimer le problème en faisant d'un autre élément — qui d’ailleurs n’existe pas chez la « Yorlicclla convallaria » — la cause de la contraction. 11 n’en est [tas ainsi, et il suffit d'empoisonner lentement une Yorticelle, ce qui détermine une rétraction progressive du pédoncule, pour voir que la contraction du spasmonème est plus forte à sa face intérieure qu'à sa face extérieure; il se roule donc sur lui-même, mais ce mouvement est entravé par la résistance des autres parties du pédoncule, et la résultante est un tire-bouchon.
- Quant à la cause de cette inégale contraction, elle ne peut encore être l’objet que d’hypothèses; peut-être faut-il y voir l’action du second élément du cordon central : le cordon plasmatique, fin chapelet de granulations retenues par un délicat réseau protoplasmique, qui décrit une hélice parallèle à celle du spasmonème.
- Tel semble être le mécanisme de la contraction, mais celle-ci n’est pas plutôt achevée (pie le pédoncule se détortille et reprend sa station rectiligne. Ce phénomène est dù à l’élasticité de la gaine externe du pédoncule, dont il nous reste à parler.
- Cette gaine externe enveloppe le cordon central ; elle n’est pas vivante : c’est un produit d’élaboration, un revêtement protecteur. Elle porte une remarquable différenciation sous la forme d un épaississement hélicoïdal qui joue le rôle d'un ressort à boudin, dont il offre la disposition. Lorsque le cordon central se contracte, il bande le ressort, et
- celui-ci se détend en allongeant le pédoncule si loi après l’action du muscle.
- Au point de vue de l’anatomie comparée, la gaine exlerne correspond à la coque protectrice au fond de laquelle sont fixées nombre de « YorticoUidos ». telles (pie les « Cothurnia », et le cordon central à la partie inférieure du corps de ces infusoires, «pii devient d’une longueur et d’une minceur prodigieuse pendant l’extension.
- En résumé, nous voyons donc que la Yorli-cello, cette goutte de matière vivante mesurant quelques centièmes de millimètre, est suspendue à l'extrémité d'un ressort, tandis qu’un muscle, aussi complexe qu1 le sont les nôtres, la rétracte vivement à la moindre inquiétude.
- Le pédoncule nous apparaît ainsi comme un organe extrêmement différencié que plus d’un animal polyeellu'aire pourrait envier à l'humble Yorticelle. Ceci montre que les causes de différenciation, dont les principaux instruments sont le « besoin » et Y « usage », agissent aussi bien sur la matière vivante que sur les agrégats cellulaires.
- Emxiwkl Ea u né.
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- L’INERTIE DE L’EAU
- Les phénomènes d’inertie sont tous particulièrement intéressants : non pas seulement à titre de curiosité ou de démonstration pour le vulgaire d’une loi de physique, mais au point de vue même de la science la plus élevée. Bien souvent, nous avons eu l’occasion d’indiquer ici de ces expériences, quelque peu enfantines en apparence, que l’on désigne maintenant sous le nom courant de « physique sans appareils », à la Boval Society de Londres.
- Ces expériences sont venues démontrer une fois de plus celte énorme inertie qu’offre l’eau, et qui joue tant de mauvais tours à ceux qui ont à compter avec ce qu’on appelait jadis l’élément perfide. Nous devons noter tout de suite qu’elles n’ont pas été accomplies sans appareils, mais du moins avec des appareils extrêmement simples, et dans des conditions des plus originales.
- Une première expérience a été exécutée au moyen d’une sphère métallique en cuivre, de 127 millimètres de diamètre, au centre de laquelle on avait disposé un flacon en verre bien bouché, ne contenant que de l’air, et dont le diamètre était de ôt) millimètres environ ; ce flacon avait une hauteur suffisamment réduite pour se loger aisément dans la sphère; il y était du reste maintenu à l’abri des chocs par une sorte de petit matelas de ouate, qui servait uniquement à l’immobiliser. Ajoutons que la surface de la sphère était percée de nombreux trous, afin que l’eau y put pénétrer librement. On descendit le tout dans la mer, au bout d’une ligne de sonde, et jusqu’à une très grande profondeur qu’on ne semble pas avoir enregistrée: naturellement, la pression exercée par l’eau augmentait a i fur et à mesure que l'appareil descendait, et elle s’exerçait uniquement sur le flacon et non sur la sphère, puisque le liquide pénétrait librement dans cette dernière : il arriva un moment où cette pression dépassa la résistance propre de la paroi du flacon, derrière laquelle se trouvait seulement de l’air, le flacon se brisa, et la sphère s’aplatit partiellement sur elle-même. Tout simplement, l’effondrement du flacon avait
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- LA NATURE.
- r>5
- causé jm'ihIiihI un instant, un court instant il est vrai, uni' dépression dans l’intérieur de la sphère, et l’inertie de l’eau est si grande, qu’elle n’avait pas réussi à se mettre en mouvement assez rapidement pour venir remplir l’espace occupé auparavant par le flacon, et laissé brusquement libre, avant (pie la dépression se fil sentir sur les parois de la sphère et en entraînât l’aplatissement.
- Une autre expérience du même genre, mais peut-être encore plus typique, a été exécutée au moyen d’un tube de cuivre également ouvert à ses deux bouts, et contenant, lui aussi, une petite fiole de verre : l’ouverture des deux extrémités laissait naturellement à l’eau un accès encore bien plus libre. On descendit le tout à une assez grande profondeur, comme précédemment, et à un moment donné la fiole de verre se brisa sous la pression. Quand on remonta ensuite le tube au jour, on constata qu’ici aussi les parois s’étaient écrasées partiellement sous la pression; en dépit des deux ouvertures de l’extrémité du tube, l’eau n’avait pu, à cause de son inertie, de sa paresse au déplacement, se précipiter dans le tube pour supporter les parois métalliques avant que celles-ci eussent effectivement ressenti la dépression, le vide relatif qui se produisait entre elles. Et cependant la pression absolue de l’eau était considérable, et par conséquent elle aurait dù se précipiter dans le récipient de cuivre avec une rapidité d’autant plus grande. 11. B.
- INOUYELLE
- MESURE DE DISTANCE STELLAIRE
- On sait que l’application de la spectroseopie à l’étude des étoiles ne nous renseigne pas seulement sur leur constitution chimique, mais aussi nous fait connaître par le déplacement des raies du spectre les mouvements dont ces corps sont animés. Et pour beaucoup d’astres ces mouvements nous seraient restés sans doute inconnus. L’est ainsi qu’on a découvert une classe d’étoiles dites binaires spectroscopiques parce qu’on a reconnu par cette méthode, ou bien un dédoublement périodique des raies, indiquant la présence de deux astres confondus en un seul en apparence même pour les plus puissantes lunettes, ou bien seulement un mouvement de l’étoile observée, comme si elle tournait autour d’un point qui serait le centre de gravité d’un système dont le ou les autres membres seraient invisibles. Wr parmi les binaires spectroscopiques il en est une, X Andromède, «pie M. J. E. Gorc signale à l’attention des astronomes s’occupant de la détermination des parallaxes stellaires. D’après une considération des éléments du mouvement de. cet astre, il semble (pie la masse de la composante la plus brillante est seulement le dixième de celle du Soleil. Or en lui attribuant une luminosité identique (à surface égale) à celle du Soleil, et pour qu’elle paraisse aussi brillante qu’elle l’est (4e grandeur) il faut la supposer relativement près de nous. D’après ces éléments on trouve pour la valeur théorique de la parallaxe le chiffre de II",A4 et sans doute est-elle encore (dus grande, car la comparaison des spectres de l’étoile et du Soleil montre que probablement ce dernier l’emporte comme intensité; étant moins éclatante X Andromède devrait être encore plus près. Cette valeur de la parallaxe équivaut à une distance d’environ 90 tril-lions de kilomètres ou 9 ans, 5 ±: de trajet de la lumière. 11 sera intéressant de voir confirmer cette distance découverte par un procédé indirect. IDrivcx.
- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- LA JUMELLE STÉRÉOSCOPIQUE « LE IMIOTO-TI!AASPOSLUI ï)
- « LE D1SCKKT ))
- Il n’est personne s’adonnant à la photographie stéréoscopique qui ne déplore vivement l’impossibi-lité où l'on se trouve communément, d'utiliser directement pour l’examen les clichés fournis par l'appareil stéréoscopique. Par suite, en effet, des conditions mêmes dans lesquelles sont simultanément prises les doubles épreuves, sur une même plaque, au moyen de deux objectifs placés parallèlement l’un à coté de l’autre, il est indispensable, sous peine d’obtenir une image incohérente par suite du renversement du relief, de transposer les deux vues dans le stéréoscope, de manière à ramener à droite celle qui se trouvait à gauche, et réciproquement. L'opération peut se faire de deux façons : ou l’on coupe le cliché et l’on en inverse les deux parties, ce qui nécessite un minutieux repérage, ou. pendant le tirage, l’on transpose les vues sur les épreuves, ce qui allonge et complique notablement la besogne. En tel état, de choses, il est manifeste qu’il y aurait un vif intérêt à disposer d’un procédé permettant d’échapper à ces diverses manipulations compliquées. Pour cela, il faudrait posséder une combinaison optique permettant d’obtenir sur le cliché lui-même, au moment de la prise delà photographie, les deux vues toutes transposées. Les épreuves tirées avec un tel cliché, en effet, donneraient directement à l’examen dans le stéréoscope l’impression normale du relief.
- Tel est le problème d’un intérêt pratique considérable que vient tout dernièrement de résoudre un physicien des plus habiles, M. Achille Daubresse.
- Voici le principe de son dispositif : Etant donné un système doublement réfléchissant dont les surfaces réfléchissantes JR M, (tig. 1) sont perpendiculaires entre elles, l’image, dans ce système d’une droite Ail est une seconde droite A2 IL, symétrique de AH par rapport à l’arête P du système. En effet, l'image At d’un point A dans le premier miroir HR est symétrique de A par rapport au plan de ce miroir; de même, l’image \î de A,, dans le second miroir HR est symétrique de At par rapport au plan du miroir HR. Il en résulte que la droite AA2 passe par P et y est partagée en deux parties égales.
- Combinons, à présent, avec chacun des objectifs Od et Og ( tig. 2) d’un appareil photographique stéréoscopique, un système à double réllexion HR HR dont les faces soient perpendiculaires ; nous obtenons, au lieu et place du cliché G que donnerait l'appareil simple, le cliché CL
- Les faces émulsionnées de ces deux clichés étout représentées par un trait fort, on voit (lig. 2) la construction des images que l’on obtiendrait sur le cliché G si les réflexions n’existaient pas et celle des images du cliché G' une fois l’interposition réalisée. Il s’ensuit donc que si l’on regarde directement la lace émulsionnée de l’un et de l’autre cliché, on a :
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- 1° sur chaque vue du cliché C, ou du cliché C', le point A (affecté de son indice approprié) à gauche du point R; chaque image a donc conservé, sans aucune modification, l'orientation relative de ses différents points; sur le cliché C, la vue de droite (affectée de l’indice d) est à gauche de l’observateur regardant la lace émulsionnée, et la vue de gauche (affectée de l’indice g) est à sa droite; sur le cliché (/ examiné dans les memes conditions, au contraire, la vue de droite est à la droite et celle de gauche à la gauche de l’observateur.
- L’addition des dispositifs à double ré-llexion a donc eu pour résultat de transposer les deux vues, sans faire d’ailleurs subir à chacune d’elles aucune désorientation relative de ses différents points. Tel est
- l’ingénieux dispositif imaginé par Jl. Daubresse, dispositif pouvant être réalisé soit à l’aide de miroirs, soit à l’aide de prismes à réflexions diversement combinés, ainsi que le montrent nos figures 5 à 6 qui donnent une série de dispositions permettant- de réaliser la trunsposi-
- Cig. 1 ul i. — l’iineipe de la Iramqioïdliou des images stéréoscopiques.
- Agi
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- ^ i S'. 'ÿ.'.' TiiflifiMW ! B ii/i/rrm/m « \ 3
- \ ! Ie' N Y1/ °4> %-W a-ji pi » i g \ : / ^|d pr
- tion des images stéréoscopiques, et dont une application des plus heureuses vient d’être faite par l’habile constructeur d’instruments d’optique, M. Clermont-lluet, pour la réalisation de sa jumelle stéréoscopique, le « Photo-transpo-seur ». domine le montre notre dessin (lig. A), le système optique de ce nouvel instrument — qui se recommande par sa simplicité et par la commodité de son emploi —- comprend quatre prismes à réflexion totale et deux objectifs photographiques. A l’inverse de ce qui a lieu dans les appareils ordinaires, l’axe de ces objectifs, logés chacun entre un système de deux prismes, est placé dans une direction parallèle à celle de la plaque sensible qui est ici disposée du coté de l’instrument regardant l’objet à photographier. En dépit de cette disposition d’aspect paradoxal, et qui d’ailleurs ne compromet en rien les qualités de luminosité de l’instrument, comme l’expérience eu a été faite dans les jumelles, le fone-
- 9°ü l ig. 5 à li.
- bonnement du système est des moins compliqués.
- Les rayons lumineux provenant de l’objet photographié pénètrent dans l’appareil par la face libre des prismes à réflexion totale disposés aux extrémités de l’instrument. En venant rencontrer la face inclinée de ce premier système de (trismes, ils sont réfléchis au travers de l’objectif et, à la sortie de celui-ci, ils viennent heurter la face inclinée du second système de prismes à réflexion totale qui les
- renvoie à son tour sur la surface de la plaque sensible, dans une direction parallèle mais opposée à celle suivie par eux (tour pénétrer dans la jumelle. En raison de cet aménagement particulier, et par suite de la place occupée par les systèmes de prismes, on ne pouvait songer à réaliser l’obturation avec un des dispositifs communément adoptés.
- M. Clermont-Huet dut donc combiner un modèle spécial d’obturateur qui présente cette particularité intéressante de fonctionner à l’arrière de l’objectif, à la manière d’un obturateur de plaques, tout en
- étant cependant plus distant de la couche sensible que ne l’est régulièrement le rideau de ces derniers appareils. Quant au fonc t ion n e m e n t de cet obturateur, que l’on arme en tirant une tige placée sur le côté de la jumelle et qui marche naturellement au doigt ou à la poire et permet la pose ou l’instantané à des vitesses variables, il est réglé par un système de chariots action-
- 9°°
- Dispositions diverse1- permellmd de réaliser la transposition des images stéréoscopiques.
- liant des bras de levier commandant eux-mêmes les volets d’obturation.
- En raison de l’écartement des prismes chargés de récolter les images à photographier, écartement notablement plus considérable que celui séparant les objectifs des appareils stéréoscopiques donnant une même grandeur d’image, de A X A, l’effet stéréoscopique des épreuves obtenues avec le « photo-transposenr » est considérable, au grand bénéfice de l’observateur examinant les vues prises dans le stéréoscope.
- Telles sont le» dispositions essentielles du « Photo-
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- LA NATURE.
- 57
- transposeur » pour lequel son constructeur a prévu, au lieu et, place du magasin encombrant et d’un fonctionnement presque toujours précaire, de petits châssis métalliques d'une grande légèreté, faciles à loger dans les poches des vêtements et que l’on peut fixer sur l’appareil en un instant dans des conditions absolues de sécurité contre la lumière, grâce à un petit cadre mobile venant fermer le bord du châssis par lequel se fait le coulissage de son volet de fermeture.
- Ajoutons enfin, pour ne rien oublier, que l’appareil, qui porte un écrou au pas du Congrès permettant de le fixer sur un pied pour la prise des vues posées, est encore pourvu de deux petits obturateurs métalliques se manœuvrant au doigt et servant soit à permettre de n’utiliser qu’un coté de la |ilaque sensible, soit à protéger contre la poussière, quand l’appareil n’est pas en service, les systèmes de prismes chargés de recueillir les images des objets photographiés, et qu’il peut enfin être pourvu,
- Fig. 7. — Vue (l’ensemble de la Jumelle stéréoscopique.
- Le « photo-fransposeur ».
- suivant les préférences des amateurs, de tels objectifs de marque qu’ils désirent.
- A côté de cet appareil vraiment ingénieux, M. Clermont-Huet vient d’en réaliser un autre également digne d’attirer l’attention des amateurs. Cette fois, le but que se proposait le constructeur était de fabriquer un instrument de qualité parfaite èt extrêmement réduit de poids et de volume, de façon à pouvoir être le plus aisément du monde mis en poche. Le « Discret » (fig. 8), qui mesure exactement une fois replié 6 centimètres de large, sur 8 de longueur et 2 d’épaisseur, pèse tout juste 125 grammes et permet d’obtenir des clichés de la dimension A 1/2x0, répond autant qu'on le peut souhaiter à ce programme.
- Présentant extérieurement l’apparence d’un petit étui à cigarettes, le « Discret » a tous ses organes renfermés à l’intérieur des deux corps a a1 articulés entre eux au moyen delà charnière a2 (fig. 9 et 10).
- Une ouverture circulaire b, constituée par deux échancrures ménagées respectivement sur les deux corps an1 de telle sorte que le cintre de cette ouverture b se trouve sur la charnière n2, permet
- aux rayons lumineux d’arriver sur l’objectif monté à articulation, ainsi que le cadre destiné à recevoir le châssis métallique renfermant la plaque sensible, sur le corps a de l’étui. La monture c qui porte l’objectif et le dispositif obturateur, monture qu’un ressort de rappel tend constamment à redresser, est
- Fig. 8. — Vue d’ensemble du « Discret ».
- mobile autour d’un axe d mobile lui-même, sur le support e fixé à l’intérieur du corps a, en arrière de l’ouverture circulaire b. Quant au support e, il est pourvu d’une vis de buttée el contre laquelle vient s’appliquer la monture c de l’objectif, de façon à
- Fig. 9 et 10. — Coupe intérieure et vue en plan de l’appareil.
- régler exactement la position de cet objectif lorsque l’appareil est développé.
- Sur le bord du cadre a, opposé à celui où est fixée a monture de l’objectif, vient s’articuler, en a7\ le cadre f destiné à recevoir le châssis porte-plaque, et cette articulation est maintenue au moyen d’un ressort tendant à relever constamment ce cadre. Une enveloppe souple, fixée d’une part sur la monture c de l’objectif et maintenue d’autre part sur le bord
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- du cadre /, constitue la chambre noire de l'appareil.
- Pour assurer le rabattement simultané de l'objectif et du cadre, ees deux organes sont reliés par une bielle ij articulée en /’* sur le cadre /’et sur la monture c de l’objectif en arrière de son axe de rotation d. Notons enfin <[ue sur l’un des grands cotés du cadre f se trouve monté à articulation un viseur i comportant deux traits rectangulaires et pouvant être utilisé quel que soit le sens dans lequel est placé l’appareil.
- Pour faire usage du « Discret », qui naturellement est disposé de façon à permettre à volonté la pose ou l’instantané, il suffit d’ouvrir l’étui en appuyant sur le poussoir de fermeture. De suite l’appareil se développe; le cadre /‘et l’objectif c, sollicités respectivement par les ressorts disposés sur leurs axes de rotation ar> et d, se redressent simultanément et la lame h qui s’engage dans l’anneau /'2 garde le déplacement angulaire du cadre /'. Pour fermer l’appareil, il suffit simplement de rabattre le cadre f tout en rapprochant les corps a et a1 de l’étui. Tel est le « Discret ». Malgré ses faibles dimensions, du reste, le « Discret » est un appareil capable de rendre de réels services. Etant pourvu d’excellents objectifs, il permet de prendre des instantanés d’une grande finesse et qui pourront dans la suite servir à faire des agrandissements. Au surplus, pour les amateurs qui préfèrent obtenir directement des épreuves plus grandes •pie 4 l/!2xl), M. Clermont-Huet construit des « Discrets » du format 0 1/2x9 et 9x12 ainsi que des « Discrets stéréoscopiques ». Tous ces appareils sont d’ailleurs pourvus de petits châssis métalliques d’une épaisseur négligeable et faciles à loger dans une des poches quelconques du vêtement. Georges Yitoux.
- L’ÉTOUFFAGE DES COCONS
- PAR LE FROID ARTIFICIEL
- Le cocon du ver à soie constitue, comme on le sait, une sorte de cage soyeuse dans laquelle s'enferme le ver pour subir sa transformation en chrysalide et en papillon. Celui-ci, dès qu’il aura la force de briser ses enveloppes, viendra buter contre la coque et se livrer un passage en y pratiquant un orifice. En perçant le cocon, le papillon rompt la continuité de la bave et le rend impropre à la filature. Il importe donc de faire périr l'insecte avant qu’il accomplisse sa dernière transformation. Pour obtenir cette destruction de la chrysalide on a recours, actuellement, à la chaleur, et l’opération porte le nom d’ « éfouflâge ». Deux sortes d’appareils servent, généralement, à étouffer : des étuves à air chaud et des étouffoirs à vapeur. Celles-là présentent l’inconvénient d’altérer la bave à la suite de l’humidité que communique le corps de la chrysalide en se désagrégeant brusquement; ceux-ci ont le défaut de mouiller les cocons et d’augmenter le nombre des taches. De plus, la conduite de ces appareils est excessivement délicate : si on laisse trop cuire les cocons on les rend duveteux et d’un dévidage difficile, comme on risque de ne pas les étouffer par une cuisson insuffisante. Pour éviter tous ces incon-
- vénients, nous avons pensé à faire intervenir le froid en remplacement de la chaleur. Nos essais ont porté sur une quantité considérable de cocons que nous avons partagé dans un certain nombre de pièces d’un établissement frigorifique, maintenus pendant six semaines à des températures constantes et comprises entre 0° et —8°.
- Sans entrer dans des détails, nous nous contenterons de donner ici les résultats obtenus.
- D’une façon générale, la chrysalide supporte pendant 2 à 5 jours, sans autre inconvénient qu’un retard d’une semaine dans son éclosion, des températures allant de 0° à —8°. A partir du quatrième jour d’action du froid, l’éclosion commence à devenir pénible pour les moins vigoureux. Mais alors que 15 minutes de chaleur à 110° suffisent à détruire tous les insectes, un séjour de 15 jours même à —8° n’empêche pas leur éclosion. Il est vrai que les chrysalides qui ont subi pendant deux semaines ces basses températures présentent des troubles profonds, et l’éclosion n’est véritablement normale que pour la dixième partie. Parmi les autres, il y en a qui n’ont même pas la force de perforer leur cocon ; elles le tachent par un liquide caractéristique et subissent leur transformation dans son intérieur. Les insectes qui sont relativement moins atteints perforent leur coque, mais ne peuvent pas toujours s’en dégager. Ainsi on eu voit qui parviennent à peine à faire émerger leur tète, tandis que le reste du corps se trouve emprisonné par les bords de l’orifice. Enfin, ceux qui parviennent à quitter le cocon, à part la minorité normale, n’ont pas la force de bouger ni de se tenir sur leurs pattes. On croirait, à juger par leur aspect, qu’ils ont subi l’action du feu. (( Le froid les a brûlés »; ils cessent tout mouvement au bout de quelques heures.
- Cependant, si 15 jours de froid intense comprom-mettent simplement leur éclosion, par contre 25 jours de froid modéré (de 0°) détruisent irrémédiablement tous les insectes. La chrysalide qui a péri sous l’action du froid devient noire; mais comme l’évaporation de l’humidité de ses organes s’est faite lentement, elle ne tache pas les parois de son cocon; son volume réduit et sou poids varient de O6',050 à 1 gramme. Les cocons étoufïës par le froid ne présentent aucun des inconvénients signalés dans l’étouffage par la chaleur. Dans le dévidage, ils se comportent d’une façon très satisfaisante. Tous ceux que nous avons étouffés par ce procédé ont été bien (( détachés » et bien (( abenés », c’est-à-dire dévidés à fond, dans une grande filature de l’Ardèche. Nos expériences nous permettent de conclure que l’étouffage des cocons par le froid peut remplacer avantageusement l’étouffage par la chaleur, toutes les fois que l’on sera à même de garder la chrysalide pendant un mois dans un endroit sec dont la température sera constante et inférieure à 0°. La durée de l’action frigorifique, comme on a pu le voir, a une importance plus grande que l’intensité de la température. On a cependant tout intérêt à maintenir celle-ci aussi basse que possible à —4°.
- L’étouffage par le froid fait disparaître le déchet considérable des étouffoirs à air chaud et à vapeur et n’exige aucune manutention.
- Enfin, cet étouffage pourrait avoir des conséquences très importantes au point de vue commercial. Aujourd’hui, le producteur est tributaire, pour cette opération, du grand industriel, lequel seul est à même de posséder des étouffoirs dont la conduite est délicate et le prix très élevé. La crainte de l’éclosion oblige le sériciculteur à porter ses cocons à l’industriel au fur et à mesure de leur formation. De la sorte, il se trouve lié avec lui bien
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- avant la vente. Or, eelle-ci n’a lieu que deux ou trois mois après le décoconnage; mais en ce moment-là les cocons, dévidés et filés, sont transformés en étoffes; le producteur, qui ne peut plus reprendre son produit, devra s’incliner devant les prix fixés par les industriels. Les choses ne se passeraient pas ainsi si le sériciculteur, disposant d’une chambre froide, faisait lui-même automatiquement l’étouffage; il pourrait ainsi tenir le marché en réglant ses offres suivant la demande. J. or Lovkiuio.
- IA PIERRE DE SERPENTS
- Le tribut annuel payé par les Hindous aux griffes des tigres et autres bêtes fauves et aux morsures de serpents est véritablement effrayant. Certaines années le chiffre des cas de mort s’est elevé à près de vingt mille et sur ce nombre la plus grosse part revient aux terribles effets du venin du cobra et autres espèces venimeuses. Le sérum de Calmette s’emploie dans les Indes, comme dans toutes les régions où foisonnent ces dangereux reptiles. Mais combien peu de privilégiés peuvent bénéficier de cet antidote. Au cœur des forêts, en dehors des grands centres urbains, les Hindous ne peuvent, trouver de secours rapides. Aussi ont,-ils recours aux talismans, aux médications bizarres avec toute la foi qu’ils n’auront pas de longtemps dans les préparations des médecins européens.
- De tous temps ils se sont servis, comme préservatifs des morsures de reptiles, de ce qu’ils appellent la pierre de serpents. Ces pierres, préparées dévotement par des prêtres, des brahmines vivant au cœur des forêts vierges, sont douées pour eux d’un pouvoir surnaturel ; les charmeurs de serpents, si fréquemment victimes de la dent de leurs élèves, les recherchent et ne manquent pas de les recommander. 11 est fort difficile de s’en procurer; les indigènes conservent ces précieux talismans et ce n’est que par ruse ou à prix d’or qu’on a pu en obtenir. Le Dr Watkins-Pitchford, directeur du laboratoire bactériologique de Pietermaritzburg au Aatal, a eu l’occasion d etudier un de ces préservatifs, pour vérifier si réellement il possédait quelques propriétés particulières et si la fameuse pierre pourrait être de quelque secours contre les morsures des serpents du Sud de l’Afrique, aussi dangereux que les serpents des Indes. La pierre lui avait été envoyée, par un voyageur qui n’était pas éloigné de croire aux vertus de ce talisman. Celui-ci l’avait recueilli aux Indes d’un Hindou mordu par un serpent. '
- Jad is, Faraday avait soumis à l’analyse chimique une de ces pierres, achetée plusieurs centaines de roupies dans le district d’Ilyderabab et. il avait constaté que la soi-disant pierre n’était qu’un fragment d’os calciné, rempli de sang après la calcination, puis de nouveau passé au feu.
- La pierre examinée par M. Watkins-Pitehford ne différait pas beaucoup de l’échantillon analysé par Faraday et semble bien être aussi un fragment d’os calciné, peut-être retiré des bûchers sacrés. D’aspect gris brun elle avait une forme trapézoïde et mesurait 22 millimètres sur lb de haut et 5 d’épaisseur; elle ressemblait tout à fait a un fragment de fémur d’adulte. Pour se rendre compte des effets de ce contre-poison bizarre, M. AVatkins suivit, dans ses expériences, scrupuleusement, les indications données par les indigènes. On doit, en effet, appliquer directement la pierre sur le point de la piqûre, après avoir mouillé la plaie avec un peu d’eau. Au bout de peu de temps la pierre adhère très intimement avec les tissus, et on peut alors la retirer, elle a absorbé le poison. Si on désire utiliser à nouveau ses vertus miraculeuses,
- il faut jeter la pierre dans du lait, le poison est absorbé par le liquide qui tourne au bleu.
- Pour se conformer à cette pratique, M. Watkins se servit d un fort lapin de deux kg auquel il injecta, le poil îase, une dose de (ib centièmes de milligramme de venin du mamba noir dilué dans un peu d’eau distillée. Le serpent passe pour un des plus dangereux des races vipérines de 1 Afrique australe. La pierre de serpent lut alors appliquée dans les conditions prescrites : sans efficacité, car l’animal succombait au bout de trois heures avec les signes de l’empoisonnement classique. Par contre un animal témoin, qui reçut à peu près la même dose de venin et, n’eut pas de pierre comme préservatif, résistait au poison et guérissait après quelques heures de malaise.
- Les expériences, répétées plusieurs fois et dont l’auteur donne la relation dans le « Hritisb Medical Journal », permettent d’affirmer qu’il n’y a, dans l’efficacité de ces talismans, absolument rien de fondé; c’est mie superstition, une pratique suggestive qui aide à la croyance en la guérison et qui peut sembler réussir lorsque l’introduction du venin aura été nulle ou à doses trop faibles. Il y aurait plus de confiance à avoir dans une succion directe de la plaie pour enlever une partie du poison que dans l’application de cet os poreux. La pierre de serpent n’est qu’une amulette et il faut s’efforcer de propager, dans les pays infestés par ces redoutables reptiles, l’emploi du sérum ou, a defaut, les injections de permanganate de
- l)r A. L.iimz.
- IA GUERRE CONTRE LA POUSSIÈRE
- PAR l, ARROSAGE DES ROUTES A I.A WESTRUMITE
- Ou ne sait que trop que les automobiles ue peuvent apparaître sur nos routes macadamisées sans soulever derrière elles un tourbillon de poussière. Cette poussière crée pour le routier ou le promeneur un désagrément dont il voudrait bien se préserver. Le vieux système d’arrosage paraît avoir fait son temps et nous nous sommes demande, si l’on ne pouvait trouver mieux que de faire alterner la poussière avec la boue; d’ailleurs ces arrosages primitifs à l’eau naturelle finissent par devenir coûteux et inabordables même à certaines villes, dont l’édilité est obligée de rationner l’eau potable aux habitants. Dans un récent article1 sur les moyens de combattre la poussière, nous avons mentionné des essais d’arrosage des routes, commencés sur le littoral avec un mélange de goudron d’huile minérale et végétale rendu soluble dans l’eau par la saponification ammoniacale. L’eau est donc dans ce cas le véhicule qui entraîne le goudron dans les interstices des cailloux, de sorte que le produit gras en y pénétrant devient partie intégrante de la chaussée. Celle-ci prend une teinte jaunâtre, point désagréable à l’œil et présente une surface unie, sans être glissante. L’odeur de goudron et d’ammoniaque n’est pas trop pénétrante et disparaît, après deux ou trois jours. S’il pleuvait pendant l’opération, il vaudrait mieux ne pas continuer, mais la pluie qui tombe sur une route westrumitée et qui a eu le temps de bien sécher, c’est-à-dire quelques heures
- 1 Voy. n° 1602, du 6 février 1904. p. 151.
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- après l'arrosage, ne paraît pas pouvoir enlever le produit ; les substances volatiles qui l'ont rendu soluble dans l’eau s’évaporent par le séchage, de sorte que le produit devient insoluble et ne peut plus être lavé par l’eau de pluie. Cet arrosage n’est donc qu’une sorte d’huilage progressif de la chaussée qui n’offre pas les mêmes inconvénients qu’un huilage complet d’emblée comme en Californie. 11 se pourrait même que la chaussée devint moins friable, à la longue, donc moins poussiéreuse, et que les frais de l’arrosage allassent en décroissant comme pour l’encaustique des planchers. Tandis que les résultats du goudronnage dépendent d’une série de conditions assez difficiles à réunir : une suite de beaux jours, des routes bien exposées, en excellent état d’entretien et presque en pallier (la croûte.de goudron devenant glissante pour
- les chevaux sur une déclivité de route (pii dépasse 5 pour 100), l’arrosage à la westrumite se lait d’une façon très simple et rapide. Aussi la Ligue contre la poussière n’a-t-elle pas hésité un seul instant, à la suite de nos essais, de conseiller ce procédé pour le circuit des Ardennes, à l’Automobile-Club de France. Après les regrettables événements de la grande épreuve, Caris-Madrid, celui-ci n’a voulu reculer devant aucun sacrifice pour éviter que la poussière soulevée par ces monstres que sont les voitures de course, filant à plus de 100 kilomètres à l’heure, ne pût devenir une cause d’accidents. Les 89 kilomètres du circuit ont été arrosés avec des solutions de 10 pour 100 de westrumite. Une centaine d’hommes disposant de 50 tonneaux d’arrosage furent employés pendant 5 à 4 jours pour faire ce travail, souvent
- assez pénible, car il fallait chercher l'eau à des kilomètres de distance. Le résultat fut vraiment très satisfaisant : ni le public-, ni les coureurs n’ont été gênés par la poussière, la westrumite a supprimé chez les chauffeurs toute crainte de rencontre périlleuse. Sans danger les concurrents ont pu se joindre, se passer, tous se sont déclarés enchantés du produit qui a fourni ses preuves pour une durée de quelques jours au moins.
- L’expérience est donc faite et la partie gagnée, car sans cet arrosage la course aurait certainement présenté des dangers sérieux. La preuve en est qu’en quittant la roule westrumitéc, nous disparaissions dans un nuage opaque, que la vue ne pouvait percer. Le ne sont donc pins des résultats chimériques, mais des faits acquis. Un sportsmandes plus en vue vient de répéter l’essai sur 500 mètres de roule devant sa propriété à Chantilly à l’occasion du Derby, et il en est très satisfait. Reste à étudier le coté pra-
- tique, c’est-à-dire la durée des résultats par rapport à la dépense. A ce propos, nous devons avouer que les essais faits sur le littoral sont encore trop récents pour qu’on puisse en tirer des renseignements. Jusqu’à ce jour le procédé parait donner des résultats satisfaisants et abordables, d’après cette lettre récente du conducteur des Ponts et Chaussées de Ville-franche : « Depuis le 15 mars, date du premier essai, la traverse de Beaulieu, que nous arrosions auparavant tons les jours, n’a été arrosée que 4 fois avec l’eau westrumitée (2 fois à 10 pour 100, 1 fois à 5 pour 100 et la dernière fois à 2 pour 100); la chaussée n’a plus été époudrée depuis, et pourtant il n'y a pas de poussière. J’ai remarqué (pie la westrumite rend la poussière, qui se forme 8 à 10 jours après l’arrosage, beaucoup plus lourde et l'empêche de se soulever en tourbillon au passage des automobiles. » Examinons maintenant la dépense. Les 4 arrosages, en comptant sur un litre d’eau westrumitée
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- ]>ar mètre carré et par arrosage et en lixant à 500 francs la tonne du produit, reviennent à environ 9 centimes par mètre carré. Ceci peut paraître
- excessif pour la durée de 2 mois seulement, mais il ne faut pas oublier que les 2 premiers arrosages à 10 pour 100 ne se font qu'une fois et que les
- Fig. 2. — Automobile marchant à la vitesse de 70 kilomètres à l’heure avant l’arrosage de la route à la westrumile.
- arrosages suivants ne sont plus que du 5 pour 100 5 arrosages mensuels de 5 à 2 pour 100, ce qui et même du 2 pour 100. En se basant sur 2, même devra nécessairement varier selon l’importance delà
- Fig. 3. — Automobile marchant à la vitesse de 70 kilomètres à l’heure, après l’arrosage de la route à la westrumite depuis 3 jours.
- circulation, l'état atmosphérique, la nature du sol, l’exposition de la chaussée, etc., l’arrosage du mètre carré ne reviendrait qu’à 2 ou 5 centimes par mois.
- Ur le fait de diminuer la poussière entraîne nécessairement un abaissement des frais d’entretien, dont
- 1’imporlance ne pourra être établie que par des essai s de longue durée, qui se poursuivent actuellement sous la direction de MM. les Ingénieurs des Ardennes, des Alpes-Maritimes et de MM. les Conservateurs des Bois de Boulogne et deVincennes, ainsi qu’à Valence,
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- à Bar-le-Duc, etc. En même temps, on procédera à des essais avec des solutions de 2 pour 100 d’eau westrumitée pour la construction même des routes. On sait (ju’après avoir rempli de cailloux cassés l’encaissement, on fait circuler sur la chaussée un rouleau compresseur qui tasse la masse des cailloux et remplit les vides. Puis après celte première opération, on jette à la pelle sur la chaussée les matières d'agrégation, qu’on fait 'pénétrer dans la chaussée au moyen d’arrosage, c’est à cette eau qu’on ajoute de la westrumite pour obtenir plus de cohésion et plus de résistance de la chaussée.
- La poussière, en effet, provient autant du sahle qui sort des interstices des cailloux et qui est pulvérisé par la circulation, que de l’usure des pierres proprement dite; on peut s’en convaincre par ce fait qu’une automobile, passant à grande vitesse sur une route fraîchement lavée, soulève pourtant de la poussière qui sort des interstices de la chaussée. Dans le même ordre d’idées, notre excellent Secrétaire général, M. Forestier, insiste sur les avantages de la ermite élastique et résistante obtenue par le goudronnage, parce qu’elle empêche les pneus des roues d’aspirer la matière d’agrégation et doit diminuer par ce fait considérablement la formation de la poussière.
- Pour eontre-balancer les dépenses de ces arrosages, on peut faire valoir qu’on diminue l'usure de la route en diminuant la formation de la poussière, car la poussière c’est la route qui s’en va. Déjà les nettoyeurs des rails de tramways, sur des chaussées arrosées à la westrumite, ramassent infiniment moins de poussière qu’auparavant, et cette poussière contient peu de sahle provenant de la matière d’agrégation, mais plutôt des détritus delà paille, etc.
- Mais même si la suppression de la poussière entraînait des dépenses, la question est assez importante, pour qu’on n’hésite pas à faire le nécessaire.
- On pourrait même aller plus loin, fut-ce au prix d’une dépense assez élevée, on devrait, nous semhle-t-il,appliquer et entretenir ces nouveaux procédés d’arrosage sur les routes de luxe, au grand avantage de ceux qui y circulent et à l’avantage non moins grand des riverains. On dépense des millions pour la tiltration des eaux potables, pourquoi ne dépenserait-on pas pour rendre l’air plus respirable? Les résultats obtenus contre les maladies d’origine hydrique peuvent donner une mesure de ce qu’on pourrait obtenir contre les maladies respiratoires en purifiant, autant que possible, l’air, facteur indispensable de vie.
- Mais nous n’avons pas prêché dans le désert; grâce au concours empressé de la presse et particulièrement à celui de ce Journal si accessible à toutes les idées scientifiques qui a accueilli nos études avec tant de bienveillance, notre appel a été entendu.
- Sous l’égide des grandes Associations sportives une Ligue contre la poussière s’est fondée; son but est de faire connaître et d’appliquer les nouveaux procédés. La Ligue, quoique privée, ne dédaigne point l’appui
- des pouvoirs publics. C’est au contraire avec l’aide efficace de MM. les Ingénieurs des Ponts et Chaussées et des divers services des travaux publics que nous avons pu mener à bien nos premiers essais. Elle a déjà provoqué l’intervention de la Ville de Paris, qui, s’intéressant toujours vivement aux questions d’hygiène, vient de commencer des essais de goudronnage, avenue de la Grande-Armée et l’arrosage à la westrumite au Rois de Boulogne. Pour faciliter l’initiativt*privée, à laquelle l’Administration ne peut faire appel, la Ligue s’étant offerte comme une intermédiaire désintéressée a commencé à faire circuler, parmi les riverains des boulevards Maillot et Richard-Wallace, des listes de souscription pour l’achat du goudron et de la westrumite, les Travaux Publics prenant à leur charge les frais de main-d’œuvre et d’épandage. Déjà de divers points de Paris et des environs, on s’adresse à la Ligue, heureuse d’avoir donné le branle à l’opinion, fière si elle peut contribuer à résoudre une importante question d’hygiène.
- I)1 Gcgueuiixettt,
- Fondateur de la Ligue contre la poussière.
- U MIGRATION DES LEMMINGS EN 1903
- Parmi les rongeurs existant en Scandinavie, il en est un qui est, bien connu de nom et de réputation. Son nom est Lenuning : et la particularité qui le fait connaître est cette circonstance que de temps à autre, à l’intervalle de plusieurs années, et sans qu’on sache pourquoi, l’espèce devient tout à coup prodigieusement abondante, et s’adonne à des voyages étendus. Les leinmings émigrent par troupes serrées, par milliers ou centaines de milliers, dévastant toutes les cultures sur leur passage, s’attaquant aux produits des champs aussi bien qu’aux plantes sauvages du bois ou de la montagne, et, dit la sagesse populaire — qui est peut-être plus populaire que sage — ayant pour objectif supérieur la mer où ces petits animaux se jettent, et périssent misérablement. Les migrations se font à des intervalles assez espacés : une grande migration a eu lieu en 1808; une autre vient d’avoir lieu l’an dernier, en 11)00. Quelques renseignements nous sont parvenus qui pourront intéresser nos lecteurs.
- Tout d’abord, il ne faut pus croire qu’entre les « années à lemmings » les petits rongeurs font défaut. Ils existent, un peu partout : mais en polit nombre, ou en nombre modéré, fis existent : et on peut d’une année à l’autre constater la persistance de leurs colonies. Le qui se passe pendant les années à lemmings, c’est une multiplication excessive de l’espèce. Ou plus exactement, ces années sont particulièrement favorables à la survivance des jeunes. De quelle manière, on ne sait au juste; mais sans doute, en ne présentant pas telles causes de destruction des jeunes : en ne présentant pas trop de pluies par exemple ou trop de froid, à certains moments de l’année.
- La reproduction des lemmings commence dès le printemps, fm avril ou commencement de mai. À cette époque on trouve, dans les colonies fixes, des nids déjà installés, et contenant des jeunes. Le nombre de ceux-ci varie : ils sont généralement de 5 à 8, mais le chiffre de 10 n’a rien d’exceptionnel. A peine la première nichée a-t-elle été élevée, que les parents en préparent une seconde. Dans les années favorables, la première nichée née au
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- printemps, se reproduit à son tour au mois d’août : la seconde peut aussi se reproduire à l’automne, mais ceci n'a lieu que rarement. Le nombre des portées des adultes, par saison, est inconnu : mais il semble bien qu’il y en a au moins deux. Les années à lemmings, comme 18(18 et 1003, doivent s’expliquer, comme il a été déjà dit, non par une exaltation spéciale du pouvoir reproducteur, qui est déjà, normalement, d’une intensité très suffisante, mais par l’existence de conditions permettant la survivance de la plupart des jeunes. Le plus souvent, il meurt un grand nombre de ceux-ci : mais, dans les années à lemmings, celte grande mortalité — de cause inconnue — fait défaut.
- La conséquence de ceci est que bientôt les vivres sont rares. La table est servie comme d’habitude : mais le nombre des convives est 10, 20, 30 fois le nombre habituel. Aussi ne trouvent-ils pas à satisfaire leur appétit, et se mettent-ils en marche pour trouver une région plus fertile. L’est la faim, selon toutes les apparences, qui est la cause des migrations des lemmings. La direction où se font celles-ci est fort variable. Dans tous les cas, elle se fait du pavs haut vers le pays bas. Et dès lors rien de surprenant si, en fin de compte, la horde arrive au bord de la mer. En Norvège, d’après M. Gérald S. Davies, la migration se fait vers l’ouest, qui est la direction où se trouvent les terres basses, plus fertiles et plus cultivées, et la mer aussi; en Suède elle se fait vers l’est, qui est aussi la direction du bas pays de la mer : vers le sud-est plus exactement : car les troupes sont généralement décrites comme venant du nord, et obliquant ensuite vers l’est. Par exception — et. ceci a été remarqué l’an dernier — il peut arriver que le flot se, dirige vers le nord, comme cela vient d’etre observé en Suède tout au moins. Les migrations peuvent donc se faire dans toutes les directions. Le plus souvent elles doivent se faire des hauteurs vers les régions basses, c’est-à-dire dans le sens des moindres résistances : mais c’est tout ce qu’on peut en dire.
- Et l’attraction de la mer, demandera-t-on? Mais celte attraction n’existe nullement. Dans un pays présentant la configuration de la Scandinavie, les lemmings qui vont de la montagne à la plaine arrivent forcément au rivage, s’ils n’ont pu, en route, se répartir sur une région capable de les nourrir. Et arrivés à la mer, ils s’y jettent comptant trouver, sur l’autre bord, dont ils ignorent l’éloignement, une région où trouver de quoi manger, car ils ne font que repéter au bord de la mer ce qu’ils ont fait au bord des rivières. Ils se sont mis à l’eau pour traverser celles-ci : ils s’y mettent aussi, en arrivant au rivage : l’acte est tout naturel. Les lemmings nagent encore assez bien. 11 est permis de considérer comme bons nageurs des animaux pouvant faire deux kilomètres et demi de chemin en mer : et il est certain que les lemmings réussissent à traverser bon nombre de rivières et de lacs dans leur voyage vers la côte. Mais la mer leur est fatale. Ils y périssent par milliers et centaines de milliers : il arrive à un navire de rencontrer des amas de cadavres d’un kilomètre de largeur. Les pauvres petits animaux peuvent certainement franchir un lac s’il n’est pas trop large, et une rivière, si les eaux n’en sont pas trop agitées : mais dès que celles-ci présentent quelque mouvement, c’en est fait des voyageurs. Ils ne peuvent tenir la tète assez haut au-dessus de la surface, et dès lors les moindres ondulations leur inondent le visage, et ils périssent asphyxiés. Sur les nappes de quelque étendue, beaucoup de lemmings meurent d’épuisement. Déjà en mauvaise posture par le fait de l’inanition qui les a incités à émigrer, ils sont assez vite à bout de forces, dans leurs efforts de natation. Néan-
- moins, il faut le répéter, les lemmings peuvent parfaitement fournir une course aquatique de deux ou trois kilomètres, dans des conditions favorables.
- Une fois en route, les hordes de lemmings ne s’arrêtent plus. Ils vont de l’avant, en hiver aussi bien qu’en été. Quand ils ont du champ devant eux, ils peuvent voyager un an, deux ans, trois ans même. Mais l’armée des envahisseurs arrive infiniment réduite. Il en meurt des milliers et des milliers en route. 11 en tombe beaucoup dans les puits, dans les ruisseaux à bords à pic, d’où ils ne peuvent sortir : et alors ils y meurent, leurs corps se putréfient, et cette putréfaction, se faisant dans les eaux employées pour la boisson, détermine des épidémies appelées « fièvre de lemming » (pii se présentent le plus souvent après les migrations, et ressemblent fort à la fièvre typhoïde ordinaire. Dans les rivières à cours tant soit peu mouvementé, dans les lacs de quelque largeur, de nouvelles hécatombes se font. Il se produit souvent, encore, des épidémies de nature inconnue : des maladies diverses — aidées par l’inanition et la fatigue — déciment les voyageurs. Enfin, chaque grande migration (“st accompagnée d’une cohorte empressée d’oiseaux de proie qui fait grasse chère, sans grande peine, et indique, de loin, le passage des émigrants. Aussi n’arrive-t-il au rivage qu’une proportion relativement faible de ces derniers. Certaines colonnes ont même succombé avant d’arriver au dernier gîte.
- Il est malaisé de se rendre compte des circonstances météorologiques qui précèdent et préparent une grande migration : mais on admet généralement que leur principal effet est de rendre plus rares les ressources alimentaires naturelles, tout en favorisant la survivance de la progéniture. On observe du reste que les années à lemmings sont des années où djnutres rongeurs sont plus abondants que de coutume, et où les grenouilles sont plus nombreuses aussi. Et les années à lemmings sont des années à harengs, d’après les pêcheurs norvégiens. Pourquoi, et comment cela s’explique-t-il; dans quelle mesure cela est-il exact? Nous ne savons.
- Inutile d’ajouter (pie les migrations de lemmings sont chose calamiteuse. Les envahisseurs dévorent tout sur leur passage, affament le bétail par la destruction de l’herbe, détruisant les maigres récoltes, et ne laissant rien à la bète ou à l’homme. Celui-ci n’a pas la ressource de dévorer son ennemi : la plupart des personnes qui ont goûté du lemming se contentent d’une seule tentative. Peut-être le loup et l’ours sont-il moins difficiles : mais ils ne suffisent pas — ni les oiseaux de proie non plus — à exterminer les millions d’émigrants. Le chien, lui, n’v touche généralement pas. On pourrait tuer le lemming pour sa fourrure, qui est fort jolie : mais elle est si petite qu’on ne peut guère l’utiliser dans la pelleterie. Dans ces conditions, il n’y a rien à faire, semble-t-il. On laisse passer le fléau, tirant une consolation relative de ce fait observé que les années se suivent et ne se ressemblent pas, que jamais deux années à lemmings ne se succèdent coup sur coup, et que les grandes migrations ne se produisent, somme toute, qu’à des intervalles assez espacés. Mais il serait intéressant de savoir au juste quelles conditions déterminent l’exacerbation numérique de l’espèce.
- A signaler, en passant, le goût que manifeste l’élan pour le lemming. Ce n’est point qu’il devienne carnivore ; mais il sait l’estomac du petit rongeur plus ou moins rempli d’aliments végétaux : et alors, d’un coup de dent, il enlève l’abdomen, et l’avale. De la sorte il reprend au lemming le bien que celui-ci lui a dérobé. Henry de Varigny.
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- LA NATURE.
- LES CANOTS AUTOMOBILES DE LA MLLE DE PARIS
- Le cambriolage sévit avec autant d’activité sur la Seine et ses rives que dans la banlieue parisienne. Ses auteurs, véritables corsaires d’eau douce, se l'ont, suivant les besoins, ou pécheurs, ou détrousseurs de bateaux, ou contrebandiers; ils opèrent pendant la nuit, par tous les temps, et se livrent parfois .à de véritables actes de piraterie. La Préfecture de police a dù organiser, contre eux, un service spécial de surveillance qui est confié à la brigade iluviale. Jusqu’à présent les agents attachés à ce service parcouraient le 11 cuve sur de simples
- canots à rames et la lutte entre la répression et le brigandage n’était pas toujours égale, les contrebandiers possédant des bateaux souvent plus légers et mieux appropriés à la course que ceux de la Préfecture. C’est alors que la Ville de Paris, désireuse d’assurer à son personnel une supériorité matérielle sur ceux qu’il a pour mission de poursuivre, a cru devoir proliler du progrès et mettre à la disposition de la brigade iluviale des canots automobiles. Le Conseil général a voté des fonds pour l’achat du premier et le Conseil municipal a suivi cet exemple. La
- Fi<f. 1. — Canot automobile de la Ville de Paris « La Mouetle >>.
- flottille de la Ville de Paris comprend donc deux embarcations : la « Mouette » et la « Vigie ». Le nom de la première plaît infiniment. C'est une sorte d’hommage rendu à ces gracieux oiseaux qui, de temps à autre, nous viennent de la Manche et intriguent si fort les Parisiens quand ils tournoient au-dessus de la Seine et se reposent sur ses eaux.
- Notre « Mouetle » ne leur ressemble, bien entendu, que par son nom. C’est un joli petit bateau à vapeur acheté à M. Védrine [tour 4000 francs et que l’on a quelque peu transformé en vue de l’usage auquel on le destine. La coque, faite en tôle d’acier que l’on a garnie intérieurement de bois de teck, mesure 8 mètres de longueur et lm,f)0 de largeur; le tirant d’eau est de 0m,55. La partie centrale du canot est occupée par la machinerie, les coffres à
- combustible, à huile, à outils, etc., et à l’avant sont disposées des banquettes. A l’arrière se trouve une cabine dans laquelle huit agents peuvent, sans gène, prendre place. Normalement la « Mouette » reçoit 6 ou 8 agents, un sous-brigadier, un pilote et un mécanicien.
- La chaudière, alimentée par une pompe ou un « Giffard », est du même modèle que celle des pompes à incendie. La machine est à simple effet et l’échappement se produit à l’air libre; il eût été préférable d’employer un condenseur pour la suppression du bruit, mais on a dù faire intervenir la question de dépense, tout au moins provisoirement. Pour la même raison, l’achat de phares à acétylène a été remis à une date qui, espérons-le, ne restera pas indéterminée. Le canot peut être gouverné indiffé-
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- LA NATURE.
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- comment par la roue ordinaire du gouvernail ou par la barre d’arrière; celle-ci est destinée à servir seulement dans le cas où le gouvernail ne fonctionnerait pas. La chaudière est chauffée par des briquettes que l’on brise alin de les loger plus facilement dans les coffres. On peut ainsi embarquer 120 kg de combustible qui suffisent pour un voyage de 8 à 0 heures à la vitesse moyenne de 10 kilomètres à l’heure.
- La « Vigie », que l'on a montée dans un hangar provisoire établi près de la pointe aval de l’ile de la Cité, est également faite en tôle d’acier et en bois de teck. Elle mesure 8m,70 X l"',80; son tirant d’eau, sans charge, est de O111,50. Les banquettes, qui servent en même temps de coffres, sont disposées de chaque côté sur toute la longueur du canot; il
- n'y a pas de cabine, ce qui est avantageux lorsque les nécessités mettent aux prises agents et mallai-teurs; elle est simplement recouverte d'une tôle destinée à mettre le personnel à l’abri des lapidations dont ils sont fréquemment l'objet pendant la nuit. Dans cette embarcation la machine à vapeur a été remplacée par un moteur à explosions; c’est plus moderne et beaucoup moins encombrant. Ce moteur sort des ateliers de M. Filtz; il est à deux cylindres et développe 16 chevaux. 11 forme, avec les organes d'embrayage et le différentiel, un bloc unique calé sur le fond du bateau. La mise en marche s'effectue par une manivelle, placée à la hauteur des cylindres, qui commande l’arbre moteur par l’intermédiaire de deux pignons réunis par une chaîne. Le levier de manœuvre opère, suivant la position qu’il occupe,
- Fig. 2. — « l.u Vigie » (lovant te nouveau dock du pont SainrMicliel, à Paris.
- l'embrayage, l'arrêt (freinage) et la marche arrière. Le bloc pèse approximativement 500 kg et commande l’hélice par un arbre de transmission. Le réservoir contient 70 litres d’essence qui sont suffisants pour une croisière de 8 à 0 heures. La vitesse est un peu supérieure à celle de la « Mouette ».
- La mise en service de ces deux embarcations — qui se sont déjà signalées par plusieurs captures importantes — a nécessité la construction d’un abri en aval du pont Saint-Michel. De ce dock les bateaux partent à des heures diverses pour aller s’embusquer en des endroits différents des rives et surveiller le lîeuve avant de le parcourir. Nécessairement les combinaisons de « travail » dépendent de la manière dont les contrebandiers, gens éminemment habiles, cherchent à les éviter. Pendant la journée les canots sont utilisés et équipés comme embarcations de secours en cas d’accidents. De plus ils prendront un caractère officiel et recevront les hauts fonction-
- naires de la police lorsque la présence de ces derniers sera nécessaire en un point quelconque de la Seine.
- Ils assisteront également aux fêtes nautiques (pie certaines sociétés donnent pendant la belle saison. Dans ces cas le mécanicien et le chauffeur revêtiront une tenue spéciale et les banquettes seront garnies de coussins, accessoires inutiles en temps normal.
- Ces nouveaux engins, qui sont appelés à rendre les,plus grands services, étendent leur champ d’action à toute la partie du fleuve comprise dans le département de la Seine. Ils présentent de tels avantages au point de vue de la vitesse et de la manœuvre sur les canots à rames qu’il deviendra bien difficile aux malfaiteurs de leur échapper. À moins, toutefois, que ces derniers, se modernisant à leur tour, n’imitent la Préfecture de police, ce qui nous parait bien improbable. Lucien Fournier.
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- LA S AT ü RK.
- LES CARNASSIERS EN SUÈDE
- La destruction des carnassiers et des oiseaux de proie se poursuit toujours très activement en Suède, principalement dans la partie septentrionale. Le gouvernement stimule l’ardeur des cliasseurs en payant des [trimes, qui varient selon les bêtes tuées; les divers départements, qui souffrent, le plus de l'appétit féroce des loups et des renards, surtout pendant l’hiver, l’aident aussi dans sa tâche. Le chiffre de ces primes s’élevait en 11)01, selon la statistique récemment parue, à environ 100 000 francs. Malgré le nombre considérable de carnassiers tués, que ce chiffre représente, la perte d’animaux domestiques continue cependant à être très sensible ; 5712 moutons, 78 chèvres, 1146 rennes, 65 080 pièces de volailles sont devenus la proie des loups, des renards, de l’ours, du lynx [tendant la seule année de 1001 ! La valeur de ces animaux est estimée à environ 155 000 francs.
- Il reste donc encore beaucoup à faire [tour les chasseurs suédois, surtout dans certaines contrées, comme par exemple dans le district de Norbotten, situé sous le cercle polaire, où les loups et les gloutons font des ravages terribles parmi les animaux domestiques. On a tué en tout 58 loups et 60 gloutons en 1001 dont 22 et 46 à Norbotten.
- Combien de fois le Lapon n’a-t-il pas eu à constater des désastres irréparables dans son troupeau de rennes et de moutons, causés par le loup pendant la nuit ! Dans la neige la trace est encore fraiche. Vite! les skis aux pieds, le fusil sur l’épaule, et en route, seul avec son chien ou plusieurs ensemble. Ah ! ce n’est pas [tour le plaisir de la chasse que ces hommes glissent silencieusement sur la neige avec une vitesse devenant prodigieuse en descendant les collines. L’est la rage au cœur qu’ils avancent, les yeux fixés sur la trace, qui quelquefois décrit un grand cercle et les ramène au point du départ, pour repartir aussitôt dans une autre direction.
- L’est la haine séculaire contre ce terrible ennemi, qui les pousse en avant, bien plus que la prime à toucher. La trace continue à travers des forêts, des plaines dans un pavsage d’une désolante tristesse, où le silence règne en maître. Ils savent à peine où ils sont et ne pensqnl guère au retour. Lu juron aux lèvres ils avancent, poussant leurs skis avec les directions pour augmenter la vitesse. La trace se divise, se multiplie; il y a maintenant quatre traces différentes, d’autres loups se sont joints aux premiers, et un pou plus loin on voit dans la neige qu’un petit troupeau île rennes a été poursuivi par les loups.
- Tout d’un coup un long hurlement se. fait entendre. Les hommes s’arrêtent aussi vite que possible dans la grande vitesse acquise. Des yeux ils fouillent la forêt devant eux, d’où semblait sortir le hurlement sinistre. Ils voient alors une louve s’avancer avec quatre petits louveteaux, assez lentement comme si elle était méfiante, inquiète pour ses petits. Quatre fusils partent en même temps, tuant net la louve et un louveteau. Les trois autres petits se laissent facilement prendre et sont abattus à coup de crosse. Nous avons vu un des chasseurs pendant un voyage récent dans ces contrées inhospitalières, qui nous narrait cette chasse dans tous ces détails. Ils avaient reçu ensemble une prime de 550 francs pour les 5 bêtes et aussi une somme raisonnable pour les peaux. Devant la fenêtre de sa maison basse, si basse qu’à peine on pouvait rester droit, le soleil se couchait, illuminant les sommets lointains des montagnes de la Laponie, tandis que l’immense tapis de neige, qui couvrait la plaine, prenait une teinte
- rosâtre. Nous restions absorbés dans la contemplation de cette silencieuse beauté d’une nature majestueuse, tandis que lui achevait sa narration, menaçait du poing des milliers de loups imaginaires en s’écriant : Ah! les brigands !
- Les enfants font aussi la chasse eu Suède. Ils se sont chargés des corbeaux, dont 100 649 ont été tués en 1901. Le gouvernement paye 15 centimes la pièce; ce qui semble être suffisant pour que la jeunesse fasse une guerre acharnée à ces destructeurs des champs.
- L’ours devient heureusement plus rare. 11 se tient surtout dans le district de Norbotten, où l’on en a tué 10 en 1901. Dans le district de Kopparberg, qui cependant est situé1 sous le 60e degré de latitude, c’est-à-dire très peu plus au nord que Stockholm, on a également tué un ours. L’est assez rare de le trouver tant au sud que cela, où la densité de la population est déjà assez grande et les forets plus exploitées.
- Il a été tué dernièrement un ours d’une belle taille, dont la peau, transformée en tapis, est exposée actuellement chez un marchand de fourrures à Stockholm. L’est un très beau spécimen, d’une forte taille et d’un aspect féroce. Son poids était de ‘217 kilogrammes.
- Il est tombé après une chasse très mouvementée qui malheureusement coûtait la vie d’un homme, tandis qu’un autre fut grièvement blessé. Deux frères Persson, propriétaires à Norrland, étaient allés dans la forêt [tour chercher des fourrages. Il avaient [iris la précaution, nécessaire dans ces contrées, d’apporter leurs fusils, dont ils ne tardaient pas à avoir sérieusement besoin, car l’ours se mettait à leur poursuite dès qu’il les aperçut. D’un coup de patte il renversait l’un des frères et le labourait de ses griffes, tandis que l’autre ne perdant pas son sang-froid fut assez heureux de lui planter une halle dans la poitrine. Dlessé, saignant, l’ours prenait la fuite, ce qui permettait de panser l’homme blessé tant bien que mal et de le renvoyer chez lui. L’autre ne voulait pas lâcher l’ours. Suivant sa trace, il le découvrait bientôt, mais l’ours, qui avait vite remarqué que l'homme n’était pas accompagné de chiens, le surprenait par-derrière, l’abattait et le déchirait de ses crocs. Dès qu’on s’est aperçu de l’absence de Persson vingt jeunes gens de la contrée organisèrent une véritable battue et bientôt l’ours, qui s’était enfui dans les plaines de la Laponie, dut payer de sa vie les méfaits qu’il avait commis. Il ornera maintenant le salon de quelque grande famille de la noblesse suédoise et sera ainsi, si l’on veut, île nouveau à l’honneur après avoir été à la peine. Jules Peelmax.
- Variations de latitude. — Le professeur Alhrecht public dans le n° 5945 des « Astronomische Nachricbten » les résultats provisoires obtenus pendant les années 1905-1904 par le bureau du Service international des latitudes. Il résulte de la table et du diagramme publiés que les variations de la hauteur polaire, relativement à la hauteur polaire moyenne, ont été en croissant pendant l’année 1905, et que ces variations paraissent actuellement être sur le point d’atteindre leur maximum.
- Conduites d’eau en porcelaine. — Si bizarre que cela puisse paraître, on songe à remplacer les conduites d’eau classiques, èn fonte ou en grès, par des conduites en porcelaine; et la fabrication en est couramment commencée dans la fabrique allemande de Moisson,
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- LA N ATI HE.
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- ou Saxo. A la vérité, ces tuyaux de porcelaine glacée sont assez minces et disposés à l’intérieur de conduites en fonte dont ils forment comme le revêtement ; entre la porcelaine et le métal, est intercalée une couche de ciment. Il est bon de se rappeler que la porcelaine est pour ainsi dire éternelle ; de plus, l’eau n’est point exposée ainsi à se charger de fer, et la rouille ne peut atteindre les parois en 1er et y perforer des trous, comme c’est souvent le cas pour les canalisations en fonte. Pour l’instant les canalisations d’eau en porcelaine, dans les diamètres ordinaires, coûtent encore 2000 marks du kilomètre.
- Observations anglaises au Tibet. — D'après le journal anglais « Nature )) le correspondant du « Times », tpii suit l’expédition du Tibet, donne des renseignements intéressants sur la température et les conditions delà vie aux hautes altitudes traversées par cette mission et quia varié entre 5000 et 4800 mètres. C’est au campement de Clmggia, sur le Tangla, qu’on a observé la plus basse température qui a été de 52°,2 C. au-dessous de zéro. Pendant la nuit, la température minima observée, en janvier et février, à l’altitude de 4575 mètres, a été de — 23°,10 C. A l’altitude de 5050 mètres, cette température nocturne minima a été de — 15°,88 C. Le mal des montagnes a été étudié avec soin par les médecins qui accompagnent la mission. Des indigestions fréquentes ont été causées par le défaut de cuisson des aliments. A l’altitude de 4575 mètres, l’eau bout à une température de plusieurs degrés inférieure à celle du niveau de la mer, et la cuisson devient insuffisante ; il est presque impossible de faire cuire convenablement le riz. Des différentes sortes de lentilles rouges des Indes, servant à l’alimentation des troupes, une seule espèce, le « mussoor », pouvait être suffisamment cuite à une altitude supérieure à 5000 mètres. A ces liasses températures l’huile était congelée et l’entretien des batteries des fusils devenait presque impossible. Le correspondant du « Times » ajoute qu'il eût été facile de faire disparaître ces inconvénients, en employant de la glycérine pour le graissage des fusils et des maxims, et en faisant usage de vases hermétiquement clos pour la cuisson des aliments. Il eût sul’li de munir ces derniers de soupapes de sûreté réglées pour une pression de une atmosphère.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juin 1904. — Présidence de M. Mascaut.
- Emanation des corps. — M. Blondlot communique un travail ayant pour objet de mettre en évidence la projection spontanée par certains corps d’une émission sensible à l’action de la pesanteur. Dans une première expérience, il place une pièce d’argent au-dessus d’une croix de sulfure de calcium insolé collée sur un carton; on voit alors la croix augmenter d’éclat. Au contraire, si on place la pièce d’argent au-dessous de l’écran, on n’observe aucun effet à moins que la distance ne soit réduite à b ou 8 centimètres, alors que, dans le premier cas, la distance pouvait être de quelques mètres. M. Blondlot conclut qu’on peut expliquer les deux expériences en supposant •pie la pièce projette une émanation sensible à l’action de la pesanteur. En partant de cette interprétation M. Blondlot varie les expériences d’une façon très ingénieuse pour en vérifier l’exactitude. En plaçant la pièce verticale, on doit obtenir un jet parabolique; il trouve en effet, à l’aide de l’écran phosphorescent, le point d’arrivée du jet sur un plan horizontal ; il oppose deux jets parallèles et
- trouve qu’ils se brisent comme des jets de liquide et retombent verticalement en un point (pie l’écran décèle. Enfin, cette émanation peut être rélléchie par le verre, si bien qu’on peut la lancer dans un tube et la recueillir à l’autre bout comme un liquide.
- Vastes dénudations du sol dans l’est de la France. — M. A. Gaudry rappelle que M. Bleicber, de Nancy, avait montré que d’immenses masses de terrain avaient été enlevées dans l’est de la France. Après avoir étudié la destruction des assises secondaires il avait découvert, dans les grés vosgiens, des galets de schiste avec des grapto-lites siluriens et des quartzites avec spirifers et orthis. 11 avait conclu que des terrains primaires ont existé dans des régions où il n’y en a plus de traces apparentes, (l’était là un fait d’une grande importance pour l’histoire de la géologie française. Les savants de Nancy ont continué l’œuvre de Bleicber, et l’un d’eux, M. Noël, a entrepris de vastes recherches sur les galets vosgiens. 11 y a trouvé de nombreux fossiles qu’il a déterminés. 11 a même découvert des fossiles hors des grès vosgiens dans les alluvions modernes de la Meurthe. Au moyen de ces divers fossiles, il a constaté qu’il y avait eu deux horizons, ainsi qu’il est arrivé en Bohême, d’après Terner. Les recherches sont, dit M. A. Gaudry, des événements grandioses, car elles révèlent des disparitions de terrains si complètes qu’il faut aux géologues une sagacité extrême pour en retrouver des vestiges. Il rappelle encore que M. Barrois a mis en lumière un cas de dénudation gigantesque en Bretagne ; un fait analogue se retrouve donc à l’est de la France.
- Survivance du type néyroïdien en Europe. — M. A. Gaudry résume ensuite une communication de M. Pithard relative à la survivance du type négroïdien dans les populations européennes. M. Verneau a, dit-il, décrit en 1902 les squelettes de la grotte des Enfants de Baoussé-Roussé. L’examen des deux crânes découverts dans la couche paléolithique lui a permis de qualifier de négroïde le type retrouvé. L’étude de la dentition de ces squelettes par M. A. Gaudry a confirmé la différence entre les dents de ces paléolithiques et celles des blancs actuels. M. Pithard signale deux crânes rencontrés dans une série de crânes valaisins de la vallée du Rhône, du xmc au xix' siècle. Ges crânes féminins ont un faciès notablement négroïde. Par leur prognathisme maxillaire ainsi que par leur forme générale, par les détails du squelette nasal et de la dentition, ils constituent une survivance de ce type ancien négroïde jusque dans les populations modernes.
- Singularité du parasitisme. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Kunekel d’Rerculais signalant une observation faite dans la république Argentine sur des lépidoptères limacoïdes et sur leurs parasites diptères du genre systropus. L’auteur a observé que la chrysalide de l’hôte et la nymphe du parasite possèdent un appareil spécial identique qui permet à chacune d’elles de découper dans le cocon qui les abrite un opercule à bords tranchés comme à l’emporte-pièce ; il désigne ce curieux phénomène de convergence dynamique sous le nom d’ho-méoproxie.
- Propriétés des rayons N. — M. Edmond Becquerel communique une Note de M. Jean Becquerel relative à l’action de la vapeur d’alcool sur les rayons N. Cette action est analogue à celle des anesthésiques. En soumettant à l’alcool du sable insolé, on constate d’abord qu’après une excitation manifestée par un dégagement
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- LA NAT U HL.
- plus grand de rayons, le rayonnement s'affaiblit si la proportion d’alcool est assez grande. 31. J. Becquerel a montré, d’un autre côté, que les phénomènes de dilatation et de contraction produits par les changements de température sont accompagnés de rayons N\ et \.
- Histologie des mollusques. — M. J. Lhatin présente un travail de 31. B. Yigier et une Note de 31. Mader sur l’histologie du cœur des mollusques. Cet organe est formé de libres tantôt réellement striées, comparables aux fibres embryonnaires du cœur des poissons, tantôt de fibres à apparence striée ; mais, dans tous les cas, on constate un perfectionnement de la substance musculaire évidemment en rapport avec le mode de contraction du cœur.
- Cil. DE VlLLEDECIL.
- LA, MER DE NUAGES
- La Suisse est célèbre dans le monde entier pour ses ascensions de montagnes. Chaque année des milliers de touristes font l’ascension pédestre ou, ce qui est plus commode, l’ascension mécanique des innombrables sommets de l'Oberland bernois pour jouir de quelque coucher ou lever de soleil, de quelque panorama de glaciers et de pies comme seule la république belvétienne en présente. Je fus un jour de ces touristes; mais je ne vis ni coucher ni lever de soleil. L’aslre du jour était de mauvaise humeur et se cachait avec persistance derrière des nuages qui, de leur côté, faisaient de leur mieux pour
- La Mer de .Nuages dans les Alpes (vue du mont Pilate).
- me faire rebrousser chemin et m'arrosaient copieusement de bruine, de pluie et de grêle. Mais, il n’y avait [tas moyen de revenir en arrière. àous ai-je dit que j'avais paresseusement [tris place dans le funiculaire? Force me fut donc de continuer l’ascension au milieu d’un temps à faire rentrer dans leur retraite tous les cavaliers fantômes dont la légende peuple les Alpes. Je fus toutefois largement récompensé de ma persévérance involontaire, car à peine étions-nous à 1000 mètres de hauteur que s’étendit à mes regards émerveillés l’un des spectacles les plus beaux et les plus grandioses des Alpes. Le brouillard ou plutôt les images s'étendaient à nos pieds en une plaine moutonneuse, houleuse, secouée de vagues, de replis et sans cesse en mouvement, qui descendait et montait en flots d'écume au milieu
- desquels émergeaient ça et là, comme des ilôts et des écueils, les plus hauts sommets des Alpes. J’avais devant moi la « Mer de Nuages ».
- A l’automne ce phénomène de toute beauté n’est pas très rare. On l’observe assez souvent au Higi en septembre et octobre. Les touristes sont prévenus par une dépêche transmise aux hôtels de Lucerne et aussitôt on organise un train spécial pour le Higi. Il fait sombre et nuagueux en bas; à 900 mètres environ de hauteur le brouillard cesse. On est tout étonné de voir au-dessus de soi un soleil brillant et un ciel bleu. Au-dessous, c’est la mer de nuages.
- E. Gc.vium.
- Le Gérant : P, Masson.
- Pari;. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus. 9.
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- y> 1 022. — 25 JUN 1 U U 4.
- L A N AT U U K.
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- LE TRàCTEUR COLONIAL SCOTTE
- Le développement du commerce et de l’industrie, quelles que soient les régions envisagées, a toujours eu pour base la facilité des moyens de communication et d’échanges des marchandises. l)e là la prospérité des villes industrielles situées à proximité des routes naturelles, voies navigables, ou de celles créées par l’initiative de l’homme, canaux, routes et voies ferrées. Cette question des transports qui est la plus importante de toutes, puisque c’est par elle que l’on peut mettre en valeur et tirer parti des richesses naturelles d’un pays, joue le plus grand rôle dans les colonies. Dans ces pays neufs où tout est à créer la première chose a établir est la voie d’accès facile qui permettra d'amener à la côte les produits de l’intérieur. Les voies ferrées, partout
- où elles ont été établies dans les colonies, ont été une source de prospérité pour les régions traversées. Etant donné cependant l’immense étendue des territoires où elles ont été créées, tel que dans nos possessions du Tonkin, Sénégal, Dahomey, etc..., à 4 Madagascar où la ligne reliant Tamatave à Tanana-rive est en cours, de construction, la voie ferrée unique établie à grands frais sera pendant longtemps le seul débouché sur la côte, et il est nécessaire pour l’alimenter de créer les voies de terre qui en deviennent les affluents et amènent le tralic qui lui est nécessaire pour couvrir ses frais d'exploitation et assurer son développement. Les animaux de trait étant très rares dans les régions coloniales, d’autre part ceux que nous possédons en Europe ne pouvant s’y acclimater, c’est par l’indigène réduit à l’état de bète de somme que se font actuellement les transports sur les voies de terre. Ils transportent à dos
- Le train colonial Scotte.
- d'homme des charges ne dépassant guère 50 kg ou alors, à l’aide de charrettes à bras, des charges variant suivant les cas de 2 à 500 kg. Le parcours journalier qu’ils effectuent est en moyenne de 40 à 50 kilomètres par jour. Ces moyens primitifs sont dans la plupart des cas insuffisants.
- La traction automobile sur route, qui a fait tant de progrès dans ces dernières années, est appelée à rendre d’immenses services dans les colonies où elle contribuera à mettre en exploitation toutes les régions situées en dehors de la zone parcourue parles voies ferrées existantes. Déjà à Madagascar le général Gallieni les emploie avec succès pour le transport de la poste depuis plusieurs années, mais là ce ne sont que des automobiles à pétrole inaptes au transport des lourdes charges, de plus il y a de la difficulté à se procurer à un prix abordable l’essence nécessaire à leur consommation, les armateurs ne consentant à la transporter qu’à des conditions très onéreuses.
- ‘üe anutc. — 2e semestre.
- Les automobiles « à vapeur » du type tracteur étaient donc toutes désignées pour les transports coloniaux et la Société Scotte, bien connue par l’application qui a été faite de son système pour les transports de l’armée, vient de créer un tracteur à vapeur léger qui semble remplir tous les desiderata pour la question qui nous intéresse. Si ce tracteur avait du employer du charbon, du coke ou môme du pétrole comme combustible la difficulté d’approvisionnement aurait été assez grande sinon impossible dans bien des cas ; il fallait donc employer un combustible qui se trouvât partout et surtout dans les pays vierges, c’est-à-dire le bois.
- L’emploi de ce combustible qui ne donne en moyenne que 5000 calories à l’état sec, un peu plus ou un peu moins suivant les essences de bois employées quand le charbon de qualité médiocre en fournit 6000, a nécessité l’emploi d’une chaudière spéciale à grand foyer, permettant de brûler assez de bois pour produire le nombre de calories et, par consé-
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- LA NA’ITIiL
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- (|lient, la vapeur nécessaire au llloLeul actionnant le traeteui-. Cette eliaudière timbrée à lu kg à tubes genre bield, placés sur un corps cylindrique horizontal, est munie à chaque extrémité de grands autoclaves par lesquels la visite et le nettoyage peuvent se taire très rapidement. Un tube serpentin prend la vapeur au sommet du cyjindre et, longeant les deux parois du loyer, cette vapeur se surchauffe avant de se rendre au moteur; cette disposition, qui permet de n'employer que de la vapeur très sèche, réalise une grosse économie, qui est appréciable puisque ce sont des approvisionnements en moins comme eau cl combustible à transporter.
- Le moteur, de la puissance de 22 chevaux à 2 cvlin-dres compound, est muni d’un appareil qui permet de mettre à volonté la vapeur à haute pression sur les deux cylindres pour un coup de collier ou un démarrage dilticile et qui porte à ce moment la puissance du moteur à 52 chevaux.
- Le poids du tracteur à vide est de -4500 kg, sa longueur est de 4m,90 et sa largeur totale de lm,80. Il est muni d’un réservoir d’eau de 1000 litres et peut contenir dans ses ridelles 2 mètres cubes de bois correspondant à une marche normale de 10(1 kilomètres. Un peut atteler à ce tracteur tous les genres de véhicules, « sans aucune combinaison d’attelage spécial » ; il est prouvé depuis bien longtemps pratiquement, et non pas avec des formules, que pour obtenir de faire tourner correctement des voilures derrière un tracteur il suffit d’atteler ces véhicules avec un triangle et une simple cheville ouvrière remplaçant le limon ou les brancards. Des convois ainsi composés évoluent dans un cercle de 5m,50 de rayon intérieur et suivent toutes les sinuosités d’une route dilticile, sans jamais déraper, même en pleine charge et en mauvaise roule.
- Le tracteur colonial peut remorquer une charge de 4 à 0 tonnes suivant l'état des chemins, répartie sur 2 ou o chariots rustiques. 11 peut, muni de roues à large bandage, passer sur des chemins à ornières profondes, mal entretenues, ou sur des terrains gazonnés ou broussailleux ; c’est-à-dire qu’il peut circuler avec des charges remorquées sur des routes rudimentaires, telles que sont les premières existantes dans beaucoup de colonies, son poids modéré lui permettant de franchir des passages où les lourdes et anciennes locomotives routières, employées jusqu’à ce jour, n’ont pas donné un résultat satisfaisant. Commandant X.
- LA CONSERVATION DES VlAiS
- IIU lilMXOS-AVKMS MX MIKOPK
- La conservation des grains de céréales est tout à la fois une question économique et une question d’hygiène alimentaire. Il est en effet rare de ne pas constater que les approvisionnements de grains de blé, d’orge, d’avoine, de maïs perdent peu à peu de leur valeur par suite des altérations qu'ils subissent ; et le mais
- en particulier, lorsqu'il est avarié, semble être une cause de maladies de l'homme et des animaux. S'il est difficile dans nos pays de garder les grains dans de bonnes conditions, il est encore (tins mal aisé de conserver ceux que l’on exporte par bateaux des pays où on cultive les céréales sur une vaste échelle. Une des régions qui souffre le plus à ce point de vue est sans contredit la République Argentine; ce pays produit du maïs eu grandi' quantité. Quelques chiffres pris dans la statistique générale donneront une idée de l'importance de cette culture.
- Lu 1902, I 500 000 hectares ont été plantés avec du maïs. Dans les années ordinaires celte céréale donne environ 2000 kilogrammes à l’hectare. Pendant cette année 1902, il a été exporté en Europe 1 192 829 tonnes de maïs.
- Le fruit du maïs donne une farine variant d’après la couleur des grains, mais généralement jaune [dus ou moins foncé; elle sert à la préparation d'une pâte alimentaire : gaiule, polenta en Italie, mamaliga en Roumanie, qui se prépare en mélangeant la farine avec de l’eau salée en quantité suffisante pour en faire une pâte que l'on mange chaude ou froide, elle remplace le pain de froment, et les pauvres paysans comptent beaucoup de jours oii leur unique aliment est cette pâte indigeste et peu nutritive. On mange encore le maïs cru quand les caryopses sont laiteuses. Un mange les caryopses cuites ou bouillies. Avec de la farine moins fine, du lail et de la graisse, on prépare une solde de purée, ou bien on fait un gâteau qui ne diffère de la gaude que par le mode de cuisson, il est cuit au four au heu d’être bouilli. A ce gâteau on ajoute quelquefois un peu de farine de froment.
- On utilise le maïs pour fabriquer des pâles alimentaires. Les pâtes de maïs renferment autant de substance albuminoïde, presque autant de substance amylacée que les pâtes de farine de blé de première qualité et ne coûtent que 20 centimes le kilogramme alors que le prix de ces dernières est de 75 centimes. Le maïs est mis en fermentation et entre comme matière première dans la composition de l’alcool.
- Certaines peuplades de l'Afrique du Sud, les Zou-lous en particulier, fabriquent de la bière avec de la farine de maïs et celte farine est la base de leur alimentation. Dans les mines d’or on leur donne du maïs cultivé par eux, sur place, ou du maïs importé delà République Argentine. Les Américains font eux aussi, avec le maïs, une boisson alcoolique de laquelle on extrait une eau-de-vie spéciale. Toujours en Amérique on prépare une émulsion avec les grains à moitié murs mélangés à du sucre et à des aromates.
- Le maïs est emp’oyé pour la nourriture des animaux et des oiseaux. Pour les chevaux il est inférieur à l’avoine et à l’orge. Pour les autres animaux et pour les oiseaux il est excellent.
- 11 y a plusieurs variétés et sous-variétés de mais différant par la taille, l’aspect et le temps qu’ils mettent pour mûrir. Ce temps varie de 100 à 180 jours suivant l’espèce. Les variétés qui arrivent
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- LA N ATI 11 L.
- plus vite à maturité sont dites précoces, ees variétés sont préférables parce qu'elles offrent plus de chance d’obtenir une céréale de qualité supérieure, bien mûre et, par conséquent, moins attaquable par les moisissures; cela est important parce (pie le maïs de bonne qualité, c'est-à-dire inaltéré, est un bon aliment qui contient une bonne quantité de matières azotées et vient après le blé et le seigle.
- L’alimentation par le maïs a des avantages incontestables : facilité de préparation des repas, mets sapide et agréable même sans addition de condiments, bas prix. Il n’en est pas de meme du maïs avarié qui, on le sait aujourd'hui, peut donner la pellagre à l’homme et l'eumaïsado au cheval.
- Le maïs, dans la République Argentine, est récolté du mois d’avril au mois de juillet. Les grains sont transportés soit dans des sacs, soit en vrac à même la cale des navires. 11 sont classés en o catégories. La première peut être exportée sans crainte, elle est dans de bonnes conditions pour supporter le
- renient putréfié et exhalant une telle odeur que les autorités du port de Gênes jugèrent nécessaire d’envoyer le vapeur au large pour jeter à la mer tout son contenu. L'exportateur, en apprenant la perte qu’il venait de faire, se suicida.
- L’altération n’est pas toujours aussi complète, mais il n'est pas rare de voir, à l’ouverture des cales dans le port d’arrivée, un véritable nuage de vapeur d’eau causé par la chaleur de la fermentation qui s'échappe en même temps qu’une odeur fade et extrêmement désagréable.
- La troisième catégorie est inexportable. On ne risque jamais de faire voyager ce maïs, il 11e peut même pas être envoyé jusqu’au Brésil malgré la courte durée du voyage, c’est un maïs qu’il faut consommer de suite, surplace. Ce sont, en général, ceux qu’on appelle les maïs humides sur lesquels la fermentation se produit presque fatalement.
- Les ennemis des grains appartiennent les uns au règne animal (insectes, etc.) qui se nourrissent de son contenu ; les autres au règne végétal (moisissures, microbes) qui produisent la fermentation du grain cl son écbaulfemenl.
- voyage. Les experts en maïs ne refusent pas les certificats d'exportation qu’on leur demande avant l'embarquement et les Compagnies d’assurances acceptaient ces dernières années ees grains dans leurs polices.
- 11 y a deux ans, les sommes payées par les assureurs anglais pour du maïs qui avait fermenté plaidant le voyage se sont élevées à plus de 7 millions de francs. Pour la seconde catégorie, les résultats du voyage sont plus problématiques. Le maïs s'altérera peut-être, c’est un maïs douteux, les assureurs 11e prennent jamais ces maïs dans leurs assurances. Cependant les exportateurs risquent l’aventure, souvent ees grains se comportent mieux qu’on n’osait l’espérer et les résultats pécuniaires de l’opération sont magnifiques. D’autres fois, au contraire, le maïs est débarqué dans un état complet d’altération, les pertes sont souvent de 50 à 00 pour 100 et plus.
- O11 nous a raconté à Buenos-Ayres, qu’il y a quatre ans un chargement est arrivé en Italie entiè-
- Xous venons de faire un voyage à Buenos-Ayres, pour nous occuper de la conservation des maïs; nous avons récolté les insectes qui mangent le grain. M. le professeur Marchai a bien voulu nous les déterminer, nous avons rencontré : le « Sitophilus oryzæ L. », charançon du riz ou calandre, appelé gorgojos dans la République Argentine; cet insecte appartient au groupe des coléoptères, il est très abondant dans les pays tropicaux.
- Un second insecte est le « Tribolium ferrugineum Fab. » de couleur brun clair. Un troisième coléoptère que l’on rencontre encore en petite quantité est le « Lœmophlœus pusillus Sclion. », qui est commun dans beaucoup de denrées coloniales. Enfin souvent 011 trouve le « Sitotroga cerealella », connu sous le nom d'alucite en France ou de palomitas dans l'Amérique du Sud. Ces insectes se nourrissent du contenu du grain et produisent des pertes toujours limitées.
- Dans la traversée de l’Argentine en Europe on compte que les calandres, lorsqu’ils existent à bord, font subir une perte de 5 pour 100 au chargement. A côté d’eux, une autre cause d’altération plus importante est la fermentation produite par des
- * boyau <J*
- , connextof-
- Fig. F. — Installation do l'appareil Cluyton et de ses tuyaux à bord des navires marchands.
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- LA NATEL K.
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- moisissures et îles mieroljes et qui entraînent par-lois la perte entière d’un approvisionnement.
- Dans les maïs qui s'altèrent dans l’atmosphère chaude de la cale des navires on trouve des grains
- enveloppés de moisissures, d'autres sont gâtés à l’intérieur par des microbes. En général l’altération des grains commence dans le sillon oblong couvert d’un mince épiderme qui correspond au germe.
- Fig. 2. — Lus maladies du maïs. — 1. Calandre ou charançon, grossi; 1 a, sa grandeur naturelle. — 2. Tribolium, grossi; ->a, sa grandeur nalurelle. — 3. Alucite, grossie; 3a, sa grandeur naturelle. — i. Chenille de l’alucitc, grossie; 4 a, sa grandeur naturelle.
- __ 5, Grain moisi, grossi; 5 a, sa grandeur naturelle. — G. Coupe d'un grain fermenté, grossi; G a, sa grandeur naturelle. —
- 7. Altération d'un grain due au tribolium, grossi. — 8. Altération d’un grain due au charançon, grossi. — y. Grain fermenté, grossi __ 10. Coupe d'un grain commençant à s’altérer par fermentation, grossi.
- Attaqué par le champignon, l’épiderme perd l’adhérence qu’il avait avec l’emhryon, s’épaissit et laisse voir la partie altérée qui est sous-jacente.
- Nous [avons rencontré dans le maïs venant de l’Argentine de nombreux grains commençant à s'altérer au niveau d’une petite blessure laite par la palomitas qui est à la recherche d’un grain qui lui soit agréable et en pique plusieurs avant de le trouver; cette blessure me semble être le point de départ de l’altération. Cet insecte apporte-t-il le germe de la maladie? ou dans cette blessure les germes se cultivent-ils plus facilement? 11 est difficile de le préciser, mais la palomitas semble jouer un rôle très important dans l’altération du grain. Du reste cela concorde avec les remarques qui ont été faites depuis longtemps dans les différents greniers où l’on conserve
- d’habitude les céréales. Nous lisons, dans un travail sur la conservation des grains dû à MM. de iielforl de la Roque et Larbalélrier, le paragraphe suivant :
- « ...Dans les contrées ravagées par l’alucitc (palomitas) on a longtemps regardé réchauffement du grain comme le signe le plus c e r t a i il ’ d e la présence de l’insecte. »
- Sans négliger ces considérations, il ne faut pas les regarder comme un indice infaillible : il y a souvent coïncidence entre des grains échauffés et les dégâts de l’alucitc, mais l’insecte se rencontre aussi sur des grains sains. Les papillons femelles préfèrent, à tous les autres, les grains avariés pour y déposer leurs œufs et les chenilles éprouvent moins de résistance à les attaquer. L’alucitc profile de Réchauffement du grain, mais ne le produit pas. (< La fermentation n’est pas rare dans les récoltes
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- LA NATURE.
- mal rentrées ou entassées dans des endroits humides. »
- Dans la République Argentine il nous a été souvent répété, par les personnes qui venaient à bord de.
- « l'Abcrgeldic » pour surveiller le chargement de nos maïs, que la palomitas est attirée par l’odeur du maïs et que lorsqu’un chargement de maïs est envahi par cet insecte on peut être certain qu’il
- Fi*r. 1. — Vin* d'ensemble dos élévateurs dos "rains.
- s'échauffera dangereuse,
- Avec h' gorgo-jos rien de semblable, il mange une partie du grain, mais h* maïs ne s'échauffe pas ; les pertes sont limitées, tandis que par réchauffement la perte d’un chargement peut généralement être totale. Les grains de maïs attaqués perdent toujours plus ou moins de leur valeur et de leur qualité première ; les farines qui en résultent sont toujours mauvaises, elles peuvent même être dangereuses pour la santé. On sait, par exemple, aujourd’hui que la pellagre est produite par le grain de maïs avarié, dette maladie, caractérisée par des érythèmes, des troubles digestifs et nerveux pouvant se terminer par
- la folie et la cachexie, fit son apparition dans quelques pays de l’Europe méridionale après l’introduction de la culture du maïs, c’est-à-dire il y a bien près de deux-siècles environ.
- On trouve de la pellagre en Espagne. Th. Roussel a démontré son existence dans quelques départements français, surtout dans les Landes. On compte en Roumanie 50 000 pellagreux, et plus de 100 000 en Italie. Dans ce dernier pays les deux tiers des paysans se nourrissent de maïs. La multiplicité des procédés indiqués pour conserver le maïs montre qu’aucun n’est véritablement efficace ou pratique et que cependant la question a été étudiée par de nombreux expérimentateurs. A bord des navires sur lesquels on transporte
- La palomitas par elle-même n'est pas
- Fi<r. 5. — Vue (les magasins et des élévateurs jiris du côté de la terre.
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- LA NATURE.
- :» i
- les grains, les précautions sont encore plus difficiles à appliquer que sur terre.
- Le gaz sulfureux a été recommandé par plusieurs et semble avoir donné de bons résultats, mais comme toujours c'est la difficulté de se le procurer, lés craintes d’incendie qu’il fait naître lorsqu’on fait briller du soufre dans les greniers, qui très probablement n'a pas permis de généraliser son emploi. Nous avons eu l’idée d’appliquer, à la conservation des maïs, le gaz Clayton dont nous avons déjà parlé plusieurs fois dans ce journal; mais, avant de mettre notre idée à exécution, nous avons fait diverses expériences que nous résumerons brièvement.
- Les grains de maïs soumis pendant deux heures à l’action du gaz Clayton, semés dans divers bouillons de culture, ne donnent lieu à aucune pullulation de microbes, alors que les témoins mis dans les memes milieux donnent des cultures abondantes de divers organismes. La surface des grains est donc stérilisée par le gaz. Du maïs lnimide, conservé pendant un mois dans un sae, est trouvé altéré, tandis qu'un sac des memes grains soumis à l'action du gaz sulfureux, et conservé dans les mêmes conditions, est toujours en bon état de conservation après [dus de deux mois. Le grain ainsi soumis à l'action du gaz Clayton est-il altéré? Est-il atteint dans ses propriétés germinatives?
- Pour répondre à ces questions nous avons fait les expériences suivantes à l'Institut Pasteur dans le laboratoire de chimie agricole dirigé par M. Mazé : 40 grains de blé, 40 de maïs, 40 de colza et 40 de lin, [iris dans des échantillons exposés au gaz Clayton, sont semés dans du sable de Fontainebleau mouillé, tous poussent aussi bien que les témoins; les qualités germinatives ne sont donc pas altérées.
- Toutes nos expériences, faites en petit avec les gaz sulfureux, tendaient à démontrer que la conservation du maïs était réalisable, et que les charançons et autres insectes que l’on trouve dans le maïs étaient détruits; il restait à voir si la chose pouvait se faire en grand au moyen de l'appareil (dayton installé à bord d’un bateau sans faire passer le grain par un laboratoire, c’est-à-dire sans compliquer les opérations déjà si onéreuses du chargement d’un navire.
- L’occasion de faire une expérience en grand nous fut fournie à la tin d’octobre dernier, la Compagnie du gaz Clayton nous offrait d’aller dans l’Amérique du Sud faire un essai sur le chargement de maïs qui devait être embarqué à bord du cargo boat 1’ « Aber-geldic », un grand navire de 6000 tonnes qui devait prendre le grain à Ruenos-Ayres pour le transporter à Anvers et à Londres. Nous devions retrouver ce bateau dans la République Argentine et suivre, pendant le voyage de retour, l’action du gaz que l’on devait dégager dans les cales.
- L’ « Abergeldie » est muni d’un appareil Clayton depuis plus d’un an, l'appareil est placé dans la salle des machines et les tuyaux sont à demeure sur le pont et vont dans chacune des quatre cales, do façon à pouvoir lancer le gaz dans chacune d’elles et lutter contre les commencements d’incendie qui
- peuvent se déclarer à bord; le tuyau d’amenée du gaz dans les cales de 1’ « Abergeldie » va jusqu’à la partie inférieure de la cale et le tuyau, qui ramène l’air de la cale à l’appareil à son ouverture, à la partie supérieure de la même cale.
- L’ (( Abergeldie » est divisé en 4 cales suffisamment étanches pour que le gaz sulfureux dégagé dans l’une d’elles ne passe pas dans l’autre. Environ 2000 tonnes de maïs se trouvaient dans la cale n° a, dans laquelle nous devions lancer le gaz Clayton. Les autres cales restaient comme témoins et nous ne devions pas y envoyer le gaz.
- La cale n° Û contenait du maïs de bonne qualité, du maïs de qualité moyenne et enfin du maïs de fort mauvaise qualité pour lesquels un expert consulté refusa de donner un certificat, d'exportation.
- Cour le chargement, le navire s’est rangé contre le ipiai le long duquel se trouvent les élévateurs qui viennent d’être construits et permettent maintenant, de charger rapidement les bateaux sans manipulation pour ainsi dire. Ce sont ces élévateurs qui sont représentés dans la photographie ci-contre.
- Le voyage de Ruenos-Ayres à Anvers fut d’uni' durée de üo jours. Le gaz Clayton fut amené dans la cale n° ô, une première fois, deux jours après le départ et cette opération fut répétée trois fois pendant le voyage.
- Le gaz a été envoyé sans jamais incommoder l'équipage, aucun insecte ne s’est montré à l’entrée dos ventilateurs de la eale o lorsqu’on les ouvrait, tandis que pendant toute la traversée on a vu des quantités de palomitas sortir des autres cales et ces insectes venaient en grand nombre dans nos cabines. A aucune époque Codeur de la cale o n’a été mauvaise, tandis que celle qui se dégageait des autres cales était fade et désagréable.
- En arrivant à Anvers, au bout de ou jours de traversée, on constata en ouvrant la cale a que les sacs étaient en bon état ; pas de condensations sur les parois supérieures de la cale; les paillassons, qui servent à isoler les sacs des parois de la cale, ne sont pas pourris et ont conservé leur couleur primitive. Le maïs dans les sacs n’est pas chaud, il est tiède à la main. En un point un peu d’eau est tombée du pont, un sac est évenlré et une centaine de grains de maïs sont là, qui ont germé, comme pour bien montrer que les qualités germinatives ne sont pas altérées. Ce maïs a été déchargé huit jours après, à Londres. Les experts le trouvèrent en meilleur état que le maïs conservé dans les cales où nous n’avions pas lancé le gaz et aucune plainte n’a été faite au sujet de l’action du gaz sur le maïs.
- Nous pouvons donc conclure que le gaz Clayton, employé à bord des navires qui font le transport des maïs de l’Argentine en Europe, détruit les charançons et autres insectes qui mangent le grain, et empêche en même temps réchauffement, de ce maïs. Dr A. Loir.
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- L’ÉDUCATION DU MARCHEUR
- Un ingénieur n'hésitera pas dans le choix de deux machines qui produiraient le mémo travail, l’une d’un mouvement uniforme, sans perte d’énergie, l'autre d’un mouvement saccadé, plein de chocs, d’à coups cl de variations de vitesse diminuant ainsi son rendement et faussant les organes de la machine elle-même, (à1 choix, dicté par l’économie1, doit cire la hast1 de l'éducation de nos mouvements, dès qu'il s’agit d’utiliser au mieux notre force musculaire; nous en trouvons un exemple dans la marche. Il ne s’agit pas pour le marcheur ou le. coureur d'acquérir de la vitesse à tout prix, il faut qu’il puisse soutenir longtemps l’allure, pour cela il faut demander à l’organisme un travail qu’il puisse fournir sans détruire l’harmonie de ses fondions. Il faut qu'il s’établisse, pendant la marche, un régime régulier de travail, régime où la dépense d’énergie est compensée à chaque instant par la réparation des forces. Ce régime ne peut exister si la nutrition des tissus et l’élimination des déchets du travail ne se font pas intégralement.
- Pour satisfaire à ces conditions, il faut « savoir » marcher et « pouvoir » marcher longtemps.
- Bien marcher,, c’est ne faire aucun mouvement, aucun acte musculaire (pii n’ait d'effet utile à la progression.
- Pour marcher longtemps, il faut choisir un rvllnne ou une « cadence » convenable de l'allure et « savoir respirer ».
- .Nous allons examiner ces deux points essentiels.
- Pour progresser, la machine humaine ne peut utiliser le mouvement continu tel que la rotation d’une roue, mais elle emploie des impulsions périodiques dues à la poussée alternative des membres inférieurs. Le pied trouve sur le sol un point d’appui lixe (pii permet aux muscles extenseurs de la jambe d’agir sur la masse du corps en allongeant le ravon du membre à l'appui préalablement fléchi. L'impulsion est forcément oblique; elle n'est jamais dirigée suivant le chemin que doit suivre le marcheur; au moment de l’appui du pied, l’action de la jambe est même de sens contraire à la progression. La discontinuité de l'impulsion de la jambe et l’obliquité de cette impulsion sont deux conditions extrêmement défectueuses pour obtenir une progression rectiligne et uniforme, ce qui serait l’idéal . On n’obtient jamais totalement ce résultat, mais on peut s’en rapprocher beaucoup en éduquant ses mouvements, c’est-à-dire en apprenant à marcher. La jambe a deux fonctions : celle de soutenir le poids du corps à un certain niveau, et celle d’entretenir sa vitesse horizontale. La pesanteur entraîne le corps en avant dès que le ravon de la jambe à l'appui a dépassé la verticale. Le poids du corps a pour elïèt de faire tourner ce ravon autour du pied, c’est-à-dire d’augmenter l’obliquité de ce rayon «H (fig. I)1 Cette rotation aurait pour effet de
- 1 Ces figures sont empruntées à mon livre « Mécanisme et Education des Mouvements ». (Alcan. 1904'.
- faire décrire à la hanche un arc de cercle 11 h, si la rotation du rayon s’effectuait toujours autour du centre a et si la longueur de ce rayon restait constante.
- Mais le pied se déroule sur le sol autour do centres instantanés variables, et le rayon du membre inférieur s’allonge en même temps qu'il devient plus oblique; la combinaison de ces deux mouvements d’allongement et de rotation engendre la trajectoire de la hanche II Ht trajectoire convexe en liant, mais beaucoup moins convexe que l’arc de cercle II A.
- La trajectoire de la hanche se rapproche donc de la ligne droite horizontale, et cela d’autant plus que rallongement du rayon est plus considérable, cl (pic le déroulement du pied sur le sol est plus complet. La masse du corps est ainsi soumise à une action impulsive U, à chaque instant tangente à la trajectoire de la hanche, et (pii résulte de la composition du poids du corps P avec l’effort d’extension oblique B du membre inférieur à l’appui. Celte force d’entraînement sera d’autant plus considérable que l’extension des segments sera plus complète, surtout l’extension du pied, et que l’obliquité de la jambe sera plus grande au moment du lever du pied ; ceci veut dire que Fou devra pousser le plus longtemps possible avec la jambe à l’appui en utilisant le déroulement total du pied, depuis le talon jusqu'à la pointe.
- Si, au contraire, on donnait son impulsion sans obliquité, la composante horizontale d’entraînement serait petite, et la force musculaire serait employée à soulever le corps et à donner à la trajectoire de la hanche une forme extrêmement ondulée.
- L’homme chargé et l’homme fatigué évitent instinctivement les réactions verticales; mais, malgré ces précautions, le corps parcourt toujours un chemin sinueux, et la tête oscille entre deux lignes de niveau distantes de 4 centimètres environ.
- Le point le plus bas de cette trajectoire correspond au poser du pied, moment du « double appui », le plus élevé sensiblement au moment du passage de la jambe par la verticale (fig. 8).
- Les études chronophotographiques m’ont permis d’étudier complètement ces mouvements, (“'les ont montré que le corps oscille aussi latéralement; l’oscillation à droite coïncide avec le poser du pied droit, c’est-à-dire avec le maximum d’élévation de la tête ; les bras se meuvent d’un mouvement inverse des jambes du même coté.
- La jambe qui a accompli son impulsion repose à terre par la pointe du pied pendant que l'autre pied pose par le talon. C’est la période de double appui (fig. 2). Aussitôt levé, le pied se porte on avant, et la jambe oscille autour de la hanche sous Faction musculaire et en se fléchissant légèrement afin de ne pas toucher le sol. Pendant celte période de lever, la masse du corps continue son mouvement de progression en vertu de la vitesse acquise ; il y a là un point mort que des allures trop lentes mettent bien en évidence et, comme la jambe qui se porte en avant va toucher le sol obliquement, il se produit
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- MA
- forcément, à la suite du choc, un ralentissement de la vitesse de progression. Ce ralentissement est une
- Fig. 1. — Figure montrant comment s’ongondre la trajectoire de la hanche II H, dans la marche par la combinaison do l’effort de poussée R de la jambe à l'appui avec la rotation autour du pied qui se déroule sur le sol sous l’action du poids du corps I*. On voit aussi comment le poids du corps est soutenu au moment du double appui par l’action des deux jambes.
- Fig. 2. — Marcheur au moment du double appui.
- <
- Fig. 5. — Projection horizontale de la vitesse de la tête d'un marcheur pendant l’appui du pied et tous les 20” de seconde.
- Fig. i. — 1. Marche légèrement fléchie; 2. Marche raidie.
- porte do force vive de la masse du corps; il y a intérêt à l’atténuer au mieux, puisque toute vitesse perdue à ce moment devra être restituée à la période
- suivante. La chronophotographie de la trajectoire de la tête du marcheur montre la variation de vitesse en cet instant (tig. 5). Ce fait est mis en évidence par l’extension et le relâchement des traits qui
- Fig. 5. — Attitude du soldat chargé qui favorise et amortit le choc du pied sur le sol.
- Fig. (>. — Allure de parade défectueuse au point de vue de l’amortissement du choc du pied sur le sol.
- Fig. 7. — Allure désordonnée d'un marcheur faisant des mouvements inutiles et des mouvements exagérés des bras.
- relient tin homme à une voiture à bras et cette variation de'la vitesse est tout à fait, analogue à celle du canot après le coup d’aviron.
- En résumé, les oscillations verticales du corps et les variations de sa vitesse horizontale sont deux
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- LA NATURE.
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- causes de perte de travail que l’on doit s'efforcer de réduire au minimum.
- Pour obtenir ce résultat économique, il faut donner à l’impulsion une direction oblique en allongeant le rayon de la jambe; il faut aussi amortir le choc du talon au moment du poser du pied en faisant supporter ce choc par les muscles extenseurs qui fournissent alors un certain travail résistant et sont étirés pendant que la jambe se fléchit légèrement (tig. 4 et 5). Il faudra meme rester légèrement tléchi à ce moment, pour éviter de remonter le corps à un niveau trop élevé, ce qui arriverait si on laissait la jambe étendue (fîg. I, n° 2). Si l’on porte le corps légèrement en avant, on facilite le déroulement du pied sur le sol et on augmente l’obliquité et la durée de l’impulsion.
- En portant, au contraire, le corps en arrière, en allongeant et en raidissant la jambe au moment du
- poser du pied, on ne ferait qu'augmenter les à-coups et les réactions verticales, les deux principales causes de perte de travail. Ces défauts apparaissent au maximum dans les allures de parade que l’on a eu grandement raison d’abandonner dans l’armée (tig. 6). Avec cette manière économique de marcher, il faut encore fixer la cadence la plus avantageuse à une allure de fond.
- Un ignore le plus souvent que la longueur du pas est fonction de cette cadence et que, pour une taille donnée, ou mieux pour une longueur de jambe, il n’y a qu’une cadence favorable telle que la vitesse de progression, produit de la cadence par la longuem du pas, s’obtienne avec le minimum d'effort.
- En dehors de ce rythme optimum on perd en rendement soit en prenant une cadence trop lente, soit en précipitant l’allure.
- Si l’on veut augmenter la vitesse de progression en
- Ki^r. 8. — Analyse chronophofographique de la marche inoutrmii les rapports des attitudes du marcheur avec les réactions verticales du corps.
- accélérant son rythme, la longueur du pas diminue forcément, le marcheur dans les cadences exagérées n’avant plus le temps de faire osciller sa jambe assez vite et de porter le pied assez avant pour allonger le pas.
- Il en résulte une dépense exagérée de travail tout à fait en disproportion avec le bénéfice qu’on en retire et l’on obtient cette vitesse beaucoup plus économiquement en diminuant la cadence, en prolongeant l’impulsion et en allongeant le pas.
- Ces allures précipitées sont défectueuses à tous points de vue et doivent être abandonnées ; elles ne peuvent être des allures de fond parce qu’elles ne sont pas économiques.
- Le travail dépensé en pure perte cause une fatigue extrême, les mouvements précipités essoufflent, et, si l’homme ne sait pas respirer, c’est-à-dire exécuter de profondes inspirations suivies d’expirations complètes, s’il ne rythme pas sa respiration avec son.pas, il subit bientôt tous les acci-
- dents de l’asphyxie et doit s’arrêter ou tomber en route. Les bras ont un rôle actif, ils corrigent à chaque instant les variations de la vitesse de la masse du corps et rectifient sa direction mal assurée par les posers successifs du pied droit et du pied gauche de chaque côté de la ligne de progression.
- C'est en déplaçant le centre de gravité dans le corps qu’ils produisent ce résultat économique et il suffit pour cela d’un balancement modéré. Des mouvements exagérés et incohérents des bras sont au contraire une perte considérable de travail et une cause de gêne dans la respiration. L’allure précipitée et incohérente qui en résulte est la plus mauvaise que l’on puisse imaginer (fig. 7).
- De ces observations, il résulte que la marche a ses lois et ses exigences économiques liées à la structure du corps humain; c’est donc folie d’imposer à des hommes un long parcours sans leur fixer en même temps une durée approximative raisonnable, déterminée par l’expérience et surtout sans les avoir
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- dressés au préalable à marcher économiquement et à savoir respirer.
- Beaucoup succombent parce qu'ils ne peuvent se débarrasser de l’excès de chaleur qui se dégage de leurs muscles et que l’évaporation de la sueur et la ventilation du poumon sont insuffisantes à faire baisser. S’ils savaient se ménager, donner leurs efforts suivant la mise en train de l'organisme, s'ils laissaient à la sueur le soin de les rafraîchir au lieu de s’essuver continuellement, si surtout ils n’ignoraient pas ipie boire froid dans ('et état est chose mortelle, on n'aurait jamais d’accident à déplorer. Pu concours de marche n’a d’intérêt, au point de vue militaire, (pie s’il est une marche collective avec la charge du soldat et si l’on demeure dans la limite des cadences et de la vitesse de progression compatible avec l’intégrité des hommes.
- A quoi pourraient servir des sujets arrivant sur le champ d’action dans un état de fatigue nerveuse et musculaire telles qu'ils seraient inutilisables à ce moment. On apprend donc à marcher; bien marcher, c’est marcher économiquement et non marcher comme un fou.
- Pour utiliser le travail d'un cheval on ne l’attellera pas à un char à roues anguleuses et on ne suivra pas une route pleine d'ornières. Des rails horizontaux et bien [tolis, des essieux bien graissés seront l’idéal. De même pour la marche, bien marcher, et combien peu s’en doutent, c’est se rapprocher de ce mouvement doux et continu qui permet les plus longues étapes. G. Demeny.
- LA PURIFICATION DE MÉTAUX
- CAR DISTILLATION
- Les procédés de distillation lente des métaux facilement fusibles dans un vide très parfait, élaborés surtout par M. G. Kahlbaum, ont conduit, il y a quelques années déjà, à des résultats si favorables qu’il était désirable de voir ces procédés se généraliser et s’étendre à des métaux moins fusibles. L’emploi, de plus en plus fréquent, de vases en quartz fondu et la fabrication industrielle de ces vases ont permis de réaliser dans cette voie un progrès au sujet duquel M. F. Krafft vient de publier, dans les « Chemische llerichte », une note fort intéressante. Lorsque les réservoirs de quartz ne sont pas trop minces, on peut les amener à la température de 1400° tout en pratiquant à l’intérieur un vide très parfait, sans crainte qu’ils s’écrasent par l’effet de la pression atmosphérique. A cette température, l’auteur a obtenu la distillation rapide d’une série de corps, parmi lesquels le zinc, le cadmium, le sélénium, le tellure, l’antimoine, le plomb, le bismuth et l’argent. Le cuivre et l’or distillent aussi à la température maxima des expériences, mais plus lentement ; leur purification rapide exigerait une température plus élevée. Jusqu’ici M. Krafft a borné ses expériences à des essais de laboratoire, mais les résultats de ces essais sont si nets et si encourageants qu’il espère pouvoir passer bientôt à une purification industrielle des métaux par les mêmes procédés.
- LES BONNES FRAISES A GROS FRUITS
- Nous sommes en pleine période de production de variétés de fraises à gros fruits et de la première récolte des variétés de fraises remontantes et des quatre saisons. Les variétés sont innombrables dans chacun des trois groupes; elles dépassent largement le nombre de (100, et chaque année voit naître de nouvelles obtentions ; mais elles n’ont pas toutes les mêmes qualités, et certaines n’ont de valeur que pour les collectionneurs. Dans la race des fraises à gros fruits, les unes ont des aptitudes plus spéciales à la culture intensive, forcée et bâtée, d’autres à la production normale en saison. Les facultés de conservation et de résistance pendant le transport, les qualités de finesse de chair et de parfum, ne sont pas les memes pour toutes les variétés; c’est pourquoi on distingue des variétés commerciales, exploitées en grand dans les principales contrées de la France, celles plus nombreuses cultivées dans les propriétés privées pour le service direct de la table. 11 convient d’ajouter qu’il ne faut pas se baser seulement sur les qualités intrinsèques des variétés, mais aussi sur leurs facultés d’adaptation aux conditions extérieures : climat de la région, nature du sol, exposition, destination et emploi des fruits, etc.
- I n certain nombre de variétés paraissent être absolument, locales au point de vue de la production. Telle variété, qui est excellente comme rendement et qualité des fruits dans une région donnée et dans un sol approprié, n’a qu’une valeur relative dans une autre région et dans un autre terrain. En un mot, plus que n’importe quelle autre plante le fraisier est sensible aux conditions de milieu et de traitement.
- L’ancêtre de la race des fraisiers à gros fruits, la « fraise du Chili », si estimée pour les cultures d’exploitation aux environs de Plougastel, et « Princesse de Dagmar », dans le Soissonnais, perdent toutes leurs qualités transportées dans la région parisienne; « Vicomtesse Héricart de Thury », très renommée dans cette dernière région, n’a aucune valeur en Lorraine. Faut-il encore citer les variétés « Général Chanzy » et « Jarles » de premier ordre en culture forcée, avancée et intensive, inférieures ’a la plupart des autres, si on néglige les soins spéciaux qu’elles réclament, et « Docteur Morère », robuste dans les terrains sablonneux et argileux, souffreteux et chlorotique, si ceux-ci sont un peu calcaires ?
- Si l’on veut établir une frai sera ie, il importe donc, lorsque l’on n’est pas fixé sur les aptitudes d'adaptation des meilleures variétés dont nous allons donner une liste ci-dessous, de ne pas en établir de grandes plantations immédiatement avant d’avoir tenté quelques essais.
- On possède donc trois races bien distinctes de fraises : les fraisiers des quatre saisons, si délicieuses et délicates de goût et de parfum ; les fraisiers hybrides à gros fruits, les plus cultivés et ceux qui approvisionnent les marchés et la table actuellement, et enfin la race la plus récente des fraisiers à gros fruits remontants, précieuse acquisition horticole à plus d’un titre, dont il y a encore beaucoup à attendre. Nous examinerons dans cette note les aptitudes d’un choix de variétés les plus cultivées et les meilleures de la race des fraisiers bvbrïdes à gros fruits que l’on nommait aussi fraisiers anglais.
- Parmi les variétés convenant les unes pour la culture en plein champ en vue de l’approvisionnement des marchés, les autres pour les cultures privées, il nous faut citer : « MargueriteLebreton », très hâtive aux gros fruits de belle apparence, d’une teinte moins foncée que la plupart de ses
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- congénères, poussant un peu partout et très productrice, bien que de qualité ordinaire et un peu fragile pour le transport; « May Queen », aux fleurs toujours chargées de pollen, est également très hâtive, mais on y renonce dans les grandes exploitations à cause de la petitesse de son fruit; « Docteur Morère », « la Morère » des marchandes des quatre saisons, est une des variétés les plus estimées par la beauté et la qualité de ses fruits dont la fermeté de la chair lui permet de supporter les longs voyages; d’une hàtivité de maturation moyenne, cette variété présente toutefois le défaut de ne pas prospérer dans des terres argilo-calcaires à sous-sol glaiseux ; « Noble », variété relativement récente de beaucoup de mérite; sa précocité et la facilité de transport des fruits gros, ronds, juteux et parfumés; sa robustesse, sa vigueur et sa rusticité en font une plante de premier ordre pour la culture normale et intensive, aussi bien pour les propriétés privées que pour les exploitations industrielles. Ces mêmes qualités, moins les facultés de forçage, sont appliquables à « Princesse royale », ancienne variété fertile, rustique et précoce, aux fruits coniques supportant parfaitement le transport. Généralement désignée sous l’abréviatif de « Ricart », la variété « Vicomtesse lléricart de Thury » est à juste titre une de celles les plus estimées aussi bien pour l’approvisionnement des marchés que pour les cultures bourgeoises et forcées; elle est robuste, à grand rendement et ses fruits, un peu petits, sont nombreux et à maturation échelonnée; elle présente, en outre, celte faculté de donner une récolte automnale si on réduit la production printanière, ha variété « Sharpless », la « sal-press » des cultivateurs, n’a pas des fruits aussi délicieux que la précédente, mais elle a le mérite d’être très productive et ceux-ci sont gros, d'une maturité très liàtive puisqu’ils apparaissent les premiers sur les marchés; elle ne saurait toutefois être recommandée largement dans les propriétés privées. « Sir Joseph Paxton » paraît vouloir détrôner « Docteur Morère » sur les marchés; ses fruits moyens et coniques à chair blanche sont de bonne qualité. « Crescent Seedling » est au contraire une des plus hâtives, à recommander pour les cultures bourgeoises et commerciales, à la production abondante et aux fruits de grosseur moyenne acidulés et de bonne qualité. (( Edouard Lefort » est également une variété hâtive excellente, remarquable par le collet lisse du fruit, à la chair rouge et juteuse. « Général Chanzv » est très estimée pour la culture hâtée et par sa faculté de se prêter aux transports, ses très gros fruits coniques d’une précocité moyenne sont excellents ; elle demande des soins de culture très suivis; ces qualités sont applicables à la fraise « Jarles » qui constitue un perfectionnement de la variété « Docteur Morère ». fl La France» est aussi une excellente variété, tandis que « Belle Lyonnaise », recommandable pour les cultures bourgeoises, voyage mal, est très tardive, ainsi que d’ailleurs « Éléonor ». A « Vicomtesse Iléri-cart de Thury », très estimée pour les confitures, il faut joindre « Wilson’s Albany » qui est délicieuse ainsi utilisée et d’un rouge groseille appétissant.
- Voici donc un choix très restreint, parmi les centaines de variétés connues, de fraises aux aptitudes spéciales à quelques-unes de leurs multiples utilisations et de précocité différentes. Ceux de nos lecteurs qui voudraient d’autres variétés à très gros fruits y adjoindraient : « Le Czar » et « Docteur Nicaise », à fruits blancs; « Barne’s large AVbite » et « Weisse dame », très productrice et délicatement parfumée et musquée, des fruits délicieux; « Pêche de juin » et « Muscadin de Liège ». Il convient.
- dans le cas d’une plantation de fraisiers, de choisir plusieurs des variétés dont on apprécie les aptitudes et les qualités, ce qui permet de s’attacher ensuite à celles qui se plaisent mieux dans le milieu où elles doivent être cultivées. ___^ __ Aj.bf.rt Mumknk.
- RÉGULATEUR POUR TROMPES A VIDE
- Les trompes à vide, branchées sur une conduite d’eau, se remplissent généralement d’eau, si la pression vient à baisser sur cette conduite. 11 suffit, par exemple, d’ouvrir un robinet pour que cet effet se produise. M. J. Meunier a imaginé, il y a peu de temps, un appareil pour remédier à cet inconvénient et cet appareil a été présenté à l’Académie des sciences par M. Troost. Il consiste en une pièce de verre à trois tubulures A, B, G, mises en relation
- lièfïiilnlour pour trompes à vide.
- respectivement avec le baromètre, le récipient B et avec la trompe C. Dans cette dernière tubulure, on a placé un petit orifice qui est, comme on le voit, recouvert par une bague de caoutchouc d’un diamètre un peu moins fort que le diamètre de la tubulure. Lorsque la trompe fonctionne, elle.laisse passer les gaz du récipient. Mais si la pression change, la bague s’applique sur l’orifice et empêche l’entrée d’eau et d’air. En prenant quelques précautions on peut utiliser ce simple appareil pour régler le vide lorsqu’il en est besoin. _________ J. L.
- SOUDURE AUTOGÈNE
- CIIAMMF.Al OXY-ACÉTYI.ÉNIQUF,
- L’industrie du fer et de l’acier emploie de plus en plus la soudure autogène et pour la fabrication de certaines pièces elle est même indispensable; car les ressources nouvelles données par la science permettent d’aborder, à un moment donné, des problèmes industriels qui, jusque-là, paraissaient insolubles.
- Nous avons dit, dans un précédent article1, combien on avait tâtonné avant d’arriver à employer la combinaison oxy-acétylénique, que la théorie indiquait comme devant produire la plus puissante des sources de chaleur.
- M. Ed. Fouché, qui s’est occupé, d’une façon toute
- 1 Yov. n° 1613. du 23 avril 1904, pw 328.
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- spéciale de ces questions et qui est l’inventeur d’un bec d’éclairage à acétylène très employé, a pensé qu’il était surtout intéressant de livrer à l’industrie des chalumeaux utilisant l’acétylène à basse pression, tel qu’on l’a souvent sous la main dans les usines et les ateliers qui emploient ce gaz [tour leur éclairage. Il a étudié et construit, avec l’aide de M. Javal, fabricant, d’appareils pour la production de l’acétylène, un chalumeau dans lequel toute l’énergie nécessaire à la sortie du mélange gazeux, à une vitesse suffisante, est fournie par l’oxygène. Ce dernier, après avoir été détendu à la sortie de la bouteille est amené en II (figure n° 2) par un tuyau en caoutchouc entoilé, sous une pression d’environ une atmosphère; il suit un tube de petit diamètre longeant le manche extérieurement et aboutissant en A dans le centre de la partie antérieure de l’instrument. L’acétylène pénètre par le tube M qui se prolonge par un tube métallique très fin C, replié sur lui-même afin de présenter une assez grande longueur tout eu restant logé facilement dans le manche de l'appareil ; son extrémité aboutit à la partie antérieure du chalumeau. On voit qu’en somme cette partie constitue une sorte d’injecteur Giffard de très petite dimension : l’oxygène,
- arrivant par le centre, aspire l’acétylène, le refoule énergiquement et se mélange avec lui dans la chambre AI), puis le tout sort par l’orifice l> où on l’en-llamme. Le volume occupé par le mélange explosif est très réduit et les explosions qui peuvent se produire dans la chambre AI) sont sans importance; la grande longueur et la faible section du tube d’amenée de l’acétylène s’opposent à la propagation de la combustion. Pour avoir une sécurité absolue on interpose sur le passage de l’acétylène une soupape hydraulique d’une efficacité certaine (figure n° 1 ). Le gaz arrive par le tube central A, qui descend jus-
- Ghaluineau de il. Ed. Fouché employant l’acétylène sans pression.
- 1. Soupape hydraulique de sûreté ; 2. Coupe de l'appareil ;
- 3. Lampe intensive à bâton do chaux et mouvement d’horlogerie pour projecteur.
- qu'au fond, il barbote dans quelques centimètres d’eau dont la hauteur est réglée par le robinet C, et sort par le robinet 1» pour se rendre à l'appareil. S’il arrivait que l’oxygène, qui est à une pression beaucoup plus élevée que l’acétylène, vînt malgré tout à être refoulé dans la canalisation de ce dernier, il ne pourrait aller plus loin que la soupape, car il refoulerait l’eau par le tube N et s’échapperait aussi par là dans l’atmosphère.
- Il était tout naturel de penser à utiliser la chaleur
- considérable de ce chalumeau pour produire de la lumière ; il suffisait pour cela de diriger la flamme sur le bâton de chaux habituellement employé dans les lampes oxyhydriques.
- Avec une consommation d’environ 100 litres d’acétylène à l’heure et 120 à loOlitres d’oxygène, on obtient trois fois plus de lumière qu’avec les lampes employant, l’oxygène et l’hydrogène; mais la chaleur étant plus considérable il faut prendre certaines précautions pour ne pas casser les lentilles des projecteurs. En outre, MM. E.d. Louché et Javal ont adopté une disposition rendue indispensable par l’usure, rapide que subit le bâton de chaux sous une aussi haute température. Afin de lui faire présenter une surface toujours neuve ils font tourner, au moyen d’un mouvement d’horlogerie M, la tige qui le supporte (figure n° a). Ce procédé permet d’avoir pendant plusieurs heures, sans nécessiter la présence de personne, une lumière régulière comparable à celle de l’arc électrique. C’est ainsi que pendant une partie de l’hiver, l’appareil, disposé dans les bureaux de M. Javal, a servi à éclairer une grande carte de la guerre russo-japonaise, placée à environ 50 mètres plus loin, de l’autre coté de la rue. Ce dispositif est doue intéressant et pourra avoir des applications.
- G. Chai.marès.
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- LE STËRË0DR0ME
- Un a considéré pondant longtemps le stéréoscope à colonne, dit « stéréoscope américain », comme très pratique : on a 100 ou 200 vues ainsi emma gasinées et toujours disposées pour l’examen.
- Il y a cependant un inconvénient à l’emploi de ces appareils, c’est (pie si l’on veut chercher spécialement une image, on ne sait où elle est au juste, et il faut parfois passer en revue les trois quarts du magasin pour la trouver ; en outre, même avec deux cents vues, on est limité trop tôt, pour peu qu'on soit voyageur et fervent de l’appareil stéréoscopique. Depuis quelques années on a pensé à faire mieux et aujourd hui on trouve dans le commerce plusieurs systèmes permettant l’examen partiel ou total d’une collection très étendue.
- MM. Gaumont et Cie viennent de créer notamment le « Stéréodrome » qui remplit parfaitement ce but et peut aussi être utilisé pour la projection.
- Le principe de l’appareil consiste à avoir de petites boites, contenant chacune vingt diapositives stéréoscopiques qui coulissent chacune dans une rainure.
- Le fond de la boîte est ouvert et, si un doigt vient à pousser l’une des diapositives, celle-ci se soulève et sort de la boîte ; si on retire le doigt elle retombe à sa place en suivant la rainure où elle est logée. L’une de ces boîtes se place dans le stéréodrome et le mécanisme consiste à faire sortir les diapositives de leur boîte pour venir se présenter en face des
- Fig. 1. — Mécanisme (lu stéréodrome.
- 1. Ensemble de l’appareil ; 2. Détail de l'échappement d’ancre.
- oculaires, soit successivement, soit au choix, mais toujours en restant exactement au point. Quand on a examiné une boite on la retire et on la remplace par une autre, le nombre des diapositives peut être par suite indéfini.
- Le déplacement de la boite est obtenu par le chariot sur lequel elle repose ; celui-ci est d’abord amené en avant en tirant sur un ruban qui
- passe sur la poulie T (fig. 1), il bande un ressort à boudin II qui tend à le ramener en arrière; mais un échappement à ancre A ne laisse opérer ce mouvement de recul que quand, au moyen de la manette placée à l’extérieur, en provoque l'échappement d’une dent. C’est à ce moment que l’excentrique E élève deux tiges 1)1) qui poussent la diapositive placée au-dessus d’elles et l'amènent en face des
- Fig. 2. — Sléréodromo disposé dans une lanterne pour projections. B, boîte à châssis; C, cliché arrivant en position; E, écran obturateur automatique.
- oculaires. Le mouvement inverse de la manette fait redescendre les tiges 1) et, par suite, la diapositive ; le chariot recule d’un cran et la vue suivante se présente, prête à être soulevée.
- Si l’on ne veut pas passer successivement en revue les vingt diapositives on peut, en appuyant sur un bouton, supprimer l’action de l’échappement et amener à la main le chariot dans la position qu’on désire : un index placé à l’extérieur fait connaître sa position et par suite le numéro d’ordre de la diapositive qui se trouve prête à se présenter devant les oculaires. Tout le mécanisme se trouve renfermé dans une élégante ébénisterie. On utilise l’appareil pour faire passer les images agrandies sur un écran de projections et on peut les voir ainsi en relief au moyen de l’un des instruments dont nous avons parlé précédemment1. Pour cela on enlève toute la partie supérieure de l’ébénisterie et on introduit le reste dans une lanterne en tôle (fig. 2) munie d’une lampe et d’un condensateur calculé spécialement pour bien éclairer toute la diapositive ; un objectif monté sur une coulisse, à l’avant de la lanterne, vient se présenter en face de celle-ci après qu’on a mis l’appareil en place. Un voit en B la boîte contenant les diapositives, en C l’une d’elles qui commence à se soulever ; en E est un écran opaque qui masque l’objectif pendant tout le temps (pie s’opère le chan-
- 1 Yoy. uu 1594, du 12 décembre 1905, p. 28, et n° 1010. du 14 ruai 1904, p. 380.
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- go ment de vue, de sorte que le spectateur ne voit pas la substitution; cet écran marche automatiquement en même temps que les tiges 1) et on n’a pas à s’en occuper. Il est clair que pour la projection il tant que les diapositives soient placées dans leur boite la tête en bas ; cela s’obtient très Facilement, et très rapidement, en plaçant une boite vide au-dessus de la boite pleine et en retournant le tout sens dessus dessous.
- Le stéréodrome permet en somme de voir individuellement, ou de l'aire voir à plusieurs personnes à la fois, toute une collection, ou une partie de collection de vues stéréoscopiques. Chacune des boites renfermant les diapositives se loge dans un cartonnage qui permet de les mettre de champ, comme des livres, dans une bibliothèque et un répertoire rend les recherches très rapides. C. M.
- La comète Itrooks (1904 a). — Cette comète, tout en ayant moins excité la curiosité que ses sœurs de l’année dernière par son faible éclat, a été cependant intéressante par la queue extrêmement ouverte (sur plus de 00 degrés) qu’elle a présentée. Elle sera encore longtemps visible et, bien que son éclat aille en diminuant, on pourra la rechercher aux positions ci-dessous, dans la constellation de la Grande Ourse.
- Hâtes. Ascension droite, Déclinaison
- .Iniii 22 12U 52“ +- lit0 or/
- '20 I2h i:»- -t- o lü 7'
- r>o 12" 59'” t- 55° 20'
- .luillel i 12" tu™ t 52° 35'
- 10 12h 2S"1 + 51° 25'
- IX 12” 22'" -+- 40° 3 i'
- — 20 12“ 18” -b 18° 51'
- Août O 12“ 10” -h 47° 10'
- 11 12“ 10” -t- 10° 10'
- — lit 12“ 10“ t 15° tr
- — 27 12“iS” •e 11° 22'
- Sejiteinlne i 12“ 10” H 15° II'
- positions sont données pour minuit, en
- moyen de Greenwich, d’après les éléments calculés par MM. R. G. Aitkenet J. 1). Maddrill, de l’Observatoire Lick.
- Le plus petit livre du monde. — Anus avons déjà consacré plusieurs articles aux livres minuscules, mais nous croyons que le record de la petitesse est détenu par un manuscrit qui se trouve actuellement à Londres. Ce tout petit livre est un recueil de « Kathas » ou chants sacrés des Brahmes Maharattes, entièrement écrit en signes maharattes. H est formé d’environ cent feuillets de papier de riz le plus fin, coupés en forme d’octogone mesurant en largeur 12 “Vo, brochés ensemble et recouverts d’une couverture en soie. Rien ne peut donner une idée de la linesse et de la beauté de cet ouvrage et de la netteté de l’écriture ; l’encre est d’un maguilique noir lustré cl chaque page porte une marge en vermillon. Ce remarquable chef-d’œuvre de calligraphie est contenu dans un élégant écrin à couvercle en cristal ; à première vue, il produit l'effet d’un papillon aux chatoyantes couleurs plutôt que celui d’un manuscrit hindou. Malgré de nombreuses recherches, il n’a pas été possible d’établir la provenance de ce curieux petit livre. Tout ce que l’on sait de son histoire c’est qu’il a échappé à la destruction, d’une
- façon presque miraculeuse, pendant la révolte des Cipaxes. Il fut enlevé à cette époque à Ghanzi par un soldat anglais, qui le vendit plus tard à M. Plant, de Londres, auquel il appartient actuellement.
- Le palmier réverbère. — Le Français est industrieux : il l’a toujours [trouvé lorsque l’occasion s’est présentée . Et nos soldats, dans les postes avancés de l’Extréme-Sud algérien comme dans nos colonies les [dus lointaines, savent toujours se débrouiller pour obtenir le plus de confort possible avec le minimum des ressources dont ils peuvent disposer. A Tougourt, oasis saharienne autrefois
- l.r palmier réverbère.
- réputée comme très malsaine (même pour la population indigène), nos officiers ont exécuté des travaux d’assainissement considérables; et, n’étaient l’éloignement du littoral et l’accablante chaleur des étés, la vie dans cette très ancienne cité musulmane ne serait pas plus désagréable aujourd’hui que dans bien des postes du Tell. On doit cette transformation presque tout entière à un officier du [dus grand mérite, le commandant Pujat, qui s’est révélé un administrateur de premier ordre et qui a su mettre à profit ses vingt années de Sud pour exécuter îles réformes et des travaux remarquables, notamment le palais du Bureau arabe et le Bain maure. G’est lui qui a eu la pensée de doter la grande place de Tougourt d’un éclairage qui, pour être primitif et encore rudimentaire, n’en a pas moins été accueilli avec faveur par la population. Le commandant a introduit l’acétylène en plein Sahara et, par économie aidant que par occasion, il a eu l’ingénieuse et originale idée d’utiliser le grand palmier de la place du Marché comme moyen d’attache du réverbère destiné à éclairer cette place. En palmier réverbère, voilà qui est bien typique et bien caractéristique de notre débrouillage national!
- Les avantages du pétrole pour le chauffage des chaudières. — M. J. F. Rowland a longuement mis en lumière, dans le « Journal of the Franklin Insti-lute », la supériorité du pétrole sur le charbon pour la production de la vapeur, là du moins où le pétrole est à bon marché. D’après lui, la chaleur de combustion de ce dernier est de 4800 calories, au lieu de 5000 seulement pour le charbon ; quand celui-ci est jeté à la pelle sur la grille, la porte du foyer doit être ouverte fréquemment, l’air froid frappe les tubes et les [Jaques chaudes, ce qui
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- oui faim; tic nombreux inconvénients; le charbon, entin, forme des dépôts de suie dans les tubes, et les cendres qu’il laisse nécessitent toute une manipulation coûteuse.
- ivantages et inconvénients du combustible pulvérisé. — M. C. 0. Bartlett a communiqué récemment au Club des Ingénieurs civils de Cleveland le résultat de ses études sur le combustible, sur le charbon réduit en poudre dont on poursuit depuis un certain temps l’emploi dans les foyers industriels. 11 importe au premier degré que ce combustible soit homogène comme grosseur de grain et aussi comme degré d’hydratation, et qu’en môme temps l’alimentation en air puisse être minutieusement réglée. Au point de vue de l’humidité, on doit tenir compte que la teneur en eau de charbon varie de 4 à 15 pour 100, et par conséquent ici il faut une dessiccation méthodique et artificielle. Il est nécessaire de recourir à des broyeurs mécaniques, et à des élévateurs, pour manutentionner méthodiquement ces poussières; mais tout cela n’entraîne pas une majoration de dépenses de plus de "20 francs à la tonne, alors que l’économie de combustible, par suite de l’emploi de ce charbon qu’on peut entièrement oxyder, monte souvent à 40 pour 100. Toutefois M. Bartlett estime que ce procédé de chauffage n’assure une économie finale et réelle que pour des installations brûlant au moins 10 tonnes par jour.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- «
- Séance du 20 juin 1904. — Présidence de M. Masuakt.
- Préparation de corps nouveau. — M. Moissan présente en collaboration avec M. Hoffmann une Note sur la préparation et les propriétés d’un nouveau carbure de molybdène. Ce composé s’obtient en chauffant au four électrique un mélange de fonte de molybdène, d’aluminium et de charbon. On traite ensuite la masse métallique par une solution concentrée de potasse qui laisse déposer des aiguilles bien cristallisées de ce nouveau carbure. C’est un corps très dur, difficilement attaquable par les acides, sauf par l’acide azotique, décoinposable par l’eau ou la vapeur d’eau, mais seulement à partir de la température de 000°. 11 est vraisemblable que ce carbure # doit jouer un rôle dans les aciers au molybdène. L’expérience montre qu’à la température d’ébullition de l’aluminium on obtient un composé de molybdène deux fois plus riche en carbone que le composé préparé à la température la plus élevée qui puisse être atteinte au four électrique.
- Dépense énergétique des muscles. — M. Chauveau a étudié la dépense énergétique de contraction statique des muscles, c’est-à-dire de l’effort nécessaire pour soutenir un poids. Il a déterminé la quantité d’oxygène absorbé et d’acide carbonique exhalé dans les échanges respiratoires pendant l’effort. Si l’on représente graphiquement les résultats des expériences en portant, sur Taxe des abscisses, des longueurs correspondant aux charges et, sur Taxe des ordonnées, des longueurs correspondant aux quantités de gaz en centimètres cubes, on obtient deux droites sensiblement parallèles; d’où Ton conclut par la position de la droite oxygène que la quantité d’oxygène absorbée est toujours supérieure à la quantité d’acide carbonique exhalée et enfin que ces quantités sont proportionnelles aux poids. Dans cette expérience la charge était supportée alternativement pur les muscles extenseurs et lléchisseurs de Tavanl-bras; il y avait 15 alternances par
- minute ; l’expérience montre que la consommation d’oxygène — le fait caractéristique — croit pour une même charge proportionnellement au nombre d’alternances. Enfin M. Chauveau a déterminé les consommations pour deux charges; il montre que l’écart des deux courbes, rapportées aux mêmes axes, va en augmentant avec te nombre d’alternances.
- Constitution des rayons JS. — M. Edmond Becquerel communique une Note de son fils, M. Jean Becquerel, complétant l’hypothèse déjà présentée par celui-ci au sujet de la constitution des rayons A, hypothèse d’après laquelle ces ravons ne sont pas uniquement constitués par un mouvement ondulatoire de même nature que la lumière. Il établit aujourd’hui qu’un faisceau de rayons A ou A1( traversant un champ magnétique dont les lignes de force sont perpendiculaires au faisceau perd la propriété d’agir sur le sulfure de calcium. Les rayons (J émanés des corps radioactifs, que l’activité soit intense comme celle du radium ou faible comme celle de l’uranium, produisent sur le sulfure de calcium les mêmes effets que les rayons A, et cette action est, dans les mêmes conditions, arrêtée parmi champ magnétique. Ce rapprochement est très important,, car il donne à penser que dans les rayons A le mouvement ondulatoire serait accompagné d’un i ayonnement matériel dévié par le champ. ‘
- Diastase o.rydo-réductrice. — M. A. Gautier présente une Aote de M. Abelous signalant l’existence dans certains végétaux, notamment dans la pomme de terre, d’une diastase oxydante et réductrice analogue par ses propriétés à celle qui existe dans l’organisme des animaux. L’oxvgène, fixé à l’état de combinaison faible, est abandonné au contact de certains éléments. Chose remarquable, la réduction et l’oxydation ne se produisent pas à l’air; elle n’a lieu que dans le vide.
- La souche des polypiers coralliaires. — M. Edmond Terrier présente une Aote de M. Roule, professeur à l’Université de Toulouse, relative aux « antipathaires. » Ce polype, qui passait dans la médecine ancienne pour avoir la propriété de guérir diverses maladies, a été étudié par l’auteur sur des échantillons provenant de dragages marins. Le tube rigide qui le forme ressemble au bois d’ébène. M. Roule a reconnu que Tantipathaire constituait la souche de tous les polypiers coralliaires.
- Océanographie. — M. le prince de Monaco présente un appareil destiné à la mesure de la compressibilité de l’eau de mer. 11 présente également diverses cartes sur lesquelles M. Thoulet a reporté les résultats des campagnes d’investigations sous-marines qu’il a faites dans la région des îles Açores. C’est d’abord une carte bathymétrique qui semble indiquer, par la disposition d’un ensemble de bancs, l’existence d’un immense cratère sous-marin. Ce cratère sera recherché ultérieurement. Puis vient une carte de la distribution du calcaire en profondeur, résumant 07 déterminations. La teneur de l’eau en calcaire augmente avec la profondeur. Une troisième carte montre la distribution de la température sur les fonds, d’après 57 observations. Une quatrième carte donne la température de l’eau à 1000 mètres et fournit des indications précieuses au point de vue de la circulation des eaux dans les profondeurs. Enfin une cinquième carte présente la teneur en ammoniac total dans les grands fonds et dans les grandes fosses voisines des îles, c’est-à-dire un élément très important pour la chimie biologique.
- Photographie des couleurs. — M. Lippmann indique les grandes lignes d’un procédé imaginé parM. Wood, de
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- baltimore, pour obtenir des images donnant la sensation des eouleurs.
- Stabilité des ballons. — M. Maurice Lévy résume un travail de M. le colonel Renard, faisant connaître le moyen d’obvier au manque de stabilité que présentent les ballons fusiformes lorsque l’on accroît la vitesse de translation horizontale. Ce moyen consiste à doter le ballon d’un empennage horizontal. M. le colonel Renard indique la surface qu’il est nécessaire de donner à cet élément nouveau.
- Election. — M. Metchnikolf est élu correspondant de la section d’anatomie et zoologie et M. Tisserand correspondant de la section d’économie rurale. Cu. de Yilleoeeil.
- CONCRÉTIONS ET TUBULURES
- DANS 1,K SABLE DES DE .NE S
- J’ai trouvé récemment dans la sable d'une dune, située près de Bidart (pays basque), les curieuses formations représentées ci-contre. Ce sont tantôt des concrétions (nos 12 et 4) de formes diverses, tantôt des tubes creux droits (nos 1, 5, 7, 8, 9) ou ramifiés (n° o). Leur diamètre moyen est de lfm,5; la longueur du plus grand est de 9 centimètres, mais ses deux extrémités sont brisées, de sorte que sa longueur était certainement plus grande; en revanche le n° 8, long de 4cm,5, brisé à son extrémité supérieure, est entier en bas et nous montre le mode de terminaison en pointe de ces tubulures. La couleur de toutes ces formations est d’un rouge brun qui indique nettement un sel de fer; à l’intérieur de quelques-unes des tubulures est un dépôt pulvérulent couleur de rouille, qui vient confirmer cette impression. Sur la coupe on voit des couches concentriques assez nettes ; l’épaisseur de la paroi est de o millimètres ; le diamètre intérieur de la cavité atteint 8 millimètres en moyenne. La surface extérieure est souillée de sable et même de petits graviers (n° 7) fortement collés sur la tubulure. La surface intérieure, bien visible sur le fragment il0 7, est mamelonnée et irrégulière.
- En résumé, il s’agit d’un sel de fer, vraisemblablement du sesquioxyde hydraté, ou limonite, qui est venu souder et agglutiner les grains de sable de la dune et les transformer en un véritable grès, tout à fait comparable à l’alios des landes, dont il a toute la dureté. On sait que celui-ci est composé de grains quartzeux soudés ensemble par des matières organiques et par un ciment d’oxyde de fer hydraté. Eaye a montré dès 1870 que ce grès résulte de l’en-
- trainement, par dissolution, des matières organiques de la surface et de la concentration qui s’opère en été par l’évaporation de la nappe souterraine d’inlîl-tration, à un niveau à peu près constant. C’est par un phénomène tout semblable que s’opère en certains points le durcissement du sable des dunes par un ciment ferrugineux.
- Mais pourquoi, dans le cas que nous avons sous les yeux, cette lapidification du sable a-t-elle été toute locale et a-t-elle affecté les formes bizarres sur lesquelles j’ai appelé l’attention, le sable environnant restant absolument libre de toute adhérence? On sait que la limonite se présente souvent sous forme de rognons ou d’oolithes, notamment dans les fentes des terrains jurassiques. Il en existe diverses variétés à tous les étages des terrains tertiaires et jusque dans les alluvions superficielles les plus modernes où elle constitue la « mine des marais ou des prairies )>. La forme conerétionnée autour d’un centre est s donc habituelle à la limonite. D’autre part les recherches expérimentales de M. Stanislas Meunier ont montré que, en faisant arriver des gouttes de liquide salé dans une couche de sable, on peut obtenir des boules ! libres ou groupées, des î rognons de toutes formes identiques à ceux qu’un f rencontre dans les cou-I cbes du sol.
- I On peut dès lors penser I que, dans notre cas, de la J limonite provenant des couches superficielles du sol est venue se concré-tionner plus bas, autour de corps tels que des racines. Celles-ci ont plus lard été détruites et les tubulures sont seules restées, avec leur couche interne d’oxvde de fer pur et leur couche externe encroûtée de sable. Les aspérités et les ramifications de ces tubulures (nos 2 et 5) seraient la trace des radicelles latérales.
- Quant aux diverses concrétions pleines que l'on voit également en quelques points, elles s’expliqueraient par le dépôt de la limonite autour d’un corps de forme plus ou moins arrondie. Quoi qu’il en soil, cette formation, à coup sur contemporaine, est un bel exemple de cette vie du sol mise en relief par M. Stanislas Meunier et grâce à laquelle les éléments des terrains n’ont qu’une fixité apparente, mais se modifient incessamment sous l’intluence des facteurs physiques et biologiques. IK L. Lai.oy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. —
- Imprimerie Laiiüiie, rue de Fleurus, 9.
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- CULTURE RETARDÉE DES PLANTES A FLEURS PAR LE FROID
- La production des plantes tleuries et des ileurs coupées à contre-saison a fait, depuis quelques années, des progrès considérables. La culture de ces plantes a été l’objet d’une suite de perfectionnements, afin d’avancer notablement l’époque de floraison : c’est la culture forcée. L’éthérisation1 et la chloroformisation d’une certaine catégorie d’arbustes permettent encore de pouvoir abréger le repos et de faire lleurir ces arbustes dans un laps de temps très restreint, de sorte (pie la période de production d’une espèce de fleurs se trouve notablement étendue. Mais l’idéal qui est d’avoir certaines fleurs en tous temps, ne
- pouvait encore être satisfait. En effet, le forçage avance l’époque de production, mais cette avance laisse entre la fin de la floraison normale des plantes et elle-même un certain laps de temps que l’on s’efforçait de combler sans aucun succès. Le problème pouvait cependant être résolu ainsi. Puisqu’il était possible d’abréger la période de repos chez certaines plantes et d’en obtenir une floraison anticipée, pourquoi ne tenterait-on pas, pour les mêmes ou pour d’autres, d’allonger, au contraire, cette période de vie inactive, en leur imprimant une nouvellepériode de repos supplémentaire?
- Muguets eu culture retardée. Muguets en culture forcée.
- Différence entre la floraison de muguets retardés et de muguets forcés.
- C'est ce que l’on a parfaitement réalisé, en empêchant par le froid le départ de la végétation des plantes déjà en repos. Il ne s’agit donc plus là de culture forcée; mais, au contraire, de culture retardée. Il n’y a, en effet, qu’à prolonger artificiellement les conditions hivernales qui suspendent toute vie active pendant une période de plusieurs mois, sans que les plantes pûissent en aucune façon se ressentir de la venue du printemps, ni du soleil de l’été. On s’est ainsi complètement rendu indépendant des saisons. Bien que la culture retardée par le froid soit pratiquée depuis longtemps en Allemagne pour le Muguet, ce procédé appliqué en grand pour les ar-
- 1 Voy. n° 1484, du 2 novembre 1901, p. 354 et n° 1585, du 10 octobre, 1903, p. 299.
- 32e aaaée. — 2e semestre.
- bustes à feuillage caduc, les bulbes et les rhizomes principalement, est relativement récent et encore à ses débuts en France.
- L’industrie des plantes retardées prit assez rapidement une importance considérable, surtout en Angleterre, bien qu’au début cela eût été considéré comme une curiosité. Ce n’est que vers 1892 qu’un premier essai, au point de vue commercial, fut tenté. Thomas Rochefort établit alors, dans son établissement de Turnford hall à Cheshunt, une installation réfrigérante qu’il fut ensuite amené à agrandir considérablement.
- Cette vaste construction en briques est divisée au rez-de-chaussée en quatre grandes chambres que dessert un couloir central. Chacun de ces compar-
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- LA NATURE.
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- liments se trouve bien isolé par une paroi à double eloison pour éviter les échanges de température. Une machine de quarante chevaux-vapeur est capable de maintenir une température constante de plusieurs degrés au-dessous de zéro. L’air froid est dirigé dans les chambres par des conduits en bois de 00 centimètres de côté; il s’en échappe par des ouvertures et refoule l’air plus chaud dans les parties hautes et du côté opposé qui est à son tour ramené à la machine réfrigérante.
- Chacune de ces chambres est réservée à des plantes différentes dont la conservation réclame un degré distinct de température ; celle dite japonaise servant à emmagasiner les bulbes de Lis (« Lilium longitlorum », « L. Uarrisii », «L. auratum », « L.lan-cifolium », etc.) d’importation japonaise; la section allemande réservée aux millions de griffes de Muguets; la chambre hollandaise que l’on remplit de Spirées (« Spiræa japonica », « S. astilboides », « S. pal-mata », « Azalea mollis » et divers arbustes). Enfin la section anglaise est réservée aux plantes de ce pays. Ces végétaux étant à l’état de repos tiennent peu de place et peuvent être emmagasinés en grandes quantités dans un espace restreint.
- La réfrigération de ces végétaux, faite d’abord pour la production des plantes fleuries et des fleurs sur place, fut développée, et, depuis 1899, cet établissement expédie en Angleterre, en France et dans les autres pays les bulbes et autres plantes ainsi retardés par un repos forcé.
- Le Muguet n’est rentré dans les chambres froides qu’en février-mars, jusqu’à cette époque il reste dehors, enterré dans du sable. Il en est de même pour les Azalées et les autres plantes à floraison printanière. Les Lis sont emmagasinés dès leur réception du Japon. Quelles que soient les plantes, on a soin de ne rentrer que des individus sains, car sans cette sélection on éprouverait des mécomptes. Les bulbes de ces derniers sont placés dans des caisses fermées, les unes au-dessus des autres sur des tasseaux qui maintiennent entre elles un espace libre également ménagé entre chaque pile et en laissant un vide de 40 à 50 centimètres entre ces dernières et le plafond. De cette façon l’air circule parfaitement dans la masse et assure une température égale.
- Les griffes de Muguets sont disposées dans des caisses rectangulaires ouvertes et à claire-voie également étagées les unes au-dessus des autres. Il en est de même pour les Spirées. Les Azalées et autres arbustes qui exigent plus de place sont dressés ou couchés sur les étagères installées à cet effet.
- Dans chacune des pièces un passage est ménagé autour et entre les étagères dans celle affectée aux arbustes, pour faciliter la circulation de l’air et l’inspection des plantes conservées. On évite cependant le plus possible de pénétrer dans ces chambres et l’on se rend compte de la température en consultant (en le retirant par une ouverture placée dàns la paroi) le thermomètre suspendu au plafond de chaque chambre.
- Comme une certaine somme de chaleur se trouve emmagasinée, en même temps que les plantes et les caisses dans une. chambre qui vient d’être remplie, on fait fonctionner plus énergiquement l’appareil réfrigérant jusqu’à ce que la température arrive rapidement au degré voulu, qui est de 0 à 1 degré pour les Lis et au-dessous de 0 pour les autres plantes. Après quoi il n’y a qu’à contre-balancer les échanges de température, entre l’atmosphère intérieure et celle extérieure.
- Jusqu'à présent on n’a traité ainsi que les végétaux dépourvus de feuilles ; des essais sont faits pour prolonger le repos de ceux (Azalée de l’Inde, Kalmia, Camellia, Andromède, etc.) à feuillage persistant, en les conservant dans une chambre froide éclairée par un vitrage et dont la température serait maintenue légèrement au-dessus de zéro, afin de ne pas provoquer la chute des feuilles.
- On fait fleurir dans l’établissement Rocheforl, pour l’approvisionnement des fleuristes et des marchés londonniens, une partie de ces plantes, tandis que les autres sont expédiées dans cet état, un peu partout. Beaucoup d’horticulteurs français„y ont recours et des contrats sont passés pour l’expédition hebdomadaire, bi-hebdomadaire, mensuelle, ou à des dates fixes, de lots de bulbes et rhizomes réfrigérés et de plantes retardées, pour les faire fleurir sur les lieux même ou à proximité des grands centres de consommation, comme Paris, où ces plantes sont vendues aux fleuristes.
- Lorsque les plantes et les bulbes sont sortis des chambres froides pour être mis en végétation, il faut avoir grand soin de leur éviter une transition trop brusque qui pourrait les abîmer et compromettre leur floraison. Les caisses contenant les bourgeons glacés de Muguets sont placées dans un milieu frais pour que ceux-ci se dégèlent. Après quoi ces griffes sont plantées dans des coffres recouverts de châssis vitrés, en serre chaude, dont la température peut s'élever progressivement jusqu'à 25 degrés et même plus en plein été. Après 20 à 22 jours ils sont complètement épanouis. Au début, jusqu’au moment où les bourgeons se sont allongés, à une hauteur de 10 centimètres, des feuilles de papier sont étendues sur les vitres et retirées après pour les habituer progressivement à la lumière.
- Les Muguets retardés offrent celle partirularilé que les feuilles se développent plus rapidement que chez ceux qui ont été simplement forcés (fig. 1 j. Les grappes florales semblent être davantage engourdies et restent plus faibles. Pour qu'il en soit autrement on doit enlever une partie des feuilles et les plantes ainsi obtenues sont bien ’ plus jolies, aux grappes moins étiolées que celles des griffes ordinaires.
- Il existe à l’établissement Rochefort 10 serres réservées’ à la floraison du Muguet pour produire cette plante d’un bout de l’année à l’autre. Les autres plantes demandent un temps plus long pour les amener à floraison, car il est préférable de les cultiver en serre tempéréc-froide. Bien qu’elles puis-
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- sont lleurir plus rapidement en serre ehaude, il n'y a pas intérêt k le taire. U faut doue compter : 0 k 7 semaines pour les « Spiræa, » 15k 15 pour les « Lilium longiflorum », 16 à 18 pour les « Lilium auratum » ,18 à 20 pour les « Lilium lancifolium », et 5 k 6 pour les « Azalea mollis ».
- Ces plantes sont plus sensibles que les Muguets à la brusque variation de température résultant du passage du local k réfrigération dans celui de la serre et l’on obtiendrait un résultat désastreux si Ton n'eu tenait pas compte. 11 ne faut pas oublier, en effet, que leur énergie vitale a été suspendue pendant les mois où on les a tenus au froid, après leur saison normale de floraison, et qu'en les mettant brusquement dans la serre à forçage on les prive de cette période de transition à laquelle elles sont soumises.
- D’autre part, si l’on mettait immédiatement en végétation les rhizomes de Spirée, et surtout les bulbes de Lis après leur plantation, la plupart des tiges florales ne se développeraient pas. fin place donc les pots, pendant quelques semaines, dans la partie nord du jardin, on les recouvre de 40 centimètres de terre et de paillassons que Ton arrose journellement ; les pousses ne se développent alors qu’après la formation des racines. Lorsque les |tousses s’allongent on les découvre et on peut même laisser ces plantes dehors jusqu'à leur rentrée en serre où elles fleurissent admirablement. C’est ainsi que les fleuristes se trouvent approvisionnés de milliers de Lis en toute saison et principalement en hiver, alors que l’on n’obtenait que des échecs auparavant.
- Cette industrie n’est encore qu’à son début en France (où il serait bon de voir se créer des établissements frigoritiques spéciaux k cet usage) alors qu'en Angleterre l’art et les principes de retarder et de prolonger la floraison sont mis en œuvre dans les jardins privés. File se développera largement et il serait désirable que nous ne nous laissions pas trop dépasser. Albebt Malmené.
- UNE ÉCOLE AGRICOLE DE FEMMES
- Si les femmes se sont lancées hardiment dans la carrière d’avocat ou de médecin, si elles passent des thèses ou des examens généralement brillants, il ne semble pas quelles soient fort jalouses, jusqu’à présent, des diplômes qu’on remporte dans les Instituts agronomiques et dans les Ecoles agricoles. Cependant leur tournure d’esprit semblant assez bien les prédisposer aux soins de la culture en général, voici que le gouvernement russe vient de décider la fondation d’une école agricole de femmes, afin de tirer parti du courant qui pousse tant de jeunes tilles russes à fréquenter les écoles supérieures.
- 11 s’agit d’une école supérieure où les élèves, exclusivement du sexe féminin, pourront recevoir soit une instruction générale agricole, soit une instruction spécialisée dans quelqu'une des différentes branches de l’agriculture, industrie laitière, jardinage, apiculture, élevage de la volaille, du gros bétail, etc. Pour être admis k cette école, il aura fallu, au préalable, avoir suivi avec succès
- les cours d’une école primaire supérieure ordinaire ou d’un établissement équivalent d’enseignement dit intermédiaire. Le cours des études ne durera pas moins de trois années, et il comportera des exercices pratiques faits dans une ferme modèle, en dehors, bien entendu, des cours théoriques et des travaux de laboratoire. Les femmes auxquelles l’école décernera un diplôme seront mises exactement sur le même pied que les hommes sortant des établissements analogues, elles pourront occuper les divers postes relevant du Ministère de l’Agriculture, devenir non seulement professeurs dans les Écoles agricoles intermédiaires, mais encore Administrateurs du Domaine impérial. P. de M.
- LES SOUS-MARINS EN EXTRÊME-ORIENT
- Parmi les nouvelles plus ou moins tendancieuses répandues sur l’envoi de sous-marins en Extrême-Orient, il n’est pas sans intérêt de donner quelques indications sur l’état actuel de la construction de ces engins en Russie. Bien que certains auteurs prétendent encore aujourd’hui que la Russie se soit très peu occupée de navigation sous-marine, cette dernière au contraire, comme la France, a fait de très grands sacrifices dans cette voie et nombreux sont les inventeurs ou constructeurs qui, pendant longtemps, proposèrent ou expérimentèrent même leurs modèles dans les eaux Russes.
- Le premier sous-marin russe est dû à un Bavarois du nom de Bauer, lequel k la suite de déceptions et de nombreuses mésaventures sur la navigation sous-marine dans son pays vint offrir ses services à la Russie. Bauer, pris en amitié par le grand-duc Constantin qui s’intéressait beaucoup k ses travaux, put enfin faire construire sou bateau qui sortit de l’usine de Leucbtemberg k Saint-Pétersbourg en mai 1855; fut agréé par le conseil de l’Amirauté le 2 novembre de la même année et enfin lancé k Cronstadt le 26 mai 1856.
- Le « Diable marin », nom donné k son bateau, affectait la forme d’un phoque. Sa longueur était de I5m,80 sur 5m,80 de largeur et 5ln,55 de hauteur; toute la charpente était en fer. La carcasse était construite de façon k résister k une colonne d’eau supérieure k 45m,50 de hauteur. Quant à la force motrice elle se faisait au moyen d’une hélice actionnée k main d'homme.
- L’inventeur fit de curieuses expériences d’acoustique qu’il termina par une petite fête. Le 6 septembre 1856 était la fête du couronnement d'Alexandre IL Bauer avait emmené avec lui deux officiers russes et quatre musiciens de la flotte qui allèrent jouer et chanter l'hymne russe au fond de la mer. A son retour k la surface Bauer fut charmé d’apprendre que son concert étrange avait été entendu et goûté dans un rayon de 150 mètres.
- La dernière expérience que tenta Bauer lui fut demandée par la commission maritime et eut heu le 26 octobre 1856. Elle eût réussi pleinement si l’hélice n’avait engagé ses ailes dans des algues. Il n’en fallut pas davantage et ses ennemis profitèrent
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- d'une absence du grand-duc Constantin pour tâcher de l’envoyer travailler à Irkoutsh en Sibérie, sous le prétexte qu’il s’occupait d’un secret d’Etat. 11 demanda et obtint, péniblement il est vrai, son congé et rentra en Allemagne au commencement de l’année 1858, ce qui lui permit de réfléchir un peu sur l’instabilité humaine.
- Le deuxième sous-marin russe date de 1877 cl était dù à l'ingénieur russe Drzewieki, très connu chez nous pour ses travaux sur l’aviation. C’est en cherchant à réaliser un scaphandre autonome pouvant se déplacer entre deux eaux que cet ingénieur a été amené à construire son premier modèle.
- Ce minuscule sous-marin, destiné à porter une personne seulement, était mù par une hélice actionnée par des pédales ; un réservoir d’air comprimé, qui se trouvait à la partie inférieure, fournissait d’air pour la respiration et pour la vidange des water-ballast.
- Ce premier embryon de sous-marin, avec lequel
- l’inventeur évolua pendant plusieurs mois dans la rade d’Odessa, attira l’attention du gouvernement russe qui commanda à M. Drzewieki un bateau plus perfectionné qui fut exécuté à Saint-Pétersbourg en 1879. Ce nouveau type de sous-marin, un peu plus grand que le premier, pouvait contenir quatre personnes. Comme pour le premier modèle il actionna deux hélices propulsives au moyen de pédales.
- Les essais de ce bateau, qui eurent lieu dans le lac de Gatchina pendant l’hiver de 1879, parurent à tel point concluants que le Ministre de la défense des cotes confia enfin à M. Drzewieki la construction de 50 sous-marins d’un type semblable mais légèrement modifiés; ils furent construits à Saint-Pétersbourg.
- Ce ne fut que longtemps après, en 1902, que le gouvernement russe reprit la question, en expérimentant « avec un insuccès complet » un sous-marin de faible tonnage (20 tonneaux) : le « Petr-Kochka » (fig. 2) dù aux ingénieurs Koblassiefl et Kouteïnikoff.
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- Fig. 1. — Coupe intérieure du sous-marin.
- A, kiosque; Ii, poste de l’équipage; C, chambre des machines; l>, chambre des plongeurs; e, porte de sortie; F, deux machines à gazoline de 120 chevaux chacune; G G G, batterie d’accumulateurs; E, périscope; M, manche à air, 1111, water-ballast; II, poids de sécurité; TT, tubes lance-torpille; J J J, réservoirs de gazoline; L, tube d’évacuation des gaz; Rll, roues; S, sac d’air; T, cuisine.
- Ce type particulier de sous-marin était divisé en 9 parties de façon à pouvoir être expédié par le Transsibérien en Extrême-Orient. 11 était mû à la surface par un moteur à pétrole et sous l’eau par l’électricité fournie par des accumulateurs. Actuellement la Russie a en construction 7 nouveaux sous-marins de l’ingénieur Boubnoff dont deux sont en essais. Ces sous-marins, qui ont 25m,50 de long sur 4,n,25 de diamètre et déplacent 175 tonneaux, sont à peu de chose près analogues aux sous-marins américains. Ils contiennent 12 hommes d’équipage. La force motrice nécessaire à la propulsion du bateau à la surface est fournie par un moteur à gazoline; un moteur électrique avec accumulateurs sert pour les périodes d’immersion.
- Dans le type russe les appareils de lancement des torpilles, au lieu d’être placés à l’intérieur, sont comme ceux du « Petr-Kochka » disposés extérieurement et à la partie supérieure du bateau. Ce nouveau dispositif, dû à M. Drzewieki, permet le lancement dans toutes les directions. A cet effet, la
- torpille repose dans un berceau dont le point d’articulation est situé vers la queue de la torpille. Au moment du lancement, le sous-marin étant en marche, on libère de l’intérieur l’avant du berceau. Ce dernier pivote alors sur son point d’articulation en décrivant un demi-cercle. Au moment voulu, et suivant la position du navire ennemi, un déclic provoque l’ouverture de la soupape de prise d’air de la torpille et cette dernière se met en marche par le jeu seul de ses hélices abandonnant ainsi son berceau, lequel revient ensuite reprendre automatiquement sa position primitive.
- Comme on le voit ce dispositif de lancement permet d’effectuer un tir sous-marin dans toutes les directions sans que le bateau soit obligé de changer de position. De ce qui précède on peut donc conclure a priori que les seuls sous-marins que posséderaient les Russes en Extrême-Orient, ne pourraient être que du type « Petr-Kochka ».Mais, nous le répétons, les essais ont été trop incomplets pour qu’ils puissent être utilisés avec quelques chances de succès.
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- Quant aux derniers construits, d’après nos informations et en raison de leur fort tonnage (175 ton-naux), ils ne pourront être expédiés par mer qu’avec l’escadre de la Baltique, si toutefois on se décide .à lui faire effectuer pareil voyage.
- Il en est de même du « Protector » que les Japonais auraient, parait-il, acheté à un constructeur, M. Pake, le concurrent de M. Holland, en Amérique. Ce sous-marin (fig. 1) a fait d’excellents essais de navigation, tant à la surface qu’en immersion, possède, résumées ci-dessous, les caractéristiques suivantes :
- ii la surface 136 tx. ; longueur totale 20", 43 en immersion 17 4 tx. 3; plus grand diamètre 3",33.
- La coque est circulaire sauf ît la partie supérieure et au-dessous de la passerelle où sont ménagés les réservoirs à gazoline et d’air comprimé. Dans le milieu et au-dessous du centre de gravité et du centre de carène se trouvent les bacs d’accumulateurs G. Au-dessus se trouve le poste de l’équipage en communication directe avec l’homme de barre situé dans le kiosque A. Les machines motrices sont placées à l’arrière, au-dessus des water-ballast pour l’immersion.
- Le « Protector » est en outre caractérisé par ce fait qu’il peut rouler au fond de l’eau dans les endroits peu profonds comme une véritable automo-
- Fig. 2. — Le bateau sous-marin « Potr-Kochka ».
- bile. Le poids du bateau sur ses roues est très faible et on le règle par l’introduction de l’eau dans les water-ballast.
- Cette disposition a été faite dans le but de couper les Ccibles et de détruire les torpilles de fond. On a ménagé à cet effet un compartiment pour la sortie des plongeurs. Ce compartiment est rempli d’air comprimé à la pression correspondant .à la colonne d’eau placée au-dessus du bateau ; de cette façon on peut faire les recherches nécessaires sans être obligé de sortir de l’intérieur. C’est en même temps un moyen de sauvetage de l’équipage si le bateau restait au fond. Le maximum de vitesse obtenu pendant les essais a été de 9 nœuds 47.
- Notons en terminant que les bruits d’achat de ce sous-marin par les Japonais n’ont pas été démentis.
- On le verra peut-être entrer en scène quelque jour. Ce serait la première fois qu’un sous-marin participerait à l’attaque ou à la défense, et l’on en tirerait sans doute des renseignements sur l’utilité pratique de ces engins comme unité de combat dans une guerre navale. II. Noai.hat.
- LEYOCYCLISME
- Ce qui caractérise essentiellement, comme on sait, la bicyclette à leviers — plus commodément désignée sons le nom concret de « levocyclette » —, c’est la substitution à l’entraînement direct de la machine, par la chaîne et les pédales rotatives, de l’entraînement semi-circulaire alternatif, obtenu par des leviers à pédales oscillantes.
- Bien que cette façon de propulser la bicyclette paraisse un peu bizarre au premier abord, parce qu’insolite, elle
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- est assurément plus « naturelle » que l’autre et surtout plus rationnelle mécaniquement.
- Comme la roue libre, dont j’ai rappelé les services pratiques. dans ce journal1, la levocyclette — genre de roue libre très spécial — offre des avantages de divers ordres, que je voudrais indiquer brièvement.
- Avantages physiologiques. — Quand fut créé ce merveilleux instrument de locomotion autonome, le vélocipède, qui permit à l’homme en supprimant l’énorme et double déperdition du travail qui n’a d’autre effet que d’élever à chaque pas son propre poids, pour le laisser ensuite retomber, avec la désastreuse percussion du pied sur le sol, d’employer exclusivement à son déplacement en avant toute son énergie musculaire, alors, dis-je, Michaux ne trouva rien de mieux, pour transmettre cette énergie au véhicule qu’elle doit actionner, que le mouvement circulaire continu de ses pédales coudées.
- En mécanique pure, où l’on n’a recours au mouvement rectiligne alternatif que comme à un fâcheux pis-aller, c’eût été parfait. Mais Michaux, qui était mécanicien, ne prit pas assez garde que, dans l’association mi-partie mécanique et mi-partie physiologique du cycle et du cycliste, il fallait tenir compte aussi et surtout du second élément, du moteur vivant et de ses lois propres.
- L’homme n’est point une machine à vapeur. Et ses jambes ne sont pas faites précisément pour tourner la manivelle. Dès la primo origine de l’humanité, elles se sont façonnées, développées pour et par la marche, qui est leur fonction primordiale. D’où la claire indication d’adopter délibérément le mode de « pédaler » qui se rapprochera le plus possible du mouvement normal de la progression, de son rythme, des limites et des variations de son étendue, qui utilisera le mieux enfin la puissance des grands muscles qui, à un moment dupas, soulèvent verticalement sur un seul pied le j>oids du corps tout entier. Or, la levocyclette satisfait, dans une mesure très appréciable, à ces divers desiderata.
- Les pédales oscillantes peuvent, au surplus, s’appliquer à d’autres systèmes qu’à celui des leviers. J’en ai jadis imaginé un : le « Yéloce-étrier », dont on peut retrouver l’épure avec description sommaire dans le « Vélocipède illustré )) du 25 mai 1872. A cet effet, j’avais fait transformer mon premier bicycle à roue libre en une machine à pédales oscillantes solidaires. La direction du mouvement était rectiligne * et les frottements des transmissions — par poulies et courroies — étaient réduits au minimum. Ce ne fut là d’ailleurs qu’une ébauche, que les ressources mécaniques du temps ne permettaient guère de mener à bien. En 1890 seulement, M. Reyrol appliqua le premier, à ma connaissance, à la bicyclette le système des leviers ; lequel retomba presque aussitôt dans Coubli, à la suite de l’inévitable insuccès du « Cycle idéal », à pédales réciproquement indépendantes, dont le manque absolu d’automatisme était aggravé par la sérieuse résistance de ses ressorts. Cette machine et quelques autres moururent de leur idéale malformation. D’autres, mieux entendues, ne purent survivre à leur défaut d’être nées prématurément, à une époque où les roues libres et leurs freins inspiraient
- 1 Voy.' n051529 cl 1530 des 13 et 20 sept. 1902, p. 226 et 246.
- * Je l'avais adoptée faute de connaître la courbe de direction optima, celle à laquelle l’effort du cycliste serait toujours tangent. Quelle forme devrait-elle affecter au juste? Après avoir cherché autrefois à la déterminer, M. Perrache semble y avoir renoncé, « vu le manque de données sur ce qui se passe dans le moteur humain ». Peut-être pourtant la question ne lardera-t-elle pas à recevoir une solution pratique aussi approximative que le permet sa complexité.
- plutôt de la méfiance. Parmi les levocyclettes ayant fait leurs preuves, c’est à peine si nous connaissons en France les suédoises : la « Scandia » (Johannson), décrite par M. Bourlet, et la « Svéa », dont ce journal1 a donné la description avec dessins très complets.
- Tout ce qu’on peut, à l’heure actuelle, légitimement espérer, c’est que nos constructeurs français ne resteront en arrière d’aucuns de leurs compétiteurs. S’ils n’ont pu produire encore leurs modèles définitifs, c’est qu’ils ont à cœur apparemment de ne rien livrer au hasard. Ils voudront s’armer de pied en cap pour la lutte, dont le troisième grand Concours de machines de touriste, que le Touring-Cluh de France doit organiser en 1905, leur fournira l’occasion. Il ne faut donc guère compter voir le levocy-clisme se développer avant qu’on ait pu juger, par ces épreuves décisives, de la valeur des modèles qui pourront se faire jour d’ici là. Je m’en tiens donc aujourd’hui à passer en revue les avantages généraux du système.
- Le plus essentiel au point de vue physiologique consiste, ainsi que je l’ai indiqué, en ce que les jambes retrouvent dans la manœuvre des leviers les principales conditions de la progression naturelle. La meilleure preuve en est dans l’extrême facilité de l’apprentissage, remarquable surtout chez ceux qui, n’ayant jamais monté à bicyclette, n’ont pas eu les jambes détournées de leur véritable destination par l’habitude de pédaler en rond.
- Chez ces novices l’éducation de l’équilibre se fait d’autant plus vite que, même en marchant lentement, « on n’a pas le temps de tomber », suivant la pittoresque formule de M. le Cl L. Une fois d’aplomb et un peu familiarisé avec sa monture, on pédale à son gré, instinctivement, en accommodant son allure et l'ampliation du mouvement des jambes à l’état et au profil du terrain.
- Dans les descentes douces, ou en plat avec l’aide du vent, on développe à fond ses extenseurs pour faire de la vitesse. Non seulement rien ne rappelle la percussion du pied sur le sol, mais on arrive à escamoter complètement le rebroussement du genou une fois sur trois, en pédalant à trois temps égaux : deux coups de pédale consécutifs suivis d’un temps de repos.
- Cette façon de pédaler, signalée presque simultanément par deux levocyclistes inconnus l’un de l’autre, est d’autant plus intéressante qu’on la pratique, pour ainsi dire, spontanément. Dans les descentes, on retrouve, avec le débrayage automatique, le repos complet et les allures rapides réglées par de bons freins.
- Dans les montées se révèlent deux facultés nouvelles, dont bénéficient largement le cœur et les poumons. On peut à la fois pousser très loin le ralentissement et pédaler à pas aussi réduits qu’on le veut.
- D’autre part, le levocvcliste réalise quelques économies de travail nullement négligeables. Telle l’abréviation du chemin parcouru par la pédale entre les deux points extrêmes de sa course. Telle, surtout, la suppression du « travail statique », c’est-à-dire de la compression des billes des roulements : perte sèche, qui résulte (avec la manivelle) de l’incessante variation du point d’application de l’effort. Or, on estime communément la durée de cet effort inutile au tiers de la durée totale de la pression que le cycliste exerce sur la pédale. Si le taux de cet effort est, par contre, assez faible et n’a que peu d’influence sur le pouls, la respiration et la fatigue musculaire , il n’en est pas de même de la fatigue nerveuse, qui doit bien aussi entrer en ligne de compte.
- 1 Voy. n° 1536, du 1" novembre 1902, p. 339.
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- Il n’est nullement nécessaire qu’elle aille jusqu’aux signes de l’épuisement : pâleur de la face, sueurs froides, etc., pour devenir sensible. C’est ainsi qu’on se fatigue souvent davantage à rester longtemps debout qu’à se dépenser en un travail dynamique quelconque.
- Avantages mécaniques. — C’est beaucoup plus encore au point de vue du meilleur rendement mécanique qu’à celui de l’épargne et de la meilleure utilisation des forces du cycliste que l’emploi du levier l’emporte sur celui de la manivelle. En fait, les avantages des deux ordres sont étroitement liés les uns aux autres.
- Admettons, par exemple, qu’un cycliste d’une habileté moyenne dans l’art de l’ankle-plav perde, à chaque poussée sur sa pédale, outre la totalité de son travail statique, le tiers de son temps. S’il troque sa bicyclette contre une levo — dont le levier, assez long, aura son centre d’oscillation convenablement placé à l’arrière —, non seulement il ne perd plus rien, mais il utilise en travail dynamique, constant et sensiblement uniforme, l’intégralité de son effort, exercé dans les conditions physiologiques que l’on sait.
- Le maximum de rendement ainsi réalisé n’est évidemment obtenu que par et avec la suppression effective non seulement du point mort (réduit à une pure expression géométrique), mais de l’angle mort et de toute la zone de moindre action, qui restera, en dépit des plus ingénieuses pratiques, comme trait fatal inhérent au cercle vicieux décrit par le pied du cycliste. Ces deux grands faits connexes : la continuité du travail mécanique et la suppression de tout temps nuisible — qui permet de monter les cotes en lenteur, c’est-à-dire sans essoufflement — sont vraisemblablement les plus surs garants de l’avenir des levocvclettes.
- Il faut y joindre la faculté non moins précieuse qu’elles ont de s’accommoder de dispositifs de changements de vitesse facultatifs, et aussi d’autres dispositifs compensant automatiquement les différences d’effort de la jambe aux différents points de sa course.
- On sait que la Svea est pourvue de dispositifs de ce genre. Et c’est avec cette machine que MM. les commandants F. et L. ont inauguré leurs premières expériences levocyclistes. Ils en ont consigné les résultats dans une « Note » du plus grand intérêt, qui suit (dans la « Revue du T. C. F. » de mai dernier) mon article sur les « Levo-cvclettes ». L'un d’eux ayant gravi, au bois de Vincennes, certaines rampes dont, l’une de 13 pour 100 en moyenne, agrémentée de trois virages, disait : « Voilà la première fois que je monte ces chemins-là plus facilement en machine qu’à pied ». L’autre obtenait des résultats analogues au Trocadéro et à Saint-Cloud, où il escaladait sans peine, deux fois de suite, un raidillon dont la pente atteint 21 pour 100 sur une longueur de 50 mètres.
- L’aisance avec laquelle ont été obtenus ces résultats a évidemment pour principale cause, en même temps que le recours aux petits développements, la suppression du temps mort, qui permet de réduire, même au-dessous de 4 kilomètres, les limites de la vitesse.
- Fin conclure que la levocyclette a pour objectif la lenteur serait un essai d’argumentation par l’absurde un peu excessif. Il va de soi que ce ralentissement facultatif n’est qu’un moyen : le moyen de faire des ascensions autrement impossibles — à multiplication égale — avec la bicyclette, tout en marchant normalement plus vite et • surtout avec moins de fatigue qu’à pied, — n’eut-on même pas à hisser sa machine à la main.
- * • I)r Matthieu.
- LES AFFUTS A ÉCLIPSE
- L’optimisme le plus robuste ne saurait nous suggérer que les arts de la guerre soient prêts à tomber en décadence. L’artillerie de bord et de côte, en particulier, jouit pour le moment d’une triste notoriété, qu’elle partage d’ailleurs avec les torpilles de tous genres et de toutes variétés. Alors que les canons qui arment les tourelles des cuirassés sont pourvus d’une si formidable puissance et d’une précision si merveilleuse, on peut se demander comment les batteries de cote réussiront à se maintenir; non pas qu’elles ne puissent être aussi bien servies sous le rapport de la puissance; mais elles ont le désavantage d’occuper une position invariable, but trop facile à atteindre, s’il est visible- ou si des reconnaissances préalables ont permis d’en repérer le site avec quelque exactitude.
- Or, il n’est pas difficile de constater que la plupart des batteries de cote, pour peu qu’elles datent d’avant-hier, sont campées sur le sol sans nul souci de se dissimuler. La ligne de leur parapet profile sur le ciel ses contours géométriques et les canons eux-mêmes, établis en barbette, allongent effrontément leur masse noire au-dessus de la crête.
- C’est dire qu’une escadre apparaissant soudain aurait bien vite réglé son tir sur de pareilles cibles dont la position est d’ailleurs relevée à l’aise par les pseudo-touristes que chaque nation envoie excur-sionner en temps de paix chez ses voisines, sous couleur de yachting ou de villégiature estivale.
- Un aimable attaché militaire à Paris, le capitaine Bentley Mott, dans un article du « Journal of the United States Àrtillery », fait précisément remarquer que beaucoup de batteries élevées sur la côte française, où les canons sont en barbette, forment des cibles admirables, dont on peut voir les détails de cinq milles au large, avec de bonnes lunettes. Empressons-nous de dire que d’autres batteries sont chez nous parfaitement invisibles ; ce sont généralement, celles destinées au tir indirect.
- Les progrès de l’artillerie commandent cependant une grande prudence. Il devient indispensable de choisir l’emplacement de toutes les batteries de telle sorte que leur silhouette se confonde avec l’aspect général du paysage, aux distances de deux à cinq milles. Les canons eux-mêmes ne devraient apparaître que bien juste le temps de tirer. Cette précaution, jointe k l’emploi de la poudre sans fumée, suffirait certes k rendre l’attaque difficile et le tir d’une escadre incertain.
- Pour qu’un canon apparaisse et disparaisse rapidement, il faut le jucher sur un affût à éclipse. La solution semble aussi simple qu’efficace et, si elle ne s’est pas généralisée, c’est sans doute qu’un appareil de ce genre, à côté de ses avantages évidents, présente quelques inconvénients aux yeux des spécialistes. Et, en effet, ceux-ci ont soulevé des objections qui jusqu’à présent l’ont emporté.
- Les partisans de l’affût à éclipse n’en poursuivent
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- pas moins leurs études à la recherche d’un appareil pratique, robuste et qu'un éclat d'obus ne suffise pas à détraquer. C’est aux États-Unis que ce genre
- d'atfùl est le' pins en faveur. On en trouve la preuve dans la réponse faite par les officiers d’artillerie à la consultation de la Commission de 1’ « Or-
- Fig. 1. — Modèle américain d’un canon de 8 pouces, pour afîùl à éclipse.
- dnance and Fortification », sur F opportunité d'adopter fallût à éclipse pour l’armement des cotes. Sur 84 officiers ayant exprimé une opinion, (H) ont émis un avis favorable, an moins pour le cas des batteries basses. Malgré ce résultat, la Com-
- mission a décidé de suspendre la fabrication qui avait été commencée, ce qui indique que le type n’est pas encore parfait ; mais les études et les essais continuent.
- Eu principe, dans un affût à éclipse, le canon est
- Fig. 2 et 5. — Canon de côte Krupp de 21 centimètres, sur affût à éclipse. Position d’éclipse.
- exhaussé au moyen de deux systèmes de bielles, disposés parallèlement; le système d’avant saisit les tourillons; le système d’arrière est fixé à deux tourillons auxiliaires rattachés eux-mêmes à la pièce par une fret te spéciale. Vues de profil, la pièce et les bielles forment les trois côtés d’un parallélogramme
- articulé que ferme à la base un châssis également articulé et parallèle à l’axe du canon : il suffit ainsi de régler l’inclinaison de ce châssis pour que la pièce elle-même soit pointée en hauteur. Lorsque les bielles se dressent verticalement, la volée du canon dépasse le parapet : on est dans la position de tir.
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- Le coup pari el le recul a pour ell'el de renverser les bielles en arrière en abaissant tout le dispositif en dessous de la crête; mais en même temps la
- force de recul est utilisée pour armer un récupérateur, que ce soit un frein hydraulique, pneumatique ou hydropneumatique, ou même un empi-
- Fig. I- — Canon sur affût à éclipse de Saint-Chamond. Position de tir.
- lage de rondelles Relleville ; ce récupérateur em- automatique, aussitôt que les opérations du charge-magasine l’énergie nécessaire à la remise en batterie ment sont terminées. Le poids du canon, qui est con-
- Fig. 3. — 1,’alfùl, à éclipse de Saint-Chamond. Position d’éclipse.
- sidérable, est d’ailleurs équilibré par un contrepoids qui s’élève quand la pièce s’abaisse et réciproquement. Nous donnons trois types d’affûts à éclipse. Les
- figures 2 et 5 se rapportent à un affût de ce genre pour pièce de 21 centimètres exposé à Dusseldorf par la maison Krupp. Lorsque le chargement et le
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- pointage sont achevés, il suffit d’ouvrir une soupape pour libérer le contrepoids qui, en s’abaissant, ramène la pièce à sa position de tir. Ce retour en batterie est'd’abord rapide; mais le frein ralentit le mouvement vers la fin et le feu est mis automatiquement au moment où le canon arrive au bout de sa course. Toute l’opération n’exige pas plus de quatre secondes. Les figures i et 5 représentent l’affût analogue construit en France par la Compagnie de Saint-Chamond. Cet affût est particulièrement robuste et bien équilibré. Enfin nous donnons une vue de la dernière création de la Bethleem Steel C°, en Amérique, pour pièce de 8 pouces (205mm) (fig. 1).
- Notre gravure représente un modèle d’instruction monté dans l’arsenal du 15e régiment, à Brooklyn. Une grande partie de ce modèle est en bois et pour donner davantage l’illusion de la réalité, dans la manœuvre, cette pièce peut tirer un projectile en matériaux légers, mais de même forme et de même grandeur que le projectile réel. On ne pourrait se servir de poudre ou de tout autre explosif violent qui briserait infailliblement le modèle, sans compter <pie le fracas et l’ébranlement seraient intolérables dans le bail de l’arsenal. On y substitue l’action de l’air comprimé à fi ou 10 atmosphères, pour lequel on a établi une canalisation sous le dallage. On voit dans notre figure, et à l’arrière du canon, le tuyau llexible qui amène l’air comprimé à la culasse.
- Le mécanisme des affûts à éclipse est assez délicat et, s’il n’est point exposé aux coups directs, les éclats d’obus suffiraient à le mettre hors de service. Quelques' constructeurs remédient à cet inconvénient en faisant descendre la pièce en dessous d’une plateforme blindée qui tourne avec elle et qui n’est percée que d’une rainure juste assez large pour le passage du canon. IA-Colonel G. Espitai.i.ier.
- LES ALLIAGES D’ALUMINIUM
- En dépit des avantages certains de l’aluminium, en dépit aussi de la facilité avec laquelle on sait le fabriquer il faut bien reconnaître que les emplois de l’aluminium n’ont pas pris le développement qu’on avait auguré il y a quelques années. C’est que ce métal n’offre pas, à l’état pur, deux ou trois qualités qui seraient nécessaires pour qu’on puisse l’utiliser dans plusieurs des applications qu’on espérait en faire : notons brièvement qu’il est difficile à souder, qu’il laisse se former des soufflures quand on le fond, rappelons aussi sa faible résistance à la compression et à la traction. Et, comme le disait récemment le Dr Joseph \Y. Richards devant une Société scientifique américaine, et dans une communication d’où nous extrairons plusieurs indications, il semble bien que l’avenir de l’aluminium réside surtout dans les alliages qu’il est susceptible de former avec divers métaux; il présente cette particularité de s’allier aisément, et il importe par conséquent de rechercher quels sont ceux de ces alliages déjà inventés qui paraissent appeler à rendre des services pratiques à l’ingénieur et au constructeur.
- Les principaux métaux auxquels on a songé à recourir, pour les associer à l’aluminium, sont le zinc, le cuivre, Je nickel, le magnésium, le titane, le chrome, le tungstène,
- le manganèse et l’argent ; l’aluminium avec lequel on les allie doit toujours avoir une teneur en métal pur d’au moins 99,5, et il faut même préférer une teneur de 99,75 : le mieux est de faire fondre d’abord l’aluminium, pour y dissoudre ensuite et y brasser l’autre métal. Afin de faciliter la dissolution d’une matière dont le point de fusion est très élevé, comme le nickel, on se trouve bien de préparer d’abord un alliage des deux corps en proportions égales; on coule cet alliage en barres, que l’on ajoute alors à l’aluminium en fusion, la dissolution se faisant bien plus vite qu’avec du métal pur. L’allure à laquelle la fusion s’effectue a une grande importance, ces alliages ayant une forte chaleur spécifique, en ce sens qu’ils demandent, sinon une haute température, du moins une grande quantité totale de chaleur. Le four doit être maintenu à une température modérée, mais il faut procéder avec patience, car la fusion ne se produit qu’au bout de 50 à 50 minutes. Il importe de ne pas dépasser la température du rouge cerise, de manière que l’alliage n’adhère pas au creuset, ne le mouille point. Au moment de la dissolution complète, on brasse bien, et l’on coule immédiatement. On recommande de ne pas faire usage d’aucun fondant, car cela facilite de façon regrettable l’attaque des parois du creuset, alors qu’autre ment, et avec une régulation de la température, un creuset durera pour ainsi dire indéfiniment.
- Nous avons tenu à donner ces détails, qui sont encore souvent ignorés, pour bien montrer qu’en somme la production et la coulée des alliages d’aluminium sont chose facile. Presque tous les alliages légers de ce métal fondent plus facilement que l’aluminium même; ils se durcissent et se renforcent par le travail ; mais des réchauffages fréquents sont nécessaires si l’on veut éviter les craquelures.
- Nous indiquerons rapidement l’influence que l’addition de différents métaux produit sur cette substance ; le chrome, par exemple, la durcit considérablement en lui donnant un peu des qualités des aciers auto-durcissants. Avec du titane (dont la proportion la meilleure est de 2 pour 100, bien qu’on soit allé jusqu’à 7 pour 100) on obtient une élasticité comparable à celle du laiton à ressorts et une résistance très considérable à la traction. On a étudié avec divers pourcentages les alliages de manganèse, de cuivre et de zinc, et l’on recommande des proportions respectives de 1,5 pour le cuivre, de 0,5 pour le zinc, de 1 à 5 pour le manganèse, ou encore des proportions de 2,5, de 1 et de 1 à 5; employé dans un alliage de cette sorte avec du cuivre et du nickel, le manganèse donne le plus dur des alliages légers d’aluminium qui aient jamais été produits. Mannesmann a fabriqué des tubes d’aluminium en y ajoutant 1 pour 100 de tungstène, et il a trouvé que cela augmente sensiblement la solidité de ces tubes et leur résistance à la corrosion, et cet alliage s’étire et s’allonge bien, se travaille sans graisser les outils. Le wolframinium est un de ces exemples de l’action heureuse du tungstène : sa composition semble être de 98,04 pour 100 d’aluminium, de 0,575 de cuivre, de 0,105 d’étain, de 1,422 d’antimoine et de 0,058 seulement de tungstène, ce qui prouve bien que celui-ci a de l’influence même à très faible dose. Cet alliage est fort intéressant en ce qu’il se fond bien, grâce à l’antimoine, et aussi à la fusibilité que lui donne l’étain ; il ressemble à l’argent, se polit bien, et peut présenter une grande résistance à la traction ou un allongement très notable, suivant qu’il est laminé ou au contraire recuit.
- Nous ne pouvons oublier, dans cette revue rapide, de
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- parler des alliages de magnésium et d’aluminium, qui sont donnés comme excellents par bien des gens, mais qui ont malheureusement ce défaut que la présence du magnésium les rend assez coûteux. On les connaît sous le nom de magnalium, et c’est, croyons-nous, Wohler qui les a étudiés le premier, sans réel succès, il est vrai. Le l)r Ludwig Mach réussit mieux dans des tentatives analogues, parce qu’il put opérer avec des métaux purs; il lit varier les proportions des deux composants de l’alliage entre 70 et 08 pour 100 d’aluminium, d’une part, et 2 à 50 pour 100 de magnésium. On a obtenu des résultats fort intéressants dans leur diversité même : avec ‘2 pour 100 seulement de magnésium on a produit des tôlesrecuitesdont l’allongement a pu atteindre 18pour 100; d’autre part des pièces venues de fonte et trempées à l’eau offrent une résistance à la traction de 4500 kg par centimètre carré. Entre ces deux chiffres extrêmes, on constate d’ailleurs une variété infinie des deux facteurs de résistance et d’allongement, d’après la proportion de magnésium; et l’on comprend que, dans ces conditions, on pourrait tirer un très bon parti de ces avantages si le magnésium ne les devait pas faire payer trop cher. Pour la fonte, le meilleur mélange serait celui qui contiendrait de 10 à 15 pour 100 de magnésium, il fond à 700° C., se maintient chaud longtemps, remplit les creux les plus délicats des moules, et l’objet fondu est naturellement d’un brillant admirable. On peut élever le point de fusion par addition de chrome et de nickel, mais alors le mélange est plus cassant.
- Nous avons à citer encore les alliages à 10 pour 100 d’étain, qui sont plus blancs que l’aluminium et ont cet avantage de se souder plus facilement, ce qui n’est pas à négliger. Pour le zinc, il donne un alliage où les propriétés du métal principal sont améliorées, et qui ne coûte que fort peu. Pour fabriquer cet alliage on fait d’abord fondre l’aluminium au creuset de graphite, puis, quand il est à une température plus élevée que son point de fusion, on y ajoute peu à peu le zinc en petits morceaux; et l’on obtient finalement un composé qui vaut à peu près tous les autres alliages, sauf bien entendu ceux de magnésium. Nous ne parlons pas de ceux qui contiennent du nickel seul, parce qu’on a constaté qu’ils ne sont pas avantageux; mais il en est différemment quand on emploie le cuivre simultanément avec le nickel.
- Il nous reste à signaler deux nouveaux venus dans le domaine que nous explorons en ce moment un peu superficiellement : ce sont deux autres alliages légers, qui sont fabriqués par la fameuse maison Cari Zeiss, et qui portent les noms de zisium et de ziskon. On les a combinés pour la construction des appareils scientifiques et de nivellement, et ils semblent y assurer de sérieux avantages, bien qu’étant plus lourds que le magnalium. Us ne se laminent pas aisément en tôles ni en tubes, mais ils viennent bien de fonte, possèdent une grande rigidité et une couleur blanc argent des plus agréables; ils prennent un poli parfait, se travaillent à froid tout comme le cuivre, sont d’une texture très régulière, et font d’excellents pas de vis, nullementsusceptibles de s’échauffer. Le zisium est le plus léger des deux, son poids spécifique n’atteint pas 2,95; il est appelé à rendre de grands services là où l’on n’a pas besoin d’une résistance exceptionnelle, et où l’on veut une certaine ductilité. Quant au ziskon, il a un poids spécifique de 5,55 et se rapproche davantage du métal à canon ; il est plus dur et plus résistant, tout en étant du reste moins ductile. L’un et l’autre peuvent se tourner sans offrir rien de particulier. D. B.
- LE JARDIN DES PLANTES
- AUTREFOIS ET AUJOURD’HUI
- I
- « 11 est un lieu tout au bout de Paris, qui est à coup sûr le plus bel endroit de raiïraîcbissement el de repos qui se puisse rencontrer dans ce vaste, obscur et tumultueux univers parisien. Là se confondent, dans un pêle-mêle admirable, la fraîcheur, le calme, l'ombrage, les fleurs naissantes, toutes les douces joies de la nature, tous les admirables hasards de la campagne, toutes les latitudes, et tous les aspects du monde connu, toutes les productions de la terre habitée et des mers, les oiseaux du ciel, les bêtes féroces du désert, le lion et le bengali, l’éléphant et l'oiseau-mouche, le tigre royal et la chèvre du Thibef.... » Ainsi s’exprimait Jules Janin dans la préface d’un livre de Boitard : « Le Jardin des Plantes », publié en 1842.
- Depuis cette époque, notre Muséum a peut-être perdu quelque peu de sa poésie, mais il s’est transformé, enrichi de plantes et d’animaux du plus grand intérêt. De vastes bâtiments se sont élevés pour abriter ses merveilleuses et riches collections. Grâce aux nombreux moyens de communication dont dispose aujourd’hui Paris, il n’est plus « tout au bout » de ce vaste univers parisien.
- 11 a_ acquis une popularité toujours croissante et telle que, par les beaux dimanches d’été, c’est par 25 et 30000 que les visiteurs s’y rendent.
- Les changements qu’a subis ce bel établissement sont antérieurs à l’époque évoquée par Jules Janin, ils remontent à son origine même, et rien n’est plus intéressant que d’en suivre aujourd'hui le développement. Projeté par Hérouard, premier médecin de Louis XIII, il fut fondé en 1655 par Guy de la Brosse, son médecin ordinaire, sur un terrain de 24 arpents contenant une maison située faubourg Saint-Victor, acquis par le roi. Mais on retrouve déjà son origine dans des lettres patentes de 1626 relatives à cet achat. L’ouverture eut lieu en 1640. Il s’appela d’abord le « Jardin royal des plantes médicinales )> ; un « cabinet des drogues » fut organisé dans le bâtiment où Guy de la Brosse s’était installé, pendant qu’il dressait un parterre de 45 toises de long sur 55 de largeur où en 1658 on comptait déjà 1800 plantes diverses. Tels furent les modestes débuts de notre Muséum actuel. Il avait été précédé au xve siècle par un jardin botanique dit « des Apothicaires » situé dans la maison des Enfants-Rouges et par un autre créé à l’hôpital de la rue de Lourcine.
- Au célèbre botaniste, mort en 1643, succéda Bouvard de Fourqueux, à qui l’on doit la construction de la première serre et d’un « bassin » faisant face au cabinet. 11 fut remplacé par Vautier qui mourut en 1652, puis ce fut Vallot à qui échut l’intendance du jardin, puis vint d’Aquin, en 1672, et ensuite Fagon, sous la direction duquel fut construit un amphithéâtre qui pouvait contenir environ 600 per-
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- sonnes. Après la mort de Fagon (en 1715), le Jardin du roi eut à subir, avec Chirac, une mauvaise période qui ne prit tin qu’en 1752 sous la direction de Cister-nay du Fay. Celui-ci répara de son mieux les désordres de son prédécesseur, dota l’établissement de serres (jui parurent alors fort belles, et, atteint de la petite vérole en 1759, il écrivit au ministre ' pour faire donner sa succession à Buffon.
- « Lorsque Buffon entra au Jardin du roi, dit Deleuze1, le cabinet consistait en deux petites salles, une autre pièce renfermait des squelettes qu’on ne montrait point au public; les herbiers étaient dans l’appartement du démonstrateur de botanique : le jardin, borné à la hauteur de la pépinière du côté du levant, à celle des serres du côté du nord, à celle des galeries d’histoire naturelle du côté du couchant, offrait encore des terrains vagues, et l’on n’y voyait ni allées, ni planta-
- tions régulières ». Buffon fit procéder à l’agrandissement du local destiné aux collections qui furent ouvertes au public, et s’attacha bientôt Daubenton comme garde et démonstrateur du cabinet, créa un amphithéâtre et un laboratoire de chimie, puis il songea à l’embellissement du jardin, déplaça une
- allée qui ne répondait pas à la porte principale, en planta une autre parallèlement, et fit acheter par le gouvernement deux maisons voisines qui furent réunies au jardin. Au premier étage il installa son appartement, réservant le reste pour le dépôt des objets non encore classés.
- En 1775, il obtint une somme de 60 000 francs pour la réinstallation du jardin botanique où les plantes étaient cultivées un peu partout faute de place, il fit disposer ces plantes par Laurent de Jussieu, suivant la méthode dont son oncle Bernard
- Fig. 1. — Plan du Jardin du Roi eu 1IH0.
- Échelle • de 3oo toisas
- hiATofoc o,
- Fig. 2. — Plan du Jardin du Roi en 1788.
- de Jussieu avait eu la première idée lors de l’arrangement du jardin de Trianon créé antérieurement par lui. Cette « école de botanique » et « l’orangerie », dont la construction commencée en 1795 fut terminée en 1800, furent entourées d’une grille de fer et l’on établit la pente qui mène des allées infé-
- 1 « Histoire et description du Muséum royal d’histoire naturelle », par Deleuze. Paris, 1823.
- rieures au terrain des buttes, en face du bassin.
- Buffon songeant alors à agrandir le jardin se fit céder, par les administrateurs municipaux, des terrains que la Ville mettait en location, acheta moyennant 142 000 livres un domaine traversé par la Bièvre, et l’échangea contre des terrains appartenant aux religieux de l’abbaye de Saint-Victor.
- C’est alors qu’il fit placer une rue à laquelle les
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- habitants du quartier donnèrent son nom, qu'elle a côté du midi. Les deux allées principales se prolongè-toujours gardé, et qui forma la limite du jardin du rent jusqu’à la Seine, deux autres furent créées paral-
- ^2tcuë du dTardiru des fïrrvplej jus faut tours Samct 'IJurtor. __
- Jfr^clfJurflrc dclttl. erjtuip. ^ ‘ {fracl Jicanctep.cmnpruul.Jt-y*
- Fig. 3. — Vue du Jardin royal des Piaules médicinales, vers 1050.
- lèlement ; on creusa entre les allées du milieu un grand rivière et destiné à des plantes aquatiques; on créa bassin carré aujourd’hui comblé, alimenté par la des parterres, des quinconces, une école d'arbres
- Fig. 4. — Le Jardin du Roi vers 1690.
- fruitiers, le tout disposé en carrés séparés par des allées transversales plantées d’arbres d’essences dillé-
- renies; ces divers travaux furent terminés en 1784. De nouveaux terrains eu contre-bas acquis du côté
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- LA NAT LUE.
- du Nord, reçurent les couches à semis. Lu passage souterrain, traversant l’allée des marronniers, les réunit au jardin botanique, et, sur remplacement qu'elles occupaient, depuis 1774, s'éleva bientôt la « serre Buffon ».
- Mais pendant ce temps les collections s’augmentaient sans cesse et se trouvaient trop à l'étroit. L’amphithéâtre, situé au fond d'une cour, était incommode et insuffisant. L’acquisition en 1787 de l’Hôtel de Magnv (anciennement hôtel de Vauvray) qui possédait cours et jardins, situé du côté des couches, permit de construire le vaste amphithéâtre qui existe encore aujourd’hui.
- Les bâtiments de cet hôtel lurent affectés au logement de Daubenton et de Laeépède et le second étage du cabinet qu’ils abandonnaient alors reçut des collections. Un bâtiment neuf fut commencé pour leur permettre de développer encore ces collections, mais Bufï'on mourut le 16 avril 1788 avant qu’il fût achevé, et sans avoir pu réaliser tous les projets qu’il avait formés pour terminer son œuvre ; mais il avait assisté à son propre triomphe et vu sa statue érigée à l’entrée du cabinet fondé par lui.
- Ce fut Thon in qui traça et ht exécuter le plan du nouveau jardin. La Bièvre, détournée de son cours, avait été conduite directement à la Seine. X...
- CHRONIQUE
- L’étoile i Pégase. — M. lleber D. Curtis a donné, dans un des derniers Bulletins de l’Observatoire Lick, le résultat d’une minutieuse étude de l’étoile binaire spectroscopique t Pégase. On appelle (( binaires spectroscopiques »
- Jours
- Variation «le la vitesse «les composantes «le « l'égasi! ' » dans le sens du rayon visuel.
- îles étoiles qui, paraissant simples dans les lunettes et télescopes, quel que soit le grossissement employé, sont doubles en réalité, le caractère de duplicité étant révélé par l’analyse spectrale de leur lumière. Chaque composante donne un spectre bien défini et le spectre d’une binaire spectroscopique se compose en réalité de deux spectres superposés. Les composantes d’un même couple, tournant autour de leur centre de gravité commun, tan-
- tôt s’approchent de la Terre, tantôt s’éloignent. D’après le principe bien connu de Doppler-Fizeau, les raies du spectre de l’étoile qui s’approche sont déviées vers le violet ; celles du spectre de l’étoile qui s’éloigne vers le rouge. Les deux spectres glissent en quelque sorte l’un sur l’autre, et certaines raies se dédoublent. De ce déplacement des raies, on déduit la vitesse vraie des sources dans le sens du rayon visuel et comme ce déplacement est périodique, on a la durée de révolution des deux corps, (l’est M. (lampbell, de l’Observatoire Lick, qui a reconnu en 1899, dans t Pégase, une binaire spectroscopique. L’orbite a été déterminée par M. lleber D. (lur-tis d’après les mesures faites par lui de 45 clichés photographiques. Le système des deux étoiles s’approche du Soleil avec une vitesse de 4km,12 par seconde. La période est de 10JOUTS,21312 et l’excentricité de l’orbite 0,0085. Celle-ci est donc presque un cercle. Le grand axe de l’orbite est supérieur à 7 millions de kilomètres. La grande précision de la période provient de ce que sa détermination repose sur 219 révolutions observées. La figure ci-jointe montre la courbe des variations de vitesse pour une révolution complète du système. Les petits cercles correspondent aux points déterminés directement d’après les clichés photographiques. La vitesse varie de + 4okm,7 à — 52km,l par seconde. La ligne pointillée représente la vitesse du centre de gravité du système. Le L)r R. G. Aitken a examiné t Pégase en 1901 avec la grande lunette de 0m,91 de l’Observatoire Lick, mais.il n’a pas trouvé aucun caractère de duplicité à cette étoile.
- Télégraphie sans filauBaïkal. * L’installation de la télégraphie sans fil à travers le lac de Baïkal est aujourd’hui terminée et le service sera définitivement établi en juillet. L’installation se compose de trois stations, dont l’une sur le bateau brise-glace porte-trains, ce qui permettra au navire de rester constamment en communication avec les deux rives, pendant la traversée du lac.
- Cordes fabriquées par les indigènes d’Algérie. — Notre collaborateur, M. Jacquot, nous a envoyé cinq échantillons de cordes fabriquées par les indigènes d’Algérie avec les différentes matières premières dont ils disposent. Le n° 1 est une corde à 5 brins, en poil de chèvre. Cette corde est d’une résistance remarquable, aussi soui>lc que nos cordes en chanvre et moins lourde ; elle sert à paqueter les charges des animaux de bat. Le n° 2 est en poil de chameau : il s’en fait de toutes les dimensions, depuis la grosseur d’une simple ficelle jusqu’au diamètre d’une corde. En outre de son utilité dans les chargements cette corde est employée par les Arabes nomades pour garnir leur coiffure. Ce n’est pas seulement un objet de toilette, comme on le croit généralement : l’usage en est né de la nécessité où se trouvent les Arabes de puiser l’eau dont ils ont besoin dans des puits souvent très profonds. Ils déroulent alors leur « reïta » et y attachent un récipient quelconque pour le descendre jus-qu’à la nappe liquide. La reïta est également utile pour protéger la tête contre les coups de matraque et pour la préserver des coups de soleil. L’échantillon n° 5 est en fibres de palmier, matière qui se trouve le long des troncs de dattiers. L’échantillon que, nous avons reçu a été prélevé sur une corde qui a servi à fixer les cantines durant une excursion de plusieurs semaines dans le Sahara algérien ; cette corde s’est parfaitement comportée ; les fibres, pourtant, sont sujettes à se couper plus facilement que le poil et craindraient davantage l’humidité. L’échantillon n° 4 est une cordelette, assez médiocre d’ailleurs, faite avec la côte de la branche qui porte lés fruits savou-
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- ceux du palmier-dattier. Les dattes sont fixées une à une sur un pédoncule adhérent à une tige llexihle : la réunion de plusieurs de ces tiges sortant du même pied constitue le régime. Ce lien ne peut être utilisé que pour ficeler des paquets ne devant pas être soumis à un effort considérable. Enfin, l’échantillon n° 5 est en alfa : c’est la corde des Hauts-Plateaux par excellence. L’alfa est une bonne matière textile, qui serait préférable à la libre de palmier; mais elle ne vaut pas, comme résistance, le poil de chameau ni surtout le poil de chèvre.
- Les œufs conservés. — 11 a été fait récemment en Angleterre une expérience qui mérite d’être signalée, car elle met en lumière les résultats qu’on obtient en plaçant les œufs frais à l’abri de l’air d’une manière absolue. Au mois de juin dernier, un correspondant du journal anglais « Lancet » immergeait douze œufs frais dans une solution de silicate de potasse à 10 pour 100. Le 5 septembre, quatre de ces œufs, préalablement marqués, furent mêlés à d’autres, frais pondus, et donnés à couver à une poule. En trois semaines, ces derniers éclorent, mais les œufs conservés ne se modifièrent pas. L’un d’eux, bouilli, fut trouvé absolument frais. Les trois autres furent brisés, ce qui permit de constater que les jaunes et les blancs y étaient séparés : ceux-ci furent fouettés en neige et prirent une forte consistance, ce qui, pour l’expérimentateur, est une preuve indéniable de leur fraîcheur. Voilà donc des œufs qui, malgré leur incubation de trois semaines, sont restés absolument indifférents, parce que leur coquille imperméabilisée les isolait de tous les agents extérieurs. Il faut maintenant faire l’opération inverse, et voir si, en couvant un œuf conservé, dont la coquille aurait été rendue de nouveau perméable, on arriverait à faire éclore le poussin.
- La résistance de l’air sur les volants de machines. — M. Scholter, de Nuremberg, vient de se livrer à des expériences suivies pour essayer de déterminer la résistance que les volants de machines trouvent, par suite du déplacement de leurs bras, dans l’atmosphère environnante. Un a fait porter les essais sur des moteurs dotés de volants dont les bras étaient formés d’un profilé en double T, le moteur travaillant du reste à vide, et étant commandé par une dynamo. Quand le volant demeurait dans son état normal, sa rotation effectuée, à raison de 95 révolutions, exigeait 15 500 watts ; quand on eut recouvert les deux faces du volant avec une toile unie formée de feuilles de tôles, la rotation n'exigea plus que 9874 watts.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Stance du 27 juin 1904. — Présidence de M. Mascaiit.
- Procédé d’observation des rayons N. — M. le Secrétaire perpétuel Darboux dépose une Note de M. Blondlot décrivant un perfectionnement au procédé photographique d'enregistrement des variations d’éclat d’une petite étincelle sous l’action des rayons N.
- L’émanation des corps. — M. le Secrétaire perpétuel résume ensuite une seconde Note de M. Blondlot, contenant de nouvelles indications sur les propriétés de l’émanation. Un aimant, placé de façon que scs lignes de force aient une certaine incidence par rapport au flux, agit sur lui. M. Blondlot observe ensuite que tous les phénomènes observés sur l’émanation s’expliquent si l’on admet que l’émission comporte trois éléments, des éléments non
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- électrisés, des éléments électrisés positivement et des éléments électrisés négativement. Un bâton de verre ou de résine frotté agit sur l’une des colonnes émises et repousse l’autre. La colonne non déviée n’éprouve aucune action du fait d’un champ magnétique. Enfin les courants d’air dévient l’émission.
- Transmission de l’heure. — M. Bigourdan observe que la synchronisation d’un ensemble d’horloges avec une horloge centrale, exige que l’on puisse disposer d’un réseau de fils télégraphiques. 11 décrit un procédé, qui permet de comparer les horloges à la pendule centrale, fondé sur l’emploi de la télégraphie sans fil. Les battements sont transmis dans les postes sans perdre d’intensité et la comparaison ne comporte qu’une erreur de 0“,02.
- Distillation des alliages. — M. Moissan présente, en collaboration avec M. O’Fafelley, de nouvelles recherches sur la distillation d’un mélange de deux métaux. En distillant, on peut les séparer, comme on sépare l’alcool du vin. Tel est le cas du zinc et du cuivre, du zinc et du cadmium. Mais l’étain, bien qu’il fonde à la température de 226°, ne peut distiller qu’à une température beaucoup plus élevée que la température de distillation du cuivre, 2200°. MM. Moissan et O’Farelley ont reconnu qu’il existe trois types de distillation correspondant au mélange de deux liquides. Le cuivre, associé au plomb, se comporte comme un mélange d’eau et d’éther ; au contraire, l’étain uni au plomb se comporte comme une dissolution d’eau et d’alcool ; quant au cuivre et à l’étain, ils correspondent à la dissolution d’eau et d’acide formique, et il existe pour eux une température constante, bien que très élevée, à laquelle les deux corps passent à l’état de vapeur.
- Description du serpent de mer. — M. Giard communique une Note rédigée par M. le lieutenant de vaisseau, L’Eost, donnant la description d’un animal marin aperçu au cours d’une navigation dans la baie d’Along. Cet animal paraît être le serpent de mer ; sa description se rapporte à celle d’un animal déjà aperçu dans les mêmes parages, en 1895 et 1898, par des officiers de la marine de guerre; l’un deux, M. Buisson, put, même en 1898, ainsi que le rappelle M. Perrier, tirer une photographie. L’être étrange qui a été rencontré est de forme très allongée, il n’a pas de nageoires et fait jaillir un jet d’eau vaporisé. La tète et le cou ont été vus.
- Élections. — Il est procédé à l’élection d’un membre de la section d’économie rurale, en remplacement de M. Duclaux, décédé; M.Maquenneestélu. M. Waldeyer, de Berlin, est ensuite élu correspondant de la section d’anatomie et zoologie, eu remplacement de M. Alexandre Agassiz.
- Dispersion d’une bourrasque par des fusées. — M. le I)1 Vidai donne lecture d’une Note relatant des faits dont l’exactitude a pu être certifiée par les officiers et les militaires du 22e régiment d’infanterie coloniale. Le 2 avril, à 8h50m du matin, une violente bourrasque de neige venant de l’est est tombée sur le territoire d’ilyères. Les flocons étaient serrés et souvent larges comme une pièce de cinq francs. M. le Dr Vidal tira quatre pétards paragrcles. L’effet a été pour ainsi dire instantané, la neige a cessé de tomber dans un cercle de 000 mètres de diamètre, alors que, pendant plus d’un quart d’heure, elle continuait à tomber en dehors du cercle. Ch. iif, Vii.i.KOF.nt..
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- LA NATURE.
- LÀ TEMPÊTE DU 10-11 SEPTEMBRE 1903
- NOUVEAUX DOCUMENTS
- Lus habitants du littoral de la Manche n'ont pas oublié la tempête de courte durée, mais d’une violence exceptionnelle, qui a sévi dans le Pas de Calais dans la nuit du 10 au 11 septembre dernier. Cette tempête a naturellement attiré l’attention des météorologistes et des ingénieurs, car elle a détruit des constructions en plusieurs points du littoral normand. Aussi, croyons-nous intéressant de donner quelques renseignements sommaires sur ce véritable cyclone qui a été la cause de nombreux dégâts, tant maritimes que terrestres, .d’après les documents récents que viennent de publier MM. les Ingénieurs
- des ponts et chaussées Voisin et Vasseur. Rarement, même en septembre ou novembre, époque des grands vents, les constructions à la mer n’eurent à supporter de pareils assauts.
- Cette tempête a été produite par le passage d’une dépression très profonde sur le sud de l’Angleterre et la Hollande, dépression qui a été telle à Boulogne-sur-Mer que le baromètre est tombé de 765mui à 7o8mm en 17 heures, ce qui représente une chute de pression de lmm,6 par heure. Cette chute a même atteint à un certain moment 2,5mm.
- Le vent qui, à 8h du soir, dans la nuit du 10 au 11, souillait grand frais, se transforma en véritable ouragan entre 1 heure et 4 heures du matin ; puis, sa force diminua graduellement pour redevenir grand frais vers 2 heures de l’après-midi, le 11. La
- La jetée de Boulogne-sur-Mer après la tempête.
- plus grande force de l’ouragan n’a donc duré que trois heures ; mais cela a suffi pour couper la jetée Sud-Ouest, en charpente, du port de Boulogne, sur une longueur de 150 mètres, en trois zones séparées par des îlots de charpente restés debout, quoique fortement avariés. La figure ci-dessus représente l’état de cette jetée après la tempête.
- Le musoir de la jetée a été très endommagé et plusieurs fermes en charpente ont été enlevées. La tourelle des feux de marée a été, en partie, détruite et les deux gardiens de phare qui s’y trouvaient ont du, pour ne pas être enlevés par les lames, chercher un abri en escaladant un pylône d’éclairage électrique où ils sont restés deux heures, exposés aux rafales et aux embruns, avant de pouvoir revenir sur la terre ferme.
- Par contre la digue Carnot qui abrite la rade de Boulogne, sauf quelques blocs des talus du large qui se sont affaissés et quelques parties de parapet arra-
- chées, n’a subi que des avaries relativement peu importantes. En face, sur la côte anglaise, la tempête n’a pas été moins violente, et les travaux, actuellement en cours du nouveau port de Douvres ont subi de nombreux dégâts.
- Quoique le maximum d’intensité de la tempête se soit produit à Boulogne, le littoral normand a subi également de nombreux dégâts. A Dieppe le plan incliné en maçonnerie du brise-lame Ouest a été, en partie, démoli et l’estacade du Casino enlevée. A Puys, une estacade en charpente a été également démolie. Au Havre, tout le quartier Notre-Dame et St-Françoisa été inondé et un grand voilier qui était sur lest a chaviré dans le bassin de la Barre.
- Cette tempête n'est comparable qu’à celle qui traversa le Pas de Calais le 12 mars 1876. R. Bonnin.
- Le Gérant : P. Masson.
- I’aris. — Imprimerie Lauuhe, rue ife Fletlrus, 9.
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- V 1624. — 0 JUILLET 1904.
- LA NATURE.
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- IA LOCOMOTIVE À YAPEUR LV PLUS RAPIDE DU MONDE
- Nombreuses sont les branches de l’activité humaine dans lesquelles l’art de l'ingénieur a réalisé, pendant ees dernières années, des progrès incessants, mais c’est surtout dans le domaine de la mécanique appliquée à la traction des chemins de fer que ces progrès sont frappants. Mettant de plus en plus la science pure au service de la technique, l’ingénieur moderne des chemins de fer nous a dotés de locomotives qui sont de véritables merveilles, tant sous le rapport de la vitesse que sous celui de la sécurité. Vitesse et sécurité : ces deux mots ne s’accordent généralement pas en mécanique, mais c’est cependant le cas lorsqu’il s’agit de chemins de fer. En effet, plus la vitesse d’un train est grande,
- moins il court de risques de dérailler si la voie est en ligne à peu près droite; ce ne sont que les courbes de petit rayon qui sont à craindre. C’est ce qui a permis à certains constructeurs de mener à bien les essais auxquels on a pu assister il y a quelques mois, en Allemagne, où l’on a fait circuler sur des voies réservées aux transports militaires, et dont le profil est assez uniforme, des trains lancés aux allures fantastiques de 1200 à 210 kilomètres à l’heure. 11 est vrai qu’il s'agissait de locomotives « électriques » ne remorquant pas de voitures et construites dans un but d’expérience. L’application de ces vitesses est loin d’entrer dans le domaine de la pratique, mais les essais qu’on én a faits ont suffi
- La locomotive à vapeur la plus rapide du monde.
- pour stimuler le zèle des constructeurs qui s'en tiennent à la locomotive à vapeur et ne veulent pas la laisser détrôner par sa rivale.
- Pour affirmer leur intention de ne pas se laisser distancer par leurs concurrents, enclins, à tort ou à raison, à prôner la locomotive électrique, MM. Hens-chel et Sohn, constructeurs à Cassel, viennent de présenter au Gouvernement allemand une locomotive tout à fait remarquable. Cette machine n’est pas capable d’atteindre les vitesses colossales qu’autorisent les tracteurs électriques, mais elle est beaucoup plus résistante et moins coûteuse que ceux-ci; elle a été construite pour la vitesse plus modeste de 150 kilomètres à l’heure, en remorquant un train complet; c’est néanmoins la locomotive à vapeur la plus rapide du monde.
- Avec une charge de 180 tonnes (4 à 5 voitures à 4 essieux) sa force, au crochet de traction, est d’environ 1400 chevaux. Le mécanisme moteur com-
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- porte 5 cylindres, dont celui du milieu reçoit la vapeur fraîche et actionne le premier axe moteur ; les deux autres cylindres se trouvent à l’extérieur du châssis et actionnent le second axe moteur. Indépendamment de ces deux axes moteurs couplés, cette locomotive est pourvue de 4 axes de support situés, deux par deux, à l’avant et à l’arrière. Le tender comporte également 2 paires d’axes. Tous les axes de la locomotive et du tender sont munis de freins à main et à air comprimé, dont la pression de freinage dépasse de 2 atmosphères celle habituellement en usage jusqu’à présent.
- La longueur totale, d’axe en axe, de la locomotive et du tender, est de 20 785mm, celle de la locomotive seule est de 11485“,m. La distance entre les butloirs d’avant de la locomotive et ceux d’arrière du tender est de 24818mm. L’aspect extérieur de la locomotive et du tender est tout à fait remarquable; on les a, en effet, entièrement enfermés
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- LA nature:
- dans une enveloppe de tôle, laquelle se termine en forme de coin à l'avant de la locomotive, afin de réduire la résistance de l’air. On espère, grâce à cette disposition, éviter une dépense supplémentaire d'énergie de 250 à 500 chevaux.
- Le conducteur de la locomotive se tient dans une cahine située à l’avant de celle-ci; c'est de cet endroit que s'effectue la commande générale du train. Un aide-conducteur se tient également dans cette cabine et relaie de temps en temps le chauffeur. Pour les marches en arrière, entre autres dans les gares, le second conducteur commande le frein et le sifflet à vapeur qui se trouvent à l’extrémité arrière du tender. De cet endroit, ainsi que de la chambre du chaulfeur, partent des porte-voix qui aboutissent à la cahine du conducteur.
- Afin de faciliter les déplacements du personnel sur la locomotive, on a ménagé des galeries à droite et à gauche, à l’intérieur de l'enveloppe de tôle. A l’extrémité arrière du tender se trouve la passerelle de raccordement habituelle donnant accès aux voitures du train, de sorte que, en cas de besoin, le conducteur se trouvant à l’avant de la locomotive et le chef-garde qui se tient dans la dernière voiture pourraient communiquer entre eux en circulant d’un bout à l’autre du train, pendant la marche de celui-ci.
- La grille à feu de la locomotive mesure i,2 m2 et peut consommer 1600 kg de charbon par heure. La surface de chauffe de la chaudière est de 257 m2.
- Le tender a des réservoirs à eau, d’une capacité de 20 m3 et peut emporter 7 tonnes de charbon. Le poids, en service, de la locomotive, atteint 700000 kg et celui du tender 57 000 kg. La charge des axes ne dépasse jamais la moyenne admise. Cette locomotive unique a été construite d’après les données de M. Wittfeld, ingénieur du Gouvernement allemand; elle a été mise à l’essai par l’administration des chemins de fer de l’Etat sur les lignes Cassel-Rerlin et Hanovre-Berlin et envoyée aussitôt après à l’exposition de Saint-Louis, où elle figure en ce moment.
- L. Ramakers.
- L’AGRANDISSEMENT APPARENT DES ASTRES.
- A L’HORIZON
- C’est un fait d’observation courante que le soleil ou la lune paraissent bien plus grands lorsqu’ils sont près de l’horizon que lorsqu’ils sont très hauts dans le ciel. De nombreuses explications ont été proposées pour ce fait. Voici celle émise par M. Robert Mayr1. Lorsque nous observons des objets éloignés, nous n’avons pas conscience de la faiblesse de l’angle sous lequel nous les voyons, et nous les croyons bien plus élevés qu’ils ne le sont en réalité. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a tant de désillusions avec la photographie, un paysage dont les lointains sont très accidentés paraissant à peu près plat sur la plaque sensible. C’est que l’objectif nous donne les grandeurs angu-
- 1 « Ai’cbiv fiir die gesammte Physiologie >>. T. CI, 1904, p. 349.
- laires réelles des objets éloignés sans tenir compte de l’exagération psychique de notre œil.
- Si l’on regarde, au contraire, des objets éloignés dans des conditions inaccoutumées, notre jugement est en défaut, la petitesse de l’angle d’observation devient sensible et les objets paraissent beaucoup plus petits. C’est ce qui arrive, par exemple, lorsqu’on examine un paysage avec la tète penchée de côté ou bien en la laissant pendre entre les jambes. Les couleurs deviennent beaucoup plus nettes, mais le paysage parait plat comme un tableau.
- Nous pouvons appliquer ces données au soleil et à la lune. Lorsque nous voyons ces astres à l’horizon, nous les situons instinctivement à une distance donnée, et nous jugeons de leur grandeur comme nous le faisons de celle des objets placés à cette distance, c’est-à-dire en l’exagérant. Mais lorsque-ces astres sont élevés dans le ciel, nous les voyons dans des conditions inaccoutumées, sans points de repère, à une distance indéfinissable. Par suite l’exagération de notre estimation disparait et ces astres nous paraissent plus petits.
- L’angle sous lequel nous voyons le soleil ou la lune est égal à environ lll degré. Le calcul montre que c’est l’angle sous lequel nous voyons une tour de 44 mètres de hauteur éloignée de 5 km. ou de 88 mètres située à 10 km. Ainsi, par comparaison avec des objets terrestres connus, les astres à l’horizon nous paraîtront très grands. D’ailleurs, l’erreur dépend en grande partie de l’état de l’atmosphère. Elle est au maximum lorsque celle-ci est trouble et brumeuse. Elle donne alors à la lune une teinte rougeâtre, tandis que lorsque cet astre a tout son éclat, il diffère trop des objets terrestres accoutumés pour que la comparaison instinctive se fasse; il nous parait alors moins grand. Le même raisonnement s’applique « a fortiori » au soleil. Par un temps brumeux les astres paraissent aussi plus rapprochés, ce qui semble tenir à leur teinte rougeâtre, le rouge exigeant un plus grand effort d’accommodation pour réunir sur la rétine ses radiations peu réfrangibles.
- Il n’est d’ailleurs pas nécessaire qu’il y ait des objets terrestres auxquels nous puissions directement comparer le diamètre apparent du soleil ou de la lune. L’erreur d’appréciation est simplement de même sens (pie pour les objets terrestres situés à l’horizon, mais se produit également en l’absence de points de comparaison, par exemple sur un horizon de mer. 11 est à noter que les constellations subissent le même agrandissement apparent en approchant de l’horizon et que souvent les deux parties inférieures de l’arc-en-ciel paraissent élargies. En somme, nous avons affaire à un phénomène tout à fait général s’appliquant aussi bien aux objets terrestres qu’aux corps célestes : dans tous les cas l’erreur consiste en une estimation exagérée de la grandeur des objets placés à l’horizon. Dr L. Lai.oy.
- CHLOROFORME ET INSOLATION
- Les événements douloureux qui ont marqué la récente « Marche de l’Armée », ces accidents multiples et graves occasionnés par l’insolation, ont vivement ému l’opinion publique et attiré l’attention sur cette affection que les médecins appellent « coup de chaleur ». Elle est déterminée par l’action sur l’organisme de températures élevées ; sa gravité est proportionnelle au plus ou moins de fatigue supportée par le sujet atteint. Dans sa forme simple — le coup de soleil — elle détermine des érv-thèmes-cutanés lè plus souvent localisés ; dans sa forme
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- LA NATURE.
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- grave, elle s'accompagne de collapsus, de syncope et donne, parfois naissance à des accidents cérébraux intenses qui vont jusqu’à entraîner la mort.
- La thérapeutique de l’insolation est restée longtemps obscure : mais, récemment, elle est devenue précise et réellement scientifique à la suite de travaux importants dus à divers physiologistes. Le remède spécifique en est découvert aujourd’hui : c’est le chloroforme, agissant soit par la voie respiratoire, en inhalations amenant la narcose, soit, accessoirement, par la voie digestive (ingestion d’eau chloroformée saturée).
- Ce qu’il est intéressant de connaître, c’est le mécanisme de l’action bienfaisante du chloroforme : la connaissance que la médecine contemporaine en a acquise a permis d’appliquer à coup sûr le précieux hypnotique au traitement d’une affection aussi dangereuse qu’elle est fréquente au cours de la saison estivale.
- Parmi les accidents généraux de l'insolation, le collap-sus est l’un des plus graves et l’un de ceux en présence desquels le praticien se trouve le plus facilement désarmé. On sait maintenant qu’il n’est dù ni à la paralysie momentanée des ganglions cardiaques, ni à la rigidité du muscle cardiaque consécutive à la chaleur, comme on le croyait autrefois, mais uniquement au travail excessif imposé au cœur. La chaleur active les contractions de l’organe dont les ganglions sont très sensibles aux excitations thermiques : d’où l’augmentation du nombre et de l’énergie des battements. Le cœur continuant à battre avec une force accrue pendant un temps plus ou moins prolongé, il survient en lin de compte une véritable paralysie du muscle cardiaque par suite de surmenage. D’autre part, le sang surchauffé irrite les ganglions corticaux : d’où convulsion et, par suite, calorification augmentée et aggravation de l’état morbide du cœur.
- Cette pathogénie est universellement admise par les médecins contemporains. Elle explique que les traitements apportés au collapsus de l’insolation sont de deux ordres. D’une part, le refroidissement du corps, et, de l’autre, la diminution de l’hyperexcitabilité des ganglions cardiaques, avec refroidissement consécutif du corps.
- C’est évidemment à cette dernière cause qu’est due l’action surprenante du chloroforme contre l’insolation. Il abaisse, en effet, l'excitabilité des ganglions cardiaques et s’oppose par suite à l’activité exagérée du cœur en permettant au muscle de se reposer. De plus, en exerçant son influence inhibitoire sur les ganglions corticaux, le chloroforme fait disparaître les convulsions généralisées qui sont une source féconde de chaleur organique. Ensuite, il agit directement sur le refroidissement du corps en diminuant la production de chaleur et en augmentant vraisemblablement la déperdition. Enfin, grâce à la narcose chloroformique, on s’oppose plus efficacement au réchauffement du corps et à son appauvrissement en eau, que provoquent nécessairement les médications anciennement utilisées en pareil cas (saignée, injections hypodermiques, etc.).
- H faut remarquer que, dans le cas de coup de soleil, la narcose chloroformique ne présente pas plus de danger que dans n’importe quel autre cas.
- Les statistiques déjà nombreuses relatives à l’emploi du chloroforme dans le traitement de l’insolation sont toutes très concluantes. Voilà un nouveau procédé énergique de traitement qui entre dans le domaine de la thérapeutique courante. A ce titre, il était intéressant de le signaler. - Fuancjs Marre.
- LE PUITS ARTÉSIEN
- 1)E CARRIÈRES-SOliS-l'OISSÏ
- Les recherches d’eau potable à de grandes profondeurs se sont terminées par tant d’insuccès que la cause des puits artésiens s’en est trouvée quelque peu compromise. Un signale surtout, il est vrai, ceux de ces puits dont l’établissement a été trop laborieux ou bien encore ceux qui n’ont pas donné tous les résultats espérés. La forage du puits delà Butte-aux-Cailles a duré li ans; le puits de Grenelle, après avoir fourni une quantité d’eau considérable, a vu son débit descendre sensiblement. Comme les travaux sont longs et coûteux on hésite à aller chercher à des profondeurs de 500 mètres et plus une nappe d’eau d’un rendement problématique. *
- Cependant la plupart des insuccès pourraient être évités, car les causes en son! connues. En premier lien il convient de s’élever contre le trop faible diamètre des puits très profonds. Il arrive fréquemment, en effet, que dans un but d’économie mal comprise on limite les dimensions de l’ouverture initiale ; l’entrepreneur, étant souvent obligé de réduire rapidement la section, atteint les sables devant donner la nappe artésienne avec un diamètre trop faible. Il en résulte un ensablement rapide ayant pour conséquence d'obstruer le passage à la nappe. C’est également pour le même motif que l’on se trouve parfois dans la nécessité d’abandonner les travaux si l’on atteint trop tôt un tubage ne permettant plus le fonctionnement du trépan. «
- La géologie a également une part de responsabilité dans ces échecs. Elle n’est pas une science exacte, et, malgré les nombreux travaux similaires exécutés dans une région, il lui est impossible de prévoir avec certitude absolue quels seront la profondeur à atteindre, le débit d’une nappe et la qualité de l’eau. Le géologue ne peut donc se baser que sur des approximations et donner des limites assez larges pour l'obtention du résultat cherché.
- On construit actuellement à Carrières-sous-Poissy un puits foré de grande profondeur qui peut être pris comme prototype moderne du captage des eaux artésiennes. Les eaux des puits ordinaires de cette commune ayant été contaminées par celles d’épandage de la ville de Paris la municipalité résolut d'aller chercher dans le sol l’eau potable nécessaire h l’alimentation des habitants.Un premier sondage de 250 millimètres de diamètre, poussé jusqu’à 150 mètres, ne donna aucun résultat. Après quelques hésitations il fut décidé d’atteindre, à la base de la craie, la nappe des sables albiens qui alimente les puits artésiens de Paris. Mais le diamètre de 250 millimètres du premier forage était Irop faible, et l’entrepreneur, M. E. Lippmann, craignant en le continuant de ne pouvoir atteindre la nappe dans des conditions suffisamment favorables, n’hésita pas à recommencer le travail avec un diamètre de 500 millimètres. A cet effet un tube de 610 millimè-
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- 1res lut poussé à travers les sables et l’argile plastique de manière à reposer sur la tète de la craie, vers 40 m. de profondeur. fuis, avant de continuer l’approfondissement, on descendit un autre tube de 510 millimètres
- de quelques mètres dans la craie. Les deux tubages sont rigoureusemeii eentriques, et l’espace annulaire, il a été CQulé du béton afin d’isoler complètement les eaux contaminées. Grâce à ce captage les eaux artésiennes ne pourront être polluées par celles d'épandage et l'on n’aura plus à craindre aucune diminution de débit pouvant provenir de l'absorption par les nappes supérieures. C’est d'ailleurs ce qui a déjà été fait à la Butte-aux-Caillcs.
- Ces travaux préliminaires étant effectués l’gpprofondisse-ment fut continué et actuellement le sondage atteint 480 m.
- Commencé en juin dernier le puits sera terminé d’ici peu.
- Nous sommes donc bien en présence d'un réel progrès, moins sensationnel, il est vrai, que celui de l'établissement du puits de Yincennes qui l ut creusé par les ingénieurs américains pendant l’Exposition de 1900. On se rappelle, en effet, qu’en deux mois de travail la profondeur atteignait 552 mètres à travers 100 mètres de terrains tertiaires et 452 mètres de terrains crétacés. Mais le forage dut être arreté à 595 mètres, à cause de la trop faible section, sans que l’on ait pu obtenir le jaillissement
- cherché. Ce puits avait été creusé d'après le système « à la corde » qui ne permet que les faibles diamètres : commencé à 50 centimètres il fut abandonné à 10 centimètres. C’est donc la condamnation du procédé qui résulte de cet essai.
- Le « sondage à la tige pleine » avec battage à chute libre reste le seul procédé capable de mener à bien la construction de puits artésiens très profonds. 11 est caractérisé par l’emploi du « balancier » qui a pour fonctions de soulever et de laisser tomber le trépan au fond du puits. Le trépan est l’instrument percuteur : c’est une façon d'énorme burin formé d'une lame et d'un fût dont la partie supérieure est susceptible de glisser dans un appareil à déclic, appelé « coulisse », fait de deux joues assemblées par des boulons. La coulisse porte un étrier à bascule dans lequel vient s’engager la tète du trépan. Au moment où se produit le choc du balancier l’étrier bascule et libère le trépan qui tombe de tout son poids d’une hauteur de 40 à 50 centimètres et creuse le puits en émiettant les roches du fond. Le trépan et la coulisse sont solidaires du balancier par une tige mét allique rigide que l'on allonge au fur et à mesure de la profondeur atteinte.
- Le « balancier » est une énorme poutre de bois, une lambourde, capable d’os-ciller horizontalement sur un axe placé aux deux tiers environ de sa longueur. L’extrémité avant, qui termine la partie la
- Fig. 1. — Outils.
- 1,2. Trépans ; 3. Tige; I. Cuiller à clapets ; o. Soupape à boulet; fi. .Manchon de manoeuvre ; 7. Tubage. Mise en plate des rivets ; 8. Kivoir.
- Fig. 2. — Schéma de l’installation.
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- moins longue, supporte la « vis de suspension » qui maintient la tige et par la manœuvre de laquelle on augmente progressivement la longueur de cette dernière. Un « manche de manœuvre » fixé sur la sonde sert à produire un mouvement de rotation qui permet de donner au forage une forme cylindrique facilitant la descente des tubes de revêtement. La seconde partie du balancier est soulevée par un cylindre vertical à vapeur dit « cylindre batteur », qui la laisse ensuite retomber de tout son poids sur un solide buttoir : c’est ainsi que l’on produit le choc qui se transmet au déclic par l’intermédiaire de toute la sonde et provoque la chute du trépan. Le raccrochage a lieu pendant l’ascension du balancier. A Carrières-sous-Poissv la vitesse est de 40 coups à la minute.
- Lorsque, après plusieurs heures de travail,on juge qu'il est nécessaire d'enlever les terres du fond du
- puits on retire le trépan et on le remplace par la « cuiller ». C’est un tube long de 4 à 5 mètres pourvu à sa base d’un clapet qui s’ouvre automatiquement et se ferme sous le poids des résidus qu’il a laissés pénétrer dans la cuiller. Pour extraire les sables on emploie la « soupape à boulet » qui fonctionne comme l’appareil précédent.
- La mise en place des tubes s'effectue généralement à l’aide de vérins, elle est assez délicate, surtout en ce qui concerne leur assemblage. Voici comment on procède. Le premier tube, pourvu d’un manchon, étant maintenu au-dessus du puits, on amène le second tube verticalement de façon que les trous d’assemblage coïncident avec ceux du manchon. Les rivets, dont la tige porte un œillet, sont ensuite attachés à une ficelle et descendus dans le tube jusqu’à ce qu’ils viennent se présenter à la hauteur des trous; puis, à l’aide d’un
- Fig. 1. — Tôles de soude à vis de suspension e( coulisse.
- petit crochet de fil de fer, on amène chaque rivet en lace de chaque trou et, très facilement, ils sont mis en place. A ce moment on descend dans le tube un
- outil appelé « rivoir » formé de deux coins de fonte dont le rapprochement constitue un cylindre massif de diamètre légèrement supérieur à celui du tube.
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- Les rivets se trouvent donc maintenus par le rivoir ; il no*reste plus, après avoir coupé leur tige h 2 ou 7) millimètres en dehors de la tôle, qu’à écraser la partie extérieure pour former une tête.
- En somme rétablissement, d’un puits artésien se présente sous des conditions excellentes quant au forage proprement dit, seules les opérations de descente et de remonte des appareils, s’effectuant au treuil ainsi que celle du tubage, demeurent assez longues et toujours minutieuses. Les accidents sorti rares et le matériel approprié à la recherche des objets tombés dans le trou de sonde permet de ne subir de ce chef que des retards rarement préjudiciables. Les puits artésiens, connus, dit-on, dès la plus haute antiquité, ont rendu d'immenses services dans tous les endroits où il a été possible d’en creuser. A combien d’oasis fertiles n'ont-ils pas donné naissance dans les déserts africains et asiatiques ? Moins en honneur chez nous pour les raisons que nous avons données au début, ils parviendront, grâce au progrès, à s’imposer aux municipalités pour qui la recherche d’eaux potables est un problème insoluble et aux particuliers dont les besoins limités n’exigent que des profondeurs de puits très minimes.
- . Lucien Fournier.
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- EUPHORBE ET EUPHORBIACËES
- Les Euphorbiacées sont des plantes généralement herbacées à tige charnue, à feuilles simples, parfois à peine ébauchées, très rudimentaires ; les Heurs sont unisexuées, le fruit est formé de deux ou trois petites capsules glabres, d’un vert cendré, contenant une ou deux graines à albumen huileux. Les tiges de ces plantes renferment un suc laiteux, acre et souvent caustique. Cette famille renferme un certain nombre de plantes qui croissent spontanément en Europe ou que l’on cultive dans les jardins et dont le plus grand nombre sont de violents poisons.
- VEuphorbia lathyris, qui croît dans l’Europe méridionale et principalement sur les bords des routes dans les terrains légers et boisés, produit une graine connue sous le nom de graine d’Epurge. C’est un purgatif drastique violent, et même un éméto-cathartique.
- Les propriétés de cette plante étaient connues des anciens : Hippocrate, Pline le signalent comme un purgatif violent; Orfila la range parmi les poisons irritants.
- On retire des graines une huile qui, à la dose de 5 à 8 gouttes, serait un purgatif très doux; en 1825, on l’a signalée comme provoquant des vomissements sans fatigue, à la dose de 5 à 5 gouttes.
- La plante appliquée sur la peau produit de la rubéfaction. L’épurge est un violent poison que l’on ne doit employer à l’intérieur qu’en toute connaissance de cause, elle peut provoquer de tels accidents, qu’il est préférable de ne pas y avoir recours. Il faudra ne jamais la porter à la bouche. Il est en effet beaucoup de personnes qui ont la déplorable habitude de cueillir une plante quelconque, et de la sucer, ce qui peut occasionner bien des accidents si l’on prend une plante toxique.
- La famille des Euphorbiacées renferme encore : L’ « Euphorbe à feuilles de cyprès », ou Rhubarbe des paysans, qui est aussi un purgatif.
- VEuphorbia helioscopia ou réveille-matin, qui est la moins toxique des euphorbes, et dont le suc est un
- remède banalement employé contre les vers. Cette plante devrait son nom à ce fait que si on se frotte les yeux après l’avoir touchée, elle provoque des démangeaisons assez vives, qui empêchent de dormir.
- On emploie parfois le réveille-matin comme vésicant. L’Euphorbe des marais, qui renferme beaucoup de suc résineux, est un vésicant des plus actifs. L'Euphorbe des bois possède les propriétés émétiques de l’ipécaeuanha.
- Le Ricin, plante originaire des Indes orientales, et que l’on cultive dans nos jardins. Tout le monde connaît les propriétés purgatives de son huile journellement employée en pharmacie.
- La mercuriale qui croit dans les lieux cultivés et près des habitations. C’est une [liante herbacée, annuelle et un purgatif léger, qui entre dans la préparation du miel de mercuriale. On y trouve aussi deux plantes connues, encore assez employées, mais qui ne sont point des plantes indigènes : la « cascarille (croton Eluteria) » qui croît aux Antilles, et dont la teinture est employée comme tonique; le « Croton taglium » qui croit à Sava, et dont les semences fournissent une huile qui est un purgatif redoutable et un précieux révulsif.
- En résumé, on peut dire que les plantes de cette famille sont presque toutes des purgatifs violents et des révulsifs. À dose parfois très minimes, ce sont des poisons irritants. Cependant il en estcommele « Manihot utilissima » qui fournit une fécule connue sous le nom de tapioca, et qui sert à préparer des potages d’une digestion facile.
- Léon Df.vïreu.
- L’ÉCRAN JAUNE EN PHOTOGRAPHIE
- On sait que, le plus souvent, l’emploi des plaques ortho-chromatiques nécessite l’interposition d’un écran jaune devant l’objectif, afin d’absorber les radiations violettes et bleues, et de laisser aux autres rayons du spectre le temps d’agir sur la surface sensible préparée pour eux. On avait considéré pendant longtemps, et beaucoup de photographes le pensent encore, que les écrans du commerce, en verre coloré dans la masse, étaient tout aussi bons, sinon meilleurs, que ceux qu’on pouvait faire soi-même ; mais M. Monpillard a fait récemment des études très intéressantes qui démontrent une fois de plus le contraire.
- Il a analysé de près, et par des méthodes aussi précises que possible, au moyen du spectro-photomètre, quelles sont les radiations absorbées dans différents écrans, et il a reconnu que ceux en verre coloré dans la masse n’arrêtent souvent que d’une façon insuffisante les rayons bleus, et arrêtent trop les rayons verts. Ainsi un écran, qui est indiqué comme doublant la pose, laisse encore passer 40 pour 100 des rayons bleus, et absorbe 55 pour 100 des rayons verts, qui devraient passer presque intégralement. Dans un écran qui multiplie le temps de pose par 6, il a reconnu que les radiations bleues, vertes et jaunes, sont absorbées à peu près dans la même proportion ; il n’v a donc aucun bénéfice, et on a augmenté la pose inutilement. On s’explique ainsi que les photographes aient eu souvent des insuccès avec les plaques orthochromatiques, qu’on leur avait livrées comme sensibles au vert ; c’est à l’écran qu’il faut s’en prendre et non à la plaque.
- On a depuis déjà longtemps donné des formules pour faire soi-même des écrans en collodion ou en gélatine, mais les colorants indiqués n’ont pas toujours été judicieusement choisis. M. Monpillard a reconnu, par exemple, que l’aurantia, qui a été souvent indiquée, absorbe beaucoup de radiations vertes. Il recommande l’acide picrique
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- chimiquement pur; mais il faut, comme pour tout autre colorant, tel que le jaune naptol, l’auranine, etc., que la dose soit bien calculée : au delà d’une certaine limite, il arrive, en effet, que l’absorption des radiations bleues et violettes, n’augmente plus, tandis qu’au contraire elle augmente pour le vert.
- Par exemple, en employant 0*r,01 d’acide pierique par centimètre carré, on arrête encore 53 pour 100 des radiations vertes; en employant 0*r,00125 pour la même surface, elles passent presque intégralement, le violet est complètement éteint, et le bleu ne passe que pour moitié environ. Un tel écran est tout à fait convenable pour le pavsage. En diminuant encore la proportion de colorant, on pourra faire des écrans qui laisseront passer plus de bleu et de violet, si cela est utile pour certains sujets.
- On pourra se rendre compte facilement de la justesse des observations de M. Monpillard, en photographiant des bouquets de fleurs successivement avec l’écran en verre coloré dans la masse, et avec des écrans pellieulaires colorés, comme nous venons de l'indiquer.
- Sans connaître les travaux dont nous venons de parler, et à la même époque, M. R. Guilleminot, le fabricant de plaques bien connu, se livrait à une étude semblable qui le conduisait à construire industriellement des écrans pellieulaires montés entre deux verres blancs à faces parallèles. La matière colorante chimiquement pure, et très solide à la lumière, est dissoute en quantité rigoureusement dosée dans une solution de gélatine ou de collodion, ce qui constitue une véritable liqueur titrée dont on prend une quantité exactement mesurée pour l’étendre sur une plaque de surface déterminée. Il est donc facile de régler rigoureusement la teinte de l’écran et de toujours la retrouver. M. Guilleminot s’est arrêté à quatre types différents numérotés 1, 2, 3, 4, dans l’ordre de. l’intensité croissante et qui répondent à tous les besoins de la pratique courante. Les coefficients 2, 5, 4, 6, donnés respectivement à chacun de ces écrans, indiquent le rapport entre la pose normale sans écran et la pose avec l’écran employé.
- Avec les deux premiers numéros, on pourra encore très facilement faire des instantanés, puisqu’il suffira de doubler, ou de tripler la pose, ce qui donnera encore, dans bien des cas, une petite fraction de seconde.
- L’écran n° 1 ou 2 sera indiqué pour les verdures, suivant qu’elles seront sombres ou claires; le n° 2 pour les instantanés sans soleil au bord de la mer et le n° 5 pour les instantanés avec soleil ; le n° 2 donnera encore très bien les instantanés avec feuillage; on obtiendra les lointains avec les n05 2 ou 5, et avec ce dernier, le plus souvent, les glaciers et les effets de neige. Rarement on emploiera le n° 4, sauf peut-être pour les glaciers avec des lointains et du soleil ; il a surtout été fait pour la sélection des couleurs dans la photochromie.
- En général on craint trop de manquer de pose avec les écrans; il ne faut pas oublier que les plaques avec lesquelles on les emploie ont précisément leur maximum de sensibilité pour les rayons qu’ils laissent passer. Ce serait un non-sens que d’employer l’écran jaune avec des plaques ordinaires, sensibles surtout aux radiations violettes et bleues; dans ce cas on aurait toujours, quoi qu’on fasse, une pose trop courte, puisque l’écran a pour mission d’arrêter plus ou moins complètement les radiations auxquelles ces plaques sont à peu près exclusivement sensibles.
- On ne saurait trop recommander aux amateurs, qui font du paysage surtout, l’emploi des plaques orthochromatiques avec l’écran jaune ; ils trouveront là une des principales causes du succès. G. Maueschal.
- LES GLYCINES AU JAPON
- La glycine est une des plantes favorites des Japonais, grands admirateurs de la nature et surtout des fleurs qui désignent ou annoncent les saisons. Au Japon le « Tsuji », nom local de cette plante, lieu ri I en meme temps que ces grandes pivoines simples aux pétales de soie si délicats, dont la dernière exposition d’horticulture de Paris nous a montré quelques types d’importation directe. Rien que son nom botanique, « Wistaria sinensis », lui donne une origine chinoise, la glycine est tout autant une plante japonaise, car on la trouve bien souvent à l’état sauvage et spontané dans les forêts d’arbres au feuillage caduc qui couvrent les montagnes. Dans son excellent traité « Industries of Japan », J. J. Ueik constate qu’un poète du nom de Missmé a chanté la beauté du « Tsuji » il y a plus de mille ans.
- La glycine acquiert dans ce pays des proportions véritablement considérables, m’écrit de Yokohama mon ami M. Théo Eckardt; un sujet âgé des environs de Tokio, mort il y a quelques années, mesurait 2m,45 de circonférence de tronc, et les branches, qui se ramifiaient en tous sens et prenaient de multiples directions, étaient étalées sur une charpente et couvraient une vaste cour. Au moment de la floraison l’effet en était féerique et ce spectacle de la nature attirait des milliers d’admirateurs chaque année. Le culte des « Tsuji » a été popularisé comme celui des belles plantes dans les jardins des temples dont un des plus fameux est bien celui de Kameido près de Tokio; mais dans les jardins publics et d’amateurs on retrouve la disposition gracieuse des glvcihes en toits fleurissant au bord de l’eau.
- Les Japonais ont, en effet, reconnu la beauté des sujets de grandes dimensions et ont généralement adopté, pour permettre à cette favorite de s'étaler, des sortes de charpentes construites avec de longues perches horizontales formant comme de vastes berceaux, des tonnelles ou des pergolas (fig. 2), ces dernières analogues à celles que recouvrent les rosiers thé dans les jardins italiens. C’est surtout au bord des nappes d’eau que ces installations sont faites afin qu’au moment de la floraison ces longues grappes se reflètent comme dans un miroir. C’est, là un tableau vraiment ravissant et gracieux avec cette tendre coloration. Comme la terre est généralement très noire le pouvoir réflecteur de l’eau s’en trouve augmenté et cette vision est souvent aussi belle que les fleurs elles-mêmes.
- Les variétés de glycines les plus estimées au Japon sont bien différentes de celles qui se cultivent en Europe. Les Japonais préfèrent les glycines à inflorescences longues et gracieuses dans les groupes des « nndtijuga » et des « hoda ». Les grappes de ces dernières mesurent sur les sujets en pleine terre et bien soignés de 0m,60 à 1 mètre-de longueur, dimensions auxquelles nous ne sommes pas habitués, et sont garnies de nombreuses fleurs bleues, blanches et
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- blanc nuancé de rose.
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- Il nous faut également signaler une variété h lleurs doubles (fig. 1) que l’on ne rencontre guère dans les jardins européens, mais qui est très estimée des Japonais. Les lleurs de ces longues grappes ont la tonalité et la forme des violettes de Parme, au point que, vues isolément, elles peuvent facilement donner le change. La floraison de cette variété est moins éphémère, car chacune des fleurs possède une plus longue durée, ce qui est d'ailleurs le*cas de la majorité des lleurs doubles, à quelque genre qu'elles appar-liennent. Si l'on ajoute quelques gouttes d’alcool à l’eau, ces lleurs tiennent fort bien dans les arrangements de lleurs coupées. Mais, la beauté spéciale de ces exemplaires volumineux n’a cependant pas
- dispensé les Japonais de traiter cette plante dans une forme qui leur est chère. En effet, dans les mains habiles et patientes des petits « Jap » les glycines ont été soumises à la culture en vase et devenus de jolis, mais maniérés arbres nains. Ceux-ci sont alors placés dans les habitations devant un « scrcen » ou dans une niche de couleur blanche ou claire et font de l'ensemble .une scène miniature. 11 faut dire que sous cette* forme la glycine ne paraît pas aussi chétive et n’a pas cet aspect de petit vieux qui est la caractéristique de ces arbres nains de valeur. Elle est même extrêmement décorative à tel point que maints horticulteurs parisiens en préparent maintenant des sujets qu’à l’aide
- du forçage, après l'éthérisation préalable, ils lont épanouir d’une façon parfaite de décembre à mars et qui, l’hiver dernier, furent très recherchés des grands fleuristes. Le spécimen (fig. 1), photographié dans une récente exposition horticole à Yokohama, donne d'ailleurs une idée exacte de leur caractère décoratif bien que les grappes ne soient pas dans la plénitude de leur développement et que les fleurs commencent seulement à s’épanouir.
- Ces sujets nains sont également très appréciés en Amérique où on les importe du Japon en très grande quantité. On les soumet ainsi au forçage afin de les faire fleurir pour Noël ou pour Pâques.
- La culture des glycines est fort simple en Europe comme au Japon. Elles poussent vigoureusement plantées dans une bonne terre forte dans un endroit
- chaud du jardin. Les rameaux, dirigés sur des fils de fer, dissimulent les jours ou les poutres et forment de jolis cordons tleuris. Ils entourent également de grosses perches ou des colonnades dont l’effet est splendide au premier pi*intemps. Mais il faut éviter de les planter auprès d'un arbre, car leurs rameaux enserrent tellement le tronc qu’ils provoquent la mort de cet arbre.
- La taille d’hiver est fort simple, puisqu’elle consiste à enlever les branches mortes sur les vieux sujets et à raccourcir les rameaux de l’année précédente. Lorsque la floraison est terminée, les nouvelles pousses se développent. Les sujets en vase qui auraient fleuri à l’intérieur doivent alors être sortis et exposés au soleil. Si on laissait les bourgeons s’allonger ils prendraient un accroissement considé-
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- Yig, 2. — Arrangement d’une glycine sur une pergola dans les jardins du temple de Kameido à Tokio.
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- rable.On les arrête donc en les pinçant lorsqu’ils ont de 15 à 20 centimètres de longueur. En répétant ce pincement une fois ou deux, de nouveaux boutons à fleurs se forment et la plante donne une seconde floraison au cours de l’été. D’ailleurs, les rameaux trop longs sont encore rabattus au cours de l’été pour favoriser la floraison printanière.
- Pour les glycines cultivées en pots et destinées au forçage, on arrête la végétation vers la fin de l’été tout en les plaçant en plein soleil et on les prépare ainsi au repos. De cette façon, les glycines mises en végétation en novembre fleuriront pour le jour de l’an. Les plantes fleuries se tiennent bien dans l’appartement pendant deux à trois semaines si on les dispose dans une chambre pas trop chaude.
- Les Japonaises affectionnent les glycines pour leurs arrangements floraux; comme ces fleurs se fanent vite, elles conservent plusieurs jours les grappes coupées, en ajoutant à l’eau un peu de copal dissous dans l’alcool. Ce produit a la propriété de neutraliser les effets du bacillus amylobacter, le grand destructeur des tissus végétaux, et de faciliter l’absorption de l’eau qui conserve la fraîcheur des rameaux, des feuilles et des inflorescences. Albert Malmené.
- IA SÉCHERESSE DE L’AIR
- Les mers et les rivières, les plantes, même le sol et les animaux, évaporent de l’eau (pii se répand dans l’atmosphère à l’état de vapeur ordinairement transparente et invisible. C’est la condensation de cette vapeur qui, suivant les circonstances, produit les brouillards et les nuages, la rosée et la pluie, le givre, la neige et la grêle. John Murray a calculé, d’après les cartes d’Elias Loomis, le météorologiste américain, que les hydrométéores qui tombent sur toute la Terre dans le cours d’une année fourniraient un volume d’eau d’environ 112 000 kilomètres cubes. Cela fait un poids de 112 milliards de tonnes.
- La prodigieuse quantité de vapeur d’eau que cette masse liquide représente est toujours disséminée irrégulièrement dans l’air atmosphérique ; mais, en somme, on en trouve de moins en moins à mesure qu’on s’élève, et l’on peut dire qu’il n’y en a presque plus à 10 000 mètres d’altitude. Près du sol, la vapeur d’eau est aussi très rare dans les régions désertiques; sur les mers, ainsi que dans les pays habités ou fertiles qui- ont de nombreuses sources d’évaporation, elle devient d’autant plus abondante (pie la latitude est plus faible. Il y en a beaucoup plus dans les pays chauds que dans la zone tempérée, et surtout que dans les contrées polaires. Cela tient à ce que la quantité de vapeur d’eau qui peut rester en suspension dans l’air est d’autant plus grande que la température de cet air est plus élevée. Ainsi à 25° un mètre cube d’air est capable de dissoudre 25 gr de vapeur d’eau; il n’en dissout que 15 gr à 15°, 5 gr JrOVet ^ gr seulement à— 20°. Bien plus, quand
- une masse d’air saturé de vapeur d’eau se refroidit, elle renferme un excès de vapeur qui se condense et retourne à l’état liquide. C’est ainsi que la pluie se forme dans l’atmosphère ; et si la couche d’air saturé se refroidit par exemple de 25° à 15°, sur un kilomètre de longueur, 1 kilomètre de largeur et 100 mètres d’épaisseur, la condensation de la vapeur d’eau, «pii se fera à raison de 10 gr par mètre cube, versera sur le sol 1 million de kilogrammes d'eau.
- Puisqu’un volume d’air peut, selon sa température, être saturé d’humidité par une quantité quelconque de vapeur d’eau, il est évident qu’il faut tenir compte de la température de cet air pour apprécier s’il est loin ou près de la saturation, pour connaître son degré d’humidité, son « état hygrométrique ». On y arrive en déterminant sa « fraction de saturation », que l’on exprime en centièmes, depuis 0 jusqu’à 100, la graduation 0 indiquant la sécheresse extrême, et la division 100 la saturation complète. Cette fraction de saturation n’est d’ailleurs autre chose que le rapport de la quantité de vapeur d’eau contenue dans le volume d’air, à la quantité que cet air devrait en contenir pour être saturé; et c’est pour cela qu’on l’appelle ordinairement « humidité relative ». Ainsi quand l’air est à la température de 15° et qu’il contient 6 grammes et demi de vapeur d’eau par mètre cube, la fraction de saturation sera 0,5 : 15 ou 0,50, ou 50 centièmes, ou simplement 50, comme l’on dit couramment en sous-entendant le mot « centièmes » : l’air considéré est par conséquent à moitié saturé. Depuis longtemps déjà on construit des hygromètres qui donnent, par une simple lecture, la valeur de l’humidité relative pour l’air dans lequel on les place.
- L’humidité relative de l’air joue un rôle considérable en météorologie, un rôle beaucoup plus important que celui de l’humidité absolue. On s’en fait une idée en songeant que ce sont les variations de l’humidité relative qui créent ou dissipent les nuages, qui donnent le beau temps ou qui versent la pluie, qui font régner le calme ou la tempête. Son action s’exerce sur toute la nature, non seulement sur les végétaux, mais encore sur les animaux et même sur les minéraux.
- Si l’humidité relative augmente quand l’air se refroidit, elle diminue au contraire quand l’air se réchauffe, et alors cet air peut devenir très sec quand un surcroît de vapeur d’eau ne vient pas faire compensation. En supposant que l’air contienne 6,5 gr de vapeur par mètre cube, avec une température de 15°, et qu’il s’échauffe ensuite jusqu’à 50° (température à laquelle il peut contenir 50 gr de vapeur), son humidité relative s’abaissera de 50 à 22. Bien des causes font varier l’humidité dans l’atmosphère, mais elle varie souvent de cette façon. C’est ainsi que dans la matinée du 12 avril 1904, à Clermont-Ferrand, la quantité de vapeur d’eau renfermée dans un mètre cube d’air se maintenant entre 5 et 6 gr, l’hygromètre a baissé de 91 à 25 par suite d’un réchauffement qui a fait monter le thermomètre de
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- 5°,0 à 24°,0. L’éehauffement de l'air ayant une telle intluence sur l’humidité relative, on pourrait en conclure, « a priori » :
- 1° L’existence d’une variation diurne, avec un maximum au lever du soleil, vers le moment du minimum de température, et un minimum dans la soirée quand la chaleur atteint son maximum. C’est ce qui existe, en effet, pour notre pays et pour beaucoup d’autres, au moins dans les couches inférieures de Pair.
- 2° L'existence d’une variation annuelle, avec un maximum en hiver et un minimum en été. C’est encore vrai, en général, avec quelques exceptions, comme par exemple pour la Sibérie où l’hiver est souvent tort beau, par des froids extrêmement rigoureux.
- En France, où l’humidité relative approche presque chaque matin de la saturation, ce sont surtout les minima (c'est-à-dire la sécheresse de l’air) qui présentent de l’intérêt, à cause de leurs irrégularités en date et en intensité.
- Le minimum diurne, souvent atténué ou masqué par des perturbations atmosphériques plus ou moins locales, est fort accentué pendant les journées de beau temps. Il se produit alors presque toujours entre midi et trois heures du soir, comme le maximum de température avec lequel il coïncide habituellement.
- Le minimum principal de l’été est partout bien accusé, surtout dans les pays méridionaux. Mais, presque partout aussi, il se manifeste au printemps un autre minimum qui dépasse fréquemment en importance celui de l’été. C’est qu’au printemps la quantité de vapeur est faible, et que la radiation solaire, plus active par cela même près de la surface terrestre, provoque avec plus de rapidité la hausse de la température. On comprend que ces circonstances, qui favorisent exceptionnellement la dessiccation de l’air, puissent la pousser plus loin que des chaleurs prolongées.
- Quand on considère des couches atmosphériques plus éloignées du sol, dans lesquelles l’amplitude des variations de température est amoindrie, où l'influence directe de l’évaporation cède ordinairement le pas à celle des courants aériens qui condensent ou raréfient énergiquement la vapeur d’eau, la saturation et la sécheresse de l'air alternent fréquemment, à des moments quelconques. En outre, le minimum annuel de l’humidité relative s’accentue beaucoup, et se présente à des époques d autant plus variables que l’altitude est plus grande.
- Dans la région de Paris, à 50 mètres d’altitude, il s’est, toujours produit au printemps, pour une série de 25 années; tandis qu’au sommet du Pic du Midi (2859 m.) on l’a constaté en toute saison dans un intervalle de 14 ans. A Toulouse (194 m.) cest presque toujours en été que la sécheresse de l’air atteint son maximum, mais quelquefois aussi c’est, au printemps. A Clermont-Ferrand (558 m.) sur 25 années d’observations, 21 l’ont donné au printemps. Au sommet de la Tour Eiffel (558 m.), pour
- une période de 11 ans, il s’est manifesté 7 fois en mars-avril. A la cime du Puy de Dôme (1467 m.), en 22 ans il est survenu 21 fois pendant la saison froide, entre le 20 septembre et le 1er mars.
- La figure ci-contre représente d’ailleurs les minima annuels de l’humidité relative (échelle deOà 50)qui ont été observés dans ces six stations météorologiques, ainsi que leur répartition au cours des différents mois de l’année. Ces minima annuels ont pour valeurs moyennes : 21 à Toulouse, 18 à Paris (Parc Saint-Maur), 16 à la Tour Eiffel, 16 à Clermont-Ferrand,
- 11 à la cime du Puy de Dôme, et 5 au sommet du Pic du Midi.
- En général, au sommet du Puy de Dôme, l’extrême sécheresse se produit sous une forte pression atmosphérique (770 m. en moyenne), par des vents assez forts compris entre le N.-N.-W. et le N.-E. Elle se manifeste presque toujours dans la matinée, au moment du minimum de température dans la plaine, c'est-à-dire lorsque la vapeur d’eau des couches inférieures, au lieu de monter dans l’atmosphère, descend et se condense soit en rosée ou en gelée blanche à la surface du sol, soit, plus haut en formant une mer de nuages que la montagne domine. A Clermont, au contraire, la plus grande sécheresse de Pair survient quand la chaleur du jour atteint son maximum, vers 5 heures du soir, par des vents modérés, variables entre le S.-E. et le S.-W. Elle est ordinairement précédée d'une baisse barométrique qui, du matin au soir, ramène la pression atmosphérique à sa valeur moyenne (760 mm).
- Les conditions météorologiques qui accompagnent la siccité de l’air sont donc loin d’être identiques dans les deux stations. Elles n’ont guère d’analogie <pie par un excès plus ou moins grand de chaleur qui n’existe même pas toujours au sommet du Puv de Dôme. Aussi, tout en dépendant des grands mouvements de l’atmosphère, nos grandes séeheressesde l’air se trouvent souvent limitées à des régions aériennes fort restreintes quand on les compare simplement à l’étendue de la France et à la hauteur des montagnes. Par exemple, le 16 mars 1884, lorsque l’hygromètre marquait seulement 8 à Clermont (maximum de sécheresse de la période 1879-1905), on constatait 25 au Puy de Dôme, 28 à Lyon, 41 à Paris, 45 à Nantes et 55 à Toulouse. — De même, alors que l’humidité relative s’abaissait jusqu’à 2 le 12 décembre 1888 au sommet du Puy de Dôme (maximum de sécheresse de la période 1880-1901), on notait 59 au Pic du Midi, 85 à Clermont, 86 à Lyon, 95 à Nantes et 100 à Paris.
- Notre diagramme, sur lequel on peut lire les valeurs des minima annuels de l’humidité relative, montre que la siccité presque absolue de Pair se produit surtout à partir d’une certaine altitude, et, plus rarement, dans les couches d’air inférieures où vivent la grande majorité des hommes, des animaux et des plantes. Là, elle ne dure que quelques heures, mais elle survient presque chaque fois au cours d’une période de sécheresse fortement caractérisée, et déjà
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- nuisible : alors elle en aggrave les mauvais effets sur les récoltes et sur la santé publique. Elle occasionne même, à peu près chaque année, une catégorie spéciale de sinistres que l’observation attentive de l’hygromètre permet de prévoir ; ce sont les incendies agricoles. Les imprudences ou les négligences que l’on apporte souvent dans l’usage du feu à la campagne n’ont pas toujours de graves conséquences quand elles sont commises loin de toute matière trop combustible. Mais au printemps et à la fin de l’été, lorsque les herbes, les plantes grimpantes ou rampantes ont été tuées par l’âge, par le froid ou par les grandeschaleurs, puis desséchées dans un air privé de vapeur d’eau, les haies, les fourrés et toutes les broussailles deviennent éminemment inflammables. Une allumette mal éteinte, la braise d’un cigare ou d’une pipe, la bourre enflammée d’un coup de fusil, la flammèche qui s’échappe d’une cheminée,le foyer abandonné parun pâtre ou par un nomade, le charbon rougi qui tombe du cendrier d’une locomotive, enfin le moindre vestige de feu peut y trouver un aliment parfait, s’y propager avec une rapidité surprenante, incendier des taillis et des bois, surtout s’ils sont constitués par des essences résineuses, brûler même des fermes et des villages.
- Dans notre pays de France, qui est presque entièrement cultivé, les incendies de cette espèce sont assez fréquents; mais les plus importants ne brûlent guère que quelques hectares de bruyères, de broussailles, de taillis ou de bois de pins. Ils prennent des proportions bien plus considérables dans d’autres pays : en Russie, en Asie, en Amérique, et principalement en Afrique. Différents voyageurs, Cameron, Buchner, Pogge, Wismann, Danckelmann ont constaté d’immenses incendies causés par la sécheresse
- de l’air dans toutes les régions habitées par les nègres. D’après Buchner et Danckelmann, ils ravagent chaque année la moitié de l’Afrique centrale ; et dans les contrées où dominent les broussailles et les grandes herbes de 2 à 4 mètres de hauteur, on peut évaluer aux trois quarts du territoire la superficie atteinte par le feu. Les incendies s’y succèdent pour ainsi dire sans interruption pendant la saison sèche, et il en résulte un voile permanent de vapeurs et de fumée qui cache tous les objets éloignés. Au
- Congo, l’air répand ordinairement une forte odeur de « brûlé » par les vents d’Est, et il n’est pas rare d’y voir tomber de véritables pluies de cendres mêlées de débris d'herbes calcinées.
- En Amérique, autrefois et il n’y a pas encore très longtemps, ces incendies atteignaient une importance presque aussi grande qu’en Afrique. Les plus célèbres de tous sont même ceux qui ont éclaté aux Étals-Unis en 1871, et qui, après avoir débuté vers les Montagnes Rocheuses,traversèrent tout le nord du pays jusqu’au centre des états de New-York et de Pensylvanie. Le Dakota, le Minnesota, le Wisconsin et le Michigan furent particulièrement éprouvés. Là, en effet, le feu ne borna pas ses ravages à la région plus ou moins sauvage des « prairies », mais il détruisit des millions d’hectares de forêts, de nombreux villages, et une partie de la ville de Chicago. Cet incendie coûta la vie à plusieurs milliers de personnes, et ramena plus de la moitié du territoire incendié au simple état de prairie sauvage. La fumée et les cendres qui s’élevèrent dans l’atmosphère furent charriées par les vents d’ouest jusqu’àla Cote d’Afrique où elles arrivèrent quatre jours après le commencement de la catastrophe. j _R pIiUMAXI)0X>
- Météorologiste ,i l’Observatoire du Puv de Dôme.
- cSf.
- La sécheresse de l’air. Minima annuels de l’humidité relative.
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- ESSENCES D’ASPIC ET DE LAVANDE
- Autrefois on désignait sous le nom générique de « spic » ou « d’aspic » les différentes variétés de lavandes qui croissent dans les contrées septentrionales de la Méditerranée, et dont les Anciens savaient déjà apprécier le suave parfum. Maintenant on différencie les huiles retirées de ces odorantes labiées.
- « L’essence de lavande » française la plus estimée se prépare en distillant la « Lavandula vera » (de Cand). Cette plante pousse principalement dans les régions montagneuses des Alpes-Maritimes, des Basses-Alpes, de l’Hérault, de la Drôme, du Vaucluse et du Gard, à des altitudes atteignant parfois 2000 mètres. Comme les Heurs ne supportent pas le
- voyage, la distillation s’effectue aussi près que possible de l’endroit de la récolte. Aussi à l’époque de la floraison, qui commence en juillet, les distillateurs transportent leur outillage sur les basses collines où la lavande s’épanouit d’abord. Ils installent leurs primitifs appareils sur un foyer bâti ordinairement aux dépens des roches avoisinantes et qu’ils chauffent au bois. Buis, quand la matière fait défaut à cette place, ils émigrent vers des sites [dus élevés. Là seulement les Heurs apparaissent en août et septembre, mais donnent une essence des plus fines. Notre illustration que la maison lloure-Bertrand fils, de Grasse, a bien voulu nous communiquer, montre une de ces distilleries ambulantes aux environs de Castellane. On le voit, les alambics en cuivre reposent simplement ici sur un trépied en fer, au-dessous duquel
- Distillation de la lavande aux environs de Castellane (Basses-Alpes).
- (D'après une photographie communiquée par la maison Roure-Bertrand lils, de Grasse.)
- on allume des bûches. Le réfrigérant se compose d’un tonneau qu’on a défoncé d’un côté afin de pouvoir introduire le serpentin à l’intérieur. Une source voisine fournit l’eau nécessaire à la réfrigération, et on recueille l’huile essentielle dans un bidon en cuivre. Une fois la distillation achevée, l’ouvrier retire la chaudière du feu, la vide en la renversant, et la remplace par une autre, qu’un de ses compagnons a remplie de lavande fraîche.
- Dans trois villages du Vaucluse, à Sault, Villes et Redoin, on a abandonné ces procédés rudimentaires et, selon l’ouvrage sur « les huiles essentielles » de MM. Gildemeister et Hoffmann, on suit aujourd’hui le progrès scientifique. En particulier dans l’usine de Bedoin, les Heurs sont placées dans l’alambic sur un diaphragme de façon à n’ètre en contact qu’avec la vapeur. Sur la toile métallique inférieure, on met 75 kg de fleurs; au-dessus de celle-ci, on en dispose une seconde avec une même charge de matière pre-
- mière, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’appareil entier, qui mesure 3 mètres de hauteur et lm,50 de diamètre, renferme 250 kg de fleurs. Ainsi fabriquée, l’essence de lavande française est un liquide jaunâtre ou jaune verdâtre. Comme M. Eugène Cha-rabot l’a démontré par de récentes expériences l’odeur de l’huile volatile est d’autant plus fine qu’on sectionne la plante près des sommités lleuries, et qu’on exécute les coupes à parfaite maturité. D’après les analyses effectuées, ce résultat tient à ce que l’essence de lavande s’enrichit en son principal constituant (acétate de linalyle) jusqu’au complet épanouissement de la fleur, la proportion de cet éther diminuant ensuite.
- Quelques chiffres donneront une idée de l’importance de cette industrie dans le midi de la France. Rien que sur le mont Yentoux, les « lavandières » occupent une superficie de 11000 hectares dont 7000 appartiennent aux communes et le reste à des
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- particuliers. Pendant les mois de juillet et d’aoùt, hommes, femmes et enfants des villages environnants s’égrènent sur les pentes escarpées du Yentoux. A l’aide de faucilles, ils coupent les épis floraux au ras des feuilles, et, après les avoir réunis en hottes, les portent sur leur tète aux lieux de distillation. Quant à l’essence que fournissent les plantations de lavande en Angleterre, elle a moins de finesse, est d’un prix élevé, et se distingue, en outre, de l’huile française par une plus faible teneur en éthers et une odeur accessoire de camphre.
- Actuellement l’« essence de spie ou d’aspic » s'obtient par la distillation des Heurs de « Lavandula spica » (De Gain!.), et se fabrique exclusivement dans le midi de la France, à l’aide de procédés identiques à ceux décrits plus haut. C’est un liquide jaune dont le parfum rappelle la lavande et le romarin. Enfin elle renferme du camphre, qui n’existe pas dans l’essence de lavande vraie. Jacques Royer.
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- LE SERPENT DE MER
- Tous les journaux ont donné quelques détails sur l’animal inconnu j’encontré dans la baie d’Along. Nous croyons bon de reproduire, a titre documentaire, le rapport même de M. le lieutenant de vaisseau L’Éost, commandant la canonnière « Décidée )), transmis à M. le contre-amiral commandant la 2a division de l’escr ’re de l’Extrême-Orient 1.
- Amiral, dans l’après-midi du 25 février dernier, faisant route pour sortir de la baie d’Along, la « Décidée » a rencontré, à hauteur du rocher la « Noix », un animal étrange, paraissant être de la même espèce que ceux observés dans les mêmes parages en 1897 et 1898, par M. le lieutenant de vaisseau Lagrésille, à bord de f « Avalanche », observations publiées au « Bulletin de la Société zoologique de France » (année 1902), et dont je n’ai eu connaissance qu’après les miennes propres.
- J’aperçus d’abord le dos de l’animal à 500 mètres environ, par bâbord devant, sous la forme d’une masse noirâtre arrondie, «pie je pris successivement pour un rocher, puis, la voyant mobile, pour une énorme tortue de 4 à 5 mètres de diamètre.
- Peu après, je vis cette masse s’allonger et émerger successivement par une série d’ondulations verticales, toutes les parties du corps d’un animal ayant l’apparence d’un serpent aplati, dont j’estimai la longueur à une trentaine de mètres et la plus grande largeur à 4 ou 5 mètres. L’animal ayant plongé, je cessai de l’observer, mon attention étant distraite par la manœuvre du bâtiment. Les observations qui suivent ont été recueillies près de différentes personnes de l’état-major et de l’équipage. L’animal apparut une seconde fois à environ 150 mètres et vint plonger sous le bâtiment immédiatement sur l’arrière de la coupée. Son dos, dans celte seconde apparition, fut d’abord seul visible. Il était de coupe hémicirculaire, nullement semblable à celui des cétacés (Dr Lowitz). Sa peau était noire, présentant des taches jaunes marbrées (timonier breveté Sourimant) ; selon le second maître de timonerie Leguen, elle était jaune foncé et parfaitement lisse. Le dos aurait ensuite disparu en laissant de grands
- 1 Ce rapport a été publié pour la lrc fois dans le « Bulletin de la marine marchande ».
- remous et la tète seule aurait émergé près de la coupée. Voici, en effet, les observations du quartier-maître mécanicien Dinaud, qui se trouvait à cet endroit. Tous ses camarades présents l’ont confirmé en tous points. Ayant entendu un bruit de voix sur la passerelle, il regarde dehors et aperçoit un grand remous comme celui de la mer brisant sur une roche à Heur d’eau, ou encore comme celui que produit un sous-marin dans sa plongée. Il se retourne pour appeler ses camarades, et tous viennent regarder. La tète et le cou sortent alors de l’eau, à peine à 40 mètres. Cette tète était de la couleur des roches de la baie (grisâtres, elles ont des blancs mélangés de jaune). Elle ressemblait à celle d’une tortue ; la peau en paraissait rugueuse, cette rugosité semblant plutôt due à des écailles qu’à des poils.
- Le diamètre qu’indiquent les témoins pour la partie la plus large de la tète varie de 0m,40 à 0"\80; ce diamètre était légèrement supérieur à celui du cou. La tète soufflait deux jets d’eau vaporisée. Le reste du corps apparaissait à fleur d’eau. Il avait des ondulations dans le sens horizontal. L’animal s’avançait avec une vitesse propre estimée à huit nœuds. Arrivée près du bord, la tète plongea, et on vit le long du corps, qui émergeait à peine, une suite d’ondulations verticales se transmettre. L’animal ressortit aussitôt près de la hanche tribord du bâtiment. Le fusilier breveté Lecoublet et le gabier auxiliaire Le Call se trouvaient là. Le corps s’avançait en ondulant verticalement. 11 avait dans sa longueur cinq ou six ondulations très prononcées. Cette longueur est estimée, par les deux témoins, supérieure à 10 mètres. Ils décrivent une tète plus large vers l’arrière qu’à l’avant, plus allongée que celle d’un phoque. Le corps leur a paru à peu près d’égale dimension sur toute sa longueur. Ils le comparent à celui d’un souffleur. Cette appréciation, rapprochée de l’estimation à mon avis beaucoup trop faible de la longueur de l’animal, me fait croire que ces témoins n’ont vu qu’une partie du corps.
- La peau était lisse. Personne n’a vu de nageoires. L’animal ne soufflait pas en ce moment. Il plongea de nouveau et reparut assez loin derrière. On ne distinguait plus alors qu’un corps noirâtre, allongé, à sinuosités mobiles, et des jets d’eau vaporisée. Enfin, d’après les observations des témoins de la coupée, l’animal respirait plutôt par des narines que par le sommet de la tète. Les détails de la tète n’ont été observés par personne.
- CHR0NIQUE
- La température de fusion de l’iridium. — La
- série des points de fusion déterminés par M. Violle est restée pendant longtemps le seul document précis que l’on possédât, concernant les repères fixes aux températures très élevées. Mais les progrès considérables, réalisés dans ces dernières années aussi bien dans la production des températures élqvées que dans les procédés de la pyrométrie, ont amené à une révision du travail de l’éminent physicien, et ont permis de faire de petites corrections à quelques-uns des résultats qu’il avait donnés. Fait digne de remarque, la température de fusion du platine a été presque rigoureusement confirmée. M. Violle avait indiqué 1775° alors que des expériences récentes conduiraient plutôt à admettre 1777° ou 1778° ou même 1780°; l’écart, on le voit, est si petit que l’erreur des anciens résultats peut à peine être affirmée. Pour l’iridium, au contraire, dont la température de fusion est beaucoup
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- plus élevée, et, par conséquent, d’une détermination beaucoup plus difficile, la correction est assez importante. En effet, M. Yiolle avait indiqué 1050°, température qui avait semblé un peu basse. M. Nernst a repris la question en utilisant les procédés de chauffe les plus récents et lesméthodes pyrométriquesles plus parfaites. Le fragment d’iridium était placé au centre d’un cylindre creux constitué par le mélange d’oxydes qui a rendu populaire le nom de M. Nernst. Le cylindre, chauffé par le courant, était amené à une température graduellement croissante, tandis qu’une petite lunette servait à observer le fragment d’iridium et à fixer l’instant où il commençait à couler. l)e l’autre côté du cylindre, une lunette pyrométrique servait à déterminer la température, pour le calcul de laquelle on appliquait la forme relative au corps noir, c’est-à-dire au corps incandescent fermé de toutes parts. Les mesures ont conduit à une température de 2205°. On ne doit pas, d’ailleurs, considérer ce nombre comme exact à plus de quelques degrés près, ce qui conduit à l’arrondir provisoirement à 2200°. 11 convient de noter que, grâce à celte température de fusion extrêmement (‘levée, l’iridium permettra d’aborder le domaine des températures supérieures à 2000°, qui semble particulièrement intéressant dans les études relatives à la dissociation. M. Nernst a déjà fait un pas dans cette voie en étudiant la dissociation et la masse moléculaire du soufre jusqu’à ces températures extrêmes. 11 a trouvé ainsi, par exemple, qu’à 2000°, et sous une demi-atmosphère, le soufre est dissocié de 45 pour 100.
- Traversée rapide «le l’Allan tique. — Jusqu'au moment de la mise en service des deux puissants transatlantiques que met actuellement en chantier la Compagnie Cunard et qui, mus par des turbines à vapeur d’une puissance de 70000 chevaux, devront avoir une vitesse moyenne de marche de 25 nœuds, le transatlantique le plus rapide, à l’heure actuelle, est le (( Kaiser Wilhelm 11 )), construit, l’an dernier, pour le compte du (( North Gerinan Lloyd », dans les ateliers Yulcan, de Stettin. Voici, d’après « Engineering », les résultats obtenus pendant son dernier voyage de retour de New-York en Europe. La vitesse moyenne de marche, pour toute la durée du trajet, a été de 23,58 nœuds et, pendant la dernière journée, la vitesse moyenne a atteint le chiffre de 24,55 nœuds, vitesse la plus élevée obtenue jusqu’ici par un transatlantique, et pendant un temps aussi long (24 heures). Par suite des glaces qui, cette année, descendent plus au sud (pie dans les années normales, le « Kaiser Wilhelm II » a dù suivre, pendant son voyage de retour, une route plus méridionale que celle qu’il aurait dù suivre. Suivant cette route, la distance parcourue entre Sandv llook et le phare d’Eddystone a été de 5705 kilomètres et la durée du parcours a été de 5 jours 11 heures 58 minutes. Cette vitesse de 25,58 nœuds est comparable avec celle de 25,51 nœuds, maximum obtenu parle « Deutschland », en juin 1901, et avec celle de 25 nœuds du « Kaiser Wilhelm der Grosse » également construits dans les ateliers Yulcan. La vitesse maximum obtenue par les transatlantiques anglais ne dépasse pas 22 nœuds. Le « Kaiser Wilhelm 11 » est muni d’hélices à quatre ailes de grande surface. La puissance moyenne indiquée, développée par les machines pendant la traversée, a été de 44 000 chevaux, ses hélices tournant à la vitesse de 79 tours par minute.
- Contre-torpilleurs. — Le contre-torpilleur anglais «Eden», muni de turbines Parsons, vient de terminer ses essais à outrance. Pendant un essai de quatre heures à
- toute vitesse, avec un chargement à bord de 125 tonnes, on a obtenu facilement une vitesse de 20,099 nœuds pendant la première heure et 24,229 nœuds pendant les trois dernières heures; la vitesse prévue était de 25,5 nœuds. La consommation du charbon est également restée dans les limites du marché. Les machines se composent de trois turbines, une à haute pression et deux à basse pression ; chacune des turbines actionne un arbre séparé portant chacun deux hélices.
- Les téléphones dans la Kouvelle-Écosse. — La Compagnie des téléphones de la Nouvelle-Écosse exploite actuellement 5015 kilomètres de lignes urbaines. Le développement total de tous les réseaux de cette Compagnie est de 11 487 kilomètres, et l’on compte 5200 postes, dont 1801 pour Halifax seulement. L’an dernier, le chiffre des conversations échangées a été de 14 millions. On compte un abonné pour 88 habitants dans la province et à Halifax un abonné pour 27 habitants. Il s’échange dans cette dernière ville en moyenne 11 conversations par jour et par abonné et dans le reste de la province 10 conversations. En présence d’un tel résultat n’est-on pas en droit de se demander comment le service est organisé ?
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 juillet 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Propriétés de l’émanation des corps. — M. Blondlot communique un travail sur les propriétés de l’émanation provenant de certains métaux. Une pièce d’argent laisse échapper une émission spontanée et permanente, mais après avoir été bien nettoyée mécaniquement elle ne donne plus d’émanation. En chauffant cette pièce on lui restitue sa propriété. D’autres métaux offrent les mêmes particularités; d’autres, l’or, l’iridium, le palladium sont inactifs ; il semble dès lors que l’émanation coïncide avec une faible réaction chimique.
- Comparaison de radiations d’origines diverses. — M. Edmond Becquerel résume une Note de M. Jean Becquerel, relative à la comparaison des radiations de l’uranium et du radium avec les rayons N et N,. L’auteur établit que les rayons (3, émanés de l’uranium ou du radium, produisent, comme les rayons N, un accroissement de visibilité d’une petite surface phosphorescente. Au contraire les rayons a du polonium agissent comme les rayons Nt en diminuant la visibilité d’un écran phosphorescent. II met en évidence quelques analogies frappantes entre les radiations émanées des corps radioactifs et celles qui proviennent des sources de rayons N et Nt.
- Uanthracnose de la vigne. — M. Guignard analyse" une Note de MM. Pacottet et Viala, relative au parasite de l’anthracnose de la vigne. Ce parasite s’attaque aux rameaux et aux feuilles. Sur les rameaux, il produit des taches noires qni ont fait donner à la maladie le nom de charbon de la vigne ; les feuilles sont déchiquetées. On ne connaissait, en fait de mode de reproduction de ce champignon, que. la multiplication par conidies. MM. Pacottet et Yiala ont appliqué à l’isolement et à la culture du parasite le procédé qü’ils avaient employé pour le black-rol, et ont pleinement réussi. En portant des boutures de mycélium sur du jus de jeunes feuilles gélose, ils ont trouvé d’autres formes du parasite.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un correspondant de la section d’économie rurale, en remplacement de M. Lechartier décédé. M. Fliche, de Nancy, est élu par 2t> voix. Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- L’ANISTÈME
- Lue société de bienfaisance, T « Assistance aux animaux1 », qui rend journellement de grands services, a récemment décerné son grand diplôme d'honneur à deux inventeurs, M. Lépinay, médecin-vétérinaire et M. Mathieu, ingénieur-constructeur, qui ont imaginé un appareil pour relever les chevaux tombés, blessés ou paralysés2. Un spectacle douloureux et malheureusement fréquent dans les grandes villes est, certes, la chute des chevaux. L’animal reste souvent, si la chute est malheureuse,
- pendant des heures, inerte et pantelant. Jusqu’ici on brutalisait l’animal à coups de fouets répétés, pour tenter de le faire se relever. Mais s’il est blessé, l’animal ne pouvant faire un effort est martyrisé en pure perte, et le spectacle quelquefois est repoussant. Avec l'appareil nouveau 1’ « Anis-tème », il est possible en quelques minutes de remettre sur pied l’animal meurtri et blessé.
- L’appareil se compose en somme, comme le montre notre figure, d’un support à trois pieds analogue d’aspect à un support photographique. Trois harres viennent se réunir à un coussinet à charnières d’une forme spéciale. Les trois barres sont en
- L’Anistème. Appareil pour relever les chevaux tombés.
- 1er creux très résistant et s’écartent de façon que les trois pieds se fixent solidement dans les interstices du sol. A la partie supérieure est installé un moutle supportant une sangle en toile large.
- Quand on veut relever un cheval tombé, on passe la sangle sous l’animal en la fixant ensuite au crochet du moufle. 11 suffit alors de tirer sur la chaîne du moufle et d’exciter légèrement le cheval. En quelques secondes, il est debout. Soutenu par la sangle, il a le temps de reprendre pied. 11 est bon, pour faire disparaître son engourdissement, de le frictionner énergiquement sur le dos et sur les jambes.
- J)eux hommes suffisent pour transporter l’appa-
- 1 30, rue Vancau, Paris.
- * « Bulletin de L’Assistance aux animaux », avril-mai.
- reil, le mettre en place, poser la sangle tablier et faire la manœuvre.
- Il est clair que cet appareil est appelé à rendre des services non seulement sur la voie publique, mais encore dans les cours, dans les écuries, pour relever les animaux tombés ou les chevaux qui, malades, ne peuvent se redresser eux-mêmes. Jusqu’ici il a donné de bons résultats à Paris.
- Nous l’indiquons avec empressement aux intéressés, car il ne suffit pas évidemment qu’il existe, il faut encore qu’il soit connu pour entrer dans la pratique journalière. J.-F. Gall.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie LmunE, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1025.
- ] G JUILLET 1904.
- L’A NATURE.
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- LÀ LUEUR DU SOLEIL À MINUIT
- (tu admet généralement qu’il n'y a pas de crépuscule et que la nuit est complète lorsque le Soleil
- est à 18° sous l’horizon; à une distance moindre, des lueurs flottent dans l’atmosphère, plus ou moins
- Fig. 1. — Le crépuscule de minuit vu à üonville (Manche), les 18 et 21 juin 1901.
- perceptibles. A cause de cela, sous la latitude de de la réfraction, qu’à 10° 55'sous l’horizon. Ainsi la's^ Paris, aux environs du 21 juin il est possible de nuit ne peut se faire complète, et ces conditions s’éten-
- voir la lueur du Soleil à minuit, alors que d’heureux touristes en contemplent le disque dans les régions boréales.
- C’est qu’en effet à cette époque, l’astre du jour s’étant couché à 8h 5 du soir pour se lever à 5h 58 du matin ne s’abaisse pas au point le plus bas de sa course céleste — au passage au méridien
- inférieur — jusqu'à cette distance de 18°. Un simple calcul montre que le jour du solst ice d’été le bord supérieur du disque solaire ne descend, en tenant compte 32e aimée. — 2' semestre.
- Fig. 2. — Photographie du crépuscule.
- dent sur un certain nombre de jours avant et après celui du solstice ; conditions qui d’ailleurs sont surtout théoriques, et peuvent être sans doute notablement influencées par l’état de l’atmosphère et principalement des couches élevées qui reçoivent cet ultime reflet. Cependant l’observation peut en
- être faite couramment et présente un côté intéressant et curieux, car elle n’est pas habituellement effectuée dans nos régions situées vers la limite de per-
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- t)8
- LA NATURE.
- ception du phénomène, qui passe assez inaperçu.
- Nous avons pu voir le crépuscule de minuit cette année à Donville — dont la latitude est la même que celle de Paris — et il en a été pris les dessin et la photographie reproduits ici.
- Donc à minuit, même si l’on n’a pas suivi la lueur et qu’on vienne à la rechercher, à condition toutefois que l’œil soit bien accommodé à l’obscu-rité et ne soit gêné par aucune lumière artificielle, on aperçoit immédiatement au Nord une vaste plage blanchâtre, sorte de grand arc de cercle très mal défini. Laj hase en est cachée par des brumes, vers la limite desquelles brille la belle étoile Capella (x Cocher), et cette clarté parait s'étendre en hauteur jusque vers les étoiles de la (iirafe. Le dessin (lig. 1) en montre une vue générale. A cause de la reproduction il a fallu exagérer très légèrement l'aspect, que même le dessin original lui-même ne saurait rendre
- Itlil!
- ^^ent apparent du ®*1
- •g. 5. — Schéma montrant le déplacement de la lueur crépusculaire par rapport aux étoiles. S S'S”, positions successives du Soleil, situé dans le même méridien que l'étoile E ; Il 11', horizon ;
- avec une parfaite exactitude, tellement celte lumière est douce. Et ce que l'image est incapable de rendre surtout c’est l'impression très profonde qui se dégage de cette contemplation nocturne des lueurs du Soleil trônant à cet instant au-dessus des mystérieuses régions polaires, qu'il inonde de ses rayons.
- Des photographies, obtenues à l’aide d’appareils variés, nous ont permis d’enregistrer la lueur crc-jMisculaire, contrôlant ainsi l'observation visuelle. Ces clichés n’ont guère qu'un intérêt documentaire.
- Pour enregistrer une clarté aussi faible, il faut poser un assez long temps, avec des appareils ordinaires ; en outre son extrême diffusion en fait un objet très difficile à apprécier. Si l’on pose longtemps, avec un appareil immobile, la lueur aura suivi la marche du Soleil, passant du N.-N.-O au N.-N.-E., et ainsi son déplacement sur la plaque, en rendant sa délimitation encore moins précise, empêchera une action photographique utilement concentrée sur un même point. Dans ce cas, ces phototypes faibles et imprécis pourront seulement indi-
- quer ipu* le crépuscule de minuit a un pouvoir photographique' appréciable. Il est utile alors de chercher à obtenir une image plus accentuée, soit en suivant la marche de la lueur, soit en réduisant la pose à l’aide d'objectifs ultra-lumineux. Nos essais ont été laits par les deux procédés, et c’est encore le second qui a donné le meilleur résultat.
- Dans le premier cas, le schéma (lig. o), purement explicatif et n'ayant aucunement la prétention de représenter la marche exacte du phénomène, montre qu’on ne peut songer à elfeeluer la pose avec un instrument équatorial, en suivant une étoile-guide; la lueur se déplace à l'horizon d'un mouvement différent, avant son axe constamment vertical au-dessus de la position du Soleil. Il faudrait alors conduire l’appareil suivant le plan de l’horizon, et le pointer plus ou moins haut, en estimant le déplacement par rapport à une étoile-guide. C’est ainsi que nous avons opéré le 18 juin, avec deux appareils fixés sur une lunette ordinaire, dont le pied permet les deux mouvements, horizontal et vertical. [.es deux objectifs utilisés, l’un à portraits, l’autre simple, avaient sensiblement le même rapport focal /‘— ô et la pose a été de ÔO minutes, ce qui n'a donné qu'un résultat médiocre,à cause d'une brume assez sensible. Malgré cela on devine sur les clichés la présence de la lueur en arc, et c’est l'objectif simple qui a donné’ et de beaucoup, l’image la plus accentuée. D'autre part, le 21, bien que le ciel ait été un peu illuminé par la Lune, nous avons essayé avec un appareil immobile, mais muni d'une grosse lentille plan convexe (condensateur simple). Un tel objectif travaillant à f = 1 environ est assez médiocre au point de vue netteté; mais cela a peu d’importance dans le cas d’un objet aussi vague que le crépuscule. Avec cette image très intense la pose a pu être réduite, et une première, d’une durée de 10 minutes, a été trop longue, l'illumination générale ayant voilé tout le ciel; en revanche elle montre bien la silhouette du paysage. Une autre pose de 2 minutes seulement, cliché renforcé ensuite, a donné un hou
- re
- ésultat
- . 2). bien qu’il soit assez difficile d’éliminer l'effet produit par la tache centrale de l’objectif qui a dû concourir à renforcer le milieu de l'image, on retrouve facilement sur le cliché la vraie l’orme de la lueur aperçue visuellement.
- Malgré la déformation des bords, on voit par le paysage que la netteté du cliché est suffisante, bien quelle ne le soit pas assez pour montrer les points minuscules des étoiles. Dans ces conditions, des pho-lographiesobtenues par la lumière solaire à minuit, en France, ne manquent peut-être pas d’intérêt.
- Lucien- Rudaux.
- LAGMI ET W DE PALMIER
- Le lagmi est le liquide fermentescible qui s’écoule du dattier. Ce liquide, qui rappelle un peu le lait de coco, donne en quelques heures une boisson légèrement alcoolique. Le vin de palmier, dont la saveur est celle d’un
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- LÀ NATURE.
- Vit»
- mélange de vin blanc et de lait de coco, se nomme khra-mar. Les indigènes apprécient beaucoup le iagmi frais, car celbjuide sucré constitue pour eux un véritable aliment.
- Voici comment on procède sur un palmier plus ou moins âgé, n’ayant meme pas encore un stipe formé, ainsi que je l’ai observé chez les Motmatas : on enlève toutes les feuilles de la couronne sauf les deux rangées les plus basses, on taille en cône le sommet de l’arbre mettant à nu le bourgeon terminal, le « cœur » du dattier, et l’on creuse tout autour une rigole; sur un point de cette rigole on fait une entaille où l’on place un roseau par où s’écoule la sève qui se collecte dans la rigole circulaire. Le liquide tombe alors dans une gargoulette attachée au tronc. Un ne change pas le roseau, mais chaque jour il faut avoir soin d’aviver la plaie faite à la partie végétative de l’arbre en grattant une mince couche.
- L’arbre, ainsi traité, prend un aspect lamentable avec ses « djérids » (palmes) desséchées qui pendent tristement ; mais, l’année suivante, le bourgeon se développe et une petite touffe verdoie de nouveau au milieu de sa collerette de palmes mortes. L’arbre peut subir cette opération un grand nombre de fois à trois années d’intervalle. On sait que le dattier ne fructifie que tous les deux ans, il n’est pas rare de voir des dattiers dont le stipe porte deux, trois et quelquefois cinq étranglements. Mais souvent il meurt épuisé si la récolte a été poussée trop loin. Lorsque la période de récolte est terminée, on panse la plaie en la recouvrant d’un linge, puis d’argile battue et le tout d’un couffin. Cette opération demande une certaine habitude, une certaine science. Dans le Cap Don, où la datte ne vient pas, le Iagmi est très estimé, mais il faut qu’il passe un Djerbien ou un Galsicn pour tailler les palmiers. Un palmier ainsi traité peut donner de 4 à 9 litres par jour que l’on recueille en deux fois sur les palmiers de 0 mètres et cela pendant une période qui peut varier d’un mois à deux mois et demi, soit dr 120 à 080 litres pour une saison. Le rapport est donc considérable étant donné que dans le Aefzaoua il se vend 0fr, 10 à 0fr,20 le litre ; dans le Djérid et à Monasti, de 0fr,20 à 0fr,25. Aussi on voit beaucoup de dattiers ainsi soignés dans le nord de la Tunisie, où la datte ne mûrit pas. On rompit* environ 5501) palmiers décapités chaque année dans le Nefzaou, où ils donnent 2 400 000 litres. Dans le Djérid on récolte plus de 240 000 litres de Iagmi entre les diverses oasis où l’on compte un grand nombre de dattiers ainsi traités : 000 à Tozzeur, 100 à Nefta, 500 à El-Oudiane, 500 à Ll-llannna du Djérid.
- Lorsque la récolte de blé ou de dalles a été mauvaise, la récolt»' du Iagmi est augmentée. Le meilleur Iagmi est fourni par la variété de Phénix dachylifère dite Rosser el-llalon.
- Un compte en Tunisie une centaine d’espèces de dattier, et la catégorie des variétés dites Bosser fournil des dattes qui se mangent fraîches avant, la maturité complète.
- Le Iagmi du nord de la Tunisie est peu alcoolique et aux environs mêmes de Tunis il ne dépasse pas 4 degrés d’alcool, mais dans le sud le degré atteint des proportions beaucoup plus fortes, et à Sfacks, au Djerba, et dans les îles Kerkenah il est fréquent de voir des indigènes ivres de vin de palmiers. L’ivresse produite par cette boisson
- est violente, mais de courte durée. La production du Iagmi frais, qui possède des propriétés nutritives et n’enivre pas, pourrait prendre une extension plus grande si on empêchait sa fermentation.
- En effet, celle-ci se produit sous l’inlluence de levures apportées par des insectes. Un retrouve noyé dans le Iagmi une masse de mouches et d’abeilles qui sont venues tomber dans ce liquide sucré qui les attire. Un pourrait donc retarder sa fermentation en se servant de récipients propres, en renouvelant le roseau d’écoulement, en lavant de temps à autre la surface de sécrétion, qu’il faudrait aussi protéger du contact de l’air extérieur et des insectes.
- La flore bactérienne du vin de palmier est fort nombreuse. Presque constamment on rencontre une petite levure qui pousse mal, lentement dans les bouillons de cultures sucrées.
- Aussi la fermentation ralentie permet un pullulement des autres ferments auxquels on doit attribuer le goût parfois désagréable de cette boisson, goût qui peut d’ailleurs être très favorablement modifié par • l’ensemencement dans le Iagmi des levures de vin qui poussent vite et transforment rapidement le sucre en alcool.
- Dr Dkykoi.le.
- NOUVELLE POMPE A PISTON TOURNANT
- Presque loules les pompes en usage peuvent se grouper en quatre classes.
- 1° Les norias et pompes à chapelet, qui sont les plus anciennes, ne peuvent pas refouler et doivent être installées au-dessus même du liquide à élever.
- 2° Les pompes à piston de tous systèmes comportant toujours des clapets ou soupapes qui occasionnent des ennuis continuels et obligent à placer la pompe dans une position déterminée; dans celle classe on peut ranger les pompes demi-rotatives à palettes très sensibles aux usures. 5° Les pompes centrifuges, plus récentes, très pratiques quand il s'agit de déplacer de grandes masses liquides sous de faibles bailleurs, ont un rendement très mauvais dès (lue cette hauteur dépasse quelques mètres ; de plus, devant tourner toujours très vite elles ne peuvent être actionnées à la main. 4° Les pompes rotatives à (lignons ou à palettes, légères, peu encombrantes, mais qui ont, comme les demi-rotatives, le grave inconvénient d’être très sensibles aux usures.
- En résumé, chaque type présente des avantages et des inconvénients qui en facilitent ou en interdisent l’emploi suivant les cas, aussi nous paraît-il intéressant de donner la description d’une nouvelle
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- LA NATURE.
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- pompe, imaginée par M. A. Butin qui combine les avantages de deux des types précédents en sorte qu’elle parait devoir posséder, de ce chef, un champ d’applications très étendu.
- Cette pompe repose sur le principe suivant : soit (tig. 1, n° 1 ) deux axes OX-OY, articulés en 0 centre d’une demi-sphère BCR partagée en deux tranches d’orange inégales par un disque demi-circulaire OA solidaire de l’axe ÜY ; si l’on fait tourner OX sur lui-même il entraînera OY et par suite le disque OA en sorte qu’après une rotation de 180° la face supérieure hachurée de ce disque sera devenue (n° 2) la face inférieure et réciproquement. Les angles a, [i, du n° 1 seront donc devenus x.2 et |it2 du n° 2 ; le point A étant tixe il en résulte ([lie, dans cette rotation, la tranche CO A (n° 1) aura augmenté j u s ([ u ’ à devenir égale à la tranche BOA (n° 2) tandis que la tranche BOA (n° 1) sera devenue égale à CO A (n° 2). Le volume engendré est donc égal à celui qu’engendrerait la palette OA (n° f>) si elle se déplaçait de OA en OA' en oscillant autour de son intersection 0 avec le plan BC ; on a donc un véritable coup de piston produit par des éléments tournant tous dans le même sens à la même vitesse angulaire, ce qui permet d’obtenir une pompe rotative, d’où son nom de pompe à piston tournant.
- Les figures 2 et 3 représentent la vue d’ensemble et les pièces détachées d’une pompe à main de ce système comprenant simplement un corps de pompe hémisphérique portant entre les 2 orifices
- d’entrée et de sortie un logement pour l’un des axes ; l’autre axe, par lequel est donné le mouvement, traverse le couvercle et se trouve réuni au premier par l’intermédiaire d’une palette demi-circulaire encastrée dans une genouillère oscillant dans un plateau
- fixé à l’extrémité de l’axe, ce plateau sert à combler les espaces morts. Trois ressorts permettent le rattrapage constant et dans tous les sens de toutes les usures.
- La pompe ainsi combinée est donc rotative, mais à usures rattrapa-blcs; elle est réversible et donne de véritables coups de piston comme une pompe ordinaire, mais elle ne possède ni soupapes ni clapets ; enfin toutes les pièces, tournant dans le même sens à la même vitesse angulaire, la palette piston travaille comme une véritable cuiller sans
- froisser le liquide et, de plus, cette propriété permet de faire tourner à 1141e grande vitesse les pompes mécaniques établies sur ce principe. Ces différentes qualités, jointes à la simplicité, à la légèreté et à la robustesse de l’en semble, permettent d’appliquer ces pompes dans la plupart des cas : pompes à main pour tous usages, pompes mécaniques pour l’industrie, pompes de circulation, etc. ; enfin, comme elles sont très légères, elles nécessitent peu de matières premières et de plus comme elles sont très simples, leur construction est peu coûteuse; il en résulte que leur prix de revient n'est pas élevé et que par suite leur prix de vente est très faible. J. Lebois.
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- LE CERF-YOLANT ET LES SONDAGES AÉRIENS A LA MER
- Nos lecteurs sont au courant de toutes les applications scientifiques dont a été l’objet le cerf-volant, et ils savent notamment les services que rend ce jouet d’autrefois, devenu un appareil scientifique, pour les sondages aériens, l’enlèvement dans l’air et à grande altitude d’une série d’instruments enregistreurs.
- Avec des dépenses bien moindres que celles qu’entraîne l’usage des ballonnets, la météorologie peut ainsi renouveler fréquemment des observations de toutes sortes et des plus pas oublié particulièrement auxquels se livre M. L.
- Teisserenc de Rort, dans l’Observatoire de météorologie dynamique qu’il a créé, entièrement à ses frais, à Trappes.
- II a acquis ainsi une autorité incontestable en ces matières, comme M. Rotch aux États-Unis, et il a convaincu tout le monde savant de l’importance qu'il y a à procéder, pour ainsi dire continuellement, à des lancers de cerfs-volants au point de vue météorologique. Si bien que, depuis 1902, on a compris qu’il y avait intérêt à organiser un service international, aussi les Directeurs des Services météorologiques de France, de Danemark et de Suède ont décidé d’établir un observatoire à cerfs-volants (si l’on veut nous passer l’expression) dans les tourbières des environs de Yiborg, dans le Jutland : on est là dans un centre habituel de dépressions atmosphériques, et dans d’excellentes conditions pour
- le lancer des cerfs-volants. On a donc construit à Stockholm, pour l’observatoire franco-scandinave,
- une tour de 10 mètres qu’on a transportée e t montée à Yiborg, sur une voie circulaire qui lui permet de se déplacer; cette tour, ouverte d’un côté, et dont on oriente la partie ouverte à l’opposé du vent, comporte deux étages, et renferme une série d’instruments enregistreurs, en même temps qu’un moteur électrique et deux treuils, puis des appareils secondaires pour le lancer des cerfs-volants. L’installation comprend, en outre, une remise à ballon, un moteur
- à vapeur de 12 chevaux, un atelier, un laboratoire d’essais et des aménagements pour loger le directeur, qui est M. Teisserenc de Bort, les 5 aides, dont 2 sont Français, 2 Suédois et 1 Danois, des ouvriers, des mécaniciens, etc.
- Nous venons de citer une remise à ballon, et le fait est que l’Observatoire, qui est en plein fonctionnement, lance souvent des ballons, au moins des ballons de papier gonflés au gaz d’éclairage, et qui sont disposés pour ne pas dépasser une certaine hauteur, afin de ne point rencontrer des courants aériens qui les entraîneraient vers la haute mer et amèneraient la perte définitive des enregistreurs qu’ils portent : un appareil d’horlogerie ouvre l’orifice du ballon et laisse échapper peu à peu le gaz au moment voulu. Comme de coutume, un avis attaché au ballon avertit ceux qui le trouvent qu’ils recevront
- intéressantes ; et l’on n'a les travaux de ce genre
- Fig. >. — Installation du treuil à lancer les cerfs-volants sur le « Falster ».
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- LA NATURE.
- une récompense (qui est de 14 francs, croyons-nous) s’ils en assurent le renvoi à l’Observatoire. On emploie aussi, pour enlever les enregistreurs, des ballons cerfs-volants, où le ballon a pour rôle de supporter tout le poids des instruments; mais cette combinaison n’est pas très heureuse, la manœuvre est difficile, et l’on aime mieux recourir aux cerfs-volants seuls, pour lesquels il fait presque toujours assez de vent dans cette région de Viborg. On atteint couramment des hauteurs de 5000 et 4000 mètres, mais à condition de monter deux cerfs-volants sur une même attache, le supérieur étant relié à la ligne «le l’autre par un fil de enivre destiné à se rompre si l’effort devient trop intense. La ligne elle-même est en acier, et d'un diamètre «jui croît de 0,6 à 1,5 millimètre; elle est formée de longueurs de fil de 500 mètres. Ru reste, malgré toutes les précautions, des ruptures se produisent de temps à autre, dans ces parages où les vents sont souvent si violents, et l’on a vu en une seule journée se perdre (ou du moins s'envoler, puisqu’une partie du matériel fut retrouvé) 14 000 mètres de fil, 15 cerfs-volants et 5 instruments enregistreurs ; une autre fois on découvrit un des cerfs-volants d’un lancer à Christiansund, en Norvège, et le second cerf-volant de la même expérience alla tomber, avec les instruments qu’il portait et après avoir voyagé avec son fil comme lest, à «pielque 220 kilomètres du point de départ.
- Ces incidents mêmes prouvent les conditions exceptionnelles où l’on se trouve, dans le voisinage de la mer, pour faire monter les cerfs-volants très haut ; aussi a-t-on pensé qu’il serait certainement intéressant «le procéder à des lancers à la mer. Dans ce but, une canonnière du Gouvernement Danois fut mise à la disposition de M. Teisserenc de Dort, qui a bien voulu nous donner des renseignements sur les résultats obtenus à bord du « Falster » et aussi du « Lo-venorn », autre navire de la Marine Royale Danoise «pii lui servit également à des lancers à la mer.
- Nous devons rappeler que des expériences de cette sorte avaient été faites, il y a un peu plus de trois ans, par M. Rotch, le météorologiste américain dont nous avons cité le nom ; en 1902, le I)r Koppen avait atteint, sur la Baltique, des altitudes de 1200 mètres, et la même année MM. Rerson et Elias, durant une croisière de plaisance deKiel au Spitzberg, avaient effectué 25 de ces ascensions spéciales, en dépassant parfois 1500 mètres. N’oublions pas non plus M. Dines, «jui avait poursuivi des expériences analogues en Écosse, mais en ayant l’avantage de pouvoir régler la marche du vapeur employé sur les exigences des ascensions ; sur 71 ascensions, 2 avaient «lépassé 5500 mètres, et le maximum atteint avait été de 4500 mètres.
- Pendant la campagne de M. Teisserenc de Rort, les résultats ont été encore bien plus brillants, car on n’a fait en tout que 15 lancers, et cependant l'altitude moyenne a varié entre 2460 et 2770 mètres, en «bipassant 5 fois la hauteur de 5000 mètres et 4 fois celle de 4000. Enfin, une fois, les appareils sont
- montés à la hauteur énorme de 5900 mètres ; la ligne de retenue portait deux enregistreurs, et celui «jui était le plus bas se trouvait néanmoins encore à 2260 mètres. C’est l’altitude la plus haute «pi'on ait jamais obtenue en semblable matière ; car, même à Trappes, on n’avait pu arriver qu’à 5250 mètres, et à 4850 à Bine Bill.
- Nous n’insisterons pas sur les appareils employés dans ces ascensions, «pii sont assez analogues à ceux «pi’ou emploie à terre, et dont il a été souvent ques-tion ici ; cependant nous ferons remarquer qu’à bord d’un bateau on est gêné par les mats et les cordages, et, si le cerf-volant ne s’enlève pas franchement au moment où il est mis au vent, il vient fréquemment butter sur un agrès et tombe à la mer ; alors, avec la vitesse du bateau, la ligne subit une traction «pii peut la briser. Pour obvier à cet inconvénient, on eut l’idée de suspendre le cerf-volant en passant son fil de retenue dans un crochet porté par une corde double, «pii pouvait se déplacer sur une poulie fixée à une vergue formant potence ; si l'appareil tournoie au lancer, il est maintenu par cette corde, et «piand il a pris franchement son vol, on amène le crochet le long de la ligne de retenue jusqu’à portée de la main et on rend la ligne complètement libre. Quand le vent était un peu faible pour obtenir un bon enlever, le navire marchait à peu près en sens contraire des courants aériens.
- Nous ne pouvons passer en revue toutes les ascensions successivement faites, mais nous donnerons «pielques-unes des observations caractéristiques faites. C’est ainsi qu’on a parfois constaté des manifestations électrùpies au treuil qui empêchaient de continuer les ascensions ; fréquemment la température décroissait d’abord très rapidement jusqu’à une certaine hauteur, pour se maintenir ensuite presque immuable sur une certaine épaisseur. La manœuvre était grandement facilitée, notamment pour le ramener des appareils, par la possibilité où l’on était de diminuer le vent relatif en faisant marcher le navire dans le sens même du vent. Mais nous devons fournir quelques indications plus précises sur la fameuse ascension où l’on éleva les appareils jusqu’à l’altitude énorme de 5908 mètres. 11 n’avait pas fallu filer moins de 11 600 mètres de ligne, et mettre en l’air 9 cerfs-volants pour supporter pareil poids de fil ; on avait procédé au lancer à 7h 25in du matin, par une température de 5°,6 et une pression de 750 millimètres. A 8 heures, on enregistrait 0°,2 et une pression de 657 millimètres à une hauteur de 1521 mètres ; c’était ensuite — 5° et 549 millimètres à 9 heures et à 2494 mètres de haut. A 10 heures on atteignait 5459 mètres, et la température était de— 11°,2, la pression de 486 millimètres. A Tl heures, l’enregistreur relevait 4644 mètres d’altitude, — 20°, et 414 millimètres de pression. Le maximum de 5908 mètres que nous avons indiqué était obtenu à llh45m, au moment où la température était descendue à — 28°,5 et la pression à 547 millimètres. Malheureusement, à ce moment, la ligne se brisait en tête, et
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- LA NATURE.
- m
- l'expérience devait cesser; il iaut dire que la vitesse corrigée du vent, qui n'était que de D mètres à peu près au départ, par suite du vent proprement dit et de l’allure du bateau, atteignait 15 mètres à la seconde à 2500 mètres, et 25 mètres au plus haut point de l’ascension.
- On le voit, ces sondages aériens à la mer fournissent en eux-mèmes des résultats fort intéressants, et ils ont d’autant (dus de portée que les phénomènes de l'atmosphère maritime jouent un rôle prépondérant en météorologie. Pierre tie Mûrier.
- VOLATILISATION ET DISTILLATION
- I)F, METAUX
- On sait sans doute qu’on est, arrivé, depuis un certain temps, à fondre le quartz et à avoir ainsi la possibilité d’en fabriquer des récipients qui offrent une résistance énorme aux sources ordinaires de chaleur : ces récipients permettent, par suite, de se livrer à des expériences et à des traitements calorifiques qu’il était jusqu’ici malaisé d’effectuer.
- Mettant, à profit ces facilités nouvelles, les docteurs F. Krafft, ftuc.h et llaagn, de Hanau, viennent, de poursuivre* des essais fort intéressants, tout au moins au point de vue scientifique, pur, essais sur la volatilisation des métaux, qui n’avaient pu encore être menés à bien dans des vaisseaux de verre.
- Ainsi epie nous l’indiquions à l’instant, le quartz supporte sans se ramollir des élévations de température considérables, et non seulement on peut faire le vide dans les récipients qui sont constitués en cette, matière, mais, de plus, une partie du vaisseau peut être refroidie, pendant que l’autre demeure à l’état incandescent. On comprend immédiatement que, grâce à cette possibilité, il est facile de faire évaporer des métaux et de les condenser dans les parties froides des appareils sans s’exposer à des ruptures; enfin, au moyen d’un mélange d’une partie de suint et de. deux de cire, on peut,, dans cette partie froide d’une enceinte, faire des scellements étanches au gaz. Notons, d’après (( Engineering », qui a résumé ces expériences, que les métaux n’attaquent pas le quartz par eux-mèmes, mais qu’il en est différemment des oxydes, et que, en conséquence, des précautions spéciales doivent être prises, notamment avec le plomb.
- Dans les expériences que nous voulons signaler, on a employé un fourneau de Ileraeus (de Hanau), à chauffage électrique naturellement, et formé essentiellement d’un tube de porcelaine entouré d’une feuille de platine de 0,007 millimètre d’épaisseur. Les récipients en quartz sont en forme de L, et le métal est normalement placé dans un bulbe soufflé au sommet de cet L et recourbé. Les températures obtenues ont été déterminées à l’aide de thermo-couples platine et platine-rhodium ; on fait le vide qui correspond à l’émission de rayons cathodiques.
- Le zinc a commencé à distiller de façon bien nette vers 450° C., sans fondre, et la distillation s’est continuée ultérieurement à une température de 300°; le zinc bouillant montrait le phénomène caractéristique du givre, tout comme le cadmium. Ce zinc a été distillé et condensé six fois, 5 grammes s’évaporant en vingt minutes. Le cadmium commençait de-s’évaporer à 300°, et distillait visiblement à 448°. Le.sélénium volatilisait
- facilement à 380°, le tellurium bouillait et distillait brusquement à 540; ce tellurium condensé pouvait être fondu sans peine au chalumeau et réuni en gouttes. Le plomb était plus difficile à distiller : à 800° cependant il volatilisait suffisamment pour former un miroir qui pouvait, être fondu, et à 1100° il bouillait régulièrement et distillait. L’antimoine a été volatilisé à 070°, et distillé â 780°; pour le bismuth, les températures correspondante^ étaient de 540 et 1140°, il fallait 15 minutes pour mi poids de 3 grammes. L'étain n’a pu être volatilisé qu’ 1100°. L’argent a commencé à volatiliser à 1200°, et 1340 il distillait à raison de 0,00 gramme en 12 minutes. Le cuivre s’est montré encore plus réfractaire, puisqu’il a commencé à distiller seulement vers 1315°. L’or à tenu à honneur de résister encore davantage : on traitait du fil d’or coupé en petits morceaux, et il formait un liquide mobile à 1180°; à 1300 on vit, un commencement, de distillation, mais c’était de l’argent contenu dans cet or qui était impur, et à 1375° il distilla assez d’or pour former un miroir de ce métal. '
- Sans doute ces températures dépendent-elles beaucoup du vide fait dans l’appareil; mais ces expériences sont néanmoins intéressantes, d’autant, qu’elles peuvent être reproduites sur des quantités fort réduites de métaux.
- H. R.
- LA CLUSE DE LA DURANCE A BRIANÇON
- Il est, bien surprenant que la nouvelle édition (1002) du guide Joanne du Dauphiné, si soigneusement refondue par M. Maurice haillon, ne consacre pas une seule ligne à l’un des sites les plus curieux et les plus simples d’accès de cette province, la cluse de la Durance, sous les murailles mêmes de Briançon. 11 est vrai que celle gorge est enclose dans le parc privé de l’usine Uhancel-Audoyer, au faubourg Sainte-Uatherine (entre la gare et la ville), et que rien n’indique qu’il faille, pour y parvenir, pénétrer par le portail même de la fabrique; mais comme l’entrée en est gracieusement accordée à tout visiteur qui la sollicite, et qui appose son nom sur un registre « ad hoc », il ne me parait pas inutile de décrire brièvement un paysage qui, depuis dix ans, renouvelle mon admiration chaque fois qu’un service d’ordre spécial m’appelle dans notre grande place forte des Hautes-Alpes.
- Mieux qu’une longue page, les gravures ci-contre feront comprendre qu’entre la ville au nord-ouest et le fort des Trois-Tètes au sud-est, la Durance s’écoule par une fissure des calcaires du Briançon-nais(triasiques) pareille à maintes cluses des Alpes; mais ici la promenade est, singulièrement facile, par les belles allées du joli parc de l’usine, jusqu’au point même où la gorge est si resserrée, (pie le torrent seul y trouve passage, et qu’à grand’peine un menu tuyau d’aqueduc a pu être accolé à l’une des parois; .à 60 mètres en l’air l’arche hardie du pont d’Asfeld, de 40 mètres de portée, jetée par le maréchal de ce nom en 1754, unit Briançon au mamelon des Trois-Tètes; plus haut encore les falaises à pie sont couronnées, par places en encorbellement, dés fortifications suspendues au-dessus du gouffre, et
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- LA NATURE.
- Fig. 1 — Pont d’Asfeld.
- /V _
- d’où descendent en cascatelles, après les pluies,
- . eaux ruisselantes des « gargouilles », tandis que 4.1’abime monte vers les remparts la rumeur y grondante des flots du torrent.
- En amont, entre Briançon et les rampes de la route du Mont-Genèvre, la Durance, après avoir recueilli à droite la Clairée, traverse le large bassin de la Vachette; est-ce un ancien lac ou un ancien glacier? Je me garderai de le préciser ; peut-être l’un et l’autre successivement ou alternativement. On n’ignore point, en effet, que les glaciéristes sont loin d’être d’accord sur le caractère du phénomène des grandes glaciations d’antan : phénomène multiple, à plusieurs périodes récurrentes, séparées par autant de phases de fusion ou même disparition totale, selon MM. Penck, Haug, Kilian, etc., phénomène simpliste, n’ayant rempli qu’une seule période, tout au plus avec gonflements ou retraits intermittents, selon M. David Martin, etc. J’ai deux raisons pour ne point intervenir dans le débat : la première, c’est mon incompétence en matière d’études glaciaires; la seconde, c'est, que, après tout ce que le travail des eaux souterraines m’a montré depuis seize ans, parmi toutes les régions caverneuses de l’Europe, en fait d’œuvres de polissage et striage des roches, façonnage de marmites de géants et de pierres arrondies, « uniquement dues à l’érosion mécanique et tourbil-
- les
- de
- lonnaire des courants », des doutes me sont venus sur la justesse d’interprétation de bien des manifestations données comme glaciaires; et je me demande, en profane comme glacié-risle, mais en empiriste exercé comme hydrologue, si une bonne partie des soi-disant « traces glaciaires », aujourd’hui considérées comme classiques, ne passeront pas plus tard, à travers le crible de notions et discussions ultérieures, au rang de simples incidents de la vie et du labeur des cours d’eau. Quelque jour peut-être j’aborderai, exemples en mains, l’étude de cette question particulière : pour le moment je me borne à la poser pour lui donner date.
- Revenons à la haute Durance et, en nous promenant dans la vallée de la Vachette ou en montant (par le chemin de la Batterie des Sallettes) au merveilleux belvédère de la Croix de Toulouse (1975,n à 650m au-dessus de Briançon), il nous suffira d’analyser la topographie locale pour conclure, en faisant abstraction de toute hypothèse géologique, que la Durance (on son glacier) parcourt actuellement le troisième et le plus réduit de ses exutoires.
- En effet, il est nettement inscrit sur le sol et révélé par la configuration de la vallée que le plus ancien et le plus puissant courant aqueux (liquide ou solide) de la Durance, s’est élevé jusqu’à et a passé par le seuil excavé entre
- Fig. 2. — Gorge, .de la Durance à Briançon.
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- LA NATURE.
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- le fort des Trois-Têtes et le fort du Randouillet, au point où se trouve maintenant un mur crénelé réunissant ces deux ouvrages; — ultérieurement, le
- étudient et discutent maintenant avec un soin méticuleux, interrogeant les éboulis des pentes, les dépôts des fonds, les marques laissées sur les rochers,
- courant, abaissé et rétréci, s’est contenté de se loger dans la dépression encore fort large qui sépare la ville et le château de J h-lançon du pied de la Croix de Toulouse; —' plus tard encore la Durance, opérant ce que M.
- Kilian appelle si heureusement un « surcreusement », s’est réduite au point d’avoir assez de place dans la belle cluse ou klamme où elle passe maintenant, et que je signale ici à l’attention. Ainsi nous avons là trois stades bien nets d’abaissement et, de diminution dans l'échappement hydraulique de la haute Durance.
- entre Briançon et le Mont-Genèvre : quand et comment cet échappement s’est-il produit, en eau ou en glace, voilà ce que de patients chercheurs
- Fis. 1- — Deuxième lit de la Durance.
- les accidents des falaises. Sont-ils bien certains de \0>. posséder, à l’heure actuelle, des critériums infaillibles pour leurs savantes, mais souvent contradictoires déductions? D’accord avec eux pour établir les approfondissement et réduction de l’écoulement, j’attire leur attention sur l’incertitude introduite dans les éléments de discussion par la confusion possible définie plus haut entre les traces réellement glaciaires et les effets de la pure érosion; je répète pour les glaeiéristes, que bien des formes et accidents, attribués jusqu’ici à la glace en mouvement, se retrouvent identiques et sous terre sans autre artisan possible que l’eau courante. E.-A. Martel.
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- LA NATURE.
- LE MOUVEMENT RELATIF
- ET LE MOUVEMENT ABSOLU
- Le problème du mouvement absolu préoccupe depuis longtemps nombre de bons esprits auxquels il si' présente sous deux formes distinctes : l’une est métaphysique ou simplement cinématique, c’est-à-dire géométrique 1 ; et, considéré à ce point de vue irréel et dans une large mesure arbitraire, il ne comporte aucune solution décisive, ou plutôt il les admet toutes indifféremment. Mais ce 11’est pas de cela qu’il s’agit ; c’est seulement du côté des réalités tangibles que l’on peut espérer une solution, négative ou affirmative, et en tout cas correspondant à la constitution vraie du inonde révélé par nos sens.
- Pour les peuples anciens, la solution était simple : la Terre étant immobile au centre du monde assurait un plan fixe de référence, par rapport auquel tout mouvement et tout repos pouvait être exactement défini ; alors le mouvement était absolu dans la même mesure qu’il était relatif par rapport à la surface du sol.
- La doctrine de la rotation de la Terre vint tout mettre en question. Le repère fixe se dérobait, et tout mouvement redevenait relatif, au moins à la surface de notre (ilobe. Le Soleil fut sans doute considéré pendant un temps comme immobile dans l’espace, et l’on put définir de nouveau des trajectoires que l’on considérait connue absolues. L’esprit généralisateur d’un Galilée ou d’un Descartes ne s’v trompait pas. La découverte des taches solaires et de leur mouvement ne laissait aucun doute sur la rotation de notre astre central, et, dès lors, pourquoi admettre que son centre était immobile en un point de l’espace? Tout ne devenait-il pas arbitraire, et avait-on quelque raison de chercher à définir dans l’espace un point fixe? Dans le sens absolu, ce point existe-t-il si toute matière est mobile? En dehors de toute préoccupation métaphysique, le doute pouvait être complet. Cependant, les progrès de l’astronomie de position laissaient entrevoir une solution, au moins formelle et pratique, sinon philosophique du problème. L’établissement et la révision des catalogues d’étoiles révéla une tendance générale des astres lumineux à s’éloigner d’un point du ciel, situé dans la constellation d’ilercule, l’Apex, et à se rapprocher d’un point diamétralement opposé. On en conclut très naturellement que le système solaire s’avance vers l’Apex, et que les mouvements généraux des astres sont une simple question de perspective. En affirmant le mouvement du système solaire dans le monde, on sous-entendait l’existence d’un système de coordonnées en repos, par rapport auquel ce mouvement était défini.
- Mais comment était fixé ce système de coordonnées? Apparemment par l’ensemble des étoiles considérées comme immobiles dans l’espace. Cette fiction, il est vrai, ne trompait aucun penseur. Elle constituait simplement une hypothèse mathématique commode et pratiquement suffisante, en raison de la grande distance à laquelle nous sommes des étoiles les plus proches, et de la difficulté de mesurer leur mouvement propre.
- Puis un nouveau progrès révéla la parallaxe annuelle des étoiles, et permit de mesurer la distance des plus proches; en même temps, au déplacement général éloignant les astres de l’Apex, se superposèrent de petits mouvements propres, ne laissant aucun doute sur leur réalité. L’admirable méthode de Doppler-Fizeau, donnant les déplacements des astres dans la direction du rayon visuel,
- 1 Voir, à ce sujet, une lettre de M. Poincaré, dans le Bulletin de la Société astronomique de France, n° de mai 1904.
- fit reconnaître des mouvements dans les astres si lointains que leur déplacement tangentiel ne pouvait pas être apprécié.
- Ainsi, dans le monde matériel, on ne vit plus que des mouvements relatifs, à moins qu’on ne voulût chercher une solution désespérée dans la considération du centre de gravité de toutes les matières du monde, point dont l’existence est réelle, mais dont aucune observation ni aucun calcul ne peut nous révéler la position. Mais nous savons que le monde n’est pas limité à la matière pondérable; tous les espaces sont pénétrés du milieu dont les oscillations transmettent la lumière, dans lequel se meuvent les corps matériels, qui les pénètre, et baigne chacune de leurs molécules. Hors des corps matériels, Uéther ne semble pas se mouvoir. Un tétraèdre constitué par quatre volumes éth'érés, situés en quatre régions éloignées de l’univers, semble indéformable. N’ayant pas plus de moyens de constater son mouvement que ne pensaient en avoir les anciens de déterminer le mouvement de la Terre, nous pouvons, dans un sens pratique, le considérer comme immobile, et fonder sur lui un nouveau système de coordonnées de l’espace, indépendant de toute matière, et auquel on attribuera cette qualité d’être fixe dans l’espace.
- Au sujet de cette fixité, le doute philosophique reste entier ; un philosophe et surtout un métaphysicien considérera cette attribution comme tout à fait arbitraire, et refusera la qualité d’absolus aux mouvements rapportés aux systèmes de coordonnées de l'éther. Mais considérons le problème en physiciens. S’il est vrai que l’univers rempli d’éther est unique (et nous 11’avons aucun moyen de découvrir un autre univers également limité et rempli d’éther), et s’il est vrai que les diverses portions de l’éther éloignées de toute matière forment des figures indéformables, nous ne posséderons jamais aucun moyen de constater un mouvement de l’éther libre, et nous pouvons dès maintenant, et à bon droit, nous appuyer sur l’éther pour constituer un système fixe auquel tous les mouvements sont rapportés.
- La question serait ainsi résolue en théorie. Mais, si aucun phénomène ne nous donnait la possibilité de déterminer un mouvement par rapport à l’éther, la solution resterait stérile, et autant vaudrait ne la point posséder.
- Or de nombreux phénomènes peuvent nous révéler des mouvements rapportés à l’éther. Voici l’un des plus simples : deux charges électriques de même nom se repoussent, tandis que deux courants parallèles de même sens s’attirent. Les expériences de Rowland, répétées par M. llimstedt, puis contestées par M. Crémieu, enfin définitivement confirmées par MM. Pender et Grémieu, en même temps que parM. Carpen, nous enseignent que les actions électro-dynamiques du courant sont identiques à celles d’une charge électrique en mouvement. L’action des deux charges se déplaçant parallèlement, sans mouvement relatif, est donc de sens opposé, à celui de l’action des mêmes charges au repos ; et, si la vitesse de déplacement des charges est suffisante, l’effet électro-dynamique est prépondérant. Si nous considérons l’éther comme étant en repos, nous dirons que le déplacement absolu de deux charges en repos relatif engendre l’attraction de ces deux charges.
- Dans le problème plus familier des déplacements dans l’air, nous pouvons préciser, par un calcul tout à fait élémentaire, des conditions analogues. Supposons que deux trains, marchant avec la même vitesse sur deux voies parallèles, A et B (fig. I), échangent des coups de
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- sifflet. Les ondes successives, parties du train A, ne seront pas concentriques, mais se tasseront dans le sens du mouvement. Le point I1, source des ondes, observé par le point P', paraîtra en repos. Cependant, lorsque les ondes atteindront le point P', elles auront, depuis un instant déjà, franchi la ligne du train lî. La vitesse du son, mesurée entre les deux trains en marche, sera donc nécessairement trop faillie.
- Ainsi, l’onde arrivant la première au point P', est, celle qui est partie de C, et qui a parcouru le chemin CP'. Le mécanicien du train B entendra le sifflet du train A comme s’il se trouvait en permanence de la quantité P C en arrière de son point réel d’émission. Si les trains sont vus l’un par l’autre aux endroits où ils se trouvent, c’est seulement parce que la vitesse de la lumière est pratiquement infinie, comparée aux distances des deux trains, à leur vitesse, et à la précision de nos perceptions.
- Mettons tout à l’extrême, et supposons (fig. 2) que les deux trains aient une vitesse égale à celle du son ; les ondes se tasseront sur un front commun, le rayon de chacune d’elles ira en augmentant indéfiniment, mais c’est seulement après un temps infini, alors que les premières ondes seront devenues planes, que le son parviendra au point P'. Ainsi, pour l’observation d’un phénomène aussi élémentaire, il est de première importance de considérer ic déplacement simultané de la source et de l’observateur, et, si nous pouvions considérer l’air comme immobile, de déterminer le mouvement que nous appellerions absolu de deux mobiles en repos relatif.
- Bans son célèbre « Traité d’Electricité et de Magnétisme », Maxwell démontra pour la première fois que les radiations, quelle que. soit leur nature, exercent, sur tout corps qu’elles frappent, une pression proportionnelle à la puissance de la radiation absorbée ou réfléchie ’, et inversement proportionnelle à sa vitesse de propagation. Or, en vertu du principe de l’action et de la réaction, tout corps (pii rayonne doit éprouver, de la part du milieu ambiant, une poussée régie par les mêmes lois.
- Supposons donc un corps qui, rayonnant dans tous les sens avec la même intensité, est en repos dans l’éther ; il recevra, de toutes parts, la même poussée et n’aura aucune tendance à se déplacer. Mais donnons à ce corps une certaine vitesse ; si le rayonnement reste le même dans tous les sens, la poussée doit être augmentée dans le sens du mouvement et diminuée dans le sens opposé. S’il pouvait atteindre la vitesse de la lumière, il rencontrerait constamment toute l’énergie qu’il a émise, et la vitesse de propagation delà lumière'par rapport à lui serait nulle. Conformément à la loi indiquée par Maxwell, la poussée du milieu deviendrait infinie, et une énergie infinie serait nécessaire pour déplacer le corps.
- Be telles spéculations peuvent paraître éloignées des réalités tangibles au point d’être oiseuses. Telle eût pu être l’opinion de la majorité des physiciens il y a une vingtaine d’années. Mais les progrès réalisés dans l’étude des décharges électriques dans les gaz, la merveilleuse découverte du radium et l’investigation de sa radiation, nous ont montré qu’il peut exister des par-licules de matière douées de vitesses peu éloignées de celle de la lumière. La réaction entre ces particules elle milieu ambiant cesse d’être indifférente ; et, comme cette réaction est une fonction delà vitesse absolue du mobile, cette vitesse pourra être déterminée.
- Une théorie analogue a fait son apparition tout récem-
- 1 La puissance réfléchie exerce une action double de celle de la puissance absorbée.
- ment sous une forme peut-être plus tangible encore. Dans un mémoire très remarqué, M. Max Abraham, professeur à Gcittingue, a développé des formules exprimant la valeur de l’énergie cinétique d’un corps en tenant compte de la réaction du milieu. Ces formules montrent que l’expres-
- . mv® .... , ,
- sion —— de l’énergie cinétique n est qu approchée ; c’est
- la valeur à laquelle se réduit rigoureusement l’expression complète lorsque la vitesse est infiniment faible, ou c’est l’expression pratiquement exacte pour des vitesses telles que celles de tous les corps matériels qu’il avait été donné
- Fi«\ 1. Fifr. ±
- aux physiciens d’observer avant les études dont je parle. Mais, si les vitesses deviennent considérables, les termes supérieurs de la formule prennent une importance de plus en plus grande, jusqu'à devenir prépondérants ; et, tandis que, dans les théories élémentaires, l’énergie cinétique d’un corps possédant la vitesse de la lumière est immense mais finie, dans les théories complètes, cette énergie est rigoureusement infinie, et cette vitesse ne peut pas être atteinte.
- Considérons donc un corps doué d’une énergie infinie ; nous savons que sa vitesse est celle de la lumière, égale à 500 000 km par seconde ; supposons un plan qui s’éloigne de ce corps avec une vitesse égale à cette valeur, dans le sens opposé de celui de la force qui maintient le corps en mouvement ; nous saurons que ce plan est en repos dans l’espace. Répétons, par la pensée, cette expérience dans trois directions rectangulaires, nous aurons constitué un système de plans coordonnés en repos absolu. Tout mouvement rapporté à ces trois plans ou à leurs droites d’intersection sera un mouvement absolu.
- Telle est, je crois, dans l’état actuel de la science, la limite à laquelle peuvent atteindre nos spéculations. Si, au sens propre du mot, le mouvement absolu n’existe pas, puisque nous rapportons les déplacements au système de l’éther, qui est en quelque mesure arbitraire, nous pouvons affirmer que rien de ce qui nous est connu ne possède le même degré de fixité. Le système de coordonnées est pris en dehors de tonte matière et en est complètement indépendant. Cette conception sera certainement précisée dans l’avenir, mais il n’est pas certain qu’on la dépasse jamais beaucoup en généralité.
- Cn.-Eo. Guillaume.
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- LA NATURE.
- LE TÉLÉGRAPHE ET LE TÉLÉPHONE
- AU JAPON
- Le télégraphe, qui nous apporte si rapidement les nouvelles de la lutte russo-japonaise, n’a pas nne longue histoire dans l’Empire du Soleil Levant : la première ligne date de 1869, et reliait Tokio à Yokohama. A l’origine, le publie n'employa guère cet appareil. Le réseau se développa par l’établissement des lignes Üsaka-Kobe, Tokio-Nagasaki, Tokio-Aomori, Hakodaté-Sapporo. Vinrent ensuite les lignes des îles Kionshiou et Shikokou, et tandis que le Japon entrait dans l’Union télégraphique internationale (1879), le nombre des bureaux allait croissant an Nippon; vers 1884, il n’existait plus de localité importante de l’empire non desservie parle télégraphe. Pendant la guerre de 1894-95, le Gouvernement Mikadonel sentit la nécessité d’immerger un câble entre Kagoshima et Keelung, afin de rattacher le réseau japonais à Formose qui, à son tour, ne tardait pas à être relié aux îles Pesca-dores. On confia d’abord la construction des lignes à des ingénieurs étrangers qui firent l’éducation d’un personnel technique recruté parmi les jeunes gradués sortis du « Collège des Ingénieurs », mais aujourd’hui ces travaux s’exécutent exclusivement sous la surveillance de praticiens indigènes. lien est de même actuellement pour l’immersion des câbles. Les premiers appareils installés à Tokio et à Yokohama furent les télégraphes à aiguilles de Bré-guet, puis l’administration se décida pour l’emploi des « Morse » et, afin de se passer des intermédiaires européens, elle établit une fabrique d’instruments électriques pour se les procurer à meilleur compte. De même, les isolateurs en porcelaine blanche sont achetés à des fabricants d’Arita et d’Imari, province de Hizen (Kionshiou). Quant aux poteaux, on les fait en sapin ou en hinoki (Thuya ohtusa) et, afin de retarder leur pourriture, on les injecte de sulfate de cuivre.
- D’autre part, le téléphone fonctionna d’abord entre Tokio et Y’okohama vers la fin de 1890, et, trois ans plus tard, entre Osaka et Kobé. Actuellement on peut téléphoner jusqu’à Ivioto, Fushimi et Sakai et les circuits urbains se développent sans cesse. Trois sortes d’appareils sont maintenant en
- service : le « Standard » et le « Multiple » de la « Western Electric C° » et le « Mann’s Téléphoné Switchboard », et, à l’exception du second, ils se fabriquent au Japon.
- Un peu de statistique pour terminer. Les sujets du Mikado expédient 15 à 16 millions de télégrammes, et échangent plus de 27 700 000 conversations téléphoniques par an. Jacques Boyer.
- L’AUTO-YOLANT
- La conquête de l’air par le a plus lourd », est, de l’avis de beaucoup de gens compétents, la seule solution pratique de la navigation aérienne. De nombreuses expériences, au plus haut point intéressantes, ont confirmé cette opinion et on peut prévoir que les chercheurs, de plus en plus nombreux et convaincus, finiront un jour ou l’autre par réaliser leur rêve. 11 s’organise même actuellement, sous la direction de M. Arch-deacon, une tentative d’ensemble destinée à stimuler le zèle des inventeurs. Cette initiative, prise à la suite des remarquables résultats obtenus par les Chanute, Langley, Wright, Ferber, Archdeacon, mérite d’être encouragée ; et de toutes parts surgissent de nouveaux projets nous promettant pour un avenir très proche une série d’expériences captivantes. M. Félix Faure, qui par modestie veut s’appeler M. Rémy, est, comme beaucoup d’autres, hanté par le désir d’apporter sa pierre à l’édifice naissant; c’est, de ses essais, de ses tâtonnements que nous allons parler.
- Partant de ce principe que le problème de la navigation aérienne ne peut être résolu qu’après en avoir successivement déterminé les trois phases : « élévation », « sustentation ou planement » et « propulsion », l’inventeur s’est attaché exclusivement jusqu’à ce jour à la recherche des moyens propres à permettre l’élévation. Successivement lurent essayés divers systèmes d’hélices dont les transformations améliorèrent peu à peu le rendement. Le premier appareil, conçu en 1901, comportait six hélices formant moulinet. M. Godard, l’aé-ronaute bien connu, n’hésita pas à mettre son expérience et ses ateliers à la disposition du chercheur et fit lui-même le premier essai en installant sous
- Fig. 1. — Le premier appareil auto-volant. (D'après une photographie de M. Bellieni.)
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- l’appareil un pédalier de bicyclette atiu d’évaluer l’allègement produit par la rotation des hélices. Cet allègement lut de 5 kg, puis passa à 7 kg avec 4 hélices et à 14 kg avec deux hélices seulement.
- Il n’était plus nécessaire, dès lors, de multiplier les ailes : l’expérience concluait à l’emploi de deux hélices.
- remplacer les muscles de M. Godard par un moteur à pétrole il n’y avait qu’un pas: résultat 20ks C’est alors que les hélices subirent une transformation basée sur des données scientifiques et, au mois de septembre 1902, l’appareil, pourvu de deux grandes ailes et de deux petites, parvint à soulever 50 kg ; il pesait lui-mème 72 kg. Nous arrivons ensuite au modèle actuel pourvu d’un moteur électrique faisant approximativement 9 chevaux et construit spécialement en vue des expériences à suivre, par la Société Postel-Yirnty. L’axe du moteur, placé verticalement, se termine à sa partie supérieure par deux ailes de lm,10 de rayon et ayant chacune une surface de 0mî,40. Les deux grandes ailes sont montées à l’extrémité d’un tube qui entoure l’axe sur une certaine longueur ; elles reçoivent leur mouvement par l’intermédiaire d’engrenages en aluminium enfermés dans un carter et tournent en sens contraire des premières à une vitesse moitié moindre; elles ont 0m2,60 de surface. Pour mesurer l’allègement de l’appareil en marche, on le suspend par un cftble d’acier sur deux poulies fixées à une poutre de la toiture du secteur de Lcvallois-Perret, où il se trouve en ce moment, l’extrémité libre du
- câble recevant un chapelet de poids faisant équilibre à celui de la machine. A diverses reprises, 1’ « Auto-Volant » s’est élevé à 2 mètres de hauteur déposant ainsi sur le sol 85 kg environ. La petite hélice tourne approximativement à 400 tours et la grande
- à 200 ; elles sont maintenues rigides pendant la rotation par des rubans d’acier attachés au support au lieu des filins habituels dont on avait constaté l’insuflisante solidité. Ces hélices opposent à l’air une très grande résistance ; elles provoquent un tourbillon qui ne permet pas aux curieux de s’approcher. On a constaté également, au cours de ces essais, que le battement des ailes inférieures^ n’a aucune influence sur le rendement.
- Quel est l’avenir réservé à cet appareil? 11 serait
- bien téméraire de lui prédire d’ores et déjà la conquête de l’atmosphère ; il constitue seulement un embryon d’aviateur que des études méthodiques et sérieuses parviendront à compléter en lui adjoignant ce qui lui manque : les plans de sustentation et la propulsion. Mais il est bel et bien établi que 1’ « Auto-Volant » s’enlève, voilà le premier point acquis. Et, en attendant que les conditions de planement et de propulsion aient, à leur tour, reçu une forme, il convient donc de féliciter sincèrement l’inventeur M. Faure, ainsi que M. Godard et M. Perret, ingénieurs à la Société Postel-Vinay, qui ont partagé ses travaux et semblent tout disposés à lui continuer leur précieuse collaboration. Lucîes Foursier.
- Fig. 2. — Un essai du battement aveu un moteur à pétrole, (b'aprcs une photographie de 31. Bellieui.)
- Fig. 5. — L’auto-volant au secteur électrique de Levallois. (D’après une photographie de 3t. Bellieni.)
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- LA NA T LUE.
- Explosion <l*une locomotive. — Le 1 juillet, à ll)h 50m clu matin, à la gare Saint-Lazare, à Paris, sur une voie de garage entre le tunnel des llatignolles et le pont de l’Europe, en face du bâtiment dit des messageries, la locomotive (130 a fait explosion. Cette locomotive, arrivée le matin à 7 heures à Paris, devait repartir à 2 heures ; le chauffeur et le mécanicien étaient allés déjeuner et ils revenaient lorsqu’il se produisit une formidable détonation. Des pièces de la machine ont été lancées de tous côtés et dans toutes les directions. Des immeubles de la rue de Berne, de la rue de Constantinople et de la rue de Rome ont reçu des pièces de "200 kilogrammes, et même une de 800 kilogrammes. Le foyer de la locomotive s’est divisé en plusieurs morceaux; l’un est tombé sur la voie du chemin de fer, près du pilier central du pont de l’Europe, le second a défoncé la garniture de fonte à la partie supérieure de la façade des messageries et est retombé sur des voies à l’intérieur du bâtiment, les deux morceaux suivants ont décrit une grande parabole et sont tombés dans la rue de Berne. Un a trouvé également des fragments de rails rue de Rome, et des débris de tubulures du poids de 50 kilogrammes dans la rue Clapeyron à l’angle de la rue de Turin. Les ell'etsde cette terrible explosion ont été foudroyants. On se livre en ce moment à une triple enquête pour tâcher de trouver la cause de cette explosion. On affirme qu’il y a eu deux détonations, une première suivie aussitôt d’une seconde. Il y aurait eu explosion dans le foyer avant l’explosion principale de la chaudière. Une déchirure dans le ciel du foyer aurait mis en contact le foyer avec la chaudière. L’eau aurait pénétré dans le foyer et sa vaporisation instantanée aurait agrandi la déchirure d’où vaporisation complète et seconde explosion. Ce n’est qu’une simple hypothèse. On ne saura que bien difficilement ce qui s’est passé au juste. L’explosion dans le foyer est rare. Il s’en est produit cependant. On a été jusqu’à dire que l’hydrogène carburé issu de la houille pouvait avec l’air donner un mélange explosif. D’où une première explosion déterminant une déchirure dans la paroi inférieure de la chaudière, fuite de l’eau, abaissement de la pression et ébullition rapide amenant l’explosion. Il y a toujours danger quand par manque d’alimentation en eau, le niveau du liquide s’abaisse. Toute fuite intempestive de vapeur accroît les chances d’explosion. On a vu des chaudières éclater précisément quand la vapeur s’échappait par les soupapes ou qu’on lui livrait passage à l’aide du robinet d’expulsion, et surtout quand les chaudières étaient en repos. Si les parois ont rougi et que la vapeur s’échappe, la diminution de la pression engendre la volatilisation foudroyante et l’explosion. Si l’on parvient à reconstituer le foyer et la chaudière on pourra probablement définir, en gros, la cause réelle de l’explosion de la locomotive 030. A notre sens, il y aurait eu simplement fatigue des tôles et déchirure. Les effets balistiques ont été doubles comme toujours. Projections dans toutes les directions comme après l’éclatement d’un obus, et choc en retour par le violent courant d’air résultant dans un rayon donné de l’appel vers le vide engendré sur le lieu d’explosion. Les dommages par choc en retour ont été aussi considérables. M. Léon Thomas, ingénieur des Arts et Manufactures, qui a fait une étude spéciale des grandes explosions de dynamite en 1902 au camp de Bexverloo, avait noté que le choc en retour ayant pour origine le cou-
- rant d’air aftluaut de la périphérie au centre de détonation fait éclater les portes, les fenêtres du dedans en dehors. Après l’explosion du i juillet, il s’est livré dans le quartier de l’Europe à une petite enquête de contrôle. Tous les vitrages, les morceaux de vitres sont tombés du dedans au dehors. Les panneaux des magasins ont été renverses toujours dans le même sens. L’explosion par l’appel d’air du dehors est confirmé par le fait que dans les magasins ou les appartements dont les portes étaient ouvertes, l’air aspiré ayant pu s’échapper librement, les dégâts ont été nuis. En somme, on estime déjà à.plus d’un million les dégâts occasionnés par les projections et par le choc en retour. Attendons pour conclure les résultats des expertises commencées à la fois par les ingénieurs de la Compagnie de l’Ouest, ceux du Contrôle de l’Etat et de l’ingénieur expert désigné par le Juge d’instruction.
- Chaudière aquatubulaire japonaise. — L’amiral japonais Myabara, qui est un des membres les plus distingués de la Société Japonaise des Ingénieurs de Marine, a invente une chaudière aquatubulaire réellement intéressante.. Elle comporte d’abord une série de corps cylindriques, de diamètre croissant, disposés parallèlement les uns au-dessus des autres, et formant deux rangées verticales qui constituent les parois du foyer. Ils sont réunis les uns aux autres par des tubes inclinés et cintrés, allant d’un corps de droite au corps de gauche qui est à l’étage immédiatement au-dessus. Tout le système de tubes est traversé par les flammes; la circulation de l’eau et celle de la vapeur se font ensemble et dans le même sens; les sels précipités sont entraînés par la rapidité du courant jusque dans les corps cylindriques.
- En appareil de renforcement des sons. —
- A la « soirée » annuelle de la Société Royale, AI. T. C. Porter exposait un dispositif curieux pour renforcer les sons émis par un phonographe. Celui-ci, du type, ordinaire, avait son pavillon enlevé, et l’on faisait passer sur le diaphragme un mélange de gaz d’éclairage et d’air sous faillie pression. Le. mélange gazeux était emporté par deux tubes en caoutchouc, terminés chacun par un ajutage, et les deux jets étaient disposés de manière à former un angle l’un par rapport à l’autre, et que le gaz en sortant, s’étalât en nappe. Quand le phonographe était mis en marche, on n’entendait d’abord quelles sons extrêmement faibles; mais si l’on venait à allumer le gaz aux deux becs convergents, la flamme rendait les sons parfaitement perceptibles, l’articulation était presque aussi nette qu’avec un pavillon.
- La production du coton. — Les trois quarts du cotou qui sert à alimenter les 100 millions de broches «pii existent dans le momie entier, proviennent des Élals-du sud de la Confédération américaine. Celle-ci ne possède ([lie 22 millions de broches, dont 8 millions dans les États du Sud : aussi envoie-t-elle annuellement en Europe plus de: (50 pour 100 de sa production. Les Etats du Sud produisent environ 10 500 Otifl halles de colon, dont la valeur totale peut être estimée à 2 milliards six cents millions.
- Ee fonctionnement de l'hélice. — D’après un ingénieur anglais, M. Rigg, il ne faudrait point considérer l’hélice comme agissant à la façon d’une vis dans le milieu liquide; son action serait plutôt celle d’une palette exerçant sa poussée obliquement.
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- LA NATURE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 juillet 1904. — Présidence de 51. 5Iascakt.
- Méthode nouvelle d'observation des voyons N. — M. Darboux analyse une Note de M. Mondial relative à un procédé d’observation des rayons N et de l'émanation des corps imaginé dans le but d’atténuer la difficulté que présente la reproduction des expériences sur ces rayons et sur l’émanation. Au lieu d’avoir à saisir la variation d’éclat d’un écran phosphorescent, l'opérateur n’a plus qu’à noter l’apparition d’une étroite raie lumineuse sur un fond peu éclairé. L’auteur trace avec un mélange de sulfure de calcium et de collodion une raie sur un carton et l'expose à l’action du soleil. Puis, plaçant le carton dans une chambre obscure, il fait tomber dessus un faisceau de lumière jaune orangé obtenue en faisant passer la lumière d’une lampe à gaz au travers d’une vitre colorée. La raie reçoit par ce moyen un éclairage de couleur complémentaire et apparaît dès lors sous un aspect se rapprochant du blanc. Elle prend sous cet aspect un éclat soudain lorsqu’elle est frappée par les rayons N ou par l'émanation.
- L'arsenic dans l'organisme. — M. Armand Gautier observe que l’arsenic forme partie constituante des organes et se localise dans la peau, les ongles, les cheveux, les poils, la glande thyroïde et le cerveau. Dès lors puisqu’on le perd d’une façon continue par la desquamation, la coupe des cheveux, les excréments, il y a lieu de se demander quelle est la source qui pourvoit à cette dépense d’arsenic. Cette source, M. Gautier a pensé qu’il fallait la chercher dans l'alimentation. Avec le concours de son préparateur il a donc dosé l’arsenic dans les aliments et les boissons usuels en employant la méthode de haute précision qu’il a fait connaître précédemment. Les nombres qui suivent indiquent, en millièmes de milligramme, la teneur en arsenic pour 100 grammes de matière : chair de bœuf, 0,8; de veau, 0,7; lait, 0,5; grondin, 20,8 et 7,0; maquereau, 3,5 à 2,7; langouste, 2,2; œuf et graisse jaune de langouste, 104,0; blé Victoria de terrain granitique, 0,7; même blé de terrain calcaire, 0,85; pain de Paris, 0,7; choux, 0,02; feuilles extérieures du chou, 0,00; oseille, 0,48; navels, 0,50; pommede terre, 1,12; vin de Narbonne (ayant subi le plâtrage), 0,80; vin de Bourgogne naturel, 0,27 ; bière de Maxéville, 0,01 ; eau de la Vanne et de la Seine, 0,5 ; sel gris de Vendée, 45; sel gemme de St-Nicolas, près Nancy, 14. M. A. Gautier tire de ces nombres plusieurs conséquences. D’abord la même espèce de poisson peut présenter des quantités d’arsenic très variables.il semble qu’il faille en rechercher l’origine dans la différente nourriture des spécimens sur lesquels a porté l’expérience. Si l’on part d’un tableau de consommation moyenne de denrées, on voit qu’un homme reçoit par jour 0,r“6,021 d’arsenic, soit par an 7mme,00. Cet apport suffit-il pour expliquer la permanence. de l’arsenic ? Pour répondre à la question, M. A. Gautier a entrepris de déterminer la quantité d’arsenic perdue du fait de la coupe de cheveux. En partant de données expérimentales sur la croissance des cheveux, il calcule que l’homme ne perd ainsi que 0,021 ; il y a donc excès, et cet excès est entraîné par les matières fécales. M. Berthelot demande à l’auteur s’il ne croit pas qu’il v ait élimination gazeuse sous forme d’hydrogène arsénié. M. A. Gautier répond que des malades qui consomment de l’acide cacodylique exhalent parfois, en effet, l’odeur alliacée par suite de la réduction dans l’intestin de l’acide cacodylique.
- Océanographie. — M. le prince de Monaco présente un travail de M. Thoulet sur les fonds océaniens des parages des Açores. Ge travail a été fait à la suite de l’examen des matériaux provenant des sondages pratiqués au cours des campagnes océanographiques du prince de Monaco. Gelui-ci rappelle qu’il a découvert, il y a deux ans, une grande fosse profonde de 5000 mètres au voisinage de I’île de San Miguel mesurant J11 km de long sur
- 50 de large. Le grand axe de cette fosse est parallèle à la chaîne de volcans qui forme les Açores. Une coupe verticale montre une falaise à pic de 2000 mètres. On a trouvé des bancs qui donnent une partie du contour d’un grand volcan sous-marin. M. Thoulet explique les raz de marée qui se font sentir dans une partie du golfe de Gascogne par des manifestations sous-marines de ce volcan, manifestations qu’attestent de nombreuses ruptures par fusion de câbles télégraphiques aboutissant aux Açores.
- Nourriture par aliments stérilisés. — M. Bouchard présente une Note de M. Charria relative aux effets d’une nourriture composée d’aliments stérilisés. Deux lots de lapins ont été formés et ont été tous deux nourris identiquement à l’aide de carottes préalablement stérilisées. Mais les carottes distribuées au 2e lot ont été remises en coiffait avec la terre de façon à reprendre la contamination commune. Les animaux du l" lot sont morts longtemps avant ceux du second. La mort avait lieu par entérite, provoquée non par pullulation de microbes, mais par encombrement de l’intestin de produits non digérés, il ressort de là que certains microbes, très répandus, aident à l’action digestive des ferments solubles.
- Cil. 1IE VlLLEIJEEU.
- LES AUTOMOBILES DE LA COUR DE CHINE
- Si nous en croyons les nouvelles qui nous viennent d’Allemagne, la Cour de. Chine n’a pas commandé moins de seize voitures automobiles et ces voitures mécaniques sont déjà partiellement construites, puisque nous pouvons donner, d’après notre confrère de la presse spéciale, « AUgemeine AutomobilZeitung », une vue extérieure et une vue intérieure de l’automo-
- bile destinée particulièrement à l’Empereur lui-mème.
- On doit être tout étonné d’apprendre qu’une. Cour jusqu’ici si fermée aux innovations, si hostile à la civilisation occidentale (au contraire de la Cour du Japon) s’est décidée à recourir à ces voitures des k Diables d’Occident », pour assurer le transport de la précieuse personne de l’Empereur et de ceux qui l'entourent. En réalité, il ne faudrait pas croire, à la seule annonce de cette commande de seize auto-
- mobiles, que l’on renonce à la chaise à porteur, au palanquin et aux modes de locomotion classiques dans l’Empire du Milieu. C’est plutôt comme jouets que la Cour de Pékin a voulu avoir des voitures mécaniques, de ces voitures dont elle a certainement entendu vanter la vitesse vertigineuse : c’est pour la même raison et comme amusement pour l’oisiveté et le désœuvrement de l’Empereur et de ses courtisans, que l’on avait jadis installé un chemin de fer minuscule dans les jardins du Palais d’Hiver ; c’étaient aussi des jouets que les petits bateaux à vapeur qu'on avait achetés pour les faire naviguer
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- sur les lacs du Palais d’Été, et qu’on a ensuite laissés peu à peu se rouiller et pourrir sans plus jamais les utiliser à la moindre promenade. La Cour n'avait point imaginé qu’on pùt en tirer le moindre usage pratique, pas plus que des véritables et innombrables jouets mécaniques que des commerçants européens ingénieux lui avaient lait acheter, et qui voisinaient dans les Palais avec les merveilles de l’art chinois.
- Toute une série de commissionnaires font ainsi métier de l'aire acheter par l’Empereur une l'oule d'objets dont on se lassera bien vite, et ils s’assurent la collaboration de mandarins avec lesquels ils partagent la commission sur le prix de vente. Et nous craignons bien que l’achat des seize automobiles ne soit une fantaisie suscitée de la sorte, et dont profite une maison de construction allemande. Aussi bien il n'y a guère de routes réellement praticables en Chine, en dehors des concessions étrangères dans les ports à traités, et les antiques routes qui subsistent encore, quoiqu’elles n’aient pas été entretenues depuis des siècles, sont dallées d’énormes pierres et présentent des sortes de marches d’esea-
- Fis. 1.
- Fig. 2. — Vue intérieure de la voiture automobile de l’empereur de Chine.
- sama'u; et, comme on peut le constater en examinant l'intérieur de l’automobile de l'Empereur, c’est un véhicule où la Majesté Impériale prend seule place, puisqu'il ne s’y trouve qu’un siège. Du reste ce siège est tournant, et comme la voiture est
- toute garnie de larges glaces pour laisser la vue libre de tous côtés, le Souverain peut, s'il lui sied, admirer la campagne durant ses déplacements. Tout l'intérieur de la voiture est décoré richement en peluche jaune, et le fauteuil tournant dont nous parlions est recouvert de damas jaune. L’illustre voyageur peut s’isoler derrière les rideaux qui garnissent les baies. A l’extérieur, l’automobile porte latéralement le Dragon impérial et un soleil sur fond jaune, la couleur également impériale. En somme, et qu’on nous
- pardonne la comparaison, c’est une sorte d'omnibus à une seule place, qui n’est pas particulièrement élégant.
- Pour les treize autres véhicules, destinés aux personnages de la Cour, ils sont peints en rouge cerise avec des ornemen tâtions de fleurs qui jurent quelque peu sur les flancs d’une voiture mécanique. Toutes ces voitures devront, comme
- \ ue extérieure de lu voiture automobile de 1 empereur de Chine.
- lier, des ressauts, des dénivellations qui auraient bientôt fait de briser les plus solides ressorts d’automobiles, lors même que ces véhicules ne tenteraient de « battre aucun record ».
- Quoi qu’il en soit, des seize automobiles commandées par la Cour de Chine, trois sont destinées à l’Empereur, à l'Impératrice et à l’Impératrice Douairière, la vieille souveraine qui tient tout sous
- grand voyage, parcourir les 20 kilomètres qui séparent Pékin du Palais d’Eté, et il n’est pas bien sur qu’elles franchissent souvent cette distance sans panne, étant données les voies à suivre.
- D. L.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lauuhe, rue de Fleurus, 9.
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- ar» JI'ILLKT I !H> i .
- LA NAITRE.
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- LE MONUMENT DE PASTEUR
- Ce monument, inauguré en grande pompe le 16 juillet sous la présidence de M. le Président de la République, est le résultat d’une souscription inter-
- nationale. II symbolise le tribut d’admiration et de reconnaissance du monde entier; il est élevé à la gloire du savant, à la mémoire du plus grand bien-
- l,e monument de Pasteur, place de Breteuil, à Paris.
- l’ai leur de l’humanité. C’est un fait qui pouvait étonner, mais Pasteur, par suite de circonstances diverses, n’avait pas encore de statue à Paris, dans une ville où pourtant elles sont nombreuses. Il n’existait que le monument funéraire de la rue Dulot, isolé, loin de la foule, dans la crypte de l’In-32e anni'r. — 2” semestre.
- stitut Pasteur. Et pourtant de nombreux bustes ou des statues avaient été élevés en son honneur un peu partout, à l’étranger même. Dole où naquit Pasteur, Arbois où il passa son enfance et travailla, Besançon, Lille, Alais, dont il enrichit l’industrie séricicole, Melun et Chartres, qui lui doivent la pré-
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- LA NATURE.
- servation de leurs troupeaux, sont lières de leur monument Pasteur. Les environs de Paris ont aussi leur monument. Les habitants de Marnes-la-Coquette, de \aucresson qu’il habita dans les dernières années de sa vie ont voulu rappeler que Pasteur vécut aussi parmi eux. Paris seul n’avait pas glorifié celui qui avait tant honoré la France par un monument digne et du savant et de la grande ville.
- Pasteur est mort en 1895. 11 y a quelques années on s’aperçut de l’incroyable oubli qui avait été commis. Une Commission d’amis et d’anciens collègues voulut réparer le mal. A son premier appel, les souscriptions abondèrent et, en quelques semaines, elle réunit la somme de 550000 francs. Les dons affluèrent non seulement dans notre pays, mais encore à l’Étranger ; on peut le dire les souscriptions sont venues de toutes les parties du monde, et surtout des villes où l’on s’était hâté de créer des instituts Pasteur.
- Falguière tint à honneur de doter Paris de son monument Pasteur. L’éminent architecte Girault se chargea du piédestal : tout alla vite. Falguière mourut avant d’avoir terminé son oeuvre. Deux amis de Pasteur, deux de ses collègues à l’Institut de France, M. Paul Dubois, directeur de l’École des Beaux-Arts, M. Thomas prirent la place du grand artiste. Ils achevèrent le monument et confièrent sa réalisation àM. Victor Peter, le très habile praticien. C’est ainsi que s’élève enfin aujourd’hui le monument de la place de Breteuil, en face du Dôme des Invalides sur l’emplacement historique où exista si longtemps la colonne en fonte ajourée du puits artésien de Grenelle, dans le quartier même où rayonnent les découvertes faites à l’Institut de la rue Dutot.
- Le monument Pasteur de Falguière est très beau. Sa hauteur est d’environ 7 mètres dont un peu plus de 4 mètres pour le piédestal. Pasteur est assis, et médite. C’est bien là l’expression du visage que nous lui avons connu quelquefois. Au-dessous de la statue en marbre blanc autour du piédestal deM. Girault se détachent en haut-relief des figures allégoriques groupées avec grand art. Elles rappellent'naturellement les découvertes successives de Pasteur. Sur la face antérieure du socle, on lit simplement : Pasteur 1822-1895. En dessous une indication : Ce monument est dà à une souscription internationale. Sur cette même face se dresse une figure de femme, T Humanité implorant, pour l’enfant qu’elle tient dans ses mains appuyé contre sa poitrine, le secours de celui qui sait sauver d’une mort rapide et impitoyable. Sur les trois autres faces, scènes champêtres très heureusement choisies pour rappeler encore les découvertes du savant. L’ensemble du monument est d’un heureux effet et quand les voiles qui le recouvraient tombèrent, les applaudissements éclatèrent de toutes parts.
- On connaît déjà tous les détails de la cérémonie. Le Président de la République, tous les ministres, tout le corps diplomatique* sénateurs, députés, académiciens, le Président du Conseil municipal, etc.,
- avaient tenu par leur présence à rendre un nouvel hommage à la mémoire de l'illustre savant. De toutes les capitales, des délégués s’étaient rendus à Paris. M. Lister, ami de Pasteur, s’était excusé de ne pouvoir assister à l’inauguration. Les télégrammes de souvenirs émus sont arrivés par centaines. Mais nous avons reconnu parmi la foule des illustrations de toute nationalité: M. Behring, l’éminent bactériologiste allemand ; M. Errera de l’Université de Bruxelles; M. Percy Frankland, de l’Université de Birmingham; le docteur Lydtin," qui a apporté une couronne au nom des sociétés et des congrès vétérinaires d’Allemagne, etc. Ils étaient trop pour que l’on puisse tous les citer. Cette cérémonie, bien qu’avant tout parisienne, avait revêtu cependant un caractère international. Le monument est pour Paris, mais encore une fois il est dû au monde entier. Dans une tribune, au premier rang, Mme Loubet était assise près de M“e Pasteur, accompagnée de son fils M. Pasteur, de sa fille et de son gendre, M. etMme Yal-lery-Radot.
- M. W allon, président du comité de souscription et du Conseil de l’Institut Pasteur, a commencé la série des discours en remettant le monument à la Ville de Paris, « ce monument, a-t-il dit, produit d’une souscription internationale, glorieusement fait des plus humbles offrandes comme des dons les plus éclatants. Il symbolise non plus la lutte, mais la victoire contre la maladie et la mort ». M. W7allon a remercié la Ville de Paris d’avoir voulu que « cet admirable monument de Pasteur, dernière œuvre de Falguière, s’élevât au milieu d’une vaste place, en face du plus beau, du plus noble monument de l'architecture moderne dans la capitale, le dôme des Invalides. »
- Puis ont pris successivement la parole le président du Conseil municipal M. Desplas, le préfet de la Seine M. de Selves, le ministre de l’Instruction publique M. Chaumié, le secrétaire perpétuel de l’Académie française M. Gaston Boissier, le président de l’Académie des sciences M. Mascart; puis encore, au nom de l’Académie de médecine, M. Chanlemesse, au nom de l’École normale son directeur, M. Georges Perrot, au nom des Sociétés d’Agriculture M. Louis Passy et M. Errera,de Bruxelles; enfin M. le professeur Grancher, vice-président du Conseil de l’Institut Pasteur. Tous ces discours sont remarquables à différents titres; quelques-uns sont des chefs-d’œuvre de finesse et de pénétrante analyse ; tous ont encore augmenté nos connaissances sur la vie de Pasteur. 11 serait à regretter qu’ils aient le sort des feuilles volantes. Nous espérons bien qu’on les réunira en une plaquette qui contribuera encore à affirmer devant les savants de l’avenir l’inaltérable gloire de Pasteur.
- Ironie des choses 1 À cette solennité grandiose, il n’a manqué qu’un homme, Émile Duclaux, l’élève, l’ami, le successeur de Pasteur! Mort quelques mois trop tôt pour assister à celte apothéose. Malgré tout on le cherchait des yeux. Il est pieusement resté dans les cœurs. Hemii de Parmi,le.
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- LE COMMERCE DES FOURRURES EN SIBÉRIE
- La vogue dont jouissent les fourrures depuis quelque vingt ans a donné une importance sans cesse grandissante au commerce de cet article de parure. Pour subvenir aux demandes de la mode, dans tous les pays du monde tous les animaux qui portent une toison quelconque sont impitoyablement traqués : la zibeline comme le lapin, le renard bleu comme le chat. C’est que, grâce à de savants apprêts, les dépouilles des plus humbles animaux prennent l’aspect des plus nobles fourrures. La peau de chat peut être transformée en zibeline ; il est certain que la chasse n’a point produit l’énorme stock de peaux vendues sous cette dénomination depuis plusieurs années.
- Le commerce de gros des fourrures est limité à quelques places. Londres est de beaucoup le principal marché pour ces transactions. Vers la métropole anglaise convergent, pour ainsi dire, les pelleteries du monde entier où elles sont mises en adjudication tous les trois mois. A Copenhague, l’administration du Grônland vend aux enchères publiques' le produit de ce pays, produit peu important comme nombre, mais remarquable par la qualité de ses renards. Enfin à la foire d’Irbit, en Sibérie, sont concentrées les peaux fournies par les peuplades du Nord et du Nord-Est de l’Asie. De tous temps les indigènes disséminés dans les régions septentrionales et orientales de la Sibérie ont eu pour principale industrie la chasse aux animaux à fourrure et la pêche. Si le poisson constitue la plus grande part de leur alimentation, les pelleteries donnent à ces nomades le moyen de payer leurs impôts et de se procurer les denrées et les objets manufacturais dont ils ont besoin. Au Kamtchatka, tout individu mâle âgé de 21 ans doit une taxe de 15 roubles (40 fr.) qu’il acquitte en fourrures. Par les soins du fisc les pelleteries reçues en paiement des impôts sont vendues aux enchères à Vladivostock ; si les prix obtenus dépassent le montant des taxes, le surplus est rendu aux intéressés. Le reste du produit de leur chasse les indigènes le cèdent à des traitants. Au Kamtchatka ce commerce se fait encore en grande partie par troc ; seulement, depuis deux ans, dans le sud de cette région, les chasseurs,reconnaissant, un peu tard, les tromperies dont ils étaient victimes dans ces échanges, ont pris l'habitude de se faire payer en argent et d’acheter eux-mèmes les denrées nécessaires à leur vie. Mais les marchands n’en réussissent pas moins à acheter à fort bon compte. Avec quelques bouteilles d’eau-de-vie, ils obtiennent sans difficulté les plus belles fourrures, et, en faisant des avances aux chasseurs, s’assurent la meilleure part de leur butin à des prix qu’ils fixent pour ainsi dire eux-mêmes. Le commerce des fourrures est la plus honteuse exploitation à laquelle se livre l’homme prétendu civilisé à l’égard des populations primitives. Une peau qui dans nos pays vaut des centaines de fraücs, le traitant ne la paie au Kamtchatka que quelques francs. L’hermine, par exemple, est cotée seulement 40 copecks (1 franc environ), le lièvre blanc, 5 copecks (13 cent.); le petit-gris, 28 copecks (75 centimes); l’ours monte à 10 roubles (20 fr.) ; le renard bleu à 15 roubles (40 fr.). Les belles pelleteries atteignent un très haut prix; la rarissime loutre de mer est payée de 1550 à 2550 francs1.
- Toutes les peaux qu’ils ont acquises, les traitants les expédient ensuite à la foire d’Irbit qui se tient en plein hiver dans la Sibérie occidentale. Cette foire est le grand marché des fourrures de l’Asie septentrionale où viennent s’approvisionner les maisons d’Europe. La plus grosse part
- 1 « Board uf Trafic Journal ».
- du produit de la chasse dans les immenses espaces de la Sibérie se trouve concentré dans cette place. La statistique des stocks apportés à Irbit en 1904, dressée par M. Vieillet-Dupêche, consul général de France à Moscou, enregistre des chiffres absolument fantastiques: 35 000 zibelines, dont le dixième seulement de belle qualité ;
- 4 850 000 petits-gris, 150 000 hermines, 100 000 martres, 47 500 renards, 200 000 marmottes de Mongolie, 750 000 lièvres, 180 000 putois, 5000 loutres.
- A la foire de 1904, les belles zibelines ont été payées 442 fr., celles de qualité inférieure de 47 à 57 fr., les petits gris de premier choix de 0fr,83 à 0fr,91, les hermines de 7[r,28 à fitr,24, les martres de 2fr,08 à 2fr,54. Les renards ont atteint des prix plus élevés; le blanc a varié de 11 fr. à 18fr,50 et le bleu de 205 à 580 fr. C’est à ce taux que les grosses maisons d’Europe achètent les peaux de Sibérie. Nous sommes loin, et fort loin des prix des fourreurs parisiens. Les apprêts auxquels sont soumises les peaux, avant de passer sur notre dos, demandent des soins particuliers et des ouvriers très habiles, sans exiger l’emploi de matières très précieuses. 11 y en a une notamment qui n’est ni rare, ni ragoûtante.
- Les très belles fourrures, les loutres de mer, les zibelines de premier choix, les renards argentés, sont toujours payées fort cher, ayant par elles-mêmes une très grosse valeur. Les prix des pelleteries communes subissent, au contraire, des fluctuations énormes, résultat des variations de la mode. Tous les trois ou quatre ans les fourreurs « lancent )) une nouvelle « création » ; aussitôt cette fourrure subit une hausse considérable, 100 pour 100 et même davantage, tandis que la pelleterie précédemment recherchée éprouve une baisse. Tout récemment la zibeline étant à la mode, les peaux communes de celle espèce atteignirent des prix fantastiques; la vogue s’étant arrêtée, cette année-ci, à la foire d’Irbit, une baisse de 25 à 30 pour 100 s’est produite sur cet article. Le petit-gris, également délaissé, a subi la même dépréciation. En revanche, l’hermine monte toujours. Il y a une quinzaine d’années les Ostiaks des bords de l’Obi m’offraient de superbes peaux de ce petit mammifère pour 25 copecks, environ 60 centimes. A la foire d’Irbit, en 1904, elles ont atteint les prix de 7,r,20 à 6,r,20, pièce; la qualité inférieure 5fr,20.
- Au point de vue zoologique, ces variations de la mode sont très utiles. Elles donnent un peu de répit aux espèces qui ont été traquées pendant plusieurs années et leur permettent de se reconstituer. Quoi qu’il en soit, certains districts de la Sibérie ont déjà été dépeuplés et les belles fourrures sont devenues rares. Cette diminution n’a aucune importance pour le consommateur, en raison des progrès des apprêts. Le chat, le lapin, le lièvre blanc, constituent des réserves inépuisables pour fabriquer tous les genres imaginés par la mode et déjà ils sont mis à contribution. Cette année 750 000 peaux de lièvres blancs ont passé sur le marché d’Irbit. Que fait-on de ces rongeurs? Les catalogues ne font mention, ni d’étoles, ni de tours de cou en peau de lièvre. Ne seraient-ils pas transformés en hermines ? Il est certain que la plupart des fourrures vendues sous ce nom à Paris et à l’étranger, l’an dernier, possédaient un blanc crayeux que l’on ne remarque pas chez la véritable hermine, et, d’autre part, subissaient une usure rapide, alors que les exemplaires authentiques sont très résistants. Le truquage des peaux, que les fourreurs cachent, du reste, soigneusement, pour des raisons faciles à deviner, constituerait un chapitre fort curieux de zoologie amusante. Charles Rabot.
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- LÀ CUVE D’ÉQUILIBRE DE LÀ VILLETTE À PÀRIS
- On a entendu parler, en son temps, dn programme de mise en fonctionnement à Paris, du « Tout à l'égout », programme dont l’exécution se poursuit. Pour satisfaire aux nombreuses demandes d’eau destinée à ce service, qui en exige énormément, les ingénieurs de la Ville de Paris ont dù élaborer tout un plan de campagne technique de modification dans ses conduites de l’eau de rivière, laquelle doit pouvoir être distribuée à tous les étages des maisons à coté de l’eau de source que la grande agglomération parisienne est obligée de ménager.
- D’autre part, c’est le canal de l’Ourcq, le bon vieux canal de l’Ourcq, qui fournit, en grande partie,
- « l’eau brute » consommée à Paris. Cette eau, de qualité inférieure, est tout à fait indiquée pour le nettoyage des étables d’Augias que réalise la grande agglomération parisienne.
- Mais, le « plan d’eau » du canal de l’Ourcq se trouve trop bas pour alimenter les constructions qui se sont érigées dans les hauts quartiers du Paris moderne. Dans ces conditions, l’Administration de la Ville a décidé de supprimer un ancien aqueduc à écoulement libre qui formait comme un prolongement du bassin de La Villette, et de le remplacer par une conduite d’eau forcée, c'est-à-dire sous pression, permettant la distribution de l’eau de rivière jusque dans les combles des maisons à loyers. C’est pour cela que fut créée l’usine élévaloire de La Villette.
- Ln outre, le bassin de La Villette offrant une réserve d’eau toujours suffisante, il fut décidé que le refoulement aurait lieu directement sur les conduites, sans interposition de réservoir d’emmagasi-nement. Mais, cette disposition imposait l’obligation technique de prévoir une sorte de « soupape de sûreté » pour le cas où, les machines élévatoires ’ étant en marche, les conduites seraient fermées
- brusquement. Ce résultat ne pouvait être obtenu pratiquement qu’en refoulant l’excès d’eau amené par les pompes dans un réservoir surélevé, lequel la débiterait à nouveau dès que la consommation se rétablirait.
- Il fut décidé dans ce but de construire une cuve, dite « cuve d’équilibre », destinée à parer aux écarts de pression provenant, ou à provenir, des variations inévitables entre la consommation des conduites et le
- débit productif des pompes.
- La solution du problème était donc nette pour les Ingénieurs. Mais, à La Villette, une difficulté nouvelle venait s’ajouter aux autres. En effet, le support possible de cette cuve d’équilibre faisait complètement défaut dans le territoire de l’usine élévatoire. 11 fallait le créer de toutes pièces ; e t comme l’entrepreneur adjudicataire des travaux devait demeurer complètement responsable de son œuvre, on préféra, au lieu d’en déterminer préalablement les détails, mettre au concours la construction de la cuve d’eau et de son pylône. Tous les systèmes furent admis en principe à ce concours et la plus grande liberté fut laissée aux concurrents quant au choix des matériaux. Plusieurs projets furent présentés. C’est le système du « ciment armé », proposé par MM. II. Chanin et fils qui a été finalement adopté, et ce choix s’explique, car il comporte de fort intéressantes particularités. Voici en quoi il consiste. Aux huit sommets d’un grand octogone inscrit dans un cercle de 8m,62 de diamètre, s'élèvent autant de piliers de 19m,85 de hauteur. Ces piliers supportent une cuve de 6ra,90 de hauteur et de 12 mètres de diamètre, posée en encorbellement sur le pylône, et dont le « plan d’eau »,à2o mètres au-dessus du sol, assure une réserve de plus de cinq cents mètres cubes. Une série d’entretoises donne au système une stabilité
- Fig. I. — Montage des huit piliers destinés à constituer le pylône supportant la cuve.
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- complète même en supposant les plus grands efforts de tempête de la région. Au point de vue architectural, un « habillage » en béton moulé donne à la construction un aspect satisfaisant ; un escalier permet d’accéder facilement aux diverses parties de l’édifice.
- Venons maintenant à la description technique de ce « chateau d’eau » de forme spéciale.
- La cuve a été calculée de telle façon que la partie centrale du radier convexe et la charge d’eau au-dessus de cette sorte de coupole se trouve équilibrée sur les piliers par l’encorbellement, l’eau contenue dans cet encorbellement, et le poids de la paroi. M. Koektin, ingénieur, avait précédemment indiqué ce mode de calcul pour des réservoirs en tôle et
- quelques constructeurs s’en s'ont servis pour exécuter de petits réservoirs en ciment armé. Mais l’application de cette méthode à un grand réservoir comme la cuve d’équilibre de La Yillette constitue une véritable innovation. Sans entrer dans les formules mêmes, disons que les ceintures en fer méplat du réservoir sont calculées pour résister, à elles seules, à la traction que produit la pression de l’eau sur la paroi et que cet effort de traction est, dans tous les cas, inférieur à 10 kg par millimètre carré de section. Le travail propre du ciment vient ajouter encore à la résistance, mais on ne le fait pas entrer en ligne de compte dans le calcul.
- Le travail du béton h la compression, suivant son épaisseur dans les diverses parties, varie de 2k&,8 à
- Fig. 2. — L’ossalure métallique de la cuve avant son revêtement eu ciment.
- Fig. 3. — Montage en encorbellement de la cuve sur le pylône en béton armé.
- 8 kg par centimètre carré. Or, les spécialistes de la pratique du béton admettent volontiers que l’on peut le faire travailler à 50 kg par centimètre carré. La marge, au cas particulier que nous étudions, est donc considérable.
- La tête des piliers recevant la cuve est réunie par un ceinturage consistant en une poutre circulaire continue encastrée au droit des piliers. Elle supporte un poids total de 729 700 kg, lorsque le réservoir est en charge, soit 155 700 kg de poids mort et 596 000 kg de poids d’eau. Cette ceinture est armée de deux armatures symétriques longitudinales travaillant à 12 kg par millimètre carré, et d’armatures secondaires reliant les principales : ces dernières travaillent au cisaillement à raison de 10 kg par millimètre carré, et, comme précédemment, il n’est pas tenu compte dans le calcul de la résistance
- supplémentaire que fournil l’adjonction du béton.
- Le pylône est, comme nous l’avons dit, constitué par huit grands poteaux ; il a été calculé pour résister à une pression de vent de 270 kg par mètre carré, quelle que soit, d’ailleurs, la hauteur d’eau dans la cuve. L’effort total du vent sur l’ouvrage, dans cette hypothèse, est de 56 550 kg, donnant un « moment de renversement » de 599 700 kg, et un effort de 54951 kg dans les piliers extrêmes. Le «moment de stabilité », traction ou compression, est de I 520 000 kg. Le poids à la base d’un pilier étant de 45 600 kg lorsque le réservoir est vide, la résultante des efforts passe toujours par le noyau central quelle que soit l’action du vent, même dans l’hypothèse maxima que nous avons indiquée.
- Finalement, chaque pilier supporte une compression totale maxima de 155 150 kg. Les fondations
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- sont constituées par un plateau en maçonnerie reposant sur des pieux battus à refus : l’ouvrage en ciment armé est simplement posé sur ces fondations par l’intermédiaire de semelles qui répartissent la pression à raison de 4k«,7 par centimètre carré.
- Les moyens d’exécution proprement dits sont à signaler. Contrairement aux usages habituels, MM. Chassin ont établi tout le squelette métallique de l’ouvrage non pas en fers ronds, mais en fers profilés et assemblés. Les fers occupent ainsi, avec une exactitude mathématique, la place qui leur a été assignée dans les dessins du projet, et aucun mécompte n’est à craindre. Pour le levage et la mise en place, une grue fut équipée sur le pilier central en charpente, et les piliers, assemblés par terre, furent élevés d’un seul coup. Le montage de la cuve, composée uniquement de petits fers, n’exigea pas l’intervention de la grue : ce fut un simple travail de grosse serrurerie.
- Au point de vue des matériaux annexes, l’ouvrage tout entier a été moulé en béton de gravier de Seine et ciment de portland de Frangey (Yonne). A cet effet les diverses parties de l’ossature étaient enveloppées de caisses ferrées ayant intérieurement les dimensions des pièces à obtenir, y compris les saillies décoratives. On y tassait le béton au dosage d’environ 450 kg par mètre cube. La canalisation même du pylône est en ciment armé, composée de gros tuyaux de 800 millimètres de diamètre en ciment sur une âme en tôle mince.
- Assurément, la cuve d’équilibre de La Villette est un des spécimens actuels les plus satisfaisants de l’emploi, qui tend à se généraliser, du ciment armé.
- Max de Nansouty.
- LE « TRA.NS-ÂTLÂNTIC AMERICAN »
- La télégraphie sans fil a donné lieu depuis quelque temps à une curieuse application. Comme les paquebots reçoivent souvent des télégrammes en cours de route, on a songé à en faire profiter les passagers. Et l’on a créé à bord le journal des dernières nouvelles- Nous en avons déjà donné un exemple1.
- Le « Trans-Atlantic* American » dont nous reproduisons ici la première page (et il en a quatre) est un de ces journaux. Il paraît, en effet, en plein Océan, à bord des paquebots de l’American Line.
- Le numéro dont nous donnons aujourd’hui la photographie fut imprimé alors que le « Philadelphia », un des steamers de cette Compagnie, se trouvait à 827 km au large de Plymouth, port sur lequel il se dirigeait venant de New-York.
- Les nouvelles que lui transmettait la télégraphie sans fil étaient des plus intéressantes : le désastre de Yafangho, l’heureux retour de l’escadre de Yladivostock, la convention républicaine de Chicago, etc., etc.
- Le « Trans-Atlantic American » paraît depuis un an environ, et ce sur tous les paquebots de l’American Line, service de New-York.
- Le premier Wireless Paper fut le « Transatlantic Times ». 11 vit le jour en novembre 1899 sur un des steamers de la même compagnie. Celle-ci fut aussi la
- 1 Voy. n° 1538 du 4 avril 1905, p. 286.
- première à installer la télégraphie sans fil à bord de paquebots. Malgré son succès, la publication du « Transatlantic Times » ne fut pas continuée.
- La manchette du journal reproduit ici représente un
- LATEST
- MARCONIGRAMS
- — O —
- (Rrcters, Via Lizards.)
- 9.10 a.m, June 25th, 1904.
- RUSSO-JAPANESE WA R
- Defeat of thc Russian force eent to the relief of Port Arthur almost amounted to a rout, Russian casual-itics are ten thousand, Japanese losacs nine hundred. Japanese now advancihg in gr eat strength front the South and East towards Russian positions. Japanese pursuing Vladi-vogtock Squadron which recently sank Japanese Transports, but Squadruu escaped.
- —;o;—
- SarmBwortb made a Baronet-
- The Kiag haa conferred a baron-itcy upon Alfred Ilarmsworth.
- The Repuhlioaa OonYention at Chicago.
- The Republican Convention at Chicago unanimously nomioated Rooîsvelt for President, Fairbanks, for Vice-president amid scenea of wildest enthusiasm, platform déclarés protection eue of the cardinal principal? of tbe part/, favonr Réciprocité where consistent with protection also création of a powerful Navy, building np of Merchant Marine, and limited Trust leglisntion. Root, addreseing the Convention disclosed that it iras thc Kaiser who appeated to tbe United States to take the lead in limiting war in Far East and preventing disruption of China.
- WALL STREET.
- Stocks dull, but undertone firm, Cotton fluctuating latest priées lower.
- TRADUCTION
- DERNIERS AI A R CONIGR AMM ES.
- (Reoter Via Lizard.)
- 9.10 matin, 25 juin 1904.
- GUERRE RUSSO-JAPONAISE.
- Défaite des forces Russes envoyées au secours de Port-Arthur, prenant presque l’importance d’une déroute. Les pertes des Russes sont de 10 000 hommes, les pertes des Japonais de 900. Les Japonais avancent maintenant en grandes forces du sud et de l’est vers les positions des Russes. Les Japonais poursuivent l’escadre de Yladivostock qui a coulé récemment des transports Japonais, mais l’escadre a échappé.
- ALFRED HARA1SWURTH NOMMÉ BARONET.
- Le Roi vient de conférer le titre de baronet à Alfred Harms-vvorth.
- LA CONVENTION REPUBLICAINE A CHICAGO.
- Au milieu d’un indescriptible enthousiasme, la Convention républicaine à Chicago a nommé à l’unanimité Roosevelt comme candidat à la Présidence, Fairbanks comme candidat à la A7ice-Prési-denee. La Plateforme Républicaine est la suivante : la protection est une des bases du parti, application de la réciprocité quand elle peut coexister avec la protection ; création d’une puissante marine de guerre* construction d’une marine marchande ; législation limitant l’action des trusts. Root, s’adressant à la Convention, fait remarquer que c’est l’empereur d’Allemagne qui a fait appel aux Etats-Unis pour prendre la tète d’un mouvement en vue de la limitation de la guerre pour prévenir une rupture de la part de la Chine.
- WALL STREET.
- Les valeurs sont faibles, mais la baisse est assez ferme. Le coton subit des fluctuations, les dernières cotes sont plus basses.
- des steamers de la ligne et une station Transocéanienne de télégraphie sans fil. Joseph Rousseaux.
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- LA NAITRE.
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- LE PIC GERBATS
- A l’extrémité de la crête de Serre-Mourène, qui forme la branche orientale du fer à cheval du vaste amphithéâtre de Troumouse, se dresse une sorte de rocher tronqué qui, avec son air de tour en ruine, rappelle volontiers le Casque de Marboré, voisin de la Brèche de Roland et bien connu de tous les visiteurs de Gavarnie. Ce mole couronne une falaise de marbre blanc bizarrement chaperonnée d’un liséré de schiste; il ne semble pas d’un accès facile. Longtemps, du reste, il passa pour invaincu; Charles l'acke, qui s’occupa le premier un peu sérieusement de la Muni», n’hésite pas à ie signeW dans son Guide comme un roc défiant toute escalade, « a inaccessible rock ». Cette cime est le pic Gerbats (et non de Gerbats), qui fait pendant, de l’autre coté du cirque, aux bastions du Port de la Canaou, vis-à-vis desquels elle se dresse, et qui compte au nombre des signes particuliers qui distinguent et singularisent la région de Gèdre.
- Quel que soit l’endroit d’où on l’envisage, le pic Gerbats ne perd rien de sa curieuse silhouette. Vous le reconnaissez fort bien des pâturages de Coumély. De la pêne de Cot, point de vue du cirque de Troumouse, sa configuration se dessine également à merveille, mais elle est encore plus typique au passage de la hourquette de Héas. On se trouve alors assez près de lui. Tourné vers la Géla dans les abîmes de laquelle il semble guetter une proie, il a quelque chose de ces roches figuratives qui s’efforcent d’imiter un lion accroupi. Sa masse occulte la Munia et se profile au-dessus du talus d'éboulis qui lui sert de piédestal; elle se découpe en bandes parfaitement horizontales. Tous ces divers aspects pâlissent devant celui que l’on voit au fond du cirque de la Gélâ, dont le pic Gerbats orne, comme un cimier belliqueux, le rempart régulier et formidable : l’esprit en garde le souvenir, à jamais.
- Le pic Gerbats est situé au point où la crête de la Sède, qui court du pic de Lieusaoube (2852 mètres) au pic Gerbats, se soude à la crête de Serre-Mourène. La carte d’riat-major nomme improprement « crête de Gerbats » l'arête comprise entre le pic de la Géla et le pic de Troumouse, car le Gerbats ne repose aucunement sur cette crête ; il se contente d’y toucher, assis sur celle de la Sède et dans le même sens qu’elle. Au surplus, du pic de la Géla au pic Gerbats, on a affaire à la crête de la Géla, laquelle est suivie immédiatement par celle de Serre-Mourène, qui s’étend du pic Gerbats à la Munia. Cet ensemble, considéré du vallon de la Géla, pourrait à la rigueur s’intituler crête de la Géla; mais il convient d’éviter cette appellation qui amènerait une confusion trop fréquente, hélas ! dans les pays de montagnes où les pics se dénomment différemment et selon le versant qu’ils dominent. Le pic Gerbats en fut lui-même victime un moment. Ramond l’appelle « Tour des Aiguillons », Chausenque aussi. Remarquons de suite que le pic Gerbats a la forme d’une tour et qu’il
- occupe l’angle sud-est du pâturage des Aiguillons, lequel est compris entre les crêtes de la Sède, de la Géla et ù.'s Aiguillons, et ajoutons que le pic de la Géla, charge ^e marquer l’angle opposite, s’appelait pour la même rJson pic des Aiguillons, le vrai pic des Aiguillons étant désigné sous le titre de Soum des Salettes, imbroglio .gte j’ai débrouillé et remis au point ailleurs.
- En patois, Gerbats se prononce « ïerbat-se » et veut dire « herbeux ». Ce pic, véritable donjon do roche nue, aurait-il été nommé ainsi par antiphrase? Cela est peu probable, et tout porte à croire qu’il doit plutôt son nom à sa situation entre les deux riches et verdoyants herbages des Aiguillons et do i nm„.MX pouvant facilement passer de l'un dans l’autre grâce au col déprimé à ses pieds. Nos officiers géodésiens donnèrent les premiers au pic Gerbats son appellation véritable. Le-queutre l’escalada en 1869 après avoir conquis la Munia par la voie de Serre-Mourène. La façon dont il opéra est écrite en deux lignes dans une lettre au comte Russell. « Il lui avait semblé distinguer sur le flanc nord du pic un passage faisant face au col de Gèdre », c’est-à-dire au col de la Sède, dont le nom fut écorché derechef par le Guide-Joanne, qui éeri'f col de la Cèdre.
- Le lecteur s’imaginera peut-être que la crête de la Sède doit son appellation à sa façon d’être assise (sedis, en latin) entre des pâturages excellents. A Tarbes existe une cathédrale de la Sède, c’est-à-dire du « Siège ». « Cède », comme on l’a quelque part orthographié, ne fournirait aucune explication acceptable, le terme patois rcèdo » se traduisant par « soie » ou signiliant encore une sorte de ver, un nématode particulier aux eaux stagnantes. Le guide manchot de Héas, François Lavignolle, dit Pa-neilles, me mit sur la voie de l'étymologie exacte. La « sèdo » est le sas ou tamis à l’aide duquel on passe la farine; or, les pentes couleur de craie de la Sède ont absolument l’aspect de la tpile quadrillée du sas, l’herbe y poussant selon les lignes entre-croisées des tranches et des couches. De même, les cirques tirent leur nom d’ « ouïes » de leur ressemblance avec le creux d’une marmite, autre ustensile de ménage. On voit à quelles recherches on est parfois amené pour fixer l’orthographe de certains noms de lieux.
- Au nord du col de la Sède, le pic de la Géla se montre sous l’aspect d’un modeste tertre caillouteux. Vers Troumouse, par contre, tout tombe de suite à pic ; il y a là comme une falaise normande qui se poursuit en tournant sous les schistes de Serre-Mourène. Le pic Gerbats se déforme en dent pointue. On marche directement à lui jusqu’à ce qu’il se dresse, pareil à un éperon de cuirassé. Obligation de prendre à droite ou à gauche. De ce dernier côté, en utilisant le faîte des pentes d’éboulis, on avance rapidement et sans peine, mais au moment de doubler le fronton du pic, la corniche se trouve coupée au ras de la fortification verticale du cirque de la
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- LA N A TU RK.
- Gela que le Gerbats couronne, comme il a été déjà dit. Le bon chemin est donc à droite. 11 faut gagner la brèche du Gerbats en descendant d’abord avec précaution, puis en filant à liane d’abime sous les escarpements du pic et par les parois du cirque de Troumouse. Tel est l’endroit .que l’on a appelé le « mauvais pas » du Gerbats.
- Ce passage a invariablement impressionné tous ceux qui l’ont franchi. Les officiers Peytier et Hos-sard, dans leur rapport cité par M. Béraldi, racontent que, d’un bout à l’autre, le porteur du cercle dut marcher pieds nus, attaché et soutenu par deux autres hommes, afin d’éviter de dégringoler avec l'instrument. « A very mauvais pas », constate
- Packe, « vhere a slip would be certain death ». Un fort mauvais pas où une glissade serait une mort certaine. Russell avoue n’en connaître guère de plus dangereux dans les Pyrénées. Quant à Lequeulre, il prend la peine de préciser davantage. « On contourne l’intérieur du cirque sur des anfractuosités de rochers ayant de trois à quatre doigts de largeur, quelquefois un peu plus, rarement moins. A gauche, au-dessus de nous, des escarpements verticaux; à droite, un abîme de 900 à 1200 mètres de profondeur. La moindre glissade serait mortelle. « Les guides, généralement, commencent trop bas cette marche de liane; le seul Paget-Cantou, de Héas, connaît admirablement le lieu. « Il y a deux mauvaises collines »,
- Fig. 1. — Le
- m’a-t-il expliqué dans son langage, « j'en laisse une ». De fait, le comte de Monts m’a déclaré avoir trouvé la passade du Gerbats bien moins effrayante avec Cantou qu’avec ceux qui la lui avaient fait une première fois traverser. Le plus dangereux, à mon avis, c’est la descente préalable dans le vide, la roche pourrie cédant par places et manquant d’aspérités. Sauf par-ci par-là, le reste, à la rigueur, peut aller ; ma corde demeura au fond d’un sac. On suit la rencontre du schiste et du marbre; deux plates-formes herbeuses permettent de se reposer. La falaise du Gerbats, rougeâtre et toute en lambeaux, a autant d’élan que de difformité. Des bosses surplombent; une immense carie émiette tout. On finit par se hisser sur des graviers, puis sur des banquettes; une pente de débris ardoisiers amène
- pic Gerbals.
- ensuite sur la brèche du Gerbats dont la crête largement aplanie fait plaisir à rencontrer.
- Dans la Géla, le précipice s’effondre vertigineusement, mais on n’y pense pas d’abord. Les yeux n’existent plus que pour le môle sommital du pic Gerbats. Sur les crêtes des alentours, aucun roc, comme forme, comme teinte, comme structure, comme maintien, ne le surpasse : il émerveille, il est poignant. On dirait le buste d’un mont sculpté à grands coups d’ébauchoir pour orner le palais des nues. Le temps a magnifiquement tiré parti du bloc mis entre scs mains créatrices. Aux phénomènes qui président à la lente destruction de la pierre s’est ajoutée la collaboration des éléments. La goutte d’eau gélive et corrosive a donné la réplique au coup de foudre exterminateur. Campé avec élégance, ses
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- L'A N A TI'IU:.
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- épaules trapues drapées dans un manteau bariolé de trates, le sommet se dédouble; on dirait presque le corps défiguré d’un sphinx; la croupe se hausse derrière le crâne en ruine. Des pentes d’éboulis adoucissent la rudesse des escarpements ; une grande gerçure tombe perpendiculairement dans l'abîme; un pan de mur se disloque à gauche ; d’heureuses touches d’ombre achèvent de prêter un charme à cette tour, semblable à une dolomite égarée loin des brouillards du Tyrol et toute vibrante de la joie de pouvoir vivre dans un ciel bleu plein de soleil.
- Aucun point faible ne se découvre, il faut chercher. Pour vaincre le Gerhats, on s’avance vers lui, selon la crête même ; on contourne une boursouflure
- rocheuse; l’abîme est toujours effrayant du côté de la Géla. Une fois sur les ébonlis, on les traverse de façon à passer derrière la croupe du pic et à revenir le long de son flanc septentrional, paroi très délitée et surplombante. Parvenu devant une fracture qui fait cheminée, on s’élève en louvoyant et en appuyant à gauche, pour le mieux. Le schiste blanchit, se feuillette en plaques horizontales, et par l’occiput de cette tète, escaladant une courte débandade de gravats, on en atteint rapidement le vertex.
- Alors, à une immense profondeur, les lacs de la Géla bleuissent au pied d’un petit glacier. Le pic des Posets apparaît au levant, ainsi que les puntas Fulsa et Suelza. Le grand cirque devient un gouffre
- Fig. 2. — I.a crête de Serre-Mourène, vue du sommet du pic Gerbats.
- gigantesque; les combes de Touyères et de Maillet ne sont plus que de misérables ravins. Le massif du Mont-Perdu est radieux; la Brèche de Roland se montre de biais. On compterait presque les crevasses du glacier du Yignemale. Au milieu de son entourage accoutumé, le Pic-Long trône fièrement. La crête de Serre-Mourène, au premier plan, se gonfle comme une formidable échine, où, sous des éboulis pulvérulents, percent les nodosités d’une colonne vertébrale titanique. La Munia, avec ses glaces éternelles, s’en trouve amoindrie. De la pêne de Cot, on voit la Munia de face ; du pic de Pène-Blanque, de profil; du pic de Las Louseras, de dos, et du pic Gerbats, de trois quarts. L’accumulation de ses frimas est parfaitement due à des parois étagées et des vallonnements h la faveur desquels
- ils persistent. On domine de quelques mètres, en arrière, la croupe du pic Gerhats, dont on est séparé par une cassure qui ne semble pas franchissable.
- Le faite du pic Gerbats a une altitude de 2920 mètres. Il se compose de quartzites. Les restes d’un cairn construit à la hâte s’y éparpillent parmi des gravats; quelques cristaux brisés luisent parmi des débris concassés schisteux et noirs ; certains de ces débris sont, tachés de rouille. La géologie sait vite à quoi s’en tenir. On peut en dire autant de la botanique, qui n’apercevra que deux ou trois chétives touffes d’une potentille, celle naturellement des régions glacées (Potentilla nivalis L.). Vingt minutes suffisent pour regagner par la voie de l’aller le point d’où l’on est parti, c’est-à-dire la brèche du Gerbats.
- Lucien Briet.
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- LA NATURE.
- LA. DILATATION DES ACIERS AU NICKEL
- Parmi les surprises auxquelles la nature protéiforme du fer nous a depuis longtemps accoutumés, les plus grandes, sans contredit, ont été causées par l’étude des aciers au nickel.
- Nos lecteurs connaissent déjà, par quelques indications données ici1, le caractère de l’anomalie que présentent ees curieux alliages; cependant, la question a donné lieu, depuis cette époque déjà lointaine, à des travaux suivis qui l’ont fait progresser sensiblement; il ne sera donc pas inutile d’en foire un rapide exposé.
- Propriétés magnétiques2. — Les alliages du fer et du nickel peuvent, suivant leur teneur et la température à laquelle ils sont soumis, être sensibles ou insensibles à l’aimant; le diagramme (fig. 1) permet d’embrasser d’un coup d’œil les changements de leurs propriétés magnétiques. En abscisses sont portées les teneurs en fer et en nickel, allant du fer pur au nickel pur; en ordonnées, les températures auxquelles se produisent l’apparition ou la disparition du magnétisme. On voit que, pour les faibles teneurs en nickel, la courbe se compose de deux branches, qui partent de la température de 755° indiquant la transformation magnétique du fer, et vont en s’écartant, l’une plongeant très bas, l’autre restant dans la région des températures élevées. La première, AB, marque les températures auxquelles le magnétisme apparaît au refroidissement; la seconde, AO, celles où il disparaît lorsqu’on réchauffe l’alliage. Entre ces courbes es comprise une région de températures auxquelles l’alliage peut être magnétique ou non magnétique, suivant que la région moyenne est atteinte en venant de l’espace supérieur ou de la plage inférieure du diagramme ; les alliages doués de ces propriétés sont désignés par le qualificatif « d’irréversibles », parce que les variations de leurs propriétés ne se renversent pas en même temps que celles de la température. Aux teneurs plus fortes en nickel, le phénomène est régi par une courbe unique, à la traversée de laquelle le magnétisme fait sa première apparition ou achève de disparaître suivant que la température descend ou monte ; les alliages de cette catégorie sont qualifiés de « réversibles ». Ces changements magnétiques des alliages qui nous occupent sont intéressants à considérer, parce qu’ils sont un indice certain de transformations profondes, qui ont paru longtemps mystérieuses, mais dont la théorie est maintenant assez bien connue. Je n’aurai point à y revenir dans l’exposé des applications des aciers au nickel que j’espère faire prochainement, et je ne les ai indiqués ici qu’en raison de leurs relations intimes avec les anomalies dont nous verrons ultérieurement l’intérêt pratique.
- Changements de volume. — Au point de vue des applications, il est actuellement sans grande importance de connaître les déformations qu’éprouvent, sous l’action de la chaleur,] les alliages irréversibles, pour lesquels je renverrai aux précédentes publications. Il n’en est pas de même des alliages réversibles, qui vont nous retenir un instant. Considérons l’un quelconque de ces alliages pendant son refroidissement à partir d’une température élevée. Sa contraction s’opère suivant une courbe presque rectiligne, FE (fig. 2), jusqu’au moment où apparaîtra le magnétisme, à la température indiquée par le point correspondant de la
- 1 Voy. n" 1518 et. 1320, des 3 et 17 septembre 1898, p. 212 et 251.
- 2 Ces propriétés ont été étudiées par J. Hopkinson, par M. M. Osmond L. Dumas, E. Dumont et par moi-même.
- courbe DE du premier diagramme. A ce moment, le taux de la contraction diminue, la courbe figurative du phénomène s’infléchit vers le haut ED, et bientôt son inclinaison devient très faible DC, en même temps que sa courbure. Si nous refroidissons encore, nous voyons le phénomène changer de caractère, la courbe se retourne vers le bas CB, et peu à peu, très lentement, vient rejoindre un segment presque rectiligne BA, dont l’inclinaison représente la dilatation normale d’un mélange de fer et de nickel.
- Pour tous les alliages possédant une teneur supérieure à 25 pour 100 de nickel, la courbe conserve les mêmes caractères. Les diverses régions sont plus ou moins rapidement franchies, l’inclinaison de chaque segment est plus ou moins grande, mais pour aucun les phases accompagnant la transformation ne sont complètement absentes. La courbe expérimentale relie toujours, par un trait continu, deux segments presque rectilignes entre lesquels se trouve une région de très faibles dilatations.
- Prenons maintenant, comme dans la figure 1, les teneurs pour abscisses, et portons en ordonnées la valeur de la dilatabilité de chaque alliage (fig. 3), mais en nous limitant, pour simplifier, aux alliages réversibles. Nous retrouvons alors, dans la série des alliages divers, considérés à une même température, la suite des valeurs de la dilatabilité dans un même alliage telle qu’elle résulte de la figure 2. Cette série de valeurs, considérées à la température ordinaire, est représentée par la courbe DEF, la plus importante de celles dont nous aurons à nous occuper.
- Dans le même diagramme, la droite AF représente les dilatabilités des alliages de fer et de nickel telles qu’elles résulteraient de la règle des mélanges. A gauche sont portés les noms de quelques métaux, en regard d’une série de traits dont la position indique les dilatabilités.
- Elle nous montre que, parmi les alliages du fer et du nickel, il en est qui possèdent toutes les dilatations possibles, comprises entre celle du cuivre et le dixième environ de celle du platine. Telle était au moins la limite inférieure qu’avait donnée une première étude. Mais des travaux récents ont montré qu’on pouvait abaisser au-dessous de cette limite la dilatation des alliages, en purifiant avec soin les matières premières servant à les fabriquer, et en suivant, soit dans la préparation du lingot, soit dans son traitement ultérieur, une technique rigoureuse dans laquelle sont accumulées toutes les causes d’abaissement de la dilatation.
- On a pu ainsi amener la courbe au-dessous de zéro, et obtenir des alliages qui se contractent faiblement lorsqu’on les chauffe, ou encore, ce qui est plus intéressant, des alliages ayant une dilatation si faible qu’elle n’est plus mesurable avec sécurité par les meilleures méthodes.
- Tel est, en quelques mots, le type des propriétés qui font des alliages du fer avec le nickel des corps d’exception, auxquels les lois admises jusqu’ici s’appliquent seulement en dehors d’un espace de température déterminé, d’une assez grande étendue. A l’intérieur de cet espace, au contraire, aucune des lois reconnues exactes pour la généralité des métaux ou des alliages n’est plus suivie. Le caprice semble, à première vue, avoir seul présidé à l’établissement des propriétés de ces curieux alliages, et ce n’est pas sans peine que l’on est parvenu à montrer que, même dans ces bizarreries, se retrouve une certaine logique. On pressent aisément les nombreux emplois qu’assurent à ces alliages des propriétés aussi exceptionnelles; mais, pour que ces propriétés ne soient pas rendues stériles, il faut encore que les alliages qui en sont doués en
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- possèdent une série d’autres qui les rendent maniables. Ils les ont heureusement par surcroît, car les aciers au nickel, du type qui nous intéresse particulièrement, sont très ductiles, faciles à forger, à laminer, à étirer; ils prennent un admirable poli, et sont assez durs pour supporter des tracés fins et cependant résistants. Ils sont en outre tenaces et sans aucune fragilité.
- Sans atteindre, à beaucoup près, les charges de rupture statique des aciers durs au carbone qui cassent net sous d’énormes efforts, ils éprouvent au contraire, avant de se briser, un allongement considérable, qui les prépare à supporter victorieusement des chocs brutaux. Ainsi les essais faits par la méthode de M. Frémont, et dont M. h. Dumas a rendu compte1, ont montré qu’aucun des métaux ou alliages usuels ne résiste au choc comme les aciers au nickel de la catégorie peu dilatable. Leur grande déformation avant rupture consomme l’énergie du choc, et c’est seulement lorsqu’une énergie considérable a été transformée par le glissement des couches internes que la rupture se produit. Même à la température de l’air liquide, où tous les métaux sont fragiles, les aciers peu dilatables supportent des pliages qui les distinguent avantageusement des autres alliages usuels.
- L’incorporation du nickel dans le fer diminue considérablement son oxydabilité, car, s’il est vrai que les aciers au nickel supportent assez mal l’action des acides, ils résistent infiniment mieux que le fer à l’eau ou à l’air humide, de telle sorte que les précautions les plus élémentaires suffisent à les protéger de la destruction.
- A côté de cet ensemble de remarquables qualités, nous enregistrons un seul défaut: un très léger manque de stabilité, qui exige, dans l’emploi des aciers au nickel peu dilatables aux mesures de haute précision, quelques précautions d’ailleurs faciles à prendre. L’invar (diminutif d’invariable, nom de l’acier au nickel non dilatable) tend à augmenter de volume avec le temps, et un étalon de cet alliage ne constituerait pas un témoin « absolu )> de longueur ; j’ai insisté, en tous temps, sur cette propriété afin d’épargner quelques désillusions aux métrologistes qui eussent voulu substituer des étalons d’invar aux admirables types en platine iridié qui assurent la permanence et l’uniformité du système métrique. Mais, cette réserve étant faite, je m’empresse d’ajouter qu’on en a singulièrement amplifié l’importance; le défaut de permanence de l’invar ne peut être mis en évidence que par des mesures de haute précision, car si on laisse ce côté les premiers mois qui suivent la fabrication d’une barre, les changements ne sont que de l’ordre du millième de millimètre par mètre pour une année. On atténue ces changements par un refroidissement graduel et extrêmement lent des barres, en suivant une technique dont j’ai maintes fois contrôlé l’efficacité 2 ; et si cette technique a été suivie, on se mettra à l’abri de toute variation gênante dans toutes les applications dont j’aurai à parler dans la suite.
- Cause de l’anomalie des aciers au nickel. — La question a été souvent posée : Pourquoi les alliages du fer et du nickel ne suivent-ils pas la loi générale à laquelle obéissent tous les métaux? La réponse complète est difficile, et oblige à entrer dans de très nombreux détails concernant les propriétés du fer et du nickel, leur structure et surtout l’action qu’ils exercent l’un sur
- 1 L. Dumas. Les aciers au nickel à hautes teneurs (Paris, Dunod).
- 2 Voir, à ce sujet, mon récent ouvrage : « Les applications des aciers au nickel ». (Gauthier-Villars.)
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- l’autre lorsqu’ils sont dans un état de mutuelle solution ; j’ai essayé de traiter ce sujet avec tous les développements qu’il comporte dans une étude récemment publiée, mais sans avoir encore complètement élucidé ce difficile problème*.
- Si nous voulons cependant nous contenter d’une solution approchée et encore assez vague, nous la trouverons dans la remarque suivante : Le fer, lorsqu’il est seul,
- +600?
- “-+200?
- 80 100°/o
- Nickel
- F.g. 1.
- peut exister à divers états, qui sont des modifications allotropiques, désignées, conformément à la proposition de M. Osmond, par les lettres a, pet y : le fera est le fer naturel aux températures ordinaires; lorsqu’on le chauffe,
- Température
- il perd graduellement son magnétisme qui disparaît d’abord lentement, puis tombe assez brusquement vers 755°; au-dessus de cette température, et jusqu’à 890°, il est à l’état p ; cette première transformation s’opère avec
- -20-
- . Laiton Cuivre
- __Nickel
- — Platine __Iridium
- 10 20 30 <+0 50 60 70 80 90 100%
- Gh. Niokel
- Fig. 3.
- une faible absorption de chaleur, mais sans changement appréciable du volume. A 890°, et à température ascendante, on observe une notable absorption de chaleur, en même temps que le fer se contracte brusquement d’une quantité bien mesurable, puisqu’elle atteint 3 pour 1000 des dimensions linéaires. D’ailleurs, la dilatabilité du fer va graduellement en montant jusqu’à cette température, de telle sorte que les changements de longueur d’une barre de fer sont donnés, entre 0° et 1000° par une courbe telle que OABC (fig. 4).
- 1 « Revue générale des sciences », 15 et 30 juillot 1903.
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- Si l’on ajoute du nickel au fer, la position des deux transformations s’abaisse dans l’échelle des températures, mais celle qui se produit à la température la plus élevée recule plus vite que l’autre, de telle sorte que, suivant M. Osmond, les deux transformations sont déjà confondues pour une teneur en nickel de 4 pour 100. Le mélange du fer au nickel atténue la brusquerie de la transformation supérieure ; celle-ci, au lieu de s’effectuer sur un intervalle de quelques degrés, ' s’étale sur une vaste étendue qui peut atteindre plusieurs centaines de degrés, de telle sorte que, dans cet intervalle, les
- Température
- variations du volume de l’alliage seront régies par la superposition des effets de la dilatation ou de la contraction thermique ordinaire avec ceux qu’entraîne la transformation. Si le phénomène de la transformation existait seul, tout en étant maintenant très étalé dans l’échelle des températures, les changements de volume seraient représentés par la courbe O'ATi'C' (fig. 5) ; mais, comme ces changements se superposent à la dilatation
- ordinaire d’un mélange de fer et de nickel, représentée par la courbe O'I)', il en résulte dans la région correspondant à A'B', une dilatation qui peut être pratiquement nulle, comme nous l’avons vu plus haut.
- La nature magnétique des deux corps en présence dans l’alliage joue sans doute un rôle important dans l’ensemble du phénomène, et, s’il en est réellement ainsi, les aciers au nickel sont les seuls alliages privés de dilatation. Pour le moment du moins, on n’en connaît pas d’autres, et cette particularité leur assure un rôle important dans les sciences et les arts de précision, comme j’essaierai de le montrer prochainement. Ch.-En. finix.ujiF,.
- INDICATEUR DE TITESSE « COLUMBIA -
- L’utilité d’un appareil, pratique et indérangeable, donnant des indications exactes sur la vitesse et les incidents de marche d’un véhicule est, à notre époque d’automobilisme, absolument à l’ordre du jour. L’expérience a démontré qu’un appareil indicateur de vitesse, constitué de deux organes essen-
- tiels, le transmetteur et l’indicateur, doit remplir certaines conditions : 1° L’appareil transmetteur des variations de la vitesse doit pouvoir être placé à un endroit quelconque du véhicule, c’est-à-dire n’être relié à l’indicateur par aucune commande mécanique; 2° afin que les lectures se fassent aisément, l’échelle des graduations de l’indicateur doit être proportionnelle aux vitesses et avoir une grande sensibilité, tout en variant dans des limites très étendues; 5° un bon indicateur de vitesse ne doit contenir aucun mécanisme délicat, être indéréglable, facile à régler et à contrôler ; 4° les trépidations, les vibrations et les chocs quelconques, provenant du moteur et des variations brusques de vitesse, ne doivent influencer ni le fonctionnement de l’appareil, ni la lecture des indications.
- Généralement les indicateurs de vitesse pour voitures automobiles sont construits sur le principe de la mesure des actions centrifuges produites à différentes vitesses, soit sur un disque à suspension astatique, soit dans un pendule conique; et, comme ces actions sont proportionnelles aux carrés des vitesses, les limites dans lesquelles peut être établie une échelle de graduation sont très restreintes ; en outre, les indications étant transmises mécaniquement du transmetteur à l’indicateur, il faut pouvoir disposer d’un emplacement spécial pour l’installation de ces appareils.
- D’autres indicateurs de vitesse sont constitués par un train d’engrenages différentiels à roues montées folles sur leurs axes, dont l’une commandée par le mécanisme en mouvement crée une résistance à l’aide d’un petit volant à ailettes prenant point d’appui sur l’axe ; cette résistance actionne un ressort dont la tension indique la vitesse. Dans ce genre d’appareils, il est impossible de séparer le transmetteur de l’indicateur, aussi les vibrations ont sur le mécanisme une influence si prononcée que les lectures deviennent très difficiles.
- Les indicateurs électriques ont évidemment une grande supériorité sur les précédents. Cependant il faut remarquer que dans les uns on emploie une petite dynamo à courant continu : alors les indications sont souvent faussées par les variations de résistance du contact des balais, suivant la vitesse et l’état des organes; dans d’autres appareils électriques, comportant l’emploi d’une petite magnéto à courant alternatif, l’aimant naturel, soumis au mouvement de rotation, subit des variations d’intensité et des influences magnétiques, empêchant la permanence des indications.
- 11 existe encore des appareils électriques qui enregistrent des interruptions de courant produits chaque fois que les roues du véhicule ont fait un nombre de tours déterminé ; dans ce cas les pointages se font périodiquement, aussi la vitesse instantanée de marche ne peut pas être contrôlée par une simple lecture, mais être calculée dans chaque cas avec l’aide d’un chronomètre.
- Lutin, les indicateurs de vitesse, actuellement
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- LA N AT U H K.
- adoptés sur les locomotives, quelques-uns fort ingénieux, donnent complète satisfaction; néanmoins ils ne pourraient être adoptés sur les voitures automobiles dont les trépidations et les vibrations sont bien plus considérables que sur les locomotives; de plus, leurs prix de construction sont tellement élevés, que les grandes compagnies de chemin de fer elles-mêmes n’en ont muni qu’un très petit nombre de leurs machines. L’indicateur de vitesse « Columbia », système C. C., est construit sur des principes entièrement différents de ceux sur lesquels sont établis les appareils existants; il en existe deux modèles, l’un pour les locomotives, et l’autre pour les voilures automobiles. Il permet de lire à tout moment la vitesse instantanée de translation du véhicule et enregistre, à l’aide d'un graphique, toutes les phases de la marche; par conséquent, le conducteur se rend compte du chemin parcouru et peut juger à chaque
- instant si le mécanisme général de son véhicule se trouve dans de bonnes conditions. Les graduations donnent la vitesse instantanée exprimée en kilomètres à l’heure et les divisions peuvent être rigoureusement proportionnelles aux vitesses ; les lectures se font donc avec la même approximation dans toute l’étendue de l’échelle à partir du zéro jusqu’à 100 km à l’heure et plus.
- 11 comprend : 1° L’appareil transmetteur constitué par un capsulisme formant pompe rotative, et muni d'un dispositif faisant varier automatiquement la section de refoulement selon les vitesses ; cette pompe refoule constamment sur elle-même de la glycérine, liquide incongelable et lubréfiant, à des vitesses variant dans des limites très étendues, afin de pouvoir considérer comme nulles les variations de rendement pouvant provenir de l’usure des organes. Ce transmetteur est relié à un mouvement
- Indicateur de vitesse « Columbia » avec enregistreur.
- en connexion directe avec les roues du véhicule, au moyen de deux engrenages en acier ou d’une chaîne avec pignons dentés, de sorte que le rapport des vitesses soit invariablement établi. Le dispositif des organes a été étudié de telle façon que les mouvements accomplis par l’axe de commande n’aient aucune influence sur le système, qui dès lors est complètement insensible aux chocs et aux efforts parallèles. 2° L’appareil indicateur, relié au transmetteur par un tuyau flexible d’une longueur indéfinie, dans lequel se meut une veine liquide, qui peut se placer à n’importe quelle place, sans que l’on soit assujetti à disposer d’un emplacement compatible avec l’organe qui commande le transmetteur. Il en résulte ce grand avantage qu’on peut relier à volonté le transmetteur à un ou plusieurs indicateurs, par exemple : un sous les yeux du conducteur, un autre sous les yeux du voyageur, dans le cas d’une voiture automobile fermée.
- La figure ci-dessus donne la disposition d’ensemble
- de l’indicateur de vitesse « Columbia » combiné avec un enregistreur à graphique ; A est le transmetteur ; B un engrenage ou un pignon denté d’entraînement ; C un tuyau flexible de longueur indéfinie reliant le transmetteur à l’indicateur ; D un indicateur gradué en pressions et en vitesses ; E un tuyau flexible de longueur indéfinie reliant le transmetteur à l’enregistreur ; F l’enregistreur ; G un tambour à graphique avec mouvement d’horlogerie; Y une vis de réglage.
- Les indications sont basées sur la mesure des pressions existant, d’après les lois de l’hydrodynamique, dans une veine liquide animée de vitesses différentes, et passant dans des sections variant selon les vitesses, d’après une loi établie mathématiquement de façon que les pressions soient proportionnelles aux vitesses. La transmission des indications du transmetteur à l’indicateur se fait ainsi à l’aide de glycérine, liquide incongelable circulant dans un tuyau flexible que l’on peut disposer en tous sens.
- L’indicateur est constitué par un manomètre
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- gradué en pressions et en vitesses eorrespondantes, et livré avec une simple table de graduation, permettant de pouvoir remplacer l’indicateur, en cas de détérioration pour une cause quelconque, par un manomètre ordinaire, que l’on peut se procurer chez tous les constructeurs.
- Les indications étant proportionnelles aux vitesses, grâce au dispositif spécial dont est muni le transmetteur, il suffit, après avoir étalonné le manomètre, de vérifier une seule indication de vitesse quelconque, pour que toutes les autres indications de vitesse soient contrôlées en même temps; du reste, l’appareil peut se régler à l’aide d’une vis de réglage dont est muni le transmetteur. L’appareil indicateur est absolument apériodique et l’aiguille prend toujours la position d’équilibre sans être influencée par les trépidations produites dans la marche du véhù cule. L’indicateur de vitesse « Columbia » est d’une application très pratique dans les industries où il est utile de contrôler la vitesse des moteurs ou machines en mouvement ; dans ce cas, l’appareil est gradué en nombre de tours par minute, alors l’appareil transmetteur peut être relié à plusieurs indicateurs, placés dans des endroits différents, plus ou moins éloignés, par une simple tuyauterie. Un enregistreur graphique avec mouvement d’horlogerie peut être mis près de l’indicateur ou même dans un endroit très éloigné.
- Les graduations sont faites en kilomètres à l’heure comme vitesse instantanée, dans les applications aux voitures automobiles et aux locomotives, ou alors en nombre de tours par minute pour le contrôle de la vitesse de rotation des moteurs ou machines fixes. L’indicateur de vitesse « Columbia », adopté sur les transatlantiques, ferait connaître au capitaine, à tous les instants, la vitesse de son navire, et, relié au salon, les voyageurs seraient satisfaits, eux aussi, dans le désœuvrement d’une longue traversée, de s’intéressera la vitesse qui les emporte.
- Jacques Barrai..
- LES CHAMPIGNONS DU PRINTEMPS
- Les champignons, pas plus par la forme que par te tempérament, ne ressemblent aux autres végétaux. La plupart notamment se mettent à pousser à l’automne, en pleine mauvaise saison, alors que presque toutes les plantes sont mortes et ne se sentent pas de joie quand le temps est abominable et que la pluie tombe abondamment. Bernardin de Saint-Pierre aurait trouvé dans ce fait l’origine de leur forme en parapluie.... Quelques espèces cependant font exception à la règle : les effluves printaniers ne les laissent pas indifférentes et elles témoignent leur joie de renouveau en sortant de terre, aussi bien dans les prés que dans les bois, pour humer un peu de soleil et se désaltérer d’une goutte de rosée.
- Le nombre de ces champignons de printemps est, en tant qu’espèces, peu considérable ; elles n’en sont que plus intéressantes à connaître.
- Dans les prés on rencontre abondamment parfois le Mousseron ou Tricholome de la Saint-Georges « Tricho-loma Georgii ». C’est un champignon trapu. Le chapeau
- a les bords irréguliers et enroulés en dessous ; d’abord conique, il ne tarde pas à s’étaler, mais en conservant presque toujours un léger mamelon au centre. La surface en est mate, souvent crevassée, tigrée et sa chair blanche est ferme. La teinte générale est blanc crème ou blanc jaunâtre parfois tachetée de brunâtre. Les lames qui garnissent la face inférieure du chapeau sont blanches ou blanc crème. Quant au pied, il est blanc, souvent renflé à la base et ne porte pas d’anneau comme son collègue et ami, le champignon de couche, qui, d’ailleurs, ne pousse pas à cette époque de l’année. Au moment où on le cueille, il dégage une agréable odeur de farine fraîche.
- La présence des Mousserons dans une prairie est souvent dénoncée de loin à la vue par de larges places dénudées et arrondies qui font involontairement penser au crâne d’un homme atteint de la pelade. Ces dénudations, on le comprend, sont produites par le « mycélium » du Mousseron qui, serpentant dans la terre, attaque les racines de l’infortuné gazon et les font passer de vie à trépas. Un peu plus tard, le spectacle change : au milieu de la partie dénudée siège un Mousseron imposant et ventripotent : tout autour de lui, en un cercle d’une régularité quelquefois parfaite sont placés des jeunes mousserons de moindre importance. On croirait une réunion présidée par un vénérable ou des enfants s’apprêtant à effectuer une danse échevelée autour d’un des leurs, un grand benet qui, les lauriers étant coupés,
- ira les ramasser....
- Entrons dans la danse, etc.
- Ces cercles de champignons ont, de tout temps, été remarqués des paysans qui leur ont donné le nom de « ronds de sorcières » et leur attribuent une origine fantastique. Les Mousserons ne sont pas d’ailleurs les seuls champignons se disposant en « ronds de sorcières » ; bien d’autres en font autant, mais toujours pour la même raison qui n’a rien d’extraordinaire. Une spore tombe dans un champ, elle germe et donne un amas d’où naît un champignon à chapeau et tout autour de sa base un abondant mycélium. Celui-ci, n’ayant aucune raison d’aller à droite plutôt qu’à gauche, s’étend dans tous les sens en rayonnant à partir du premier né. Ce mycélium s’allonge, s’allonge; mais, à un moment donné, chaque filament se dit (pour des causes encore peu connues) qu’il est temps de se reproduire et pousse un chapeau. Comme chaque filament se tient au même moment le même raisonnement, tous les chapeaux de nouvelle formation se trouvent naturellement disposés tout autour du premier et à la même distance de lui : c’est très simple et les sorcières n’y sont pour rien. Les Mousserons sont comestibles. Ils sont excellents apprêtés en fricassée de poulet ou à la crème. On peut aussi hacher les pieds, placer dessus les chapeaux et faire frire le tout après y avoir ajouté du beurre. Enfin si on veut les déguster « à la provençale », d’après M. Ch. Bernardin, on les met dans une casserole avec du poivre et du sel, un bouquet de fines herbes, quelques cuillerées de bouillon, de l’huile d’olive, un verre de champagne el une tranche de jambon. Quand le tout aura mitonné pendant un certain temps, on enlèvera le jambon (et le bouquet de fines herbes, puis, au moment de servir, on ajoutera de la mie de pain imprégnée d’huile et de jus de citron. J’ai le regret de troubler l’eau qui vient à votre bouche à cette description culinaire, en prévenant que l’on peut confondre le Mousseron avec une espèce très dangereuse, l’Amanite printanière. Mais celle-ci est extrêmement rare : je connais bien des botanistes — dont moi — qui ne l’ont jamais vue. De plus il sera toujours facile de la
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- reconnaître à ce que son pied porte un anneau à sonmi-lieu et est muni, à la base, d’une sorte d’étui — la volve — toujours facile à reconnaître si l’on a soin, comme on doit toujours le faire, de déterrer le pied dans toute sa longueur. Ce trouble-fête pousse dans les bois et ne peut être confondu avec les Mousserons, qui se plaisent dans les prairies.
- Dans les mêmes prairies, se rencontre l’Entolome en bouclier « Entoloma clypeatum », quelquefois désigné sous le nom de Potiron d’avril ou de Mousseron des haies. Le chapeau, peu épais, a de 8 à 12 centimètres de diamètre; sa couleur varie du gris au brunâtre. Les feuillets sont blanc jaunâtre dans leur jeune âge, mais ils ne tardent pas à devenir rosés, puis, finalement, de la couleur de la chair de saumon. On le considérait jadis comme vénéneux. Mais on a reconnu qu’il n’avait jamais tué personne : on le vend même sur les marchés de Poitiers, de Rochefort et de Toulouse.
- Le printemps est aussi le moment des délicieuses Morilles, trop connues pour que nous ayons à en parler; des larges Pezizes en forme de coupes irrégulières et comestibles également, enfin du Doigt de gant « Vespa digitaliformis », espèce rare dont le nom indique bien la forme. Ces trois genres vivent dans les bois où je vous engage à les chercher : si vous ne les trouvez pas, vous aurez tout de même fait une bonne promenade !
- Henri Coufin.
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- CHRONIQUE
- L’étoile variable e du Cocher. — Cette étoile \arie irrégulièrement de la 3e à la 4e grandeur et demie. Le Dr Ludendorff, de Potsdam, a repris récemment les divers travaux relatifs à cette variable et a pu réunir les documents de 15 observateurs, s’étendant de 1842 à 1903. W. llerschel avait observé en août 1783 que cette étoile était un peu supérieure à r, de la même constellation. C’est Fritsch., de Quedlinbourg, qui, en 1821, signala sa variabilité. Le Dr Ludendorff pense que l’on pourrait peut-être expliquer les irrégularités d’un genre spécial observées pendant le changement d'éclat, en admettant que cette étoile est du type d’Algol (p Persée), et possède un satellite qui, passant entre elle et nous, produit l’affaiblissement de lumière constaté. Il y aurait deux périodes superposées, l’une très longue, de 9905 jours, l’autre de 27,12 jours ou peut-être 54,25 jours comme cela résulte de l’examen des raies du spectre de l’étoile. Le dernier minimum a eu lieu en 1902 et le prochain se produira probablement entre les années 1928 et 1930.
- La télégraphie sans fil À bord du (( Campa-
- iiia ». — A l’appui de ce que nous publions dans ce numéro sur les journaux de bord alimentés par la télégraphie sans fil, nous donnons, d’après « Nature », le résultat des tentatives que vient de faire M. Marconi pour fournir, chaque jour, au moyen d’un bulletin imprimé, des nouvelles aux passagers'du transatlantique « Campania » de la CieCunard. Ce bulletin était remis aux voyageurs à l’heure du déjeuner. Aussitôt après son départ de Liverpool, le « Campania » s’est mis en communication avec la station de télégraphie sans fil de Seaforth, puis, dans la soirée, avec celle de Poldhu, en Cornouailles. Cette dernière communication a été conservée jusqu’au 9 juin, après un parcours de 4200 km. Le même jour, à 2 heures du matin, le « Campania » était en communication avec le poste de télégraphie sans fil du cap Breton, distant de 3600 km et cette communication a été maintenue jusqu’à la fin de la
- traversée. Le 8 juin, on se mettait en relation avec le poste du cap Cod, distant de 1900 km et, à ce moment, le « Campania » se trouvait en relation simultanée avec ce poste et ceux du cap Breton et de Poldhu en Angleterre. Le jour suivant, c’est-à-dire le 9, on recevait des nouvelles des postes américains, et le 10 juin, à 3 heures après midi, on recevait des dépêches simultanées des postes de Nantucket, du cap Breton et du cap Cod. Le « Campania » a également pu communiquer avec les transatlantiques « Étruria », « Aurania » et « Lucania » et des dépêches privées ont pu être échangées entre ce dernier et le « Campania ». En résumé, le « Campania » a pu, pendant trois jours, au milieu de l’Atlantique, rester en même temps en relations avec les postes américains et les postes anglais.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 juillet 1904. — Présidence de JI. Mascari .
- Tremblement de terre en France. — D’après des dépêches parvenues à l’Académie une secousse de tremblement de terre s’est fait sentir en France le 13 juillet dernier à Bagnères et à Grenoble. L’heure du phénomène a été notée très exactement; on constate que l’onde sismique a mis trois minutes pour se propager de Bagnères à Grenoble.
- Immunisation contre les maladies à trypanosomes. — M. Laveran rappelle ses expériences relatives à l’action du sérum humain sur les trypanosomes du Nagana et d’autres maladies à trypanosomes. Il annonce qu’il vient de constater que les cynocéphales jouissent d’une véritable immunité contre ces maladies; le fait est d’autant plus inattendu que les autres variétés de singes subissent parfaitement l’infection. En outre le sérum du sang des Cynocéphales est actif contre les trypanosomes à l’égard desquels ces animaux jouissent d’une immunité naturelle. Son action est très rapide ; en quarante-huit heures les trypanosomes de l’animal soumis au traitement disparaissent. Ils reparaissent plus tard et il faut une seconde injection pour les détruire. Le sérum de cynocéphale guérit la maladie du sommeil, mais à forte dose; le fait est établi, mais par des expériences faites sur des souris.
- Radio-activité des corps. —M. Jean Becquerel adresse une Note relative à la radio-activité des sources de rayons N et Nj. L’auteur montre que ces rayons sont composés de trois éléments dont deux subissent l'influencé du champ magnétique et sont semblables aux rayons a et (3 du radium. Les expériences de l’auteur établissent la radio-activité de tout corps comprimé ou étiré ainsi que la radio-activité des centres nerveux et donnent une extension plus grande aux phénomènes de radio-activité.
- Lavage du sang. — M. Roux présente une Note de M. Repin, décrivant un procédé de lavage du sang. Cette opération a déjà été préconisée et tentée à titre de moyen de combattre certaines actions toxiques. Le lavage était pratiqué dans l’organisme; au contraire, dans le procédé actuel, le lavage est pratiqué à l’extérieur, dans un appareil où le plasma est séparé. Les globules du sang sont repris dans un liquide isotonique et restitués à l’animal dans un volume de liquide identique au volume naturel.
- Absorption des gaz par le charbon. — M. Moissan fait connaître les recherches que vient d’effectuer M. Dewar sur l’absorption des gaz par le charbon. Cette faculté d’absorption est si puissante qu’elle permet de réaliser le vide plus efficacement qu’aucun autre procédé. Le charbon de bois à la température de —180° absorbe l’hydro-
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- LA A A T U h E.
- gène, l’azote, l’oxygène et l’hélium en quantités très inégales. On peut ainsi condenser l’hélium contenu clans un volume d’air considérable; en outre, l’absorption de l’oxygène étant beaucoup plus considérable que celle de l’azote, on peut se servir du charbon pour préparer aisément un mélange gazeux dont la teneur en oxygène est beaucoup plus grande que celle de l’air. Cri. de Yilledeuil.
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- HORLOGES MÂGNÉTA
- La transmission de l’heure, au moyen d’une horloge type, a été réalisée le plus souvent à l’aide de l’électricité et les différents mécanismes imaginés
- Fig. 1. — Vue arrière de l'horloge type.
- 1. Mouvement de pendule et magnéto. — 2. Armatures en bobine de la magnéto.
- dans ce but sont très nombreux; mais tous reposaient jusqu’à présent sur l’emploi de piles et d’électro-aimants. Les piles sont sujettes à usure assez rapide quand on leur demande, comme dans le cas actuel, un travail presque continu ; en outre le système de contact, qui donne périodiquement passage au courant, est sujet à dérangement. On n’a donc qu’une sécurité relative si on ne s’astreint pas à une surveillance coûteuse.
- Pour s’affranchir de ces inconvénients M. Martin Fischer, de Zurich, a résolu le problème en supprimant piles et contacts. Pour cela il a recours à une petite machine magnéto actionnée par l’horloge type.
- Cette magnéto se compose de puissants aimants en fer à cheval (fig. 1) dont les extrémités sont munies de deux pièces d’acier AA (lig. J, n° 2) qui ramènent les pôles l’un vers l’autre en laissant entre eux un faible espace où se meut une armature de 1er doux P montée sur deux pivots. Elle est reliée au mouvement d’horlogerie par des leviers B et C (fig. 1, n° 1) et accomplit brusquement toutes les minutes une demi-révolution devant les pièces polaires en changeant chaque fois de sens ; il en résulte qu’un courant électrique, tantôt positif, tantôt négatif est
- créé dans la bobine à laquelle cette armature sert de noyau (fig. 1, n° 2). C’est ce courant qui est envoyé sur la ligne à toutes les horloges réceptrices ; comme il est instantané et cesse avec le mouvement de l’armature, il s’en suit qu’il n’est pas nécessaire d’employer un système quelconque de contact pour rompre ou rétablir le circuit.
- Les réceptrices sont très simplement constituées (fig. 2) par un électro-aimant et une armature oscillante El) qui est polarisée par un aimant permanent, de telle sorte que les extrémités E et D soient de signes contraires. Comme à chaque émission de courant il y a changement de polarité dans l’électroaimant, par suite du changement de sens du courant créé par la magnéto de l’horloge-type, il s’en suit que c’est tantôt l’extrémité D qui est attirée tandis que E est repoussée, tantôt le contraire et cela alternativement. Ce mouvement de l’armature commande une ancre qui actionne, à chaque oscillation, une roue dentée solidaire de l’aiguille des minutes.
- On voit que dans ces conditions toutes les réceptrices qui sont sur le même circuit marchent synchroniquement avec l’horloge-type.
- Il faut naturellement que la magnéto de celle-ci soit calculée en raison du nombre des réceptrices
- Fig. 2. — Mécanisme d’une réceptrice de l'horloge magnétu.
- qu’elle doit commander. On en fait de plusieurs dimensions ; dans celles de 10 unités toutes les réceptrices sont embrochées sur le même fil; dans celles plus importantes, qui peuvent aller jusqu’à 500 unités, on peut établir un certain nombre de dérivations comprenant chacune un certain nombre d'unités, qui peuvent être de 50 par dérivation.
- Les installations faites jusqu’à présent, et qui sont déjà nombreuses, donnent une entière satisfaction; le fonctionnement se fait régulièrement et sans aucune surveillance. G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 0.
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- 50 JCILLKT 100 4.
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- DISTRIBUTION DE L’HEURE PAR TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Un sait combien il est difficile de se procurer l’heure exacte. Si l’on veut, par exemple, contrôler la marche d’une montre, on s’aperçoit vite que l’on ne peut se lier à aucun régulateur ou à aucune horloge publique. Chaque horloge marqueune heure différente et l’on peut dire qu’il est quelquefois midi, pendant plusieurs minutes dans les divers quartiers de Paris
- et même d'une ville quelconque d'Europe. Pour remédier à cet inconvénient, on a eu l’idée dans plusieurs villes européennes de relier électriquement le régulateur de l'Observatoire astronomique à des horloges de quartier. A Paris notamment, depuis déjà plus d’un quart de siècle, on a installé des horloges en relation avec l'Observatoire et qui doivent donner
- Transmission de l'heure à distance.
- 1. Poste transmetteur. — i. Appareils récepteurs. — 3. Horloger réglant une montre à l aide d'un récepteur.
- l'heure du premier méridien. C’est le courant électrique qui règle la marche, mais le mécanisme de transmission est tel que quelques dents peuvent échapper et il en résulte des différences dans le fonctionnement des aiguilles. Le mieux est d’adopter une de ces horloges et de s’en servir pour juger des écarts d’une montre. Chaque horloge individuellement fonctionne bien, mais entre elles il peut quelquefois exister de petits écarts. On a établi à Paris deux circuits électriques qui gouvernent la marche de 32e amwp. — 2e semestre.
- 15 horloges types. Circuit Est : l’ilolel de Ville; annexe de l’Ilôtel de Ville; mairies du 10e arrondissement, du 11e arrondissement, école du boulevard Diderot, Marché aux chevaux, Conservatoire des Arts et Métiers. Circuit Ouest : mairies du 0e arrondissement, du 12° arrondissement, presbytère de la Trinité, école Saint-Philippe-du-Roule, école de l’avenue Rapp, école de la rue Eblé, place d’Enfer. Entiri la quinzième se trouve à la porte même de l’Observatoire.
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- LA NATURE.
- Ce système, comme celui du reste que l’on emploie à l’étranger, est d’ailleurs complexe, assez coûteux, et d'usage limité. M. Iîigourdan, de l’Académie des sciences, astronome à l’Observatoire, a songé à une solution beaucoup plus simple. 11 a recours à la télégraphie sans iil. En principe une horloge directrice commande à chaque seconde un relais qui envoie un signal à travers l'espace, signal qui peut être reçu partout, même dans un appartement quelconque. M. Bigourdan décrit comme il suit son système. « L’horloge directrice, installée à l’Observatoire, ouvrant un contact électrique à chaque seconde, commande un relais, qui, à son tour, lance un courant dans un circuit primaire d’une bohine d’induction munie d’un oscillateur ; le circuit induit de cette bobine fournit ainsi une décharge oscillante de durée très courte qui éclate régulièrement à chaque seconde. Les deux pôles du fil fin de la bobine sont reliés, l’un à la terre, l’autre à une antenne de quelques mètres ; par le moyen de cette antenne, les étincelles commandent à distance des récepteurs d’ondes électriques et ainsi tous les récepteurs battent, à un intervalle constant près, chaque seconde de la pendule directrice1.
- M. Bigourdan, avec l’aide de M. Bucretet, a essayé deux récepteurs différents; le plus simple est le radio-téléphone du système Popoff-Ducretet. On y entend très nettement chaque seconde battue par la pendule directrice. Le second qui est inscripteur se compose d’un poste récepteur ordinaire de télégraphie sans fil. M. Bigourdan y a quelquefois remplacé le récepteur Morse par un chronographe à bandes et à plume. Avec ce chronographe qui débite 1 centimètre de bande par seconde, les signaux obtenus sont nets et chaque heure pour chacun d’eux peut être relevée à 2/100 ou 5/100 de seconde près. Quoique les moyens employés dans ces essais fussent bien modestes on obtenait une très bonne transmission dans une station éloignée de 2 kilomètres et certainement on aurait pu aller à une distance notablement plus grande. Par conséq uent avec des moyens peu coûteux, il ressort de ces expériences qu’il serait possible de distribuer ainsi l’heure dans tous les points de Paris et même de la banlieue.
- Pour numéroter les minutes et secondes, on conviendrait de commencer les émissions à la seconde zéro de telle minute et de faire des interruptions, par exemple de 10 en 10 secondes. D’ailleurs, pour la minute, il ne saurait y avoir d’erreur, car lorsqu’on a besoin de l’heure exacte, on dispose généralement de garde-temps qui ne laissent aucune incertitude de plus de quelques secondes. Pour les usages courants, la précision demandée ne dépasse pas 0S,5 ou 0S, 4 ; or, il est facile de maintenir au-dessous de cette quantité la correction d’une pendule type destinée à distribuer l’heure.
- Les ondes de la télégraphie sans fil se propagent, comme on sait, circulairement, comme les ondes qu’un caillou produit sur une nappe d’eau. Tout
- 1 C. R. Académie des sciences, n° 20.
- récepteur est par suite impressionné dans un rayon donné. L’heure pourrait donc être envoyée ainsi à domicile. Au point de vue des recherches scientifiques, détermination des longitudes, détermination de la pesanteur, le nouveau système rendrait des services.
- La Ville de Paris devrait prendre l’initiative de cette utile application. Nous serions tous certains alors d'avoir réellement l’heure légale dans tous les quartiers de la ville et l’on unifierait ainsi la marche des montres. Souhaitons donc que le Conseil municipal nous dote à bref délai de la transmission de l’heure par la télégraphie sans fil1.
- Henri de Par ville.
- LES COUPS DE BÉLIER
- DANS LES CONDUITES FORCÉES
- Il est possible aujourd’hui, grâce aux progrès de l’électricité, de faire des transports de force motrice à des distances de plus de 200 kilomètres et, cela, dans des conditions économiques relativement bonnes. On peut ainsi, dans les régions où le charbon est cher, aller chercher à distance des forces motrices économiques, en utilisant les hautes chutes des régions montagneuses restées jusqu’ici sans emploi. C’est ce que les ingénieurs Suisses ont déjà fait depuis longtemps et ce qu’on fait aujourd'hui dans les régions montagneuses de la France, telles que le Dauphiné et le Plateau central.
- Toute usine centrale électrique se compose d’un ensemble de dynamos génératrices de courants, le plus souvent triphasés, qui sont ensuite envoyés, à une tension élevée, dans un réseau de fils aboutissant aux divers lieux d’emploi. Ainsi transportés à une distance plus ou moins grande, ces courants actionnent, à leur tour, des dynamos réceptrices destinées à fournir la force motrice. Mais ce qui caractérise l’usine « hydro-électrique » des régions montagneuses, c’est que les dynamos génératrices de courant, au lieu d’être actionnées par des moteurs à vapeur, sont actionnées par des turbines hydrauliques alimentées par les eaux recueillies dans les montagnes, sous des chutes plus ou moins grandes et pouvant atteindre souvent plusieurs centaines de mètres. (Il y en a de 900 mètres.)
- Ces eaux sont, le plus souvent, dérivées d’un torrent, à une certaine distance de l’usine hydraulique, afin de profiter de la pente souvent considérable de ce torrent pour augmenter, autant que possible, la hauteur delà chute et, par suite, la puissance, car le débit normal des torrents est souvent faible. On les amène ensuite, au moyen de canaux découverts à faible pente, près de l’usine, en choisissant, comme point d’arrivée, un endroit assez élevé pour pouvoir profiter de la presque totalité de la chute du torrent. Entre ce point d’arrivée et la turbine, l’eau passe dans des conduites fortement inclinées et aux-
- 1 M. Normand a déjà proposé aussi d’appliquer la télégraphie sans fil à la remisé à l’heure des chr'dndmétres de bord.
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- quelles on donne le nom de « conduites forcées ». Construites le plus souvent en tôles d’acier rivées ou soudées et de diamètre quelquefois assez grand, mais dépendant du volume d’eau à fournir aux turbines, elles sont posées sur le sol et ancrées, à la partie supérieure, à la maçonnerie de la chambre de prise d’eau et, à la partie inférieure, aux chambres des turbines. La figure 1 représente la conduite forcée de l’usine hydraulique de Servoz, servant à la production d’une partie de l’énergie électrique du chemin de fer du Fayet à Chamonix.
- L’établissement de ces conduites forcées n’est pas sans présenter certaines difficultés d'exécution pratique, notamment en ce qui concerne la dilatation de ces conduites sous l’intluence des variations de température atmosphérique. Mais, il se produit aussi certains phénomènes dus à l’inertie de la niasse d’eau qui circule dans ces conduites, phénomènes qui ont une importance très grande sur les pressions qu’ont à subir ces conduites, ainsi que sur la régularité de marche des turbines. C’est de ces derniers phénomènes dont nous voulons dire quelques mots, en nous basant sur les études très approfondies faites à ce sujet par M. Rateau, ingénieur au corps des mines, études qu’il poursuit encore à l'heure actuelle et publiées dans la «Revue de Mécanique » de 1900.
- Aujourd’hui on exige des dynamos une régularité de marche très grande. De la pleine marche à la marche à vide, le nombre de tours, par minute, ne doit pas varier de plus de 5 pour 100 en p'us ou en moins de la vitesse normale et, en cas de variations subites de charge, cet écart ne doit pas dépasser 2 pour 100. Il en résulte que l’écart de vitesse des turbines hydrauliques, qui actionnent directement les dynamos, doit rester dans les mêmes limites. Or, quel que soit le dispositif automatique adopté pour obtenir la régularité de marche de la turbine, tout se résume à ouvrir plus ou moins, suivant les variations de charge, les orilices du distributeur amenant l’eau dans la roue mobile de la turbine, quel que soit, du reste, le type de turbine employé.
- Lorsque, sous l’intluence d’une diminution de charge, on vient à fermer l’orifice du distributeur, afin de diminuer le débit, la vitesse de la masse d’eau delà conduite forcée, par suite de l'inertie de cette masse, ne peut être modifiée instantanément. 11 en résulte, d’abord, un accroissement de vitesse dans l’orifice du distributeur et, ensuite, une augmentation subite de pression dans la conduite, produisant un choc violent connu sous le nom de « coup de bélier » et souvent suffisant pour amener la rupture des tuyaux, surtout dans les parties en fonte qui entrent dans la constitution de la canalisation. 'Cette augmentation brusque de pression au-dessus de celle normale est suivie immédiatement d’une diminution de pression au-dessous de la pression normale, et ces variations successives de surpressions et de dépressions vont en s’amortissant sous la forme d’oscillations périodiques. Ces oscillations, que des expériences récentes ont révélées, qui produisent les coups
- de bélier dont nous parlions tout à l’heure et qui ont pour cause principale l’élasticité des parois de la canalisation et la compressibilité de l’eau, sont d’autant plus intenses que la chute est plus grande et que le mouvement de fermeture du distributeur est plus rapide. Elles sont maximum lorsqu’on ferme complètement l’orifice de sortie et alors l’amortissement ne se produit qu’après un certain nombre d’oscillations.
- La figure 2 représente les variations de pression relevées, au moyen d’un manomètre enregistreur, sur une conduite d’environ 500 mètres de longueur et de 150 millimètres de diamètre, dont l’orifice de sortie a été fermé en 2,55 secondes. Comme on le voit, les oscillations n’ont été amorties, après la fermeture de l’orifice, qu’après six à sept périodes.
- Les mêmes effets de coups de bélier se reproduisent lorsque, sous l'influence d’une augmentation de charge, on vient à ouvrir davantage l'orifice du distributeur. Mais, alors, le premier effet produit sera une diminution subite de pression suivie, immédiatement après, d’une surpression, ainsi que le montre la figure 5, capable , comme dans le premier cas, de rompre la conduite. En a est la dépression du début suivie, en b, de la surpression produisant le coup de bélier. Seulement, dans ce cas, l’orifice de sortie restant ouvert, l’amortissement est plus rapide que dans le cas précédent. C’est donc une erreur de croire que les coups de bélier ne se produisent qu’à la fermeture et ne sont pas à redouter par une ouverture brusque de l’orifice de sortie. Ou pourrait citer un certain nombre de ruptures de conduites produites dans ces circonstances.
- Ce sont les mêmes effets qui se produisent lorsqu’on vient à fermer ou à ouvrir brusquement les robinets de prise d’eau des conduites d’alimentation domestiques.
- De plus, ces variations de pression, résultant des changements d’ouverture des orifices des distributeurs, ont pour effet, surtout lors des variations brusques de charge, de nuire considérablement au réglage des turbines, d’affoler le régulateur et, parfois, de rendre complètement impossible ce réglage.
- On voit donc l’importance de l’étude des coups de bélier dans les conduites forcées et combien il est utile de les faire disparaître, tout au moins dans les limites du possible.
- On a pensé, tout d’abord, à employer, comme dans les pompes élévatoires, des réservoirs d’air placés sur la conduite près de la chambre d’eau des turbines. Mais l’expérience a vite démontré que, lorsque la dimension de ce réservoir d’air est insuffisante, la surpression devient double de celle qui se produit lorsque la conduite est dépourvue de ce réservoir. Ce n’est qu’en donnant à ce dernier des dimensions énormes, inapplicables dans la pratique, qu’on peut arriver à faire disparaître ces surpressions et voici pourquoi. Lorsque les oscillations dues au réservoir ont une période égale ou à peu près à celles des ouvertures et des fermetures des vannes de l’obturateur, il se produit le phénomène bien connu de
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- « résonance » qui l'ail que l'amplitude des oscillations dans la conduite et, par suite, les coups de bélier, loin de diminuer, vont en augmentant énormément et peuvent amener la rupture de
- la conduite. H faut doue éviter ce synchronisme entre les oscillations dues au réservoir et les mouvements d’ouverture et de fermeture des vannes, et, pour cela, il faut faire (pie les oscillations dues
- Fig. 1. — Usine de Servoz (llaute-Savoie). Conduites de O'”,900 de diamètre, 280 mètres de longueur, hauteur de chute 45 mètres.
- au réservoir soient, au moins, doubles de la durée de la sorte à faire disparaitre le phénomène de réso-de fermeture et d’ouverture des vannes. On arrive nanee, mais on se trouve conduit, d’un autre coté,
- :. — Variations de pression dans une conduite d environ oOO mètres de longueur et de 0“,150 de diamètre produites par la fermeture de l’orifice de sortie.
- à des dimensions de réservoir tellement considérables (pie leur application pratique devient complètement impossible. Ce sont les causes majeures qui ont fait abandonner l’emploi du réservoir d’air dans les conduites forcées et qui, de prime abord, paraissait, cependant, si simple.
- Aujourd’hui on a recours tt un procédé très ingénieux et, en meme temps, très simple. Puisque les coups de bélier sont dus à ce que le volume d’eau écoulé dans la conduite forcée varie suivant le degré d’ouverture ou de fermeture des vannes du distributeur et, par suite,
- suivant les variations de charge, si on parvenait à supprimer celle variation subite du volume d’eau écoulé dans la conduite, les effets de coups de bélier disparaîtraient par le fait. Voici comment on opère pour obtenir ce résultat. On ouvre à l’eau de la conduite forcée un orifice d’écoulement auxiliaire momentané, à mesure que la vanne ferme le distributeur et on s’arrange de manière que la section de cet orifice Soit telle que le débit d’eau de la conduite reste constant. Puis, un dispositif spécial referme ensuite automatiquement cet orifice auxiliaire, mais avec une vitesse faible et suffisante
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- Fig. 3. — Variations de pression dans une conduite produites par l’ouverture de sortie.
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- pour empêcher toute surpression dans la conduite et éviter les coups de bélier. Ce mode de fonctionnement qui donne de bons résultats a été, croyons-nous, employé pour la première fois, en 1897, par le constructeur suisse, Escher-Wyss, sur des turbines établies à Bex dans le Valais.
- Lorsqu'on se trouve dans le cas d’une conduite longue, mais de faible chute, on peut également amortir notablement les effets dus à l'inertie de l’eau, en installant en divers points de cette conduite, et notamment près des turbines, des cheminées verticales, en communication avec cette conduite. fl. Ronxix.
- UNE INVASION DE PAPILLONS
- Pendant les journées des 10 et 11 juillet, la surface de la mer entre les îles Chausey' et Granville, a été littéralement envahie par d’immenses nuées de papillons. Ce fait curieux m’a été rapporté par des témoins, entre autres le capitaine du bateau des Ponts et Chaussées qui m’en a fait la description suivante : « Les papillons blancs paraissaient aussi nombreux que des flocons de neige et l’on aurait pu se croire au milieu de bourrasques,, car parfois ils se trouvaient en nuées plus compactes produisant l’aspect de l’arrivée d’un « grain ». Ces
- Invasion de papillons en mer (d’après un dessin fait an large).
- deux jours-là, la traversée des Chausey à Granville s’est effectuée entièrement dans ces conditions, — cette distance est de 17 km environ. Au delà des Chausey on rencontrait des bandes très clairsemées. Beaucoup de ces insectes tombaient à la mer, la masse cherchant à se relever toujours, et les vents qui souillaient de l’Est, c’est-à-dire de la terre, les entraînaient au large. »
- Je n’ai pu avoir d’autres détails sur ce phénomène qu’il m’a été donné d’observer très indirectement. J’avais remarqué, en effet,l’apparence que présentait la mer, dans la journée du 10 : elle semblait presque entièrement couverte par de grandes surfaces blanches, découpées bizarrement. Sur l’instant mon impression avait été qu’il s’agissait de brouillards en formation, mais après le récit précédent, nul doute
- qu’il faille attribuer cet aspect à celui de la colossale armée de papillons.
- 11 serait curieux de savoir si ce passage de lépidoptères — des « Piérides » sans aucun doute, d’après la description — s’est manifesté ailleurs. Nous n’avons noté sur terre, du moins à Ronville, aucun fait pareil. Le lendemain 12, après une nuit orageuse, et les vents ponant à terre cette fois, j’ai examiné les relais de la mer, mais aucun cadavre d’insecte n'a été rejeté. Ils ne sont donc pas venus se noyer à proximité du bord; et malgré la saute de vent le nombre des piérides dans la campagne n’a pas augmenté sensiblement. Il serait intéressant de savoir d’où provenait cette invasion et ce qu’elle est devenue. Lücies Ruiurx.
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- LES MOUVEMENTS
- DE LA. DRAYE PRINTANIÈRE
- A peine les dernières neiges de l’hiver sont-elles fondues que paraissent sur les murs, les toits, les talus, les petites fleurs blanches de la plus mignonne de nos crucifères, la drave printanière. Ses fleurs durent peu : bientôt elle se couvre de graines, comme pour indiquer la voie à toutes les grosses plantes engourdies, que devance sa précocité.
- Longtemps ces humbles fleurs ont passé inaperçues. Personne n’avait remarqué les mouvements qu’exécutent les organes de la drave. 11 a fallu pour les découvrir toute la sagacité de M. Meehan, le savant président de l’Académie des Sciences de Philadelphie. Il publie, dans les « Proceedings » de cette académie, sous le titre pittoresque de « Life historiés of plants », des notes très intéressantes auxquelles nous empruntons la description des mouvements de notre crucifère. Les pétales sont communément fermés dans les premiers temps de la floraison et les pédicelles dressés pendant le jour. Le soir, ils se recourbent au point de former presque le cercle entier.
- C’est trois heures environ après le lever du soleil qu’ils se redressent (quand le soleil brille environ 12 heures), ils commencent à s’abaisser vers 2 heures de l’après-midi. Ce mouvement diurne des pédicelles se produit encore pendant quelques jours après la chute des pétales, sans doute tant que la silicule continue de s’accroître.
- La saison s’avançant, les pétales commencent à s’ouvrir dans les belles journées simultanément avec le redressement du pédicelle : lorsqu’il est droit, ils sont presque entièrement étalés. Le soleil se levant à 5 h. 1/2 ou 6 heures, l’expansion est complète à 9 heures. Mais déjà vers midi les pétales commencent à se refermer, et ils sont complètement clos à 2 heures.
- Pendant le cours de ces observations, il y eut 4 jours de temps couvert et aucun mouvement ne se produisit dans la plante. Le quatrième jour, le soleil était si peu voilé par les nuages qu’on avait peine à le regarder en face. Les pétales restèrent néanmoins fermés, commme s’il leur fallait non pas seulement la lumière, mais encore la pleine clarté du soleil. L’expansion n’est cependant point due à cette seule cause, car par une journée chaude succédant à une nuit d’orage, le ciel étant couvert de nuages, les fleurs s’épanouirent aussi facilement qu’en plein soleil.
- Bien que cette plante soit très commune en France et même en Europe, on n’y a jamais remarqué, que nous sachions, cette mobilité des pédoncules floraux. M. Meehan pense que les plantes peuvent se comporter différemment suivant les contrées, et si l’on n’a pas signalé en Europe ces mouvements, c’est que peut-être ils ne se produisent pas sous notre ciel souvent nuageux. Il y a là des observations intéressantes à contrôler : Au sortir de l’hiver, alors que la végétation est encore très peu avancée, c’est un sujet d’études qui peut tenter un jeune botaniste, et les recherches pourraient donner des résultats précieux pour la physiologie végétale. V, Brandicourt.
- LA CURIOSITÉ CHEZ LES OISEAUX
- Il y a quelques années une oie excitait par ses excentricités l’attention d’une petite ville du duché de Bade. Toutes les fois que le garde-champêtre allait au marché avec sa grande sonnette pour lire un arrêté ou un avis, une oie blanche et noire se séparait de la troupe assemblée autour du ruisseau et se mêlait aux paysans qui
- écoutaient le garde-champêtre. Pendant la lecture des arrêtés, elle se tenait immobile, la tête dressée comme pour parodier les mines attentives des assistants. Au moment oîi le garde-champêtre sonnait, elle se mettait en marche pour le suivre. Quand il s’arrêtait, elle restait en face de lui et l’écoutait. Elle suivait ainsi l’homme à travers toute l’étendue du bourg et ne rejoignait ses camarades et son ruisseau que la tournée finie. Elle garda cette habitude pendant plusieurs mois.
- Cette anecdote, rapportée par un zoologiste, montre sous une forme un peu humoristique, la curiosité qui est le péché mignon de la plupart des oiseaux. Chez eux, la curiosité l’emporte souvent sur la prudence, cependant très active, et, au péril de leur vie, ils s’approchent de l’objet qui les intrigue. Les chasseurs de marais et du bord de la mer le savent bien : il suffit de poser à terre ou sur une éminence un mouchoir blanc, pour voir arriver divers individus que l’on peut canarder tout à son aise si l’on s’est posté à une petite distance, même sans se cacher. C’est également la curiosité qui fait la perte des alouettes venant regarder de trop près le miroir tournant et les oiseaux migrateurs qui viennent s’écraser sur les phares dont la clarté les attire.
- Les pèrroquets sont d’une curiosité extraordinaire. Ilaast représente par exemple le Kéanestor comme un oiseau excessivement curieux qui ne peut s’empêcher d’examiner minutieusement tout objet qu’il rencontre sur son chemin. Un soir, un naturaliste, parti en montagne pour herboriser, avait réuni à grand’peine tout un bouquet de plantes alpestres fort précieuses, et, pour se reposer, les avait déposées sur une aspérité rocheuse. Pendant sa courte absence, un Kéanestor survint qui se mit à étudier ce bouquet et montra son intérêt pour la botanique en précipitant toutes les plantes du haut du rocher. Une autre fois, raconte Brehm, un berger ne fut pas peu surpris, lorsque revenant après une absence de deux jours à sa cabane soigneusement fermée, il entendit s’en échapper un tumulte singulier. C’était un Kéanestor qui le produisait; il avait pénétré par la cheminée et avait profité de l’absence du propriétaire légal pour mettre à l’épreuve son bec vigoureux. Les vêtements, la literie, les étoffes et tout ce qui avait pu résister à ce bec était déchiré et déchiqueté : les poêles, les pots et les assiettes étaient renversés.
- Le conseiller Paske a décrit les faits et gestes d’un corbeau qu’il avait élevé et qui, comme ses camarades, était dévoré de curiosité. Il se plaisait tout spécialement à pénétrer par des fenêtres ouvertes dans les chambres pour s’y livrer à toutes sortes de méfaits. C’est ainsi qu’il rendit un jour visite à une chambre de la maison d’en face, y trouva toute une collection de souvenirs que l’habitant de la chambre avait disposés sur une armoire et en réduisit en morceaux la plus grande partie. Comme il s’intéressait beaucoup aux jeux de balle des enfants dans la rue, il leur volait leur balle et la cachait. Il fit naître parfois des situations d’un comique peu ordinaire comme le montre le fait suivant. Un jour, il entra par la fenêtre dans la salle où siégeait le conseil de guerre, se posa sur la table couverte de plumes, d’encriers, d’actes et ne voulut à aucune force quitter la place *. il menaçait même de son bec quiconque voulait le toucher. On finit par envoyer chercher son propriétaire qui l’éloigna sans résistance.
- A citer encore comme très curieux, les serins, les moineaux, le rouge-gorge, le tarin, la pie, le rossignol, les oiseaux de proie, les mésanges, et, en général, tous les petits oiseaux chanteurs. H. C.
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- LA NATURE.
- LES PONTS DE FER DE L’ASIE CENTRALE
- L’Asie centrale est arrosée par deux grands fleuves qui tous deux tombent dans la mer d’Aral : l’un, au nord, est le Syr Daria, ancien laxartes ; l’autre, au sud, 1'Amou Daria ou Djihoune (ancien Oxus). Dans la partie supérieure de son cours, ce dernier sert de frontière entre la Boukharie (ancienne Sogdiane) pays de protectorat russe et l’Afghanistan. Dans cette partie supérieure du fleuve, à Termèse (un peu au nord de l’ancienne Bactres et de Mazar et Chérif), on trouve des ruines qui semblent prouver qu’un pont franchissait autrefois le fleuve en ce point. Mais il y a si longtemps de cela que nous ignorons par qui il fut construit et sous le règne de quel roi il le fut. Des ruines et des vestiges d’anciens placers prouvent que cette contré^ a joui autrefois d’une certaine prospérité. Elle a subi l’influence de la culture occidentale lors de la conquête d’Alexandre le Grand ; actuellement, c’est du nord que lui vient cette culture.
- Cette grande contrée, dont Yambéry nous a fait connaître la barbarie il n’y a pas si longtemps, a été conquise par les Russes par étapes successives qui sont, pour la région située au nord de 1’Amou Daria: prises de Tachkent par Tcherniaeff, en 1865, de Khodjènt, sur le Syr Daria, en 1866, de Samarcande en 1868, de Khiva, par Kaufmann, en 1875, de Kokand, dans le Fergana, en 1876.
- Au sud de l’Amou Daria, la pénétration s’est faite par la construction « manu militari » du fameux chemin de fer transcaspien par le général Annenkoff. Actuellement, la tête de cette ligne est Krassnovodsk ; tout d’abord ce fut Ouzoune-Ada, mauvais port de la Caspienne, dépourvu d’eau douce. Plus loin s'étend une steppe sans eau, aussi les difficultés de la construction ont-elles été énormes. Pour les travaux de maçonnerie et de terrassement on a employé 1400 ouvriers russes et 30 000 indigènes et le service de construction a été fait par deuxbataillons de mille hommes. Ce n’est que grâce à ce chemin de fer qu’on a pu soumettre les Turcomans par la prise de Géok Tépe, en 1881, puis par celle de Merv.
- L’Amou Daria séparait ces deux pays conquis, qu’on était pressé de relier l’un à l’autre. Ce fut l’ingénieur Balinsky qui eut l’audace de construire à Tchardjouï, dans ce pays totalement dépourvu de végétation, un pont de bois long de 2675m,39. On fit venir le bois par le Volga, jusqu’à Astrakhan, et le pont fut construit en 103 jours. En 1888, le chemin de fer arrivait enfin à Samarcande ; quelques années plus tard, la ligne franchissait le Zérafchâne sur un pont de fer (fig. 2), puis en 1899, aboutissait à Tachkent, la capitale du pays, après avoir franchi le Syr Daria sur un beau pont de fer long de 340 mètres ( fig. 1). Ce pont, construit par la maison Roudzki et Cie de Varsovie, pèse 423 800 kg et a coûté environ 2 470000 francs.
- Grâce à cette ligne ferrée, la capitale duTurkestan était enfin réunie à l’Europe par une bonne voie de
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- communication ; mais le pont de bois de Tchardjouï en était le point faible car, 6 fois jusqu’en 1901, il fut partiellement emporté par les crues estivales. Dès que le pont sur le Syr Daria fut fini, on commença la construction du grand pont en fer de l’Amou Daria, reliant Tchardjouï d’un coté, à Farabe de l'autre. Il a été ouvert à la circulation le 27 mai 1901 en présence de son Excellence le Ministre des travaux publics Khilkotf, du général Ivanolf, gouverneur général du Turkestan, de l’émir de Boukhara Seïde-Abdoule Arkhade-Khane, de l’ingénieur des ponts et chaussées Michaïlovski, de l’ingénieur constructeur Olchévski et de nombreux invités parmi lesquels se trouvaient quelques dames, entre autres la femme du gouverneur général, qui n’avaient pas craint d’accompagner leurs maris, quoiqu’elles n’ignorassent point les inconvénients de la situation. La brillante cérémonie d’inauguration s’est faite sous un soleil de plomb qui faisait monter le thermomètre à 60 degrés, à 11 heures du matin.
- La figure 1 donne une idée de la largeur de l’Amou Daria en cet endroit. Le pont a 1605 mètres de longueur, il est formé de 25 travées et coûte environ 12617 800 francs.
- Un détail à rappeler, c’est que, par suite de la direction de l'est au nord-ouest du Syr Daria et de l’Amou Daria, la rotation de la terre est cause que les eaux de ces deux fleuves sont poussées contre leurs rives droites, ce qui fait quelle est sans cesse rongée par le courant alors que la rive gauche se couvre de sédiments. Cette érosion est si grande, en certains endroits, qu’il a fallu déplacer plusieurs postes militaires riverains. Il en est de même à Pétro-Alexandrovsk, près de Khiva. Il a donc fallu tenir compte du phénomène et prendre des précautions spéciales pour consolider les rives près du pont, d’autant plus que l’argile dont elles sont formées se délaye facilement. On a trouvé dans la construction d’épis en pierres un excellent moyen de fixer les alluvions entraînées par les eaux limoneuses du grand fleuve. Grâce à ces barrages, des dépôts terreux se forment en deçà et au delà des obstacles artificiels, si bien que l’eau contribue, en cet endroit, à garnir la rive que, sans cette précaution, elle aurait démolie.
- L’Asie centrale, avec ses puissantes chaînes de montagnes et l’énorme relief connu sous le nom de Pamir, possède très certainement de très grandes richesses minérales. Quant aux richesses reconnues, elles sont, en général, inexploitées, faute de voies de communication, faute de capitaux et par suite des mesures administratives qui, jusqu’au 1er avril dernier, obligeaient tout étranger à se pourvoir d’une autorisation spéciale pour entrer dans le pays et entravaient la reconnaissance de la région industrielle. Malgré cela une compagnie russo-française s’est formée pour exploiter un gisement de charbon, à Outche-Kourgane et, tout dernièrement, une compagnie russo-belge a inauguré sa première fonderie de cuivre, dans le Fergana, près du Syr Daria. Pour
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- LA NATURE.
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- la première rouit1 du mol al élit1 se sert de cliarhon, pour la refonte elle Itrùle des graines huileuses de eolonuiers. La compagnie compte sur une produc-
- tion de iStl tonnes decuivre par an, tpii sera expédiée à Moscou. Dans cette même région du Fergana il y a aussi du pétrole ; mais, jusqu'à présent, on ne récol-
- Fig. 1. — A la paetie supérieure, pont sur l’Amou Daria. Au-dessous, pont sur le Syr Daria, à (50 kilomètres, au sud de Tachkent.
- tait que celui qui s’était fait jour jusqu’à Heur de non loin de là ne paraissaient pas devoir aboutir quand terre, et les coûteux travaux de sondage qu'on faisait une secousse de tremblement de terre a déterminé
- Fig. *. — Dont de fer sur le Zarafrhane, près de Samarcande.
- l’apparition du pétrole. Le fer, l’argent, le sel gemme, le mica sont disséminés dans la contrée, mais le développement de l’industrie est retardé par la qualité du charbon qui ne donne pas un bon coke. Par contre, l’eau pourrait fournir en beaucoup
- de cas la force motrice nécessaire à bien des industries.
- La construction du chemin de fer Taeheknt-Oren-bourg, en supprimant la traversée de la Caspienne et en rapprochant beaucoup l’Asie centrale de l'Eu-
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- LA NAÎTRE
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- rope, permettra aux gens entreprenants d’apporter leurs capitaux dans ce pays neuf, et d’écouler facilement les produits des industries nouvelles.
- Parmi ces dernières se trouve l’exploitation de l’or.
- Depuis longtemps l’or est exploité en Boukharie, mais le premier Européen qui ait obtenu de l’émir
- Fig. 3. — Un pont sur la rivière Tcliischiv, à 8 kilomètres à l’est de Tachkent.
- de Boukhara des concessions est l'ingénieur russe le savant géologue viennois Krafft, dont le rapport Joravko-Pokorski. Ses placer s ont été examinés par favorable a paru à Berlin en 1899 (février). Depuis
- Fig. i. — Un pont indigène dans le Turkestan russe.
- un. peu plus d’un an, M. Gaston Cirasse a acquis d’autres plaeers situés comme les premiers dans la vallée supérieure de l’Amou Daria. L’ingénieur français, M. David Levât, accompagné de l’ingénieur Petit sont venus juger la valeur des terrains qui sont
- riches en sables aurifères et en quartz aurifère tout autour, et l’on s’attend à une exploitation en règle, qui en amènera probablement beaucoup d'autres.
- L’émigration, pour laquelle a tant fait le général Grodékoff, va, de nouveau, être l’objet des soins du
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- LA NATURE.
- gouvernement, car aux immenses plaines qui ne se couvrent de verdure qu’au printemps, il ne manque que l’irrigation artificielle pour produire plusieurs moissons pendant l’été. Quelques grands canaux de dérivation ont été. faits par l’Etat, et par un Grand-Duc. Actuellement, on en entreprend d’autres pour envoyer vers le sud les eaux du Syr Daria, dont la longueur est comparable aux fleuves américains. Dans quelques années, la steppe dite « de la faim » se peuplera, les canaux s’y ramifieront et, en présence de ces terres si productives, le voyageur aura de la peine à comprendre que cette région ait pu mériter son nom1. Emile Muller,
- Professeur au Lycée de Tachkent. -—><><—
- LES SOURIS QUI CHANTENT
- Un de nos correspondants de Constantinople vent bien nous demander notre avis sur le fait suivant qui a suscité dans les journaux locaux, parait-il, une polémique parfois aigre-douce : « Un professeur, nous raconte M. H. G. Pintza, ayant entendu, pendant la nuit, des cris ou plutôt des sifflements venant du plafond de sa chambre à coucher avait attribué d’abord le fait à quelque oiseau qui y aurait construit son nid dans quelque trou au-dessus de sa tête; mais le vrai chanteur, ayant franchi un jour son trou afin d’entreprendre une expédition nocturne dans le garde-manger de la maison, apparut à ses yeux sous la forme d’une souris qui continuait devant lui de chanter... peut-être la bravoure de ses ancêtres qu’Homère immortalisa naguère. »
- Notre correspondant nous demande si le fait a des chances d’être exact. Nous n’avons pas d’opinion personnelle sur ce point, mais on peut remarquer que le cri naturel de la souris est très voisin sinon du chant proprement dit, mais du pépiement des oiseaux et qu’il n’y a rien d’impossible à ce que les deux sons arrivent à se ressembler, surtout à certaines époques de l’année, par exemple au moment où les oiseaux n’émettent que des notes brèves, lorsqu’ils font leur nid ou élèvent leurs petits en gazouillant en sourdine. D’autre part, il serait démontré que les souris arrivent à imiter le efant des oiseaux que cela ne bouleverserait en rien les lois de la zoologie ou de la psychologie : les imitations du chant d’une espèce à l’autre sont très fréquentes chez les oiseaux ; on ne voit pas pourquoi elle ne pourrait l’être du fait des mammifères; l’homme lui-même ne prend-il pas assez facilement Y « accent » de ceux qui l’entourent ?
- Au reste — et c’est là la principale constatation à faire — le fait relaté plus haut est loin d’être isolé. On connaît nombre de cas analogues2. C’est ainsi que Wood raconte l’anecdote suivante, qui lui a été communiquée par le Rév. R. L. Bampfield : « Quelques souris s’étaient logées derrière les lambris de ma cuisine. Je les y laissai en paix, pour des motifs que bien des gens comprendront difficilement ; mais, en vérité, c’étaient de charmantes petites bêtes ! Il nous semblait qu’elles élevaient soigneusement une jeune progéniture; celle-ci, toutefois, n’eut pas toutes les qualités des parents. Dans la cuisine était
- 1 La plupart de ces données proviennent du « Tourkestans-kiia Viédomosti ». n° 1965, du 31 mai (= 13 juin) 1901 — jiudi — n° 43, contenant l’article sur l’ouverture du pont « Otkritié Amou-Darinskavo mosta ».
- 2 Voy. n05 182, du 25 novembre 1876, p. 415, et 227. du 6 octobre 1877, p. 302.
- suspendue la cage d’un canari, bon chanteur, et nous remarquâmes que, avec le temps, le cri des souris venait à imiter le chant du canari. Etait-ce par admiration de la musique, ou, comme je suis tenté de le croire, une dérision ou une imitation ? Le résultat, néanmoins, était incontestable, et si le chant des souris n’avait pas la force, l’éclat, la plénitude de celui du canari, il était peut-être plus doux et plus tendre. Très souvent je les ai entendus avec plaisir le soir, tandis que le canari dormait, la tête sous son aile, et plus d’une fois un visiteur regardant l’oiseau me demanda : « Est-ce le canari, monsieur, qui chante ainsi? » Un homme digne de foi m’a assuré qu’il avait eu aussi des souris mélomanes, et je crois que de jeunes souris, élevées avec des canaris, en apprendraient bien le chant. » 11 paraît qu’en Chine il y aurait une race spéciale de souris mélomanes que les habitants du Céleste Empire élèvent dans des cages en guise de canaris pour charmer leurs oreilles. Le D'Eichelberg, d’après Brehm, a publié des observations analogues, qu’il eut tout le loisir de faire dans sa prison. En novembre 1846, vers le crépuscule, il entendit pour la première fois le chant d’un canari, croyait-il, qui partait de la cheminée. Il pensa que l’oiseau s’y était égaré, et il en était persuadé, lorsque, quelques jours après, il entend, à la même heure, le même chant, partant de la même place. Plus tard, la musique lui sembla venir du plancher, et, finalement, elle le réveilla pendant la nuit. Elle ne différait pas, dit-il, d’un chant d’un canari. Le timbre en était doux, mélodieux, les roulades étaient prolongées, sans interruptions. Le captif fit de la lumière, visita sa chambre en se dirigeant d’après le bruit, et finit par trouver une petite souris, dont la bouche paraissait vibrer encore. A partir de ce moment, l’animal se montra fréquemment, la nuit comme le jour. Durant le jour, il chantait pendant une dizaine de minutes; la nuit, son chant durait un quart d’heure et plus. Le geôlier et le commandant se convainquirent de la véracité de ce récit, et s’en portèrent caution.-
- Conclusion : il n’v en a pas, les récits relatifs au chant, des souris étant trop incomplets. Nous ne pouvons qu’engager nos lecteurs à faire des observations par eux-mêmes et de nous les communiquer : qu’ils n’oublient pas surtout de noter très exactement le chant des rongeurs comparativement à celui ou plutôt à ceux — car il v en a plusieurs — des canaris. On n’y trouvera qu’une analogie lointaine, grossie par l’imagination des observateurs, la folle du logis comme l’appelait je ne sais plus quel spirituel littérateur. Henri Colpin.
- LA TOMATE
- Bien inutile est de rappeler combien le rendement de nos diverses récoltes françaises est devenu minime depuis déjà nombre d’années! Qui ne sait, en effet, que l’agriculteur récoltant son blé ne s’y retrouve vraiment qu’en livrant sa marchandise au commerce au prix de vingt francs l’hectolitre, or les prix des blés garonnais actuellement ne varient guère entre quinze et dix-huit au plus.
- Il en est ainsi de toutes ou presque toutes les récoltes, il est pourtant une culture dont la précocité fait la richesse, c’est la tomate.
- La tomate fournit plusieurs variétés, toutes sont productives, mais les plus recommandées sont : la tomate de Provence à fruit côtelé et précoce; la tomate milcado, écarlate, à fruit lisse et gros, moins précoce mais plus élevée que la première; il y a aussi la tomate anglaise qui donne peu de fruits, mais qui les donne très beaux
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- (le Midi ne la recherche guère, car elle est, malgré sa grosseur, moins appréciée pour l’embarquement) ; la tomate pomme d’amour, la rouge grosse, la rouge hâtive, la Perfection, le roi Humbert, la Merveille des marchés (cette dernière résistant à la maladie), etc., etc.; enfin la Perdrigeon nouveauté, supportant très bien le transport.
- 11 ne faudrait pas croire que la tomate soit d’une culture facile et moins pénible que toute autre, et que ce beau fruit écarlate, si apprécié des cuisinières, nous arrive sans labeur; il y a même de grands soins à lui donner. En février on sème sur couche chaude; soigné convenablement, le jeune plant est en bon état de repiquage vers le 5 ou le 10 mars. Bans le Midi il peut se développer sans l’aide de chaleur artificielle. L’opération se fait sur couche moins forte que pour le semis, mais montée en vue de permettre au jeune plant une croissance de 0m,12 à 0m,25 sous verre. Les plants sont placés à 0m,12 en tous sens, les soins ordinaires, arrosages, aération, ombrages, sont donnés en vue d’assurer une bonne et prompte reprise. L’objectif étant d’obtenir des plantes à tiges courtes et à feuilles légèrement cloquées, il ne faut jamais arroser copieusement. En avril on procède à un second repiquage sur place en donnant aux plants 0m,15 en tous sens; on assure la reprise par des arrosages indispensables. Fin avril ou commencement de mai les plants .seront boutonnés ou auront les premières fleurs épanouies, quelquefois même des bouquets de fruits de la grosseur d’une noisette ; c’est dans cet état que se fait la mise en place à 0m,60 en tous sens, dans un terrain bien fumé, convenablement préparé à bonne exposition. Après une huitaine de jours on incorpore au sol par mètre carré, au moyen d’un binage, un engrais composé de nitrate de soude, superphosphate, chlorure de potasse dont quelques terrains favorisés peuvent se passer. Les plants sont garnis de tuteurs et taillés de façon à ne conserver qu’une seule tige qui est fixée au tuteur, les bourgeons qui naissent à l’aisselle des feuilles sont supprimés, et cela pendant toute la végétation. Avec ce procédé de culture les premiers fruits sont généralement bons à cueillir fin juin et seront alors vendus à des prix très rémunérateurs.
- La tomate peut être préservée de la maladie par des pulvérisations au sulfate de cuivre ou à la bouillie bordelaise .
- Le transport des tomates demande toute l’attention des producteurs, notamment pour l’exportation. Il convient de choisir les emballages. Le cageot actuel semble donner satisfaction, les fruits y étant moins exposés à réchauffement que dans les corbeilles. Ces cageots remplis, cloués, passent de l’expéditeur en gare la plus voisine, où le tarif du transport est des plus réduits, au poids de 4000 kg, tant par tonne. Et ainsi l’Angleterre surtout accapare le produit de nos plaines fertiles donnant un plus grand débouché à notre exportation. Expédiée sans être en pleine maturité, presque verte, la tomate arrive à point à nos voisins d’outre-Manche, sinon avec un goût aussi succulent qu’à la cueillette, mais toujours avec la belle couleur qui l’a rendue proverbiale : qui ne connaît l’axiome du pays: Rouge comme une tomate ? Le midi de la France fait également une grande consommation de tomates : sauce, conserves, confitures, elle est bonne à tout pour le Méridional.
- On sait que, contrairement à ce que l’on pensait, les tomates riches en soude, loin d’être bannies du régime des arthritiques, peuvent être, d’après M. Armand Gautier, mangées en abondance. H. Mages.
- PA.NIER KABYLE
- POUR FRUITS OU POUR ŒUFS
- Les populations, même les plus arriérées, ne sont pas sans certaines qualités et toutes possèdent, plus ou moins, certaines connaissances pratiques auxquelles les peuples plus civilisés pourraient faire parfois d’utiles emprunts.
- Parmi les indigènes de foute race qui habitent l’Afrique septentrionale, les Kabyles tiennent le premier rang non seulement par leur caractère indépendant, leur vie. simple et leurs habitudes de travail, mais aussi par leur esprit inventif.
- Durant notre long séjour au milieu des indigènes du département de Constantine, nous avons observé mille riens qui méritent d’être recueillis comme susceptibles d’une application pratique dans nos pays. De ce nombre est un type de panier agricole, utilisé pour le transport des produits délicats ou fragiles, fruits, œufs, et dont nous donnons le dessin. C’est une corbeille cylindrique, presque aussi large que haute, et formée de morceaux de bois minces ou de bouts de roseaux réunis par des entrelacs de ficelles qui les arrêtent dans le haut et dans le bas. Quand l’ouvrier a obtenu une bande suffisante, il roule celle-ci en forme de cylindre, joint les deux extrémités, façonne un fond rudimentaire au moyen d’une baguette légère ou d’une branche d’osier roulée en spirale et de bouts de cordelette, ajoute une anse en
- alfa ou en crin végétal, et voilà notre panier terminé. Panier solide et élastique à la lois, qui se prête" à certains mouvements latéraux et peut ainsi échapper aux accidents auxquels seraient certainement exposés un couffin plus souple et une caisse plus brisante, ustensile* peu casables, du reste, au tond d’un « tellis w1. Ces paniers rendent de réels services, ne coûtent rien comme prix de revient. Nos campagnards pourraient essayer de les approprier à leurs besoins. L. Jacquot.
- Panier kabyle. — 1, Vue générale ; 2, vue du fond ; 3, déplacement latéral par suite de l’élasticité des fibres.
- AYANCE A L’ALLUMAGE
- ET FRACTURE DU RADIUS
- Dans une communication à l’Académie de médecine, M. le docteur Lucas-Championnière a signalé la fréquence de la fracture du radius chez les conducteurs d’automobiles; il attribue cet accident à leur imprévoyance. En effet, à la mise en marche du moteur, ils s’inquiètent peu de savoir s'ils n’ont pas une avance à l’allumage trop considérable.
- 1 Couverture pliée et formant sac qui pend de chaque côté* des bêtes de somme.
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- IA NATURE.
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- Pour bien se rendre compte de ce qui se passe lors de la mise en marche d’un moteur à essence de pétrole à un cylindre, il n’est peut-être pas inutile de préciser l’expression « avance à l’allumage ». Si l’on considère comme étant le meilleur moment d'allumage celui pour lequel le moteur donne le meilleur rendement, on peut appeler « retard » tout autre moment s’éloignant de ce point dans l'ordre des temps, et ensuite « avance » tout moment s’en rapprochant ; s’il en est ainsi effectivement, il y a cependant sur les mots « avance » et « retard » une contusion possible ainsi qu’on va le voir.
- Rappelons d’abord que le moteur à essence de pétrole le plus répandu fonctionne en quatre périodes: 1° aspiration ; 2° compression ; o° explosion (travail utile); 4° évacuation des produits de la combustion.
- Pendant la première et la troisième période le piston s’éloigne de la culasse ; dans la deuxième et la quatrième il s’en rapproche. L’étude des moteurs à explosion a démontré que si la déflagration commence bien aussitôt que se fait la production de l’étincelle, elle ne se propage (pie peu à peu dans toute la masse et le travail n’est maximum qu’au bout d’un certain temps. Il ne s’écoule entre ces deux moments qu’un instant très court, il est vrai, mais il est suffisant pour qu’on soit obligé, si on veut obtenir le meilleur rendement, de provoquer l’étincelle avant que le piston soit arrivé au bout de sa course pendant la période de compression.
- Dans un moteur de Rion-Routon, par exemple, d’une puissance de huit chevaux, ayant 100 millimètres d’alésage et 120 millimètres de course, on aura le maximum de rendement en provoquant l’étincelle, pendant la période de compression, à 52 millimètres « avant » la fin de la course (fig. 1) ; c’est ce qui explique cette expression « avance à l’allumage » ; elle est prise par rapport à la compression complète. Quel que soit le point auquel on provoque l’étincelle pendant cette période, on aura toujours de l’avance : on en aura plus ou moins, voilà tout.
- Si nous prenons toujours le même terme de comparaison, c’est-à-dire le moment de la compression complète, c’est seulement lorsque cette période est dépassée, quand on provoque l’étincelle après la compression, au moment où commence la troisième pé-
- riode, qu’on peut dire qu’on a du « retard à l'allumage ».
- Dans le moteur considéré ce retard peut s’étendre jusqu’à 10 millimètres seulement après le retour du piston (fig. 5) pour qu’il y ait encore chance d’explosion. Mais ceci n'est pas général et cette latitude de retard est variable suivant le type de moteur et le genre d’allumage employé, elle n’existe même pas dans beaucoup de types de moteurs.
- Dans le premier cas, lorsqu’il y a avance à l’allumage (fig. 1), il est clair qu’il faut que la force vive acquise par le volant soit supérieure au travail négatif qui s’exerce à la surface du piston, sans quoi l’explosion renverrait celui-ci sur lui-même (fig. 2)
- avant qu’il n’ait dépassé le point mort, renversant la marche du volant... et aussi parfois le chauffeur, avec ou sans fracture.
- Les manivelles qui servent à la mise en marche sont disposées de telle sorte qu’elles se débrayent automatiquement quand le moteur part dans le bon sens ; mais elles restent naturellement en prise dans l’autre sens. 11 résulte de ce que nous avons dit plus haut que pour être certain de n’avoir jamais de départ en sens inverse il faudrait toujours mettre l’allumage dans la troisième période (fig. 5) ; mais on aurait alors beaucoup moins de chance de réussir la mise en marche. Il suffit en pratique de conserver un peu d’avance à l’allumageet d’imprimer au volant un léger balancement de faillie amplitude d’abord, puis un rapide mouvement de rotation, pour être à peu près sur de déjiasser le point mort avant que le travail du mélange gazeux soit maximum; on comprend que cette condition est d’autant plus difficile à réaliser qu’on a conservé une plus grande avance à l’allumage. Les fractures occasionnées par le retour de manivelles se produisent presque toujours au radius; elles sont plus ou moins graves suivant la façon dont le bras et la main sont placés; on a vu aussi parfois des fractures de la cuisse. En général elles sont dues à un manque de précaution et elles ne se produiraient que fort rarement si l’on avait soin de bien régler le moment de l’allumage en raison de la vitesse qu’on peut donner au volant en l’actionnant à la main. G. Chauiarks.
- L'avance à l’allumage dans les moteurs à pétrole. — C, culasse ; A, piston; 13, extrémité de la course; 1, .allumage avant la compression, maximum de vitesse ; 2, explosion prématurée, retour de manivelle ; 5, allumage après la compression, départ douteux.
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- LA NAT UH K.
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- LE LOGAN-BERRY
- HYBRIDE 1)K liONCE ET DE FRAMBOISIER
- Plus privilégiée que la majorité des autres pays, la France est riche en belles variétés de Fruits de table . Poires, Pommes, Pèches, Abricots, Prunes, Raisins. C’est pourquoi, chez; nous, la consommation des « petits fruits » se trouve réduite aux Fraises, aux Framboises et aux Groseilles. 11 en est tout autrement chez les peuples de races germanique et anglo-saxonne qui, moins favorisés, par besoin et par goût cultivent et consomment une grande quantité de ces baies. Telles sont les Mures (fruits du Mûrier), les fausses-mùres (fruits des Ron-ces), les Airelles (fruits des Myrtilles).
- Ces besoins ont tout naturellement in cité les horticulteurs de ces pays à essayer, d'abord de sélectionner, d’améliorer les meilleurs types, de procéder ensuite à des croisements entre diverses espèces debaies, dans le but d’en perfectionner la qualité, la beauté et d’en augmenter le rendement.
- Aussi existe-t-il des variétés perfectionnées de Ronces, dont les fruits sont plus gros que nos belles framboises. On peut d’ailleurs en juger par la figure ci-contre qui représente le Logan-Rerry (mûre-framboise) hybride de Ronce et de Framboisier du plus grand intérêt. On ne fait guère mention de ces arbustes (pie sur les catalogues allemands, américains et anglais, bien que certains d’entre eux pourraient avantageusement trouver place dans les jardins d’amateurs français au même titre que les Framboisiers, Groseilliers, etc.
- A l’instar du Framboisier, ces arbustes ont, en effet, l'avantage d’ètre robustes, de ne pas nécessiter des tailles savantes, d’ètre très productifs et par conséquent de fournir frais, en confitures ou en compotes, un dessert agréable, pouvant être très apprécié lors des années de disette comme le fut 1905.
- Sous le nom générique de « Rerry » on désigne en langue anglaise l’ensemble de petits fruits auquel
- s’ajoute le nom spécifique Rlaek-berry, la mûre. Rasp-berry, la framboise, etc. On a précisément fait beaucoup de bruit, ces dernières années, autour du Logan-Berry, nouvelle variété d’origine américaine, auquel son obtenteur et en même temps l’introducteur, un pépiniériste californien, M. Judge-Logan, a créé pour lui un nom nouveau.
- Le Logan-berry est, en effet, un nouveau type puisqu’il est autre qu’un hybride entre la Ronce « Ru-bus fruclicosus » et le Framboisier « Rubus idæus » desquels il se différencie d’une façon parfaite, en constituant un type absolument distinct. L’intérêt de ces croisements est la production de fruits aussi
- lins que les framboi-( ses^ en 11R'.n,c temps
- 1 que [dus gros et don-
- nant une production aussi continue que les Ronces.
- Toute une pléiade de variétés gravitent autour du Logan-berry type, soit qu’il ait été l’un des parents dans leur obtention, soit qu’elles proviennent de croisements entrepris sur les mêmes bases. C’est ainsi que ces dernières années MM. Veitch de Chelsea en Angleterre ont obtenu un hybride de même genre par le croisement de variété française de Framboisier Belle-de-Fontenay par une variété de Ronce et qu’ils ont nommé le Madhi.
- Il est permis de voir l’inlluence du pollen de certaines variétés de framboises dans l’obtention de sortes de mûres d’une autre couleur, comme la variété entièrement blanche, dénommée Iceberg et qui a vu le jour dans les cultures de M. Luther Burbank de Santa Rosa, aux États-Unis. Elle serait le résultat d’un croisement entre une variété de framboises à fruits blancs etlaMûre de Lawton, variété excellente très renommée. La première hybridation de ces deux variétés de genres différents donna des types aux fruits noirs ; le second des fruits de couleurs variées, parmi lesquels on en remarquait d’une couleur blanc terne. Les Heurs de ce dernier type fécondées, puis les produits sélectionnés de nouveau, donnèrent au bout de la huitième année la variété Iceberg aux baies d’une blancheur de neige parfaitement fixée.
- Variété de mûre-framboise (Logan-Berry).
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- Le Logan-berry est un arbuste extrêmement vigoureux, puisqu’il développe fréquemment, dans la même année, des pousses dépassant trois mètres de longueur et sa culture est aussi simple que facile.
- Comme c’est le cas pour le Framboisier, les rameaux de la seconde année doivent disparaître après avoir donné leur production de fruits. Ils sont remplacés par les bourgeons développés au cours de l’été. Le Logan-berry s’accommode des expositions les moins favorables du jardin et des sols de nature et de fertilité différentes, pourvu qu’on ne néglige pas l’application des fumures annuelles parce qu’à l’instar du Framboisier il est très vorace et, produisant beaucoup, épuise rapidement la terre. Les arrosages à l’engrais [tendant la période végétative sont très favorables.
- Le meilleur procédé de culture consiste à palisser les tiges le long d’un mur, sur des lils de fer ou sur un treillage, en réservant entre chacune d’elles un espace de 20 à 25 centimètres. Les murs mal exposés, impropres à une autre utilisation conviennent très bien pour le- Logan-berry, de même que les tonnelles en treillage peuvent être rapidement tapissées par cette sorte de liane vigoureuse. Ces rameaux ne sont pas plus épineux que ceux du Framboisier. Les bourgeons fructifient la seconde année, puis se dessèchent et meurent après avoir fructifié. Dès la lin de la récolte, on détache et on rabat les branches; puis on palisse à leur place les pousses de l’armée. Lorsque les touffes sont fortes, le terrain très fertile, on en conserve annuellement à cet effet jusqu’à huit ou dix bien que cinq à six suffisent pour assurer une bonne production.
- Nous avons remarqué, en Allemagne, un autre genre d’utilisation à la fois décoratif et productif. On forme le long des allées ombragées une double guirlande avec de longues pousses, qui vient se rattacher sur de très forts piquets, soutenant parfois un Groseillier à tige et formant ainsi une suite de festons. Pendant toute la belle saison les feuilles se trouvent cachées sous les nombreuses inllorescences et la multitude de bouquets de fruits constituant la base de confitures très appréciées.
- M. Letellier, (pii cultive cet arbuste depuis le printemps 1905, nous informe qu’à Caen il a conservé son feuillage presque tout l’hiver. Seules, les dernières gelées roussissent celui-ci. La multiplication s’effectue de marcottes ; les rameaux d’un an s’enracinent mieux que les bourgeons de l’année.
- Il n’y a pas de raison pour que cet hybride de llonce et de Framboisier n’obtienne quelque succès en France, surtout dans les jardins privés et d’institutions auxquels on demande d’abondantes productions de desserts variés. Albert Maimexé.
- GARNITURE HYDRAULIQUE DE POMPE
- On fait usage depuis un certain temps en Australie, et tout particulièrement pour les pompes centrifuges servant, dans le traitement des minerais aurifères, à enwyer l’eau sur les sluiées, d’une garniture très originale qui
- empêche toute rentrée d’air dans une pompe centrifuge.
- L’arbre de la pompe est entouré d’une chambre annulaire F à l’endroit même où cet arbre quitte la pompe; cette chambre est du reste disposée aussi près que possible de l’enveloppe de la pompe, et elle sert à contenir un certain volume d’eau, qui peut être mis en rotation simultanément avec l’arbre. Ce mouvement de rotation lui est
- Disque de la pompe
- Garniture hydraulique de pompe.
- donné par le moyen d’un disque qui porte une plaque L disposée dans un plan passant par l’arbre de la pompe, et les choses sont combinées de telle sorte que tout air voulant s’infiltrer dans la pompe est obligé de passer par la périphérie de cette plaque. Si maintenant nous supposons la pompe fonctionnant, et mettant par suite la masse d’eau de la chambre en rotation, la force centrifuge agit, et l’eau dans cette chambre annulaire atteint une pression suffisante pour résister à la pression atmosphérique qui s’exerce et tend à faire pénétrer l’air dans la pompe. On peut dire que la plaque est « cimentée » de toute part au moyen d’eau sous pression, ce qui empêche forcément toute introduction d’air. IL B.
- CHRONIQUE
- Les télégraphes et les téléphones en Espagne.
- — L’Espagne possède 30000 kilomètres de lignes terrestres et 3290 kilomètres de câbles sous-marins ayant un développement total d’environ 85 000 kilomètres de fils. 11 existe 1588 bureaux, dont 43 sont ouverts en permanence pendant le jour et la nuit. On a effectué l’an dernier 545(3000 transmissions comprenant des télégrammes privés, officiels, et les dépêches de service; de plus les autorités civiles des principales villes du royaume sont autorisées à tenir entre elles des « conférences télégraphiques », qui sont considérées comme télégrammes officiels, et encombrent de plus en plus les réseaux. C’est ainsi que le nombre de ces conférences est passé de 285 en 1899 à 711 en 1902, représentant environ 500000 mots. Le trafic inteniational de l’Espagne s’est élevé pendant cette même année à 1 257 554 télégrammes. C’est surtout avec la France que ce trafic est le plus actif ; viennent ensuite l’Angleterre, le Portugal, l’Allemagne. Le chiffre total des recettes s’est élevé à 8 909 929 pesetas, soit approximativement à 12 millions de francs. 11 n’est pas possible de connaître les dépenses. Ajoutons encore qu’il s’est produit en 1905 0411 dérangements dus à la rupture des fils aux intempéries et aussi à la malveillance. L’administration des téléphones exploite 4 réseaux : Cordoue, Gijon, Murcie et Oviedo avec 4 stations centrales et 648 abonnés ; 50 réseaux urbains sont concédés; ils ont 14 260 abonnés et paient à l’État une redevance variant de 10 pour 16(1 à 34 pour ItfO de prix
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- d’abonnement. Les tarifs varient de 50 à 300 francs par abonnement simple, et s’élèvent à 600 francs pour les postes servant à plusieurs personnes, et 1000 francs pour les stations de casinos, cercles, etc. Les abonnements en dehors du rayon de la localité sont augmentés de 5 francs environ par 100 mètres. Les réseaux les plus importants sont ceux de Barcelone, Madrid, Bilbao et Valence qui appartiennent à diverses compagnies. 11 existe également 7 réseaux téléphoniques affectés exclusivement à la correspondance difficile. De son coté, l’administration des télégraphes a établi un réseau interurbain public, desservant Madrid, Segovie San Ildefonse, Alcala de llenares et Guadalajara. Les recettes téléphoniques espagnoles s’élèvent approximativement à 3 millions de pesetas.
- Un nouvel aliment pour le bétail. — Depuis un certain temps, on fait des expériences à Strasbourg sur l’alimentation du bétail au moyen de ce qu’on nomme « Blutt-lvraft futter ». C’est un mélange composé de sang desséché à la vapeur, et par conséquent stérilisé, puis de son finement moulu, de coques et de pellicules d’arachides, et enfin d’une quantité notable de mélasse, à laquelle on a ajouté des phosphates. La mélasse n’est mélangée que peu à peu et à chaud aux autres ingrédients, et on fait ensuite dessécher le tout. Il paraîtrait que cet aliment contient 22 pour 100 de protéine et de graisses. Cette préparation se conserverait pour ainsi dire indéfiniment, et tous les animaux s’en nourriraient très volontiers, à condition qu’on les y accoutume peu à peu.
- Un concours de stérilisation. — L’Assistance publique vient d'organiser un concours original : celui des appareils propres à la stérilisation des eaux potables. Dans les hôpitaux, les appareils filtrants ne sont employés que comme de simples dégrossisseurs.
- Pour avoir de l’eau pure il faut avoir recours à des procédés compliqués et coûteux : emploi de désinfectants chimiques ou de l’autoclave chauffé à 120°. Le concours qui vient d’avoir lieu au magasin central des hôpitaux a mis en évidence la possibilité d’une utilisation nouvelle de l’électricité. On l’emploie pour transformer en ozone l’oxygène de l’air et, à l’aide de cet oxygène électrisé, on « brûle à froid » les micro-organismes de l’eau. Votre collaborateur, M. Otto, a découvert et décrit dans ce journal1 les curieux phénomènes de phosphorescence que l’ozonisation de l’eau est susceptible de provoquer. La « lumière froide » ainsi produite est l’indice de l’action extrêmement énergique de l’ozone. Souhaitons que, grâce à la vigoureuse impulsion de son directeur général, M. Mesureur, et de son éminent ingénieur, M. Desbrochet des Loges, l’Assistance publique dote les établissements hospitaliers de la capitale des nouveaux stérilisateurs électriques.
- La grandie station électrique de Londres. —
- Un la construit sur les rives de la Tamise pour le service des nouvelles voies ferrées électriques souterraines. Elle contiendra 10 machines de 7300 chevaux de puissance chacune, et encore restera-t-il suffisamment de place dans les bâtiments pour augmenter ultérieurement de 13 pour 100 la puissance disponible.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 juillet 1904. — Présidence de M. Mascart
- Propriétés des rayons N. — M. Jean Becquerel a effectué de nouvelles expériences sur la décomposition
- 1 Voy. n° 1523, du 8 octobre 1898, p. 289.
- des rayons N et N, en trois éléments dont deux sont identiques aux rayons a et p émanés des corps radioactifs. Il démontre aujourd’hui que le troisième faisceau est entièrement assimilable à l’onde lumineuse.
- Emission pesante. — M. Blondlot a montré récemment que certains métaux jouissent de la propriété de laisser échapper, d’une façon continue, une émanation sensible à l’action de la pesanteur. 11 a recherché si le corps humain ne jouissait pas d’une propriété analogue et a trouvé que l’œil et le cœur sont effectivement doués de ce pouvoir.
- Localisation des tremblements de terre.— M. de Lapparent rappelle que dernièrement M. de Montessus de Ballore s’est servi de la statistique des tremblements de terre pour mettre en évidence l’influence des dislocations de la croûte terrestre sur la répartition de ces phénomènes. L’auteur a repris cette statistique et l’a appliquée à la recherche de la fréquence des séismes dans les régions dont le sol est constitué par des terrains archéens ou primaires, par des terrains secondaires, et enfin par des terrains tertiaires et quaternaires. Les premières régions n’absorbent que 18,3 pour 100 du nombre total de séismes; les secondes en comportent 39,4 et les troisièmes 42,3. Aussi l’auteur conclut-il que les tremblements de terre sont beaucoup moins fréquents dans les régions où le sol est le plus ancien. Étudiant d’autre part la répartition par rapport aux plissements, il constate que les régions de plissements calédoniens ne correspondent qu’à 0,5 pour 100 du nombre total de séismes; puis viennent les régions à plissements hercyniens et enfin les régions à plissements alpins avec 86 pour 100. Il existe donc, conclut-il, un rapport certain entre l’état local de l’écorce terrestre et les chances de tremblement de terre. Par suite il n’est point nécessaire de chercher dans les profondeurs de la terre la cause de ces mouvements dû sol.
- Les eaux de Madagascar. — M. Lemoine communique le résultat de recherches faites en collaboration avec son fils sur des échantillons d’eau de sources situées dans la région nord de Madagascar. Dans cette région les roches éruptives anciennes se trouvent en contact avec des terrains sédimentaires ; enfin certaines sources sont situées dans ces derniers terrains. Les eaux en question sourdent à 60° ; elles sont riches en bicarbonate de soude avec un peu de bicarbonate de potasse et des traces de sels de chaux. Leur haute température les distingue d’autres sources alcalines de la région de Tananarive dont la température n’est que de 40°.
- L’anémie infectieuse des chevaux. — M. Doux résume une Vote de MM. Vallée et Carré relative à une maladie infectieuse des chevaux qui, sous le nom d’anémie, exerce ses ravages dans la région de la Meuse et en Normandie. Sous l’influence de cette maladie le nombre des globules rouges du sang se réduit au quart de sa valeur normale ; l’animal soutire de violents accès de fièvre. Les auteurs ont réussi à transmettre la maladie à un cheval sain au moyen d’injections de liquide organique provenant d’un animal malade, mais n’ont pu trouver de microbe dans le sang, par l’examen microscopique. On se trouve en présence de microbes qui par leur ténuité échappent entièrement aux investigations. Les auteurs prouvent d’ailleurs cette ténuité extrême en montrant qu’ils passent au travers d’une bougie filtrante capable d’arrêter les microbes ordinairement rencontrés.
- Ch. de Villedeuil.
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- CHENAUX NAINS
- La race animale possède, comme la race humaine, ses monstres et ses phénomènes. Veaux à trois tètes,
- moutons à cinq pattes, chèvres à deux corps accolés (tels ceux des pauvres petites Badica et Dodica) sont devenus communs ; mais ce dont la nature est plutôt avare, c’est l’animal nain, c’est-à-dire possédant une taille bien au-dessous de la moyenne de ses
- Fig. 1. — Los chevaux nains visibles au Jardin d’Acclimalation.
- congénères tout en étant d'une conformation et d’une vitalité parfaites.
- Un a déjà vu de très petits chevaux; on en a exhibé dans les cirques dont la taille ne dépassait guère 90 centimètres et même 88 centimètres. Mais nous n’en connaissons pas d’aussi lilliputiens que les trois petits chevaux vraiment exceptionnels qui ont figuré à la fête de Neuilly près de Paris. On peut les voir maintenant au Jardin d’Acclimatation. Ces petits animaux, dignes d'être conduits par des Pygmées ou des Myrmidons, se nomment Bijou, Prince et Idéal. Ce dernier (le modèle du genre), joli alezan, pèse 24 kilogrammes et mesure 75 centimètres, c’est-à-dire qu’il vient à l’abdomen d’un homme de taille moyenne. Il est bien plus petit qu’un grand chien de montagne, d’un Saint-Bernard par exemple, qui de forte taille pèse 100 kilogrammes et mesure au garrot 82 centimètres. Prince est âgé de six ans et mesure un peu plus, soit 85 centimètres. Quant à Bijou, il pèse
- 29 kilogrammes et se distingue par sa grande taille, 80 centimètres ! Ces trois petits poneys se dissimulent d’ailleurs aisément derrière une toile moins haute qu’une canne. Ils proviennent du même étalon, mais de deux juments différentes.
- Cet étalon est un spécialiste dans son genre puisqu’il est le père de 9 chevaux-nains, mais dont plusieurs sont mal conformés. Idéal, le plus petit cheval du monde, aurait été vendu par son barnum pour la modique somme de 2400 francs. Va-t-il faire la joie des enfants qui joueront avec lui comme avec leur gros chien ou restera-t-il au Jardin d’Acclimatation ? En tout cas nous conservons comme souvenir de son passage en ce monde un de ses lers, dont la ligure donne les dimensions exactes (0m,04x0m,04o).
- C.vrolcs Karl.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 2. — Sabot d’un cheval (grandeur nature).
- Paris. — Imprimei ie Lviiukc, rue ife Fleurus, 9.
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- N’ 1028. — G AOUT litoi.
- LA N AT U HE.
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- UN HAUT FOURNEAU ÉLECTRIQUE
- En dépit de ses gisements de cuivres riches et abondants, le Chili ne produit plus guère (pie !d0000 tonnes de ce métal par an, alors qu’il en fournissait le double, il y a Î20 ans. Les mines situées dans des régions montagneuses et difficiles, le prix trop élevé du combustible métallurgique, l’indigence des moyens de transport rendent l’extraction trop peu rémunératrice avec les moyens actuels. Monter le combustible à la mine ou descendre le minerai jusqu’à un endroit où on puisse le travailler à bon compte, constituent deux opérations qui rendent en général inutiles la plupart des gisements chiliens.
- POUR LA MÉTALLURGIE DU CUIVRE
- La grande quantité de chutes d’eau puissantes et constantes qui, dans le voisinage de ces mines, laissent choir de la montagne une force immense et vaine, a permis de proposer aux ingénieurs le problème suivant : Faire sur place la métallurgie du cuivre par la bouille blanche, dans un haut fourneau électrique, afin de réduire les transports au minimum, en n’affectant que la marchandise linie.
- Dans ce but, un groupe de capitalistes français et chiliens, acquit toute une série de mines chiliennes et de chutes d’eau, et mit à l’élude, à Paris, la construction d'un haut fourneau électrique pour la
- Un haut fourneau électrique.
- A, électrodes ; 15, lingotières ; G, jet de coulée ; D, porte-électrodes ; E, transmissions de réglage ; F, massif du four ; G, cheminée.'
- métallurgie du cuivre. Il confia les travaux à M. Imbert de Yauoy, ancien chef des travaux chimiques aux usines de Terre-Noire et qui avait jadis travaillé avec Gramme.
- Il a fallu sept ans d’études pour mener l’œuvre à bien. Un a construit' et démoli successivement 08 fours, avant d’en arriver au type actuel, permettant de faire passer pratiquement du laboratoire à l'usine le mode de chauffage à l’électricité préconisé par Moissan. Le problème d’asservir l’arc électrique au chauffage des fours, usités en métallurgie, présentait de sérieuses difficultés, engendrées par la propriété même de Tare électrique : la chaleur énorme développée entre deux pointes de charbon, en regard l’une de l’autre, c’est-à-dire se trou-
- 32e annte. — 2e semestre.
- vant placées dans un espace très restreint. Le four Imbert de Yanoy est un four à réverbère, qui est en même temps un haut fourneau, utilisant la chaleur radiante d’une façon continue, sans contact direct avec les électrodes. Deux arcs jaillissant entre deux paires d’énormes charbons, ayant 10 centimètres de diamètre, permettent d’obtenir une ^chaleur allant jusqu’à 5000 degrés et plus si le four restait vide.
- Dans cette formidable lampe électrique double, ou est arrivé à régler les températures, suivant'les besoins. Quand l’appareil fonctionne, deux chargeurs versent aux deux extrémités surélevées ’ du four, dans des trémies, des seaux de lit de fusier, c’est-à-dire du mélange de minerai et de fondant, destiné à séparer du minerai les matières terreuses
- ;o
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- LA NATURE.
- et pierreuses qui accompagnent le métal. Quand l’are électrique passe, on peut voir par un orifice fermé, mais transparent, placé au milieu du four, les matières fondues s’élever peu à peu, et parvenir au niveau d'un trou de coulée pratiqué à une certaine hauteur de la paroi opposée. Par ce trou débouché d’un coup d’outil s’écoule alors une sorte de verre très fluide qui, en se refroidissant, prend l’aspect d’une lave. Une heure environ après le premier passage des étincelles, un trou de coulée, pratiqué dans la partie la plus basse du four, est débouché et donne passage à un jet en fusion de matières métalliques (de la matte de cuivre), qui coule en Ilots brûlants dans des lingotières.
- Pendant ce temps, les chargeurs continuent à emplir le four, d’autres matières continuent à fondre et à se rassembler dans le creuset du four dont on a rebouché le trou de coulée. Les opérations peuvent se poursuivre ainsi jusqu’à usure totale du four, c’est-à-dire à peu près au bout d’un an de travail incessant. Pour une tonne de lit de fusion à l’heure, le courant nécessaire est de 110 volts et 2000 ampères, soit une dépense de 440 kilowatts. Cette dépense, traduite en francs et centimes, varie évidemment selon les conditions de production de l’électricité. Aux prix payés à Niagara-Falls, le prix d’une tonne de lit de fusion coûterait 9fr,16 d’électricité. A ce taux, la métallurgie du cuivre deviendrait de nouveau fort rémunératrice dans les mines inexploitées du Chili et dans d’autres mines de pays où la situation est favorable.
- De très nombreuses expériences, faites à l’usine du secteur électrique d’Issy-les-Moulineaux, ont toutes donné d’excellents résultats. Il est donc permis de croire, qu’au moins pour la métallurgie du cuivre, le four de M. Imbert de Yanoy a résolu le problème du haut fourneau électrique. Louis Forest.
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- LE CRÉPUSCULE ET LÀ TOUR EIFFEL
- Les lecteurs de ce journal ont pu voir dans notre n° 1625 la reproduction d’une, photographie du crépuscule faite le 21 juin 1904, vers minuit, au moment du solstice d’été.
- Nous croyons leur être agréable en leur soumettant la première photographie de ce genre faite, il y a déjà sept ans, dans la nuit du 25 au 24 juin 1897, à Paris, au sommet même de la tour Eiffel, en collaboration avec M. F. Quénisset.
- D’ailleurs, dans le n° 1594 du 12 décembre 1905, « La Nature » rappelait cette première application de la photographie à l’enregistrement du crépuscule solsticial dans le cours d’un article sur la tour Eiffel en insistant sur les services que ce monument est appelé à rendre à la Science.
- Dans l’épreuve reproduite ici, et qui a été prise avec un objectif à portraits de 4 centimètres de diamètre, on voit tout d’abord un des paratonnerres à pointes multiples de la 5e plate-forme de la tour Eiffel. Ce paratonnerre se détache nettement sur la lueur crépusculaire, et c’est intentionnellement que nous avons disposé l’appareil pour l’obtenir .sur la plaque.
- La brillante traînée qui augmente d’intensité vers îa
- droite est celle laissée par la belle étoile Capella (a du Cocher). Cette augmentation d’intensité est due à deux causes : 1° l’étoile s’élève lentement au-dessus de la brume; 2° elle quitte peu à peu le foyer par suite de la courbure du champ et son image s’étale. Sur le cliché, on compte plus de 50 de ces traînées. Leur étendue indique que la pose a été longue : 57 minutes de 0h25m à lh22m.
- Les points lumineux que l’on voit au bas de l’épreuve, à gauche du paratonnerre, sont les lumières de la fête de Neuilly.
- Un cliché fait de 25h27ra à 0h 15m montre nettement la lueur crépusculaire, mais il est trop faible pour être reproduit ici.
- En 1897, à minuit, le 25 juin, l’arc crépusculaire s’étendait en largeur de è Persée à t — x Grande-Ourse, soit 55°. En supposant l’atmosphère haute de 100 kilomètres, on trouve, pour largeur de cette zone crépusculaire, 100° environ. Ces chiffres montrent qu’il n’existe pas actuellement d’objectif photographique suffisamment
- Photographie de la lueur crépusculaire, au sommet de la tour Eitï'el, le 24 juin 1897.
- lumineux pour obtenir, d’un seul coup, la lueur crépusculaire du solstice.
- Aussi indiquions-nous, dès cette époque, la nécessité d’utiliser au moins deux objectifs très lumineux en plaçant les extrémités de l’arc crépusculaire au centre des plaques, afin d’éviter la décroissance très rapide de l’intensité lumineuse qui se produit dans les objectifs à portraits et surtout dans les condensateurs de..lanternes, de projection.
- On sait que l’éclat théorique de ces condensateurs est particulièrement élevé.
- Mais, par contre, en raison même de leur grande ouverture, les condensateurs présentent, très exagérés, tous les défauts des mauvais objectifs. En outre, ils sont généralement en verre plus ou moins teinté et absorbent les principaux rayons actiniques. Aussi leur emploi reste-t-il limité, croyons-nous, à l’enregistrement des lueurs faibles diffuses et l’expérience seule portrra décider de leur valeur pour la photographie d’objets lumineux comme les étoiles filantes, par exemple.
- Dans nos clichés, le contraste entre le fond illuminé du ciel et la brume sombre voisine du sol rend indiscutable la réussite de ces photographies, faites pour la première fois, du crépuscule du solstice à Paris.
- Peut-être doit-on regretter, pour l’étude de ce phéno-rmène, les progrès incessants apportés par nos édiles parisiens à l’éclairage de la capitale. Actuellement, l’illumination de Uaïmtfsphère rendrait assez difficile le renou-
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- LA NATURE.
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- vellement de l’expérience d’il y a sept ans. Depuis cette époque, en effet, les lampes à arc et surtout les becs à manchon incandescent se sont multipliés et l’année dernière, vers le solstice, nous n'avons pu que faiblement entrevoir, avec M. Senouque, la lueur crépusculaire vers minuit. 11 est vrai que l’horizon était légèrement brumeux. Em. Tocciiet.
- LES LÉCITHINES DU YIN
- On connaît le rôle si important des lécithines dans l’alimentation. Ce précieux principe vital a été découvert dans le jaune d’œuf qui en contient de fortes proportions, ainsi que l’huile d’œuf également riche en phosphore. Le jaune d’œuf est, comme on le sait, un aliment de premier ordre et Gobley1, le célèbre chimiste, professeur à l’École de pharmacie, a publié sur lui de nombreux et intéressants travaux.
- Mais il n’existe pas seulement des lécithines animales; on connaît aussi des lécithines végétales. Car les lécithines semblent indispensables à la vie. La lécithine qui parait la plus répandue est la « lécithine stéarique )) dont le nom chimique est : distéaro-glycéro-phosphate de trimé-thyle-hydroxylamine-ammonium. Cette lécithine se rencontre aussi dans le lait, les grains de maïs, les pois, l’avoine, etc., etc.
- MM. Weirich et Orthieb viennent de la signaler dans les (( pépins de raisin ». Ces chimistes, en étudiant des vins bien purs et naturels, remarquèrent la supériorité d’un vin grec de Thyra (Cyclades) lorsqu’on l’employait à des coupages ayant pour but de rétablir des vins malades. L’analyse de ce vin de Thyra a indiqué qu’il contenait 0fir, 095 pour 100 d’acide phosphorique. Un malaga blanc en contenait 0,049 pour 100; un tokay en renfermait 0,068 p. 100; un autre vin doux indiquait 0,054 p. 100.
- Or, de leurs recherches, MM. Weirich et Orthieb ont conclu que l’acide phosphorique ainsi trouvé provenait de combinaisons organiques de cet acide phosphorique, combinaisons formées dans les pépins de raisin et qui se dissolvaient dans le vin lors de la fermentation du moût et proportionnellement à la quantité d’alcool produit. En effet, 100 grammes de pépins de raisin de vin de Thyra ont donné à ces chimistes 2*r,41 pour 100 de cendres, contenant 0*r,5475 pour 100 de pyrophosphate de magnésie correspondant à 0,5489 d’acide phosphorique et 0,2850 pour 100 de lécithine.
- Il faut donc retenir ce fait nouveau que la lécithine existe en quantités très appréciables dans les vins naturels et cela d’autant plus qu’ils sont plus riches en alcool. Mais ici une distinction s’impose et il importe de faire remarquer que seuls les vins riches en alcool « par fermentation » contiennent de la lécithinc.-
- Les vins faibles, artificiellement remontés par addition d’alcool après fermentation, n’en contiennent pas. De plus la lécithine s’altérant vers 50°-60°, les vins dits pasteurisés perdent ce précieux principe pendant le chauffage. De même les vins roses, les vins blancs qui ont fermenté* sans la pulpe et les pépins ne contiennent pas de lécithine.
- De ce que nous venons d’exposer résulte une conclusion importante, c’est que le vin est un véritable aliment non seulement par l’alcool, la glycérine, la crème de tartre qu’il contient, mais surtout par la lécithine.
- Mais pour que cette condition soit remplie il faut des vins bien purs, fabriqués non d’après la chimie, mais par les vieilles et honnêtes méthodes. On les trouve aisément
- 1 La lécithine fut découverte en 1846 par Gobley.
- à des prix modestes. Et encore un point reste à observer, qui a été signalé par l’illustre et regretté Duclaux :
- « Usez, n’abusez pas ». Dr E. Yarexne,
- Ancien préparateur de thérapeutique à la Faculté de médecine.
- L'HYDROGRAPHIE A LA PLAGE
- U y a longtemps déjà que M. Stanislas Meunier, étudiant la plage de Saint-Lunaire, à marée basse, a montré que les cours d’eau temporaires qui s’y forment imitent toutes les particularités des réseaux hydrographiques et nous donnent les notions les plus précises sur leur mode de formation. Nul endroit n’est peut-être aussi propice à ce genre d’études que certaines plages situées entre Biarritz et Saint-Jean-de-Luze, sur la plage, au-dessous des cordons.
- La rivière de Bidart, barrée à son embouchure par un énorme cordon littoral, forme un lac assez vaste, qui régularise son débit en empêchant la marée de remonter son cours. A marée haute les vagues passent cependant sur ce barrage. Mais à marée basse on voit l’émissaire du lac gagner la mer par un cours sinueux, dirigé d’abord au sud, puis au nord, enfin directement vers l’Océan. Cet état de choses est du reste susceptible de se modifier après les tempêtes. La pente de cet émissaire est très rapide et on voit des galets assez volumineux rouler sur le fond. Ce courant érode très rapidement ses bords, llest limité par dos falaises sableuses en voie d’éboule-ment continuel. D’autres fois sur une courbe convexe on voit se déposer rapidement une vaste gravière. A coté du courant principal il y a de nombreux courants secondaires qui s’y jettent ou qui en sortent. Mais comme l’érosion du lit principal est beaucoup plus rapide, les lits des affluents et des effluents finissent par se trouver à un niveau supérieur. Ils ne renferment alors plus d’eau et viennent découper le haut de la falaise du lit principal sous forme de « vallées suspendues ». Souvent aussi ces lits abandonnés dans leur partie supérieure reçoivent de l’eau d’infiltration à un niveau inférieur. Ce sont alors des « résurgences », comme il en existe beaucoup dans la nature. D’autres fois encore nous assistons à de véritables « captures » d’un cours d’eau par un autre plus puissant. C’est alors la partie inférieure de la vallée décapitée qui se transforme en « vallée sèche ». Enfin les courants les plus puissants creusent de plus en plus leur lit, de sorte que d’anciens dépôts pourront cesser d’être accessibles à l’érosion, ils constitueront alors, sur les rives, des « terrasses » plus ou moins développées. Nous trouvons en résumé, dans un espace restreint et dans un temps très limité, une imitation parfaite de tous les phénomènes que la géographie nous montre sur une grande échelle. Nulle leçon de choses n’est plus propre à convaincre que les causes actuellement agissantes ont suffi pour modeler le terrain.
- Entre Guétharv et Saint-Jean-de-Luz se trouve une grande plage où viennent déboucher deux petits cours d’eau. Mais l’accès de la mer leur est entière-
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- LA'NATLKE.
- ) iS
- ment fermé par deux cordons littoraux dont le premier a 6 mètres de hauteur environ, le second plus rapproché de la mer, étant un peu moins haut. Aussi ces ruisseaux se réunissent pour former un courant qui descend droit au sud parallèlement au rivage et en arrière de la première barre de gravier, sur une longueur de 200 mètres. Puis ce courant se recourbe, passe par une échancrure de la première barre et remonte Itendant un très court trajet du sud au nord entre les deux barres. Mais il Unit par se perdre entièrement dans le sable et n’a jamais accès directement vers la mer.
- A marée basse on voit de nombreuses résurgences telles que celles de la figure 1. Elles débutent par un « cirque d’effondrement », tout à fait comparable à ceux du Jura, d’où sortent des rivières toutes formées. Ce cirque recule sans cesse grâce à une érosion extrêmement rapide. 11 finirait par couper les cordons littoraux et rejoindre le petit lac terminal de la rivière, si la marée restait basse.
- L’eau de ces résurgences est très chargée de débris sableux et caillouteux , qu’elle dépose sur ses bords et sur son fond, de sorte que le lit finit par être plus élevé «pie le niveau général de la plage. 11 est bordé de rampes de déblais. A son extrémité il forme un beau « delta », très surélevé, en terrasse, dans lequel l’eau se perd. Elle y change continuellement de lit et dépose scs matériaux soit ù droite, soit à gauche, se bouchant incessamment le passage, et finissant par disparaître dans le sable. 11 suffirait qu’au lieu de se
- trouver sur une plage, celte formation vint aboutir dans une masse d'eau tranquille, pour que nous eussions l'image la plus parfaite possible de la formation d’un delta.
- Notons encore que les pentes des cordons littoraux, plus abruptes du coté de la mer, sont au contraire
- assez douces vers la terre (fig. 2). Cela tient à ce que dans les fortes marées, le flot vient les décapiter et envoie du côté de la terre une partie de leurs constituants. Ce caractère permet de les différencier au premier coup d’œil d’avec les dunes éoliennes, dont les pentes sont au contraire plus douces vers la mer que vers la terre.
- Les cordons littoraux ont encore un autre effet qu’il importe de mettre en lumière. En empêchant la marée de remonter bien haut le cours des rivières, ils provoquent une différenciation complète de leur partie terminale. En amont des p«jnls situés près de leur embouchure, les rivières dont nous parlions plus haut coulent doucement au milieu des prairies, seuls des tamarix annoncent le voisinage de la mer. En aval, le paysage change brusquement; on n’a plus que des graviers et des sa-resque partout à nu. De place en place seulement on voit un pied de « glaucium luteum », de « polygonum maritimum », de « plantago maritima », de « daucus maritimus » ou de « linaria thymifolia ». Sans aucune transition, le ruisseau qui se jouait entre les menthes et les roseaux est devenu un canal saumâtre qui va se creuser un chemin h travers les sables j pour rejoindre l’Océan. L. Laloy.
- Fig. 2. — Vue d’un cordon littoral.
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- LA NATURE.
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- SUR LE MOUVEMENT DE L1 SENSITIVE
- On eonnait les mouvements par lesquels la sensitive réagit quand on la touche. En quoi cette sensibilité peut-elle être utile pour la plante?
- Je n’ai trouvé dans la science aucune réponse à cette question : je ne sais même pas si quelqu’un se Test posée, et pourtant il me paraît difficile d'admettre qu’un mécanisme si spécial et si délicat ait pu s’établir et se conserver sans qu’il soit par quelque côté une adaptation.
- J'ai eu l'occasion l’hiver dernier d’observer dans l’Inde la sensitive chez elle. En un grand nombre de points de la région montagneuse, au bord des bois, sous les taillis pas trop épais, le long des routes peu fréquentées, la terre est couverte d’une nappe de
- verdure fraîche et compacte comme un gazon dru, piquée de petites fleurs roses. L’attention du moins, observateur des hommes, est attirée sur ce tapis d’herbe par le fait suivant : la piste de tout passant, piéton ou cavalier, s’accuse immédiatement derrière lui, par une traînée large de plus d’un mètre dont l’aspect tranche fortement sur la surface environnante; on dirait que non pas un homme, mais une troupe d’hommes sur plusieurs files a piétiné la végétation; le passage d’une compagnie en colonne laisse dans nos prés une trace analogue. Il suffît de se baisser et de constater que cette végétation est composée d’une petite mimosée pour reconnaître qu’on a affaire à une sensitive et s’expliquer le phénomène. Mais je voudrais insister sur l’aspect même que présente dans ses conditions naturelles ce
- Après excitation. A l’état normal.
- Le tapis (le sensitive.
- phénomène bien connu, car cet aspect suggère à T observation rapide du voyageur une réflexion qui peut ne point apparaître dans les études approfondies faites au laboratoire sur des sensitives en pots.
- En cherchant une comparaison pour traduire le phénomène vu de la hauteur d’un cavalier, je n’ai pu trouver rien de mieux que l’herbe foulée aux pieds et flétrie. Regardé de près, ce phénomène apparaît comme une éclipse de la plante. Des attouchements ménagés, des pincements même énergiques d’une foliole ou d’un pétiole ne le reproduisent pas ; s’il n’y a pas eu ébranlement généralisé, on observe le phénomène classique de reploiement des folioles et d’abaissement du pétiole dans la feuille touchée et dans les feuilles voisines suivant une propagation pas très rapide et plus ou moins étendue suivant l’intensité de l’excitation. Mais si Ton arrache une feuille ou un petit rameau, presque instan-
- tanément, en une fraction de seconde, on voit, dans la plus grande partie de l’étendue du champ visuel (je parle d’un homme accroupi et regardant la terre) la verdure disparaître; au lieu de la nappe fraîche qu’on avait sous les yeux, on ne voit plus que le sol, des cailloux, des feuilles mortes et des brindilles qui paraissent nues et comme sèches. Chaque pied de sensitive, en effet, se compose d’un certain nombre de branches rampantes, irradiées autour de la racine et donnant naissance aux rameaux dressés qui portent les feuilles. Un pied s’étend sur un diamètre de 1 mètre à lnl,50. L’ébranlement mécanique produit par l’arrachement d’une partie de la plante se transmet instantanément à l’ensemble et chaque renflement moteur est au même moment excité directement par cet ébranlement ; la chute de la feuille et le reploiement des folioles sont dans ces conditions aussi rapides et aussi complètes «pic
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- L A N AT P RE.
- ir.o
- possible. J’ai photographié le changement d’aspect en prenant d’abord avec l’appareil incliné à 45° d’une hauteur d’environ im,50 une certaine étendue du tapis de sensitive dans son état naturel; puis, ayant découvert une nouvelle plaque et armé l’obturateur, j’ai arraché à mes pieds une poignée d’herbe en dehors du champ de l’objectif et fait aussitôt fonctionner l'obturateur. La comparaison des deux photographies ainsi obtenues donne bien cette impression d’éclipse dont je parlais.
- Voici l’idée qui s’est alors d’elle-même présentée à moi. La forme d’excitation dont je viens de me servir est exactement celle que produirait un herbivore, un cerf ou une vache, venant brouter le tapis de sensitives; la plante touchée prend un aspect flétri et sec qui fait contraste avec la belle verdure des pieds voisins. Il y a de grandes chances, évidemment, pour que l’herbivore, faisant un pas, quitte cette plante peu appétissante pour attaquer la voisine. Chaque pied est ainsi entamé, mais non détruit, et l’individu qui ne présenterait pas ou qui présenterait à un degré moindre la motilité serait dans un état d’infériorité dans la concurrence vitale par rapport à ses voisins.
- La sensibilité au contact chez la sensitive peut ainsi être ramenée à une adaptation darwinienne,
- Louis Lapicque.
- ——
- L’APPAREIL TÉLÉGRAPHIQUE
- SIEMENS ET IIAESKE
- La télégraphie serait-elle à la veille d’entrer dans une nouvelle phase? Tout porte à le croire; en dehors de celle dite « sans fil » il se dessine de divers côtés une sorte de mouvement d’enscmhle tendant à la réforme de la technique actuelle. Cette réforme est trop importante pour passer inaperçue ; aussi nous faisons-nous un devoir de décrire aujourd’hui l’appareil Siemens et Halske bien fait pour jeter le trouble dans toutes les administrations télégraphiques du monde entier. Il ne s’agit pas d’un jouet de laboratoire, mais bien d’une machine puissante qui laisse loin derrière elle les conceptions des Hughes, Wheastone, Baudot, dont la gloire, hâtons-nous de le dire, ne peut malgré cela subir d’atteinte. Le Siemens et Halske transmet 2000 lettres à la minute ; c’est un appareil imprimeur par la photographie ; la transmission est automatique et le courant électrique employé en local à la transmission et à la réception est du courant à haute tension ; il ne reste donc rien de l’ancien édifice si laborieusement élevé pendant le siècle dernier. Pour le surplus nous allons décrire l’appareil aussi simplement que possible en expliquant tout d’abord le système de réception.
- Les organes qui concourent à l’impression des dépêches sont groupés sur une table comme le représente notre deuxième figure. Ils comprennent une roue des types T devant laquelle se déroule une
- bande de papier; cette roue est montée sur un axe mis en mouvement par un moteur M et entre ces deux organes sont disposés des disques porteurs de contacts dont nous définirons plus loin le rôle. Le système d’impression est représenté schématiquement par la figure 1. La roue T porte, découpés sur sa périphérie, 45 caractères représentant les lettres, les chiffres et les signes de ponctuation groupés suivant un ordre déterminé. Lorsqu'elle est en mouvement chacun des caractères passe devant la bande de papier sensible P; une étincelle jaillit entre les sphères d’un excitateur et la lumière produite photographie la lettre sur le papier. La durée de cette étincelle étant de un millionième de seconde on peut faire dérouler le papier à une grande vitesse et enregistrer rapidement les unes à la suite des autres les lettres constituant les mots, les phrases. D’autre part le disque tourne à 2000 tours par minute et, comme on peut imprimer une lettre à chaque tour, le rendement est de 2000 lettres par minute, soit d’environ 20 000 mots à l'heure.
- Les organes qui entrent en jeu dans la transmission et la réception des signaux doivent tourner à la même vitesse, il a donc fallu tout d’abord réaliser des conditions de synchronisme entre eux. En outre la production d’une étincelle extrêmement brillante et rapide a obligé les inventeurs à employer un système de disques dans la technique desquels nous ne pouvons entrer. Disons seulement qu’ils sont au nombre de quatre : « disque de charge », « disque de décharge », « disque de liaison » et « disque d’oscillation », ce dernier est de plus faible diamètre que les autres. Leurs noms indiquent leurs fonctions. Le premier, sous l’influence d’un courant négatif émis par l'appareil transmetteur, prend, par l'intermédiaire du relais de ligne que les courants émis ne font que traverser, le courant à haute tension provenant d’une source locale et l’envoie dans l’un quelconque de 0 condensateurs; le second, en concordance avec le disque de liaison, décharge ce condensateur dans l’inducteur d’un transformateur et c’est seulement le courant induit de ce dernier organe qui donne naissance à l’étincelle entre les deux petites sphères de l’oscillateur. Ces disques sont placés sur le même axe que la roue des types, mais ils sont fixes et sur les contacts de chacun d’eux frotte un balais solidaire d’un bras entraîné par l’axe. Chaque disque porte 9 contacts ou groupes de contacts disposés suivant le même ordre que les lettres de la roue des types et reliés chacun à un condensateur. Un courant négatif émis a donc pour fonction de produire la charge d’un condensateur, tandis qu’un courant positif provoque la décharge de ce même condensateur.
- Sur la table de transmission (fig. 4) se trouve l’appareil transmetteur constitué par un système de contacts dans lesquels circule une bande de papier préalablement perforée et qui est entraînée par l’axe d’un moteur. Pour amener le transmetteur à effectuer, comme le récepteur, ses 2000 tours à
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- LA NATURE.
- la minute avec une régularité aussi parfaite que possible, l’axe du moteur porte, en dehors du volant, un générateur électrique destiné à compenser les différences de frottement qui existent dans les contacts et fournit en même temps le courant nécessaire à la transmission, de sorte que l’usage des piles ou accumulateurs est supprimé. La bande perforée est entraînée de manière à progresser de 2 mm 1/2 par tour. À chaque lettre correspondent deux trous de la hande (tig. 7); ces deux trous sont percés suivant une ligne oblique de sorte qu’ils liassent l'un après l’autre sur les contacts, permettant ainsi l'envoi alterné d’un négatif et d’un positif. Onze ressorts de contacts sont groupés l’un près de l’autre correspondant à onze lignes horizontales imaginaires suivant lesquelles les trous sont perforés. A chaque tour d’appareil les courants peuvent donc être envoyés à onze intervalles de temps différents suffisants pour charger et décharger les 9 condensateurs du récepteur. Dans la figure 9 qui représente des fragments de bandes de transmission et de réception, la bande supérieure n’est qu’un schéma permettant de se rendre compte de la disposition des trous ; au-dessous sont les bandes telles que les prépare l’appareil perforateur. Les trous étant très rapprochés la lecture serait très difficul-tueuse, et cependant il est important de pouvoir lire ce qui va être transmis; dans ce but on a imaginé un dispositif de machine à écrire imprimant le texte au-dessus de la hande au fur et à mesure de la perforation.
- La transmission des signaux ne s’effectue pas simplement par le passage de la bande de papier à travers l’appareil; les liaisons seraient peu sûres et ensuite le diamètre d’un trou par rapport k la longueur de bande qui passe dans l’appareil en un tour de roue est si considérable qu’une transmission précise serait impossible. Pour obvier à ces inconvénients un disque transmetteur (fig. 7) a été installé. Il est formé de 12 contacts, 11 étant en communication chacun avec un ressort correspondant du système dans lequel passe la bande, et le douzième est relié à la terre. Dès que l’un des trous de la bande se trouve au-dessous de l’appendice fixé à l’un des ressorts, cet appendice tombe et le ressort quitte le contact supérieur pour appuyer sur le contact inférieur. Si, pendant ce temps, le bras mobile du disque vient toucher le contact correspondant la communication s’établit et le courant s’écoule dans la ligne. La précision de l’émission se trouve ainsi parfaitement assurée.
- D’autre part les émissions négatives et positives doivent toujours être alternées et se produire non pas dans une succession régulière, mais à des intervalles différents. Dans ce cas intervient un condensateur dit d’« inversion ». On sait que le courant de ligne est fourni par le générateur de charge représenté schématiquement dans la figure 7. Les deux balais sont fermés par une résistance dont le centre est relié à la terre ; la ligne peut donc, par
- l’intermédiaire du relais transmetteur, être reliée soit au pôle positif, soit au pôle négatif de cette source de courant. Dans notre schéma la ligne est parcourue par un courant positif; il arrive un moment où un trou du papier vient sous l’appendice de l’un des 11 ressorts, ce qui force ce dernier à venir appuyer sur son contact inférieur ; si le liras vient, alors loucher le contact correspondant du disque le courant positif s’écoule par le contact inférieur, celui du disque, le bras mobile, traverse le relais de transmission, arrive au condensateur d’inversion et revient à la source d’énergie. Le condensateur inverseur se trouve donc chargé. Dès que le bras mobile a atteint le contact suivant, le condensateur peut se décharger par le relais transmetteur,
- Fig. 1. — Schéma de l’impression.
- le bras mobile et le ressort supérieur ;_ mais cette décharge a déplacé l’armature du relais et la ligne est alors mise en communication avec le négatif. Admettons, pour simplifier les choses, que la prochaine émission soit négative. L’appendice du ressort correspondant tombera de nouveau dans le trou de la bande de papier et, au moment où le bras mobile touchera le contact, le courant négatif traversera le relais transmetteur en sens inverse du positif. L’armature reste collée sur son contact et le condensateur-inverseur se chargera négativement. Et lorsque le bras mobile viendra toucher le contact suivant du disque le condensateur se déchargera ; mais le négatif traversera maintenant les bobines du relais en sens inverse et l’armature établira la communication avec la ligne.
- Nous n’entrerons pas dans les détails techniques des organes destinés à maintenir le synchronisme entre les deux appareils transmetteur et récepteur ; qu’il nous suffise de savoir que ces organes sont rassemblés sur une table et comprennent un petit moteur de régularisation m (fig. 5), un régulateur M et deux relais de régularisation. Le relais de ligne, celui de liaison et celui d’oscillation sont également placés sur la même table ainsi qu’un appareil Morse ordinaire destiné à permettre de communiquer entre les deux postes pendant l’arrêt de la télégraphie rapide.
- Revenons maintenant à la roue des types que représente notre figure B. Les io types sont disséminés sur le pourtour du disque en 9 groupes présentant sur la roue la même position que les 9 groupes
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- LA N AIT HE
- m
- Fig. 2. — Ensemble (les appareils de réception.
- Fig. ">. — Appareil perforateur.
- de contacts du disque de décharge correspondant aux 0 condensateurs. Les types sont évidés dans des
- lamelles de cuivre fixées à l’aide de vis; et ils sont disposés non h une même distance du centre
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- LA NA Tl RK.
- là
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- Fig. -i. — Ensemble des appareils de transmission.
- Fis. 5. — Ensemble- des appareils secondaires.
- Fig. G. — Vue de lajable de réception avec scs réservoirs et sa chambre noire fermée.
- mais, ainsi que le montre le schéma (fîg. 10), en spirale. Voici pourquoi : La bande sensible passe
- devant le disque à une vitesse régulière et les lettres doivent s’imprimer à égale distance l’une de l’autre.
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- LA NATURE.
- Mais les décharges de l’oscillateur ne peuvent se succéder à des intervalles de temps égaux; si, par
- temps enlre ces deux impressions sera de 1/120 de seconde; si,au contraire,le premier tour nous avait
- Transmetteur
- automatique
- r-. Disque de L / transmission
- Relais de transmission
- OO—Hl—
- Banae perforée '
- Condensateur /U d'inversion
- Générateu r
- Terre ^
- Fig. 7. — Schéma de la transmission.
- — Roue des types
- exemple, un tour de l’appareil donne la dernière lettre et le lotir suivant la première, la différence de
- donné la première et le second la dernière, la différence n’eut plus été que de 1/20 de seconde. Pour
- DE R SCHNEUAVIRKEXDE TYPEXDRL'CK TELEGRAPH VON SIEMENS VXD IIAL.SKE BEFOERDERT
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- DER SCHNELIWIRKENDE TYPENDRUCK TELEGRAPH VON SIEMENS UND HALSKE BEFOFRDERT
- DURCHSCHNITTLICH 2000 ZEICHEN IN EINER MINUTE UEBER EINEN DRAHT UND IN EINER RICHTUNG
- Fig. 9. — Fragments de bandes de transmission et de réception.
- égaliser ces différences on a disposé les types en spirale afin d’empêcher deux lettres de s’imprimer trop près ou trop loin l’une de l’autre.
- L’impression s'obtenant par un procédé photogra-
- phique, la réception doit s’opérer dans une chambre obscure (fig. 6) qui renferme la roue des types, l’oscillateur et le papier. Un double réservoir est fixé sur cette chambre; il contient les liquides révé-
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- LA NATURE.
- laleur et fixateur qui sont amenés par de petits tubes sur des éponges placées également dans l’obscurité et qui appuient sur le côté sensible du papier; la bande passe alors sous un sécheur en caoutchouc d’où elle sort ensuite prête à être collée sur les formules. La durée de l’opération photographique est d’environ 9 secondes. Quant au perforateur (fig. 5) il est construit sur le principe de la machine à écrire et sa manœuvre n’exige qu’un court apprentissage.
- Les appareils tournant à 2000 tours par minute, il en résulte un envoi dans la ligne de 4000 courants positifs et négatifs alternés [tendant ce court laps de
- temps. L’influence de la longueur et de la nature des conducteurs télégraphiques est donc, avec ce système, beaucoup plus grande qu’elle peut l’être avec les appareils ordinaires; on a constaté que jusqu’à une distance de 400 kilomètres on pouvait utiliser les conducteurs en fer; mais [tassé cette limite on doit employer des fils de bronze dont le diamètre augmentera avec la longueur.
- On peut envisager, avec l’entrée en pratique de la télégraphie automatique rapide, toute une révolution dans ce mode de correspondance. Il deviendrait facile aux agences d’informations, aux journaux, aux grands établissements financiers, aux commerçants, qui sont les principaux « clients » de la télégraphie, de perforer eux-mêmes leurs dépêches et d’apporter au bureau télégraphique la bande toute prête qu’il suffirait de taxer « au mètre », ce qui simplifierait considérablement le travail préparatoire toujours très long. De plus la transmission des dépêches étant étonnamment rapide, les prix pourraient être fortement diminués, et la dépêche deviendrait une véritable lettre télégraphiée dont le transport ne coûterait pas plus que celui de nos dépêches actuelles.
- La télégraphie est l’avant-courrière du progrès. Avant de chercher à se transporter lui-même à des vitesses considérables l’homme a d’abord imaginé des ailes pour sa pensée. Il les a trouvées, mais aujourd’hui elles lui paraissent trop faibles et demain le fil télégraphique deviendra courrier postal : la lettre disparaîtra devant la dépêche.
- Lucien Fournier.
- U TUBERCULOSE DES ViCHES EN SUÈDE
- Après une épouvantable peste qui détruisit vers 1784 une grande partie du bétail, la plupart des propriétaires avaient abandonné l’élevage, lorsque le secrétaire royal Alexis Nornig, qui avait passé plusieurs années en Angleterre, eut l’idée en 1850 d’importer en Suède, quelques spécimens des plus belles races britanniques. Ce fut bientôt un engoùment : toutes les vieilles espèces suédoises furent croisées avec les Purham, les Yorkshir, les Ayrshir d’Écosse et même les Ostfriesare de Hollande.
- Une dizaine d’années après, la tuberculose jusque-là inconnue en Suède apparaissait sur divers points, se développait avec une rapidité inquiétante sur tous les animaux provenant de ces croisements, laissant intactes les vieilles races du Norrland et del’île de Gotland qui avaient échappé à l’importation. Les descendants des Ayrshir et des Ostfriesare étaient les plus facilement contaminés.
- D’un autre côté, le beurre et les fromages étant les principales ressources des cultivateurs, les vaches fatiguées par une production intensive (beaucoup arrivant à donner 28 litres par jour), devenaient à chaque génération plus affaiblies, et plus vite tuberculeuses.
- Devant l’ignorance des propriétaires et souvent leur insouciance, l’État prit l’initiative d’une campagne sérieuse pour enrayer la contagion. Des inspecteurs visitèrent la plupart des domaines de Suède et firent abattre 1 7 pour 100 des animaux. Bien que de ce fait le danger ait beaucoup diminué, une surveillance active continue. L’Institut. des vétérinaires de Stockholm reçoit chaque année des sommes assez importantes du gouvernement pour envoyer des délégués dans toutes les provinces examiner les vaches et les veaux avec la tuberculine de Koch qui a donné jusqu’ici de fort bons résultats.
- Un propriétaire, soigneux de son élevage, doit avoir deux étables afin d’isoler les animaux sitôt qu’ils présentent des signes d’affaiblissement : « quand ils deviennent vides, avec le poil terne on les soigne alors avec l’arsenic (8 grammes par jour) et la suralimentation ; s’ils toussent on les ab.d et on les enterre après les avoir fait bouillir pendant 48 heures.
- Jamais on ne laisse un veau téter sa mère, on lui donne du lait pasteurisé : 1 /2 litre le premier jour, 1 litre le troisième en augmentant d’un litre par jour jusqu’à 10 jours. Ensuite, pendant six semaines, on ajoute quelques litres de lait maigre venant des écrémeuses, puis on le vend 60 couronnes (environ 84 francs).
- Pendant la belle saison, lorsqu’il fait clair toute la nuit, les vaches restent dehors et ne reçoivent aucune autre nourriture que ce qu’elles paissent dans les prairies et les bois. Vers la fin de septembre, quand elles rentrent aux étables pour y passer l’hiver, tous les bâtiments ont été soigneusement désinfectés au lysol.
- Elles suivent alors le régime suivant : De 5 heures du matin à 10 heures il est distribué à chaque bête : 2 kg de tourteaux de différentes sortes; de son de froment, et de farine d’avoine; ensuite 2 kg 1/2 de foin, 2 kg de paille, de seigle; de l’eau souvent mélangée avec du petit-lait; 10 kg de raves et de carottes et 1 kg de paille d’avoine. De 3 à 5 heures elles font un second repas semblable, moins les raves, et n’ont plus rien jusqu’au lendemain. Elles sont aussi très friandes d’un certain foin très dur que l’on entasse sitôt coupé, et qui est ensuite arrosé pendant un mois avant de leur être distribué, mélangé au fourrage sec. On les trait toutes les 12 heures et le plancher des étables est méticuleusement nettoyé
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- LA NAITRE.
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- deux fois par jour. Pendant les longs mois d’hiver, lorsque le thermomètre descend jusqu’à 55° et que le jour ne dure que quelques heures, la température des étables ne doit pas dépasser 14° Celsius. Lorsque la neige est bien durcie on fait promener les vaches une heure chaque jour pendant qu’on aère les étables.
- On compte à peu près en Suède 2 millions I /2 de tètes de bétail. Quand on commença à combattre la tuberculose il y avait une moyenne de 34 pour 100 d’animaux malades ; aujourd’hui, grâce aux sévères mesures employées presque partout, il ne reste plus que 5 à ti pour 100 de bêtes contaminées.
- En Norvège les cas de tuberculose sont très rares parmi la race indigène. Ce sont de petites vaches noires et sans eornes qui paissent tout l’été dans les montagnes à une altitude assez élevée. .1. Michaux.
- IA VITICULTURE EN CALIFORNIE
- Depuis une dizaine d’années la viticulture a pris aux États-Unis, notamment en Californie, un très grand développement, et c’est à moins d’un milliard de francs que sont évalués les capitaux engagés dans cette industrie agricole1.
- Le vignoble de Californie fournit du chasselas, de la « vendanges », enfin, du raisin destiné à être séché. En 1902 la récolte en vins a été de 990 000 hectolitres. Les Etats-Unis sont grands consommateurs de raisins secs, moins cependant que la Grande-Dretagne, et, jusque dans ces dernières années, ils en achetaient de grandes quantités en Espagne et en Grèce. En 1902 la Californie a fourni 45 300 tonnes de ce produit, si bien que son importation européenne qui, en 1885, s’élevait à 24 000 tonnes est tombée à 2718 tonnes.
- Le séchage au soleil et la préparation du raisin sec durent trois semaines, mais souvent cette opération qui a lieu en novembre est contrariée par des pluies. Il faut alors recouvrir les espaces énormes occupés par les châssis en bois remplis de raisins pour le séchage, et il n’est pas rare qu’à ce moment de presse les ouvriers, la plupart des Japonais, demandent un salaire de 2fr,50 à 3tr,75 « l’heure ».La main-d’œuvre est une question vitale pour l’avenir de la viticulture en Californie, actuellement elle est rare, et, par suite, d’un prix très élevé ; pour la cueillette par exemple, le salaire par jour varie de 10 à 20 francs, un salaire qui fera rêver les « breigneurs » et « breigneuses » de Gascogne.
- Les vignobles californiens ont des étendues considérables, on en compte un de 2000 hectares. L’annuaire du département de l’Agriculture des États-Unis auquel nous empruntons ces renseignements statistiques assure que ce vignoble est le plus grand du monde. C’est une erreur, croyons-nous. Ce titre appartient, semble-t-il, au vignoble de Poceirao en Portugal qui couvre 2400 hectares. Les vignobles de 200 hectares sont très communs. 11 est bon d’ajouter que les rangs de cépages sont séparés par un espace singulièrement plus grand qu’en France.
- Les Américains fondent de grandes espérances sur l’avenir de la viticulture dans leur pays et envisagent, dans plusieurs années, la possibilité d’exporter les produits de leur vignoble. Chaules Rabot.
- 1 « The 5'ational Géographie Magazine », décembre 1903.
- 2 Les,vignerons appellent vendange le raisin destiné à faire du vin.
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- LES ÉLECTRO-STÉRILISATEURS OTTO
- Alors que les grandes villes se préoccupent d'appliquer sur leurs bassins de distribution d’eaux potables, la stérilisation par l’ozone, que Nice a été la première à adopter en France, des industriels avisés ont songé à simplifier le problème. L’état des finances municipales en empêche ou en retarde trop souvent la solution. Pourquoi ne pas faire chez les particuliers, à l’orifice de chaque robinet, la stérilisation qui devrait être effectuée à l’origine de la
- Fig. !. — Électro-stérilisateur Otto branché directement sur un secteur électrique.
- conduite principale? On y avait évidemment songé bien souvent . Mais poser la question, ce n’était pas la résoudre. Il fallait d’abord obtenir de l’ozone en quantité suffisante, avec un appareil simple, peu coûteux, fonctionnant avec les courants continus ou les courants alternatifs à basse fréquence (moins de J00 périodes par seconde) fournis par les secteurs.
- L’ozone produit devait ensuite être brassé intimement avec l’eau à stériliser. On ne pouvait songer à installer chez lés particuliers des colonnes de Gav-Lussac. Leur première application au traitement des eaux potables par l’ozone remonte à de Méritens en 1886. On connaît le principe des colonnes de
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- Gay-Lussac : dans une tour remplie de matériaux inertes, circulent en même temps un courant ascendant de gaz et un courant descendant de liquide. Employées en Allemagne, en 1894, à Mar-tinikenfeld, les colonnes de Gay-Lussac furent de nouveau expérimentées à Paris en 1897, à l’usine de la Compagnie de Pozone, àAuteuil, puis à Schiedam en 1899, et en dernier lieu h Niagara Falls (U. S.) par notre collaborateur M. Otto, en 1905.
- M. Otto a augmenté considérablement l’elïicacité de la colonne de Gay-Lussac par l’adjonction d’ « émulseurs », sortes de « gilfards » dans lesquels la vapeur et l’eau d’alimentation de la chaudière sont remplacés par l’eau à stériliser et l’ozone.
- Les études poursuivies par M. Otto établirent qu’une stérilisation parfaite de l’eau peut être obtenue par l’emploi d’émulseurs seuls, sans le secours des colonnes de Gay-Lussac. Dès lors la solution de la stérilisation à domicile était trouvée. L'émulseur jouit, en effet, de l’avantage de fonctionner à la fois comme pompe aspirante et comme mélangeur. Qu’on adjoigne à un émulseur un ozo-neur approprié et l’on aura groupé tous les éléments d'une véritable petite usine :
- 1° Générateur de gaz stérilisant;
- î2° Organe d’aspiration ;
- 5° Mélangeur d’eau à traiter et d’ozone.
- Notre gravure (Iq
- donne
- une vue
- d’en-
- semble d’un « électro-stérilisateur Otto ».
- Dans une petite boite fermée par un couvercle métallique en communication avec le sol, sont groupés, un transformateur et un ozoneur qui sont actionnés directement par le courant du secteur, si ce courant est alternatif. En commutateur inverse pè-
- le
- s’il s’agit
- riodiquemen t courant de courant continu. Un tube en étain conduit à l’émulseur l’ozone produit, appelé directement par le courant d’eau à stéri-liser. L’ozone entraîné est filtré sur un tampon de ouate qui retient les poussières et les germes de l’air. L’eau et l'ozone sont énergiquement brassés dans l’émulseur. L’eau s’échappe à plein robinet, entraînant l’ozone qu’il est bon d’employer en grand excès. Cet excès non seulement ne peut pas nuire, mais il est l’indice d’une bonne stérilisation. En opérant dans une chambre noire on constate la phosphorescence de l’eau ozonée.
- Fig. 3. — Electro-stérilisateui Otto (type borne-lbutaine).
- — Robinets émulseurs à contact électrique. 1, Modèle à levier; Modèle quart de tour.
- Notre figure 2 montre différents modes de construction de l’émulseur. Le robinet, qu’il soit à levier (fig. 2, il0 1 ) ou quart de tour (lig. 2, n° 2) esQétabh de manière à assurer la mise en marche automatique de l’ozoneur au moment précis du tirage de l’eau.
- La stérilisation se parfait dans le récipient dans lequel l’eau ozonée a été tirée. L’ « odeur d’orage » caractéristique de l’oxygène électrisé disparaît rapidement. Le contact de l’eau et de l’ozone peut se prolonger, à la sortie de l’émulseur, à l’aide de différents dispositifs. Nous représentons (fig. 5) l'un des plus simples et des plus économiques.
- Les organes de production d’ozone et de mise en contact avec l’eau sont identiques à ceux du précédent appareil. L’émulsion phosphorescente, au lieu de s’échapper librement, est lancée dans un récipient en tôle émaillée contenant un faisceau de tubes concentriques dont les orifices sont disposés en chicane. L’eau
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- LA NATURE.
- pure, dont l’appareil contient une réserve de plusieurs litres, s’écoule par la tubulure latérale, l’excès d’ozone sort par un petit orifice ménagé à la partie supérieure du récipient en tôîe émaillée.
- Nous estimons que de l’air ozone, contenant environ 2 grammes d’ozone pur par mètre cube, peut parfaitement stériliser de l’eau potable. D’autres pensent qu’il faut 6 grammes au moins. Dans l’état actuel de nos connaissances M. Otto, désirant se mettre à l’abri de toute critique, a établi ses générateurs pour fournir jusqu’à 8 et 10 grammes de concentration d’ozone par mètre cube d’air.
- Dans ces conditions J litre d’air permet de traiter 10 litres d’eau environ. Les générateurs d’ozone représentés sur nos dessins sont capables de fournir à l’heure un minimum de 25 litres d’air ozoné permettant de stériliser pratiquement 250 litres d’eau.
- La dépense d’énergie électrique a pu être réduite, à la suite de longues recherches, à celle d’une simple lampe à incandescence. Le branchement du stérilisateur Otto se fait donc facilement sur les canalisations existantes. Pour les particuliers la dépense est très minime. De leur côté les secteurs ont accueilli avec faveur ces nouveaux appareils dont la multiplication et la vulgarisation constitueront une source importante de revenus.
- Sur les navires, dans les casernes, les hôpitaux, etc., partout en un mot où sont réunis des hommes, où existent des foyers d’infection, la stérilisation dés eaux d’alimentation finira par s’imposer. M. P. de Blais ville.
- CHRONIQUE
- La rotation de Saturne. — M. G.-W. Hough, en combinant ses observations de la tache blanche découverte sur Saturne lors de la dernière opposition avec celles de MM. Barnard et “Burnham, en a déduit que la durée de rotation de la planète ne serait pas uniforme, mais serait assez bien représentée par la formule suivante :
- lüh 58“ 18’ + U%l85ô n
- où n est le nombre de rotations de la planète depuis le le 27 juin 1905. D’après ces observations, il y aurait donc un ralentissement de la vitesse de rotation. En 1876-1877, M. Asaph Hall, fauteur de la découverte des satellites de Mars, avait suivi, à l’Observatoire de Washington, une tache blanche analogue à celle de l’année dernière, et il en avait déduit, pour la durée de la rotation de la planète : 10h 1 4“ 23%8, bien dilfférente de la précédente. L’atmosphère de Saturne est sans doute le siège d’importantes modifications. Des formations aussi considérables ne doivent pas appartenir à la planète même, mais à son atmosphère gazeuse. C’est, très amplifié, un phénomène analogue à ce qui se passe sur Jupiter où les courants nuageux ont des vitesses de rotation différentes et variables avec le temps.
- La fixation de l'azote de l’air. — Nous avons décrit dans ce journal1 la méthode de fixation de l’azote de l’air étudiée à Niagara Falls par M. Bradley et M. Lovejoie : avec une dépense d’un cheval-an, soit 100 francs, ces deux ingénieurs américains prétendaient
- 1 Yoy. n° 1529, du 13 septembre 1992, p. 236.
- pouvoir produire 400 francs de produits nitrés. L’application possible de ce procédé en Europe souleva une vive émotion. Nous apprenons que l’usine de Niagara Falls ne fonctionne plus que par intermittences. On n’a pu, quant à présent, passer du domaine du laboratoire dans celui de la grande industrie. Du reste l’usine de Niagara n’a jamais été outillée pour la production de grandes quantités de nitrates. Elle comportait l’emploi d’un seul nitrifi-cateur, sorte de grand ozoneur rotatif dans lequel on produisait des arcs dont le fouettement énergique combinait partiellement l’azote et F oxygène de l’air. Comme cela a été pratiqué pour la première fois en France en 1886 par de Méritons, pour l’ozonisation de l’eau, les gaz produits traversaient une colonne de Gay-Lussac. L’appareil de Niagara était capable de neutraliser en une heure environ 1 kg de soude.
- I n nouveau bateau poseur de câbles. — La
- Compagnie allemande Norddeutsche Seekabehverke Gesellschaft s’est dernièrement fait construire un très beau steamer qui servira à la pose du câble transatlantique entre les Açores et les États-Unis. Ce navire n’a pas moins de 116 mètres de long pour une largeur de 14”,60, et son tirant d’eau en charge est de 7m,50 pour un déplacement de 8825 tonnes. Il pourra prendre à son bord un poids considérable de 5000 tonnes de câble et en gardant une allure de plus de 11 nœuds ; il faut dire que sa machinerie est à triple expansion, et qu’elle commande deux hélices jumelles. Le câble sera lové dans quatre cuves d’une contenance de 2770 mètres cubes, dont le diamètre varie entre 11 et 13m,25 et la hauteur entre 6 et 6m,50.
- Les ;a/ des hauts fourneaux comme unique source de foree motrice en métallurgie —Nous avons vu les services que peuvent rendre les gaz, autrefois perdus, des hauts fourneaux. D’après M. Karl Gruber, le temps approche rapidement où les moteurs utilisant ces gaz supplanteront « complètement » les machines à vapeur dans les usines métallurgiques. Il estime du reste que, dans les installations bien comprises, ce seront ces mêmes gaz qui alimenteront les fours à réchauffer ou à réverbères.
- L’acétylène en Allemagne. — L’éclairage à l’acétylène a su prendre en Allemagne un développement considérable. On n’y compte pas moins de 1654 installations, et le nombre de becs alimentés par station est d’environ 24. La superficie desservie possède une population de plus de 5 500 000 habitants.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er août 1904. — Présidence de M. Mascart.
- L'observation continue des phénomènes solaires. — M. Deslandres signale la convenance d’organiser méthodiquement les études et recherches solaires. Les études ont, en effet, pris une grande extension à cause du lien étroit qui lie les phénomènes solaires à ceux de la météorologie terrestre. Les travaux de Crova et de Langlcy tendent à prouver que l’intensité du rayonnement solaire subit des variations. En outre la surface du soleil révèle des changements dont la période est de 11 ans qui paraissent avoir une répercussion à la surface de la terre. Il convient donc de relever d’une façon continue tous les éléments variables du soleil. Par suite il y a lieu d’arrêter un programme d’observation ; mais la réalisation ne peut être assurée que par la coopération des observatoires des différents pays. Il convient dè’s loi?s de créer une association
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- solaire internationale analogue à l’association géodésique internationale, ayant son bureau permanent, son congrès annuel et son budget propre alimenté par les subventions des états participants. AI. le Président se déclare favorable à la création d’une entente internationale, mais non à la création d’une association internationale, ayant un budget alimenté par des subventions. Une organisation de ce genre rencontrerait des difficultés insurmontables. La question d’une entente internationale serait d’ailleurs tout à fait de la compétence de l’association internationale des Académies. M. le Secrétaire perpétuel Darboux partage cette manière de voir et exprime l’avis qu’il suffirait peut-être que celle-ci élargit le champ d’action de. l’une de ses commissions pour assurer la coordination des recherches.
- Découverte d’une hémogrégarine. — Al. Laveran dépose une Note de M. Soulié, professeur à l’École de médecine d’Alger, relative à la découverte, dans le sang des reptiles des environs d’Alger, d’une hémogrégarine altérant les globules rouges.
- Mouvements du sol de la région méditerranéenne. — M. A. Gaudry présente une Note de AI. Négris, ancien ministre en Grèce, sur les changements de niveau du sol de la région méditerranéenne qui se sont produits depuis l’antiquité. 11 montre que depuis l’époque romaine, c’est-à-dire depuis 20U0 ans environ, le sol de la Grèce a subi un affaissement de 3 mètres environ. Leucade (aujourd’hui Sainte-AIaure) était reliée au continent, trois îles de la baie d’Amphissa étaient réunies. Dans l’archipel, Egine et Delos laissent voir dans la mer des travaux qui, certainement, dominaient sa surface. Les recherches qui ont été entreprises dernièrement à Alexandrie et en ïstrie confirment celles de Al. Négris. Cm ce Aîlledeuil.
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- NOUVEL APPAREIL RESPIRATOIRE
- Dans les explosions minières, dans les émanations de grisou, dans les catastrophes comme celle du Métropolitain de Paris et dans beaucoup d’incendies, ce n’est pas la chaleur des flammes qui fait le plus de victimes, c’est surtout 1’ « asphyxie ».
- Pour pénétrer dans les gaz irrespirables, le sauveteur n’avait jusqu’à présent d’autre moyen que de se relier à un tuyau d’amenée d’air, par lequel on lui pompait de l’air du dehors comme aux scaphandriers. Ce système présente de graves inconvénients et lorsque la distance à parcourir est grande, le tuyau devient lourd, peut être obstrué par suite de courbes, de plis, etc. 11 est donc naturel que depuis longtemps on ait cherché à réaliser un appareil respiratoire « autonome » qui, en permettant à l’homme d’emporter sur lui une quantité d’air suffisante pour vivre dans n’importe quelle atmosphère pendant un certain temps, le rende ainsi indépendant de l’air extérieur. On a d’abord pensé à utiliser l’air comprimé, et M. Yanginot, lieutenant ingénieur, a établi un appareil qui réalise une sérieuse amélioration sur tout ce qui avait été fait jusqu’alors, en permettant aux sauveteurs d’augmenter dans une large mesure leur moyen d’action. Son appareil composé d’un réservoir d’air comprimé, que le sauveteur utilise pour sa respiration en rejetant régulièrement au dehors l’air expiré, permet de vivre dans n’im-
- porte quel milieu irrespirable pendant une quinzaine de minutes.
- L’appareil, imaginé par M. le l)r Guglielminetti-Draeger, par contre, est basé sur l’emploi de l’oxygène1 comprimé, car la physiologie nous apprend que dans l’air que nous respirons (composé de 79 pour 100 d’azote et 21 pour 100 d’oxygène) l’azote ne joue aucun rôle actif dans l’échange des gaz respiratoires. Il est donc inutile de surcharger le sauveteur en emmagasinant de l’azote sous pression, car tandis qu’un tube de 1000 litres d’air comprimé [tèse 14 kilogrammes, un tube d’oxygène de 1200 litres, qui permet de vivre aussi longtemps, ne pèse que 2 kilogrammes. D’autre part, nous savons que notre sang ne lixe qu’une partie de l’oxygène qui parvient dans nos poumons (4 pour 100 seulement, le reste, soit 9(3 pour 100 de l’oxygène, est expiré sans avoir été utilisé).
- Les expériences classiques de Régnault et Reiset ont nettement établi que, si l’on absorbe par la potasse l’acide carbonique éliminé, et si l’on remplace l’oxygène à mesure qu’il est consommé, une quantité limitée d’azote peut servir indéfiniment à la respiration. De là le système nouveau. Les premiers modèles de l’appareil portaient, en l’honneur du commandant Giersberg, son nom.
- L’oxygène pur comprimé est contenu dans un petit récipient muni d’un détendeur de précision et de sûreté; un finimètre indique la quantité de gaz restant dans la bouteille. L’oxygène détendu sort à raison de 2 litres par minute et se rend automatiquement à travers un tuyau à la bouche du sauveteur ; la pression d’échappement est suffisante pour que l’air expiré dans un sac respiratoire soit aspiré par le courant d’oxygène comme par une trompe de Giffard à travers le régénérateur à potasse caustique granulée qui absorbe tout l’acide carbonique éliminé. L’air ainsi épuré, se trouvant échauffé dans sa génération même, passe dans un réfrigérateur et vient ensuite se charger d’oxygène par son passage devant la trompe d’aspiration. Un peut ainsi séjourner 25 à 30 minutes sans danger dans un milieif absolument délétère ; passé ce délai l’air contenu dans l’appareil s’étant échauffé à 37 ou 38°, le sauveteur est moins à son aise, mais cela n’occasionne ni syncope, ni autres accidents, pas plus que l’air chauffé que respire le masseur d’un bain turc. En pratique, l’appareil peut fonctionner une heure sans arrêt et 2 heures si l’on met deux tubes d’oxygène. Le point capital c’est que tout l’acide carbonique expiré soit bien absorbé par la potasse, que l’oxygène soit renouvelé en quantité largement suffisante, et que l’homme muni de cet appareil respire sans le moindre effort aussi librement que dans l’air libre, ce qui est le cas présent.
- La deuxième de nos photographies montre l’appareil placé sur le dos d’un sauveteur (tube d’oxygène avec l’unique soupape à ouvrir pour faire fonctionner l’appareil); au-dessus la cartouche en fer-blanc
- 1 Yoy. n° 1619, du 4 juin 1904, p. 14.
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- contenant la potasse granulée et, à côté, le réfrigérateur. La première représente l’appareil vu de devant. La troisième représente l’appareil spécialement établi pour les ouvriers mineurs; l’embouchure s’adapte entre les lèvres et les dents et une pincette bouche le nez, le casque étant inutile; mais l’appareil avec casque est préférable, même pour les mineurs, car
- la pince du nez pourrait tomber, et il faut des lunettes pour les yeux quand même.
- Cet appareil ne pèse pas plus de 10 kilogrammes, y compris le casque. Les sapeurs pompiers de Paris qui ont d’abord mis un appareil à l’essai ont été satisfaits des résultats obtenus et ont décidé d’en mettre d’autres en usage.
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- Fig1. 1. — L'appareil respiratoire. — 1. Vu de devant; 2. Vu sur le dos
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- Appareil pour mineurs.
- Un étudie en ce moment l’adaptation de l’appareil aux scaphandriers, de sorte qu’il se pourrait bien que, dans un temps non trop éloigné, un des contes de Jules Verne se réalisât, qui fait promener les passagers du « Nau-tilus » au fond de l'Océan avec leur provision d’oxygène sur le dos.
- 11 faut ajouter à l’appareil un sac et un coffre de secours. Ils contiennent tous deux un petit tube de 120 litres d’oxygène, quantité équivalente à 4 ou 5 ballonnets.
- Le but de ces appareils est de faire respirer l'oxygène directement du
- tube a compression, ce qui permet d’avoir beaucoup d’oxygène dans un petit tube sur lequel est fixé un détendeur réglant exactement le débit du gaz, un manomètre indiquant toujours la quantité qui reste dans le tube et lin masque en métal muni d’une valve pour l’expiration (système Cailletet), ce qui permet de fixer le masque sur le visage des asphyxiés. On peut ainsi unir aux inhalations d’oxygène la respiration artificielle et, grâce à un masque pour le nez, les tractions rythmées de la langue. Nous insistons tout particulièrement sur ce dernier
- Fig. 2. — Schéma Je la respiration.
- dispositif, qui présente un grand intérêt, car dans beaucoup de cas les tractions de la langue chez les asphyxiés provoquent un commencement de respiration, qui ne se maintient pas. Si, à ce moment, le malade peut absorber de l’oxygène, au lieu d’air, nous savons par les travaux de Gréhant qu’il aurait beaucoup de chance d’être sauvé. Le malade ne pouvant utiliser l’oxygène pendant qu’il expire, un petit sac en baudruche, intercalé entre le tube et le masque, forme une sorte de réservoir dans lequel l’oxygène s’écoule pendant que le malade expire, donc plus de perle.
- Get appareil est toujours prêt à fonctionner. 11 présente aussi l’avantage inappréciable de pouvoir être transporté rapidement sur les lieux de l’accident soit à la main, soit dans le cadre d'une bicyclette, ce (pii est très important dans les cas asphyxiques où souvent il suffit de gagner quelques minutes pour pouvoir sauver la vie d’un homme. Iù S.
- Le Gérant : P. JUsscx.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieurus, 9.
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- A GRANDE VITESSE DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Les locomotives compound à quatre cylindres, dont chacun des groupes, haute et basse pression, actionne un essieu couplé, ont pris, dans ces derniers temps, comme on sait, un très grand développement en France (il y en a actuellement plus de 1500), grâce à l’initiative de la Compagnie P.-L.-M. et, surtout, de la Compagnie du Nord, sous l’impulsion de son ingénieur en chef de la traction, M. Du Bousquet. C’est grâce à l’emploi de ce nouveau type de machine que, par suite de la meilleure utilisation de la vapeur, on a pu accroître la vitesse de marche des trains sur les rampes, remorquer des poids plus lourds ou, enfin, augmenter tout à la fois la vitesse de marche et le poids remorqué. La conséquence a été un parcours journalier plus grand des locomotives, des mécaniciens, des chauffeurs et du personnel des trains, une meilleure utilisation du matériel roulant et, comme corollaire, la suppression
- du pilotage et des trains supplémentaires. En résumé, on peut dire, comme le répétait dernièrement M. Sauvage dans sa conférence à la Société anglaise des « Mechanical Engineers », que l'emploi des locomotives compound à quatre cylindres a permis, en France, d’accroître de un tiers la charge des trains avec la meme consommation de charbon ou, le poids des trains ne changeant pas, d’augmenter notablement leur vitesse moyenne de marche. Il en résulte pour les Compagnies françaises des économies sensibles et des améliorations notables dans le service d’exploitation dont elles n’ont eu qu’à se louer.
- Les premières locomotives compound à quatre cylindres furent mises en service régulier sur les réseaux français vers 1891. Mais, par suite de l’augmentation toujours croissante du poids des trains, la Compagnie du Nord se trouva, en 1899, dans la
- Locomotive à grande vitesse de la Compagnie d’Orléans.
- nécessité d'étudier un type de locomotive à quatre cylindres plus puissant que celui qu’elle avait déjà en service. Elle eut recours au type « Atlantic » où la locomotive repose à l’avant sur un bogie, à l’arrière sur un essieu porteur, entre lesquels sont intercalés les deux essieux couplés. Cette disposition, originaire des Etats-Unis, permit d’accroître notablement la surface de chauffe de la chaudière et de la grille qui sont, en somme, l’àmc de la machine. Ces locomotives, dont un exemplaire figurait à l’Exposition de 1900, remorquent des trains de 200 tonnes, derrière le tender, à la vitesse de 100 km à l’heure sur des rampes de 5 millimètres et de grande longueur. Depuis, ce même type « Atlantic » a été employé sur les autres réseaux français, ainsi que sur un certain nombre de chemins de fer anglais et continentaux, mais, dans ces deux derniers cas, soit sous la forme à simple expansion, soit sous la forme compound. C’est ce même type de locomotive compound à quatre cylindres que la Compagnie anglaise du « Créât Western » a mis récemment en
- 32e annop. — 2* semestre.
- service sur son réseau, comparativement avec une locomotive à simple expansion construite dernièrement dans ce but et dont la chaudière est timbrée à la même pression que la précédente. Ces essais sont fort intéressants. Ils permettront, d’abord, de comparer les locomotives à grande vitesse à 2 on 3 essieux couplés faisant le même service et de vérifier à nouveau les avantages, réalisés ailleurs, par l’emploi du compound dans les locomotives. Les usines de Belfort viennent également de livrer à la puissante Compagnie américaine du « Pensylvania Railroad » une locomotive compound à quatre cylindres du type Atlantic, locomotive qui figure à l’Exposition de Saint-Louis.
- La Compagnie d’Orléans a, de son côté, dans ces derniers temps, adopté le type Atlantic. Cette locomotive, représentée par la figure ci-jointe, repose à l’avant sur un bogie dont l’écartement des essieux est de 2m,50 et le diamètre des roues de 0m,92. À l’arrière se trouve un essieu porteur placé au-dessous du foyer et dont le diamètre des roues est de lm,50.
- Il
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- LÀ NATURE.
- Les deux essieux couplés moteurs qui se trouvent sous le corps cylindrique de la chaudière sont écartés d’axe en axe de 2m,15. Les roues motrices ont un diamètre de 2 mètres.
- La chaudière est munie d’un foyer Belpaire de grande capacité avec paroi d’arrière inclinée. Le corps cylindrique, formé de trois viroles en acier de 18nim,5 d’épaisseur, a un diamètre intérieur de lm,515. Il contient 159 tubes Serve de 70 millimètres de diamètre extérieur et de 4"\40 de longueur entre les plaques tubulaires. La surface de chauffe de ces tubes étant de 225m2,05 et celle du foyer de 10m2,19, la surface totale de chauffe de la chaudière est de 259mî,24. La surface de grille est de 5mî,l0. Pour la locomotive Atlantic de la Compagnie du Nord ces mêmes dimensions sont respectivement : 21 lm2,58 et 2m2,75. Le timbre de la chaudière est de 16 kg et son axe se trouve à 2m,70 au-dessus des rails. La boîte à fumée, de grande capacité, est munie d’un échappement variable placé au niveau de la rangée supérieure des tubes de la chaudière. La cheminée, de forme tronconique et d’un diamètre, à la partie supérieure, de 0m,45, se prolonge par un fourreau à l’intérieur de la boite à fumée.
- Les cylindres extérieurs à haute pression, placés en arrière du bogie, et de 0m,56 de diamètre, actionnent l’essieu couplé arrière. Les cylindres à basse pression sont intérieurs et placés dans l’axe transversal du bogie; ils ont un diamètre de 0m,60 et actionnent l’essieu coudé couplé d’avant. La course commune des deux cylindres est de 0m,64. La distribution est du système Walschaerts et, comme dans toutes les locomotives du système de (ilehn, indépendantes l’une de l’autre pour les cylindres haute et basse pression. Les manivelles des cylindres, petits et grands, de chaque groupe, sont calées à 180° l’une de l’autre et celles des groupes symétriques à 90°. Cette disposition donne un équilibre, presque complet des masses à mouvement alternatif, et les contrepoids se réduisent à l’équilibrage des pièces tournantes. Ces locomotives pèsent en ordre de marche 72,90 tonnes dont 36 tonnes comme poids adhérent, c’est-à-dire 18 tonnes par essieu moteur, que, grâce à l’équilibrage parfait des masses en mouvement, par suite des quatre cylindres, on espère porter à 20 tonnes.
- Construites par les ateliers de Belfort, sous la direction de son éminent ingénieur M. de Glehn, ces machines, en service depuis 1902, ont donné complète satisfaction. D’après des relevés faits en service, ces machines ont pu développer, dans les cylindres, une puissance « maximum » de 1900 chevaux. Sur un pareours de 15 km, à profil modéré, la locomotive, avec un poids remorqué de 552 tonnes, a pu soutenir une vitesse de 112 km en produisant à la jante une puissance de 1670 chevaux et au crochet d’attelage un effort de 2540 kg représentant une puissance de 972 chevaux. Leur consommation moyenne de vapeur par cheval effectif, c’est-à-dire à da jante des roues motrices, est faible et s’élève
- à 10,50 kg, d’après de nombreux essais faits avec des charges remorquées variant entre 220 et 360 tonnes.
- R. Boxxin.
- AUVERGNE ET JAVA
- Dans un savant et tout récent mémoire sur les « Diatomées fossiles de l’Auvergne )), le frère Joseph Héribaud membre élu de la Société botanique de France, s’autorise de ses belles recherches sur ces petites algues pour établir une étroite analogie entre les volcans actuels de Java et les anciens volcans de l’Auvergne, qui étaient en activité aux temps miocènes. Il est intéressant de mettre en relief les faits par lesquels la botanique vient en cette circonstance à l’appui de la géologie.
- On trouve aujourd’hui dans le Cantal, les monts Dore et le mont Mezenc, de vastes dépôts d’argiles renfermant de nombreuses espèces de diatomées fossiles. L’étude des autres plantes accompagnant les diatomées atteste que ces
- Forme auvergnate fossile de « Stauroneis javanica », diatomée actuellement vivante à Java. (Grossissement : 000 diamètres).
- dépôts se sont formés vers la fin de la période miocène.
- Leur formation a été extraordinairement favorisée par des circonstances encore assez obscures, mais probablement liées à l’existence de sources thermales et de cratères-lacs, comme cela se produit actuellement à Java, où les phénomènes volcaniques ont beaucoup de rapports avec ceux du Cantal.
- Un peu plus tard, ces argiles diatomifères ont été disloquées par les mouvements sismiques accompagnant les éruptions, ainsi que par les érosions consécutives aux grandes pluies qui tombent sur les flancs des volcans dans leurs paroxysmes, et déposées à nouveau dans les dépressions situées au pied de ces volcans.
- Les argiles'à diatomées d’Auvergne contiennent, à côté ' de nombreuses espèces d’eau douce, des espèces marines et des eaux saumâtres.. Ces deux dernières catégories de diatomées ne pouvaient vivre et se développer que dans l’eau salée : en effet, on ne trouve jamais de diatomées marines dans les dépôts quaternaires du Puy-de-Dôme, qui se sont formés dans des lacs d’eau douce. Comment clone expliquer la présence d’espèces marines dans les dépôts tertiaires?
- 11 existe actuellement, répond en substance b; Fr. Joseph Héribaud à cette question, autour des nombreuses sources salées d’Auvergne, une petite flore composée de plantes exclusivement maritimes, telles que : « Spergu-laria marginal* etsalina, Trifolium maritimum, Glaux ma-ritima,Triglochinmaritimum, Glvceria distans », etc. Mais on n’v trouve pas de diatomées franchement marines, ni même de formes saumâtres.
- L’absence d’espèces marines tient sans doute à ce que les diatomées, plus exigeantes que les plantes supérieures que nous venons d’indiquer, ne trouvent pas, dansles eaux minérales actuelles de l’Auvergne, le degré de salure dont elles ont besoin pour vivre et se reproduire.
- Mais de ce que ces sources sont aujourd’hui peu minéralisées, il ne faut pas conclure qu’il en ait toujours été ainsi.
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- LA NATURE.
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- Les sources minérales élant dues à l’action des volcans, il est logique de supposer qu’à l’époque où les cratères du Plateau Central étaient en pleine activité, c’est-à-dire au moment où s’v déposaient les argiles à diatomées, ces sources devaient contenir plus de sels en dissolution qu’elles n’en contiennent aujourd’hui, où les foyers éruptifs de ces régions sont depuis longtemps éteints; circonstance qui a permis, à celte époque, le développement d’espèces marines. D’ailleurs, les éruptions sont toujours accompagnées de projections boueuses, liquides ou gazeuses, de nature très variée au point de vue de leurs éléments minéraux, parmi lesquels domine souvent le chlorure de sodium.
- D’après Poulett Scrope, sur les flancs du mont Idjeng, volcan javanais, qui présente vers l’Est un cratère-lac, jaillissent de nombreuses sources salées; c’est dans les dépôts des eaux salées de Java que se trouvent plusieurs diatomées, correspondant à des espèces trouvées fossiles en Auvergne.
- Ces faits suffisent pour montrer que dans beaucoup de volcans plus ou moins acides, en particulier dans ceux de Java, que M. Marcellin Boule compare si bien avec les volcans du Cantal, il existe des cratères-lacs et des sources salines fortement minéralisées, qui font partie des manifestations de l’activité volcanique ; d’ailleurs, les diatomées des argiles miocènes de l’Auvergne sont très analogues à celles que l’on trouve actuellement vivantes à Java. Le frère Iléribaud n’indique pas moins de -47 espèces ou formes qui, fossiles dans les dépôts tertiaires du Plateau Central, vivent aujourd’hui dans les cratères-lacs de Java. Nous devons à son obligeance de pouvoir figurer une de ces formes. A. Acloqce.
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- ENREGISTREUR CHRONOMÉTRIQUE
- PORTATIF
- L’observateur minutieux connaît les difficultés qui se présentent, pour traduire en chiffres d’une rigoureuse exactitude la durée d’une intervalle de temps.
- L’évaluation des fractions les plus minimes de la seconde n’est pas nécessaire seulement dans le domaine scientifique. Ce petit problème est "devenu notamment un gros problème depuis qu’il s’agit de mesurer rigoureusement le temps compris entre le départ et l’arrivée de chevaux d’une course, ou mieux quand il est question d’automobiles qui font leurs 150 kilomètres à l’heure. On emploie des chrono-graphes, bien entendu, mais quelle précision possèdent ces chronographes?
- Au départ, on presse sur un bouton disposé à l’extérieur du boîtier; le bouton commande la marche d’une aiguille qui se met en mouvement sur un cadran généralement gradué en cinquièmes de seconde. A l’arrivée, on actionne de nouveau le bouton, et l’aiguille trotteuse s’arrête. Il n’y a plus qu’à lire! On s’imagine que le nombre de minutes, secondes et fractions de seconde indiqué représente exactement ]a durée du parcours et qu’on l’obtient ainsi à un cinquième de seconde près. C’est une pure illusion.
- Beaucoup de personnes possèdent aujourd’hui des montres à chroWgraphe simples ou munies d’une
- seconde aiguille, dite dédoublante et peuvent être à même de mesurer un temps quelconque avec, précision. Si deux ou trois opérateurs font l’expérience à la fois, ils reconnaîtront bien vite qu’ils obtiendront trois résultats différents, ce qui est fort simple à comprendre. Ces écarts sont dus au déplacement des pièces du chronographe au moment de l’embrayage ainsi qu’au mouvement saccadé de l’aiguille. La seule erreur due à la cadence de l’échappement peut aller jusqu’à un cinquième de seconde au départ et autant à la fin de l’observation. Puis il y a aussi l’erreur personnelle de l’observateur, qui n’appuie pas sur le mécanisme au même instant précis que son voisin.
- Ces erreurs ont de l’importance et les appareils employés aujourd’hui sont insuffisants pour appré-, cier certaines vitesses. Il suffira pour s’en convaincre de considérer l’exemple de l’automobile qui a parcouru récemment à Üstende le kilomètre lancé en 21 secondes 5/5, ce qui représente une allure voisine de 167 kilomètres à l’heure.
- Avec les chronographes actuels, on ne peut constater sur le kilomètre le rapport de vitesse entre deux voitures, dont l’une battrait l’autre d’une dizaine de mètres, distance cependant appréciable pour l’œil le moins entraîné. L’instrument est en défaut.
- Nous avons vu, à la dernière exposition de la Société de physique, un appareil extrêmement ingénieux réalisé par M. Paul Ditisheim, de La Chaux-de-Fonds, sur lequel nous croyons bon d’attirer l’attention des intéressés, parce qu’il donne une solution pratique au problème posé : les observations de temps se lisent au centième de seconde et demeurent enregistrées sur un ruban de papier. Toute contestation devient ainsi impossible.
- Un chronomètre de la plus haute précision dirige électriquement le mouvement d’une première plume qui, sur une bande de papier, inscrit la cadence des secondes et repère le commencement de chaque minute. Deux autres plumes notent, l’une les signaux de départ, l’autre les temps d'arrivée. Ces dernières plumes sont reliées à un circuit électrique que les roues du véhicule en marche ferment automatiquement en déterminant la montée d’une nappe de mercure. Si l’on veut augmenter encore le contrôle, la même action des roues peut déclencher un obturateur photographique et fournir l’image de la voiture au départ, à l’arrivée, etc. La batterie électrique est logée dans le compartiment inférieur de la boîte qui renferme l’ensemble de l’appareil.
- Ici, plus d’erreur persônnelle, plus d’écart possible entre les observations; tout se fait automatiquement et électriquement avec contrôle écrit sur le papier. C’est la voiture," au départ et à l’arrivée, qui inscrit le commencement et la fin de la course. Le système n'est pas volumineux, et il est transportable. La marche du chronomètre est la même, qu'on le fasse fonctionner avec ou sans courant électrique. Les variations de température ne peuvent avoir
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- d’inlluence ; M. Ditisheim a employé [tour ce chro-nographe le balancier acier-nickel de notre collaborateur M. Ch.-Ed. Guillaume, du Bureau international des poids et mesures. Ce balancier supprime, comme le savent nos lecteurs1, le défaut de proportionnalité des marches aux diverses températures.
- Cet appareil de haute précision de M. Paul Bitisheim rendra d’ailleurs d’autres services. Il permettra notamment de relever les passages d’étoiles dans un observatoire ou de suivre en dehors des grandes routes les travaux d'une campagne géo-désique ou astronomique. IIexri de Parvllle.
- BOZEL ET LE TORRENT DE BONRIEUX
- L’été dernier, par une température plus supportable que cette année, nous avons revu Üozel en Ta-rentaise. Nous ne pensions pas avoir à parler ici de cette bourgade, aimable, riante et discrète.
- Bozel est un de ces petits coins de Savoie où le touriste avisé peut séjourner de longs jours sans ennui. Il a à portée de main des montagnes où les ascensions sont faciles, où de longues heures se passent à travers les forètsde sapins, sur les pelouses émaillées de Heurs, vers Saint-Bon, le mont Charvet, et le mont Jovet.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de Bozel.
- Le pays est d’autant plus agréable que l’air est pur ; que, le matin et le soir, une brise parfumée, descendue 1 Yoy. n° 1598, du 9 janvier 1904, p. 84. ....
- des hauts sommets, apporte aux organismes affaiblis des énergies nouvelles. Nous faisions ces réflexions en étant assis dans une salle fraîche de l'Hôtel des Alpes.
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- Mais, dans cos vallées de montagnes, un ennemi sournois veille toujours, c'est le torrent, d’autant
- Après la
- Fîjr. 2. — Place de Bernd.
- slallant la culture du blé sur des pentes dangereuses. A Bozel, passe la grande rivière descendue des glaciers de Pralognan, rivière tumultueuse, mais à lit large et bien dégagé. Elle reçoit, à droite, un affluent que le promeneur remarque à peine, tant il est insignifiant. C’est le Bon-rieux, le « bon ruisseau » ; il ne paye pas de mine, son lit est constitué par d’énormes cailloux, enrobés de débris schisteux. Un mince filet d'eau erre à travers ces pierres; on n’a aucune peine à l’éviter. 11 semble un être mort; ses réveils sont terribles.
- Son bassin est étroit, à berges abruptes ; les pluies qui s’y produisent sont d’une intensité effroyable. Elles apparaissent sous la forme de trombes persistantes.
- L'ouragan du 17 juillet commença à deux heures, il
- inr.
- plus redoutable que l'homme lui a rendu facile sa besogne de mort, en arrachant les arbres, en in-
- Mlastroplie.
- Figr. 3. — Salle à manger de l’ilolel des Alpes.
- dura jusqu’à six heures : l'eau tombait avec une abondance effroyable, sur les alpages du mont Jovet.
- Cette eau dévala dans les bois très clairs de la région, des arbres furent arrachés, des digues temporaires se formèrent ici et là, digues aussitôt rompues et reformées plus loin. Bientôt au bas du bassin de réception du torrent se forma une sorte de lave immense composée de rochers énormes, de sapins gigantesques et de terre liquide.
- La lave emporta les digues qui canalisaient le Bonrieux, et apparut effrayante au-dessus de Bozel. Les maisons furent enlevées comme des fétus de paille. Le résultat : sur la place principale on se heurte à chaque instant contre de l'emplacement d'un hôtel ou
- Fig. i. — Une rue de Bozel.
- f gros cailloux. Sur
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- LA NATURE.
- i fin
- trouve d'énormes rochers. Et de tout cela se dégage une odeur de mort. Les objets à fleur de sol sont ensevelis dans une boue noirâtre. La catastrophe de Rozel ressemble à beaucoup d’autres : elle a une origine connue. Nous l’avons signalée ici bien souvent : elle n’a été causée que par la déforestation, fort ancienne, qu’on a fait subir à nos Alpes. Ne créons pas trop de pâturages, reboisons les pentes, consolidons les berges effritées des torrents, et les montagnards pourront dormir en paix. J. Corcelle,
- Agrégé de lTniversité.
- UN PROJET D’ÉLEYAGE DU PHOQUE
- AUX ÉTATS-UNIS
- Quelques Américains entreprenants viennent de fonder une Société pour la propagation du phoque dans le lac Supérieur. Comme le lac Supérieur ne possède point de phoques naturellement, il faut penser qu’avant d’y « propager » ce mammifère, on commencera par l’introduire et l’acclimater. Il faut penser aussi qu’il y a des autorités plus ou moins compétentes, ayant la surveillance du lac, et qu’avant de procéder à l’expérience, on les aura consultées, en leur demandant l’autorisation. Le but de la société est de créer un élevage et une pêcherie de phoques, qu’elle espère devoir être fructueux. Ses chefs sont un Russe, M. S. Malaroff, qui a trente ans d’expérience comme chasseur de phoques, et deux Américains, dont un ancien gouverneur du Wisconsin. Le projet est d’introduire dans le lac dix mâles et quarante femelles, dont la postérité au bout de 20 ans devra compter un millier de bêtes. Le lac Supérieur possède plusieurs îles et îlots, dont certains paraissent aux yeux des promoteurs de l’entreprise, devoir constituer des terrains de reproduction admirablement conditionnés. Un des spécialistes de la Société américaine pense que le projet doit donner d’excellents résultats. « II est vrai, dit-il, que le phoque est naturellement un amphibie des eaux salées ; mais on a vu des phoques se reproduire en captivité à plus de 1500 kilomètres de la mer ». 11 eût pu citer un fait plus probant, en ce qui concerne l’adaptabilité du phoque aux eaux douces ; c’est l’existence de nombreux phoques dans le lac Baïkal, en Sibérie. Le lac Baïkal est une nappe d’eau douce, et dans ses eaux vit, assez abondante, une espèce bien connue, le « Phoca sibirica » qui constitue une ressource précieuse pour les riverains. Il y a aussi une espèce de phoque qui vit dans la Caspienne dont les eaux sont fortement dessalées par la Volga; c’est le « Phoca caspica ». Ces deux espèces sont très prospères dans leur habitat d’eau douce. Sans doute, elles sont depuis longtemps accoutumées au milieu non salin : peut-être des phoques de mer introduits dans un lac ne s’v trouveraient-ils pas à l’aise pour commencer, bien qu’en réalité, il n’y ait pas de raison de douter de la possibilité de l’acclimatation. On ne dit pas quelle espèce la Société américaine se propose d’introduire dans les eaux du lac Supérieur. Sera-ce le « vitulina », qui se rencontre parfois sur nos côtes ; sera-ce le « hispida » de l’Atlantique, du Pacifique nord et des régions boréales? Nous ne savons. Le spécialiste que nous avons déjà cité se demande si le climat du lac Supérieur conviendra aux phoques. Celui-ci est très froid en hiver, mais celui du Baïkal aussi. Ce qui doit le plus préoccuper dans cette tentative, c’est la question d’alimentation. Le lac Supérieur renferme-t-il assez de poissons pour répondre aux
- exigences des phoques ? Si oui, bien ; mais autrement, les phoques pâtiront. D’autre part, les pécheurs de poissons peuvent avoir quelque chose à dire au projet. Il y a bien des chances pour que les phoques ruinent la pêche, et fassent disparaître des espèces appréciées. Il faut réfléchir sérieusement avant de faire une expérience d’acclimatation. Beaucoup ont été faites, qui paraissaient tout indiquées et qui semblaient devoir donner les meilleurs résultats : après un certain temps on s’est aperçu qu’on avait fait une grosse erreur et on s’est mordu les doigts. On ne peut dire avec certitude qu’il en sera de même pour les tentatives projetées au lac Supérieur ; mais il faut tenir compte des enseignements du passé, et ne pas se lancer à l’aventure. __________ Henry de Varigny.
- UNE NOUVELLE FALSIFICATION
- Dans ce môme journal, il y a plus de dix ans, je signalais quelques falsifications de denrées1 d’un prix élevé et qui, par cela même, excitent d’autant plus le talent et la cupidité des fraudeurs que le produit est cher.
- Ces imitations de médicaments, d’épices, de matières alimentaires ou industrielles ont toujours été en vigueur, malheureusement, et les membres les plus distingués du Conseil d’hygiène ont réuni dans de volumineux dictionnaires l’histoire des altérations et des falsifications, avec les moyens proposés pour les reconnaître. Cependant de temps à autre on voit surgir de nouvelles fraudes, qui dépassent en habileté les précédentes et sur lesquelles il est nécessaire d’attirer l’attention non pas seulement parce qu’elles lèsent le fisc outrageusement, mais aussi en ce qu’elles peuvent porter atteinte à la santé des consommateurs. Depuis quelques mois on m’a communiqué, des centres pharmaceutiques ou des laboratoires les plus accrédités, une graine à examiner, ayant l’aspect plus ou moins fidèle du poivre en grain, et l’on sait qu’il n’y a peut-être pas de matière qui ait été plus falsifiée que le poivre. La taille de la graine choisie pour cette sophistication est bien conforme au but à atteindre, de même que la teinte et les rides qui sont à sa surface. Les semences incriminées, mises à la bouche, donnent une sensation brûlante tenant du poivre ou de la maniguette et peut-être bien aussi, ce qui est à craindre, de l'euphorbe ou du garou. On a ajouté un atome de parfum, pour compléter la ressemblance. Mais, suivant l’origine, qui pourrait bien être sur les bords de la frontière, l’aspect et l’odeur de ces graines varient.
- Après une étude attentive, j’ai été convaincu qu’il s’agissait d’une légumineuse qui n’est autre que la « Vicia sativa ». Il est probable qu’on met ces graines dans une décoction concentrée des ingrédients précités, puis on les retire en les faisant sécher rapidement, ce qui donne alors la plissure de surface nécessaire pour l’assimilation au grain de poivre. En sorte qu’un mélange d’un cinquième ou d’un quart au poivre en grain ordinaire constituerait la fraude la plus facile pour un œil inexpérimenté.
- Voir la vesce, nourriture habituelle des pigeons, élevée à la hauteur d’un condiment cher et de consommation courante était absolument inattendu. La graine complice vaut en moyenne 25 à 50 centimes le kilogramme, alors que le poivre, avec l’énorme impôt dont il est frappé, revient au consommateur entre 5 et 6 francs le kilogramme. On s’explique facilement la fructueuse opération qu’on peut faire en associant seulement un quart de vesce à du poivre en grain. J. Poisson.
- 1 Yoy. n“ 972, du 16 janvier 1892, p. 102.
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- LES EXPÉRIENCES
- DE MM. DE LA YAULX ET HERVÉ
- Dans des expériences aussi délicates que celles que poursuivent méthodiquement MM. de la Yaulx (>t Hervé, il faut toujours compter avec l’imprévu, et l’imprévu peut revêtir la forme d’un accident qui n’est pas pour étonner quand on songe à la complexité des appareils. C’est la remise à huitaine ou à une date plus lointaine encore; mais cela n’infirme pas la méthode et ne donne aucune raison d’aban-donner les espérances que cette méthode a fait concevoir. Ces expérimentateurs ont montré déjà qu’ils savaient persévérer avec la patience indispensable à la réussite des longs desseins, et ce n’est pas un de leurs moindres mérites.
- Leur campagne avait été préparée avec soin, et prêts étaient les appareils inédits qu’on y devait éprouver. Le gontlement du ballon, commencé le 4 juillet, s’était effectué à Palavas dans des conditions normales; le temps semblait propice, et, sous la surveillance de la « Pertuisane », mise à leur disposition par le ministre de la marine, suivant une pratique libérale et constante, le « Méditerranéen 11 » avait fait, le la juillet, ses premiers essais, son galop d’essai, diraient les habitués du turf.
- Le 14 juillet devaient commencer les expériences sérieuses, et le ballon prit en effet son vol ; mais une déchirure s’était produite dans l’enveloppe, à la sortie du hangar, et la déperdition du gaz était telle, ainsi que la perte correspondante de force ascensionnelle, en dépit d’un dispositif nouveau qui permettait de réchauffer l’air du ballonnet, que la nacelle vint tramer dans la mer, immergeant le moteur qui cessa de fonctionner. On jeta du lest et le ballon s’enleva à une cinquantaine de mètres. Il se trouvait alors à la merci du vent et il n’y avait d’autre parti à prendre que de jeter une amarre à la « Pertuisane » ; mais, pour comble de disgrâce, cette amarre s’engagea dans l’hélice, et ce n’est qu’après une heure d’efforts impuissants, pendant lesquels le ballon traînait à son tour le contre-torpilleur désemparé, que celui-ci put enfin dégager l’hélice. Le vent commençant à souffler avec violence, M. de La Yaulx effectua son atterrissage au poste des Aresquières, entre Cette et Frontignan.
- Les avaries du ballon ne permettront pas de reprendre les expériences de quelques mois, mais il est intéressant de jeter un coup d’œil sur l’œuvre de MM. de la Vaulx et Hervé.
- Peu à peu, et aux cours des épreuves successives, s’élucide leur programme, un peu énigmatique au début, pour le profane tout au moins?
- Tout a été dit sur les appareils de stabilisation qui permettent de prendre un point d’appui efficace sur la surface de la mer. Au reste, les appareils stabilisateurs de M. Hervé ont fait leurs preuves, et, à part certaines modifications qui avaient pour but de leur assurer la même action avec un moindre poids, ceux qui devaient être utilisés dans la campagne
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- de 1904 ne présentaient pas de différences essentielles avec leurs prédécesseurs; mais il s’agissait aussi des appareils déviateurs, qui conduisent petit à petit et naturellement à la dirigeabilité d’un ballon, et c’est là le problème qui comporte des étapes. Que disait M. Hervé, à ce propos? Nous essayerons d’abord des appareils de déviation dépendante, c’est-à-dire des appareils plongeant dans l’eau, retardant la marche par conséquent, créant ainsi une vitesse relative par rapport à celle du vent, sans que le ballon ait lui-même une vitesse propre; puis nous essayerons de pourvoir le ballon d’une vitesse propre au moyen d’un propulseur, et, grâce à cette vitesse, d’augmenter la déviation. Pour ne pas mêler des questions qui doivent rester distinctes, nous opérerons encore sur un ballon sphérique qui, n’étant pas susceptible d’orientation systématique, recevra celte orientation d’un appareil flottant dans l’eau; dans l’espèce c’est encore le stabilisateur et l’ancien dé-viateur qui jouent ce rôle. Mais on conçoit bien qu’il suffit alors de faire encore un pas en avant pour arriver à l’équilibre indépendant de la surface sous-jacente, et pour appliquer le résultat de ces expériences à un ballon allongé, à un véritable dirigeable.
- On n’en était, dans la campagne de 1904 qui s’annoncait comme devant être fructueuse, qu’à la seconde étape. Il s’agissait encore d’un ballon sphérique, prenant appui sur la mer, mais pourvu d’un moteur et d’un propulseur. Nous avons décrit ces nouveaux engins dans « la Nature » du 28 mai dernier. Nous donnons aujourd’hui une vue de la curieuse hélice lamellaire imaginée par M. Hervé et du ballon tout gréé, rasant les flots. Grâce au dispositif tubulaire adopté, l’hélice peut, sous un poids très réduit, atteindre une envergure considérable. Celle du « Méditerranéen 11 » est en aluminium; elle n’a pas moins de 7m,30 d’envergure et elle ne pèse que 80 kg, ou 105 kg avec l’arbre, l’en-grenage de transmission et le frein. Elle comporte, pour chacune de ses deux branches, deux lames étroifes, comme il convient aux hélices aériennes. Ces lames sont placées l’une derrière l’autre, en persienne, reliées entre elles par des cloisons qui, se déplaçant toujours dans leur plan, ne trouvent aucune résistance dans l’air, mais entretoisent efficacement tout l’ensemble; sous un effort de 18 chevaux, ce propulseur produit 180 kg de poussée au point fixe.
- Quelle vitesse propre un tel propulseur peut-il donner à un globe aérostatique tel que le « Méditerranéen » dont la surface de maître couple est considérable? C’est ce que l’expérience aurait permis de mesurer, si elle n’avait pas été prématurément et brutalement interrompue. On ne peut pas l’estimer à plus de 3 mètres ou 3m,50 à la seconde, et certes ce résultat serait minime s’il s’gAs.ait " de réaliser la dirigeabilité absolue et définitive d’un ballon; mais tel n’était pas le butins’agissait de voir l’efficacité de l’action nouvelle awfct d’aborder la troisième phase des expériences, c’est-à-dire
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- LA NATURE.
- l’appliealion aux ballons allongés, les seuls qui puissent être véritablement dirigeables d'une façon indépendante, parce (pi'ils jouissent de la faculté d’orientation et opposent par leur forme même une résistance minimum au déplacement dans l'air.
- Rien que la seconde étape n’ait pas été franchie, par suite de circonstances imprévues, mais qui font partie des chances incertaines avec lesquelles il faut compter chaque fois qu'on cherche à dompter un élément plus perfide que l’eau elle-même — c’est l’air dont il s’agit — nous pouvons deviner dans quel sens M. Hervé oriente ses cbes pour résoudre la troisième partie du problème, celle ipii comporte la mise en œuvre de ballons allongés. Une récente communication,faite le 4 juillet à l’Académie des sciences, nous permet de le prévoir. 11 n’y est pas question, à vrai dire, clés appareils de propulsion et de force motrice — ces appareils devaient faire précisément l’objet des expériences du « Méditerranéen » ; mais, en dehors de tout ce mécanisme de marche, ne sait-on pas qu’il est une question préjudicielle, qui prime tout, à l’heure actuelle : c’est celle de la stabilité longitudinale.
- Le colonel Renard l’a mise en évidence en s’adressant également à l’Académie des sciences, le 6 juin dernier, et en montrant que chaque type de ballon allongé a une vitesse critique qu'il ne peut dépasser, qu’il ne peut même pas atteindre sans danger. Dans des communications ultérieures, le savant directeur de notre laboratoire aéronautique militaire montrait aussi qu’on pouvait remédier à ce grave défaut par 1’ « empennage », c’est-à-dire en munissant le ballon d’une longue queue qui le ramène à l’horizontale, lorsque le couple perturbateur du à la résistance de l’air tend à l’en écarter.
- C’est aussi un empennage que M. Hervé propose, et il n’est pas étonnant que deux esprits aussi avisés, (pie deux aéronaules aussi expérimentés que le
- colonel Renard et M. H. Hervé se rencontrent une fois de plus, et pour signaler l’imjiortanee des questions stabilisatrices et pour en montrer la solution. Ce n’est pas d’hier qu’ils y ont réfléchi mûrement, et, en ce qui le concerne, c’est en octobre 1889 que M. Hervé a expérimenté pour la première fois à Roulogne-sur-Mer un type de ballon captif à carène allongée possédant des organes spéciaux de stabilisation. Les dispositions qu’il préconise aujourd’hui en diffèrent sans doute, parce que l’expérience a porté ses fruits; mais ils dérivent du même principe.
- Pour que l’empennage soit efficace, il importe d’éloigner le plus possible le centre d’action de la penne ou gouvernail horizontal, du centre de gravité du ballon, afin que l’effet redresseur de l’air appliquée sous la surface de ce gouvernail agisse au bout d’un bras de levier aussi long que possible. Or il est très difficile d’installer ainsi de vastes surfaces rigides dans le prolongement du ballon et, dès ses premie r s essais, M. Hervé se heurta à cette difficulté. Le cadre solide qui maintenait ses plans d’empennage se rompit, ce qui le conduisit à chercher un autre moyen de réaliser la rigidité nécessaire. Le ballon lui-même lui indiquait ce moyen, et de même (pie le ballon allongé maintient sa forme par la seule tension du gaz (pii le remplit , de même il devait être possible de le prolonger par un appendice analogue, de forme appropriée, et également rempli de gaz. C’est ce que M. Hervé a appelé le « gouvernail pneumatique ». Cet organe se compose essentiellement d’un cylindre d’étoffe s’allongeant suivant l’axe horizontal du ballon et en communication avec la capacité intérieure de celui-ci. Pour accroître la surface stabilisatrice et lui donner sur l’horizon un développement plus favorable, ce premier cylindre est llanqué de part et d’autre de deux cylindres plus petits également gonflés qui font corps avec lui.
- Toutefois il fallait éviter un écueil. S’il est néces-
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- IX NATURE
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- Fig
- ï.e
- Méditéranéen U »
- son Jtélice dans le ^anyar de l’alavas.
- «
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- LA NATURE.
- saire que la penne ne soit pas trop lourde pour ne point déplacer le centre de gravité de l’ensemble outre mesure vers l’arrière, il est également indispensable que sa force ascensionnelle propre ne tende pas à soulever le ballon par la poupe, autrement dit à reculer le centre de poussée qui, pour bien des raisons, doit être au contraire situé vers l’avant.
- Les faibles diamètres des cylindres qui composent le gouvernail permettent de neutraliser la force ascensionnelle du gaz qu’ils renferment par le poids de leur enveloppe ; mais il est encore mieux de donner à ce poids une certaine prépondérance, et l’on y parvient en enfermant dans le gros cylindre central un petit ballonnet à air spécial, dit « ballonnet caudal », qui permet de faire varier le rapport de ces deux éléments suivant qu’on le gonfle plus ou moins. M, Hervé admet enfin qu’il conviendra peut-être d’incurver un peu vers le bas cet appendice caudal, afin d’amener la résultante de son action à passer par le centre de propulsion et de réduire ainsi l’effet du couple perturbateur, qui provient de ce que le propulseur est attelé en avant de la nacelle et non pas sur l’axe même du ballon ; mais ce n’est là qu’un détail accessoire qui ne touche pas au principe essentiel.
- Voilà, tout en gros, les dispositions proposées par M. Hervé pour son gouvernail pneumatique. On ne peut leur refuser une grande originalité, et l’on doit compter sur l’ingéniosité et l'expérience consommée dont leur auteur a donné tant de preuves, pour triompher des difficultés que comporte leur réalisation, difficultés qu’il n’est pas difficile de prévoir.
- lé-colonel G. Espitallieh.
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- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- PROCÉDÉ NOUVEAU DE >1M. A. ET I.. LUMIÈRE
- Nous rappellerons brièvement les deux seuls procédés qui existent actuellement pour obtenir la reproduction des couleurs.
- L’un, le procédé interférentiel imaginé par M. Lipp-mann, les donne directement sur un cliché unique; l’autre, le procédé trichrome, dont MM. Ch. Gros et L. Ducos du Hauron ont posé le principe, les donne indirectement par la combinaison de trois couleurs élémentaires convenablement choisies1. C’est à cette dernière méthode que se rapporie le nouveau procédé de MM. Lumière présenté dernièrement à l'Académie des sciences. Mais, alors que dans les procédés indirects jusqu’à présent employés il était nécessaire d’avoir trois clichés, un pour chaque couleur élémentaire choisie, avec le nouveau procédé on ne fait qu’un seul cliché négatif qui peut servir à tirer autant de positifs qu’on le désire.
- Hans le procédé trichrome l’image colorée est obtenue en superposant les trois images portant chacune l’une des couleurs élémentaires; dans le nouveau procédé l’image est composée d’une infinité de points colorés placés les uns à côté des autres. Pour arriver à ce résultat on commence par tamiser de la fécule de pomme
- 1 Voy. n° 1337 du 7 janvier 1809, page 87.
- de terre de façon à obtenir des grains de 15 à 20 millièmes de millimètre. On en fait trois lots qu’on colore, par des procédés spéciaux, l’un en rouge orangé, les deux autres respectivement en vert et en violet. Après dessiccation, on réunit les trois lots de façon à obtenir un mélange ne présentant aucune coloration dominante. Avec un blaireau on étend cette poudre sur une lame de verre recouverte d’un enduit poisseux. On obtient assez facilement une couche uniforme dans laquelle le microscope montre que les grains sont placés les uns à côté des autres sans superposition, mais il y a entre eux des intervalles nombreux; on les bouche avec une poudre de charbon de bois extrêmement fine étendue au blaireau. Ces résultats paraissent invraisemblables : ils sont cependant réels, ainsi que permet de le constater nettement le microscope. Sans l’aide de cet instrument une telle plaque regardée par transparence ne semble pas colorée, elle absorbe seulement une fraction de la lumière transmise.
- On se trouve donc en présence d’une plaque de verre munie d’écrans infiniment petits. Par-dessus ceux-ci on coule une émulsion panchromatique. La plaque ainsi préparée est exposée, par le dos, dans la chambre noire ; l’image colorée donnée par l’objectif, n’atteindra la couche sensible qu’après avoir traversé les écrans microscopiques : les rayons rouges seront absorbés par les écrans verts, tandis que les écrans orangés et violets se laisseront traverser par ces radiations. La couche sensible se trouvera par suite impressionnée sous les écrans violets et orangés, tandis qu’elle restera inaltérée sous les écrans verts. Il en résultera qu’au développement et au fixage l’argent sera réduit en face des écrans orangés et violets, qu’il masquera plus ou moins complètement suivant l’intensité de la radiation émise ; tandis que les éléments verts seront visibles, l’argent qu’ils recouvrent n’ayant pas été réduit par le développement et ayant été dissous parle fixage. On aura en fin de compte un cliché qui, regardé par transparence, montrera une image présentant les couleurs complémentaires de celles de l’objet photographié. On comprend que, si on tire par contact un tel cliché sur une plaque préparée de la même façon, on obtiendra une image qui, vue par transparence, présentera toutes les couleurs de l’original, en admettant bien entendu que les poudres qui ont servi à la préparation de la plaque aient été convenablement colorées, c’est-à-dire que les trois couleurs élémentaires aient été bien choisies; car il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un procédé indirect.
- La difficulté de la préparation des plaques telle que nous venons de l’indiquer n’est pas insurmontable puisque nous avons pu voir récemment des résultats très satisfaisants obtenus par MV1. Lumière. Ils cherchent en ce moment à rendre la fabrication pratique, de façon à pouvoir mettre dans le commerce des plaques toutes préparées qu’on emploiera comme les plaques ordinaires, sauf à augmenter le temps de pose. Pour terminer nous devons ajouter que M. Louis Ducos du Hauron avait, dès 1862. indiqué le principe de l’emploi d’une surface recouverte de points ou de lignes portant les trois colorations élémentaires. line première application a été faite, il y a quelques années, en Angleterre, par M. Joly, qui utilisait une trame formée de lignes colorées; mais il y avait des difficultés pratiques qui firent abandonner le procédé. Espérons que MM. Lumière, dont la science et l’habileté sont bien connues, seront plus heureux en employant le pointillé et qu’ils mettront bientôt la photographie des couleurs à la portée de tous. G. Mareschal.
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- LA NATURE.
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- CONTRE LÀ. POUSSIÈRE
- Nous n’avons, depuis plus de vingt ans, cessé de faire la guerre à la poussière. Depuis les travaux de Pasteur, on a fini par comprendre que le principal élément de la maladie c’était la poussière qui pénètre nos voies respiratoires et digestives. Les microbes pullulent, et la poussière nous les apporte dans la profondeur de nos organes. On commence à poursuivre la poussière sur les routes. On a inventé récemment des appareils pour la saisir sur place et la noyer dans l’eau. On nettoie ainsi les tapis, meubles et parquets. Mais le procédé est industriel et ne pénétrera pas partout. A la maison, il faut se défendre soi-même tous les jours par les moyens les plus simples. Nous l’avons dit aussi bien souvent, il y a lieu de penser aux parquets. Le parquet est un « conservatoire de microbes». A-t-on songé aux microbes qui s’attachent aux chaussures? Nous en apportons des milliards qui passent de la rue chez nous et s’en vont dans les fentes des lames du parquet. La population microbienne y devient immense, et le balai inconscient remue tout cela, et il faut respirer et avaler tous les organismes d’origines diverses dont quelques-uns ne sont pas bons, sans compter le bacille de la tuberculose. Prenez garde aux semelles de vos bottines, me disait judicieusement un jour un membre de l’Académie des Inscriptions; inventez donc un tapis ou un décrottoir stérilisateur pour qu’on s’en serve avant de rentrer chez soi. Il est de fait que l’on n’v a pas songé assez. En revanche, on a essayé plusieurs formules d’imperméabilisation des parquets; nous en avons indiqué plusieurs. M. le docteur C.-1I. Lemoine, médecin principal de 2° classe, professeur au Val-de-Gràce, vient aussi d’appeler l’attention sur un nouveau mode d’imperméabilisation et de nettoyage des parquets qu’il a mis à l’essai dans son service du Val-de-Gràce. Le procédé est dù à M. l’ingénieur Coppin1.
- Nos parquets, tout en étant bien entretenus, sont toujours des foyers microbiens. Userait indispensable d’abord de supprimer radicalement les communications entre l’entrevous et le plancher; il y a là un espace dangereux, où ne pénètre jamais aucun instrument de nettoyage ; après, il serait tout aussi essentiel d’imperméabiliser le parquet avec une substance qui permit un nettoyage humide, de façon que les poussières accumulées à la surface ne se répandissent pas dans l’atmosphère delà pièce. Le procédé imaginé par M. Coppin comporte deux opérations : 1° Il faut rendre le parquet étanche, en conséquence obstruer les fentes existant entre les lames de parquet avec un ciment spécial. Ce ciment se compose d’une poudre fine de sciure de bois combinée à des oxydes et à des chlorures de zinc et de magnésie. Cette poudre est mêlée jusqu’à consistance sirupeuse épaisse avec un liquide spécial ; 2° Après quoi, on encaustique avec un composé de cire végétale, essence de térébenthine pure, essence de houille rectifiée et acide thymique. Les proportions de ces dernières substances ne sont pas données par M. Coppin.
- L’opération la plus délicate est l’application du ciment, qui doit être faite de façon à bien boucher tous les interstices. Après quoi on passe à la paille de fer et l’on étend l’encaustique au moyen de brosses dures et résistantes. Une ou deux applications sont suffisantes. L’entretien d’un parquet ainsi préparé est beaucoup plus facile que celui des parquets cirés. Il n’y a plus qu’à passer
- tous les jours au chiffon de laine la surface pour opérer le nettoyage. Une fuis par mois seulement, on fait une nouvelle application d’encaustique en employant à peu près 1 kilogramme de produit par 50 mètres carrés. On peut d’ailleurs frotter à la brosse. Avec ce système, l’encaustique étant agglutinatif, les poussières ne se disséminent plus dans l’air; elles restent collées au plancher et forment de petites boulettes que l’on peut facilement enlever.
- Le seul inconvénient à signaler, d’après M. le docteur Lemoine, est l’odeur assez forte qui persiste pendant quelques heures après l’application de l’encaustique ; ces émanations plutôt désagréables n’ont du reste aucune influence nocive sur les personnes qui les respirent. Les animaux qui ont été exposés à ces émanations pendant un temps assez long, pendant dix jours avec renouvellement de trois jours en trois jours de l’encaustique, n’ont témoigné d’aucun malaise.
- Au point de vue économique, l’encaustique pulvéri-fuge n’est pas plus coûteux que l’encaustique à la cire et à l’essence de térébenthine. Au Val-de-Gràce, pour deux salles de 405 mètres carrés chacune, on a dépensé 50 francs; avec l’entretien ordinaire à la cire, on dépensait 54 francs. On consommait un kilogramme pour 50 mètres carrés. On pourrait n’employer que 1 kilogramme pour 70 mètres carrés. Il existe du reste une qualité d’encaustique qui revient seulement à 60 centimes le kilogramme. Mais il donne à la surface imprégnée un aspect plus sombre ; l’odeur est plus pénétrante. Il possède toutefois les mêmes propriétés hygiéniques.
- Le procédé de M. Coppin a été employé aussi avec succès depuis quelque temps à l’hôpital de Villejuif par M. le Dr Briand, et à l’Hôtel-Dieu de Paris par M. le Dr Just Lucas Championnière, enfin dans plusieurs écoles du Gouvernement. On a même obtenu sur de vieux parquets les résultats les plus favorables. On a pu ainsi débarrasser les parquets des insectes qui les ont envahis. Il serait vraiment utile que le nouveau pulvérifuge fut connu aussi des hôteliers èt largement appliqué dans les hôtels.
- Après les planchers, on fera bien aussi de se préoccuper des murs et des peintures. D’expériences entreprises en Allemagne, il résulte que certaines peintures exercent une action nocive sur les bactéries et notamment sur le bacille tuberculeux. Robinowitch, entre autres expérimentateurs, a étudié la résistance du bacille de la tuberculose appliqué sur certaines peintures. Il a peint d’une couleur donnée un panneau de bois et a déposé sur cette planche la peinture à examiner. Après 10 jours au moins de séchage, et souvent 24 jours, il a étalé avec un pinceau une culture de bacilles. Concurremment, il a opéré de même pour d'autres peintures. Puis, à des dates données, les mêmes pour tous les panneaux, il a examiné les cultures et les a inoculées à des cobayes. Voici sommairement les résultats : Il a retrouvé des bacilles virulents 110 jours après l’application des cultures sur des planches non enduites de couleur ; il y en avait de même sur les planches enduites de céruse à l’huile. Après 47 jours, il s’en trouvait seulement quelques-uns sur un revêtement au blanc de zinc. Certaines couleurs provoquent une destruction très rapide; il suffit de 6 jours avec des couleurs dites en Allemagne Zonca et Pefton, et même moins avec les couleurs émail.
- Ceci prouve, ce que nous savions déjà, l’influence considérable de la lumière sur les microbes, mais de plus l’action élective des couleurs sur les mêmes microbes.
- Henri de Parville.
- Revue d’hygiène et de police sanitaire, 1905 ».
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- LA N ATI! ME.
- LE CONCOURS DE JOUETS DE 1904
- fie nom de concours de jouels n’est pas tout à fait suffisant pour désigner cette exposition annuelle dont le succès s’affirme de plus en plus depuis quatre ans; il faut compléter ce titre en y ajoutant : j et des petites inventions en tous genres. C'est, en effet, la Société des petits fabricants et inventeurs français qui s'occupe de l’organisation, et on y Irouve, avec le jouet, toutes sortes de choses; le lire-bouchon, le ressort pour col de veston, le relève-pantalon, l’accroche-plat, etc. y sont à leur place, de même que la bibliothèque nouveau modèle de M. Casadesus permettant de loger une quantité
- innombrable de volumes et de prendre facilement au fond d’un rayon quelconque, sans déranger les autres, celui qu’on veut consulter. C’est très ingé-! nieux, aussi le constructeur a-t-il obtenu un premier prix. Nous ferons connaître ultérieurement quelques autres inventions, mais pour aujourd'hui nous signalerons seulement parmi les jouets ceux qui ont attiré plus particulièrement notre attention.
- C'est M. Schmclz qui a remporté le premier prix dans cette catégorie ; nous avions déjà signalé l’an dernier son canon pneumatique. Aujourd’hui, tout en conservant des attaches dans l’artillerie avec un
- Fijr. I. — 1, I.e ehronos slop ; 2, SrhliUor ou bûcheron 'les Vosges; Le raid; i, Le polo; 5, Lo combat naval.
- nouveau canon automatique à répétition (n° 5, fig. 2) basé sur le même principe, il a fait une incursion dans le domaine maritime, mais c’est de la marine sur table pour la tranquillité des parents. Son torpilleur (n° 5, fig. I ) est monté sur roues et le moteur est constitué par un volant qu’on lance comme une toupie; un ressort, dissimulé sous la fausse quille, est bandé au moment du départ et, s’il rencontre un obstacle, une épingle fichée dans la table et figurant la mine sous-marine, le ressort se détend brusquement et le bateau saute. Si, au contraire, il atteint un cuirassé découpé en silhouette dans une tôle, c’est celui-ci qui saute. Le mécanisme du cuirassé est des plus simples : la silhouette se compose de trois parties raccordées sommairement et maintenues par une lame de ressort qui fait sauter le tout au moindre choc. C’est le type du
- jouet intéressant qu’on peut mettre à la portée de toutes les bourses.
- M. Jeannet, qui a aussi obtenu une des premières récompenses, a construit un charmant petit schlitler, ou bûcheron des Vosges (n° 2, fig. 1) descendant lentement une pente rapide en soutenant son traîneau chargé de bois. Le mécanisme très simple est constitué par un piston trempant dans l’huile pour former modérateur; la vérité de mouvement ainsi obtenue est remarquable.
- M. Robert a combiné un système de tir « Le Caïd » (n° 5, fig. 1) dans lequel l’arme est muette; c’est, la cible qui détonne. Au moyen d’une sarbacane et de pois, on vise soit un cornet au fond duquel est une amorce, soit une bille, placée au sommet d’un tube vertical et qui, si on la touche, tombe au fond dn tube où se trouve également une amorce. Dans les deux cas,
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- LA NATURE
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- l’adresse du tireur est signalée par une détonation.
- Une autre cible, le Chronos’stop’, française bien que de nom anglais (n° l, fig. 1), peut servir à jouer à la roulette. On la remonte comme une pendule; la périphérie, qui porte des numéros, est mobile et tourne autour de la cible; au moment où on touche celle-ci, il se produit un arrêt dans la rotation de la couronne et le numéro gagnant se fixe en face d’un index.
- Le Polo de M. Gosselin est aussi un jeu d’adresse qui peut servir de jeu de hasard (n° 4, fig. 1) : un cheval et son cavalier, portant à la main le long marteau du polo, tournent dans une cuvette au fond de laquelle est une bille pouvant se placer sur des
- numéros. Au moyen d’un levier on peut actionner à tout instant le bras du cavalier, il s’agit de saisir le moment où il passe près de la bille pour chasser celle-ci d’un coup sec; on n’y arrive pas toujours, il faut du coup d’œil et de l’adresse.
- Pour gagner la coupe Gordon-Bennett avec M. l'as-seman (n° 2, lig. 2) il s’agit de maintenir en mouvement circulaire deux petites voiturettes roulant sur deux pistes concentriques mobiles dans le plan horizontal. Il faut, pour cela, donner à celles-ci un balancement convenable, et l’inclinaison prise successivement par les deux côtés de la piste, si elle est bien calculée, entretient la rotation des voiturettes sans interruption.
- Fig. 2. — 1, Le saute-mouton; 2, La coupe Gordon-Bennett ; 3, Le stéréinonograplie ; i, Le mélographe ; o, Une mitrailleuse; G, Clown sauteur; 7, Mappemonde démontable; 8, Une nourrice; 9, Toupie aquarium; 10, Le chien sauteur.
- M. P. Saint-Germain a remplacé la « roulette » et les « petits chevaux » par la toupie aquarium (n° 9, lig. 2) qui paraît bien innocente, mais peut servir à de grosses parties, tout en restant jouet d’enfant. La toupie est constituée par un petit globe en verre qu’on remplit d’eau; au milieu de celle-ci Hotte une couronne légère représentant des poissons de diverses couleurs. Quand on met la toupie en mouvement, le globe, l’eau, les poissons prennent des vitesses variables suivant leurs poids, en vertu de l’inertie de la matière; l’arrêt du poisson choisi en face d’un index fixé sur l’axe est donc des plus problématiques.
- Un jeu de patience instructif est présenté par M. Jalliot. C’est une mappemonde fn° 7, fig. 2) qui se démonte suivant les méridiens; on les mélange,
- et le jeune géographe doit les remettre en place sans mélanger l’Océanie à l’Europe.
- M. Claparède, sous le nom de stéréinonograplie (n° 5, fig. 2), nous donne le moyen de voir le relief sur les cartes postales illustrées. l*our cela, il dispose la carte dans une rainure pratiquée sur une planchette qui porte à angle droit un miroir concave, l’image considérée dans le miroir prend un relie!' d’autant plus accentué qu’elle comporte des premiers plans plus importants. On sait que la loupe donne aussi un effet semblable, mais il y a une mise au point et un choix d’emplacement pour l’œil qui n’existent pas ici, et l’effet produit est en tous points beaucoup meilleur.
- Le même constructeur nous présente le mélographe (n° 4, fig. 2) composé de trois disques
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- superposés ; sur le pourtour de cet ensemble sont peints dix personnages différents : la tête est dans le disque supérieur, le buste dans celui du milieu, les jambes dans l’autre. En faisant tourner les disques on arrive à des combinaisons de sujets plus ou moins grotesques et on peut les varier non pas à l’infini, mais de mille façons. Il y a, en effet, mille combinaisons possibles, on peut les compter; mais quelle mémoire il faudrait pour se les rappeler toutes! En même temps qu’un jeu, c’est une sorte de kaléidoscope pour caricaturiste.
- Parmi les jouets mécaniques nous remarquons le saute-mouton (n° 1, fig. 2) de M. Dandrieux, le chien sauteur de M. Bapst (n° 10, fig. 2), la nourrice et le bébé de M. Maugin (n° 8, fig. 2), et parmi les jouets à un sou, les acrobates sauteurs (n° 6, fig. 2) de M. Gazet, simple lame de ressort portant à la base un poids assez lourd qui fait retomber le clown toujours sur ses pieds. Le saut est des plus variables et des plus imprévus suivant la façon de s’y prendre pour plier le ressort et la façon dont on le lâche brusquement ; comme jeu d’adresse on peut s’appliquer à lancer le clown dans un verre placé sur une table, ou, comme l’a prévu le constructeur, dans les lenêtres d’une maison en carton formant cible, cela n’est pas toujours facile, mais on s’amuse sans danger et à bon marché.
- Parmi les objets exposés il en est certes bien d'autres qui mériteraient d’êlre représentés ici : le nouveau jeu pneumatique de M. Charles Triboulet; les sujets animés de M. Top; ceux de M. Ilaux aux mouvements si étranges; le gontle-montgolfière de M. Bernard; les meubles de poupée sculptés à la main de M. Rynguert; le petit moteur électrique, la scie sauteuse de M. Passeman, et d’autres qui vaudraient la peine d’être nommés. Mais il faut savoir se limiter et nous reviendrons, dans des articles spéciaux, sur ceux qui méritent une description plus détaillée. J. Cuxuiarès.
- LA PEZIZE COCHENILLE
- Parmi les'« champignons du printemps » signalés par M. Henri Coupin dans son très intéressant article1, il est une espèce remarquablement précoce dans le centre de la France, d’après mes observations.
- C’est la Pezize cochenille ou « Peziza eoccinea « Jacq. Le petit tableau suivant, qui comprend une douzaine d’années d’observations, mettra le fait en évidence.
- Les observations ont été faites soit au parc de Baleine*
- (Allier), soit aux environs de Moulins.
- Années. Dates d'apparition. Années. Dates d'apparition.
- 1888 9 mars 1898 17 janvier
- 1890 1 4 février 1899 11 janvier
- 1892 16 février 1900 10 janvier
- 1894 28 février 1901 30 mars
- 1896 7 mars 1902 23 janvier
- 1897 20 février 1904 4 janvier
- 1 Voy. n° 1626, du 23 juillet 1904, p. 126
- * Le parc de Baleine est situé à 16 km, à vol d'oiseau, au
- N. 28° \Y . de Moulins.
- Comme on le voit, « P. eoccinea » est réellement précoce, puisque, sur 12 années d’observations, sa présence, à l’état complet de développement, a été notée : 5 fois en janvier, 4 fois en février, 5 fois en mars, et l’on peut placer au 10 février l’époque moyenne de son apparition dans la campagne moulinoise, les dates extrêmes étant le 4 janvier (en 1904), et le 50 mars (en 1901).
- J’ai rencontré cet Ascomycète, aux coupes d’un rouge si vif et si pur à l’intérieur, soit au parc de Baleine, soit aux environs de Moulins, notamment sur les talus des chemins qui avoisinent le Sacré-Cœur de Belle-Croix, et aussi à droite et à gauche du chemin noir encaissé qui monte des Bataillots à Pouzeux.
- J’ai remarqué, en outre, que la Pezize cochenille se montrait indifféremment et sur les talus à l’ombre, et sur ceux exposés au soleil. G. de Rocquigxy-Adaxson.
- CHRONIQUE
- Tunnel du Simplon. — Il résulte du rapport mensuel sur les travaux du Simplon que, pendant le mois de juin, l’avancement de la galerie nord a été nul, tandis que, pour la galerie sud, ce même avancement a été de 182 mètres. Le travail dans la galerie nord a dù être interrompu par suite de l’irruption d’une nouvelle source d’eau chaude, et d’un éboulement qui est venu obstruer le canal qui amène les eaux du Rhône à l’usine centrale de Brigue. La première irruption de la source chaude a eu lieu le 16 mai, le débit étant de 20 litres par seconde. Au bout de deux jours, ce débit s’élevait à 35 litres par seconde, et la température de l’eau était de 45° C. La quantité d’eau nécessaire pour actionner les turbines devenant insuffisante, par suite de l’obstruction du canal d’amenée des eaux à l’usine centrale, on se trouva dans l’impossibilité de faire fonctionner les perforatrices et les appareils qui servent à rafraîchir l’eau de la galerie. Tout travail d’avancement dans la galerie nord fut donc suspendu. Bans la galerie d’avancement sud le travail s’est continué sans aucune interruption. Au 1er juillet, il ne restait plus à percer que 654 mètres pour que les deux galeries d’avancement nord et sud se rencontrent. En admettant que les travaux ne puissent se poursuivre que par la galerie sud et que l’avancement de 5 mètres par jour se continue jusqu’à la tin des travaux, il faut donc encore quatre mois pour achever le percement des galeries d’avancement. 11 y a donc tout lieu de penser, sauf de nouveaux incidents, que ce percement sera terminé vers la lin d’octobre. Nous rappellerons que, par suite de la nouvelle convention, le tunnel doit être ouvert à la circulation le 51 avril 1905.
- Corrosions des chaudières et courants électriques. — Nous laissons la responsabilité de cette association d’idées à son auteur, M. J. Reischle, qui l’a exposée dans le « Journ. of the Soc. of Chemical Indu-stry ». Pour lui, on est dans l’erreur en attribuant à l’action d’agents purement chimiques la corrosion des chaudières; elle serait plutôt le résultat de faibles courants électriques provenant des différences de potentiel entre le fer et les autres métaux plus négatifs qui peuvent se rencontrer dans le générateur; il y aurait tout au moins de ces différences entre les diverses sortes de fer — quand il n’y a pas d’autre métal en présence, — même entre les diverses portions d’une plaque. A ce propos, M. Reischle insiste sur les corrosions fréquentes des rivets en. fer forgé dans dés plaques en fonte. 11 croirait aussi
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- aux courants produits par des phénomènes thermo-électriques comme suite des différences de température dans les diverses parties d’un générateur. D’ailleurs, une corrosion une fois commencée continue par suite de la différence de potentiel entre le fer et son oxyde.
- La maçonnerie et le métal dans la construction des ponts. — Il est vraiment curieux de constater que, partout où cela est possible maintenant, les compagnies de chemins de fer adoptent la maçonnerie au lieu du métal pour la construction des ponts. Cette tendance se manifeste aux États-Unis comme ailleurs, et nous pouvons en citer un exemple caractéristique. Le chemin de fer Pensylvania vient de reconstruire l’ouvrage en acier donnant passage à ses voies à travers la rivière Susque-hanna, à Rockville, ouvrage qui, entre culées, n’avait pas moins de 1122 mètres de long et était formé de 23 travées successives : or le nouveau pont, qui porte quatre voies au milieu de deux seulement, est en maçonnerie, ses travées ayant une longueur de 12,n,55 avec une flèche à la clef de 6m,09. On y a employé un peu plus de 80 000 mètres cubes de maçonnerie.
- (Jn appareil contre les déraillements de trains. — Il ne s’agit pas d’empècher complètement les roues des véhicules de sauter des rails, mais du moins de réduire au minimum les conséquences d’un accident de cette sorte, qui entraine le plus souvent la fracture de roues, d’essieux et tout ce qui s’en suit. Sous les wagons, on dispose transversalement une sorte de barre métallique transversale, parallèle par suite à chaque essieu, et qui ne se trouve qu’à 2 centimètres et demi au-dessus des rails : si les roues déraillent, elles ne pourront toucher terre, car la voiture portera sur ces rails par les traverses ou la traverse dont nous venons de parler, et le véhicule glissera en formant frein pour l’ensemble du convoi. D’ailleurs ces traverses sont portées par des ressorts, qui amortissent la brusquerie du contact, et elles sont munies d’ergots formant arrêts, de part et d’autre de la partie où elles peuvent venir appuyer sur les rails. Cet appareil est dû à un fonctionnaire des chemins de fer allemands, M. Gehricke.
- Les dépenses d'un navire cuirassé. — Dans une récente discussion devant le Parlement anglais, on a fourni le chiffre des dépenses annuelles d’un navire cuirassé armé : elles atteignent le chiffre respectable de 2 350 000 francs, dont 1 million à peu près pour les traitements et payes des officiers et de l’équipage, 370000 francs pour la nourriture des hommes, 150 000 de munitions, etc. Et cela en temps de paix!
- Les ga* des hauts fourneaux. — Nous avons eu occasion, à plusieurs reprises, d’indiquer les procédés que l’on commence enfin d’employer pour utiliser les gaz des hauts fourneaux à l’alimentation de moteurs tonnants. Dans une récente communication au « Journal of the Franklin Institute », M. C. Kirchhoff a donné à ce sujet quelques indications fort intéressantes : il insiste sur ce fait qu’un haut fourneau, par chaque tonne de fer produite à l’heure, peut fournir assez de gaz pour représenter une puissance de 800 chevaux-heure, et à supposer un moteur ayant seulement un rendement thermodynamique de 25 pour 100. A ce compte, les hauts fourneaux du Royaume-Uni, par exemple, pourraient fournir aisément 1 800 000 chevaux-heure, sans tenir compte de la chaleur perdue, utilisée dès maintenant aux machines soufflantes, aux pompes, aux appareils de manutention. Tout naturellement, il faut que lès gaz soient
- débarrassés de leurs poussières; mais on y parvient assez bien avec les méthodes existantes, et on essaye en ce moment, à Eschweiler, un procédé qui consiste à faire déposer les poussières sur des surfaces chargées d’électricité.
- Les usines hydrauliques en France. — Si
- nous en croyons M. le commandant Audebrand, les 48 000 usines hydrauliques existant actuellement en France représentent une puissance de quelque 650 000 chevaux seulement ; il n’y a que dans la région des Alpes (et évidemment du fait des usines hydro-électriques) que la puissance moyenne par établissement dépasse 30 chevaux, alors qu’elle est à peine de 10 chevaux en Bretagne, dans le Plateau central, en Morvan.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 août 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Fausses indications d’un niveau à bulle. —M. Bigour-dan présente une Note sur les anomalies de l’inclinaison de l’axe de la lunette méridienne. On sait que l’inclinaison de l’axe de rotation de la lunette méridienne est l’un des éléments importants du calcul de la correction à apporter à la moyenne des temps des passages aux fils fixes de l’instrument, pour obtenir l’instant du passage au méridien. Or il existe deux procédés pour mesurer l’inclinaison, la lecture du niveau et le pointé du nadir. Le niveau s’accroche sur les tourillons qui matériellement constituent l’axe de rotation ; la mesure de l’inclinaison au moyen de cet appareil ne présente dès lors aucune particularité. Le pointé du nadir sur la surface réfléchissante du bain de mercure s’opère à l’aide du fil mobile de l’oculaire. On amène le fil mobile dans une position telle qu’il se superpose à son image. Dans cette position le plan qui contient le fil et son image est verticale ; on lit la graduation du tambour de la vis micrométrique par l’apport à un index. On opère la même lecture après retournement bout pour bout de l’axe de l’instrument sur ses deux supports. On déduit ensuite aisément la valeur de l’inclinaison exprimée en fraction de tours de la vis” du micromètre, valeur que l’on convertit en temps, puis en arc s’il est utile. Les inclinaisons mesurées par ces deux méthodes présentaient dernièrement'des écarts inexplicables. M. Bigoucdan pensa qu’ils devaient être dus à la température exceptionnelle de l’été. 11 a donc fait démonter le niveau et a constaté qu’un déplacement de la bulle de 1 partie correspondait à une valeur cinq fois plus forte lorsque le tube était dégagé de sa gaine. M. Bigourdan explique le fait en remarquant que le tube était collé à son enveloppe métallique et qu’il subissait par suite une torsion sous l’effet de la chaleur. 11 préconise la construction de niveau en acier au nickel, car il est impossiblô de ne pas serrer les tubes dans leur monture.
- La couleur du cuivre. — M. Moissan présente un travail de cristallographie dù à M. Osmont. 11 fait observer, à propos du cuivre, que l’oxygène, en produisant de l'oxy-dule de cuivre, introduit une impureté dont il est difficile de se garer. Sur l’observation de M. le président, suivant une opinion accréditée, la couleur du cuivre est due à l’oxygène. M. Moissan répond qu’il a fait l’électrolyse du cuivre dans le vide et que ce métal s’est toujours déposé avec sa couleur caractéristique, mais il ajoute qu’il considère que son expérience n’est pas à l’abri de toute critique. Ch. iie Yilledecil.
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- LA NA TU K K.
- LE « BOUQUIN » PHOTOGRAPHIQUE
- L’appareil photographique, tel qu’il se préseule habituellement, a des formes si connues qu’il est difficile de le dissimuler même à des yeux peu exercés ; aussi depuis longtemps a-t-on cherché à lui donner des formes trompeuses. Dès le début de la photographie instantanée, Enjalbert, toujours si ingénieux dans ses conceptions, avait imaginé le « colis postal », qu’on pouvait introduire partout sans éveiller l’attention; on eut aussi le « revolver », idée originale, mais moins heureuse dans ses résultats, car l'emploi d’un tel appareil pouvait exposer à des surprises désagréables et ne donnait guère que des expressions de frayeur. Plus tard vinrent le « chapeau », la « cravate », qui eurent un certain succès. On a pensé également au « livre », qui ne prenait l’aspect photographique que quand on le disposait pour recevoir le châssis. Mais, dans la plupart des combinaisons imaginées, si l’appareil était dissimulé, l’opérateur, pour l’utiliser, était toujours tenu de prendre une position qui suffisait à signaler ses intentions aux victimes qu’il comptait faire, et c’est ce qu’il faut éviter avant tout si l’on veut avoir des sujets conservant une attitude naturelle.
- M. L. Bloch eut l’idée, il y a quelques années, avec le « physiographe », de munir le viseur d’un prisme disposé de telle façon que l’opérateur, ayant l’air de regarder devant lui, voit en réalité, sur le verre dépoli, l’image des objets qui sont sur le côté. Tout dernièrement nous avons signalé le môme principe appliqué à sa « physio-pocket ». On peut encore trouver là un inconvénient; car, si en vérité on photographie les personnes qui sont sur le côté et ne s’en doutent pas, celles qui sont en face, et qu’on semble viser, peuvent se formaliser du sans-gène de l’amateur. S’il y a des gens avides de réclame, il y en a aussi qui ne veulent pas laisser leurs traits à la postérité. M. Bloch veut quand même les immortaliser, et voici le moyen qu’il nous propose ; c’est le « bouquin », qui n’attire nullement l’attention ; même quand il est tout prêt à fonctionner, il conserve les allures d’un honnête
- dictionnaire de poche. On l’ouvre à la première page qu’on semble lire ; mais en réalité on a sous les yeux le verre dépoli V du viseur et, à côté, un niveau d’eau N qui indique si l’appareil est horizontal. L’image qui se peint sur le viseur est celle des personnes placées à gauche de l’opérateur; c’est vers elles aussi que sont tournés les deux objectifs dissimulés dans le dos de la reliure : l’appareil est stéréoscopique et donne des images 4cl“Xhem, sur plaques 45,mi1 X 107mm, qui sont contenues chacune dans de petits châssis métalliques dont le nombre n’est limité que par la capacité des poches de l’opérateur. On glisse le châssis dans une des rainures pratiquées du côté de la tranche du livre; c’est
- par le choix de l’une d’elles que se fait la mise au point ; la plus éloignée sert pour les objets situés à un ou deux mètres, l’autre pour les sujets situés au delà.
- L’obturateur peut donner l’instantané ou la pose, et pour ce dernier cas on place l’appareil sur une table, position bien naturelle pour un bouquin. La manette qui sert à armer l’obturateur, ainsi que le bouton de déclenchement, sont bien à portée de la main et restent suffisamment dissimulés pour ne pas enlever au « bouquin » son aspect débonnaire. Au point de vue de la photographie pure, il est bien entendu qu’un tel appareil peut avoir toutes les qualités d'un autre quelconque, cela dépendra du soin apporté à sa construction, de la qualité des objectifs, etc.
- S’il s’agit de faire du paysage, du monument, il n’y a pas grand intérêt à employer un appareil plutôt qu’un autre; il n’en sera pas de même dans une exposition de sculpture, un musée, où le bouquin pénétrera facilement malgré l’interdiction de photographier; enfui le document qu’il pourra procurer au dessinateur et au peintre sur les promenades, sur les plages à la mode, sera de beaucoup préférable à tout autre par l’attitude vraie qui caractérisera toujours le sujet photographié à son insu. G. M.
- Le Gérant : P. Masso:;.
- Le « bouquin » photographique.
- 1. Pendant l’opération. — 2. Vue extérieure. — ô. Vue intérieure.
- Paris. —'Imprimerie Laiii'he, rue de FIcurus, 9.
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- ‘20 AGIT 1004.
- Aux très nombreux essais de synthèse, procédant soit par voie sèche, soit par voie humide, qui ont permis à Ehelmen, de Scnarmont, Sainte-Clairc-Deville, Ilautefeuille, Frémyet À. Yerneuil, etc... de reproduire le corindon, est venue récemment s’ajouter une méthode nouvelle1 présentant sur les précédentes l’avantage de pouvoir donner des pierres utilisables en joaillerie. Nous donnons ici les grandes lignes de cette méthode, qui va ctre publiée aux « Annales de Chimie et de Physique », avec tous les détails nécessaires pour permettre à l’industrie d’en tirer parti.
- L’auteur de ce nouveau procédé, qui consiste à faire cristalliser lentement pour lui conserver l’état transparent le rubis préalablement fondu à l’aide du chalumeau oxhydrique, établit par ses recherches préliminaires que les conditions qui doivent être réalisées, pour permettre d’obtenir le rubis transparent cristallisé par fusion, peuvent succinctement se résumer ainsi :
- 1° Opérer la fusion en utilisant toujours la partie de la flamme la plus riche en hydrogène et en carbone, afin d’éviter le bouillonnement qui s’opposerait à l'affinage complet ;
- 2° Produire l’accroissement de la masse par couches superposées de bas en haut, pour réaliser l’affinage sur une série de couches minces et la solidification graduelle qui permet au produit de demeurer transparent ;
- 5° Obtenir la fusion dans des conditions telles que le contact du produit fondu avec le support soit limité à une surface extrêmement petite, afin de réduire au minimum le nombre des cassures qui se subdivisent et rendent le produit inutilisable, dès que la surface de contact du rubis fondu avec toute paroi n’est pas réduite à un point.
- 1 Voy. n° 1538, du 15 novembre 1902, p. 383.
- 32e année. — î* senfCstre.
- Ces trois conditions se trouvent réalisées à l’aide de l’appareil dont notre figure présente une vue d’ensemble. Dans cette figure, à gauche, le support à vis S permet d’éloigner la masse fondue, en l’abaissant à mesure que la zone convenable de fusion s’éloigne du bout du chalumeau, et lorsque, pendant le cours du travail, il devient nécessaire d’augmenter la pression de l’oxygène dans l’appareil.
- L’affinage par couches minces successives est obtenu à l’aide d’un procédé qui constitue la partie la plus originale de la méthode et qui consiste à entraîner, par un véritable semage, la poudre d’alumine additionnée d’oxyde de chrome ou encore le rubis naturel pulvérisé, destinés à subir la fusion, dans le courant même de l’oxygène qui alimente le chalumeau.
- Ces matières, renfermées dans un panier constitué par une toile métallique et placé dans la chambre C, seront tamisées par les chocs légers que le batteur B fait subir à l’enclume E qui forme le sommet du panier, et la poudre, entraînée dans le tube central du chalumeau, pourra se répandre dans la llamme où elle subira la fusion, dès qu’elle sera parvenue sur le support formé d’une mince baguette d’alumine placée au centre du four F.
- Cette poudre, tombant sur la surface de cette tige d’alumine préalablement portée au rouge blanc, s’y agglomère en formant un cône dont la pointe s’élève peu à peu jusqu’à ce qu’elle parvienne dans la zone de la flamme assez chaude pour lui faire subir la fusion, en formant un filament qui réalise la troisième condition énoncée plus haut ; si donc on augmente maintenant la pression de l’oxygène, ce filament va se transformer à son sommet en une sphère dont il suffira d’augmenter peu à peu le diamètre, jusqu’aux limites extrêmes que peut atteindre le chalu-
- 12
- Appareil pour la reproduction du rubis par fusion.
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- LA NATURE.
- ineau. On arrive, dans ces conditions, à produire en trois heures, à Laide d'un chalumeau dont le bout présente 2mm,2 de diamètre, une masse ovoïde du poids de 2 à 5 grammes (soit 10 à 15 carats) qui se tend exactement en deux parties, suivant un plan vertical, lorsque la pointe primitive est sulïisanmient line et que la masse en iusion a été bien régulièrement chauffée. Chacune de ces parties peut être maintenant taillée suivant les procédés ordinaires employés par les lapidaires.
- Les propriétés chimiques de ces rubis sont évidemment identiques à celles du rubis naturel, leur composition est semblable et ils présentent la meme résistance aux réactifs.
- Lorsqu’on les examine au point de vue physique, on reconnaît que leur magnifique lluorescence rouge est identique à celle que présentent les rubis de la nature; ils présentent encore la même luminescence lorsqu’on les broie ou lorsqu’ils subissent une violente friction. Leur densité, confirmant cette identité, est égale à 4,01. Leur dureté, appréciée par leur résistance à l’usure sur la meule à émeri ou sur la meule diamantée, a été trouvée identique à celle des rubis naturels par tous les lapidaires qui les ont examinés; cette dureté se manifeste, du reste, par le très beau poli qu’ils prennent lorsqu’on termine le travail de la taille sur la meule de cuivre garnie de tripoli.
- Leur couleur, enfin, peut égaler celle des plus beaux rubis d’Orient, lorsque l’alumine employée à la fusion a été soigneusement purifiée et que l’oxyde de chrome y a été convenablement dosé, en permettant de constituer toute la gamme de tons présentés par la gemme naturelle. L’étude cristallographique de ce rubis obtenu par fusion démontre aussi l’identité de sa structure avec celle du rubis naturel, et au (joint de vue des propriétés optiques l’un quelconque de ses fragments ne pourra être distingué d’une pierre taillée dans un cristal naturel. Il résulte de là qu’au point de vue chimique, physique et cristallographique, il y a identité de propriétés et de structure moléculaire entre le rubis de fusion et le rubis naturel, et que ce procédé de fusion réalise, au point de vue scientifique, une véritable synthèse du rubis.
- Mais l’identité avec le produit naturel n’existe plus, en général, dès que l'examen s’écarte d’une parcelle exceptionnellement choisie et porte sur une masse de plu sieurs carats. En effet, ce n’est qu’exceptionnel-lement qu'il a été possible d’obtenir quelques pierres pesant, après la taille, un quart de carat environ, et tout à fait exemptes des deux défauts qui caractérisent jusqu’ici le rubis de fusion. Ces deux tares, sensibles surtout dans les grosses pierres, consistent en de fines bulles visibles au microscope et en stries de décoloration qui proviennent d’une volatilisation de l’oxyde de chrome, lorsque le semage n’a pas été suffisamment régulier. Mais il est tout à fait probable qu’en faisant usage d’appareils plus puissants et plus parfaits, il sera possible d’arriver bientôt à produire, sous le poids de plusieurs carats, la masse de rubis homogène qui n’a pu jusqu’ici être obtenue
- que sous le poids d’un grain. Il convient d’ajouter enfin que, si les deux défauts précités peuvent heureusement permettre aux experts de reconnaître en général le rubis de fusion, ces bulles et ces stries, qui ne sont visibles que dans un examen scientifique, n’enlèvent rien à l’éclat et à la beauté de ces pierres artificielles lorsqu’elles sont le résultat d’une fabrication bien conduite. En réalité ces défauts sont insensibles lorsqu’on examine, dans les conditions ordinaires et à quelque distance, ces rubis montés, et leur limpidité dépasse même de beaucoup la transparence moyenne que présentent les rubis naturels, qui eux aussi n’existent que bien rarement à l’état parfait. Il y a donc lieu d’espérer que, lorsque ces rubis de fusion auront été appréciés à leur juste valeur, ces recherches permettront démettre à la portéé du plus grand nombre une pierre aussi belle et aussi durable que le rubis naturel qui était réservé à quelques privilégiés. A. Ykrsecil,
- RADIOACTIVITÉ DU GAZ NATUREL
- M. Lerman, d’après « Nature », a eu l’occasion d’examiner le gaz naturel provenant de différents puits de la partie occidentale de l’Ontario situés dans le district de Welland, dans le voisinage des chutes du Niagara et près de la ville de Brandfort. On a trouvé dans tous leurs gaz des émanations radioactives. Cette radioactivité diminuait rapidement et au bout de trois jours elle était réduite de moitié. Quant à l’intensité de la radioactivité induite, elle se réduisait à moitié au bout de quarante minutes. Les puits examinés avaient des profondeurs variables. Dans le district de Welland, où les gaz provenaient des couches connues sous le nom de formation du Niagara, à une profondeur d’environ 150 mètres, la radioactivité initiale était maximum. En prenant une échelle arbitraire, cette radioactivité peut être représentée par 2000.
- Les gaz provenant des calcaires de Clinton, à une profondeur de 225 mètres, avaient une radioactivité de 500, en prenant la même échelle, tandis que ceux provenant de la formation médiane, à uue profondeur île 270 mètres, donnait une radioactivité de 1200. Les gaz provenant d’un puits percé dans les calcaires deTrenton, à une profondeur d’environ 900 mètres, n’avait qu’une radio activité de 200.
- Le chiffre le plus élevé que l’on ait obtenu est celui d’un gaz provenant d’un puits près de Brentford, où la radioactivité était représentée par 9000. H. B.
- UN PROGRÈS DANS L’ÉCLAIRAGE JAUNE
- DES LABORATOIRES DE PHOTOGRAPHIE
- J’ai présenté en septembre 1899, à la Société française de photographie, avec M. Jules Courtier, des écrans teints d’une couleur jaune que nous avons dénommée « anacti-nôchrine » et qui, tout en étant sensiblement moins acti-niques et plus opaques pour la lumière visible que les verres rouge employés d’ordinaire dans les laboratoires de photographie, sont manifestement plus éclairants : ceci, à cause de la propriété spéciale dont jouit la lumière jaune d’exciter la sensibilité visuelle, propriété liée à l’énergie des ravons jaunes.
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- LA N ATU H K.
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- M. G. Marcschal a rendu compte dans ce journal1 des expériences concluantes auxquelles il a soumis ces écrans, devenus à peu (très indispensables avec la création des plaques de plus en plus rapides.
- J’ai essayé d’appliquer à la teinture de ces écrans une méthode de transformation des couleurs dont je poursuis l’étude au laboratoire des établissements Goy ; et il ressort d’expériences que je vais brièvement résumer que l’on peut transformer l’anactinochrine en une couleur nouvelle, que j’appelle anaelinèchrine p, sensiblement plus inacti-nique et à la fois plus éclairante que l’anactinochrine jusqu’ici employée, et que je désignerai par anactinô-chrine a.
- J’ai exposé pendant une minute à l’éclairement d’un carcel (bec Bengel), à 0m,5Ü, une plaque Lumière (étiquette bleue) recouverte d’une seule feuille d’An. a et d’An. (3 (en pratique, on interpose 2 feuilles entre 2 verres à vitre dans la lanterne). Au développement, la plaque est apparue sensiblement plus réduite sous a que sous p. Les ligures ci-contre représentent des épreuves positives tirées au châssis-presse, sur papier citrate, des négatifs obtenus dans cette expérience ; le positif sous a est sensiblement plus clair que sous p.
- Si l’on compare la transparence des négatifs impressionnés sous a et sous [3 respectivement à la transparence d’un verre dépoli pris pour unité avec un photomètre à objec-
- tifs diaphragmés, on trouve pour les ouvertures nécessaires à l’égalisation des tons
- Verre dépoli . . 10 Verre dépoli . . I.‘>
- Cliché a . . . . 190 Cliché p. . . . 85
- Les intensités lumineuses transmises étant inversement proportionnelles aux ouvertures nécessaires à l’égalisation,
- les rapports des transparences des clichés impressionnés sous a et sous P à celle du verre dépoli sont :
- _L.±___L j_. j__5.
- 190 ’’ 10 19 Ct 85 ’ 15 17 ’
- c’est-à-dire que le cliché sous p est 5,A fois plus transparent que sous a.
- DIVISIONS OUVERTURES TOUR L EGALISATION INTENSITÉS DE p OUVERTURES TOUR LEGALISATION INTENSITÉS DE 0C
- COOLEU H S MÉDIANES DL’ PAR RAPPORT ————- PAR RAPPORT
- MICROMÈTRE Papier blanc Anact. ,3 AU BLANC Papier blanc Anact. x AU BLANC
- Bouge 55 1-10,2 103 88,8 1.21 107,a 92,o î.i
- Orangé 15 97 1,07 107 95 i,i
- Jaune 55 100 100 1,00 107, a 92,o 1,1
- Jaune vert f>5 100 100 1,00 77 125 0,65
- Verl 75 75 12a 0,62 75 125 0,62
- Bleu 85 10 160 0,2a ni 160 0,25
- l ue comparaison directe des 2 clichés au même photomètre a donné pour les ouvertures
- cliché p. . . . 8,4 cliché a . . . 51,0
- et pour le rapport des transparences le nombre concordant 51,0
- L’actinisme relatif de a et de p est mesuré par les poids ou les épaisseurs d’argent réduit sous ces écrans dans les deux clichés. Une première couche de grains d'argent absorbant une certaine fraction de la lumière incidente, la deuxième couche absorbe cette même fraction de la lumière transmise par la première couche : par exemple,
- 1
- si la première couche absorbe -, la deuxième absorbe c’est-à-dire
- là M
- . • iii /iy .
- la troisième, ^ X ^ X ^ == ( ÿ ) ’ 0 C-’
- c’est-à-dire que les couches croissant en progression arithmétique, les opacités croissent en progression géométrique : autrement dit, les quantités d’argent réduit dans les clichés ou les actinismes de a et de p croissent comme les logarithmes des opacités. On a donc pour le rapport de ces actinismes :
- log. 19 _ 1,278 _-i,278 7
- log. 17 — log. 3 1 ,‘25 — 0,477 0,755 ’ *
- 1 Voy. n0 1551, du 14 février 1905, p. 166.
- L’anactinochrine a est d’environ 71) pour 100 plus actinique que l’anactinochrine p.
- L’anactinochrine p est, à l’œil sensiblement plus verte que l’anactinochrine a et en même temps d’un ton plus clair. Quelles sont les transparences en lumière visible des deux écrans? Les teintes étant différentes, on ne pouvait songer à faire une comparaison photométrique globale. J’ai recouru au spectrophotomètre ct j’ai comparé avec le spectre de transmission du papier blanc les intensités respectives des spectres transmis par des papiers colorés soit par a, soit par p, dans les différentes couleurs.
- Tandis que le spectre de a est encore visible à la division 90, le spectre de p est obscur à partir de 87,5; le bleu est un quart moins étendu dans [J (X = 59 pour la raie D). 11 ressort de ces tableaux que p, plus intense dans le rouge et dans le jaune vert que a, est un peu moins intense dans le jaune.
- Nous trouvons pour l’intensité totale relative de p, 5,12 et pour l’intensité totale relative de a : 4,8, soit un gain 5 J o______4 8
- de = (> pour 100 en faveur de la transpa-
- 4,8 1 1
- rence de l’anactinochrine p.
- L’anactinochrine p présente donc un progrès sérieux sur l’anactinochrine a aussi bien au point de vue de l’éclairement qu’au point de vue de l’inactinisme. Rappelons que l’anactinochrine a, quatre fois plus éclairante que le verre rouge, présente, par rapport 5 celui-ci, un actinisme diminué dans le rapport de 4 à 5.
- Charles Henrt..
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- LA NA T LUE.
- 1 SI)
- EFFETS DES EXPLOSIONS DE DYNAMITE A DISTANCE
- La dynamite est bien connue ; il s’y attache l'idée d'effets destructeurssur tous les objets environnants, lorsque son explosion se produit. C’est en effet cette propriété qui l’a fait adopter dans les mines pour ouvrir les galeries et abattre le minerai; c’est aussi l’emploi de la dynamite qui a permis de percer les grands tunnels.
- Sur le front de la galer ie on perce d’abord un trou de mine plus ou moins profond ; on y place une ou plusieurs cartouches de dynamite dont on provoque l’explosion au moyen d’une capsule au fulminate de mercure, qui détone à volonté au moyen d’une mèche à feu ou d’une étincelle électrique ; le coup part, un quartier de roche est abattu et brisé en morceaux. Un recommence le tir et ainsi de suite. La dynamite la plus généralement employée aujourd’hui se présente sous la forme d’une pâte molle plus ou moins élastique analogue à la pâte à rouleau x des imprimeries. Elle se compose de nitro-glycérine, épaissie par du fulmicoton qu’elle tient en dissolution ; on y ajoute des nitra-les et un peu de matière absorbante, fibre de bois ou farine. C’est ce que l’on appelle la dynamite-gomme ou dynamite gélatinée.
- Mais si l’effet de la dynamite au contact des corps solides est bien connu et apprécié, quel peut être l'effet produit à distance par l’explosion de fortes quantités de dynamite à l’air libre?
- Des expéditions de dynamite se font par grandes quantités près de Hambourg et de Londres, dans l'Elbe et dans la Tamise. Quels dangers pourraient courir ces villes en cas d’accidents qui, heureusement, ne se sont pas produits jusqu’à pré-
- sent ? Celte question s’est posée récemment à l'occasion d'un règlement pour le chargement des explosifs dans l’Escaut. La mise à bord des navires se faisant en un point situé à 12 kilomètres de la ville
- d’Anvers, pouvait-il y avoir danger pour les personnes et les édifices? On ne possédait aucunes données expérimentales cerlai-ce sujet. C’est alors que les trois fabriques de dynamite existant en Belgique offrirent de faire les frais d’expériences que je fus chargé d’organiser. Ces expériences ont eu lieu le 24 juin 1902 au camp de Bewerloo, en présence de M. le gouverneur de la province d’Anvers, de M. l'inspecteur général Cuehez et des membres civils et militaires de la Commission technique des explosifs. Pour constater les effets des détonations, on avait disposé autour du foyer dans toutes les directions et à des distances variant depuis 5 mètres jusqu’à 1000 mètres, cinquante écrans fixes ou mobiles et deux cabanes en bois couvertes en tuiles avec portes et fenêtres garnies de vitres. Les expériences ont porté sur des caisses réglementaires du poids de 25 kilogrammes contenant des cartouches de 100 grammes. Elles ont eu lieu dans l’ordre suivant : explosion de 25 kilogrammes de dynamite ; de 50 kilogrammes ; de 250 kilogrammes; enfin de 1000 kilogrammes. Les effets destructeurs, pour chaque expérience, ne se sont fait sentir que jusqu’aux distances respectives de 17m,50; 40 mètres; 55 mètres, et 125 mètres. Au delà, s’étendait une petite zone neutre, et ensuite l'effet indirect ou de contre-coup (choc en retour) avait renversé les écrans vers le
- Fig. 1. — Explosion (le 1000 kg de dynamite (!'• phase).
- Fig. 2. — Schéma d'une explosion de dynamite.
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- LA NATURE.
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- foyer de l’explosion. Dans les cabanes, les fenèlres étaient arrachées et non enfoncées, et les carreaux de vitres étaient pour la plupart tombés en dehors. On a conclu, de ce qui précède, que la distance à laquelle s’arrêtent les effets mécaniques appréciables des explosions n’augmente que comme la racine carré»' de la charge.
- Les figures 1 et o illustrent bien les deux phases successives de l’explosion : dans la première on voit se produire la houle de feu et de flamme qui détruit tous les objets enveloppés par elle. Dans la seconde se manifeste la projection violente des gaz dans la direction verticale. En même temps, une sorte de cratère a été creusé dans le sol, en consommant sur place la plus grande partie de l’énergie emmagasinée dans l’explosif. La ligure 2 représente le schéma
- d’une explosion indiquant l’appel d’air dans le sens horizontal qui succède à la poussée verticale des gaz laquelle produit l’aspiration et le choc en retour.
- L’explosion des grandes quantités de dynamite à l’air libre ne produirait donc des effets destructeurs et dangereux pour les édifices et les personnes que dans un rayon limité de 100 àfiOO mètres au maximum pour les plus grandes quantités d’explosifs que l’on puisse réunir dans la pratique. Au delà, jusqu'à 5000 mètres, dans la zone de dépression où se manifestent les effets du choc en retour, les seuls dégâts se borneraient à des carreaux cassés et à des tuiles soulevées, ce qu’on a appelé des dégâts tolérables, sans danger pour les personnes et les constructions solides.
- Les expériences de Bevverloo sont par conséquent
- Fiji. :>. — Explosion de 1000 kg de dynamite (2* phase).
- de nature à rassurer la population des villes et des ports près desquels la dynamite est embarquée, ainsi que les voisins des dépôts d’explosifs.
- Léon Thomas. ^ e. p.)
- LE JUS DE CITRON COMME ANTISEPTIQUE
- 11 existe une opinion courante qui veut que le jus de citron ajouté à de l’eau de boisson suffise pour y exercer une action antiseptique efficace, pour y détruire les germes que peut contenir cette eau. Dernièrement le Service d’hygiène de Buffalo fut saisi de la question, afin de la trancher définitivement, en se plaçant tout particulièrement au point de vue des germes de la fièvre typhoïde. On avait répété dans plusieurs grands journaux que les bacilles de cette terrible maladie ne pouvaient point subsister dans la boisson bien connue et fort répandue aux États-Unis sous le nom de limonade, et dont l’acide citrique fait le fonds. On chargea donc un bactériologiste, M. William G. Bisse!!, d’examiner la question
- et de recourir dans ce but à plusieurs méthodes, pour arriver à une certitude absolue dans un sens ou dans l’autre. Dans un premier essai, on prit un verre d’eau stérilisée et distillée, et l’on y fit couler le jus de la moitié d’un gros citron pressé complètement, ce qui constituait de la limonade à forte teneur ; puis on introduisit dans ce liquide un centimètre cube d’une culture de bacilles typhiques dans un bouillon, culture âgée de 48 heures. Au bout de 5, de 10, de la, de 20, de 2a, de 50 minutes, respectivement, on recueillit un centimètre cube de la limonade ainsi ensemencée, et on introduisit ces échantillons du breuvage dans des tubes contenant des bouillons d’agar, ou d’agar avec addition de lactose, ou du bouillon ordinaire ; et tous les tubes, sauf ceux qui contenaient de la gélatine, furent exposés à une température d’incubation égale à celle du corps humain. Au bout de 24 heures, les formations nuageuses caractéristiques apparaissaient nettement dans tous les tubes, à part quelques-uns où l’on ne put constater aucun développement des cultures de bacilles. Malheureusement cette méthode d’essai du pouvoir antiseptique de cette limonade au citron ne semble
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- LA NATURE.
- pas avoir de sûreté, en eo sens que les organismes pathogènes, là où ils ne pullulaient point, n’avaient pas été tués par l’action soi-disant gennicide du jus de citron, mais que l’acide libre avait simplement arrêté la multiplication de ces germes.
- On essaya donc d’une seconde méthode. Des bouillons de culture de bacilles typhiques, datant de 48 heures, lurent préparés, et, dans chacun, on introduisit une baguette de verre stérilisée; au bout de quelques minutes d’immersion on retira ces baguettes, et on /es plaça chacune dans un tube d’essai, stérilisé lui aussi, de manière à faire sécher toutes les matières qui avaient pu adhérer aux baguettes. On prépara alors une mixture d’eau et de citron, comme dans le premier cas, mais sans l’additionner de bacilles typhiques; les tiges de verre portant les germes furent immergées dans cette mixture, et, au bout de périodes successives de 5, 10, 15, 20, 25, 30, 55, 40 et 50 minutes, elles en furent retirées et placées dans des tubes contenant chacun 10 centimètres cubes d’eau distillée et stérilisée. On comprend que ce procédé avait pour but de faire disparaître tout le jus de citron qui aurait pu demeurer sur les baguettes. Après que celles-ci eurent été ainsi lavées par le contact avec cette eau distillée, on les introduisit dans un bouillon à cultures ordinaire, et on laissa le tout à la température d’incubation voulue. Au bout de 24 heures on n’avait pas un seul échec à constater dans la pullulation des bacilles. C’était déjà une belle démonstration du peu d’efficacité antiseptique de la limonade.
- On eut recours à une troisième méthode, afin d’arriver à une démonstration encore plus concluante. On prit des fils de soie et on les satura avec une culture de bacilles typhiques âgée de 48 heures; ces fils furent ensuite mis à sécher. On les plaça alors tous dans la mixture au citron, dans la limonade, et, au bout de 12 heures d’immersion, on les plongea dans de l’eau distillée et stérilisée. Lorsqu’ils eurent subi ce lavage, tout comme les baguettes, on les déposa dans un bouillon à culture ordinaire. L’expérience portait sur 25 fils, et, dans aucune de ces 25 expériences parallèles, on ne manqua d’obtenir une pullulation de bacilles. On peut donc conclure, d’après les essais des bactériologistes de Buffalo, d’une façon effective que le jus de citron n’a que bien peu d’action germicide, à la dose où on l’emploie dans la limonade, et que, par conséquent, il ne faut pas espérer se mettre de la sorte à l’abri de la contagion de la typhoïde par l’eau de boisson.
- Nous avons tenu à faire connaître ces conclusions, précisément parce qu’elles sont en complet désaccord avec celles des bactériologistes européens. Qui a raison? 11 serait utile, avant d’émettre une opinion définitive, de se livrer à de nouvelles expériences de contrôle. La question est d’autant plus importante à élucider qu’il est admis un peu partout que l’acide citrique jouit de propriétés bactéricides certaines. I), B.
- CRYOSTÀSE
- Un journal allemand désigne sous le nom de « Cryostasc » un produit nouvellement trouvé qui jouirait de propriétés vraiment singulières. Nous ne les avons pas vérifiées et nous les indiquons sous réserves. Ce produit est constitué par un mélange à parties égales de phénol, de saponine et de camphre, avec un peu d’essence de térébenthine.
- Or, ces substances, après le mélange, possèdent des propriétés assurément inattendues. Le produit se solidifie quand on l’échauffe ; il se liquéfie quand il se refroidit.
- On ne dit pas à quelle température a lieu la solidification. On sait bien que les albuminoïdes se coagulent par la chaleur, mais le froid ne les ramène pas à l’état liquide. Avec la cryostase, la solidification et la liquéfaction peuvent être obtenues indéfiniment. .f.-F. (1.
- DIGITALE ET SCROFÏMRINÉES
- La digitale, « Digitalis purpurea », est une plante bisannuelle qui croit dans les terrains secs, stériles, élevés; on la cultive dans les jardins comme plante d’ornement.
- Sa racine est fibreuse; sa tige, droite, herbacée, simple, velue, de 1 mètre de hauteur environ; ses feuilles sont grandes, ovales, velues, les inférieures à pétiole ailé, les supérieures sessiles. La face supérieure des feuilles est verte et porte en creux de nombreuses nervures, la face inférieure, au contraire, est beaucoup plus pâle et les nervures y sont proéminentes et blanchâtres, ses fleurs sont rouges à corolle campanulée, en forme de clé, d’où le nom de digitale.
- Toute la plante verte possède une saveur amère, très désagréable, et une odeur vireuse ; les feuilles desséchées ont une odeur-rappelant de loin celle du thé.
- La digitale est un redoutable poison, c’est même un des plus violents poisons du cœur. 11 est nécessaire de bien la connaître afin de ne pas s’exposer aux plus graves accidents.
- On ne connaît encore qu’imparfaitement la composition chimique de cette plante, et cela malgré de nombreux travaux très remarquables. La digitale renfermerait plusieurs glucosides, dont le plus employé est la digitaline.
- Ce corps est connu sous deux états : amorphe et cristallisé; ces deux états, d’après M. Adrian, ne constituent que deux variétés, de même valeur thérapeutique, d’un même produit.
- Il y a très longtemps que la digitale est employée en thérapeutique, aussi son mode d’administration, son action sur l’organisme ont-ils donné lieu à un certain nombre de théories qui ont permis de classer cette plante parmi les meilleurs médicaments du cœur; c’est en même temps un diurétique.
- Les feuilles possèdent une action différente de celle de la digitaline, cela n’a rien d’étonnant puisque la digitaline n’est qu’un des glucosides que renferme cette plante.
- Soit que l’on s’adresse à la plante ou à l’un de ses glucosides, il est de toute nécessité de ne s’en servir qu’en connaissance de cause, et de ne pas en user plus de quatre à cinq jours de suite. Ses produits toxiques, s’accumulant dans l’organisme, pourraient amener des accidents. Le médecin seul a qualité pour prescrire la digitale.
- Les empoisonnements par la digitale sont encore assez fréquents; l’on peut, en attendant le médecin, faire rendre le malade, pratiquer des affusions froides. Les contre-poisons de la digitale sont : les opiacés, l’éther, le tannin, etc., etc.
- La famille des scrofularinées renferme encore une plante bisannuelle, non toxique, qui croît dans les taillis et les terrains incultes, et dont les fleurs, jaune d’or, sont généralement employées comme pectorales : le bouillon blanc.
- La scrofulaire, la gratiole, la véronique officinale et la bucabunga, qui appartiennent aussi à cette famille, ne sont plus employées en thérapeutique, après avoir eu cependant leur moment de vogue. Ces plantes étant peu ou point toxiques, nous n’en parlerons pas.
- .A Léon Devyreu.
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- LA NATURE.
- L’ASSAUT DES ALPES
- Los montagnes exercent sur nous une invincible attraction, précisément parce qu’elles nous permettent de voir plus loin et de nous plonger davantage dans l'infini. Plus elles sont hautes, mieux elles satisfont notre désir. C’est ce qu'ont bien compris les Suisses lorsqu’ils ont commencé à établir ces lignes de plus en plus nombreuses, escaladantes et audacieuses, qui donnent aux plus timides, aux plus ennemis de l’effort, à ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe des ascensions coûteuses, la facilité de contempler quelques instants les sublimes spectacles, suspendus en quelque sorte entre ciel et terre.
- Les énormes différences de niveau à racheter sur des longueurs souvent extrêmement réduites, et conduisant à des pentes qui dépassent quelquefois 30 pour 100, alors que les locomotives ordinaires sont impuissantes devant le 30 pour 1000, ont obligé nos voisins à s'ingénier pour assurer la sécurité de leurs exploitations de montagnes, sécurité nécessaire au maintien de ce courant de voyageurs et de touristes qui considèrent la Suisse comme le jardin d’été de l’Europe.
- On peut dire que la crémaillère — cette crémaillère dont nous trouvons au Funiculaire de Montmartre le type réduit, sommaire, schématique on quelque sorte — est l’organe capital de cette sécurité. La crémaillère est en effet comme l'épine dorsale, le « système vertébral » du chemin de fer de montagne, et nous verrons un peu plus loin combien est profonde cette analogie. Actuellement les crémaillères en service appartiennent à deux types principaux : le système Riggenbach et le système Abt. Dans le système Riggenbach, le plus ancien, puisqu’il est celui du vieux Righi, la crémaillère est une sorte d’échelle constituée de deux montants métalliques entre lesquels les dents forment échelons pour les roues dentées des locomotives. Le système Abt est en quelque sorte l’inverse du précédent. 11 n’a qu'un montant central, à droite et à gauche duquel les deux rangées de dentures forment des échelons alternants de manière à assurer entre la machine et la crémaillère un contact plus complet.
- A côté de ces deux systèmes il convient de placer celui du colonel Locher, installé au Mont Pilate et dans lequel les dentures de la crémaillère, au lieu d’être verticales, comme dans le système Abt, sont horizontales. Enfin sur la ligne de la Jungfrau, la benjamine des lignes suisses qui éclipsera toutes ses aînées d’ici peu, on a adopté un système un peu différent, dû à M. Strub, et dans lequel la tête de la crémaillère est évasée de manière à donner plus d’action aux pinces qui empêchent le soulèvement de la locomotive.
- Une vingtaine de lignes à crémaillère fonctionnent à l’heure qu’il est, indépendamment d’une trentaine de funiculaires, dont certains franchissent des distances verticales énormes, comme celui du Stan-serhorn dont les stations extrêmes sont h 1398 mètres
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- l’une au-dessus de l’autre. La plupart sont à l’écartement de 1 mètre ou de 80 centimètres. Seules les deux vieilles lignes populaires du Righi, et celles de Rorschach h lleiden ont leurs rails écartés normalement à lm,433. Sur certaines lignes (le Rrunig, Viège à Zcrmatt, Aigle à Leysin, Saint—Gall à Gais, l’Oberland, Rex-Gryon-Yillars et Stansstad-Engel-berg) la voie est tantôt simple et tantôt à crémaillère. C’est ainsi que de Viège à Zermatt, sur une longueur de 35 kilomètres environ, on rencontre' 0 sections à crémaillères à rampes maximum de 125 pour 1000 et formant une longueur totale de 0427 mètres. Ces sections sont séparées par d’autres à adhérence. Le passage des sections à adhérence aux sections à crémaillère se fait à la vitesse réduite de 0 kilomètres, les tronçons de crémaillère se terminant par une sorte de queue à dents de plus en plus réduites comme les vertèbres de la région caudale.
- Voici, d'après la dernière édition de la Statistique officielle des chemins de fer suisses, la situation des lignes à crémaillère de la Confédération avec leurs caractéristiques principales.
- LIGNES et écartement rf.s rails 'S. H /. - ,5 g -r. H 7e as S r, © * SB * 'M Cl iû X as al ^ SK C u « SK M £ p 1 ^ > -W •fi ffi £
- Zennutl-Gornergrat ( 1 in.i . . . lit, 5 018 ni. 9 007 0/ 100 200 Ol (00 80 Abt.
- Ligne de la Jungfrau (1 nu . . 2 868 4 400 250 100 Strub. \
- Ligne du Rothnrn (0*,800). . . 2 232 7 649 250 00 Abt. '
- J.igné du Pilate ' |0“800) .... 2 069 4 294 480 80 Locher.
- Ligne de la\\engernal|>i0"\800). 2 061 18 209 250 60 Riggenbach.
- Glion-Naye (0“,8Î)0) 1 975 7 672 220 80 Abt.
- Ligne de la Srhjnige-Platt» (8“800) 1 970 7 436 250 60 Riggenbach.
- Ligne du Righi (lm,435) 1 74° 5 155 250 120 Riggenbach.
- Ligne d’Arth-Righi (1-,455). . . 1 719 10 690 200 120 Riggenbach.
- Vicge-Zermnlt (1 m.) 1 608 6 427 125 80 Abt.
- Ligne de Gcneroso (()“,800). . . 1 396 9 031 2 0 80 Abt.
- Aigle à Leysin (lm) 1 599 4 811 230 17 Abt.
- Rex-Gryou-Villars (1 in.) . . . . 1 236 4 866 200 25 Abt.
- Ligne de l’Oberland (1 ni.)’ . . 1 037 4 345 120 100 Riggenbach.
- Ligne du Brunig (1 m.) 1 C01 9 025 120 90 Riggenbach.
- Stansstad-Engelberg (1 m.). . . 1 002 1 492 250 50 Riggenbach.
- Saint-Gall à Gais (1 m.) . . . . 919 3 348 92 50 Riggenbach.
- ltorschach-Heiden (1”,455) . . . 781 5 632 90 120 Riggenbach.
- Trait-aux-Planches (1 m.) (sur le tramway de Vevey-Cliillon). . Lignes du Salève (*) 438 392 *
- 1 200 9 200 250 35 Abt.
- Parmi ces lignes, il en est dont la réputation est universelle, comme celles du Righi dont la première — partant de Witznau — date du 23 mai 1871, suivie h deux ans d’intervalle par celle qui, partant
- 1 11 est intéressant de remarquer les rampes énormes qu'on atteint au Pilate. En général, ces pentes ne sont possibles qu'avec les funiculaires. Parmi les 28 funiculaires actuels, 9 seulement s’attaquent à des rampes plus fortes que le Pilate . le Stanserhorn (630 pour 1000), le Reichenbach (617), le Salvatore et la Grutschalp (600), le Pèlerin (580), le Ter-ritet-Glion (570), le Burgenstock (575), le Î'ieuveville-Saint-Pierre, à Fribourg (550), et le Gütsch, à Lucerne (531).
- 2 La ligne du Salève est presque entièrement en territoire français. C’est sur son parcours que se trouve le curieux pas de l’Échelle.
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- LA NATURE.
- de Arlh, attaque la montagne de l’autre coté. D’autres, au contraire, sont trop ignorées, comme celle du Rothorn de Brienz qui transporte le touriste à 2252 mètres d’altitude, en face de la Jungfrau et des géants de l’Oberland aux cimes couvertes d’un manteau de neige, tandis que du côté opposé son horizon n'est limité que parles silhouettes lointaines des Vosges et du Jura.
- Jusqu’aujourd’hui telle ou telle crémaillère pouvait revendiquer à son actif tel ou tel record. C'est ainsi qu’on attribuait au mont Pilate le record de la rampe avec ses 480 pour 1000, au vieux Wilznau-Righi celui de l’ancienneté, au Gornergrat celui de l’altitude, avec sa station terminus dont nous don-
- nons une vue plantée à 5018 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que le Rothorn enlevait le record de la différence de niveau entre stations extrêmes, battant avec ses 1681 mètres, le Pilate, de 51 mètres et demi, le Gornergrat, de 270 et le vieux Righi, de 571! D’autres lignes se contentaient, comme Aigle-Leysin, du record du rayon de courbure — 17 mètres seulement au minimum il est vrai — ou du record du nombre des ponts ou des tunnels, ou encore de celui de la hauteur des viaducs.
- La plupart de ces records sont destinés à être confisqués par la ligne en construction qui portera, à la sortie d’un tunnel de 10 kilomètres avec stations souterraines, les curieux de la grande nature
- Fig. 1. — Le mont liosc et la ligne du Gornergrat.
- au sommet même de la Jungfrau, la reine des montagnes suisses. Au point de vue de l’altitude, le Gornergrat lui-mème est à la veille d’être dépassé. Et l'ascension se terminera par un ascenseur vertical de 75 mètres débouchant à 4166 mètres au-dessus du niveau des mers! L L’escalade de la Jungfrau sera particulièrement intéressante pour nous autres 1 La dernière station ouverte à la circulation sur la ligne de la Jungfrau est, pour la campagne 1904, Eigerwand, au kilomètre 4,4, à l’altitude de 2808 mètres. Le tunnel est en ce moment au kilomètre 5, par 5004 mètres au-dessus du niveau de la mer. La station prochaine, celle d'Eissmeer, au kilomètre 5,7, entièrement taillée dans le rocher, sera à 5107 mètres d’altitude, soit 149 mètres plus haut que le Gornergrat. On espère que cette station pourra être ouverte pour la campagne 1905, quoique le travail des perforatrices Grand avance assez lentement, la roche de l’Eiger ne pouvant être attaquée que d’un seul côté à la fois.
- Français, en ce qu’elle sera une démonstration à la fois mathématique et pratique de la possibilité d’exécution du projet de MM. Saturnin Fabre et Yallot sur le mont Rlanc. On sait, en effet, que ce projet — qui réaliserait l’ascension au moyen d’un chemin de fer souterrain s’amorçant à la ligne pil-toresque de Fayet-Chamonix — a déjà reçu l’approbation d’une commission scientifique spécialement chargée de l'examiner.
- Il ne faudrait pas croire que les résultats de l’exploitation de toutes ces crémaillères soient très brillants. Bon nombre ne peuvent fonctionner que l’été à cause des neiges qui empêchent la circulation1 et
- 1 Notre figure 2 qui représente la locomotive du Righi, presque enfouie dans la neige, est suffisamment caractéristique de cette situation toute spéciale.
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- de l’absence complète de voyageurs qui ne viennent dans les Alpes qu’à la belle saison. Certaines n’ont que trois ou quatre mois de service. C’est là une cause d'augmentation sensible des frais généraux. Cette cause manifeste ses effets dans les bilans.
- Les statistiques officielles de l’année 1902 nous apprennent que, si le vieux Righi, de Witznau, a rapporté 7,40 pour 100, si le Pilate et le Yiège-Zermatt ont dépassé 5 pour 100 ainsi que l’Oberland bernois, l’Arth-Rigbi n’a pu distribuer que 1,597,
- Fig. 2. — Au Righi, dans la neige.
- et, le Rothorn et le Genero^o n’ont rien donné du tout. qui concerne les 28 funiculaires de la Confédération
- On pourrait relever une situation analogue en ce dont une partie sont à crémaillère. Il en est, parmi
- Fig. 5. — Un train dans la neige.
- ces funiculaires, qui rachètent des différences très considérables de niveau. Par exemple celui du Stanserhorn, qui s’élève à 1849 mètres et dont les deux stations extrêmes se surplombent de près de 1400 mètres ; celui de Lauterbrunnen à la Grut-schalp.qui atteint 1486 mètres; ou celui duBeaten-
- berg, qui monte à 1121. Si le Beatenberg a rapporté 4,76 pour 100, le Stanserhorn n’a rendu que 0,85 pour 100 et la Grutschalp n’a pas couvert ses frais.
- Il est certain que ces 50 lignes de montagne concentrées dans un pays d’aussi faible étendue que la Suisse centrale et occidentale ne sont pas sans se
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- gêner réciproquement. Ils sont trop. Et il arrive ce lait que nombre de touristes ahuris, ne sachant à quelle crémaillère ni à quel funiculaire s’accrocher, vont aux lignes dont la réputation est établie d’une façon en quelque sorte classique.
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte du canton de Berne pour se convaincre que la maladie des chemins de fer de montagne suisses qui végètent n’est autre chose que la pléthore !
- D’ailleurs ceux qui montent le plus haut doivent forcément tuer ceux qui montent moins, sauf le cas où ceux-ci répondent à Tin besoin local, à une nécessité permanente, et celui où les spectacles offerts aux yeux des touristes ne se confondent point.
- Les chemins de fer de montagne sont comme les paratonnerres sur un monument. Pour qu’ils remplissent utilement et prolitablement leur rôle, il importe (pie chacun ait sa zone d’action spéciale et indépendante. L. Reverchon.
- LA PELLICULE SUPERFICIELLE DES SOLIDES
- Voici un titre qui, au premier abord, ne dira pas grand’chose à nos lecteurs, et la compréhension même des explications que nous allons donner à ce sujet nécessitera peut-être un effort de leur part; mais il s’agil d’une observation physique des plus intéressantes, qui a fait l’objet d’une communication curieuse de M. G. T. lteilby devant la Société de l’Industrie chimique de biverpool, lors d’une séance annuelle solennelle, belle communication jette un jour tout à fait original sur l’état do la surface d’un métal, par exemple, qui a été soumis au polissage, et sur la nature du poli superficiel.
- D’après M. Beilby, qui s’est livré à des recherches suivies sur cette question, la pellicule superficielle d’un solide soumis au polissage participerait beaucoup des caractéristiques d’un liquide visqueux, et le polissage d’une surface, après passage à la lime ou à la meule, consisterait, semble-t-il, à enduire, à « graisser », suivant l’expression de l’auteur, la pellicule superficielle, en la faisant pénétrer dans les trous et les dépressions laissés par la lime ou par l’émeri. Et c’est pour cela que, si une surface moulée est polie complètement, de manière que les marques produites par l’émeri soient à peine visibles sous un microscope à fort grossissement, ces marques réapparaissent lorsque la pellicule dont nous venons de parler est dissoute par un réactif convenable. La pellicule a rempli les sillons laissés dans le métal, et ces sillons se montrent de nouveau dans leur état à peu près primitif, si on enlève ce qui les avait comblés. Bien entendu c’est là l’explication de M. Beilby, que nous ne pouvons que donner pour ce qu’elle vaut.
- Notre auteur, dans sa communication, a apporté des exemples qui lui paraissent probants d’une véritable tension superficielle : pour lui, ce serait là l’explication de phénomènes, fort intéressants eux aussi, qui ont été observés par le professeur Spring, celui-ci s’étant livré à des expériences dans lesquelles des réactions chimiques et métallurgiques étaient obtenues avec des réactifs en apparence absolument solides, mais qui offraient cette pellicule superficielle, présentant un état analogue à l'état liquide. Nous rappellerons que le professeur Spring mélangeait du chlorure de mercure absolument sec et du cuivre finement divisé, en les enfermant dans un tube en
- verre scellé, qui était maintenu à la température ordinaire du laboratoire ; on se contentait de secouer de temps à autre ce tube. On attendit, il est vrai, quatre années, mais au bout de ce temps, et sans que ces conditions fussent changées, tout le cuivre avait été converti ('il chlorure de cuivre! Il va donc là une réaction à sec, et M. Beilby estime qu’elle est attribuable à la mobilité des molécules constituant les couches superficielles de tous les solides, mobilité qui rend précisément ces surfaces comparables à la pellicule superficielle d’un liquide visqueux. P. ne. M.
- LA FORCE DE PÉNÉTRATION DES RACINES
- M. van llareveld, le savant botaniste bien connu, a dernièrement présenté à l’Académie des sciences d’Amsterdam, les résultats qu’il a obtenus dans ses études sur la pénétration dans le mercure par des radicules de graines flottantes en germination. Ces expériences {trouvent que la force de pénétration des racines est
- La force de pénétration des racines.
- beaucoup plus grande que ce que l’on pourrait croire.
- Pour bien comprendre la petite expérience à laquelle nous allons faire allusion, nous rappellerons ici deux faits caractéristiques :
- En premier lieu, nous rappellerons que le mercure a une très grande densité ; en second lieu que, d’après le principe d’Archimède, un corps plongé dans un fluide reçoit de bas en haut une poussée égale au poids d’un volume du fluide égal au volume du corps. Or, depuis 1829, il avait été remarqué qu’on peut faire germer des graines flottant librement sur le mercure, et que leurs racines s’enfoncent dans celui-ci jusqu’à une profondeur plus grande que celle qui est compatible avec les lois de l’hydrostatique. Quoique le poids de la graine soit moindre que la pression du mercure dirigée en sens contraire, les radicules pénètrent dans le mercure. Il est évident qu’il y a lieu d’admettre qu’il y a là une force de pénétration vraiment considérable.
- M. van Hareveld explique le phénomène de la façon suivante : la graine est fixée par la pression moléculaire de l’eau qui monte par capillarité autour des graines, car il faut toujours mettre un peu d’eau sur le mercure pour entretenir la germination des graines. On peut calculer approximativement la grandeur de la pression de bas en haut du mercure et celle de la pression moléculaire de l’eau de haut en bas. Celle-ci est plus grande que la différence entre le poids de la graine et la pression du
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- mercure. Du reste, l’auteur a fait l’expérience avec une balance très mobile. Comme le montre la figure, il a équilibré le poids de la graine par un petit morceau de paraffine, les deux étant placés aux extrémités d’une petite balance. Dans ce cas, la pression moléculaire à elle seule devait surmonter la pression de bas en haut, les racines de la graine de « Lathvrus odoratus » s’enfonçant jusqu’à une profondeur de 7 millimètres. On put ajouter même un poids de 100 milligrammes à la paraffine avant do faire sortir les racines du mercure. K. Gr.uuxi.
- L’ACIER-NICKEL
- DANS LA CONSTRUCTION DES CHAUDIÈRES
- Ce n’est pas ici qu’il est besoin de vanter les qualités ni de signaler les particularités de l’acier au nickel : notre savant collaborateur, M. Ch.-E. Guillaume, qui est pour ainsi dire le père de ce nouveau métal, ou de ce nouvel alliage, comme on voudra l’appeler, en a dit assez pour édifier pleinement nos lecteurs. Mais il a insisté surtout sur les applications de cet acier à la construction des appareils et instruments de précision, alors que maintenant il commence de s’introduire dans la construction courante. Un des grands ponts du type suspendu que l’on édifie en ce moment à New York aura ses parties métalliques presque entièrement en acier-nickel ; d’autre part on annonçait récemment la mise sur chantier d’une nouvelle locomotive où ce même métal doit jouer un rôle des plus importants. Une autre application qui attire tout particulièrement l’attention à l’heure actuelle, c’est l’emploi de cet acier [unir les tubes de chaudières. Et la Society of Naval Architects and Marine Engineers a entendu dernièrement à ce sujet une communication fort intéressante, de M. Albert Ladd Colin .
- Il est assez logique que ce soit dans un milieu maritime que l’on se préoccupe surtout de cette application, car c’est là évidemment qu’on a le plus besoin de tubes de chaudières résistant à un travail très intense, et présentant un poids aussi réduit que possible ; l’idéal est ici d’obtenir des générateurs fort légers et cependant offrant un maximum de sécurité. Nous devons dire qu’en France on a mis en essai des tubes au nickel, mais qu’on ne possède pas encore les résultats définitifs de ces expériences. Des essais analogues ont été faits en Hollande, mais dans des conditions qui ne permettaient de tirer aucune conclusion ; en Allemagne et en Angleterre la question est encore non tranchée. Toutefois nous rappellerons que M. Narrow est arrivé à cette opinion très ferme que, même à une teneur de ‘25 pour 100 seulement de nickel', l’acier n’éprouve que le sixième de Faction éprouvée par l’acier doux au carbone, au point de vue de la corrosion : ses essais avaient consisté à immerger des tubes faits des deux sortes d’acier dans une solution contenant 53 pour 100 d’acide chlorhydrique. D’autres expériences laites sur deux tubes différents, chauffés dans un four en briques, ont montré que la perte en poids de l’acier ordinaire est triple de celle de l’acier au nickel, et. l’on conviendra que cela aussi a bien son importance ; au contact do la vapeur surchauffée, la constatation a été tout à fait la même.
- A la vérité, jusqu’à présent, on ne dépassait pas 25 à 25 pour 100 comme proportion de nickel dans les tubes, et encore la fabrication de ces derniers entraînait-elle des opérations particulièrement multipliées et compliquées; mais il paraîtrait que la Shelby Steel Tube Company pro-
- duit aujourd’hui couramment des tubes à 30 pour 100 de nickel, sans soudure et étirés à froid, qui remplissent toutes les conditions exigées par le Département des Machines de la Marine de guerre américaine, qui présentent même une résistance à la traction supérieure à celle qui i'st imposée, et cette fabrication ne demanderait pas plus d’opérations que celle des tubes ordinaires, et n’entraînerait guère plus de déchets. Néanmoins, le prix de ces lubes n’est que 2,15 fois celui des tubes des chaudières de contre-torpilleurs et 2,-45 fois celui des tubes de chaudière des navires de guerre ordinaires; mais la durée ('n est au moins 2,55 fois plus grande, et il y a là une large compensation : surtout si l’on lient compte encore de ce fait que les tubes en acier-nickel, une fois hors de service, se vendent au prix du vieil acier majoré de 2 fr. 20 par kilogramme pour le nickel eon-lenu.
- Ajoutons qu’avant peu certainement les procédés de fabrication vont se perfectionner, puisqu’on en est aux débuts de cette industrie. Les chiffres donnés par M. Colby prouvent que, à résistance égale, les tubes au nickel peuvent être bien plus légers que ceux en acier ordinaire, et le Département de la Marine Américaine a constaté que l’emploi de ces tubes assure une diminution de près de 11 tonnes sur le poids des torpilleurs, et de 58 sur celui des grands navires. D’autre part M. Colby estime que l’emploi de ce métal nouveau augmente ch' façon très sensible le rendement de la chaudière.
- 11 est certain que ces premières constatations permettent de bien augurer de l’avenir de l’acier-nickel dans la construction mécanique, et particulièrement dans celle des automobiles à vapeur. Comme le faisait remarquer notre savant collègue M. Mallet, il doit pouvoir lutter dans les meilleures conditions contre les tubes en laiton ou en bronze, pour les condenseurs, car il est appelé à durer plus longtemps que ces métaux ; en Hollande, on Fa essayé pour les surchauffeurs, et il s’est montré tout à fait satisfaisant dans cette application spéciale : et cependant il s’agissait de tubes à 28 pour 100 de nickel, qui coûtent en Hollande 1 fr. 10 le kilogramme, ce qui est plus cher que le cours des États-Unis.
- La question est importante, en ce sens que bien des ingénieurs hésitent à adopter les surchauffeurs à cause de l’incertitude où l’on est de leur durée possible.
- Notons en passant qu’il ne faut pas se hasarder, ainsi qu’on Fa fait dans des essais effectués en Hollande, à placer des tubes au nickel dans une partie seulement d’une chaudière (et particulièrement dans les parties les plus exposées à la détérioration), en laissant en place lès autres tubes en acier au carbone : il y a une très grande différence dans les coefficients de dilatation de ces deux séries de tubes, et cela entraîne la formation des fissures. Mais on peut habilement tirer parti de cette grande dilatation des tubes d’acier-nickel à 25 pour 100 par exemple.
- Dans les chaudières de locomotives, où l’on a souvent des fuites provenant de la compression de. l’acier doux sous l’influence de la dilatation des plaques tubulaires, on pourrait donner aux tubes plus de résistance à la déformation, en soudant des bouts de tubes en acier au nickel à des tubes en acier ordinaire, ce qui permettrait notamment d’utiliser de vieux tubes. Déjà l’on essaye cette combinaison sur les chemins de fer américains, et, si elle réussit, cela viendra militer encore en faveur de l’adoption de l’acier-nickel dans la construction mécanique. p. j)F yj.
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- LA NATURE.
- LÀ PESTE BOYINE DANS LA HAUTE EGYPTE
- Le typhus bovin sévit, dans cette région, avec une intensité, une violence extraordinaires ; les troupeaux ne sont point décimés, ils sont anéantis. Des mesures rigoureuses ont été prises dans chaque village pour arrêter le fléau; tout individu qui a une hète malade doit en Caire la déclaration et l’amener dans un lieu spécial allecté à cet usage. C'est un enclos planté de mimosas et de tamaris, clôturé d'un mur en limon du Nil ou simplement de roseaux. A l'entrée est déposé un vase contenant de l’acide phé-nique et aux arbres sont suspendues des bouteilles renfermant la même substance. Ici, à Gournah1, village de 5000 habitants, il y a deux de ces enclos. Le jour où je visitai celui de l'Assassif, il 11e restait que dix vaches sur une trentaine qu’il y avait la semaine précédente. Quelques-uns de ces animaux étaient en train de pâturer, comme s’ils 11’étaient point malades ; d’autres plus sérieusement atteints, restaient accroupis, tristes, les poils hérissés, les yeux larmoyants, la bouche laissant échapper une salive abondante.
- Voici une pauvre femme qui, avec ses enfants, est venue voir sa vache et lui a apporté de l’herbe fraîche; mais l'animal, l r è s abattu, les oreilles tombantes, 11’a même point la force de la regarder. Le gaffir2 préposé à la garde de ces animaux m’a montré la liste de ceux qui ont succombé dans l’espace de 50 jours; ils sont au nombre de 151, et dans ce chiffre, ne sont pas comprises les bêtes mortes dans leurs étables et que leurs propriétaires n’ont pas cru devoir déclarer, ce qui porte le nombre à environ 200. Au Barat, plus de 500 animaux ont également succombé dans le même espace de temps. D’autres localités ont fourni leur contingent à cette formidable hécatombe, de sorte que, dans un rayon de cinq lieues, on peut porter à deux mille le nombre des victimes disparues dans un mois. La négligence des fonctionnaires attachés au service sanitaire est aussi pour beaucoup dans cette mortalité. De loin en loin, l'inspecteur de Louxor vient h Gournah, demande combien il y a d’individus malades et s’en retourne, sans même descendre de
- 1 Ce village occupe une partie île la nécropole théliaïne.
- 2 Caflir, gardien.
- baudet. Le jour où je fus ù l'Assassif, il y avait trois semaines qu’on ne l'avait vu. Une personne de Louxor ayant demandé à ce qu’il inoculât le sérum à deux de ses vaches, offrant même de payer Je tube complet, il refusa, déclarant qu'il ne se dérangeait pas pour moins de vingt bêles. Si de pareils procédés sont en usage dans toute l’Égypte, il n'y a rien d'étonnant à ce que, depuis la constatation de l’épizootie, le nombre de décès se soit élevé à IH559 dont 75 178 pour la haute Égypte seulement.
- Ces animaux meurent, les uns le premier jour, d’autres au bout de trois, cinq, dix, quinze jours, il n’y a rien de fixe.
- Au dire des fellahs, il faut remonter à une quarantaine d’années pour trouver un fléau ayant une
- pareille intensité.
- C’est au manque de soins et surtout à la malpropreté des éta-ldes que l’on doit de pareilles épidémies. Hassan, mon hôte, dont les étables sont bien tenues, n’a perdu aucune bête. Tenant à remercier Allah de l’avoir épargné, il a égorgé un jeune veau pour donner à manger à une centaine de personnes. Ses actions de grâces pourraient bien être quelque peu prématurées, car le lléau n’a pas encore pris fin, et l’on signale chaque jour de nouvelles localités contaminées.
- Les conséquences de cette épidémie commencent à se faire sentir; d’abord les travaux des champs sont sérieusement menacés; on vient de finir la moisson et l’on se prépare à ensemencer le dourah, mais la plupart des sakkiehs (fig. 2) sont arrêtées faute de bœufs pour les mettre en mouvement. Dans la plaine de Thèbes, ces bêtes, si patientes et si douces, sont remplacées par des chameaux, ce qui a fait considérablement augmenter la valeur de ces animaux. Afin de combler les vides, Riaz-Pacha, ancien président du Conseil, a demandé au gouvernement égyptien de prêter dix mille livres à la Société d’agriculture pour acheter, à titre d’essai, des bœufs h l’étranger, soit en Abyssinie, soit an Soudan; on les laisserait aux fellahs pour un prix modique, et, si l’expérience réussissait, on en ferait venir un plus grand nombre.
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- LA NATURE.
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- Une autre conséquence, lion moins grave de cette grande mortalité, c’est l’épidémie de choléra à laquelle elle pourrait donner lieu. Des personnes, venues d’Aboû-Simbel en dahabieh, m’ont déclaré que, parfois, étant en train de déjeuner, elles sc voyaient obligées de quitter la table, incommodées par une odeur infecte due au passage d’un bœuf crevé qui, emporté par le courant, passait tranquillement sous leurs fenêtres. Souvent, gonflées comme des outres, ces charognes sont déposées par le flot sur le rivage où, malgré l’odeur qu’elles exhalent, il n'est pas rare de voir des chiens se les disputer.
- Dans la nuit du 14 au 15 mai, je fus subitement éveillé par une odeur nauséabonde. Impossible de dormir. Je me levai à trois heures du matin, ne sachant où me cacher, cette odeur me poursuivant partout. Pour en être moins gênés, des fellahs avaient allumé un feu de roseaux dont la fumée eut bientôt, de proche en proche, envahi toute la nécropole. Lorsque Hassan fut levé, je lui fis remarquer ce qui se passait : « Oui, me dit-il, c’est vraiment fort incommodant. »
- « Tu vas donc, lui dis-je, t’entendre avec d'autres individus pour allumer de nombreux incendies qui combattront cette mauvaise odeur; tâche aussi de voir 1’ «omdeh1 »,afiu qu’il prenne les mesures nécessaires pour mettre un terme à cet état de choses; de mon côté, j’irai à Louxor signaler le fait au « mamour2 » et l’inviter à agir en conséquence ». A ce mot de mamour, il me dit de ne point aller le voir, parce que cela pourrait occasionner de nouveaux ennuis à des gens qui, déjà, étaient-suffisamment éprouvés, qu’il se chargeait de voir l'omdeh et que tout s’arrangerait. Je sais ce ipie vaut la promesse d’un Arabe; il fallait obliger Hassan à tenir la sienne. « Tu as une femme, des enfants auxquels tu tiens beaucoup; conserver la vie ne te déplaît pas non plus; eh bien! si l’on ne fait rien pour arrêter cette infection, non seulement vous serez tous malades, mais vous crèverez comme des mouches.
- — « la Salami » (Ociel!)
- — Tu sais ce que c’est que le choléra?
- — Oui.
- 1 Umdeh, le maire.
- 2 Mamour, le sous-préfet.
- — Eh bien ! cette odeur peut amener le choléra, non seulement ici, mais dans l’Europe entière. Tu vois les conséquences. » Je débitai, à quelques autres, le même discours qui, en somme, n’avait rien d’exagéré. Avec des foyers d’infection établis le long du Nil, de distance en distance, la peste qui sévit dans la basse et la moyenne Égypte, si l’on n’avait pris des mesures rigoureuses, nous étions menacés de la plus formidable épidémie qui, jamais, eut ravagé l’Europe.
- Comme cette mauvaise odeur persistait quand même, qu’on ne pouvait ni respirer, ni penser, ni travailler, j’allai, vers neuf heures du matin, me réfugier dans un tombeau où je ne serais peut-être pas incommodé; j’y restai jusqu’à 2 heures de l’après-midi. Quand je rentrai au logis, Hassan me dit qu’il avait vu l’omdeh, qu’on allait mettre 2ra,50 de terre sur chaque animal enfoui et qu’à l’avenir
- je ne sentirais plus rien. L’odeur était en effet moins forte et peu à peu elle disparut complètement; mais je l'avais tellement dans le nez (sans jeu de mots) qu’avant de me coucher, j’allai m’assurer que la brise, venant du Soudan, et non du nord-est, ne pouvait, en aucune sorte, m’apporter des odeurs pestilentielles.
- Ceci explique pourquoi les anciens Egyptiens embaumaient tant de variétés d’animaux, sacrés ou non ; s’il faut, dans cet usage, voir parfois l’accomplissement de pratiques religieuses, nous devons surtout le considérer comme un procédé d’hygiène, une mesure de salubrité.
- P. Hippolyte Boessac.
- L’ODOMT DES ESCARGOTS
- De tout temps on a mangé des escargots. Pour les avoir en abondance, il faut ou leur donner la chasse, ou les multiplier en captivité. Ces procédés ne sont pas nouveaux, car ils datent des Romains. Pline raconte, en effet, qu’au temps de Pompée il y avait à Rome un certain Fulvius Hirpinus qui élevait en grand les escargots. 11 les conservait dans des enclos et les nourrissait avec une pâtée spéciale. Des procédés analogues ont été employés en Suisse et dans les contrées danubiennes. Les communications étaient alors difficiles ; le poisson de mer ne pouvait être expédié régulièrement dans l’intérieur des terres. Aussi les seuls environs d’f 1m envoyaient-ils chaque année plus
- Fig. i. — Sukkieli (plaine Je Tlièbes).
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- LA NATUHfc.
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- de 10 millions d’escargots aux couvents d’Autriche, qui les consommaient pendant le carême. De même, avant la Révolution, les côtes d’Aunis et de Saintonge cultivaient puis expédiaient aux Antilles des quantités prodigieuses d’escargots. De nos jours ce commerce n’existe plus, mais on mange toujours des escargots. Les plus recherchés sont l’escargot de vigne ou escargot de Bourgogne, « Hélix pomatia », dans le Nord, et l’escargot chagriné, « Hélix aspersa », dans le Midi. Les populations méridionales sont surtout friandes de ces mollusques : à Naples, à Venise, à Palerme, on en consomme des quantités considérables. Des marchands ambulants les préparent et les débitent en plein air.
- En France, il y a encore des escargotières, par exemple dans le département de l’Aube. Ce sont des endroits enclos, ombragés, où l’on cultive des plantes odorantes : thym, menthe, sarriette, persil, cerfeuil. On suppose donc que ces animaux ont un bon odorat. Un naturaliste français, Moquin-Tandon, pensait même que le grand tentacule était spécialement leur organe olfactif. Les recherches toutes récentes de M. Yung nous apprennent que l’escargot peut sentir les odeurs par toute la surface du corps non emprisonnée dans la coquille. Si on lui enlève ses tentacules, il peut encore fuir les odeurs désagréables. Cette sensibilité olfactive, ce flair, est peu développé. M. \ung s’est assuré qu’au delà de 40 centimètres, l’escargot est incapable de sentir, même des corps odorants dont il est friand, tels qu’un melon très inùr. Il ne faut donc pas trop compter sur l’odorat des escargots pour les attirer et faciliter leur capture. Ce sens ne les empêche pas de brouter des plantes vénéneuses, comme la belladone, le laurier-rose. Aussi a-t-on observé des empoisonnements produits par des escargots recueillis au voisinage de ces végétaux. 11 est prudent de ne manger ces mollusques qu’après les avoir faits longtemps jeûner et seulement lorsqu’ils ont expulsé tous leurs excréments. Malgré ces précautions, ils peuvent, dans certains cas, causer de l’urticaire.
- L’escargot a du reste une chair peu sapide, coriace et de digestion difficile. Le plus répandu, l’escargot de Bourgogne, est aussi le plus dur. Le meilleur serait l’escargot naticoïde, « Hélix aperta », la <( Tapadota » des Italiens. Malheureusement, il est peu répandu et difficile à capturer. I)1 M. Langkkon.
- CHRONIQUE
- Lever topographique de l’Afrique du Sud. —
- II y a beaucoup à faire dans la cartographie de l’Afrique méridionale, bien que le gouvernement du Cap ait terminé le lever géodésique de l’Afrique du Sud depuis le Cap jusqu’aux frontières de la Rhodésie. Mais la Compagnie à charte dé l’Afrique du Sud a formé une expédition qui se livre à des travaux géodésiques détaillés dans toute la région qui est au nord de la frontière de la Rhodésie. Un arc de méridien est déjà déterminé jusqu’au Zambèze, et les opérations se continuent peu à peu pour atteindre le nord du lac Tanganvika.
- Le transport du poisson sur les chemins de fer anglais. — Les aménagements offerts sur les voies ferrées françaises pour le transport du poisson laissent encore beaucoup à désirer : aussi est-il intéressant de citer ce fait que la Compagnie anglaise du Great Central Raihvay est arrivée à transporter annuellement sur Liver-pool, Manchester et Londres, dans les meilleures conditions, 105 à 170 millions de kilogrammes de poisson
- apportés à Grimsby par les bateaux de pêche et notamment les chalutiers à vapeur. Les voies de chargement bordent 2 bassins qui ont une superficie de 15 hectares; les poissons sont chargés uniquement dans des wagons spéciaux de 5 tonnes, à bogies, avec planchers en cuvette, parois entièrement blindées de zinc, et jalousies multiples d’aération.
- L’électricité en agriculture. — Voici un nouveau chapitre (qui commence seulement) à ajouter à tout ce qui se rapporte aux applications de l’électricité à la ferme, comme on dit, de l’électricité à l’agriculture. Dans la région de Los Angeles, en Californie, il existe déjà au moins 600 stations de pompes assurant les irrigations des plantations d’orangers, et recevant leur courant d’une compagnie de distribution centrale.
- Ce qu’on perd de la chaleur contenue dans la vapeur. — M. Maréchal, ingénieur de l’Association normande des propriétaires d’appareils à vapeur, s’est livré à des expériences curieuses sur la machine à vapeur et sur la proportion des calories réellement utilisées. 11 arrive à cette conclusion que, même avec les systèmes les plus perfectionnés, on perd, dans la machine à condensation, 59 pour 100 de la chaleur totale développée, cette part énorme s’en allant au condenseur. Avec les moteurs à échappement libre, l’atmosphère reçoit 65,6 pour 100 de cette chaleur.
- Le béton au point de vue de l’économie dans les constructions. — A une époque où l’on tend de plus en plus à employer le béton dans les constructions, il est intéressant de donner quelques chiffres comparatifs sur le coût comparé de la maçonnerie proprement dite et d’un même travail fait en béton. M. Riedermann, d’après les chiffres qui sont donnés dans une publication allemande spéciale, arrive à cette conclusion que le mètre cube de maçonnerie de briques revient à 28 marks et celui de maçonnerie de moellons à 25 marks au moins, là où le béton ne coûterait que moins de 15 marks.
- Les nouvelles constructions de la marine de guerre anglaise. — L’Amirauté anglaise a dressé, pour l’année 1904, un plan de constructions neuves des plus imposants. En effet, on doit commencer trois cuirassés du type « King Edward VH », dont le déplacement sera de 16550 tonnes, la puissance motrice de 18 000 chevaux, la vitesse de 18 n. 1/2. Ce seront ensuite quatre' croiseurs du type « Duke of Edinburgh », de 15 550 tonnes et de 25 500 chevaux, cette puissance devant donner une allure de 22 n. 1/5. Puis quatre éclaireurs marchant à 25 nœuds, et ayant des machines de 16 000 à 17 000 chevaux, pour un déplacement de 2500 à 2900 tonnes; enfin, quinze contre-torpilleurs marchant à 25 n. 5, et dix sous-marins Vickers and Sons.
- La maladie des caissons. — On doit savoir que l’on comprend sous cette désignation les divers effets physiologiques plus ou moins nocifs auxquels sont soumis les ouvriers travaillant dans l’air comprimé, et le plus souvent dans des caissons. Deux savants américains, MM. Whill et Macleod, ont poursuivi une- enquête sur la matière et eu ont publié les résultats dans le ,< Journal of Hygiène ». Pour eux, la pression, si élevée qu’elle soit, n’a aucun effet mécanique sur la circulation, des animaux passant sans inconvénient par 7 atmosphères, pourvu (comme on l’a remarqué déjà) que la décompression se fasse lentement, environ en 2 heures. Ainsi qu’on l’avait également constaté jadis, la recompression s’impose au moindre symptôme morbide, et le repos est nécessaire, à la sortie
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- LA NATURE.
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- du sas. L’accoutumance ne semble pas s’acquérir; les ouvriers grands, corpulents, en apparence vigoureux, résistent moins bien que les maigres et petits; il faut ne plus admettre en principe ceux qui atteignent 45 ans. L’aceuulalion de l’acide carbonique dans l’atmosphère et dans le sang, serait le mal à combattre vraiment, d’autant que certaines terres en dégagent en grande quantité. De plus l’hydrogène sulfuré et l’oxyde de carbone (qui peuvent aussi se dégager) seraient particulièrement toxiques sous pression élevée. Enfin la durée des équipes et du séjour continu dans le caisson ne devrait être que de \ heures avec des pressions atteignant jusqu’à 4 atmosphères, de 1 heure à 5 atmosphères, et au delà se réduire encore davantage.
- Un nouveau procédé de destruction des rats à bord des navires. — On doit savoir que cette question est très importante, puisqu’un procédé efficace en la matière assurerait la destruction de la plupart des germes de peste que transportent ces rongeurs et que propage la vermine qui les couvre. 11 s’agit d’une méthode imaginée par les docteurs allemands Nocht et Giemsa,et dont la base est l’emploi de l’oxyde de carbone, qui se diffuse si facilement, qui ne révèle pas sa présence aux rats, et qui est absolument inoffensif pour les denrées alimentaires. Les inventeurs produisent ce gaz au moyen d’un appareil où se fait la combustion incomplète ducoke, et ils obtiennent, parait-il, un gaz inexplosif eu égard à la proportion d’air qu’il renferme, et contenant une forte proportion d’azote et d’acide carbonique sans oxygène.
- L’épuisement de l'eau dans les mines. — Si
- bizarre que cela puisse paraître, pour épuiser l’eau qui a toujours tendance à envahir les travaux des mines et l’évacuer au dehors, on est aujourd’hui arrivé à préférer aux pompes l’emploi de bâches, de réservoirs métalliques qu’on remonte au jour pleins d’eau. C’est en somme comme si l’on renonçait aux pompes pour les puits ordinaires, et si l’on en revenait aux seaux et à la corde de nos pères : et cependant, pour 1’ (( exhaure » des mines, le système qui semble le plus primitif assure une économie de près d’un quart sur les dépenses qu’entraîne l’usage de pompes. Il faut dire que des bennes suspendues à un câble sont aussi simples que possible d’installation, alors que les pompes de mines ont un rendement affaibli par des pertes de toute sorte, elles sont immobilisées par les inondations, et enfin les conduites souterraines de vapeur ont des inconvénients de tous genres.
- Les nouvelles ressources houillères de la Belgique. — Voici déjà un certain temps qu’on poursuit activement des sondages (et même à très grande profondeur) pour constater les richesses houillères qu’est supposé renfermer le bassin de la Campine. De la Meuse aux portes d’Anvers, on a déjà délimité une zone de 80 kilomètres de long sur une vingtaine de large. D’après des calculs qui viennent d’ètre faits par M. Lenoel, les richesses en question, jusqu’au niveau de 1500 mètres, représenteraient le total respectable de 8 milliards de tonnes de combustible. La province du Limbourg serait du reste la mieux partagée.
- Le bois créosoté et les tarets. — Si nous en crovons un ingénieur anglais, J. R. Baterden, le bois bien créosoté n’aurait rien à craindre des tarets et des autres animaux destructeurs des ouvages à la mer, autant que la couche créosotée forme comme une enveloppe continue au passage de ces rongeurs. 11 a vu, dans le golfe du Mexique, des pilotis créosotes demeurer intacts durant
- 10 ans, alors que les bois non traités étaient hors d’usage au bout do 2 années. M. Preece affirmerait n’avoir jamais vu, dans toute sa carrière, des poteaux télégraphiques dûment créosolés être atteints de pourriture, même au bout de plus de 50 années.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du Iti août 1004. — Présidence de M. Mascart.
- L'hélium dans la nature. — M. Moissan présente une Note de M. Dewar sur la condensation de l’hélium et de l’hydrogène dans le charbon de bois à la température de 15°, comptée à partir du zéro absolu. D’après des expériences comparatives, M. Dewar conclut que l’hélium a un point d’ébullition placé entre 5° et 6° au-dessus du zéro absolu. En appliquant son procédé d’investigations à l’analyse des gaz en solution dans l’eau, il a pu caractériser l’hélium dans l’eau de pluie et dans l’eau de mer. En conséquence l’hélium est un des corps les plus répandus dans la nature mais aussi un des corps les plus dispersés.
- Structure des métaux. — M. Moissan résume une Note de M. Cartaud, sur la structure des métaux. Dans un précédent travail effectué en collaboration avec M. Osmond, l’auteur s’est occupé des cristallites, c’est-à-dire des formes cristallitiques à axe orienté d’une façon constante que l’on voit apparaître dans les grains cristallins que présente la surface polie d’un métal ou d’un alliage lorsqu’on l’attaque par un réactif convenable. Les auteurs ont examiné l’efièt du polissage sur ces cristallites. M. Cartaud observe aujourd’hui que des corps mous suffisent quelquefois pour obtenir le polissage. Il donne pour exemple l’acide picrique au moyen duquel on peut polir le plomb. M. Berthelot remarque que le plomb exerce une action certaine sur l’acide picrique. Isolément ce dernier corps brûle sans détoner, mais s’il se trouve en présence du plomb il détone violemment. Il suffit même, pour que l’explosion ait lieu, qu’il soit enfermé dans des boîtes recouvertes d’une peinture à base de plomb. Les autres peintures sont sans effet. Ainsi s’expliquent certains sinistres, mais de là aussi l’intervention d’une difficulté dans le transport ou l’emmagasinage de l’acide picrique.
- Ch. HE VlLLEDEUIL.
- CHEFS-D’ŒUVRE HORLOGERS
- La Suisse a tellement réussi à monopoliser le commerce d’exportation de la montre que beaucoup de personnes seraient tentées de croire la France, la patrie des Leroy, des Lepaute, des Janvier et de tant d’autres artistes célèbres dans les fastes horlogers, reléguée à l’arrière-plan d’une scène où elle brilla jadis de si éclatante façon et incapable de soutenir la concurrence avec les grandes maisons d’outre-Jura,
- C’est cependant une erreur et, quoique Besançon, notre capitale horlogère, ait subi des crises profondes et qui auraient pu lui être fatales, elle n’en est pas moins restée en définitive digne de Genève, du Loele et de la Chaux-de-Fonds.
- On pourra en trouver des preuves à l’Exposition de Saint-Louis, et notamment dans la vitrine de M. Louis Leroy, de Paris. Évidemment, la France n’est pas déchue de sa vieille réputation.
- Parmi lespièces exposées il en est une qu’il nous a
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- LA NATURE.
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- paru intéressant de présenter aux lecteurs de ce journal pour deux raisons. La première est qu’elle détient le record de l'extraplat, si en faveur aujourd’hui. La seconde est que, l’extraplat exigeant de l’ouvrier un talent personnel considérable, ce record est un témoignage delà haute valeur de nos artistes.
- C’est dans une pièce de 100 francs, à l’effigie du prince de Monaco et au millésime de 1901, qu’a été logé le mouvement de cette montre. Notre gravure la représente en grandeur naturelle du côté cadran, du côté opposé et par la tranche. On voit que le remontoir est presque entièrement dissimulé sur le pourtour et à peine visible.
- Quelques chiffres permettront de se rendre compte des difficultés qu’il y eut à vaincre pour mener à bien ce travail. L’épaisseur maxima des reliefs est de 2""ll,256. L’épaisseur minima, dans les creux, n’atleint que ln,m,786. 11 n’est resté pour l’épaisseur totale du bâti renfermant tous les mobiles du rouage, de la ca-drature et du remontoir qu’une épaisseur disponible de lmm,551!
- O n comprend que, dans ces conditions, il a fallu que chaque pièce du mécanisme lut réduite à l’extrême limite delà minceur. 11 y a des pièces de laiton qui n’ont que 14 centièmes de millimètre d’épaisseur et des pièces d’acier qui atteignent à peine 10 centièmes! ,Les roues de laiton ont 188 millièmes de millimètre. Le balancier, qui est en or, a 15 centièmes de millimètre d’épaisseur. Quant au ressort moteur sa hauteur de lame est de 445 millièmes de millimètre. Il pourrait se confondre avec certains spiraux de chronomètres ! Le chevillot, tige d’acier qui porte l’aiguille des minutes et traverse tout le mouvement, a une longueur totale, tète comprise, de 2mm,597, ce qui représente l’épaisseur générale, compris le cadran et les aiguilles. Le diamètre du mouvement est de 15mm,791. Celui du cadran de 24mm,25. Celui de la pièce employée pour incruster le mouvement, 34mm,965. Ajoutons que le calibre est un 3/4 platine, avec ancre de côté et remontoir à bascule.
- Pour donner une idée des difficultés rencontrées au cours de l’exécution de cette petite merveille, difficultés parfois fort imprévues, disons que le mouvement ne compte que 14 vis au lieu d’une trentaine qu’on emploie habituellement. Les vis supprimées l’ont été
- parce que le défaut d’épaisseur n’aurait pas permis de les faire tenir. De même il n’a pas été possible de percer des œillets pour accrocher le ressort moteur. De même encore il a fallu recourir à des dispositions spéciales, parfois absolument nouvelles, pour la tige brisée du remontoir, la disposition de mise à l’heure, etc. A côté de cette montre-record figurera une montre-bague dont nous donnons également un dessin en grandeur naturelle !
- Au milieu du chaton enrichi de brillants, se voit le cadran. Les sujets qui complètent l’ornementation dans les deux angles sont des automates qui fonctionnent avec les sonneries, car cette montre est pourvue d’un mécanisme fort compliqué. Elle possède un échappement à ancre avec balancier compensé et répète les heures et les quarts.
- Rappelons que c’est déjà des ateliers de M. Leroy que sont sorties deux curiosités fort remarquées
- en 1900, la montre à billes et la montre ultra-compliquée. Dans la montre ultra-compliquée les deux cadrans ne donnent pas moins de 24 indications différentes obtenues par l’assemblage de 975 pièces ! La montre à billes, de 43 millimètres de diamètre et de 6 millimètres et demi d’épaisseur, comportait 116 billes dont les diamètres étaient de un demi et de un quart de millimètre, roulant dans des cuvettes de saphir ! Ce n’était certes pas une petite affaire que d’établir des sphères aussi minuscules et dont la régularité devait être absolument parfaite, sous peine d’entraver la marche du mouvement qu’elles devaient au contraire favoriser.
- Si nous ajoutons à cela que tous ces travaux sont bien entièrement français — et bisontins — et que le fabricant dans les ateliers duquel ils furent exécutés a en même temps en service 650 chronomètres dans la Marine française, on pourra conclure sans crainte qu’il ne faut pas trop s'exagérer la supériorité technique et pratique de la Suisse.
- Notre France horlogère est digne encore de l’époque où il fallait un chef-d’œuvre pour passer maître en son art. Et cependant Dieu sait si elle a peu reçu d’encouragements des pouvoirs publics. L. Reverciiox.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Flcurus, 9.
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- «51 . — 27 AOUT l‘JOi.
- LÀYÀL À HAUTE PRESS»
- Il y a dix ans, ce journal a donné une des premières descriptions de la turbine à \apeurde Laval1, qui était alors industriellement à ses débuts. Depuis lors, cette machine a pris l'extension que tout le monde connaît et ses applications se sont multipliées. La pompe centrifuge à roue unique à haute pression qui fait l’objet de cet article en est une et non des moins intéressantes.
- L’adaptation des pompes centrifuges aux turbines à vapeur de Laval suit de très près la mise au point de ces dernières. Les pompes centrifuges étaient entraînées par les turbines par l’intermédiaire d’un
- réducteur de vitesse, comme cela se faisait couramment pour la commande des dynamos, ventilateurs ou poulies actionnant des transmissions. On avait ainsi des turbines-pompes, comme on avait des turbines-dynamos ou turbines-ventilateurs.
- Les vitesses, tout en étant plus élevées que celles généralement-employées pour ce genre d’appareils, variaient dans les limites de 1000 à 5000 tours par minute pour des pompes d’une puissance de 100 à 5 chevaux respectivement. Le rendement de ces appareils atteignait et dépassait même 70 pour 100, tout en se maintenant au-dessus de 60 pour 100 pour
- des débits variant dans d’assez grandes proportions.
- Les hauteurs d’élévation de 50 à 40 mètres qu’on réalise avec ces pompes à roue unique étaient déjà un progrès sensible, car on a cru pendant longtemps (pie les pompes centrifuges ne se prêtaient qu’à de faibles hauteurs d’élévation. Les recherches de ces dernières années ont démontré combien peu fondées étaient ces opinions. Les pompes centrifuges sont, en effet, aussi bien susceptibles de produire de très fortes pressions, avec un bon rendement mécanique, qu'elles jouissent d’une grande élasticité au point de vue du débit.
- Les essais des pompes de Laval à haute pression datent du commencement de 1899, bien que les
- 1 Yov. n° 1085, du 5 mars 189i, p. ‘211 et n° 1271, Hti 0 octobre 1897, p. 289.
- 32' année. — 2' semestre.
- applications industrielles soient plus récentes. Ces 1131110? pressions, et par là nous entendons des hauteurs d’élévation de 100 mètres et au-dessus, s’obtiennent par les grandes vitesses. On peut admettre, d’une façon générale, que la hauteur d'élévation est d'autant plus grande que le nombre de tours d'une pompe centrifuge est plus élevé. Ce sont les turbines à vapeur et plus particulièrement les turbines de Laval qui fournissent les vitesses les plus élevées. Il était, par conséquent, tout indiqué, pour les grandes élévations, d’accoupler la pompe directement à l'arbre de la turbine motrice sans aucun intermédiaire, ni réducteur de vitesse. - -* *
- Toutefois, étant donné ce nombre de tours très élevé, la roue de la pompe se trouve réduite à de très petites dimensions, ce qui entraîne forcément
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- la réduction de la section d’aspiration et ne permet que de très faibles débits. Aussi, pour pouvoir élever de grandes quantités d’eau, on adjoint à la pompe principale une pompe auxiliaire montée sur l’arbre secondaire de la turbine et tournant à une vitesse beaucoup moindre. Cette pompe auxiliaire peut avoir des dimensions convenables pour aspirer la quantité d’eau voulue et la fournir sous faible pression à la pompe à grande vitesse. Elle peut d’ailleurs alimenter subsidiairement un condenseur à jet qui exige de l’eau sous pression d’une colonne d’eau de 5 à 6 mètres.
- Avec des formes et dimensions appropriées et avec les très grandes vitesses qu’on réalise avec les turbines de Laval, on peut obtenir, pour une seule roue de pompe, des hauteurs d’élévation de 500 mètres et au-dessus. En fait d’applications, nous pouvons citer entre autres : les pompes pour l’élévation des eaux, les pompes d’incendie, les pompes d’alimentation des chaudières, les pompes d’épuisement.
- *> 300
- •2 200
- ^ 100
- Fig. 2. — Débit en litres par minute.
- Une des premières applications, comme pompe d’alimentation de chaudières, date d’un peu plus de deux ans et a été laite dans une usine de produits chimiques à Krokom, en Suède.
- L’alimentation se fait avec de l’eau à 50° sous pression de 11 à 12 kg par cm2 à l'aide d’une pompe mue par un électromoteur de 25 chevaux.
- La première application en France de ces appareils, comme pompe d’épuisement, a été faite aux mines de Lens. La turbine-pompe pouvant élever 100 mètres cubes à l’heure à 200 mètres se compose d’une turbine de 150 chevaux effectifs actionnant directement une pompe centrifuge à haute pression et, à l’aide d’un réducteur de vitesse, une pompe centrifuge à basse pression.
- La première, c’est-à-dire la pompe à haute pression, tourne à 15000 tours, la seconde à 650 par minute.
- La pompe à basse pression aspire les eaux de la mine à 5 mètres environ et les refoule avec une pression de 10 mètres environ à la pompe à haute pression laquelle les élève d’un seul jet à la surface.
- L’installation étant faite au fond de la mine, il y avait lieu de se préoccuper d’une part de l’humidité
- de la vapeur, d’autre part des eaux chaudes de condensation pour ne pas les faire retourner au puisard. L’emploi judicieux du calorifuge et des séparateurs assure une siccité suffisante de vapeur malgré la grande longueur de la tuyauterie.
- Quant aux eaux chaudes provenant du condenseur, des dispositions ont été prises, de façon qu’elles soient aspirées aussitôt après la sortie du condenseur par la pompe principale et évacuées au dehors sans se mélanger aux eaux de la mine.
- Le condenseur a sa pompe d’alimentation indépendante qui lui fournit l’eau de la mine à température presque constante, ce qui assure un vide très égal. Celte pompe est montée sur le même arbre que la pompe à basse pression. Comme appareils accessoires ou de sûreté, il n’y a qu’un clapet de retenue sur la colonne de refoulement et une soupape de sûreté installée sur la pompe à basse pression et s’ouvrant à une pression déterminée au cas où le clapet de retenue manquerait et que toute la colonne d'eau viendrait peser sur le corps de la pompe à basse pression qui n’est pas faite pour la supporter. La figure représente cette turbine-pompe avec son condenseur et sa pompe d’alimentation propre.
- La courbe indique les débits de cette pompe en fonction des hauteurs d'élévation (fig. 2).
- Si le rendement mécanique des pompes centrifuges est un peu inférieur à celui des pompes à piston, il lui est tout à fait comparable quand on envisage des groupes élévatoires complets, moteurs et pompe. Alors qu’une pompe centrifuge peut être directement attelée à une turbine motrice qui épouse sa vitesse, une pompe à piston exige des organes intermédiaires qui entraînent un abaissement de rendement. Les groupes élévatoires à pompe centrifuge présentent, de plus, certains avantages qui peuvent les rendre préférables aux pompes à piston. Ils sont moins encombrants et exigent des frais d’installation beaucoup moins élevés; ils demandent moins de soins et moins d’entretien; ils fonctionnent sans choc, ce qui évite les réservoirs d’air, et leur couple au démarrage est faible, ce qui peut avoir son importance. K. Sosnowski.
- MACHINES A CALCULER1
- 1. — Nous connaissons tous des personnes qui, ayant à faire une addition, soucieuses avant tout de ménager leur cerveau, n’hésitent pas à compter sur leurs doigts. Si primitif qu’il soit, ce procédé n’est point tant à dédaigner ; un des plus savants arithméticiens de notre temps, Edouard Lucas, le prisait fort, et, par divers moyens, s’était attaché à le développer. Or, c’est d’abord là ce que, pour nous, ont été chargées de faire les machines à additionner. La circonstance qui les a fait naître mérite d’être rappelée. Il y avait, dans la première moitié du
- 1 Résumé d’une conférence faite le 27 mars 1904 au Conservatoire des Arts et Métiers.
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- xvjic siècle, un surintendant de la Haute Normandie qui se plaignait souvent devant son fils de la fatigue et de l'ennui que lui causait la vérification de ses comptes. Par une intuition de génie le jeune homme se dit qu’il pourrait bien confier à un mécanisme le soin de faire cette vérification, et, en 1642, alors qu’il n’avait pas encore accompli sa dix-neuvième année, il faisait hommage au chancelier Pierre Séguier du premier exemplaire de sa machine. Sorti de l’atelier d’un modeste serrurier, l’un des modèles primitifs (lig. 1) est visible au Conservatoire des Arts et Métiers ; il porte la signature du jeune et génial inventeur : Biaise Pascal.
- La machine de Pascal a la forme d’un cofi'ret dont le dessus est percé de lucarnes où apparaissent les chiffres du résultat. Le long de cette rangée de lucarnes sont disposées des roues au moyen desquelles on inscrit les chiffres des divers nombres à faire entrer dans le total. Une disposition spéciale permet à la machine d’effectuer aussi les soustractions.
- La conception primitive de Pascal fut modifiée successivement par divers inventeurs et notamment par Sir Samuel Morland (1675), le vénitien Poleni (1709), Lépine (1725), Leupold (1727), Hillerin de Boistissandeau (1750), Gersten (1755).
- Perrault (1700) et Pereire (1750) proposèrent des additionneurs d’un type différent, le premier à réglettes glissant les unes contre les autres, le second à roues enfilées sur un même axe.
- En 18 41, le l)1’ Roth améliorait très sensiblement le mécanisme des machines dérivées du type primitif de Pascal, dont la liguée se poursuit jusqu’à nos jours.
- II. — Inscrire les nombres chiffre par chiffre par des fractions convenables de tours de roue, ce n’est évidemment pas bien long ; mais n’avoir, pour chaque chiffre, qu’à presser sur une touche, c’est encore plus expéditif. La machine fonctionne alors comme un piano dont les gammes seraient disposées en colonnes, les unes à côté des autres, au lieu d’ètre placées les unes à la suite des autres. L’idée d’une telle disposition se rencontrait déjà dans une machine de V. Schilt, qui figurait à l’Exposition de 1851, à Londres. Mais elle n’a pris une forme vraiment pratique que dans les machines américaines modernes de Felt et Tarrant, ou de Burroughs (fig. 2), qui, au fur et à mesure de l’inscription, impriment les nombres et fournissent également, au bas de la colonne, le total tout imprimé.
- En vue des besoins de la comptabilité commerciale, le principe des additionneurs à touches a été combiné avec des appareils de contrôle d’une grande ingéniosité pour donner naissance à ces caisses enregistreuses qui commencent à se montrer à Paris dans nombre de magasins, après avoir envahi les États-Unis, où elles sont fabriquées par l’usine des frères Patterson, à Dayton (Ohio). De 1885 à 1905, le chiffre de la vente annuelle de ces machines a passé de 50 exemplaires à 60000, et celui du personnel employé à leur construction de 2 ouvriers à 4000. Particularité bien remarquable : dans cette formidable
- usine, réputée en Amérique pour son organisation ouvrière et où le principe de la division du travail est appliqué dans sa plus entière rigueur, à côté des ateliers de diverses spécialités, existe un véritable atelier lï inventeurs composé de six chefs inventeurs, assistés chacun de dix aides, et qui n'ont d’autre rôle que de perfectionner sans cesse les modèles déjà existants de la machine, ou même, le cas échéant, d’en créer de nouveaux. Comme cette organisation industrielle du travail de l’inventeur nous mène loin du jeune géomètre-philosophe qui, avec l’aide d’un simple serrurier, créait le premier type de la machine à additionner !
- III. — Pour faire une multiplication, on peut se borner à des additions répétées. Si, sur un additionneur comme ceux que nous venons de voir, on répète un nombre 5 fois à partir de la colonne des unités et 2 fois à partir de la colonne des dizaines, on obtient comme total le produit du nombre par 25. De même, la division peut se réduire à des soustractions répétées. Pour qu’un tel procédé devînt pratique, il fallait arriver à rendre très rapides ces répétitions d’additions ou de soustractions ; il fallait, une fois un nombre inscrit sur la machine, n’avoir, pour le faire passer dans le total (ou l’en retirer), qu’à donner un simple tour de manivelle. Cette idée est éclose, elle aussi, dans un des plus grands cerveaux du xvne siècle, celui de Leibniz.
- C’est en 1671 que l’illustre inventeur du calcul différentiel conçut le projet de sa machine, qu’il ne réalisa qu’en 1694. Mais l’habileté des constructeurs auxquels il s'adressa ne répondit pas à l’ingéniosité de sa conception, et c’est en vain qu’il dépensa sa peine et son argent (une centaine de mille francs, dit-on) ; sa machine, encore existante à la Bibliothèque Royale de Hanovre, et très remarquable par ses détails mécaniques, n’a jamais pu fonctionner de façon satisfaisante et est restée à l’état de simple curiosité scientifique.
- L’idée primitive de Leibniz fut successivement améliorée par d’autres inventeurs qui conservèrent l’organe essentiel de sa machine : le tambour à neuf dents d’inégale longueur. Il convient de citer le pasteur vvurlembergeois M. Hahn (1774), Lord Malion, Comte de Stanhope (1775), le capitaine du Génie hessois J. H. Muller ( 1784), l’horloger polonais A. Stern (1814).
- Mais c’est au financier alsacien Thomas, de Colmar, que revient sans conteste le très grand mérite d’avoir réalisé la première machine à multiplier et diviser rapide, robuste et fonctionnant en toute sûreté. C’est en 1820 que Thomas créa son Arithmomètre dont, depuis lors, le type n’a cessé de se perfectionner sous la direction du constructeur Dayen.Très répandu dans tous les grands établissements financiers, il y a fourni une carrière qui a dépassé aujourd’hui les trois quarts de siècle, attestant ses hautes qualités pratiques.
- L’Arithmomètre Thomas (ûg. 5) se compose essentiellement d’une platine fixe sur laquelle s’inscrit le
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- multiplicande (ou le diviseur) au moyen de boutons poussés dans des rainures, et d’une platine mobile sur laquelle, par le jeu de la manivelle, s'inscrivent le produit (ou le dividende) et le multiplicateur (ou le quotient). Pour multiplier, par exemple, par 125, le nombre inscrit sur la platine fixe, on donne 5 tours de manivelle, on lait avancer la platine mobile d’un cran, et on donne encore 2 tours de manivelle ; le produit est alors inscrit dans les
- lucarnes ad hoc. .. ..
- Cela prend moins de temps qu'il n’en faut pour l’écrire. Il suffit de ramener en arrière un petit levier disposé à cet eil’et pour que — la manivelle continuant d’ailleurs à tourner toujours dans le même sens — la machine fonctionne pour la soustraction et la division. En partant de l’idée de principe de Thomas, un inventeur du nom de Maurel, secondé par le mécanicien Jayet, a construit une machine, visible au Conservatoire des Arts et Métiers, dont la rapidité est vraiment prodigieuse. Il suffit, sur cette machine, d’inscrire le multiplicande (au moyen de languettes plus ou moins tirées) et le multiplicateur (au moyen d’aiguilles mobiles sur des cadrans chiffrés) pour que, aux lucarnes, le produit apparaisse tout formé. Ce résultat est théoriquement des plus remarquables ; mais il ne s’obtient qu’au moyen d’un mécanisme d'une extrême délicatesse et qui, malheureusement, —
- Machine de Pascal.
- Fia. 2. — Machine de Burroughs.
- a prouva
- est
- l’expérience
- incapable de résister à un fonctionnement quelque peu prolongé.
- Une nouvelle machine partage depuis quelques années, avec TArithmomètre Thomas, la faveur du public. Conçue par un inventeur russe du nom d Odhner, elle repose sur l’emploi de roues à nombre variable de dents, dont on peut d’ailleurs signaler l’idée dès 1709 dans la machine de Poleni citée plus haut et la réalisation, en 1841, dans
- la machine circulaire du l)r Roth1. Cette machine Odhner, dont le fonctionnement est analogue à celui de TArithmomètre Thomas, a été grandement perfectionnée dans ses déiails mécaniques par le constructeur français Château qui en a établi le type aujourd’hui connu sous le nom de Dactyle (fig. -4).
- D’autres machines, s’éloignant plus ou moins des types précédents, ont été proposées par Durschanek
- (1885), Edmond-son (1885), Dült-ner (1888), Esser (1892), Küllner (1894). Des dispositions plus spéciales se ren-contrelit dans celles de Crant (1871), Dietz-schold ( 1877), Tchebichef(1882), Selling (1886).
- L’illustre mathématicien russe Tchebichef a fait construire un seul exemplaire de sa machine, dont il a fait don
- à notre Conservatoire des Arts et Métiers. Lorsque, avec cette machine, on veut faire une multiplication, le multiplicande et le multiplicateur étant inscrits au moyen de boutons ad hoc, on tourne la manivelle jusqu’à ce que la machine refuse d’aller plus
- loin. A ce moment, tous les boutons du multiplicateur sont revenus à zéro et le produit se lit dans les lucarnes disposées pour le recevoir.
- IV. — Toutes les machines précédentes multiplient ou divisent, par répétition de l’addition ou de la soustraction. Si, la plume à la main, nous ne procédons pas ainsi, c’est que nous avons appris la fable de Pyfhagore. Etait-il possible de faire appliquer cette table par une machine? La réponse affirmative à cette question ne nous a été donnée qu’à l’Exposition Universelle de 1889, par un jeune français de dix-lmil ans (Page de Pascal quand il conçut sa machine).
- C’est, lui aussi, pour soulager son père dans de laborieux calculs, que ce précoce inventeur entreprit sa recherche. Ces calculs s'appliquaient à la fonte
- 1 Existante au Conservatoire des Arts et Métiers.
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- des cloches dont (en vue d’obtenir un certain son fondamental accompagné d'harmoniijues voulus) le gabarit doit être déterminé avec une rigueur absolument mathématique. La solution mécanique, d’une ingéniosité parfaite, trouvée par notre jeune homme, aurait suffi à donner la célébrité à son nom
- aujourd’hui bien connu de tout le public en raison des remarquables inventions auxquelles il s’est attaché dans le domaine de l’automobilisme : Léon Bollée.
- Non seulement, l’idée de principe de la machine Bollée (lig. 5) est des plus remarquables, mais elle a été réalisée de façon à satisfaire à toutes les exigences
- Fig. 3- — Arilhmomètre Thomas.
- de la pratique. Ici, le multiplicande s’inscrit comme dans les précédents arithmomètres, au moyen de boutons mobiles dans des rainures. Quant au multiplicateur, on en marque successivement les chiffres
- au moyen d’un manipulateur mobile sur un cadran analogue à celui d’un appareil télégraphique; un seul tour de manivelle suffit alors pour chacun de ces chiffres. L’idée théorique de M. Bollée a reçu
- Fig. i. — Dactyle
- depuis lors une réalisation différente dans la machine de M. Steiger, dite la millionnaire (1802) et dans la seconde du professeur Selling ( 1894) qui fonctionne par l’électricité.
- V. — Les machines précédentes sont aptes à elî'ectuer les quatre opérations fondamentales de l’arithmétique (voire même h extraire des racines carrées ou cubiques). Or, lorsqu’il s’agit de calculer des tables — d’intérêts ou d’annuités, par exemple
- (machine Odhncr).
- — on procède par une méthode spéciale, dite des différences1, qui exige des sommations en quelque sorte superposées. Construire des machines capables d’effectuer automatiquement de telles opérations
- 1 Celte méthode reposé d’une part sur la représentation des fonctions, dans certains intervalles, par des polynômes, de l’autre sur la constance, de la différence d’ordre n d'un polynôme du degré n lorsqu’on fait croître la varjalde par échelons égaux.
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- était en réalité d’une haute importance pratique.
- L’idée en avait été émise dès 1786 par J. IL Müller, cité plus haut, et reprise en 1812 par Gh. Babbage qui fut, en 1823, mis à même par le gouvernement anglais de la réaliser et finit, en 1853, par livrer la première machine de ce genre fonctionnant régulièrement. Nous allons revenir à Babbage dans un instant. Ajoutons d’abord que deux suédois, Scheutz père et fils, aiguillonnés par son exemple, entreprirent de construire une machine analogue, mais présentant des dispositions mécaniques toutes nouvelles et d’un fonctionnement bien plus étendu. Leurs efforts, encouragés par le roi de Suède — comme ceux de babbage l’avaient été par la reine d’Angleterre — furent couronnés d'un plein succès. Remarquée à l’Exposition universelle de 1855, leur machine est devenue, grâce à la libéralité d’un riche Américain, la propriété de l'observatoire Dudley, d'Albany. Cette curieuse machine ne se contente d’ailleurs pas de calculer, elle stéréotype, c’est-à-dire qu’elle fournit chaque résultat imprimé en
- creux dans une lame de plomb. On a pu ainsi l’utiliser à calculer et à composer des tables de logarithmes et des tables d’annuités !
- En 1865, un autre Suédois, Wibcrg, concevait et réalisait à son tour une machine capable de rendre les mêmes services que celle des Scheutz, sous des dimensions sensiblement moindres et à l’aide d’un mécanisme beaucoup plus simple. Elle a, elle aussi, servi à calculer des tables mathématiques et financières. Une machine, analogue comme disposition générale à celle de Wiberg, mais différente dans ses détails mécaniques, a été proposée en 1871 par l’Américain G. R. Grant.
- VL — Si prodigieuses que semblent ces machines, elles ne doivent pas marquer le terme de nos étonnements. Babbage, dont le nom vient déjà d’être cité, eut l’audace de concevoir une machine propre à confondre les imaginations même les plus riches, une machine capable d’effectuer n’importe quelle suite d’opérations arithmétiques sur n’importe quels nombres et d’en fournir les résultats tout imprimés avec l’indication, au moyen des signes de l’algèbre, de la suite des opérations effectuées !
- Applirpié dès 1834 à l’élaboration de ce plan gigan-
- tesque, Babbage en avait confié, en 1842, les grandes lignes à un capitaine du Génie sarde qui devait acquérir par la suite une triple célébrité comme militaire, comme savant et comme diplomate : Menabrea. Avec l’autorisation de l’inventeur, Menabrea donna en français une esquisse de la description de cette surprenante machine. Traduite en anglais, cette description fut accrue, par le traducteur anonyme, de notes mathématiques des plus remarquables dont Menabrea se montra fort intrigué. Il pria Babbage de lui révéler le nom du savant qui avait enrichi son travail de ces précieux commentaires. Sa surprise n'eut pas de borne lorsque ce nom lui fut livré : c’était celui de Lady Ada Lovelacc, la fille unique de Lord Byron !
- La machine projetée par Babbage comprend trois parties principales : un « magasin » dans lequel les nombres à soumettre au calcul sont inscrits sur des colonnes formées par des empilements de rondelles métalliques chiffrées sur leur pourtour; un « moulin » où ces nombres sont transportés mécaniquement sur d’autres colonnes entre lesquelles s’effectuent les opérations voulues ; un « ordonnateur » commandant le jeu de la machine en vue de ces opérations, variable, par conséquent, avec elles, réalisé sous forme de plaques ajourées du genre de celles qui, dans le métier Jacquard, règlent l’entrelacement des fils en vue d’obtenir un dessin donné.
- Grâce à la libéralité de la reine Victoria, Babbage put faire construire les pièces, se comptant par milliers, qui devaient entrer dans la composition de sa machine, mais la mort le surprit alors qu’il en avait à peine entamé le montage, et ces pièces, aujourd’hui éparses sous une vitrine du South Kensington Muséum de Londres, attendent encore que quelque mécanicien, d’une sagacité peu commune, s’aidant de la description laissée par l’auteur et publiée par son fds, général dans l'armée anglaise, réalise définitivement la pensée de Rabbage!
- VII. — Toutes les machines passées jusqu’ici en revue effectuent soit les opérations fondamentales de l’arithmétique prises isolément, soit certaines combinaisons de ces opérations. Mais on rencontre, dans les applications des mathématiques, d’autres opérations que celles-là : telle la résolution des équations.
- Va-t-on pouvoir faire franchir à des machines ce nouvel échelon? La réponse à cette question a été donnée en 1894 par un savant ingénieur espagnol, M. L. Torres, et cette réponse est : oui1.
- 1 II s’agit ici de machines comportant des mécanismes à liaisons purement géométriques. Il existait déjà des machines reposant sur la recherche de certains équilibres statiques [Bérard (1810), Lalanne (1840), Grant (1897)), hydrostatiques [Demanet (1898), Meslin (1900)], électriques [F.Lucas (1888)]. ou
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- M. Torres a pu, en effet, en imaginant des organes mécaniques nouveaux, d’une grande ingéniosité, faire construire une machine présentée à l’Académie des Sciences de Paris le 29 juillet 1895, et qui résout dos équations! Rien plus, dans un Mémoire approuvé le 2 avril 1900 par la même Académie et imprimé sur son ordre, il a démontré qu’il n’est pas de relation entre des nombres, si compliquée que soit son expression, qui ne puisse se résoudre mécaniquement ! En face d’une telle conclusion, gardons-nous des généralisations trop hâtives, sources d'inductions mal fondées. Si des machines peuvent, théoriquement du moins, assurer la besogne de n’importe quel calculateur, elles ne sauraient être substituées à aucun mathématicien. Elles peuvent bien résoudre en nombres une formule quelconque ; elles ne serviront jamais à en établir de nouvelles. Dans la pensée humaine, même appliquée à un objet qui se traite par les nombres, il y a quelque chose qui ne peut se réduire au pur mécanisme. Est-il trop osé d'avancer qu’une telle assertion n’aurait pas été désapprouvée par les deux glorieux initiateurs de la branche spéciale de mécanique appliquée sur laquelle nous venons de jeter un rapide coup d’œil : Pascal et Leibniz? Maurice ii'Ou.ac.nk.
- LA PRODUCTION DES CHAMPIGNONS
- AU JAPON
- Plusieurs espèces de champignons jouent un rôle important clans l’alimentation des Japonais, comme du reste dans la cuisine chinoise. Deux espèces surtout sont consommées au Japon en quantité considérable soit à l’état frais, soit à l’état de dessiccation, soit même aujourd’hui sous forme de conserves en boite en fer-blanc.
- De ces deux espèces, l’une est une armillaria (champignon des pins) qui se récolte à l’automne dans les bois de pins et qui envahit alors tous les étalages des boutiques de fruitiers, mais qui ne fait l’objet d’aucune production artificielle. L’autre espèce de grande consommation est désignée sous le nom de (( shiitaké » (champignon de chênes à feuilles persistantes). C’est sur la culture de ce champignon que les Japonais se sont particulièrement appliqués. Charnu quand il a atteint son développement complet, chapeau mince, pied épais et résistant. Le dessus du chapeau présente une teinte violacée, noire ou simplement noirâtre. Le pied est blanchâtre généralement velouté, quelquefois absolument lisse; les lames sont blanches et indépendantes du pied ; les spores sont incolores et transparentes. Les gros spécimens atteignent 10 centimètres de diamètre, le pied de 3 à 4 centimètres ; le diamètre du pied est de 1 à 4 centimètres et demi. C’est ce champignon qui fait l’objet de la plus grande consommation au Japon. 11 pousse sur les vieux chênes, les châtaigniers, le magnolia. On le trouve dans les provinces de Kii, Isé, Mikava, Totomi, Tsuruga, Kai, Tzu, Uzen et dans le llokkaido (lie de Yéso). Les plus estimés sont ceux de Kii et de la région de Kumano. Il en vient très peu à l’état spontané : ceux qu’on trouve sur les marchés sont des produits cultivés. W. D.
- sur des liaisons faisant intervenir le frottement [Stamm (1863), Mareel Deprez (1871)].
- SUR L’ALPAGE
- IA RACE TARI NE
- On sait ce ({110 les habitants des Alpes appellent « l’alpage » : ce sont ces prairies estivales qui commencent à l’altitude de 1500 mètres et qui s’étendent jusqu’aux neiges éternelles. L’herbe qui pousse dans ces cantons élevés est très parfumée, d’une richesse très grande en matières azotées, sa valeur nutritive est considérable. Quand elle est fauchée et séchée, on la mélange pour la ration journalière avec du foin de moindre qualité. Mais en raison des difficultés de transport on a pris le parti de faire brouter sur place cette herbe délicieuse. Il ne faut jamais enlever à la terre, d’une façon complète, le produit qu’elle nous donne, sinon on court le risque de la rendre stérile.
- Cette pratique s’est généralisée en Savoie depuis qu’on a créé ou, si l’on aime mieux, perfectionné une race bovine, la race tarine. C’est à Bourg-Saint-Maurice en Tarentaise qu'elle s’est constituée et bientôt elle est devenue une des meilleures races françaises, celle qui a vu son aire géographique s’étendre avec le plus de rapidité depuis trente ans. De sa petite province, elle a émigré dans l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, la A’aucluse, le \rar. Elle a franchi la Méditerranée. On la trouve dn Corse et en Algérie. Elle est dans la période des conquêtes ; on ne sait où elle s’arrêtera.
- Elle a une origine connue et fort ancienne que les zootechniciens ont déterminée. Comme la race de Schwitz, ce n’est qu’une variété de cette grande race brune des Alpes qu’on rencontre de la forêt de Bohême au Piémont. Elle fut signalée et décrite, pour la première fois en 1865, par l’inspecteur général de l’agriculture Cazeaux; mais l’agronome romain Columelle en fait déjà l’éloge. Les efforts des éleveurs ont porté d’abord sur la robe qu’on a obtenue uniforme, par une sélection sévère et la création d’un heerd-book bien tenu. Le taureau, comme dans beaucoup de races pures, diffère légèrement par le pelage de la femelle. Il a une robe gris blaireau plus ou moins foncée, passant le plus souvent au fromenté sur les côtes. La vache est fauve ou mieux d’un froment gris tout particulier qui n’appartient à aucune autre race.
- Notons encore quelques traits de son signalement officiel : taille moyenne, corps ramassé, charpente osseuse assez forte, yeux saillants et doux, nez droit et court, poitrine ample et arrondie, épaule musclée, garrot épais, reins larges, hanches écartées, mamelles bien conformées, carrées et séparées. La tarine est bonne laitière. Ce qui la rend surtout précieuse, ce sont ses facultés d’adaptation. Grâce à ses conditions d'existence, elle a acquis une rusticité sans pareille, une agilité remarquable, et la faculté de conserver ses aptitudes laitières sous les climats desséchants. C’est pourquoi elle est si en faveur dans la Provence et le Languedoc. Elle utilise très bien sa ration et son coefficient digestif semble être très élevé, elle n’est point difficile, se contente d’aliments assez grossiers.
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- C'est aussi une grande marcheuse par suite d’une hérédité très ancienne et elle se trouve parfaitement en sûreté sur les pentes les plus fortes.
- Son existence d’été est fort intéressante à observer : c’est autour du col de Roselend qu’il convient de la voir. La visite de ce merveilleux alpage constitue une des excursions les plus belles qu’on puisse faire en Savoie.
- Chacun, suivant sa tournure d’esprit et la direction de ses études, y fait un fructueux séjour.
- Ce coin privilégié se trouve entre la vallée de Beau-fort et la Taren-taise. 11 a su garder son originale personnalité; on peut y saisir sur le vif toute la saveur de la vie dans les pays de haute altitude.
- Il faut partir de Beaufort pour suivre les étapes de l’existence des troupeaux. L’hiver c’est la stabulation complète dans les villages du bas pays. En juin a lieu l’émigration : les vaches défilent sur les roules joyeuses et alertes ; au cou elles portent une sonnette énorme, « la clarine ». Ce n’est point un luxe inutile. Le carillon argentin des clarines égaie le troupeau, l’aide à marcher en cadence. La maîtresse vache, qui marche en tète de la colonne, a une clarine ornée de dessins, le collier de peau (pii la soutient est décoré de passementerie. Lorsqu’un deuil atteint une famille, on enlève les sonnettes : tous les bergers vous diront que les vaches sont alors désorientées et versent d’abondantes larmes.
- La route qui mène à l’alpage ondule, au milieu d’admirables forêts de sapin, en un couloir étroit, sinueux, où rugit un Doron, c’est le nom des
- rivières en cette région. Subitement on débouche dans la combe de Roselend, entourée de tous côtés de pics neigeux. On éprouve alors une sensation extraordinaire d'apaisement ; d’immenses pâturages nous entourent d’un vert très doux. L'herbe à tin
- juillet est assez haute : elle est remplie de Heurs aux tons éclatants, gentianes bleues, anémones pâles, orchis de toutes couleurs, à formes élégantes et rares, à parfum pénétrant comme l’orchis-vanille. Aucun mouvement dans cette solitude diaprée : on y entend la clochette des vaches, les cris des oiseaux de proie, le bourdonnement des insectes et, dominant ces bruits infimes, le Doron dont l’eau blanche et rieuse court rapide dans les champs ileuris. Un air léger, vif et parfumé nous entoure :
- (‘'est, vraiment tout autre chose ([ue ce qu’on respire dans les plaines humides et mal ventilées.
- On arrive au village de Roselend, un village type de la région alpestre : une chapelle rurale d’une simplicité biblique, avec une petite cloche d'airain, des chalets dont la partie inférieure est en maçonnerie, et la partie supérieure en sapin bruni par le hàle du vent. Le village est riant avec ses façades tournées au midi : il a pour tout habitant des poules, des chèvres, des porcs, des mulets, quelques hommes qui vont et viennent dans les sentiers herbeux. Le soir le calme est plus grand : tous les bruits s’apaisent, un vent frais, tout parfumé de lavande, s’élève, les étoiles scintillent dans un ciel d’un bleu assombri ; comme on est loin de Paris !
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- En roule pour l’alpage : il est divisé en « montagnes », composées de 150 à 200 hectares, appartenant au même propriétaire. Au centre de chaque montagne, se trouve le chalet où se fabrique le fromage façon gruyère, chalet d'apparence sordide, où vivent dix ou douze personnes en parfaite santé, malgré leur mépris pour les lois les plus élémentaires de l’hygiène. Les fromages sont, après l’égouttage, enfermés dans d’immenses caves où s’opèrent la fermentation et le salage. Ces fromages ont un marché fort étendu, sont appréciés en raison de leur goût de noisette. Ils le doivent, parait-il, à la présence dans les pâturages du plantain des Alpes et de la livèche mutelline.
- Les vaches restent sur l’alpage environ cent jours : pendant ce long espace de temps, elles vivent en plein air, qu’il pleuve ou qu’il vente. Tous les deux jours on leur prépare un lit nouveau. Ce lit est un « creux », comme on dit dans la montagne. Ces creux sont de petites plates-formes de 2 mètres de chaque côté, avec fond horizontal.
- Ils sont espacés en hauteur de 10 mètres, dans le sens horizontal de 2 mètres. Aussi, vu de loin, le pré ressemble souvent à un immense damier. Un piquet avec une corde retient l’habitant du logis. Lorsqu’à l'aube la vache quitte sa maison et monte dans le cantonnement suivant, le berger, avec une pelle, étend sur les herbes tondues l’engrais laissé par le bétail, et ainsi se régénère l’herbe qui, à l’orée de Roselend, nous paraissait si luxuriante.
- 11 faut avouer que c’est là une habitation sommaire, mais combien précieuse. La vache de Taren-taise lui doit sa robustesse. Avec un pareil entraînement, une pratique si habituelle du plein air, elle contracte rarement la tuberculose.
- Dès ([ue le soleil colore en rose les hautes cimes le troupeau est détaché, et se met en marche vers l’herbe nouvelle. 11 attend pour cela 8 heures du matin, lorsque la rosée a complètement disparu. Les vaches se dispersent alors au gré de leur caprice, surveillées par des enfants et un pâtre. Elles savent très bien trouver leur nourriture, même dans ces pâturages hérissés de rochers, comme le Plan de la Lay, rochers descendus des cimes déboisées qui l’entourent. Au milieu du jour elles se reposent : on
- en profite pour les traire, puis elles recommencent leur course, sur les pentes de l’alpage ou dans le fond des vallées. Cette industrie pastorale est une des industries les plus prospères et les mieux appropriées aux ressources naturelles de la Savoie, je puis dire de nos Alpes, puisque cette race bovine de la Ta-rentaise est répandue jusqu’à la cote de Provence. Les marchés de Bourg Saint-Maurice, où les éleveurs viennent faire leurs achats, ont une importance considérable. Je conseille à tous ceux qui aiment à voir une créature évoluer en son milieu de gravir l’alpage que nous venons de parcourir, un jour où l’atmosphère sera limpide, éclatante et parfumée.
- J. Coroej.le,
- ___^_____ Agrégé de lTniversilé.
- Fig. 3. — Roselend
- el le Roc du Vent.
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- IA RADIO-ACTIYITÉ DES EAUX MINÉRALES
- En parcourant les mystérieuses profondeurs du sol les eaux se chargent non seulement de substances minérales, mais elles v acquièrent encore, au dire de certains savants, des propriétés spéciales. Ces propriétés s’atténuent avec le temps et finissent même par disparaître complètement. Et cependant la composition chimique des eaux reste on apparence invariable. Leur énergie curative seule diminue. On ignorait jusqu’ici les causes de ces singuliers phénomènes.
- Les travaux remarquables de M. Becquerel et de M. Curie ont permis de soulever un coin du voile qui nous cache la vérité.
- Les propriétés, jusqu’ici indéfinissables, de certaines eaux minérales seraient dues à une « émanation » analogue à celle du radium. Cette « émanation », qui va en s’affaiblissant avec le temps, peut se mesurer. Véhiculée par les gaz qui s’échappent des eaux, elle jouit, entre autres propriétés curieuses, de celle de rendre l’air conducteur de l’électricité. La variation de conductibilité de l’air donnera donc une idée de la puissance de l’émanation et par suite du degré de radio-activité de l’eau.
- Pratiquement l’unité choisie comme terme de comparaison est 1’ a émanation » que dégage en un temps donné I centième de milligramme de bromure de radium.
- Voici les résultats de quelques mesures faites tout récemment et publiées par M. Laborde, l’éminent préparateur de M. Curie. Le nombre figurant en regard de chaque source indique le nombre de minutes pondant lequel il faudrait laisser séjourner 1 milligramme de bromure de radium pur dans 1 litre d’air, pour obtenir le même degré de conductibilité apparente de ce dernier qu’avec les gaz étudiés chargés de 1’ « émanation » des sources :
- ( Source Vauquelin.......... 2,5
- Plombières \ — n° 3.............. 1,55
- Vosges). ) — n° 5.............. 1,48
- ( Trou des Capucins . . . . 1,16
- Vichy. Source Chomel.................... 0,25
- Bagnoles de l’Orne.......................... 0,17
- Cauterets, Eaux-Bonnes, Lamalou, Mont-
- Dore ...................... de 0,16 à 0,054
- Royat, Chatel-Guyon, Alet............... 0
- Bad-Gastein (Autriche).................. 19,7
- M. Laborde fait observer que ces mesures de radioactivité n’ont pas été faites sur les gaz à leur sortie du griffon, mais quatre jours après. Cette observation a son importance. Si ces gaz avaient été étudiés le jour même, il est probable, d’après la loi générale de déperdition de l’émanation, qu’ils auraient été deux lois plus radio-actifs.
- Jusqu’à ce jour les eaux étaient analysées simplement au point de vue de leurs qualités minérales, organiques et bactériologiques. Au point de vue physique leur température seule était intéressante. Désormais leur degré de radio-activité semble appelé à jouer un rôle important. M. Otto,
- Docteur ès sciences.
- LA PLUIE DANS LA RÉGION PARISIENNE
- Le mois de juillet 1904 a été caractérisé à Paris non seulement par sa température élevée, mais encore par la rareté de ses pluies. En effet, à Montsouris on a recueilli seulement 43 millimètres d’eau en 7 journées pluvieuses, au lieu de 52 millimètres en 15 jours; depuis 1885 on n’avait pas eu à Paris un nombre de journées de pluie
- aussi faible, il est rare d’en avoir moins et à cet égard les mois de juillet 1797, 1803, 1807, 1825, 1852, et surtout 1800 ont été exceptionnels ; par contre juillet 1888 avec 28 jours pluvieux a présenté l’excès contraire.
- Les observations pluviométriques faites à Paris sont très anciennes, elles remontent à l’année 1688; mais ce n’est guère que depuis 1806 que les nombres recueillis peuvent être comparés à ceux actuellement observés. En 1858 on reconnut que l’observation de la pluie, faite sur un seul point, était insuffisante pour connaître la climatologie de la région parisienne au point de vue pluviométrique, et un premier réseau de pluviomètres fut créé. Des observations faites jusqu’en 1871 on ne possède, à notre connaissance du moins, que les résumés annuels. A partir de 1872 de nouvelles stations ont été installées et enfin, en ces dernières années, le service météorologique municipal a donné à ces observations un grand développement. Le dépouillement des valeurs obtenues dans 61 stations a permis d’établir une première étude du régime pluviométrique de la région de Paris.
- De l’ensemble des observations, on peut dire que sur
- Fifr. 1. — Saison d'hiver (décembre, janvier, février).
- notre région en moyenne annuelle, il tombe de 500 à 680 millimètres d’eau, la pluie est toujours plus forte dans la banlieue que sur Paris même. Sur la ville il existe une zone de pluviosité minimum laquelle s’étend depuis St-Ger-main-des-Prés, couvre les Champs-Elysées, le XVIIe arrondissement et se prolonge par Levallois et Clichy jusqu’un peu au delà d’Asnières ; dans cette région la hauteur moyenne annuelle ne dépasse pas 500 millimètres. Le maximum pluviométrique forme une bande étroite, orientée du sud-ouest au nord-est commençant un peu au-dessous de l’Hôpital Saint-Louis, traversant le plateau de Belleville et Bagnolet, puis s’épanouissant en augmentant d’intensité sur la vallée de la Marne à Ville-Evrard.
- Sous l’influence du maximum de pluviosité du plateau de Clamart, la pluie est assez abondante dans la partie comprise entre Vanves et le Champ-de-Mars. Sur la boucle de la Marne, presqu’île de Saint-Maur, la pluie est assez régulière. Les plus fortes hauteurs d’eau tombées sur la région sont constatées sur le plateau de Wissous et la partie de la vallée de la Bièvre la plus voisine.
- La répartition saisonnière (voir les cartes ci-jointes) présente les caractères suivants :
- En « hiver » la pluie est à son minimum sur les quartiers nord-ouest de Paris et la ligne de croissance est nettement orientée du nord-nord-ouest au sud-sud-est, le maximum
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- est entre l’Hôpital Saint-Louis et Belleville, ailleurs les lignes isohyètes sont assez régulières.
- Au « printemps » les points extrêmes se resserrent davantage et leur orientation sur Paris tend à se modifier, le minimum infléchit davantage vers le sud.
- En « été », saison orageuse, la zone de faible pluviosité qui existait sur le nord-ouest est en quelque sorte repoussée sur la banlieue en s’étalant davantage, un mouvement
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- Fig. 2. — Saison (le printemps (mars, avril, mai).
- secondaire se forme vers Bercy et s’étend jusqu’au confluent de la Marne, sur la ville même le maximum de Belleville s’est rapproché du centre où il rejoint presque les sommets de deux maxima importants : l’un qui s'étend de la vallée de Sèvres au Champ-de-Mars, et l’autre qui suit en quelque sorte le cours de la Bièvre jusqu’au Jardin des Plantes.
- En « automne » le minimum du nord-ouest se rapproche
- Fig. 5. — Saison d'été (juin, juillet, août).
- du centre de la ville et le maximum de l’Hôpital Saint-Louis s’étale en même temps que la pluie augmente sur les XIIe et XIIIe arrondissements.
- La quantité moyenne d’eau qui peut tomber en un jour suit une progression assez régulière en ce qui concerne les pluies inférieures à 10 millimètres, on petit dire qu’à
- peu près pendant la moitié des jours pluvieux on recueille moins d’un millimètre d’eau, les journées qui fournissent de 1 à 2 millimètres se présentent 2 jours par mois, celles de 5 à 10 décroissent d’une façon constante. Les journées de grandes pluies (10 à 15 millimètres) sont au nombre d’une douzaine environ par an, et celles de moins d’un
- Fig. 4. — Saison d’automne (septembre, octobre, novembre).
- Fig. 5. — Répartition annuelle.
- millimètre varient, suivant les saisons, de 6 à 7 de juin à septembre, elles dépassent 10 de novembre à janvier.
- Les pluies orageuses fournissent souvent des hauteurs d’eau très variables pour des points peu distants : ainsi le 12 juillet 1904 on recueillait 24 millimètres d’eau au square Louis XXI et seulement 1 millimètre dans le même temps au square Saint-Jacques. Les plus fortes averses n’ont pas dépassé jusqu’à présent 90 millimètres en une heure, et lorsque la pluie atteint une telle intensité elle ne couvre guère qu’une faible étendue. Les journées les plus remarquables, comme maximum de pluviosité, ont été celles des 10 septembre 1896 et 29 mai 1901. L’averse la plus rapide
- n’a pas dépassé 3 millimètres par minute et cela pendant une durée de 3 à 8 minutes ; une averse anssi violente déverse sur le sol 500 litres d’eau par seconde et par hectare, aussi cause-t-elle toujours des dommages, l’eau ne pouvant s’écouler avec assez de rapidité. Enfin à Paris la pluie ne tombe pas indifféremment au cours de la journée, il pleut davantage en été de 1 heure à 10 heures du soir, tandis qu’en hiver c’est pendant la matinée que la pluie est la plus abondante. Joseph Jaubert,
- Chef du service météorologique de l’Observatoire municipal (Montsoùris-Saint-Jacques).
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- LES FALAISES ENTRE BIARRITZ ET SAINT-JEAN DE LUZ
- Le plaisir du tourisme est décuplé lorsque l’on ne se contente pas d’admirer des paysages, mais que, grâce à quelques études préliminaires, on est à même d’en pénétrer le sens profond et de reconstituer l’histoire géologique de la région parcourue. Comme le dit M. de Lapparent, l’état géographique actuel est la résultante de deux ordres de phénomènes : 1° les inlluences génétiques (c’est-à-dire la nature du sol) ou tectoniques (dislocations subies par l’écorce terrestre) qui ont constitué ou modifié le relief; 12° les actions extérieures (érosion, alluvionnement, modifications chimiques) sous l'empire desquelles s’est poursuivie l’évolution du modelé.
- Nulle part l’action de ces divers facteurs n’est aussi évidente qu’au bord de la mer. Dans le pays basque, qui sera le sujet de notre étude, on voit, dans l’intérieur des terres, des collines aux contours arrondis, dont rien ne peut faire soupçonner la structure intime. Elles sont en effet couvertes d’abondants dépôts quaternaires et actuels qui revêtent d’un manteau uniforme leur squelette rocheux. Au bord de la mer ces collines sont brusquement coupées par l’érosion marine et forment des falaises atteignant 60 à 70 mètres de hauteur.
- On constate alors non sans étonnement quelle architecture tourmentée se cache sous les formes arrondies du paysage. Les figures 2 et 5 donnent un exemple de ces plissements. Elles représentent un promontoire situé au nord de Saint-Jean de Lu/. On y voit des couches alternativement horizontales et verticales, des cou-dures à angle droit et même, comme sur la figure 5, un zigzag brusque, de sorte qu’une même couche est d’abord sensiblement, horizontale, puis verticale et de nouveau horizontale. Les mêmes alternances de couches perpendiculaires les unes aux autres s’observent sur la partie de la falaise abrasée par l’érosion et qui n’est visible qu’à marée basse (fig. 5). Il s’agit ici de calcaire crétacé, de sorte que ces plissements si intenses sont relativement récents, ayant eu lieu pendant le tertiaire et même après lenummulitique, qui a subi les mêmes dislocations. Il faut les considérer comme le contre-coup des mouvements qui, non loin delà, provoquaient la formation de la chaîne des Pyrénées.
- Si nous remontons vers le nord, nous observons encore les mêmes phénomènes, quoique avec moins
- d’intensité. Mais en nous rapprochant de Riarrilz, nous rencontrons sur la plage, à marée basse, deux ou trois roches d’un noir verdâtre qui tranchent très fortement au milieu des pierres blanches, provenant de la destruction de la falaise. Ce sont des affleurements d’ophite, roche éruptive ancienne qui a été mise à nu par l’érosion du calcaire sus-jacent.
- Des intrusions éruptives beaucoup plus intéressantes s’observent à Guéthary, dans les carrières situées sur la colline qui porte l’église. Là, les couches du calcaire crétacé (étage cénomanien) sont fortement relevées, presque verticales, et entremêlées de strates argileuses noires. De plus, entre les leuillets calcaires se trouvent des couches, presque verticales comme eux, formées de roches cristallines
- que M. Stanislas Meunier a bien voulu sev charger de déterminer. Leur étude pétrographi-que fera sans doute de sa part l’objet d’un travail ultérieur. Il est évident que la position presque verticale des feuillets calcaires a favorisé l’intrusion de ce magma éruptif venu d’en bas. Il est à remarquer que le calcaire est métamorpbisé à son contact : il est siliceux et renferme des cristaux noirs qui paraissent être une amphibole. Ce magma à gros éléments cris-lallins paraît avoir agi non en écartant les couches de calcaire, mais bien en les rongeant à la façon d’un acide. On trouve, en effet, au milieu de lui des blocs de calcaire métamorphisés et arrondis. On ne saurait mieux les comparer qu’à des morceaux de sucre incomplètement fondus dans l’eau. C’est par un phénomène tout à fait analogue que le calcaire s’est dissous au contact des matériaux ignés. L’épaisseur des couches formées par ceux-ci varie de quelques centimètres à 1 mètre et plus. Elles tranchent par leur couleur noire sur le calcaire blanc qui les environne, quoique celui immédiatement en contact avec elles soit, comme je l’ai dit, déjà imprégné de matières siliceuses. L’intrusion de ces roches volcaniques, étant postérieure au relèvement des couches crétacées, doit être considérée comme relativement très récente.
- Tous les phénomènes (pie nous avons envisagés jusqu’ici sont d’ordre tectonique. Ceux d’ordre génétique nous retiendront moins longtemps. 11 faut cependant remarquer comment le calcaire crétacé, de lïidart à llendaye, est formé de larges dalles (pii se
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- présentent à la mer par leur tranche ou par leur lace (fig. 5) et comment les effets des vagues varient dans les deux cas. A Biarritz, au contraire, nous avons affaire à des calcaires éocènes (nummulitiques) plus tendres, mais plus compacts (pii donnent lieu à un tout autre genre d’érosion et notamment à la Formation des tunnels et des cavernes qui rendent ces Falaises si pittoresques.
- Les actions extérieures ne sont pas les moins remarquables parmi celles que nous avons à passer en revue. Les falaises qui nous montrent l’ossature du sous-sol ne sont pas continues. Elles sont interrompues de place en place par des formations, les unes modernes, les autres plus anciennes. Dans certaines échancrures, du sable s’est accumulé et a Formé des dunes, d’autres renferment des estuaires. Ailleurs, comme au nord de Bidart, on trouve des
- dépôts de gypse ; ils indiquent qu’à une certaine époque il y a eu là une lagune en communication avec la mer, dont l’eau en s'évaporant a donné naissance à ces dépôts. Mais le phénomène le plus intéressant est celui des tourbières. J’en ai relevé trois; toutes ont leur hase située au niveau meme de la plage. La plus intéressante est celle de Bidart (fig. 1), qui ne correspond à aucune rivière actuelle, mais se trouve former le pied d’une haute falaise de limon, de sables et d’argile. Cette Falaise a été détruite par l’érosion pluviale dans sa partie supérieure et a entraîné la chute du mur situé au-dessus. La tourbe repose sur de l’argile blanche; elle se relève légèrement de droite à gauche. La largeur de la tourbière est de 60 mètres ; sa hauteur totale de 5 mètres. La hauteur des couches qui la surmontent est d’environ 25 mètres. On trouve dans la tourbe
- fig. 2. fig. o.
- Promontoire crétacé à couches plissées et contournées situé prés de Saint-Jean de Luz.
- des troncs d’arbres intacts qui ont été déterminés connue du pin. Dans la couche la plus inférieure j’ai recueilli, au-dessous d’une souche d’arbre, des charbons et des fumerons provenant également de conifères, et peut-être de « Uinus ». S’agit-il d’un incendie de forêt ou d’une station préhistorique antérieure à la tourbière ? Il serait intéressant de faire des fouilles en ce point avant que la mer ait achevé la destruction de ce gisement intéressant.
- Au sud de Guéthary, près de l’embouchure d’un ruisseau, il y a une autre tourbière, large de 40 à 50 mètres, épaisse de 2 mètres ; elle a fourni également des débris de conifères et probablement de « Uinus ». La fossilisation y est plus avancée que dans la tourbière précédente. Enfin, une troisième se trouve au sud de Biarritz, au niveau de l'embouchure de l’émissaire des lacs de la Négresse. On n’y trouve guère que des vestiges de zostères.
- M. Stanislas Meunier, qui a bien voulu étudier mes échantillons, m’écrit que la grande tourbière de
- Bidart est quaternaire et nettement antérieure à la formation des dunes d’Aquitaine. Si l’on admet que la tourbière de Biarritz s’est formée dans une lagune en communication avec la mer, puisqu’elle renferme des zostères, en revanche, les deux autres indiquent que le rivage était bien plus éloigné qu'il ne l’est actuellement. Ceci peut nous donner la mesure de l’érosion marine. En effet, le régime de ces tourbières était à peu près celui qui règne actuellement sur les deux lacs de la Négresse, entourés de vastes dépôts tourbeux en voie de formation et situés à 2 ou 5 kilomètres à l’intérieur des terres. C’est à cette distance au moins qu’il faut supposer le rivage à l’époque où des pins, et certainement aussi des aulnes, des bouleaux, des saules, des peupliers, croissaient sur ce qui forme actuellement une partie des Falaises de Bidart. Ainsi, depuis le début des temps quaternaires, le rivage a reculé d’au moins 2 à 5 km en même temps que se formaient 25 mètres de dépôts au-dessus de la tourbière. D1 L. Laloy.
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- LE VENT ET LES YAGUES
- SUR LE LAC LÉMAN
- Le Lac Léman est une nappe d’eau considérable puisqu’il mesure, en chiflres ronds, 82 kilom. de long (sur la rive nord) et environ 13 kilom. dans sa partie la plus large, sa profondeur maxima étant de 500 à 350 mètres (près de Meillerie).
- C’est assez dire que la navigation y est plus qu’un sport de fantaisie; et on y trouve, en effet, des bateaux à vapeur pouvant contenir un millier de passagers.
- Mais en dehors des bâtiments à vapeur appartenant à l’industrie des transports ou à la navigation de plaisance, il existe toute une flottille de gros bateaux à voiles appelés « barques », jaugeant parfois plusieurs centaines de tonnes et coûtant jusqu’à 20 000 et même 50 000 francs : par exemple « La Champagne ». Ces petits bâtiments font exclusivement le service du transport de la pierre des carrières de Meillerie aux différents ports tels que Genève, Lausanne-Ouchy, Evian, Yevey, etc.
- Or, pour s’aventurer ainsi sur un lac aussi étendu que le Léman et que sa position au milieu d’un cirque de hautes montagnes rend souvent dangereux, il importe de le bien connaître. Les bateliers, passant la plus grande partie de leur existence sur l’eau, sont à même de faire maintes remarques qui échapperaient aux « terriens », moins intéressés à connaître le temps. Et voici ce qu’ils ont constaté, et qui peut être exprimé comme une formule dont la raison, cependant, nous échappe :
- 1° Le vent du nord souffle toujours par série de 5, G ou 9 jours. Lorsqu’il a soufflé pendant 2 ou 5 heures, il est « établi » ; quand il a recommencé à souffler le -4° jour il en a pour jusqu’au 6e ; qiiand il recommence encore le 7e jour, il durera jusqu’au 9e.
- 2° Les vagues soulevées par le vent du nord sont toujours au nombre de 7, dont 5 fortes et 4 plus faibles, il faut donc rigoureusement maintenir son embarcation jusqu’à la troisième et se méfier toujours jusqu’à la septième; ensuite on peut respirer.
- 3° Les vagues soulevées par le vent du midi arrivent par 12, dont 5 fortes et 7 plus faibles.
- Maintenant, il reste à savoir : d’abord, si ces règles ont été observées ailleurs que sur les rives du Léman ; ensuite quelles explications ont pu en donner les personnes compétentes. C’est ce que nous serions heureux de savoir, et nos bateliers aussi. L. Jacquot.
- LA ME DU RADIUM
- Combien de temps le radium peut-il exister .' C’est là une question qui se pose lorsque l’on considère que ce curieux corps émet constamment une portion de lui-mèinc sous forme d’émanation. Une communication récente de sir William Ramsay à l’Académie des sciences de Paris est venue faire la lumière sur ce point. L’illustre chimiste anglais, après avoir montré que l’émanation se comporte comme un véritable gaz qui suit la loi de Mariotte et dont le poids atomique serait voisin de 160 (celui du radium étant 225 d’après les travaux de M. et Mme Curie), cherche à déterminer le rapport entre la quantité de radium et la quantité d’émanation à laquelle il donne naissance. Pour trouver ce rapport, il est nécessaire de connaître le volume qu’occuperait le radium considéré comme un gaz mono-atomique.
- Pour 1 gramme de radium, ce chiffre est de 1 décilitre,
- soit 11)3 mm3. D’autre part, chaque gramme de radium donnant naissance à 5 x 10~6 mm3 d’émanation par seconde, si chaque atome de radium produit un atome d’émanation, la proportion du radium qui se transforme par seconde est de 5 x I0~n, soit 9,5 x 10~4 en une année.
- Il en résulte que la vie movenne de l’atome de radium
- 104
- est de -—= 1050 années.
- 9,0
- D’après une seconde expérience on a obtenu 1150 années. Ce n’est donc qu’au bout de 10 à 12 siècles que le radium serait totalement transformé. Em. Touciiet.
- NÉCROLOGIE
- F. Guimbert. — M. F. Guimbert, président généra fondateur de la Fédération générale des chauffeurs mécaniciens électriciens des chemins de fer et de l’industrie, vient de s’éteindre, le 17 août 1904, dans sa soixante et onzième année. Ancien mécanicien des chemins de fer P.-L.-M., il était contremaître à l’usine élévatoire des eaux de la Ville de Paris, à Javel. Depuis 1885, il avait fondé la Fédération des chauffeurs mécaniciens, qui a réuni près de 9000 membres. Il avait établi des cours professionnels qui ont permis à un grand nombre de chauffeurs et de mécaniciens de s’instruire et de se perfectionner dans la conduite des chaudières et des machines à vapeur. En 1890, lorsque l’industrie électrique commença à se développer à Paris, il désira également fonder des cours d’électricité industrielle, afin, disait-il, que les mécaniciens puissent connaître également les nouvelles machines qu’ils étaient appelés à conduire. 11 s’était attaché profondément à la Fédération, et a consacré 34 années de son existence à venir en aide à ses camarades. Il était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Instruction publique, membre du comité consultatif des chemins de fer, du comité des accidents du travail et du Musée social. J. L.
- CHRONIQUE
- Nouvelles étoiles variables. — Le professeur Max Wolf, directeur de l'Observatoire d’Heidelberg, a trouvé récemment, à l’aide du stéréo-comparateur du Dr Pulfrich, 24 étoiles variables, entre la dixième et la quinzième grandeur, dans la grande nébuleuse d’Orion. Cette nébuleuse est la plus remarquable du ciel par son étendue et son éclat. C’est un univers en formation et la découverte de ces astres n’a rien qui puisse surprendre, car il existe un grand nombre d’amas et de nébuleuses contenant des étoiles variables.
- Un immense pont en béton. — Il traverse le Neekar et se trouve tout près de la ville allemande de Neckai-hausen : ce pont présente cette particularité d’ètre purement monolithe, en dépit de ses belles proportions, puisqu’il n’est point fait de béton armé. La longueur de la travée, d’axe en axe des articulations de rive, est de 50 mètres, et la flèche du tablier est seulement de 4m,50.0n a prévu également des articulations au sommet de la voûte qui supporte la chaussée par l’intermédiaire de piliers de béton, formant des arches secondaires qui viennent alléger considérablement la construction.
- Un phare tout en béton armé. — Il vient d’ètre consti’uit par le gouvernement russe pour l’éclairage du chenal d’entrée du port de Nicolaieff. C’est un fût de 40
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- mètres de hauteur, affectant l’aspect d’une colonne élancée, dont le diamètre est en bas de 0 mètres et en haut de 2 mètres seulement. La chambre de veille, supportée en porte-à-faux par de nombreuses consoles, n’a pas moins de 4m,5i de diamètre; elle est elle-même surmontée d’un lanterneau de 2“,60 de diamètre. L’armature est fermée de montants méridiens et de couronnes horizontales en fers ronds, ayant respectivement des diamètres de 25 et 19 millimètres. On a, paraît-il, économisé par ce mode de construction 40 pour 100 sur ce qu’aurait coûté un phare semblable en métal ou en briques.
- Une locomotive en acier-nickel. — Elle n'est pas entièrement en ce métal, mais celui-ci y joue un grand rôle, et la chose est intéressante à signaler, après ce que nous avons dit à plusieurs reprises des avantages de l’alliage du nickel à l’acier.. Cette machine est en construction aux ateliers-Baldwin pour la compagnie canadienne « Copper C° » de.Sudbury, et non seulement ses tôles de chaudière sont en acier-nickel, mais encore son châssis, ses essieux, ses manivelles, ses bielles, etc. Le coût de la construction en sera certainement majoré, mais on compte sur une usure beaucoup moins rapide de la machine.
- La renommée d'Edison. — L’autre jour notre confrère (( Cassier’s Magazine » donnait quelques détails bien caractéristiques qui montrent la réputation universelle dont jouit Edison : le nom de l’illustre savant est connu même des gens les plus ignorants. M. J. Ricalton, voyageant en Égypte, faisait, dans une rue du Caire, la conversation avec son ànier, qui écorchait affreusement l’anglais, et M. Ricalton lui demandait s’il connaissait le nom du « souverain », du « khédive » des États-Unis. L’ànier l’ignorait, mais, quand le voyageur prononça le no:n d’Edison, notre homme se prit à rire d’un air de connaissance, et montra du doigt les lampes électriques éclairant la rue. Au Maroc le même voyageur s’aperçut que son courrier indigène connaissait aussi l’existence du savant américain.
- Les fumées industrielles à Calcutta. — Voilà de quoi surprendre ceux qui ne se figurent point les villes de l’Inde comme des copies de Londres et de ses fumées. El cependant rien n’est plus réel : à considérer l’ensemble de Calcutta, on n’y trouve environ que la trentième partie des fumées qui obscurcissent par exemple le ciel de Lecds, mais dans certains quartiers, par suite du développement des manufactures, des nuages de fumée se répandent de tous côtés et gênent considérablement les habitants. Les filatures et tissages de coton et de jute emploient fréquemment des charbons indigènes qui donnent lieu à une production intense de fumée. Et voilà le beau ciel de l’Inde sali par les progrès de la civilisation.
- Une nouvelle source d’engrais azoté. — Elle est signalée par M. Pehr Bolin, dans « Acetylen in Wis-senschaft und Industrie )). Quand on chauffe du carbure de calcium dans un four électrique en contact avec l’azote atmosphérique, il se produit un cyanamide de calcium. Le produit impur obtenu contient 17,5 pour 100 d’azote en combinaison. 11 ne peut pas être, en cet état, directement utilisé par les plantes ; mais on a constaté que, enfoui dans un sol humide, il «se convertit en composés ammoniacaux. Enterré à 10 cm de profondeur, il commence à avoir des propriétés effectives sur les plantes au bout d’une quinzaine de jours ; il faut au moins cette profondeur d’enfouissement pour que l’ammoniaque ne s’aille pas perdre inutilement dans l’air.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 août 1904. — Présidence de M. Mascart.
- I aviations du point de congélation du lait. — M. Bouchard résume un travail de M. Guiraud, professeur d’hvgiène à la faculté de médecine de Toulouse, et de M. Lasserre. En bon état de santé les animaux donnent un lait dont la température de congélation est comprise entre —0°,55 et —0°,5fi. Au cours de certaines maladies, l’ictère, l’albuminurie, la tuberculose, par exemple, cette température descend à — 0°,G1. Les auteurs expliquent ce fait par une tendance à l’élimination de matériaux.
- Recherches histologiques. — M. Joannès Chatin expose les conclusions de recherches histologiques qu’il a consacrées à l’étude d’une variété curieuse du tissu cartilagineux : le cartilage étoilé, ainsi nommé en raison de l’aspect stelliferme de ses cellules que portent des prolongements radiaires fins et grêles. On a tout d’abord regardé ce tissu comme fort rare ; on ne l’admettait guère que chez les céphalopodes. M. Chatin montre qu’il est beaucoup plus répandu qu’on ne croyait. En histologie comparée, on le trouve clans la sclérotique des reptiles, dans le larynx des mammifères, etc. ; en histologie pathologique, il caractérise certains enchondromes. Enfin ce cartilage étoilé fournit un nouvel exemple des communications intercellulaires si longtemps contestées.
- Ch. de Yilledeul.
- LE SERVICE DES ANNONCES DES CRUES
- AUX ÉTATS-UNIS
- La plupart des grands pays possèdent des services hydrologiques, qui ont pour but de suivre les oscillations du niveau et du débit des rivières, de prévoir les conséquences que peuvent avoir sur ce débit les phénomènes et précipitations météorologiques, afin de prévenir les divers intéressés, et en particulier les riverains, des crues qui peuvent se produire, et ont chance d’être plus ou moins redoutables. Aux États-Unis, ce service des « Rivières et inondations » dépend du Bureau météorologique, du « Weather Bureau », et son centre est à Washington.
- Jusqu'en 1870, on ne comptait guère, sur le territoire de la confédération, que quelques postes d’observation surveillant les dénivellations des cours d’eau aux endroits les plus propices, et se confondant du reste souvent avec des stations météorologiques ordinaires; mais, depuis lors, ces postes se sont étrangement multipliés, puisque le nombre total en atteint 575 ; et, sur cet ensemble, 49 seulement sont des stations météorologiques. On en a créé 246 spécialement pour observer les variations d’allure des rivières, et 80 sont des postes spéciaux pour les observations pluviométriques, qui se trouvent, comme de juste, intimement liées aux observations hydrologiques proprement dites.
- Ce sont les postes normaux du Service météorologique qui sont les chefs-lieux des districts entre lesquels le pays est partagé ; des chefs de districts dirigent ces postes, et reçoivent quotidiennement
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- LA NATURE.
- (et aussi par relevés mensuels) les rapports des dii-férentes sous-stations sur les conditions météorologiques, l’état des rivières, les chutes de pluie, etc. C’est par le rapprochement, et aussi l’élude isolée parfois de ces rapports, que le chef de district peut juger de l’état hydrologique de la région qui est sous sa haute surveillance, et des crues ou des sécheresses qui doivent se manifester dans un temps plus ou moins court, suivant les observations qui lui ont été communiquées et la violence ou la fréquence des phénomènes qui lui ont été signalés.
- Comme de juste, la situation des sous-stations a dù être minutieusement étudiée avant que d'être choisie, car il faut qu’elles se trouvent réparties suivant le régime hydrographique, et aussi oro-graphique, qui a une influence considérable sur l’écoulement des eaux ; elles sont multipliées là où non seulement les cours d’eau sont multipliés, mais encore, et surtout, là où le lit de ces cours d’eau offre des pentes accentuées, ce qui entraîne les eaux fort rapidement et nécessite des avis, envoyés aussitôt que possible, aux régions situées en aval. Il faut songer, en effet, que les eaux, dans les contrées montagneuses, parcourront 500 et -400 kilomètres par 24 heures, tandis que dans les plaines la vague de crue ne franchira souvent pas 80 kilomètres dans celte même période d’une journée.
- Comme cela se pratique dans bon nombre de pays, le chef de la station centrale, qui couvre pour ainsi dire tout un bassin de sa surveillance, dès qu’il se croit dûment averti de l'imminence d’une inondation dans une région, envoie des avis à tous les intéressés. Dans ces avis, on indique la hauteur de la crue et le moment probable de son arrivée aux différents points importants; ces avis sont adressés aux journaux, qui les insèrent toujours, affichés dans les bureaux de poste, communiqués par télégraphe ou téléphone partout où l’on estime (pie cela peut être utile. Et si l’on n’obtient pas toujours que les intéressés profitent à temps des avertissements «pii leur sont ainsi donnés, si parfois même le service ne prévoit pas suffisamment Y importance d’une crue, du moins ce service sauve chaque année des richesses énormes et protège les existences. D. 11.
- MACHINE ÉLECTRIQUE A FAIRE LES BLEUS
- Constructeurs, architectes et ingénieurs ont souvent souhaité de voir créer une machine qui permit de faire les bleus à toute heure et sans avoir à tenir compte des conditions atmosphériques. Une société de Philadelphie, la « Williams, Rrown and Earle », vient de résoudre ce problème d'une façon aussi simple qu’heureuse.
- La partie de la machine où se fait l'impression, consiste en deux bandes continues de celluloïd. Chacune de ces bandes est maintenue en place par deux rouleaux engrenés et animés de la même vitesse. Les bandes se meuvent donc synchroniquement. En voyageant d’un rouleau à l'autre, les bandes passent sur
- une surface convexe et sont maintenues au contact entre elles et avec cette surface par un tendeur automatique réglable. Le dessin à reproduire et le papier sensible sont introduits entre les bandes transparentes qui les maintiennent en parfait contact. Elles passent de cette façon devant des lampes électriques. L’impression se fait donc automatiquement et, comme le fonctionnement de la machine est continu, il est possible de faire des épreuves de toutes longueurs ou bien, en peu de temps, un grand nombre d’épreuves successives.
- La commande de la machine se fait par un électromoteur. Tout autre moteur pourrait évidemment convenir pourvu qu’il remplisse les conditions de vitesse, de régularité, de simplicité, de conduite et de réglage requises pour cette application. C’est précisément parce que le moteur électrique répond à ces exigences mieux que tout autre que les constructeurs de la machine en question l’associe ordinairement, à celte dernière. On emploie pour l’éclairage 4 ou 5 lampes à arc. Le moteur a une force de 1 à 10 chevaux. Un ingénieux dispositif de poulies permet de changer la vitesse de translation des bandes de façon à obtenir pour les épreuves une pause longue ou courte à volonté. La vitesse maximum pour le tirage des épreuves est de 1 minute d’exposition, la vitesse minimum de 10 minutes. On peut donc employer toutes espèces de papiers sensibles. E. G.
- Le Gérant : P. JIassox.
- Machine électrique à luire les bleus.
- Paris. — Imprimerie Laulue, rue lie Fleurus, 9.
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- N* 1652. — 5 SEPTEMBRE 190-4.
- LA NATURE.
- LE \ER DES NOISETTES
- (iras à lard, tranquille comme Baptiste, le ver des noisettes serait le plus heureux des insectes si les gourmands — d’ailleurs punis — de l’espèce humaine ne venaient trop souvent troubler sa quiétude. Enter niée dans une gaine en bois, véritable maison où les courants d’air font défaut, la larve mène, en effet, une existence de sybarite, ayant à sa disposition une nourriture abondante et toujours succulente.
- En raisonnant par des « a priori », on pourrait penser que cette larve, si tranquille dans son refuge, ne doit jamais le quitter, notamment pour passer l’hiver, époque où depuis le plus petit jusqu’au plus grand des animaux, tous estiment que l’on est mieux chez soi qu’au dehors. Le ver des noisettes en juge autrement, comme chacun peut s’en rendre compte en laissant des noisettes « véreuses » sur une assiette ou mieux à la surface de la terre d’un pot de tleur.
- Cet exode des larves peut paraître aux yeux des profanes un phénomène banal sinon même répugnant. En réalité, il est loin d’être dépourvu d’intérêt et J.-H. Fabre l’a fort bien décrit.
- La lucarne de sortie est située à la base du fruit, tout près de l’aire rugueuse par où la noisette adhère à sa cupule verte. En cet endroit, la densité est un peu moindre qu’ailleurs. Sans auscultation préalable, sans coups de sonde explorateurs, le reclus connaît le point faible de sa prison. Rudement il y travaille, conliant dans le succès qu’amène toujours la ténacité. C’est fait : le jour pénètre dans le coffre. La fenêtre s’ouvre, ronde, un peu évasée à l’intérieur et soigneusement polie dans tout le pourtour de son embrasure. La larve s’en échappe par
- 32* année. — 2* semestre.
- une véritable opération de tréfilage. Semblable au fil de laiton qui passe en s’amoindrissant à travers un orifice trop étroit pour son diamètre, elle franchit la lucarne en s’atténuant, puis en revenant à sa grosseur naturelle.
- L’orifice est taillé de manière à avoir la même dimension que la tête, laquelle serait trop dure pour pouvoir se plier à un diamètre plus petit. Elle sort
- donc sans difficulté aucune. Suit le cou, un peu plus ample : une minime contraction le dégage. C’est le tour de la poitrine dodue et, dès lors, la manœuvre est des plus ardues. L’animal est dépourvu de pattes. Il n’a rien, ni crocs, ni cils raides qui puissent lui fournir appui. D’arrière en avant le sang de l’animal afflue; les humeurs de l’organisation se déplacent et s’accumulent dans la partie déjà émergée, qui se gonfle, devient hydropique jusqu’à prendre de cinq à six fois le diamètre de la tète. Sur la margelle du puits ainsi se forme un gros bourrelet, qui, par sa dilatation et son propre ressort, extrait petit à petit les anneaux suivants, diminués à mesure de volume au moyen de l’émigration de leur contenu fluide.
- C’est lent et laborieux. L’animal, dans sa partie libre, se courbe, se redresse, oscille. Les mandibules bâillent largement, se referment, bâillent encore sans intention de saisir. Ce sont les oh-liiss! dont l’exténué accompagne ses efforts. Oh-hiss ! fait le ver et le boudin monte d’un cran. Pendant que le bourrelet extracteur se gonfle et tend ses muscles, il va de soi que la partie encore dans la coque se tarit de ses humeurs jusqu’aux limites du possible, en les faisant affluer dans la partie libre. Ainsi est rendu possible l’engagement dans.la filière. Enfin, tout est fini et le ver se laisse choir.
- Les vers des noisettes, — 1, rameau portant des noisettes véreuses; 2, le charançon des noisettes; 5, noisette contenant un ver; i, le ver, grossi; S, tête grossie du charançon.
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- LA A A TL RL.
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- Lette sortie a lieu, en effet, généralement quand la noisette attaquée est encore attachée à l’arbre. Le ver, conliant dans sa souplesse, se laisse tomber, rouler de feuille en feuille, bondir sur les branches et, linalement, arriver sur le sol. 11 n’a aucun mal et, de suite, pénètre dans la terre : pour lui qui a percé le dur bois de la noisette, c’est un jeu que de s’introduire entre les particules terreuses. Il s’y enfonce à une profondeur plus ou moins grande, s’y creuse une cavité et s’y transforme en une nymphe (pii passe l’hiver d’où, au printemps, sortira l’adulte, un coléoptère du groupe des Curculionides.
- C’est ici (pie nous avons l’explication de la sortie de la noisette. Si la larve y était restée, l’adulte auquel elle aurait donné naissance, aurait eu toutes les peines du monde à s’en dégager, si même il avait pu y parvenir. Les téguments du coléoptère sont en effet d'une dureté absolue : il se serait vu contraint pour sortir de sa prison de creuser un trou au moins égal à son plus grand diamètre et cette opération lui aurait peut-être demandé la majeure partie de son existence.
- Cet adulte, — le Balanin des noisettes, comme on l’appelle, — est un insecte des plus singuliers, au corps trapu et à la tête prolongée en avant par une trompe, un rostre d’une longueur extrême et d’une iinesse étonnante. Tout au bout de la trompe se trouvent de fines mandibules, si petites qu’on les voit à peine, même à la loupe, mais néanmoins si robustes qu’elles en font un foret d’une grande énergie. Le Balanin se rend sur les noisettes presque entièrement mûres, il les explore en tous sens pour se rendre compte sans doute de celles qui ne sont pas habitées — un ver suffisant à une noisette. — Quand il en a trouvé une à sa convenance, il se campe sur ses pattes, s’accroche solidement par les palettes adhésives dont elles sont garnies et applique la mèche de son vilebrequin sur la noisette. On croirait l’insecte immobile; il n’en est rien, son outil travaille, il perfore petit à petit 'la coque résistante et finalement y pénètre. Le rostre ne s’arrête pas là; il creuse de plus en plus, il s’enferme et, finalement, y plonge tout entier. A ce moment, l’extrémité de la trompe atteint la base de l’amande, point juteux que l’insecte a surtout en vue. Pendant toute cette opération, il est probable que le coléoptère se nourrit des débris que sa trompe perce et rien n'est plus légitime. Mais, ce n’est là que l’accessoire du but que poursuit le Balanin. En effet, il ne reste (pie très peu de temps dans sa position de sondeur. 11 retire sa trompe et alors, faisant volte-face, il présente à l’orifice du puits creusé l’autre extrémité de son corps. De celle-ci sort lentement une longue tarière, plus line même mais peut-être plus longue encore que la trompe, elle pénètre dans le canal et, quand elle en a atteint le iond, y dépose un œuf. L’opération est achevée et le Balanin va pratiquer la série des mêmes exercices sur une autre noisette. Chaque œuf déposé devient une larve et nous sommes revenus au point de
- départ de l’histoire du Balanin des noisettes.
- Si, en cassant une noisette, vous y trouvez un ver, ne pestez pas contre votre mauvaise chance; étudiez plutôt cet insecte travailleur et songez qu’il faut (jue tout le monde vive! Henri Coii'ix.
- LE HALO SOLAIRE DU 25 JUILLET 1904
- Le passage de la lumière du Soleil ou de la Lune à travers les nuages élevés, en particulier les cirro-stratus, donne souvent lieu aux beaux phénomènes d’optique atmosphérique connus sous le nom de « halos ». Ces nuages élevés sont constitués très fréquemment par des petits cristaux de glace qui réfractent la lumière et donnent l’apparence des cercles lumineux que l’on observe autour du Soleil et de la Lune. Le halo le moins rare est celui de 22° de rayon. 11 présente quelques-unes des couleurs de l’arc-en-ciel, en particulier le rouge, l’orangé et le jaune.
- Lçs autres couleurs sont peu visibles et confondues avec le bleu du ciel. En outre, comme il y a plusieurs spectres superposés, on voit une zone blanche assez large. Le rouge est à l’intérieur, comme il est aisé de le vérifier par une construction géométrique fort simple. Parfois, on observe autour de ce premier cercle un second arc, de 40° de rayon ; ce second halo est rarement visible en entier et pour nos latitudes ne peut se produire entièrement qu’en été.
- Le cercle parhélique que l’on observe parfois faisant tout le tour de l’horizon est une bande lumineuse blanchâtre produite par la réflexion des rayons solaires sur les prismes de glace qui tombent verticalement et tournent sur eux-mêmes. Ce cercle parhélique passe par le Soleil et, à son intersection avec le halo de 22°, on voit très souvent un renforcement intense de lumière produisant une sorte d’image du Soleil. Ce sont les parhélies. On voit souvent les parhélies sans que le cercle parhélique puisse être distingué.
- Enfin, le zénith même de l’observateur peut être le centre d’un cercle tangent au halo de 22° et désigné sous le nom de cercle circum-zénithal.
- D’autres arcs, tangents au grand halo de 40° et places à 45° de la ligne horizontale ou cercle parhélique ont pu être aperçus. Comme on s’en rend compte aisément, l’étude des halos est donc fort intéressante en raison du spectacle merveilleux offert à l’observateur, et l’on doit saisir toutes les occasions de s’y livrer.
- Le halo solaire qui s’est produit le 25 juillet dernier a été remarquable non pas par la complexité des détails visibles (il n’y a eu que le cercle de 22° et des traces de l’arc circum-zénithal à son point de tangence sur le halo de 22°), mais par l’éclat exceptionnel qu’il a présenté. Je l’ai observé à partir de 9h45ra et jusqu’à 10h20m. 11 a atteint son maximum d’éclat vers 9h 45m et pouvait alors porter une ombre sensible malgré l’intensité delà lumière diffuse du ciel.
- Celui-ci était couvert d’un voile très léger de cirro-stratus et paraissait presque bleu pur. Aucun parhélie n’était visible et seuls le vif éclat et le léger élargissement de la partie AB, voisine du zénith, indiquaient des traces de l’arc circum-zénithal.
- La figure 1 montre l’aspect de ce halo vers 9b 5om ; une partie de l’arc, au bas à gauche, n’était pas visible. La partie CD était très lumineuse, mais beaucoup moins que
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- là partie AB dont l’éclat, à la vue simple, était presque insoutenable.
- Un fait m’a frappé dans l’observation de ce halo : c’est qu’il n’a pas paru circulaire. 11 présentait en A, B, U, 1), une courbure plus prononcée comme l’indique la figure. Cette apparence peut s’expliquer en partie par l’irradiation due au vif éclat des parties AB et CI).
- J’ai signalé plus haut que le halo portait ombre. Cette
- Fig. 1. — Dessin du liulo du 25 juillet 1901 l’ait à 9boom du mutin.
- observation a été faite vers 9h50m dans les conditions suivantes. J’étais placé à l’abri des rayons directs du Soleil, celui-ci étant caché par une maison, mais tout l’arc AB, le plus intense, était visible. Dans ces conditions,
- Ombre portée par le halo solaire du 25 juillet 1901.
- Fig. 2. — L’objet étant disposé Fig. 5. — L’objet étant placé parallèlement à l'arc lumineux perpendiculairement à l’arc lu-voisin du zénith. milieux voisin du zénith.
- l’ombre d’un objet (ici un parapluie dans son fourreau) offrait l’aspect de la figure 2 lorsqu’il était parallèle à l’arc zénithal AB et celui de la figure 3 lorsqu’il était perpendiculaire à la direction de cet arc. C’est qu’en effet dans le second cas la lumière des divers points de l’arc pénétrait sous le parapluie en produisant l’ombre dégradée représentée ici.
- Cette ombre, observée uniquement par suite du très vif éclat de l’are, est analogue aux ombres bizarres que présentant les objets dans une éclipse totale de Soleil
- alors que l’astre du jour est réduit à un mince blet lumineux. Mais, ici, la source lumineuse, au lieu d’avoir 30 minutes d’arc de longueur, avait de 15 à 20 degrés.
- Des ombres de ce genre furent observées en Espagne lors de la belle éclipse du 28 mai 1900. L’ombre de la tète et des mains, sur le sol, paraissait entourée de poils et les doigts semblaient se prolonger par des griffes. Des constatations analogues pourront être faites le 30 août 1905 au cours de la belle éclipse qui aura lieu à cette date et dont la zone de totalité passe, comme en 1900, sur l’Espagne, l’Algérie et la Tunisie. Em. Toucuet.
- LE ZÉBU DE L’INDE EN ALGÉRIE
- Il y a un certain temps1, nous avons attiré l’attention sur les efforts que Ton fait, et dans les Etablissements allemands Ilagenbeck, et chez quelques éleveurs anglais, pour acclimater en Europe des animaux comme le zèbre, ou obtenir des métis d’animaux exotiques, qui seraient susceptibles de rendre d’excellents services à la ferme ou pour les transports en général. Les considérations que nous avions développées à ce propos nous ont valu des renseignements intéressants sur un élevage, une acclimatation et un métissage qui se font aujourd’hui couramment dans notre colonie algérienne.
- 11 s’agit de l’élevage du zébu de l’Inde, pur ou croisé, qui se poursuit depuis déjà quelque temps dans les propriétés de la Verdure et de Mermont, «pic dirige avec un grand talent, et on peut dire avec passion, un homme de beaucoup de savoir, M. Paul Boulineau.
- Tout le monde connaît de nom le zébu de l’Inde, et aussi son aspect caractéristique, avec la bosse de chair qu’il porte sur le garrot; il existe également des espèces de zébus à Madagascar, en Cochinchine, au Soudan môme, mais elles avaient été essayées sans grand succès en Algérie. 11 en est tout au contraire des races pures de zébus de l'Inde, qui sont d’ailleurs nombreuses. Nous signalerons d’un mot la race Trichinopoli ou South Madras, de robe fauve clair, et bonne pour le travail comme pour la boucherie, ou encore la race Kistna Nagar et la race Bengali, dont la première est particulièrement grande et peut même être employée dans de bonnes conditions comme laitière. Le zébu est, d’une façon générale, un animal fort intéressant pour les éleveurs, -et en particulier pour les éleveurs cl les fermiers ^algériens : il réussit parfaitement dans les plaines du littoral de notre colonie, dans les vallées chaudes, les dunes, les contrées sèches et à maigre végétation ; on a constaté également que, s’il était besoin de pratiquer la transhumance, il s’accommoderait aussi des hauts plateaux durant Tété; enfin, dans certaines oasis du Sud, on estime qu’il trouverait à s’utiliser parfaitement. Mais normalement cet animal est surtout indiqué pour les pâturages desséchés après la récolte des fourrages, et pour les chaumes après la
- 1 Yov. ii° 1599, rlu 16 janvier 1904, p. 107.
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- moisson. C’est ce que nous faisait remarquer assez récemment M. Boulineau lui-mème, qui a étudié tout spécialement le zébu avant que de se lancer dans son élevage spécial, et dans la production de métis de zébus et de bœufs de variétés diverses.
- Nous n’avons pas besoin de rappeler l’importance qu’ont les bêtes bovines en Algérie : elles jouent un rôle de premier ordre dans l’exportation, puisque le port de Bône à lui seul exporte chaque année au moins 50000 têtes de bœufs, et il est bien certain tpie ce commerce augmentera encore si l’on améliore les races indigènes, qui laissent grandement à désirer comme animaux de boucherie, surtout quand on veut les mettre en vente sur les marchés continentaux. Il va sans dire que les colons ont déjà cherché
- lier la race indigène proprement dite, qui laisse beaucoup à désirer, et l’on a tenté des croisements les plus divers.
- Plusieurs ont réussi, mais il s’en faut qu’il en soit ainsi de toutes les races améliorantes européennes qui ont été introduites.
- Le climat du littoral a été souvent une cause qui empêchait l’implantation définitive des animaux qu'on avait amenés comme reproducteurs. D’autre part, dans des contrées plantureuses comme la vallée de la Seybouse, mais chaudes l’été et humides l’hiver, on a vu se développer des maladies épidémiques qui décimaient complètement ces bêtes d’importation.
- Le croisement du zébu avec la vache indigène, et aussi avec des races améliorantes étrangères, produit des métis dont on s’accorde à reconnaître les qualités. Les sujets que l’on obtient donnent un rendement en viande supérieur d’un quart à celui des autres animaux (pie produisait jusqu’à présent l’élevage algérien, et ces sujets offrent une résistance remarquable aux mauvaises influences qui se font sentir au printemps, et qui causent souvent le charbon symptomatique, la jaunisse, l’hématurie; en même temps, ils s'adaptent parfaitement aux rigueurs de l’été, qui font tant maigrir tous les autres animaux : on a là un bétail d’été qui s’engraisse dans les prairies desséchées. Nous pourrions ajouter que ces bêtes sont susceptibles detre employées au travail et de rendre des services égaux à ceux qu’on demande aux mulets.
- Nous avons dit que les croisements ne donnent de bons résultats qu’à condition d’être faits avec des taureaux ou des vaches des races pures de zébus de l’Inde, et appartenant plutôt à certaines variétés : c’est pour cela que, dans ces élevages dont nous parlions, de la Verdure et de Mermont, qui se trouvent aux environs de Bône, on se livre à la production de purs sangs dont la pureté est maintenue avec le plus grand soin. Nous donnons précisément des photographies de certains des reproducteurs qui se trou-
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- vent snr ces domaines on : y voit l'élégance caractéristique de ces animaux. Et sous le climat de l’Algérie, avec quelques soins éclairés, cet élevage tout spécial ne présente pas de réelles difficultés; il faut seulement offrir au jeune taureau un abri où il puisse se réfugier durant les grandes pluies d’hiver, en même temps que lui accorder une ration de grains en outre de la pâture; il n’y a du reste pas lieu de le conserver quand il commence à vieillir.
- D’une manière générale, le taureau zébu n'est nullement méchant; c’est tout au plus si, quand il atteint 5 ou C> ans, il devient peu accueillant pour les gens qu’il ne connaît pas. Les zébus purs ou même croisés ne sont point craintifs et patients comme les bêtes algériennes indigènes, et ils demandent à ne jamais être brutalisés pas plus qu’impatientés ; mais ils sont particulièrement intelligents, et, de plus, on arrive à les apprivoiser merveilleusement par la gourmandise : ils deviennent alors tout à lait familiers avec leur maître c t 1 e u r gardien. D’ailleurs, s’ils font mine de quelque mouvement hostile, il ne faut ni les fuir, ni les attaquer, mais tout simplement demeurer calme, et on a toujours la ressource assez curieuse de leur jeter un peu d’eau, ce qui leur fait immédiatement exécuter demi-tour. Nous donnons quelques photographies
- qui montrent bien les divers produits métis qu’on peut obtenir.
- 11 faut observer certaines règles dans les croisements, suivant le but que l’on poursuit, et il importe de se limiter. Le taureau zébu et la vache indigène algérienne fournissent des produits de demi-sang dont le rendement en viande est fort satisfaisant, et qui résistent à toutes les maladies endémiques; un croisement de taureau demi-sang avec une vache indigène permet d’obtenir des quarl-de-sang qui sont r em arquables comme bêtes de travail, notamment pour les vignobles, et qui sont d’nn dressage particulièrement facile. Enfin, l’introduction du sang zébu dans les races européennes constitue, comme on
- dit, un correcteur physiologique, en ce sens qu’on pourra, par exemple, affiner l’ossature chez les races lourdes comme la race suisse ou la race normande, donner de la résistance à celles d’un accl i m a t e m e n t malaisé ; nous devons reconnaître qu’ici les résultats des croisements ne sont pas toujours aisés à prévoir et qu’il faut ensuite sélectionner les produits. La production de ces métis est, somme toute, des plus utiles, et les résultats obtenus confirment pleinement ce que nous avons dit de l’intérêt que présentent les expériences de ce genre.
- Pierre de Mériet..
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- LA NATURE.
- HISTOIRE
- ET
- YiLEUR DES HYBRIDES DE GREFFE
- À l’heure où les hybrides et les métis de greffe préoccupent les cultivateurs, il est intéressant de remonter aux premiers laits qui sont comme la source de cette importante question de l’hybridité et du métissage asexuels, c’est-à-dire produits sans l’intervention des organes de la génération.
- Le Cytise d’Adam (Cytisus Adami), dont l’apparition remonte à 1827, semble être le premier hybride de greffe sûrement constaté ; néanmoins, les opinions sur son origine furent tout d’abord contradictoires. Un horticulteur de Rouen et Poiteau nièrent que le Cytise d’Adam fût un hybride de greffe. Mais que vaut leur avis à côté de celui d’Adam, l’obtenteur du « Cytisus Adami ».
- « En 1825, écrit cet horticulteur, j’ai greffé en écusson, selon mon usage, un certain nombre de cytises pourpres (Cvtisus purpureus) sur autant de sujets de cytises des Alpes (Cytisus laburnum) : l’un de ces écussons a boudé un an, comme cela arrive assez souvent, et, pendant ce temps, l’œil s’est beaucoup multiplié comme cela arrive également assez souvent. La seconde année, tous les veux de cet écusson sont partis et, parmi les rameaux qui en sont provenus, j’en ai remarqué un qui se distinguait des autres par un plus grand développement, par une direction verticale et par des feuilles beaucoup plus grandes assez semblables à celles du Cytise des Alpes. Alors, j’ai greffé et multiplié ce rameau, espérant que ce serait une variété intéressante ; mais ayant toujours vendu les arbres à mesure que je les multipliais de greffe, je n’en ai jamais vu la fleur ».
- Après cela, si l’on n’admet pas le « Cytisus Adami » comme représentant un cas d’hybridité asexuelle, il faut considérer cet arbuste soit comme une variation de bourgeon, soit comme un hybride normal. Mais ces deux hypothèses sont également inadmissibles. En effet : le Cytise d’Adam n’est pas une variation de bourgeon parce que les variations de bourgeons donnent des fleurs fertiles. Or, dans notre Cytise, lorsque les fleurs produites sont intermédiaires entre celles des deux parents (C. laburnum et C. purpureus), elles sont stériles; il n’y a que les fleurs jaune pur et les fleurs pourpre pur de ce singulier hybride qui soient fertiles et, dans ce cas, les graines produites donnent des individus qui font retour à leur tvpe respectif : les graines de fleurs rouges au « C. purpureus », les graines de fleurs jaunes au« C. laburnum ».
- On ne peut pas admettre davantage que le « Cytisus Adami » soit un hybride normal entre « Cytisus purpureus » et (( Cytisus laburnum », car le croisement entre ces deux espèces, tenté par Reisseck, par Caspary et par Darwin lui-même, a toujours été sans résultat. Laissons e fameux oranger « Bizarria », qui a près de trois siècles d’histoire et dont l’origine peut être entachée de quelques erreurs. Plus près de nous, au xvuie et au xixe siècle, nous trouvons, dans les travaux des naturalistes et des agronomes de cette période : Bradley, Gærtner, Lindley, Morren, Rivers, des mentions d’hybrides ou de métis de greffes intéressants et nombreux.
- D’après Rivers, lorsqu’on greffe le jasmin panaché sur jasmin commun, ce dernier produit parfois des bourgeons portant des feuilles panachées. Le même auteur rapporte ([lie des bourgeons du frêne panaché-doré, ayant été greffés sur frêne commun, périrent, mais affectèrent le sujet qui produisit, tant au-dessus qu’au-dessous des points
- de greffe, un certain nombre de rameaux à feuilles panachées.
- Au dire de Morren, plusieurs Abutilons verts, sur lesquels on avait greffé ]’« Abutilon Thompsoni », à feuilles panachées, sont devenus panachés. Seulement, objecte Morren, « si l’on admet que la panaclmre des feuilles est une maladie, on peut considérer sa transmission au sujet porte-greffe comme un cas d’inoculation ». De fait, l’auteur démontre expérimentalement qu’on produit la pana-chure, chez une plante, rien qu’en insérant, sous l’écorce de cette plante, une feuille panachée de même espèce1.
- Gærtner a fait produire des raisins panachés à deux branches de deux vignes — l’une à fruit noir, l’autre à fruit blanc — qu’il avait préalablement fendues en long et réunies par leur section.
- Chez un pépiniériste de Bedfort, une aubépine à fleurs incarnat foncé, greffée sur aubépine blanche, a produit, pendant plusieurs années, à peu de distance au-dessus de la greffe, des corymbes de fleurs blanches, roses, et d’un rouge cramoisi intense2.
- Nous pourrions citer aussi quelques rosiers qui sont des hybrides ou des métis de greffes; mais les faits les plus nombreux de métissage asexuel ont été fournis par les greffes entre pommes de terre.
- Dans des essais tentés par Trail, Fitzpatrick, Taylor, en Angleterre; Hildebrand, Heimann, Reuter, en Allemagne; Fearing Burr aux Etats-Unis, et qui remontent à l’époque comprise entre 1807 et 1871, ces expérimentateurs ont prouvé qu’en greffant l’un sur l’autre des tubercules ou des rameaux de pommes de terre différentes, on obtient des variétés intermédiaires entre les deux individus unis : et ils ont pu faire voir ainsi, aux Sociétés d’Horticulture et aux personnes qui s’intéressaient à leurs travaux, des pommes de terre invraisemblables : bicolores, marbrées, rayées de rouge sur fond blanc; bref, de formes et de couleurs bizarres.
- Avons-nous besoin d’ajouter à ces exemples ceux plus récents du néflier de Bronvaux — qui a donné des rameaux moitié néflier moitié aubépine — et du poirier de Weissdorn greffé sur cratægus, comme le néflier précédent, et dont le fruit, qui rappelle l’azerole par la couleur, est moitié poire, moitié azerole par la saveur.
- Tous ces faits, qui viennent confirmer les expériences de M. Daniel et les observations du botaniste de Rennes, prouvent sans réplique la possibilité des hybrides et des métis par génération asexuelle, et donnent raison à la théorie d’Huxley sur l’individualité du liquide vivant ou « plasma végétal » ; car c’est par la confusion de deux plasmas distincts, unis par la greffe, que naissent les hybrides et les métis ne devant rien au phénomène de la fécondation. Et, maintenant, doit-on conclure de ces données qu’il n’y a pas de différence entre un hybride sorti d’une graine et un hybride issu d’une greffe? Nullement ! 11 est visible, au contraire, que chez les hybrides et les métis normaux, c’est-à-dire provenant de générations sexuelles, les caractères nouveaux, tout en représentant une fusion meilleure des caractères ancestraux, sont plus stables et plus homogènes. Il est donc prudent de n’adopter les formes nouvelles (hybrides ou métis de greffe) qu’avec une certaine circonspection, de crainte de les voir donner tout autre chose que ce qu’elles promettaient à l’origine.
- Georges Beixair.
- 1 Morren. « Bulletin de l’Académie royale des sciences de Belgique », 1869.
- 2 Darwin : De la variation des animaux et des plantes; 2e édition, 1879.
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- LES ROCHERS GRADÉS DE YENDÉE
- Il existe dans la sociologie d’un très grand nombre de peuples certains usages communs que l’on voit se manifester d’ailleurs un peu à toutes les époques.
- Pour ce qui a trait aux nécessités de la vie, cela n’a rien de très étonnant : quels que soient l’époque et le pays, il n’y a qu’un nombre assez limité de manières de se procurer des aliments ou des boissons ou de se vêtir. Mais lorsqu’il s’agit de manifestations sociales dont le but rigoureusement utilitaire échappe, le fait semble plus curieux. Tel est le cas pour cet usage de graver ou de peindre des signes, des figures ou des inscriptions, soit sur des parois rocheuses, soit sur des rochers isolés. Cette pratique se retrouve dès les époques préhistoriques anciennes. Nous avons, ici même1, signalé les gravures remontant à ces âges reculés que nous avons, Breuil, Peyrony et moi, découvertes sur les parois de diverses grottes de la Dordogne. Plus tard, à l’époque des dolmens, et sur ces monuments, on retrouve ce même usage mais avec figurations complètement différentes, aussi bien en Gaule qu’en Angleterre ou en Scandinavie.
- Sur les parois rocheuses ou les rochers isolés, les figures les plus variées ont été gravées ou peintes, on peut dire dans le monde entier et à toutes les époques. En Suisse, ce sont les curieuses pierres à cupules, à écuelles, etc.; en Algérie,les pierres écrites; en Scandinavie, en Écosse, en Portugal, en Russie, des figurations de scènes variées, de personnages, de signes divers. En Amérique, aussi bien du Nord que du Sud, en Australie, au sud de l’Afrique, presque jusqu’à nos jours, les indigènes ont gravé ou peint sur les rochers des signes décoratifs ou plutôt symboliques, des figures diverses souvent fort compliquées, qui jouent un grand rôle dans leurs pratiques religieuses. Le nombre de ces images actuellement connues est considérable.
- En France, il en existe un certain nombre en Seine-et-Marne, dans les Vosges et divers départements du Midi, et certainement il en est beaucoup plus qui ont été méconnues jusqu’ici. De ce nombre sont les curieux blocs de rochers gravés que nous avons, Charbon-neau, Breuil et moi, signalés à l’Académie des Inscriptions au commencement de cette année.
- En plein Bocage, près de Saint-Aubin-Baubigné, entre Bressuire (Deux-Sèvres) et Cholet (Maine-et-Loire), tout autour d’une ferme : la ferme de la Vaulx, sur une surface d’un kilomètre carré environ, il existe de très nombreux blocs de granit isolés au milieu des champs, souvent volumineux (jusqu’à T) mètres de hauteur). Un très grand nombre de ces blocs portent sur leurs surfaces de bien singulières gravures qu’on avait remarquées depuis assez longtemps et qu’on avait attribuées, suivant une opinion très courante jusqu’en ces dernières années, toutes les fois qu’il s’agissait de ces monuments antiques, à un berger ou un idiot qui aurait ainsi charmé ses loisirs.
- 1 Yoy. n° 1503, du 15 mars 1902, p. 226.
- Or nous avons pu constater l’existence, autour de la ferme de la Vaulx, de 40 blocs de granit à gravures profondément incisées dans un granit très dur et recouvertes d’une véritable patine. D’autre part, des fragments de blocs gravés se trouvent comme matériaux de construction dans les murs de batiments de la ferme qui remontent au xvuR ou xvnie siècle ; enfin l’étude technologique de ces gravures ne peut laisser subsister le moindre doute sur l’antiquité de ces figures. Du reste, il y a quelque quarante ans, le marquis de la Bretesche, puis plus tard, en 1880, le comte de Béjarry; en 1882, les abbés Gabard et Àirault, le Dr Béraud avaient reconnu le vif intérêt de ces monuments, mais aucune étude compétente n’en avait été faite et rien n’avait été publié à leur sujet.
- Le travail minutieux d’investigation sur place auquel nous nous sommes livrés, les photographies, les relevés que nous avons faits nous ont permis d’établir un classement de ces figures. Deux groupes de sujets bien distincts ont été gravés. Ce sont d’abord des signes, et en premier lieu les plus simples, fréquents sur les monuments similaires dont nous parlions plus haut, sont des petites cavités circulaires : cupules, ou plus larges : écuelles, puis des croix, des cercles, des carrés, les uns simples, d’autres avec barre transversale, souvent de simples traits, isolés ou associés, horizontaux ou verticaux, puis toute une série de signes spéciaux dont on pourra se rendre compte sur la figure 1.
- L’analyse de ces signes est fort intéressante. On en retrouve de tout semblables sur nombre de monuments très anciens périméditerranéens. Plusieurs figurent dans les alphabets primitifs crétois, égyptiens, prémycéniens; tels le cercle, la croix cerclée, la croix simple et la croix de Saint-André, les signes en U, en crosse, les traits parallèles.
- 11 paraît donc bien vraisemblable que ces divers signes, parfois associés ou placés à côté des représentations de personnages, comme dans la figure 4 : croix et cercles, avaient une signification voulue, une valeur symbolique ou alphabétiforme. On retrouve d’ailleurs plusieurs de ces signes sur des mégalithes et sur des rochers, aussi bien en Angleterre qu’en Gaule et même dans l’Inde. A la Vaulx, ils paraissent contemporains des autres gravures.
- Celles-ci sont des représentations animales ou humaines extrêmement stylisées et particulièrement grossières. Nous sommes bien loin des jolies représentations si naturalistes de nos artistes de l’époque des cavernes. Ce sont évidemment de tout autres hommes qui ont gravé ces étranges figures des rochers de Vendée où on peut néanmoins reconnaître une réelle analogie avec d’autres gravures antiques existant ailleurs. Ainsi les animaux sont représentés suivant une convention singulière, qui, chose curieuse, est identique à celle qu’employaient les Égyptiens et les Lybiens préhistoriques pour leurs gravures sur rochers, ou leurs graffiti sur les vases. La figure 4 nous dispensera d’une plus ample description.
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- Sur deux blocs le bord de la roche affectant naturellement une silhouette zoomorphe a été accentué par une usure sous forme de rainure ou de petite cavité (par exemple pour figurer la bouche et l’œil).
- Les réprésentations humaines sont de deux types.
- Dans le premier, elles se réduisent, pour la forme la plus simple, à la figuration exclusive des doigts (par deux groupes de 5 ou 6 traits verticaux) sur un bloc (fig. 2). L’image peut se compliquer un peu : à la représentation des doigts s’ajoute celle de la bouche
- Fig. 1. — Divers signes gravés sur les rochers de lu Yaulx. Fig. Ÿ. — Bloc-slatue avec l’indication des doigts seulement.
- et peut-être des moustaches et parfois d’un pagne (?) indiqué par un carré sur ce qui est censé représenter le ventre. Quelquefois divers accessoires sont figurés sur le bloc : armes, paniers (?). Certains blocs doivent se rapporter à des types féminins (figuration des seins par deux cercles, d’un collier) (fig. o). Ces très grossières images rappellent absolument celles que l’abbé llermet a signalées sous le nom de statues-menhirs dans le,
- Tarn et les départements limitrophes et que l’on fait remonter à l’époque du bronze. Nous avons dénommé celles de la Yaulx blocs-statues.
- Parfois la représentation humaine résulte de l’accentuation par quelques traits gravés d’un bloc ayant naturellement un aspect anthropomorphe. Le second type, auquel nous avons donné le nom de « type poupée », est bien caractérisé par cette terminologie (fig. 5). Ces représentations sont tantôt isolées, tantôt associées deux à deux ou même plusieurs ensemble ; parfois la figure humaine est à côté d’une représentation animale. Il y a quelquefois la reproduction d’une vraie scène : par exemple deux animaux, deux per-
- sonnages humains dont l’un figure peut-être un cavalier, puis divers signes, cercles et croix (fig. 4). Sur un autre rocher il semble qu’il y ait une suite de
- personnages se tenant par les bras.
- Enfin les figurations humaines des deux types peuvent être associées sur un même bloc. Tel est le cas pour un des plus beaux blocs qui mesure près de 5 mètres de hauteur sur environ 2 mètres de largeur et d’épaisseur et dont nous donnons ici la reproduction de notre photogra-phieencore inédite (fig. 5). Comme on le voit, la face est marquée par deux demi-cercles latéraux et entre eux une large bouche,cavité ovale assez profonde. Au-dessous deux barres verticales (cou ou barbe?). Sur les côtés les cinq traits figurant les mains. A droite un long sillon (arme ou bâton ?). Au-dessous deux barres demi-ovales figurant peut-être un panier ou un sac. Enfin à gauche et en haut une petite figuration humaine du type poupée et qui indique peut-être un enfant porté sur le bras.
- Ces figures ont dû être très nombreuses autour de la ferme de la Yaulx. Plusieurs blocs fort curieux,
- Fig. 3. — Bloc-statue féminin avec l’indication des seins, d'un collier, des doigts, d’accessoires divers.
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- figurés par l'abbé Airault en 1882, ont disparu; nous tants et portant environ 200 signes ou figures. Quel avons pu néanmoins en trouver 40 encore subsis- Age peut-on leur attribuer? On pourrait précisément
- Fig. 4. — Bloc gravé avec figurations humaines accompagnées de divers signes.
- Fig. 5. — Bloc-statue avec indication de divers accessoires et peut-être d’un enfant.
- à cause de leur grossièreté les rajeunir beaucoup et les considérer comme étant d’époque barbare ; ve au \me siècle de notre ère. Mais, ainsi que nous l’avons
- dit plus haut, la comparaison avec divers monuments antiques permet de les faire remonter plutôt, mais non toutefois sans réserves, environ à la fin de l’épo-
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- que du bronze, soit en chiffres, naturellement assez approximatifs, du vuie au xive siècle avant l’ère.
- Dans quel but ces gravures ont-elles été faites? L’étude comparative des gravures similaires, dont nous parlions plus haut, permet de leur attribuer suivant toute vraisemblance une signification commémorative ou plutôt un caractère religieux ou fétichique. En tout cas, il y a h'i un ensemble extrêmement curieux et unique en son genre que nous tenions à signaler aux lecteurs de ce journal auxquels nous sommes heureux de communiquer nos découvertes, en leur réservant toujours quelques points inédits.
- I)r Capital.
- LES GALETS DES PLAGES
- Pendant un séjour sur les bords de la Manche, j’ai été conduit à m’occuper des galets et à rechercher les lois qui président à la détermination de leurs formes. Les matériaux ne me manquaient pas, car Dieu sait si les galets sont nombreux sur nos plages de Normandie et de Picardie ; cette étude m’a donc été facile. J’ajouterai qu’elle m’a fort amusé. J’ai procédé par statistique eu mesurant un grand nombre de cailloux, plusieurs milliers, et je suis parvenu à certains résultats que je vais faire connaître.
- Tout d’abord, il y a lieu de distinguer trois sortes de pierres roulées; 1° les dures, composées de silice à peu
- Différents galets des plages normandes.
- près pure ; 2“ les tendres qui proviennent des éclats des roches calcaires; 5° celles qui, comme la brique ou le verre, sont des résidus de l’industrie humaine. J’ai laissé de côté cette dernière catégorie dont les spécimens étaient relativement rares et qui, souvent, rappelaient par trop les formes primitives.
- Les galets siliceux et les galets calcaires offrent entre eux cette différence que les premiers ont été, dans bien des cas, beaucoup moins usés par le frottement que les autres ; certains mêmes sont encore recouverts de la couche calcaire dont ils étaient pourvus au moment où ils ont été arrachés de la roche à laquelle ils appartenaient. On retrouve donc parmi les galets siliceux beaucoup de formes primitives, telle que la sphère et le cylindre. C’est par là •pie les deux sortes de cailloux diffèrent, car les galets sphériques et cylindriques ne se rencontrent que parmi les siliceux et jamais parmi les calcaires. Afin d’étudier les formes auxquelles amène le frottement des cailloux les uns contre les autres, il suffirait donc de se borner à considérer les calcaires toujours fort usés.
- 11 résulte de mes observations que ce n’est pas vers une
- forme unique que semble tendre un caillou qui s’use de pllis en plus. La forme générale est bien la même pour tous, et c’est la forme ellipsoïdale, mais elle tend vers deux types qui se distinguent par des dimensions relatives différentes. Le premier est l’olive ayant pour dimensions A sur 5 ; le second, l’ellipsoïde, avec les proportions 1, 2 et 4. 11 semble que, d’après sa forme primitive, le caillou ait été appelé soit à rouler, soit à glisser tantôt sur une face et tantôt sur l’autre; dans le premier cas. c’est la forme olive qui a prévalu et s’est perpétuée; dans le second cas, c’est l’ellipsoïde très aplati qui en est résulté. C’est là le point essentiel qui me paraît devoir être signalé. Cette conclusion s’applique, bien entendu, à tous les galets usés aussi bien siliceux que calcaires.
- Je me suis occupé aussi d’une autre question, d’une certaine importance au point de vue spéculatif. Lorsque l’on considère tous les cailloux indistinctement qui forment nos plages, depuis les plus petits jusqu’aux plus gros, on ne distingue aucune démarcation entre eux et il semble évident qu’il faut les tenir, comme appartenant tous à une seule et même famille. Et, alors, cette question vient se poser naturellement à l’esprit ; n’y aurait-il pas une loi de progression reliant le nombre des galets à leurs dimensions ou à leur poids? Cette loi de la nature terrestre serait, en somme, analogue à celle qui préside à la distribution dans le ciel des étoiles suivant leurs diverses grandeurs.
- Le problème était des plus ardus et il ne m’a été possible que de l’effleurer, quoique j’aie procédé à un très grand nombre de mesures. Je me suis borné à détermi-ner les nombres respectifs de galets, que j’ai rencontrés pendant vingt heures de recherches environ, avec les dimensions moyennes de 4 et de 5 centimètres. Mes observations ont ainsi porté sur près de 2000 cailloux.
- J’avais choisi les deux dimensions précédentes pour cette raison que les volumes correspondants étaient sensiblement dans le rapport 1 à 2. Or, ma statistique m’a fourni un rapport de 1,97 entre le nombre de cailloux de 4 centimètres et celui des cailloux de 5. 11 semble donc que, pour les présentes dimensions, le nombre des galets soit, à très peu de chose près, inversement proportionnel à leur volume. Les deux dimensions choisies n’offrant aucun caractère particulier, on est conduit à penser que la loi trouvée pour elles pourrait bien être générale et s’appliquer à toute la suite des galets, depuis ceux de plusieurs kilogrammes jusqu’aux grains de sable d’à peine un milligramme. En ce cas, voyons le rapport qui devrait exister entre deux cailloux dont l’un serait un gros galet, ayant 10 centimètres de dimension moyenne, et un grain de sable d’un dixième de millimètre. Le rapport des volumes étant comme un milliard est à l’unité, on en conclut qu’il doit y avoir un milliard de grains de sable de un dixième de millimètre pour un galet de 10 centimètres. Cette très grande disproportion expliquerait l’énorme quantité de grains de sable que l’on constate en regard du nombre relativement restreint des gros
- galets. Delausey.
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- ÜN ESSAIM D’ABEILLES AD MUSÉUM
- Dans un article précédent1 en 1901, nous signalions l’existence dans un sophora du Muséum, d’une colonie d’abeilles qui s’était fixée là depuis de longues années. Nous faisions alors remarquer que l’observation de cette
- 1 Voy. n°1474 du 24 août 1901, p. 204.
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- colonie présenterait le plus vif intérêt et qu’il ne serait pas étonnant de la voir « essaimer )). C’est ce qui s’est en effet produit le 16 mai dernier.
- Le fait nous fut d’abord signalé par M. le professeur Vaillant, et M. le professeur E. Bouvier en a fait le sujet d’une communication à la Société Kntomologique de France dans sa séance du 22 juin.
- Cet essaim s’est fixé (à la hauteur d’environ 6 mètres), à une forte branche d’un sophora voisin de celui qui abrite la souche d’où il est issu. Quand nous l’avons
- Un essaim d’abeilles au Muséum.
- dessiné il était déjà fort volumineux. Les abeilles étaient groupées sur quatre rayons qui mesuraient une trentaine de centimètres, et qui en atteignent aujourd’hui une cinquantaine.
- M. Bouvier fait observer avec raison qu’on voit rarement à l’air libre des constructions d’abeilles aussi vastes et aussi persistantes.
- Les chaleurs que nous avons traversées ont été certainement favorables au développement de cet essaim; mais que deviendra-t-il ainsi fixé sans abri aux approches de la mauvaise saison ? A.-L. Clemext.
- UNE MÉTHODE ORIGINALE
- DE TRAIRE LES VACHES
- Le procédé, décrit par la publication « Deutsche Land-xvirtschaft-Tiezucht », a été imaginé par M. Ilegelund, Conseiller pour l’industrie laitière en Danemark, et il a pour but d’augmenter la production du lait chez les vaches.
- Le grand principe de cette méthode est de traire souvent, principalement à la suite du vêlage; si, au lieu de traire 5 fois par jour, on opère huit fois par exemple, on arrive, sans modifier comme de juste l'alimentation, à faire donner 10 kg de lait à une vache qui n’en donnait pas 4 ; on peut même, si l’on s’en rapporte à certains cas, espérer faire monter la production de 6 à 14 kg et plus. Et ce qu’il y a de plus original, c’est que, quand on a fait subir ce traitement pendant quelque trois semaines à l’animal, et que l’on revient à la pratique des 3 traites par jour, il n’en continue pas moins à donner cette grande quantité de lait. Il est bien évident que ce pro-
- cédé est imité de la nature, car le veau, quand il est laissé avec sa mère, ne se fait pas faute de la téter fort souvent. Les traites multipliées que recommande M. He-gelund vident à fond le pis de la vache ; c’est cela qui semble entretenir la sécrétion du lait.
- La traite doit s’opérer avec un tour de main assez difficile à expliquer brièvement, et qui est enseigné dans des cours faits à l’Ecole de laiterie de Ladclund. Le pis de la vache est toujours au préalable frotté avec un linge de coton sec, puis on trait les deux quartiers de droite, ensuite les deux de gauche; le trayon est d’abord tendu et pressé avec le pouce et l’index, puis on ferme les autres doigts. C’est la traite principale qu’on effectue ainsi; pour la traite secondaire ou complémentaire, faite pour vider le pis à fond, on enserre les deux quartiers de droite avec les doigts étendus ; on les presse de la racine des trayons vers le haut, cela à trois reprises, et l’on en agit de même avec les quartiers de gauche. Puis on saisit des deux mains les trayons et l’on pousse vers le haut, comme le veau le fait avec sa tête; au bout de trois de ces mouvements, on exprime le lait rassemblé; on masse la moitié antérieure du pis, en remontant et en pressant énergiquement vers le milieu, et de nouveau on exprime le lait. On en fait autant pour la moitié postérieure ; enfin on suit une technique un peu compliquée, mais quijparaît donner d’excellents résultats. II. B.
- --O-^X.-
- L’EXPOSITION DE SAINT-LOUIS
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- On aurait pu croire que l’ère était close des expositions universelles internationales, étant donné qu’aujourd’hui ces sortes de foires demandent, pour être complètes, des places trop vastes, et aussi que les relations si faciles qui existent entre toutes les parties du monde, les innombrables publications scientifiques, commerciales ou autres, peuvent tenir chacun au courant de ce qui se passe dans les pays les plus éloignés. Cependant les Américains ont voulu avoir une exposition universelle «à Saint-Louis, dans leur désir de célébrer dignement le centenaire de la vente de la Louisiane, à eux consentie, comme on sait, par la France: ce leur était d’ailleurs une occasion, agréable pour leur amour-propre quelque peu développé, de montrer les progrès extraordinaires de cette province qu’on leur avait abandonnée pour quelques millions de francs, en même temps que le développement de la Confédération tout entière. Et ils n’ont point oublié d’exposer, dans un des palais dont nous parlerons tout à l’heure, le traité de vente signé entre Jefferson et Napoléon, pas plus que la traite qui a servi à payer cet achat, ce « purchase » : ce dernier mot nous explique pourquoi l’Exposition actuelle de Saint-Louis est connue plutôt, dans les milieux américains, sous le nom de « Purchase Exposition ».
- Saint-Louis était tout indiqué pour cette Exposition ; on sait son importance commerciale, sa situation exceptionnelle comme nœud de lignes ferrées, et l’on avait en outre la bonne chance d’y trouver, aux limites de l’agglomération, mais enfin à une distance raisonnable du centre de la ville, un espace libre
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- immense, ainsi que le montre la carte que nous donnons : ce Forest Park, comme on l’appelle, offre des collines, des petites vallées, des cours d’eau et des lacs, et forme un emplacemeut idéal pour une exposition où l’on voulait le pittoresque. Et cet emplacement s’étend sur une telle superficie qu’il n’est pas entièrement occupé par la « Foire », quelles que soient les dimensions que l’on a tenu à donner à celle-ci, puisque les Américains prétendent toujours faire gigantesque, en partie pour étonner le Vieux Monde.
- On peut juger immédiatement des proportions de cette exposition, non seulement par la surface qu’elle couvre, surface qui se perd un peu dans ce cadre immense de Saint-Louis, mais encore par les sommes que l’on y a consacrées. En effet, elle n’a pas coûté jusqu’ici moins de 250 millions de francs (et encore tairons-nous les difficultés pécuniaires en face desquelles on se trouve dès maintenant, de meme que
- nous oublierons que rien n’était prêt dans l’Exposition au moment de son ouverture solennelle : ce sont là choses assez ordinaires). Cet énorme capital a d'abord été couvert par une souscription populaire de 25 millions, à Saint-Louis même; le gouvernement des États-Unis a donné 55 millions, les différents États et Territoires ont contribué pour 55 millions, les concessions ont donné 50 millions, la part des gouvernements étrangers est de 25 millions, et enfin le reste est couvert en partie par les rétributions versées par les exposants, et sera complété par les recettes sur lesquelles on compte. La surface comprise dans l’enceinte régulière est de plus de 500 hectares, et les Palais principaux en couvrent 52, ce qui est respectable, comme on voit. Mais des attractions installées, ou en cours d’installation, couvriront encore une quarantaine d’hectares en dehors de l’enceinte. Les Etats et Territoires américains ont construit
- quelque 45 bâtiments, et l’on compte une quarantaine de pavillons étrangers, à commencer par la reproduction du Grand Trianon qu’expose la France, tandis que l’Allemagne a créé un pastiche d’un des palais royaux.
- Nous avons dit qu’on avait trouvé un endroit idéal pour y installer l’exposition, en ce sens que le terrain était suffisamment mouvementé pour qu’on y pût ménager certains effets de perspective et d’imprévu, en même temps que des terrasses qui devaient mettre en valeur les aspects architecturaux des palais. On a eu, du reste, à exécuter des terrassements fort importants, mais on a su tirer bon parti du milieu dans lequel on se trouvait. En examinant la vue d’ensemble que nous donnons de l’Exposition, on remarquera la disposition toute particulière qu’on a adoptée pour la plupart des grands palais, qui sont établis le long de larges avenues venant rayonner autour d’une colline appelée « Art Ilill » (colline de l’Art). Celle-ci est domi-
- née par la Salle des Fêtes, le Palais des Beaux-Arts, et, en demi-cercle, s’étend la Terrasse des États, décorée de statues personnifiant ces Etats; de celte terrasse descendent des cascades qui vont ensuite former un vaste bassin central et deux bassins latéraux séparant certains des palais principaux. Il y a là toute une colonnade en arc de cercle, qui fait partie de ce qu’on appelle la « Main Picture », le « Tableau », où l’on a voulu réunir tout ce qui constitue, à ce qu’on affirme, l’art américain au commencement du xxe siècle, et où le bon goût ne règne pas toujours sans partage.
- Lorsqu’on se trouve en face de ce motif central, on a à sa gauche (si on laisse de côté le bâtiment du Gouvernement) le Palais des Mines et de la Métallurgie et celui des Arts Libéraux, disposés l’un en avant de l’autre; puis viennent les palais de l’Enseignement et des Manufactures, suivant un autre rayon qui part de la Colline de l’Art; en franchissant la grande pièce d’eau, on trouve ensuite
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- LA NATURE.
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- l’Électricité et les Industries diverses; ces deux palais, comme ceux des Manufactures et de T Enseignement, sont séparés par des canaux que franchissent des ponts aux prétentions architecturales, et dont les eaux proviennent des cascades et du hassin principal. A l’extrême droite, s’élèvent les Palais des Machines et des Moyens de transport, et, un peu plus loin, nous apercevons le bâtiment du Gouvernement Français, tandis que les Palais de l’Agriculture et de l’Horticulture se dressent dans la seconde partie des terrains de l’Exposition, là où Ton a pu réserver des espaces assez considérables aux expositions secondaires et pittoresques, qui font malheu-
- reusement de moins en moins défaut dans les foires de ce genre.
- Une des principales de ces expositions « à côté », de ces attractions, qui ne réussissent pas toujours maintenant à attirer le public, c’est une longue voie à laquelle on a donné le nom de « The Pike », et où Ton rencontre en grande partie ce qu'on avait déjà vu à Paris en 1900, un Palais du Costume, une foire Japonaise, une reproduction en staff des Alpes Tyroliennes, un village Irlandais, une Grande Roue, ce que nous croyions, et pour cause, complètement passé de mode. Mais il ne faut pas oublier les expositions spéciales installées pour faire connaître les
- PLAN D'ENSEMBLE
- Fig. 2. — Plan d’ensemble de Saint-Louis.
- nouvelles possessions de la Confédération, à commencer par les Philippines : on a créé tout un village peuplé d’indigènes qu’on voit vivant de leur vie quotidienne, se livrant à leurs occupations ordinaires, depuis la confection des cigares jusqu’à la pèche des perles dans le lac le long duquel est construit ce village. Enfin nous ne pouvons oublier la Rue modèle, qu’on avait projetée dans bien des Expositions, et qu’on a réalisée ici. Dans cette rue se rencontrent les installations les plus perfectionnées, depuis les égouts ordinaires recevant les eaux usées destinées au tout-à-l’égout, jusqu’aux égouts spéciaux destinés à évacuer seulement les eaux de pluie et d’orage tombant à la surface des rues. On trouve, sur la longueur de cette rue, qui a un déve-
- loppement de 400 mètres environ, un square, des plantations agréables à l’œil et assurant une bonne aération de la voie, un hôpital, une crèche, une bibliothèque municipale, une école, un musée, un hôtel de ville, une station de chemin de fer modèle ; le pavage y est fait suivant les types les plus perfectionnés et les plus divers. Et nous ne parlons point des bassins septiques pour le traitement des eaux d’égout, des canalisations de gaz ou d’électricité, etc., etc. On n’a même pas oublié un monument type élevé à la Vertu Civique !
- Dans un prochain article, nous compléterons ce coup d’œil d’ensemble donné à cette immense exposition, et nous parcourrons très rapidement les différents palais principaux. D. Lehois.
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- LA A AT U KL.
- LÀ PRODUCTION DE L’IODE ÀU CHILI
- Depuis un certain nombre d’années, les usages de l’iode se sont étrangement multipliés non seulement en matière médicale (où l’on en fait un emploi constant), mais encore en photographie, sous la forme des iodures, dans la fabrication des couleurs de goudron, etc. Et pourtant la production de cette substance est limitée à un nombre assez restreint de pays. On peut la réaliser au moyen du traitement par incinération ou carbonisation simple des varechs, de certaines algues marines qui poussent en abondance sur bien des parties de notre littoral : nos lecteurs ont été tenus au courant de cette méthode1. Mais, comme a pu le dire avec raison notre savant collaborateur M. De Launay, et comme l’indiquait récemment M. Newton dans le « Journal de la Société anglaise de chimie industrielle », on trouve maintenant la principale source de production de l’iode dans les résidus de la préparation des nitrates du Chili, dans les eaux mères du raffinage des salpêtres, eaux mères qu’on désigne en espagnol sous le nom de « agua vieja ».
- Nous ne rappellerons que d’un mot que les nitrates chiliens se rencontrent dans une bande de terrain située parallèlement à la côte du Pacifique, à une quarantaine de kilomètres de ce littoral. Ces exploitations sont assez primitives, et il en est tout à fait de même de la méthode employée pour l’extraction de l’iode. Le nitrate résiduel impur est mêlé intimement avec du charbon pulvérisé (dans la proportion de 85 parties de nitrate pour 15 de charbon), et la masse rendue humide est disposée en un tas conique qu’on enflamme : on obtient de la sorte ce qu’on nomme sur les lieux le « sal natron », qui contient du carbonate de sodium impur. On dissout ce résidu de combustion dans de l’eau, on décante, et l’on obtient de la sorte une solution saturée, d’où l’on tire une préparation de bisulfite de sodium, en saturant la solution primitive au moyen d’acide sulfureux : on se procure celui-ci de façon simple en brûlant du soufre dans des fours spéciaux. Tout cela se fait sous la direction d’un contremaître indigène, peu au courant de la chimie véritable et de ses réactions, et que l’on appelle pourtant du nom un peu ambitieux en l’espèce de <( quimico ». Toujours est-il que les eaux mères des nitrates, l’agua vieja dont nous parlions tout à l’heure et qui contient l’iode, est mise dans des cuves, au-dessus desquelles sont disposés des bacs où l’on verse la dissolution de bisulfite dont nous venons d’expliquer la préparation. Le (( quimico », fier de son importance, se livre à des essais grossiers sur la densité de ces solutions, sans tenir aucun compte des impuretés qu’elles renferment, et qui faussent évidemment les résultats qu’il constate, puis il fait arriver le bisulfite dans l’agua vieja, celle-ci étant agitée constamment, soit par un courant d’air, soit par le mouvement continu de roues à palettes en bois. L’iode, qui se trouvait à l’état d’iodure de sodium et de potassium, se précipite, et notre chimiste indigène essaie de se rendre compte si la précipitation est complète : si son examen lui fait estimer que cette précipitation est imparfaite, il ouvre à nouveau le robinet laissant tomber de la solution de bisulfite.
- Finalement, l’iode se dépose : on le recueille par décantation, sur des filtres en toile, puis on le lave et on le comprime en sortes de pains cylindriques. Pour le purifier, on le sublime dans des cornues en fonte, et l’on obtient un produit qui contient environ 99,8 pour 100 d’iode, et qui se vend de 22 à 25 francs le kilogramme. 1). B.
- 1 Yov. n" 1515, du 7 juin 1902, p. 1.
- CHRONIQUE
- La plus importante compagnie de navigation du monde. — La plus importante compagnie de navigation du monde entier est la transatlantique allemande de Hambourg, la « Hamburg Amerika » comme on l’appelle. D’après le rapport du consul général d’Angleterre à Hambourg, pour 1905, elle possède 125 steamers, jaugeant ensemble 028 874 tonnes, soit un nombre de tonnes supérieur à celui de la flotte commerciale à vapeur de la plupart des Etats de l’Europe. Ainsi notre flotte de commerce à vapeur est inférieure de près de 100 000 tonneaux à celle de la « Hamburg Amerika », et celle d’Italie inférieure de près de moitié, dette compagnie dessert pas moins de 47 lignes dans les diverses parties du monde, et de plus organise pour les touristes, sur des steamers luxueusement aménagés, des croisières aux Antilles, dans la Méditerranée, en Norwège et au Spitzberg. La « Hamburg Amerika » ne reçoit aucune subvention de l’État allemand; néanmoins elle fait d’excellentes affaires. En 1905 elle a distribué à ses actions un dividende de 0 pour 100.
- La culture du poivrier en lndo-Cliine. — Une
- bonne partie du poivre que nous consommons en France provient de l’Indo-Chine. Depuis quelques années la culture de cette espèce a pris une grande extension dans notre colonie d’Asie. En 1902, dans le Cambodge qui est le principal centre de production, on comptait plus de seize cent mille poivriers en plein rapport, plus de huit cent mille qui ne donnaient qu’une demi-récolte et 2 200 000 jeunes plantes. Cette même année la production s’est élevée à 5425 tonnes dont 5100 ont été envoyées en France, dans quatre ou cinq ans elle atteindra au moins 8000 tonnes.
- Lu pont en béton armé de 310 mètres. —
- Nous n’avons pas besoin de dire qu’il n’est point d’une seule arche, mais il n’en est pas moins intéressant de voir à quels ouvrages on applique maintenant le béton armé. Il s’agit d’un pont qu’on est en train d’établir sur la rivière Créât Miami, à Dayton, dans l’État d’Ohio. La longueur totale entre les culées en est effectivement d’un peu plus de 210 mètres, elle sera partagée en 7 arches; la largeur entre balustrades sera de 18m,50. La travée la plus longue, celle du centre, aura 55“,50 de portée. Toutes les arches seront du t\pe elliptique. L’armature est faite d’acier, elle est constituée, pour chaque arche, par 22 poutres légères affectant la forme générale de cette arche, et noyées dans le béton ; ces poutres sont composées d’une semelle supérieure et d’une semelle inférieure, réunies par un treillis très simple; elles ne sont solidarisées par des cornières que dans les massifs des piles ou des culées. Le béton employé est fait à la machine de 2 parties de sable, 1 de ciment et 4 de pierre cassée.
- Le chauffage au charbon pulvérisé. — 11 ne
- semble pas qu’on ait jusqu’à présent appliqué réellement le chauffage au moyen de combustible pulvérisé spécialement dans ce but : aussi est-il intéressant de faire connaître à ce sujet les observations faites par M. C. 0. Bartlett, et dont il a été rendu compte dans « Engineering and Mining Journal ». Si l’humidité du combustible pulvérisé est bien uniforme, de même que la grosseur des grains, et si l’air est envoyé régulièrement dans le foyer, il n’y a plus de fumées, presque pas de cendres, et l’on économise 40 pour 100 sur la consommation de charbon.
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- LA N AT U LE.
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- La dessiccation ne coûterait pas plus de Üfr,fi0 par tonne, et le broyage entraînerait une dépense de 0fr,52, à la tonne également. On doit arriver, et cela semble parfaitement possible, à ce (pie le prix de toutes les manipulations ne dépasse point lfr,fio. La manutention se fait mécaniquement sans difficulté. Mais, pour que l’emploi du combustible pulvérisé soit économique, il faut qu’on en consomme au moins une tonne à l’heure.
- Un pont tournant automobile. — Qu’on nous pardonne cette désignation un peu audacieuse; mais le fait est que ce pont tournant n’est mû ni à bras d’hommes, ni hydrauliquement, ni électriquement, mais bien par deux moteurs tonnants, deux de ces moteurs dont l'automobilisme a fait la fortune. Il se trouve à New-Jersey, aux Etats-Unis, et est formé de deux volées qui donnent passage aux voies du Central Railway sur un bras de la baie de Newark. Les deux volées sont du type Seherzer, c’est-à-dire qu’elles peuvent se lever verticalement en tournant sur un arc de cercle qui termine la volée, la rotation se fait au moyen d’engrenages disposés sur un secteur denté solidaire de cette culasse de volée. Pour assurer la rotation de l’arbre actionnant engrenages et secteurs dentés, on a installé, sur la pile centrale du pont, 2 moteurs à pétrole de 75 chevaux, qui accomplissent avec la plus grande aisance les opérations d’ouverture ou de fermeture des deux volées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 août 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Conservation des farines par le froid. — M. Balland, pharmacien militaire, a eu à sa disposition des farines conservées depuis trois ans dans des chambres frigorifiques, à une température voisine de 0°. Il a pu constater que les propriétés de ces farines n’avaient subi aucun changement, alors que des farines conservées pendant le même laps de temps, mais non soumises à la réfrigération, ne donnaient plus qu’un gluten de qualité inférieure et présentaient une réaction acide. En résumé par la réfrigération on inet obstacle aux fermentations et à l’éclosion des insectes. L’auteur estime que, bien que les résultats soient satisfaisants, il vaut mieux appliquer le froid à la conservation du grain.
- Une table de multiplication. — M. Bigourdan expose qu’on fait un fréquent usage, dans les observatoires, de tables de multiplication donnant les produits des nombres de trois chiffres deux à deux. Un ingénieur mexicain, M. Mendizabal y Tamborel, a publié une table donnant les produits des nombres de 4 chiffres par les nombres de 2 chiffres. Ces tables pourront également être très utiles dans les observatoires ; elles sont complétées par une table des carrés des nombres compris entre 1 et 10 000, ainsi que par une table des cubes de 1 à 1000.
- L’essaim des Perséides. — M. le général Bassot, directeur de l’Observatoire de Nice, présente une Note de M. Jlenri Uerrotin sur la dernière rencontre de l’essaim des Perséides par la Terre. Afin d’être placé dans les conditions les plus favorables pour l’observation du phénomène, il s’est transporté au sommet du mont Mounier. Du 9 au 14 août il y a observé 1184 apparitions d’étoiles filantes. La nuit caractérisée par le plus grand nombre de météores a été celle du 11 au 12 août. De plus la répartition des météores par heure a montré qu’ils étaient plus fréquents après minuit. M. le président relève cette particularité. M. Bigourdan fait remarquer que Schiaparelli avait déjà
- fait la même constatation et qu’il en avait donné l’explication tendant à établir que le phénomène était d’ordre cosmique et non d’ordre atmosphérique. M. Perrotin conclut qu’il serait désirable que des observations des étoiles filantes fussent effectuées simultanément dans des observatoires situés à des altitudes importantes.
- Cil. DK \ ILEEDEl'lL.
- LES MAISONS TOURNANTES
- Sur certaines des promenades charmantes d’une station de bains qui est aujourd'hui beaucoup moins fréquentée qu’elle ne l’était jadis, aux Eaux-Bonnes, on rencontre une série de petits kiosques montés sur pivots et que l’on oriente à son gré, pour que la baie qu’ils présentent soit toujours dirigée vers les rayons solaires, ou que l’on puisse tourner le dos aux vents particulièrement violents. Un ancien médecin de marine et un architecte parisien, MM. le l)r Pellegrin et E. Petit, ont eu l’idée d’adopter une combinaison analogue pour de vraies maisons, auxquelles ils ont donné le nom caractéristique de maisons tournesol, afin de bien montrer que ce qu’ils cherchent dans leurs constructions, c’est assurer aux habitants le bénéfice d’une insolation continue.
- On sait maintenant à n’en plus douter que la lumière solaire est le grand assainissant par excellence, que son action nfierobicide est considérable, et que c’est elle en particulier qui permet aux eaux polluées des rivières d’arriver à se purifier après un certain parcours. II est assez curieux de constater le rôle précieux de cet agent naturel précisément au moment où l'on découvre des substances antiseptiques de plus en plus nombreuses. On doit donc chercher à bénéficier le plus possible de cette lumière solaire, et si on le fait bien dans les sanaloria où l’on traite les tuberculeux, il serait rationnel de la mettre également à profit dans nos habitations, pour ceux-là mêmes qui sont bien portants. Autrefois nos pères, se fiant aux traditions, attachaient une grande importance à l’exposition d’une maison, mais ces préoccupations ont été abandonnées depuis lors, au moins par la plupart des gens. Aussi bien, il faut reconnaître que certaines nécessités obligent à se contenter de maisons qui ne sont point exposées au soleil. Et, en tout cas, les pièces d’une habitation qui recevraient le soleil du matin, le soleil levant, ne le recevraient plus quand il a monté, et il en est de même de pièces différemment exposées. C'est pour cela que nos deux inventeurs ont voulu donner la possibilité de faire arriver le soleil dans telle ou telle partie d’une maison à n’importe quelle heure de la journée, et tout cela en mettant la maison sur une plaque tournante qui permet de changer constamment son orientation, et qui est au besoin commandée par un appareil d’horlogerie assurant sa rotation régulière simultanément avec le déplacement du soleil.
- H va de soi que, même si son déplacement est
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- commandé mécaniquement, une semblable construction doit être légère; mais on possède aujourd’hui des matériaux de toute sorte qui satisfont aisément «à ce désidératum. Les murailles seront avantageusement constituées de briques creuses, et 1 isolement contrôles variations de la température peut être assuré dans les meilleures conditions par des revêtements de liège, qui sont particulièrement légers ; le métal et le ciment armé complètent l’édilice dans de bonnes conditions.
- Toute la partie extérieure de la maison vient porter sur un chemin circulaire métallique double, par l’intermédiaire de billes de roulement qui réduisent considérablement les frottements : ces deux chemins sont naturellement concentriques, l’un repose sur le mur construit au pourtour de la cave dont est dotée l’habitation, tandis que le second est établi sur un autre mur, également en maçonnerie et suffisamment solide, qui forme la cage d’un escalier en colimaçon occupant le centre delà cave, et donnant accès du rez-de-chaussée dans cette cave. En réalité cet escalier est
- solidaire du plancher supérieur, et il repose sur le sol de la cave par des galets qui lui permettent de tourner en même temps que la maison. Comme de juste, un pivot central est disposé au centre de la cave, sous la maison, et c’est autour de lui que se
- déplace l’escalier. Dans l’axe même de rotation sont disposées les canalisations diverses devant apporter l’eau, le gaz ou l’intérieur de la maison, et tout cela n’entraine pas des complications trop grandes. La rotation de la maison et, par conséquent, de la plate-forme qui la supporte, est assurée par des engrenages ayant prise sur une couronne dentée, qui se trouve lixée au pourtour de cette plateforme et par en dessous: la commande peut s’en faire à la main, si Lunaison n’est pas trop pesante, et il suffit généralement pour cela qu’elle ne dépasse pas deux étages, ou au contraire au moyen d’un petit moteur à pétrole ou à gaz.
- L’idée est assurément originale. Ce n’est pas à dire qu’elle soit toujours praticable, en ce sens notamment que l’orientation
- Fig. 2. — Vue en coupe et ci
- variable n’aurait aucun intérêt .si la maison n’était pas entourée d’un espace libre laissant arriver les rayons du soleil aux diverses heures de la journée.
- Il va de soi, bien entendu, que cette disposition héliolropique est absolument indépendante du style moderne, assez peu heureux, que les inventeurs ont adopté pour le type de maison dont nous reprodui-
- plun d'une maison tournante.
- sons une vue. C’est le principe qui en est intéressant, et qui pourra sans doute trouver à s’appliquer en maintes circonstances, et spécialement à des résidences pour malades. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1055. — 10 SEPTEMBRE 1 904.
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- UN SERVICE D’OMNIBUS AUTOMOBILES
- L’automobile aspire à conquérir le domaine du transport des poids lourds, et en particulier du transport en commun des voyageurs. Si les difficultés particulières de ce problème sont encore loin d’ètre toutes résolues, on peut dire néanmoins qu’il existe déjà d’excellents types de voitures, satisfaisant aux besoins de la pratique, et certains services publics qui sont organisés, ou en train de s’organiser en Normandie, permettent d'entrevoir le jour où l’antique et incommode patache à chevaux, dernier vestige d'un autre âge, aura partout cédé la place aux confortables et rapides omnibus automo-
- biles. Ce n’est pas qu’on ait conservé les derniers échantillons de diligences par simple amour de l'archéologie. Un peu partout, les intéressés, et les conseils généraux qui les représentent, ont depuis longtemps nourri de grandioses projets de tramways. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres ; l’établissement d’un tramway est coûteux, et l’absence de trafic rémunérateur pour d'aussi vastes entreprises, en fait reculer la réalisation de jour en jour.
- L’automobile, au contraire, n'exige qu’une mise de fonds relativement minime, et l’initiative privée peut s’y risquer sans aléas considérables, comme le
- Service d'omnibus automobiles.
- prouve la création d’un service entre Uonileur et Trouville, prolongé depuis le 7 août jusqu’à Villers, et dont la récente inauguration nous incite à écrire cet article.
- Entre Uonileur et Trouville il n’y a que 15 km, et les communications sont fréquentes. Or, ceux qui ne voulaient pas prendre le bateau avec les agréments d’une promenade en mer, mais aussi avec ses inconvénients, n’avaient d’autre ressource qu’une diligence préhistorique, dont le moindre défaut n’était pas la lenteur. Il était naturel qu’on songeât enfin à lui substituer un moyen de transport plus moderne, et l’automobile a résolu ce problème.
- Une compagnie toute locale s'est fondée avec un modeste capital de 50 000 francs, par les soins de M. Brodelet, entrepreneur de transports. Après étude 32e année. — 2e semestre.
- des divers types d’automobiles les plus recommandables, les promoteurs de l’entreprise ont arrêté leur choix sur la voiture de Dion-Bouton, qui était déjà en service entre le Havre, Étretat et Fécamp, et trois de ces véhicules furent commandés. Leur vitesse moyenne de 20 km à l’heure permettrait de franchir le parcours en 50 minutes. Le voyage, avec les arrêts nécessaires, n’a donc pas une durée de plus d’une heure.
- Chacune des voitures de ce type peut porter seize voyageurs et cinq cents kilos de bagages. Outre la partie réservée au mécanicien, elle comporte un vaste compartiment fermé et confortable, ainsi qu’une large plate-forme à l’arrière.
- Le tout est couvert par un pavillon sur lequel est placé le réservoir d’eau d’une contenance de 60 litres.
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- LA NATURE.
- Le moteur à pétrole développe 15 à 20 chevaux, et est refroidi par circulation d’eau. Il possède un carburateur double sans étrangleurs, un radiateur Grouvelle et Arquembourg avec ventilateur commandé par cône de friction ; des accumulateurs et une bobine double assurent l’allumage. Le réservoir à essence d’une contenance de 55 litres est disposé près de la cloison antérieure.
- La voiture est montée sur châssis en tôle emboutie. L’empattement est de 2m,60, avec une voie de lm,44. Les roues sont garnies de bandages pleins; les diamètres des roues avant et arrière sont respectivement de 0m,80 et 0m,90.
- L’entraînement des roues avant est déterminé par un pignon de 50 dents, engrenant sur une couronne intérieure de 80 dents. Les arbres des pignons d’entraînement sont montés sur paliers à billes. Le mécanisme comporte trois vitesses et une marche arrière. Enfin, la mise en marche est dans l’axe de la voiture avec commande par pignon et chaîne.
- Telles sont les principales caractéristiques de ce véhicule dont le fonctionnement est absolument régulier, comme il convient, lorsqu’il s’agit d’assurer un service public.
- Les résultats des premiers essais furent si favorables que, six jours après la mise en service, on décidait de prolonger la ligne de Trouville à Yillers, sur 10 km. Ce nouveau tronçon, qui emploie deux nouvelles voitures, a été inauguré le 7 août, comme nous l’avons dit, et, tant il est vrai que l’exemple est contagieux, un service analogue s'organise en ce moment entre Dieppe et Yarengeville.
- Tout cela montre bien l’intensité du mouvement qui entraîne Tiudustrie des transports dans une voie nouvelle; mais combien d’autres régions de notre territoire auraient besoin de suivre ce mouvement ! On s’est accoutumé à considérer que toute localité éloignée de 8 à 10 km d’un chemin de fer est un trou perdu. (Jue non pas! L’aulomobile rapproche les distances cl se prèle à toutes les .circonstances avec une incomparable souplesse.
- L‘-colonel G. Esiutalliek.
- THÉORIE MÉCANIQUE DU MAU DE MER
- Ouelle est la cause principale du mal de mer? C’est ce que nous allons essayer d’indiquer aussi brièvement que possible.
- Lorsqu’un corps quelconque est astreint à osciller autour d’un point fixe, entre les points A et A" (lig. I), comme dans la balançoire, la vitesse de ce corps est variable entre ces deux points. Au point de départ A, elle est nulle, maximum en A', pour redevenir à nouveau nulle au point d’arrivée A". Il en sera de même dans la marche inverse de A" en A. En un point quelconque de sa marche ce corps 31 est soumis à trois efforts. L’un P vertical qui est dù à son poids, l’autre AV, dù à la force centrifuge et qui est toujours dirigé dans le prolongement du rayon OM et le troisième T dont la direction est tangente à la courbe AA" et qui est dù aux variations de vitesse du corps sur le parcours AA". C’est la résultante 31R
- de ces trois efforts qui donnera l’intensité et la direction de l’effort réel auquel sera soumis le corps aux divers points de son parcours. C’est ce qu'on est convenu d’appeler la « pesanteur apparente ».
- Or, de ces trois efforts : le premier, le poids P du corps, reste constant pendant tout le parcours, ainsi que sa direction qui est verticale; le second, c’est-à-dire la force centrifuge, est proportionnel au carré de la vitesse du corps; il est donc nul aux points de départ et d’arrivée A et A" et maximum au point A' où la vitesse du corps est maximum. Ouant au troisième effort., qui est la force tangentielle ï, il est nul en A' et maximum aux points de départ A et d’arrivée A".
- Donc, au point A', c’est-à-dire au milieu du parcours, la résultante des efforts qui agissent sur le corps mobile, c’est-à-dire la pesanteur apparente, se composera des deux efforts P et AV qui s’additionneront suivant la direction verticale du rayon OA'. En ce point le corps mobile sera donc soumis verticalement à vin effort total égal à son poids augmenté de celui dù à la force centrifuge. H sera alourdi. Au point d’arrivée A", la force centrifuge, comme nous l’avons dit, est nulle ; mais la force tangentielle T
- rit:- 1.
- est maximum. La résultante A"B de ces deux efforts, qui sera la pesanteur apparente du corps, aura la direction A "R et fera avec la verticale un angle PA"R d’autant plus grand que la force tangentielle P sera elle-même plus grande. Entre les points A' et A" le corps mobile 31 sera soumis à une pesanteur apparente dont l’intensité varie entre AT) et A"R ou AR et dont la direction, par rapport à la verticale, variera depuis zéro en A' jusqu’à PA "R au point A" et PAR en A.
- En résumé, le corps mobile, pendant son parcours de A en A" et de A" en A, subira l’effet de la pesanteur apparente AIt dont l’intensité et la direction seront constamment variables suivant la position du corps. Il en résultera pour ce corps des fatigues additionnelles. Au lieu d’une balançoire, supposons un navire qui, sous l’effet du roulis, oscille autour du point O (fig. 2). Les mêmes effets se produiront. Un corps quelconque 31, situé au-dessus du pont, mais relié à lui, pendant la période de roulis, ira de 31 en 31", en passant par la verticale 031'. Comme dans le cas précédent, au point extrême d’oscillation 31, il sera soumis à deux efforts : son poids P et la force tangentielle T qui sera maximum. La résultante 31R de ces deux forces qui sera supérieure au poids réel du corps et dont la direction fera un angle P31R avec la verticale, sera la pesanteur apparente, à
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- LA FAILLE.
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- laquelle le corps sera soumis eu ee point. De même, en M", la pesanteur apparente sera M"K. Au point M', la force tangentielle n’existant plus, mais la force centrifuge étant maximum, la pesanteur apparente sera dirigée suivant la verticale OM' et égale à la différence entre le poids réel 1* du corps et la force centrifuge \V. Le corps sera comme allégé, à son passage par la verticale, tandis qu’il sera alourdi aux points extrêmes d’oscillation M et M". Quant à la direction de la pesanteur apparente, elle variera également, comme dans le cas précédent, entre zéro, au point M' et RMI’ ou RM'T aux points)! et M". Le sont ces variations de l’intensité de la pesanteur, encore plus que celles de sa direction (pii, dans les mauvaises mers, sont la cause de fatigues très grandes du navire et nécessitent des consolidations importantes de la coque- 11 en est de même des amarrages. L’amarre d’une pièce de canon, par exemple, qui, sous une bande de "25°, suffira amplement pour le maintenir, deviendra insuffisante et pourra rompre lorsque le navire roulera, même sous des angles inférieurs à 2b0.
- Remplaçons maintenant le corps mobile M par un être animé quelconque. Celui-ci sera obligé, à chaque instant, de faire des efforts pour se mettre en équilibre avec la pesanteur apparente constamment variable et comme
- Fi K. 2.
- intensité et comme direction. De plus, ses organes intérieurs suspendus dans le thorax ou la cavité abdominale, tendront à osciller constamment en se déplaçant les uns par rapport aux autres et en tiraillant leurs attaches. A certains moments les organes semblent se soulever, tandis qu’à d’autres ils paraissent alourdis. De là un effet de malaise pouvant amener des nausées et qui se traduit par le a mal de mer », lorsqu’il s’agit d’un navire. Les nausées résultant des oscillations des organes contenus dans le thorax et dans la cavité abdominale, on s’explique pourquoi la position horizontale qui donne un point d’appui à ces organes, dans ces cavités, peut, jusqu’à un certain point, diminuer les effets du mal de mer. Les effets produits par le langage, sur les variations île la pesanteur, sont similaires, mais d’une intensité beaucoup plus grande, surtout aux extrémités du navire, où, par suite de la longueur de celui-ci, les déplacements, même avec des langages faibles, sont plus considérables et, par conséquent, les forces tangentielles plus importantes.
- Anus devons ajouter que l’hypothèse (pie nous avons admise, pour rendre nos explications plus claires, d’un point tixe O, autour duquel se font les oscillations, soit de roulis, soit de tangage, n’existe pas en réalité. Dans le voisinage de ce point les oscillations peuvent, il est vrai, être atténuées; mais, en fait, l’expérience et le calcul démontrent que, dans le mouvement d’un navire sur houle, « il n’existe aucun point tranquille ». R. Ronmn.
- TONDEUSES DE GAZON AUTOMOBILES
- Etant donné l’étendue considérable des pelouses dans les jardins des cottages, comme dans les grands parcs privés et publics d’Angleterre et les soins qui sont donnés aux gazons, d’ailleurs renommés ajuste titre, il était naturel que l’on se préoccupât de perfectionner les appareils avec lesquels ceux-ci sont tondus chaque semaine, atin de restreindre la main-d’œuvre.
- 11 en existe de nombreux modèles pour tous les usages et pour toutes les situations qui permettent d’obtenir la surface des pelouses aussi régulière et aussi soyeuse que s’il s'agissait de ces épais tapis orientaux.
- Dans le but d'abréger et d’accélérer le travail pénible de la tonte des gazons, il n’est donc pas étonnant que l’on ait songé à inventer des tondeuses automobiles plus ou moins pratiques, dont il existe plusieurs modèles depuis quelques années, mais dont le fonctionnement laissait quelque peu à désirer.
- Nous nous sommes beaucoup intéressé aux expériences couronnées de succès qui eurent lieu au cours de deux années dernières dans le parc de la Société Royale d’Hortieulture de Londres, à tel point que les grands parcs anglais sont maintenant dotés de ces tondeuses automobiles.
- Ce printemps,les machines Ilansomes, qui paraissent être les plus perfectionnées, ont fonctionné devant le roi Edouard VII dans les vastes pelouses de son parc de Buckingham Palace. Il en a été tellement satisfait et émerveillé que maintenant ce parc est pourvu d’une ce ces machines.
- En plus de la régularité avec laquelle le travail s’exécute il y a lieu d’en faire ressortir la rapidité et la perfection, les pelouses n’étant ni marquées ni défoncées par le pas du cheval, comme c’est le cas avec les tondeuses faucheuses à traction animale.
- D’une manière générale les modèles de cette tondeuse automobile procèdent des dispositions d’ensemble des tondeuses à main et de celles à traction animale. Elles sont d’une simplicité relative, faciles à maintenir et à diriger et actionnées par un moteur à pétrole à explosion.
- Plusieurs grandeurs existent de ce modèle depuis celle de 010 millimètres de largeur, jusqu’à celle de lm,00o. La différence essentielle réside dans le fait que les grandes machines sont munies d’un siège (tig. 1) tandis que les plus petites sont dirigées par un homme qui suit à pied (lig. 2).
- Elles comportent d’ailleurs les mêmes organes essentiels que les tondeuses à traction animale et les petites tondeuses de jardins ; l'hélice, en avant, projette le gazon dans une caisse qui la précède encore, le ou les deux rouleaux sont placés à l’arrière. Il en est d’ailleurs de meme du siège en fonte, reporté tout à fait à l’arrière du dernier rouleau. De là, le conducteur peut procéder à la direction de toutes les manœuvres, ce qui se trouve assuré, d’après les mêmes principes, sur ceux des modèles que le conducteur dirige en suivant à pied à l’arrière. Nous considérons
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- la nature.
- d'ailleurs ce dernier modèle comme aussi ingénieux et plus pratique dans la majorité des cas, c’est-à-dire pour son utilisation dans la plupart des jardins de moyenne étendue.
- Dans les deux modèles, la disposition des caisses en avant destinées à recevoir les coupes de gazon est la plus recommandable, car elle évite le ramassage laborieux comportant souvent un balayage de celui-ci après le fauchage et diminue ainsi les frais de main-d’œuvre dans une notable proportion.
- L’impression qu’elle produit est celle d’une machine rationnellement comprise et très maniable exécutant le travail avec une grande régularité et avec une vitesse qui se maintient sensiblement
- la même dans les montées que dans les descentes.
- Un autre genre de fabrication américaine, s’inspirant des mêmes desiderata, existe également et fonctionne en France sur le champ d’entrainement des Grésillons où elle fut expérimentée au commencement de l’été.
- Cette tondeuse comporte les dispositions ordinaires des autres modèles, l’hélice en avant et le rouleau plus rapproché derrière ; mais, au lieu du siège en fonte classique à l’arrière, une banquette suffisamment chargée pour deux personnes se trouve à l’avant, au-dessus d’un réservoir d’eau, d’où le conducteur manœuvre le levier de prise de vapeur, de changement de marche et celui de direction, ayant
- Fig. 1. — Gruud modèle à siège de
- également à sa portée la pédale de commande d’un frein puissant à ruban et le levier de relcvage de l’hélice laquelle comporte quatre lames. Sa particularité consiste en ce que la force motrice est fournie par la vapeur d’une chaudière qui est simplement chauffée à l’essence.
- C’est une des raisons de ses dimensions plus grandes, sa longueur étant de 2m,50, sa largeur de lm,55, fournissant une largeur de coupe de 1 mètre. Le bâti de cette tondeuse se prolonge à l’arrière du siège (fig. 5) supportant la chaudière, la machine, et se terminant dans une forte pièce servant d’axe à la monture d’un petit rouleau en trois parties, destiné à la diriger.
- La chaudière multitubulaire en tôle d'acier est, ainsi que ses réservoirs, recouverte d’une enveloppe
- se de gazon automobile Iiansomes.
- de cuivre rouge. Cette chaudière comporte deux parties distinctes : un cylindre de 60 millimètres de diamètre extérieur et de 45 millimètres de hauteur. Une tôle de cuivre, emprisonnant une chemise d’amiante de 55 millimètres, constitue le revêtement. Ce cylindre est parcouru de bout en bout par 664 tubes de circulation des gaz, de 11 millimètres de diamètre, le faisceau tubulaire de la partie inférieure composé de tubes moins nombreux, de 14 millimètres de diamètre et de 11 millimètres de longueur assurant l’arrivée de l’air pour le tirage. Entre les faisceaux se trouvent les épanouissements des brûleurs à essence. Un serpentin réchaufifeur dans lequel circule l’eau d’alimentation fournie par le réservoir qui occupe le dessous du siège du conducteur, avant de pénétrer dans la chaudière, se trouve dans le dôme.
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- Deux brûleurs à essence de pétrole, dont l’un ne sert ([ue pour la mise en marche, assurent le chauffage. L’essence, maintenue sous pression par une pompe à air actionnée par la machine, arrive du réservoir situé sous les pieds du conducteur. Cette pression est
- obtenue aisément à la mise en marche au moyen d’une pompe à pneumatiques.
- La machine est du type pilon, à deux cylindres égaux calés à 180 degrés et ayant 89 millimètres de diamètre et 100 millimètres de course. Les tiroirs
- Fig. 2. — Petit modèle de tondeuse automobile.
- sont entre les cylindres, et le changement de marche est assuré par une coulisse de Stephenson. Les tètes de bielles et les coussinets sont montés sur billes réduisant ainsi les frottements.
- En outre la commande de la pompe d’alimentation de la chaudière et de celle à air du réservoir est assurée par des leviers articulés. Un pignon commandant par chaîne Galle un arbre intermédiaire, sur lequel le rouleau moteur d’un côté et l’hélice de l’autre prennent leur mouvement, est calé sur l’arbre vilbrequin ; deux embrayages à crans permettent d’atteler sur la machine l’un l’hélice, l’autre le rouleau seul, pour effectuer les déplacements.
- Les accessoires ordinaires des chaudières, niveau d’eau, manomètre, robinets de jauge, soupape de
- sûreté complètent la machine, sans compter qu’un manomètre indique la pression dans le réservoir à
- essence et un niveau la quantité d’eau contenue dans le réservoir.
- La vitesse de marche de la machine varie entre
- 5 et 8 kilomètres à l’heure et atteint très facilement
- 6 kilomètres, ce qui correspond à 400 tours de la machine à la minute. A celte dernière vitesse la consommation horaire est d’environ 125 litres d’eau et 7 h 8 litres d’essence pour une surface
- de gazon tondu de 4 à 500 mètres carrés. Cela implique le renouvellement d’eau toutes les deux heures environ.
- Tandis que la tondeuse Ransomes, surtout le petit modèle, est très employée dans les jardins d’Angleterre (car les petites grandeurs, dirigées par un conducteur
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- sTift
- qui suit à pied, permettent une plus large utilisation pour l’entretien des gazons, même dans les jardins de moyenne étendue) le système à vapeur présente des avantages pour les très grandes surfaces et assure notamment le fauchage,des pelouses du Capitole à Washington.
- En effet, dans les jardins paysagers, publics ou privés, les vallonnements et l’étendue plus restreinte des parties gazonnées qui pourraient être un léger obstacle au fonctionnement régulier et rapide des grands modèles, se prêtent fort bien à l’utilisation de ceux qui sont dirigés par le conducteur à pied.
- Aussi nous ne prévoyons pas une aussi large utilisation des grands modèles en France, d’abord parce que la plupart des parcs ont des étendues de pelouses bien moins importantes et que l'on ne tient peut-être pas autant qu’en Angleterre à cette régularité du lapis gazonné. Mais nous en voyons cependant l’emploi, par exemple, dans les jardins de la Ville de Paris et dans quelques propriétés privées, dont la surface oblige la tonte à la faux, non des modèles à siège, mais au moins de ceux dirigés à la main qui permettraient d’abattre une besogne considérable, sans grande fatigue, à meilleur compte et d’une façon autrement parfaite.
- Il est à présumer également que les tondeuses à siège trouveront une large utilisation dans les champs de courses et d’entrainement dont les parties gazon-nées, fauchées par les procédés ordinaires, n’ont pas toujours cette souplesse et ce moelleux que leur donnent les coupes successives à la tondeuse.
- Afbfp.t Maumenf.
- LE PIÈGE DE L’ARUM
- On sait que les ovules renfermés dans le pistil des fleurs ne peuvent parvenir h maturité et devenir des graines, qu’autant qu’ils ont été fécondés par la substance contenue dans les grains de pollen. Le pollen est cette poussière, ordinairement jaune, qui se développe dans les anthères, ou loges, des étamines. L’acte par lequel le pollen est mis en rapport avec les organes femelles de la fleur se nomme « pollinisation » ; il s’opère d’ordinaire d’une manière assez simple, les étamines s’inclinant au-dessus du pistil et y laissant tomber leur pollen.
- La plupart des plantes produisant des fleurs hermaphrodites, c’est-à-dire munies à la fois d’étamines et de pistil, on pourrait croire que la pollinisation directe de ce pistil par les étamines contenues dans la même fleur y est toujours facile, et comme une règle constante. Il n’en est rien : dans beaucoup de fleurs, la structure soit des enveloppes llorales, soit des organes reproducteurs eux-mêmes est telle, que l’autofécondation au sein de la même fleur est rendue, ou extrêmement difficile, ou tout à fait impossible.
- Chez les Orchidées, les Aristolochiées, la surface stigma-tique n’est pas accessible au pollen produit par les anthères de la même fleur. Chez la Violette, la disposition de la corolle empêche l’autofécondation. Dans un certain nombre d’espèces, le' style étant très long, et en revanche les étamines très courtes, enfoncées dans le tube de la corolle, le pollen ne peut pas venir en contact avec le
- stigmate. On en connaît d’autres où le pollen peut parfaitement arriver au pistil de la même fleur, mais y demeure inactif, et n’exerce son action fécondatrice que s’il est porté sur les stigmates d’une autre fleur : cette particularité est réalisée chez le « Corydaüs cava », plante de la famille des Fumariacées.
- Dans tous ces cas, le pollen ne parvient au pistil que grâce à un intermédiaire, par le vent ou par les insectes; et il en résulte une fécondation forcément croisée. Quelques botanistes ont pensé que les nectaires, petits organes de formes diverses qui sont généralement placés au fond de la fleur, et qui sécrètent un liquide plus ou moins visqueux et sucré, ou nectar, ont pour rôle d’attirer les insectes, et de provoquer ainsi le transport du pollen sur le pistil, par l’intervention de ces petits animaux. La
- Fi£. 1. — 1/ « arum maculation » !..
- Fifr. 2. — Spndirn de l'arum : ov, ovaires; ét, étamines; fs, filets stériles; m. massue stérile; s/>, spathe (coupée en long).
- première idée de cette théorie remonte au naturaliste allemand Conrad Sprengel, qui la formula dans un ouvrage publié en 1755.
- Sans doute, comme le fait remarquer De Candolle, il doit arriver fréquemment que l’agitation de l’air et les mouvements des insectes déterminent le transport ou la chute du pollen sur les stigmates, et l’on peut comprendre par là pourquoi les plantes en serre fructifient mal ; mais il est difficile d’admettre que des interventions purement accidentelles soient nécessaires à la vie et aux fonctions des êtres organisés : (( c’est expliquer une loi bien générale dans la nature, la reproduction sexuelle, par une cause bien secondaire ».
- Cependant, dans certains cas, la structure florale paraît nettement combinée en vue de solliciter le concours des insectes pour la fécondation. L’ « arum maculatum L., gouet ou pied-de-veau », en est un exemple. Cette plante (fig. 1) croît dans les haies et sur les lisières des bois de toute la France; c’est une espèce herbacée à souche
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- tubéreuse émettant uu petit nombre de feuilles en fer-de-flèche, vertes, luisantes et irrégulièrement tachées de noir. Disons, en passant, que le gouet est très vénéneux ; sa racine, autrefois employée en médecine, est un purgatif énergique ; ses feuilles possèdent des propriétés rubéfiantes et vésicantes. Mais c’est surtout son inflorescence qui nous intéresse aujourd’hui.
- dette inflorescence est un « spadice » (fig. 2) consistant en un axe. charnu qui porte vers sa base un certain nombre d’ovaires verficillés sur plusieurs rangs, et au-dessus plusieurs verticilles d’étamines. Les ovaires et les étamines sont absolument sessiles; au-dessus des uns et des autres se trouvent des anneaux d’appendices filamenteux, qu’on peut considérer comme des fleurs avortées. Tout cet ensemble est enfermé dans une vaste spathe large et étalée au sommet, ventrue et close en cornet à la base, de manière à ne laisser émerger que la massue stérile qui termine le spadice. Au-dessus des filets qui surmontent le groupe des étamines, la spathe se rétrécit par un notable étranglement.
- Les filets stériles étaient regardés par Linné comme des nectaires. Ils paraissent avoir un rôle à remplir dans la multiplication de l’espèce. En effet, on peut voir qu’ils sont recourbés en bas à leur extrémité, laquelle vient appuyer contre la partie rétrécie de la spathe; par suite, ils forment une sorte de barrière ou grillage qui laisse facilement entrer les insectes dans la spathe, mais les empêche absolument d’en sortir.
- Les fleurs de T « arum maculatum » exhalent comme les autres espèces du même genre une odeur cadavérique de nature à attirer de petits coléoptères et surtout des mouches, qui, trompés par cette odeur et croyant trouver une proie, pénètrent dans le piège qui doit devenir leur tombeau. Une fois captifs, ils s’agitent pour recouvrer leur liberté, et par leurs mouvements ils font tomber le pollen des étamines sur les ovaires.
- Imaginer que la présence de ces bestioles est absolument et toujours indispensable à la fécondation de I’ « arum » serait du pur roman; mais elle y contribue certainement ; car les étamines et les ovaires, étant sessiles, ne sauraient aller au-devant les uns des autres. L’intervention des insectes pour cet acte n’est pas le seul fait curieux qui le caractérise chez l’arum : on a remarqué qu’il s’y accompagne d’une production énorme de chaleur, atteignant jusqu’à 7° au-dessus de la température ambiante. Une espèce exotique, 1’ « A. cordifolium », développe au moment de la fécondation une température supérieure de 50° à celle de l’air. Ce phénomène, dont la cause n’est pas encore élucidée, est lié à une fixation énorme d’oxygène par la plante, avec dégagement corrélatif d’une très forte proportion d’acide carbonique.
- A. Ac[.OQl’E.
- LE GLACIER DE LA TÊTE-ROUSSE
- Dans un article spécial à la fin de l’année i 9001 nous exposions les travaux exécutés par le service forestier au glacier de Tête-Rousse pour voir si le lac intraglaciaire qui, en 1892, avait déterminé la catastrophe de St-Gervais (Hte-Savoie) s’était reconstitué et, dans l’affirmative, pour en assurer l’écoulement inofifensif. Grâce aux sondages et aux galeries creusées partie dans le roc, partie dans la glace, les
- 1 Yoy. n° 1440, du 29 décembre 1900, p. 67.
- agents des Eaux et Forêts avaient pu conclure que la poche d’eau ne s’était point reformée.
- Mais le 9 août 1901, au moment où ils exécutaient des études très variées sur le glacier, ces mêmes agents découvrirent une petite crevasse à r>0 mètres en aval de l’ancien trou supérieur de 1892. La distance qui en séparait les lèvres n’excédait pas 1 mètre, et, à 5 mètres environ au-dessous de la surface, on apercevait une sorte de plancher de glace de 4 mètres environ de largeur, que les eaux de fusion superficielles inondaient dès le milieu de la journée. Le soir, les filets liquides en se congelant formaient des stalactites superbes. En descendant sur ce plancher, on constatait que cette crevasse se prolongeait fort loin. Des sondages entrepris aussitôt indiquèrent que cette crevasse n’avait pas moins de 50 mètres de longueur et qu’au-des-sous du plancher glacé interne s’étendait une masse d’eau dont la profondeur variait entre 58 et 41 m. A s’en tenir aux mensurations faites, c’était un volume liquide de 8000 mètres cubes au moins.
- Un danger nouveau était né ; pour le conjurer d’urgence, le service de reboisement fit commencer une galerie souterraine de 4 mètres carrés de section avec une pente de 5,5 pour 100 destinée à aboutir au fond de la crevasse et à servir de chenal aux eaux. Ce travail fut continué en 1902, en 1905, trop vite interrompu chaque année par le mauvais temps et les tourmentes de neige. En 1904 le chantier fut réorganisé le 12 juillet; dès le 19 on rencontrait la glace, après avoir percé une galerie dans le roc de 205 mètres de longueur. Dès ce moment, pour éviter toute surprise, trois fois par jour des sondages de 5 à 7 mètres en avant du front de taille furent exécutés à la barre à mine. Enfin le 28 juillet 1904, à 5h 15 du matin, un coup de pioche heureux fit jaillir les eaux : jusqu’à 7h 50 le flot s’écoula. S’échappant en cascade du tunnel (fig. 1), les eaux se perdirent inoffensives dans les crevasses du glacier voisin de Bionnassay. Le débit avait dépassé 2 mètres cubes par seconde et le volume évacué peut être évalué à 18000 mètres cubes. Lorsque l’écoulement eut cessé, le trou fut élargi et l’on constata que la crevasse est inclinée vers l’amont, que ses parois vont en s’écartant de la surface au fond. Le plafond de la crevasse, bien que fermé par un bouchon de neige et de glace, laisse pénétrer cependant une lumière douce, bleuâtre, extraordinaire. En même temps qu’ils dirigeaient ce travail de protection, les agents forestiers poursuivaient une série d’études sur le glacier lui-même; pour faciliter ces recherches, dès 1902, l’Administration des Eaux et Forêts avait fait construire, sur l’arête méridionale du glacier, un modeste laboratoire en planches et en charpente garni des instruments les plus indispensables.
- Il s’agissait d’abord de déterminer la vitesse du glacier. Après une triangulation soignée, 4 lignes de piquets et de pierres peintes furent installées à la surface de la glace et chaque année on en mesure
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- LÀ NATURE.
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- le déplacement horizontal et vertical. Pour les deux années 1902 et 1903, la vitesse moyenne annuelle a été trouvée de 0"\(>6. Durant la même période, le glacier s’est abaissé en moyenne de 0m,339 par an.
- Mais aucune proportionnalité n’a été observée entre les déplacements des points mobiles et la pente superficielle du glacier aux points considérés; en général ces déplacements augmentent des bords au centre du glacier tandis (pie pour la pente, c’est l’inverse qui a lieu.
- Quant à l'alimentation et à la fusion du glacier,
- (pii agissent si fortement sur les variations des appareils glaciaires, elles ont donné lieu aux remarques suivantes : 1° du 9 août 1901 au 5 août 1903, il s’est fondu à Tête-Rousse 0m,267 de neige de plus qu’il n’en est tombé; 2° la fusion est sensiblement proportionnelle à la chaleur reçue, évaluée en degrés-heure, mais les différences observées dans les quantités de neige fondues, toutes choses égales d’ailleurs, sont dues au plus ou moins de tassement et d’ancienneté des couches.
- Les mesures de température ont permis de
- Fig. 1. — Aspect extérieur île lu crevasse, le 21 juillet 190i.
- constater qu’il y a à Tête-Rousse un maximum entre \ et 6 heures du soir et un minimum entre 6 et 8 heures du matin durant la saison chaude. La température moyenne annuelle est d’environ — 7° et le plus fort maximum observé a été de H- 9°,8.
- Il n’était pas moins intéressant de connaître la température des eaux emplissant la crevasse, eaux qui ne sont pas congelées en hiver. Au moyen d’un thermomètre spécial, on a pu noter que ces eaux étaient à une température légèrement supérieure à 0° mais inférieure à -h 1° allant en croissant jusqu’à 30 mètres de profondeur et diminuant ensuite. Ce fait parait anormal, si l’on songe que les parois
- sont de la glace, (pie la température dans l'intérieur du glacier est constante et égale à 0° (Observations faites dans les galeries ouvertes dans l’ancien trou de 1892). Cependant on peut en donner une explication facile. La plus grande partie des eaux emplissant la crevasse proviennent de la fusion superficielle du glacier. Or, les filets liquides en ruisselant à la surface du glacier rencontrent une quantité de graviers qui, grâce à leur couleur sombre, s’échauffent rapidement au soleil, et rendent une partie de celte chaleur aux eaux qui les baignent. Ce n’est pas là une simple hypothèse : ainsi il a été constaté que ces eaux de fusion acquièrent successive-
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- LA NATURE.
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- ment une température variant de —t— 0°,1 à -4-0°,5.
- On eût ainsi pu croire que la température supérieure à 0° des eaux de la crevasse provenait de l’action de la chaleur interne transmise par conductibilité des roches formant la cuvette sous-jacente. Cette cause de fusion des glaciers, indiquée par beaucoup de géologues, n’existe pas, au moins à
- Tête-Rousse. En creusant les galeries souterraines, les ouvriers sont passés sans transition du roc à la glace et il n’y avait aucun intervalle entre les deux substances; de plus, une vérification faite dans le tunnel, le 29 juillet 1904, a montré que, sauf à l’entrée, où il était chaulïï par les radiations solaires, le roc était toujours à une température inférieure à 0°.
- Fig. 2. — Écoulement des eaux de la poche intra-alaciaire ; les eaux se perdent dans les crevasses du glacier de Bionnassay
- (28 juillet 1904).
- Les eaux de la crevasse ont également été l’objet d’une autre série de recherches. On a extrait les gaz dissous dans des échantillons prélevés à diverses profondeurs et le volume de ces gaz décroît à mesure qu’augmente la profondeur. En aucun point, les eaux de la crevasse n’étaient saturées des gaz qui constituent l’atmosphère.
- Rien d’autres expériences et observations sur les variations de la température et de la pression baro-
- métrique, sur les différences de densité de la glace à différentes profondeurs, sur le volume et la pression des gaz contenus dans les inclusions de la glace, sur la pénétration des radiations calorifiques et chimiques solaires à travers la glace et la neige, sur la progression du glacier à des niveaux divers, le redressement des couches annuelles sont en cours. Mais les constatations détaillées plus haut permettent déjà de se faire une idée exacte de la façon
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- dont, en général, se forment les poches d'eau.
- Vers le front du glacier, là où la pente s'accentue, où la progression est le plus rapide ( lm,50 par an) une crevasse s’ouvre. Les eaux de fusion superficielle l’emplissent et tendent à en ronger les parois à cause de leur température supérieure à 0°. Mais comme le mouvement du glacier est trop lent pour amener une dislocation de la paroi aval, cette paroi se déforme à cause de la plasticité de la glace et s’écarte de plus en plus de la lèvre d’amont (0m,01 par mois en moyenne) augmentant ainsi la cavité interne, tout en se rapprochant du front. Grâce à la protection que donnent aux eaux la croûte de glace qui les recouvre et la couche neigeuse tombée chaque hiver, le froid hivernal ne peut congeler la masse qui demeure liquide jusqu’à l’été suivant.
- Enfin, lorsque la paroi d’aval devient trop faible et se précipite sur une pente toujours plus forte, la débâcle se produit.
- Il est donc nécessaire de continuer à surveiller minutieusement le glacier de Tête-Rousse, à noter l’apparition des crevasses et à faire toutes les études nécessaires pour arriver à la connaissance complète de son régime et d’exécuter tous les travaux indispensables pour préserver les régions inférieures.
- L’Administration des eaux et forêts qui, le 28 juillet 1904, vient d’assurer, pour quelques années au moins, la sécurité de la vallée de Montjoie et de l’importante gare du Fayet, ne faillira certainement pas à la tâche qu’elle s’est imposée. P. Mocgin,
- Inspecteur des eaux et forêts à Chambéry.
- LE GRAND BARRAGE DE LÀ TAMISE
- Bien que le port de Londres soit toujours le premier du monde, on commence de se plaindre vivement, dans les milieux commerciaux et maritimes, qu’il ne soit plus à la hauteur des besoins de la navigation moderne. Une commission a été nommée qui étudie avec ardeur la question, et qui se demande notamment si l’organisation administrative de ce port n’est pas démodée; et, d’autre part, on veut prendre des mesures pour que les navires nouveaux, dont le tirant d’eau croît constamment, puissent remonter en tout temps jusqu’au fond de Londres, et par conséquent au fond des docks.
- Actuellement, les navires de fortes dimensions sont souvent obligés d’attendre à Gravesend une marée favorable pour remonter le fleuve, et ce sont là des pratiques qui ne peuvent se maintenir à une époque où le temps est plus que jamais de l’argent. Ajoutons que le chenal en rivière est assez étroit, précisément par suite de la profondeur trop faible le long des rives.
- Des projets de toutes sortes ont été conçus pour remédier à cette situation; mais nous tenons à signaler un des plus audacieux, qui semble avoir des chances d’ètre mis à exécution. Il s’agit tout simplement d’établir une digue en travers de la Tamise, pour jouer le rôle de retenue d’eau et transformer le fleuve à marée en un immense bassin à flot, ou du moins en un bief à niveau constant. Cette digue serait construite entre Tilbury et Gravesend, et le bassin à flot dont nous parlions à l’instant s’étendrait entre Teddington Lock et Gravesend ; il aurait une longueur déplus de 70 kilomètres. Comme on peut le voir d’après
- les dessins des ouvrages que nous reproduisons ici, le projet est dès maintenant arreté, au moins dans ses grandes lignes. Le barrage serait construit à peu près dans les mêmes conditions que celui d’Assouan, il serait fait de béton, avec revêtements de granit sur toutes les faces extérieures; les fondations en seraient établies dans la craie que l’on rencontre en ce point du lit de la Tamise, au moyen d’un vaste caisson enfermant les murs et les écluses. On commencerait par ces écluses, qu’on laisse-
- ra ie
- TAMISE RIV
- 30> Gravesend
- Gravesend
- Gravesend et ., . Milton
- Fi". 1. — Flan du grand barrage projeté sur la Tamise.
- rait ensuite constamment ouvertes pour le passage des navires, tandis qu’on établirait le corps du barrage proprement dit, les décharges, les autres parties du barrage. .Naturellement on fermerait définitivement l’ouvrage au moment d’une haute mer de vive eau, afin d’élever au maximum le niveau du bief ainsi créé. Les portes
- Chaussée
- Niveau du seud
- (fond)
- Tunnel
- \ ( l
- Fig. 2. — Coupc du grand barrage projeté sur la Tamise.
- d’écluses pourraient être aisément commandées électriquement, d’autant qu’on aurait toute facilité d’installer sur le barrage même une usine génératrice avec turbines, auxquelles la force motrice serait fournie par l’eau s’écoulant constamment grâce au courant de la rivière, (les écluses seraient au nombre de quatre, avec des portes intérieures les partageant pour le passage des navires de faibles dimensions ; les longueurs maxima utilisables seraient de 500 mètres, et la largeur de 50, ce qui suffirait certainement et largement à toutes les augmentations qu’il est possible de prévoir raisonnablement dans les dimensions des navires de commerce.
- La digue donnerait passage à une route pour piétons et voitures (naturellement avec des ponts-tournants sur les
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- LÀ NATURE.
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- passes), ce qui permettrait la traversée facile de la Tamise en un point où les communications sont pour l’instant fort malaisées. Déplus, dans le massif delà digue, on ménagerait un tunnel de 8“,40 de haut sur 7m,50 de large, pour les lignes de chemins de fer qui se terminent actuellement sur les deux rives du fleuve. M. T. \Y. Bâcher, qui est un ingénieur anglais des plus distingués, estime qu’on obtiendra de la sorte une voie navigable où la profondeur sera comprise entre 19m,50 à Gravesend et au Pont de Londres, et cela sans aucun dragage, ce qui laisserait remonter sans difficulté jusqu’à l’extrême limite de la navigation maritime des bateaux tirant 9 mètres d’eau, et sans qu’on ait à s’occuper de l’état de la marée. Les navires n’auraient pas besoin de mouiller dans le chenal, comme ils le font souvent (au grand dam de la navigation), puisqu’ils trouveraient assez d'eau à quai ; l’entrée des docks pourrait être constamment ouverte, ce qui supprimerait la perte de temps causée actuellement par la manœuvre des écluses ; la navigation dans le grand bief serait étrangement facilitée, du fait qu’on n’aurait plus jamais à lutter contre la marée montante ou descendante, enfin les rives du fleuve ne risqueraient plus d’être partiellement ravagées par les marées exceptionnelles.
- En somme le projet semble fort bien étudié. On estime que son exécution coûterait 460 millions de francs environ, mais on est convaincu qu’un faible droit de tonnage sur les navires entrant en Tamise suffirait amplement à payer les intérêts et l’amortissement de cette somme.
- Dami’.i. lii’i.i.r.T,
- L’ÉLECTRICITÉ DE 1562 A 1900
- En présence dn développement actuel que prennent les applications de l’énergie électrique, il est intéressant, et dans plusieurs cas il devient important de fixer le départ de ces applications, de connaître, autant que possible, les idées premières qui ont guidé les inventeurs, de suivre les transformations et modifications qu’ont dû subir les appareils avant de passer réellement dans le domaine de la pratique.
- Nous avons déjà parlé précédemment1 de l’heureuse idée qu’avait eue M. E. Sartiaux d’installer à l’Exposition de 1900, avec le concours du Comité du groupe Y, un musée centennal d’Electricité pour la France. Ce musée était très curieux et très intéressant ; il contenait une collection remarquable d’ouvrages et de manuscrits sur l’électricité, et une série d’appareils presque tous historiques, ayant servi à des expériences mémorables dans la science électrique. Ce musée a été démonté ; mais il a été réinstallé également, sur l’initiative de M. E. Sartiaux, dans les locaux de l’Ecole supérieure d’Electricité, rue de Staël, à Paris, et recevra sous peu un développement nouveau.
- Avec la collaboration de M. M. Àliamet, M. E. Sartiaux a résumé tous les documents qu'il a pu se procurer, dans un ouvrage2 publié il y a quelques
- 1 Yoy. n° 1427, du 29 septembre 1900, p. 285.
- 2 « Principales découvertes et publications concernant l’électricité de 1562 à 1900, par E. Sartiaux et M. Aliamet ». •t. Rueif éditeur, Paris, 1905.
- mois. Ce livre est un résumé historique didactique des principales découvertes ou études scientifiques faites en France sur l’Électricité, depuis 1562 jusqu’en 1900. 11 est divisé en trois parties principales : la première partie, subdivisée elle-même en huit chapitres, donne la description des appareils el une reproduction photographique de chacun d’enx; la deuxième partie comprend les livres et les mémoires, et la troisième partie renferme les manuscrits et autographes. Nous allons passer en revue les principaux chapitres de cet ouvrage, et donner quelques détails sur divers points qui nous paraissent caractéristiques et de nature à intéresser tous les électriciens.
- Dans le premier chapitre, consacré à l’électrostatique, nous trouvons un jouet destiné à montrer les expériences du carreau étincelant, un temple lumineux à colonnes, avec distributeur tournant, datant de 1 750, la machine électrique à cylindre de Nairne (1774), la balance de Coulomb ayant servi à démontrer les lois des attractions et des répulsions électriques (1785), l’électroscope à pile sèche de Zamboni, à papier d’étain et à bioxyde de manganèse (1812), la machine électrique de Lord Kelvin fournissant l’électricité par l’écoulement de l’eau (1860), etc,...
- Les chapitres 11 et III sont réservés à la télégraphie et à la téléphonie ; ils comprennent la description d’appareils de toutes sortes, qui montrent bien les développements successifs de ces parties importantes de l’électricité.
- Dans le chapitre IV, les auteurs passent en revue les découvertes relatives à l’électro-chimie. Nous •voyons tout d’abord la pile de Yolta à double colonne (fig. T). Cette pile se compose d’une série de rondelles de cuivre et de zinc, et de rondelles de drap imbibées d’eau acidulée sulfurique placées entre des tubes de verre. Yolta remplaça les rondelles de drap par des bracelets en porcelaine, dans lesquels il versait l’eau acidulée sulfurique. Ce même chapitre contient la description des piles à deux liquides, imaginées en 1829 par A. C. Becquerel, le couple thermo-électrique de Pouillet, avec barreaux de bismuth (1846), le couple secondaire à lames de plomb de C. Planté (1860), l’œuf électrique de M. Berthelot pour la synthèse de l’acétylène (1862), trois modèles d’éléments Leclanché à vase poreux (1876), l’accumulateur original de Faure (1880), l’élément Leclanché à charbon extérieur et à zinc intérieur (1880), le modèle primitif de l’accumulateur zinc-cuivre de Commelin-Desmazures, type du sous-marin le « Gymnote » (1887).
- Dans le chapitre Y se trouvent les descriptions des appareils de mesures : balance électro-magnétique de À. C. Becquerel (1837), galvanomètre de Nobili construit par Ruhmkorff (1840), unité de résistance au mercure établie par Pouillet (1846), unité de résistance de Siemens (1860), boussole des sinus de Pouillet (1870), types des premiers compteurs construits et utilisés en France de 1882 à 1897;
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- Paccaud, Ferranti, Nicolas, I électro-aimant à deux bobines
- compteurs Borel et Aubert, Frager,
- Meylan- Rech-niewski, Richard,
- Cauderay,Brillié,
- Jacquemier, Gar-not, Desruelles et Chauvin, Schal-lemberger, Dun-can, Grassot, Mares, Aron, Brocq,
- Clerc, galvanomètre de M. Marcel Deprez, galvanomètre Deprez-d’Arsonval.
- Le chapitre VI renferme tous les appareils relatifs au magnétisme et à l’électro-magnétisme. Nous ne pouvons que mentionner les points les plus intéressants. Nous donnons dans la figure 2 une reproduction de la grande machine magnéto-électrique de Pixii, construite sous la direction d’Ampère, et munie d’un inverseur-redresseur mécanique du courant.
- Cette machine est formée d'un
- grand chevalet en bois, auquel est suspendu un
- Fig. 1. — Pile do Voila à double colonne (1799).
- Fig. 2. — Grande machine électro-magnétique de Pixii (1852) Fig. 5. — Premier anneau de Gramme ( 18(181.
- étaient rapidement usés, et il
- de fil de cuivre isolé. Le courant prend naissance dans ce fil lorsqu’on fait tourner, au moyen d’une manivelle, un puissant aimant en fer à cheval disposé verticalement au-dessous des bobines. La figure o montre ce qui reste actuellement du premier anneau Gramme. Cet anneau était formé d’un anneau de fer en tôle douce, sur lequel était enroulé régulièrement un fil de cuivre isolé; les différentes spires étaient juxtaposées et les deux extrémités de l’enroulement étaient soudées l’une à l’autre. D’un côté de l’anneau, les fi 1 s étaient dénudés, et deux balais métalliques, disposés suivant un diamètre et frottant sur les fils, recueillaient le courant. Les fils allait refaire l’enrou-
- Fig. i. — Première machine à quatre pôles construite par Gramme en 1871.
- lement; on remplaça bientôt (1870) cette disposition par le collecteur que nous connaissons. La figure 4
- représente la première machine à quatre pôles, construite par M. Gramme, et présentée à l’Institut en
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- V\". ».
- Transformateur Clerc.
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- rieurc des courants alternatifs de tension variable.
- Vint ensuite le transformateur de M. Gau-lard, qui a été employé le premier pour effectuer une distribution d’énergie électrique ; la ligure 6 nous représente un des derniers modèles de cet appareil. Un cadre intérieur, fermé sur lui-même, est composé de lils de fer ; sur ce cadre sont placées les bobines primaires et secondaires.
- Nous trouverions
- encore dans l’ouvrage Kig. G. — Transformateur Gaulard.
- de MM. E. Sartiaux et
- Aliamet des documents intéressants et importants
- de toutes sortes, notamment sur les lampes à arc, les régulateurs, les lampes à incandescence, les charbons, les bougies Jabloch-koff, et divers appareils ayant servi à des expériences mémorables; mais nous ne pouvons nous étendre davantage sur ces questions spéciales.
- Nous mentionnerons toutefois encore la collection remarquable des livres publiés sur l’électricité, ainsi que celle des divers manuscrits que les auteurs ont pu retrouver. La ligure 7 représente une feuille du manuscrit d’Ampère, extraite d’un mémoire lu à l’Académie Royale des sciences, le 25 novembre 1825, sur les phénomènes
- galettes de la bobine exté- | élcctro-dynamiques. Ce manuscrit appartient au-
- 1871. Comme on le voit, elle est composée de deux électro-aimants en 1er à cheval, disposés en regard l'un de l’autre, les pèles alternés. L’anneau Gramme est avec collecteur ; la machine est excitée en série.
- L’ouvrage donne encore la description de diverses autres machines intéressantes : la machine Gramme, type d’atelier (1875), machine Gramme à aimant Jamin (1875), machine Lontin (1875), machine Gramme à balais mobiles (1876), inducteur Lontin à pignon pour machines à courants alternatifs (1876).
- Viennent ensuite des renseignements de grand intérêt en ce qui concerne l’historique des transformateurs. La ligure 5 est un appareil que M. Clerc, le fondateur et le directeur actuel de l’usine électrique du faubourg Montmartre, expérimentait en 1882, et auquel il donnait le nom de « bobine ». Cet appareil, qui n’est autrequ’un transformateur d’induction, a été breveté en 1882, un mois avant celui de Gaulard.
- 11 se composait d’un faisceau de Jils de fer, placé au centre de deux bobines concentriques. La bobine intérieure était en fil lin, et la bobine extérieure était formée de 12 galettes superposées, enroulées avec du ruban de cuivre isolé ; ces galettes pouvaient à volonté être couplées en tension ou en quantité.
- La bobine intérieure était alimentée par un courant alternatif à haute tension, et on recueillait aux extrémités des
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- Fig-. 7. — Une feuille du manuscrit d’Ampère.
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- LA NATURE.
- jourd’hui à la Société française de physique.
- [.es documents recueillis par M. E. Sartiaux sont nombreux et précieux; ils permettent de reconstituer, avec exactitude, la partie historique des pre-> mièrcs découvertes et inventions électriques. 11 est à souhaiter qu’une fois le Musée rétrospectif réinstallé, on fasse encore de nouvelles recherches pour le compléter, et que l’on enregistre fidèlement les faits nouveaux depuis 1900, pour terminer et maintenir à jour un historique important, et du plus haut intérêt pour la science et l’industrie.
- __^______ J. Laffarguk.
- LE CAMPHRE DU JAPON
- Le camphre constitue pour le Japon et les régions voisines un article d’exportation de première importance. 11 est fourni par une plante de la famille des Lauracées : scientifiquement on l’appelle le « Cinnainomum cam-phora ». C’est un arbre environ de même taille que notre tilleul, avec une écorce rugueuse, remplie d’un suc abondant. Les fleurs sont petites et d’un blanc jaunâtre, groupées en cymes peu fournies. Le camphre s’y produit dans un urand nombre de cellules, ne différant d’ailleurs en rien îles cellules voisines, et répandues dans tout le végétal : mais c’est surtout des racines et des tiges qu’on le retire. Les arbres ne sont exploités que vers leur cinquantième année : à ce moment ils peuvent donner couramment jusqu’à GO kilogrammes de camphre brut.
- A l’ile de Formose, qui fournit annuellement pour '21)7) 750 livres sterling de camphre, les camphriers sont extrêmement abondants et constituent de vastes forêts. Voici, d’après M. Warren, consul à Formose, comment s’opère leur exploitation. Quand la troupe d’ouvriers est arrivée dans un endroit favorable, elle s’y installe pendant plusieurs mois jusqu’à ce qu’elle ait épuisé les arbres du voisinage, et elle y construit un ou plusieurs appareils distillatoires. On racle le tronc de l’arbre jusqu’à la hauteur la plus considérable que l’on puisse atteindre, et les raclures sont mises à bouillir avec de l’eau dans un vase en fer recouvert avec une jarre en terre renversée. Le camphre se sublime dans la jarre ; on enlève celle-ci de temps en temps pour en gratter l’intérieur, puis on la remet en place.-La racine de l’arbre et le tronc, depuis la grosseur de 8 pieds, sont les parties qui contiennent la plus forte proportion de camphre. Dix pots en fer munis de leurs jarres constituent un service et chaque service peut produire environ 50 kilogrammes de camphre en dix jours.
- On procède aussi quelquefois autrement. Ainsi, d’après M. Roques, le bois, coupé en morceaux de la longueur de l’avant-bras et divisé en éclats, est jelé dans une chaudière en fer pleine d’eau et recouverte d’un chapiteau muni d’un trou à sa partie supérieure : à ce trou est fixée une tige de bambou recourbée formant tuyau et aboutissant dans une caisse en bois ou en fer, qui est refroidie par de l’eau. L’eau portée à l’ébullition entraîne l’essence du végétal, c’est-à-dire un mélange de camphre et de produits incristallisables. Les vapeurs arrivent par le tube en bambou dans la caisse réfrigérante sur la face supérieure de laquelle le camphre se dépose, tandis que l’eau et l’huile de camphre également condensées s’écoulent de l’appareil par une ouverture pratiquée à la partie inférieure. L’huile de camphre n’est pas exportée de Formose; elle est abandonnée aux ouvriers, qui s’en servent pour s’éclairer.
- A Formose on exploite les camphriers très brutalement en ne se préoccupant guère de l’avenir. Au Japon, l’exploitation est réglementée et sous le contrôle d’inspecteurs spéciaux. Le camphre destiné à l’Europe est enfermé dans des caisses tapissées intérieurement de papier de plomb. Celui destiné aux Indes, où il sert à l’incinération des cadavres, est conservé dans des baquets et sans cesse recouvert d’eau : c’est tout humide qu’il doit être expédié.
- Le camphre du Japon est bien supérieur à celui de Formose : il est plus clair et en grains plus volumineux. Une seule usine en produit 4560 kilogrammes par jour.
- En Europe, on purifie le camphre en le mélangeant avec du charbon et de la limaille de fer (ou de la chaux vive) et en l’introduisant dans des matras à fond plat qu’on recouvre complètement de sable. On chauffe jusqu’à l’ébullition du camphre, puis on découvre le matras dans sa partie supérieure et on laisse refroidir lentement. Le camphre se condense en larges pains de S1®,500.
- Le camphre, chimiquement, est un aldéhyde : son alcool est le camphre de Bornéo. 11 a pour formule C-° Il ( )-. Tout le monde connaît son application : c’est un produit très populaire, dont malheureusement la guerre actuelle a augmenter le prix dans des proportions déjà énormes.
- ________ Henri Col pin.
- LA FOUDRE EN BOULE
- Lé 10 juillet, un violent orage a éclaté sur la ville d’Autun, sa durée a été de 50 minutes; la foudre est tombée sur plusieurs points de la ville. L’orage s’est terminé par un coup de foudre globulaire éclatant avec un grand fracas et un coup sec, sans roulement. Nous empruntons les quelques lignes qui suivent à une communication de M. Roche, transmise par M. Albert Gaudry, à l’Académie : *
- « La houle de feu a été vue à trois endroits différents sur un parcours de 500 mètres en ligne droite, elle a manifesté ses bizarreries dans quinze parties différentes de la ville : sonnettes électriques mises en mouvement, appartements paraissant pleinsde flammes; trois gros corps de cheminées rasés, distants du point de départ de 100 mètres, 500 m., 450 m. ; visites dans plusieurs appartements, plusieurs personnes déplacées ou ayant éprouvé des chocs,l’une sur le nez, une autre au bras; un élève dans la classe d’anglais, au collège, eut le bras paralysé pendant une heure; tous ressentaient un fourmillement désagréable, un autre eut une gra\e coupure au poignet ; ampoule de lampes électriques brisée, portes sorties des gonds, trappon de cave jeté dans la rue, etc. ; à mi-chemin la houle s’était divisée. Ces différents faits sont assez curieux pour la localité, mais n’ofl'rcnt aucun intérêt de nouveauté pour la science. »
- Il est pourtant un point d’observation qui mérite d’être signalé : à 50 mètres de son point de départ la foudre eu boule a causé une très forte commotion sur le bâtiment de la sous-préfecture, surmonté d’un paratonnerre; les personnes présentes le croyaient foudroyé ; elles éprouvèrent une forte commotion. Cependant le paratonnerre a été vérifié et reconnu en parfait état. « 11 semble donc que le paratonnerre soit sans action sur la foudre globulaire. »
- CHRONIQUE
- La plus» vieille horloge d’Angleterre. — Elle se trouve dans la cathédrale de Peterborough, et date de 1520 : elle est due, croit-on, au travail d’un moine hor-
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- loger; elle est du reste très primitive, comme quelques détails pourront le faire comprendre. Sa marche est assurée par un poids de plomb de 150 kg environ, suspendu à un câble de 00 mètres de long qui s’enroule sur un tambour de bois; il faut la remonter quotidiennement. Elle frappe les heures sur une des grosses cloches de l’église, cloche qui ne pèse pas moins de 1000 kg, et au moyen d’un marteau de 50 kg. Le mouvement ordinaire et la sonnerie sont disposés à quelques mètres de distance et reliés par un petit câble ; d’ailleurs cette horloge ne possède pas de cadran des heures, celles-ci sont marquées sur la roue principale de l’échappement, qui fait un tour en deux heures.
- Marbres de Grèce. — Les marbres merveilleux qui ont fourni jadis la matière de tant de chefs-d’œuvre de la sculpture et de l’architecture grecques, marbres de Paros, du Pentélique, d’Antiparos, dont les noms évoquent des souvenirs classiques, sont exploités plus que jamais; et ce sont eux qui forment encore à l’heure actuelle un des articles les plus importants de l’exportation de la Grèce. G’est une Compagnie anglaise qui exploite la plupart de ces carrières illustres, à INaxos, à Paros et ailleurs, et qui envoie un peu partout le fameux marbre blanc statuaire appelé lychnite; dans le courant d’une seule année, elle n’en expédie pas moins de 1 100 000 à 1 200 000 mètres cubes, sans compter les marbres plus ordinaires qui servent à construire les maisons des Grecs modernes. L’extraction totale, en 1905, a dépassé 5 100 000 mètres cubes, dont 800 000 proviennent rien que de la montagne du Pentélique. Le marbre que donne celui-ci s’en va presque uniquement sur l’Allemagne par Hambourg, tandis que la France ne voit guère arriver que 15 000 mètres cubes de marbre de Tinos.
- La disparition du Grand Lac Salé. — Tout le monde connaît de réputation cette sorte de Mer Morte américaine, au nom de laquelle s’associait si intimement la fameuse Secte des Mormons : or, cette nappe d’eau salée est en train de disparaître, comme le prouvent les multiples observations dont M. B vers se fait l’écho dans « Scientiiic American ». Les plus savants observateurs affirment qu’avant un demi-siècle ce sera une chose du passé. De la fin de 1886 à la fin de 1902, l’abaissement de son niveau a été de 5“,50, et actuellement la décroissance annuelle dépasse 50 centimètres, alors que dans la partie la plus profonde du Lac on ne trouve pas plus de 12 mètres. Rappelons, d’autre part, que des observations géologiques permettent d'inférer que le Lac Salé avait jadis un niveau plus élevé de 180 mètres au moins que sa surface actuelle. Gette mer intérieure étrange est à une altitude de près de 1500 mètres au-dessus du niveau de l’Océan.
- Les conduites d’eau en bois des Vosges. —
- M. Piarron de Mondésir donne, dans la « Revue du Génie Militaire », quelques détails intéressants sur les tuyaux en bois de fabrication rustique qu’on emploie, dans beaucoup de localités des Vosges, pour l’adduction des eaux. On les creuse à la tarière dans des troncs de sapins ou d’épicéas de 8 à 15 cm de diamètre, et coupés par bouts de 5 mètres; on travaille les arbres presque aussitôt qu’ils sont débités, à l’aide d’une tarière à cuiller de 2 mètres de long, armée d’une vrille à la pointe. Un perce le tronc par chacune des extrémités et il faut que les deux trous soient bien droits pour se rencontrer ; on y arrive du reste assez sûrement au moyen de dispositifs simples. Les joints entre tuyaux successifs se font au moyen d’une virole métallique qui s’enfonce de moitié de hauteur dans les
- bouts voisins de deux sections successives. Ces conduites durent une quinzaine d’années dans les terrains humides, mais 5 à 4 ans seulement dans les terrains secs.
- Gu(ta-percha artificielle. — La composition en est duc à M. Adolf Gentzsch de Vienne, et ce qui en fait l’intérêt, c’est que voici deux ans qu’elle est en essai sur des câbles appartenant au service des Télégraphes allemands. Elle serait formée d’un mélange de caoutchouc et de cire de palmier ayant môme point de fusion que le caoutchouc; elle se ramollit vers 60° C., mais tout en conservant son homogénéité ; au point de vue électrique, on la donne comme valant la gutta-pereha naturelle : ce qui ne l’empêche point d’être 55 pour 100 meilleur marché. La fabrication de ce produit a été entreprise industriellement par la Maison Felten et Guilleaume, de Mülheim, et c’est à elle que le service télégraphique allemand a commandé successivement les câbles sous-marins desservant l’ile de Fohr, celle de Norderney, et plusieurs autres îles de la mer du Nord et de la Baltique. Tous ces câbles ont été essayés à des températures variant entre -j- 50° et — 5Ü cent. ; et l’on a constaté un isolement correspondant à 650 megohms.
- La grande ligne télégraphique à travers la Perse. — Un événement vient de se produire en Perse, qui est passé beaucoup trop inaperçu : c’est l’arrivée à Kerman de la ligne télégraphique centrale persane. 11 existait bien déjà un télégraphe Indo-Européen passant par le territoire perse pour réunir le Royaume-Uni à l’Inde, mais le tracé par Tabriz, Téhéran, puis Bouchir, en est très long, et les communications y sont assurées en grande partie par des câbles sous-marins qui ne permettent que des correspondances assez lentes. La nouvelle ligne se sépare de l’ancierme à Kashan, puis elle passe à Yezd, à Kerman et à Bam, en franchissant une chaîne de partage des eaux à une altitude de 2600 mètres environ. On est en train de traverser maintenant le désert pour gagner la frontière anglaise. On rencontre naturellement de très grandes difficultés dans la pose de la ligne (qui est double sur une bonne partie de son parcours) ; les poteaux métalliques sont en plusieurs pièces, pour être transportés à dos de chameaux ou de mulets.
- La marine de guerre des Ktats-tJnis. — La Gonfédération américaine se laisse entraîner, elle aussi, aux dépenses militaires. Alors que sa flotte ne lui coûtait que 17 millions de francs en 1800, et que, même pendant la guerre de Sécession, le budget correspondant ne dépassait point 62 millions, d’année en année maintenant, l’ambition aidant, ces dépenses suivent une progression énorme. Et le budget de 1905 a prévu un total de 415 millions de francs'
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Sc/incc à u 5 septembre 1904. — Présidence de M. Mise a ht.
- Les explosions ei les navires de guerre. — M. Berlin présente un mémoire de M. Gayde, ingénieur en chef des constructions navales, relatif à la résistance des carènes des navires de guerre aux explosions sous-marines. Ge travail a conduit l’auteur à des données plus précises que celles qui avaient été indiquées en 1901 par M. Ber-tin, et qui sont, depuis cette époque, en usage dans la construction des navires, en vue de les protéger contre l'effet des torpilles. Ce travail est renvoyé, à la commission du prix annuel de 6000 fr., destiné à récompenser tout progrès de nature à accroître l’efficacité de nos forces navales.
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- LA NATURE.
- Réception d'ouvrages. — M’’ le Président annonce que l’Académie a reçu de l’Académie des « Lineei » de Rome, un ouvrage portant la marque du troisième centenaire de cette Association célèbre ; il annonce également la réception du tome III des œuvres de Brioschi.
- Physiologie. — M. le Président renvoie à l’examen de M. Chauveau une Note de M. Yaschide intitulée « Rapport entre la circulation du sang et la sensibilité tactile. »
- Ch. de Vjeleoelil.
- MARTEAU HYDRAULIQUE A VAPEUR
- L’appareil que nous présentons aujourd’hui au lecteur, et qui doit son nom, un peu bizarre mais absolument exact, à la combinaison sur laquelle il est basé, a pour but de remplacer les marteaux à vapeur, les marteaux-pilons, dont l’usage s’est perpétué, du moins quand il s'agit de faibles puissances. Nous n’avons guère besoin de rappeler (car il en a été souvent question ici) que la presse à forger s’est substituée à peu près complètement au marteau-pilon pour les gros travaux, par suite des qualités particulières qu’elle présente et des défauts du marteau à vapeur ; mais, dans les travaux ordinaires, celui-ci continue d’être employé, parce qu'il offre cet avantage tout particulier de travailler rapidement, de donner un grand nombre de coups dans un temps déterminé — ce que l’on ne peut attendre de la presse.
- Pour réunir cet avantage et ceux qui sont spéciaux à la presse, des constructeurs allemands viennent d’imaginer une presse à forger hydraulique et à vapeur tout à la fois, qui semble ingénieusement combinée. Elle a plutôt l’aspect caractéristique et la disposition générale extérieure du marteau à vapeur; tous les mouvements qui influent sur la vitesse de travail sont commandés par la vapeur, tandis que la pression même est assurée hydrauliquement. Cette presse est formée essentiellement d’un bâti en acier fondu, .au sommet duquel est bou-
- lonné le cylindre de pression hydraulique, également en acier fondu ; au-dessous de celui-ci se trouvent les guides réglables pour le marteau.
- Le cylindre à vapeur de soulèvement est disposé lui-même au-dessus du cylindre hydraulique, si bien que, aussitôt que cesse la pression de l’eau, le piston de soulèvement relève le marteau. Le bâti porte également le cylindre à vapeur du mécanisme de commande ou, comme on le nomme, de l’intensi-fieur. Le cylindre de pompe est relié, au moyen d’une traverse et de deux tiges, au piston d’un cylindre à vapeur, si bien que l’eau sortant du cylindre de pompe est envoyée sous pression dans le cylindre hydraulique, et le métal à travailler se trouve comprimé aussitôt que la vapeur est admise en dessous
- du piston du cylindre à vapeur dont nous avons parlé. Quand, au contraire, le cylindre à vapeur de soulèvement relève le marteau, l’eau est renvoyée dans le cylindre de pompe.
- D’ailleurs, un dispositif est prévu qui permet, au commencement du travail, de remplir le cylindre hydraulique avec de l’eau provenant d’un réservoir spécial : de la sorte, au moment du for-geage effectif, le cylindre à vapeur de commande de la pompe a seulement à fournir la pression voulue sur l’eau contenue dans le cylindre de presse ; cela limite fort économiquement la consommation de vapeur.
- La pression sous le marteau, comme dans toutes les presses, peut naturellement être maintenue aussi longtemps qu’on le désire, et ce type d’appareil permet non seulement de forger, mais de courber les pièces suivant tous les besoins. 11 se fait pour des puissances de 200, 500, 400 et 500 tonnes.
- 11 y a là évidemment une combinaison ingénieuse, et, d’une manière générale, en mécanique, il est bon d’associer, quand cela peut être profitable, des dispositifs qu’on a trop coutume de spécialiser.
- P. de M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Un nouveau marteau hydraulique.
- Paris. — Imprimerie Laiiube, rue de Fleurus, 9.
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- Fig. 1. — Theridion et ses fils de capture. En bas ’. fourmi-lion et entonnoir de la larve.
- tig. t. — Deux mymoecia fussi dévorant une fourmi.
- En outre de l’homme qui leur a voué une guerre à mort et qui, d’ailleurs, ne réussit qu’imparfaitc-
- 32e anuéi*. — 2e semestre
- ment dans cette œuvre de destruction, les fourmis ont beaucoup plus d’ennemis que ne le feraient
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- LA NATURE.
- croire la luxuriance de leurs colonies et l’abondance des individus. Mais leur fécondité est tellement grande que la disparition de quelques unités passe inaperçue et que les bataillons décimés se reforment aussitôt plus nombreux qu’auparavant. Leurs ennemis sont de nature très variée ; M. Charles Janet leur a consacré une de ses savantes études, laquelle va nous permettre d’en dire quelques mots.
- La longueur et la fréquence des courses des fourmis les exposent à tomber dans les entonnoirs creusés dans le sable par les larves du Fourmi-lion, à être saisies par des larves de Cicindèles cachées dans des trous verticaux ; à s’engluer parles antennes contre les fils de capture qu’attachent au sol certaines araignées telles que celle appelée « Theridion riparium ». Cette dernière se tient, en etfet, dans les endroits fréquentés par les fourmis et s’en empare pour s’en nourrir. Le Theridion établit son nid dans la partie inférieure des buissons, à un ou deux décimètres au-dessus du sol. 11 construit d’abord un réseau irrégulier. Dans ce réseau, il suspend, par sa pointe, une sorte de cornet allongé ayant de 1 à 8 centimètres de longueur «t 1 centimètre d’ouverture formé, en majeure partie, de grains de terre. Le Theridion se laisse descendre suspendu à un fil, choisit et saisit un grain de terre avec ses pattes antérieures, l’entoure de quelques fils avec scs pattes postérieures et, le tenant avec ces dernières, l’emporte et l’attache sur la bordure de l’ouverture du cornet. De nombreux fils relient cet édifice aux corps voisins et l’immobilisent. De cet ensemble partent un certain nombre de fils de capture qui vont un peu obliquement s’attacher au sol.
- Lorsqu’une fourmi, circulant sous le nid, vient à passer près de l’un de ces fils elle le touche avec son antenne et cet organe y reste solidement collé. La fourmi, furieuse, se démène, détache du sol le fil qui était fixé et recule autant que le lui permet l’élasticité de ce dernier. Mais ce fil tendu fait ressort et ramène brusquement la fourmi dès qu’elle n’est plus solidement agriffée. Les secousses avertissent l’araignée qui sort de son abri, se précipite sur le fil agité et le tire vigoureusement avec ses pattes antérieures. Si, de nouveau, la fourmi perd prise sur le sol, elle est hissée dans l’espace comme un seau au bout d’une corde. Si, au contraire, des circonstances favorables lui permettent de rester solidement agriffée au sol, l’araignée ne peut parvenir à l’attirer à elle. Dans ce cas, elle descend près de la fourmi, tourne son extrémité abdominale vers elle et, se tenant à son.fil avec ses premières pattes, elle tire de ses filières, au moyen de ses deux pattes postérieures, des fils gluants qu’elle jette sur sa victime. Celle-ci ne tarde pas à lâcher prise et l’araignée, avertie par la détente du fil de capture, grimpe vivement, entraînant sa proie, au moyen de scs pattes postérieures, jusque dans le réseau qui entoure l’ouverture du cornet. Là, elle continue à jeter, avec ses pattes postérieures, tout un lacis de fils sur la fourmi. Lorsque cette dernière est suffi-
- samment enveloppée, elle \ui mord soit une patte, soit une antenne et se retire en attendant que la mort survienne par suite de l’action du poison sorti par l’orifice voisin de la pointe des crocs. L’infortunée se débat et ne meurt qu’après une longue agonie. Les fourmis, ainsi capturées, sont emmagasinées dans le cornet en terre qui sert de refuge à l’araignée; le même cornet sert aussi à abriter les œufs et, plus tard, les jeunes qui en sortent. Ces derniers se nourrissent aussi des fourmis prises par leur mère. Ils savent d’ailleurs prendre part aux opérations de la capture ; ils savent même, à eux seuls, en se réunissant un nombre de 6 à 10 individus, les mener à bonne fin.
- Une autre espèce d’araignée fait ripaille de fourmis : c’est le « Zodarion elegans ». 11 ne construit ni filet ni toile pour arrêter sa proie; mais, aux heures de chasse, il vient rôder autour des fourmilières. Il s’approche des files de fourmis, va de l’une à l’autre, et — tel un tigre enlevant un porteur dans une caravane — saisit à l’improviste des individus faibles, blessés ou gênés par un trop lourd fardeau. Quand l’araignée a saisi sa proie, elle l’entraîne à l’écart, auprès de sa demeure qui est toujours entourée de débris qui ne laissent aucun doute sur son genre de nourriture.
- Lors de leurs sorties, et en particulier lorsqu’elles sont absorbées par l’ardeur d’un combat, les fourmis sont exposées aux attaques de certains Hyménoptères, 1’ « Elasmosoma berolinense » par exemple, qui se cramponne à leur abdomen, dégaine sa tarière et dépose ses œufs à l’intérieur même de leur corps. Les larves des fourmis, également, reçoivent la ponte d’IIyménoptères entomophages qui se développent aux dépens des tissus de leur victime et qui subissent leur nymphose dans le cocon de la fourmi. Toutefois, la difficulté que les Hyménoptères entomophages peuvent avoir à pénétrer dans l’intérieur des nids, explique que les larves de fourmis ne sont pas victimes d'un plus grand nombre d’entre eux.
- Le sommeil, si nécessaire à des animaux faisant une telle dépense d’énergie, et l’engourdissement nocturne, occasionné par le froid, mettent les fourmis à la merci des coléoptères myrmécophages. L’un de ces coléoptères est le « Myrmoecia fussi ». Il se tient retiré dans les coins les moins fréquentés des nids naturels et, dans les nids artificiels, se cache le plus possible. Les fourmis l’attaquent lorsqu’elles le rencontrent : les .ouvrières dirigent contre lui leur extrémité abdominale, avec émission de venin odorant ; les reines le mordent avec leurs mandibules. Ces mauvais traitements l'obligent à fuir vers une autre cachette. Le Myrmoecia dévore les fourmis pendant la nuit et l’on en retrouve les restes auprès de sa cachette. Sa couleur noire, brillante, et sa taille intermédiaire entre celle des ouvrières et celle des reines, le rendent assez difficile à distinguer dans les nids.
- Le grand nombre des individus et le renouvelle-
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- ment presque incessant de la progéniture, qui con-Iribuent tant à la puissance des fourmis, font, d’un autre côté, qu’elles peuvent devenir une proie toujours facile à trouver pour des animaux, individuellement plus forts qu’elles ou organisés pour ne pas avoir à soullrir de leurs moyens de défense. C’est ainsi que les Fourmiliers, les Üryctéropes1, certains oiseaux tels que le I'ic vert, le jeune Faisan et les Crapauds détruisent un nombre très considérable de fourmis. C’est encore le grand nombre des individus et les courses incessantes de certaines espèces qui sortent fréquemment de leur nid et circulent souvent en longues files, qui permettent à un certain nombre d’Hyménoptères ravisseurs d’approvisionner leur progéniture avec des fourmis. C’est le cas du « Fertonius luteicollis », insecte fouisseur qui creuse à peu de profondeur, dans la terre sablonneuse, des alvéoles groupés sans ordre. Il chasse une fourmi, très commune aux environs d’Alger, qui fabrique des chemins et les suit en longues files. Le Fertonius plane à quelques millimètres de hauteur au-dessus du sentier, choisit une victime parmi les fourmis les plus corpulentes, la suit quelques instants, puis fond sur elle, la saisit, l’emporte et, sans doute pour pouvoir la piquer à son aise, va généralement se poser à peu de distance du chemin. Le chasseur ne réussit pas à chaque coup et doit souvent poursuivre plusieurs fourmis avant de pouvoir en saisir une. Finalement, il arrive à approvisionner environ un alvéole par jour. 11 y entasse, pressées les unes contre les autres, une quarantaine de fourmis et, dans l’intérieur de cette niasse, il dépose un œuf blanc recourbé. Cet œuf est collé transversalement sur le corselet de l’une des fourmis, contre la première paire de pattes. Les fourmis emmagasinées ne sont pas tuées, leurs antennes et leurs pièces buccales sont animées de mouvements incessants ; mais, par suite de la piqûre du ravisseur, leurs pattes sont paralysées au point qu’elles ne peuvent plus s’en servir, et leur abdomen, qui est armé d’un appareil à venin redoutable, est tout à fait immobilisé. L’éclosion de l’œuf a lieu au bout de deux jours environ. La larve est pourvue de mandibules en forme de crocs; elle dévore les fourmis, qui, quatre ou cinq jours après leur capture, sont devenues complètement inertes et immobiles. Lorsqu’elle a atteint le terme de son développement, elle tisse un cocon qu’elle attache, par son extrémité céphalique, à la paroi de l’alvéole et qui reste entouré des débris des fourmis. Un certain nombre de ces débris fournissent les points d’attache nécessaires pour la mise en train du tissage du cocon et restent adhérents à la surface externe de ce dernier.
- Enfin, l’abondance de la progéniture qui se trouve dans les nids de fourmis peut constituer une proie de choix pour tout animal qui sait venir la ravir. C’est ce que font les fourmis elles-mêmes qui se livrent entre elles des combats terribles pour se voler leurs
- 1 Yoy. H. Coupin « Les arts et métiers chez les animaux », et « Les animaux excentriques ». Xony, éditeur.
- nymphes1. C’est ce que peut faire aussi, presque impunément, grâce à sa petitesse, le « Solenopsis fugax » qui pénètre, pour en dévorer les larves, dans les nids d’autres espèces de fourmis.
- Henri Coupin.
- LA. FONTESTORBE
- C’est une source bien curieuse et belle que la Fon-testorbe. La grandeur du site, l’abondance des eaux, les variations périodiques du débit l’ont rendue justement célèbre. Sous le nom de « Fons-Orge », Pline l’aurait mentionnée dans son Histoire naturelle, au dire d’Adrien de Vallois, mais rien n’est moins certain ; la courte description de l’illustre Latin parait mieux convenir à la fontaine de Vaucluse. Un vieux poète languedocien, Guillaume de Salluste du Bartas (1344-1590), le premier qui en ait parlé avec quelque compétence, l’a célébrée en vers mémorables dans son poème de la Création. Enfin, au xviue siècle, Astruc et le Père Planque ont expliqué son fonctionnement sans réussir à se mettre d’accord.
- Ces divergences d’opinion, et les explications erronées reproduites sans contrôle par les auteurs contemporains, m’ont amené plusieurs fois à la Fontes-torbe pour étudier méthodiquement cette curieuse fontaine. Je vais essayer de faire connaître aux lecteurs de ce journal le résultat sommaire de ces dernières recherches.
- La Fontestorhe est située au sud delà vaste plaine de Toulouse, dans un pays magnifiquement boisé, entre le Plantaurel ou Petites Pyrénées et le massif de Tabe, dont les crêtes frangées limitent l’horizon vers l’Andorre. Elle alimente un des moins longs mais des plus importants tributaires du grand Hers, aflluent de droite de l’Ariège. Un kilomètre et demi de distance sépare à peine cette source de la petite ville industrielle de Bélesta non loin de laquelle débouche la vallée de l’Hers.
- A cet endroit, celle-ci ne forme pour ainsi dire qu’un étroit défilé au fond duquel le cours d’eau et la route trouvent à grand’peine la place pour passer. D’un côté le chemin longe la rive droite du torrent, de l’autre il côtoie un à-pic de calcaire grisâtre qui par endroits surplombe.
- Des plantes à tige grêle s'accrochent en grimpant le long de la muraille nue ; des mousses verdâtres, des arbustes rabougris, légèrement feuillus, sont implantés dans les fissures du rocher. Amoncelés au pied de la falaise, des quartiers de rocs brisés, dissimulés sous une épaisse couche de végétation épineuse, semblent en défendre l’approche. Quelques platanes à l’élégant feuillage, projettent une ombre discrète sur les délicates fougères et les graminées d’alentour. Des grappillons jaunâtres des « Daphné laureola », essai-més çà et là, voisinent avec les Lychnides, aux fruits en forme de lampe antique, dont les fleurs nouvellement écloses, blanches ou purpurines, exhalent au
- 1 En voir la description complète dans II. Coupin : « Le monde des lôurmis ». Delagrave, éditeur.
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- LA NA TU l\L.
- déclin du jour des senteurs d'une suavité exquise. ment l'ossature de la montagne. D’innombrables
- Les calcaires urgoniens pétris de Héquénies for- tissures les traversent et conduisent les eaux souter-
- Fig. ). — La source en pleine activité.
- raines jusqu'au pied de la paroi rocheuse, où, la pression hydrostatique aidant, elles ont fini par ouvrir un grand orifice qui leur permet de s'épandre au dehors. Durant les trois quarts de l’année l’écoulement demeure abondant et continu ; pendant la saison estivale, au contraire, le débit, soumis à de nombreuses variations, augmente et diminue tour à tour. Ces fluctuations périodiques ont valu à la source de Délesta le nom caractéristique de « Fount-Estorbo », qui signifie, en languedocien, fontaine embarrassée ou fontaine encombrée.
- L’ouverture demi-circulaire, simulant une grande courbure de voûte quelque peu surbaissée et irrégulièrement découpée (pii livre passage aux eaux de la fontaine, mesure environ 11 mètres de largeur sur 8 mètres de hauteur. Cette ouverture donne accès à une excavation qui pénètre d’une dizaine de mètres dans la cour de, la montagne.
- A droite de l’entrée, dans un coin retiré, au fond
- de l’antre, les murailles rocheuses escarpées et obliquement redressées, ne conservent entre elles qu’un long espace vide conique et fort étroit. Tout en haut, dévorée parle temps, accablée par les eaux sauvages, ruinée aux trois quarts, la voûte effondrée laisse à
- peine entrevoir un lambeau de ciel bleu.
- La cause initiale de cette étroite cavité tubulaire (B B) dont la hauteur approximative peut être évaluée à 25 mètres, est une cassure produite par la dislocation du sol. Primitivement F a p por t liquide avait lieu par ce canal, actuellement la voie d’eau débouche au ba< de cette espèce de chem née, mais par un autre conduit souterrain.
- Durant la période intermittente, l’eau jaillit tout doucement d’abord, presque sans bruit, d’entre les cailloux moussus encombrant le sol de la grotte. La vasque de la fontaine petit à petit se remplit, mais avant que la nappe liquide ait atteint son maximum de hauteur, l’eau, profitant des interstices qui
- Durée d’une fluctuation : en minutes
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- 20 25
- 30 35
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- h 2S-
- Eboulie rocheux recouvrant le plafond de la
- Fig. i. — Courbe indiquant une des fluctuations observée par M. E. Bclloc, le 6 octobre 1903.
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- LA NATURE.
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- séparent, plus ou moins les blocs rocheux, s'enfuit I malgré ces pertes nombreuses, le plan d’eau s’élève comme éperdue de divers cotés à la fois. Néanmoins, | encore pendant quelques instants ; puis, débordant
- Fig. 5. — La Fontestorbe, au débit moyen.
- tout à coup le barrage, le flot, précipité dans le lit du torrent avec la rapidité des cascades, va se jeter dans 1‘Hers à une trentaine de mètres plus loin. Entin le tumulte s'apaise, le niveau baisse et le courant rapidement s’éteint. A ce moment, une occulte puissance semble avoir tari à jamais la fontaine mystérieuse; mais, quelques minutes plus tard, la source renaît et le curieux phénomène se reproduit.
- On admet généralement que la Fontestorbe débite 1900 litres par seconde, avec une moyenne de 500 litres à l’étiage et 5100 environ en temps de crue.
- Quant aux intermissions — l'une d’elles est figurée par la délinéation du diagramme ci-contre — mes nombreuses observations permettent de déduire les résultats suivants : l’eau met -15m4s pour atteindre son maximum de hauteur, et il lui faut 55,n5Gs pour reprendre son niveau
- initial. Durant 4 minutes la fontaine coule à plein bord, ensuite le niveau baisse progressivement et, pendant 2 minutes, il semble demeurer immobile sur le plafond du réservoir. D’après ces données la périodicité serait donc de 56m40s, soit un peu plus de 25 intermissions par 24 heures.
- En comparant les observations ci-dessus avec celles du Père Planque, faites 175 ans avant mes propres recherches, on peut se rendre compte (pie les lluctuations de la Fontestorbe ont fort peu varié depuis cette époque lointaine. La concordance des résultats est une preuve démonstrative de l’exactitude de ces re-che rches. Néanmoins, malgré les différences essentielles que celles-ci présentent avec les déductions imaginées par Asfruc, les publicistes modernes se réfèrent invariablement aux chiffres de ce dernier
- Fig. 1. — Coupe idéale de la Fontestorbe. — A, grotte intérieure; I5B, cavité tubulaire (cheminée) ; C, barrage et garde-corps ; I), réservoir supérieur souterrain ; EE, canal de vidange, siphon naturel; FFF, hauteur nécessaire du plan d'eau pour amorcer le siphon; (iCG, canaux d'alimentation du réservoir supérieur ; 1111, plan d’eau maintenant le débit constant de la fontaine ; III, tissures souterraines de la cuvette inférieure.
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- LA NÀTUIVE.
- au leur. Lien que la théorie des sources intermittentes soit connue de tous, les transformations périodiques de ces intermissions en écoulement continu, durant seulement une partie de l’année, surprennent toujours le visiteur.
- L’explication de ce curieux phénomène est cependant fort simple. Supposons, à l’intérieur de la montagne, deux cavités superposées reliées entre elles par une conduite formée de deux branches recourbées d’inégale longueur. Chaque fois que la tranche liquide du réservoir supérieur atteindra le sommet de la courbure F, figurée sur la coupe ci-jointe, le fluide, sollicité par la pesanteur, se précipitera dans le bassin inférieur en suivant le conduit E, E. Dès lors, la cavité supérieure se videra et il faudra que cette cavité soit de nouveau suffisamment pleine pour permettre au siphon de reprendre son fonctionnement normal. Mais lorsque l’apport des infiltrations souterraines par les canaux d’amenée G G deviendra plus considérable, si le plan de surface de la couche aquifère se maintient, sans discontinuité, au-dessus de la courbure du canal de vidange, celui-ci demeurant constamment amorcé, la source inférieure jaillira sans arrêt.
- Ce phénomène naturel 11e se produit pas autrement à la Eontestorhe. Émii.i: Bf.u.oc.
- UNE SOURCE DE GAZ INFLAMMABLE
- DANS I.A HAUTE-SAVOIE
- Ce journal, il y a quelques mois, a parlé d’une source naturelle de gaz inflammable, actuellement exploitée.
- Aussi pensons-nous intéresser nos lecteurs en leur donnant quelques détails complets — et bien de saison — sur une curiosité remarquable et encore peu connue, malgré son importance1. Il s’agit du gaz qui, depuis longtemps déjà, sert à l’éclairage et au chauffage de quelques fermes savoisiennes.
- Tout le monde connaît la splendide vallée de l’Arvc, sise entre Genève et Chamonix, reliant le Mont Blanc aux superbes rives du lac Léman. La partie la plus large de cette vallée est celle qui entoure Bonneville et qui s’étend jusqu’à la cité horlogère de Cluses. Cette vaste et pittoresque plaine est encadrée au Nord par le massif du Môle (point culminant 1869 m.), dont les flancs sont verdoyants et boisés et dont les pentes inférieures sont richement ceintes d’une parure de vignobles assez renommés, s’étendant de l’est à l’ouest du massif.
- Les nombreux voyageurs qui parcourent actuellement cette contrée, soit dans les express récents de la Compagnie P.-L.-M., soit en automobile, peuvent à loisir admirer cette masse montagneuse aux aspects enchanteurs.
- C’est dans cette région, très fréquentée aujourd’hui, que se trouve la source de gaz dont nous allons parler.
- Arrivé à Cluses, le touriste prendra la route nationale n° 202 (de Grenoble à Thonon), tronçon déjà existant de la route projetée dite route des Alpes, et destinée à relier Nice à Evian. En se dirigeant vers Chàtillon-sur-Cluses,
- 1 Les géographies locales mentionnent ce dégagement gazeux, mais sans description. Aussi jugeons-nous à propos d'y joindre des détails pris sur le vif.
- sur une longueur d’environ 7 kilomètres, le chemin s’élève en rampe régulière, de Cluses (ait. 500 m.) à Chàtillon (ait. 750 m.).
- Cette belle route de montagne, bordée d’un côté par les vignes et de l’autre par des bois de sapins et de hêtres, domine la plaine bonnevilloise et permet d’apercevoir toutes les beautés de ce joli coin des Alpes françaises. Après une heure ou deux de marche, le petit village de Chàtillon (800 bah.) apparaît, composé de coquettes maisons parmi lesquelles se trouvent plusieurs hôtels et pensions pour étrangers. Car ce village est un lieu de villégiature saine, fraîche et agréable. Pendant la belle saison, tous les hôtels sont au complet et donnent asile à de nombreux touristes, amateurs d’air pur. Ajoutons que l’on peut aussi accéder à ce lieu par la vallée du Gifïre, parcourue par. le tramway d’Annemasse à Samoëns, en descendant à la station de Taninges (distance à Chàtillon : 4 kilomètres).
- Tous ces détails topographiques nécessaires montrent que Chàtillon, admirablement situé, communique avec les deux belles vallées de l’Arve et du Giffre, par le col du même nom. Signalons les ruines d’une forteresse féodale et 1’ « église historique » du village, perchée à 765 mètres, et dans laquelle eut lieu le mariage de Pierre de Savoie, dit le « Petit Charlemagne ». Dans les environs, outre l’horlogerie, on remarque beaucoup d’industries : taillerie de diamants, scieries, carrières de marbre, d’ardoises et d’ « anthracite ».
- Muni de ces détails et d’une carte topographique, par exemple celle du Ministère de l’Intérieur au 1/100 000" (feuille Bonneville), le voyageur trouvera facilement, les lieux où se dégagent des gaz inflammables.
- Il y en a dans deux endroits de la commune : 1° à Pierre à Cbàtel, route cl’Aràches à Chàtillon, dans la maison « G rangera t », où le gaz sort par une tissure du plancher d’une salle ; on le trouve aussi dans le jardin qui entoure l’habitation; 2° à « Presles », en plein champ : cette dernière source a été découverte par le sieur « Bonnaz », Jean-Claude (aujourd’hui décédé), il y a environ 50 ans. Nous avons connu, il y a peu d’années, M. Bonnaz, et voici ce qu’il nous a raconté :
- En se rendant à la forêt voisine, il observa dans un pré une surface « inculte » d’environ 100 mètres carrés, et où la terre semblait calcinée. Alors il enfonça le manche de sa hache dans ce sol noirâtre, et, par l’orifice ainsi pratiqué, il entendit un sifflement de gaz qui se dégageait. Très surpris, il eut l’idée d’en approcher une allumette enflammée et le gaz prit feu instantanément.... Telle est, dans sa pittoresque simplicité, l’histoire intéressante de la découverte faite par M. Bonnaz, il y a un demi-siècle. Nous ajouterons que ses fils, propriétaires et négociants, existent encore et habitent le village de Chàtillon.
- Après cette trouvaille assez curieuse, des recherches furent faites sous la direction d’un ingénieur de St-Jeoire et le gaz fut analysé ainsi que les terrains environnants. Il existe un acte de concession fait par le roi de Sardaigne en faveur du nommé Jean-Claude Bonnaz. (Nous regrettons de n’avoir pu retrouver les résultats des analyses successives du gaz en question, il n’en reste aucune trace dans la région.) On dépensa alors un millier de francs pour les fouilles, mais faute de capitaux suffisants les concessionnaires durent abandonner l’entreprise. Plus tard, des ingénieurs firent aussi des études sur ce terrain, mais elles ne furent suivies d’aucun résultat pratique. Peut-être qu’à l’heure actuelle, où ces pays sont très fré-
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- quentés, de plus en plus connus, dont les routes et les railways sont nombreux et commodes, cherchera-t-on à utiliser ces dégagements de gaz inflammables?....
- Comme autre renseignement authentique et intéressant, nous avons trouvé, à la mairie de Chàtillon, le rapport d’un ingénieur des mines de Saint-Etienne (Loire), datant de 1875, et adressé au préfet de la Haute-Savoie ; le priant d’inviter les habitants de Chàtillon à être très prudents dans la manipulation du « gaz naturel », car il pourrait — dit le rapport — par une « explosion », amener à un moment donné une <( véritable catastrophe ».
- Jusqu’ici, ajoutons-le bien vite, il ne s’y est rien produit de fâcheux; et les habitants de la maison Grangerat se servent du gaz inflammable pour l’éclairage et le chauffage d’une chambre. Bien que l’installation soit des plus rudimentaires, la pression du gaz est toujours suffisante, ce qui indique une production souterraine permanente de produits gazeux en abondance.
- La flamme de ce gaz possède une légère odeur de soufre et donne une douce chaleur avec une flamme claire, assez pâle, que l’on pourrait rendre beaucoup plus éclairante par l’introduction d’un manchon Auer.
- Autour de Pierre à Chàtel, le gaz s’échappe de plusieurs fissures ; le sol y est très rocailleux et calcaire. Le gaz pourrait bien être analogue au « grisou », car l’on affirme généralement, preuves à l’appui, qu’il existe une couche de charbon à une grande profondeur au-dessous de Chàtillon. Ce serait une portion du filon que l’on rencontre à Taninges et à Aràches, c’est-à-dire à peu de distance de cet endroit. On peut donc avancer, avec ceux qui analysèrent le gaz en question, que l’on se trouve certainement en présence d’un mélange de carbures d’hydrogène.
- Mais, dans ces vallées, l’énergie cinétique des chutes d’eau très nombreuses et très puissantes est transformée de plus en plus en « énergie électrique ». Aussi la lumière est-elle un peu partout fournie par l’électricité dans nos vallées alpestres. Il en est de même pour l’énergie calorifique (fours à carbure de calcium des gorges du Giffre à 12 kilomètres de Bonneville); c’est sans doute pour cette raison : — abondance de « houille blanche » dans ces parages — que l’on ne cherche pas encore à utiliser la houille noire des « Alpes faucignerandes », non plus que leur produit, le gaz inflammable de Chàtil-lon-sur-Cluses.... Néanmoins ces sources méritent une description et une visite, aussi les signalons-nous aux lecteurs de « La Nature »‘. Omer Julltex.
- FOUR NON OXNDANT POUR RI\ETS
- On a recours assez souvent maintenant en Angleterre, pour faire chauffer les rivets sans les oxyder (ce qui est certainement un avantage des plus précieux), à un four très simple de construction, mais extrêmement ingénieux de fonctionnement, et qui mérite d’être connu.
- La grille du foyer y est formée d’une plaque de fonte percée d’un certain nombre de trous destinés à laisser passer l’air insufflé : cette disposition assure une excellente combustion, par suite notamment d’une égale répartition de l’air dans toute la masse du combustible. Celui-ci est du coke, qui est porté de la sorte à l’incandescence. Suivant la réaction bien connue, l’oxygène de l’air, en brû-
- 1 Nous recommandons tout spécialement, et après une étude personnelle de plus de 15 années consécutives, l’exploration de la « vallée Bonnevilloise » aux touristes, aux minéralogistes, aux botanistes et aux amateurs de belles ascensions, de promenades aussi variées^que pittoresques.
- lant, donne d’abord naissance à de l’acide carbonique, puis il s’élève à travers la masse incandescente, perd un atome de carbone et produit de l’oxyde de carbone ; en même temps, du reste, la température s’en abaisse sensiblement. Le gaz qui s’échappe de la surface du lit de combustible remplit la chambre où sont disposés les rivets et, comme il s’établit une surpression dans cette chambre, l’air atmosphérique en est complètement chassé. Elle est donc constamment pleine d’un gaz réducteur à la température du rouge, température qui demeure constante, et ce gaz ne brûle avec sa flamme bleue caractéristique qu’au fur et la cheminée de l’appareil.
- Par conséquent, en plaçant les rivets dans la chambre, on peut être assuré d’abord qu’ils ne prendront pas une température supérieure à celle du rouge et que, dans cette atmosphère réductrice d’oxyde de carbone où ils baignent, ils ne s’oxyderont point; on n’y verra pas se former de paillettes métalliques tant qu’ils ne seront pas portés à l’air extérieur. D’ailleurs, quand on veut en employer un et le mettre en œuvre et en place, on le retire de cette chambre supérieure, et on présente un instant, comme le montre la figure, à l’ouverture inférieure du four, où la température est naturellement bien plus élevée, et rapidement il est porté au blanc et peut être rivé à la main ou à la machine. On remarquera que c’est l’extrémité du rivet devant subir l’écrasement dans le rivetage, qui est précisément portée à la plus haute température, par suite de la position que ce rivet prend dans l’ouverture de réchauffage. P. de M.
- LA POPULATION INDIENNE AU CANADA
- D’une nombreuse population indienne, nomade, disséminée dans les forêts du Nord-Amérique à l’arrivée des Européens, il ne reste plus qu’un petit nombre de types, la plupart en dégénérescence.
- ' Bien des raisons ont causé l’anéantissement de la race indienne du Canada : le progrès, sous toutes ses formes bonnes et mauvaises, et la non-assimilation en sont les principaux facteurs.
- Quand les Français s’établirent au Canada, au commencement du dix-septième siècle, les Indiens, maîtres du pays, se disputaient entre tribus les territoires de chasse; deux grandes familles,lesIroquois et les Algonquins, se faisaient entre elles des guerres sanglantes et c’est en s’alliant avec l’une d’elles, les Algonquins, que Champlain en 1608 put commencer l’établissement d’une colonie à Québec.
- L’origine des Indiens du Nord-Amérique est toujours controversée, cependant on peut distinguer
- à mesure qu’il s’échappe par
- Coupe du four à rivets.
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- deux types sauvages : l'un serait venu des régions du Pacifique, l'autre de l’Atlantique. Le premier de petite taille, à membres grêles, à visage plat, est taciturne, il aime l’eau, est peu agressif et pares-
- seux ; le second, plus grand, plus fort, à traits accentués, est terrestre, il est gai et grand chasseur.
- Ces deux groupes importants, Algonquins d’un cote, Iroquois de l’autre, et différentes tribus no-
- Fig. 1. — Indien cl Indiennes de l'Ouest-Canada en costume de fôte.
- mades, ont donné lieu dans le roman au type idéal du Peau-Rouge. Qu’on sache bien qu’au Canada, le Sauvage est un homme civilisé, qui lit et écrit, qui s'habille et peut vivre comme tout citoyen du Dominion, mais il fuit cependant la civilisation, préférant la vie Apre mais libre des forêts, les chasses
- aventureuses, les courses sur les eaux, à la station dans les centres de population où il pourrait trouver une vie moins pénible et un certain bien-être.
- Nous ne pouvons ici faire une longue étude sur l’Indien, nous donnerons seulement quelques renseignements généraux sur son état actuel.
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- Fig. 2. — Rassemblement de tribus indiennes dans l'Ouest-Canada pour une lète et pour fumer ensemble le calumet de la paix.
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- LA NATURE.
- Il semble admis aujourd’hui que les races caractéristiques d’origine différente qui se sont établies dans des temps fort lointains au Canada peuvent se subdiviser en grandes familles suivantes : les « Tir-mehs », les « Algonquins » et les « Hurons-lroquois ».
- Les Tirmehs ou René Dindjiès sont disséminés dans la vallée de l’Athabasca, la région du Mackenzie et celle à l’ouest des Montagnes Rocheuses; leur aire est le sud des territoires des Esquimaux, qui se tiennent le long des côtes nord du Canada.
- Les Algonquins et leurs nombreuses tribus voyagent depuis le littoral de l’océan Atlantique jusqu’au lac Supérieur et au delà, vers les contrées situées au sud du nord-ouest canadien. Le « cris » est le langage typique de cette race la plus répandue de toutes les familles indiennes.
- Les ïroquois et leurs tribus associées parcourent le sud du Canada depuis les Montagnes Rocheuses jusqu’à l’Atlantique en passant par la région des lacs.
- En voyageant à travers l'immense étendue du Dominion, surtout quand on veut pénétrer dans des régions inexplorées, il est, nécessaire de se servir d’indiens comme guides; c’est ainsi que dans mes explorations j’ai pu prendre contact avec ditférentes tribus et assister à des fêtes et des réminiscences de la vie indienne d’autrefois. Nos photographies représentent des types Indiens et une fête indienne dans l'ouest pendant le repos des grandes chasses, à laquelle de nombreuses tribus ont été conviées, pour discuter, se divertir et fumer le calumet de la paix. Pour la circonstance les sauvages ont revêtu les costumes du passé afin de se conformer aux rites.
- Le dénombrement de la race indienne du Dominion accuse 55 tribus dont : 19 Dené Dindjiès,
- 11 Algonquins, 5 Hurons-lroquois.
- Leur population fournit les chiffres suivants :
- Race Dené Dindjiès........................59 500
- -- Algonquins.......................... 45 700
- - Hurons-lroquois...................... 9 500
- Total. . . . ~92 700
- Leur manière de vivre :
- Uniquement de poissons.................... 17 850
- Vie de camp à chasser......................17 100
- Dans les villages, dans les districts établis. 16 150
- En familles dans les bois..................41 600
- Leur distribution dans les provinces :
- Ile du Prince-Edouard................... 310
- Nouvelle-Écosse............................ 1 640
- Nouveau-Brunswick.......................... 1 400
- Québec.................,................ 7 000
- Ontario................................... 15 000
- Manitoba................................ 550
- Colombie anglaise..........................21 500
- Terre de Rupert........................... 50 000
- Le Labrador et les pays baignés par la mer Glaciale.................................. 17 500
- De ces 92 700 Indiens, 70000 environ résident dans des territoires réservés, et le reste est nomade.
- Le gouvernement canadien a pris en tutelle les sauvages qui sont nourris et vêtus aux dépens du Trésor public. Des écoles primaires et industrielles ainsi que des pensionnats ont été fondés pour les Indiens et, parmi les professeurs, on compte bon nombre de sauvages; ces écoles sont fréquentées par environ 7000 élèves. Dans l’accomplissement de cette tâche, le Gouvernement obtenu le concours de plusieurs associations religieuses qui ont établi des missions en divers endroits et sont arrivées à gagner la confiance des sauvages.
- Les Indiens, dans les réserves, se maintiennent en nombre, tandis que les nomades diminuent; dans l’ensemble, on constate dans les derniers recensements une diminution notable; aussi ne peut-on prévoir un long avenir à ces races autrefois nombreuses et prospères.
- Dans la population indienne du Dominion, nous ne comprenons pas les Esquimaux ; le nombre est restreint, 4 à 5000.
- Les Esquimaux ou Innuites sont les plus anciennes races établies au Canada, on pourrait même dire qu’ils sont aborigènes ; ils habitent l’extrême nord Amérique depuis les côtes du Labrador, de l’Uugava jusqu’à l’Alaska, ils sont doués d'un certain sens artistique et sont de hardis navigateurs. T. Obai.ski,
- Chargé de mission scientifique.
- NOUVEAUX OBJECTIFS PHOTOGRAPHIQUES
- Un progrès important semble devoir être réalisé d’ici peu dans la photographie, et en particulier dans la photographie astronomique, par l’introduction de nouveaux verres très transparents pour les radiations ultra-violettes, radiations essentiellement photogéniques. Dans les objectifs ordinaires, ces radiations sont complètement absorbées et ne concourent pas à la formation des images. Pour elles, le verre est absolument opaque. Dans un récent article paru dans la « Revue Suisse de Photographie », M. le Dr J. Amann a fait connaître les propriétés de ces nouveaux verres qui sont fabriqués par la maison Schott, d’Iéna. C’est à cet article que nous empruntons les renseignements suivants.
- Dans les verres utilisés actuellement pour l’optique, l’absorption est considérable à partir de la raie du fer L dont la longueur d’onde est 582 (millionièmes de millimètre). Les crowns absolument incolores, sous une épaisseur de 1 centimètre, absorbent entièrement les radiations de longueur d’onde 504,6 ut* (raie S). Pour les flints l’absorption est plus considérable encore et d’autant plus grande que la teneur en plomb est plus élevée.
- On sait que, jusqu’à présent, c’est avec la fluorite et surtout le quartz que l’on constitue la partie optique des spectrographes, en raison de leur transparence pour les rayons ultra-violets. Le quartz offre cet inconvénient de présenter la double réfraction, ce qui oblige à le tailler d’une certaine façon. En outre, il est impossible d’en trouver des fragments de dimensions un peu considérables. On a bien cherché à le fondre à une très haute température, mais on se heurte à des difficultés inouïes pour obtenir une masse optiquement homogène. Dans ses expé-
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- riences, le l)r Herschkowitsch, d’Iéna, n’a pu obtenir par ce procédé que des lentilles inférieures à üm,05 de diamètre. Les nouveaux verres présentés par la maison Schott résultent d’études et de recherches entreprises depuis plusieurs années. Leur composition n’est pas donnée. Parmi ces verres, il y a un crown et trois flints. L'indice de réfraction du crown pour la raie D (sodium) est de 1,5035. Les indices des flints varient de 1,5332 à 1,0529 pour la même radiation.
- Dans les verres actuels, sous une épaisseur de 1 centimètre, l'absorption des rayons de longueur d’onde 505 est complète. Avec les nouveaux verres, cette absorption est réduite à la moitié de la lumière incidente, déduction faite de la partie réfléchie.
- Le nouveau flint, très lourd, dont l’indice pour la raie D est 1,655, laisse encore passer la région ultra-violette à la radiation 265 piy. pour une épaisseur de 2 millimètres.
- La note du Dr J. Amann ne dit pas s’il est possible, avec ces nouveaux verres, d’obtenir des disques de toutes les dimensions, dans les limites des dimensions des objectifs actuels, bien entendu. Si oui, on peut espérer un progrès très considérable de la photographie céleste comme résultat de ces recherches. On s’en fera une idée par le fait suivant : « La comparaison des clichés célestes obtenus simultanément par le l)r Vil-liger, d’Iéna, au moyen d’un aplanat construit avec les nouveaux crown et flint et au moyen d’un aplanat apo-chromatique en verre d’Iéna ordinaire, montre, par exemple, pour la même région de la constellation de la Lyre, et pour la même durée d’exposition (lh 2m 50s) que le nombre des étoiles photographiées était de 619 dans le premier cas (nouveaux verres), au lieu de 551 seulement dans le second (verres ordinaires). »
- Pour la photographie ordinaire, l’introduction de ces verres conduira à une augmentation de rapidité puisque l’on utilisera une quantité plus considérable de radiations actiniques. Pour la photographie céleste, le nombre des étoiles enregistrées, d’après l’expérience précédente, est beaucoup plus considérable. Il est permis d’espérer que d’importantes découvertes pourront résulter de cette nouvelle application. La Nova de Persée, en 1901, avait un spectre extrêmement riche en rayons ultra-violets. Il est possible que certaines étoiles faibles, présentant un spectre analogue, soient révélées avec les nouveaux objectifs transparents pour ces rayons. L’avenir nous apprendra la valeur de cette hypothèse. Em. Toüciiet.
- LE JARDIN DES PLANTES1
- AUTREFOIS ET AUJOURD’HUI
- II
- A la mort de Buffon l’élan étant donné, son successeur, le marquis de la Billardière, s’attacha à faire achever les travaux commencés ; mais, au début des troubles de 1792, il émigra et fut remplacé par Bernardin de Saint-Pierre qui, malgré la nécessité où il se trouvait de réduire les dépenses, put faire construire une serre faisant suite à d’autres déjà existantes. C’est sous sa direction qu’en 1795 le Jardin du Roi reçoit ses premiers pensionnaires. Ce point de départ de la ménagerie est un curieux épisode de la Révolution française.
- Le procureur général de la commune avait pris de sa propre autorité un arrêté ordonnant que les animaux
- 1 Voy. n° 1623, du 2 juillet 1904, p. 75.
- stationnant sur les places de Paris, constituant (pensait-il) un danger pour la sécurité publique, seraient saisis par le ministère des officiers de police et conduits au Jardin des Plantes où ils seraient établis à demeure après que leurs propriétaires auraient été indemnisés. Ils y furent, en effet, amenés le 15 brumaire an II avec leurs gardiens, par les commissaires de police, sans même que le Jardin en eût été averti.
- Ce fut Geoffroy Saint-Hilaire, tranquillement occupé dans son cabinet en ce moment, qui les reçut, les fit installer dans une cour intérieure, et pourvut provisoirement, à ses frais, à leur nourriture. A ces animaux vinrent se joindre ceux existant encore à la ménagerie de Versailles (lion, couagga, bubale, gazelle) et quelques autres provenant du château du Raincy (cerfs, daims, chevreuils).
- L’Académie des sciences avait antérieurement fait à Louis XIV la proposition de créer une ménagerie. Le roi l’avait fait installer à Versailles. Elle s’enrichit sous Louis XV et Louis XVI ; mais, pendant la Révolution, un certain nombre d’animaux moururent de faim, et les survivants allaient être transformés en squelettes lorsque Bernardin de Saint-Pierre réussit à les faire conserver pour le Jardin des Plantes où ils n’arrivèrent d’ailleurs qu’en 1794. D’autre part, à la mort du duc d’Orléans, le château du Raincy avait été vendu aux enchères, mais le marché fut cassé par Crassous, proconsul dans le département de Seine-et-Oise ; les bêtes fauves qui s’y trouvaient furent saisies et offertes au Jardin des Plantes. Le comité d’instruction publique décréta ensuite, en principe, rétablissement d’une ménagerie dont Geoffroy fut nommé directeur. Certains de ces animaux furent d’abord installés dans des loges aménagées sous les galeries du cabinet alors que d’autres étaient placés dans des écuries et dans des bosquets longeant la rue de Ruffon. Puis un bâtiment provisoire fut construit pour les animaux féroces, ce qui permit de débarrasser le rez-de-chaussée du cabinet.
- Cette même année, un décret de l’Assemblée constituante publié le 14 juin, réorganisa le Jardin du Roi qui prit le nom de « Muséum d’histoire naturelle ». Ce décret laissait aux professeurs le soin de choisir parmi eux un directeur et un trésorier et ordonnait la création d’une bibliothèque, laquelle fut ouverte au public le 7 septembre 1794.
- L’acquisition d’une maison et de terrains compris entre la rue Poliveau, la rue de Seine (qui devint plus tard la rue Cuvier), la Bièvre, le boulevard de l’Hôpital et la rue Saint-Victor, permet alors d’agrandir encore le Jardin des Plantes. Parmi les nombreux documents qui nous ont conservé l’image de ce qu’il était alors, nous ne manquerons pas de citer une série d’aquarelles de Hilaire, qjîe leDrHamy, le savant historien du Muséum qui recherche avec tant d’ardeur et de soin tout ce qui touche au développement de cet établissement, a eu l’heureuse pensée de faire reproduire en photographie pour en composer un charmant album phototypique, qu’il a dédié au directeur et à ses collègues, MM. les profes-
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- seurs du Muséum, à l’occasion du centenaire de cet établissement. 11 porte pour titre : « le Muséum il y a cent ans ». Nous en reproduisons deux planches en regrettant de ne pouvoir les donner toutes.
- L’année 1795 amène aussi son contingent de développement. Dans l’amphithéâtre achevé par l’addition de trois pavillons et d’un laboratoire de chimie, a lieu l'ouverture de 1’ « École normale » (premier essai qui ne dure que T mois). l)e nouveaux achats de terrains et de bâtiments ont lieu. La « colline » prend le nom de « labyrinthe ». Un ancien magasin à farine est utilisé pour y installer l’administration et des collections trop à l’étroit, pendant que des maisons situées le long de la rue de Seine, habitées autrefois
- par des religieux, servent à loger les professeurs.
- C’est aussi en 1795 que l’architecte Molinos commence la construction, qui dure 5 ans, de la serre tempérée, et celle du cabinet d’anatomie achevée seulement en 1817. En 1798, l’établissement reçoit deux éléphants de la ménagerie du Stathouder. On dut les loger dans une écurie. En 1801, sous le ministère de Chaptal, l’école de botanique est agrandie d’un tiers. La galerie supérieure du cabinet est achevée, le nombre des parcs s’augmente le long de la rue de Seine et les collections prennent un grand développement. Vient alors Foureroy, le promoteur de lapu-blicationdes « Annales du Muséum », continuée successivement sous le titre de «Mémoires du Muséum,
- I
- Fi{r. I. — Le cabinet d’Hisloire naturelle, les anciens parterres et le grand bassin. (D’après l'album du l)r Hamy.)
- Nouvelles Annales, Archives, Nouvelles archives». En 1805 Molinos commence la construction de la grande rotonde et l’interrompt au bout de deux ans. En 1804 a lieu la construction d’un laboratoire d’anatomie et l’aménagement d’un bâtiment de la rue de Seine en y pratiquant au couchant, pour les singes, des loges avec cour fermées par des grillages et des portes vitrées ; pour les oiseaux de proie de grandes cages, et en retour un abri pour les faisans et les oiseaux de basse-cour. En 1806 les galeries d’anatomie sont ouvertes au public. En 1807 sont terminés les travaux pour l’installation d’une galerie de botanique au-dessus de la salle d’administration, pendant que d’autres plus importants sont entrepris pour agrandir les anciennes galeries qui s’étaient déjà successivement étendues par l’abandon que Bufl’on
- avait fait de son appartement et par la construction au second étage d’une vaste pièce éclairée par le haut. Le tout fut terminé en 1810. On reprit alors la construction de la rotonde, disposée pour pouvoir être chauffée l’hiver, et que vinrent habiter en 1812 les animaux herbivores : éléphants, chameaux, etc., quoique ce bâtiment fut déjà reconnu, nous dit Dc-leuze, peu propre à sa destination en raison des difficultés de chauffages et des courants d’air funestes aux animaux, et que l’on pensa qu’il serait plus propre à l’installation de la bibliothèque.
- Notons ici qu’en 1814 le Muséum fut respecté par l’armée allemande, qu’il reçut la visite de l’empereur de Russie, de celui d’Autriche, et du roi de Prusse qui vinrent admirer ses richesses. (En 1870, hélas! les bombes prussiennes ne l’épargnèrent pas;
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- Fig. 2. — Le grand Labyrinthe, le cèdre du Liban et le buste de Linuée. (D'après l’album du D' llamy.)
- elles y firent de sérieux ravages, mais ils furent vite 1817, et en 1818 est commencée ia construction d’une réparés). Les galeries d’anatomie s’agrandissent en ménagerie des animaux féroces; elle est terminée
- Fig. 3. — Plan du Jardin du Roi en 1S21.
- A. Rue du Jardin-du-Roi ; R, Rue de Buft’on; C. Place du Jardin-du-Roi ; D, Quai Saint-Bernard; E, Rue de Seine.
- en 1821, en même temps que de nouvelles acqui- parcs et que l’on pense à construire de nouvelles
- sitions de terrains permettent d’établir de nouveaux serres plus confortables que les anciennes. X......
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- lu eurieu* procédé d’irrigation. — Il a été
- imaginé et essayé par le Professeur Cusmano, et assure une longue réserve d’eau à des plantes vivant dans des régions où la saison sèche se prolonge. Un utilise pour cela le liguier de Barbarie, nopal à racjuettes ou « opuntia vulgaris », qui s’acclimate dans tant de pays, et dont les raquettes présentent la particularité de former de véritables réserves d’humidité. Au printemps on creuse, au pied de l’arbre que l’on veut préserver de la sécheresse, une fosse circulaire de 50 centimètres de profondeur, et formant un cercle d’un mètre environ de rayon. On remplit cette excavation de raquettes de nopal coupées en morceaux larges de deux doigts; pour en faire une couche plus dense, on les triture et les hache avec la bêche, en remettant des tiges au fur et à mesure que la masse se tasse. Un a ainsi une sorte de bouillie végétale qu’on recouvre d’une couche de terre. Cette bouillie emmagasine au pied de l’arbre une quantité d’eau relativement considérable; et, ce qui est précieux, c’est qu’elle ne la rend que peu à peu, assurant ainsi un véritable arrosage continu à petite dose. La matière mucilagineuse ne cède son humidité que lentement, et le Professeur Cusmano assure que, après 4 mois de sécheresse, il a trouvé, dans des fosses ainsi préparées, de la pulpe de nopal encore fraîche et susceptible d’entretenir la végétation. Le fait est que les arbres qui en bénéficiaient avaient conservé leur feuillage intact.
- Les avantages du labourage superficiel. —
- Les sécheresses si fréquentes en Russie et qui rendent si précaire la situation de l’agriculture, ont conduit M. Ov-sinsky à essayer d’une méthode assez curieuse pour utiliser au mieux les réserves d’humidité qui se sont formées dans le sous-sol durant les mois d’hiver, et pour mettre par conséquent les récoltes à l’abri de l'insuffisance des pluies printanières. Cela consiste à retourner et labourer le sol à une profondeur de 5 centimètres seulement, au lieu de descendre, comme c’était jusqu’ici l’habitude, à 15 et 20 cm; la couche du sol laissée intacte retient l’humidité naturelle au-dessous du terrain labouré. De plus, on sème le blé de façon assez spéciale, en répandant la semence aussi dense que possible sur une bande de 20 cm de large, séparée de la bande voisine par un espace non ensemencé de 20 cm.également, mais que l’on entretient en bon état de sarclage. Un grand agriculteur de Bessarabie a essayé de cette méthode, et il s’en trouve au mieux, pouvant compter cette année sur un rendement de 6500 kilogrammes à l’hectare. Le seul défaut de la méthode serait qu’elle demande à être appliquée avec un soin méticuleux.
- Usines ù gaz souterraines. —Il s’agit d’une idée assurément fort originale émise par M. P. Beau devant la Société de l’Industrie Minérale. Il existe nombre de gisements de bouille qui se présentent à une profondeur trop grande ou en épaisseur trop faible pour être exploités avec profit suivant les méthodes courantes; or, on pourrait utiliser le combustible sur place même en le convertissant en gaz qu’on recueillerait à la surface du sol et qu’on emploierait aux usages les plus divers. Pour cela on descendrait deux trous de sondage, au moins, jusqu’à la veine à exploiter, et on les réunirait par des galeries transversales; puis on mettrait le feu au combustible, un des trous de sonde ayant pour rôle d’amener la quantité voulue d’air pour convertir le charbon en gaz. Ce gaz serait envoyé à la surface par l’autre trou de sondage.
- La métallurgie du monde. — On évalue la production du minerai de fer dans le monde à 95 millions de tonnes, dont les quatre cinquièmes sont fournis par i pays seulement : États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne. La fabrication de la fonte s’élève à 44 millions de tonnes, dont près de 18 pour la Confédération américaine et 8 1,2 pour l’Allemagne comme pour la Grande-Bretagne. Enfin, pour ce qui est de la production de l’acier, nous relevons le total de 50 millions de tonnes à peu près, dont 15 pour les États-Unis, 7 1/2 pour l’Allemagne et seulement 5 pour l’Angleterre.
- Charbon de tourbe. — Le Dr WolfT, de Nerdin-gen-sur-le-Rhin, vient d’exécuter des expériences fort intéressantes de cristallisation de la tourbe, qui donnent un charbon que les métallurgistes apprécieraient beaucoup ; il contient seulement 0,5 pour 100 de soufre, supporte le transport bien mieux que le charbon de bois, et conserve bien la chaleur; enfin la distillation fournit des huiles et des produits chimiques divers susceptibles d’une excellente utilisation.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12septembre 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Polymorphisme de la cellule cartilagineuse. — M. Joannès Chatin résume les résultats de ses recherches sur la cellule cartilagineuse. Loin d’être ovoïde ou étoilée, c’est-à-dire de posséder les seules formes que lui attribuent les descriptions classiques, elle peut revêtir les aspects les plus divers. Dans maintes circonstances, le tissu cartilagineux présente un polymorphisme des plus remarquables : dans le larynx des mammifères comme dans la sclérotique des reptiles, dans le cartilage crânien des céphalopodes, comme dans le squelette des annélides, on peut ainsi rencontrer des cellules cartilagineuses très diverses (anguleuses, cylindriques, multilobées, stelli-formes, etc.). M. J. Chatin n’emprunte pas seulement ses exemples de cartilage polymorphe à l’histologie comparée; il montre que l’anatomie pathologique en fournil aussi d’excellents types, spécialement dans les tumeurs chondrifiées ou enchondromes.
- . Luxation (le la tète. — M. Lannelongue présente une Note de M. Beaudouin relative à une luxation traumatique de l’atlas sur l’axis observée sur un squelette trouvé sous un mégalithe en Vendée. Après la mise au jour du squelette, et avant que les ouvriers n’y eussent touché, l’auteur a pris la précaution de silicater immédiatement, et sans enlever la terre, la partie cervicale. Il a pu ensuite constater une luxation latérale par rotation en avant et à droite de l’atlas sur l’axis, de telle sorte que l’apophyse odontoïde touche l’arc postérieur de la première vertèbre cervicale. L’homme en question appartenait sans doute à l’époque gauloise et aurait été écrasé par l’effondrement de la voûte. M. Lannelongue formule des réserves relativement à l’hypothèse invoquée par l’auteur pour expliquer la position de la tête. Il remarque que peu de temps après la mort les ligaments qui réunissent les apophyses disparaissent, que dès lors la tête n’est plus maintenue en place. Dans cette situation tout mouvement intérieur du sol, quelle qu’en soit la cause, peut déterminer un roulement de la tête sur les apophyses. D’ailleurs, les luxations de la tête sont des accidents fort rares ; il n’en a rencontré que trois cas jusqu’à CC jour. Cil. DE VlLLEDEUlL.
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- JOUJOUX EN NOIX
- Voici, choisis parmi les plus simples, quelques spécimens de joujoux que l’on peut fabriquer avec des coquilles de noix. Pour ce genre de travaux manuels, ce n’est pas le canif qui doit être employé; d’abord parce que, vu la dureté des coquilles, les lames et pointes de canifs courraient de grands risques; eusuite et surtout parce que, glissant sur la coquille, le canif pourrait blesser l’opérateur. L’outil tout spécial que je vous propose n’est autre chose qu’une vieille aiguille à tricoter en acier, de grosseur moyenne, appelée « passe-partout ».
- Un lait rougir au feu le bout de cette aiguille, on la saisit ensuite par le bouchon dans lequel elle est emmanchée, et il suffit de l’enfoncer dans la coquille pour y percer instantanément un trou à l’endroit voulu. S’il s’agit de couper une coquille de noix en travers, on pose l’aiguille rougie sur la ligne marquée, et, en deux ou trois passes, cette coquille est coupée ; comme la section est d’aspect noir et charbonneux, on la polit sur un morceau de papier de verre, qui enlève toute trace de brûlure.
- Les coquilles de noix employées seront choisies parmi les plus grosses et les plus régulières. Un mot maintenant sur les modèles représentés ci-contre.
- Chariot d'enfant. — Percer deux trous l’un en face de l’autre vers le bas et au milieu de la coquille inférieure; y faire passer une allumette qui sera l’essieu, et la maintenir par deux gouttes de cire à cacheter. Les deux bouts de l’allumette auront été taillés en cylindres ; on y enfilera les deux rondelles de bouchons figurant les roues de 1 centimètre de largeur, qui seront retenues par deux petites rondelles de carton mince enfilées sur l’allumette, puis fixées par de la cire. Les roues pourront ainsi tourner entre les flancs de la coquille et les rondelles de carton. Un troisième trou, percé à l’avant, servira au passage de l’extrémité du timon en double fil de fer tordu, dont l’autre bout maintient une petite traverse en bois, servant au tirage du chariot. La capote est une demi-coquille, coupée avec le passe-partout, et collée sur le bord de la coquille inférieure avec un peu de gomme ou de cire.
- À l’intérieur, garni d’un bout d'étoffe légère, placer une de ces minuscules poupées en porcelaine que l’on trouve dans la galette des llois.
- Bercelonnette. — C’est le corps même du chariot, mais dans lequel aucun trou n’a été percé ; on découpe en long, dans un bouchon, deux plaques de 1 centimètre d'épaisseur, puis on taille dans chaque plaque un morceau arrondi en arc de cercle, que l'on colle sous la coquille inférieure avec un peu de cire, et bien parallèlement l’un à l’autre.
- Chaloupe de pêche. — Dans les bateaux enfantins construits en coquilles de noix, la grande difficulté consistait jusqu’ici dans le peu de stabilité du màt, enfoncé dans un trou fait au fond de la coquille; de plus, l’eau s'infiltrant par ce trou venait vite
- causer un naufrage ; un moyen plus pratique de fixer le màt consiste dans l’emploi d’un morceau de bouchon enfoncé dans la coquille, et que l’on coupe au ras de ses bords. On a ainsi une chaloupe pontée, et de plus il sera facile de piquer dans ce bouchon non seulement le màt vertical ou grand mât, mais encore le petit màt horizontal dit : bout-dehors, qui passe par un trou percé à l’avant de la coquille. Deux fils obliques servent à suspendre au haut du grand mât la vergue en allumette sur laquelle est fixée la grand’voile en papier; trois autres fils maintiennent la voile triangulaire ou foc, également en papier. On peut coller avec de la cire, sous la chaloupe ainsi construite, une quille découpée dans une plaque de liège assez mince ; quant au lest, il consistera en grains de plomb déposés au fond de la coquille avant qu’on y ait placé le bouchon.
- Tortue coureuse. — La tète, la queue et les pattes seront fabriquées avec des morceaux de bouchon, connue il a été indiqué dans un article précédent 1 et collés extérieurement sur les bords de la coquille avec un peu de gomme ou de cire à cacheter. Cela fait, on frotte le dessous sur un morceau de papier de verre fin, pour obtenir une surface parfaitement lisse. Pour marquer les yeux, on peut employer le passe-partout, qui servira aussi à brûler le dessus de la coquille de place en place, afin d’imiter l’écaille. On pose la coquille sur une planchette ou une feuille de carton, après y avoir introduit en secret une bille ordinaire, et le public voit alors évoluer la tortue, qui va et vient suivant les diverses inclinaisons que vous donnez à la planchette. Pour que l’animal coure toujours avec la tète en avant, il suffît de coller dans la coquille une petite traverse en papier qui force la bille à rester toujours à la partie antérieure.
- Mètre de poche. — L’axe tournant entre les deux coquilles est un petit bout de règle carrée d’écolier, sur lequel on a collé le bout d’un ruban de fil de lm, 10 de longueur. On arrondit ce morceau vers ses deux extrémités, pour former deux tourillons aux endroits où il doit tourner entre les coquilles, qui elles-mêmes ont été percées sur leurs bords de deux trous assez larges représentant les coussinets, et à cheval sur les deux coquilles. Outre ces deux trous, on a également pratiqué, sur le bord antérieur, une ouverture rectangulaire en forme de fente étroite, par laquelle passera le ruban. On enroule ce ruban sur l’axe, on pose les deux tourillons dans les coussinets, puis on colle ensemble les deux coquilles; à l’extrémité libre du ruban on a collé un petit bout de crayon servant d’arrêt et permettant de tirer le ruban hors des coquilles. La graduation se fait en plaçant le ruban étendu à côté d’un mètre ordinaire ; on marque à l’encre les divisions en décimètres et centimètres.
- Êcrin pour dé à coudre. — Deux coquilles, percées chacune de deux trous à leurs extrémités, et reliées par un ruban formant charnière, constituent
- 1 Yoy. u0 1597, du 2 janvier 1904, p. 79.
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- cet écrin, que l’on garnit de velours ou de ouate recouverte de soie ; nos fdlettes y logeront leur dé d’argent, et deux bouts de ruban, noués aux deux autres trous, serviront h maintenir l’écrin fermé.
- Mandoline. — Voici quelque chose de plus difficile, et digne d’un amateur de travaux manuels. Sur les bords de la coquille, choisie parmi les plus belles, collez un morceau de papier fort ou de parchemin de même forme, dans lequel vous aurez découpé un trou circulaire, appelé « la rose ». A l’une des extrémités, collez le manche en bois, taillé dans un morceau de règle carré, et que vous pourrez
- noircir avec de l’encre de Chine. Dans le bout du manche seront enfoncées quatre tètes d’épingles en acier, figurant les chevilles. A l’autre bout de Instrument, vous enfoncerez, sur le bord de la coquille, quatre autres têtes d’épingles auxquelles vous attacherez les extrémités des quatre cordes en fil de laiton très tin; les autres extrémités de ces cordes viendront s’attacher autour des chevilles, après avoir été bien tendues. Les cordes, grattées avec le bec d’une plume d’acier, feront entendre des sons aigrelets, sinon musicaux.
- Panier. — Pour le panier à couvercles, on colle,
- Joujoux improvisés en coquilles de noix. (Collection Tom Tit.)
- sur les bords et au milieu de la coquille, une traverse en carton mince, sur laquelle sont articulés deux couvercles en carton mince, au moyen de charnières en papier. Les deux extrémités de l’anse en carton, repliées à angle droit, sont collées aux deux bouts de la traverse, et par conséquent entre les deux couvercles, qui peuvent ainsi être abaissés et relevés facilement. On garnit le panier d’objets en mie de pain pétrie et coloriée, confectionnée comme il a été dit dans un article spécial.
- Toton. — Enfin, pour finir par un modèle tout à fait simple, voici un joujou que nous fournit une noix, sans que nous ayons même la peine de l’ouvrir.
- Enfonçons un bout d’allumette dans le trou existant naturellement entre les deux coquilles, et qui correspond à la queue du fruit, et nous obtenons en un clin d’œil un-excellent toton, qui tournera sur la pointe de la noix ; nous aurons choisi pour cela une noix dont la pointe soit un peu effilée. Pour diminuer le frottement, et permettre à notre toton de tourner plus longtemps, nous pourrons le faire aller dans notre assiette, au dessert, ce qui amusera tort le petit monde. Arthur Goop.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleurus, 9.
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- k24 SEPTEMBRE 19 04.
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- LES PRUNES JAPONAISES
- Les diverses variétés de Pruniers japonais et nord-arnérieains introduites il y a quelques années en France, après avoir été cultivées en grand aux Etats-Uuis, ont été louangées à l’excès, puis dépréciées, alors que l’ensemble ne comportait ni ces honneurs, ni ces critiques.
- La vérité est qu’elles possèdent de grandes qualités, au double point de vue économique et ornemental si l’on doit en tirer parti.
- Un des avantages qu’elles présentent est de paraître immunisées contre toutes les maladies d’ordre cryp-togamique qui affectent les Pruniers en dehors des
- régions où leur croissance se fait normalement ; un autre est qu’elles sont d’une rusticité parfaite et s’accommodent des climats les plus différents : de l’Espagne et de l’Italie comme du centre de l’Angleterre et du nord de la Russie. Alors que les maladies et les pucerons verts sévissent sur les Pruniers ordinaires cultivés en Angleterre les Pruniers japonais en sont indemnes. Toutefois la prune Kelsey convient seulement pour les régions chaudes.
- La Société américaine de Pomologie tient d’ailleurs ces prunes commes parfaites et d’une grande fertilité pour l’Amérique, et cette appréciation a bien quelque valeur, étant donné qu’elles ont fait leurs preuves.
- Le premier Prunier japonaislut introduit, il y a une
- Type Je l'ruue Japonaise : variété Salsutna.
- trentaine d’années, en Amérique. Il fructifia en premier chez John Kelsey, c’est pourquoi on lui donna le nom de prune Kelsey. Mais c’est seulement depuis uue quinzaine d’années que l’on s’en occupe activement et qu’une trentaine de variétés furent alors importées du Japon, dont plusieurs ont été vulgarisées depuis.
- Les Pruniers japonais se distinguent de notre Prunier domestique, par la forme ovoïde et pointue du fruit de la plupart des variétés qui présente encore une rainure très accusée. Ils offrent aussi cette particularité d’émettre trois bourgeons à fleurs réunis et même plus au lieu d’un seul.
- Malheureusement la nomenclature n’est pas suffisamment arrêtée et le classement précis, des noms japonais, des noms américains et des noms français 32' année. — 2e semestre.
- étant simultanément employés pour désigner des groupes alors qu’ils s’appliquent à des variétés, ce qui a établi des synonymies regrettables.
- Les variétés mûrissent successivement depuis la mi-juillet jusqu’à la fin de septembre; quelques-unes d’entre elles se conservent deux semaines après leur maturité, ce qui a bien sa valeur. A signaler cette particularité que la date de maturité est variable pour quelques-unes; ainsi Kelsey présente des différences de maturité de trois mois.
- Dans l’État de New-York les variétés apparaissent dans cet ordre sur les marchés : « Villard, Ogon, Abondance,Berckmans,Burbanck, Satsuma ».
- La majeure partie sont rouges à chair jaune, quelques-unes sont à chair rouge foncé et d’autres à peau jaune.
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- Le professeur Bayley, qui a fait de nombreuses études de ces fruits à la station d’essai de l’Université agricole d’Ithaca, a recommandé par ordre de mérite : Abondance, Satsuma, Burbanck, Yillard, Ken, Berckmans, Mazured, Nagate, Chabot.
- Les essais tentés en France, par quelques pépiniéristes qui les ont importés, ont été favorables et quelques-unes de ces prunes devraient figurer dans les vergers. Nous citerons parmi celles-ci : « Satsuma » (prune sanguine) ou prune de sang, considérée comme une des plus intéressantes, car elle est excellente lors de sa maturité, en septembre ; sa chair rouge est parfumée et très juteuse. D’après M. Kizo Ta-mari, du collège impérial d’horticulture de Tokio, il existe au Japon plusieurs variétés de ce groupe connues sous le nom collectif de : Beni-Smomo, et parmi lesquelles Ïlon-Smomo et Yom Smomo, cette dernière appellation étant le synonyme de la variété Satsuma. On la nomme aussi plus justement : « Uchi-Beni » (intérieur rouge).
- Le terme Smomo désigne celles à chair colorée parmi lesquelles ce groupe comprend encore : « Chabot », excellente prune à chair d’un beau rouge très juteuse et à goût, d’abricot ; Botan, qui offre cette particularité que la chair développe un arôme étrange lorsqu’elle est très mûre, et même un peu ridée, moment où il est préférable de la déguster; est très cultivée sous le nom de « Yellow Cliehed, Botan Plum », dans l’Amérique du Nord; « Maru » (prune ronde); « Mariana » (variété pour pruneaux et d’ornement); « Spaulding », d’origine américaine.
- Comme fruits de commerce et pour les marchés locaux et l’exportation, quelques-unes de ces variétés de prunes peuvent être placées en première ligne avec les meilleures de nos prunes domestiques en raison de leur belle apparence, de leurs couleurs vives, qui constituent des qualités de premier ordre pour ce cas spécial.
- Quoiqu’il en soit, le Prunier Satsuma commence à se répandre chez les grands pépiniéristes européens, et les plus importants des nôtres en vendent. Au congrès international d’arboriculture et de pomo-logie qui se tint à Paris en 1900, à l’exposition universelle, M. Daniel llaulon, représentant de la Nouvelle-Zélande, nous disait : Une variété de valeur est la Satsuma ou prune de « sang », (fig. 1), la chair étant d’un rouge sang foncé; c’est un fruit gros et rond, à petit noyau ; il se colore longtemps avant de mûrir ; si on le cueille ainsi, dès qu’il prend couleur, on ne l’obtient pas avec sa qualité; mais si on le laisse assez longtemps à l’arbre, il devient savoureux et produit la meilleure qualité de toutes les variétés japonaises que je connaisse. Excellent fruit pour la confiserie, il reste à l’arbre jusqu’à ce qu’il devienne ridé. Il est en outre d’une grande fertilité.
- Nous en avons goûté d’excellentes en août dernier, produites aux environs de Paris, dont la chair, à la fois douce et acidulée, leur donne une saveur bien différente de celle de nos prunes françaises.
- Les autres prunes d’origine japonaise qui sont entrées dans les cultures européennes sont d’abord la Prune Kelsey, remarquable par sa grosseur rappelant celle d’un œuf, sa belle coloration jaune et la fermeté juteuse de sa chair et la Prune Chabot. Citons encore les Prunes Botan, excellent fruit pour le séchage, et que les soldats japonais emportent en marche pour se rafraîchir, Masu, Ogden jaune et très gros, Shira-Simono blanc, Ura-Beni, à très gros fruit rougi* et Yosebé, jaune. Assurément, les prunes japonaises n’ont pas la qualité si fine de nos reines-claude, ni de nos « monsieurs » ; elles n’ont pas la chair si fondante et le jus si parfumé et sucré des premières, elles sont même un peu plus fermes que les secondes. Mais précisément à cause de leur degré de fermeté, elles sont recherchées des producteurs pour la consommation en grand ; elles voyagent sans se meurtrir, et elles sont douées de grosseur et surtout de jolis coloris du jaune au carmin en passant par le feu et le rouge sang, ce qui leur donne sur les marchés un aspect des plus engageants. Mais leur plus grand mérite encore est leur maturité tardive, leur solidité sur l’arbre, et leur facilité de conservation, ce qui permet d’en gouverner la récolte comme on veut et d’en constituer des provisions très recherchées, surtout en Allemagne et en Amérique, par l’industrie des fruits séchés.
- Les propriétaires français auraient grand intérêt à introduire ces variétés dans les vergers ou tout au moins dans les plantations ornementales des parcs et des jardins, ce qui n’empêcherait pas de profiter des fruits après avoir joui de leur admirable floraison. Au point de vue décoratif, ces Pruniers constituent, en effet, des végétaux de grande valeur. Ils sont très vigoureux, d’une extrême floribondité. L’arbre disparaît complètement au premier printemps sous les élégants bouquets de fleurs agréablement parfumées et d’une grande durée, ce qui rend les rameaux coupés plus précieux pour la parure des vases. Peut-être même en tirerait-on parti comme arbuste à forcer en petits sujets. Certaines variétés comme le Prunier Botan ont leurs boutons de couleur orangée, ce qui contraste agréablement avec le blanc neigeux des fleurs épanouies. Ai.bert Maumenk.
- L4 TEINTURE S4NS COULEUR
- La physique distingue deux sortes de couleurs : les couleurs « pigmentaires » et les couleurs « interféren-tielles ». Les premières, qui sont celles que nous observons Ions les jours, sont produites par réflexion ou par transmission, avec absorption de portions sensibles de la lumière blanche; les secondes, appelées aussi « couleurs lumière », sont produites par réfraction, par interférence ou par diffraction. Elles sont dues aux réactions qu’exercent les unes sur les autres les vibrations lumineuses quand leur marche est modifiée par des stries fines ou par des lames minces de dimensions et d’écartements voisins de la longueur des ondes lumineuses, soit une fraction de millième de millimètre. Plus lumineuses que
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- LA NAT U il K.
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- les couleurs pigmentaires, elles sont aussi infiniment plus difficiles à fixer. Ce sont les couleurs vives des ailes de papillons, les irisations des bulles de savon, etc. On les reproduit par l’application de nombreuses méthodes, évaporation d’une couche de collodion, chauffage au chalumeau de plaques de cuivre poli, dépôt d’oxvde de fer à la surface de l’acier recuit. Mais les lames minces ainsi produites n’ont ni la résistance ni la continuité nécessaires pour en permettre l’emploi industriel. Il a été donné cependant à M. Henry, directeur du laboratoire de physiologie des sensations à la Sorbonne, de les étudier dans leur nature, d’apprendre à les connaître, et de trouver la solution commercialement pratique du problème de l’irisation directe des corps.
- Il faudrait, pour entrer dans tout le détail théorique de la découverte de M. llenrv, se livrer à des considérations de physique mathématique qu’il serait long d’exposer ici. 11 suffit de dire qu’elle s’appuie sur les propriétés inter-férentielles des lames minces, qui peuvent être suffisamment résumées en disant qu’un corps paraît irisé toutes les fois qu’il présente à sa surface une lame mince, c’est-à-dire une couche de matière transparente d’une épaisseur telle qu’elle soit de l’ordre de grandeur des longueurs d’onde, par conséquent, une fraction de micron.
- On connaît les belles irisations qui se produisent quand un hydrocarbure ou une huile essentielle (substances non miscibles à l’eau) sont répandus à la surface d’une nappe d’eau tranquille en quantités assez peu considérables pour former à proprement parler une pellicule d’une infime épaisseur. Les lois de l’étalement dans ce cas sont connues, et la physique les formule (travaux de lord Haleigh) en énonçant les conditions dans lesquelles se produit l’irisation.
- Mais le problème est infiniment [dus ardu quand il s’agit de produire des lames minces, continues et résistantes, solidement fixées à un subjectile, étoile, verre, papier. M. Henry l’a résolu1 cependant en s’adressant à des dissolutions de bitume de Judée et de térébenthèues (particulièrement de gomme Üamar dans la benzine et dans d’autres hydrocarbures insolubles à l’eau). En versant une goutte de ces dissolutions dans l’eau d’un bassin, il se forme à la surface une lame mince dont les couleurs sont modifiables en fonctions de l’épaisseur (laquelle est modifiable également par traction sur les bords ou mieux par l’action de vibrations sonores) : cette lame peut être recueillie à la surface d’un subjectile immergé quand on évacue lentement l’eau du bassin. Accolée à la surface du subjectile, elle lui communique de magnifiques couleurs irisées.
- Malheureusement elle n’est pas adhérente. Elle ne le devient qu’à la condition de faire subir au subjectile un traitement, un apprêt spécial. L’un des plus simples consiste à le recouvrir d’une couche de gélatine insolubilisée à l'eau par l’aldéhyde formique. La pellicule irichroma-tique s’enfonce dans cette couche molle, s’y enlise, si l’on peut s’exprimer ainsi, et se trouve de la sorte placée à l’abri de toute atteinte par friction superficielle. Son adhérence après dessiccation est parfaite, et le difficile problème de sa fixation est résolu d’une façon élégante.
- Les choses ne se passent pas, bien entendu, dans la pratique, avec cette aisance extrême : une grande délicatesse de tour de main est nécessaire. Mais il est possible cependant d’obtenir, par le procédé qui vient d’être sommairement décrit, des effets de couleurs irisées absolument remarquables. Les amateurs de cuir repoussé, par
- 1 Yoy. u° 1209, du '25 septembre 1897, p. 209.
- exemple, après avoir coloré leur peau par des couleurs pigmentaires fixes convenablement choisies, leur donneront une beauté sans égale par l’adaptation d’une pellicule irichromatisée.
- D’ailleurs, ce n’est pas en vue de fournir aux amateurs d’art une matière à distractions que M. Henry a fixé la technique de son procédé. Il l’a fait exploiter industriellement, et, avec l’aide de machines d’une harmonieuse simplicité, l’industrie des papiers peints est à la veille de
- se transformer. Fiuxcis Mamie.
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- LES ÉTALONS GÉODÉSIQUES MODERNES
- Il n’est pas une mesure de précision qui ne soit rendue plus difficile et plus incertaine par la dilatation des appareils et des étalons qu’elle utilise. Mais, dans aucun domaine, les inconvénients de la dilatation ne sont aussi sensibles que dans la Géodésie, pour des raisons qui deviendront évidentes dès que nous aurons présents à l’esprit les problèmes pratiques dont cette science s’occupe.
- Le départ de tout réseau géodésique est constitué par une base, d’une étendue de quelques kilomètres, définie par deux repères fixes, et qui forme le premier côté de toute la chaîne de triangles dont le territoire d’un pays sera plus tard couvert. De l'exactitude avec laquelle cette base est mesurée dépend celle de tout le travail subséquent, savoir les valeurs numériques des distances et des superficies dans tout le pays, les nombres que l’on en déduit, à l’aide d’observations astronomiques, de la courbure de la terre dans celle région, bref toutes les données topographiques ou géodésiques que la triangulation devra fournir.
- Les procédés de mesure des bases ont beaucoup varié dans le cours du temps ; mais les modifications introduites dans cette opération par les géodésiens ne portent que sur des détails d’exécution, le~principe restant toujours le même : un étalon est reporté un certain nombre de fois bout à bout, depuis le premier terme de la base jusqu’au deuxième, servant ainsi à fixer la position de toute une série de repères mobiles qui suivent l’étalon ; la somme des distances de ces repères mobiles, déterminées au moyen de l’étalon, donne la longueur de la base.
- Si l’étalon était invariable, toute la difficulté de la mesure consisterait dans le repérage des longueurs. Mais l'expérience a enseigné que cette mesure est la plus facile et la plus certaine, alors que les variations de l’étalon, causées par les changements incessants de sa température, constituent le plus gros obstacle à la mesure précise des bases. Quelles que soient, en effet, les précautions prises pour déterminer la température de la règle, dans des conditions atmosphériques variables, un peu d’incertitude demeure, qui se répercute sur les résultats ; et cette incertitude a si fort préoccupé le< géodésiens que l’histoire de la mesure des bases géodésiques dans le dernier siècle pourrait presque se résumer dans celle des précautions prises pour
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- LA NATURE.
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- assurer une bonne détermination de la température des étalons.
- Une rapide énumération des instruments employés depuis un siècle à la mesure des bases montrera bien à quel point cette question de la température a préoccupé les géodésiens. Au moment où furent projetés les grands travaux qui devaient donner au monde son système universel de mesures, Corda et Lavoisier imaginaient les étalons bimétalliques, constitués par l’ensemble de deux barres, dont Lune était en laiton et l’autre en platine, superposées, et portées par une poutre de bois surmontée d’une sorte de toit protecteur. La différence des longueurs des deux règles était prise à chaque instant comme indice de leur température supposée la même, et, cette température étant ainsi supposée connue, on en déduisait la longueur de la règle de platine.
- Donc, à une époque où l'on savait à peine tra-
- vailler le platine, et où son agglomération en masse compacte était une opération extrêmement difficile, on s’imposait déjà de lourds sacrifices pour bénéficier de la dilatation relativement faible que possède ce métal, et on compliquait sensiblement la construction de l’instrument fondamental de mesure des bases dans l’espoir d’augmenter un peu l’exactitude de la détermination accessoire destinée à faire connaître la température de l’étalon.
- La superposition directe des bandes de [(latine et de laiton dans les étalons de Borda et Lavoisier n’était pas sans présenter quelques inconvénients, dont le plus sensible consistait dans les frottements qui empêchaient les règles de se dilater librement, et ne pouvaient, manquer de fausser un peu les mesures. N’oublions pas, cependant, que les illustres géodésiens de l’époque de la Dévolution ne cherchaient jtas à réaliser l’exactitude que l’on prétend atteindre
- Fig. 1. — La règle bimétallique de Brumier el la règle de Brocii.
- aujourd’hui; ils se déclaraient parfaitement satisfaits lorsqu’une mesure de longueur avait été faite avec une exactitude de un centième de ligne, c’est-à-dire de deux centièmes de millimètre environ, et il semble bien que leurs étalons, maniés avec l’extrême habileté qu’ils apportaient à leurs opérations admirablement secondée par un bon sens consommé, devaient leur donner en moyenne une précision au moins de cet ordre. Des vérifications faites ultérieurement au Bureau international des Poids et Mesures par M. Benoit et moi, ont montré qu’en effet le mètre avait été déduit de l’une des règles de Borda avec une surprenante exactitude.
- Cependant les exigences croissantes de la Céodésie conduisirent à perfectionner les étalons de Borda et Lavoisier, tout en conservant le principe de leur système, et c’est ainsi que l’on réalisa les quatre étalons célèbres, construits par les frères Brunner, et qui furent acquis par la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Égypte. Notre figure 1, n° 1, représente un de ces étalons : Une forte poutre de 1er supporte,
- par l’intermédiaire d’une série de rouleaux, deux règles, respectivement en platine et en laiton, superposées à une petite distance l’une de l’autre, et aménagées de telle façon que l’on puisse mesurer à chaque instant la différence de leurs longueurs, comptées sur de petites échelles en regard dans une fenêtre pratiquée dans la règle de platine. Les règles de Borda avaient une longueur de 2 toises ; les règles de Brunner ont 4 mètres de longueur. Ce sont des instruments lourds et délicats, d’un maniement compliqué, mais qui, grâce à l’habileté et au dévouement des géodésiens qui ont eu à en faire usage, ont donné, dans les quatre pays qui les possèdent, des résultats très satisfaisants.
- La règle que représente notre figure a servi à mesurer les trois bases françaises principales, et vient de rentrer de l’Équateur, où elle a permis de mesurer une base sur laquelle a été repérée la triangulation de l’Arc de Méridien mesuré autrefois par Bouguer et La Condamine, et que de vaillants officiers du Service géographique mesurent aujourd’hui
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- LA NATURE.
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- avec toutes les exigences de la Géodésie moderne, en surmontant chaque jour d’inimaginables difficultés.
- A coté des étalons bimétalliques, les règles d'un seul métal, accompagnées de thermomètres, ont subsisté et constituent encore la majorité numérique
- des étalons géodésiques actuels. Le premier, le général Ibafiez y est revenu, en faisant construire par les frères Brunner une règle de fer assez semblable au support de la règle bimétallique précédente.
- Plus tard, le l)r Broch fit exécuter la règle en fer
- Fip. 2. — La règle d’invar avec sa boîte; détails, un morceau de la règle avec un thermomètre.
- que représente la figure 1, n° 2. Elle porte, comme on voit, de gros rouleaux destinés à lui donner toute liberté sur son support, et trois thermomètres me-
- surant sa température. Cette règle a été exécutée en trois exemplaires, appartenant respectivement à la Suède, à la Norvège, et à l’Observatoire de Monte-
- video. Celle qui est figurée ici a servi dans la grande expédition suédo-russe de Spitzberg, et c’est à son retour au Bureau international qu’elle s’est retrouvée avec la règle rentrant de l’Équateur. De la sorte, ces deux règles ont pu être comparées entre elles immédiatement après les opérations fondamentales auxquelles elles ont servi, de manière à
- assurer une unité parfaite dans ces deux mesures combinées, destinées à nous faire mieux connaître la forme et les dimensions de notre Globe. J’ajouterai que la règle bimétallique d’Égypte a été comprise dans les mêmes comparaisons, de telle sorte que, à côté des latitudes extrêmes les latitudes moyennes ont aussi participé à la même révision.
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- Aux États-Unis, on a procédé avec l’énergie qui caractérise toutes les entreprises américaines. On ne s’est pas contenté de mesurer la température dos étalons, on a voulu obtenir une température fixe, et, dans les opérations sur le terrain, on noie l’étalon dans de la glace râpée; la solution est excellente sans doute, mais la complication du travail est extrême.
- Ces exemples font comprendre combien le matériel de mesure des bases serait simplifié si l’étalon était construit en un métal sans dilatation, ou possédant une dilatation assez faible pour que la mesure de sa température, avec la précision exigée, devienne une opération élémentaire, ne nécessitant aucun dispositif compliqué, avec une précaution méticuleuse.
- D’autre part, au cours des longues études entreprises au Bureau international des Poids et Mesures sur les étalons géodésiques, et auxquelles 31. Benoit a bien voulu m’associer, la presque totalité des étalons employés dans les grands travaux faits depuis plus de cent ans ont passé par nos mains; nous avons pu ainsi, tout à loisir, noter leurs mérites respectifs ou leurs imperfections. Nous avions été conduits à établir un avant-projet de construction d’un étalon, débarrassé des défauts qui nous avaient frappés dans les instruments existants, lorsque -l’apparition de l’invar vint donner à nos préoccupations une tournure plus précise : M. le général Bassot,,.qui'avait .suivi de près nos travaux, nous confia, en 1898, la mission de faire construire, pour le Service géographique de l’armée française nn étalon conforme-ù snos projets, et dont je vais donner la description.
- Disons d’abord qu’nn bon étalon doit se suffire à lui-même; il ne doit, pas être dépendant d’un support déterminé, sur lequel il repôse et dont il ne puisse être séparé sans être menacé de changer de longueur ; il doit donctêtr-e constitué par une barre assez rigide pour n’éprouver que des flexions peu gênantes lorsqu’elle est portée seulement en deux de ses points, convenablement choisis. S’il en est ainsi, l’étalon pourra voyager indépendamment de la semelle sur laquelle il repose.
- I Cette considération nous a conduits à donner, à l’étalon construit par nos soins (fig. 2), une assez forte section, inscrite dans un carré de 40 millimètres, mais que l’on a évitée-de manière à l’alléger autant que possible, en «même temps que l’on mettait à découvert le plan'des fibres neutres. Conformément à nn usage constant en Europe, l’étalon a 4 mètres de longueur, et sa rigidité est telle que, lorsqu’il est placé sur ses points normaux, sa flèche totale n’est que de 0,nm,6. D’ailleurs cette flèche a été compensée par construction, et la surface portant les traits reste droite lorsque la règle est placée sur ses deux points de support définis par la condition de flexion minima. La règle est enfermée dans une caisse d’aluminium, très solide et cependant légère, qui la protège à la fois contre les chocs ou la poussière et contre les causes de trop rapide variation de la température. En effet, bien que la règle soit en invar, on n’a pas
- pu réaliser, sur une pièce aussi volumineuse, une dilatation nulle; on s’est contenté de ce que pouvait fournir l’industrie, un alliage de très faible dilatation, et l’on s’est assuré des dispositifs permettant de mesurer la température avec une précision amplement suffisante.
- Dans le creux de la règle, on place deux thermomètres, en contact très parfait avec le métal, et qui suivent de près toutes les variations de sa température. Des fenêtres percées dans le couvercle de la boîte, et fermées par des lames de verre, permettent la lecture des thermomètres T à l’aide de lunettes L, tandis que d’autres ouvertures sont ménagées pour le passage des pieds du niveau N. La règle porte, un peu en retrait des extrémités, à la distance exacte de 4 mètres, des traits extrêmement fins, que l’on pointera sur le terrain avec deux microscopes constituant deux repères instantanés de la hase.
- La figure o représente cette opération. La règle, enfermée dans sa hoîte, est placée sur deux supports réglables. Les microscopes, munis aussi d’organes de réglage, visent la règle dont les extrémités seules sont découvertes. Chaque opération individuelle augmente ainsi de 4 mètres la longueur mesurée à partir du premier terme de la base. L’ensemble de l’instrument n’est donc pas autre chose qu’un comparateur mobile, que l’on détruit par l’arrière pour le reconstituer par l’avant en déplaçant alternativement les deux microscopes.
- Revenons à l’étalon. La règle et sa hoîte sont indépendantes l’une de l’autre, puisqu’elles sont en contact seulement en deux points situés en dessus des semelles par lesquelles la boîte repose sur ses supports, et qui servent à la soulever dans les transports à bras. On peut donc séparer la règle de sa boîte sans craindre de la détériorer par des eflorls mécaniques. Le nouvel appareil est léger relativement anx anciens; ainsi, tandis que les règles de Brunner pèsent 72 kg sans aucune protection, notre règle, enfermée dans sa boîte, ne dépasse pas 56 kg; et, comme l’ensemble est robuste et de faible section, le transport en est très facile.
- Le nouvel étalon a été favorablement accueilli par les géodésiens, et nous avons reçu la mission d’en faire établir de semblables pour les Services géodésiques du Japon et du Mexique, en même temps que pour le Service des Poids et Mesures de l’Empire russe et celui de l’Empire d’Allemagne. Les étalons ont été forgés et dégrossis aux aciéries d’imphy et achevés dans les ateliers de la Société genevoise. La façon dont ont été surmontées les difficultés de cetle construction, et la perfection réalisée dans l’achèvement de ces appareils font le plus grand honneur aux usines et ateliers qui en ont été chargés.
- Les plus prochaines campagnes géodésiques où ces étalons seront employés nous diront si le résultat correspond aux soins que nous avons donnés, M. Benoit et moi, à l’établissement de leurs plans.
- Ch.-Ed. Giiu.aumf,.
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- LES GAZONS FLEURIS
- Les gazons tiennent, et avec raison, une place considérable dans les jardins actuels, dans les jardins dits anglais, si supérieurs comme agrément pour l’œil et pour la promenade aux-jardins à allées et à plates-bandes rectilignes. Mais on voudrait aujourd’hui quelque chose de nouveau, et varier un peu l’aspect éternellement vert du gazon en obtenant dans nos jardins des gazons fleuris, des prairies qui rappelleraient l’effet charmant des prés des régions alpines et subalpines, des Alpes Occidentales françaises, du Bourg-d’Oisans, du Lautaret, du Pelvoux. A la fin de juillet ou au commencement d’août, rien n’égale l’éclat de ces prairies; et, comme le dit M. Ed. André, un architecte paysagiste bien connu par ses livres autant que par ses créations, ces prairies où les graminées ne dominent plus, au moins en apparence, sont un vrai tapis de Turquie où toutes les couleurs se fondent dans un ensemble exquis. C’est un ravissant pêle-mêle, où se rencontrent notamment les grosses cloches bleues des ancolies, les capitules roses de la jacée,les étoiles blanches des narcisses, les soleils d’or de l’arnica, les campanules bleues et violettes, les renoncules blanches, le rouge sombre des lis martagons. C’est une infinie variété de nuances, suivant les dispositions plus ou moins particulières de la prairie, et parfois ce sont des champs tout entiers de roses des Alpes.
- >1. André a pensé que l’on pourrait peut-être obtenir ces effets, ou du moins une partie de ces effets délicieux dans les jardins, de manière à remplacer les gazons ordinaires par ces tapis diaprés, et, avec la persévérance qu’il apporte à tout ce qu’il fait, il s’est mis à poursuivre la solution du problème, qui présente de réelles difficultés.
- 11 existe bien des jardins alpins, mais souvent ils sont installés à de hautes altitudes, là même où les plantes qu’on y fait pousser trouvent les conditions favorables à leur existence ; et pour les autres, ils nécessitent des soins minutieux, entraînent des dépenses élevées, et ne couvrent (pie des surfaces extrêmement réduites, nullement comparables à celles qu’on voudrait transformer en prairies fleuries dans de vastes parcs ou jardins. Il ne faut pas du reste songer à planter des plantes montagnardes dans des pelouses déjà établies, d’abord parce que cela en exigerait des quantités considérables qu’on ne pourrait se procurer (puisque les règlements défendent l’arrachage en montagne), et ensuite parce que les graminées déjà installées sur le sol, et épuisantes comme elles le sont, ne permettraient pas aux nouvelles venues de s’établir solidement parmi elles. M. André estime qu’on arrivera à la solution cherchée en procédant à des semis simultanés de plusieurs espèces appropriées, et en recourant à une méthode analogue à celle qu’on emploie pour former une prairie ordinaire : semis de graminées et de légumineuses dans une » orge ou avoine claire, cette espèce annuelle commençant par protéger discrètement la graine de la future prairie, pour être coupée ensuite au moment où elle viendrait à lui nuire. Pour la prairie alpine, on ferait récolter des graines entre 1500 et 2500 mètres d’altitude, en choisissant des plantes pouvant supporter l’altitude du jardin ou du parc où on veut les semer. Le sol doit être très bien drainé et présenter autant de diversité que possible pour répondre aux besoins des différentes plantes. On choisit comme graminées devant accompagner les espèces alpines et protéger leur développement, des espèces peu envahissantes, comme les fétuques, ou un peu de pimprenelle; on sèmera, à la volée sans recouvrir, et par temps humide ; il faudra ultérieurement sarcler si les graminées et autres
- herbes tendaient à envahir le terrain, et il est bien certain aussi qu’on ne réussira pas souvent du premier coup. Nous n’entrerons pas dans des détails qui nous entraîneraient beaucoup trop loin, mais nous ferons remarquer que M. André a fait une départition des espèces à cultiver dans les diverses situations, suivant le sol, et qu’il a déjà tenté quatre créations de prairies fleuries, dont nous aurons à reparler quand nous pourrons mettre sous les yeux du lecteur les résultats qu’elles auront donnés.
- Evidemment il ne faut pas se faire d’illusion, et fréquemment les plantes alpines lèvent mal, même dans les conditions les plus favorables, parce qu’elles ne retrouvent plus le milieu naturel, et qu’elles n’ont pas notamment ces bons manteaux de neige auxquels elles sont accoutumées durant l’hiver de leurs montagnes. Aussi pourrait-on recourir, pour établir des prés fleuris, non à des espèces alpines, mais à des plantes vivaces peu ou pas montagnardes, dont la réunion produira pourtant à peu près le même aspect que les prairies fleuries des Alpes. M. André cite notamment comme plantes à utiliser dans ce but des campanules, des renoncules, des silènes, des véroniques, et beaucoup d’autres. En tout cas il faut suivre d’abord les tentatives qu’il a faites, en espérant que des soins appropriés permettront d’introduire dans les jardins, non point des copies des paysages alpestres, mais du moins des imitations agréables de ces merveilleuses prairies des Alpes. D. B.
- LES MANGEURS DE PUCERONS
- Gras et dodus, la peau tendre, sans moyens do défense, les pucerons sont à la merci de ceux qui veulent les manger. Ce gibier est cependant relativement dédaigné des autres animaux qui le trouvent sans doute trop petit ou pour lesquels sa graisse n’a aucun charme. Certains insectes savent cependant s’en contenter et sèment dans les rangs des pucerons le carnage et la mort ; fatalistes comme des Chinois, ceux-ci n’en ont cure et se laissent dévorer sans protester ; ils ont sans doute conscience de ce que leur grande fécondité sauvera leur espèce de la destruction, chose que n’ignorent pas non plus les jardiniers, pour lesquels les pucerons envahisseurs de rosiers et autres plantes sont la bète noire.
- Parmi les insectes pour lesquels les pucerons constituent un gibier de choix, une provende toujours inépuisée, il faut citer la larve d’un névroptère, l’Hémérobe. Celle-ci, d’un peu moins d’un centimètre de long, n’a pas un aspect sympathique. Je ne saurais mieux la comparer qu’à un pou dont le corps serait poilu, ou mieux encore à la larve ingénieuse du fourmi-lion, à laquelle elle ressemble beaucoup par ses deux mandibules, minces, arquées et relativement longues. Haute de pattes, preste d’allure, la larve chemine sur les tiges des plantes en se faisant un point d’appui du bout de son intestin, ce qui lui donne encore l’air plus disgracieux. Sa rencontre avec les pucerons n’a rien de palpitant. Quand elle rencontre une bande, elle s'installe au milieu d’eux et en saisit un en particulier avec sos longues mandibules. On s’attend à la voir effectuer des mouvements de mastication avant d’ingurgiter sa victime. 11 n’en est rien. L’infortuné puceron reste
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- embroche par les mandibules et ne manifeste son étonnement que par de faibles mouvements de pattes ou d’antennes. Mais bientôt les choses changent. Le puceron devient rapidement moins gros, sa peau se plisse et s’affaisse comme un ballon qui se dégonfle ; finalement, ce n’est plus qu’une loque, qu’une mince pellicule que l’Hémérobe abandonne dédaigneusement pour courir à d’autres pièces de gibier. On a l’explication de ce dégonflement en examinant les mandibules de la larve qui, au lieu d’être pleines, comme elles le paraissent, sont creusées d’un mince canal s’ouvrant tout près de la pointe par un mince pertuis. C’est par ce tunnel que la matière nutritive du puceron passe dans le corps de l’Hémérobe ; un simple mouvement de succion suffit à ce repas : la larve ne mange qu’à l’aide d’un chalumeau.
- Une espèce d’Hémérobe a des mœurs bien curieuses. Au lieu de rejeter les pucerons qu’elle a vidés, elle les fait glisser sur son dos où ils constituent un vêtement exempt de banalité. La larve trouve sans doute avantage à cette parure ; grâce à son couvert, on la prend pour une escouade de pucerons et elle peut circuler parmi ceux-ci sans leur donner l’éveil du danger couru. Mais sans doute est-ce là un soin superflu et, peut-être, en se garnissant de la dépouille de ses victimes, la larve ne songe-t-elle qu’à se parer, de même que le Huron se nouait autour de la ceinture les chevelures des ennemis scalpés....
- Quand la larve de l’Hémérobe a acquis l’embonpoint nécessaire, elle s’arrête et, à l’intérieur d’une coque, subit la nymphose. Peu de temps après, la nymphe, à son tour, se transforme en un insecte adulte, qui se présente sous la forme d’une petite mouche à quatre ailes, de 4 à 5 millimètres de long, aux ailes antérieures d’un brun roux avec des nervures jaunâtres, aux ailes postérieures vitrées ; ses antennes sont d’un jaune rougeâtre, annelées de brun rouge foncé.
- Ce que cet adulte présente de particulier, c’est sa ponte. Sur les feuilles où elle est généralement déposée, elle se montre formée d’un certain nombre d’œufs supportés chacun par une longue soie raide dressée verticalement : c’est une ponte sur pilotis. Elle donne un peu l’impression d’une moisissure terminée par des têtes à spores ; les paysans s’y trompent souvent et la prennent pour une maladie cryp-togamique d’un genre nouveau. Ils la détruisent d’un coup de pouce, ce en quoi ils ont tort puisqu’ils font ainsi périr tout un bataillon de leurs auxiliaires.
- Dans cette œuvre de destruction de la gent puceron-nière, l’Hémérobe est puissamment aidée par une autre larve, celle d’un diptère, le Syrphe. En raison de ses mœurs, Réaumur l’appelait le « Lion des pucerons », épithète qui ne manque pas de pittoresque. Fabre a décrit admirablement le carnage qu’il opère chez les ennemis de nos plantes.
- « D’un mouvement gluant de sangsue, un ver bariolé de blanc, de rouge et de noir rampe sur le
- troupeau. 11 se fixe sur la large base de son arrière; il dresse son avant pointu, le projette d’un élan brusque, le brandit, le contorsionne, le rabat sur la couche de pucerons, au hasard. Que le harpon man-dibulaire retombe ici ou ailleurs, le coup fait toujours prise, car la proie est partout. L’ogre aveugle pique à l’aventure, certain de happer dans n’importe quel sens autour de lui. Un puceron est enlevé à la pointe de la fourchette buccale, qui aussitôt se retire. Un piston guttural avance et recule, un jeu de pompe vide la pièce. L’appréhendé un moment gigote. C’est fait. Le puceron est tari. D’un brusque mouvement de tête, le ver rejette do côté la peau chiffonnée. Tout de suite à un autre, puis à d’autres encore, jusqu’à satiété. Enfin le goulu, pour le moment, en a assez. U se contracte, il somnole, il digère. Dans quelques instants il va recommencer. Or, que fait le troupeau pendant le massacre? Nul ne bouge, sauf l’extirpé du banc des poux ; nul parmi les voisins du saisi ne donne signe d’inquiétude. La vie n’est pas chose tellement sérieuse, qu’un puceron s’émeuve pour la conserver. Tant (pie le suçoir est implanté au bon endroit, à quoi bon se laisser troubler la digestion par l’imminence delà mort? Autour de lui, flanc contre flanc, les compagnons disparaissent, cueillis un à un par le monstre, et l’impassible sucé n’a pas un trémoussement d’inquiétude. C’est l’indifférence du brin de gazon au sort des pareils lorsque le mouton passe, broutant la pelouse. Cependant la gluante reptation du ver arrache, de çà, de là, quelques vers de la couche. Ces délogés trottinent, cherchent vite place où s’installer de nouveau. Parfois ils montent sur le dos de l’ennemi, se laissent voiturer par le monstre dont ils méconnaissent le terrible appétit. D’autres, lorsque l’un d’eux est harponné, sont englués par l’humeur s’écoulant de IV*-ventré et pendant en grappes aux babines du ver. Ceux-là, encore intacts, et sur le seuil de la machine à engloutir, font-ils du moins quelques efforts pour se mettre à l’écart? Point: ils attendent d’être vidés à la bouchée suivante. Le massacreur va vite en besogne, d’autant plus qu’il n’est guère économe de vivres. Quand il n’y en aura plus il y en aura encore. Saisi par la bedaine, un puceron est éventré. Le morceau ne convient pas. La pièce dédaignée est jetée de côté, tout aussitôt remplacée par une seconde, rejetée elle aussi. D’autres suivent, parfois nombreuses avant que le ver ait trouvé à son goût. Or, autant de pincés, autant d’agonisants, car les crocs font chaque fois blessure mortelle. Aussi sur le passage du ver reste un charnier de peaux vidées à fond, de morts et de mourants, sillage de l’exterminateur. La curiosité m’est venue d’évaluer à peu près le nombre des victimes. J’ai mis le massacreur en tube de verre avec un rameau de genêt tout couvert de pucerons. En une nuit, le ver a dénudé le rameau de son écorce animale sur une longeur de seize centimètres, ce qui représente trois cents pucerons environ. Ce chiffre affirme quel-
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- Les mangeurs de pucerons.
- En liant : à gauche, Chalcidiens, en dessous Coccinelle à 7 points ; adulte au vol et posé, nymphe et larve.
- A droite, Syrplie du groseiller, Impie, larve et adulte au vol.
- En lias, llémérolie perle, cocon, ponte, larve couverte de dépouilles de pucerons, adulte au vol (ligures grossies].
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- ques milliers pour la consommation totale en deux à trois semaines, durée de l’existence du ver. »
- L’insecte adulte auquel donne naissance cette larve, aux allures de sangsue, est une élégante mouche à la lète et au thorax d’un vert bleuâtre métallique, à l'abdomen noir pourvu de taches semi-lunaires, Manches ou jaunâtres. Les syrphes voltigent au soleil en produisant un fort bourdonnement et en effectuant, souvent du « vol stationnaire ». De temps à autre on les voit se précipiter sur des fleurs avec une vivacité extrême et partir comme une flèche avec une non moins grande pétulance.
- Grands destructeurs aussi de pucerons sont les coccinelles, les « Bêtes à bon Dieu » que connaissent tous les enfants. Avec leur air de ne pas y toucher, elles savent fort bien tordre le cou à des pucerons et les déchiqueter en petits morceaux pour les engloutir. Leur air bon enfant n’est qu’un trompe-l’œil et, sous leur dos bombé et rougeâtre garni de points noirs, elles cachent une âme de bandit.
- Les pucerons ont encore d’autres ennemis procédant d’une manière plus insidieuse. Ce sont de minuscules hyménoptères appartenant à la série des Chalcidiens. Les adultes (d’environ un à deux millimètres de long) fréquentent les hordes de pucerons, non pour s’en nourrir, mais pour déposer leurs œufs dans le corps même des malheureuses bêtes.
- « En voici un, dit Fabre qui tout guilleret, va et vient sur le dos du troupeau. Il choisit du regard une pièce à sa convenance. Elle est trouvée. Faute d’appui direct sur la tige, tant la couche de pucerons est compacte, l’insecte s’assied, c’est le mot, sur l’un des pucerons entourant la victime choisie ; puis il ramène en avant le ventre de façon que la pointe de l’outil soit sous les yeux de l’opérateur. Ainsi se verra maneuvrer la machine, ainsi sera mieux dirigée la sonde vers le point mathématique qu’il s’agit d’atteindre sans tuer le patient. La lar-doire est dégainée, courte et fine. Sans hésitation appréciable, elle plonge dans la panse, molle vésicule de beurre. Le puceron atteint ne proteste nullement, l’affaire est conduite en douceur. Bah ! ça y est : un œuf est en place dans la bedaine dodue. Le chalcidien rengaine son bistouri. Il se frotte les pattes postérieures l’une contre l’autre; il se lustre les ailes avec les tarses mouillés de salive. A n’en pas douter, c’est la marque de satisfaction : le coup de sonde a réussi. Vite à d’autres. Un second choix est fait, un troisième, un quatrième, séparés par de courts intervalles de repos. Et cela dans des jours et des jours, tant que les ovaires se sont épuisés. »
- L’œuf enfermé dans le puceron ne tarde pas à donner naissance à une larve, laquelle se met en demeure de ronger progressivement son hôte et de le faire mourir à petit feu. Finalement la larve est enfermée dans la peau desséchée du puceron qu’elle tapisse à l’intérieur de soie et dont elle fait ainsi élégant coffret ; elle s’y transforme en nymphe, puis en adulte qui en sort par une ouverture pratiquée sur le dos de la dépouille. Henri Coupin.
- L’EMPLOI DU TRÉPAN DANS LES MINES
- Il ne s’agit pas, comme certains de nos lecteurs pourraient peut-être le croire à première vue, de l’utilisation, dans les exploitations minières, de l’instrument de chirurgie qui sert à perforer les os du crâne. Point ! Nous voulons parler d’un nouveau mode de forage des puits de mine, au moyen d’un appareil encore très peu connu, bien qu’il soit employé avec grand succès déjà de l’autre côté du Rhin, et auquel ses constructeurs, les ingénieurs Daniel et Lueg, de Dusseldorf, ont donné le nom imagé de « trépan ». La méthode que nous nous proposons de décrire ici, au moins brièvement, trouve son application surtout dans les terrains crétacés, permiens et rocheux où les infiltrations d’eau un peu abondantes sont à redouter. En effet, les procédés de cuvelage ou de tubage couramment usités sont à la fois longs, délicats, partant dispendieux, et ne permettent pas l’évacuation rapide de l’eau par les pompes à une profondeur supérieure à 75 mètres environ. D’après les calculs très étudiés de M. L. Hoffmann, assesseur des mines du royaume de Prusse, même en faisant usage du système de tubage dit allemand, le plus économique, si le débit de l’eau atteint seulement 3800 litres à la minute, les frais de percement s’accroissent de 1500 francs par 55 mètres de profondeur. Dans ce cas également les travaux avancent fort lentement, surtout si le débit vient à augmenter ou si le terrain présente des stratifications rocheuses. Il peut paraître audacieux, on serait même tenté de dire impossible, de creuser, sous l’eau, et tout en restant à la surface du sol pour conduire les travaux, des puits de 150, 200 mètres et plus de profondeur. Tel est cependant le dernier procédé non seulement préconisé, mais aussi employé, avec la méthode du trépan, par MM. Haniel et Lueg. Ils ont dès à présent à leur actif quelque quatre-vingts puits de mines, tant en Allemagne que dans les autres pays de l’Europe centrale, un des plus récents étant celui de Friedrichshall, près de Hanovre, dont le diamètre atteint 0 mètres et la profondeur totale 195 mètres.
- Voici le processus des opérations qui caractérisent la nouvelle méthode de forage :
- Après avoir établi la superstructure nécessaire et avoir amorcé les travaux de la manière habituelle, on creuse d’abord un premier puits d’avancée, concentrique à celui qu’il s’agit de percer, mais d’un diamètre environ moitié moindre. Pour cela, on fait usage d’une sorte de marteau-pilon en fer, dont les montants et les membrures sont solidement entretoisés, et qui porte fixées à sa base de véritables dents de l’acier le mieux trempé.
- Ceci est le premier trépan, haut de 5m, 25, large de 2m,48, pesant de 10 à 12 tonnes, et destiné en quelque façon à frayer la voie à son successeur.
- Par l’intermédiaire d’une chaîne de Gall, le trépan d’avancée est actionné au moyen d’une poutre équilibrée en fer forgé que commande, à l’autre extrémité, un piston à vapeur. Tour à tour soulevé, puis retombant par l’effet de son propre poids, le système s’enfonce peu à peu dans le sol, à raison de 30 à 40 chutes par minute. Quand on est arrivé à une profondeur d’une trentaine de mètres, un deuxième trépan, beaucoup plus lourd et par conséquent plus puissant, est mis en œuvre. Ce dernier, qui ne mesure pas moins de 7 mètres de hauteur et tout près de 6 mètres de largeur, est construit d’une manière analogue à celui que nous venons de décrire, seidement, il représente une masse de fer et d’acier du poids formidable
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- de 25 000 kilogrammes! Alternativement, on fait fonctionner alors le grand et le petit trépan, l’un cheminant en avance de l’autre d’environ 50 mètres et creusant au fur et à mesure comme une sorte de cuve où viennent s’entasser les débris formés par le travail du trépan supérieur. Ces déblais sont évacués au moyen du « mud-box » grand cylindre métallique de 1m,80 de diamètre, d’une contenance de 6 à 7000 litres, et dont le fond a été muni de clapets pour faciliter le remplissage de l’appareil, qui se fait pour ainsi dire automatiquement. A l’aide d’un treuil à vapeur, on peut descendre, remplir et remonter trois cylindrées de débris à l’heure, même dans des puits ayant jusqu’à 180 mètres.
- Après chaque percussion, dont le nombre, avec le grand trépan manoeuvré par des’ouvriers exercés, varie entre 20 et 25 coups par minute, l’appareil est déplacé d’un certain angle autour de son axe afin qu’il ne frappe jamais deux fois de suite à la même place. Cette manœuvre est effectuée par une équipe de 4 hommes qui se tiennent sur la plate-forme du puits, et dirigent les mouvements du trépan à l’aide d’un levier horizontal, commandant la tige de suspension du système.
- La question précisément de la suspension d’une pareille masse était une des plus difficiles à résoudre. 11 fallait prévoir, outre le déclenchement régulier et précis des deux trépans et leur marche alternative à de grandes profondeurs, l’ajustage successif des tiges de commande, l’effet répété des coups de ces broyeurs soumis à des efforts énormes, la possibilité aussi d’une rupture....
- MM. Haniel et Lueg ont résolu ces divers problèmes mécaniques avec une égale bonne fortune. Sans vouloir entrer dans des explications qui nous entraîneraient beaucoup trop loin, disons simplement que les trépans sont fixés aux tiges de suspension par ce que l’on pourrait appeler des ciseaux à glissières, dont le jeu a été combiné très heureusement de manière à neutraliser les chocs et les vibrations transversales des broyeurs. C’est en ce dispositif que réside une des plus ingénieuses innovations de la méthode de forage des puits par le trépan manœuvré de la surface.
- On comprend dès lors pourquoi, grâce à ce système, il devient possible de creuser un puits, même dans des terrains très aquifères, sans avoir recours aux pompes d’épuisement. Le travail, en effet, s’opère au besoin sous l’eau provenant des infiltrations, que la quantité en soit abondante ou seulement minime. Les ouvriers n’ont plus à descendre dans le puits, et la masse des trépans est telle que leur manœuvre ne se trouve en rien gênée par l’eau qui souvent s’y accumule. Le forage se poursuit donc en quelque façon tout seul, jusqu’au moment où l’on atteint le niveau désiré, généralement en terre argileuse ou sur un fond rocheux.
- C’est alors que commence l’opération du cuvelage qui n’est certes pas la moins curieuse ni la moins intéressante. On se sert d’anneaux en fonte mesurant 0m, 15 de hauteur moyenne, 5 mètres de diamètre, et pesant environ 10 tonnes chacun. Ces anneaux, destinés à constituer le revêtement intérieur du puits, y sont descendus un à un à l’aide de câbles, après avoir eu soin toutefois de munir provisoirement le premier d’entre eux d’un fond solidement boulonné.
- Il s’ensuit qu’en arrivant à la hauteur de la nappe liquide, la colonne formée par les anneaux superposés y plonge d’abord très vite, puis plus lentement et finit même par flotter en équilibre. Équilibre des plus instables, du reste, puisque la hauteur de la colonne de fonte
- immergée s’accroît d’une manière continue par l’addition, à sa partie supérieure, de nouveaux anneaux.
- L’eau infiltrée est ainsi utilisée, le plus ingénieusement du monde, comme contrepoids, pour ainsi parler, et comme régulateur de la descente du cuvelage, lequel, à Friedrichshall. par exemple, représente un total de fonte de près de 1 500 000 kilogrammes....
- Ajoutons que les bords des anneaux dont il est question sont boulonnés, après y avoir inséré au préalable des joints étanches en plomb de 2 à 5 millimètres d’épaisseur. Une fois le cuvelage en place, il n’y a plus qu’à le maintenir et à chasser l’eau qui a pu se loger entre sa paroi et celle du puits primitif creusé par le grand trépan. Ce double résultat s’obtient aisément en remplissant de béton
- Nouveau trépan employé dans les mines.
- l’espace libre en question, ce qui achève en même temps de consolider le travail.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le procédé de forage des puits par trépans a obtenu tout de suite un succès considérable de l’autre côté du Rhin. Outre qu’il permet, comme on l’a vu, de creuser, sans danger pour les ouvriers, des puits absolument étanches et très profonds, il est à la fois rapide et économique, nous voulons dire par là moins lent et moins coûteux que les autres méthodes couramment employées ailleurs. En effet, les travaux de la mine de Friedrichshall, que nous avons cités, bien qu’exécutés dans un sous-sol particulièrement dur, ont été terminés en 24 mois, presque jour pour jour. Quant à la dépense, elle n’a pas dépassé en moyenne 4800 francs le mètre courant, cuvelage compris.
- Il nous a donc semblé intéressant à plus d’un titre de noter avec quelque détail les diverses phases de ce nouveau mode de forage, qui, tant par son originalité que par ses avantages pratiques, en dehors de toute autre considération, paraît devoir mériter l’attention des techniciens et peut-être aussi susciter la curiosité des profanes. Edouard Bonnaffé.
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- LA. SORTIE DE LA CIGALE
- Un grand savant a dit qu’un seul fait Lien observé, en histoire naturelle, valait mieux que des volumes de citations ou de glose théorique; or, j’ai assisté le 15 juin 1904, dans mon jardin de Marseille, au passage d’une cigale à l’état parfait, et je crois utile de relater ce que j’ai vu.
- Le matin, à 7 heures, j’aperçus sur une tige de millet une masse verte d’un vert de Scheele, en un mot du plus beau vert, d’un vert se confondant avec celui de la plante. Cette masse verte se dégageait avec peine d’une fente de deux centimètres de longueur, située sur le dos d’une peau desséchée de cigale. Cette peau desséchée est munie d’yeux et de pattes, voire des plaques décrites par Réaumur et étudiées par Car-let1. Peu à peu, l’insecte, « non encore parfait », sortit, ses quatre ailes repliées, formant un simple bourgeon de un demi-centimètre de longueur.
- Vers 9 heures ces ailes attachées sur le même plan que la deuxième paire de pattes atteignaient la pointe de l’abdomen, il midi elles permettaient à la cigale de voler. A 5 heures le développement était achevé, j’avais devant moi une cigale entière, mais non plus verte, elle « n’avait plus un atome » de « vert » ! elle était devenue « noire », noire de jais sur le corselet et sur l’ahdomen correspondant au dos, juste au-dessous.
- De morte et languissante le matin, elle était devenue active, marchant rapidement sur la table où j’écrivais en cherchant à prendre son vol.
- Il est difficile de ne pas admettre un bel exemple de mimétisme dans ce changement subit de couleurs. La peau desséchée est « grise » de terre, l’adulte évoluant « vert » de feuille, la cigale envolée noire et grise comme les branches de frêne ou d’orme. I)' Henri La Donne.
- 1 Carlct. — 'Mémoire sur l’appareil musical de la Cigale, « Annales des sciences naturelles », 6e série, t. V, 1877.
- LE FREIN LÏPKOWSKI
- La puissance de freinage dont les mécaniciens peuvent disposer pour l’arrêt des trains de chemins de fer est une question de la plus haute importance, tant au point de vue de l'exploitation qu’en ce qui concerne la sécurité des voyageurs. Son importance est devenue d’autant plus grande que la vitesse des trains et leur poids n’a cessé de croître, que pour une longueur d’arrêt déterminée, la puissance de freinage nécessaire croit comme le carré de la vitesse de marche du train et que, d’un autre coté, cette puissance est limitée par l’adhérence des roues sur les rails qui, elle, dépend de l’état climatérique du
- moment. L’arrêt des trains s’obtient au moyen de freinsqui peuvent se diviser en deux classes bien distinctes : le frein ii air raréfié ou à vide, comme on l’appelle à tort, et le frein à air comprimé. C’est de ce dernier, le plus répandu du reste, et qui est seul employé sur les grands réseaux français dont nous nous occuperons spécialement.
- Le principe de ces freins est le suivant. Une pompe de compression, placée sur la locomotive, refoule de l’air comprimé dans un réservoir installé également sur la machine. De ce réservoir part une conduite, sur laquelle est intercalé un robinet à la disposition du mécanicien et qui parcourt le train sur toute sa longueur. Sur cette conduite générale et, sous chaque véhicule, est établi un branchement qui fait communiquer celle-ci soit avec un réservoir d’air, soit avec le cylindre de freinage par l’intermédiaire d’un appareil spécial appelé « distributeur » ou « triple valve » pour le frein Westinghouse.
- En marche normale le mécanicien envoie l’air comprimé du réservoir de la locomotive dans la conduite du train et, par le fonctionnement automatique du distributeur, dans le petit réservoir de chaque véhicule.
- Dans ces conditions le frein est armé et prêt à agir pour le serrage du frein et l’arrêt du train.
- 1. La cigale sortant de la chrysalide. — 2. Dépouille vide de la chrysalide. — 3. La cigale sortie de la dépouille ; les ailes sont seulement à moitié développées. — 4. La même, avec les ailes complètement développées et toute noire.
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- l’our opérer ce serrage le mécanicien, an moyen du robinet de manœuvre, met la conduite générale du train en communication avec-l'atmosphère. Par suite de la diminution de pression dans cette conduite, le distributeur agit automatiquement et met en communication le réservoir auxiliaire de chaque voiture avec le cylindre à frein. Le piston de ce cylindre,
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- poussé par l’air comprimé venant du réservoir, se met alors en mouvement et, par l’intermédiaire de la timonerie, actionne les sabots en les appuyant sur le bandage des roues avec la pression nécessaire pour l’arrêt. Pour opérer le desserrage du frein, il suffit de faire rentrer dans la conduite du train l’air du réservoir de la locomotive. Le distributeur met
- Fig. 1. — Le train d’expérience de 50 véhicules des chemins de fer de F État.
- alors automatiquement le cylindre à frein en communication avec l’atmosphère; l’air s’échappe, les pistons reculent et les sabots quittent les bandages. En même temps, l’air comprimé pénètre dans le réservoir en le rechargeant et l'appareil de freinage est de nouveau armé pour un nouvel arrêt.
- En suivant attentivement le fonctionnement du distributeur, on voit que le fonctionnement du piston dans le cylindre à frein résulte du passage de l’air comprimé du réservoir auxiliaire de chaque voiture dans le cylindre. Or, cet air, en passant dans le cylindre, va occuper nécessairement un volume plus grand et, par suite, se détendra en diminuant de pression. Cette détente, et, par suite, cette perte de pression, sera d’autant plus grande que le volume engendré par la course du piston sera lui-même plus grand. Cette course, qui a pour but d’appuyer les sabots sur les bandages, dépend de l’espace libre entre les bandages
- des roues et les sabots. Si cet espace était le même pour tous les véhicules, la détente de l’air et, par suite, la pression sur les pistons, serait également la même pour tous les cylindres. Mais, malheureusement , l’usure des bandages et des sabots est irrégulière et fait que, dans un train en service, le parcours des sabots est loin d’être le même pour tous les véhicules. De là des différences de pression sensibles dans les différents cylindres et, par suite, sur les bandages. De là, aussi, des réactions dangereuses entre les véhicules pouvant être la cause de ruptures d'attelages. De plus, le volume d’air comprimé nécessaire au fonctionnement du piston dans le cylindre à frein est égal au volume engendré par celui-ci ; il est considérable et entraîne à chaque serrage du frein une dépense importante d’air qui n’est pas sans influence sensible sur la consommation du charbon de la locomotive, surtout pour les trains à arrêts fréquents.
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- Ce sont ces deux inconvénients existant pour tous les systèmes de frein à air comprimé aujourd'hui en service (Westinghouse, Wenger, Scheifer) que M. Lip-kowski a cherché à éviter en étudiant un frein qtie nous allons décrire brièvement, en nous attachant plus spécialement au cylindre à frein qui en est la partie la plus essentielle. Le frein Lipkowski, comme les précédents, est un frein à air comprimé; mais, à l'instar du frein Wenger, il est à action différentielle, c'est-à-dire que le serrage s’obtient en abaissant la pression sur une des faces du piston, contrairement à ce qui se passe pour les freins précédents. Comme le représente la ligure 2 il se compose de trois parties : un réservoir auxiliaire, un grand cylindre et un petit, chacun de ces derniers munis d’un piston relié à une tige actionnant la timonerie. En AH se trouve le distributeur. A l’état normal de marche, l'air comprimé venant de la conduite pénètre par le distributeur dans le réservoir auxiliaire et dans les deux cylindres. Les pressions se trouvant ainsi équilibrées dans les trois sections, les pistons? occupent la position indiquée sur la ligure et y sont maintenus sous l’action du ressort de rappel RjRj. Si, au moyen du robinet de maneuvre, le mécanicien abaisse dans la conduite la pression de un demi-kilogramme, le distributeur mettra le petit cylindre en communication avec l’atmosphère et le petit piston, sous l'influence de cette diminution de pression, s’avancera vers la droite en actionnant la timonerie et en approchant les sabots, mais en ne produisant qu’une faible pression sur les bandages. Four cette opération on n’aura donc dépensé que le volume d’air comprimé engendré par le petit piston, volume faible et bien inférieur à celui qu’il faut dépenser avec les autres freins, où, comme nous l’avons dit, c’est la surface entière du grand piston qui entre en jeu. D’où, avec le frein Lipkowski, économie d’air comprimé qu’on semble pouvoir estimer à environ 40 pour 100 comparée au frein Westinghouse. Dans sa marche vers la droite, le petit piston a entraîné le grand également vers la droite; mais, en même temps, le distributeur a fait passer, de l’avant du grand piston dans le réservoir auxiliaire, l’air comprimé, à la même pression, qui se trouvait dans le grand cylindre. La détente de l’air dans le réservoir auxiliaire, malgré son augmentation de volume, par suite de la marche en avant du.grand piston, n’aura donc pas lieu. Il en résulte que la pression en arrière du grand piston, quelle que soit la distance parcourue par le petit piston, par l’approche du sabot, sera toujours la même et égale à celle de la conduite principale, c’est-à-dire trois kilogrammes. L’inconvénient dont nous parlions [dus haut, à propos des autres freins, aura donc disparu et la pression exercée sur les sabots ne variera pas avec l’usure de ceux-ci et restera constante pendant toute la durée du service des freins. Les réactions entre les véhicules sont annulées et les serrages plus doux, en même temps qu’ils seront plus énergiques. Les arrêts pourront donc être plus courts qu’avec
- les autres freins ayant même dimension de cylindres. L’achèvement du serrage, par l’augmentation de pression sur le grand piston, et, par suite, sur les sabots, s’obtiendra par l’abaissement graduel de la pression dans la conduite principale au moyen du robinet de maneuvre. Une dépression de un kilogramme suffit pour obtenir la pression maximum sur les sabots, comme pour le frein Westinghouse avec lequel il peut fonctionner en concordance.
- Telles sont les caractéristiques les plus essentielles, car il y en a d’autres (accélérateur, robinet de manœuvre), du frein Lipkowski. Elles sont, comme on le voit, importantes, d’une valeur réellement pratique et donnent certainement à ce frein une certaine supériorité sur les autres freins à air comprimé. Le frein Lipkowski a été soumis à des essais prolongés aux chemins de fer de l’État français et, surtout, en Russie. Ces essais ont prouvé un bon fonctionnement du frein et une modérabilité au serrage très suffisante, mais, peut-être, un peu de lenteur au desserrage, due, en grande partie, aux trop faibles sections des orifices du distributeur et qu’il serait facilç de modifier. Demies longs trains, composés de 50 véhicules, les résultats ont été plus douteux. C’est là, du reste, la pierre d’achoppement de tous les freins pneumatiques. Arrêter complètement un train de 50 véhicules est chose possible, mais ralentir,un train de la même composition pour le remettre ensuite en vitesse avant l’arrêt complet et cela, sans rupture d’alfelages, parait, tout au moins, en service courant, un problème bien difficile à résoudre avec les freins entièrement pneumatiques. Leur lenteur relative d’action, malgré l’accélérateur, ne pourrait être améliorée que par l’addition d’un agent électrique qui alors viendrait compliquer l’appareil et apporterait souvent une brutalité d’action dangereuse pour le matériel. Quoi qu’il en soit, les avantages indiscutables du frein Lipkowski sont-ils suffisants pour contre-balaneer les dépenses considérables résultant d’une transformation du matériel, quelque précaution qu’on prenne pour réduire au strict nécessaire les pièces à modifier? Dans le cas d’un matériel entièrement neuf et d’un réseau indépendant, les avantages entreraient peut-être en balance; mais, pour des réseaux déjà équipés, comme en France, les compagnies auraient à tenir compte des dépenses considérables résultant de celle transformation. R. Rovmw
- CHRONIQUE
- Nouveaux travaux d’irrigation en Égypte. —
- On peut dire que le fameux barrage d’Assouan est à peine terminé; mais déjà une première campagne agricole a permis de reconnaître les services précieux qu’il rend à la culture, et le service d’irrigation annonce que dès maintenant on a trouvé preneurs pour toute l’eau qu’il permet de distribuer. Aussi a-t-on décidé de relever sa crête de 5m,80, afin de mettre en réserve un million de mètres cubes d’eau de plus. Cela entraînera une dépense nouvelle de plus de 12 millions de francs, mais on aura ainsi la possibilité de livrer à la culture permanente une
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- surface de 200 000 hectares, ce qui représente bien un enrichissement de 575 millions de francs pour le pays. Cela n’est pas à négliger.
- L*emnmg;asinage du charbon sous l’eau. —
- Pour paradoxale que semble cette méthode au premier abord, elle parait se recommander de plus en plus à la suite des expériences qui ont été faites en Angleterre. Nous n’avons guère à rappeler que le charbon mis en tas à l’air libre subit une déperdition considérable et double : non seulement il se délite, se désagrège, mais il perd une partie des gaz qui sont normalement maintenus dans ses pores et ses tissures avant que cette action se fasse sentir ; on sait, de plus, que les combustibles poussiéreux sont plus difficiles à brûler. D’autre part, l’air entraîne dans les tas une sorte de combustion lente, qui fait perdre au charbon une partie de son pouvoir calorifique; et on pourrait encore ajouter une déperdition mécanique, la poussière de charbon se dispersant en pure perte. Or, si l’on immerge la houille dans l’eau, et plus spécialement dans de l’eau de mer, qui est plus dense, la pression s’oppose fort efficacement au départ des gaz : il se peut aussi que les sels agissent on ne sait pas encore exactement comment. Ce qu’il y a de sûr, c’est que, dans ces conditions, le charbon demeure en gros morceaux durant des années, sans perdre de son pouvoir calorifique ; et s’il prend une apparence terne extérieurement, du moins sa cassure est brillante, et, au bout de 56 heures d’exposition à l’air, il est absolument sec.
- lTn nouveau type de cuirassé. — On vient de le lancer à Pembroke, pour le compte de la Marine de guerre britannique. C’est en somme une combinaison du cuirassé et du croiseur, avec les qualités dominantes de chacun ; il est notamment bien plus puissamment armé que les croiseurs les plus récents, puisqu’il possède 6 pièces de 255 millimètres, puis 10 canons de 152 millimètres, et une série de 28 pièces à tir rapide et de plus petit diamètre. La plus grande partie de ces canons sont installés dans une citadelle au centre du navire. D’autre part, ce cuirassé est armé de trois tubes lance-torpilles submergés, et il pourra donner une vitesse énorme de 22,55 nœuds. Il est vrai de dire que cette construction formidable ne coûtera pas moins de 29 millions de francs !
- L’elevated de Toklo. — A aucun point de vue le Japon ne veut rester en arrière des pays occidentaux, et voici que l’on construit un « elevated railway », sorte de voie métropolitaine, dans la capitale de l’Empire. Elle a pour but de former jonction entre les lignes ferrées qui viennent du nord et colles du sud, en leur fournissant une voie de transit à l’intérieur même de l’agglomération.
- Les transports postaux par voies de fer aux États-Unis. — Dans cet immense territoire, les chemins de fer effectuent des transports postaux sur un ensemble de lignes représentant un développement total de 510 000 kilomètres; ces transports coûtent annuellement 210 millions de francs et occupent une armée de 10 500 employés.
- Une locomotive de 13© tonnes. — Elle est intéressante non seulement par son poids, mais encore par ce fait qu’elle a été combinée par M. Mallet, notre savant collègue, auquel on est en somme redevable de l’introduction du compoundage dans les locomotives. Elle est d’ailleurs construite sur terre américaine pour le compte du Chemin de fer « Baltimore and Ohio ». Son poids total et énorme de 156 tonnes porte entièrement sur les
- roues motrices : sa chaudière ne mesure pas moins de llm,70 de long, de l’avant jusqu’à la porte de la boite à feu, pour un diamètre de 2"‘,25, et pèse 50 000 kilogrammes, quand elle est pleine d’eau, celle-ci à elle seule comptant pour près de 15 tonnes. La surface de chauffe totale sera de 505 mètres carrés, et la surface de grille de 6m,09.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ) U septembre 1904. — Présidence de M. Mascaut
- Création d’observatoire. — L’Académie reçoit la notification du fonctionnement à Barcelone d’un nouvel observatoire astronomique dénommé Observatoire Fabra. Cette création est due à la générosité d’un particulier, M. le marquis d’Alleia; la ville de Barcelone y a contribué en offrant l’instrument méridien. Ce dernier instrument est pourvu d’un objectif de 0m,20 de diamètre; il est donc de grande dimension. L’Observatoire possède également une lunette équatoriale de grand modèle pouvant être utilisée pour les observations astronomiques et pour la photographie céleste. Tous ces instruments, ainsi que la coupole qui mesure 10 mètres de diamètre, ont été construits à Paris par M. Mâilhat. L’établissement appartient à la Royale Académie de Barcelone; son directeur est M. José Comas Sola. M. Mascart fait ressortir l’importance de cette création.
- Composition de l’adrenaline. — M. Maquenne expose que les formules publiées par divers auteurs pour l’adre-naline sont discordantes; d’autre part on a signalé des différences dans le mode d’action de cette substance. Le fait peut être attribué à ce que l’adrenaline du commerce est en réalité un mélange. M. Bertrand s’est propose d’élucider cette question. A cet effet il a entrepris de préparer une quantité notable de la substance afin d’être à même de constater, s’il était possible, l’identité de composition chimique et de propriétés physiologiques du produit, dans toutes ses parties. Il a utilisé dans ce but les capsules surrénales d’une quantité de chevaux et a pu préparer 125 grammes d’adrenaline. Le résultat de ses recherches a été affirmatif ; en outre la formule trouvée s’accorde avec celle publiée par Aldrich. On est donc en présence d’un corps bien défini. Cil de Viçlededil.
- À PROPOS DE LA CRY0STASE
- Nous avons signalé1 dernièrement, d’après les publications allemandes, sous le nom de « Cryo-stase », un mélange liquide qui jouit de la propriété de se solidifier quand on le chauffe, et de se liquéfier à nouveau sous l’influence du froid, et ainsi indéfiniment. M. Ch. Tanret, le savant chimiste, nous rappelle à ce propos que ce mélange n’est pas le premier corps connu qui se coagule à chaud et se liquéfie à froid. On avait signalé autrefois cette propriété dans la solulion aqueuse d’extrait hydro-alcoolique de racine d’asclé-pias. Cette solution se trouble par la chaleur et redevient limpide en se refroidissant. On ignorait la cause du phénomène. M. Tanret, qui s’est beaucoup occupé de la question dans des notes adressées à l’Académie des sciences (2 février 1885 et 12 mars
- 1 Yoy. n° 1650, du 20 août 1904, p. 182.
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- 1888), reconnut que cette propriété est due à un nouveau glucoside ; de son nom vulgaire de I’Asclé-pias (dompte-venin) « Vincetoxicum » il a tiré celui de « Yincétoxine ».
- Il existe une Yincétoxine soluble et une Yincétoxine insoluble. La première se trouble en solution aqueuse par la chaleur et redevient limpide en se refroidissant. La seconde se dissout aussi dans l’eau «à la condition que l’on y ajoute un peu de vincé-loxiue soluble. Et dans ce dernier cas la solution se coagule à une température plus basse que la solution de vincétoxine soluble. A l’aide de proportions convenables des deux corps, on peut obtenir un liquide qui se prend en masse dès 15 degrés.
- Il suffit de déposer une goutte du mélange sur la main, ou même de soufiler dessus, pour la voir se transformer en une perle gélatineuse qui se liquéfie de nouveau au contact d’un corps froid.
- M. Tanret, en étudiant les produits d’oxydation des hydrazocamphènes, a mis en évidence des propriétés analogues. Le té-rébinthate basique de zinc se comporte à ce point de vue comme les vincétoxi-nes. Il y a coagulation de la solution à 24 degrés et retour à l’état liquide dès 25 degrés.
- Enfin pour compléter ce sujet, ajoutons que l’on savait déjà que la solution d'extrait de coudurango se comporte par la chaleur et le froid comme celle d’extrait de vincétoxine.
- Dès que les belles recherches de M. Tanret furent publiées, Vulpino soumit le coudurango au traitement qui venait de donner à ce chimiste les vincétoxines et il en retira des couduran-gines qui semblent bien identiques aux vincétoxines (Archives de Pharmacie, avril 1885). J.-E. G.
- MOTEUR k CAPILLARITÉ
- Le petit moteur combiné par M. Leboyer, de Hiom, n’est au fond qu’un appareil de démonstration de l’utilisation des phénomènes capillaires. Ce n’est certes pas avec lui que les maraîchers arroseront leurs cultures. Mais l’idée qui sert de base au système est originale et il n’est pas impossible que l’on trouve quelque jour le moyen d’en tirer un parti pratique quelconque. Tout le monde sait que les corps poreux s’imbibent facilement d’eau, de certains liquides, par exemple les tissus dont on se sert pour constituer les mèches de lampe, le papier buvard, etc.
- L’eau s'étend par capillarité à travers ces substances. Seulement le pouvoir d’iinbibilion, variable d’ailleurs pour chaque corps, reste limité. Une bande de papier buvard s’humecte seulement sur trois ou quatre centimètres de hauteur. M. Leboyer, en cherchant bien, a trouvé une pierre qui se laisse imbiber au point que posée verticalement dans de l’eau, la hauteur de pénétration du liquide atteint quelquefois plus d’un décimètre. C’est la pierre appelée communément la « Domite » d’Auvergne. Avec cette roche, il a fait le petit moteur de démonstration que nous représentons dans la figure ci-jointe.
- Deux lames à section carrée de cette pierre sont placées verticalement dans une cuvette renfermant de l'eau ; elles pompent l’eau par capillarité. A la partie supérieure et en contact on a installé des mèches d’amadou qui retombent, comme la figure l’indique, sur une roue Cette roue est formée par des palettes en papier buvard superposées. Enfin, sur l’axe de la roue, une courroie avec deux seaux miniature. On pressent ce qui se passe. L’eau aspirée par les supports en pierre est reprise par imbibition par l’amadou et ensuite par les palettes en contact. Tout le côté gauche de la roue s’alourdit et la roue tourne ; puis l’équilibre a lieu en attendant que l’eau de la partie mouillée s’évapore II y a de nouveau rupture d’équilibre et, selon l’état atmosphérique, la roue tourne plus ou moins vite. Les petits seaux montent et descendent élevant l’eau d’environ dix centimètres. Il va sans dire que la marche du moteur est irrégulière, mais enfin on élève un peu d’eau en 24 heures. Le travail de la capillarité se traduit en définitive par une fraction du poids d’eau montée.
- C’est un simple joujou de physique qui a son petit intérêt. Dans l’esprit de l’inventeur ce serait mieux. Car on pourrait utiliser de larges bandes de pierre absorbante, et arriver par cascades, par appareils superposés à élever l’eau à plusieurs mètres. Le papier serait d’ailleurs remplacé industriellement par des palettes en lames légères de domite. Le système ne coûtant rien d’entretien monterait encore un certain volume d’eau par jour, par temps favorable. C’est peut-être beaucoup espérer du moteur à capillarité. J.-F. G.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue ue Fieurus, 9.
- Moteur à capillarité. Modèle de démonstration (moitié grandeur).
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- N° 1036.
- OCTOIMK I9Ü-4.
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- UN PHARE EN RÉTON ARMÉ
- Le gouvernement russe vient de faire construire, dans la Russie méridionale, un phare servant à l’éclairage de l’entrée du canal qui relie le port de ÎNicolaïef avec la mer jNoire. Ce phare, dont la hauteur totale au-dessus du sol est de 40m,30, est surtout intéressant parce qu’il est, croyons-nous, le seul phare important que l’on ait construit jus-qu’icienbéton armé.
- Il se compose comme le montrent les ligures 1 et 2, extraites de la « Cen-tralblatt der Bauwer-valtung», d’une tour creuse de forme parabolique solidement encastrée, à la hase, dans un massif de béton de 6 mètres de diamètre et de 2m,20 de hauteur entouré d’un caisson en béton armé enfoncé dans le sol à une profondeur de 2m,50.
- Cette tour de 32m,50 de hauteur, à partir du massif de fondation, a un diamètre de 6[n,30 à la base et de 2 mètres au couronnement. A sa partie supérieure se trouve une chambre de 4m,34 de diamètre et de 3 mètres de hauteur qui sert de magasin et de chambre de veille pour les surveillants du phare. Pille est supportée extérieurement au moyen de consoles en béton armé prenant appui sur la tour. Au-dessus se trouve la lanterne de 2 ",00 de diamètre et de 2m,90 de hauteur, surmontée d’une coupole. C’est dans celte lanterne que se trouve l’appareil optique servant à l'éclairage. Une galerie avec parapet entoure cette lanterne à sa base.
- Les parois de la tour sont en béton armé et d’une épaisseur très faible. Elle est seulement de 0m,20 au niveau du socle, de 0m,15 à une hauteur de 12 mètres, et de 0m, 10 à la partie supérieure. Quant aux parois de la chambre de veille, également en béton armé, elles ont une épaisseur de 0m,08 et
- 32e année. — î° semestre
- phaiv ito Nimlaïef. — I. vue du jdiare ; 2, sue «le l'ariHaliirc do la lunr 5 et 1, liaisons longitudinales et transversales de l’armature.
- celles de la lanterne une épaisseur de 0"',075.
- L’armature qui constitue la paroi en béton armé de la tour se compose de barres verticales métalliques _ de section circulaire, noyées dans le béton à une distance de 0m,05 de la paroi extérieure, et également réparties sur toute la circonférence de la tour. Ce sont ces barres qui, à l’exclusion du béton qui les enveloppe, doivent seules résister, par leur encastrement dans le socle de la tour, aux efforts de renversement résultant de la pression du vent. Comme cet effort, dans les différentes sections de la tour, va en diminuant à partir de la hase, le nombre 4es barres va également en diminuant. II est de 71 barres depuis le socle jusqu’à une hauteur de llm,30; de 05 jusqu’à une hauteur de 16‘",80, de 47 jusqu’à22m,50 et de 32 pour la partie supérieure de la tour. Ces barres en acier ont, chacune, un diamètre de 23 millimètres.
- Les figures 3 et 4 montrent les liaisons transversales et longitudinales entre les différentes barres verticales. Ces dernières sont, de plus, entourées, intérieurement et extérieurement, sur toute la hauteur de la tour, par une série de barres circulaires de 10 millimètres de diamètre espacées de 0m,25 et de 0m,50.
- Le poids total du phare, y compris le remplissage en béton du massif de fondation, s’élève au chiffre faible de 460 tonnes, et la dépense de construction a été seulement de 33 000 francs. La durée des travaux a été de deux mois. Une étud#e comparative, faite par les ingénieurs Pjatnizky et Baryschnikow qui ont dirigé les travaux, a démontré qu’un phare en maçonnerie de briques eût coûté 38 pour 100 de plus, et un phare avec charpente métallique 42 pour 100 de plus, avec une durée d’exécution beaucoup plus longue.
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- LA NATURE.
- Ueüe grande légèreté de la tour appelle cependant, à notre avis, certaines réserves que nous pensons intéressant d’indiquer. Lorsqu'un phare d’une certaine hauteur est soumis à des rafales de vent, la tour suhit des oscillations que T administration des phares français a pu mesurer dans ces derniers temps et qui, quoique faibles, peuvent cependant, pendant les tempêtes, altérer la marche des appareils d’éclairage. De plus, sous l’influence de ces oscillations, la section circulaire primitive de la tour s’ovalise et, très souvent, il se produit, dans un plan diamétral à la direction du vent, des Assurés verticales qui s’étendent depuis la partie supérieure de la tour jusqu’au tiers environ de la hauteur. Pour empêcher ces Assures verticales on a bien essayé, mais sans succès, d’entourer le couronnement de la tour d’une ceinture de fret tes métalliques. Ce qu’il faut donc, c’est chercher à annuler ces oscillations, en donnant ;à. la tour une raideur suffisante. Or, l’expérience a démontré que cette raideur est d’autant plus grande que le poids de la tour est lui-même plus grand, c’est-à-dire qu’elle est construite avec des matériaux d’un poids spécifique élevé. De plus, il faut que les variations de charge sur les différentes sections transversales de la tour, résultant de la pression du vent, soient relativement faibles par rapport aux pressions produites par le poids même de la construction. Ainsi, au phare de Calais, de 51 mètres de hauteur, construit en briques et où, dans chacune des sections de la tour, la pression supplémentaire résultant de Reflet du vent (en supposant que celui-ci produise une pression maximum de 275 kg par mètre carré) dépasse la moitié de celle due au poids de la tour, les oscillations sont considérables et des cassures verticales prononcées se sont produites.
- Au contraire, au phare de Gatteville, près de Bartleur, dont la hauteur est de 71 mètres, mais où le poids de la tour, construite en granité, est considérable et où les efforts supplémentaires dus au vent sont faibles dans toutes les sections, les oscillations sont inappréciables et aucune cassure ne s’est produite. Au phare qui vient d’être construit à l’ile Vierge, en Bretagne, avec des matériaux granitiques et dont la hauteur jusqu’au plan focal est de 75 mètres, on a pu obtenir une rigidité absolue de la tour, en calculant les différentes sections de telle sorte que les pressions supplémentaires dues au vent ne soient que le cinquième de la pression totale de 40,80 kg par centimètre carré, c’est-à-dire 2,40 kg (le reste 8,64 kg étant dù au poids de la tour). Au phare d’Eckmühl, récemment construit à la pointe de Penmarc’h, l’effort total maximum de 7,80 kg par centimètre earr.é est dù pour les 5/4 au poids total de la tour. Aussi la rigidité est-elle absolue.
- Eli résumé, pour diminuer les oscillations et donner une grande rigidité aux tours soumises aux rafales pendant les tempêtes, il faut accroître le poids de la tour, ainsi que le moment d’inertie des sections.
- L’expérience semble également démontrer que Remploi du ciment de l'ortland, tout au moins dans les parties hautes, a pour effet de diminuer les oscillations.
- La tour du phare de Nieolaïef, au contraire, est légère et le moment d’inertie des sections faible. Son coefficient de stabilité n’est que de 4,02, tandis qu’au phare de l’ile Vierge il atteint le chiffre de 40,80. On peut donc se demander, et c’est là où nous voulions en venir, si, dans ce cas, des oscillations importantes ne se produisent pas au sommet de la tour et si, enfin, il est possible avec le béton armé de construire économiquement une tour de « rigidité » suffisante pour résister, sans trop de vibrations, aux rafales du vent pendant les tempêtes.
- B. Boxmx.
- LES PERSÉIDES DE 1(J04
- Chaque année, par les nuits d’aoùf, en traînées de feu les Perséides tombent du ciel. Cette année les observations étaient facilitées par l’absence complète de notre satellite, la nouvelle lune tombant précisément le 11 août. Mais les Perséides, elles, n’ont pas été très exactes au rendez-vous et si le nombre des météores observés est encore fort respectable, il n’est nullement comparable à celui des années passées, de 1900 et 1901 notamment. Les observations d’étoiles filantes ne sont pas très compliquées, mais encore faut-il observer certaines précautions : limiter ses observations à une petite zone de la sphère céleste et, pendant les jours qui précèdent les observations, bien étudier cette région de façon à en connaître toutes les étoiles et à pouvoir reporter sans hésitation sur la carte les trajectoires de météores; éviter, pendant les heures qui précèdent l’observation, tout travail intellectuel fatigant ; ne pas observer les météores pendant plus de deux heures; ne noter enfin que les trajectoires pour lesquelles on possède des repères très exacts.
- C’est pour sacrifier à ce souci de l’exactitude que je n’ai enregistré que 95 trajectoires sur 359 météores observés. J’ai observé cette année au Havre du 11 au 20 août, désireux que j’étais de faire des remarques concernant la fin de la pluie des Perséides, puisque la période de grande activité du radiant a été l’objet de nombreuses recherches de la part des observateurs et de moi-même. Le 14 et le 17 août le ciel nuageux m’a empêché de faire la moindre observation.
- Deux heures d’observations chaque nuit m’ont donné de nombreux météores le 11 et le 42, un nombre dérisoire les 18, 19 et 20.
- Pour les 95 météores qui ont été notés, 42 se rattachent à l’essaim des Perséides; 12 viennent du Dragon, 14 de Pégase, 9 de la Girafe, 2 du Taureau, 14 se rattachent à des radiants que je n’ai pu déterminer avec précision.
- Deux radiants ont présenté une grande importance. Tout d’abord le radiant de Persée et en second lieu le radiant de Pégase qui a été signalé pour la première fois par M. Chrétien 1.
- Le radiant de Pégase m’a semblé avoir comme position le 13 juillet
- A. D. 557°
- 1). + 18°
- 1 « bulletin de la Soc. astron. de^France, 1901, p. 407 ».
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- LA NATURE.
- $75
- Le radiant de l'ersée avait les positions suivantes :
- Dalcs. A. D. 1).
- 11 août . . 46" + 56"
- 12 août . . 47" + 57"
- 15 août . . 47" + 57"
- 15 août + 59"
- 16 août . . 54" + 59"
- Après le 12 août le nombre de Perséides était très restreint, après le 16 août, je n’en ai pas aperçu une seule. Enfin le 11 août il y avait incontestablement plus de Perséides que le 12. Peut-être ne faudrait-il point trop s’empresser d’affirmer que le maximum se produit dans la nuit du 12 au 15 et non pas dans celle du lü au 11 comme le prétendent les annuaires.
- Les Perséides en général viennent par groupes de 5 ou <4 se succédant à intervalles très rapprochés.
- Enfin j’ai noté quelques météores du type signalé par MM. Roy et Péridier, en France, par M. Pacheren Angleterre. Ils se dirigent vers rt Persée au lieu d’émaner du radiant voisin de cette étoile. « Ces météores sont grands, forment des taches lumineuses mal définies qui apparaissent noires lorsqu’elles se projettent sur la voie lactée. Ils ressemblent à des nuages électriques en mouvement rapide. Leur mouvement apparent anormal vers le radiant de Persée est un mystère, d’autant qu’il a été depuis reconnu qu’ils venaient d’autres radiants comme tous les météores. »
- Deux autres radiants sont bien déterminés.
- L’un dans le Dragon est très net avec des météores jaunes, brillants, très rapides.
- Sa position est
- A. D. : 245"
- D. + 07°
- 11 a fourni 12 météores.
- L’autre, dans la Girafe, à météores moins brillants et rougeâtres, a pour position :
- A. 1). 45"
- D. + 78"
- 11 y a lieu de soupçonner l’existence d’un radiant dans le Taureau. 14 météores n’ont pu être rattachés à des radiants connus. 11 y a certainement parmi eux des Lyrides et des Géminides.
- Enfin il n’y a pas eu de météores venant du radiant de Cassiopée situé par
- A. D. 12"
- D. + 55"
- Lucien Libeiit.
- ---—
- L’EXPOSITION DE SMNT-L0UIS1
- h
- Parcourons rapidement les principaux Palais de l’Exposition, pour voir dans quel esprit a été organisée cette grande manifestation internationale, et pour nous rendre compte aussi des proportions qu’on a voulu lui donner.
- Les quatre bâtiments qui font faee à la Terrasse des Etats sont de dimensions énormes. Voici d’abord celui de l’Enseignement : on a tenu, en effet, à assigner une place de premier ordre à l’enseignement, eu égard au rôle exceptionnel qu’il joue dans l’acti-
- 1 Yov, u° 1652, du 5 septembre 1904, p. 219.
- vité d'un pays. Ce Palais couvre bien près de 5 hectares, et cette construction provisoire n’a pas coûté moins de 2 millions : nous mentionnons ce chilfre parce que les Américains en sont fiers, appréciant beaucoup les choses à leur prix, et aussi parce que cela montre l’importance de cette construction, étant donné qu’elle n’est établie que provisoirement. On y a fait grand usage du staff, comme à Paris en 1900, et en somme l’architecture appliquée ici, de même que dans tous les autres palais, est un pastiche mélangé de tous les styles grecs ou romains, ce qui n’est pas pour nous enthousiasmer, et ne répond guère à l’esthétique que laissait prévoir l’adoption des fermes métalliques. On a cherché à faire l’exposition de l’enseignement (et aussi de l’Economie sociale) aussi vivante que possible, et l’on y trouve un grand nombre d’installations où les méthodes, les procédés que l’on veut faire apprécier du public, sont présentés dans leurs applications : ce sont des laboratoires où l’on opère sous les yeux du visiteur, des écoles d’enseignement manuel où les élèves travaillent de même devant le public. Toutes les Universités et tous les Instituts techniques de la Confédération sont représentés, et exposent une foule de choses du plus réel intérêt. Le Palais des Manufactures s’étend sur 6 hectares environ, et l’on peut dire qu’il est naturellement complété par le Palais des Industries diverses, placé symétriquement à lui, et qui a exactement les mêmes dimensions. Le plan du Palais des Manufactures est assez original, en ce qu’il comporte une série de véritables rues rayonnantes, ayant chacune son nom, et les expositions y portent des numéros, comme dans une rue les maisons. C’est de ce Palais, ou plus exactement de ce groupe que dépend l’immense horloge dont le cadran a 50 mètres de diamètre, qui se trouve disposée à pht sur un coteau, et dont les aiguilles comme les heures sont dessinées par des fleurs vivantes.
- Le Palais des Machines, avec sa surface de 5 hectares, a coûté bien près de 2 millions et demi de francs, ce qui ne veut pas dire du reste que nous soyons enthousiaste de son architecture, où l’on a voulu, comme dans les autres parties de l’Exposition et ainsi qu’on ne l’avait que trop fait en 1900, imiter des constructions de pierre, et des colonnades plus ou moins grecques. C’est dans ce Palais des Machines que se trouve la station génératrice de force motrice devant satisfaire à tous les besoins de l’Exposition, station qui était bien loin d’être terminée au moment de l’ouverture. La puissance à fournir ici est de 45 000 chevaux, et l’on a voulu d’ailleurs se réserver en principe la possibilité d’une surcharge, au cas de besoin, de 25 pour 100. La station de force motrice est installée dans la moitié ouest du Palais des Machines, occupant un espace de 180 mètres de long sur 90 de large environ. Nous devons ajouter que les chaudières nécessaires ne sont point dans te Palais même, mais dans le bâtiment de la Vapeur, du Gaz et des Combustibles, construction « fireproof »,de 100 mètres
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- LA NATURE.
- ti7(>
- de long sur h peu près autant de large, qui se trouve à une trentaine de mètres du Palais principal. Dans ce bâtiment de la Vapeur, les foyers des chaudières fonctionnent sous tirage forcé, au moyen de ventila-
- teurs, car on ne pouvait songer à les laisser émettre des torrents de fumée dans le centre même de l’Exposition. Il nous est impossible de passer même sommairement en revue les maisons qui ont fourni
- Fig. I. — l'alais îles Arts libéraux.
- les moteurs de cette station, et nous ne ferons que Alsacienne de constructions mécaniques, à coté de citer un magnifique groupe électrogène de la Société celui de la Compagnie Westinghouse. C'est dans le
- Fig. 2. — Façade de la partie ouest du Falais des Manufactures.
- Palais des Machines que sont installées les pompes qui ont charge d’envoyer l’eau aux cascades dont nous avons parlé : leur débit doit être d’à peu près 560 000 litres à la minute, l’eau étant élevée à une hauteur de 27 à 28 mètres.
- Nous ne dirons que quelques mots du Palais de l’Électricité, en dépit de son importance toute naturelle, qui lui a fait consacrer une surface de 4 hectares; en dehors du Palais, on a installé une station i de télégraphie sans (il permettant aux visiteurs d’en-
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- LA NATURE.
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- voyer des télégrammes dans diverses villes de l’Union. Au point de vue architectural, le Palais de l’Electricité se fait remarquer par une surabondance de colonnades, de statues et de motifs décoratifs
- extérieurs. Le bâtiment des Moyens de Transport est un peu plus sobre; il est complété par de vastes espaces découverts sur lesquels les pays étrangers, et en particulier l'Allemagne, montrent du matériel
- Fig. 3. — Palais des Mines et de la Métallurgie.
- roulant. A signaler dans ce Palais un laboratoire plus puissantes machines sous les yeux memes des d’essais de locomotives, où l’on fait fonctionner les visiteurs. Aussi bien, et comme nous l’avons laissé
- Fig. I. — Palais de l’Électricité et des Machines.
- entendre, on a voulu faire cette Exposition aussi \i vante que possible, avec machines en mouvement, ouvriers au travail, etc. On sait également les concours de ballons qui ont été organisés pour la période de l’Exposition. De même aussi, les galeries
- de l’Agriculture seront complétées par des séries de boxes où se tiendront des expositions temporaires et renouvelées d’animaux vivants de toute espèce.
- Nous attirerons encore l’attention sur le Palais des Mines et de la Métallurgie, où les travaux de
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- métallurgie ou de mines sont autant que possible exécutés sous les veux du public, tandis qu'au dehors se tiennent des expositions extérieures, dont quelques-unes, relatives aux mines, trouvent un terrain d’application merveilleux dans une sorte de ravin naturel qui a été conservé dans l’enceinte de l’Exposition. Quant au Palais même, il nous a paru surprenant au possible, avec son architecture aussi composite qu’on peut l’imaginer, énormes obélisques de pierre, entre-colonnements plus ou moins romains, bas-reliefs étranges, etc.
- Nous n’en finirions pas d’indiquer les choses curieuses qu’on rencontre dans les galeries de cette immense Exposition, et sans parler bien entendu de toutes celles qui sont intéressantes au point de vue technique, au point de vue de qui cherche à se renseigner et à s’instruire ; il y a là un concours énorme d’exposants de tous pays et une masse d’expositions particulières du plus haut intérêt. Pour les gens qui s’intéressent aux documents historiques, nous pourrions citer le traité original signé entre Napoléon et Jefferson pour la cession de cette Louisiane dont on célèbre précisément l’acquisition; plus loin, c’est la tente du général Grant, la canne de Franklin ou l’épée de Washington. Voici un restaurant qui peut recevoir simultanément 6000 personnes, une carte des Etats-Unis, faite sur le terrain, où elle couvre une étendue énorme de 2 hectares, les États étant représentés par des champs ayant leur forme générale, et plantés des diverses cultures qui y prédominent effectivement . Tout un hôpital a été monté avec ses chirurgiens, ses gardes-malades, etc. Un exposant fait entendre un orgue monstre dont certains tuyaux ont 2m,50 de diamètre; à côté de la vieille arrastra, la piste circulaire où les mules broient le minerai suivant les méthodes primitives encore employées parfois, voici une fabrique de sucre de betterave avec tous ses appareils.
- En dépit des critiques qu’on en peut faire, l'Exposition de Saint-Louis vient dignement célébrer le centenaire de cet achat, de la Louisiane, qui a ajouté au territoire de la Confédération quatorze États, et qui a constitué certainement un des meilleurs marchés que jamais Yankee ait été capable de faire. R. Lebois.
- LES FMAISES
- ENTRE BIARRITZ ET SAINT-JEAN DE LUZ1
- Le très intéressant article de M. le Dr Laloy m’incite à signaler un fait scientifique peu connu qui en sera comme le complément.
- A ma connaissance il n’en existe qu’un seul exemple : c’est à Ste-Barbe, la pointe nord-ouest qui limite la baie de St-Jean de Luz et forme la première assise du seuil de garantie élevé par l’art de l’ingénieur sur cette côte dangereuse.
- Toutes les roches d’origine neptunienne sont, chacun le sait, caractérisées par des strates, des couches d’épais-
- 1 Voy. n° 1631, du 27 août 1904, p. 204.
- seur variable, quasi horizontales le plus souvent ou fort peu inclinées, déposées, au cours des siècles, soit par un travail de précipitation, soit par une évaporation lente. A certains intervalles fort irréguliers leur succèdent des invasions de la mer, renouvelant l’eau qui avait abandonné des sédiments. Ces eaux, chargées souvent de solutions fort différentes, ont fait alterner des bancs de nature assez éloignée de celle des couches qui les précèdent ou qui les suivent.
- Mais, nous le répétons, la caractéristique de ces couches c’est leur très faible inclinaison, leur quasi-horizontalité.
- Ce n’est point à dire qu’on ne rencontre souvent des exceptions parfois très accentuées. Les dessins, qui éclairent l’article du Dr Laloy, montrent des strates nettement verticales. Et ce n’est pas seulement au bord de la mer qu’elles sont visibles : on les retrouve dans les parties les plus continentales du relief terrestre. À la Bfoche-Fendue, au-dessus d’Aubazine, dans le Bas-Limousin, par exemple. En des nombreux exemples les plus connus, c’est le « travertin » de Vichy. On voyait dans la roche voisine de la vieille source des Célestins, on voit encore dans le parc agreste, entourant la vieille et la nouvelle, des strates à peu près verticales. Au début des études géologiques elles attirèrent l’attention à ce point que l’on créa un mot nouveau, le (( travertin », pour désigner ces roches calcaires.
- L’explication très simple, très exacte de cette disposition diminua singulièrement l’intérêt qu’elle avait éveillé.
- Comme celles qui l’avoisinent, la roche avait eu d’abord la stratification horizontale. Sous l’action des eaux supra ou infra-terrestres, froides ou chaudes, la base meuble, sur laquelle reposait la couche calcaire, s’était lentement dérobée. La lutte s’était établie entre la pesanteur et la cohésion de la roche : d’où, à la longue, rupture d’équilibre et rupture de la roche. La partie qui s’était séparée avait fait quartier; de là résultait la substitution dans ce fragment, parfois énorme, d’une disposition verticale des strates à l’ancienne disposition horizontale, phénomène auquel sert de témoin l’ensemble de la roche voisine qui, n’avant pas été, elle, longuement et profondément minée par les eaux, gardait l’horizontalité de ses couches.
- Le temps nécessaire pour que l’affouillement de l’eau entraînât rupture de la roche fut certainement très considérable. Mais imaginons des périodes beaucoup plus longues encore, un travail beaucoup plus lent des forces naturelles. I/assiette meuble de la roche se dérobant insensiblement, au système primitif d’équilibre se substitue, par l’œuvre lente et infinitésimale des siècles, des séries successives d’états d’équilibre dont chacun diffère à peine du précédent. Malgré le peu d’élasticité du calcaire, malgré sa friabilité, le passage insensible d’un état d’équilibre au suivant se manifeste, sans rupture, seulement par une inclinaison progressive, mais d’une croissance tellement lente que la cassure est évitée. A un intervalle de quelques milliers d’années peut-être nous assistons au spectacle si étrange que nous offre la falaise de Ste-Barbe : un véritable angle droit formé par les strates du bord marin avec celles qui courent à l’est le long dé la terre.
- Qui oserait dire que cet exemple, le seul que nous connaissons, soit unique en son genre ? En somme, il suffisait d’une extrême lenteur dans l’érosion, d’une faible épaisseur dans la couche meuble, et d’une grande solidité dans la couche rocheuse qui lui succédait.
- G. Lacroix, Agrégé de l’Université.
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- LE TRAMWAY DU MONT-BLANC
- Un chemin de fer électrique à crémaillère vient d'être concédé par décret du a août 190 i, el permettra d’accéder sans danger ni fatigue au sommet du Mont-Blanc. Ce (pii peut étonner, ce n’est pas la hardiesse de l’entreprise, c’est qu'elle n’ait pas encore été tentée, aujourd’hui où les chemins de fer de montagne sont déjà si nombreux particulièrement chez nos voisins, les Suisses.
- Ce nouveau mode de locomotion mettra à la portée de tous les touristes une ascension jusqu’ici particulièrement difficile, et qui ne pouvait être pratiquée que par un petit nombre de privilégiés.
- Il n’y a pas si longtemps que Saussure (1787), le premier, accomplit la prouesse avec l’aide du guide Balmat, et le bronze immortalisa l’événement, au pied même du massif rébarbatif de roc et de glace, à Chamonix. Si le célèbre naturaliste a trouvé des émules, l’ascension, cependant, n'est pas encore ba-
- nale; il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler les préparatifs et l’outillage, grâce auxquels l’astro-uome Janssen se fit bisser dans un traîneau jusqu’à l'emplacement de son observatoire*. Le commun des mortels n’en peut pas tant exiger, et ne se met en route que s’il possède le jarret qu’exige cette performance : le jarret et quelque chose de plus.
- Il est pourtant bien tentant d’escalader la plus haute cime européenne, d’où l’œil peut embrasser le tour d’horizon le plus vaste et le plus merveilleux. Quelque artifice mécanique en peut donner les moyens sans doute, et l’entreprise cesse d’être aléatoire, puisqu’il suffit de mettre en pratique l’expérience acquise dans la construction de chemins de 1er similaires qui fonctionnent à la satisfaction de tous, et ont attiré immédiatement une affluence considérable de voyageurs et de touristes : un chemin de fer électrique conduit de Zermatt au Gornergrat, à une altitude de 5019 mètres, et la virginité de la Jungfrau elle-même n’a pas trouvé grâce devant le
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- Kif,r. 1. — Carie (l'ensemble du Mout-LSlimc.
- rail envahisseur; sur ses lianes, les locomotives atteignent dès à présent l’altitude de 2867 mètres à Eigerwand, et l’on poursuit régulièrement le creusement du tunnel qui doit atteindre le sommet, à 4166 mètres au-dessus de la mer.
- On n’y est pas encore parvenu, il est vrai, et quand on songe que le Mont-Blanc projette fièrement son sommet encore plus haut, à 4810 mètres au-dessus de la mer, on pourrait craindre qu’un pareil surcroît d’ascension n’offrît des difficultés insurmontables à l’établissement d’une voie ferrée ; mais on n’aura pas même à redouter cette appréhension d’un premier début : les ingénieurs américains n’ont-ils pas, dans les Andes, posé leurs rails à 4711 mètres de hauteur, sur le chemin de fer de Lima à Oroya? Cette voie ferrée est en service régulier, et les voyageurs n’y sont pas outre mesure incommodés par le mal de montagne, ce qui répond à une autre objection formulée au sujet du petit nombre des touristes qui pourraient sans encombres dépasser les altitudes habituellement atteintes dans les excursions les plus pratiquées. Ce n’est pas tant, en effet, la raréfaction
- de l’air qu’il y a lieu de redouter — jusqu’à une limite convenable, bien entendu —, que la trop brusque variation de pression. Il faut monter doucement pour que nos organes aient le temps de s’adapter aux conditions atmosphériques nouvelles, et cela permet de formuler la règle essentielle de tout chemin de fer ou de tout ascenseur de montagne. C’est que la vitesse horizontale importe peu pourvu que la rapidité du déplacement vertical ne dépasse pas une certaine limite qui, si l’on s’en rapporte à l’expérience acquise dès à présent, est de 1200 mètres à l’heure, soit 20 mètres par minute. En sorte qu’il ne s’agit pas de réaliser le trajet le plus court, celui qui permettrait d’atteindre le but dans le moins de temps possible; mais il faut se convaincre qu’autant de fois on devra gravir 1200 mètres, autant d’heures on devra dépenser, et tout tracé sera assez court qui se réglera sur ce minimum. Si, d’autre part, on admet comme pente maximum — parce qu’elle est économique au point de vue de la construction et de l’exploitation,
- 1 Yov. n° 904 du 27 septembre 1890, p. 257 et n° 1168 du 19 octobre 1895, p. 520.
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- LA NATURE.
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- — la pente de 250 millimètres par mètre (25 pour 100), il est facile de calculer la vitesse de la locomotive <pii ne dépasse pas 7km,500 h l’heure.
- Une autre condition d'une pareille ligne, c’est d’olfrir aux voyageurs qui sont des touristes, un parcours pittoresque et des points de vue intéressants. La route sera toujours courte si elle se déroule au milieu des aspects imprévus de la montagne, si,
- Fijr. 2. — Ascension «lu Monl-Iîlanc en traîneau par M.
- (D'après une photographia il
- à tous les points d’où l’œil embrasse le décor le plus merveilleux : voilà, semble-t-il, le programme qui doit guider dansle choix du merveilleux tracé.
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on songe à doter le Mont-Blanc d’un moyen d’accès mécanique. A vrai dire, on y a pensé du jour où les observatoires de M. Janssen (4810 m). et de M. Vallot (4560m.) ont enfoncé leurs fondations dans la glace du sommet ; mais, en détinitive, deux projets ont pris corps et ont
- graduellement, le spectateur voit changer la nature autour de lui, au gré des climats successifs qu’il traverse, la végétation arborescente faisant place d’abord aux verts pâturages, avant d’atteindre la région des neiges et des glaces éternelles. Le moins de tunnels possible, sur ce parcours, en les limitant au passage des couloirs d’avalanches où la nécessité s’impose de protéger la voie, et des arrêts fréquents
- Janssen. — MouKV' du Graiul-Plaleau, le 18 août 1890. stanlanée de M. E. Saladin.)
- fait l’objet de demandes en déclaration d’utilité publique, étape qui, dans notre pays, marque qu’une conception est arrivée à son dernier état de gestation.
- Dans l’un de ces projets, préconisé par M. Yallot, la presque totalité du parcours devait se faire en tunnel. Le point initial se trouvait aux Douches, non loin d’une des stations du chemin de fer établi par le U.-L.-M. entre le Fayet et Chamonix.
- Le second projet, présenté par MM. Couvreux,
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- LA NATURE
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- Fig. 5. — Vue du Mont-Blanc prise de Chanionix.
- Fig. i. — Vue du Monl-Blanc prise du enl de Yoza.
- Deruadet, Ruporlal, a paru préférable, puisqu’il a eu l’approbation du Conseil général des Ponts et chaus-
- sées, au point de vue technique, et au point de vue général, de la Chambre de Commerce et du Conseil
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- général de la Haute-Savoie, ainsi que du Conseil d’État. C’est celui dont la concession vient d’ètre rendue délinitive par un décret en date du 3 août. 190.4. On va comprendre les raisons de cette préférence. M. Duportal, inspecteur général des Ponts et chaussées, qui a fait les études, est parti de cette idée qu’il fallait faire du parcours tout entier une exploration complète du massif montagneux, ce qui exclue le cheminement souterrain, et suppose, au contraire, que la voie ferrée s’accroche le plus longtemps possible au rocher lui-même qu’elle escalade en plein air. C’est l’intérêt du touriste; c’est aussi celui de l’entreprise qui n’existera que si elle doit être rémunératrice.
- La ligne part du Fayet (580 m.) où elle se détache directement du réseau du P.-L.-M. Elle dessert tout aussitôt la station balnéaire de Saint-Gervais et se développe ensuite sur le versant de la montagne exposé au midi, où la neige fond de bonne heure, ce (pii permet d’assurer l’exploitation pendant trois bons mois d’été. Des stations sont prévues, nombreuses et bien situées : à Saint-Gervais (769 m.), à Motivon (1400 m.), au Col de Yoza (1700 m.), au pavillon de Bellevue (1815 m.), au Mont-Lachat (2100 m.), aux Rognes (2645 m.). Là commence la région dénudée et glaciaire où la fréquence des avalanches et tdes éboulis rend nécessaire la protection de la voie qui entre alors en tunnel, ou pour mieux dire en galerie à claire-voie avec de nombreuses percées sur la paroi rocheuse, pour atteindre Tête-Rousse (3165 m.) et enfin l’Aiguille du Goûter, à 18km,450du point de départ et 5825 mètres d’altitude. C’est là le terminus provisoire de la ligne. 11 restera à gagner l’extrême sommet du Mont-Blanc, à 990 mètres plus haut, dernier tronçon que les concessionnaires se réservent d’exécuter dans un assez bref délai, lorsque l’accès facile de l’Aiguille du Goûter aura permis d’étudier à loisir le terrain solide caché sous le glacier. Jusque-là, il serait téméraire de vouloir rédiger même un avant-projet; mais, en tout cas, pour la plupart des touristes, l’excursion pédestre sera facilitée par des sentiers aménagés chaque année et probablement aussi par un service de traîneaux.
- Pour le choix des moyens d’exécution, les promoteurs de l’entreprise n’avaient qu’à regarder ce qui s’est fait en Suisse, ce qui se fait actuellement encore à la Jungfrau, avec d’excellents résultats. Il s’agit d’un chemin de fer à crémaillère du type Strub, et la traction électrique est tout indiquée, en raison de la multiplicité des chutes d’eau qui permettent d’installer économiquement des usines génératrices. La voie aura 1 mètre d’écartement. Les rails, la crémaillère et les traverses seront en acier dont le poids total par mètre courant sera de 145 kilogrammes. Les rampes ne dépasseront pas 250 millimètres par mètre ; le rayon minimum des courbes pourra être réduit à 50 mètres. Dans ces conditions, et grâce à la traction électrique, il sera facile de s’élever avec une vitesse de 7 à 8 kilomètres à l’heure,
- que l’on ne saurait d’ailleurs dépasser, comme nous l'avons fait remarquer, sans soumettre les voyageurs aux effets d’un déplacement vertical trop rapide.
- On prévoit dix trains par jour dans chaque sens et si la production de l’électricité venait à manquer pour une cause ou pour une autre, il suffirait pour assurer le service de lancer sur la ligne des machines automobiles munies de puissants moteurs à pétrole.
- On compte, en se référant aux statistiques des lignes de montagne déjà construites et comparables à celle du Mont-Blanc, que, dès la première année, 25 000 voyageurs sur les 90 000 qui se rendent à Chamonix utiliseront ce nouveau mode d’ascension, ce qui permet d’établir le prix de l’aller et retour à 40 francs, alors que l'ascension du Mont-Blanc exige actuellement une dépense minimum de 250 francs et trois jours de fatigues.
- Dans ces conditions modestes, l’entreprise sera déjà rémunératrice, et, autour d’elles, donnera la vie à un grand nombre d’installations des plus intéressantes : hôtels, villas, chalets, qui seront autant de centres d’attractions.
- Il n’est pas douteux que les 25 000 voyageurs seront vite dépassés, si l’on en juge par la ligne de Yitznau-Rigi qui, dans ses douze trains quotidiens, a transporté 118 485 touristes en 1902. La même année 41 862 ont gravi le Dilatus, 54 198 ont atteint le Gornergrat; et la première section du chemin de fer de la Jungfrau, ouverte seulement jusqu’à Eigerwand, a reçu 48 511 visiteurs la même année. Il ne saurait être téméraire d’augurer la même réussite, lorsqu’il s’agit de gravir le roi des sommets Européens : le Mont-Blanc.
- iA-colonel G. Espitai.ukr.
- LES YERS DES POMMES
- De tous les insectes, le ver des pommes est celui qui possède le plus grand nombre de biographes. On l’a étudié dans presque tous les pays du monde et sous tous les climats, et, si les premiers récits qu'on en a faits, plus ou moins vagues ou inexacts, ont donné naissance à des idées fausses, les observations de ces dernières années ont permis de préciser bien des points de sa biologie. L’évolution de cet insecte mieux connue, les procédés de destruction ont gagné en méthode et en sûreté dans leur application. C’est pour propager ces méthodes, faire connaître les détails acquis à la science, que nous revenons aujourd’hui sur un sujet que nous avons déjà traité l’an dernier1, et aussi parce que la larve de la « Garpocapsa pomonella » Linné, n’est pas le seul ver de nos pommes. 11 en est d’autres, qu’il est bon de connaître parce qu’un jour leur multiplicité pourra les rendre un vrai fléau et qu’on les confond trop souvent avec lui dans une même appellation.
- Nous citerons, tout d'abord, un Diptère, le « Try-
- 1 Voy. n° 1550, du 7 février 1905, p. 145.
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- pela pomonella », dont la larve vit également dans les pommes; elle est apode et ne possède pas do tète distincte, mais il est facile de la reconnaître aux nombreuses galeries sinueuses qu’elle mène h travers le fruit. Une autre larve, que des personnes peu familiarisées avec l’entomologie prendront à première vue pour celle de la Carpocapse, est celle d’un charançon, le « Conotraehelus nénuphar ». Toutefois, on la différenciera h ce fait que, bien qu’ayant une tète distincte, elle est apode ; de plus, les écorchures en forme de croissant faites lors de la ponte, et les piqûres causées par l’adulte pour se nourrir, suffisent à caractériser ce curculionide. Dans l’ordre des Lépidoptères, nous rencontrons plusieurs papillons, entre autres le « Plodia interpunctella » et U « Ànarsia Iineatella », lequel, rapporte M. Simpson1, est pris très souvent par les fermiers américains pour le « ver des pommes ».
- Nous ne décrirons pas cet insecte, la figure ci-contre en donnant une reproduction très exacte, mais nous ferons remarquer que sa chenille est beaucoup plus petite que celle de la carpocapse, et par là s’en distingue aisément. Les « Plodia » causent de grands dégâts sur les pommiers, de même qu’une autre espèce, 1’ « Àrgyresthia conjugella », que l’on rencontre dans la Colombie britannique, et dans les états de Washington, fdaho et Montana en Amérique. Sa chenille a environ six millimètres de long, elle est de couleur blanc sale, teintée de rouge quand elle a atteint toute sa taille. Les galeries qu’elle creuse dans le fruit sont multiples et s’étendent dans toutes les directions. Les deux Lépidoptères suivants sont cités comme tout particulièrement nuisibles au Japon, ce sont : la « Laverna herellera », et le « Ncphopterix rubizonella ». Le premier a élu, en outre, domicile dans la Colombie britannique, ses larves vivent uniquement dans le cœur du fruit dont elles dévorent les graines. Quand elles sont à plein développement, elles rampent au dehors ou se laissent couler sur le sol ; là, elles se tissent un cocon dans la terre. Elles hivernent à l’état de chrysalides, et n’ont qu’une génération annuelle. Les « Nephopterix » font, chaque année, perdre de 35 à 50 pour 100 de la récolte au Japon. La femelle pond ses œufs par groupes sur les petites branches et les feuilles; de là la larve gagne le fruit voisin et y entre. Ses principaux ravages ont lieu au voisinage du cœur du fruit. L’état larvaire dure trois semaines, quelquefois plus, et la nymphose se fait à l’intérieur de la pomme; c’est à l’état d’œuf que cet insecte passe l’hiver.
- Tous ces Arthropodes ne vivent pas uniquement dans les pommes, ils s’attaquent un peu à tous nos arbres fruitiers, mais c’est aux pommiers qu’ils sont tout particulièrement nuisibles. Néanmoins, il en est un, en présence duquel on s’est trouvé en 1901, et qui semble n’avoir pour habitat que les pommes. Encore, dans celles-ci, vit-il d’une manière spéciale.
- 1 The codling motli, hy C. B. Simpson. — U. S. Department of Agriculture. Division of Entomology, bulletin n° 41.
- C’est à leur surface que cet insecte indéterminé, parce qu’on n’en connaît que la larve, exerce ses dégâts ; ce ver ronge l’épiderme du fruit qu’il découpe, ne creusant qu’accidentellement quelques trous d'à peu près un demi-centimètre, mais le déprécie pour la vente et cause ainsi de sérieux préjudices.
- On voit par cet exposé succinct combien nombreux sont les vers des pommes, et cependant nous n’osons pas espérer en avoir épuisé la liste. Il en est un, le plus dangereux mais le plus connu dont nous n’avons lait que de citer le nom jusqu’ici, lui réservant dans la suite de cet article une place spéciale. Nous voulons parler de la « Carpocapsa pomonella » Linné, ou ver des pommes proprement dit. Comme les insectes dont nous venons de parler, il est polyphage et s’attaque en outre aux poires, aux prunes, aux amandes et même au noix. Toutefois il affectionne particulièrement les pommiers, dans quelque région qu’on le rencontre, et occasionne des pertes colossales qui vont chaque année, aux États-Unis par exemple, du quart à la moitié de la récolte. Les poires viennent ensuite dans l’ordre des dégâts, avec une perte d’environ 20 pour 100 de la récolte. Connu depuis la plus haute antiquité il se trouve aujourd’hui répandu presque par toute la terre, et il est facile d’établir son aire de distribution géographique. On ne sait pas d’une manière précise son habitat primitif, point de départ de sa dissémination, mais on suppose que ce fut le sud-est de l’Europe, patrie du pommier. Celui-là a suivi l’extension de celui-ci, si bien qu’à l’heure actuelle on le rencontre partout où le‘pommier est cultivé. H s’est étendu par toute l’Europe et jusqu’en Sibérie. On le signalait, rapporte M. Simpson, dans le mémoire déjà cité, en Australie, vers 1855; en Tasmanie, vers 1801; en 1874, dans la Nouvelle-Zélande; dans le sud de l’Afrique, en 1885; au Brésil, en 1891. Les Etats-Unis d’Amérique le possédaient dès 1819, mais longtemps on le prit pour le « Conotraehelus nénuphar », et il ne fut identifié que vers 1840. Son introduction en Chine est récente; le Japon, plus favorisé, ne le possède pas encore, mais tout laisse supposer qu’il y viendra. En effet, le grand développement pris par le commerce international est une des premières causes de son apparition dans des pays où il était auparavant totalement inconnu. Il s’est trouvé transporté par des navires contenant des fruits véreux, ou par des wagons chargés de pommes attaquées, à destination d’un état voisin; la coutume, enfin, de retourner à l’envoyeur les caisses d’expédition pour les emplir à nouveau, n’est pas étrangère à sa dispersion.
- Nous ne décrirons ni le papillon, ni la larve, priant nos lecteurs de se reporter au texte et aux figures de notre dernier article, mais nous reviendrons sur quelques points de la biologie de cet insecte, aujourd'hui mieux établis. On n’ignore pas que c’est au moment de la défloraison, alors que le fruit va nouer, que la femelle de la carpocapse vient
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- pondre. Pendant plus d’un siècle, les auteurs qui se sont occupés de ce lépidoptère ont écrit, se copiant les uns les autres, que la femelle pondait soit à l’extrémité de la queue, soit dans le calice du fruit, jusqu’à ce qu’une série d’observations eut fini par démontrer l’inexactitude de cette opinion. En 189(>, un Américain, M. Slingerland, trouva des œufs sur des feuilles et meme sur l’écorce des pommiers, et M. Lard, en 1897, constata qu’on les rencontrait presque exclusivement à la partie supérieure des feuilles, bref, depuis cefLe époque, un examen attentif a conduit à celte conclusion que les œufs étaient pondus sur l’écorce, sur les tiges, sur les feuilles, et, pour ainsi dire, partout ailleurs que
- Clément
- Fi". 1. —• a, feuille habitée ]>ar la larve de la Carpocapse ; point «l'attaque de la larve; a", canal creusé par la larve; b, Anarsia lmeatella, larve; c, la même grossie; <f, dégâts sur l'écorce; e, les mêmes grossis.
- tion sont pondus sur le fruit, tandis qu’on y rencontre un grand nombre sur cent de la seconde, à cause, parait-il, de la pubescence du fruit qui disparaît au furet à mesure qu’il avance vers sa maturité. Ces œufs, une cinquantaine environ au maximum par femelle, pendant la durée de la ponte qui peut aller de deux à sept jours, mais plus habituellement île quatre à cinq jours, ont une coloration irisée qui varie avec l’àge. Au bout d’une dizaine de jours en moyenne, la jeune larve, qu’on pouvait dès le lendemain de la ponte distinguer dans l’œuf à un fort grossissement, brise sa coquille, la mange et sort. Elle se dirige vers le fruit, si elle ne s’v trouve déjà, gagne le calice, et par là pénètre à l’intérieur; seules, la plupart des larves de la seconde génération entrent sur le côté, par un trou qu'elles pratiquent
- dans le calice. Le nombre des générations de cet insecte est demeuré douteux, lui aussi, pendant nombre d’années, et ce fait a donné lieu à de très nombreuses recherches. Il semble aujourd’hui à peu près établi qu’il n’y a qu’une génération dans le nord de l’Europe, y compris l’Ecosse, le Nord et le Centre de l’Allemagne, tandis qu'en Autriche, à Vienne, par exemple, et en France, il y en a généralement deux. En Californie et dans les états d’Orégon, de New-Mexico, etc., on en a compté trois et même quatre. Ces chiffres, il est vrai, varient pour une même région suivant les années cl l’état de la température. Quoi qu’il en soit, on a constaté que très peu d’œufs de la première généra-
- Fig. 2. — «, T.averna herellera, papillon ; b. idem, vu de profil ; c, idem, chenille ; d, idem, cocon ; e, pomme attaquée par cette espèce ; f, Ncphoptcryx rubizonella, papillon; <y, idem, chenille ; h, poire attaquée contenant une chrysalide; i, branche avec ponte.
- à la surface, mais ne se mettent à manger le fruit que lorsqu’elles se sont introduites au dedans. Après avoir atteint son complet développement, la larve se fraye un passage à travers la pomme, et sort généralement par une ouverture qu’elle pratique du côté opposé et dans une direction différente de celle de l’entrée. Le plus souvent, la pomme épuisée et flétrie est tombée de l’arbre, et se trouve à terre quand la chenille effectue sa sortie, en sorte que la chrysali-dation a lieu habituellement dans le sol. « Elle passe ainsi tout l’hiver, disions-nous, soit à la surface de la terre, soit, lorsque le fruit n’est pas tombé, dans les crevasses des écorces, dans les fentes des clôtures où, en descendant de l’arbre, elle s’est réfugiée et ne se change en chrysalide qu'en mai ou juin de l’année suivante. La chrysalide est d’un brun
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- marron, avec quelques poils raides à l’extrémité. état, le papillon éclôt, et le cycle recommence. » Au bout d’environ trois semaines passées dans cet Diverses variétés de pommes sont plus attaquées
- tpie d'autres, et les conditions locales sent jouer un certain rôle, puisque, par exemple la Ben Davis est la moins atteinte dans certains endroits, tandis ([lie dans d’autres, elle l’est le plus. En règle générale, on peut dire que les fruits durs, et qui mûrissent tard ont moins à souffrir que ceux qui mûrissent lorsque la deuxième génération arrive. Il semble même que cette coutume de creuser dans le fruit est une habitude acquise, et que les larves de la « carpocapsa pomonel-la » vivaient originairement sur les feuilles. En effet, le professeur Gard a remarqué qu’en captivité, les jeunes larves rongeaient les feuilles, et M. le professeur Cor-dley croit qu’on pourrait les faire évoluer com-
- du sol parais- | pommier. Tous ces détails biologiques ont plus qu’un
- intérêt de curiosité; ils peuvent être des plus utiles en renseignant sur les procédés de destruction à employer, et sur l’époque la plus favorable pour les appliquer. Mous ne reviendrons pas sur ceux que nous avons précédemment décrits, mais nous insisterons sur les pulvérisations. Bien que dans des expériences de laboratoire on soit parvenu à agir sur les œufs de la carpo-capse, on se heurte à une presque impossibilité d’action quand il s'agit d'opérer en plein air et dans des vergers. 11 n’y a que la larve et le papillon que l’on puisse atteindre. Mous avons vu que les larves au sortir de l’œuf recherchent le fruit pour y pénétrer ; les pulvéri-
- Fig. 5. — Appareil pour traiter les grands arbres.
- plètemenf en ne leur donnant que des feuilles de j sations devront donc se faire h la fois sur le tronc,
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- les branches, les feuilles et les fruits, puisque les œufs ont été pondus un peu partout indifféremment. Il en résultera que les jeunes chenilles, soit en rongeant le parenchyme des feuilles, soit en mangeant le fruit, se trouveront empoisonnées. L’acide sulfureux est un des insecticides que nous reeommandrons de préférence; on l’emploiera à huit ou dix jours d’intervalle, aussitôt après la déilorai-son, mais avant que les lobes du calice soient fermés. En Amérique, où tout se fait en grand, on a construit des appareils spéciaux. Sur une sorte de chariot à quatro roues est placé un réservoir contenant l’insecticide (celui qu’ils emploient de préférence est le vert de Paris ; ) quatre montants supportent une plate-forme munie d’une balustrade, et à laquelle accèdent, venant du réservoir, des tuyaux d’arrosage. Un homme monté sur cette plate-forme arrose les arbres à traiter, tandis qu’en bas un autre actionne le piston pour faire monter le liquide dans les conduits. La personne située sur la plate-forme se trouve au niveau des plus hauts pommiers ; il les arrose ainsi de haut en has, et comme nous avons vu que, dans le cas où les œufs sont pondus sur les feuilles, c’est à la partie supérieure de celles-ci qu’ils sont situés, ils ont plus de chance d’ètre atteints. C’est là le traitement employé quand la larve est jeune; mais quand celle-ci a atteint tout son développement et est prête à sechrysalider, on a recours alors au ramassage des fruits tombés, aux bandes d’étoile et aux anneaux de goudron, pour celles qui sorties des fruits véreux non tombés, descendent le long du tronc pour gagner le sol afin de s’y chrysa-lider. Dans l’anneau de goudron, elles s'engluent et meurent ainsi. Les bandes d’étoffe offrent, au contraire, entre elles et les anfractuosités de l’écorce une retraite sûre, où les chenilles pourront se chry-salider. En enlevant ensuite ces bandes d’étoffes on en détruira en très grand nombre.
- Nous bornerons là la description des principaux traitements à employer, ayant décrit les autres antérieurement, heureux si ces lignes, sur un sujet toujours d’actualité, peuvent être de quelque utilité à nos agriculteurs. Lucien Iches.
- CHRONIQUE
- Nouvelles auto-postales. — Paris va posséder bientôt quinze nouvelles voitures destinées au transport des courriers. Ces auto-postales à traction électrique qui remplaceront une partie des tilburys à un cheval seront d’un poids total, en ordre de marche, de 2400 kg se répartissant comme suit : accumulateurs, 000 kg; châssis, moteur, carrosserie, 1010 kg; hommes, 140 kg et charge utile 050 kg. Leur volume est d’un mètre cube et demi alors que celui du système actuel n’est que d’un mètre cube. Le moteur électrique de la nouvelle voiture est placé au milieu du châssis, avec transmission par chaînes sur les roues arrière. (Juant à la vitesse, qui, d’après le cahier des charges de l’administration, devait être de 18 kilomètres à l’heure, elle est de beaucoup dépassée par les nouveaux véhicules. Ils sont, en effet,
- susceptibles de couvrir, dans ce laps de temps, une vitesse de 40 kilomètres; mais dans Paris, la vitesse ne dépassera guère 25 kilomètres. Les roues, qui mesurent 82 centimètres de diamètre à l’avant et 02 centimètres à l’arrière, sont munies de bandages pleins Torrilhon dans une moitié des auto-postales. L’autre moitié l’est de pneumatiques Michelin, dont l’éloge n’est plus à faire. Sur les quinze voitures qui sont déjà construites, douze seulement seront en service, les trois autres servant de relais. Chaque voiture fera par jour 75 kilomètres en deux étapes, soit 000 kilomètres, alors que tes voitures en font actuellement 10 000. Le chargement des batteries d’accumulateurs s’opérera entre midi et deux heures. Une salle de charge modèle vient d’ètre installée à cet effet à l’Hôtel des Postes.
- Ii’alimenlation et les sels de fer. — Un de
- nos confrères de la presse autrichienne annonce qu’il se poursuit actuellement à la Station bactériologique agricole de Yienne des expériences intéressantes sur la possibilité de faire pénétrer de façon utile dans l’organisme humain des sels de fer. On est parti de cette observation que les sels de fer qu’on fait absorber dans des préparations artificielles, ne sont assimilés que fort imparfaitement, et que, par contre, l’assimilation se fait beaucoup mieux quand ces sels sont fournis par des aliments végétaux naturels : on voudrait donc essayer d’augmenter la proportion de fer contenue normalement dans certains végétaux comestibles. On a fait une première série d’essais en ajoutant un hydrate de fer au sol où l’on cultive des épinards : et l’on a constaté que la plaide poussant de semence, dans ces conditions, contenait une proportion de fer sept fois plus forte que celle qu’on rencontre dans l’épinard ordinaire, et cela sans inconvénient pour si végétation. Notre confrère Viennois est en retard sur nous. Il y a plus de cinq ans qu’un pharmacien de Bordeaux a fait avec succès les mêmes essais en France. Les Épinards ferrugineux sont aujourd’hui bien connus des médecins.
- La disparition d’un glacier groenlandais. — On a souvent parlé du recul des glaciers : un savant Danois, le J)r M. C. Engell, vient d’en apporter une nouvelle preuve, grâce aux intéressantes observations qu’il a faites sur un des glaciers les plus connus du Groenland. 11 s’agit du glacier de Jakobshavn, qui a été Uobjet d’études assez fréquentes pour qu’on puisse en suivre les mouvements depuis plus d’une cinquantaine d’années. G’est ainsi qu’il en a été dressé une carte localisant la place du front du glacier à des époques successives, et l’on constate que ce front a reculé de plus de 1 o kilomètres dans ces 50 années ; en outre, sa surface s’est abaissée d’au moins 9 mètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 septembre 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Les erreurs de division des cercles gradués. — M. Bigourdan présente une Note relative aux variations des erreurs de division des cercles gradués faisant partie des instruments d’astronomie. L’auteur constate que si l’on détermine, à quelques années de distance, les erreurs des positions respectives des traits, on trouve des résultats différents. 11 recherche la cause de cette particularité. Il remarque que depuis le milieu du siècle dernier les cercles des instruments d’astronomie sont en fonte et que la graduation est tracée sur un ruban d’argent inséré dans une rainure au bord du plateau circulaire. Or si l’on considère qu’un cercle est soumis à des écarts de
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- température qui de l’hiver à l’été atteignent 40 degrés, il est facile de calculer que pour un plateau de 1 mètre de diamètre, le ruban d’acier subit une dilatation de 0m,00î2i et qu’un arc de 1" n’occupe qu’une longueur de ^,5. Or les astronomes entendent mesurer le dixième de seconde; on voit que la position du trait doit être certaine à moins d’un quart de micron. Comment s’étonner que ces traits tracés sur le ruban d’acier qui, de la part de la fonte, sont soumis à des etforts considérables, ne conservent pas une position invariable. Dans les instruments construits avant le milieu du siècle dernier, le cercle était en bronze et la cause d’écart était réduite au 1/5. M. Mascart objecte que l’argent est très mou et qu’en réalité les écarts observés doivent tenir plutôt au défaut d’homogénéité du plateau de fonte, qu’il faudrait employer un métal homogène et revenir au besoin aux plateaux de bronze qui, ainsi que le remarque M. lligour-dan, atténuaient l’inconvénient signalé, par suite du rapprochement des coefficients de dilatation de l’argent et du bronze et avaient plus d’homogénéité que ceux de fonte. M. Bouquet de la Grye remarque qu’il vaudrait mieux s’adresser à un métal qui manque peut-être d’homogénéité mais qui du moins ne se dilate pas, c’est-à-dire à l’acier Guillaume.
- Observations d'étoiles filantes. — M. Deslandres présente une Note de M. Lucien Libert indiquant les résultats de l’observation du dernier passage de l’essaim des l'erséides. Il résulte de ses constatations que cette année la date du maximum est un peu différente de celle de l’année dernière. Cn. nu Yillkreiil.
- LES CAICAJNETTES
- APPAREIL MÉCANIQUE POUR FACILITER LA MARCHE
- La marche a été l’objet de nombreuses études de la part des physiologistes, des médecins, des hommes de sport ; on a cherché à un certain moment à substituer dans l’armée la marche dite « en flexion » à la marche « en extension » qui est classique, naturelle et que tout le monde pratique sans l’avoir apprise. Les avis restent encore partagés aujourd’hui et, malgré les études des hommes les plus compétents, malgré les procédés d’analyse que permet la chrono-photographie, les arguments en laveur de l’un ou l’autre système ne sont pas irréfutables. Cependant, il semble que l’avantage ne doive pas rester à l’une plutôt qu’à l’autre et que c’est plutôt un moyen terme qu’adoptent ceux qui apprennent à marcher, comme les soldats : ils en arrivent, presque instinctivement, à pratiquer une marche en demi ou quart de flexion. M. le ])' Ch. Breuillard, partisan de la marche en extension, a écrit dernièrement sur ce sujet un livre très intéressant1 où il passe en revue les travaux antérieurs et où il étudie les différentes manières de marcher.
- La marche est le meilleur des sports parce quelle met en jeu les fonctions organiques les plus importantes du corps humain et c’est l’exercice qui fatigue le moins parce qu'un grand nombre de mouvements
- 1 « Étiulc physiologique et médicale sur la marche », A. Ma-loiiie, éditeur à Paris.
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- auqnèls il donne lieu sont en partie passifs. L’auteur définit ainsi les deux sortes de marche. >
- « On croit généralement que la marche représente un effort considérable parce qu'elle a pour but le déplacement du corps, dont le poids moyen est de 65 kilogrammes; mais ce déplacement ne peut être comparé à un transport effectue par les moyens ordinaires, car il absorbe < moins de-j.force qu’on se l’imagine surtout dans la. marche normale, ou marche en extension. A chaque;pas le membre projeté en avant, et en extension, prend terre par le talon pour empêcher le corps de tomber, et le maintien de cette extension verticale, opéré en très grande partie par des ligaments articulaires puissants, constitue une tâche très légère pour les muscles. l)e telle sorte quelles, deux segments du membre devenu rigide n’en forment momentanément qu’un seul, par suite de la juxtaposition perpendiculaire des os dans les articulations de la hanche, du genou et du cou-de-pied ; et alors on peut dire que « le poids du corps,
- « qui s’exerce sur une ligne verticale, est supporté « presque exclusivement par les os ».
- Dans la marche en flexion, au contraire, quand le pied arrive à terre, la jambe fléchie sur la cuisse et la cuisse sur le bassin, les deux segments du membre sont obliqués l’un sur l’autre et le poids du corps repose sur leurs extrémités supérieures, ce qui augmente considérablement l’action du levier ainsi établi.. On voit aussitôt quel effort énorme ont à faire les extenseurs pour contre-balaneer l’action de ce poids, qui, on peut le dire, « au lieu d’être supporté par les os, est supporté par les muscles ».
- 11 faut reconnaître cependant que la marche en extension n’a pas tous les avantages; par suite de son mécanisme même le choc du talon sur le sol est assez dur et donne, au bout d’un certain temps, une fatigue cérébrale que connaissent bien tous ceux qui ont fait des marches un peu longues. C’est pour cette raison que certains sujets à systèmes nerveux affaibli, aussi bien que les gens très lourds, dont le poids donne lieu à un choc considérable, redoutent plus les descentes que les montées. On peut admettre que les chocs répétés produits par ce genre de marche, surtout si le sol est dur, produisent des modifications temporaires dans la structure du système nerveux cérébro-spinal ; mais il n’y a d’inconvénient à cela que lorsqu’il y a excès et en somme ce mode de progression est celui qui est le plus en conformité avec la structure anatomique du pied et de la jambe ; c’est celui qui demande le minimum d’effort au système musculaire qu’il met en jeu.
- Il était donc indiqué de chercher à supprimer, ou tout au moins atténuer dans une large mesure, le choc sur le talon, qui est l’inconvénient réel de la marche en extension ; aussi a-t-on imaginé de nombreux systèmes dans ce but. La modification de la chaussure demande a être étudiée avec le plus grand soin et ceux qui ont cherché à employer le caoutchouc soit sous forme de tampon inséré dans le talon, soit . sous forme de tubes, de billes pleines ou creuses ou
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- même de ehambres à air analogues aux pneumatiques de roues, ont échoué. Dans les tentatives de ce genre on a constaté souvent un excellent elîet immédiat, mais il était de peu de durée soit parce que la matière employée se tasse et ne produit plus l’efTet cherché, soit que sa disposition défectueuse ne résiste pas à l’usure rapide. On essaya aussi les ressorts métalliques disposés comme ceux des sommiers élastiques : le résultat ne fut pas meilleur, au contraire, et c’est cependant avec Remploi du ressort métallique que M. le Dl Breuillard reprit la question, mais il étudia une l’orme de ressort toute spéciale (n° 1 ). 11 faut avant tout que le ressort conserve dans sa course une direction invariable, ce qui est ici assez compliqué puisqu’il s’agit de suivre le déplacement du talon, organe qui oscille et chevauche irrégulièrement sur le sol, surface rigide mais inégale et à inclinaisons variables.
- Ce n’est qu’à la suite d’essais très longs et coûteux queM. Breuillard est arrivé à la forme définitive du petit appareil qu’il a baptisé du nom de « Calca-nette », (de « calcanéum », os du talon).
- 11 est formé (nos 1 et 2) par deux valves métalliques, à rebords renversés, et articulées à leur extrémité antérieure de façon à former une sorte de boite ; entre ces valves on a inséré un ressort hélicoïdal oblique, tout spécial, en acier mangano-siliceux, dont la résistance doit être au moins égale au poids du corps. La forme et les dimensions de l’ensemble sont sensiblement les mêmes que celles des talonnettes en liège, dont se servent principalement les femmes, qui les placent dans leurs chaussures pour hausser la taille et rendre plus prononcée la courbure du pied. La calcanette se loge aussi facilement dans la chaussure et c'est précisément là son avantage sur tous les systèmes imaginés précédemment : on peut continuer à employer la chaussure à laquelle on est habitué. La valve supérieure est creusée en cuiller [tour augmenter et faciliter l’assiette du pied; la valve inférieure porte à sa partie postérieure quelques pointes mousses destinées à faire prise sous le cuir de la semelle afin d’empêcher le glissement de l’appareil. L’espace compris entre les deux valves est rempli par le ressort hélicoïdal oblique à fil plat dont le développement, qui est environ de 30 eenti- i
- mètres, assure une grande élasticité ; la course, qui est de 12 à 18 millimètres, laisse toujours les valves assez rapprochées pour que l'appareil puisse se glisser facilement dans la chaussure. Dire qu’on ne s’en aperçoit pas serait exagéré; si petit qu’il soit, il tient sa place ; mais dans une bottine à élastiques ou à lacets il n’y a pas de gène; si on prend l’habitude de porter des caleanettes il sera préférable de faire faire la chaussure un peu plus haute sur le cou-de-pied, mais cela n’est pas indispensable. A la marche on a tout de suite une sensation agréable; on se croirait sur un tapis moelleux ; puis il se produit une réaction immédiate qui fait qu’on est poussé en avant comme sur un tremplin. 11 est clair que le ressort doit être approprié, comme force, au poids du corps, aussi en a-t-on fabriqué trois types différents; ils sont du reste facilement interchangeables puisqu’ils
- n’ont pas d’attaches fixes, mais s’accrochent simplement entre les valves.
- Le I)r Breuillard a fait personnellement et a fait faire par des personnes de bonne volonté, de très nombreuses expériences avec les caleanettes.De l’avis général il résulte qu’on s’y habitue en quelques jours et qu’on éprouve ensuite à leur usage une réelle satisfaction qu’on peut résumer ainsi : suppression de la commotion produite par le choc du talon sur le sol, impulsion réactionnelle remplaçant par un mouvement passif un mouvement actif, enfin automatisme du ressort qui remplace l’action cérébrale inconsciente mais réelle et plus fatigante qu’on ne croit, qui s’exerce constamment pour régler et précipiter le rythme du pas. Tels sont les avantages qui doivent résulter du port des caleanettes chez toute personne bien portante : mais chez certaines autres elles seront indiquées comme instrument de traitement mécanothérapique, et les débiles que la marche ordinaire fatigue trouveront à leur emploi un véritable soulagement.
- En somme on bénéficie de tous les avantages de la marche en flexion, sans avoir à redouter ses inconvénients et ses dangers. G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris, — Imprimerie I.AimiE, rue de Fleurus, 9.
- Les ealcaneUes du l)r Ch. breuillard. - I, une ealeaiielle ouverte montrant la l'orme du ressort ; 2, calcanette à l'état normal, le ressort en place ; 5, position des calca-uettes dans la chaussure pendant la marche.
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- N° I fi 5 7.
- 8 OCTOBRE 19(H.
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- DISPARITION DE LA FIÈARE JAUNE A RIO DE JANEIRO
- La dernière épidémie de fièvre jaune au Sénégal qui a eu lieu en lévrier 1900, a de nouveau attiré l’attention sur cette maladie dont l’apparition a causé et
- cause tant de trouble dans le commerce de notre colonie.
- Quelques mois plus tard, en février 1901, la Commission américaine de la Havane faisait eon-
- Fig. 1. — Salle de la fièvre jaune avec chambre métallique.
- naître que le virus de la fièvre jaune existe dans le sang des malades et qu’elle est transmise à l’homme sain par l’intermédiaire d’un moustique particulier.
- Fig. 2. — Laboratoire d'élevage du moustique.
- Sur la table des tubes dans lesquels ces insectes sont conservés.
- Il était de la plus haute importance de vérifier ces données nouvelles, car si elles étaient confirmées, la défense contre cette maladie devait être
- Fig. 3. — Vue d’ensemble de l’Hôpital de Sào .Sébastian.
- orientée tout autrement qu’on ne l’avait fait jusqu’à présent.
- Aussi, les pouvoirs publics, le service de santé des colonies, le gouvernement du Sénégal, tous les négociants notables de la colonie, se trouvèrent d’accord pour demander l’envoi, à Rio de Janeiro, 32e année. — 2e semestre,
- Fig. I. — Laboratoire pour l'élude des mœurs des moustiques.
- d’une mission française pour l’étude de la fièvre jaune. Cette mission fut instituée sur la proposition de M. le Ministre des Colonies, qui demanda au I)r Roux, directeur de l’Institut Pasteur, de vouloir bien en désigner les membres.
- MM. les T)IS Marchoux, Simon et Salimbeni furent
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- désignés et partirent de suite. Ils confirmèrent les travaux de la mission américaine à la Havane; montrèrent que les moustiques du genre stegomya sont les véhicules de la lièvre jaune, que, sans eux, cette maladie n'existe pas et qu’eux seuls la transportent du malade au bien portant. Ils démontrèrent que la lièvre jaune ne peut être transmise sans ces intermédiaires et qu’elle est toujours inoculée par eux, ne pouvant être transportée par une autre voie.
- 11 y a deux mois, je visitais l'hôpital d’isolement de Saint-Sébastien à Rio de Janeiro, où la mission Pasteur a établi son laboratoire, et le médecin directeur de l’hôpital, qui me faisait les honneurs de sa maison, médit en me montrant le linge des varioleux : «Nous désinfectons ce linge à la vapeur avant de le donner à la buanderie. Celui des malades qui ont la fièvre jaune est donné directement, sans être désinfecté, car la fièvre jaune n’est pas une maladie contagieuse. Vous semble/, étonné de cette assertion ; il y a deux ans, je ne l’aurais pas faite; mais, maintenant, grâce à la mission Pasteur, nous connaissons bien l’étiologie de la maladie et nous constatons que la pratique donne raison à la science de laboratoire. »
- Nous donnons, ci-joint, une photographie représentant l’intérieur du Laboratoire de la mission Pasteur; la chambre où l’on élève les moustiques, et celle où se trouve le lit où s’étendent les observateurs qui restent là des heures à suivre ces insectes, et étudient leurs mœurs. Nous donnons aussi la figure de ce qu’à l’hôpital Saint-Sébastien on appelle la chambre Marchoux : c’est une cage de 5 mètres de long sur 5 mètres de large et 2”,50 de hauteur, composée d’une solide armature en fer sur laquelle est tendue une toile métallique de lmm 1/2 de mailles. Cette chambre est fermée par un tambour de 0m,80 de profondeur, munie de 2 portes, de 0m,80 de large et de 2 mètres de hauteur, qui s’ouvrent : l’une au dedans, l’autre au dehors. Un système de poids peut empêcher d’ouvrir simultanément les deux portes. Ces cages sont assez grandes pour contenir un lit, une table et pour permettre de circuler autour du malade. Le constructeur les fait maintenant avec panneaux séparés, de sorte qu’on peut leur donner des dimensions variables. Quelle que soit leur taille, elles offrent aux insectes une barrière infranchissable derrière laquelle le malade n’est pas privé d’air. Elles présentent, sur le grillage des portes et des fenêtres, un gros avantage. Si par une fausse manœuvre ou une erreur commise, il s'est introduit quelque moustique dans l'intérieur, la recherche et la destruction en sont très faciles, contrairement à ce qui se passe dans une salle plus vaste et forcément plus obscure. Grâce à cette chambre portative, il devient facile de transformer un hôpital quelconque, et même un simple baraquement, en un hôpital d’isolement modèle, puisqu’il permet l’isolement individuel auquel on reconnaît aujourd’hui tant d’importance.
- Il est certain que ces avantages sont grands et
- qu’ils ne sont pas les seuls que peuvent donner ces chambres métalliques; l'usage en fera certainement reconnaître beaucoup d’autres.
- C'est dans ces chambres que, pendant notre passage à Ilio de Janeiro, nous avons vu les quelques rares malades de fièvre jaune qui existent encore dans la ville; car, les découvertes de la science, qui ont été mises en pratique à la Havane, viennent de l’être à Rio de Janeiro.
- Le Président de la République du Brésil a chargé, il y a 18 mois, des fonctions de Directeur général de la santé publique, un jeune homme de 52 ans, le I)1' Oswaldo Cruz, qui revenait de passer trois années à Paris, à l’Institut Pasteur. Sa principale mission était d’organiser la lutte contre les moustiques et il avait pour cela à sa disposition un budget d’un million de francs. Immédiatement, il se mit à l’œuvre; le 20 avril 1905 il mit en marche une armée de désinfecteurs, au nombre de 1200 personnes, qu’il avait éduquée lui-même pour faire la chasse aux moustiques dans toutes les parties de la ville et dans les maisons.
- Depuis dix aus, la moyenne de la mortalité par la fièvre jaune avait été à Rio de Janeiro de :
- 129 morts en janvier ) , ,. .
- 272 morls en février j m0>enne <l,,s dl1 iernKtes anne,'s'
- Mortalité en 1903 : Mortalité f.n 1904 :
- Janvier . . . 155 morts. Janvier. . . 5 morts
- Février . . . 142 — Février . . 7 —
- Mars . . . . 151 — Mars. . . . 7 —
- Avril. . . . 19 — Avril . . . 8 -
- Mai. . . . . 24 — Mai.... 10 -
- Juin . . . . 10 - Juin. . . . 4 —
- Totai. : 479 morts Total : 59 morts
- dans les 6 premiers mois dans tes 6 premiers mois de 1905. de 1904.
- Devant ces résultats remarquables, le budget du département de l’hygiène vient d’être porté à 7 500 000 francs par an, pendant trois ans, pour pei mettre de compléter l’organisation actuelle et d’organiser d’une façon parfaite la lutte contre la peste et la variole.
- Grâce à l’amabilité du Directeur général de l’hygiène, j’ai traversé Rio de.„Janeiro pour aller à l’hôpital d’isolement dans une Victoria dont le cocher portait la croix rouge, signe distinctif du service de l’hygiène, et constamment j’étais obligé de rendre le salut des habitants qui se découvraient me prenant pour un membre du service qui contribue à enlever à la ville son renom de foyer de fièvre jaune. Il y a peu d’années en France, on jetait des pierres à ceux qui venaient faire de la désinfection dans les petites villes ; les temps sont changés.
- J’ai assisté au départ de Buenos-Ayres des représentants de la République Argentine à la Conférence internationale sanitaire réunie à Rio de Janeiro en juin dernier. On se moquait beaucoup, dans la République Argentine, de la prétention des Brésiliens qui voulaient faire admettre à tout le monde que
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- Rio de Janeiro n’était pas un foyer de fièvre jaune.
- Devant les résultats obtenus, les deux savants qui représentaient la République Argentine, signèrent le protocole de la Conférence qui reconnaît que Rio de Janeiro n’est pas un foyer de lièvre jaune.
- Espérons que dans nos colonies françaises, la lutte sera organisée d’une façon aussi intelligente qu’elle l’a été à Rio de Janeiro, cette ville de 800 000 habitants.
- On a donné des pouvoirs extraordinaires à un jeune homme plein de feu. 11 a pu, grâce à l’argent dont il disposait, organiser son service d’une façon remarquable, et les résultats qu’il a obtenus doivent nous montrer qu’il faut laisser à l’initiative de celui que l'on charge d’une grande œuvre sanitaire, la liberté la plus complète dans son action.
- I)r Adrien Loir,
- Professeur d’Iiypiène à l'Eooïe supérieure (l’agriculture coloniale.
- LE MOTEUR A GAZ PAUVRE DUPLEX
- On connaît déjà tous les services que rendent dans l’industrie, pour la production de la force motrice, les moteurs à gaz pauvre et nous avons déjà eu l’occasion d’en citer plusieurs exemples. Mais nous désirons mentionner quelques applications vraiment intéressantes qui ont été réalisées dernièrement, à l’aide du moteur Duplex, et sur lesquelles M. A. Lecomte, d’une part, a donné de précieux renseignements au Congrès de la Société technique de l’Industrie du Gaz en France au mois de juin 1904 et sur lesquelles, d’autre part, M. llérard a également fait connaître des détails importants au Congrès du Syndicat des usines d’électricité à la meme époque.
- Le moteur Duplex est en général à simple effet, du type à quatre temps, et se construit pour toutes les puissances depuis 25 chevaux jusqu’à 1000 et 2000 chevaux. Les moteurs de 150 à 500 chevaux sont des modèles courants. La figure 1 représente un groupe électrogène Duplex à gaz pauvre de 125 chevaux. La figure 2 montre la vue d’ensemble d’un groupe moteur Duplex de 550 chevaux, formé de deux moteurs monocylindriques, disposés à droite et à gauche, et attelés sur un même arbre. Tous ces moteurs fonctionnent à l’aide de gaz pauvre qui est produit dans des « gazogènes par aspiration » ou dans des « gazogènes soufflés». Dans les premiers gazogènes, le moteur aspire lui-même à travers les appareils le gaz nécessaire à son fonctionnement; dans les gazogènes soufflés, l’air est envoyé par un ventilateur ou par un jet de vapeur surchauffée et le gaz produit est emmagasiné dans un gazomètre où le moteur s’alimente.
- Les charbons utilisés en général dans les gazogènes sont de l’anthracite ou de bons charbons maigres, c’est-à-dire des combustibles n’ayant que peu de cendres et pas de parties volatiles et goudronneuses. M. A. Lecomte est arrivé à utiliser le coke à l’aide d’un dispositif spécial. Le coke doit
- pouvoir passer dans des trous calibrés de 6 à 7 centimètres ; la couche de coke doit avoir une épaisseur de 0"\80 à 1 mètre pour produire le maximum de gaz d’eau. La vitesse de passage de l’air doit être très faible et la combustion lente. Dans ces conditions on obtient de très bons résultats.
- Dans scs expériences, M. Lecomte a porté son attention sur toutes les dispositions et agencements des moteurs Duplex et il nous fait connaître d’intéressants détails sur lesquels nous croyons devoir insister. Dans les machines importantes, les cylindres sont à chemise rapportée en fonte dure; la bielle est égale à six fois la longueur du rayon de la manivelle. 11 en résulte une douceur de marche cl une durée plus grande des organes. Les paliers sont garnis de métal antifriction et graissés à bague. La tète de bielle est graissée constamment en marche par un cercle de cuivre fixé sur la manivelle, qui reçoit l’huile d’un compte-goutte et l’envoie au point voulu par l’action de la force centrifuge. Le cylindre est graissé par une pompe à huile actionnée par l’arbre des cames. La soupape d’admission est à double siège et provoque la formation intime d’un mélange d’air et de gaz. La compression est en movenne de 9 kilogrammes par centimètre carré.
- M. Lecomte attire particulièrement l’attention sur le réglage, l’allumage et la mise en route des moteurs Duplex. Sur chaque moteur se trouvent un robinet sur l’arrivée de l’air et un robinet sur l’arrivée du gaz. L’admission a lieu à tous les coups. Four que la vitesse n’augmente pas, l’arbre des cames porte un cône de forme appropriée sur lequel peut courir le galet de commande de la soupape d’admission du gaz. Ce dispositif a pour effet d’obtenir une variation de la durée d’ouverture de la soupape d’admission du gaz en fonction de la course du piston. L’allumage est électrique et obtenu par la magnéto avec arrachement et dispositif d’avance et de retard à l’allumage, réglage au moyen d’un excentrique monté sur le point d’oscillation du couteau d’arrachement. La mise en route des moteurs Duplex s’opère au moyen d’un réservoir à air comprimé et d’une soupape automatique. On place d’abord la manivelle dans la période de détente, un peu au-dessus du point mort, on ouvre le robinet du gaz, puis le robinet du réservoir à air comprimé. L’air soulève la soupape et chasse le piston en avant; quand celui-ci est à mi-course, l’arbre des cames ferme l’arrivée de l’air, le volume introduit se détend et pousse le piston à fond de course. Le piston revient en laissant échapper, il se fait une nouvelle introduction d’air et de gaz, suivie d’une demi-compression et d’une explosion, le moteur est lancé ; on règle la marche du moteur et on ferme le robinet du réservoir à air comprimé.
- Ces différents détails nous montrent que le moteur Duplex est un moteur qui a été sérieusement étudié et dont le fonctionnement est très satisfaisant. Parmi les principales installations, nous citerons l’installation d’un moteur de 100 chevaux à gaz
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- pauvre, à Noisiel, chez MM. Menier. ha figure 5 donne une vue de cette installation. M. Bordenave, directeur des usines, a fait une série d'expériences
- sur ce moteur. Il a obtenu une consommation de 650 grammes de grésillon de coke par cheval-heure effectif ; le grésillon de coke vaut 18 à 20 francs la
- Fi". 1. —'Groupe électrogène Duplex à gaz pauvre de 123 chevaux.
- tonne. Dans le gazogène, M. Bordenave utilise également des déchets de bois provenant des caisses
- d’emballage; la consommation n’est que de 1,6kilogramme par cheval-heure effectif. En employant le
- Fig. 2. — Groupe moteur Duplex de 330 chevaux.
- foin de. mauvaise qualité, valant 25 à 50 francs la tonne, le cheval-heure est/ obtenu à Noisiel avec 1 kilogramme. Nous mentionnerons également l’installation de 5 moteurs de 150 chevaux à la compagnie des Mines de ha Touche (Ille-et-Vilaine)
- (lig. A). Dans ces mines, le§ moteurs actionnent, des dynamos génératrices qui fournissent l’énergie électrique pour la force motrice et l’éclairage. Ces moteurs effectuent un service sans arrêt de 550 à 400 heures.
- Nous terminerons en citant les prix de revient du
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- Fig. 3. — Installation d’un moteur de 100 chevaux chez MM. Menier, à Noisiel.
- cheval-heure effectif dans quelques installations À Paris, chez M. Luchaire, ingénieur-construc-
- teur, est installe un moteur à gazogène par aspiration de 15 chevaux. La vitesse angulaire et la
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- marche sont constantes malgré des variations de 18 pour 100 dans la puissance calorifique du gaz. La consommation de combustible est de 050 grammes par cheval-heure d'un anthracite valant 55 francs la tonnç; la dépense est donc de 2,27 centimes par cheval-heure. Un moteur de 00 chevaux, essayé par M. Hardy, a donné par cheval-heure une consommation de 520 grammes d’un charbon maigre valant 21 francs la tonne, soit 1,00 centime par cheval-heure. Avec le même charbon, la consommation avec un moteur de 150 chevaux a été trouvée de 420 grammes par cheval-heure.
- Kntin on a constaté une consommation de 850 gr. d’un poussier de coke, valant 10 francs à Maubcuge, sur un moteur de 525 chevaux.
- Ces quelques chitïres montrent que les moteurs ltuplex peuvent fournir la force motrice dans des conditions économiques et de bon fonctionnement.
- J. Laffargue.
- OBSERVATION DU RAYON VERT
- Le rayon vert au coucher du soleil est un phénomène assez généralement connu pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister beaucoup sur la beauté du spectacle et les conditions ordinaires de son observation. Par les belles soirées au bord de la mer on l’aperçoit fréquemment, mais avec une intensité très variable. 11 faut que l’état de l’atmosphère permette de distinguer facilement l’horizon, coupant nettement le disque solaire s’abaissant derrière lui ; dans ces conditions l’astre du jour est encore bien lumineux et même, dans certains cas, l’œil ne saurait très longtemps le fixer. Aussi a-t-on invoqué, pour expliquer le rayon vert, une illusion d’optique, ayant pour cause la lueur jaune orangé du soleil, et ainsi, par contraste, au moment de la disparition de la dernière petite portion du disque, ce point lumineux paraîtrait affecté de la couleur vert-bleu complémentaire. On a voulu voir ensuite, avec plus juste raison, une cause réelle physique qui peut se résumer ainsi : l’atmosphère se conduisant comme un prisme, le dernier rayon lumineux émané du soleil à sa disparition est réfracté, décomposé et étalé suivant la succession des couleurs du spectre. Les rayons rouges, oranges et jaunes sont les moins déviés et se confondent avec le point solaire dont ils ont la teinte; mais l’œil perçoit très bien les rayons verts et bleus très lumineux encore, tandis que l’indigo et le violet, qui sont les plus dispersés et les moins lumineux, ne peuvent être discernés.
- Aussi, suivant l’état de l’atmosphère, son pouvoir réfringent sera plus ou moins grand et le phénomène sera plus ou moins nettement accusé.
- Telle est la meilleure explication du phénomène, sans rejeter complètement l’hypothèse du contraste qui peut venir renforcer l’eflet.
- J’ai pu faire récemment une observation, sans doute d’un grand poids en faveur du phénomène de réfraction. En tout cas elle in’a paru montrer nettement que la production du fameux rayon vert avait, au moins dans la plupart des cas, une cause atmosphérique.
- Le 16 juillet dernier, après une chaude et belle journée, le coucher du soleil s’annonçait comme superbe à travers des traînées de brume transparente, en lîles lointaines, parallèles à l’horizon. Dans ces conditions le disque du
- soleil montra des déformations successives extrêmement curieuses, et qui sont dues, comme on le sait, à des réfractions d’importance inégale. La forme la plus caractéristique est représentée sur le dessin ci-contre (i'ig. 1). Mais au moment où le petit chapeau supérieur, séparé du reste par une bande de brume, allait disparaître, le rayon vert se manifesta dans toute sa splendeur au-dessus du bord supérieur de cette brume (tîg. 2). l'uis le disque
- Fig. 1. — Déformation curieuse Fig. “2. — Le rayon vert Y vu <lu soleil. au-dessus d’une bruine.
- solaire, s’abaissant toujours, disparut peu après à l’horizon réel sans que le phénomène — que je m’attendais à revoir encore — ait eu lieu.
- C’est la première fois qu’il m’était donné de faire à l’observatoire de Donville une telle observation du ravon I vert, alors que pourtant je l’aperçois très fréquemment dans ses conditions ordinaires de visibilité.
- Lucien Huhaux.
- LE SOLEIL YERT
- Le malin du 14 septembre dernier je me trouvais à la gare de l)ol de Bretagne. Le temps était excessivement mauvais et la pluie tombait à flots. Toutefois, du coté de l’Orient, le ciel semblait moins chargé de nuages et une ligne lumineuse marquait l’horizon. A 5h50 la moitié supérieure du disque solaire était visible, mais cette partie était absolument vert émeraude. Son éclat était assez faible pour qu’on put le fixer à l’œil nu. Au-dessous de cette moitié de soleil une légère bande de nuages, puis une partie du soleil, mais complètement déformée et ayant l’aspect d’un rectangle à bords dentelés. La couleur de ce rectangle était également vert émeraude. Le soleil apparut ainsi au-dessus de l’horizon avec une telle couleur pendant plus d’un quart d’heure.
- Tel est, brièvement résumé, le phénomène dont j’ai été témoin. Ce que je ne saurais rendre par contre c’est l’impression profonde produite sur tous ceux qui virent le soleil vert.
- Cette clarté verte, répandue sur toute la nature au soleil levant, était en effet tout à fait remarquable et elle faisait penser à ce que doit être le jour sur les soleils colorés que nous apercevons dans le télescope.
- J’ai à plusieurs reprises observé le rayon vert1, mais le soleil vert en dilférait par sa longue durée d’abord, par la situation du soleil au-dessus de l’horizon ensuite, et c’est à ce titre que j’ai voulu le signaler. L. Liukut.
- 1 Comptes rendus, I. CXXV1I, p. 70'2.
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- LA NATURE.
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- DISSÉMINATION DES PLANTES
- I'AR LES SAUTERELLES ET LES POISSONS
- Les oiseaux, les quadrupèdes dans leurs migrations transportent accrochées, collées à leurs plumes ou à leurs poils, des semences qui vont germer au loin. Les insectes eux-mêmes et les sauterelles en particulier peuvent concourir à cette grande œuvre de la dissémination.
- Les sauterelles sont quelquefois emportées à de grandes distances des côtes. Darwin en a recueilli lui-même à 000 kilomètres de la côte d’Afrique. En 1844 des essaims de sauterelles ont envahi l’ile de Madère.
- Elles étaient en quantités innombrables, aussi serrées que les tlocons de neige dans la tempête et s’étendaient à toute portée du télescope. Elles s’abattirent sur l’ile, dévorant toute la verdure et disparurent subitement comme elles étaient venues. Les fermiers du Natal croient que les graines nuisibles s’introduisent dans leurs prairies à la suite des immenses vols de sauterelles qui souvent envahissent le pays. Darwin a voulu vérifier ce qu’il pouvait y avoir d’exact dans cette croyance. Il a examiné des boulettes de terre sèche provenant de ces insectes ; il y a trouvé plusieurs graines qu’il a semées et qui lui ont donné sept plantes diftérentes. Il est bien certain qu’une invasion de sauterelles, comme celle de Madère, pourrait être un moyen d’introduction de plantes nouvelles dans une ile située fort loin du continent.
- Les poissons contribuent aussi à la dissémination : « J’ai constaté, dit Darwin, que les poissons d’eau douce absorbent certaines graines, bien qu’ils en rejettent d’autres après les avoir avalées ; des poissons, même petits, peuvent ingérer des graines d’une certaine grosseur, telles que celles de nénuphar et de polamogeton ».
- M. Ilochreutiner, du laboratoire de botanique de l’Université de Genève, a voulu se rendre compte de la valeur germinative des plantes ingérées par les poissons et il a institué des expériences positives sur plusieurs espèces de poissons (perche, vcngeron et poissons rouges) et de plantes1 (menyanthe, nénuphar, sagittaire, plantain d’eau).
- Ghaque fois les expériences ont été faites en deux séries. Un faisait avaler un certain nombre de graines par un poisson ; celles-ci séjournaient un jour ou deux dans son estomac, puis ressortaient avec les excréments ; elles étaient alors recueillies et semées dans des flacons remplis d’eau. En même temps, des graines fraîches devant servir de témoins étaient semées dans les mêmes conditions. Un notait alors la date de germination dans les différents lots.
- Un se demandera peut-être comment on obligeait les poissons à avaler les graines.
- « Gomme on le pense bien, dit M. Ilochreutiner, les poissons n’étaient pas toujours très empressés pour avaler les graines (pie nous leur présentions ; aussi, avons-nous dû parfois employer la force. Pour cela, nous nous sommes servis du dispositif suivant : Nous avons pris un tube de verre du diamètre des graines sur lesquelles nous voulions expérimenter. Dans ce tube était placée une baguette de verre un peu plus longue et exactement du même diamètre ; tous deux étaient plombés à leur extrémité pour ne pas blesser les muqueuses. Les graines en expérience étaient alors placées à l’extrémité du tube ; ce dernier introduit au fond de la cavité buccale de l’animal, et au moyen de la baguette de verre, il était très facile de refouler les graines dans l’œsophage. »
- Hodireuimer. Disséminai! ju des plantes par les poissons, ^bulletin de l'Herbier, Huissier 1899.)
- Il y a lieu de remarquer que la gent ichtyologique possède une grande facilité pour rejeter les aliments introduits de trop brusque façon dans son tube digestif.
- 11 est bon, après chaque gavage, de placer le sujet dans un bocal bien propre, où on retrouve facilement, après quelques heures, les graines expectorées. Ge n’est d’ailleurs qu’une mesure de prudence, car ce qui doit être rejeté l’est presque toujours au bout de cinq ou dix minutes.
- Nous ne donnerons pas le détail des 14 expériences faites par notre industrieux et savant auteur. Nous les résumerons en disant que les graines à enveloppe un peu résistante peuvent traverser sans altération le tube digestif. Déposées avec les excréments sur les rives des fleuves, elles peuvent donner naissance à des plantes nouvelles. De plus, Darwin dit encore : « Les hérons, et autres oiseaux aquatiques qui engloutissent des poissons, rejettent, sous forme d’excréments ou de boulettes, les graines contenues dans ces derniers ».
- G’est ainsi qu’avec l’aide des oiseaux, les poissons peuvent transporter des graines très loin. Vincilk Brakdicourt,
- Secrétaire île la Société Linuéenne du Nord de la France.
- LA PHOTOGRAPHIE GÉOLOGIQUE
- EN CERF-VOLANT
- J’ai reçu récemment deM. Emile Wenz (de Reims) une Lien curieuse communication sur les applications que le cerf-volant peut comporter à la photographie panoramique et j’ai été très frappé des services que le procédé nouveau pourra rendre aux recherches de géographie physique et de géologie.
- Déjà en 1888, M. Arthur Batut avait construit un cerf-volant muni d'un appareil photographique dont il avait eu de très curieux résultats sur lesquels « La Nature », qui ne laisse jamais rien échapper d’intéressant, avait appelé l'attention de ses lecteurs1.
- M. Wenz a apporté à la méthode de M. Batut des perfectionnements sensibles dont celui-ci d’ailleurs a lait le point de départ d’améliorations ultérieures qui permettent maintenant de photographier la surface du sol sous des angles variés et dans les conditions les plus favorables à la bonne réussite des expériences.
- Aujourd’hui l'appareil est certainement 1res pratique et le temps n’est sans doute pas éloigné où le cerf-volant photographique fera partie obligée de tout matériel d'explorateur et de géologue.
- En effet, la très aimable lettre que j’ai reçue de M. Wenz était accompagnée d’une jolie collection de très instructives photographies qui permettent dès maintenant de juger la valeur de la méthode.
- Ces photographies, prises à 200 mètres d'altitude, représentent les dunes des environs de Fort-Mahon (Somme), et l’examen de ces documents vient compléter de la manière la plus heureuse les notions que nous avons dès maintenant sur la sédimentation éolienne. On y voit par exemple, avec une précision inespérée, la forme exacte des sillages aériens conservée par les bourrelets sableux que le vent a
- 1 Yoy. ii" 825, du ‘25 mars 1889, p. 257.
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- LA NATURE.
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- déposés dans les différents points. Et l’on apprécie en même temps les causes déterminantes de l’extension si inégale de la matière arénacée. Sur l’une des photographies (fig. 1), dont nos lecteurs ont la reproduction sous les yeux, on voit très bien la limite de la mer dont les flots viennent mourir sur le sahle et on observe à côté, et parallèlement, la ligne de « laisse » de haute marée, jalonnée par les fucus et les autres corps flottants que le reflux a abandonnés. C’est sur cette zone que le sahle fin apporté par l’eau se dépose et acquiert la mobilité dont le vent va profiter pour en réaliser le charriage. Tout naturellement, c’est parallèlement aussi à celte même zone que se constitue le premier bourrelet ; et l’on assiste pour ainsi dire à sa genèse en observant les petits mamelons distincts des débuts et leur fusion progressive en dune continue. Ces circonstances se reproduisent d’ailleurs trait pour trait dans les expériences de laboratoire, et il y a longtemps déjà que j’ai décrit les procédés propres à préparer des dunes artificielles, pourvues de tous les détails de forme et de structure des collines sableuses des rivages naturels.
- Les photographies deM. Emile Wenz font apprécier en outre, avec une éloquence toute spéciale (fig. 2), l’influence des obstacles opposé sauvent sur la forme des reliefs arénacés et certaines de ses épreuves, que nous n’avons pu reproduire faute de place, montrent l’extraordinaire délicatesse avec laquelle chaque objet, opposant au vent une résistance, se signale par des variations dans la forme des rides de sédimentations éoliennes. Les architectes qui sont appelés à construire dans des régions de dunes ne sauraient trop s’inspirer de considérations de ce genre.
- A cet égard, le fait saillant c’est que les objets émergeant dans un pays de dunes ne sont ensablés <pie progressivement et comme à regret, même quand le phénomène prend l’allure rapide d’un cataclysme. Il se trouve, en effet, «pie le vent, rebondissant à la surface des obstacles placés sur son trajet, ne dépose le sable qu’il charrie qu’à une certaine distance autour d’eux, et c’est ainsi, pour rappeler un exemple particulièrement célèbre, (pie le clocher
- de Zuydcoote est comme plongé dans un vaste entonnoir.
- On sait (pie Zuydcoote est un village des environs de Dunkerque qui, en une seule nuit, en 1825, fut entièrement ensablé. Les habitants, réveillés par la tourmente, n’eurent que le temps de prendre la fuite pour échapper à l’envahissement et quand ils revinrent le lendemain, seul le clocher de leur église émergeait au-dessus des vagues de l’océan arénacé.
- Au cours des expériences mentionnées tout à l'heure et qui ont procuré l’imitation des bourrelets sableux, on arrive également à la curieuse disposition dont il s’agit. A l’aide d’une machine soufflante agissant sur du sable étendu préalablement en couche continue sur une planchette inclinée on réalise sans peine le résultat désiré. 11 suffit
- de placer, au milieu de la région sableuse, un obstacle de forme convenable et par exemple un poids cylindrique en cuivre comme est entre autres le poids de 500 gr de toutes les balances de laboratoires. Le sable, poussé par le vent, vient se disposer autour de la colonne métallique et laisse entre elle et lui un intervalle dont la forme en entonnoir coïncide absolument avec celle des accidents naturels. La ressemblance est absolue et on comprend comment la méthode expérimentale est décisive en un semblable sujet pour interpréter toutes les particularités des dispositions que l’on étudie.
- A ce titre, les photographies de M. Émile Wenz ont un intérêt tout à fait particulier : elles ramènent les dunes véritables à la dimension des produits du laboratoire et permettent les comparaisons les plus détaillées.
- Il est certain que le procédé qui les a procurées est d’application extrêmement fréquente et pourra fournir des données infiniment précieuses dans bien des circonstances différentes. Non seulement des vues d’ensemble, comme dans le cas précédent, rendront des services inestimables, mais bien souvent on sera à même de photographier de la même façon des points inabordables. Par exemple, des crêtes séparatives de ravins dans les hautes régions des montagnes, et je connais en particulier un pro-
- Fig. 1. — Dunes et sable laissés par la mer, photographiés a l’altitude de 200 mètres, au moyen d’un cerf-volant.
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- blême géologique qui trouverait à profiter beaucoup de ce genre d’étude : c’est celui de la capture des glaciers. Ici le point le plus important est d’avoir avec la plus grande précision possible la forme des crêtes rocheuses qui séparent deux glaciers voisins. Les relevés ordinaires sont insuffisants et à la notion topographique doit de toute nécessité venir s’ajouter le document pittoresque. C’est de la forme des escarpements qu’on trouvera de quoi conclure, et, avec certitude, la fortune future de glaciers mitoyens. Il faudrait pouvoir faire ces études en très grand nombre dans des points analogues les uns aux autres, de façon «à préciser les stades de l’évolution glaciaire au point de vue de la dénudation qu’elle réalise si activement.
- Nos lecteurs savent déjà que le phénomène de la capture des glaciers, annoncé il y a près de dix ans et considéré par quelques géologues fidèles aux anciennes doctrines J comme illusoire, s’affirme cependant chaque jour comme l’un des traits les plus essentiels de la physiologie des glaciers. Il contribue, plus que beaucoup d’autres, à faire substituer la notion de l’histoire indépendante de chaque glacier à l’opinion d’abord adoptée, mais évidemment inexacte, de la liaison mutuelle et intime de tous les glaciers considérés comme rigoureusement synchroniques et dérivant d’une cause générale ayant influencé au même moment toutes les régions de la terre. C’est dire que l’observation à laquelle le cerf-volant apporte une si utile collaboration est riche des conséquences les plus larges pour la philosophie tout entière de la géologie.
- On peut légitimement prévoir le même bénéfice de la photographie panoramique faite de haut à l’aide du cerf-volant, dans des quantités d’autres chapitres de la science et par exemple dans l’étude de la dénudation du sol sous l’influence de la pluie, comme dans la délimitation mutuelle des bassins hydrographiques et dans bien d’autres cas et jusque dans l’allure générale des ruisseaux divaguant de part et d’autre du thalweg de leur vallée. Ici encore le pittoresque vient fournir un complément des plus nécessaires au relevé purement topographique.
- La comparaison des épreuves obtenues dans une série de localités donnera un ensemble de documents qui feront l’exact pendant de ceux qui intéressent les glaciers. La capture des ruisseaux n’en sera qu’un détail entre beaucoup d’autres et le fait capital concernera la régression de toutes les limites des bassins relativement actifs, l’absorption par eux, plus ou moins rapide et plus ou moins complète, des bassins voisins, en un mot un ensemble de témoignages contre la théorie, si évidemment simplifiée qu'elle n’a plus affaire qu’à une vraie parodie de la Nature et d’après laquelle le profil des vallées tend vers une prétendue courbe d’équilibre défmitil.
- D’ailleurs, à côté de ces questions et de mille autres qui concernent les points encore en discussion et qu’il importe d’élucider, le cerf-volant photographique est sans nul doute appelé à rendre de très
- signalés services dans le domaine de la géologie descriptive à proprement parler. Il est évident qu’il fournira un complément des plus précieux à toutes les photographies ordinaires en permettant des vues d’ensemble qui, prises seulement à 150 ou à 200 mètres de hauteur, donneront des renseignements tout à fait favorables à l’établissement des cartes. A mon sens, tout explorateur géologue devra se munir du matériel propre à P obtention des photographies analogues à celles que nous signalons, et c’est l’occasion de rappeler que ce ne sera pas la première fois que ce jouet d’enfant, le cerf-volant, aura rendu de bons offices à la science.
- Déjà, au xvine siècle, Benjamin Franklyn en Amérique et Romas en France avaient lancé des cerfs-volants au sein des nuages orageux, et, grâce à ces sondes d’un genre alors si nouveau, avaient pu « soutirer le feu du ciel » et faire sur lui ces expériences célèbres qui ont démontré l’identité physique de la foudre et de l’électricité.
- Tous les naturalistes féliciteront M. Émile Wenz de l’ingénieuse idée qu’il a mise à exécution et espéreront de grands progrès de la suite de se« travaux. Stanislas Meunier,
- Professeur au Muséum.
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- EXTRAORDINAIRE SÉCHERESSE
- DANS LA RÉGION FRANÇAISE DO MONT-BLANC 1
- Les habitants de la vallée de l’Arve, dans toute la région comprise entre Chamonix et le lac Léman, traversent une longue période de sécheresse et de fortes chaleurs. Ce phénomène météorologique a été, il est vrai, à peu près général en France2 3 et en Europe, mais comme il est très rare dans la plaine de Bonneville et comme les personnes les plus âgées de la région n’ont jamais observé une pareille situation atmosphérique, — absolument anormale dans ces contrées généralement humides, — nous allons consigner ici quelques observations météorologiques et agricoles. Ces documents sont relatifs à la vaste et pittoresque vallée de Bonneville, point central pour la météorologie des régions alpestres, et situé à une altitude moyenne de 450 mètres. (L’an dernier, la sécheresse n’a duré en ces lieux que du 26 août au 10 septembre5.) Le gazon, la luzerne, le regain, etc... étaient absolument grillés, même sous les arbres. .Nous avons remarqué cela souvent autour de Nimes et dans le sud de l’Ardèche, mais jamais dans les régions alpestres si connues avoisinant le Mont-Blanc. Les agriculteurs étaient littéralement stupéfaits; les jardins desséchés, et la plupart des petits torrents complètement à sec.
- A signaler aussi de fréquentes interversions de la température avec l’altitude. Or, pendant la période caniculaire, plusieurs orages ont éclaté dans les environs, la grêle a causé çà et là des dégâts, surtout au sud et à l’est de la vallée de l’Arve et dans la région de Chambéry, où la fréquence des phénomènes électriques a été remarquable et anormale. Dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de Bonneville, aucun orage violent n’a été observé. Les flancs du Mole, s’étendant de l’est à l’ouest, sont orientés presque normalement aux rayons solaires. L’air échauffé au contact des terrains et des rochers triasiques, jurassiques, basiques..., des terres vignobles sèches et dépourvues de gazon, s’élève verticalement et empêche presque toujours la formation des nuages au zénith de Bonneville. C’est un phénomène que nous observons depuis plusieurs années. 11 en résulte que les orages vont éclater soit dans la vallée du Gitt're, soit dans la direction de Chamonix, de Saint-Gervais-les-Bains, etc..., tandis qu’au-dessus de la cité bonnevilloise, le ciel reste pur et la pluie est bien plus rare et moins abondante qu’ailleurs. Or, cette année-ci, la sécheresse a été excessive et extraordinaire ; c’est un
- phénomène remarquable, à noter soigneusement dans les annales météorologiques de la région « si verdoyante d’habitude » du Géant des Alpes. Nous sommes bien loin des tarasconnades que Daudet a lancées dans son fameux « Tartarin sur les Alpes », où l’auteur — par trop caustique — nous dépeint la Suisse, la vallée de l’Arve, le lac Léman, Genève et Chamonix à travers des déluges et des averses continus.... Au contraire, nous pouvons affirmer, registres en main, après quinze ans d'observations consécutives, que les mois de juin, juillet, août, septembre, octobre et parfois novembre sont des mois peu pluvieux dans les régions savoisiennes, « régions » que l’on peut appeler (( la Suisse française ». A Bonneville, d’après les observations faites à l’École normale, le dernier mois pluvieux de l’année courante fut le mois de
- 1 Yoy. n° 1463, du 8 juin 1901, p. 20.
- 2 II est intéressant de se reporter à cet égard à l'article publié dans le n° 1031, du 27 août 1904, p. 202.
- 3 Yoy. ir 1580, du 17 octobre 1905, p. 517.
- mai1 : on nota 12 jours de pluie et une hauteur de 125 mm d’eau tombée. En juin l’on n’observa guère que des averses : 58 mm de pluie seulement pour 1 1 observations quotidiennes. Voici, en outre, quelques nombres intéressants.
- Température déjà très élevée ;
- 6 heures du matin. . + 14°, 28
- à midi 2lo,42
- à 9 heures du soir . . I5o,09
- des maxima 24o,15
- des miuima 8°,98
- Maximum absolu
- l’ombre :
- -f- 50°,5 le 17 juin.
- En juillet, la situation s’accentuait; on n'a observé que 0 averses2 donnant 50“m,5 d’eau; et, tandis que de violents orages étaient signalés sur divers points de la France, même dans les deux départements savoisiens; à Bonneville et au pied du Mont-Blanc la situation atmosphérique était calme; il faisait très chaud, l’air était sec et l’herbe roussissait peu à peu comme dans le sud de la France.
- Durant le mois de juillet passé, le maximum absolu atteignit à Bonneville -f- 54° à l’ombre (8 et 17 juillet). Cette cbdeur insolite était d’autant plus extraordinaire que ces pays sont voisins des glaciers du Mont-Blanc, entre autres du célèbre glacier des Bossons dont — par parenthèse — l’on expédie de la glace jusqu’à Lyon par le chemin de fer. — Durant ce même mois de juillet, nous avons noté 22 maxima compris* entre -f- 29° et -f- 34°, dans la vallée de Bonneville. A Chamonix, pendant le jour, à Saint-Gervais, à Annecy, à Evian..., enfin dans toutes nos coquettes stations estivales de France, la chaleur était presque insupportable. Plusieurs touristes nous ont dit les uns qu’il semblait faire plus chaud qu’en Cochinchine (climat humide et pluvieux), les autres que la température était aussi fatigante qu’en Algérie.... D’après nos impressions personnelles et de l’avis des populations savoisiennes, ces comparaisons ne manquaient pas de justesse. Nous avons rencontré également une famille hollandaise d’Amsterdam qui avait séjourné un mois à Argenlières, près Chamonix, dans l’espoir de jouir d’une douce fraîcheur procurée par les glaciers (mer de Glace notamment).... Illusion amère!... Celte année-ci, en juillet et en août, la température et la sécheresse ont été excessives dans les lieux réputés jusqu’ici comme étant les plus frais. En revanche matinées et soirées furent délicieuses. A Bonneville, l’Arve, parsuite de la fonte extraordinaire des neiges élevées et des glaciers, a subi plusieurs crues importantes,tandis que le torrent du Borne, l’un doses plus importants affluents, issu de gorges célèbres dans le monde des touristes, était presque à sec et roulait des eaux limpides. Tous les sommets du fond de la vallée bonnevilloise, cet,imposant et magique décor constitué par le massif du Buet (5059 mètres), étaient absolument dépourvus de neige. Au Môle ç 18Gt> mètres), l’herbe des pâturages roussissait, tandis que parfois, en été, sa cime se couvrait jadis passagèrement d’une mince couche de neige. Le niveau du lac d’Annecy a sensiblement baissé pendant cette sécheresse ; et, malgré le voisinage de cette nappe d’eau, la chaleur fut, en ces lieux, excessive et anormale. 11 en était de même autour du Léman.
- 1 A Paris 1631, du 27 août, p. 202;, on a relevé 7 journées pluvieuses et 45 mm d’eau.
- 2 Consulter « La Nature » : n° 1586, du 17 octobre 1905; n° 1552, du 4 octobre 1902; n° 1465, du 8 juin 1901 ; n° 1419, du 4 août 1900; n° 1349, du 1er avril 1899; n° 1281, du 18 décembre 1897; n° 1527, du 5 novembre 1898; renseignements Utiles aux-touristes et aux villégiateurs.
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- Du 1er au 11 août, tous les maxima notés à Bonneville sont égaux et supérieurs à -f 50°. Une averse et un orage survenus dans la nuit du 11 au 12 amènent un léger fléchissement; mais, du 14 au 18, le maximum de température oscille entre -f- 52° et -f 54° à l’ombre. La période des fortes chaleurs se termina, à la suite de pluies et d’orages, suivis de crues de l’Arvc et qui durèrent jusqu’au 2b août. Les maximums ne dépassèrent pas 25° à partir de cette date et la température fut beaucoup plus agréable. Nous devons signaler ici un brusque refroidissement survenu dans la nuit du 25 au 24 : le minimum ne dépassa pas -)- 8° et le maximum s’abaissa à -f 15°; ce fut une subite, brusque et passagère (( vague de froid )). Un peu de neige tomba à 2000 mètres d’altitude et fondit peu après, (l'oint de neige à la date du 1er octobre.)
- Généralement, ce dernier phénomène se produit presque toujours à la fin d’août ou au début de septembre, nous l’avons observé ici plusieurs fois, mais il n’était pas aussi caractérisé que cette année. Aussi plusieurs étrangers en villégiature dans les Alpes françaises, effarouchés par ces froids passagers, désertent-ils rapidement leurs villas ou leurs hôtels. Ils ont tort, et pas assez de patience1, car nous affirmons, par expérience, que les mois de septembre et d’octobre sont frès agréables dans nos contrées savoi-siennes2 : temps chaud pendant la journée, assez frais durant la nuit; verdure magnifique et chatoyante, cyclamens en abondance..., tels sont les agréments variés que nous offre on octobre la belle nature des environs du Mont-Blanc.
- Pour terminer, nous signalerons un fait agricole curieux et assez intéressant. Par suite de la situation météorologique exceptionnelle que nous venons de décrire, on a pu, à Bonneville, cultiver et cueillir « à maturité complète », des fruits et des légumes que l’on ne rencontre généralement que dans le Midi : melons, tomates en abondance et même aubergines (jardin de l’Ecole normale). Il y a une grande quantité de fruits et beaucoup de raisins celte année dans la vallée bonnevilloise, sur les bords du Léman et sur ceux du lac d’Annecy.
- En somme, dans toutes ces régions françaises si appréciées aujourd’hui, nous avons subi, de juin à la fin d’août passé, une température élevée, une sécheresse extraordinaire et non observée depuis un temps immémorial. Ce sont des phénomènes assez rares pour être notés avec
- SOin. Ü5IEK JuLLIEX.
- PERFORATION DES GRÈS ET TUNNEL
- SATIIIllil, Irottpuz-IZIKK
- (TRANSCAUCASIE)
- L’article du B1 L. Laloy sur le grès à cavités de Sankt Martin3 coïncide bien curieusement avec la trouvaille que j’ai récemment faite, en Transcaucasie, d'un tunnel naturel de 75 mètres de longueur dans le grès.
- Jusqu’à présent on ne connaissait dans cette roche, en lait de cavités naturelles, que celles des environs de Rrive (grès du trias ; Corrèze) et la petite « grotte » de Bellecroix dans la lorèt de Fontainebleau,
- 1 Nous souhaitons que cette remarque soit utile aux touristes et ascensionnistes peu au courant de la météorologie locale.
- 2 C’est justement ce que nous commençons à observer au moment où nous écrivons.
- 5 Yoy. n° lü(lt), du 5 mars 190 4, p. 209.
- ainsi décrite, il y a quelques années, par M. L. Janet, ingénieur des mines1 : « Les grès à ciment calcaire sont tout à fait exceptionnels... leur masse étant fissurée, des concrétions peuvent se former dans ses cavités.... A Bellecroix, des infiltrations calcaires ont été assez abondantes, pour donner les beaux rhomboèdres connus depuis si longtemps. Actuellement on voit, à Bellecroix, une grande cavité obtenue artificiellement en enlevant le sable qui séparait.deux bancs de grès siliceux, et dont la partie supérieure est entièrement tapissée de rhomboèdres... renfermant jusqu’à 50 pour 100 de carbonate de chaux. »
- Ainsi la grotte de Bellecroix, d’ailleurs toute petite et plutôt auvent que vraie caverne, est sinon artificielle du moins de la classe des cavités d’entrainement par enlèvement des matières arénacées meubles qui la remplissaient.
- Je ne connais guère d’autres cavernes dans les grès, car on ne peut considérer comme de véritables grottes les arcades naturelles du Prebischthor, du Kuhstall, de rUltcrwald-Grund (grès crétaciques dits quader-sandslein de la Suisse saxonne), de la Roche Percée de Pierre-Perlhuis près A vallon (Yonne), dans TArkose, etc., le Pont Sanglant de Larne (Irlande) dans les grès rouges, etc. Les cavernes qu’on a, pendant longtemps, citées comme un phénomène exceptionnel aux pertes de la rivière Mooi (à Won-derlontein, Transvaal), dans les quartzites, ont été, lors d’une récente exploration, reconnues comme pratiquées non pas dans le grès, mais parmi les dolomies qui le surmontent. 11 n’en est pas de même de l’excavation que j’ai étudiée le 1er novembre 1905 en Transcaucasie, à (Jupliz-Tsiké, à 8 km est de liori, entre Koutaïs et l'illis ; c’est un abîme-tunnel naturel de grandes dimensions qui est, je erois, la plus vaste cavité naturelle authentiquement constatée dans le grès. Ce grès, probablement d’àge miocène, forme une masse coupée à pic sur la rive gauche du llcuve Koura, haute de 50 à 100 mètres environ, à l’altitude de 555-655 mètres, assez nettement stratifiée vers le sud-est, avec un pendage d’environ 25°, et recoupée de grandes diaclases, normales à la stratification.
- Le front, en falaise verticale sur la vallée de la Koura, est profondément altéré et troué par les agents atmosphériques. Le sommet, formant plateau concave incliné, est sillonné de rigoles et autres accidents de ruissellement, qui convergent tous, presque au point le plus has du plateau, vers l’orifice d’un gouffre à ouverture horizontale, véritable puits naturel de 5 à 7 mètres de diamètre.
- D’abord à peu près vertical sur quelques mètres de profondeur, l’abîme se transforme rapidement en une galerie cylindrique, inclinée de 20° à 50° sur l’horizon, et de 4 à 5 mètres de diamètre ; cette galerie, décrivant vers la gauche un are de cercle, mesure 75 mètres de développement environ, et débouche au dehors par un couloir horizontal et un orifice d’à
- 1 « G. U. îles séances de lu Suc. géolog. «le f iance », 5 décembre 1894, p. CLX1I.
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- peine 1 mètre de hauteur, au pied meme de la falaise de grès, un peu au-dessus du niveau du village d’Oupliz-Tsiké ; la différence d’altitude entre les deux orifices est d’environ 25 mètres (au baromètre). Ce remarquable tunnel naturel incliné peut être aisément traversé de part en part. Son origine est des plus simples : les anciennes eaux courantes du plateau s’y sont englouties dans une petite diaelase nettement visible à l’orifice supérieur, puis infiltrées dans un joint de stratification selon le pendage général de la masse rocheuse ; et c'est parce que ce grès est à ciment calcaire qu’il s’est fort bien prêté à la dissociation corrosive chimique, tandis que le mouvement tourbillonnaire des eaux produisait les effets
- Fig. 1. — Oriiice supérieur du tunnel d’Oupliz-Tziké.
- usuels de l’érosion mécanique, accrue par les sables siliceux mis en liberté.
- La trace de ce mouvement est inscrite sur toute la longueur du tunnel, sous la forme d’une spire hélicoïdale, creusée dans ses parois: les amas de sable du sol et des moindres excavations ne laissent aucun doute sur le « processus » de creusement.
- La preuve de puissants ruissellements, aujourd’hui disparus, sur ce plateau d’Oupliz-Tsiké est fournie, non seulement par les détails de son relief, mais encore par l’existence, vers son sommet, d’une fissure d’où une source, maintenant tarie, se déversait jadis dans des cuves artificiellement creusées (voy. ci-dessous) pour en recueillir l’eau.
- La rainure hélicoidale est pareille à celles que présentent tant d’avens ou abîmes des régions calcaires, dont j’ai, depuis quinze ans, attribué l’origine (contrairement à la théorie des effondrements) à des eaux absorbées et tourbillonnantes de haut en bas1.
- Il semble donc que la plupart de ces sortes de puits doivent être, selon mon idée que l’on discute encore,
- 1 Aven de l’Egue, Aveyron, « Comptes Rendus », 15 octobre 1889; Jean Nouveau, Vaucluse, etc.
- assimilées à de colossales « marmites de géants ».
- Mais il n’y a sans doute pas lieu de croire, comme je le pensais d’abord, lors de mes premières recherches souterraines, à l’intervention mécanique de gros blocs de pierre entraînés parles tourbillons; au contraire, conformément aux récentes observations et conclusions de M. J. Brunhes (tout dernièrement confirmées par celles de MM. Squinabol, Chaix-Du Bois, Bal Piaz, etc.), l’eau, aidée seulement des sables et graviers entraînés, adù suffire pour creuser gouffres et marmites et pour y tracer l’hélice, sans le concours giratoire de ces gros blocs ou « meules » qu’on a trop longtemps invoqué. A Oupliz-Tsiké il n’y a point de telles meules, pas plus que dans les fonds d’abîmes (contrairement à mon opinion première) ; et, dans les marmites où on les a trouvées parfois, elles paraissent avoir été plutôt passives qu’actives, c’est-à-dire usées à l’égal des parois, par T « émeri » de sable en suspension dans les tourbillons.
- Le développement de l’hélice d’Oupliz-Tsiké indique une rotation des eaux tourbillonnaires dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, conformément à la majorité des cas observés par M. J. Brunhes
- Fig. 2. — Intérieur du gouffre-tunnel d’Oupliz-Tziké.
- pour les tourbillons des vallées en travail d'érosion. En conséquence il y aurait peut-être intérêt à étudier, non sans difficultés d’ailleurs, et en se gardant de toutes déductions hâtives, les hélices des avens et la marche des rivières souterraines connues, au point de vue de la controverse toujours pendante sur la soi-disant « loi de Baër » ou de déviation des rivières vers leur droite; discussion dans laquelle MM. B. et J. Brunhes viennent justement de faire intervenir l’étude des tourbillons atmosphériques et des cours d’eau1.
- Il est intéressant d'ajouter que l’on trouve à Oupliz-Tsiké une preuve « historique » de plus du
- 1 « Annales de géographie », 15 janvier 1901.
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- dessèchement terrestre et de la disparition des sources1 : car les cuves mentionnées ci-dessits font partie (peut-être comme anciens bains) d’un ensemble d’excavations artificielles, d’une ville ou forteresse troglodytique des plus curieuses, avec des sculptures et ornementations à même la pierre qui témoignent d’une culture artistique avancée : la voûte à caissons qui surmonte la salle des cuves pourrait bien être un travail arménien ou géorgien, relativement récent, attestant que la source tarie les alimentait encore bien postérieurement au début de l’ère chrétienne. Dubois de Montpéreux, E. Chantre, N. Po-lacbkine,le comte Zicby et le baron de Raye d’ailleurs ont considéré déjà les cavernes artificielles d’Oupliz-Tsiké comme un insoluble problème historique2, et M. E. Fournier a recueilli aux environs des objets d’àgc néolithique !
- L’intérêt archéologique d’Oupliz-Tsiké vient donc s’ajouter à l’importance hydro-géologique de son abime-tunnel dans le grès pour en faire une des localités les plus intéressantes de la Transcaucasie,
- 11 apparaît d’ailleurs que l’idée d’y creuser des habitations à même la pierre a pu être suggérée par le gouffre-tunnel : car le sol de ce dernier conserve
- Fiji. 3. — Oujili/.-Tziké. Sallo des Bains.
- les traces, assez effritées, d’un escalier pratiqué dans la roche et permettant d’utiliser jadis le gouffre connue un passage souterrain.
- Si nous rapprochons ce qui précède du grès à cavités de Sankt Martin, je crois qu’il nous sera possible de proposer une explication pour l’origine de ces boules de grès renfermées là dans la roche, parmi des canaux dont les orifices sont d’un diamètre inférieur à celui des boules.
- Comme le montre la figure schématique ci-après on peut supposer que la fissuration naturelle du
- 1 Yoy. « Comptes Rendus », Acad, des sciences, 2 mars 1905.
- a Yov. n'5 1561, du 15 juillet 1899, et 1585, du 25 novembre 1899.
- grès n’était pas ici régulière ni continue, c’est-à-dire que certaines fentes, ouvertes à l’extérieur, ne se prolongeaient pas à travers toute la masse; tandis que d’autres, nées à l’intérieur, ne s’étaient pas propagées jusqu’au dehors. Cette hypothèse n’a rien de contraire à l’allure structurale des grès en général. Si on l’admet, on est conduit à dire que l'eau d’infiltration, introduite parmi les diaclases entre les joints de stratification (M. le Dr Laloy déclare que le plan des perforations est à peu près parallèle à celui de la stratification), a été souvent, à l’intérieur du bloc, arrêtée dans son travail de creusement par la limitation interne de la fissuration ; elle aura reflué vers la crevasse la plus voisine; si celle-ci, à son
- Fig. 4. — Oupliz-Tziké. Les bains (Cuves).
- tour, était de faible étendue, une troisième fente aura été empruntée, puis peut-être une quatrième et ainsi un bloc ou polyèdre de grès aura été intérieurement isolé sur quatre faces (nous supposons, pour plus de simplicité, les fissures théoriquement, perpendiculaires entre elles) ; mais comme il y a plusieurs lits de joints superposés, et comme les joints de stratification et les diaclases se combinent pour hacher la roche, en quelque sorte, dans tous les sens, il est absolument naturel que le jeu des croisements isole intérieurement des cubes (ou polyèdres) de pierre sur leurs six (ou sur toutes leurs) faces; c’est particulièrement aux intersections de plusieurs fissures (et canaux en résultant) que cette mise en liberté de « noyaux » se manifestera : et une fois complètement détachés de la masse ambiante ces noyaux ne tarderont pas à s’arrondir sous l’action des eaux tourbillonnantes arrivant de plusieurs côtés à la fois. 11 suffit que le travail d’érosion se soit arrêté avant la destruction totale des noyaux, pour que ceux-ci se soient conservés dans leur prison, avec un diamètre supérieur à celui de chacune des fissures primitivement enveloppantes, dont la conjonction a mis les blocs en liberté; ils restent ainsi les témoins d’un
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- phénomène, dont la constatation est assurément neuve, mais dont l’origine ne me paraît guère pouvoir être expliquée autrement que je viens de le l'aire. D'autant plus que la présence de nodules plus durs, justement invoquée par le I)1 Laloy, est chose absolument normale et implique que ces nodules ont dû concourir à l’irrégularité et à la discontinuité de la fissuration. Il est bien exact que « le noyau gréseux a été énucléé du reste du rocher ». Mais je ne vois pas comment les boulets se seraient constitués
- <r. 5. — Plan schématique (section horizontale) du grès perforé de Snnkl Martin. — 0, orifice des canaux ; P, masse du rocher, 1 à 5, polyèdres libérés et arrondis ;------fissuration préexistante.
- au moment de la formation même du grès, ni comment les cavités étaient primitivement remplies de sable. Au contraire, l’isolement de la masse et le canal de sortie à l’aval sont des effets très simples des caprices de la fissuration combinés avec l’écoulement violent des eaux. Enfin cette curieuse particularité confirme bien les idées de M. Brunhes sur le rôle passif des soi-disant « meules » (v. ci-dessus) qui subissent l’usure des eaux beaucoup plus qu’elles ne produisent celles de la roche en contact.
- E.-A. Martel.
- CHRONIQUE
- I.e nouveau papier «les billets de banque américains. — On annonce une transformation complète du papier des bank-notes américaines : on emploierait maintenant à leur fabrication un papier mou et velouté qui offrirait toutes sortes de qualités, grâce à un traitement chimique particulier. Ajoutons que l’usage de cette nouvelle matière abrégerait de 60 jours la durée de fabrication d’un billet. Cette préparation chimique aurait des propriétés quasi merveilleuses, puisqu’elle empêcherait le papier de subir aucun retrait; appliquée sur une étoffe, elle la rendrait moelleuse et flexible comme de la soie, elle constituerait de plus un antiseptique et un conservateur, et les vieux documents traités par elle verraient leurs fibres se resserrer et seraient à l’abri de tonte détérioration. Sur du papier passant par le traitement en question, l’impression se fait dans les meilleures conditions, et l’encre sèche en 48 heures, alors que, sur le papier ordinaire, cette dessiccation demande 50 jours.
- L’arrêt des trains et les heurtoirs hydrauliques. — Certains exemples, notamment le fameux accident de la gare Montparnasse à Paris, sont venus prouver qu’il est important de ménager, au bout des gares terminus, des heurtoirs ou des dispositifs quel-
- conques susceptibles d’absorber la puissance vive d’un train arrivant en vitesse dans la station. La Compagnie anglaise Créât Northern vient d’installer dans ce but des heurtoirs hydrauliques du système llansomes and Ilapier dans sa gare de King’s Cross. Ce sont des heurtoirs dont les tampons sont en réalité formés par des tètes de pistons présentant une course de 2m,10. On a lancé contre eux un train pesant plus de 570 tonnes et marchant encore à une allure de 15 km à l’heure, et la compression du liquide, enfermé derrière les pistons, a assuré l’amortissement graduel de cette vitesse sans inconvénient pour les personnes qui avaient pris place dans les wagons.
- La digue et le relèvement de Galveston. —
- Nos lecteurs ont peut-être oublié le ras de marée qui a dévasté et submergé en 1900 la ville de Gai veston, construite sur une île à une faible hauteur au-dessus de la mer. Les habitants ont voulu se prémunir contre le retour de pareil désastre. Dans ce but on vient d’établir une digue de défense longue de 5000 mètres, dont la crête est à près d’un mètre au-dessus des plus hautes eaux connues; et, à l’abri de cette puissante muraille, on se livre à un relèvement du sol qui ne va pas employer moins de 8 millions et demi de mètres cubes de terre.
- U«ethe et le canal de Panama. — Si bizarre que cela puisse paraître, Goethe a eu l’occasion de donner son opinion, sinon exactement sur le Canal de Panama, du moins sur une voie d’eau destinée à réunir les deux Océans à travers le continent centre-américain. Et il disait : « Si pareille tranchée pouvait être creusée, qui donnerait passage à tous les navires entre le Golfe du Mexique et l’océan Pacifique, il s’ensuivrait des résultats incalculables pour toute la race humaine ».
- Fumivorité et haute température des chambres de combustion des chaudières. — Cette question de la fumivorité, toujours importante, a été traitée à nouveau dans « Cassier’s Magazine », et notre confrère insiste sur la nécessité qu’il y a de maintenir une température élevée dans ces chambres, au moins quand on emploie des combustibles autres que du coke ou de l’anthracite, et contenant par conséquent au moins 10 pour 100 d’hydrocarbures volatiles. Dans les chaudières à tubes d’eau surtout, ces hydrocarbures distillent sur la grille, même quand ils sont mélangés avec une quantité suffisante d’air; ils sont amenés trop rapidement en contact avec les tubes de la chaudière, et la température des gaz s’abaisse avant que la combustion soit parfaitement effectuée, il ne suffit pas de réaliser un mélange des gaz inflammables et de l’air; les gaz doivent être maintenus au moins à la température de combustion, et le moyen d’obtenir cette température est de disposer d’une chambre de combustion revêtue de matériaux réfractaires et non conducteurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 octobre 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Centenaire de l’Académie de Berlin. — L’Académie de Berlin fait don d’une plaquette de bronze qui vient d’être fondue à l’occasion du deuxième centenaire de sa fondation.
- Présentation d’ouvraç/e. — M. A. Gaudrv présente un ouvrage de paléontologie comparée dû à M. Gossmann et en demande le renvoi à la Commission d’un prix de paléontologie à décerner en 1965.
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- LA NATURE.
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- Identité de substances radio-actives. — M. Haller expose que M. Debierne a trouvé dans les minerais^ de pechblende une matière radio-active énergique qui accompagne le cérium, le lanthane et le didyme, et qu’il a appelée actinium. Mais un autre savant, M. Giesel, a également extrait de certaines terres rares un principe radioactif qui se trouve surtout avec le cérium et le lanthane et qui offre des analogies de propriétés avec l’actinium. M. Giesel s’est réuni à M. Debierne et à M. Curie pour faire des expériences comparatives sur les deux principes. 11 résulte de ces expériences qu’il y a identité de propriétés entre ceux-ci.
- Traitement des semences. — M. Schlœsing fils présente une Note de MM. Breal et Guistiniani relative à un nouveau traitement des' semences. Les auteurs ont toujours obtenu, pour plusieurs plantes, un supplément notable de récolté, en laissant tremper les graines dans un empois prépare avec une solution étendue de sulfate de cuivre et en les enrobant ensuite dans de la chaux ou du calcaire.
- Exploration scientifique de la mer Rouge. — M. Edmond Perrier dépose une Note de M. Gravier, relative à une collection d’animaux que ce dernier vient de rapporter d’une exploration de la mer Rouge.
- La dépense de travail des muscles. — M. Chauveau présente une Note sur le travail des muscles moteurs de 1 avant-bras. Il a séparé l’action des muscles fléchisseurs et celle des muscles extenseurs et a constaté que les premiers dépensaient moins que ne dépensent les seconds. Donc ils accomplissent un moindre travail. De là une indication susceptible d’applications.*
- Déperdition aérienne de l'électricité. — M. Chauveau fait connaître le résultat de recherches sur la déperdition d’électricité dans l’air, au voisinage de certaines sources thermales. On sait par des travaux d’autres savants que certaines sources thermales renferment du radium. Celui-ci modifie les propriétés électriques de 1 air et augmente la déperdition des corps électrisés. A Cauterets, au voisinage des sources, la déperdition est représentée par 8 ; dans la galerie des réservoirs elle est de 24. Le fait s’accorde avec lès prévisions que l’on pouvait former d’après la connaissance des propriétés radioactives. Ch. de Yiixf.oeuil.
- L’* AUTO-BOLIDE »
- AUX FOLIES-BERGÈRE A PARIS
- On pouvait penser que toutes les formes de « loopings » avaient été épuisées et, pour notre part, nous n aurions pas cru avoir a revenir sur ce genre d’exercice; mais voici que le théâtre des Folies-Bergère vient d’inaugurer une nouvelle « boucle coupée » qui, cette fois, dépasse en audace tout ce qui s’est fait jusqu’à présent; c’est une voiturette qui parcourt dix mètres dans le vide et se retourne complètement pendant le trajet. Le départ a lieu à lo métrés du sol sur une pente à 45° terminée par un arc de cercle disposé de telle sorte qu’en arrivant au bout de cette piste la voiturette a les roues en l’air; elle continue sa course dans le vide, en vertu de la vitesse acquise, et va retrouver, dix mètres
- plus loin, une seconde piste où les quatre roues viennent prendre contact pour rouler ensuite jusqu’au sol. Le véhicule est monté par Mmo Mauricia de Tiers qui ne semble nullement impressionnée par le terrible saut périlleux qu’elle accomplit; elle n’a là qu’une action de présence sans avoir à s’occuper de la direction qui est donnée une fois pour toutes. C’est la première fois que dans les appareils de ce genre la présence de l’ètre humain n’est pas indispensable et, sans vouloir rien retirer au mérite de M"10 de Tiers qui fait preuve d’une audace et d’un sang-froid indiscutables, tout est dû ici à la science de l’ingénieur.
- L’idée de l’appareil est de M. Alonso Ferez, peintre de talent, qui s’adressa pour mettre son plan à exécution, à un jeune ingénieur, M. Garanger, sorti tout récemment de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures. Le problème n’était pas facile à résoudre, car il comportait de nombreuses inconnues. La voiturette, dlu poids de 400 kg, a 1 mètre de large et lm,'60 de long; elle est maintenue sur la première piste au moyen de galets qui s’appliquent en dessous de rails placés à 40 centimètres d’écartement. Ces galets, ainsi que les roues, sont munis du double roulement à billes de Glaenzer, afin de réduire le frottement au minimum ; mais, si petit qu’il soit, encore fallait-il en tenir compte dans les calculs, ainsi que de la résistance de l’air qui est loin d’être négligeable; il fallait déterminer aussi la forme de l’extrémité en courbe qui retourne la voiture : on s’est arrêté à un cercle de 2 mètres de rayon, raccordé à la pente en ligne droite par un arc elliptique. C’est la forme qui a été jugée comme présentant les meilleures garanties pour résister à l’effort énorme que fait à ce moment le véhicule pour s’échapper par la langeante, car il arrive à la courbe avec une vitesse d’environ 50 kilomètres à l’heure et il sort de là avec une vitesse de 10 mètres à la seconde seulement.
- C’est à partir de ce moment qu’il commence à reprendre sa position normale : dès que l’avant de la voiture n’a plus de point d’appui il obéit à la pesanteur et commence à s’incliner vers le sol, tandis que l’arrière, encore retenu par l’extrémité des rails, fait l’office de charnière et c’est ainsi que naît l’impulsion initiale du retournement qui se continue progressivement pendant le mouvement de translation dans le vide. Le tracé de cette trajectoire devait déterminer l’emplacement exact de la seconde piste et l’expérience, faite à vide en remplaçant le voyageur par du lest, confirma, après quelques tâtonnements, l’exactitude des calculs de l’ingénieur. La construction de l’appareil fut exécutée dans un terrain situé près de la porte des Ternes, des photographies instantanées, prises pendant que la voiture était dans le vide, indiquèrent sa position aux différents points de la trajectoire ; c’est d’après l’une de ces photographies qu’elle a été représentée sur notre gravure. Au moment où les roues rencontrent la piste en bois il y a un choc
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- LA NATIJRK.
- assez violent, mais il est amorti par les pneumatiques Gallus dont elles sont munies. Sur cette seconde piste la voiture reprend une allure rapide et elle arrive au niveau du sol avec une vitesse de près de 60 kilomètres à l'heure; pour produire l’arrêt
- on a disposé au milieu de la piste un crochet relié par des cordes à des poids très lourds posés de chaque coté sur le sol cl qu'elle entraîne avec elle. Mais cela n’a pas paru suffisant et M. Garanger a eu l’idée d’un dispositif présentant plus de sécurité.
- L’ « auto-bolide » aux Folies-Bergère à Paris. La voilure arrivant sur la seconde piste après avoir parcouru 10 mètres dans l’espace, les roues en l’air. — 1, voiture arrivant au bas de la piste ; 2, dessous de la voiture montrant la disposition des galets.
- Il a fixé de chaque côté de la voiture un madrier horizontal et au bout de la piste une passerelle portant sur chaque côté deux madriers horizontaux, à la hauteur des premiers ; à l’entrée leur écartement est un peu supérieur à la largeur de la voiture, mais à l’autre extrémité ils sont plus étroits, de sorte qu’il se produit un coincement qui fait l’office d’un frein très puissant et très progressif.
- Tout a donc été bien prévu pour qu’aucun accident ne puisse arriver ; mais il n’en est pas moins vrai qu’il faut reconnaître à M"ie de Tiers un grand courage en meme temps qu’une foi robuste dans la science de l’ingénieur. G. Ghalmarks.
- l.c Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Flcurus, 9.
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- N” 1 058.
- là OCTOBRE 1904.
- LA NATURE.
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- UNE MACHINE A ESSAYER LES RESSORTS
- Il est absolument nécessaire de soumettre à des essais de résistance les gros ressorts ; et l’on a imaginé, dans ce but, une série d’appareils. Signalons-en un intéressant qui a été imaginé dernièrement.
- Cette machine comprend d’abord un châssis de fondation, qui est bel et bien une boite rectangulaire très allongée en fonte, à la partie supérieure de laquelle sont des sortes de voies permettant le roulement des deux petits wagonnets sur lesquels on fera reposer les extrémités du ressort à essayer. Mais la boite a contient une série de leviers sur lesquels vient porter — ou est suspendue, si l’on veut,
- — la table d’essai proprement dite b. Du système de leviers, qui joue en somme quelque peu le rôle d’une bascule, part une tige verticale e, qui vient actionner, en lui transmettant les dénivellations de la table, la romaine d. Dans de solides oreilles en acier e, venues de fonte avec la boite, et en son centre, se boulonnent quatre robustes colonnes /' en acier également; au sommet de ces colonnes est tixée par des boulons la plaque de fondation du cylindre hydraulique d’essai <j. Notons que ce cylindre, ainsi que le fait remarquer notre confrère « Engineer », n’est destiné à travailler que dans une
- Machine à essayer les ressorts» —
- seule direction, dans le sens de haut en bas, pour pousser la tige de bélier i contre le ressort à éprouver. Quand une épreuve est terminée et qu’on veut ramener ce piston à sa position supérieure, on fait appel à 2 petits cylindres auxiliaires et hydrauliques h, qui sont également venus de fonte avec les parties latérales delà boîte de la machine; l’eau qu’on y envoie chasse les pistons verticaux /, à la tête desquels est fixée une barre transversale j : ces deux barres J sont solidaires des déplacements du bélier i, et, quand elles remontent, en coulissant d’ailleurs sur les montants f qui les traversent, elles relèvent le bélier, en chassant l’eau du cylindre hydraulique g, dont les orifices d’évacuation ont été ouverts. Du reste un dispositif automatique fait que l’eau ne peut être admise dans les petits cylindres qu’après
- 32e année. — 2e semestre.
- 1, coupe; 2, élévation générale.
- ouverture de ces orifices ; il en est inversement pour le cylindre supérieur.
- En fait, cette machine enregistre la compression subie par le ressort essayé. Pour arriver à ce résultat, on a disposé en k une échelle sur une tige verticale placée latéralement à l’appareil de compression même, et venant se rattacher à ce que nous avons appelé la plaque de hase du cylindre d’essai ; cette échelle est combinée de manière à pouvoir sé régler, au début de l’essai, suivant le type de ressort à éprouver. D’ailleurs, le bélier du bas du piston hydraulique, au fur et à mesure qu’il descend, entraîne avec lui une aiguille qui vient glisser sur l’échelle graduée ; mais cette aiguille demeure au point maximum où elle est descendue lorsque le piston de compression remonte, si bien que l’effort maximum
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- LA NATUIUv.
- :»()(»
- est enregistré. Quand on vtuit procéder à un essai, on commence par lire le poids du ressort sur la romaine ; ppis on règle cette romaine eu égard à la compression que l’on veut exercer sur le ressort, ce qui correspond en somme à un poids total agissant sur l’appareil. Ensuite on l'ait descendre la tête de .piston, ce que nous avons nommé le bélier i, avec les pièces transversales j, jusqu’à ce que le bélier vienne toucher le ressort sans le comprimer. Ce niveau est pris comme le zéro. On desserre alors la vis qui maintient normalement la règle graduée; cela permet d’amener l’aiguille en face du zéro, et la règle eil relevée de manière que cette aiguille indicatrice vienne toucher un doigt d’entraînement fixé sur une des pièces transversales /. On resserre la vis desserrée tout à l’heure et, quand la manœuvre de la pompe de compression va abaisser le piston et comprimer le ressort, le doigt entraînera l’aiguille, jusqu’à ce que la romaine indique qu’on est arrivé au poids total, ou à la compression voulue.
- L’opérateur, au moyen d’un seul levier, embraye ou désembraye, ouvre ou ferme les diverses soupapes. Notons, sans y insister, que les tiges à double pas de vis en sens contraire, qu’on aperçoit en avant de la machine, permettent de monter les ressorts, poulies essais, dans des conditions variables de tension et d’inclinaison des manilles de leurs extrémités.
- Pierre de Mériel.
- LA TRANSPARENCE DE L’ATMOSPHÈRE
- Il semble résulter d’observations faites sur la Terre entière, depuis un certain temps, qu’une diminution appréciable de la transparence de l’atmosphère a été constatée entre les années 11)02 et 1005. La revue « Ciel et Terre » signalait, en effet, il y a plusieurs mois, que l’intensité du rayonnement solaire, d’après les observations du physicien suisse Henri Dufour, avait subi un affaiblissement assez considérable. Les observations de M. Dufour faites à Lausanne et à Clarens, à l’aide d’un actinomètre Crova, ont révélé que l'affaiblissement de la radiation solaire datait de décembre 1902 et avait augmenté jusqu’en mar$ L905 pour diminuer ensuite peu à peu.
- Les mesures de M. A. Gockel, les observations de MM. Max Wolf à Heidelberg et S. P. Langley à 'Washington ont confirmé cette opacité exceptionnelle de l’atmosphère. Cette diminution du rayonnement a encore été constatée à Varsovie où, depuis la fin de 1900, on fait des observations systématiques avec l’actinomètre Angstrom-Chwolson. M. Ladislas Gorcynski, dans une communication à l’Académie des sciences, a établi, pour les années 1901, 1902 et 1905, des données mettant cette diminution en évidence, et montrant aussi qu’un affaiblissement plus considérable avait été constaté en mai 1902 à Varsovie. Le maximum fut atteint au printemps de 1905 et depuis le phénomène est allé en décroissant.
- M. Dufour en a recherché la cause. Il l’a attribuée aux poussières émises par les volcans des Antilles, et en particulier par la montagne Pelée au cours des violentes éruptions du printemps de 1902.
- Il semble qu’une autre constatation de cet obscurcissement ait été faite au cours de la belle éclipse de Lune, presque totale, du 11 avril 1905. En général, dans les
- éclipses de Lune, la partie éclipsée est visible avec une teinte rouge ou cuivrée très caractéristique. Cette couleur rouge est due aux rayons solaires réfractés par l’amosphère terrestre. Or, en 1905, il fut à peu près impossible d’apercevoir la portion de notre satellite plongée dans l’ombre. A certains moments, l’invisibilité fut complète. Ce fait est très rare et n’avait été noté, dans le courant du xixe siècle, que deux fois en Angleterre, en 1810 et 1884 et une fois en Tasmanie, en 1885.
- De nombreux observateurs, frappés de cette obscurité, n’ont pas hésité à l’attribuer aux poussières volcaniques répandues dans l’atmosphère terrestre. M. Johnson, de Bridport, fait remarquer que l’éclipse de 1884 s’est produite environ un an après la fantastique éruption du Krakàtoa dans les îles de la Sonde, et dont on a conservé le souvenir. L’éclipse de 1810 avait eu lieu deux ans après les éruptions des Philippines, mentionnées par Arago.
- Pendant celle du 18 mai 1701, Wargentin, à Stockholm, ne put voir la moindre trace du disque lunaire éclipsé. Or, le volcan de Jorullo, au Mexique, s’était formé pendant la nuit du 28 au 29 septembre 1759 et ses éruptions avaient duré sans discontinuité jusqu’en février 1700.
- Enfin, en 1588, Wendelinus cite un cas d’invisibilité de la Lune éclipsée et Arago rapporte qu’au Guatemala, en 1580, il y eut d’épouvantables éruptions.
- Il semble donc résulter de l’observation de l'éclipse de Lune du 11 avril 1905, qu’il y a eu un important obscurcissement de l’atmosphère terrestre à cette époque.
- Un autre phénomène a mis en évidence l’existence de poussières dans l’atmosphère, c’est l’apparition du cercle de Bishop. Le nom lui vient de son premier observateur, le Itév. Sereno Bishop qui en fit la découverte le 5 septembre 1885, a Ilonolulu (lies Sandwich).
- Le prof. F. A. Forel, de Morges (Suisse), en fait la description suivante : « Le cercle dcrBishop est une couronne circumsolaire, formée de deux parties : immédiatement autour du soleil est un limbe d’argent bleuté, éclatant, avec un rayon de dix degrés environ; il est bordé extérieurement par un cercle rouge cuivré, de quelque 20 degrés de largeur ; le rayon moyen du cercle rouge est de 15 degrés environ. Le cercle cuivré se fond en dedans avec l’argent du limbe, en dehors avec le bleu du ciel ; mais les contours sont mal limités, l’extérieur spécialement, et cette décroissance donne à l’azur une teinte étrange qui paraît surtout étonnante lorsque des alto-cumulus blancs passent devant ce fond assombri et font contraste avec lui. »
- Le cercle de Bishop a été revu pour la première fois en juillet 1902, à Sundcrland (Angleterre), par M. T. W. Backhouse, puis par de très nombreux observateurs parmi lesquels il faut citer le prof. F.-A. Forel. L’apparition de ce cercle a été très fréquente pendant l’automne 1902.
- 11 semble donc encore ici que l’on se trouve bien en présence d’un phénomène causé par une contamination de l’atmosphère par les poussières volcaniques ainsi que cela avait été constaté après l’éruption du Krakatoa.
- Enfin, il convient de rappeler les beaux crépuscules colorés observés en 1902 et 1905 et attribués également aux cendres de la montagne Pelée.
- 11 y aurait donc un grand intérêt à eonnaitre* exactement dans quelles conditions l’obscurcissement en question de l’atmosphère terrestre s’est produit et de rechercher à quelle cause précise le phénomène est dû. G’est le travail qu’entreprend en ce moment le prof. Cleveland Abbe, du Wealher Bureau des Etats-Unis, à Washington. 11 prie à ce sujet tous les observateurs de lui laire par-
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- venir les observations qui lui permettraient de fixer les dates du commencement et de la lin et l’étendue de ce changement de transparence. On devra rechercher de semblables constatations dans les variations de l’éclat pho-tométrique et photographique des étoiles, dans Jes modifications des spectres solaire et stellaires, dans une prédominance .inusitée de halos, couronnes, cercle de Rishop ou brumes élevées, dans la radiation solaire constatée avec les actinomètres et pyrrhcliomètres ou dans la polarisation de la lumière bleue du ciel, dans la scintillation des étoiles, etc. M. Cleveland Abbe se propose de réunir les résultats de ces recherches dans une étude générale sur la transparence de l’atmosphère.
- Il semble extraordinaire qu’une planète de dimension comme la Terre soit ainsi recouverte de poussières à la suit»' d’une éruption comme celle de la Martinique. Mais ces éruptions volcaniques sont d’une telle intensité et les poussières si ténues qu’emportées sur l’aile des vents, même dans les régions où l’air est déjà très raréfié, elles font rapidement le tour du globe et mettent ensuite des années a se déposer à sa surface. Km. Tocchet.
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- LES CALCÉDOINES A INCLUSIONS GÉANTES
- Depuis quelques années, on vend, dans les villes d’eau et les stations élégantes de la Suisse ou de la Côte d’Azur, des pierres bizarres, ressemblant, comme le montre la figure ci-jointe, à de grosses gouttes de suif translucides, qui, lorsqu'on les examine par transparence, laissent voir à l’intérieur le déplacement d’une ombre fugitive, d’une bulle mobile ayant souvent plusieurs centimètres de diamètre. Ces « curiosités alpestres », qui ont intrigué plus d’un acheteur, viennent, en réalité, de l’Amérique du Sud et spécialement, paraît-il, de Salto, dans l’Uruguay. Ce sont des géodes de calcédoine, englobées, par un phénomène fréquent, dans une roche trachytique, mais auxquelles leur cavité intérieure et la bulle liquide, qui y est enfermée, prêtent la valeur d’une singularité minéralogique.
- Kn sacriliant l’un de ces échantillons, j’ai pu faire analyser le peu d’eau qu'il contenait et constater que cette eau est très sensiblement chargée île chlorure de sodium, avec un peu d’acide sulfurique (probablement sous lonne de sulfate de chaux). Ce sont là des substances que nous sommes habitués à rencontrer eu pareille circonstance et qui jouent, d’ailleurs, un rôle dans nombre de phénomènes naturels. On peut conclure de leur présence que ces gouttes de calcédoine creuses se sont formées par l’incrustation d’une géode trachytique, où de l’eau saline, résultant de quelque fumerolle volcanique, a déposé peu à peu, sur les parois, la silice quelle tenait en dissolution. A la lin, le dernier orifice, qui faisait communiquer la géode avec l’exférieûr, s’est trouvé bouché et un peu d’eau, remplissant incomplètement la cavité, v a été emprisonnée. Ce liquide tend alors sans cesse à se mettre de niveau quand on déplace l’échantillon et c’est ce qui produit le phénomène d’ombre mouvante. Ces calcédoines gardent souvent un point faible, par lequel l’eau risque de s’échapper; les marchands connaissent ce danger, qui leur fait perdre certaines de leurs pierres.
- Enfin, quand on examine la section d’un échantillon cassé en deux, on voit que ces gouttes aplaties renferment une sorte de grotte, dans laquelle on aperçoit, à la loupe, des aiguilles, qui semblent être du quartz cristallisé.
- Le phénomène des inclusions liquides atteignant ces dimensions est rare ; en plus petit, il est, au contraire, très fréquemment révélé par l’examen microscopique des mi-
- néraux et des roches; on trouve, sans cesse, dans Ies quartz, dans les topazes, etc., des inclusions, souvent très nombreuses, qui sont étudiées avec grand soin par les minéralogistes comme un moyen précieux de reconnaître les conditions de formation du minéral où on les observe, (lénéralemcnt, les contours du liquide apparaissent mal, parce que son indice de réfraction est peu différent do celui du cristal qui l’englobe; on distingue, au contraire, très bien la bulle gazeuse, qui forme une bande fortement ombrée au contact du liquide. Les liquides peuvent être : tantôt, comme dans notre cas, de l’eau chargée de sels divers, avant tout de chlorure de sodium, parfois de sulfate de chaux, rarement de fluorure de calcium ou sulfate de baryte ; tantôt de l’acide carbonique liquide, qui implique naturellement une cristallisation sous pression, domine particularités, on observe parfois des inclusions liquides
- (àilcéttoiiii! à inclusion géaiHc.
- lia AI! ombre fugitive <lc la balle mobile. Section transversale montrant en 0 la cavité où elle se déplace.
- renfermant à la fois deux liquides différents et, parfois aussi, des cristaux cubiques de sel marin, épars dans la dissolution saline sursaturée.
- Enfin, un phénomène singulier, et qui a fait faire bien des hypothèses, est l’existence, dans les inclusions très petites, de bulles spontanément mobiles, qui, indépendamment de tout niouvement extérieur, de tout ébranlement du sol, de toute variation de température, s’agitent d’elles-mèmes avec une prodigieuse vivacité, s’arrêtant parfois brusquement, puis reprenant leur vibration au bout de quelques secondes.
- 11 existe aussi, dans certains minéraux, des inclusions simplement gazeuses, où le gaz est, en général, sous une faible pression, de sorte que, quand on ouvre l’inclusion sous l’eau, le liquide s'y précipite. Ces inclusions sont formées d’azote avec des traces d’oxygène et d’acide carbonique. Rarement, l’acide carbonique ou l’hydrogène dominent et se présentent alors avec une pression supérieure à celle de l’air. L. de Lai.xav.
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- LA NAT CBE.
- nos
- RADIOGRAPHIE DE PIED DE CHINOISE
- Ce qui surprend le plus l’Européen qui débarque dans une ville de Chine, c’est la démarche tout à fait
- Fig. 1. — Pied d’une Chinoise chaussée.
- baroque et disgracieuse des femmes chinoises : les bras en avant, le bassin rejeté en arrière, elles font des efforts constants pour maintenir leur équilibre. Leur tunique très ample ne dégageant pas du tout la taille et le pantalon bouffant, serré au bas, émergeant de ce vêtement, les font paraître avoir un buste très long et de toutes petites jambes; de plus, leurs pieds minuscules enfermés dans des chaussures bizarres, qui ne rappellent en rien nos souliers, font supposer qu’elles ont les pieds coupés et qu’elles marchent sur des moignons enfermés dans ces sortes d’étuis.
- Beaucoup d’étrangers résidant en Chine, même depuis plusieurs années, ne savent pas exactement en quoi consiste la déformation du pied de la Chinoise. C’est qu’en effet il est très difficile de voir un pied de femme nu; le montrer ainsi est l’acte le plus inconvenant qu’une Chinoise puisse commettre. C’est avec de grandes difficultés que pendant mon séjour à Tien-Tsin, Petchili, j’ai réussi à faire quelques radiographies de pieds de Chinoises; ce n’est que grâce à l’aimable intervention de la Sœur supérieure de l’Hôpital, que l’une de ses ouvrières, qui était catholique, a bien voulu, après de longues supplications et la promesse d’une rémunération, me permettre de voir et de radiographier son pied nu ainsi que celui de sa petite fille, une enfant d’une dizaine d’années environ.
- La déformation des pieds des Chinoises a déjà été décrite par plusieurs auteurs, notamment par le I)r Matignon1 ; mais, jusqu’à présent, à ma connaissance du moins, la radiographie de ces pieds n’avait pas encore été faite.
- 1 Yoy. n° 1272, du 16 octobre 1867, p. 31à.
- En examinant ces radiographies et en les comparant à celles d’un pied normal, on peut se rendre compte des tortures et des souffrances que les Chinoises sont obligées d’endurer pour arriver à atteindre cette suprême beauté : un pied exigu d’une longueur variant de 15 centimètres chez les élégantes, à 17 ou 18 chez les femmes du peuple. Chez nous une femme qui se targue d’avoir un très petit pied chausse du 54 ou 55 et a un pied d'une longueur de 22 à 25 centimètres !
- La déformation commence chez l’enfant vers l’âge de 5 ans et ce n’est que vers 10 ou 18 ans que le résultat complet est obtenu. Pendant tout ce temps le pied a été entouré de bandes serrées de plus en plus, de façon à rabaisser l’os du talon et à ramener les orteils sous la plante du pied. Même après que la déformation complète a été obtenue, le pied continue à être comprimé par un bandage serré.
- Le résultat de cette pratique est tout d’abord de faire souffrir beaucoup l’enfant, puis d’occasionner des plaies qui deviennent quelquefois gangreneuses et nécessitent assez souvent l’amputation, enfin d’empêcher le développement de l’ossification.
- On peut voir, en effet, que les os du pied (métatarsiens) de la femme sont environ trois fois moins épais que ceux du pied normal qui sert de terme de comparaison et qui a une longueur de 21 centimètres et chausse du 50.
- C’est à peu près la longueur qu’aurait eu le pied de la femme chinoise s’il n’avait pas subi de défor-
- Fig. 2. — Pied d'enfant de 10 ans.
- mation : cette femme a, en effet, une taille moyenne, lm,58, et est d’apparence ordinaire.
- On peut voir également, d’après ces radiographies, que l’os du talon, le calcanéum, est complètement
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- LA NATURE.
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- Fig. 7). — A gauche, pied normal reposant sur la plaque par sa face externe; à droite, radiographie de pied de Chinoise
- reposant sur la plaque par sa face externe.
- Fig. i. — A gauche, radiographie de pied normal ; à droite, radiographie de pied de Chinoise posé à plat sur la plaque.
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- [.A X ATI' Pt K.
- r.io
- rabaissé (tig. T>) et que les doigts sont ramenés sons la plante du pied (tig. 4).
- La radiographie du pied de l’enfant (tig. 2) fait voir le commencement de cette déformation. Toutes les femmes de Chine ne subissent pas cette mutilation ; mais il y en a bien les deux tiers. A. Di: val,
- l’Imi'iiiadi'n-majoi' tir 2' classa das troupes coloniales.
- ANALYSE SIMPLE ET RAPIDE
- DES PROMUS ClTMQrES
- L’agronomie moderne se résume presque dans les phases plus ou moins heureuses d’une lutte perpétuelle contre les organismes inférieurs, les cryptogames surtout. C’est aux dérivés du cuivre que les praticiens demandent le plus souvent aide et secours pour la destruction des champignons microscopiques s’attaquant à la vigne et aux pommes de terre, quoiqu’on ait préconisé d’autres sels métalliques à hase de mercure, de nickel, de manganèse. Mais il a fallu revenir au procédé primitif reconnu seul efficace, et cuirasser la plante d’une triple couche de composés cuivriques.
- Quelquefois l’agriculteur achète son sulfate de cuivre et prépare lui-même sa bouillie ; mais, le plus souvent, les fabricants de produits chimiques lui vendent des poudres préparées d’avance. Les unes, comme la sulfostéatite cuprique, se pulvérisent à sec ; les autres, comme le vert-de-gris, s’incorporent à dose fixée d’avance dans un certain volume d’eau, de façon à former une bouillie plus ou mojns diluée qui s’épand. à l’aide d’appareils spéciaux.
- 11 y aurait, pour le viticulteur tant soit peu familiarisé avec la chimie, grand intérêt à pouvoir s’assurer de la richesse de la poudre cuprifère qu’il achète, parce (pie l’efficacité anticryptogamique d’abord, puis le prix marchand du remède se rattachent étroitement à la richesse en cuivre, l’élément cher de la mixture, bne femme qui se juge trop pâle met du rouge ; un fabricant de produits chimiques peu scrupuleux ne se fait pas faute d’ajouter du bleu artificiel aux poudres qu’il débite pour faire croire, lors de la dissolution, à une teneur en cuivre supérieure à la réalité. Les chimistes de métier dévoilent facilement la fraude : après avoir solubilisé le cuivre, ils traitent la liqueur par un courant électrique fourni par une pile de Itaniell. Le métal mis en liberté se dépose sur un cylindre en platine, taré d’avance, qu’on repèse ensuite. Lotit de l’appareil complet : quatre cents francs. C’est cher, si l’on n’a pas de dosages de cuivre très fréquents à pratiquer.
- Nous supposerons, nous, que le praticien n’a à sa disposition que le nécessaire chimique de M. Trubert, déjà décrit ici même1 ou même que le calcimètre-acidimètre qui en fait partie. 11 se procurera : quelques grammes de sulfate d’hydrazine2 cristallisé dont il préparera une solution aqueuse à 5 pour 100 parfaitement inaltérable; avec cela, une solution de soude caustique à 50° B. et deux petits flacons à réactifs contenant l’un de l’acide acétique, l’autre du ferrocyanure de potassium; il sera parfaitement outillé on vue de ses recherches.
- 11 pèsera 2 grammes de bon sulfate de cuivre cristallisé pur, le dissoudra intégralement dans 50 à 80 cm3 d’eau distillée, introduira la solution parfaitement froide dans le flacon à réaction et ajoutera 15 à 20 cm3 de sulfate
- » 1 Yoy. u° 1-250, du 15 mai 1897, p. 571.
- 2 (le corps peut être envisagé comme résultant de l'union do l'acide sulfurique avec l'ammoniaque condensée nommée livdrazine. Sa formule est donc S O4 112. Az2 II4.
- d’hydrazine, ce qui forcera un peu la couleur bleue de la solution sans l’altérer. Notre chimiste disposera alors dans le flacon la jauge spéciale aux dosages d’ammoniaque, chargée de 25 cm3 de soude froide, puis bouchera le flacon et disposera la cloche. Si ensuite il incline doucement le flacon de façon à vider goutte à goutte l’alcali dans la mixture bleue, il voit le mélange se troubler, jaunir et se convertir peu à peu en un magma boueux de sous-oxyde. En môme temps, et par l’agitation, des bulles d’azote se dégagent qui crèvent à la surface et repoussent dans la cloche un égal volume d’air; au bout de quelques minutes la réaction s’arrête d’elle-mème et l’on procède à la lecture du volume recueilli dans la cloche avec les précautions ordinaires. Le volume gazeux correspondant à 2 grammes de sulfate de cuivre varie avec la température et la pression ; il est voisin de 50 cm3 et nous le supposerons égal à ce chiffre exact pour fixer les idées.
- Nous recommencerons l’expérience avec le liquide résultant de l’épuisement par l’eau acidulée (avec un mélange d’acide nitrique et sulfurique) d’un poids connu de poudre cuprifère. Nous ferons bouillir pour expulser les
- Appareil Trubert disposé eu vue du dosage du cuivre. — 1», vase d'eau fraîche ; F, flacon a réaction renfermant la liqueur à doser I. ; J, jauge pleine de soude; T, tube de dégagement formé de deux part ie.s raccordées et aboutissant sous la cloche à ga* C. ; Y, eu lie à niveau constant.
- produits nitreux vis-à-vis desquels l’hydrazine n’est pas indifférente, nous neutraliserons presque la liqueur chaude avec une quantité insuffisante de soude de façon à affaiblir l’acidité sans l’annuler complètement, nous refroidirons le mélange et l’avant introduit dans le flacon, nous le traiterons par l’hydrazine et la soude comme ci-des-sus. Si dans les mêmes conditions de température et de pression nous lisons dans la cloche 25 ou 75, par exemple, c’est que notre échantillon accuse autant de cuivre qu’il s’en trouve dans 1 ou 5 grammes de sulfate cristallisé.
- Il n’est pas même besoin de faire la « tare » avec ce dernier corps. Un calcul dérivant d’une équation chimique très simple, mais que nous n’écrirons point, montre que le volume d’azote, que 2 grammes de sulfate de cuivre mettent en liberté, équivaut à celui qui s’échappe de 214 milligrammes de chlorure d’ammonium ou de quantités équivalentes d’autres sels ammoniacaux, lorsqu’on traite ces matières par l’hypobromite de sodium.
- Il est avantageux, pour toutes ces expériences, d’immerger le flacon à réaction dans un vase d’eau fraîche, car le mélange qu’on réalise tend à s’échauffer. La réaction, du reste, marche d’autant mieux qu’elle est plus progrès-
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- LA N AT fi R K.'
- sâve et se termine spontanément lorsque le sel :etiivrique bleu est entièrement réduit à l’état de sel cuivreux jaune. Nous avons représenté, dans la figure ci-contre, Je calci-mètre Trubert avec ses accessoires, peu nombreux et très simples, disposé en vue d’analyses de cuivre.
- La question la plus délicate est ctelle de la dissolution intégrale de l’oxyde de cuivre de l’échantillon dans un volume liquide limité qui doit pourtant contenir une proportion suffisante de cet oxyde. Avec des matières riches comme le vert-de-gris, rien n’est plus aisé ; si la substance est souillée de;matières inertes insolubles, on filtre et on lave le résidu jusqu’à ce que le ferrocyanure dans les conditions requises n’accuse plus la présence du cuivre. Avec les sulfostéatites dans lesquelles le sel de cuivre est enrobe dans un large excès de poudre de talc, il vaut mieux peser un fort échantillon : 200 grammes par exemple, le laisser digérer à froid durant plusieurs heures avec un demi-litre d’eau acidulée; filtrer la liqueur surnageante et essayer les premiers 50 cm3 recueillis. En opérant ainsi on peut même se passer d’une balance de précision, et ce tour de main est applicable aux poudres moins pauvres, en modifiant les proportions.
- En somme, voilà une détermination rapide et facile à conduire. Quelle est son exactitude? Il est très facile de juger de la teneur en sulfate à 2/100 près du pourcentage, ce qui est très suffisant pour les besoins commerciaux et agricoles, et pour éviter de payer 50 francs les 100 kilogrammes ce qui en vaut 55. Ajoutons pour conclure que certains agronomes préfèrent estimer la richesse par la teneur centésimale de la drogue en oxyde de cuivre Cu 0 ; pour obtenir ce coefficient on multiplie par le facteur 0,52 la teneur, exprimée en sulfate, trouvée par la méthode précédente. Antoine ok Sx porta.
- LA PRODUCTION
- DE L’ÉCORCE DE CASCARA
- Tout le monde sait la place importante que tient dans la pharmacopée l’écorce du « Cascara sagrada ». Peut-être ceux de nos lecteurs qui ont été condamnés à l’employer apprendront-ils, avec intérêt, quelques détails géographiques sur cette drogue. Disons tout d’abord qu’elle provient principalement de l’Orégon, et qu’elle est fournie par un arbrisseau. De Portland, le port principal de cet état de la côte du Pacifique, l’an dernier, il a été expédié pas moins de 500 tonnes de cette écorce, à destination d’Europe, d’après le récent rapport consulaire anglais publié sur cette région des Etats-Unis. Le décor-ticage a lieu de mai à août. Cette opération terminée, on fait sécher l’écorce au soleil pendant quatre à cinq jours, après quoi on l’empile dans des sacs et le produit est prêt pour l’exportation. Ce n’est donc ni coûteux, ni pénible. Et sait-on maintenant ce que vaut dans le pays de production cette écorce, qui constitue la matière première de toutes les. pilules que l’on nous vend si cher? En mai dernier, à Portland, la livre anglaise (455 gr.) d’écorce de « Cascara sagrada » valait 20 centimes, en septembre son prix est monté à 1 franc ; mais il y a eu surproduction, et, au commencement de 1904, il était retombé à 20 centimes. Ces chiffres sont officiels; ils sont empruntés au rapport anglais sur le commerce de Portland. On voit, par ces prix, que le métier de fabricant de drogues pharmaceutiques nourrit son homme. Le bénéfice dans la vente des préparations, dans lesquelles entre l’écorce de « Cascara », doit certainement dépasser 100 pour 100, s’il n’atleint pas un chiffre plus élevé. C. II.
- LE LAC « M0RSKIÉ 0K0 »
- DANS LES TATRES
- Les Carpathes formaient autrefois la frontière de la Pologne et de la Hongrie; aujourd’hui cette chaîne de montagnes sépare de ce dernier pays la province autrichienne, la (üalicie, habitée par des Polonais et des Ituthènes. Dans la partie occidentale de celte chaîne se trouve, pour ainsi dire isolé, le groupe des plus hauts sommets des Carpathes, appelés les Tatres, rappelant par leur configuration les Alpes. Ces sommets, s'enfonçant en forme de quadrilatère vers le sud, atteignent une hauteur de 2665. mètres.
- C’est dans ces Tatres que se sont formés des lacs dont la superficie varie de 1 à 54 hectares, et qui diffèrent entre eux considérablement selon les parois des pics rocheux qui les entourent. Plus ils sont élevés au-dessus du niveau de la mer, plus leur aspect est sauvage. Le plus célèbre et le plus connu de ces 112 lacs est le Morskié Oko, situé à 1595 mètres d’élévation, sur le versant septentrional ou polonais de ces montagnes. Son nom fantastique provient de la légende populaire qui veut que le fond du lac soit en communication avec la mer. On l’appelle aussi « Rybie Jezioro » (le lac poissonneux), parce qu’on y trouve une grande quantité de poissons de la famille des truites. Deux seulement parmi tous les lacs des Tatres renferment des poissons : le Morskié Oko sur le versant septentrional et le lac de Poprad sur le versant méridional ou hongrois.
- Le Morskié Oko a 55 hectares de superficie, sa plus grande profondeur est de 49m,5. Son eau est si transparente qu’on voit très distinctement les objets à 15 mètres de profondeur. Elle a le goût de l’eau de pluie, en été sa température moyenne est de -h 8° C. Depuis bien longtemps le Morskié Oko attire la curiosité des touristes qui, enthousiasmés par la beauté du site, répandent la renommée du lac. Ce qui contribue surtout à embellir le paysage, ce sont les sommets granitiques aux flancs escarpés qui s’élèvent autour, de 800 à 1100 mètres au-dessus de sa surface. Ces roches, aux formes fantastiques, hérissées de précipices aux fissures remplies de neiges éternelles, parsemées par-ci par-là de verts gazons, entourent comme un cirque gigantesque le Morskié Oko. Le côté nord seulement est ouvert, c’est par là qu’arrivent les touristes par la route qui mène au lac. Dans deux des parois de ces pics, à une hauteur considérable, se voient des ouvertures assez vastes qui trahissent l’existence de hauts vallons fermés par des rochers nus et presque inaccessibles. Dans une de ces ouvertures vers l’est, à. une hauteur de 191 mètres au-dessus du niveau du Morskié Oko, se trouve un lac de 77 mètres de profondeur et de 21,5 hectares de superficie, appelé le Czarny Staw1 (l’étang noir), à cause de la couleur noirâtre de ses eaux, résultant de leur grande profondeur. Dans un vallon de l'ouest, au delà d’une
- 1 Lisez : le Tcharnv Slaf.
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- LA NATO RL.
- .112
- roche aiguë en forme de pain de sucre, à une hauteur de 4784 mètres, s’étend un plateau excessivement sauvage, avec les restes d'un lac disparu, mais renfermant encore dans un has-fond une petite quantité d’eau.
- Le Morskié Oko est encore situé dans la zone forestière, aussi ses bords sont-ils recouverts d’une abondante verdure, d’arbustes et même d’arbres assez élevés. Les hauts pics qui l’entourent se reflètent de tous cotés dans ses eaux, qui selon le temps et les heures de la journée, changent leur couleur, depuis
- l’azur du ciel jusqu’au vert printanier des bords. Le coté nord est formé par une haute digue, qui n’est autre chose qu’une moraine, reste du glacier qui existait autrefois en cet endroit. L’eau du lac s’est creusé dans cette moraine une ouverture par laquelle s’écoule, sous le nom de Rybi Potok (le torrent poissonneux), le trop-plein du lac. Ce torrent, après un parcours de 8 kilomètres, tombe dans la rivière Biala Woda (l’Eau blanche). La Société polonaise des Tatres a acheté deux chaloupes de mer, qui permettent de naviguer sur le lac.
- Fig. 1. — Le Morskié Oko (L’œil
- La frontière politique longe l'arête des sommets qui s’élèvent autour du lac. Pendant quelques dizaines d’années, elle fut la cause de différends entre voisins, c’est-à-dire entre les Hongrois et les Polonais. Les Hongrois désiraient posséder, tout au moins, une partie du célèbre Morskié Oko. Leurs prétentions se fondaient sur une fausse application des noms des torrents coxdant du tronc principal des Tatres. Les Polonais défendirent avec ardeur leur propriété nationale, mais comme les rapports de la Hongrie avec l’autre moitié de l’Etat sont fondés sur l’union personnelle du monarque, le différend dut être soumis à un tribunal d’arbitrage international,
- de la mer) dans les Hautes Tatres.
- reconnu par les Parlements jdes deux parties de la monarchie austro-hongroise. Ce tribunal, après de longs débats et une exacte exploration du terrain en litige, rendit le 15 septembre 4905, à Graz, une sentence par laquelle il reconnaissait entièrement les droits des Polonais, et, par suite, la frontière autour du Morskié Oko est restée où elle était, c’est-à-dire qu’elle longe les arêtes des pics entourant le lac.
- La Commission exécutive de la Diète de Galicie a fait construire une chaussée excellente, qui, partant de la gare du chemin de fer à Zakopave, traverse d’admirables paysages de montagnes sur une longueur de.32 kilomètres et aboulit au lac même,
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- LA N A TU HE.
- ;> i,)
- près de la moraine dont nous avons parlé plus haut. Cette route si belle permet aux plus faibles de visiter le Morskié Oko, appelé à si juste titre : la Perle des Tatres. Des bords du Morskié Oko partent dans quelques directions des sentiers qui mènent à diffé-
- rents pics des Tatres, c’est un des points de rassemblement des touristes. Ils y trouvent un abri et peuvent s’approvisionner dans un chalet construit par la Société des Tatres. Le sentier qui contourne le lac offre aux promeneurs une grande diversité de
- Fig. 2. — Le sommet Mieguszowiecki (2457 m.) avec le Morskié Oko. A droite, l'aiguille (lu Moine (2064 m.).
- vues, les unes plus pittoresques que les autres, toutes ayant ce caractère spécial des Tatres, si différent de celui des autres montagnes.
- En hiver, le Morskié Oko est gelé et sa surface disparaît complètement sous une épaisse couche de neige. On ne voit alors qu’une plaine blanche unie,
- qui ne trahit en rien l’existence du lac profond. Les Tatres offrent aux touristes tant de particularités originales que leur nombre augmente chaque année.
- Parmi les animaux de ces hautes montagnes, nous remarquerons principalement le chamois (Capella Rupicapra) et la marmotte (Arctomys Marmota). Il y
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- LA NV TU 151'.
- a une trentaine d’années, ces animaux allaient disparaître des Tatres, tant les montagnards, braconniers enj grand nombre, leur faisaient une guerre d’extermination. C’est, alors que des naturalistes (professeurs de l’Université de Uracovie) ontjobtenu de la Diète de Galicie une loi protégeant les cbamois et lesTnarmottes. Comme cette loi est appliquée avec une grande sévérité, la faune des Tatres est sauvée. Autrefois on pouvait parcourir plusieurs jours de suite la montagne sans voir un seul chamois, aujourd’hui il n’est pas rare de rencontrer des troupes de ces animaux paissant sur les lianes des montagnes.
- Parmi les oiseaux de proie, l’aigle (aquila fulva) n’est, pas rare, on le voit souvent planer très haut dans les airs ; mais les dommages qu’il cause, en enlevant les jeunes chamois et les chevreaux, font qu’on le désire moins rencontrer.
- Les montagnards qui habitent le versant septentrional des Tatres sont des Polonais et se distinguent des autres paysans de la Galicie par une grande intelligence. Le rude climat, leur terre presque stérile, le milieu dans lequel ils vivent leur impriment le! caractère commun à tous les montagnards. Leur costume diffère de celui des habitants de la [daine, leur tempérament est plus vif.
- La littérature française possède un travail d’un savant, qui, il y a une vingtaine d’années, visita ces montagnes et publia le résultat de ses observations sous le titre : « De Moscou aux Monts Tatres, étude sJr la formation actuelle d’une race, par le D' Gustave Le Bon », Paris, 1881, accompagné de 2 cartes. Les deux illustrations qui sont jointes à ces lignes sont faites d’après des photographies et représentent, l’une, une vue du Morskié’Oko avec la vallée au-
- t i -
- dessus du Czarny Staw à l’est ; l’autre, une vue prise vers le sud sur le sommet Mieguszoxviecki.
- i Erard-Umasz.
- , SALINITÉ ET TEMPÉRATURE
- 1 DES F,AlTX DE MER
- La salinité de l’eau de mer varie de 52 à 58 grammes par litre en moyenne. Il est intéressant de voir quelles sont les conditions locales capables de modifier ces chiffres. Le détroit de Gibraltar, large de 14 kilomètres seulement, présente un seuil dont la profondeur ne dépasse pas 520 mètres. Aussi les échanges aqueux sont-ils pou abondants entre l’Océan et la Méditerranée.
- Grâce à la sécheresse du climat, l’évaporation est très intense sur celle-ci et, en ne tenant pas compte de la mer .Noire, ce bassin ne reçoit qu’un seul fleuve de premier ordre, le Nil, fortement diminué lui-même par l’évaporation qu’il a subie en traversant le désert. Dans tous les cas, les apports d’eau par les fleuves sont loin de balancer les pertes par évaporation. Une partie du déficit est compensée par les eaux venues de la mer Noire, qui est située sous un climat plus froid et reçoit des fleuves importants. Mais cet apport lui-même est insuffisant, et on ne s’étonnera pas de voir la densité de l’eau et sa teneur en sels être bien plus élevées dans la Méditerranée que dans l’Atlantique. La densité est de 1027 dans l’Atlantique, de 1027,5 à 1029,5 dans la Méditerranée ; la teneur en sels est de 56 dans l’Atlan-
- tique, de 50,4 à 59,5 dans la Méditerranée, (les valeurs augmentent naturellement de l’ouest à l’est.
- La mer bouge, qui ne reçoit presque aucun affluent et qui est soumise à une évaporation encore plus intense, a pour densité 1050,2 et renferme 59gr,8 de sels par litre. En revanche, l’extrémité nord'de l’Adriatique, dessalée par le Pô, n’en contient que 55 grammes et a une densité de 1025 seulement; et la mer Noire,~qûi reçoit de grands fleuves et où l’évaporation est faible, n’a que 19 grammes de sels par litre et une densité moyenne de 1014,5.
- Abandonnée à elle-même, la Méditerranée se dessécherait peu à peu et se transformerait en une série de lacs de plus.en»plus salés ; phénomène, qui d’après divers géologues,^ déjà'eu lieu au pliocène inférieur. Il suffirait d’un simple soulèvement du seuil de Gibraltar pour faire disparaître la Méditerranée et par suite pour modifier grandement le climat de l’Europe. On trouve dans le détroit un courant de surface, de densité 1027, dirigé de l’Océan vers la Méditerranée, tandis qu’un courant profond, de densité 1029, va porter à l’Océan les eaux plus salées de la mer Intérieure. Leur limite se trouve à 200 mètres de profondeur, de sorte que le courant supérieur est toujours plus puissant que l’inférieur et maintient le niveau de la Méditerranée à peu près à la hauteur de celui de l’Océan.
- Dans le Bosphore et l’Ilellespont le courant salé profond va de la Méditerranée à la mer Noire, et le 'supérieur en sens inverse. Dans le Bosphore, profond seulement de 50 mètres, le courant supérieur a une vitesse variant de 4 à 8 kilomètres par heure. Sa teneur en sels est de 18,5. Le courant inférieur renferme 50 grammes de sels par litre.
- Le peu de profondeur du seuil de Gibraltar a un autre résultat intéressant. C’est environ à 500 mètres (profondeur du détroit), que cessent dans les Océans les variations saisonnières des températures. Des deux côtés du canal on trouve à ce niveau une température constante de 12° à 15°, correspondant à la température moyenne de l’hiver sous cette latitude. Mais dans l’Atlantique, comme dans les autres Océans, à partir de cette profondeur, la température continue à décroître, de sorte qu’à 1800 mètres on n’a plus que 5°,5, et 2° à 4000 mètres. Au contraire, dans la Méditerranée, cette température de 12 à 15° reste constante à toutes les profondeurs ; ce qui tient à ce (jue l’eau refroidie en hiver tombe au fond, tandis que l’eau réchauffée en été reste à la surface. Dans les mers ouvertes, c’est l’eau polaire froide qui descend dans les grandes profondeurs et y abaisse la température.'Mais cette eau, avant de tomber au fond, a été une eau de surface; elle a donc dissous de l’oxygène, qu’elle entraîne avec elle et qui permet la vie de nombreux organismes jusque dans les plus grands fonds des Océans. Cette eau polaire, froide, mais oxygénée, ne peut pas pénétrer dans la Méditerranée, à cause du seuil de Gibraltar. Quant à l’eau du fond de cette mer, comme elle est plus froide et plus lourde que celle de la surface, elle ne peut remonter dans les couches supérieures. Elle ne saurait donc s’aérer suffisamment. Aussi la faune profonde de la Méditerranée est-elle très pauvre par comparaison à celle de l’Océan.
- Ce phénomène est encore plus marqué dans la mer Noire, mais pour des causes opposées. La Méditerranée lui envoie des eaux salées et chaudes, qui restent au fond à cause de leur grande densité. A 90 mètres de profondeur on a une température de 7°,2 correspondant à peu [très à la moyenne dès hivers. Mais au-dessous la température des eaux remonte jusqu’à 9°. Grâce à la salinité des eaux
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- LA NAÎTRE.
- profondes, il n’y a aucune circulation entre le fond et la surface. D’autre part, l’apport d’eau de la Méditerranée est très faible : on l’estime à 178 kilomètres cubes par an; il faudrait 5000 ans pour que le courant profond du Bosphore remplisse la cuvette de la mer Noire supposée desséchée. Aussi les profondeurs de cette mer sont-elles pauvres en oxygène et dépourvues de tout organisme vivant. En revanche, elles renferment une forte proportion d’hydrogène sulfuré provenant de la décomposition, en l’absence d’oxygène, des cadavres d’animaux tombés de la surface. Quant à la salinité, elle augmente rapidement avec la profondeur : 18,5 à la surface, 19,7 à 90 mètres, ‘21,4 à 180 mètres, 25,5 à 700 mètres; on a même constaté 55,8 vers 2000 mètres. En résumé dans toutes les mers fermées l’eau salée s’accumule dans les grands fonds et n’en bouge plus. Au contraire, dans les Océans largement ouverts, les fonds sont occupés par des eaux froides et aérées venues des pôles. Ces eaux s’y échauffent légèrement et sont incessamment chassées par des eaux froides de même origine. C’est cette circulation des eaux qui permet le merveilleux épanouissement de la vie qu’on observe dans les profondeurs des Océans.
- 11 ne faudrait pas croire que ces considérations n’ont qu’un intérêt purement théorique. On sait maintenant que les bancs de poissons qui apparaissent à époques fixes en des points déterminés suivent des courants d’eau de salinité et de température déterminées. Les Danois l’ont si bien compris, qu’ils font des recherches suivies sur les eaux de leurs détroits1. Ils ont pu établir ainsi les lois qui président au mélange des eaux douces de la Baltique avec les eaux salées de la mer du Nord. Ils ont constaté qu’à chaque date correspond une disposition typique des couches de salinité différente et que les harengs se trouvent dans une eau dite « eau de banc » renfermant 52 à 54 grammes de sels par litre et ayant une température de 10° à 16°. Cette eau, dont la distribution dans les [détroits danois varie suivant les saisons, apporte de la mer du Nord et de l’Atlantique des organismes de petite taille (plankton) qui servent de nourriture aux harengs.
- On voit quel intérêt pratique ont ces recherches d'océanographie et comment l’étude de la physique des mers se rattache à la biologie de ses habitants. Lorsque nos connaissances seront plus avancées, il est certain qu’on pourra, par l’étude des caractéristiques des eaux marines, prévoir les mouvements des poissons migrateurs et, par suite, éviter les désastres du genre de celui produit récemment sur les cotes de Bretagne par la disparition de la sardine.
- Dr L. Lai.oy.
- LES POISSONS SCIES
- Ce sont des êtres bien curieux que ces grands poissons cartilagineux,[intermédiaires aux Raies et aux Squales, à la tête munie d’un énorme prolongement aplati ou bec égal au I/o ou au moins au 1/4 de la longueur de leur corps et garni perpendiculairement sur les bords de dents acérées régulièrement espacées. Cet appendice est à la fois si bizarre et si caractéristique, qu’on ne peut en quelque sorte s’empêcher d’emprunter la dénomination à donner aux animaux qui en sont porteurs qu’à l’instrument bien connu que rappelle si étrangement leur extrémité antérieure.
- Quantité de légendes et, il faut aussi le dire, d’er-
- 1 Vov. la « Géographie », f. V, p. 21.
- reurs oui longtemps circulé sur ces poissons si extraordinaires.
- On trouve le nom de lVistis, c’est-à-dire de scie, employé déjà par Aristote ; mais il s’agissait sans doute d’un Célacé et non de l’animal qui porte aujourd'hui cette désignation. Un véritable Poisson scie est figuré par Rondelet au x\T siècle, toutefois le dessin que donne cet illustre naturaliste n’est pas très exact; lui aussi, en effet, range cet animal avec les Cétacés auprès des Haleines, si souvent confondues avec les poissons; il représente sur la tête un évenl médian unique par où s’échappent l’eau et les vapeurs, comme il en existe chez les Souffleurs, à la place des deux ouvertures situées de chaque colé derrière l’œil.
- A la fin du xviu° siècle, Lacépède, dans son « Histoire des Poissons », fait un récit pathétique du combat des Poissons scies et des Haleines : « Tous les pêcheurs qui fréquenfenl les mers du Nord, dif-il, assurent que toutes les fois que ce squale rencontre une baleine, il lui livre un combal opiniàlre. La baleine tâche en-vain de frapper son ennemi de sa queue... le squale réunissant l’agilité à la force, bondit, s'élance au-dessus de l’eau, échappe au coup, et, retombant sur le cétaeée, lui enfonce dans le dos sa lame dentelée.... » Toutefois, comme le fait judicieusement observer M. le professeur Vaillant, il v a une excellente raison pour ne pas s’empresser d’admetlre à la lettre ces légendes pourtant répandues, c'esl que les Scies ne vivent que dans les mers chaudes, tandis qu'au contraire les Haleines habitent avant tout les mers polaires. Autre erreur dont les Scies ont été le point de départ. En 1864, le naturaliste anglais Gray ayant reçu d’un voyageur, qui l’avait ramassé
- sur le rivage, un long tube creux formé comme par une infinité de petites pierres plus ou moins étoilées, accolées les unes aux autres, prit cela pour le tube d’un ver, d'une Annélide gigantesque cl, comme en sciences naturelles on ne laisse rien sans v mettre un nom, il donna à cet objet problématique celui de « Myriosteon », c’est-à-dire « Mille os ». Kôlliker, en ayant pris un fragment et Payant examiné au microscope, vit clairement qu’il provenait d’un poisson cartilagineux. C’était, en effet, tout simplement un des canaux latéraux cartilagineux qui constituent la charpente solide du bec de la Scie. Ceux-ci sont au nombre de 5, rarement 4, parfois 5; les externes sont les plus développés.
- On connaît 5 ou 6 espèces de Poissons scies ou Pristis. Elles habitent les mers tropicales ou subtropicales du globe et pénètrent parfois dans la Méditerranée. Quelques petits individus ont pu même être capturés accidentellement sur nos cotes du
- Midi.
- Si les exemplaires adultes rencontrés ne mesurent ordinairement que la taille déjà respectable de 2 à 4 mètres, quelques spécimens atteignent des dimensions vraiment énormes. Au dire de Oay certains Poissons scies de la mer des Indes vont jusqu’à 1) mètres.
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- Dos captures récentes prouvent que des exemplaires de dimensions analogues peuvent être rencontrés dans l’Atlantique. Inutile d’ajouter que des animaux de pareille taille sont tout à l'ait redoutables.
- On a placé il y a peu de temps, dans le grand hall du Muséum d’histoire naturelle de l'aris, un magnifique spécimen monté mesurant 5m,20 environ de longueur. Cet animal, d’après les renseignements donnés à son cours par M. le professeur Vaillant, appartient à l’espèce désignée sous le nom de « Uristis Perrotteti » Millier et Ilenle ; il provient de la Cote d’ivoire et est dù à M. Blanc.
- Un individu d’une taille encore supérieure a été rencontré de l'autre coté de l’Atlantique, à la Guyane française, mais malheureusement l’animal capturé n’a pu cette fois être conservé. C’est M. Geav, l’explorateur bien connu de ces régions, qui nous a transmis quelques détails sur cette pêche si intéressante faite par M. Chapellier qui dirigeait les travaux du sanatorium de l’ilct. la Mère, à l'entrée du tleuvcMahury.
- M. Chapellier, ayant aperçu dans une petite anse à quelque distance du rivage un énorme Poisson qui se débattait par suite du manque d’eau, lui logea plusieurs halles dans le corps.
- C’était une Scie, très probablement encore le « Prislis Perrotteti ». 11 fallut attendre une embarcation, puis l’animal ayant été achevé fut remorqué sur le rivage, où, malgré leurs efforts, une vingtaine d'hommes ne purent le hisser au delà de la limite des marées. La nuit arrivant, M. Chapellier prit le parti de le mesurer. La longueur était de 5",58, le poids approximatif de (MM) kilogrammes. Devant partir le lendemain M. Chapellier dut se résoudre à ne prendre que la tête qui fut photographiée. Quant au corps, abandonné, il devint à la marée montante la proie des Requins qui foisonnent, dans les parages de l’IIet la Mère. Très souvent, au dire de M. Geay, on trouve à la Guyane fixés sur les Scies, par leur disque adhésif céphalique, ces curieux poissons appelés Rémoras ou Pilotes, sur lesquels j’ai donné ici même1 certains détails à propos des grands Céphaloptères ou Raies cornues qui en sont aussi assez souvent porteurs.
- [)' J.VCQFFS Pf.U.F.C.KIN.
- 1 Yoy. n° 1400. du 25 janvier 1902, p. 118.
- UN GMND MRMGE SUR LE CHER
- TOFT A I.'ÉGOUT ET DISTRIBUTION ÉLECTRIQUE
- . On est en ce moment en train d’arrêter définitivement les grandes lignes d’un projet de barrage et de retenue sur le Cher, qui sera des plus intéressants à tous les égards : on compte, en effet, y créer un bassin d’une capacité énorme, pour l’alimentation régulière d’une usine électrique et d'une ville qui manque à peu près complètement d’eau. Cette ville ne peut, par conséquent, pratiquer ce tout à l’égout qui rend tant de services dans l’évacuation immédiate des résidus de la vie et des eaux usées.
- La ville à laquelle il s’agit d’assurer les bienfaits du tout à l’égout, et de donner de l’eau en quantité suffisante, est celle de Monllueon, centre industriel et
- ouvrier dont la population n’atteint pas encore, il est vrai, 50000 habitants, mais qui est des plus mal partagéspour tout ce qui est de l’eau. On y trouve bien quelques bornes-fontaines fournissant de l’eau de source, mais elles sont 1res chichement réparties, et, d’une manière générale, on ne peut disposer que d’eau empruntée au Cher dans la traversée de la ville, cela du reste en quantité fort restreinte. Nous pouvons ajouter que le Cher, au moins dans cette portion de son cours, est une rivière à régime absolument torrentiel, où, en été, il ne coule qu’un mince filet qui laisse le lit du cours d’eau comme un cloaque plus ou moins odorant, tandis que, durant les crues, l’eau entraîne une foule de matières en suspension qui la rendent d'un emploi fort malaisé. La municipalité avait songé à établir par elle-même un barrage en amont, pour créer un bassin de retenue et de décantation susceptible de lui fournir l'eau dont elle a besoin ; mais elle se heurtait à une dépense un peu considérable pour ses ressources, étant donné que ce barrage devait uniquement servir à la distribution d’eau.
- Une Société est venue offrir une solution qui a cet avantage de pouvoir répondre à deux fins, et, par conséquent, de couvrir bien plus aisément l’intérêt et l’armortissement des dépenses qu’entraînent des travaux de ce genre. L’exécution du projet va être entamée sous peu; on prévoitl’instal-
- Face supérieure. Face inférieure.
- Tête de Scie pêchée à la Guyane.
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- lation d’une retenue sur le Cher, d’un barrage formant un bassin d’un cube énorme, et ce cube d'eau n'aura pas seulement pour but d’alimenter en eau potable les habitants de Montluçon et de balayer leurs égouts ; le barrage viendra créer une chute et une réserve liquide qui compenseront l’irrégularité prodigieuse du débit du Cher suivant les saisons. De la sorte, on pourra installer en dessous du barrage, et
- Fig. 1. — Gorges île Hocliebul. Emplacement (lu barrage projeté sur le Cher.
- profitant de cette chute, une usine hydro-éleclriqne dont le courant trouvera aisément à se vendre dans toute la région.
- Au premier abord, on aurait pu croire qu’une usine hydro-électrique, dans les environs de Montluçon, ne rencontrerait point une clientèle suffisante, étant donné que, comme dans tant d’autres villes françaises, un traité un peu imprévoyant passé avec une compagnie de gaz réserve à celle-ci le monopole de l’éclairage, et que, par conséquent, il ne fallait pas songer à concéder ou à autoriser l’éclairage électrique dans les limites de la ville ; mais Montluçon est une agglomération essentiellement industrielle, où l’on trouvera aisément à vendre le coûtant destiné à la force motrice, ce sur quoi la Compagnie du gaz n’a aucun droit. Et le fait est que dès maintenant l’usine hydro-électrique, (jui n’est pas encore construite, est assurée d’abonnements pour lesquels il faudra des milliers de chevaux-heures. Nous ne passerons pas en revue les diverses industries montluçonnaises susceptibles de recourir à l’électricité comme force motrice, mais nous dirons que des établissements aussi importants que l’usine des Corps Creux, ou encore la Fabrique de machines à coudre et les fameux Établissements métallurgiques de Saint-Jacques, préfèrent acheter le courant à une entreprise comme celle qui est en train de se fonder plutôt que de le produire eux-mêmes, dans des conditions plus coûteuses. D’autre part, une foule de localités se trouvent dans la région, à commencer par la ville de bains de Néris, qui sont toutes disposées à recevoir le courant électrique, non pas seulement pour la force motrice, mais pour l’éclairage. La combinaison qu'on a imaginée d’un barrage, assurant distribution
- d’eau et production de courant électrique, est donc certainement appelée à réussir.
- Le barrage et l’usine doivent être installés à une quinzaine de kilomètres en amont de Montluçon, au point qu’on nomme le Moulin de Chaud, endroit parfaitement choisi, en ce sens que la rivière forme un vrai défilé, que par conséquent on pourra y établir un barrage de belle hauteur, une importante retenue, sans pourtant nécessiter un volume de maçonnerie considérable. Ajoutons encore que le sol est en ce point du granit compact fournissant toute garantie d’implantation de l’ouvrage et aussi d’étanchéité de la cuvette. Le barrage se trouvera à 2 kilomètres seulement en aval du confluent du Cher avec son affluent laTardes, et le bassin de retenue se composera en réalité de deux branches, les eaux refluant et dans le cours du Cher et dans celui de la Tardes, sur des longueurs respectives de 8 et 10 kilomètres. La superficie des terrains ainsi envahis sera de près de 200 hectares, et la capacité du double bassin s’élèvera au moins à 26 millions de mètres cubes, atteignant même 50 millions si l’eau monte jusqu’au couronnement de la digue.
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- 50 ch
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- 150 ch
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- Projet d'instaJlcUzon,
- Kilomètres
- Vaux
- — Carte de l'Ailier donnant la situation du barrage.
- On comprend qu’il y aura là de quoi parer aux variations de débit du Cher, de façon à alimenter les turbines de l’usine électrique et à répondre à tous les besoins du service des eaux de Montluçon. Nous devons dire à ce propos que le débit du cours d’eau varie entre les moyennes de 2m,08 par seconde, en août, et de 28m,74 en février! Et encore, en 1855, a-t-on vu une crue atteindre le chiffre de 1300 mètres.
- On a voulu prendre des mesures pour que la chute utilisable soit au maximum de 45 mètres, ce qui correspond effectivement à 44 mètres, par suite
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- tics diverses pertes en charge, et aussi pour que cette chute ne descende point au-dessous de 20 mètres; on arrive à ce résultat en combinant convenablement les débits du réservoir et de la rivière, et l'on compte ([ue l’usine pourra toujours disposer d’une puissance de 4000 chevaux. Le barrage en lui-mème, qui est déjà baptisé localement du nom de barrage de Saint-Marien, sera formé d'un mur en maçonnerie de moellons de granit, avec mortier de chaux, qui aura 47 mètres de haut au-dessus du socle de fondation; il aura 58 mètres d’épaisseur à la base, et 4 mètres en couronne.
- Un garde-corps plein en pierre, disposé en amont, préservera du passage des embruns par-dessus ce couronnement. Un amont, le protil se composera de deux fruits différents, l’un de O"1,05 par mètre s’étendant du couronnement jusqu’à 50 mètres au-dessous, et l’autre de 0'11,10 jusqu’au socle des fondations. En aval, le protil sera, au contraire, formé de deux alignements : l’un vertical de l‘",28 de long à partir du sommet, et le second incliné à 0'",70 par mètre, s’étendant sur le reste de la hauteur et se raccordant à l’autre par un arc de cercle de 5 mètres de rayon. Disons encore que ce barrage sera en plan suivant un arc de cercle de 200 mètres de rayon, et en protil transversal suivant un trapèze renversé ayant une petite base de 20 mètres de long et une grande base supérieure de 98m,50. Les conditions locales permettront par conséquent d’avoir un barrage de 47 mètres de long et une retenue considérable, pour un cube de maçonnerie relativement très faible.
- C’est encore un des cotés intéressants de cette entreprise; mais il nous suffit pour l’instant, sans insister sur les turbines et les alternateurs qui produiront du courant à 15 000 volts envoyé aux centres de distribution, de montrer la portée que peut avoir une installation de ce genre, distribuant l’eau en abondance de manière à répondre aux besoins de ~ l’hygiène, et aussi le courant, non seulement aux particuliers et aux petits industriels, mais encore aux grands établissements, qui trouvent une économie à se fournir ainsi à une entreprise spéciale. 1). IL ——
- NÉCROLOGIE
- I,e marquis de IVadaillac. — C’est avec un profond regret que nous avons appris la mort de M. de Na-daillac qui fut un de nos plus fidèles collaborateurs pendant de très longues années. Jean-François-Albert de Pouget, marquis de Nadaillae, était né en 1818 à Paris il vient de s’éteindre le 2 octobre à son château de Rougemont, près de Cloyes (Loir-et-Cher). 11 avait été préfet des liasses-Pyrénées en 1871 et préfet d’Indre-et-Loire en 1877. Mais il quitta vite l’administration et la vie politique pour revenir à ses études de prédilection, l’archéologie, l’ethnographie, la préhistoire, etc. Ses recherches importantes le désignèrent à l’attention des savants, et il fut élu en 1888 correspondant de l’Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres). lia donné à « La Nature » toute une série d’études très appréciée des spécialistes et du grand public. Il écrivait aêçc une extrême clarté et
- savait provoquer l’intérêt dans des questions qui ne semblaient pas en comporter. Ses articles ethnographiques furent très lus. On se rappelle ses mémoires et ses opuscules sur les premiers hommes, sur les temps préhistoriques, sur l’Amérique préhistorique, sur l’homme tertiaire, sur la période glaciaire, les mœurs et les monuments des peuples préhistoriques, etc. 11 n’y a pas six mois, d nous envoyait encore un intéressant résumé d’une de ses dernières publications. Il nous faisait l’honneur de venir quelquefois à la rédaction du journal et c’était un plaisir pour nous tous de l’écouter. Malgré son grand âge, il avait conservé une activité intellectuelle merveilleuse.
- 11 aurait pu vivre peut-être encore des années, s’il n’avait été profondément atteint, tout dernièrement, par la mort de sa fille, Mmo la comtesse de Florian, ein-porléc subitement par une maladie de cœur. Ce fut un coup terrible dont il ne devait pas se relever.
- Le marquis de Nadaillae était resté le type du grand seigneur d’autrefois, d’une politesse exquise, d’une bienveillance inépuisable. Homme charmant, d’un'esprit délié, d’une intelligence supérieure, il s’en va au milieu de la tristesse des siens et des regrets de tous ceux qui l’ont connu. IL de R.
- Frédéric-Auguste Bartholdi. — 11 fut aussi notre collaborateur, et son dernier article, paru le 27 mai 1899, avait .pour titre : « Des proportions dans l’art monumental ». Bartholdi est mort le 5 octobre 1904. Il était né à Colmar en avril 1854. Four obéir à la volonté de ses parents, il dut commencer son éducation artistique dans un atelier d’architecte, à Raris. Mais sa vocation l’entraînait vers la sculpture ; il quitta l’atelier d’Arv Scheffer pour entrer dans l’atelier de Soitoux. En 1853 il exposa au Salon un « Bon Samaritain » ; deux ans plus tard il exposait un groupe des « Sept Souahes » et un « Général Rapp » dans des dimensions hors nature. Il fit ensuite des voyages en Grèce, en Orient, en Égypte. On lui doit notamment une fontaine monumentale à Bordeaux, une fontaine surmontée de la statue de Schœnganer à Colmar, une ligure tombale « La Douleur », sur la tombe de G. Ncfftzer; un « Champollion » au Collège de France, cl une fontaine surmontée de la statue de l’amiral Brual a Colmar. Après 1870, Bartholdi visita les Etats-Unis. Il en rapporta l’idée de la « Liberté éclairant le Monde » qui est actuellement dans la rade de New-York1. Vers celle époque également, à Belfort, il sculpta en haut-relief le fameux lion de granit sur le roc à pic du château : « le Lion de Belfort ». Tout le monde se rappelle ses démêlés avec la Municipalité de Marseille, à propos du Musée de Long-champ. Il était Fauteur du projet qu’il n’exécuta pas. Bar-iholdi entendit qu’au moins son nom fût ajouté à celui de l’architecte. Après des procès interminables, le Conseil d’Étatlui donna raison. Dès le lendemain de la guerre, il avait rêvé d’élever un monument aux aéronautes du siège : il en avait exposé l’esquisse. L’année dernière, il lui avait donné la dernière forme et il était venu nous apporter le projet définitif que nous avons publié2. L’œuvre de Bartholdi est puissante et considérable. .1. L.
- CHRONIQUE
- La phtisie des mineurs. — Comme on pouvait le pressentir quand on connaît le rôle si nocif des poussières sur les muqueuses pulmonaires, deux savants anglais, les
- 1 Yoy. n° 700, du 50 octobre 1880, p. 545.
- 2 Yoy. n° 1559, du 11 avril 1905, p. 505.
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- i)ls llalolane et Thomas, viennent de constater que la fréquence de la phtisie chez les mineurs, notamment en Cornouailles, tient à l’inhalation des poussières de roches dures, qui se détachent pendant le forage et le tirage des mines; la poussière du charbon, même du minerai de fer, est bien loin d’être aussi redoutable. Le remède, qui s’impose môme à l’intérêt personnel des exploitants, c’est de recourir à des dispositifs permettant d’abattre ces poussières, notamment après le tirage des mines. Et les travaux de percement du Simplon montrent que l’on peut atteindre aisément ce résultat : dans l’immense tunnel, en effet, on emploie des perforatrices hydrauliques qui fonctionnent sans production de poussières, tout simplement parce que les débris sont emportés par un courant d’eau. Et, d’autre part, dès qu’on a tiré les coups de mines, on envoie au front de taille des jets d’eau pulvérisée qui assurent la précipitation désirée.
- Un procédé chimique donnant le déhit d'une conduite. - L’idée est fort curieuse, et mérite d’être signalée; elle est indiquée par M. Van Jlerson dans le « Génie civil ». On met en communication, par un petit tube d’appel, avec la conduite d’eau dont on veut mesurer le débit, un récipient contenant une dissolution d’hy-posulfite de soude; le mouvement de l’eau aspire cette solution, et, au bout d’un certain temps, on peut constater le volume de solution ainsi entraîné. On recueille alors un échantillon de l’eau de la conduite, et on dose cette eau par la méthode volumétrique au moyen d’une solution d’iode en présence d’amidon. Il est évident que le rapport entre le débit de la conduite et le volume de solution disparu est égal à l’inverse du rapport des deux degrés de concentration.
- I/industrie de la quinine. — 11 existe dans le monde 20 établissements fabriquant la quinine, dont 5 en France, 3 en Angleterre, 2 en Allemagne, autant en Italie, 4 aux Etats-Unis, 1 en Hollande, et 1 respectivement à Java, au Bengale et dans la Présidence de Madras. Ces trois derniers sont sur les lieux de production de l’écorce de quinquina, qui constitue la matière première de la quinine. Cela semble assez peu de fabriques pour les besoins du monde entier; mais il faut songer que chacune peut produire une quantité considérable de la précieuse poudre, et qu’en somme ce n’est pas une substance dont chacun absorbe une proportion fort élevée. Les trois établissements asiatiques dont nous parlions tout à l’heure traitent les écorces que leur fournit le pays même; les autres en reçoivent 14 800 000 livres (anglaises de 453 grammes) de Java, puis un peu plus de 2 millions de livres de l’Inde, 400 000 à peu près de Ceylan, 780 000 de l’Amérique du Sud, et enfin 180 000 d’Afrique. En somme, les différentes fabriques du monde doivent produire annuellement 040 000 livres .de quinine. Notons que les grands marchés pour l’écorce dé"quinquina sont Londres et Amsterdam, mais surtout Amsterdam, depuis que les cultures de Java ont pris tant d’importance.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 octobre 1904. — Présidence de M. Mascakt
- MM. Forster, Koch et Blaserma assistent à la séance.
- Transformation d'une hémogrégarine. — M. Laveran analyse une Note de M. Billet, médecin-major de l’hôpital militaire de Constantine, relative à l’observation d’un trypanosome dans le tube digestif d’une sangsue. Comme
- celte sangsue s’attache aisément à la grenouille, verte d’Algérie, il a entrepris des expériences dont il résulte qu’une hémogrégarine de la grenouille verte se transforme dans le tube digestif de la sangsue en trypanosome. Cette découverte est de même ordre que celle due à M. Schaudinn d’après laquelle un hématozoaire de la chouette se transforme en trypanosome dans le tube digestif du culex.
- Les températures de transformation de l'acier. — M. Moissau présente une Note de MM. Cliarpv et Grenet sur les températures de transformation des aciers. Les études sur l’acier au carbone sont poursuivies en ce moment avec une grande activité. L’étude delà variation de ses differentes propriétés physiques en fonction de la température permet de constater des transformations que subissent les aciers et de déterminer les températures auxquelles elles se produisent. Dans cet ordre d’idées trois séries d’expériences ont été effectuées dans ces derniers temps. M. Boudouard a étudié la résistance électrique, M. Belloc la thermo-électricité, MM. Charpy et Grenet la dilatation. En comparant les résultats donnés par les trois méthodes, on conclut : que la méthode thermo-électrique et la méthode de dilatation ne sont pas concordantes sauf pour les aciers très doux ; que la méthode de la résistance électrique et celle dilatométrique s’accordent très sensiblement, qualitativement et même quantitativement, dans les limites de précision des mesures.
- La structure des Alpes. — M. A. Gaudry présente un travail de M. Termier sur les Alpes de la région du Brenner. Cu. de Ailleüelil.
- UN NAYIRE-HOPITÀL FRANÇAIS
- La « Société des Œuvres de mer », fondée en 1895 pour l’assistance matérielle, médicale et morale des pécheurs de haute mer, et depuis reconnue d'utilité publique par l’État français, arme chaque année des navires-hôpitaux «qui vont croiser aux époques convenables sur les lieux de pèche. Comme c’est la première fois qu’une Semblable construction est réalisée en France, nous croyons intéressant de donner une idée des aménagements de ces navires-hôpitaux; nous choisirons connue type le « Saint-François d’Assise1 », le plus récent des bâtiments construits par la Société des œuvres de mer. Ce navire mesure une longueur de 50 mètres, une largeur de 0m,20, un creux de 4m,60. 11 est tout en acier, et du type mixte, c’est-à-dire pouvant marcher sçit à la;voile, soit à la vapeur ; il "est muni ’d’une puissante mâture, et d’une machine compound d’une puissance de 500 chevaux; il jauge environ 000 tonneaux.
- A côté de sa machine motrice, il possède nue chaudière auxiliaire pour fournir la vapeur aux treuils servant à la manœuvre, la distribuer également aux différentes parties du navire, alimenter les salles de bains, de douches, les waler-closels, les
- 1 Le navire a éié ainsi nommé sur le désir d’un généreux donateur anonyme qui a remis, pour contribuer à sa construction, la somme de 75 0(M) IVanes.— Le coût total du bâtiment dépasse 2(10 000 francs.
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- LA N AT TR K.
- lavabos, l’étuve à désinfection, commander les pompes placées én plusieurs points. Un xvater-ballast y est installé à fond de cale : c’est une grande caisse dans laquelle on introduit de l’eau à mesure de la consommation du charbon, pour rétablir l’équilibre et conserver au navire une stabilité constante. Le bâtiment est partagé, de l’arrière à l’avant, en six compartiments étanches, par des cloisons allant de la quille au pont, et destinées à
- remédier à tout accident provenant d’une voie d’eau.
- Le premier compartiment est limité par la cloison dite d’ « abordage » ; puis viennent successivement : le poste de l’équipage; l’hôpital d’isolement; le grand hôpital, pouvant servir au besoin de salle de réunion; le logement des machines et chaudières, ainsi que du personnel atfecté à leur service; entin, tout à l’arrière, le compartiment réservé à l’état-major. Dans le premier compartiment est aménagée
- Cr'f hôpital
- Hôpilajy
- Fig. 1. — Aménagements du « Sainl-François-d’Assise »
- une chambre de six lits, destinée aux naufragés non malades que le navire peut avoir à recueillir. Un panneau spécial y donne accès.
- Sous la teugue et sur le pont, sont installés : à bâbord, un magasin, une lampisteric et le water-closet de l’équipage; à tribord, un lavabo pour le nettoyage préalable des malades avant leur admission h l’hôpital, et un magasin pour les effets de ces hommes. Au milieu, sous le gaillard d’avant, est une étuve pour la désinfection des vêtements, de la literie et du linge d’hôpital.
- Sur l’arrière, et encore sur le pont, un grand routle abrite la machine; en avant se trouve une grande cuisine avec boulangerie. Devant la cuisine est placée la salle de consultations, laquelle communique directement avec l’hôpital par une échelle.
- Sous le pont, on trouve successivement, à partir de l’avant : la chambre des naufragés, indiquée plus haut; le poste de l’équipage, comportant 14 couchettes; il attient à la chambre du maître d’équipage; l’hôpital d’isolement, avec 14 lits, pour les maladies contagieuses (la fièvre typhoïde surtout est fréquente sur les lieux de pèche) ; ce compartiment
- contient, en outre, une salle de bains et de douches pour les malades, une table d’opérations et des armoires; le grand hôpital, comportant 20 lits, et communiquant avec le précédent par deux portes; sur l’arrière sont installées la pharmacie, la lingerie,
- la chambre de l’infirmier; le compartiment de la machine ; les mécaniciens y ont leurs logements, desservis par une coursive permettant de communiquer directement de la dunette avec l’hôpital sans monter sur le pont ; enfin, en arrière, la dunette avec les logements de tous les officiers, et un carré qui sert à la fois de lieu de réunion ainsi que d e salle à manger aux membres de l’état-major.
- 11 nous resterait à montrer le fonctionnement du navire-hôpital, et de quelle manière il remplit son rôle ; mais ces questions sont en dehors du cadre de notre étude. Les personnes que ce sujet intéresse pourront obtenir tous les renseignements désirables en s’adressant directement à la Société des Œuvres de mer. À. Acloqüe.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — liii|>i iiueiie Lauuhe, rue de Fleurus, 9.
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- N* 1659. — 22 OCTOBRE 1 904.
- LA NAITRE.
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- LES EYZIES
- Los lecteurs de ce journal ont élé inlbrnvés naguère1 par une plume [dus aulorisée «pie la mienne des découvertes si remarquables laites dans les grottes des environs des Evzies.
- Aussi ne reviendrai-je pas sur la description des gravures et des peintures des grottes, qui l'ont de cette localité une sorte de Louvre paléolithique.
- Mais un séjour aux Evzies ma permis de l'aire quelques constatai ions que je voudrais exposer ici.
- (le qui Trappe tout d'abord c'est l'intensité des
- alternatives de recrudescence et de diminution dans l’érosion fluviale.
- Cette hypothèse est entièrement fausse. Un examen [dus attentif fait voir que le calcaire est formé de couches de dureté différente, sur lesquelles
- lagenls atmose-sphériques agissent avec pinson moins d’intensité. C’est surtout à l’eau de pluie chargée d'acide carbonique qu'il faut attribuer l'érosion des couches tendres du calcaire. Cette action est très visible dans les grottes, notamment dans celle de Fonl-de-Gau-me; jusqu’à une grande distance de l’entrée, c’est-
- phénomènes d’érosion dans la vallée de la Yézère et de ses principaux affluents. Le calcaire crétacé forme ici des falaises abruptes, hautes de 50 à 100 mètres et bien marquées surtout sur la rive concave, alors ([ne dans les parties convexes des sinuosités, décrites par la rivière, les contours sont beaucoup [dus arrondis. C’est donc tantôt sur une rive, tantôt sur l'autre1 (]ue la falaise est la [dus abrupte. En bien des endroits on y voit des sillons profonds séparés par d’énormes bourrelets saillants. 11 en est ainsi notamment sur le rocher auquel le village des Evzies est adossé (fig. 1). La première idée qui vient à l’esprit est que ces sillons ont été formés par des courants d’eau puissants passant au pied de la falaise, alors que la vallée n'était pas encore creusée jusqu'à son niveau actuel. En un mot les sillons et les bourrelets indiqueraient des
- à-dire aussi loin que l’humidité extérieure peut pénétrer, la roche est corrodée, et les vieilles stalactiqucs elles-mêmes sont rongées comme par l’action d’un acide puissant. Ce fait
- explique d’ailleurs pourquoi on ne trouve de gravures et de peintures ([ne vers le fond des grottes : celles de la partie antérieure ont été détruites par la corrosion atmosphérique.
- Si l’homme pa-léolithique n’a utilisé que les cavernes et les abris sous roches naturels, ses successeurs, mieux armés, ont creusé le rocher ou bien y ont adossé leurs maisons en profilant d’un bourrelet horizontal pouvant servir de toit. Il en est encore actuellement ainsi en bien des points de la vallée (lig. 1 cto). Mais c’est surtout au Moyen Age (pie ce mode de construction parait avoir été fréquent. Il n'est presque pas un point du pied des falaises où l'on ne trouve les traces des poutres autrefois plantées dans le rocher, des auges creusées dans la [lierre, des rainures et des alcôves dont
- Fig. 1. — La falaise des Evzies.
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- 1 Yoy. n° 1505, du 15 mars 1902, p. 226. 32e année. — 2= semestre.
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- l'usage n’est pas toujours facile à déterminer. Ces témoins de l’ancien peuplement du pays subsistent alors que toute trace des bâtiments a depuis longtemps disparu.
- Il y a, d’autre part, des châteaux entièrement creusés dans le roc; certains ont joué un rôle dans la guerre de Cent ans. La plupart n’étaient que des repaires de brigands. En aval des Eyzies, sur la rive droite de la Yézère, on voit au-dessus du hameau du l'ech, à mi-hauteur d'une falaise verticale, trois séries de chambres ouvertes vers l’extérieur, mais actuellement tout à fait inaccessibles (fig. iü). Certaines, situées à des niveaux différents, sont réunies par un couloir oblique, visible sur la ligure, les autres ne semblent pas être reliées entre elles. On peut dilficilement imaginer comment on a pu les creuser à cette hauteur. Pour y parvenir les habitants
- avaient du vraisemblablement jeter un pont au-dessus de l’abîme à partir du côté où la falaise s’abaisse sensiblement. Le château était donc accessible d'en haut seulement. Des sortes de consoles naturelles qui font saillie sur le rocher peuvent avoir servi à supporter ce pont. Les exemples de fortifications de ce genre abondent dans toute la vallée.
- La chronologie des stations paléolithiques mérite de nous arrêter quelques instants. Il est reconnu que les vallées de la Yézère et de ses affluents ne peuvent avoir été creusées A leur profondeur actuelle que par les puissants, cours d’eau de l'époque glaciaire. Par suite toutes les 'stations situées dans le fond des vallées sont nettement post-glaciaires, puisqu'il l’époque où elles étaient habitées, le niveau des rivières était à peu près égal à ce qu’il est aujourd’hui. Il en est ainsi des stations magdaléniennes de Laugerie-Basse et de la Madeleine, et des stations solutréennes de Cro-Magnon et de Laugerie-Haute. Or on sait que, d'après la théorie soutenue tout ré-
- cemment par le géologue autrichien Penck1, il y a eu quatre périodes de grande extension des glaces; le magdalénien correspondrait à la fin de la dernière extension, le solutréen serait interglaciaire et le monstiérien répondrait à l’avant-dernière extension glaciaire. Les faits constatés aux environs des Eyzies cadrent difficilement avec cette hypothèse. Si la station du Moustier est située vers le haut de la falaise, ce qui semble indiquer que la vallée n’était pas encore profondément creusée, il ne faut pas oublier qu’il en est de même de stations bien plus récentes, celles des Eyzies et du haut de la gorge d’Enfer par exemple, qui sont nettement magdaléniennes; et d'antre part la station chelléo-moustérienne de la Micoqne, quoique très ancienne, est à un niveau très has. En résumé les vallées avaient déjà leur profondeur actuelle lorsque l’homme est venu s’établir pour la première fois dans cette région; et les différences de niveau des stations proviennent de causes toutes locales où leur chronologie relative n’a rien à voir.
- Parmi ces causes, l’une des plus importantes parait avoir été le voisinage de l’eau. Nous savons que certaines cavernes sont au niveau même des rivières; pour celles situées à un niveau plus élevé il y a toujours une source dans le voisinage. Dans le fond même de l’abri du Moustier s’ouvre un canal actuellement à sec, qui montre que c’était autrefois une source. 11 en est de même dans la grande grotte de la Gorge d’Enfer : il parait même que la source a coulé jusqu’à une époque récente. Actuellement l’eau sort en avant de la grotte, à un niveau bien inférieur. C’est là un indice du dessèchement progressif de la région. A côté de l’abri situé près du sommet de la falaise, au-dessus de la grande minoterie des Eyzies, on observe un conduit surbaissé qui a dû amener de l’ean à une époque reculée. En face de l’abri proprement dit on ne fait aucune trouvaille archéologique; tout a été balavé par les agents atmosphériques; mais en avant de cet ancien aqueduc, qui s’ouvre sur la même terrasse, les eaux chargées de calcaire ont consolidé les débris archéologiques en une brèche très dure renfermant des silex, des os et des charbons. Ce fait prouve bien que la source coulait à l’époque où l’homme paléolithique habitait cette grotte et que le climat n’était pas aussi sec qu’on a bien voulu le dire. L'étude des stalactites et des stalagmites peut également fournir des indices sur les variations du climat. En général, dans les grottes situées à une certaine altitude, il ne se forme plus actuellement de dépôts calcaires parce que l’épaisseur de la roche au-dessus du plafond est insuffisante. Il en est ainsi 1 Yov. T « Anthropologie », t. XV, 1904, il" 1, p. -A et o.n
- Fig. 3. — L’entrée de la grotte des Combarelles. (Le vestibule de la grotte sert de grange et est séparé de l’extérieur par un mur percé d’une porte qui se voit au milieu de la figure, à gauche de la maison adossée au rocher.)
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- ;m Moustier; mais en creusant un pou l’argile (|iii l'orme le sol de la grotte, on rencontre une ccmclie d’anciennes stalagmites, et on reconnaît,d’autre pari, que les capillaires du plafond croissent sur de vieilles stalactites. Ces constatations indiquent que le climat a été [dus humide autrefois.
- Dans les grottes situées à un niveau inférieur et, par suite, recouvertes d’un épais manteau de roches, la formation des stalactites continue encore'aujourd’hui. 11 en est notamment ainsi aux Comharelles (tig. 7>). Pour rendre la grotte plus accessible, on a enlevé du sol au moins 50 centimètres de stalagmite qui ne s’y trouvaient certainement pas au moment où les dessins ont été exécutés, car le peu de hauteur du couloir aurait rendu le travail des artistes impossible. On n’arrive au fond de la grotte qu’on rampant et là aussi, dans cette arrière-cavité presque inaccessible de nos jours, il y a des dessins. Ce comblement progressif de la grotte prouve bien l’antiquité des gravures qu’elle renferme, dont certaines sont en partie recouvertes par des dépôts calcaires. D’autre part, la présence de stalactites relativement récentes au plafond explique pourquoi on n’y voit pas de noir de fumée produit par les lampes des artistes préhistoriques.
- Si Comharelles est bien visiblement l’ancien déversoir d’une source située maintenant à un niveau inférieur par suite du dessèchement progressif de la contrée, Font-de-Gaume n’est qu’une fente très élevée et très étroite où ne se forment plus guère de stalactites actuellement. En revanche, l’étude des dépôts calcaires anciens est très intéressante. M. l'abbé Itreuil, (pie j’ai rencontré là-bas, a bien voulu me faire remarquer que les artistes paléolithiques avaient su profiter des reliefs naturels de la roche pour leurs sculptures : un cheval a tout son arrière-train constitué par une coulée de stalactite. D’autre part, la grotte tend à se vider, probablement par entrainement de son sol dans le prolongement inférieur de la tissure. On observe par suite trois planchers sta-lagmitiques superposés, dont les restes se voient sur les parois de la grotte; le plus élevé est le plus ancien. U semble qu’à mesure que la grotte se creusait, l’homme quaternaire a perfectionné son art. Mais ce n’est que lorsque l’abbé Breuil aura terminé le relevé des gravures et peintures de la grotte, qu’on pourra se prononcer sur l’existence de ces écoles artistiques d’avant l’histoire, dont les œuvres se superposent par ordre d’ancienneté sur les parois de la grotte.
- En tous les cas, l'authenticité des œuvres d’art est tout à fait hors de doute, tant par leurs caractères spéciaux que par leurs conditions de gisement. Dans une visite laite seul à Comharelles et à Eonl-dc-Camne, j ai pu retrouver beaucoup de figures signalées par MM. Capitan et Breuil. La plupart sont merveilleuses de vérité et ont visiblement été laites par des hommes en contact continuel avec les animaux qu’ils représentaient. Il faut souhaiter que cette collection, unique au monde,soit respectée parles visi-
- teurs qu’elle ne manquera pas d’attirer, et que les auteurs de ces remarquables découvertes, MM. Breuil, Capitan et Peyrony, nous donnent bientôt le travail d’ensemble qu’ils préparent sur ces merveilles de l’art préhistorique. l)r L. Laloï.
- LE POIDS D’UINE ÉTOILE
- M. Adalbert Prey, de Vienne, a récemment tente une nouvelle détermination de la masse des composantes du système double 70 Ophiuehus. On sait que cette étoile est située à 5 degrés environ à l’Est de ji et y Ophiuehus, dans une région très riche en étoiles et en amas. Sa position, rapportée à 1900, est :
- Ai =r I S" 0“ 24s ; (D---+ t>° 31%i.
- Dans les instruments de moyenne puissance, elle se présente sous l’aspect de deux soleils orangés, l’un de la grandeur 4,1 et l’autre de la grandeur 6,1.
- Les composantes de ce système effectuent leur révolution complète l’une autour de l’autre en quatre-vingt-sept ans, dans le sens rétrograde et en décrivant une ellipse dont le grand axe apparent atteint 9" environ. Par suite de l’obliquité de cette orbite sur le rayon visuel, la distance des deux astres oscille entre 7" et 12".
- On a pu évaluer sa parallaxe, c’est-à-dire l’angle sous lequel, de celte étoile, on verrait le demi grand axe de l’orbite terrestre. Le chiffre trouvé est de 0",16. La distance qui lui correspond est effrayante. Elle est de 193 trillions de kilomètres et la lumière met vingt ans et cinq mois à la parcourir.
- Nous voyons donc ce beau couple comme il était il y a vingt ans, c’est-à-dire qu’en réalité les composantes ont accompli un quart de leur révolution pendant la durée du trajet de la lumière.
- M. Prev, en se servant des positions données dans les catalogues depuis 1820, époque à laquelle on a commencé à faire une distinction entre les positions de chacune des deux étoiles, a établi que le centre de gravité du système est aux 4/5 de la distance et plus près du compagnon. La masse de celui-ci est donc 4 fois plus grande que celle de l’étoile principale. En adoptant la parallaxe de Schur (0",16), les deux masses sont respectivement de 0,52 et 1,28, celle de notre Soleil étant prise pour unité.
- L’ensemble des deux masses est donc 1,6 fois celle du Soleil, soit 519 000 fois celle de notre globe terrestre.
- Sous ne pouvons essayer de nous faire une idée de la quantité, de matière représentée par un tel nombre. La masse de la Terre est 5 957 930 quintillions de fois celle de I kilogramme. Pour l’écrire, il faut faire suivre le nombre 5 957 950 de dix-huit zéros. Si nous voulons évaluer en kilogrammes la masse du système 70 Ophiuehus, nous arrivons au chiffre fantastique de 5092 octillions, soit : 5092 000 000 000 000 000 000 000 000 000
- De tels chiffres ne représentent plus rien à l’esprit, impuissant à les comprendre.
- L’étoile 70 Ophiuehus oflre un exemple frappant d’un système binaire dans lequel le rapport des masses est absolument différent de celui des éclats. Ici le compagnon est 4 fois plus loui’d, et 6 fois moins lumineux.
- L’exemple le plus connu est Sirius,donl le compagnon, 2,5 lois moins lourd, est de la 9e grandeur, c’est-à-dire 14 000 fois moins lumineux. Pour Procyon, dont le compagnon est de la 159 grandeur, c’est-à-dire presque 100 000 fois moins lumineux, la masse est cependant 7 fois plus grande. Em. Iocciiet.
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- UNE VOITURE AUTOMOTRICE SUR LE METROPOLITAIN
- Chaque nuit, lorsque les derniers trains du Métropolitain ont regagné leurs garages, des équipes d’ouvriers circulent sur les voies pour les vérifier et faire les réparations nécessaires. Aucun courant n’étant envoyé sur les rails conducteurs entre les heures de fermeture et d’ouverture, le personnel peut aller et venir, procéder au remplacement des rails en toute sécurité.
- Mais cette quiétude indispensable a nécessité la création d’un type spécial de véhicule destiné au transport rapide du matériel et qui fût en môme temps capable de gravir les fortes rampes qui se rencontrent en certains endroits et aussi de marcher indifféremment dans les deux sens, car l’on sait qu’il
- n’existe pas de plaques tournantes sur le réseau.
- La Société des Automobiles de Dion-Bouton a été chargée de l’étude et de la construction de ce nouvel engin, et, malgré les exigences de la compagnie, elle a su établir une voiture automotrice qui répond à tous les besoins et pourrait bien ouvrir la voie à une série d’autres applications. Disons d’abord (pie le véhicule doit remorquer une charge de 10 tonnes à la vitesse de 2b kilomètres à l’heure quelles que soient les rampes, fournir un parcours double de la longueur de la ligne Nord-Sud — la seule construite lorsque le projet fut mis à l’élude — sans nécessiter une alimentation d’eau et de combustible en cours de route, et être enfin do dimensions restreintes et
- Fig. 1. — Vue intérieure de la voiture automotrice du Métropolitain de Paris.
- de conduite facile. Pour différentes raisons qu’il ne nous est pas loisible de développer l’emploi exclusif de la vapeur, du pétrole et de l’électricité emmagasinée dans des batteries d’accumulateurs, fut rejeté pour faire place à un système représenté par un genre de locomotive Heilmann, avec cette différence que la vapeur est remplacée par un moteur à explosions. La nouvelle voiture automotrice est donc constituée essentiellement par un groupe électrogène dont le courant actionne les moteurs placés sur les deux essieux. C’est en somme le principe des voitures automobiles mixtes appliqué à un puissant tracteur.
- Afin de limiter autant que possible les dépenses, on a utilisé le châssis complet des voitures en service sur le réseau ; les roues, les essieux, les pièces de choc et d’accrochage, les ressorts, appartiennent donc au matériel courant. Sur le châssis est placée une plate-forme en tôle striée dont une certaine portion a
- été laissée libre à l’avant et à l’arrière pour y disposer les pièces de rechange à transporter sur leurs lieux de destination; le bâti en fonte du groupe électrogène occupe la partie centrale de la plateforme et il est recouvert d’un abri entièrement métallique séparé par une cloison de la cabine où sont rassemblés les organes de manœuvre. Le groupe est constitué par un moteur de Dion-Boulon à quatre cylindres faisant 52 chevaux et qui tourne à 1500 tours par minute. Le réservoir d’essence, d’une capacité de 50 litres, est placé dans un angle de l’abri assez éloigné du moteur pour éviter les accidents; il envoie directement le liquide au carburateur qui le distribue par quatre tubulures sous la forme de mélange explosif à chacun des cylindres. L’allumage du moteur est électrique ; le courant nécessaire est fourni par une petite batterie d’accumulateurs renfermée dans une caisse attachée à la paroi de l’abri et qui contient également la bobine.
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- Lo refroidissement de ces cylindres s’opère par cir-eulation d’eau régularisée par l'intermédiaire d'une pompe, actionnée par le moteur, qui chasse le liquide dans un radiateur placé à l'avant de l’automotrice et devant lequel tourne un ventilateur actionné par Taxe de la dynamo. Cette dernière est à quatre pôles; l’inducteur est formé de quatre bobines d’excitation et le courant primaire provient d’une batterie d’accumulateurs suspendue dans deux caisses sous le châssis. Cette batterie fournit également le courant nécessaire à l’éclairage des travaux. L’enroulement de l’induit est constitué par des barres reliées par les lames du collecteur d’une part et par un connecteur. Le bobinage est en tension, le collecteur est isolé au mica et le; balais sont en charbon. Lu
- tableau fixé à la cloison reçoit le courant et le distribue aux moteurs.
- On a placé un moteur sur chaque essieu afin de bénéficier de l’adhérence totale à cause des fortes rampes de la voie. L’inducteur est à quatre pôles dont deux conséquents et l’enroulement est fait en série. L’induit étant double porte deux bobinages sur le même noyau avec deux collecteurs correspondants ; 1e mica a été également employé comme isolant et le charbon dans les balais. La puissance de ces moteurs est beaucoup supérieure à celle du groupe ; chacun d’eux peut, en effet, fournir 80 chevaux, ce qui permettra, si le besoin s’en fait sentir, d’augmenter la puissance du groupe électrogène sans toucher aux moteurs. Le tableau de distribu-
- Fi[!. ‘2. — Vue dVns(Miil>li‘ il.! la voilure automolrico «lu Métropolitain de. Taris.
- tion comprend un coupleur et un contrôleur autorisant divers groupements des induits et des inducteurs selon que le véhicule doit marcher à vide ou chargé en palier ou en rampe, un inverseur pour la marche avant ou arrière et un appareil distributeur capable d’actionner, suivant les cas, un seul moteur ou les deux à la fois. Le véhicule est pourvu de trois freins : un frein à main commandant les . palonniers par une vis, un frein à air comprimé ordinaire agissant par sabots sur les roues et un frein électrique.
- Les essais de cette voiture automotrice se poursuivent actuellement; on a pu lui faire gravir une rampe de 15 pour 100 qui existe aux ateliers de la Compagnie, rue des Maraîchers. 11 est possible, nous dit-on, d’arrêter le véhicule en pleine rampe et de démarrer ensuite très facilement.
- Nous sommes donc réellement en présence d’une
- petite locomotive électrique dont on peut concevoir différents modèles capables de circuler sur les lignes ferrées quelconques. Vraisemblablement celles à voies étroites seront les premières à bénéficier de ce progrès; puis nous verrons des machines semblables, mais de plus grandes dimensions, remorquer des trains entiers avec autant de facilité, plus rapidement peut-être, et avec la fumée en moins, sur tous les réseaux de chemins de fer.
- En attendant, la nouvelle application (pii vient d’être faite du moteur à explosions était intéressante à signaler; cet engin, qui a déjà pris possession des routes, des rivières, des voies ferrées, voire même des ballons, vient rendre des services jusqu’à notre Métropolitain. En vérité on ne s’attendait guère à le rencontrer en ce lieu,
- Lucien Fournier.
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- UNE FOURMI PROVIDENTIELLE
- On sait que depuis quelques années — depuis 1894 exactement — les planteurs de coton des États-Unis du Sud sont fortement ennuyés des ravages qu’occasionne dans leurs plantations un insecte qui porte le nom d’« An-thonomus grandis ». Cet insecte s’attaque à la graine, et, en détruisant la fibre qui constitue le coton, il réduit de beaucoup le rendement. Ayant réussi à se faufiler dans les cultures du Texas, il y a pris un pied si ferme et a si bien étendu son domaine que, l’année dernière, il a coûté aux planteurs du Texas seul une perte de plus de 60 millions de francs. En 1902, il les a privés de 50 millions : et depuis qu’il est installé dans le pays il lui a coûté 250 millions au bas mot. Gomme l’aire de son habitat s’étend chaque année, et cela de près de 80 kilomètres par an, on est en droit de craindre que l’Antho-nome ne s’établisse dans les territoires adjacents, et n’envahisse la région des Etats-Unis dont le coton constitue la principale culture. L’inquiétude des planteurs de la Louisiane, de la Virginie, de la Géorgie, etc., est plus que justifiée. Elle l’est d’autant plus que toutes les méthodes imaginées jusqu’ici pour combattre le fléau se sont montrées parfaitement inefficaces. En présence de cette situation d’une incontestable gravité pour les intérêts économiques des États-Unis, qui sont, pour le présent — mais il n’en sera pas toujours ainsi, — la principale source du coton utilisé dans le monde entier, le service entomologique du Ministère des États-Unis a décidé d’envoyer un de ses entomologistes dans la région qu’on pouvait considérer comme étant le pays d’origine du parasite, afin de voir si dans ce pays il n’existait pas quelque ennemi naturel qui le tint en respect, et qu’on pourrait importer aux États-Unis pour y continuer sa tâche. M. O. F. Cook fut désigné pour cette mission ; et il partit pour le Guatemala, où le coton existe, et où l’Antho-nome existe aussi. Dès le 20 avril dernier (voir le Bulletin 59 du « Bureau of Entomology » du Ministère de UAgriculture de Washington) M. O. F. Cook eut la satisfaction de mettre la main — à Alla Vera Paz — sur un animal qui, le lendemain même, se révéla comme un ennemi acharné et infatigable destructeur d’Anthonomes. Cet insecte porte le nom commun de « Kelep » au Guatemala; c’est une fourmi. Son état civil n’a pas encore été élucidé. Est-ce une espèce non encore observée? C’est peu probable. En tout cas, son nom scientifique nous reste inconnu, pour le présent. Ce n’est d’ailleurs qu’un très petit malheur ; il sera prochainement réparé : ce qui est le plus intéressant dans l’affaire du « kelep », c’est que M. O. F. Cook a trouvé en lui un grand massacreur d’Anthonomes. Ce premier point établi, M. Cook a cherché à introduire la fourmi au Texas; malgré les difficultés du voyage il a réussi à ramener dans son pays quelque 4000 « keleps », en 89 colonies. Il les avait si bien installées, que, sur ces 4000, il n’en a guère perdu qu’une douzaine durant le trajet : douze fourmis seulement ont péri durant le mois qu’a pris le voyage du Guatemala au Texas. Ces colonies ont été installées en différentes localités infestées par l’Anthonome, et l’on espère qu’elles feront, au Texas, la besogne qu’elles font si bien au Guatemala. Mais sur ce point, on ne peut rien dire encore : le temps montrera si le « kelep » conserve ses vertus aux États-Unis.
- En attendant de savoir ce qu’il fera pour la culture du coton, on peut toutefois donner quelques renseignements sur sa manière de vivre ordinaire. Le « kelep » vit dans
- des terriers, dans le sol. Ces terriers se trouvent à une faible profondeur : leur longueur varie de 50 centimètres à un mètre. Chaque terrier comprend de 5 à 6 petites chambres, réunies par des galeries. La reine, avec des œufs et de jeunes larves, occupe généralement la chambre la plus profonde ; les autres fourmis occupent le restant du logis. Une chambre, toutefois, sert de charnier : les fourmis y accumulent les restes (les carapaces, ailes, etc.), des insectes dont elles ont dévoré les parties molles. Dans ce charnier différents parasites ont élu domicile : un mollusque, un ver, et différents insectes. On n’y trouve point de cadavres de fourmis : leur charnier ne leur sert pas de cimetière : elles jettent les défuntes hors du nid, au loin : elles ne les accumulent pas dans une chambre spéciale comme le font les autres fourmis. Le plus souvent, l’entrée du terrier se trouve au pied de l’arbuste qui donne le coton : la colonie se trouve de la sorte à côté de son terrain de chasse. Elle paraît faire du bien à l’arbuste, peut-être en aérant le sol où plongent ses racines; car les arbustes les plus vigoureux sont généralement ceux qui ont un nid à leur pied, dans leurs racines. Ce sont aussi ceux qui présentent le moins d’Anthonomes, puisque les fourmis les escaladent sans cesse, à la recherche de leur proie.
- La fourmi kelep est essentiellement carnassière. Elle ne vit que de proies animales. Elle leur donne la chasse de manière très pondérée et délibérée : elle n’a rien de nerveux ou de précipité. Fait à noter en passant : elle ne s’attaque jamais à une proie morte, ou à un insecte immobile pouvant paraître mort. Un Anthonome qui a l’esprit de se tenir tranquille devant un « kelep » qui le considère, immobile, antennes et mandibules étendues, a toutes les chances de s’en tirer s’il continue à paraître mort assez longtemps. Dès qu’il remue, par contre, il est perdu. La fourmi voit qu’elle a affaire à du gibier vivant et elle fond dessus sans perdre un instant. Le plus souvent, elle le pique, et la piqûre, faite dans un des défauts de la carapace de l’Anthonome, paraît exercer un effet paralysant. Mais elle ne pique pas toujours, et, à l’occasion, se contente de saisir l’ennemi, et de l’enlever jusqu’à son nid. Celui-ci reste immobile, comme s’il faisait le mort, mais c’est trop tard. Et, au nid, il est écartelé et dévoré. Les Anthonomes paralysés sont-ils mis en réserve,etpeuvent-ils, quoique paralysés, continuer à vivre, et garder de la sorte de la viande fraîche à leurs bourreaux? On ne sait encore. Au reste, le « kelep » ne mastique pas ses aliments : il déchire sa proie, et ensuite en suce les sucs, tenant le cadavre entre ses pattes de devant, comme le ferait un écureuil s’il était carnivore.
- Dans son pays d’origine, le « kelep » s’attaque principalement à l’Anthonome : mais, à l’occasion, il s’en prend aussi à d’autres espèces. Fera-t-il de même au Texas? La question a son importance. Car s’il fait la guerre à certains insectes nuisibles tout sera pour le mieux. Déjà on sait qu’il extermine fort bien les fourmis coupeuses de feuilles qui sont si gênantes au Texas. Mais s’il s’attaque aux insectes utiles aussi, la satisfaction des agriculteurs sera moindre. A vrai dire, pour le moment, le « kelep » semble très bien comprendre ce qu’on attend de lui. II massacre les Anthonomes et certains insectes malfaisants ; il respecte d’autres insectes, qui sont utiles. On ne peut dire toutefois ce qu’il fera le jour où devant ses agressions l’Anthonome aura disparu. L’affaire de la mangouste en Jamaïque montre que les bienfaiteurs du jour peuvent devenir les fléaux du lendemain. Mais nous n’en sommes pas là : il faut d’abord que le
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- « kelep » s’établisse solidement au Texas et qu’il y fasse la besogne pour laquelle il a été invité. On verra plus tard s’il faut se réjouir ou non. Pour le présent, on a bon espoir, et avec raison. Henuy de Y.uîigny.
- UNE USINE ÉLECTRIQUE
- AUX CHUTES DU ZAMBÈZE
- Nous ne sommes plus à l’époque où la région du Zambèze était encore « terra incognita » ; non seulement le centre de l’Afrique est connu, non seulement les fameux Lacs sont parcourus par des bateaux à vapeur ou même à pétrole, dont nous avons parlé ici, non seulement une voie ferrée les relie au littoral ; mais encore le chemin de fer du Cap au Caire, qui avait toujours été la pensée favorite du célèbre Cecil Rhodes, est en train de devenir une réalité. Ce chemin de fer est naturellement appelé à franchir le Zambèze en venant de Bulawayo, et les travaux de cette traversée sont déjà commencés : nous en reparlerons quelque jour. Mais le fait même que la civilisation a pénétré si réellement dans ces parages a amené à cette idée qu’on allait avoir besoin de force motrice, tout d’abord pour la traction sur la voie ferrée, puis pour l’exploitation des mines, pour des industries diverses qui vont se créer un peu partout, principalement dans le voisinage de la voie ferrée. Et l’on s’est dit, avec juste raison, que le cours du Zambèze, avec le volume énorme d’eau qu’il roule, pouvait permettre d’installer quelque station hydro-électrique assurant la production et le transport de la force motrice à bas prix.
- Le point choisi pour l’établissement de cette usine électrique serait les chutes Victoria, qui se présentent, ainsi que nous allons le voir, dans les meilleures conditions possibles pour une installation de ce genre. Nous reproduisons une carte de ces chutes et du cours du Zambèze au-dessus et au-dessous, ce qui donne la possibilité de sé rendre compte du régime hydrographique dont il sera facile de tirer parti.
- Si nous nous reportons à cette carte, et aussi aux descriptions de ces parages fournies récemment par M. E. F. Knight et par M. Sikes, commissaire de district anglais, nous voyons que, un peu avant les chutes Victoria, le puissant fleuve coule à peu près dans la direction nord-sud, et à encore moins d’un kilomètre de la chute proprement dite, la largeur de la nappe d’eau atteint 2500 mètres ; elle se rétrécit ensuite et, au moment où elles tombent verticalement, les eaux forment un rideau qui n’a pas moins de 1750 mètres de large. Ce qu’il y a de bien curieux, c’est que, au point précisément de la chute, il semble que le fleuve disparaît complètement, comme s’il s’engloutissait dans le sol, car on ne voit nulle part de continuation de son lit. Le fait est que, comme nous le montre la carte que nous donnons, il tombe tout entier dans un canon, un précipice, qui s’étend sur toute la largeur du rideau liquide et perpendiculairement à la direction du cours de l’eau. Il faut naturellement un exutoire à ce tlot prodigieux qui vient constamment s’engouffrer dans la crevasse, et il lui est fourni assez chichement par une gorge que l’eau a creusée dans la masse du rocher, vers l’extrémité est du canon : le mur vertical de ce dernier, qui fait face à la chute, souvent à moins de 40 mètres, est en effet percé en ce point, et l’on voit s’y précipiter toutes les eaux du Zambèze par un défilé qui n’a pas plus de 90 mètres de largeur, et dont les berges à pic ont certainement 120 mètres de haut. On comprend quelle vitesse vertigineuse les eaux doivent prendre dans ce
- passage, étant donné le volume de la chute, qui est assurément bien supérieur à celui des Chutes du Niagara. Le cours du Zambèze se continue durant près de 70 kilomètres dans ce déiilé si profondément encaissé au milieu du plateau que forme en cet endroit la contrée que traverse le grand fleuve.
- Si l’on songe que la largeur de la chute Victoria est deux fois celle des Niagara Falls, et que sa hauteur est plus que double, ou comprend quel volume d’eau formidable s’écoule constamment par ce déversoir, et il suffirait d’en emprunter une portion bien minime pour créer une usine hydro-électrique gigantesque.
- Les travaux ne sont certainement pas encore commencés, mais il s’est formé un Syndicat financier pour exploiter une partie de cette puissance de 35 millions de chevaux que développent les merveilleuses chutes. Le pays
- Zambeze Fl
- delaCataracte
- Livingston
- Plan des chutes du Zambèze.
- environnant n’est pas encore assez peuplé pour qu’on puisse y trouver nombre de particuliers consommateurs de courant, mais on compte d’abord envoyer ce courant jusque dans le Rand, c’est-à-dire dans la région des mines d’or de l’Afrique du Sud; puis on pense aussi assurer la traction d’au moins une bonne partie des chemins de fer de cette région, à commencer par la section du Chemin de fer du Cap au Caire, qui va bientôt traverser le Zambèze même. On estime arriver à distribuer l’électricité dans un rayon d’au moins 450 à 480 kilomètres, et l’on ambitionne de créer un jour une distribution de 700 à 800 kilomètres, qui aurait cet avantage de pouvoir atteindre toutes les exploitations minières de l’Afrique méridionale. En tout cas, même en se limitant, il semble que l’on trouvera aisément à vendre le courant produit, et d’autant que la contrée autour des chutes Victoria est fort riche au point de vue minéral. L’installation de l’usine hydro-électrique et des tunnels d’amenée et d’évacuation des eaux sera facilitée par ce fait que le fleuve coule en ce point en plein terrain basaltique. On est en train de faire les études préliminaires du projet, et l’on compte consacrer à ces études au moins 250000 francs. Pour ce qui est des difficultés ou des inconvénients que peut présenter la captation d’une partie, d’une bien faible partie s’entend, de la puissance motrice prodigieuse que renferment les fameuses chutes, il ne faut point s’exagérer les choses. On se trouve en somme dans une situation fort analogue à celle qui se présentait aux Chutes du Niagara : et il est impossible de constater que les Chutes aient rien perdu de leur majesté. D. B.
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- LA NATURE.
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- LES INDIENS DU NORD-OUEST AMERIQUE
- Le Nord-Ouest Amérique n’est connu que depuis le milieu du dix-septième siècle, les renseignements de cette époque sont bien vagues : des chasseurs russes en quête de précieuses fourrures semblent s’être avancés par le Kamchatka vers les îles Aléoutes et jusque sur la cote américaine où ils auraient pris contact avec les Indiens. Des notions plus exactes sur ces régions furent données au siècle suivant par différentes explorations. Un navigateur danois, au service de la Russie, Yitus Bering, explora le premier les cotes de l’extrême nord du Pacifique et s’avança en 1728 à l’entrée du détroit qui porte son nom, entre l’Asie et l’Amérique. Nous croyons devoir faire souvenir que notre Académie
- des sciences peut revendiquer une part dans ces découvertes lointaines : il est positif que Pierre le Grand conçut la première idée d’une exploration complète des mers baignant l’extrémité asiatique de son empire après que nos savants eurent éveillé son attention sur ce point. L’Académie proposa au czar, dès l’année 1717, de faire constater les faits suivants : « 1° De combien l’Amérique était éloignée des confins du Kamchatka les plus reculés vers le nord-est. 2° Si la partie septentrionale du Kamchatka vers le promontoire Tsclmtschi, appelé anciennement le cap Tahiti, n’était pas le pays qui. avoisinait le plus l'Amérique, ou même ne lui était pas contigu suivant les conjectures de beaucoup de per-
- sonnes. » Plusieurs explorations suivirent celle de Bering, et l’on parvint à définir les grandes lignes géographiques de ces régions polaires. En 1779, Cook tenta, sans réussite, de s’avancer dans le détroit pour gagner l'Atlantique par l’océan Arctique; ce ne fut qu’en 1825 que le capitaine YVrangell arriva à le traverser et à établir ainsi définitivement la séparation de l’Asie de l’Amérique.
- Les Russes, avons-nous dit, cherchèrent à fonder vers le milieu du xvne siècle des comptoirs en Alaska, mais ils eurent à vaincre les plus grandes difficultés, dès le début et dans la suite, avec une nombreuse population indienne habitant dans les îles et sur les côtes du continent. Ces Indiens, d’après les rapports qu’en ont laissés les plus anciens explorateurs, étaient arrivés à un certain degré de civilisation : ils construisaient des maisons en bois dont le groupement formait des villages assez importants, ils étaient divisés en nombreuses tribus, sou-
- vent en désaccord, et leurs occupations étaient principalement la pèche et la chasse aux phoques et à la baleine. Leurs camps, indiqués par de grands mfits, sculptés d’étranges figures et retirés toujours près des côtes, leur servaient d’abri et de magasins ; hardis navigateurs, souvent en partance pour de longues expéditions maritimes, leurs bateaux, légers et solides, étaient construits avec art en bois et en peau.
- Les aventuriers russes eurent beaucoup de peine pour conserver leurs comptoirs, les Indiens pillaient les stations et massacraient les nouveaux venus, aussi n’est-ce qu’en établissant des forts qu'ils parvinrent à tenir leur position; lentement l’Indien arriva à subir la présence de l’étranger.
- En 1867, la Russie céda l’Alaska aux États-Unis, le commerce devint alors beaucoup plus actif, le contact continu du blanc apprivoisa l’Indien, si bien que le Sauvage des régions maritimes est devenu un homme civilisé n’ayant qu’à se louer du progrès
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- accompli ; il n’en garde pas moins une partie de ses mœurs de jadis, il a conservé sa langue tout on sachant un peu l’anglais ; il a son village toujours avec ses mats sculptés, et, toujours comme autrefois, il est grand pécheur et grand chasseur.
- J'ai eu l’occasion de m’entretenir avec un chef indien que l’on avait pu conduire à San Francisco; l’aspect de la civilisation lui avait laissé dans l’esprit comme un mirage de quelque chose de merveilleux, d’étrange et d’incompréhensible; dans sa trihu il passait, à cause de son voyage aux Etats-Unis, pour un homme supérieur, et lui-méme se considérait comme tel, aussi alléclait-il dans sa tenue une certaine recherche pour se distinguer de ses concitoyens.
- Plusieurs stations russes existent encore sur les îles et sur le continent, on y voit les forts élevés jadis, mais qui aujourd’hui n’ont plus raison d’être : l’Indienne combat plus le blanc; il s’habille à l’américaine, il apprend à lire et à écrire, il fait dn commerce, cependant il ne se mêle pas complètement aux blancs; son village, ou son camp, est situé à quelque distance de la ville moderne, et là, dans des baraquements sales et puants, véritables magasins de peaux, de poissons, d’engins de pêche et de chasse, il vit au milieu de sa trihu près de grands totems dont la vue lui rappelle, par des symboles, des figures humaines, d’animaux ou d’objets, les hauts laits de ses ancêtres et la noblesse de sa nation.
- t ir- -2. — Femmes et enlimls de pêcheurs indiens sur les côtes du Pacifique nord.
- Le long des cotes du Pacifique nord, les hautes montagnes descendent en pente rapide dans la mer ne laissant point de plage, aussi est-ce dans la chute moins brusque d’une vallée que sont établies les stations, dans un marécage où il a fallu enfoncer des pilotis afin de pouvoir élever dessus des constructions. En voyageant en steamer on rencontre ainsi de nombreux villages, tous sur pilotis, et l’on voit en passant les constructions confortables des blancs et non loin les baraquements bas des Indiens, tout près de la mer, les hauts totems à figures cabalistiques, et on remarque, amarrées aux pieux, de nombreuses barques dont quelques-unes sont creusées directement dans un tronc d’arbre.
- Ces Indiens du nord-ouest maritime ont presque tous un type uniforme, la face est large et plate, les
- pommettes sont saillantes, et la figure presque glabre : le faciès est asiatique. Dans quelques importantes stations, on voit des métis se mêlant presque complètement à la civilisation. Dans les îles sont disséminées de petites tribus, d’origine différente.
- L’Indien ne dédaigne pas le dollar, il sait qu il obtiendra avec cette monnaie du bien-être matériel, aussi est-il devenu homme d’affaire ; il ne donne pas ses fourrures, au contraire, il les vend très cher ainsi (jue les objets de sa fabrication en dents de morses, en pelleteries, en perles et en vanneries ; leurs corbeilles tressées sont de véritables objets d’art. Il sait aussi que le voyageur est friand d’antiquités indiennes, il en crée de toutes pièces. Les engins de pêche de l’Indien sont pour la plupart de sa fabrication, très rudimentaires ils n’en sont pas moins d’une
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- ingéniosité remarquable. Quant à la chasse, c’est la trappe et sa lutte d’adresse contre les fauves qui lui donnent une supériorité incontestable.
- Les Indiens de l’ouest, comme ceux du centre et de l’est du Canada, sont en dégénérescence ; je me suis laissé dire que le bien-être dont ils jouissent en général en était cause : n’ayant plus la lutte terrible pour la vie comme autrefois, la sélection a cessé ; aussi les maux de la civilisation ont prise facile sur eux et tendent à les anéantir. T. Oiulskt,
- ('.liargé de mission seieiililique.
- LES GRENADES A MAIN
- Les Russes font, en ce moment, usage à Port-Arthur de grenades à main chargées d’une poudre explosive, analogue à notre mélinite. Ils obtiennent des résultats très sérieux. Dernièrement, dans l’attaque d’une position, retranchée par les Japonais, un détachement, dont la conduite a été signalée par le général Stœssel, a abordé cette position au petit jour, sans tirer; les sapeurs ont lancé de ces grenades par-dessus les blindages et ont provoqué chez les Japonais une véritable panique, car la position a été enlevée par surprise et sans grandes pertes. Les Russes avaient ainsi utilisé cet engin, qui paraît surtout destiné à la défensive, dans une opération offensive.
- L’exemple n’est pas nouveau cependant. Sans parler des bombes anarchistes, marmites à renversement et autres, lancées par les Henry, les Ravachol, les Vaillant qui sont une application néfaste du même principe, il est intéressant de rappeler que nos officiers du génie employèrent, pendant la guerre de 1870-71, des grenades à main chargées de dynamite.
- Dans une courte Note, que faisait paraître la « Revue du Génie », en 1888, le général Séré de Rivières, l’illustre organisateur des défenses de nos frontières après la guerre, écrivait : « La question de l’emploi des explosifs pour le chargement des projectiles creux remonte à l’attentat d’Orsini. J’avais été frappé à ce moment des ressources que l’on pouvait trouver dans l’emploi des bombes explosibles comme engins militaires....
- « En 1870, ayant été chargé de mettre en état de défense la place de Lyon, je songeai à tirer partie de cette idée, restée jusque-là à l’état latent dans mon esprit. Mais je dus borner les essais au chargement des grenades à main que les défenseurs devaient lancer sur les assaillants, au moment de l’assaut. » 11 fit préparer des grenades cylindriques terminées par une demi-sphère, et chargées de dynamite, par un habile armurier de Saint-Etienne. Il n’eut pas l’occasion de s’en servir à Lyon, mais seulement pendant le siège de Paris, contre la Commune.
- « Après la chute du fort d’Issy, écrit-il, il s’agissait de se débarrasser des défenses préparées en arrière de cet ouvrage. Les grenades, que je fis venir de Lyon, arrivèrent au moment où l’on allait attaquer le Parc des Oiseaux. Ce parc, situé entre le fort d’Issy et la place, était entouré d’un mur crénelé d’où les défenseurs dirigeaient un feu très vif sur nos cheminements. Je fis jeter quelques grenades par-dessus le mur pour en dégager les abords; leur explosion fut formidable et l’ouvrage put être immédiatement enlevé sans trop de sacrifices. » Plus tard, dans Paris même, on put encore se servir de ces engins pour faire abandonner les maisons dont les défenseurs empêchaient de tourner les batteries de la Commune.
- Le général de Rivières écrivait en terminant : « ... Il
- n’est pas douteux que la fusillade ne reprenne, dans la défense rapprochée, son ancienne importance. La grenade à main, elle aussi, doit reprendre son rang sous la forme de grenade-torpille; au moment de la crise finale d’un assaut, le défenseur disposera ainsi d’une arme dans les effets de laquelle il pourra avoir pleine confiance et qui brisera l’élan et le moral de l’assaillant. »
- Tout récemment, les insurgés macédoniens lançaient contre les troupes turques des bombes à dynamite maniées à la main.
- Le chargement en poudre explosive de la grenade à main a certainement augmenté la valeur de ce petit projectile; mais la grenade à main ordinaire chargée en poudre noire est d’un usage réglementaire encore aujourd’hui. Tous nos forts en sont approvisionnés. Ce sont des sphères creuses en fonte de la grosseur d’une boule de jeu de boules afin qu’on puisse l’empaumer. L’intérieur est rempli de poudre. Une ouverture dans la sphère sert à placer la fusée qui est particulière, car il faut qu’elle s’arme au moment du jet. Cette fusée est, en somme, une étoupille de fortes dimensions contenant une colonne de composition fusante ; elle est montée sur un tampon en bois, lequel bouche précisément l’ouverture de la sphère. L’étoupille est traversée par son « rugueux », fil de fer barbelé, comme l’étoupille à canons ; et ce rugueux se termine à l’extérieur par une boucle. Quand on veut lancer la grenade, on engage dans cette boucle un crochet à ressort relié par un petit cordeau de tirage à un bracelet en cuir qu’on se passe autour du poignet droit. On prend la grenade dans la main droite, la fusée en arrière. On lance l’engin en allongeant le bras de toute sa longueur et on ne le ramène en arrière que lorsque le rugueux a été arraché par le mouvement imprimé à la grenade, sans quoi on ramènerait en même temps la grenade et alors....
- Le lancement, on le* voit, n’est pas sans dangers. La portée moyenne des grenades ainsi lancées par-dessus un parapet est de 20 mètres. Avec une fronde, un homme un peu exercé peut lancer la grenade à 50 mètres. La durée de combustion de la composition fusante est d’environ 4 secondes et demie ; au bout de ce temps la grenade éclate en morceaux, le feu s’étant communiqué à la poudre.
- L’usage des grenades à main en fonte remonte à Louis X1Y. Les mousquetaires à pied s’en servaient. En 1067 ils prirent le nom de « grenadiers » qui a été conservé pendant trois siècles pour des troupes d’élite. Les vrais grenadiers portaient les grenades (trois ou quatre) dans une giberne sur la hanche droite ; c’était la « gre-nadière ». Pour lancer la grenade il fallait suspendre le fusil à l’épaule d’une certaine manière; cela s’appelait mettre le fusil à la grenadière. C’est de là qu’est venu sans doute le nom de « grenadière » donné à l’une des attaches de la bretelle du fusil sur le canon.
- Détail curieux : Au milieu du xvne siècle, on lançait la grenade, en tournant le dos au parapet, par-dessus l’épaule droite. Si la coiffure du grenadier avait eu une saillie au-dessus de l’épaule, la grenade n’aurait pu être aisément lancée. C’est pour cette raison que la première coiffure des grenadiers était tubulaire et regagnait en hauteur ce qu’on lui faisait perdre en largeur. Les singulières coiffures des grenadiers Poméraniens, de l’Infanterie de la Garde prussienne actuelle, et du régiment russe de Préobajenski en sont la trace. Nos anciens grenadiers avec leurs bonnets à poils devaient leur coiffure tubulaire (qui paraissait large à cause des poils de la fourrure) au même respect de la tradition. Jkax Vézy.
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- LA NATURE.
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- LES PETITS MODÈLES DE BATEAUX
- DE LA MARINE ALLEMANDE
- Pour permettre aux officiers et aux équipages de bien connaître toutes les dispositions internes et la construction intime des bâteaux qu’ils montent, on a eu une idée fort originale dans la Marine allemande. On fait construire des petits modèles de tous les navires de guerre, non pas des modèles comme ceux que chacun connaît, qui sont sans doute fort exacts extérieurement, mais ne renseignent pas sur la constitution et la construction du navire représenté : ces modèles, faits pour la plus grande partie en pièces d’étain, sont composés d’une infinité de parties qui se détachent, se démontent, si bien que tout le bateau peut être décomposé par celui qui veut le bien connaître, puis remonté ensuite comme ce qu’on donne aux enfants sous le nom de jeux de patience ou de construction. Les conduites même d’air ou d’eau comprimés, les conducteurs électriques sont indiqués en couleur : on peut voir et suivre minutieusement leur parcours; de même, on juge ainsi exactement de la disposition et de l’emplacement des cloisons étanches ; on se rend compte de toute la vie intérieure du navire, et de la raison qui a fait choisir tel ou tel emplacement pour ses diverses machines.
- Généralement, ces modèles sont faits à l’échelle de 2 centimètres par mètre, et ils coûtent relativement cher, puisque le modèle d’un cuirassé de 10 000 tonneaux revient à environ 12 000 francs; mais c’est là de l’argent bien dépensé, si l’on veut que, en dépit des mutations assez fréquentes qui se produisent dans le personnel des navires de guerre, les hommes et les officiers connaissent par le menu l'organisme qui leur est confié. P. i»e M.
- LES ENGRAIS DE POISSON
- Il est bien évident que, là où l’on est assuré de trouver des acheteurs et des consommateurs de poisson, il est regrettable de transformer en engrais des espèces comestibles : et cela quelle que puisse être la proportion des matières fertilisantes que contient le poisson de mer. Mais le fait que souvent, dans le nord de la France, des harengs ont été jetés dans les champs comme fumier, qu’il y a certaines régions où le poisson abonde et d’où il est difficile de l’exporter sur des lieux de consommation, en dépit des moyens de conservation que l’on possède maintenant, ajoute à l’intérêt que présentent les méthodes employées dans divers pays pour transformer des masses de poissons de mer en engrais, en les traitant industriellement de façon à en tirer le meilleur parti à tous égards.
- Un des centres les plus importants, sinon le plus important pour la production des engrais de poisson, c’est le Japon, où l’on utilise couramment ces engrais et avec un grand profit. La fabrication locale atteint au moins 10 millions de yens, dont les 7 dixièmes viennent de U île de A'éso ; et encore, ainsi que nous le verrons, les Japonais font-ils appel pour près de 2 millions de yens aux engrais de provenance étrangère, qu’ils vont fabriquer sur place. Ces engrais sont de deux sortes : tantôt ce sont des poissons et débris de poissons séchés, tantôt les
- tourteaux restants après extraction de l’huile du corps des poissons traités. C’est ainsi qu’on fait sécher au soleil des sardines entières, généralement du fretin invendable, mais aussi parfois des sardines de belle taille, quand la pèche a été particulièrement abondante et qu’on n’a pu tout vendre : on empaquette pêle-mêle dans des sacs faits de nattes de paille. Quand il s’agit de harengs, qui ont toujours une valeur marchande supérieure, on ne sèche que le squelette, comprenant aussi la tète et la queue, une fois qu’on a détaché les blets pour les faire fumer ou les saler ; les œufs sont mis de côté et entrent dans la consommation indigène, mais les laitances ne sont pas consommées et constituent un engrais spécial; les squelettes séchés sont expédiés en hottes.
- Les huiles de poisson sont extraites le plus fréquemment de ces mêmes deux espèces, sardines et harengs : on les fait bouillir dans de vastes cuves, puis on les soumet à l’action de presses en bois soit à vis, soit à levier; les résidus sont ensuite séchés au soleil. Ces engrais, ceux de harengs notamment, donnent de bons résultats dans la culture du riz, à la dose de 55 à 75 kg par 10 ares; on les utilise grandement aussi pour l’oranger, pour l’indigo (en préférant toutefois l’engrais de sardine, qui donne aux feuilles de la plante une coloration intense). Pour le blé, la dose est le tiers seulement de celle que nous avons indiquée pour le riz. Pour cette culture et la plupart des autres, sauf le riz, les engrais sont broyés et délayés dans de l’eau avec laquelle on arrose le sol, les deux tiers de la dose totale nécessaire étant donnés au moment même des semailles ; pour le riz, on se contente de concasser les poissons ou tourteaux et de les jeter dans l’eau des rizières.
- Nous avons dit tout à l’heure que les Japonais faisaient aussi appel à l’importation de ces curieux engrais : ils se procurent notamment beaucoup de sardines en Corée et vont exploiter eux-mêmes les riches pêcheries de Saghalien. Dans ce but, ils louent au Gouvernement russe des stations de pêche, en payant de plus un droit pour chaque poud (56 kg) de l’engrais fabriqué et exporté ; chaque année, il vient bien sur ces lieux de pêche quelque 6000 Japonais, qui reçoivent des avances avant leur départ, pour assurer l’entretien de leur famille durant leur absence, et qui seront logés et nourris par les entrepreneurs de pêcheries. D’avril à juillet la pêche se poursuit jour et nuit, au moins autant qu’on signale le passage de bancs, et elle se fait avec des sortes d’immenses filets verticaux qui barrent le chemin aux poissons en les conduisant dans une sorte de petite madrague où on les ramasse pour ainsi dire à la pelle tellement ils sont abondarits. Nous n’entrerons pas dans les détails de la préparation de l’engrais, qui suppose d’abord l’extraction de l’huile par compression ; tout le matériel employé est des plus primitifs, mais les entrepreneurs ne cherchent à rien perfectionner, parce que les Russes augmentent constamment les redevances, et qu’on n’est jamais sûr du lendemain en la matière.
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- LA NAITRE.
- Les Américains du Nord, qui ne négligent, cl avec raison, aucune sorte d'industrie, se sont mis eux aussi à produire des engrais de poisson : non pas, il est vrai, avec des espèces comestibles, car ils connaissent trop les procédés divers de conservation des matières alimentaires pour ne point livrer à la consommation tout ce qu’il est possible. Les poissons <| u'ils traitent pour fabriquer des engrais sont de la famille des harengs, des clu-péidés, et portent le nom anglais de men-haden ; mais tout en étant au moins de la taille du hareng comestible, comme nous le dit M. Stevenson dans le rapport de la Commission des Pêcheries, ils ne sont pour ainsi dire jamais mangés, parce que leur chair, assez bonne pourtant, est parsemée d’innombrables arêtes : on les utilise comme appât pour dilfé-rentes pèches, et on a eu l’excellente idée de mettre les éléments fertilisants qu’ils contiennent à la disposition de l’agriculture.
- Le menhaden se rencontre sur la côte Est de la Confédération depuis le Maine jusqu’au Texas,mais surtout entre le cap Cod et le cap Henry ; il commence à se montrer en avril et mai et demeure jusqu'il la fin ou presque à la fin de l’automne. On le capture principalement dans une bande de o kilomètres et demi le long du littoral, et cela au moyen de seines en bourses tirées par des bateaux à vapeur qui peuvent prendre des centaines de milles de ces poissons dans leurs lianes. Il est curieux de rappeler que jadis, et avant la spécialisation des industries qui se développent de jour en
- jour dans nos sociétés civilisées, c’étaient les agriculteurs mêmes de la côte qui allaient pêcher le menhaden pour l'apporter comme engrais sur leurs terres; il y a bien encore des fermiers qui travail lent ainsi pour leur propre compte; mais la plupart
- ontcompris qu’ils auraient avantage et économie à acheter cet engrais à ceux qui font métier spécial de le préparer. Et cela d’autant, que cet engrais peut se vendre assez bon marché, parce que les entre)(relieurs de pèche extraient soigneusement l’huile que renferme le poisson, avant d’en faire un fertilisant, et que cette huile, qui se vend bien pour la peinture, la préparation des cuirs, etc., permet de laisser l’engrais proprement dit à bon compte comme sous-produit. Depuis quarante ans environ,
- cette industrie s’est étrangement modifiée dans ses méthodes et développée dans son champ d’application : on a vu des années où l’on a pris jusqu’à Sût) millions de poissons, nous devons dire du reste que la moyenne des prises atteint le chiffre assez coquet de 500 millions; des usines admira blement organisées ont été installées pour traiter ces monceaux de matière première. Ce qu’il y a de remarquable, et ce dont on a douté un certain temps, c’est que, en prenant ces millions de menhaden, les navires pêcheurs ne capturent que des quant ités tout à fait infinitésimales depoissons comestibles, sans doute parce que ceux-ci fuient les bandes de menhaden. Les usines qui traitent ce poisson sont réparties sur la côte suivant les régions où les prises sont le plus abondantes ; elles sont
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- LA NAT THE.
- d'importance variable, et quelques-unes ont un capital d’établissement énorme de deux millions et demi de francs, et peuvent traiter annuellement jusqu’à 500 millions de poissons !
- Nous ne parlerons pas de la pêche proprement dite, qui 11e présente rien de bien particulier. Quand arrivent les navires chargés du produit de leur [tcche, au moins dans les usines les mieux installées, les cales sont vidées et les poissons enlevés par des élévateurs à godets, analogues à ceux qui rendent tant de services dans la manutention des céréales, et qui ont été introduits dans celte industrie depuis 1890; de la sorte on peut décharger 1000 barils de poissons à l’heure, et simplement avec quatre hommes. Avec l’ancienne méthode, qui est d’ailleurs
- Fig. 3. — Déchargement des poissons par élévateurs.
- son demande une grande habileté de celui qui conduit l’opération, car un excès de cuisson facilite bien l’extraction de l’huile, mais a l’inconvénient de nuire à la qualité de cette huile et à la valeur des résidus comme engrais; la cuisson dure 50 minutes, on évacue l’eau et l’huile qu’elle contient en suspension, et 011 laisse la masse s’égoutter. Depuis quelque temps, on emploie des appareils de cuisson continue à vapeur, vastes cylindres où sont lancés des jets de vapeur et où l’opération 11e dure que 15 minutes, et qui traitent 600 barils à l’heure ; des élévateurs et transporteurs emportent la pulpe dans des bassins d’égouttage. Cette pulpe est ensuite chargée dans des récipients de compression, qui peuvent se déplacer sur des voies ferrées et rappellent assez bien les treuils à vendange des petites exploitations; le fond de ces récipients peut s’ouvrir pour laisser tomber
- pratiquée encore dans les établissements secondaires, il faut 5 à 6 heures pour le même travail; on charge les poissons dans des bennes suspendues à des grues, et que l’on vide dans des wagonnets qui vont ensuite porter leur chargement dans les trémies de l'usine. D’une manière générale, le poisson passe d’abord dans des balances automatiques, pour être ensuite emporté par un transporteur. Il y a là toute une série de détails ingénieux, et les appareils amènent finalement la matière première dans les chaudières de cuisson : tantôt ce sont de vastes bassins en bois, au fond desquels sont disposés des serpentins où l’on peut faire passer de la vapeur, qui échaudé l’eau de mer ou baignent les poissons; ceux-ci sont transformés en une sorte de pulpe. Le degré de cuis-
- Fig. i. — Appareils d'extraction de l'huile.
- le tourteau après qu’il a été soumis à un pressage complet. Celui-ci se fait naturellement au moyen d’un piston hydraulique sous lequel on amène chaque charge. On arrive de la sorte à enlever une bonne partie de l’huile contenue encore dans le poisson ; il en reste de 5 à 7 [tour 100, et l'on n’a guère avantage à traiter de nouveau la pulpe à l’eau chaude. Pour ce qui est de la séparation de l’huile mélangée d’eau obtenue dans les diverses opérations, nous dirons qu’on a recouru sans succès industriel aux vapeurs de benzine ou de sulfure de carbone : normalement on soumet le mélange à une température suffisante pour faire séparer l'huile, qui monte à la surface; le raffinage se fait généralement dans d’autres usines. La teneur en huile est très variable suivant les années et les jours de pêche, elle atteint parfois [dus de 50 litres au millier de poissons.
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- Quant au résidu, on ne peut le vendre en vert, ear il ne supporterait pas un transport à longue distance. Autrefois on ne procédait au séchage que par étendage au soleil ; mais maintenant, et [tour des raisons qui se comprennent aisément, on fait passer le résidu dans des sécheurs à air chaud, de types divers, ou encore dans des cylindres à double enveloppe avec circulation de vapeur entre les deux parois. On traite aussi certains résidus par l’acide sulfurique pour fixer l’ammoniaque.
- On estime que cet engrais vaut le guano du Pérou, tout eu se vendant beaucoup moins cher.
- Pierre de Mériel.
- L’activité lunaire. — La question si intéressante de l’existence probable d’une activité du sol lunaire, ou de variations s’accomplissant encore à la surface de ce sol, est remise sur le tapis par une observation récente du professeur W. 11. Pickering. Cet astronome, à l’Observatoire Loue (Californie), a constaté pendant la nuit du 31 juillet dernier, dans le fond du vaste cirque de « Platon », une tache brillante et vaporeuse, d’environ 2" de diamètre; les observations faites les jours précédents (21, 22, 25, 27 et 28 juillet) n’avaient rien décelé de sem-b'able. Le 2 août, au lieu et place de la petite tache brillante, se voyait un objet noir de forme elliptique, ressemblant beaucoup à un petit cratère qui aurait 2 miles (5200m) de diamètre à peu près; au Nord et au Nord-Est de ce cratère s’étendait une grande aire blanchâtre. L’endroit en question coïncide approximativement avec le petit cratère marqué 5 sur la carte publiée par les Annales de l’Observatoire de Harvard College, pl. X, vol. XXXII. Ce fait intéressant d’une formation temporaire et variable a été confirmé par les observations qui se sont continuées pendant le mois suivant. Le nouveau petit cratère aurait plutôt 5 miles de diamètre (4800"') et la tache blanche environnante a changé de place depuis le commencement d’août, sans aucun doute. En même temps que l’on procédait à ces recherches, il a été constaté aussi diverses autres variations, entre autres la disparition de l’aire b'anchàtre qui entourait le petit cratère 5 de la carte précitée; puis de nouveaux cratères et une tache sombre ont été découverts entre les deux rainures du bord Sud de Platon, un autre au bord Nord-Est, et un quatrième au Sud-Est du cratère 06. Mais il semble plutôt que ces dernières découvertes n’impliquent nullement l’apparition de formations nouvelles; il s’agit plus vraisemblablement d’objets non remarqués ou catalogués jusqu’ici, et l’on sait que ces cas sont encore très fréquents en sélénographie. Quoi qu’il en soit de ces derniers cas, l’intérêt des phénomènes décrits précédemment n’est nullement amoindri. Ce n’est pas la première fois qu’il s’agit d’observations se rapportant à des changements ou variations s’accomplissant dans Platon. L’étude de cette vaste et belle arène, parsemée de détails, avait déjà permis au savant professeur Pickeifng de formuler, en 18112, cette opinion que sans doute l’activité volcanique n'est pas encore complètement éteinte à la surface de notre satellite.
- Les installations hydro-électriques dans le monde. — M. Cainpbell-S\vinton vient de présenter à l’Association Britannique une étude fort intéressante sur le développement des usines hydro-électriques dans les
- différents pays du monde. Pour lui le total de la puissance actuellement utilisée par ces usines, est de 1 million 1/2 de chevaux : dans cet ensemble, la part des seuls Etats-finis serait de 527 0Ü0 chevaux ; le Canada viendrait immédiatement après avec 228 (101) chevaux ; la part de l’Italie serait de 210 000, celle de la France de 102 000. La Suisse en aurait 155 000, l’Allemagne seulement 81 000, la Suède 71 000, et la Grande-Bretagne ne tirerait pas plus de 12 000 chevaux des chutes d’eau de son territoire.
- Vin et eau-de-vie de figues. — Comme le montrent les expériences du professeur italien Papasogli, les ligues sont susceptibles de donner un vin qui ne ressemble nullement à de la piquette, et qui se transforme facilement en un alcool de très bon goût. Ce vin de ligues possède, paraît-il, une saveur des plus agréables, et le fameux vin des Scythes, dont parle Pline, n’était autre chose que le résultat de la fermentation des figues. Avec de bons fruits et un certain tour de main, on obtient une boisson qui rappelle assez le chablis et même le vermout de Turin. Le vin de figues est très riche en matières phosphatées, et est remarquable par sa pauvreté en tanin et son peu d’acidité, ce qui pourrait le rendre précieux pour l’alimentation des malades et des enfants. Les marcs constituent une excellente nourriture pour les vaches laitières, pour le petit bétail et pour les volailles. Quant à l’alcool de ligues, on l’obtient aisément à 84° et l’on affirme qu’on peut l’employer sans rectification. Il faut songer que si les figues fraîches ne contiennent que 20 à 27 pour 100 de sucre, une fois qu’elles ont été séchées au soleil (ce qui est utile pour la préparation du vin), elles en contiennent une proportion de 80 pour 100, au moins les figues des provinces méridionales d’Italie.
- Le charbon électrique «1e tourbe. — Il s’agit d’un procédé, au moins curieux, imaginé par MM. Johnson et l’hillips, de Gharlton (dans le Kent). On charge les morceaux de tourbe dans des cylindres tournants en fer, qui peuvent être mis en mouvement à une grande vitesse ; et la force centrifuge, aidée par des appareils intérieurs de percussion, chasse presque toute l’humidité contenue dans la tourbe. On introduit alors dans les cylindres des électrodes convenablement réunis à une dynamo, et c’est la masse même de la tourbe qui complète le circuit entre les électrodes; elle oppose une certaine résistance au passage du courant, elle se carbonise et se transforme en une série de particules noirâtres que l’on donne comme contenant toute la partie utilisable de la tourbe. On fait ensuite des agglomérés de ces particules charbonneuses, et l’on concasse ces briquettes en morceaux de grosseur convenable, qui se vendent et s’emploient comme du charbon. Il serait fort désirable qu’on ait trouvé là une méthode pratique permettant d’utiliser les immenses champs de tourbe que l’on rencontre dans tant de pays.
- Les agrumes d'Italie. — C’est un nom bizarre en apparence, qui ne va pas dire grand’chose à nos lecteurs. L’Italie se livre à une industrie agricole toute spéciale, mais extrêmement importante par l’étendue sur laquelle elle porte et par les produits qu’elle donne : il s’agit de la culture d’arbres fruitiers auxquels sont particulièrement favorables le climat chaud et le sol de la péninsule, comme les orangers, les citronniers, les limoniers, les cédratiers, les mandariniers, les bergamotiers et diverse» variétés de ces plantes. Ce sont précisément les fruits de ces arbustes qui prennent le nom générique d’agrumes, et qui donnent lieu à un commerce des plus intenses, quoiqu’il souffre à l’heure actuelle de la concurrence
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- d’autres pays. Toujours est-il que lTtalie produit annuellement plus de 4 milliards de ces fruits divers, et nous devons dire que c’est la Sicile qui en fournit de beaucoup la plus grosse part, quelque chose comme 2 milliards SCO millions! Ce sont des chiffres étonnants, mais qui s’expliquent quand on sait que celte ile possède 25 000 hectares et plus de terres consacrées aux agrumes, et plantées de 10 200 000 arbres.
- Alliages magnétiques de manganèse. — On
- s’occupe depuis quelque temps déjà, en Allemagne, d'une curieuse série d’alliages de métaux non magnétiques doués de propriétés magnétiques intenses. Tous ces alliages contiennent du manganèse, primitivement alliagé à de l’étain ou de l’aluminium, et fortement additionnés de cuivre qui leur donne les propriétés métallurgiques permettant de les travailler aisément. Certains de ces alliages, préparés par M. Heusler, à Dillenburg, sont aussi magnétiques que la fonte de fer dans les champs moyens, et le sont davantage dans les champs faibles. Ils possèdent une hystérèse inférieure à celle des fontes, mais supérieure à celle des aciers doux. Leur résistivité électrique est élevée. On ne prévoit pas jusqu’ici d’emplois de ces alliages, moins avanlageux que le fer sous ses diverses formes au point de vue magnétique, et beaucoup plus coûteux. Leur intérêt est, pour le moment, tout théorique, et réside dans le fait que l’on constate pour la première fois des propriétés magnétiques intenses dans des alliages faits en partie de métaux à peu près indifférents au point de vue magnétique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 octobre 1904. — Présidence de M. Mascakt
- Le congrès de Saint-Louis. — M. le Secrétaire perpétuel Darboux fournit des renseignements sur le voyage effectué aux Etats-Unis par six membres de l’Académie pour prendre part au congrès international tenu à l’occasion de l’exposition de Saint-Louis. Ce congrès, qui embrassait les questions relevant des lettres, des sciences et des arts, correspondait à la pensée qui avait dirigé l’organisation de l’exposition. Les savants américains avaient invité un grand nombre de membres de l’Institut; peu de ceux-ci sont venus. L’Académie des sciences était représentée par l’un de scs secrétaires perpétuels, M. Darboux, et par MM. Giard, Delage, Moissan, Poincaré et Picard. M. le Secrétaire perpétuel fait à ce sujet observer qu’il n’y a eu que trois savants étrangers invités pour les mathématiques : MM. Poincaré, Picard et lui. Les sciences mathématiques étaient divisées en quatre branches : géométrie, analyse, physique mathématique et mathématiques appliquées. Les savants américains ont accueilli leurs hôtes français avec une amabilité particulière. Geux-ci gardent une reconnaissance spéciale à MM. Agassiz et à M. S. Neweomb. Ce dernier a présenté les voyageurs à M. le président Roosevelt qui a eu un mot gracieux pour chacun d’eux. Les représentants de l’Académie ont été conviés à visiter les établissements scientifiques et ils ont pu admirer les installations les mieux combinées et constater que non seulement les professeurs sont richement dotés, mais qu’ils ont l'appui de collaborateurs scientifiques nécessaires pour mener à bien leur tâche. Le service géodésique est magnifiquement organisé; il réalise annuellement une quantité de travail qui avait causé un véritable étonnement, lors du dernier Congrès de l’Association géodésique internationale. M. Giard a été frappé de la manière dont fonctionne le service des aver-
- tissements à l’Agriculture, soit qu’il s’agisse de renseignements fournis à des autorités, soit qu’il s’agisse de renseignements à des particuliers. M. le Secrétaire perpétuel regrette qu’aucun géologue de l’Académie n’ait pris place dans la délégation, car il aurait pu admirer les incomparables collections de fossiles que les Américains ont tirés de leur sol. En terminant, il remarque que le service géodésique a opéré toutes ses mesures à l’aide du système métrique; il constate qu’en Angleterre, dans les établissements scientifiques, il est fait usage également du système métrique.
- Catalogue stellaire de l'Observatoire de Toulouse.— M. Maurice Lœwy présente au nom de M. Baillaud, directeur de l’Observatoire de Toulouse, la première série de travaux relatifs au catalogue photographique du Ciel en cours d’exécution dans cet établissement. Les quatre fascicules déposés renferment les positions de plus de 52 000 images stellaires. Cette riche collection se rapporte aux six premières heures d’ascension droite et embrasse la zone comprise entre + 4 et -|- 11° de déclinaison. Mais ces fascicules ne renferment pas seulement les positions précises des astres jusqu’à la 12e grandeur qui peuplent cette région du ciel, ils contiennent, en outre, plusieurs mémoires d’un haut intérêt. C’est ainsi qu’on y trouve une introduction rédigée par M. Baillaud, en vue de donner un exposé complet de la méthode suivie à Toulouse pour la mesure et la réduction des clichés ainsi qu’une description des méthodes spéciales qui ont été mises en jeu pour imprimer aux résultats la plus grande perfection. Dans une autre étude, M. Baillaud reproduit la méthode ingénieuse qu’il a imaginée pour la détermination de l’éclat relatif des astres photographiés. A ces deux mémoires fondamentaux, il convient d’ajouter une Note de M. Montegerano sur les qualités optiques de l’objectif photographique utilisé. 11 est, en effet, essentiel de connaître de quelle manière s’exerce l’action photogénique des objectifs dans les diverses régions du champ,-lorsqu’ils ont une courbure sensible. Une discussion approfondie a montré qu’une surface paraboloïde représente l’enveloppe qui comprend tous les points focaux. On est dès lors en état de déterminer le point du champ pour lequel la mise au foyer est la plus avantageuse. L’examen de ces diverses publications fait ressortir la féconde activité de l’Observatoire de Toulouse dont les travaux réalisent les espérances fondées sur la haute portée scientifique de l’œuvre internationale de la carte du Ciel.
- Périodicité d'action chez certains mollusques. — M. Giard résume une Note de M. Bohn, signalant la faculté singulière que possède un mollusque « littorina rudis » (bigorneau) d’opérer, lorsqu’il est retiré de la mer, des déplacements coïncidant avec le mouvement de la marée.
- Ch. de Villedeuil.
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- UN APPAREIL A ESSAYER LES HUILES
- 11 s'agit, bien entendu, des huiles de graissage, qui jouent un rôle important dans les machines modernes, surtout maintenant que les vitesses de rotation ont augmenté dans de très grandes proportions. U faut évidemment que l’acheteur de lubrifiant (et aussi le fabricant) soit à même de constater le pouvoir de graissage de l’huile. Nous n’avons pas l’intention de passer en revue tous les appareils que l’on emploie dans ce but, mais nous voudrions,
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- [tour préciser les idées, en signaler simplement un qui nous parait particulièrement bien compris, et dont le fonctionnement est fort régulier.
- Sur un solide bâti en fonte est disposé un arbre horizontal comportant deux poulies motrices, qu’on aperçoit en arrière, et dont l’une est folle : elles peuvent naturellement recevoir une courroie de transmission, qui se trouve sous la dépendance d’un dispositif à ressort dont le but est de la faire passer de l’une des poulies sur l’autre pour le débrayage. Le bout de l’arbre horizontal porte une roue conique engrenant avec un pignon calé sur un arbre vertical, <pii est enlrainé de la sorte avec une vitesse proportionnelle au nombre des dents de la roue. Cet arbre vertical se termine en haut par un cène de friction creux, sur la paroi intérieure duquel on dépose une petite quantité de l’huile à essayer, mesurée d’avance dans une jauge; dans ce cène creux vient s’ajuster exactement un cène plein ; un levier à poids réglable par déplacement, qu’on voit en travers de la machine, permet d’établir le frottement dans les conditions que l’on veut. Si l’on met l’appareil en mouvement par passage de la courroie sur la poulie motrice proprement dite, le frottement entre les deux surfaces coniques entraîne d’abord le cène plein; mais à ce dernier est fixée une lanière de cuir, qui se rattache d’autre part à un ressort spirale qu’on aperçoit à la droite de la machine, et qui se distend peu à peu; il équilibre les moments de la résistance et de la puissance, ce qui limite le chemin à parcourir par le cène plein, et l’extension de ce ressort est proportionnelle au frottement des cènes.
- Mais l’extrémité mobile du ressort, en obéissant à la traction de la lanière, entraîne avec lui un curseur qui peut se déplacer verticalement le long d’une tige, auquel est relié un levier; l’un des bouts de ce levier est muni d’un poinçon indicateur qui, de temps en temps, marque un point sur une bande de papier enroulée sur le tambour destiné à assurer l’enregistrement des courbes, cylindre qui se trouve en avant de la machine, comme le montre la figure. Une ligne de repère est marquée à la base du tambour, ou plus exactement de la bande de papier enregistreuse, par un crayon fixe réglé, au début de l’expérience, en concordance avec le sommet du bout mobile du
- ressort spirale encore au repos ; et la valeur du coefficient de frottement entre les deux cènes est indiquée par la distance qu’il y a entre la ligne des points marqués dans le papier et la ligne au crayon correspondant à la tension nulle du ressort spirale. Nous indiquerons en quelques mots l’artifice mécanique qui assure le piquage automatique des points dans le papier. La lige du curseur peut tourner sur un pivot et elle est solidaire par sa base d’un levier courbe, qui reçoit l’action d’une came montée sur un petit arbre : celui-ci reçoit lui-même le mouvement des cènes de friction grâce à une combinaison de vis sans fin et de roues, et il commande à son tour le tambour de la même manière. La came est combinée de façon à maintenir éloignée du cylindre, durant 500 tours de l’arbre vertical, la pointe indicatrice reliée au ressort spirale ; puis, au cinq-centième tour, cette pointe est subitement mise en liberté, et elle vient marquer un point sur la bande de papier entourant le tambour, dont la vitesse est calculée pour que les points successifs soient distants entre eux de 0,8 millimètre. Les ordonnées de la courbe cor r e s p o n d e n t aux frottements entre les surfaces coniques, et les abscisses sont proportionnelles au nombre de tours de l’arbre vertical.
- Pour que l’on puisse traduire les indications des courbes, la machine est accompagnée d’une échelle en bois à six divisions : l’une donne le nombre de tours de l’arbre vertical correspondant à la longueur du diagramme par rapport aux abscisses, et par suite pendant la durée de l’expérience : elle indique la durée du pouvoir lubrifiant de l’huile essayée. D'autres divisions tiennent compte des ordonnées pour quatre charges différentes sur le cène plein, elles fournissent à simple lecture le coefficient de frottement pour chacune des charges. Ajoutons que, dans celte ingénieuse machine, quand l’huile a perdu son pouvoir lubrifiant et que le frottement dépasse certaines limites, une disposition mécanique arrête automatiquement la machine par débrayage, grâce au ressort dont nous avons parlé plus haut.
- Hexrï Bocgeois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Machine à essayer les huiles.
- Taris. — Imprimerie Laiici.f, rue de Fleurus, 9.
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- La Jukirauamboia « Fulgor lanteniaria «
- S'il est au monde un animai dont on a méconnu le caractère et que la calomnie a poursuivi sans pitié, tant en Europe qu’en Amérique, son pays natal, c’est bien la « Jakiranamboia ». Telle est notre in-
- conséquence que nous appelons « cousin » un vilain moustique, qui n'est rien moins que notre ami, tandis qu’il n’est pas de qualificatif injurieux dont on n’ait cherché à atfubler ce pauvre insecte, pour-
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- 32e année. — 2e semestre.
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- tant bien inoffensif et très élégant. Le nom de « Ja-kiranamboia » 1 que lui donnent les Indiens, sous ses apparences aimables, veut tout simplement insinuer que son titulaire est un hypocrite et venimeux serpent; les savants, ne voulant pas rester en arrière, l’ont appelé « fulgor lanternaria », nom qui s’appliquerait mieux à un automobile aperçu, par une nuit sombre, dévorant l’espace qu’il troue des rayons de scs projecteurs. En réalité, la « Jakiranamboia » est un insecte de 6 à 8 centimètres de longueur, appartenant à la famille des Hémiptères, c’est-à-dire proche parent de la poétique cigale.
- Ses ailes membraneuses très grandes, rappelant par leur coloris varié celles d’un papillon, sont d’un jaune verdâtre pointillé de blanc et de noir, avec une grande tache en forme d’œil jaune, cerclé de noir. La tète est prolongée par une sorte de protubérance de 2 à 5 centimètres de long, en forme de haricot, tachetée de noir et de rouge. Elle est commune dans le grand bois. Son cri, qu’elle ne pousse guère qu’à la tombée de la nuit, ressemble au coup de sifflet prolongé d’une locomotive. Quand les Indiens de l’Amazone l’entendent non loin de leur campement, vite ils jettent sur le brasier quelques pincées de farine de manioc, ou une poignée de feuilles vertes, afin, disent-ils, d'éloigner l’animal dont le thorax est armé d’un dard homicide.
- Cette croyance est sans fondement, le fameux aiguillon n’étant rien autre qu’un suçoir analogue à celui de tous les insectes du même genre; elle n’est d’ailleurs pas générale : au rio Mapiri (Haut-Béni, Bolivie), j’ai vu un Indien saisir sans crainte une « Jakiranamboia » tombée à bord de notre radeau, et la laisser se promener sur son torse nu.
- On a prétendu de même que, mieux que les lucioles, cet insecte répandait, la nuit, une vive lueur émanant de son énorme tête. Il n’en est rien, le chapeau qui la surmonte n’est jamais lumineux; il parait tout bonnement faire l’effet d’un résonnateur. Tandis que notre cigale, fidèle aux traditions de famille, joue de la cornemuse au clair de lune, à la cime des grands arbres, on a voulu la ridiculiser en la représentant porteuse d’un falot, zigzaguant comme une folle, dans la lourde atmosphère des sous-bois. Cette fois, c’est bien une simple vessie que quelques naturalistes auront prise pour une lanterne. Paul Le Coin te.
- L’ACCÉLÉRATION
- DANS LA DESCENTE D’UNE ROUE LIBRE
- Tous les cyclistes qui, après avoir monté une machine à roue serve, se sont mis à la roue libre, ont été frappés d’une différence importante que l’on constate dans les conditions d’arrêt de la machine au moment où l’on en descend. Avec la roue serve, le cycliste profite, en général, du moment où la pédale gauche remonte, pour se laisser enlever, et pour sauter de la bicyclette lorsque la
- 1 Jakiranambuia : en langue tupi : Juki-ranain-boia, cigale, fausse, serpent.
- vitesse horizontale est suffisamment réduite pour qu'il atterrisse sans choc désagréable.
- Dans la roue libre, au contraire, la manœuvre consiste à s’élever sur la pédale au bas de sa course, puis à se laisser descendre lentement, de manière à atteindre le sol avec une très faible vitesse verticale; mais alors on constate une forte accélération de la machine, qui semble fuir devant le cycliste au moment où il va toucher terre.
- La raison de cette différence dans le régime des vitesses est aisée à discerner. Je n’insiste pas sur le ralentissement produit par le relèvement du cycliste sur la pédale de la roue serve, et qui se comprend de lui-mème. Dans le cas de la roue libre, le cycliste, après avoir élevé, par ses propres moyens, et sans rien emprunter au mouvement de la machine, son centre de gravité de manière à dégager sa jambe droite, se laisse descendre lentement, en s’appuyant sur la pédale pour amortir sa chute. Mais, l’énergie potentielle qu’il possède au plus haut de sa position n’étant pas transformée en énergie cinétique verticale, comme ce serait le cas s’il se laissait tomber rapidement, cette énergie se retrouve nécessairement dans la vitesse horizontale, exactement comme si le cycliste se laissait descendre sur une piste courbe, dont la partie supérieure est fortement inclinée sur l’horizon, tandis que sa partie inférieure est à peu près horizontale.
- Le mécanisme élémentaire de son action sur la machine est simple : la pédale sur laquelle il est appuyé se relève légèrement vers l’avant, et tire obliquement sur le pédalier, transformant ainsi en vitesse horizontale l’effort oblique du cycliste, que celui-ci utilise, à son tour, pour annuler sa vitesse verticale.
- Le calcul approximatif des accélérations est facile. Si nous supposons que le cycliste, depuis sa position la plus élevée jusqu’au moment où il touche le sol avec les jambes légèrement ployées, abaisse son centre de gravité de 50 centimètres, il aura opéré une descente totale qui, en chute libre, lui aurait communiqué une vitesse un peu supérieure à 5 mètres par seconde, soit, approximativement, de 11 kilomètres par heure. Mais, comme son énergie est partagée entre sa propre masse M et celle de la machine m, cette vitesse est réduite dans la propor-/ M
- tion de V/ tt-----et serait ramenée à environ 10 kilo-
- V M + m
- mètres par heure pour des conditions moyennes.
- Ce calcul suppose le cycliste primitivement au repos, ce qui n’est pas le cas; il marche à faible vitesse, et la transformation de son énergie est employée non point à créer delà vitesse, mais à augmenter la vitesse déjà existante. On trouve cet accroissement en écrivant que la différence de l’énergie de mouvement avant et après la descente du cycliste est égale à l’énergie de sa chute. Sa vitesse horizontale d’atterrissage sera donc égale à la racine carrée de la somme des vitesses considérées, celle de la machine au moment où le cycliste est soulevé sur la pédale, et celle qu’il atteindrait s’il partait du repos. En supposant cette dernière égale à 10 kilomètres par heure, et la vitesse initiale de 5 kilomètres par heure, dn trouve une vitesse finale un peu supérieure à 1,1 kilomètres. Le cycliste passera ainsi d’une bonne vitesse de marcheur au pas à la vitesse d’un cheval au petit trot. 11 n’est donc pas surprenant que cette accélération ait été remarquée par tous les néophytes de la roue libre même si, comme il est probable, la hauteur de chute supposée dans le calcul ci-dessus est un peu exagérée ; en la réduisant de moitié, l’accélération horizontale restera encore très notable. Cu.-Éo. Guillaume.
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- LES IMIOCÉDÉS RAPIDES
- DE LÀ GÉODÉSIE MODERNE
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- LKS 1XSTAL1.ATIO.NS DU BUREAU I.NTKRJiATIOSAL
- La mesure d’une base par les procédés dont nous avons donné une rapide esquisse dans un récent article1 répond aux exigences les plus élevées de la géodésie moderne; mais, même avec le matériel relativement léger et d’un transport facile construit sur les plans élaborés par M. Benoit et moi, une telle mesure constitue un très gros travail et nécessite un nombreux personnel. Avec l’ancienne règle de Brunner, on comptait que, pour opérer commodément, 40 ou 50 hommes devaient être constamment occupés à préparer le terrain, à transporter les supports et les baraques, enfin à effectuer les opérations proprement dites de la mesure. Si tout marchait sans accroc, on se déclarait satisfait lorsque, au bout de sa journée, on avait reporté la règle cent fois, et mesuré ainsi la distance de deux points éloignés de 400 mètres. Comme les bases doivent avoir normalement une longueur d’une dizaine de kilomètres, une seule mesure pouvait exiger bien près d’un mois. Les appareils que nous avons réalisés permettront certainement d’aller plus vite, avec un personnel beaucoup moins nombreux ; mais, même dans leur emploi, la mesure d’une base sera une opération d’assez longue durée.
- Or, depuis quelques années, des idées nouvelles se sont fait jour parmi les géodésiens. Sans renoncer à mesurer certaines bases principales au moyen des règles rigides, on s’est demandé si l’on ne pouvait pas, pour les bases secondaires, utiliser des procédés plus rapides et un matériel beaucoup plus léger; et, peu à peu, les essais tentés dans cette voie ont modifié les notions anciennes, de manière à conduire à la création de procédés nouveaux, très rapides et cependant d’une suffisante exactitude dans la plupart des cas.
- Depuis longtemps déjà, le Service hydrographique de la Marine française a employé, dans ses reconnaissances, dos rubans tendus sur des tables, sous un effort déterminé, et a obtenu ainsi des accords d’une précision qu’il eut été téméraire d’espérer.
- Tout récemment encore, le « Coast and geodelic Survey » des États-Unis s’est servi d’un procédé analogue, à l’aide de rubans de 50 ou 100 mètres de longueur, régulièrement tendus, et soutenus de place en place par des chevilles enfoncées horizontalement dans des piquets nivelés. Ainsi, la mesure des neuf bases situées sur le méridien moyen des États-Unis (08e à l’ouest de Greenwich) a pu être faite en une seule campagne, ce qui constitue un record non encore atteint en Europe.
- Dans l’Ancien Continent, un procédé un peu différent, qui est allé en se perfectionnant depuis une vingtaine d’années, gagne constamment du terrain,
- 1 Aoy. nu lüôo, du ‘24 septembre 1904, p. ‘250.
- et conquiert, auprès des géodésiens, une faveur de plus en plus marquée. Nous allons nous y arrêter.
- Dans ce procédé, décrit, en 1884, par un ingénieur suédois, M. E. Jaderin, l’étalon est constitué par un fil soumis à une tension constante, mesurée par deux dynamomètres qu’actionnent deux aides placés dans le prolongement du fil. Ce fil sert, tout comme la règle, à fixer la position d'une série de repères alignés, dont le premier et le dernier constituent les termes de la base. Le fil est terminé par de courtes réglettes, que l’on applique à la main contre le repère, et dont on observe la division millimétrique à l’œil nu ou à la loupe.
- Comparée aux procédés délicats utilisant des règles rigides et des microscopes, la méthode préconisée par M. Jaderin est relativement grossière et la plupart des géodésiens l’accueillirent au début avec un scepticisme qui semblait très justifié, la jugeant bonne seulement pour la topographie ou le cadastré. Cependant,M. Jaderin montra, par une série d’essais pratiques, que sa méthode, tout en restant nettement inférieure à celle qui avait été jusqu’alors en usage, donnait des résultats assez concordants pour qu’il fut possible de l’appliquer aux levés des pays neufs, dans lesquels une grande précision n’est pas eneore exigée; la rapidité de la mesure, la légèreté du matériel, le nombre restreint d'observateurs et d’auxiliaires qu’il exigeait étaient, dans ce cas, une suffisante compensation à l’infériorité dans la précision du résultat.
- La question de la température préoccupa tout naturellement M. Jaderin; car, s’il est difficile de la connaître pour une règle massive, portant des thermomètres et protégée par une lente, il est encore bièn plus dif ficile de la mesurer dans le cas d’un fil tendu librement, exposé au vent, au rayonnement solaire ou aux reflets de toutes sortes du sol ou des objets environnants. Aussi M. Jaderin jugea-t-il nécessaire d’élaborer sa méthode dans le sens du procédé bimétallique, par la mesure successive de chaque portée au moyen d’un fil d’acier et d’un fil de laiton. La différence trouvée par les deux fils, supposée' due en entier à la variation de leur -température- commune, permettait de calculer celle dernière;' qui, à son tour, donnait la valeur vraie du fil d’acier.
- Ce calcul suppose à la fois que les mesures sont faites sans erreur, et que la température des deux fils est la même aux instants des deux mesures successives. Or aucune de ces suppositions n’est rigoureuse, et tout écart de ces hypothèses réagit diversement sur le résultat calculé de la mesure1.
- Dès l’année 1898, nous pensâmes, M. Benoît et moi, à la substitution très naturelle d’un unique fil d’invar aux deux fils employés jusque-là par M. Jaderin; à la même époque, d’ailleurs, M. le général Bassot et M. Jaderin désirèrent entreprendre des
- 1 II est facile de voir, par exemple, que, si l’on a commis une erreur e dans la mesure faite par le fil d’acier, il en résulte,
- pour la longueur mesurée, une erreur égale à %£'
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- LA NATURE.
- essais dans le même sens, et les lils fournis, connue l’invar sous toutes ses formes, par la Société de Commentry-Fourchambault, permirent bientôt de se convaincre que la précieuse propriété de posséder une dilatation négligeable n’était contre-balancée par aucun défaut imprévu; l’emploi des fils d'invar donnait dès lors, à la méthode de M. Jaderin, toute la précision dont elle était susceptible.
- l)ans sa Conférence tenue à Paris en octobre 1900, l'Association géodésique internationale prit connaissance des résultats déjà obtenus, et les trouva si encourageants qu’elle vota une résolution par laquelle elle priait le Comité international des Poids et Mesures de charger le bureau international de poursuivre ces études, en fixant les meilleures conditions de préparation et d’emploi des fils d’invar, leur
- degré de permanence, la précision des mesures, bref d’élaborer sur un plan nouveau la méthode de mesure par les fils et d’en tirer tout ce qu’elle est susceptible de donner.
- Nous nous mîmes aussitôt à l’œuvre, M. Benoit et moi, en instituant, dans un vaste couloir souterrain aménagé à cet effet au-dessous de l'observatoire du Bureau international, une base de réference destinée au contrôle permanent des fils, soumis ajoutes les causes présumables de variation.
- Cette base (fig. 1 et 2) consiste en une série de repères scellés dans un mur épais dont on mesure la température à l'aide d’une série de thermomètres T et plongeant profondément en terre ; les repères, disposés de 4 en 4 mètres sur une ligne droite, définissent une longueur de 24 mètres, qui est la
- Fig. 1. — Mesure d'un fil sur la base. — Détail, réglette terminale et montage du fil dans la réglette.
- longueur normale adoptée par M. Jaderin, et qui a été généralement conservée. Ce chiffre de 24 mètres a été choisi parce qu’il est un multiple commode de 4 mètres, longueur des règles géodésiques au moyen desquelles il est très facile de repérer une base normale pour le contrôle des fils.
- La distance des repères deux à deux ayant été mesurée au moyen d’une règle d’invar de la forme précédemment décrite, mais portant des traits sur les bords, on put, en totalisant les distances, rapporter les fils à une longueur connue.
- Aux deux extrémités de la base se trouvent deux poulies A (fig. 1) montées sur billes, sur lesquelles passent des cordes souples attelées au fil même, et tendues par des poids de 10 kg. Deux observateurs se placent en face des repères extrêmes éclairés par des projecteurs P, en approchent les réglettes divisées terminant les fils, et font une série de lectures simultanées de leurs repères respectifs par
- rapport à la division des réglettes. Le fil se trouve ainsi comparé à la base.
- La forme que nous avons adoptée pour les réglettes est représentée dans le détail de la figure 1 ; elle a été combinée de manière à placer l’extrémité de la division dans le prolongement de l’axe du fil, autrement dit dans le plan des fibres neutres du système. On peut ainsi, dans les mesures, donner aux réglettes toutes les positions possibles, suivant la disposition des repères ou la direction de l’éclairage, sans que le fil définisse, par la distance des mêmes traits, des longueurs différentes, ce qui n’est pas le cas si les réglettes sont tracées hors du prolongement de l’axe du fil. Le deuxième détail montre le mode d’attache du fil à la réglette, par l'intermédiaire d’un ajutage dans lequel il est vissé et rivé.
- Les comparaisons des fils avec la base, commencées au printemps 1901, et poursuivies jusqu’ici
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- sans aucune interruption, ont révélé, dès les premiers mois, un fait intéressant. Les fils marchaient bien ensemble, mais la base présentait, de semaine en semaine, une équation différente par rapport à leur moyenne. En y regardant de près, nous reconnûmes bientôt une coïncidence très frappante entre l’allure des changements de la muraille et celle des variations de la température dans le sous-sol. Le mur se dilatait et se contractait à la manière d’un solide compact, et, après deux étés et deux hivers, nous pûmes déduire de nos nombreuses observations, auxquelles avaient collaboré MM. L. Maudct et A. Tarrade. le coefficient de dilatation de notre maçonnerie, qui se trouve être les deux tiers environ de la dilatation du fer.
- Pour connaître la valeur absolue de la base murale, on procède, en principe, comme pour les mesures sur le terrain, fine règle d’invar (fig. 2), posée sur deux rouleaux, est ajustée de telle sorte que son bord supérieur, portant une paire de traits, vienne se placer dans le prolongement de la surface en saillie sur l’embase E, et sur laquelle se trouve tracé le trait marquant la position du repère. Un microscope micrométrique, porté par un cathétomètre, pointe simultanément la règle et le repère,
- qu’éclairent une lampe L et un miroir M à 50 grades sur l’axe du microscope. Ayant déterminé ainsi la distance de deux repères consécutifs, on passe aux deux suivants, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la base entière ait été mesurée.
- 11 serait fastidieux d’énumérer les opérations nombreuses, longues, minutieuses, auxquelles ont donné lieu les études entreprises sur les fils. 11 suffira d’en donner les conclusions.
- Les fils d’invar, du diamètre de imm,65 adopté par M. Jiiderin, et que nous avons conservé, peuvent être soumis indéfiniment à la traction normale de 10 kg sans éprouver de variation appréciable.
- Sous 20 kg, on ne peut encore constater aucun changement; sous 50 kg, les premières déformations deviennent probables, mais sont encore douteuses. Pour provoquer la rupture des fils, il faut généralement pousser les tractions jusqu’à 180 kg. Jusqu’à cette charge extrême, les allongements permanents d'un fil bien écroui restent inférieurs à 1/3000 de sa longueur.
- Une question pour ainsi dire vitale pour l’emploi des fils en campagne se pose maintenant :
- Quel est l’effet d’un enroulage sur la longueur du fil? On conçoit que, suivant la réponse à cette question, le caractère de l’emploi des fils sur le terrain pourra différer du tout au tout. Si la valeur des fils se conserve suffi s a m -ment, on pourra en déterminer la longueur dans un laboratoire spécialement aménagé, et emporter, comme étalon, un fil contrôlé par d’autres fils de réserve. Dans le cas contraire, on devra déterminer la valeur des fils sur le terrain même de la base, en emportant un appareil permettant de mesurer avec précision uneou plusieurs fois 24 mètres ; le fil, déterminé sur cette base de référence, servira immédiatement, et sans enroulage intermédiaire, à la mesure de la grande base.
- La solution de ce problème, donnée par de nombreuses expériences, est des plus favorables à l’emploi du procédé : si un fil a subi un certain nombre d’enroulagés préliminaires faits avec soin, il pourra être ensuite enroulé et déroulé aussi souvent qu’on le voudra, sans éprouver de variations appréciables.
- Il est bien entendu que, pour pratiquer ces enroulages, il faut suivre une technique rigoureuse, consistant, en particulier, à ramener toujours le fil à son diamètre naturel.
- Malgré cette expérience souvent faite, on se gardera de partir pour une expédition importante avec un seul 111, dont une manipulation maladroite sur le
- Fig. 2. —• Détermination de la base du sous-sol.
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- terrain pourrait fausser la valeur sans qu’on en fût averti; on se munira de trois (ils au minimum, dont Tun servira couramment aux mesures, tandis que les deux autres ne seront déroulés qu’à de rares intervalles, et seulement pour vérifier la valeur du lil principal.
- Je me propose de montrer prochainement quels avantages résultent, pour la mesure des hases, de l’emploi des fils d’invar, dont les études, poursuivies au Bureau international, ont enseigné les précieuses propriétés. Cn.-Eo. Gnu,Ann;.
- LE FER ËLECTROLYTIOUE
- Dernièrement, le professeur C. F. Burgess et M. Cari Hambuechen ont présenté à la Société américaine d’électro-chimie une étude fort intéressante sur le rôle que, d’après eux, l’électrolyse doit jouer dans la métallurgie du fer. Ils reconnaissent qu’on commence d’appliquer l’énergie électrique à celte métallurgie sous la simple formé d’une élévation de température, dans les divers procédés de fusion et de réduction. Nos lecteurs ont, du reste, été tenus au courant de ces applications, qui prennent de jour en jour une importance pratique plus marquée. Mais l’action électrolytique pourrait être utilisée tout aussi bien que l’action électro-thermique, bien que ce côté de la question semble négligé, parce que l’on considère que des difficultés trop grandes sont inhérentes à la méthode électrolytique.
- Et cependant, si nous les en croyons, des expériences récentes, poursuivies au laboratoire d’électro-chimie appliquée de l’Université de Wisconsin, ont prouvé que le fer électrolytique peut être produit par quantités et à un prix tels que cela deviendrait un métal de valeur autant commerciale que scientifique, pourvu qu’une demande suffisante s’en présente. Les études qui ont été publiées sur la question laissent supposer que le dépôt électrolytique dont il s’agit est difficile à réaliser, qu’il y a peu de solutions avec lesquelles on le puisse obtenir; on a même affirmé qu’un dépôt de qualité convenable ne saurait se faire qu’avec des densités de courant très faibles, et avec une allure de dépôt extrêmement lente. Et, en fait, les seuls qsages auxquels on ail jusqu’ici appliqué le fer électro-lytique, c’est ce qu’on appelle l’aciérage des matrices et des electrotypes, en même temps que l’emploi comme matière destinée à éprouver les propriétés du métal pur.
- La dureté du fer élecirolytique, qui le rend précieux pour l’aciérage auquel nous venons de faire allusion, résulte de la présence d’hydrogène occlus, la seule impureté qu’on y rencontre réellement; on ne sait du reste pas exactement par suite de quel phénomène l’hydrogène est retenu par le métal : pour les uns, il est simplement condensé, pour les autres, il forme un hvdrure. Le fer en peut contenir un volume égal à 700 fois son volume propre, mais on l’en débarrasse presque entièrement par chauffage. Certaines recherches plus ou moins contradictoires ont permis ou non de reconnaître, suivant les cas, la présence du carbone dans le fer électrolytique. Et nos auteurs, se basant d’ailleurs sur les observations publiées par le Dr John A. Mathews, font remarquer de quelle importance est ce fait que le fer électrolytique peut être considéré comme synonyme de fer pur, puisque le fer pur doit être mis au rang des métaux rares. Ces impuretés sont plus ou moins abondantes, plus ou moins nombreuses
- dans le fer vulgaire; pratiquement on y rencontre tout au moins quatre éléments solides : manganèse, silicium, soufre et phosphore, et l’on est même en droit de tenir pour une curiosité chimique un alliage fait seulement de fer et de carbone.
- Ajoutons que, depuis plus de deux années, MM. Burgess et Hambuechen ont entrepris des recherches expérimentales sur les meilleures conditions de dépôt électrolytique du fer, et qu’ils continuent actuellement leurs investigations à ce sujet. Ce qu’ils poursuivent du reste surtout, c’est l’obtention de ce métal en quantité suffisante et à un prix convenable pour qu’on puisse le soumettre aux épreuves de la pratique.
- Tout d’abord ils se sont livrés à des essais préliminaires pour reconnaître quelles matières réussiraient le mieux en tant qu’électrolytcs ; ils employèrent dans ces recherches forcément très lentes, toute une série de sels de fer, variant à l’infini les conditions de densité ou d’agitation des solutions, de densité du courant, de température. Et ils sont arrivés, pour l’instant, à adopter un sulfate ferreux avec un certain pourcentage de sulfate d’ammonium ; la densité du courant à la cathode est d’environ fi à 10 ampères par 0m2,09 de surface de cathode, et d’un peu moins à l’anode; la température est de 30° C.; les anodes sont faites de fer et d’acier forgé de qualité ordinaire, et les feuilles de cathode, de tôles soigneusement nettoyées et décapées. La force électromotrice est d’un peu moins d’un volt. La grande difficulté est d’obtenir une bonne épaisseur de dépôt; la surface devient, en effet, rapidement rugueuse, inégale, le dépôt se recourbe, et bientôt, dans toute une série d’essais, il a fallu arrêter l’opération et recommencer sur de nouveaux frais. Aujourd’hui, des améliorations successives ont été apportées qui permettent de marcher 4 semaines sans renouveler les cathodes.
- On évalue le rendement à un dépôt d’un gramme par ampère-heure. Mais les essais, poursuivis encore sur une petite échelle, ne permettent point de prévoir comment se comporterait le procédé au point de vue réellement industriel. Néanmoins nos auteurs sont déjà arrivés, dans tous leurs essais successifs, à produire quelque 500 kilogrammes de fer électrolytique. Ils ont remarqué que l’électrolyte peut être maintenue à peu de frais et facilement en bon état; et ils estiment que la méthode ne serait guère plus coûteuse que pour le cuivre.
- Quant an fer qu’ils ont obtenu, son degré de pureté était de 09,9 pour 100, sans la moindre trace de carbone, sans qu’on y trouvât non plus de manganèse ni de silicium ; l’hydrogène occlus s’en échappe par chauffage, si bien que, dans un bec Bunsen, le fer semble brûler comme si on l’avait auparavant trempé dans l’alcool. Nous devons reconnaître que ce fer électrolytique, quand il contient encore de l’hvdrogène, est très cassant et en même temps assez dur pour ne pouvoir être scié ou limé que fort malaisément ; mais, après expulsion du gaz et une fois élevé à la température soudante, il devient comme du fer de Suède.
- On n’en est encore évidemment qu’aux débuts de cette application métallurgique toute spéciale, mais dès maintenant il était nécessaire de la signaler, en raison de l’avenir qu’elle paraît laisser pressentir.
- Nous n’avons pas besoin du reste de faire remarquer que, en dehors de l’industrie spéciale du fer, l’électrolyse est déjà utilisée dans certaines branches de la métallurgie : on sait, par exemple, les services signalés qu’elle rend dans la préparation du cuivre. D. B.
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- L’OBSERVATOIRE DU PIC DU MIDI
- Ce journal a relaté jadis' les projets du général de Nansouty et les détails de la construction de ce bel établissement qu’est l’Observatoire du Pic du Midi. Aussi n’en parlerai-je pas au point de vue historique, et les quelques renseignements et vues données ici nous montreront seulement comment celte magnifique station s’est agrandie—et s’agrandit toujours — et quel est son état actuel.
- L’ascension du Pic du Midi, avec la visite à l’Observatoire, est une excursion classique en quelque sorte, et les touristes l’effectuent assez généralement en partant de Bagnères-de-Bigorre ; mais pour ceux qui villégiaturent à Barèges, elle est des plus belles et des plus faciles, et l’aller et retour, y compris la visite à l’Observatoire, se fait aisément dans le cours d’une journée. C’est ainsi que nous l’avons faite au mois d’août dernier.
- Bien avant d’arriver au pic, après une montée assez raide du chemin muletier que l’on suit depuis Barèges, on le découvre comme le montre notre figure 1. La masse imposante qui se dresse ainsi et ne rappelle en rien l’idée d’un sommet pointu et vertigineux que le nom de pic aurait pu éveiller, n’est en réalité que la dernière partie du massif tout entier, dont l’ensemble peut être admiré seulement du côté opposé. Sur la photographie reproduite ici l’Observatoire occupe le point le plus élevé, les bâtiments assez plats ne pouvant d’ailleurs être aisément distingués à une échelle aussi réduite. On y voit également la situation de la première station occupée par le général de Nansouty ; ce point est marqué d'une croix noire. Cette station se trouve au col de Sen-cours, à 2500 mètres d’altitude environ, configuration dont la vue présente ne permet pas de se rendre compte nettement. Une petite hôtellerie est installée là, où viennent les admirateurs du sublime spectacle du lever du jour. Pour accéder à l’Observatoire il faut partir de ce point et, pendant près d’une heure, suivre le chemin en lacets visible sur la photographie.
- Bien que le Pic du Midi ne soit pas une des cimes les plus élevées de la chaîne, sa situation est excellente, car très loin à la ronde il n’est entouré que de sommets plus bas que lui. Aussi le panorama qui se déroule de toutes parts est-il merveilleux : à l’est, au sud et à l’ouest l’ensemble des Pyrénées si belles et si pittoresques, puis au nord les bas plateaux du midi de la France se perdant dans le voile de l’atmosphère, sans qu’il soit possible de distinguer nettement les limites de l’horizon reculé à près de 190 kilomètres.
- L’Observatoire n’occupe pas absolument l'extrême sommet (2877 mètres), mais il s’en faut de peu puisqu’il est à l’altitude de 2860 mètres; aussi du petit massif qui le domine on peut admirer l’ensemble de la construction et se rendre compte de la merveille qui a été réalisée là par son créateur.
- 1 Voy. n° 296, (tu 1rr février 1879, p. 154.
- Cette vue générale est montrée sur notre figure 4 ; à gauche (représentant l’extrémité Esf) se trouve la terrasse occupée par les instruments météorologiques. La figure 5 est une photographie prise sur celle terrasse, et reproduit un coin de l’installation. Les thermomètres enregistreurs, maxima, minima, les psychromètres, etc., sont disposés sous le grand abri que l’on voit à gauche et qui est visible également sur le dessin de l’ensemble. Les anémomètre et girouette, ainsi que l’actinomètre sont au sommet du belvédère édifié au milieu de la terrasse. l)e ce poste élevé on pourrait s’imaginer planer dans la nacelle d’un ballon, mais avec cette différence que l’on y subit les assauts d’un vent furieux parfois sur ce haut sommet, ainsi que le prouve le maintien obligé de tous ces édifices et mâts de paratonnerre par de solides haubans.
- Le sol de la terrasse est gazonné, et l’on y rencontre des petites Heurs charmantes. Divers thermomètres du sol y sont installés.
- Enfin sous le bloc de la terrasse sont les caves contenant les instruments et appareils servant à l’étude du magnétisme terrestre. Là également se trouvent adossées diverses constructions à usage d’ateliers et de dépôts. Toute cette partie de l’Observatoire communique avec les bâtiments d’habitation par un couloir souterrain. Rappelons-nous que parfois 4 à 5 mètres de neige s’accumulent là pendant les tourmentes hivernales, et l’on ne saurait trop féliciter et admirer les courageux observateurs accomplissant dans de telles conditions les plus précieux travaux.
- La photographie (fig. 5), prise du belvédère météorologique, montre bien la disposition du reste de l’Observatoire comprenant la maison d’habitation et les installations astronomiques abritant les lunettes équatoriales de 6 et 8 pouces, et appareils pour la photographie céleste ; la coupole blanche dominant l’ensemble a été édifiée il y a quelques années seulement. Actuellement de nouvelles constructions sont en cours d’exécution et la photographie montre l’annexe que l’on ajoute au grand bâtiment. C’est ici le lieu de rappeler les difficultés que l’on a eues à surmonter pour l’édification de l’Observatoire, difficultés subsistant toujours : il faut tout monter à dos de mulets et il nous a été donné de voir ce spectacle pittoresque d’une longue file de ces animaux, transportant chacun deux petits barils d'eau de 70 litres environ, destinés à la fabrication du mortier; une partie de cette caravane se trouve sur la figure 2. Et il n’existe pas que cette difficulté, il faut compter encore avec les intempéries très accentuées à cette altitude, même pendant la belle saison.
- Entrons dans l’Observatoire ou plutôt dans la maison d’habitation qui est aménagée avec un grand confort. Toutes les pièces, bureau, chambres, etc., donnent sur un long couloir éclairé et chauffé par le plein soleil, et de grands poêles installés dans les salles principales contribuent à maintenir une agréable température. C’est qu’à cette hauteur l'am-
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- biance est déjà basse, et quoique le froid sec ne soit nullement désagréable, contrastant d’ailleurs vivement avec la cuisson très vive des rayons solaires
- lorsqu’on y est exposé directement, il est incontestable que l’on ressent vivement le charme de ce bon intérieur.... Les embrasures des fenêtres ont été uti-
- v Fig. 1. — Vue générale du Pie du Midi.
- lisées pour y disposer des tables, où les observateurs travaillent dans la journée. C’est là également que sont installés les appareils reliant la station avec Gripp et Bagnè-res-de-Bigorre.
- Tel est, trop sommairement décrit dans son état actuel, ce magnifique établissement auquel il faudrait pouvoir .consacrer bien des pages. On voit qu’il ne cesse dè s’accroître, et qu’ain-si les services rendus à la science deviendront de plus en plus considérables. Il est presque inutile d’insister sur les conditions exceptionnelles de pureté atmosphériques favorisant les astronomes du Pic du Midi. Là haut déjà, l'aspect d’une belle nuit est littéralement féerique : le nombre des étoiles semble
- Fig. 2. —La moulée des matériaux et provisions au Pic du Midi.
- prodigieusement accru, et dans ce noir profond les astres ont un éclat véritablement merveilleux. Il est
- certain que l’on aperçoit à l'œil nu des détails, dans la voie lactée par exemple, des nébulosités restant invisibles dans les conditions habituelles du niveau ordinaire du sol. J’ai pu faire souvent cette constatation. Aussi les travaux entrepris sous l’habile direction de M. Marchand sont des plus importants et des plus intéressants. Parmi ceux-ci citons spécialement l’étude de la lumière zodiacale. Ces observations, régulièrement suivies, ont montré la lumière zodiacale visible toutes les nuits pures, entourant le ciel tout entier de sa longue traînée blanchâtre. Les résultats
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- qui peuvent se conclure de ces observations ont été paraître ici même1. 11 faut noter aussi des recherches résumés dans un article sur ce sujet, que j’ai fait relatives à l’atmosphère de la Lune, et les observations
- Fig. 5. — Les bâtiments <ie l'Observatoire vus de la terrasse météorologique.
- sur les phénomènes du Soleil. Dans cette dernière voie les travaux de M. Marchand sont très importants, se rattachant surtout à la relation qui existe entre les
- accidents de la surface solaire et les perturbations du magnétisme terrestre; et les résultats obtenus 1 Yov. n° 1609, du 26 mars 1904, p. 257.
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- par l’éminent directeur de l’Observatoire du Pic du Midi lui ont permis d’énoncer la loi suivante :
- « Toutes les lois qu'il y a une perturbation magnétique sur la Terre il y a, au méridien central du Soleil, une tache ou une facule. »
- Des observations systématiques du Soleil se continuent journellement, et l’Observatoire a maintenant un service de photographie céleste bien organisé. On ne peut qu’en attendre des résultats excellents, étant donnée l’extrême transparence du ciel, élément encore plus important peut-être pour la photographie astronomique que pour les observations ordinaires.
- Dans ces mêmes conditions plus que favorables, M. Marchand a entrepris l’étude spectroscopique des atmosphères planétaires, et vient de publier les résultats très importants qu’il a obtenus, notamment sur les atmosphères de Vénus et Mars où la vapeur d’eau, parait-il, peut manquer presque complètement sur tout un hémisphère à la fois.
- Plus encore pour celui que la Science passionne que pour le simple touriste, l’ascension du Pic du Midi est un émerveillement dont le souvenir reste impérissable. Lucien Pudaux.
- L’AMOUR MATERNEL
- CHEZ I.ES ARAIGNÉES
- Dans les champs d’avoine il n’est pas rare de rencontrer des panicules qui sont plus ou moins enveloppées de fils d’araignées, entre-croisés dans tous les sens, feutrés de manière à constituer des nodules blanchâtres, de la grosseur d’un œuf de pigeon, et englobant dans leur tissu les épillets et parfois les feuilles de la céréale. Ce sont les nids d’une araignée, la « chiracanthium carnifex », qui est de couleur gris jaunâtre et présente, sur la face dorsale de l’abdomen, une bande brunâtre.
- En ouvrant un de ces nids on voit que l’intérieur en e^t creux et qu’une très faible partie seulement de sa cavité est occupée par les œufs et la mère. Les premiers sont réunis ensemble dans un petit cocon sphérique, dont l’enveloppe est formée de soie comme la paroi du nid à laquelle, du reste, elle est rattachée solidement. La femelle qui a pondu les œufs reste à l’intérieur du nid ; on la trouve souvent posée sur le cocon lui-même, mais elle quitte souvent cette place. Quand on pratique une ouverture dans sa paroi, elle vient se rendre compte de ce qui arrive. Elle peut même sortir alors au dehors, mais elle ne s’éloigne pas et ne tarde pas à rentrer. Elle se met ensuite immédiatement à tisser une toile de réparation sur la brèche qui a été faite au nid. Son amour pour le cocon est manifeste, car elle ne l’abandonne jamais d’elle-même, même quand elle est fortement tracassée, mais jusqu’où va cet amour maternel et pendant combien de temps subsiste-t-il? Telle est la question qu’a essayé de résoudre M. A. Lécaillon1, en remplaçant la mère véritable de chaque nid par une étrangère, que nous appellerons la « pseudo-mère ». Voici quelques-unes de ses expériences, qui ont toutes les allures d’un petit drame.
- Après avoir fait une brèche dans la toile du nid, on
- en retire la mère et on place la pseudo-mère sur celui-ci. Elle y pénètre sans hésitation, en parcourt l’intérieur et vient immédiatement commencer à en fermer l’entrée ; l’adoption est complète. On apporte alors la mère sur le nid; elle se dirige vers l’enlréc et veut y pénétrer, mais elle s’arrête en voyant le nid occupé. La pseudo-mère, qui ne peut sortir, car son adversaire est restée à l’entrée, cherche à se défendre contre l’attaque dont elle est menacée et se met sur la défensive. La mère donne alors les signes d’une violente colère ; elle se balance de droite à gauche et de gauche à droite sur ses pattes et agite son abdomen dans le même sens. Au travers de l’ouverture, les deux araignées échangent des coups de pattes.
- La mère a les chélicères (crocs) écartés, menaçants, prêts à saisir son adversaire ; elle a une attitude violemment offensive, tandis que la pseudo-mère, — qui ne peut parvenir à se sauver puisque l’ouverture est assiégée, — a une attitude peureuse et seulement défensive ; elle a conscience de ne pas être chez elle. A deux reprises l’assiégeante quitte l’entrée et cherche un peu plus loin s’il n’y a pas d’autre endroit pour pénétrer dans le nid ; l’assiégée essaie alors chaque fois de franchir l’ouverture du nid pour se sauver, mais la mère, s’en apercevant, revient précipitamment pour la saisir. La pseudo-mère, incomplètement sortie, n’a que le temps de se rejeter dans le nid. Enfin, l’assiégeante s’étant écartée une troisième fois, l’assiégée se précipite en « coup de vent » et s’échappe. L’assiégeante, qui s’est élancée vers elle, ne peut la saisir.
- Le siège du nid par la mère avait duré un quart d’heure. Celle-ci, après quelques secondes passées à s’assurer que sa rivale a disparu, entre dans son md, puis en sort à deux reprises successives pour l’explorer encore à l’extérieur. Enfin, elle y rentre définitivement et, après cinq minutes d’immobilité, commence à en boucher la brèche.
- A trois reprises successives, on ramène la pseudomère sur le nid, mais elle refuse catégoriquement de s’approcher de l’endroit et s’enfuit avec précipitation. Cette expérience montre que la pseudo-mère adopte facilement un autre nid, même quand elle a été séparée du sien depuis quelques heures, mais ne le défend pas contre l’attaque de la mère. Quand celle-ci même est présente dans le nid, elle refuse d’essayer d’y entrer. La mère, au contraire, n’hésite pas à assiéger son ennemie jusqu’à ce qu’elle soit parvenue à rentrer en po:-session de son nid.
- On recommence l’expérience après avoir éloigné la mère de son nid pendant vingt-quatre heures et on constate que la mère est encore complètement attachée à ce nid et apporte une grande ténacité à vouloir le reconquérir. Mais, en même temps, on remarque que la pseudo-mère est devenue, avec le temps, très attachée à son nid d’adoption, ne l’abandonne pas volontiers, et même le défend vigoureusement contre l’attaque de la véritable mère.
- Refaite après avoir éloigné la mère pendant huit jours, cette expérience montre que cette dernière ne s’intéresse plus à ses œufs et ne cherche pas à les reprendre quand on la met dans leur voisinage.
- L’amour maternel chez l’araignée que nous venons d’étudier est donc très manifeste, mais diminue avec l’éloignement et finit par disparaître.
- Combien de sentiments humains sont dans le même cas ! Henri Cor pin.
- 1 « L’année psychologique », t. X.
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- COMMENT ON A PORTÉ LÀ MONTRE
- l.a montre n'a jamais eu dans le costume qu’un rôle secondaire vu son peu de volume. Cela est frappant, si on la compare dès son origine à la joaillerie (nommée alors orfèvrerie), qui, aux xvie et xvne siècles, était d’une richesse artistique et d’une profusion inconnues depuis.
- De tous temps et dans tous les pays, certaines parties du costume (on pourrait plus justement dire du corps humain) ont été particulièrement ornées et constituaient des places d’honneur. Ce furent la tète, la poitrine, la ceinture. Il est vrai que ce sont aussi les plus favorables pour la mise en valeur d’objets devant servir à la parure. Les tiares, les couronnes, signes des suprêmes grandeurs, ornaient la tète. Les pectoraux, les agrafes, les décorations ornaient la poitrine. Enfin qu’elles soutiennent l’épée ou qu’elles enserrent la taille, les ceintures.
- Evidemment tout le luxe des joyaux n’était pas exclusivement concentré dans ces trois points. Les bagues, les bracelets, les boucles, les ferrets, etc., souvent merveilleux, ornaient d’autres parties, mais ces objets étaient, présentés d’une façon moins solennelle.
- La montre a occupé dans le costume deux des places d’honneur. Au xvie siècle, c’est-à-dire dès son apparition, elle était considérée comme si précieuse, et on la construisait souvent avec un tel luxe, qu’on la portait suspendue sur la poitrine, tout particulièrement celles en forme de croix (nommées croix pectorales) se portaient ainsi, puis aussi à la ceinture ; c’est cette place qui prévalut immédiatement et ne changea jamais. Elle était ainsi à portée de la main pour être facilement consultée ; ni le temps ni les modes ne l’ont déplacée, si l’on ne tient compte de quelques caprices passagers. La montre qui doit être indépendante du vêtement pour la pouvoir approcher des yeux, ne peut toutefois l’être que relativement, car il y a une question de sécurité dont il faut tenir compte. I)e là les attaches dont nous nous occupons. Ce ne fut pas seulement par une attention particulière que la montre a été suspendue soit sur la poitrine, soit à la ceinture. La montre est construite pour être suspendue. Les dispositions de son mécanisme le demandent pour son bon fonctionnement. Nous devons insister sur ce fait, car il explique pourquoi tout ce qui a été créé pour l’accompagner est dans ce sens; les sautoirs, les breloques, les chaînes de gilets sont des moyens de suspension autant que d’attache.
- Les maîtres ornemanistes du xvie siècle, indépendamment des compositions décoratives pour montres proprement dites, avaient aussi conçu des joyaux avec mouvements et cadrans comme celui reproduit figure 1. La richesse de cette pièce devait être extrême, exécutée avec la quantité de pierreries indiquées dans le dessin. Elle était destinée à être portée sur la poitrine suspendue à un collier. La composition en est de Hans Jean Collaert, dessinateur
- et graveur, né à Anvers vers 1540, fils d’Adrien Collaert. Il a travaillé jusqu'en 1622. On nommait aussi ces objets « Dend-à-Col ». Le dessin que nous reproduisons fait partie d'une suite de plusieurs de ces pcndantifs.
- La figure 2, prise à la Bibliothèque Nationale, représente Doua Maricque d’après Jean Clouet (1475-1541), lequel, d’origine française, travaillait dans les Flandres. Une montre est suspendue sur sa poitrine par une chaîne.
- Dans le portrait de l’Infante Maria-Thérésia (fig. a), peint par Velasquez (1599-1660), on voit une montre suspendue par un ruban attaché à la ceinture. Une boite circulaire, probablement un drageoir, l’accompagne.
- De la même époque que le précédent est le portrait de femme reproduit figure 4. Il est de Franz von Hais, né à Malines en 1584, mort le 26 août 1666. Ce peintre qui passait, dit-on, sa vie entre l’atelier. et le cabaret, n'en fit pas moins de merveilleuse peinture; ce document est pour nous précieux, car les détails en sont d’une netteté parfaite. Ici, la montre est franchement portée à la ceinture et avec un grandluxede rubans. La photographie du tableau qui appartient à une collection étrangère nous a été communiquée par M. Paul Garnier.
- Le seigneur, peint par J. le Duc (1656-1695) et représenté figure 5, a près de lui sa montre accompagnée d’un ruban avec un noeud soutenant la clé qui devait pendre du gousset de la ceinture sur la culotte. Les hommes et les dames d’alors portaient donc la montre suspendue surtout par un ruban, mais les chaînes n’étaient pas négligées pour cela. En effet, la gravure reproduite figure 6, d’après Saint-Jean, dessinateur, et datée de 1685, représentant une « Dame en déshabillé du matin », indique la montre portée à la ceinture par une chaîne. Une clé à manivelle l'accompagne.
- La figure 7, par Pierre de Garsault, né vers 1691, mort vers 1776, représente une dame ayant le bre-loquier à la ceinture. Dès la première moitié du xvme siècle, ce bijou est en grande vogue ; son succès justifié a duré plus d’un siècle et demi. Il donnait à la montre, avec laquelle il constituait un ensemble, une importance décorative qu’elle n’avait pas encore eue dans le costume. Tantôt la montre était dans le gousset de la ceinture, tandis que le breloquier pendait au dehors ayant à son autre extrémité des clés, des glands, des cachets ou maintes fantaisies formant « Breloques » ; d’autres fois, c’était la montre qui pendait au dehors au bout du breloquier ; tout cela dépendait du caprice de chacun.
- « Dans le Bal Parré » (1775), dessiné par Aug. de Saint-Aubin, gravé par A.-J.Duclos,dont MM. de Concourt, dans leur si charmante description de cette remarquable gravure, ont dit : « Les nœuds des perruques battent sur les collets d’habits, les montres battent sur les jupes », toutes les dames portent le breloquier. Comme il convient à toute mode, on arriva vite à l’extravagance, et, au lieu d’une seule
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- montre, il fut de la plus grande élégance d’en porter deux. Dans le tableau de Vertmuller au musée de Versailles, représentant Marie-Antoinette promenant dans les jardins de Trianon ses deux enfants, on voit à la ceinture de la reine deux breloquiers fort riches et de grandes dimensions.
- La figure 8 reproduit une « Toilette de femme »,
- du « Cabinet des Modes » (Journal de modes) de mars 1787. Le texte dit : « La femme représentée laisse voir par-dessus son jupon une montre d’or où pend une chaîne d’or garnie de breloques d’or, et l’autre une très large montre d’argent, ovale, où pend aussi une chaîne d’or garnie de breloques d’or. Cette mode de laisser voir ses montres est déjà
- Fig. 1. — Port «le la montre aux xvi* et xvu* siècles.
- suivie par beaucoup de femmes, mais nous ne croyons pas qu’elle dure longtemps lorsque nous considérons les dangers que l'on court et auxquels on a voulu parer en serrant ses montres dans de petits goussets. » L’auteur semble ignorer que depuis que l'on portait des montres, elles étaient presque toujours placées en dehors. La critique de la mode du jour est éternelle, ce qui n’empoche le plus grand nombre de gens de l’adopter avec enthousiasme.
- Le même auteur continue dans le numéro de septembre 1787, à propos du « Costume de femme », reproduit figure 9 : « La femme représentée porte deux montres attachées de chaque côté presque au milieu du corset. Cette mode est imitée de celle ridicule de nos jeunes gens de porter leurs montres dans la poche de leur gilet (au lieu du gousset de la culotte), et que nous nous sommes bien gardé d’annoncer, convaincu de la brièveté de son règne
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- et des dangers auxquels elle exposait ses « sectateurs ». Aux deux montres pendent deux simples cordons faits d’étroits rubans de soie bleue, et liés avec une très petite boule d’acier poli. Cette mode de porter de simples cordons de soie parait s’évanouir et reparaît de temps à autre. » Notre auteur n’a pas tort, car depuis le xvr° siècle, la chose n’a
- jamais cessé. On voit que les hommes ne le cédaient en rien aux dames dans les fantaisies du port de la montre à cette époque. La description de la figure 10 va le confirmer.
- Continuant à compulser le « Cabinet des Modes » du 28 février 1787, nous voyons la gravure d’un « Homme en habit de dîner » : « Dans ses goussets
- Fi". "2. — Port do la montre aux xvm* et xix’ siècles.
- sont enfermées deux montres, à l’une pend une chaîne d'or garnie de breloques, et à l’autre un cordon de soie blanche garnie d’une simple « clé-cachet » en or. On fait aujourd'hui une très grande quantité de cordons de montres en petites perles d’acier taillées et travaillées à facettes ». Il y en avait d’une extrême richesse, telle celle de Cagliostro, dont parle M. G. Lenotre dans « Vieilles maisons, vieux papiers », etM. Frantz Funck-Brentano dans « F Affaire
- du Collier » : « La chaîne de sa montre en diamant à trois brins, terminés par six gros diamants et quatre branches de diamant à deux desquelles pendent un gland de diamant, à la troisième une clé d’or garnie de diamants, et à la quatrième un cachet d’agathe, ce qui faisait un étincellement sur son gilet à fleurs. »
- Dans le numéro du 15 avril 1790, là chaîne de montre joue un rôle politique Nous lisons dans le
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- môme « Cabinet des Modes » : « Les jeunes aristocrates ex-nobles dont le cœur n'est pas encore endurci dans le crime et qui commencent à se façonner à la constitution française portent le costume de « demi-converti », c’est-à-dire demi-deuil. Deux montres, l’une à chaîne d’or, l’autre à cordon noir. »
- Nous sommes en l’an IX de la République, et c’est dans le « Costume parisien » (autre journal de modes) que nous trouvons la description de la figure i l : « Jeune femme portant un sautoir auquel est accrochée une montre renfermée dans une houle. » « Ces sautoirs sont à un seul tour et pendent assez bas », dit le texte. Us pendent môme très bas à notre avis et n’en sont pas plus gracieux pour cela. La primitive façon de porter la montre sur la poitrine offrait un tout autre caractère de noblesse.
- Sous la Révolution, les hommes conservent encore quelquefois les deux montres avec chaînes ou cordons pendant sur la culotte, et aux extrémités desquels sont accrochés clés, cachets ou breloques patriotiques. Toutefois, depuis le commencement du xixu siècle, on ne porte plus qu’une seule montre.
- En 1821, comme l’indique la figure 12, d’après le « Costume Parisien », la chaîne de « gilet » apparaît. Elle est disposée en faisant draperie comme de nos jours. Nous trouvons dans les modes de 1850 la chaîne toujours pendante au dehors; du reste, quelques personnes la portent encore ainsi.
- Actuellement les places d’honneur manquent totalement (dans le costume civil tout au moins.) Il est vrai qu'il serait parfaitement inutile de chercher à se parer de la plupart des montres modernes ; puis les chaînes et les breloquiers, sauf les sautoirs, sont à peu près abandonnés. II n’est certes maintenant plus besoin des anciennes lois somptuaires pour refréner le luxe exagéré du port de la montre surtout chez les hommes. Le contraire serait plutôt nécessaire. Mathieu Pi.anuion.
- DE BORDEAUX A PARIS
- Depuis plusieurs années, la route qui relie Bordeaux à l'aris a été consacrée par les sports les plus divers; nous y avons vu successivement s’y disputer des courses d’automobiles, de motocyclettes, des courses cyclistes, des courses pédestres et enfin, dernièrement, une course de chevaux, le raid hippique Bordeaux-Paris. A ce propos il nous a semblé intéressant de passer en revue et de comparer entre eux les temps mis par l’homme pour franchir. au moyen des différents modes de locomotion qu’il a à sa disposition, la distance d’environ 575 kilomètres qui sépare ces doux grandes villes.
- Le record appartient naturellement à l’automobile, ce monstre de vitesse des temps modernes ; lors de la course Paris-Madrid, en 1905, Gabriel, sur voiture Mors, couvrit la distance en 5h15m, c’est-à-dire à une vitesse moyenne de 108 km à l'heure. Bien loin derrière l'automobile, le chemin de fer prend la seconde place : en elïet, le rapide de la Compagnie des chemins de fer d’Urléans met 8h 56m pour accomplir le même parcours, soit à une vitesse d’environ GO km a l’heure, allure bien modeste en comparaison de celle de l’automobile. La petite motocyclette
- serre de bien près le train et prend la troisième place avec 8h 57m, soit à plus de 00 km à l’heure; cet exploit a été accompli par Bucquet dans la course Paris-Madrid. La quatrième et la cinquième place sont occupées par la bicyclette: en 1800, Huret, entraîné par des automobiles, vint de Bordeaux à Paris en J0h55m, ce qui donne la vitesse de 50 km à l’heure ; avec l’entrainement humain la vitesse baisse sensiblement et Garin, avec entraîneurs à bicyclettes, couvrit le même parcours en 18h41ra, ce qui donne encore une moyenne de 52 km à l’heure. Le cheval et le pédestrian se classent ensuite, mais bien loin derrière les engins mécaniques. Anatole, la vainqueur du raid hippique, mit L16h10m pour aller de Bordeaux à l'aris ; il est cependant juste d’observer que le parcours avait été quelque peu allongé et mesurait 7-44 km; d’autre part les concurrents étaient astreints à un minimum de repos de 05 heures, pendant la course. La vitesse moyenne du cheval vainqueur fut donc d’environ 0,500 km à l’heure. Enfin, la vitesse de l’homme le mieux entraîné, de l’athlète le plus parfait livré à.ses seuls moyens, n’est plus que de 5,2 40 km à l’heure ; le marcheur I'éguet mit en elfet 114h42m pour aller des bords de la Garonne à Paris, performance admirable, mais qui semble cependant bien misérable à côté de celles obtenues par les engins mécaniques créés par l’homme. W. D.
- NÉCROLOGIE
- Bernard Renault. — Les sciences naturelles viennent de faire une perte très regrettable. Un de nos plus grands savants, qui n’a pas été honoré comme il le méritait, Bernard Renault, est mort à Paris le 16 octobre, à l’àge ele 68 ans. Ses amis du Muséum ont conduit son corps à la gare de Lyon où des discours ont été prononcés par le directeur, M. Edmond Perrier et par M. Poisson; puis des obsèques solennelles ont été faites à Autun par la Société d’histoire naturelle de cette ville, dont M. Bernard Renault était le président depuis sa fondation.
- Bernard Renault est un des hommes qui ont le plus contribué à établir l’histoire des plantes fossiles. Trois volumes avec de belles planches sont la reproduction des cours de paléontologie végétale qu’il a faits au Muséum de Paris. Les Comptes Rendus de l’Académie des sciences et surtout les Bulletins de la Société d’histoire naturelle d’Autun renferment une multitude de Notes qui indiquent son génie d’investigation. Les environs d’Autun lui ont fourni d’incomparables matériaux d’études. Tous les savants ont eu la curiosité d’aller visiter au Muséum ses préparations de tiges avec des vaisseaux ponctués, des trachées déroulées, etc., de graines avec enveloppes multiples; quelques-unes nous permettent d’assister aux phénomènes de fécondation qui s’accomplissaient, il y a des millions d’années, on y voit le tube pollinique s’introduisant dans l’ovule. On peut dire que, grâce à Bernard Renault, l’anatomie végétale a été poussée aussi loin sur les plantes primaires que sur les plantes actuelles. Il a appris aux bactériologistes que leur examen pouvait s’étendre jusqu’au temps oii se formait la houille; alors les microbes ne jouaient pas un rôle moins important qu’aujourd’hui. Ce sont les Bacillus et les Micrococcus qui ont déterminé la structure du charbon de terre, restée, jusqu’aux travaux de Renault, un mystère impénétrable pour les géologues. Un mémoire magnifique, rempli de figures, permet de comprendre ses vastes recherches sur les diverses sortes de combustibles minéraux.
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- LA NAT U K E.
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- Il a rêvé de créer dans sa ville natale, l’ancienne cité des Eduens qui jeta tant de lumières sur la Gaule, une Société d’histoire naturelle où il ferait partager à tous les jouissances que lui donnait l’étude de la nature. 11 a réalisé ce rêve. Depuis vingt ans, la Société d’histoire naturelle d’Autun offre, dans une ville de 15 000 habitants, le spectacle étonnant d’une réunion de plus de 500 hommes, voués au culte de la science pure, faisant des publications dignes des plus importantes cités. La démocratie française, en voulant diminuer les inégalités sociales, inquiète quelquefois par la pensée qu’elle rapetissera les grands pour les mettre au niveau des petits. Mais Bernard Renault a montré qu’on peut diminuer les inégalités sociales en élevant les petits au niveau des grands; car la Société d’histoire naturelle d’Autun comprend surtout des hommes de positions très modestes. Ce sera pour Bernard Renault, pour ses collaborateurs et toute la ville d’Autun un éternel honneur d’avoir été dans notre pays le point de départ d’un mouvement scientifique parmi les travailleurs forcément occupés par les soins matériels de la vie.
- La Société d’histoire naturelle d’Autun a complété son oeuvre par la formation de collections précieuses, et en mourant son Président a pu espérer que la loterie, autorisée par un vote de la Chambre des députés, allait permettre l’érection d’un Musée où ces collections seront mises en honneur.
- 11 serait naturel de croire qu’un savant, auquel on doit tant d’admirables choses, a reçu de hautes distinctions ; ce serait une erreur. Bernard Renault est mort, Assistant au Muséum, sans avoir pu devenir Professeur, ou Membre de l’Institut, ou Officier de la Légion d’honneur. Il s’en est peu inquiété, sauf tout à fait au déclin de sa vie; simple et bon, il a pensé aux aulres, il n’a jamais pensé à lui. Il a passé une partie de son existence, penché sur le microscope, préoccupé uniquement d’y découvrir quelque organisme nouveau. Toutes les personnes, auxquelles je viens d’annoncer sa mort, m’ont dit avec une expression mélancolique : « Voilà un grand savant qui a reçu peu de récompenses. » Cela est vrai et cela est triste !
- Ai.beiu Gauüry,
- A __ Membre Je l’Institut.
- CHRONIQUE
- Exposition internationale «l'aviculture. — Elle s’est ouverte aux serres du Cours-la-Reine le 21 et a duré jusqu’au 24 octobre. Tous les jours il y a eu concours de chant de coqs. Ce sport curieux, qui fait pour la première fois son apparition à Paris, est fort en honneur en Angleterre et en Belgique. Certains des coqs chanteurs exposés ont, parait-il, coûté de 0000 à 15 000 francs. On cite même tel grand éleveur français, qui a payé 175 francs une douzaine d’œufs produits par une poule de la race Bantam et un coq vainqueur des coupes au Crystal Palace. On s’arrêtait beaucoup devant les diverses races de coqs françaises, anglaises, allemandes, américaines et asiatiques. Les coqs du Japon amusaient beaucoup les curieux avec leurs sortes de pantalons japonais. Superbes spécimens dans les cages anglaises et allemandes. Beaucoup de coqs de combat belges. Les coqs nains et les poules naines ont été très admirés. Les pigeons voyageurs ont aussi attiré l’attention. Certaines races de pigeons offraient des spécimens vraiment curieux. Ils ressemblaient aux élégants du Directoire, avec leurs culottes courtes et leurs longs gilets. En somme, l’exposition organisée par le Bantam-Club français a eu plein succès.
- Les bateaux électrl<(iies de la marine amé-rieaioe. — La flotte américaine va s’enrichir de 120 bateaux électriques : disons tout de suite qu’ils sont de proportions modestes. Ce sont, en effet, des canots électriques qui seront attribués au service de l’artillerie, et destinés à aller poser les mines sous-marines pour la défense des ports; ils pourront prendre ensemble à leur bord 500 mines. De plus, ils serviront d’auxiliaires aux sous-marins. Cette introduction du bateau électrique dans la marine de guerre était intéressante à signaler.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 octobre 1904. — Présidence de M. Mascakt
- Exploration de l’Indo-Chine. — M. le Président rappelle que M. Doumer, alors qu’il était gouverneur de l’Indo-Chine, avait décidé la formation de deux Commissions permanentes chargées de diriger l’exploration de l'Indo-Chine, l’une au point de vue archéologique, l’autre au point de vue scientifique. La première de ces Commissions fonctionne de la manière la plus satisfaisante. Au contraire, la réunion de la seconde a été ajournée. Cependant un pas en avant semble être fait, car le directeur de cette dernière Commission annonce qu’il va demander prochainement la désignation par l’Académie d’un botaniste et d’un zoologiste à même de s’occuper de recherches anthropométriques.
- Photographie donnant l'impression du relief. — M. Yiolle présente une photographie obtenue à l’aide d’un appareil imaginé par M. lves et exposé à Saint-Louis. Cette photographie donne, par transparence et par vision directe, l’impression très nette et frès vive du relief. L’appareil se compose de deux objectifs convenablement accouplés et d’une grille à barres rapprochées qui est placée en avant de la plaque photographique. La position relative dçs objectifs est telle qu’un trait donne sur la plaque, par rapport à l’objectif de gauche, une ombre dont l’emplacement est lumineux pour l’objectif de droite — et réciproquement. On obtient donc la photographie de l’objet par deux systèmes de hachures parallèles et serrées à raison de plusieurs par millimèlre. Le premier système correspond à l’objectif de gauche par exemple, et le second à l’objectif de droite. Pour examiner la photographie on place devant elle un système de hachures semblables à celui qui a déjà été employé, et l’on trouve aisément ensuite par tâtonnements la position à donner pour éprouver la sensation du relief.
- Correspondance scientifique. — M. Picard présente un volume contenant la correspondance scientifique de M. Stieljes qui fut professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, avec M. Hermite. Ce volume est du plus haut intérêt en raison des considérations générales qu’il contient sur les sciences. Gu. de Villedeuil.
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- LE WAGON D’INCENDIE DU MÉTROPOLITAIN
- DE CHICAGO
- Malgré toutes les précautions, le feu a pris à plusieurs reprises sur les chemins de fer métropolitains.
- L’administration du West Side Elevated Hailvvay de Chicago, vient de faire établir un « wagon d’incendie », contenant des extincteurs chimiques. Ce wagon, en lui-même incombustible, est composé d’un châssis d’un genre courant, monté sur deux bogies à i roues,
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- LA NATURE.
- et comportant deux plates-formes extrêmes où les pompiers peuvent prendre position avec leurs lances ; il a un peu plus de 9 mètres de long, tandis que la caisse en a seulement 6; cette dernière est couverte d’un toit en tôle ondulée, et le plancher des plates-formes est en acier; toute la charpente est assez résistante pour supporter le poids des débris qui pourraient venir à y tomber durant un incendie.
- Dans la caisse, vers l’une des extrémités, sont deux réservoirs de pression, construits par la Compagnie Nott Lire Engine, de Minneapolis, d’après son système, pour assurer le mélange des produits chimiques qui donneront à l’eau la pression voulue. Suivant l’axe de chacun de ces réservoirs, et dépassant de façon visible par l’extrémité antérieure, est un arbre
- muni de palettes qui peuvent battre l’intérieur du réservoir ; on les met en mouvement au moyen d’une manivelle. A la partie supérieure et, en avant de chacun de ces réservoirs, se trouve une ouverture qui est fermée par un chapeau à vis donnant une étanchéité absolue. Sur des bras dépendant de l’arbre intérieur, et par conséquent dans le réservoir, est installée une bouteille contenant l’acide nécessaire à la réaction chimique qui doit produire les gaz chargés de donner la pression voulue. Normalement, l’arbre à palettes est immobile et la bouteille bouchée et verticale ; si on la débouche et qu’on agisse sur la manivelle, la bouteille, maintenue sur son berceau, mais tournant dans un plan normal à l’arbre, va, dans sa rotation, projeter son contenu
- Le wagon (l'incendie du Métropolitain de Chicago. En cartouche, vue des cylindres mélangeurs.
- un peu dans toutes les directions, au milieu de l’eau qu’agitent les palettes et sur la soude qu’on a introduite par l’ouverture de chargement. Ces gaz se forment abondamment et ne peuvent s’e’chapper, car on a vissé à fond le chapeau de fermeture. L’eau provient d’un réservoir de 1000 litres environ, disposé à l’autre extrémité du wagon, à une hauteur suflisante pour assurer l’écoulement du liquide.
- Bien entendu, on n’emploie pas simultanément les deux cylindres de mélange chimique; au contraire, on recourt au second quand la pression vient à lléchir dans le premier. D’ailleurs, la mise en charge d’un de ces cylindres ne demande que i minutes, et il sera alors capable de débiter de l’eau par deux lances, à une pression de plus de 10 kg par cm* pendant 7 minutes. Des robinetteries sont disposées
- de manière à pouvoir instantanément brancher sur le second réservoir à pression les tuyaux qui étaient en communication avec le premier.
- Ce wagon d’incendie (dont la Compagnie possède déjà 4 exemplaires) n’est pas pourvu de moteurs; il est destiné à être remorqué ; dans chaque gare une voie centrale est ménagée entre les voies de circulation pour lui permettre de venir prendre position et arroser un wagon ou des wagons ordinaires qui auraient pris feu. Son matériel comporte de longues perches à crochet grâce auxquelles on peut tirer, sans en approcher par trop, un véhicule en flammes. IL B.
- Le Gérant : P. Ihssox.
- Paris. - Imprimerie Laiil'iif, rue de Fleurur,, 9.
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- iV 164 1. — r» NOVEMBRE 1 904.
- LA NATURE.
- LE B4LL0N
- La navigation aérienne ne possède pas encore de sémaphores chargés de signaler le temps qu’il fait, et pourtant c’est une donnée sans laquelle il serait par-lois imprudent de s’embarquer vers les solitudes célestes. En particulier, le vent est un facteur tellement prépondérant des voyages en dirigeable, qu’il est indispensable de se renseigner à son sujet.
- Les girouettes et les anémomètres perchés sur le haut du hangar où se remise le ballon peuvent à la
- vérité fournir quel- ____________________________
- ques indicalions sur ce qui se passe à faible distance du sol ; mais on pourrait éprouver de désagréables surprises en atteignant la zone de navigation, car le vent est un élément capricieux qui varie beaucoup avec l’altitude. Pour les ascensions libres, on a coutume de lancer au préalable de petits ballons pilotes qui marquent aisément la direction générale du voyage, mais manquent totalement de précision pour déterminer la vitesse. Les dirigeables d’ailleurs sont à cet égard dans des conditions plus favorables que les ballons libres puisqu’ils sont appelés à naviguer dans une zone bien délimitée et à une altitude relativement basse : le ballon Lebaudy se maintient généralement à une centaine de mètres de hauteur. Il suffirait, par conséquent, d’étudier le régime anémomé-trique sur une région épaisse de 200 à 500 mètres, ce qui permet d’opérer au moyen d’appareils captifs, ballons ou cerfs-volants.
- M. Julliot, l’ingénieur du Lebaudy, a combiné dans ce but un ballon captif aujourd’hui installé au parc de Moisson et qui a donné de bons résultats. Ce ballon, en soie vernie, mesure 50 mètres de capacité; on le gonile au moyen de l’hydrogène relativement impur qui s’échappe au commencement de la fabrication du gaz pour le gontlement du dirigeable. On ligature la manche de gonflement pour
- 32e année. — 2e semestre.
- 4M0MËTRIQUE JULLIOT g.B/B
- éviter les pertes, mais un petit clapet de sûreté \*j.-placé à la partie inférieure permet d’éviter toute chance d’éclatement. Le ballon porte un enregistreur d’altitude et un oriflamme. En outre une lampe électrique, actionnée par une pile sèche et placée au centre du ballon, illumine celui-ci pendant la nuit. Le ballon enlève un câble d’acier de très petit diamètre et de 500 mètres de longueur, enroulé sur un treuil abrité dans une guérite. Le câble passe
- sur une poulie dont
- l'ig. 1. — Appareil à mesurer la direction et la vitesse ilu veut à différentes hauteurs.
- la chape à la Cardan suit le câble dans les inclinaisons qu’il peut prendre en oscillant autour d’un pivot scellé dans un massif de maçonnerie. Ce pivot est le centre d’un cercle horizontal de 4 mètres de diamètre, en bois, divisé et orienté comme la rose des vents. Il suffit de disposer un quart de cercle également en bois dans le plan vertical du câble, en faisant coïncider son centre avec celui du grand cercle horizontal, pour déterminer, d’abord l’azi-muth sur ce cercle, et ensuite l’inclinaison en degrés du câble à son départ. Lorsque la force ascensionnelle du ballon est connue, on peut, de cette inclinaison du câble, déduire assez aisément la force du vent, aussi bien de nuit que de jour, et pour compléter ces indications, les oscillations du captif, celles de l’oriflamme indiquent le plus ou moins de régularité du courant atmosphérique.
- Ce n’est pas tout. L’inventeur de cet instrument a marqué sur le cercle horizontal la direction des principales localités environnantes, avec leur distance.
- Le grand cercle horizontal ayant 4 mètres de diamètre, son rayon représente précisément, à l’échelle de 1/20000, le chemin parcouru en une heure par le dirigeable dont la vitesse est de 40 kilomètres. On s’est servi de cette propriété pour indiquer pratiquement au pilote la direction dans laquelle il doit mettre
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- LA NATURE.
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- le cap, à l’aller et au retour, étant donné l’état de l’atmosphère. Pour cela, on se sert d’un cercle auxiliaire en tube de fer, du même diamètre de quatre mètres, que l’on pose sur le sol en plaçant son centre dans la direction du vent et à une distance du centre fixe représentant à l’échelle la vitesse horaire du vent, OC par exemple. Si la vitesse du vent est de 25 kilomètres OC = 1 m,25 à l’échelle de ce vaste plan.
- C’est au point C que le ballon se trouverait au bout d’une heure, s’il n’avait aucun moyen de propulsion. S’il marche lui-mème à 40 kilomètres à
- V
- Fig. i. — Plan par terre indiquant l’opération pour la détermination du cap.
- l'heure il peut atteindre, au contraire, un point quelconque du cercle auxiliaire, et s’il doit gagner une localité située sur la direction ON, il n’y a qu’à chercher le point où cette direction coupe le cercle auxiliaire (en ü) pour avoir sa position en bonne route au bout d’une heure, la ligne CI) marquant le chemin parcouru par ses propres moyens. En multipliant par 20 cette longueur, on aura la distance réelle. Pour marcher sans dévier de la route directe sur le but le navire aérien devra avoir constamment le cap tourné dans la direction CI).
- Cette épure très parlante n’est que la mise en œuvre à grande échelle de la figure par laquelle on démontre le principe même de la navigation aérienne. M. Julliot en a fait là une application fort judicieuse et susceptible de rendre les plus grands services aux aéronautes. L^colonel G. Espitalliek.
- DEUX COMPAS DE 1ER NOUVEAUX
- LE CO il PAS-EX HEGISTIIE CH ET I.E COMPAS-SIGXAL
- Voici deux inventions dont l’emploi à la mer est appelé à rendre des services réellement pratiques et dont l’inventeur, le commandant du « Félix Touache », a Lien voulu nous faire la description, en môme temps que nous montrer le fonctionnement des appareils, durant une escale à Tripoli.
- Nous pouvons décrire ainsi, sommairement, le compas-sonnerie ou compas-signal : qu’on imagine deux fils conducteurs de courants aboutissant d'une part à une sonnerie placée dans la chambre de veille du commandant, d’autre part dans l’intérieur de l’habitacle, à hauteur de l’aiguille
- aimantée du compas de route. Un dispose ces fils dans le compas de façon à laisser entre eux un intervalle déterminé, correspondant à l’angle dans lequel le bâtiment peut se mouvoir sans inconvénient ni danger et à la latitude laissée à l’homme de barre pour parer à certains écarts normaux, tels par exemple que ceux dus à une embardée ou nécessités par la manœuvre. L’aiguille vient-elle à dépasser l’amplitude de l’angle donné, elle entre en contact avec les fils électriques et provoque la sonnerie dans la chambre du commandant. Celui-ci, réveillé immédiatement, juge alors de ce qu’il doit faire.
- Le compas-enregistreur consiste en ceci : L’aiguille de la boussole est munie en dessous d’une pointe de couleur courant sur une longue bande de papier enfermée dans l’intérieur de l’habitacle et se déroulant constamment par le moyen d’un mécanisme d’horlogerie. Un comprend tout de suite que tous les écarts de l’aiguille aimantée (par rapport à l’axe du bâtiment) vont être inscrits ou tracés sur le papier. A l’arrivée au port d’attache ou dans un port de relâche autorisé, l’habitacle (dont le commandant n’a naturellement pas la clef) est ouvert soit par l’agent de la Compagnie, soit par l’autorité maritime, suivant le cas, et la bande est lue et comparée au journal de bord, qu’elle sert ainsi à contrôler. S’il est survenu soit un retard dans l’arrivée du bateau, soit un accident ou une collision en cours de route, l’examen du papier enregistreur servira à indiquer tous les détails de la marche du bateau et permettra ainsi de fixer sûrement les responsabilités. Lucien Jacquot.
- LE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL
- DE LA LAPONIE
- La Laponie suédoise possède de très riches gîtes de minerai de fer, à Gellivara, à Kirunavara et Luossovara. Pour desservir ces deux derniers gisements et assurer à leurs produits un débouché maritime toujours libre de glaces, la ligne qui depuis 1888 reliait Gellivara à Luleà sur la Baltique, a été prolongée à travers la Laponie jusqu’à l’Gfotcnfjord, sur l’océan Glacial en Norwège. En même temps, un port muni de tout l’outillage moderne était créé sur les bords de cette dernière baie, à Narvik. D’autre part, le Translapon est relié vers le sud par un embranchement long de 717 kilomètres, au reste du réseau suédois, et à la fin de cette année un second embranchement le soudera, à la frontière finlandaise, à une voie ferrée russe.
- Le Translapon a été livré à la circulation à la fin de 11)02 et aussitôt l’exploitation des mines a pris une activité véritablement extraordinaire. Pendant la première année, de Kirunavara, d’après un récent rapport consulaire anglais, pas moins de 960 000 tonnes ont été exportées par la voie de Narvik; 577 000 ont été expédiées en Allemagne, 146 000 en Angleterre, 57 000 en Belgique, 25 000 en France, et 6000 en Amérique1. Cette année l’exportation atteindra un chiffre plus élevé surtout en Angleterre et en Allemagne. Le minerai de Laponie serait, pour la fabrication de l’acier Bessemer, préférable à celui provenant d’Espagne.
- D'autre part, de Luleà, 1 097 550 tonnes de minerai provenant de Gellivara ont été exportées par la Baltique, 585 900 à destination des Pays-Bas, 549 000 en A11e-
- 1 « Diplomatie and consulat’ Reports », n° 5195, juin 1904. Tous les chiffres donnés dans ect arliele sont empruntés à ce rapport cl sont par suite ofiiciels.
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- LA NATURE.
- ooa
- magne, 238 000 en Angleterre, 100 000 en Belgique, 20 500 au Canada et 5100 en France.
- Bref de Kirunavara et de Gellivara, soit par Xarvik, soit par Lulea, on a exporté, en 1005, plus de 75 000 wagons chargés de minerai.
- Pour la machinerie dos mines et le chauffage des locomotives, on a naturellement besoin de charbon de terre. La distribution du combustible nécessaire à ces usages assure un fret de retour à une partie des wagons qui apportent le minerai aux ports d’embarquement et un fret d’arrivée aux navires chargeurs. 29000 tonnes de houille ont été importées en Laponie en 1905.
- Ce n’gst là qu’une première étape dans la transformation que subit la Suède septentrionale, tout récemment encore un affreux désert de forêts. Un syndicat s’est formé pour la construction de hauts fourneaux destinés à réduire sur place une partie des minerais de Gellivara, et dans un avenir prochain des fours llamberont dans ce qui fut la silencieuse solitude lapone.
- Enfin, le chemin de fer, qui est la voie ferrée la plus septentrionale du monde, a trouvé un élément de prospérité dans le trafic des voyageurs pendant l’été. L’an dernier, durant la période du Soleil de Minuit, l’administration mil en circulation, entre Stockholm et Xarvik un train de luxe hebdomadaire avec wagon-salon, wagon-restaurant et wagons-lits. L’essai a eu un tel succès que cette année le « Laponie-Express » part deux fois par semaine. Il quitte Stockholm les mardis et vendredis à 3 heures du soir, et les jeudis et dimanches arrive à 2 heures de l’après-midi à Xarvik, sur les bords de l’océan Glacial. Les touristes traversent ainsi le plus commodément du monde les solitudes grandioses de la Laponie sous F « obscure clarté » du soleil nocturne de la zone arctique. Ciiaiu.es Rarot.
- LES YEUX DE CRUSTACÉS
- DES GRANDES PROFONDEURS
- Les animaux qui habitent dans les profondeurs inaccessibles à la lumière présentent deux genres différents de modification des organes de la vue. Chez les uns les yeux sont atrophiés, chez les autres ils sont au contraire très volumineux et possèdent des adaptations spéciales qui leur permettent de percevoir une lumière faible. Chez les Crustacés des mers profondes, l’atrophie porte sur le volume de l’œil qui est diminué, sur le pigment qui est plus ou moins absent. En même temps les facettes sont moins nombreuses et plus grandes, et l’œil est moins mobile. La régression est d’ailleurs très progressive et souvent des exemplaires appartenant à une seule et même espèce ont des yeux beaucoup plus rudimentaires lorsqu’ils habitent de grandes profondeurs que ceux qui vivent dans des profondeurs moindres.
- Il y a dans le lac Baïkal1 des Crevettes qui présentent tous les degrés de l’atrophie de l’appareil visuel, suivant la profondeur à laquelle elles vivent. M. Korotnev a même trouvé des exemplaires dont un œil était encore distinct, tandis que l’autre était tout à fait rudimentaire. M. Do-llein (Bioloyisches Cenlralblatt, 1905, p. 570) pense que les formes dont les yeux sont atrophiés ne sont que des variétés locales des espèces à organes visuels parfaits. 11 faut les comparer aux variétés terrestres et aquatiques de certaines plantes, comme diverses espèces de « Ranunculus », dont la graine peut donner naissance à l’une ou l’autre variété, suivant le milieu où elle germe. Ainsi le « Xiphargus
- 1 Voy. la « Géographie » 1901, 2° scm., p. 101.
- puteanus » et 1’ (( Asellus cavaticus » qui vivent dans les eaux douces souterraines, par exemple dans les puits, ne seraient que des formes aveugles et décolorées, le premier de la Crevette d’eau douce « Gammarus pulex », le second du Cloporte d’eau « Asellus aquaticus ». Celte hypothèse a l’avantage d’expliquer la présence de ces animaux dans des nappes d’eau entièrement isolées les unes des autres. Dans chaque cas particulier ils proviendraient des formes qui peuplent les eaux de la surface.
- Mais, d’autre part, on rencontre dans les mers profondes toute une série de Crustacés, dont les yeux, loin d’être atrophiés, sont très grands, et pourvus d’un nombre immense de facettes. De plus ils présentent souvent une structure particulière qui leur permet soit de devenir phosphorescents sous l’influence de la lumière émise par d’autres organismes1, soit de réfléchir la lumière, de façon qu’elle vienne impressionner une seconde fois les terminaisons nerveuses. Ces yeux ont donc la propriété de profiter des moindres traces de lumière. Chez le « Cys-tosoma Nepluni », crustacé qui vit dans les grandes profondeurs de l’Atlantique, les yeux sont si volumineux qu’ils viennent se fusionner sur le milieu de la tète.
- 11 est très intéressant de constater que dès les temps primaires il existait une faune abyssale. On rencontre dans le Cambrien des Crustacés, notamment des Trilo-bites, les uns entièrement privés d’organes de la vision, les autres pourvus d’yeux énormes. Les caractères de ces modifications prouvent que les fossiles cambriens que nous connaissons proviennent d’une faune plus riche qui existait antérieurement et qui s’est adaptée aux grandes profondeurs. La proportion des fossiles de mers profondes va en diminuant à mesure qu’on se rapproche de l’époque actuelle. Ceci ne prouve pas que la vie ait débuté au fond des mers, mais tout simplement que les terrains formés à de grandes profondeurs sous l’eau ont acquis une solidité qui leur a permis de nous transmettre leurs fossiles depuis les époques les plus reculées, alors que les restes des êtres habitant près de la surface étaient détruits bien plus rapidement. En tout cas, l’identité des modifications produites par le même genre de vie, aux diverses époques, était bonne à noter.
- Comment expliquer que la vie dans l’obscurité ait pu amener des effets diamétralement opposés, d’une part l’atrophie, d’autre part l’hypertrophie et l’adaptation des organes visuels? M. Doflein fait remarquer que les Crustacés dont les yeux sont rudimentaires ne pondent que des œufs peu nombreux et qu’on ne rencontre jamais leurs larves dans les couches d’eau voisines de la surface. Les Crustacés dont les yeux sont adaptés ont au contraire un grand nombre d’œufs, de petit volume, et leurs larves se rencontrent assez près de la surface.
- On peut donc penser que, parmi les Crabes de mer profonde, ceux-là seuls ont des yeux atrophiés, dont le développement se fait tout entier à l’abri de la lumière. Chez ceux, au contraire, dont les larves arrivent à chaque génération à la lumière, les yeux sont bien développés et souvent même hypertrophiés. Quant aux Crustacés des cavernes et des eaux souterraines, leurs yeux sont toujours atrophiés, parce que les conditions topographiques empêchent une migration des larves vers la lumière. Un phénomène inverse s’observe sur une Anguille qui a été trouvée récemment dans la « Cloaca maxima » de Rome : ses veux sont énormes, parce qu’à l’état jeune elle vit dans la rivière et qu’elle ne remonte que plus tard dans le canal souterrain. Dr L. Lalov.
- 1 Voy. n° 1553, du 11 octobre 19U2, p. 500.
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- LA NATURE.
- LÉGUMES JAPONAIS
- Les productions végétales du Japon ne sont pas seulement intéressantes parce que les regards sont en ce moment tournés vers ce pays, mais encore un autre point de vue. Le climat du Japon est, en effet, assez analogue à celui de la France, et beaucoup de plantes qui y croissent pourraient certainement être acclimatées chez nous. On en a vu une preuve manifeste dans la manière de se comporter des crosnes, qui, venant des îles japonaises, poussent aujourd'hui dans nos campagnes comme s’ils avaient été créés et mis au monde tout exprès. Si l’on voulait s’en donner la peine, on pourrait y trouver nombre de légumes tout aussi intéressants, ainsi qu’on va le voir. Au Japon, on cultive beaucoup une espèce particulière de haricot, le haricot mungo, dont les gousses contiennent de siv à quinze graines fort petites, vertes, blanches, noires, jaunes ou rouges, suivant les variétés. On en fait une confiture, appelée ko-kan, et dont voici la recette : Faire tremper pendant 2-4 heures les haricots dans de l’eau non calcaire. Les faire cuire avec de l’eau, puis les passer de manière à obtenir une purée un peu épaisse ; ajouter moitié de sucre, puis faire cuire de nouveau et ajouter, à la lin de la cuisson, de la gelée obtenue en faisant dissoudre une colle d’algues marines, appelée Kan-ten.
- Le « Koniaku » est plus important; on désigne ainsi les tubercules de F « Amorphophallus Rivicri », Aroïdée de I mètre de haut, qui pousse, pour ainsi dire, d’elle-même et dans les sols les plus arides (tig. 1). Chaque tubercule mis en terre donne naissance, en moyenne à une quinzaine de nouveaux tubercules, dès la première année. Leur saveur est forte, piquante, acre et provoque dans la bouche un sen-
- timent de picotement et d’ardeur fort pénible : soit cuits, soit crus, ils ne sont comestibles ni pour l’homme ni pour les animaux. Mais il suffit d’un traitement aussi simple que peu coûteux, pour les transformer en un aliment sain et agréable : l’opération consiste à leur faire subir l’action d’un peu de lait de chaux. Les mêmes tubercules peuvent d’ailleurs avoir des usages non culinaires : on prépare avec eux une colle qui donne au papier une telle adhérence qu’il ne peut plus être décollé ; elle sert, en outre, dans la fabrication des... parasols. Cette [liante [tousse fort bien chez nous et jiegt être
- employée même comme une superbe plante d’ornement; j’en ai gardé une tout cet été et elle faisait l’admiration de ceux qui la voyaient.
- Le « Kudzu » a aussi un double usage : cette lé-gumineuse grimpante, qui croit à l’état sauvage donne, en effet, à la fois de la fécule et des fibres. La fécule est tirée des tubercules par râpage sous l’eau. Les fibres proviennent de la tige et donnent une belle toile. Cette étoile ne se ramollit point sous l’action de l’eau ; et comme une fois mouillée elle sèche rapidement, on l’emploie pour des « kappa » (manteau pour la pluie), les « hakama » (sortes de pantalons très amples). Les pièces étant tissées en grande largeur servent, en outre, pour l’entoilage des « fusuma » : on désigne ainsi des portes à coulisse qui séparent les appartements japonais et sont ordinairement tapissées de papier des deux côtés.
- Le Mioga (Zingiber mioga) est utilisé pour ses Heurs qui sortent des racines vers le mois de juillet et ont la forme de broches de filature; il faut les laver soigneusement pour ôter la poussière, les faire blanchir à l’eau bouillante un peu salée, les passer à l’eau froide, puis les faire cuire un instant dans une sauce au jus, comme des oignons, des poireaux
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- LA NATURE.
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- ou des céleris. Le melon blanc du Japon (fig. 4) ressemble beaucoup au gros concombre blanc de
- Fig. 2. — Radis du Japon.
- de sucre, il constitue un excellent entremets au goût d’ananas. Plusieurs espèces de lis fournissent un 1c-
- Paris. Coupé en rondelles minces, plongé dans la pâle à beignets, frit et copieusement saupoudré
- Fig. 3. — Ail à Heurs comestibles du Japon.
- gume très apprécié des Japonais. « La préparation des bulbes de lis pour la table, dit un voyageur, est des
- Fig. 4. — Melon du Japon. Fig. 3. — Rardnne du Japon,
- plus simples. On les sépare, écaille, puis on les lave bouillante salée. Puis on les accommode, soit en les soigneusement et on les blanchit légèrement à l’eau faisant sauter au beurre frais, soit dans une sauce
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- rousse avec du jus de viande, soit en sauce blanche. Voilà de la cuisine européo-japonaise. La vraie recette est celle-ci : après les avoir blanchies comme ci-dessus, on les l'ait cuire pendant quelques minutes dans une sauce composée uniquement d’eau, de shoyou et d’un peu de poisson sec, râpé. Elles sont assez bonnes accommodées ainsi; mais, au premier abord, un palais européen trouve étrange des sauces sans corps gras. » Les fleurs de lis sont utilisées pour parfumer la soupe et peuvent èlre assaisonnées comme des légumes.
- A citer encore la Bardanc du Japon (fig. 5), dont les racines se préparent comme les salsifis; l’ail à fleurs comestibles ffig. 5), que l’on peut ajouter à la salade en guise de « chapon » ; les Bambous, dont les jeunes pousses sont comestibles; le Daikou ou radis du Japon (fig. !2), qui se mange comme notre petit radis rose ; les Ignames, dont on n’a pas encore réussi en France la culture pratique et la Soya, légumineusc dont nous avons déjà parlé ici même1. Henri Coipin.
- LES FAUTEUILS AUTOMOBILES
- ET AUTOMATIQUES
- T»E ï.''EXPOSITION DE SAINT-LOUIS
- On sail qu’une grande exposition a eu lieu à Saint-Louis, et, comme il est considéré maintenant, à tort ou à raison, qu’il ne peut pas y avoir d’exposition sans fauteuils roulants, pour transporter les visiteurs qui craignent de se fatiguer à parcourir les galeries sans tin des « Foires » internationales, on a naturellement, à Saint-Louis, utilisé des fauteuils roulants.
- Mais on a voulu inaugurer autre chose que ce qui avait été jusqu’ici d’usage courant, et en même temps se délivrer des services des hommes employés ordinairement
- à pousser ces fauteuils, et qu’il faut payer lors même qu’ils n’ont personne à véhiculer. L’est pour cela qu’on a imaginé des fauteuils automobiles, dont la conduite est si facile qu’elle peut
- Fauteuil automobile. èlre COnflée :,UX
- personnes qui
- louent ces sièges roulants. C’est le courant électrique qui leur imprime le mouvement, et le moteur est établi de telle sorte qu’il donne régulièrement une allure constante de 4 kilomètres et demi à l’heure, sans qu’il soit possible de modérer ou d’accélérer cette allure; bien entendu, on a la faculté de pouvoir arrêter le véhicule, mais non de le ralentir. Il va de soi également que la personne qui prend place dans cette automobile minuscule a en main une tige de direction qui lui permet de conduire le fauteuil. Toutefois, il fallait prévoir les maladresses de conducteurs inexpérimentés, et les obstacles qui peuvent se dresser de façon imprévue sur la route d’un véhicule destiné à circuler au milieu de la foule.
- 1 Yoy. n° 1004, du 27 août 1892, p. 203.
- Dans ce but, le fauteuil est muni d’un dispositif d’arrêt automatique ; en avant, on aperçoit un cadre fait d’une lame métallique, qui forme garde-corps à bonne distance des roses de devant; ce garde-corps se recourbe du reste latéralement pour protéger les passants du choc des roues arrière. Or, dès qu’une partie quelconque de cette lame vient en contact avec un objet quelconque qui lui oppose une résistance de quelques centaines de grammes, le garde-corps oscille avec les leviers qui le soutiennent, et il vient agir sur le moteur du fauteuil en arrêtant instantanément le courant, si bien que le véhicule s’arrête avant que les roues aient pu toucher l’obstacle qui se dresse devant elles. Le moindre accident est donc de ce fait impossible. Cotte ingénieuse invention est due à M. Semple Scott. II. 15.
- APPAREIL ÉLECTRIQUE
- A ABATTRE LES ARBRES
- On se rappelle peut-être l’appareil ingénieux que nous avons présenté sous le nom de « bûcheron automatique » et qui était mû à la vapeur, celle-ci arrivant par un tuyau flexible. Mais il est bien évident que la commande électrique est plus pratique, puisque ces tuyaux sont sujets à subir nombre d’avaries alors qu’ils sont en plein air et
- Almlteusp élocliïque en jiosiliou.
- qu’ils traînent à terre. Or la maison Ganz, bien connue en matière d’électricité, a combiné depuis une machine électrique beaucoup plus pratique pour effectuer facilement l’abatage des arbres.
- Sur un chariot à deux roues est porté un moteur électrique qui peut se déplacer horizontalement, en décrivant un arc de cercle, sur un chemin double disposé sur le châssis du chariot. Solidairement avec le moteur, et en dessous, est montée non pas précisément une lame de scie, mais une mèche avec porte-outil approprié dont la rotation est assurée par une courroie passant sur la poulie du moteur et sur une petite poulie qui entraîne la mèche. Des chaînes et crampons maintiennent le chariot en place, de façon que la réaction ne l’éloigne point de l’arbre qu’on veut attaquer; cette attaque a lieu d’abord sur le flanc de l’arbre, mais, au fur et à mesure du travail de la mèche, on fait lentement décrire au porte-outil et au moteur un arc de cercle, et la foreuse, tournant toujours, fait une saignée dans le bois. Quand on a de la sorte atteint le milieu de l’arbre, on retire l’outil et l’on attaque de la même manière de l’autre côté.
- Tout cela s’effectue avec une très grande rapidité, et l’abatage se termine à la hache ou à la scie à main, des cales ayant été naturellement poussées dans les saignées faites par la mèche. D. B.-
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- LA NATURE.
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- LE METROPOLITAIN
- LIGNE DE L’AVENUE DE VILLIERS A MÉNILMONTANT
- On vient de livrer à la circulation la ligne n' 5 du Métropolitain de Paris qui, partant de la station de l’avenue de Milliers de la ligne n° 2 par les boulevards extérieurs, traverse Paris de l’Ouest à l’Est pour aboutir à Ménilmontant, sur la place Gambetta, en lace de la mairie du XXe arrondissement. Cette ligne, en quittant la station de Milliers suit, comme l’indique le plan figure 1, les rues de Constantinople et de Rome, touche la gare Saint-Lazare pour aboutir à la place de l’Opéra après avoir suivi une section du boulevard Ilaussmann et la rue Auber. Elle se poursuit ensuite par la rue du Quatre-Septembre, la Rourse, la rue Réaumur, la rue Turbigo, la place de la République et l’avenue de la République jusqu’aux boulevards extérieurs où elle coupe la ligne n° 2 des
- boulevards extérieurs, à la station du Père-Lachaise, en passant au-dessus de cette dernière. Elle gagne ensuite la place Gambetta en suivant l’avenue Gambetta. Dans ce parcours, la ligne coupe : à l’Opéra la ligne n° 7 du Palais-Royal à la place du Danube ainsi que la ligne n° 8 Auteuil-Opéra; au boulevard Sébastopol la ligne n° 4 de la Porte de Clignancourt à la Porte d’Orléans, et à la place de la République la ligne n° 5 du boulevard de Strasbourg au pont d’Austerlitz. Toutes ces lignes ne sont encore qu’en projet ou en cours de construction.
- La ligne n° 5, d’une longueur totale de 7952 mètres de bout en bout, est entièrement souterraine sur toute sa longueur. Quinze stations sont réparties sur le parcours, non compris les stations extrêmes,
- Lignes en exploitation
- Ligne en construction
- Figr. 1. — Plan du Métropolitain de l’avenue de Villiers à Ménilmontant.
- ce qui porte leur espacement moyen à 450 mètres. L’espacement maximum de 756 mètres se trouve entre les stations de la place de la République et de l’Avenue Parmentier et l’espacement minimum de 252 mètres entre les stations de la place Martin-Nadaud et de la place Gambetta.
- Le tracé ne présente en plan rien de particulier. Les rayons des courbes ne descendent nulle part au-dessous de 100 mètres, sauf aux boucles des stations extrêmes où ce rayon descend à 75 mètres, minimum autorisé par le cahier des charges. Le proiîl est assez accidenté, surtout vers l’extrémité Est où des rampes maximum de 40 millimètres par mètre et d’assez grande longueur ont été nécessaires pour franchir la différence de niveau de 52 mètres qui existe entre la place de la République et la place Gambetta.
- La construction de la ligne n’a pas été sans présenter des difficultés sérieuses, non seulement au point de vue technique, mais aussi par suite des sujétions résultant du passage au-dessous de voies charretières où la circulation est très active.
- Nous ne reviendrons pas sur les travaux de la place de l’Opéra, l’ensemble de ces travaux impor-
- tants ayant déjà fait l’objet d’un article1. Nous rappellerons seulement qu’à cet endroit s’opère le croisement des trois lignes énumérées plus haut, dans des tunnels superposés établis dans un énorme massif de maçonnerie reposant sur des caissons fondés à l’air comprimé à une profondeur de 22 mètres au-dessous de la chaussée et dans une couche aquifère de 12 mètres d’épaisseur. La ligne n° 5 qui nous occupe actuellement passe à la partie supérieure du massif de maçonnerie; au-dessous croisera plus tard la ligne n° 7 et, enfin, au fond, la ligne n° 8. La photographie ci-jointe (fig. 5) montre les travaux de la ligne 5 après le fonçage des caissons et la construction de la partie inférieure du massif de maçonnerie. C’est en amont de ce massif et sous l’extrémité de la rue Auber que se trouve la station de l’Opéra à laquelle on accède au moyen d’un large escalier débouchant sur le terre-plein de la place avec un entourage formé d’un parapet en pierre sculpté.
- Une autre difficulté sérieuse s’est présentée pour l’établissement de la station de la rue Saint-Denis à
- 1 Yov. n° 1555, du 14 mars 1905, p. 225.
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- LÀ NATURE.
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- l’intersection du boulevard Sébastopol. Pour établir cette station, les escaliers d’accès et la chambre de distribution des billets qui se trouve exactement au-dessous de la chaussée, il a fallu faire une installation suffisamment résistante pour supporter temporairement les lourds véhicules des tramways de l’Est-Parisien, qui suivent la rue Réaumur.
- Entre les stations de la place de la République et de l’avenue Parmentier la ligne passe .au-dessous du canal Saint-Martin qui, lui-même, est en tunnel. Pour opérer cette traversée, sans trop de difficultés, on a profité du chômage de la navigation sur le canal, en allongeant un peu sa durée. Après avoir installé transversalement au canal deux batardeaux
- et après épuisement des eaux dans l’espace compris entre eux, on a opéré une fouille descendant jusqu’au-dessous du radier de la voie métropolitaine, puis on a construit la voûte en maçonnerie de cette voie. Après avoir ensuite remblayé la partie comprise entre l'extrados de la voûte métropolitaine et le dessous du radier du canal, on a rétabli ce radier au moyen d’un plancher en béton armé se recourbant verticalement le long des murs de quai. Ces travaux difficiles ont été habilement dirigés par M. Ruignet, conducteur principal.
- Depuis la station du Père-Lachaise jusqu’à la place Gambetta le tunnel traverse de très mauvais terrains; d’abord des gypses anciennement excavés,
- Fig. 2. — Travaux de la station de la gare Saint-Lazare.
- puis, près du sommet, des sables imprégnés d’eau. Il a fallu procéder avec beaucoup de prudence, empêcher dans les marnes tout mouvement dangereux et, dans les sables, obtenir un assèchement aussi complet que possible. Ce sont ces raisons, jointes à d’autres considérations d’ordre administratif, qui ont retardé l’achèvement de cette dernière section de la ligne f> et on est obligé de n’ouvrir provisoirement cette ligne que jusqu’à la station du Père-Lachaise.
- La partie souterraine ne présente rien de particulier et les tunnels sont voûtés suivant les mêmes dispositions et les mêmes cotes que celles adoptées pour la ligne 2 par les boulevards extérieurs. Ces tunnels ont été construits, avec quelques modifications, suivant la méthode ordinaire de fouille avec
- boisages. Parmi les 17 stations réparties sur la ligne, y compris les deux stations terminus, quelques-unes ont un trafic important résultant, soit du trafic local, soit qu’elles servent de point de contact au croisement de deux lignes métropolitaines. Dans ce dernier cas, nous pouvons citer la station importante de l’avenue de Yilliers, point de contact avec la ligne des boulevards extérieurs. Celte station est double, les deux lignes étant juxtaposées l’une à côté de l’autre. Les communications entre les différents quais se font au moyen d’escaliers latéraux réunis entre eux par une passerelle transversale placée au-dessus des voies et aboutissant à une salle de distribution de billets qui, elle, communique avec l’extérieur par un large escalier. Cette disposition d’ensemble est celle adoptée pour
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- LA NATURE
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- Fig. 5.
- Travaux du la slalion de l’Opéra.
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- LA NATURE.
- toutes les stations de la ligne et n’est que la répétition de celle déjà adoptée pour les autres lignes métropolitaines. Tout en maintenant le principe de cette disposition, il a fallu, toutefois, par suite de considérations topographiques spéciales, y apporter quelques modifications et additions de détail, lorsque l’emplacement de l’escalier donnant accès de l’intérieur dans la salle des billets devait se trouver dans des rues latérales, comme aux stations des rues Saint-Denis, du Quatre-Septembre et du Sentier.
- A la station de Villiers, comme on le voit sur le plan, la ligne 5 est prolongée jusqu’au-dessous du l’arc Monceaux où se trouve la boucle permettant aux trains de passer de la voie d’arrivée sur la voie de départ.
- A la station de la gare Saint-Lazare dont la photographie (fig. 2) représente la vue pendant la construction du tablier métallique qui la recouvre, on a relié les quais et la salle des billets avec la salle des Pas-perdus de la gare de l’Ouest au moyen d’une large galerie souterraine permettant le transit des voyageurs entre les lignes de la banlieue de l’Ouest et les lignes métropolitaines.
- A la station de la rue Saint-Denis, où la ligne 5 passe au-dessous de la ligne à construire entre la porte de Clignaneourt et la porte d’Orléans, des dispositions spéciales ont été prises pour permettre l’accès facile des voyageurs, non seulement de l’extérieur sur chacune des deux lignes, mais aussi d’une ligne sur l’autre. Des dispositions analogues ont été prises à la station du Père-Lachaise où la ligne o passe au-dessus de la ligne aujourd’hui en exploitation par les boulevards extérieurs. De plus, une voie de raccordement permet aux trains circulant sur la ligne 5 de passer de cette ligne sur celle des boulevards extérieurs et réciproquement. La photographie (fig. 4) représente cette station pendant la construction du tablier métallique qui la recouvre.
- A la station terminus de la place Gambetta, une disposition spéciale a été adoptée pour permettre le passage des trains de la voie d’arrivée sur la voie de départ. Comme l’indique le plan, la voie métropolitaine a été prolongée sous la rue Belgrand et sous l’avenue Gambetta et ces prolongements sont destinés à servir de voies de garage pour les trains. D’un autre côté et, près du point de départ de ces deux voies prolongées, celles-ci sont réunies par une boucle permettant le passage des trains de la voie d’arrivée sur la voie de départ,
- A un certain nombre de stations à trafic important, on a ajouté aux sorties ordinaires des sorties supplémentaires, afin de faciliter le dégagement, en cas de trop grande affluence. De plus, les voies d’accès et de sortie des stations sont disposées de telle sorte que la circulation des voyageurs sortants soit complètement indépendante de celle des voyageurs entrants. A tous les points bas de la ligne on a ménagé des puisards où des pompes à mouvement automatique permettent d’évacuer les eaux du souterrain et de les amener dans les égouts.
- Les revêtements intérieurs des stations sont faits avec des carreaux biseautés en grès-cézame. Les quais sont pavés avec du bitume et les marches des escaliers sont recouvertes d’un revêtement en ciment de Portland de quatre centimètres d’épaisseur. Dans ce revêtement et sur le bord de la marche sont scellées des feuilles d’acier dans lesquelles sont incrustées, suivant le système Mason, de petites lamelles de plomb. Ce dispositif qui donne aux marches une très grande résistance à l’usure n’a qu’un inconvénient, celui de revenir à un prix assez élevé : 16 francs le mètre courant, avec, il est vrai, une garantie de dix ans.
- Les dépenses d’établissement de la ligne proprement dite, à la charge de la Ville de Paris, s’élèvent à la somme de 20860 000 francs, ce qui, pour une longueur de 8900 mètres, y compris les boucles et voies de garage, représente une dépense de 2500 francs par mètre courant. Toutefois pour obtenir la dépense totale réellement faite pour l’infrastructure de la ligne n° 5, il y a lieu d’ajouter à ce chiffre les dépenses faites pour déviations d’égouts et de conduites d’eau et pour réfection de pavages qui s’élèvent à la somme de 4640 000 francs. De sorte que la dépense totale de l’infrastructure de la ligne, à la charge de la Ville de Paris est de 25 500000 francs.
- Les travaux ont été dirigés par MM. Pollet, Lo-
- cherer et Briotet, comme ingénieurs ordinaires, sous
- la haute direction de M. Bienvenue, ingénieur en chef
- du Métropolitain. B. Boxxin.
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- BARILS MÉTALLIQUES EMBOUTIS
- D'UNE SEULE PIÈCE
- L’emboutissage et l’estampage des métaux ont fait de grands progrès depuis quelques années, non seulement par suite du perfectionnement des machines qui servent à les effectuer, mais ^surtout par suite des qualités nouvelles de résistance et de ductibilité des métaux que l’on fabrique maintenant.
- Nous pouvons à ce sujet mettre sous les yeux du lecteur un petit tour de force d’emboutissage, qui vient d’être mené à bien par des usines anglaises, et va être appliqué de façon courante à la fabrication de futailles et barils métalliques.
- Le petit baril que nous représentons ici a été tiré d’une tôle d’acier de 1 millimètre d’épaisseur, et la partie supérieure de ce baril n’est nullement soudée au corps, comme on serait tenté de le croire*: elle est tirée de la mémo tôle, le baril tout entier étant d’une seule pièce, à l’exception près du trou de bonde supérieur qui est en cuivre et rapporté. Ce résultat est obtenu au moyen de 7 opérations successives. Tout d’abord la plaque est em-
- l’n baril métallique d'une seule pièce.
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- LA NATURE.
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- bmitie on forme de cône tronqué, puis la partie extrême et libre du tronc de cône est repoussée intérieurement, de manière que la paroi prenne la forme arrondie des flancs du baril, et enfin la tranche supérieure de la feuille de métal est repliée à angle droit pour former le fond. Et tout cela s’obtient sans que le métal se plisse; l'épaisseur de la tôle, demeure constante dans toute la moitié inférieure du baril; dans la portion supérieure, elle augmente là où certaines des opérations successives viennent réduire le diamètre primitif du tronc de cône dont nous parlions. Par une particularité assez curieuse, le métal présente sa plus grande épaisseur au point où se soude la pièce de cuivre du trou de bonde : la tôle est en ce point épaisse de 5 millimètres à peu près. 11 y a là un renforcement qui ne peut qu’être avantageux.
- Le baril que nous reproduisons ici a seulement une capacité de 25 litres environ; mais on monte en ce moment un matériel de presses à longue course pour produire des futailles de grandes dimensions. 1). L.
- AVERTISSEURS METAURIQUES RICHARD
- Nous avons récemment donné quelques indications assez brèves sur un thermomètre avertisseur électrique à mercure, le téléthermomètre Yila Foras, destiné, comme tous ses semblables, à assurer la Iransmission à distance d’une élévation de température. L’appareil était ingénieux; mais l’emploi du mercure dans des dispositifs de ce genre n’est pas sans inconvénient, en ce sens que ce métal s'altère relativement vite sous l’action de l'étincelle électrique, si bien qu’ensuite, pour que le circuit d’avertissement soit réellement fermé, il est nécessaire que le mercure ait notablement dépassé la pointe de platine destinée à venir en contact avec lui. Il en résulte que la transmission du signal ne se fait que quand la température a effectivement dépassé, elle aussi, la limite qu’on s’était imposée comme maximum. D’ailleurs le passage même des fils de platine dans le verre du thermomètre détermine des points faibles. Pour obvier à ces inconvénients, un des spécialistes les plus connus, M. Jules Richard, a imaginé une série de thermomètres qui sont basés sur le même principe que les thermomètres à cadran de cette maison, et où des contacts électriques très simples permettent d’actionner des sonneries la température maxima ou minima déterminée comme la limite à ne point franchir. Tous ces appareils sont basés sur la dilatation d’un liquide, dilatation qui est constante et toujours comparable à elle-même; ce liquide varie naturellement suivant les températures auxquelles il doit être exposé, c’est tantôt de l’alcool, tantôt des huiles de pétrole, etc.
- Nous pouvons distinguer dans les appareils Richard trois types, qui sont constitués de façon différente, mais d’après un principe commun : dilatation d’un liquide qui n’est pas du mercure, et avec lequel ne se font point les contacts électriques chargés d’assurer le passage du courant avertisseur et la mise en marche des sonneries annonçant une température
- critique. Voici d’abord le genre le plus simple de thermomètre métallique avertisseur, thermomètre à cadran, où l’on utilise la dilatation du liquide dans un tube Rourdon ; ce tube a la forme d’un arc de cercle, et sa section est naturellement en croissant. Quand la température entraîne une expansion du tube, celui-ci tend à s’allonger en se redressant, et comme il comporte à sa partie supérieure une tige métallique de renvoi, cette tige commande une petite transmission, à la façon de ce qui se passe dans les baromètres métalliques bien connus, et l’aiguille indicatrice se déplace sur le cadran, vers une lame métallique disposée à la surface de ce cadran, et qui est reliée avec une pile et un dispositif de sonnerie électrique : c’est la pointe même de l’aiguille qui vient former contact lorsqu'elle est au point maximum de son déplacement. 11 va de soi que, quand le tube se recourbe par suite de la contraction du liquide contenu, l’aiguille indicatrice se déplace en sens inverse et vient rencontrer une seconde lame analogue à la première, mais placée symétriquement. Ces lames peuvent du reste se fixer dans des positions différentes, de manière à indiquer n’importe quelle température maxima ou minima choisie comme limite. Ce thermomètre avertisseur peut être mis en communication avec deux sonneries, l’une correspondant à la température supérieure, l’autre à la température inférieure, mais on peut aussi ne disposer que d’une sonnerie, indiquant seulement que la température ne se maintient pas dans les limites assignées.
- Pour mettre les appareils à l’abri des influences troublantes du milieu même dans lequel se trouve le dispositif récepteur proprement dit, milieu qui a sa température propre, on a combiné des instruments dotés d’un compensateur, et qui sont en somme tout à fait analogues aux thermomètres à cadran ordinaires de la maison Richard, à cela près qu’on les a munis des deux lames d’arrêt avec liaisons électriques, qui assurent les contacts de l’extrémité de l’aiguille indicatrice, et qui par conséquent peuvent mettre en marche les sonneries d’avertissement. Un récipient cylindrique, d’assez faibles dimensions généralement, plonge dans le milieu dont on veut suivre les variations de température; ce récipient, rempli d’un des liquides dont nous parlions tout à l’heure, se prolonge à sa partie supérieure par un conduit de faible diamètre, plus ou moins courbé suivant les nécessités particulières, également rempli du liquide incongelable, et communiquant à son autre extrémité avec un tube manométrique Rourdon plein du même liquide, et dont la forme est semblable à celle que nous indiquions plus haut. Quand le liquide se dilate dans le récipient inférieur, tout naturellement il se rend dans le tube, le fait se dilater, et ce mouvement est transmis à l’aiguille indicatrice. Mais le système compensateur consiste en un second tube Bourdon, de dimensions beaucoup plus faibles, plein de liquide, isolé de tout le système communiquant précédent,
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- LA NATURE.
- et relié au grand tube par un différentiel, formé de leviers qui assurent la compensation voulue.
- Une forme particulièrement ingénieuse d’avertisseur et thermomètre de sondage, pour ainsi dire, a été combinée pour le cas où l’on veut s’assurer des variations de température d’une masse dans laquelle on ne peut pénétrer, et où les échaudéments se font précisément au cœur et non point en surface. C’est le cas qui se présente pour les silos de céréales, les cales de navires chargées en vrac, les magasins à fourrages pleins de foin susceptible de s’échauffer, les tas de chiffons gras où se produisent trop souvent des combustions spontanées, etc. C’est pour répondre à ce besoin qu’a été combinée la canne thermométrique, qui peut venir se loger au milieu d’une masse quelconque, de manière que le liquide sensible à la chaleur révèle bien la température centrale. Cette canne comporte tout d’abord un premier récipient inférieur cylindrique, dans lequel est disposé un autre récipient à parois minces, ces parois étant faites de métal ondulé, et formant une série de rentrants et de sortants, comme les récipients caractéristiques de beaucoup de manomè-fres métalliques.
- Le liquide dilatable, indispensable ici comme toujours, ne remplit que l’intervalle entre le récipient extérieur et le récipient intérieur ondulé. Du fond de ce dernier part une tige métallique qui ne sert que de renvoi, pour traduire à l’autre bout les dilatations du liquide et, par suite, l’élévation de la température du milieu où est plongé le bout de la canne. Cette tige transmettrice se ter-
- mine, en effet, dans une sorte de chambre où sont ménagés les contacts électriques qui assurent la mise en branle des sonneries avertisseuses, et elle se complète par une sorte de lame métallique en fer
- à cheval, portant une pastille qui peut venir, par un déplacement en avant ou en arrière, au contact de vis reliées avec d’autres vis qui sont en connexion avec les fils des sonneries. Des dispositions sont prises pour que la liaison soit également et convenablement faite avec les piles. Par conséquent, quand le liquide du récipient noyé au milieu des fourrages, des grains, etc., que l’on veut surveiller, se dilatera sous une élévation de température, ce liquide comprimera le bas du récipient interne, et le fera se replier un peu sur lui-même, par suite de sa constitution : si bien que la tige se déplacera, avec la lame en fer à cheval, vers le contact du maxima, jusqu’à ce que ce contact s’établisse et que la sonnerie résonne. Au
- cas de contraction du liquide sensible, le phénomène se passerait en sens inverse, et l’on pourrait avoir une sonnerie de minima, en admettant que l’on ait avantage à être averti de cet abaissement de température. En enveloppant la tige transmettrice d’un autre tube fait du même métal, on a réalisé un dispositif à compensateur qui donne d’excellents résultats. 11 va de soi que cette disposition peut être adoptée dans des circonstances multiples et adaptée aux besoins les plus divers ; l’appareil est robuste et original, et mérite d’être connu et apprécié. D. B.
- Fig". 2. — Disposition schématique (l’emploi de la canne exploratrice, et détail des connexions électriques.
- Fig. 1.
- Thermomètres à contacts électriques.
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- LES AUTOMOBILES POSTALES
- Nous avons parlé précédemment1 des automobiles postales (pii viennent de commencer dans Paris leur service régulier. Nous pouvons ajouter aujourd’hui
- quelques renseignements complémentaires sur ces nouveaux véhicules.
- La Société des Messageries des Postes de France,
- Fig. 1. — Vue de côté et vue d’avant d'une automobile postale.
- concessionnaire du sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, s’est adressée, pour la construction de ces automobiles électriques, à la maison Mildé, qui s’est spécialement occupée de ces modèles industriels depuis 1898. La forme générale de la voiture et sa décoration n’ont rien de changé (lig. 1). L’accès de la caisse se fait d’une part sur le dessus par une trappe et d’autre part par une porte à l’arrière. Le volume de la caisse est de 1,5 mètre cube, et la charge utile peut atteindre 600 kg.
- Le plancher du siège qui porte les pédales de frein et le combi-nateur, ainsi que la planche portant les appareils électriques, sont reliés au châssis lui-mème à l’aide d’une cage métallique qui soutient le plancher et le lie aux fers du châssis ; la direction est ainsi fixée au châssis. Il n’y a qu’un seul frein intérieur à ruban 1 Yoy. n° 1030, du lrr octobre 1901, p. ‘280.
- extensible écarté par une came agissant sur chaque roue arrière dans les deux sens de marche. Les accumulateurs sont des éléments Heinz d’une capacité de
- 150 ampères-heures. Au nombre de 44, ils sont placés dans une caisse, d’un poids total de 650 kg, qui doit être enlevée et remplacée par une autre chargée en 5 minutes; à cet effet, la caisse est logée à l’avant de la voiture, sous les pieds du conducteur, et va jusqu’au moteur. Elle repose sur 4 rouleaux fixés au châssis sur lesquels elle peut rouler; il suffit, pour la sortir, de la tirer par les deux poignées fixées à l’avant. La charge des batteries se fait dans l’IIôtel des Postes, dans un local affecté à cette opération. Le moteur électrique est du système différentiel Mildé à deux induits indépendants mobiles dans un meme champ inducteur (fig. 2). On a ainsi toujours deux moteurs équilibrés même avec
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- l’excitation shunt. 11 est à remarquer ([lie le moteur est l'orme de deux moteurs réunis en un seul, chacun d’eux gardant son indépendance. Ce moteur possède des qualités qui ont donné toute satisfaction et qui permettent, point très important, d’ohtenir sur les batteries actuelles jusqu’à 180 décharges avec les plaques positives et oOO avec les négatives.
- La transmission du mouvement du moteur aux roues est faite par deux chaînes ordinaires. Les arbres des paliers de chaîne reçoivent le mouvement des induits par un engrenage ; il y a deux réductions de vitesse entre le moteur et la roue. La transmission par chaîne offre de nombreux avantages.
- Les roues sont munies de bandages pleins pour la moitié des voilures et de pneumatiques [tour l’autre moitié. Le combinateur comporte 8 vitesses avant, 2 positions de récupération, 2 positions de freinage électrique et o vitesses arrière. Le conducteur a sous le pied gauche une petite pédale qui coupe le courant ; la pédale de frein placée sous le pied droit commande également l’interrupteur. La vitesse, comme nous l’avons déjà dit, pourra atteindre 25 kilomètres à l’heure.
- Les voitures seront remisées la nuit dans la rue Gutenberg. Dès 5 heures du matin, elles partent pour effectuer leur service; elles ont 5 minutes entre midi et i heures pour échanger leurs batteries déchargées contre des batteries chargées, et elles continuent leur service jusqu’à 10 heures du soir. La surveillance des opérations de charge et l’entretien des batteries sont assurés à forfait pendant cinq ans par MM. Heinz et Cie; de même l’entretien de la partie mécanique et électrique du châssis est assuré par MM. Miklé et Cin, et l’entretien des bandages par leur fournisseur.
- 11 y a là une application intéressante des automobiles électriques appelée à rendre, dans celte voie nouvelle,des services incontestables. J. Laffargue.
- IA COMÈTE D’ENCKE
- La comète d’Encke, dont on attendait le retour pour le début de l’automne de cette année, a été exacte au rendez-vous. Elle a été retrouvée, dès le 11 septembre, par M. Kopff, à l’Observatoire de Konigstuld, sous l’aspect > d’une très faible nébulosité.
- Cette comète se distingue de toutes celles dont le retour a été observé par sa courte période. Sa révolution sidérale n’est, en effet, que de 5a"5,504, soit environ 1200 jours.
- Elle fut découverte par Pons, à Marseille, en 1818 et reconnue identique à celle de 1805 par Arago et Olbers. Ce dernier l’identifia, en outre, avec les comètes de 1780 et 1795. On doit à Encke le calcul des éléments elliptiques de cet astre.
- Le retour actuel est le trente-sixième depuis 1780 et le vingt-neuvième observé. Lors de certaines apparitions, la comète ne put être retrouvée, soit à cause de son éloignement de la terre, soit à cause de son rapprochement du soleil dans la lueur du crépuscule, de sa faiblesse d’éclat, etc.
- Tous les trente-trois ans vers son périhélie, elle se
- trouve dans des conditions de visibilité favorables. Le fait s’est produit en 1805, 1858, 1871. 11 se reproduira cette année et, selon toute probabilité, la visiteuse céleste va devenir visible à l’œil nu, à la fin de novembre ou au commencement de décembre. On pourra en tout cas la trouver avec une simple jumelle ou une petite lunette et la suivre parmi les constellations.
- Le tableau ci-dessous donne les positions de la comète de huit en huit jours et aidera à la trouver dans le ciel :
- hâtes. Ascension droite. Déclinaison.
- 5 novembre OO >' 44ni + 50° 15'
- 15 — 21h48‘" -1- 25° 5'
- 21 — 20h56m + 18° 20'
- 29 — 20h 8“ + Kl" 44'
- 7 décembre 19”22“ + 2" 59'
- 15 — 18h56“ — 5° 45'
- 25 — 17h 55“ — 15"59'
- 51 — 17h 55“ — 21" 5'
- i plus petite distance à la Terre aura lieu le 21 no-
- vembre et sera de 50 millions de kilomètres. Le périhélie ne sera atteint qu’en 1905, le 4 janvier. Fait bizarre, cette petite comète semble destinée à périr dans une chute sur le soleil. Les observations ont révélé, dans son mouvement, une accélération sensible à chaque apparition, accélération paraissant indiquer l’existence d’un milieu interplanétaire résistant au voisinage du Soleil. Au périhélie, la comète s’approche assez près de lui, pénétrant à l’intérieur de l’orbite de Mercure. Peut-être rencontre-t-elle une partie de l’atmosphère si étendue, du Soleil. Cependant, cette accélération tend à diminuer, et de 0",10 avant 1858 elle est tombée à 0",009. D’autre part, les observations de 1805 à 18711 indiquent un mouvement conforme aux lois de la gravitation et les perturbations au voisinage du périhélie pourraient s’expliquer, comme liessel l’admettait, par l’action d’essaims météoriques. De toutes façons, on sera bien inspiré de diriger une lunette vers l’astre fidèle, une comète, si peu lumineuse soit elle, étant toujours un captivant objet de curiosité par le mystère qui enveloppe encore l’existence de ces corps vaporeux. Em. Touciikt.
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- Nouveau procédé pour faire le vide. — La
- faculté que possède le charbon de condenser à sa surface les gaz avec lesquels il est en contact est depuis longtemps connue, et l’on savait aussi que le pouvoir condensateur augmente en même temps que la température s’abaisse. Mais aucune recherche ne semblait avoir été faite jusqu’ici sur l’intensité de ce phénomène aux températures très basses que l’on obtient aujourd’hui couramment à l’aide de l’air liquide. Le professeur J. Dewar, dont nous avons cité plusieurs fois les admirables recherches, vient de soumettre cette question à l’examen, et a pu constater que l’accroissement du pouvoir absorbant .aux: températures, très basses est extrêmement rapide. Ainsi, tandis que le charbon de noix de coco absorbe 18'fois son volume d’oxygène et 15 fois son volume
- 1 Si cette accélération est due à une atmosphère solaire, on peut se demander si sa variation n'est pas liée à la période undécennale des taches. La couronne solaire pendant les éclipses totales est, en effet, beaucoup plus étendue en tous sens au moment des époques de maxima. Or, de 1865 à 1871, c’était une période de calme de l'activité solaire, le minimum ayant lieu en 1867 et le maximum suivant en 1876.
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- d’azote à l<"> degrés, eette absorption atteint respectivement 250 et 155 volumes à —185°. Le phénomène est d’ailleurs entièrement réversible, en ce sens que le charbon, ramené à sa première température, abandonne tout le gaz qu’il a absorbé. En raison des différences d’affinités, les gaz sont en partie triés des mélanges, de telle sorte, par exemple, que l’air atmosphérique passant à travers un tube rempli de charbon et refroidi par l’air liquide, s’appauvrit surtout en oxygène; les premières portions du gaz recueilli à la sortie du tube consistent en azote presque pur. Dans l’expérience contraire, l’azote retenu par le charbon se dégage plus facilement que l’oxygène, et les dernières portions de gaz,, abandonnées lorsque le charbon a atteint la température de départ, contiennent une proportion d’oxygène susceptible de dépasser 80 pour 100. La méthode proposée par le professeur Dewar contient donc le germe d’un procédé extrêmement simple et rapide, non seulement d’évacuation des récipients en communication avec le condensateur à charbon, mais encore de séparation fractionnée des gaz mélangés. Les gaz inertes de l’atmosphère, tels que l’hélium et le néon, très peu absorbés par le charbon, ont pu ainsi être extraits de l’air avec la plus grande facilité.
- Pavage en caoutchouc. — On semble vouloir tirer parti du caoutchouc pour le pavage de certaines rues de Londres. Il y a déjà longtemps qu’une première expérience de ce genre avait été faite : en 1881, un pavage de caoutchouc avait été posé dans les deux voies qui passent sous l’hôtel d’Euston Road Station ; le coût d’établissement en avait été de 108 francs par yard de 0,85 m-. Ce pavage avait, au moment de la pose, une épaisseur de 5 centimètres au-dessus de la fondation en béton; on a été forcé de l’enlever seulement en 1002. Aux points de grande usure, il avait perdu jusqu’à 52 millimètres de son épaisseur. Les frais d’entretien n’avaient guère dépassé 55 centimes par an et par yard carré. Mais aujourd'hui le caoutchouc a subi une augmentation de prix assez considérable, par suite de la raréfaction de la matière première. Cependant, le succès rencontré dans cet essai a conduit à faire d’autres tentatives analogues sur plusieurs points de Londres.
- Un tunnel sous les chutes «lu ÜV in gara. — On
- vient de terminer un travail bien curieux aux Chutes du Niagara, et particulièrement en dessous de la fameuse chute du Fer à Cheval, « llorseshoe Falls » : la Commission qui s’occupe de l’aménagement et de la conservation de ce site unique a fait creuser un tunnel qui permet de voir la masse d’eau d’en dessous, sans que les visiteurs courent aucun danger, pas même celui d’ètre mouillés. On a d’abord foncé un puits de 59 mètres de profondeur, et du fond du puits on a poussé un tunnel se développant en une courbe de 240 mètres au-dessous de la chute. Et maintenant on établit des galeries d’approche, qui se termineront par des chambres fermées par des baies vitrées et munies de chaises confortables. Bien entendu, un ascenseur électrique descendra les curieux au fond du puits.
- Monuments druidiques en Chablais. — M. Lucien Jacquot a découvert dans la région de Thonon une série de monuments très anciens, du type dénommé par les archéologues « pierres à écuelles, pierres à cupules et pierres à bassin », et dont quelques-uns portent même des dessins ou signes de différentes formes. L’un d’eux est taillé en forme de sabot, de dimension gigantesque, bien entendu. Le nombre de ces monuments, qu’on croit être des monuments druidiques, est d’environ 50 ; ce qui est un chiffre considérable, car la campagne
- de recherches n’est commencée que depuis le printemps 1904. Les sociétés archéologiques de Savoie et de la Suisse romande comptent pour 1905 sur des découvertes sensationnelles. Dans la région de Chambéry, M. Schau-del a fait également des découvertes du même genre. Dans la Suisse romande c’est M. Reber (de Genève) qui a le premier fait connaître ces monuments, dont on avait jusqu’à présent méconnu ou négligé la grande importance.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 51 octobre 1904. —Présidence de M. Mascaut
- M. Maurice Lœvvy présente au nom de M. Rayet, directeur de l’Observatoire de Bordeaux, le tome VI des annales de cet établissement. Le numéro de ce volume démontre à la fois l’activité considérable déployée par l’Observatoire de Bordeaux et, d’autre part, l’empressement louable du directeur à rendre promptement utilisables par les astronomes les travaux accomplis. Créé en 1878, l’Observatoire de Bordeaux ne fut réellement organisé et en possession de son outillage qu’en 1884. Les volumes publiés depuis cette époque renferment l'ensemble des études variées effectuées jusqu’en 1890. M. Rayet espère pouvoir au commencement de l’année prochaine inaugurer la publication du catalogue photo -grahique du ciel par l’édition du premier volume relatif à la zone de l’espace comprise entre 1G° et 18° de déclinaison boréale. Ainsi que le témoigne celle belle série de volumes les recherches de longue haleine ont été, suivant un plan mûrement élaboré, poursuivies avec énergie et persévérance. Depuis le commencement de l’année 189B, un nouveau travail a été mis. en cours : la détermination des positions d’un groupe particulier d’étoiles jusqu’à la 9e grandeur, ayant pour objet d’établir sur une1 base homogène les coordonnées photographiques des aslrès. Près de 4000 observations ont été effectuées dans ce but. Une section du volume contient un important Mémoire de M. Esclangon, sur une classe de fonctions utilisées en mécanique et en astronomie.
- Exploration de gouffre. — M. A. Landry présente une Note de M. Martel relative à l’exploration d’un gouffre situé au nord de Dijon, qui passait pour avoir 270 mètres de profondeur, et qui en réalité n’en a que 57. Le résultat pratique de cette exploration est la découverte d’une rivière souterraine de 4 mètres de largeur et lm,50 de profondeur qui parait s’étendre à une grande distance. Or, le gouffre s’ouvre dans un terrain calcaire, et il est dès lors à penser qu’il reçoit les eaux superficielles par ruissellement. Par suite la rivière est peut-être contaminée. Or les sources qui alimentent en eau potable la ville de Dijon sont voisines de cette rivière souterraine. Celles-ci pourraient donc n’être que les fontaines servant de débouché à des eaux contaminées au lieu d’ètre des points de saillie d’eaux filtrées.
- Allègement des hélices des ballons. — M. Maurice Lévy présente une Note de M. le colonel Renard indiquant le moyen d’alléger le poids des hélices sustentatrices des ballons dans de très grandes proportions sans diminuer leur solidité. Pour arriver à ce résultat, il oppose la force centrifuge à la poussée en donnant, aux bras des hélices, une inclinaison dans le sens où la poussée tend à les faire fléchir. -
- Astronomie physique. — M. Janssen présente une Note de M. Lovvell relative à la rotation des planètes Mars et Vénus. Ch. de Yilleoeul.
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- LA NAT URL.
- PORTATIVE ET SCIE MÉCANIQUE
- Il existe encore un grand nombre de forêts en friche, où se trouvent des bois de valeur qui n’ont
- pu être coupés pour être utilisés dans l’industrie, par suite des grandes difficultés que présente le
- Fi- 1. — Machine à vapeur portative Itaiisoine et C*.
- transport sur place des appareils à scier les arbres. H est le plus souvent impossible d’amener sur place des machines à vapeur, et, d’autre part, la main-d’œuvre pour scier directement le bois est en général trop élevée.
- MM. A.RansomeetC0, constructeurs à Newark-ou-Trent, en Angleterre, ont étudié depuis plusieurs années diverses machines permettant de travailler le bois. Ils ont établi en particulier une installation portative très intéressante; nous pouvons esquisser la description de la machine motrice et de la scie.
- La machine motrice, dont la ligure 1 donne une vue d’ensemble, est formée de plusieurs pièces de 134 kg avec emballage ; le poids de la chaudière est calculé sur les mêmes bases. La plaque de fondation de la machine est faite en quatre parties et la boite à vapeur est séparée du cylindre auquel elle est boulonnée. La machine est pourvue d’une soupape avec le contrôle automatique d’un régulateur. Le volant de la machine est formé de six parties et a un diamètre de im,51. La scie mécanique (fig. 9) est montée sur
- une table faite en six parties boulonnées ensemble, et reposant sur quatre pieds séparés. Le disque de la scie est fixé sur un arbre qui porte trois poulies de diamètre différent, permettant une commande à triple vitesse, de 4m,50 jusqu’à 15 mètres par minute. La corde ou la chaîne est enroulée autour d’un treuil large au pied de la scie et l’engrenage qui le commande est protégé par le châssis de la machine. Une planche servant de guide est fixée sur la table et permet d’incliner le bois à volonté suivant un angle déterminé pour couper les biseaux. Un ajustement à vis permet de régler la distance de la planche servant de guide au disque de la scie. L’arbre de la scie tourne dans trois paires de coussinets en bronze, dont deux sont fixées dans des supports boulonnés au-dessous de la table, et la troisième est portée par une barre à côté delà scie. Ce système simple est déjà très employé. J. L.
- Le Gérant : P, Masson.
- l’urià. — Iinju'iuiui'iu L.uimu:, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1042.
- 12 X O VE MUR K 1904.
- LA NATURE.
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- UN INSECTE CONCIERGE
- Les Halictes sont des hyménoptères inconnus du public, bien qu’ils soient assez communs ; leur aspect n’a en effet rien de remarquable, ni par le doloris, ni par la taille, celle-ci variant entre la grosseur de la guêpe ordinaire, et celle de la plus petite des mouches. Malgré cetle diversité dans les dimensions, on peut toujours les reconnaître (en regardant de près) à une particularité qu’ils sont seuls à posséder parmi la gent porte-aiguillon : c’est que sur l’anneau qui termine le ventre, il y a un trait lisse et bien luisant, une line rainure suivant laquelle glisse et remonte le dard lorsque l’insecte est sur la défensive.
- Parmi les espèces qu'on a le plus de chance de rencontrer, surtout dans le Midi, il faut compter
- l’Halicte zébré, dont J.-11. Fabre1 en a fait connaître les mœurs. De la grosseur de la guêpe, dont il a la svelte tournure, il possède un costume simple et gracieux, élégamment zoné sur son long ventre d’écharpes alternativement noires et d’un roux pâle. Il établit son domicile dans les terrains les plus secs et les plus durs, par exemple au milieu des allées exposées au plein soleil et au sol dur comme pierre. De nombreux individus s’établissent côte à côte pour former plusieurs bourgades où cependant chaque travailleur n'a pas la moindre relation avec ses voisins : ce commencement de sociabilité a peut-être pour origine le désir de travailler en commun, à moins qu’il ne soit dû au hasard ou, plus sûrement encore, à la nécessité d’exploiter des conditions de lieu qui ne se rencontrent qu’assez rarement et sur des espaces assez restreints.
- Une bourgade d’IIalictcs.
- Les travaux commencent en avril. Chaque Halicte creuse dans le sol et remonte de temps à autre rejeter la terre ratissée, qui s’amoncelle à l’entrée en une petite taupinière. Son ouvrage consiste en un couloir vertical de deux à trois décimètres, duquel se détachent, surtout dans sa profondeur, de petites cavités ovalaires que l’on ne saurait mieux comparer qu’à de minuscules bouteilles couchées sur le liane. Les parois du couloir en sont grossières, mais celles des cellules sont plus soignées : l’Halicte les polit avec soin, les lèche et les enduit d’une salive qui leur donne le luisant du stuc, tout en les mettant à l’abri de l’infiltration des eaux du sol.
- En mai, l’ouvrage est achevé dans son entier. L’insecte abandonne définitivement son métier de terrassier et se fait butineur. C’est certainement le meilleur moment de son existence. Il va de tleur en Heur, se roule voluptueusement dans le pollen, se
- 3?" a:atr. — ?" semestre.
- gorge de miel, se grise de nectar. Aussitôt copieuse récolte faite, il revient au nid ; dans chaque cellule il s’époussette, et, dégorgeant son nectar, mélange le tout, miel et pollen, pour en faire une succulente réserve de nourriture pour ses futurs petits. Au fur et à mesure qu’une loge est remplie, la mère y dépose un œuf courbé en arc et passe à une autre cellule.
- La plupart des autres hyménoptères qui procèdent de la sorte ont alors l’habitude de clore la bourriche pour la mettre à l’abri des ennemis.
- L’Halicte, pour des raisons que nous ignorons, agit autrement : elle laisse chaque cellule largement ouverte, du moins pendant quelque temps. L’œuf devient larve, au début toute petite, ensuite de plus en plus volumineuse : ce n’est qu’au moment où elle va se transformer en nymphe, que la mère procède à Y « embouteillcment » de la cellule en 1 Souvenirs enlomologiijues. S" série.
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- LA NATURE.
- déposant à l’orifice de celle-ci un grossier tampon d’argile.
- En procédant ainsi la mère llalicte témoigne'd'une grave imperfection de son instinct. En effet, pendant qu’elle effectue ses voyages aux Heurs, un autre insecte, un diptère, pénètre dans le logis de la travailleuse et dépose ses propres œufs dans les cellules les plus largement approvisionnées, de telle sorte que, lorsqu’ils éclosent, ils ont vite fait d’en dévorer le contenu et d’attamef ainsi le légitime propriétaire. L’Halicte qui, cependant, va et vient dans le couloir ne s’en aperçoit pas ou, du moins, ne s’en émeut pas et laisse les choses suivre leur cours. Elles le suivent si bien ou plutôt si mal, que, bien des fois, toute la progéniture de l’llalicte est anéantie. Celle-ci est, d’ailleurs, presque toujours [dus ou moins diminuée et les cas sont très rares où elle demeure intégralement indemne.
- Considérons cependant ce dernier cas. Tandis que la mère est dans le couloir, occupée à ou ne sait quoi, — nous allons voir qu’elle se prépare sans doute à être concierge, — les nymphes naissent et bientôt éclosent, pour donner — le fait est à noter particulièrement — exclusivement des llalictes femelles.
- On pourrait croire que ces llalictes filles vont aller s'établir en un autre endroit ou, tout au moins, chacune chez elle. Il n’en est rien. Elles restent au domicile natal, se contentant d'agrandir leurs propres cellules de manière à les transformer chacune en un long couloir, garni à son tour de cellules secondaires. Elles sortent et rentrent toutes par le canal primitivement creusé par la mère, mais, à part cela, ne s’occupent pas l’une de l’autre; elles se contentent de ne pas se gêner, et, avec une politesse ne se démentant jamais, elles s’effacent quand il le faut pour ne pas troubler la circulation.
- C’est ici (jue se place le détail qui m’a fait donner le titre à cet article. « Aussitôt qu’un llalicte se présente, revenant de sa tournée aux lleurs,on voit une sorte de trappe, qui fermait la demeure, brusquement descendre et laisser passage libre. Aussitôt l’arrivant entré, la trappe remonte à sa place, presque à fleur du sol, et clôt de nouveau. Même manœuvre au sujet des partants. Sollicitée en arrière, la trappe descend, la porte s’ouvré, et l’abeille s’envole. Immédiatement l'huis se referme. Que peut être cet obturateur qui, descendant ou montant dans le cylindre du puits à la manière d'un piston, ouvre et clôt le logis, à chaque départ, à chaque arrivée? C’est un llalicte, devenu concierge de l’établissement. De sa grosse tête, il fait barrière infranchissable dans le haut du vestibule. Si quelqu’un du logis veut entrer ou sortir, il tire le cordon, c’est-à-dire qu’il recule en un point où la galerie s’élargit et laisse place à deux. L’autre passe. Lui tout aussitôt remonte à l'orifice, qu’il obstrue de son crâne. Immobile, le regard au guet, il ne quitte son poste que pour donner la chasse aux importuns. Profitons de ses brèves apparftions au dehors. On reconnaît
- en lui un llalicte pareil aux autres, maintenant affairés de récolte ; mais il a le crâne chauve, le costume terne et râpé. Sur son dos à demi dépilé, ont presque disparu les belles ceintures de zèbre, alternant le brun et le roux. Ces vieilles nippes, usées par le travail, nous renseignent de façon claire. L’abeille qui monte la garde et fait office de concierge à l’entrée du terrier est plus âgée que les autres. C’est la fondatrice de l’établissement, la mère des travailleuses actuelles, l’aïeule des larves présentes. En son printemps, il y a trois mois, elle s’est exténuée en travaux solitaires. Maintenant que les ovaires sont taris, elle se repose. Non, le ternie de repos n’est pas ici de mise. Elle travaille encore, elle vient en aide à la maisonnée dans la mesure de ses moyens. Incapable d’être mère une seconde fois, elle devient concierge, elle ouvre le logis à ceux de sa famille, elle tient au large les étrangers. Le biquet soupçonneux, regardant par la fente, disant au loup : « Montre-moi patte blanche, ou je n’ouvrirais pas ». Non moins soupçonneux, l’aïeule dit aux venants : « Montre-moi patte jaune d’ilalicte, ou tu n’entreras pas ». Nul n'est admis dans la demeure s'il n'est reconnu membre delà famille. » (J.-II. Fabre).
- C’est charmant. Et la sollicitude de la mère, à ce moment, est d’autant plus inattendue que, précédemment, comme je l’ai dit plus haut, elle ne s’occupait nullement des parasites. Il est vrai qu’alors, trop occupée, elle ne pouvait être à la fois au four et au moulin.
- Grâce au soin de cette concierge bienveillante, la
- progéniture de ses filles (nées parthénogénétiquement)
- vient à bien et, contrairement à la première génération,
- donne alors des males et des femelles, qui s’envolent
- au loin où je n’aurai pas l’indiscrétion de les suivre.
- Les males ne tardent pas à mourir et les femelles
- vont, chacune de leur côté, fonder une nouvelle
- famille. Henri Coi pin.
- ——
- LES TRmUX DU
- DU SIMPLON
- Dans un précédent article1, nous avons indiqué les difficultés sérieuses que les ingénieurs ont rencontrées pendant les travaux de percement du tunnel du Simplon. Les difficultés étaient de deux ordres. Dans les galeries nord, c’est-à-dire du côté Suisse, il a fallu avoir recours à des dispositions spéciales pour abaisser la température de la roche et de l’air qui s’élevait, pour la roche, jusqu’à plus de 50° L., et, pour l’air, pendant le marinage, jusqu’au-dessus de 50° L. Dans la galerie sud, du côté Italien, c’est contre des irruptions d’eau .considérables qu’il a fallu lutter. Entre les kilomètres 15 et 10, à une distance d'environ 4,5 kilomètres de l’entrée sud, on eut affaire à des sources d’eau chaude qui, sortant des côtés, du toit et du bas des galeries, débitaient un volume d’environ 900 litres à la seconde. Déplus, les galeries d’avancement eurent à traverser, sur une longueur de 41 mètres, une couche de calcaire micacé aquifère qui exigea, pour résister aux poussées énormes de la roche, des revêtements métalliques très coûteux et d’installation difficile. Ces deux difficultés réunies furent une cause de perte de 1 Yoy. ii° 1590, du 20 décembre 1903, p. 51.
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- LA NATURE.
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- teints sérieuse qui retarda l’avancement des galeries du côté sud. Nos renseignements s’arrêtaient alors à la date du 51 octobre 1905 et, à ce moment, il restait encore 2228 mètres à percer pour obtenir la jonction des deux galeries de perforation.
- Depuis cette époque, les ingénieurs ont eu à lutter contre des difficultés du même ordre, mais plus sérieuses encore. On sait que le tunnel du Simplon a un profil en dos d’àne. A partir de la tête nord, à brigue, la voie suit une rampe de 2 millimètres par mètre jusqu’au kilomètre 9,0 pour redescendre ensuite avec une pente de 7 millimètres par mètre jusqu’à la tète sud à lselle. Le profil en dos d’àne a été adopté, et avec juste raison, dans le but de faciliter l’écoulement des eaux qu’on pourrait rencontrer pendant les travaux de percement. Dans le courant de décembre 1905, les galeries du côté nord avaient atteint le kilomètre 9,0, c’est-à-dire le point culminant du prolil. A partir de ce point, ces galeries devaient être poursuivies suivant la pente de 7 millimètres par mètre du côté d’iselle, à la rencontre de la galerie sud. Jusqu’à cette époque les venues d’eau dans les galeries d’avancement du côté nord avaient été pour ainsi dire nulles. Mais, entre les kilomètres 10,2 et 10,4, onze sources apparurent subitement, avec un débit total de 10 litres par seconde et une température variant entre 40 et 47° G. Quelques mètres plus loin apparaissaient deux nouvelles sources puissantes dont la température variait entre 45 et 44° G., et débitant, par seconde, environ 40 litres. On se trouvait alors au kilomètre 10,578, c’est-à-dire à une distance d’environ 800 mètres du point culminant du profd et sur la pente descendant vers lselle. Étant donnée la température élevée de la roche et de l’eau de ces sources qui rendait le travail extrêmement pénible et, étant donnée, en plus, l’obstruction de la prise d’eau du Rhône, par la chute d’un bloc de rocher, qui arrêtait presque complètement l’alimentation des machines motrices de l’usine génératrice de Brigue, on prit le parti radical d’arrêter tout travail d’avancement dans les galeries nord, le percement devant se continuer seulement par les galeries d’avancement sud. On boucha, le 28 mai 1904, ces galeries au moyen de portes aussi étanches que possible, et, afin de diminuer la pression due aux sources et à laquelle ces portes devaient résister, on établit, au travers des portes, des tuyaux de décharge conduisant les eaux de source dans la galerie d’avancement vers le point culminant. Les eaux de ces sources sont ferrugineuses et très sulfatées. Actuellement il s’écoule, par la tète nord de brigue, un volume d’eau de 19(1 litres par seconde.
- Dans la galerie italienne qui, comme nous venons de le dire, doit seule servir à l’achèvement de la perforation, les travaux ont été poursuivis régulièrement avec un avancement moyen de 5 mètres par jour. A partir des sources importantes rencontrées à 4,5 kilomètres de l’entrée d’iselle et dont nous avons parlé, les venues d’eau ont été faibles et ne semblaient devoir apporter aucune entrave aux travaux de percement. Le 6 septembre dernier le front d’attaque de la galerie sud se trouvait à 9110 mètres de l’entrée sud d’iselle et il ne restait plus que 244 mètres à percer pour rejoindre le front d’attaque de la galerie nord abandonnée. A 10 heures du matin apparut, dans les schistes calcaires traversés, une source débitant 100 litres par seconde et dont la température atteignait 45° G. La température de la roche était de 42°,5G.Les travaux des perforatrices durent être arrêtés. Une galerie transversale reliant les deux galeries
- de percement a été alors construite, de manière à permettre l’évacuation, vers la sortie du tunnel, par la galerie principale, des eaux chaudes dans un canal latéral établi le long des parois de ce tunnel. Un a, ensuite, concentré en un seul point l’écoulement de cette source chaude, puis, pour diminuer la température qui empêchait tout travail des ouvriers, on a refroidi celle de l’eau de la source en injectant dans les fissures de la roche servant d’écoulement à la source des jets d’eau froide. On espère ainsi reprendre le travail des perforatrices.
- Si on ne rencontre pas de nouvelles sources et si de nouveaux obstacles imprévus ne viennent pas encore retarder les travaux, on peut espérer que les 244 mètres qui restaient à percer, fin septembre, pourront être, à raison de 5 mètres par jour, achevés dans le courant de décembre. Les ingénieurs comptent que, les galeries de perforation terminées, un délai de trois moi* suffira pour achever les travaux d’élargissement. On sait que, d’après les conventions, le tunnel du Simplon doit être ouvert à la circulation le SI avril 1905. R. Bonmv.
- LA BAISSE DES TERRES EN ANGLETERRE
- ET LES CULTURES FRUITIÈRES
- L’importation de plus en plus considérable des denrées alimentaires dans la Grande-Bretagne, a eu pour conséquence une dépréciation considérable des terres arables. Dans le Lincolnshire, spécialement, la baisse de la propriété rurale a atteint des proportions énormes, d’après un rapport du consul des Etats-Unis à Nottingham, en date du 12 juillet 1904. A une adjudication, une terre, d’une contenance de 127 hectares, qui avait été achetée 592 000 francs, a atteint seulement un prix de 100 000 fr. Une propriété de 255 hectares, payée il y a trois ans 585 000 francs, a été enlevée en 1904 à la moitié de ce prix. En vingt ans, de 1881 à 1901, le chiffre des ventes indique une diminution de moitié. Si l’on se rapporte aux prix atteints par la terre à une époque antérieure, la baisse est encore plus forte. 15 hectares, qui en 1800 avaient été achetés plus de 42 000 francs, ont été vendus récemment pour 13 000 francs.
- Un présence de cette situation désastreuse, les agriculteurs du Lincolnshire ont abandonné les anciennes cultures dont les produits étaient concurrencés par les importations et ont remplacé les céréales par le framboisier. Les framboises ne pouvant supporter un long voyage en raison même de leur délicatesse, les producteurs n’ont point à craindre de rivaux étrangers sur lès marchés de Londres et des grandes villes. Aussi bien, cette culture a pris un développement énorme. En 1904, la production quotidienne du Lincolnshire en framboises, n’était pas inférieure à 254 tonnes métriques, rapporte « Science )), de New-York' (n° du 2 sept. 1904) auquel nous empruntons ces renseignements, et chaque jour son transport exige deux ou trois trains spéciaux de 50 à 55 voitures contenant chacune 1000 paniers de 1500 grammes.
- . D’autre part, pour essayer de tirer un profit de leurs terres, les agriculteurs du Lincolnshire se sont adonnés à la culture maraîchère, notamment à celle de la carotte et du céleri, et à la production des fleurs.
- Les cultures fruitières et maraîchères rendront-elles la prospérité de leur valeur d’antan aux terres du Lincolnshire ? Il faut attendre plusieurs années avant de se prononcer, de l’avis du consul américain. Ghakles Rabot.
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- TIREFONMGE ET BOURRAGE MÉCÀNIQLE DES YOIES DE CHEMINS DE FER
- Ce ([il’on nomme en matière de chemin de fer le renouvellement des voies joue un rôle extrêmement important, occupe un personnel très nombreux et entraîne des dépenses élevées : cela consiste essentiellement dans l’enlèvement des traverses et leur remplacement quand elles sont en mauvais état, avec dévissage préalable des tire-fond qui y fixent les rails, et revissage de ces tire-fond; ce dernier doit même se faire souvent sans que l'on déplace les traverses, simplement parce que les tire-fond ont joué sous le passage des trains et qu’il faut les resserrer; enfin une opération qu’il faut renouveler
- fréquemment pour redonner de la stabilité à la voie, c’est le bourrage des traverses, qui consiste à chasser le ballast sous ces traverses, afin de leur donner une solide assiette.
- Jusqu'à présent ces opérations se sont effectuées à la main, sans outillage mécanique, lentement et coûteusement. Mais aujourd’hui ([ue l’on a imaginé des appareils qui permettent d’exécuter mécaniquement au moins une partie de la pose des voies, comme par exemple le déchargement des rails, il était naturel qu’on cherchât des dispositifs également mécaniques pour le tirclbnnagc et le bourrage. Un in-
- génieur et inventeur dont nous avons eu occasion de parler à plusieurs reprises, M. A. Collet, semble avoir trouvé une bonne solution au problème. Il a utilisé pour cela son groupe électrogène que nous avons signalé en son temps, et qu’il actionne maintenant par la vapeur. Ce groupe peut, circuler sur les voies, mais on l’établit, quand l’exploitation l’exige, sur une [date-forme latérale à la voie, et il envoie le courant électrique aux tirefonneuses ou bourreuses par une canalisation électrique démontable, à double fil, portée sur des sortes d’échelles doubles. Nous ferons remarquer que ce groupe est monté sur deux jeux de roues, de sorte qu’il peut circuler sur les routes. La prise du courant se fait par un trolley poignée, avec lequel on fait passer à la main, d’une section à l’autre, de la canalisation
- à l’aplomb d’un support. En 5 heures seulement on pose une double canalisation de 500 mètres.
- Chaque outil, tirefonneuse ou bourreuse, est doté d’une dynamo-réceptrice, chargée de recevoir le courant et de le transformer en mouvement [tour la commande de l’outil. La dynamo est mobile sur un pivot vertical, actionnant, par l’intermédiaire d’un joint à la Cardan, un arbre horizontal. Si nous examinons plus particulièrement la tirefonneuse, nous voyons que l’arbre horizontal est prolongé lui-même, au moyen d’un autre joint à la Cardan, par un second axe horizontal portant deux pignons dentés fous, qui peuvent être rendus à volonté solidaires de cet axe, et qui engrènent, sur deux [joints diamétralement opposés, avec une couronne dentée horizontale terminant l’arbre vertical de l’outil lirefonneur.
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- Suivant que l’un ou l’autre des pignons est, solidarisé avec la couronne, celle-ci tourne dans un sens ou dans l’autre, et l’on a par conséquent la possibilité de visser ou de dévisser les tire-fond, sans qu'il y ait besoin de renverser la dynamo. Pour l’outil ti-refonneur lui-même, c’est tout simplement un axe vertical en deux parties, dont la portion supérieure forme Taxe de rotation de la couronne dentée, tandis que la portion inférieure porte la clef qui sert à saisir la tête des lire-fond ; cette seconde partie est mobile dans le sens de sa longueur et tenue à distance de la première, normalement, par un verrou dont la commande est dans la main de l’ouvrier qui opère le vissage ou le dévissage des tire-fond. Mlle est donc d’ordinaire immobile, quoique la première portion de l’outil tourne; quand ensuite elle est en place sur la tête du tire-fond à visser, par exemple, on tire le
- pr m
- o / o
- verrou et l’on exerce une très légère pesée, ce qui rapproche les deux parties, les solidarise au moyen de dents de loup, et assure par suite la rotation voulue de la clef. Pour que l’elfort de torsion ne puisse pas dépasser un maximum considéré comme néces-saii*e pour le vissage des tire-fond, une disposition ingénieuse a été adoptée qui consiste en un manchon fdeté permettant de régler la pénétration des dents de loup, qui glissent plus ou moins facilement les unes sur les autres : si l’effort devient trop considérable, il y a déclenchement de l’outil. La clef tourne à raison de 400 tours à la minute, ce qui donne une grande vitesse d’opérations. Généralement on travaille sur une plate-forme en bois roulant sur les rails, la dynamo y reposant uniquement par sou pivot; tout l'appareil ne pèse pas plus de 150 kg et l’on peut débarrasser la voie en trois minutes.
- Fig. 2. — Appareil à bourrer.
- Pour le bourrage, l’outillage mécanique nous semble au moins aussi intéressant, en ce sens que le bourrage à la pioche spéciale est particulièrement lent. Gomme on peut le voir immédiatement, l’installation de bourrage mécanique ressemble beaucoup à celle du tirefonnage; chaque bourreur comporte, en elïet, une dynamo et un arbre horizontal, avec joint à la Cardan, identiques à ceux des tiretonneuses. Les bourreurs travaillent par couple, en dessous et de chaque côté de la traverse, et ils sont reliés par le lil conducteur du courant. Naturellement la commande du mouvement est différente, parce que ce mouvement, est lui-même différent, qu’il faut une percussion au lieu d’une rotation continue. L’outil, incliné convenablement pour atteindre le ballast sous la traverse, est constitué par deux pièces distinctes établies dans le prolongement l’une de l’autre, et mobiles dans le sens de leur longueur. L’une porte à son extrémité inférieure la petite masse, la tête qui
- est destinée à venir frapper et bourrer le ballast, tandis que l’autre constitue un vrai marteau actionnant la première et la frappant de bas en haut; celle disposition est très bien comprise, car elle garanlil l’outillage contre les déformations. La pièce supérieure et réellement percutante est lancée par un ressort à boudin qu’elle porte à son extrémité supérieure, et dont la détente s’effectue au moment voulu : à chaque coup, en effet, la pièce vient comprimer ce ressort grâce à l’action, sur une saillie qu’elle porte, d’une came montée sur l’arbre horizontal mù par la dynamo ; une interruption de cette came laisse précisément le ressort se détendre lorsque la tige-marteau est en haut de sa course. On a prévu la marche à vide, et un amortisseur la rend possible sans qu’il en résulte de détérioration pour l’outil. Le nombre des coups donnés normalement est de 400 par minute. On voit que ces appareils sont ingénieux, mais il importe aussi de se demander s’ils sont réelle-
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- ment pratiques, et la preuve en paraît faite par les expériences qui ont été poursuivies un certain temps sur les lignes P.-L.-M., par les résultats pécuniaires qu’ils assurent, et aussi par ce fait que la Compagnie P.-L.-M. a signé récemment un traité avec l’inventeur pour l’entretien à l’entreprise d’une longueur assez importante de voie. Pour le tirefonnage, avec quatre hommes dont deux sont seulement destinés à maintenir les traverses à l’aide de pinces, il faut 9 minutes 1/2 pour que deux tirefonneuses posent les 200 tire-fond d’une longueur de voie simple de 18 mètres; deux hommes seulement enlèveront en 4 minutes les 200 tire-fond sur la voie à renouveler, c’est-à-dire que les opérations se font 7 fois plus vite qu’à la main. Pour le bourrage, qui n’a pas été essayé dans les meilleures conditions possibles, le temps nécessaire avec quatre bourreurs et six manœuvres est de 50 à 55 secondes par traverse; cela correspond à 110 traverses environ à l’heure, et là aussi les opérations se font 6 à 7 fois plus vite qu’à la main. Le temps que nous avons indiqué se rapporte au bourrage en sable fin, et il atteint une minute à peu près par traverse quand on traite la pierre cassée; mais il va de soi que le temps est de même beaucoup plus long avec cette pierre pour le bourrage à la main.
- Même dans les expériences faites par la Compagnie P.-L.-M., où les appareils n’étaient pas conduits toujours par les mêmes ouvriers, même en tenant compte de la force mécanique qu’il faut produire et qui coûte naturellement, ces dispositifs mécaniques assurent une économie réelle, qui est au moins représenter par l’augmentation de la rapidité d’exécution. Ajoutons que cette rapidité diminue l’encombrement des voies, ce qui est particulièrement à considérer. Daniel Bellet.
- TÉLÉGRAPHIE MULTIPLE
- Lorsque l’on veut augmenter l’importance d’un réseau télégraphique il faut, ou plutôt il fallait, jusqu’en ces derniers temps, établir de nouvelles lignes et engager des dépenses élevées. On annonçait, il est vrai, de temps à autre, des essais de « transmissions simultanées » qui eussent permis une notable économie de conducteurs, mais à part les r
- installations Duplex, le problème n’avait Bobine [ jamais reçu qu’une solution approximative, retardatrice§ La question vient enfin de faire un pas ?
- énorme grâce aux travaux de Pierre Picard, *
- inspecteur des télégraphes, qui s’est déjà signalé à diverses reprises à l’attention du Fip. 2.
- monde savant, notamment par l’application de l’appareil Baudot à l’exploitation des câbles sous-marins. Cette dernière découverte valut même à son auteur un prix de l’Institut de France.
- Imaginons trois postes A, B, C (fig.l), placés sur un seul fil. Pour leur permettre de communiquer entre eux on doit, d après les procédés ordinaires, recourir à un système d’alternat : chacun d’eux attend son .tour pour écouler ses dépêches, car le troisième poste reçoit tout ce que transmettent les deux autres. Pour faire de la télégraphie simultanée
- entre les trois correspondants il eût fallu approprier à cet usage l’appel phonique de Yan Bysselberghe, et encore les communications ne pourraient-elles s’effectuer à l’aide des récepteurs <( Morse » ordinaires qui sont impropres à la réception des courants « vibrés ». On devrait donc supprimer l’enregistrement des signaux sur la bande et eifectuer la lecture au son. Or, ce sont précisément
- les petits bureaux que l’on dessert au « Morse » et les receveuses arrivent déjà à grand’peine à lire sur la bande de papier. Ce système impraticable au « Morse » le serait à plus forte raison sur les lignes exploitées avoc les appareils « Hughes ». M. Pierre Picard est donc l’auteur d’une découverte essentiellement intéressante déjà mise en service d’ailleurs sur un certain nombre de lignes du réseau français.
- Le système nouveau est basé sur celui de Yan Itvssel-berghe en ce sens que l’un des deux postes d’une installation se trouve antiinducté au moyen d’un condensateur placé entre deux électro-aimants ou bobines retardatrices. Notre schéma (fig. 5) va nous venir en aide dans nos explications. L’installation comprend deux postes : l’un à courants normaux et l’autre à courants alternatifs ou ondulatoires; dans l’un et l’autre la clé d’appel double de Yan Rysselberghe a été remplacée par un manipulateur Morse ordinaire. On peut y placer un appareil Hughes, mais nous prendrons l’exemple de postes établis au Morse pour simplifier.
- Dans le poste à courants normaux une bobine retardataire B est placée entre la pile et le butoir de travail du manipulateur, si l’on appuie sur ce manipulateur le courant s’engage sur la ligne après avoir traversé une seconde bobine semblable B' qui a pour but, ainsi que la première, de « fuser » les courants, c’est-à-dire de rendre moins sensibles les départs et les fins de contacts ; le condensateur K, relié au massif du manipulateur, agit dans le même sens. Lorsque le poste transmetteur devient réceptionnaire les courants également fusés se rendent au récepteur B par le massif et la borne de repos du manipulateur. Une telle installation est donc d’une extrême simplicité. Dans le même bureau, se trouve une seconde instal-
- Bobine
- retardatrice
- —rdUUULr—
- Condensateur Condensateur
- Condensateur
- Condensateur
- Bobine
- • retardatrice
- •— Schéma d’installation de trois postes reliés par un .fil unique d’après le système P. Picard.
- lation que nous appellerons le poste à courants alternatifs ou ondulatoires. Le manipulateur est le même que précédemment, mais on voit que le massif est mis directement à la terre, tandis que la borne de travail reçoit le courant de pile après qu’il a traversé le circuit primaire d’une bobine d’induction à trembleur. Lorsque l’on appuie sur le levier du manipulateur, le circuit primaire de la bobine est fermé et il naît un courant induit dans, le
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- LA NATURE.
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- secondaire dont l’une des extrémités est mise à la terre, tandis que l’autre est reliée à un condensateur. On sait que les condensateurs se prêtent à la transmission des courants alternatifs et s’opposent, au contraire, à celle des courants continus. Si donc nous envoyons, par le manipulateur, des courants alternés sur la ligne, ils passeront à travers le condensateur et iront au bureau correspondant , ne pouvant faire retour au poste à courants normaux, à cause de la présence de la bobine retardatrice H' qui, elle, s’oppose au passage des courants alternés. On s’explique en ce moment pourquoi les courants de l’un et l’autre poste ne s’acheminent pas dans les appareils du voisin.
- Voyons maintenant ce qui se produit à l’arrivée de ces courants alternés. Pour la raison que nous connaissons, ils traversent le condensateur K' et trouvent deux issues vers la terre : l’une à travers le circuit secondaire de la
- bobine d’induction et l’autre par un récepteur phonique, la borne de repos du manipulateur et le massif de ce dernier appareil ; ils choisissent l’issue qui leur otfre la moindre résistance qui est le récepteur phonique dont la plaque entre alors en vibrations. C’est ici que se place toute la nouveauté du système Picard.
- Dans le but de transformer ces courants alternatifs en courants normaux qui sont indispensables pour faire fonctionner un récepteur télégraphique ordinaire (Morse, Hughes, etc.), l’inventeur a intercalé, entre le récepteur phonique et le récepteur télégraphique, un relais polarisé. Ce relais pourrait être simple ou différentiel; M. Picard a donné la préférence au second, les résultats étant meilleurs.
- 11 est installé de la façon suivante. Une pile locale P est reliée au pont des deux circuits des bobines et les extrémités libres des fils de ces bobines sont mises à la terre
- Condensateur
- R elais polarisé
- Bobine ' retardatrice'
- Récepteur
- phonique
- Bobine d'induction
- Manipu
- lateur
- Manipulateur
- ond msateur
- Bobine
- retardatrice
- Récepteur télégraphique
- Récepteur télégraphique
- POSTE A COURANTS NORMAUX
- POSTE A COURANTS ALTERNATIFS OU ONDULATOIRES
- £1Jiloxjrul cîj
- Fifr. 5. — Schéma d’une installation P. Picard pour la télégraphie simultanée.
- l’une directement, l’autre à travers la plaque et le levier de contact du récepteur phonique. Au repos, la résistance de ce contact étant à peu près nulle, les courants locaux, qui traversent en sens inverse les deux circuits des bobines du relais, sont sensiblement égaux, leurs effets s’annulent et l’armature du relais, réglée en conséquence, reste sur son butoir de repos. Mais lorsque la plaque vibre sous l’action des courants alternatifs reçus, la résistance entre cette plaque et le levier de contact augmente considérablement par suite des solutions de continuité répétées, le courant de la pile P est fortement diminué de ce coté seulement, l’armature du relais obéissant alors à la différence d’intensité de ces deux courants prend la position de travail pendant tout le temps que durent les vibrations.
- Alors le courant d’une pile locale P2, reliée au butoir de travail du relais, se rend au récepteur télégraphique R1 en passant par le massif de l’armature du même relais. La transformation des courants alternatifs en courants normaux s’opère donc d’une manière excessivement
- simple ; c’est ce qui constitue la particularité du système.
- Si nous reprenons notre premier schéma d’installation comprenant trois localités desservies par un fil unique on se rendra rapidement compte du progrès accompli. On peut, en effet, travailler de A en C (fig. 2), ou réciproquement, en utilisant les courants normaux ordinaires, de A en B, ou réciproquement, en utilisant les courants alternatifs, et enfin de B en C avec, encore, les courants alternatifs. Tout cela, bien entendu, simultanément. Le système peut également recevoir une foule d’applications différentes suivant les besoins; il met donc entre les mains des administrations télégraphiques, et sans occasionner d’autre dépense que celle d’appareils peu coûteux, un élément de travail d’autant plus intéressant qu’il s’applique également à l’appareil Hughes, lequel est utilisé sur les lignes à grand trafic. D’un seul coup, par une simple installation intérieure, on doublera le rendement de ces lignes sans augmentation du nombre des fils.
- Lucien Fournier.
- --^ 1
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- ATI»
- DEUX CARRIÈRES A DOLMENS SUR
- L’étude méthodique de la pétrographie des éléments mégalithiques, à laquelle nous nous consacrons depuis plusieurs années, nous a démontré, à l’aide des repères fournis par la géologie du sol sous-jacent, que, dans un grand nombre de circonstances, les hommes préhistoriques de cette époque n’ont pas trouvé sur place les matériaux résistants, nécessaires à l’édification de leurs majestueuses sépultures et, de leurs cavaux funéraires. Le- fait est, surtout marqué sur les rivages de l'Océan vendéen, où les diverses variétés de granité sont parfois assez rares, et où il a fallu se contenter de roches comme le grès à gros grains et le quartz laiteux de filon, sur un sol formé de schistes à séricite par exemple, ou de calcaire secondaire ou tertiaire, c’est-à-dire d’une roche extrêmement friable.
- Dans ces conditions, nous avons été amené à chercher le point d’origine de ces matériaux d’un usage exceptionnel, et nous avons été assez heureux pour découvrir récemment une nouvelle carrière à mégalithes, non signalée encore en Vendée.
- Pour ce département, nous en connaissions depuis longtemps une autre, au demeurant signalée par les plus anciens mémoires sur le préhistorique de la région, mais sur laquelle on n’a pas encore insisté comme il convient.
- Comme leur étude complète nous entraînerait trop loin, nous les mentionnons seulement aujourd'hui.
- Il s’agit du hassin de « grès tertiaire de la cote orientale de Noirmoutier au Rois de la Chaise, d'une part; et, d’autre part, du grand filon de « quartz laiteux », situé au nord des Sahles-d’Olonne, à Bre-tignolles, non loin de la plage de Saint-Gilles-sur-Vie.
- La « carrière à mégalithes du Bois de la Chaise » a été soupçonnée il y a plus de quarante ans par M. Ch. Mourain de Soudeval; mais son grand inté-
- LA FALAISE OCÉANIQUE EN AENDÉE
- rèt n'a été signalé que vers 1888 par Charier-Filon. Non pas dans son état actuel, mais grâce à la configuration qu’elle présentait jadis, à une époque où la baie de Bourgneuf n’existait pas, elle a servi à la construction de tous les dolmens et allées couvertes et à l’érection de tous les menhirs des cotes actuelles de la Loire-Inférieure et de la Vendée, de l’embouchure de la Loire à la rivière de la Vie. On retrouve la roche très spéciale et très reconnaissable qui la caractérise à
- bt) ou 40 kilomètres du rivage ; et, si l’on prend pour centre les bois de la Chaise, on constate que ces monuments se trouvent placés sur les différents rayons orientaux d'une circonférence dont la moitié occidentale est, actuellement sous l’Océan. Une partie même de la précédente moitié, celle, qui correspond à la baie de Bourgneuf actuelle, était jadis couverte de mégalithes de grès, aujour-d’hui submergés (Dolmens delà Table, à la Vendette) '.
- En Loire-Inférieure, il reste peu de menhirs de cette origine; mais les beaux monuments des environs de Pornic sont l’une des preuves les plus manifestes de l’importance qu’avait jadis le bassin de grès de Noirmoutier comme centre d’approvision-nements de matériaux dolméniques. En Vendée, par contre, il reste toute une belle série de menhirs encore, debout, qui vont du Bois de la Chaise à la Vie, en suivant l’ancien littoral de l’époque du bronze, et dont la signification avait échappé jusqu’à présent.
- La « seconde carrière à mégalithe », que nous avons dépistée, correspond au filon de quartz, très puissant, formant la limite entre le grand bassin des schistes à séricite du canton de Saint-Gilles et le petit massif de micro-granulite du Pays de Brem. Il se trouve au lieu dit la « Pierre rouge », et est le seul de son espèce dans les parages du Havre de la 1 Yoy. n° 1554, <tu 7 mars 1907», p. 209.
- Fig. 1. — Menhir de grès, provenant de la Carrière à Mégalithes du Bois de la Chaise, à Noirmoutier (Menhir de La Verrie, àJSoullans, Vendée).
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- f.achèrc. Or, (ont autour de cel te baie, jadis 1res étendue el correspondant vraisemblablement à une partie
- au moins du fameux «~'fiortTis Secor » des Romains, se rencontre une série de dolmens, menhirs et petils
- Fig. 2. — La carrière à Mégalithes, à quartz <le filon, de la Pierre rouge, en Bretignolles (Vendée).
- mégalithes (de nature indéterminée encore, mais qui sont probablement des restes de oetits cromlechs sous tumulus à sépulture), dont quelques blocs proviennent in-discutablemen t de cette au Ire carrière, située à quelques kilomètres seulement dans l’ouest, au bord même du sable lin dela plage.
- Une preuve intéressante de l’exploitation de ce lilon comme centre d’approvisionnement pour matériaux funéraires a été la trouvaille, à son niveau même, d’éclats de silex, importés de façon manifeste, et formés d’une roche comparable à celle des outils magdaléniens découverts au cours des fouilles d’un dolmen très voisin, dont un pilier est en quartz de même nature. Il est rare qu’on puis e ainsi, au
- moins pour les départements de l’intérieur, arriver à « préciser » à un tel point l’origine des éléments
- architectoniques des mégalithes ; mais, sur les bords de la mer, cela est parfois comme dans les deux cas précédents. Cependant de telles trouvailles sont rares ; et c’est ce qui fait le grand intérêt et le réel avenir des études mégalithiques dans les contrées maritimes. On prend là, sur le fait, l’action d’une force continue, celle des « Ilots», sur des constructions des plus anciennes ; et la résultante de cette action ainsi que celle d’une autre force, le « vent » (qui agit par l’intermédiaire du déplacement des « dunes »), constitue des « repères chronologiques » de la plus haute im-
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- portance, ainsi que nous ne cessons de le répéter1. 11 est donc indispensable de classer (c’est-à-dire de faire surveiller par l'Etat) tous les « mégalithes de rivage », quels qu’ils soient, et de recommander à tous ceux qui s’occupent dès maintenant de la conservation de nos sites pittoresques (souhaitons que cette belle idée se transforme rapidement aussi en service officiel bien organisé!) les « carrières à mégalithes » indiscutables, qu’on pourra trouver sur nos côtes de Rretagne et surtout de Vendée.
- I)1' Marcel Bvcnomx.
- MINES DE MICA Aü CANADA
- Le mica est un minéral qui grâce à ses propriétés caractéristiques, transparence, élasticité, inattaquabilité par la chaleur et par les agents chimiques, trouve chaque jour, dans l’industrie moderne, des applications nouvelles et précieuses, aussi ce produit est-il très recherché. Le mica est le plus généralement employé en feuilles. Commercialement, on le distingue en mica blanc et mica ambré. Le mica blanc sert pour garnir les portes des poêles, pour verres de lampes et abat-jour, pour des lunettes d’ouvriers travaillant le verre, le fer, comme transparent pour abriter la figure, pour les conducteurs d’automobiles ; pour remplacer le verre dans les vaisseaux de guerre ou dans les édifices exposés aux détonations. Le mica ambré est exclusivement employé dans l’industrie électrique, où il est considéré comme l’isolant le plus parfait. Le pouvoir isolant du mica est en effet supérieur à celui de toute autre matière susceptible d’ètre emplovée dans la construction des armatures, son principal avantage étant dû à sa structure, qui permet de l’obtenir en feuilles d’une minceur extrême et d’une uniformité d’épaisseur parfaite, possédant d’ailleurs une dureté suffisante pour empêcher une usure trop rapide sous l’action des brosses. De plus, les très hautes températures auxquelles les armatures sont soumises dans les circuits courts, ou par des défauts de construction, le laissent pratiquement inaltéré.
- Les qualités demandées au mica par l’électricité quelle qu’en soit, d’ailleurs, la couleur, sont donc la résistance à de très fortes températures et la non-conductibilité électrique; il doit aussi se cliver aisément, se rouler sans se briser, être élastique, non fissuré, et ne pas présenter de taches ferrugineuses, de trous, de crevasses.
- Pendant longtemps; la couleur paraissait influencer son usage; mais maintenant on s’en préoccupe peu, pourvu que le mica soit bien clivable, quoique la résistance isolante paraisse être moindre pour les variétés foncées, dont la coloration est due au fer. Avec les débris agglomérés, on prépare, pour l’industrie électrique, des plaques minces nommées « micanite » et « micabeston ».
- Le mica pulvérisé est employé pour une foule d’usages : pour les papiers à tapisserie, les décors de théâtre, les petits objets de marqueterie, poudres coloriées; comme lubrifiant pour les machines et dans les boîtes à graisse; on le recommande comme matière absorbante dans la fabrication de la dynamite. Depuis quelques années, les déchets de mica sont employés pour fabriquer des espèces de couvertures isolantes (laggings) pour les chaudières à vapeur, tuyaux de vapeur, etc.
- Les différentes variétés de mica peuvent se diviser en
- 1 Vov. n° 1545, du 20 décembre 1902, p. 40.
- deux classes : le produit industriel et les variétés minéralogiques. 1° « Muscovite » : Mica potassique, présentant une couleur verte, brune ou rougeâtre, sous une certaine épaisseur. « Phlogopite » : couleur jaune, ambré, mica magnésien, a Biotite » : couleur noire, mica ferro-ma-gnésien ; 2° « Lepidomélane : Mica ferro-potassique, vert ou noir, « Lepidolite » : Mica lithinifère, couleur perlée, rose ou violette. « Criophyllite » : Mica lithinifère, couleur verte. « Astrophyllite » : Mica titanique, rose, couleur d’or.
- Au Canada, l’exploitation du mica est florissante. Les gîtes sont nombreux et importants dans les provinces Ontario, Québec, Colombie Anglaise. Dans l’Ontario, on trouve dans la chaîne laurentienne des dépôts importants de mica ambré, qui sont exploités avec profit; le centre principal est Sydenham. En Colombie anglaise, il existe, vers Tète Jaune Cache, dans les Montagnes Rocheuses, des dépôts importants de mica blanc. Dans la province de Québec, c’est dans la région d’Ottawa et vers le Saguenav que se rencontre en quantité le mica.
- Le mica au Canada, dans les provinces de l’Est, se voit surtout dans la partie de la formation laurentienne, où le pyroxène domine, et qui renferme aussi d’importants dépôts d’apatite. Dans l’Ottawa, le mica se trouve en masse associé au phosphate, en veines, en poches ou en chapelets. Dans des veines de calcite, généralement rose, bien caractérisées, qui, parfois, traversent le pyroxène, et d’autres fois, les gneiss laurentiens eux-mêmes, la variété de mica est le phlogopite qui se trouve en cristaux bien nets vers les parois. On y rencontre aussi des cristaux d’apatite verte et du pyroxène empâté dans la calcite.
- Les poches de mica, parfois assez abondantes, se trouvent généralement en des points où le pyroxène a pris un grand développement; on y voit moins de calcite et pas ou peu de phosphate. La biotite est généralement trouvée dans ce genre de dépôt, mais on y rencontre aussi la phlogopite. La distribution du mica en poches successives ou chapelets est un intermédiaire entre les deux précédents ; les cristaux se trouvent dans des bandes de pyroxène cristallisé. C’est de la phlogopite généralement en relations avec les masses d’apatite. On peut considérer le mica ambré comme contemporain et faisant partie des bandes du pyroxène de la formation laurentienne, le genre du dépôt paraissant dû aux conditions mécaniques dans lesquelles ces poches se sont formées.
- Des essais comparatifs faits en Angleterre ont montré que pour l’industrie électrique, le bon mica ambré canadien est égal sinon supérieur au mica indien, à cause de sa flexibilité et de sa facilité de clivage.
- Les gisements de muscovite ou mica blanc sont très caractéristiques, ils se présentent sous forme de veines régulières dans des dykes de pegmatite à gros éléments, traversant les gneiss de la formation laurentienne. Dans le corps de la veine on trouve le quartz vitreux, très clair, parfois un peu rosé, le feldspath orthose blanc, mais parfois présentant des opalescences ou des colorations vertes qui peuvent le faire employer comme pierre de joaillerie, sous le nom de pierre adùlaire et de pierre des amazones (microline), et le mica en cristaux parfois très considérables. Les veines sont distribuées irrégulièrement et en grosses masses bien isolées. Indépendamment de ces éléments, on trouve la tourmaline noire en gros cristaux, le grenat (almandin et mélanite), l’émeraude commune (béryl), de couleur vert pâle, etc. Ces minéraux n’ont pas de valeur comme pierre précieuse, mais, cependant, quelques parties sont susceptibles d’être taillées. Dans ces
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- veines, on trouve aussi des minéraux rares, tels que mn-nazite, clévéite, eérite, pechblende, smaragdite, colombite et d’autres en petites quantités. Les minéraux ont une grande valeur, ils peuvent augmenter le revenu des mines.
- Pour que l’exploitation de ces mines soit fructueuse, il faut que les veines soient assez larges et le mica assez grand, il arrive que certaines de ces veines tournent à la pegmatite, l’élément mica disparaît, mais le feldspath orthose essentiellement potassique peut être employé par les manufactures de porcelaine et le quartz dans la fabrication du verre. Ces deux éléments, feldspath et quartz, constituent un produit secondaire. C’est dans la région du Saguenayque se trouvent les principaux gisements de mica blanc.
- Pour l’extraction, elle se fait dans des carrières à ciel ouvert; le mica est miné par les procédés ordinaires, en évitant cependant que les coups de mine ne brisent les faisceaux de cristaux ; aussi les trous doivent-ils être placés avec discernement. Les blocs de mica sont alors sommairement séparés de la roche et envoyés à la surface où on rejette les parties absolument mauvaises, et le reste va à l’atelier où il est débité et classé. Les blocs de mica sont ensuite séparés en morceaux maniables à la main.
- Au début de l’industrie du mica, on le coupait en morceaux de forme rectangulaire; plus tard, pour que l’acheteur puisse utiliser à son gré la plus grande surface possible, on en vint à rejeter seulement les parties défectueuses, laissant à la feuille une forme quelconque. Dans les deux cas, le travail se fait avec un couteau ou ciseau manœuvré à la main, d’où le mot « trimmed » voulant dire « préparé », en usage au Canada. Plus tard, cette préparation se fit avec plus de soin, en ne laissant que la partie utilisable, et l’on dit alors, « thumb trimmed » ; c’est en cet état que le mica canadien est généralement livré sur le marché.
- M. J. Obalski, inspecteur des mines du Gouvernement canadien pour la province de Québec, a trouvé, parmi les éléments rares contenus dans certaines mines de mica, de l’uranium en quantité appréciable, ce qui a permis de compléter et en Amérique et en France les études qui se poursuivent sur le radium. T. Obalski,
- Chargé (te mission scientifique.
- LA CRÉATION D’UN GRAND PORT
- DANS LARGENTINE
- Il est toujours curieux de voir se créer un grand établissement maritime : non seulement pour les travaux et aménagements de toute sorte que cela nécessite, mais aussi pour les conséquences que cela peut avoir sur les courants commerciaux. A la vérité, ces tentatives sont souvent aléatoires quand on se lance absolument dans l’inconnu, et qu’on veut établir un port là où rien n’existait auparavant; mais, dans l’exemple que nous allons signaler, il s’agit de donner une expansion extraordinaire à un établissement déjà existant, celui du port de Rosario, dans la République Argentine. Ce qui ajoute à l’intérêt de cette immense entreprise, c’est que, à la suite d’un concours entre les entrepreneurs du monde entier, elle a été finalement confiée à deux maisons françaises, la maison Hersent, si connue par tant d’autres travaux, et la maison Schneider. Elles sont chargées tout à la fois de la construction,
- puis de l’exploitation, durant 40 années, du port ainsi construit ; la dépense prévue est de 58 millions, ce qui fait comprendre immédiatement l'importance des travaux à exécuter. On va établir 4 kilomètres 1/2 de quais, des terre-pleins, des routes, des gares de triage, des lignes de jonction avec tous les réseaux ferrés aboutissant à Rosario, un outillage mécanique des plus puissants, un élévateur à grains qui pourra charger 1000 mètres cubes de grains à l’heure !
- Il suffit de jeter les yeux sur une carte de l’Argentine pour y trouver Rosario, sur le cours du Pa-rana; on peut s’étonner au premier abord, quand on ne connaît point le régime hydrographique du pays, de voir qu’on prétend faire un grand port de commerce d’un établissement qui est, si profondément enfoncé dans les terres. Rosario est situé à 500 kilomètres de Ruenos-Ayres, qui est lui-même dans un estuaire; mais le Parana, qui relie Rosario à cet estuaire, est un lleuve immense comparable à l’Amazone ou au Mississipi, son débit moyen annuel est de 50000 mètres cubes et plus par jour; il est accessible à la grande navigation sur 500 kilomètres, et, particulièrement jusqu’à Rosario, les navires de mer y rencontrent partout une profondeur de plus de 6m,50 à basse mer ou pendant les basses eaux du fleuve. La remontée nécessite un jour de plus que si l’on s’arrêtait à Ruenos-Ayres.
- Assurément on trouve en ce dernier point un port des mieux dotés, mais il est intéressant que les échanges commerciaux puissent se faire directement en un point plus central, plus voisin des immenses cultures de céréales : et Rosario est tout indiqué pour cela. Déjà, ainsi que nous l’avons laissé entendre, Rosario était le centre d’un commerce maritime assez actif ; mais les navires n’avaient à leur disposition que des installations rudimentaires, ils mouillaient le long d’une sorte de falaise naturelle formant la rive du lleuve, et du sommet de laquelle on faisait glisser les chargements à leur bord, ou le long de quelque 600 mètres de quais en bois. Et cependant dès maintenant le tonnage de tous les navires fréquentant Rosario dans le courant d’une année atteignait le chiffre considérable de 5850000 tonneaux. Depuis 20 ans, le trafic a décuplé, grâce à ce fait que Rosario est port de mer intérieur, peut-on dire, débouché d’immenses provinces fertiles, centre où ne convergent pas moins de 5 grandes lignes de chemins de fer, et où arrive aussi l’admirable voie de transport du Parana. supérieur.
- Les nouvelles installations maritimes vont s’étendre devant la ville sur une longueur de 4 kilomètres environ et en aval des quais primitifs, dont nous parlions tout à l’heure. On construira 5500 mètres de quais en bordure de la rivière, quais ayant une profondeur d’eau de 6m,50 à leur pied, et l’on aménagera un vaste bassin de cabotage ; en arrière des quais, les terre-pleins, clôturés de 6 kilomètres de grilles pour la sûreté des opérations douanières
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- LA NATURE.
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- et la protection des marchandises, seront sillonnés de T7 Kilomètres de voies ferrées.
- Une partie des quais, déjà commencés, sont en maçonnerie ; ils sont formés de piliers distants de 10 mètres, réunis entre eux à leur partie supérieure (qui est la cote -f- lm,50) par des linteaux métalliques contenant des voûtes surbaissées en maçonnerie armée; au-dessus est un mur continu attei-
- gnant la cote H- 8 mètres. Des enrochements ferment les espaces libres entre les piliers et maintiennent les massifs des terre-pleins. Bien entendu les piliers sont fondés à l’air comprimé, et, sur beaucoup de points, il faudra descendre à 27) mètres au-dessous de zéro. Les procédés de travail ressemblent à ceux qui ont été adoptés à Lisbonne. Sur certains points on se contentera de quais en bois,
- Fig. 1. — Rosario de Santa-Fé. Quais nationaux.
- formés de palées disposées au milieu d’un talus d’enrochements et dominées par une plate-forme en béton armé, inclinée du coté de terre; les pieux de fondation sont en pitchpin là où ils demeurent entièrement sous l’eau ; au-dessus on recourt à ces admirables bois du pays, quebracho ou autres, qui ont une résistance si extraordinaire.
- Nous passerons sur les ouvrages qu’on va pourtant exécuter pour la régularisation du chenal du fleuve; on veut ménager une largeur de 7)00 mètres avec un tirant d’eau de 7 mèlres. Il faudra draguer 7 millions de mètres cubes, et l’on en emploiera une bonne partie à la formation des terre-pleins.
- ï^a partie amont du port est réservée au trafic d’importation, elle s’étend sur plus de 1700 mètres de long, si l’on tient compte des anciens quais, et offre au commerce 7>7)0000 mètres carrés. Au delà viennent le bassin au cabotage et les quais en bois, destinés plutôt au trafic local, aux bateaux à passagers. Puis, sur près de 1500 mètres, sont toutes les
- installations destinées au commerce d’exportation, notamment des céréales ; sur une surface de 40 hectares, on trouve deux rangées de magasins et hangars. Partout ont été multipliées les voies charretières en même temps que les voies ferrées. Les 25 magasins occuperont une surface de 51000
- mètres carrés. Les silos à blé pourront recevoir 500 000 hectolitres de céréales, et disposeront des installations les plus perfectionnées.
- L’outillage du port comprendra 55 grues électriques mobiles de 1500 kg., 1 grue fixe de 5 et 10 tonnes, une autre de 10, 20 et 50 tonnes, 20 cabestans électriques, 4 chariots transbordeurs, etc. La force motrice nécessaire sera fournie par une station génératrice de 1500 chevaux. Ces détails rapides suffisent à montrer l’importance de l’entreprise qui est aujourd’hui commencée et qui, comme nous le disions, va créer un port immense dans l’Amérique du Sud. . 1). Leiïois.
- Mètres
- Buenos-Aires
- Fig. 2 — Plan des installations du norl de Rosario.
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- UNE RÉVOLUTION DANS LA PÈCHE DE LA MORUE
- Le récent accord anglo-français est venu attirer de nouveau l’attention sur les pêcheries de morue de Terre-Neuve : nous n’avons point à nous en occuper ici au point de vue diplomatique ; mais la morue donne lieu à une industrie considérable, elle fait vivre chaque année toute une partie de notre population maritime, et elle se fait suivant des errements t ou-jours bons à rappeler, que leur ancienneté ne rend pas beaucoup meilleurs.
- Ce qui suffirait à le prouver, c’est qu’on affirme que nos pêcheurs ne pourraient pas y gagner leur vie si on 11e leur accordait point des primes pour les poissons pêchés.
- Nous n’avons pas l’intention de répéter à nouveau la description, tant de fois donnée, de la pêche de la morue « sur le banc » : elle se fait aux lignes, aux « palangres», garnies d’une série de solides hameçons auxquels 011 accroche comme appât des morceaux de poisson ou de coquillage frais.
- On a essayé du hareng salé, et aussi du hareng conservé en apparence à l’état frais par des procédés antiseptiques : mais la morue a le « nez fin », si l’on nous permet cette expression, et elle ne mord pour ainsi dire jamais aux appâts qui ne sont point à son goût, qui laissent à désirer au point de vue de la fraîcheur, ou qui ont de ces odeurs parmaceutiques comme en donnent tous les conservateurs et antiseptiques et qui sont désagréables à un flair aussi délicat que le sien. Sans parler des opérations multiples et assurément pénibles qu’il faut faire subir à la mo-
- rue avant de la mettre dans le sel, la pêche aux lignes est fatigante et compliquée, puisqu’il faut (pie les pêcheurs renouvellent les appâts, décrochent les poissons pris un à un, agitent continuellement les palangres pour attirer l’attention de la morue
- sur l’appât. De plus, celte question même de l’appât est complexe (et nous pourrions ajouter <pie c’est elle qui a donné lieu à la plupart des discussions avec les Terre-Neu viens): en effet, que Ton emploie pour appâter la seiche, ou encore du bu-lot, un gros mollusque que Ton trouve sur les fonds de faible profondeur à Terre-Neuve, ou bien du hareng, il faut toujours se procurer l’appât peu de temps avant de l’utiliser. Il est donc nécessaire de le récolter dans les environs des lieux de pêche, dans des
- parages plus ou moins épuisés par des captures incessantes, ce qui, en outre, entraîne pour les voiliers des allées et venues continuelles, où ils perdent un temps considérable.
- Pour trancher cette difficulté, on fait à l’heure actuelle une tentative des [dus intéressantes, en recourant au froid, qui joue déjà un si grand rôle dans une foule d’industries, et qui commence d’être utilisé, au moins sous une certaine forme, dans les pêches maritimes. Une société s’est fondée à Fécamp, sous le titre de la Terre-Neu vienne, et avec le concours d’un armateur connu, M. Amour, dans le but d’utiliser des appâts, bulots ou autres, conservés par le froid dans des cales spéciales. Ce que Ton doit chercher en la matière, c’est à posséder
- _ Machines et C/iausiière
- Machine Oumdièrt
- lï Ôt/u -
- Fig. 2. — Coupe et plan du chalutier à vapeur « llécla ».
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- LA NATURE.
- un approvisionnement d'appât sufiisant [tour une trentaine dejours, et conservé comme nous venons de le dire. Cet approvisionnement est ensuite renouvelé par un navire spécial, qui aura eu pour mission de pécher d’autre appât et de l’apporter dans une cale irigorifnpie. 11 est bon de dire qu’une goélette de pèche ordinaire consomme quotidiennement quelque 800 kg de cet appât. À bord des bateaux armés par la Société la J erre-Neuvienne, les chambres frigorifiques de conservation permettent d’accumuler tout l’appât qu’il faut pour une campagne; on dispose naturellement d’une machine frigorifique avec petit moteur à vapeur, et celui-ci peut rendre de multiples services, en même temps que la chambre frigorifique est à même, quand tout l’appât a été consommé, de recevoir des poissons qui seront maintenus à 1 état frais : il est utile de rappeler que, sur les bancs de Terre-Neuve, on peut pécher sans peine et en abondance des raies et d’autres poissons de vente facile. Nous ajouterons que les nouveaux bateaux, construits pour la mise à exécution de ce programme, ont des aménagements bien compris qui donnent du confortable aux marins.
- Mais les goélettes à installations frigorifiques dont nous venons de parler sont encore des voiliers où Ton pratique la pêche aux lignes, et une autre évolution, beaucoup plus caractéristique même, est en train de s’accomplir dans la pèche à la morue. Depuis quelques années, et sans que la France ait d’abord pris aucune part à ce mouvement, on a commencé de se livrer à la pèche de la morue au moyeu du chalutage, et du chalutage à vapeur. Dans les eaux d’Islande notamment, où la morne est également capturée en abondance, on a compté dans la dernière campagne au moins 180 chalutiers, dont 150 anglais, qui ont fructueusement pratiqué cette pèche. La plupart de ces bateaux conservent la morue dans la glace ou eu chambre frigorifique sans lui faire subir aucune préparation, et ils prennent d’ailleurs quantité d’autres poissons, tels que des colins, des flétans, des raies, etc.
- Et voici qu’on se décide enfin en France à suivre ces méthodes nouvelles, qui sont beaucoup plus profitables et plus logiques que les anciennes. C’est ainsi que Tannée 1903 a vu, sur les cotes d’Islande, quatre chalutiers à vapeur armés par le port de Boulogne : ils ont préparé en barils une partie des morues prises, c’est-à-dire en les salant, ils en ont salé également, mais en vrac, un nombre très respectable de 75000 dans leurs cales, et ils ont rapporté près de 24 000 poissons de diverses espèces. Le résultat a été en somme satisfaisant, puisque les prix de vente par bateau ont dépassé 18 000 francs, et Boulogne a dû expédier cette année douze chalutiers pour cette même pêche. On nous a parlé d’une tentative analogue faite à l'aimpol, le centre consacré de la pèche à la morue suivant toutes les anciennes coutumes. De plus, une société s'est formée récemment à Bordeaux pour armer un vapeur chalutier destiné à aller pêcher à Terre-Neuve même. Enfin la
- région de Dunkerque, qui est un des centres de cette industrie, vient de voir lancer un chalutier qui présente cette particularité d’être probablement le plus grand navire de pèche actuellement à Ilot, et qui est destiné, lui aussi, à aller pécher la morue à Terre-Neuve. Ce steamer est T « llécla », construit par les ateliers et chantiers de France à Dunkerque, pour le compte de la Société les Pêcheries Gravelinoises. Il n’a pas moins de 45 mètres de long pour une largeur de 7m,50 et un creux de 3"',90. Sa coque, ses machines et chaudières ont la première cote du Bureau Veritas, la machine est à triple expansion, avec des cylindres de 330, 534 et 864 millimètres pour une course de 610 millimètres ; la chaudière cylindrique a 3,n,76 sur 3m,05. Les soutes à combustible contiennent 225 tonnes de charbon, tandis que les cales peuvent recevoir 700 barils de poisson. Le matériel de pêche est des mieux compris, les manœuvres se font très facilement et toutes à la vapeur, et l’éclairage électrique des logements, des cales, etc., est complété par un éclairage de pont qui permet la pèche de nuit dans les meilleures conditions. C’est un beau bateau où les hommes trouveront un confortable et une propreté qui ne se rencontrent guère (un peu par leur faute, il est vrai) à bord des morutiers classiques. Le capitaine a sur le pont une luxueuse cabine lambrissée dont les meubles sont en acajou vernis; le second et le chef mécanicien ont des cabines en pitchpin, et le poste d’équipage, bien aéré, bien éclairé, assure un bien-être réel aux hommes.
- Comme toutes les évolutions industrielles, celle-ci suscite bien des oppositions, notamment de la part des marins, qui ne comprennent pas leur intérêt véritable, et ne sentent pas que cette introduction du machinisme augmentera la productivité du métier, et par suite les salaires, tout en donnant [dus de sécurité : et les inscrits pêcheurs ont demandé un impôt spécial sur les chalutiers, sous prétexte de la concurrence qu’ils font à la pèche à la voile. Mais cette transformation s'impose : elle se complétera sans doute par l’emploi de « chasseurs », navires qui auront [tour mission d’apporter sur les lieux de consommation les prises des vapeurs, tandis que les bâtiments demeureront à la pêche durant toute la campagne. Pierre de Mériel.
- CHRONIQUE
- Nouvelles locomotives électriques américaines. — La Compagnie New-York Central va adopter la traction électrique par locomotives pour ses trains pénétrant dans New-York même et pour son réseau suburbain sur une longueur de 80 kilomètres : dans ce but, elle se fait construire des machines qui auront à remorquer des trains de 480 tonnes sur un parcours de 54 kilomètres, en une heure et avec un seul arrêt. Ces locomotives auront llm,27 de long, elles seront montées sur 12 roues dont 8 seront motrices, ces dernières ayant Im, l l de diamètre. Les moteurs électriques seront montés directement sur les essieux moteurs et entraîneront, par
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- LÀ NATURE.
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- conséquent, directement les roues; il y nura 4 de ces moteurs tarés à 551) chevaux, mais pouvant développer 2801) chevaux en surcharge. Le poids total de l’engin sera de 86 tonnes, dont un peu plus de 51) représenteront le poids adhérent. Des dispositifs à unités multiples du système Sprague permettront de coupler plusieurs machines en tandem ; avec un train léger on pourra atteindre une vitesse de 120 kilomètres à l’heure.
- L’air comme lubrifiant. — L’idée est tort logique, puisque l’on sait qu’en somme les frottements de l’air sur les surfaces métalliques sont très réduits. Un ingénieur anglais, M. Cole, vient de l'aire une curieuse expérience prouvant que l’air peut parfaitement constituer un lubriüant : il a employé un coussinet cylindrique en fonte, à l’intérieur duquel tournait un tampon d’acier représentant un arbre. La différence du diamètre intérieur du coussinet et du diamètre extérieur de l’arbre était de 4/100 de millimètre. Au moyen de contacts électriques dont nous ne décrirons pas la disposition, l’expérimentateur est parvenu à constater, aux vitesses suffisamment rapides, la formation d’une pellicule d’air entre la partie lixe et la partie tournante, pellicule dont l’épaisseur n’est pas partout la même, et qui empêche par conséquent le frottement direct des deux surfaces métalliques.
- Les cargo>boats modernes. — 11 ne faudrait pas croire que ce soient seulement les paquebots transatlantiques à grande vitesse et destinés uniquement au ti’ans-port des voyageurs, qui présentent des dimensions formidables. Voici ([ue la Compagnie Cunard vient de se faire construire un navire appartenant à ce qu’on appelle maintenant la classe « intermédiaire », qui pourra prendre une cargaison énorme, mais aussi 2600 passagers, et destiné à marcher à une allure aujourd’hui modeste de 20 nœuds. Or ce bateau, qui se nomme le « Caronia », est long de 206 mètres pour une largeur de. 22 mètres, et un creux de 15m,80.
- Les cultures dans les pays de sécheresse. —
- L’ile de Chypre, par suite des déboisements qu’on y a effectués sans prudence aucune, est en proie à des sécheresses redoutables, et la Direction de l’Agriculture a réussi à faire un choix de plantes qui supportent bien ces conditions si défavorables, et qu’il est bon de faire connaître. Tout d’abord on a recours au maïs, qui ne demande de l’eau qu’au moment des semailles et quand les racines prennent leur premier développement ; puis on a acclimaté facilement I’ « atriplcx scmibaceatum », originaire d’Australie, et qui croît très bien dans les terrains salés en donnant un bon fourrage. On a introduit également avec succès deux graminées vivaces, le « pannisetum longisty-lum » et le (( pennisetum ruppellianum ». D’autre part, on a généralisé la culture de l’alfa, et, l’on a introduit un chêne très résistant, le « quercus œgilops », puis le « prosopis jnliflora » et le « prosopis pubescens », qui se passent d’arrosage grâce à la puissance de pénétration de leurs racines, et qui donnent des fruits constituant une ressource précieuse pour la nourriture du gros bétail. Si nous ajoutons que la flore cypriote possède déjà par elle-même des végétaux qui se développent bien, et donnent des fruits sans culture ni eau, comme le caroubier, le câprier, le zyziphus lotus, le pistachier, le quercus plefflingeri, on voit que les pays où la sécheresse .sévit normalement peuvent trouver toute une variété de plantes qui leur permettent de ne point trop souffrir des conditions particulières de leur climat.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 novembre 1904. — Présidence de M. Mascaiit.
- Les fossiles de Patagonie. — M. A. Gaudry présente un ouvrage qu’il a composé sur les fossiles de Patagonie et les caractères de leur dentition. M. A. Tournouer a opéré des fouilles en Patagonie grâce auxquelles il a enrichi le Muséum de nombreux fossiles. Après avoir été récompensé de ses efforts par un prix de l’Académie, M. A. Tournouer a entrepris un cinquième voyage et se dispose à repartir pour la sixième fois. Quelques-uns des fossiles rapportés sont gigantesques; par suite ils ne sont pas faciles à monter et à loger. De plus la galerie de géologie a été classée suivant les âges. Il avait en effet paru que la marche de l’évolution des êtres vivants avait été uniforme. C’était une erreur. Les fossiles de la Patagonie prouvent que l’histoire de la vie dans l’hémisphère austral ne se confond pas avec celle de la vie dans l’hémisphère boréal. Ainsi les fossiles du miocène de la Patagonie ne s'accordent plus avec ceux du miocène de l’hémisphère nord. Ils appartiennent franchement à l’éocène boréal. 11 y a donc une difficulté à les classer dans la galerie; une classification zoologique présenterait d’ailleurs de sérieux embarras. Les fossiles de Patagonie ressemblent beaucoup entre eux ; les genres sont difficiles à déterminer. Dans l’ouvrage qu’il présente, M. A. Gaudry a mis une quantité de figures qui mettent en évidence les différences et font comprendre les enchaînements.
- Combinaisons du fluor. — M. Moissan présente une Note relative à la préparation de deux composés du fluor : le trifluorure de bore et le tétrafluorure de silicium. Il a obtenu ces deux corps d’abord par la méthode de Gay-Lussac et Thénard avec épuration par solidification à
- — 150°, puis par action directe du fluor sur les métalloïdes. Le fluorure de bore entre en fusion à — 126° et en ébullition à — 99° ; quant au fluorure de silicium il passe de l’état solide à l’état gazeux à — 97°, et se solidifie à — 77° sous une pression de 2 atmosphères.
- - Maladie des équidés à Madagascar. — M. Laveran présente une Note de MM. G baron et Thiroux sur une maladie infectieuse qui atteint les équidés à Madagascar. Cette maladie est caractérisée par des altérations osseuses et en particulier par des ostéites des naseaux, des mâchoires qui donnent aux animaux un aspect spécial. La maladie paraît transmissible, mais jusqu’ici ils n’ont pu réussir à établir le fait d’une façon ferme. Chez des animaux malades ils ont trouvé des piroplasmes, mais pas chez tous, de telle sorte que l’on peut se demander si chez les animaux à piroplasmes, il n’y avait pas superposition d’infections. Quoi qu’il en soit les auteurs recommandent l’abatage ou l’isolement des animaux malades.
- Conséquences des dermatoses. —M. Bouchard présente un travail de MM. Desgrez et Ayrignac relatif aux modifications de la nutrition chez les malades atteints de dermatoses. Chez tous ces malades il y a augmentation de l’adiposité d’où augmentation de volume du corps entraînant augmentation de surface, c’est-à-dire excitation à la destruction. Or, c’est précisément le contraire qui arrive. La limite de la destruction est inférieure à celle qui s’observe chez l’homme normal.
- L'aldéligde formique (lu tabac. — M. Schlœsing fils résume un travail de M. Trillat, sur la formation de l’aldéhyde formique dans la combustion du tabac. 11 résulte d’expériences faites dans des conditions d’aspiration ana-
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- logues à celles usitées des fumeurs que la quantité d’aldéhyde varie avec le tabac et le mode de combustion, en pipe ou en cigare. La pipe en fournit le plus; le tuyau paraît exercer une action catalytique. Cette aldéhyde est combinée avec la nicotine, ce qui explique qu’elle exerce une action atténuée sur les muqueuses de la bouche.
- Cu. de Yilledelil.
- NOUVELLE MACHINE BALAYEUSE
- DE LA VILLE DE PARIS
- On emploie, pour balayer les chaussées parisiennes, la raclette à main munie d’une lame de caoutchouc ou bien la balayeuse à traction animale. Cette dernière est assez rapide, mais on lui reproche de ue pas décaper complètement la surface de la chaussée; elle laisse, après son passage, une légère
- couche de boue qui, en été, se transforme en poussière, et, en hiver, rend le sol glissant. La raclette lui est supérieure à ce point de vue ; malheureusement si on voulait réserver à cette dernière le nettoyage de toutes les rues pavées en hois ou asphaltées il faudrait mobiliser une véritable armée de cantonniers, ce que ne permet pas l’état des finances de la Ville.
- Le service de la Voie Publique de Paris a recherché une « combinaison » qui lut capable de satisfaire à toutes les exigences et en même temps aux nécessités budgétaires. Cette combinaison vient d’ètre réalisée par M. Mazerolle, ingénieur de la première section des travaux de Paris ; elle consiste tout simplement dans la réunion de la balayeuse ordinaire et de la raclette. L’idée en est simple, mais la mise en pratique se heurtait à une petite
- Nouvelle mudiine balayeuse île la Ville de l'ari'.
- difficulté mécanique. La raclette ne donne de bons résultats qu’autant quelle est poussée par l’ouvrier; si on la tire, le moindre obstacle la soulève et lui fait faire un bond, à moins de la surcharger considérablement auquel cas le caoutchouc s’use trop vite; en la poussant, au contraire, l’adhérence sur le sol est assurée, car le couple constitué par les forces agissantes (poussée et résistance) tend à l’appuyer sur le sol. Si donc on se contentait de placer une ou plusieurs raclettes à la suite d’un châssis traîné par un cheval il est bien évident que l’adhérence serait tout à fait imparfaite. Le nouveau dispositif évite cet inconvénient, car les raclettes — il en est placé trois derrière le rouleau balayeur — obéissent non pas à un effort de traction, mais à une poussée. A cet effet un bâti spécial a été ajouté à la machine; il est supporté à l'arrière par un galet de roulement et la force motrice est transmise aux raclettes d’arrière
- en avant. Chacun des appareils fonctionne donc comme s’il était poussé à la main. Ce châssis peut d’ailleurs être ajouté à une machine balayeuse quelconque et décroché à volonté.
- Les trois raclettes sont placées suivant trois plans différents pour leur permettre d’épouser la courbure des chaussées ; elles sont commandées par un levier spécial à portée de la main du conducteur qui peut les soulever lorsque, par exemple, la balayeuse quitte le pavé de bois pour s’engager sur une chaussée en pierres, surfaces sur lesquelles le caoutchouc n’aurait pas d’effet.
- Cette nouveauté, d’une application toute spéciale, n’en est pas moins intéressante et, à ce titre, mérite d’être signalée. L. F.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauuue, rue de Fleurus, 9.
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- iV 1045.
- lit NOVEMBRE 1 904.
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- LABORATOIRE D’ESSAI DES LOCOMOTIVES A L’EXPOSITION DE SAINT-LOUIS
- Lue des curiosités de l’Exposition des Transports à Saint-Louis, c’est certainement le laboratoire qui a été installé par la Compagnie du l'ensylvania llail-road, et qui permet d’essayer les locomotives devant les visiteurs. 11 est assez analogue à celui que possède la Purduc University, et l’on y fait marcher sur place les locomotives, tout comme on opère dans certaines usines pour les cycles et les automobiles.
- Les roues motrices, qui tournent en apparence librement, portent en réalité sur des roues disposées eu dessous de la machine et dont la jante forme connue un rail continu; les axes de ces roues de support se prolongent de façon à pouvoir porter un frein, qui servira à mesurer l’énergie que reçoivent les roues du mouvement même de la machine. En
- elfet, le travail effectivement exécuté par la locomotive consiste à vaincre la résistance de frottement déterminée par les freins. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que la profondeur de la fosse où sont disposées les roues de support est calculée pour que la partie supérieure de la jante de celles-ci vienne juste au niveau des rails où reposent les roues simplement porteuses de la machine. Ces roues de support sont lixées dans des bâtis « ad hoc », qui prennent appui sur deux longrines longitudinales en fonte posées sur des fondations en béton, et susceptibles de subir sans inconvénient les chocs transmis par les roues motrices ; mais les bâtis dont nous venons de parler peuvent se déplacer longitudinalement, par glissement, dans des rai-
- Yuo en coupe partielle du Laboratoire d'essais de Saint-Louis
- nures ménagées dans les longrines. Cela pour que les roues puissent venir occuper la position exactement convenable sous les roues motrices, suivant le nombre et la répartition de ces roues. On a même pris des mesures pour répondre aux différents types d’engins essayés, à ceux notamment qui ont un grand nombre de petites roues motrices. Les axes de toutes les roues réceptrices (car nous pouvons les appeler ainsi) sont graissés au moyen de chaînes allant tremper dans un bain d’huile, et leurs coussinets sont partiellement évidés afin qu’il puisse s’y faire une circulation d’eau.
- Les freins dont nous avons parlé, et qui sont en somme chargés d’enregistrer l'effort que pourrait exercer la machine sur sa barre d’attelage, sont d’un système très simple imaginé par M. G. S. Alden, et on comprendra facilement leur fonctionnement, bien que la description en soit un peu compliquée. Cha-
- 32e année. — semestre.
- que frein d’absorption comporte d'abord un disque en fonte pouvant tourner autour de son axe, qui est à surface unie, tout en présentant des rainures radiales; il est claveté sur l’arbre qui transmet la puissance à absorber. C’est ensuite une enveloppe qui n’est pas faite normalement pour tourner, et qui porte néanmoins sur le moyeu même du disque tournant ; puis une paire de plaques de cuivre mince qui sont lixées à cette enveloppe : une des laces de chaque plaque se trouve toute proche de la face correspondante du disque et parallèle à elle, tandis que derrière l’autre face est ménagée une chambre entre la plaque et l’enveloppe de l’appareil. Enlin nous signalerons tout un système de tuyaux et canalisations, grâce auquel on peut faire circuler de l’eau sous pression dans chacune de ces chambres, par conséquent entre les plaques de cuivre et l'enveloppe. De plus, une autre série de tuyaux permet
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- de faire circuler de l’huile et d’assurer un graissage parfait des faces des plaques de cuivre qui se trouvent vis-à-vis du disque tournant. Cette huile de graissage pénètre par le moyen du disque et la force centrifuge l’entraîne par les rainures radiales jusqu’à la périphérie. (Notons que les enveloppes des freins ne sont maintenues immobiles que par des tiges et boulons les solidarisant avec les longrines de support des roues réceptrices.)
- Quand les freins doivent fonctionner, l’eau sous pression est envoyée dans les chambres, et presse les plaques de cuivre contre les faces du disque tournant, ce qui entraîne une résistance à la rotation de ce disque : la pression est réglée par des soupapes contrôlant indépendamment l’admission et l’évacuation. L’eau fournit la résistance voulue, mais emporte aussi la chaleur produite. Grâce à un by-pass et à une soupape automatique commandée par la locomotive même, les manœuvres sont simplifiées au maximum. Quand la vitesse augmente au delà d’un certain nombre de révolutions par minute, la soupape du by-pass s’ouvre, de manière à augmenter la pression sur les freins ; si, au contraire, la vitesse de la locomotive tombe au-dessous de celle qu’on désire, la soupape automatique se ferme et abaisse la pression sur les freins.
- Nous pourrions ajouter quelques détails complémentaires sur les roues réceptrices, dont le profil de bandage rappelle d’aussi près que possible celui des rails, et pour lesquelles des dispositions spéciales empêchent les gouttes d’huile de tomber de la locomotive sur ces bandages. Dans le bâtiment d’essai, dans ce qu'on peut appeler clfectivement un laboratoire, est installé un puissant pont-roulant électrique servant à manœuvrer les roues et accessoires dans la fosse, qui n’est recouverte (et encore partiellement) que d’un plancher mobile. L’eau employée par la machine pour son alimentation est pesée dans deux réservoirs qui servent alternativement.
- Enfin nous ne devons pas oublier de mentionner un puissant dynamomètre qui permet de mesurer effectivement l’effort d’une locomotive sur la barre de traction, sans que cependant elle se déplace d’une façon réellement sensible. Ce dynamomètre de traction est du type à levier, dans lequel des plaques d’acier flexibles remplacent les lames de couteaux employées d’ordinaire. Le mouvement total de la barre transversale à laquelle s’attache la tige de traction et naturellement aussi de cette tige, sous l’action de la machine, ne dépasse point 1 millimètre, ce qui est dire que la machine, exerçant son plein effort, ne se déplace que de cette distance sur les roues de support; c’est, inappréciable et ne trouble en rien son équilibre. La barre de traction est du reste munie d’un joint à bille, ce qui permet à la machine de prendre au besoin un certain dépla-ment latéral ou vertical.
- Tout est organisé au mieux dans ce laboratoire, jusqu’au tuyau en hotte pour l’évacuation de la
- fumée de la machine, qui est télescopique, et peut se déplacer pour s’accommoder aux différents types de locomotives. Il comporte un dispositif d’arrêt des escarbilles, qu’on peut recueillir pour les peser. Et il va de soi que le laboratoire dispose d’une série d’appareils de mesure divers, calorimètres, indicateurs, thermomètres, manomètres, etc. Des rails spéciaux à gorge servent à amener les machines en position, de manière que leurs roues motrices reposent sur les roues de support.
- Henry Bougeois.
- DU RÔLE DE LA. COULEUR ET DE L’ODEUR
- CHEZ LES CHAMPIGNONS
- Le savant botaniste Sprengel, cherchant k se rendre compte de la raison d’être des différents organes des fleurs, et convaincu, comme il le dit lui-même, « que le sage auteur de la Nature n’aurait pas voulu créer un seul poil inutile », arriva à cette conclusion qu’on peut expliquer, par les rapports avec les insectes, les caractères d’un grand nombre de fleurs. Ces observations ont été reprises et complétées, et il est aujourd’hui démontré que les couleurs brillantes des fleurs, leur parfum agréable, attirent les insectes à la recherche du nectar, et que ces visites ont une grande importance pour les fleurs, en ce sens qu’elles en assurent presque toujours la fécondation.
- Muller, Darwin, John Lubbock, qui ont particulièrement étudié cette question des relations entre les fleure et les insectes, ne paraissent pas s’être préoccupés de l’importance que la couleur et l’odeur présentent pour une classe, importante du règne végétal : les champignons. A première vue, il semble, en effet, que ces végétaux, qui ne sont pas susceptibles de fécondation, n’aient pas besoin de posséder une couleur ou une odeur qui leur attirerait les visites d’insectes pouvant contribuer k l’accomplissement de cette fonction essentielle. 11 n'y a pas de pollen k transporter, et cependant la plupart des champignons possèdent, comme nous allons le voir, des caractères attractifs très marqués.
- Les couleurs des champignons varient k l'infini. 11 y a le rouge brillant des Pézizes; l’écarlate, si gentiment moucheté de blanc, de la pernicieuse Fausse-Oronge, dont l’odeur chasse les punaises, et qui, en outre, procure aux habitants du Kamtchatka uue liqueur avec laquelle ils s’enivrent; le rouge cramoisi des Russules ou Agarics rouges; le jaune éclatant de la délicieuse Chanterelle; le rose des Bolets ou Cèpes, dont la chair bleuit souvent quand elle a été brisée ; le bleu noirâtre du Polypore versicolore ; le vert foncé des Lactaires, et enfin le violet de certains Cortinaires. Non seulement les champignons ont des couleurs, qui attirent le regard, mais encore il en est qui sont phosphorescents la nuit. Dans les pays tropicaux, beaucoup d’espèces brillent la nuit dans l’obscurité des jungles, et les mines de charbons, dans nos pays, sont souvent illuminées par des Polypores qui se développent sur les blindages en bois des galeries.
- Les saveurs et les odeurs des champignons sont aussi très variées. Plusieurs Agarics ont une odeur de fleur de farine. L’Hydne sinué, excellente espèce comestible, répand une odeur d’huitre ; la Chanterelle a une odeur qui rappelle celle des abricots. Le Polypore odorant dégage un
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- parlum pénétraitl variant de l’anis à la vanille. En Laponie, le Polypore suave est porté par les jeunes gens des deux sexes en guise de parfum de toilette.
- Par contre, il y a des champignons qui répandent des puanteurs insupportables. La Satyre impudique (Phallus impudicus L.) a son chapeau creusé de cellules polygonales irrégulières, remplies d’une substance verdâtre très fétide. Son odeur le fait découvrir de loin et attire les corbeaux et les insectes qui dévorent la pulpe contenue dans les alvéoles. Les chats, dit-on, sont friands de ce champignon arrivé à son entier développement.
- En crevant sa valve, le Phallus occasionne parfois une détonation comparable à celle produite par une arme à feu, et, au moment de la rupture, le gaz qui s’échappe est tellement infect qu’il peut tuer un moineau renfermé dans un bocal contenant 7 pour 100 de ce gaz délétère.
- Quelle est donc, pour ces singuliers végétaux, l’utilité des odeurs et des couleurs si différentes qui les caractérisent? Pour répondre à cette question, il faut rappeler quelques détails de la biologie des champignons. Prenons, par exemple, l’Agaric comestible, abondant à l’automne dans les pâturages, et particulièrement recherché par les moutons et les bœufs. Lien que la biologie des champignons soit encore incomplète, nous savons que la génération de cette espèce est alternante : c’est-à-dire qu’un champignon ne reproduit pas un champignon, mais un être intermédiaire qui, lui, donne alors naissance à un végétal semblable au premier.
- Dans ce monde bizarre, on ne ressemble pas à sa mère, mais à sa grand’mère.
- « L’existence de l’Agaric se compose de deux périodes : une première, à l’état parasitaire, dans le corps d’un animal, et une seconde, à l’état saprophytique, sur un sol convenable 1. »
- Semez des spores d’Agaric, vous n’obtiendrez aucun résultat. Il faut que la première partie de l’existence de ce végétal bizarre se passe dans le corps d’un animal. Comme ces champignons sont très recherchés par les moutons et par les bœufs, leur dissémination et leur reproduction sont toujours assurées. Les spores qui ont séjourné dans le corps de l’animal, déposés à terre avec les déjections, émettent alors un mjcélium qui donne naissance à l’Agaric.
- Cette dualité de l’existence des champignons, à laquelle sont liés le développement et la conservation de ces espèces végétales, nous permet de nous rendre compte du rôle de la couleur et de l’odeur des champignons. De même que les insectes, attirés par l’éclat et le parfum des corolles, assurent la fécondation des fleurs, de même les bœufs, les moutons, les oiseaux, les insectes, alléchés par la brillante couleur ou la senteur agréable des champignons, offrent aux spores de ceux-ci un asile où ils passent la première partie de leur existence et d’où ils sortent, fécondés pour ainsi dire, et susceptibles de reproduire le végétal générateur.
- Il serait à désirer que cette question de la génération alternante chez les champignons fût sérieusement étudiée et qu’on put connaître les modifications que subit le végétal dans le corps de l’animal qui l’héberge, et arriver ainsi à suivre la marche de cette génération bizarre, assez commune chez les végétaux et animaux inférieurs. V. Brandicourt,
- Secrétaire de la Société Linnéeunc du Nord de la France.
- 1 « Science Gossip », février 1891.
- RÉCENTES EXPLORATIONS
- SUR LES GLACIERS DE L’HIMMAYi
- L’Himalaya renferme les plus hautes cimes de la terre. Le fameux Everest, qui, soit dit en passant, n’est point le même pie que le Gaorisankar, le point culminant du globe, dresse, dit-on, sa crête neigeuse à l’énorme altitude de 88-40 mètres, 4050 mètres de plus que le mont Blanc. Plus à l’est, au-dessus de la route suivie par les Anglais pour pénétrer dans le Tibet, le non moins célèbre lvinehinjinga s’élève à 8445 mètres, tandis qu’à l’autre extrémité de la chaîne, dans le Cachemire, le Chogori ou mont Godvvin Austin ou pic K2 culmine à 8611 mètres.
- Dans ces dernières années plusieurs alpinistes épris d'inconnu ont dirigé d’importantes expéditions vers ces géants glacés. S’ils n’ont point réussi à triompher de l’énorme altitude de ces pics, en revanche, ils ont rapporté dé leurs expéditions de très intéressantes observations sur la tectonique de ces montagnes, sur les phénomènes glaciaires dont elles sont le siège, enlin sur le mal de montagnes.
- En 1899, accompagné d’un géologue distingué, M. E.-J. Garwood, et de M. Yittorio Sella, l’habile photographe-amateur dont la réputation est universelle, M. Douglas Freshfield, a fait le tour complet du Kinchinjinga sur les glaciers qui enveloppent sa base. Autour du Kinchinjinga, la glaciation couvre une surface de 450 kilomètres carrés inférieure de 42 kilomètres à celle occupée par les glaciers dans les Alpes bernoises de la Gemmi au Grimscl, dont l’altitude est de moitié plus faible que celle du pic himalayen. Les appareils glaciaires qui frangent la base du Kinchinjinga ont des dimensions très considérables; le glacier de Zemu atteint, par exemple, un développement de 28 kilomètres; il est donc plus étendu que le glacier d’Aletsch dont la longueur jusqu’au pied du Eiescher Grat ne dépasse guère 24 à 25 kilomètres.
- Dendaiit l’été 1902, à l'extrémité occidentale de T Himalaya, dans le Karakorum, une exploration non moins importante a été effectuée, line caravane, comprenant six alpinistes expérimentés, anglais, autrichiens et suisse, a livré assaut au Chogori, ou mont Godwin Austin, le fameux pic K2, comme il est désigné par les topographes du Service géographique des Indes. Le 28 avril, l’expédition, composée de MM. A. Crowley, G. Knowles, 0. Eckenstein, H. Pfannl, Y. Wessely et du Dr Jacot-Guillarmod, partait de Srinagar, la capitale du Cachemire, et arrivait le 8 mai à Skardu, dans la haute vallée de l’Indus, après avoir traversé T Himalaya occidental au Zoiji-la, un col de 5000 mètres ! A cette époque de Tannée, couvert d’une épaisse couche de neige et exposé aux avalanches, ce passage est difficile et dangereux, surtout pour une caravane de 150 porteurs comme celle qui suivait les alpinistes. Ces « coolies » ne connaissent pas l’usage des souliers ferrés, à peine
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- est-il besoin de le dire ; d'ordinaire ils vont pieds nus ; le sol est-il couvert de neige, pour se protéger contre les congélations et pour ne pas glisser, les indigènes s’enveloppent les pieds de morceaux de laine et chaussent des sandales de paille qu’ils tressent eux-mèmes. De l’avis du I)1 Jaeot-Guillar-mod, ces sandales tiennent admirablement sur la neige, surtout si Ton a [tris soin de les mouiller.
- C’est doue une chaussure très pratique en montagne, et cela d’autant plus qu’en quelques minutes on peut en fabriquer une paire.
- Remontant la vallée de l’Jndus, puis celle de Shi-gar, les alpinistes arrivaient au pied des glaciers le 7 juin, six semaines après le départ de Cachemire.
- Dans le Karakorum le phénomène glaciaire se manifeste avec une intensité singulièrement plus grande qu’autour du Kin-chinjinga. Ce massif renferme les plus grands glaciers du type alpin que l’on connaisse, celui de Rial'o qui débouche dans la vallée de Shigar,prèsd’As-koly, dépasse 100 kilomètres, et le Raltoro, sur la rive nord duquel se dresse le Cho-gori, se développe entre deux parois rocheuses sur une distance de 65 kilomètres environ.
- Aussi bien, sans parler de la question d’altitude, les ascensions se présentent-elles dans des conditions singulièrement plus difficiles que dans les Alpes. Avant d’aborder l’escalade de la montagne, il faut transporter, à dos d’homme, les vivres et les tentes nécessaires à un long séjour au pied du pic que l’on veut gravir. C’est ainsi que l’expédition du D‘ Jacol-Guillarmod dut emmener pas moins de
- 250 coolies. Rendant dix jours, on chemina sur le long glacier de Raltoro et seulement, à la fin de juin, la caravane se trouva concentrée au pied du Chogori.
- A la hase de la montagne, un premier camp fut établi à l’altitude de 5700 mètres, puis un second à 6100 mètres, enfin un troisième à 6400 mètres, le point le plus élevé du globe où des hommes aient demeuré quelque temps. Malheureusement le mauvais temps s’était acharné sur les explorateurs et, [tendant cinq semaines, ils furent condamnés à l’inaction. Profitant d’une éclaircie, le P1 Jacot-Guillarmod et un de ses compagnons, M. Wessely, entreprirent une reconnaissance et parvinrent à l’altitude de 6700 mètres. Dans cette escalade, les deux ascensionnistes n’éprouvèrent aucun malaise du fait de la raréfaction de l’air. En revanche, pendant son séjour de cinq semaines sous la lente, exposée à de fréquentes bourrasques et à des température s'abaissant parfois à 20° sous zéro,
- la caravane souffrit cruellement. Un des alpinistes autrichiens fut atteint d’une pneumonie, tandis que ses compagnons étaient en proie à des attaques d’inlluenza et de malaria ou à de graves angines. Pour soutenir les malades, point de nourriture fraîche ; rien que des conserves. A ce régime les plus valides sont bientôt épuisés ; après six semaines d'exploration, M. Jacol-Guillarmod avait perdu 10 kilogrammes et un de ses compagnons 15 kilogrammes. Aussi bien le Ie1 août l’expédition décida de battre en retraite.
- Si cette expédition austro-anglo-suisse n’a pu vaincre le Chogori, ses efforts n’ont pas été inuli-
- Fig. 1. — Madame F. Bullock-Workinaii traversant les séracs du glacier de Tchogo Lougma.
- (Photographie de M. Bullock-Workman.j
- Fig. 2. — Le glacier de Tchogo Lougma. (Photographie de M”e F. Bullock-Workmau.)
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- LA NATLLE
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- les. La relation de M. Jaeot-Guillarmod apporte, notamment, à la connaissance des glaciers hima-layens, une ]>récieuse contribution. Sur le Raltoro
- suivi par l'expédition pour atteindre la base du Chogori, comme sur la plupart des glaciers du Karakorum, les moraines acquièrent un développe-
- Fig. 3. — I,o Ghogori. Vue du glacier Godwin Ausien (embranchement supérieur du Raltoro). Photographie du D' Jacot-Guillannod.
- (D'après un cliché obtenu avec le Yérascope Richard.)
- ment absolument remarquable. Jusqu’à une distance cristallin est tellement chargé de matériaux détri-de 10 kilomètres de son front, cet énorme courant tiques que nulle part la glace n’est visible. En second
- Fig. 1. — A. Skardu. Allées des Saules. Photographie du Dr Jacot-Guillannod. (D’après un cliché obtenu avec le Yérascope Richard.')
- lieu, le Raltoro est très intéressant pour la connaissance des phénomènes fluvio-glaciaires. Sur loule son étendue abondent des nappes d’eau, les unes éta-
- blies à sa surface même, les autres logées sur ses flancs, au pied des montagnes encaissantes dans les memes conditions que le célèbre lac de Marjelen sur les
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- LA NATURE.
- rives du glacier d’Aletseh. La caractéristique de ces étangs est d’ètre intermittents. Un beau jour les eaux s’ouvrent un passage à travers la digue de glace qui les retient, et, après s’être écoulées sous le glacier ou dans son épaisseur, dégorgent avec une force terrible à son extrémité inférieure, où elles engendrent des débâcles analogues à celle qui détruisit autrefois Saint-Gervais-les-Bains.
- Ces diverses projections sont très fréquentes dans le Karakorum et dans U Himalaya occidental, et peuvent être considérées comme des phénomènes normaux de la dynamique glaciaire.
- Une observation intéressante de M. Jacot-Guillar-mod, c’est qu’en 1902 tous les glaciers qu’il a observés étaient en recul manifeste.
- Tandis que cette expédition internationale livrait assaut au Chogori, une caravane américaine, composée de M. et Mme Rullock-Workman, explorait le grand glacier de Tchogo Lougma, situé à l’ouest du Chogori et qui débouche dans une vallée tributaire de celle de Shigar. Quoique n'atteignant pas les dimensions du Baltoro, le Tchogo Lougma forme, cependant, encore une imposante nappe de glace; sa longueur atteint 48 kilomètres! En 1905, ce ménage alpiniste poursuivit la reconnaissance de ce glacier, puis celle du lloh Loumba. Au cours d’une expédition dans le cirque supérieur du Tchogo Lougma, Mme Rullock-Workman gravit un pic de 6680 mètres, tandis que son mari poussait jusqu’à 7152 mètres. A partir de 5800 mètres, Mme Rullock-Workman souffrit beaucoup du mal de montagne et il lui fallut un très grand effort de volonté pour poursuivre l’ascension. Les guides des Alpes qui accompagnaient l’expédition n’éprouvèrent aucun malaise jusqu’à 6700 mètres; en revanche, les porteurs indigènes tombèrent tous malades à 5600 mètres; plusieurs même ne purent dépasser 4500 mètres et furent en proie à des migraines atroces.
- L’expédition Rullock-Workman a fait de très intéressantes observations sur la vitesse d’écoulement du Tchogo Lougma. A 29 kilomètres de son extrémité inférieure, la plus grande vitesse constatée a été de 0m,97 par vingt-quatre heures, en un point situé à peu près au tiers de la largeur du glacier. Pour mémoire, rappelons que la vitesse maxima de la mer de Glace, au Montanvert, a été de 0m,44l pendant les huit saisons durant lesquelles M. Joseph Yallot a observé ce glacier, que le Tchogo Lougma atteint une longueur de 48 kilomètres et que sa pente est très faible (2° environ) comme celle de tous les glaciers himalayens.
- D’après les observations de Mme R. F. Rullock-Workman, le Hoh Loumba paraît s’être retiré assez rapidement dans ces dernières années, tandis que le Tchogo Lougma n’a subi qu’une perte de quelques centaines de mètres. Dans leurs oscillations de longueur les glaciers himalayens présentent donc des différences d’amplitude semblables à celles que l’on observe dans les Alpes. Charles Rabot.
- UN PROCÉDÉ DE MESURE
- DE LA. VITESSE DU SON DANS L’AIR
- Tous ceux qui ont regardé une troupe défilant musique en tète ont pu remarquer que les différentes unités de la colonne ne sont jamais au même pas. 11 ne faut pas accuser la négligence des hommes : chacun marche exactement « au pas de la musique » telle qu’il l’entend, et cependant il ne pose pas le pied à terre en même temps que ses camarades de la section précédente, ou de la section suivante, qui, eux aussi, suivent le pas de la musique. Ce fait est très simple à expliquer, et il nous conduit à un procédé de mesure de la vitesse du son dans l’air qui est susceptible d’une certaine précision tout en ne nécessitant aucun dispositif spécial.
- La cadence réglementaire de la marche est de 120 pas à la minute. L’homme fait deux pas à la seconde. Ainsi 1 seconde s’écoule entre deux positions successives du même pied sur le sol; soit 1/2 seconde entre le moment où le pied gauche pose à terre et celui où le pied droit y pose à son tour; ces deux positions extrêmes marquent l’accomplissement d’un pas. Convenons d’autre part d’appeler .t la distance parcourue par le son en I seconde, dans les conditions de l’expérience.
- Considérons la troupe en marche. Quand le clairon A
- Marche nu pas de la musique.
- émet une note, un « sol » par exemple, que nous supposerons de très faible durée, il pose en même temps
- OC
- le pied gauche à terre. Le soldat B, placé à mètres
- derrière A entendra le « sol » 1/2 seconde après son émission, et, à ce moment précis, B posera le pied gauche à terre. Mais pendant la demi-seconde qui vient de s’écouler, A aura fait un pas, c’est-à-dire qu’il aura posé le pied droit à terre. Donc, au moment où B pose le pied gauche, A pose le pied droit, et inversement. Tous deux marchent à la même cadence, mais à « contre-pas ».
- De même le soldat C, placé à x mètres derrière A, entendra la note sol 1 seconde après son émission. Il posera alors le pied gauche à terre, et comme en 1 seconde A a fait deux pas, A posera également le pied gauche.
- En résumé A et C, distants de x mètres, marchent au
- Tm
- même pas; A et B, distants de '-y? marchent à contre-pas.
- Tous les soldats qui occupent des places intermédiaires entre celles de A et B, de B et C marchent à des allures différentes et présentent à un moment donné toute la suite des positions transitoires entre la position de A et celle de B, celle de B et celle de C. Chaque individu ne pose le pied gauche que lorsqu’il entend le temps fort de la musique, ce temps fort, le « sol » de tout à l’heure par exemple, étant perçu par tous les hommes de la colonne « successivement », à des moments différents et avec un retard d’autant plus considérable qu’ils sont plus éloignés de A.
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- LA NATURE.
- 5(M
- 11 en résulte pour toute la colonne un manque d’ensemble dans le mouvement des jambes et le balancement des bras gauches; flottement très sensible pour un observateur et, si celui-ci est quelque peu physicien, il notera sur la route deux points de repère situés respectivement à un moment donné aux places de deux soldats tels que A et C qui marchent au même pas, la distance x qui sépare ces deux points de repère lui donnera le chemin par-
- couru par le son en 1 seconde. De même la distance ' .
- qui sépare deux soldats tels que À et B qui marchent à contre-pas, représentera le chemin parcouru par le son en 1/2 seconde. Ces distances, grossièrement estimées à la vue ou mesurées au pas, ou à l’aide des bornes hecto-métriques, donnent un résultat qui, avec une incertitude de quelques mètres, concorde remarquablement avec la vitesse adoptée dans les cours de physique, soit environ 540 mètres par seconde.
- Cette observation peut donner le principe d’une mesure de la vitesse du son par une méthode de coïncidences, que nous indiquerons brièvement. Imaginons qu’on possède un appareil analogue au métronome des pianistes, mais de dimensions beaucoup plus grandes afin que le bruit soit perceptible à de grandes distances, et que la réglette soit visible de loin. Ce métronome oscille à une allure telle que deux positions extrêmes de la règle sont séparées dans le temps par un intervalle de 1/2 seconde.
- On sait qu’un bruit sec se fera entendre à chaque position extrême de la règle. Si un observateur s’éloigne du métronome tout en le regardant, il s’apercevra qu’à une certaine distance, la coïncidence entre les bruits et les positions de la règle n’aura plus lieu : en s’éloignant encore la coïncidence s’effectuera de nouveau.
- L’observateur sera alors, vis-à-vis du métronome, dans une situation analogue à celle de B vis-à-vis de A. Il sera
- à une distance ^ de l’instrument, et lorsqu’il verra la
- règle inclinée à droite, il percevra le bruit émis une demi-seconde auparavant, quand la règle était à gauche et inversement.
- En reculant encore, l’observateur trouverait de nouvelles coïncidences pour des positions C, D, E, etc., telles
- que AC = x, AD = AE — 2x, etc.
- 11 est entendu que nous ne présentons ici que le principe d’un procédé. Il est facile d’imaginer, sur ce même principe, un dispositif susceptible d’une certaine précision puisqu’il s’agit d’observer des coïncidences.
- Si nous admettons que, sur de petites longueurs, le téléphone transmette instantanément à l’observateur mobile le son émis en A, cet observateur n’aura qu’à rechercher la coïncidence des bruits perçus, d’une part, dans le téléphone et, d’autre part, dans l’air. L’observation portant sur deux sensations de même nature serait plus nette.
- Ce sont aussi deux sensations de même nature, visuelles cette fois, que nous recherchons en regardant les mouvements de deux soldats qui marchent au pas ou à contre-pas. Cette observation à la portée de tous donne déjà une mesure de la vitesse du son assez précise. C’est pourquoi nous avons pensé qu’elle pourrait intéresser quelques lecteurs de ce journal, en attendant qu’ils prennent la place des hommes du rang B et C et qu’ils s’efforcent de poser le pied droit en avant du pied gauche à la cadence de 120 pas par minute. Maurice Lagarrigue.
- YIE ALPESTRE1
- Le paysage alpin, qui séduit tant l’homme des plaines, doit une grande partie de son charme aux scènes rustiques que lui offrent les hauts pâturages avec leurs chalets ainsi que leurs troupeaux et leurs pittoresques bergers. Le son limpide des cloches, suspendues au cou des vaches et tintant dans les fraîches matinées, laisse un inoubliable souvenir. C’est là que nos contemporains habitués à toutes les complications de la vie moderne retrouvent, relique d’un passé lointain, une partie de la simplicité de la vie primitive de l’humanité. Là l’homme mène encore une vie nomade liée intimement à celle des animaux domestiques; les chalets sont d’une construction toute primitive ainsi que leurs mobiliers; l’hospitalité y est toujours simple et de bon aloi ; enfin la propriété y est encore collective. On sait que l’on appelle « Alpe » la région qui, dans les montagnes, se trouve au-dessus des dernières habitations permanentes et qui, en général, offre de vastes pâturages pour le bétail. '
- En Suisse, les pâturages alpins représentent environ le tiers ou 56 pour 100 du sol utilisé, et la moitié du terrain couvert de prairies. Dans les cantons montagnards surtout ils constituent pour les populations la plus grande partie de leurs moyens d’existence. Car les vallées ne produisant pas assez de fourrage pour les 12 mois de l’année, le paccage d’été sur les hauteurs est de toute nécessité. C’est là qu’on élève le bétail et qu’on prépare les éléments des industries laitières. Le bétail peut y circuler librement au grand air, et l’herbe incomparable qu’il y rencontre le fortifie et le met dans les meilleures conditions possibles pour la production du lait. Ces avantages sont spéciaux aux Alpes et ne peuvent être concurrencés par aucune plaine.
- Mais il n’y a pas que les animaux qui profitent des Alpes, il y a aussi l’homme. Le séjour qu’il y fait chaque année le renforce au point de vue physique aussi bien qu’au point de vue moral.
- Lorsque l’herbe de la vallée est épuisée, l’homme pousse ses troupeaux sur les versants des montagnes jusqu’au moment où il en trouve de nouvelle.
- Là il s’installe dans ses chalets et vit pendant plusieurs semaines sur cette Alpe qui possède, à ce moment, une existence propre très distincte de celle de la vallée. L’épuisement des herbages le force ensuite à aller encore plus haut, et il est amené à faire ainsi chaque année plusieurs stations sur la montagne, montant avec le soleil vers les sommets ; on voit que c’est encore ici l’insolation qui est le grand régulateur de la vie humaine. Le soleil baissant et l’hiver venant, l’homme descend vers la vallée, faisant ainsi le même parcours en sens inverse, et repassant par les mêmes stations pour y faire consommer par ses troupeaux l’herbe qui y a repoussé.
- 1 D’après Christ « La Flore de la Suisse » ; Scbrôter, « Des Pflanzenlcben der Alpen »; les renseignements fournis par le professeur F.-O. Wolf de Sion et les observations de l’auteur.
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- LA N A T LH K.
- 302
- Nos courses vagabondes nous ayant amené souvent dans le Valais, nous avons clé à même d'observer en détails la vie d'un petit groupe de popula-
- tion bien intéressant à ce point de vue. 11 s’agit des habitants du Val d’Anniviers, jolie vallée des Alpes pennines, débouchant dans la vallée du Rhône, près1
- Altitudes
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- Pierre dans la vallée du Rhône* vignobles, prairies change, potagers
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- I.i's migrations saisonnières des hnlnlnnls de Cliandnlin. (D’nprès M. Selirnler.)
- de Sierre. Les habitants qui sont Fort travailleurs, habitent des villages de montagne situés à des alti-
- tudes variant de 1500 à 1056 mètres. Ils ont champs et prairies dans la vallée et vignobles près de Sierre.
- Localités et Altitudes
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- Za. vie/ sur VAlpes
- Kifr. 2. — tes migrations saisonnières des Annivinrds, val «l’Anniviers. (D'après II. Schrüler.)
- Ils mènent une vie très nomade, car ils passent leur année en déplacements qui les conduisent de l’altitude de 540 mètres à celle de 2700 mètres.
- Le tableau ci-contre que nous empruntons au remarquable ouvrage de M. Schrôler donne sous
- une forme graphique très frappante le cycle de cette vie nomade. On remarquera tout d’abord, ce qui est fort naturel, que les habitations d’été sont situées bien au-dessus de celles d’hiver, telle est la règle générale en montagne. Cependant cette vallée même
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- LA NAT U H F.
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- Los champs d'orge et .de seigle à 2100 mètres à Findelen, près Zermatl. (D’après une photographie de M .1. Marti.)
- nous offre une curieuse exception celle de Chandolin, le plus élevé des villages de la Suisse après Juf,
- ‘2153 mètres. Il est construit sur le versant sud de nilltorn, à l’altitude de 1936 mètres, à 5 heures de marche de Sierre par un chemin pierreux, raide et difficile.
- Ses maisons, au bois noirci par le soleil, sont groupées au-dessous de l’église. Au-dessus se trouve une belle foret de mélèzes et d’aroles. Au delà de la limite de la végétation arborescente s’étendent des pâturages qui vont jusqu’au sommet de rillhorn, 2724 mètres.
- Le graphique ci-contre de M. Schroter fait voir de suite que la plus grande partie de la vie des habitants, bien plus compliquée ici qu’ail-
- à cette règle, c’est [ non au-dessus comme cela a lieu généralement.
- L’emplacement des maisons est également inversé. Cette exception au type normal est attribuable à l’insolation permettant aux habitants de construire leurs maisons à une altitude si élevée. Cette insolation, jointe à l’orientation favorable, n’a pas seulement pour effet de permettre aux hommes d’avoir leurs habitations à de si grandes altitudes, elle permet aussi aux plantes cultivées de dépasser debeaucoup leurs limites moyennes de culture.
- L’exemple classique à cet égard se trouve également dans le Valais, non loin deZcrmalt. Là, au-dessus du petit village de Findelen, 2075 mètres, sur une pente exposée au midi, on voit
- Fig. L — Autre vue (tes mêmes champs. (I)'après une photographie de M. J. Marti.)
- leurs, se passe au-dessous du village d’hiver et j en été des champs de céréales dont les reilets dorés
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- LA NATURE.
- attirent de loin l’attention. On y cultive, à l'altitude de 2100 mètres, le seigle, « florale cereale L. » et l’orge « Hordeum distichon L. var. nutans Schü-bler ». Ce sont ces champs, les plus élevés de la Suisse, que nous avons eu l’occasion de voir cette année et dont nous donnons ci-dessus deux photographies.
- Au-dessus d’eux commence, sans transition, ce qu’on a appelé le « steppe alpestre du Valais » au sol dur et brûlé où la « Festuca valesiaca Schl. » et le « Poa lnilbosa L. » forment un rare gazon.
- Par contre, sur l’autre versant de la vallée tourné au nord et non exposé aux bienfaisants rayons du soleil, on voit une épaisse et noire forêt d’aroles dont les clairières sont recouvertes d’une végétation artico-alpine. Ainsi quelques centaines de mètres seulement séparent deux végétations qui en latitude sont éloignées d’au moins 25°. Curieux exemple qui montre encore une fois l’importance de l’insolation !
- Prince Roland Bonaparte.
- ATTRACTION DES ANIMAUX
- PAR I,A LUMIÈRE
- Qui n’a pas observé dans les calmes soirées d’été, alors que la douceur de la température invite à s’installer au dehors ou bien à laisser sa fenêtre ouverte, les insectes de tout ordre qui s’approchent de la lampe, dansent autour d’elle une danse hystérique et finissent par s’y brûler ?
- Ce phénomène a frappé depuis longtemps les naturalistes; il est encore loin d’être expliqué d’une façon satisfaisante. Réaumur a fait remarquer dès 1748 que ce sont précisément les papillons nocturnes, ceux qui fuient la lumière du jour, qui recherchent le soir les lumières artificielles. Romanes pense que c’est la curiosité qui pousse les oiseaux sur les lanternes des phares et qui porte les poissons à s’assembler près des barques pourvues d’une torche. Forel montre que les lumières naturelles sont toujours plus ou moins diffuses et que les animaux ne sont pas habitués à voir des lumières concentrées en un point. Ils sont trompés et leur petit cerveau n’est pas capable de concevoir ce spectacle si nouveau pour eux. De là leurs tentatives répétées pour se rapprocher de la flamme. Les insectes domestiques, comme la mouche, se sont habitués à la vue des lumières artificielles et ne se laissent plus tromper par elles.
- Lœb a donné récemment une explication mécanique du phénomène. Il s’agirait d’un phototropisme analogue à celui des végétaux. Soit un papillon qui est frappé latéralement par la lumière. Celle-ci aura pour effet de mettre en action les muscles qui dirigent la tête de l’animal vers la source lumineuse. Une fois l’animal placé dans le sens de la radiation, la lumière frappera avec la même intensité les deux cotés de son corps. Il ne pourra donc se dévier ni à droite ni à gauche, et continuera à se mouvoir vers la flamme, jusqu’à ce que la chaleur trop forte l’en éloigne à nouveau.
- Cette explication est bien dans la note des tendances scientifiques actuelles : elle a cette apparence de rigueur qui plaît à certains esprits, et elle cherche à ramener les phénomènes biologiques à la mécanique. Tout d’abord rien ne permet de constater cette action de la lumière
- sur les muscles, et, si elle existait, on ne voit pas pourquoi les animaux ne voleraient pas tout aussi bien vers le soleil ou la lune.
- D’autre part, il est faux que les insectes volent droit vers la lumière, pour s’en éloigner de nouveau, s’en rapprocher, et ainsi de suite indéfiniment, à moins qu’ils ne soient tombés dans la flamme. En réalité ils s’en approchent obliquement, décrivent un ou deux cercles autour de la source lumineuse et s’en éloignent, s’ils n’ont pas eu les ailes roussies en passant trop près de la flamme. En expérimentant avec des insectes marcheurs, comme les coccinelles, on observe les mêmes irrégularités dans les mouvements alternatifs de rapprochement et d’éloignement.
- Dans la théorie de Kiesel, l’oeil composé de l’insecte a une sensibilité bien plus obtuse que le nôtre. 11 peut en effet supporter la lumière directe du soleil. Mais chacun des yeux simples qui le forment ne reçoit qu’une quantité très faible de cette lumière. Quant aux objets terrestres, quoique assez faiblement éclairés, l’insecte les distingue, parce qu’ils se présentent en général à lui sous un angle plus grand que celui (52') sous lequel il voit le soleil : chaque œil simple reçoit d’autant plus de lumière que la surface est plus grande. Ainsi ce qui manque en intensité est compensé par la grandeur de la surface éclairée. L’insecte n’est donc pas ébloui par le soleil, et voit cependant les objets terrestres. Dans le cas d’une lumière artificielle, cette lumière apparaît à l’insecte, éloigné seulement de quelques décimètres, sous un angle beaucoup plus grand que le soleil. L’insecte est ébloui par elle, ou plus exactement ne voit plus qu’elle, tandis que, en plein jour, il voit non seulement la lumière solaire, mais les objets terrestres. De même les oiseaux qui volent dans une nuit sombre ne voient que la lumière du phare et sont invinciblement attirés par elle.
- Radl fait remarquer que tout être qui veut se déplacer doit être orienté par rapport à une force extérieure. Ainsi, à tout moment, nous nous orientons d’après nos sensations tactiles, auditives et visuelles. Pour les animaux qui volent dans les airs ou qui nagent dans les eaux, l’orientation optique est d’autant plus nécessaire que les impressions tactiles font défaut. En plein jour leur entourage leur fournit un grand nombre de surfaces éclairées d’après lesquelles ils pourront s’orienter. Mais lorsqu’une source de lumière brille seule dans la nuit l’animal se dirigera instinctivement vers elle et il parcourra dans son voisinage des trajectoires plus ou moins compliquées, suivant qu’il cédera à l’attraction qu’exerce sur lui la lumière ou qu’il tentera de lui échapper. Cette théorie a l’avantage d’expliquer pourquoi ce sont surtout les animaux aériens ou nageurs (insectes, oiseaux, poissons) qui sont attirés par les sources lumineuses.
- Il faut remarquer que l’attraction lumineuse ne s’exerce que sur les animaux les plus instinctifs. Ceux chez qui l’intelligence est très développée pourront chercher à se rapprocher d’une source lumineuse ou calorifique dans un but déterminé. Us ne subiront jamais cette attraction irrésistible et quasi-mécanique à laquelle nous voyons succomber tant de vertébrés inférieurs et d’insectes.
- Telles sont les explications diverses qu’on a proposées de ce phénomène si facile à observer. Les unes sont plutôt psychologiques, les autres font intervenir des considérations physiques et mécaniques. Il est probable que la plupart renferment une part de vérité et que le problème ne sera entièrement résolu que par la combinaison de ces divers éléments. Dr L. Lat.oy.
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- LA N AT II UE.
- LES PROCÉDÉS RAPIDES
- DE LA GÉODÉSIE MODERNE
- ii
- OPÉRATIONS SUR UK TKRRAIN
- La série des éludes relatées dans un précédent article1, fait pressentir une grande simplification dans la mesure des hases géodésiques ; la substitution aux étalons rigides de longs fils, susceptibles d’ètre enroulés après leur détermination et déroulés seulement sur le terrain de la base, où ils serviront à fixer la position d’une série de repères alignés, va permettre, en effet, de procéder par longues portées, avec un matériel léger, manœuvré par un personnel restreint.
- Il me reste à montrer maintenant quels sont les procédés permettant de tirer le meilleur parti possible de l’emploi des fils, et quelle est la précision qu’ils garantissent en campagne.
- Les expériences faites par M. Benoît et moi au Bureau international en suivant d’abord, autant que possible, les indications données par M. Jâderin, nous ont bientôt montré qu’on pouvait modifier avec quelque avantage le matériel qu’il avait imaginé. La tension par des dynamomètres, qu’il avait préconisée, n’était pas sans présenter d'assez sérieuses difficultés, et c’est à ce premier détail que nous nous sommes attaqués. Si l’on remarque qu’un fil passant sur une poulie, et dont les deux brins sont respectivement dans la verticale et dans l’horizontale, exerce sur la poulie un effort incliné de 50 grades sur l’horizon, on conclura que, si le fil est tendu par un poids, il suffira de porter la poulie de renvoi sur un bâton ayant cette inclinaison pour que l’on puisse le tenir en place sans aucun effort, c’est-à-dire dans les meilleures conditions de stabilité (fig. 1), en conservant de plus la liberté, qu’on ne possède pas dans l’emploi du dynamomètre, de faire glisser le fil dans le sens de sa longueur, et de faire autant de lectures indépendantes que les observateurs le jugent nécessaire. L’aide chargé du bâton peut l’appuyer contre son épaule; on lui demandera seulement alors de rester aussi immobile que possible pendant un instant, tout en amenant le fil dans l’alignement des repères. Si l’on veut une stabilité encore plus grande, on peut ajouter (fig. 5) au bâton deux jambes de force, qui le transforment en un chevalet dans lequel tout l’effort est supporté par le bâton incliné, dans le sens exact de sa longueur.
- Pour les repères mobiles, dont le fil sert à déterminer la distance deux à deux, nous avons adopté des principes nouveaux ; les modèles ont été ensuite établis avec l’habile coopération de M. Carpentier, qui construit couramment aujourd’hui l’appareil représenté par notre figure 2.
- Une petite plate-forme, surmontant une douille verticale 1), peut se déplacer d’un mouvement ra-
- 1 Yny. n° 1640, du 29 octobre 1904, p. 539.
- 505
- pide sur la tète d’un trépied de bois; cette plateforme étant mise en place, on serre un écrou E chaussé sur la douille, et la plate-forme devient ainsi solidaire du pied. Sur cette plate-forme est posé un petit trépied en métal, maintenu en place par trois ressorts serrant sur la pointe des vis de calage, et sur lequel repose une tablette surmontée d’un goujon vertical G, dont on peut opérer le déplacement micrométrique à l’aide de trois vis horizontales, dont les écrous font saillie au pourtour du trépied. Le goujon est percé d’un trou vertical dans lequel passe un fil à plomb, permettant de marquer l’endroit du terrain situé verticalement au-dessous du point d’attache; celui-ci est surmonté d’une croisée de traits pratiqués à la partie supérieure du goujon. Une pièce conique latérale sert alternativement de support à un repère et à une lunette munie d’un niveau, et destinée, par la visée du repère porté par le trépied voisin, à mesurer la différence de hauteur des trépieds successifs, pour permettre de réduire à l’horizontale les distances des repères directement déterminées à l’aide du fil.
- Fi<r. 1. — Principe (le la tension par un poids R, résultante des forces F, et F.,.
- La mesure d’une base, à l’aide de ce matériel, occupe deux groupes d’opérateurs. Un premier trépied étant placé dans la verticale du point de départ de la base, une équipe, composée de trois hommes dont un chef et deux aides, part en avant et met en place le second trépied, qu’elle aligne sur une mire lointaine, et dont elle fixe la distance à deux ou trois centimètres près à l’aide d’un gabarit en câble toronné; un troisième trépied est placé de même, puis un quatrième et ainsi de suite.
- Lorsque les premières portées sont dégagées, la seconde équipe entreprend son travail. Les observateurs amènent le fil en place, et le fixent aux crochets terminant les cordes de tension ; les aides libèrent les poids, achètent l’alignement des supports de poulies, et les mesures peuvent commencer (fig. 5). L’observateur de tête mesure d’abord l’inclinaison de la portée; puis les deux observateurs appuient légèrement les réglettes R contre les repères (fig. 2), lisent simultanément, aux deux extrémités, la position de ceux-ci par rapport aux échelles, déplacent le fil dans le sens de sa longueur, répètent les lectures, et ainsi de suite, de manière à obtenir un groupe de cinq ou de dix lectures. Les observa-
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- teurs reprennent ensuite en main le lil par les mousquetons attachés aux réglettes, les aides accrochent les poids aux bâtons et l’équipe repart vers la portée suivante. Lorsqu’elle a été mesurée, et que la position de trois repères au moins est fixée, un porteur enlève le premier trépied et l’apporte à la première équipe. La mesure continue ainsi, par le travail simultané des deux équipes, chaque étape augmentant de 24 mètres la longueur mesurée.
- Lorsqu’on dispose d’un nombre suffisant de trépieds, le travail se fait sans aucun à-coup, les petits retards de l’une ou de l’autre équipe se compensant sur quelques portées, et l’équipe arrière trouvant toujours les portées préparées et le champ libre pour les mesures. Avec un personnel bien exercé, travaillant sur un bon terrain, la vitesse de marche est de 25 à 55 portées par heure. Une base de 10 kilomètres doit donc pouvoir être mesurée facilement en quatre jours, à l’aller et au retour. Le personnel se compose d’une dizaine d’hommes, dont trois pour la première équipe, cinq pour la seconde, en y comprenant un secrétaire, et un ou deux porteurs allant de l’avant à l’arrière pour amener les trépieds.
- La précision de ces mesures est très grande.
- En effet, l’erreur fortuite que l’on peut commettre dans la détermination d'un intervalle, pour peu que les observateurs soient exercés, ne dépasse jamais 0,1 millimètre. Cette erreur's’augmente, d’une portée à l’autre, par la loi d’addition des erreurs fortuites, c’est-à-dire qu’après n2 mesures, l’erreur totale est seulement égale à n fois l’erreur probable d’une seule mesure. Au bout de cent portées, l’erreur possible due aux lectures seules n’atteindra donc pas 1 millimètre, soit 1/2400000 en valeur relative. Ce n’est pas à dire que la base soit réellement connue avec une exactitude de cet ordre; l’erreur de la valeur du fil, celle de l’inclinaison, les déplacements des trépieds entre deux repérages sont autant de causes qui peuvent grossir sensiblement cette erreur calculée; mais il n’en reste pas moins acquis que le mode de lecture des fils, pour élémentaire qu’il soit, répond aux plus hautes exigences de la géodésie.
- La précision que peuvent donner les fils d'invar est due, ne l’oublions pas, à cette circonstance que
- Kif,r. 2. — TCln du ropùru inohili'.
- les erreurs de température n’interviennent pas, alors qu’elles sont absolument prédominantes dans l'emploi d’un métal ou alliage usuel. Ainsi, la méthode de M. Jâderin, qui devait rester limitée aux reconnaissances, aux levés rapides, et, d’une manière générale, aux opérations topographiques, a pu franchir la limite qui sépare cette science de la géodésie, et s’applique maintenant aux déterminations les plus précises.
- Il en résulte, pour l’ensemble des mesures géodé-siques, une transformation profonde sur laquelle il convient d’insister. Le chiffre du personnel étant réduit au cinquième environ de ce qu’il était autrefois et la vitesse de marche étant décuplée, le coût de la mesure d’une base de même longueur est
- réduit à 2 pour 100 en viron. On pourra donc désormais déterminer, sans dépenses exagérées, un grand nombre de bases, et appuyer solidement le réseau des triangles, en s’assurant de nombreux contrôles. La mesure des angles en deviendra elle-même plus facile, puisqu’on n’aura [dus à craindre l’agglomération des erreurs le long de tout un réseau.
- Sans doute, les anciens procédés de mesure des bases étaient susceptibles de donner, pour chaque portée, une précision un peu plus élevée; mais les nombreux raccordements des portées entre elles, ajoutaient à l’ensemble de sensibles erreurs. La mesure des premiers angles faisant perdre une bonne partie de l’exactitude qu’assure la mesure par la règle et les microscopes, on devra considérer cette précision extrême comme superflue, et on lui préférera une exactitude initiale moindre, compensée par un contrôle serré de tout le réseau de triangles.
- L’emploi des fils d’invar n’en est plus aux essais de laboratoire. Ils ont fait leurs preuves sur le terrain, dans plusieurs mesures importantes de ces dernières années.
- C’est ainsi que l’expédition, chargée par les gouvernements de Russie et de Suède de déterminer la valeur de l’arc de méridien de 5 degrés embrassé par l’Archipel du Spitzberg, a mesuré toutes ses bases avec des fils d’invar, et obtenu une concordance extrêmement satisfaisante entre les diverses opérations entreprises.
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- Rendant: cette expédition, M. Jiiderin eut l’aimable pensée de me donner des nouvelles des mesures auxquelles il avait pris part, et dont j’avais suivi de loin la préparation avec un très vif intérêt. 11 se trouvait alors à Treurenberg Bay, préparant, avec quelques-uns de ses eompagnons, ses quartiers d'hiver, ear le lendemain, le dernier bateau partait du Spilzberg, laissant derrière lui quelques hommes courageux qui, pendant six ou huit mois, devaient rester isolés de toute terre habitée.
- M. Jiiderin me disait, dans une lettre du 15 septembre 1899 :
- « J’ai le plaisir de vous informer que nos mesures de base faites cet été ont parfaitement réussi ; nous avons mesuré à l’aller et au retour une base de 10 024 mètres de longueur; nous n’avons fait jusqu’ici
- qu’un calcul provisoire, qui donne un écart de 19 millimètres seulement. Pour ce calcul, nous avons supposé les fils sans dilatation aucune. »
- Dans son rapport, publié plus tard sur l’expédition, M. Backlund disait : « La détermination des fils avant et après la mesure des hases ne permet pas de supposer qu’ils aient varié pendant cette opération; on n’a pas constaté non plus de variations de longueur dues à la dilatation ».
- L’expédition française dirigée par le commandant Bourgeois, et qui opère en ce moment dans des conditions extrêmement pénibles dans les hautes régions des Andes, sur le territoire delà République de l’Équateur, s’est aussi servie de fils d’invar, en même temps que d’une règle bimétallique. La concordance des mesures, qui est de l’ordre de
- Fig. 5. — Mesure au moyen d’un fil.
- Détail, appareil pour la tension par un poids (la position du poids pour le transport est indiquée en pointillé).
- 1/5000000, dépasse tout ce qu’on pouvait espérer, et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’à côté du soin extrême apporté par les officiers de la mission dans cette double mesure, un heureux hasard est intervenu pour diminuer encore les erreurs.
- Aujourd’hui, la plupart des services géodésiques sont pourvus de fils d’invar, dont l’emploi se généralise de plus en plus à mesure que les expériences s'accumulent et dissipent les préventions qui accueillent souvent la nouveauté. Partout, l’emploi de ces fils s’est traduit par un accroissement considérable de l’exactitude des mesures, comparée à celle que l’on obtenait par les procédés rapides en usage jusqu’ici, ou par une économie sensible de temps et d’argent par rapport aux méthodes de haute précision. Déjà une grande base a été mesurée en Allemagne, avec une vitesse de marche supérieure à 5 kilomètres par jour, malgré le mauvais temps qui
- n’a cessé de régner durant toute l’opération. En Roumanie, en Serbie, dans la Colonie du Cap, dans la Rhodésia, à Madagascar, au Tonkin, dans l’administration française du cadastre les fils d’invar sont actuellement en service ; ils le seront prochainement encore en Hollande, et dans les colonies hollandaises, au Mexique, dans la République Argentine, en Égypte et en Suisse. Ce rapide développement de leur emploi est la meilleure preuve de l’excellence des résultats qu’ils ont donnés, ou des progrès que l’on en attend.
- On peut se demander pourquoi, dans ces conditions, plusieurs règles géodésiques ont encore été construites dans ces derniers temps. La raison en est simple : les grands services géodésiques désirent, cela est très naturel, faire encore des mesures de hase en employant les anciens procédés, perfectionnés et simplifiés autant que possible, afin d’ob-
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- tenir la preuve directe de l’exactitude qu’assurent les nouvelles méthodes. Puis, dans une campagne un peu longue et lointaine, il peut paraître désirable, lorsque les fils ont beaucoup servi, de vérifier leur valeur sur le terrain même de la base, en utilisant la règle seulement pour la mesure d’une courte longueur, déterminée en quelques heures, sur laquelle on repère les fils. Peut-être ce contrôle sera-t-il jugé superllu dans un prochain avenir. Mais, dans l’exécution des opérations fondamentales, on ne saurait s’entourer de trop de précautions. Cn.-Ei). G cilla CMC.
- PINCE IMPROVISÉE A MANŒUVRER
- LES TUYAUX
- On a imaginé une série considérable de pinces et d’appareils plus ou moins compliqués pour saisir les tuyaux (sur lesquels on n’a guère de prise par suite de leur forme cylindrique) et pour permettre de les déplacer, de les tourner sur eux-mêmes. Un correspondant de 1’ « Engineering Review » lui signale un procédé fort simple qui répond bien au desideratum, et qui ne demande, pour être mis en pratique, qu’une corde et un levier, une barre de bois.
- Comme l’indique la figure ci-jointe, qui se comprend
- l'iuee |>our manœuvrer les luynux.
- à peu près d’elle-mêmc, on fait avec un des bouts de la corde, qui doit être solide, un nœud à une faible distance de l’extrémité de la barre devant servir de levier; puis on tourne le bout libre de la corde autour du tuyau, en sens inverse du mouvement de rotation que l’on entend imprimer à ce tuyau, et on maintient tendue la corde. Si l’on exerce un effort de haut en bas sur le levier, on va serrer fortement le câble et on aura toute la prise voulue pour agir sur le cylindre métallique. Quand on soulèvera le levier, la corde mollira et glissera autour du tuyau, de façon qu’on puisse renouveler l’opération. 1). R.
- Le neuvième satellite de Saturne. — La planète Saturne possédait déjà huit satellites. Un neuvième vient de lui être officiellement reconnu. Nous disons officiellement car, découvert en 1899, son existence a toujours paru problématique, et l’on s’est abstenu d’en parler jusqu’à confirmation définitive. Il fut aperçu pour la première fois par le professeur Pickering sur les clichés pris les 16, 17, 18 août 1899 à l’observatoire d’Aréquipa (Pérou) avec le merveilleux objectif de 60 centimètres d’ouverture
- et de 4 mètres de foyer que Miss Bruce a ollert à cet établissement. Sur ces clichés se remarquait un minuscule petit point semblant accompagner la planète dans sa course céleste. D’après les éléments fournis par ces clichés le nouveau satellite devait graviter à une distance énorme de la planète Saturne, à quelque chose comme une douzaine de millions de kilomètres, et mettre le temps respectable de 17 mois pour accomplir sa révolution. L’existence de cet astre microscopique révélé seulement par certains clichés n’apparut pas comme certaine, et depuis nous n’avions plus entendu parler de lui, comme si le professeur Pickering ait été victime d’une illusion. Mais le savant astronome a continué des recherches minutieuses, et les nombreuses photographies qu’il a obtenues viennent de lui permettre d’affirmer la réalité de la découverte déjà ancienne de l’astre auquel il a décerné le nom de Phœbé. Enfin, à l’aide des éléments précis publiés, les professeurs Barnard et Turner, au moyen du gigantesque équatorial de l’observatoire Yerkes, ont pu apercevoir le nouveau satellite, le 8 août dernier. C’est la première fois qu’il est vu par l’œil humain. Il se montre comme un tout petit point ayant le faible éclat d’une étoile de 16° grandeur environ. D’après cela son diamètre ne paraît pas être de plus de 200 kilomètres.
- Le croiseur cuirassé japonais (( Kasuga ». —
- Les circonstances ne donnent que trop d’actualité aux questions de marine militaire, particulièrement pour ce qui est du Japon. Ce « Kasuga » avait été primitivement commandé par l’Argentine à la Maison italienne Ànsaldo, mais il a été acheté par le Japon alors qu’il était encore dans ces chantiers ; c’est dire qu’il est tout neuf. C’est un bateau d’un déplacement de 7700 tonnes, avec une longueur de 103m,70, et une largeur au fort de 18m,2l pour un tirant d’eau de 7m,47 ; ses machines ont une puissance de 13 000 chevaux, lui donnant une allure de 20 nœuds, Il porte au maximum 1200 tonnes de charbon; son équipage est de 500 hommes. Sa ceinture cuirassée en acier durci a 15 centimètres d’épaisseur; les cloisons cuirassées sont du même type, et des cuirassements analogues défendent les pièces principales et secondaires. L’armement comprend un canon de 25 centimètres, 2 à tir rapide de 203 millimètres, 14 également à tir rapide de 15 centimètres, puis 10 de 75 millimètres, 6 de 41 millimètres, et enfin 2 mitrailleuses.
- Les travaux d’aehé veinent du canal de Panama. — Si nous en croyons les informations données par les organes techniques américains, on ne commencera pas les travaux effectifs d’achèvement du canal de Panama avant 1906 ; pendant la fin de 1904 et toute l’année 1905, on se contentera d’exécuter les opérations préparatoires les plus minutieuses, levers, études, etc., afin d arrêter définitivement en plan et en élévation la position du canal. On compte mettre huit ans à exécuter complètement celui-ci, en s’en tenant du reste d’assez près aux projets primitifs français. Dès maintenant 1500 hommes sont au travail, dont 500 exécutent des travaux sanitaires.
- La supériorité des gros canons. — On s’efforce naturellement de tirer des enseignements de la guerre actuelle, au point de vue de ces armements militaires et maritimes,qu’il faut sans cesse coûteusement perfectionner. Et à l’heure présente on est généralement d’accord pour reconnaître que les canons de gros calibre, compris entre 20 et 30 centimètres, ont une valeur bien supérieure à celle des pièces, à tir beaucoup plus rapide, il est vrai, mais d’une puissance bien moindre, d’un calibre de 15 cenliinètres et au-dessous. Les Japonais ont tiié et
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- tirent à longue distance avec les unités navales qu’ils possèdent, et ils s’en trouvent bien; et, comme de juste, ce tir n’est possible qu’avec des pièces puissantes et de fort calibre. A 4500, 5000, 6000, 7000 mètres, les canons de 15 centimètres ou de moins sont pour ainsi dire sans aucune utilité, car la vitesse de leurs projectiles s’abaisse rapidement, et ceux-ci deviennent impuissants contre les cuirassements. Et c’est pour cela que, dans ses nouvelles commandes de cuirassés, le Japon prévoit un armement de 4 canons de 50 et d’autant de pièces de 25; de meme, sur les nouveaux cuirassés anglais, on ne prévoit aucun canon de 15 ou même de 19 centimètres, mais des pièces de 28, sans parler de celles de 50; le reste de l’armement est composé d’un grand nombre de canons de petit calibre et à tir très rapide, pour repousser les attaques des torpilleurs. Les croiseurs mêmes du type « Minotaur » n’auront pas de pièces de 15 centimètres, mais des canons de 58 et d’autres à tir rapide de 19.
- Les bois de mimes remplacés par les étais métalliques. — On peut dire que le « boisage » des mines, le soutien des galeries et des tailles, se fait toujours suivant le sens étymologique du mot ; et les Landes françaises notamment exportent des quantités énormes de bois de pin pour assurer le boisage des mines anglaises. Mais on commence de songer aux étais métalliques là où ces étais ne sont pas destinés à être ultérieurement abandonnés. C’est ainsi que, dans la mine allemande de Wat-tenscheid, on recourt à des tubes Mannesmann sans soudure, et télescopant l’un dans l’autre pour former étai ; les parois en ont 5,5 mm d’épaisseur, le plus gros tube a 82 mm de diamètre et le plus petit y coulisse avec un jeu de 2 mm. Cet étai se termine en pointe par un bout et porte en tète une petite plaque en fonte ; les deux parties s’immobilisent l’une par rapport à l’autre au moyen d’une ceinture à vis. Semblable étai, au moins dans les grandes dimensions, est plus léger qu’un étai en bois.
- Cinquante ans de production de pétrole aux États-Unis. — Il n'y a pas encore effectivement un demi-siècle que le colonel Drake découvrit le pétrole sur les eaux de la rivière qui devait prendre le nom de Oil Crcek, près de Titusville, en Pennsylvanie; et dans cette période de 45 ans seulement qui a suivi cette découverte si importante, les Etats-Unis n’ont pas donné moins de 1165 millions de barils d’huile brute. Sur cet ensemble, les deux Etats de New-York et de Pennsylvanie ont fourni à eux seuls les 54 pour 100 environ, et l’Ohio un peu plus des 24 pour 100.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du li novembre 1904. — Présidence de M. Mascakt.
- Les rayons « N ». — M. Blondlot adresse une Note relative à l’emploi de la photographie pour enregistrer les variations d’éclat de l’étincelle électrique sous l’influence des rayons N. Ainsi que le remarque M. le secrétaire perpétuel Darboux celte application de la photographie fournit la preuve décisive de l’existence et de l’action des rayons N. Mais on avait formulé une critique au sujet des expériences faites parM. Blondlot en objectant que les variations enregistrées pouvaient être dues à une cause étrangère dépendant du dispositif employé. M. Blondlot discute l’objection et indique un dispositif affranchi de la cause d’incertitude signalée.
- Action météorologique des coups de canon. — M. le général Ghapel relate qu’a près les dernières batailles
- Russo-Japonaises des pluies importantes sont tombées en Mandchourie, ainsi qu’il était arrivé après la bataille de Liao-Yang.
- Diamants inclus dans un minéral. — M. Moissan a opéré des recherches nouvelles sur la météorite de Canon Diablo, dans l’État d’Arizona (Etats-Unis). 11 rappelle que les géologues ont contesté que les échantillons de fer natif du Canon Diablo fussent des météorites, et comme il y avait à proximité un cratère, ils ont pensé qu’on se trouvait en présence de produits volcaniques. M. Friedel y a trouvé de très petits diamants noirs, et M. Moissan y a découvert, dans un premier travail, de minuscules diamants transparents. Il a repris ses recherches sur un bloc de 185 kilogrammes. Celui-ci a d’abord été scié en deux parties. L’opération a présenté de grandes difficultés et a été longue. De temps à autre la scie s’arrêtait sur un corps dur. L’une des moitiés du bloc est présentée à l’Académie; on y voit nettement des nodules plus ou moins gros qui sont formés de phosphure et de sulfure de fer, et qui contiennent, eu outre, du nickel et du silicium. En faisant l’analyse de la masse métallique et des nodules, M. Moissan a reconnu que le diamant s’ést formé dans la réaction des sulfures, au milieu même de la masse de fer phosphorée. Les diamants isolés sont aussi petits que ceux obtenus par synthèse, parM. Moissan. Certains d’entre eux sont parfaitement octaédriques avec faces courbes. Des diamants noirs ont été également trouvés, ainsi que l’avait annoncé M. Friedel. Enlin, on a constaté dans les nodules la présence d’un phosphure de fer et du siliciure de carbone, corps que l’on rencontre pour la première fois dans la nature. Or, le siliciure de carbone exige pour se former une température de 1500° au moins.
- Observation des tremblements de terre. — M. Lipp-mann décrit un perfectionnement à apporter aux sismographes dans le but de noter, à 1/5 de seconde près, l’instant d’une secousse de tremblement de terre et de déduire de données plus exactes la vitesse de propagation des ondes sismiques qui fournit, sur la nature des roches traversées, des indications précieuses.
- Les composés organiques phosphores et la nutrition. — M. Bouchard présente la suite des travaux de MM. Des-grez et Àlv Zocky bey sur l’influence des composés organiques du phosphore sur la nutrition, l’ar des expériences nombreuses et prolongées dont certaines ont duré jusqu’à 200 jours, les auteurs montrent que lés combinaisons organiques azotées de l’acide phosphorique exercent sur l’économie une action constante qui se manifeste par une augmentation du poids des animaux et, tout spécialement, îles albumines fixes de leurs organes, par un accroissement cl une minéralisation plus intense du squelette. L’analyse immédiate des tissus des animaux sacrifiés révèle une moindre proportion de graisse, c’est-à-dire une meilleure utilisation des substances. MM. Desgrez et Zocky bey signalent, en outre, cette importante particularité, que les produits de la désassimilation qui deviennent nuisibles lorsqu’ils se détruisent ou s’éliminent mal favorisent, au contraire, les échanges nutritifs tant que leur élimination régulière s’oppose à ce qu’ils se trouvent en excès. Enfin il est intéressant d’observer que M. le professeur Bouchard avait autrefois montré que le ralentissement de la nutrition entraîne une accumulation des corps gras et une diminution des albumines fixes; MM. Desgrez et Zocky bey établissent inversement que les stimulants augmentent les albumines et diminuent les corps gras.
- Ch. de Yilledeuil.
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- LA NAT U R K.
- UNE LARVE PARADOXALE
- Tous les ouvrages d’histoire naturelle pittoresque ont un chapitre sur les mœurs curieuses de la larve du fourmi-lion, qui, tapie dans son entonnoir de sahle, y fait rouler les petits insectes pour s’en re-paitre à loisir. Or, le fourmi-lion n’est pas le seul représentant de l’ordre des névroptères qui sache ainsi employer la ruse en vue de satisfaire ses appétits sanguinaires. Ses proches parents les Ascalaphes, en particulier, moins connus, mais peut-être aussi intéressants, offrent sous ce rapport des particularités d'instinct dignes d’attention.
- On croyait autrefois que ces insectes déposaient leurs œufs dans le sahle; mais il est à peu près certain aujourd’hui qu’ils les pondent, au moins pour la plupart des espèces, sur les végétaux. Les larves qui sortent de ces œufs ne savent pas creuser d’entonnoir, mais elles sont habiles à se cacher sous de petites branches ou d’autres débris, d’où elles saisissent les bestioles dont elles se nourrissent.
- A l’état adulte, l’Ascalaphe est semblable à une gracieuse libellule, avec quatre ailes de gaze et deux longues antennes terminées chacune par un bouton ; à l’état de larve, c’est un petit être difforme et laid, muni d'une grosse tête qui porte en avant deux pinces robustes, dentées. Celle larve n’a pas de bouche, et son anus est une filière; ses mandibules sont percées à leur pointe d’un très petit trou, et leur intérieur est creux. Pour se nourrir, elle saisit sa proie dans sa redoutable tenaille, la perce, aspire les sucs qu’elle contient par le double canal de ses pinces, et ne l’abandonne ({lie réduite à l’état de peau flasque et vide.
- Les aliments qu'elle absorbe étant empruntés à des sucs organiques déjà tout élaborés, elle les assimile entièrement, sans déchets. Elle compte par suite au nombre des quelques insectes qui ne rejettent pas d’excréments. Son anus, privé de sa fonction normale, lui sert à sécréter une substance visqueuse qui, au contact de l’air, s’étire en fils à l’aide desquels elle se fabrique un cocon pour y subir sa transformation en nymphe. Sous cette dernière forme, elle possède de solides mandibules dentées, qui ne lui servent pas à manger, puisqu’elle ne
- prend pas d’aliments, mais à percer son cocon quand le moment est venu de {(rendre son essor. Pas de bouche, pas d’anus, des mandibules en apparence inutiles : tout est paradoxal dans la structure de cette bestiole.
- Le cocon au sein duquel s’opère la nymphose est formé intérieurement d’une sorte de pellicule soyeuse, et à l’extérieur de grains de sable agglomérés, lesquels servent à la fois à le consolider et à le dissimuler. La nymphe s’y tient enroulée; elle n’y demeure pas longtemps, et l'adulte en sort environ un mois après qu’il a été filé.
- Comme on peut en juger d'après ce que nous avons dit, la larve de l’Ascalaphe capture ses proies à peu près comme l’araignée, en la saisissant dans ses tenailles. L’analogie est encore complétée par ce fait que les victimes sont très rapidement tuées, comme
- il arrive pour celles que font les araignées : ce qui donne à penser que les mandibules des larves de l’Ascalaphe inoculent, sous l’épiderme qu’elles percent, une gouttelette de venin. Si elles ne sont pas, ainsi que celles du fourmi-lion, habiles à creuser un piège en entonnoir, ces larves savent du moins, comme leur redoutable parent, observer la patiente immobilité qui doit donner confiance aux mouches et les amener sous leurs pinces. Celles-ci restent ouvertes; à peine une bestiole les a-t-elle touchées qu’elles se referment brusquement, et commencent leur fonction. I ne fois pris entre les deux pointes, il n’y a plus de salut pour le pauvre insecte; : M. Green a vu des mouches ainsi capturées périr en vingt secondes. Les mandibules entrent profondément, faisant deux trous visibles au microscope quand la victime est sucée. Particularité curieuse ; ces larves si voraces n’ont point de tendance au cannibalisme ; elles ne se dévorent pas entre elles, sauf par méprise.
- 11 y a en France plusieurs espèces d’Ascalaphes. Nos figures en représentent la larve et l’adulte d’un type exotique, d’après M. Westwood, qui a publié sur les mœurs de ces insectes d intéressantes notes. A. Acloqie.
- Le Gérant P. JIassox.
- Paris. — Imprimerie Laiiche, rue ne, Ficurus, 9. ^
- « Ascalaplius iusimulaiis » Walkor, de Ceylan. — 1. Insecte adulte de grandeur naturelle ; 2. Larve du même Ascalaplie, grossie.
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- !S° 10 U.
- 20 MlVK.MliliK 1904.
- LA N ATI KL.
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- L\ STATION CENTRALE DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE DE DRESDE
- S’il ne s’agissait que d’une station d’éelairage électrique,- nous n’en dirions rien (à moins qu’elle
- ne fût de proportions gigantesques) ; car ces installations sont aujourd’hui courantes et par conséquent
- ne présentent plus qu’un intérêt relatif. Mais il s’agit en même temps d’une station centrale qui
- curieuses et bonnes à signaler, car on a associé le chaulïage à l’éclairage pour tirer un parti plus éco-
- 32e année. — 2e semestre.
- a charge de chauffer à distance une série de bâtiments, et cela dans des conditions particulièrement
- nomique des générateurs de vapeur que comporte la station. En effet, on s’est dit que les chaudières
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- LA N AT LUE.
- pouvaient faire autre chose que de simplement lournir le lluide moteur aux machines à vapeur : les bâtiments chauffés par la station centrale ont surtout à lui faire appel le matin, atin (|ue la température des diverses enceintes, salles, pièces de toute sorte, soit élevée à une bonne température; et, quand une fois cette température est obtenue, on fait graduellement de moins en moins appel aux appareils de chauffage, et c’est en somme le soir que leur débit est à sa limite la plus basse. On conçoit donc parfaitement la combinaison : les chaudières servant d’abord presque uniquement à fournir des calories pour le chauffage des bâtiments reliés avec la station, puis se consacrant, à mesure qu’avance la journée, à produire la vapeur pour les moteurs et pour faire tourner les génératrices électriques.
- C’est en se basant sur ce raisonnement parfaitement logique et ingénieux que l’on a créé à Dresde la Station Centrale de lumière électrique et de chauffage, qui se trouve sur la rive gauche de l’Elbe, un peu en aval du pont Augustus, et qui dessert la station centrale de Police, le Musée Albert, l'Académie, divers bâtiments et palais, une église, la manufacture de porcelaine, le théâtre de la Cour, le Musée de peinture, etc. Nous donnons du reste un plan de cette distribution double, d’après notre confrère « Traction and Transmission ». Les installations de chauffage sont dues à la Maison Rietschel et Henne-berg, de Dresde, tandis que la plus grande partie des aménagements électriques ont été faits par 1’ « Allgemeine Elektricitats Gescllscbaft », de Berlin.
- Cette station centrale rend d’autant plus de services qu’un grand nombre des bâtiments, aujourd’hui desservis par elle, n'avaient que des installations mal comprises, pour ce qui était du chauffage notamment : le grand Théâtre, par exemple, possédait 24 foyers, cheminées, poêles, calorifères, efc., et cela n’était pas sans créer de très graves dangers d’incendie. Nous noterons que, comme cette station génératrice centrale devait s’élever dans un des beaux quartiers de la ville, et au milieu de constructions ayant un caractère architectural, on a tenu à lui donner ce même caractère. C’est ainsi que, suivant une idée assez originale et heureuse dans ses résultats, on a masqué l’indispensable cheminée d’évacuation des fumées et des gaz en l'enveloppant dans une tour à peu près carrée, dominée par un haut clocheton, et dont les murailles laissent apercevoir des escaliers noyés dans leur épaisseur.
- Sans insister sur ces dispositions, qui se comprennent à l’examen des photographies que nous reproduisons, nous ferons tout de suite remarquer qu’on s'est grandement préoccupé, dans cette installation, de la pression de vapeur à adopter, et l’on s’est arrêté au chiffre de 2kM0 par centimètre carré comme le plus convenable pour le chauffage. Cette pression semblera un peu faible, mais il faut songer que la chaleur ne doit pas être transmise ici sur une très grande surface, puisque les bâtiments les plus éloignés ne sont guère qu’à 1100 ou
- 1200 mètres de la station centrale. D'ailleurs, on a voulu se réserver la possibilité d’étendre le chauffage plus loin, si on le jugeait bon, et on pourrait porter la pression à 7k^,70. Pour assurer en tout état de cause le fonctionnement de la distribution de chaleur, les conduites principales sont posées en double et dans des galeries souterraines dont nous donnons une vue intérieure. Ces conduites sont faites pour l’hiver, mais on a besoin d’un certain chauffage au théâtre, pendant l’été, et, dans ce buf, on a posé une petite canalisation secondaire. On a, comme de juste, pris des précautions pour remédier à l’expansion dans toutes ces canalisations de vapeur, et on ne les a jamais placées que suivant des lignes courbes alternantes, et encore en faisant reposer les tuyaux sur des consoles où ils peuvent jouer jusqu’à un certain point.
- La station comporte 10 chaudières du type combiné et offrant chacune une surface de chauffe de 500 mètres carrés. Nous ne mentionnerons guère que pour la forme les trois dynamos à courant continu qui constituent l’installation électrique, munies de dispositifs d’égalisation pour circuit à trois fils, et la batterie tampon; les conducteurs électriques sont placés dans les mêmes galeries que les conduites de vapeur, sur la muraille opposée. Les détails de toute cette partie électrique sont assez intéressants, mais ils ne sortent guère néanmoins de la pratique normalement suivie, et il n’y a pas de raison pour que nous les indiquions dans cette courte note, où nous envisageons plutôt, la curieuse distribution de chaleur. On peut remarquer, dans la photographie d’une des galeries souterraines, que les conducteurs électriques sont posés nus et protégés par un écran en toile métallique ; ils sont d’inspection facile, tout comme les conduites de vapeur, et d’autant que les galeries sont éclairées électriquement au passage des agents visiteurs.
- Tout a été disposé avec le plus grand soin dans cette distribution. Les galeries, souterraines, particulièrement à cause du voisinage de l’Elbe, sont construites de manière à présenter une étanchéité absolue ; d’ailleurs, afin que tout au moins l’éclairage soit assuré lors même d’une inondation imprévue de ces galeries, des câbles de distribution du courant sont posés en double sous terre, suivant un parcours parallèle. L’installation fonctionne très bien et semble donner satisfaction à tous égards.
- * Dikiuu; dk Méiukk.
- PIÉTONS ET TRAINS DE CHEMINS DE FER
- fl est certain qu’un bon marcheur quittant à Lyon-Yaise un train express descendant, le ûl ou le 53, aurait le temps de se payer la fantaisie de retrouver pédestre-ment son compartiment à Lyon-Perrache. S’agit-il de rejoindre au deuxième point d’arrêt 7 le tour de force parait impossible de prime abord : on pourrait peut-être le réaliser en choisissant un train omnibus desservant deux stations, très rapprochées à vol d’oiseau, séparées par une grande gare dans laquelle le convoi stoppe longtemps.
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- Eu somme ce ne serait pas chose facile. Autre genre de solution : on protite de ce que la voie décrit une boucle fermée. Les lecteurs de « La Nature » qui fréquentent les environs de Rouen pourront dire si un piéton qui dégringolerait du talus de la gare supérieure de Barentin, en même temps que s’ébranlerait le train de Duel air, aurait le loisir pendant le détour sur Pavillv de courir à Barentin (ville) en se retrouvant le premier au but.
- Proposons enlin de gagner le pari en négligeant non pas un, mais quatre points d’arrêt consécutifs. L’interlocuteur se jugerait mystiüé et pourtant l’entreprise est très facile et peut être tentée avec succès sur un embranchement du P.-L.-M. relié directement à la grande ligne de Paris à Yintimille. Peu de voyageurs ont entendu parler du rameau en cul-de-sac qui depuis l’année 1868 réunit la petite ville d’Àubagne, dans la banlieue de Marseille, entre cette ville et Toulon, à la concession minière des lignites de Yaldonne. En effet, les express de Nice ne daignent pas s’arrêter à Aubagne, et Yaldonne, quoique environné de nombreux villages, n’est qu’un simple hameau. Depuis le 5 novembre 1904 cette gare terminus a été dégagée par le prolongement de l’ancienne voie jusqu’à la station isolée de la Barque, sur la ligne secondaire Gardanne-Carnoules, parallèle à la grande artère. La ligne d’Aubagne à la Barque serpente non loin de la route nationale de Toulon à Sisteron et coupe cette route à niveau en deux points : au kilomètre 13,6 (station de la Bouil-ladisse) et au kilomètre 23,4 (halte du Puits l’Huilier). Pour se rendre de la Bouilladisse au Puits l’Huilier ou réciproquement, les six trains quotidiens emploient de 36 minutes à l'1 14. Or, en suivant la route nationale, le trajet d’un point à l’autre n’est que de 7 kilomètres : donc un marcheur un peu dégourdi, dans le cas le plus favorable, gagnerait en vitesse la locomotive qui dans l’intervalle aurait desservi deux gares, une station et une halte. A certains convois il faudrait opposer pourtant un coureur mieux entraîné. Nous recommandons ce sport aux amateurs marseillais !
- Notons bien que l’arc que décrit la voie ferrée, et dont la route constitue sensiblement la corde, double tout au plus la distance à vol d’oiseau des localités considérées. Mais, et c’est là le point instructif de cette petite note, il est curieux d’envisager l’effet produit par la résultante de toutes les circonstances imaginables susceptibles de ralentir la marche des trains. Le chemin de fer sillonne une région accidentée, abrupte, séparant deux bassins côtiers, perforée de galeries de mines en activité et parsemée de petites agglomérations. Les courbes sont nombreuses, très infléchies, combinées avec des rampes de 26 millièmes; aux points d’arrêt, qui sont fort rapprochés entre eux, les trains lourdement chargés accomplissent de longues et pénibles manœuvres et la construction toute récente de la ligne commande impérieusement la prudence. Enfin précisément entre la Bouilladisse et le Puits l’Huilier se trouve l’ancienne tète de ligne : Yaldonne, oîi le trafic, quoique toujours dirigé sur Marseille, change de sens puisque d’un côté il s’agit d’assurer la correspondance sur Aubagne, de l’autre sur la Barque. Cette circonstance entraîne un « battement » assez long.
- On aurait tort de reprocher à la Compagnie P.-L.-M. la lenteur forcée de ses trains sur une ligne très tourmentée, d’intérêt purement minier ou stratégique, alors que par contraste, à quelques kilomètres de ces hameaux ignorés, les voyageurs du nouveau x’apide de la Côte d’Azur dévorent l’espace avec une vitesse que n’égale celle d’aucun autre express européen. Amoine de Saporta.
- VARIATIONS DU CIRQUE LUNAIRE PLATON
- Dans une note parue récemment on signalait ici l’activité probable du sol lunaire, se traduisant par certaines variations observées dans le fond du cirque Platon. Cette question est suffisamment intéressante pour être reprise d’une façon plus étendue, en résumant les principales études qui ont été faites sur ce point de la surface de notre satellite.
- Platon est une grande enceinte annulaire située au nord de la « Mer des Pluies », dans l’hémisphère nord de la Lune, position indiquée sur la ligure 1. La largeur de ce cirque (qu’un effet de perspective due à la courbure du globe fait apparaître comme une ellipse assez allongée) est de 96 kilomètres ; le rempart qui l’entoure s’élève assez uniformément au-dessus du fond plat de l’arène, atteignant dans la partie ouest une hauteur de 2400 mètres.
- A première vue cette arène se fait remarquer par son aspect sombre, faisant une tache très accentuée; elle se détache même nettement plus foncée que la surface des « mers » ou plaines grises environnantes. C’est d’ailleurs là un fait remarquable que cette région, d’un gris verdâtre, s’assombrit davantage à mesure qu’elle reçoit plus en plein la lumière du soleil. Cette particularité est déjà bien suffisante pour attirer l’attention et essayer de rechercher les causes de ce phénomène contraire aux lois de l’éclairement ; elle a fait soupçonner que le fond de Platon n'offrait pas la seule apparence d’un sol nu et invariable. Mais ce n’est pas tout.
- L'aspect de ce fond n’est pas aussi uniforme qu’un premier coup d’œil le fait entrevoir, et au contraire il y apparaît à l’observation attentive un certain nombre de détails que l’on s’accorde assez généralement à considérer comme variables.
- Ce sont d’abord des bandes ou zones plus claires que le fond sur lequel elles se projettent, et dessinant une topographie assez énigmatique, il faut en convenir. En outre un grand nombre de petits points blanchâtres sont disséminés sur l’ensemble, mais pas tout à fait au hasard, semble-t-il, car on les trouve plus volontiers sur les zones claires et à leurs intersections.
- Tel est l’aspect général de Platon. Les différences de tons sont fort peu accusées et l’observation est rendue encore plus difficile à l’époque de la pleine lune par l’éclat total très vif du sol environnant, faisant apparaître par contraste l’arène de Platon comme un trou noir. Il faut une bonne image télescopique pour bien distinguer ces apparences que la figure 6 représente dans leur ensemble. Les autres dessins reproduits ici sont plutôt des aspects schématiques destinés à mettre en relief cette singulière topographie et ses variations. Il esi très remarquable de noter que les photographies admirables obtenues- par MM. Loevy et Puiseux, à l’Observatoire de Paris, ne révèlent que de vagues détails, ce qui prouve bien qu’en réalité ils sont à peine sensibles, et que l’œil complète souvent ce
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- qu'il entrevoit seulement. Voyons maintenant les variations visuelles.
- Sur la première édition de la carte de la Lune publiée par lïeer et Madler au milieu du siècle dernier le fond de Platon est sillonné de quatre bandes inégales et à peu près dirigées du nord au sud (lig. 2). Ces bandes ne
- rappellent aucunement l’aspect caractéristique présenté par les dessins récents. D'ailleurs sur la seconde édition de la carte précitée, Madler l'ait disparaître ces bandes et les remplace par une teinte plate uniforme. On a été porté à se demander si lleer cl Madler ont été victimes d’une illusion, ou bien si un changement réel et très important est survenu; il se pourrait seulement que le l'ait lût dù à la difficulté même de l’observation, ces détails pouvant rester dans certaines conditions à la limite de visibilité, particulièrement pour un instrument de moyenne puissance. 11
- est probable que lleer et Madler n'ont fait qu'entrevoir certains linéaments, un vague ensemble dont la_ représentation s'est trouvée erronée. Puis,
- Fia
- 1. — La Lune. I (Photograpli
- pour une raison ou [tour une autre, ils n'ont plus rien vu par la suite. Cependant les astronomes (pii se sont beaucoup occupés de la question ont admis (pie depuis 181)11-71 de réels changements se sont produits dans Platon. Tel est du moins l’avis de MM. Birt, Cray, Nelson, Stanley Williams. M. C.
- Flammarion signale ces laits importants dès 1876.
- Les éludes de M. Stanley Williams sont nombreuses et ce sont elles (pii nous serviront surtout de point de comparaison, car le plan de Platon qu'il a publié en 1885 (lig. 5) est très complet. Ce plan renferme évidemment tous les détails qui ont été visibles en différentes circonstances, mais qui ne paraissent pas être aperçus toujours en même temps. Pour M. Stanley Williams les variations dans l’intensité et même la forme des bandes claires ne font aucun doute. En 1880 entre autre (voir le [dan) la traînée g2 cratères 12 et 14 vers le
- osition du cirque Platon. :e L. Iludaux.)
- se dirigeant des petits numéro 15 est dessinée très étroite en 1885 et
- très large. Cette zone était invisible en 1869-71 ; elle
- lig. 2. — l’iulon, d’après la carte de Iteer et Jliidier.
- parait être la plus occidentale de celles dessinées antérieurement par Beer et Madler. La bande courbe allant de 22 à 17 a commencé à se montrer en 1872 (T a été la plus claire de toutes eu 1874. Elle est toujours fort bien visible. Sur la figure la bande qui monte de la tache blanche r, vers la zone y a été vue, parait-il, pour la première fois par M. Gray en
- %
- Fig. ô. — Carte de Platon, d'après M. Stanley Williams (188Ô).
- J 881 et en 1886-87, M. Stanley Williams l'indiquait comme étant constamment visible depuis. Cependant le dessin de M. Quénissetet le mien pour en citer de [dus récents ne montrent rien de pareil; on y trouve d’ailleurs d'autres dissemblances notables. Pour mon compte personnel, chaque fois que j'ai eu l’occasion d’observer Platon, je n'ai pas toujours ren-
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- U NATURE.
- 4or»
- Fig. !. — Platon, d'après une observation de M. Stanley Williams Fi>ï. 5. — Carte de Platon,
- \16 septembre 188l>j. d'après les observations de M. Stanley Williams (janvier 1887).
- contré les mêmes bandes ni les mêmes taches sombres indiquées sur mon dessin. Do même que pour l'assombrissement général du sol à mesure qu’il est (dus éclairé, les différents aspects des bandes et taches ont sans doute quel(jue relation avec les jeux de la lumière, ou de la chaleur solaire.
- La grande zone en éventailestlaplus apparente sous tous les éclairages, et semble la plus stable de toutes, peut-être bien pour cette raison. Si nous
- portons maintenant notre attention sur les petits
- Fipr. 7. — Platon. d'après nno observalion do M. F. Qnènissol (i août
- celle arène, nous trouverons encore des variations notables et tout aussi curieuses. Sans pouvoir donner ici la liste un peu trop longue des remarques faites sur la va-de ces taches, citons parmi les plus importantes : le numéro 4 devenant parfois invisible, les numéros 12 et 14 qui ont cru en éclat, ayant une apparence vaporeuse ; le numéro 22 parfois très brillant.
- L’Observatoire d'Aréquipa, au Pérou, est situé à 2400 mètres d’altitude; dans cette région et à celte altitude, 1rs astronomes jouissent d’une atmosphère remarqua-
- O O
- Fig. 8. — Carte des détails de Platon. (Annales de l'Observatoire de Harvard College.)
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- blenient pure H sèche, si aux observa-
- tions et particulièrement à la recherche do détails très délirais. Aussi le professeur Piekering s’est-il adonné à l’élude minutieuse des variations delà surface lunaire. 11 a particulièrement suivi celles de Platon et en 1892 annonçait la disparition de plusieurs petits cratères, les numéros 4, 7 et 51 de la carte (fîg. 7>) ; rappelons cependant que h est variable et qu’il a été revu depuis ; il se trouve sur mon dessin de 1896.
- Les détails vus et catalogués par le professeur Piekering sont indiqués sur le schéma (fig. 8) ; ils sont tellement nombreux que l’identification avec les cartes précédentes devient difficile. C’est à l’aide de ce plan minutieux que le professeur Piekering suit strictement les variations de cette région. Ses dernières observations, citées dans le numéro 1659 de « La Nature », se rapportent à l’apparition d’un nouveau petit cratère avec formation et variation d’une tache blanche brillante. Le phénomène s’est produit vers le point marqué 3 sur la carte.
- On a constaté aussi la disparition de l’aire blanche entourant le petit cratère 5 de la carte, puis de nouveaux cratères se sont montrés ainsi qu’une tache sombre entre les deux rainures du bord sud, un autre au bord nord-est, et un dernier au sud-est du point 66. Ainsi on serait en droit de supposer que toute activité volcanique n’est pas encore éteinte, probablement, à la surface de la lune, que ces apparences soient occasionnées par de véritables transformations des accidents du sol ou bien aient pour cause l’émission de nuées gazeuses opaques ou composées de matériaux pulvérulents, découvrant et occultant alternativement les petits cratères en question. Telle est du moins l’opinion que divers astronomes se croient autorisés à émettre d’après les nombreuses observations faites sur ce point. D’autre part l’impression ressortant aussi nettement de la comparaison, aisée à faire des quelques reproductions mises ici sous les yeux du lecteur, peut conduire à certaines restrictions. On se demande toujours s’il ne faut pas faire intervenir la difficile visibilité de ces détails dans les diverses conditions de transparence atmosphérique (et aussi à l’aide d’instruments différents) et enfin le mode d’interprétation de l’observateur, facteur dont l’importance considérable bien connue rend parfois impossible la comparaison de deux dessins d’un même objet, pris simultanément. Avouons que dans bien des cas le témoignage impersonnel de la plaque sensible serait le seul indiscutable.
- Cependant un grand nombre d’observations visuelles concordantes pourraient nous fournir également des données tout aussi précieuses.
- Quoi qu’il en soit, le fond du cirque lunaire Platon nous offre certainement des apparences mystérieuses ; son observation est de la plus haute importance et demande à être poursuivie avec attention et précision. Lucien Rudaux.
- POTERIE TUBULAIRE ROMAINE
- Los ruines romaines abondent sur toute l’étendue du territoire de l’Algérie et leur étude présente un intérêt non seulement pour l’archéologue, mais encore pour toutes les personnes que touche de près onde loin l’art du bâtiment.
- Parmi les procédés, et au nombre des matériaux qu’employaient les Romains, il en est que nos modernes architectes militaires ont essayé avec succès : nous citerons notamment les voûtes en poterie tubulaire, dont le commandant Pujat, qui a tant amélioré le poste de Tougourt, s’est heureusement servi et qu’il a utilisées, entre autres, pour le Hammam qu’il a fait construire en 1901.
- l'otoric tiilmlairo romaine.
- Ces poteries sont des vases cylindriques ouverts à leur partie inférieure et terminés, à la partie supérieure, par un cône dont la hauteur varie du quart au tiers de la hauteur totale : on ne peut mieux comparer ces tubes creux qu’à des bouteilles à encre sans fond. Ils sont striés extérieurement, dans leur partie cylindrique, par une suite de côtes en spirale dont l’objet est de faciliter l’adhérence du mortier. Pour les employer on les emboîte les uns dans les autres de telle façon que le bas du cylindre vienne reposer sur la partie supérieure du tube suivant. Grâce au cône il est possible de donner aux tubes l’inclinaison qu’on désire et, partant, de donner à la voûte une ouverture plus ou moins large. On fait autant de rangées qu’il en faut pour obtenir la largeur voulue et on superpose plusieurs rangs afin d’obtenir l’épaisseur : puis on noie le tout dans un bain de mortier qui rend l’ensemble parfaitement homogène.
- Les voûtes ainsi construites sont légères, résistantes, peu coûteuses et ont pour propriété d’assourdir le son et d’arrêter la chaleur.
- L’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, dans sa séance du 10 juin 1904, s’est également occupée de ces poteries : la voûte de l’entrée des catacombes d’Hadru-mète, a-t-on dit, était formée de poteries creuses et cylindriques s’emboîtant l’une dans l’autre par un bout pointu. L. Jacquot.
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- APPAREIL A ÉPROUVER LES MANOMÈTRES
- Il est utile d<' pouvoir de temps à autre s'assurer que les manomètres de chaudières fonctionnent bien, et, dans ce luit, il faut contrôler leurs indications par comparaison avec celles d’un instrument dont on soit sûr, servant d’étalon. I n inspecteur d’une Compagnie d’assurance spéciale de .Manchester vient d’imaginer dans ce but un dispositif essentiellement portatif, qui permet au propriétaire de la chaudière de ne pas envoyer le manomètre dans un atelier d’essayage, d’opérer au contraire sur place, et même au besoin sans le démonter du générateur où il es! fixé.
- L’appareil consiste essentiellement dans une pompe verticale reposant sur une hase métallique, et qui éveille quelque peu l’idée d’une pompe, à pneumatiques; elle est tout en cuivre et solidement construite, pour résister aux pressions auxquelles elle doit répondre, et, de sa partie inférieure, se détachent deux branches horizontales. Sur l’une est monté à poste fixe le manomètre étalon, que laisse voir la gravure; sur l’autre, peut se monter à volonté le manomètre à éprouver, qui n’est pas représenté ici. Nous ferons remarquer en A un petit robinet qui permet de supprimer la communication entre les deux manomètres, c’est-à-dire d’isoler le second. La pompe est
- Vue de l'appareil à essayer les manomètres.
- munie au bout de son piston d’un cuir semblable à celui qu’on trouve sur les pompes de pneumatiques, et à sa partie inférieure elle comporte une valve analogue à celle des bandages Dunlop. On a enfin prévu un deuxième robinet B, qui donne une ouverture d’évacuation hors de la chambre de la pompe, afin qu’il soit possible d’abaisser graduellement la pression. Quelques coups de pompe suffisent pour obtenir la pression voulue. Il va sans dire ipie cet instrument se fait dans des tailles et des puissances variées. On peut utiliser l’appareil à essayer un manomètre demeuré en place sur une chaudière, et cela en le reliant au tube en siphon qui réunit généralement ce manomètre au générateur; on tourne alors naturellement le robinet qui coupe la communication entre chaudière et manomètre, et l’on emploie comme connexion la pièce en T désignée par la lettre l). Pour un essai de ce genre, la pompe est remplie d’eau. 1). B.
- LA MITRAILLEUSE RERGMANN
- Lu peu parloul on se préoccupe, dans les armées actuelles, de doter l’infanterie et la cavalerie elle-même de mitrailleuses susceptibles d’accroître, à un moment et sur un point donnés, l’intensité du feu dans des proportions considérables. Le fusil est une arme merveilleuse et la rapidité du tir permet certainement de couvrir une position d’une grêle de balles en un temps très court. Son effet pourtant, résultante de trop de volontés individuelles, ne saurait être le même que celui d’une machine unique, obéissant à une seule impulsion, répandant une nappe
- Fig. 1. — Position do transport.
- homogène de projectiles sur une zone exactement délimitée, et avec une régularité parfaite. C’est une faucheuse, pour ainsi dire, devant laquelle rien ne reste debout, de ce qui n’est point couvert par les obstacles du terrain. Les Anglais en ont fait un fréquent usage pendant la guerre du Transvaal. Les Allemands se munissent de fusils-machines qui n’ont point d’autre but, et les belligérants de Mandchourie regrettent peut-être de n’avoir pas davantage de ces utiles engins. En France, on s’occupe delà question sans lui donner de solution effective, et peut-être a-t-on tort. On y est resté longtemps sous l’impression des mauvais résultats obtenus en 1870, encore que ces mauvais résultats se puissent expliquer autrement que par la faillite tactique de cette arme nouvelle ; il s’agissait d’un premier modèle qui comportait des imperfections nombreuses et qu’on avait entouré d’un tel mystère que personne ne savait s’en servir. Encore aujourd’hui, nous sacrifions trop peut-être à la crainte de multiplier à l’excès la variété des armes en service, et la supériorité de notre artillerie de campagne nous a offert longtemps un autre argument pour ne point adopter un engin intermédiaire, que l’action combinée du fusil et du canon semblait remplacer avantageusement.
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- LA N ATI RK.
- Les laits paraissent donner tort h ceux qui raisonnent ainsi. En tout cas, les mitrailleuses et les canons-revolvers se sont perfectionnés au point que l’on n’a plus que l’embarras du choix parmi les nombreux modèles que l’on trouve dans l’industrie. Tout le monde connaît le canon Maxim; et l’on peut citer encore la mitrailleuse inventée par l’ingénieur badois Th. Ber-gmann, lançant des balles de S millimètres, dont le plus récent modèle date de 1902 et présente de notables améliorations.
- Dans cette mitrailleuse, le recul du canon et de la culasse est utilisé directement pour les diverses opérations que comporte le tir ; mais tandis que le recul du canon est assez rapidement limité, la culasse qui
- se décale à ce moment, en ouvrant la chambre, continue son mouvement en arrière, bande le ressort de fermeture et entraîne une masse percutante qui vient s’accrocher à la gâchette. Dès que le recul est
- Fig. 2. — Position de transport.
- terminé, le ressort de fermeture se détend, ramène en avant la culasse mobile qui se colle de nouveau et se fixe au canon quelle entraîne à son tour jusqu’à sa position normale de tir. L’alimentation en projectiles est faite an moyen d’une bande flexible garnie de balles; cette bande traverse l’arme en s’appuvanl sur des rouleaux et s’avance d’un cran à chaque
- mouvement de va-et-vient du système de fermeture.
- On peut effectuer à volonté un tir coup pour coup en appuyant le doigt sur la détente, ou un tir continu, en libérant préalablement la gâchette, de manière que la masse percutante soit auto-mati quement lancée en avant par le ressort de percussion bandé dans le recul. Le mouvement de
- va-et-vient se produit dans une boîte de culasse fixe montée sur l’affût et prolongée vers l'avant par un manchon réfrigérant contenant 6 litres d’eau. La fermeture hermétique du manchon est assurée par
- une boîte à étoupes et des anneaux de serrage dans lesquels le canon peut glisser librement au moment du recul.
- L’arme se termine à sa partie postérieure par deux poignées parallèles placées symétriquement de part et d’autre et que le tireur saisit des deux mains, ayant sous le pouce droit la détente qui libère la gâchette, et sous le pouce gauche la tète quadrillée du levier commandant le tir coup pour coup. Toute la boîte de culasse a une forme géné-
- rale de section rectangulaire; elle est fermée sur sa face supérieure par un couvercle, qui, en se relevant, met tout le mécanisme à jour. Le démontage d’ailleurs est des plus faciles et s’effectue sans le secours d’aucun outil. La mitrailleuse comprend au total 80 pièces seulement ; mais il suffit d’en démonter 12 pour le nettoyage normal de l’arme, et cette opération n’exige pas plus d’une minute.
- La bande d’alimentation est garnie de douilles en tôle d’acier formant ressort, où s’engagent les car-
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- touches; de petites barrettes régulièrement espacées en font une véritable chaîne dans laquelle engrène une dent, à mouvement alternatif, chargée de déterminer l'avancement. La bande porte 250 cartouches
- Fig. o. — Mitrailleuse Bergmann, le couvercle de la boîte de culasse relevé.
- sable de combiner avec le plus grand soin les dispositifs de sûreté. Ici, tout d’abord, le pied de la
- de 8 millimètres; on l’enroule sur un tambour contenu lui-inème dans une boîte qui se fixe sur le coté droit défaillit.
- Dans une arme de cette nature, il est indispen-
- Fig. fi. — Mitrailleuse Rergmann sur atlïit-clmriot.
- hausse, quand celle-ci est rabattue, enraye la masse percutante, et empêche ainsi le départ du coup. En
- Fig. 7. — Mitrailleuse Bergmann sur all'ùt-trépied.
- outre, dans la position de tir, la masse percutante est retenue par le levier de mouvement automatique, qui ne s’abaisse que sous l’action de la culasse mobile, et seulement lorsque celle-ci est complètement fermée. Enfin, ce n’est qu’au moment où, la culasse mobile ayant rejoint le canon, le bloc de calage a
- rendu ces deux pièces complètement, solidaires, que la pointe du percuteur peut sortir de son logement et faire saillie sur la tranche antérieure de la culasse mobile. La mitrailleuse n’a pas plus de lm,08 de longueur, et ne pèse que 20 kg. En y ajoutant 6 kg pour l’eau de réfrigération, on voit que l’arme peut
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- être facilement portée par un seul homme. La Itamie d’alimentation h vide pèse 1050 grammes et 8,460 kg lorsqu’elle est garnie de ses 250 cartouches. La boite qui la contient y ajoute un poids de 2,500 kg.
- On peut se servir de deux genres d’affûts, suivant que le transport est assuré par les hommes eux-mêmes ou qu’on y attelle un animal. Dans le premier cas, l’affût a la forme d'un simple trépied pesant 25 kg, et qui se prête aux positions de tir les plus diverses.
- L'affût-chariot, disposé pour l’attelage, pèse 48 kg. En résumé, l’appareil complet, pourvu d’une seule bande de cartouches, pèse à peine 60 kg avec l'affût-trépied, et 85 kg avec l’alfût-chariot.
- Cet ensemble constitue une arme des plus puissantes et des plus commodes, qu’il est facile de dissimuler derrière le moindre obstacle, l’emploi de la poudre sans fumée empêchant d’ailleurs de repérer sa position. IA-Colonel G. Espttauier.
- IA MOBILITÉ MOLÉCULAIRE DE LA FONTE
- Il s’agit, de ces modifications eu apparence inexplicables (pie subit le métal, alors que nous le croyons fixé tans un état immuable. La question, au point de vue spécial de la fonte, vient d’être étudiée par M. Alexander K. Outerbridge.
- On a assez souvent constaté, sans y attacher l’importance que cela méritait, des distorsions, des fractures, dans des grilles de foyer en fonte, et il y a déjà un certain nombre d’années qu’on émit l’idée que des chauffages et des refroidissements répétés réduisent la résistance de la fonte; mais M. Outerbridge a examiné la question méthodiquement et de très près, et il arrive à cette conclusion (pie cette exposition alternative à la chaleur, puis au refroidissement, altère non seulement la résistance de la fonte, mais encore les dimensions des objets en fonte, ces dimensions augmentant sensiblement. L’attention de l’expérimentateur a été attirée sur ce qu’il appelle la (( poussée » de la fonte, par ce fait que, dans les usines de MM. Sellers and Co, de Philadelphie, il avait vu des pièces venues de fonte, et exposées pendant plusieurs mois à la chaleur du rouge puis au refroidissement, beaucoup plus grandes que de nouvelles pièces fondues dans les mêmes moules ; le retrait inégal du métal ne pouvait suffire à expliquer cette différence, étant donnée son importance. 11 prit donc des barres d’essai et les chauffa dans un four ouvert; elles s’allongeaient naturellement par l’élévation de température, mais gardaient ensuite une partie de cette élongation, de manière à dépasser la longueur du moule d’où elles sortaient pourtant ; l’élongation devenait d’ailleurs de plus en plus faible au fur et à mesure des chauffes successives, jusqu’à cesser finalement tout à fait. Nous n’insisterons pas sur les conditions minutieuses dans lesquelles les expériences étaient faites, notamment pour éliminer toute chance d’erreur provenant du retrait à la coulée. On traitait simultanément dans le même four deux barres, dont l’une seule avait été allongée par des chauffages et refroidissements successifs, et l’on constatait que son coefficient d’élongation était la moitié seulement de celui de la seconde barre non encore traitée par des chauffages répétés, et fondue d’ailleurs au même moment et dans les mêmes conditions que l’autre. Il semble qu’on
- pourrait tirer de ce fait la conclusion que des plaques de fourneau et de foyer soumises, avant montage, à des chauffages H refroidissements répétés, seraient protégées des chances de fractures; le résultat en question n’est point obtenu par un chauffage prolongé sans refroidissements intermédiaires et répétés. Ajoutons que, dans ces essais, on avait constaté un affaiblissement de résistance des barres traitées.
- Lue particularité également intéressante qu’on avait pu noter, c’était une altération sensible dans le poids spécifique de la fonte : une barre venant de la fonte avait un poids spécifique de 7,15 observé dans l’eau distillée à 26° (1., et une barre semblable, chauffée et refroidie Ifi fois, qui avait augmenté de longueur, ne possédait plus qu’un poids spécifique de 0,86. Le métal non traité pesait ainsi à peu près 260 kg de plus par mètre cube. Le métal recuit plongé dans de l’eau laissait échapper de nombreuses bulles d’air par toute sa surface, et pendant assez longtemps, tout en ne semblant pas plus poreux que le métal non recuit. Nous pouvons citer comme exemple particulier, pour préciser tout ce que nous avons dit, une barre de 25 mm. d’équarissage sur 575, qui fut chaulïée dans un feu de forge à 25 reprises, et refroidie autant de fois, et qui avait subi un élongement de 25 mm. dans le sens de la longueur et de plus de 1 1/2 mm. dans ses dimensions transversales. Et cependant rien ne dénotait un changement dans cette fonte, que les petites craquelures superficielles résultant de l’oxydation. Disons que le vingt-troisième passage au rouge n’avait causé, pour sou compte, qu’une élongation de 2 1/2 mm., et l'allongement après le dernier refroidissement ne donnait finalement que 0,25 mm. de plus qu’à la suite de l’avant-dernier refroidissement. La barre dont nous venons de parler fut chauffée jusqu’à 55 fois, et l’élongation maxima put atteindre 54 mm. ; cela avait de plus ramené le poids spécifique à 6,70.
- Les expériences de M. Outerbridge ont, été des plus variées, et, par cela même des plus intéressantes, et nous ne pouvons songer à les indiquer toutes. Quand, par exemple, les barres étaient chauffées au moyen de fouit1 en fusion qu’on versait sur elles et qu’on y laissait jusqu’à refroidissement complet, il ne se pouvait constater de changement appréciable dans le poids des barres, sans doute parce qu’elles étaient préservées de l’oxydation. Pour les bulles dont nous avons parlé tout, à l’heure, elles ne semblaient point sortir de trous du métal, puisque, au contraire, celui-ci paraissait plutôt avoir pris un grain plus fin; et du reste les échantillons séchés et mis de côté durant un jour, après que l’émission des bulles avait cessé pendant une première immersion, donnaient lieu au même phénomène si on les replongeait à nouveau dans l’eau. M. Outerbridge estime que le chauffage. a chassé les gaz occlus primitivement dans le métal, et que de l’air s’est précipité dans les vides laissés libres au moment du refroidissement ; le même effet se produit encore après que l’eau absorbée par une première immersion s’évapore ensuite lentement.
- Ces diverses expériences permettent, évidemment d’expliquer certaines distorsions de grilles de foyer ou de grilles de fonte, disposées de telle sorte qu’elles passent par des alternatives bien caractéristiques de chauffage et de refroidissement, et M. Outerbridge a pu donner l’exemple tout à fait typique d’une grille de cette sorte dont le cadre, était à peu près à l’abri des variations de température, alors que les barreaux passaient au contraire par des alternatives dont nous venons de parler. Ces bar-
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- LA nature.
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- roaux n’avaient pu naturellement s’allonger librement, étant arrêtés par le eadre, cl ils s'étaient tordus en conséquence; et leur accroissement de largeur correspondait à un coefficient considérable de 571 nnn. par mètre.
- Naturellement notre expérimentateur a voulu se rendre . compte du changement intime qui se produit dans cette fonte, et qui entraîne ces modifications physiques, et il a constaté notamment, au lieu de la structure ordinaire de la fonte douce, tout un réseau de minuscules craquelures rayonnant dans toutes les directions. D’autre part les photographies micrographiques qui ont été prises montrent les particules éloignées les unes des autres par la chaleur, et n’ayant plus ensuite une cohésion suffisante pour revenir à leur position primitive au moment du refroidissement : ce qui naturellement entraîne l’élongation à laquelle nous avons fait maintes allusions. Les conditions diverses dans lesquelles les expériences ont été poursuivies ont permis d’établir que l’expansion permanente, pour chaque chauffe, est d’autant, plus grande que la température de chauffage a été plus élevée (eu se maintenant bien entendu au-dessous de la température de fusion). Et qu’on ne s’v trompe point ; ce métal élongé n’est pas du métal « brûlé » comme celui des vieilles barres de grilles; il n’y a pas d’augmentation dans la proportion du soufre, et, quand l’opération est faite en récipient clos, il n’y a ni combustion du carbone ni oxydation de la fonte.
- (le qui n’est pas moins intéressant que tout cela, c’est que les chauffages et refroidissements successifs n’ont, pas du tout la même action sur des barres de fer forgé, d’acier doux ou d’acier à outils; même après qu’elles ont passé, 41 fois au rouge, elles n’accusent aucune élongation permanente ; on y constaterait, plutôt une légère contraction. Pour une barre de bronze, l’élongation était extrêmement, faible, même au bout de 70 chauffes, et on suppose qu’elle provenait seulement, d’une formation d’oxyde.
- On voit que toutes ces expériences sont des plus importantes au point de vue de la physique et de la science pure, et elles méritent certainement d’être poussées beaû-coup plus loin. Peut-être, même ces particularités sont-elles susceptibles d’applications pratiques : c’est ainsi que, (‘litre autres utilisations, M. Outerbridge estime que ce procédé permettrait de ramener à un diamètre convenable un jliston, par exemple, dont l’usure aurait trop réduit la dimension transversale. D. B.
- L’ÉLECTROMÉTALLURGIE DU FER
- Les appareils qui ont pour but la fabrication électrique du fer, de l’acier et de leurs alliages, ne font que se multiplier. Comme procédés recourant à des électrodes de charbon, nous pouvons rappeler les systèmes William Siemens, Stassano, Couley, Héroult, Relier, Harmet; comme appareils sans électrodes de charbon, citons les appareils Kjellin, Gin et Girod. Un technicien allemand, M. Neumann, qui a étudié, ces questions et ces méthodes, partage avec le professeur Arnold cette opinion que les aciers électriques sont supérieurs à tous autres aciers, au point de vue de leur résistance mécanique ; des essais faits sur la fonte brute ou des aciers forgés l’ont confirmé dans ce sentiment. D’après les divers calculs auxquels il s’est livré, les procédés électrométallurgiques seraient, dès maintenant, susceptibles de produire des métaux plus purs et à meilleur compte que le creuset, dont l’emploi serait appelé à disparaître.
- LE JARDIN DES PLANTES
- AUTREFOIS ET AlMOURt»’HFT
- III
- Dans nos deux précédents articles, nous avons vu, en un rapide exposé, le Jardin des Plantes se développant, s’agrandissant sans cesse depuis son origine.
- Le dernier plan que nous avons donné le montre en 18211, occupant tout l’espace compris entre le quai Saint-Bernard, les rues de Bufïon, du Jardin du Roi (aujourd’hui rue Geofïroy-Saint-Ililaire) et de Seine (aujourd’hui rue Cuvier) sauf le terrain carré formant l’angle du quai et de la rue de Seine qui appartenait encore à des particuliers. Ces derniers terrains furent acquis par la suite, et, de nouveaux agrandissements ne furent désormais possibles que dans l’espace compris entre la rue de Bufïon et la Bièvre. C’est là, en effet, que sera créée la Pépinière en 1840, et que seront construits plus tard des laboratoires d’anatomie, de zoologie, de botanique, de chimie, etc. Mais dans son périmètre ainsi limité, le Jardin des Plantes continuera à se transformer, à s’enrichir, à s’embellir.
- En 1824 est construite la galerie de géologie; en 1825, la fauconnerie; en 1827, la faisanderie; de 1850 à 1854, la galerie de minéralogie; de 1855 à 1841, celle de botanique et les grandes serres connues sous les noms de serre courbe, pavillon chaud, pavillon froid.
- De 1855 à 1856, s'élève le pavillon des singes; en 1858, l’amphithéâtre d’anatomie; en 1854, la serre hollandaise avec son aquarium, et plus près de nous la ménagerie des reptiles (1870-1874), une nouvelle faisanderie (1881); le bassin des reptiles et celui des otaries, la grande serre ou jardin d’hiver (1882-1888). C’est en cette même année qu’Alphonse Milne-Edwards fit construire la grande volière dont il dressa lui-même le plan, voulant, à la veille de l’Exposition universelle de 1889, offrir quelque chose de nouveau et d’intéressant aux nombreux visiteurs que cette solennité devait infailliblement amener au Muséum. 11 nous racontait un jour les difficultés qu’il rencontra pour mettre ce projeta exécution, et comment il réussit, en employant d’anciens matériaux, à mener à bonne fin son entreprise, malgré la modicité du budget, de la ménagerie qu’il fallut néanmoins fortement entamer. Le Muséum fut ensuite doté de la grande galerie de zoologie dont la construction dura de 1877 à 1889 et qui doit être complétée par un corps de bâtiment en bordure de la rue Geoflfroy-Saint-Hilaire, sur l’emplacement même des anciennes galeries.
- En 1892 et 1895 sont construits le laboratoire de pathologie comparée et la remise d’hiver pour mammifères et oiseaux. En 1897, un laboratoire souterrain, dont l’entrée est située devant le bâtiment de l’administration, est établi dans les catacombes qui s’étendent sous le jardin.
- 1 Voy. n° 1634, du 17 septembre 1904, p. 261.
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- fi A NAÎTRE.
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- Enfin, on 1808, sont inaugurées les nouvelles galeries d’anatomie, d’anthropologie et de paléontologie, ainsi qu’une nouvelle volière pour les grands rapaces.
- Depuis sa fondation, « La Nature », dans nombre d’articles avec figures, a fait connaître à ses lecteurs toutes ces améliorations au fur et à mesure qu’elles se sont produites, nous n’y insisterons donc pas. Mais il est une partie du Jardin des Plantes où il reste encore beaucoup à faire, c’est la ménagerie. Dans un rapport au ministre de l’Instruction publique1, Milne-Edwards, en 181)1, faisait déjà remarquer que les constructions de celle ménagerie sont fort anciennes ; qu’elles datent d’une époque où l’on
- n’avait aucune expérience des animaux ; qu’elles n’ont pas été modifiées depuis et sont par conséquent peu en rapport avec les exigences actuelles.
- « Pendant, disait-il, que le développement de la ménagerie du Muséum, si rapide et si remarquable au commencement de ce siècle, s’arrêtait presque complètement vers 1855, des jardins zoologiques étaient fondés dans la plupart des grandes villes de l’Europe et, profitant de ce qui avait été fait à Paris, ils prenaient un essor rapide et laissaient bien loin derrière eux celui qui leur avait montré la marche à suivre. »
- L’illustre savant ajoute plus loin : « La ménagerie du Muséum, qui est le jardin zoologique du gouver-
- Fig. 1. — Plan du Muséum, drossé ]>ar MM. A.-T.. Clément et E. Sauvinet.
- nement français, est menacée d’une décadence irrémédiable si les pouvoirs publics la laissent plus longtemps dans l’état d’abandon où elle se trouve », et il nous apprend que l’insuffisance de son budget était telle, que pour conserver des chames-souris et des singes d’espèces rares « le professeur a été obligé de payer de ses deniers les fruits nécessaires à leur alimentation ».
- Plus heureux que son regretté prédécesseur, M. E. Perrier verra-t-il bientôt s’élever une ménagerie nouvelle, et le Muséum, qu’il dirige avec tant
- * Muséum d’histoire naturelle. « La Ménagerie ». Rapport au ministre de l’Instruction publique, par A. Milne-Edwards, membre de l'Institut, professeur au Muséum. Librairie Masson, 1891.
- de science et de dévouement, recevoir toutes les améliorations si nécessaires pour le rendre digne de la science française?
- Tous ceux qui s’intéressent à l’étude de l’histoire naturelle le lui souhaiteront de grand cœur, et il est regrettable que, comme on le voit souvent à l’étranger, des dons particuliers ne viennent pas l’aider dans l’accomplissement des vastes projets qu’il nourrit pour l’avenir de notre Muséum. .
- « La reconstruction de la galerie'des animaux féroces, nous dit l’éminent directeur, est nécessaire ; les animaux y meurent, et pourtant, outre son utilité pour la science, elle rend à l’art des services non moins importants. Elle est sans cesse fréquentée. ainsi d’ailleurs que le reste delà ménagerie,
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- LA NA T II! K.
- \ I.)
- par lin grand nombre d'artistes en tète desquels il faut placer notre illustre maître, M. K. Frémiet. Tous y trouvent les éléments nécessaires à l'élude artistique d’animaux qu’il leur serait pour la plupart impossible de rencontrer ailleurs.
- Mais dans tout le Muséum, le service qui souffre le plus, nous dit encore M. l'errier, c’est celui de la botanique, qui est pourtant le premier du monde.
- Son herbier, commencé par Tournefort, s’est sans cesse enrichi par suite de dons de la plus haute importance. 11 possède maintenant l’herbier Durand-Coison et l’herbier De Castillo, et forme un ensemble qui le met au-dessus de tous les herbiers existant à l'étranger. Aussi est-il regrettable que Mi,:t' Durand se soit vue obligée de conserver dans son hôtel (ce qui n'est pas sans danger) le célèbre herbier si généreusement donné, et (pue Mine de Castillo ait du également
- Fig. 5. — Buste de Cuvier.
- (D'après une photographie de M. A.-L. Clément.)
- garder momentanément le sien, car l'herbier du Muséum est logé dans une vieille galerie croulante dont la démolition est décidée, et que l’administration des bâtiments civils hésite môme à couvrir. Tandis qu’à lîerlin et ailleurs, il existe pour les herbiers des locaux merveilleux, celui du Muséum est en quelque sorte nolisé par un encombrement sans précédent et par l’insuffisance numérique d’un personnel qui n’a pas élé augmenté depuis quarante ans. Mais nous ne désespérons pas, et en prévision des changements profonds qui ne sauraient manquer de survenir au Jardin des Plantes dans un avenir que nous souhaitons prochain, nous en donnons un dernier plan qui le montre tel qu’il est aujourd’hui, tous ceux que nous connaissons étant déjà très anciens. M. Rlavette, l’architecte actuel du Muséum qui a. succédé si dignement à André, l’auteur de la
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- LA NATURE.
- grande galerie actuelle de zoologie, et à Dutert celui des nouvelles galeries de paléontologie, d’ethnographie et d’anatomie, a bien voulu nous aider à collationner ce plan avec celui qu'il vient lui-même de dresser à grande échelle. Nous lui eu adressons nos plus vils remerciements. Nous joignons à ce plan une vue de la maison de Cuvier, et une photographie de son buste, la première appelée peut-être à disparaître, le deuxième à être déplacé, nous faisant un devoir de remercier l’administration qui a bien voulu faire restaurer ce buste pour nous permettre d’en obtenir un bon cliché, et M. Bois qui a bien voulu le dégager en faisant éloigner les arbustes qui le masquaient en partie.
- Dans sa continuelle évolution le Jardin des Riantes a toujours conservé sa grande popularité. Le directeur lui-même nous apprend, dans une note publiée par la Société nationale d’acclimatation (Bulletin de février 1904) qu’il vient au Jardin les dimanches d’été jusqu’à 50 000 visiteurs dont 6 à 8000 parcourent les galeries. Il expose, dans ce travail, les services rendus par le Muséum à la science, à l’agronomie, au développement de nos colonies, et donne de précieux renseignements sur renseignement qui s’y fait depuis l’origine et n’a jamais cessé, lui aussi, de se développer. Nous n’avons pas envisagé ici ce coté de la question. Mais l'importance n’en saurait échapper à personne, et nous terminerons en citant les propres paroles de M. Edmond Perrier.
- « A un établissement qui remplit sa tâche avec tant d’abnégation et de courage, qui prouve avec tant de vigueur sa puissance d’organisation et sa haute valeur pratique, son importance par le développement de la richesse nationale, la sympathie des pouvoirs publics ne saurait faire défaut. Les dépenses que l’on consentirait en sa faveur appartiennent, par excellence, à la catégorie des dépenses productives. Et nous avons la confiance que le parlement ne marchandera pas les crédits nécessaires pour ([ue le Muséum dispose d’une place suffisante pour rendre abordable à tous les richesses qu’il possède et pour qu’il puisse prendre l’aspect qui convient à un établissement éminemment productif et en pleine prospérité. » N.
- UN TRAIN ROUTIER ÉLECTRIQUE
- Kn attendant qu’on fasse circuler sur les roules de France quelque train automobile Renard, nous pouvons signaler la mise en service d’un train à propulsion continue, où la puissance motrice est transmise par le courant électrique.
- Le train dont il s’agit est d’une importance assez grande, et, d’après « Railway Age », il fonctionnerait déjà. Il a été construit pour assurer le transport du borax dans ce qu’on nomme, en Californie, la Vallée de la
- Mort : la végétation y fait défaut, et l’emploi des bêtes de trait y est fort difticile, par suite du manque d’eau. Le train est composé d’une voiture de tète, que nous pouvons appeler usine centrale : elle envoie du courant à l’essieu moteur disposé sous chaque chariot, en se propulsant elle-même à l’allure que prennent ces chariots. Elle comporte un moteur de 75 chevaux, à 4 temps et 5 cylindres, commandant directement une dynamo; le courant produit est envoyé aux moteurs calés sur les essieux moteurs des chariots. Nous n’insisterons pas sur les avantages qui en résultent pour l’adhérence.
- Chaque chariot peut porter au total 15, 0 tonnes, [tour une tai’e de 4550 kg à peu près ; ces véhicules sont presque entièrement construits en acier. Les roues sont commandées par les moteurs et par l’intermédiaire de chaînes; la direction de la voiture de tète se fait au moyen d’une roue comme en comportent les automobiles ; les connexions entre les divers véhicules sont combinées pour que les tournants se prennent de façon satisfaisante. Ajoutons que ce train est muni de freins Westinghouse,
- à cause des [(entes et rampes des chemins fréquentés, l’air comprimé étant fourni par un compresseur installé dans le véhicule de tête. H. B.
- LES LÉ0NIDES EN 1904
- Jamais plus nous ne reverrons, il le semble bien, les grandes pluies météoriques de la mi-novembre. Finies les averses de Léonides qui de 845 à 1866 attirèrent tous les trente-trois ans l’attention. Les météores se sont disséminés le long de l’orbite et lorsqu’ils nous reviennent c’est en nombre assez modeste, le ciel n’est plus comparable sous d’innombrables traînées à un ciel plein de flocons de neige ou à une colline disparaissant au printemps sous la neige des fleurs. J’ai donné ici même1 les caractères généraux de cet essaim; il était nécessaire de les contrôler par des observations ultérieures. Les observations ne peuvent se faire que dans la seconde partie de la nuit, la constellation du Lion ne se levant qu’assez tard. J’ai été au Havre favorisé de deux très belles nuits : la nuit du 14 au 15 novembre et celle du 15 au 16 novembre. Dans la nuit du 16 au 17 novembre par contre, d’épaisses brumes se sont étendues dans le ciel et ont rendu toutes les observations impossibles. La région du ciel sur laquelle j’ai porté mes investigations comprend les constellations du Lion, du Cancer, du Grand et du Petit Chien, des Gémeaux, du Taureau, d’Orion. J’ai pris pour ces observations les mêmes précautions que lors de la pluie des Perséides2. J’ai enregistré un nombre relativement restreint de trajectoires : 42 sur LU météores
- 1 Yoy. n° 1452, du 3 novembre 1900, p. 259.
- - àoy. n° 1656, du 1er octobre 1904, p. 274.
- Train routier automobile américain.
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- LA N AT U HE.
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- (lui furent aperçus. La première nuit j’ai observé de i heures à 5 heures du matin par un ciel merveilleusement pur. La seconde nuit j’observai de minuit à lh 45, heure où le ciel devint brumeux ; mais de 4 à 5 heures les observations purent être reprises.
- La réduction des observations a permis d’identifier 58 météores; quatre seulement ne se rattachent pas d’une façon nette aux radiants connus. Les Léonides entrent pour 24 dans ce nombre de météores : 12 la première nuit; 5 dans la première moitié de la seconde nuit ; 7 dans la seconde moitié. Il y a certainement plusieurs radiants dans le Lion : j’en note deux principaux :
- l’un par A. 1). 152°)
- 1) -J- 22° ^ * Lion (21) météores),
- l’autre par A. I). 145°)
- _1_ 25° i 6 Lion (* météores).
- Les météores étaient en général brillants, jaunes, à longue traînée. Toutefois il m’a semblé que ces caractères n’étaient point aussi nets qu’à l’habitude. Beaucoup de Léonides se montraient tout à fait à l'horizon et il était impossible de noter les points extrêmes de leur trajectoire. J’ai constaté aussi que les Léonides venaient comme les Perséides par couples et qu’il y avait ensuite des accalmies : plusieurs fois deux météores ont suivi à peu près la même trajectoire à quelques secondes de différence. Deux autres centres d’émanation ont une assez grande importance. L’un est situé près de X Orion par :
- A. D. 82<>
- 1). + 10°,
- l’autre près de C Taureau par :
- A. D. 85o I). + 50°.
- Le premier a fourni beaucoup de petits météores très rapides, très faibles, à peine perceptibles, que je n’ai pas notés dans mes nombres horaires. Mais il est difficile, pour un certain nombre de météores enregistrés, de savoir auquel des deux radiants ils se rattachent, ce qui fait qu’on peut attribuer à l’un des deux radiants, le premier, 7 ou 5 météores, au second, 5 ou 1, le nombre de météores rattachés à ces deux radiants étant de 8 et quatre ayant une provenance équivoque. Mais le point le plus curieux peut-être sur lequel je veux en terminant attirer l’attention, c’est l’existence d’un radiant près de er Gémeaux par :
- A. D. 115 D. +51.
- J’ai noté G météores venant de ce radiant et j’en ai aperçu plusieurs autres. Ils sont de très faible grandeur, Gü pour la plupart, et ils sont assez rapides. Leur observation est par suite assez délicate. Leur couleur notamment est, on le conçoit, très difficile à apprécier, c’est pourquoi je ne puis donner d’affirmation absolue. J’ai eu la sensation que ces météores étaient « verts ». En résumé pluie d’importance moyenne, existence de deux radiants dans le Lion, de centres d’activité météorique dans le Taureau, les Gémeaux et Orion, tel est le bilan de nos observations. Lucien Libeut.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 novembre 1904. — Présidence de M. Mascaht.
- Influence de lu dessiccation sur les végétaux. — M. Berthelot communique les résultats de ses recherches relatives à l’influence de la dessiccation sur le volume des organes et tissus des végétaux. Les variations d’humidité sont sans influence sur la longueur de la tige ; au con-
- traire, ces variations influent sur la surface de la section de la tige et sur l’épaisseur du tissu de celle-ci. M. Berthelot montre que ces conclusions sont susceptibles de nombreuses applications pratiques.
- Perfectionnement dans la fabrication de l'acier. —
- M. Alfred Picard expose que son voyage aux États-Unis a été l’occasion pour lui, et pour M. l’ingénieur des Mines lleurteau, qui l’accompagnait, de visiter de nombreuses usines, et parmi celles-ci les aciéries Carnegie. Ces usines sont remarquables, notamment par la dimension inusitée en Europe des hauts fourneaux et par la combinaison des opérations qui forment une chaîne ininterrompue. Gx'àce à un outillage mécanique perfectionné le minerai apporté ressort en barres laminées ou en rails. Jusqu’ici la composition du lit de fusion avait été réglée d’après l’analyse des matériaux, mais on avait négligé de tenir compte de l’état hygrométrique de l’air. M. Gaslv, de l’usine Carnegie, a imaginé de faire passer l’air des machines soufflantes dans des chambres de refroidissement à —10°. L’air sort ainsi à une température de 0°. La consommation de charbon tombe de 970 kg à 770 kg par tonne; l’économie dépasse donc 20 pour 100.
- Influence du milieu de culture. — M. Bonnier présente une Note de M. Molliard signalant une curieuse transformation d’un végétal. En cultivant le radis dans une solution concentrée de glucose, l’auteur a constaté la formation d’une importante quantité d’amidon dans le végétal.
- L’oxydation du fer. — M. Schlœsing résume un travail de M. Lindet sur l’action accélératrice ou modératrice qu’exercent certaines substances sur la rapidité de l’oxydation du fer. Parmi les composés minéraux, le chlorure de sodium accélère; au contraire, le plomb, le zinc, l’étain retardent. L’arsenic et ses sels exercent une action particulièrement énergique au point de vue modérateur; malheureusement on ne peut, à cause de la solubilité des sels d’arsenic, songer à les employer pour préserver le fer de la rouille. Parmi les substances organiques, le sucre, le phénol, la résorcine, la benzine accélèrent; l’alcool la retarde.
- L’hélium dans les eaux minérales. — M. Deslandres présente une Note de M. Moureu relative à des recherches d’analyse spectrale effectuées sur les composés gazeux provenant de certaines sources thermales. Les expériences de MM. Curie et Laborde sur les gaz de 12 sources thermales ayant montré que ces gaz sont radioactifs pendant un certain temps, M. Moureu a eu l’idée de rechercher si ces gaz ne contiennent pas de l’hélium qui paraît être le dernier terme de l’émanation du radium. Non seulement il y a trouvé l’hélium, mais encore l’argon. La présence de l’hélium, liée à la disparition de la radioactivité du mélange, est un fait très important au point de vue de l’hypothèse faite sur la résolution de l’émanation du radium ; quant à la présence de l’argon elle est très importante au point de vue thérapeutique, car elle permettra sans doute d’expliquer l’action cachée de certaines sources.
- Influence des dermatoses sur la nutrition. — M. Bouchard résume les nouvelles conclusions de MM. Desgrcz et Ayrignac sur la nutrition au cours des maladies cutanées. La destruction des albumines, pendant ces maladies, porte intégralement sur les divers groupes de ces substances. Ils constatent, en outre, une déminéralisation marquée de l’organisme et un ralentissement général des oxydations. Ils établissent enfin que les intoxications intestinales semblent jouer un rôle actif dans la genèse des affections cutanées (25 pour 100 environ du nombre de cas). Ch. de Yilledeuil.
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- LA NATU HE
- M4MELLE DE SÛRETÉ G. F.
- POUR MISE EN MARCHE UES MOTEURS A EXPLOSIONS
- Nous avons signalé dernièrement1 les accidents assez fréquents qui se produisent, au moment de la mise en marche des moteurs d’automobiles, par suite du départ du volant à contresens. Ainsi que nous l’avons montré, ce retour en arrière peut être évité si l’on a soin de disposer convenablement rallumage; mais soit oubli, soit négligence ou ignorance, il est à supposer que le danger des explosions intempestives subsistera toujours et il est intéressant de pouvoir les rendre sans action sur la manivelle. Au premier abord cela parait paradoxal; on sait, en effet, que celle-ci est fixée, au moyen d'un escargot, à l’extrémité de l’axe du volant, de telle sorte qu’elle l’entraîne quand on tourne dans le sens de la marche, mais qu’elle se débrayé automatiquement dès que le volant tourne plus vite qu’elle. D'après la disposition des crans de l’escargot il y a fatalement entrainement de la manivelle quand la marche se fait en sens inverse. Il faudrait pour éviter cela qu’une sorte de roehet permît le débrayage dans ce sens, mais alors on ne pourrait plus agir avec assez de force dans le sens de la marche.
- M. Gérard fils a cependant résolu la question d’une façon très ingénieuse et sa manivelle, construite par MM. Gautreau, a donné des résultats excellents. L’appareil se compose de trois parties indépendantes l’une de l’autre et qui sont représentées à leurs places respectives sur la figure (n° 1). En premier lieu nous voyons l’arbre B à l’une des extrémités duquel se trouve l’escargot d’embrayage avec l’axe du moteur ; l'autre extrémité, d’un diamètre beaucoup plus grand, forme le mandrin P. Cette pièce BP est représentée à part (n° 2) ; il est à remarquer que les parties B et P ne forment qu’un seul et même tout. En deuxième lieu on voit un ressort à boudin H dont une extrémité (n° o) est fixée en E sur l’arbre de la manivelle M, tandis que l’autre extrémité A, qui est
- 1 Yoy. n° 1027, du 30 .juillet 1001, p. 150.
- libre, est légèrement recourbée vers le haut; en outre les deux dernières spires sont un peu plus hautes que les autres. Enfin un manchon Il(n° 1), muni d’un couvercle G, enveloppe le tout, mais il reste complètement indépendant des autres organes.
- Un voit que, lorsque les choses sont en place (n° 1), les deux parties B et E sont en prolongement l’une de l'autre et forment en somme l’arbre de la manivelle; elles sont raccordées par le ressort 11 qui vient s’appliquer sur le mandrin P, solidaire de B comme nous l’avons dit.
- Si on tourne la manivelle dans le sens de la marche et que le manchon II soit immobilisé par un artifice quelconque (en général il est fixé à la voiture par des patins et des boulons), la partie A
- comprenant les dernières spires du ressort, en frottant contre la paroi du manchon H, force les autres spires à se resserrer contre le mandrin P ; elles l’enserreront avec d’autant plus de force que la résistance opposée sera plus grande ; celui-ci sera donc entraîné, ainsi que B qui en est solidaire, et le volant. Si à ce moment un choc en retour se produit, c’est B et P qui seront entraînés en sens inverse ainsi que le ressort R ; mais aus-l’exlrémité A de celui-ci frotte en sens inverse contre la paroi du manchon II, qui est maintenu immobile, et les spires s’écartent du mandrin qui devient libre de tourner seul sans entraîner ni le ressort, ni la manivelle EM, desquels il est devenu complètement indépendant.
- Les premiers essais, qui furent faits sur un moteur de 25 chevaux, nous ont complètement surpris ; des explosions prématurées ayant été produites à dessein, le moteur est parti à rebours sans que la main qui tenait la manivelle subisse le moindre choc. Si cet appareil se généralise, comme c’est probable, on n’aura plus à craindre chez les conducteurs d’automobiles les accidents dont la fréquence avait été signalée à l’Académie de Médecine. G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Manivelle de sûreté pour mise en marche des moteurs à explosions.
- 1. Coupe de l’ensemble. — 2. Détail de l’escargot et du mandrin. — 3. Détail du ressort. Sitôt
- Paris. — Imprimerie Laiisre, rue de Fieurus, 9.
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- LA NATURE
- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE — 1904
- S i
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeille domestique (L’art factice chez P),
- 20.
- Académie de Berlin (Centenaire de T), 502.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de T), 14, 30. 47, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 158, 175, 191, 207,223, 239, 254, 271, 286, 302, 319, 335, 351, 367, 383, 599, 415.
- Accélération dans la descente d’une roue libre (L’), 338.
- Acétylène en Allemagne (L’), 158.
- Acier (Les températures de transformation de 1’), 319.
- Acier (Perfectionnement dans la fabrication de 1’), 415.
- Aciers-nickel dans la construction des chaudières (L’), 187.
- Aciers au nickel (La dilatation des), 122.
- Acit&s cassants (La guérison des), 3.
- Adrénaline (Composition de T), 271.
- Aéronautique, 22.
- Affûts à éclipse (Les), 71.
- Agrumes d’Italie (Les), 354.
- Air comme lubrifiant (L’), 383.
- Air du métropolitain de Londres (L’), 19.
- Air sur les volants de machines (La résistance de 1’), 79.
- Aliment pour le bétail (Nouvel), 143.
- Alimentation et les sels de fer (L’), 286.
- Alliages (Distillation des), 79.
- Alliages magnétiques de manganèsç, 335. V
- Allumage et fracture du radius (Avance à 1’), 139.
- Alpage (sur 1’), 199.
- Alpes (L’assaut des), 183.
- Alpes (La structure des), 319.
- Altostéréoquart de M. Steinheil, 9.
- Aluminium (Les alliages d’), 74.
- Amputations multiples (Les), 22.
- Analyse simple et rapide des produits cupriques, 310.
- Animaux par la lumière (Attraction des), 394.
- Anistôme (L’), 96.
- Araignées (L’amour maternel chez les), 546,
- Arbres (Appareil électrique à abattre les), 358.
- Arrêt des trains et les heurtoirs hydrauliques (L’), 302.
- Arsenic dans l’organisme (L’), 111.
- Arum (Le piège de U), 230.
- Asphalte armé (L’), 31.
- Astres à l’horizon (L’agrandissement apparent des), 82.
- Astronomie physique, 367.
- Atlantique (Traversée rapide de T), 95.
- Atmosphère (La transparence de T), 306.
- Auto-Bolide (L'), 303.
- Automobiles de la cour de Chine (Les),
- 111.
- Automobiles postales (Les), 365.
- Automotrice sur le Métropolitain (Une voiture), 324.
- Auto-postales (Nouvelles), 286.
- Auto-volant (L’), 108.
- Auvergne et Java, 162.
- Azote de l’air (La fixation de T), 158.
- B
- Balayeuse de la Ville de Paris (Nouvelle machine), 584.
- Ballon anémométrique Julliot (Le), 353.
- Ballons (Stabilité des), 64.
- Ballons dirigeables (Limite de la vitesse des), 15.
- Barils métalliques emboutis d’une seule pièce, 362.
- Barrage de la Tamise (Le grand), 234.
- Barrage sur le Cher (Un grand), 316.
- Barlholdi (Frédéric-Auguste), 318.
- Bateau poseur de câbles (Un nouveau), 158.
- Bateaux de la marine allemande (Les petits modèles de), 331.
- Bateaux électriques de la marine américaine (Les), 351.
- Béton au point de vue de l’économie dans les constructions (Le), 190.
- Beurres salés (L’amertume des), 50.
- Bleus (Machine électrique à faire les), 208.
- Bois (Le déficit de la production des), 18.
- Bois créosoté et les tarets (Le), 191.
- Bois de mines remplacés par les étais métalliques (Les), 399.
- Bordeaux à Paris (De), 350.
- Bouquin photographique (Le), 176.
- Bourrasque par des fusées (Dispersion d’une), 79.
- Bozcl et le torrent de Bonrieux, 164.
- G
- Caissons (La maladie des), 190.
- Calcanettes (Les), 287.
- Calcédoines à inclusions géantes (Les), 307.
- Camphre du Japon (Le), 258.
- Canal de Panama (Les travaux d’achèvement du), 398.
- Canal de Panama et Goethe (Le), 302.
- Canon (Action météorologique des coups de), 399.
- Canons (La supériorité des gros), 398.
- Canots automobiles de la Ville de Paris (Les), 44.
- Cargo-boats modernes (Les), 383.
- Carnassiers en Suède (Les), 46.
- Carrières à dolmens sur la falaise océanique en Vendée (Deux), 376.
- 27
- Supplément au n° 1644 de La Nature du 26 novembre 1904.
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Cellule cartilagineuse (Polymorphisme de la), 254.
- Cerf-volant et les sondages aériens à la mer (Le), 101.
- Chaleur contenue dans la vapeur (Ce qu’on perd de), 190.
- Chalumeau oxy-acétylénique, 59.
- Champignons (Du rôle de la couleur et de l’odeur chez les), 380.
- Champignons au Japon (La production des), 199.
- Champignons du printemps (Les), 120.
- Charhon de tourbe, 254, 334.
- Charbon sous l’eau (L’emmagasinage du), 271.
- Château de Langeais à l’Institut (Don du) 17.
- Chaudière aquatubulaire japonaise, 110.
- Chauffage au charhon pulvérisé (Le),
- 222.
- Chefs-d’œuvre horlogers, 191.
- Chevaux (L’anémie infectieuse des), 143.
- Chevaux nains, 144.
- Chloroforme et insolation, 82.
- Cigale (La sortie de la), 208.
- Cinémomètre différentiel enregistreur.
- 12.
- Cire gaufrée (La), 20.
- Citron comme antiseptique (Le jus de',
- 181.
- Cochenille (La Pezize), 174.
- Cocons par le froid artificiel (L’étouffage des), 58.
- Combustible pulvérisé (Avantages et inconvénients du), 63. ^
- Comète Brooks (1904 a) (La), 62.
- Comète d’Encke (La), 366.
- Commission permanente internationale d’aéronautique (La), 22.
- Compas de mer nouveaux (Deux), 354.
- Concrétions et tubulures dans le sable des dunes, 64.
- Conduites d’eau en bois des Vosges (Les). 239.
- Conduites d’eau en porcelaine, 46.
- Congrès de Saint-Louis (Le), 335.
- Contre-torpilleurs, 95.
- Cordes fabriquées par les indigènes d’Algérie, 78.
- Corps nouveau (Préparation de), 63.
- Correspondance scientifique, 351.
- Corrosions des chaudières et courants électriques, 174.
- Coton (La production du), 110.
- Couleurs (Photographie des), 6, 15, 63, 170.
- Coups de bélier dans les conduites forcées (Les), 130.
- Courants telluriques (Les), 29.
- Crépuscule et la Tour Eiffel (Le), 146.
- Croiseur cuirassé japonais « Kasuga » (Le), 398.
- Crues aux États-Unis (Le service des annonces des), 207.
- Crustacés des grandes profondeurs (Les yeux des), 355.
- Cryostase, 182, 271.
- Cuirassé (Un nouveau type de), 271.
- Cuivre (La couleur du), 175.
- Culture (Influence du milieu de), 415.
- Cultures dans les pays de sécheresse (Les), 383.
- Curiosité chez les oiseaux (La), 134.
- Cuve dequilibre de la Villette à Paris (La), 116.
- D
- Débit d’une conduite (Un procédé chimique donnant le), 519.
- Déformations élastiques (Mesures des), 28.
- Déraillements de trains (Un appareil contre les), 175.
- Dermatoses (Conséquences des), 583.
- Dermatoses sur la nutrition (Influence des), 415.
- Diamants inclus dans un minéral, 399.
- Diastase oxydo-réductrice, 63.
- Digitale et Scrofularinées, 182.
- Digue et le relèvement de Galveston (La), 302.
- Diplidc du Dr Doyen, 9.
- « Discret » (Le), 35.
- Distribution électrique et tout à l’égout, 516.
- Division des cercles gradués (Les erreurs de), 286.
- Drave printanière (Les mouvements de la), 134.
- Durance à Briançon (La cluse de la), 103.
- E
- Eau (L’inertie de 1’), 34.
- Eaux de Madagascar (Les), 143.
- Eaux minérales (La radio-activité des),
- 202.
- Éclairage jaune des laboratoires de photographie (Un progrès dans 1’), 178. École agricole de femmes (Une), 67. Écorce de Cascara (La production de 1’),
- 311.
- Écran jaune en photographie (L’), 86. Édison (La renommée d’), 207.
- Elections à l’Académie des sciences, 64, 79, 95.
- Électricité (Déperdition aérienne de 1’), 303.
- Électricité de 1562 à 1900 (L’), 235. Électricité en agriculture (L’), 190. Électrométallurgie du fer (Progrès de
- . H» ‘27- ..
- Électrostérilisateurs Otto (Les), 156. Elevated de Tokio ( L’), 271.
- Émanation des corps, 47, 79, 95. émission pesante, 143.
- Engrais azoté (Une nouvelle source d’), 207.
- Engrais de poisson (Les), 331. Enregistreur chronométrique portatif, 163.
- Équidés à Madagascar (Maladie des), 383.
- Escargot (L’odorat des), 189.
- Essaim d’abeilles au Muséum (Un), 218. Essences d’aspic et de lavande, 93. Étoile (Le poids d’une), 523.
- Étoile Pégase (L’), 78.
- Étoile variable du « Cocher » (L’), 127. Étoiles filantes (Observation d’), 287. Étoiles variables (Nouvelles), 206. Euphorbe et Euphorbiacées, 86. Expériences de MM. de la Vaulx et Hervé (Les), 167.
- Exploration de gouffre, 367.
- Explosions de dynamite à distance (Effets des), 180.
- Explosions et les navires de guerre (Les), 239.
- Exposition de Saint-Louis (L’), 219. 275. Exposition florale, 14,
- Exposition internationale d’aviculture, 551.
- Eyzics 'Los;, 521.
- Falaises entre Biarritz et Saint-,!ean-de-Luz (Les), 204, 278.
- Falsification (Une nouvelle), 166.
- Farines par le froid (Conservation des), 223.
- Fauteuils automobiles et automatiques à l’Exposition de Saint-Louis (Les), 358.
- Fer (L’électrométallurgic du), 411.
- Fer (L’oxydation du), 415.
- Fer électrolytique (Le), 342.
- Fièvre jaune à Rio-de-Janeiro (Disparition de la), 289.
- Film Pack de Eastmann, 9.
- Fluor (Combinaisons du), 383.
- Fonte (La mobilité moléculaire de la), 410.
- Fontestorbe (La), 243.
- Fossiles de Patagonie (Les), 383.
- Foudre en boule (La), 238.
- Four non oxydant pour rivets, 247.
- Fourmi providentielle (Une), 326.
- Fourmis (Les ennemis des), 241.
- Fourrures en Sibérie (Le commerce des), 115.
- Fraises à gros fruits (Les bonnes), 58.
- Frein Lipkowski (Le), 268.
- Fumées industrielles à Calcutta (Les), 207.
- Fumivorité et haute température des chambres de combustion des chaudières, 502.
- G
- Galets des plages (Les), 218.
- Gaz des hauts fourneaux (Les), 175.
- Gaz des hauts fourneaux comme unique source de force motrice en métallurgie (Les), 158.
- Gaz inflammable dans la Haute-Savoie (Une source de), 246.
- Gaz par le charbon (Absorption des), 127.
- Gaz solidifiés (Densités des), 14.
- Gazon automobiles (Tondeuses de), 227.
- Gazons fleuris (Les), 263.
- Géodésie moderne (Les procédés rapides de la), 339, 395.
- Géodésiques modernes (Les étalons), 259.
- Glacier de la Tête-Rousse (Le), 251.
- Glacier groenlandais (La disparition d’un), 286.
- Glaciers de F Himalaya (Récentes explorations sur les), 387.
- Glycines au Japon (Les), 87.
- Gorges du Cians et du Verdon, 24.
- Greffe (Histoire et valeur des hybrides de), 214.
- Grenades à main (Les), 330.
- Grès et tunnel naturel d’Oupliz-Tziké (Transcaucasie) (Perforation des), 299.
- Guimbert (F.), 206.
- Gutta-percha artificielle, 239.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- H
- Halo solaire du 25 juillet 1904 (Le), 210.
- Haut fourneau électrique pour la métallurgie du cuivre (Un), 145.
- Hélice (Le fonctionnement de 1’), 110.
- Hélices des ballons (Allègement des), 367.
- Hélium dans la nature (L’), 191.
- Hélium dans les eaux minérales (I/), 415.
- Hémogrégarine (Découverte d’une). 159.
- Hémogrégarine (Transformation d’une), 319.
- Heure (Transmission de U), 79.
- Heure par télégraphie sans fil (Distribution de 1’), 129.
- Histologiques (Recherches), 207.
- Horloge d’Angleterre (La plus vieille), 238.
- Horloges magnéta, 128.
- Houillères de la Belgique (Les nouvelles ressources), 191.
- Huiles (Un appareil à essayer les), 335.
- Hydrographie à la plage (L’), 147.
- I
- Indicateur de vitesse « Columbia », 124.
- Indiens du nord-ouest Amérique (LesR 328.
- Indo-Chine (Exploration de 1’), 351.
- Insecte concierge (Un), 369.
- Installations hydro-électriques dans le monde (Les), 334.
- Iode au Chili (La production de 1’), 222.
- Iridium (La température de fusion de U), 94.
- Irrigation (Un curieux procédé d’), 254.
- Irrigation en Égvptc (Nouveaux travaux d’), 270.
- J
- Jardin des Plantes autrefois et aujourd’hui (Le), 75, 251, 411.
- Jouets de 1904 (Le concours de), 172.
- Joujoux en noix, 255.
- Jumelle stéréoscopique « Le Phototransposeur », 35.
- L
- Laboratoire d’essai des locomotives à l’Exposition de Saint-Louis, 385.
- Labourage superficiel (Les avantages du), 254.
- Lac « Morskié Oko » dans les Tatres (Le), 311.
- Lac salé (La disparition du Grand), 239.
- Lait (Variations du point de congélation du), 207.
- Laponie (Le développement industriel de la), 354.
- Larve paradoxale (Une), 400.
- Latitude (Variations de), 46.
- Lavage du sang, 127.
- Lécithines du vin (Les), 147.
- Légumes japonais, 356.
- Lemmings en 1903 (La migration des), 42.
- Léonidcs en 1904 (Les), 414.
- Lever topographique de l’Afrique du Sud, 190.
- Levocyclisme, 69.
- Ligne télégraphique à travers la Perse (La grande), 239.
- Livre du monde (Le plus petit), 62.
- Locomotive (Explosion d’une), 110.
- Locomotive à grande vitesse de la Compagnie d’Orléans, 161.
- Locomotive à vapeur la plus rapide du monde (La), 81.
- Locomotive de 136 tonnes (Une), 271.
- Locomotive en acier-nickel (Une), 207.
- Locomotives électriques américaines (Nouvelles), 384.
- Logan-Berry (Le), 141.
- Lueur du soleil à minuit (La), 97.
- Lunaire (L’activité), 334.
- Lunaire Platon (Variations du cirque), 403.
- M
- Machine motrice portative et scie mécanique, 368.
- Machines à calculer, 194.
- Maçonnerie et métal dans la construction des ponts (La), 175.
- Maïs de Buenos-Ayres en Europe (La conservation des), 50.
- Maisons tournantes (Les), 223.
- Mal de mer (Théorie mécanique du), 226.
- Maladie à trypanosomes ( ^Immunisation contre la), 127.
- Mammifères fossiles dans le Yukon et l’Alaska (Les grands), 3.
- Manivelle de sûreté G. F. pour mise en marche des moteurs à explosions, 416.
- Manomètres (Appareil à éprouver les), 407.
- Marbres de Grèce, 239.
- Marcheur (L’éducation du), 55.
- Marine de g-uerre anglaise (Les nouvelles constructions de la), 190.
- Marine de guerre des États-Unis (La), 239.
- Marteau hydraulique à vapeur, 240.
- Mer Rouge (Exploration scientitique de la), 303.
- Métallurgie du monde (La), 254.
- Métaux (Structure des), 191.
- Métaux (Volatilisation et distillation de' 103.
- Métaux par distillation (La purification de), 58.
- Métropolitain (Le), 359.
- Mica au Canada (Mines de), 378.
- Mines (L’épuisement de l’eau dans les), 191.
- Mitrailleuse Bergmann (La), 407.
- Mollusques (Histologie des), 48.
- Mollusques (Périodicité d’action chez certains), 335.
- Montre (Comment on a porté la), 347.
- Monument de Pasteur (Le), 113.
- Monuments druidiques en Chablais, 367.
- Moteur à capillarité, 272.
- Moteur à gaz pauvre Duplex (Le), 291.
- Mouvement relatif et le mouvement absolu (Le), 106.
- Murs (L’humidité et la salpêtrisation des) 26.
- Muscles (Dépense énergétique des), 63.
- Muscles (La dépense de travail des), 303.
- N
- Nadaillac (Le marquis de), 318.
- Navigation du monde (La plus importante), 222.
- Navire cuirassé (Les dépenses d’un), 175.
- Navire-hôpital français (Un), 319.
- Navires sans tangage ni roulis, 1.
- Négroïdien en Europe (Survivance du type), 47.
- Niveau à bulle (Fausses indications d’un), 175.
- Nourriture pour aliments stérilisés, 111.
- Nuages (La mer de), 48.
- O
- Objectifs photographiques (Nouveaux), 250.
- Observations anglaises au Tibet, 47.
- Observatoire (Création d’), 271.
- Observatoire du Pic du Midi (L’), 343.
- Océanographie, 51, 63, 111.
- Œufs conservés (Les), 79.
- Oiseaux dans la Grande-Bretagne et en Irlande (La migration des), 19.
- Omnibus automobiles (Un service d') 225.
- Ouvrage (Présentation d’), 302.
- Ouvrages (Réception d’), 240.
- Oxygène (Appareil d’absorption d’), 14.
- Oxygène et la respiration (La raréfaction de U), 15.
- P
- Palmier réverbère (Le), 62.
- Panier kabyle pour fruits ou pour œufs, 139.
- Papier des billets de banque américains (Le nouveau), 302.
- Papillons (Une invasion de), 133.
- Parasitisme (Singularité du), 47.
- Pavage (Un nouveau), 31.
- Pavage en caoutchouc, 367.
- Pèche de la morue (Une révolution dans la), 381.
- Pellicule superficielle des solides (La), 186.
- Pendule roulante, 15.
- Perséides (L’essaim des), 223.
- Perséides de 1904, 274.
- Peste bovine dans la Haute-Égypte (La) 188.
- Pétrole aux États-Unis (Cinquante ans de production de), 399.
- Pétrole pour le chauffage des chaudières (Les avantages du), 62.
- Pezize cochenille (La), 174.
- Phare en béton armé (Un), 273.
- Phare tout en béton armé (Un), 206.
- Phoque aux États-Unis (Un projet d’élevage du), 166.
- Phosphorés et la nutrition (Les .composés organiques), 399.
- Photographie des couleurs, 6,15,63,170.
- Photographie donnant l’impression du relief, 351.
- Photographie géologique en cerf-volant (La), 295.
- Photographiques (Nouveautés), 9, 35.
- Phtisie des mineurs (La), 318.
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- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Physiologie, 240.
- Pic Gerbats (Le), 119.
- Piétons et trains de chemins de fer, 402. Pince improvisée à manœuvrer les tuyaux, 598.
- Planète Iris (La petite), 30.
- Plantes à Heurs par le froid (Culture retardée des», 65.
- Plantes par les sauterelles et les poissons (Dissémination des), 295.
- Pluie dans la région parisienne (La), 202. Poissons scies (Les), 315.
- Poivrier en Indo-Chine (La culture du),
- 222.
- Polypiers coralliaires (La souche des), 63. Pompe (Garniture hydraulique de), 142. Pompe à piston tournant (Nouvelle), 99. Pompes centrifuges de Laval à haute pression, 193.
- Pont en béton (Un immense), 206.
- Pont en béton armé de 216 mètres (Un),
- 222.
- Pont tournant automobile (Un), 223. Ponts de fer de l’Asie centrale (Les), 135. Population indienne au Canada (La), 247. Port dans l’Argentine (La création d’un grand), 379.
- Postaux par voies de fer aux États-Unis (Les transports), 271.
- Poterie tubulaire romaine, 406. Poussière (Contre la), 171.
- Poussière (La guerre contre la', 39. Prunes japonaises (Les), 257.
- Pucerons (Les mangeurs de), 263.
- Puits artésien de Carrières-sous-Poissy (Le), 83.
- Q
- Quinine (L’industrie de la), 319.
- R
- Race tarine (La). 199.
- Racines (i.a force de pénétration des), 186. Radiations d’origines diverses (Comparaison de), 95.
- Radio-actives (Identité de substances), 303.
- Radio-activité des corps, 127. Radio-activité du gaz naturel, 178. Radiographie de pied de Chinoise, 308. Radium (Effets de l’émanation du), 30. Radium (La vie du), 206.
- Radium (Nature de l’émanation du), 31. Radius (Avance à l’allumage et fracture du), 139.
- Rats à bord des navires (Un nouveau procédé de destruction des), 191. Rayon vert (Observation du), 294. Rayons N (Constitution des), 31, 63. Rayons N (Émission des), 15.
- Rayons N (Procédés d’observation des), 79, 111, 399.
- Rayons N (Propriétés des), 47, 143. Renault (Rernard), 350.
- Respiratoire (Nouvel appareil), 159. Ressorts (Une machine à essayer les), 305.
- Rochers gravés de Vendée (Les), 215. Ronce et de framboisier (Hybride de), 141.
- Rubis par fusion (Reproduction artificielle du), 177.
- S
- Salinité et température des eaux de mer, 314.
- Saturne (La rotation de), 158.
- Saturne (Le neuvième satellite de), 398.
- Sécheresse de l’air (La), 90.
- Sécheresse dans la région française du Mont-Rlanc (Extraordinaire), 298.
- Seine à Bicêtrc (La), 7.
- Semences (Traitement des), 303.
- Sensitive (Sur le mouvement de la), 149.
- Serpent ailé (Un faux), 337.
- Serpent de mer (Description du), 79, 94.
- Serpents (La pierre de), 39.
- Simplon (Tunnel du), 174, 370.
- Sol dans l’est de la France (Vastes dénudations du), 47.
- Sol de la région méditerranéenne (Mouvements du), 159.
- Solaires (L’observation continue des phénomènes), 158.
- Soleil (Valeur de la parallaxe du), 50.
- Soleil vert (Le), 294.
- Son dans l’air (Un procédé de mesure de la vitesse du), 390.
- Sons (Un appareil de renforcement des),
- 110.
- Soudure autogène, 59.
- Souris qui chantent (Les), 138.
- Sous-marins en Extrême-Orient (Les), 67.
- Station centrale de chauffage et d’éclairage de Dresde, 401.
- Station électriquede Londres (Lagrande), 143.
- Stellaire (Nouvelle mesure de distance), 35.
- Stellaire de l’Observatoire de Toulouse (Catalogue), 335.
- Stéréodrome (Le), 61.
- Stérilisation (Un concours de), 143.
- T
- Tabac (L’aldéhyde formique du), 383.
- Table de multiplication (Une), 223.
- Teinture sans couleur (La), 258.
- Télégraphe et le téléphone au Japon (Le), 108.
- Télégraphes et les téléphones en Espagne (Les), 142.
- Télégraphie multiple, 374.
- Télégraphie sans fil à bord du « Cam-pania » (La), 127.
- Télégraphie sans fil au Baïkal, 78.
- Télégraphique Siemens et Halske (L’appareil), 150.
- Téléobjectif Adon de M. Turillon, 9.
- Téléphones dans la Nouvelle-Écosse (Les), 95.
- Température de fusion de l’iridium (La), 94.
- Tempête du 10-11 septembre 1903 (La), 80.
- Terre (Observation des tremblements de), 399.
- Terres en Angleterre et les cultures fruitières (La baisse des), 371.
- Tète (Luxation de la), 254.
- Thermomètres avertisseurs métalliques Richard, 363.
- Timbres de Corée (Nouveaux), 14.
- Tirefonnage et bourrage mécanique des voies de chemins de fer, 372.
- Toiles des Flandres, 11.
- Tomate (La), 138.
- Tout à l’égout et distribution électrique, 316.
- Tracés en spirale (Les approches des hauts viaducs et les), 23.
- Tracteur colonial Scottc (Le), 49.
- Train routier électrique (Un), 414.
- Tramway du Mont-Blanc (Le), 279.
- Trans-Atlantic American (Le), 118.
- Transport du poisson sur les chemins de fer anglais (Le), 190.
- Tremblement de terre en France, 127
- Tremblements de terre (Localisation des), 143.
- Trépan dans les mines (L’emploi du), 266
- Trompes à vide (Régulateur pour), 59.
- Tuberculose des vaches en Suède (La), 155.
- Tunnel du Simplon (Les travaux du), 370.
- Tunnel sous les chutes du Niagara (Un), 367.
- U
- Usine électrique aux chutes du Zambèze (Une), 527.
- Usines à gaz souterraines, 254.
- Usines hydrauliques en France (Les),175.
- Y
- Vaches (Une méthode originale de traire les), 219.
- Vanadium (Formation des minerais de), 14.
- Varechs dans l’alimentation du bétail (Les), 11.
- Végétaux (Intlucnce de la dessiccation sur les), 415.
- Vent et les vagues sur le lac Léman (Le), 206.
- Ver des noisettes (Le), 209.
- Vers des pommes (Les), 282.
- Viaducs et les tracés en spirale (Les approches des hauts), 23.
- Vide (Nouveau procédé pour faire le), 366.
- Vie alpestre, 391.
- Vigne (L’anthracnose de la), 95.
- Vin de palmier et lagmi, 98.
- Vin et eau-de-vie de ligues, 334.
- Viticulture en Californie (La), 156.
- Yorlicelle muguet (La), 53.
- w
- Wagon d’incendie du (Métropolitain de Chicago (Le), 351.
- Z
- Zébu de l’Inde en Algérie (Le), 211.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — Auvergne et Java, 162. — Le piège de l’arum, 230. — Un navire-hôpital français, 319. — Une larve paradoxale, 400.
- R. (1).). — La guérison des aciers cassants, 3. — Les approches des hauts viaducs et les tracés en spirale, 23. — Les alliages d’aluminium, 74. — Le jus de citron comme antiseptique, 181. — Le service des annonces des crues aux États-Unis, 207. — La production de l’iode au Chili, 222. — Les maisons tournantes, 223. — Les gazons fleuris, 263. — Un grand barrage sur le Cher, 316. — Une usine électrique aux chutes du Zambèze, 327. — Le fer électro-lytique, 342. — Appareil électrique à abattre les arbres, 358. — Thermomètres avertisseurs métalliques Richard, 363. — Pince improvisée à manœuver les tuyaux, 598. — Appareil à éprouver les manomètres, 407. — La mobilité moléculaire de la fonte, 410.
- B. (H.). — L’inertie de l’eau, 34. — Volatilisation et distillation de métaux, 103. — Garniture hydraulique de pompe, 142. —Une méthode originale de traire, les vaches, 219. — Le wagon d’incendie du Métropolitain de Chicago, 551. — Les fauteuils automobiles et automatiques de l’Exposition de Saint-Louis, 358. — Un train routier électrique, 414.
- B. (R.). — La migration des oiseaux dans la Grande-Bretagne et en Irlande, 19. — Radioactivité du gaz naturel, 178.
- Barral (Jacques). — Indicateur de vitesse « Columbia », 124.
- Baudouin (Dr Marcel). — Deux carrières à dolmens sur la falaise océanique en Vendée, 376.
- Bellair (Georges). — Histoire et valeur des hybrides de greffe, 214.
- Bellet (Daniel). — Le grand barrage de la Tamise, 254. — Tirefonnagc et bourrage mécanique des voies de chemin de fer, 372.
- Belloc (Émile). — La fontestorbe, 243.
- Blainville (P. de). — Les électro-stérilisateurs Otto, 156.
- Bonaparte (Prince Roland). —Vie alpestre, 391.
- Bonnaffé (Édouard). — L’emploi du trépan dans les mines, 266.
- Ilo.n.Nin (R.). — Navires sans tangage ni roulis, 1. — Mesures des déformations élastiques, 28. — La tempête du 10-11 septembre 1903, 80. — Les coups de bélier dans les conduites forcées, 130. — Locomotive à grande vitesse de la Compagnie d’Orléans, 161. — Théorie mécanique du mal de mer, 226. — Le frein Lipkowski, 268. — Un phare en béton armé, 273. — Le métropolitain. Ligne de l’avenue de Yilliers à Ménilmontant, 359. — Les travaux du tunnel du Simplon, 370.
- Bougeois (Henry). — Un appareil à essayer les huiles, 355. — Laboratoire d’essai des locomotives à l’Exposition de Saint-Louis, 385.
- Bocssac (P. Hippolyte). — La peste bovine dans la Haute-Égypte, 188.
- Boyer (Jacques). — Essences d’aspic et de lavande, 93. — Le télégraphe et le téléphone au Japon, 108.
- Brandicourt (V.). — Les mouvements de la Drave printanière, 134. — Dissémination des plantes par les sauterelles et les poissons, 295. — Du rôle de la couleur et de l’odeur chez les champignons, 586.
- Briet (Lucien). — Lepic Gerbats, 119.
- C. (I)r A.). — L’air du Métropolitain de Londres, 19.
- C. (H.). — La curiosité chez les oiseaux, 134.
- Capitan (D‘). — Les rochers gravés de Vendée, 215. ,
- Cartaz (Dr A.). — Les amputations multiples, 22. — La pierre de serpents, 39.
- Ciialmarès (G.). — Soudure autegène. Chalumeau oxv-acéty-lénique, 59. — Horloges magnéla, 128. — Avance à l’allumage et fracture du radius, 159. — Le concours de jouets de 1904, 172. — Les calcanettes, 287. — L’auto-bolide aux Folies-Bergère, à Paris, 303. — Manivelle de sûreté G. F. pour mise en marche des moteurs à explosions, 416.
- Clément (A. L.). — L’art factice chez l’abeille domestique. La cire gaufrée, 20. — Un essaim d’abeilles au Muséum, 218.
- Coucelle (J ). — Bozil et le torrent de Bonricux, 164. — Sur l’Alpigc. La race Tanne, 199.
- Coupix (Henri). — Les champignons du printemps, 126. — Les souris qui chantent, 138. — Le ver des noisettes, 209.
- — Le camphre du Japon, 238. — Les ennemis des fourmis, 241. — Les mangeurs de pucerons, 263. — L’amour maternel chez les araignées, 546. — Légumes japonais, 556. — Un insecte concierge, 3H9.
- D. (W.). — La production des champignons au Japon, 199.
- Dehérain (Henri). — Don du château de Langeais à l'Institut, 17.
- Delauney. — Les galets des plages, 218.
- Demeny (G.). — L’éducation du marcheur, 55.
- Devyreu (Léon). — Euphorbe et Euphorbiacées, 86. — Digitale et Scrofularinées, 182.
- Deyrolle (Dr). — Lagmi et vin de palmier, 98.
- Düval (A.). — Radiographie de pied de Chinoise, 508.
- Erard-Eliasz. — I c lac « Morskiè üko » dans les Tatres, 311.
- Espitallier (L‘-colonel G.). — La commission permanente internationale d’aéronautique, 22. — Un nouveau pavage. L’asphalte armé, 31. — Les affûts à éclipse, 71. — Les expériences de MM. de la Vaulx et Hervé, 167. — Un service d’omnibus automobiles, 225. — Le tramway du Mont-Blanc, 279. — Le ballon anémométrique Julliot, 353. — La mitrailleuse Bergmann, 407.
- Fauré (Emmanuel). — La vorticelle Muguet, 33.
- Forest (Louis). — Un haut fourneau électrique pour la métallurgie du cuivre, 145.
- Fournier (Lucien). — Les canots automobiles de la Ville de Paris, 44. — Le puits artésien de Carrières-sous-Poissy, 83.
- — L’auto-volant, 108. — L’appareil télégraphique Siemens et Ilalske, 150. — Une voilure automotrice sur le Métropolitain, 324. — Télégraphie multiple, 374. — Nouvelle machine balayeuse de la Ville de Paris, 584.
- G. (A.). — Progrès de l’élcctrométallurgie du fer, 27.
- G. (J.-F.). — Moteur à capillarité, 272.
- Gall(J.-F-). —L’anistème, 96. — Cryostase, 182, 271.
- Gaudry (Albert), de l’Institut. — Bernard Renault, 350.
- Girard (Joseph). — L’humidité et la salpêtrisation des murs, 26.
- Good (Arthur). — Joujoux en noix, 255.
- Guarini (E.). — La mer de nuages, 48. — La force de pénétration des racines, 186. — Machine électrique à faire les bleus, 208.
- Guglielminetti (Dr). — Appareil d’absorption d’oxygène, 14.
- — La guerre contre la poussière, 39.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Le mouvement relatif et le mouvement absolu, 106. — La dilatation des aciers au nickel, 122.
- — Les étalons géodésiques modernes, 259. — L’accélération dans la descente d’une roue libre, 338. — Les procédés rapides de la géodésie moderne. I. Les installations du bureau international, 339. II. Opérations sur le terrain, 595.
- Henry (Charles). — Un progrès dans l’éclairage jaune des laboratoires de photographie, 178.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Iciies (Lucien). — Les vers des pommes, 282.
- Jacquot (L). — Panier kabyle pour fruits ou pour œufs, 139.
- — Le vent et les vagues sur le lac Léman, 206. — Deux compas de mer nouveaux, 354. — Poterie tubulaire romaine, 406.
- Jaubert (Joseph). — La pluie dans la région parisienne, 202.
- Jullten (Omer). — Une source de gaz inllammable dans la Haute-Savoie, 246. — Extraordinaire sécheresse dans la région française du Mont-Blanc, 298.
- Karl (Carolus). — Chevaux nains, 144.
- Kirwan (C. de). — Le déficit de la production des bois, 18.
- L. (I).). — Les varechs dans l’alimentation du bétail, 11. — Les automobiles de la cour de Chine, 111. — Barils métalliques emboutis d’une seule pièce, 362.
- La Bonne (l)r Henri). — La sortie de la Cigale, 268.
- Lacroix (G.). — Les falaises entre Biarritz et Saint-Jean de Luz, 278.
- Laffargue (J.). — Régulateur pour trombes à vide, 59. — Nécrologie : F. Guimbert, 206. — L’électricité de 1562 à 1900, 235. — Le moteur à gaz pauvre Duplex, 291. — Nécrologie : F.-A. Bartholdi, 318. — Les automobiles postales, 365.
- — Machine motrice portative et scie mécanique, 368.
- Lagarrigue (M.). — Un procédé de mesure de la vitesse du
- son dans l’air, 390.
- Laloy (Dr L.). — Concrétions et tubulures dans le sable des dunes, 64. — L’agrandissement apparent des astres à l’horizon, 82. — L’hydrographie à la plage, 147. — Les falaises entre Biarritz et Saint-Jean de Luz, 204. — Salinité et température des eaux de mer, 314. — Les Eyzies, 321. — Les yeux de crustacés des grandes profondeurs, 355. — Attraction des animaux par la lumière, 594.
- Langeron (Dr M.). — L’odorat des Escargots, 189.
- Lapicoue (Louis). — Sur le mouvement de la sensitive, 149.
- Launay (L. de). — Les calcédoines à inclinaisons géantes, 307.
- Lebois (J.). — Nouvelle pompe à piston tournant, 99.
- Lebois (D.). — L’Exposition de Saint-Louis, 219, 275. — La création d’un grand port dans l’Argentine, 379.
- Le Cointe (Paul). — Les insectes curieux de l’Amazonie. Un faux serpent ailé, 337.
- Leroy (J.). — Cinémomètre différentiel enregistreur, 12.
- Leverdo (J. de). — L’étoulfage des cocons par le froid artificiel, 38.
- Libert (Lucien). — Les Perséides de 190F, 278. — Le soleil vert, 294. — Les Léonides en 1904, 414.
- Loir (Dr A.). — La conservation des maïs de Bucnos-Ayrcs en Europe, 50. — Disparition de la fièvre jaune à Rio-de-Janeiro, 289.
- M. (P. de). — Toiles des Flandres, 11. —Une école agricole de femmes, 67. — La pellicule superficielle des solides, 186.
- — L acier-nickel dans la construction des chaudières, 187.
- — Marteau hydraulique à vapeur, 240. — Four non oxydant pour rivets, 247. — Les petits modèles de bateaux de la marine allemande, 331.
- Macen (H.). — La tomate, 138.
- Makesciial (G.). — Nouveautés photographiques, 9. — Le sté-réodrome, 61. — L’écran jaune en photographie, 86. — Photographie des couleurs, 170. — Le bouquin photographique, 176.
- Marre (Francis). — Chloroforme et insolation, 82.— La teinture sans couleur, 258.
- Martel (E.-A.). — Gorges du Cians et du Verdon, 24. — La cluse de la Durance à Briançon, 103. — Perforation des grès et tunnel naturel d’Oupliz-Tziké (Transcaucasie), 299.
- Matthieu (Dr). — Levocyclisme, 69.
- Maumené (Albert). — Les bonnes fraises à gros fruits, 58. — Culture retardée des plantes à fleurs par le froid, 65. — Les glycines au Japon, 87. — Le Logan-Berry, 141. — Tondeuses de gazon automobiles, 227. — Les prunes Japonaises, 257.
- Mériei. (Pierre de). — Le cerf-volant et les sondages aériens à la mer, 101. — Le Zébu de l’Inde en Algérie, 211. — Une machine à essayer les ressorts, 505. — Les engrais de poisson, 531. — Une révolution dans la pèche de la
- morue, 581. — La station centrale de chauffage et d’éclairage de Dresde, 401.
- Meunier (Stanislas). — La Seine à Bicètre, 7. — La photographie géologique en cerf-volant, 295.
- Michaux (J.). — La tuberculose des vaches en Suède, 155.
- Mougin (P.). — Le glacier de la Tête-Rousse, 231.
- Muller (Émile). —Les ponts de fer de l’Asie centrale, 135.
- Nansouty (Max de). — La cuve d’équilibre de La Villette à Paris, 116.
- Noaliiat (IL).— Les sous-marins en Extrême-OrienL, 67.
- Obalski (T.). — Les grands mammifères fossiles dans le Vukon et l’Alaska, 3. — La population Indienne au Canada, 247.
- — Les Indiens du Nord-Ouest Amérique, 328. — Mines de mica au Canada, 378.
- Ûcagne (Maurice d’). — Machines à calculer, 194.
- Otto (M.). — La radioactivité des eaux minérales, 202.
- Par ville (Henri de). — Le monument de Pasteur, 113. — Distribution de l’heure par télégraphie sans fil, 129. — Enregistreur chronométrique portatif, 163. — Contre la poussière, 171. — Nécrologie : Le marquis de Nadaillac, 518.
- Peelman (Jules). — Les carnassiers en Suède, 46.
- Pellegrin (Dr Jacques). — Les poissons scies, 315.
- Planchon (Mathieu). — Comment on a porté la montre, 347.
- Plumandon (J.-R.). — La sécheresse de l’air, 90.
- Poisson (J.). —Une nouvelle falsification, 166.
- Rabot (Charles). — Le commerce des fourrures en Sibérie, 115. — La viticulture en Californie, 156. — La production de l’écorce de Caseara, 311. — Le développement industriel de la Laponie, 354. —La baisse des terres en Angleterre et les cultures fruitières, 371. — Récentes explorations sur les glaciers de Fllimalaya, 587.
- Ramakers (L.). — La locomotive à vapeur la plus rapide du monde, 81.
- Reverchon (L.). — Pendule roulante, 15. — L’assaut des Alpes, 183. — Chefs-d’œuvre horlogers, 191.
- Rocquigny-Adanson (G. de). — La Pezize Cochenille, 174.
- Rousseaux (Joseph). — Le « Trans-Atlantic American », 118.
- Rudaux (L.j. — Nouvelle mesure de distance stellaire, 55.
- — La lueur du soleil à minuit, 97. — Une invasion de papillons, 133. — Observation du rayon vert, 294. — L'Observatoire du Pic du Midi, 343.— Variations du cirque lunaire Platon, 405.
- S. (Dr). — Nouvel appareil respiratoire, 159.
- Saporta (Antoine de). — Analyse simple et rapide des produits cupriques, 310. — Piétons et trains de chemins de fer, 402.
- SosNowsKi (K.). — Pompes centrifuges de Laval à haute pression, 193.
- Thomas (Léon). — Effets des explosions de dynamite à distance, 180.
- Touchet (Em.).— Le crépuscule et la Tour Eiffel, 146- — La vie du radium, 206. — Le halo solaire du 25 juillet 1904, 210. — Nouveaux objectifs photographiques, 250. — La transparence de l’atmosphère, 306. — Le poids d’une étoile, 323. — La comète d’Enckc, 366.
- Vaiienne (Dr E.'j. — Les lécithines du vin, 147.
- Varigny (Henry de). — La migration des Lcmmings en 1903, 42. — Un projet d’élevage du Phoque aux États-Unis, 166.
- — Une fourmi providentielle, 526.
- Verneuii. (A.). — Reproduction artificielle du rubis par fusion, 177.
- Vézy (Jean). — Les grenades à main, 350.
- Vidal (Léon). — Photographie des couleurs, 6.
- Villedeuii. (Charles de). — Académie des sciences (séances hebdomadaires del’), 14,50, 47, 63,79, 95, 111, 127, 145, 158, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 286, 302, 319, 335, 351, 367, 383, 599, 415.
- Yitoux (Georges). — Nouveautés photographiques, 55.
- W. (D.). — De Bordeaux à Paris, 350.
- X. — Le Jardin des Plantes autrefois et aujourd’hui, 75,251, 411.
- X. (Commandant). — Le tracteur colonial Scottc, 49.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Nouvelle mesure de distance stellaire (L. Rudaux). . . 55
- L’agrandissement apparent des astres à l’horizon (Dr L.
- Laloy)................................................. 82
- La lueur du soleil à minuit (Lucien Rudaux)............ 97
- Le crépuscule et la Tour Eiffel (Eh. Touchet)..........146
- Le halo solaire du 25 juillet 1904 (Eh. Touchet).. . . 210
- Les Perséides de 1904 (Lucien Libeiit).................274
- La transparence de l’atmosphère (Eh. Touchet).......... 506
- Le poids d’une étoile (Em. Touchet).......................323
- L’Observatoire du Pic du Midi (Lucien Rudaux)..........343
- La comète d’Encke (Eh. Touchet)...........................366
- Variations du cirque lunaire Platon (L. Rudaux). . . . 405
- La petite planète b is.................................... 30
- Valeur de la parallaxe du Soleil.......................... 30
- Variations de latitude................................... 46
- La comète Brooks (1904 a)................................. 62
- L’étoile Pégase........................................... 78
- L'étoile variable du « Cocher »...........................127
- La rotation de Saturne....................................158
- L'observation continue des phénomènes solaires. . . 158
- Nouvelles étoiles variables...............................206
- Une table de multiplication...............................223
- L'essaim des Perséides.................................. 223
- Création d’observatoire. . . . ........................271
- Observation d'étoiles filantes............................287
- L'activité lunaire....................................334
- Catalogue stellaire de l'Observatoire de Toulouse. . 535
- Astronomie physique.......................................367
- Le neuvième satellite de Saturne..........................598
- Physique générale.
- L’inertie de l’eau (II. B.)............................... 54
- Régulateur pour trompes à vide (J. L.)................. 59
- Soudure autogène. Chalumeau oxy-acétylénique (G. Ciial-
- marès)................................................. 59
- La dilatation des aciers au nickel (Ch.-Ed. Guillaume).. 122
- Radioactivité du gaz naturel (R. B.)......................178
- La pellicule superficielle des solides (P. de M.). . . . 186
- La radio-activité des eaux minérales (M. Otto)......... 202
- La vie du radium (Em. Touciiet)...........................206
- Les étalons géodésiques modernes (Cii.-Ed. Guillaume).. 259
- Moteur à capillarité (J.-F. G.)...........................272
- Radiographie de pied de Chinoise (A. Duval)...............308
- Les procédés rapides de la géodésie moderne. I. Les installations du bureau international. II. Opérations sur le terrain (Ch.-Ed. Guillaume).............. 339, 595
- Thermomètres avertisseurs métalliques Richard (D. B.). 363
- Un procédé de mesure de la vitesse du son dans l'air
- (M. Lagaiuugue)...................................590
- La mobilité moléculaire de la fonte (D. B.).......410
- Densités des gaz solidifiés....................... 11
- Emission des rayons N................................ 15
- Effets de l’émanation du radium................... 50
- Nature de l'émanation du radium...................... 31
- Constitution des rayons N....................31, 65
- Emanation des corps..................... 47, 79, 95
- Propriétés des rayons N......................47, 143
- Procédé d'observation des rayons N........... 79, 599
- Transmission de l’heure.............................. 79
- La température de fusion de l’iridium................ 95
- Comparaison de radiations d'origines diverses. . . 95
- Un appareil de renforcement des sons.................110
- Méthode nouvelle d’observation des rayons N. ... 111
- Badio-activité des corps............................ 127
- Emission pesante.....................................143
- Fausses indications d’un niveau à bulle..............175
- Les erreurs de division des cercles gradués.......286
- Identité de substances radio-actives.................305
- Nouveau procédé pour faire le vide '.................566
- L’air comme lubrifiant...............................583
- Éleetricité théorique et appliquée.
- Progrès de Célectrométallurgie du fer (A. G.).......... 27
- Le télégraphe et le téléphone au Japon (Jacques Boyer). 108 Distribution de l’heure par télégraphie sans fil (Henri de
- Par ville).............................................129
- Un haut fourneau électrique pour la métallurgie du
- cuivre (Louis Forest)..................................145
- L’appareil télégraphique Siemens et Halske (Lucien Fournier) .....................................................150
- Machine électrique à faire les bleus (E. G.)............. 208
- L’électricité de 1562 à 1900 (J. Laffargue)...............235
- Une usine électrique aux chutes du Zambèze (D. B.). . 527 Appareil électrique à abattre les arbres (I). B.) . . . . 558
- Les automobiles postales (J. Laffargue)...................565
- Télégraphie multiple (Lucien Fournier)....................374
- La station centrale de chauffage et d’éclairage de Dresde
- (Pierre de Mériel).....................................401
- L’électrométallurgie du fer...............................411
- Un train routier électrique (H. B.).......................414
- Télégraphie sans fil au Baïkal............................ 78
- Les téléphones dans la Nouvelle-Écosse.................... 95
- La télégraphie sans fil à bord du « Campania ». . 127
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-
-
-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES.
- Les télégraphes et les téléphones en Espagne. ... 142
- La grande station électrique de Londres............143
- Un nouveau bateau poseur de câbles.................158
- Gutta-percha artificielle..............................239
- La grande ligne télégraphique à travers la Perse.. 259
- Déperdition aérienne de l'électricité..................503
- Les installations hydro-électriques dans le monde.. 354
- Le charbon électrique de tourbe........................334
- Alliages magnétiques de manganèse......................335
- Nouvelles locomotives électriques américaines.. . . 382
- Photographie.
- l’holographie des couleurs (Léon Vidal).............. 0
- Nouveautés photographiques. Diplidc du l)r Doyen. Alto-stéréoquart de M. Steinheil. Film l’ack de Eastmann. Téléobjectif Adon de M. Turillon (G. Mareschal). . . 9
- Nouveautés photographiques. La Jumelle stéréoscopique.
- « Le l’hoto-transposeur ». « Le Discret ». (Georges
- Vitoux)............................................... 55
- Le stôréodrome (G. M.;................................... 01
- L’écran jaune en photographie (G. Mareschal)............. 86
- Photographie des couleurs. Procédé nouveau de MM. A.
- et L Lumière (G. Mareschal)........................... HO
- Le bouquin photographique (G. M.)........................176
- Un progrès dans l'éclairage jaune des laboratoires de
- photographie (Chaules Henry)..........................178
- Nouveaux objectifs photographiques (Em. Toüchet). . . 250
- La photographie géologique en cerf-volant (Stanislas
- Meunier)..............................................295
- Photographie des couleurs......................•. 15, 63
- Photographie donnant l’impression du relief. . . . 351_
- Chimie générale.
- L'air du Métropolitain de Londres (Dr A. C.)......... 19
- L'humidité et la salpêtrisation des murs (Joseph Girard; . 26
- La conservation des maïs de Buenos-Ayres en Europe
- (Dr A. Loir)...................................... 50
- La purification de métaux par distillation........... 58
- Les alliages d’aluminium (D. B.)................... 74
- Essences d’aspic et de lavande (Jacques Boyer)....... 93
- Lagmi et vin de palmier (Dr Deyrolle)................ 98
- Volatilisation et distillation de métaux (H. B.).....103
- Les léeithines du vin (Dr E. Varenne)....................147
- Reproduction artificielle du rubis par fusion (A. Ver-
- neuil)................................................177
- Effets des explosions de dynamite à distance (Léon Thomas).....................................................180
- Cryostase (J.-F. G.)........................... 182, 271
- La production de l’iode au Chili (D. B.).............222
- Le camphre du Japon (Henri Coupix).......................238
- Une source de gaz inflammable dans la Haute-Savoie
- (Omer Jullien)........................................246
- Four non oxydant pour rivets (P. de M.)..................247
- La teinture sans couleur (Francis Marre)...............258
- Analyse simple et rapide des produits cupriques (Antoine
- de Saporta).............................................510
- Salinité et température des eaux de mer (Dr L. Laloy). 314
- Le fer électrolytique (D. B.)............................542
- L'amertume des beurres salés............................. 50
- Préparation de corps nouveau............................63
- Diastase oxydo-réductrice................................ 63
- Distillation des alliages................................ 79
- Absorption des gaz par le charbon......................127
- La fixation de l’azote de l’air....................... 158
- L’acétylène en Allemagne...............................158
- La couleur du cuivre.................................. 175
- L'hélium dans la nature................................191
- Structure des métaux.....................................191
- Variations du point de congélation du lait..............207
- Conservation des farines par le froid...................223
- Usines à gaz souterraines...............................254
- La métallurgie du monde.............................254
- Charbon de tourbe...................................254
- Composition de Vadrénaline..........................271
- Un procédé chimique donnant le débit dune conduite..........................................*’19
- L’industrie de la quinine...........................319
- Les températures de transformation de l’acier. . . 519
- Vin et eau-de-vie de figues.........................554
- Combinaisons du fluor.............................<t>8o
- L’aldéhyde formique du tabac........................585
- Les composés organiques phosphorés et la nutrition. 599
- Perfectionnement dans la fabrication de l acier . . 4L)
- L’oxydation du fer............................... • 415
- L'hélium dans les eaux minérales....................415
- Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- La Seine à Bicètre (Stanislas Meumfr)............... 7
- Les courants telluriques............................... 29
- La mer de nuages (Ê. Guarini).......................... 48
- Concrétions et tubulures dans le sable des dunes (Ilr L.
- Laloy).........................................^ • 64
- La tempête du 10-11 septembre 1905. Nouveaux documents (R. Bonmn).................................... 80
- Le puits artésien de Carrièrcs-sous-l’oissy (Lucien Fournier)............................................... 83
- La sécheresse de l’air (J.-R. Plumandon)............ 90
- Le cerf-volant et les sondages aériens à la mer (P. de
- Mériel)...........................................101
- L’hydrographie à la plage (Dr L. Laloy)................147
- ^Auvergne et Java (A. Acloque)...........................162
- Bozel et le torrent de Bonrieux (J. Corcelle)..........164
- La pluie dans la région parisienne (Joseph Jaubert). . 202
- Les falaises entre Biarritz et Saint-Jean-dc-Luz (Dr L.
- Laloy)............................................204
- Le service des annonces des crues aux Etats-Unis (1). B.). 207
- Le glacier de la Tète-Rousse (P. Moucin)...............251
- La foudre en boule.....................................258
- La Fonteslorbe (Emile Belloc)..........................243
- Les falaises entre Biarritz et Sainl-Jean-de-Luz (G. Lacroix)..............................................278
- Observation du rayon vert (Lucien Rudaux)..............294
- Le soleil vert (L. Libeht).............................294
- Extraordinaire sécheresse dans la région française du
- Mont-Blanc (Omeii Jdllien)........................298
- Perforation des grès et tunnel naturel d’Oupliz-Tziké
- (Transcaucasie) (E.-A. Martel).......................299
- [.es calcédoines à inclusions géantes (L. de Launay) . . . 307
- Les Eyzics (Dr L. Laloy) . . ......................325
- Mines de mica au Canada (T. Obalski)................378
- Formation des minerais de vanadium..................... 14
- Observations anglaises au Tibet...................... 47
- Vastes dénudations du sol dans l’est de la France. 47
- Dispersion d’une bourrasque par des fusées............. 79
- Tremblement de terre en France.........................127
- Localisation des tremblements de terre.................145
- Les eaux de Madagascar.................................145
- Mouvements du sol de la région méditerranéenne. . 159
- Les nouvelles ressources houillères de la Belgique.. 191
- La disparition d’un glacier groenlandais.............. 286
- La structure des Alpes.................................319
- Les fossiles de Patagonie..............................385
- Action météorologique des coups de canon..... 599
- Diamants inclus dans un minéral........................599
- Observation des tremblements de terre..................599
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Appareil d’absorption d’oxygène (Dr Guglielminetti) . . . 14
- Les amputations multiples (Dr A. Cartaz)........... 22
- L’éducation du marcheur (G. Demeny)................ 55
- Chloroforme et insolation (Francis Marre).......... 82
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- La tuberculose des vaches en Suède (J. Michaux).. . . 155
- Les électro-stérilisateurs Otto (P. de Blainville) ... 156
- Nouvel appareil respiratoire (Dr S.)....................150
- Le jus de citron comme antiseptique (I). B.)............181
- Théorie mécanique du mal de mer (B. Bonnin) .... "226
- Disparition de la fièvre jaune à Rio-de-Janciro (l)r A.
- Loin).................................................289
- Un navire-hôpital français (A. Acloque).................519
- Vie alpestre (Prince Roland Bonaparte)..................591
- La raréfaction de l'oxygène et la respiration. ... 15
- Dépense énergétique des muscles..................... 65
- L'arsenic dans l’organisme..............................111
- Nourriture par aliments stérilisés..................111
- Immunisation contre les maladies à trypanosomes. 127
- Lavage du sang..........................................127
- Un concours de stérilisation............................145
- Découverte d’une hémogrégarine......................... 159
- La maladie des caissons.................................190
- Physiologie.........................................240
- Polymorphisme de la cellule cartilagineuse.......... 254
- Luxation de la tête.................................254
- L’alimentation et les sels de fer........*..........286
- La dépense de travail des muscles...................505
- La phtisie des mineurs..............................518
- Transformation d'une hémogrégarine.................... 519
- Conséquences des dermatoses.........................585
- Maladie des équidés à Madagascar...................... 383’
- Influence des dermatoses sur la nutrition...........415
- mécanique. — Art de l’ingénieur.
- Travaux publics. — Arts industriels.
- La guérison des aciers cassants (D. B.).................. 5
- Cinémomètre différentiel enregistreur (J. Leroy). ... 15
- Les approches des hauts viaducs et les tracés en spirale
- (D. B.)............................................. 23
- Mesures des déformations élastiques (R. Bonnin) .... 28
- Le tracteur colonial Scotte (Commandant A.)............. 49
- Levocyclisme (Dr Matthieu).............................. 69
- La locomotive à vapeur la plus rapide du monde (L. Ra-
- makers)............................................. 81
- Nouvelle pompe à piston tournant (J. Lebois)............ 99
- Le mouvement relatif et le mouvement absolu (Cn.-En.
- Guillaume)........................................ 106
- La cuve d’équilibre de La Villette à Paris (Max de Nax-
- soüty)..............................................116
- Indicateur de vitesse « Columbia » (Jacques Barrai.) . . 124
- Les coups de bélier dans les conduites forcées (R. Bonnin). 130 Les ponts de fer de l’Asie centrale (Emile Muller) . . 135
- Avance à l’allumage et fracture du radius (G. Chal-
- marès)..............................................139
- Garniture hydraulique de pompe (H. B.)...............142
- Locomotive à grande vitesse de la Compagnie d’Orléans
- (R. Bonnin). ......................161
- Enregistreur chronométrique portatif (Henri de Par-
- ville) . ..............................................163
- L’assaut des Alpes (L. Reverchon)........................183
- L’acier-nickel dans la construction des chaudières
- (P. de M.) . ......................................187
- Pompes centrifuges de Laval à haute pression (K. Sos-
- nowski).............................................. 193
- Machines à calculer (Maurice d’Ocagxe)...................194
- Les maisons tournantes (D. B.).......................... 223
- Un service d’omnibus automobiles (L‘-colonel G. Espi-
- tallier)...............................................225
- Tondeuses de gazon automobiles (Albert Maumené) . . . 227
- Le grand barrage de la Tamise (Daniel Bellet). . . . 234
- Marteau hydraulique à vapeur (P. de M.)..................240
- L’emploi du trépan dans les mines (Edouard Bonnaffé). 266
- Le frein Lipkowski (R. Bonnin)...........................268
- Un phare en béton armé (R. Bonnin).......................273
- Le tramway du Mont-Blanc (L'-colonel G. Espitallier) . 279
- Le moteur à gaz pauvre Duplex (J. Laffargue). . . . 291
- Une machine à essayer les ressorts (Pierre de Mériel). 305
- Un grand barrage sur le Cher. Tout à l’égout et distribution électrique (D. B.). ...........................516
- Une voiture automotrice sur le Métropolitain (Lucien
- Fournier)........................................324
- Un appareil à essayer les huiles (Henry Bougeois) . . . 335
- L’accélération dans la descente d’une roue libre (Ch-Ed.
- Guillaume).......................................338
- Le wagon d’incendie du Métropolitain de Chicago (H. B.). 351
- Les fauteuils automobiles et automatiques de l’Exposi-
- sition de Saint-Louis (II. Iî.)..................558
- Le Métropolitain. Ligne de l’avenue de Villiers à Ménil-
- montant (R. Bonnin)................................359
- Machine motrice portative et scie mécanique (J. Laffargue) ............................................. 368
- Les travaux du tunnel du Simplon (R. Bonnin) .... 370
- Tirefonnage et bourrage mécanique des voies de chemin
- de fer (Daniel Bellet).............................372
- Laboratoire d’essai des locomotives à l'Exposition de
- Saint-Louis (Henry Bougeois).......................385
- Appareil à éprouver les manomètres (D. B.)............407
- Manivelle de sûreté G. F. pour mise en marche des moteurs à explosions (G. Chalmarès).....................416
- Les avantages du pétrole pour le chauffage des chaudières ............................................... 62
- Avantages et inconvénients du combustible pulvérisé. 65 La résistance de l'air sur les volants de machines . 79
- Explosion d’une locomotive..........................110
- Chaudière aquatubulaire japonaise...................110
- Le fonctionnement de l’hélice.......................110
- Le gaz des hauts fourneaux comme unique source
- de force motrice en métallurgie..................158
- Tunnel du Simplon.....................................174
- Corrosions des chaudières et courants électriques. . 174
- La maçonnerie et le métal dans la construction des
- ponts............................................. 175
- Un appareil contre les déraillements des trains . . 175
- Les gaz des hauts fourneaux...........................175
- Les usines hydrauliques en France.....................175
- Ce qu’on perd de chaleur contenue dans la vapeur. 190 Le béton au point de vue de l’économie dans les
- constructions........................................190
- Un immense pont en béton.............................2(16
- Un phare tout en béton armé........................ . 206
- Une locomotive en acier-nickel........................207
- Les fumées industrielles à Calcutta...................207
- Un pont en béton armé de 216 mètres...................222
- Le chauffage au charbon pulvérisé.....................222
- Un pont tournant automobile...........................223
- Les conduites d’eau en bois des Vosges................239
- L'emmagasinage du charbon sous l’eau................271
- L’elebated de Tokio.................................271
- Les transports postaux par voies de fer aux États-
- Unis ............................................. 271
- Une locomotive de 136 tonnes.....................271
- Nouvelles auto-postales.............................286
- L’arrêt des trains et les heurtoirs hydrauliques . . 502
- La digue et le relèvement de Galveston................302
- Fumivorité et haute température des chambres de
- combustion des chaudières............................302
- Un tunnel sous les chutes du Niagara..................367
- Les travaux d'achèvement du canal de Panama. . . 598
- Les bois de mines remplacés par les étais métalliques..............................................599
- Sciences naturelles. — Zoologie.
- Botanique. — Paléontologie.
- Les grands Mammifères fossiles dans le Yukon et l’Alaska
- (T. Obalski)......................................... 3
- La migration des oiseaux dans la Grande-Bretagne et en
- Irlande (R. B.)...................................... 19
- L’art factice chez l’abeille domestique. La cire gaufrée
- (A.-L. Clément)...................................... 20
- La vorticelle Muguet (Emmanuel Fauré).............. . 33
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- L’ètouffage des cocons parle froid artificiel (J. de Loverdo) 38
- La pierre de serpents (Dr A. Cartaz)...................... 39
- La migration des Lemmings en 1903 (Henry de Varigny). 42
- Les carnassiers en Suède (Jules Peelmax).................. 46
- Les bonnes fraises à gros fruits (Albert Maumené) ... 58
- Culture retardée des plantes à fleurs par le froid 'Albert
- Madjiené).............................................. 65
- Le Jardin des Plantes autrefois et aujourd’hui (X.) 75,
- Euphorbe et Euphorbiacées (Léon Devyreu).................. 86
- Les glycines au Japon (Albert Maumené'.................. 87
- Le serpent de mer......................................... 94
- Les champignons du printemps (Henri Coupin).............126
- Une invasion de papillons (Lucien Ruraux)...............133
- Les mouvements de la Drave printanière (V. Brandi-
- court). ..."...........................................134
- La curiosité chez les oiseaux (H. C.)....................134
- Les souris qui chantent (Henri Coupin)..................138
- La tomate (H. Magen)......................................138
- Le Logan-Berry, hybride de ronce et de framboisier
- (Albert Maumené).......................................141
- Chevaux nains (Carolus Karl)..............................144
- Sur le mouvement de la sensitive (Louis Lapicque). . . 149
- Un projet d’élevage du phoque aux États-Unis (Henry de
- Varigny)...............................................166
- Une nouvelle falsification (J. Poisson)...................166
- La Pezize cochenille (G. de Rocqeigxy-Adanson) .... 174
- Digitale et scrofularinées (Léon Devyrf.u)................182
- La force de pénétration des racines (E. Guarini). . . . 186
- La peste bovine dans la Haute-Égypte (P. Hippolyte
- Boussac)...............................................188
- L'odorat des escargots (Dr M. Laxgeron)...................189
- La production des champignons au Japon (XV. D.). . . 199
- Sur l’alpage. La race tarine (J. Corcelle)..............199
- Le ver des noisettes (Henri Coupin).......................209
- Le zébu de l’Inde en Algérie (Pierre de Mériel) ... 211
- Histoire et valeur des hybrides de greffe (Georges Bellair) 214 Un essaim d’abeilles au Muséum (A.-L. Clément). ... 218
- Le piège de l’arum (A. Acloque)...........................230
- Les ennemis des fourmis (Henri Coupin)....................241
- Les prunes japonaises (Albert Maumené)....................257
- Les gazons fleuris (D. B.)................................263
- Les mangeurs de pucerons (Henri Coupin)...................263
- La sortie de la cigale (Dr Henri La Bonne)..............268
- [.es vers des pommes (Lucien Iches).......................282
- Dissémination des plantes par les sauterelles et les
- poissons (Virgile Brandicourt).........................295
- La production de l’écorce de Cascara (C. R.)............311
- Les poissons scies (Dr Jacques Pellegrin).................315
- Une fourmi providentielle (Henry de Varigny)..............326
- Les engrais de poisson (Pierre de Mériel).................331
- Les insectes curieux de l’Amazonie. Un faux serpent
- ailé (Paul Le Cointe)..................................337
- L’amour maternel chez les araignées (Henri Coupin). . 346
- Les yeux de crustacés des grandes profondeurs ^Dr L. La-
- i.oy)..................................................355
- Légumes japonais (Henri Coupin)...........................356
- Un insecte concierge (Henri Coupin).......................369
- Une révolution dans la pêche de la morue (Pierre de
- Mériel)................................................381
- Du rôle de la couleur et de l’odeur chez les champignons (V. Brandicourt)....................................386
- Attraction des animaux par la lumière (Dr L. Laloy). . 394
- Une larve paradoxale (A. Acloque).........................400
- Singularité du parasitisme................................ 47
- Histologie des mollusques................................. 48
- La souche des polypiers coralliaires...................... 63
- Description du serpent de mer............................. 79
- L'anémie infectieuse des chevaux..........................143
- Découverte d’une hémogrégarine............................159
- Recherches histologiques..................................207
- La culture du poivrier en Indo-Chine.................... 222
- Périodicité d’action chez certains mollusques. . . . 335
- Influence de la dessiccation sur les végétaux .... 415
- Influence du milieu de culture............................415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Gorges du Cians et du Verdon (E.-A. Martèl)........... 24
- La cluse de la Durance à Briançon (E.-A. Martel). . . 103
- Le pic Gerbats (Lucien Briet).........................119
- L’assaut des Alpes (L. Reverchon).....................183
- Le vent et les vagues sur le lac Léman (L. Jacquot). . 206
- Le tramway du Mont-Blanc ((Ll-colonel G. Espitallier). 279
- Le lac « Morskié Oko » dans les Tatres (Erard-Euasz) . 511
- Les Eyzics (Dr L. Laloy)...............................521
- Le développement industriel de la Laponie (Cn. Rabot). 554 La création d’un grand port dans l’Argentine (D. Lebois) * 579 Récentes explorations sur les glaciers de l'Himalaya
- (Charles Rabot).....................................387
- Océanographie..............................31, 63, 111
- Lever topographique de l’Afrique du Sud.............190
- La disparition du grand Lac Salé.......................259
- Exploration scientifique de la mer Rouge.............303
- Exploration de VIndo-Chine.............................551
- Exploration de goufre..................................367
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Les rochers gravés de Vendée (Dr Capitan)...............215
- La population indienne au Canada (T. Obalski) .... 247
- Les Indiens du nord-ouest Amérique (T. Obalski) . . . 528
- Deux carrières à dolmens sur la falaise océanique cn
- Vendée (Dr Marcel Baudouin)...........................376
- Poterie tubulaire romaine (L. Jacquot).................. 406
- Survivance du type négroïdien en Europe................. 47
- Monuments druidiques en Chahlais.........................567
- Art militaire. — Marine.
- Navires sans tangage ni roulis (R. Bonnin)............. 1
- Les canots automobiles de la Ville de Paris (Lucien Fournier) ................................................. 44
- Les sous-marins en Extrême-Orient (H. Noalhat) ... 67
- Les affûts à éclipse ([/-colonel G. Espitallier)....... 71
- Le « Trans-Atlantic american » (Joseph Rousseaux) ... 118
- Un navire-hôpital français (A. Acloque).................319
- Les grenades à main (Jean Vezy).........................330
- Les petits modèles de bateaux de la marine allemande
- (P. de M.)...........................................351
- Deux compas de mer nouveaux. Le compas^en regis treur
- et le compas-signal (Lucien Jacquot).................354
- La mitrailleuse Bergmann (L'-colonel G. Espitallier) . 407
- Traversée rapide de l'Atlantique........................ 95
- Contre-torpilleurs...................................... 95
- Les dépenses d’un navire cuirassé.......................175
- Les nouvelles constructions de la marine de guerre
- anglaise.............................................190
- Un phare tout en béton armé.............................206
- La plus importante compagnie de navigation du
- monde................................................222
- La marine de guerre des Etats-Unis......................239
- Les explosions et les navires de guerre.................239
- Un nouveau type de cuirassé.............................271
- Les bateaux électriques de la marine américaine. . 351
- Les cargo-boats modernes................................383
- Le croiseur cuirassé Japonais « Kasuga »................398
- La supériorité des gros canons......................... 598
- Aéronautique.
- La commission permanente internationale d’aéronautique
- (L'-colonel G. Espitallier).................................. 22
- L’auto-volant (Lucien Fournier)..............................108
- Les expériences de MM. de La Vaulx et Hervé (L'-colonel G. Espitallier)..............................................167
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- TABLE DES MATIÈRES.
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- Le ballon anémométrique Julliot (L'-colonel G. Espitallier) 353
- Limite de la vitesse des ballons dirigeables......... 15
- Stabilité des ballons................................ 64
- Allègement des hélices des ballons . . .*............367
- Science pratique et récréative.
- Joujoux en noix (Arthur Good).....................255
- I/auto-bolide aux Folies-Bergère à Paris (G. Chalmarès). 303
- Notices nécrologiques.
- Histoire de la Science.
- Le monument de Pasteur (Henri de Parville) .... 113
- F. Guimbert (J. Laffargue)..........................206
- Le marquis de Nadaillac (11. de P.).................318
- Frédéric-Auguste Bartholdi (J. L.).................318
- Bernard Renault (Albert Gaudry, Membre de l’Institut) 351 Correspondance scientifique....................... 351
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Séances de l’Académie des sciences (Ch. de Yilledeuil).
- 14, 30, 47, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 158, 175,
- 191, 207, 223, 239, 254, 271, 286, 302, 319, 335,
- 351, 367 ................................... 383, 399
- L’Exposition de Saint-Louis (B. Lebois).......219, 274
- Exposition florale.................................. 14
- Elections à l’Académie des sciences......... 64, 79, 95
- Réceptions d'ouvrages..................................240
- Centenaire de l’Académie de Berlin....................302
- Présentation d’ouvrage..............................302
- Le Congrès de Saint-Louis..............................335
- Exposition internationale d’aviculture.................351
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- Les varechs dans l’alimentation du bétail (Dr L.) ... 11
- Le déficit de la production des bois (C. de Kirwan) . . 18
- Une école agricole de femmes (P. de M.)................ 67
- La viticulture en Californie (Charles Rabot)...........156
- Une méthode originale de traire les vaches (H. B.) . . 219
- La baisse des terrés en Angleterre et les cultures fruitières (Charles Rabot)....................................371
- L’anlhracnose de la vigne................................ 95
- Un nouvel aliment pour le bétail.........................143
- 7/électricité en agriculture.............................190
- Une nouvelle source d’engrais azoté......................207
- Un curieux procédé d’irrigation..........................254
- Les avantages du labourage superficiel...................254
- Nouveaux travaux d’irrigation en Egypte..................270
- Traitement des semences..................................303
- Les agrumes d’Italie.....................................334
- Les cultures dans les pays de sécheresse.................385
- Variétés. — Généralités. Statistique.
- Toiles des Flandres (P. de M.)......................
- Pendule roulante (L. Reverciiox)....................
- Don du château de Langeais à l’Institut (Henri Dehéiuin). Un nouveau pavage. L’asphalte armé (L‘-coloncl G. Espitallier) ...........................................
- La guerre contre la poussière par l’arrosage des routes
- à la westrumite (Dr Guglielminetti)..............
- L anistôme (J.-F. Gali.)............................
- Les automobiles de la Cour de Chine (D. L.).........
- Le commerce des fourrures en Sibérie (Charles Rabot).
- Horloges magnéta (G. Chalmarès).....................
- Panier kabyle pour fruits ou pour œufs (L. Jacquot) . .
- Contre la poussière (Henri de Parville).............
- Le concours de jouets de 1904 (G. Chalmarès). ....
- Chefs-d’œuvre horlogers (L. Reverciiox).............
- Les galets des plages (Delauney)....................
- Les calcanettes. Appareil mécanique pour faciliter la
- marche (.G. Chalmarès)...........................
- Comment 6n a porté la montre (Mathieu Plaxchox) . .
- De Bordeaux à Paris (W. D.).........................
- Barils métalliques emboutis d’une seule pièce (D. L.). Nouvelle machine balayeuse de la Yille de Paris (L. F.). Pince improvisée à manœuvrer les tuyaux (D. B.). . . Piétons et trains de chemins de fer ^ Antoine de Saporta) .
- Nouveaux timbres de Corée...........................
- Conduite d’eau en porcelaine........................
- Le plus petit livre du monde........................
- Le palmier réverbère................................
- Cordes fabriquées par les indigènes d’Algérie . . .
- Les œufs conservés..................................
- La production du coton..............................
- Le transport du poisson sur les chemins de fer anglais...............................................
- Un nouveau procédé de destruction des rats à bord
- des navires......................................
- Le bois créosoté et les tarets......................
- La renommée d’Edison................................
- La plus vieille horloge d’Angleterre................
- Marbres de Grèce....................................
- Le nouveau papier des billets de banque américains.
- Gœthc et le canal de Panama.........................
- Pavage en caoutchouc................................
- Cinquante ans de production de pétrole aux États-Unis . . v..........................................
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- 96
- 111
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- 128
- 139
- 171
- 172 191 218
- 287
- 347
- 550
- 562
- 584
- 598 402
- 14
- 46
- 62
- 62
- 78
- 79 110
- 190
- 191 191 207
- 238
- 239 302 302 567
- 599
- FIN DES TABLES
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- ERRATA.
- Page 270, col. 2 dans la chronique, ligne 8. Au lieu de : un million de mètres cubes d’eau
- II faut : un milliard de mètres cubes d’eau.
- »
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue do Fleurus, 9.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— M. Henri Moissan, de l’Institut, vient d'être élu correspondant de l’Académie des sciences de Vienne et de l'Académie des sciences d’Amsterdam.
- —Ht— M. Hamy, astronome adjoint à l’Observatoire de Paris, a •été nommé astronome titulaire audit établissement, en remplacement de M. Callandreau, décédé.
- —Ht— Le 25 mai s’est ouvert à Londres, sous les auspices de la Royal Society, l’assemblée générale de l’Association internationale des académies, association constituée il y a moins de cinq ans. La première assemblée générale eut lieu à Paris au mois d’avril 1901, et on y a examiné diverses questions intéressantes, tant dans le domaine des sciences naturelles que dans celui des belles-lettres. L’Association englobe actuellement vingt académies et sociétés savantes européennes et américaines, parmi lesquelles celles de Paris, Saint-Pétersbourg, Vienne et Washington, l'Académie royale prussienne et l’Académie des Lincei, de Rome.
- —Ht— Le nombre des abonnés au téléphone, à Berlin, s’élève maintenant au chiffre respectable de 73000, dont 11000 daps les faubourgs Cela représente une augmentation de 10000 environ sur les chiffres de l’année précédente.
- —Ht— Les chemins de fer bavarois viennent dtî procéder spi montage d’un wagon « palace » dont les éléments avaient été fournis par les fameuses usines américaines Pullman. C’est un essai qui sera sans doute suivi d’une adoption assez générale du matériel américain, au moins pour les trains de luxe.
- —Ht— On vient d’installer, au ministère du commerce, à Washington, une immense carte économique qui n’a pas moins de 4m,88 sur 2ra,28; elle est en 16 feuilles soigneusement raccordées, et a été préparée par le Coast and Geodetic Survey. Tous les câbles sous-marins y sont indiqués.
- —Ht— M. L. Lombardi, dans le n® 5 de la publication allemande « Elektroteclmische Zeitschrift », a rendu compte des expériences qu’il a poursuivies pour déterminer la température des filaments des lampes à osmium. Il est arrivé au chiffre de 1435 degrés, et il estime que c’est cette température relativement faible à laquelle on doit la longue durée d’une lampe de ce genre.
- —Ht— On parle depuis quelque temps déjà de la question du transport des denrées en wagons réfrigérants. A la Compagnie d’Orléans, qui joue un rôle important dans l’alimentation de Paris •en viandes, volailles, etc., un de ces services fonctionne depuis le 1er mai sur la section de Bordeaux à Angoulème et les résultats obtenus sont des plus encourageants. D’autres organisations sont en préparation dans le centre ; tout permet d’espérer le succès, au grand profit de l’agriculture, d’un mode de transport qui facilitera, l’été, le trafic des denrées périssables, gêné, sinon même arrêté tout à fait, par les chaleurs.
- —H-— 51. Camp et dix autres personnes se sont embarqués le 515 mai à New-York pour la Norvège ; de là ils doivent aller à la recherche de l’expédition polaire Ziegler, dirigée par M. Anthony Fiala. Cette expédition est partie de Tromso en juin 1903, à bord de 1’ « America » pour la terre François-Joseph.
- —Ht— Au port de Cherbourg, le 19 mai, le croiseur cuirassé « Kléber » a terminé ses essais de consommation à 4500 chevaux. La puissance développée a été de 5040 chevaux, la consommation -<le charbon a été de 770 grammes par cheval-heure, et la vitesse 15 nœuds. Les résultats ont été considérés comme très satisfaisants.
- —Ht— En Prusse, on soumet maintenant normalement les rails à «n essai de résistance effectué au moyen d’une bille d’acier. Cette bille
- est placée entre le champignon du rail et la tête d’un piston hydraulique pouvant exercer jusqu’à 80 tonnes de pression, et un instrument de mesure permet de constater à chaque instant l’enfoncement de la bille en fonction de l’effort produit.
- —Ht— M. Acheson, à Niagara Falls, emploie avec plein succès, pour la fabrication des creusets, de la glaise traitée par une dissolution de tanin : cela assure une résistance particulièrement grande, >et diminue le retrait et les déformations pendant le séchage et la cuisson, tout en augmentant la plasticité. Il semble que la meilleure méthode consiste à laisser agir 10 jours une solution de tanin à :i pour 100.
- —Ht— Deux nouvelles stations de télégraphie sans fil pour expériences viennent d’être édifiées, par les soins de l’Administration des Postes et Télégraphes, l’une à Villejuif, l’autre à Cherizy, près de Melun.
- —Ht— La conférence des membres de l’Association internationale pour la lutte contre la tuberculose a été ouverte le 26 mai à Copenhague par le Dr Deuntzer, président du conseil des ministres. On remarquait dans l’Assemblée les professeurs Brouardel, Lœffmer, Frœnkel, lord Lister. La France, l'Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, la Russie, la Hongrie, la Norvège, la Suède, les Etats-Unis, la Belgique, l’Italie, la Hollande, le Portugal, la Suisse; l’Espagne et d’autres pays s’étaient fait représenter.
- —Ht— Les numismates sont dans la joie : un trésor qui les intéresse au plus haut degré vient d’être découvert à Soussc. A 30 centimètres environ au-dessous de la mosaïque récemment mise à jour lors des fouilles pratiquées près d’El Djem, on a retrouvé une gargouille contenant 62 pièces d’or à diverses effigies, se décomposant ainsi : uner pièce à l’effigie de Justin et Justinien, qui régnèrent simultanément en 527 (pièce très .rare); 11 pièces d’Anastase, 491-518; 19 pièces de Justin, 518-527; 31 pièces de Justinien, 527-565. Toutes ces pièces de la période byzantine sont assez usées. Elles seront placées au musée du Bardo.
- —Ht— La « marche militaire » du dimanche 29 mai a eu, comme il fallait s’y attendre, des résultats douloureux. Il était imprudent d’organiser un concours de marche par une journée de grande chaleur, de 8 heures à 2 heures de l’après-midi. Déjà, dans le défilé de la Revue du 14 juillet qui ne dure pas une heure, chaque année, il v a de nombreuses insolations. Et cette fois, il s’agissait de marcher pendant cinq ou six heures en plein soleil à une vitesse de 8km à l’heure! Le vainqueur, M. Girard, soldat au 149e d’infanterie, est arrivé fourbu; après lui, M. Conat, soldat au 46e d’infanterie, à 50 mètres de distance. MSI. Girard et Conat, à quelques secondes près, ont effectué le trajet de 45 km en 5h 19m 48“ ; ce qui représente une vitesse moyenne de 8km,460m à l’heure, performance tout à fait remarquable. Les autres marcheurs sont arrivés successivement avec un retard de un quart d’heure à une heure et demie. Mais quel effort? Ces hommes marchaient comme hypnotisés; en arrivant beaucoup tombaient inertes. C’était lugubre! Est-ce qu’ils marchaient? Cela n’était plus une marche, ni une marche ^méthodique, ni une marche en flexion. Quelques-uns battaient l’air de leurs poings avec furie, et la plupart, hébétés, avançaient comme des machines à moitié détraquées. Ces hommes étaient intoxiqués par l’excès de l’effort. Hélas Son a compté plusieurs morts, et beaucoup de malades. A la suite de cette course suivie d’accidents nombreux, il y a eu interpellation à la Chambre et au Sénat. La leçon a été dure. On ne recommencera pas une expérience de cette nature qui, au fond, n’avait aucune utilité ni militaire, ni scientifique.
- —Ht— Le 24 mai est mort à Lausanne, à l’âge de quarante-sept ans, le Dr Gilles de la Tourette, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin des hôpitaux, ancien chef du service médical de l’Exposition de 1900, officier de la Légion d’honneur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La pendule roulante se trouve chez M. Brault, 58, rue de Bretagne, Paris. — Pour l’appareil d’absorption d’oxygène, s’adresser à la Société L’oxhydrique Française, 11, place de la Madeleine, à Paris. — On peut se procurer des graines « d’ovidius » chez M. Thiébaut Legendre, 8, avenue Victoria, à Paris. —Pour tous renseignements relatifs au goudronnage des routes, s’adresser à M. Kapferer, 50, rue de Chàteaudun, à Paris
- Communications. — M. le Cte de XXX, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Je vous demande l’hospitalité de votre journal pour répondre à un article du reste fort intéressant de M. A.-L. Clément, intitulé « Un légume nouveau », paru dans le n° 1617 du 21 mai 1904, p. 385. Gomme le fait remarquer M. Clément, il n’y a rien de neuf sous le soleil et ce légume n’a de nouveau que le nom « d’Ovidius ». Voilà déjà 25 ans que nous le cultivons dans la Somme. 11 est très rustique et ne demande aucun soin; il produit énormément, et à l’époque de transition qui précède les asperges. Son goût rappelle à la fois celui du chou-fleur et de l’asperge. Mais pour qu’il soit bien fin il faut couper les pousses avant que les extrémités aient atteint la couleur violette. A mon avis, je trouve que la figure n° 2 de votre article montre la plante déjà un peu trop avancée. La reproduction par graines est loin d’avoir la difficulté qu’on lui suppose. Nous avons toujours renouvelé nos vieux plants sans interruptions. Quant à la culture, elle est des plus simples. Dès le mois de janvier, vous couvrez les plants bien nettoyés et légèrement fumés de caisses ou de pots absolument clos, et vous les recouvrez d’une couche de fumier ou de feuilles assez épaisse et chaude suivant la précocité que vous désirez obtenir. En février-mars, le légume est à point. A cette époque du reste, il pousse presque avec la même rapidité que les asperges. Je dois malheureusement ajouter qu’il y a un défaut essentiel à notre beau pays de France! Lorsqu’une chose a de la réputation, fût-elle détestable, on se l’arrache à tout prix. Le contraire existe pour le Crambé Tataria! Notre jardinier a souvent essayé de vendre le trop-plein de la consommation, tant à Amiens qu’à Paris. Il a fallu v renoncer! 11 n’a trouvé partout que des regards de pitié, heureux encore de n’être pas dénoncé comme empoisonneur public ! Depuis 25 ans, les lapins sont nos seuls clients ! Quant au baptême de ce légume, il me semble que le nom de Crambé maritime, ou celui d'Asperge-fleur lui conviendrait mieux que celui d’ « Ovidius ». Ceci nullement dit pour offenser M. Ovide Bichot, qui ignore certainement que ce légume est déjà importé. »
- Renseignements. —' M. A. Gardet, à Annecy. — Nous avons donné plusieurs formules pour l’imitation de l’ardoise pour tableaux noirs dans le petit livre des « Becettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. M., à Milan. — Vous pourriez vous adresser aux constructeurs suivants d’instruments pour l’agriculture : M. Al-baret, 9, rue du Louvre, à Paris; Société française de matériel » agricole et industriel à Vierzon (Cher) ; M. A. Bajac, à Liancourt (Oise) ; MM. Mabille frères, à Amboise (Indre-et-Loire).
- M. Jauch, à Albi. — 1° Veuillez vous adresser directement à l’auteur de l’article, 23, rue J.-B.La Barre, à Uccle, près de Bruxelles. — 2° Nous ne savons ce que vous voulez désigner exactement par l’expression de mastic rouge de laboratoire. 11 existe un mastic au minium formé d’une pâte de minium et
- d’huile de lin cuite, et un mastic dit rouge anglais formé de 4 parties de résine, 1 partie de cire, une partie de colcotar.
- M. G. Deley, à Genève. — 1° Pour nettoyer les vases poreux des piles, il faut les laver à grande eau et les laisser reposer en le remplissant d’eau. — 2° On ne peut éviter la cristallisation qu’en employant une solution très étendue d’eau. — 3° Nous ne pensons pas que cette couche d’huile ou de pétrole puisse avoir un effet quelconque.
- M. Mote, à la Roche-sur-Yon. — La cyroplane, qui a été décrite dans le n° 1422 du 25 août, p. 208, se trouvait à cette époque chez M. Balbreck constructeur, 137, rue de Vaugirard, à Paris, comme nous l’avons indiqué en tête de la Boîte-aux-Lettres » du même numéro.
- M. Herrgolt, à Valdoie. — On ne trouve pas dans le commerce de l’air sous haute pression en bouteilles; il faut le faire préparer spécialement.
- M. le boa de Kainlis, à Paris. — Les adresses des fabricants des becs à alcool dont nous avons publié la description dans le n° 1615 du 7 mai 1904, p. 363, ont été données en tête de la « Boîte-aux-Lettres » du même numéro.
- M. G. Boulenger, à Albert. — Excellente idée, que vous n’êtes pas seul à avoir, mais nous sommes obligés, pour des raisons multiples, d’obéir à la tradition, et de laisser les choses en l’état. Merci de votre juste remarque.
- M. G. St. Phérékyde, à Jianu. — Nous n’avons pas reçu les articles dont vous parlez, mais nous avons reçu les 3 verres jaunes. L’emploi du verre jaune en photographie est bien connu et on a pu apprécier les résultats qu’il donne. On trouve couramment dans le commerce des verres semblables à ceux que vous nous avez fait parvenir.
- M. A. Bonnet, à Lyon. — 1° Adressez-vous directement à l’auteur de l’article, 59, boulevard Haussmann, à Paris. — 2° Pour faire disparaître les taches produites sur les doigts par les révélateurs au diamidophénol, il suffit d’employer l’acide citrique, de se frotter les mains avec un citron.
- L'abonné n° 5816-4057, à Montpellier; M. Mareau, à Paris; M. A. Coletti, à Trévise; M. Albert Lob elle, à Saint-Pierre-du-Vauvray; M. A. Michaud, à Paris. — Nous donnons en tête de la présente « Boîte-aux-Lettres » les adresses que vous nous demandez.
- M. J. Munoz, à Oloron. — Nous avons bien reçu votre communication ; mais nous avons publié récemment un article sur le même sujet. Remerciements.
- Réponse. — N° 1268. — En possession du n° 1615, je viens de lire dans la « Boite aux lettres » la question n° 1268 de M. R.-M. Ramond, par laquelle il demande aux abonnés un remède contre les tuyaux en fer qui rouillent l’eau qui y passe. La question me paraît très simple. Si je ne me trompe pas, il aura besoin d’une désoxydation, et, dans ce but, pour 100 mètres de tuyaux, si c’est d’un diamètre ordinaire de 2 à 3 centimètres, il suffira de remplir la canalisation de l’eau fortement acidulée par l’acide chlorhydrique ordinaire dans la proportion de 1 à 2 litres d’acide et au besoin 3 ou 4 litres pour 250 à 300 litres d’eau. Après une heure de repos, recueillir l’eau acidulée contenant le chlorure de fer formé dans les tuyaux. On peut même répéter cette opération avec la même eau acidulée, autant de fois qu’il sera nécessaire pour l’entière désoxydation, ou même en renouvelant l’eau acidulée si la précédente ne contient plus d’acide libre. A la fin de ces opérations on doit neutraliser les traces d’acide se trouvant 'dans la canalisation en y ajoutant une solution très étendue d’ammoniaque liquide, c’est-à-dire 1/2 litre d’ammoniaque pour 210 litres d’eau. On peut même supprimer cette opération ultérieure en la remplaçant par des lavages successifs à eau courante. Si ces opérations de décapage de canalisation ne conviennent pas, on peut aussi modifier les bains de lavage en ajoutant dans chaque bain une petite quantité d’oxalate d’ammoniaque pour faire précipiter tous les sels de fer dissous dans l’eau, à l’état d’oxalate de fer insoluble, dont la présence ne gêne pas, mais il ne faut pas oublier que l’acide oxalique et les oxalates sont des poisons. — (Communiqué par M. Bogheis G. Tocatlian, à Smyrne.)
- Accusés de réception. — Avis divers.— M. Dumont, à X. Il faudrait essayer cet appareil; nous ne pouvons vous renseigner sans connaître les résultats d’expériences. — M. J. B., à Lille. Ce sujet est en dehors de notre compétence. — M. J. V., à Paris; M. L. B., à Colombes. Ces recettes sont données dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. Durant, à X. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. D. L., à Compiègne; M. G, P., à Tours. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Uédaclion accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nécessaire pour vulcaniser les réparations des pneumatiques. — On sait que le caoutchouc qui n’a pas subi l’opération dite de la « vulcanisation » (c’est-à-dire une combinaison partielle avec le soufre ou des réactifs analogues), est à peu près inutilisable au point de vue des applications techniques. En elfet, le caoutchouc non vulcanisé est peu élastique, il se ramollit à la chaleur et se durcit par le froid. Les réparations faites aux pneumatiques, sans vulcanisation, sont donc très imparfaites. La chaleur du roulement sur route provoque leur destruction. Pour remédier à ces inconvénients, il faut réaliser la vulcanisation. Le « Nécessaire autovulcanisa-
- Nécessaire pour vulcaniser.
- leur » (1904) permet d’obtenir ce résultat. Il est constitué par un bloc en bois, ajouré pour loger ses constituants; le bloc verni et « ignifugé », renferme les produits, dissolutions, ciment, mastic, vermicelle, godets gradués, etc. Les produits (essences, etc.) Sont différemment colorés et logés dans des flacons de couleurs caractéristiques, pour éviter toute confusion ; ils sont incombustibilisés, ce qui rend possible l’expédition par voie postale. Le nécessaire complet pèse 2 kilos 1/2 environ. Son contenu est suffisant pour un certain nombre de réparations (pastilles indécollables et masticage de crevasses), les pièces étant interchangeables il peut être reconstitué par détail. — S’adresser à M. George A. Leroy, chimiste-conseil à Rouen (France).
- Jumelle Tom-Pouee. — On s’est ingénié depuis longtemps à faire des jumelles portatives et il y en a de modèles très divers, qui ne datent peut-être pas tout à fait de Galilée,
- mais qui remontent bien au xvni® siècle. Malgré cela, on n’a pas encore trouvé probablement la solution idéale, car on crée assez souvent de nouveaux types. Celui que vient d’établir
- 1 La" description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- M. Balbreck est tout à fait élégant et pourrait presque se porter en breloque de montre tant il est réduit ; c’est la plus petite qui ait été construite jusqu’à ce jour. On peut juger de ses dimensions par notre gravure qui la représente en demi-grandeur ; elle a U"1,070 de large et 0m,050 de haut et 0m,025 d’épaisseur (fig. 2). L’écartement des yeux ne permettrait pas de l’utiliser telle que, aussi est-elle munie d’un tirage dans le sens horizontal qui amène les oculaires à l’écart exactement nécessaire pour chaque personne ; sa dimension devient alors, quand l’écart est maximum, 0m,090 (fig. 1). La mise au point s’obtient par un système tout à fait nouveau : au lieu d’employer une vis hélicoïdale pour commander les tubes des oculaires, on a eu recours à un mouvement excentrique qui permet d’obtenir en un seul coup de pouce la position exacte pour avoir le point net.
- Renfermé dans un élégant petit étui en peau le poids n’est que de 130 grammes. La jumelle Tom Pouce grossit trois fois et peut servir pour le théâtre et pour la campagne où on peut constater son efficacité jusqu’à environ 10 kilomètres. C’est un instrument à avoir constamment sur soi et qui rendra de nombreux services. — La Jumelle Tom-Pouce se trouve chez M. Balbreck, 137, rue de Vaugirard, Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La céphalée oculaire.
- J’ai mal à la tète; à combien de gens n’entendez-vous pas articuler cette plainte. Simple fatigue de travail, séjour prolongé à l’air vif, rhume de cerveau banal, depuis la cause la plus simple jusqu’aux plus compliquées, tout est prétexte à la céphalalgie. Les migraineux en savent quelque chose.
- Le Dr Trousseau appelle l’attention sur une cause assez banale, mais qui échappe parfois alors qu’un simple examen permettrait de rattacher la céphalée à sa véritable origine. Quand une céphalalgie persistante, dit-il, survient chez un enfant ou un adolescent, et qu’elle ne cède pas aux moyens usuels, examinez les yeux et, huit fois sur dix, vous trouverez la cause des douleurs persistantes.
- Divers états de l’œil peuvent amener ces troubles, l’astigmatisme, l’hypermétropie, l’insuffisance des muscles internes chez les myopes, toutes causes qui déterminent une fatigue plus ou moins prononcée de l’accommodation. L’enfant, après quelques instants de travail, éprouve une sensation pénible, la vue se brouille; il s’arrête, le trouble cesse, puis reparaît au bout d’un instant, s’accompagnant de mal de tète plus ou moins persistant. Si l’on corrige, par des moyens appropriés, le trouble visuel, on remédie du même coup à la céphalée, b la condition, bien entendu, que comme dans nombre de cas, il ne s’y joigne pas de la fatigue due à de la neurasthénie ou à d’autres causes surajoutées.
- Toutes les céphalées ne sont pas d’origine oculaire, certaines peuvent dépendre d’un trouble d’accommodation. Examinez l’état de la vision et vous pourrez parfois guérir, avec un verre de lorgnon, des maux de tète rebelles à des médications antinévralgiques les plus variées. Dr A. G.
- Les feuilles (le bouleau•
- Je ne crois pas qu’on ait fait jusqu’ici un fréquent usage de :et arbuste, betulla alba, pour des usages thérapeutiques. On e borne à utiliser l’écorce sur une large échelle pour donner iu tannage des peaux, la souplesse, la force et l’odeur si péné-rante qui caractérisent le cuir de Russie. Cependant les vieilles iharmacopées indiquent que l’écorce est diurétique et fébri— uge.
- Un thérapeute allemand a recommandé l’infusion de feuilles :omme possédant un véritable pouvoir diurétique et des expé-iences récentes de Jaenicke semblent démontrer que cette iction est des plus minimes, mais que par contre, à défaut de liurèse, il y a une action dissolvante des urates et, partant, des :alculs urinaires, un agent précieux contre la gravelle. Dans les cas où les eaux minérales et d’autres médicaments s’étaient nontrés impuissants à amener la disparition du sable, l’infu-ion de feuilles de bouleau ramena en peu de temps la limpi-lité des urines et la dissolution des calculs.
- Jaenicke recommande de préparer l’infusion, comme un thé éger, avec la poudre de feuilles de bouleau, une cuillerée à ;afé pour la valeur d’un grand verre ; deux minutes d’ébulli-ion, on passe et on absorbe chaud, deux fois par jour, quelles instants avant le repas. Le remède n’est ni compliqué, ni langereux, et les graveleux pourraient très bien l’essayer.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La vraie formule de Veau de Cologne. — Elle est donnée par <i National Druggist » comme la formule originale du fameux Jean-Marie Farina. Prendre 1000 parties d’alcool absolu (du meilleur alcool de vin), puis y ajouter et y faire dissoudre 06 parties d’essence de bergamote, autant d’essence de citron et d’essence de cédrat; 48 parties seulement d’essence de romarin, d’essence de néroli et d’essence de lavande ; et finalement compléter la préparation par 000 parties d’alcool de romarin.
- Formule de brillantine. — Cette substance peut se préparer comme suit. On fait fondre au bain-marie, en remuant constamment, 40 parties de suif de bœuf, autant de cire et la
- même quantité d’huile de sésame ; cela donne une mixture écumeuse. On ajoute ensuite 21 parties d’huile de ricin et autant d’un mucilage épais à la gomme adragante. On parfume suivant le goût personnel.
- Colle adhérant au fer-blanc. — Mélanger 2 parties de gomme adragante en poudre avec 16 parties d’eau bouillante, bien brasser, puis laisser imposer. D’autre part, on fait une pâte avec 4 parties d’eau froide, 6 de farine de blé et 1 de dextrine; on ajoute alors à la solution de gomme adragante. On prend 24 parties d’eau bouillante, qu’on verse sur le mélange, en brassant constamment. Enfin, on additionne d’une partie de glycérine et d’une également d’acide salicylique ; on met sur le feu et on laisse bouillir le tout durant 5 ou 4 minutes, et en remuant.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 mai.... 10® .0 N. N. W. 1. Couvert. 2,2 Très nuag. ; pluie de 5 h. 15 à 6 h. 30. .
- Mardi 24 12”, 4 S. 1. Beau. » Rosée ; halo entre 5 et 7 li. ; nuageux.
- Mercredi 25 15®,0 E. S. E. 1. Très nuageux. 1,3 Rosée ; halo ; à 6 h. ; très nuag. le matin ; couv. le soir, averses dans la soirée.
- Jeudi 26 18®,2 Calme. Couvert. 0,1 Petite plaie de 2 h. 45 à 3 h. 15; halo dans la journée; nuageux.
- Vendredi 27 16',9 S. W. 3. Couvert. 0,9 Très nuag. ; averses dans la soirée.
- Samedi 28 14®,7 S. W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert; quelquefois des gouttes.
- Dimanche 29 ... . 14®,9 N. N. W. 1. Beau. Rosée ; peu nuag. le matin ; nuag. le soir.
- MAI 1904. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 MAI 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri d boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 25 mai, à du soir, a été ressentie à Saintes, une assez forte secousse de tremblement de terre, accompagnée d’un bruit sourd d’une durée dé quatre à cinq secondes.
- Le temps. — Le temp-. a été très variable dans la semaine du 23 au 29 mai. Le 23 mai. le baromètre a baissé à l'ouest et à l’est de l’Europe ; on notait 733 mm en Irlande et 757 mm à Belfort à l’est de la France. La pression était supérieure à 705 mm sur la Scandinavie et dans les régions de l’ouest. On a recueilli 16 mm d'eau à Besançon, 14 mm à Toulouse, 7 mm à .Brest, 4 mm à Paris. La température était de 10° à Paris le matin à 7 heures; la moyenne a été de 13°,7, inférieure de O®,4 â la normale. Le 24 mai, des dépressions barométriques ont persisté sur les Iles-Britanniques et la mer Méditerranée ; des pressions supérieures à 765 mm s’étendaient du nord du continent à l’est de la France. Il a plu à Besançon (21 mm d’eau), à Nancy (9 mm), à Brest (1 mm) et à Rochefort (1 mm).*La température moyenne à 'Paris a été de 13®,2, inférieure de 1® à la normale. Le 25 mai, une zone de basses pressions a envahi l’ouest du continent ; on a trouvé des miniina au nord-ouest de l’Irlande et sur le golfe de Gascogne où le baromètre a baissé de 7 mm. Des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques et dans le nord-ouest de la France; on a recueilli 2 mm d’eau à Dunkerque, 1 mm à
- Ouessant. La température s’est élevée en France; le matin, à 7 heures, elle était de 15’ à Paris, 15® à Lyon, 20® à Toulouse, 14® aii puy de Dôme. A Paris, la température moyenne a été de 14®,6, supérieure de O®,3 à la normale. Le 2 > mai, des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe; on a recueilli 9 mm d’eau à Nantes, 1 mm à Pans. La température était le matin de 18® à Paris, 24® à Nice. Â Paris, on a observé un maximum de 21°,9 et un minimum de 14®,9; la température moyenne a été de 16®,6, supérieure de 2®,2 à la normale. Le 27 mai, il a plu au Havre (20 mm d’eau), au Mans (6 mm), à Nancy (4 mm;, à Biarritz (4 mm); il y a eu des orages dans le nord et dans le centre. La température a été le mâtin de 17® à Paris, 20® à Perpignan ; la température moyenne à Paris a été de 20®,9 avec un maximum de 27°,8 et un minimum de 16®. De violents orages, accompagnés de grêle, ont causé de grands dégâts, le 27 mai, dans le Wurtemberg, eu Allemagne. Les champs ont été inondés, les vignes gravement endommagées. Le 28 mai, des pluies sont tombées dans i’ouest et le nord du continent ; en France, on a recueilli 8 mm d’eau à Belfort, 5 mm au Havre, 3 mm à Bochefort, 1 mm à Paris. La température le malin était de 15® à Paris, 22® à Palerme, 7® au puy de Dôme, 6® au mont Ventoux; la température moyenne à Paris a été de 18°, supérieure de 3°,4 à la normale. Le 29 mai, le temps a été beau en France ; la température a été de 15® le matin à Paris, et la température moyenne a été de 16®,1.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 29 à 9 h. 4 m. du matin*
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- N° 1620 (Il juin 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —tJn décret vient d’être signé par M. le Président de la République, constituant une commission supérieure d’hygiène et •d’épidémiologie militaires. Cette commission, présidée par M. Brouar-del, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, comprend : MM. Bouchard, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine ; Corail, membre de l’Académie de médecine et du Comité consultatif d’hygiène publique de France; Roux, sous-directeur de l’Institut Pasteur, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine; Chantemesse et Chautfard, membres de l’Académie de médecine ; Keloch, médecin inspecteur de réserve, membre de l’Académie de médecine ; Claudot, médecin inspecteur ; Delorme, médecin inspecteur, membre de l’Académie de médecine ; Catteau, médecin inspecteur; Neillard, médecin inspecteur, membre de l’Académie de médecine ; Kermorgant, médecin inspecteur de l’armée coloniale, membre de l’Académie de médecine.
- —Dans sa dernière séance, le conseil de l’Université de Paris a autorisé l’ouverture de trois cours libres à la Faculté des sciences. Les titulaires de ces trois cours sont : MM. Dienert, hydrologie appliquée à l’hygiène ; V. Henri, chimie physique appliquée A la biologie; Marage, physique biologique (la phonation et l’audition). Deux vacances étaient à pourvoir dans le comité de direction de l’observatoire de Nice. Le Conseil a élu M. Appell, doyen de la Faculté des sciences, et M. Deslandres, membre de l’Institut (section d’astronomie).
- —?£— A la suite du beau voyage du capitaine Lenfant, il ne restait plus qu’une grande exploration à faire en Afrique, c’était la traversée du désert entre le Touat et Tombouctou. Elle est faite maintenant. Deux officiers partis, le commandant Lapérine, du nord, et le capitaine Theveniaux, du sud, se sont rencontrés à mi-chemin, à un rendez-vous fixé d’avance. La jonction entre l’Algérie et le Soudan est désormais établie.
- —Nous apprenons avec regret la mort du professeur Dott. Adolphe Cancani, professeur de physique terrestre à l’Université royale de Modène.
- — Le lieutenant-colonel en retraite Péroz est nommé surveillant général du Muséum d’histoire naturelle, en remplacement de M. Clavel, décédé. -
- —D’après une statistique qui vient de paraître, il y a eu, en 1903, 30 accidents dans les Ilautes-Alpcs, qui ont entraîné la mort de 26 personnes. Ceux des Alpes moyennes, de beaucoup les plus nombreux, ont coûté la vie à 38 touristes et 12 autres ont succombé dans des excursions pendant la saison d’hiver, ce qui porte à 76 cas mortels le bilan de l’année dernière. En 1902, on en constatait 50. Comparé à d’autres sports, la natation, le foot-ball, le canotage, etc., l’alpinisme ne fournit pas cependant une plus grande mortalité relative.
- —ig— Un ingénieur américain, M. Henry Ingraham Harriman, de Hyde Park (Massachusetts), a imaginé un métier automatique à tisser encore plus perfectionné que le « Northrop » : la navette y est remplacée mécaniquement et instantanément dès qu’elle est épuisée, mais le tissage est suspendu pendant ce temps, ce qui permet au travail de se faire normalement à grande vitesse en dehors de ces moments spéciaux.
- —Il paraîtrait que le procédé Stassano pour la fabrication électrique du fer (dont il a été parlé ici) est appliqué dès maintenant en grand à Darfo, dans l’Italie septentrionale ; on utilise une puissance de 1500 chevaux, et l’on compte produire 4000 tonnes par an.
- —— Il ne faudrait pas croire que l’électricité est peu employée en Espagne : en effet, le nombre des stations électriques n'y est
- ! pas moins de 860, dont 648 pour l'éclairage public ; le plus grand nombre de ces stations ne datent, il est vrai, que de 5 ou 6 années.
- —— On vient de construire à Nortwicli, en Angleterre, au-dessus de la rivière canalisée de la Weaver, deux ponts tournants dont la longueur de tablier est de 38 mètres, et qui présentent une particularité fort intéressante. Toute la superstructure repose sur un flotteur de grandes dimensions, et qui est au-dessous du centre de gravité de l’ouvrage. Par sa poussée de bas en haut, il réduit de 255 tonnes le poids portant sur le chemin de roulement classique, si bien qu’il ne reste que 48 tonnes à déplacer effectivement. Et même, au moment de la manœuvre, on a la faculté de vider une chambre remplie normalement d’eau, et le poids à manœuvrer tombe à 26 tonnes. C’est extrêmement peu pour des ouvrages de cette importance.
- —Une des bases de l’hygiène, c’est la lutte contre la poussière, et un imprimeur de Bordeaux, M. Delmas, vient d’imaginer un appareil mettant en grande partie les typographes à l’abri des poussières nuisibles qui se forment dans les ateliers. Ces poussières sont d’autant plus dangereuses qu’elles proviennent surtout de l’usure des caractères, faits principalement de plomb. L’appareil de M. Delmas est une sorte de buffet vitré et hermétiquement fermé où un ventilateur à pédale peut aspirer l’air et les poussières hors des « casses » renfermant les caractères ; ces poussières sont mises en suspension par un jet d’air que l’on peut diriger sur les casiers sans ouvrir le buffet, puis elles sont évacuées dans un tuyau et recueillies par lavage.
- - )%- L’Assemblée des professeurs du Muséum a accepté, au cours de sa réunion mensuelle, le legs qui a été fait à l’établissement du Jardin des Plantes par M. Eugène Pofron, d’une somme de 50 000 francs, avec mission d’ériger une statue à Bernardin de Saint-Pierre. Le célèbre auteur exerça les fonctions de directeur du Jardin des Plantes de 1792 à juin 1793.
- - -lit- M. Léon Dru, ingénieur, a légué à l’Etat le château historique de Vez, dans l’Oise, avec les collections artistiques qu’il renferme et un capital d’environ 1 million et demi pour l’aménagement du château en musée, l’entretien et le gardiennage. Ce château, situé dans l’arrondissement de Senlis, près de la forêt de Compiègne, est un remarquable spécimen de l’architecture militaire au moyen âge.
- —3K— La distribution des récompenses de l’Exposition de l’alcool, à Vienne, a eu lieu le 4 juin; cinq prix d’honneur ont' été décernés à la France : un surtout de table en porcelaine offert par l’empereur Guillaume, a été décerné au ministère de l’Agriculture, à Paris. Une reproduction d’une statue équestre de Pierre le Grand avec socle en malachite, offerte par le gouvernement russe, a été décernée à l’Institut Pasteur. Un bouclier d’honneur en argent, offert par l’Association des industriels de la Basse-Autriche, a été attribué à l’Automobile-Club de France, à Paris. Un vase de verrerie de Bohème, offert par le comte Harrach, a été décerné à la Société des Comptoirs industriels de l’alcool, à Paris. Un presse-lettres en améthyste offert par le gouvernement russe, a été attribué à l’Ecole nationale des industries agricoles de Douai.
- —Le 4 juin, a eu lieu, à 2 heures, dans la grande salle des Ingénieurs civils, l’Assemblée générale et le Congrès en séance publique annuelle du Syndicat professionnel des usines d’électricité, sous la présidence de M. Genty, inspecteur général des Ponts et Chaussées. U y a été traité par M. Chaumat, sous-directeur de l’Ecole supérieure d’Electricité, de la télégraphie sans fil; du radium, par M. le Dr Foveau de Courmelles; du chauffage des fours de boulangerie par l’électricité, par M. Le Roy, etc. Le soir, un banquet chez Ledoyen, présidé par M. Chapsal, délégué de M. le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, a réuni les adhérents du Syndicat et leurs invités.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nous n’avons pas l’adresse du fabricant du marteau électrique dont nous avons donné la description dans le n° 1617 du 21 mai 1904, p. 395. Mais comme il s’agit d’un appareil américain, on pourrait s’adresser à l’agence de brevets MM. Munn and C°, 361 Broadway, New-York.
- Communications. — Notre collaborateur, M. A.-L. Clément, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « Dans la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1619 du 4 juin 1904 a paru une lettre de M. le comte de X..., au sujet de notre article intitulé : « Un légume nouveau », publié dans le n° 1617 du 21 mai 1904, p. 385.
- Que notre correspondant veuille bien nous permettre de lui faire observer qu’il a fait une confusion. L’espèce qu’il cultive depuis 25 ans n’est pas Vovidius, mais bien le crambe mari-tima, comme il le dit lui-même. Ce légume, de bonne qualité d’ailleurs, est en effet cultivé depuis longtemps, et l’Angleterre en fait une grande consommation sous le nom de « Sea Kale ». 11 est parfaitement distinct du Crambé tartaria-et son aire géographique est très différente.
- Le chou maritime est une plante indigène qui croît spontanément dans toute l’Europe occidentale, ce qui explique la facilité avec laquelle on le cultive et on le fait blanchir.
- Ces deux espèces, de l’avis de M. Bois, dont l’autorité en pareille matière ne saurait être discutée, présentent des caractères botaniques qui ne permettent pas de les assimiler, la feuille, par exemple, du C. tartaria étant glauque et profondément divisée, ce qui n’a pas lieu pour le C. Maritima. »
- M. A. Cille, à X..., à propos de l’article « Comment on lit les lettres? » de MM. A. Broca et Sulzer, paru dans le n° 1603 du 13 février 1904, p. 166, nous signale un nouvel alphabet qui se recommande par son mode logique de construction. Nous remercions notre correspondant, mais nous ne pouvons revenir sur le sujet.
- M. G. Le Cadet, astronome adjoint à l’Observatoire de Lyon, nous adresse une brochure qu’il vient de publier sur 1’ « Etude de l’Electricité atmosphérique par beau temps au sommet du Mont-Blanc ». Cette brochure est extraite des « Mémoires de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.
- M. E. de Cambry, à Biarritz, nous écrit que les machines à imprimer sur plaque d’aluminium, que l’on rencontre depuis quelque temps un peu partout dans Paris, peuvent servir à la confection d’étiquettes pour plantes; il a eu l’occasion d’en faire plusieurs pour des rosiers. Comme on peut imprimer 22 lettres, on arrive, avec quelques abréviations, à faire 2 étiquettes par bande. Ces étiquettes sont solides et résistent bien au vent et à la pluie. Elles ne reviennent qu’à 0fr,05. Beaucoup d’étiquettes en celluloïd coûtent plus cher et s’effacent quelquefois. Nous ajouterons que l’usine de Valdoie, sur le territoire de Belfort, fabrique des étiquettes en aluminium de la nature de celles dont nous parle notre correspondant, depuis au moins 10 ans.
- Renseignements. — M. P. Nicour, à Yilliers-sous-Morta-gne. — Avant-train auto-moteur : M. Prétot, 42, avenue Philippe-Auguste, à Paris; M. Louis Lacoin, 11, rue Lacépède, à Paris.
- M. Becqvart, à Lille. — Nous avons publié plusieurs recettes pour faire disparaître les taches d’enoe et de graisse sur le papier dans le livre « Recettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. H. C., à Brive. — Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu trouver de renseignements sur l’appareil dont voies nous parliez.
- M. A. Croisé, à Bouzaréah. — 1° L’adresse que vous demandez de la Société de forage du puits artésien de Vincennes est la suivante : MM. Dumont, Gondin et Cie, 32, rue du Petit— Château, à Charenton-le-Pont (Seine). — 2° Nous n’avons pas-cette adresse.
- M. Aubçrgé, à Melun. — Pour faire du vinaigre de vin, il faut laisser du vin aigrir dans un tonneau. Pour faciliter la> formation d’une mère, on ajoute un peu de vinaigre.
- M. P. T., a Evreux. — Nous ne savons pas ce que vous désignez sous le nom de « poterie de fonte », et nous ne connaissons aucun procédé pour la rendre inoxydable.
- M. C. Hilarion, à Cayenne. — Les cigarettes sans nicotine sont fabriquées à Brême « Wendt’s patent cigarillos » selon les indications du Dr Hugo Gerald. Ces cigarettes n’existent pas en France.
- M. E. D., à D.... — 1° Adressez-vous à la librairie Agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 2° Nous-n’avons aucune adresse spéciale à vous indiquer; renseignez-vous auprès des marchands de couleurs.
- Salon de Recreo, à Burgos. — Pour connaître la composition de ce vernis, il faut en faire faire l’analyse par un chimiste.
- M. A. Armao, à Smyrne. — Comme ouvrages de météorologie, nous pouvons vous signaler les ouvrages suivants : « Traité pratique de prévision du temps », par J.-R. Plumandon, « Les-orages et la grêle », par J.-R. Plumandon, à la librairie Masson et Cie, ainsi que les ouvrages de M. Marié-Davy, et de E. Duclaux. Le dernier publié chez Gauthier-Villars est « Physique du Globe, Météorologie », par Berget.
- M. A. G., à V. — Le mot que vous citez doit être exact; il se trouve bien dans la lettre de notre correspondant.
- M. Hottinger, à Paris. — Pour faire disparaître les taches d’huile sur le bitume, il faudrait répandre pendant quelque temps du talc ou de la sciure de bois pour absorber l’huile en aussi grande quantité que possible. On pourrait ensuite avoir recours au lavage au pétrole.
- M. D. R., à Paris. — L’énergie électrique a pour unités de mesure le watt-heure et ses multiples et sous-multiples, l’hecto-watts-heure, le kilowatts-heure, etc. La puissance électrique se mesure en watts, en hectowatts, kilowatts, etc.
- M. L. Renaut, à Arras. — Il a été question de faire ces essais; mais rien n’a encore été décidé.
- M. Dumont, à Paris. — Les distributions d’énergie électrique directes à courant continu n’ont pas encore employé une différence de potentiel supérieure à 440 volts, c’est le système à 5 fils.
- M. A. R., à Evron. — Le nouvel extincteur d’incendie, le « Columbia », a été décrit dans les « Petites Inventions » du n° 1609 du 26 mars 1904; il est construit par la Compagnie parisienne des applications industrielles du gaz carbonique liquéfié, 52, avenue Daumesnil, et se trouve chez M. Briffault, 22, avenue de l’Opéra, à Paris.
- L'abonné 6008, à Bordeaux. — Nous vous conseillons de consulter l’article que nous ayons publié sur « Les ascensions en cerf-volant dans le n° 1514 du 31 mai 1902, p. 410. Vous pourrez aussi voir le volume « Les cerfs-volants » que l’auteur de l’article a publié à la librairie Nony et Cie, 63, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. G. Tréboux, à Cherbourg; M. Salmon, à Clermont-Ferrand; M. A. Denis, à Saint-Quentin. — Nous donnons en tète de la Boîte aux lettres l’adresse que nous avons pu nous procurer.
- Questions. — N° 1269, — Un amateur de galvanoplastie demande s’il existe un procédé pour éviter la déformation des sujets en plâtre imperméabilisés et plongés dans une dissolution de sulfate de cuivre. Dans les 24 heures d’immersion ils prennent (sans se casser) une forme arrondie au point d’éloigner sensiblement de la surface plombaginée la couche de cuivre déposée.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à P.
- Nous avons donné cette adresse précédemment. — M. P. G., à Paris. Cette question est trop technique ; nous ne pouvons en parler.
- — M. Demont, à Lille; M. G. V., à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Sîaircn et Cie.
- — M. P. Legrand, à Versailles; M. L. B., à Nice. Plusieurs formules ont été données dans le meme petit livre que ci-dessus,
- 5e série, à la môme librairie. — M. A. L. P., à X. Remerciements pour votre communication.
- Dans fa « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Échelle pliante. — L’échelle dont nous donnons une courte description est une échelle double munie d’une plate-
- Fig. 1. — Échelle pliée. Fig. 2. — Ouverture de l’échelle.
- forme mobile que surmonte un coffre à outils. Lorsque l’échelle est fermée (fig. 1) la plate-forme repose à plat le long des rayons de l’échelle. Lorsque celle-ci s’ouvre (fig. 2), l;i plate-forme glisse, jusqu’à atteindre la position horizontale, dans deux rainures qui lui servent de guide. La boîte à outils, par le jeu de tiges articulées, se place à la partie supérieure. Enfin le tout (fig. 3) forme une échelle solide, rigide et d’ui.e
- Fig. 3. — Vue d’ensemble de l’échelle.
- grande légèreté; le modèle de 2 mètres de hauteur ne pèse que 12 kilogrammes. Cet appareil présente de grands avantages et se prête à de nombreuses applications. 11 constitue à la fois une échelle ordinaire et un échafaudage permettant à un ouvrier de travailler en toute sécurité à une certaine hauteur au-dessus du sol. Nous n’insisterons pas sur tous les usages auxquels cette échelle peut être employée. Nous ferons remarquer seulement qu’il existe 7 modèles différents de 4 à 10 marches et pour des hauteurs totales de lm,60 à 2m,80; ces divers modèles sont construits en chêne ciré ou en hêtre. — Pour l’échelle pliante, s’adresser à M. E. Bardin, inventeur constructeur, 47 bis, route de Versailles, à Billancourt (Seine).
- Boite pour conserve & feimeture heimétique. —
- MM. Bernat et Julien ont imaginé une nouvelle boîte pour conserve à fermeture hermétique sans soudure. Cette boîte, à laquelle ils ont donné le nom de « La perpétuelle », se compose d’un récipient ordinairement en métal, mais pouvant être
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- en verre, en porcelaine, etc., renfermé dans deux godets emboutis superposés par leur partie ouverte. Les rebords plats dont ces deux godets sont pourvus viennent s’appliquer en sens inverse contre une rondelle et sont maintenus par un collier creux, à section demi-elliptique, qui exerce sur eux des pressions normales comprimant la rondelle et assurant dans de bonnes conditions l'herméticité du joint et de la boîte. — Celte boîte pour conserve se trouve à la Société « La Perpétuelle », rue Victor-IIugo, à Carmaux (Tarn).
- BIBLIOGRAPHIE
- Cent ans aux Pyrénées, par Henri Beraldi, in-8°. Paris, 1903.
- Nous venons de lire avec le plus grand plaisir le nouveau livre de « Cent ans aux Pyrénées » publié par M. 11. Beraldi, c’est le sixième de la série commencée depuis l’année 1898. Ce livre est rempli d’anecdotes spirituellement écrites, de souvenirs et d’aperçus présentés avec humour et originalité; il complète bien la série des cinq premiers volumes de cet intéressant travail.
- Dans l’air, ouvrage orné de nombreuses illustrations et des épures, par Santos Dumont, pour ses différents dirigeables. — A Santos Dumont, à Paris. Librairie Charpentier et Fasquelle, 11, rue de Grenelle.
- « Dans l’air » est un livre de précieux renseignements. L’auteur raconte d’une façon brève et très nette toutes ses nombreuses et intéressantes expériences. Depuis son premier voyage aérien conduit par l’aéronaute Machuron, jusqu’à celui du 19 octobre 1901, où il monta seul en doublant la tour Eiffel dans son aéronef le n° 6, poqp gagner le prix de 100 000 francs, donné par II. Deutscb. On voit avec plaisir les progrès accomplis par le jeune et courageux aéronaute: il nous exprime aussi sa force de volonté et sa constance fidèle dans l’aérostation. Espérons avec lui qu’il saura arriver au but linal de ses désirs et au succès de ses espérances.
- Le téléobjectif et la téléphotographie, par Thomas Dallmeïer, président de la « Royal Photographie Society ». Traduction française augmentée d’un appendice bibliographique, par L.-P. Clerc. 1 vol. grand in-8°. Paris. 1904. Librairie Gau-thier-Villars. Prix : 6 francs.
- Manuel pratique de photographie sans objectif, par L. Rouyer, lieutenant-colonel du Génie en retraite. 1 vol. in-16. Paris. 1904. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 2fr,50.
- La télégraphie sans fils, par A. Broca, professeur agrégé de physique à la Faculté de médecine. 2” édition. 1 vol. in-18. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1904. Prix : 4 francs.
- Les moteurs agricoles, par Gaston Coupac, répétiteur à l’Institut nationai agronomique. 1 vol. in-18. Librairie J.-B. Baillière et fils. Prix ; 6 francs. 1904.
- Les maladies et parasites du chrysanthème, par J. Chjfflot, docteur ès sciences, chef des travaux botaniques à la Faculté des sciences de Lyon. Préface de M. R. Gérard, directeur des cultures de la ville de Lyon. 1 vol. petit in-8°. Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle. Paris. Prix : lrr,50.
- Manuel du champignonniste, professionnel et amateur, par A. Cauchois. Préface de M. A. Maumené. 1 vol. petit in-8°. Librairie horticole, Paris. Prix, relié : 5 francs.
- Notes sur l’horticulture en Allemagne, par Henri Guton. 1 vol. petit in-8°. Librairie horticole. Paris. Prix : 2 francs.
- La mosaïcullure pratique, par A. Maumené. 1 vol. petit in-8°. 5e édition entièrement refondue et considérablement augmentée. Librairie horticole, Paris. Prix, relié : 4fr,25.
- Cet ouvrage de notre collaborateur a eu un grand succès, nous sommes heureux de le constater. Il est le plus complet sur le sujet, et la nouvelle édition renferme encore des paragraphes complémentaires de grand intérêt.
- Automobiles. Motocycles, bateaux-automobiles et emplois industriels des moteurs légers (pétrole, vapeur, électricité). Manuel pratique, par René Champly, ingénieur-mécanicien.
- 1 vol. in-16. Librairie II. Desforges. Paris. 1904. Broché : 4 francs.
- L'industrie aurifère au Transvaal. Son passé, son avenir, par Albert Michaut, ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- 1 vol. in-8°. Paris. A. Lahure, imprimeur-éditeur. 1904. Prix : 5 francs.
- Le tourisme en automobile, par Léon Auscher, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Préface de M. L. Baudry de Saunier. Paris, VTeCh. Dunod, éditeur. 1904. Prix : 7fr,50.
- Boîte pour conserve.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Le monde des fourmis, par H. Coupin, docteur ès sciences, préparateur à la Sorbonne. 1 vol. in-16. Ch. Delagrave, éditeur. Paris. 1004. Prix : lfr,20.
- Dans ce très intéressant petit ouvrage, notre collaborateur, M. H. Coupin étudie les fourmis, ces petits animaux qui se rapprochent le plus de l'homme, quant à l’intelligence et à l’organisation sociale.
- Essais des matériaux hydrauliques, par H. Le Chatelier. 1 vol. petit in-8° de l’Éncyclopédie des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Gauthier-Villars et Masson etC‘% éditeurs. Paris. 1904. Prix : broché 2tr,50, cartonné 5 francs.
- Essais industriels des machines électriques et des groupes
- électrogènes, par F. Loppé, ingénieur des Arts et Manufactures. Conférences de l’Ecole supérieure d’Electricité. 1 vol. in-8°. Paris, Gauthiers-Villars, imprimeur-libraire. 1904.
- Cet ouvrage de M. Loppé donne les plus utiles renseignements sur l’organisation et les méthodes générales d’essais; il examine en détail toutes les expériences à faire pour les essais des machines à courant continu, à courant alternatif, des groupes électrogènes et des appareils électriques divers.
- Catalogue of the collection of meteorites 1 may 1903, by Oliver Cummings Farrington, Ph. D. Curator, Department of Geology. Field Columbian Muséum. Publication 77. Geolo-gical sériés. Vol.II,n0 2. 1 brochure in-8°. Chicago. U. S. A. 15 may 1903.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 mai.... 15°,5 N. E. 2. Beau. » Rosée; peu nuageux de 9 à 16 h. ; beau avant et après.
- Mardi 31 17’,5 W. S. W. 3. Couvert. 6,2 Couv. jusqu’à 18 h. ; nuageux ensuite ; pluie de 8 à 14 h.
- Mercredi 1" juin . . 13°,3 S. S. W. 3. Couvert. 8,2 Presque couvert; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 2 11°,2 W. 3. Couvert. 4,1 Couv. ; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 3 12’,5 N. E. 2. Couvert. 0,4 Très nuageux; pluie de 4 à 5 h.
- Samedi 4 12”,6 N. E. 5. Nuageux. » Rosée ; nuageux ; halo à 12 h.
- Dimanche 5 11°,9 N. N. E. 2. Couvert. 5,7 Rosée ; très nuag. ; halo à 16 h. ; orage de 16 à 18 h. avec pluie ; éclairs à 21 h. au N.
- MAI-JUIN 1904. --- SEMAINE DU LUNDI 30 MAI AU DIMANCHE 5 JUIN 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l<e temps. — Le temps a été très variable pendant la semaine du 59 mai an 5 juin. Le 30 mai, les basses pressions envahissaient le sud-ouest de l’Europe, le baromètre a baissé de 8 mm sur le golfe de Gascogne. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 16° à Paris, 13° au puy de Dôme, 101 au mont Ventoux, 7° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 17°,2. Le 31 mai, une dépression (734 mm) se trouvait dans la matinée au sud de l’Irlande ; la pression barométrique était supérieure à 770 mm sur la mer Baltique. Un vent faible du sud a soufflé sur la Manche. Des pluies orageuses sont tombées dans l’ouest; on a recueilli 19 mm d’eau à Rochefort, 15 mm à Cherbourg, 2 mm à Biarritz. Dans la nuit du 31 mai au 1" juin, un coup de vent subit est passé sur l’estuaire de la Seine ; il a fait chavirer à deux milles du port une chaloupe montée par des matelots dont l’un s’est noyé. Les journaux anglais ont signalé de violents orages qui se sont abattus sur diverses régions de l’Angleterre. A Pcterborough, les éclairs et le tonnerre ont continué pendant trois heures sans arrêter. Le 1” juin, des pluies abondantes sont tombées sur la France et les Iles-Britanniques. On a’ recueilli 16 mm d’eau à Boulogne-sur-Mer, 14 mm à Clermont, 9 mm à Nantes, 8 mm à Paris. Les averses à Paris ont été nombreuses, mais généralement courtes; les hauteurs d’eau atteignaient 10mm
- dans la banlieue ouest (Saint-Cloud) et dans l’est (Ville-Evrard). La température moyenne à Paris a été de 15°. Le 2 juin, des pluies sont tombées sur les Pays-Bas, ainsi que dans les régions du nord et de l’est ; on a recueilli 10 mm d'eau à Besançon, 10 mm d’eau à Dunkerque, 8 mm à Paris. La pluie n’a pas cessé de tomber à Paris de la journée; la température a été fraîche et a varié de 11° à 18°,7 avec une moyenne de 13°,6. Le 3 juin, des pluies sont encore tombées dans le nord et l’ouest du continent ; il est tombé 13 mm d’eau à Dunkerque, -4 mm à Paris, 3 mm à Nancy. Dans la région parisienne, les averses ont été nombreuses et très variables ; les hauteurs d’eau étaient comprises entre 2 et 8 mm. Le 4 juin, une dépression barométrique a eu lieu dans l'ouest de la ltussie et a amené une tempête du nord sur la mer Baltique. On a signalé en France des pluies daus quelques stations du centre et de l’ouest. La température a fortement baissé ; le matiu, à 7 heures, on notait 13° à Paris, 15° à Lyon, 5° au puy de Dôme, 2* au mont Ventoux, — 3° au pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été de 14°,8, inférieure de 0°,6 à la normale, avec un maximum de 18°,8 et uu minimum de 11°,2. Le 5 juin, le vent a soufflé du nord-est sur toutes les côtes, asseï fort sur la Manche, modéré sur l’Océan. Des pluies orageuses sont tombées dans la moitié sud de la France ; on a recueilli 13 mm d’eau à Besancon, 11 mm à Clermont-Ferrand, 6 mm à Toulouse.
- PHASE DE LA LUNE : Néant.
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- N° 1621 08 juin 1904), du journal «LA NATURE »
- Mk HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— Le conseil d’administration de l’Institut Pasteur, ayant à «choisir le successeur de M. Duclaux, comme directeur de l’Institut, a élu M. le Dr Roux. Le conseil a ensuite adjoint au Dr Roux, à titre de sous-directeurs, les Drs Chamberland et Metchnikoff. II s’est également occupé du monument de Pasteur, qui doit s’élever sur ta place de Breteuil, et dont les travaux sont poussés avec la plus grande activité. On espère que l’inauguration pourra être faite le 15 juillet, à l’occasion de la Fête nationale.
- -æ- C’est avec un grand regret que nous apprenons la mort de M. Victor de Luynes, professeur au Conservatoire des arts et métiers, directeur du laboratoire du ministère des Finances, décédé le 9 juin, à Meudon.
- —)£- La municipalité de Berlin vient de décider qu’un monument sera érigé, aux frais de la ville, en l’honneur du grand physiologiste, R. Virchow.
- —}£— Le conseil d'hygiène de la Seine, après l’incendie du boulevard de Sébastopol, s’était préoccupé de réglementer à nouveau le commerce du celluloïd. Dans sa dernière séance, il a approuvé les conclusions du rapport de M. Adam sur les dépôts de celluloïd brut ou façonné. Les conclusions de ce rapport sont les suivantes en résumé : dans les immeubles habités, le celluloïd brut ne pourrait être admis que dans un local bien dégagé en relation avec l’air extérieur, situé à F étage supérieur, et ne commandant pas l'escafier. Cette resserre spèciale n’aura ni feu ni lumière. On accédera dans la pièce par un tambour formé de cloisons en briques ou plâtre. Le sol sera carrelé ou cimenté. Les bois seront recouverts d’une couche de plâtre de S centimètres. Le poids de chacune des boîtes de celluloïd ne dépassera pas 20 kg. Le magasin sera muni à l’intérieur de seaux
- leins d’eau et d’extincteurs, et à l’extérieur d’un poste de secours.
- our le celluloïd façonné, on n’admettra les « dépôts » dans les locaux habités que lorsque l’approvisionnement ne dépassera pas O1*,500 par mètre cube. Les rayons, casiers, boîtes, tiroirs, seront en bois dur. Le poids de chacune des boîtes ne dépassera pas 20 kg. Les boîtes en carton ne seront admises que pour des objets délicats, «n petites quantités (10 kg au plus par 1Ù0 mètres). Chaque boîte ne contiendra pas plus de 500 grammes de celluloïd. Dans les « magasins de vente » le celluloïd sera conservé dans les mêmes conditions que dans les dépôts. Pour les obligations à imposer aux détaillants, on se basera sur l’installation, la division du celluloïd, le poids par mètre cube.
- —— On ne saurait trop prendre de précautions avec les hautes tensions électriques utilisées aujourd’hui dans les usines. Dernièrement, un jeune homme, qui était employé à l’usine des lampes à incandescence, à Ivry, a été électrocuté, dans l’atelier où l’on fait le vide dans les ampoules de verre. En tendant le bras pour ouvrir un robinet à gaz qui se trouve encastré entre deux tableaux électriques, il heurta avec la paume de la main un commutateur dans lequel le courant passait à une très haute tension : il fut foudroyé et il fut impossible de le rappeler à la vie, même au moyen des tractions rythmiques de la langue.
- —— Le jardin d’Acclimatation à Paris, a reçu, le 5 juin, deux orangs-outangs adultes, d’une grande taille. A la suite des fatigues éprouvées durant le voyage, l’un des deux singes est mort dès son arrivée; l’autre est en parfait état et excite déjà la curiosité des habitués du Jardin.
- —— Les essais qui ont été faits au Service municipal de construction du Métropolitain de Paris, et aussi à l’Ecole des Ponts et Chaussées, prouvent que le ciment de laitier ne donne pas, à dosage égal, un volume de mortier ou de béton plus considérable que le ciment de Portland.
- —La semaine du 6 au 12 juin a été fertile en incidents
- météorologiques de toutes sortes. Le 6 juin, des pluies orageuses sont tombées en France ; on a recueilli 9 mm d’eau à Limoges, 6 mm à Paris, 6 mm à Nantes, 6 mm à Nice, 18 mm à Brest, 7 mm à Clermont. A Arras, à la suite de violents orages, la grêle a détruit les récoltes; trois ouvriers ont été tués par la foudre. En Espagne, une violente tempête de grêle s’est abattue sur Madrid le 6 juin dans l’après-midi vers 3 heures; les fils téléphoniques ont été brisés, la circulation des tramways interrompue, les rues changées en rivière. La tempête a repris dans la soirée et a causé de grands dégâts. Dans les provinces, à Tolède, à Ciudad-Réal, la grêle a causé des ravages considérables dans la campagne. Dans la soirée à Paris est survenue une forte averse orageuse ; les hauteurs d’eau recueillies ont été très variables; en ville et dans la banlieue il n’est tombé que quelques gouttes (5 mm), à Meudon et à Trappes on a recueilli 13 et 18 mm d’eau au pluviomètre. Le 7 juin, des orages ont éclaté de toutes parts en France. A Mamers, un orage est survenu vers 2 heures de l’après-midi; une pluie diluvienne est tombée pendant plusieurs heures. Une petite rivière, la Dive, traverse la ville entre deux coteaux escarpés. Ce petit cours d’eau qui habituellement n’a pas plus de 50 centimètres d’eau sur une largeur de 2 mètres est endigué entre les murs de clôture de maisons particulières et la rue des Tanneries. Elle est traversée par des ponts de pierre assez étroits. La Dive est un petit affluent de l’Orne Saosnoise, qui est elle-même un affluent de la Loire. Sous l’avalanche d’eau provenant des environs ou l’orage sévissait également, la Dive s’est en quelques instants transformée en un torrent impétueux de 125 mètres de largeur, renversant tout ce qui se trouvait sur son passage. Dans toute la traversée de Mamers, sur 1 kilomètre de longueur, les eaux qui à certains endroits atteignaient jusqu’à 4 mètres de hauteur, ont emporté de multiples immeubles et occasionné des dégâts qui dépassent un million. Le nombre des morts s’est élevé à 20. Le même jour, des pluies torrentielles ont eu lieu dans certaines stations de l’ouest. A Châteaudun, en une heure et quart, on a recueilli 90 mm d’eau. A Versailles, la foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment sur la sacristie de l’église Saint-Louis, dans le quartier des Petites-Ecuries, sur l’Hôtel de Ville, à Montreuil, enfin boulevard de la Reine, où un câble électrique a été coupé. Plusieurs personnes ont été renversées et blessées légèrement par la commotion électrique. A Saint-Cyr, à la gare, les disques des signaux sur les lignes de Granville ainsi que sur la Grande-Ceinture, ont été coupés. Chez M. Leroy, la foudre est tombée entre M. Leroy et un de ses ouvriers, M. Berruyer; ils ont été renversés tous deux. A Massangis (Yonne), un nommé Baudouin, maçon à Grimault, atteint par la foudre, a été tué sur le coup. A la Brède (Gironde), un ouvrier plâtrier, nommé Mahel, qui êenait dans le ruisseau du Guat Mort, a été frappé par la foudre, a mort a été instantanée. On signale également d’autres morts par la foudre à Saumur, à Lignv-Saint-Flochel (Pas-de-Calais), à Crève-cœur (Oise), à Reby (Pas-de-Calais). Le 9 juin, des dégâts considérables ont été causés aux récoltats à la suite d’orages à Chartres, à Nantes; à Alençon la Sarthe a débordé et a inondé la ville. Le 10 juin, il a encore plu en abondance; on a reçueilli 25 mm d’eau à Gap, 23 mm à Nancy, 13 mm à Paris, 10 mm à Nice, 7 mm à Nantes; le 11 juin les pluies ont été très abondantes dans l’ouest et le sud de la France, à Perpignan un orage a donné 52 mm d’eau. Le 12 juin, on a recueilli 86 mm d’eau au mont Aigoual, .41 mm à Nice, 34 mm à Toulouse, 27 mm à Clermont, 7 mm à Nantes. Pendant tous ces jours d’orage, la température était élevée ainsi que la pression barométrique. Le 6 juin, à Paris, la température moyenne a été de 17°,5, supérieure de 1°,8 à la normale, et la pression barométrique était de 762,Bm,9. Le 7 juin, la température moyenne était de 19°,2 supérieure de 5°,4 à la normale; le baromètre indiquait 760mm,6 à 7 heures du matin. Le 8 juin, la température était seulement de 10° à Paris le matin; la moyenne a atteint 16°. Cette température moyenne à Paris a été de 11^,3 le 9 juin, de 15°,3 le 10 juin, et de 16° et 15° le 11 et le 12 juin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les nouveautés photographiques que nous décrivons se trouvent chez M. Clermont-Huet, 114, rue du Temple, à Paris.
- Communications. M. Ch. Lambert, ingénieur des Arts et manufactures, à Paris, nous a adressé une notice ayant pour titre : « Le froid industriel et ses applications. La Pêche à Terre-Neuve ». C’est un historique très complet de la question avec de nombreuses figures, d’après une communication faite au Congrès des Chalutiers à vapeur de Paris.
- Renseignements. — M. G. Iwkoff, à Annepel-Volinie (Russie). —1° Contre les nuages à grêle, il faut vous servir des fusées que vous trouverez à la maison Ruggieri, 94, rue d’Amsterdam, à Paris. — 2° Le procédé est impraticable.
- M. D. B. F., à Paris. — 1° Il n’y a pas d’endroit particulier à vous indiquer; vous pourriez vous adresser au Muséum. — 2° Ces articles sont trop spéciaux pour nos lecteurs. — 3° On peut faire partie de toutes les sociétés moyennant le paiement de la cotisation, et en se faisant présenter par deux membres.
- M. J. Perrin, à Cours. — L’auteur de l’article que vous citez est M. Henry Correvon, 2, rue Dancet, à Genève.
- L'abonné 5490-4112, à Paris. — 11 n’existe en réalité aucun spécifique pour la pousse des cheveux ; la pilocarpine a donné seule quelques résultats. Au surplus, consultez le livre de M. le Dr Saboureau, édité chez MM. Masson et Cio.
- M. A. Massoni, à Bastra. — La question a été remise à l’ordre du jour à l’occasion d’un article d’un journal. A propos de diverses discussions, M. Poincarré, à la Société astronomique de France, a présenté quelques considérations philosophiques qui ne détruisent en rien l’opinion admise. Au reste il vient de publier, pour faire cesser tout quiproquo, une nouvelle lettre dans le Bulletin du mois de mai de la Société astronomique de France, à l’Ilôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, à Paris.
- M. Bayet-Pivoteau, à Saint-Amand. — 1° Nous avons donné une réponse à un autre abonné dans la « Boîte aux Lettres » du n° 1619 du 4 juin 1904. — 2° Les adresses demandées sont les suivantes : M. Boivin, 16, rue Eabre d’Églantine, M. Dela-motte, 596, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. A. Albarel, à Carcassonne. — La lettre a été expédiée à l’adresse demandée.
- M. P. R., h Paris. — Il est impossible de distinguer un produit d’un autre, surtout quand ils sont réduits en poudres et que celles-ci sont incolores; il faut en faire faire l’analyse chimique.
- M. Lagrange, à Nice. — Vous voulez sans doute parler de l’ouvrage « Plombier, zingueur, couvreur, appareilleur à gaz». II se trouve dans l'Encyclopédie Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- R. D. Verant, à X. — L’adresse demandée est la suivante : Laboratoire central d’électricité, 14, rue de Staël, à Paris.
- M. Avelino Tames Herra, à Madrid. — Pour les projections cinématographiques, adressezrvous à la maison Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. Devaux, au Bourget. — Nous avons indiqué l’adresse où l’on peut se procurer des graines d’Ovidius en tête de la « Boîte aux lettres » du n° 1619 du 4 juin 1904.
- il/. L. Grand, à Dijon. — Nous avons expliqué cette question avec détails dans le petit livre des « Recettes et Procédés utiles », 2* série, à la librairie Masson et Cie.
- M. P. Leroy, à Nantes. — L’expérience seule peut vous; fournir les renseignements que vous recherchez. II faut prendre une longueur déterminée du fil dont vous voulez connaître la résistance à diverses températures, mesurer d’abord la résistance à la température ambiante. Ensuite on fait passer un courant électrique dans le fil pendant un certain temps, on note la température ambiante avec des thermomètres, et on mesure les résistances suivant les températures. Avec les chiffres-fournis par quelques mesures, vous connaîtrez ainsi les valeurs de résistances de vos câbles lorsqu’ils seront traversés par diverses intensités pouvant amener réchauffement.
- M. J. Deroy, à Paris. — La distribution de l’énergie électrique est faite à Paris à l’aide de courants continus par la Cie Edison, la Société d’Eclairage et de force, la Société de la Place Clichy, et la Ci0 Parisienne de l’air comprimé, et à l’aide de courants alternatifs simples par la Société du Secteur des-Champs-Elysées et la Société du secteur de la rive gauche.
- M. P. B., à Arras. — Ces outils se trouvent chez tous les-quincailliers.
- M. L. Giraud, à Nancy. — Vous trouverez des appareils de mesure de précision, voltmètres, ampèremètres, watt mètres chez M. Carpentier, 20, rue Delambre ou chez MM. Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, à Paris.
- M. E. Rolle, à Saint-Denis (Seine). — Vous trouverez ces-renseignements dans les divers ouvrages relatifs à la teinture, aux apprêts, etc., à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. E. R., à Thizy. —• Vous pourriez consulter le volume « Fabricant d’encres » dans la collection des manuels Roret, à la librairie encyclopédique Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. E. Durand, à Wermelskirchen. — Nous vous avons envoyé l’adresse que vous demandez.
- M. D. F., à N. — 1° Nous n’avons pas vu l’ouvrage dont vous parlez. — 2° Nous ne connaissons pas ces fabricants. — 3° Pour les brevets, vous pouvez vous adresser à M. Armen-gaud, 21, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. F orner on, à Bordeaux. — Il n’existe pas que nous sachions de procédé rapide pour reconnaître les falsifications de l’essence de térébenthine; il faut en faire faire l’analyse chimique.
- M. L. R., à Paris. — A la dernière séance de l’Académie de médecine, M. Témoin, de Bourges, a donné lecture d’une note sur un moyen de conservation du chloroforme. Le soufre additionné au chloroforme empêche, paraît-il, l’altération même en pleine lumière. La dose serait de 4 grammes par kilogramme de chloroforme.
- M. Odclin, au Havre. — Nous n’avons pu retrouver la lettre dont vous nous parlez; veuillez nous écrire de nouveau et nous préciser l’objet de votre demande. Nous vous répondrons aussitôt en vous donnant satisfaction dans la mesure du possible.
- M. H. N., à Bruxelles. — L’intensilé dans le circuit, tel que vous l’établissez, sera égale à la différence de potentiel de 220 volts divisée par la somme de résistances des deux lampes et de la résistance de l’électro-aimant. Vous aurez la différence de potentiel aux bornes de l’électro-aimant en multipliant sa résistance par l’intensité.
- M. A. G., à V. — Nous avons recherché un vernis inattaquable à la potasse caustique et nous n’avons pu en trouver un ; ils sont tous attaqués.
- M. Alliaume, à Paris. — Nous ne savons encore quels sont les travaux que vous mentionnez ; mais dès que nous aurons pu obtenir quelques renseignements, nous vous les ferons connaître.
- M. P. L., à Argenteuil. — Veuillez relire l’article que nous avons publié à ce sujet dans le n° 1618 du 28 mai 1904, p. 408.
- M. D. R., à Paris. — Vous trouverez ces divers appareils chez MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. R. Reboul, à Paris. — Nous avons publié plusieurs moyens d’éviter le suintement des lampes à pétrole dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. H., h B. F. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer de traité. — 2° La rédaction est étrangère aux annonces.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Paindavoine, à Saint-Lucien-lès-Beauvais. —Nous n’acceptons aucun article ayant déjà paru dans un journal. — M. D. L., à Paris. Il faut vous renseigner à une agence de brevets. — M. Dupont, à Brest; M. Le-ront, à Arras. Nous avons publié ces recettes dans le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. Leroy, à Paris; M. V. H., à Paris. Ces recettes ont été données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à 1» même librairie. — M. P. L., à Paris; M. D. P., à Colombes. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui liii sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les commiuiications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- i,© physio-pocket. — La mode est un peu revenue aux petits appareils qui peuvent se dissimuler et surprendre le sujet. Sous ce rapport, M. Bloch semble détenir le record, car si son appareil, qui donne des clichés 45 x 00 mm, peut se dissimuler dans la main, il permet en outre, par son ingénieux viseur prismatique à double réflexion, de se tourner de côté : de sorte qu’on n’a pas du tout l’air de s’occuper de la personne qu’en réalité on met en plaque. Il est certain que les clichés, pris dans ces conditions, présentent un caractère de vérité et de naturel qui manquent généralement aux autres. Le physio-
- Socket, ainsi que le représente notre gravure, a la forme d’un emi-cylindre ; l’objectif est au milieu de la partie cylindrique ; les plaques sont contenues dans de petits châssis métalliques à volets que l’on coulisse au fur et à mesure des besoins sur la
- Le physiopocket.
- partie plate opposée à celle qui porte l’objectif. L’oculaire, qui donne à l’ensemble l’aspect d’une lorgnette, ne sert qu’à viser dans les conditions que nous avons indiquées tout à l’heure. L'appareil peut se monter sur un pied ; il est muni d’un obturateur à plusieurs vitesses qui donne aussi la faculté de faire la pose; enfin un système-de mise au point permet d’opérer à
- Îiartir de 1 mètre pour les portraits, 2“,50 à 4 mètres pour es groupes; à 5 mètres on peut considérer que tout est au
- Çoint jusqu’à l’infini. L’objectif anastigmat (qui peut être un essar de Zeiss, si on le désire) est très fin et peimet tous les agrandissements. Le constructeur a prévu un cône en bois sur lequel on monte le physio-pocket, de façon à utiliser l’objectif même de l’appareil pour faire des agrandissements en 13 x 18. La manipulation est très simple et les épreuves ainsi obtenues, à ce format, peuvent supporter la comparaison avec celles qui seraient obtenues directement par un appareil de dimension 15x18 lourd et encombrant. Le physio-pocket est le véritable appareil de l’amateur qui veut opérer discrètement et avoir les sujets les plus naturels et les plus intéressants. — Le physio-pocket se trouve chez Léon Bloch, 1, avenue de la République, à Paris. G. M.
- ’ PHOTOGRAPHIE
- Procédé de tirage au bromure pour clichés durs.
- En général le papier au gélatino-bromure donne des épreuves un peu heurtées, à plus forte raison si on a affaire à un cliché dur, c’est-à-dire présentant des oppositions un peu vives entre les blancs et les noirs. 11 est à remarquer aussi que plus h s papiers employés sont à impression lente, — et ce sont les plus commodes à employer parce qu’ils se manipulent facilement à la lumière jaune ou même à la lumière d’une bougie, — plus on a tendance à avoir l’image dure. M. Sterry a donné dernièrement, dans le Photographie News, un procédé qui permet d’éviter cet inconvénient et qui réussit avec beaucoup de papiers de ce genre; pas tous cependant, on ne sait trop pourquoi : si l’on ne réussit pas avec l’un, il faudra en essayer un autre.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Ce procédé consiste à tremper le papier dans une solution de bichromate de potasse « avant le développement ». On prépare une solution de bichromate à 5 pour 100; le chiffre n’est pas absolument rigoureux, on peut descendre au-dessous de ce titre ou l’augmenter, suivant les papiers: c’est une moyenne.
- On pose l’épreuve normalement comme si on devait la développer; mais au sortir du châssis-presse on la passe dans le bain de bichromate pendant environ 1 à 4 minutes, plus ou moins suivant le papier. L’épreuve est ensuite rincée sommairement pour enlever l’excès de la solution, puis on procède au développement comme d’habitude. L’effet du bichromate se fait sentir dans les noirs qui viennent plus lentement; il n’a pas d’action au contraire sur le reste de l’image qui vient normalement, de sorte qu’on obtient une image beaucoup meilleure, présentant des détails dans les ombres, sans empâtement.
- Pour éviter que les blancs du papier soient teintés en jaune il faut employer un révélateur neuf ; ceci n’arrive pas toujours avec les révélateurs ayant déjà servi, mais si cela se présentait il faudrait prendre un bain neuf.
- Nous n’avons donné que des indications sommaires sur le procédé, parce qu’il est assez variable suivant les marques de papier employé; mais ce que nous en avons dit est suffisant pour que chacun se fasse une méthode après quelques essais.
- Papier salé
- Ce papier donne de très jolis tons et on a eu tort de l’abandonner; il a une surface mate très artistique. M. Namias a rappelé dernièrement, dans une Revue italienne, quelle était la meilleure manière d’employer ces papiers. Il est préférable de l’acheter tout préparé mais non sensibilisé ; la marque « Deux Epées » est excellente. Pour le sensibiliser on le fait flotter sur une solution neutre d’azotate d’argent à 10 pour 100 au moins, pendant 2 ou 3 minutes. On laisse ensuite sécher dans l’obscurité. Le papier ainsi sensibilisé peut être employé tel que, mais il ne se conserve pas longtemps avant l’usage et, en outre, au bout de quelques mois, quelques années souvent l’image s’altère. M. Namias recommande, pour éviter cela, de transformer l’azotate d’argent en un sel un peu moins sensible à la lumière, mais beaucoup plus stable et se prêtant aussi beaucoup mieux à tous les virages. Il suffit pour cela de plonger le papier sensible sec dans un bain contenant 2 pour 100 d’acide oxalique et 4 pour 100 d’acide citrique ; après quelques instants on le retire et on le fait sécher à l’obscurité. Il peut ensuite se conserver 3 ou 4 mois sans être impressionné. Le tirage est un peu plus long qu’avec le papier simplement sensibilisé à l’azc-tate, on doit le pousser assez loin. Le fixage est fait à l’hypo-sulfite et donne des tons artistiques, mais on peut aussi faire des virages variés; pour cela on a soin de laver d’abord les épreuves à plusieurs eaux au sortir du châssis-presse. Pour éviter la coloration des blancs par la réaction du chlorure d'or sur l’acide oxalique, on transforme l’oxalate d’argent en chlorure en passant l’épreuve avant le virage dans un bain de chlorure de sodium à 5 pour 100. On peut employer ensuite un bain de virage quelconque ou un bain de virage-fixage. G. M.
- Développateur pour papier citrate.
- Le tirage des épreuves photographiques « par noircissement direct » est le plus en faveur parce qu’on voit ce qu’on fait, ou à peu près. Mais lorsque le temps est semble et qu’il faut une joui née entière pour obtenir une seule épreuve d’un cliché, ce procédé n’est réellement plus pratique. Aussi depuis longtemps déjà, et nous l’avons indiqué ici à plusieurs reprises, a-t-on donné le moyen de développer l’image tirée très sommairement à la lumière du jour.
- Yoici un nouveau produit qui vient d’être préparé par MM. Lumière pour leur papier au citrate bien connu; il s’agit vraisemblablement du procédé qui consiste à employer l’azotate d’argent et l’acide gallique pour hâter l’apparition de l’image, mais les solutions préparées d’avance avec des sels chimiquement purs seront toujours préférables et c’est pour cela que MM. Lumière livrent au public deux flacons : A en verre blanc, B en verre jaune, dont ils indiquent ainsi le mode d’emploi :
- Autant que possible le papier au citrate employé ne devra pas être manié au grand jour.
- On tire au châssis-presse comme d’habitude, mais on arrête le tirage dès que l’ensemble de l’image appaiaît faiblement.
- On retire alors le papier et on le passe dans le bain qu’on a composé à l’avance avec 5 centimètres cubes du flacon A dans 50 centimètres cubes d’eau auquel on a ajouté au « moment de l’emploi » 2 cc. 5 du flacon B.
- On agite la cuvette avec un blaireau et on chasse les bulles d’air qui pourraient se former sur l’épreuve.
- Au bout de 3 à 5 minutes l’image est venue à point. Pendant les 2 premières minutes rien n’apparaît, mais ensuite il
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- faut faire très attention sans quoi on dépasserait l'intensité qu’on désire atteindre.
- Il ne faut pas toucher l’épreuve avec les doigts ; on reverse le développateur dans un verre et on rince à l’eau pure l’épreuve restée dans le fond de la cuvette. Ensuite on remplace l’eau de lavage par une solution d’hvposulfite à 25 pour 100 dans laquelle il est bon d’ajouter 2 à 3 pour 100 de bisulfite liquide du commerce.
- BULLETIN MÉ
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, ait
- Le bain de développement peut servir pour deux épreuves successives, mais à condition qu’elles se succèdent immédiatement, car il ne se conserve pas.
- Nous ajouterons que nous avons pu avec un ruban de magnésium de 30 centimètres impressionner suffisamment le papier pour obtenir une bonne épreuve par développement. Ce procédé est très commode quand on est pressé de livrer des épreuves positives d’un cliché intéressant.
- ÉOROLOGIQUE
- de 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DIJ MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 juin .... 16° ,0 N. E. 1. Très nuageux. -0,0 Très nuag. ; pluvieux à 11 h. ; tonnerre au loin à l’W. vers 19 h.
- Mardi 7 16°,6 N. N. E. 2. Nuageux. » Rosée ; nuag. ; orage à 20 h. et de 23 h. 45 à 24 h.
- Mercredi 8 13°,2 N. N. E. 3. Très nuageux. 3,9 Orage avec pluie de Oh. à 1 h. 30; nuag. ; halo à 15 h.
- Jeudi 9 10u,l N. N. E. 3. Pluie. 13,3 Couvert ; pluie de 5 h. à 21 h.
- Vendredi 10 13\4 S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux; pluvieux à 16 h. 50.
- Samedi 11 14”, 7 N. E. 0. Couvert. » Rosée ; très nuageux le matin ; nuageux le soir.
- Dimanche 12 ... . 14°,0 N. 2. Couvert. 0,0 Rosée ; couvert; gouttes fines à 18 h.
- JUIN 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 JUIN 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites k
- l’Observatoire du parc Saint-Maur, en mai 1901,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 757"”.96; minimum absolu, 744""",9, le 8 à 14 h. 30; maximum absolu, 763““,6 le 13 à 8 heures; écart extrême, 20““,7.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 9°,07 ; des maxima, 20°,02; du mois, 14°,33; vraie des 24 heures, 14°,28; minimum absolu, 2”,4 le 5; maximum absolu, 27°,8 le 26. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 7°,45; des maxima, 42°,11 ; minimum absolu —0'\2 le 5; maximum absolu, 54°,0 le 31. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0’,30 de profondeur, 13°,98; à 1 mètre, 13°,12. De la Marne ; moyenne le matin; 16°,13; le soir, 16°,63; minimum, 13°,68 le 10; maximum 20\30 le 30.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 8“”,71 ; minimum 4““,0 le 20, à 14 heures; maximum, 13””,2 le 26, à 8 heures.
- Humidité relative ; moyenne du mois 72,7; minimum, 29 te 20 à 13 heures; maximum 100 en 3 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 li.), 6,07; moyenne diurne la plus faible, 1,0 le 19; la plus grande, 9,9 le 21.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 471 heures; durée effective de l’insolation, 228 heures en 31 jours; rapport, 0,48.
- Pluie : total du mois, 42““,0 en 38 heures.
- Nombre de jours de gelée blanche, 1. le 5; de pluie, 14, et, en outre, 3 jours de gouttes; de rosée, 15; degrèle, 2; de halos, 9; d’orages, 1, le 8: d’éclairs, 1, le 1".
- Fréquence des vents ; Calmes, 7.
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3",5; moyenne diurne la plus grande, 7“,8 le 2 ; la plus faible, 1",7 le 12 et le 25 ; vitesse
- maximum, 11”,7 le 2 de 12 h. 45 à 13 1). par vent variable d’entre S.-W. et
- w.-s.-vy.
- N ... . 57 E . . . . 31 S. . . . . 56 W . . . . 43
- N. N. E. . 39 E. S. E. . 27 S. S. w . . 66 W. N. W . 14
- N. E . . . 45 S. E. . . 16 s. w. . .. 125 N. W. . . 24
- E. N. E. . 30 S. S. E . . 41 vv. s. w . 91 N. N. W. . 52
- Electricité atmosphérique. — Moyeune du mois (16 jours), 229 volts; moyenne diurne la plus grande, 268 volts le 19 ; la plus faible, 165 volts, le 9; amplitude diurne, 0,76: amplitude nocturne, 0,81.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2“,41; minimum, t“,98 le 30; maximum, 2“,64 le 1".
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -i- 0*”,87 ; température + 1°,39 ; tension de la vapeur -t- 1““,07 ; humidité relative -+- 2,8 ; nébulosité -i-0,49; pluie—3”“,3.
- Floraisons. Le 1", cognassier, lilas de Perse, épine blanche, chamerisier, sorbier des bois, arbre de Judée, germandrée ; le 2, spirée, sorbier des oiseleurs, épine-vinette; le 3, pivoine en arbre, arum; le 4, muguet; le 5, rhubarbe; le 6, iris germanique, glycine, herbe à Robert; le 7, cytise, sauge des prés ; le 8, barbeau vivace ; le 11, épine rose double ; le 12; thym, fumeterre; le 13, lychnis des champs, chèvrefeuille; le 14, polémoine, julienne; le 13, leucanthemum des prairies; le 17, scabieuse colombaire, alisier ; le 18, rose de Bengale, pivoine herbacée, églantier, sauge officinale; le 19, verveine vivace, coquelicot, douce-amère, weigelia, seringa, framboisier; le 20, valériane; le 22, tradescantia de Virginie, acacia blanc; le 23, réséda des chemins, geum urbanum, sureau commun, hémérocalle jaune; le 24, sureau à feuilles panachées; le 23, cornouiller, nerprun; le 27, buisson ardent; le 29, muflier ; le 30, pivoine odorante; le 31, digitale, sureau à feuilles de chanvre.
- Premier chant de la tourterelle, le 1": arrivée des martinets, le 10.
- PHASES DE LA LUNE : I). Q. le 6 à 6 h. 2 m. du matin.
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- M.
- N° i622 (25 juin 1904), du journal « LA NATURE »
- Mk HENRI DE PAR VIL LE rédacteur en chef
- J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Mardi dernier, 21 juin, jour du solstice deté, la Société .astronomique de France s’est réunie à la Tour Eiffel sur l’invitation •de son président, M. Lippmann, de son secrétaire général, M. C. Fla-marion et de M. G. Eiffel, membre du Conseil. Il y eut dîner et soirée. Causerie sur le solstice et sur le soleil; soirée charmante à la Tour, dont conserveront longtemps le souvenir les invités de M. Eiffel et les membres de la Société.
- —Ht— La grande épreuve internationale d’automobiles, fondée ar M. Gordon-Bennett, a été courue pour la cinquième fois le 7 juin. Le point de départ de la course était à Saalbourg, près de v Hombourg en Allemagne. Le circuit à parcourir passait par Usingen. Weilbourg, Limbourg, Linder, Kirberg, Hünerkirchen et Neuhoff, et avait une longueur totale de 137,5 kilomètres environ. Les voitures concurrentes, au nombre de 19, ont fait cè parcours 4 fois, soit 550 kilomètres. Le vainqueur, M. Théry, a accompli le parcours sur «a voiture Richard Brasier en 5h 50m 3*, à une vitesse moyenne de D6 kilomètres à l’heure. Sont venus ensuite M. Jenatzy en 6h lm28*, M. de Caters en 6h 46“ 31*, M. Rougier en 6h 48“ 11% et M. Braun en 6h 59“ 6‘.
- —Ht - La Société des ingénieurs civils de France a décerné, dans sa séance du 17 juin, les prix qu’elle distribue chaque année à ceux de ses membres ayant produit des travaux intéressant* Le prix annuel a été décerné à M. J. Bénard, constructeur de phares, pour son travail sur l’installation, dans la mer Rouge, pour le gouvernement ottoman, de trois phares dans des conditions particulières de difficultés. Le prix Michel Alcan a été décerné à M. L. Guillet pour ses recherches sur les aciers composés. Le prix F. Coignet a été décerné par la section d’électricité à M. V. Picou, qui a été ingénieur en chef des services d’électricité à l’Exposition de 1900, pour ses travaux sur la régulation des dynamos. Un prix a été également décerné à M. E. Hospitalier, professeur à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris, pour ses travaux sur l’étude des phénomènes qui, par leur rapidité et leur fréquence, échappent aux moyens ordinaires de l’analyse humaine.
- —Ht— Le préfet de la Seine a constitué récemment une « commission consultative des champs d’épandage » qui sera chargée de l’étude des affaires concernant l’exploitation agricole des domaines de la ville de Paris et l’épuration des eaux d'égout. Elle recherchera les moyens d’améliorer la situation actuelle, et notamment en ce qui concerne l’épandage, d’établir de nouveaux drains, détendre les irrigations en créant des, zones régulatrices, etc. Sont nommés membres de la Commission : MM. de Pontich, directeur des travaux; Jules Bénard, membre du conseil supérieur d’agriculture; deux conseillers municipaux et deux ingénieurs agronomes.
- —Ht— Le 16 juin dans la matinée, au laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris, on a inauguré, en présence de M. Duprat, chef adjoint du cabinet de M. Trouillot, ministre du commerce et de l’industrie et de M. Bouquet, directeur de l'enseignement technique, une grande machine universelle d’essais de 500 tonnes qui doit servir à des expériences de traction, de flexion, de compression, de cisaillage et de poinçonnage. Cette machine, longue de 39 mètres et pesant 120 000 kilogrammes, permet de développer dans les divers essais de résistance des matériaux un effort de 300 tonnes. Elle a été étudiée à Leeds par un spécialiste, M. AVicksteed, sur les indications et avec le concours du Laboratoire d’essais du Conservatoire. Son exécution et son montage ont demandé seize mois. M. Perrot, directeur du laboratoire d’essais, compte sur les bons résultats que cette machine doit fournir.
- —Ht— M. Charles-Eugène Potron, qui vient de mourir, laisse par son testament une somme de 400000 francs destinée à ériger un phare dans un des parages dangereux du littoral de l’Atlantique, comme ceux de 1 île d’Ouessant. M. Potron a légué également
- 80000 francs à diverses associations et 20 000 francs à la Société de géographie.
- —— On annonce la mort à l’âge de 104 ans, à Montpellier, du Dr David. Ce vénérable centenaire était, jusqu’à ces temps derniers, très vigoureux de corps et d’esprit, et il faisait une promenade quotidienne.
- —Ht— D’après les statistiques, il paraît que le réseau téléphonique de Paris compte actuellement 35000 postes principaux et 15 000 postes supplémentaires. Les abonnés demandent environ 385 000 communications par jour. Les téléphonistes desservent un groupe de 100 abonnés et donnent 1100 communications dans leur journée, de 7 heures du matin à 9 heures du soir. Pendant l’heure la plus chargée, de 10 heures à 11 heures du matin, chaque téléphoniste établit 160 communications.
- —HS— Le nombre des vélocipèdes pour la France entière s’élevait en 1903 à 1 061 149 et le nombre des motocyclettes à 11 990. Quant aux voitures automobiles, il y en avait 12984 et dans ce nombre Paris entre pour 2374. Nous n’avons pas encore pour 1904 les résultats pour la France entière. Il est pour Paris de 2796 automobiles, 146 929 vélocipèdes, 2318 motocyclettes.
- —Ht— Des expériences de sous-marins ont été faites récemment à Newport, aux Etats-Unis. Les épreuves de vitesse, de submersion et de retour à la surface ont été satisfaisantes ; elles ont été faites par les sous-marins « Fulton » et « Porpoise ». Le 6 juin, le « Fulton » a fait une plongée et est resté submergé pendant plus de 12 heures; il y avait 9 hommes à bord. Un des constructeurs a exprimé l’opinion que l’équipage aurait pu rester 2 jours sans revenir à la surface. Les experts ont émis l’avis que les sous-marins peuvent, en sûreté, étendre leur rayon d’action jusqu’à 200 milles du littoral.
- —Ht— Dans le courant de l’année 1903, il s’est tenu à Londres une conférence pour la révision des régies applicables à la télégraphie internationale ; cette conférence a adopté une série de modifications avantageuses. Le décret du 29 mai 1904, inséré au « Journal officiel » du 5 juin 1904, a pour objet, conformément aux termes de la loi du 21 mars 1878, d’étendre le bénéfice des dispositions nouvelles aux télégrammes du service intérieur. Ce décret, applicable à partir du 1er juillet 1904, introduit dans le service les principales modifications suivantes : Admission du langage chiffré « en lettres » : faculté laissée aux expéditeurs de demander : 10 que leurs télégrammes soient remis exclusivement de jour pour éviter de déranger les destinataires la nuit; 2° que cette remise n’ait lieu que contre reçu; faculté accordée aux destinataires de demander que leurs télégrammes soient déposés dans des boîtes leur appartenant; admission, pendant toute la durée de conservation des archives, des demandes de rectification ou de renseignements relatives à des télégrammes transmis, demandes qui ne sont reçues actuellement que pendant un délai de 24 heures ; réglementation concernant les remboursements de taxes rendue plus large; délai pour la présentation des demandes de remboursement porté de 2 à 3 mois ; admission de la langue malgache pour la rédaction des télégrammes.
- —H(— Déductions fantaisistes! De l’influence de la musique sur la pousse des cheveux. L’influence de la musique, démontrée par une série d’.expériences, a été le sujet d’une lecture faite par Mme Amélie llolbrook, à l’« Actors’Home » de New-York. Certains genres de musique, affirme M“® Holbrook, préviennent la chute des cheveux, d’autres produisent la calvitie. Ceux qui jouent leurs propres compositions sur le piano, non seulement conservent leur chevelure, mais bien plus en acquièrent une luxuriante. Le violoncelle et la harpe auraient aussi une tendance à préserver les cheveux, mais quant aux instruments à vent, particuliérement le trombone et le cornet à piston, ils sont absolument pernicieux. En un mot, vous deviendrez chauve en jouant des instruments à vent, mais tout au contraire vous serez hirsute, si vous jouez d’un instrument à cordes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES. ,
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le tracteur colonial Scotte, s’adresser à la Société des chaudières et voilures à vapeur système Scotte, 56, rue de Provence, à Paris. — Le chalumeau oxy-acétylénique se trouve chez M. Javal, 26, rue Cadet, à Pans. — Le stéréodrome est construit par MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Communications. — M. A. Mauny, à Cerisy-la-Salle, nous a adressé la lettre suivante : « Le phare de Gatteville se trouve, m’a-t-on dit, en haut d’une tour pouvant avoir une cinquantaine de mètres de hauteur. La muraille, cylindrique, contient l’escalier dans son épaisseur, et laisse, dans toute sa longueur, un espace vide intérieur de 0m,75 environ de diamètre. Lorsqu’on visite cë phare, le gardien ne manque jamais, paraît-il, de vous inviter à laisser tomber des sous du haut en bas de l’espace cylindrique intérieur, et de vous faire remarquer qu’ils battent plusieurs fois les parois avant d’arriver en bas, phénomène dû à l’attraction latérale exercée par la muraille. L’un de mes amis, docteur en médecine, qui a constaté l’exactitude du fait, et l’a même vu se répéter avec des corps de forme quelconque comme, par exemple, les galets de la plage, l’attribue, lui aussi, uniquement à la gravitation. 11 me reproche plaisamment « de chercher la petite bête », parce que je lui objecte — sans nier entièrement l’effet de l’attraction du moment que l’objet n’est pas abandonné au centre du cylindre — que la déviation peut tout aussi bien avoir pour cause un glissement sur l’air dont l’action, croissant à peu près comme le carré de la vitesse, devient rapidement considérable; ou encore un léger mouvement de latéralité imprimé involontairement au corps pesant par la main qui l'abandonne ; ou enfin un défaut de verticalité de la tour; et peut-être toutes ces causes ensemble. 1° Très désireux d’avoir sur ce point un avis éclairé, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître à quelle cause, selon vous, doit être principalement attribuée une déviation aussi considérable. 2° Avais-je raison de soutenir qu’un corps pesant — mettons 160 grammes — sphérique, suspendu par un fil en haut du phare, tomberait verticalement, si aucun mouvement initial ne lui était imprimé (par exemple, en brûlant le fil), alors même qu’il ne serait pas abandonné au centre de l’espace vide ? »
- Un de nos collaborateurs a bien voulu nous donner la réponse suivante : « J’ai eu, il y a quelques années, l’occasion de faire au même phare de Gatteville une expérience analogue, mais au moyen de billes d’environ deux centimètres de diamètre. Au sommet du phare, on avait exactement déterminé le centre de la partie cylindrique intérieure de la tour et, ce point bien déterminé, on laissa échapper la bille aussi verticalement que possible ; à deux reprises différentes, la bille est venue tomber au pied de la tour à des distances du centre, également repéré, variant entre cinq et dix centimètres. On n’a pu s’assurer dans la chute si la bille est venue frapper les parois de la tour intérieure.Le cas de la bille me paraît différent de celui du sou dont il est parlé dans la lettre. Par suite de sa forme circulaire et plate le sou qui ne se trouve pas dans un courant d’air d'intensité constante, est frappé par des filets d’air qui, en chaque point de la section, ont des intensités plus ou moins variables et qui font que le point de passage de la résultante des pressions positive et négative pourra s’éloigner plus ou moins du centre de gravité du sou. 11 se produira alors un couple de rotation qui fera tourner le sou autour d’un axe diamétral. La résultante des pressions se décomposera en
- une force tangentielle à la surface inférieure du sou et en une force horizontale qui tendra à faire dévier le sou de sa chute verticale. Cette déviation pourra même l’amener à venir frapper la paroi de la tour. Ce choc contre la paroi pourra, à son. tour, renvoyer le sou dans une direction opposée ; il pourra* alors venir frapper l’autre paroi et ainsi de suite jusqu’au pied, de la tour. Il ne faut pas oublier que, dans cette sorte de puits-de grande hauteur (près de 70 mètres), il peut se produire desappels d’air dont les. filets ont des intensités très variables et qui peuvent être encore une nouvelle cause de production du couple ». Il y aurait beaucoup à dire à cet égard. Mais l’attraction des parois doit être en tout cas mise hors de cause. Notre correspondant a raison d’affirmer que l’expérience étant bien, faite, le sou devrait tomber non pas au centre du puits, mais-un peu dévié vers le sud-est par suite de la rotation terrestre.
- M. le capitaine Roumeguère, au Havre, nous cite un curieux; exemple de Tératologie végétale. Il nous écrit : « Tout le mondé connaît les transformations que subissent très fréquemment les organes des végétaux et notamment ceux de la fleur : c’est ainsi que dans celle-ci on constate, assez communément, les-métamorphoses foliacées des éléments de l’un ou de plusieurs de ses quatre verticilles ; il n’est pas rare d’observer, par exemple,, au milieu d’une rose, la transformation en un ou deux boutons, des verticilles intérieures. L’exemple suivant de tératologie végétale paraît intéressant à signaler dans votre journal. 11 s’agit d’une rose, d’espèce « La Malmaison », dont les éléments ont subi une si profonde métamorphose qu’on n’y aperçoit pas moins de dix boutons; ces boutons sont parvenus, pour la plupart, à l’état parfait; toutefois, l’effort de la végétation s’arrêtera là, il ne permettra pas la formation régulière d’une seule de ces fleurs supplémentaires. Pour compléter l’histoire de cette métamorphose, j’ajouterai que le rosier en question est très vigoureux; il ne présente nullement, à l’encontre de ce que l’on constate chez d’autres végétaux sujets-à des phénomènes analogues, cette anémie générale qui affecte ordinairement les plantes s’écartant des lois habituelles de la nature. »
- Renseignements. — M. J. Febvrel, à Pouxeux. — 1° La nature du courant à adopter dépend des applications que vous avez en vue. S’il s’agit de transmissions à grande distance, il est nécessaire de choisir des courants triphasés. — 2° L’énergie électrique se vend au compteur. — 5° Vous pourriez vous adresser à la Société « l’Éclairage Électrique », 27, rue de Rome, à Paris.
- M. A. Delbove, à Bruxelles. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 21, rue de Rocroy, à Paris.
- M, S. Revoux, à Campo-Santo. — On a déjà fait beaucoup d’essais avec des appareils basés sur ce principe et on continue encore.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire. — Nous avons fait connaître plusieurs vernis noire pour métaux; cés recettes se trouvent dans les livres des « Recettes et Procédés utiles », notamment 2e, 4e et 5e série à la librairie Masson et Cie.
- M. J. Lanchey Marco, à Séville. — 1° Nous ne pouvons vous donner aucune adresse; mais nous ne savons pas si les essais ont été poursuivis. — 2° Nous pensons que cette maison existe toujours.
- M. Chamberet, à Paris. — Vous trouverez une recette pour-la soudure du celluloïd dans les « Recettes de l’Électricien » à la librairie Masson et Gie.
- M. P. Francezon, à Alais. — Les lampes à incandescence « dix mille éclaire » ont été décrites dans le n° 1596 du 26 décembre 1905, p. 65; elles se trouvent chez MM. Henry etLenud, 51, rue de Turenne, à Paris.
- M. A. Moranès, à Alger. — 1° et 2° Nous ne connaissons pas-ces produits. — 5° La préparation connue sous le nom de « serpent de Pharaon » est formée de sulfocyanure de mercure réduit en poudre, comprimé et rendu cohérent par un agglutinant. Ce produit s’enflamme facilement, et acquiert en brûlant un grand volume ; il présente certains dangers, il ne faut pas respirer les vapeurs dégagées, et ne pas manier le produit après l’expérience.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à X.
- Nous ne pouvons nous charger de ces réparations; adressez-vous à un serrurier. — M. Gerana, à Nancy. Nous avons souvent traité cette question ; remerciements. — M. Dupart, à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. V., à L.; M. P. R., à Diom. Consultez les mêmes petits livres que ci-dessus, 5e et 5e séries à la même librairie. — M. L. Devoir, à Paris; M. V, B., à Lille. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1904
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le 5 juillet, à 1 heure, le Soleil sera à l’apogée, à la distance de 152000000 kilomètres de la Terre.
- L’équinoxe d’automne aura lieu le 23 septembre, à 12 heures. Cet instant marquera le passage du centre du Soleil par l'équateur, le Soleil se dirigeant de l’hémisphère boréal dans l’hémisphère austral.
- II. — PLANÈTES
- Pour suivre la marche des planètes sur le ciel et pour les retrouver au milieu des constellations, on s’aidera des deux cartes publiées au n° 1598, du 9 janvier 1904 et des indications suivantes.
- Mercure traverse les constellations des Gémeaux, du Cancer,
- Uranus, dans le Sagittaire, est encore observable le soir. On
- pourra le trouver à l’aide d’une jumelle et en s’aidant de la carte
- publiée au dernier « Bulletin astronomique » (n° 1610) aux positions suivantes :
- 15 juillet : Æ = 17b 47m; <D = — 23° 37'. Diamètre : 4",1 15 août : .-R = 17h 43- ; (D = — 23° 36' — : 4",0
- Neptune, dans les Gémeaux, pourra être recherché à partir du mois d’août et mieux en septembre. Dans les instruments, il présente un petit disque bleuâtre de 2",3 de diamètre. Position de Neptune :
- Le 28 août : Æ = 6h 33- ; <D = -f 22° 14'
- Le 27 sept. : = 6h 35” ; CD = + 22° 12'
- du Lion et de la Vierge. On pourra l’observer le soir, du 15 au 25 août, au moment de sa plus grande élongation. Celle-ci, la plus grande de l’année, se produit le 20 août, à 27°.20' à l’Est du Soleil. Diamètre de Mercure : 7",3.
- On pourra encore observer Mercure le matin, à la fin de septembre,-la plus grande élongation ayant lieu le lendemain, 1er octobre.
- Le 40 juillet, à 9 heures, aura lieu une intéressante conjonction de Mercure et Vénus, à la distance de 43' seulement.
- Malheureusement, le phénomène sera très difficile à observer par suite de la au Soleil. •
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Occultations d’étoiles par la Lune. — La liste suivante contient les étoiles (jusqu’à la 6e grandeur) occultées par la Lune pendant le 3e trimestre de 4904 :
- Juillet 10. — Occultation de 6
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- proximité
- Vénus est pratiquement inobservable, perdue dans le rayonnement solaire.
- Mars, à la fin de septembre, se lève vers 2b30-. Diamètre inférieur à 5". Son étude, encore trop difficile pour conduire à des résultats intéressants, ne devra être entreprise qu’en 4905.
- Jupiter, dans les Poissons, commence à être en d’excellentes conditions pour être étudié. Il sera stationnaire Je 20 août, et, à partir de cette date, prendra le mouvement rétrograde. Diamètre polaire le 45 juillet : 37",8; le 45 août, 44",7; h*.
- 45 septembre, 45",4. L»
- Îilanète se lève le 15 juil-et, à 23 h. 25 m. ; le 45 août, à 24 h. 27 m. ; le 45 septembre, à 49 h. 23 m.
- Aussi souvent que possible, on en prendra des dessins, car les variations présentées par les bandes nuageuses de sa surface sont curieuses à suivre. La coloration des bandes équatoriales, d’après les observations de M. Stanley Williams, semble varier périodiquement. Il sera donc utile de noter Ieur eouleur actuelle.
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- Taureau (gr. 4,0) de 2 h. 10 m. à 3 h. 3 îq.
- Occultation de 0* Taureau (gr. 3,8) de 2 h. 13 m. à 5 li. 0 tn. — Occultation de 1391 B.A.C. (gr. 5,0) de 3 li. 4 m. à 3 n. 56 m. — Occultation d’Aldébarau (gr. 1,0) de 5 h. 35 à 6 h. 55 m.
- Juillet 11. — Occultation dé 117 Taureau (gr. 5,9) de
- 3 h. 9 m. à 3 h. 52 m. Juillet 31. — Occultation de
- 96 Verseau (gr. 5,6) de 0 h. 58 à 2 h. 11m.
- Août 27. — Occultation de
- 20 Poissons (gr. 5,5) de 22 h. 7 m. à 23 h. 24 m.
- Août 31. — Occultation de 64 Baleine (gr. 5,9) de 1 h. 47 m. à 3 h. 1 ni. — Occultation de Ç* Baleine (gr. 4,5) de 3 h. 1 m. à
- 4 Ii. 25 m.
- Septembre 3. — Occultation cr2 Taureau (gr. 4,9) de 0 h. 4 m. à 0 h. 35 m. Septembre 29. — Occultation de y Taureau (gr. 3,8) de
- 21 h. 20 m. à 22 h. 9 m. Septembre 30. — Occultation
- de 0d Taureau (gr. 4,0) de 1 li. 49 m. à 3 b. 7 m. — Occultai ion de O2 Taureau (gr. 5,8) de 1 h. 56 m. à 3 h. 1 m. — Occultation de 1391 B.A.C. (gr. 5,0) de 3 h. 10 m. à 4 li. 30. — Occultation d’Aldébarau (gr. 1,0) de 6 h. 49 m.. à 7 b. 32 m.
- replacement du radiant des Pcrséides du 15 juillet au 20 août.
- Minima de l’étoile variable Algol.—Juillet : 2, à 23 h. 16 m. ; 23, à 0 h. 59 m.; 25, à 21 h. 48 m. — .'’oût : 12, à 2 h. 41 m.; 14, à 23 h. 30 m.| 17, à 20 li. 19 m. — Septembre : 1, à 4 h. 24 m. ; 4, à 1 h. 13 m. , 6, à 22 h. 2 m. ; 24, à 2 h. 56 m.; 26, à 23 h. 45 m. ; 29, à 20 h. 34 m.
- Phénomènes du système de Jupiter visibles à Paris.
- — Voici quelques-uns des phénomènes présentés par les satellites de Jupiter, phénomènes que l’on peut suivre même avec une très petite longue-vue terrestre.
- Juillet 1, III. Eclipse fin2 li. 2 m. — 8, III. Eclipse commencement, 3 h. 51 m.
- — 9, II. E. f., 1 h. 28 m. — 16, II. E. c., 1 h.47 in. — 19, I. E. c., 2 h. 8 m.
- — 26. I. E. c., 4 h. 2 m.
- Août 4,1. E. c. 0 h. 25 m. — 9, IL E. c., 22 h. 50 m. —10, II. E. f„ 1 h. 16 m.
- — 11,1.E. c.,2 h. 19 m. — 12, III. E. c.,23h. 58 m. —13, III. E. f„ 2h.0m.
- — 17, II. E. c., 1 h. 25 m. ; II. E. f. 3 h. 51 m. — 18, I. E. c.. 4 h. 13 m.
- — 19, I. E. c., 22 h. 42 m. — 20, III, E. c., 3 h. 59 m. — 24. II. E c., 4 h. 0 m. — 27, l. E. c.. 0 h. 36 m.
- Septembre 10, I! E. c., 4 h. 25 m. ; II. E. c., 22 h. 27 m. — 11, I. E. c., 22 h. 53 m. — 17, III. E. f., 22 h. 0 m. — 18, II. E. c., 1 b. 2 m. — 25. III. E. c., 0 h. 7 m. ; III. E. f., 2 h. 1 m. ; II. E. c.. 3 li. 37 m. — 26,1. E.c.,2h. 43 m. — 27,1.E. c.,21 h. 12 ni.
- Saturne, dans le Capricorne, est la planète la mieux située pour être observée en cette période de l’année. Son opposition arrive le 10 août. Il passera alors au méridien vers minuit. Diamètre polaire : le 15 juillet, 16",4; le 15 août, 16",5; le 15 septembre, 16",2. L’énigmatique anneau qui entoure la planète se referme peu à peu. C’est en 1899 qu’il a présenté son ouverture maximum.
- La planète est escortée de 8 satellites, les 5 plus brillants peuvent être aperçus avec une lunette de 108 mm. L observation des trois autres est réservée aux grands instruments.
- Éclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de soleil, invisible à Paris, se produira le 9 septembre. La zone de totalité s’étend presque entièrement sur l’Océan Pacifique. L’éclipse sera visible partiellement dans les îles de l’Océanie,et de toute la moitié occidentale de l’Amérique du Sud.
- Étoiles filantes. — Pendant les mois de juillet, août et septembre, on observe un très grand nombre d’étoiles filantes provenant de nembreux radiants. Voici la liste des principaux de ceux-ci avec les dates de leur activité.
- 25-25 juillet
- 25- 28 —
- 26- 29 —
- 27 —
- 27- 29 —
- 27 juillet-4 août 51 juillet.
- 7- 11 août
- 8- 9 —
- 9- 11 —
- 9-14 —
- 12-16 -
- P Persée. i Pégase.
- ô Poisson Austral. Z Andromède.
- 6 Verseau.
- P Triangle. a Cygne.
- X Cygne, ô Dragon, à Cassiopée.
- T) Persée. p Baleine, tx Persée.
- 20 et 25 août 21-25 —
- 23aoùt-l"sept. 25-30 août 5 septembre 3-14 —
- 6-8 — 8-10 — 15-20 — 20-21 — 21-ï2 —
- 21-25 —
- y Pégase, o Dragon, a Lyre, r, Dragon.
- 14 Andromède.
- P, y Poissons, s Persée.
- Ç Taureau.
- P indroratdf, y Wgsse 42 Girafe, a, Bélier, a Cocher, p Triangle.
- La pluie des Perséides est particulièrement intéressante à suivre en raison du grand nombre de météores qui la caractérisent. Elle se produit à une époque de l’année où la température invite, le soir, à la contemplation de la nature, dès la tombée de la nuit, et
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- pendant- les vacances. Les circonstances sont donc réunies pour rendre l’étude de cet essaim très facile;
- La chute de ces météores commence dès le 10 juillet et dure jusqu'au 21 août, mais c’est du 9 au 14 août que la Terre traversant le gros.de l’èssaim, la pluie atteint son maximum. La figure page 15 montre le déplacement du radiant du 15 juillet au 20 août.
- Pour observer les météores, on doit être familiarisé avec l’aspect des constellations de façon à pouvoir, sans hésitation, reporter sur une carte les trajectoires observées. Celle reproduite ici est un fragment de la carte dressée par la Commission des Etoiles filantes de la Société astronomique de France*. On pourra s’en servir pour reconnaître les constellations voisines de Persée. Mais une carte de
- tout l’hémisphère, visible est nécessaire, car la plupart des Per-séides sont longues et apparaissent souvent loin du radiant.
- A l’aide des trajectoires enregistrées sur la carte, on déduit la position du radiant et, si les observations ont été faites en deux stations distantes de 50 à 40 kilomètres, on a la hauteur des météores. la longueur de leur trajectoire, etc. (Voir à ce propos l’article sur « L’essaim des Perséides et la iiauteur des étoiles filantes » *).
- En. TOUCHET.
- * Cette carte sera adressée’gratuitement aux lecteurs de « La Nature » qui en feront la demande à M. le Président de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris.
- 2 Voy. n° 1551, du 27 septembre 1902.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 juin.... 11°,0 N. N. W. 2. Couvert. » Rosée ; halo ; nuag. le matin ; beau le soir.
- Mardi 14 17°,9 S. E. 0. Peu nuageux. 0,1 Nuag. ; halo; pluie à 23 h. 45.
- Mercredi 13 17°,1 W. S. W. 3. Couvert. • 0,7 Quelques averses avant 8 h. ; très nuag.
- Jeudi 16 17u,5 W. S. AV. 5. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- Vendredi 17 20’,5 N. E. 1. Beau. 0,0 Rosée ; halo ; nuageux ; quelques coups de tonnerre au S.-W. de 15 h. à 15 h. 15 ; éclairs dans la soirée.
- Samedi 18 14",5 N. N. AV. 3. Couvert. 0,2 Nuageux; deux petites averses avant 5 h.
- Dimanche 19 ... . 14°,0 S. AV. 0. Beau. » Rosée ; peu nuag. le matin ; beau ensuite.
- JUIN 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 JUIN 1904.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Fabri à. boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. , ________
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Espagne. — Un tremblement de terre a eu lieu à Lugo, en Espagne, le 15 juin. Il en est résulté un tamponnement de machines dans le tunnel situé entre Trubia et Puerta.
- Un cyclone A Cuba. — Le 16 juin, un cyclone et des pluies torrentielles ont causé de grands dégâts à Santiago-de-Cuba. Les lignes télégraphiques terrestres entre Santiago et La Havane ont été coupées, et le cible sous-marin est resté plusieurs jours sans fonctionner. H y a eu un grand nombre de victimes.
- Le temps. — Pendant la semaine du 15 au 19 juin, le temps a été très variable, mais il y a eu quelques beaux jours, la pluie a persisté. Le 13 juin, une zone de basses pressions s'est avancée sur les Iles-Britanniques, le baromètre marquait 751 mm en Ecosse. Une aire de pression supérieure à 763 mm s’étendait de la mer Baltique à l'Espagne. Des pluies sont tombées en Italie ; en France, il n’y en a eu que dans quelques stations du Midi. La température, le matin à 7 heures, était de 11° à Paris, 16° à Clermont, 21° à Perpignan, 10’’ au mont Ventoux, 8° au puy de Dôme, 5° au pic du Midi. La journée a été belle à Paris; vers 5 heures seulement le ciel a été un peu nuageux. Le 14 juin, des pluies ont encore été signalées en Italie, dans l’ouest des Iles-Britanniques et à la pointe de Bretagne. A Paris, le temps a été nuageux; la température moyenne a été de 20°,1, supérieure de 5°,6 à la normale 16°,5. Le la juin, le vent a soufflé avec force du sud-ouest sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne ; il a été modéré en Gascogne. Des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques et dans le nord-ouest de la
- France : ou a recueillis mm d’etuà Cherbourg, 3 mmà Brest, 4 mm à Lorieut. Le matin, à 7 heures, la température a été 17° à Paris, 20° à^Cler-mont, 22° à Marseille. Dans la banlieue de Paris, à Ville-Evrard, on â observé un maximum de 26°, 1. La température moyenne à Paris a été de 19°; Le 16 juin, il a plu à Lorient (15 mm), à Cherbourg (3 mm), g Besançon (2 mm), à Dunkerque (1 mai). Le matin, à 7 heures, on notait 17° à Paris, 19" à Clermont, 23' à Toulouse, 15° au puy de Dôme, 10" au pic du Midi et 8° au mont Mounier. Le 17 juin, ta pression barométrique a été supérieure à 765 mm sur la moitié sud de l’Europe. La température a été élevée sur nos régions; le matin, à 7 heures, on a noté 21° à Paris, 24° à Clermont, 27° à Nice, 21° au puy de Dôme. A Paris, le ciel a été nuageux, on a entendu quelques coups de tonnerre ; la température moyenn'e a été de 21°,3, supérieure de 4#,6 à la normale. Le maximum observé dans la journée a été de 29°,4. Un violent orage a éclaté dans la soirée aux environs de Lille, à Neu-villy, au Citeau, à Montay; des grêlons pesant de 80 à 93 grammes ont fauché les récoltes. Dans des lissages à Caudry et à Lijmy, les dégâts ont été très grands ; les grêlons ont crevé la toiture et haché les pièces de toile qui se trouvaient sur les métiers. La grêle est également tombée à Busigny, Landrecics, Aulnoy, Hautmont dans l’arrondissement d’Avesnes. Dans la nuit du 17 au 18 juin, vers 2 heures et demie du matin, une grande tempête s’est abattue sur Dijon. Un grand nombre d’arbres ont été brisés; mais les récoltes n’ont pas eu à souffrir, il n’y a pas eu de grêle. Le 18 juin, des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe ; on a recueilli 12 mm d’eau à Limoges, fa température, était le matin de 15° à Paris, 18° à Lyon, 24° à Toulon, et 23° à Livourne. Le 19 juin, le'temps a été beau généralement; on a signalé quelques pluies eu France dans l’est.
- fPHASES DE LA LUNE: N. L. le 13 à 9 b. 19 m. du soi.-.
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- 1623 (2 juillet 1904), du journal « LA NATURE »
- M„ HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— L’Institut royal des architectes anglais a décerné sa médaille d’or annuelle à M. Auguste Choisy, de Paris. La médaille est offerte par le roi Edouard dont elle porte le nom.
- —— Le 21 juin est arrivée à Paris une délégation de la section suédoise de l’Association franco-suédoise ; cette délégation est formée d’un groupe important de personnalités Scandinaves, savants, professeurs auxquels se sont joints des commerçants et des étudiants. Le but de ce voyage est d’établir des relations directes entre universitaires français et Scandinaves, et de provoquer des rapports plus étroits entre la France, le Danemark, la Norvège et ta Suède. M. Liard, vice-recteur, et les membres de l’Université de Paris ont reçu la délégation le 21 juin dans les salons académiques. Celle-ci a été reçue le 23 juin par le Ministre de Suède et de Norvège et Mm' Akerman, le 24 juin dans la journée par le président du Conseil municipal à l'Hôtel de Ville, et le soir à 6 heures par M. le président de la République, assisté de M. le ministre de l’Instruction publique, de M. Bayet, de M. Rabier et de MM. Liard et Monod. Nos notes doivent également se rendre en province.
- —On a inauguré dimanche dernier à l’Hôtel-Dicu, de Paris, un monument à la mémoire du Dr Panas qui fut le premier professeur d’ophtalmologie dans cet hôpital. Ce monument est dû au sculpteur André Boucher.
- —Le 21 juin 1904 s’est ouverte, au Puy, la 71e session du Congrès archéologique. Un grand nombre de membres de la Société ou adhérents au Congrès assistaient à cette séance, qui s’est terminée par la lecture d'un rapport sur « l’Histoire de l’art dans le Yelay », par M. Noël Thiollier. Les jours suivants, les congressistes ont visité une partie de la- ville et ie musée Crozatier, ainsi que le château renaissance de la Roche-Lambert, Saint-Paulien, le « Rues-sium » de l’occiipation romaine, et Polignac, résidence des vicomtes «le ce nom.
- —— Nous lisons dans la « Revue horticole » qu’un grand amateur anglais, M. N. C. Cookson, vient de faire vendre à la salle Protherœ de Londres un certain nombre de doubles de ses variétés de choix d'orchidées, principalement des Odontoglossum. Cette vente a produit une somme de 125 000 francs pour 78 numéros. Le prix le plus élevé a été payé pour un Odontoglossum crispum Cookson
- 10 800 francs. L’Ocfontoglossum crispum Mondyanum a été vendu
- 11 419 francs. 10. crispum Franz Masereel, 14962 francs, etc.
- —Cette année le Club français du chien de berger a organisé son exposition à Meaux. Le concours aura lieu le samedi 16 juillet, à 9 heures du matin.
- —— On continue à Paris les essais de goudronnage. On gou-«lronnè l’avenue de la Grande-Armée et le boulevard Pereire. On arrose à la Westrumite la place de l’Etoile. En dehors de Paris, «m poursuit les essais du pont de Puteaux le long de la Seine, vers la Pelote basque.
- —_____ « La Revue d’Artillerie » vient de donner quelques indi-
- cations sur le procédé recommandé par M. Gin pour la fabrication électrique de l’acier. Celui-ci propose un four électrique pour la fusion et même l’affinage, qui consiste en un canal de grande longueur et de faible section rempli de fonte en fusion et relié à ses extrémités à des blocs d’acier refroidis par circulation d’eau. On fait passer un courant d’intensité convenable dans le conducteur constitué i,ar le métal fondu, et cela dégage une chaleur suffisante pour maintenir en fusion toute la masse et permettre la production des réactions afünantes.
- — A NVoImirstedt, en Allemagne, on recourt à des dalles de béton armé pour former la fondation du pavage des rues, et à la
- place du béton damé ; ces fondations peuvent s’établir rapidement et s’enlèvent par plaques quand on veut opérer des fouilles sous la chaussée. Les dalles, mesurant 1 mètre de long sur 0m,50 de large et 0m,05 d’épaisseur, sont faites de béton à 4 de sable pour 1 de ciment, et renferment une armature en treillis de fil de fer dans leur masse.
- —Dans plusieurs grandes villes d’Amérique on distribue à domicile le chauffage privé. D’après a. le Bâtiment » on vient de construire à Dresde une usine à chaleur pour chauffer les principaux édifices publics de la ville ; cette usine est située au bord de l’Elbe et ses générateurs produisent par heure 25 000 kilogrammes de vapeur. Cette vapeur est distribuée sous une pression de 8 atmosphères, par des conduites ptacées elles-mêmes dans des galeries à 2 mètres en contre-bas du sol des rues. Pour éviter les refroidissements les tuyaux sont enveloppés de soie brute, entre des matelas d’air. La chaleur peut être distribuée sans déperdition sensible jusqu’à une distance de 1200 mètres des générateurs. Il serait intéressant d’attirer l’attention des ingénieurs et des architectes sur les bienfaits qui résulteraient de ce mode de chauffage à Paris et dans les centres populeux.
- —)£— Pour éviter autant que possible le bruit sur le chemin de fer métropolitain aérien de Boston (ou Boston Elevated Rail-way), les bandages des roues, qui sont en acier et rapportés, sont meulés toutes les deux semaines et tournés tous les trois mois.
- —— Alors qu’on discute depuis si longtemps, à Paris, sur la possibilité de munir les voitures de place d'un compteur, à Berlin on aurait résolu le problème, si nous en croyons ce que dit Jl. Jacquin dans la « Revue électrique ». On emploie un compteur kilométrique appelé « taxameter ». Le tarif est de 60 pfennig jusqu’à 1 kilomètre, puis on paye 20 pfennig par chaque demi-kilomètre supplémentaire.
- —On obtient des résultats vraiment remarquables aujourd’hui avec les aciers qui peuvent supporter des températures très élevées sans être brûlés, et qui permettent de fabriquer des outils fonctionnant sans inconvénient à des vitesses de coupe considérables. Autrefois, comme le montrait récemment M. J. M. Gledhill, de la Maison Armstrong, on ne devait pas dépasser des vitesses de coupe de 15 mètres à la minute : aujourd’hui on atteint impunément des allures de 120 mètres.
- —L’Ecole supérieure de Cassland-road, à Hackney, dans la banlieue de Londres, possède un système de ventilation où l’air passe par un ingénieux appareil de filtration. Il comprend deux grands tambours tournant lentement, et à la périphérie desquels est disposé un matelas de matière fibreuse; ces tambours viennent plonger du reste dans l’eau, et offrent par conséquent à l'air qui les frappe une surface constamment saturée d’eau. Bien entendu, tout l’air appelé et introduit pour la ventilation est forcé de traverser la couche fibreuse; et le matelas humide et filtrant est continuellement débarrassé des poussières et matières diverses qu’y dépose l’air, par suite de son passage et de son mouvement dans l’eau. Celle-ci est renouvelée de façon à demeurer propre.
- —La National eompositype Company, de Baltimore, vient de créer une machine qui permettrait aux imprimeurs de fondre eux-mêmes leurs caractères, sans difficultés, ni complications. Un mécanisme automatique y met eu place le moule, un autre mécanisme injecte, sous une pression de 14 kg par centimètre carré, la quantité de métal nécessaire pour remplir le moule, enfin le démoulage se fait aussi mécaniquement. Les organes de cette machine sont construits de manière qu'il y ait compensation de la dilatation, de la contraction ou de l’usure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. E. Varenne, à Paris, nous fait parvenir : 1° une notice sur son chronostilliscope qui a été présenté à l’Académie des sciences le 11 janvier 1904. Cet appareil permet une identification rapide des liquidés (alcools, liqueurs, vins, huiles, essences, etc.) et une recherche sommaire des sophistications; 2° une notice ayant pour titre « Action de l’anéthol (anis) sur l’organisme ».
- M. S. Revoux, à Campo Santo (République Argentine), nous adresse la lettre suivante : « Depuis que je m’occupe d’agriculture, je suis préoccupé de l’insuffisance ainsi que de la longueur des travaux de labour. La charrue qui s’introduit par coinçage brutal dans le sol, détermine la rupture de celui-ci, en morceaux plus ou moins gros et ce n’est que par un croisement répété des sillons et plusieurs hersages, que l’on parvient à peine à en réduire la grosseur. C’est un travail coûteux, très long, qui ne peut se faire que lorsque le terrain possède une humidité suffisante; pour cela, il faut disposer d’eau d’arrosage qu’on n’a pas toujours sous la main ; en outre, pour les ensemencements de grandes étendues de terres, comme cela se pratique dans certaines parties des divers continents, il faut attendre que l’eau du ciel vienne en aide à l’agriculture; d’où il résulte que très souvent on n’a pu faire les semences en temps voulu. Toutes les charrues, piocheuses, etc., dont j’ai lu la description dans votre intéressante Revue que je reçois depuis plus de vingt ans, ne peuvent fonctionner que dans cet état d’humidité des terres; seule, la laboureuse automobile décrite dans votre n° 1555 du 14 mars 1903, permet de travailler les terrains secs; c’est à mon avis dans cette voie que l’on doit trouver la solution. Fartant de ce principe qui est Je seul qui permette la division, le remuement, l’aérage de la terre travaillée, pourquoi ne pas lui appliquer les procédés employés dans les industries des métaux et du bois? Au moyen de fraises on fait des entailles, encastrements, cannelures dans les métaux, avec elles on fait entièrement la crosse, le fût ainsi que le logement de la batterie et du canon de fusil. Je me souviens d’une machine à faire les engrenages en bois utilisés dans le temps dans les métiers à faire les tresses et lacets. Elle se composait d’un bâti en bois, portant un arbre horizontal, sur le milieu duquel se trouvait fixé un outil appelé grain, ayant la forme à donner à la dent d’engrenage. Sur un chariot, horizontal également, se trouvaient assujetties, fortement pressées sur un arbre cintré entre deux pointes, 20 ou 30 rondelles de bois, préalablement tournées à la dimension que devaient avoir les engrenages. L’arbre porte-outil était mis en mouvement à une vitesse de 500 à 600 tours par minute et en poussant le chariot horizontal, l’outil venait faire une saignée sur les rondelles, faisant ainsi le creux de la dent; au moyen d’un plateau diviseur on faisait le nombre voulu de dents. Adaptant ce système à une laboureuse à va-
- Ïieur, électrique ou à traction animale, ne ferait-on pas éga-ement un sillon dans le sol, de la largeur et de la profondeur que l’on voudrait? Il y aurait à ajouter un appareil qui ferait retomber la terre projetée dans le sillon. Une autre idée que me suggère ce travail en terre sèche, est celle d’un système de tarières perpendiculaires, placées en ligne droite, par exemple dix, ayant chacune un diamètre de dix centimètres, solidaires les unes des autres au moyen d’engrenages placés à l’extrémité supérieure de chacune ; cinq d’entre elles tourneraient à droite, les cinq autres à gauche. L’appareil porteur pourrait s’élever ou s’abaisser suivant la profondeur à laquelle on voudrait défoncer le terrain. Dertoute nécessité ces tarières
- doivent être animées d’un mouvement rapide, pour produire un bon effet; par leur forme hélicoïdale, la terre du fond se trouve soulevée à la superficie. »
- M. G. Boulenger, à Albert, nous adresse la lettre suivante -« Je me permets de vous adresser la petite note ci-dessous, à titre de modeste « contribution à l’histoire de la psychologie animale, et plus spécialement hippique ». Dans une ferme des environs d'Albert sont logées parallèlement, avec mangeoire et râtelier communs, deux juments : « Suzon », bête de trait, plébéienne et bien portante, et « Coqueluche », de com-plexion infiniment moins rustique, mignonne jument de seller mais que son état de santé a fait sevrer de tout fourrage par veto du vétérinaire, et justement Coqueluche en raffole. Aux heures réglementaires, la provende herbacée est servie à Suzon seule, à l’extrémité du râtelier la plus distante de Coqueluche. Mais voici ce qui a été constaté plusieurs fois : de ses mâchoires bien prenantes Suzon tire de petites portions-de fourrage ; elle en fait un tas dans la mangeoire ; puis, par une habile autant que généreuse propulsion de son museau de bête qui a du cœur jusqu’au bout du nez, elle arrive ;* mettre sa cueillette assez près de Coqueluche pour que celle-ci puisse s’en régaler. »
- Renseignements. — M. F. Alliaume, à Paris.— Les travaux qui s’exécutent actuellement quai Valmy et boulevard Richard Lenoir sont destinés à établir le passage du Métropolitain sous le canal Saint-Martin.
- M. A. Collet, à Paris. — L’information qui a paru dans le-n° 1619 du 4 juin a été extraite du journal « Engineering », qui ne donnait pas d’autres renseignements. Pour plus ample -informé, il faudrait écrire à la Direction générale des chemins de fer de l’Etat prussien, à Berlin.
- M. E. P., à Anvers. — Vous pouvez essayer de constituer des lettres et autres sujets phosphorescents en utilisant les peintures phosphorescentes de M. Menitz, 57, passage Jouffrov, à Paris.
- M. G. Giffard, à Courbessac. — Pour actionner une machine-outil d’une puissance de 1 cheval, il faut compter, avec un rendement de 80 pour 100, une puissance de 900 à 1000 watts environ au moteur électrique.
- M. C. Detay, à Genève. — 1° Nous avons publié un grand nombre de procédés pour détruire les fourmis et les fourmilières dans les petits livres des « Recettes et Procédés utiles ». lre et 5e série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. Nous pouvons encore vous recommander l’emploi du soufre, d’une décoction de feuilles de noyer, de l’eau bouillante, d’huile de pétrole. — 2° Remerciements.
- M. L’étain, à Poitiers. — 1° Nous cherchons des documents complets pour publier un article à ce sujet. — 2° Nous n’avons aucune adresse à vous faire connaître; il faudrait vous renseigner directement à la Société nationale d’agriculture.
- M. J. Germain, à Paris. — La question est complexe; nous vous conseillons de consulter le « Traité des matières colorantes » de M. Lefèvre, à la librairie Masson et Cie.
- M. X. Sporzynski, à Varsovie. — Nous avons publié dans le n° 1617 du 21 mai 1904, p. 387,. un article sur les motocyclettes nouvelles, et nous avons donné toutes les adresses des fabricants en tète de la a Boîte-aux-Lettres » du même numéro.
- M. G. Chambron, au Moulinet (Indre-et-Loire). — Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur les glacières; il faudrait vous adresser à votre architècte. On ne trouve des glacières toutes faites que pour quelques kilogrammes de glace chez Allez frères, 1, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. N. Golachkine, à Goudaouty (Russie). — L’expérience dont vous parlez vient d’être faite par M. Rothé, professeur à l’Université de Grenoble; elle a réussi. Consultez les « Comptes rendus de l’Académie des sciences » du 20 juin 1904.
- M. H. Paiynvn, à Trouville. — Ces essais sont intéressants; mais ils ne peuvent pas avoir grand intérêt au point de vue industriel.
- M. P. Weiller, à Mulhouse. — 11 s’agit de phénomènes d’électricité statique qui ont été déjà observés à de nombreuses reprises.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ed. La Brie, à Roques. Votre lettre a été expédiée à l’auteur de l’article. •— M. Paries, à Posadas. Nous avons déjà trouvé plusieurs petits appareils semblables. Remerciements. — M. Kivou, à Yalea Larga. Ces appareils ne se trouvent pas dans le commerce; il faut les faire construire spécialement. — M. P. Bellon, à Nevers; M. Legrand, à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles v,
- 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. L., à X.; M. Leroy, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- L’acoustiphone. — L’acoustiphone est un appareil très utile pour des communications acoustiques à faible distance. Comme le montre la figure 1 ci-dessous, l’appareil transmetteur se compose d’un tube à air avec deux cornets dont on place l’un devant la bouche pour parler et l'autre à l’oreille. Le système avertisseur est formé d’un sifflet fixe à l’extrémité de l’appareil, et d’une poire en caoutchouc greffée sur ce même tube. L’appareil récepteur est formé d’un pavillon avec
- sifflet fixé à l’extrémité d’un tube acoustique, sur lequel est également portée une poire d’appel. Un poste complet se compose (fîg. 1) d’un appareil transmetteur et d’un appareil récepteur. Cette disposition réalise un grand progrès sur l’ancien tune acoustique, avec lequel il fallait mettre successivement
- Fig. 2. — Emploi de l’acoustiphone en voilure.
- l’appareil à la bouche et à l’oreille pour parler et entendre la réponse. L’acoustiphone s’installe très aisément et dans les meilleures conditions; il permet une série d’applications variées. Nous mentionnerons l’application faite dans une voiture (fig. 2). Pour donner des ordres au cocher, il est en général nécessaire d’ouvrir une fenêtre, ou de se pencher par la portière, appeler le cocher, etc. Avec l’acoustiphone, il suffit de donner un coup de poire d’appel; le cocher entend le sifflet, met l’appareil à l’oreille et prend les ordres. — L’acoustiphone se trouve chez MM. Ch avez, Adorno et Cie, 12, boulevard Barbés, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des furoncles.
- Nombreuses sont les néthedes; feules n’ont pas une valeur égale. Rien ne vaut au déLut, quand le furcnclc n’est pas trop
- • La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-itlles scientifiques est étrangère aux annonces.
- gros, la teinture d’iode ou l’acétone dissous dans la teinture d’iode. Mais quand le furoncle est volumineux, qu’il tend à devenir anthrax, les moyens sont moins efficaces. J’ai indiqué jadis le procédé de Championnière, les applications d’onguent mercuriel. Tout le monde use aujourd’hui, sans le conseil d’un médecin, de la levure de bière; les effets en sont parfois remarquables, mais souvent aussi on n’obtient aucun résultat.
- La méthode de choix, conseillée par le professeur Thiriar, est celle qui paraît la plus efficace et la plus sûre : c’est l’injection de gaz oxygène dans la tumeur. Ce procédé, à l’hôpital Saint-Antoine, donne au D* Thierry, des résultats parfaits, concordant de tous points avec ceux annoncés par son collègue Belge. Mais comme tous il réussit d’autant mieux qu’on l’applique plus près du début de la tumeur. Il consiste à injecter de l’oxygène à la base et dans l’intérieur du furoncle. Un ballon d’oxygène adopté à une aiguille de seringue de Pravaz et voilà tout l’outillage nécessaire. On fait deux ou trois piqûres circulaires à la base, une ou deux au centre du furoncle et le mal cède rapidement.
- Les ballons d’oxygène ne sont pas à la portée de tout le monde, mais M. Thierry pense qu’on pourrait utiliser l’oxylilhe qui donne, au contact de l’eau, un dégagement d’oxygène pur et, avec un flacon à tubulure, fournirait une source de gaz suffisante pour une application et en avoir encore en réserve pour une nouvelle série de piqûres.
- Les rayons X contre la teiyne.
- Les diverses variétés de teignes cryptogamiques, notamment la teigne tondante, font le désespoir des dermatologistes par leur résistance aux médications les plus énergiques. Pour arriver à des résultats sérieux il ne fallait pas se contenter d’appliquer des agents antiseptiques qui ne pénètrent qu’à une faible profondeur du follicule pilaire, un millimètre à peine ; il fallait épiler le cuir chevelu de façon que l’agent médicamenteux pût atteindre le fond du cul-de-sac pilaire, la racine du cheveu. Ou se heurtait, dans ces conditions, à une autre difficulté. L’épilation est très facile dans la teigne faveuse, le cheveu vient bien en entier, mais dans la teigne tondante le cheveu malade est devenu cassant et, à la traction de de la pince, on n’enlève que la partie qui dépasse la peau.
- Mettant à profit l’action dépilante des rayons de Rônfgen, le Dr Sahouraud, qui s’est attaché avec un talent hors pair à l’étude des affections cutanées parasitaires, a tenté la cure des teignes. Les appareils perfectionnés que l’on a aujourd’hui, notamment le spintermètre de Béclère, permettent de régler l’action de ces radiations et de les employer sans danger de brûlure des tissus.
- Le l)r Sahouraud conseille le dispositif suivant : exposer la plaque de teigne à une distance de 15 centimètres du centre de l’ampoule de "Villard, l’ampoule ayant une résistance constante correspondant à un demi-centimètre d’étincelle au spintermètre et b la quatrième division du radio-chromi mètre de Benoît, jusqu’à ce que la source électrique ait fourni une somme de rayons X correspondant à 4 et demie ou 5 unités de holzknecht.
- Ces détails techniques montrent qu’il faut, dans l’application de ce traitement, des médecins expérimentés et bien au courant du maniement des instruments. Mais une fois la mise en train, l’ensemble de l’appareil peut être dirigé très facilement. Le résultat, c’est qu’on obtient la dépilation complète de la région sans accidents et la guérison de la maladie en trois mois au lieu de 18 ou 20 par les autres procédés. Il y a tout avantage à recourir à cette nouvelle méthode. Dr A. C.
- La myasis.
- On désigne sous ce nom les accidents causés par les larves de certains diptères pénétrant dans les cavités ou sous les téguments. Dans l’œil, sous la paupière, l’expulsion est assez facile; dans les cavités nasales les symptômes peuvent être fort rapides et amener la mort par complications de méningo-encé-phalite suppurée. Ce sont en général les larves de la « lucilia hominivorax » qui sont la cause de la myasis; les larves, pénétrant d’une façon fortuite, se développent très aisément sous influence de la chaleur et de l’humidité de la région et déterminent des sécrétions fétides abondantes pouvant entraîner les accidents les plus graves, ... .
- Un exemple plus rare de myasis- vient d’être communiqué par un médecin du Doubs, le Dr Lorber. Une de ses malades, une jeune fille, présentait depuis plusieuis mois des crises de gastralgie pénibles que rien ne calmait. Les douleurs survenaient généralement au réveil, pour durer parfois plusieurs
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- heures, s’accompagnant de nausées, de vomissements avec état syncopal. La malade présentait de plus des démangeaisons continuelles et une salivation incessante.
- On était fort intrigué sur la cause de ces malaises, lorsqu’un beau jour, la malade rejeta dans un vomissement une quantité de larves d’insectes. On tenait la clef du mystérieux trouble stomacal. Les larves examinées par des naturalistes compétents appartenaient à l’espèce Anthomyia canicularis. C’est une petite mouche, très abondante dans la région jurassique, qui dépose ses œufs un peu sur tous les végétaux, mais de préférence cependant sur les synanthérées et les ombellifères. Or les ombel-lifèrescomprennentun certain nombre de végétaux comestibles, artichauts, laitues, pissenlits, cerfeuil, carottes, tous comesti-
- bles sans cuisson. Il était probable que des œufs d’Anthomyia ont été ingérés par la jeune fille avec de la salade ; elle se rappela, en effet, avoir mangé avant l’apparition de la maladie, de grandes quantités de pissenlits. Dans l’estomac, les larves se sont développées et, grâce à la présence sur leurs corps d’épines barbelées, ont pu se fixer sur la muqueuse, y adhérer sans être entraînées par les aliments. Comment ont-elles pu résister à l’action digestive du suc gastrique? La chose est plus difficile à comprendre. Elles ont pu vivre sur leurs réserves graisseuse* abondantes qu’elles possèdent, s’envelopper, par l’irritation de la muqueuse, d’une couche de mucosités protectrices, bref vivre suffisamment pour provoquer les accidents graves qui avaient menacé l’existence de la jeune malade. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1RT MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20juin. . . . 14°,1 N. N. E. 0. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Mardi 21. . 13°,1 N. E. 2. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux le matin ; nuageux le soir.
- Mercredi 22 13°,4 N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- Jeudi 23 14u,0 N. N. E. 2. Beau. » Rosée ; beau.
- Vendredi 24 17°,5 Calme. Beau. 0,0 Rosée ; beau jusqu a 16 h. ; nuageux ensuite ; gouttes à 20 b. 45. Pluie jusqu'à 8 li.’; très nuageux l’après-midi.
- Samedi 25 11°,8 S. W. 3. Pluie. 7,2
- Dimanche 26 ... . 11°,9 N. N. W. 2. Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- JUIN 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 JUIN 1901.
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Angleterre. — On a ressenti une secousse de tremblement de terre le 21 juin, dans la matinée à Leicester, en Angleterre ; il n'y a eu aucun dégât.
- EiC temps. — Pendant la semaine du 20 au 26 juin, le temps a été beau généralement ; il y a eu encore cependant des orages. Le 20 juin, la pression barométrique avait baisserons tout l’ouest de l’Europe ; elle était supérieure à 765 mm sur la Manche et dans le nord de la France. Quelques pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques ; en France, on a signalé des orages au pic du Midi, à Biarritz, où l’on a recueilli 8 mm d’eau. A La Rochelle, un violent orage a eu lieu ; la foudre a causé des dégâts matériels importants. La température était à 7 heures du matin de 11° à Paris, de 24° à Livourne, de 13° au mont Aigoual, de 5° au pic du Midi. Le 21 juin, le temps a été beau; on a signalé seulement des orages au mont Mounier et à Perpignan. La température le matin a été de 13° à Paris, 17° à Lyon, 23° à Perpignan
- et à Alger. La température moyenne à Paris a été de 14°,6 avec un maximum de 21°,7 et un minimum de 6°,9. Le 22 juin, la situation atmosphérique est restée élévée dans l'ouest et le sud de l’Europe. Un vent faible de l’est a soufflé sur nos côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Le 23 juin, des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe; en France, le temps a été généralement beau. Dans le Roussillon, il y a eu des pluies orageuses. Le thermomètre marquait le malin, à 7 heures, 14° à Paris, 21° à Toulouse, 21° à Marseille, 13° au puy de Dôme, 12° au mont Ventoux, 5° au mont Mounier. Une violente tempête a sévi sur 14 villages près de Valladolid en Espagne. Toutes les récoltes ont été détruites, et de nombreuses personnes blessées. Le 24 juin, le temps a été beau en France; on a signalé un orage à Perpignan. A Paris, la température moyenne a été de 20°,7, supérieure de 3°,5 à la normale. Le 25 juin, des pluies sont tombées dans le nord et l’ouest de l’Europe. On a recueilli 11 mm d’eau à Dunkerque, 9 mm à Brest, 5 mm à Paris. Le 26 juin, il est tombé 28 mm d’eau à Besançon, 11 mm à Nantes, et 8 mm à Dunkerque.
- PHASES DE LA LUNE j
- P. Q. le 20, à 3 h. 20 m. du Soir. Solstice, le 21, à 9 h. du soir.
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- 1624 (9 juillet 1904), du journal « LA NATURE »
- M* HENRI DE PAR VILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction * •
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le conseil d’administration de l’Institut Marey vient de procéder à l’élection de membres pour compléter son bureau. Depuis fa mort de M. Marey, fondateur de l’Institut,, ces places étaient restées vacantes. Ont été nommés : président de l’association et directeur, M. A. Chauveau, membre ae l’Institut, professeur au Muséum ; vice-président, M. H. Kronecker, professeur de l’Université de Berne; administrateur-trésorier, M. Maurice Lévy, membre de î’Institut, professeur au Collège de France; secrétaire, M. G. Weiss, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris.
- —La délégation universitaire suédoise, ayant à sa tête le professeur Lundell, d’Upsall, est arrivée ie 27 juin à Nancy, où elle a trouvé, comme à Paris, l’accueil le plus cordial. Sous la conduite du recteur Adam, du doyen Bichat et de M. Arth, directeur de l’Institut chimique, elle a visité la Faculté des sciences et I’en-semble d’instituts et de laboratoires que l’Université de Nancv a réussi à organiser : l’institut chimique, l’institut électro-technique, l'institut agronomique et colonial, le laboratoire de chimie appliquée à la teinture et à l’impression, le laboratoire de chimie physique, l’école de brasserie et le laboratoire de physique, où M. Blondlot a fait toutes les expériences relatives aux « Rayons N », qui captivent actuellement le monde savant.
- —La Compagnie d’Orléans a livré à l’exploitation le 1er juillet des voies nouvelles qui doublent les voies principales de la ligne de Paris à Orléans, entre la gare de Paris-Austerlitz et celle de Brétigny sur une longueur de 32 kilomètres. Le but qu’on s’est proposé d’atteindre en doublant les voies de Paris à Brétigny, et le principe général qui a été admis dans l’établissement du projet, ont été d’exonérer les voies affectées aux trains à marche rapide, non seulement de tout tronc commun avec les voies affec-lées aux trains à marche lente, mais encore de toute traversée à niveau par les voies de manœuvre. Pour la partie comprise entre Paris et Savigny-sur-Orge, le projet a été combiné de façon à supprimer presque complètement tous les passages à niveau sur les voies principales. La traction électrique a été substituée à la traction à vapeur entre Paris et Juvisy, afin d’accélérer la marche des trains de banlieue. Le système de traction électrique adopté est le même que celui déjà en usage entre la gare d’Austerlitz et celle du quai d’Orsay ; le courant est emprunté au moyen de frotteurs sur un troisième rail, alimenté par des sous-stations de transformation qui reçoivent le courant triphasé produit par l’usine génératrice dé la Compagnie d’Orléans, à Ivry, et le convertissent en courant continu. La réalisation de ce projet a nécessité l’accroissement de la puissance de l’usine électrique d’Ivry et la création de deux sous-stations.'Abstraction faite des dépenses du matériel roulant, l’installation de la traction électrique entre Paris et Juvisy reviendra à environ 4180 000 francs. Ce travail de la transformation des voies entre Paris et Brétigny a coûté 27 millions.
- —8t— M. Léopold Didier vient d’envoyer d’Abyssinie au Jardin des Plantes un lophionys, sorte de rat grimpeur et gambadeur qui se livre à une série d’excentricités. Le lophionys est extrêmement rare, et, depuis sa fondation, le Jardin des Plantes n’en avait eu que deux types, il y a plus d'un quart de siècle.
- —'dt— Une curieuse découverte vient d’être faite au Havre, à 150 mètres environ de l’endroit où doit être creusé le nouveau chenal. Les scaphandriers ont, en effet, trouvé l’épave d’une frégate avec ses canons, ses obus, ses biscaïens et ses fusils à pierre. Et tout à bord était en bon ordre, mais les rouleaux de cordages, quand on voulut les saisir, tombèrent en poussière. On a ramené cinq gros canons en fonte de 2m,50 de long et un sixième de plus faible dimension; des boulets, dont plusieurs sont creux et reliés deux à deux par une chaîne; des canons de fusils, dont l’un était encore chargé de trois balles, et des carlingues en chêne en bon état
- de conservation. Mais on n’a relevé aucune date ni inscription permettant de reconnaître l’origine de ce bateau. On suppose qu’il date du xvin° siècle.
- —— Le 1er juillet a eu lieu à la caserne des sapeurs pompiers de la rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris, des essais de l’appareil respiratoire de M. le Dr Guglielminetti, basé sur l’emploi de t’oxygène. Nous avons décrit cet appareil dans le n° 1619, du 4 juin 1904, p. 14. Un sapeur-pompier, revêtu de l’appareil, a pu rester trois quarts d’heure dans un sous-sol empli d’une épaisse Fumée.
- —lit— Dernièrement, les ouvriers occupés à la construction du chemin de fer de la Jungfrau et qui ont travaillé pendant tout l’hiver, sont arrivés à l’altitude de 3000 mètres. Il reste 700 mètres de tunnel à creuser pour atteindre la station : Mer-de-Glace (3167 mètres au-dessus du niveau de la mer). Gomme la perforation ne peut se faire que d’un côté, par la partie inférieure de la galerie, il faudra bien une année encore pour achever cette entre-
- firise. Le tronçon nouveau : Eigerwand-Mer-de-Glace, ne pourra être ivré a l’exploitation avant l’été de 1903. Le travail est lent, mais il est sûr, la roche bonne, et le personnel ouvrier jouit d’une excellente santé. On se rappelle que le Conseil fédéral avait fait des difficultés pour accorder la concession, parce que naturalistes et médecins avaient annoncé que l’homme ne pourrait résister longtemps à une pareille altitude, aux influences diverses de la température et à la raréfaction de l’air. Jusqu’à ce jour, rien ne prouve que cette prophétie se réalise.
- —— Un raid militaire vient d’avoir lieu de Lyon à Vichy; il était divisé en trois étapes : de Lyon à Saint-Etienne 56,5 km. de Saint-Etienne à Noirétable 75 km et de Noirétable à Vichy 61 km. Les concurrents au nombre de 25 ont été divisés en 5 pelotons. Les départs ont eu lieu le 2 juillet à partir de 5 heures du matin sous la surveillance des généraux de Gautlierot, Morel et Pistor. L’arrivée des concurrents a eu lieu dans l’ordre suivant à Saint-Etienne, dans l’enceinte de l’Exposition, au milieu d’une foule nombreuse : à 9h 25“ 25! arrive le lieutenant de Gailhard-Bancel du 2e dragons, il est suivi du capitaine Loir, de l’état-major de la 6e division. Ces deux officiers font partie du deuxième peloton et ont, une avance de 10 minutes; ils sont examinés à l’arrivée par le major du 30e dragons; cavaliers et chevaux sont en excellent état. A 9h27m28s arrivent M. de Vilmorin, sous-lieutenant au 7e cuirassiers; M. de la Yaissière de Lavergne, lieutenant au 30e dragons. A 9h29m23s M. de la Sauzay, sous-lieutenant au 30e dragons. La deuxième étape de Saint-Etienne à Noirétable, avec un arrêt à Montbrison, a eu lieu le 3 juillet. Les cavaliers et les chevaux sont arrivés en bonne forme et dans le temps voulu. La 3e étape a été courue le 4 juillet; le départ a eu lieu à 5 heures. Sont arrivés à Vichy : M. Georges, aide-major au 10e chasseurs, à 9h 34“ 7*, et ensuite MM. Muguet, Xambeu, de la Sauzay, Lauras, du Fau, Allut, de Gailhard-Bancel.
- —)£— Une intéressante expérience a été faite sous le contrôle du ministère de la guerre. Il s’agissait de savoir en combien de temps, les lignes télégraphiques étant supposées coupées, une dépêche pourrait être transmise de Brest à Belfort par des estafettes montées à motocyclettes et se relayant tous les 100 kilomètres. On n’a employé que des motocyclettes du « type commercial », c’est-à-dire de véritables machines de tourisme et non des engins de course. La distance était coupée par dix relais : Louargat, Broons, Vitré, Pré-en-Pail, Tillières, Paris, Château-Thierry, Couvrot (prés Vitry-le-François), Fong (près Toul), Arches (près Epinal). La traversée de Paris était décomptée. La dépêche arrivant à la Porte-Maillot, au restaurant Gillet, a été transportée à la Porte-Dorée, où la septième estafette la reçut, pour la transporter à 100 kilomètres plus loin. La durée complète du trajet, de l’ouest à l’est de la France, a été d’un peu plus de vingt-quatre heures; c’est là uu résultat très remarquable*
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence dn nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’Anistème se trouve chez M. Lépinay, 36, rue Vaneau, Paris. — Pour les écrans jaunes en photographie, s’adresser à M. Guilleminot, 6, rue Choron, à Paris.
- Communications. — M. Louis Jansen, à Anvers, nous écrit : « Un soir, ma chatte, assise au coin d’une table les yeux grands ouverts, épiait comme chaque soir le passage sur la crête du mur de mon jardinet, de l’ombre de son galant, ses yeux luisaient d’une manière très intense. J’étais couché dans mon fauteuil et avais à ma droite une lampe à pétrole ordinaire, petit bec rond, avec abat-jour en porcelaine blanche, transparente, la flamme un peu plus haut que mes yeux. La chatte se trouvait au coin d’une table à 3 mètres environ de distance de mes yeux. La flamme de la lampe, mon oreille droite et les yeux du chat formant un angle droit. Voyant briller les yeux de Minette, je me demandais si c’était un effet de la réflexion de la lumière de la lampe. J’en étais à me demander si ce n’était peut-être pas encore un phénomène de radioactivité et, la flamme de la lampe gênant quelque peu ma vue, je place machinalement ma main en écran et immédiatement le feu des yeux du chat s’éteint. Je renouvelle le mouvement un grand nombre de fois et toujours l'éclipse se produisait. Ma main n’obturait que les rayons venant frapper latéralement mon œil droit et laissait libre le champ d’éclairage occupé par le chat. Je renouvelai l’expérience, simplement en fermant l’œil droit, la flamme des yeux du chat s’éteignait. Encore, lorsque je tournais ma tête vers la gauche de manière à soustraire mon œil droit à l’influence des rayons de la lampe, les yeux du chat s’éteignaient. Lorsque je reportais lentement ma tète dans la direction droite, le feu renaissait dans les yeux du chat au fur et à mesure que mon œil droit recevait de plus en plus le rayon latéral de la lampe. J’ai alors vérifié l’expérience en me plaçant obliquement derrière la lampe. Je recevais un rayon de la lampe dans les deux yeux et les yeux du chat brillaient. Je fis un écran de ma main entre la lampe et mes yeux; malgré l’écran les yeux du chat brillaient toujours. Mais je n’avais pas remarqué tout d’abord que devant moi sur la table était étendu un journal. Ce journal renvoyait par réflexion sous l’écran de ma main, des rayons de la lampe dans mes yeux et l’écran ne servait pas. J’enlevai le journal et la table resta nue (une table en bois de couleur brune absorbante). Aussitôt l’écran de ma main produisit le même phénomène d’occlusion des feux des yeux du chat. J’ai donc constaté d’une manière que je crois certaine : A) Que les feux des yeux du chat étaient perceptibles pour moi lorsque mes yeux étaient sous l’influence des rayons lumineux de la flamme de la lampe, n’importe sous quel angle; B) Que mes yeux, soustraits à cette influence, ne voyaient plus les feux des yeux du chat ; — C) Que pendant cette expérience la situation du chat par rapport à la lampe et à mes yeux n’a été modifiée en rien. Puis-je en conclure que dans l’œil du chat se produit une radiation qui n’est perceptible à mes yeux qu’à condition que ceux-ci soient influencés par un rayon lumineux? »
- M. Ch. Robin, géomètre de la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest à Poissy (Seine-et-Oise), nous adresse une brochure qui a pour titre : « Mires de précision pour le nivellement ordinaire et pour les épreuves d’ouvrages métalliques. »
- Renseignements. — M. E. M., à X. — Nous ne croyons pas que ce renseignement soit exact.
- M. E. Delagenière, à Port-Saïd. — Pour détruire les vers dans un mobilier en bois de noyer, il faut frictionner les I
- meubles avec de l’essence de térébenthine, ou du pétrole, et boucher les trous avec de l’encaustique. On peut encore prendre 8 grammes de sublimé corrosif dans 1 litre d’alcool et verser ce liquide dans les trous.
- M. de Cockborne, à Besançon. — 1° Becs à alcool : M. De-lamotte, 396, rue Saint-Honoré ; Compagnie continentale, 9, boulevard des Italiens ; Société d’éclairage intensif, I bis, boulevard Gouvion-Saint-Cvr, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas le bec dont vous voulez parler.
- Un abonné, à Toulouse. — Cet appareil n’existe pas encore;, il y a déjà eu plusieurs essais de construction, mais iis n’ont pas donné de résultats.
- M. P, Claes, à Enghien. — 1° Nous ne pouvons vous donner aucun renseignement sur ces accumulateurs. — 2° Nous ne connaissons pas d’autres fixatifs pour pastels que le fixatif appelé « eau incolore » et déjà bien connu.
- M. H. P., à Montélimar. — Employez du permanganate de potasse en très petite quantité.
- L’abonné n° 5422-5066, à X. — Vous pourriez vous adresser à la maison Reymond, 76, rue de Rennes, à Paris, ou à M. Mo-rieu, 140, boulevard Raspail, à Paris.
- M. Esnault Pelterie, à Boulogne-sur-Seine. — L’adresse demandée est la suivante : 76, avenue Malakoff, à Paris.
- M. H. Paignon, à Trouville. — Il n’existe pas de moyen d’utiliser les feuilles vertes dans les conditions que vous indiquez.
- M. P. H., a S. — 1° Il est absolument nécessaire que les . fils de fer constituant les supports des induits soient en fer doux. — 2° Nous avons donné dans les « Recettes et Procédés utiles », 2° série, un procédé pour le refaillage des limes -et des fraises par l’électricité.
- M. E. Le Doyen, à Paris. — Après de nombreuses recherches dans la collection du Journal, nous sommes obligés de-vous dire que nous n’avons trouvé aucun article sur un procédé pour rendre la laine animale irrétrécissable.
- M. Vasselin, à Paris. — Nous avons donné dans les petits-livres des « Recettes et Procédés utiles », lre et 2e série, la composition de vernis d’or que vous pourriez facilement employer.
- M. J. Aubin, à Rouen. — 1° Nous ne pouvons vous donner de renseignements pour faire les ressorts coniques dont vous-nous parlez. — 2° Nous ne comprenons pas votre question. Si la ligne électrique dessert déjà une sonnerie électrique, vous pouvez la faire transformer pour ajouter un téléphone, mais si vous voulez conserver la sonnerie indépendante, il faut une deuxième ligne pour le téléphone; adressez-vous à un électricien.
- M. J. Teissier, à Montpellier. — Nous ne décrivons jamais de projets, mais seulement des appareils qui ont été construits et essayés.
- M. J. C., à Tunis. — La différence de potentiel aux bornes de la sonnerie et aux bornes des accumulateurs sera dans chaque cas égale à la résistance de chacun de ces appareils, multipliée par l’intensité qui le traverse.
- M. C. G. Zissu, à Galatz. — La Compagnie du gaz Clayton a son siège, 36, rue Taitbout, à Paris.
- M. H. Nicod, à Tour-de Peilz (Suisse). — 1° Pour les accumulateurs Commelin et Viau, il faut vous adresser à M. G. A. Le Roy, 20, rue de la Savonnerie, à Rouen. — 2° Il n’existe pas d’ouvrages spéciaux sur les disjoncteurs; dans les traités d’accumulateurs, on décrit en général un certain nombre de ces appareils.
- Réponses. — N° 1269. — Pour éviter la déformation, dans le bain de sulfate de cuivre, des objets en plâtre imperméabilisés et plombaginés, il est préférable de préparer ces objets pour être cuivrés, en plâtre aluné ou durci déjà bien connu. Le produit n’acquiert toute la dureté que lorsque, au lieu d’eau, on emploie une solution d’alun pour gâcher le plâtre aluné ou durci. Les objets prépai ésd’après ce procédé prennent après la dessiccation complète la dureté du marbre qui n’est diminuée ni par l’eau froide ni par l’eau bouillante. (Communiqué par Al. Boghos R. Tocatlian, à Smyrne.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dugrand, à Lille. Nous ne pouvons vous donner de réponse au sujet du plan que vous nous avez envoyé ; il faut le soumettre à votre architecte. — M. D. V., à Paris. 11 faut faire des expériences pour vérifier l’exactitude du fait que vous énoncez. — M. D. II., à Dunkerque; M. G. B., à Paris. Consultez le petit livre des a Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Géraud, à Nancy. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les comhtunications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouvelle borne électrique Sérisol. — Ce nouveau système de borne électrique est composé d’une pièce fixe dans laquelle est creusée une cavité. Un orifice conique aboutit tangenfieHement à la paroi interne de cette sorte de cuvette. Le conducteur électrique préalablement dénudé est engagé dans l’orifice conique-, puis vient rencontrer la paroi interne et s’enroule, dans le cas de fils souples, autour de l’axe. Dans le cas de fils rigides, la partie engagée est toujours suffisante pour assurer un bon contact. Un bouton monté sur l’axe vient assurer
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de la borne Sérisol.
- le serrage du conducteur retenu ainsi de tous côtés, le contact est donc préservé de toutes parts et le fil ne peut échapper. Cette borne se construit en deux séries : série isolée et série métallique. La série isolée est formée de pièces isolantes dans lesquelles sont noyées les parties métalliques transmettant le
- Fig. 2. — Vue en plan.
- courant. Par suite de la disposition du bouton et de la cavité, comme le montrent les figures ci-jointes, l’isolement extérieur de la borne est toujours assuré en tous points, quel que soit le diamètre du conducteur serré. L’ajutage conique recouvre le point de coupure de l’isolant, on est certain ainsi d’un isolement complet. La série isolée convient pour les courants de haute tension, appareils de mesure, piles, accumulateurs, etc. Appliquée en tous les points des circuits d’allumage des moteurs d’automobiles, elle met à l’abri des courts-circuits et diminue les chances de ratés en réalisant la continuité de l’isolement.
- •— La borne Sérisol est fabriquée par MM. Guénee et Cie constructeurs, 14, rue des Bois, à Paris (19® arrond.).
- BIBLIOGRAPHIE
- Les applications'des aciers au nickel avec un appendice sur la théorie des aciers au nickel, par Ch.-Ed. Guillaume, Directeur adjoint du Bureau international des Poids et Mesures. 1 vol. in-8°. Paris. 1904. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 3fr,50.
- Notre collaborateur Ch.-Ed. Guillaume a exposé, ici même, les premiers résultats des recherches qui l’ont conduit à la découverte des propriétés inattendues et en quelque sorte paradoxales des alliages du fer et du nickel. 11 donne aujourd’hui un exposé d’ensemble de ses travaux et l’on peut embrasser d’un coup d’œil l.e chemin parcouru depuis quelques années dans tous les domaines auxquels les travaux ae M. Guillaume ont apporté un élément de progrès. La transformation des méthodes de mesure des bases géo-désiques, une simplification très importante des procédés de compensation des horloges et des montres, la réalisation d’une économie considérable dans la fabrication des lampes à incandescence, telles sont les nouvelles conquêtes que l’étude minutieuse des aciers au nickel permet aujourd’hui d’enregistrer. La raison des bizarres et précieuses propriétés de ces alliages est restée longtemps mystérieuse. M. Guillaume nous la dévoile dans un appendice où ces anomalies sont rattachées aux transformations du fer, profondément déformées par son association avec le nickel. Ainsi, non seulement nous savons maintenant que l’emploi des aciers au nickel permet de réaliser dans l’industrie ou dans le travail scientifique une économie qui se chiffre annuellement par des centaines de mille francs, mais encore nous connaissons la cause intime de ces progrès. C’est une satisfaction que nous sommes heureux d’enregistrer.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Analyse des matières alimentaires et recherche de leurs falsifications, par Ch. Girard, Directeur du Laboratoire municipal de Paris, avec la collaboration de M. Sanglé-Ferrière et de Brévans, sous-chefs, et des chimistes du Laboratoire. 1 vol. in-8°. 2e édition. Vve Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : broché, 25 francs; cartonné, 26fr,50.
- Electrotechnique appliquée. Cours professé à l’Institut électrotechnique de Nancy, par A. Mauduit, ingénieur électricien, ancien élève de l’Ecole Polytechnique. 1 vol. in-8®. Paris. Vve Ch. Dunod. Prix: broché, 25 francs; cartonné, 26fr,50.
- Les régulateurs des machines à vapeur, par L. Lecornu, ingénieur en chef des mines. 1 vol. in-4°. Vve Ch. Dunod. Paris. 1904. Broché. Prix : 12fr,50.
- Traité de métallurgie générale, par C. Sciinabel, Conseiller supérieur des mines à Berlin. Traduit d’après la deuxième édition allemande par le Dr L. Gauthier. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie polytechnique Ch. Béranger. 1904. Prix : 30 fr.
- Le radium, sa préparation et ses propriétés, par Jacques Danse, préparateur particulier de M. Curie. 1 vol. in-8°. Préface de M. Ch. Lauth, Directeur de l’Ecole de Physique et de Chimie industrielle de Paris. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie polytechnique Ch. Béranger. 1904. Prix : 4 fr.
- Recherches expérimentales sur la constitution des mortiers hydrauliques, par Le Chatelier, ingénieur en chef des mines. 1 vol. in-8°. Paris. Vve-Ch. Dunod éditeur. 1904, Prix : broché, 6 fr. ; cartonné, 7fr,50.
- Rayons u N ». Recueil des communications faites à T Académie des Sciences, par R. Blondlot, correspondant de l’Institut, professeur à l’Université de Nancy. 1 vol. in-ifi, avec des notes complémentaires et une instruction pour la construction des écrans phosphorescents. Librairie Gauthier-Villars. 1904. Prix : 2 francs.
- Le radium et la radioactivité. Propriétés générales. Emplois médicaux, par Paul Besson, Ingénieur des Arts et Manufactures. Avec une préface du Dr A. d’àrsonval, membre de l’Institut. 1 vol. in-16. Librairie Gauthier-Villars. 1904. Prix : 2fr, 75.
- Etude sur les résonances dans les réseaux de distribution par courants alternatifs, par G. Chevrier, ingénieur à la Compagnie du Secteur de la rive gauche de Paris. 1 brochure in-8°. Edité par « L’Eclairage Electrique », 40, rue des Ecoles. Paris. 1904.
- L'Année photographique, 5® année, par L.-P. Clerc. 1 brochure in-8°. Paris. Ch. Mendel, éditeur, 118 bis, rue d’Assas. Paris. Prix : 3 francs.
- Les oiseaux du chasseur. Leurs mœurs, leur chasse, par Albert Blass. 1 volume in-16. Hachette et C'V Paris. Prix : 5f‘,50.
- La photographie des couleurs par impressions pigmentaires superposées, par Léon Vidal. 1 brochure in-8°. Paris. Ch. Mendel, éditeur, 118 bis, rue d’Assas. Prix : lfr,25.
- Principes de la diététique moderne, par Henri Labbé, chef de laboratoire de la Faculté de Médecine de Paris. 1 vol. in-18 J.-B. Baillière et iils. Paris. 1904.
- Les phénomènes radio-actifs. Le radium et ses propriétés, par Jean Escard, ingénieur électricien. 1 vol. in-8°. Librairie B. Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins. Paris. 1904. Prix : 3 francs.
- U Aide-mémoire de l'automobile. Réglementation, législation, jurisprudence, conseils pratiques, renseignements utiles, par J. de Pietra Santa, chef de la section des automobiles à la Préfecture de police. 1 vol. in-12. Vve Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins. Paris. Prix : 2fr,50.
- Presses modernes typographiques, par A. Ducrot, ancien élève de l’Ecole Polytechnique. 1 vol. in-4°. Librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins. Paris. Prix : 7fr,50.
- Le procédé à la gomme bichromatée, suivi d’une instruction pour l’emploi du papier charbon velours et du papier Fari-naud par M. II. Emery. 1 brochure in-8°. Paris. Bibliothèque de la « Photo-Revue », 118, rue d’Assas. Prix : 0fr,60.
- Le Saint-Suaire de Turin devant la Science, par A.-L. Don-nadieu, docteur ès sciences, Professeur à la Faculté catholique des Sciences de Lyon. 1 vol. in-8°, avec 10 planches hors texte et une reproduction photographique du Linceul de Turin. Paris, Ch. Mendel, éditeur. 1904. Prix : 10 fr.
- Manuel du conducteur d’automobiles, par Maurice Farman.
- 1 vol. in-8°, 3e édition. Librairie B. Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins. Paris. 1904. Prix : 4fr,50.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Guides routiers régionaux à l’usage des cyclistes et des automobilistes : Jura et Suisse. L’Oberland Bernois, par A. de Baroncelu. 1 vol. in-16. En vente chez Firmin-Didot, 56, rue Jacob. Paris. Prix : 2fr,50.
- Dictionnaire de chimie photographique à l’usage des professionnels et des amateurs, par G. et Ad. Braun, fils. 2e fascicule. 1 brochure in-8° Paris. Gauthier-Villars, imprimeur-libraire. 1904. Prix : 2 francs.
- La locomotive compound, avec une planche çoloriée à feuillets découpés et superposés, par A. Schœller, ingénieur des arts et manufactures. 1 brochure in-4°. Paris. Schleicher frères et C'18, éditeurs. 1904.
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- Habitabilité des planètes, par Léon Dumas. 1 brochure in-8°. Huy, Imprimerie lithographique Edmond et Cie, éditeurs. 1904. Prix : 1 franc.
- L’Automobile devant la Justice. Accidents. Responsabilités. Procès. Difficultés diverses, par J. Imbrecq, avocat à la Cour d’appel de Paris. 1 vol. in-8°. VTe Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix : 5 francs.
- The assuân réservoir and lake moeris, by Sir William Wil-lcocks, Managing director Daira Sanieh Company. With translation in French and five plates. 1 brochure in-8". MM. Spon, 125, Strand, London. 1904.
- The Classification of flowering plants, by Alfred Barton Rendle, Assistant in the Department of Botany, British Muséum, and lecturer in Botany at the Birkbeck College. Vol. I. Gvmnosperms and Monocotyledons. 1 vol. in-8°. Cambridge, at the Lïniversity Press. 1904.
- Geographen-Iialender, par le Dr Hermann Haage. 2e année 1904-1905. 1 vol. in-16. Gotha, Justus Perthes. 1904.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 juin.... 15®,0 W. N. W. 2 Peu nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Mardi 28 14°,9 E. 2. Beau. » Rosée; quelques nuages.
- Mercredi 29 14®, 4 E. N. E. 2. Beau. » Rosée ; halo ; peu nuageux.
- Jeudi 30 13®,1 N. E. 1. Très nuageux. » Rosée ; très nuag. le matin ; nuag. le soir.
- Vendredi 1" juillet . 15”,9 S. W. 1. Nuageux. 3,8 Rosée ; nuag. ; pluie l’après-midi.
- Samedi 2 14®,6 Calme. Couvert. 0,0 Rosée ; très nuag. ; pluvieux à 7 h.
- Dimanche 3 17®,0 S. W. 1. Beau. » Rosée ; nuageux.
- JUIN-JUILLET 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 27 JUIN AU DIMANCHE 3 JUILLET 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pomtillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Une tempête A Moscou. — Le 29 juin a sévi, à Moscou et dans les environs, un ouragan très violent accompagné d’une forte grêle. De nombreuses cheminées d’ateliers ont été renversées ou endommagées ; des maisons en construction ont été détruites ; les coupoles de quelques églises ont été emportées par le vent. Un grand nombre de personnes ont eu des blessures causées par la grêle pour la plupart. Il y a eu 3 personnes tuées à Moscou même ; et il y a eu un certain nombre de victimes dans les villages environnants.
- Ue temps. — Le temps a été beau en général pendant la semaine du 27 juin au 3 juillet. Le 27 juin, des vents faibles ont soufilé sur les côtés de la Manche et de l’Océan. Des pluies sont tombées dans le nord du continent; ou a recueilli 10 mm d’eau à Clermont, 4 mm a Belfort, 1 mm à Kochefort. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 13° à Paris, 17° à Lyon, 19° à Biarritz, 24° à Alger, 8° au mont Yentoux, 7° au puy de Dôme et au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 13°,5, avec un maximum de22°,l. Le 28 juin, de fortes pressions barométriques se trouvaient à l'ouest de l'Europe. La température s’est abaissée dans l’ouest et le sud du continent. On notait le matin 14® à Lyon, 13° à Paris, 21° à Biarritz,
- 11° au mont Aigoual et au mont Ventoux, 6° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 15°,1, inférieure de 2°,6 à la normale. Dans la nuit du 27 au 28 juin, dans la banlieue de Paris, on a signalé des minima de 5°. Le 29 juin, les fortes pressions se sont retirées vers l’est. Un oraçe a eu lieu à Biarritz. La température s’est relevée ; le matin, le thermomètre marquait 13° à Lyon, 20° à Biarritz, 25° à Nice, 14° au puy de Dôme, 14° au mont Aigoual. Le 30 juin, on a signalé des pluies orageuses sur la moitié, sud de la France ; il est tombé 43 mm d’eau à Clermont, 12 mm à Limoges,
- 6 mm à Perpignan. Le 1" juillet, le temps a été chaud et orageux à Paris; quelques averses sont tombées vers 1 heure, lh 40“ et surtout de 4 heures à 4** 30. Les hauteurs d’eau recueillies à la tour Saint-Jacques atteignent 7,5 mm. On a signalé des pluies dans toutes les régions. A Ajaccio, un violent orage a causé de grands dégâts ; des arbres ont été renversés, il est tombé des grêlons de la grosseur d’un œuf de pigeon. La température, le matin à
- 7 heures, était assez élevée dans le sud ; on notait 24® à Nice, 25° à Alger, 10° au mont Ventoux, 8° au puy de Dôme. A Paris, le thermomètre marquait 16° le matin; la température moyenne de la journée a été de 17°,t. -Le 2 juillet, des pluies Sont tombées sur l’ouest de l’Europe et la Finlande. Le 3 juillet, le temps a été beau et chaud en France.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 27, à 8 h. 32 m. du soir.
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- N° 1625 (16 juillet 1904), du journal « LA NATURE »
- Mk HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —«g— Le concours de jouets, que le préfet de police a établi «depuis quelques années à Paris, est ouvert pour 1904 au Petit iPafais, aux Champs-Elysées, depuis le 8 juillet.
- —sg— Après entente avec la Ville de Paris, et sur l’avis conforme .du comité mixte de perfectionnement du régiment de -sapeurs-pompiers de Paris, le ministre de la guerre vient de faire «gner un décret portant qu’il est créé, au régiment de sapeurs-pompiers de la ville de Paris un service spécial de sauvetage. A •cet effet, l’elfectif du régiment précité est augmenté de 100 hommes •de troupe, tous rengagés, savoir: 13 sous-officiers (dont un adjudant instructeur) ; 25 caporaux (dont un secrétaire) ; 62 sapeurs (dont deux magasiniers). Paris possède donc maintenant un a salvage corps » dont des essais avaient indiqué l’utilité.
- —— La chaire de « physiologie végétale » du Muséum d’histoire naturelle est transformée en chaire de botanique (classification et familles naturelles des cryptogames). M. Mangin, docteur es sciences naturelles, professeur agrégé de sciences naturelles au lycée Louis-le-Grand, est nommé professeur de cette chaire.
- —— Le célèbre professeur Koch vient de quitter la direction de l’Institut royal pour les maladies infectieuses, à Berlin. Son successeur est le professeur Gatfky de l’Université de Giesen. Cette nomination a été faite d’après les indications du professeur Koch lui-même, dont M. Gatfky a été l’élève et l’assistant à l’Institut, avant d’avoir été appelé à la chaire d’hygiène et à la direction de l’Institut d’hygiène de Giesen.
- —— Les épreuves finales du raid Lyon-Vichy, que nous avons signalées précédemment, ont eu lieu le 5 juillet à Vichy. L’examen de détail des chevaux a été fait par le jury et ensuite ont eu lieu les sauts d’obstacle au concours hippique. Le classement définitif a été le suivant : lieutenant Allut, 28e dragons, sur Orléans, en 13h4m24s; capitaine Lauras, 19e dragons, sur Coup de Soleil, en 15h10m12‘; lieutenant du Fau, 19e dragons, sur Doucheur, en 15hI0m51s; lieutenant Faurite, 11e hussards, en I3h41m55% sur Triomphe; lieutenant de la Sauzaye, sur Enimir, en I3h12m 258; lieutenant de Gailhard-Bancel, 2e dragons, sur Cafre, en I3h 16m 43» ; lieutenant de Lassence, 20e dragons, sur Hilda, en 13h23m37!; lieutenant de Tricornot, 12e hussards, sur Beaujeu, en 43h33mI4s; lieutenant Arnulf, 19e dragons, sur Guérandc, en 13h38m 465; capitaine Loir, sur Brin d’Espoir, en 15h41m16s; lieutenant Xambeu, 13e dragons, sur Isis, en 13h43m49s; commandant de Gain, 19e dragons, sur Jabadao, en 13h54m568; lieutenant de la Boissière, I Ie chasseurs, sur Roméo, en 13h55m34s; lieutenant de Vilmorin, 7e cuirassiers, sur Gilet, en I4h4in35s ; lieutenant Chevrier, 30e dragons, en 14h8m42’, sur Eglantine; lieutenant Pinguet, 10e cuirassiers, sur Fritillaria, en 14h20m12>; lieutenant de Lhermitte.
- —— Le 4 juillet, à Londres, l’aéronaute Barton préparait une ascension à Alexandra-Palace, lorsqu’une explosion se produisit pendant le gonflement du ballon. M. Barton fut blessé grièvement au visage.
- ——. L’Exposition de Liège, qui doit s’ouvrir en 1905, sera certainement prête pour l’inauguration. Les travaux avancent avec une grande rapidité. Dès à présent on peut distinguer sur la plaine des Yennes, naguère encore en friche, les lignes générales des halls, des palais et des parcs, et se rendre compte du plan d’ensemble de M. l'architecte Haase. Sur 44000 mètres carrés de locaux couverts en amont du chemin de fer, 36 000 sont aujourd hui debout et dans un mois l’ossature métallique totale sera élevée. Avant octobre, la totalité des halls des machines, de l’industrie des chemins de fer, des sections belges et étrangères seront sous toit, clôturés et prêts à être livrés aux décorateurs, les planchers même étant posés. De l’autre côté du chemin de fer, toujours à droite de
- l’Ourthe, les fondations des 24 000 mètres de halls couverts devant abriter les sections étrangères, sont achevées. La construction commencera sous peu, le montage sera rapidement terminé, et l’ossature sera sous toit fin août; 10 000 mètres carrés ont été réservés pour le cas probable d'un agrandissement nécessaire qui serait terminé fin novembre.
- —— La Société centrale d’apiculture et de zoologie agricole a organisé sa douzième Exposition au Jardin d’Acclimatation au bois de Boulogne du 10 au 24 juillet. L’apiculture et tout ce qui s’y rapporte miels, cires, ruches, etc., y occupent une place importante et un congrès d’apiculture aura lieu pendant la durée de l’Exposition.
- —Un comité d’action s’est formé à Bourg, sur l’initiative de la Société d’émulation de l’Ain dans le but d’élever un monument au grand astronome Jérôme Lalande. S’adresser à M. Huteau, 20, boulevard Victor-Hugo, à Bourg.
- —)£— Les amis des animaux apprendront avec plaisir que l’hôpital Champerret (Porte de Champerret), à Paris, vient d’ouvrir une clinique gratuite pour petits animaux.
- —— La ligne ferrée du Cap au Caire dans l’Afrique du Sud atteint maintenant le fleuve Zambèze aux chutes dites de Victoria. Les rails sont arrivés à Fallo.
- —3K— Un médecin anglais, le Dr Dan Albone, de Briggleswade, vient de construire, pour le service des ambulances militaires, une « automobile de premier secours » qui est une sorte de tricycle de dimensions assez grandes, et munie d’un cuirassement pouvant résister au tir des fusils.
- —— On parle d’établir, à New-York, des canalisations destinées au service d’incendie et desservies par trois usines élévatoires fonctionnant seulement et immédiatement en cas de sinistres; elles pourraient fournir ensemble au moins 12 000 mètres cubes d’eau à la pression énorme de 14 kg par centimètre carré aux prises.
- —La Société helvétique des sciences naturelles va tenir sa 87e session annuelle à Wintherthour les 30, 31 juillet, 1er et 2 août 1904.
- —— M. Marinescu, ingénieur des télégraphes à Brada (Roumanie). aurait, paraît-il, imaginé un système d’installation qui permet d’établir de nouvelles communications téléphoniques sur les lignes déjà existantes sans ajouter de nouveaux conducteurs. Les premiers essais ont eu lieu entre Brada et Galatz, et les résultats auraient été tout à fait concluants. Le système a reçu le nom de système « téléphonie Duplex ». Des essais semblables ont déjà été effectués en France, mais ils ont été interrompus, sans raison, croyons-nous.
- —— A l’occasion du Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, qui aura lieu à Grenoble du 4 au H août 1904, l’Association des anciens élèves et élèves de l’Institut électrotechnique organise une exposition de parafoudres industriels qui sera ouverte pendant toute la durée du Congrès. Cette exposition a pour but de permettre de se rendre compte des perfectionnements apportés dans la construction de ces appareils. L’Exposition s’étendra à tous les types d’appareils et dispositifs de toute sorte ayant pour but de protéger les canalisations électriques (canalisations pour courant continu ou alternatif, à haute ou basse tension, aériennes ou souterraines, etc.), contre les décharges atmosphériques à très haute fréquence ou les surtensions anormales provenant de l’exploitation ou d’accidents. Outre les parafoudres proprement dits, les appareils accessoires, tels que résistances, ou fusibles à placer sur la ligne de terre, etc., trouveront aussi leur place dans cette exposition. Pour tous renseignements, s’adresser avant le 20 juillet au siège de l’Association, 1, rue du général Marchand, à Grenoble.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la nouvelle pompe à piston tournante, s’adresser à V. A. Butin, 18, rue du Pont-Neuf, à Paris.
- Communications. — M. C. Gibault, à Poitiers, nous écrit : « Je viens de lire dans la « Croix » du 29 juin qu’un coursier de la poste à Beaune, en faisant une omelette, a trouvé dans un œuf un serpent vivant de 6 centimètres de long, il l’a porté chez M. Blandin, pharmacien, qui l’a conservé dans l’eau-de-vie. Ce phénomène ne doit pas être unique, car dans ma petite jeunesse j’ai entendu raconter des faits semblables par des ouvrières qui venaient en journée à la maison, et ce qu’il y a de particulièrement intéressant c’est que le populaire le désignait sous le nom de Cocâtrie. »
- M. le professeur R. Blanchard, à Paris, a bien voulu nous faire savoir que le fait signalé par notre correspondant est loin d’être rare. « L’Heterakis papillosa », qui vit dans le cæcum de la poule, descend souvent jusqu’au cloaque et remonte parfois dans l’oviducte. 11 peut alors être saisi et englobé soit par l’albumine, soit même par la coque. On le trouve alors dans l’épaisseur même de cette dernière, comme le démontre un spécimen du Musée zoologique de Turin. Aldrovande citait et figurait déjà des cas de ce genre.
- M. Emile Anadyx, à X..., nous écrit la lettre suivante : « Je vous communique le procédé à employer pour empêcher les limaces de détruire les feuilles des humérocalles. J’ai eu recours aux vieux journaux pour cela, en entourant chaque pied d’une bordure de morceaux de journal. Les limaces ont disparu. Je constate le fait sans pouvoir l’expliquer. Est-ce l’odeur d’imprimerie, ou la difficulté qu’elles éprouvent pour se traîner sur le papier? je ne sais. Si les lecteurs de « La Nature » veulent essayer ma recette, ils obtiendront, je l’espère, le même résultat que moi. Cette confirmation heureuse rendrait service aux amateurs de jardinets qui voient leurs plantes s’étioler pour mourir ensuite. »
- M. Ch. Ballet, à Troyes, nous adresse une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : « Histoire d’un pépin de pomme racontée par lui-même. »
- Renseignements. —M. D. Burot, à Nantes.— Nous avons décrit l’appareil dont vous parlez, la manivelle de sûreté pour les appareils de levage, dans les (' Petites Inventions » du n° 1499 du 15 février 1902. Le fabricant est M. Ch. Fagedet, 10, rue Delambre, à Paris.
- M. L. R., à Paris. — Adressez-vous à la maison Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. D.P., à Paris. — L’énergie électrique pour lumière est vendue à Paris à des prix variant entre 0fr,10 et 0fr,15 l’hec-towatts-heure. Dans votre calcul, vous comptez des kilowatts-heures; il faut donc multiplier les résultats par 10.
- M. Haussier, à Limoges. — 1° Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur les transformateurs ; mais tous les traités relatifs à la distribution de l'énergie électrique parlent de ces appareils. — 2° Parmi les principaux fabricants de transformateurs électriques, nous pouvons vous citer « La Société L’Éclairage Électrique », 27, rue de Rome, maison Breguet, 19, rue Didot, MM. Schneider et Cie, 42, rue d’Anjou; Société Alsacienne de constructions mécaniques, 4, rue de Vienne, à Paris. — 3° Nous ne connaissons pas ce transformateur et nous ne trouvons vous renseigner.
- M. JP. Hanksley, à Londres. — Nous n’avons pas entendu parler d’une plume pneumatique pour écrire sur le verre.
- Un abonné, à Tunis. — Nous n’avons pas sur cette labou-reuse automobile d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés dans le n° 1555 du 14 mars 1903, p, 237.
- M. F. Barrans, à Teboursank. — Vous pourrez arriver au résultat que vous désirez en employant de l’azotate d’ammoniaque dans une terrine d’eau. En se dissolvant ce produit absorbe une grande quantité de chaleur, et produit un grand abaissement de température. On peut ensuite régénérer ce sel en exposant la dissolution au soleil.
- M. A. S., à Gchu. — Nous n’avons fait aucune des expériences dont vous parlez, et nous ne pouvons vous renseigner ~r des chimistes consultés ne sauraient donner de réponse sans-avoir expérimenté.
- M. E. Soutadé, à Montblanc; M. E. Lebas, à Saint-Julien-le-Faucon. — Appareils à glace : M. Douane, 25, avenue Parmentier; M. Lévy, fil bis, boulevard Saint-Germain; M. A. Desvignes, 99, avenue de la Bourdonnais; M. Fumerand, 1, rue Vernier; Compagnie industrielle des procédés Raoul Pictet, 16, rue de Grammont, à Paris.
- M. P. T. C., à Tourcoing. — Masques protecteurs ; M. Achille Weill, 5, rue Barbés, à Montrouge (Seine) ; M. Ch. Roseaux, 218 bis, rue Saint-Denis, à Paris.
- M. L. G.V., à Nantes. — Il est préférable de vous adresser à une agence de brevets.
- L'abonné 1531-2213, à X. —Nous ne croyons pas qu’il existe d’appareils de ce genre.
- M. D. Guillaut, à Montpellier. — Les tuyaux employés-pour les nouvelles conduites d’eau sont toujours en fonte.
- M. Dupont, à Paris. — Il convient d’abord de choisir un fer déterminé, et ensuite d’en faire une étude complète au Laboratoire.
- M. Duroy, à Lille. — L’adresse que vous demandez est donnée en tète de la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1504 du 22 mars 1902.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Z). L., à X..
- Nous n’avons pas encore reçu le livre que vous nous avez annoncé. — M. G R.,k Taris. Nous ne décrivons que les appareils déjà construits et ayant fonctionné. — M. V. P., h Bordeaux. Cette recette est donnée dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Polard, à Perpignan; M. Dugrand, à Nice. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. G. L., à P. Voyez le même-petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M.jG-Leroy, à Orléans. Remerciements pour votre communication.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour détruire les insectes. — Il s’agit de pièges véritables, qui ont du moins le mérite de la simplicité. On prend des flacons à large ouverture d’une quinzaine de centimètres de haut, et l’on y verse de l’huile, pas trop épaisse, sur une hauteur de 5 centimètres environ. On les place ensuite obliquement sur le passage des insectes, qui y pénètrent, viennent en contact avec l’huile, et sont rapidement asphyxiés, l’huile obstruant leurs organes de la respiration.
- Noir pour fourneaux. — Dans un peu moins de 4 litres de benzine, on fait dissoudre 120 grammes environ de résine, puis on mélange au liquide 450 grammes de plombagine. Cela est considéré comme protégeait parfaitement les fourneaux de la rouille. Il va de soi que l’on doit prendre garde aux inflammations inopinées avec ce composé. — On peut-aussi mélanger de la plombagine en poudre avec une quantité suffisante de vernis d’asphalte pour obtenir une pâte épaisse; on ajoute ensuite assez de benzine ou d’essence de térébenthine pour former un liquide s’étendant facilement.
- Pour remplir les lettres sur les plaques gravées. — Nous avons naturellement en vue les plaques de portes, enseignes, etc., où les lettres sont gravées en creux dans le cuivre. On peut remplir les creux avec un mélange composé d’asphalte, de laque brune et de noir de fumée, le tout formant une pâte très consistante, qu’on fait pénétrer au moyen d’une spatule. S’il en débordait quelque peu au pourtour des lettres, on enlèverait cet excès avec de la térébenthine. — On aurait la possibilité d’obtenir des lettres en blanc en employant une pâte faite avec de la céruse mélangée en parties égales de laque à voiture et de vernis au caoutchouc ; on termine en appliquant, après dessiccation du remplissage, du blanc de céruse mélangé de laque et éclairci avec de la térébenthine. Bien entendu, d’autres couleurs broyées dans la laque permettent d’obtenir pour ainsi dire toutes les teintes.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- EXPLORATIONS SOUS-MARINES
- Texte et dessins par A. Robida.
- 1. Noire époque semble avoir l'intention de se mettre sérieusement aux explorations sous-mannes, négligées depuis le commencement du globe. Les engins nouveaux le commandent d’ailleurs, le fond de la mer doit révéler ses secrets. Ces explorations seront d’un puissant intérêt pour tout le monde. Pour 1’ « historien », par exemple, — l’histoire de la marine n’est pas dans les archives et les vieux papiers, elle est au fond de la mer, un peu en désordre, mais elle y est, il suffit de descendre. — 2. Pour le « peintre ». Tous les genres de paysage dans le monde banalisé d’en dessus sont connus et archi-usés, mais il reste, intact et vierge, le monde d’en dessous. Quel succès pour les premiers paysagistes sous-marins! — 3. Il va sans dire que l’adroit « photographe » y trouvera à saisir d’innombrables instantanés inédits et curieux. — 4. Pour le « pêcheur à la ligne », oui, le pêcheur à la ligne a un domaine inexploité, il doit pénétrer au domicile des poissons, surprendre leurs mœurs, assister à leurs ébats; ce sport en deviendra encore bien plus palpitant. — 5. Pour le « Balnéaire ». Toujours Normandie ou Bretagne, c’est bien vieux jeu, quand il y a tant de plages charmantes dans les fonds. — 6. Pour 1’ « alpiniste ». Les derniers sommets de la Suisse sont envahis par la foule; le véritable alpiniste a sous l’Océan d’immenses chaînes de montagnes à explorer. Plus d’ascensions, des descensions. — 7. Pour le » Chercheur d’or ». Foin des pépites du Klondyke. Ici, les pépites sont en lingots ou même déjà monnayées. Les vieux galions ont un encaisse métallique et des réserves de numéraire à la disposition de chacun. Et les trésors de l’Atlantide! — 8. Pour le chasseur de fauves. Le lion, le rhinocéros, les bêtes de la jungle^ c’est presque aussi couru que le lièvre des plaines normandes. Mais avec les terribles hôtes des profondeurs que d’émotions inédites, et quels beaux carniers au retour!
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- PHOTOGRAPHIE
- Influence de la nature des révélateurs sur la grosseur du grain de l'argent réduit.
- On sait que les émulsions au gélatino-bromure ne présentent pas toujours la même grosseur de grain de l’argent réduit et que, lorsqu’on fit au début des plaques de très grande sensibilité on obtenait un grain de grosseur telle que l’agrandissement des clichés devenait impossible. On a remédié depuis à cet inconvénient. On avait pensé que même dans les plaques de sensibilité moyenne la nature du révélateur pouvait avoir une influence marquée sur la grosseur du grain obtenu; mais il n’en est rien ainsi que viennert de le prouver MM. Lumière et
- Seyewetz par une série d’expériences minutieuses. Ils ont essayé les révélateurs usuels dans des conditions variées de dilution et de température et on fait l’examen microscopique du grain obtenu. Le résultat de leurs expériences démontre que la grosseur du grain est sensiblemeut la même dans tous les cas. Cependant un excès d’alcali ou de bromure alcalin semble provoquer un faible accroissement de cette grosseur, tandis que la surexposition produirait l’efTet contraire.
- On a essayé, en outre, deux substances non utilisées dans la pratique comme révélateurs : « le paraphémilène diamine » et 1’ « orthoamidophénol ». Dans ce cas le grain obtenu est très fin et sa couleur est comparable à celle obtenue avec les émulsions au collodion. Il en résulte des images d’une grande transparence dont la couleur est brunâtre à la lumière transmise et grise par réflexion. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50°,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 juillet. . . . 12®,5 N. 2. Couvert. P Rosée ; nuageux; beau après 17 h.
- Mardi 5 16®,0 S. E. 0. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Mercredi 6 17®,2 N. 2. Nuageux. » Rosée ; nuageux ; beau après 15 h.
- Jeudi 7 18®,5 N. E. 0. Beau. » Rosée ; nuag. de 11 h. à 16 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 8 17»,9 N. N. E. 0. Beau. » Rosée ; peu nuag. de 12 h. à 16 h. ; beau avant et après.
- Samedi 9 20»,1 E. N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- Dimanche 10 .... 20®,9 E. N. E. 2. Beau. p Rosée ; beau.
- JUILLET 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JUILLET 1901.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent i courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabn a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Plusieurs secousses de tremblement de terre ont été ressenties le 4 juillet dans les comtés du nord de l’Angleterre ; il n’y a pas eu de dégâts. Le 6 juillet, une secousse de tremblement de terre, qui a duré près d’une minute, a eu lieu à Bakou (Caucase).
- Orages de grêle. — Plusieurs orages de grêle ont dévasté différentes contrées. Le 5 juillet, dans l’Ardèche, dans toute la contrée d’Aubenas à Vogué, une véritable trombe de grêle s’est abattue, hachant les récoltes. Les grêlons d'une grosse dimension, ont brisé des vitres et ont coupé toutes les vignes; les dégâts ont été considérables. Le 6 juillet, des orages de grêle ont également causé de grands dégâts dans une partie de l’arrondissement de Ceret, près de Perpignan, à Largentière et.à Cette. Un grand nombre d’arbres ont été déracinés.
- E.e temps. — Le temps a été beau en général; la température a été assez élevée. Le 4 juillet, on a signalé des orages à Coubre et à Biarritz. La température était, le matin à 7 heures, de 13° à.Paris, 22° à Perpignan, 12° au mont Ventoux, 7° au pic du Midi; à Paris, la température moyenne a été de 16°,2 avec un maximum de 19°,5 à 4 heures du soir. Le 5 juillet, la
- pression barométrique est un peu supérieure à 763 mm sur le nord-ouest de la France. A Paris, dans l’après-midi, l’atmosphère a été lourde et orageuse. Il y a eu des orages à Lyon et à Clermont. Le 6 juillet, la pression barométrique a été un peu supérieure à 753 mm sur la moitié du nord de la France. En France, on a signalé quelques averses orageuses dans le sud. La température était, le matin, de 17° à Paris, 24° à Perpignan, 11° au mont Aigoual. Le 7 juillet, le temps a été beau dans toutes les régions en France, et généralement chaud. A 7 heures du matin, le thermomètre marquait 19* à Paris, 24° à Perpignan. Le 8 juillet, la température a été très élevée en France; le matin, on notait 20° à Paris, 22° à Besançon, 23® à Toulouse, 27® à Nice. A Paris, la tempe rature moyenne a été de 22°,9 avec un maximum de 28°,2 à 2 heures du soir, à la tour Eiffel ; mais on a observé 30® à la tour Saint-Jacques, 30®,2 au parc Saint-Maur, 30°,9 à Ville-Evrard, 32°,3 à Villepreux, 33®,1 à Achères. Le 9 juillet, la sécheresse était générale en France ; le matin, le thermomètre marquait 20° à Paris, 22° à Nantes, 26® à Toulouse, 28° à Nice, 19® au mont Aigoual, 18° au puy de Dôme, Le beau temps a persisté le 10 juillet, et la température a été elevée; il y a eu des orages à Biarritz. A la date du 9 juillet, dans les Ardennes, à la frontière franco-belge, on a signalé le matin des gelées blanches assez épaisses.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 5, à 11 h. 8 m. du soir.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— M. Alfred Picard, de l'Institut, ancien commissaire général de l’Exposition de 1900, vient d’être désigné pour remplacer M. Michel Lagrave, à l’Exposition actuelle de Saint-Louis.
- —— Dans sa séance du lundi 11 juillet, en comité secret, l'Académie des sciences a décerné le prix Lecomte de 50000 francs, pour le plus intéressant travail dans les sciences physiques, à M. Blondlot pour ses recherches sur les rayons « N ».
- —A la suite d’instructions émanant du ministère des travaux publics, tous les commissaires de surveillance administrative Hes diverses gares des réseaux de chemins de fer français, tous les contrôleurs des mines, tous les sous-ingénieurs des mines ont été mobilisés le 9 juillet dans toute la France à 4 heures du soir pour inventorier, dans les dépôts, rotondes, ateliers de réparations et remises des diverses compagnies de chemins de fer, les locomotives et tenders en stationnement. Cette mesure a été prise à la suite d’un «vis de la Commission du budget qui tient à se rendre un compte exact du nombre de locomotives et de tenders réellement en service sur les chemins de fer et de voir s’il cadre avec les chiffres indiqués par les Compagnies avant de faire voter les fonds de garantie demandés par les Compagnies suivant les conventions de 1885.
- —^— M. de La Vaulx a commencé ses expériences aéronautiques sur la mer Méditerranée. Le 13 juillet, le ballon « le Méditerranéen II » a effectué sa première sortie à 4 heures du matin. Dans la nacelle se trouvaient le comte de La Vaulx, M. Hervé et l’officier du contre-torpilleur « Pertuisane » mis à la disposition de M. de la Vaulx. Après quelques difficultés de mise en marche du moteur, le ballon s'est élevé et s’est éloigné. Mais il est bientôt revenu, remorqué par le contre-torpilleur ; à plusieurs centaines de mètres du rivage il a évolué subitement et a fdé en droite ligne sur le hangar en regagnant le point dé départ. Une deuxième sortie
- eu lieu le 14 juillet à 5 heures du matin; cette sortie a été con-irariée par de nombreux incidents.
- —}£— L’Automobile-Club de France organise, pour le 8 août, «ne course de canots automobiles entre Calais et Douvres; le trajet unique représente près de 41 kilomètres. Cette course aura lieu entre embarcations de toutes nationalités, de toutes dimensions, employant tous systèmes mécaniques de propulsion. Deux coupes •seront courues en même temps : la Coupe Recopé pour canots à pétrole lampant; la Coupe Quinonès de Léon pour canots à alcool Uénaturé.
- —— La concession du chemin de fer du Mont-Blanc a été accordée par le Conseil général de la Haute-Savoie à M. Duportal 4jui prévoit le tracé par Saint-Gervais.
- —lit— Le chemin de fer électrique de la Schlueht au Hohneek sur territoire français) vient d’être inauguré officiellement, en présence des autorités civiles et militaires de Gérardmer et de nombreux excursionnistes venus des deux versants des Vosges. Le propriétaire de l'hôtel français de la Schlueht a l’intention de faire •«.lever au Holineck un restaurant dont la construction doit être commencée au cours de cette saison.
- —— Le service des monuments historiques de l’Algérie, sous 1a direction de M. Albert Ballu, a découvert à Timgad, près du temple de Jupiter Capitolin, un beau candélabre en bronze, dont lesextrémités représentent des pattes de lion, et portant une lampe Ho «même métal d'une grande richesse de décoration.
- —Ht— LÛ~12 juillet, à Briançon, une secousse de tremblement •de terre a été ressentie vers 5h45m du matin. Notre collaborateur, M. E.-A. Martel, qui se trouvait dans la région, nous écrit que cette secousse a été forte et a duré plus de deux secondes avec
- cinq à six oscillations horizontales dans la direction approximative Sud-Est=Nord-Ouest. A Briançon et à Sainte-Catherine, beaucoup de maisons ont été lézardées, des cheminées ont été emportées et des plafonds écroulés ; les dégâts ont été insignifiants. Le 15 juillet, plusieurs secousses ont eu lieu, de 5h10m à 5h 15m à Bordeaux, à Pau, à Agen, à Tarbes. Dans le Lot-et-Garonne, ‘ à Clairac, au moment d’une secousse, des verres se sont entrc-choqués ; à Montclar, deux fortes secousses ont eu lieu à 3h 6m ; après des trépidations verticales est venue une secousse horizontale dans la direction nord-sud qui a duré trois secondes. On a également observé des secousses à Moissac, La Réole, Audi, Argelès, Mirande, Lectoure, etc.
- —)£— Dans la semaine du 11 au 17 juillet, la température a été élevée en France. Le 11 juillet, à 7 heures du matin, le thermomètre marquait 19° à Paris, 25° à Lyon, 24° à Marseille, 28° à Livourne, 19° au puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 23°,4. supérieure de 5°,3 à la normale. On a observé des maxima de 30°,2 à Trappes, 50°,5 à Montsouris, 51° à Saint-Cloud, 32° à Achères et 52°,3 à Vaucluse. Le maximumannuel absolu de la température à Paris se présente en moyenne vers le 18 juillet; mais, à de nombreuses reprises, il a été observé plus tôt, et parfois dès la fin de mai. Le 12 juillet, le matin, on notait 21° à Paris, 22° à Besançon, 24° à Marseille, 22° au mont Aigoual. La température moyenne a .été de 22°,5. Le 13 juillet, la journée a été chaude: le thermomètre s’est élevé à 30° à Paris. Le 14 juillet, la température a atteint le maximum de 55°; mais la température moyenne, a été de 24°, supérieure de 5°,8 à la normale. Le 15 juillet, le thermomètre marquait, le matin, 24° à Paris, 25° à Lyon; dans la banlieue de Paris, la température était de 34° à Saint-Cloud, de 34°,1 à Achères. La température moyenne à Paris a été de 26°,5; la moyenne la plus élevée qu’on ait observée à Paris a été de 28°,3 le 16” juillet 1900. On a observé des maxima de 56° à Limoges, 35° à Paris, 35° à Dunkerque. Les 16 et 17 juillet, on a noté des maxima de 35°,5 à Paris-Montsouris, de 56°,3 à Vaucluse, et 37° à Auteuil-
- —)|t— Dans la semaine du 11 au 17 juillet, un grand nombre d’orages ont éclaté dans toutes les régions. Le 11 juillet, on signalait des orages à Clermont-Ferrand, et au mont Aigoual. Un violent orage de grêle s’est abattu le même jour sur la vallée de l’Isère; la ville de Saint-Jean-de-Maurienne a été particulièrement atteinte ainsi que les communes environnantes qui ont eu les récoltes ravagées. Le 11 juillet également un orage de grêle a eu lieu à Mont-Louis, dans l’arrondissement de Prades et a causé de grands dégâts. Le 12 juillet, des orages ont éclaté dans le nord-ouest, le centre et le sud de la France ; ils ont été violents dans le Roussillon. A Angers, deux orages se sont succédé à bref délai; la tempête a duré deux heures et a causé de grands dégâts. La foudre est tombée plusieurs fois à Saint-Serge et à Eventard. Deux orages ont éclaté sur Paris, l’un dans la matinée et l’autre vers 1 heure et demie de l’après-ntidi; le second a fourni une assez grande quantité d’eau. Le tonnerre a éclaté, la grêle s’est mêlée à la pluie, les boulevards ont été transformés en de véritables torrents. A 2h 30m, la pluie cessait et le soleil apparaissait de nouveau. On a recueilli au square Louis XVI 24 mm d’eau en dix minutes, soit 400 litres d’eau par seconde et par hectare; on ne connaît pas jusqu’à présent à Paris d’averses ayant dépassé 500 litres dans le même temps. L’orage a fourni, au cimetière Saint-Ouen, 13 mm d’eau en six minutes, et 14 mm au Raincy; dans cette dernière station, où l’on note à 2h25m un coup de tonnerre très violent, la pluie a raviné la chaussée en pente et arrêté un instant la circulation des tramways. Le diamètre des grêlons dépassait généralemont 1 centimètre.” A Pierrelaye. certains atteignaient la grosseur d’une noix et presque tous dépassaient celle d’une noisette. Dans cette localité, les dégâts ont été importants. On a encore signalé des orages de grêle à Morlaix, Traon. Arvelin, Rodez, Andrezieux, Rcmiremont et une série d’accidents dus à la foudre. Le 15 juillet, des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques; on a signalé des orages à Biarritz et au mont Aigoual.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le cinémomètre différentiel enregistreur que nous avons décrit dans le n° 1619, du 4 juin 1904, p. 12, et l’appareil à leviers pour la mesure des déformations électriques, dont la description a paru dans le n° 1620, du 11 juin 1904, p. 28, sont construits par M. J. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris (19e arr.). — L’indicateur de vitesse « Columbia » est construit par la Compagnie parisienne des applications industrielles, 52, avenue Daumesnil, à Paris. — Pour les horloges magnéta, s’adresser à la Société, 110, rue Réaumur, à Paris.
- Communications. — M. Eugène Tomachevitch, à Toula (Russie) nous adresse une série de documents intéressants sur un cyclone qui a eu lieu à Moscou. 11 nous écrit: « Le 29 juin, à 5 heures du soir, un violent cyclone s’est abattu sur la partie orientale de Moscou et sur ses environs. Le cyclone est venu tout subitement ; rien ne pouvait le faire prévoir. Le minimum barométrique 751mm à 7 heures du matin, le 29 juin, se trouvait loin de Moscou (à 650 kilomètres, vers le sud-ouest). Quelques indices sur le commencement du cyclone ont pu être remarqués déjà à Toula. A deux heures le vent sud était extrêmement chaud et déjà assez violent. En avançant vers le nord, le vent devenait de plus en plus fort, et déjà à Podolsk (45 kilomètres de Moscou vers le sud), il a commencé ses dévastations pour atteindre son maximum à partir de Lublino (10 kilomètres vers le sud de Moscou) jusqu’à Mytistchi (17 kilomètres vers le nord).
- Voilà ce que raconte un témoin oculaire. Les nuages tantôt s’élevaient, tantôt s’abaissaient, tantôt tournoyaient en va-et-vient; le vent les poussait contre nous. Une forte pluie tomba et l’orage commença. Après un violent coup de tonnerre on aperçut sur la route des tourbillons denses de fumée, comme si c’était un incendie; le champ semblait brûler. La fumée s’élevait en tournoyant, et les nues s’abaissaient en forme d’anneau par des langues allongées tout en se tournant avec une rapidité vertigineuse. L’anneau des nuages se rétrécissait, et en 2 ou 3 minutes joignait la colonne de fumée. Un entonnoir énorme se forma avec un bruit effroyable. Tout a,vec la chaleur étouffante, annonçait l’arrivée du cyclone. Pour un instant une accalmie vint, le soleil se montra et le cyclone parut s’éloigner. Tout à coup le vent commença à souffler avec la même violence, mais dans la direction opposée, et le cyclone s’abattit de nouveau. Les ravages produits par le cyclone ont été considérables. A Moscou, on compte plus de 600 maisons endommagées ou détruites, près de 100 blessés et 10 tués.Beaucoup de toits furent enlevés; la plupart des arbres (quelquefois centenaires) dans les jardins et dans les bois ont été déracinés, estropiés ou mis en morceaux.
- Les dégâts ont eu lieu surtout dans la cour du palais Lefort; l’aile du palais Lefort ; le jardin du palais Lefort (à Moscou) ; le bois Annenhof (à Moscou) ; dans le village Khokhlovka, dans le village Gravornovo, rue Centrale et dans une maison à l’extrémité du village Gravornovo.
- Aux environs de Moscou, le chemin de fer sud était encombré par des poteaux et des fils télégraphiques. La grêle, qui tombait pendant l’orage, cassait les vitres et blessait les hommes et les bestiaux. Les grêlons atteignaient la dimension d’un œuf de poule. Quelques villages environnants furent complètement ravagés et les habitants tués, blessés, ruinés... L’empereur russe a donné 100000 roubles (270 000 francs) pour secourir les victimes du désastre. »
- M. H. Lagache, au cottage des glycines, à Rouges-Barres. (Marcq-en-Barœul, près Lille), à propos d’une réponse que nous, avons faite dans la « Boîte-aux-Lettres » du n“ 1624 du 9 juillet 1904, nous informe qu’il a un procédé pour rendre la laine irrétrécissable ; ce procédé est actuellement exploité à Troyes.. Notre correspondant ajoute qu’il fournirait les renseignements qui lui seraient demandés. '
- Renseignements. — Un abonné, à Tunis. — Nous avons donné la description des omnibus automobiles de Londres dans le n° 1571 du 4 juillet 1903, p. 79.
- M. Levant, à Paris. — Nous vous conseillons de consulter un chimiste.
- M. Dumont, à Nantes. -— Pour connaître la résistance du circuit, il suffit de diviser la différence de potentiel aux bornes-par l’intensité. Vous avez une intensité de 15 ampères et une différence de potentiel aux bornes de 108 volts. La résistance
- 108
- électrique du circuit est donc de -rr- = 7,2 ohms.
- 15
- M. P. L., à Arras. — Nous ne connaissons pas l’appareil que vous nous signalez ; mais nous allons prendre des renseignements et nous le décrirons s’il y a lieu.
- M. G. Romain, à Pamiers. — Pour décomposer l’eau, il faut employer au moins 2 éléments en tension ; une différence de potentiel de 1,5. volt est nécessaire aux bornes des électrodes.
- Un abonné, à Alger. — Pour détruire les cafards, il faut employer la pâte phosphorée qui est formée de sucre, de farine et de phosphore dissous.
- M. Francisco Apadlaze, à Ouate. — Ces adresses ont déjà été données dans la « Boîte aux Lettres » en léte des numéros qui contiennent la description des appareils : MM. Ilerdtlé et Bruneau, 38 bis rue de la Chine ; M. Garreau, 45, rue Le Marois, à Paris.
- M. A. Cormeliéfh Jonzac.— Pour tous renseignements relatifs au goudronnage des routes par la vvestrumite, s’adresser à M. Kapferer, 50 rue de Châteaudun, à Paris.
- M. Eliseo Bosch, à Buenos-Ayres. — 1° Pour faire des reproductions avec le gramophone sur des disques, il faut avoir un appareil spécial qui, fixé sur la membrane du gramophone, reproduise sur un disque les mouvements de la membrane ; — 2° C’est là le principe du procédé employé par les fabricants de disques. — 3° Il n’y a pas de livre donnant tous ces détails ; — 4° Nous ne pouvons rien vous dire sur la forme de l’aiguille à employer ; — 5° 11 faut essayer avec votre machine : les constructeurs de cet appareil vous donneront certainement des renseignements.
- M. J. Bettermann, à Châtellerault. — Pour les divers renseignements que vous nous demandez sur les becs à alcool, il faut vous adresser directement aux fabricants dont nous avons donné les adresses en tête de la « Boîte aux Lettres » du n° 1615 du 7 mai 1904, dans lequel nous avons publié la description des becs à alcool Boivin et Delamotte.
- M. L. Bodin, à Montriblond. — Voyez l’article que nous avons consacré aux motocyclettes nouvelles dans le n° 1617 du 21 mai 1904, p. 387, et renseignez-vous auprès des constructeurs dont nous avons donné toutes les adresses en tète de la « Boîte aux Lettres » du même numéro.
- M. E. Finet, à Troyes. — Adressez-vous à la Société industrielle des téléphones, 25 rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- M. Alfredo Sampaio, à Angra do Heroismo (Açores). — L’ancien journal « L’exportation française » a été remplacé par « La Revue du Commerce extérieur», 9, rue du Faubourg Poissonnière, à Paris.
- M. Raoul Hervineau, à Fontenay-le-Comte. — Nous avons entendu parler de cette pile; mais elle ne peut convenir à l’éclairage domestique.
- M. V. Mauroy, à Blaton. — Pour tout ce qui concerne les annonces, il faut vous adresser à « l’Office de publicité »,
- 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. L. Stockhammer, à Lyon. — Nous avons bien reçu votre brochure ; nous la mentionnerons dans notre bibliographie, dès qu’il nous sera possible.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Refond, à Lille. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions financières ; adressez-vous à un ingénieur. — M. R. Robart, à X. Cet appareil ne peut donner aucun résultat. — M. L. G., à Paris; M. P. F., à Blois; M. G. R., à Toulouse. Consultez le petit livre des « Recettes et procédés utiles a, l10 série, à la librairie Masson et Cie. — JW. L. Marchand, à Paris; M. Dubois, à Colombes. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. L. Dégorge, à Lyon ; M. Dupont, à Brest. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Pulvérisateur & acétylène pour bouillie au carbure de calcium. — Depuis quelques années, pour combattre les diverses maladies de la vigne, on emploie des bouillies au sulfate de cuivre qui, pulvérisées et projetées sur les feuilles de vigne, permettent de détruire les insectes dangereux
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du pulvérisateur.
- et donnent des résultats remarquables. En général, on emploie pour 1 hectolitre de bouillie 3 kg de sulfate de cuivre et BOQ grammes de carbonate de potasse. 11 faut de plus un pulvérisateur à pompe pour projeter cette bouillie sur la vigne. SI. Laurens a donné la formule d’une autre^bouillie qui, pour
- Fig. 2. — Coupe intérieure du pulvérisateur à acétylène prêt à fonctionner.
- un hectolitre, est formée de 500 grammes de sulfate de cuivre et de 1 kilogramme de carbure de calcium. Cette bouillie a une composition, au point de vue du cuivre, voisine de la bouillie bordelaise, comme l’a dit M. Mathieu, directeur de la station œnolugique de Beaune (Côte-d’Or), mais avec cette différence que l’oxyde de cuivre y est en grande partie à l’état
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’hydrate noir ; son adhérence est remarquable, et elle est presque insoluble à l’eau. L’emploi de cette bouillie, si Ton compte les prix de revient, permet déjà de réaliser une grande économie. L’appareil à utiliser est formé (fig. 1) d’un cylindre d’un volume de 12 ou 15 litres, muni, à la partie inférieure, d’un robinet qui est destiné à recevoir un tuyau de caoutchouc relié à une lance. A l’intérieur du cylindre est fixé, à la partie inférieure, un panier dans lequel on verse la quantité nécessaire de carbure de calcium, environ 120 grammes pour 12 litres de liquide. On commence par remplir le panier de carbure de calcium en ayant soin de retourner l’appareil, c’est-à-dire en mettant le panier à la partie supérieure. On verse ensuite une solution de sulfate de cuivre jusqu’à un niveau déterminé, soit 12 ou 15 litres suivant les cas. On remet ensuite le panier en place, on referme le tampon et on retourne l’appareil pour le remettre dans la position primitive; il est prêt à servir. La figure 2 ci-jointe nous montre la coupe intérieure de l’appareil dans cette position de service. La bouillie de sulfate de cuivre et de carbure de calcium se forme ; mais en même temps, par suite de l’action de l’eau sur le carbure de calcium, il se produit de l’acétylène qui se dégage à travers le liquide et vient à la partie supérieure former pression. Si l’on ouvre à ce moment le robinet de la lance, tout le liquide et la bouillie sont projetés à distance et pulvérisés en même temps. On a donc ainsi une bouillie qui donne toute satisfaction et un pulvérisateur très simple dont l’usage est des plus faciles. — Le pulvérisateur à acétylène se trouve chez MM. V. Pesnell et Cic, 104, rue Amelot, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La stovaine.
- Sous ce nom qui a peut-être le tort de prêter à confusion, par la similitude de désinence avec la cocaïne, M. Fourneau a donné à la pharmacologie un nouvel agent anesthésique. C’est une substance extraite du groupe des amino-alcools, le chlorhydrate d’amyléine.
- Cette substance a des propriétés similaires à celles de la cocaïne, avec cet avantage d’être beaucoup moins toxique. Par contre et comme compensation, ses effets sont moins énergiques, In lapin peut recevoir en injections intra-veineuses le double et le triple d’une dose mortelle de cocaïne, sans présenter d’accidents; de même en instillations sur la conjonctive et badigeonnages sur les muqueuses, on peut se servir de solutions trois fois plus fortes de stovaïne, sans crainte d’empoisonnement. Les effets sont à peu près aussi rapides que ceux de la cocaïne, mais ils sont moins prononcés. Si on instille, par exemple, dans les yeux, dans des proportions identiques, d’un côté la stovaïne, de l’autre la cocaïne, l’anesthésie est toujours plus prononcée dans l’œil cocaïné et persiste plus longtemps.
- Le professeur de Lapersonne a étudié avec soin, dans son service de maladies des yeux, avec son assistant M. Meltey, les effets physiologiques et toxiques de ce nouveau produit, et il le croit appelé à rendre de réels services. 11 semble même supérieur à la cocaïne pour certaines opérations quand on pratique des injections sous-conjonctivales. L’insensibilité, qui est complète en moins d’une minute, dure largement le temps nécessaire à une opération, et on n’a pas à redouter d’accident toxique par diffusion rapide.
- Du reste, rien n’empêche d’associer dans une certaine mesure la stovaïne et la cocaïne, et d’assurer ainsi une anesthésie parfaite pour les petites opérations des yeux, de la gorge ou du nez.
- La propreté des biberons.
- La question est plus importante qu’on ne saurait croire. Donnez le meilleur lait, —et Dieu sait si ce problème est déjà difficile à résoudre, — clans un biberon qui ne soit pas parfaitement propre, et votre lait s’altère en quelques heures. Qu’entendez-vous, dira-t-on, par biberon propre ? la réponse est facile et je m’appuie pour cela sur les expériences des directeurs du laboratoire d’hygiène de Rouen, MM. Nicolle et Petit. 11 ne suffit pas de laver," de rincer tant et plus le biberon ; si nombreux que soient les lavages, le biberon ne sera jamais propre, dans le sens hygiénique ou médical du mot. Il faut le lavage à l’eau bouillante, qui détruit les germes et stérilise le flacon.
- Les expérimentateurs ont choisi les modèles les plus parfaits de biberons, faciles à nettoyer sans ajutage compliqué. Ils versent daus les biberons une certaine quantité de lait rendu impur par l’addition de culture bacillaire de microba-cillus prodigiosus. Ils ont choisi ce microorganisme parce qu’il
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- offre aux agents bactéricides à peu près la même résistance que les microbes pathogènes les plus répandus et qu’on peut très aisément le reconnaître dans les cultures.
- Les biberons furent, après un séjour de quelques heures à l’atmosphère ordinaire, débarrassés de leur contenu et lavés à l’eau courante avec une brosse. Le lavage fut prolongé pendant un quart d’heure, c’est-à-dire, sûrement au delà des limites qu’assigne à ce soin la nourrice la plus scrupuleuse.
- Les biberons furent alors remplis de bouillon stérilisé; dès le lendemain, on trouvait en abondance le microorganisme qui avait été mis dans le lait. Mêmes résultats avec le lavage à l’eau chaude; à 50% température déjà élevée, le bacille n’était pas détruit. Pour arriver à la stérilisation, c’est-à-dire à la propreté parfaite du biberon, il faut l’immerger dans l'eau bouillante et le faire bouillir quelques minutes.
- Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 juillet . . . 19%4 N. E. 2. Beau. » Rosée; quelques nuages le soir; éclairs au S. de 21 à 22 h.
- Mardi 12 20",6 E. N. E. 1. Nuageux. 1,8 Nüag.; orage au S. de 3 à 4 h. avec pluie; orage de rVV.-N.-YV. au N.-E. de 13 h. 30 à 15 h. 20.
- Mercredi 15 20",8 N. W. 1. Beau. » Rosée ; beau le matin ; nuageux l’après-midi.
- Jeudi 14 19",8 N. N. E. 0. Peu nuageux. » Rosée ; peu nuageux.
- Vendredi 15 23",5 S. S. E. 2. Beau. )) Rosée ; beau jusqu’à 9 h. ; nuag. ensuite.
- Samedi 16 21",9 N. N. E. 2. Beau. )) Rosée ; beau jusqu’à 13 h. ; peu nuag. ensuite.
- Dimanche 17 ... . 22°,0 N. E. 1. Beau. » Rosée ; nuag. de 13 h. à 17 h. ; beau avant et après.
- JUILLET 1904. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 JUILLET 1904.
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labrt a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. __________
- Résumé des observations météorologiques faites à
- l’Observatoire du parc Saint-Maur, en juin 1901.
- par M. Th. Mocreaüx.
- Pression barométrique, altitude 50”,3. Moyenne des 24 heures, 758””.61: minimum absolu, 749“",0, le 9 à 16 h. 15; maximum absolu, 767"",8 le 22 à 7 h. 30 ; écart extrême, 18"“,8.
- Température. Sous l'abri : moyenne des minima. 10°,53; des maxima, 22°,55: du mois, 16°,54; vraie des 24 heures, 16°,35; minimum absolu, 6°,9 le 22; maximum absolu, 29°,9 le 24. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 9°,77; des maxima, 4i°,5i; minimum absolu 4°,6 le 22 ; maximum absolu. 52°,0 le 17. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures; à 0“,30 de profondeur, 16°,89; à 1 mètre, 15°,30. De la Marne : moyenne le matin, 19°,60; le soir, 20°,39; minimum, 17°,68 le 3; maximum 22°,30 le 24.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 9”“,93 ; minimum 6“",4 le 23, à 16 heures; maximum, 17"”,6 le 17, à 15 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois 74,4; minimum, 24 le 24 à 15 heures; maximum 100 en 2 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,35; moyenne diurne la plus faible, 0,0 les 22 et 23; la plus grande, 10,0 le 9.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l'horizon, 481 heures; durée effective de l’insolation, 270 heures en 28 jours; rapport, 0,56.
- Pluie : total du mois, 43"”,8 en 37 heures.
- Nombre de jours de pluie, 9, et entre 2 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre; de rosée, 20; de halos, 8; d'orages, 5; d’éclairs seuls, 2; de brouillard, 1.
- Fréquence des vents : Calmes, 18.
- N . . . . 55 E . . . . 58
- N. N. E. , . 82 E. S. E. . 13
- N. E . . . . 149 S. E. . . 16
- E. N. E. . 52 S. S. E . . 7
- S 24 W . . . . , 39
- S. S. W . . 27 W. N. W . 26
- s. w. . . 51 N. W. . . 34
- w. s. w . 3') N. N. W. . 59
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3”,2 ; moyenne diurne la plus grande, 5”,6, le 4 ; la plus faible, 1“,5 le 20; vitesse maximum, 9",0 le 25 à 13 h. par vent W.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne du mois (19 jours), 224 volts ; moyenne diurne la plus grande, 309 volts le 27 ; la plus faible, 154 volts, le 14 ; amplitude diurne, 0,36 ; amplitude nocturne, 0,60.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2”, 42; minimum, 2", 18 le 16; maximum, 3”,48 le 19.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 0"“,72 ; température
- — 0°,25; tension de la vapeur — 0““,04 ; humidité relative -t-0,17 ; nébulosité
- — 0,36; pluie — 10”m,l.
- Floraisons. Le 1", chardon Marie, clematis erecta, iïlipendule; le 2, genêt. d'Espagne ; le 3, escholtzia, rose des quatre saisons, violette marine ; le 4, potentille rampante ; le 6, tilleul commun, mauve, deutzia ; le 8, mélilot; le 9, galega oflicinalis, coquelourde ; le 11, héraclée; le 13, bourrache officinale; le 14, hémérocalle fauve, pavot; le 16, pois vivace; le 18, nigelle, le 19, ceanothus, jasmin, croix de Jérusalem; le 21, troène, œnothèrc; le 22, melongène; le 23, delphinium vivace; le 24, lis blanc; le 23, morelle, sumac de Virginie; le 27, chrysanthème d’été, millepertuis; le 29, clématite commune, helianthus muïtiflorus.
- PHASE DE LA LUNE : N. L. le 13, à 5 h. 36 du matin.
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- \ N° 1627 (30 juillet 1904), du Journal « LA NATURE »
- Mk HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- -Sf- Un des concours nationaux, dont l’initiative revient à M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, a eu lieu à Perpignan du 1 au 10 juillet. Ce concours comportait une exposition des fruits et primeurs des Pyrénées-Orientales. Une section spéciale avait été réservée au matériel d’emballage soit à retourner, soit perdu. Les emballages vidés ont été d’abord soumis au jury. Il s’agissait ensuite de voir dans quelle mesure ils résisteraient aux transports à grande distance, et préserveraient leur contenu. Le ministre de l’Agriculture, pour faciliter cette expérience, a alors pris l’initiative «Uune expédition de fruits et de primeurs de Perpignan à'Londres. -Grâce au concours des Compagnies du Nord, du Paris-Lyon-Méditerranée, du Midi et des Compagnies anglaises, il a décidé d’organiser tin envoi réel de fruits dans les emballages présentés. Des fruits,
- fartis le II juillet à 4b 40 du soir, sont arrivés à Londres, le jeudi 4 juillet, à 4 heures du matin. Ils ont été exposés au marché de Govent-Garden, le même jour, à 10 heures. Tous les arrivages ont été constatés sur le quai ; et l’on n’a pu relever aucune avarie, «ausée en cours de route. Les fruits déballés et exposés, malgré la durée du trajet, se trouvaient en parfait état de conservation.
- —Nous avons appris avec regret la mort subite du Dr Isaac Roberts, directeur de l’Observatoire de Star-Field (Crowborougli, Sussex). Ce savant avait épousé, il y a quelques années, MUe Dorothée Klumpke, de l’Observatoire de Paris, et se livrait à la vérification des zones nébuleuses d’IIerschell. On a annoncé également la mort de M. Lcchalas, inspecteur général des ponts et chaussées, qui avait fondé une encyclopédie d’ouvrages relatifs aux travaux publics. Mentionnons aussi la mort de M. Trasbot, membre de l’Académie de médecine et ancien directeur de l’Ecole vétérinaire d’Alfort.
- —lit— Un meeting automobile très important a eu lieu à Ostcnde la semaine dernière. Cette réunion comportait plusieurs séries de courses. Nous devons particulièrement signaler la course du kilomètre départ lancé qui a eu lieu le 20 juillet, et au cours de laquelle ont été battus les trois records du monde pour grosses voitures, voitures légères et voiturettes. Dans la catégorie des grosses voitures, Rigolly, monté sur une voilure Gobron-Brillé de 100 chevaux, a couvert les 1000 mètres en 21 secondes 5/5, ce qui équivaut à la vitesse de 166llni,666, presque 167 kilomètres à l’heure. Cette vitesse est la plus grande qu ait obtenue jusqu’à ce jour une automobile, le précédent record étant détenu, depuis deux mois, par le baron de Caters, avec 23 secondes. Pour les voitures légères, Hanriot (voiture Bayard) a battu, en 26 secondes 4/5, le record de ! 28 secondes 1/5 qu’il détenait déjà. Dans la catégorie voiturettes, Edmond, sur voiture Daracq, a couvert le kilomètre en 32 secondes 2/5; l’ancien record appartenait à Yillemain, avec 33 secondes. Seul le record pour motocyclettes n’a pu être battu; il appartient toujours à Lamberjack, sur Grillon, en 33 secondes 4/5.
- —Le conseil de comté de Londres a publié récemment une intéressante statistique. La population du territoire administratif du conseil, qui ne comprend pas la Cité, est de 4 536 541 habitants. La natalité, qui diminue tous les ans, était de 28,5 par 1000 habitants en 1002; la mortalité était de 17,2 par 1000. Pendant l’année 1902, des émigrants européens ont débarqué à Londres au nombre de 33 060, dont 21 013 russes ou polonais, et 591 français seulement.
- —Le 16 avril, à Bozel, en Savoie, une trombe a détruit la moitié du village, faisant des victimes. Un orage venu de la Vanoise a commencé vers midi et a fait rage tout l’après-midi ; la foudre est tombée trois fois sur l’usine de Villard-de-Bozel. Le torrent de Bourieux s’est accru subitement dans de grandes proportions et a dévasté la région. Le 23 juillet, à Saint-Marcel, près Bourg-Saint-Marcel, non loin de Bozel, un éboulement de terrain s’est produit et a causé des dégâts considérables.
- —— Le nouveau chemin de fer souterrain de New-York, qui relie l’île de Manhattan, le cœur de la cité, avec les districts du nord de la ville, est achevé. Les travaux doivent être livrés dans le courant du mois d’août et l’exploitation commencera le 1er septembre. La ligne, qui a une longueur de 20 kilomètres, est à quatre voies. Les trains circuleront à une vitesse de 50 kilomètres à l’heure. Les travaux, commencés depuis le 24 mars 1900, ont coûté 175 millions de francs. La ligne pourra transporter jusqu’à 40000 voyageurs à l’heure.
- —— Les Américains craignent l’assèchement des chûtes du Niagara. M. Dow, président des commissaires de la « State Réservation », à Niagara, a poussé le cri d’alarme et s’est adressé au comité du Sénat de l’Etat de New-York. De nombreuse^ concessions de prises d'eau ont déjà été accordées; on en cite une atteignant 6 pour 100 du volume entier de la rivière. D’autres compagnies, notamment la Niagara Lockport and Ontario Power Company, ont demandé de prendre des quantités d’eau illimitées. Sur le territoire canadien, plusieurs compagnies n’ont pas été limitées pour l’eau à prendre. La Niagara Falls Power Company prend actuellement l’eau nécessaire à la production d’une puissance de 50 000 chevaux, mais cette puissance pourra être portée à 110000 chevaux. Toutes ces prises d’eau ont amené justement les Américains à penser que les chutes auraient bientôt disparu. A la suite de l’action de M. Dow', le Sénat a voté une résolution tendant à ce que les gouvernements de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis s’entendent pour voter une loi de protection des chutes avec effet rétroactif en ce qui concerne les concessions à prise illimitée déjà accordées.
- —Le Jardin d’Acclimatation vient de recevoir les trois poneys dont nous parlons à notre 16e page. Ce sont les plus petits chevaux du monde. « Idéal » mesure au garrot 75 centimètres; « Prince » atteint à peine 85 centimètres, et « Bijou » n’a guère que 86 centimètres. Ces jolies petites bêtes, dont la taille, on le voit, n’excède pas celle d'un grand chien, sont Installées dans les parcs de l’écurie des solipèdes, et font l’admiration des visiteurs,
- —)&— Le torpilleur 290, construit par la Société de Saint-Nazaire, a effectué récemment des essais de vitesse à Cherbourg. D’un déplacement de 93 tonneaux, il a atteint la vitesse de 27,4 nœuds; c’est la plus grande vitesse qui ait été obtenue par les navires de ce type.
- —On annonce que Londres va effectuer le transport des colis postaux et des sacs de dépêches par tubes pneumatiques. On emploiera pour cet objet des tubes de 0m,50 à 0m,35dc diamètre. Chacun des cylindres usités pour les expéditions pourra contenir, par exemple, 500 exemplaires d’un journal. On songe même à faire aux gares le départ des correspondances arrivant de province et à les acheminer par tube pneumatique sur les bureaux de quartier.
- —?£— Du 3 au 15 septembre 1904 aura lieu, dans les stations du Centre et de l’Auvergne, un nouveau voyage d’études médicales, sous la direction scientifique du Dr L. Landouzy, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Paris, qui fera sur place des conférences sur la médication hydro-minérale, ses indications et ses applications. Pour tous renseignements, s’adresser à M. le Dr Carron de la Carrière, 2, rue Lincoln, à Paris (VIII* arrond.j.
- —— Le Chicago Pneumatic Tool Co, dont nous avons assez souvent signalé les outils, fabrique maintenant des poinçonneuses
- Ïortatives du type caskey, qui peuvent rendre de réels services.
- n dispositif ingénieux de 2 pistons multiplie considérablement l’effort exercé par l’air comprimé, et assure la compression énergique requise pour le poinçonnage.
- - L’Association des Industriels de France contre les accidents du travail ouvre un concours international pour un appareil permettant d’indiquer l’état de charge d’un conducteur électrique. Pour tous renseignements, s'adresser au Siège social, 5, rue de Lutèce, à Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis* — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La garniture de pompe hydraulique se trouve chez MM. Robinson Brothers and Co, South Melbourne, Victoria, Australie.
- Communications. — M. Berlho, chef du service des Ports et Rades à la Pointe des Galets (La Réunion), nous a adressé l’intéressante lettre suivante que nous reproduisons : d La colonie de la Réunion que j’habite vient d’être ravagée par un terrible cyclone ! Je ne veux pas ici vous en raconter toutes les péripéties, mais la formation de ce météore s’est produite dans de telles circonstances, qu’elle m’a confirmé dans mon opinion de l’influence de la lune sur les perturbations atmosphériques.
- « Pour arriver à vous dire comment je comprends l’influence de la lune sur la formation des cyclones, permettez-moi de vous dire en quelques mots comment je m’explique cette formation.
- « Comme M. Faye, je comprends la formation du cyclone, dans les zones élevées de notre atmosphère non pas seulement dans la couche des cirrus, mais au contact de cette couche avec le courant aérien supérieur.
- « L’hémisphère sud, surplombé par le soleil pendant notre saison chaude,possède une atmosphère surchauffée, raréfiée dont toutes les molécules qui la composent tentent à s’élever dans l’espace.
- « Dans sa partie supérieure, cette zone d’air raréfié, se Douve en contact avec le courant aérien supérieur qui roule à grande vitesse entre l’équateur et les tropiques, de l’est à l’ouest avec une composante vers le pôle sud à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur.
- « Par une cause que nous rechercherons plus loin, qu’il y ait un déplacement brusque dans la partie supérieure de l’atmosphère raréfiée en contact avec le courant aérien supérieur, il tendra à se produire un vide dans l’endroit où se fera le déplacement. Vide d’autant plus facile à concevoir que les molécules d’air raréfié déplacées sont entraînées par le courant aérien dans lequel elles se sont précipitées. Le vide produit est instantanément comblé par les molécules d’air qui l’avoisinent; ces molécules arrivent des côtés et du bas, et forment le tourbillon qui sera le foyer générateur.
- • « Par une aspiration successive et continue le foyer s’étendra sous une forme conique et viendra se reposer sur le sol, pour prendre la forme d’un tronc de cône dont la base la plus large sera en haut et continuera à être le foyer générateur.
- « Je comprends différemment que l’illustre M. Faye, la formation du cyclone. Pour moi ce ne sont plus deux courants opposés dans le courant aérien supérieur qui engendrent le foyer cyclonique, mais bien le contact de ce courant avec l’air raréfié qui se trouve au-dessous; et, d’autre part, le foyer formé s’étend jusqu’au sol par aspiration, et non pas comme pensait M. Faye par une force perforante descendante.
- « Le but de ma lettre, qui ne tend qu’à vous indiquer comment je comprends l’influence lunaire dans la formation du cyclone, ne me permet pas d’entrer dans de plus grandes explications sur les motifs sur lesquels je base mon opinion, contraire à celle d’un savant comme M. Faye.
- « Voilà donc posés les éléments de la formation du cyclone. Une zone d’air raréfié qui ne tend qu’à s’élever, et qui, en contact avec le courant supérieur, alimente ce courant par des molécules d’air les plus élevées. Il faut un accident brusque pour que se forme le foyer du cyclone : Voyons comment la lune peut produire ce choc.
- « Le soleil se trouve dans l’hémisphère sud : la lune pleine,
- en opposition par conséquent avec le soleil, se trouve dans le nord avec une séparation de 180° en ascension droite.
- « Son influence ne s’exerce par conséquent que sur l’atmosphère de l’hémisphère nord qu’elle surplombe. Mais elle-marche vers le sud ; à un moment donné elle passe au-dessus-de l’équateur, sa déclinaison devient sud ; son attraction s’exerce sur la partie de l’hémisphère qui se trouve au-dessous d’elle..
- fl Son mouvement de l’est à l’ouest se fait dans le même sens^ que celui du courant aérien supérieur. Son attraction s’opère-t-elle seulement sur ce courant dont elle augmentela vitesse de-translation? S’opère-t-elle seulement sur la zone raréfiée dont, elle active le mouvement ascendant? Exerce-t-elle son influence sur l’une et sur l’autre? Mais ce que mes déductions m’avaient fait entrevoir, m’a été prouvé par des constatations indiscutables * et je suis arrivé à admettre la règle suivante que j’ai trouvée bien rarement en défaut : 1° la cause première de la formation du cyclone est évidemmennt le soleil, par le fait de la surélévation de la température sur une certaine zone; 2° un( moment critique pour la formation d’un cyclone est la nouvelle lune, surtout si cet astre est à son périgée et s’il n’y a pas un cyclone déjà en mouvement, qui gênerait la formation d’un second; 3° la formation d’un cyclone est à redouter lorsque la lune a passé l’équateur et marche vers le soleil, pour faire sa conjonction. Cette formation est surtout à redouter si en même temps le soleil marche vers son périgée, c’est ce qui arrive généralement.
- « Les exemples ne manquent pas pour confirmer la règle' que je viens d'énoncer. Le cyclone du 21-22 mars qui vient de ravager la Réunion a dû prendre naissance le 17 mars, par 10° latitude Sud et 65° longitude Est, justement le jour d’une éclipse annulaire du soleil et précisément sous la ligne de projection des deux astres. Cette constatation a été faite par le vapeur « Baseomb », venant de Ranyoon à la Réunion et qui ne trouve la mer grosse que le 19 quand il se trouve par 70-latitude Sud et 65° longitude Est, le cyclone est devant lui dans le S.-S.-O. Sur 35 cyclones que j’ai observés à la Réunion, dont 31 de 1897 à 1904, je suis arrivé à former le tableau suivant :
- Formation d’un cyclone.
- Au moment delà Pleine Lune.
- Au moment delà Nouvelle Lune. De la Pleine à la Nouvelle Lune. De la Nouvelle à la Pleine Lune.
- Faut-il encore faire remarquer ici que l’un d’eux a pris naissance le 27 mars 1905. La lune à l’équateur.
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- « Sur les 5 cyclones formés de la Nouvelle à la Pleine Lune,. 2 sont observés 2 jours seulement après la Nouvelle Lune, le 5* n’a été observé qu’après le passage immédiat d’un cyclone qui le précédait, et avait pris naissance probablement avant la Nouvelle Lune.
- « Je dois vous signaler aussi les deux tremblements de terre que j’ai constatés à la Réunion le premier le 18 mai 1901 à 10 heures, quelques heures après l’éclipse totale du soleil, et le 12 avril 1905 un second tremblement de terre au milieu d’une éclipse de lune. »
- Renseignements. — M. L. Prugnaud, à Commentry. — Au moment où nous avons décrit l’appareil photographique « Pascal » (n° 1390 du 13 janvier 1900, p. 113), il se trouvait chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris; l’adresse avait été indiquée en tète de la « Boîte-aux-Lettres ».
- M. Donsinéry, à Smyrne. — Les turbines à vapeur Rateau sont construites par la maison Sautter-IIarlé, 26, avenue de Suffren, à Paris.
- M. S. M. Collin, à Auxon. — Les premiers essais galvano-plastiques remontent à 1837, époque à laquelle le savant russe Jacobi inventa la galvanoplastie en observant le dépôt de cuivre qui se produisait pendant le fonctionnement de la pile Daniell.
- M. Brindejonc, à Pleurtuit. — 1° Adressez-vous à la maison Mildé, rue Desrenaudes, à Paris; elle a publié une notice très pratique sur le paratonnerre. — 2° Plusieurs nouveaux fascicules de ce Traité de chimie viennent de paraître.
- 4/. A. Elosegui, à Tolosa. — 11 n’y a pas de pompe spéciale pour cette application; toutes les pompes peuvent être employées.
- Un abonné, à Tunis. — Nous allons faire des recherches, et dès que nous aurons des documents sérieux, nous les publierons.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Bédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. .4. Z., à Colmar. — Vous pouvez vous adresser à MM. Leroy et Cie, 7, boulevard de la Madeleine, à MM. Chateau père et fils, 418, rue Montmartre, à M. E. Tissot, 29, rue de Londres, à Paris.
- M. H. Fourcade-Cancelle, à Sceaux. — On peut fermer les bacs en verre des accumulateurs en recouvrant la surface du liquide d’une couche de paraffine. Vous trouverez tous les détails de l’opération dans les « Recettes de l’Electricien », à la librairie Masson et Cie.
- M. Pilar Vasquez, à Vigo (Espana). — M. Villon est mort depuis bientôt dix ans.
- M. Féret, à Tunis. - L’adresse de M. A. Butin est donnée en tète de la « Boîte-aux-Letlres » du n" 4625 du 16 juillet 1904; il faut vous adresser à lui directement.
- Jf. Bt •un, à Enghien (Belgique). — Nous avons reçu vos photographies, mais nous ne pouvons les utiliser. Remerciements.
- M. Descourtis, à Orange. — L’adresse demandée est la suivante : à l’Aéro-Club, place de la Concorde, à Paris.
- M. J. Pradel, à Oran. — Il faudrait admettre le même rendement dans tous les cas, ce qui n’est pas exact.
- M. Esnault-Pelterie, à Boulogne-sur-Seine. — L’adresse du constructeur est donnée en tète de la Boîte-aux-Lettres du même numéro.
- M. Lheureux, à Paris. — Dès que nous aurons des renseignements, nous publierons un article.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Larue, à "Rouen. Il faut noter avec soin tous les résultats des essais. — M. Legrain, à Lyon. Nous ne trouvons aucune chtférence entre les deux feuillets que vous nous avez soumis. — M. Bureau, à Paris; Af. Pingrot, à Colombes. — Ces recettes sont données avec explications dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lr* série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. D., à L. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 4e et 5e série, à la même librairie. — M. J. Lanchy-Marcot, à Séville. Remerciements pour vos communications.
- PETITES INTENTIONS1
- Ventilateur A mouvement d’horlogerie. — Les chaleurs que nous venons de traverser nous ont rappelé une fois de plus combien il est agréable, et parfois indispensable, de
- Ventilateur actionné par un mouvement d’horlogerie.
- renouveler peu à peu l’air dans une pièce en l’agitant et en l’aspirant pour le rejeter un peu plus loin. C’est la fonction que remplissent continuellement les petits ventilateurs munis de quelques ailettes qui tournent consiamment en chassant l’air d'un côté et en aspirant d’un autre côté une nouvelle quantité d’air. Ces petits ventilateurs sont certainement très utiles et rendent service. Mais ils fonctionnent à l’aide d’un moteur électrique ; il est donc nécessaire d’avoir une installation électrique et de prendre une dérivation pour alimenter le ventilateur. C’est là une condition qui peut ne pas èlre toujours réa-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou~ relies scientifiques est étrangère aux annonces.
- lisée. MM. Stransky frères viennent de réaliser un ventilateur mù par un mouvement d’horlogerie. La figure ci-jointe fait voir à droite le ventilateur monté sur pied. Le mouvement d’horlogerie est renfermé dans la boîte; l’appareil peut se poser sur une table. Mais on peut également, à l’aide d’une genouillère, placer le pied à angle droit et le fixer contre le mur. Ce ventilateur, mù par le mouvement d’horlogerie, peut fonctionner 1 heure avec de petites ailettes, et 1 heure 1 /2 avec des ailettes plus grandes. Il est facilement transportable. — Ce ventilateur se trouve chez MM. Stransky frères, 20, rue de Paradis, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Colle sèche Bayer.
- Le collage des épreuves photographiques présente souvent quelque difficulté si l’on veut faire la chose pioprement. Avec les colles liquides, si l’on n’a pas une grande habitude, on a à craindre les bavures qui tachent le carton de support; les colles un peu épaisses s’appliquent mal et sont d’un emploi aussi délicat. La maison Bayer vient d’imaginer un procédé qui permet d’effectuer facilement et proprement l’opération du collage : c’est la gomme en poudre très fine. Elle est vendue dans de petites boîtes dont le couvercle est muni d’un fin tamis en étoffe. Au sortir du dernier bain de lavage on retourne l’épreuve sur une glace et ,on la saupoudre de cette gomme sur toute la surface ; il n’y a plus qu’à la retourner et à l’appliquer sur son support.
- Altération à l’air du métabisulfite de potasse et du bisulfite de soude.
- Nous avons déjà publié une Note relatant les travaux par lesquels MM. Lumière et Seyewetz ont établi quelles étaient les meilleures conditions de conservation du sulfite de soude cristallisé ou anhydre. Ces travaux venaient en réponse à une communication faite par M. Namias à diverses Sociétés photographiques, tendant à faire rejeter l’emploi des sulfites de soude pour les remplacer par le métabisulfite de potasse.
- Pour conclure définitivement il restait à étudier les causes d’altération du métabisulfite, c’est ce que viennent de faire MM. Lumière et Seyewetz. Ils sont arrivés à ce résultat que, si le métabisulfite de potasse se conserve bien à l’état cristallisé dans l’air même humide, il n’en est pas de même de ses solutions qui s’altèrent au contact de l’air. Contrairement à ce qui se passe au sujet du sulfite de soude, ce sont les solutions concentrées de métabisulfite qui s’altèrent le plus rapidement.
- Le bisulfite de soude cristallisé s’altère rapidement à l’air, mais ses solutions se comportent sensiblement comme celles du métabisulfite de potasse.
- En résumé il résulte de tous ces travaux qu’il n’y a aucune raison pour abandonner le sulfite de soude et surtout le sulfite anhydre qui est d’un emploi très avantageux en photographie.
- Dégradateur pour tirage au soleil ou sur papier au bromi re.
- On sait que l’emploi des dégradateurs dans le tirage d’un cliché de portrait exige que le châssis soit bien à l’ombre et même que la lumière soit encore atténuée par un verre dépoli, sans quoi on risque d’avoir des lignes de démarcation trop nettes et il n’y a plus de dégradé. Quand on a besoin d’aller rapidement dans le tirage d’un cliché on fait intervenir le soleil ou on a recours au papier au bromure, mais alors il faut renoncer au dégradé. Voici cependant un dégradateur imaginé par M. Nicolas Yrondy qui permet de faire le tirage avec une lumière brutale sans qu’aucune démarcation soit indiquée sur l’épreuve; il n’y a, en effet, sur l’écran interposé qu’une teinte fondue très uniforme : elle est obtenue au moyen d’une plaque photographique sur laquelle on a obtenu un voile à peine visible au centre et très opaque sur les bords. M. N. Yrondy donne à ce voile la forme habituelle permettant d’épouser à peu près la silhouette d’un buste.
- On conçoit qu’en principe on puisse arriver à ce résultat en photographiant un carton de forme appropriée placé devant une fenêtre; mais en pratique il est très difficile d’arriver à un bon résultat, il y a un tour de main à saisir et ce n’est que la pratique qui peut le donner. M. N. Yrondy arrive maintenant à coup sûr au résultat cherché et ses écrans employés au soleil ne laissent aucune trace de démarcation, le dégradé est tout aussi fondu que si on avait opéré à l’ombre. — Pour le dégradateur pour tirage au soleil, s’adresser à M. Nicolas Yrondy, 36, rue Duret, Paris. G. M.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour détruire la vermine dans les poulaillers. — On conseille de mettre à la disposition des volailles, un récipient contenant un mélange fait de 2 litres de chaux, 7 de cendres de bois et 1 de fleur de soufre ; on place ce récipient à l’abri de l’eau. Les volailles viendront volontiers gratter dans le mélange et en projeter sur leur corps.
- -Colle durcissant à la lumière. — Elle est naturellement à
- base de bichromate de potasse ou d’une substance analogue : c’est dire qu’elle fait adhérer intimement le papier, par exemple, aux murailles, et qu’elle résiste parfaitement à Tin-fluence de l’humidité. — On fait dissoudre 225 gr. de colle de poisson dans 560 gr. d’eau, où on Ta fait d’abord tremper 12 heures; on y ajoute, en brassant, 115 gr. de gélatine, qu’on a fait tremper également, mais deux heures seulement, dans un poids équivalent d’eau froide. Puis on jette dans le mélange, toujours en brassant énergiquement, 60 gr. de bichromate de potassium dissous dans 250 gr. à peu près d’eau bouillante.
- bulletin météorologique
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 juillet . . . 2lu,6 N. E. 3; Beau. » Rosée; beau.
- Mardi 19 20'*,0 E. 2. Beau. » Beau.
- Mercredi 20 . . . 18”,9 E. N. E. 1. Nuageux. 0,0 Gouttes à 5 h: et à 15 h. 40; nuag. ; quelques coups de tonnerre de 10 h. 33 à 16 h.
- Jeudi 21 17°,1 Calme. Très nuageux. * » Rosée ; très nuageux ; halo.
- Vendredi 22 ..... i 19°,5 N. E. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Samedi 23 19", 1 Calme. Beau. » Rosée; peunuag. del5h.àl7 h.;beau le reste du temps.
- Dimanche 24 ... . 20°,0 N. N. E. 0. Beau. 6,8 Rosée; peu nuag. le matin ; très nuag. le soir; orage de 14 h. 50 à 17 h. avec pluie et le soir avec petite grêle à 2 4 h.
- JUILLET 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 JUILLET 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Un tremblement de terre a été ressenti à bordeaux le 22 juillet, à 6" 45”. Au bureau de poste, les appareils téléphoniques et télégraphiques ont étc violemment secoués; les vitres du bureau ont été brisées. »
- Une secousse de tremblement de terre a été également ressentie à Aucb, à Tarbes, à Pau, dans des conditions identiques à celles du dernier tremblement de terre que nous avons signalé.
- Inondations au Chili. — Des pluies ininterrompues ont causé le débordement des égouts à Valparaiso, le 17 juillet; la ville a été inondée. Les dégâts sont évalués à 2 millions.
- l.e temps. — Le temps a été encore chaud dans la semaine du 18 au 21 juillet. Le 18 juillet, les fortes pressions se retiraient vers le nord-ouest; dans la matinée, sous l'influence de vents de nord-est. la température était légèrement en baisse sur la veille. On a noté des maxima de 59° à Limoges, 58° au Mans, 56° à Lyon, 52° à Marseille; à Paris, la température moyenne a été de 24°,9 avec un maximum de 31°,8. Le 19 juillet, le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 15° à Dunkerque, 20° à Paris, 23° à Lyon, 26° à Perpignan. Dans la région autour de Paris, les maxima ont varié de 32° à 53°. Dans la matinée, un violent orage a éclaté sur Deauville; la foudre est tombée sur un bâtiment et a occasionné un incendie. Le 20 juillet, on a signalé des orages locaux accompagnés de faibles ondées. Le temps a été très chaud dans le sud : à Montpellier, on a noté, à 3 heures du soir, 42°,9 à l’ombre. A Paris, la température moyenne a été de 21°, supérieure de
- 2°,7 à la normale. Le 21 juillet, un vent d’entre sud et ouest a souillé sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. On a signalé de faibles ondées dans l’est et dans la région de Paris. Le matin, le thermomètre marquait 17* à Paris, 23° à Marseille, 23° à Perpignan. Dans la journée, à Paris, on a noté des maxima de 27° et 29°. Le 22 juillet, des orages ont éclaté à Lyon et au mont Aigouil. Le matin, la température était de 20° à Paris, 23° à Toulouse, 23° à Marseille, 26° à Perpignan. A Paris, la température moyenne a été de 21°,9; à la tour Eiffel, on a observé un maximum de 23°,8, à 3 heures de l'après-midi; à la tour Saint-Jacques, il y a eu 30°,2 et à Mont-souris, 51°,6. Le 23 juillet, on a signalé des pluies en Bretagne. Dans la nuit du 22 au 23 juillet, un orage a ravagé la région de Béziers; la foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment sur le bureau de poste où les appareils téléphoniques ont été complètement détruits. A Saint-Colombar-des-Villars près de Chambéry, le 23 juillet, la rivière le Nant a débordé et causé de grands dégâts. Un violent orage de grêle a eu lieu à Saint-Oflenge-Dessous et à Saint-Michel. A la tour Saint-Jacques, à Paris, le thermomètre marquait li° à 4 heures du matin, 19° à 6 heures, 22° à 8 heures, 23° à 10 heures, 28° à midi. Le 21 juillet, des pluies abondantes sont tombées dans le nord-ouest; on a recueilli li mm d’eau à Brest, 42 mm à la pointe de la Hague. Il y a eu de violents orages à Paris et dans les environs. A Paris, vers trois heures, un grand coup de vent a d’abord sévi avec violence, soulevant des nuages de poussière, brisant les arbres, renversant les cheminées, etc. Quelques minutes plus tard les nuages amoncelés ont crevé et une pluie diluvienne est tombée pendant 1 heure 1/2 environ, transformant les rues en ruisseaux. La période de secheresse, qui régnait eu France depuis la lin de juin, s'est terminée le 21 juillet.
- PHASE DE LA LUNE : P. Q. le 19, à 8 h. 58 du soir.
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- M. J.
- N° 1028 (6 août 1904), du journal « LA NATURE »
- M» HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —%£— M. le préfet de police a fait placarder dernièrement sur Ses murs de Pans une affiche destinée à rappeler aux mères de famille les prescriptions à observer pour prévenir le choléra infantile. Nous en reproduisons le texte : « En raison des conséquences
- 3ue la chaleur peut avoir sur la santé des jeunes enfants, le préfet e police rappelle les recommandations rédigées sur sa demande par le service des épidémies, institué par la Préfecture de police, et approuvées, dans sa séance de ce jour, par le Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine : 1° On évitera, s'il est possible, de sevrer les enfants pendant la période des chaleurs, 1 allaitement par la mère ou par une bonne nourrice constituant le meilleur moyen de prévenir la diarrhée infantile; — à •défaut de cet allaitement, on ne donnera aux nourrissons que du lait stérilisé ou immédiatement bouilli et soumis à une seconde ébullition s’il a été conservé pendant plus de six heures ; 2° l’usage des biberons à tubes est toujours dangereux et devra être rigoureusement prohibé. — Tous les objets (biberons, verres ou cuillers) qui auront servi à l’allaitement seront immédiatement passés dans l’eau bouillante ; 3° la seule boisson à donner aux enfants, en dehors du lait, est l’eau bouillie sucrée ou non ; 4° on ne •donnera jamais de fruits aux jeunes enfants ; 5° le médecin devra être appelé sans délai dès qu’un enfant a de la diarrhée, cet accident pouvant entraîner les plus graves conséquences s’il n’est immédiatement enrayé. »
- —— A propos des hautes températures que nous avons subies au milieu de judlet, nous rappelons les maxima de juillet dans les six dernières années, d’après les observations du Parc Saint-Maur : 1893, 33°,5 le 4; 1894, 32®,4 le 6; 1893, 22°,7 le 5; 1896, 31°,7 le 9; 1897, 27°,7 le 15; 1898, 28°,7 le 18; 1899, 31°,7 le 20; 1900, 37°,7 ie 20; 1901, 52° les 12 et 21; 1902, 32°,7 le 14; 1905, 31°,8 le 12. Le maximum constaté au Parc Saint-Maur pour 1904 est 36°,9. On voit donc que nous sommes au-dessous de 1900 (37°,7). Il est ici question des dix dernières années seulement. Si nous remontons plus haut, nous trouvons ce chiffre dépassé le 19 juillet 1881, où le thermomètre a atteint 58°,4. C’est le chiffre le plus élevé qui ait été jamais constaté à Paris.
- —— On croirait, à voir les automobiles qui circulent de tous «ôtés dans Paris, que le nombre des chevaux diminue sensiblement. Il n’en est rien si l’on consulte les statistiques. En 1903, il y avait dans Paris 91016 chevaux; en 1904, il y en a 90 147. La différence •est faible, on le voit. Le nombre maximum de chevaux (25 778) se trouve dans le premier arrondissement, et le nombre minimum (129) dans le deuxième arrondissement.
- —— Le 76e régiment d’infanterie a effectué le 28 juillet dans la matinée le passage de la Marne, d’une largeur de 60 mètres, au moyen des seules ressources dont disposait le régiment. Le bateau construit se composait essentiellement d’une bâche de voilure de compagnie, formant le fond et les côtes; ce fond était consolidé soit au moyen de trois derrières de fourgons, soit au moyen d’une planche quelconque, une porte. Les côtés étaient constitués par des sacs de distribution remplis de paille. Le tout était relié par un cadre fait au moyen de branches trouvées sur place et attachées par des cordes de Voitures. Chaque bateau a transporté 10 hommes armés et équipés. L’expérience a réussi.
- —ig— M. Franklin Riffle et M. John R. Freeman, ingénieur à Providence, aux Etats-Unis, ont récemment traité, devant la Pacific Coast gas Association, la question de savoir s’il vaut mieux fabriquer les conduites d’eau ou de gaz en acier ou en fer forgé. Pour M. Riffle en particulier, les avantages de l'acier seraient indéniables, la résistance notamment des tuyaux d’acier dépassant de 41 à 119 pour 100 celle des autres conduites; pour les corrosions, elles ne seraient pas plus intenses dans un cas que dans l’autre.
- —— La pièce de nickel va subir de légères modifications que le « Journal officiel » fait connaître. Ces modifications portent l’une sur la tranche, et l’autre sur le revers. La tranche sera désormais divisée en 22 côtés de près de 4 millimètres chacun. Au revers, l’exergue ne sera pas changée, le chiffre 25 sera agrémenté d’un faisceau de licteur.
- —jft— Pour faire suite au concours spécial d’emballages qui s’est tenu à Perpignan du 7 au 10 juillet dernier, et à l’expédition réelle de fruits expédiés à Londres le 14 juillet dernier et dont nous avons parlé précédemment, M. Mougeot, ministre de l’agriculture, a pensé u’il convenait d’entreprendre des essais d’expéditions dans d’autres irections, afin de créer de nouveaux débouchés à notre production nationale. M. Mougeot étudie également la possibilité de tenter un essai sur les marchés allemands; il a donné des instructions pour l’organisation de ces envois.
- —— Les travaux entrepris au glacier de Tête Rousse par le service de reboisement, pour prévenir la formation de la poche d’eau glaciaire qui avait emporté les bains de Saint-Gervais, en 1892, ont réussi. Le 29 juillet, dans la matinée, le tunnel de 203 mètres auquel on travaillait depuis octobre 1901, a rencontré la poche d’eau. Pendant deux heures et demie cette cavité s’est vidée sans causer de dégâts, entraînant un écoulement de 18 000 mètres cabes d’eau. La crevasse qui a été ainsi vidée avait environ 50 mètres de longueur, 4 mètres de largeur et 40 mètres de profondeur.
- —— M. Delafon a récemment soumis à la Société d’Encoura-gement pour l’Industrie nationale, une pile à liquide immobilisé, basée sur le système Leclanché, et dont on dit grand bien. Les électrodes et l’électrolyte sont enfermés dans une boîte en bois à couvercle cloué, enduite d’un isolant résineux sur lequel se colle une enveloppe protectrice en toile. L’électrode positive est faite de deux charbons cylindriques entourés d’un mélange dépolarisant de charbon de cornue et de bioxyde de manganèse, et logés dans un sac; ces sacs, entourés d’une spirale de ficelle paraffinée, sont maintenus à une certaine distance du zinc formant l’électrode négative : celle-ci est constituée en réalité de trois lames amalgamées. L’électrolyte est une solution de chlorure d’ammonium additionné à chaud de gélose ou colle du Japon.
- —— Au dernier concours agricole de Paris, M. Dumaine a présenté un ingénieux enfouisseur de fumier, qui se monte sur le côté d’une charrue creusant le sillon où doit être projeté le fumier. Il se compose simplement d’un cône métallique creux dont le cercle de base présente de solides dents, et dont l’axe est disposé obliquement. Le contact du sol avec la dent qui se trouve au point bas, met le cône en rotation, les autres dents saisissent le fumier étendu au préalable sur le sol, et leur vitesse le projette dans le sillon.
- —îît— D’après une enquête récemment faite en Bavière, et dont M. Von Miller a rendu compte dans la publication « Zeit.. d. Ver. deutsclier Ingenieure », on pourrait disposer, dans ce royaume, sur le versant des Alpes, d’une puissance hydraulique effective de 700000 chevaux au moins.
- —— Signalons une nouvelle publication importante que viennent de faire paraître MM. Masson et Cie : « Le radium. La radioactivité et les radiations; les sciences qui s’y rattachent et leurs applications. » Comité de direction : MM. A. d’Arsonval, H. Becquerel, Béclère, Blondlot, Ch. Bouchard, P. Curie, Danisz, Debierne, Ch. Féry, Finsen, Ch.-Ed. Guillaume, Oudin, Rubens, Rutherford. Secrétaire de la rédaction : Jacques Daune; le premier numéro de cette revue mensuelle renferme plusieurs articles inédits sur le radium et sur ses propriétés thérapeutiques. Cette publication est appelée à rendre des services aux physiciens et aux médecins. Rédigée par les savants qui font autorité en la matière, elle présentera le tableau exact des progrès incessants et des découvertes faites dans le domaine si nouveau des radiations et de la radioactivité.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil respiratoire du Dr Guglielminetti est fabriqué par la Société l’Oxhydrique française, 11, place delà Madeleine, à Paris.
- Communications. — M. P. Castel, propriétaire-viticulteur à Carcassonne, nous a envoyé un exemplaire d’une brochure qui traite « de l’amélioration des producteurs directs par la greffe». Notre correspondant a fait une communication à ce sujet au Congrès agricole de Toulouse en juin 1904.
- M. J. de Moidrey nous adresse une brochure qu’il vient de publier. Elle a pour titre : « Variation diurne de la déclinaison en Chine. Note sur quelques anciennes déclinaisons ». Cette brochure est extraite du « Terrestrial Magnetism and Atmos-pheric Electricity » du mois de mars 1904.
- M. J. Péroche, à Lille, nous envoie une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : « Le mouvement de nos températures et la Précession des Equinoxes ».
- M. L. F. J. Gardés, à Montauban, nous fait parvenir un extrait des comptes rendus de l’Association française pour l’avancement des sciences du Congrès d’Angers 1903, donnant la description d’un calendrier perpétuel.
- M. L. Le Page, à Constantine, nous écrit : « Le n° 1623 du 16 juillet de votre journal, contient un article sur les lueurs crépusculaires du soleil à la latitude de Paris. L’effet de réfraction auquel cette lueur est due a pu être remarqué à Constantine le 20 juin à 9h50 du soir. Je faisais ce soir-là avec ma famille une promenade en voilure ; la nuit était complète et cependant la lueur crépusculaire découpait très nettement les montagnes du coté du Nord et permettait de distinguer les objets dans un rayon de 3 à 600 mètres autour de l’observateur. Pour bien comprendre qu’il s’agissait de la réfraction, il faut répéter qu’en Algérie, le crépuscule n’existe pour ainsi dire pas et dure tout au plus un quart d’heure. Or, le 20 juin, le soleil s’était couché à 7h 15 et la nuit était arrivée dès 7h 30. »
- M. H. Leroy, à Douvres (Calvados), nous écrit que le 22 juillet 1904 à 20h 52œ, il a aperçu un magnifique bolide, couleur d’Arcturus, mais presque aussi gros que Jupiter. Ce bolide, qui lui a paru partir d’une dizaine de degrés sous la lune, a parcouru dans moins d’une seconde un arc allant de l’est à l’ouest, d’une quarantaine de degrés. Un bouquet d’arbres a empêché l’observateur de voir la fin de la trajectoire.
- Renseignements. — M. L. R., à Paris. — Le blanc de France est un produit, résultat direct d’une combinaison chimique à base de zinc, qui, après son broyage à l’huile, remplace avec avantage, même au point de vue hygiénique, la céruse dans toutes ses applications; s’adresser à M. A. Boutry, fabricant à Heilly (Somme).
- M. A. Robin, à Paris. — Nous n’avons pas retrouvé, au sujet de la montagne de sel de Cardona, d’autre article que celui de M. Martel dans le n° 1512 du 17 mai 1902, p. 571.
- M. P. Petit, à Poissons. — Nous ne connaissons pas de maison spéciale ; mais vous pourriez peut-être vous adresser à M. Blanchard, qui fabrique des outils de sylviculture, 15, rue Fontaine-au-Roi, Paris.
- MM. Ch. Cambon et Cic, à Saint-Bauzille-de-Putois. — Nous ne nous occupons pas de ces questions ; il faut vous adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- M. Ch. Navonne, à Genève. — Toutes ces recettes ont été réunies en volumes ; consultez le petit livre des « Recettes et Procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Guilhard, à X.... — Ces miroirs n’ont jamais été utilisés pour les études dont vous parlez.
- M. Germay, y Ciudad Real. — Vous pouvez consulter « La
- bière », par L. Lindet. 1 vol. petit in-8, prix 2fr,50 à la librairie Masson et Cie, ou « Le Manuel du Brasseur », par F. Malepeyre, 2 vol. avec atlas, prix 8 francs, à la librairie Mulor 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. A. Guichard, à Paris. — Nous n’avons pas de documents; la densité du mâchefer doit être approximativement de 1,8 à 2. Le poids du mètre cube serait donc de 1800 à 2000 kilogrammes.
- M. H. Jeansen, à Le Crotoy (Somme). — 1° Vous pourrie?, essayer des fumigations de formoL — 2° Nous soumettons le cas à nos lecteurs.
- M. le Mh de Roca-Vtrda, à Saint-Sébastien. — Vous pourriez peut-être vous adresser à MM. Erard et Cie, 112, rue de Flandre, ou à MM. Stransky frères, 20, rue de Paradis, à Paris.
- M. J. Chapuis, à Besançon. — Vous pourrez vous procurer les ouvrages que vous demandez chez M. Schmidt, 51, rue des-Ecoles, à Paris.
- M. R. Imbert, à Figueras. — Vous trouverez ce ventilateur à la Société anonyme le Zéphir, 24, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Adressez-vous à la librairie-polytechnique Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. L. Rhotié, à Paris. — Pour tout ce qui concerne le levo-cyclisme dont nous avons parlé dans le n° 1623 du 2 juillet 1904, p. 69, il faut vous renseigner auprès de M. Mathieu,. 95, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. P. L., à Bordeaux. — Pour avoir des ventilateurs de tout genre, adressez-vous à MM. Leroy et Cie, 50, rue Berthollet, à Paris.
- M. L. D., à Paris. — Vous trouverez des lunettes d’ateliers et des respirateurs contre les poussières chez MM. Goulart et Cie, 55, rue de la Roquette, à Paris.
- M. E. G. R., 31, à Paris. — Essayez le mica que vous pourrez vous procurer chez MM. Avtsine et Cie, 12 bis, avenue des Gobelins, chez MM. G. de Wilde et Cie, 14, rue Commines, ou l’ivorine chez M. Roger, 55, rue de Tolbiac, à Paris.
- M. D. L., à Paris. — Adressez-vous à MM. Gaumont et C‘% 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. P. Simon, à Paris. — Pour les horloges magnéta, dont la description a paru dans le n° 1626 du 25 juillet 1904, p. 128, il faut s’adresser à la Société, 110, rue Réaumur, à Paris; nous-l’avons déjà indiqué en tète de la « Boîte-aux-Lettres » du même numéro.
- M. Dupont, à R.... — Votre description est incomplète; if nous-est impossible d’y rien comprendre.
- M. Leroy, à Paris. — Vous faites erreur ; un cheval-vapeur vaut 75 kilogrammètres par seconde, et non 85.
- M. Peront,h Lille. — Il est nécessaire d’effectuer des mesures pour connaître la puissance de cette machine.
- Questions. —iV°1270. — Unabonné, à Paris, nouspose la question suivante : « Je possède au bord de la mer une propriété dont toute la valeur provient d’un certain nombre de beaux sapins.
- Or, depuis 4 ou 5 ans, je me suis aperçu qu’ils dépérissaient à vue d’œil. Les branches sont piquées par l’insecte qui est, m’a-t-on dit le Pissodes Notatus ; les œufs sont déposés dans les-trous, et la larve mange intérieurement toute la moelle. Les ravages sont extraordinaires.
- Je me suis adressé au laboratoire d’entomologie du Jardin des Plantes, où l’on n’a pu me donner aucun conseil, puis au laboratoire d’entomologie agricole de Rouen, d’où l’on m’a envoyé un rapport bien étudié (n° 1440 du 24 juillet 1901) duquel il résulte que le seul moyen de détruire l’insecte est de placer au pied de chaque arbre un fagot en bois de sapin qui sert de piège. En secouant chaque matin ce fagot, les charançons peuvent être recueillis.
- Depuis 3 ans ce travail est fait chaque jour ; je trouve quelques charançons de temps en temps que je détruis, mais mes arbres, sont néanmoins de plus en plus attaqués.
- J’ai badigeonné chaque arbre à la chaux. J’ai placé autour de chaque tronc des couronnes circulaires en plornb contenant du pétrole pour empêcher les charançons de remonter (cela depuis un mois seulement de sorte que j’en ignore le résultat). »
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. V., à Lyon. Nous ne pouvons nous charger d’examiner ces projets; il faut vous adresser à des ingénieurs spécialistes. — M. Leblois, à Nîmes. Nous n’avons pu retrouver le document que vous demandiez. — M. Dugrand, à Paris; M. J. F., à P. Consultez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie.
- — M. P. S., à X; JB. Le fart, à B. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5' série, à la même librairie.
- — M. J. R., à Asnières. Remerciements pour votre envoi.
- bans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage eu aucune façon à répondre à toutes lesÿueslions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS ‘
- Bocaux pour conserves et bouchage. — La fabrication des conserves qui permet l’utilisation des fruits et des légumes si abondants en cette saison est très importante. Nous
- signalerons à nos lecteurs un nouveau système de bocaux pour conserves ainsi que le nouveau bouchage employé. Notre figure montre le bocal en verre cylindrique, très soigné. Le bouchage se compose d’un joint en caoutchouc très mince et d’un couvercle qui est fixé pendant l’ébullition de la conserve par un collier ou un ressort. Après l’ébullition, l’air est évacué, et la pression atmosphérique fixe le couvercle sur les flacons d’une manière si parfaite qu’il faut percer le couvercle et laisser entrer l’air pour pouvoir l’enlever. Malgré l’herméticité parfaite de ces couvercles, le prix est à peine le tiers du prix d’un bouchon de liège de bonne qualité, de diamètre égal. Ajoutons que le fabricant du bouchage dont nous venons de parler s’est assuré la vente en gros d’un « Traité de fabrication des conserves » dû à M. L. Bouillet. Cette brochure donne des renseignements pratiques détaillés et nous a paru un guide sur pour la confection des conserves. — S’adresser, pour les bocaux, le bouchage et le traité de fabrication des conserves, à MM. Weissehntanner et C'% 8, rue Voltaire, à Montreuil-sous-Bois.
- bocaux pour conserves et nouveau système de bouchage.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les irrigations en Égypte, par Julien Barois, directeur fran-çais des chemins de fer égyptiens de l’Etat. 1 vol. grand in-8°. Paris, librairie polytechnique. Ch. Béranger, Paris, 1904. Prix : 30 francs.
- Les machines à glace et les applications du froid dans l'industrie, par Auguste Perret, chef-adjoint du laboratoire de physiologie, à la Faculté de médecine. 1 vol. in-8°. Paris, E. Bernard, imprimeur-éditeur. 1904. Prix : 25 francs.
- Traité des essais des matériaux destinés à la construction des machines. Méthodes, machines, instruments de mesure,
- Sar le professeur A. Martens, directeur du laboratoire royal ’essais de Berlin-Charlottenbourg. Traduit de l’allemand, avec Notes et Annexes, par Pierre BREUiL,chef de la Section des métaux au laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers. Texte et Atlas. 2 vol. in-8\ Paris, Gauthier-Villars. 1904.
- Veau potable et les maladies infectieuses, par le Dr H. Labit, médecin principal de l’armée. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire,publiée sous la direction de M. Léauté. membre de l’Institut. Masson et Cie, éditeurs. Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 3 francs.
- Elude sur l'emploi de l'air comprimé à haute tension comme moyen de transport mécanique souterrain, par A. Sohier et G. Massart, ingénieurs-directeurs des charbonnages du Nord du Flénu, à Ghlin. 1 brochure in-8°. VTe Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 3 francs.
- Six mois dans T Himalaya, le Karakorum et l'Hindu-Kush. Voyages et explorations aux plus hautes montagnes du monde, par le Dr J. Jacot Guillarmod. 1 vol. in-8°. Paris, librairie Fisbacher. 1904.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Le radium, par G. II. Niewenglowski. 1 vol. in-16. Paris, Ch. Mendel, éditeur. 1904. Prix : 2 francs.
- Manuel d'alpinisme, rédigé sous les auspices du Club alpin Français. 1 vol. in-18. Librairie J. Rothschild, Lucien Laveur, éditeur. Paris. Relié toile. Prix : 5 francs.
- Histoire de la langue universelle, par L. Couturat, docteur ès lettres et L. Leau, docteur ès sciences. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Hachette et Cie. 1905.
- Vocabulaire français-Esperanto, publié avec des notions de grammaire et un vocabulaire abrégé Espéranto-français, par Th. Cart, professeur agrégé de l’Université, M. Merckexs et P. Berthelot. 2e édition. 1 petit vol. in-16. Paris. Librairie Hachette et Cie. 1905.
- Grammaire et exercices de la langue internationale Espéranto, par L. de Beaufroxt. 5e édition. 1 petit vol. in-16. Paris. Librairie Hachette et Cie. 1903.
- Monodologio de Leibniz. Tradukinto de E. Boirac, Rektoro de l’Universitato de Dijon. 1 petit vol. in-8°. Librairie Hachette et Cie. 1902.
- Annales de l’Institut national agronomique (École supérieure de l’Agriculture). 2e série, tome III. Fascicule 1er. 1 vol. in-8°. J.-B. Baillière et fils, libraires-éditeurs. Librairie agricole de la maison rustique. Paris. 1904.
- Formulaire des centraux. Résumé par ordre alphabétique des cours et projets de l'Ecole centrale, augmenté de tables usuelles et d’un abrégé de législation, par J. B., ingénieur des Arts et Manufactures. 2e édition. I vol. in-16. Paris, V,e Ch. Dunod, éditeur. 1904. Prix : 6 francs.
- Les roues dentées. Notions théoriques et tracés pratiques, par A. Juu.v, inspecteur de l’enseignement manuel dans les Ecoles de la Ville de Paris. 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard, imprimeur-éditeur. 1904. Prix : 4 francs.
- Le graissage industriel, par Paul Tètedoux et Georges Franche.
- 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard, imprimeur-éditeur. 1904.
- Topographie pratique de reconnaissance et d’exploration, suivie de notions élémentaires pratiques de géodésie et d’astronomie de campagne, par E. de Larminat. 1 vol. in-8°. Paris, H. Ch. Lavauzelle, éditeur. Prix : 7fr,50.
- Dictionnaire de chimie photographique à l'usage des professionnels et des amateurs, par G. et Ad. Braun. 4e fascicule : Collodion-Emulsion. 1 brochure in-8°. Prix : 2 francs. Paris, Gauthier-Villars, imprimeur libraire.
- Manuel de l'orfèvre. La garantie du titre des ouvrages d'or et d'argent, par E. Ducharne et P. Vialettes, commis principaux au bureau de garantie de Paris. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils. Prix : 5 francs.
- Traité élémentaire des enroulements des dynamos à courant continu, par F. Loppé, ingénieur des arts et manufactures, professeur d’électricité industrielle à l’Ecole municipale professionnelle Diderot. 1 vol. in-16. Paris, Gauthier-Villars. -1904.
- Ce petit ouvrage est très utile pour bien connaître les enroulements des dynamos à courant continu. En quelques pages, M. Loppé donne les renseignements les plus complets.
- Manipulations et éludes étectrotechniques, par L. Barbillion, ingénieur électricien, professeur et sous-directeur à l’Institut électrotechnique de Grenoble. 1 vol. in-8°. VTe Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1904. Prix : cartonné, 14 francs.
- Nouveau manuel complet de galvanoplastie. Nouvelle édition, par G. Petit, ingénieur civil. Tome premier et tome second.
- 2 vol. de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, libraire éditeur. Paris. 1904. Prix : 7 francs les 2 volumes.
- Stéréoscopie rationnelle, par Louis Stockhammer. 1 brochure grand in-8°. A. Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, Lyon. Paris, 16, rue de Condé, près l’Odéon, 1904.
- La telefonia, par A. Jengo. 1 vol. in-16 de la collection des manuels Giusti. Livorno, Raffaello Giusti, éditeur, 1904.
- La Belgique agricole, industrielle et commerciale. Etude économique, par Eug. Prost, docteur ès sciences, chargé de cours à l’Université de Liège. Librairie Ch. Béranger. Paris, 1904. Prix : 7,r,50.
- Les maladies de la respiration, par le Dr E. Monin. 1 vol. in-16. Octave Doin, éditeur, Paris. Prix : 4 francs.
- Smithsonian Miscellaneous collections. Volume I. Quarterly Issue. Parts 1 and 2 July-september 1903. 1 vol. in-8°. City of Washington. Published by the Smithsonian Institution. 1904.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Department of Commerce and labor. Coast and geodetic survey, 0. H. Tittmann, superintendent. Terrestrial magnétisai. Resùlts of magnetic observations made by thé Coast and Geodetic Survey between July 1, 1902, and J une 30, 1903, by L. A. Bauer, inspector of magnetic work and Chief of Division of Terrestrial Magnetism Assistant, Coast and Geodetic Survey. Appendix n° 5. Report for 1903. Washington, Government Printing Office. 1904.
- Traditions of tlie Crows, by S. C. Simms, Assistant Curator, Division of Ethnology. Field Columbian Muséum. Publication 83. Anthropological Sériés. Vol. II, n° 0. 1 brochure in-8°. Chicago,U. S. A. October 1903.
- Memoria del delegado-fiscal de salitreras presentada al seiior ministro de hacienda en 1904. 1 brochure in-8°. Iquique. Tipografia y litografia de R. Bini é hijos. 1904.
- Descriptions of apparently new species of mammals of the généra heleromys and Ursus from Washington and Mexico, by I). G. Elliot, Curator of the Department. Field Columbian Muséum. Publication80. Zoological sériés. Vol. III, n° 13. 1 brochure in-8°. Chicago, U. S. A. June, 1902.
- Structure and relation-ships of opisthocœlian Dinosaure. Part. /. Apalosaurus Marsh, by Elmer S. Rigc.s, A. M., assistant Curator, Division of Paleontologv. FieH Columbian Muséum. Publication 82. Geological sériés. Vol. II, n° 4. Chicago, U. S. A. August 1, 1903.
- Descriptions of twenty-seven Apparently new species and subspecies of Mammals. AU but six collected by Edmund Heller, by D. G. Eluot, Curator of Department. Field Columbian Muséum. Publication n° 87. Zoological Sériés. Vol. III, n° 14. 1 brochure in-8°. Chicago:, U. S. A., Décember 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux /Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 juillet . . . 20® ,2 S. S. W. 2. Nuageux. 1,6 Nuag. ; halo à 10 h. ; pluie à 2 h. ; orage au S. à 21 h.
- Mardi 26 15®,5 S. S. AV. 4. Couvert. 11,4 Couv. ; pluie le matin et toute l'après-midi.
- Mercredi 27 16°,5 S. W. 3. Couvert. 0,0 Très nuageux; pluvieux à 14 h.
- Jeudi 28 13®, 9 S. S. AV. 2. Couvert. » Rosée ; très nuageux le matin ; peu nuageux le soir.
- Vendredi 29 16®,5 N. 4. Beau. » Rosée; quelques nuages.
- Samedi 30 20°,0 E. S. E. 1 Beau. » Bosée ; beau jusqu’à 16 h. ; nuageux ensuite ; éclairs le soir au S.-W.
- Dimanche 31 ... . 20®,1 S. W. 2. Beau. 4,9 Orage de 1 h. à 3 h. avec pluie ; nuag. dans la journée.
- JUILLET 1904. — SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 51 JUILLET 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. Orages et tempêtes. — Les orages que la situation atmosphérique faisait prévoir ont éclaté cette semaine dans presque toutes les régions. Le 25 juillet, la pluie et la grêle out ravagé les vignobles des Vertus, Avize, Mesnil-sur-Oger, et la région d’Epernay ; les pertes sont très grandes. Uu violent ouragan s’est abattu sur la région de Belfort ; la foudre est tombée en plusieurs endroits. Au Havre, une pluie diluvienne est tombée à 2 heures ; le soir, à 8 heures, un fort coup de vent d'ouest s’est élevé et a dégénéré en tempête. A Paris, quelques averses sont tombées dans l’après-midi, et un faible orage a éclaté vers 9 heures du soir dans le sud-est. La température moyenne a été de 19’,6 avec uu maximum de 26°.
- Le 25 juillet de violents orages out eu lieu à Londres et en Angleterre. A Londres, la pluie était si forte que l’eau a envahi une partie du Métropolitain. Le 26 juillet, on a signalé des averses orageuses dans toutes les régions ; on a recueilli 20 mm d’eau à Lorient, 19 mm à Nantes, 14 mm à Biarritz, 13 mm à Dunkerque, 10 mm à Besançon. Près de Bordeaux, dans le canton de Gornac, des grêlons de la grosseur d'une noisette sont lombes dans les
- communes où l’on n’avait pas eu recours aux bombes grélifuges et ont haché les récoltes. On a signalé de nombreux accidents dus à la foudre. A Paris, il y a eu une série de faibles averses ; la température moyenne a été de 16°,6. Le 27 juillet, pluies et orages sur toute la France excepté dans le sud et le sud-ouest. Il est tombé 14 mm d’eau au Havre, 13 mm à Cherbourg, 11 mm à Paris, 6 mm à Nantes, 2 mm à Besançon. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 16° à Paris, 18° à Lyon, 21° à Perpignan, 11® au mont Aigoual, 8° au puy de Dôme, 4° au pic du Midi. Le 28 juillet, il a plu à Boulogne (12 mm), à Cherbourg (9 mm), à Nancy (6 mm). Le 29 juillet, on a signalé des pluies en Bretagne et dans le Pas-de-Calais. La température s’est relevée; on notait, le malin, 17° à Paris, 17° à Clermont, 20® à Toulouse, 11° au puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 18®,7 supérieure de 0°,4 à la normale, avec un maximum de 25°,6. Le 30 juillet, des pluies sont tombées en Bretagne ; on a recueilli 31 mm d’eau à Brest, 37 mm à la pointe Saint-Mathieu. La température était le matin de 20® à Paris, 22° à Perpignan, 26® à Nice, 18° au puy de Dôme. Dans la nuit du 30 au 31 juillet, de violents orages ont éclaté sur Paris et les environs, accompagnés d'éclairs et de tonnerre, et d’une pluie diluvienne.
- PHASE DE LA LUNE ; P. L. le 27, à 9 h. 51 du matin.
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- N° 1629 (13 août 1904), du journal « LA NATURE »
- Mk HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —H(— A l’occasion de la Fête nationale, M. Tillaux, président «de l’Académie de médecine, a été fait grand officier de la Légion •d’honneur. M. le professeur Blondlot, de Nancy, auquel on doit la •découverte des rayons « N », a été promu officier. >1. J. Liégeois, également de Nancy, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, a été fait chevalier.
- —Hf— M. le ministre de la Marine a reconnu la nécessité d’un service distinct chargé exclusivement d’examiner les conditions et Les besoins de la navigation soirs-marine. Dans un rapport, le ministre expose que le comité aura pour tâche de centraliser toutes les informations relatives aux sous-marins, plans des navires et des ^appareils, rapports d’inspections. A ce comité seront soumis les projets de sous-marins et toutes les questions relatives aux appareils qui peuvent y être employés; mais le comité ne sera pas chargé d’établir les plans. Le comité aura en outre à examiner tout «e qui concerne l’emploi des sous-marins, les expériences, les manœuvres, les exercices, les règles qui doivent présider à la composition des équipages, etc. Par arrêté ministériel sont désignés pour faire partie du comité : le contre-amiral Philibert, président ; t’in-énieur en chef de lre classe Auscher; le capitaine de frégate erres; les lieutenants de vaisseau Voisin et Caré; les ingénieurs de lre classe Bourdelle et Chapuis.
- —Ht— M. Doumergue, ministre des Colonies, vient de transmettre, par lettre circulaire adressée aux gouverneurs de nos différentes colonies, une Note émanant du ministère de l’Instruction publique et signalant l’intérêt tout spécial qui s’attache à l’étude des propriétés des substances radioactives. Il les invité, en conséquence, a procéder à une enquête dont le but serait de faciliter dans nos colonies les découvertes éventuelles des gîtes minéraux contenant des substances telles que le radium et ses analogues. Les gouverneurs pourront, notamment, éveiller l’attention des voyageurs, des ingénieurs et des fonctionnaires, en leur communiquant la copie de la note du ministère de l’Instruction publique et en leur demandant de vouloir bien recueillir tous les renseignements qui pourraient provoquer les découvertes de gisements encore fort rares aujourd’hui, mais qu’une enquête minutieuse permettra peut-être de signaler.
- —Ht— On vient de célébrer en Westphalie, à Paderborn, le centenaire de la découverte de la morphine, par le pharmacien Adam Sertuerner. La fête a eu lieu dans la plus grande intimité et entre savants. Sertuerner fit ses études avec l’appui du prince-évêque Frédéric-Guillaume, son parrain. C’est en travaillant dans le laboratoire du pharmacien Cramer qu’il découvrit la morphine. En 1817, l’Université d’Iéna le nomma docteur honoraire.
- —Ht— Le 55e Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences s’est ouvert le 4 août à Grenoble, sous la présidence de M. C. A. Laisant.
- —^— Le matériel des chemins de fer comporte une spécialisation des véhicules à marchandises qui est imposé par la diversité des marchandises à transporter effectivement : wagons à charbon, wagons à bestiaux, etc. Il en résulte que l’on est obligé souvent de faire circuler du matériel à vide, pour l’envoyer là où l’on trouvera à y charger les matières spéciales auxquelles il est destiné. Et comme les transports à vide coûtent très cher, qu’ils représentent certainement au moins 30 pour 100 du trafic total des voies ferrées, aux Etats-Unis, où le sens pratique est fort développé à juste titre, on se préoccupe actuellement de chercher un type de wagon « à tout faire », pour ainsi dire. Du moins on espère arriver à combiner un véhicule pouvant servir indifféremment et alternativement au transport des bestiaux et du charbon. Semblable création serait la bienvenue de toutes les compagnies de chemins de fer.
- —Ht— Un ingénieur distingué de Colmar, M. Schroœrer, construit des surchautfeurs de vapeur qui semblent donner d’excellents résultats. Sous réserve des dispositions de détail, tout surchauffeur de ce système se compose essentiellement de tubes droits coulés, faits d’une fonte résistant bien à la chaleur et de forte épaisseur; ils peuvent avoir jusqu’à 3 mètres de long, et présentent à l’extérieur des saillies transversales, à l’intérieur des ailettes et des creux longitudinaux ; ils sont réunis par des raccords demi-circulaires. Ces éléments pèsent environ 300 kg au mètre. L’ensemble forme en somme un serpentin (horizontal ou vertical).
- —Ht- Les départs de Paris ont été nombreux cette année; on a compté dans les diverses gares de Paris (Nord, Lyon, Saint-Lazare, Montparnasse, etc.) 86864 voyageurs le 30 juillet, 421 120 le 31 juillet et 78151 le lor août, soit un total de 286135 voyageurs en 3 jours.
- —Ht— Un décret du Président de la République, rendu le 4 août en exécution de la loi du 11 juillet 1903 sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs, détermine les conditions dans lesquelles doivent être installés les locaux affectés au couchage du personnel dans les établissements industriels. Le décret spécifie, notamment, que le volume d’air devra être au moins de 14 mètres cubes par personne.
- —Ht— La direction générale des douanes a publié des chiffres qui montrent le mouvement de la navigation entre l’Algérie d’une part, la France, les colonies françaises et les pays étrangers d’autre part. En 1902, il y a eu 6787 navires et 5191419 tonneaux. En 1903, 7281 navires et 5 953159 tonneaux. En 1901, on n’avait compté que 6668 navires et 4846663 tonneaux, ce qui fait ressortir une augmentation de 119 navires et 544 756 tonneaux pour 1902, et de 713 navires et 1106496 tonneaux pour 1903. Le port d’Alger prend de plus en plus d’importance. Depuis de longues années, le haut commerce de cette ville s'efforce d’en faire le principal centre de ravitaillement des navires relâcheurs dans la Méditerranée. Le commerce du charbon à Alger a suivi une progression à peu près constante de 1885 à 1900, période pendant laquelle il s’est successivement élevé de 5000 tonnes environ en 1890 à 244 000 tonnes en 1895 et 290000 tonnes en 1900. En même temps, le trafic du charbon à Gibraltar, qui avait atteint 562 000 tonnes en 1889, s’abaissait graduellement à 450000 tonnes en 1890, à 272 000 en 1895, pour se relever à 303 000 tonnes en 1900.
- —Ht- Le 4 août, à 8 heures du matin, le ballon « Lebaudy » n° 2 a fait une sortie, monté par le pilote Juchmès et le mécanicien Iicy. Il a évolué en tous sens au-dessus de la plaine que borne la Seine entre Moisson et Bonnières. La longueur de l’aérostat est restée de 58 mètres, et la largeur est de 9'“,30; le volume a été augmenté de 300 mètres cubes. Le ballonnet à air compensateur a un volume de 500 mètres cubes ; il est maintenu sous pression par un ventilateur qui fournit 35 mètres cubes à l’heure et qui est placé à son orifice. Une seconde expérience a eu lieu avec le même succès dans la matinée du 8 août. L’aérostat s’est maintenu entre 60 et 80 mètres de haut, décrivant en un quart d’heure cinq grandes boucles d’un total d’environ 20 kilomètres. L’équilibre longitudinal a paru très bon. Le « Lebaudy » n° 2 est certainement supérieur au type de 1903.
- —Ht— D’autres expériences ont été faites par M. Contour dans la galerie des Machines avec un ballon de forme ovoïde, de 32m,50 de longueur et d’un volume de 1850 mètres cubes.
- —Ht— La Commission anglaise des Pêcheries poursuit en ce moment des recherches curieuses sur les déplacements des poissons et les distances qu’ils peuvent franchir dans un temps donné. Il y a quelque temps elle a remis à l’eau des carrelets, que l’on ne considère pas comme un poisson migrateur, et on en a repêché un certain nombre qui étaient à 250 kilomètres environ de leur point de départ.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour l’enregistreur chronométrique portatif, s’adresser à M. Ditisheim, 11, rue de la Paix, à la Chaux-de-Fonds (Suisse). — Le « bouquin photographique » se trouve chez M. Léon Block, J, avenue de la République, à Paris.
- Communications. — M.J. Poisson, professeur au Muséum d’histoire naturelle, à Paris, nous envoie une Notice sur un travail qu’il vient d’effectuer et qui a pour titre : « Observations sur la durée de la vitalité des graines. » Cette Notice est extraite du « Bulletin de la Société botanique de France».
- M. Maurice d'Ocagne, ingénieur des ponts et chaussées, à Paris, nous fait parvenir un exemplaire illustré de la conférence qu’il a faite au Conservatoire des Arts et Métiers, le 15 mars 1905, sur « Les instruments de précision en France ».
- M. E. Ribeaud, à Lucerne, nous adresse une brochure ayant pour titre : « Limnologische Untersuchungen des Vierwald-stattersees ; Physikalischer Teil. Abteilung : Optische und ther-mische Untersuchungen, par B. Amberg, Finanzdirektor der Stadt Luzern. » Il ajoute : « Je vous envoie un travail de haute valeur sur quelques phénomènes physiques du lac des Quatre-Cantons. L’auteur, M. Amberg, directeur des finances de la ville de Lucerne, y publie le résultat de ses nombreuses observations relatives à la répartition de la température, à la couleur et au degré de transparence des eaux du lac. Les re--cherches de ce genre, dont le principal promoteur a été M. Forel, de Morges, présentent toujours un grand intérêt, et c’est plus spécialement le cas quand il s’agit d’un lac aussi connu, aussi admiré que celui de Lucerne. Je crois rendre service à un certain nombre de vos lecteurs en les rendant attentifs à cette publication. »
- M. Robert Desbrière, au château des Rotoirs, par Gaillon (Eure), veut bien, en réponse à la question que posait notre collaborateur M. Lucien Rudaux, dans son article : « Une invasion de papillons » (n° 1627, du 50 juillet 1904), nous écrire la lettre suivante : « Le dimanche 10 juillet dernier, entre
- 10 heures du matin et 5 heures du soir, je me suis tenu au large de l’embouchure de la Somme pour chasser les oiseaux de mer. J’ai rencontré là de nombreux papillons blancs poussés par le vent d’est. Je les ai remarqués parce que, cherchant avec mes jumelles les oiseaux de mer qui souvent sont blancs,
- 11 m’est arrivé plusieurs fois de prendre des papillons pour des oiseaux ! Erreur d’autant plus naturelle qu’en mer on a beaucoup de peine à se rendre compte des distances. Le marin qui était avec moi, un « ancien » du Crotoy, n’avait jamais vu ces papillons au large. J’ai remarqué aussi d’autres insectes, en
- articulier plusieurs abeilles. Quant aux papillons blancs, loin 'être aussi nombreux qu’on les a vus près de Granville, pour essayer de préciser, je dirai qu’il pouvait y en avoir en moyenne un ou deux par 25 m* (5m x 5m). »
- MM. F.Mazauric, G. Maingaud et L. Vedel, à Nîmes, nous adressent un exemplaire d’une Notice qu’ils viennent de publier sur « La grotte de Mevrannes (Gard), époque néolithique et époque du bronze ». Cette Notice est extraite du « Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes, 1903 ».
- M. L.-A. Bauer, à Cincinnati, nous envoie une brochure contenant une étude ayant pour titre « Department of international research in terrestrial Magnetism of the Carnegie institution ». Cette étude est extraite de « Terrestrial Magnetism and atmospheric Electricity. Mars 1904 ».
- Renseignements. — M. A. Weinbach, à Paris. — Nous ne croyons pas qu’il sera possible d’avoir ces détails ; vous pourriez toutefois vous adresser directement à notre collaborateur, 70, boulevard Charlemagne, à Bruxelles.
- M. C. Aubry, à Feuquières. — La machine à laver « l’Éco-nomique », dont la description a été donnée dans le n° 1510 du 3 mai 1902, p. 352, se trouve à la Société des inventions-économiques, 188-190, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris* M. A Ifredo Sampaio, à Angra do Heroismo (Açores). —Nous avons eu de nouveaux renseignements sur la question qui vous intéresse et nous pouvons vous informer que le journal « L’Exportation française » n’a jamais été remplacé par la « Revue du commerce extérieur ». Ces deux journaux sont absolument indépendants l’un de l’autre et sont édités tous deux, 9, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris (9* arrond. ).
- M. D. J. Bouman, à Amsterdam. — Pour le métronome silencieux, décrit dans le n“ 1568 du 13 juin 1903, p._31, il faut s’adresser à MM. Endrès et Décastiaux, à la Société de traction par trolley automoteur, 5, rue Boudreau, à Paris.
- M. S. M. Collin, à Auxon. — Nous ne saurions vous renseigner.
- M. Grégoire, à Gembloux. — Nous avons publié un article sur l’humidité et la salpêtrisation des mure dans le n° 1620 du 11 juin 1904, p. 26.
- M. V. Baudouin, à Calais. — Nous n’avons pas encore publié d’article à ce sujet.
- M. L. R., à Paris — Pour ces diverses questions photographiques, adressez-vous à MM; Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Baltard, à Nantes. — La période joue un grand rôle dans les courants alternatifs
- M. A. P., à Lille. — Consultez la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Delorme, à Arras. — Nous avons indiqué un moyen de blanchir la litharge rouge dans les Recettes et Procédés utiles du n° 1425 du 15 septembre 1900.
- L'abonné X, à Reims. — Un vernis quelconque doit suffire ; sinon essayez de tremper les pompons de roseaux dans une solution de sublimé corrosif au millième.
- M. A. C., à Neufchâtel-en-Bray. — 1° NousTie connaissons pas de Sociétés d’assurances contre le vol et le cambriolage. — 2° Il faut vous adresser au Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris.
- M. D. L., à Rouleuil. — Il faut recommencer l’expérience à de nombreuses reprises, et bien observer si le même fait se vérifie toujours.
- M. Dumont, à B. — Voire schéma n° 1 n’est pas exact, le& piles sont couplées en opposition. Le schéma 5 est bon.
- M. L. R., h Périgueux. -- Nous ne nous chargeons pas de ces envois; il faut vous adresser directement aux fabricants dont nous donnons toujours les adresses.
- M. Dubart, à Dunkerque. — Un accumulateur au plomb ne peut donner une différence de potentiel supérieure à 2 volts* M. D. Legrand, à Lille. — Un câble électrique de 1 mm* de section et de 1 mètre de longueur a une résistance de 2 ohms.
- M. Hélie, à Arromanches. — Votre plan nous semble exact: mais nous ne pouvons nous charger de refaire tous vos calculs* M. Peraut, à Caen. — On essaie la puissance des moteurs à az comme de tous les moteurs mécaniques en général, à l’aide u frein de Prony.
- M. Gallois, à Nevers. — Il ne faut pas confondre le watt-mètre et l’ohmmètre. Le wattmètre mesure la puissance électrique, et l’ohmmètre donne la mesure de la résistance.
- M. Bernard, à Lyon. — Nous avons déjà décrit cet appareil dans le numéro que vous citez, et l’adresse du fabricant est donnée en tète de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. Perrot, à Liège. — Vous demandez s’il existe du vin de Bordeaux mousseux comme il existe du vin de Champagne. — Oui, on fabrique depuis quelque temps du Médoc mousseux.
- Accusés de réception. — Avis divers.— M. D. L., à N. Nous n’avons pas encore reçu votre envoi. — M. D. P., à Paris. Il faut que l’appareil fonclionne d’une manière irréprochable. — M. G. P., à Moulins; M. Leroy, à Caen. Voyez le petit livre des a Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cle.
- — M. G. Dinart, à Versailles. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. D. L., à Paris; M. Dubois, à Lille. Vous trouverez ces recettes dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- — M. Devait, à Colombes; M. J. Valot, à Argenteuil. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Couteau & découper les photographies. — Rien n’est plus difficile que de découper les photographies pour leur donner des dimensions convenables quand on n’a pas à sa disposition un couteau spécial, avec une lame bien apparente et Lien tranchante. Le couteau que nous signalons rendra service à ce point de vue aux photographes. Comme le montre
- Cou'eau à découper les photograplii-js.-
- notre gravure, la lame présente une partie avancée bien tranchante qu’il est très facile d’appuyer sur le papier. Un petit dispositif permet, en fixant la main sur le manche, de maintenir la lame bien fixe; on peut alors exercer une légère pression sur le papier et la découpure se fait très aisément. On remarquera que ce nouveau couteau renferme plusieurs lames que l’on peut utiliser à volonté. Le couteau à découper les photographies se trouve chez M. G. Michel, 48, rue Servan, à Paris.
- Support stéréoscopique. — Ce support permet à l’amateur de varier aisément les vues simples qu’il peut prendre et il lui permet aussi de prendre des vues stéréoscopiques en deux poses successives. Il est formé de deux plaques métalliques réunies entre elles par un levier monté à pivôt. Une de ces plaques est disposée pour être fixée solidement sur un trépied, et l’autre plaque peut se visser sous l’appareil photographique. Sur chaque plaque se trouvent des épaulements pour limiter l’oscillation du levier à droite et à gauche. On peut
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- Support stéréoscopique.
- alors déplacer l’appareil soit parallèlement à lui-même, soit à droite et à gauche de la plaque fixe. On arrive à faire occuper à un appareil dans le même plan deux positions différentes écartées de 8 centimètres; on peut alors obtenir des vues stéréoscopiques. Ce support se construit en deux modèles, l’un pour pieds métalliques, et l’autre pour pieds en bois. Chaque support est livré avec une réglette rectangulaire et deux petites vis. La réglette doit rester définitivement sur l’appareil pour permettre de placer le support bien droit à l’aide de l’évidement fait dans la plaque. On fixe cette réglette de façon que l’ouverture circulaire du centre soit en face l’écrou et ses côtés parallèles aux arêtes de l’appareil. — Le support stéréoscopique se trouve chez M. J. Duchey, 5, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Formule de glaçage. — Râper 12 parties de savon de Marseille blanc et le faire fondre avec 3U parties de cire de car-nauba blanchie ; puis y verser 20 parties de craie pulvérisée en remuant constamment jusqu’à refroidissement.
- Nettoyage, de Vargent. — La publication allemande « Me-tallarbeiter "» (que nous avons souvent l’occasion de citer) recommande une préparation faite de 2 p. de cendres de hêtre, de 4/100 p. de savon de Venise, de 2 p. de sel de cuisine, dans 8 p. d’eau de pluie. On brosse l’argent avec cette lessive, en employant une brosse assez dure. — On recommande souvent aussi une solution de permanganate de potasse cristallisé, ou encore de l’esprit de sel ammoniac, pour faire disparaître la pellicule d’un violet grisâtre qui se forme à la surface de l’argent. — Quand enfin il y a des taches bien déterminées à la surface de l’argent, on peut le faire tremper 4 heures dans la lessive des savonniers, puis y projeter du gypse en poudre fine, qu’on a humecté de vinaigre, sécher devant le feu et frotter pour enlever la poudre. Finalement, on frotte de nouveau avec du son bien sec.
- Colorants inoffensifs pour matières alimentaires. — Pour obtenir, par exemple, une belle coloration jaune, comme on en demande pour certains fromages, on fait bouillir 100 parties de roucou avec 75 de carbonate de potassium dans 1 1/2 à 2 litres d’eau; on laisse refroidir, puis reposer, et l’on filtre, en ajoutant finalement, pour la conservation de la préparation,, une quinzaine de grammes d’acide borique. — Pour colorer le beurre, on vend couramment dans le commerce un mélange de bicarbonate de soude avec 12 à 15 pour 100 de chlorure de sodium et 1 1/2 à 2 pour 100 de curcuma en poudre.
- Liquides à polir les métaux. — I. Faire fondre 8 parties de paraffine, y incorporer 16 parties de terre pourrie et y ajouter, après refroidissement, 16 parties d’huile de pétrole et un peu d’essence de mirbane. — II. Pulvériser 1/2 partie d’acide oxalique, et le mêler avec 10 parties de terre pourrie;; faire fondre 2 parties seulement de paraffine, qu’on additionne de 30 parties d’huile de pétrole, et incorporer le mélange pulvérulent au mélange liquide, en additionnant d’un peu d’essence de lavande. — III. Mêler ensemble 2 parties de pierre ponce en poudre, autant de terre pourrie et la même quantité de carbonate de fer. Faire fondre, d’autre part, 2 parties de paraffine qu’on verse dans 16 parties d’essence de pétrole, et ajouter les matières pulvérulentes en brassant bien.
- Alliages pour la fonte d’objets en cuivre jaune. — Là publication « Métal Industry » recommande, si l’on veut obtenir des objets en cuivre jaune fondus au sable, de ne pas employer un métal contenant plus de 30 pour 100 de zinc : c’est là un alliage d’une bonne couleur, qui se fond nettement et coule bien ; on peut l’additionner d’étain ou de plomb sans en modifier les propriétés. Une bonne formule est celle qui consiste en 3,20 kg de cuivre, 1,36 de zinc, 120 gr. d’étain et 90 gr. de plomb : le métal obtenu est fort résistant ; on peut le rendre plus dur en forçant un peu la proportion d’étain.
- Pour la conservation des tapis. — Placez des feuilles de papier brun sous les tapis : cela donne du moelleux sous le pied, assure aux tapis une plus longue vie, en en diminuant l’usure, en même temps que cela isole mieux de l’air et rend les pièces plus chaudes.
- Ciment au verre soluble. — La publication américaine « Druggist Circular » suggère l’idée d’employer, dans certaines conditions, le verre soluble pour faire une sorte de pierre artificielle, en l’utilisant comme liant de masses sableuses. On mettrait en contact le verre soluble (c’est-à-dire le silicate de soude ou de potassium) avec du chlorure de calcium, ce qui formerait un silicate de calcium assurant l’agrégation des matières sableuses.
- Composé pour lavage. — Il s’agit de ce qu’on nomme la Brique à laver Grosser. On la compose de 38,21 parties d’hydrate de sodium, 6,61 parties de biborate de sodium également, 1,70 partie de silicate de sodium, additionnés de 54 parties d’eau.
- Poudre à souder l’acier. — On fait fondre, dans un vase en terre, 3 parties de borax, 2 de colophane, 1 de carbonate de potasse, autant de savon dur en poudre, auxquels on a ajouté 3 parties de verre pulvérisé et 2 parties de limures d’acier. La masse fondue est coulée sur une tôle froide, puis, quand elle est complètement refroidie, on la casse en morceaux et on la pile finement. Pour souder, on en verse sur les surfaces à souder quelques minutes avant de les rapprocher.
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- Savons liquides. — D’après « Druggist Circular », on ne peut les obtenir qu’en traitant des savons durs à base d’huile d’olive pure, qu’on fait dissoudre dans l’alcool, avec addition ultérieure d’une certaine quantité de carbonate de potassium. On râpe fin le savon, et on le place dans un récipient, au bain-marie, avec l’alcool et le carbonate ; on remue constamment en élevant peu à peu la température. Au bout de moins d’une heure la solution est complète et absolument transparente, si l’on a employé un savon bien blanc. On parfume suivant le goût personnel au moment où l’on retire du bain-marie. (L’alcool employé doit être à 80° environ.)
- Huile pour la chevelure. — Elle peut se préparer à très bon marché : elle est en effet à base d’huile de sésame, dont on prend 1 kilogramme. On y ajoute 12 grammes d’essence de lavande, 20 d’essence de citron, 5 d’essence de romarin et 2 d’essence de géranium.
- Ciment à la caséine. — Dans 95 parties d’eau, on fait dissoudre 5 parties de borax, et, au liquide préparé, on incorpore assez de caséine pour obtenir une masse de bonne consistance.
- Engrais liquide pour fleurs en pots. — On fait dissoudre 2 parties de chlorure d’ammonium, 4 de phosphate de soude et 5 de nitrate de soude dans 80 parties d’eau; on filtre. On n’emploie cet engrais que dilué, à raison de 25 gouttes seulement par litre d’eau de pluie.
- Les cadres dorés et les mouches. — Les mouches souillent de façon déplorable les dorures, en particulier des cadres, et on risque ensuite de détériorer la dorure quand on la frotte à l’esprit-de-vin pour enlever ces taches. Aussi fait-on bien, comme mesure préventive, d’étendre sur la dorure un vernis au copal ; on peut ensuite nettoyer hardiment, quitte à remettre du vernis là où on l’a enlevé.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" août .... 18”,2 E. N. E. 2. Très nuageux. » Très nuag. ; rosée ; tonnerre au S de 18 h. 30 à 19 h. ; éclairs ensuite.
- Mardi 2 18”,6 N. E. 2. Beau. » Beau; rosée; halo à 15 h.
- Mercredi 3 19”,5 N. E. 0. Beau. » Beau ; rosée.
- Jeudi 4 20",9 Calme. Beau. 1,0 Nuag. de 18 à 20 h.; beau du reste; rosée; orage de 19 h. à 20 li. 15; éclairs ensuite.
- Vendredi 5 19’,9 W. S. W. 0. Couvert. )>’ Très nuageux ; halo à 10 h.
- Samedi 6 17",1 S. S. W. 2. Nuageux. » Nuag. ; rosée ; halo dans la journée.
- Dimanche 7 16°,5 VV. N. W. 1. Pluie fine. 0,8 Très nuag. ; petite pluie le malin.
- ADUT 1904. -- SEMAINE DU LUNDI lei AU DIMANCHE 7 AOUT 1904.
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à faon a boule sèche ; courbe eh pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Une secousse de tremblement de terre, avec grondement souterrain, allant du nord à l’est, a été ressentie le l"noût à Remiremont.
- Eruption du Vésuve. — Le Vésuve est entré en activité le 4 août ; des quantités de matières incandescentes ont été projetées en dehors du cratère central, avec de formidables détonations. Le 5 août, le Vésuve est rentré dans son état normal.
- Te temps. — Le 1" août, les fortes pressions s’étendaient sur presque tout le continent; il existait un maximum de 7t>8 mm sur le pas de Calais. On a signalé des orages à Nancy, Biarritz, Bordeaux, Rochefort, LaCoubre; à Chartres, dans la nuit du 31 juillet au 1" août, au cours d'un violent orage, la foudre est tombée sur une ferme et l’a détruite entièrement. La température était le matin de 18° à Paris, 22° à Toulouse, 28” à Alger, 13° au mont Aigoual, 15° au puy de Dôme. Dans la soirée, à Paris, on a observé des éclairs. La température moyenne a été de 20°,3 avec des maxima voisins de 27° à 28°. Le 2 août, le temps a été chaud et orageux en France. Le matin, on notait 19° à Paris, 14° au puy de Dôme, 27° à Alger. La température moyenne a été de 21°,9, supérieure de 3°,7 à la normale. Le 3 août, le
- temps a été très chaud dans toute l’Europe; le matin, le thermomètre marquait 19° à Paris, 20° à Lyon, 25" à Perpignan, 18° à Saint-Pétersbourg, 23° à Stockholm. On a signalé un orage au mont Aigoual, ainsi que des éclairs de chaleur à Lyon et à Perpignan. Le 4 août la température a été très élevée dans toute la France ; on a noté les maxima suivants : 35° à Bordeaux, à Toulouse, 52° à Biarritz, 51° à Nantes, 30’’ à Paris, 33®,8 à Achères. A la fin de la journée, vers 7 heures, un violent orage venant du sud-ouest a éclaté sur Paris, a passé sur les Champs-Elysées et gagné le Luxembourg en se dirigeant vers l’est. La foudre est tombée dans le haut de l’avenue de l’Observatoire ainsi que sur quelques arbres des Champs-Elysées et du boulevard Saint-Michel. La pluie est tombée également en abondance dans les régions du Havre et de Cherbourg, à la suite de divers orages. Ces derniers ont été très nombreux dans la nuit du 4 au 5 août; dans la région parisienne, ou a recueilli 14 mm d’eau au Bureau central et 2 mm seulement au parc Saint-Maur. Il est tombé 27 mm d’eau à Charle-ville, 25 mm à Cherbourg, 13 mm au Havre. Un violent orage s’est déchaîné sur Bordeaux ; il y a eu une chute de gros grêlons, puis une trombe d’eau s’est abattue sur la ville. Le 5 août, le temps a été orageux, et des averses sont tombées en de nombreux endroits. Le 6 août, on a signalé de$ ondées sur le littoral de la Manche. Le thermomètre marquait le matin 17° à Paris, 23° à Lyon, 14° au puy de Dôme. Le 7 août, pluie à Paris dans la malinée-
- P11ASE DE LA LUNE : 1). Q. le 4, à 2 h. 12 du soir.
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- N° 1630 (20 août 1904), du journal « LA NATURE »
- HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE*, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— A l’occasion du 14 juillet, M. le ministre de. la Guerre a promu, au titre civil, commandeur de la Légion d’honneur M. Appell, de l’Institut, doyen de la Faculté des sciences de Paris, membre de la Commission d’examen des inventions intéressant les -armées de terre et de mer.
- —— M. Jules Tannery, docteur ès sciences, sous-directeur et maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, est nommé professeur de calcul différentiel et intégral à la Faculté des sciences. M. Houssay, docteur és sciences, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, est nommé professeur de zoologie à la Faculté •des sciences. Ces deux décrets répondent à l’organisation du nouveau régime de l’Ecole normale, qui est rattachée à la Sorbonne.
- —^— Nous avons le regret d’annoncer la mort à Grenoble, à l’âge de 85 ans, de M“e Paul Lamaclie, petite-lille de Lebon d'Hum-bersin, inventeur du gaz. L’événement passera sans doute inaperçu et pourtant Lebon a rendu à l’humanité un service immense. Ou a laissé mourir dans l’oubli ce dernier représentant du célèbre inventeur. L’ingratitude des peuples est quelquefois aussi grande que le génie de leurs bienfaiteurs.
- —— La course de canots automobiles de Calais-Douvres a eu lieu le 8 août. Le signal du départ a été donné à lh40m à Calais. Les vingt-trois canots concurrents ont lutté de vitesse ; leur fonctionnement a été très satisfaisant. On a surtout remarqué leur vitesse. A 2h40“, le premier canot, la « Mercédès IV », concurrent français, pénétrait dans le port de Douvres, ayant franchi la distance qui sépare Douvres de Calais en lh 7*. Les résultats officiels de cette course ont été les suivants : Racers ou canots de course. — 1. « Mer-cédès-IV » (Mercédès), en lh78; 2. « Napier-Minor » (Napier), lh 5” 25’2/5; 3. « Princesse-Elisabeth » (Delahaye), lh7“21s; 4. « Titan-II » (Delahaye), lh9“44s; 5. « MaPsouin-II » (Darracq), lh 34“* 7“ 1/5; 6. « Trèfle-à-Quatre » (G. Richard-Brasier), 2h 29“ 51*; 7. « Marthe » (Cazes), 2h 42“ 23’2/5. — Cruisers ou canots de plaisance. — 1. « Vas-Y » (Delahaye), lh57“19s; 2. « Le-Nogen-tais » (Darracq), 2h5m7s5/5; 3. «" Noémi » (Herald), 2h13“40’; 4. « Suzy » (de Dietrich), 2h15ni599 : 5. « Camélia » (X...), 2h26“56’; 6. « Marcolle » (X...), 2h28“10’; 7. « Triplex » (Delahaye), 2h 30“ 59* ; 8. « Amiral-Bruix » (Ader), 2h 49“ 41’2/5; 9. « Dalifol » (Abeille), bateau de pèche, 2h54“8’; 10. « Hammond » (Vospers), bateau de pèche, 5h3“li’; 11. « Maurice » (Cazes), 3h 13“52*; 12. « Aurore » (X...), 5h45“56’. M. le ministre de la Marine a suivi la course à bord du torpilleur « la Durandal ».
- —Le Muséum vient de s’enrichir d’une antilope d’espèce fort rare et de capture très difficile : c’est une osanne, de pelage presque blanc et dont la croupe est de couleur orange. La chair en est, paraît-il, des plus savoureuses, et ce fut un de ces animaux, dit-on, que Lucullus servit un jour à ses amis, dans un de ces festins de Tusculum, qui firent si grande sa réputation de gastronome. Et ce fut encore une osanne que le maréchal duc de Richelieu fit mettre en pâté par Taverne, son cuisinier de Nérac, pâté dont goûta toute la cour, et qui fut trouvé si exquis que la renommée de Taverne en fut faite et celle aussi de la ville de Nérac, célèbre depuis lors par ses pâtés, encore qu’il n’y entre guère d’osanne.
- —— Le 13 août, dans l'après-midi, M. Georges Trouillot, ministre du Commerce, a inauguré au Grand Palais des Champs-Elysées l’Exposition internationale d’hygiène, de sauvetage, de secours publics et des arts industriels. Cette exposition aura lieu jusqu’au mois de novembre.
- —Pendant la semaine du 8 au 14 août, le ballon « Le-baudy n° 2 » a fait une sortie chaque matin. Il a évolué assez longtemps à une altitude moyenne de 90 mètres.
- —— La clôture des travaux du Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences a été prononcée le 11 août, dans la salle des conférences de l’Hôtel de ville de Grenoble. La ville désignée pour être le lieu du Congrès en 1905 est Cherbourg. Le bureau, à l’élection duquel il a été procédé, est ainsi composé : Président : M. Giard, de l’Institut. Vice-président : M. Lippmann, de l’Institut. Secrétaire : M. Gaston Saugrain, avocat à la Cour d’appel de Paris. Vice-secrétaire : M. Carlo Bourlet, professeur de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis. Trésorier pour quatre années : M. Emile Galante.
- —— Le feu s’est déclaré le 14 août, vers 3 heures de l’après-midi, dans la forêt de Fontainebleau au lieu dit Clair-Bois. Plus de 50 hectares ont été la proie des flammes.
- —— La marine semble enfin s’occuper sérieusement des torpilleurs. Le torpilleur 285 a effectué le 2 août à Cherbourg des essais à grande vitesse, il a atteint 27 nœuds et tous les appareils ont bien fonctionné. Les torpilleurs 290 et 293 à turbines ont également réussi leurs essais et ont été définitivement adoptés par la Commission de réception.
- —— Une violente secousse de tremblement de terre a été ressentie à 10h 22“ du matin le 9 août, à Wellington (Australie).
- —— Pendant la semaine du 8 au 14 août, le temps a encore été assez variable, mais cependant généralement chaud. Le 8 août, des pluies sont tombées dans le nord et l’ouest de la France; le matin, la température était de 19° à Paris, 24° à Perpignan, 15° au puyde Dôme, 11° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 19°,4, supérieure de 1°,3 à la normale. Dans la soirée, vers 8 heures, un violent orage a éclaté dans la campagne, près de Cette, causant de nombreux dégâts ; une petite fille a été foudroyée. Le 9 août, un vent faible du Sud a soufflé au Pas-de-Calais; il a soufflé du nord en Bretagne et de l’est en Provence. On a signalé des orages au mont Aigoual, à Cette et à Biarritz. La température a baissé en général; le matin, on notait 17° à Paris, 21° à Lyon, 27° à Perpignan, 15° au puy de Dôme, 15° au mont Ventoux", II0 au pic du Midi. A Paris le ciel a été, dans la journée, couvert et très nuageux. La température n’a pas présenté de variations; la-pression barométrique a baissé peu à peu et est descendue à 765 mm à 11 heures du matin. La température moyenne a été de 19°,9. Le 10 août, des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe; en France, on a signalé des orages à Biarritz et à Perpignan. La température était le matin de 16° à Paris, 25° à Perpignan, 27° à Livourne, 14° au puy de Dôme, 14° au mont Aigoual, 9° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 18°,3 avec un maximum do 20°,8 observé à la tour Eiffel, à 3 heures du soir. Le 11 août, les fortes pressions ont disparu complètement du continent. La température a baissé ; elle était le matin de 14° à Paris, 22° à Lvon, 24° à Marseille, 6° au mont Mounier. Il y a eu des orages tïans le sud et des ondées en Bretagne. A Clermont-Ferrand, pendant un violent orage, la foudre est tombée sur la ligne aérienne des tramways; à Saint-Germain-Lembron, deux personnes ont été frappées par la foudre et tuées. Le 12 août, la pression barométrique s’est relevée rapidement et a atteint 765 mm dans nos régions. On a signalé des pluies dans toutes les parties de la France, excepté dans le nord. La température a baissé généralement. La température moyenne à Paris n’a été que de 16°,4, avec un maximum de 18°,4 observé à la tour Eiffel, à 4 heures du soir. Le 13 août, le temps a été beau et chaud en France; le matin, le thermomètre marquait 11° à Nancy, 13° à Paris, 21° à Toulouse, 15° au puy de Dôme, 9° au pic du Midi. Le 14 août, le temps a été chaud à Paris, mais cependant supportable, grâce à un vent très fort soufflant du sud-sud-ouest. La température était le matin 17° à Paris, 20° à Clermont, 14° au mont Ventoux; dans l’après-midi on a observé à Paris un maximum de 25°,8.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres :et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Pour l’anac-tinôchrine p s’adresser aux établissements Goy, 15, rue des Minimes, Paris. — En ce qui concerne les électro-stérilisateurs Otto, dont la description a paru dans le n° 1628 du 6 août 1904, p. 156, pour la vente, s’adresser à la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines à gaz, 16 et 18, boulevard de Vaugirard; pour la location des appareils, s’adresser à la Société pour la location et la vente de compteurs, 9 et 11, rue de Tracy, à Paris.
- Communications. — M. Ch. Schmicl, à Bar-le-Duc, nous envoie une photographie représentant un petit tramway électrique qu’il a construit pour ses enfants. Il ajoute les renseignements suivants : « Le tramway prend son énergie par un trolley ou plus exactement par deux, car, recevant le courant nécessaire du secteur de la ville, je n’aurais pas été autorisé à mettre un des pôles à la terre pour faire le retour par les rails. Le véhicule mesure une hauteur totale de lm,10 sur lm,35 de longueur et 0m,40 de largeur. 11 roule sur une voie de 23 centimètres de large. Les fils du trolley sont placés à une hauteur de 2 mètres et supportés par des petits poteaux en tube de fer. La voie n’est pas circulaire quoique sans fin, elle suit les sinuosités des allées et présente des courbes de 5 mètres de rayon. Le « controller » n’est pas placé sur la voiture mais disposé Sur une sorte de sellette que je place en un endroit quelconque du jardin. Le courant venant de la prise y aboutit directement et de là se rend sur la ligne du trolley. Je puis donc arrêter le tramway où et quand je le désire. Le moteur placé sous le plancher prend de 4 à 6 ampères à 110 volts suivant les sinuosités de la voie. »
- M. Henri de Lormais, à Paris, nous a envoyé un citron dans lequel on voit des graines qui ont germé à l’intérieur du fruit.
- M. G. Eiffel nous fait hommage d’une élégante plaquette « Fêle du Solstice d’été » donnée à la Tour Eiffel le 21 juin 1904, compte rendu, discours prononcés, pièces de vers, etc., etc. C’est un joli souvenir à conserver.
- Renseignements. — M. L. Veraud, à Nîmes. — Voyez la réponse que nous avons faite, au sujet du blanc de France, à M. L. R., dans la « Boîte aux Lettres » du n° 1628 du 6 août 1904.
- M. Leroy, à Paris. — Il ne nous est pas possible de faire ces diverses études; il faut vous adresser à un ingénieur conseil.
- M. R. D., à N. — Nous avons déjà publié plusieurs articles sur cette même question.
- M. Robart, à Lille. — Il est préférable de déterminer d’abord par les conditions de l’installation l’alternateur à employer. Suivant l’alternateur, il sera facile de choisir ensuite la machine à vapeur qui conviendra le mieux.
- M. Duponchel, à Nancy. - Nous pensons que l’installation de la poulie de renvoi est défectueuse et qu’il faudrait la changer.
- M. le Dr R. Cordebart, à Aubervilliers. — 1° Veuillez vous adresser directement à l’auteur de l’article, 31, rue de l’Abbé-Grégoire, à Paris. — 2° Nous ne nous souvenons pas d’avoir vu ces annonces; renseignez-vous à l’Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. A. Sabatié, à Albi. —L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de la « Boîte aux Lettres » du numéro qui contenait la description. C’est à cette place et sous la rubrique :
- « Adresses relatives aux appareils », que nous donnons les adresses des appareils décrits dans le journal. Pour les
- « Petites Inventions », les adresses sont toujours indiquées à la fin de chaque article.
- M. R. Laffont, à Paris. — Nous ne pouvons examiner les projets d’appareils; il faut que les appareils aient été construits et aient donné des résultats pratiques satisfaisants.
- M. R. Germany, à Castuera. — Il n’v a pas d’autre moyen,, pour rafraîchir l’eau, le vin et la bière, que d’employer des petites glacières, ainsi que nous l’avons indiqué à de nombreuses reprises déjà.
- M. S. Sire, à Saint-Malo. — On a reconnu en effet que l’emploi de l’essence dans les canots automobiles est plus dangereux que l’emploi du pétrole lampant. Les moteurs restent toujours les mêmes ; mais avec le pétrole lampant, il est nécessaire d’avoir recours à un carburateur qui le distille, et c’est le produit de la distillation qui est utilisé dans les moteurs.
- M. Leroy, à Nantes. — L’élément le plus intéressant à* déterminer dans votre moteur est la consommation de gaz par cheval-heure. Cette expérience nécessite l’emploi d’un frein de I’rony fixé sur la poulie motrice.
- M. R. Z., à Fiers. — Vous trouverez des chauffe-bains au pétrole ou à alcool à la maison Allez frères, 1, rue Saint-Martin ; chez MM. Auguet et Fleureau, 15, rue du Faubourg-Montmartre,, et chez M. Delaroche aîné, 22, rue Bertrand, à Paris.
- M. Dambricourt, à Boulogne-sur-Mer. —Nous avons donné-une formule spéciale pour colorer l’acier en noir mat dans le-livre des « Recettes et Procédés utiles », 4e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Delattre, à Paris. — Il faut vous adresser à l’Aéro-Club,, place de la Concorde, à Paris.
- M. A. Ueynaudin, à Le Cateau (Nord). — Pour trouver ces-divers ouvrages, il faut vous adresser à la librairie Mulo, 10, rue Hautefeuille, ou à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. P. C., à Saint-A. — D’après les renseignements que vous nous donnez, il est probable que votre puits est alimenté par des sources qui s’écoulent à marée basse; au contraire la marée haute intercepte avant le puits le passage de ces sources et les arrête. 11 en résulte que le puits reste à sec au moment de la marée haute. Dans cette hypothèse, il est bien entendu que l’eau de mer ne peut arriver jusqu’au puits, et que vous n’y trouvez jamais que de l’eau douce, comme vous nous le dites.
- M. R. N., h Paris. — Pour pouvoir vous répondre, il est absolument nécessaire de faire toutes les expériences que vous indiquez ; vous pouvez les réaliser facilement vous-même.
- M. Herpin, à Versailles. — Nous ne savons de quel article vous voulez parler.
- M. Recht, à Paris. — Le Directeur du Journal reçoit tous les samedis aux bureaux de la rédaction de 5 à 5 heures. Mais nous n’examinons pas les projets ni les plans d’appareils ; nous désirons voir des appareils déjà construits, essayés et ayant fourni des résultats d’expériences satisfaisants.
- M. Virot, à Caen. — La puissance indiquée d’une machine est la puissance que donne un indicateur de Watt, placé sur le cylindre de la machine. La puissance effective est la puissance sur l’arbre moteur.
- M. Dion, à Nancy. — Nous avons déjà parlé de cette question à plusieurs reprises.
- M. Lebrun, à Paris. — Il serait nécessaire de voir l’objet pour pouvoir vous renseigner.
- M. G. N., à Trouville. — 1° Votre compte est incomplet; aux dépenses d’exploitation proprement dites, il faut ajouter les dépenses d’amortissement du capital d’installation. — 2° Les* dépenses annuelles d’amortissement dépendent du temps que l’on veut mettre à amortir le capital; on adopte généralement
- 10 pour 100.
- Un abonné, à Paris. — Nous n’avons pas encore reçu de réponse à votre question ; dès que nous en aurons une, nous la publierons.
- Accusés deréception. — Avis divers. — M. G. R., à Lyon.
- 11 faut faire fonctionner successivement les deux appareils, et comparer les résultats obtenus. — M. D. Gubard, à Toulouse. L’expérience ne peut réussir; la résistance en dérivation est environ 2 à 3 fois trop grande. — M. Léon, à Paris ; M. Virer, à Toulouse ; M. D. A., à Calais. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », 4re série, à la librairie Masson et Cie à Paris. — M. Ruber, à Rouen. Cette recette a été donnée dans le même petit livre que ci-dessus,, 4e série, à la même librairie. — M. G. F., à X. La recette que nous vous avons indiquée précédemment est bien celle qui se trouve dans le livre 5e série; mais vous avez pris de l’alcool au lieu de l’ammoniaque. — M. L. P., à Nantes; M. M. R., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- L’auto-mouleur.— L’auto-mouleur est un appareil qui permet d’effectuer rapidement un moulage dans les meilleures conditions et sans aucune difficulté. Il se compose d’un cadre en bois à l’intérieur duquel se trouvent enserrées un grand nombre de pailles spécialement choisies et placées parallèlement. Des vis de pression permettent de serrer à volonté toutes les pailles et de leur donner le degré de dureté nécessaire pour les reproductions. Lorsque l’on veut reproduire un objet, une figure par exemple, on desserre les vis jusqu’au point où la matière devient suffisamment malléable. On place la figure sur une surface plane, et on la recouvre par l’appaieil, comme le
- L’autc-mouleur.
- montre notre dessin. Toutes les pailles viennent s’appuyer sur les contours de la figure, et l’on voit celle-ci reproduite à la partie supérieure. On brosse ensuite au moyen d’un petit pinceau la matière sortie du cadre afin de lui donner le relief exact de l’objet à reproduire. On resserre les vis de pression avant de soulever l’appareil. L’auto-mouleur permet aussi de faire des dessins en creux ên se sei vant de petits outils joints dans la boîte. On procède comme nous avons expliqué plus haut pour effectuer le moulage. On serre ensuite fortement les vis. Un souffle d’abord du talc dans la partie en creux, et on fait une reproduction en plâtre; on laisse sécher le plâtre avant de le sortir, puis on'desserre les vis et on aplatit la matière. L’auto-mouleur peut être utilisé pour toutes sortes d’applications, et même pour tracer des cartes géographiques ea relief, pour tracer des sculptures anciennes et modernes. — L’auto-mouleur se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La fleur de tilleul.
- Remède populaire, l’infusion de fleurs de tilleul est recommandée depuis des siècles comme antispasmodique pour combattre les crampes d’estomac, les indigestions et les troubles nerveux de tous genres. Qui de nous n’a eu l’occasion de prendre, dans ces circonstances, une de ces infusions chaudes, parfumée»? et combien doivent à ce simple et banal remède la disparition de malaises désagréables, sinon dangereux! Ce thé des pauvres," comme on l’a appelé, jouit auprès des vieilles grand’mères de vertus inappréciables, et vous serez bien en peine de combattre cette croyance justifiée, du reste, par des succès innombrables.
- A quel alcaloïde inconnu, à quelle substance la fleur de tilleul doit-elle ses propriétés. Quand on fait macérer les feuilles et les fleurs fraîches du tilleul dans l’eau, on obtient un mucilage épais, comme si l’on avait ajouté au liquide une certaine quantité de gomme adragante. On peut faire avec celte macération un vérilable cataplasme, et j’ai connu un vieux goutteux qui n’employait jamais d’autre remède pour combattre
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ses accès; il prétendait en obtenir de merveilleux effets. J’ai conseillé ce moyen, mais, je dois l’avouer, sans aucun succès. Les malades n’avaient probablement pas la foi.
- Un chimiste, M. Caries, a trouvé d’autres raisons que celles d’un mucilage adoucissant. Les fleurs contiennent une notable proportion de manganèse et d’oxydases; la réaction de ces deux corps donne une combinaison manganésique qui a probablement des propriétés antispasmodiques et calmantes. Ce qu’il y a de sur, c’est que l’hydrolat de fleurs de tilleul, préparé par distillation, n’a pas du tout les vertus de l’infusion. Nos pères n’ont pas eu besoin de connaître ces détails chimiques pour apprécier les mérites de cette fleur parfumée. Continuons comme eux à nous en servir, sans crainte d’effet nuisible sur nos estomacs soumis trop largement à tous les empoisonnements alimentaires ou à tous les excès. Dr A. C.
- Maniement avec les feuilles (Varient.
- De tous les antiseptiques passés et futurs, les sels d’argent sont assurément et resteront un des plus énergiques. Pas ae microbe qui résiste à l’immersion dans une solution de nitrate d’argent. Depuis un temps immémorial du reste, ce sel est employé pour réprimer des bourgeons, aviver des plaies atones, modifier des ulcères torpides ; la pierre infernale était jadis d’un usage fréquent dans toutes les salles d’hôpitaux. On en use encore aujourd’hui; j’ai parlé des bons effets de l’argent à l’état colloïdal en applications topiques ou en injections.
- Voici une forme plus originale de l’emploi de l’argent; elle a été imaginée par l’Allemand Credé, et le Dr Reboul, chirurgien des hôpitaux de Nîmes, qui l’a mise en pratique, en a obtenu les meilleurs résultats. Il se sert des feuilles d’argent laminé ordinaire des papetiers et relieurs qu’on vend en petits cahiers, comme les feuilles d’or. Ces feuilles sont stérilisées par un passage à l’étuve à 150 degrés et appliquées telles quelles sur la plaie stérilisée par un lavage à l’eau bouillie chaude. On étale, d’une façon bien égale, une ou deux feuilles d’argent, suivant l’étendue, sur la partie malade, on tasse avec un petit tampon d’ouate stérilisé pour obtenir une adhérence complète, on recouvre d’une couche d’ouate et on fixe le pansement qu’on n’aura plus toucher avant six ou huit jours, à moins de suppuration. Cette feuille d’argent peut rester en place fort longtemps sans déterminer d’irritation. Pour renouveler le pansement, dit M. Reboul, il suffit de faire couler un filet d’eau stérilisée chaude sur la plaie ; l’eau entraîne le pus, les croûtes épidermiques et les débris de la feuille d’argent qui sont décollés ; on a soin de laisser en place les parties de la feuille d’argent encore adhérentes, et on recouvre, s’il en manque, avec une feuille nouvelle.
- Les résultats de ce pansement sont surtout remarquables dans les ulcères anciens, atones, comme les ulcères des jambes variqueuses. Les plaies se détergent et se cicatrisent avec une rapidité surprenante. Mais les avantages ne sont pas moindres pour les plaies récentes, résultat de traumatismes ou faites par un opérateur. La cicatrisation est rapide et toute injection est supprimée. D1' A. C.
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- Les'chromogènes : Virages colorés pour papiers ctu bromure\
- Les papiers au gélatino-bromure, qu’on utilise pour tirer des positifs par contact ou pour faire des agrandissements, donnent le plus souvent un ton assez froid dont on se fatigue vite ; nous mettons à part certains papiers, comme le Pan, qui donnent des tons qu’on peut varier avec le temps de pose, nous voulons parler des papiers ordinaires donnant le ton noir ou plutôt gris. On sait que ceux-ci peuvent être modifiés par différents virages en employant pour le rouge sanguine les sels d’urane. pour le bleu et le vert les sels de fer, pour le brun et le violacé les sels de cuivre ; il y a des formules variées à ce sujet ; elles réussissent plus ou moins bien, suivant le soin qu’on met à les composer ; mais c’est précisément dans la confection de ces bains que l’amateur échoue assez souvent, soit parce qu’il n’y apporte pas le soin nécessaire, soit aussi parce que les produits employés ne sont pas purs.
- V Pour faciliter l’obtention de ces virages et permettre d’obtenir à coup sûr le ton désiré dans l’épreuve finale, MM. Lumière ont composé, sous le nom de « Chromogènes )), des poudres qui comprennent tous les éléments de chaque virage : il suffit de les dissoudre dans l’eau pour préparer le bain dans lequel doivent être immergées les épreuves. Celles-ci peuvent être anciennes ou récentes, l’essentiel est qu’elles soient exemptes d’hyposul-fite de soude. Les « chromogènes » constituent aussi des bains renforçateurs pour les clichés.
- Tous les papiers au bromure peuvent être traités par ces
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- virages, mais certains d’entre eux réussissent plus facilement que d’autres et on fera bien de consulter à ce sujet la Notice spéciale publiée par MM. Lumière.
- En général l’épreuve, ayant été mouillée préalablement pour faciliter l’action du bain sur toutes les parties, est plongée d’un seul coup dans le virage et au bout de 20 à 30 secondes on voit l’effet commencer à se produire : il est complet en 3 ou 4 minutes.. On arrête l’action du virage par un lavage abondant qui fait disparaître la coloration jaune des blancs ; on aide
- au besoin cette décoloration en frottant légèrement avec une touffe de coton, car si le lavage doit être abondant, il ne doit pas être trop prolongé si on ne veut pas affaiblir l’épreuve.
- On devra tenir compte, au développement de l’image positive, du ton définitif qu’on désire donner h l’image et on la poussera plus ou moins suivant le virage qu’on aura en vue, car si l’intensité baisse avec les virages à l’urane, elle monte avec les virages au fer, tandis que le cuivre n’y apporte aucune modification. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECItON ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 août 19’,0 S. E. 1. Couvert. 9,7 Couv. le matin; très nuag. le soir; pluie le matin.
- Mardi 9 .... 17°,0 N. N. E. 0. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux.
- Mercredi 10 15°,7 N. 2. Nuageux. )) Rosée ; nuag. jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- Jeudi 11 14u,4 N. 2. Beau. » Rosée; halo; arc circonscrit; peu nuageux.
- Vendredi 12 13°,9 S, S. VV. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Samedi 13 13°,2 N. 1. Beau. » Rosée; quelques nuages; halo à 18 h.
- Dimanche 14 ... . 16°,6 S. S. E. 1. Beau. >4 Rosée ; beau.
- AOUT 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 11 AOUT 1901.
- La courbe supérieure indique la nébnlosilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, lherntomèlfe à l’abri à boule mouillée.
- J
- Résumé «les observations niétéorologifjues laites à
- l’observatoire du parc Saint-Maur, en juillet 1904,
- par M. Th. Moineaux.
- Pression barométrique, altitude 50*.5. Moyenne des 24 heures, 758””,85; minimum absolu, 749““,5, le 25, à 15 h. 50; maximum absolu, 763“”,2 le 9, à 8 h. 30; écart extrême, 13“"",7.
- Température. Sous l’abri : moyenne des mitiima, 14®,28; desmaxima, 28°,28; du mois, 21°,28; vraie des 2i heures, 21°,09; minimum absolu, 8°,6 le 5; maximum absolu, 36°,9 le 17. Sur le sol gazomié : moyenne des minima, 12®,25; des maxima, 52°,22; minimum absolu, 6°,1 le 5; maximum absolu, 60°,0 le 17. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures : à 0“,30 de profondeur, 20°,24; à 1 mètre, 18°,11. De la Marne : moyenne le matin, 23*,37 ; le soir, 21°,53 ; minimum, 20°,50 les 1" et 2; maximum 27°,70 le 16.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, ll”“,19 ; minimum, 6““,6 le 9, à 16 heures ; maximum, 15“”,9 le 17, à 10 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 63,5 ; minimum, 21 le 9, à 15 h. 30 m ; maximum, 98 le 5, à 4 heures.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.l, 3,39; moyenne diurne la plus faible, 0,0 les 9 et 10 ; la plus grande, 9,9 le 2>.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l'horizon, 485 heures ; durée effective de l’insolation, 363 heures en 31 jours; rapport, 0,75.
- Fréquence des vents : Calmes, 5.
- N . . . , . 69 E . . . . 21 S 26 W ... . 29
- N. N. E. . . () i E. S. E. . 40 S. S. w. . 32 W. N. W . 26
- N. E . . . . 128 S. E . . . 22 s. w. . . 85 N. W. . . 22
- E. N. E. , . 92 S. S. E . . 28 w. s. w . 39 N. N.W. . 25
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 2”,8 ; moyenne
- diurne la plus grande, 5”,i le 27 : 11 plus faible, 1“,4 le 5; vitesse raaxi-ma, 15”,3 le 24 de 15 h. 28 à 15 h. 33 par vent W.
- Pluie : total du mois, 50”“,3 en 14 heures. Il en est tombé 11““,4 Le 26,
- Nombre de jours de pluie, 6, et en o lire 4 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre; de rosée, 24; de halos, 2; d’orages, 5,les 12, 20, 24, 25 et 51 ; d’éclairs seuls, 2, les 11 et 30; de grêle. 1.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 1“,85; minimum, 1",49 le 15, maximum, 2”,25 le 30.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 0“",85 ; température -+- 2°,87; tension de la vapeur -+- ü“”,22 ; humidité relative — 9,0 ; nébulosité — 2,09; pluie — 22”“, 1.
- Floraisons. Le 4, fenouil, yucca filamentosa; le 6, tabac commun; le 7, passerose; le 10, tilleul argenté; saponaire, gaura; le 11, coreopsis; le 12, nhlox vivace, mélisse officinale, absinthe; le 13, verge d’or; le 15, harpa-lium; le 19, persicaire; le 20, althœa ; le 21, tannisie; le 22, echinops; le 24, sadum telephium; le 25, bouillon blanc, bardane. Exfoliation des platanes, le 11.
- Dernier martinet, le 31.
- Le mois de juillet 1901 est remarquable par sa température élevée; la moyenne des minima et maxima a été de 21°,28, alors que la normale est de 18°,66 seulement, soit un excès de 2°.62, qui n’a été dépassé qu’une fois depuis 31 ans, en juillet 1900. Le maximum absolu, 36°,9, a été relevé le 17, pendant la période des fortes chaleurs, qui a duré 19 jours consécutifs, du 7 au 25, la moyenne diurne s’est tenue constamment au-dessus de la normale, l’excès atteignant 8°,8 le 17, et 13 fois les maxima ont été supérieurs à 30°. Au début de l’orage du 24, qui a été précédé, à 15 h. 30 d’un coup de vent de 15".3 par seconde ayant causé des dégâts en divers points de la région de Paris, la température s’est abaissée de 10® en une demi-heure, entre 15 h. 30 et 16 heures; le baromètre s’est élevé brusquement de 8 mm, et le vent a sauté de E.-S.-E. à W.-N.-W. par le Sud.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 11, à 1 h, 7 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— On a annoncé de Reno (Nevada), aux Etats-Unis, qu’une nouvelle étoile venait d’être découverte à’ l’est, entre le zénith et l'horizon. Elle a apparu et disparu dans un intervalle de 5 minutes.
- —— Le directeur du Muséum d’histoire naturelle vient d’èfre autorisé à accepter, au nom de cet établissement, la donation faite par M. Durand : 1° d’une collection d'herbiers et d’une bibliothèque botanique; 2° d’une somme de 5000 francs destinée au payement aies frais de transport et d’installation desdites collections; 3° d’une somme de 50000 francs destinée à l’achat d’un titre de rente 3 pour 100 sur l’Etat pour les arrérages être atfectés à l’entretien des herbiers et à l’achat de plantes et de livres de botanique.
- —Une commission a été instituée par le Conseil général de la Seine, afin d’étudier les différents procédés employés en Allemagne pour l’épuration des eaux alimentaires. Cette délégation, qui vient de partir, est composée de MM. Ernest Moreau, président <le la sixième commission du Conseil municipal de Paris; Parisot, secrétaire du Conseil général de la Seine et vice-président de la commission départementale des eaux et de l’assainissement; Chenal, Uarmignae et Paris, conseillers généraux. Elle a pour mission d’étudier les adductions d’eau des sources, procédés de filtrage, épuration et stérilisation des eaux alimentaires, ainsi que les différents services d’hygiène tels qu’ils sont compris de l’autre côté du Rhin. Celte délégation visitera successivement Berlin, Magdehourg, Hambourg, Francfort et Elberfeld. M. Beclnnann, chef du service des eaux, et le Dr Monod, directeur du service d’hygiène de la préfecture de la Seine, accompagnent la délégation.
- —— Le Congrès de zoologie s’est réuni à Berne le 15 août, ï/i France y était représentée par M. Edm. Perricr. Il a cfé décidé que la prochaine session aurait lieu à Boston, en 1907, sous la présidence de M. A. Agassiz.
- —lit— Le 8e Congrès international de géographie s’ouvrira à Washington le 7 septembre 1904.
- —— Parmi les dernières promotions dans la Légion d’honneur à titre étranger, nous relevons avec plaisir le nom de M. Paul Ditisheim de la Chaux-de-Fonds dont nous avons souvent décrit les ingénieux instruments de précision.
- —On sait toute l’importance qü’a prise le caoutchouc dans les applications diverses électriques, d’automobile, etc. Et cependant jusqu’à ces dernières années, il n’existait de grands marchés de caoutchouc qu’à l’étranger. En 1899, il se traitait par an 3402 tonnes de caoutchouc sur le marché d’Anvers. Un marché fut alors établi à Bordeaux, et l’on traita 175 tonnes de caoutchouc en 1909, 678 tonnes en 1902, et 1115 tonnes en 1903. Les maisons françaises achètent maintenant leur caoutchouc en France.
- —)$— Par décret, publié récemment, est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département de la Haute-Savoie, d’uite ligne de tramway à traction mécanique et à crémaillère destinée au transport des voyageurs et des marchandises entre la gare du Fayet-Saint-Gervais et le sommet de l’Aiguille-du-Goùter. Est •approuvée la convention passée, le 9 juillet 1904, entre le préfet de la Haute-Savoie, au nom du département, et MM. Couvreux, lleruad et Duportal, agissant au nom de la Société d’étude du tramway électrique du Mont Blanc, pour la concession, durant 75 ans, du tramway, conformément aux conditions du cahier des charges annexé à cette convention. La ligne empruntera : 1° le chemin d'accès à la station du Fayet-Saint-Gervais; 2° la route départementale n° 4 depuis ce chemin jusqu’à l'origine du chemin vicinal du Berchat; 3° le chemin vicinal n° 1 dit du Berchat jusqu’à Saint-Gervais-les-Bains ; 4° le chemin vicinal de Saint-Gervais-les-Bains à l’Aiguille-du-Goùter. La largeur de la voie entre les bords intérieurs des rails devra être de 1 mètre. Le nombre et l’emplacement des
- gares, stations et halles seront arrêtés lors de 1 approbation des projets définitifs. Il est toutefois entendu, dès à présent, qu’il sera établi des stations ou des haltes pour le service des voyageurs et des gares pour la réception et la livraison des bagages et des marchandises à grande vitesse, suivant les indications ci-après : 1° Le Fayet; 2° Saint-Gervais-les-Bains (passage à niveau de la route départementale n° 4); 3° Motivon; 4° Col de Voza; 5° Pavillon de Bellevue; 6° Mont-Lachat; 7° Les Rognes; 8° Tête-Rousse; 9° Col de l’AiguilIe-du-Gouter. Le nombre minimum des voyages qui devront être faits tous les jours, dans chaque sens, du 15 juin au 15 septembre, est fixé à deux. Les trains se composeront de deux voitures au plus, et leur longueur totale ne dépassera pas 20 mètres. La vitesse des trains en marche sera, au plus, de 8 kilomètres par heure. Le prix des places par voyageur est fixé à lfr,50 par tête et par kilomètre; le prix du transport des bagages ou marchandises. 5 francs par tonne et par kilomètre; tout voyageur aura droit à
- 10 kilogrammes de bagages. Les projets d’exécution seront présentés dans un délai d’un an à partir de la date du décret déclaratif d’utilité publique (3 août 1904). Les travaux devront être commencés dans un délai de deux ans à partir de la même date. Ils seront poursuivis et terminés de telle façon que la ligne entière du Fayet à l’Aiguille-du-Goùter puisse être livrée à l’exploitation, six aï s après le commencement des travaux.
- —— Le ballon dirigeable Lebaudy a commencé le 20 août, dans la matinée, des excursions avec passagers à son bord. A 7h30. M. Paul Lebaudy, député, est monté dans la nacelle et le ballon s’est dirigé pendant vingt minutes sur la plaine entre Lavacourt et la Roche-Guyon. Puis, revenant à l’aérodrome, M. Paul Lebaudy descendait de la nacelle. Quelques minutes après Mme Paul Lebaudy prenait à son tour place dans la nacelle et pendant encore vingt minutes (à 8h 15), le dirigeable se promenait au-dessus de la plaine de Moisson et venait ensuite atterrir doucement devant le hangar, Le ballon était piloté par M. Juchmès, accompagné du mécanicien Rey.
- —— Le lundi 15 août, à 5 heures du soir, a été donné à Toulouse, le départ de la plus longue course à pied qui ait jamais eu lieu. Il s’agissait de couvrir la distance de Toulouse à Pans, soit 737 kilomètres. Le vainqueur Leonce Decharte est arrivé à Paris le 21 août à 3 heures, couvrant les 737 kilomètres en 142 heures et accomplissant ainsi une performance admirable. Decharte est âgé de 48 ans, mesure lm,60 et pesait 63 kilogrammes avant la course. Détail curieux, son métier est plutôt sédentaire : il est coiffeur. Il a à peine dormi 7 à 8 heures depuis son départ de Toulouse, et est arrivé dans un état de fraîcheur remarquable, accomplissant en courant les 500 derniers mètres du parcours. Derrière lui sont arrivés Péguet, le vainqueur de Bordeaux-Paris 1903, en 149 heures, et Marius en 149h 16m. Les autres loin.
- —Le nageur Holbein, qui avait déjà essayé quatre fois de traverser à la nage le détroit du Pas de Calais, vient de renouveler sa tentative. Parti le samedi 20 août, à 4h 45 du soir, de la plage de Lydden Spont, à Douvres, Holbein, qui souffrait de douleurs intestinales, a été obligé d’abandonner après 12 heures de nage. Il se trouvait à ce moment à 15 milles de son point de départ. Un autre nageur, Burgess, a également échoué dans la même tentative.
- —— Le 50e rapport annuel du Postmaster général, contient une statistique intéressante du mouvement postal en Angleterre. Durant l’année 1903-1904, la poste a distribué, dans le Royaume-Uni : 2597600000 lettres, 613700 000 cartes postales, 174800000journaux, 820 400000 circulaires, envois divers, etc., à cinq centimes, et 94400 000 colis postaux, soit en tout 4 300 900 1)00 envois postaux.
- 11 y a, sur le chiffre total de l’année dernière, une augmentation de 38 pour 100, et plus particulièrement pour les cartes postales une augmentation de 25,5 pour 100. Etant donnée la population de la Grande-Bretagne, chaque habitant des Iles-Britanniques envoie, par an, une moyenne de 101 lettres, cartes, journaux ou colis postaux.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la nouvelle pompe à piston tournant de M. A. Butin, que nous avons décrite dans le n° 1625 du 16 juillet 1904, p. 99, il faut s’adresser au Comptoir général Butin, Pauli et Cie, 2, rue Ilippolyle-Lebas, Paris.
- Communications. — M. Barlhelmé, au Havre, à propos de notre article « Les souris qui chantent » paru dans le n° 1627 du 50 juillet 1904, p. 158, nous adresse la lettre suivante : « L’article « Les souris qui chantent », paru récemment dans votre revue, m’engage à vous faire part de quelques observations qui pourront peut-être vous être de quelque utilité. On sait généralement que les souris aiment la musique, mais peu de personnes ont connaissance de leur chant. La maison que j’habite, étant de construction ancienne, n’est pas exempte de ces animaux et tous mes efforts pour leur destruction complèlc sont restés vains. Je vivais avec ce mal depuis un certain nombre d’années, ne m’étant jamais aperçu que de l’effronterie de ce petit animal qui agrémentait ses bonds d’un petit' cri strident. Depuis trois mois environ je crus remarquer que la race de mes souris avait changé : de grises, elles étaient devenues plus foncées. En même temps j’observais leur chant qui commençait régulièrement à 9 heures du soir pour se prolonger toute la nuit. Le bruit ne dérangeait pas leur concert, et, par leur chant, il m’était facile de suivre leurs ébats dans les différents appartements de mon habitation. Leur chant se composait de trémolos continuels, tantôt lents, tantôt précipités, tantôt en notes graves, tantôt en notes aiguës et je ne saurais mieux comparer cette harmonie de sons, qu’au bruit fait par des gouttes d’eau tombant avec force et avec différentes pressions dans des bassins métalliques de contenances variables. La quantité des jeunes souris prises ces jours-ci me ferait croire que les vieilles accompagnaient de leurs chants leur progéniture. Au nombre des vieilles souris capturées il s’en est trouvé une il y a deux jours qui n’a cessé de chanter durant toute la journée dans sa souricière. Il m’a été facile de constater que le chant était provoqué par les narines de la bête. Si elle n’avait eu la patte cassée je l’aurais tenue à votre disposition, car il était vraiment bizarre de voir ce malheureux petit animal sur le point d’expirer et chantant encore. Son corps mesurait 6 à 7 centimètres, sa queue 9 centimètres. Tandis que le poil était, sur le dos, roux tirant sur le noir et le ventre gris blanc, la queue en était absolument exempte, semblable à la queue du rat. Les narines fines étaient très proéminentes. Bien qu’il circule encore quelques souris le soir, je n’entends plus chanter depuis la capture de cette dernière, et j’ai cependant peine à croire que cet animal ait pu à lui seul produire un concert si varié et si étendu. »
- M. Contour, à Paris, à propos des expériences aéronautiques que nous avons signalées dans les « Informations » du n° 1629 du 15 août 1904, nous écrit qu’il a été en collaboration avec M. H. François pour un aérostat dirigeable, mais que depuis plus d’un an il a rompu avec ce dernier et lui a signifié d’avoir à ne plus se servir de son nom.
- Renseignements. — M.E. Poisson, à Paris. — Vous trouverez la description du procédé Boucherie pour l’injection des poteaux télégraphiques dans le a Traité général des lignes et transmissions » par Lazare Weiller et II. Vivarez, à la librairie Masson et C!e, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. J. lissier, à Besançon. — Les tuyaux employés pour ces canalisations sont en fonte.
- M. A. F. Dominguey, à Montevideo. — Pour vous procurer une machine de ce genre, il faudrait vous adresser à M. J. Besançon, 48, rue de Bondy, ou à M. Hachette aîné, 14, rue d’Aboukir, à Paris.
- M. Wolff, à Bein-Ounif. — 1° Nous vous avons répondu dans la « Boîte-aux-Lettres ». — 2° Le ventilateur à ressort que nous avons décrit dans les « Petites Inventions » du n° 1627 du 50 juillet 1904 pourrait vous convenir. — 5° Pour fabriquer des boissons gazeuses, vous pourriez vous adresser à M. Mondollot, 72, rue du Château-d’Eau, ou à la Cie des Spark-lets, 151, rue de Vaugirard, à Paris.
- M. E. S., à Nantes. — Veuillez consulter la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1625 du 16 juillet 1904; nous avons indiqué une série d’appareils à glace.
- M. H. P., à Bouen. — Il est absolument nécessaire que les-fils de fer constituant les supports des induits soient en fer doux.
- M. D. R., à Paris. — Nous avons parlé de la « Stovaine )> dans les (< Nouvelles scientifiques » du n° 1626 du 25 juillet 1904, à la rubrique « Hygiène et Santé ».
- M. E. de S. M., à. Margao. — Il n’y a pas de moyen spécial ; il suffit de casser les gros blocks en les frappant.
- M. E. Guichard, à Saint-Vincent-de-Connezac. — Nous-n’examinons jamais les projets et nous n’en donnons jamais la description. Il nous est donc impossible d’étudier votre projet de pont.
- M. A. Vieira da Silva, à Lisbonne. — 11 n’existe aucun ouvrage sur la fabrication de cylindres pour phonographes ou de disques pour gramophones; nous ne pouvons vous donner de renseignements.
- M. H. Féderspiel, à Carignan. — Prenez de la poudre de pyrèthre de bonne qualité ou simplement de la fleur de soufre bien pulvérisée.
- M. F. Leglaive, à Paris. — Nous pouvons vous indiquer le « Traité des maladies du cheval » par Bénion, à la librairie Agricole, 26, rue Jacob, au prix de 5fr,50, ainsi que le « Dictionnaire usuel de chirurgie et de médecine vétérinaires » par Beugnot, à la librairie Asselin et Houzeau, 11,place de l’École-de-Médecine, à Paris.
- M. A. C., à Neufchâtel-en-Brav. — Nous avons trouvé quelques sociétés d’assurances contre le vol : Le Lloyd néerlandais, 45, rue Taitbout, la Mutualité française, 25, rue Le Peletier, à Paris.
- M. T. He'id, à Pau. — Vous pourrez vous procurer des lunettes-d’atelier et des masques contre la poussière chez MM. Goulart et Cie, 55, rue de la Roquette; chez M. Finet, 157, rue du Temple, à Paris, ou chez M. P. Meyer, 85, rue d’Isly, à Lille.
- M. E. Lacour, à Saint-Emilion. — 1° Nous avons publié quelques formules pour la teinture des cheveux dans les « Recettes et procédés utiles », lre et 5e séries, à la librairie Masson et Cie. — 2° H n’existe pas de traité spécial sur la matière.
- M. Couturier, à Paris. — On n’est pas encore bien fixé sur l’utilisation qui peut être faite de ces résidus ; nous ne connaissons aucune application.
- M. P. M., à Lille. — Nous n’avons pu trouver l’adresse d’aucun fabricant d’outil pour agrandir des trous dans des pièces en porcelaine.
- M. L. üelort, à Bordeaux. — II serait préférable de vous adresser directement au Muséum d’histoire naturelle, à Paris.
- M. Delamont, à Fumel. — Vous trouverez tous ces renseignements dans l’article que nous avons publié dans le n° 1627 du 50 juillet 190L
- M. L. Durieu, à Paris. — Consultez le « Manuel de l’ouvrier monteur électricien », à la librairie Bernard Tignol, 51 bis, quai des Augustins, à Paris; il parle des canalisations électriques intérieures à établir dans les immeubles.
- M. M. Graindont, à Paris. — Nous ne pouvons expliquer les résultats que vous nous faites connaître.
- M. Bachelier, à Lyon. — Le siège de la Société a été transféré 27, rue de Rome, à Paris, il y a déjà quelques années.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. B., à Agen. Votre mémoire est trop étendu; nous ne pouvons discuter ces questions. — M. L. S., à X. Nous avons bien reçu votre Notice; mais elle ne traite pas le sujet au point de vue pratique, que nous aurions désiré. Il nous est impossible de nous en servir. — M. P.
- L. , à Paris; M. J. M., à Nice. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Durand, à ltayeux; M. Vidar, à Nice. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. —
- M. II. V., à Paris; JW. Dupart, à Lille; M. R. E., à Lyon. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la Itvi'aison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- GONDOLE EN PAPIER PLIÉ
- Par Tom Tit.
- 1. Plier en deux, suivant AB, dans le sens de sa longueur, un rectangle de papier de 20 cm X 30 cm. — 2. Le plier en quatre, suivant CD. À partir de B, porter Bih = 5 centimètres et mE = 3 centimètres. A partir de II, porter H« = 11 centimètres, et nF = 3 centimètres. Tracer mn et EF. Enfin, porter Bx = 4 millimètres et mener xy parallèle à BC. Raccorder, par une courbe, xy et mn. Enlever la partie teintée sur la figure 2, en découpant les quatre épaisseurs du papier d’un seul
- coup, ce qui donne l’aspect de la figure 3. — A. Plier les quatre épaisseurs du papier suivant EF. — 5. Remettre le papier à plat, comme figure 1. — 6. Plier de nouveau suivant EF, et mettre la partie AEFB.c à angle droit, sur le reste du papier, puis ouvrir le pli EF, amener EA sur la ligne EF, et marquer les plis Ea et Eb. Marquer de même, sur la partie de droite, les plis EV et Wb'. — 7. Relever la pointe A, la rabattre sur la table, et marquer le pli ab. De même pour
- a'b'. — 8. Rabattre la partie AFa d’avant en arrière, autour de AF. De même rabattre, d’avant en arrière, la partie de droite BFV. — 9. Plier le papier suivant oo, des deux côtés de la gondole, couper suivant cd, pour enlever deux morceaux X de 5,5 centimètres de hauteur; plier suivant e/1, en bordant' le papier à l’intérieur, à cheval sur les lignes eb et b'f, des triangles ebo et fb'o'. Faire de même de l’autre côté. La gondole est terminée, mais elle est plate ; pour lui donner sa largeur, ouvrir le dessous avec le bout des doigts, et donner au pont une largeur de 2 centimètres. La forme en fuseau de ce pont se dessine d’elle-même, comme on le voit figure 13; on accentue le pli arrondi du pourtour en serrant le papier entre le pouce et l’index, promenés tout autour de ce pont. On peut rabattre les pointes en A et en B, en retournant le papier,
- comme l’indique la figure 9 ; un coup de ciseau oblique (comme en B, fig. 9), donne la tête du cygne; on marque les yeux avec une plume et de l’encre.
- Baldaquin. — Il se fait avec l’un des deux morceaux X enlevés à la figure 9. Supprimer la partie teintée et plier en deux par le milieu (fig. 10). Découper un rideau et le demi-lambrequin (11), remettre à plat et faire deux plis gh pour le toit. Le bas du baldaquin s’introduit dans la fente existant entre le pont et le bordage. On peut aussi placer des personnages (gondolier, touristes, etc.), en papier découpé.
- Charmant objet d’étagère, cette gondole peut aussi constituer un intéressant jouet scientifique; son dessous, en forme de ventouse, permet en effet de la faire flotter sur l’eau avec une parfaite stabilité, et malgré l’absence de quille.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Dorure sur verre. — La recette nous est donnée par « National Druggist ». Les parties du verre à dorer sont couvertes d’une solution aqueuse saturée de borax; puis on y applique une feuille d’or, qu’on étend bien avec un tampon d’ouate. On tient alors l’objet en verre dans la flamme d’une lampe à alcool en chauffant le borax jusqu’à ce qu’il fonde, puis on laisse refroidir.
- Ciment des joailliers. — Il convient particulièrement pour la porcelaine fine, et on le compose avec 1 partie de colle de poisson, 4 parties d’eau, 4 parties d’alcool, partie de gomme mastique en larmes dissoute dans 4 parties d’alcool, et enfin 1/4 partie de gomme ammoniaque. On fait d’abord tremper
- plusieurs heures la colle de poisson dans l’eau, en la maintenant dans une pièce tiède; puis on la chauffe jusqu’à faire complètement évaporer l’eau. On maintient cette solution gélatineuse au chaud, et par conséquent à l’état solide. La gomme mastique a été dissoute séparément, et l’on y a ajouté la gomme ammoniaque. Quand les deux préparations sont prêtes, on ajoute l’alcool au mucilage, on mélange les deux solutions, et l’on fait chauffer le tout au bain-marie jusqu’à liquéfaction. Il faut toujours employer Ce ciment à chaud, le bain-marie assurant sa fusion.
- Bain pour nickelage. — Il est employé peur le nickelage galvanique par certaines compagnies industrielles qui s’eu trouvent au mieux : 30 litres d’eau, 0k‘,4 de chlorure de nickel, 7 kilogrammes de pyrophosphate de soude, 0kg,6 de chlorure d’ammoniaque et 0ks,25 dé carbonate d’ammoniaque.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 août .... 16°,0 N. W. 2. Couvert. 0,8 Nuag. ; pluie de 5 h. 50 à 5 fc. 55 et gouttes à 7 li. 30.
- Mardi 16 14°,1 S. S. W. I. Beau. D Rosée ; nuag. de 7 à 14 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 17 16°,2 S. E. 1. Beau. 0,0 Rosée; halo; beau jusqu’à 10 h. ; nuag. ensuite; gouttes vers 21 h.
- Jeudi 18 15“,1 W. S. W. 3 Beau. » Rosée ; nuag. de 8 à 17 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 19 13”,2 S. W. 1. Beau. » Rosée ; nuag. de 8 à 17 h. ; beau avant et après; halo.
- Samedi 20 12“,1 Calme. Beau. » Rosée ; arc circum zénith il ; beau jusqu’à 8 h.; nuageux ensuite.
- Dimanche 21 ... . 12°,6 N. E. 2. Très nuageux. » Rosée ; nuageux.
- AOUT 1904. ;— SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 AOUT 1904.
- La courbe supérieure indique ia nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquentz courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un cyclone à Snint-X.ouis. — Un violent cyclone s’est abattu le 19 août sur une partie de la ville, détruisaut tout sur son passage. Un grand nombre de maisons ont été renversées; trois personnes ont été tuées et cent cinquante autres blessées.
- Le temps. — Le temps a été assez variable en divers points de la France, mais il s’est maintenu chaud. Le 15 août, des ondées sont tombées sur le nord-ouest de la France ; on a signalé un orage à Lyon. Vers 5b 15" du matin, une averse est tombée sur la région parisienne, donnant des hauteurs d'eau de 1 mm. Le thermomètre marquait le matin 16“ à'I’aris, 26° à Perpignan ; la température moyenne était de 19“,5, supérieure de 1°,8 à la normale. Le vent était très fort du sud-ouest sur les côtes de la Manche. Le 16 août, il y a eu des orages dans le Roussillon, et des éclairs à Lyon et à Biarritz. La température était en baisse; on notait 14° à Paris, 21° à Lyon, 12° au puy de Dôme, 14° au mont Ventoux, et 7°,6 à Vaucluse, dans la région parisienne, A Pau, pendant un violent orage, la foudre est tombée sur un noyer et a tué deux personnes qui s’étaient abritées dessous. Le
- 17 août, est survenue une baisse barométrique de 10 mm aux îles SciHy, et de 7 mm en Bretagne. Il a plu au pic du Midi. La température était de 16* à Paris, 231 à Toulouse, 18° au mont Ventoux, 16° au puy de Dôme, 12° au mont Mounier. On a signalé un violent orage qui a éclaté sur la commune de La Champ-Raphaël, près de Privas ; la foudre est tombée sur une ferme et a mis le feu à une provision de 400 quintaux de fourrage. La température movenne a été de 20°.7 avec un maximum de 26° à 3 heures du soir à la tour Éiflel. Le 18 août, les averses ont été très abondantes en Bretagne et dans l’est; il n’est tombé que quelques ondées dans la région de Paris. Il y a eu des orages à Lyon, à Perpignan et au-mont Aigoual. La température moyenne à Paris a été de 16°. inférieure de 1®,5 à la normale; le maximum à la tour Eiffel a été de 17°,8 à 3 heures dû soir. Le 19 août, de» pluies sont tombées au puy de Dôme. La température s’est notablement abaissée; le malin, le thermomètre marquait 9“ à Charleville, 13° à Paris, 13° à Clermont ; dans les environs de Paris, à Vaucluse, il y a eu un minimum de 6°,4. Le 20 août, le temps a été beau dans toutes les régions. Le thermomètre marquait le matin 12° à Paris, 13° à Clermont, 13° au mont Ventoux. 10° au puy de Dôme, 7° au pic du Midi. La température moyenne de Paris a été de 16°, 1 ; à Villepreux, on a relevé un minimum de 4°.
- PHASE DE LA LUNE : P. Q. le 18, à 4 h. 36 du matin.
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- N° 1632 (3 septembre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal. *
- INFORMATIONS
- —— L’Université de Cambridge vient de conférer le diplôme «de docteur ès sciences honoraire à M. Henri Becquerel, professeur de physique à l’Ecole polytechnique, membre ae l’Académie des sciences.
- —M. Vieille, inspecteur général des poudres et salpêtres, directeur du laboratoire central des poudres et salpêtres, est nommé membre du comité spécial consultatif des poudres et salpêtres, en remplacement de M. l’inspecteur général Sarrau, décédé. M. Liou-ville, ingénieur en chef attaché au laboratoire central des poudres et salpêtres, est nommé secrétaire dudit comité, avec voix consultative, en remplacement de M. l’inspecteur général Vieille.
- —Le 24 août, dans la matinée, est parti du haut de l’Observatoire de Paris un ballon monté par M. Biot, membre de l’Institut, «t un autre jeune savant. Cette ascension avait pour but de faire des expériences sur le magnétisme et l’électricité.
- —A la dernière séance de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, le professeur Lortet a fait une intéressante communication sur le contenu d’un sarcophage égyptien, celui du prince Malierpa, jusqu’à présent inexploré. Entre autres nombreuses provisions de bouche, ce sarcophage contenait une oie entière dans un état merveilleux de conservation, malgré les quatre mille ans écoulés. On y distinguait nettement les saillies et les dépressions caractéristiques de la peau de ce volatile; le gésier et le foie y étaient suspendus à l’intérieur par une ficelle. La même espèce d’oie est encore la plus commune actuellement en Egypte. Mais la trouvaille la plus intéressante a été, sans contredit, celle de grandes jarres qui avaient contenu le liquide destiné à conserver les momies, les provisions de bouche et les nombreuses bandelettes qui les enveloppaient. Avec l’aide de M. Ilugouncnq, professeur de chimie à la Faculté, M. Lortet a pu, en analysant la matière desséchée, reconstituer â peu près la formule de ce liquide antiseptique et conservateur.
- - Un nid de serpents. M. Louis Hygonnet, entrepreneur de maçonnerie, demeurant à Bayet (Allier), était occupé avec deux de ses ouvriers à réparer une écluse sur la Sioule, au lieu dit le Moulin d’Entremiole. Face à l'écluse se trouve un glacis de 20 mètres de long sur lm,50 de haut. A un moment donné, un ouvrier, M. Beyriou, alla chercher son tabac, laissé dans son veston sur le glacis. M. Beyriou aperçut subitement un serpent qui passait la tête hors d’une jointure. Il appela ses camarades, qui levèrent la pierre. Ils trouvèrent alors et tuèrent aussitôt 23 vipéçes qui se trouvaient cachées dessous. Continuant leurs recherches, en démolissant une partie du glacis, ces travailleurs ont trouvé et détruit 406 vipères dont la plus petite mesurait 22 centimètres de longueur. De plus, ils ont recueilli 166 œufs de serpents, qu’ils ont placés avec les reptiles dans une barrique à ciment pour les exposer à la vue des nombreux visiteurs accourus de toutes parts. Chose curieuse : vingt-quatre heures après, tous ces œufs ont éclos, laissant sortir chacun un joli petit serpent, qu’on s’est empressé d’écraser.
- —— Quelques chiffres, publiés par l’office du gouvernement général de l’Algérie, montrent l’importance qu’a prise l’industrie des primeurs. En 1903, l’Algérie a exporté en France 17 millions de kg de pommes de terre, 11 millions de kg de légumes frais, 5 millions de kg de raisin de table. Tous ces chiffres ont doublé, ou plus que doublé, en quatre ans. C’est de février à mai que la France consomme la pomme de terre algérienne; elles rapportent à leur producteur un bénéfice net de 20 à 30 francs les 100 kg, soit un profit net de 500 francs par hectare. C’est des derniers jours de juin au 15 août que la France reçoit les raisins d’Algérie, et, au début de la saison, le kilogramme s’en vend, à Paris, jusqu’à lfr,40, donnant au producteur un bénéfice des deux tiers.
- —Le 26 août, un grand incendie a éclaté à Hoboken, à quelques kilomètres d’Anvers, dans les dépôts de pétrole. Un filet de liquide inflammable coulant d’une fissure produite à l’un des réservoirs de 1’ « American Petroleum Company », a pénétré dans le sol d’une forge voisine et prenant feu a fait sauter le réservoir qui a communiqué le feu aux alentours. On cite des dépôts qui renfermaient 10000 tonnes de pétrole en 40 000 barils. Les dégâts sont considérables; ils se chiffrent par sept millions pour les marchandises perdues et les installations pétrolifères.
- —fît— Les compteurs horo-kilométriques, dont nous avons eu l’occasion de parler à plusieurs reprises, et notamment dans le n° 1448 du 23 février 1901, p. 193, ont été mis à l’essai à Paris, le 25 août. Les résultats fournis par ces premiers appareils ont été très satisfaisants.
- —«&— Un immense incendie, qui s’est étendu sur un front de plus de 20 kilomètres, a eu lieu du 25 au 27 août sur la côte orientale de la Corse. Les vignobles ont été détruits; des bois de châtaigniers ont été brûlés. Les dégâts ont été considérables ; beaucoup de têtes de bétail ont été la proie des flammes.
- —Le numérotage des automobiles va subir prochainement d’importantes modifications. Les automobiles qui peuvent réaliser en marche une vitesse supérieure à 30 kilomètres par heure doivent avoir à l’arrière une plaque d’identité lumineuse, de manière que les caractères constituant le numéro et la lettre de la voiture soient visibles la nuit. Les voitures automobiles relevant de la Préfecture de police, d'une vitesse supérieure à 30 kilomètres par heure, vont bientôt dépasser le chiffre de 10000. Avec le système actuel de numérotage, la Préfecture de police ne peut identifier que 9990 voitures. Les chiffres sont pris dans une sérié allant de 1 à 999; chaque véhicule reçoit un numéro correspondant à son rang d’immatriculation, et on y ajoute une lettre indiquant l’arrondissement minéralogique dans lequel sont domiciliés les propriétaires de la voiture. Pour la région parisienne, en raison du grand nombre de voitures inscrites on a dû adopter plusieurs lettres, EGIUX. Elles fournissent cinq séries de 1 à 999 pour la lettre simple et cinq séries pour la lettre doublée, soit en tout 9990 combinaisons. Pour obtenir de nouvelles séries sans modifier le système employé, il a été décidé que les lettres seraient numérotées de 1 à 1Ô. Les séries en cours se présentent comme suit : 224 E, 820 GG. Les séries nouvelles auront la forme suivante : 250 E-, 424 X2.
- —— A partir de l’hiver prochain la Compagnie de chemin de fer du P.-L.-M. mettra en circulation un train à marche extrarapide qui fera en 15h 50m le trajet de Paris à Nice. Jusqu’à présent, ce voyage, qui comprend 1087 kilomètres, exigeait une durée mini-ma de 15 heures; le nouveau train fera donc bénéficier les voyageurs de 1M0“. Ce train battra le record de la vitesse pour le parcours des 1000 kilomètres, record qui était détenu jusqu’à ce jour par le « train XX0 siècle » qui effectua en 12h42m le voyage New-York à Chicago. Le nouveau train de Paris à Nice comprendra trois grandes voitures à boggies, dont une voiture-salon et un wagon-restaurant. Les arrêts pour les changements de machine et pour les prises d’eau seront réduits au minimum nécessaire.
- —lit— On se souvient des premiers essais de locomotion électrique à grande vitesse, tentés entre Berlin et Zossen : on avait constaté que la voie de roulement de la ligne existante était trop légère pour les allures que l’on atteignait, et à plus forte raison pour celles que l’on voulait réaliser. Aussi le Parlement vient-il de voter un crédit de 360000 francs pour la pose d’une voie nouvelle, dont les rails auront un poids de 38 kg, et seront posés sur 18 traverses dans un ballast en basait finement cassé.
- —— M. Peter Eyerman, devant le Civil Engineers’ Club de Cleveland, est venu insister sur l’avantage économique considérable qu’il y aurait à utiliser, pour le chauffage des fours à réverbères, les gaz des hauts fourneaux.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les Maisons tournantes s’adresser à M. Petit, architecte, 101, rue d’Alésia, Paris. — Pour les pompes centrifuges de Laval à haute pression, qui ont été décrites dans le n° 1651 du 27«août 1904, p. 193, s’adresser à la Société de Laval, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- Communications. — M. A. Stëvart, professeur à l’Université de Liège, nous envoie une Notice, ayant pour titre (T A propos de l’expérience de Foucault ». Cette Notice, extraite de la « Revue universelle des mines », renferme la communication faite à l’Association des ingénieurs sortis de l’Ecole de Liège (section de Liège).
- Notre collaborateur, M. L. Rudaux, à Donville (Manche) nous adresse la lettre suivante : « Dans le n° 1627, du 30 juillet dernier, p. 133, le journal a publié un article sur l’invasion de papillons blancs qui avait été constatée en mer, aux environs de Granville, le 11 et le 12 juillet. A la question que je posais dans cette note, de savoir si ce phénomène avait été observé ailleurs un lecteur, M. Georges Thiry, écrit de Belgique une lettre affirmative à ce sujet.
- Notre correspondant se trouvant en villégiature à la Panne, petite plage belge à 17 kilomètres environ de Dunkerque, a remarqué les 15 et 14 juillet une quantité considérable de papillons blancs voltigeant en bandes serrées; après cela, au bords de la mer, des milliers de cadavres de ces insectes ont été rejetés par les flots, où ils avaient trouvé la mort.
- Cette intéressante constatation permet maintenant de se demander si l’invasion s’est étendue à peu près simultanément sur tout le littoral de la Manche, ou bien si les bandes aperçues aux environs de Granville les 11 et 12 juillet, et dont on n’a revu aucun vestige, n’ont pas été entraînées rapidement vers le nord par les courants atmosphériques. »
- M. P. Rosemberg, à Paris, nous a envoyé une brochure de l’Union française des acétylénistes, dans laquelle il a publié une note sur l’industrie de l’acétylène en France de 1896 à 1904 ainsi qu’une carte de France où sont marquées les villes éclairées à l’acétylène au mois de juillet 1904.
- Renseignements. — M. Dugrand, à Nevers. — Il ne suffit pas de regarder si le moteur est muni de toutes les pièces nécessaires; mais il faut le faire fonctionner, et surtout faire des expériences de consommation en appréciant soigneusement l’énergie produite.
- M. G. R., à Paris. — L’adresse du fabricant a été donnée en tête de la « Boîte-aux-Lettres » du numéro même qui contient la description de l’appareil.
- M. P. Leroy, à Lille. — Nous ne pouvons vous fournir tous ces renseignements ; mais vous pourriez vous adresser à l’Association amicale des Ingénieurs électriciens, 11, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. Normand, au Havre. — La description de cet appareil a été donnée entièrement dans les « Recettes et procédés utiles », 2e série, à la librairie Masson et Cie, à Paris.
- M. L. G., à D. — Nous avons tfaité ces divers sujets à de très nombreuses reprises. Vous pourriez consulter avec profit les tables des matières décennales; deux d’entre elles ont déjà paru et la troisième est en préparation.
- M. P. Ledru, à Orléans. — Nous avons déjà parlé de tous ces nouveaux modèles de bicyclettes dans plusieurs numéros antérieurs.
- M. D. 0., à Riom. — Les batteries d’accumulateurs doivent
- être isolées du sol, comme toutes les parties d’une installation électrique. On peut considérer comme satisfaisant l’isolement d’un mégohm entre fils et terre.
- M. D. S., à X.... — Il suffit d’envoyer votre demande à l’adresse que nous avons donnée.
- M. Dugrand, à Lille. — 1° L’adresse du fabricant de cet appareil photographique est donnée en tète de la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1629 du 13 août 1904, qui en contient la description. Le fabricant est M. Léon Bloch, 1, avenue de la République, à Paris. — 2° Pour tous ces produits, adressez-vous à MM. Gaumont et Cio, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. G., à Nemours. — Cette table décennale est en préparation; elle paraîtra prochainement.
- M. Lemont, à Nice. — Nous mentionnons en bibliographie tous les ouvrages dont nous recevons deux exemplaires. A notre regret, nous ne pouvons faire d’analyse de ces ouvrages.
- M. J. Saussié, à Dijon. — Vous pourriez essayer le pétrole,, l’essence, l’alcool, l’essence de térébenthine.
- M. G. L., h Mulhouse. — Nous ne pensons pas qu’une telles voiture soit plus exposée qu’une autre ; car la poussière dans uifc cas, et la boue dans un autre établissent aussi de bonnes communications à la terre.
- •M. C. G. L. M., à X. — Vous pourrez vous procurer des-radiateurs aux adresses suivantes : M. II. Carpentier, 73, boulevard Soult; MM. Chappée et fils, 141, rue de Rennes; Compagnie nationale des radiateurs, 20, rue Richer; MM. Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert, à Paris.
- M. le lieul'-colonel Pujat, à Gabès (Tunisie). — 1° Pour les vers à soie, veuillez vous adresser à M. Cézard, au château de Vélaine en Haye, par Nancy. — 2° Nous n’avons pu retrouver la brochure que vous demandez.
- M. Dugrand, à Lyon. — La résistance que vous voulez; ajouter est inutile; laissez la lampe branchée seule aux bornes de l’appareil.
- M. P. Léard, à Noirmoutiers. — Il est nécessaire dé filtrer le liquide et de le laisser reposer.
- M. P. de Grandsagne, à Bonnat. — 1° Moteurs à air comprimé : M. L. Dondey, 149, rue Amelot; M. E. Salmson, 55, rue de la Grange-aux-Belles, à Paris. — 2° Compresseurs d’air : M. G. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille; M. Burton fils, 68, rue des Marais; M. Henry, 19, rue du Poteau, à Paris,
- M. A. Fallot, à Rovéreaz. — 1° Parmi les journaux spécialement minéralogiques et géologiques de France, nous vous citerons le « Bulletin de la Société géologique de France, 7, rue des Grands-Augustins ; les « Mémoires de la Société géologique de France » à la même adresse, et les « Annales de l’Ecole des Mines », à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Jean Salema, à Castello-de-Païva. — Vous pourrez vous procurer l’appareil du Dr Soxhlet pour stériliser le lait en vous adressant directement à la maison de vente, 59, rue Lafayelte, à Paris.
- M. Th. Jonesco, à Bucarest. — Lorsque nous pourrons nous procurer des renseignements complets et détaillés, nous ne manquerons pas de publier un article sur cette intéressante installation; mais un fonctionnement de quelques mois ne suffit pas pour fixer les idées.
- M. A. Vieira da Sylva, à Lisbonne.—M. E. Streiff, chi-misle, ingénieur conseil a publié dans le numéro du mois d’octobre 1900 du « Moniteur Scientifique », 12, rue de Buci, à Paris, toutes les formules relatives à la fabrication des cylindres enregistrants pour phonographes, graphophones.
- M. Auguste de Smet, à Gand. — M. J. Foltzer a publié un traité sur « la Fabrication de la soie artificielle parisienne » à la librairie H. Desforges, 39, quai des Grands-Augustins, à Paris ; le prix est de 7 francs.
- Questions. —N° 1270. — M. A. Maury, à Cerisav-la-Salle (Manche), nous demande s’il existe un moyen de débarrasser l’huile de cade vraie (Juniperus oxycedrus), de tout ou partie de son odeur désagréable et pénétrante sans nuire à ses propriétés thérapeutiques.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Devant, à X. Cette brochure ne se trouve pas dans le commerce ; il faut vous adresser directement à l’auteur. — M. L. R., à Paris. — Nous ne pouvons nous charger de ces travaux ; consultez un ingénieur-conseil. — M. P- V., à Nîmes: M. J. T., à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lr0 série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Dupont, à Nancy. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. R. D-, à Paris; M. V. M., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- L’écran A lunettes. — C’est une idée originale de M. L. Bloch qui a pensé qu’à la mer et en auto on pouvait joindre l’ntile à l’agréable en permettant aux dames de ne pas s’enlaidir comme elles sont forcées de le faire avec d’épaisses voilettes et d’horribles lunettes bleues. L’invention est des plus simples et on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt ; deux trous dans l’écran japonais qui sert d’éventail et ces deux
- L’écran à lunettes.
- trous faits à l'écartement des yeux sont garnis de verres fumés ou bleus. Voilà l’éventail pour l’intérieur, voilà l’écran qui, en automobile, évitera le violent courant d’air dans la figure et voilà en même temps le verre protecteur si utile pour les yeux, surtout au bord de la mer. C’est commode et peu coûteux. Deux conditions essentielles pour obtenir l’approbation de tous. — L’écran à lunettes est en vente chez M. L. Bloch, 1, avenue de la République, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Montagne à travers les âges, par M. John Grand Carteret.
- 2 vol. grand in-4” de 500 pages avec 500 gravures dont • plusieurs en couleurs. 1er tome. La Montagne aux temps t historiques. 2e tome. La Montagne aujourd’hui. Chez Ducloz, ; éditeur. Moutiers. (Savoie.)
- Formulaire de l'électricien, par E. Hospitalier. 1904. 21e année. 1 vol. in-16. Masson et Cie, éditeurs.
- Le formulaire de l’électricien de 1904 vient de paraître. Toutes les formules ont été revues avec soin, comme toujours ; de plus des renseignements nombreux ont été ajoutés pour tout ce qui concerne la mécanique et l’électricité.
- Figures ‘peintes ou incisées datant de la fin du paléolithique ou des débuts du néolithique sur les parois des grottes préhistoriques, par le Mh de Nadaillac, op. de 35 pages. Imprimerie Polleunis (Louvain).
- Conférences de géologie, par Marcellin Boule, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris. 1 vol. in-16, cartonné. Paris. Masson et Cie, éditeurs. 1904.
- Ce nouveau livre de M. Boule fait partie du « Cours élémentaire d’histoire naturelle », de MM. Boule, Bouvier et Lecomte. 11 est surtout destiné aux classes de seconde. A vrai dire, il rendra service à toute personne qui veut avoir des vues nettes sur la géologie, c’est-à-dire sur l’insloire de la Terre. Les illustrations sont en très grand nombre et les cartes très soignées et en couleurs. Ce charmant volume fera aimer la géologie et éveillera plus d’une vocation.
- La greffe et la taille des rosiers remontants, non remontants et grimpants. Le rosier au jardin et à la pépinière, soins de culture et d’hivernage, conseils aux débutants, aux amateurs, aux planteurs, choix des plus jolies .roses, par Charles Baltet, horticulteur à Troyes. 1 vol. petit in-8°. Masson et C", éditeurs. Paris. 1904. Prix : lfr,50.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Sa Majesté l'alcool, par L. Baudry de Saunier. 1 vol. in-8°. VTe Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins. Paris. Prix : 12 francs.
- Sous ce titre, M. Baudry de Saunier nous donne des renseignements complets sur l’alcool, son origine, sa fabrication, ses applications pratiques : élairage, chauffage, force motrice, et il termine par un chapitre sur l’alcoolisme et un chapitre sur la législation de l’alcool.
- Le Léman. Monographie limnologique, par F. A. Forel. 3 vol. in-8°. Lausanne. F. Rouge, éditeur. 1892-1904.
- Les accumulateurs électriques. Théorie et technique. Descriptions et applications, par L. Jumau, ingénieur électricien. 1 vol. in-8°. Paris. V’e Ch. Dunod, éditeur. 1904. Prix : broché, 27rr,50; cartonpé, 29 francs.
- Excellent ouvrage renfermant les renseignements les plus complets et les plus récents sur les accumulateurs. La théorie est faite par un spécialiste fort connu, qui est habitué à manipuler tous ces appareils; il nous montre les moyens d’utiliser les accumulateurs dans les meilleures conditions en les ménageant et leur assurant une longue vie. Il nous fait connaître les divers modèles déjà employés dans l’industrie, et'les résultats donnés par chacun d’eux.
- L'accumulateur électrique et ses applications industrielles, par Lajiar Lynd^n. Traduit de l’anglais par Ch. de Vaublanc;, ingénieur à la Société française de l’accumulateur Tudor. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Ch. Béranger. Prix : 17fr,50. 1904.
- Emplois chimiques du bois, par Klar et Gautier, 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Pans. 1904. Prix : 15 francs.
- Sur quelques particularités fort curieuses du système de l'orbite lunaire, par F. C. de Nascius. 1 vol. in-8°. F. R. de Rudeval, éditeur, 4, rue Antoine Dubois. Paris. Prix ; 3,1',50.
- La transmission électrique de l'énergie dans les pays industriels de houille noire, par R. Swyngedauw, professeur adjoint à la Faculté des sciences, chargé de l’enseignement électrotechnique à l’Université de Lille. 1 brochure in-8°. Y™ Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix ; 5 francs.
- La transmission électrique de la force dans les usines et ateliers, par R. Swyngedauw, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Lille. 1 brochure in-8°. YT0 Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix : 2 francs.
- Les routes et les vallées de la Savoie, par J. Corcelle, professeur agrégé d’Ilistoire et de Géographie au Lycée et à l’Ecole d’enseignement supérieur de Chambéry. 1 brochure in-8°. Chambéry. Librairie Perrin. 1904.
- Moteurs h gaz. Théorie et pratique, par Ch. Vigreux et Cii. Milandre, ingénieurs civils. 1 vol. in-8° et 1 atlas. Paris. E. Bernard, Imprimeur-éditeur. Prix ; 20 francs.
- La matière, l'éther et les forces physiques, par Lucien Mottez, capitaine de frégate. 1 brochure in-8°. Paris. Gauthier-Yillars, libraire. Cherbourg, E. Le Maout, imprimeur.
- L'Océan, ses lois et ses problèmes, par J. Thoulet. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Hachette et Cie. 1904.
- Théorie générale du mouvement varié de l'eau dans les tuyaux de conduite, par L. Allievi. 1 vol. in-4°. Y’e Ch. Dunod éditeur. Paris. Prix : 2 francs.
- La pose des lignes en bronze, cuivre et aluminium. Abaques générales des tensions et des flèches, par E. Piérard, ingénieur principal des télégraphes. 1 brochure in-8°. VTe Ch. Dunod. Paris. 1904. Prix ; 1 franc.
- Actualités scientifiques, 1904, par Max de Nansouty . 1 vol. in-18. Schleicher frères et Cie, 15, rue des Saints-Pères. Paris. Prix : 3,r,50.
- Annuaire général et international de la photographie. 13e année. Paris. 1904. Librairie Plon. Prix ; 5 francs.
- La motocyclette. Théorie. Conduite. Entretien. Remèdes aux pannes, par A. Coqueret. vol. in-8°. Librairie Bernard Tignol. Paris. Prix : lfr,75.
- Sciences et arts militaires. Organisation militaire, tactique, artillerie, transports à la suite des armées, droit militaire, par Em. Dardart, sous-ingénieur des ponts et chaussées, et le capitaine X. 1 vol. in-8°. Paris. VTeCh. Dunod, éditeur. 1904. Prix : 12 francs.
- La réglementation du travail dans l'industrie, par Louis Bouquet. 5e édition entièrement refondue et misé à jour, par Paul Razous. 1 vol. in-8°. Berger-Levrault et Cie, éditeuçs. Paris. 1904. Prix : 6 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- La mécanique pratique. Guide du mécanicien. Procédés de travail. Explication méthodique de tout ce qui se voit et se fait en mécanique, par Eugène Dejonc. 4 e édition, entièrement refondue, par G. Codrox, ingénieur, professeur à l’Institut industriel du Nord. \ vol. in-8°. Paris, Lucien Laveur, éditeur, 15, rue des Saint-Pères. Prix : broché, 4 francs, relié toile, 5 francs.
- Les aciers spéciaux. Aciers au nickel, aciers au manganèse, aciers au silicium, par Léon Guillkt, docteur ès sciences. 1 brochure in-4°. Vye Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix : 10 francs.
- L'arrivisme industriel (Europe et Amérique), par J. II. West. Traduit de l’allemand, par Ed. Gresser, ancien inspecteur principal des Postes et télégraphes. 1 brochure in-16. Paris, V'e Ch. Dunod, éditeur,. Prix : lfr,50.
- Le problème général du vol et la force centrifuge, par A. Averly, ingénieur. 1er fascicule. 1 brochure in-8°. VIe Ch. Dunod, éditeur. 1904. Prix : 3 francs.
- Manuel de l'ouvrier mécanicien, par Georges Franche, ingénieur-mécanicien. 6e partie : Machines à vapeur. 1 vol. în-16. Paris. Librairie Bernard Tignol.
- Manuel pratique des mesures physico-chimiques, par W. Ostwaij) et R. Luther. Traduit de l’allemand sur la deuxième édition, pai An. Jouve, ingénieur. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur, 1904.
- Traité général de l'emploi de l'électricité dans Vindustrie minière, par N. Lapostolest, ingénieur des Arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Paris. V’e Ch. Dunod, éditeur. 1904. Prix : 7,r,50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50*,30). — Bureau central météorologique de Franoa.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 août .... 12°,0 ' N. N. W. 0. Beau. 5,6 Rosée; nuageux le matin ; couv. le soir; orage l’après-midi ; pluie l’après-midi et le soir.
- Mardi 23 12’,5 N. W. 3. Couvert. 4,8 Très nuag. ; pluie le matin et le soir.
- Mercredi 2i 11°, 8 N. 2. Couvert. 2,9 Très nuag. ; pluie le matin ; quelques coups de tonnerre vers 15 b. avec averse.
- Jeudi 25 11®,8 N. W. 1. Beau. 0,2 Rosée ; nuag. ; pluvieux le matin ; pluie tine à 17 h. 30.
- Vendredi 26 11°,8 S. 2. Couvert. 0,5 Rosée; très nuageux; pluie l’après-midi.
- Samedi 27 16°,0 S. W. 2. Très nuageux. » Nuageux.
- Dimanche 28 ... . 15°,6 N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- AOUT 1904. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 AOUT 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 23 août, à Oran.
- Orages et tempêtes. — Dans la semaine du 22 au 28 août ont eu lieu dans toutes les régions de la France une série d’orages et de tempêtes. Dès le 21 août, un cyclone d’une rare violence s’était abattu sur la ville du Havre, occasionnant des dégâts matériels importants. Des ouragans se sont déchaînés également sur Marseille, Coulommiers, Chambéry, Constanline, Tunis. Le 22 août, les pluies ont été particulièrement abondantes sur les côtes de la Méditerranée ; on a recueilli 26 mm d’eau à Marseille, 44 mm à Nice, et 125 mm au cap Camaret, près Saint-Tropez. A Paris, le ciel s’est rapidement couvert ; de 2k 15“ à 2h 55“ un orage a sévi ; une averse a eu lieu, elle a été courte et violente. La température était le matin de 12° à Paris, 16° à Lyon, 21° à Perpignan ; la température moyenne à Paris a atteint 14°,3. Le 25 août, on a signalé encore de toutes parts des orages et de fortes averses ; il est tombé 23 mm d'eau à Besançon, 22 mm à Dunkerque, 15 mm à Charleville, 8 mm à Paris. On a mentionné des orages et coups de foudre en Belgique, à Tubize ; à Sorrente, en Italie, un cyclone a détruit une mai-
- son en tuant quatre personnes; à Bari, la ville a été recouverte de sable. la température s’e<t abaissée brusquement; la neige est tombée en abondance sur les Alpes. Le 24 août, on a recueilli 13 mm d’eau à Boulogne, Il mm à Besançon et 4 mm à Paris ; un orage a été signalé à Cherbourg. Le matin, le thermomètre marquait 11° à Limoges, au Havre, à Belfort, 12° à Paris, 3° au mont Aigoual, 1° au pic du Midi. Le 25 août, deux fortes averses orageuses se sont abattues sur Paris à midi et demi et à 3k 45. Les orages et les pluies sont tombés sur divers points de la France ; on a recueilli 32 mm d'eau à Belfort, 20 mm à Dunkerque, 6 mm à Biarritz, 1 mm à Paris. La température a été le matin de 91 à Limoges, 12° à Paris, 14° à Marseille, — 6° au pic du Midi, — 2° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 12°,8, inférieure de 4°,2 à la normale. Le 26 août, des averses ont eu lieu dans le nord de la France. Le thermomètre marquait le matin 6° à Belfort, 7° à Limoges, 9° à Nancy, 12° à Paris. La température moyenne a été de il’’,9 à Paris, avec un maximum de 18°,8 et un minimum de 13®,9. Le 27_août, on a signalé de faibles ondées dans le nord. La température a monté dans l’ouest et le centre de l’Europe ; elle était le matin de 16® à Paris, 13° à Toulouse, 10° au puy de Dôme, 7° au pic du Midi. Le 28, le temps a été beau ; la température a varié de 15° à 26°.
- PHASE DE LA LUNE : P. L. le 26, à 1 h. 11 du matin.
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- N° 1633 (10 septembre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— En creusant des tranchées pour les travaux d'assainissement à Toulon, des ouvriers ont découvert d’intéressantes pièces -d’archéologie, rappelant l’invasion de Toulon par les Sarrasins ; toutes ces pièces, dont plusieurs portent des inscriptions, ont été recueillies pour le musée.
- —H(— 51. J.-A. Cappa présenté à l’« American Institute of Mining Engineers», une étude sur l’acier à employer dans la fabrication des rails conducteurs pour lignes ferrées électriques. Au point de vue <le la conductivité, il insiste sur les inconvénients qu’offre la présence du manganèse ; il ne tient pas du reste à des aciers extrêmement purs au point de vue général, et réclame seulement une résistance qui ne dépasse point 8 fois celle du cuivre, Et, comme -composition, il fixe les limites suivantes : carbone, 0,15 pour 100 au plus ; manganèse 0,30 ; phosphore 0,06 ; soufre 0,06 ; silicium 0,05.
- —Ht— M. K. C. Bæles a communiqué des observations pratiques sur le montage des roues en émeri à 1’ « Institute of Slarine Engineers» : il estime que les plateaux entre lesquels sont tenues ces roues ne doivent avoir que la moitié du diamètre de la roue et •être concaves, de façon à ne porter sur elles que par leur périphérie.
- —Ht— Le nouveau croiseur cuirassé anglais « Devonshire » a une longueur de 137m,15 entre perpendiculaires pour une largeur au fort de 20m,87, et un tirant d’eau de 7m,39 à l’avant, et de 7m,69 à l’arrière. Son déplacement est de 10 700 tonnes pour une puissance de 21000 chevaux; une vitesse de 23 nœuds lui sera imprimée par des machines alimentées par 6 chaudières cylindriques et 22 générateurs Niclausse.
- —Ht- Les arsenaux anglais construisent actuellement un type de croiseur cuirassé intéressant, le type « Good llope », sur lequel sont calqués le « Drake », le « King Alfred » et le « Leviathan ». La longueur en est de 152 mètres, la largeur de 21m,64, le déplacement de 14100 tonnes : la ceinture cuirassée en acier Krupp a près de 122 mètres de long. Le a Good Hope », qui a déjà fait ses essais, a donné 23,05 nœuds avec une puissance de 51 000 chevaux. L’approvisionnement de combustible est de 2500 tonnes.
- —Ht— On trouve maintenant qu’un tunnel de 7 kilomètres n’est qu’une mince entreprise. Cependant nous signalerons celui de Ka-rawanken, dont l’exécution se poursuit dans les Alpes Juliennes, pour le passage d’une voie de Vienne à Trieste, et qui doit mesurer 7670 mètres. Actuellement 3900 ouvriers y travaillent; l’électricité y commande les perforatrices, la traction des trains de matériaux ou de déblais, et aussi les ventilateurs.
- —Ht— A l’imitation de ce qui a été imaginé, il y a déjà un certain temps, aux Etats-Unis, des entrepreneurs de transports de Marseille, 5IM. Savon, utilisent au chargement des navires une sorte de chemin mobile électrique qui se place entre le bord du quai et le pont du navire, ou entre le navire et un wagon, entre le sol et le premier étage d’un hangar. Le chemin est constitué par des barreaux transversaux formant une sorte de chaîne sans fin qui se meut entre deux flasques; la force motrice est naturellement électrique.
- —Ht— Il paraîtrait qu’on commence à se servir couramment du filtre-presse pour traiter les minerais aurifères et les tailings, les résidus des traitements antérieurs.
- —Ht— 51. Baker a rendu compte, dans <c Iran and Steel Metal-lurgist », d’expériences qui prouvent qu’on peut avantageusement chaufferies fours à réverbères au moyen des gaz s’échappant comme sous-produits des fours à coke, à condition de les additionner de goudron.
- —Ht— Le ministère de la guerre autrichien vient de publier une étude sur la substitution du bronze à l’acier dans la fabrication
- des gros canons : il faut dire que l’Autriche emploie déjà le bronze à cet usage, et qu elle semble ne pas vouloir abandonner cette pratique. Il paraîtrait que le bronze, forgé suivant un procédé secret, vaudrait l’acier-nickel; de plus les tubes intérieurs coûteraient le tiers des tubes en acier; on pourrait enfin facilement remplacer la « jaquette », l’enveloppe d’un tube, au cas de fracture. Le lieutenant feld-maréchal Uchatius est pour beaucoup dans la découverte de ces particularités, et le directeur actuel de l’Arsenal de Vienne, le lieutenant feld-maréchal Frederick Thiele, obtient les résultats les plus remarquables par forgeage, laminage et aussi à l’aide d’alliages spéciaux.
- —Ht— La publication « Centralblatt der Bauverwaltung » décrit un dispositif ingénieux dû à 5151. Hertzer, et qui assure l’immobilisation des wagons, au moyen d’une double tenaille articulée qui embrasse par un bout le champignon supérieur du rail, et par l’autre le bandage d’une des roues du wagon. Le serrage simultané des deux pinces est assuré par celui d’un boulon à double filetage.
- —Ht— Deux Anglais ayant fait le pari de traverser la Manche dans^un canot, en ramant, sont partis de Sandown, île de Wight, le 20 août et sont arrivés à Cherbourg le 21 août à 5 heures, après
- 29 heures de traversée. Tout alla bien dans les eaux anglaises, mais la traversée devint pénible sur le littoral français.
- —St— Sir Norman Lockver, aidé de son fils, a dernièrement fait à la Société Royale de Londres une intéressante communication où il montre la relation qui existe entre les protubérances solaires et le magnétisme terrestre. Pour lui, il est prouvé que l’arrivée des orages magnétiques sur la terre dépend d’une cause qui affecte aussi la fréquence de ces protubérances; ces orages sont bien en relation avec les taches solaires, mais peuvent parfaitement avoir lieu quand il n’y a pas de larges taches visibles. L’importance des orages magnétiques semble varier avec la latitude solaire des protubérances qui l’influencent.
- —Ht— Le concours d'aérostation de l’Exposition de Saint-Louis pour le prix de 5000 dollars, a eu lieu le 28 août. Il s’agissait -d’aller de Saint-Louis à Washington. Deux concurrents seulement s’étaient présentés. Un des deux ballons, celui de 51. Cari 5Iyers, n’a pas été loin. Il est descendu sans accident à quelques lieues de Saint-Louis deux heures après le départ et l’aéronaute a renoncé à la course. L’autre ballon, monté par 51. Tomlinson, a été vu le
- 30 août à 200 milles au nord de Saint-Louis, se dirigeant vers l’est.
- —Ht— Charles Sargent qui, le premier, sut faire application de la chaîne au vélocipède, est mort le 50 août à l’âge de 83 ans. Le brevet d’application de la chaîne au vélocipède qu’avait pris Sargent est daté du 21 mars 1868.
- —Ht— On vient de terminer à Sunderland une grande jetée qui n’était pas en construction depuis moins de 18 ans. Il faut dire qu’elle a une longueur de 850 mètres pour une largeur de 12m,50 à 10m,67, et que, à son extrémité, est un énorme musoir établi sur une fondation descendue à plus de 12 mètres sous basses eaux, fondation constituée par un caisson renfermant 10 000 tonnes de béton.
- —H$— Se montrant plus hardie que les ingénieurs de la Ville de Paris, la Municipalité de Bruxelles vient d’établir une usine d’in-ciuératior. des ordures ménagères ; on a adopté le système Iforsfall, avec deux massifs contenant 18 cellules; les gaz de combustion chauffent des chaudières et fournissent la vapeur nécessaire pour le chargement mécanique des fours, les ponts roulants, l’éclairage, le concassage des scories, etc. La combustion est absolument complète.
- —Ht— D’après le « Yerdens Gang », à la date du 1er août, un capitaine d’un navire de Tromsoë aurait trouvé en mer, près d’une petite île au nord du Spitzberg, une bouteille avec message de l’expédition polaire d’Andrée. La lettre est datée de 1898.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le marteau hydraulique à vapeur, s’adresser à MM. Breuer, Schumacher, constructeur à Kak-Cologne, Allemagne.
- Communications.—M. J. deDuranti la Calade, auchàteau de la Calade, par Puy-Ricard (Bouches-du-Rhône), nous adresse la lettre suivante : « Le phénomène dont je me propose de vous communiquer l’observation m’a paru curieux ; aussi me permettrai-je de vous le décrire avec toute l’exactitude que je puis y apporter.
- Il s’agit d’un arc-en-ciel produit par la réfraction des rayons lunaires que j’ai observés dans la nuit du 21 au 22 août.
- Le château de la Calade, d’où j’ai observé le phénomène, est situé à 7 kilomètres au nord-ouest d’Aix en Provence (exactement par 3°3' 12" de longitudeE. et 43° 34' 17" de latitude A. ) aune altitude d’environ 272m,80, sur le plateau de Puy-Ricard arrosé parla Touloubre, limité au nord par la chaîne delà Tre-varesse qui le sépare de la vallée de la Durance et au sud par le chaînon d’Éguilles qui domine la vallée de l’Arc. Ce plateau toujours aéré est souvent balayé par le « mistral ». Cette remarque me paraît avoir son importance dans le cas qui nous occupe.
- La journée du dimanche 21 s’annonçait comme devant être très orageuse. En effet, vers le soir, une pluie torrentielle çom-mença à tomber accompagnée d’éclairs et de grondements de tonnerre incessants. Cette tempête a duré jusqu’à 1 heure du matin. A minuit je travaillais encore dans mon cabinet, dont la fenêtre est orientée vers le nord-est. A cette heure l’orage encore très violent occupait les hauteurs de la Trevaresse, quand, à travers les vitres, j’aperçus une traînée de lumière blanchâtre, à peu près verticale et immobile qui persistait dans l’obscurité, aprèsl’illumination des éclairs. Je crus être témoin d’un phénomène électrique et j’ouvris aussitôt la fenêtre pour le mieux observer. Je fus fort surpris de voir que cette traînée lumineuse s’arrondissait en arc de cercle parfait. Je remarquais encore que les objets voisins étaient visibles grâce à un pâle clair de lune. M’étant transporté à une fenêtre de la façade opposée je pus constater que le ciel étant déblayé auras de l’horizon et que la lune, âgée de 11 jours, était près de se coucher (se trouvant au-dessus de « l’horizon visible » à une hauteur verticale d’environ 7° 40').
- 11 ne pouvait y avoir de doute sur la cause du phénomène et je revins l’observer. Ainsi que je l’ai dit, cet arc-en-ciel formait presque un demi-cercle d’une couleur blanchâtre, à peu près uniforme, sans solution de continuité et d’une intensité lumineuse comparable à celle de la voie lactée.
- Toutefois, en l’examinant attentivement, j’ai pu, vers les extrémités inférieures, distinguer les couleurs du spectre très faiblement nuancées; ou, pour être plus exact, j’ai pu constater avec certitude que le rouge était situé su bord extérieur de l’arc, les autres couleurs n’étaient presque pas perceptibles. J’ai recherché avec soin si l’on pouvait distinguer les traces d’un second arc, mais je n’ai pu y parvenir.
- Je dirai en terminant que j’ai aperçu le phénomène aux environs de minuit, 20 minutes après il s’était effacé, j’ai donc pu l’observer dans de bonnes conditions durant un quart d’heure. Je reconnais que l’arc-en-ciel dont je viens de vous entretenir n’a rien en soi d’extraordinaire ni rien d’anormal, peut-être ne méritait-il pas de vous être signalé; mais aussi j’ai quelque peine à m’imaginer qu’on en observe souvent de semblables. Il exige un ensemble de conditions difficiles à réaliser simulta-
- nément : un nuage de pluie rapproché de l’observateur; la lune à l’horizon ayant un éclat d’un degré déterminé, et, condition indispensable, le ciel précisément dégagé devant elle. C’est à ce dernier point de vue que les courants d’air du plateau de Puy-Ricard me paraissent avoir favorisé la production du phénomène. »
- M. V. P. Gosweiler, à Amboy, Minnesota (U. S. A.), nous envoie des photographies d’un petit télescope à monture équatoriale qu’il a construit lui-même et qui fonctionne très bien..
- Renseignements. — M. M. D., à Bagnoles. — 1° Pour empêcher l’herbe de croître dans les allées, on fait bouillir ensemble dans 100 litres d’eau, 10 kilogrammes de chaux vive et 1 kilogramme de soufre en poudre, et on décante. Pour l’usage on mêle à une égale quantité d’eau et on s’en sert pour arroser le lieu où l’on veut empêcher l’herbe de croître. On emploie aussi des solutions de sulfate de fer à haute dose ou de sulfate de cuivre. — 2° Pour nettoyer les chapeaux de paille, on peut employer le procédé suivant : les mettre pendant 2 ou 3 heures dans une solution d’acide oxalique, les placer sur desformes, les étendre sur une table et les frotter avec une solution dépotasse à 1°; les repasser ensuite dans l’eau acidulée-en les frottant. On les met enfin dans un bain d’eau de savon. — 3° La vitesse de la lumière est très sensiblement égale à 300000 kilomètres par seconde. — 4° La distance moyenne du soleil à la terre est de 149501 milliers de kilomètres. — 5°" La distance moyenne de la lune à la terre est de 384 446 kilomètres.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Nous pouvons vous indiquer les ouvrages suivants : « Guide pratique pour l’analyse chimique et microscopie de l’urine », par Gautier. 1 volume in-18, prix 3fr,50 ainsi que : Précis d’urologie clinique par Létienne et Masselin, prix 12 francs à la librairie Masson et Cie.
- M. Héduin, à Paris. — La formule allemande que nous avons donnée porte bien 25 000 parties, mais il faut entendre un alcoolat de romarin formant la base de l’eau de Cologne.
- M. F. Affilié, à la Ville-Savary. — 1° Nous ne connaissons pas la formule que vous demandez; nous vous engageons à vous adressez à votre médecin. — 2° Remerciements pour votre communication; mais nous ne pouvons nous charger de ces recherches.
- M. A. M., à B. — Nous n’avons pas d’adresse particulière à vous indiquer ; mais vous pourriez vous adresser aux marchands de produits chimiques, à MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à M. Maguin, 10, rue Alibert, à Paris.
- M. Stefan Christeco, à Bucarest. — Nous allons prendre des renseignements, et quand nous aurons des détails complets, nous publierons une description de l’appareil.
- M. P. de Baudicour, au château de Vanville par Beaumont-en-Auge. — Nous avons indiqué des colles résistant à l’eau et à l’humidité et des colles fortes liquides dans le petit livre des-« Recettes et Procèdes utiles », lre série à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Thauvin, à Orléans. — Les faits que vous mentionnez sont intéressants; mais il s’agirait d’établir par de nombreuses observations qu’il y a bien là un phénomène de condensation.
- M. L. Pastorelli, à Paris. — Le procédé que vous proposez . pour le ramonage par pompe refoulante présenterait, croyons-nous, plus d’inconvénients que le procédé actuellement en usage. On en a souvent parlé, mais on ne l’a jamais essayé.
- M. Legrand, à Lille. — En laissant tous les appareils d’utilisation en circuit, vous ne pouvez effectuer qu’une mesure d’isolement entre fils et terre. Pour mesurer l’isolement entre fils, il faut que tous les circuits des lampes soient coupés. Les deux fils du circuit de mesure sont reliés chacun à un câble extérieur.
- M. Dubois, à Paris. — Nous ne croyons pas qu'il y ait de fabricant spécial ; vous pourriez vous adresser à la maison Allez frères, 4, rue Saint-Martin.
- M. G. R., à Paris. — 11 y a certainement une erreur de pôle.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. R., à X.
- Nous ne comprenons pas votre question. — M. Legrand, à Paris. Nous avons répondu précédemment à cette même demande. — M. Dubois, à Nîmes; M. F» G., à Toulouse. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Lejeon, à Bordeaux. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie.
- M. Dubront, à Poitiers. Les détails de cette préparation sont indiqués dans le même petit livre que ci-dessus, 5° série, à la même librairie. — M. G. R-, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Table pliante de voyage. — Quand on est appelé à se déplacer fréquemment, on sait l’inconvénient qu’occasionne l’absence d’une table. Le meuble que nous présentons à nos lecteurs est combiné de façon à tenir le minimum de place quand on n’a pas à s’en servir. Il représente fermé une boîte assez semblable à la boîte de couleurs de l’artiste peintre et peut, comme elle, être porté à la main par une poignée. Son poids est d’ailleurs très minime, 4 kilogrammes environ. Cette boîte de 6 centimètres d’épaisseur s’ouvre en faisant sauter deux crochets. A l’intérieur se trouvent les pieds repliés que
- Table pliante.
- Ton développe instantanément et qui tiennent le plateau rigide. La table pliante de voyage est en noyer ciré et très soignée comme construction. Elle mesure fermée 0m,45 sur 0m,50, ouverte elle donne un plateau de 4 mètre sur 0m,45 de largeur et 0m,70 de hauteur. Elle convient aussi bien au chasseur, au pêcheur, à l’automobiliste qu’à l’explorateur, au dessinateur ou à l’officier; elle tient dans une cantine réglementaire et peut aisément se porter à dos d’homme. Les dames s’en serviront comme de table à ouvrage, l’enfant fera dessus ses devoirs ou la dînette au jardin, ou bien on la transformera en table de jeu. — La table pliante se trouve chez MM. G. Renaut et C’% 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Rames articulées. — Avec le genre de rames qui sont employées actuellement pour faire mouvoir un canot, le rameur tourne le dos à la direction qu’il veut suivre. Ce mode de canotage a beaucoup d’inconvénients, sous tous les rapports, entre autres, le manque de sécurité. On est obligé de retourner la tête à chaque instant pour voir la direction que l’on suit et on éprouve de grandes difficultés non seulement
- Rames articulées.
- pour atteindre directement le but qu’on désire, mais aussi pour éviter les obstacles. Avec le système de rames articulées, en fait mouvoir le canot devant soi, sans que cela n’cccasionne de changement aux habitudes de la manœuvre des rames ordinaires, ce qui permet donc de s’en servir immédiatement sans qu’il soit besoin d’un nouvel apprentissage. La rame articulée est formée de deux parties reliées entre elles dont l’articulation
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- est au support de porte-rame. A chaque partie de rame se trouve fixé un secteur denté ; ils s’engrènent entre eux et fonctionnent entre deux plaques qui sont munies d’axes autour desquels les secteurs pivotent. Les plaques qui relient les deux parties des rames viennent s’adapter au support de porte-rames qui est fixé au canot de telle façon que l’on peut donner aux rames articulées les mêmes mouvements qu’avec les rames ordinaires. Par la disposition des axes des secteurs, on a l’avantage d’obtenir avec la rame articulée, une amplitude de mouvements plus grands qu’avec une rame ordinaire de la même longueur. Comme on peut varier le diamètre des secteurs, on obtient la diminution de l’effort pour faire mouvoir le canot. Les rames articulées sont fabriquées par M. D. Doyen, ingénieur-mécanicien, 66, rue de Mamur, à Bruxelles.
- HYGIÈNE ET S4NTÉ
- Le peroxyde de magnésium.
- Les troubles gastriques causés par des fermentations anormales sont souvent rebelles à bien des médications. Le nouveau médicament, préconisé par MM. Gilbert et Jomier, a l’avantage de fournir en même temps un agent antiseptique et une basq alcaline.
- Le peroxyde de magnésium forme une poudre blanche sans saveur, ni odeur, à peu près insoluble dans l’eau et légère comme la magnésie. On la donne en cachets ou en comprimés à la dose de 25 à 50 centigrammes par jour. Sous son influence ôn voit disparaître l’état saburral, les renvois, les nausées, les vomissements. C’est surtout dans les gastrites d’origine alcoolique, si fréquentes, que ce médicament a réussi.
- Il se décompose sous l’influence du suc gastrique en chlorure de magnésium et en oxygène naissant qui annihile et arrête les fermentations.
- On peut appliquer dans les mêmes conditions le peroxyde de magnésium au traitement de certaines diarrhées chroniques. Il faut alors, pour obtenir le maximum d’action, fermer le médicament dans des enveloppes kératinisées pour qu’il ne soit décomposé que dans l’intestin. Dr A. C.
- Le papier d’aluminium,
- Les confiseurs, épiciers et fabricants de conserves emploient des quantités considérables de feuilles d’étain, de papier d’étain, comme on dit vulgairement, pour envelopper bonbons, chocolat et autres produits alimentaires. Or les feuilles d’étain ne sont pas toujours très pures; à l’état de minerai, la cassité-rite ne contient guère que de l’étain pur. Mais aujourd’hui l’industrie retire ce métal de boîtes de conserves, de vases hors de service, qui contiennent parfois du plomb.
- On a cherché tout récemment à substituer aux feuilles d’étain du papier d’aluminium et le conseil d’hygiène a dû se préoccuper des dangers possibles de cette substitution et M. Riche a été chargé d’étudier la question. Il faut que le papier d’étain soit très pur pour être admis dans le commerce, à titre de feuilles d’enveloppement de denrées alimentaires. Le laboratoire municipal n’admet pas d’échantillon contenant plus d’un dix-millième d’arsenic et 0,5 pour 400 de plomb.
- Le papier d’aluminium n’est en réalité pas absolument un papier métallique en ce sens qu’il y entre d’autres produits que l’aluminium. Les échantillons soumis à l’examen de M. Riche étaient formés d’une feuille de papier recouverte, d’un côté, par une poudre d’aluminium agglomérée, de l’autre, par une mince couche de paraffine. Line société est arrivée à produire ces feuilles très souples, très minces, d’un centième de millimètre, dont le bon marché permet une grande économie. Ces feuilles d’aluminium, en tout comparables comme souplesse aux feuilles d’étain, reviennent à 8 francs le kilogramme avec un minimum de 30 mètres carrés au kilogramme
- Une objection soulevée par les commerçants est la détérioration ou un mauvais goût possible par la présence de corps gras ; par la pénétration plus facile de l’air à travers ces enveloppes. L’inconvénient de la présence de la paraffine est réel, mais ou arrivera peut-être à s’en passer et à donner des feuilles sans aucune addition. Quant à l’imperméabilité elle est^ très complète, car un fragment de chlorure de calcium, desséché, place dans une feuille et exposé à l’air humide, n’est tombé en déliquescence qu’au bout de six jours.
- La question mérite d’être étudiée, mais le savant chimiste dans son rapport n’a pas hésité à conclure que ces papiers et feuilles d’aluminium pouvaient être employés sans inconvénient. Dr A. C.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Liquide à graver le verre. — Appliquer, au moyen d’une plume d’oie ou d’un pinceau en poils de chameau, un liquide fait, par parties égales, des deux mixtures que nous allons indiquer. D’abord dissolution, dans 5840 parties d’eau distillée, de 545p,5 de fluorure de sodium et de 81p,6 de sulfate de potassium; en second lieu, dissolution, dans une même quantité d’eau distillée, de 154p,4 de chlorure de zinc et de 624 parties d’acide chlorhydrique (comme nous l’avons laissé entendre, les deux mixtures ne doivent être mélangées qu’au moment de l’emploi). Quand le liquide a pu agir une trentaine de minutes,
- on lave à l’eau courante la surface de verre où on l’avait appliqué.
- Vernis universel. — 11 est recommandé pour les capsules, les feuilles de métal, le papier, le bois, etc. A 60 grammes de gomme-laque en écailles blanchie, on ajoute 60 grammes également de copal de Manille broyé, puis autant de gomme mastique et 15 grammes de térébenthine de Venise; on additionne de 1 kilogramme d’alcool à 90° environ. On complète le mélange avec un peu de verre pilé. On laisse reposer 8 à 14 jours en secouant fréquemment, et, après filtrage, pour assurer une bonne conservation, on ajoute encore 1 gramme d’acide borique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de Franœ.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 août .... lo°,0 E. N. E. 1. Beau. » Rosée; beau.
- Mardi 30. . . 16°,0 S. 0. Peu nuageux. M Rosée ; halo ; très nuageux ; orage de 14 h. 30 à 15 h. 30 avec pluie.
- Mercredi 31 15°, 7 S. W. 5. Très nuageux. 1,0 Très nuag. ; pluie l’après-midi.
- Jeudi 1" septembre. 15”,0 S. W. 2. Couvert. 4,0 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 2 14°,0 W. N. W. 1. Couvert. 0,3 Couvert. ; pluie à 1 h.
- Samedi 3 10°,4 S. S. W. 1. Couvert. 4,6 Rosée ; couvert ; pluie l’après-midi.
- Dimanche 4 12°,1 S. E. 1. Peu nuageux. » Rosée ; peu nuageux jusqu’à 15 h. ; beau ensuite.
- AOUT-SEPTEMBRE (904. - SEMAINE DU LUNDI 29 AOUT AU DIMANCHE 4 SEPTEMBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre à Snnios. — Le 28 août, à Samos, il y a eu, à des intervalles plus ou moins longs, sept faibles secousses de tremblement de terre. Le 29 août, vers 2 heures de l’après-midi, une très violente secousse ébranla le sol. La ville de Pyrgos a été très éprouvée. Cinquante maisons se sont écroulées et cinquante habitations ont été endommagées.
- Te temps. — Le temps a subi de grands changements dans la semaine du 29 août au 4 septembre. Le 29 août, le matin, le thermomètre marquait 15° à Paris, 20° à Brest, 21° à Toulouse, 17° au puy de Dôme, 10° au mont Ventoux, 9’ au pic du Midi. Des pluies sont tombées dans le nord et le sud-est du continent. La température moyenne a été de 20°,5 avec un maximum de 28\4 et un minimum de 14’,1. Le 30 août, la journée a été chaude, lourde, sombre et orageuse. Des orages ont éclaté sur les régions de l’ouest et dans le Roussillon; on a recueilli 6 mm d’eau à Rochefort, 3 mm à Lorient, 2 mm à Cherbourg. A Paris, à plusieurs reprises, quelques gouttes d'eau sont tombées; mais ce n’est que vers 5 heures qu’il a plu. Le 31 août, de fortes averses sont tombées dans toute la France ; elles ont été accompagnées d’orages dans le centre et dans le sud. On a recueilli 36 mm de duie à Dunkerque, 19 mm à Clermont-Ferrand, 13 mm à Marseille. Dans a région parisienne, quelques roulements de tonuerre ont été entendus vers 5 heures; des averses sont tombées à 3b 33 et à 5 heures sans donner de
- grandes quantités d’eau. Le 1" septembre, le vent a été assez fort du nord-ouest sur toutes nos côtes ; la mer a été très houleuse au Havre, à Cherbourg et à Marseille. Il est tombé 14 mm d’eau au Havre, 6 mm à Besançon, 6 mm à Biarritz, 2 mm à Paris; on a signalé des orages à Lyon et à foulon. La température était le matin de 12° à Belfort, 13° à Paris, 13° à Limoges, 5° au puy de Dôme, 5° au mont Mounier, 3’ au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 13°,7, inférieure de 2’,6 à la normale; le maximum a été de 16°,6 et le minimum de 12°,9. Le 2 septembre, la situation atmosphérique s’est améliorée en Europe ; la pression s’est généralement élevée en France et a atteint 765 mm. Des averses sont encore tombées dans le nord et dans l’est de la France ; on a recueilli 6 mm d’eau à Boulogne, 6 mm à Besançon, 3 mm à Paris. Un orage suivi d’une pluie abondante s’est abattu dans la nuit du 2 au 3 septembre, sur la région aux environs de Cannes, et la neige a fait son apparition sur le sommet des Alpes dominant le littoral. Le 3 septembre, la baisse barométrique a été de 5 mm à l’entrée de la Manche et de 3 mm au Pas de Calais. Des pluies sont tombées sur les lies Britanniques; en France on en a signalé à la pointe de Bretagne et dans quelques stations de l’est. Il y a eu des orages à Nice et au mont Mounier ; a Paris, il a plu presque toute la journée, et assez abondamment surtout à partir de 10 heures du soir. Le thermomètre marquait le matin 10° à Paris, 13° à Lyon et h Toulouse, 6° au puy de Dôme, 4’ au pic du Midi, —1° au mont Mounier. Le i septembre, le temps a été beau à Paris et dans les environs ; la température était le matin de 12’’ à Lyon, 12° à Paris, 14° à Toulouse.
- PHASE DE LA LUNE : D. Q. le 3, à 5 h. 8 du matin.
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- | N° 1634 (77 septembre 1904), du journal « LA NA TURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal. *
- INFORMATIONS
- —}&— Dernièrement, à New-York, pour établir une conduite •d’eau en terrain peu stable et sous un égout et des conduites •qu’on craignait d’ébranler, on a eu recours à un procédé original pour faire passer une grosse conduite d’acier d’un diamètre extérieur de 0m,90 et d’une épaisseur de lm,025. On a descendu un .puits de profondeur et de largeur convenables, puis de là on a poussé le tuyau ou plus exactement un premier segment de tuyau «le 0m,91 de long à travers le terrain demeuré intact : ce segment •était muni à l’avant d’un bord tranchant fait d’une cornière, et la poussée était assurée par des vérins disposés dans le puits, et ’d’une puissance de 75 tonnes. Après enfoncement complet, on boulonna â l’arrière (comme dans un tubage) un segment de prolongation «le lm,52, et le travail se continua de la sorte. Le sable constituant le terrain où l’on s’enfoncait pénétrait jusqu’à 2m,45 parfois à l’intérieur du tuyau, et la pression nécessaire à l’enfoncement de la conduite s’éleva jusqu’à 300 tonnes! Néanmoins le passage se fit sans aucun tassement ni détérioration des conduites et égout supérieurs, et l’on se contenta ensuite de revêtir l’intérieur du tuyau «Tune certaine couche de béton.
- —Pour augmenter le débit des conduites de gaz et suffire à une consommation plus importante sans changer les canalisations, on tend à distribuer le gaz sous pression ; et tout récemment M..Bouvier a pu donner, au Congrès de la Société technique de l’Industrie gazière, des indications intéressantes sur une usine qui a installé un ventilateur-compresseur pour envoyer du gaz sous pression à 2 kilomètres de distance. Cela a coûté moins de 5000 francs et a évité de doubler la conduite, ce qui aurait entraîné une dépense de 75 000 francs. La pression atteint 400 millimètres.
- —Pour compléter ce que nous avons dit des grosses locomotives de banlieue, en France et à l’étranger, nous pouvons citer celles que possède maintenant le « Philadelphia and Reading Railroad ». Elles sont portées par 6 paires de roues, dont 3 motrices accouplées, précédées par un bogie à 2 roues et suivies par un bogie à 4; les roues motrices ont 1m,55 de diamètre. Les cylindres sont extérieurs au châssis et ont 508 mm. sur 609 de course. La chaudière comporte 447 tubes de2m,74 seulement de long, la surface de chauffe étant de 120 mètres carrés à peu près, pour une pression de 14 kg. Le poids de ce type d’engin est de 100 tonnes, dont 60 sur les roues accouplées.
- —— ' Il existe trois transmissions électriques à longue distance, dans l’Amérique du Nord, qui font usage de conducteurs en alu-miniumf Tout d’abord la ligne qui va de l’Electra Power House à San Francisco, et qui ne fait usage que d’aluminium sur ses 250 kilomètres ; puis celle de Colgate à Ôakland, un peu plus courte, où l’on emploie simultanément 3 câbles d’aluminium et 3 de cuivre; enfin celle des Shawinigan Falls à Montréal, et où le courant passe uniquement par des fils d’aluminium sur 140 km.
- —)£— La ville de Rouen est en ce moment envahie par des rats qui pullulent dans les docks, les magasins et les habitations. La municipalité a pris toutes les dispositions nécessaires pour faire disparaître ces rongeurs; de plus elle donne une prime de dix centimes par tête de rat capturé.
- —M. Walter, dans la publication « Zeitschr. des Oester-reich, Ingenieuren und Architekten », recommande d’imprégner •d’huiles végétales les briques destinées à construire des murailles en contact immédiat avec la terre humide : elles deviennent absolument imperméables.
- —— M. 0. Gabran considère avoir trouvé le moyen d’améliorer les procédés de dépôt galvanique du zinc sur le fer, de manière à obtenir des dépôts assez épais. Parmi les divers électrolytes qu’il a essayés, il recommande tout particulièrement une solu-
- tion faite de sulfate de zinc, d acide sulfurique et d’eau. D’après les renseignements qu’il donne dans la publication « Zeitsch. Elek-trotechnik », il s’effectue de la sorte un dépôt épais avec une densité de courant de 6 ampères par centimètre carré, et une pression de 9 à 10 volts dans le bain.
- —Une nouvelle ligne de chemin de fer doit être installée de Saint-Ouen à Ermont par Gennevilliers. Cette ligne, dont la Compagnie des chemins de fer du Nord va commencer les travaux, est destinée à desservir la plaine de Gennevilliers qu’elle coupe dans son milieu, ainsi que des parties d’Epinay, Saint-Gratien, etc., non encore desservis par le chemin de fer, avant de venir se raccorder avec la ligne de Grande-Ceinture à Epinay, et avec celle de Pontoise, à Sannois. En même temps, elle doit être reliée à l’importante usine à gaz qui se construit en ce moment, à Gennevilliers, et dont la mise en service, pour l’éclairage de la banlieue, doit avoir lieu le 1er janvier 1906.
- —)f£— On a signalé récemment en Angleterre des cas de morts extraordinaires. Un enfant de trois ans a été tué par un coq qui lui a piqué ses ergots dans le crâne. Le groom d’un membre du Parlement est mort pour avoir avalé une guêpe qui se trouvait dans la bière qu’il buvait. La guêpe lui a fait une piqûre à la gorge, qui a causé une inflammation si grave que l’asphyxie est survenue.
- —)£— On dit que sir Hiram Maxim, l’inventeur de l’aéroplane, effectue actuellement des expériences avec son appareil au Palais de Cristal, à Londres. L’engin ressemble à une hirondelle gigantesque; il a atteint, dit-on, une vitesse supérieure à 130 kilomètres à l’heure.
- —Le plus grand croiseur-cuirassé de notre flotte « Le Gambetta », d’une puissance de 28000 chevaux, a effectué récemment son dernier essai préliminaire avant d’entreprendre ses essais officiels. Cet essai, d une durée de trente heures, au cours desquelles on a atteint les neuf dixièmes de la puissance, a donné les résultats les plus satisfaisants.
- - Le grand observatoire du mont Rose a été construit sur la Punta Gnifetti, à 4559 mètres d’altitude; seul, l’observatoire français du mont Blanc (4810) est situé plus haut en Europe. Les frais d’établissement ont été couverts par les ministères de l’Instruction publique et de la guerre. Le dernier a doté l’observatoire de deux excellents appareils photo-télégraphiques qui lui permettent de se tenir en communication avec Alagna et Varallo, et le duc des Abruzzes lui a fait don de tous les appareils dont il s’est servi lui-même pendant l’expédition de la « Stella-Polare ». L’établissement sera dirigé par l’astronome Camillo Alessandri et par M. Frederico Rosario, professeur de physique à l’Institut technique de Pavie.
- —— De nombreuses personnes souffrent, à Londres, d’une espèce de maladie que les médecins ne peuvent pas définir. Ce n’est pas l’influenza, bien qu’elle ait pour symptômes le coryza, la toux, de la pesanteur dans tous les membres, une lassitude générale et un vif désir de rester couché. La nuit, les malades ne peuvent pas dormir, tandis que, dans le jour, ils ont des tendances à s’assoupir et répugnent à tout exercice. Un médecin des plus distingués nous a dit qu’il y avait à Londres plusieurs milliers de personnes de tout rang qui souffrent de cet étrange malaise.
- —Dans ces derniers temps, plusieurs nageurs ont essayé de traverser la Manche à la nage. Nous devons mentionner le nageur Burgess qui s’était remis à l’eau le 7 septembre à 9 heures du matin. Grâce à sa nage vigoureuse et rapide, à midi et demi, il était à plus de 9 kilomètres des côtes anglaises d’où il était parti. Le vent s’éleva, la mer devint houleuse ; mais Burgess continuait à avancer et à 4 heures il avait fait plus de la moitié du parcours. Mais une heure et demie après, il fut pris d’une crampe suivie de défaillance, et il dut abandonner la partie. Mais l’exploit accompli par Burgess est très remarquable et mérite d’être mentionné.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de îa bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le Four non oxydant pour rivets se trouve au Carbon Oxide Co, 46, Lombard Street, Londres.
- Communications. — M. Doranlo, à Genève, nous écrit : « A propos de l’appareil respiratoire dû au Dr Guglielminetti que vous signalez dans le n° 1628, du 6 août 1904, p. 159, permettez-moi de vous faire observer que cet appareil n’est plus une nouveauté, car en 1897 j’avais créé, expérimenté et mis en service un dispositif perfectionné pour mes expériences de bateaux sous-marins. Je l’emploie encore actuellement sans grandes modifications, et il me permet de l’ester deux heures et demie sous l’eau soit en bateau, soit en scaphandre. Quoique différent quelque peu dans ses détails de celui du docteur, et peu connu, mon système est basé sur le même principe, mais offre l’avantage d’une durée plus longue et d’un fonctionnement automatique. Ne l’ayant appliqué jusqu’ici qu’à mes canots hermétiques de sauvetage, moitié plongeant, moitié flottant, et à mes appareils individuels de sauvetage pour la marine, il n’a jamais été construit en dehors de ces applications, ni publié. »
- M. Pierre Mégnin, à Yincennes, nous adresse la lettre suivante : u Dans les « Informations » du n° 1653, du 3 septembre 1904, votre journal reproduit, sous le titre : « Un nid de serpents », un racontar dont j’ai montré l’inanité dans « L’Eleveur ». En effet, on aurait rencontré, en démolissant un glacis en maçonnerie sur la rivière la Sioule (Allier), on aurait rencontré, dis-je, et détruit 406 vipères et recueilli 166 œufs qui, conservés, auraient donné de petites vipères le lendemain!... D’abord la vipère ne pond pas d’œufs ; son nom lui vient précisément de ce qu’elle est « vivipare », ensuite elle n’habite pas le voisinage des eaux. Et ce n’est qu’en hiver, pour passer ensemble l’engourdissement hivernal, qu’elles se réunissent dans des cachettes au nombre de quelques dizaines (et non par centaines) où on les trouve entrelacées et inertes ; aux premières chaleurs, elles se raniment, se séparent ou s’accouplent. »
- M. L. Le Page, à Constantine, nous fait parvenir la lettre suivante : « L’article publié dans le n° 1631, du 27 août 1904, p. 206, par M. Jacquot, au sujet de la périodicité des vents du nord sur le lac Léman, m’engage à vous communiquer une autre loi de périodicité que M. Jacquot doit d’ailleurs connaître, car il a eu souvent l’occasion de l’observer en Algérie. Je veux parler du sirocco, ce vent du sud-sud-ouest, qu’on peut comparer à l’haleine enflammée qui sort de la bouche d’un four. Le sirocco souffle par périodes ternaires de 5, 6, 9, 15 ou 21 jours; nous le savons très bien, et nous pouvons calculer la durée de ce vent asséchant dès qu’une des périodes a commencé. Le sirocco souffle-t-il le 4e jour? nous en avons encore pour deux jours au moins. Continue-t-il à souffler le 10“ jour? C’est qu’il durera quinze jours et ainsi de suite. D’ordinaire, les périodes sont interrompues par d’autres périodes de rémissions ayant des durées équivalentes, et je crois que des observations sérieuses faites au nord et au midi pourraient permettre de dégager à ce sujet une loi météorologique qui serait d’une grande utilité pour la culture et la navigation. »
- MM. Clément et Gilmer, ingénieurs constructeurs, 140, faubourg Saint-Martin, à Paris, nous adressent leur nouveau catalogue d’objectifs photographiques, chambres, accessoires et lanternes d’agrandissement.
- Renseignements. — M. Proança, à Leria. — Cette machine ne se trouve pas encore dans le commerce ; nou6 ne pouvons vous indiquer aucune adresse.
- M. A. R, F., à Paris. — Pour tout ce qui concerne l’enlèvement des poussières, adressez-vous à la Société générale d’assainissement, système « Le Pneumatic », 14, rue des Ecoles, à Paris.
- Un abonné, à X. — Journaux et revues traitant de chimie et paraissant à Paris : Bulletin de la Société chimique de Paris, 120, boulevard Saint-Germain; Annales et Revue de chimie analytique, 45, rue de Turenne; Bulletin de l’Association des chimistes, 156, boulevard Magenta; Revue de chimie industrielle, 55 bis, quai des Grands-Augustins ; Revue générale de chimie pure et appliquée, 155, boulevard Malesherbes,-à Paris
- M. G. B., à Raposos. — 1° Pour des ouvrages de ce genrev il faut vous adresser à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères. — 2° Il faudrait connaître les appareils et les machines qui sont utilisés dans cette industrie pour pouvoir vous indiquer des fabricants.
- M. G. Ragon,h Paris. — 1° Les conduites forcées de l’usine de Servoz sont effectivement courbées à leur partie inférieurer afin de se raccorder aux distributeurs des turbines. Mais la perte de charge résultant de ces coudes n’a qu’une influence inappréciable comparativement à la chute. — 2° L’ouvrage théorique le plus complet sur les turbines hydrauliques est le « Traité des Turbo-Machines » de M. Rateau, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins. On peut encore indiquer l’ouvrage récent de M. Lavergne sur les Turbines hydrauliques, à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pèresr à Paris.
- M. M. L., àÉtretat. — Nous ne pouvons trouver une explication qui donne réellement satisfaction.
- M. J. Rolle, à Gôrz (Autriche). — 1° Positifs sur verre pour projections : MM. Radiguet et Massiot, 44, rue du Château-d’Eau; MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° L’adresse que vous demandez est la suivante : MM. Lévy et ses fils, 26, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- M. H. J., à Carthagène.— Il existe de nombreuses scieries-à une ou plusieurs lames qui permettent de beaucoup diviser le bois. Nous vous citerons les machines de MM. Kirchneret C**, 77, rue Manin; M. Ed. Mongin, 34, avenue Philippe-Auguste; MM. Sussfeld, Lorsch et Cie, 21, rue de l’Echiquier, à Paris.
- M. Lenoir, à Paris. — Consultez l’ouvrage « Peinture sur verre, porcelaine, faïence et émail », par MM. Reboulleau, Magnier et Romain, à la librairie [Mulo, 12, rue Ilautefeuille,. à Paris.
- M. Derquin, à Tours. — L’adresse demandée est la suivante : M. G. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, à Paris.
- M. Duront, à Paris. — Plusieurs traités ont été publiés sur ces questions théoriques, à la librairie Dunod et à la librairie-Bérenger.
- M. E. L., à Paris. — 1° Le diamètre des conducteurs principaux électriques et des fils de dérivation dépend de la perte de charge .admise pour la distance donnée. 11 faut calculer la section; consultez le « Formulaire de l’Electricien », à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Le sel employé est du chlorhydrate d’ammoniaque.
- M. le Dr E. Abeille, à Nantes. — 1° Nous n’avons pas retrouvé la formule que vous demandez. — 2° Nous répondons toujours dans la « Boîte aux Lettres » chaque fois que l’on nous envoie la bande du dernier numéro, comme l’indique l’avis inséré plus haut.
- M. D. R., à Toulouse. — Vous pouvez effectuer vous-même très facilement ces mesures avec un voltmètre et un ampèremètre. Déterminez également la résistance du voltmètre.
- M. G. Lepart, à Nancy. — Cette adresse a été donnée en tête de la « Boîte aux Lettres » du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. D. V., à Paris. — Vous trouverez ces appareils chez; MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-au-Calvaire, à Paris.
- M. D. Fée, à Nantes. — Pour ce qui concerne la bibliothèque dont vous parlez, il faut vous adresser à M. Casadesus, 183, rue du Fauhourg-Poissonnière, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — AP1® S. Barra-chin, à Paris. Votre lettre a été envoyée aux constructeurs. — M. D. L., à Paris. Il faut faire vous-même l’expérience, en suivant tous les conseils qui vous sont donnés. — M. Leroit, à Caen ; M. G. /}., à Lille. Voyez les « Recettes et procédés utiles », lr® série, à la librairie Masson et C‘° — M. P. D., & Melun. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. L. V., à Paris; M. R. L., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés. et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES. SCIENTIFIQUES.
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- PHOTOGRAPHIE
- Lanterne universelle Dillemann.
- Les lanternes de laboratoire ne manquent pas au photographe, il y en a de toutes formes et de toutes dimensions employant tous les modes d’éclairage ; mais, en général, elles ne se prêtent qu’au mode pour lequel elles sont construites. M. Dillemann a voulu faciliter l’usage d’une source lumineuse quelconque en rendant mobiles le fond et la cheminée ; à la place de celle-ci un bouchon spécial permet de substituer une lampe à incandescence qui se trouve alors dans le haut de la lanterne. Au moyen des différents fonds qui se fixent facilement les uns à la place des autres, on peut employer le gaz, la bougie, la lampe à essence, la lampe à pétrole ou à huile.
- La ventilation est assurée par une double paroi perforée qui
- Lanterne universelle.
- laisse une large circulation d’air, indispensable surtout quand on emploie le pétrole ou l’huile.
- Les verres sont rouge et jaune d’un côté, vert et jaune de l’autre; quel que soit le côté qu’on utilise on peut soulever celui des deux verres qui est en avant pour examiner le cliché à la lumière jaune.
- A cet effet le vert rouge et le verre vert sont supportés par un crochet qu’il suffit de tirer de bas en haut et de fixer à la hauteur voulue en le faisant basculer dans l’une des encoches pratiquées sur les côtés de la rainure. C’est en somme une lanterne très bien comprise et très pratique. — La lanterne Dillemann selrouve chez M. Dillemann. rue de Chabrol, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Instructions sur le montage des installations électriques jusqu à 600 volts. Rédigées par les Associations françaises de propriétaires d’appareils à vapeur ayant un service électrique (Amiens, Lyon, Nancy), par l’Association des industriels du nord de la France (Lille), et par l’Association normande pour prévenir les accidents (Rouen), 1904. Association alsacienne, 18, rue de Thionville. Nancy.
- Manuel pratique de la culture du châtaignier, par HenriBlin. 4 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulot,libraire-éditeur. Paris, 1904. Prix : lfr,50.
- Flores régionales de la France, par A. A cloque. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. 1904. Prix : 7tr,50.
- A:de-mémoire de photographie pour 1904, publié sous les auspices delà Société photographique de Toulouse, par C. Fabre. 29* année. Troisième série, tome IX. 1 vol. in-16. Paris. Gauthier-Villars. Prix : broché, l,r,75; cartonné, 2,r,25.
- Bateaux à hélice, parDuROY de Bruignac. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Paris. 1904. Prix: 5fr,50.
- Série de prix des travaux de parcs et jardins, préparée par le Comité de l’art des Jardins de la Société nationale d’horticulture de France et publiée sous son patronage par la Librairie horticole. 1 vol. in-8° carré, broché, 6 francs;cartonné, 7 francs. Paris. 1904.
- Les animaux domestiques. Histoire naturelle faite sur un plan absolument nouveau, sous la direction de Gos de Voogt. Livraison X. E. Flammarion, éditeur. Prix : 0fr,75.
- Les névropathes. Médecine et hygiène des névroses et de la neurasthénie, par le Dr E. Mom». 1 vol. in-12. 2° édition. Broché, 3tr,50. F. R. de Rudeval, éditeur. Paris.
- Les nouveaux générateurs de vapeur à niveaux d’eau mu'-tiples et indépendants, par J. Vax Oosterwyck, ingénieur. 1 brochure in-4. Yie Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix : 3 francs.
- Les bains d’air, de lumière et de soleil dans le traitement des maladies chroniques, par le Dr A. Montenuis, ex-interne des hôpitaux. 1 brochure in-8°. Paris. Librairie J.-B. Baillière et fils. 1904. Prix : 1 franc.
- Nature intime de l’électricité du magnétisme et de ses radiations, par A. Breydel. 1 brochure in-8°. Librairie V'e Ch. Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Législation rurale, par E. Jouzier, professeur à l’Ecole nationale d’agriculture de Rennes. 1 [vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille. Paris. Prix : broché, 5 francs; cartonné, 6 francs.
- Dictionnaire de chimie photographique à l’usage des professionnels et des amateurs, par G. et A. Braun fils. 3°, 4% 5°, 6% 7e et 8e fascicule. 6 brochures in-8°. Paris. Gauthier-Villars, imprimeur-libraire.
- Hypothèse sur la constitution de la matière, par Joseph The-venin, externe des hôpitaux de Paris. 1 brochure in-8°. VTe A. Thomas et Ch. Thomas, libraires, 6, place de la Sorbonne. Paris. 1904.
- Sciences morales. Extase, par Paul Monteau. 1 brochure in-0. Imprimerie Lancement-Martineau. Tonnav-Charente. 1904. Prix : 3 francs.
- Le microscope polarisant. Guide pratique pour les études élémentaires de cristallographie et d’optique. Traduit et adapté aux notations françaises, par L. Pervinquière, docteur ès sciences, chef des travaux pratiques de géologie à la Sorbonne. 1 vol. in-18. F. R. de Rudeval, éditeur, 4, rue Antoine Dubois. Paris, 1904. Prix : 5 francs.
- Les turbo-moteurs et les machines rotatives, par II. de Grafei-gny, ingénieur civil. 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins. 1904. Prix : 10 francs.
- Researches on the aitainment of very low températures, by Morris AV. Travers, assistant professor of chemistry, and Fellow of University College, London, England. Part I. Smithsonian Miscellaneous collections. Part of volume XLVI. Hodgkins Fund. City of Washington. Published by the Smithsonian Institution. 1904.
- Phylogeny of ftisus and ils allies, by Amadeus W. Grabau. Smithsonian Miscellaneous collections. Part of volume XLIV. City of Washington. 1904. Published by the Smithsonian Institution.
- The arapaho sun Dance; the ceremony of the offerings lodge, by George A. Dorsey, curator, Department of Anthropology. Field Columbian Muséum. Publication 75. Antropological sériés. Vol. IV. Chicago. U. S. A. Juin 1903.
- Smithsonian contributions to Knowledge. Part of volume XXXIV. A comparison of the features of the earth ant the Moon, by N. S. Siialer, professor, Harvard University.
- 1 brochure in-4°. City of Washington published by the Smithsonian Institution. 1903.
- Cambridge Biological sériés. The natural history of some common animais, by Oswald H. Latter. 1 vol. in-8°. General editor. Arthur E. Shipley, Cambridge, at the University Press. 1904.
- James Smithson, by Samuel Pierpont Langley. 1 brochure in-8°. Reprinted from the Smithsonian Institution, City of Washington. 1904.
- Twentieth annual report of the Bureau of American Ethno-logy to the secretary of the Smithsonian Institution 1898-1899, by J. W. Powell, director. 1 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office. 1906.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Annals of the astronomical observatory of Harvard college. Edward G. Pickering, director. Vol. XLIII. Part. III. Observations and investigations made at the Blue Hill me-teorological observatory, Massachusetts, U. S. A. in the years 1901 and 1902, under the direction of a Lawrence Rolch. 1 brochure in-4°. Cambridge. Published by the observatory. 1905.
- Spokil. Langue internationale. Grammaire. Exercices, par le Dr An. Nicolas. 1 vol. in-16. Paris. A. Maloine. 1904.
- Treasury Department U. S. Coast and Geodetie Survey, 0. H. Tittmann superintendent. Terrestrial Magnetism. Magnetic observaiories of the United States Coast and Geo-detic survey in operation July. 1, 1902, by L. A. Bauer and J. A. Fleming. Appendice n° 5 — Report for 1902. Washington. Government Printing Office. 1905.
- Treasury Department U. S. Coast and Geodetie survey, O. H. Tittmann superintendent. Terrestrial Magnetism. Magnetic dtp and inlensity observations January, 1897, to June 50, 1902, by Daniel L. Hazard, computer, Division of Terrestrial Magnetism. With Préfacé by L. A. Bauer. Ap-pendix n° 6. Report for 1902. Washington. Government Printing Office. 1905.
- Annuaire statistique de la ville de Buenos-Ayres. Albert Casares, intendant municipal. Albert B. Martinez, directeur général de la statistique municipale. XIIIe année. 1905.1 vol. in-8°. Buenos-Aires, Compania Sud-Americana de Billetes de Banco. 1904.
- An introduction to the study of spectrum analysis, by W. Marsiiall Watts. 1 vol. in-8°. Longmans, Green and C°. Londres. 1904.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 septembre . 11°,5 Calme. Beau. » Rosée; beau.
- Mardi 6 12»,9 E. S. E. 0. Beau. 3,1 Rosée ; peu nuag. le matin ; couv. le soir ; pluie le soir.
- Mercredi 7 12",9 N. W. 2. Couvert. 7,5 Pluie le matin ; très nuag. le matin ; nuag. le soir.
- Jeudi 8 8»,9 Calme. Brouillard. 0,0 Rosée ; brouillard ; très nuag. le matin ; couv. le soir ; pluvieux à 16 h. et 20 h.
- Vendredi 9 14»,0 S. S. W. 2. Couvert. 5,4 Couvert; pluie par intervalles.
- Samedi 10 12»,9 N. N. W. 2. Très nuageux. » Nuageux le matip ; peu nuageux le soir.
- Dimanche 11 .... 10»,0 N. N. E. 2. Beau. » Rosée ; beau.
- SEPTEMBRE 1904. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE lt SEPTEMBRE 1904.
- Lundi »
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri 4 boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e temps. — La pluie n’a pas cessé de tomber dans la semaine du 5 au 11 septembre. Le S septembre, le thermomètre marquait 12° à Paris, 16° à Brest, 22» à Toulon, 10° au puy de Dôme, 8° au pic du Midi, 2° au mont Mounier. La température moyenne a atteint 16°,8 avec un maximum de 2i°,l et un minimum de 9°,9. Le 6 septembre, à Paris, il a plu vers 1 heure de l’après-midi et l’eau est tombée tout le reste de la journée. On a signalé également des orages à l’île d'Aix et à Chassiron. La température moyenne a été de 16°,9, supérieure de 1°,1 à la normale. Le 7 septembre, de fortes pluies sont tombées sur toute la France, excepté dans le sud-est ; on a recueilli 27 mm d’eau à Biarritz, 24 mm à Dunkerque, 13 mm à Clermont, 11 mm à Paris. 11 y a eu également des orages à Lyon, au puy de Dôme et à Perpignan. Le 7 septembre, la foudre est tombée sur une usine à Coarraze, près de Pau, et a tué le directeur dans son bureau. La température moyenne à Paris a été. de 15°,1 ; il y a eu un maximum de 20°,6 et un minimum de 7°,3. Le baromètre à 7 heures du matin était à 769,3 mm;
- il a été en hausse jusqu’à 10 heures. Le 8 septembre, des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques, les Pays-Bas et l’est de la France; on a recueilli 15 mm d’eau à Besançon, 12 mm à Lyon, et 12 mm à Belfort. Le thermomètre marquait le matin 9’ à Paris, 9° à Nantes, 13° à Toulouse, 17° à Lyon, 7° au puy de Dôme, 4° au pic du Midi. Le 9 septembre, le vent a soufflé faiblement de l’ouest sur la Manche. Sur les côtes de l’Océan, il a soufflé du nord de Brest à l’embouchure de la Loire et faiblement du sud de Noirmoutiers à Biarritz. Des pluies sont tombées sur le littoral de la Manche, ainsi qu’à Nantes et à Paris. Dans cette dernière ville, une série d'averses sont tombées dans la matinée sans interruption; dans l’après-midi la pluie a repris à 2 heures. Le 10 septembre, il a plu un peu dans toute la France ; on a recueilli 5 moi d’eau au Mans, 3 mm à Belfort, 5 mm à Paris, 1 mm à Lyon. Le 11 septembre, des fortes pressions s’étendaient le matin sur le nord-ouest, le centre et le sud-ouest de l’Europe. On a signalé des ondées dans l’est, et des orages à Perpignan. La température était le matin de 8° à Charleville, 10° à Paris, 6° au pic dn Midi.
- PHASE DE LA LUNE : N. L. le 9, à 8 h. 52 du soir.
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- N° 1635 (24 septembre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— On mande de Pékin que la légation française vient de taire remettre au gouvernement chinois les instruments de l’Obser-vatoire de Pékin, qui avaient été saisis à la suite des événements de 1900.
- —J&— La voûte de la cathédrale d’Orléans s’est en partie effondrée dans la nuit du 8 au 9 septembre. Sept travées de la voûte du sanctuaire se sont écroulées sur le maître-autel. La cathédrale avait été construite au xui° siècle et restaurée vers l’an 1600. On se préoccupait depuis quelque temps des réparations nécessaires à la voûte.
- —^— La foudre a fait de nombreuses victimes cette année en France et à l’Etranger. Le jeudi 15, à lh30, un prêtre qui descendait du Rigi Kulm, a été foudroyé; quelques jours avant, un enfant avait été aussi foudroyé à Engelbert, la station suisse si fréquentée.
- —— Plusieurs journaux ont annoncé, que la Compagnie du Gothard se proposait de transformer la traction à vapeur de ses trains dans la traversée du tunnel de Gœschenen à Airole en traction électrique. Il ne semble pas que le projet soit sur le point d’être réalisé. La confédération helvétique rachetant les chemins de fer à bref délai, la Compagnie n’a aucun intérêt à faire elle-même cette modification. On étudie simplement en ce moment une station centrale pour l’éclairage électrique de Gœschenen-Village dont profitera la Compagnie du Gothardpour l’éclairage de la gare. La lampe de 10 bougies ne coûtera que 12 francs à peine de redevance annuelle. Il est aussi question ae relier la gare de Gœschenen à Andermatt par un tramway électrique. Leur force motrice serait fournie par le torrent de la Gœschenen-Reuss. Ce tramway suivrait la route actuelle du Gothard dont le tracé serait légèrement modifié pour metfre en hiver les trains à l’abri des avalanches. La route actuelle est impraticable en hiver; elle est dangereuse par suite de ses nombreux lacets même pendant la belle saison% Il y a quinze jours à peine, une voiture à un cheval a été précipitée, par la maladresse d’un cocher, dans un trou de 30 mètres de profondeur. Les voyageurs ont été tués sur le coup, la voiture mise en pièce et le cheval a dû être abattu sur l’heure. Cet événement douloureux a un peu refroidi le zèle des touristes qui vont au glacier du Rhône.
- —5&— Dans la soirée du 15 septembre, de violentes secousses de tremblement de terre se sont fait sentir dans les provinces de Ijuébec et d’Ontario, au Canada. Un grand nombre d’habitations ont été ébranlées et menacent ruine.
- —lit— On annonce que Saint-Louis et Chicago, qui sont séparés par une distance' d’environ 500 kilomètres, ont été mis en relations par la télégraphie sans fil.
- —— La publication « Engineering News » a signalé une machine curieuse de terrassement, permettant le creusement des tranchées et leur remblayage après pose de la conduite voulue au fond de l’excavation. Le déblai est effectué par un auget mobile sur une voie renversée, montant en pente douce pour former ensuite chemin de roulement, s’élevant à la partie supérieure du bâti de la machine. Quand l’auget est parvenu au sommet et à l’arrière de ce bâti,- il se déverse dans la partie antérieurement creusée de la tranchée, en recouvrant la conduite que l’on a posée au fur et à mesure; puis il revient reprendre sa place en bas et attaquer de nouveau la terre,- tout l’appareil se déplaçant, pour assurer l’avancement, et sous la commande d’un moteur à gaz disposé sur le bâti. Celui-ci entraîne des blindages soutenant les côtés de la tranchée. Avec un mécanicien et deux manœuvres, on peut creuser en terrain dur, et à la minute, 0m,76 d’une tranchée de 0m,91 de large, sur 3m,96 de profondeur.
- —— Nous avons jadis décrit le trénail Collet, tampon en bois dur qu’on enfonce dans les traverses de chemin fer pour y visser les tire-fond, de manière à offrir une plus grande résistance à ceux-ci. On applique maintenant à peu près le même système, et avec succès, pour la fixation des crampons. Dans un trou cylindrique non taraudé, on enfonce un goujon lisse en bois dur, et c’est dans ce goujon qu’on fixe le crampon, qui offre ainsi une résistance double à l’arrachement.
- —M. Griffith a fait, devant l’Institution anglaise des ingénieurs civils, une communication sur l’application de l’air comprimé à l’élévation de l’eau. Il estime que ce système, au point de vue des dépenses, est très inférieur à une pompe, puisque le coût de fonctionnement doit être triple. Mais l’air comprimé est néanmoins tout indiqué quand il s’agit d’essayer un nouveau sondage, quand il faut débarrasser celui-ci des sables et débris de toute sorte; il se recommande de même quand on se trouve en présence d’eaux constamment chargées de sable, ou encore quand on est pressé d’effectuer l’élévation de l’eau, ou qu’on peut opérer simuftan -ment sur plusieurs puits, l’air comprimé permettant aisément d’installer une station centrale.
- —On a déjà commencé d’installer partiellement aux chutes de Shawinigan, sur la rivière Saint-Maurice (dans la province de Québec) une usine hydro-électrique qui pourra donner 150 000 chevaux au minimum et même 500000 ehevâùx'en hautes eaux.
- —Dans la semaine du 12 au 18 septembre,.le temps a été pluvieux. Le 12 septembre, le baromètre a baissé de 12 mm et a marqué 752 mm à Valentia; des pressions supérieures à 765 mm ont persisté sur la mer du Nord et l’Allemagnè. Des pluies sont tombées dans le .nord-ouest de l’Europe; eh Frahce on a signalé des averses orageuses dans l’ouest et le centre. Il est tombé 13 mm d’eau à Clermont, 12 mm au Havre, 11 mm à Brest, 4 mm à Paris. Le ciel s’est couvert le matin à Paris vers 6 heures et la pluie est. tombée presque sans interruption jusqu’à 8h35; dans la soirée, à artir de 6h30,des éclairs ont été observés dans le nord de la anlieue. Le 13 septembre, des pluiés abondantes et de nombreux orages ont eu lieu en France ; on a recueilli 28 mm d’eàu à Clermont, 15 mm à Rochefort, 9 mm à Nantes. Dans la région de Paris, un orage a éclaté le matin vers 4 heures; il a été suivi d’une forte pluie qui a donné, jusqu’à 7 heures, 14 mm d’eau au Parc-Saint-Maur, 29 mm au Bureau central; cette pluie a continué jusqu’à midi. Le thermomètre marquait le matin 16° à Paris, 18° à Lyon, 20° à Toulouse, 14° au puyde Dôme, 10° au mont Aigoual, 4° au pic du Midi; la température moyenne a été de 14°,8 à Paris. Le 14 septembre des pluies sont encore tombées sur toute la France, surtout dans l’est et le sud. On a recueilli 43 mm d’eau à Gap, 32 mm à Marseille, 27 mm à Lyon, 21 mm à Lorient, 10 mm à Paris. Le 15 septembre, le vent a soufflé des régions ouest sur toutes nos côtes ; il a été fort au Havre et à Marseille. On a signalé des pluies dans toutes les régions en Frauce; il est tombé 17 mm d’eau à Nantes, 14 mm à Limoges, 9 mm à Biarritz, 6 mm à Paris. La température était le matin de 12° à Paris, 12° à Clermont, 15° à Toulouse, 9° au mont Aigoual, 0° au pic-du Midi. La température moyenne à Paris "n’a été que de 13°,6. Le 16 septembre, des pluies sont encore tombées dans l’ouest de l’Europe. En France, il a plu au Havre (7 mm d’eau), à Nancy (6 mm), à Biarritz (1 mm) et à Paris (1 mm). Dans la matinée vers 5 heures, à Paris et dans les environs il s’est formé un brouillard très intense qui a persisté jusqu’à midi. Le 17 septembre, le temps a été beau, brumeux dans la matinée. Le thermomètre marquait le matin 8° à Clermont, 11° à Paris, 18° à Perpignan et à Biarritz. Le 18 septembre, le temps a été beau, mais légèrement frais. Le matin la température était de 6° à Clermont, 9° à Paris, 10° à Lyon, 16° à Toulouse, 13° au puy de Dôme, 5° au mont Ventoux, 0° au mont Mounier. La mer était houleuse à Nice, au Havre, à la pointe de Bretagne et vers Biarritz.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. —- En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le comte Bégouen, à Toulouse, nous fait parvenir une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : « Le transpyrénéen par la vallée du Salat. Etat actuel de la question. » Imprimerie Lagarde et Sebille, à Toulouse.
- M. Paul Diffloth, à Valenciennes, nous envoie une étude sur « La question du lait au point de vue zootechnique ». Cette étude, publiée en brochure, est extraite de « La Presse médicale » et se trouve à l’imprimerie Gustave Huart, 52, rue de Mons, à Valenciennes.
- M. B. M., à Saverdun (Ariège), nous écrit la lettre suivante : « Il y a quelques mois, je vous avais écrit pour vous demander une recette contre les taches de graisse sur les briques. Vous m’aviez répondu que vous n’en connaissiez pas. Un de vos lecteurs a eu l’amabilité de m’indiquer un procédé avec des cendres chaudes qui ne m’a pas réussi. Ces taches ont disparu avec du potassium ou parfait décapeur. Je ne sais si le nom est très exact. C’est celui que donne à ce liquide le peintre qui me l’a indiqué. On l’emploie, paraît-il, dans la peinture en bâtiments pour enlever la vieille peinture. Le résultat a été merveilleux. Quelques gouttes pures, laissées quelques minutes et rincées à l’eau aussi fraîche que possible, ont fait disparaître complètement des taches d’huile très tenaces, de la couleur sur des planchers et de la graisse sur des briques. Le liquide inodore et incolore est un violent poison et brûle les mains. On l’emploie aussi pour donner la teinte de noyer au bois blanc. »
- Renseignements. — M. A. Place, à Paris. — Nous ne savons ce que vous entendez par expériences avec les lampes à incandescence ; veuillez nous donner d’autres explications.
- M. P. Levant, à Paris. — Le couteau avec tire-lames que vous demandez a été décrit dans les « Petites Inventions » du n° 1577, du 15 août 1903. Il se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel.
- M. le D1 Salathé, à Spiez. — Nous vous remercions de nous avoir signalé l’erreur; mais nous avons publié à ce sujet une communication dans notre dernier numéro.
- M. L. Martinot, à X. — Nous ne savons si ces appareils existent ; adressez-vous à MM. Rondet, Schor et Cie, 25, rue du Banquier, àM. E. Chauvin, 40, avenue desGobelins, à MM. Le-fort et Duvau, 14, rue du Bourg-Tibourg, à Paris.
- M. Ph. Bonvillain, à Paris. — L’adresse de The Shelbv Steel Tube C° est : à Shelby Etat d’Ohio (Etats-Unis).
- M.J. de M., à Spa. — Dans l’expérience que nous avons relatée, le temps d’immersion n’a pas été déterminé. Mais nous pensons qu’il faut immerger les œufs dans le bain pendant quelque temps de façon à silicater en quelque sorte la coquille.
- M. Symonet, à Villers-Cotterets. — Un des procédés les plus efficaces pour la destruction des rats est d’employer la Myokta-nine ou sérum que l’on trouve à l’institut Pasteur, 21, rue Dutot, à Paris. Nous avons parlé de la première application de ce sérum dans le n° 1016 du 19 novembre 1892, p. 385.
- M. L. Kien, à Vincey. — Nous vous conseillons de consulter les ouvrages suivants, qui font tous partie de l’Encyclopédie des aide-mémoire, Léauté Directeur, et qui vous donneront les renseignements que vous demandez : « Recherches des eaux potables et industrielles », par Henri Bousault; « Analyse chimique et purification des eaux potables », par P. Guichard; tt Les eaux souterraines », par F. Miron; « L’analyse biologique des eaux potables », par le Dr J. Gasser, à la librairie Masson et C‘®, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. J. G., à Paris. — Nous ne connaissons pas de service public effectué à ce jour avec le train dont vous parlez.
- M. E. L., h Troyes. — 1° Nous pensons que ces appareils pourraient donner des résultats satisfaisants. — 2° Nous avons donné la description des calcimètres de M. Houdaille dans le n° 1451, du 16 mars 1901, p. 241. — 3° Le calcimètre enregistreur se trouve chez M. Jainin, constructeur à Montpellier, et le calcimètre anéroïde chez M. Delporte, opticien à Montpellier.
- M. E. Beeb, à Strasbourg. — Nous n’avons pas exactement le numéro du Journal ; nous pensons que ce doit être en novembre 1902. Mais le bulletin du ministère de l’Agriculture a également parlé de la méthode; vous pewrriez demander le-renseignement au chef du service des Renseignements agricoles,, au Ministère de l’Agriculture.
- M. Henry de Gaetans, à Avigliano. — 1° Cinématographes: MM. Lumière, 35, rue de Rome; MM. Clément et Gilmer, 149, faubourg Saint-Martin; MM. Gaumont etCie, 57, rueSaint-Roch, à Paris. — 2° Disques pour gramophones et phonographes : MM. Pathé frères, 98, rue Richelieu ; Columbia plio-nograph C°, 34, boulevard des Italiens ; MM. Laurent et P. Salomon, 12, rue Paul-Lelong, à Paris.
- .MM. Bobert frères, à San José de Costa Rica. — Il faudrait consulter un chimiste spécialiste, nous ne pouvons vous donner ce renseignement.
- M. Dumont, à Arras. — Nous avons donné la description du four à incinérer J. Le Blanc, qui a été utilisé par l’Administration générale de l’Assistance publique de Paris, dans le n° 1558, du 15 novembre 1902, p. 379.
- M. L. B., à Paris. — Dans la méthode de mesure dont vous parlez, vous employez le voltmètre en mettant un pôle en-communication avec le circuit à mesurer, et en fixant l’autre pôle à la terre. 11 faut alors établir une formule qui donne la-résistance d’isolement totale en fonction des résistances séparées et prises en dérivation. Il existe une autre méthode qui consiste à mesurer la différence de potentiel aux bornes du circuit dont on veut mesurer l’isolement. On coupe ensuite le circuit en un point donné, on place le voltmètre en circuit et on note son indication. On établit très facilement une formule qui donne la valeur de l’isolement total en fonction de la résistance du voltmètre, et de la différence entre la différence de potentiel aux bornes du circuit et la différence de potentiel dans le circuit.
- M. D, B., à Paris. — La rentrée des cours dé l’externat de l’Ecole spéciale de travaux publics est fixée au 10 octobre; les examens d’admission auront lieu du 3 au 8 octobre.
- M. G. J., à Nantes. — La bibliothèque dont vous voulez parler est la bibliothèque Casa, dont nous avons donné la description dans les « Petites Inventions » du n° 1605, du 27 février 1904. Le fabricant est M. Gasadesus, 183, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- M. E. L., au Perreux. — Vous trouverez des cartes de la-Mandchourie et de la Corée, à la librairie Lavauzelle, 10, rue Danton, à Paris.
- M. L. G., à Laval. — Les appareils téléphoniques Berliner se trouvent à la Société française des téléphones, 29, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. Dubrun, à Z. — Le canot pliant système Doyen a été décrit dans les « Petites Inventions » du n° 1530, du 20 septembre 1902.
- M. Bert, à Nantes. — Il aurait été intéressant de connaître les résultats complets de votre expérience.
- M. J. Z., h Paris. — Il faut faire faire l’analyse complète de ce produit par un chimiste, si vous voulez être exactement fixé sur sa nature.
- M. Véront, à Moulins. — Nous avons déjà décrit plusieurs appareils semblables; remerciements.
- M. Dupont, à Paris. — Nous avons publié une recette dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 2® série, à la librairie Masson et Cia.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Un lecteur, à. Bucarest. — Nous ne comprenons pas ce que vous voulez dire; veuillez vous expliquez clairement et nous vous répondrons. — Ai. Dubois, à Paris. La deuxième recette nous paraît préférable. — Af. P. Lebon, à Moulins. Il est nécessaire de faire tous les calculs-indiquès.— M. G. R.,k Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 1" série, à la librairie Masson et C'®. — M. Dubreuil, à Angers. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. —M. R. F., à X.; M. L.M., à N.; M. Giroy, à Sainte-Livrade. Remerciements pour vos communications.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1904
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- La distance du Soleil à la Terre varie de 149 600000 à 147 000 000 kilomètres pendant le dernier trimestre de cette année. Le diamètre du Soleil suit une marche inverse et passe de 32' 2" à 32' 36".
- Le 22 décembre, à 6h 23m, le Soleil atteindra sa plus grande déclinaison australe et commencera à remonter vers le Nord. Cette date marquera le moment du solstice d’hiver.
- IL — PLANÈTES
- En se reportant aux deux cartes publiées au n° 1598, du 9 janvier 1004, et en s’aidant des indications ci-dessous, on pourra suivre la marche des principales planètes parmi les constellations.
- Mercure sera visible le matin en octobre, et le soir en décembre. En octobre, on pourra l’observer du 1er au 10. La plus grande élongation aura lieu le 1er, à 18 heures, à 17° 52' à l’Ouest du Soleil. Diamètre de la planète : 6",8. Vers le 14 octobre, la
- Slanète passera près de la belle étoile double y de la Vierge. Le 0 octobre, à 6 heures, elle passera à 0° 0',3 de l’étoile X Vierge (gr. 4,7).
- En décembre, Mercure sera visible comme étoile du soir du 7 au 21. La plus grande élongation aura lieu le 14, à 20ü25' à l’Est du Soleil. Diamètre : 6",6. A observer une assez belle conjonction, le 27 décembre, à 6 heures, avec l’étoile tz Sagittaire de 3e grandeur i la distance de 11'.
- polaire : le 15 octobre, 15",5; le 15 novembre, 14",8. L’anneau cjui entoure la planète est toujours un objet de captivante curiosité pour l’étudiant du ciel et les personnes possédant des lunettes ou longues-vues grossissant une cinquantaine de fois seront bien inspirées en les dirigeant vers cette planète, merveille de notre système.
- Uranus, perdu dans le rayonnement solaire, sera difficilement observable. On pourra essayer de le trouver encore en octobre en se servant de la carte publiée au n° 1610. Le 27 octobre, sa position sera :
- M = 17“ 47“ ; (D = — 23° 37'
- Diamètre : 4" environ. Eclat de la sixième grandeur.
- Neptune, la planète la plus éloignée du Soleil que nous connaissions actuellement, va être placé dans de bonnes conditions pour être observé. L’opposition aura lieu, en effet, le 28 décembre prochain. Dans un instrument assez puissant, la planète se présente sous l’aspect d’un petit disque légèrement bleuâtre, de l’éclat de la huitième grandeur et d’un diamètre de 2",3. On trouvera Neptune aux positions suivantes :
- DATES
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 15 octobre . 27 octobre . 15 novembre 26 novembre 15 décembre 26 décembre,
- 6 h. 35 m. 6 lj..35 m. 6 b. 34 m. 6 h. 33 m. 6 h. 31 m, 6 h. 30 m.
- -i- 22° 11' + 22° 11' + 22° 12' -h 22° 12' 4- 22u 14' 4- 22° 15'
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Vénus commence à se dégager du rayonnement solaire et pourra être observée le soir. Le 5 octobre, elle se couche 51 minutes après le Soleil, et le 25 décembre 3h25,“ après. Le diamètre, de 11",6 le 5 octobre, passe it 42",9 le 5 novembre, à 44",7 le 5 décembre et à 46",5 le 25 du même mois.
- A noter une belle conjonction de Vénus et Saturne, le 28 décembre, à 9 heures, à 0°48'.
- Mars est encore trop loin de nous pour être utilement observé. Le 25 décembre , i 1 se lève à 1h 26m.
- Son diamètre est inférieur à 6". Son étude ne peut être encore entreprise avec les instruments de moyenne puissance, il faut attendre pour cela février 1905.
- Le2décembre, à 9 heures, Mars sera à 22' au Sud du bord lunaire.
- Intéressant rapprochement à observer avant le lever du Soleil.
- Jupiter sera en opposition le 18 octobre. U se trouve dans la constellation des Poissons, près du Bélier et dans une situation particulièrement favorable pour être suivi. Le diamètre polaire de celte belle planète sera de 47",2 le 15 octobre, de 45",7 le 15 novembre et de 42",1 le 15 décembre.
- Phénomènes du système de Jupiter visibles à Paris. — Le tableau ci-dessous renferme les éclipses des satellites de Jupiter visibles à Paris pendant le 4e trimestre de 1904. Ces phénomènes peuvent être suivis avec une petite longue-vue terrestre montée sur un pied bien stable.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — On pourra observer, pendant le 4e trimestre de 1904, les occultations suivantes d’étoiles (jusqu’à la 6e grandeur) par la Lune :
- Octobre 1". — Occultation de tll Taureau (gr. 5,2), de 3 h. 4 m. à 4 h. 24 m.;
- — de 117 Taureau (gr. 5,9) de 5 h. 48 m. à 6 h. 7 m.
- Octobre 20. —• Occultation de 96 Verseau (gr. 5,6) de 19 h. 59 m. à 21 h. 22 m. Octobre 27. — Occultation de y Taureau (gr. 3,8) de 5 h. 15 m. à 5 h. 28 m. Novembre 17. — Occultation de 20 Poissons (gr. 5,5) de 18 h. 39 m. à 19 h. 47 m.
- Novembre 20. — Occultation de 64 Baleine (gr. 5,9) de 21 li. 27 m. à 22 h. 29 m. ;
- — de Baleine (gr. 4,5) dé 22 h. 36 m. à 23 h. 55 m.
- Novembre 23. — Appulse d’Aldébaran (gr. 1,0) à 17 h. 24 m., à 2',9 du bord lunaire.
- Novembre 24. — Occultation de 1526 B.A.C. (gr. 5,7)de 4 h. 25 m. à 5h. 29 m. Novembre 26. — Occultation de 685 Weisse 7“ (gr. 5,7) de 20 h. 26 m. à 21 h. 18 m.
- Décembre 2. — Occultation rj Vierge (gr. 4,0) de 1 h. 54 m. à 2 h. 25 m. Décembre 20. —Occultation de y Taureau (gr. 3,8) de 18 h. 8 m. à 19b. 10 m.;
- — de 75 Taureau (gr. 5,2) de 23 b. 26 m. à 0 h. 35 m. du 21.
- Décembre 21. — Occultation de 1391 B.A.C. (gr. 5,0) deO h. 37 m. à 1 h. 44 m.;
- — d’Aldébaran (gr. 1,0) de 3 h. 31 m. à 4 h. 26 m.
- Décembre 22. — Occultation de 115 Taureau (gr. 5,7), de 1 h. 22 m. à 2 h. 9 m.
- Décembre 24. — Occultation de 685 Weisse 7h (gr. 5,7) de 5 h. 33 m. à 6 h. 32ui.
- Décembre 26. — Occultation de A. Lion (gr. 4,5) de 20 h. 59 m. à 21 h. 9 m. Décembre 50. — Occultation de k Vierge (gr. 5,9) de 0 h. 52 m. à 1 h. 41 m.
- Position du radiant des Léouides dans la constellation du Lion.
- Octobre 2, III. Eclipse commencement, 4 h. 10 m. — 3,1. E. c.. 4 h. 38 m. — i, I. E. c., 23 h. 6 m. — 5, II. E. c., 19 h. 29 m. — 12, I. Eclipse fin, 1 h. 1 m.; II. E. c., 22 h. 4 m. — 13,1. E. c., 19 h. 30 m. — 20, II. E. f., 3 h. 4 m. ; 1. E. f., 23 h. 34 m. —22,1. E. f., 18 h. 3 m. — 23, III. E. f., 18 h. 3 m. — 28,1. E. f., 1 h. 29 m. — 29,1. E. f., 19 h. 58 m. — 30, II, E. f., 18 h. 57 m. ; III. E. f., 22 h. 4 m.
- Novembre 4, I. E. f., 3 h. 25 m. — 5, I. E. f., 21 h. 54 m. — 6, IL E. f.,
- 21 h. 32 m. — 7, III. E. c., 0 h. 21 m.; III. E. f., 2 h. 5 m.— 12,1. E. f., 23 h.49m. — 14, II. E. f., 0 h. 8 m.; I. E. f., 18 h. 18 m. — 20, I. E,f., i h. 45 m. — 21, II. E. f., 2 h. 44 m. ; I. E. f., 20 h. 13 m. —28,1. E. f., 22h. 9 m. —30,1. E. f., 16 h. 38 m.
- Décembre 1, H. E. f., 18 b. 38 m. — 5, III, E. c., 16 h. 31 m. ; III. E. f., 18 h. 10 m. — 6, I. E f., 0 h. 5 m. — 7, I. E. f., 18 b. 54 m. — 8, II. E. f., 21 h. 14 m. — 12, III. E. c., 20 h. 33 m. ; III. E. f., 22 h. 12 m. — 15, II. E. f., 23 h. 51 m. — 20, III. E. c., 0 h. 36 m. — 21, I. E. f.,
- 22 h. 25 m. — 23, II. E. c., 0 h. 3 m.; I. E. f., 16 h. 54 m. — 29, I. E. f.. O h. 21 m. — 30, I. E. f., 18 h. 50 m.
- Saturne, dans le Capricorne, sera encore visible pendant cette période de l’année. Il sera en quadrature orientale le 7 novembre et se couchera chaque jour de plus en plus tôt, de telle sorte qu’à la fin de décembre son observation sera assez difficile. Diamètre
- Étoiles variables. — Minima d’Algol (j3 Persée). — Octobre : 14, à 4 h. 39 m. ; 17, à 1 h. 28 m. ; 19, à 22 h. 17 m. ; 22, à 19 h. 6 m. — Novembre : 6, à 3 h. 10 m. ; 8, à23h. 59 m. ; 11, à 20 h. 48 m. ; 14, à 17 b. 37 m.; 26, à 4 h. 55 m. ; 29, à 1 h. 42 m. — Décembre : 1, à 22 h. 31 m. ; 4, à 19 h. 20 m.; 16, à 6 h. 36 m. ; 19, à 3 h. 25 m. ; 22, à Oh. 14; 24, à 21 h. 3 m. ; 27, à 17 h. 52 m.
- Mira Ceti (o de la Baleine). — Cette curieuse étoile varie de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,5. Son prochain minimum devant arriver vers le 21 octobre, il sera utile de suivre cette étoile pendant tout le mois d’octobre et les premiers jours de novembre pour déterminer la date exacte de ce minimum.
- j3 Lyre. — Maxima : Novembre 16. 6 h.; 29, 4 h. Décembre 12, 2 li.; 25, 0 h. — Minima : Octobre 31, 6 b. Novembre 13, 4 h. ; 26, 2 h. Décembre 9, 0 h. ; 21,22 h.
- 6 Céphée. — Maxima : Octobre 2, 23 h. ; 19, 1 h. ; 29, 19 h. Novembre 4, 4 h.; 14, 21 h.; 20, 6 h.; 30, 23 h. Décembre 17, 2 h.; 27, 19 h. — Minima : ctobre 6, 22 h. ; 23, 1 h. Novembre 2,18 h. ; 8, 3 h. ; 18, 21 h. Décembre 4, 23 h. ; 15,17 h. ; 21,1 h. ; 31, 19 h.
- X Taureau. — Minima : Octobre 1, 20 h. 5 m. ; 5,18 h. 57 m. Novembre 22, 5 h. 24 m ; 26, 4 h. 16 m. ; 30, 3 h. 8 m. Décembre 4,2 h. 0 m. ; 8, 0 li. 53 m. ; 11,23 h. 45 m. ; 15,22 h.37 m. ; 19,21 h.29m.;23,20 h. 21 m,; 27,19 b. 14 m.; 31,18 h. 6 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Étoiles filantes. — Pendant les mois d’octobre, novembre et décembre, on observe un très grand nombre de pluies d’étoiles filantes. Voici la liste des principaux radiants :
- l"-9 octobre y Bélier. 13-16 nov. Ç Lion.
- 7 — a Bélier. 13-14 — 2348 Bradley (Dragi
- 8 — r, Persée. 16 et 25-28 nov . [x Grande Ourse.
- la et 29 — S Gémeaux. 20 et 27 — o* Taureau.
- 18-20 — v Orion. 23-28 — y Andromède.
- 18-27 — (3 Petit Chien. 28 — a Céphée.
- 20-27 — a Céphée. 1" décembre iq Persée.
- 21-25 — p Gémeaux. 1-10 — a-[3 Gémeaux.
- 31 oct.-4 nov. e Bélier. 6 — Ç Taureau.
- 1-8 novembre A Taureau. 6-13 — 254 PiazzilIl‘(GdM)ii
- 13-14 - o Persée. 9-12 — a Gémeaux.
- 10-12 — t Grande Ourse.
- Parmi ces pluies, plusieurs sont remarquables.
- La pluie des Orionides dure du 18 au 20 octobre et a son radiant vers l’étoile v Orion.
- La pluie des Léonides, qui dure du 13 au 16 novembre, a donné lieu, en 1766, 1709, 1833, à des chutes extraordinaires d’étoiles filantes. Celles-ci étaient aussi nombreuses que des flocons de neige par une chute intense. Actuellement, le flux des Léonides est moins remarquable. Les météores se sont disséminés le long de l’orbite, mais on en voit encore un grand nombre.
- En 1903, les météores étaient très longs, brillants et laissaient des traînées. La carte ci-dessus montre les constellations voisines du radiant et pourra rendre quelques services pour les observations.
- La pluie des Biélides ou Anaromédides a donné lieu, en 1872, 1885, 1898, à de nombreux météores. Les étoiles filantes proviennent de la désagrégation de la comète de Biéla (d’où leur nom). Par suite des perturbations apportées par Jupiter, l’essaim rencontre actuellement la Terre vers le 23 novembre. Avant 1892, cette rencontre avait lieu le 27.
- Enfin, la pluie des Géminides, qui se produit du 9 au 12 décembre, a son radiant près de la belle étoile double Castor (a des Gémeaux) et donne aussi de beaux météores. Em. TOUCHET.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Tb. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DK 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 septembre. 13®,5 E. 2, Nuageux. 6,9 Rosée; halo; pluie entre 8 h. et 12 h.; éclairs dans la soirée.
- Mardi 13 15®,9 N. N. W. 1 Pluie. 23,7 Orage de 4 h. 45 à 5 h. 20 avec pluie jusqu’à 11 h. ; halo.
- Mercredi 14 12®,2 S. 0. Très nuageux. 5,8 Rosée ; tonnerre de 15 h. 25 à 16 h. 15; pluie à diverses
- Jeudi 15 12®,2 W. S. W; 1. Couvert. 1,5 Rosée; couvert; pluie de 15 à 16h.
- Vendredi 16 9®,2 Calme. Couvert. » Brouillard jusqu’à 9 h. ; de 80 mètr'es à 8 heures ; beau dans la soiree.
- Samedi 17 10®, 9 E. N. E. 1. Beau. » Rosée ; beau.
- Dimanche 18 ... . 9®,0 E. N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- SEPTEMBRE 1904. - SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abrt à boule sèche ; courbe en pointdlé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Bésunié des observations météorologiques faites À , l’observatoire du parc Saint-Maur, en août 1904,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50“,3. Moyenne des 21 heures, 759“", 11 ; minimum absolu, 719*“,7, le 22, à 16 h. 10; maximum absolu, 763““,9 le 13, à 0 h. 50m. ; écart éxtrême, ll“",2.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 1 i°,96; des maxima, 21°,99; du mois, 18°,18; vraie des 21 heures, 18°,28; minimum absolu, 7°,9 le 20; maximum absolu, 31°,2 le 1. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 10°,15 ; des maxima, 46°,60 ; minimum absolu, 1°,7 le 20 et le 22 ; maximum 55°,0 le 4. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 he'ures : à 0“,30 de profondeur, 19°,01 ; à 1 mètre, 18°,80. De la Marne : moyenne le matin, 21°,65 ; le soir, 22°,46 ; minimum, 18°,80 les 26 et 27 ; maximum 23°,50 le 4.
- Tension de là vapeur ; moyenne Ju mois, 10”“,29 ; minimum, 6““,0 le 13, à 15 heures ; maximum, 16“”,0 le 8, à 7 et 11 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 68,9 ; minimum, 22 le 4, à 14 h. ; maximum, 99 le 28, de 3 heures à 6 heures.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,34; moyenne diurne la plus faible, 0,0 lés 3, 14 et 28 ; la plus grande, 9,6 les 7 et 26.
- Insolation ; durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 442 heures; durée èffèctive de l’insolation, 291 heures en 30 jours; rapport, 0,66.
- Pluie : total du mois, 29““,3 en 18 heures.
- Nombre de jours de pluie, 11; et en outre ! jour de petite pluie inappré-
- ciable au pluviomètre; de rosée, 23; d’orage, 5, les 1, 4, 22, 24 et 30, de halos, 9.
- Fréquence des vents : Calmes, 7.
- N . . . . 107 E . . . . 24 S 22 W .... 69
- N. N. E. . 44 E. S. E. . 20 S. S. w. . 35 W. N. W . 38
- N. E . . . 79 S. E. . . 21 s. w. . . 62 N. W. . . 44
- E. N. E. . 56 S. S. E . . 28 w. s. w . 42 N. N. W. . 46
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,0; moyenne diurne la plus grande, 5“,1 le 15; la plus faible, 1“,7 le 7; vitesse maxima. 1Ü“,0 le 22 à 17 heures, par vent W.-N.-W.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (17 jours), 172 volts ; moyenne diurne la plus grande, 261 volts le 27 ; la plus faible, 126 volts le 9; amplitude diurne, 0,46 ; amplitude nocturne, 0,59.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2“,01 ; minimum, 1“,82 le 22 ; maximum, 2”,22 le 9.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -t-1“,40 ; température -+- 0°,55; tension de la vapeur — 0““,68; humidité relative — 0,54 ; nébulosité — 0,97 ; pluie — 25””,1.
- Floraisons. Le 21, aster bleu, hâtif; le 24, hélianthus rigidus.
- Les derniers martinets ont été vus le 11.
- Juillet 1904. — Electricité atmosphérique Moyenne du mois (13 jours), 246 volts; moyenne diurne la plus grande, 354 volts le 2; la plus faible, 160 volts le 8; amplitude diurne, 0,61 ; amplitude nocturne, 0,62.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 16, à 3 h--22 m. du soir.
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- N° 1636 (Ier octobre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —M, Poincaré, membre de l’Institut, est nommé professeur d’astronomie générale à l’Ecole polytechnique, en remplacement de M. Callandreau, décédé.
- —38— Le professeur Finsen, inventeur d’un procédé thérapeutique par la lumière, est mort à Copenhague, le 24 septembre.
- —38— Le syndicat des fabricants de sucre a organisé, le 26 août «dernier, un concours de confitures ménagères sous le patronage de la municipalité de Laon. Ce concours était ouvert aux seuls habitants du département de l'Aisne. Il a réuni 122 échantillons. Le prix d’ensemble (100 kg de sucre) a été décerné à Mme Juliette f)ine pour l’ensemble de ses produits. MT Beauvillé.a eu le premier prix pour une gelée de pommes dont le jury a été émerveillé et dont voici la recette, telle que Mme Bcauville l’a rédigée elle-même : « Je prépare un sirop de sucre concentré et bouillant, dans lequel je jette mes fruits et je poursuis 1 ébullition pendant environ 30 à 40 minutes, c’est-à-dire le temps nécessaire et suffisant pour chasser l’eau des fruits; mes confitures ne renferment aucune substance étrangère facilitant leur coaguiation ou leur clarification. Les proportions employées sont les suivantes : 500 grammes de sucre pour 500 grammes de fruits. La même marche peut être suivie avec les cerises, les fraises, la rhubarbe. »
- —38— La Société protectrice des animaux a reçu de M. Léon Cléry un don important, par un testament qu’il, est intéressant de faire connaître : « Je donne et lègue, écrit-il, la somme de 100 000 francs nette et quitte de toutes charges à la Société protectrice des animaux. Cette somme sera employée de la façon suivante : placée en rentes sur l’Etat elle devra produire 3000 francs par an. Un prix de 3000 francs sera chaque année attribué à celui des instituteurs ou institutrices primaires de France et d’Algérie qui aura le mieux rempli les conditions du programme suivant : enseigner aux enfants la. différence entre les animaux utiles et les animaux nuisibles. Leur apprendre à respecter les couleuvres, les crapauds, les chouettes, etc., qu’un préjugé ancien désigne à leur antipathie, et leur montrer l’utilité de ces animaux. Leur enseigner la douceur, la patience et la bonté envers les animaux. Leur apprendre que ceux-ci sont comme eux-mêmes sensibles à la souffrance et leur inspirer l’horreur de cette souffrance ; développer chez eux ces sentiments par l’émulation. Intéresser leur honneur à protéger les bêtes les plus faibles et moins intelligentes qu’eux-mêmes, en un mot les rendre doux, humains, compatissants et tendres. » Une commission choisie chaque année parmi les membres de la Société protectrice des animaux sera chargée d’attribuer ce prix.
- —38— Nous avons annoncé précédemment que des conseillers municipaux de Paris et des conseillers généraux de la Seine étaient allés, au mois d’août, en Allemagne pour étudier l’alimentation en eau des villes et les moyens de se débarrasser des eaux usées et des ordures ménagères. Voici quelques détails sur les renseignements qui ont pu être recueillis. A Berlin, l’eau potable est tirée soit, au moyen de puits, d’une nappe souterraine qui est très abondante, soit de la Sprée. Mais comme l’eau de la Sprée est ferrugineuse, on l’élève d'abord, puis on la fait retomber en cascades — en oxygénant ainsi le. fer qu’elle contient — dans les réservoirs d’où partent les conduites de distribution. A Hambourg, la population boit de l’eau de l’Elbe, filtrée par un procédé analogue à celui qu’on emploie à Paris; le filtrage est meilleur par suite de la plus grande épaisseur des couches de galets, de cailloux et de sables que doit traverser l’eau. A Francfort, on boit de l’eau du Mein filtrée ou de l’eau de puits venant d’une nappe souterraine qui n’a jamais tari. A Wiesbadon, la ville alimente également ses réservoirs avec l’eau d’une nappe souterraine. Mais, de plus, il existe, dans une montagne voisine de la ville, une immense cuvette naturelle où
- s’emmagasinent les eaux de toutes les sources environnantes. On s’est servi de cette cuvette dont on a bouché l’issue par un mur en brique faïencée de 7 mètres d’épaisseur. Lorsque les puits ne suffisent pas à l’alimentation on entr’ouvre la porte de briques au moyen d’un appareil hydraulique et l’eau vient remplir les conduites de distribution. Ce dispositif a coûté 7 millions; mais il a l’avantage de ne nécessiter aucune dépense d’entretien. Deux hommes suffisent à en assurer le fonctionnement. • L’évacuation des eaux usées se fait à Berlin comme à Paris; mais à Berlin, la Ville dispose de terrains d’épandage largement suffisants. A Hambourg, les ordures ménagères sont incinérées et leur combustion sert à la production de gaz d’éclairage et d’énergie électrique. Presque partout d’ailleurs, en Allemagne, on dégrossit les eaux usées, c’est-à-dire qu’on enlève par des moyens mécaniques le plus gros des matières solides en suspension avant de les épandre ou de les rejeter à la rivière. A Francfort, les eaux d’égouts sont traitées par le sulfate d’alumine et le sulfate de fer, puis après des dépantations successives renvoyées au Mein ou utilisées dans des champs d’épandage.
- —38— Les ascensions en ballon se comptent, en montagne. M. Spel terinien avait déjà fait deux les années précédentes; il vient de s’élever encore une fois. Le 21 septembre dernier, le ballon de M. Spel-terini, après avoir franchi les massifs de la Jungfrau, du Breithorn, du Bluemlis Alp et du Wildstrubel, se dirigea vers le Valais, mais il fut subitement enveloppé de nuages qui rendaient toute' orientation impossible et rejeté dans la direction du canton de Berne, contre un alpage en pente rapide situé pçés d’Adelboden. Il devint alors nécessaire d’opérer l’atterrissage qui s’effectua heureusement. Le ballon s’était élevé à l’altitude maxima de 6000 mètres. La température minima observée a été de 5° au-dessous de zéro.
- —38— A la date du 22 septembre, le volcan « Le Vésuve » a lancé en l’air des pierres calcinées et des coulées de lave se sont produites sur le versant nord-est. Dès le 23 septembre l’activité du Vésuve était très forte. Les parois du cratère éboulées tendaient à obstruer le fond du cratère, d’où partaient d.’immenses explosions et des poussières volcaniques. Le courant de lave de la vallée d’Atrio del Cavallo formait de petits volcans dont les explosions avaient jusqu’à 150 mètres de hauteur. De larges fissures se sont produites dans le grand cône, dont on considérait le déchirement comme possible. Les 24 et 25 septembre l’explosion continuait et le volcan lançait des matières ignées à de grandes hauteurs.
- —38— M. Lauby, préparateur à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand, s’est livré récemment, au pied des deux cascades du Sal de Jugnie, près de Saint-Urcize, à des recherches archéologiques ayant pour but de déterminer l’âge des différentes couches de notre massif central. Les fouilles qu’il a fait pratiquer lui ont fait découvrir des débris d’arbres et de plantes, ainsi que des fruits que l’on ne trouve plus aujourd’hui que dans les régions équatoriales.
- —— Depuis plusieurs mois, des expériences de télégraphie sans fil se poursuivent par les soins de l’autorité militaire entre la Tour Eiffel et diverses villes. Depuis le 22 septembre, le service de télégraphie a commencé des expériences avec Dijon en employant un ballon captif militaire qui est destiné à porter l’antenne à une hauteur supérieure à 300 mètres.
- —38— Comme parallèle aux chiffres que l’on a donnés récemment pour la France, nous dirons que l’on compte actuellement en Angleterre 18300 voitures automobiles et 21 500 cycles. •
- —38— D’après une étude présentée par M. Hadfield devant « Iron and Steel Institute », il semble qu’on peut sans inconvénient pousser jusqu’à 8 pour 100, sans craindre d’obtenir un métal aigre, la teneur en tungstène des aciers à outils. Cet auteur a constaté que, dans ces aciers, la résistance et la limite d’élasticité croissent avec la proportion de tungstène, tandis que diminue la ductilité.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les cal-canettes se trouvent chez M. E. Galante, 75, boulevard Montparnasse, Paris. — Les adresses des jouets décrits dans l’article « Le concours de jouets de 1904 », dans le n° 1629, du 13 août 1904, p. 172, sont les suivantes : Cible chronos’stop, 58, rue Maubeuge, Paris. — Le schliter des Vosges, M. Jeannet, 181, Grande Rue, à Garches (Seine-et-Oise). — Tir le Caïd, M. Robert, 32, rue du Buisson Saint-Louis, Paris. — Le Polo, M. Gasse-lin, 42, rue Victor-Hugo, à Puteaux (Seine). — Le combat naval, mitrailleuse, M. Schmelz, 17, rue Bertholet, Paris. — Le saute-mouton, chien sauteur, M. Dandrieux, 60, rue Rebe-val, Paris. — Le stéréomonographe, le mélographe, M. Claparède, 10, rue du Châtelet, à Fontenay-sous-Bois. —Clown sauteur, M. Gazet, 8, rue Montlouis, Paris. — Mappemonde démontable, M. Jalliot, 50, rue Sambre-et-Meuse, Paris. — Une nourrice et bébé, M. Maugin, 109 bis, boulevard Ménil-montant, Paris. — Toupie aquarium, M. Saint-Germain, 66, avenue de la République, Paris.
- Communications. — M. D. N. L., à Okoulowa (Russie), nous envoie une photographie représentant deux pins réunis par une branche, et nous adresse la note suivante : « Ces deux arbres se trouvent dans une forêt du gouvernement de Novgorod (Russie). A environ lm,70 du sol, ils sont réunis par une assez forte branche qui, partant du plus gros pin, s’est encastrée dans le plus faible et s’y est si bien greffée qu’il est même fort difficile de dire à quel arbre appartient la branche. Les deux pins distants d’un peu plus d’un mètre sont en pleine force, et la branche commune était parfaitement saine il y a trois ou quatre ans. Malheureusement, je commis un jour l’imprudence d’y attacher mon cheval qui, s’ennuyant probablement, s’amusa à la décortiquer; heureusement, il n’eut pas le temps d’achever son œuvre de destruction et je pus sauver la branche qui, bien que n’ayant gardé que la moitié de son écorce, n’a pas l’air de dépérir. »
- M. A. Lebeuf, directeur de l’Observatoire national astronomique, chronométrique et météorologique de Besançon, nous fait parvenir le XVe « Bulletin chronométrique », année 1902-1903, qui vient d’être publié.
- Renseignements. — M. Z). L., à X. — Vous avez parfaitement raison; les voitures à compteur ne peuvent être employées avec avantage que pour les courses de faible durée. Lorsque l’on prend ces voitures à l’heure, soit au tarif horokilométrique, au premier arrêt, pour une cause quelconque, on applique aussitôt le tarif horaire, soit 3 francs l’heure pendant l’arrêt ainsi que pour la suite du trajet à parcourir. On arrive ainsi à payer 2fr,75 le trajet que l’on effectuait, arrêts compris, pour 2tr,25 en prenant une voiture à l’heure.
- M. G. L., à Paris. — Vous pourrez vous procurer un mou-chivore chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. Legrant, à Dijon. — Il faut éviter de mettre trop de chlorhydrate d’ammoniaque dans les piles. Il suffit d’en mettre une petite quantité qui soit dissoute aussitôt.
- M. L. D., à Versailles. — Il est nécessaire d’examiner avec attention toutes les parties qui constituent le circuit.
- M. Rabarteau, à Orléans. —Dans les transmissions d’énergie à distance, les courants triphasés ont sur les courants alternatifs simples le grand avantage de permettre dans les moteurs des démarrages très faciles.
- M. V. R., h Lyon. — Nous n’avons pas encore traité cette question; mais nous comptons bien le faire, quand nous aurons tous les documents que nous désirons.
- M. Geraldo (la Rocha Filho, à Bahia. — L’hippomètre de
- M. le capitaine Buisson, que nous avons décrit dans le n° 1027,. du 4 février 1893, p. 149, se trouvait à cette époque chez. M. Bertrand, 12, rue Jacob, à Paris.
- M. P. C. A., à Pantin. — Nous ne pouvons vous donner ici tous les détails nécessaires pour cette opération. Consultez, divers ouvrages que vous trouverez à la librairie Agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. L. Hiard, à Paris. — Nous avons donné la formule d’une liqueur pour colorer en noir mat le fer et l’acier dans le petit livre des « Recettes et procédés utiles », 4'série, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain,..à Paris.
- M. Ferriquet, à Teboursouk (Tunisie). — Stérilisateurs d’eau par la chaleur : M. J. Le Blanc, 52, rue du Rendez-Vous; M. P. Lequeux, 64, rue Gay-Lussac, à Paris; stérilisateurs Pastor, M. F. Malvezin, 8, cours du Médoc, à Bordeaux.
- M. P. //., à Gérardmer. — Nous pensons que vous pourrez, vous procurer cette pile chez MM. Radiguet etMassiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. E. Rceb, à Strasbourg. — Nous avons déjà reçu votre première lettre et nous vous avons donné une réponse dans 1» « Boîte aux lettres » précédente.
- M. le Cl Delavau, à Limoges. — Il a été publié un cinquième volume des « Recettes et procédés utiles ». Le prix de chaque volume est 2fr,25 broché, et 3 francs cartonné toile.
- M. A. G., a Couchey. — 1° Nous ne pouvons nous charger de déterminer les espèces des plantes qui nous sont envoyées ;. il faudrait vous adresser au Muséum d’histoire naturelle à Paris -— 2° Nous ne pouvons vous indiquer que le « Manuel de conchyliologie » de M. Paul Fischer. 1 vol. grand in-8°, prix ^ 35 francs, à la librairie Masson et Cie.
- M. M. de Bertholdi, à Varsovie. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères,, à Paris.
- M. L. Ricaux, à Paris. — Nous ne pouvons vous donner
- ue des adresses de fabriques de pipes : MM. Bourraux frères,
- 2, rue Michel-le-Comte, MM. Cawley et Henry, 17, rue Béranger; M. H. Gerin, 39, boulevard de Strasbourg; M. Sommer, 11, passage des Princes, à Paris.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Nous n’avons pu trouver l’adresse que vous nous avez demandée.
- M. A. Stropeno, à Argelès. — Des compagnies minières-spécialistes peuvent seules vous fournir ces renseignements. Adressez-vous à la Société anonyme « L’antimoine des Pyrénées », 43, rue Laffitte, à MM. Broca etCie, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, à la Ce Française des métaux, 10, rue Volney, à Paris.
- Numa Petersons Aktiebolag, à Stockholm. — Nous donnons en tête de la présente « Boîte-aux-Lettres » les adresses que vous nous avez demandées.
- M. Demaison, à Bufisque (Sénégal). — Nous recevons toujours avec plaisir les articles et les remarques de nos lecteurs, et nous les publions lorsqu’ils présentent un intérêt général. En tout cas, nous répondons toujours dans la « Boîte-aux-Lettres » aux demandes de nos abonnés.
- M. Ch. Roger, à Royat. — Adressez-vous à la Société de Force et Lumière électriques, 9, rue de Rocroy, à Paris.
- M. Baudelon, à G. — L’adresse de M. J.-F. Jaubert est 155, boulevard Malesherbes, à Paris.
- M. Dion, à Ivry. — Ces divers appareils se trouvent chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch.
- M. C. Y., à Paris. — Le compteur électrique Batault, à courants alternatifs simples, actuellement employé sur le secteur de la rive gauche, a été décrit dans le n° 1546 du 10 janvier 1903, p. 81. II est construit par la Compagnie des Compteurs, 16-18, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- M. D. G., à Saumur. — Nous pouvons vous signaler le Vocabulaire français-anglais-allemand publié à l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. S. T., à Cherbourg. — Vous pouvez demander ce renseignement au Comptoir de l’Acétylène, 253, rue Saint-Martin, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Levant, à Paris. Nous avons reçu votre envoi; mais nous ne pouvons vous donner aucun conseil. Il faut consulter un céramiste. — M. G. Z., à Lyon. La formule que vous citez est exacte. — M. Dubont, à Lille. Ce n’est pas dans le volume, 2e série, que se trouve la formule dont vous parlez, mais bien dans le volume, lro série. — M. L. T., à Paris; M. G. V., à Paris. Voyez le petit livre des « Recettes et procédés utiles »,4' série,à la librairie Masson et Cie. — M. Lepart, à Nice; M. Renaut, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Pyrétométre, ou thermomètre médical à maxima, stérilisable à l’autoclave ou par ébullition.
- Jusqu’à présent de tous lis instruments employés par le corps médical, un seul était resté réfractaire à la désinfection, le thermomètre. De là, dans les hôpitaux et en ville, de nombreux cas de contagion, fièvre puerpérale, fièvre typhoïde, scarlatine, etc., etc. 11 n’y a, en effet, qu’une désinfection possible, c’est la stérilisation à l’autoclave à 120°, ou à l’ébullition 100°; or les thermomètres médicaux cassent à une température de 45°. Deux grandes difficultés se sont présentées dans la fabrication du thermomètre stérilisable. Si l’on prenait le verre du thermomètre médical ordinaire, on se trouvait en présence
- Pyrétométre.
- d’un instrument, qui, juste au moment de sa fabrication, ne l’était plus après avoir été chauffé. Si, au contraire, on se servait du verre du thermomètre de laboratoire, les manipulations étaient excessivement difficiles, le verre devenant opaque et granuleux aux hautes températures necessitees pour la fabrication du thermomètre à maxima. M. Bardy vient de trouver une formule de verre qui lui a permis, grâce à une petite ampoule ménagée à la partie supérieure du tube capillaire, de construire, sous le nom de Pyrétométre, un thermomètre stérilisai)le a 150°, parfaitement juste, contrôlé par le Laboratoire des Arts et Métiers, et présenté le 5 juillet, par M. le Professeur Raymond, à l’Académie de Médecine. — Le pyretometre se trouve chez l’inventeur M. Bardy, 7, rue de Rome, a Pans.
- Un nouveau passe-vues. — Tous les amateurs üe projections connaissent les inconvénients des passes-vues habituellement utilisés, ces accessoires indispensables nécessitant pour leur manœuvre deux opérateurs placés à droite et 'a gauche de la lanterne Quand une seule personne, en effet, assume la charge d’introduire et de retirer les vues projetées, elle éprouve une gêne plus ou moins grande et le plus souvent se trouve dans l’obligation de s’interposer entre la lentille de la lanterne et l’écran, ce qui produit des ombres désagréables
- pour les spectateurs. , . , , *
- Aux fins de remédier à ces inconvénients, M. Gillon a récemment combiné un nouveau modèle de passe-vues, de dimérisons très réduites, et qui présente cet avantage précieux de n’exiger qu’un seul opérateur. , ..
- Cet appareil se compose d’un chariot porte-vues coulissant dans une monture de bois constituant le passe-vues. Le chariot supporte un cadre métallique contre lequel, alors qu il est tiré on applique la vue à projeter. En faisant glisser e chariot, on amène le positif devant le condensateur de la lanterne et, quand on retire ledit chariot pour placer un «econd clich?, le premier mis en place est retenu par des laquets de butée et renvoyé sur la face postérieure de 1 instrument. A la répétition de cet ensemble de manœuvres, le second cliché est amené à son tour en arrière de 1 objectif, tandis que le premier, repris par deux taquets à ressort filés sur le cadre métallique, est retiré hors dudit cadre et peut alors être enlevé. Grâce à ce dispositif fort simple, toutes les opérations
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-zelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- s’accomplissent aisément d’un seul côté de la lanterne et par un seul opérateur qui ne provoque plus jamais d’ombres in-
- Planchette à projections île Gilon.
- tempestives. Au moment du changement des vues, les deux clichés se superposent un instant donnant une image indistincte de laquelle se dégage bientôt la nouvelle image projetée. Ce passe-vues se trouve chez M. Gillon constructeur, 22, ruè Beautreillis, à Paris.
- Jeu de billard Nicolas. — On sait que le jeu de billard « Nicolas » consiste dans une table, circulaire en général, munie de cavités placées près de la périphérie à égale distance les unes des autres. Chaque cavité est défendue par un joueur qui, au moyen d’une poire en caoulchouc, empêche la bille roulant sur la table de venir se loger dans la cavité qu’il est chargé de défendre. La bille, pour être facilement repoussée par les soufflets, est en matière légère, en liège, et il arrive que sous l’influence d’une poussée trop brusque la bille franchit le cercle et tombe à terre. Pour obvier à cet inconvénient, le rebord du billard est muni d’une galerie garde-bille, d'une
- 1. Vue d’ensemble d’un billard avec perfectionnements.
- 2. Vue en plan. — 3. Vue en coupe. — 4. Détails des galeries.
- hauteur suffisante pour arrêter la bille et l’empêcher de tomber à terre. La bande de métal en dessous des balustres est disposée au-dessus de la moulure pour que fous les joueurs puissent apercevoir un compteur à boucles placé dans la moulure à côté de chaque joueur. Ce compteur se compose de deux séries de neuf perles, l’une des séries sert à marquer les unités, l’aufre les dizaines; dans chaque série, la cinquième perle est d’une couleur différente des autres, en vue de faciliter la lecture des points. Les galeries garde-billes peuvent être de divers modèles. Ce jeu consistant a suivre les déplacements d’une bille et à l’envoyer dans des cavités offre un intérêt souvent amusant. — Pour le billard Nicolas, s adresser a M. N. Redler, 44, avenue de Paris, à Epinay (Seine), ou à M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Pans.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Composition résistant à l'eau pour les harnais. — La formule porte sur de grandes quantités, mais il est aisé de la ramener à des proportions plus modestes. On fait fondre ôkg,450 de résine brune avec 16kg,38 d’écailles de paraffine, puis on additionne de 15m,'l/2 d’huile minérale brune et de 27m,l/4 d’essence de térébenthine; tout en brassant, on verse dans le mélange 5ke,45 de sirop brun, puis 7kg,94 de noir de fumée, 2kft,5 de noir de naphtaline, 0ks,68 de bleu de Berlin, et on complète la préparation avec 0ks,17 d’essence de mir-bane, pour parfumer.
- Pour durcir et bronzer les moulages en plâtre. — On sèche d’abord le moulage au four, à la température approximative de la cuisson du pain; on laisse refroidir jusqu’à ce que la
- main ne se brûle plus en touchant le plâtre, et l’on immerge l’objet dans une solution aqueuse d’alun forte; on l’y laisse jusqu’à ce que des cristaux commencent à se former à sa surface, on le retire, et on l’essuie bien. On remet au four à 4ti ou 47° C. jusqu’à séchage complet. On retire du four, et on plonge dans de l'huile de lin bouillie coupée avec un peu d’huile de térébenthine. On laisse quelques minutes, puis on égoutte ; on place le moulage dans une piècé tiède, et quand l’huile devient collante, on applique une poudre de bronze.
- Nettoyage des couteaux à manche d’ivoire. — Faire tremper les manches — en supposant qu’ils soient sales et jaunis — dans une solution saturée d’alun et d’eau, et cela durant une à trois heures, suivant le besoin ; pour éviter que les lames ne soient tachées par des projections du liquide, les enduire complètement de cire ou de paraffine. Laver ensuite les manches à l’eau claire et les bien essuyer et frotter.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de Franco-
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 septembre. 8°,9 E. N. E. 2. Beau. Rosée; beau.
- Mardi 20 5°,6 N. E. 1. Beau. Gelée blanche; beau ; halo à 15 h.
- Mercredi 21 5°,2 E. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 22 5°,8 N. N. E. 1. Peu nuageux. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Vendredi 23 8°,9 N. 0. Couvert. 0,2 Petite pluie le matin ; très nuageux.
- Samedi 24 7°, 6 N. N. E. 1. Nuageux. Rosée; peu nuageux.
- Dimanche 25 ... . 5°,5 N. 1. Nuageux. Rosée ; halo à 15 h. ; peu nuageux.
- SEPTEMBRE 1904. — SEMAINE Dü LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabrt à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- E,e temps. — Dans la semaine du 19 au 23 septembre, le temps a été beau en général en France, mais frais. Le 19 septembre, le thermomètre marquait le matin 7° à Belfort, 9° à Paris, 91 à Clermont, 4° au pic du Midi et — 2° au mont Mounier. La température moyenne a été de 12\1 inférieure de 2° à la normale. Le 20 septembre, on a signalé quelques averses sur les stations élevées du midi de la France. Le temps a été très frais. On a noté le malin des températures de 0° à Clermont, 1“ à Belfort, 5° à Paris, et dans la banlieue de Paris, on a observé la première gelée blanche de la saison en de nombreux points. Le 21 septembre, une dépression s’est produite sur la Méditerranée êt a amené de fortes pluies sur l’Algérie, l’Italie, et les côtes du Languedoc On a recueilli 44 mm d’eau à Pesaro, 30 mm à Cette, 13 mm à Païenne. Le temps est resté frais dans l’ouest et le centre de l’Europe. Le matin, la température était de 5° à Paris, 6° à Nantes, —2° au pic du Midi, — 8° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 9°,1. La gelée blanche a été générale dans la banlieuef où l’on a observé des minima de 4°,1 au parc Saint-Maur, 3°,8 à Villejuif, 3’,3 à Trappes. Le 22 septembre, le vent a soufllé des régions est sur toutes les côtes, très fort à la pointe du
- Cotentin, modéré en Gascogne et en Provence. Des pluies sont tombées dans l’est et le sud de la France. La température a toujours été peu élevée; le matin, on a noté 6° à Paris, 7° à Nantes, 8" à Lyon, — 2° au pic du Midi,
- — 7° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 10°,3. Le 23 septembre, des pluies sont tombées dans le centre et le sud de l’Europe. En France, on a recueilli 9 mm d’eau à Perpignan, 5 mm à Besançon, 4 mm à Cherbourg. La température s’est relevée dans le sud-ouest de l’Europe ; elle était le matin de 9° à Paris, 9° à Lyon, 17° à Marseille. Le 24 septembre, le temps a été beau. 11 a plu cependant à Nancy (8 mm d’eau), à Clermont (3 mm), à Bordeaux (2 mm), au Havre (1 mm). Le temps est resté frais; le thermomètre marquait le matin à 7 heures 7° à Mantes, 8° à Paris, 10° à Bordeaux. Le 23 septembre, la pression barométrique est descendue à 755 mm sur le golfe de Gascogne. On a signalé en France de fortes averses dans l’ouest et dans le sud : 21 mm d’eau à Clermont-Ferrand, 18 mm à Nice, 16 mm à Lyon, 9 mm à Cette, 5 mm à Biarritz. La température s’était encore abaissée le matin, et était de 6° à Paris, 6° à Nantes, 12° à Lyon,
- — 3° au pic du Midi.
- PHASE DE LA LUNE : P. L. le 24 à 3 h. 59 du soir.
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- M.
- N° / 637 (8 octobre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMIONS
- —H£— Le 28 septembre, dans l’après-midi, selon l’usage, pour ïa neuvième fois, les professeurs et le personnel de l’Institut Pasteur se sont rendus, dans la crypte de l’Institut, devant le tombeau de l’illustre savant. La cérémonie a été intime. En l’absence du directeur, le Dr Roux, le sous-directeur de l’Institut, le Dr Metch-nikof, l’a présidée. Il a déposé une gerbe de fleurs devant le monu-tnent funéraire. Aucun discours n’a été prononcé.
- —L’adjudication aux enchères des raisins de la célèbre Treille du Rov à Fontainebleau a eu lieu le 24 septembre. Le raisin, par suite de fa température de l’année, est d’excellente qualité. La récolte comprenait 16360 grappes d’un poids total de 2045 kg. Elle a été vendue, par lots de 25 kg, 2563 francs, soit un prix moyen de 4tr,25 le kilogramme.
- —Ht— La France est un des pays où la consommation du pain «st la plus importante. On oompte une dépense annuelle de 72fr,54 par habitant, soit environ 0fr,199 par jour. A Paris, la moyenne est de 49fr,50 par an et par jour de 0fr,136 seulement. Un Français mange donc en moyenne un demi-kilogramme de pain par jour.
- —H(— Les docks de Paris dont la construction serait décidée, paraît-il, seront élevés entre les ponts d’Austerlitz et de Bercy. Les constructions auront une étendue de 470 mètres, 18 mètres de hauteur et 40 mètres de profondeur. L’outillage permettra le chargement et le déchargement simultané de deux bateaux accolés. Les magasins auront trois étages, de sorte que l’on pourra disposer, pour les manipulations de marchandises, d’une surface approximative de 112000 mètres carrés. Ces docks seraient reliés par une voie ferrée au réseau des chemins de fer d’Orléans.
- —Ht— II. Girtard vient d'imaginer des ressorts de suspension à air comprimé destinés particulièrement à rémplacer dans les voitures les ressorts à lames horizontales. Ils comportent un piston coulissant dans un cylindre métallique, celui-ci étant pourvu d’une soupape qui permet d’y comprimer une quantité d’air déterminée par le poids du véhicule et de la charge à transporter. L’air forme un excellent matelas.
- . —Ht— On vient de mettre en service sur le chemin de fer de Yoiron à Saint-Béron (dans l’Isère), des traverses en béton armé assez ingénieusement combinées. L’armature en est faite de 3 petites fermes en acier doux entretoisées aux abords des trous des tire-fonds. Pour ceux-ci un logement « ad hoc » est réservé pendant le moulage, où l’on chasse au maillet une cheville de bois dur où vient se visser le tire-fond. Le trou est du reste fretté par une spirale en fil de fer et une bague métallique garnit son entrée.
- —Ht— « La Revue industrielle » vient de signaler un nouvel appareil qui facilite les terrassements mécaniques; on l’appelle un désagrégateur. Il est mobile sur voie de fer, et comporte un bras en deux pièces mobiles dans le plan vertical et pouvant tourner chacune autour de leur axe horizontal. Ce bras porte à son extrémité une roue à dents recourbées qui désagrège les terrains compacts rebelles à l’attaque directe de l’excavateur. Cette roue permet de tracer des rainures verticales isolant un bloc de terrain, et d’exécuter l’abatage mécanique.
- —Ht- La proportion des articles de papeterie importés en Angleterre est de 56 pour 100 pour l’Allemagne et 11 pour 100 seulement pour la France sur l’importation totale. Sur les gravures et photographies la proportion est de 87 pour 100 pour l’Allemagne et 9 pour 100 pour la France; sur les livres et cartes géographiques «lie est de 38 pour 100 pour l’Allemagne et 12 pour 100 pour la France. Le chiffre des importations pour les gravures et les photographies est de 911000 francs, en diminution de 400000 francs
- depuis cinq ans. Pour les livres et cartes de géographie ce chiffre est de 863 000 francs contre 1 020 000 francs l’année précédente.
- —H1— Le « Gardener Chronicle », se basant sur ce qu’il est le plus souvent fort difficile de reconnaître un pommier d’un poirier,
- 3uand, bien entendu, ils ne portent pas de fruits, recommande 'examiner la feuille pour ne point se tromper. La jeune feuille du pommier se déroule d’un seul côté pour s’épanouir, alors que, dans les mêmes conditions, la feuille du poirier se déroule simultanément des deux côtés.
- —Ht— D’après ce que dit le Dr Wurt dans « Stahl und Eisen », la fonte qu’on veut employer à couler les objets en fonte malléable doit contenir moins de 3 pour 100 de carbone, de 1,20 de silicium, de 0,40 de manganèse, de 0,10 de phosphore et de 0,05 de soufre.
- —Ht " Dans le « Journal de Dingler » de l’année dernière, M. Diegel a étudié l’action corrodante de l’eau de mer sur les métaux. Il a examiné notamment ce qu’il en est du cuivre au nickel, et a constaté que la résistance à l’eau de mer en est des plus satisfaisantes, surtout quand la proportion de nickel y est de 20 à 40 pour 100. Par contre les alliages zinc-cuivre sont tout particulièrement sensibles, au moins quand la proportion de zinc dépasse 24 pour 100 ; on y peut remédier par addition de nickel.
- —Ht— Dans le « Journal of gaz lighting », M. Haldane émet l’opinion que la viciation de l’air des pièces éclairées au gaz, est en relation directe avec la présence du soufre dans ce gaz; sans doute la proportion est-elle normalement très faible, mais il s’en trouve, en partie, sous forme d’acide sulfurique, et dans un état particulier. Il s’est livré à ce sujet à des expériences qui semblent concluantes.
- —Ht— On vient de construire à Philadelphie, pour le Land Tittle Building, une cheminée d’acier assez intéressante. Ce fût creux a une hauteur de 112,74 m, pour un diamètre intérieur de lm,87 ; il est constitué par une simple tôle dont l’épaisseur va en diminuant de 11 à 5 mm. Il est du reste revêtu intérieurement de briques réfractaires, ce qui réduit son diamètre intérieur à 1,52 m.
- —Ht — Le ministère de l’Agriculture vient de publier l’état approximatif de la récolte du blé en France, d’après les rapports qui lui ont été transmis par les professeurs départementaux d’agriculture pendant les six semaines suivant la moisson. La surface cultivée est estimée à 6537 895 hectares; le rendement en grain de blé est de 104 525453 hectolitres. Le même ministère donne l’évaluation de la récolte en seigle et en méteil. La récolte en seigle est évaluée à 18 798085 hectolitres, correspondant à une surface ensemencée de 1 297 800 hectares. La récolte en méteil est évaluée à 2531135 hectolitres pour une surface ensemencée de 158397 hectares.
- —Ht— M. Finke vient de donner, dans la « Zeitschrift des Yereines deutscher Ingenieure », une étude où il montre la facilité avec laquelle on peut maintenant éviter le rivetage des tôles en recourant à la soudure. On emploie des tôles douces provenant d’aciéries Martin ou Thomas, et la soudure, faite au coke, au gaz, ou électriquement, offre une résistance presque égale à celle du corps même de la tôle.
- —Ht— L’usine dite « Niagara Machine and Tool YYorks, de Buffalo», construit une machine qui est capable de fabriquer la partie cylindrique des boîtes de conserves à raison de 500 à l’heure ; découpage, agrafage et soudure se font automatiquement à une allure presque vertigineuse.
- —Ht— M. A. Macgill estime que, en matière d épuration d’eau d’alimentation des chaudières, une eau dont la dureté est due uniquement au bicarbonate de calcium, peut être adoucie de moitié, sans addition d’aucun produit épurateur, par une vigoureuse agitation pendant une heure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres pet après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le DT Polo, à Nantes, nous écrit : (( Pour la première fois, le 19 septembre, dans la soirée, j’ai vu le rayon vert. Bien d’autres que moi ont dû jouir de ce curieux spectacle. Comme le phénomène est assez rare, je m’empresse de vous le signaler. Je me trouvais à une fenêtre de ma maison située sur un point élevé de la ville. Quelque temps après le coucher du soleil une grande partie de l’horizon resplendissait encore, des magnifiques lueurs rouges fréquentes depuis quelques années. C’est à 6 heures 3/4 que j’aperçus le rayon vert. 11 était placé à gauche du point où s’était couché l’astre. Son inclinaison était de 40° environ au-dessus de l’horizon. Sa longueur pouvait couvrir 20°. Le mot rayon évoque l’idée de brillant, de resplendissant; ces expressions seraient trop fortes dans ce cas. Cependant la couleur verte n’était pas discutable et c’était bien un rayon de soleil « couché ». On pourrait le comparer comme éclat à celui d’un arc-en-ciel de moyenne intensité. Assez forte à la naissance du rayon la densité de couleur verte diminuait en s’étendant en éventail. Au dernier tiers de son extrémité terminale, je voyais une étoile à travers la luminosité verte. A 7 heures 1/4, tout avait disparu. Ma nièce qui, en ce moment, se trouvait près de moi, a fait les mêmes remarques que ci-dessus. J’espère que d’autres personnes vous parleront du rayon vert que je viens d’observer. Ce jour-là même, les jours précédents et les suivants ont été remarquablement beaux dans notre région. Depuis le 18 septembre jusqu’au 21 le ciel a été absolument pur. C’est le 27 septembre seulement que quelques cirrus ont apparu. La température, peu élevée pour la saison, n’a pas dépassé 18°. Le baromètre s’est maintenu aux environs de 755 mm. Un article paru dans ce journal en 1885, n° 649 du 7 novembre, p. 366), fait remarquer que des conditions atmosphériques semblables accompagnent l’apparition du rayon vert. »
- M. J/. D., à Pans, à propos de notre récent article « Les gazons fleuris » (n° 1635, du 24 septembre 1904, p. 263), nous écrit la lettre suivante : « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de M. D. B., sur les gazons fleuris de M. André; seulement l’établissement d’une prairie de ce genre implique beaucoup d’espace, du temps, et un résultat incertain. Permettez-moi de suggérer à ceux de vos lecteurs qui passent le printemps à la campagne un autre genre de gazon fleuri qui donne de mars à mai des effets délicieux ; et vous laisse le reste de l’année une pelouse « acceptable », qu’ils peuvent organiser en ce moment pour en jouir au printemps prochain, et cela sans détruire leur vieille pelouse ! (mieux vaut qu’elle ne soit pas trop vieille). Il s’agit simplement de planter en abondance dans les places un peu clairsemées, ou, pour les oignons, en soulevant et reposant ensuite la couche gazonneuse, des perce-neige, des narcisses, des crocus, des muscari raisin, des colchiques de printemps, des tulipes Duc de Tholl, des Eranthis hyemalis, des Leucojum Vernum, des Bulbocodium, des pâquerettes doubles, et quelques myosotis. Le résultat est assuré et se reproduira d’année en année, sans nouvel effort, avec le seul soin de donner un bon engrais chaque hiver, les oignons restant en terre et se multipliant. Le coût d’établissement n’est pas très élevé : tous les grands établissements de Hollande fournissent « en quantité » tous ces bulbes à prix excessivement modéré. »
- M. A. Delaroche Vernet, à Poissy (Seine-et-Oise), nous a envoyé un champignon, de la famille des lycopodes, de dimensions remarquables. Ce champignon présentait la forme ovoïde; la longueur du grand axe était de 28 centimètres. La section
- au maximum de courbure était un cercle d’un diamètre de 18; à 20 centimètres. La longueur du contour atteignait 80 centimètres autour du grand axe et 70 centimètres autour .du petit axe. Ce champignon a été trouvé au milieu d’autres beaucoup plus petits, dans le département de Seine-et-Oise.
- Renseignements. — M. G. D., à Bruxelles. — Vous pourriez consulter l’ouvrage de M. Sabouraud « Les maladies du cuir chevelu », à la librairie Masson et Cio. Le tome I traite des séborrhées, acnés et de la calvitie.
- M. E. Fortin, à Ciudad-Bolivar. — A notre regret, nous ne pouvons insérer votre note sur la trisection de l’angle; le sujet ne convient nullement à notre publication.
- Une Américaine, à Montevideo. — L’emploi de l’eau oxygénée n’est pas sans danger.
- M. M. Imbert, à Paris. — Il n’y a pas d’autre moyen, pour obtenir ces photographies, que de demander aux Compagnies-si elles les ont déjà laissé faire, ou si elles veulent bien les autoriser.
- M. Legrand, a Orléans. — Il est nécessaire de démonter complètement votre moteur, et d’examiner toutes les pièces ei> détail,
- M. D. G., à Lille. — Il faut éviter de soumettre une batterie d’accumulateurs à un régime de décharge exagéré ; mais les accumulateurs peuvent supporter en général des débits élevés.
- M. Dubant, à Paris. — Il faut faire l’essai de cette machine-à vapeur au frein de Prony.
- M. L. P., à Nîmes. — Adressez-vous à l’Institut agronomique de Paris, rue Claude-Bernard.
- M. Lerond, à Paris. — Un chimiste vous fera l’analyse complète de ce produit.
- M. G. A., k Arras. — Vous trouverez toutes ces préparations chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. R., à Paris. — Pour la distribution de l’air comprimé dans Paris, adressez-vous à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, à Paris.
- M. A. Deria, à Nancy. — Il nous est impossible de vous répondre; nous ne savons ce qu’est devenue cette Société.
- M. H. P.,k Paris. — iNous avons donné dans les « Recettes et Procédés utiles », 5° série, la formule d’une colle à la dextrine que l’on emploie aux Etats-Unis pour les timbres-poste.
- M. le Cte Tyszkiewicz, à X. — Vous trouverez des ballons en baudruche-chez M. H. Lachambre, 24, passage des Favorites, chez M. Godard, 57, rue Boursault, ou chez M. Surcouf, 2, avenue de La Bourdonnais, à Paris.
- M. L. Hautier, à Lyon. — Horlogerie électrique, distribution électrique de l’heure : M. Borrel, 47, rue des Petits-Champs; M. Chateau, 118, rue Montmartre ; MM. P. Garnier et Cis, 16, rue Taitbout; maison jBréguet, 19, rue Didot, à Paris. Nous avons également décrit le système des horloges magnéta, dans le n° 1626 du 23 juillet 1904, p. 128.
- M. Dugrand, à Nemours. — Le cheval-vapeur est l’unité industrielle empirique de puissance ; il vaut 75 kilogrammètres par seconde.
- M. G, Chauffournier, à Montpellier. — Vous trouverez sur les fours et sur la fabrication du carbure de calcium, de nombreux détails dans l’ouvrage de M. G. Pellissier « L’éclairage à l’acétylène », à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augus-tins, à Paris. Mais il sera nécessaire de faire étudier en particulier l’installation électrique.
- M. H. Weber, à Houlgate. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux qui ont été publiés. Il suffirait de consulter les notes à l’Académie des Sciences, de M. Tanret et les « Archives de Pharmacie » du mois d’avril 1885. Vous pourriez ensuite demander à des marchands de produits chimiques de vous procurer spécialement ces divers produits.
- M. L. U., à Marseille. — Il est nécessaire de faire une étude complète des moteurs électriques pour faire un choix dans les divers systèmes et modèles.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. L. D., à Agen. Nous avons reçu votre envoi; mais nous ne pouvons l’utiliser. —
- M. Giron, à Darre. Ces chiffres ne sont pas exacts. — M. V. R., à Lyon. Cet essai n’a pas encore été réalisé ; mais on doit le faire. — M. Leroy, à Nantes; M. Bruant, à Paris; M. C. P-, à Grenoble. Voyez le petit livre des a Recettes et procédés utiles », lr' série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dumont, à Versailles. La recette ue vous demandez est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, e série, à la même librairie. — M. V. S-, à Passy; M. Buraut, à Cherbourg. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA PHYSIOLOGIE DU GOUT.
- — Texte et dessins par Henriot.
- (On lit dans La Nature du 15 juillet 2002.)
- Depuis que la nourriture a été simplifiée, et que les pilules que préconisait, il y a plus de cent ans, l’illustre Berthelot ont été adoptées par l’humanité.
- On sait combien c nt été simplifiées les opérations que nos aïev.x appelaient vulgairement « la mangeaille ».
- Nos aïeux, il est peut-être utile de le rappeler, avaient des salles dites « restaurants » ou salle à manger ( Dining-room ) dans lesquelles on s’asseyait deux et même trois fois par jour.
- On y mangeait du bœuf, du mouton, du veau, de l’agneau, et aussi du gibier. Les arêtes de poisson avalées gloutonnement et non digérées produisaient cette maladie heureusement disparue aujourd’hui « l’appendicite ».
- Les chroniqueurs vous rappelleront que ce fut à une de ces maladies que faillit succomber le roi d’Angleterre à la veille du couronnement.
- Aujourd’hui, tout le monde avale en faisant ses affaires dcax, trois pilules, et cela suffit. On ne boit plus de ces infectes drogues que nos pères appelaient « le vin, l’absinthe, l’apéritif».
- Les maladies d’estomac n’existent L’homme est devenu « pilulivore » alors que plus; les"gastralgies, dilatations, pendant des siècles, il fut carnivore,
- diabète, congestions ayant disparu, le nombre des médecins s’est colossalement amoindri.
- On signale pourtant dans certaines peu-
- £lades de l’Amérique du Sud, quelques umains mangeant encore des viandes animales.
- Cet usage malsain finira probablement par disparaître Et nous considérons avec terreur ces usten-à tout jamais de la face du globe, comme a disparu siles dits « gril, plats et tourne-broches, » l’anthropophagie. qu’on admire encore au musée Carnavalet.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel de l’ouvrier mécanicien, par G. Franche, ingénieur mécanicien. 7e partie : Moteurs fixes à gaz et à pétrole. 1 vol. in-16. Paris. Bernard Tignol, 1904.
- Les canalisations électriques, par R. Wittebolle, ingénieur électricien. 1 vol. in-12. Paris. Librairie générale H. Desforges. 1904. Prix : relié, 3 francs.
- Les maladies des machines électriques, par Ernst Schulz. Traduit de l’allemand par A. Halphen, ingénieur électricien. 1 vol. in-16. YTe Ch. Dunod, éditeur. 1904. Prix : 2fr,50.
- Premières notions de la langue bleue. Bolak, langage extra-national pratique, par Léon Bollack, brochure in-8°. Paris, 147, avenue Malakoff, 1904. Prix : 0r',75.
- On the osteology of nyclosaurus (nyctodactylus), with tones on American plerosaurs, by Samuel W. Williston. M. D. Ph. D. Associate Curator, Division of Paleontology, Professor of Paleontology, University of Chicago. 1 brochure in-8°. Chicago U. S. À. June 1. 1903.
- A list of Mammals collected by Edmund Heller in the san Pedro martir and Hanson Laguna mountains and the accompanying coast régions of Lower California with descriptions of apparently new species, by D. G. Elliot, Curator of the Department. Field Columbian Muséum. Chicago. June 1905.
- Report of the superintendent of the coast and geodetic sur-vey showing the progress of the work from Jidy 1, 1902 to June 30, 1905. 1 vol. grand in-4°. Washington, Government Printing Office. 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 septembre. 6’,1 Calme. Très nuageux. » Rosée ; peu nuageux.
- Mardi 27 7°,1 Calme. Quelques nuages. » Rosée ; peu nuag. ; halo lunaire.
- Mercredi 28 6°,4 N. N. E. 1. Quelques nuages. 7,0 Rosée ; peu nuag. jusqu’à 15 h. ; couv. ensuite ; pluie le soir.
- Jeudi 29 10",6 N. 3. Pluie. 15,2 Eclaircies ; pluie le matin.
- Vendredi 50 11°,4 N. 2. Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- Samedi 1" octobre . 9,,9 S. 2. Couvert. 1,3 Couvert ; pluie le matin et le soir.
- Dimanche 2 12®,5 N. W. 1. Couvert. 2,3 Couvert; quelques averses.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE «904. - SEMAINE DO LUNDI 26 SEPTEMBRE Aü DIMANCHE 2 OCTOBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquentz courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mine', thermomètre à Cabri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — Le 2 octobre, a 5" 50 de l’après-midi, une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie à Messine, à Reggio-di-Calabria et à Catanzaro.
- Le temps. — Le temps a été variable pendant la semaine du 26 septembre au 2 octobre. Le 26 septembre, en France, les pluies ont été abondantes dans l’est et le sud ; des orages ont donné 17 mm d’eau à Perpignan, 15 mm à Lyon. La température, à 7 heures du matin, était de -i0 à Charleville, 6° à Paris, 4° à Nantes, 4° au puy de Dôme, 5° au mont Aigoual, — 4° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 11°,7. Le 27 septembre, on a recueilli 14 mm d’eau à Lorient, 7 mm à Rochcforl, 5 mm à Nantes. La température a monté dans les régions du nord et de l’ouest; le thermomètre marquait le matin 7° à Paris, 12° à Nantes, 12° à Marseille. A Paris, le temps a été beau dans l'après-midi ; mais le ciel s’est rapidement couvert à 6h 30, et la pluie est tombée, à plusieurs reprises, entre 7b 50 et 11 heures. Le 28 septembre, des pluies sont tombées à Lorient (1 mm d’eau), à Roche-lort (1 mm), à Belfort (12 mm), à Biarritz (29 mm) ; dans cette dernière ville, il y a eu un orage. La température a baissé dans. le sud-est du continent ; on a noté, le matin, 6° à Paris, 9° à Nantes, 91 à Clermont, 13° a Marseille, — 5° au pic du Midi. Dans la région parisienne, on a observé des minima de 3° en plusieurs points de la banlieue. Le 28 septembre, à 7 heures du s air, la pluie a commencé à tomber à Paris et a continué sans interruption
- jusqu’à 8h 30 du malin, le 29 septembre. On a recueilli 22 mm d’eau à Paris, 16 mm à Nancy, 13 mm à Besançon, 10 mm à Biarritz. La température s’est relevée à l’ouest; le matin, elle*était de 11° à Paris, 13° à Bordeaux, 14°à Nice, 2° au puy de Dôme. Le 30 septembre, des pluies sont tombées à Toulouse (13 mm d’eau), à Clermont (11 mm), à Lyon (9 mm), à Charleville (2 mm). Le thermomètre marquait le matin 8° au Mans, 11° à Paris, 15° à Perpignan. Dans la région parisienne le ciel est demeuré couvert; des vents du nord et du nord-ouest ont soufflé depuis le sol j usque dans les régions élevées. Le 1" octobre, une zone de basses pressions est restée sur le nord-ouest de l’Europe ; le minimum barométrique principal se trouvait encore au nord de l’Ecosse (747 mm), des minima secondaires passaient sur la Manche et sur la mer du Nord. Le vent a soufflé avec force du sud-ouest sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies sont tombées à Nantes (13 mm), à Brest (9 mm), à Boulogne (2 mm). La température s’est relevée dans les régions de l’ouest; on notait le matin 10° à Paris, 10° à Lyon, 15° à Nantes, 6° au puy de Dôme. A Paris, depuis le matin, il est tombé par intermittences une petite pluie qui n’a fourni que de faibles hauteurs d’eau. Le 2 octobre, une aire de pression supérieure à 765 mm a persisté à travers le continent de l’Espagne à la Russie. 11 a plu à Cherbourg (8 mm), à Dunkerque (7 mm), à Paris (4 mm), à Brest (3 mm), à Biarritz (2 mm). La température s’est abaissée sur les régions du nord ; le malin, le thermomètre marquait 9° à Dunkerque, 12° à Clermont, 15° à Toulouse.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 2, à 1 h. 0 m. du soir.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Le professeur Koch, de Berlin, dont la réputation est •universelle par ses travaux sur la tuberculose, a passé quelques jours à Paris. Il a visité l'Institut Pasteur et a assisté à la séance de l’Académie de médecine et à celle de l’Académie des sciences. M. Koch vient de quitter la direction de l’Institut bactériologique de Berlin ; il compte partir prochainement pour l’Afrique australe afin de poursuivre ses recherches sur les maladies épidémiques.
- —Ht— Le volcan de la montagne Pelée était en activité à la fin de septembre et dans les premiers jours d’octobre ; cependant l’éruption n’a pas causé de grands dégâts. D’énormes quantités de vapeurs et de cendres ont été lancées par le volcan. Des vapeurs ont plané au-dessus du cratère pendant toute la journée du 29 septembre, formant un nuage qui s’élevait à environ 2400 mètres de hauteur. Les deux pointes du cône étaient brillamment éclairées. Une grande quantité de matières incandescentes est sortie de la hase du cône volcanique, rmis la vallée ne semble jusqu’ici courir aucun danger.
- —H£— A partir du 8 octobre, das « radiotélégrammes » pourront être échangés entre le poste de télégraphie sans fil d’Ouessant et les navires en mer. Le prix des communications est assez élevé : 75 centimes par mot en sus de la taxe usuelle. Le « Journal officiel » donne, sur le fonctionnement de ce service, dans son numéro du 8 octobre, tous les détails désirables.
- —Ht— Une explosion de trois obus en chargement dans un hangar s’est produite le 7 octobre, au fort Sainte-Marie, à Calloo, à 6 kilomètres d’Anvers, tuant 11 hommes et en blessant une dizaine, dont 3 grièvement. La conflagration a été suivie d’une pluie de débris de toute sorte, parmi lesquels des membres humains, qui a recouvert le fort en quelques secondes. Un incendie très violent sén est suivi, les murs de la forteresse ont été renversés. A plusieurs kilomètres du lieu de l’explosion, de nombreux carreaux de vitres ont été brisés.
- —Ht— Les pièces de nickel de 25 centimes du nouveau type, approuvé par le décret du 24 juillet 1904, ont été mises en circulation le 6 octobre par la Caisse centrale du Trésor public. Dans cette nouvelle pièce, le revers a été modifié. Au lieu d’un module circulaire, on a adopté une forme polygonale à 22 pans.
- —H$— De nouvelles sources chaudes ont surgi dans le tunnel du Simplon; elles donnent un débit de 12 à 1500 litres d’eau par seconde à la température de 54°.
- —H(— L’Institut d’hygiène, nouvellement créé par un groupe de médecins et de professeurs, vient d’ouvrir à Londres un musée permanent d’hygiène qui comprend des boissons et aliments, vêtements, souliers, désinfectants, filtres, systèmes de chauffage, literie, etc. Les objets exposés sont tous garantis par l’Institut d’hygiène et un médecin attaché à l’exposition donne tous les renseignements nécessaires. Les produits exposés sont sévèrement examinés et contrôlés par une commission spéciale.
- —Ht— Une délégation du Conseil municipal de Paris vient de partir pour un voyage d’études afin d’examiner la question des viandes contaminées. La deuxième Commission permanente du Conseil municipal s’est réunie pour examiner cette question ainsi que la réglementation des viandes foraines, ou viandes qui n’arrivent pas aux Halles ou dans les marchés, directement des abattoirs. Leur garantie sanitaire est jugée insuffisante parce qu’elles sont détaillées dans des tueries non ou mal surveillées. La Commission a décidé un voyage d’études à Hambourg, Berlin et Copenhague. MM. Gré-bauval, Barillier, Maurice Quentin et Mitliouard vont se rendre dans ccs villes, accompagnés de M. Martel, chef du service vétérinaire, pour y examiner l’organisation des abattoirs, du service vétérinaire.
- —Ht— Il n’est question que de nouveaux ponts à construire en ce moment aux environs de Paris. On parle dabord de la reconstruction du pont d’Asnières. Un autre pont doit être établi au printemps prochain entre Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt. Ce pont reliera les rues Rouget-de-Lisle à Issy et des Peupliers à Boulogne, créant une voie de communication entre les deux ponts de Billancourt et d’Auteuil, éloignés l’un de l’autre de 4 kilomètres. Le nouveau pont aura une longueur de 200 mètres et une largeur de 16 mètres, égale à celle des ponts Mirabeau et de Conflans. La construction coûtera 1 300 000 francs, dont 280 000 francs payés par les deux communes intéressées : 190000 par Boulogne et 90 000 par Issy-les-Moulineaux. On doit plus tard s’occuper d’un troisième pont à construire entre Yitry-sur-Seine et Alfortville.
- —Hf— Un fait curieux et peu connu, bien qu’il mérite de l’être, c’est qu’il se produit parfois des explosions de grisou dans les mines de sel; le fait a été signalé récemment par M. Bennett Brough.
- —Hf— Les Compagnies de chemins de fer américaines constatent de plus en plus que les tramways électriques leur font une concurrence considérable, au moins pour les faibles parcours. Aussi la New-York central Railway Co vient-elle de racheter un réseau de 160 km de lignes électriques, non pour les faire disparaître, mais bien pour les appliquer à ce que nous appelons le trafic de banlieue.
- —H(— M. Hadfield a communiqué à la British Association quelques observations fert intéressantes faites par lui à propos de l’influence des très basses températures (obtenues au moyen de l’air liquide sur le fer pur). Il a constaté, à 180°, que sa résistance à la traction monte à 54 tonnes, tandis que disparaît sa ductilité.
- —H(— M. D. YV. Rob a comparé l’effet utile des foyers extérieurs et des foyers intérieurs dans les chaudières, et il rend compte de ses expériences dans « Engineering Magazine ». Tous les essais ont montré que l’évaporation est plus élevée dans les chaudières à foyer intérieur; et, si l’on tient compte de l’effet calorifique du combustible employé, on arrive à constater, en faveur de la chaudière à foyer intérieur, une économie de 4,50 pour 100 ou de 2,25 pour 100, suivant qu’il est fait usage du tirage naturel ou du tirage mécanique.
- - Ht— Si nous en croyons M. Bolton, on renoncerait à dépasser une hauteur de 16 à 20 étages dans les grands bâtiments américains; on se serait aperçu que les dépenses de fonctionnement des ascenseurs s’élèvent beaucoup trop pour les a tall buildings » de 25 et 27 étages.
- —Hf— La Compagnie américaine Pennsylvania Railroad a fait poser à Philadelphie, sur des raccordements à marchandises, des rails d’un type extraordinairement lourd : ils ne pèsent pas moins de 71 kg au mètre courant ; on compte que ces voies dureront 25 ans sans réparations.
- —H(— M.YV. S. Johnson a réalisé un appareil appelé « humidostat », dont « Engineering News » donne une description, et qui permet de maintenir une humidité constante dans un local, en dépit de la ventilation. C’est une sorte de servo-moteur à air comprimé qui transmet à un distributeur de vapeur les indications d’un hygroscope : les variations de l’appareil commandent une valve de distribution.
- —Ht— Le professeur Goss vient d’effectuer des expériences très complètes sur l’influence de la forme des cheminées de locomotives sur leur tirage. En fait, la longueur de celles-ci n’importe que peu; d’autre part, il semble qu’il n’y a pas d’intérêt, au contraire, à prolonger par le bas le tuyau dans l’intérieur de la boîte à fumée.
- —H(— Premières neiges. L’hiver serait-il précoce? On signale la neige tombée en grande quantité au Ballon-d’Alsace et sur les hauts sommets des Yosges. On la signale également à Pontarlier et même en Auvergne, sur la chaîne du Mont-Dore, autour de la ville d’Am-bert, ainsi que dans la Lozère.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans la chronique : Nouveaux travaux d’irrigation en Egypte (n° 1635 du 24 septembre 1904, ligne 8), au lieu de : un million de mètres cubes, il faut : un milliard de mètres cubes.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — S’adresser pour la machine à essayer les ressorts, à la West llvdraulic Engineering Company, à Luton /Grande-Bretagne). — Les nouvelles auto-postales dont il a été question dans la chronique, dans le n° 1636 du 1er octobre 1904, p. 286, sont construites par MM. Charles Mildé fds et Cie, 60, rue Desrenaudes, avenue Niel, Paris (17a arr‘).
- Communications. — M. Lamelz, à Metz, nous écrit, à propos de notre récent article sur « L’emploi du trépan dans les mines » (n° 1655, du 24 septembre 1904, p. 266) : « Le fonçage des puits de mines par grand trépan ayant la dimension du diamètre du puits, ainsi que le cuvelage en fonte, a été employé dans les environs de Metz, alors chef-lieu du département de la Moselle, dès 1862 ou 1863, il y a plus de quarante années. Vous en trouverez la preuve dans la Revue de l’Exposition de 1867 (Mines, métallurgie, etc., édité par M. E. No-blet, à Paris), 1er n°, pages 3 à 17. u
- M. le Dr H. Thiellé, à Rouen, nous envoie une brochure qu’il vient de faire paraître et qui a pour titre : « Traitement de la Tuberculose par les courants de haute fréquence et de haute tension, basé sur l’étude du chimisme respiratoire ». Cette brochure se trouve à l’imprimerie L. Mégard, 156, rue Saint-Hilaire, à Rouen.
- Renseignements. — L'abonné n° 6007-4606, à Montevideo. — 1° Pour vous procurer des lustres avec ventilateurs, il faut vous adresser à M. Mildé, 60, rue Desrenaudes, à M. Beau, 226, rue Saint-Denis, à MM. Gagneau et Cia, 115, rue Lafayette, à Paris. — 2° Transformateurs du courant alternatif simple en courant continu : Société « L’Eclairage électrique », 27, rue de Rome, MM. Sautter, Harlé et Cia, 26, avenue de Suffren, à Paris. — 3° Pour les piles destinées à charger les accumulateurs, s’adresser à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. L. Lombard, à Saint-Georges-de-Luzençon. — 1° Nous n’avons pu trouver l’adresse que vous nous demandez. — 2° Perforatrices percutantes électriques : Société alsacienne de constructions mécaniques, à Belfort ; Cie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston, 10, rue de Londres, à Paris.
- M. A. Goret, à Neuilly-sur-Seine. — Nous avons reçu les Notes que vous nous avez envoyées ; remerciements.
- M. A. Féret, à Versailles. - 1° Pour préparer un verre destiné à une projection, il faut faire une plaque positive en reproduisant sur verre le cliché négatif déjà obtenu. Nous avons donné à ce sujet une recette dans le livre des « Recettes et procédés utiles », 2e série, à la librairie Masson etCie, 120, boulevard Saint-Germain. Nous avons publié dans le n° 1508 du 19 avril 1902, p. 305, un article sur le tirage sans transposition des positifs stéréoscopiques sur verre, en décrivant des appareils utilisés à cet effet.
- M. A. Damman, à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas les quantités des divers produits qui composent ce mortier.
- M. S. M., à Montbéliard; M. H. L. Saver, à Marseille. —
- Il faut vous adresser directement à l’auteur de l’article, 31, rue de l’Abbé-Grégoire, à Paris.
- M. X., à Montélimar. — Nous pensons que vous pourrez vous procurer ce programme à la librairie Nony et C‘% 65, boulevard Saint-Germain, ou directement au Ministère du Commerce et de l’Industrie, rue de Grenelle, à Paris.
- M. G. L., h Epernay. — Adressez-vous à la librairie agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. A. T., à N. (Vendée). — Nous ne connaissons pas d’appareil de précision réellement pratique pour les opérations que vous indiquez.
- M. D. M., à Paris. — Nous avons publié un article de M. A. de Lapparent sur les anomalies de la pesanteur dans le n° 1604 du 20 février 1904, p. 178.
- M. P. C., à Belfort. — Le sel excitant que l’on emploie dans les piles Leclanché est le chlorhydrate d’ammoniaque; mais il faut avoir bien soin de ne pas se servir d’une solution saturée.
- M. L. V., à Paris. — Vous trouverez ces divers renseignements dans « Le Manuel de l’ouvrier monteur électricien », à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Bonnefont, à Tarbes. — Vous pourrez enlever les taches de rouille sur la pierre à l’aide d’une solution d’acide chlorhydrique étendue.
- Si. B. A. Sagarminaga, à Bilbao. — L’adresse que vous donnez est bien exacte.
- M. Grangier, à La Brusc (Var). — 1° Votre remarque est très juste; nous faisons un erratum. — 2° Si nous pouvons avoir les documents nécessaires, nous publierons un article.
- M. D. V., à Paris. — Moteurs et groupes électrogènes-Aster, 8, rue Blanche, à Paris.
- M. A. Dà Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages spéciaux sur ces questions ; mais vous pourriez vous adresser à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins.
- L’abonné 5484, à Saint-Etienne. — C’est dans le n° 1620, du 11 juin 1904, p. 26, que nous avons publié l’article sur « L’humidité et la salpêtrisation des murs ».
- M. René Prévôt, à Arras. — Nous ne pouvons vous indiquer que la composition suivante d’une pâte épilatoire : Orpiment,
- 1 partie; chaux vive, 16 parties; amidon, 10 parties. Faites une pâte molle avec de l’eau, appliquez-la sur les parties à épi-' 1er, laissez sécher lentement et lavez à l’eau.
- M. E. Sempé-Vendôme, à Levallois. — Veuillez nous soumettre votre appareil aux bureaux de la rédaction, le samedi de 3 à 5 heures.
- M. Man Stracca, à Pera Constantinople. — L’alimentation de votre chien terre-neuve doit être assurée de la façon suivante : le soir, 200 grammes de viande par jour dans une pâtée, le matin une pâtée au lait avec farine de maïs. Il faut laisser le chien à l’air tout le temps, surveiller les digestions, mettre de temps en temps du bicarbonate de soude dans l’eau. Pour les autres renseignements, adressez-vous à M. P. Mégnin, 12, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. Ch. Roger, à Orléans. — Nous ne pouvons vous donner tous ces renseignements; adressez-vous à l’Ecole des Mines, 60, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. H. R., à Limoges. — Nous avons publié plusieurs formules d’encres pour écrire sur le verre, dans le livre des « Recettes et Procédés utiles », lre et 5e séries, à la librairie Masson et Cie.
- M. J. C., à Porto. — On emploie une colle à la gomme arabique ordinaire ; le sable ou le verre sont projetés sur le papier gommé.
- M. L. Hervin, à Anvers. — Voyez la notice que nous avons fait paraîti'e sur le « Papier Luna » dans les Recettes photographiques (Nouvelles Scientifiques du n° 1548, du 24 janvier 1903).
- M. D. L., à X. — II faut vous adresser à un architecte qui vous établira tous les plans nécessaires.
- M. Dubreuil, à Dijon. — Les indications que vous nous donnez ne suffisent pas ; faites faire l’analyse complète du produit par un chimiste.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. V., à Paris.
- Il est préférable de vous adresser à une agence de brevets. — M. Legrand, à Blois. Nous vous conseillons de traiter plutôt à forfait dans votre cas particulier. — M. L. G-, à Orléans. Il y a une erreur dans la formule que vous indiquez; il faut de l’eau ozonée et non de l’eau oxygénée. —M. Gratnmonl, à Nancy; M. Dubord, à Nantes. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cia. — M. Dupart, à Lille; M. G. M., à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5° série, à la même librairie. — M. V. R,, à Paris; M. G. D., à X. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses Abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Télégraphe électrique sans lils. — Voici enfin un petit appareil télégraphique qui peut fonctionner sans fils d’une chambre à une autre. Le transmetteur, que l’on voit dans la figure ci-dessous; comprend une bobine de Ruhmkorff A, avec éclateurs à boules B placés au-dessus et condensateur posé
- Fi,r. 1. — Transmetteur.
- dans le socle. Nous trouvons également un cadran alphabétique et chiffré avec aiguille indicatrice, un bouton de contact, une antenne démontable avec chaînette et une pile. Le récepteur (fîg. 2) est formé d’une sonnerie C, d’un cohéreur U, d’un télégraphe ordinaire à cadran avec électro-frappeur placé derrière, d’un relai E, d’un commutateur à deux direc-
- Fig. 2. — liécepteur.
- tions avec plot de repos, d’une pile dé 4 éléments pour actionner le télégraphe et la sonnerie, d’un élément pour le cohéreur et le relax et enfin d’une antenne et d’une chaînette. Le fonctionnement de cet appareil est des plus simples. Au poste transmetteur (fig. 1), nous appuyons sur le bouton de contact et à chaque contact nous voyons déplacer l’aiguille indicatrice qui nous indique le moment où nous nous trouvons sxir la lettre cherchée. Mais à chaque contact une étincelle jaillit entre les deux éclateurs B de la bobine du transmetteur. Les ondes pro-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- duites traversent l’espace et viennent influencer la limaille de fer du cohéreur D au poste récepteur (fig. 2). Parla position de la limaille, il se forme un circuit composé du cohéreur D, du relai E et de l’élément de pile placé à droite. Par suite des attractions et répulsions successives, l’armature du relai oscille et vient frapper un contact de butée. 11 en résulte un nouveau circuit qui se forme et qui est composé des 4 éléments de pile, de l’électro-frappeur et du cadran à aiguille. L’armature de l’électro, tout en faisant avancer l’aiguille d’une lettre, donne un choc sur le cohéreur. La limaille tombe et celui-ci redevient prêt à recevoir une nouvelle influence. Si le commutateur est mis sur le plot de la sonnerie, celle-ci sert d’appel. Ce petit télégraphe fonctionne très aisément d’une pièce à l’autre à travers les murailles sans prise de terre. On peut même le faire fonctionner à plus grande distance soit en augmentant les antennes, soit en prenant une très bonne tei’re. 11 constitue un modèle de démonstration très intéressant. — Le télégraphe électrique sans fils est construit par M. E. Chomeau, 3o, passage du Havre, à Paris.
- Encrier à fermeture automatique élastique. —
- Les encriers actuels présentent de nombreux inconvénients qui en rendent l’usage peu commode. L’encre s’altère, blanchit, se décompose, s’épaissit et s’évapoi’e facilement. 11 faut vider les encriers, les laver souvent, et les remplir fréquemment. On doit attribuer tous ces inconvénients-à l’état défectueux des encriers. 11 faudrait les tenir constamment fermés pour éviter tout contact de l’encre avec l’air; ce serait gênant pour écrire. M. Colombani a trouvé un nouveau mode de fermeture automatique élastique, qui est formé, comme le montre la figure
- Coupe verticale et vue extérieure de l’encrier.
- ci-jointe, d’un tube en caoutchouc adapté au goulot de l’encrier et joue le rôle d’un obturateur empêchant tous les corps étrangers, l’air, la poussière, etc., de pénétrer à l’intérieur. De plus, le liquide ne peut sortir d’une façon anormale. Il est au contraire, très facile de faire pénétrer le porte-plume dans l’encrier, et on ne peut le sortir sans que la plume ne soit essuyée automatiquement et ne conserve que la quantité nécessaire pour écrire. — L’encrier à fermeture automatique élastique se ti’ouve 61 et 65, boulevard fiichard-Lenoir, à Paris (XP).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les farineux dans le diabète.
- S’il était un point sur lequel on ne transigeait pas jadis, c’était assurément celui-là. Un malade présentait-il une certaine quantité de sucre dans les urines, aussitôt, et avant tout traitement, le régime alimentaire devait être modifié. Plus de pain, plus de farineux ; le régime carné, les herbes cuites formaient le fond des repas quotidiens. Les légumes et les fruits un peu sucrés étaient sévèrement proscrits de la table. Les farineux se transforment dans l’économie en suci’e; inutile d’augmenter la proportion qui est déjà à l’excès dans le sang et les tissus. Chez le sujet sain, ce sucre est brûlé au fur et à mesure ; chez le diabétique il vient s’accumuler. .
- Toute séduisante qu’elle fut et basée sur des faits de physiologie réelle, cette théorie thérapeutique est fausse de tous points. Attendez ! elle est fausse, mais il ne faut rien exagérer ou plutôt il faut choisir suivant les cas, en se rappelant qu’il y a non pas un diabète commun à tous ceux qui souffrent de cette maladie, mais des diabétiques et que chacun, au point de vue de sa nutrition, de ses échanges organiques, réagit un peu d’une façon personnelle. Cela est si vrai que mon ami Mossé a conseillé avec succès dans bien des cas la substitution des pommes de terre au pain. Vous mangiez 3 ou 400 grammes de pain, avalez 1 kg de pommes de terre. C’est bien là un farineux! mais où le pain produisait de la glycose, la pomme de terre la fera diminuer. Dahring avait conseillé d’une façon analogue le riz ou la farine de riz et il avait vu que toute
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- farineuse qu’elle fût, cette céréale diminuait la glycosurie et améliorait les diabètes.
- C’est guidé par des considérations similaires que von Noorden vient de conseiller la farine d’avoine. Pas plus que le riz, la pomme de terre, la farine d’avoine n’est une panacée infaillible et un moyen de guérir tous les cas de diabète. Mais elle réussit pour certains malades chez lesquels les traitements habituels semblent aggraver la maladie. En voici un exemple : un diabétique avait suivi sans le moindre résultat un traitement sérieux, joint à un régime des plus sévères ; il ne mangeait que 50 gr de pain. Malgré tout la dose de sucre était énorme, 75 gr! On soumet le malade à la cure d’avoine et, en quelques jours, le sucre tombe à 13, puis à 7 gr et disparaît complètement. Et la guérison fut si parfaite que le sucre ne reparut plus, lors même que le malade se remit au régime ordi-
- naire. Dans un autre cas, le malade était dans un état qui faisait appréhender des complications graves. Il avait 58 gr. de sucre et 4 gr d’acétone. On le bourre d’alcalins, 60 gr de bicarbonate de soude par jour; le sucre monte à 105 gr et les accidents sont menaçants. On le met à la farine d’avoine; en 24 heures la dose de sucre diminue de 26 gr, puis, peu à peu, arrive à 2 ou 3 gr. Mais ce malade voyait reparaître de fortes doses de sucre dès qu’il voulait reprendre les farineux ordinaires, le pain notamment. La farine d’avoine n’est donc pas utile à tous les diabétiques. Il faudra choisir, pour chaque cas particulier, le farineux de choix. Les lentilles, les fèves et le pois chiche peu sucré conviendront peut-être aussi bien que le riz, la pomme de terre et l’avoine, c’est à essayer et l’essai est facile ; par notre temps de surmenage, les cas de diabète ne font pas défaut. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de Franoflu
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 octobre. . . 14®,3 N. 1. Couvert.. 0,2 Nuageux ; pluie cesse à 0 h. 30.
- Mardi 4 11®, 0 N. 1. Couvert. 9 Rosée; couvert jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- Mercredi b 11°, 1 S. W. 1. Brouillard. 0,8 Rosée ; brouillard jusqu’à 9 h. ; couv. ; pluie à 23 h.
- Jeudi 6 14»,2 W. S. W. 2. Très nuageux. 1,1 Très nuag. ; pluie cesse à 1 h. 4b ; reprend à 21 h.
- Vendredi 7 14®,7 S. S. W. 2. Couvert. 6,7 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Samedi 8 6®,4 W. 1. Couvert. 5,7 Nuageux; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 9 .... . 1®,5 YV N. W. 1. Beau. » Gelée blanche ; quelques nuages.
- OCTOBRE 1904. — SEMAINE Dü LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 OCTOBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abr* cL boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e temps. — Temps pluvieux et frais dans la semaine du 3 au 9 octobre. Le 3 octobre, un minimum barométrique a amené des vents très forts sur les côtes de la Manche. Dans les régions de l’ouest, il y a eu des pluies très abondantes : 7b mm d’eau à Ouessant, 69 mm à Brest, 46 mm à Cherbourg, 33 mm à Nantes. La température s’est élevée ; le matin à 7 heures, on notait 14° à Paris, 15° à Toulouse, 13° au puy de Dôme, 9° au mont Ven-toux. Le 4 octobre, on a recueilli 7 mm d’eau à Biarritz, 2 mm à Rochefort, 2 mm au Havre, 1 mm à Brest. La température a baissé sur nos régions. Le matin, on notait 12° à Paris, 12° à Clermont, 15° à Brest, 9° au mont Aigoual, 8° au puy de Dôme, 2° au pic du Midi. Le b octobre, le ciel est resté gris, brumeux. Il a plu légèrement à Paris dans la soirée. Le mauvais temps a repris ensuite, et la pluie a continué toute la nuit du 5 au 6 octobre. Une profonde dépression a traversé les Iles-Britanniques et la mer du Nord. Le 6 octobre, des mauvais temps d’ouest ont sévi sur l’Angleterre, les Pays-Bas et le nord de la France. Un vent très fort a soufflé sur les côtes de la Manche. La mer a été grosse au Havre et à Boulogne, très houleuse à Calais et à Cherbourg. Il est tombé 7 mm d’eau à Besançon, 6 mm à Brest, 2 mm à Dunkerque, 2 mm à Paris. De violentes tempêtes’ont eu lieu dans la nuit au Havre, à Cherbourg, à La Rochelle et à Lorient. Le baromètre marquait 746 mm au Havre le 7 octobre, à 7 heures du matin, après avoir baissé de 10 mm depuis la veille. Le 7 octobre, une violente
- tempête du sud-ouest s’est déchaînée sur Paris. Dès la pointe du jour le vent a soufflé en bourrasque d’entre-ouest et ouest-sud-ouest, accusant une vitesse voisine de 40 mètres par seconde vers IbOO mètres de hauteur et en moyenne de 16 mètres par seconde au niveau du sol. Le baromètre a donné à Paris, à 9 heures du matin, un minimum de 748 mm. Cette tempête a causé plusieurs accidents à Paris. Des pluies sont également tombées a Cherbourg (16 mm d’eau), à Boulogne (10 mm), à Charleville (5 mm), à Nantes (4 mm), à Paris (2 mm). Le thermomètre marquait le matin 15* a Paris, 15° à Clermont, lb° à Perpignan, 91 au puy de Dôme, 4° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 11°,4. Le 8 octobre la dépression barométrique, qui a causé les tempêtes de la veille, s’éloigne vers l’est; mais des mauvais temps sévissent sur les côtes de la Méditerranée. On a recueilli 42 mm d’eau à Gris-Nez, 17 mm à Biarritz, 13 mm à Belfort, 14 mm au Havre, 6 mm à Paris, où l’on a observé des averses mêlées de grésil. Un refroidissement important s’est produit sur nos régions : le matin, le thermomètre marquait 6° à Paris, 8° à Clermont, —1° au puy de Dôme, — 4° au mont Mounier, — 6° au pic du Midi. Le 9 octobre, la pression barométrique était élevée sur la France ; elle atteignait 773 mm à Nantes. Des pluies sont tombées à Belfort (6 mm), à Nancy (3 mm), à Paris (2 mm) et à Brest (2 mm). Le thermomètre marquait à 7 heures du matin : l®à Paris, 2° à Belfort, 4° à Clermont, — 5° au puy de Dôme, — 6° au mont Aigoual, — 9° au pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 9, à b h. 34 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —On annonce d’Helsingfors la mort de M. Lemstroem, professeur de physique à l’Université d’Helsingfors et spécialiste <m matière de magnétisme et d’électricité. Il avait pris part à différentes expéditions polaires, notamment à l’expédition aux îles Spitzberg, organisée par Nordenskiœld.
- —— L’Académie des sciences vient de désigner, en remplacement de M. Fernet, qui était démissionnaire, M. Raveau comme rédacteur des comptes rendus officiels des séances. M. C. Raveau, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de physique, ancien secrétaire de. la Société de physique, est physicien au Laboratoire d’essais, nouvellement fondé, du Conservatoire des arts et métiers.
- —- M. G. Trouillot, ministre du Commerce, a soumis à la signature du président de la République un décret apportant un certain nombre de modifications et d’additions aux actes qui régissent le Conservatoire national des arts et métiers. Une des dispositions de ce décret institue au Conservatoire un Musée de la prévention des accidents du travail et d’hygiène industrielle. L’initiative de cette création avait été prise, en 1903, par l’Association des industriels de France contre les accidents du travail. Conformément aux propositions du conseil d’administration, le nouveau musée fera partie intégrante du Conservatoire national des arts et métiers; il sera pourvu d’une commission technique dans laquelle seront représentées les associations apportant à l’œuvre leur concours financier. D'importantes souscriptions ont déjà été recueillies de la part, tant de l’Association des industriels de France que de diverses autres sociétés, telles que l’Association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur, le Comité central des houillères de France, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, etc. Ce musée offrira aux industriels et aux ouvriers une exposition permanente de modèles et d’appareils qui se renouvelleront constamment, au fur et à mesure qu’apparaîtront des inventions nouvelles.
- —Le regretté sculpteur Bartholdi spécifie dans son testament plusieurs libéralités : il fonde à l’Hôpital de Colmar deux lits réservés à des artistes français. Il fait au musée de Colmar plusieurs legs importants, entre autres la réduction à 6 centimètres par mètre de l’atelier où se fit la statue colossale de la « Liberté éclairant le monde ». Enfin il lègue à la Société des artistes français la somme de 13 000 francs qu il obtint pour les plans du monument de Marseille, à la suite de ses démêlés avec la municipalité, La Société devra, chaque année, distribuer la rente de cette somme, sous le litre de « Prix du palais de Longchamp » à un architecte qui aura fait preuve d’originalité.
- —— L'événement sportif sensationnel de la semaine a été le raid hippique organisé de Bordeaux à Paris. Les concurrents étaient divisés en deux sections : chevaux attelés et chevaux montés. Le gagnant de l’épreuve a été le cheval « Anatole » appartenant à M. Bordes, de Mauvezin (Gers). Ce vaillant cheval, qui faisait partie -de la section attelée, a couvert les 744 kilomètres du parcours en 116 heures 10 minutes, soit à une moyenne de 6,400 km à l’heure ; il est vrai que les concurrents étaient obligés de prendre, en cours <Ic route, un minimum de 65 heures de repos, ce qui fait que le vainqueur a accompli le parcours en 50 heures 40 minutes de marche. Il a fourni le premier jour 132 kilomètres, le deuxième 155, le troisième 147 et, progressant toujours, 157 le quatrième jour <ït 173 le cinquième. Cette performance est absolument remarquable et bat tous les records existants. Derrière lui sont arrivés : « Frivole » ènll6h56m, « Follette » en 118 heures, « Arlac », en 1l8h47m, a Bagnerais » en 119h26m, aYa-Toujours» enll9b40“',etc. — a Alphonsine », le premier de la catégorie montée, ne se classe que neuvième en 125h39m. Ce résultat était attendu et démontre que le travail supporté par le cheval de trait est moins fort que celui
- du cheval monté. Les chevaux sont en général arrivés dans un état satisfaisant.
- —La ligne 3 du Métropolitain de Paris, de Courcelles à Ménilmontant, a été visitée par M. le Préfet de police, la commission de contrôle et la commission de reconnaissance, composée de hauts fonctionnaires du ministère et de la Préfecture de fa Seine. Elle vient d’être ouverte au public.
- - Dimanche, 16 octobre, a été disputée sur la Seine, dans
- le bassin de Maisons-Laffite, la coupe de l’Auto, une des plus importantes courses pour canots automobiles. Elle a été gagnée par le canot de course La Râpée III, de 8 mètres de longueur, actionné par un moteur Panhard et Levassor de 110 chevaux. Ce petit canot a couvert la distance de 100 kilomètres dans le temps superbe, de 2 heures 23 minutes 3 secondes. Cela donne, avec six virages, une moyenne de marche de 42 kilomètres à l’heure. C’est la plus grande vitesse obtenue jusqu’à ce jour par un canot automobile. 11 était important de signaler ce fait au moment où ce sport semble entrer dans une phase de grande prospérité. On annonce, en effet, pour 1905, plusieurs-courses de longue haleine, entre autres : le Tour de France, la course Alger-Toulon et la traversée de l’Atlantique.
- —— La récolte de blé en 1904 a été évaluée par le ministère à 104 523 000 hectolitres. La consommation est en moyenne de 123 millions d’hectolitres. Il reste un solde de 1903 "d’environ 5 millions d’hectolitres; nos colonies africaines fournissent tous les ans près de 3 millions d'hectolitres. Il nous faudra encore avoir recours pour près de 10 millions d’hectolitres aux blés étrangers. Le rendement a été inférieur en raison de la sécheresse extraordinaire de cet été.
- —— Dans la semaine du 10 au 16 octobre, le temps a été beau et froid en France. Le 10 octobre, dans la matinée, ont eu lieu les premières gelées de la saison. On a relevé les températures minima de — 0°,5 à Paris, — 0°,5 à Besançon, — 1° à Belfort, —1°,6 à Limoges, — 10° au pic du Midi, —11° au mont Mounier. De faibles ondées sont tombées à Belfort et à Charleville. Le 11- octobre, la température est restée basse sur nos régions; il a gelé le matin à Gap, Clermont et Charleville. A 7 heures du matin, le thermomètre marquait 1° à Paris, 4° à Toulouse, — 3° au puy de Dôme, — 3° an mont Ventoux, — 7° au pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été de 6°,5, inférieure de 4°,3 à la normale. Le temps est resté assez beau et sec sur la région parisienne ; le matin, un léger brouillard couvrait la ville et la région est. Le 12 octobre, la pression barométrique a été élevée sur presque toute l’Europe; le maximum était de 779 mm à Moscou, on notait 768 mm à Paris. Des pluies sont tombées sur l’Europe centrale et l’Italie ; en- France, on a recueilli 6 mm d’eau à Besançon, 5 mm à Nice, 5 mm à Nancy, 4 mm à Belfort. Le 13 octobre, la pression barométrique est restée élevée sur toute l’Europe; elle a atteint 775 mm sur les Pays-Bas et le nord de la France. La température s’est relevée et était, le matin, de 10° à Paris, 12° à Brest, 19° à Alger, 0° au puy de Dôme, —1° au pic du Midi, —2° au mont Mounier. La température moyenne a été de 10°,2, inférieure de 0°,2 à la normale. Le 14 octobre, une faible dépression apparaît sur la Méditerranée (Alger 759 mm). On ne signale aucune pluie; la température a baisse dans l’ouest et le centre du continent. La température était le matin de 1° à Clermont, 3° à Paris, 12° à Perpignan, 4° au puy de Dôme, 3° au mont Aigoual, 3° au pic du Midi. Le 15 octobre, le temps a été beau dans toutes nos régions. En France, il a gelé le matin ; la gelée blanche a été à peu près générale dans la banlieue de Paris. La température moyenne a été de 5°,2, inférieure de 4°,9 à la normale. Le 16 octobre, un faible orage éclate le matin dans le nord-ouest de la région parisienne, vers Achères ; il tombe une averse sur Paris à 8 heures. Il a plu également à Cherbourg (22 mm), au Havre (6 mm), à Lorient (1 mm)*
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Pour la machine à essayer les huiles, s’adresser à la Société Jacob Riater, à Winterthur (Suisse). — Le nécessaire chimique Trubert se trouve chez Broussard, 29, quai de l’Horloge, Paris. Le sulfate d’hydrazine réactif assez cher (environ 80 francs le kilogramme) se trouve dans les bonnes maisons de produits chimiques. — Pour le jeu de billard Nicolas décrit dans les « Petites Inventions » du n° 1630, du l6r octobre 1904, s’adresser à M. G. Re-naut et G10, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris; pour le même jeu sans garniture garde-billes, s’adresser à M. Jost, 161, rue des Partants, à Paris.
- Communications. — M. Ch. S., ingénieur à Bruxelles, nous envoie la lettre suivante : « Dans la séance du 24 septembre de l’Académie des sciences (n° 1636 du 1er octobre, p. 286), M. Bigourdan, membre de l’Académie des sciences, astronome à l’Observatoire de Paris, a présenté une Note relative à la déformation subie par les cercles gradués des instruments d’astronomie. Il est peut-être utile de faire remarquer à ce propos que le meilleur métal pour la construction de ces cercles est incontestablement le nickel pur. L’argent généralement appliqué à cet usage ne présente d’autre avantage que sa grande malléabilité qui en rend le travail facile, et sa blancheur qui permet de distinguer nettement les fines divisions du limbe, lorsque le métal est.neuf bien entendu. Car, on le sait, l’argent noircit promptement par sulfuration, et, dès lors, les traits déliés deviennent peu visibles ; et on ne peut se permettre un nettoyage fréquent à cause même de la mollesse du métal ; on aurait bientôt fait d’enlever tout le tracé délicat des échelles. Le nickel, au contraire, est d’une rigidité et d’une ténacité au moins égale à ceUe de l’acier; sa résistance à Pusure est considérable ; il est d'un blanc presque aussi pur que l’argent et susceptible d’un poli parfait. De plus, il ne s’altère guère à l’air et demande par suite fort peu d’entretien.
- Ce métal est donc éminemment propre à recevoir et conserver les traits les plus fins, sans crainte d’usure par nettoyage en cas de nécessité.
- Enfin le nickel est d’un tiers moins dilatable que l’argent, et "sa dilatabilité est, à peu de chose près, égale à celle de l’acier doux; si donc on ne désirait pas tracer les limbes et les verniers sur le métal massif, on pourrait les faire en feuilles rappliquées comme ceux en argent.
- 11 est à observer aussi que le nickel se soude intimement à chaud avec l’acier doux, et le métal ainsi doublé au « plaqué » supporte parfaitement le laminage et l’emboutissage sans altération aucune. Toutefois, la valeur du nickel n’est pas excessive et n’a guère d’importance pour l’objet qui nous occupe ».
- M. E. Michelon, à Tours, nous a fait parvenir une grappe de raisin particulier en nous donnant les renseignements suivants : « Ces grappes, d’un aspect tout à fait spécial, proviennent d’un cépage, paraît-il, très ancien, et dont il n’existe en tout cas qu’un nombre très restreint de spécimens chez deux ou trois propriétaires qui les gardent par curiosité. On les rencontre auprès de Tours, sur les coteaux de Rochecor-bon, dans la patrie du vin de Voyvray. Les vignerons du pays font, paraît-il, remonter son origine à une époque très éloignée et lui ont donné le nom de Manteau de saint Martin, soit à cause de sa vétusté, soit à cause de la proximité de l’ancien couvent de St-Martin, aujourd’hui couvent du Sacré-Cœur de Marmoutiers où on l’a rencontré et surtout aussi, je crois, en considération de l’aspect des grains, qui pour la plupart, cer-
- taines années, sont moitié blanc, moitié noir. L’échantillon que je vous ai adressé, bien que beaucoup moins beau que certaines années, vous montre cette particularité : grains entièrement blancs, entièrement noirs et mitigés, moitié blanc et noir ou encore un quart noir, trois quarts blanc. Ce n’est pas une exception pour une seule grappe, car toutes celles venant sur ce genre de ceps présente cette même apparence. »
- Renseignements. — M. C. Van Langendonck, à Etter-beck, près Bruxelles. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 8, rue Ménars, à Paris.
- M. A. de Joncières, à Paris. — Nous n’avons pas l’adresse ; mais vous pourriez vous renseigner directement auprès de l’auteur de l’article, 7, boulevard St-Germain, à Paris.
- M. Ph. Bonvillain, à Paris. — Nous vous avons déjà répondu dans la « Boîte-aux-Lettres du n° 1655 du 24 septembre 1904. L’adresse de The Shelby Steel Tube C° est : à Shelby, Etat d’Ohio (Etats-Unis).
- M. A. T. H., à Tours. — Parmi les principaux constructeurs de moteurs à pétrole pour automobiles, nous pouvons vous citer les suivants : Société anonyme Aster, 33, boulevard Carnot, à Saint-Denis (Seine) ; MM. Brouhot et Cie, à Vierzon (Cher); M. Delahaye, 10, rue du Banquier, à Paris; MM. Go-bron et Brillié, 13, quai de Boulogne, à Boulogne-sur-Seine. Vous pourriez aussi consulter les articles que nous avons publiés tous les ans sur le « Salon de l’Automobile ». Le dernier article a paru dans le n° 1598, du 9 janvier 1904, p. 87.
- M. José Mesa, à Valladolid. — Vous trouverez ces ouvrages à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. D., à G. — 1° Nous ne connaissons pas de machine de ce genre. — 2° Fabricants de dentelles : M. A. Ancelot, 12, rue du Hanovre; MM. Aubry et Cie, 12, rue St-Fiacre; MM. Béraud et Cio, 122, rue Réaumur; M. A. Birgly, 38, rue d’Hauteville ; M. Camerini, 103, boulevard Ilaussmann ; M. Le-fébure, 8, rue Castiglione; MM. Pilloy et Hachet, 12, rue du Sentier; MM. Salmon frères, 4, rue Saint-Fiacre; M. Lescure, 31, rue St-Augustin, à Paris.
- M. L. Brunard, à Rrest. — 11 est préférable d’établir un groupe électrogène de puissance plus élevée avec une batterie d’accumulateurs. Ces appareils demandent de grands soins, et exigent un entretien sérieux; ils fournissent alors de très bons résultats.
- M. Dumont, à X. — Nous ne pouvons expliquer la présence de la soude dans la pile dont vous parlez. 11 doit y avoir une erreur.
- M. Lerard, à Nîmes. — Veuillez nous donner des indications plus précises; les faits que vous citez ne sont pas suiti-sants.
- M. D. B., a Paris. — Vous trouverez ces appareils chez MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. M. P., à Paris. — Adressez-vous à MM. Gaumont et C‘% 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. L., à Lescure. — 1° Vous trouverez des ouvrages sur l’aviculture à la Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris. — 2° Il n’existe pas de traité sur ce sujet. — 3° Achat et vente de matériel d’occasion : MM. Jonas et Cie, 3, rue Mon-tholon; M. L. Mariage, 16, avenue de la République, à Paris.
- — 4° « Le matériel des usines », journal pour l’achat et la vente de tout matériel industriel, 9, rue de Valenciennes, à Paris.
- M. L.. L., à Pagny-sur-Moselle. — La librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, a publié la traduction par M. L. Gautier, de l’ouvrage de M. Lunge, et ayant pour titre : « Traité de la distillation du goudron de houille et du traitement de l’eau ammoniacale ».
- M. A. G., à Toulon. — Vous pourrez vous procurer une dynamo de ce genre à la Société « L’Eclairage électrique », 27, rue de Rome, ou à la Société « La Française électrique, 99, rue de Crimée, à Paris.
- M. C. Plommet, à Songeons. — Il n’y a aucune relation entre les deux termes.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. V., à X. I!
- n’existe pas de traité de ce genre. — 37. 7,. 37., à Loudun. Il suffit d’agiter constamment le liquide en versant le produit peu à peu.
- — M. Leroy, à Nantes. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lra série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. D., à Paris. Cette recette est donnée dans le môme livre que ci-dessus, 5® série, à la même librairie. — M. V. B., à V. ; ; M. G. P., à Rrest. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Briquet électrique de poche. — Une fois lancé dans les applications de la pile sèche, il n’y a plus de raison pour s’arrêter, aussi WM. Henry et Lenud, donnant de plus en plus d’essor à leur fabrication, viennent-ils de mettre sur pied un briquet destiné aux fumeurs. Le plus petit modèle de leur pile a deux éléments, se place dans un étui semblable à celui de la lampe de poche « Mignonnette », mais l’ampoule à incandescence est remplacée par un fil de platine, contourné en spirale; au-dessus de lui se trouve, pour le protéger, un petit couvercle percé de fentes. En appuyant sur le contact, le fil
- Briquet électrique.
- est porté à l’incandescence; on approche alors du couvercle une mèche à briquet ayant dé,à biûlé; il pénètre toujours, par les fentes du couvercle, un bout de filament qui s’allume immédiatement au contact du platine incandescent, et toute l’extrémité de la mèche est rapidement en ignition complète. 11 suffit d’une seconde pour efh ctuer cette manœuvre. Le fil de platine peut se remplacer facilement quand il se détériore ; les constructeurs en livrent de tout préparés dont la monture se visse comme une lampe à incandescence. Quant à la mèche, qu’on trouve dans tous les bureaux de tabac, on la place dans un petit tube en métal qui a son logement le long du briquet dans un autre tube fermé à l’une de ses extrémités et où il entie à frottement; la mèche s’éteint d’elle-même dans cette position. — Le briquet électrique se trouve chez MM. Henry, Lenud et C:', 51, rue de Turenne, à Paris.
- Nouvelle épaulière de maintien. — Ce nouveau système d’épaulière de maintien a pour but de remédier aux inconvénients qui résultent, chez les enfants, de mauvaises atti-
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de l’épaulière.
- tudes, de la faiblesse de l’épine dorsale, de dos ronds, de la saillie des omoplates. Ces défauts se présentent souvent à la suite de maladies, pour cause d’anémie, ou par mauvaise habitude. L’épaulière que nous signalons produit un effet bienfaisant après quelques jours d’application. Elle consiste (fig. 1) en une lame dorsale à ressort léger, pourvue de deux branches emboîtant chaque épaule. Ces branches sont garnies de cous-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- sins rembourrés qui viennent s’adapter sur chacune des têtes humérales ou têtes supérieures de l’os du bras; une fois en place, l’enfant est obligé, malgré lui, de renverser les épaules
- Fig- 2. — L’épaulière appliquée. Fig. 5. — L’épaulière appliquée.
- Vue ils face. Vue de dos.
- en arrière et de garder la position normale. Dans ces conditions la poitrine se dilate, et le jeu régulier de la respiration est assuré. — L’épaulière de maintien se trouve chez M. A. Bau-don, 27, rue Amelot, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Clichés photographiques à grains fins.
- Lorsqu’on a besoin d’avoir une image d’un grain très fin, qui permette de lui faire subir un agrandissement considérable, on s'est toujours adressé jusqu’ici à des émulsions lentes dans lesquelles l’argent était à l’état de chlorure ou d’azotate; mais on ne pouvait pas employer les émulsions au bromure, de grande sensibilité, si répandues aujourd’hui pour les usages courants. MM. Lumière et Seyewetz ont entrepris une série de recherches finir se rendre compte de l’influence du développement sur la finesse de l’argent réduit et ils avaient déjà signalé deux substances révélatrices : la paiaphénylène diamine et rorthoamidophénol, qui, utilisées en solution aqueuse, additionnées de sulfite de soude, leur avaient permis d'obtenir des images dont le grain pouvait être comparé à celui de clichés au collodion. D’une façon générale les essais ont démontré qu'avec les divers révélateurs du commerce on peut avoir des images à grains fins en se conformant aux conditions suivantes :
- 1° Développer lentement, soit en ajoutant dans le révélateur des substances retardant la venue de l’image, soit en diluant convenablement la solution.
- 2° Introduire dans le révélateur un dissolvant du bromure d’argent. Ce dissolvant ne doit pas être, en trop grande quantité afin de ne pas dissoudre le bromure d’argent avant que l’image soit développée. Le produit qui remplit le mieux le but cherché est le chlorure d’ammonium à 15 ou 20 pour 100 ; mais encore faut-il, pour obtenir de bons résultats à coup sûr. que la dissolution et la réduction de l’argent se fassent dans des conditions précises; il faut qu’il y ait une relation bien déterminée entre Ja vitesse du développement direct chimique et celle de la formation de l’argent réduit dans le liquide même qui baigne les plaques. Aussi tous les dissolvants du bromure d’argent ne sont-ils pas susceptibles de produire le phénomène.
- De leurs études sur cette intéressante question, MM. Lumière et Seyewetz ont conclu que la meilleure formule qui permette d’obtenir, avec les émulsions rapides, des images d’intensité
- normale et sans voile, est la suivante :
- Eau............................. 1000 gr.
- Paiaphénylène diamine. ... 10 —
- Sulfite de soude anhydre ... 60 —
- Il faut que le cliché soit suffisamment posé. Le grain est beaucoup plus fin que celui des clichés ordinaires et permet par suite de faire des agrandissements très considérables.
- Si on emploie des émulsions lentes, le développement ci-dessus donnera des images de couleur brun violacé, pouvant servir directement à la projection. On peut aussi, au lieu de la formule ci-dessus, employer un révélateur normal à l’hydro-quinone dans lequel on aura mis du chlorure d’ammonium ; les proportions peuvent varier de 5 à 50 grammes pour 100 de révélateur suivant le ton à obtenir. G. M.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savon antiseptique pour la barbe. — Dans un récipient, mettre ensemble parties de paraffine dure (dont le point de fusion soit à 47° C.), 5 parties de suif de bœuf et 2 parties de savon à la potasse ; on fait chauffer au bain-marie, et, quand ces ingrédients fondent, on ajoute 68 parties d’eau bouillante, en remuant constamment, et jusqu’à émulsion complète. On laisse refroidir doucement jusqu’à 30° C., en remuant encore, et l’on ajoute alors tout d’un coup 2 parties de gomme adragante en poudre, 2 de glycérine et 1 d’essence de lavande.
- On brasse de nouveau, et jusqu’à ce que la masse prenne.
- Le ciment arménien. — C’est un ciment ou une colle qui est connue des bijoutiers, et qui est très employée des joailliers orientaux. On fait dissoudre 10 parties de gomme mastique dans 60 d’alcool absolu ; d’autre part on dissout 20 parties de colle de poisson dans 100 d’eau, cela au bain-marie et à feu doux, et on additionne de 10 parties d’alcool à 50°. On a fait dissoudre 5 parties de gomme ammoniaque dans 25 parties d’alcool à 50°. On mêle la première solution à la seconde, on agite bien pour assurer le mélange complet, on ajoute la gomme ammoniaque, et l’on brasse encore. Il faut enfin mettre au bain-marie, à chaleur modérée, pour que l’évaporation ramène la préparation à 175 partiës seulement.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50*,30). — Bureau central météorologique de Fr&nœ.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 octobre . . 0°,0 N. 0. Beau. Brouillard. » Gelée blanche ; brouillard le matin ; halo à 10 h. ; peu
- Mardi 11 1°,4 N. E. 1. Beau. » nuageux. Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 12 2’,4 N. N. W. 2 Beau. )> Gelée blanche ; beau jusqu’à 16 h. ; couv. ensuite.
- Jeudi 13 9®,6 N. E. 2. Très nuageux. » Très nuag. le matin ; peu nuag. le soir.
- Vendredi 14 25,7 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Samedi 15 0®,1 N. N. E. 2. Beau. B Gelée blanche ; beau.
- Dimanche 16 ... . 4°,0 S. E. 2. Nuageux. 1,6 Gelée bl. ; pluie de 8 à 9 h. ; brouillard dans la soirée.
- OCTOBRE 1904. -- SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 OCTOBRE 1904.
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes 'du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’observatoire du pare Saint-Maur, en septembre 1904,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 759““,15; minimum absolu, 752“”,2, le 25, à 5 h. 50; maximum absolu, 764““,7 le 8, à 6 h. 30 m. ; écart extrême, 12““,5. La pression est remarquablement uniforme; une seule fois depuis 31 ans, l’écart extrême en septembre est moindre que cette année (septembre 1895, 10““,5).
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 8°,28 ;desmaxima, 18°,17 ; du mois, 13°,22; vraie des 24 heures, 13°,05; minimum absolu, 2°,7 le 20; maximum absolu, 24°,7 le 6. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 5°,88; des maxima, 30°,56; minimum absolu, — 2°,3 le 20; maximum absolu, 40°,7 le 6. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures : à 0“,30 de profondeur, 14°,72 ; à 1 mètre, 16°,35. De la Marne : moyenne le matin, 16°,75 ; le soir, 17°,16; minimum, 14®,41 le 2; maximum 19°,75 le 1".
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 8““,79 ; minimum, 4”“,0 le 20, à 11 et 12 heures ; maximum, 15“”,8 le 12, à 18 heures.
- Humidité relative: moyenne du mois, 79,3; minimum,32 le 18, à 15 et 16 h. ; et le 19, à 14 h. ; maximum, 100 en 12 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,02; ciel pur les 5,17,18, 19 ; complètement couvert les 1*', 3 et 9.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 576 heures; durée effective de l’insolation, 171 heures en 26 jours; rapport, 0,46.
- Pluie : total du mois, 85““,0 en 60 heures; il en est tombé -23"”,7 le 1*% et 15"",2 le 29.
- Nombre de jours de pluie, 13; et en outre 1 jour de petite pluie inappréciable au pluviomètre ; de rosée, 17 ; de gelée blanche, 3, les 20, 21 et 22 ; d’orage, 2, les 13 et 14; d’éclairs, 1 ; de brouillard, 2; de halos, 6.
- Fréquence des vents : Calmes, 38.
- N . . . . 97 E . . . . 51 S 21 W ... . 23
- N. N. E. . 88 E. S. E. . 31 S. S. w. . 47 W. N. W . 23
- N. E . . . 51 S. E . . . 18 S. w. . . 38 N. W. . . 17
- E. N. E. . 67 S. S. E . . 20 w. s. w . 41 N. N. W. . 46
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 1“,9 ; moyenne diurne la plus grande, 3“,8 le 30 ; la plus faible, 0*,6 les 26 et 27 ; vitesse maximum, 6“,7 le 29 à 11 h. 30, par vent N.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (17 jours), 152 volts ; moyenne diurne la plus grande, 195 volts le 19; la plus faible, 105 volts le 11 ; amplitude diurne, 0,34 ; amplitude nocturne, 0,66.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 1“,95; minimum, 1“,73 le 20; maximum, 2",10 le 8 et le 10.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 0*“,66 ; température —1°,77 ; tension de la vapeur— 1““,25 ; humidité relative —1,2 ; nébulosité — 0,25 ; pluie +- 35““,1.
- Floraisons. Le 14, veronica speciosa; le 17, cataleptique de Virginie; le 18, helianfhus orgyalis; le 19, anémone japonica; le 21, gynérium argen-tum ; le 23, aster œil-de-christ.
- La gelée blanche du 20 septembre (— 2’,3) a roussi les feuilles de coleus et de haricots.
- Le 5, une bande de canards sauvages est passée sur l’Observatoire, se dirigeant du nord-est au sud-ouest.
- PHASES DE LA L’UNE : P. Q. le 16 à 6 h. 50 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— Nous apprenons avec regret la mort de M. le professeur Tillaux, président de l’Académie de médecine, chef de la clinique chirurgicale à l’hôpital de la Charité, grand-officier de la Légion d’honneur. L’éminent chirurgien s’est éteint le 20 octobre à Paris, •après une longue maladie organique.
- —M. Appell, professeur de mécanique rationnelle à la Sorbonne, et M. Painlevé, professeur de mathématiques générales, sont autorisés à faire échange d’enseignements, pendant l’année scolaire 1904-1905.
- —Le ministre de la Marine a, dit-on, donné l’ordre de reprendre à Toulon, dans l’arsenal du Mourillon, la construction des submersibles dus aux plans de l’ingénieur en chef Laubeuf. Ces submersibles figuraient au nombre de treize dans l’annexe des constructions neuves du budget de 1902 et avaient été mis en chantier au mois de mai de cette année même ; on en avait fait suspendre la construction.
- —Le 22 octobre s’est ouvert, au Muséum d’histoire naturelle, une exposition de champignons organisée par MM. Mangin, professeur de cryptogamie, et Hariot, préparateur, dans les locaux de leur laboratoire, 63, rue de Bulfon. Cette petite exposition, qui réunit les espèces comestibles douteuses et 'vénéneuses, fermera •scs portes le dimanche 30 octobre.
- —«K— On s’occupe beaucoup actuellement des projets de délimitation du Sahara entre l’Algérie et le, Soudan; on cherche les moyens de maintenir la jonction établie maintenant entre nos deux colonies. On parlait même récemment d etudier la construction et l’entretien d’une ligne télégraphique. On arrivait aux conclusions suivantes : dans les régions montagneuses, environ la moitié du parcours, on pouvait accrocher les isolateurs aux flancs des rochers ; dans le fond des oueds, on trouvait des arbres pour porter les fils ; dans les parties planes il fallait recourir à des poteaux artificiels. Les indigènes fourniraient des surveillants pour réparer la ligne, entretenir la pile, etc. Mais il nous semble que dans de semblables circonstances locales la télégraphie sans fil pourrait tout d’abord être essayée et rendrait des services.
- —Les journaux de médecine militaires. Une petite statistique communiquée au Congrès d’Atlantic City par le major Pilcher. Il existe actuellement 26 journaux de médecine militaires; ils sont de trois sortes : les uns officiels, et publiés par les gouvernements des pays où ils paraissent, les seconds, journaux privés, publiés par des médecins à l’aide de souscriptions ou d’abonnements, enfin les journaux périodiques ou non, publications médicales militaires. Le premier groupe comprend 9 journaux publiés par les gouvernements français, belge, allemand, italien, norvégien et espagnol. Le second groupe comprend trois journaux autrichiens, un argentin, un allemand, un espagnol, un français, un hollandais, un roumain, un russe. Dans le troisième groupe, nous trouvons les journaux de la Société militaire médicale danoise, de l'association japonaise des chirurgiens militaires, du comité central, de la Société de la Croix-Rouge et de l’Association des chirurgiens militaires des Etats-Unis. Le plus ancien recueil est un journal français, les « Archives de médecine et de pharmacie militaires » qui a plus de 90 ans d’existence et qui n’était que la continuation d’une série de publications médicales militaires remontant à 1767.
- —Alors que les divers tramways de France ne transportent pas ensemble plus de 700 millions de voyageurs par an, le mouvement correspondant sur les tramways dé Grande-Bretagne atteint le chiffre énorme d’un milliard 700 millions!
- —m— On emploie maintenant avec grand succès le carborundum pulvérisé et mélangé à du silicate de soude, pour former un enduit ou des revêtements protecteurs de la surface des fours exposés à de très hautes températures : pour le préparer, on prend 9 parties
- de sable de carborundum et 1 partie de silicate qu’on dilue de manière à en faire un sirop fluide, et le mélange constitue une pâte épaisse qui se laisse mouler.
- —— On annonce d’Alsace que les cigognes prennent leur vol. Les gens qui ne sont pas du pays des cigognes ignorent généralement que l’habitant se fait un devoir de leur faciliter la construction du nid. On dispose horizontalement une roue de voiture sur une cheminée ou au sommet d’une tour ou d’un clocher : sur cette base assez étendue, variant de 2 à 4 mètres de diamètre, l’oiseau construit son nid une fois pour toutes et chaque printemps, à son retour au même foyer, le couple passe huit ou quinze jours à réparer les avaries de l’hiver. On ne se doute guère, vu la distance, de la quantité de matériaux employée. L’hiver dernier, les habitants de Ribeauvillé (Haute-Alsace) l’ont appris par expérience. Une flammèche, chassée par le vent, embrasa un nid de cigogne planté sur une tour de l’ancienne enceinte fortifiée. C’était le soir : le spectacle fut magnifique et l’on ne voulut pas en faire pâtir le ménage qui en avait fait les frais. Il fut convenu qu’on lui ferait la surprise de lui reconstituer son « home ». Et cela coûta la bagatelle de 64 fagots de sarments! (laroue avait 3 mètres de diamètre).
- —— Au Willerhof, ferme-école des environs de Schlestadt (Basse-Alsace) a été faite, cet été, une expérience curieuse qui a réussi à merveille. On a fait couver par un dindon des œufs de canard. Préalablement on avait présenté au volatile un panier garni de deux œufs en plâtre et une carcasse en planches obligeant le dindon à rester dans le panier. Après deux jours de cette épreuve on remplaça les deux œufs artificiels par une douzaine d’œufs de canard. Neuf petits éclorent à terme normal. Le dindon fut admirable d’attachement et défendit sa nichée avec un courage à rendre jalouse la plus dévouée des mères. La première fois que les canetons prirent leurs ébats sur l’eau, leur père nourricier les suivit, mais regagna aussitôt la rive et attendit patiemment leur retour. Les canards étaient déjà grands que le dindon les promenait encoré sans se départir de sa sévère vigilance. Ne pouvant plus partager leur niche, il les quittait au coucher pour rejoindre ses compagnons de basse-cour ; mais, dés l’ouverture du poulailler, il fendait la foule pour aller reprendre sa petite famille dont tous les membres sont d’une belle vigueur aujourd’hui. Le fait est à signaler, mais on a déjà fait pareilles observations plus d’une fois.
- —On a inauguré avec succès dans le nouveau chemin de fer souterrain de New-York un système d’arrêt automatique des trains. Il consiste en un bras en métal fixé aux rails et qui, venant en contact avec un autre bras projeté du moteur électrique d’un train qui passe, arrête le courant et applique les freins. Un train lancé à 50 kilomètres à l’heure a pu ainsi stopper à 40 mètres au delà de l’arrêt automatique qui rend le block-system absolument sûr, même si le mécanicien dépasse les signaux indiquant que la voie est bloquée.
- —^— Les résultats de l’enseignement primaire se reconnaissent surtout au nombre de conscrits sachant lire et écrire, En 1830, la proportion des conscrits lettrés était de 52,6 sur 100. En 1850, la proportion des lettrés s’élève à 64 sur 100. En 1871, cette proportion s’élève à 82 pour 100. Enfin, en 1901, elle atteint 95 pour 100.
- —Les incendies des forêts dans ces dernières années avaient causé en Algérie de véritables ruines; aussi M. Jonnart, gouverneur général, a-t-il tenu à prendre dès le commencement de cet été de sérieuses mesures contre ces incendies. Il est intéressant de comparer les résultats obtenus avec ceux des années précédentes. En-1902 le nombre des incendies a été de 475 et 141 141 hectares ont été brûlés, causant à la colonie un dommage de 3 668180 francs. En 1903 le nombre des incendies a été de 388. Une superficie de 94 400 hectares a été brûlée, et les dommages causés ont atteint près de 5,5 millions. En 1904, sur 262 incendies qui ont éclaté jusqu’à ce jour, le feu n’a pu brûler plus de 3430 hectares représentant 90 000 francs environ.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Notre collaborateur, M. Lucien Libert, au Havre, nous écrit la lettre suivante : « Dans la nuit du 14 au 15 octobre comme j’observais au Havre les étoiles filantes dites Orionides j’ai aperçu un bolide très remarquable. Ce bolide piriforme et présentant un diamètre de 15', jeta un vif éclat dans tout le ciel. Je fus à ce point ébloui par son apparition que peu de temps après sa disparition les grosses lampes à arc des nouveaux travaux du port me semblèrent jaunâtres comme apparaît la flamme du gaz dans une pièce lorsqu’on vient de brûler un ruban de magnésium. Ce bolide dura 6 secondes; à 2 reprises je crus qu’il allait disparaître et il reprit un nouvel éclat. Il laissa derrière lui une grosse traînée.
- Il apparut par : A. D. 6 h. 5 m. D. — 7°
- et disparut par : A. I). 7 h. 50 m. D. — 18°.
- Il était 3 h. 23 m. du matin.
- Je serais très reconnaissant aux personnes qui ont aperçu le bolide de m’adresser des renseignements, 15, rue François-Millet au Havre pour pouvoir, si possible, calculer la hauteur de ce remarquable météore. »
- M. D. Crispo, à Anvers, nous fait parvenir une photographie représentant une cuve remplie d’un liquide présentant à sa surface des images de divers objets, et nous écrit la lettre suivante : « Je viens d’observer dans une usine de cuivre un phénomène curieux, que j’ai fait photographier dans l’intention d’intéresser les lecteurs de « La Nature » : Dans une cuve bâchée on avait abandonné une solution de sulfate de cuivre sur de la ferraille. Le lendemain, ayant enlevé la bâche, j’ai trouvé exactement reproduites à la surface du bain, par des traits de mousse, les formes de tous les objets en fer se trouvant dans le fond : fiches, vis, clefs, anneaux, clous, fers à cheval, etc. Je pense qu’en toute circonstance où le liquide reste bien tranquille, ce phénomène pourra se reproduire, et pourrait trouver éventuellement son application. Si le gaz dégagé par la réaction, peut affecter un papier sensible, par exemple le gaz sulfhydrique sur du papier aux sels de plomb, on pourrait en une nuit fixer l’image négative des objets se trouvant au fond d’un bain, en étalant le papier sensible à peu de distance de la surface du liquide. »
- M. Lachèvre, au château de Briquedalles, à Sassetot-le-Mauconduit nous envoie un exemple de végétation anormale : une poire traversée par une branche qui a poussé en travers.
- Renseignements. — M. H.Sauyeron, à Ismailia (Égypte). — 1° Dans un système de distribution à 3 fils, le fil neutre est considéré comme positif par rapport au fil négatif, et comme négatif par rapport au fil positif. Donc, avec des lampes Nernst, sur une distribution à 440 volts à 3 fils, avec 2 circuits en tension de 220 volts chacun, le pôle positif d’une lampe Nernst sera branché sur le pôle positif extérieur et, de l’autre côté, l’autre pôle sur le fil neutre formant pôle négatif. Pour le deuxième circuit, le pôle positif de la lampe sera branché sur le fil neutre formant pôle positif, et l’autre pôle sur le pôle négatif extérieur. — 2° Il y a là des accidents dont on ne peut rendre le fabricant responsable et on ne peut prendre aucune précaution contre l’imprévu. — 3° Pour la lampe à osmium, il faut s’adresser en France à la Société française d’incandescence par le gaz, 151, rue de Courcelles, à Paris.
- L’abonné 5367, à X. — La publication de cet ouvrage n’a
- pas été continuée. Vous pourriez consulter a l’Aide-mémoire du chimiste », à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. V. H., à Zurich. — Nous ne connaissons pas dans la région de Saône-et-Loire d’autres maisons pour la construction, des machines que la Société duCreusotde MAI. Schneider frères.
- M. P. d'Humièrcs, à Paris. — 1° H faut gratter ces sels sur les lames de zinc et de cuivre et laver grande eau. — 2° Il est nécessaire de changer les vases poreux. — 3° La pile Daniell sera préférable pour un petit éclairage.
- M. P. P., à Coulommiers. — Freins pour voitures : Compagnie des freins Westinghouse, 45, rue de l’Arcade ; M. Wenger, 64, rue Caumartin; Compagnie des freins Ilallot, 4, rue Favart;
- M. Lehut, 46, rue de Billancourt; MM. Michelin et Cie, 105.,. boulevard Péreire, à Paris.
- M. Edm. I., à Rouen. —Nous ne connaissons aucun procédé pouvant vous donner satisfaction.
- M. Durand, à Vire. — Les locomotives que vous nous-signalez sont du même type que les locomotives compound, de la Cie de l’Est, dont nous avons donné la description dans 1& n° 1570 du 27 juin 1903, p. 52.
- M. Henry De Gaetani, à Avigliano (Italie). — Adressez-vous-à la maison Gaumont et Cie, 57, rue St-Roch, à Paris ; vous-trouverez là une série de bandes cinématographiques.
- M. A. Riche, à Hantes, Wiheries (Belgique). — Vous pourrez vous procurer tous les renseignements sur les moteurs à
- gaz pauvre, en vous adressant à la Compagnie des moteurs-uplex, 130, rue Lafayette, à Paris.
- M. A. A., à Tourcoing. — Nous ne pouvons vous donner aucune adresse.
- M. E. Rheiz, à Johannesburg. — Adressez-vous à la maisor» Mildé et Cie, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
- M. E. Ghibout, à Paris. — 1° L’oxyde de cuivre qui entredans la pile de Lalande et Chaperon doit être en grenailles.
- 2° 11 est facile de reconstituer l’oxyde de cuivre en passant le cuivre dans un four et en le soumettant à un courant d’air.
- M. C. Eyberl, à Livron. Nous ne savons ce que vous entendez par stériliser les plantes. La stérilisation proprement dite n’est évidemment pas possible. Pour conserver les plantes dans les appartements, on emploie les superphosphates Malétrar 140, rue de Rivoli, à Paris.
- M. M. R., à St-Sorlin. — On dit que la paraffine, passée au fer tiède sur les feuilles les conserve. Vous pouvez également avoir recours à l’engrais signalé ci-dessus.
- M. E. Bargallo, à Paris. — Il faut employer du chlorure de calcium.
- M. Louis de Lybardie, au château de St-Clément, à St-Louis de Montferrand. —A l’époque où nous avions décrit ces avertisseurs à détonations, ils se trouvaient chez M. Paul Blanchetr 24, rue de Rambuteau, à Paris.
- M. Fremy, à Chalonnes. — Nous ne connaissons pas de moyen pratique de détruire ces détritus.
- M. P. Perrol, à Rouen. — Pour détruire ces insectes, on emploie la poudre de pyrèthre, ou la pâte phosphorée.
- M. B. Mertens, à Lessines. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux déjà donnés.
- M. P. G., à Givet. — Le dispositif que vous employez nous semble très juste ; le siphon devrait fonctionner. Le robinet du haut ferme-t-il bien?
- M. P. Lambert, à Bruxelles.,— Nous avons publié plusieurs articles sur la photographie des couleurs ; voyez l’article qui a paru dans le n° 1629, du 13 août 1904, p. 170.
- M. J. K., à St-D. — Vous trouverez des lampes électriques de poche, chez MM. Henry Lenud et Ci0, 51, rue de Turenne, ainsi que chez M. James, 62, rue St-Antoine, à Paris.
- Questions. — JV° 1271. — M. M. B., à Toulon, nous pose la question suivante : La batterie de cuisine en aluminium ternit lorsque par inadvertance on la lave dans de l’eau de cristaux. Y a-t-il un procédé pour lui rendre son aspect brillant?
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. R., à .
- Lille. Nous ne connaissons pas d’appareil de ce genre. — M. D. Levant, à Paris. Nous donnons tous les renseignements qu’il nous est possible de connaître. — M. G. P., à Paris; M. J. S., à Bordeaux. Consultez le livre des « Recettes et procédés utiles », 1" série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lejont, à Toulouse; M. Durand, à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 38 série, à la même librairie. — M. L. D., à Colombes. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Lubin, à Agen; M. Dubat, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes | les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Écrou de sûreté. — MM. Doranlo et C10, deGeneve, construisent actuellement un nouvel écrou de sûreté à l’usage des tramways, automobiles, matériel roulant des chemins de fev. Cet écrou résiste aux trépidations et tractions élevées qui fatiguent et usent les écrous ordinaires. Des essais officiels très sérieux ont fait ressortir très nettement leurs avantages. Cet écrou consiste en un écrou ordinaire fendu dans toute sa hauteur selon son rayon ; les 3/5 de cette hauteur présentent une partie tronconique qui se loge dans une fraisure pratiquée directement dans la pièce à serrer ou dans une rondelle. L’écrou en se vissant se place de lui-même dans celte fraisure et en le Ldoquant il se contracte. Il com[ rime ainsi fortement la
- Écrou de sûreté. — Vue en plan, en coupe, et vue d’ensemble.
- tige filetée du boulon et rend impossible le desserrage de l’écrou grâce au frottement du cône. L’écrou logé dans sa fraisure ne peut s’ouvrir, et le pas de vis ne saurait s’arracher, .prendre du jeu ou faire vis sans fin par l’usure ; les filets sont toujours pris à fond les uns dans les autres. Les avantages de ce nouvel éci’ou sont donc de compenser l’usure des mets en supprimant tout jeu dans le pas devis, de supprimer les contre-écrous, goupilles, rondelles à ressort, d’augmenter notablement l’adhérence de l’écrou sur le boulon, d’obtenir grâce au cône un coinçage énergique et d’assurer ainsi un bloquage absolu. — Le nouvel écrou de sûreté est fabriqué par MM. Doranlo et O, 1, rue Calvin, à Genève.
- BIBLIOGRAPHIE
- La statique chimique basée sur les deux principes fondamentaux de la thermodynamique, par le lieutenant-colonel E. Ariès. 1 vol. in-8°. Librairie scientifique A. Hermann. 1904. Prix : 10 francs.
- Dans son ouvrage, M. E. Arics a eu pour but de présenter sous une forme accessible les lois et las idées des systèmes chimiques. Il s’est appliqué à mettre en lumière la notion du potentiel chimique. Il a pu adopter comme base de la statique chimique le principe qui résulte des deux lois fondamentales de la thermo-dynamique, la loi de conservation et la loi de dissipation de l’énergie. Dans les chapitres 6 à 11 sont étudiés les changements d’état physique et phénomènes analogues; les six derniers chapitres sont consacrés à la théorie des gaz et à tout ce qui s’y rattache.
- Leçons d’électricité, par E. Carvallo, docteur ès sciences, agrégé de l’Université. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Prix : 10 francs. 1904.
- Etude théorique et pratique sur la vaporisation, par E. Wic-eersheimer, ingénieur en chef des mines. 1 vol. in-8°. V* Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1904. Prix : 5!’,50.
- Carburation et combustion dans les moteurs à alcool, par E. Sorel, ancien ingénieur des manufactures de l’Etat. 1 vol. in-8°. YTe Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1904. Prix : broché, 8 francs; cartonné, 9fr,50.
- Découpage, matriçage, poinçonnage et emboutissage, par J. Woodwortii. Traduit de l’américain el augmenté par G. Richard, ingénieur civil des Mines. 1 vol. in-8°. V” Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1904. Prix ; broché, 15 francs; cartonné, 16fr,50.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- L’ozone et ses applications industrielles, par H. de la Coux, ingénieur chimiste. 1 vol. in-8°. VT0 Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix : broché, 15 francs ; cartonné, 16fr,50.
- Etude théorique des alliages métalliques, par Léon Guillet, docteur ès sciences, ingénieur des arts et manufactures.
- 1 vol. grand in-8°, VTe Ch. Dunod. éditeur. Paris, 1904. Prix : broché, 7fr,50; cartonné, 9 francs.
- Les motocyclettes, leur mécanisme, leur emploi raisonné, leurs réparations, par L. Baudry de Saunier, avec la collaboration de A. Gatoux. 1 vol. in-8°. YTe Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 6 francs.
- Traité pratique d'hypnotisme et de suggestion thérapeutiques. Procédés d’hypnotisation, par M. Géraud Bonnet, docteur en médecine de la Faculté de Paris. 1 vol. in-18. Paris. Librairie médicale et scientifique Jules Rousset, 1, rue Casimir-Dela-vigne. 1904. Prix : 3,r,50.
- L’industrie oléicole. Fabrication de Thuile d’olive, par J. Dugast, directeur de la station agronomique et œnologique d’Alger. 1 vol. petit in-8° de 1’ « Encyclopédie scientifique des aide-mémoire », M. Léauté, directeur. Librairie Gau-thier-Villars. Paris, 1904. Broché, 2fr,50; cartonné, 3 francs.
- Exploration scientifique de la Tunisie. Etude des Bryozoaires tertiaires recueillis en 1885 et 1886, par M. Ph. Thomas, dans la région sud de la Tunisie, par Ferdinand Canu.
- 1 brochure in-8°. Paris, Imprimerie nationale. 1904.
- Exploration scientifique de la Tunisie. Illustrations de la partie paléontologique et géologique. Fascicule III. — Echinides fossiles des terrains jurassiques, par Victor Gauthier. — Bryozoaires tertiaires de' la région sud de la Tunisie, par Ferdinand Canu. — Planches XXXtl-XXXV dessinées d’après nature, par MM. F. Gauthier et N. Larbalé-trier. Paris. Imprimerie nationale.
- Annuaire météorologique pour 1904, publié par les soins de A. Lancaster, directeur du service météorologique de Belgique. 1 vol. in-16. Bruxelles. Hayez, imprimeur de l’Académie royale de Belgique. 1904.
- Les piles sèches et leurs applications. Lumière de poche. Applications à l’automobile et à l’allumage des moteurs à explosion, par A. Berthier, ingénieur. 1 vol. in-12. Librairie générale scientifique et industrielle. II. Desforges. Paris. Prix : lfr,50.
- Manuel de pratique mécanique h l'usage des chauffeurs d’automobiles, mécaniciens et amateurs, par René Ciiamply, ingénieur mécanicien. 1 vol. in-18. Librairie générale scientifique et industrielle. H. Desforges, Paris. Prix : broché, 3fr,50 ; relié toile, 4fr,50.
- Department of Education. Central meteorological Observa-tory of Japan. The organkcition of meteorological service in Japan. 1 brochure in-8°. Tokio. 1904.
- The 1900 sôlar éclipsé Expédition of the Astrophysical Observatory of the Smithsonian Institution, by S. P. Lax-gley, director, aided by Eg. Aibot. 1 brochure in-4°. Washington, Government Printing Office. 1904.
- Mechanics. by John Cox, Formerly Fellow of Trinity College. Cambridge. At the University Press. Cambridge. 1904.
- Die atmosphare ein elektro-pneumatischer Motor, par Konrad Keller. 1 brochure in-8°. E. Rascher’s Erben. Zürich. 1903. Prix : 2%50.
- Badio-activily, by E. Rutherford. Macdonald Professor of Physics, M‘ Gill University, Montreal. 1 vol. in-S°. Cambridge, at the University Press. 1904.
- A manu al and dictionary of the flowering plants and ferns, by J. C. Willis, Director of the Royal Gardens, Ceylan. Second édition. 1 vol. in-16. Cambridge, at the University. Press. 1904.
- Corso di gcologia di Antonio Stoppani. Terza edizione con note ed aggiunte per cura di Alessandro Malladra, professore di geologia nel Collegio Rosmini di Domodossola. Volume 111, fascicolo VI e VII. 1 brochure in-8°. Milano. Tipo-litografia Rebeschini di Turati E. C. 1904.
- B. Osservatorio di Cutania ecTEtneo. L’eruzione delV Elna nel 1892. Vol. I, Storia e descrizione, per A. Riccô e S. Arcidiacono. 1 brochure in-4. Catania, Stab. Tip. C. Ga-làtola. 1904. -
- B. Osservatorio di Catania ed Etneo. Determinazione délia gravità re’.ativa in 43 luoghi délia Sicilia Orientale, delle Eolie e delle Calabrie, par A. Riccô, 1 brochure in-4°. Catania. Stabilimento Tipografico C. Galàlola. 1905.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Magnésie calcinée ou hydratée.
- Nombre de personnes utilisent, pour combattre la constipation, une pincée, une cuillerée à café de magnésie, au moment du petit déjeuner. D’autres encore, et souvent sur le conseil de médecins, prennent un peu de magnésie pour modérer des aigreurs de l’estomac, des renvois, pour faciliter la digestion. Or, est-if bien bon de prendre la magnésie calcinée? Ce produit représente, vis-à-vis du métal magnésien, la chaux vive, par rapport au calcium. Obtenue par lÿ calcination du carbonate soit sous forme légère (magnésie française), soit sous forme lourde (magnésie anglaise), la magnésie calcinée peut
- être un peu caustique, irriter les muqueuses ; en tout cas elle les déshydrate puisqu’elle est éminemment hydrophile; elle donne de ce fait une sensation de sécheresse dans son passage sur la langue et dans la bouche, en absorbant de l’eau.
- 11 vaut mieux recourir à l’emploi de la magnésie hydratéë qui n’offre aucun de ces inconvénients et produit des effets tout aussi satisfaisants. La magnésie hydratée n’est plus anhydre comme l’autre, on l’obtient en faisant bouillir la magnésie calcinée dans 20 fois son poids d’eau et en la faisant sécher. Elle contient, après dessiccation, encore 50 pour 100 d’eau et d’après les formulaires pharmaceutiques c’est là le véritable alcali du magnésium. Désormais demandez magnésie hydratée, que ce soit en comprimés ou cachets et ne prenez jamais de l’autre à moins d’indications spéciales. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50*,30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DK 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES t
- Lundi 17 octobre . . 8®,4 S. S. W. 2. Couvert. 0,4 Rosée; couvert; petite pluie de 7 h. 40 à 11 h.
- Mardi 18 13°,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Rosée ; couvert ; bruine à 10 h. et à 20-21 h.
- Mercredi 19 13",9 N. E. 1. Couvert. » Couvert jusqu'à 9 h. ; beau ensuite.
- Jeudi 20 8°,8 E. N. E. 2. Nuageux. » Rosée ; nuag. ; halo, arc circonscrit, parhélie, halo lunaire.
- Vendredi 21 10",6 S. E. 1. Couvert. » Rosée ; couvert; brouillard de 300 mètres à 6 h.
- Samedi 22 12",5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Rosée; couvert; bruine à 8 h. et à 16-17 h.
- Dimanche 23 ... . 10°,0 E. 2. Nuageux. 0,0 Rosée ; très nuageux.
- OCTOBRE 1904, — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 OCTOBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquentî courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Dans les nuits du 17 au 18 et du 18 au 19 octobre, des secousses de tremblement de terre ont été ressenties dans la région montagneuse du pays basque et le 24 dans tante la Suède méridionale.
- lin typhon en Indo-Chine. — Un typhon d'une grande violence a eu lieu le 10 septembre 1904, à Hué, en Indo-Chine. Les maisons ont toutes été endommagées et plusieurs se son ^.écroulées. Le pont en fer traversant la rivière de Hué, en face de la résidence supérieure, a eu quatre travées emportées à plus de 80 mètres. Le typhon s’est fait sentir sur toute la côte.
- Te temps. — Le temps a été variable dans la semaine du 17 au 23 octobre. Le 17 octobre, une profonde dépression s’est avancée sur les Iles-Britanniques, son centre a passé le matin au nord de l’Ecosse, où le baromètre marquait 739 mm. Des pluies sont tombées en France, à Lyon (4 mmi, à Besançon (2 mm), à Boulogne (2 mm) et à Paris (2 mm). La température le matin était de 8° à Paris, 10° à Toulouse, 3° au puy de Dôme. Le ciel est resté couvert à Paris et il est tombé une pluie intermittente. Le 18 octobre, la dépression signalée près de l’Ecole s’est déplacée vers le nord-est et a amené une tempête d’ouest sur la Scandinavie et la Baltique. Le ciel est demeuré couvert toute la journée à Paris ; il est également tombé une petite pluie intermittente qui n’a fourni que des hauteurs d’eau insignifiantes. En
- France on a recueilli 10 mm d’eau à Cherbourg, 7 mm à Boulogne. Le thormomètre marquait le matin 13° à Paris, 17° à Perpignan, 9’ au mont Aigoual, 6° au puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 14®,5, supérieure de 4°,9 à la normale. Le 19 octobre, la pression barométrique a été très élevée sur l’ouest de l'Europe ; elle a atteint 775 mm à Dunkerque. Il a plu à Charleville (4 mm), au Havre (2 mm), à Brest (1 mm). A Paris, le temps a été beau. La température était le matin de 14° à Paris. 14° à Lyon, 16° à Nantes. Le 20 octobre, le temps a été beau en France. Le matin le thermomètre marquait 6° à Clermont, 9° à Paris, 9° à Nantes, 12° au puy de Dôme, 7“ au pic du Midi. Dans la région parisienue, le ciel est resté beau et les vents faibles près du sol. La température moyenne a été de 13°,4. Le 21 octobre, une baisse barométrique s’est produite au nord-ouest de l’Europe ; des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques. Un orage d’une grande violence a éclaté sur la région d’Aïn Sefra, en Algérie. La pluie est tombée avec une intensité telle que l’Oued Sefra, sortant de son lit, s’est jeté sur la ville en emportant la moitié des maisons ; les victimes ont été nombreuses. Le 22 octobre, des pluies sont tombées à Brest (5 mm d’eau), et à Cherbourg (4 mm). Les basses pressions ont envahi le nord-ouest de l’Europe. Le thermomètre marquait le matin 12° à Clermont, 13® à Paris, 14° à Nantes, 14° à Biarritz, 10° au mont Aigoual| 3’ au pic du Midi. Le 23 octobre, on a recueilli 2 mm d'eau à Dunkerque, 2 mm au Havre, 1 mm à Limoges et' à Marseille. A Paris, des gouttes fréquentes ont été observées et, à partir de 3 heures, il est tombé une pluie très line.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— L’Exposition générale d’automne, chrysanthèmes, fleurs, fruits et légumes de saison organisée par la Société nationale d’hor-diculture de France, s’ouvre le samedi 5 novembre, à midi, aux .grandes serres du Cours-la-Reine, à Paris. La clôture aura lieu le 15 novembre, à 6 heures du soir.
- —Le gouffre du Trou-de-Souci, à Francheville, sur le plateau de Langres, auquel, depuis l’année 1520, on prêtait la profondeur de 270 mètres, a été exploré dernièrement par MM. Martel, ©ioton et L. Armand, aidés de M. Jacques, percepteur à Saint-îseine-l'Abbaye. La voûte, construite sur l'orifice en 1886, a été enlevée, et la descente a pu s’effectuer. On avait installé un téléphone. On n’a constaté qu’une profondeur de 57 mètres. Mais on a fait la découverte, intéressante pour les géologues et les hygiénistes, •d’une rivière souterraine dans une ample galerie à perte de vue. L’absence de bateaux a forcé de remettre au printemps prochain une exploration complète de ce cours d’eau souterrain qui coule vers 450 mètres d’altitude.
- —— Les conditions dans lesquelles s’effectue la pêche dans la mer du Nord sont toutes particulières. En .droite ligne entre la sortie des détroits Scandinaves et l’entrée de la Manche se trouve, au milieu de la mer du Nord, le Dogger Bank ou Banc des Congres. C’est un haut fond marin qui n’a pas moins de 515 kilomètres de longueur et 64 kilomètres de largeur. L’eau n'y a que de 7 à 30 brasses de profondeur. Sur tout ce banc le poisson est très abondant. C’est là que sont pris la plupart des millions de poissons frais consommés par l’Angleterre. Autrefois il fallait deux jours aux letits bateaux de pêche ordinaires pour aller faire leur pêche sur e Dogger Bank et revenir dans les ports de la côte orientale, Scarborough, Bull. Mais, depuis 50 ans environ, la flotte de pêche anglaise s’est transformée. On n’y voit plus de bateaux à voiles; il n’y a plus que des petits chalutiers à vapeur qui pêchent par essaims. On les compte par centaines dans les ports de la côte orientale anglaise. Ils peuvent, dans le même .îour, aller faire leur pêche et rentrer le lendemain assez tôt pour arriver à Londres au marché du matin.
- —— On va construire, sur le versant argentin des Andes, un câble transporteur qui aura des dimensions énormes. Il partira de la gare de Chilecito, sur le chemin de fer Argentin du Nord, et s’étendra sur une longueur de 51 kilomètres, atteignant à son terminus une altitude de 4570 mètres. Il est fait pour transporter 44 tonnes de minerai à l’heure, en franchissant sur certains points des gorges larges de 850 mètres et profondes de 200. Il sera établi par la Maison Adolf Bleiehcrt, de Leipzig, qui s’est fait une spécialité de ces installations.
- —On vient de déplacer de 11 mètres environ, en abaissant son niveau de plus de 5 mètres, un pont de 67 mètres de long qui traverse la rivière Passaic à Newark, aux Etats-Unis. L’appareil employé était simplement formé de 4 boîtes à sable, établies sur Beux radeaux, et longues d’un peu moins de 16 mètres pour une profondeur de 5m,50. Un lourd piston en charpente s’ajustait dans chaque boîte et venait reposer sur le sable ; il descendait, avec sa charge, quand on extrayait le sable par les ouvertures ménagées à cet effet.
- —Le jeudi 27 octobre fut une belle journée pour le sport ; on pourrait l’appeler la journée des records. En effet, au Vélodrome du Parc-des-Princes, le stayer français Bruni, après plusieurs tentatives infructueuses, a battu, à bicyclette, le record du monde de l’heure avec entraîneurs, qui était détenu depuis un an par le coureur anglais Tommy Hall avec 87km 595œ. Bruni, entraîné par une motocyclette munie d’un petit coupe-vent, a battu tous les records à partir du 50e kilomètre, couvrant dans l’heure la distance «norme de 87km579m, puis, continuant jusqu’au 100e kilomètre, il
- battit également le record de cette distance en lh 8m 243 5/5 (ancien record : Tommy Hall, lh 10m).— Le motocyclettiste Darioli, qui a entraîné Bruni de bout en bout, devient, lui aussi, recordman de l’heure et des 100 kilomètres à motocyclette. — Le même jour, sur la piste de Gentilly, le coureur Henri Prévôt s’est adjugé le record français de l’heure pédestre, battant également tous les records à partir du 5e kilomètre. Dans l’heure, il a couvert 17km 950m, battant le record officiel de Ségers (17km650m) et le record officieux de Thomas (17km 756m) et abaissant celui des 18 kilomètres à lh 55* 4/5. Cette belle performance est néanmoins loin d’égaler le record du monde qui est toujours détenu par le coureur anglais Watkins avec la distance colossale de 18km 872m.
- —La récupération de l’étain sur les vieux métaux étamés n’est pas à négliger, étant donné le prix de ce métal. Or, si nous en croyons notre confrère « Enginecr », il existe, et l’on pratique dès maintenant une série de méthodes électrolytiques qui donnent satisfaction, méthodes Garcia, Claus, Goldsehmidt, et qui sont appliquées en Allemagne, en Angleterre, en Australie, aux Etats-Unis, etc. Rien qu’en Allemagne, on récupérerait de la sorte un millier de tonnes d’étain.
- —— On commence d’employer dans les brasseries allemandes, pour refroidir la bière, des réfrigérants ingénieux. Ils comprennent, en haut, 4 tubes disposés en V, si on les considère en section ; en dessous sont d’autres tubes horizontaux et parallèles aux premiers, qui se touchent par leurs génératrices et forment dans leur ensemble une sorte de cloison ondulée. Le’ liquide à refroidir arrive dans l’auge supérieure, déborde de chaque côté, et glisse sur les tubes, qui sont tous parcourus par de l’eau froide.
- —Les chemins de fer russes ont chauffé pendant assez longtemps leurs locomotives presque uniquement au bois ; et encore en 1882, ce combustible représentait plus de 40 pour 100 de tout le combustible employé. Aujourd’hui, la proportion correspondante n’est plus de 15 pour 100, et il faut dire que la place a été prise bien plutôt par le pétrole que par le charbon, qui ne représente pas les 47 pour 100 de l’ensemble.
- —— D’après le « Cassier’s Magazine », les plus grosses pièces d’acier fondu obtenues jusqu’ici l’auraient été récemment en Amérique : on pourrait citer d’une part les pièces de sommet et de base d’une presse à forger, pesant chacune plus de 90 700 kg, puis les sommiers d’une plate-forme de canon dont le poids unitaire serait seulement de 751)00 kg, mais dont les dimensions seraient 10,05 m. de long. 4,88 m. de large et 1,27 m. de haut.
- —Un ingénieur spécialiste allemand, M. Otto Hallensleben, vient d’inventer un appareil automatique destiné à teindre des fils de laine de plusieurs couleurs successives, suivant les besoins d’un dessin de tapis déterminé ; l’invention a été décrite dans l’« Engineering Review » de février dernier.
- —MM. Bairstow et Alexander, s’inspirant d’idées émises antérieurement, ont fait des expériences au su|et des effets que peut avoir la présence de gaz de l’explosion précédente dans le mélange tonnant qui va à son tour faire explosion. Et ils affirment, dans « Engineering », que ces gaz de combustion ont une excellente action. Bien entendu, il faut que cette proportion des gaz soit assez faible.
- —M. Rossi a rendu compte, dans le « Journal of Franklin Institute », des essais qu’il a poursuivis sur la métallurgie du titane. Il a notamment étudié l’action de ce corps sur les propriétés des alliages de fer, et constaté, par exemple, qu’une addition de 5 pour 100 dans la fonte élève la résistance de celle-ci à la traction de 20 à 50 pour 100, et encore davantage la résistance à la flexion. Pour des aciers renfermant de 1 à 2 pour 100 de carbone, la malléabilité et la ductilité sont considérablement accrues.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les thermomètres avertisseurs sont construits par M. J. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris. — Les barils métalliques emboutis se trouvent chez M. E. C. Thrupp, 39, Victoria Street, Westminster, à Londres. — La machine à vapeur portative et la scie mécanique se trouvent chez MM. A. Ransome et C°, Stanley Works, à Ne\vark-on-Trent (Angleterre).
- Communications.— Notre collaborateur, M. Ch-.Ed. Guillaume, à Sèvres, à propos de la communication de M. Cb. S., parue dans la « Boîte-aux-Lettres »,dun° 1659, du 22 octobre 1904, nous écrit : « J’ai été pendant plusieurs années de l’avis de M. Ch. S., au sujet de l’emploi des cercles divisés en nickel pur, et j’ai exprimé cette opinion dans une séance de la Société astronomique de France, lorsque je présentai les premiers résultats de mes recherches sur les métaux et alliages propres à la construction des instruments de précision. Les mesures que j’avais faites dans les années 1891 et 1892 avaient montré en effet, pour la première fois à ma connaissance, que le module d’élasticité du nickel est sensiblement égal à 22 tonnes par millimètre carré, chiffre qui n’est dépassé que par certains aciers spéciaux et par quelques pierres dures. De plus, sa dilatation, peu supérieure à celle du fer, est extrêmement régulière; les échantillons de nickel commercial des provenances les plus diverses m’ont donné des résultats très concordants, et pratiquement identiques à ceux qui ont été trouvés plus tard à l’Institut physico-technique de Charlottenbourg par MM. Hol-born et Day, ainsi que par M. Tutton, en Angleterre. L’inoxy-dabilité du nickel ajoute encore une qualité à celles que je viens d’énumérer. Mais le nickel commercial possédait invariablement, à l’époque de mes études, et possède peut-être encore aujourd’hui, un petit défaut que les plus grands efforts ne m’avaient pas permis d’éviter complètement; ce défaut consiste dans la présence, au sein de la masse métallique, d’un grand nombre de piqûres microscopiques, qui gâtent la qualité des traits fins, et limitent la perfection des tracés que le nickel permet de réaliser. La difficulté de l’obtenir en pièces coulées vient, pour les cercles notamment, s’ajouter à ce premier défaut; c’est la raison qui m’a engagé à poursuivre les études dans une autre voie, tout en considérant la solution du problème par l’emploi du nickel comme très supérièure à toutes les propositions faites jusque-là, mais avec une vague perspective de trouver encore mieux. C’est au cours des recherches ultérieures que j’ai été conduit à m’occuper des aciers au nickel, dont la rigidité et l’inoxydabilité sont, il est vrai, moindres que pour le nickel pur, mais qui possèdent l’inappréciable avantage de dilatations faibles et parfois nulles. Dans ces alliages, les piqûres ont pu être presque complètement évitées ; l’obtention de pièces coulées reste, il est vrai, une sérieuse difficulté, et n’a pas été encore parfaitement résolue en France. En revanche, le Coast and geodetic Survey des États-Unis a fait préparer des alliages de la teneur que j’avais indiquée pour le minimum de dilatabilité, mais comportant une assez forte addition de manganèse qui facilite la confection de pièces moulées. Ces alliages possèdent les qualités mécaniques et la résistance à l’oxydatipn de l’acier au nickel peu dilatable, mais leur dilatation se trouve remontée au tiers environ de celle du nickel. Le gain est encore considérable comme on voit, et le service américain a fait construire avec cet alliage un certain nombre d’appareils de nivellement qui ont donné toute satisfaction. Je suis persuadé que l’on trouverait aussi
- dans cette voie un gain sérieux de précision dans le cas des cercles astronomiques, a
- M. Henry Leroy, pharmacien, à Douvres, à propos des rayons verts du soleil couchant, dont nous avons parlé récemment, nous écrit la lettre suivante : « J’ai été témoin, le 5 octobre dernier, à 17h 38m, dans mon cabinet, à Douvres, d’un singulier phénomène. En regardant par la fenêtre, je vis le soleil couchant, déjà atteint par la cime des arbres. Mais au lieu d’un soleil, il y en avait deux juxtaposés latéralement. Je n’ai pas eu le temps de me procurer un second témoin du fait, car les deux soleils fusionnaient à vue d’œil et à I7b 40m., il n’y en avait plus qu’un seul, et je n’ai pas pu définir quel était le vrai, quelle était l’image, cela ne peut s’expliquer que par un effet de mirage. Du reste, il y avait de gros nuages blancs au couchant. »
- M. E. Foubert, à Charnpignolle, Sérifontaine (Oise), nous envoie la lettre suivante : « Je ne puis laisser passer, sans protester, l’évaluation de la récolte en blé pour 1904, que vous donnez dans votre n° 1659 du 22 octobre, d’après le ministère. Il est absolument certain que la récolte a été en diminution, mais beaucoup plus en gerbes qu’en grains, et l’erreur de l’évaluation du ministère provient surtout de ce que les demandes de renseignements sont faites beaucoup trop tôt. Etant moi-même correspondant de l’office de renseignements, je sais à quoi m’en tenir à ce sujet. On veut qu’avant les blés coupés, nous pusssions évaluer la récolte en grains ; en gerbes, c’est facile; mais pour le grain, il faut attendre que la batteuse ait parlé. On donne des chiffres en hectolitres, il y a là un défaut. L’an dernier, nous avions beaucoup d’hectolitres, peu de poids ; le meunier faisait beaucoup de son, peu de farine et le boulanger se plaignait que la farine ne rendait pas. Cette année, nous avons moins d’hectolitres, plus de quintaux; le meunier fait moins de son, plus de farine et le boulanger fait plus de pain avec une même quantité de farine que l’an dernier. C’est une chose que je puis affirmer puisque nous faisons ici la farine et le pain de notre consommation. D’où il résulte, qu’il vaudrait mieux établir les statistiques en quintaux; qu’étant donnés les différents rendements obtenus dans la.manutention du blé pour avoir le pain, il est à peu près certain que l’année se bouclera par nos ressources, et que nous ne serons pas tributaires de l’étranger pour 10 millions d’hectolitres, comme le ministère le fait dire. »
- M. Etienne Peau, au Havre, nous envoie une notice sur un nouveau système qu’il a imaginé pour le sauvetage pratique des navires naufragés par l’aéro-renfloueur.
- Renseignements. — M. F. Fustier, à Carthogène. — 1° Pour les fïuosilieates et le fluate argile de M. Kessler, veuillez vous adresser à M. Theisen, 73, rue Lafayette, à Paris. — 2° Le liquide « Marmoreïne a) et l’appareil injecteur se trouvent chez M. E. Luce, rue Campo-Formio, à Paris. Demandez à cette adresse la brochure n° 129.
- M. M. Doyen, à Paris. — Fourneaux à gaz économiques : MM. Allez frères, 1, rue St-Martin; M. J. Odelin, 120, rue du Chàteau-des-Rentiers; M. G. Drouet, 74, avenue Parmentier; M. Denoyelie, 126, rue du Faubourg-St-Denis; MM. Blachère, Duplessis et Cie, 100, rue de la Roquette; M. Potion, 40, avenue de la République.
- M. E. Saulnier, à Bordeaux. — Tous nos remerciements pour votre envoi; mais nous ne décrivons que les projets qui sont exécutés ou en voie d’exécution.
- L’abonné 6013, à Boulogne-sur-Mer. — 1° 11 faut vous adresser à l’auteur, à Tressan (Hérault). — 2° Il n’existe pas d’ouvrage donnant ces renseignements; il faudrait consulter les catalogues des divers constructeurs.
- Un abonné, à Epernay. — 1° Il n’y a pas d’autre moyen que de gratter avec un grattoir très fin. — 2° Nous ne connaissons pas cette donnée.
- M. Ch. Le Brun, à Lisieux. — Il faut vous adresser à la librairie Colin, 5, rue de Mézières, à Paris (6e arr.).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Delong, à Orléans. Il faut vous adresser à une agence financière; nous ne nous occupons pas de ces questions. — M. G. Lerang, à Blois. Nous attendons des renseignements complets; dès qu’ils nous seront parvenus, nous vous les ferons connaître. — il/. P. H., à Lille ; M. Piranl, à Auxerre. Voyez le livre dés « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Clerbout, à Paris; M. Gibrant, à Paris; M. Dufaut, à Yinccnnes. Ces recettes ont été publiées dans le même livre que ci-dessus, 5e et 4“ séries à la même librairie. — M. Leplane, à Toulouse. Vous faites erreur ; cette recette a été donnée dans le livre des a Recettes et procédés utiles », 5° série et non 4e série. — M. P. F., à Laon; M. Durieux, à. Nice. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Crochet accrocbe-tout. — Le petit crochet que nous représentons à droite, dans la figure ci-dessous, a l’avantage d’être très simple et de se prêter à de nombreux emplois. Il consiste en une plaque de tôle découpée en pointe d’un côté et présentant une courbe avec un crochet et une autre partie
- en pointe de l’autre côté. Sur ce crochet est attachée une petite tige mobile avec un pas de vis à son extrémité. Il suffit de placer cette tige dans un arbre, ou sur une planche quelconque, d’appuyer sur le bois le crochet, et l’on a de suite un crochet qui permet de maintenir le manteau, le parapluie et le chapeau. —Le crochet accroche-tout se trouve chez M. Dreyfus, 07, rue de Chabrol, à Paris.
- Filière de précision. — Le petit appareil que nous mentionnons est une filière d’une bonne construction. La lunette est fraisée d’une seule pièce. Le guide mobile permet de tarauder des tubes de mesures irrégulières. Grâce h sa fer-
- Filière de précision.
- meture particulière, en peut changer très rapidement les coussinets. L’outil taraude d’une seule passe. On peut facilement changer les coussinets; il suffit d’indiquer le numéro de la filière. —La filière de précision se trouve à la Manufacture générale d’outillage, 104, rue d’Artois, à Lille.
- Coupe-ongles de poehe. — On recherche toujours pour se couper les ongles un petit appareil soigné, d’une bonne
- Coupe-ongles de poche.
- fabrication, qui coupe facilement les ongles les plus durs. Cet appareil doit encore être disposé de façon à éviter toute bles-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- sure ou tout accident. L’appareil que représente la figure ci-jointe semble répondre à toutes ces conditions. Il présente une disposition qui permet d’éviter tout inconvénient. Les ciseaux ont la forme arrondie. L’intérieur du levier forme lime à ongles ; il suffit de le retourner sur la pince pour pouvoir s’en servir. — Le coupe-ongles se trouve chez M. Kratz-Doussac, 14, rue Martel, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE .
- Affaiblissement des clichés.
- Quand.il s’agit d’affaiblir un cliché on indique généralement le réducteur de Farmer, composé d’hyposulfite et de ferri-cyanure. Tous les traités de photographie depuis vingt ans donnent cette indication et y ajoutent une formule; il est rare que les proportions indiquées soient les mêmes dans les divers ouvrages. Les amateurs qui se renseignent auprès des vétérans entendent souvent dire que ce réducteur est très mauvais, qu’il abîme les clichés, fait disparaître les demi-teintes, etc., et il y a beaucoup de vrai là-dedans, si on ne sait pas se servir du mélange d’hypo et de ferricyanure et si on s’en rapporte aux indications aussi vagues que variées de la plupart des traités. Il faut raisonner l’emploi de ce mélange, voir l’action de chacun des composants, savoir si on peut la modifier par l’addition! d’un autre produit. Nous trouvons dans « Photo-Gazette » des indications précieuses à ce sujet : plus il y a d’hyposulfite dans la solution et plus l’action du bain s’effectue sur l’ensemble de l’image; l’augmentation de la quantité de ferricyanure affaiblit davantage les demi-tons. Le degré de concentration des solutions est important à considérer, il ne faut pas dépasser 5 pour 100 si on veut avoir le temps de suivre l’action qui se produit sur le cliché. Enfin il est possible de modifier le résultat cherché suivant que la solution sera alcaline ou acide ; avec une petite addition de carbonate de soude à la solution l’action du bain sera égale sur toute la surface et elle sera retardée; avec une addition d’acide il y a aussi retard dans l’action du bain, mais il agit comme le persulfate d’ammoniaque en attaquant seulement les grands noirs et en respectant les demi-teintes. On pourra donc, dans la pratique, préparer deux solutions qu’on aura toujours sous la main
- I. — Ilyposulfile de soude........... 50 grammes
- Eau q. s. pour................ 1000 cent, cubes
- II. — Ferricyanure de potassium . . 25 grammes
- Eau q. s. pour................ 1000 cent, cubes
- et pour l’emploi on ajoutera « au moment de l’usage » 1 pour 100 de carbonate de soude ou 10 pour 100 d’acide acétique, suivant le but cherché, à la solution d’hyposulfite ; puis ensuite on ajoutera la solution de ferricyanure. Pour les clichés trop opaques ou les épreuves sur papier trop noires, on prendra 100 parties de la solution d’hyposulfite et carbonate, puis 5 de la solution de ferricyanure.
- Si le cliché est ce qu’on appelle « dur », c’est-à-dire trop opaque dans les grandes lumières seulement, on prendra 100 parties et la solution d’hyposulfite et acide acétique et 5 de la solution de ferricyanure. Si l’action ne se produit pas assez rapidement au gré^e l’opérateur on ajoutera peu à peu de la solution IL Quand on aura seulement un léger voile général on pourra l’enlever sans nuire à l’image en employant la solu-^ tion d’hyposulfite neutre, c’est-à-dire la solution I en y ajoutant d’abord 2 ou 3 pour 100 de la solution II; on augmentera cette quantité peu à peu jusqu’à 10pour 100, si cela est nécessaire, pour que l’action se produise plus vite. On opérera toujours de même, pour les autres cas, au sujet de cette solution II; mais il faudra toujours être prudent si on ne veut pas voir l’image disparaître complètement. Quand on a atteint le résultat cherché on lave à l’eau courante pendant quelques minutes.
- Virage au phosphate d'or.
- On a souvent des déboires au moment où l’on vire et fixe les épreuves tirées sur papier à noircissement direct ; cela vient le plus souvent de ce que le virage employé n’est pas bon : ou bien il attaque trop l’épreuve et la fait baisser de ton dans des proportions considérables, ou bien il vire avant que le fixage soit complet, si c’est un bain de virage-fixage. Les épreuves alors ne se conservent pas. Dans le (( Journal de photographie », M. Maes revient sur un procédé ancien qui donne toujours de très bons résultats : c’est le virage au phosphate de soude et d’or. Le fixage se fait à part, quand l’opération du virage est terminée; l’un des principaux avantages, outre celui de la conservation assurée de l’épreuve, c’est que le tirage doit être
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- fait très peu au-dessus du ton qu’on désire avoir finalement, car l’image ne baisse presque pas dans les diverses opérations qui sont les suivantes.
- On fait dissoudre 1 gramme de chlorure d’or brun dans 500 centimètres cubes d’eau distillée. Cette solution se conserve bien dans un flacon à l’abri dè la lumière blanche, un flacon en verre jaune convient pour cela.
- Pour faire le virage on dissout une pincée de phosphate de soude tribasique dans 200 centimètres cubes d’eau distillée et on y ajoute ensuite, en remuant avec une baguette de verre,
- 40 centimètes cubes de la solution d’or. Le bain d’abord trouble, devient clair au bout de quelques minutes et il est prêt pour l’usage.
- On lave les épreuves à virer pendant environ dix minutes, puis on les plonge dans le bain de virage. L’effet se produit très rapidement et il est bon de ne virer qu’une ou deux épreuves à la fois. Quand on a obtenu le ton voulu on les plonge immédiatement dans l’eau pure pour les laver, puis on les fixe dans un bain d’hyposulfite à 15 pour 100 et on lave soigneusement ensuite.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50°,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE . VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 octobre . . 9°,6 S. W. 2. Couvert. » Rosée ; brouillard jusqu’à 9 h. ; très nuageux.
- Mardi 23 11°,3 N. N. W. 2. Couvert. a Rosée; couvert le matiu; beau le soir.
- Mercredi 26 4",0 S. W. 0. Couvert. » Rosée ; brouillard jusqu’à 9 h. ; halo ; nuag.
- Jeudi 27 7°,8 N. E. 0. Couvert. » Rosée ; brouillard jusqu’à 9 h. ; couv. ; beau après 18 h.
- Vendredi 28 2’,7 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche; beau.
- Samedi 29 4°,1 N. E. 3. Peu nuageux. » Gelée blanche ; peu nuageux le matin ; couvert le soir.
- Dimanche 50 ... . 7°,1 N. E. 2. Nuageux. » Rosée; très nuageux.
- OCTOBRE 1904. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 OCTOBRE 1904.
- '"La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabn à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre en Suède et Norvège. — Le 26 octobre, à 6'“27“du matin, on a ressenti de très fortes secousses sismiques dans ta partie méridionale du district de Smaalenene. Le 23 octobre, à 6“ 10“ du soir, il y a eu également un tremblement de terre au phare de Strœmtanger. .
- Le temps. — Le temps a été encore sombre et nuageux pendant la semaine du 24 au 30 octobre. Le 24, des pluies sont tombées eu France ; on a recueilli 7 mm d’eau à Nice, 5 mm à Brest, 2 mm à Nantes, 2 mm à Dunkerque, 1 mm à Lyon, 1 mm à Biarritz. Le matin, à 7 heures, la température était de 10° à Paris, 10° à Lyon, 14° à Nice, 20° à Biarritz, 9° au puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 15°, supérieure de 4°,5 à la normale. Le 23 octobre, le baromètre marque 769 mm eii Bretagne ét
- 770 mm à Paris. La température a légèrement baissé; on note le matin9° à Nantes, 9° à Clermont, 12° à Paris, 14° à Nice. Il a plu à Belfort (4 mm d’eau), et à Besançon (1 mm). Le ciel a été un peu brumeux le matiu, à Paris ; mais il s’est éclairci dans l’après-midi, et le temps a été beau. Le 26 octobre, la pression est restée élevée en Bretagne où elle a atteint
- 771 min. La température s’est abaissée ; on notait lë matin 4° à Paris et des minima de 2° dans la banlieue, V à Nantes, 10' a Lyon, 12° à Toulouse, 21° à Perpignan, 7° au puy de Dôme, 1° au pic du Midi, —2° au mont Ventôux. La température moyenne à Paris a été de 9°. Le 27 octobre, la pression barométrique est restée sensiblement stationnaire sur Paris à 769 mm. Il
- a plu seulement à Besançon (i mm). La température s’est encore abaissée; le thermomètre marquait le malin 5° à Nantes, à Paris, 11° à Biarritz, 5" au puy de Dôme et au mont Ventoux, 2° au pic du Midi. Un brouillard de moyenne intensité a couvert Paris et la région. Le 28 octobre, une aire de forte pression couvrait le matin tout le continent; le baromètre marquait 768 mm à Dunkerque. Le temps a été beau en France dans toutes les régions. La température s’est notablement abaissée ; le matin, ou notait 3° à Paris, 6° à Toulouse, 10° à Marseille, 8° au mont Aigoual, 3° au puy de Dôme, 2° au pic du Midi. On a observé de la gelée blanche sur un grand nombre de points de la banlieue de Paris ; la température moyenne a été de 7°,7. Le 29 octobre, la pression était un peu basse sur la Méditerranée. Un vent de l’est modéré soufflait en Provence ; il était fort sur les côtes de l'Océan. Le temps a été généralement beau; mais la température a été faible; le thermomètre marquait le malin l°à Clermont, 4° à Paris, 7° à Toulouse, 12° à Perpignan, 2° au pic du Midi, —3° au puy de Dôme, —6° au mont Mounier. Dans la banlieue de Paris, on a observé la gelée blanclte en divers points. Le 30 octobre, une faible dépression sur la Méditerranée a amené des mauvais temps sur les côtes de Provence et de fortes averses dans le Midi. On a recueilli 27 mm d’eau à Toulon, 13 mm à Gap, 10 mm à Marseille. La température était le matin 2° à Clermont, 4° à Toulouse, 4° à Nantes, 7° à Paris,—2° au pic du Midi,—3° au mont Mounier. Dans la région parisienne, en raison de la forte nébulosité, le maximum (11°,2) et le minimum (7°,8) sont voisins de la normale.
- PHASES DE LA.LUNE : P. L. le 24, à 11 h. 3 m. du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. L AFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— P. Curie, docteur ès sciendes, est nommée chef des
- travaux de physique (chaire de M. P. Curie), à la Faculté des sciences de Paris.
- —Ht- L’aéronaute ot le mécanicien du « Lebaudy » terminent -une reproduction au quarantième de l’aérostat. Ce modèle réduit, -de lm,50 de longueur, est une copie fidèle et détaillée avec grande •précision du croiseur aérien ; elle est destinée au Salon de l’Automobile.
- —Hf— Le Congrès de l’hygiène des travailleurs et des ateliers u tenu deux séances le 30 octobre 1904. Il a décidé d’instituer une commission permanente pour réunir et étudier les documents relatifs aux questions d’hygiène ouvrière. Il a ensuite examiné la •question de l'assimilation des maladies professionnelles aux accidents du travail et a décidé de se réunir chaque année.
- —Ht— Le paquebot a Australien », courrier d’Extrême-Orient, arrivé récemment à Marseille, annonce que de grandes inondations ont été signalées à Bien-Hoa, en Cochinchine. Les hôtels ont dû être évacués à My-Tho et Chaudoc; dans ce dernier poste, l’administrateur a dù recueillir tous les Européens. Les pertes ont été considérables.
- —Ht— On s’est aperçu récemment, en construisant un pont à Newbury Port (Massachusetts), que les fondations rencontraient des galets et des sables grossiers, au lieu du roc sur lequel on comptait. Pour remédier à cela, on laissa monter l’eau à une certaine hauteur, dans les piles tubulaires qu’on descendait au milieu de ce terrain ; on fit une bouillie de ciment dans cette eau, et on exerça une cession d’air suffisante pour la refouler et par suite la chasser avec e ciment dans les interstices des lits de galets. On a de la sorte obtenu un massif homogène fournissant une bonne fondation.
- —Ht— Les chemins de fer métropolitains de Manhattan et de Brooklyn, à New-York, qui sont exploités maintenant électriquement, ont des stations centrales qui représentent une puissance d'ensemble de 102 000 chevaux.. D autres voies nouvelles, comme le New-York central, se font construire des stations qui disposeront d'une puissance de 160000 chevaux; si bien qu’avant peu les transports en commun emploieront un total formidable de plus de 260000 chevaux.
- —Ht— On a installé à Douvres, pour permettre aux passagers de passer facilement des steamers sur le quai, ou inversement, une passerelle métallique fort ingénieuse. Il fallait remédier à ce fait que, par haute mer, le pont d’embarquement des grands transatlantiques peut se trouver à 7m,50 au-dessus du niveau du quai de la jetée. On a donc construit une tour roulante comportant une plate-forme qui monte ou descend à volonté au niveau du pont, et se relie à lui par un pont volant très court; on descend de cette plate-forme sur le quai même par un escalier-passerelle dont le bas repose sur des rails et qu on peut incliner plus ou moins, pour permettre aux voyageurs de descendre de la plate-forme sur le quai proprement dit.
- —— On ne saurait trop insister sur l’utilité des calorifuges. Suivant des calculs faits par M. J. Davies dans « Electrical Review », une usine possédant une tuyauterie de 730 mètres carrés verrait se condenser prés de 2200 kilogrammes d’eau à l’heure ; or, si on enveloppe cette tuyauterie d’un bon calorifuge, on économisera les 80 pour 100 des 2700 tonnes de charbon qui seraient ainsi dilapidées pour jîvaporer inutilement l’eau destinée à se condenser.
- —Ht— A la suite d’un concours spécial ouvert aux États-Unis, M. II. P. Maxim est arrivé à cette conclusion, dont « Electrical World » se fait l’écho, que les voitures de livraison à pétrole seraient sensiblement plus économiques que les voitures électriques.
- —Ht— Des explosions se produisent assez fréquemment dans les compresseurs d’air; il est vraisemblable, comme le dit « American Machinist », que la cause en est l’accumulation, dans ces compresseurs, de poussières qui forment un mélange inflammable, surtout avec addition d’une certaine quantité d’huile de graissage.
- —Ht— D’après les essais comparatifs effectués sur les chemins de fer badois, et notamment avec une locomotive compound du type « Atlantic », on arrive à cette conclusion qu’une machine de ce genre ne consomme que 6,52 kg de charbon par essieu-kilomètre, tandis qu’une machine à simple expansion en brûle 0,41 kg. En revanche, la consommation des produits de graissage atteint,. 1,74 kg, toujours par essieu-kilomètre, tandis que le chiffre correspondant n’est que de 1,13 pour une machine à simple expansion.
- —Ht— On a procédé aux essais du « Commonwealth », un des cuirassés du nouveau type adopté par l’Angleterre, et l’on a pu constater que sa vitesse atteint 19,5 nœuds à pleine puissance (18 200 chevaux indiqués).
- —Hf^~ M. Truelle a communiqué à la Société d’Agriculture des observations qui montrent bien que la plantation trop profonde exerce une action très nuisible sur les arbres fruitiers, entraînant un arrêt dans le développement de toutes leurs parties, les prédisposant à contracter des chancres, etc.
- —Ht— Le service de l’artillerie des côtes des États-Unis emploie un appareil portatif à projection de sable pour dérouiller les sur-. faces métalliques exposées à l’air marin. On y emploie l’air à une pression de 2 kilogrammes par centimètre carré et le polissage se fait beaucoup plus économiquement qu’à la main.
- —Ht— On se décide enfin à songer, comme nous l’avions recommandé souvent, à l’emploi du métal — entendons l’acier r— dans-la construction des voitures de chemins de fer pour voyageurs. M. Forsyth a fait remarquer à l’Association des constructeurs de Saratoga, qu’il ne faut pas s’en tenir au châssis métatlique, et que l’utilisation de l’acier pour les caisses réduirait de beaucoup la gravité des accidents de chemins de fer.
- —Ht— « American Machinist » a donné, sous la signature de M. J. Wartard Stark, la description de procédés permettant l’estampage, par l’intermédiaire de l’eau, de' pièces en métal mince, cette méthode réussissant mieux que l’emploi de la cire ou du caoutchouc.
- —Ht— D’après M. Coste, membre de 1’ « American Sooiety of Mining Engineers», le pétrole ne serait que le produit des émanations solfatariennes; et son origine volcanique conduirait à ne le chercher que le long des lignes de faiblesse structurale de l’écorce terrestre, (lans le voisinage des zones de fracture.
- —H(— Il faut se défier du ferro-silicium : il peut parfaitement entraîner des explosions. En présence de l’eau, ou simplement de l’humidité de l’atmosphère, il dégage un gaz composé d’hydrogène phosphoré qui peut prendre feu à 200° en mélange avec l’air. On a vu des fûts de ferro-silicium faire explosion sous la seule influence du frottement des blocs de métal les uns contre les autres.
- —Ht— Des observations suivies faites en Allemagne ont permis de constater que les forêts ont une action très marquée sur la température du sol, et cela surtout en été, comme de juste. En juillet, dans une forêt, cette température est en moyenne de 4° plus basse qu’en terrain découvert.
- —Ht- Le projet d’un canal à travers la Floride, dont on parle depuis si longtemps, semble de plus en plus sur le point de se. réaliser. En effet, on travaille activement à l’heure actuelle à ce qu’on appelle le Goastline Canal, le canal côtier, qui s’étend de Sainte-Augustine, au nord, à Kev West, au sud r cela formera une voiè de navigation intérieure de 430 kilomètres de développement.
- —Ht— Le 2 novembre, un cyclone a ravagé Poulo-Condor et les provinces de l’ouest de la Cochinchine. Les lignes télégraphiques ont été interrompues.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de Ja bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le tirefonnage et le bourrage mécaniques, s’adresser à M. Collet, 41, rue Cardinet, à Paris.
- Communications. — M. le Dr P. Caries, à Bordeaux, nous fait parvenir le rapport qu’il a présenté, le 17 juin 1904, au Comité technique d’œnologie, au nom de la troisième commission chargée d’étudier la question de la limitation de la dose d’acide sulfureux à tolérer dans les vins. Les conclusions de la Commission qui. ont été adoptées par le Comité technique sont les suivantes : « 11 convient d’adopter comme limite maxima de la teneur d’acide sulfureux, pour tous les vins du vignoble français, au moment où ils sont livrés à la consommation, la dose de 400 milligrammes d’acide sulfureux total par litre, calculée d’après la méthode de Haas, et avec une tolérance de 10 pour 100. »
- MM, Marque, à Paris, et de la Chenelière, à I’acy-sur-Eure, nous font remarquer, à propos de notre article « de Bordeaux à Paris », paru dans le n° 1640 du 29 octobre 1904, p. 350, que le train le plus rapide de la Cie d’Orléans est maintenant le Sud-Express, qui franchit la distance de Paris à Bordeaux en 6 heures 54 minutes, ce qui donne une vitesse d’environ 85 km à l’heure. D’autre part, il est bien entendu que le temps mis par Gabriel sur son automobile, soit 5 heures 13 minutes, s’entend neutralisations déduites, ce qui réduit la moyenne de l’automobile à environ 100 km à l’heure. La différence entre l’automobile et le chemin de fer n’est donc pas aussi grande que nous l’annoncions.
- M. Sivan, à Genève, à propos de la machine à essayer les huiles que nous avons décrite dans le n° 1639 du 22 octobre, p. 335, nous écrit que cette machine a quelque analogie avec celle qu’il a construite en 1886 et publiée dans le journal •suisse 1’ « Horlogerie », avril 1888. Il nous dit qu’il avait employé un cône ainsi qu’un poids variable. De même, à l’usine de l’huile, un doigt entraîneur, maintenu en place par un ressort, cédait, et la machine ne fonctionnait plus. On n’avait qu’à lire directement sur le compteur le nombre de tours graissés. Il possède encore cette machine. 11 l’avait exposée en 1889, à Paris.
- Renseignements. — M. Guy Leisset, aux Grand’ Maisons par Saint-Gemmes-sur-Loire. — Nous avons publié de nombreux articles sur le froid industriel dans le n° 1437 du 8 décembre 1900, le n° 1488 du 30 novembre 1901, le n° 1493 du 4 janvier 1902 et le n° 1501 du 1er mars 1902. Le n° 1574 du 25 juillet 1903 a donné un article sur la répartition de l’industrie frigorifique en France. Nous vous signalerons l’ouvrage de M. J. de Loverdo « Le froid artificiel et ses applications industrielles » à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, au prix de 12fr,50. M. Loiseau a également fait paraître à la librairie Horticole, 84, rue de Grenelle, à Paris, une brochure ayant pour titre : « De la conservation des fruits par les procédés basés sur l’emploi du froid ».
- M. A. Gombault, à Bricquebec (Manche). — 1° Les balais en charbon conviennent bien à la dynamo ; mais il faut avoir soin de ne jamais laisser de traces noires sur le collecteur. On doit les essuyer au fur et à mesure qu’elles se produisent avec un chiffon et passer un papier émeri très fin. — 2° Pour ces divers ouvrages, adressez-vous à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M, Lacroix, à Mâcon. — 1° Vous pourriez consulter le
- numéro du mois d’octobre 1904 de la « Revue d’hygiène et de police sanitaire », qui analyse un article d’un journal allemand ayant pour titre : « La lutte contre l’humidité ». Vous trouverez la « Revue » à la librairie Masson et Gi0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° 11 faudrait essayer le goudronnage,' il pourrait donner de bons résultats.
- M. H. Beau fils, à Saint-Étienne. — Le journal « L’Industrie électrique », 9, rue de Fleuras, Paris, a publié dans son n° du 10 décembre 1902 un article sur le rendement et les^ applications industrielles des soupapes électrolytiques Nodon.
- Établissement départemental d'Albigny. — Nous avons décrit un attache-savon dans les «Petites inventions» du n° 1471, du 3 août 1901, et nous avons parlé autrefois des feuilles de savon; ces objets se trouvaient chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. Enfin, nous avons dans les « Petites Inventions » du n° 1551, du 14 février 1903, donné la description de la râpe à savon, dçnt M. Léoni est le fabricant, 55, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- M. de la Chenelière, à Pacy-sur-Eure. —1° Nous vous remercions de votre rectification que nous mentionnons plus haut. — 2° Les ouvrages de chasse du marquis de Poudras sont édités par la librairie Pairault, 3, passage Nollet, à Paris.
- M. F. Têtard, à Gonesse. — 1“ Nous ne pouvons expliquer votre insuccès que par un accident dans le fyain de fixo-virage. Voici une formule qui donne de bons résultats : On fait une première solution composée de : eau distillée 250 gr., chlorure d’or 1 gr., acétate de plomb 4 gr. On fait une deuxième solution composée de : eau distillée 800 gr., hyposulfîte de soude 100 gr., alun 25 gr., sulfite de soude 70 gr. On mélange 2 parties de la première solution avec 8 parties de la deuxième solution. II est important d’agiter la deuxième solution avant de la verser dans la première, parce qu’il peut s’ètre produit un précipité qui est redissous par le mélange. Nous venons également de donner un autre virage au phosphate d’or dans les « Nouvelles scientifiques » du n° 1641 du 5 novembre 1904. — 2° Nous publions une rectification.
- M. F. G., à la Roche-sur-Yon. — Nous pensons que le moyen le plus simple d’éviter les efféts de cette eau ferrugineuse-dans les appareils distillatoires est de la filtrer sur du coke.
- L’abonné 6210-4852. — Couleurs vitrifiables pour peinture céramique : M. A. Thibault, 95, rue de Flandre, 5 Paris.
- M. Arthur Aslau, à Rodosto. — Pour l’étouffage des cocons par le froid artificiel, dont nous avons parlé dans le n° 1621' du 18 juin 1904, p. 58, il faut vous adresser directement à l’auteur de l’article, 28, boulevard du Nord, à Lyon.
- M. A. P., à Avignon. — Vous trouverez divers procédés de soudure de l’aluminium dans les livres des « Recettes et Procédés utiles », 4e et 5e série et dans les « Receltes de l’Elec-tricien », à la librairie Masson, et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. F,. D., à Leuze. — Il faut vous adresser à MM. Sloan et Cie, 17, rue du Louvre, à Paris.
- M. Claude Dervieux, à Vienne. — Vous trouverez un appareil de ce genre chez M. J. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris.
- M. L. Picard, à Paris. — Cette recette a été donnée dans les « Recettes et procédés utiles » du n° 1619 du 4 juin 1904.
- M. J. de Neck, à Bruxelles. — Dans le cas que vous indiquez, il suffira d’une pompe d’une puissance de quelques kilo-grammètres par seconde.
- Mm° Beck, à Saint-Jean d’Angély. — Nous n’avons pas l’adresse du fabricant de ces fauteuils.
- M. Caron, à Paris. — Dans les accumulateurs on immobilise l’eau acidulée à l’aide de cofferdam ou de gélatine rendue insoluble. H suffit d’ajouter à l’eau qui tient la gélatine en dissolution 1 partie de bichromate de potasse pour 50 parties de gélatine.
- Un lecteur, à Herstal. — Le mot « invar », diminutif d’invariable, est le nom de l’acier au nickel non dilatable. Voyez l’article que nous avons publié sur « La dilatation des aciers au nickel » dans le n° 1626, du 23 juillet 1904, p. 122.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à Paris. Une agence de brevets peut seule vous fournir ces divers renseignements. — M. B. G., à Orléans. Il n’y a pas lieu de démonter cet appareil; il suffit d’écarter la bobine extérieure. — M. L. R., à Paris; M. Leblond, à Dijon. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Du-bat, à Enghien; M. Legrcit, à Paris. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. L. B., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Hygromètre. — Dans le nouvel hygromètre que nous
- {irésentons à nos lecteurs et que représente la figure ci-jointe, a partie agissante est une corde en boyau spécialement préparée; sous l’influence de la sécheresse elle se tord et sous l’influence de l’humidité elle se détord. Dans l’hygromètre, la corde supporte un poids tendeur et est fixée à la partie supérieure à un bouton de réglage. Un bâti en fonte soutient tout le système. Il supporte un cadran que traverse la corde, et sur ce cadran se déplace une aiguille portée par la corde. Elle in-
- II y gr oui être Sourdat.
- dique la torsion ou la détorsion de cette corde, selon qu’il fait sec ou humide, par les lettres S et II. Pour l’usage ordinaire la corde a une longueur de 9 centimètres et un diamètre de 1,7 millimètre; elle peut faire un tour dans chaque sens.’Si l’on veut plus de sensibilité, on prend une corde de 1 mm de diamètre qui fait presque trois tours. Il est alors nécessaire de compter le nombre de tours. A cet effet, une roue dentée est placée verticalement contre le bâti : l’aiguille la fait mouvoir, et un chiffre sur la roue indique le nombre de tours. — S’adresser à M. L. Sourdat, 26, rue de Neuilly, à Villemonble (Seine).
- Outil multiple. — Cet outil pourra être utile à de nom-, breux amateurs. Dans un manche creux, peu volumineux, et pouvant facilement se mettre dans la poche, se trouve une série complète d’outils usuels en acier, tels que tournevis, vrille, lime, poinçon, etc. Ces divers outils peuvent se fixer
- Outil multiple.
- sur le manche à l’aide d’un système de pince carrée qu’il porte à cet effet. Cette pince est munie d’une clé tournante à pas de vis, dans laquelle on fixe l’outil. En quelques instants, on a sous la main tous les outils nécessaires sans aucune difficulté et surtout avec un appareil très portatif. .— L’outil multiple se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Lampe de poche bouteille. — Cette petite lampe en forme de bouteille a des dimensions très réduites, et elle ne tient certainement pas dans la poche plus de place qu’un crayon. Elle est cependant appelée à être utile en plusieurs
- Lampe de poche bouteille.
- circonstances. Elle renferme à l’intérieur une petite éponge, que l’on imbibe d’essence minérale. A cet effet, on dévisse le fond et on tire l’éponge. On la referme ensuite, et elle est prête à être allumée. Elle remplace avec avantage le rat de cave ordinaire. — La lampe de poche bouteille se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Un motif de résiliation de bail.
- Je ne pense pas qu’on trouve inscrite parmi les nombreuses causes qui peuvent motiver la résiliation d’un bail, celle que nous fait connaître le Dr Labesse. Un locataire d’une maison d’Angers se plaignait, depuis son entrée dans son nouvel appartement, de démangeaisons intolérables. Tous les médecins consultés avaient constaté les manifestations habituelles des prurits intenses, mais étaient impuissants à en reconnaître la cause. Pommades, onguents, bains, lotions, les traitements les plus variés avaient été essayés sans succès. Un beau jour la femme du malheureux remarqua, en faisant le nettoyage de ses vêtements, sur un manteau de soie noire, des grains de poussière blanche qui « semblaient marcher)). On examina le manteau, puis les autres vêtements et on trouva des milliers de ces grains qui n’étaient autre que des insectes du genre acarien.il y en avait non pas seulement dans les vêlements, mais dans les rideaux, les tentures, sur les papiers des murailles, sur les meubles, en un mot partout. On comprend facilement qu’un sujet à peau susceptible ait considéré, dans ces conditions, l’appartement comme inhabitable.
- Une expertise fut ordonnée et le Dr Labesse fut chargé, avec un architecte, d’étudier ce cas bizarre. Les deux experts constatèrent, en effet, dans les pièces de l’appartement des quantités innombrables de ces acariens, que M. Ileim, consulté, regarde comme le « glycyphagus ornatus Kram », qu’on voit pulluler sur les vieux crins rembourrant les meubles ou dans les fissures ou les fentes des parquets un peu vermoulus. Et l’expertise continuant, on put démontrer que l’appartement avait été occupé par un marchand de vieux meubles qui y peignait les laines et les crins des fauteuils et sièges qu’il achetait de droite et de gauche.
- La cause des démangeaisons était évidente. Le glycyphagus n’est pas un acarien parasite de l’homme. Il n’en est pas moins vrai que son contact peut déterminer de véritables dermatoses. Conclusion, si l’appartement eût été, comme cela devrait, se faire à chaque changement de locataire, désinfecté, nettoyé, dans le sens rigoureux du mot, le nouvel occupant n’aurait pas subi les méfaits de cette gale de nouvelle espèce.
- Empoisonnement par les tomates.
- Je savais que la tomate ne convenait guère aux arthritiques, aux rhumatisants, en raison, croyait-on, de la présence dans
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- sa pulpe d’une grande quantité d’oxalates. Consciencieusement, comme beaucoup d’autres, je proscrivais cet excellent assaisonnement de la table des goutteux, graveleux. Or, des analyses plus parfaites ont démontré que la tomate n’avait pas de danger pour les podagres et les arthritiques et que, sans en faire son mets habituel, on pouvait en manger sans inconvénients.
- Je ne me serais jamais douté, par exemple, que la tomate put être toxique. Or le Dr Paradis, de Lyon, vient de publier récemment l’histoire d’une famille à laquelle il dut donner des soins pour un véritable empoisonnement survenu deux heures après le repas. Coliques, diarrhée, prostration, dilatation pupillaire : tous les signes d’une intoxication grave existaient chez les quatre malades à des degrés divers. On examine attentivement la batterie de cuisine, rien ; il n’y avait pas eu intoxica-
- tion par les ptomaïnes, on n’avait pas servi de viande. 11 n’y avait pas eu de champignon, bref le seul aliment à suspecter était des tomates mangées à un degré de maturité peu avancée et le l)r Paradis croit bien que c’est 1k la cause du délit. C'est un point qui méritera d’être éclairci par quelques expériences : la tomate appartient, il est vrai, à la famille des solanées: mais c’est, je crois, la première fois qu’on signale une intoxication et Dieu sait s’il se fait une consommation de ces beaux fruits de toutes façons, en sauce, en salade, farcies, que sais-je? S’il ne s’agit que de les manger bien mûres pour être à l’abri de tout accident, il n’est pas bien difficile de se conformer à ce conseil. Mais, jusqu’à preuve du contraire, j’incline à penser qu’il a existé une autre cause — inconnue — pour provoquer ces phénomènes toxiques. • Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de Franoo.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 51 octobre . . G®,8 N. N. E. 1. Très nuageux. » Rosée ; peu nuageux.
- Mardi 1" novembre . 6®,5 N. 2. Couvert. » Rosée ; nuag. ; halo à 12 h.
- Mercredi 2 - G®,9 N. E. 2. Couvert. 0,0 Bruine à 6 h. ; couvert.
- Jeudi 3 6",1 E. 2. Couvert. » Couvert le matin ; beau le soir.
- Vendredi 4 — 1°,0 S. 1. Couvert. » Gelée blanche ; nuageux le matin ; beau le soir.
- Samedi 5 2®,9 E. 1. Brouillard. » Gelée blanche ; couvert; brouillard le matin.
- Dimanche 6 4®,0 S. 1. Couvert. » Rosée ; halo ; couvert le matin ; nuag. le soir ; brouillard dans la soirée.
- NOVEMBRE 1904. - SEMAINE DU LUNDI 51 OCTOBRE AU DIMANCHE 6 NOVEMBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquenti courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abrt a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ___
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — Le 2 novembre, à 8k30” du matin, une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie en Italie.
- lie temps. — Le temps a été assez beau dans la semaine du 31 octobre au 6 novembre. Le 31 octobre, les pressions étaient élevées sur presque tout le continent. Des pluies sont tombées cependant dans le nord et le sud de l’Europe; en France, on a signalé de fortes averses dans le sud. On a recueilli 30 mm d’eau à Gap, 20 mm à Toulon, 10 mm à Celte. Le matin, le thermomètre marquait 4° à Nantes, 7° à Paris, 5° au puy de Dôme, 1° au mont Ventoux,—5° aü pic du Midi. Le 1" novembre, la pression s’est abaissée dans le nord-est et s’est relevée dans le sud-ouest du continent; elle est partout supérieure à 7G3 mm, sauf en Gascogne et en Italie. La sécheresse se fait sentir aux environs de Paris ; du 1" au 31 octobre, on n’a recueilli que 18 mm de pluie au parc Saint-Maur. Le temps a été nuageux à Paris; la température moyenne a été de 8°,8, supérieure de 1°,4 à la normale. La température était le matin de 4° à Clermont, 7° à Paris, 10° à Toulouse. Le 2 novembre, la pression barométrique atteint 773 mm dans le nord de la France. On signale de faibles pluies dans l’est et le sud. Le ciel reste couvert toute la journée. Le thermomètre marque le matin 7° à Paris,
- 7° à Lyon, 2° au puy de Dôme, — C>° au pic du Midi. Le 3 novembre, une profonde dépression de 28 mm a eu lieu à Christiasund ; elle amène de fortes chutes de neiges sur la mer Baltique. Le temps a été couvert; le matin, la température était de G0 à Paris, 6" à Clermont, 6° à Biarritz, — 3° au pic du Midi, — 4° au mont Mounier. La temjiérature moyenne à Paris a été de 5*,2. Le 4 novembre, de fortes pressions persistent sur le sud-ouest de l’Europe. Le vent était faible et variable sur la Manche et la Provence, il a soufflé de l’est sur les côtes de l'Océan. Des neiges et des pluies sont tombées dans le nord du continent, mais pas en France. La température s’est notablement abaissée ; le matin, le thermomètre marquait — 1° à Paris, 0° au Mans, 1° à Clermont, 1° au puy de Dôme. On a trouvé des minima de—4°,1 à Ville-Evrard. Le ciel est resté nuageux le matin dans la région parisienne, et un brouillard intense a eu lieu entre 6 et 9 heures. La température moyenne à Paris a été de 5°,6. Le 5 novembre, le temps est resté brumeux toute la journée. Le matin, ou a trouvé un minimum de —3®,6 à Villepreux, aux environs de Paris. Le thermomètre marquait —2° au Mans, — 1° à Nantes et à Clermont, 5® à Alger, 6® au mont Aigoual, 2® au pic du Midi. Le 6 novembre, la température à Paris et aux environs a été plus élevée le matin que la veille. Le thermomètre marquait 4® à Paris, 6® à Lyon, 13® à Perpignan, 4® au Puy de Dôme, — 3® au pic du Midi. Il est tombé 3 mm d’eau à Cette et à Porl-Vendres.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 31, à 11 h. 22 m. du soir.
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- H° 1643 (19 novembre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Conformément à la tradition, l’été de la Saint-Martin est venu celte année exactement à son heure. A partir du 10 novembre, la température a subi un-relèvement très net, surtout dans la région jiarisienne.
- —— Dimanche dernier a eu lieu, à Lyon, en présence du .ministre de l’Instruction publique, l’inauguration du monument élevé à la mémoire du chirurgien Ollier, par souscription internationale. Un grand nombre de chirurgiens de l’Etranger sont venus cendre hommage au chirurgien français.
- —nt— Nous apprenons avec plaisir que l’achèvement du monument aux aéronautes du Siège de Paris de Bartholdi, que nous ayons reproduit dans le n° 1559, du 11 avril 1903, p. 303, est enfin assuré. Mm® Bartholdi et les amis de l’illustre artiste donneront la somme nécessaire pour couvrir tous les frais. Selon le désir exprimé de son vivant par le maître, l’exécution des modèles a été confiée à M. Louis Noël, statuaire. Le monument sera érigé à Neuilly-sur-Seine, au Rond-point de la Révolte. La souscription reste ouverte jusqu’au jour de l’inauguration qui aura lieu fin octobre 1905.
- —— M. de Mély a découvert, à l’Exposition des Primitifs, la signature en hébreu de Jean Pérreal, I. P. 1490, au bas du célèbre tableau de ce maître. Il vient de communiquer à la séance de la Société des antiquaires de France 411 signatures nouvelles de primitifs qu’il a relevées en quatre mois dans les musées d’Europe, et dont il apporte les photographies. On compte 11 signatures mérovingiennes; 29 du vme et du ixe siècle; 10 du xe; 15 du xie ; 82 du xne; 69 du xin8; 74 du xixe; 130 du xve. Elles comprennent 27 Allemands, 7 Anglais, 4 Dalmates, 6 Espagnols, 14 Flamands, 64 Français, 3 Grecs, 280 Italiens, 5 Suisses et un inconnu. Quant aux arts qu’ils exerçaient, on trouve dans le nombre 31 architectes, 3 brodeuses, 11 céramistes et verriers, 28 fondeurs de bronze, 5 médaiileurs, 5 mosaïstes, 75 orfèvres, 127 peintres et miniaturistes, 128 sculpteurs.
- —— M. C. Potron, membre de la Société de géographie de Paris, décédé le 27 mars 1874, a légué une somme de 400 000 francs pour l’érection d’un phare « dans un des passages dangereux du littoral de l’Atlantique, comme ceux de l’île d’Ouessant ». Le ministre des travaux publics a signé récemment, avec les exécuteurs testamentaires, la convention qui fixe l’emplacement du nouveau phare; il sera élevé sur une roche située au sud-est d’Ouessant et connue sous le nom de « La Jument ».
- —- Dimanche 13 novembre, a eu lieu, pour la première fois, une course de fiacres parisiens. Les chevaux devaient être pris parmi ceux ayant au moins trois mois de service; les voitures être du type courant et contenir chacune un voyageur. Le parcours était de 44 kilomètres sur l’itinéraire suivant : Suresnes, Versailles, Saint-Germain, Maisons-Laffitte, Courbevoie, Paris. Le vainqueur a été le cocher Jonquard, de la maison Valentin, qui a accompli le parcours en lh48m18‘. Les quatorze premiers arrivants ont d’ailleurs couvert la distance en moins de deux heures, résultat absolument surprenant pour de vulgaires « sapins ». Sur 73 concurrents, 71 ont fini le parcours, tous en très bon état.
- —)&— Sir Norman Lockyer estime que l’explication du phénomène des taches solaires sera une des découvertes les plus précieuses qu’on puisse faire pour l’humanité entière. L’examen raisonné des taches permettra de prédire exactement dans quelle partie du monde se produiront les grandes pluies et les sécheresses anormales.
- —Gn emploie beaucoup, aux États-Unis, le procédé Ferrell pour rendre le bois incombustible : il consiste simplement à introduire dans ce bois, sous une pression de 30 à 40 kilogrammes par centimètre carré, une solution concentrée de sulfate d’alumine. « Engineering News » conseille aussi cette même méthode, avec
- addition de sulfate de fer, pour le traitement des bois contre la pourriture.
- —Petite statistique dressée dans le but de montrer l’influencé, sur la mortalité, du défaut d’air et du repos dominical. D’après l’Annuaire du service municipal de statistique de Paris, dans l’année 1891, pour les personnes âgées de 20 à 39 ans, la mortalité a été de 29,87 pour 100. dans l’industrie du bâtiment ; elle a été, dans la métallurgie, de 32 pour 100; dans l’industrie des produits chimiques, industrie dangereuse, de 34 pour 100; chez les caissiers-comptables de 39,69 pour 100 ; chez les employés de magasins de 44,36 pour 100 !
- —5$— Le 6 novembre, à 4 heures et demie du matin, un violent tremblement de terre a été ressenti à Formose. A Kiayili, 150 maisons ont été démolies, et 33 endommagées. Soixante-dix-huit personnes ont péri, et vingt-trois autres ont été blessées. Le 9 novembre, dans la matinée, une secousse de tremblement de terre a eu lieu à Askhabad, dans le Turkestan. Dans la nuit du
- 12 au 13 novembre, un tremblement de terre a eu lieu à Tunis. On a surtout ressenti les secousses dans les quartiers du nord-est.
- —Le 8 novembre, la neige est tombée en abondance dans les comtés du nord de l’Angleterre et en .cosse.
- —Le temps a été assez variable pendant la semaine du 7 au
- 13 novembre. Le 7 novembre, le veut a tourné au sud-ouest sur nos côtes de la Manche et de l’Océan ; une violente tempête a sévi sur les côtes de l’ouest. Il a plu à Dunkerque. La température était le matin 0° à Paris, 13° à Brest, 4° au mont Aigoual, — 3° au au pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, l’humidité était forte et persistante le matin, et plusieurs stations observaient de la gelée blanche. Il a plu à Paris dans la soirée de 8 heures à 10h 30m ; les hauteurs d’eau recueillies atteignaient 4 à 5 mm. Le 8 novembre, les mauvais temps ont régné sur tout l’ouest de l’Europe. Les vents ont soufflé en tempête sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. On a signalé des pluies dans toutes les régions en France. La température s’est élevée sur l’Europe centrale; le matin, à 7 heures, on notait 6° à Paris, 6° à Clermont, 44° à Nice, — 2° au puy de de Dôme, — 8° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 8°,6. Le 9 novembre, une violente tempête a sévi sur les côtes de la Manche, et sur le détroit du Pas de Calais. La mer a été très grosse à Dunkerque, au Havre et à Cherbourg. On a recueilli 5 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Biarritz. On a signalé de la neige au puy de Dôme. La température était le matin de 5° à Lyon, 9° à Paris, —1° au puy de Dôme, —5° au pic du Midi et —5° au mont Ventoux. Le 1Ô novembre, un fort vent du nord-ouest a soufflé sur la Manche. Des pluies sont tombées à Nancy (21 mm d’eau), à Dunkerque (3 mm), à Lorient (3 mm), à Biarritz (2 mm) ; dans la région parisienne, des vents ont passé du sud-ouest à l’ouest nord-ouest avec des vitesses de 8 mètres et quelquefois 13 à 14 mètres par seconde; vers 3 heures du matin, une averse a fourni de 0 à 2 mm d’eau suivant les points. La température moyenne à Paris a été de 12°. Le 11 novembre, temps doux et pluvieux. On a recueilli 24 mm d’eau à Belfort, 19 mm à Calais, 15 mm à Dunkerque, 6 mm à Clermont, 2 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin, à 7 heures, 6° à Lyon, 11° à Paris, 11° à Marseille, 3° au pic du Midi; à Montsouris (Paris), on a observé un maximum de 15°,3. Le 12 novembre, la pression est élevée en France; on note 770 mm à Paris et 771 mm à Lyon. Il a plu à Charleville (7 mm), à Nancy (5 mm), à Rochefort (5 mm), à Brest (1 mm), à Lyon (1 mm). Le temps a été très doux; on observait le matin 9° à Clermont, 11° à Paris, 12° à Nantes, 5° au puy de Dôme. Le 13 novembre, le temps a été beau partout; la pression barométrique a été sur toute l’Europe supérieure à 765 mm. Des pluies sont tombées à Limoges et à Besançon. La température était le matin de 4° à Paris, de 1°,6 à Ville-Evrard et de 0° à Athis-Mons (Seine-et-Oise).
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les nouveaux appareils pour la mesure rapide des bases sont construits par M. J. Carpentier, 20, rue Delambre, à Paris. Le fil d’invar est fabriqué dans les aciéries d’Imphy (Nièvre).
- Communications. — Un abonné, à Paris, nous a adressé unê brochure qui a pour titre : « Traversée du Simplon. Projet de tunnel à une voie et de 19 731 mètres de long, présenté par la Compagnie du Jura-Simplon. Lettre critique adressée à M. le Ministre des Travaux publics du royaume d’Italie, par James Ladame, ancien élève de l’École polytechnique et de l’École des Mines de Paris, ancien conseiller d’rdat et directeur des travaux publics du canton de Neuchâtel ». Cette brochure a été en vente en 1894 à la librairie Baudry et Cie, 15, rue des Saints-Pères, à Paris, et chez MM. Delachaux et Niestlé, libraires à Neuchâtel (Suisse).
- M. Paul Le Ray, 11, rue Legendre, à Paris, à propos de-notre récent article sur « Le fer électrolytique » (n° 1040 du 29 octobre 1904, p. 342), nous écrit : « Je détiens en réserve un procédé permettant d’obtenir économiquement le fer chimiquement pur, à bas prix, ce, sans aucune intervention de l’électricité. Dès maintenant, j’en tiens un échantillon à disposition. Le fer chimiquement pur offre cette particularité, normale peut-être, de ne pas se rouiller (oxyder) à l’air. On estime que ce procédé présenterait pratiquement l’avantage de pouvoir faire revivre de petites mines, situées hors des voies de communication, qui avec un personnel restreint, pourraient produire du lingot, dont toutes les forges sont acquéreurs, alors qu’un haut fourneau ne pourrait y fonctionner utilement. J’ai pensé que la chose pouvait vous intéresser. » Dès maintenant, contre une dépense minime, je me fais fort de fournir en un court délai un lingot de 5 kilogrammes, obtenu par le procédé en cause. »
- M. Léo Boutzel nous fait connaître un procédé pour remplacer le bois par le coton, dans le tamponnement. Le tamponnement consiste à faire un trou dans la brique, la pierre ou le plâtre, à l’aide du vilbrequin. Puis on y introduit un tampon de bois, afin d’y enfoncer un support ou un clou. Dans le cas où le trou est dans un tel état, par suite de son ancienneté, que le support ou le clou ne peuvent tenir, on a recours au coton. On le mouille, on l’exprime, afin qu’il ne soit qu’humide, puis on en bourre le trou dans lequel on plante le clou.
- Il ne faut pas trop bourrer le trou de coton, mais entourer le clou de coton humide, afin de l’enfoncer à coups de marteau. Dans ces conditions, le clou et le support sont très solides.
- Renseignements. — M. Alexis Pierre, à La Ferté-Saint-Aubin. — 1° Pour recharger vos accumulateurs sur votre dynamo, il faut brancher le pôle -}- de la • dynamo sur le pôle + extrême de la batterie d’accumulateurs, et le pôle — de la dynamo sur le pôle — de la batterie. Vous réglez ensuite la différence de potentiel aux bornes à l’aide du rhéostat d’excitation, de telle sorte que cette tension ne dépasse pas 2 volts par élément environ. Votre dynamo ne donnant que 10 volts, et votre batterie d’accumulateurs ayant 2 ou 3 éléments, vous devez pouvoir arriver à régler facilement. Si la différence de potentiel est trop élevée, il faut mettre en tension 1 lampe de 3 à 4 volts et en monter plusieurs en quantité suivant l’intensité à atteindre. — 2° Il est nécessaire d’avoir un ampèremètre flans le circuit et un voltmètre aux bornes. — 3° Le nombre de lampes à employer dépend de leur tension en volts et de l’intensité en ampères qu’elles consomment.
- M. Ugo Testi, à Anghiori. — Chaux hydraulique et ciments : M. G. Fauh, aux Mouhneaux, à Issy (Seine) ; 11. A. Gautier, 253, rue de Bercy; M. Max Letellier, 109, quai de Valmy, à Paris.
- M. J. Salema, à Castello de Païva. — 1° Nous avons donné dans le n° 1250 du-15 mai 1897, p. 371, la description du nécessaire chimique Trubert qui permet d’effectuer facilement les essais agricoles dont vous parlez. Ce nécessaire se trouve chez M. Broussard, 29, quai de l’Horloge, à Paris.
- M. R. D.,k B. — Vous pouvez parfaitement faire reproduire par la galvanoplastie des disques en cylindres de phonographe. Adressez-vous à M. Stœsser, 56, rue Serpente, à Paris; nous avons déjà vu chez lui plusieurs modèles.
- M. le Ctc del Valle, à Vergara (Espagne). — Vous pourriez demander des renseignements aux constructeurs suivants : MM. Amelin et Renaud, 39, rue Jean-Jacques Rousseau; M. A. Ilazac, 38, rue du Louvre; MM. Sloan et Cio, 17, rue du Louvre, à Paris.
- M. Edmond Paix, à Douai. — L’adresse où l’on peut se procurer les barils métalliques emboutis est donnée en tête de la « Boîte-aux-lettres » du numéro même dans lequel nous en parlons, n° 1641 du 5 novembre 1994.
- M. L. R., à Mortagne. — Un bec papillon à gaz consomme 127 litres de gaz par carcel-heure. Un bec Auer dépense 20 litres de gaz par carcel-heure. La durée moyenne d’un manchon est de 600 à 1000 heures; le prix d’achat du manchon est de 5 à 6 francs, et la dépense du premier établissement est de 15 à 20 francs.
- L’abonné 5606-4401, à Autun. — Les recettes que vous demandez sont données dans le livre des « Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris,
- M. Dumont, à Orléans, — Vous pourrez vous procurer le papier d’aluminium dont il est question dans « Hygiène et Santé » (n° 1653 du 10 septembre 1904), en vous adressant à MM. Betlner et Dejoux, 51, rue de Buffon ou à M. Morin,. 74, rue de la Verrerie, à Paris.
- M. E.- Lullin, à Grenoble. — Il est encore impossible de parler de ces essais.
- M. J. M. Guibal, à Toulon. — Pour les fauteuils automobiles et automatiques dont il a été question dans le n° 1641 du 5 novembre 1904, p. 558, il faut vous adresser à MM. Munn and C°, 561, Broadway, à New-York.
- Réponses.—IV01271. —M. L. Brun, 19, rue des Halles, à Paris, nous écrit qu’il a une batterie de cuisine en aluminium qu’il tient constamment propre avec du sidol, brillant spécial pour métaux, que l’on trouve chez lui.
- IV0 1271. — Gomme tous les autres métaux, l'aluminium est sujet à se ternir à l’usage; quelquefois même il se tache. Il est donc nécessaire et indispensable de l’entretenir, comme on le fait d’ailleurs soit avec le cuivre, soit même avec l’argent ou le nickel Le nettoyage journalier en est très simple. Pour l’intérieur, il suffit de laver à l’eau chaude avec une brosse rude et du savon; on rince et on essuie. Pour l’extérieur, qui constitue généralement l’astiquage hebdomadaire, on humecte soit de la pâte au sabre ou toute autre analogue et on frotte avec un linge de toile ; après séchage, on emploie la peau de chamois ou un linge de laine sec. Quand les ustensiles ont été en plein feu, il faut recourir soit à la brique réfractaire pulvérisée très fine, soit à celles que l’on utilise au nettoyage des couteaux, cela fait disparaître le brillant, mais conserve les casseroles en parfait état île propreté. Avoir bien soin de ne jamais dissoudre de cristaux de soude ou de potasse qui rongent l’aluminium. En général presque toutes les pâtes ou poudres servant pour l’argenterie peuvent être utilisées à l’entretien de l’aluminium; celles le plus généralement employées sont : la pâte au sabre, le rouge anglais, la pommade du globe, etc. Communiqué par M. G. Charpentier, 52, boulevard Magenta, Paris.
- Questions. — N° 1272. — L’abonné n° 5813 nous demande quelles sont les substances propres à assécher l’air humide des églises sans répandre d’odeur et pouvant se récupérer après usage, en les chauffant soit à feu nu, soit au bain-marie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. G., à Lyon. Nous ne pouvons vous répondre; il faudrait faire un essai avec votre appareil. — M. Dubois, à Nîmes. La conclusion que vous tirez de votre travail nous semble très juste. — M. D. L., a Paris; M. G V., à Montargis. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. P., à Paris; M. S. D., à Lille. Remerciements pour vos communications.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — H n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Lance-Hélices. — Il peut être amusant et souvent intéressant de lancer une hélice et de voir comment elle se comporte dans ses évolutions. En aplatissant ou en redressant les ailes de l’hélice, on obtient des mouvements variés, qui imitent plus ou moins le vol de certains oiseaux. L’hélice, arrivée à une certaine hauteur, plane quelques secondes avant de retomber. Il y a là un avantage que peuvent utiliser les amateurs pour s’exercer au tir. Le lance-hélices que nous présentons est très simple et d’un maniement très facile. Il
- Lance-hélices.
- est formé d’un tube qui renferme, comme le montre le dessin, un ressort à spirale. A l’aide d’une clef que l’on passe à la partie supérieure dans des trous ménagés à cet effet, on remonte le ressort, en faisant le tour de l’appareil, de droite à gauche, jusqu’au cran d’airêt; on place alors l’hélice. Il suffit de tenir l’appareil d’une main ferme, le bras étendu et de presser fortement sur la détente; l’hélice part aussitôt. Quelques modèles sont munis de vis à articulation permettant de les installer à distance en les vissant sur un tronc d’arbre et en reliajit la détente au pied avec une ficelle. — Le lance-hélices se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Cendrier escamolenr. — 11 n’y a rien de plus désagréable, il faut en convenir, que la fumée et les mauvaises odeurs exhalées par les bouts de cigares et de cigarettes. 11 est donc indispensable de les faire disparaître aussitôt que possible. Le cendrier escamoteur se prête très aisément à cette petite
- Cendrier escamoteur.
- opération. Il consiste, comme on le voit, en un petit vase métallique élégant, finement nickelé. Il a un couvercle à bascule, commandé par un bouton ; il escamote facilement les bouts de cigares, cigarettes et cendres, on évite ainsi la fumée et les
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- mauvaises odeurs. — Le cendrier escamoteur se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Nouvelle table roulante. — Dans tout atelier de construction, garage d’automobiles, il est indispensable d’avoir des tables roulantes sur lesquelles se trouvent les divers outils dont on a besoin à chaque instant et que,l’on peut déplacer très facilement. Nous signalerons en particulier les tables roulantes de la manufacture générale d’outillage. Ces tables sont tout en
- Tahle roulante.
- acier forgé, sans aucune pièce en fonte, et d’une construction simple et très solide. Les plateaux, emboutis d’une seule pièce, se montent et se baissent à volonté pour transporter des pièces de toutes dimensions. Le fond du premier plateau est garni d’une tablette en chêne pour garantir les outils les plus fins. Il y a également un tiroir à serrure, et le nombre des plateaux est de 2 ou de 3. — Les tables roulantes se trouvent à la Manufacture générale d’outillagç, 184, rue d’Artois, à Lille.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Peinture incombustible. —Bien entendu c’est une peinture qui ne ressemble que peu à celle que nous avons l’habitude de voir employer et qui est à base d’huile de lin. On la compose de 40 parties d’amiante pulvérisé, 10 d’aluminate de soude, 10 de chaux et 30 de silicate de soude, puis d’un colorant non résineux, et naturellement d’eau.
- Borax à soudure. — Notre confrère « Neueste Erfmdungen und Erfahrungen » le recommande comme se dissolvant moins dans la soudure que le borax ordinaire. On le prépare en faisant chauffer du borax dans un récipient métallique jusqu’à ce qu’il ait perdu son eau de cristallisation, puis on le mélange avec du sel de cuisine et de la potasse calcinés dans la proportion de 8 parties du premier et 3 parties des deux autres. On broie ensuite le tout finement dans un mortier.
- Crème à nettoyer les meubles, le marbre, le cuir, etc. — C’est bien des choses à la fois, mais on nous garantit l’effçt promis. Cette crème s’étend sur un chiffon et se passe sur les surfaces à nettoyer et à rendre brillantes; on polit ensuite au moyen d’un morceau de flanelle. Dans 1500 parties d’eau, additionnées de 25 parties de carbonate de potassium, on fait bouillir 2500 parties de cire blanche, jusqu’à ce que cette cire soit en émulsion. On remplace du reste l’eau que fait perdre l’évaporation ; on brasse peu à peu tant que le liquide n’est pas froid, et l’on ajoute peu à peu, en remuant toujours, 4000 par- , ties d’huile de térébenthine, de manière que cette fois encore l’émulsion se produise. Finalement on additionne d’une nouvelle quantité d’eau, de telle façon qu’on en ait employé en tout 4500 parties, et l’on brasse encore.
- Nouveau combustible comprimé. — L’invention doit être brevetée en Angleterre, mais nous ne savons sous quel nom. Ce combustible est composé de 900 grammes de poudre de charbon, de 90 de terre fine, de 2 de glucose ou d’amidon, de 5 de dextrine dissoute dans de l’eau, et enfin de 5 de sulfate de soude pulvérisé.
- Pour durcir les outils en acier. — M. Gollieb Kolb, de Mannheim, recommande une composition faite de 100 grammes
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- de sulfate de cuivre (élément essentiel), puis de 500 grammes de ferrocyanure de potassium, de 700 de colophane et de 100 d’huile de lin.
- Patine noire des objets de cuivre, — Pour obtenir cette patine, on plonge les objets à patiner dans une solution de vitriol bleu fortement diluée ; et, quand l’objet est ensuite sec, on le place dans une solution diluée et chaude d'hyposulfite de soude. Au bout de peu de temps on verra se former une couche bleu-noir de protosulfide de plomb, et même avec des iridescences, si la solution était assez diluée. Nous devons dire du reste que les colorations sont un peu variables, par suite
- de cette iridescence, et qu’il y a là un tour de main qu’on ne peut acquérir que par la pratique, pour obtenir telle coloration que l’on désire.
- Parfums pour savons de toilette. — On peut en composer un fort agréable avec 4 parties d’essence de lavande, autant d’essence de carvi, 2 d’essence de cassia, 2 d’essence de girofle, la même quantité d’huile de fenouil, et une partie seulement de menthe japonaise poivrée. On peut aussi préparer une composition odorante avec 6 parties d’essence de 'jonc odorant, 4 d’huile de citronnelle, 2 d’essence de girofle, et 1 d’essence de cassia.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France*
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 novembre . 0”,1 Calme, Couvert. 3,5 Gelée blanche; couvert; brouillard jusqu’à 7 li. ; pluie dans la soirée.
- Mardi 8 5”,8 W. 2. Beau. 0,1 Gelée blanche; pluie ;> 1 h. 45; nuageux.
- Mercredi 9 9°,2 W. S. W. 5. Couvert. 0,4 Couv. ; petites pluies entre 7 et 10 h.
- Jeudi 10 12U,0 VV N. W. 2. Très nuageux. 0,0 Couv. ; gouttes à 7 h.
- Vendredi 11 11°, 1 S. W. 3. Couvert. 2,3 Averses à 1 h. 30 et à 3 h. ; couv. jusqu’à 16 h.; nuageux ensuite.
- Samedi 12 U\1 W. N. VV. 2. Couvert. » Très nuageux.
- Dimanche 13 5°,9 N. N. E. 2, Presque couvert. » Brouillard bas à 6 h. ; nuag. jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- NOVEMBRE 1904. - SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 15 NOVEMBRE 1904.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’observatoire du parc saint-Vlaur, en octobre fl901,
- par M. Th. Moureacx.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 760“”,45; minimum absolu, 743”",5, le 7, à 10 h. ; maximum absolu, 769"“,5 le 19, à 9 h. 40 m. ; écart extrême, 26”“,0.
- Température. Sous l'abri : moyenne des minima, 6°,49 ; des maxima, 15°,59 ; du mois, 11°,00; vraie de,s 24 heures, 10°,52; minimum absolu, — 0°,5 le 10 et le 15 ; maximum absolu, 21°,6 le 3. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 4°,67 ; des maxima, 23°,72 ; minimum absolu, — 4°,5 le 15 ; maximum absolu, 33°,8 le 6. Dans le sol gazbnné, moyenne du mois à 9 heures : à 0”,30 de profondeur, 11°,58 ; à 1 mètre, 13°,24. De la Marne : moyenne le matin, 12°,68 ; le soir, 13°,09; minimum, 11°,18 le 17; maximum 15°,04 le 3.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 8”“,56 ; minimum, 3”“,8 le 9, à 14 et 15 heures ; maximum, 13“”,0 le 3, à 15 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 86,8 ; minimum, 37 le 12, à la h. ; maximum, 100 en 19 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,90; ciel pur les 11 et 15; entièrement couvert les 5, 17, 18, 21, 22.
- Insolation ; durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 333 heures ; durée effective de l’insolation, 126 heures en 23 jours ; rapport, 0,38. *
- Pluie : total du mois, 18“”,1 en 2i heures.
- Nombre de jours de pluie, 9 ; et en outre 5 jours de pluie inappréciable; de rosée, 14 ; de gelée blanche, 9 ; de gelée, 2 ; de brouillard, 8 ; de halos, 4. On n’a ob-ervé aucun orage.
- Fréquence des vents : Calmes, 21.
- N . . . . 59 E . . . . 26 S 38 W ... . 27
- N. N. E. . 77 E. S. E. . 13 S. S. W. . 61 W. N. W . 55
- N. E . . . . 110 S. E. . . 8 S. W. . . 51 N. W. . . 48
- E. N. E. . . 82 S. S. E. . 18 w. s. w . 25 N. N.W. . 45
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,0; moyenne diurne la plus grande, 7“,0 le 7; la plus faible, 1”,0 le 21 ; vitesse maximum, 15”,0 le 7, à 10 h. 40 m. par vent W. S. W.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (13 jours), 255 volts ; moyenne diurne la plus grande. 487 volts le 26; la plus faible, 138 volts le 2 ; amplitude diurne, 0,22 ; amplitude nocturne, 0,75.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 1”,84; minimum, l“,731e 16 et le 30; maximum, 2",00 le 3 et le 18.
- . Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre -+- 3“,52 ; température -t- 0°,71 ; tension de la vapeur -+- ü““,55 ; humidité relative -t-1,6; nébulosité -+- 0,06; pluie 42““,5.
- Floraisons. Le 2, daphné pontica (2* floraison-); le 4, aster blanc; le 10, topinambour. Le 17, départ des dernières hirondelles.
- Ce mois est remarquable par la faible quantité d’eau tombée ; octobre est normalement le mois le plus pluvieux de l’année dans la région'de Paris.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 7, à 3 h. 46 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- AVIS DE I/A DM I If IST RATIOS. — L'échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les -abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 novembre (n* 1644) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 5 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1893 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction <et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —— Noire collaborateur M. le Dr Laloy vient d’être nommé bibliothécaire de l’Académie de médecine en remplacement de M. Dureau décédé.
- —'M— M. le Dr Brouardel, doyen honoraire de la Faculté de médecine de Paris, a fait le 18 novembre, dans la salle des fêtes du Grand-Orient, une conférence documentée sur l’empoisonnement par le blanc de céruse et les composés du plomb. Il a conclu qu’il fallait remplacer le blanc de céruse par le blanc de zinc inoffensif. La Chambre a voté un projet dans ce sens, et la loi est devant le Sénat.
- —}&— Le 14 novembre, à Ostende, Barras, sur une grosse voiture automobile Darraeq, a battu, en 21 secondes 2/5, le record du monde du kilomètre lancé, qui appartenait précédemment à Rigolly, en 21 secondes 5/5. Le temps de Barras donne une vitesse à l’heure de 168l“n,22. C’est la plus grande vitesse obtenue, jusqu’à ce jour, par un engin mécanique automobile.
- —Le bel été de la Saint-Martin que nous venons d’avoir a été tout particuliérement propice aux tentatives d’abaissement du record de l’heure cycliste derrière entraîneurs à motocyclette. Le 14 novembre, le coureur Brécy se mettait en piste pour tenter de posséder ce glorieux trophée; marchant avec üne vitesse colossale de 92 kilomètres à l’heure, il battait tous les records jusqu’au 64e kilomètre, lorsqu’une chute terrible vint l’arrêter alors qu’il était en avance de deux minutes sur’ les records existants. Plus heureux dans sa tentative, le stayer Darragon a battu le 15 novembre, au Parc-des-Princes, le record du monde de l’heure, couvrant dans les soixaute minutes 87km,859 et dépassant de 280 mètres le record précédent de Bruni.
- —— Depuis le 17 novembre, le poste de télégraphie sans fd de Porquerolles est ouvert à l’échange, avec les navires en mer, des correspondances originaires ou à destination de la France, de la Corse, de l’Algérie, de la Tunisie, de la principauté de Monaco et des vallées d’Andorre. Les tarifs et les règles prévus par le décret du 28 septembre 1901 sur la télégraphie sans fil seront appliqués aux correspondances qui seront acheminées par cette nouvelle station.
- —— M. Bascoul, curé de Roehefort-du-Gard, avait entrepris, depuis quelque temps, avec l’autorisation du châtelain, M. F. de Calderon, des fouilles dans les souterrains du château de Saint-Privat, qui fut autrefois une commanderie des Templiers. Les premières fouilles, sommairement exécutées, avaient fait découvrir des ossements qui révélaient l’existence d’une ancienne nécropole. Plus récemment, des fouilles pratiquées avec ordre ont amené la découverte à des profondeurs variant entre 0m,50 et lm,50 au-dessous du sol primitif de plusieurs tombes qui paraissent remonter à l’époque gallo-romaine ou mérovingienne. Ce qui atteste qu’on se trouve bien eu présence d’une nécropole, c’est qù’on a trouvé des couches d'ossements superposées. Actuellement, une partie seulement de la première salle souterraine a été fouillée. Plusieurs Squelettes ou crânes d'adultes et d’enfants ont été recueillis, ainsi que de nombreux ossements. Les dimensions des squelettes d’adultes
- attestent qu’ils appartenaient à des hommes d'une taille au-dessus de la moyenne. Un de ces squelettes, qui reposait sur un lit de briques, est dans un état de conservation surprenant. Une des tombes mises à jour est prise en partie sous les fondements d’une des voûtes du château. Elle est couvertoade briques plates protégées à leurs intersections par des tuiles, et reposant sur d’autres briques plantée? dans le sol. La pierre employée pour ces tombes n’est pas la même que celle qui a servi à l’édification du pont du Gard. Les fouilles vont se poursuivre.
- —Comme tous les ans, à pareille époque, les Compagnies dé chemins de fer prennent des dispositions pour le chauffage de leurs wagons. La Compagnie de l’Ouest va continuer cette année le système de chauffage des trains par la vapeur. La dernière application de ce mode de chauffage a été faite l’an dernier, et l’on s’en est bien trouvé : aussi sera-t-elle continuée, cette année, sur toutes les rames de voitures atfectées au service de la banlieue. Le système employé est analogue à celui qu’ont adopté plusieurs Compagnies de chemins de fer, notamment celle de l’Est où ont été faites les premières études. La Compagnie d’Orléans a également décidé d’appliquer le chauffage à la vapeur et à l’air comprimé combinés sur .la ligne de Paris-Bordeaux. Ce système consiste à envoyer dans des tuyaux, placés sous le plancher (les voitures, un mélange d’air comprimé et de vapeur provenant de la locomotive et circulant d’un bout à l’autre du train. Le courant gazeux continu ainsi produit exerce une action régulatrice dans toute la canalisation et entraîne vers l’extrémité des conduites l’eau de condensation dont la congélation pourrait entraver le fonctionnement du chauffage. Un appareil, placé au bout de chaque véhicule, évacue cette eau automatiquement.
- —M. Roussel vient d’étudier, dans les « Annales des Travaux publics de Belgique », l’adhérence des pilotis de fondation au plateau de béton dont on les coiffe souvent au lieu du grillage ou du plancher que l’on croyait jadis indispensable. Il a constaté que, avec des pilotis écorcés et un béton riche en ciment et bien damé, aubout de trois mois, la résistance auglissement atteint 4 kilogrammes par centimètre carré de surface enrobée; et l’adjonction d'un collier en fers d’équerce augmente de 15 pour 100 cette adhérence. Par conséquent, on peut parfaitement abandonner la pratique des planchers et grillages, à condition d’employer une couche de béton riche et bien damée.
- —}£— M. Raven a fait des essais intéressants, dans les docks de la North Eastern Railway Co, à Middlesborough, pour comparer des grues électriques avec les grues à vapeur. Non seulement il trouve qu’elles demandent beaucoup moins de temps pour le graissage, qu’elles fonctionnent sans bruit, qu’au cas- de suppression de l’effort moteur le freinage s’établit presque instantanément, mais encore il estime qu’elles font, dans le même temps, moitié plus de travail que les grues à vapeur ou hydrauliques.
- —— On se divertit beaucoup à Londres d’une petite question de droit soulevée par deux jeunes Allemandes réunies comme Radica et Doodica par une membrane congénitale. Sont-elles deux personnes ou n’en forment-elles qu’une au point de vue des Compagnies de Chemin de fer? La Compagnie de navigation Ostende-Douvres ne leur a demandé que le prix d’un passage; mais de Douvres à Charing-Cross, on leur a réclamé deux tickets, bien que normalement elles ne puissent occuper qu’une place et demie sur la longueur des banquettes. On parle d’une décision juridique pour définir leur situation exacte.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses
- par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil à éprouver les manomètres se trouve chez M. Schafïer and Budenberg, Limited, à Londres.
- Communications. — M. A. Veragen, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « Au bois de Boulogne, route des Lacs, à Bagatelle, dans cette direction, et à environ 100 mètres de la pyramide de la Croix Catalan existe un pont sur une rivière. A gauche est un chêne dont le tronc mesure 0m,76 de circonférence ; se trouvant dans le prolongement du parapet formé de 2 barres de fer rond de 95 millimètres, on a coudé la barre laissant actuellement entre l’arbre et le métal un espace de 4 centimètres environ. Le fait curieux est qu’aux deux endroits, l’écorce de l’arbre a formé bourrelet et a complètement enveloppé les barres. La barre supérieure est totalement recouverte alors que celle inférieure est en état de formation. Ce qui montre bien que cette excroissance est due à la présence des barres, c’est qu’entre Ces dernières et au-dessus le tronc ne présente rien d’anormal. » Des faits semblables se présentent assez souvent et nous avons déjà eu l’occasion d’en signaler plusieurs.
- M. P. Germain, à Rouen, nous fait remarquer qu’on oublie un peu trop nos prédécesseurs. Il nous écrit : « Dans un numéro précédent, je vois indiqués quelques ouvrages en béton comme une nouveauté, oubliant des ouvrages plus remarquables, faits il y a plus de 40 ans, tels que le Pont Notre-Dame à Paris et le très grand pont aqueduc sur la Seine amenant les eaux de la Vanne. » Nous aurions pu rappeler, en effet, les ouvrages mentionnés.
- M. P. Germain ajoute qu’il 'voit indiqué comme une nouveauté l’air comme lubriliant (n° 1642 du 12 novembre 1904, p. 585), alors que M. Ilirn a signalé et analysé le phénomène,
- 11 y a plus de 50 ans dans son traité mécanique de la chaleur, p. 89, édition 1875. Nous avons signalé un nouveau fait, mais sans avoir l’intention de présenter l’historique de la question.
- M. L. Benoist, à Paris; M. Bontems-Winter, à Nevers, à propos de notre récent article sur l’empoisonnement par les tomates (Hygiène et Santé, Nouvelles scientifiques, n° 1642, du
- 12 novembre 1904), nous écrivent pour nous demander si les tomates n’étaient pas sulfatées, le sulfate de cuivre étant employé dans le midi contre la maladie des tomates. L’idée d’un empoisonnement par le sulfate de cuivre est la première qui vienne à l’esprit — un médecin du Midi a fait cette observation à son collègue; — mais, en général, on lave le fruit et on enlève ainsi la petite quantité de sulfate attachée à la tomate. Serait-elle d’ailleurs suffisante pour une vraie intoxication? 11 faut Croire plutôt à des accidents par ptomaïnes.
- Renseignements. — M. Léon Lesage, à Nogent-le-Rotrou. — La plante que vous décrivez appartient bien, comme le Koniaku, à la famille des Aroïdées, où c’est en effet la coutume gue les fleurs attirent les insectes par leur odeur, comme l’a indiqué M. II. Coupin dans son ouvrage « Les plantes originales », chez MM. Vuibert et Nony, éditeurs à Paris. Mais la description est trop succincte pour qu’on puisse en dire le nom sans la voir. Quant aux tubercules de Koniaku (Amorpho-phallus), on pourrait peut-être en acheter chez Vilmorin (quai de la Mégisserie, à Paris). Mais la plupart viennent des jardins, botaniques qui en reçoivent de temps à autre.
- M. Spire, h Brest. — Nous avons bien l’intention de publier, comme tous les ans, un compte rendu du Salon de l’automobile.
- M, Bedrich Talloivitz, à Rehberk ù Suscice (Bohême). —
- Les becs à alcool de M. E. Boivin et de M. Delamotte ont été décrits dans le n° 1615 du 7 mai 1904, p. 565. Pour se procurer ces becs, il faut s’adresser à M. Boivin, 16, rue Fabre d’Eglantine ou à M. Delamotte, 596, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. G. Houbé, à Puteaux. — 1° Vous trouverez les renseignements que vous demandez dans le « Manuel de l’ouvrier monteur électricien », à la librairie Bernard Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris; le prix est de 10 francs. — 2° et 5° Nous ne pouvons vous indiquer aucun procédé ; il faut poursuivre vos essais.
- M. C. B., à Paris. — Nous avons parlé des peintures phosphorescentes dans le n° 515 du 51 mai 1879, p. 412 et dans le n° 412 du 25 avril 1881, p. 522; mais nous ne connaissons plus à Paris de dépositaires de ces peintures. Vous pourriez toutefois vous adresser à la Société des peintures françaises Bengaline, 68, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris.
- Un abonné, à Porto. — Cette lumière rouge intermittente ne provient certainement pas du radium.
- M. J. Z)., à Genève. — Veuillez nous envoyer le travail dont vous parlez ; nous l’examinerons et nous vous donnerons une réponse.
- M. X. Y., à L. — 1° Vous pouvez vous adresser à l’École des Mines, boulevard Saint-Michel, à Paris. — 2° Non, ces deux corps peuvent être retirés. — 5° II existe des machines de ce genre, mais la pratique est insuffisante.
- M. J. Salema, à Castello de Paiva (Portugal). — 1° Pour la classification des insectes nuisibles et utiles à l’agriculture, vous pouvez consulter 1’ « Entomologie et la parasitologie agricole » de M. G. Guéneaux à la librairie Baillière, rue Haute-feuille, à Paris. Il y a également au Ministère de l’Agriculture, à l’office des renseignements agricoles un ouvrage de MM. Le-caillou et Henneguy ayant pour titre « Insectes et autres invertébrés nuisibles aux plantes cultivées et aux animaux domestiques ». — 2° On peut déterminer approximativement le poids des bœufs à l’aide de mesures prises avec des rubans métriques; le n° 1852, du « Journal de l’agriculture » a publié un article à ce sujet en 1901 (Librairie Masson et Cie).
- M. Delplanque, à Berteaucourt. — Nous n’avons pas d’autres-renseignements que ceux précédemment donnés à ce sujet.
- M. L. Lecomte, à Pont-Àudemer. — Les articles sur la construction de la canalisation des eaux de l’A vre pour l’alimentation de Paris en eau de source ont paru dans le n° 959, du 17 octobre. 1891, p. 510, dans le n° 997, du 9 juillet 1892, p. 87, et dans le n° 1058, du 22 avril 1895, p. 527.
- M. L. Chaux, à Meaux. — La farine d’avoine doit être donnée sous forme de potages, de gâteaux, ou on doit en faire une sorte de pain analogue au pain de froment.
- M. F. L. Haumont, à Santourinovka. — Pour le carborun-dum, vous pourriez vous adresser à la Société des établissements Grauer et Cie, 76, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. Bavery, à Irigny (Rhône). — Il existe des machiner automatiques pour poser des bandes métalliques dans les coins de boîtes en carton ; il faut s’adresser à MM. Courcel frères, 18, rue Parmentier, à Paris.
- M. L. Pellenc, à Cotelier, près Saint-Gilles (Gard). — 1° Vous pourrez vous procurez des tubes en verre en vous adressant à MM. Appert frères, 54, rue des Chasses, à Clichy (Seine), à MM. Bouvier et Dupas à la verrerie de la Briche à Saint-Denis (Seine), ou à la Compagnie du verre métallique-trempé, 58, rue delà Chapelle, à Paris. — 2° Toiles métalliques en nickel : Société Le Ferro Nickel, 17, rue du Pont-aux-Choux, à Paris. — 5° Nous avons décrit le calcimètre Houdaille-dans le n° 1451, du 16 mars 1901, p. 241 ; il est construit par M. Jainin, à Montpellier. Les autres appareils se trouvent chez M. Broussard, 29, quai de l’Horloge, à Paris
- M. le DT A. B. L., à Alais. — Veuillez vous adresser directement à l’auteur de l’article, 89, rue Broea, à Paris.
- M. A. Carvalhal, à Lisbonne. — V us trouverez des sonneries électriques chez MM. Mildé et Cie. 60, rue Desrenaudes, MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, et à la Société industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Sep-tembre, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. B., à
- Lyon. Nous ne pouvons vous répondre; il serait nécessaire d’essayer la machine. — M. P. L., à Paris. Nous indiquons toujours les fabricants et les constructeurs, quand nous les connaissons. — M. D. G., à Nantes; M. Duruy, à Versailles. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », 1r0 série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. Leroy, à \esoul. Cette recolle a été donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. J. Lebart, à Toulouse. — Remerciements.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi'qui précède la date de la livraison.
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- DANS LES ALPES — UN PASSAGE
- Texte et dessins de A. Robida,
- 1. Au départ. Le convoi. Joyeux tintamarre de grelots et de coups de fouets. Dans la saison avancée le soleil matinal est remplacé désavantageusement par le brouillard. — 2. Les piétons par les raccourcis. On a un peu chaud pour commencer, on rattrapera la diligence à un tournant. — 3. Raffraîchissements au relais. Les chevaux fument, ils ont bien gagné un bon seau d’eau. — 4. Voyageurs sac au dos. Ceux-là méprisent la diligence et regardent dédaigneusement les lacets interminables qu’elle est obligée de suivre. — 3. Arrivée du convoi dans les neiges. — 6. Les voyageurs pédestres qui avaient si chaud en bas. — 7. Au refuge du Col. Thé brûlant et soupe chaude. — 8. Au col avant de remonter en voiture pour la descente. Quelques degrés au-dessous et une bise à donner des engelures jusqu’au bout du nez. — 9. Les voyageurs des raccourcis ont perdu leurs sentiers dans la neige ; les raccourcis sont devenus des rallongis.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ivoire artificiel. — On affirme d’ailleurs qii’il ne présente pas les dangers d’inflammabilité bien connus du celluloïd, et cela quoiqu’il contienne une forte proportion de cellulose. On le prépare avec 45 grammes de cellulose pure, autant d’al-bàtre en poudre, 4 de gélatine et 10 d’alun. Le tout est malaxé, puis coulé dans un moule métallique que l’on presse fortement. On sèche, puis on immerge les blocs dans un bain de cire et de stéarine; on poudre ensuite au moyen d’une brosse fine enduite de talc. Et cette préparation, qui est très peu altérable et très solide, peut se travailler tout comme l’ivoire.
- Pour nettoyer les papiers de tapisserie. — Avec une partie de pierre ponce en poudre et G parties de farine de froment
- et enfin une quantité suffisante d’eau, on prépare une pâte très ferme, et on en fait des cylindres de 5 à 6 cm. de diamètre pour une longueur de 15 cm. On enferme ces cylindres dans une enveloppe de mousseline cousue bien hermétiquement. On jette alors ces sortes de rouleaux dans un vase contenant de l’eau à l’état d’ébullition, et on laisse bouillir durant au moins trois quarts d’heure; on verse l’eau, on retire les cylindres de pâte, et on les laisse reposer 12 heures dans un endroit frais. On peut alors les débarrasser de leur enveloppe et les employer pour frotter les papiers à nettoyer.
- Vinaigre de toilette. — Dans 20 parties en poids de vinaigre blanc, on fait macérer durant 15 jours 2 parties de feuilles de rose desséchées et 5 parties d’eau de rose triple. Puis on filtre et le vinaigre est bon à employer.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de Franco.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL * PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 novembre. i°,2 N. E. 1. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Mardi 15 — 0°,9 E. N. E. 0. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 10 — 3”,3 S. S. E. 0. Beau. » Gelée blanche ; brouillard le matin ; très nuageux.
- Jeudi 17 2°,0 N. N. E. 2. Brouillard. h Gelée bl. ; brouill. le- matin; couv. jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- Vendredi 18 — 0\3 • N. 2. Brouillard. » Brouillard ; couvert le matin ; beau le soir.
- Samedi 19 — 1",0 S. 0. Brouillard. » Gelée bl. ; brouillard ; éclaircies à 12 et 13 h.
- Dimanche 20 2’,0 S. 2. Couvert. 0,9 Couvert; pluie de 20 à 21 b.
- NOVEMBRE «904. - SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 NOVEMBRE 190,'.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquentz courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sècltf ; courbe, en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Deux fortes secousses de tremblement de terre, d’une durée de cinq secondes, ont été ressenties le 17 novembre, à 6h 5" du matin à Dise et à Livourne, en Italie.
- Le 18 novembre, à 3h50“ du matin, dans la région de Ullemaker et Eidsvold, en Norwège, deux secousses ont eu lieu successivement.
- Tempêtes en Amérique. — A la date du 14 novembre, on annonçait de New-York qu’une violente tempête de vent, de pluie et de neige s’était abattue sur les Etats du Sud et avait causé de grands dégâts. Les lignes télégraphiques ont été coupées. Deux goélettes ont été coulées sur la côte du Massachusetts; quatre personnes ont péri, d’autres ont été noyées dans le port de New-York.
- Te temps. — Pendant la-semaine du 14 au 20 novembre, le temps a été beau, mais lroid. Le 14 novembre, la journée a été très belle; pas un nuage au ciel Le thermomètre marquait le matin —3° à Clermont, -+-1° à Paris, 6° à Perpignan, 6’’ au puy de Dôme, 2° au pic du Midi. Dans la banlieue parisienne, la gelée blanche a été générale ; on a observé — 2°, 1 à Vaucluse. La température moyenne à Paris a été de 3°. Le 15 novembre, le temps a été encore très beau en France; mais la température s’est de nouveau abaissée. On notait le matin — 1° à Paris, -t- 1° à Lyon, 2° au mont Aigoual, —2° au mont Mouuier. Dans la banlieue de Paris, la gelée était générale, et les minima atteignaient — 4°,2 à Vaucluse. Le 16 novembre, le
- temps a été beau dans toutes les régions en France. Le thermomètre marquait le matin —3° à Paris, —3° à Clermont, 4° à Toulouse, 5° au puy de Dôme, —3’ au pic du Midi. Dans la région parisienne, le ciel s’est couvert le matin et un brouillard de 50ü à 500 mètres s’est étendu sur Paris; on a trouvé des minima de — 21 à Montsouris et de — 6" à Athis-Mons (Seine-et-Oise). La température moyenift à Paris a été de 5°,1. Le 17 novembre, la pression barométrique était supérieure à 775 mm dans le nord de la France. Les pluies sont très rares; on a recueilli seulement 1 mm à Nantes Le matin, on notait 2° à Belfort. 1° à Lyon, 2’ à Paris, —4° au pic du Midi. Dans la région parisienue, le matin, le brouillard est épais, et la gelée blanche se trouve partout. Le 18 novembre, la pression barométrique est restée élevée dans l’ouest de l’Europe. La température s’est abaissée; le thermomètre marquait le matin — 6° à Clermont, O'1 à Pans, 0° à Nantes, 5° à Biarritz, — 2° au pic du Midi, — 7° au mont Yentoux. Pour la première fois cette année, on a observé au centre de Paris, à la tour Saint-Jacques, un minimum négatif, —0°,8. Le 19 novembre, des pluies sont signalées sur les Iles-Britanniques et en Allemagne ; la sécheresse persiste sur nos régions. La température reste peu élevée dans le centre et dans l’est ; aux environs de Paris, il y a un brouillard matinal intense, et on note" partout des minima inférieurs à 0’ : — 2°,6 à Ville-Evrard, —3’,7 à Trappes, —3°,8 à Villejuif, — 4°,5 à Athis-Mons. Le 20 novembre, il a plu au liavre et à Cherbourg; à Paris, le temps a été couvert, il a plu dans la soirée.
- PHASES DE LA Ll’NE ; P. Q. le 15, à 0 h. 45 m. du malin.
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